AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 What are you looking for ? { JOËL }

Aller en bas 
AuteurMessage
Katarina K. Jones
In the shadow of your heart.
avatar

Messages : 1762
Date d'inscription : 30/12/2009
Age : 26
Localisation : Elizabethtown

MessageSujet: What are you looking for ? { JOËL }   Lun 7 Juin - 20:27

J'avais mis presque une semaine à me reprendre en main, après cette fameuse nuit où j'avais failli accoucher. J'avais repris confiance tout doucement, j'avais osé recommencer à bouger petit à petit. Encore que je m'interdisais le moindre effort désormais. Comme me l'avait conseillé Mathilda. Je n'avais pas envie de revivre ça. Alors je faisais attention, même si en effet cela me coutait. Je ne supportais pas de rester enfermée dans la chambre. Je préférais le salon, même si je m'y ennuyais presque autant. J'avais un peu de compagnie au moins. Le plus souvent c'était Lilly qui venait me voir. Et Mathilda passait souvent. Et voilà, j'étais cette petite chose abandonnée que j'avais refusé de devenir pendant si longtemps. Génial. Non, vraiment. J'allais devoir tenir deux mois comme ça, autant dire que ce n'était pas gagné. Cela promettait d'être absolument infernal. Mais ce n'était pas comme si j'avais le choix. Je ne pouvais que me plier à cette règle désagréable... Mais intérieurement, j'étais verte. Je voyais les gens s'activer autour de moi, tandis que moi je restais assise, à les regarder, avec un sourire qui n'était pas sincère du tout. De temps en temps Mathilda avait pitié et elle m'envoyait les petits bobos. Et dans ces moments là je la bénissais carrément.

Évidemment, Ethan faisait aussi partie de ceux qui passaient du temps avec moi. Dès qu'il avait cinq minutes, hop, il était là à côté de moi. Je ne pouvais pas m'en plaindre. En revanche, j'en connaissais deux qui s'en plaignaient... Je savais qu'il négligeait ses devoirs plus qu'il n'aurait dû. Mais il l'avait dit, j'étais sa priorité. Il déléguait au maximum à Liam, qui acceptait sans rechigner le travail qu'Ethan lui donnait. Je voyais qu'il prenait son rôle très à cœur. Il était certainement en train de devenir un membre important de la communauté. Ce n'était pas si mal, avec toutes ces personnes qui arrivaient. Je voyais bien que cela devenait un problème petit à petit. Plus les ressources s'épuisaient, plus il y avait de bouches à nourrir. Je savais qu'Ethan était pour fermer la communauté. Moi... je ne savais pas où me placer. Nous devions faire attention aux gens qui étaient là, mais nous ne pouvions pas non plus laisser les gens mourir de faim. J'étais trop humaine pour faire un choix. Ou pas assez objective... Dans tous les cas, je savais que tous les trois se battaient à ce sujet. Alexander refusait de fermer la communauté, Ethan refusait de la laisser ouverte et Aaron refusait de les laisser se battre. En somme, l'ambiance n'était pas au beau fixe. Et c'était de pire en pire. Comment vouliez vous que je sois rassurée à l'idée de mettre au monde un enfant aujourd'hui ?

Quelle heure était-il ? Pas plus de quinze heures... Et j'avais l'impression que cela faisait des heures que j'étais dans le salon, à attendre que les aiguilles de la pendule tournent plus vite. On aurait pu dire que j'attendais un miracle. J'étais assise sur le divan du salon, quelques livres et magazines divers à côté de moi. À ce rythme là, j'allais lire tout ce que la communauté comptait de bouquins en une semaine. C'était affreusement ennuyeux. Mais je ne pouvais rien faire d'autre, sinon me... cultiver. J'étais en train de lire un roman à l'eau de rose – mon dieu quelle horreur, quand j'ai entendu du bruit. Quelqu'un est entré. J'ai levé les yeux assez soudainement. Oh tiens, Riley. À ma plus grande surprise il s'est contenté de sourire avant de repartir en refermant la porte doucement. D'accord... Riley en mode agréable, c'était une grande première. Je n'ai pas fait attention et je me suis replongée dans ma lecture passionnante. J'ai eu un soupir quand la porte s'est ouverte.

« Riley, qu'est-ce que tu... »

Ce n'était pas Riley. C'était un homme que je ne connaissais ni d'Ève, ni d'Adam. Assez grand, une quarantaine d'années. Certainement un nouvel arrivant. J'ai souri.

« Oh, bonjour. »

Superbe entrée en matière, Katarina. Tu mériterais presque un oscar pour ça ! Je me suis redressée et j'ai posé mon livre à côté de moi.

« Je peux vous aider ? Vous cherchez quelque chose, ou quelqu'un peut-être ? »

Il a eu une drôle de réaction. Ses yeux se sont ouverts d'un coup et il m'a dévisagé. Ah oui, j'avais oublié, l'accent... J'avais presque oublié quelle genre de réaction cela pouvait provoquer chez les gens qui n'étaient pas au courant. J'imagine que ce n'était pas la première chose qu'on disait aux nouveaux « hey au fait les gars, y a une russe dans le lot ! ». J'ai donc soupiré et j'ai soutenu son regard. Eh oui, j'étais la jeune russe expatriée et enceinte jusqu'au yeux. Génial.

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thisiswar.forumactif.org
Invité
Invité



MessageSujet: Re: What are you looking for ? { JOËL }   Lun 7 Juin - 22:13


    Savez vous comment l'on fait un tatouage? c'est simple, il suffit d'une aiguille et de l'encre, même de l'encre de stylo suffit, le seul hic c'est que les désinfectants, dans ces temps troublés sont quasiment inexistant. Hors, qui dit pas de désinfectant, dit infection, et c'est ce que je craignais, j'avais peur que mon dernier tatouage sur mon torse se soit infecté, je n'en étais pas sûr alors dans le doute j'avais demandé s'il y avait un médic dans le camp.
    Je sais plus qui exactement qui me l'avait dit, un petit gamin ou un truc comme ça, il m'a dit un truc dans le genre "vas voir kat', elle saura". Kat', je savais pas qui elle était mais je me doutais qu'elle avait dut être médecin ou un truc dans le genre.
    Il me l'a décrit comme "une gentille femme qui attend un bébé". Alors je me suis dirigé pour trouver cette femme enceinte. Ce fut assez facile, mais perso je trouvais que c'était assez "fou" de vouloir accoucher alors que l'on vit dans un monde en ruine. Enfin bon, c'est comme ça, une de ces lueurs d'espoir qui illuminent notre monde.

    J'ai été rapidement diriger vers elle, c'est normale a vrai dire "bonjours je cherche une femme enceinte", ici c'était assez facile. J'ai marché dans les couloirs de l'énorme bâtisse, mes pas résonant sur le sol. J'étais vêtu de la manière suivant : tee-shirt rouge délavé, chaussure de cuir du genre de golfeur. Bref, j'avais même viré le holster et le flingue mais j'avais garder une lame, juste au cas où, normale quoi...
    Je l'aperçut, elle était quand même assez mignonne, mais avec son ventre de femme enceinte, c'était pas mon truc. Elle m'aperçut lorsque j'ouvris la porte, au début, elle me prit pour quelqu'un d'autre, une personne nommé Riley.

    Je crois que mon sang s'est figé d'effroi quand elle m'a parler. Russe, je sentais parfaitement son accent russe. Je savais que mes yeux s'étaient dilaté, que mes muscles s'étaient contractés. Je soufflais avec difficulté :


    -Vous êtes... Russe?

    Question con, bien entendu qu'elle était russe. Je me détendais soudainement en secouant la tête et approchais d'un pas, je me sentais plus en confiance avec une compatriote. Je lâchais alors d'un ton naturelle :

    -Excusez moi... Ou m'a dit de m'adresser à une certaines Kat' , elle pourrait me dire si j'ai une infection ou non...
    C'est toi?


    Une russe, putain une russe ici, j'étais totalement sur le cul, je passais ma main inconsciemment dans mes cheveux, passant à rebrousse poil dans cette chevelure qui semblait être tel un champ de blé. Putain, une compatriote soviétique...
    Quel bel accent avait elle, ce roulement de "r", j'avais l'impression d'être un peu à la maison.
Revenir en haut Aller en bas
Katarina K. Jones
In the shadow of your heart.
avatar

Messages : 1762
Date d'inscription : 30/12/2009
Age : 26
Localisation : Elizabethtown

MessageSujet: Re: What are you looking for ? { JOËL }   Mar 8 Juin - 17:20

J'ai soupiré et j'ai manqué de lever les yeux au ciel. Enfin, j'avais pris l'habitude. Les gens avaient toujours de drôles de réactions quand il m'entendaient parler pour la première fois. Avant j'avais droit à « oh c'est tout à fait adorable cette façon dont tu parles » ou encore « oh comme c'est joli cet accent ! ». Aujourd'hui, ça se résumait certainement à « oh mon dieu ! ». Ou encore les gens me dévisageaient, exactement comme il venait de le faire. Même si j'étais habituée, cela restait vexant, même après presque deux années passées ici. J'avais l'impression qu'on me regardait de la même façon qu'un serpent derrière une vitre dans un zoo. Avec du dégoût et une certaine pointe d'appréhension. Heureusement pour moi, les gens de la Communauté s'étaient raisonnés assez tôt. Alexander les avait raisonné assez tôt. Et il les avait empêché de se servir de moi comme de bouc émissaire. Aujourd'hui c'était Ethan qui se chargeait de les calmer au besoin. À la moindre réflexion il ne pouvait pas s'empêcher de coller son poing dans une figure. Au moins c'était efficace... J'ai pris une profonde inspiration et je n'ai pas cessé de sourire. Je ne pensais pas ressembler à une tueuse en puissance, surtout avec mon gros ventre qui me rendait particulièrement vulnérable.

« Oui, je suis russe. Mais ne vous inquiétez pas, jusqu'à présent je n'ai jamais mangé personne. »

Un peu d'humour ne faisait pas de mal. Et puis si je commençais à prendre mal ce genre de comportement, je n'avais pas fini. Autant faire comme si de rien n'était. Même si au fond, cela me touchait un peu plus que je ne voulais bien le montrer. Je me suis contentée de regarder l'homme, attendant qu'il veuille bien dire ou faire quelque chose. Parce que s'il était là, c'est bien qu'il voulait quelque chose, non ? Il avait l'air de savoir où il était. Il n'avait pas cet air bête qu'ont les gens perdus. Il a fini par secouer la tête, avant de faire un pas vers moi. Je me serais bien levée pour lui rendre la politesse, mais j'imagine qu'il comprenait très bien pour quelle raison je restais bêtement assise. J'étais aussi enceinte qu'on pouvait l'être. « Enceinte jusqu'au yeux » comme on dit. Je ne voyais plus mes pieds. Et encore, selon Mathilda j'étais loin d'être si grosse que ça. Je n'avais pas pris beaucoup de poids. Il faut dire que je ne pouvais pas vraiment passer mon temps à manger...

« Kat ? Oui, c'est bien moi. Katarina, si vous préférez. »

J'imagine qu'il n'avait pas dix femmes avec ce nom dans la communauté. Ni même dans New York. Pas moyen de me confondre avec quelqu'un d'autre. J'étais unique. Hélas. Bref, Kat c'était moi. Et pas de chance pour les xénophobes, j'étais aussi médecin. Donc à moins de se jeter sur Mathilda au moindre bobo c'était moi qu'il fallait venir voir. Et visiblement c'était ce qu'avais en tête cet homme. Il venait me voir pour une... infection ? J'ai tiqué légèrement quand il s'est mis à me tutoyer. Cela réduisait la distance entre nous. Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire.

« Montrez moi, et je verrais si je peux faire quelque chose si c'est bien une infection que vous avez. »

Là tout de suite, je ne voyais pas grand chose. J'essayais d'être le plus avenante possible. Loin de l'image de la brute soviétique que les gens avaient. Non parce que c'était bien mignon, mais je ne passais pas mes journées à hurler « mort au libéralisme ».

« Est-ce que vous avez vu Mathilda ? Notre autre médecin. »

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thisiswar.forumactif.org
Invité
Invité



MessageSujet: Re: What are you looking for ? { JOËL }   Mer 9 Juin - 10:12

    « Oui, je suis russe. Mais ne vous inquiétez pas, jusqu'à présent je n'ai jamais mangé personne. »

    je crois que j'ai failli explosé de rire en entendant ces mots, c'est vrai que l'on donnait toujours l'image des russes mangeurs d'enfants, et ce de tout temps, pourquoi? Nous n'étions pas un peu particulièrement violent, peut être austère, mais rien de plus, en même temps, avec nos conditions climatiques, nous ne pouvions être autrement. De combien de mois était elle enceinte? Je n'en avait aucune idée exacte, car après tout on ne m'avait jamais appris ce genre de chose, mais je me doutais que cela faisait quelques temps. La vie, savoir que l'on va donné la vie, je me demande quel sensation on doit éprouvé, je veux dire, moi je n'ai jamais donné que la mort, et la mort, à l'inverse de la vie est très simple a offrir. Peut être trop même...

    Je trouvais cela quand même étrange que l'on ai accepté une russe ici, quoi que, en même temps, elle est enceinte, je vais pas jouer les mauvaise langue, mais on peu se douter que ça aide de coucher. Non, allons, je n'était pas quelqu'un qui ne se fiait à ce genre de chose, elle avait des talents de médecine et pour un groupes de gens en détresse, ça aide... N'empêche que je l'aurais bien surveillé si cela avait été l'inverse...
    Sa voix me sorti de ces pensées, elle avait :


    « Montrez moi, et je verrais si je peux faire quelque chose si c'est bien une infection que vous avez. »

    Mon dieu, ce parfum de Russie, cet accent qui me prenez les tripes en me rappelant ce pays. Depuis combien de temps n'avais je pas entendu ce roulement de "r" si caractéristique? Trop longtemps, oui, bien trop, cela faisait si longtemps que je n'avais parlé russe, que je dissimulais mes racines en prenant l'accent des états-unis. Je regrettais ça, je regrettais de ne plus parler cette langue qu'étais mienne. Je n'écoutais pas vraiment lorsqu'elle me parla d'une autre médecin. Mathilda? Euh, non, je n'ai pas entendu parler d'elle, ainsi je lâchais :

    -Euh non, je... je suis juste venu vous voir...

    Je passais ma main sur ma nuque comme pour me détendre et je lâchais un petit sourire et m'approchais un peu plus de Katarina. Je soufflais :

    -Excusez moi pour ma réaction tout à l'heure, c'est que souvent les russes sont mal accueillis... Je peux m'assoir?

    Sans prendre le temps de recevoir une réponse, je m'asseyez près d'elle, je trouvais ça au fond de moi réconfortant d'être si proches d'une compatriote. Une sorte d'ami dans ce monde plein d'adversaire! Enfin, ami, il fallait prendre garde, je n'avais pas d'ami, juste des gens plus ou moins appréciable. Je continuais donc :

    -Je crois que c'est un de mes tatouages qui s'est infecté...

    Bon, si elle m'envoyait voir l'autre médecin, je le ferais, mais j'avoue que trainer avec cette katarina ne me déplaisait pas, je me sentait mieux avec elle qu'avec n'importe qui, c'était con car ce n'était qu'une russe, mais une russe parmis un monde de capitaliste.
Revenir en haut Aller en bas
Katarina K. Jones
In the shadow of your heart.
avatar

Messages : 1762
Date d'inscription : 30/12/2009
Age : 26
Localisation : Elizabethtown

MessageSujet: Re: What are you looking for ? { JOËL }   Mer 9 Juin - 15:46

Cet homme n'était pas hostile. Ça me faisait tout drôle. Ça faisait un moment qu'il n'y avait pas eu de nouveau venu dans la communauté. Et d'ordinaire, ils mettaient un petit moment à s'habituer à ma présence. Oh bien sûr, il y avait eu quelques exceptions. Alexander, Gabrielle, Mathilda, Lilly... Ethan. Et d'autres me regardaient toujours avec un drôle d'air. Comme si j'avais une étiquette sur le front... Enfin, peu m'importait. Comme on me disait souvent, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Cet homme là n'avait pas l'air d'être un imbécile. Il était très calme et il avait l'air sûr de lui. Il s'était repris très vite, la surprise du début passée. De toute façon j'imagine qu'il n'avait pas grand chose à craindre de moi... Je n'avais pas vraiment l'air dangereuse, j'imagine. Je n'étais pas exactement le genre de femme très effrayante. Au contraire, j'étais la gentille fille. La trop gentille fille, il me semble. Je l'ai regardé avec un drôle d'air. C'était moi qu'il était venu voir ? J'imagine qu'on lui avait dit que j'étais un des deux médecins de la communauté, ensuite il avait dû demander où j'étais et hop, le voilà. Facile de me trouver. J'étais la seule femme enceinte du coin.

J'ai secoué la tête quand il s'est excusé. Ce n'était pas si grave après tout, et il n'avait rien fait qui puisse justifier des excuses. Il avait été surpris, c'est tout. Je pouvais le comprendre. Quant à l'accueil réservé aux russes d'ordinaire... En fait, à bien y réfléchir, ils n'étaient pas accueillis tout court. J'imagine que j'étais l'exception qui confirmait la règle. Je me suis un peu poussée quand il est venu s'asseoir à côté de moi. Il avait demandé s'il pouvait, mais j'imagine que c'était une question posée pour la forme. C'était comme « est-ce que je peux te poser une question ? ». Je me suis redressée, et j'ai posé une main sur mon ventre. Ça gigotait là dedans... Je n'ai pas pu m'empêcher de regarder l'inconnu un instant. Il avait l'air d'avoir un quarantaine d'années, mais il y avait quelque chose dans son regard qui me laissait penser qu'il était plus âgé qu'il n'y paraissait. Peut-être que ce n'était qu'une bête impression de femme enceinte. J'ai secoué la tête doucement. Ce n'était pas poli de dévisager les gens comme ça. Je n'aimais pas être dévisagée. Ce n'était pas plaisant. Je me suis donc contentée de regarder ailleurs, le temps qu'il me dise ce qui clochait.

Je crois que j'ai dû faire une drôle de tête quand il a évoqué un « tatouage qui se serait infecté ». Parce que logiquement, pour s'infecter, il devait être récent, non ? Et je n'avais pas vu de tatoueur exerçant toujours ses fonctions récemment. Les gens cherchaient certainement plus à survivre qu'à se faire faire des tatouages. Enfin, du moins c'était ce que je croyais.

« Eh bien, regardons ce... tatouage de plus près. »

J'ai eu un sourire, un peu nerveux je l'avoue. C'était la première fois qu'on venait me voir pour ce genre de chose. Enfin, une infection restait une infection. Il a soulevé son t-shirt et je n'ai pas pu m'empêcher de grimacer. Oh là, ce n'était pas très joli à voir. Je me suis brièvement demandée dans quelles conditions ce tatouages avait été fait. Pas dans une jolie boutique, il me semble.

« Excusez moi de poser cette question, mais... comment l'avait vous fait ? Parce que vous vous êtes fait ce tatouage seul, n'est-ce pas ? »

C'était plus une constatation qu'une question. Je me suis levée avec précaution, en prenant appui sur le dossier du divan. Je n'avais pas vraiment fait attention au tatouage en lui même, j'avais simplement noté que ce n'était pas quelque chose de très... joyeux. Enfin, chacun pouvait bien faire ce qu'il voulait de son corps, et les motivations qui l'avaient poussé à se faire un tatouage pareil ne me regardait absolument pas. Je n'avais pas l'intention de jouer les curieuses.

« Ce n'est pas très grave. C'est un début d'infection, mais je vais vous arranger ça avec un bon antiseptique et un petit traitement. Je reviens dans une minute. »

J'ai quitté la pièce doucement, avec une démarche caractéristique d'une femme enceinte. Ethan m'avait interdit toute forme de stress et tout effort... Je ne violais aucune de ces règles. Je n'étais pas stressée par quoi que ce soit et je ne faisais effort. Sauf si pour lui, faire les vingt mètres qui me séparait de l'infirmerie. J'ai rapidement pris ce dont j'avais besoin, avant de retourner dans le salon. Je suis retournée m'asseoir à côté de... c'était comment son nom, déjà ? Je n'en avais pas la moindre idée en réalité. Alors pendant que je versais le désinfectant sur une compresse stérile, j'ai demandé.

« Je peux vous demander votre nom ? Mon mari a bien dit qu'il y avait quelqu'un de nouveau, mais il n'a pas dit votre nom. Mais tout le monde a un nom. »

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thisiswar.forumactif.org
Invité
Invité



MessageSujet: Re: What are you looking for ? { JOËL }   Mer 9 Juin - 20:09


    Lorsqu'elle me demanda de montrer mon tatouage je me suis levé alors de là où j'étais assis en l'écoutant parler, elle avait un ton compatissant je trouvais, vraiment j'en était surpris de voir tant de gentillesse dans une seule et unique personne. On aurait put dire qu'elle était mon anti-thèse, franchement, moi je prenais des vies sans vergogne, je n'avais ni amour, ni amis, j'avais un cœur de pierre. Elle, elle était gentille, elle sauvait des vies et vue son état elle devait avoir un amant qui l'adorait et, étant donné sa nationalité, elle devait avoir des amis bien protecteurs pour être en vie malgré sa nationalité. Sincèrement, je crois que je l'envié un peu. Que se serait-il passait si je n'avait pas rejoins le KGB? Si j'avais continuais mes études et poursuivit dans cette voix? Peut être serais-je devenu diplomate, peut être aurais-je empêcher cette guerre?
    Beaucoup de peut être. Enfin, "Je suis Comme Je suis" alors tant pis, je restais l'agent secret soviétique envoyé par son gouvernement pour faire le sale travail. Il en fallait, c'était ainsi...
    J'avais alors enlevé mon tee-shirt pour dévoiler mon torse, fait uniquement de muscles, de chaire, de sang et d'encre. L'encre noir des tatouages, les muscles durs de ma vie spartiate, le sang glaciale qui coulait dans mes veines, la chaire meurtrie de mon âme.

    « Excusez moi de poser cette question, mais... comment l'avait vous fait ? Parce que vous vous êtes fait ce tatouage seul, n'est-ce pas ? »

    J'hochais la tête légèrement. Ouais, mes tatouages, pourquoi? Pourquoi j'avais commençais à faire ces tatouages? Pourquoi autant? Pourquoi maintenant cette sorte de lubie qui avait explosé? Pourquoi j'avais commençait a m'en faire, encore et encore, sans m'arrêter? Je n'en ai aucune idée, peut être une sorte de folie, une maladie mentale que je ne connaissait pas m'avait affecté. Tout cas est il que je répondais calmement :


    -Ou, je...je me suis tatoué tout moi même...

    Elle examina mon corps, sans vraiment faire attention a mes tatouages, elle regardait uniquement mon corps sans cherchait à comprendre trop la signification de mes mots inscrit, mais pour moi, un seul comptait vraiment, c'était mon "Memento Mori". Oui, Souviens toi que tu es Mortel, c'était une façon d'assurer toujours ses arrières, mais là je n'y prenais pas vraiment garde.
    Je la regardais se lever et franchement je me disais que j'aurais dut essayer de trouver l'autre médecin pour éviter de la faire pratiquer des efforts.
    Elle me demanda mon nom et je répondit :[/ci]

    -Je m'appel Joël, Joël Caïn mademoiselle...

    [i]J'avais senti qu'elle avait une sorte de malaise et qu'elle n'arrivait pas a me tutoyer, tant pis, je la vouvoierais, je trouvais cela assez impersonnelle comme relation surtout dans le cadre docteur-patient, mais bon, peut être ne le mettais-je pas à l'aise, c'était souvent à cause de mon regard. A force de vivre dans le mensonge et le secret, on perd peu à peu ses expressions faciales pour ne les agiter que lorsqu'il le faut. De plus, l'on m'avait souvent que j'avais des yeux d'un tueur, des yeux qui mettaient mal à l'aise car on avait l'impression que je prenais les dimensions pour le cercueil de ma "future" victime.
    La jeune femme approcha le désinfectant et tamponna mon tatouage, je senti un léger picotement mais je ne montrais rien. Quand elle s'arrêta je lâchais un malgré moi :


    -спасибо (merci)

    Je venais de la remercier dans un russe impeccable, dans un russe natif avec l'intonation des enfants de Moscou. Je me figeais d'effroi, me rendant compte de l'avoir remercié en russe, langue dont je n'avais nul le droit d'user. Je la regardais donc, la fixant de mes yeux sombre son jolie visage. Instinctivement je m'imaginais devoir lui trancher la gorge pour la faire se taire. Bordel, j'aurais dut faire plus attention, prendre garde mais non, j'avais baissé ma garde. J'attendais alors sa réaction.
Revenir en haut Aller en bas
Katarina K. Jones
In the shadow of your heart.
avatar

Messages : 1762
Date d'inscription : 30/12/2009
Age : 26
Localisation : Elizabethtown

MessageSujet: Re: What are you looking for ? { JOËL }   Jeu 10 Juin - 10:13

Wow. Un tatouage à la sauvage... Il fallait être soit très courageux, soit complètement inconscient pour faire une chose pareille. Enfin, je préférais ne rien dire. Chacun pouvait bien faire ce qu'il voulait. Moi mon travail c'était de soigner, pas de faire de la psychologie. Et puis mettre son nez dans les affaires des gens, non merci. Mathilda s'en chargeait bien assez. Je devais m'occuper de ce tatouage là avant que cela devienne vraiment grave. De nos jours, une infection était très vite arrivée. Et très difficile à soigner. Mieux valait être prudent avec ce genre de choses. C'était peut-être un peu paranoïaque, mais le moindre bobo était soigné comme un gros. Surtout ceux des enfants. Nous avions toujours peur qu'il arrive quelque chose aux enfants. Étant donné que nous n'avions pas grand chose, il valait mieux prévenir que guérir. Je suis donc allée à l'infirmerie chercher ce dont j'avais besoin pour désinfecter le tatouage. En revenant je me suis rendue compte que je ne connaissais pas son prénom. Et même si je continuais à le vouvoyer – question de principe, je préférais quand même savoir son nom. J'aimais mettre un nom sur un visage, c'était plus simple et un peu plus... chaleureux ? Nous serions certainement amenés à nous revoir, puisqu'il allait certainement rester ici un bon moment. Comme tous ceux qui arrivaient ici.

« Oh, eh bien enchantée, Joël. Mais appelez moi par mon prénom, ce sera toujours mieux qu'un « mademoiselle ». D'autant plus que c'est madame, en réalité. »

J'ai eu un petit sourire. J'avais toujours détesté qu'on m'appelle Mademoiselle... Et aujourd'hui je refusais le fameux Madame. Katarina, c'était très bien. Toutes ces conventions, très peu pour moi... D'autant plus que cela ne servait plus à grand chose aujourd'hui. Et l'atmosphère intimiste de la communauté facilitait les relations. C'était comme un mini monde où tout savait tout sur tout le monde. C'était donc très agaçant, parfois. Surtout niveau intimité, si vous voyez où je veux en venir... J'ai versé le produit sur la compresse et j'ai commencé à tamponner le tatouage doucement, repassant sur certains endroits qui me semblaient un peu plus rouges que d'autres. Ça devait certainement bruler un peu, mais Joël ne montra rien. J'imagine que la douleur ne devait pas être insupportable. Et puis si il s'était tatoué tout seul, c'était que la douleur ne lui faisait pas vraiment peur. Il fallait être sacrément endurant pour oser se tatouer seul. D'autant plus qu'il avait dû faire ça sans la machine adéquat, qui réduit certainement la douleur de beaucoup. Enfin, je ne pouvais pas le savoir, étant donné que je n'avais jamais mis les pieds chez un tatoueur de toute ma vie.

Une fois que j'ai eu fini de désinfecter le tatouage, j'ai refermé la bouteille de désinfectant. Je me suis figée assez soudainement quand il m'a remercié... en russe. J'ai relevé les yeux et je l'ai regardé avec un drôle d'air. Je suis restée stupéfaite un instant, et puis j'ai soupiré en secouant la tête.

« Bel accent... Mais vous n'êtes pas obligé d'employer ma langue. Je n'ai pas parlé russe depuis presque deux ans, alors je me suis habituée. Mais merci pour le geste. »

J'ai souri. L'accent était presque parfait, mais quand il parlait anglais, il n'avait absolument aucun accent. Moi j'avais un accent assez prononcé, qui informait clairement sur mes origines. Lui parlait un anglais tout à fait parfait. Il était aussi américain que la plupart des gens d'ici. Pas la peine de se faire de faux espoirs, j'étais et je resterais la seule russe du coin. Le vilain petit canard. Avec un soupir, je me suis détournée et je me suis emparée d'un flacon de médicaments. J'ai étudié la posologie un instant, avant de tendre le flacon à Joël.

« Prenez-en deux par jours, matin et soir, pendant une semaine. Normalement vous n'aurez plus à vous en inquiéter pour d'ici quelques jours. Étant donné que ce n'est pas une infection à proprement parler, ça devrait aller. »

Je me suis reculée dans le canapé, de façon à pouvoir m'appuyer sur le dossier. J'ai soupiré et j'ai posé mes deux mains sur mon ventre. J'ai fait une petite grimace, alors que le bébé me donnait un coup de pied dans le bas du ventre. Elle avait retrouvé toute sa vitalité.

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thisiswar.forumactif.org
Invité
Invité



MessageSujet: Re: What are you looking for ? { JOËL }   Ven 11 Juin - 13:01


    Katarina, bien, comme tu le veux, je t'appellerais par prénom. Cependant, j'avais comme l'impression que tu refusais l'âge qui arrivait, en effet, pas de demoiselle, pas de madame. Quoi, tu avais peur du temps? Du temps qui passe? Tu voulais oublier cet enfant qui te rappelais le temps passe ? Ce temps qui file entre tes doigts? Ouais, t'es une paumé, je le sent, cette enfant, ce monde en ruine, il te déprime!

    Elle était assez gentille avec moi je trouvais, en même temps quand on est une infirmière ou je ne sais quel métier du corps médicale, il faut savoir être doux avec les gens, moi même je savais souffler le chaud ou le froid, même si je suis plus quelqu'un de "méchant", pourtant j'avais assez rapidement l'habitude de jouer le bon samaritain, je gentil garçon, le mec sympa que tout le monde aime. Mais je savais quand il le fallait être un homme dénudé de la moindre once, du moindre gramme de pitié et je pouvais torturer pendant des jours et des jours un malheureux tombé entre mes mains.

    Mais revenons à la scène et non pas a mes capacités franchement peut avenante car la torture n'est pas vraiment considéré comme un hobby ou un métier de nos jours. Ainsi, j'avais lâché presque malgré moi une réponse en russe, et tremblait pour la sécurité de ma couverture, je me voyais déjà sorti ma petite lame finement aiguisé, j'imaginais parfaitement le mouvement sec au niveau de sa gorge, son gargouillement lorsqu'elle s'étoufferais dans son sang alors que ce dernier se répandrais en une énorme flaque sur le sol. Mais, heureusement, sa naïveté ou tout simplement sa crédulité (du fait de penser qu'elle devait être la seule russe ici) la sauva quand elle me lâcha :

    « Bel accent... Mais vous n'êtes pas obligé d'employer ma langue. Je n'ai pas parlé russe depuis presque deux ans, alors je me suis habituée. Mais merci pour le geste. »

    Woarf, tu venais de passer in-extrémiste à côté de la mort chérie, tu t'en rend compte de ça? Non je ne croit pas, et il vaut mieux en y pensant. Je bredouillé un truc du genre :


    -C'est un de mes anciens collègues qui me l'avait appris...

    Et fit apparaitre un petit sourire factice sur mon visage alors que j'observais la jeune femme entrain de regarder le flacon de médicament. J'avais failli me faire griller, et franchement c'était passé mais alors pas loin, pas loin du tout...
    Elle me confia le cycle de prise des médicaments avant de s'assoir, visiblement son enfant (qui venait de passer à deux doigts de la mort) s'agitait quelques peu. Je n'ai jamais aimé les enfants, cette pseudo innocence mal dissimulé, cette air qu'ils ont quand ils vous regardent, leur cris, leur piaillement, bref, tout chez leur gamin m'agace, de leur paroles inintelligibles à leurs aptitudes innées à faire des conneries. Dieu me protège d'avoir des enfants!
    Enfin, passons, je me relevais donc et tenais bien fortement le flacon de médicaments et lâché d'une voix qui se voulait gentille :


    -Et bien... Merci, je vais y aller... Merci beaucoup

    Sur ces mots j'esquissais quelques pas vers la sortie espérant n'avoir pas a revenir en arrière pour éviter que ce regrettable accident ne se transforme en fuite ayant pour conséquence la présence d'un, non, pardon, de "deux" cadavres. Putain de russes...
    Et putain de yankee...
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: What are you looking for ? { JOËL }   

Revenir en haut Aller en bas
 
What are you looking for ? { JOËL }
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
This Is War :: New York survivants-
Sauter vers: