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 Please save me from my fear { Ethan }

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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Please save me from my fear { Ethan }   Jeu 20 Mai - 17:48

Ça avait commencé par un cauchemar... Un violent cauchemar. D'habitude, je ne faisais aucun cauchemar. Mes nuits étaient calmes et réparatrices. D'habitude. Parce qu'il y a deux jours, j'avais fait un cauchemar si violent et si effrayant que je m'étais réveillée en hurlant et en me débattant avec les couvertures. Dans la panique j'avais repoussé Ethan violemment, tapant du poing et criant comme si je n'étais pas réveillée, comme si j'étais toujours en train de cauchemarder. Je ne sais pas comment il s'est débrouillé, mais il a réussi à m'enserrer dans l'étau de ses bras, avant de me plaquer avec douceur contre le matelas. Il m'avait fallu un moment pour arrêter de pleurer, pour reprendre mes esprits. Pour réaliser que j'étais dans mon lit, avec Ethan, en sécurité. Je m'étais sentie terriblement honteuse quand Alexander avait ouvert la porte avec fracas, certainement effrayé par mon hurlement. Et Mathilda avait débarqué, à moitié habillée, croyant certainement qu'il m'arrivait quelque chose de grave. Ethan avait renvoyé tout le monde, sans les laisser mettre un pied dans notre chambre. Et je ne sais pas pourquoi, mais il ne m'avait posé aucune question. Quelque chose avait dû le dissuader de me demander de quoi j'avais rêvé. Et de toute façon, j'aurais été incapable de répondre, encore trop choquée par mon cauchemar. J'avais rêvé, ou plutôt revécu les bombardements, mais avec un élément en plus. Tous ceux que j'aimais mouraient, les uns après les autres, et j'étais totalement impuissante. J'avais hurlé quand j'avais vu Ethan mourir...

Et dans la journée qui avait suivi, je m'étais mise à penser à toutes les personnes que j'avais connu. Et force était de constater qu'elles étaient presque toutes mortes ou portées disparues. De mon ancienne vie, il ne restait que des cendres. Jusque là cela ne m'avait pas dérangée. Parce que j'avais trouvé Ethan, et que j'avais cru que faire une croix sur le passé était la meilleure chose à faire. Ça l'était sans doute. Parce que je ne retrouverais rien de ce que j'avais connu. Alors la nostalgie n'était pas une bonne chose. Sauf que voilà, j'avais fini par repenser à tout. J'avais d'abord repensé à mon père. Ce n'était pas un père parfait, ce n'était pas un père modèle, mais c'était mon père. Je l'avais tellement aimé... Et il me l'avait bien rendu. J'avais été élevée comme une petite princesse... Il m'aurait offert la lune si je lui avais demandé. Et ma mère... Même si je ne l'avais à peine connue, j'avais adoré l'image que j'avais d'elle. Mais je devais me faire une raison, ils étaient morts tous les deux. Je me consolais en me disant qu'il étaient enfin tous les deux... Mais ce qui m'avait choqué le plus, c'était cette espèce de manque grandissant qui me rongeait chaque jour de plus en plus. Mon pays me manquait. La Russie me manquait. Le climat, les paysages, la culture, la langue... Depuis combien de temps est-ce que je n'avais pas parlé russe avec quelqu'un pouvant me répondre ? Même Ethan ne pouvait pas, et pourtant je savais qu'il s'acharnait à essayer d'apprendre ma langue.

Pire encore, je me rendais compte que je n'aimais plus la ville de New York. Je l'avais aimé. Adoré même, quand c'était encore une ville vivante et dynamique. Aujourd'hui elle ne représentait plus qu'une espèce de prison d'où je ne pourrais pas m'échapper. Je ne rentrerais jamais chez moi. Et à la limite, ce n'était pas ce qui me dérangeait le plus. C'était de savoir que ma fille ne saurait jamais d'où elle venait. Elle ne naitrait ni en Russie, ni Angleterre. On ne pouvait même plus dire qu'elle naitrait aux États-Unis... Ça me rendait malade. Je ne voulais pas qu'elle soit déracinée comme je l'étais... Et nous avions à peine de quoi lui montrer d'où elle venait... Quelques photos, quelques souvenirs plus ou moins entiers... Rien de plus. Oh, elle serait en vie, c'était toujours ça de bien.

Je n'étais pas restée très longtemps à l'infirmerie cet après midi là. Mais je n'avais pas fait de sieste non plus. Je n'en avais pas envie. Mais j'allais me reposer, parce que je sentais néanmoins que je fatiguais un peu plus, un peu plus vite. Parce que j'étais enceinte de six mois, déjà. Mon ventre était de plus en plus rebondi, et le bébé s'agitait de plus en plus en mon sein. Maintenant je sentais vraiment ses petits pieds, ses petits poings. Ça amusait beaucoup Ethan de la sentir bouger, de l'entendre bouger, même. Et il n'avait pas oublié qu'elle commençait enfin à nous entendre. Il n'arrêtait pas de lui parler, de la solliciter. Si à sa naissance elle ne le reconnaissait pas, c'est qu'elle était soit sourde, soit qu'elle s'amusait à nous faire tourner en bourriques...

Quelle heure était-il ? Quinze heures, seize heures ? Je n'en avais aucune idée. Et je m'en fichais... J'avais passé l'après midi à me replonger dans ce qui restait de mon passé. J'étais assise en tailleur sur notre lit, en travers, adossée au mur. Et autour de moi il y avait un peu de tout... Une grande carte dépliée de la Russie, une petite boite en bois avec quelques bijoux et objets qui m'étaient chers, deux ou trois livres écrits en russe et donc incompréhensibles pour n'importe qui d'autre que moi, un petit album photo, une grande boite en carton dans laquelle il y avait une robe que mon m'avait offerte... Et sur mes genoux, un gros album photo où étaient résumées à peu près vingt quatre années de vie. Vu comme ça, ça pouvait paraître ridicule... J'étais là comme une idiote à contempler des photos de mon père, ma mère et moi, quand j'ai eu la sensation que quelqu'un était là à me regarder. Par réflexe j'ai relevé les yeux. Et j'ai souri. Ethan. Il était appuyé contre le mur, les bras croisés et il me regardait avec un petit air triste. J'ai tenté un petit sourire.

« Pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça ? »

J'ai refermé l'album photo un peu brusquement et j'ai posé une main sur mon ventre, un peu par réflexe.

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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: Please save me from my fear { Ethan }   Jeu 20 Mai - 20:20

J’avais assisté à l’examen que Mathilda faisait passer régulièrement à Katarina. Elle avait pris les mesures de son ventre, avait vérifié certaines choses du mieux qu’elle pouvait. Et elle nous avait rassurés. D’autant plus que notre fille bougeait énormément. Mathilda avait essayé de me faire admettre que ce ne serait peut être pas une fille, mais je ne voulais rien savoir. Je savais que nous aurions une fille. Et Katarina en était persuadée aussi. Alors quoi de mieux que l’instinct parental ?

Notre fille allait bien, ma femme allait bien. Pour moi la vie n’était pas si mauvaise que cela. Bien entendu, j’aurais aimé d’autres conditions de vie. J’aurais aimé que Katarina puisse vivre sa vie de femme normalement, j’aurais aimé qu’elle vive sa grossesse pleinement aussi, mais je ne pouvais lui apporter tout cela. C’eut été du suicide de la laisser sortir à l’extérieur. Au début ça m’avait tellement meurtri que j’en avais pleuré. Maintenant, après une longue discussion avec Alexander à ce sujet, j’avais fini par m’y faire. J’essayais de positiver, et de faire ressentir à Katarina et Lena que tout se passerait bien.

Je passais plus de temps avec Katarina depuis une semaine, je savais que plus elle avançait dans sa grossesse, plus les actes de la vie quotidienne lui étaient difficiles : mettre ses chaussettes, lacer ses chaussures, se laver….Et j’avais envie d’être la tout simplement. Pour profiter au mieux de ma femme que je trouvais particulièrement fatiguée, et pour me rapprocher de ma fille. Je savais qu’elle m’entendait maintenant. Alors je passais le plus clair de mon temps libre à lui parler à la caresser. Je sentais a présent ses petits pieds, ses petites mains et c’était toujours un pur bonheur pour moi. J’en pleurais presque à chaque fois. Je savais que pour Katarina ca devait être encore plus fort, puisqu’elle la sentait en elle. Elle grandissait, prenait chaque jour un peu plus de place. Aussi bien dans le ventre de sa mère que dans nos cœurs. Le coin qui serait le sien dans la chambre était maintenant prêt à l’accueillir, je savais pourtant qu’il restait trois mois mais je n’avais pas pu m’empêcher de me dépêcher de tout décorer. J’étais si impatient de la tenir dans mes bras que j’en rêvais presque chaque nuit.

Et puis il y a deux jours alors que tout semblait aller bien, Katarina s’étais réveillée en sursaut. Je n’avais pas compris sur le coup, mais elle m’avait repoussé, et je m’étais bien vite chassé du lit. Elle criait, tapait du poing, hurlait, pleurait presque. Et ca m’arrachait le cœur. Jamais elle n’avait fait de cauchemars alors que nous dormions ensemble. D’ordinaire c’était moi le spécialiste des cauchemars. Je me sentais désarmé mais j’ai eu l’a présence d’esprit de me relever rapidement et je l’ai rejoint dans le lit. Je l’ai forcé le plus doucement possible à se rallonger, la plaquant sur le lit. Et je l’ai prise dans mes bras. Elle pleurait toujours alors je la câlinais, j’essayais de l’apaiser sans un mot. Je ne savais pas quoi dire, et pour le moment tout ce que je voulais c’était qu’elle se calme. Il serait grand temps plus tard qu’elle me raconte et m’explique. Mais je savais que si elle ne le faisait pas, je n’irais pas la bousculer.

Alors qu’elle se calmait peu à peu, notre porte s’est ouverte d’un seul coup et j’ai pu voir la silhouette d’Alexander. J’ai relâché Katarina doucement en déposant un baiser dans ses cheveux, prés de sa tempe. J’avais à peine rejoint Alexander à la porte qu’Aaron et Mathilda arrivaient. Les murs étaient fins et nos chambres étaient proches. Ils avaient surement entendu des cris, et sachant Katarina enceinte ils avaient du prendre peur. J’avais plus ou moins le regard mauvais, non pas que je leur en voulais de s’inquiéter pour ma femme et ma fille, mais ils voyaient bien qu’il n’y avait rien et ils persistaient à rester ici. Alors un peu sèchement je leur ai dis que je m’occupais de MA femme. Et je leur ai claqué la porte au nez.

Et je suis retourné dans le lit prenant soigneusement Katarina dans mes bras, qui s’est blottie contre moi. Je l’ai enlacé étroitement et j’ai passé une main rassurante dans son dos, la caressant pour l’apaiser. Nous n’avons rien dit, et au bout d’une heure elle a fini par se rendormir. Moi bien sur je n’ai pas dormi. Je m’inquiétais vraiment pour elle. Elle ne m’avait rien dit, et je n’avais rien demandé. Je n’osais pas….je savais ce que c’était de faire un cauchemar et qu’il est difficile d’en parler parce qu’on a l’impression de le revivre. Au matin, je suis resté avec elle, prétextant un travail à faire dans l’infirmerie. Il m’a suffi d’un regard avec Mathilda pour comprendre qu’elle s’en occupait. En résumé, on me mettait dehors.

Et alors depuis deux jours, je trouvais Katarina mélancolique, perdue dans ses pensées. Elle réagissait à peine à mes sourires, elle se blottissait contre moi la nuit, mais elle ne me parlait pas. Elle ne me parlait plus. Elle était là physiquement oui, mais c’était tout. Il y avait comme un espèce de mur qui s’était installé entre nous. Lilly me conseillait de lui parler, de la forcer à me parler. Mais je n’en avais pas la force. J’avais peur de ce qu’elle me dirait. Alors je me taisais, espérant qu’elle me parle.

C’était un véritable cercle vicieux. Je ressentais qu’elle souffrait, et j’étais totalement impuissant face à sa détresse. Je l’avais quitté après le repas, alors qu’elle était partie dans notre chambre se reposer comme chaque après midi. J’avais essayé de continuer mon travail de recensement. Un travail de fourmi d’ailleurs. J’essayais de recueillir le maximum d’informations sur chacun, et après il m’était nécessaire de faire un travail de secrétaire, décidant de garder les éléments importants. Je n’arrivais pas à me concentrer. Le malaise de Katarina me hantait. Je souffrais de la voir ainsi s’éloigner de moi. Alors j’ai décidé d’aller voir si elle était réveillée.

Lilly avait raison, il fallait qu’on parle. Qu’elle me parle. Sinon nous allions devenir dingues….et je craignais tellement que ça nous sépare….

Je suis partie vers notre chambre et j’ai ouvert tout doucement la porte au cas ou Katarina soit encore en pleine sieste. Il avait beau être 15H30….je la savais de plus en plus fatiguée depuis qu’elle avançait dans sa grossesse. Quand j’ai ouvert la porte j’ai eu la surprise de la voir assise sur son lit, une boite à chaussures prés d’elle, celle où elle avait mis la plupart de ses souvenirs, et son album photo. Ses yeux étaient vitreux, signe qu’elle avait pleuré ou qu’elle avait envie de le faire. Elle semblait si fragile. Je l’avais cru si forte pendant si longtemps, que maintenant que je voyais vraiment ce qu’elle ressentait vraiment, j’en avais parfois des coups de poignards dans la poitrine. Elle était triste. Et sa tristesse était communicative. Sauf que moi je ne savais pas ce qui la rendait triste. Si seulement j’avais pu deviner, tout aurait été plus facile…

J’ai refermé la porte et je me suis adossé au mur, j’ai croisé les bras et je l’ai observé. J’ai soupiré quand elle a souri. Son sourire sonnait tellement faux que j’ai été blessé de penser qu’elle avait sans doute voulu me duper avec ce sourire forcé.

« Pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça ? »

Je n’ai rien dit, cherchant la manière d’aborder le sujet. Elle a refermé bien vite son album photo, et a caressé son ventre. Il n’y avait que quand elle caressait son ventre, que je sentais qu’elle était heureuse. J’aurais aimé qu’elle le soit tout le temps. Comme avant…Comme avant ce terrible cauchemar.

Je me suis contenté d’expirer à fond avant de me lancer. Et j’ai commencé par l’évidence même.

-Je t’aime mon ange….
J’espérais qu’elle se souvienne de cela et que sa tristesse n’était pas du au fait qu’elle pense que je ne l’aimais plus. Ou plus aussi fort qu’avant. Je me souviens qu’au début de sa grossesse, elle avait eu énormément de craintes quant à son corps qui changeait….Alors je préférais devancer les choses.

J’ai poursuivi sur ma lancée. Il fallait que je crève l’abcès. Sinon j’allais finir dingue.

-…Mais je ne supporte pas de te voir malheureuse. Dis-moi ce qui ne va pas. S’il te plaît mon amour. Dis moi, parle moi….
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Please save me from my fear { Ethan }   Ven 21 Mai - 18:40

Je t'aime. Cela sonnait étrangement, cette fois ci. Comme si Ethan me le rappelait avec une espèce de crainte à peine dissimulée. Est-ce qu'il croyait que je ne m'en souvenais pas ? Est-ce qu'il croyait que moi, je ne ressentais plus la même chose ? Non, ce n'était pas cela... Il savait que je l'aimais, plus que n'importe quoi d'autre. Alors peut-être qu'il essayait de me rassurer. C'était peut-être sa façon à lui de me rappeler qu'il était là, et qu'il serait là, quoiqu'il arrive. Mais je le savais. Je n'avais plus peur qu'il s'en aille. Je savais qu'il tenait à moi, je savais qu'il tenait à sa fille, je savais qu'il tenait à sa famille. Il ne s'en irait pas. Ni maintenant, ni jamais... J'ai perdu mon sourire soudainement, parce qu'Ethan n'y avait pas répondu. Il était inquiet. Ton son être transpirait l'inquiétude. Il était tendu, les traits de son visage étaient tirés, et il me regardait avec angoisse. Je me suis sentie misérable, soumise à son regard. Je ne lui avais encore jamais vu cet air aussi malheureux. Mon coeur s'est serré et s'est tordu dans ma poitrine.

« Moi aussi, je t'aime. »

Bien sûr, que c'était vrai. Ça l'avait toujours été. Ni lui ni moi n'éprouvions plus aucune difficulté à nous dire que nous nous aimions. Comme si notre séparation avait été un véritable électrochoc, qui avait fait que nous étions presque obligés de nous le dire en permanence, comme si c'était devenu, essentiel... J'ai baissé les yeux. Je ne supportais plus son regard désolé et désolant. J'ai alors avisé tous les objets étalés autour de moi et j'ai soudainement eu honte. J'ai refermé la petite boite, j'ai jeté mon album photo à l'autre bout du lit, loin de moi, et j'ai replié la carte de Russie avec frénésie. J'ai ensuite ramené mes jambes contre mon ventre. Mais là, c'était plus moi que j'essayais de protéger, de cacher. Je ne m'étais pas attendue à être surprise en pleine "crise de nostalgie". Pourtant, je savais qu'Ethan aimait me retrouver à l'improviste dès qu'il avait un moment. Aujourd'hui, je n'y avais pas pensé. J'avais voulu m'enfermer dans une bulle, sans imaginer une seule seconde qu'elle pourrait éclater brusquement. J'avais été idiote. Et je me retrouvais là comme une imbécile, incapable de cacher ce que j'étais bêtement en train de faire.

Mon visage a dû changer de couleur quand Ethan m'a demandé ce qui n'allait pas. Oh, non. Mon Dieu. J'avais dû le blesser sans m'en rendre compte. J'avais tenté de cacher ma peine en me fermant au monde alentour comme une huitre. Je ne m'étais pas rendue compte que je m'étais aussi fermée à Ethan. Mais il n'était pas stupide, il avait bien vu que quelque chose n'allait pas chez moi. Et il avait pensé que, comme toujours, le problème venait de lui. Quelle horreur. J'avais promis de tout lui dire, et voilà que je me surprenais à faire le contraire. J'ai eu un petit soupir. Il ne servait à rien d'essayer de le nier : non, ça n'allait pas. Ça n'allait pas du tout. Plus le temps passait et plus je me rendais compte que mes racines me manquaient. Jamais je ne m'étais sentie aussi étrangère. Comme s'il y avait un mur qui s'était construit entre le reste de la Communauté et moi.

« Je crois... Je crois que je déteste New York. »

Ou plutôt, je ne l'aimais plus. J'aimais encore moins ses souterrains. Je n'avais pas revu le soleil depuis des mois. Et même si je savais que c'était une simple question de sécurité, cela ne m'aidait pas à me sentir mieux pour autant. Sans Ethan, je serais déjà devenue complètement folle... Mais le manque le plus gros venait d'ailleurs. Ce que je voulais par dessus tout, c'était revoir la ville ou j'étais née, parler ma langue... Et je savais que c'était complètement impossible. Aucun bateau, aucun avion ne me ramènerait jamais chez moi. Même Ethan n'y pouvait rien... Fatalement, j'ai senti les larmes perler au coin de mes yeux. Je me suis empressée de les essuyer avec ma manche, avec l'espoir qu'Ethan n'aurait rien vu. Mais dans tous les cas, mon geste m'aurait trahie.

« Je veux... Je veux... Je voudrais tellement pouvoir rentrer chez moi. »

C'était la première fois que j'exprimais ce souhait à haute voix. Et en un sens, je me trouvais bien idiote : Ethan aussi rêvait certainement de retourner en Angleterre. Et Gabrielle aurait certainement voulu retourner en Australie. De quel droit me plaignais-je ? Je m'en sortais plutôt bien, pourtant. Et j'allais devenir maman, ce n'était pas le moment de déprimer. Mais je n'arrivais pas à être positive. Et avec ce qui était arrivé à Gabrielle... J'ai relevé les yeux vers Ethan. Je l'ai regardé un long moment, sans trop savoir quoi dire. Je me sentais tellement stupide. J'ai secoué la tête, avant d'enfouir ma tête entre mes bras, pour me soustraire à son regard.

« C'est tellement bête, de regretter ce qu'on ne peut plus avoir... N'est-ce pas ? »

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MessageSujet: Re: Please save me from my fear { Ethan }   Sam 22 Mai - 10:02

Elle m’aimait aussi. Je le savais oui, mais l’entendre me le dire me rassurait toujours autant. J’essayais de me montrer fort et sûr de moi, mais au fond de moi j’avais toujours besoin d’être rassuré. J’avais si peur qu’elle me quitte, qu’elle cesse de m’aimer. Moins qu’avant certes, mais j’avais toujours peur. J’aurai du sourire quand elle m’a dit qu’elle m’aimait aussi, mais j’étais tellement préoccupé par le mal-être de Katarina, que je n’y ai même pas pensé.

J’étais toujours adossé au mur et je l’observais. Ses yeux étaient voilés d’un voile de tristesse, et elle semblait lointaine….Elle s’éloignait de moi…..Et je ne savais pas pourquoi. Est-ce que le fait qu’elle me dise qu’elle m’aimait aussi ne cachait pas un « mais » ? Je me demandais ce que j’avais bien pu faire ou ne pas faire pour qu’elle soit aussi triste. J’essayais d’être le plus présent possible, je faisais tout mon possible pour lui faciliter la vie, je prenais soin d’elle….Et si malgré tout cela, elle n’arrivait pas à oublier les mois de souffrance que je lui avais infligés ?


« Je crois... Je crois que je déteste New York. »

Depuis quand détestait elle New York ? Mais surtout pourquoi ? Jamais elle ne m’avait dit qu’elle n’aimait pas New York. Et si je ne l’écoutais pas assez ? Et si je n’étais pas assez attentif à elle ? J’aurais du m’en douter, j’aurais du comprendre….

-Ah….

Que dire d’autre que ça ? Comment le dire autrement qu’avec une pointe d’amertume ? J’ai commencé à me sentir encore plus mal quand j’ai remarqué qu’elle commençait à pleurer. Et si c’était une façon de me dire que malgré son amour, elle ne pouvait plus vivre avec moi ? J’étais tout simplement pétrifié. J’avais peur de me précipiter vers elle et qu’elle me rejette. Alors j’ai juste fait un pas mais je suis resté à l’autre bout de la chambre, à la regarder s’essuyer les yeux avec sa manche. Je ne l’avais pas vue si malheureuse depuis longtemps. Et ca me crevait le cœur.

« Je veux... Je veux... Je voudrais tellement pouvoir rentrer chez moi. »

Elle venait enfin de me dire ce qui n’allait pas. Et égoïstement, je me suis senti soulagé. Ce n’était pas ma faute…. Elle m’aimait toujours. Inconditionnellement. Et sur le moment, c’est tout ce qui comptait. Elle m’aimait et elle ne voulait pas me quitter. Mais passé les trente secondes de soulagement, j’ai commencé à mesurer l’importance de ce qu’elle venait de me dire.

Elle voulait rentrer chez elle….Et chez elle c’était en Russie…. Alors qu’un océan et des dizaines de milliers de kilomètres nous séparaient….. Je comprenais mais j’avais mal. Je pensais vraiment que depuis le temps, elle avait réussi à trouver sa place ici, et que mon amour avait réussi à lui faire oublier l’éloignement vers ses racines. Mais ce n’était qu’un leurre. Elle avait beau avoir rangé toutes ses affaires dans la boite et refermer et repousser son album photo. Je savais qu’elle y pensait encore. Et qu’elle y repenserait encore. Et ca me crevait le cœur.

Elle a eu beau me regarder, et nos regards se souder l’un à l’autre. Il y avait une sorte de barrière invisible qui venait de se former. Alors que j’aurais aimé et pensé qu’elle me demande de la prendre dans ses bras, et que j’avais commencé à venir vers elle, elle s’était recroquevillée sur elle-même et avait enfoui sa tête entre ses bras. Comme si elle n’avait pas besoin de moi, comme si elle me rejetait. Elle ne me regardait plus. Et mon cœur a commencé à se fêler tout doucement.

« C'est tellement bête, de regretter ce qu'on ne peut plus avoir... N'est-ce pas ? »

Qu’est ce que je pouvais bien répondre à ça ?

-Non ce n’est pas bête….

Je ne savais vraiment pas quoi dire d’autre….. Alors malgré son attitude, j’ai avancé vers le lit et je me suis agenouillé prés du lit, prenant ses mains dans les miennes. J’ai posé ma tête sur le lit et j’ai inspiré à fond.

-Je pensais que tu te sentirais chez toi auprès de moi avec le temps….mais je me suis trompé….

Moi elle était mon pays, ma patrie, mon havre de paix. J’aurais aimé lui suffire mais ce n’était pas le cas. Elle avait le mal du pays. Je pouvais comprendre, mais je n’arrivais pas à ne pas le prendre pour moi. Je prenais vraiment son mal être comme un échec personnel. Je n’avais pas su lui apporter ce que j’aurais du.

-Je voudrais tellement pouvoir te dire que nous allons rentrer chez toi, mais je ne peux pas mon amour….Dis-moi ce que je peux faire pour que tu te sentes mieux, je ferais n’importe quoi pour que tu te sentes bien mon ange.

J’étais prêt à tout pour elle. Pour la rendre heureuse….
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MessageSujet: Re: Please save me from my fear { Ethan }   Sam 22 Mai - 11:39

Qu'est-ce qu'il pouvait bien faire ? Qu'est-ce qu'il pouvait bien répondre ? J'étais cruelle de lui dire que je n'aimais plus New York. Parce qu'il ne pouvait rien y faire. Il avait beau être prêt à faire n'importe quoi pour moi, il ne pouvait pas me ramener chez moi. Il n'avait pas ce pouvoir. Personne ne l'avait. Que je le veuille ou non, j'étais coincée ici, dans l'impossibilité de rentrer chez moi. Je ne m'en irais pas. Jamais. Et le pire dans tout ça, c'est que je n'avais pas de raison valable de me plaindre. J'avais Ethan, j'avais mes amis, et c'était eux qui étaient ma famille maintenant... Une famille plus grande que celle que j'avais eu pendant tout le reste de ma vie. Et pourtant cette minuscule famille me manquait. Ce qui me gênait, c'était de savoir que ma fille ne connaitrait pas cette famille là... Et alors, hein ? Ethan devait bien penser la même chose, et il ne s'en plaignait pas. Parce qu'il avait certainement compris que même avec toute la bonne volonté du monde, on n'y changerait rien. Il s'était tourné vers l'avenir, tandis que moi je jetais un coup d'œil vers le passé. Et j'avais tort... Mais c'était plus fort que moi. Comme si ma grossesse me faisait réaliser certaines choses que j'avais écarté quand j'étais entrée dans la communauté. Mais je ne voulais embêter personne avec ma nostalgie stupide. Je finirais bien par m'y faire, cela finirait bien par passer.

Je ne voulais pas qu'Ethan se sente coupable. Ce n'était pas sa faute. D'autant plus qu'il faisait de son mieux pour me rendre heureuse. Ce n'était pas de sa faute si j'étais...malheureuse. J'aurais voulu pouvoir me contenter de ce que j'avais. J'avais de quoi être pleinement heureuse. J'avais un fiancé qui m'aimait et j'allais être maman. Bon sang ! Cela ne me ressemblait pas de me plaindre de cette façon. Mon père ne m'avait pas élevée de cette façon. Il avait voulu faire de moi une femme forte, capable de supporter n'importe quoi. Mais cela n'avait pas si bien fonctionné que cela. Au lieu de n'avoir aucune faiblesse, comme il le voulait, je m'étais contentée de les repousser dans un coin de ma tête, sans penser qu'elles pourraient me tomber dessus brutalement. Tant que j'étais certaine de pouvoir rentrer chez moi quand j'en avais envie, cela ne m'avait pas dérangé de rester à New York. La vie que j'y menais jusqu'aux bombardements me convenait très bien. Mais ce n'était plus le cas. Je me sentais prise au piège... D'autant plus que je ne pouvais pas mettre le nez dehors. Je n'étais pas sortie depuis qu'Ethan était revenu. Cela faisait plus de quatre mois. J'étouffais entre ces murs.

Je n'avais pas envie qu'Ethan me voit pleurer. Ce que je détestais par dessus tout, c'était ressembler à une petite chose fragile et sans défense. Ce n'était pas moi ! Et cela me faisait honte de me montrer comme ça. J'étais tellement mal que je n'osais même pas lui demander de me prendre dans ses bras. D'autant plus que je savais très bien que je fondrais en larmes s'il me serrait contre lui. J'allais craquer, bêtement. Et je ne voulais pas, ce n'était vraiment pas le moment... J'ai eu un petit sursaut quand le bébé m'a donné un coup de pied assez fort. Je ne voulais pas qu'il ait mal à cause de moi... Je me sentais coupable, de penser à ce genre de choses. Regretter, c'était idiot. J'en étais persuadée. Même si Ethan disait que non, ce n'était pas bête... Mais en même temps il ne pouvait dire que oui c'était stupide, que oui regretter ne servait à rien et que oui j'étais une vraie imbécile de me mettre dans un état pareil à cause d'un album photo et d'une jolie robe dans une boite. J'ai eu un sursaut quand il a pris mes mains dans les siennes. Je ne l'avais pas entendu approcher. J'ai relevé les yeux vers lui. J'étais plus blanche que blanche.

« Oh non, ce n'est pas ta faute mon amour... Je me sens chez moi avec toi, mais... J'aimerais tellement pouvoir revoir l'endroit où je suis née et je... Je ne me sens pas à ma place ici... Je ne suis qu'une pièce rapportée... »

J'ai soupiré. Et je me suis laissée retomber sur le lit, recroquevillée. J'ai caressé mon ventre en silence, tandis que je laissais les larmes couler sur mes joues. J'ai tendu la main vers le visage d'Ethan, que j'ai caressé tendrement. J'ai laissé ma main courir sur son épaule, et je l'ai attiré à moi. J'ai passé mes bras autour de lui pour l'enlacer, comme pour reprendre mon souffle parce que j'étais privée d'oxygène.

« N'importe quoi ? Reste avec moi... Reste avec moi... Dis moi que ça va aller; que tout ira bien... C'est tout ce que je veux... »

Et accessoirement, j'aurais aussi voulu retrouver mon pays. Mais ça, je ne pouvais pas le lui dire, parce qu'il n'y pouvait rien, rien du tout.

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MessageSujet: Re: Please save me from my fear { Ethan }   Sam 22 Mai - 17:37

Je ne supportais pas de la voir pleurer. C’était sans doute la seule chose que je ne supportais pas. Je supportais bien le manque de drogue, et maintenant je n’avais même plus cette envie de m’enfoncer une seringue pleine de saloperie dans les veines quand je me sentais stressé, malheureux, ou fatigué. Mais quand la femme de ma vie pleurait, c’était comme si on me lacérait la peau petit à petit. J’avais envie d’hurler pour que ça s’arrête. Ses mains dans les miennes, cette espèce d’alchimie ou de connexion entre nous que je sentais pourtant à chaque fois était comme parasitée comme quelque chose. Comme ce mur qui s’érigeait entre nous depuis deux jours. Je le ressentais de la même façon. Elle m’éloignait d’elle. Sans le vouloir bien sur. Mais elle le faisait. Et c’était plus dur à supporter que quoi que ce soit d’autre.

Elle a glissé son regard vers moi. Elle était aussi pale qu’un cadavre. Katarina n’avait pas une carnation de peau très colorée, mais là c’était effrayant. J’étais estomaqué. Il y a deux jours, elle respirait le bonheur, assumant parfaitement sa féminité et sa maternité et là c’était….ce n’était plus la Kat que je connaissais. Physiquement c’était toujours elle malgré tout, mais je ne la connaissais pas comme ça. Je ne la sur estimais plus, mais je l’estimais telle qu’elle était. Et là….

« Oh non, ce n'est pas ta faute mon amour... Je me sens chez moi avec toi, mais... J'aimerais tellement pouvoir revoir l'endroit où je suis née et je... Je ne me sens pas à ma place ici... Je ne suis qu'une pièce rapportée... »

Il y avait un mais…. Oui elle se sentait bien avec moi mais….ça faisait mal de penser que je n’arrivais pas et n’arriverais sans doute jamais à la combler totalement. J’aurais espéré que mes efforts pour la rapprocher de sa culture la comblent. Mais ca ne lui suffisait pas….. Alors qu’est ce que je pouvais bien faire de plus ? Elle se sentait comme une pièce rapportée disait elle…..Ca faisait mal de l’entendre dire ca. Alexander faisait tout son possible pour que chacun trouve sa place, peu importe son origine, dans la communauté. Nous faisions tous notre possible pour ca. Mais même après un an et demi, elle ressentait toujours cette différence…..Je m’étais cru plus fort que tout en croyant que je saurais lui redonner le sourire à jamais, et c’était un échec. J’avais lamentablement échoué. Comme toujours.

Je ne savais vraiment plus quoi faire ou dire…. Je suis resté à genoux par terre, a coté du lit. Je la regardais sans la voir réellement. Elle caressait son ventre, les larmes inondant son doux visage. Ce n’est que quand elle s’est approchée de moi pour caresser mon visage que j’ai un peu commencé à respirer normalement. J’avais l’impression subite d’avoir retenu ma respiration depuis que j’étais rentré dans la chambre et que je l’avais trouvée plongée dans ses souvenirs. Elle m’a caressé et j’ai fermé les yeux, profitant de ce qu’elle me procurait. Egoïstement, j’avais besoin de sentir qu’elle m’aimait toujours et que malgré le mal du pays qu’elle ressentait, elle m’aimait toujours. C’était égoïste….parce qu’elle allait mal et moi tout ce que je demandais c’est qu’elle me dise qu’elle m’aime et qu’elle resterait toujours avec moi. Son étreinte était magique, je me suis laissé aller.

« N'importe quoi ? Reste avec moi... Reste avec moi... Dis moi que ça va aller; que tout ira bien... C'est tout ce que je veux... »

Oui elle pouvait me demander n’importe quoi ? J’étais prêt à tout pour elle. Mais tout ce dont elle avait envie, c’était que je reste avec elle et que je la rassure. Alors j’ai pris sur moi, et j’ai chassé le besoin énorme que j’avais d’etre rassuré, pour la rassurer elle. Parce que rien ne comptait plus que son bonheur à elle. Je me suis effacé : moi, mes envies et mes besoins. Et je me suis relevé pour m’asseoir sur le lit. Je suis allé m’asseoir contre le mur et je l’ai attiré doucement à moi. Je l’ai enlacé le plus tendrement possible et j’ai commencé à lisser ses cheveux comme une caresse. Je la berçais comme une enfant qui vient de faire un cauchemar.

-Bien sûr que je vais rester avec toi mon ange. Toute notre vie, et bien plus encore…..

Elle était mon âme sœur. Et je croyais dur comme fer en la réincarnation. Pour moi, nous ne pouvions que nous retrouver au-delà de la mort. Mais dans cette vie nous étions Ethan et Katarina, et jamais je ne l’abandonnerais. Je l’avais trouvée et plus jamais je ne la quitterais. J’avais été le dernier des imbéciles en partant, en la quittant…. Et je n’avais jamais été aussi malheureux.

J’avais posé une main sur son ventre et je caressais Lena. Comme pour la rassurer elle aussi. Et je leur ai parlé à toutes les deux. Mes mots étaient pour elles deux.

-Ca va aller….tout va bien se passer mon amour…Repose-toi sur moi….ça va aller…..

Je voulais être un père et un mari parfait. Je voulais que ces deux êtres qui dépendaient de moi puissent trouver dans mes bras, leur havre de paix, leur home sweet home.

-Chut….ca va aller…ca va aller….

J’essayais de me rassurer aussi. Je voulais y croire. Croire que malgré ce mal du pays, malgré toutes les difficultés ça irait. Il fallait que je m’en convainque, pour pouvoir la convaincre. Et puis ses sanglots ne cessaient pas, ses larmes ne se tarissaient pas. Alors j’ai imité Katarina, et j’ai commencé à pleurer des larmes d’impuissance. Je la serrais davantage contre moi, et j’embrassais sa tempe.

-Pourquoi tu ne me dis plus rien mon amour ? Pourquoi tu te refermes comme le fait Gabrielle ? Tu n’as plus confiance en moi ?
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Please save me from my fear { Ethan }   Sam 22 Mai - 19:56

Dans l'immédiat, il n'y avait strictement rien qui pourrait m'apaiser. Et j'avais l'impression que ce vide en moi n'était pas prêt de se combler. C'était comme un trou béant dans ma poitrine. Et j'avais l'impression que la guérison, puis la cicatrisation ne seraient pas faciles. Je ne comprenais pas pourquoi cette déprime me tombait dessus maintenant. Pire encore, je ne savais pas d'où était sorti ce cauchemar atroce. Jusque là j'avais été très heureuse, très épanouie. Je voyais un avenir plutôt radieux, ou au moins heureux. Et en l'espace d'une nuit, tout avait volé en éclat. C'était un cercle vicieux. Je commençais à croire qu'Ethan et moi nous ne pourrions jamais être heureux en même temps, ou sur le long terme. Et ce cauchemar, c'était le premier ( ou du moins le plus choquant ) que je faisais depuis qu'Ethan et moi étions ensemble. Cela m'avait choquée que les rôles soient inversés aussi brutalement. Et je ne m'étais toujours pas remise de cette nuit éprouvante. Et de là étaient venus tous mes problèmes. Je m'étais prise la réalité en plein visage : quoi que je fasse, il y aurait toujours une part de moi qui n'appartiendrait pas totalement à cet endroit. Ce qui était inquiétant c'était que cette part grandissait, et m'éloignait petit à petit du peu d'attaches que j'avais ici.

Je n'avais pas envie de pleurer. Je ne voulais pas, trop c'était trop ! Je me savais faible face à Ethan et cela ne me plaisait pas en cet instant. Mais j'étais bien incapable de faire comme si tout allait bien. Incapable de feindre ce petit air joyeux une minute de plus. Si je n'avais pas réclamé ses bras, c'était pour essayer de me contrôler, comme une grande fille. Malheureusement, je me suis rendue compte assez rapidement qu'avec ou sans lui pour m'étreindre, ce serait du pareil au même. J'allais pleurer. Alors je l'ai attiré à moi, faisant donc le contraire de ce que je m'étais mise en tête de faire. Mais je voulais le tenir dans mes bras... Pour sentir que malgré tout, il y avait quelque chose qu'on ne pourrait jamais m'enlever. Pour sentir que je pourrais toujours me raccrocher à lui. Ethan était là. Il n'était peut-être pas parfait, peut-être pas irréprochable, mais je l'aimais plus que tout. Il avait beau dire, il m'avait sauvée autant que je l'avais sauvé. Et sans lui, je serais certainement incapable de supporter ce manque. Et si quoi que ce soit pouvait le combler, c'était son amour et rien d'autre.

J'ai eu un mouvement de panique quand il s'est écarté de moi. Il m'a fallu plusieurs secondes pour réaliser qu'il venait seulement de s'asseoir à côté de moi et que non, il n'était pas parti. Je n'ai pas cherché à protester une seule seconde quand il a passé ses bras autour de moi pour me redresser, avant de m'enlacer tendrement. Il m'a plaquée contre lui avec force et douceur à la fois. J'ai laissé ma tête retomber contre son épaule. J'ai passé un bras autour de lui, presque timidement, et mes doigts se sont crispés sur le tissu de son t-shirt. Je ne m'étais jamais sentie aussi vulnérable de toute ma vie. Comme si quelque chose s'était brisé en mille morceaux à l'intérieur de moi. Comme si ce masque dénué de toute faiblesse que j'avais l'habitude de porter était tombé d'un seul coup.

J'avais besoin de l'entendre me dire qu'il resterait avec moi. Même si au fond, je savais très bien qu'il ne s'en irait pas. Je n'aurais jamais dû me permettre de douter de lui. C'était insensé. Il avait promis. Je n'avais pas de le droit de douter de ses engagements. C'était comme remettre en cause le calendrier des saisons. L'hiver ne remplacerait jamais le printemps, de même qu'Ethan ne reviendrait pas sur sa décision... J'aurais voulu m'endormir là, au chaud dans ses bras, et me réveiller avec ce sentiment de sécurité qui était le mien quand je me réveillais contre lui. Mais depuis deux jours, tout ce que voulais c'était simplement résister à cette peine grandissante qui me rongeait et risquait de me faire perdre la raison. J'ai baissé les yeux sur mon ventre, où il avait posé sa main. Je m'en voulais. Je devais angoisser inutilement ce petit être en moi. Le bébé restait calme, ne bougeait pas beaucoup, se demandant certainement ce qui m'arrivait. Et pourtant, il a donné un coup de pied ou de poing, pile à l'endroit où était posée la main d'Ethan. Comme s'il disait que pour lui, tout allait bien, même si vu mon état, ce n'était pas évident.

Ethan me disait que ça allait aller, comme je le lui avais demandé. Je voulais tellement y croire. Je n'avais même pas le droit d'en douter, comme j'allais bientôt mettre au monde quelqu'un qui avait besoin de sentir que oui, tout allait bien. Il fallait que je me reprenne en main, et plus vite que ça. Ce n'était pas le moment de jouer les veuves éplorées... J'ai pris une profonde inspiration, et je me suis décidée à m'écarter légèrement d'Ethan. Pour retomber contre lui aussi sec quand j'ai remarqué qu'il pleurait lui aussi, tout ça par ma faute. Voilà où avait mené ma bêtise !

« Excuse moi, je suis désolée, je ne voulais pas te blesser... »

C'était pourtant ce que j'avais fait. Il pensait sans doute que c'était lui qui n'arrivait pas à me rendre heureuse, alors que c'était tout le contraire. Il était presque la seule chose qui me permettait de rester envie. Je savais pertinemment que sans lui, je me serais laissée mourir il y a un moment. Parce qu'en y réfléchissant bien, je ne trouvais pas énormément de sens à ma vie jusqu'à ce qu'il entre dans ma vie. Et si j'étais restée, c'eût été par pure bonté d'âme, parce que j'étais médecin et que les gens avaient besoin de mes compétences. Mais j'aurais certainement été très malheureuse au fond. Aussi peu heureuse de vivre qu'un ver de terre. En supposant qu'un ver de terre ait une quelconque conscience de la vie...

Je me suis raidie assez soudainement. Et je me suis rendue compte avec précision des conséquences de mon comportement sur le caractère d'Ethan. Et c'était terrible. Je me suis mise à trembler assez violemment. Je tremblais à cause de plusieurs choses. Tout d'abord, mon état émotionnel ne me permettait plus de contrôler mon corps. Ensuite parce que la comparaison avec Gabrielle était épouvantable, même s'il n'en savait rien : je n'avais pas été violée, ni battue, ce qui m'arrivait été ridicule en comparaison. Et enfin, je souffrais de le voir penser que je ne l'aimais plus, qu'il avait perdu ma confiance. Et pourtant, si on basait sur les faits, il avait raison. Je n'avais rien dit, pas un mot à propos de ce qui me mettait dans cet état. Je m'étais tue, croyant bêtement qu'il allait passer à côté.

« Je... Je... Non, je... je pensais que ça allait me passer, ce n'est pas ta faute... »

Pas du tout même. Mais je savais qu'il ne serait pas d'accord, même s'il ne dirait rien. Il devait se faire cent reproches à la minute, pensant qu'il n'avait pas été assez attentif... Alors il fallait que je m'explique, que je le mette hors de cause. Ce n'était pas sa faute. Ce n'était pas sa faute !

« Bien sûr que si, j'ai toujours confiance en toi... Tu... tu sais que je te confierais ma vie s'il le fallait... J'aurais dû te parler... Mais je ne l'ai pas fait, je suis désolée... C'était idiot de ma part. Tout cela est idiot, je ne devrais pas penser à ce qui est mort et irrécupérable... Je ne suis qu'une imbécile. Je... je vais finir par faire du mal au bébé avec mes idioties... Je suis désolée... »

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MessageSujet: Re: Please save me from my fear { Ethan }   Dim 23 Mai - 7:31

Elle souffrait vraiment de ne pas être chez elle. Et j’étais totalement impuissant. Tout ce que je pouvais faire pour le moment, c’était de la bercer et de lui assurer que tout irait bien. Que j’étais là et que j’allais prendre soin d’elle. J’aurais aimé représenter son pays, son point d’encrage, mais c’eut été trop facile. Pourtant je ne lui en voulais pas, je pouvais comprendre. Ce n’est pas que l’Angleterre ne me manquait pas, mais je l’avais quittée alors que je n’avais que huit ans. Je n’avais donc que peu de souvenirs de mon pays natal. Et ce n’était pas les deux semaines que nous passions chaque année à Londres qui allaient m’enraciner au Royaume Uni. Pour moi j’étais avant tout New Yorkais. Et dans ma tête là où j’étais chez moi c’était auprès de ceux que j’aimais. Ca avait été mes parents et maintenant c’était auprès de Katarina. Mais pour elle ce n’était vraiment pas pareil….Katarina avait quitté la Russie alors qu’elle avait 20 ans et a chaque fois qu’elle pouvait elle y était retournée… C’était donc plus évident que son pays lui manquait.

Mais même si je comprenais, j’étais blessé. Et elle venait de s’en rendre compte…

« Excuse moi, je suis désolée, je ne voulais pas te blesser... »

Je le savais qu’elle ne voulait pas me blesser. Je savais qu’elle m’aimait et que tout ce qu’elle avait fait jusque là c’était pour mon bien. Mais le résultat était là, mon bonheur dépendait du sien. Et aujourd’hui elle était malheureuse….alors j’étais malheureux…

J’essayais de savoir pourquoi elle s’é&tait renfermée, pourquoi elle ne m’avait pas dit qu’elle souffrait de mal du pays. Pour la première fois, elle ne s’était pas tournée vers moi.

« Je... Je... Non, je... je pensais que ça allait me passer, ce n'est pas ta faute... »

Non ce n’était pas ma faute….mais elle s’était renfermée. Et moi je l’avais laissé faire pendant deux jours. Pendant deux jours j’avais attendu qu’elle vienne me parler. J’avais sans doute alimenté son malaise. Et c’était ça aussi qui était dur à accepter. Alors pour moi, bien sur que c’était ma faute….

Mais je voulais tout de même savoir si elle avait encore confiance en moi. J’avais besoin de savoir que je pouvais être l’épaule sur laquelle elle pourrait se reposer si elle ne se sentait plus assez forte pour avancer. A présent nous pleurions tous les deux. Moi il fallait que j’arrive à faire tarir mes larmes. Il fallait que je sois l’homme dont elle avait besoin. Alors j’ai séché mes larmes d’un revers de la main, j’ai inspiré très fort et je l’ai serré encore un peu plus.

« Bien sûr que si, j'ai toujours confiance en toi... Tu... tu sais que je te confierais ma vie s'il le fallait... J'aurais dû te parler... Mais je ne l'ai pas fait, je suis désolée... C'était idiot de ma part. Tout cela est idiot, je ne devrais pas penser à ce qui est mort et irrécupérable... Je ne suis qu'une imbécile. Je... je vais finir par faire du mal au bébé avec mes idioties... Je suis désolée... »

Elle venait de me dire ce dont j’avais besoin. Elle avait confiance en moi, entièrement confiance en moi. Et ça, ça m’a fait un bien fou. Je savais que je n’avais regagné sa confiance qu’il y a peu de temps, et que j’avais ramé pour la retrouver. Alors si elle m’avait annoncé que je l’avais perdue alors que je ne savais pas comment, je l’aurais très mal vécu. Je m ‘efforçais jour après jour d’être l’homme dont elle avait besoin.

Je vivais enfin un peu ce qu’elle avait vécu pendant tant de temps. Je comprenais enfin ce que c’était de vivre avec quelqu’un qui vous cache des choses. Elle pensait sans doute m’épargner, comme moi je l’avais pensé aussi, mais c’était tout le contraire. Ses cachotteries creusaient un fossé entre nous. J’aurais vraiment pensé qu’en l’ayant vécu, elle ne me le ferait pas à son tour…. Mais elle l’avait fait. Peu de temps, mais elle l’avait fait. Et pourtant je n’arrivais pas à lui en vouloir. Je comprenais…. Je comprenais ce sentiment qu’on a de croire qu’en se taisant, qu’en gardant les choses pour soi on épargne l’autre.

J’ai reniflé à fond son parfum. J’avais besoin de sentir cette connexion entre nous.

-Ne me cache plus rien mon amour s’il te plait. Je suis là pour partager tes peines aussi.

C’était pour cela aussi que je souhaitais tant qu’on se marie. Je voulais qu’aux yeux de Dieu (même si elle n’y croyait pas vraiment), nous fassions la promesse de nous aimer et de nous soutenir toute notre vie.

Ce qui semblait le plus l’inquiéter, c’était de passer pour une idiote….Elle n’était pas idiote, elle était juste déracinée….Ce qui était difficile c’est que je n’arrivais pas à ressentir la même chose qu’elle. Je ne voulais pas lui reprocher de ne pas se sentir bien auprès de moi. Je savais que ce n’était pas le problème. Sans doute pour une des premières fois depuis que nous nous connaissions, je me rendais compte qu’il y avait des choses qui nous séparaient.

-Mais non tu n’es pas une imbécile….J’essaie de comprendre ce que tu ressens, mais je n’y arrive pas parce que je ne ressens pas la même chose que toi. Par contre, je ressens ta tristesse et je me sens tellement impuissant mon amour….

L’impuissance face à la détresse de l’être aimé c’est sans doute le pire sentiment qui existe. J’essayais de trouver une façon de lui redonner le sourire. Mais j’étais comme parasité par ses pleurs. Elle pleurait toujours, elle sanglotait toujours. Et je n’arrivais pas à la consoler. Ni mes mots, ni mon étreinte, ni mes baisers ne la calmaient…J’étais désemparé.

-Je pensais que choisir un prénom russe pour notre fille, et t’encourager à parler avec elle en russe te permettrait de te sentir encore russe. Mais je me suis trompé……

J’ai commencé à chercher ce que je pouvais faire pour qu’elle se sente toujours russe. Pour qu’elle se souvienne quotidiennement de son pays, mais qu’elle trouve sa place ici à New-York.

-Dis-moi ce que je peux faire pour que tu te sentes enfin à ta place ici. Dis-moi je t’en supplie.
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MessageSujet: Re: Please save me from my fear { Ethan }   Dim 23 Mai - 10:03

Si j'allais mal ? Oui, terriblement. De toute ma vie, je ne m'étais jamais sentie aussi mal. Tout ça à cause d'un misérable rêve. Le plus drôle dans tout cela, c'est que ce cauchemar n'était pas si terrible que ça. Les bombardements je les avais vécu en direct et j'y avais survécu. La plupart de mes proches étaient déjà morts avant que je fasse ce rêve. Et ceux qui ne l'étaient pas, eh bien justement, ils ne l'étaient pas. Quand je m'étais réveillée, c'était à côté d'Ethan, qui était bien vivant. Et les autres n'avaient pas non plus cessé de vivre parce que j'avais rêvé de leur mort. La logique aurait voulu que je n'y pense plus. Après tout, n'importe qui pouvait faire ce genre de rêve. Je n'étais pas la première, ni la dernière. Quelle honte... j'étais littéralement traumatisée à cause de ça, tandis qu'Ethan avait toujours fait des dizaines de cauchemars. Et s'il lui arrivait encore d'en faire, il ne s'en plaignait pas, il les avait mis de côté. Tout cela ne me plaisait pas. J'avais l'impression que les rôles s'étaient trop inversés. Non pas que je n'aimais pas son attitude. Au contraire c'était d'autant plus rassurant de savoir qu'il était prêt à me rattraper en cas de chute. Mais j'avais l'impression d'avoir perdu l'assurance que j''avais. Je me sentais faible, et ma grossesse n'arrangeait pas les choses. J'étais constamment sur les nerfs, et beaucoup trop sensible à mon goût. Et je prouvais là que je n'étais même plus capable de faire preuve de bon sens. Alors que j'étais certainement une des personnes les plus rationnelles qui soient. Bonjour la crédibilité...

J'avais l'impression d'être une véritable fontaine. Mais c'était plus fort que moi, je n'arrivais pas à me contrôler. Sincèrement, j'aurais voulu cesser de pleurer. Parce que ce n'était pas dans mes habitudes. En général, je ne pleurais pas très longtemps, cela me passait assez vite. Ou alors je pleurais en silence, discrètement, à l'abri des regards. Là c'était comme si je m'autorisais enfin à verser toutes ces larmes que j'avais retenu ces deux dernières années. Et d'un seul coup, c'était assez violent. Moi même je ne m'y étais pas préparée. Ce devait être la première fois qu'Ethan me voyait dans un état pareil. Voilà pourquoi il était si désemparé. Il n'avait aucun exemple, aucun moyen de savoir comment s'y prendre pour me calmer. Alors il faisait comme il pouvait. Et je m'en voulais. Parce que je savais très bien qu'il culpabilisait, qu'il se demandait ce qu'il avait bien pu rater pour me retrouver dans un état pareil alors que rien ne le présageait. Je me suis mordue la lèvre en grimaçant. Même s'il le voulait, je n'avais pas envie de le rendre malheureux avec mes bêtises. Il avait assez souffert comme ça, je n'avais pas envie d'en remettre une couche. Et ses souffrances, c'est moi qui les lui avais imposé. Et même si c'était pour son bien, cela ne m'empêchait pas de regretter d'avoir dû recourir à de telles extrémités.

« Mais mes peines sont stupides et insensées ! J'ai tout ce dont une femme pourrait rêver et pourtant je trouve le moyen de regretter ce que je ne peux plus avoir. Parce que je sais très que je ne rentrerais pas chez moi. »

Chez moi. Dans le fond, où est-ce que c'était chez moi ? Ni à New York, ni à Moscou... J'étais partagée entre les deux. Je serais toujours partagée entre les deux. Pour la première fois, je voyais enfin toutes les choses que la guerre m'avait pris. Jusque là, je n'avais vu que ce qu'elle m'avait apporté. C'est à dire Ethan, mes amis et maintenant mon bébé. Je n'aurais peut-être jamais connu toutes ces personnes. Mais sans cette guerre, je n'aurais pas perdu celles avec qui j'avais grandi. Mais c'était arrivé... Tout avait été détruit. Ce n'était pas la peine de songer une seule seconde qu'il serait possible de rentrer chez moi. De toute façon, qu'est-ce que j'aurais retrouvé, sinon des ruines et des cadavres ? Autant m'accrocher aux personnes qui étaient ici et qui étaient vivantes. Cela aurait beaucoup plus de sens.

Comme je le pensais, Ethan ne pouvait pas comprendre ce que je ressentais. Il essayait, mais il ne pouvait pas. Parce que cela faisait vingt ans qu'il vivait ici. Il n'avait pas vraiment eu le temps de s'attacher à la ville de Londres. Alors que moi, même en vivant à New York, je m'étais toujours arrangée pour passer au moins deux mois en Russie. Et mon père venait chaque fois qu'il en avait l'occasion. Autant dire que je n'avais pas vraiment eu le temps de m'intégrer, entre mon travail et mes études. Qu'est-ce que je pouvais répondre à Ethan ? Oui, il était impuissant. Pour une fois, il ne pouvait rien faire pour effacer ma peine. Je n'avais d'autre solution que d'attendre que cela passe. Cela finirait bien par passer, n'est-ce pas ? Il le fallait. Je devais me reprendre. Pour lui, pour mon bébé et pour les autres. Il fallait que je me secoue. Je n'ai rien dit... Parce qu'il n'y avait rien à dire. Je me suis blottie contre lui, cherchant un peu plus sa chaleur et sa protection. J'ai eu un petit soupir. Choisir un prénom russe pour notre fille et m'encourager à parler ma langue était déjà une bonne chose... Mais je ne me faisais pas d'illusion. Je savais très bien qu'elle ne parlerait pas russe couramment. Elle parlerait anglais, parce que tout le monde parlait anglais, à commencer par son père. Mais ça, ce n'était la faute de personne. Et c'était moi l'intruse ici.

« Le problème, c'est que je me sens trop russe, je crois. »

J'ai eu un petit rire. Un petit rire très ironique. J'ai levé les yeux vers Ethan. J'ai caressé son visage doucement, essuyant les larmes sur ses joues, tandis que les miennes continuaient de couler.

« Je ne sais pas ce que tu peux faire, Ethan... Je ne sais pas moi même ce que je peux faire pour me raisonner. Ce serait cruel de te demander de me ramener chez moi. Parce que je sais que tu ne peux pas... Je crois que je n'ai pas le choix; je dois simplement me faire à l'idée que je ne remettrais pas les pieds en Russie. C'est comme ça, et nous n'y pouvons rien... Je suis vivante, nous le sommes tous les deux, je n'ai pas le droit de me plaindre. »

J'ai tenté un sourire. J'imagine qu'il devait sonner faux. Très faux.

« Tu es là, je n'ai pas le droit de me plaindre. »

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MessageSujet: Re: Please save me from my fear { Ethan }   Dim 23 Mai - 17:44

Katarina était malheureuse parce qu’elle voulait revoir son pays, et moi j’étais malheureux parce qu’elle l’était. Mon bonheur dépendait du sien. Alors si je n’arrivais pas a la rendre heureuse, et a lui redonner le sourire, c’est moi qui serait dans le même état. Et je pensais à notre fille. J’avais cessé de penser à moi et aux difficultés que j’avais vécues. Désormais, je pensais à ma femme et surtout à ma fille. Comment allait-elle grandir si ses parents étaient malheureux ? Là dans le ventre de sa mère Lena, elle ressentait tout. C’était maintenant que tout commençait à se faire. Et je voulais que ma fille sente que nous l’aimions, que ses parents étaient heureux.

« Mais mes peines sont stupides et insensées ! J'ai tout ce dont une femme pourrait rêver et pourtant je trouve le moyen de regretter ce que je ne peux plus avoir. Parce que je sais très que je ne rentrerais pas chez moi. »

Qu’elle pense que sa tristesse était injustifiée me crevait le cœur. Bien sur qu’elle avait le droit d’être triste. Même si j’aurais aimé qu’elle ne le soit pas, et qu’elle se sente chez elle ici ; je comprenais qu’elle le soit. Après tout, ici elle était plongée dans une langue qui n’était pas la sienne. Une langue qu’elle avait apprise mais qui n’était pas la sienne. Et la culture n’était pas la même non plus. Je n’en avais que de vagues notions mais pour ce que j’en savais il y avait un décalage énorme entre nos coutumes à nous et celles de la Russie.

Et puis selon moi, le problème majeur c’était que c’était sans cesse Katarina qui devait faire des efforts. Elle fournissait des efforts monumentaux je le savais. Elle voulait faire oublier à tous qu’elle était russe. Elle parlait notre langue, se conformait à nos coutumes sans jamais se plaindre. Alors il était normal qu’à un moment donné la coupe soit pleine. Personne dans la communauté ne faisait d’efforts pour elle. Même pas moi. Je m’en rendais compte seulement maintenant, et ça ne pouvait qu’augmenter mon sentiment de culpabilité.

Elle pleurait toujours, mais moins. C’était toujours ça….Je n’aimais pas la voir pleurer. Je ne l’avais vu pleurer que très peu de fois. Et a chaque fois c’était un crève cœur. Encore plus aujourd’hui, parce qu’elle n’avait jamais pleuré autant.

« Le problème, c'est que je me sens trop russe, je crois. »

J’ai eu mal comme jamais. Le ton de sa voix était fataliste, et puis qu’elle pense ça me brisait le cœur. Elle m’a enfin regardé et j’ai coulé un regard doux et amoureux. Elle a caressé mon visage en essuyant les quelques larmes qui coulaient encore le long de mes joues. Et je me suis senti mal. Elle tentait de me consoler alors que c’était elle qui allait mal.

-Il n’y a pas de trop ou pas assez mon amour. Tu es russe. Ca fait partie de toi. N’essaie pas de devenir une autre, moi je t’aime comme tu es….. Et si tu veux garder ton nom de famille, alors garde-le. Si tu veux, Lena et moi on le prend aussi…. Je veux juste que tu te sentes bien mon amour, je ne veux que ça.

J’étais prêt à m’effacer si cela pouvait la rendre heureuse. Après tout, je me fichais de garder mon nom. Tout ce que je voulais c’était son bonheur. Et si son bonheur passait par se sentir toujours aussi russe, et bien alors le « sacrifice » ne serait pas très coûteux. Je voulais qu’elle reste elle-même : Katarina Kuryenko, cette jeune médecin russe qui m’avait dérobé mon cœur.

« Je ne sais pas ce que tu peux faire, Ethan... Je ne sais pas moi même ce que je peux faire pour me raisonner. Ce serait cruel de te demander de me ramener chez moi. Parce que je sais que tu ne peux pas... Je crois que je n'ai pas le choix; je dois simplement me faire à l'idée que je ne remettrais pas les pieds en Russie. C'est comme ça, et nous n'y pouvons rien... Je suis vivante, nous le sommes tous les deux, je n'ai pas le droit de me plaindre. »

Elle m’a souri, mais son sourire était feint. Non elle n’était pas heureuse…. Elle aurait aimé pouvoir rentrer chez elle, en Russie. C’est tout ce qu’elle demandait. Elle ne remettait pas en question son amour pour moi, ni la joie de devenir mère. Son pays lui manquait….

-Non je ne peux pas...Pardon…..

Et c’est là qu’une idée a commencé à germer dans ma tête….Elle ne pouvait plus aller en Russie…..mais la Russie pouvait venir à elle….

« Tu es là, je n'ai pas le droit de me plaindre. »

Oui j’étais là bien sur. Je le serais toujours. Ma vie était auprès d’elle. N’importe où mais à ses côtés.

-Mais si que tu as le droit de te plaindre…. Seulement….

Elle avait tout de même le droit d’être malheureuse et de se laisser a sa peine tout de même. Combien de fois m’avait elle consolé ? Combien de fois m’avait elle entendu me plaindre ? Elle avait toujours été la pour moi….et je n’aurais pas assez de toute ma vie pour lui rendre ce qu’elle m’avait apporté.

-Regarde-moi mon amour….

Je me suis redressé et j’ai séché ses larmes. J’avais besoin de savoir quelque chose. Pour pouvoir lui rendre le sourire, j’avais besoin de savoir si être avec moi la comblait.

-Tu n’es pas heureuse avec moi ?ici ?
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MessageSujet: Re: Please save me from my fear { Ethan }   Dim 23 Mai - 20:10

Je n'avais qu'une envie, cesser de pleurer. Parce que cela ne servirait strictement à rien. Tout ce que je faisais, c'était mouiller le t-shirt d'Ethan, et franchement il y avait plus glorieux. Ah, elle était bien belle la petite russe qui criait à qui voulait l'entendre qu'elle était forte. À pleurer comme une gamine dans les bras de son fiancé, qui malheureusement ne pouvait rien faire. Je ne parvenais pas à comprendre comment j'en étais arrivée là. Cela me dépassait. Et sincèrement, j'espérais que cette crise serait la première et la dernière. Parce que jouer les fontaines en permanence, merci, mais non merci. Cela ne faisait pas un quart d'heure que je pleurais que déjà j'en avais assez. Parce que même si je ne pouvais pas m'arrêter de pleurer, je m'exaspérais toute seule. Je me percevais comme une femme fragile, alors que c'était tout le contraire de ce que je souhaitais être. Même si les rôles s'étaient inversés, je ne voulais pas pour autant devenir une autre... Ou alors, ce qui m'effrayait, c'était de découvrir cette part de moi même jusque là ignorée. Je me découvrais vulnérable et dépendante. C'était la première fois que je réalisais que finalement non, je ne pouvais pas tout encaisser et tout gérer. Certaines choses échappaient à mon contrôle, que je le veuille ou non.

J'ai eu un petit soupir. Non, je n'essaierais pas de devenir une autre, et ce pour plusieurs raisons. D'abord parce que je ne voulais pas me plier à des codes qui n'étaient pas les miens. Je savais que mes origines et mon éducation faisaient de moi un extraterrestre par moment. Et ensuite, je savais pertinemment que quoi que je fasse, je ne rentrerais jamais dans le moule de la parfaite petite américaine. Et puis c'étaient peut-être mes différences qui avaient séduit Ethan... Il ne m'aurait même pas remarquée si j'avais été comme toutes les autres. J'étais d'un naturel si discret que c'eût été facile de passer à côté de moi... Ma relation avec Ethan était le symbole même de cette vie d'après guerre que j'aurais dû croquer à pleines dents. J'avais ramé, au sens propre du terme, pour que nous puissions être ensemble tous les deux. Et maintenant que c'était fait, il fallait que je gâche tout ça en me tendant vers un bonheur passé qu'il ne pouvait pas m'offrir. J'aurais pu lui cracher au visage que cela n'aurait pas été pire. Parce que là, je lui faisais clairement sentir que ce que je voulais, il ne pouvait pas me l'offrir. Autant lui coller une claque, au moins il s'en remettrait.

J'ai regardé Ethan avec un air tout à fait halluciné. Moi, garder mon nom et lui prendre le mien ? Ça n'avait aucun sens, ce n'était pas logique. Ce n'était pas comme ça que les choses marchaient. J'ai secoué la tête, adoptant un air déterminé qui devait être totalement ridicule, si on prenait en compte les larmes qui continuaient de rouler sur mes joues, et les tremblements qui me secouaient.

« C'est hors de question. Ce n'était pas ce que nous avions convenu. Lena aura ton nom. Et moi aussi. Je sais ce que tu y tiens, Ethan. Ne prétends pas le contraire. »

Je savais très bien qu'il voulait que les choses soient comme elles auraient été s'il n'y avait pas eu cette guerre. Alors j'aurais été Katarina Jones, un point c'est tout. Et même aujourd'hui, cela ne me dérangeait pas. Mon nom ne signifiait pas tout à lui seul. Et si ça avait été le cas, mon prénom et mon accent suffisaient à me désigner comme russe. Mon nom, ce n'était pas le plus important. Ce qui importait, c'était l'identité qui y était associée. Il en faudrait plus pour m'en détacher. Et puis il fallait le dire, je serais certainement très fière d'être « Madame Jones ». Au moins aussi fière qu'Ethan, qui pourrait enfin clamer au monde entier que je lui appartenais. Comme si ce n'était pas déjà le cas... Il n'y avait que lui, et il n'y aurait que lui, que ce soit ici ou ailleurs.

« Ne t'excuse pas de ne pas pouvoir. Personne ne le peut. »

Ce n'était pas sa faute. Il n'y était pour rien. Je ne pouvais pas rentrer chez moi, pas plus que ne le pouvait Gabrielle, par exemple. Je n'étais pas la seule femme déracinée ici. Et je n'étais pas non plus la plus malheureuse. J'avais une famille. Une vraie famille. Et la vie m'avait offert la possibilité de devenir mère. C'était un merveilleux cadeau. Je sentais Lena grandir en moi et c'était tout simplement extraordinaire. Il fallait voir le bon côté des choses...

Ethan m'a demandé de le regarder et j'ai un peu hésité avant de lever les yeux vers lui. Je devais faire peine à voir... Ce ne devait pas être joli joli, tout ça. J'ai fermé les yeux quand il a séché les larmes sur mes joues. Il n'aimait pas me voir pleurer, tout comme je ne supportais pas de le voir pleurer. J'ai rouvert les yeux assez soudainement, surprise par sa question.

« Oh mais... bien sûr que si, je suis heureuse avec toi ! Je t'interdis de penser le contraire. Rien ne pourrait me rendre plus heureuse qu'être avec toi. »

C'était toujours lui que je choisirais, s'il le fallait. Même entre lui et mon pays, le choix était déjà fait. Il serait toujours mon petit coin de paradis au milieu de cet enfer et de ces ruines. Pourtant, il y avait un mais. Ce n'était pas lui qui me rendait malheureuse, c'était... l'ambiance générale.

« Mais ici... Je ne sais pas. J'ai l'impression d'être un oiseau en cage... Et même si je sais que c'est pour ma sécurité... C'est comme une prison d'où je ne peux pas sortir, en plus d'être un endroit où je dois sans cesse me faire oublier... »

J'ai soupiré. Au moins, j'avais été sincère. Il me rendait très heureuse, mais l'endroit dans lequel nous vivions entachait ce bonheur. Je me suis échappée de ses bras, et je me suis assise au bord du lit un instant. J'ai attendu que les tremblements cessent pour me lever. J'ai fait mine de reprendre le contrôle de moi même, en chassant les larmes que je sentais venir. J'ai jeté un coup d'œil à la pièce. Au moins, ça ressemblait vraiment à une chambre... J'ai avisé le berceau du bébé et mon cœur s'est serré. Je suis allée jusqu'à lui et j'ai posé mes mains sur le rebord en bois. Je ne savais pas où il avait trouvé ce berceau, mais il était parfait. Je me suis penchée, une main sur mon ventre et j'ai attrapé l'ourson en peluche qu'Ethan avait soigneusement déposé au fond du berceau. Je me suis tournée vers Ethan, et là je n'avais plus du tout l'air sûre de moi.

« Tu feras attention à ce qu'il ne lui arrive rien, n'est-ce pas ? Tu ne laisseras rien lui arriver ? C'est tellement plus important... On s'en moque de ma nostalgie sans intérêt... Ce qu'il faut, c'est qu'elle soit en sécurité... Promets moi que tu veilleras sur elle. C'est elle qui compte le plus. Pas moi et mes caprices de femme enceinte. »

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MessageSujet: Re: Please save me from my fear { Ethan }   Lun 24 Mai - 9:47

J’aurais tout fait pour que Katarina se sente enfin à sa place ici, à New York, dans la communauté. J’étais prêt à renier mon nom et mes origines pour prendre les siennes et qu’elle se sente enfin pleinement heureuse. Mais elle refusait. Oui je tenais à ce que ma fille et ma femme portent mon nom, mais je préférais de loin que ma femme sois heureuse. J’avais fini par comprendre que bien que les voir porter mon nom prouverait à tous qu’elles étaient ma famille, l’important était que nous portions tous le même nom de famille. Que ce soit le mien ou le sien…. La seule raison pour laquelle je tenais à mon nom de famille c’est qu’il était un lien avec mes parents. Mais j’avais admis que mes parents étaient morts, qu’ils représentaient mon passé ; alors que Katarina et Lena représentaient mon avenir. Et ce n’était pas mon nom de famille qui me permettrait de me souvenir de mes parents. Ils resteraient dans mon cœur, peu importe ce qu’il se passe.

Et puis, non elle avait raison, je ne pouvais pas la ramener chez elle. Mais son pays pouvait venir à elle…et c’était cette idée qui venait de germer dans mon esprit. Il fallait que je trouve un moyen pour qu’elle se sente heureuse ici. Il fallait qu’en entrant dans notre chambre, elle ait l’impression d’être de retour chez elle. Et j’étais décidé à apprendre sa langue. Il fallait qu’elle puisse me parler dans sa langue. Elle avait fait tant d’efforts pour moi, alors celui là n’en serait pas vraiment un.

Pourtant avant de mettre mon plan en action, j’avais besoin de savoir si le problème ne venait pas de moi. Ca pouvait sembler égoïste….mais après toutes les difficultés que nous avions traversées, j’avais besoin de savoir si je la rendais heureuse, si j’étais celui qu’elle voulait. Je ne voulais plus faire les mêmes erreurs. Je séchais ses larmes en espérant qu’elle ne me dise pas que je redevenais cet Ethan qui avait tout gâché. Elle a subitement ouvert les yeux, et m’a regardé avec des yeux presque exorbités.

« Oh mais... bien sûr que si, je suis heureuse avec toi ! Je t'interdis de penser le contraire. Rien ne pourrait me rendre plus heureuse qu'être avec toi. »

Je n’ai pas pu m’empêcher de pousser un long soupir de soulagement. Je la savais honnête alors qu’elle m’affirme qu’elle était heureuse avec moi, et qu’elle n’avait rien à me reprocher suffisait à ce que j’aille bien. Au moins maintenant je savais que le problème venait uniquement du fait que son pays lui manquait.

« Mais ici... Je ne sais pas. J'ai l'impression d'être un oiseau en cage... Et même si je sais que c'est pour ma sécurité... C'est comme une prison d'où je ne peux pas sortir, en plus d'être un endroit où je dois sans cesse me faire oublier... »

Elle a soupiré et mon cœur s’est serré. Je me suis senti tout à coup tellement coupable J’avais sans doute participé principalement à ce qu’elle se sente en cage, je refusais qu’elle mette ne serait ce qu’un pied dehors. Je la surprotégeais, l’empêchant de faire énormément de choses. J’avais réduit son temps d’activité professionnelle. Pourtant je n’arrivais pas à regretter. Je savais qu’au fond j’avais raison de faire tout cela.

Elle a profité du fait que je réfléchissais pour s’échapper de mon étreinte. Quand je m’en suis rendu compte, elle était assise au bord du lit, serrant les poings et inspirant et expirant le plus profondément possible. Et puis, j’allais esquisser un geste pour aller jusqu'à elle lorsqu’elle s’est levée et est allée jusqu’au berceau de Lena. Si je ne voyais pas sa silhouette de femme enceinte, j’aurai pensé que Lena était avec nous, et que Katarina prenait soin de sa fille en se penchant sur son berceau. Elle a pris l’ours Paddington que j’avais ramené de chez moi, celui qui avait été le mien pendant tant d’années. Il n’était plus aussi neuf, mais c’était le mien et je voulais que Lena l’ait elle aussi.

-Je suis désolé que tu te sentes en prison. Et je m’excuse de mettre autant de mesures de sécurité autour de moi, et d’être aussi directif, mais j’ai tellement peur pour toi mon amour. J’ai peur de te perdre. J’aimerais pouvoir te dire que je vais arrêter mais je ne peux pas…J’aimerais que tu te reposes entièrement sur moi.

Je préférais être honnête, je ne pouvais pas et ne voulais pas relâcher la pression sur elle et sa sécurité .Et ce serait sans doute pire quand Lena serait parmi nous….

Je me suis alors levé pour la rejoindre et je me suis collé à elle par derrière, la prenant dans mes bras. J’ai posé ma tête sur son épaule. J’avais besoin de la prendre dans mes bras, et son ventre ne me permettait plus une étreinte classique.

« Tu feras attention à ce qu'il ne lui arrive rien, n'est-ce pas ? Tu ne laisseras rien lui arriver ? C'est tellement plus important... On s'en moque de ma nostalgie sans intérêt... Ce qu'il faut, c'est qu'elle soit en sécurité... Promets-moi que tu veilleras sur elle. C'est elle qui compte le plus. Pas moi et mes caprices de femme enceinte. »

J’ai pali instantanément. Sa voix sonnait lointaine, paniquée. Et ce qu’elle me disait me faisait très peur. Je n’avais pas peur de prendre soin de ma fille, ni de ma femme. Je n’avais pas peur non plus de rassurer jour après jour ma femme. Non, non…. Ce dont j’avais peur là, c’est que mes doutes soient confirmés.

-Bien sûr que je ferais attention à elle. Mais je ferais attention à toi aussi mon amour. Je n’aime pas ce que tu viens de dire Kat…je n’aime pas du tout.

J’avais peur que son message signifie qu’elle envisageait de mettre fin à ses jours quand elle aurait mis Lena au monde. J’avais peur que la perspective de ne jamais revoir son pays la rendait si triste qu’à un moment donné elle préférerait se donner la mort. Et cela je ne pouvais pas l’accepter. C’est pourquoi il faudrait que je fasse rapidement en sorte que la Russie vienne à elle.

-Dis-moi que tu ne veux pas nous laisser. Dis-moi que tu ne veux pas faire de plaisir, je t’en supplie. Ne nous laisse pas, ne me laisse pas.
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MessageSujet: Re: Please save me from my fear { Ethan }   Lun 24 Mai - 12:03

Quatre murs. Voilà à quoi se résumait mon environnement. Où que je sois, il y avait toujours quatre murs autour de moi : notre chambre, l'infirmerie, le salon, la salle à manger... Je trouvais ça insupportable. D'autant plus que je trouvais l'atmosphère étouffante, presque irrespirable. Je n'étais pas faite pour vivre enfermée. J'avais besoin d'air... En Russie je passais mes journées dehors. Cela rendait mon père fou. En effet, il ne devait pas y avoir beaucoup de gamines prêtes à sortir par moins vingt degrés simplement pour voir la neige tomber. Inutile de dire que j'en avais passé, des semaines clouée au lit... Et même ici, dès que j'avais un moment de libre, j'allais à Central Park. J'adorais cet endroit, je passais mes journées libres là bas. Je n'y avais pas mis les pieds depuis presque deux ans. Mais ce n'était peut-être pas une mauvaise chose, puisque le parc ne devait plus être qu'un champ de ruines, ou alors un petit bout de jungle, s'il n'était plus entretenu... Mais cela ne m'empêchait pas de regretter de ne pas pouvoir mettre un pied dehors. Même si je savais que c'était très dangereux, à l'extérieur. Trop dangereux même, surtout pour une femme. Il suffisait de voir ce qui était arrivé à Gabrielle, qui avait juste voulu rattraper un adolescent fragile... Alors moi, étant enceinte, ce n'était même pas la peine de songer à mettre le bout de mon nez dehors.

« Non, ne t'excuse pas... Je comprends. Ça ne me plait pas, mais je comprends. »

C'était normal qu'il veuille me protéger. C'était qu'il se moque de mes faits et gestes qui eut été inquiétant. Il ne voulait pas qu'il nous arrive quoi que ce soit. Je pouvais le comprendre. Il agissait comme l'aurait fait n'importe quel homme sensé. Alexander avait été aussi protecteur avec sa femme quand elle était enceinte d'Emma. Même aujourd'hui, il l'était toujours. Et il n'était pas le seul. Mais d'entre tous, Ethan était certainement le plus excessif. Cela faisait partie de ses traits de caractère principaux, j'avais appris à faire avec. Mais je ne pouvais pas m'empêcher de me dire que ce serait pire quand le bébé serait né. J'étais prête à parier qu'il allait le surprotéger comme ce n'était pas possible. J'en venais même à me demander s'il laisserait quelqu'un d'autre que moi l'approcher... Mais je comprenais aussi cette envie qu'il avait de le protéger. Il devait tellement s'en vouloir d'avoir été faible pendant tout ce temps qu'il devait avoir envie de se rattraper. Mais pour le moment, je ne pouvais pas vraiment dire que j'avais très envie de me reposer complètement sur lui... Parce que je ne voulais faire comme il avait fait avec moi. Je ne voulais pas me comporter comme il l'avait fait. Parce que je me rappelais très bien où ça nous avait amené.

J'ai eu un petit soupir quand il m'a enlacé. Évidemment, il n'allait pas rester assis sur le lit. Pour autant, je n'étais pas complètement rassurée. Il y avait quelque chose qui n'allait pas, quelque chose qui clochait. Il avait peur de quelque chose. De quoi, je n'en avais aucune idée. Il s'était raidi tout de suite après que je lui ai demandé de faire attention à notre fille. Est-ce que j'avais dit quelque chose de mal ? Peut-être que j'avais dit quelque chose de travers sans m'en rendre vraiment compte. Il n'aimait pas ce que je venais de dire. Je me suis tournée vers lui, avec un petit air interloqué. Quand il m'a dit ce qui l'effrayait, j'ai dû devenir encore plus pâle. Là, je devais avoir l'air vraiment malade. Je me suis sentie très mal tout à coup. J'ai vacillé et je me suis retenue au berceau, bien qu'il me tienne toujours contre lui. Je réalisais que ce que je venais de dire avait un double sens. Un double sens assez monstrueux. J'ai porté une main à ma bouche, comme si j'avais la nausée.

« Oh non... Je ne pourrais jamais faire une chose pareille, ce serait... Terriblement égoïste et... »

Je me suis remise à pleurer. Il croyait que je comptais mettre fin à mes jours. Il croyait que je comptais me suicider, une fois que j'aurais accouché. Cela me donnait envie de vomir. Et pas qu'au sens figuré du terme. J'ai fermé les yeux et j'ai inspiré à fond.

« Je ne suis pas égoïste. Je ne pourrais pas te faire ça... Je t'ai promis que je resterais avec toi jusqu'à la fin de mes jours. Je ne compte pas raccourcir ce temps volontairement. Et je... je ne peux pas abandonner Lena ! Elle aura besoin de moi ! Elle a besoin de moi ! »

Abandonner ma fille, mon bébé... Je n'y pensais même pas. Je tenais à elle plus qu'à n'importe quoi, et je donnerais certainement ma vie pour elle. Mais l'abandonner volontairement... C'était horrible de penser une chose pareille. Je n'étais pas comme ça. Et l'air de rien, j'y tenais à ma vie. Trop de personnes bien étaient morts alors qu'elles auraient dû vivre, je n'avais certainement pas le droit de m'ôter la mienne à cause d'une déprime passagère. Je savais que ça allait passer.

« Si je t'ai demandé ça, c'est parce que je sais très bien qu'aucun endroit n'est sûr... Même pas ici. C'est d'autant plus vrai avec ce qui est arrivé à Gaby et je... »

Oh non, quelle imbécile. Je venais de lui dire qu'il était arrivé quelque chose de grave à Gaby, alors qu'elle s'acharnait à ne rien dire à personne. J'ai fait comme si de rien n'était et j'ai continué ma phrase, en priant pour qu'il ne relève pas.

«... voulais juste être sûre, certaine, que tu feras vraiment, vraiment tout pour qu'il ne lui arrive rien. Je ne suis qu'une femme, c'est facile de s'en prendre à moi aujourd'hui. Alors que toi, je sais que tu es en mesure de veiller sur elle, sur nous... »

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MessageSujet: Re: Please save me from my fear { Ethan }   Lun 24 Mai - 19:51

Je n’avais pas eu peur comme ca depuis très longtemps. Et je revivais ces semaines interminables où elle m’avait quitté, où elle ne voulait plus de moi, et où je ne supportais pas de ne plus vivre avec la femme de ma vie. J’avais eu tellement mal alors qu’elle était encore en vie, alors je ne voulais même pas imaginer ce que serait ma vie sans elle, en la sachant morte. Je ne voulais pas y penser, mais j’avais peur alors j’avais besoin de savoir. Pour pouvoir au plus vite réagir si elle commençait à avoir des pensées suicidaires. Je ne voulais pas que ma femme commence à subir une dépression.

J’étais tout contre elle, tremblant presque en attendant sa réponse. Je l’ai senti flancher et se retenir au berceau alors j’ai resserré mon étreinte sur elle. J’avais de plus en plus peur. Parce qu’elle était enceinte, et qu’il était encore trop tôt pour qu’elle accouche, et parce que j’étais effrayé de penser qu’il puisse y avoir un problème. Mais elle a porté la main à sa bouche, et l’a retiré rapidement pour me rassurer.

« Oh non... Je ne pourrais jamais faire une chose pareille, ce serait... Terriblement égoïste et... »

J’ai poussé un soupir de soulagement, mais je n’ai pas eu le temps de respirer correctement qu’elle s’est remise à pleurer. Enfin disons plutôt qu’elle a fondu en larmes. Et j’en étais le coupable….Je m’en voulais de l’avoir fait pleurer, et d’avoir pu penser ne serait ce qu’une seule seconde qu’elle ait des pulsions suicidaires ; Je la connaissais pourtant….mais non ma peur avait devancé ma raison….

« Je ne suis pas égoïste. Je ne pourrais pas te faire ça... Je t'ai promis que je resterais avec toi jusqu'à la fin de mes jours. Je ne compte pas raccourcir ce temps volontairement. Et je... je ne peux pas abandonner Lena ! Elle aura besoin de moi ! Elle a besoin de moi ! »

C’était tout ce que je voulais savoir, tout ce que j’espérais. Nous allions vieillir ensemble. Elle venait de me rassurer. Et nous allions élever notre fille. Ensemble !! Voilà comme les choses devaient êtres. Notre fille avait besoin de nous deux, aussi bien de sa mère que de son père. J’étais fort maintenant oui…mais j’étais fort avec elle. Pour elle….Sans Katarina je ne valais rien.

« Si je t'ai demandé ça, c'est parce que je sais très bien qu'aucun endroit n'est sûr... Même pas ici. C'est d'autant plus vrai avec ce qui est arrivé à Gaby et je... voulais juste être sûre, certaine, que tu feras vraiment, vraiment tout pour qu'il ne lui arrive rien. Je ne suis qu'une femme, c'est facile de s'en prendre à moi aujourd'hui. Alors que toi, je sais que tu es en mesure de veiller sur elle, sur nous... »

Je comprenais pourtant qu’elle avait peur. Après tout, il n’y a pas si longtemps, on avait volé des armes et nous ne savions encore pas qui avait fait ça. Et puis nous n’étions pas à l’abri du danger, même dans les souterrains de New York. Nous n’étions pas infaillibles. Et puis j’étais heureux qu’elle me fasse enfin confiance. Elle ne me confiait plus seulement sa vie, elle me confiait celle de notre fille aussi. J’avais plus de responsabilités maintenant que je n’en aurais jamais eu de toute ma vie. C’était mon plus beau rôle, mais c’était surtout le plus important. Il fallait que je les rende heureuse, que je les mette en sécurité, et que j’assurer leur survie. C’était moi le père de famille. Je n’étais pas macho….mais je savais ce que représentait le fait d’avoir une famille.

-Personne ne s’en prendra à vous mon amour, je te le jure. Je veillerai sur vous nuit et jour. Vous êtes ce que j’ai de plus cher au monde Katarina.

Et elle me connaissait mieux que quiconque. J’étais prêt à tout, même à tuer pour leur sécurité. Et s’il fallait que je ne dorme pas pour qu’elles soient en sécurité la nuit, je le ferais. Elles étaient ma priorité. Quoiqu’on me dise, quoiqu’on pense, ma femme et ma fille étaient ce que j’avais de plus cher.
Mais il fallait que je lui dise que je m’en voulais d’avoir pu penser cela d’elle. J’avais peur qu’elle pense que je n’avais plus confiance en elle.

-J’ai eu tellement peur que tu penses à me quitter pour toujours, et que tu nous laisses Lena et moi….pardon…..excuse-moi d’avoir pensé que tu puisses vouloir mettre fin à tes jours. Mais te voir malheureuse depuis deux jours, et te voir dans cet état là m’a fait si peur.

J’avais attendu deux jours avant d’oser lui demander ce qu’il se passe. Je m’en voulais de l’avoir laissé aussi malheureuse, en pleine nostalgie pendant deux jours entiers. J’aurais du réagir….mais j’avais cru qu’elle m’en parlerait, qu’elle se confierait à moi. Comme elle le faisait toujours… Je me promettais alors d’être plus attentif à elle.
Et puis on a frappé à la porte. Alors j’ai déposé un baiser sur l’épaule nue de Katarina et je suis allé ouvrir. Mathilda se tenait sur le seuil, un peu paniquée. Je ne l’avais jamais vue aussi nerveuse.

-Oui ?

J’avais entrouvert la porte, assez pour que je puisse faire barrage à ce que Mathilda rentre précipitamment dans la chambre. C’était notre chambre, notre petit cocon. Et j’étais déterminé à le protéger. Et puis je ne voulais pas qu’on dérange Katarina. Elle n’était pas au mieux de sa forme.

-Katarina est là ?

Je voyais bien qu’elle essayait d’entrer ou de voir par elle –même. J’avais même remarqué son pied qui était venu se placer pile dans l’encadrement de la porte, pour pouvoir s’imposer si je décidais de lui refermer la porte au nez.

-Oui elle est là mais….

Je n’ai même pas eu le temps de lui dire que Katarina était fatiguée et pas dans son assiette qu’elle m’a coupé la parole. Elle me suppliait.

-J’aurai besoin d’elle à l’infirmerie Ethan…. S’il te plaît….
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Please save me from my fear { Ethan }   Mar 25 Mai - 12:30

J'étais choquée qu'il puisse croire que j'étais du genre à mettre fin à mes jours. S'il y avait bien quelque chose qui ne faisait pas partie de la personnalité, c'était une quelconque tendance suicidaire. C'était une chose que je ne pourrais jamais faire, même s'il fallait reconnaître que parfois, c'était tentant. Je n'avais clairement aucune raison valable de me suicider. Tant que j'avais ma famille, je n'avais aucune raison de commettre l'irréparable. Je voulais profiter de lui, profiter de ma fille. Comme si je pouvais me séparer d'eux... J'avais enfin une famille, je ne comptais pas m'en séparer de si tôt. Enfin, pas volontairement. C'est pour ça que je comptais tant sur Ethan pour veiller sur nous. Je savais qu'il en avait la force maintenant. Il l'avait peut-être toujours eu même. Sa jalousie parfois mal placée prouvait sa volonté de protéger les siens. Et je savais aussi très bien qu'il avait un côté assez sombre, même s'il ne me l'avait jamais montré vraiment. Mais certains de ses regards et de ses gestes le trahissaient... Mais je mentirais en disant que cela ne me rassurait pas de savoir qu'il était prêt à tout pour nous. Au contraire, même. Il faut croire que je m'étais habituée à avoir des hommes comme ça autour de moi. Mon père, Alexander, Aaron, et maintenant Ethan... Alors peut-être qu'en fin de compte, j'aimais avoir de fortes présences masculines autour de moi. Après tout, j'avais été entourée d'hommes comme ça toute ma vie. Et j'avais beau dire, j'y étais habituée.

J'ai eu un petit soupir quand il m'a serrée dans ses bras. Malgré tout je ne lui en voulais pas d'avoir cru que j'avais des pensées suicidaires... Mon comportement laissait à désirer depuis quelques jours, et je doutais qu'il m'ait déjà vue dans un état pareil. Il avait simplement cherché à comprendre ce qui n'allait pas. Comme je l'avais fait quand il allait si mal. À la différence que je le savais capable de faire des bêtises. Certes, plus maintenant, mais il y a quelques mois il se laissait tellement aller que je croyais vraiment qu'il allait en mourir. Sa maigreur et sa dépression m'avaient fait peur, très peur. Heureusement ce n'était plus le cas aujourd'hui. Il allait bien. Et je dois dire que c'était bien une des seules choses qui m'importaient aujourd'hui. Je n'avais plus peur qu'il s'en aille, de quelque façon que ce soit. Mais aujourd'hui, c'est lui qui avait peur que je le quitte.

« Je ne te laisserai pas, Ethan. Si j'avais eu des tendances suicidaires, tu ne crois pas que je serais déjà morte depuis un moment ? »

Parce qu'en y réfléchissant bien, j'en aurais eu des raisons de mettre un point final à ma vie. Si je n'avais pas eu un caractère bien trempé, je serais morte avant même d'arriver dans la communauté. Et après mon arrivée... Eh bien disons que certaines choses auraient pu faire pencher la balance du mauvais côté. Mais ce n'était pas arrivé. Et ce n'était pas maintenant que tout allait bien que j'allais faire une bêtise. C'eût été le monde à l'envers... Cette idée me secouait tellement que j'en oubliais ma nostalgie subite. Non pas que je ne comprenne pas que certaines personnes trouvent la vie insupportable au point de ne plus pouvoir l'endurer... Mais disons que cette dernière avait été si peu tendre avec moi que je ne comptais pas abdiquer si vite. J'ai eu un petit soupir accompagné d'un frisson quand il a embrassé mon épaule alors que quelqu'un frappait à la porte. Par réflexe j'ai remonté la manche de mon pull sur mon épaule. Et puis j'ai reposé la peluche au fond du berceau, avant de me tourner vers la porte quand j'ai entendu la voix de Mathilda. Elle avait besoin de moi à l'infirmerie. Mais, évidemment, Ethan ne semblait pas décidé à la laisser entrer, et encore moins à me laisser sortir. Rapidement, j'ai séché les larmes sur mes joues, et je me suis recomposée une figure, avec un sourire. Je me suis glissée derrière Ethan Mathilda était nerveuse.

« Ça va, je vais y aller. »

J'ai légèrement poussé Ethan, et j'ai ouvert la porte en plus grand pour pouvoir sortir. Forcément, je me glissais beaucoup moins facilement par de petites ouvertures. J'ai vu Ethan esquisser un mouvement pour me retenir me je me suis écartée.

« Ça va je te dis. Ne t'inquiète pas, je reviens vite. »

Et je me suis dépêchée de suivre Mathilda, parce que je savais que si je jetais un seul regard en arrière, il allait trouver quelque chose pour me retenir. Et puis j'avais besoin de me changer les idées. M'occuper de malades n'était peut-être pas la meilleure chose à faire, mais c'était efficace, puisque je devais me concentrer sur eux. Mathilda était tendue, et je me rendais compte qu'elle faisait des efforts pour rester à mon rythme. Mais j'ai eu un sursaut quand elle s'est arrêtée et m'a pris par le bras.

« - Tu es sûre que ça va, Katarina ? Si ça ne va pas, je me débrouillerai.
- Non... non, ça va. Ce n'est rien qu'un petit coup de déprime dû aux hormones, ça va passer.
- Tu sais que ce genre d'excuse ne passe pas très bien avec moi.
- Je sais... Dis moi plutôt ce qui ne va pas, tu as l'air angoissée.
- Les types qu'Alex a envoyé en mission sont salement amochés. Et Ian n'est pas rentré. »

Sous entendu ? Ian était mort et certainement en plusieurs morceaux. Génial. J'ai suivi Mathilda, et je me suis rendue compte que c'était un vrai désastre... J'ai passé deux bonnes heures à désinfecter des plaies, à recoudre ces mêmes plaies, à les bander... Pendant ce temps, Mathilda essayait désespérément de retirer une balle à un des hommes. Quelque chose me disait que nous allions encore perdre quelqu'un... Mes craintes se confirmaient. Nous n'étions pas vraiment en sécurité. Dès que j'ai eu fini, je me suis dépêchée de m'en aller. Je suis passée par la salle de bain, pour me nettoyer les mains et pour nettoyer mes manches. J'étais pleine de sang. J'ai croisé mon reflet dans un miroir et j'ai eu un mouvement de recul. Voilà pourquoi Ethan avait eu si peur. Je ressemblais à un cadavre, tout bêtement. J'étais pâle, les yeux rouges et gonflés par les larmes... J'avais même les lèvres violettes, comme si j'étais en train de mourir de froid. Magnifique. Il m'a fallu un moment avant d'oser me décider à retourner dans notre chambre. Je priais presque pour qu'Ethan ne soit pas là. Parce que je n'avais pas envie qu'il me regarde comme une pauvre petite chose. Pourtant je ne pouvais pas rester dans cette salle de bain indéfiniment.

Je suis restée plantée devant la porte de la chambre une minute, avant de soupirer, de me traiter d'idiote et d'ouvrir la porte. Ce n'était pas comme s'il allait me manger... Je n'ai pas tout de suite regardé autour de moi quand je suis rentrée. Je me suis tout de suite dirigée vers le placard, pour me changer. J'ai retiré mon pull et je l'ai laissé retomber par terre, sans vraiment y faire attention. J'ai attrapé la première chose qui venait, c'est à dire un autre pull assez fin. Ce n'était pas un pull de grossesse, du coup il était carrément tendu sur mon ventre rebondi. Et quand je me suis retournée pour ramasser mon pull sale, j'ai eu la bonne surprise de le voir tremper dans un... pot de peinture. Un pot de peinture blanche. Je l'ai attrapé du bout des doigts, et j'ai enfin fait attention à ce qu'il y avait autour de moi. Et là, j'ai dû ressembler à un poisson rouge halluciné. Il y avait des bouquins étalés partout, des piles de photos, des fils tendus dans la pièce, des... pots de peinture. Je me suis redressée et j'ai jeté un coup d'œil à Ethan. J'ai cligné des yeux plusieurs fois en regardant Ethan.

« Mais... Mais qu'est-ce que tu fais ? »

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MessageSujet: Re: Please save me from my fear { Ethan }   Mer 26 Mai - 13:56

Mathilda insistait, en me forçant a ne pas lui fermer la porte au nez, et surtout dans sa façon de le demander. Katarina nous a rapidement rejoint et a posé une main sur mon bras.

« Ça va, je vais y aller. »

J’abdiquais….Parce que Katarina me le demandait. Pas verbalement, mais je connaissais la femme que j’aimais. Je savais qu’elle voulait y aller. Et je n’avais pas la force de m’y opposer. Tout ce que je voulais c’était qu’elle soit heureuse. Alors si elle se sentait asse forte pour y aller, hé bien je devais la laisser faire.

-D’accord… Mais fais attention à toi mon amour.

C’était tout ce que je voulais. Qu’elle fasse attention à elle, parce qu’elle était enceinte. Et qu’elle fasse attention parce que je la savais fragile. Mais j’avais tout de même peur. Alors j’ai esquissé un mouvement pour lui dire que je l’accompagnais, mais elle s’est dérobée.

« Ça va je te dis. Ne t'inquiète pas, je reviens vite. »

Et puis elle a refermé la porte derrière elle, et je me suis retrouvé seul dans notre chambre. Je suis resté cinq bonnes minutes à regarder notre chambre et subitement l’idée que j’avais eu plus tôt este revenue me hanter. Son pays lui manquait, elle le regrettait, elle ne se sentait pas à sa place ici. Alors il fallait qu’elle puisse se sentir vraiment chez elle ici. Alors j’allais redécorer la chambre, j’allais faire en sorte que quand elle soit dans notre chambre, elle ait l’impression d’être à nouveau chez elle, en Russie.

Les paysages lui manquaient….alors j’ai pensé immédiatement à peindre un pan de mur. Mais pour cela j’avais besoin de peinture. Du bleu et du blanc suffiraient. Alors je suis sorti en trombe et j’ai couru jusqu'à la réserve. Je savais que nous gardions tout ce que nous trouvions, et il me semble qu’il y a quelques mois, quelqu’un avait ramené de la peinture.sur le moment, nous ne savions pas ce que nous en ferions, et Aaron avait râlé parce qu’il ne trouvait pas l’intérêt de ramener de la peinture. Je lui avais trouvé un intérêt : le bonheur de ma femme. . J’ai pris ce que je trouvais en guise de pinceau, en fait j’ai pris une grosse éponge. Ma mère étant galeriste, et artiste, je connaissais quelques techniques de peinture. Alors je peindrais à l’éponge…. Je n’avais pas peint depuis dix ans, mais je pouvais réussir à faire quelque chose non ?

J’avais sans doute peu de temps, mais il fallait que je le fasse. Alors je me suis dépêché de retourner dans ma chambre. Et j’ai eu une idée en passant prés de ce qui servait de buanderie. Lilly était affairée à tendre du linge. Je suis allé lui demander de me ramener du fil à linge dés qu’elle aurait fini. Elle a paru étonnée de ma demande, mais elle n’a pas insisté. Elle voyait l’éclat dans mes yeux, et sans savoir ce que j’avais en tête, son visage s’est illuminé. Elle était de mon côté, quoi que je fasse…. Et elle me faisait confiance….

A peine je suis rentré dans notre chambre que j’ai poussé les meubles, et j’ai commencé à peindre le mur. En une heure j’avais fini. J’avais essayé de reproduire un paysage enneigé. Et pendant que j’étais affairé à ma petite fresque murale, Lilly m’avait déposé des fils à linge. Je l’ai embrassé pour la remercier, et lui ait demandé si elle ne pourrait pas trouver un livre avec des photos de la Russie. Elle s’est exécutée rapidement, ayant enfin compris ce que j’avais en tête. J’avais tant bien que mal réussi à tendre des fils, et j’étais en train de chercher dans l’album photo de Kat des photos qui lui plaisent. J’ai commencé à en accrocher quelques unes. Et Lilly est revenue avec un livre de photographies sur la Russie…. Je ne savais vraiment pas où elle avait réussi à dénicher ça, mais j’étais tellement absorbé par mon projet que je ne l’ai pas remercié pendant des heures. J’ai pris des ciseaux et j’ai commencé à découper des photos. J’avais mis des phots qui appartenaient à Katarina sur le fil en les faisant tenir grâce a un trombone.

J’étais assis par terre, quand la porte s’est ouverte sur Katarina. Je suis resté dans la même position, un peu interdit. Elle n’a remarqué ma présence qu’au bout de deux minutes. Je me suis levé précipitamment, et la première chose qui m’est venue c’est de m’excuser pour le chantier.

-Je sais que la chambre est sans dessus dessous, mais je te promets de ranger et de nettoyer dés que j’ai fini.

Mais je ne sais pas si elle m’a entendu parce qu’elle s’est inquiétée de tout autre chose.

« Mais... Mais qu'est-ce que tu fais ? »

Qu’est ce que je faisais ? He bien je découpais et j’affichais des photos. Pour que notre chambre ressemble à un vrai chez elle. Pour que dés qu’elle aurait le mal du pays, elle puisse regarder des photos de chez elle. J’espérais qu’ainsi elle serait vraiment heureuse. Et que ca lui suffirait. Parce que je ne savais pas quoi faire pour qu’elle se sente enfin chez elle.

-Ton pays te manquait alors….

J’avais pensé qu’amener un petit bout de Russie ici la ravirait, mais je m’étais peut être trompé. Peut être qu’elle allait détester. Et peut être que ma fougue et mon empressement avaient encore pris le dessus et que finalement j’avais fait une bêtise.

-Comme je ne peux pas t’emmener chez toi alors j’ai fait en sorte que la Russie vienne à toi. J’espère que tu ne m’en veux pas.
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MessageSujet: Re: Please save me from my fear { Ethan }   Mer 26 Mai - 15:21

Un pot de peinture. Il y avait un pot de peinture en plein milieu de ma chambre. Et dans ce pot de peinture, il y avait mon pull. Il m'a fallu un moment pour réaliser que je n'étais pas victime d'une hallucination. Non parce que vous admettrez que c'était quand même improbable. Ça faisait bien deux ans que je n'avais pas vu un pot de peinture. Parce que jusque là, je me demandais bien à quoi cela pouvait servir. Je ne savais même pas que nous avions des pots de peintures ! Il faut dire que ce n'était pas ce que je cherchais quand j'allais en réserve. Alors l'association peinture + chambre sommaire + fin du monde + Ethan était assez... particulière. Voire même étrange. J'ai jeté un coup d'œil à Ethan, qui était assis par terre. Pendant un moment, il est resté là sans bouger à me regarder avec de grands yeux avant que je ne lui demande ce qu'il faisait, avec un air légèrement étonné. Je ne m'étais pas attendue à le retrouver en plein... en plein quoi d'ailleurs ? Ethan ne m'avait jamais fait part de quelconques pulsions artistiques. Enfin vous me direz, il y a peu je ne savais même pas qu'il était capable de jouer de la guitare. J'en apprenais tous les jours décidément... J'ai jeté un regard autour de moi. Effectivement, la pièce était sans dessus dessous. On aurait pu croire qu'une tornade était passée par là. À ceci près que c'était un bazar organisé. Enfin... Je crois.

J'ai levé les yeux vers lui quand il s'est levé. Il était fatiguant, avec ses vingt centimètres de plus que moi... J'ai eu un sourire. Il avait de la peinture partout. Et il avait un air de gamin pris en faute. Il n'avait pas perdu cet air d'enfant. Quand il m'a parlé de ma nostalgie du pays, j'ai froncé les sourcils et je me suis décidée à regarder plus attentivement autour de moi. J'ai jeté un coup d'œil par dessus son épaule pour regarder le mur. Sur le coup je me suis demandée ce que c'était. Et puis c'est comme si des images me revenaient en tête brusquement et soudainement. Des images que je croyais avoir oublié. Une semaine, mon père m'avait emmené en Sibérie occidentale, pour me faire plaisir. Parce qu'il y avait beaucoup de neige, et que j'adorais la neige. La neige new-yorkaise était ridicule à côté. Là, j'avais presque l'impression d'y être. Il n'y avait que du ciel bleu et de la neige, rien d'autre. Ce mur n'avait plus rien à voir avec les autres murs, d'un gris presque sale. J'ai lâché ce qui restait de mon pull par terre avec un petit « splash ». Je n'ai pas prêté attention aux éclaboussures blanches. Là tout de suite, ça n'avait absolument aucune importance.

J'ai ensuite levé les yeux et j'ai dû afficher un air surpris. C'était fou ce qu'on pouvait faire avec trois fils et des trombones... J'ai tendu la main et j'ai décroché une photo. J'ai eu un vertige. Depuis quand est-ce que je n'avais pas vu cette photo de moi et mon père ? Je n'avais pas eu le temps d'aller jusqu'à cette partie de mon album photo. Revoir mon père me serrer dans ses bras comme ça, souriant... Ça me faisait quelque chose. Et en regardant le fil de gauche à droite, je me rendais compte qu'il y avait de tout... Moi, mes parents, mon ancienne maison, des paysages russes, n'importe quoi que j'avais pris en photo... On aurait dit mon ancienne chambre. J'avais toujours eu cette manie que mon père ne supportait pas : je collais des photos absolument partout. Ça le rendait fou de voir mes murs disparaître derrière tout et n'importe quoi. J'ai raccroché la photo et je me suis tournée vers Ethan un peu brusquement. Je ne savais pas quoi dire, tellement j'étais touchée. Alors je me suis remise à pleurer, tout bêtement. Sauf que je riais et souriais en même temps.

« Tu es... tu es... tu es complètement fou... »

Je me suis jetée dans ses bras, sans vraiment réfléchir. J'ai passé mes bras autour de lui et j'ai posé ma tête contre sa poitrine. Peu importe si j'étais toute pleine de peinture après. J'étais incapable de dire quoi que ce soit. Je savais qu'Ethan était inventif, je savais qu'il faisait très attention à moi, mais de là à... me ramener chez moi. J'étais bouleversée, mais dans le bon sens du terme cette fois ci. Ça n'avait plus rien à voir avec ma crise de tout à l'heure. Si je pleurais cette fois c'était de joie. Je ne savais pas comment il pouvait avoir de pareilles idées... Je me suis hissée sur la pointe des pieds et je l'ai embrassé, assez spontanément je dois dire. C'était aussi un peu pour me faire pardonner. Je ne l'avais pas embrassé une seule fois tout à l'heure, et en plus je lui avais fait sentir qu'il ne pouvait rien pour moi. Enfin, c'était ce que je croyais jusque là. En deux heures, il avait carrément transformé notre chambre.

« Je ne sais pas où tu es allé chercher cette idée, idée complètement folle en passant... Mais en tout cas, je sais pourquoi j'ai accepté de t'épouser. Tu es carrément un mari exceptionnel... »

Je ne parlais plus de lui comme de mon fiancé. Puisqu'il n'y aurait probablement personne pour nous marier officiellement, autant prendre les devants... J'ai embrassé sa joue, avant de sécher les larmes sur mes joues.

« C'est pour ça que je t'aime tellement... J'ai cru que cette fois ci tu ne pourrais rien faire et portant... Je me suis trompée... »

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