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 Les enfants sont les merveilles de ce monde. [ Katarina.K.J ]

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Les enfants sont les merveilles de ce monde. [ Katarina.K.J ]   Dim 27 Juin - 21:11

Dans la communauté, les nouvelles vont très vites. C’est comme un immense téléphone arabe auquel une petite centaine de personnes participaient, quand on est le dernier à recevoir la nouvelle, tout est flou et incompréhensible. J’avais été dans les derniers à apprendre que la grossesse de Katarina se compliquait, mais n’avais malheureusement pas eu le temps de passer la voir au salon, son point fixe maintenant. Cependant, je décidai de « prendre mon après-midi » pour y aller, je crois que les leaders n’auraient pas objecté, j’aidais toujours lorsqu’il le fallait mais aujourd’hui c’était repos et visite amicale. Bon je l’avoue, je m’en voulais un peu d’abandonner tout le monde comme ça. D’un autre côté, j’appréciais beaucoup Katarina qui était une amie et qui avait, je le pense, besoin d’un peu de compagnie. Je ne sais pas ce que j’appréciais le plus chez elle, à vrai dire on avait le choix entres ses multiples qualités. Agréable à vivre, gentille, douce, russe. Oui, j’ai bien dis russe. Russe et qui plus est, avec un accent magnifique. Ce que j’aimais avec elle c’est que je ne me sentais plus étranger, même si je parlais anglais couramment depuis le temps que je vivais aux Etats-Unis, j’avais conservé mon accent grec, et ne plus entendre cet accent parfait me réconfortait à un point inimaginable. Je ne sais pas si ce que je souhaite exprimer est clair. Parler et rire avec elle me faisait me sentir à l’aise, presque comme à la maison. Contrairement à elle je recevais rarement de critiques ou de regards noirs, mais malgré tout, on ne pouvait le nier, je n’étais pas d’ici. Et être avec quelqu’un d’ailleurs aussi me procurait une sensation de bien être inexprimable. Surtout que Kat était une fille superbe, physiquement comme moralement. Depuis qu’elle était enceinte j’étais complètement gaga, je parlais déjà de lui apprendre à parler grec, de lui chanter des berceuses, proposais de la garder aussi souvent que le couple le voudrait pour préserver leur intimité. Bref, j’étais à son entière disposition et ce aussi souvent qu’il le faudrait. J’appréciais également Ethan, qui à mon sens avait toutes les qualités requises pour être père. Très prévenant et aimant avec sa femme, je crois que c’était l’un des plus beaux couples que comptait la communauté, même si ça avait parfois été difficile. Lorsque je les voyais tout les deux, Kat enceinte, je ne pouvais m’empêcher de sourire. Pour le coup, c’était une famille unie et agréable. Ca faisait du bien.

D’un autre côté, je dois avouer que ça me faisait un peu peur cette grossesse. Mathilda était un bon médecin, mais les conditions n’étaient vraiment pas des plus favorables, c’était le moins qu’on puisse dire. C’est peut être aussi pour cela que j’avais tendance à vouloir être très, sans doute trop, présent pour eux. Si cet enfant venait à mourir, d’une façon ou d’une autre, je crois que je ne m’en remettrais jamais. Heureusement pour Katarina, je n’avais pas trop tendance à l’étouffer en ce moment, et était même plutôt absent. Aujourd’hui, cependant, c’était le bon jour pour papoter tranquillement entres amis. L’après-midi débutait à peine, je ne l’avais pas croisée au déjeuner et espérait qu’elle serait seule. Je ne sais pas, je trouvais que parler avec elle en tête à tête permettrait plus d’aisance. Je me changeai rapidement, passant un t-shirt propre qui sentait bon la lavande. Oui, j’avais déniché de la lavande à Central Parc, en avait ramassé quelques brins que j’avais par la suite disposé entre les différentes couches de vêtements, les imprégnants ainsi de ce parfum qui me rappelait mon pays. J’allai sortir de ma chambre lorsque je songeai à ce qu’on m’avait dit de Kat depuis qu’elle était réduite à l’immobilité : elle s’ennuyait. Je souris. Je savais que quelque part dans mes affaires, j’avais un truc qui lui ferait peut être passer le temps. C’était grec, bien sûr, la femme d’Ulysse elle-même en faisait : une broderie. Bon, je l’avais trouvé dans les décombres d’un hypermarché, alors il était un peu sale, et pas vraiment grec, mais si ça lui plaisait elle écoulerait deux ou trois journées avec. Et une jolie broderie c’était agréable à faire. J’attrapai le kit avec les aiguilles et les bobines de fils qui allaient avec, et sorti enfin.

J’entrouvris légèrement la porte de la salle à manger et passai ma tête dans l’entrebâillement, souriant largement à Katarina que je trouvais seule. Je demandai d’un ton à la fois jovial et empreint de tendresse :

« Bonjour vous… Je peux entrer ? »

J’attendis la réponse favorable de mon amie et entrai, refermant derrière moi.

« Je viens vous tenir un peu compagnie, j’espère vous allez bien tout les deux. – Je posai mon regard sur le ventre arrondi de Kat et souriai d’un sourire sincère et large, puis remontai à son visage fin et souriant – Ca te va bien la grossesse tu sais. Oh tiens, je t’ai apporté ceci – lui tendant la broderie – je ne sais pas si tu vas aimer, c’est assez spécial, il faut être patient, mais j’ai pensé que… enfin… Ca pourrait éventuellement te faire plaisir. Au pire ne le fait pas, en plus je suis sur qu’il a été fait en Chine, alors bon. Alors, il parait qu’il y a eut quelques soucis ? –mon sourire se fanait- Désolé, j’ai pas eu le temps de venir te voir avant… Est-ce que ça va mieux ? Tu vis bien cette grossesse ? »

Je m’assaillais face à elle, la dévisageant. Je crois que ma peur tirait mes traits, ma bouche était sèche et mon sourire évanouit. Si elle se sentait mal, c’était peu être la fin. Ne me demandez pas pourquoi je m’intéressais tant à cet enfant, c’est juste que… C’était tout simplement merveilleux. Un cadeau des Dieux. Un véritable cadeau des Dieux.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Les enfants sont les merveilles de ce monde. [ Katarina.K.J ]   Lun 28 Juin - 9:10

{ Finalement j'ai eu le temps de répondre ce matin ! J'espère que ça te plaira }

Huit mois. Ce matin en me levant, je me suis retenue de pousser un soupir de soulagement. Le cap des huit mois de grossesse étant passé, les risques étaient considérablement réduit, et il n'y avait plus vraiment de risque de prématurité. Autant dire qu'Ethan et moi étions carrément soulagés. Bien sûr, il y avait encore des risques que les problèmes surviennent à l'accouchement. Mais je préférais ne pas y penser. Et vu la grossesse que j'avais passé, je pouvais bien avoir un accouchement serein, non ? Enfin, si tant est qu'un accouchement pouvait être serein. Je savais que ce ne serait certainement pas très agréable pour moi, mais peu importe si cela se passait bien. Et puis il y avait Mathilda pour veiller sur le bébé et moi. Tout devait bien se passer, il n'y avait pas d'autre chemin possible... Comme tous les jours, j'avais repris ma place sur le canapé du salon. C'était devenu une véritable habitude... Ce matin, Ethan s'était presque levé furieux, étant donné qu'il avait pas mal de choses avec Alexander et Aaron, et que cette fois il ne pouvait pas y couper. Je ne peux pas vraiment dire que cela ne me dérangeait pas, puisque je tournais comme un lion en cage dans cette pièce. C'était toujours plus agréable quand j'avais de la compagnie. Et mon mari était une très, très bonne compagnie. Encore qu'évidemment j'aimais passer du temps avec mes amis.

J'étais pensive, en train de caresser mon ventre quand quelqu'un a ouvert la porte. J'ai levé les yeux, avec un petit temps de retard. J'ai eu un sourire en constatant que c'était Aristide. Je me suis redressée légèrement en hochant la tête. C'était drôle cette habitude qu'avaient les gens de demander s'il pouvaient ou non entrer. Nous partagions tous cette pièce... Mais un peu de politesse ne faisait pas de mal ! J'aimais beaucoup Aristide, je trouvais que c'était un garçon charmant. Nous nous entendions bien, étant donné que nous partagions de nombreux traits de caractères. Et il faisait partie de ces hommes qui respectaient Ethan et ne s'amusaient pas à le rendre jaloux en s'amusant avec moi. Ça me changeait de l'attitude de Riley, au moins... J'ai affiché un large sourire quand il a dit qu'il venait nous tenir compagnie, à moi et au bébé. J'ai levé les yeux au ciel et j'ai eu un petit rire quand il a dit que la grossesse m'allait bien.

« Tu parles, je ressemble à une petite baleine maintenant ! »

Bon d'accord, j'exagérais peut-être un petit peu, je n'étais pas si grosse que ça. J'avais simplement pris du ventre ( logique... ) et de la poitrine. Il faut dire que je ne pouvais guère me permettre beaucoup d'extras alimentaires... Et vu comme j'avais été malade... Mais bon, vu ce qui m'attendait au bout cela valait le coup, je l'aurais fait mille fois s'il l'avait fallu. D'un côté j'adorais être enceinte. J'ai froncé les sourcils et j'ai regardé Aristide avec un air interrogateur. Qu'est-ce qu'il m'avait apporté ? J'ai tendu la main pour attraper ce qu'il me donnait. Et mon visage a dû s'illuminer tout d'un coup. Une broderie. Je n'en avais jamais fait, et pensais ne jamais en faire, mais là j'étais carrément aux anges. Non seulement c'était vraiment très gentille de sa part, mais en plus cela allait m'occuper pendant mes longues ( et interminables ) heures de solitude.

« Oh, merci, c'est vraiment adorable. Ça va occuper mes journées ! Il était temps que je trouve quelque chose d'intéressant à faire. Que cela vienne de Chine ou d'ailleurs, je pense que cela va me sauver la vie et m'empêchait de piquer une crise ! »

J'ai ri de nouveau. Je me serais volontiers levée avec élan pour le remercier, mais là, j'avais un peu perdu mes capacités. Je n'étais plus très... spontanée. Il faut dire qu'avec le ventre que j'avais, c'était un peu dur d'être pleine de vitalité. J'ai eu un petit soupir, suivi d'un haussement d'épaules. En effet, j'avais eu quelques « soucis ». J'avais vu son sourire disparaître, signe qu'il s'inquiétait sincèrement pour moi et qu'il ne posait pas la question pour la forme seulement. J'ai tenté d'afficher un sourire rassurant, tandis que je posais mes deux mains sur mon ventre pour le caresser.

« C'est gentil à toi de t'inquiéter, mais rassure toi, ça va. C'est juste qu'il y a deux semaines j'ai fait un espèce de cauchemar et comme j'ai paniqué à mon réveil, j'ai eu quelques contractions. Mais Ethan et Mathilda se sont arrangés pour les faire cesser. J'ai du même coup appris que la petite était un peu bas dans mon ventre. Ce n'est pas grave, il me suffit de rester au calme et sans faire d'efforts pour que tout aille bien. Tout va bien maintenant, ne t'en fais pas pour nous. »

Je l'ai suivi des yeux quand il s'est assis à côté de moi et j'ai ramené mes jambes sous mes fesses. J'ai eu un petit soupir. J'avais presque hâte d'accoucher, pour en finir avec toutes ces craintes. Ce n'était pas pour moi que j'avais peur, évidemment. Je me fichais bien de ce qui pouvait m'arriver. Mais je savais que je ne supporterais pas qu'il arrive quoique ce soit au bébé.

« Et oui, je vis très bien cette grossesse, malgré quelques petits désagréments passagers. C'est drôle tu sais, devenir mère était la dernière chose à laquelle je m'attendais. Mais maintenant qu'elle est là... Oui, Ethan et moi sommes persuadés que c'est une fille... Je me dis que c'est certainement une des meilleures choses qui me soit arrivée. Et tu verrais Ethan, il est tellement content à l'idée de devenir papa... Vraiment, je suis très contente. »

Je devais vraiment sourire comme une bienheureuse... J'ai eu un petit sursaut quand j'ai senti le bébé me donner un coup. Spontanément, j'ai attrapé la main d'Aristide et je l'ai posée juste là où je l'avais senti.

« Tu sens ? Elle te dit bonjour. »

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: Les enfants sont les merveilles de ce monde. [ Katarina.K.J ]   Lun 28 Juin - 12:11

(HJ : Oui ça m'a beaucoup plu ! Ma réponse ira j'espère. Bisous. )

Bien sûr que je m’inquiétais pour eux. Autant pour Katarina que pour l’enfant d’ailleurs, mais mon visage se détendit rapidement lorsqu’elle me rassura et estompa mes craintes. Je l’écoutai d’une oreille attentive pour ne pas perdre une miette des bonnes nouvelles qu’elles m’annonçait, et d’autre par pour ne pas perdre un seul de ses roulements de « r » si caractéristiques. Lui avais-je déjà dis que c’était un véritable enchantement que de l’entendre parler ? J’étais en Grèce, entrain de boire une bonne vodka avec elle. Quoi que… On attendra la fin de la grossesse pour la vodka. Du moins je me sentais à l’aise. Depuis qu’elle était enceinte, et sûrement avant aussi d’ailleurs, Katarina était rayonnante. C’est fou la faculté qu’ont les enfants à illuminer nos vies, de la magie à l’état pur.

« Et oui, je vis très bien cette grossesse, malgré quelques petits désagréments passagers. C'est drôle tu sais, devenir mère était la dernière chose à laquelle je m'attendais. Mais maintenant qu'elle est là... Oui, Ethan et moi sommes persuadés que c'est une fille... Je me dis que c'est certainement une des meilleures choses qui me soit arrivée. Et tu verrais Ethan, il est tellement content à l'idée de devenir papa... Vraiment, je suis très contente. »

Je ne pu m’empêcher de sourire avec elle. Le portrait était si beau, si parfait. Je crois qu’on fond j’étais un peu jaloux d’eux. Enfin, façon de parler. J’étais bien sûr extrêmement heureux, mais je n’avais jamais eus cette sensation d’harmonie parfaite avec un être, et voir Katarina et Ethan ensemble c’était comme, je ne sais pas, une évidence. Maintenant ce bébé. Ils respiraient malgré tout le bonheur et au fond, je les enviais. Je n’étais pas vraiment de nature envieuse, disons plutôt que c’était un mélange d’admiration et d’envie. Oui, c’était ça. J’allai reprendre la parole lorsque je remarquai que le visage de mon amie s’était figé. Subitement elle m’attrapa la main et la posa sur son ventre arrondi.

« Tu sens ? Elle te dit bonjour. »

J’éclatai de rire, oui je sentais, je sentais très bien même. De petits coups impatients. J’étais euphorique, complètement fou de ce gosse alors qu’il n’était même pas né. Elle, plutôt. De plus je mourais d’envie de toucher son ventre depuis que j’étais entré dans la pièce, mais m’étais bien entendu abstenu. C’est comme un réflexe avec les femmes enceintes, on a toujours envie de caresser le petit être qui grandit doucement en elles, mais au bout de 8 mois, je supposais que Katarina en avait plus que marre de se faire « tripoter » le ventre, ce que je comprenais parfaitement. Me penchant vers son ventre, je murmurai dans ma langue natale :

« Bonjour petite déesse. »

Souriant largement, et retirant délicatement ma main, je repris la parole en anglais cette fois-ci :

« Comment allez vous l’appeler cette petite merveille ? – je marquai une pose – Sincèrement Katarina, je ne saurais te dire à quel point te voir ainsi me rend heureux. Il y a déjà beaucoup d’enfants ici, et je les adore tous, j’essaye toujours de leur faire plaisir, mais tu sais, le votre…C’est comme une bénédiction, un cadeau des Dieux. Tout va mal, et pourtant, dans tout ce grabuge, vous êtes toutes les deux là. Je sais que certaines personnes vous ont reproché votre négligence, ou du moins ce qu’ils pensent être une négligence, mais moi je crois que vous avez eu raison. Et tu me connais, je ne te le dirais pas si je ne pensais pas ça. C’est juste la chose la plus magnifique qu’il puisse arriver ici. Surtout qu’avec Ethan tu peux être sure d’être la femme la plus heureuse du monde, il est vraiment plein d’attentions pour toi. Je ne le connais pas vraiment à vrai dire, mais à moins d’être aveugle ou très con, on le remarque tout de suite. Vous êtes un exemple pour nous autres. »

Mon sourire était plein de tendresse, j’avais envie de rire alors qu’il n’y avait rien de drôle. Simple euphorie. Je me redressai et m’installai plus confortablement, ma position penchée sur le bébé n’étant pas des plus agréable niveau physique, même si moralement c’était un enchantement. Regardant Katarina avec un air complice, je lui lançai :

« Et puis… Vos ébats érotiques seront un peu plus faciles, non ? »

J’éclatai de rire. Je ne me moquais pas, loin de là, mais je savais parfaitement que ce sujet avait il y a quelque temps beaucoup embarrassé Kat. Il faut dire qu’ils n’étaient pas très discrets, mais pour ma part ça ne me gênait pas. Je riais toujours volontiers de voir Katarina s’empourprer alors qu’il n’y avait rien de mal à ça, au contraire. Pour ma part je n’avais touché personne depuis mon arrivée à la communauté, et très franchement je ne me serai pas gêné non plus si tel avait été le cas. Aller Katarina, souris, je plaisante !
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Les enfants sont les merveilles de ce monde. [ Katarina.K.J ]   Lun 28 Juin - 18:48

Le bébé s'agitait, et pas qu'un peu. Comme si elle savait qu'elle était le centre de l'attention, Lena s'évertuait à donner des coups de pieds. Elle ne me faisait pas mal, contrairement à certaines fois où j'avais l'impression qu'elle allait littéralement me casser une cote ou deux. Mais là, c'était du pur bonheur. Bêtement, j'aimais bien le partager. Et je me disais que d'ici peu de temps, elle s'agiterait dans mes bras ou dans les bras de son père... Je sentais que ça allait me faire un drôle d'effet quand elle serait là. C'est qu'on s'y habituait à avoir un petit être en soi. Mais ce serait égoïste de vouloir la garder comme ça toute sa vie. Et en plus, ce n'était pas possible. Ethan voulait tellement la voir... Pour le moment j'étais la seule à avoir vraiment « conscience » d'elle. Je la sentais en moi. Et même avec toute la volonté du monde, Ethan ne pourrait certainement jamais ressentir les choses de la même façon que moi. C'était unique... Et pourtant il se sentait déjà complètement père, alors que la plupart des hommes ne l'étaient vraiment qu'à la naissance. Lui était déjà prêt à tout et n'importe quoi pour elle. C'était sa fille... J'ai eu un petit rire. Je n'ai pas compris ce qu'Aristide lui disait, mais j'imagine qu'il lui disait bonjour en grec. Mon dieu, cette enfant allait parler trois langues couramment à ce rythme là ! Ce n'était pas un mal, bien au contraire.

« Lena. Nous allons l'appeler Lena. Ethan voulait absolument qu'elle ait un prénom russe. »

Il disait que son nom était largement suffisant pour qu'on sache qu'une partie d'elle venait d'Angleterre... Il voulait absolument qu'on sache qu'elle était issue d'un métissage culturel. Une mère russe et un père anglais... Il faut dire que c'était un beau mélange. Un peu improbable, mais beau. J'ai appuyé ma tête sur la paume de ma main pour écouter Aristide. Je souriais toujours. Je comprenais ce qu'il voulait de dire. Avoir un bébé c'était fou aujourd'hui, mais en même temps ce bébé représentait l'espoir et l'avenir. Elle ferait partie de cette génération d'enfants qui construiraient le monde de demain... N'ayant connu que cette vie, j'étais persuadée qu'ils s'en sortiraient mieux que nous. Et puis les bébés nous permettraient de nous focaliser sur autre chose que la tristesse... Comment être triste quand un bébé vous sourit de tout son cœur ? J'ai eu un petit haussement d'épaules.

« Négligents, négligents... Je ne sais pas si on peut dire ça, enfin je pense que la vision des gens est faussée. Ethan et moi nous nous aimons vraiment. Et quand tu aimes quelqu'un aussi fort, avoir un enfant avec cette personne, c'est comme un... aboutissement. Le fruit de tout notre amour, si je puis dire. »

D'accord, c'était carrément cliché et hyper romantique. Mais c'était la vérité. Même si Ethan et moi étions séparés quand j'avais appris ma grossesse, j'avais été heureuse. J'avais été paniquée, désespérée à l'idée d'être seule, mais contente. Et aujourd'hui je me sentais vraiment prête à devenir mère. Maman. Je l'aimais déjà tellement... Et ça se voyait à la façon que j'avais de caresser mon ventre et au sourire qui était affiché en permanence sur mon visage. J'étais heureuse comme jamais. Et vu que tout le monde n'avait pas la chance de l'être, je m'efforçais de l'être autant que possible.

« Et puis je ne sais pas si les gens réalisent qu'aujourd'hui, la contraception n'est plus ce qu'elle était ! »

Allez donc achetez une boite de pilules à la pharmacie du coin que je rigole ! À mon humble avis les gens se permettaient de juger parce qu'ils n'étaient pas dans la même situation que nous. Moi je n'avais pas l'impression que nous faisions une erreur. Nous nous donnions la chance d'être heureux, simplement. Il fallait que les gens comprennent que tout n'était pas perdu. Et puis des millions de femmes avaient eu des enfants sans toute cette technologie... Nous en étions toujours capables. Et puis si un accouchement devait mal tourner, il tournerait mal...

« C'est vrai qu'Ethan est très attentionné... Mais tu sais, nous avons nos qualités et nos défauts, alors être un exemple... Je crois que tu exagères un peu ! »

J'ai souri, tout simplement. Aristide avait toujours un peu tendance à exagérer les choses quand il était heureux. Moi c'était le contraire, je les empirais quand j'étais malheureuse. J'ai dû manquer de m'étouffer quand il a dit qu'Ethan et moi serions plus... libres, une fois que j'aurais accouché. Je l'ai regardé avec un drôle d'air, avant d'éclater de rire. Délicate façon de me faire remarquer qu'Ethan et moi n'étions pas très discret lorsque nous faisions l'amour. En même temps, qui l'était ? J'ai pris une profonde inspiration et j'ai secoué la tête doucement.

« Ce n'est pas parce que je suis enceinte qu'Ethan ne me touche plus... Cette grossesse m'a fait gagné quelques bon points ! »

J'ai baissé les yeux sur ma poitrine avant de pouffer bêtement. Parfois, j'étais vraiment une vraie gamine. Cela me changeait de mon sérieux habituel, finalement.

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MessageSujet: Re: Les enfants sont les merveilles de ce monde. [ Katarina.K.J ]   Mar 29 Juin - 8:49

Je fus soulagé de voir que Katarina ne prit pas mal ma remarque quelque peu déplacée et en rie même un instant. Malgré tout, ses joues se tintèrent légèrement de ce rose si particulier que seules les femmes peuvent faire apparaître sur leurs visages. Je souriais, finalement j’étais très soulagé d’être venu la voir, je crois qu’elle m’avait un peu manqué ces jours-ci. S’attacher trop vite n’était pas toujours une bonne chose, mais en ce qui concernait la jolie russe, je savais que je n’avais pas de soucis à me faire. Je doutais qu’elle ne me « trahisse » réellement un jour. Et puis ce que j’aimais beaucoup avec elle c’était le fait qu’elle appartienne totalement à une autre personne, je veux dire, j’ai toujours tendance à être extrêmement jaloux lorsque les personnes que j’apprécient réellement me délaissent quelque peu pour quelqu’un d’autre. Comme un instinct de protection. Mais pas avec elle. Mariée à Ethan, follement amoureuse de ce dernier, je n’avais rien à redire, j’étais même très content pour eux. Sincèrement. Je me fichais totalement de qui elle voyait ou non, de si elle pensait à moi ou non. Enfin, bien sûr que cela m’aurait ennuyé de savoir que je n’étais absolument rien pour elle, mais simplement un ami, quelqu’un avec qui parler de temps en temps en toute décontraction, c’était simple, stupide, mais agréable. Vraiment, il aurait fallu que je me soigne par rapport à cette possessivité absurde, mais aujourd’hui était un peu tard. Quoi que, Mélina peut être. Un jour j’irai lui en parler. Lorsqu’elle m’assura avoir toujours des rapports malgré sa grossesse je ne pu m’empêcher de la regarder avec une pointe de malice, riant presque. M’abstenant d’une nouvelle remarque stupide, je lui répondis simplement avec une pointe d’amertume :

« C’est bien. Amusez vous tant que vous êtes jeunes, profitez, c’est le mieux à faire. »

Baissant les yeux, je songeai aux dernières femmes avec qui j’avais couché. J’avais l’impression que cela remontait à des siècles, mais enfin. Ce n’était pas le moment d’y penser, et pas grave qui plus est. Le sexe était à vrai dire le cadet de mes soucis à l’heure actuelle, le principal étant de survivre, de s’en sortir. Même si j’en avais envie, ce qui était une réaction normale, je n’étais plus « obsédé » comme avant, beaucoup moins dépendant. Mes longs mois d’abstinences en étaient témoins. Il y eut une courte minute de silence, je regardai ses mains qui caressaient doucement, tendrement son ventre. Joli portrait. Puis soudain, je repris la parole, les sourcils froncés :

« Et Riley s’est calmé depuis qu’il sait que tu es enceinte, mariée ? »

Riley, ou l’insupportable. Personnellement je n’irai pas jusqu’à dire que je le détestais, mais si je pouvais éviter d’être avec lui, c’était tout aussi bien. Il ne s’agissait pas réellement de méchanceté avec lui, d’avantage de mesquinerie, de fourberie. Très sincèrement je ne comprenais pas pourquoi il s’évertuait à tenter de récupérer – en admettant qu’il l’ai un jour eu, je n’étais pas au courant de toute l’histoire- Katarina, la sachant mariée à Ethan et portant son enfant. Mon inamitié pour Riley tenait simplement à cela ; il essayait de gâcher le bonheur des autres. Tout le temps, irrémédiablement. C’était presque un passe-temps, un hobbie, ravager le moral de personnes qui avaient déjà bien du mal à s’en sortir. Je dis ça, mais au fond je crois surtout qu’il jouait le rôle du bad-boy ténébreux et salaud. Et ça me révoltait, de le voir comme ça, coucher avec la première venue, balancer ses sarcasmes à deux balles au milieu des repas, et se pavaner dans la communauté. En y réfléchissant, Riley et moi étions presque les parfaits opposés, mis appart cet intérêt commun pour les enfants, je ne voyais pas, vraiment. En tout cas, je n’avais jusque là pas eu affaire à lui, simplement entendu dire, et vu certaines choses ; et c’était beaucoup mieux ainsi. Ma mine devint renfrognée et mes poings se serraient doucement.

« Je te jure lui defois, j’aurai presque envie de lui coller ma main dans la figure. Heureusement que je le croise pas souvent, et le peu que j’ai vu me suffit. »

C’était vrai, parfois il m’insupportait tellement que j’aurai aimé lui remettre les idées en place. J’étais de nature calme, mais pas lorsque l’on s’amuse à jouer le con avec tout le monde. Encore moins aujourd’hui ; je ne pense pas que les gens avaient besoin de ça. Je me détendis rapidement, après tout au fond ce n’était certainement pas un mauvais gars. Juste un peu trop centré sur lui-même et désobligeant. Je ne le détestais pas contrairement à d’autres justement pour ça, je pensais qu’il pouvait encore changer.

Jetant un coup d’œil à la pièce :

« Pas trop dur de passer ses journées ici à rien faire ? Quand je vois ça, je me dis qu’effectivement tu seras prête à tous les sacrifices pour cette petite. Oh d’ailleurs, c’est très joli Lena. Et Ethan a bien raison, avoir un prénom qui reflète notre culture, c’est très important. C’est au moins une toute petite chose qui nous rappelle d’où l’on vient. »

Je lui souris brièvement. La Russie devait être un beau pays.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Les enfants sont les merveilles de ce monde. [ Katarina.K.J ]   Mar 29 Juin - 11:13

Je n'avais pas particulièrement envie de déballer ma vis sexuelle à Aristide, mais au moins je pouvais le rassurer sur un point : on peut être enceinte et ne pas être abstinente pendant neuf mois. Au contraire même. Une fois que j'avais rassuré Ethan quand à cela, il s'était comporté avec moi comme avant. Enfin, il était beaucoup plus doux ( non pas qu'il ne l'avait jamais été avant ) et faisant attention à tout. Et sincèrement, j'appréciais toute cette attention et toute cette délicatesse. Ethan n'avait jamais été une brute avec moi, mais là je trouvais sa tendresse particulièrement touchante. Il me traitait avec égard et respect, comme si j'étais la chose la plus importante au monde. Et sincèrement, cela me faisait du bien, surtout après toutes ces épreuves que nous avions traversées et ce que j'avais appris sur mon père. Le fait de savoir qu'il n'y aurait plus aucun mensonge entre nous me rassurait et me permettait de me laisser aller complètement, chose que j'avais un peu de mal à faire avant. Là, j'étais en toute confiance avec lui. Et je me sentais en sécurité. Que demander de plus ? J'avais un mari aimant et bientôt un bébé. Le reste ne comptait pas. Le reste n'aurait pas dû compter... Car malgré tout ça, je ne cessais de penser à mon père et à ma vie d'avant, même si rien de tout cela ne subsistait aujourd'hui. Mais c'était dur de tirer un trait sur tout cela. Ethan lui même ne pouvait pas me reprocher d'y penser, étant donné qu'il avait vécu dans le passé pendant plusieurs années. Il me comprenait très certainement mieux que personne.

J'ai eu un petit soupir quand Aristide a évoqué Riley. J'ai eu un petit haussement d'épaules. Riley... Eh bien Riley était toujours là, toujours à déprécier Ethan, toujours à séduire toutes les femmes ou presque, toujours à essayer de me convaincre qu'il était mieux qu'Ethan. Ça, j'en doutais fortement. Riley ne ferait pour personne un centième de ce qu'Ethan n'avait fait que pour moi. Si je demandais la lune, il trouverait un moyen de me la décrocher. Je n'étais pas très capricieuse, même si je savais qu'Ethan était prêt à exhausser le moindre de mes souhaits. Comme pour se faire pardonner... Mais en ce qui me concernait, je n'avais plus rien à lui reprocher. Il avait reconnu ses erreurs et les assumait pleinement aujourd'hui. C'était tout ce que je lui avais demandé, rien de plus.

« Disons que s'il essaie moins de me mettre dans son lit, il essaie toujours de me convaincre que je n'ai rien à faire avec Ethan. Parce que je suis « une fille merveilleuse » et lui un simple « junkie paumé. »

Mon ton n'était plus très jovial. Je détestais les qualificatifs qu'employait Riley concernant Ethan. Parce que je savais que même si ce dernier faisait mine de ne plus y faire attention, cela le touchait toujours. Il avait changé et aurait aimé que l'image qu'on avait de lui change également. Si nos amis proches s'en fichaient autant que moi, ceux qui ne le connaissaient pas lui avait collé une étiquette sur le front à la colle forte. Mais contre la bêtise des gens, nous ne pouvions rien... Je ne disais rien à ces personnes là, même si je n'en pensais pas moins. Aujourd'hui vu le monde dans lequel nous vivions, la tolérance aurait dû être obligatoire. Comment avancer en se faisant sans cesse des reproches sans aucune réelle importance ? Hélas l'être humain était ce qu'il était...

« Je crois que beaucoup de personnes l'assommeraient bien volontiers. D'ailleurs Ethan ne se prive pas de lui coller sans poing dans la figure quand il va trop loin. »

Je n'aimais pas particulièrement la violence, mais parfois pour Riley je me disais que c'était mérité. Encore que cela ne le calmait jamais vraiment. Provoquer, son jeu préféré. J'étais sûre qu'il n'était pas fondamentalement méchant... Mais le prouvait paraissait difficile, voir impossible étant donné qu'il ne faisait absolument aucun effort. Et je n'étais pas celle qui allait en faire... J'ai ru un soupir quand il m'a demandé si je ne m'ennuyais pas trop. J'ai fait une petite grimace.

« Disons que je trouve le temps long, vu que je suis souvent seule. Ethan a beaucoup de choses à faire, et Aaron et Alex lui reprochent de passer trop de temps avec moi. Mais bon, il faut ce qu'il faut pour la protéger... Oui, je ferais n'importe quoi pour elle. C'est ma fille... »

Ma fille. Ma chair, mon sang. Et elle était tout à fait sans défenses face à ce monde qui l'attendait. Innocente de tout, elle n'aurait que ses parents pour la défendre et l'aider à affronter tout ça. J'imagine que mon instinct maternel prenait le dessus sur tout. Quelle mère ne serait pas prête à tout pour son enfant ? J'avais déjà fait beaucoup de sacrifices et je continuerais d'en faire. Parce que ces sacrifices n'étaient rien, un grain de sable, comparé à l'amour que j'éprouvais pour ma fille et au bonheur qu'elle apporterait à Ethan et moi. Non, vraiment ce n'était rien du tout.

« Ethan a voulu qu'elle ait un prénom russe parce qu'il a vu que je me sentais encore un peu à part ici, en tant que russe. Et il tenait à ce que l'on sache qu'elle est issue d'un joli métissage. »

J'aimais moi aussi cette idée. Ethan était anglais, j'étais russe, et, techniquement, Lena serait américaine. Elle venait d'un peu partout, et représentait l'union de deux pays censés être ennemis. Mais que représentaient l'animosité de dirigeants belliqueux face à l'amour ? J'imagine que nous n'étions pas les seuls sur terre à nous aimer alors que techniquement nous n'étions même pas censés nous fréquenter. C'était une joli victoire sur cette guerre inutile à mes yeux.

« Mon pays me manque... J'imagine qu'il en va de même pour toi, non ? Savoir que je ne pourrais jamais y retourner me rend malade... »

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MessageSujet: Re: Les enfants sont les merveilles de ce monde. [ Katarina.K.J ]   Mar 29 Juin - 16:55

Je ne relevai pas la remarque concernant les relations entre Ethan et Riley afin de ne pas jeter d’avantage d’huile sur le feux, si ce dernier s’était quelque peu calmer j’en étais heureux, mais leurs problèmes ne me concernaient pas au-delà. Cependant, je fronçai vivement les sourcils lorsqu’elle m’avoua souvent rester seule, Ethan étant pris ailleurs. Bien sûr, en tant que leader il devait assurer son rôle et épauler un minimum Aaron et Alexander, mais de là à ce qu’ils se plaignent de son absence, je trouvais cela légèrement abusif. Après tout c’était un événement plus qu’important dans la vie du couple, et il était normal que le père s’inquiète pour son épouse et veuille demeurer auprès d’elle. Je ne me permis cependant aucune réflexion sur ce sujet aussi, les décisions du trio n’appartenaient qu’à eux et je ne me voyais pas en droit de redire quoi que ce soit. De plus je leur devais beaucoup, alors je n’allais certainement pas les critiquer sur quelque plan que ce soit en publique, malgré mes opinions. De même que je supportais difficilement d’entendre dire du mal d’eux, même si je n’avais pas spécialement d’affinités, j’estimais simplement que sans leurs efforts et leur détermination, nous serions sans doute encore entrain d’errer dans les rues. Mais certains avaient la mémoire courte. En tout cas, l’idée qu’elle reste seule à longueur de temps me paraissait insupportable. A sa place, j’aurai réellement eu beaucoup de mal, moi qui avais besoin de vie, d’autres personnes, la solitude n’était pas ma tasse de thé. Pour le bébé c’était toute fois la solution la plus raisonnable et j’étais content qu’elle s’y plie avec autant de docilité.

« Personne ne prend jamais 10 minutes pour passer te voir ? Même pas Gabrielle ou Lilly ? »

Vague de culpabilité, vague d’étonnement. C’était étrange d’imaginer Katarina totalement seule à longueur de journée, bon d’accord, nous avions tous des choses à faire, mais juste un petit coucou la distrayait un minimum. D’un autre côté, je dois avouer que je n’ai pas fais beaucoup mieux que les autres n’étant absolument jamais passée la voir depuis qu’il y avait eut des complications et qu’elle était contrainte à vivre sur ce canapé. Je n’ai rien à dire à ma décharge, c’est vrai que j’avais également foiré.

Elle approfondit un peu plus les raisons du choix de prénom pour son enfant et je ne pu m’empêcher de lever les yeux au ciel. Sincèrement, je ne comprenais pas pourquoi tant d’acharnement quant aux russes, et dans le cas présent, à Katarina. D’accord, la Russie et les Etats-Unis s’étaient fait face lors de multiples guerres, notamment celle qui ravageait notre pays aujourd’hui, mais tous les russes n’étaient pas des vauriens pour autant. Etait-ce réellement dur à comprendre ? Je trouvais cette discrimination stupide absolument intolérable. Surtout lorsque l’on voyait Kat, il fallait vraiment s’évertuer dans sa bassesse d’esprit pour ne pas remarquer qu’elle n’était pas anti Etats-Unis, la preuve, elle y vivait avant cette stupide guerre. Alors quoi ? Personnellement je m’en fichais pas mal, j’étais moi-même étranger, mais la Grèce s’était elle rangée du côté américain. Cette simple chose faisait-elle de Katarina mon ennemie ? Je n’y aurai à vrai dire jamais songer. D’ailleurs je voyais difficilement comment les gens faisaient pour en vouloir au peuple russe, et par là à Kat. Ce n’était pas les peuples qui avaient fait la guerre, mais les dirigeants. C’étaient eux qu’il fallait blâmer. Mais enfin, ce n’était visiblement pas l’opinion de chacun. Je réfléchissais à tout cela lorsqu’elle dit quelque chose qui me fit sursauter. Mon visage se décomposa immédiatement, et il se passa au moins trente secondes de silence avant que je ne puisse ouvrir la bouche. Mon regard était glacial tant le sujet me tenait à cœur, je ne fus cependant pas méchant lorsque je lui répondis lentement, détachant chaque mots.

« Ne jamais y retourner ? – je déglutis – Ne dis pas ça. Plus jamais, veux tu ? »

Je baissai les yeux, choqué. En toute franchise j’avais réussi à admettre beaucoup de chose, que tout notre monde était foutu, que j’avais perdu tout ce que j’avais ( à New York ), que ma vie ne serait plus jamais la même, mais pas ça. Je n’ai jamais renoncé à l’espoir de rentrer chez moi un jour, de même que de revoir ma sœur et ma mère. Je n’ai jamais pu m’y résoudre, c’était trop dur, presque sadique comme pensée. Je pensai à mon village, aux enfants, à la tombe commune de mes grands-parents… Comment admettre que tout cela était définitivement ravagé ? Pourtant notre maison était toute proche de la capitale, ce qui impliquait qu’elle avait sûrement essuyé quelques bombardements, mais je n’osais imaginer qu’un tas de pierre et de meubles détruits à la place de ce qui fut mon foyer. De ce qui était toujours mon seul foyer. C’était un sujet sur lequel j’étais très sensible. Les yeux toujours baissés, j’oralisai mes pensées afin d’expliquer la raison de mon changement d’attitude si subite. La tristesse agrémentait mes propos, je faisais sans doute pitié à voir. Tant pis. Il m’était impossible de cacher mon besoin vital d’espoir.

« Tu sais, j’ai réussi à me convaincre de beaucoup de tristes réalités. J’admets que le monde est à refaire, que le court de nos vies est irrémédiablement changé, que j’ai perdu des personnes que j’aimais. Mais je ne peux faire le deuil de mon pays. Je suis persuadé que ma maison est encore debout, que les champs de lavande et de coquelicot inondent les paysages. Je sais qu’un jour j’y retournerai avec ma famille, tu comprends ? – je relevai lentement la tête – ce n’est pas qu’une envie. C’est véritablement une nécessité, parce que sans cet espoir, je me serai déjà laissé mourir depuis longtemps. Et je peux te dire que je serai prêt à faire absolument n’importe quoi pour rentrer chez moi. Alors je t’en prie ne dis pas que nous ne rentrerons jamais. Parce que c’est à peu près la seule chose qui me tient debout. Ma seule motivation. – Je marquai une pose- Toi tu as un avenir, tu as cet enfant, tu as Ethan. Je suis seul ici, je n’ai rien ni personne. Alors peut être que toi tu as abandonné, et encore je ne te comprends pas, mais moi jamais. Tant que je serai en vie, j’y croirai. »

J’étais à présent en colère. Comment pouvait-elle se résigner à ce point face à cette fatalité ? Ca me décevait, je pensais que nous avions cet espoir de rentrer chez nous en commun. Apparemment je m’étais trompé.
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MessageSujet: Re: Les enfants sont les merveilles de ce monde. [ Katarina.K.J ]   Ven 2 Juil - 10:14

« Si bien sûr, Lilly et Gaby viennent me voir... Mais elles ont aussi des choses à faire, alors elles ne peuvent pas rester très longtemps. Même si c'est adorable de leur part, cela ne m'occupe hélas pas très longtemps. Donc je suis vraiment contente que tu sois venu me voir, Aristide. »

C'était vrai. Cela m'occuperait un petit moment et j'aimais discuter avec Aristide. Nous nous comprenions, en un sens. Nous venions tous les deux d'un autre continent, d'un autre pays... Oh bien sûr nous n'étions pas les seuls, mais pour nous c'était flagrant. Par exemple, Ethan et Gabrielle avait presque vécu plus longtemps aux États-Unis qu'ailleurs. Ils se sentaient plus américains qu'autre chose, alors. Ce n'était pas notre cas. Jamais je ne pourrais me sentir complètement d'ici. Même si j'en avais envie, il y aurait toujours mon prénom et mon accent pour me rappeler que je venais d'ailleurs. Aristide ressentait certainement la même chose que moi. Je le savais très attaché à la Grèce. Et j'étais désolée qu'il ne puisse pas y retourner lui non plus. La Grèce était devenue aussi inaccessible que la Russie. Un océan et la moitié d'un continent nous empêchaient d'y retourner. Et dire que c'était si facile avant... Il ne fallait que quelques heures pour passer d'un endroit à l'autre. Mes aller-retours paraissaient alors si simple. Un petit coup de blues ? Je retournais chez moi pendant mes jours de repos et je repartais ensuite, comme si de rien n'était. Cela paraissait alors si facile, si évident. Aujourd'hui cela ne l'était plus. Aristide était aussi coincé à New York que moi.

J'ai froncé les sourcils quand j'ai vu son visage se décomposer. J'avais dû dire une bêtise sans m'en rendre compte... Je n'ai pas tardé à savoir ce qui l'avait mis dans cet état. Je n'aurais pas dû dire que nous ne pourrions jamais y retourner. Pourtant c'était bel et bien le cas. À moins de posséder un avion et d'avoir un pilote sous la main, c'était définitivement fichu. Et puis même si nous pouvions un jour y retourner, c'était pour y retrouver quoi ? Des ruines et des cadavres ? Ces pays avaient été autant détruits que les USA. Je ne voulais pas voir tous les monuments par terre, toutes les maisons éventrées... Tant qu'à faire je préférais garder une bonne image de mon pays. Je pouvais comprendre Aristide, mais je me disais qu'il était bien naïf. Sa maison était certainement détruites et ses champs de lavandes et de coquelicots défoncés par les bombes. Athènes était certainement aussi ruinée que Moscou. Je m'étais fait une raison. Espérer ce genre de choses n'était jamais bon. À mon sens c'était se bercer d'illusions.

« Si j'ai abandonné, c'est pour une bonne raison. J'étais au téléphone avec mon père quand Moscou a été bombardée. J'ai entendu ma maison s'effondrer, j'ai entendu mon père mourir. Que crois tu que je retrouverais si j'y retournais ? À part des ruines et des souvenirs ? Je ne me fais pas d'illusions. Je préfère me souvenir de mon pays tant qu'il était encore grand. Si tu penses que je ne comprends pas ton désir d'y retourner, moi il me semble que tu ne comprends pas mon point de vue. »

Si le ton d'Aristide avait monté, moi je restais très calme. Non pas que je ne voulais plus jamais remettre un pied en Russie, mais je m'étais fait une raison, voilà tout. Cela ne voulait pas non plus dire que je me plaisais ici. Oh bien sûr j'adorais les gens que je fréquentais... Et je savais également que si je n'étais pas restée ici, je n'aurais jamais rencontré Ethan. Et entre mon pays et lui, le choix était fait depuis longtemps. Je ne serais jamais heureuse qu'avec lui. Tant qu'il était avec moi, je serais chez moi. C'était aussi simple que cela.

« Et puis tu sais, moi aussi j'étais seule au début. Gabrielle n'est pas devenue ma meilleure amie tout de suite et Ethan n'est pas devenu mon mari d'un claquement de doigt. Je sais que c'est dur de tout reconstruire. J'en ai fait la douloureuse expérience. Tu... tu t'accroches trop à ton passé, Aristide. Il ne faut pas que tu l'oublies. Il faut que tu fasses avec et que tu avances. C'est le seul conseil que je puisse te donner, en tant qu'amie. »

Je savais trop quels dégâts le passé pouvait causer. Il fallait faire avec, mais ne pas s'y attacher. Ethan en avait fait l'expérience une fois, et cela lui avait suffit. À lui comme à moi d'ailleurs.

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MessageSujet: Re: Les enfants sont les merveilles de ce monde. [ Katarina.K.J ]   Sam 3 Juil - 21:43

Elle me parla de son père. J’ignorais jusqu’alors tout de cet épisode et ressentais une atroce douleur au niveau du ventre, mes boyaux se tordaient de tant de souffrance. Non seulement je ressentais une atroce compassion pour elle, mais de plus j’imaginais le même épisode avec ma mère, essayant très vite de chasser les images qui me venaient en tête. Quitte à être sur qu’elle fut morte, je préférai mille fois ne pas l’avoir entendu en direct. C’était horrible. A présent je comprenais mieux pourquoi elle avait laissé tout espoir derrière elle, pourquoi elle s’était délestée du poids de ces souvenirs atroces. Pourtant, j’étais toujours en colère contre elle. En ce moment je l’aurais volontiers haïe si j’avais été capable d’un tel sentiment. Je pouvais admettre que pour elle il n’était pas bon d’y croire encore, mais dans mon cas tout restait possible. Avions-nous des nouvelles de la Grèce ? Quoi que ce soit qui pourrait nous permettre de savoir ? Bien sûr la Russie avait payé cher dans cette guerre, étant l’un des pays les plus puissants de ce triste monde, mais la Grèce ? Elle avait beau appartenir à l’Union Européenne, qui aurait bien pu vouloir la détruire ? C’était loin d’être un des pays les plus riches, il n’y avait rien à piller ou récupérer. Seulement quelques beautés. C’était également pour cela que je me permettais encore d’espérer, mon pays n’avait pas été l’un des principaux acteurs de cette foutue guerre, elle avait simplement suivit, et encore. Peut-être avait-elle été touchée, bien sûr, mais pas comme les Etats-Unis. Pas comme la Russie ou la Chine. Il subsistait forcément les restes laborieux d’une guerre éclaboussante, mais pas déferlante.

Elle prononça le type de phrases stupide que je détestais. « Je sais que c’est dur de tout reconstruire ». Je restais de glace, incapable de répondre, incapable d’effectuer un geste pour qu’elle se taise, juste qu’elle se taise. Chacun de ses mots étaient des morsures, d’infâmes piques lancées afin de tuer ce qu’il restait de mes utopies. Mes joyaux. Non, non, non. Je ne m’accrochais pas à mon passé, je continuais simplement de croire en mon futur. En Grèce. Avec ma famille. Tout ceci n’a absolument rien de fané, d’expiré, c’est encore d’actualité, même si pour l’instant ma vie est sur « pause ». Un jour, bientôt, tout rentrera dans l’ordre pour moi. Je quitterai cette communauté miséreuse et rentrerai là où rien n’a été saccagé, où le bonheur existe toujours, où ma vie a commencé et se finira. Le sang qui coulait dans mes veines me l’assurait. Chacun de mes battements de cœur était une promesse de ce futur là. J’étais promis à retourner à ma terre. Katarina me tuait. Au sens propre comme au figuré, je me sentais défaillir. J’avais mal, trop mal. C’est comme si on arrachait à un enfant sa seule raison d’aller à l’école. Il suffit de lui dire que de toute façon, que quoi qu’il fasse, qu’importent ses heures de travail acharnées, il ne réussira pas. Ce sera un looser, un moins que rien. Tu finiras dans un carton. Vas-y, espère, travaille, apprend. De toute façon, tu vas crever la bouche ouverte, comme une merde. Vas-y Aristide, espère, rêve, ne vis que pour ça. De toute façon, tu vas crever ici, que tu le veuilles ou non. Je vivais l’enfer chaque jour pour ce futur, et tout à coup, il s’envolait, me laissant avec cette merde dans les mains. Il en était hors de question. S’il fallait se battre, j’endurerais les coups, s’il fallait tout donner, j’irais jusqu’au bout de moi-même. Mais s’il fallait assassiner nos espoirs, je crèverais. Je suis un être prêt à tout sacrifier pour ce bout d’espoir, ce bout de rêve.

J’étais pétrifié, en colère, même plus que ça. Je sentais la rage monter et s’accumuler aux portes de mes lèvres, prêtes à tout balancer à Katarina, et m’en aller, comme ça. Je n’avais qu’à claquer la porte à ses inepties et ses défins rêves. Je n’avais qu’à m’éloigner de toute sa passivité mortelle. Mon regard devait déjà exprimer beaucoup de mes pensées, je ne pu cependant m’empêcher de les oralisées, me levant vivement.

« Tu parles d’un conseil. C’est la plus grosse connerie que je t’ai entendu dire Katarina. Je me fou de Gabrielle, je me fou d’Ethan. De toute ta petite vie stupide. Tu vois pas que tu tournes en rond ? Que ce monde est pourri ? – montrant son ventre – Et ça ? Tu crois que c’est bien ? Mais comment tu peux vouloir donner la vie alors que cette vie est résolument pourrie ? Hein, comment tu fais ? Aucune honte, aucune peur ? Tu crois qu’arrivée à ses 15 ans elle te dira quoi ta gamine ? Elle va t’en vouloir de l’avoir foutue dans un tel merdier et elle aura bien raison. Puisque tu crois que tout est fini, pourquoi continuer avec cette… cette… »

Je la regardais, les larmes aux yeux. Tout s’écroulait sous mes pieds. Brutalement, je tournais les talons, et partais en direction de la sortie. Vite, de l’air. Je voulais juste me barrer de cette pièce, ne plus voir Kat, ne plus voir son ventre arrondis prêt à exploser et laisser son contenu dégouliner sur le sol. Je voulais que cela cesse. Mascarade. Comment vouloir donner la vie lorsque l’on ne croyait plus en elle ? Qu’elle mascarade. Foutage de gueule. Ironie sadique. Sado/masochisme. Arrivé face à cette foutue porte qui m’aurait conduite hors de cette ambiance désastreuse, je m’arrêtais, une main sur la poignée. Qu’est ce que je foutais ? Qu’est ce que j’avais dis ? Comment j’avais pu en arriver là. Elle savait qu’elle avait perdu son père, sa maison. A sa place, aurais je eu le fou espoir de retrouver ma vie ? Non, évidement. J’avais été un monstre que de lui dire tout cela, une saloperie de merde. Un enfoiré. Une merde. J’étais une merde. Je me mis à pleurer franchement, et me retournant, je vis Katarina au travers du flot de haine envers moi-même qui m’assaillait. Je m’en voulais à mort. Les larmes coulaient, inlassablement, m’empêchant de dire quoi que ce soit. Respirant profondément, je trouvais après de longues, très longues secondes, la force de lui parler.

« Oh, Katarina… Katarina, excuse moi. »

Je lâchais la poignée, retournant auprès d’elle, m’écroulant.

« Pardonne moi. »

C’est tout ce que je fus capable de dire. Dans ma tête, seul régnait un immense brasier. Les champs et les maisons partaient en fumée. Le ciel était d’un noir d’encre et les femmes criaient, les enfants pleuraient. Au sol, beaucoup d’hommes étaient morts. Un village comme les autres dans un pays en voie de destruction. Mon village. En détruisant quelqu’un au nom de mon pays, je lui avais moi-même mis le feu. Je l’avais saccagé par mes mots, par ma haine. Je n’étais pas digne d’y retourner, et il avait cédé sous l’attaque de mes acides paroles. Il avait cédé. Tout était fini.
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MessageSujet: Re: Les enfants sont les merveilles de ce monde. [ Katarina.K.J ]   Dim 4 Juil - 11:31

Je n'avais jamais vu Aristide en colère, et je devais bien admettre que cela ne me plaisait pas, d'autant plus que j'avais la sensation qu'il était injuste. Il s'énervait parce que je l'avais mis en face de la réalité. Et visiblement, cela ne lui avait pas plu du tout. Je ne le savais pas si émotif. Et je ne me doutais pas qu'il avait si peu de self-control. Je l'avais toujours connu très calme et posé. Autant dire que je venais de tomber de très haut. Et j'étais assez déçue, en plus de cela. Je ne pensais pas que notre conversation tournerait au drame. Pourtant je n'avais rien dit d'autre que la vérité. Nous ne pouvions pas retourner chez nous, du moins pas dans l'immédiat. Et si nous y retournions, ce ne serait que pour retrouver des ruines de nos vies passées. Je n'avais pas envie de ça. Certainement pas après tout le mal que je m'étais donnée pour me reconstruire une vie et envisager un avenir. Alors, non, je n'oubliais pas mon pays, mes origines, mais je 'étais fait une raison. Non sans mal. Tout me manquait, mais je m'étais fait une raison. Quand la nostalgie me prenait, j'ouvrais un album photo et voilà tout... Ou je cherchais le réconfort auprès d'Ethan. Je devais avancer, alors je le faisais. Ce n'était pas facile tous les jours, mais quel autre choix avais-je ? Je n'oubliais pas, bien au contraire. Mais j'avais appris à faire avec. Ce n'était visiblement pas le cas d'Aristide. Je pensais qu'il pourrait comprendre ce que j'essayais de lui dire. Apparemment je m'étais trompée.

Mon visage s'est décomposé à mesure qu'il s'adressait à moi. J'ai trouvé tout cela terriblement violent. Je suis devenue blanche comme un linge et ma main gauche s'est crispée sur le tissu de mon pull. Ma petite vie stupide ? Mon monde pourri ? Il n'avait visiblement pas la moindre idée des efforts que j'avais fourni pour en arriver là. Ma petite vie stupide comme il disait m'avait couté des efforts presque surhumains. J'ai eu envie de le gifler quand il a désigné mon ventre. M'insulter c'était une chose, s'en prendre à mon bébé s'en était une autre. J'avais l'impression qu'il pointait du doigt un monstre. C'était inacceptable. Il y a cinq minutes encore il me disait que je portais une petite merveille... Là j'avais presque l'impression qu'il me disait qu'elle ne méritait pas de vivre. Pas si je n'avais pas le même désir, le même besoin que lui de retourner chez moi. Heureusement que j'étais assise. Je serais certainement tombée si cela n'avait pas été le cas. Il me disait que je ne méritais pas d'être mère. Ça m'a blessée, très profondément. Plus qu'il ne le croyait. J'ai tressailli, et j'ai senti les larmes me monter aux yeux. J'ai fermé les yeux pour les chasser et j'ai pris une profonde inspiration. Il était en colère et il s'en prenait à moi. Très bien. J'allais encaisser, comme je savais si bien le faire. Je n'ai pas bougé d'un millimètre quand i la tourné les talons pour s'en aller. Oh, je ne le cachais pas, cela ne me dérangerait pas du tout qu'il s'en aille. Je ne voulais pas qu'il reste là. Je ne voulais plus lui parler, plus du tout. Je voulais qu'il s'en aille !

Je l'ai regardé très froidement quand il s'est excusé. Je crois que je n'avais jamais regardé quelqu'un comme cela. Je n'avais pas regardé Ethan comme ça quand il m'avait quitté. Je n'avais pas regardé Riley comme ça quand il avait tenté de me séduire une énième fois. C'était bien la première fois que je regardais quelqu'un avec autant de mépris et de froideur. Il s'est excusé encore une fois, avant de tomber à genoux à mes pieds. Je l'ai regardé sans vraiment le regarder. Je serrais les dents.

« Non. Je ne suis pas certaine d'avoir très envie de te pardonner. Vraiment pas. »

Ma voix était dure, sèche, cassante. Elle contrastait avec le ton maternel et doux que j'avais tout à l'heure. Il pouvait bien être aussi désolé qu'il le voulait, cela ne changerait rien pour moi. Il m'avait blessée et il venait de baisser dans mon estime. Et pas qu'un peu. Ses larmes ne me touchaient pas. Je me disais que c'était mérité. Non, je n'allais pas lui dire que ce n'était pas grave, non je n'allais pas essuyer ses larmes. Non, non et non. Je savais être froide et distante quand il le fallait. J'aurais aussi bien pu lui mettre une gifle, mais je n'avais pas envie de me fatiguer pour lui. Et cela aurait été trop facile. J'avais été beaucoup trop touchée par ses propos pour oublier si facilement. J'ai pris une profonde inspiration.

« Si tu préfères rester accrochés à tes merveilleux rêves, soit. Si tu préfères vivre dans le passé, soit. C'est ton choix. Mais garde toi d'insulter et de blesser ceux qui ont choisi des voies différentes de la tienne. Tu te permets de me juger, mais tu n'as pas la moindre idée de tout ce que j'ai dû traverser pour en arriver là. Et ma petite vie stupide comme tu dis, a l'air de valoir cent fois mieux que la tienne. Et j'ai l'air d'être bien plus heureuse que toi si tu veux mon avis. Mais bien sûr tu t'en fiches, mon avis ne vaut rien, et je devrais avoir honte d'être ce que je suis. N'est-ce pas ? »

Je n'avais pas haussé la voix ne serait-ce qu'une seule seconde. J'étais très calme. Ce qui devait être d'autant plus perturbant. Je n'avais pas bougé non, je n'avais pas fait un geste en sa direction. Et je ne comptais pas le faire. Je n'étais pas non plus prête à accepter ses excuses. Je n'en avais pas envie et je n'étais sûre qu'il les mérite vraiment. Je n'étais pas vraiment du genre revancharde, et en général je n'étais pas très rancunière. Je ne serais pas avec Ethan si c'était le cas. Mais je n'étais qu'un être humain, et de surcroit une femme en proie à ses hormones, et il m'arrivait de prendre très mal les choses. Et dans ces moments là je pouvais blesser les gens sans le vouloir, moi aussi.

« Et puisque ma fille sera forcément ingrate et que selon toi elle ne mérite visiblement même pas de naitre, je suppose que cela ne te posera aucun problème si je t'écarte définitivement de sa vie dès maintenant. »

Je n'avais pas du tout apprécié la façon dont il s'était comporté, la façon dont il avait parlé de ma fille. Avec dégoût et mépris. Et je l'avoue sans honte, je n'ai pas hésité moi non plus à être méprisante avec lui. S'il avait souvent ce genre de coup de sang, j'aimais autant qu'il ne s'approche pas de ma fille. Un mot de tout cela à Ethan et il ne nous approchait plus à moins de cent mètre. Je n'en étais bien évidemment pas encore là, mais je pouvais recourir à cette solution en dernier recourt. Il me suffisait d'une toute petite phrase. De quelques mots seulement.

« Sincèrement j'aurais préféré que tu ne prennes pas dix minutes de ton précieux temps pour venir me voir. Je préfère être seule plutôt que d'avoir ce genre de conversation à sens unique. »

J'ai pris une profonde inspiration, avant de désigner la porte du menton, d'un geste assez dédaigneux.

« Encore un conseil. Tu en feras ce qui te chantes, évidemment. Sors d'ici avant qu'Ethan ne revienne et ne me voit faire cette tête là. Il risquerait de ne pas apprécier que tu m'aies mise dans cet état là. Mais puisque tu te fous de lui également, tu peux aussi rester par terre. Je peux aisément t'ignorer. »

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: Les enfants sont les merveilles de ce monde. [ Katarina.K.J ]   Dim 4 Juil - 19:06

« Non. Je ne suis pas certaine d'avoir très envie de te pardonner. Vraiment pas. »

La sentence était tombée, implacable. Il n’y avait rien d’étonnent à cela, comment aurait-elle pu me pardonner ? Moi-même, je n’étais pas tout à fait sur d’y parvenir un jour. Ce que j’avais dis relevait de l’horreur pure, surtout en sachant que je ne le pensais pas. Non, je ne pensais pas un traître mot des inepties que j’avais dites, ce n’étaient que les fruits pourris d’une colère trop vite montée, pour rien. La colère n’était pas un sentiment que je maîtrisais, non, je ne maîtrisais pas mes coups de sang, étant plutôt rares. D’ordinaire je me contentais de fuir les conflits ou de les détourner, les apaiser, doucement. Aujourd’hui pourtant, je ne saurais dire pourquoi, tout avait dérapé. Tout avait volé en éclat sous la pression de mes paroles haineuses et inconsidérées. Pourtant j’aimais déjà l’enfant que Katarina attendait, comme je le lui avais dis, c’était une merveille, un rayon de soleil inespéré. Pourquoi lui avoir dis tout cela alors ? Je n’en avais aucune idée, peut être parce qu’elle avait touché une corde bien trop sensible, je lui avais inconsciemment rendu la pareille. Je lui avais fais autant de mal qu’elle ne m’en avais fait, alors qu’elle avait raison, et pas moi. Bien sûr que retourner dans nos pays relevait de l’impossible, avait-elle seulement dit autre chose ? Avait-elle seulement dit qu’elle ne voulait y retourner un jour ? Non. Aucun mot de la sorte n’était sorti de sa bouche, je m’étais emporté comme jamais tandis qu’il n’y avait aucune raison. J’avais perdu pied, l’attaquant en retour sur des sujets bien trop précieux pour oser y toucher pourtant.

Le ton de Katarina me faisait tressaillir. Jamais je ne l’avais entendu parler d’une manière aussi froide et distante, quasi robotique. Elle qui était habituellement douce et agréable, à la voix câline, se trouvait à présent n’être qu’un désert de glace à mes yeux. Ce qui me faisait particulièrement peur. D’une part, sa colère se lisait parfaitement malgré ce ton glacial, mais de plus, cette colère froide me paraissait mille fois plus menaçante que n’importe quel éclat de voix. J’aurais voulu qu’elle réagisse avec plus d’emportement, qu’elle cesse de contrôler sa rancœur et me roue de coups sur le champ. Oui, j’aurais préféré qu’elle me frappe jusqu’à en avoir le souffle coupé, qu’elle me gifle, me laboure, me griffe. J’aurais accepté mon sort sans broncher, considérant que je le méritais parfaitement. Mais ce mépris était trop dur à supporter, trop violent, bien plus que n’importe quel coup. Mes larmes s’abattaient sur ses mots qui me charcutaient vif. Le pire c’est qu’elle avait raison sur toute la ligne. Sa vie valait mille fois plus que la mienne, je n’avais aucune utilité au monde, aucun but. Et ce pendant qu’elle s’apprêtait à donner la vie à un petit être, était mariée, avait reconstruit laborieusement sa vie, avec succès. Moi je ne faisais que me cacher derrière mes folies et mes rêves irréalisables. J’avais été plus que stupide de m’en prendre à elle, qui avait toujours été douce et prévenante avec moi, comme avec tout le monde. Elle valait mille fois plus que moi. Son comportement en plus de ses mots m’enterrait un peu plus. C’était comme si je n’existais pas, un moins que rien que l’on ne prend même pas la peine de regarder. J’étais à ses pieds, soumis, résigné, comme un chien. C’était après tout ce que je méritais pour cet affront. J’étais un moins que rien.

Puis vint le coup de grâce, l’achèvement, la fin. Lorsqu’elle me dit de cette voix toujours aussi sèche et dure qu’elle m’écarterait définitivement de la vie de Lena, je manquais de m’étouffer. J’avais l’impression de me noyer dans cet océan de larmes qui coulait toujours sur mes joues, laissant de fines traces ensanglantées sur mes joues, scarifiant mon visage. J’avais au début tenté d’échapper aux remous de l’eau salée, mais à présent elle s’engouffrait facilement dans mes poumons, les brûlant de leur acidité. Je suffoquais, haletant. Evidemment que cela me posait un problème, et même plus que cela. J’avais l’impression de mourir sous le poids incompressible de cette dernière riposte fâcheuse. Je ne pouvais même plus regarder Katarina, j’avais trop honte d’affronter son regard désertique. Honte de ce que j’avais dis, honte de ce que j’étais. Je fermais les yeux, et me retrouvais face à une vision cent fois pire que celle de cette Katarina fermée que je ne connaissais pas. Subitement, je pensais à ma grand-mère, et imaginais sans mal la déception sur ses traits. Elle qui m’avait élevé dans l’amour et le respect de l’autre n’aurait pu que très fortement désapprouvé cette mesquine attaque de ma part, et ce même au nom de notre pays. Elle ne m’aurait jamais encouragé à détruire sciemment mes amitiés pour un nom ou un souvenir. Même mon sang devait passer après mes rapports avec les autres, car c’était cela le plus important dans la vie. Les autres. Elle me l’avait pourtant enseigné avec talent, jusqu’ici. « On ne s’en sort jamais tout seul ». Mon espoir de revoir la Grèce m’aidait-il d’avantage à tenir que mes amis ? Tout d’un coup, je doutais horriblement. Tout, absolument tout ce en quoi je croyais s’effondrait subitement. D’une part l’amitié, de l’autre le patriotisme. Extrême, bien trop poussé. Comportement abusif et dément que voilà, je me noyais toujours dans mon océan de culpabilité. Je songeais qu’en ce jour j’avais fais honte à mon pays, je n’étais plus digne de rien. Seulement de mourir au fond de cette eau noire.

Je n’entendis heureusement pas les paroles qui suivirent, toujours sous le choc de cette expulsion méritée de la vie d’une personne pas encore née mais que j’aimais déjà tant. Je n’entendais dans mon apnée infernale quasiment rien, trop occupé à tenter de reprendre mon souffle. Mes oreilles bourdonnaient et mon cœur battait à cent à l’heure, c’était un réel choc pour moi. De toute ma vie, je ne crois pas avoir jamais vécu de scène aussi violente avec une amie, ou plutôt, une ancienne amie. Et au fond il aurait fallu me mettre un peu moins à l’abri de ce genre d’éclatements, car aujourd’hui je me retrouvais complètement désarmé, autant pour affronter mes états d’âme que pour me protéger des piques que Katarina me lançait à juste titre. Je m’étais comporté comme un enfant pourri gâté piquant une colère parce qu’on ne lui offrait pas ce qu’il désirait, et à présent je ne savais comment rétablir la situation. C’était comme un immense château de carte qui venait de s’effondrer sous mes yeux, sans que je ne puisse rien y faire. J’avais soufflé dessus, maintenant à moi d’en assumer les conséquences. Katarina me détruisait, et elle avait tellement raison que cela m’était insupportable. Malgré ma douleur, malgré ma peine et mon déchirement intérieur, je savais qu’elle avait plus que tous les droits de le faire et je ne tentais rien pour y échapper. Si j’en avais été capable, je l’aurai même encouragé.

Soudain, quelque chose me refit sursauter. Elle bougea. J’éprouvais d’abord un soulagement incommensurable, n’arrivant pas tout à fait à déchiffrer les mots qui défilaient à une vitesse épatante sur ses lèvres, et croyant naïvement que ce geste était une première marque de pardon, ou du moins, d’un mépris un peu moins persistant. Lorsque je compris qu’elle désignait en réalité la porte, j’éprouvais un vertige. Elle ne voulait plus me voir, la fin de notre amitié était définitivement signée. La perte d’un être si cher à mes yeux ne pouvait se faire aussi rapidement, aussi brutalement. Imaginait-elle que je serais aussi brutal également ? Œil pour œil, dent pour dent, pensais-je. Je l’avais blessé, elle m’enterrait vivant. C’était mon châtiment, il fallait que j’abdique, que je laisse tomber. C’était fini, j’avais tout détruit. D’un coup, j’imaginais les jours à la communauté sans cette présence rassurante. Non pas que Katarina et moi étions de très proches amis, nous ne nous parlions pas forcément tout les jours, et je ne savais pas le moindre de ses secret, mais tout de même. A mes yeux elle était importante, et ce malgré les paroles haineuses qui avaient déformées ma vision des choses et enlaidit mon cœur. Elle portait en elle cette image maternelle et réconfortante qui nous manquait parfois. Tout simplement magnifique, simplement la voir me mettait parfois du baume au cœur dans mes mauvais moments, et là, d’un coup, je sentais que j’allais devoir affronter chaque jour ce même regard glacial, cette absence de sentiment, cette neutralité obscène et meurtrière.

Finalement je compris de quoi traitait sa dernière tirade. Si Ethan nous trouvait comme cela il me tuerait de ses propres mains, c’était sûr. Mais devais-je l’interpréter comme une menace ? J’écarquillais les yeux, elle, ne me regardait même pas. Elle m’avoua pouvoir aisément m’ignorer si je persistais à ne pas vouloir décamper, et je dois dire que je la croyais sur parole. J’aurais pu demeurer ainsi à ses pieds pendant des heures sans qu’elle ne m’accorde un regard ou une parole de plus. C’est comme si j’avais définitivement été rayé de sa vie, n’ayant jamais existé. Je ne faisais plus partie de son monde. Le pire, c’était que je m’en étais expulsé tout seul. Je pleurais toujours, mes yeux étaient désormais rougis de tant de douleur, mais je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même après tout. Lentement, presque au ralenti, je me relevais péniblement et regardais Katarina au travers de ma peine. Elle était si belle enceinte… Baissant la tête, je me résignais à tourner les talons et partir, mais une nouvelle fois, cette foutue poignée me fit prendre conscience de ce que j’étais entrain de faire. Je me retournais, la main prête à ouvrir la porte et m’en aller en courant, fuyant toute cette tension. J’inspirais profondément, tâchant de ravaler le flot discontinu de mes larmes. Je ne savais pas par où commencer, mais ne pouvait partir sans un mot. Tant pis si c’était incohérent et mal formulé, je devais lui dire. Je pris mon courage à deux mains, et me lançait avec difficulté.

« Katarina, je sais que je t’ai blessé. Je sais que j’ai été beaucoup, beaucoup trop loin et que tu m’en veux horriblement. Je le sais, et je te donne parfaitement raison. – je m’arrêtais une seconde, reprenant mon souffle et essuyant mon nez coulant d’un revers de manche – À ta place, je me détesterais. Expulse moi de ta vie, c’est la meilleure chose à faire. Comme tu peux le voir, je suis loin d’être un ami parfait, mais… Mais avant je voudrais juste te dire que je m’en veux mille fois plus que toi tu ne pourras jamais m’en vouloir. Que si je le pouvais je me cacherais pour le restant de ma vie sous une beine à ordure. Et que j’ai été bien con de gâcher mon amitié avec une fille comme toi. Je… J’espère que tout se passera bien, pour Lena, pour toi. Bonne chance pour l’accouchement, même si tu t’en fiches très certainement, je prendrais des nouvelles par voie interposée. Je… »

Je ne pouvais dire un mot de plus. C’était tout. C’était fini. Je lui jetais un dernier regard humide puis ouvrait finalement cette satanée porte, la refermant derrière moi la tête basse, le regard vide. Je partis au bout de quelques minutes d’absence totale, errant dans les couloirs. Je croisais plusieurs personnes, ne reconnaissais même pas leurs visages. J’étais redevenu un fantôme, un être perdu. J’étais redevenu une ombre parmi des centaines d’autre.
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Les enfants sont les merveilles de ce monde. [ Katarina.K.J ]
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