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 Lost in the darkness... [Anastasia]

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MessageSujet: Lost in the darkness... [Anastasia]   Lun 10 Mai - 20:27

Le soleil venait de se lever, me réveillant petit à petit. Une fois les yeux totalement ouverts, je me redressai et observai l’endroit dans lequel je me trouvais. Je mis quelques secondes avant de me souvenir que quelques heures auparavant, j’avais décidé de m’allonger sous ces gravats, assez gros pour me servir d’un abri pouvant me cacher aux yeux d’autrui. Enveloppée dans une couverture trouée que j’avais dégotée quelques jours plus tôt, j’avais cependant toujours aussi froid. Nous devions être en plein mois de décembre, puisque c’était toujours à cette période que mes mains devenaient douloureuses à cause du gel. Étouffant un bâillement, je resserrai le vieux plaid autour de moi et me recroquevillai un peu plus.

La veille à la tombée de la nuit, je marchais toujours en quête d’un semblant de toit pour dormir un peu. J’avais une nouvelle fois fouillé un petit bout de la ville à la recherche de Kaylhen, en veillant toute fois à me cacher dès que j’entendais un bruit suspect. Mais hier, seule l’ombre d’un grand arbre avait suffi à dissimuler ma toute petite silhouette. Je ne sais pas du tout où je me trouvais, mais j’ai vu quelque chose d’horrible… Il y avait une femme qui passait, qui courrait comme moi : en cherchant à se faire le plus discrète possible. Et trois ou quatre hommes sont arrivés. Effrayée, je me suis réfugiée en silence derrière le tronc d’arbre, et j’ai attendu qu’ils partent. Je ne voulais pas regarder ce qu’il se passait, les cris suffisaient à me remplir d’horreur. Et puis ça s’est arrêté. Je suis parvenue à décrisper mon visage, je me suis convaincue de retirer mes mains de contre mes oreilles. Je me suis relevée, et après avoir prudemment vérifié que les hommes avaient disparu, j’ai traversé la rue et j’ai tenté de m’approcher de la dame. Elle gisait au sol, noyée dans son sang. J’ai eu un haut le cœur, et j’ai vomi, et des larmes ont commencé à couler. J’ai fait demi-tour en courant le plus vite possible, en expirant tout l’air de mon corps s’il le fallait, mais je devais partir, aller me réfugier quelque part, loin de cet endroit dégoûtant.

Des cris, du sang… tout le temps. Partout. Depuis plusieurs mois, je ne voyais et n’entendais que ça. Et je ne pouvais pas m’y faire… Tout avait commencé avec l’effondrement de notre immeuble, avec les derniers hurlements de mes parents et de mon grand frère Liam. Lors des nuits où j’avais le plus peur, je revivais cette scène, en cauchemar. Et après, c’était celle de l’assassinat de Logan, que je visualisais de nouveau. Et là, cette nuit là, c’était la mort de cette jeune femme qui allait me hanter. Parce que j’avais fait l’erreur de me retrouver là au même moment qu’elle.


« Mais moi, je suis vivante… »
ne cessais-je de me répéter dans des murmures à peine audibles.

C’était vrai. J’étais vivante. Mais pour combien de temps encore ? Et comment pouvais-je continuer à vivre dans de telles conditions ? Sans personne autour pour me protéger ? Kaylhen me manquait atrocement. Je savais qu’elle était encore en vie, elle aussi. Où ça ? Je n’en avais aucune idée : New-York était si grand ! Elle pouvait être n’importe où, être avec n’importe qui… tout comme moi. J’avais certainement de la chance de ne pas être encore tombée entre les mains d’une personne malsaine, prête à me faire subir des choses dont je ne pouvais même pas avoir idée. Je me contentais de courir, de chercher, de m’abriter. Courir, pleurer, me reposer. Courir, avoir peur, espérer. Dans tous les cas, je ne pouvais interrompre ma course. Course pour la survie. Et la ligne d’arrivée m’apparaissait si lointaine… Avec quelqu’un à mes côtés, protégeant mon âme de petite fille, j’aurais pu trouver le courage de continuer à avancer. Avancer plus tranquillement, ralentissant, apaisant mes craintes et mes angoisses.

Mais pour le moment, je tentais juste de m’en sortir seule. Parce que je n’avais pas le choix. Parce que je n’avais que neuf ans, et mon espérance de vie était nettement inférieure à celles de tous ceux que je croisais dans l’ombre. Les grandes personnes. Si seulement l’une d’elles avait pu être ma grande sœur à moi… J’avais besoin d’elle, plus que n’importe quoi au monde. Elle était désormais à la seule à pouvoir me sauver…

Mais à neuf ans, on reste naïf. J’aurais pu tomber sur n’importe qui, du moment qu’il se montre un instant sympathique en arborant un sourire convaincant. N’importe qui. N’importe où. N’importe quand. Et c’était ce dont j’avais le plus peur. Enfin… je crois… je ne suis pas très sûre…


« J’ai froid… » murmurai-je encore, tentant du mieux que je pouvais de réchauffer mes minuscules mains.

J’étais donc sous ses gravats, enroulée dans cette couverture qui ne me protégeait qu’à moitié des courants d’airs froids. On m’avait fait des promesses. On m’avait laissé croire à un monde aussi beau qu’avant, si ce n’est meilleur. J’avais des rêves… que je gardais toujours dans un coin de ma tête. Des rêves d’enfant, ça ne s’oublie jamais. Mais à la place se tenaient devant moi des ruines. Le gris de la poussière et la saleté, les débris et les restes d’explosions, les hurlements de ce que semblait être devenu la population humaine.

C’est alors que j’entendis un morceau de pierre rouler, non loin de moi. Sursautant légèrement, je m’enfonçai un peu plus dans l’ombre, ramenant le plaid jusque sous mes yeux. Ma respiration se bloqua, et j’attendis que la personne passe. Les pas se rapprochaient, et la panique m’envahissait, je ne pus m’empêcher de respirer plus longtemps. Mon souffle était saccadé, parsemé de larmes silencieuses, mais je ne devais en aucun cas émettre le moindre son. Le souvenir de cette femme ensanglantée me revint, et je clignai aussitôt des yeux pour en chasser l’image. La silhouette venait d’au-dessus de mon abri, d’où elle descendit quelques instants plus tard. Elle était de dos et semblait vouloir continuer à avancer tout droit, sans se retourner…


*Ne te retourne pas…* priai-je de toutes mes forces.

Mais dans un nouveau sursaut causé par un sanglot, mon coude ripa et alla se cogner contre un caillou qui malheureusement ne tint pas en place. Et il roula jusqu’en bas de la légère pente au fond de laquelle j’étais camouflée. Le léger bruit suffit à alerter l’intention de l'individu. Pourvu qu’il ne me découvre pas… Pourvu qu’il ne soit pas du même genre que les types de la veille, ou que ceux qui avaient tué Logan… Pourvu que je puisse vivre…
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MessageSujet: Re: Lost in the darkness... [Anastasia]   Mer 12 Mai - 15:12

Et je vagabondais, comme une âme en peine... Cela commençait à devenir lassant. Vraiment lassant. Comme s'il n'y avait plus que cela à faire. Et ce que je découvrais au fur et à mesure que l'hiver laissait place au printemps ne me plaisait absolument pas. Comme si j'errais dans une de ces villes fantômes qu'on voyait dans les films. Et en fin de compte, c'était ce qu'était devenue la ville de New York. La prestigieuse ville de New York ! Tu parles. Maintenant elle ressemblait plus à un puzzle géant qu'à autre chose. Parfois on tombait sur un immeuble entier, comme par miracle. Et puis on découvrait que ceux au tour n'étaient plus que des piles de gravats et de blocs de béton, d'où sortaient parfois d'affreuses tiges de métal. Magnifique. Le plus triste étant tout ces panneaux publicitaires, explosés au sol. Non, la ville ne serait plus jamais la même, de même que les rares personnes qui y demeuraient ne seraient plus jamais les mêmes. Parfois je me demandais si les morts n'avaient pas eu plus de chances que les vivants. On ne devrait pas se plaindre d'avoir survécu à une chose pareille. Et pourtant. Il faut croire que la mort vaut parfois plus que la vie.

Et pourtant je n'étais pas encore décidée à abandonner cette dernière. Je devais m'accrocher. J'avais promis à Eva que je vivrais pour nous deux. Et aussi stupide que cela puisse paraître, j'étais déterminée à tenir cette promesse. C'était ce qui me motivait en fin de compte. Une promesse faite à une morte, voilà tout ce que j'avais. Et c'était bien triste... La solitude me pesait, et pour autant je n'étais pas décidée à rejoindre un groupe ou un autre. Je n'avais plus foi en l'être humain. Je n'avais plus foi en rien. Je m'étais rendue compte bien trop tard que le monde qui était le notre ne reposait sur rien de solide. Et ce qui était solide avait été détruit par les bombes...

En fouillant les décombres, j'avais bêtement glissé et je m'étais entaillée la paume de la main assez profondément. Génial. Heureusement pour moi j'étais prévoyante et j'avais toujours un petit nécessaire de survie sur moi, au fond de mon sac. Après m'être débrouillée pour me faire un bandage basique, je suis repartie, assez rapidement. Je n'aimais pas rester au même endroit trop longtemps. Alors oui, j'étais certainement un peu paranoïaque, mais cela m'avait permis de survivre jusque là. Et puis je savais très bien qu'au jour d'aujourd'hui, les gens étaient prêts à commettre les pires atrocités. Il n'y avait plus de lois, plus d'autorité. Chacun était libre de faire ce qu'il voulait. Et c'était bien le plus inquiétant. Comment se comporter décemment quand il n'y a jamais personne pour vous remettre à votre place ? Comment ne pas être tenté par le crime ? Aujourd'hui, tuer quelqu'un c'était un peu la routine. Et franchement, j'espérais ne pas faire partie de la routine de qui que ce soit.

Je donnais des coups de pied dans les petites pierres devant moi, soulevais de temps à autre des gravats pas trop imposants ni trop lourds. Ça pouvait semblait stupide, mais on trouvait beaucoup de choses en fouillant tout et n'importe quoi. Et de toute façon je n'avais rien de mieux à faire de mes journées. Ce que je piétinais nerveusement devait être un ancien magasin de vêtements. Il y avait des lambeaux de tissu un peu partout, mais ce qui pouvait être utilisable avait déjà été pillé. Enfin, ce n'était pas comme si j'avais envie de faire du shopping... J'ai donné un coup de pied dans un caillou en jurant. J'en avais assez. Assez, assez, assez !

Avec un air légèrement étonné, j'ai suivi des yeux la course d'un petit caillou qui dégringolait des gravats doucement. J'ai haussé un sourcil quand il heurta mon pied. Aussitôt, je relevai les yeux. Curieuse, j'ai escaladé quelques blocs de bétons, comme pour vérifier s'il n'y avait pas quelqu'un caché là. Bêtise ou courage insensé ? Allez savoir. Mais quelle ne fut pas ma surprise quand je me suis agenouillée, pour regarder au fond d'une espèce de petit trou. J'ai découvert un enfant. Une petite fille, visiblement terrifiée. J'avais dû lui faire peur. Zut.

« Oh... Bonjour. »

Je le ai souri, affichant cet air rassurant que j'avais tant montré à ma petite soeur quand elle était malade. Mon sourire semblait tellement sincère qu'on y croyait à coup sûr.

« Ça va ? N'aie pas peur, je ne te ferais rien. Tu peux sortir d'ici si tu veux, tu ne risques rien. Ne crains rien. »

Je ne pensais pas avoir une tête d'assassin, ni même de junkie en pleine crise de manque. J'étais une gentille danseuse... J'étais, oui. Parce que là j'étais certainement aussi paumée que cette petite fille.
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MessageSujet: Re: Lost in the darkness... [Anastasia]   Jeu 13 Mai - 13:58

Mais personne ne sembla entendre mes prières, et la silhouette se retourna pour s’avancer vers moi. Je me recroquevillai encore, toujours un peu plus, mais me détendis légèrement en m’apercevant qu’il s’agissait d’une femme. D’une jeune femme. Je ne sais s’il s’agissait de ce que ma mère avait souvent appelé « l’instinct féminin », mais dès qu’elle me sourit, je me sentis soulagée. Elle n’avait pas l’air méchant. Même si les avertissements de maman, de Liam ou de Kaylhen retentissaient encore dans ma tête, même si ma conscience me criait ‘ne lui fais pas confiance !’, de toute façon, que pouvais-je faire ? Elle m’avait découverte, et elle me souriait. J’étais seule, et je pleurais. Que devais-je faire d’autre sinon que de la suivre, de lui accorder ma conscience de petite fille naïve ?

Elle me disait de ne pas avoir peur. Elle m’assurait que je ne risquais rien. Mais on m’avait toujours, toujours répété de ne pas écouter les inconnus, qu’ils aient l’air sympa ou non. Oui, mais j’étais seule, totalement paumée. Il n’y avait plus personne pour me reprendre si je faisais une erreur. Plus personne pour me dire non. Plus personne pour me rassurer depuis si longtemps. J’allais mal, j’avais faim et froid, et je ne pourrais espérer survivre bien longtemps dans ces conditions. C’était juste trop, émotionnellement et physiquement parlant, pour une gamine de neuf ans.

Alors je décidai de croire en ce sourire. Elle était adulte, et elle savait ce qu’était une enfant apeurée. Elle voyait bien que j’étais terrorisée, traumatisée par cette destruction. Tout s’était déroulé sous mes yeux, après tout. J’avais tout vu, depuis le début, j’avais assisté à tout. Les bras de Logan et Kaylhen étaient toujours arrivés trop tard, ils avaient toujours manqué de peu de protéger mon innocence face aux horreurs de la guerre, de la perte de ceux que nous aimions. Alors oui, j’étais moi aussi brisée. Je ne savais pas quoi faire, sinon tenter de me maintenir en vie du mieux que je pouvais. Et ma principale raison était que Kaylhen m’attendait quelque part. Mais j’avais vite compris que toute seule, je n’arriverais à rien. J’étais minuscule, comparée à New-York, même en ruines.

Alors, prudemment, je dépliai bras et jambes et m’avançai tout doucement vers la femme. La crainte s’exprimait sur mon visage, et les sillons de mes larmes étaient toujours visibles. Une fois totalement sortie, je me mis debout. J’avais mal aux articulations, mais je n’en tins pas compte et levai les yeux vers elle. De ma petite voix tremblante, je parvins à articuler :


« Tu… tu n’es pas une méchante, hein ? Tu… tu t’appelles comment ? Toi aussi t’es t… toute seule ? »

Toute seule… J’avais juste à prier pour que cette jeune femme ne me fasse pas de mal. J’espérai même pendant un très bref instant qu’elle m’aide. Qu’elle m’aide à trouver de la nourriture, qu’elle m’aide à me rassurer… Parce que ça faisait trop longtemps qu’on m’avait abandonnée. Et ma famille me manquait énormément.
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MessageSujet: Re: Lost in the darkness... [Anastasia]   Jeu 13 Mai - 14:59

Pauvre gosse. C'était vraiment pas normal qu'une petite fille se retrouve seule, dans un monde pareil. Je me demandais même comment elle avait pu faire pour survivre. Elle devrait vraiment avoir une bonne étoile, ou être débrouillarde comme pas deux. J'essayais de paraître aussi rassurante que possible, pour ne pas trop l'effrayer. Elle devait déjà se demander dans quel camp j'étais. On se fait rapidement des idées, à cet âge là. Je me suis légèrement écartée, quand j'ai vu qu'elle se décidait à sortir de sa cachette. Je me suis retenue de faire une grimace quand j'ai vu les traces de larmes sur ses joues. Je m'en voulais de lui avoir fait peur. Mais je ne pouvais décemment pas m'en vouloir. Je ne tombais pas sur des enfants abandonnés tous les jours. C'était même la première fois que ça m'arrivait. Pour la simple et bonnes raisons que les enfants étaient soit déjà en sécurité, soit... morts. Mais ce n'était pas le cas de cette petite fille. Elle devait avoir eu de la chance. Ou pas.

J'ai eu un petit soupir quand elle m'a regardé avec ses grands yeux brillants. Je ne pouvais pas m'empêcher d'être désolée pour elle. Une enfant ne devrait jamais avoir à vivre ce genre de choses. J'ai eu un sourire, vraiment sincère cette fois quand elle m'a demandait si je n'étais pas méchante.

« Non, ne t'inquiète pas. Je fais partie des gentils. »

Ah ah. La bonne blague... Je me suis agenouillée pour me mettre à sa hauteur, posant mon sac à côté de moi.

« Je m'appelle Anastasia. Tu peux m'appeler Ana si tu veux. Et toi, c'est quoi ton nom ? »

J'essayais de paraître avenante, gentille, douce. Je m'étais toujours comportée comme ça avec les enfants. J'avais toujours été la grande sœur rassurante et complice. Ça n'avait pas toujours été évident, mais je m'en étais toujours très bien sortie. Quand tout allait mal, j'avais essayé d'arranger les choses autant que possible. J'avais craqué au moment où Eva était morte, au moment où je n'avais plus rien à quoi me raccrocher. Mais ce n'est pas parce que je n'avais plus rien à défendre que je ne devais pas aider ceux qui en avaient besoin. Il fallait que j'aide cette petite fille. Elle devait être morte de froid, morte de faim, morte de soif. Qui sait depuis combien de temps elle se trouvait dans cet espèce de trou de souris ? Combien de jours et de nuits avait-elle erré, à la recherche de quelqu'un qui pourrait lui tendre la main ? Certainement trop longtemps.

« Oui, moi aussi je suis toute seule. Mais si tu veux, je peux rester avec toi si tu as peur. »

Si tu as peur... Évidemment qu'elle avait peur, imbécile ! Elle devait avoir huit ou neuf ans, grand maximum. Et à cet âge là, on est rarement heureux et plein de vie au milieu de décombres et de cadavres. New York, c'était pas vraiment Disneyland... J'ai sorti une bouteille d'eau de mon sac, et une barre de céréales. Je lui ai tendu, avec un air rassurant et encourageant.

« Tiens, prends ça. Je suis sûre que tu as très faim et très soif. Il faut que tu reprennes des forces. Tu iras mieux après. »
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MessageSujet: Re: Lost in the darkness... [Anastasia]   Lun 17 Mai - 21:21

Des gentils… elle disait faire partie des gentils. Si Liam avait été là, il aurait certainement cherché à en savoir plus sur cette jeune femme. Si Logan était encore près de moi, il se serait mit devant moi, par précaution. Si je n’avais pas perdu Kaylhen, elle m’aurait pris la main et m’aurait serrée contre elle, me murmurant de toujours, toujours faire attention. Pourquoi ne cessais-je de m’imaginer ce que seraient les situations S’ILS étaient encore là, à veiller sur moi comme on veille sur un trésor. Pourquoi continuais-je à tout considérer comme si on pouvait encore décider pour moi ? Voilà encore une chose étrange… J’avais toujours espérer grandir vite pour « pouvoir faire ce qu’il me plait », sans ordres, sans rien… Alors qu’en cette période, j’aurais donné n’importe quoi pour recevoir un minimum d’autorité. Connaitre une fois encore des limites. Celles dont avait besoin un enfant pour grandir.

Mais une fois de plus, je dus me rappeler que j’étais seule. Sans pouvoir me rattacher à quoi que ce soit… Sauf à une paire d’yeux bleus, comme là, devant moi. Elle me souriait encore, et j’avais encore plus envie de lui faire confiance… Parce qu’elle me rappelait l’expression de maman, lorsqu’elle voulait être rassurante. Anastasia, elle s’appelait, elle venait de me le dire. Ana était vraiment jolie. Même si les conditions actuelles ne lui permettaient certainement pas d’être au meilleur de sa forme et de sa beauté, ses traits restaient néanmoins fins et agréables. Et moi, dans quel état je me trouvais ? Mes cheveux devaient être tout emmêlés, et mon visage couvert de poussière. D’un geste tremblant, je portais une main vers ma tête et touchai du bout des doigts quelques mèches retombant sur mes épaules. Je me souvenais encore de la douceur qu’ils avaient lorsque je sortais du bain, lorsque maman passait du temps à les nouer en nattes en me racontant toutes sortes d’histoires.

Mais tout ça était fini. Je devais me faire une raison.


« Lyzee… Je m’appelle Lyzee. »

Puis elle me demanda d’une certaine façon si j’avais peur. Je la regardai de nouveaux dans les yeux, sans vraiment m’en rendre compte. C’était sur, elle n’avait définitivement aucune mauvaise intention. Ou alors, elle était vraiment très bonne comédienne. Mais je ne réalisai que quelques secondes plus tard que j’étais littéralement en train de l’implorer de mes petits yeux humides, que toute l’angoisse que je ressentais depuis les premiers bombardements jusqu’à aujourd’hui se traduisait en cet instant, dans mon regard. Je voulus lui parler, lui avouer combien j’avais la trouille, que j’aimerais tant rester un peu avec elle, juste un instant, même quelques minutes me suffiraient pour me sentir en sécurité encore une fois… Du moins, c’est ce dont j’essayais de me convaincre. Étais-je vraiment capable de supporter un peu de chaleur, puis de nouveau le froid glacial de la crainte et la solitude ? Je suis persuadée que même quelqu’un de beaucoup plus âgé que moi n’aurait pas pu tenir. L’homme est fait pour vivre en groupe. La solitude ne lui correspond pas. Je l’ai vite compris. En tout cas, quoi je j’eusse voulu dire, les mots étaient incapables de franchir mes lèvres.

Ana me tendit ensuite une bouteille d’eau et quelque chose que je reconnus comme étant une barre de céréales. Je me souviens que Logan en raffolait. Et cette fois, ce fut la voix de mon père qui résonna en moi, ses nombreux avertissements quant à ce que nous tendaient les inconnus, la méfiance que je devais constamment avoir.

Mais bon sang, papa n’était plus là. Et j’avais faim. Ma gorge était sèche. Alors, toujours aussi fébrile, je tendis les deux mains et pris d’abord la bouteille d’eau. Je bus de longues gorgées, me sentant revivre à chacune d’entre elles. Je veillai à en laisser un volume assez grand pour qu’Anastasia puisse boire encore, avant d’ouvrir la barre et de l’engloutir en quelques bouchées. Toujours en silence. Mais elle avait raison : je me sentais légèrement mieux.

Mais repenser à ma famille, à ma situation, celle de cette jeune femme, et surtout, surtout… constater ce qui restait de notre monde… Et alors, je fondis en larmes. Sans avoir pu me forcer à les ravaler, où à me détourner. Au contraire, je me jetais dans les bras d’Ana, sans chercher à comprendre. J’avais besoin de bras, n’importe lesquels, tant qu’ils m’encerclaient, tant qu’ils pouvaient me procurer un instant de réconfort. J’avais simplement besoin d’une présence. Et là, je parvins enfin à parler :


« Ils me manquent… tous… mes parents et mes frères… et ma sœur… Ils sont morts, tu sais, sauf Kaylhen… mais je sais pas où elle est… »

Le reste de mes paroles se perdit dans mes sanglots.
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MessageSujet: Re: Lost in the darkness... [Anastasia]   Mer 19 Mai - 16:37

Lyzee ? C'était un joli prénom. Ce qui était moins joli et moins mignon, c'était l'état dans lequel était Lyzee. Mais depuis combien de temps est-ce qu'on avait pas pris soin de cette gamine ? Vous n'allez quand même pas me dire que j'étais la première personne sur laquelle elle tombait ! L'égoïsme des gens me dégoutait. Laisser toute seule une petite fille de cet âge là, c'était la condamner à mort, à terme. A son âge, on ne peut pas se débrouiller tout seul très longtemps. Qu'est-ce que vous vouliez qu'elle fasse ? Ce n'était pas comme si elle pouvait sauter sur quelqu'un et le menacer de mort ? Moi même je ne pouvais pas. On aurait pu m'écraser comme un punaise, alors un petit bout de chou de son gabarit... Lyzee était toute sale, toute pleine de poussière. À côté j'avais l'impression de sortir d'un défilé Dior. Elle devait dormir là dessous depuis un bout de temps. Et moi qui me plaignais... Je n'en avais pas le droit en fin de compte. Je m'en sortais plutôt bien, par rapport à certaines personnes. J'étais vivante, entière et en pleine forme. Je n'avais rien perdu, durant cette guerre. Tout ce que j'avais, je l'avais perdu avant. Alors quand les bombes avaient commencé à pleuvoir, cela ne m'avait fait ni chaud ni froid. Ce ne devait pas être le cas de tout le monde.

Comme je le pensais, Lyzee avait faim et soif. Pas étonnant. Je me demandais bien depuis combien de temps elle n'avait pas mangé, depuis combien de temps elle ne s'était pas sentie en sécurité. Qui sait ce qui lui serait arrivé si je ne l'avais pas trouvée ? Des personnes beaucoup moins sympathiques que moi trainaient dans les rues de New York. C'était même un miracle à mes yeux qu'elle soit encore vivante. Certains enfants avaient certainement eu beaucoup moins de chance qu'elle. Et ma bonne conscience me disait qu'il fallait que je fasse tout pour qu'elle reste en vie. Peut-être voyais-je en elle une possibilité pour moi de me rattraper ? Je n'avais pas pu sauver Eva. Et j'avais beau me dire qu'avec toute la bonne volonté du monde je n'aurais pas pu la sauver, je culpabilisais. Comme si je pouvais guérir un cancer...

Je me suis assise sur un bloc de béton, tandis que Lyzee grignotait sa barre de céréales. J'étais désolée de ne pas pouvoir lui donner autre chose. Il faudrait que je lui trouve autre chose, elle n'avait que la peau sur os. J'ai appuyé mon menton sur ma main en attendant silencieusement. Décidément, je n'étais pas préparée à tomber sur une petite fille par ici... Ce n'était vraiment pas un endroit pour une petite fille de son âge. Si tant est qu'il y avait encore un endroit convenable de nos jours. Enfin, il y avaient des quartiers moins... moins... dangereux que d'autres. Par exemple, le Bronx était carrément infréquentable maintenant. Je n'étais plus vraiment décidée à y remettre les pieds avant un moment. Trop dangereux. Entre les camés, les alcooliques, les assassins et j'en passe... Merveilleux. Je n'avais jamais autant détesté New York de toute ma vie.

J'ai eu un sursaut quand Lyzee s'est jetée dans mes bras en pleurant. Par réflexe, j'ai refermé mes bras autour d'elle. Je détestais quand les enfants pleuraient. Cela me rappelait trop de mauvais souvenirs. La pauvre. Évidemment que sa famille lui manquait. D'autant plus qu'elle avait dû les perdre brutalement, trop brutalement. Aucun enfant ne devrait jamais vivre une chose pareille.

« Ne t'en fais pas, ça va aller... »

Qu'est-ce que je pouvais dire d'autre ? Je ne pouvais dire « bon, on est dans la merde et pour ne rien te cacher on va probablement tous y passer ». Avouez que ce n'était pas terrible du tout.

« Kaylhen, c'est ta sœur ? Tu l'as perdue ? On peut essayer de la retrouver... »

Ah ah. La bonne blague. Bon en même temps, il ne devait pas y avoir des milliers de Kaylhen dans la ville. Et puis puisque je n'avais rien à faire de mes journées, je pouvais bien lui donner un coup de main. Et puis cela me crevait le cœur de la voir pleurer.

« En attendant tu peux rester avec moi si tu ne veux pas être toute seule. Je sais où dormir, et où trouver à manger. Tu n'as plus à avoir peur, ne t'inquiète pas, d'accord ? »

Facile à dire... Mais je ne pouvais rien dire d'autre. Heureusement, j'avais pris le coup de main, je savais rassurer les enfants. C'était une expérience que j'aurais préféré ne pas avoir. J'ai posé mes mains sur les épaules de Lyzee et je l'ai repoussé doucement.

« Sèche tes larmes petite princesse. Je vais m'occuper de toi. »
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MessageSujet: Re: Lost in the darkness... [Anastasia]   Lun 31 Mai - 12:54

Anastasia était vraiment jolie, malgré le contexte ; je l’observai en terminant la barre de céréales qu’elle m’avait donnée. Elle avait de longs cheveux blonds, ceux que je rêvais d’avoir quelques années auparavant, comme ceux d’une princesse. Les miens aussi étaient longs, mais ils étaient tellement salis pas la poussière, abimés par le manque d’hygiène évident. Assise sur un morceau de béton, elle semblait me détailler à son tour, l’air pensive. Ça me faisait vraiment du bien de me trouver enfin en face d’un visage doux, sans agressivité quelconque. Ça me rassurait de voir que les gens bien n’avaient pas totalement disparu, qu’il ne restait pas dans cette immense ville – et même ailleurs – que des meurtriers, des agresseurs et autres criminels. Que j’avais peut-être encore une chance de survivre ici, dans le New-York actuel, régnant sur les ruines de celui d’hier.

Lorsque je me suis jetée contre Ana, elle n’a pas cherché à me repousser comme je m’y étais quelque part attendue, mais a au contraire refermer ses bras autour de mon petit corps.


« Oui, Kaylhen c’est ma grande sœur… C’est ma faute si elle est plus avec moi… elle était partie chercher le truc qui l’empêche de trembler, mais j’ai eu peur qu’elle revienne pas, alors je suis partie aussi, mais je me suis perdue… Je n’avais pas le droit, tu sais, elle m’avait dit de pas bouger, mais j’ai désobéi, parce que j’avais peur… Et maintenant on est séparées… »

Toujours en sanglots, j’avais prononcé tout ceci sans vraiment réfléchir – on réfléchit beaucoup moins à ça lorsqu’on est enfant – mais c’était sans doute un fardeau trop lourd, pour moi. Les grandes personnes aussi, elles ont peur, parfois autant que les enfants. Mais dans mon cas, un adulte aurait su ce qu’il avait à faire, alors que moi… J’avais une expérience de la vie trop faible : à peine neuf ans. Puis la jeune femme me proposa de rester avec elle, pendant un petit moment. Disait-elle cela sincèrement, parce qu’elle en avait envie, ou juste par pitié envers une petite fille abandonnée dans les débris ? Peut-être un peu des deux, peut-être pas… Mais elle affirmait savoir où dormir et manger, et depuis combien de temps n’avais-je rien avalé avant ces quelques céréales ? Je me reculais légèrement, et Anastasia posa ses mains sur mes épaules. Elle m’a appelée « petite princesse ». Cette phrase m’a alors enchantée. Parce que ça me rappelait ma maman, quand elle disait être fière de moi, parce que ça me rappelait Liam qui venait me consoler quand j’étais triste.

Tout le temps, chaque seconde de chaque minute de chaque jour, sans arrêt je pensais à eux. Eux que j’avais perdus. Quand ça s’arrêterait ? J’aurais aimé pouvoir fermer les yeux et oublier pendant une poignée de millièmes de secondes, rien que ça, tant que ça me permettait de souffler ; oublier que j’étais seule, oublier que je n’étais qu’une petite fille vulnérable de par ma taille minuscule et ma naïveté. L’apparition d’Anastasia, c’était comme un cadeau, un signe pour me dire
« tu peux te reposer un instant, tu en as assez pour aujourd’hui ». Un signe pour me dire « tu es toujours en vie, tâche de voir ceci comme une chance plutôt qu’une fatalité ».

« M… merci… » suis-je parvenue à articuler.

On m’avait toujours dit de remercier la personne qui nous offrait quelque chose. La base de la politesse, m’avait dit maman. Mais les personnes que je croisais en cachette, elles semblaient n’avoir jamais rien su de cette pseudo-politesse. Les bonnes manières, comme toute forme de moralité paraissaient avoir totalement disparu. Deviendrais-je comme tous ces gens ? Deviendrais-je une criminelle sans pitié, dans le seul but de rester en vie ? Malgré tout ce que cela engendrerait autour de moi ? Aurais-je le courage de faire du mal à une personne pour me permettre à moi de respirer quelques minutes de plus ? Sans doute que oui. Cela faisait peut-être partie de ces choses que « je comprendrai lorsque je serais grande ».

En attendant, il y avait Anastasia devant moi. Elle voulait bien m’aider. Et je refusais de laisser passer cette chance ; c’était quasiment une question de vie ou de mort. Néanmoins, j’ajoutai d’une toute petite voix :


« Mais… je ne veux pas te gêner. Si on se fait attaquer, tu ne pourrais pas partir à cause de moi… J’arrive à me cacher vite, tu sais, parce que je peux pas courir, sinon, ils me rattrapent… »

Je ne pleurais presque plus ; et en disant cela, je réalisai avec un grand étonnement que c’était un véritable miracle qu’il ne me soit rien arrivé de pire au cours des dernières semaines. Que j’ai à chaque fois réussi à échapper à ceux qui avaient de mauvaises intentions, que je sois parvenue à me planquer à temps pour ne pas me faire repérer… Ma bonne étoile veillait sur moi malgré tout, mais j’avais le pressentiment que ça n’allait pas durer.

Tout est éphémère. Même ce que l’on pensait être éternel.
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MessageSujet: Re: Lost in the darkness... [Anastasia]   Jeu 10 Juin - 12:16

Excuse moi pour le temps de réponse, je suis impardonnable ! ><

J'ai froncé les sourcils. Sa sœur était partie chercher le truc qui l'empêchait de trembler ? Il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre de quoi elle parlait. Sa sœur devait certainement faire partie de ces nouveaux drogués, qui se raccrochent à leur dose parce qu'il n'ont plus que ça. Mais je trouvais ça inconscient, de laisser une petite fille seule et sans défense pour de la drogue... La preuve : Lyzee avait eu peur toute seule parce qu'elle ne la voyait pas revenir, et elle s'était enfuie et elle s'était retrouvée seule. Et ce n'était pas comme si c'était facile de retrouver quelqu'un aujourd'hui. Il n'y avait personne pour l'y aider. Avant il y avait le téléphone, la police et tout un tas de services sociaux... Aujourd'hui, c'était chacun son problème. Et visiblement le problème de Lyzee était trop gros pour ses frêles épaules. Ce n'était plus « je pourrais faire quelque chose pour elle », c'était « je dois faire quelque chose pour elle ». Elle n'était pas plus vieille qu'Eva. On ne laisse pas une petite fille de cet âge se débrouiller seule dans un monde de brutes. Ce serait un peu la condamner à mort, ce que je me refusais de faire. Et même s'il n'y avait personne pour m'obliger à le faire, ma conscience, elle, le faisait. On n'abandonne pas une gamine, point final, fin de la discussion. Il faut croire que tout le monde n'était pas aussi pourri que ces types qui faisait de la mort un business. Une dose de cocaïne ou d'héroïne atteignait des prix absolument exorbitants.

J'ai secoué doucement la tête quand elle m'a remerciée. C'était gentil, mais elle n'avait pas besoin de me remercier. J'avais l'impression que ce que je faisais, c'était... normal. Ou comme les choses auraient dû être, en tout cas. Mais les bonnes mœurs avaient un peu disparu. Il suffisait de lever les yeux pour s'en rendre compte. Des immeubles à moitié debout, des débris un peu partout... Et ce silence, tellement oppressant. On a beau dire, le silence était beaucoup plus effrayant que le bruit. New York silencieuse, ce n'était tellement pas naturel ! Quelqu'un avait tué la ville qui ne dort jamais. Qui ne dormait jamais. Je me suis relevée et j'ai jeté un coup d'oeil un peu angoissé autour de moi. On ne savait jamais ce qui pouvait bien arriver. Ce quartier n'était pas très dangereux en général, mais je savais, par expérience, que des personnes pas très nettes venaient trainer dans le coin de temps à autre. Certainement une quelconque histoire de trafic... Et en plus le ciel se faisait menaçant, il allait bientôt se mettre à pleuvoir. Autant trouver un abri le plus rapidement possible et ne pas être trempées. De nos jours, la pluie c'était une véritable plaie.

J'ai baissé les yeux vers Lyzee et je l'ai regardé avec un drôle d'air quand elle m'a dit qu'en cas d'attaque je ne pourrais pas partir si elle était là. Ça m'a paru tellement gros que je n'ai pas pu m'empêcher de rire doucement. J'ai ébouriffé ces cheveux doucement.

« Ne t'en fais pas pour ça. Moi aussi je me cache vite. Et au pire je peux te porter, Lyzee. Mais je ne te laisserai pas ici toute seule. Ça va aller, on se débrouillera toutes les deux. »

Je me fichais de ne pas pouvoir aller me cacher plus vite. Et nous n'aurions ni à courir, ni à nous cacher si nous restions aussi discrète l'une que l'autre. Il suffisait d'être prudentes, voilà tout. Ce n'était pas impossible : la preuve j'étais encore vivante. Et Lyzee semblait être une petite fille obéissante qui ne causait pas de problèmes. On pouvait très bien s'en sortir. Déjà en bougeant d'ici, en ne restant pas plantées là comme des imbéciles. Je lui ai tendu la main.

« Je vais t'amener à l'endroit ou je... vis. D'accord ? C'est un petit peu loin, mais on peut y être avant la nuit si on se dépêche. Tu es d'accord ? Là bas tu pourras vraiment te reposer Lyzee, sans craindre qu'il t'arrive quelque chose. »

J'ai eu un sourire, vraiment sincère.

« Et on pourra te trouver de nouveaux vêtements. Ceux là doivent commencer à être un peu abimés, non ? »
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MessageSujet: Re: Lost in the darkness... [Anastasia]   Mer 16 Juin - 15:33

« Ça va aller. On se débrouillera toutes les deux. »

Cette phrase résonnerait encore longtemps dans ma tête, comme une promesse bâtie plus sur de la chance et de l’agilité que la réelle assurance que « tout aille bien ». Car de toute façon, tout pouvait encore nous arriver, que ce soit Anastasia ou moi, ou les deux en même temps. Mais qu’importait : je n’étais plus seule, et déjà, je me sentais mieux. On se sent toujours mieux lorsqu’on a quelqu’un sur qui s’appuyer, une personne en qui on peut avoir confiance. L’homme n’est pas fait pour vivre seul, il a – comme les loups – besoin de son groupe, de sa meute. D’un compagnon de route. C’était Liam qui m’avait expliqué ça. Liam me racontait beaucoup de choses, et il ne me mentait jamais. Alors je croyais tout ce que mon grand frère me disait. Normalement, j’aurais du avoir ma famille autour de moi, elle devait être celle qui me préparer à suivre cette route, là où je devais d’après le monde évoluer seule ; c’est quand même plus simple d’avancer quand on a quelqu’un près de soi. Moi, à mon âge, c’était normal que cette personne soit une adulte. Mais pour Ana… Je n’étais pas sa fille, je ne faisais pas partie de sa famille… Peut-être qu’elle avait commencé à construire sa vie avec un homme, « l’homme de sa vie », peut-être même qu’elle avait des frères et sœurs, comme moi… Mais là, elle était toute seule. Comme moi. Parce que des bombes avaient détruit nos piliers, ceux qui nous maintenaient en équilibre. Désormais, la vie où « ils » étaient là, elle était derrière. Notre vie, celle qu’on se devait de bâtir sur les ruines où nous nous trouvions, c’était devant nous, et nous n’avions pas le choix. Il fallait faire face à tout ça, il fallait apprendre à soigner les blessures ; aussi extérieures qu’intérieures. Il fallait donner la main à quelqu’un, pour être sûr de ne plus être seul.

Quand Anastasia m’a ébouriffé les cheveux, j’ai plissé les yeux et ai laissé échapper un petit rire. Tout de suite après, j’ai relevé la tête et ai tenté de croiser son regard. J’ai posé ma toute petite main glacée dans la sienne, et ai hoché la tête en signe d’acquiescement. J’avais hâte d’entrer dans un véritable endroit digne d’une habitation. J’étais vraiment fatiguée, et ce même si je m’étais réveillée quelques poignées de minutes avant. Et j’étais d’accord avec elle sur le fait qu’il fallait peut-être changer mes vêtements. J’avais un pull violet qui me tenait un minimum chaud – il était légèrement grand, mais c’était l’une des seules choses potables que j’avais réussi à le trouver dans les débris du magasin d’habits où maman avait l’habitude de m’emmener. Je portais également un jean, dont j’avais du retrousser les jambes au niveau des chevilles mais il m’allait bien au niveau de la taille. En ce qui concernait les chaussures, et bien je ne semblais pas avoir trop grandi des pieds puisque je portais toujours les mêmes baskets depuis quelques mois. C’était Logan qui les avait trouvées lors d’une de ses expéditions en quête de vivres. Je me souvins qu’à l’époque, mes orteils ne touchaient pas le bout, mais ce n’était pas vraiment important. Aucun de ces petits détails n’était important.

Mon visage semblait s’illuminer. Ce n’était pas forcément remarquable, mais comparé à la tête que j’avais du faire en pensant qu’Ana était un de ces psychopathes qui n’hésitaient pas à tuer des gosses, oui, j’avais meilleure mine. Un petit silence s’était installé, tandis que nous avancions prudemment ; j’essayai de faire le moins de bruit possible avec mes pieds. Mais au bout de quelques minutes, la question que je m’étais vaguement posée peu avant me revint et me brûla les lèvres. Tournant une nouvelle fois mes yeux bleus vers ceux de la jeune femme, je lui demandai :


-Qu’est-ce qui t’es arrivé à toi ? Tu avais une famille, toi aussi, n’est-ce pas ?

Peut-être que c’était indiscret. Peut-être que ça ne se faisait pas de poser ce genre de questions à une adulte. Peut-être que c’était malpoli. Je n’en savais rien. Mais si je devais rester avec Anastasia, alors autant en savoir plus sur elle. Et puis, un enfant, c’était toujours curieux, et quoi que je puisse m’être dit, je n’aurais pu m’empêcher bien longtemps de lui poser ces questions.
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