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 I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Dim 27 Juin - 22:42



Tout était calme aujourd’hui. Je m’étais levé ce matin avec le sourire aux lèvres, heureux d’être encore en vie, et impatient de voir les autres. Après une bonne douche et un petit déjeuner rapidement engloutis, j’étais allé dans le salon avec les différents enfants de la communauté, notamment les bébés. Pendant que moi je les gardais, les parents pouvaient vaquer à leurs occupations, travailler ou se détendre un peu, faire ce qu’ils voulaient au final. Je crois que tout le monde avait relativement confiance en moi, sans ça personne ne me confierait ses enfants, si ? Ca me rendait heureux de savoir qu’au fond les gens reprenaient doucement le goût de la vie, accordant de nouveau leur confiance, ce qui n’était pas rien dans ce monde pourri. Je sorti feuilles et crayons et commençai la distribution pour les plus âgés, les bébés restaient dans leurs petits sièges et attendaient que je sois revenu près d’eux. Je me levai, les surplombant de toute ma taille, attendant un silence relatif. C’était devenu un petit rituel entre nous, lorsque je les gardais, on faisait des petits concours, mais pour ça, il fallait être calmes et m’écouter. J’avais de la chance, les gamins m’aimaient bien et étaient sages. Je souris, et pris la parole, regardant leurs petits visages ronds et attentifs.

« Ok, alors aujourd’hui, vous allez me dessinez la maison de vos rêves. Vous pouvez y ajouter tout ce que vous voulez, votre famille, une piscine, une soucoupe volante… - je m’arrêtai une seconde, le temps que leurs pouffements enfantins se dissipent- On utilise de jolies couleurs et on copie pas, d’ac o d’ac ? »

Je rie une seconde, et me détournai, les laissant à leur tâche du jour. Le coup de la maison, c’était un classique, mais j’avoue être un peu à court d’idées à force. Du moins, ca les occuperait une petite demi-heure. Je retournai rapidement auprès des plus jeunes et m’assuraient que tout allait bien, ils avaient tous été nourris, les couches étaient propres, c’était parfait. A mon grand soulagement ils étaient eux aussi à peu près calmes aujourd’hui, ce qui n’était pas toujours le cas. Une fois, j’avais carrément du ramener un enfant dont je ne parvenais pas à calmer les pleurs à sa mère. Ca donne envie de me les confier ça. Je tournai et virait entre les enfants accroupis par terre, dessinant. J’admirai avec une joie sincère tous ces petits rêves inaccessibles et complètement fous. Il y en avait un qui avait dessiné un bananier, sous prétexte que la banane était son fruit préféré. Sympas dans un jardin. Une autre traçait ce qui semblait être un gratte-ciel, lorsque je lui demandai pourquoi elle avait dessiné cela elle me répondit « parce qu’aujourd’hui ils sont tous partis ». Je conservai mon sourire malgré la tristesse qui me déchira alors le cœur, et retournai vers les bébés. Eux au moins ne ravivaient pas les douloureux souvenirs du passé. Je m’agenouilla devant le bébé de Grabielle et Alexander, et me met à lui parler comme un attardé mental. Bon sang, j’adorais ça les goss. Je n’ai jamais songé à en avoir car je n’ai jamais rencontré personne qui semblait réellement fait pour moi, mais si un jour mon âme sœur se présentait… Je lui en ferai des dizaines je crois. Mon regard plein de tendresse accompagnait les courbes généreuses de ce petit poupon et lui embrassai doucement la joue. Puis, d’abord tout doucement, je me mis à chanter en grec. C’était une chanson joyeuse qui parlait d’un enfant allant à la pêche avec son père, et qui ramenait un gros poisson. J’aimais bien cette chanson. Je murmurai les paroles aux sonorités venues d’ailleurs lorsque je me rendis compte de la présence d’un adulte dans mon dos. Sursautant, je reconnu Gabrielle, la mère de l’enfant face auquel je me trouvais, ne sachant cependant pas depuis combient de temps elle était là et m'observait.

Gabrielle était la femme d’un des leaders de la communauté, Alexander. Je lui avais parfois parlé sans vraiment la connaître, la trouvant charmante et très hospitalière avec les nouveaux arrivants. Sincèrement j’éprouvai un certain respect pour cette femme à l’allure si digne et si honorable, et me sentis intimidé lorsque je me rendis compte de sa présence. Je ne sais pas pourquoi, elle était pourtant agréable à vivre, discrète, sociable, mais je ne la connaissais pas personnellement. Et j’avais très envie de la connaître. Arrêtant ma chanson, je lui adressai un regard complice, désignant Emma, son enfant. J’avais le sourire aux lèvres et certainement un air béa.

« Elle est belle comme tout. Elle vous ressemble beaucoup… - Je la pris dans mes bras et me dirigeai vers Gabrielle- Vous voulez la récupérer ? J’étais justement entrain de chanter à cette demoiselle les louanges de la Grèce, je crois qu’elle aimait bien. – je souri à la mère – En tout cas, je ne leur faisais rien de mal. »

Cette fois mon sourire ce transforma en moue désagréable. On ne m’avait jamais rien reproché, mais je ne sais pas, j’avais toujours peur que les parents me prennent pour un pédophile. Après tout, j’étais toujours volontaire pour m’occuper de leurs enfants, et à la longue ça devait paraître louche. Je trouvais cela blessant, mais comprenais au fond… Ce monde était surtout fait de pourris.
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Lun 28 Juin - 9:56

[HJ : Petite information concernant Emma =) Elle a 1 an et 2 mois au moment de notre Rp et je te mets une photo ^^]
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Encore une journée où j'avais pris la fuite.

Il m'était toujours très difficile de m'occuper des enfants : J'avais beaucoup trop de choses en tête. Physiquement, il n'y avait plus aucune trace de mon agression puisque tous les hématomes avaient disparu, mais psychologiquement, tout était à faire. Mes nuits étaient encore peuplées de visions cauchemardesques et je ne dormais pas bien : J'étais donc épuisée. Et puis, ne voulant pas réveiller Alexander afin de ne pas l'épuiser, je faisais face à mes peurs nocturnes toute seule. Même dans la journée, il m'arrivait de sursauter, d'avoir peur et quand je marchais seule dans les couloirs, je passais mon temps à regarder par dessus mon épaule : Etais-je devenue paranoïaque? Oui. Ca allait sans doute passer, avec le temps.

Le temps...
Le temps...

C'était ce qu'Alexander et Katarina me répétaient : Avec le temps, j'irais mieux. Seulement, je n'allais pas mieux et le temps, j'avais l'impression de ne pas en avoir beaucoup. J'avais peur de ne plus supporter ce que je traversais. J'avais peur d'arriver au bout de ce que je pouvais endurer et si cela se produisait... Et puis, j'étais dans la période critique dont j'avais tant eu peur. J'avais peur de cette grossesse qui pouvait être le résultat du viol et j'attendais mes règles depuis déjà presque une semaine. Je n'en avais pas encore parlé à Mathilda mais je savais que je ne pouvais pas repousser cette discussion bien longtemps. J'avais peur... J'avais très, très peur... Bref, vu mon état d'esprit et l'anxiété dont je souffrais, je ne pouvais pas m'occuper des enfants. Je venais les voir mais je ne restais jamais seule avec eux. Isaac s'occupait bien d'eux, et puis il n'était pas seul : Aristide lui prêtait main forte. Je le savais car je l'avais vu à de nombreuses reprises chanter des chansons aux enfants ou leur raconter des histoires : Il avait un don pour s'occuper de ces humains miniatures.

Aussi, quand je vins pour ma visite quotidienne et que du couloir j'entendis la voix d'Aristide s'élever doucement tandis qu'il chantait, je ne fus pas surprise. J'entrai discrètement à l'intérieur de la salle et le vit doucement penché sur le lit d'Emma : C'était donc pour elle qu'il chantait cette chanson. Je m'adossai contre le mur et me mit à sourire doucement : Ca ne m'arrivait que très rarement ces derniers temps, ce fut donc très agréable. Aristide se rendit compte de ma présence et s'arrêta net de chanter avant de se retourner pour me regarder. Il m'adressa un regard complice et cela me fit plaisir. Puis, il désigna Emma et encore une fois, je pus être témoin de la tendresse qu'il portait aux enfants en général et, en cet instant, à ma fille en particulier. Il la trouvait très belle et ajouta qu'elle me ressemblait beaucoup : Il avait raison. Je ne pouvais pas renier ma fille car, physiquement, elle avait presque tout pris de moi. Puis, il prit Emma dans ses bras et me proposa de la récupérer. Essayant de garder le sourire, je secouai négativement la tête : Non, je ne me sentais pas la force de prendre ma fille dans mes bras. Pas maintenant.

Soudain, le ton d'Artistide changea et son sourire s'effaça, en même temps que le mien quand j'entendis la fin de sa phrase.

-Pourquoi irais-je croire que vous lui faisiez du mal? Quelqu'un vous a fait des reproches?

Je ne voyais pas d'autres explications à la réaction d'Aristide : Pour qu'il ait peur qu'on en vienne à croire qu'il s'en prenait aux enfants, c'était que quelqu'un avait dit ou sous-entendu quelque chose.

-Vous vous occupez très bien des enfants et vous êtes là pour eux. Ils ont besoin de vous. Alors n'allez pas croire... Nous vous faisons confiance. En tout cas, moi je vous fais confiance.

Je lui adressai un sourire : Décidément...

-Vous chantez très bien mais je n'ai pas compris les paroles... De quoi parlait la chanson?

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Dernière édition par Gabrielle McCord le Jeu 1 Juil - 15:27, édité 1 fois
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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Lun 28 Juin - 21:51

Gabrielle McCord était belle. C’était sans doute la première fois que je le remarquai, mais cette conclusion me vint instantanément lorsque je la regardai parler ce jour là. De jolies formes, un visage fin et expressif, et toujours cette classe, ce chic inouï. C’était surtout pour cela que j’aimais les femmes plus âgées, elles avaient dépassé le stade des jeans moulants et top taille 0 révélant une poitrine siliconée et débordante. Elles savaient se mettre en valeur d’une manière beaucoup plus sobre, moins affriolante, mais mille fois plus charmante à mon sens. Gabrielle avait beau être roulée comme un mannequin, elle conservait une certaine humilité et une relative grâce qui, je l’avoue, ne me laissait pas indifférent. Je dois aussi dire qu’il y avait de longs mois que je n’avais touché une femme, alors on devient tout de suite plus réceptif aux beautés qui nous entourent. Puis le mot « mariée » vint à moi, et je cessai de l’observer d’une manière aussi insistante. De toute manière, entre Alexander et moi, il n’y avait pas photo. Aucune chance que je lui plaise, le style de son mari et le miens étant si éloignés. Je soupirai, puis rattrapai le fil de la conversation là où je l’avais abandonné, serrant la petite Emma un peu plus contre moi.

« Non, personne ne m’a rien reproché. Mais je suppose qu’à force, ça doit paraître suspect, non ? Je suis toujours volontaire pour m’occuper d’eux, je passe beaucoup de temps seuls avec eux… Certaines personnes se font des idées et des scandales pour moins que ça. Aujourd’hui, la gentillesse gratuite c’est un peu louche, vous ne trouvez pas ? Enfin, je pense que certains voient ça comme ça. »

Au fur et à mesure des mots qu’elle m’adressa par la suite, mon sourire reprit forme. J’étais content de savoir qu’elle me faisait confiance, qu’elle trouvait que je m’occupais bien des enfants. A vrai dire c’était vite fatiguant de gérer ces bouts de choux, même si j’adorais ça, et je m’investissais beaucoup. Même si je ne comprenais pas bien les gens qui n’aimaient pas les gamins, j’en avais parfois vraiment marre. J’ai un peu honte de dire ça, mais dans les pires jours, j’avais vraiment envie d’en gifler un ou deux. Bien sûr, je ne me l’étais jamais permis, je n’aurai jamais osé, et il suffisait que je monte un peu le ton pour les calmer, mais quand même. C’était difficile d’être partout à la fois, heureusement, la plupart du temps tout se passait bien. Elle me sourit, et je ressentis comme un léger frisson me parcourir. Cette femme collait parfaitement à mon style, si douce, si calme… * mariée*

« La chanson ? Oh, c’est stupide, vous allez rire. C’est une comptine que l’on me chantait quand j’étais tout petit, je ne sais pas pourquoi, je l’ai toujours bien aimée. C’est l’histoire du petit Ephaïstos – je le prononçai à la grecque et doutai qu’elle comprenne vraiment de qui il s’agissait – qui part à la pêche avec son père. Après quelques heures de galère le garçon attrape un gros poisson et le ramène fièrement au village, lisant la fierté dans le regard de son père. Plus tard ils le donneront à la grand-mère qui le cuisinera et ils se régaleront tous. – je riais à moitié – C’est très caricatural, mais assez sympathique. Je vous la chanterai en privé un jour si vous voulez. »

Aïe. Quelqu’un peut me dire pourquoi j’ai dis ça ? Me rendant immédiatement compte de ma stupidité, je m’excusai rapidement.

« Je suis désolé, ce n’est pas ce que je voulais dire. »

Oh que si c’était ce que tu voulais dire mon vieux. Pourquoi tout d’un coup cette femme me déstabilisait elle ? Etait-ce une simple coïncidence ? Une envie spontanée mais passagère ? Je l’espérai vivement, parce qu’il n’y avait absolument aucune chance. Tu m’entends Aristide ? Aucune ! Malgré tout, elle me séduisait. Elle ne faisait rien pour cela, bien sûr, mais elle provoquait en moi une soudaine envie de chaleur humaine, de baisers, de caresses. Mariée. Oh et puis après tout, j’avais déjà couché avec des femmes mariées, cela ne me gênait pas. Bon, peut être parce que je ne connaissais pas les maris cocus et que ma survie ne dépendait pas d’eux. Peut-être. Je ne voulais pas qu’elle fuie en pensant que je la draguais, même si au fond c’était l’intention, et enchaînai :

« Je veux dire que… - Une idée, vite, vite - … Le grec est une jolie langue. Je pourrai vous la parler un jour, si cela vous intéresse, simplement par curiosité. Je trouve le mélange de culture formidable, et comme je suis très attaché à la mienne, j’essaye de la partager à la première occasion. »

C’était vrai, mais quelque chose sonnait faux. Peut être ce teint pâle et ces yeux bleus ? Oui, ça devait être ça. J’oubliais souvent que je n’avais pas dutout l’apparence d’un grec, même si TOUS les grecs n’étaient pas bouclés et bronzés, j’avoue que c’était toute fois plus courant. C’était comme un noir en Finlande, rien ne l’empêchait d’être parfaitement finlandais, mais il fallait avouer que c’était peu commode. En tout cas, personne ne m’avait jamais fait la remarque jusqu’à présent, et même si, j’aurai expliqué très naturellement mon cas. Mon regard suivait le mouvement des lèvres qui se mouvaient d’une manière extrêmement sensuelle afin de me répondre. Bon sang, si ces lèvres parlaient grec un jour, je me verrai obligé de les dévorer.
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Mar 29 Juin - 7:02

Très rapidement, Aristide s'expliqua sur ce qu'il avait dit. Apparemment, personne ne lui avait fait de reproches (J'espérais bien!) mais il continua malgré tout sur sa lancée en disant qu'il devait forcément paraître suspect parce qu'il était toujours volontaire pour s'occuper des enfants. Non, ça n'était pas logique du tout. Dans ce cas-là, on pouvait aussi considérer Isaac comme un pédophile et moi comme une cinglée qui voulait violer les petits garçons? Mais où allait-on?... Et puis, pourquoi la gentillesse gratuite paraîtrait-elle louche? Après tout, les personnes gentilles, ça existait vraiment. Ce n'était pas parce qu'il existait de véritables ordures sur cette planète que d'autres ne pouvaient pas être gentils de nature...

-Ecoutez, si certains pensent de cette façon, laissez-les faire. Mais franchement, il faudrait être bien stupide pour suspecter quelqu'un comme vous de telles pensées... N'importe quoi...

Pour la première fois depuis... Enfin bref, pour la première fois depuis un moment, je sentis la colère remonter en moi et ce fut bien étrange. D'ordinaire, je ne réagissais pas comme ça mais là, je savais que si j'avais eu devant moi des personnes qui pensaient comme Aristide venait de le dire, j'aurais voulu leur remettre les pendules à l'heure en leur collant mon poing dans la figure. Lorsque je me rendis compte de cette excès de colère, de cette affreuse pensée, je glissai mes mains dans mon dos, comme pour m'éviter de faire des bêtises. En reportant mon attention sur Aristide, je ne pus m'empêcher de sourire : En fait, à chaque fois que je regardais son visage, que je glissai mes yeux dans les siens, j'avais envie de sourire. Pourquoi? Allez savoir? Peut-être parce que ses traits étaient doux ou parce que ses yeux étaient d'un bleu magnifique que je n'avais jamais remarqué jusqu'à présent. Des yeux d'un bleu s'y profond qu'on voulait s'y plonger comme on aurait plongé en pleine mer, dans un océan magnifique à la mer calme.

Etrange...

Je fus toute ouïe lorsqu'il expliqua de quoi parlait la chanson et au fur et à mesure, je me mis à imaginer les scènes qu'il me décrivait : Je n'avais pas bien compris le nom qu'il avait prononcé (Le grec était une langue magnifique) mais il s'agissait d'un garçon qui partait à la pêche avec son père. Gabrielle imagina le garçon, son père, le bateau, le gros poisson qu'il attrapa et qu'il ramena au village, la grand-mère qui cuisina le poisson afin qu'ils puissent tous se régaler. Un beau moment en famille, comme on les aimait en fait. Ma rêverie cessa lorsque les derniers mots d'Aristide me parvinrent : Me montrer quoi en privé? Je fus surprise mais pas choquée, chose assez bizarre. Auparavant, si un homme, autre qu'Alexander j'entends, m'avait dit un truc pareil, j'aurais été gênée, offusquée, mais là, non. J'étais surprise, mais agréablement, et je vais vous dire pourquoi.

Quand on subit un viol, on se sent sale, souillée et surtout, on a l'impression d'être une moins que rien, un simple bout de viande. Et cette sensation avait tendance à me coller à la peau... Je savais que mon mari m'aimait, mais il m'avait toujours aimée et étrangement, son amour ne me rassurait pas. C'était tellement... Habituel. C'est horrible, je sais, mais c'est comme ça. Par contre, se sentir désirée par un autre homme qui n'était ni mon mari, ni un salopard au sang chaud qui voulait me violer c'était...

Rassurant.
Plaisant.
Etrangement plaisant.

Je parvins à me détendre et à oublier ma colère et retirai donc les mains de mon dos. Aristide quant à lui, se confondit en excuses pour ce qu'il venait de dire et balbutia quelques explications et me vola un nouveau sourire. Bon sang, mais c'était quand même incroyable de voir ça!

-Oui, le Grec est une très jolie langue, d'ailleurs, j'ai essayé de ne pas faire de bruit en entrant pour pouvoir continuer à vous écouter. C'est loupé...

Je m'en voulais voulais un peu d'avoir brisé ce moment magique entre lui et ma fille, qu'il tenait toujours dans ses bras.

-Ca m'intéresserait d'apprendre quelques mots, peut-être même quelques phrases. Et puis, je suis certaine d'en apprendre beaucoup avec vous : Vous en parlez avec tant d'amour et de passion... C'est beau d'aimer ses origines de cette façon. Par contre, c'est vrai que quand on vous regarde la première fois, on pourrait croire que vous êtes plutôt Anglais ou Américain. Vos yeux sont si bleus...

Et pendant quelques secondes, le silence : Je m'étais rapprochée de lui et perdue dans cet océan bleu justement. Je me repris rapidement.

-Et puis, quand on y regarde de plus près et quand on vous écoute, on y voit plus clair.

Je fis un pas en arrière afin de m'adosser à nouveau au mur : Ce fut instinctif. Je ne savais pas pourquoi je m'étais approchée (Sans doute pour voir ses yeux de plus près) mais j'avais préféré reculer. Ce comportement ne me ressemblait pas. C'était bien la première fois de ma vie que je remarquais autant de détails chez un autre homme qu'Alexander.

-Alors, de qui avez-vous pris les traits? Votre mère ou votre père?

Changer de conversation et ne plus penser à ses yeux.
Non, franchement Gabrielle...

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Mar 29 Juin - 10:48

Je l’écoutai le sourire aux lèvres, sa voix était reposante, apaisante. Semblable à une douce mélodie. Je me sentis étrangement flatté lorsqu’elle me dit que ma langue maternelle était belle, et effet, elle l’était. Cela peut paraître arrogant de but en blanc, mais j’avais un respect et un amour inconditionnel pour la Grèce. Je crois que tout ce qu’on pouvait savoir sur les traditions ou les mythes antiques, je le savais. C’était moi, ce pays, c’était la raison de mon histoire, c’était tout ce qui me faisait. Peu de gens sont réellement attachés à leurs racines de nos jours, mais moi si, parce que sans elles ma vie aurait été mille fois différente. Et puis il faut dire que la civilisation grecque avait depuis –V av J.C toujours été l’une des plus importantes culturellement parlant, alors forcément, ça rend fier, même si c’est stupide. Rien que le nom de mon pays me faisait rêver ; je devais vraiment avoir un souci. La perspective d’apprendre quelques notions à Gabrielle était assez plaisante, je me voyais déjà entrain de lui faire répéter des phrases et des mots pendants des heures, enfermés dans une pièce à triple tour. Mariée. Mon cœur loupa un battement lorsqu’elle me fit remarquer l’incongruité de mes traits, je ris doucement, finalement ça n’aura échappé à personne. Un instant, je me perdis dans le flux de mes propres pensées et souvenirs.

Je revis mon papa, je revis ma mère. Et Diane. Mes grands-parents, mon père. Ce destin si étrange qu’il aurait presque pu être tiré d’un stupide bouquin. Je revis doucement mon enfance, mes glaces à la lavande. Elles me manquaient. Tout me manquait. En quelques secondes la nostalgie du passé me submergea et les larmes me montèrent aux yeux, rendant leur bleu encore d’avantage clair. Hyperémotivité. Je n’étais pas non plus à deux doigts de me jeter dans les bras de Gabrielle en pleurant, hein. Quoi que, ça pouvait être sympas… Mariée, mon vieux. Admettons. Je remarquai qu’elle s’approchait lentement de moi, me fixant étrangement, comme intéressée par quelque chose. Et là, ce fut très dur de se retenir d’avancer également. Comme une envie subite de la prendre par la taille et l’embrasser dans le cou. Mauvaise idée. Non seulement la pièce était pleine à craquée d’enfants qui répéteraient sûrement ce qu’ils ont vu, mais en plus Gabrielle était mariée. Peut être que ça rentrera au bout d’un moment. Il n’empêche que plus la discussion avançait et plus les images se bousculaient dans ma tête, me rendant un peu tendu, même si je ne le montrai pas. Un sourire repris finalement forme sur mon visage lorsqu’elle me demanda de qui je tenais mes traits. Longue histoire. Je réfléchis une minute, puis répondis d’un ton calme, toujours souriant.

« Je suis le portrait craché de mon père, qui était effectivement américain. Ce qui n’empêche, je vous rassure, que je suis totalement grec. Enfin, je suis né en Grèce et y ai vécu de nombreuses années, ma mère et tout le reste de ma famille est grecque, alors… Et puis dans le cœur je suis grec, et ça, ce n’est ni le sang ni la langue qui en décide. »

Je m’interrompis, entendant du remue-ménage derrière moi. Me retournant, je surpris un des enfants gribouiller le dessin d’un autre, faisant ainsi pleurer ce dernier. Jamais quand il faut. Je regardai brièvement Gabrielle, souriant légèrement.

« Vous m’excusez une minute ? Le devoir m’appelle. Oh et, ne partez pas. »

Sur quoi je m’en allais moi-même remettre la petite Emma dans son lit et gronder l’enfant-gribouilleur qui s’arrêta immédiatement et reprit son propre esquisse comme si de rien n’était. J’avais effectivement un peu peur qu’elle s’en aille et me laisse, c’était la première fois que nous nous parlions vraiment, et que je remarquai en elle une femme très séductrice, alors je ne voulais pas laisser passer ma chance. Même si je n’avais aucune chance. C’était tout de même plaisant. Regardant la pendule accrochée au mur en face de moi, je pris la parole de manière à ce que tous se taisent et m’écoutent.

« Il ne reste plus qu’une petite demi-heure avant d’allez manger, alors on se calme et on profite de pouvoir faire de jolis dessins tous ensemble, d’accord ? »

Je leur accordais un dernier regard bienveillant et m’en retournai vers Gabrielle, qui n’avait pas bougé. Miracle. Il était effectivement déjà 11h passées, le temps passait vite lorsque j’étais avec eux, mais d’avantage encore en étant avec la femme d’Alexander. Je retournai rapidement, peut être trop, auprès d’elle, et lui adressai un sourire contraint, excuse silencieuse pour ce petit abandon et repris :

« Donc nous disions… Ah oui, vous aimeriez apprendre. C’est quand vous voulez, n’importe quand, je libérerai du temps. – grand sourire – Le plus rapidement possible. – Oups. On enchaîne, l’air de rien. - Et vous dites moi ? D’où venez vous ? »

Si elle était vraiment sérieuse et qu’elle désirait vraiment passer un peu de temps avec moi, peut être que ? Mon cœur s’accéléra étrangement, je n’avais plus ressentis de tel désir pour une femme depuis la guerre, autant dire depuis longtemps. En même temps c’était impossible, parfaitement impossible. Et c’était peut être ça qui me plaisait au fond.
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Mar 29 Juin - 20:35

Nous nous trouvions à une distance raisonnable à présent. C'était bien la première fois que je me forçais à mettre de la distance entre moi et quelqu'un d'autre, en particulier un homme. Je ne comprenais pas où était mon problème : Après tout, j'aimais Alexander. Il était mon époux, mon âme soeur. Alors, pourquoi réagir ainsi? Après tout, je n'avais pas avoir peur. J'avais le droit de trouver un homme attirant, non? Et puis, nous ne faisions rien de mal. C'était tellement plus simple de se dire ce genre de choses alors qu'en réalité, je faisais déjà quelque chose de mal en regardant Aristide, en l'écoutant et en m'intéressant à lui de cette façon. Ayant toujours été fidèle et amoureuse de mon mari, il y avait de quoi se poser des questions, non? J'essayai de chasser toutes ces pensées de mon esprit : J'aurais sans doute été plus intelligente en y prêtant attention mais non : J'avais trop envie d'écouter l'histoire d'Aristide et d'en apprendre plus sur lui.

Lorsqu'il m'expliqua qu'il était le portait craché de son père, son ton était calme et il avait toujours ce même sourire accroché à ses lèvres. Oh... Le sourire associé aux yeux magnifiques, ça donnait un sacré cocktail. Bon, il fallait se concentrer sur ce qu'il disait et pas sur le reste. Mais comment ne pas se concentrer sur le reste quand on l'entendait parler avec autant d'amour de son pays et de ses origines, hein? C'était un tout. Ses pensées et ses émotions se faisaient transparentes sur son visage alors, comme ne pas le regarder? J'écoutais son histoire avec une attention toute particulière tout en le regardant dans les yeux quand il y eut du bruit derrière lui. Il se retourna et le moment fut brisé. Ce n'était sans doute pas plus mal... Il se retourna, s'excusa et me demanda de ne pas partir avant d'aller s'occuper des enfants. La Gabrielle d'avant aurait sans aucun doute pris ses jambes à son cou. Oui, elle aurait quitté la pièce. En fait, non : Elle serait restée pour s'occuper des enfants et aurait demandé à Aristide de partir. Mais cette Gabrielle là était aux abonnés absents depuis un moment, et elle n'avait pas l'air de vouloir revenir.

Alors, j'attendis, l'observant faire avec intérêt. Il n'y avait rien à redire : Il était doué avec les enfants. Il leur expliqua qu'il ne restait plus qu'une demi-heure avant le déjeuner et je fus surprise de voir que le temps avait autant avancé. Surprise, et déçue car ce petit moment que je partageais avec Aristide allait bientôt s'achever. Trente minutes : C'était tellement court. Il revint vers moi avec toujours ce même sourire aux lèvres et je ne pus que le lui rendre. D'ailleurs, mon sourire se fit un peu plus large, un peu plus franc que les précédents : J'avais tellement perdu l'habitude de sourire de cette façon que ma peau me tira, c'est dire...

Il m'annonça qu'il était d'accord pour m'apprendre le Grec. Il semblait pressé de me donner des leçons et cela me fit véritablement plaisir : Apparemment, il avait l'air d'avoir envie de passer du temps avec moi autant que moi, j'avais envie de passer du temps avec lui. Puis, il me demanda d'où je venais. Après tout, je lui avais posé des questions sur ses origines et sur ses parents, il pouvait bien faire de même. Je lui répondis donc, d'un ton qui se voulait aussi calme que le sien.

-Je suis née en Australie et j'y suis restée jusqu'à la fin de mes années de lycée. Après, j'ai eu envie de découvrir le monde et j'ai déménagé à New-York. J'ai tout de suite adoré vivre dans cette ville même si mes parents et mes soeurs me manquaient beaucoup. Ma maison aussi... Le climat... Tout quoi. Mais j'ai tenu bon et j'ai fini par devenir institutrice alors que j'avais commencé par étudier le droit...

Me rendant compte que je parlais beaucoup, peut-être trop, je m'arrêtai. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas parlé de mes origines, de l'Australie, de mes parents et de mes soeurs, dont je n'avais jamais eu de nouvelles après les bombardements. Doucement, mon sourire se fit moins large et finit par disparaître. Je pensais souvent à ma famille mais il était vrai qu'avec les derniers évènements, j'avais plus pensé à moi qu'aux autres, d'une façon très générale. Et je m'en voulais. Si j'avais été face à quelqu'un d'autre, j'aurais tout de suite essayé de raccrocher un sourire à mes lèvres pour ne pas laisser paraître ma mélancolie et ma tristesse mais face à Aristide, je ne fis pas cet effort. Pourquoi? Peut-être parce que face à lui, je pouvais être moi, même si ce "moi" était complètement à côté de la plaque et déprimée. Peut-être parce que j'avais pris l'habitude de faire attention à ma façon d'être pour ne plus inquiéter les autres... Oui, peut-être pour ça...

Cependant, même si je ne fis pas l'effort de porter un masque, je jugeai essentiel de m'expliquer.

-Je suis désolée... Je n'avais pas reparlé d'eux depuis... Depuis un long moment et... Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus...

Je plongeai mon regard dans celui d'Aristide.

-Et vous?

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Mar 29 Juin - 22:11

J’avais cru remarquer une pointe d’intérêt lorsque je lui racontais doucement mon histoire, ce qui me donnait d’avantage de courage. Courage pour quoi, bon Dieu ? Aristide Tetropoulos, tu ne vas PAS coucher avec cette femme. Regarde la, elle, parfaitement respectable, douce, agréable. Pourquoi irait-elle tromper son mari avec un petit gigolo, tu peux me le dire ? Non, je n’avais pas de réponse à cette fatalité pourtant évidente. Je ne savais que penser, partager entre mes envies réfrénées et ma raison qui m’interdisait tout mouvement sous peine de graves disputes conjugales entre moi et ma morale. Quelle morale ? Sur certains sujets, je n’étais pas mieux que le premier clochard rencontré dans la rue. Je ne tenais qu’à ma famille, mon pays, et mes amis. En amour, si tant est que l’on puisse appeler mes piètres conquêtes « amour », j’étais un cutéreux, un miséreux, un pauvre. Mes rares émois n’avaient jamais aboutis et tout ce que je savais faire pour garder les femmes près de moi se résumait à des pratiques pas très catholique. Après tout, je n’étais pas catholique. Mais là n’était pas la question, bon sang. Elle me faisait perdre pieds, c’était comme sauter dans le vide sans parachute ; je savais que j’allais me fracasser, mais je ne pouvais plus stopper ma chute. Je fixais ses lèvres toujours aussi sensuelles lorsqu’elle m’apprit qu’elle était australienne. Intéressant. Tous les mots que cette femme prononçait étaient intéressants de toute manière, je crois qu’elle aurait pu me dire les plus grosses absurdités au monde, je demeurerai pendu à ses lèvres, attentif, à l’affût. Le mot « mariée » voulu s’immiscer dans mes réflexions, mais je le repoussai d’un « ta gueule ! » surexcité et impatient. Oui, je me parlais à moi-même maintenant, décidemment je perdais la tête. Elle s’arrêta alors, subitement, presque d’une manière sadique. C’était comme donner une cuillère de riz à un somalien et lui défendre de toucher le reste de l’assiette, c’était ignoble.

Je m’apprêtais à lui répondre lorsque je me rendis compte que son sourire avait disparu, laissant un voile d’amertume et de nostalgie en héritage. Je connaissais bien cela. Bizarrement, elle me parut plus vieille, comme usée d’une trop lourde douleur. Que pouvais-je faire ? Si je m’étais écouté, je me serais avancé et l’aurais enlacé, mais je ne le fis pas. Pour le coup, c’était vraiment déplacé. Je me contentais de rester là, face à elle, prêt à courir chercher un mouchoir si cela se révélait nécessaire. Je dois dire que mon sourire aussi s’était envolé, d’avantage encore lorsqu’elle confirma ce que je pensais ; elle n’avait aucune nouvelle de sa famille. Ce doute acide était un véritable poison pour les nerfs, rendant très vite tout le monde à fleur de peau. Je n’échappais pas à la règle, d’ailleurs. J’aurai voulu faire quelque chose, prononcer un mot réconfortant, mais son regard se plongea dans le mien et je perdis de nouveau pied. M’enfonçant encore d’avantage lorsqu’elle me demanda ce qu’il en était pour moi. Pour le coup, toute trace de joie avait désertée mon visage, je la regardais simplement, ne répondant d’abord pas. Je ne savais pas quoi dire, me remémorant une certaine conversation avec Katarina dont je n’étais pas particulièrement fier. Je m’étais trop rapidement emporté, trop sensible sur ce point. J’inspirais profondément, la regardant toujours. Il y avait comme une lueur de désespoir dans ce regard, comme un appel au secours muet et touchant. Comme nous tous, je supposais qu’elle avait vu et vécu des choses qui resteront à jamais gravées dans sa mémoire, et qui l’ont traumatisé. Comme nous tous.
Je répondis finalement, la bouche sèche, la voix morne. Quelle merde.

« Je… Je n’étais pas avec ma mère et ma sœur lorsque les premiers bombardements ont eu lieu. Mon père est mort il y a déjà quelques années. Diane devait être à l’hôpital, elle est médecin, et ma mère je ne sais pas. Elle va souvent faire quelques courses dans son quartier l’après midi, mais jamais aux mêmes horaires, alors c’est difficile de savoir où elle est à présent. Où elles sont. »

J’en parlais toujours au présent. Jamais je ne pourrais admettre qu’elles sont mortes. Même dans dix ans, j’aurais toujours cet espoir démesuré de les revoir si ce n’est pas fait avant. Elles rentreront à la maison. Je regardais à présent le sol, tête baissée. Et puis, finalement, un sourire faiblard naquit sur mon visage.

« Ca doit être chouette l’Australie. »

Je ne désirais pas me perdre d’avantage dans les lamentations, je voyais que ça lui faisait beaucoup de mal, même si c’était elle qui avait engagé le sujet. Si elle voulait en reparler j’étais là, mais pas ici, pas maintenant. La douleur était encore présente mais je ne me dégonflais pas, je voulais la ramener à un temps où tout allait encore bien, revoir ce beau sourire sur son visage. Il fallait penser au passé avec le sourire, pas au futur en pleurant.

« Une fois mon grand-père m’a traité de Kangourou parce que j’étais aussi excité qu’une puce et sautais dans tout les coins de la maison. Pour me faire cesser il m’a dit qu’il m’enverrait par colis en Australie rejoindre les miens. Et puis… Je suppose que ma grand-mère n’était pas trop d’accord, parce qu’il a laissé tomber l’idée. »

Je la regardais de nouveau dans les yeux, le regard malicieux et pétillant. Souris, juste pour moi, juste une fois. Mon sourire était plus tendre que tout à l’heure, plus dans l’optique d’entraîner l’autre. Remonter le moral, j’étais assez doué habituellement. Je pris un ton plus assuré pour lui demander une dernière chose.

« Pourquoi vous être détournée du droit ? Je crois que si j’avais fais des études, j’aurais choisis du droit. Institutrice c’est très bien aussi. Dans tout les cas vous auriez réussis votre vie, alors cela n’a pas d’importance. »

Je dois avouer que j’étais moi-même un peu ailleurs. J’étais à la maison, Gabrielle avait remué des braises bien trop ardentes encore pour que je puisse les éteindre en fermant simplement les yeux dessus. La famille était là au complet, même ceux qui étaient morts depuis bien longtemps, et nous vivions des journées mémorablement banales. La banalité ne faisait plus partie de notre quotidien sans cesse tumultueux, et me manquait. Petite cueillette de fleurs pour maman, l’aide en cuisine pour grand-mère, les promenades qui n’en finissent pas avec Diane. L’après midi sieste avec grand-père, puis apéritif avec les voisins, les vieilles connaissances, les amis. Et lorsque la lune a déjà pointée son nez depuis longtemps, bain de minuit avec Gabrielle. Juste nous, et l’océan chaud, son corps contre le mien et nos respirations se confondant avec le bruit des vagues. C’était beau comme image. Bien trop beau.
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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Mer 30 Juin - 21:58

Je m'en voulus terriblement quand je vis toute trace de joie déserter le visage d'Aristide. J'avais posé cette question trop vite, sans réfléchir avant. Il souffrait sans aucun doute comme moi de l'absence de ses proches et en lui demandant s'il avait eu des nouvelles d'eux, je ravivais la douleur. En cet instant, j'aurais voulu me frapper pour me punir et s'il n'avait pas répondu à ma question, j'aurais probablement passé mes nerfs sur le mur derrière moi. Donc, je me concentrai sur sa voix, essayant une nouvelle fois de refouler la colère qui m'envahissait et qui, cette fois-ci, était dirigée contre moi-même. Il m'expliqua qu'il n'était pas avec sa famille au moment des bombardements et qu'il pensait savoir où sa mère et sa soeur se trouvaient au moment où l'horreur frappa. Quelque chose m'interpela : Il parlait de sa famille au présent alors que moi, j'en parlais au passé. Il gardait donc espoir.

Espoir... Un mot que j'avais banni de mon vocabulaire depuis les récents évènements.

Doucement, un maigre sourire réapparu sur les lèvres d'Aristide et je m'y accrochai. Il parla de l'Australie puis, enchaîna sur un étrange récit : Apparemment, lorsqu'il était petit, son grand-père l'avait traité de kangourou parce qu'il sautait partout dans la maison. Et, cerise sur le gâteau, il l'avait menacé de le renvoyer par colis chez les siens, en Australie afin de le calmer. Au final, il laissa tomber l'idée. Je sentis un sourire étirer mes lèvres et au moment où Aristide replongea son regard malicieux et pétillant dans le mien, je ne pus m'empêcher de rire. Et pas un petit rire, non, non, non : Un rire fort et franc. Un vrai éclat de rire! C'était agréable de rire de cette façon, avec insouscience et légèreté : Ca m'avait manqué.

Et je devais cela à Aristide.
Et je me sentais de mieux en mieux en sa compagnie.
Et je n'aurais probablement pas du m'en réjouir de cette façon.

Finalement, ce petit moment d'hilarité passé, il me demanda pourquoi je m'étais détourné du droit. Excellente question : Quelles avaient été mes motivations à l'époque? L'ennui au départ, mais surtout l'impression que j'étais faite pour autre chose, que j'étais faite pour partager et pour donner. Mon coeur était trop gros pour que je fasse une carrière d'avocate ou de juge et c'était pour ça que je m'étais finalement dirigée vers le métier d'institutrice : Je voulais transmettre mon savoir et mon amour aux enfants. Leur donner autant que je pouvais, aussi longtemps que je le pourrais. Puis, les derniers mots d'Aristide me sortirent de mes pensées.

"Dans tous les cas vous auriez réussis votre vie, alors cela n'a pas d'importance."

Doucement, mon regard quitta celui d'Aristide pour se perdre dans le vide et mon sourire déserta à nouveau mes lèvres. Il trouvait que j'avais réussi ma vie? Sérieusement? Oui, peut-être au départ mais on ne pouvait plus en dire autant à présent. J'avais été violée, j'avais tué l'un de mes agresseurs, j'étais probablement enceinte de celui qui avait eu le temps de s'amuser avec moi, j'étais incapable de parler sincèrement à mon mari et à ma meilleure amie depuis que je leur avais avoué ce qu'il m'était arrivé et, histoire de terminer en beauté, je me tenais en face d'un homme qui me rendait toute chose... Un homme autre que mon mari bon sang! Vous appelez ça, réussir une vie vous? Pas moi...

-Ca n'a pas d'importance...

Répétai-je tout bas.

Doucement, je relevai mon regard pour le moins troublé vers Aristide et je me rendis alors compte qu'il semblait lui aussi s'être perdu dans ses pensées. Aussi, je gardai le silence, ne voulant pas briser ce petit moment de rêve qu'il vivait, et ce, même si j'ignorais de quoi il retournait. Pour être tout à fait honnête, en cet instant, je l'enviais : Moi aussi j'aurais voulu m'évader et rêver de choses agréables. Dans mes rêves à moi, il n'y avait que des ombres, des hommes prêts à tout pour me faire du mal et du sang : Beaucoup, beaucoup de sang.

Et lui, il était si...
Il me paraissait si...
Et moi, j'étais si...

J'étais souillée et j'allais le souiller à lui tourner autour de cette façon alors qu'il n'avait strictement rien demandé. Je me montrais encore une fois horriblement égoïste parce que, pour son bien à lui, j'aurais du prendre mes distances, quitter cette pièce, ne pas insister pour qu'il m'apprenne sa langue natale et l'éviter. Pourtant, j'étais toujours là, face à lui, à attendre qu'il sorte de sa rêverie pour à nouveau plonger mes yeux dans les siens pour que je puisse m'évader dans cet océan... Oui, j'étais terriblement égoïste.

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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Mer 30 Juin - 23:27

Perdu dans mes folles utopies, je n’entendis malheureusement pas la réponse de Gabrielle. Il faut dire que cela valait mieux, car j’aurai alors eu la tentation de lui demander pourquoi un tel manque d’enthousiasme, et que cela aurait d’avantage ravivé ses sombres pensées. J’ignorais tout de ce qui pouvait constituer la vie de cette jeune femme, et ne me basait que sur ce que je voyais. Elle était jeune, belle, mariée et mère d’une petite fille magnifique. Epanouie, bien dans sa peau, heureuse. La réalité était tellement loin de mes suppositions erronées. La réalité était sordide et la connaître m’aurait sans doute tellement choqué que je n’aurais pu un jour toucher celle qui nourrissait à présent mon désir. J’aurais eus bien trop peur de lui remémorer quelques acides souvenirs.

Doucement, je m’arrachais à mes rêves. J’avais envie d’elle. Envie de la toucher, de la caresser, de sentir son souffle dans mon cou. Mon regard ne pouvait se détacher de son visage, parfait. Elle avait une sorte de dignité pure dans ses traits, comparable à une reine. Oui, c’était une reine. Ma reine. C’était stupide de telles pensées alors que je ne la connaissais même pas, mais j’aurais fais n’importe quoi pour. J’aurais aimé commencer à lui « enseigner » le grec dès maintenant, j’aurais aimé qu’elle s’intéresse encore à moi, que nous partagions quelque chose. Je crois aussi que parfois il est inutile de connaître parfaitement les gens pour les aimer, certaines personnes avaient en elles un charme tel qu’un simple regard nous tétanisait et nous envoûtait. Dans mon cas, c’était cette première vraie discussion qui m’avait rendu fou. Un instant, je détestai Alexander. Je l’enviais à en mourir, mon souffle s’accéléra. C’était à ses côtés qu’elle dormait chaque nuit, à son cou qu’elle se pendait lorsqu’elle allait mal, ses lèvres qu’elle embrassait. Je la voulais. Qu’elle soit mariée ne me faisait plus rien, tant pis pour Alexander, tant pis pour son petit couple parfait. Oh mon Dieu, je devenais comme Riley… Non. Non, pas ça. Je ne pouvais briser leur bonheur. Je ne pouvais tenter quoi que ce soit. De toute façon, j’aurais été repoussé. Trop jeune, trop stupide. Je n’étais qu’un gamin qui voulait décrocher la lune. Gabrielle n’était et ne saura jamais mienne, il fallait que je m’y fasse.

Cependant, je ne pu m’empêcher de repenser à cette histoire de leçon. Je me demandais où ça se passerait, quand, et comment. Allions nous simplement répéter des mots et des phrases inlassablement ? Ou allais-je lui sauter dessus ? Bon moyen pour te prendre une main dans la figure Aristide. Tu dérailles complètement, atterris. Elle s’en contre fiche de ta tête de petit grecos, sort toi ces idées de la tête. Bon sang, mais elle peut pas se taire cette foutue conscience ? J’en avais assez, tiraillé entre deux positions. Même si je savais parfaitement que rien n’était possible, je ne pouvais m’empêcher d’y penser. Etait-ce un crime ? Fantasmer sur quelqu’un n’a jamais été puni par la loi il me semble. Mais cela allait beaucoup plus loin je crois. Ce n’était pas que du sexe, pour une fois. Oui, d’habitude je ne m’attachais guère à mes conquêtes, mais dans le cas présent je désirais un futur avec Gabrielle. Impossible. Je sentais du plus profond de mon être qu’elle avait cette petite chose qui ferait que je serais prêt à tout pour elle et que je n’aurais jamais de cesse que de l’aimer. L’aimer… Non, ce n’était pas encore de l’amour, bien sûr. Je ne pouvais l’aimer déjà, mais il était sûr que si je continuais de la voir, ça finirait par arriver. Parce qu’elle était mon idéal, mon rêve à moi. Et ça, personne ne peut aller contre. Même pas ma réticence réelle à la laisser vivre sa vie en paix.

Soudain, j’entendis un toussotement derrière moi, rompant mon combat intérieur. Me retournant vivement, je me retrouvais nez à nez avec le parent d’un des enfants que je gardais. D’ailleurs, il n’était pas seul. Beaucoup de parents étaient déjà là. Regardant vivement la pendule, je ne compris pas. Il était à peine 11h16, donc pas l’heure du déjeuner. Je jetais un regard aux enfants, effectivement, certains avaient ramassés leurs affaires et s’apprêtaient à partir. Je n’avais même pas entendu. Répondant à la foule de questions qui se bousculaient dans ma tête, la personne prit la parole :

« Bonjour Aristide. Aujourd’hui nous les récupérons un peu plus tôt, le déjeuner des enfants est exceptionnellement avancé. – Il regarda Gabrielle et ajouta – Je peux emmener Emma si tu veux ? »

Il n’attendit même pas la réponse et alla chercher le dit enfant dans son lit. En moins d’une minute la pièce se vida totalement, me laissant avec l’objet de mes désirs. La pression monta d’un coup. Il n’y avait plus de témoins, plus de regards ni d’autres souffles que les nôtres. En même temps que la pression, mon désir se fit plus présent, plus inquiet et affolé. Une petite voix dans ma tête me disait : fonce, putain, qu’est ce que t’attends ? L’autre se contentait de répéter en boucle le mot « mariée ». Je la dévisageais, je devais avoir l’air con. Malgré tout ce que je pouvais me dire, je n’avais que deux possibilités.

Soit j’enchaînais sur autre chose l’air de rien et laissais filer ma seule tentative, même si infructueuse.
Soit je l’embrassais immédiatement.

Je choisis la deuxième option, mais lentement, avec calme. C’était une illusion, je n’étais pas calme dutout. Je rapprochais doucement mon visage du sien avant d’enfin poser mes lèvres sur les siennes, ma main s’étant installée tout contre sa nuque. Mon Dieu. C’était encore plus merveilleux que tout ce que j’avais connu. C’était elle. Gabrielle, ma délicieuse folie.
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Jeu 1 Juil - 16:04

[Juste pour te dire que par rapport à Emma, je l'ai trop vieillie ^^ J'ai re-précisé son bon âge dans mon premier message du Rp et du coup, j'ai changé la photo aussi O_o]

Il finit par s'arracher à ses rêves et reporta son attention sur moi ou plus précisément, il replongea son regard dans le mien et aussitôt, je m'évadai à nouveau. Alors, un étrange silence s'installa entre nous. Il me regardait, je le regardais, mais nous ne disons plus un mot : Le seul bruit que l'on entendait dans la pièce était les quelques froissements de papier que les enfants faisaient alors qu'ils dessinaient. Tandis que le silence se faisait sa place, je me sentais de plus en plus aspirée par son regard : J'avais envie de m'y plonger un peu plus et de décrocher complètement de la réalité. Lui-même semblait captivé par mon propre regard. Cet échange silencieux devint de plus en plus fort et je ne saurais expliquer pourquoi (De toute façon, j'étais incapable d'expliquer ce qui était en train de m'arriver) mais j'avais envie que le temps s'arrête et que ce moment ne cesse jamais. En fait, j'avais envie de plus que ça : J'avais envie de me noyer dans ses yeux, de me blottir dans ses bras, de l'entendre me parler en Grec, de...

Si un peu plus tôt mon instinct m'avait ordonné de reculer, là, il m'ordonna de m'avancer vers lui. J'amorçai un pas en avant quand un toussotement brisa ce moment qui était si intense et si précieux. Je clignai des yeux, comme pour revenir à la réalité et je vis que les parents des enfants étaient dans la pièce. Depuis combien de temps étaient-ils là? Qu'avaient-ils vu? Oh, nous ne faisions que nous regarder mais cet échange pouvait paraître étrange et suspicieux, et le pire, c'était qu'il y avait vraiment de quoi l'être... Suspicieux j'entends. Je regardai avec plus d'attention autour de moi et me rendis compte que les enfants avaient déjà ramassé leurs affaires. Quoi? Il était déjà midi? Non, le temps n'avait pas pu passer aussi vite... Un regard sur la pendule et je vis qu'il n'était que 11h16. Puis, l'un des parents s'adressa à Aristide en lui expliquant qu'aujourd'hui, ils récupéraient les enfants plus tôt.

Comme par hasard...

Je baissai doucement le visage pour essayer de cacher un maximum ma déception : J'avais voulu ces trente minutes avec Aristide. J'avais voulu ce moment rien qu'à nous et à présent tout était terminé. Un sourire bien triste se dessina sur mes lèvres : C'était sans doute mieux ainsi. Si les parents n'étaient pas arrivés, qu'aurions-nous fait? Qu'aurais-je fait? C'était peut-être le destin... Les derniers mots du père d'un des enfants me sortirent de mes sombres pensées : Il venait de proposer d'emmener Emma. Il aurait fallu que je proteste et j'ouvris la bouche pour le faire mais il était déjà parti pour prendre Emma dans ses bras. Certes, j'aurais encore pu lui dire non, prendre ma fille, saluer Aristide et quitter cette pièce mais je ne le fis pas : Je n'avais pas assez de détermination pour quitter Aristide et passer à côté du moment qui, finalement, se profilait à l'horizon. Aussi, je gardai le silence et me contentai de regarder ma fille quitter la pièce en lui envoyant un baiser de la main. Elle fit de même puis disparut dans le couloir. Enfin, la porte se referma, nous laissant Aristide et moi, seuls.

J'esquissai un sourire : J'étais heureuse que nous puissions partager encore un moment ensemble. Et puis, progressivement, mon sourire s'effaça et un étrange sentiment s'empara de moi : J'étais stressée, anxieuse, mal à l'aise mais ça n'avait rien à voir avec le mal-être que j'avais ressenti ces derniers temps. Non, c'était très différent. Ce dont j'avais eu envie un peu plus tôt, je pouvais à présent le faire puisque nous étions seuls et c'était ça qui me faisait une peur bleue : J'étais face à mes envies, face à mon désir de me rapprocher d'Aristide et la seule chose qui se dressait entre moi et ce fameux désir était le peu de respect qu'il me restait pour moi-même. Comme tout à l'heure, un nouveau silence s'installa entre nous. En le voyant me dévorer ainsi des yeux, je me mis à croire qu'il avait envie de la même chose que moi. Il confirma cette pensée en approchant doucement son visage du mien et je me rendis compte que nous n'étions même pas séparés d'un pas : Nous étions plus proches que je ne l'avais pensé. Je ne bougeai pas d'un centimètre : J'étais carrément sctochée au sol, incapable de faire le moindre mouvement. Mon coeur se mit à battre très vite et j'eus du mal à respirer : J'y perdis de l'oxygène puisque des vertiges firent leur apparition au moment où Aristide glissa sa main sur ma nuque. Et puis, il glissa ses lèvres sur les miennes et je fermai les yeux, me laissant aller pendant quelques secondes.

Soudain, je rouvris les yeux et glissai mes mains entre nous deux, sur son torse, avant de le repousser doucement. Nos lèvres étaient à présent séparées, nos visages séparés de quelques centimètres et je le regardai, incrédule, troublée par ce bref baiser. Si j'avais détourné le regard j'aurais probablement pu le repousser définitivement et arrêter là ce qui était déjà allé trop loin mais je n'en fis rien. Au contraire, je me perdis à nouveau dans cet océan qui m'était à présent familier et après de longues secondes, je retirai mes mains de son torse pour les glisser sur ses joues avant de me jeter sur ses lèvres et de l'embrasser à pleine bouche. Par la même occasion, je jetai à la poubelle ce peu de respect que j'avais encore pour moi-même.

Tout devint blanc.

Je vivais l'instant présent, je savourais ce baiser qui faisait naître des émotions que j'avais cru ne jamais pouvoir ressentir à nouveau. Pendant ces longues secondes où mes lèvres furent scellées à celles d'Aristide, où ma langue se mélangea à la sienne dans un doux ballet, j'oubliai tout le reste et ce fut pour moi particulièrement incroyable. Au bout de quelques instants je quittai à nouveau ses lèvres mais cette fois-ci, je ne me sentais plus troublée : Je me sentais juste bien. Bientôt mes bras s'enroulèrent autour de sa nuque et je blottis mon visage dans son cou.

J'étais bien dans ses bras... Qui n'étaient pas ceux de mon mari...

Qu'avais-je fait?

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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Sam 3 Juil - 18:45

Ses lèvres étaient douces, chaudes. Elles épousaient les miennes avec grâce et sensualité, happaient totalement mon esprit pour ne laisser que cette impression d’émerveillement en moi. L’espace de quelques secondes, le monde redevint beau. Le monde redevint vivable. Ma main caressait lentement sa nuque et sous mes paupières se redessinaient les images de cette Grèce avec Gabrielle, de ces moments à vivre et à partager. J’aurais aimé la rencontrer avant tout cela, avant Emma, avant Alexander. Surtout avant Alexander. J’aurais aimé qu’elle soit mienne, la posséder totalement, cependant je n’y pensais pas. Je ne pensais plus à son mari, à son enfant, à sa vie sans doute bouleversée. Ne subsistait plus qu’elle et moi, et ce baiser au parfum sucré de bonheur. Trop vite évanouit.

Je sentis ses mains se poser avec une délicatesse inouïe sur mon torse, et me repousser, lentement mais sûrement. Et merde. Doucement éloigné d’elle, nos lèvres divorçant brutalement. Rouvrant les yeux, je me trouvais face à une femme troublée, visiblement déstabilisée. J’aurais voulu m’excuser, lui dire que j’étais allé trop loin, avais cédé à une tentation ridicule et spontanée. Mais je ne pu m’y résoudre, au fond je crois que cela aurait voulu dire que je regrettais. Hors je ne regrettais pas. Même si je compris immédiatement que je m’étais fait des idées, que j’avais eu raison de penser que je ne lui plaisais pas et que mes envies se fracasseraient contre le mur de sa morale et de son amour pour son mari, j’étais heureux d’avoir pu au moins une fois goûter à ses lèvres. Gabrielle et moi n’avions pas de relation réellement amicale auparavant et je n’avais donc rien à perdre. Même si l’idée qu’elle m’éviterait à présent m’était étrangement douloureuse, j’avais au moins eu le courage de tenter ma chance. Putain mais c’est quoi cette connerie ? Non, non, je n’étais pas heureux. Je m’en foutais d’avoir tenté ma chance si elle n’avait mené à rien. Ce ne sont là que des excuses stupides ayant pour but de me réconforter et m’aider à affronter cette déception. Je me sentis vide, complètement à côté de mes pompes tandis qu’elle posait toujours ce regard qui en disait long sur moi. J’avais été réellement abrutis de croire ne serait ce qu’une seconde qu’elle répondrait à mon baiser, qu’elle renoncerait à sa vie pour moi. Abrutis, abrutis, abrutis. Désormais elle m’éviterait, n’oserait me regarder ou me parler. Me laissera-t-elle toujours Emma ? Le dirait elle à Alexander ? Après tout, je l’aurais mérité. Ca m’apprendra à trop espérer.

Nous nous regardions, ses mains toujours sur mon torse. Je me demandais pourquoi elle ne les avait pas déjà retiré, lorsque contre toute attente elle les replaça sur mes joues. Il ne se passa qu’un millième de seconde avant qu’elle ne se jette pour mon plus grand bonheur sur mes lèvres. Je ne comprenais rien, mais profitais. Mon cœur explosait dans ma poitrine, de bonheur, d’envie, de soulagement. J’avais cru la froissée avec mon baiser, mais à présent c’était bien loin. J’entrouvris légèrement la bouche pour sentir sa langue douce et sensuelle. Je dois dire que ce baiser m’excitait particulièrement, mais je n’eus rien le temps de faire. Déjà, elle me quittait. Ou du moins, ses lèvres quittaient les miennes. Passant ses bras autours de mon cou, se blottissant contre moi, je compris. Elle recherchait d’avantage de l’affection que du sexe, ce qui au fond ne m’étonnait pas. C’était une femme respectable, elle n’allait certainement pas s’offrir au premier venu. Le mot « mariée » avait, pour le coup, complètement déserté mon esprit. Ne subsistait plus que cette étreinte intemporelle et magique. Je la serrais doucement contre moi, j’aimais sentir son corps chaud contre le miens, son souffle dans mon cou. Enfin. Je passais une main dans le bas de son dos, sous ses vêtements, l’autre retourna sur sa nuque et doucement, presque au ralentis, je la soulevais légèrement, attendant qu’elle enroule ses jambes autour de moi. Je la portais comme j’aurai pu porter une enfant, sa légèreté me facilitant la tâche. Doucement, je me dirigeai vers le canapé non loin où je m’assis, Gabrielle à califourchon sur moi. Là, c’était mieux. Mes mains caressaient son corps toujours collé au mien tandis que je l’embrassais doucement sous l’oreille. Cet instant avait quelque chose d’incroyable et de parfait. Elle était parfaite. Me laissant aller, je lui murmurai à l’oreille :

« Σας θέλω »

Je te désire. Voilà qui résumait parfaitement ce que je ressentais, cette envie de la posséder et de toucher sa peau moite de tant de doux supplices. Pourtant, je restais sage, simplement doux et attentif. Viendrait le moment, plus tard. Je ne voulais pas qu’elle suppose que toute mon attirance était purement bestiale. Doutant fortement qu’elle ai comprit ce que je lui susurrai en grec, je repris en anglais. Ma main lui attrapa délicatement le menton, la forçant à me regarder dans les yeux, l’autre jouait avec une mèche de ses cheveux.

« Tu es la plus belle femme qu’il ne m’ait été donné d’embrasser. »

Sur quoi je déposais de nouveau un doux baiser sur ces lèvres que j’aimais déjà tant, plus bref que les autres. Je ne pouvais détacher mon regard de ce visage si harmonieux, de ces yeux pétillants, de cette bouche parfaite. Gabrielle était comme une Muse à mes yeux. Et ce n’était pas que des paroles de piètre séducteur, de toutes les femmes que j’avais connu, elle était de loin la plus belle. D’une beauté enivrante, délice pour les yeux comme pour le cœur. Je ne saurais d’avantage d’écrire cette femme qui à présent était d’une importance capitale pour moi. Pourquoi ? Comment ? Cela n’avait aucune importance. Je me sentais seulement défaillir doucement, perdre prise, elle m’ôtait toute chance de survie. Mon cœur allait succomber. C’était comme si tout était fait pour moi, fait pour me séduire, un piège délicieusement nocif. Si tout ce passait bien, j’allais y laisser ma peau. Est-ce qu’Alexander l’apprendrait ? Est-ce qu’il me tuerait ? Ces questions étaient stupides, et leur réponse commune : oui. Bien sûr. Mais les Dieux m’en sont témoins, je n’en avais absolument rien à faire. Je savais que cette idylle me tuerait, mais quitte à mourir, je ne voulais pas rendre l’âme sans avoir au moins goûté jusqu’au bout à l’émerveillement d’être dans les bras d’une telle femme. J’aurais profité jusqu’au bout de ce privilège énorme. Et j’étais prêt à y brûler ma vie.

L’embrassant dans le cou, je m’arrêtais une seconde pour lui murmurer de nouveau ma joie et mon plaisir.

« Mon adorée… - nouveau baiserserre moi d’avantage contre toi. »

Je voulais resserrer cette étreinte, qu’elle ne me quitte pas déjà. Qu’elle ne me quitte peut être plus. Je la voulais. Encore, toujours. Pour toujours… ?
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Dim 4 Juil - 14:05

J'avais espéré que le temps s'arrête et j'avais été exaucée : Le temps s'était arrêté. Cette pièce, moi, Aristide, et plus rien d'autre autour. C'était d'ailleurs assez incroyable puisque nous nous connaissions à peine. En fait, en y réfléchissant, c'était sans doute pour cela que cela fonctionnait si bien : Pas de peur car il ne savait pas ce qui m'était arrivé, il n'avait pas remarqué cette différence entre la Gaby d'avant et celle de maintenant et c'était libérateur. Son regard ne me faisait pas peur, au contraire. Oh, je sais, je me mentais à moi-même mais je n'y pensais pas : Je me refusais d'y penser. Je voulais pouvoir m'évader, oublier... J'avais tellement rêvé de pouvoir oublier ce qui m'était arrivé et dans les bras d'Aristide, j'oubliais parce que je n'étais pas liée à lui, comme j'étais liée à mon mari. Mon mari... En faisant ce que j'étais en train de faire, je le trahissais d'une façon honteuse et répugnante mais, j'avais décidé d'être égoïste et de ne penser qu'à moi et ce que je pouvais ressentir. J'avais décidé de fuir la réalité. J'avais décidé d'oublier... C'était encore plus égoïste de mêler Aristide à tout ça car c'était un homme adorable, un homme bon, un homme qui méritait une femme qui n'appartiendrait qu'à lui et qui l'aimerait de tout son coeur autrement dit, tout ce que je ne pouvais pas lui apporter car quand bien même vous ne me croiriez pas, j'aimais Alexander et ça n'allait pas changer : Il était l'homme de ma vie.

Alors, que faisais-je dans les bras d'Aristide? Je goûtais à la liberté et à la légèreté en oubliant ce qu'était devenue ma vie.

Dans ses bras, tout contre lui, je respirais lentement, calmement. Il glissa l'une de ses mains dans le bas de mon dos sous mes vêtements et l'autre retrouva le chemin de ma nuque. J'aurais pu frissonner de peur à ce contact avec les antécédents que je me traînais mais il n'en fut rien : J'avais confiance en lui. Il n'allait pas me faire de mal, j'en étais certaine. Il était bien trop doux, bien trop tendre pour se montrer insistant, impulsif ou encore pour me forcer : Je savais que si je décidais d'arrêter et de le repousser, il ne me forcerait pas à continuer. Comment je le savais? Mais parce qu'à l'instant, il venait de me montrer qu'il était ainsi : Lorsque j'avais cessé notre baiser et posé mes mains sur son torse, il s'était contenté de me regarder et ne m'avait pas forcé la main et j'étais persuadée qu'il en serait toujours ainsi. Aussi, quand il me souleva légèrement avec douceur, j'enroulai mes jambes autour de lui afin qu'il m'emmène où il le souhaitait : Oui, une confiance totale. Il nous emmena jusqu'au canapé où il s'assit avant de me poser sur lui à califourchon. Ses mains continuaient à caresser ma peau avec délicatesse : J'avais cette impression qu'il avait peur de me casser comme on a peur de casser de la porcelaine tellement ses doigts effleuraient ma peau avec légèreté. Il approcha son visage de mon cou avant de m'embrasser tout doucement l'oreille : Un sourire étira mes lèvres et je fermai les yeux quand il me murmura quelques mots en Grec. Certes, je ne compris pas ces mots mais la châleur de son ton et la tendresse de sa voix me suffirent.

Finalement, je sentis sa main se poser sur mon menton et je rouvris les yeux pour le regarder et plonger une nouvelle fois dans son regard. Tout en jouant distraitement avec une mèche de mes cheveux il prononça des mots qui firent monter le rouge à mes joues. J'avais déjà été complimentée, c'est vrai, mais l'être ainsi par Aristide avait vraiment quelque chose de rassurant. Mon mari m'aimait et me trouvait magnifique mais c'était le seul homme que j'avais connu dans ma vie : C'avait été mon choix, c'est vrai, mais après avoir été violée, tout avait changé. Etre uniquement, en dehors de son époux, au goût de violeurs avait de quoi tout remettre en question, non? Et là, la façon dont Aristide me regardait, me touchait m'aidait à me sentir mieux : Je n'étais pas juste une épouse et juste une femme violée. J'étais une femme, tout court. Quand Aristide déposa à nouveau ses lèvres sur les miennes, toutes ces pensées disparurent pour ne laisser que nous, encore une fois. Ce baiser fut toutefois beaucoup plus bref mais je ne dis rien, ne voulant pas gâcher ce moment. Il me dévorait littéralement du regard et je faisais pareil : Ses yeux, son nez, ses joues, sa bouche. Surtout sa bouche... Ses lèvres tendres, chaudes qu'il déposa dans mon cou avant de me murmurer à nouveau quelques mots. A peine furent-ils prononcés que je m'éxécutai et mes bras quittèrent sa nuque pour s'enrouler autour de sa taille. Je pus ainsi me blottir tout contre lui et glisser à nouveau mon visage dans son cou avant d'y déposer un baiser.

-Même si je ne devrais pas, je veux rester comme ça...

Murmurai-je tout bas.

Oui, même si c'était mal, je ne voulais plus bouger. Je voulais rester dans ses bras et continuer à oublier : Oui, c'était tellement mieux que la réalité...

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Lun 5 Juil - 1:14

Immédiatement, Gabrielle passa ses bras autour de ma taille, sa tête reposant dans le creux de mon cou. Elle m’embrassa doucement, provoquant en moi une vague de frissons délicieuse. Cette femme était un délice à elle seule. Je fermais les yeux, profitant du silence et de la douce chaleur de ce merveilleux corps contre le mien. Ses cheveux sentaient tellement bon, leur odeur me rappelait d’agréables soirées d’été dans Central Park. L’air était alors doux et parfumé de cette senteur d’herbe fraîchement coupée, la nuit tombait à peine et au loin on entendait les échos de la ville, atténués par le souffle du vent dans les feuillages. A cette époque la vie semblait belle, la vie semblait douce. Rien n’avait d’importance et c’était dans cette bénéfique insouciance que je me promenais pensivement, parcourant d’un œil amoureux les longues rues de New York. Je n’avais pas toujours aimé cette ville, mais le soir venu, elle se drapait d’un charme fou. Enfin, c’était il y a bien longtemps désormais. Je ne sais pas pourquoi je repensais à cela, c’était stupide. Peut-être qu’au fond j’aurais voulu partager ces moments aussi avec Gabrielle. En la serrant contre moi je me rendais compte qu’il y avait des milliers de choses que j’aurais aimé lui montrer et lui faire découvrir, bien avant cette guerre. Mais au fond sans elle, et sans cette communauté, je ne l’aurais sans doute jamais rencontré, et quand bien même, je n’aurais certainement pas pu la séduire aussi « facilement ».

Oui, au final je trouvais que je m’en étais bien sortis. Certains hommes doivent usés de stratagèmes ingénieux et de multiples déclarations pour séduire les femmes qu’ils convoitent, pour ma part cela avait été simple, naturel. Malgré mes doutes, j’avais osé tenter ma chance auprès de cette délicieuse femme, et m’en était sortis haut la main. Pour le coup, j’étais fier de moi. Non seulement fier de moi, mais également fier d’elle. Avoir une telle femme à son bras relevait quasiment du miracle pour moi, si douce, si sensuelle. Et d’un raffinement très rare. J’aurais donné cher pour pouvoir un jour me balader main dans la main avec elle, mais c’était indéniablement impossible. Pour la première fois depuis notre premier baiser, je me laissais totalement aller à penser à notre futur. Premièrement, elle était mariée, et avait un enfant. Deuxièmement, j’étais au fond de moi persuadé qu’elle aimait réellement Alexander. Dans ce cas, pourquoi s’apprêtait-elle à le tromper ? Peut être pour tromper l’ennui, peut être pour apporter une bouffée d’air frais dans sa vie sentimentale. Je ne savais pas exactement depuis combien de temps ils étaient mariés, mais au bout d’un moment la libido chute, et amour ou non, personne n’y peut rien. J’en avais fais l’expérience lors de mon emplois de serveur/gigolo. Les femmes qui me payaient pour mes services étaient bien souvent mariées, et aimaient leurs maris, mais avaient besoin de renouveau, de se sentir désirées par d’autres hommes. De balayer les acquis. Si Gabrielle voulait de nouveau séduire un homme, je dois avouer que j’étais le premier candidat partant. Tant pis si ce n’était que l’histoire d’une nuit ou d’une semaine, je la voulais à moi, le temps qu’elle s’offrirait. Je songeais à ce jour où elle m’avouerait ne plus vouloir ou pouvoir me fréquenter, aimer son époux, tenir à sa vie, ce genre de choses qui me feraient beaucoup de mal. Désormais, je me voyais difficilement vivre sans le contact brûlant de ses lèvres sur ma peau ou la caresse de ses doigts sur mon corps.

Lentement je rouvris les yeux, me retrouvant toujours avec cette merveille entre les bras. J’aurais pu croire qu’il s’agissait d’un rêve, mais non, elle était toujours là, toujours accrochée à moi. Mon cœur battait la chamade tandis que je sentais le mouvement délicieux de ses respirations tout contre moi, et imaginait bien malgré moi d’autres mouvements. Après tout, je n’étais qu’un homme. Même le plus galant de ces derniers n’auraient pu résister à une femme aussi désirable. Cependant, je ne désirais pas brusquer les choses, je voulais qu’elle sache que mon attirance n’était pas basée que sur un éventuel rapport. Dans l’immédiat, je ne voulais pas du sexe, enfin si bien sûr elle me l’avait proposé, je n’aurais certainement pas dis non. Mais tant qu’elle ne montrait aucun signe de cette envie, je patienterais. Et lorsqu’il s’agissait de ne pas brusquer une femme, je pouvais attendre très longtemps. En particulier cette femme. De toute celle que j’avais connu c’était de loin celle que je désirais le plus garder, très étrange comme sensation pour un homme qui se contentait de coucher avec sans réelle relation. A croire que j’avais changé, ou bien qu’elle m’avait changé.

Je l’observais en silence. Elle semblait dormir sur mon torse, et bien que cette perspective m’enchantait, je ne savais que faire. J’osais à peine respirer de peur de la déranger. Puis, doucement, mes mains caressaient de nouveau ce corps parfait que je désirais tant, mon regard s’attardant sur certaines parties. Non, non, je n’étais pas un voyeur. Mais bon sang, elle me rendait dingue. Comprenez-moi, lorsqu’une femme aussi belle se colle à vous et vous embrasse, il devient difficile de retenir certaines envies. Je me décidais à éloigner un peu son corps du mien, sans quoi je cèderais rapidement au désir de tenter de nouveau. Doucement, je détachais ses mains de ma taille. Une minute plus tôt je lui demandais de resserrer son étreinte, maintenant je voulais mettre un peu d’espace entre nous ; j’étais stupide. Excité surtout. Et je n’avais pas le droit à l’erreur. Cependant lorsque je vis son regard interrogatif, mon cœur fondit et je ne pu m’empêcher de ramener doucement sa main droite à mon visage, embrassant sensuellement l’intérieur de son poignet. Le désir montait de plus en plus en moi. Mon autre main caressait le bas du dos de ma déesse, passant sous ses vêtements, remontant assez haut. Même si je savais que ce n’était pas le moment, j’avais envie de jouer avec le feu. Ne serait-ce que pour sentir sa morsure bénéfique.
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Lun 5 Juil - 7:36

Le calme. La paix. J'y avais tant aspiré et à présent, j'y avais enfin droit. Ces sentiments m'étaient familiers car je les avais connus auparavant et pouvoir les retrouver était bien sûr fantastique mais aussi déconcertant : Quand on s'habitue à vivre la peur accrochée au ventre, le dégoût de soi collé à la peau, on a du mal à passer à autre chose et à pleinement accepter la plénitude quand elle vient frapper à la porte. C'était exactement ce qu'il m'arrivait. Là, dans les bras d'Aristide, blottie contre lui, un silence merveilleusement reposant nous entourant, j'étais à la fois bien et anxieuse. Triste aussi, car je ne pouvais m'empêcher de penser à Alexander et au fait que j'aurais aimé me sentir aussi bien dans ses bras à lui. J'aurais aimé pouvoir tout oublier dans les bras de mon mari mais je n'y parvenais pas. Ce viol était un obstacle entre nous, même s'il affirmait le contraire et entre Aristide et moi, cet obstacle n'existait pas. Je soupirai et essayai de ne plus penser à tout ça et de me laisser à nouveau aller. Ce ne fut pas très difficile car je sentais et entendais la respiration lente d'Aristide et elle me berçait doucement, détendant chaque muscle, chaque partie de mon corps. Ses doigts, toujours aussi légers effleuraient doucement ma peau et bientôt, toutes mes questions et sombres pensées disparurent pour à nouveau laisser place à la paix.

Puis, il glissa ses mains sur les miennes afin de les détacher de sa taille avant de s'écarter un peu. Quoi? Pourquoi? Qu'est-ce que j'avais fait de mal? Je sentis mon petit sourire s'effacer pour laisser place à un visage qui laissait transparaître une totale incompréhension. Etre éloignée de lui alors que j'étais si bien dans ses bras était difficile. Plus difficile que je ne l'aurais cru. C'était comme si on me replongeait dans ma détresse. Il vit sans aucun doute que son geste m'avait perturbée puisqu'il ramena ma main droite à son visage avant de déposer un baiser, pour le moins sensuel, à l'intérieur de mon poignet. Aussitôt, mes lèvres s'étirèrent à nouveau pour laisser apparaître un sourire et mon coeur battit un peu plus vite. Tant de tendresse, c'était presque trop beau pour être vrai. D'ailleurs, en fait, ça l'était. Trop beau pour être vrai... Pourquoi? Parce que son autre main qui quelques instants auparavant se montrait légère en effleurant le bas de mon dos du bout de doigts, se montra plus insistante : Ses caresses furent plus franches, bien que toujours aussi tendres, et il remonta ses doigts vers le haut de mon dos, assez haut. Trop haut... Sentant mon coeur s'emballer, je fermai les yeux, espérant qu'il s'emballait pour les bonnes raisons, pour les bonnes sensations mais quand sa main glissa sur la fermeture de mon soutien-gorge, des souvenirs pas très agréables m'assaillirent et je rouvris les yeux tout en me raidissant fortement. Ma main gauche se referma avec force sur son bras à lui pour le stopper.

La magie était brisée. Pas à cause de lui, non, mais à cause de moi. Enfin, pas à cause de moi directement, à cause de ces salauds qui m'avaient presque tout pris. Et c'était parce que eux m'avaient fait du mal qu'à présent, je faisais ce blocage vis à vis de ce genre de gestes. Quand Aristide avait commencé à remonter sa main dans mon dos, il m'était venu une pensée assez horrible : Je m'étais dis qu'il était possible que mon blocage vienne d'Alexander, juste de lui, que j'avais juste peur d'être avec lui, et cela aurait voulu dire que ce n'était pas moi, que je n'étais pas "malade". Oui, une bien horrible pensée mais c'était mon dernier espoir. Finalement, ma réaction avec Aristide avait été exactement la même qu'avec mon époux : Je ne pouvais pas le laisser me toucher de cette façon. Je ne pouvais pas... J'étais cassée. Oui, une poupée cassée plus bonne à grand chose... Je plantai mon regard dans celui d'Aristide qui ne paraissait pas surpris de ma réaction, juste déçu : Je pouvais le comprendre. J'aurais voulu réussir à me noyer dans son regard mais en cet instant, c'était impossible. Ma main, qu'il tenait près de ses lèvres, je la posai sur sa joue avant de rapprocher mon visage doucement.

-Je suis désolée je ne peux pas. Ca... Je ne peux pas... Je ne peux pas...

Répétai-je avant de baisser le visage, sentant les larmes me monter aux yeux. Puis, mes mains quittèrent respectivement son bras et sa joue pour venir se poser sur mes cuisses. J'estimais ne plus avoir le droit de le toucher.

-Pardon... J'ai tout gâché...

Oui, encore une fois, j'avais tout gâché. Il allait sans doute me demander des explications parce que mon comportement n'avait rien de logique. J'étais mariée, je l'avais embrassé et à présent, je ne voulais pas aller plus loin. En temps normal, les femmes qui commettaient un adultère allaient bien plus loin que de simples baisers et de simples caresses. Il était donc normal qu'il se pose des questions et il allait vouloir des réponses que j'allais devoir lui donner. J'allais devoir tout lui dire et son regard à lui aussi allait changer à jamais. Tout était terminé. Ca n'avait duré que quelques minutes, mais savoir que c'était déjà fini me fit très mal. Je venais de dire adieu à Aristide, adieu à ses beaux yeux, à ses lèvres, à ses bras, adieu à ces moments auxquels j'avait tant aspiré. Je pleurai en silence et serrai la mâchoire, sentant une vague de colère réapparaître en moi. J'avais tué l'un de mes agresseurs mais en cet instant, j'aurais voulu qu'il soit vivant juste pour pouvoir le tuer à nouveau et lui faire payer ce qu'il m'avait fait. Oui, je voulais le faire souffrir, lui faire du mal jusqu'à ce qu'il me supplie de le tuer. Je voulais lui faire payer : Il avait gâché ma vie et pas que la mienne. Je bouffais l'existence de tout ceux que j'approchais : Je les rongeais de l'intérieur avec mon propre mal-être.

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Lun 5 Juil - 13:54

Comme je l’avais imaginé, Gabrielle me repoussa quasiment aussitôt. Bizarrement, je n’en étais pas mécontent, peut être un peu déçu, certes, mais pas vraiment déstabilisé. Sa main empoignait fermement mon bras afin de l’empêcher de poursuivre ses conquêtes, tandis que je portais toujours son poignet à mes lèvres. J’avais sentis, étrangement, que tout ne serait pas facile jusqu’au bout, car après tout le piquant de cette idylle n’aurait il pas fané si Gabrielle avait cédé à toutes mes envies ? D’abord l’embrasser, puis la toucher. Aller plus loin d’une manière aussi simpliste m’aurait un peu dérangé. J’aurais eu réellement l’impression de n’être qu’un jouet, même si au fond j’avais toujours été un jouet pour les femmes. Oui, elles se servaient de moi puis me laissaient, mais qu’en avais-je à faire ? Gabrielle était tellement différente, le reste n’avait plus aucune espèce d’importance à mes yeux. Pour la première fois, je répugnais l’idée de n’être qu’un divertissement pour elle. Je savais, bien évidemment, que je n’étais pas d’une importance capitale dans sa vie, mais n’être rien m’était insupportable. En outre, savoir que je ne la possèderais pas totalement dès à présent ne m’étais pas désagréable, bien au contraire. Je crevais d’envie pour elle, mais ce refus était parfaitement acceptable. Elle posa sa main sur ma joue, son visage se rapprochant du mien et je sentis que quelque chose n’allait pas. Au-delà de son absence d’envie se cachait quelque chose de douloureux, me semblait-il.

-Je suis désolée je ne peux pas. Ca... Je ne peux pas... Je ne peux pas...

Mon visage du se figer, je ne comprenais pas. Je comprenais qu’elle ne veuille pas aller plus loin dès maintenant, mais pas cette tristesse, cette résignation dans la voix. Comme si je l’avais blessé. Je cherchais son regard, mais elle baissa la tête, puis elle mit fin à tout contact en reposant ses mains sur ses cuisses. Je me sentis alors étrangement vide, pris d’une froide solitude. Je me sentis également horriblement con. En tentant quelque chose que je savais parfaitement voué à l’échec, je l’avais froissée, brusquée. Quel con. T’aurais pas pu te retenir, non ? Espèce de débile. Je ne savais que dire, que faire. J’avais surtout très peur de la dérangée encore d’avantage, quand soudain elle s’excusa de… D’avoir tout gâché ? Puis je sentis son corps se secouer lentement et vis de fines larmes couler sur ses joues. Qu’est ce que j’avais fais ?

Doucement, très doucement, je la forçais à me regarder en relevant son menton. Effectivement, elle pleurait, et son regard dessinait les dommages d’une tristesse profonde. Mon cœur se brisait que de voir une femme si belle éprouver de tels ressentiments, Gabrielle encore d’avantage. J’aurais voulu lui dire que c’était moi qui avais tout gâché, qu’elle était merveilleuse, que je l’aimais déjà tant. Je ne pouvais pourtant le faire raisonnablement. J’aurais voulu lui dire que chacun de ses sourires me rendaient heureux, qu’un simple baiser me donnait des ailes. Aurais-je pu ? Aurais-je pu lui avouer que plus les minutes passaient et plus mon cœur se liait pour elle. Non, ceci aurait été trop déplacé, et trop rapide. Complètement fou. Je lui aurais fais peur avec mes mots doux dignes d’un roman Arlequin. Cependant je ne pouvais me résigner à la laisser pleurer ainsi, cela me faisait beaucoup trop de mal. Alors, délicatement, j’essuyais de mes pouces les larmes qui s’attardaient sur ses pommettes, prenant ainsi son visage entre mes mains. Mon regard ne se détachait pas du sien, et j’espérais par là lui faire comprendre chacune de mes pensées, toutes ces choses que je n’osais décemment lui dire mais que je pensais avec une sincérité sans tâche. Elle était tout ce que j’aimais, tout ce que je voulais. Chacune de ses hésitations ou peurs m’auraient ravis, tous ses défauts ainsi que ses maladies m’auraient enchanté. J’aimais tout ce qui la faisait. Je l’aim… NON. Brutalement, le fil de mes pensées bloqua, instinct de protection sans doute. Cette toute petite phrase, je m’interdisais de la prononcer, même silencieusement. Trop tôt, trop vite. Il fallait que je sois calme et raisonnable, même si rien de ce que j’étais entrain de faire ne l’était. Il fallait que… Je ne savais pas. Pour l’instant, je devais simplement faire taire les larmes qui s’abattaient toujours sur son fin visage. Je ne prononçai pas un mot, rapprochant simplement son visage du mien, et déposant un léger baiser sur ses lèvres tremblantes. Je ne voulais pas insister, abuser, et m’éloignais déjà. Ce baiser, il avait seulement pour but de lui montrer que j’étais fou d’elle, car je l’étais. J’attrapais de nouveau une de ses mains, nouant mes doigts aux siens, tandis que l’autre se posa doucement dans le creux de son cou, le caressant lentement. Finalement, je lui murmurai :

« Gabrielle… Je te prie de me pardonner. Je ne veux pas te perdre, pas déjà… Plus jamais je n’aurais de gestes déplacés envers toi, je te le promets. S’il te plait. Reste avec moi. »

Bien malgré moi, je sentis mes yeux me piquer et s’embuer de larmes à leurs tours. La faire souffrir me faisait également souffrir, la peur de la perdre me déchirait le cœur. Elle représentait déjà beaucoup pour moi.
Peut-être trop.
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Lun 5 Juil - 21:07

J'étais dévastée. Désespérée. J'avais réussi à m'évader, à oublier les horreurs pour qu'elles m'explosent encore plus fort à la figure. Là, sur les genoux d'Aristide, la tête baissée, les mains posées sur mes cuisses, tout me revenait : Les coups, le viol, le meurtre, les mensonges, la peur de perdre Alexander, le dégoût pour moi-même. Surtout le dégoût pour moi-même... J'avais été bien stupide de croire que je pouvais passer outre et tout oublier dans les bras d'Aristide. Pourtant... Pourtant, ça avait fonctionné jusqu'à ce qu'il essaye d'aller plus loin. J'avais réussi à me sentir bien, à me détendre, à m'évader, à me laisser aller dans ses bras et... Je m'étais sentie tellement mieux... J'aurais tant voulu être plus normale et être capable de savourer des moments intimes avec l'homme que je voulais. En fait, si j'avais été normale, je n'aurais même pas songé à tromper mon mari. Quelque chose clochait chez moi, c'était sûr et certain. Je ne méritais ni Alexander, ni Aristide. J'aurais dû descendre de ses genoux et partir en courant, lui éviter ma présence, lui éviter les horreurs auxquelles il allait devoir faire face à cause de moi, lui éviter... Tout ce qui me concernait en fait. Malheureusement, j'étais bien trop faible pour prendre cette décision et m'en aller. Alors quoi? Eh bien j'allais tout simplement rester là jusqu'à ce qu'il me rejette et me demande de le laisser tranquille.

Ce qu'il ne fit pas.

Lorsqu'il posa sa main sur mon menton et me força à relever le visage pour le regarder, je fus surprise : Je ne m'attendais pas à ça. Je ne parvenais à arrêter mes larmes et je ne disais rien. Je le regardai dans les yeux et j'étais tout simplement incapable de parler. Pourquoi? Mais parce que croiser son regard alors que j'étais autant affectée par ce qu'il venait de se passer ne faisait que rendre la situation plus difficile et plus insupportable. Penser que je ne pourrais plus jamais me noyer dans ses yeux était un supplice, ni plus, ni moins. Puis, avec délicatesse, il glissa ses pouces sur mes joues pour sécher mes larmes avant de prendre mon visage dans ses mains. Mes yeux étaient toujours noyés de larmes, je ne parvenais pas à m'arrêter : C'était une catastrophe. Nos regards ne se quittaient plus et je commençais à croire qu'il n'allait pas me repousser comme j'en avais eu peur. Il me fixait avec tant d'intensité, tant de désir, tant de tendresse que oui, je parvenais à croire que tout n'était peut-être pas terminé. Pouvais-je vraiment me permettre d'y croire? Et puis, était-ce sage de l'espérer? Finalement, c'était peut-être mieux ainsi. Comme je l'avais pensé un peu plus tôt quand les parents des enfants nous avaient interrompus, c'était peut-être là un deuxième signe qui devait me faire comprendre que j'étais sur la mauvaise voie... Non mais, écoutez-moi... A qui pouvais-je faire croire que j'ignorais tout de la voie que je prenais? Bien sûr que j'étais sur la mauvaise voie et que je le savais mais... Cette mauvaise voie était une telle délivrance que je n'avais que faire de bien ou du mal : Moi, j'étais bien même si c'était mal. Enfin, je l'avais été et j'espérais pouvoir l'être à nouveau, egoïste que j'étais.

Les larmes continuaient de couler sur mes joues, les traîtresses, quand Aristide rapprocha son visage du mien : Mon coeur eut un râté. Puis, ses lèvres se posèrent sur les miennes, encore tremblantes d'émotion. A peine avait-il déposé ses lèvres qu'il se reculait déjà, bien trop vite à mon goût. Un baiser d'adieu? Non, pitié... Pas ça... Il prit ma main, noua ses doigts aux miens et posa son autre main dans mon cou qu'il ne tarda pas à caresser lentement. Mes yeux se fermèrent un bref instant avant de se rouvrir et de se fixer dans ceux d'Aristide. Il ouvrit la bouche et dans la seconde qui précéda ses mots, j'eus horriblement peur de ce qu'il allait me dire. Puis, ce fut la délivrance : J'avais eu peur pour rien.

"Je te prie de me pardonner."

Pardonner quoi? Il n'avait rien fait. Rien du tout. C'était moi qui avait un problème, pas lui.

"Je ne veux pas te perdre, pas déjà…"

Moi non plus je ne voulais pas le perdre. Si seulement j'avais trouvé la force de le lui dire, tout de suite.

"Plus jamais je n’aurais de gestes déplacés envers toi, je te le promets. S’il te plait. Reste avec moi."

Bien sûr que j'allais rester avec lui. J'étais trop égoïste pour prendre mes distances. Et puis, l'entendre me faire cette promesse qui devait pourtant lui coûter ne fit que renforcer mon sentiment de sécurité et mon envie d'être dans ses bras. Et là, mon coeur se serra et mon estomac se noua : Je vis des larmes apparaître dans les yeux d'Aristide. Il pleurait... A cause de moi... A cause de ma réaction... Par peur... De me perdre? Je sentis ma bouche s'ouvrir sous l'effet de cette révélation que je venais d'avoir. Je lui avais volé son coeur : J'avais fait ça... J'étais un monstre. Même si j'éprouvais une tendresse infinie pour lui, même si d'une certaine façon je commençais à l'aimer, je ne l'aimais pas autant que je pouvais aimer Alexander et je ne pourrais jamais l'aimer de cette façon. Jamais. Et pour cette raison, j'aurais dû tout arrêter. Mais le monstre que j'étais avait trop besoin de lui pour tout arrêter avant de lui faire du mal et j'allais être un monstre jusqu'au bout.

-Si tu veux de moi, il est hors de question que je m'en aille.

Puis, j'unissai nos lèvres à travers nos larmes dans un tendre baiser. Ma main libre trouva sa nuque et s'y colla pour le rapprocher de moi. Au bout de quelques instants, je séparai nos lèvres afin de pouvoir lui murmurer quelques mots.

-Je devrais te laisser tranquille car tu mérites mieux que moi. Tu mérites une femme qui pourra te donner tout ce que tu désires, ce que tu mérites et je ne suis pas cette femme-là... Je devrais te laisser tranquille... Mais je ne veux pas... Pardonnes-moi...

Je l'embrassai au coin des lèvres puis sur les joues, là où ses larmes avaient coulé, comme pour les prendre avec moi et les lui enlever afin qu'il cesse de pleurer. Mes gestes étaient sûrs mais surtout tendres. J'étais ce qu'il m'inspirait : La tendresse.

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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Mar 6 Juil - 20:53

Je me sentais horriblement mal. D’une part cette peur incommensurable de perdre celle qui doucement hypnotisait mon cœur, de l’autre la peur de tomber amoureux d’elle comme l’on sauterait dans le vide sans parachute. Car il s’agissait exactement de cela ; un suicide. Malheureusement pour moi je ne savais qu’approximativement ce qu’était l’amour, le vrai. Mon premier et seul amour fut celui de mes 15 ans, autant dire que depuis j’avais rouillé. J’étais perdu, ne pensant pas être déjà épris d’elle, mais ressentant toute fois une attirance beaucoup plus forte que pour toutes les autres femmes avec lesquelles j’avais voulu coucher au cours de ma vie. Ce qui me troublait le plus, c’était cette faculté naturelle qu’elle avait d’être mon idéal. Chacun de ses petits gestes, de ses hésitations, de ses baisers ; tout était à mes yeux parfait. Tout me correspondait si bien, trop bien peut-être. C’était trop beau pour être vrai, et d’ailleurs, c’était effectivement une vision erronée. Pas la perfection de Gabrielle bien sûr, mais l’espoir de ne l’avoir rien qu’à moi. Cela relevait purement et simplement du rêve, du fantasme. Oui, elle incarnait un véritable fantasme. Si l’on m’avait dit qu’un jour j’aurais la chance d’enlacer une telle femme, de poser mes lèvres sur les siennes, j’aurais ris. De même que si on m’avait dit que cette femme serait Gabrielle McCord. Comment expliquer que jamais auparavant je n’avais ressentis de désire pour elle tandis qu’à présent j’étais dans un sorte de transe amoureuse ? C’était un mélange de plusieurs choses, l’intérêt qu’elle m’avait porté, le fait que nous soyons seuls, le courant qui est bien passé, m'éléctrisant totalement. Difficile de désirer une femme mariée dont on ne sait rien et qu’on a, de fait, à peine regarder, non ?

Mes larmes se mirent à couler, me chatouillant les joues. Je n’y prêtais pas attention, trop absorbé à m’émerveiller de chaque petit détail du visage de Gabrielle. Je la dévorais littéralement du regard, profitant de ce qui étaient sûrement les derniers moments en sa présence, aussi proches l’un de l’autre. Cette idée accéléra le cours de mes larmes. Sa beauté était renversante, presque angélique. Elle portait son prénom à merveille. Soudain, brisant le bref silence qui s’était installé, elle fit voler en éclats mon pauvre cœur. « Si tu veux de moi, il est hors de question que je m’en aille. » Etait il seulement possible de ne pas vouloir d’elle ? Avant que je puisse répondre quoi que ce soit elle se rua pour mon plus grand bonheur sur mes lèvres et m’offrit un nouveau baiser que je trouvais magnifique. Il en disait tellement long, parfumé de tristesse, de remords, d’adultère mais aussi de désire. Sa main se posa sur ma nuque, m’attirant à elle dans un mouvement qui une fois de plus me donna envie de l’allonger sur ce canapé et embrasser chaque parcelle de sa peau. Elle me rendait fou, qu’y pouvais-je ? Ce baiser me rendait fou, ses lèvres étaient aussi douces que des pétales de fleurs, sa respiration m’inspirait tant d’affection, tant de tendresse. Elle était comme un trésor à mes yeux, une merveilleuse surprise, un soir de Noël. Malheureusement, la douce étreinte de nos lèvres se desserra à une rapidité étouffante, tandis que le visage de ma désirée demeurait assez près du mien pour pouvoir sentir sa douce et fraîche haleine.

-Je devrais te laisser tranquille car tu mérites mieux que moi. Tu mérites une femme qui pourra te donner tout ce que tu désires, ce que tu mérites et je ne suis pas cette femme-là... Je devrais te laisser tranquille... Mais je ne veux pas... Pardonnes-moi...

Ce murmure se perdit dans les méandres de mon cerveau engourdis de bonheur et d’envie. Oui, je bloquais totalement. Les sons qui m’étaient parvenus ne parvenaient pas à être décodés, comme si d’un coup je ne parlais plus un mot de la langue de Shakespeare. Je restais de marbre lorsqu’elle m’embrassa tendrement, emportant avec elle les restes de ma tristesse. Car pour le coup, elle s’était totalement évanouie. Reprenant soudain vie comme après une longue apnée j’éclatais de rire. D’un rire si sonore, et si vivant qu’il me semblait avoir fait sursauter ma bien aimée. Doucement, mon rire se calma pour ne laisser qu’un sourire éclatant qui illuminait littéralement mon visage. Je me penchais sur Gabrielle, nos deux visages se collant, je commençais par lui embrasser la bouche, puis le nez, et enfin le front. Enfin, je lui dis toujours avec ce même sourire de débile heureux, tout aussi proche d’elle :

« Mieux que toi mon Aimée ? Mais dis moi ma voix devint murmureexiste-t-il une seule personne mieux que toi au monde ? »

Je me reculais, mon sourire prit une forme plus tendre, comme si j’évoquais un doux souvenir. J’estimais m’être déjà impliqué en lui disant cela, quitte à se jeter à l’eau autant le faire tout à fait, non ? Milles façons de lui dire ce que je ressentais pour elle se bousculaient dans ma tête, devant rapidement choisir afin de ne pas faire languir ma belle Gabrielle, je me lançais après quelques secondes à peine. Advienne que pourra !
Je pris une profonde inspiration, la regardant dans les yeux. Ma main laissa la magnifique courbe de son cou pour adopter de nouveau sa main, lui caressant du bout des doigts l’intérieur du poignet, formant des arabesques invisibles et sculpturales.

« Gabrielle il faut que tu saches qu’à mes yeux tu es la perfection même. La pureté, l’élégance. Qu’un seul de tes baisers vaut bien toutes les souffrances de la terre, et quoi qu’il advienne, je mourai heureux d’avoir un jour goûté aux superbes délices de ta présence. J’ai beau savoir que tu n’es pas mienne et ne le seras jamais, je ne peux m’empêcher de m’enthousiasmer de te sentir contre moi,j’en profitais pour la ramener un peu à moi -, je ne peux m’empêcher d’imaginer, d’avoir des millions d’images en têtes lorsque je caresse tes cheveux, des centaines de rêves illusionnés. L’espoir c’est de croire qu’un jour peut-être, ils n’en seront plus. Mon seul espoir pour l’instant, c’est toi. Toi et toi seule. »

Je ponctuais cette tirade d’un long et passionné baiser. C’était foutu, mon cœur avait cédé sous le poids de la perfection incarnée. Paix à mon âme.
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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Jeu 8 Juil - 20:54

Un rire. Son rire. Un son qui me fit d'abord sursauter puis, qui fit naître en moi une douceur, une châleur : Ce rire était un véritable soleil, comme lui était mon soleil en cet instant. C'était tellement irréel et agréable de l'entendre rire de cette façon. Tant d'insouscience, tant de légèreté : C'était ce qui nous caractérisait, ce qui caractérait cette relation naissante, bien qu'immorale. Un large sourire étira mes lèvres et un très léger rire silencieux se fit entendre : Au bout de quelques secondes, je réalisai que c'était moi qui riait de cette façon. Incroyable... Je n'avais pas ri depuis... Je n'eus pas le temps d'être replongée vers de sombres pensées -ces sombres pensées qui hantaient mon quotidien- car les lèvres d'Aristide retrouvèrent les miennes avant de glisser sur mon nez -je fermai les yeux- puis sur mon front. Je soupirai d'aise. C'était tellement bon d'oublier, de s'oublier ainsi... Son visage était si proche du mien que je pouvais sentir son souffle sur ma peau quand il murmura ces quelques mots qui me firent rougir.

- Mieux que toi mon Aimée ? Mais dis moi existe-t-il une seule personne mieux que toi au monde ?

Mon sourire s'effaça progressivement. Il voyait en moi cette femme parfaite qui n'existait pas ou qui plutôt, n'existait plus et j'avais du mal à accepter ce jugement qu'il portait sur moi parce que ce jugement était faux. Oui, il existait bien mieux que moi en ce monde. Des femmes normales, des femmes sincères, des femmes qui ne trompaient pas leurs maris... Je ne me sentis cependant pas la force de protester encore : Il savait ce que je pensais de moi car je venais de le lui dire. Je n'allais pas le lui répéter sans cesse. Peut-être qu'un jour il finirait par voir la femme que j'étais réellement et alors, son regard changerait et son attitude changerait mais nous n'en étions pas là et, même si je me mentais à moi-même, je préférais faire l'autruche et prétendre être celle qu'il voyait en moi : La Gabrielle d'avant. Il se recula et son sourire se fit plus tendre et je le lui rendis. Mon... Comment pouvais-je l''appeler? Mon amant? Nous ne couchions pas ensemble et je n'avais pas l'intention de le faire... Pourtant, il était bel et bien mon amant. Oui, c'était ce qu'il était. Donc, mon amant semblait chercher ses mots et je restai silencieuse, le laissant à ses pensées. J'ignorais ce qui lui trottait dans la tête mais je n'allais pas tarder à le découvrir. Bientôt, il prit une profonde inspiration, planta son regard dans le mien et tandis que je me noyais à nouveau dans l'océan de ses yeux, il glissa sa main dans la mienne, me caressant l'intérieur du poignet du bout des doigts : J'en eus des frissons. Oh, pas les frissons d'horreur ou de peur, non, les bons frissons... Puis, sa voix s'éleva doucement.

- Gabrielle il faut que tu saches qu’à mes yeux tu es la perfection même. La pureté, l’élégance...

Mon coeur se serra et je sentis une forte émotion m'envahir. Il était décidé à me dire ce que son coeur lui criait à propos de moi et j'étais décidée à l'écouter, jusqu'au bout.

- Qu’un seul de tes baisers vaut bien toutes les souffrances de la terre, et quoi qu’il advienne, je mourai heureux d’avoir un jour goûté aux superbes délices de ta présence.

Les larmes me montèrent aux yeux. J'étais tellement touchée par ce qu'il me confiait, par ce qu'il ressentait. Et surtout, j'étais rassurée. Oui, j'étais rassurée qu'un homme, autre que mon mari, puisse avoir de tels sentiments à mon égard et grâce à ses mots, le peu d'estime qu'il me restait pour moi-même redevint plus forte. Oui, elle redevint plus forte même si ce que je faisais était horrible pour ces deux hommes bons qui allaient souffrir par ma faute. J'avais besoin de savoir que j'étais une femme qu'on pouvait désirer d'une autre façon de la façon dont j'avais été désirée jusqu'à aujourd'hui. J'avais besoin de reprendre confiance en moi, de réapprendre à m'aimer et Aristide, rien qu'en cet instant m'y aidait. Il était ma bouffée d'oxygène, celui qui allait me montrer le chemin à prendre, celui qui allait me redonner la force d'affronter la réalité, une réalité qui allait être encore plus difficile étant donné ce que j'étais en train de faire. Je n'en étais cependant pas encore là. Aristide continua, et ses mots glissèrent sur moi comme de douces caresses.

- J’ai beau savoir que tu n’es pas mienne et ne le seras jamais, je ne peux m’empêcher de m’enthousiasmer de te sentir contre moi.

Il me rapprocha de lui et mon sourire se fit encore plus large, encore plus tendre. Quant à mes yeux, ils étaient toujours brillants d'émotion.

- Je ne peux m’empêcher d’imaginer, d’avoir des millions d’images en têtes lorsque je caresse tes cheveux, des centaines de rêves illusionnés. L’espoir c’est de croire qu’un jour peut-être, ils n’en seront plus. Mon seul espoir pour l’instant, c’est toi. Toi et toi seule.

Et je n'eus pas le temps m'imprégner de ses mots que déjà, il fondait de nouveau sur mes lèvres pour les embrasser avec une passion non dissimulée. Mes bras s'enroulèrent très vite autour de son cou et je partageais ce baiser avec autant de passion que lui. Je me laissais pleinement aller comme j'en avais tant besoin. J'aurais voulu que ce baiser dure, encore et encore, mais j'avais besoin de lui transmettre ce que je ressentais. J'avais besoin de partager mes sentiments avec lui comme il les avait partagés avec moi. Certes, il ne s'agissait pas des mêmes sentiments mais je voulais absolument qu'il comprenne ce qu'il représentait et surtout, ce qu'il m'apportait. Je voulais qu'il s'en rende compte. Je le voulais absolument. Aussi, je finis par reculer doucement mon visage afin de détacher mes lèvres des siennes. Mes doigts trouvèrent alors ses lèvres et en dessinèrent le coutour avec délicatesse. Puis, à mon tour, je me lançai.

- Je crois que tu ne te rends pas compte de ce que tes mots représentent pour moi...

Je sentis les larmes me remonter aux yeux mais pris sur moi, décidée à me contrôler et à ne pas lui imposer une nouvelle fois mes pleurs.

- Quand je t'entends me parler de cette façon, j'arrive presque à te croire. J'arrive presque à croire que je peux redevenir cette femme-là... Ca me donne de l'espoir. Tu es cette lueur que j'attendais, cette lueur qui pourra peut-être m'emmener jusqu'à la lumière qui se trouve au bout du tunnel.

Mon regard se perdit un instant dans le sien et je restai quelques secondes silencieuse avant de reprendre.

- Tu as dit que pour l'instant, ton seul espoir c'était moi. C'est exactement pareil pour moi.

Oui, sauf que moi, cet espoir, il était censé, au final, me reconduire dans les bras de celui qui était l'homme de ma vie et ce n'était pas celui qui se trouvait en face de moi. Une vague de culpabilité me submergea alors et je baissai les yeux avant de poser brusquement mon front contre son épaule. Non, plus de questions, plus de remords... Si seulement ça avait été aussi simple. Oh, si seulement...

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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Sam 10 Juil - 10:17

La passion. Les grecs de l’antiquité redoutait la passion pour ce qu’en engendrait : la démesure. Un philosophe dont j’ai malheureusement oublié le nom a un jour dit qu’il n’existait que deux façons de combattre la passion, soit l’éradiquer de sa vie, soit y céder totalement. Je suis un homme passionné. Un homme prêt à tout offrir pour un bout d’espoir, un bout de rêve. Comme je l’écrivais précédemment, le rêve est notre seule chance de survie. Or mon rêve en cet instant résidait en une seule personne : Gabrielle. Comment expliquer qu’une telle femme puisse engourdir ainsi mes sens et faire imploser mon cœur, je ne le savais pas. Les femmes ont cette petite chose en elles, ce petit grain de folie qui une fois germé dans nos esprits pousse et nous offre le spectacle de mille fleurs magnifique. Même les moins fertiles ne peuvent résister. Gabrielle avait fait naître en moi un besoin, une envie proche de la nécessité. Non seulement je ne pouvais imaginer le futur sans elle, mais je voulais de plus être dans les favoris de son cœur. Quel égocentrisme que voilà. Mais si je ne pouvais raisonnablement prendre la place de son mari, je voulais au moins être le deuxième à ses yeux. Je n’ai jamais particulièrement été combatif ou conquerrant, ce qui n’était pas à moi je le laissais aux autres. Et puis on m’avait toujours tout offert, tout apporté sur un plateau d’argent, je n’eu jamais réellement besoin de me battre. Même Gabrielle m’avait été offerte avec une simplicité étonnante. Elle avait beau être mariée, mère d’un enfant, c’était dans mes bras qu’elle se reposait à l’instant, nos lèvres sellées et ma langue qui chatouillant doucement la sienne. Dire que je me contentais de cela aurait été un mensonge éhonté. Je la voulais, bien évidemment pour moi seul, mais une question de taille se pose : avais-je le choix ? Non. Je n’étais pas maître du jeu dans ce domaine là, et c’est tant pis si vous voulez mon avis. Plutôt que de me lamenter sur ce que je n’aurais jamais, je préférais de loin me ravir de ce que la vie me prêtait doucement : une déesse.

Il y a-t-il ne serait-ce qu’un seul homme dans cette salle qui pourrait prétendre avoir connu une telle femme au cours de sa médiocre vie ? Alexander, baissez la main, vous ne comptez pas ce coup-ci. Non, appart Gabrielle, ma douce Gabrielle, ce genre de femme n’existait pas. Cette délicatesse parfaite, cette élégance qui vous fait fondre le cœur et ravit vos yeux, cette merveilleuse sensation de velours lorsque ses lèvres se joignent aux vôtres. Mes amis, tant que vous ne connaîtrez cette sensation semblable à se plonger dans un bain de lait au miel lorsqu’elle passe ses bras autour de votre cou, vous n’aurez pas vécu. La vie c’est cela, et rien d’autre : l’amour. Ne riez pas, cela n’a rien de drôle, ce n’est pas de la philosophie de comptoir. C’est une vérité pure et chaste. Pourquoi pensez vous que depuis des siècles les hommes décrivent et adules les louanges de l’amour ? Ne serait-ce pas parce que c’est justement la seule chose qui vaille la peine de vivre sur cette terre ? Certain, avant cette guerre, auraient peut-être prétendu que l’argent, la réussite sociale ou je ne sais encore quelles autres stupidités valaient également la peine d’exister. Aujourd’hui, il me semble qu’il est bien clair que rien de tout cela ne subsiste, et donc, que leur futilité était notoire. Subsiste l’amour, en revanche. Regardez autour de vous, là bas nous avons Katarina et Ethan, l’amour ne prend il pas un superbe visage lorsque celui-ci se prénomme Lena ? Attendez, et là, qui vois-je ? Mathilda et Aaron ? Ne rougissez pas, nous avons tous lu dans votre petit jeu. Et oui, le monde a beau être réduit en miettes, les grands tombés et le pouvoir évanoui, l’amour nous entoure toujours. Et en ce moment, c’était lui qui faisait doucement chavirer mon cœur, cette perfection qui m’enlaçait.

Lorsque cette même perfection m’arracha à mes rêves et posa un délicieux doigt sur mes lèvres, en dessinant doucement le contour, j’étais hypnotisé, comme happé par sa splendeur. J’écoutais d’une oreille enchantée sa voix mélodieuse et caressante, même si certains mots me parurent étranges, comme venus d’une autre conversation et collés à la hâte dans la notre. Redevenir cette femme là ? Ne l’était elle donc plus ? Je ne bronchais en apparence pas même si dans mon esprit se déroulaient les fils de suppositions saugrenues. Je ne comprenais pas où elle voulait en venir, quel était ce tunnel, cette pénombre permanente, elle qui rayonnait. Tout cela ne me laissa qu’une seule impression : elle allait mal. Au fond d’elle, quelque chose clochait, et cela était sans doute limpide depuis le début car une femme aussi extraordinaire ne m’aurait jamais approché en sachant qu’elle n’avait ni problèmes mentaux ni handicap de cécité. Bon. Je ne savais pour le coup plus quoi faire ou dire. La réconforter ? Tenter d’apprendre les causes de son mal-être ? Je n’eu le temps de choisir, tant ses dernières paroles provoquèrent en moi une vague de frissons et de plaisir. Je ronronnais carrément. J’étais son seul espoir. Je n’étais donc pas rien à ses yeux. Elle baissa les yeux, rompant notre relation regardlesque et posa doucement sa tête contre mon épaule. Mon bras gauche vint l’enlacer au niveau de la taille, caressant chastement ses hanches, tandis que le droit se perdit en caresses dans ses cheveux. J’étais bien, j’étais heureux. Contre mon cœur battant la chamade se tenait l’être de mes rêves les plus fous, dans mes bras se blottissait il. Nous étions comme en harmonie, sa délicieuse chaleur se répandant doucement dans mon corps déjà enivré d’elle. Je ne pu m’empêcher de lui offrir mille petits baisers sur l’oreille qui la firent frissonner doucement contre moi. J’eu un sourire tendre, j’adorais la sentir aussi proche de moi. Je lui murmurai :

« C’est l’histoire d’un homme qui rencontre une belle jeune femme au bord de la mer. Il parait que ses yeux sont aussi bleus que l’eau et ses cheveux ont la même couleur dorée que le sable chaud. Il en tombe immédiatement et irrémédiablement amoureux, mais cet amour n’est pas réciproque. Il passe alors le reste de sa vie à décrire les louanges de cette beauté qui l’a ne serait-ce qu’une fois touché. Et il meurt heureux, apaisé d’avoir connu pareil enchantement. »

Sur quoi je me mis à faiblement chanter, susurrant d’avantage les mots aux saveurs grecques qui me venaient. Mon ton était doux, affectueux. Cette chanson l’était, bien qu’en apparence triste, elle révélait en réalité toute la majesté de l’amour. Réciproque ou non. Même si elle ne comprenait le sens de mes paroles, j’avais tenté de lui expliquer en quoi cela consistait, et la laissais s’imprégner de ma langue natale qui je l’espérais la ravissait. Cette chanson n’était malheureusement pas très longue, je m’arrêtais rapidement, déposant un nouveau baiser sur la tempe de mon adorée. Je me rapprochai d’elle, mon nez dans ses cheveux qui sentaient incroyablement bon. Ils sentaient presque la Grèce. Doucement, je déposai au creux de son oreille cette seule confession qui était à mes yeux la plus importante de toutes.

« Je t’aime, Gabrielle. »

Je me doutais d’une réaction sans doute radicale et resserrai mon étreinte afin qu’elle ne puisse s’échapper.

« Ne dis rien. Les mots ne comptent pas pour moi. Mais aime moi du mieux que tu pourras en retour. Ce serait déjà magnifique. »
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MessageSujet: Re: I wanna do BAD things with you... [ Gabrielle M. ]   Dim 11 Juil - 22:38

Mon geste fut poussé par la culpabilité mais Aristide ne s'en rendit pas compte et alors que la suite aurait pû être bien différente, il se montra à nouveau tendre, attentionné et m'enlaça la taille avant de venir caresser mes hanches avec prudence et délicatesse. Je sentis son autre main caresser doucement mes cheveux et mon corps se détendit. Puis, je soupirai d'aise, parvenant une nouvelle fois à oublier mes questionnements et ma culpabilité : Il arrivait à me faire tout oublier et pourtant, j'étais juste dans ses bras. Oui, dans ses bras, tout simplement. C'était tellement facile de lui mentir, de me mentir, de mentir à tout le monde. C'était tellement plus agréable que cette horrible réalité qui me collait à la peau depuis plusieurs semaines et plus encore depuis quelques heures, depuis que j'avais compris... Quelques instants passèrent où un silence apaisant et aucunement pesant s'installa. Puis, il vint déposer tout un tas de petits baisers sur l'oreille et j'en frissonnai, tout en souriant, toujours blottie contre lui. Sa voix me parvint alors dans un murmure. Encore une fois, ses mots furent comme des caresses : Il me caressait avec ses mots.

« C’est l’histoire d’un homme qui rencontre une belle jeune femme au bord de la mer. Il parait que ses yeux sont aussi bleus que l’eau et ses cheveux ont la même couleur dorée que le sable chaud. Il en tombe immédiatement et irrémédiablement amoureux, mais cet amour n’est pas réciproque. Il passe alors le reste de sa vie à décrire les louanges de cette beauté qui l’a ne serait-ce qu’une fois touché. Et il meurt heureux, apaisé d’avoir connu pareil enchantement. »

Je gardai les yeux fermés. Je ne pus m'empêcher de nous imaginer, lui et moi, dans les rôles respectifs de cet homme et de cette belle femme dont il tomba amoureux mais qui ne partageait pas ses sentiments. Oui, c'était nous ça... L'homme était mort heureux car il avait pu aimer cette femme de tout son coeur. C'était magnifique, mais tellement triste. Bîentôt, je ne fus plus bercée par ses mots mais par ses notes : Il chantonnait doucement une chanson en grec et je me laissai complètement aller. Je ne comprenais pas les paroles mais pouvais en deviner le sens grâce à ce qu'il m'avait dit juste avant. Je pouvais en plus faire vivre cette chanson dans mon esprit. Le ton d'Aristide était tellement doux et affectueux que j'eus envie de l'embrasser et plutôt que de relever mon visage, je le tournai afin de déposer de tendres baisers dans le creu de son cou. Au même moment, il s'arrêta de chanter et déposa un doux baiser sur ma tempe avant de respirer longuement le parfum de mes cheveux. Mes bras s'entourèrent à nouveau autour de sa taille et je me collai à lui, décidée à ne plus bouger. J'étais trop bien pour ça... Puis, il prononça ces quelques mots. Des mots qui me chamboulèrent. Des mots qui me perturbèrent.

« Je t’aime, Gabrielle. »

Je me raidis aussitôt, pétrifiée par une telle déclaration. Il le sentit et comprit que j'allais probablement essayer de me défiler car il resserra son étreinte pour m'empêcher de m'échapper. Pendant un instant je pris peur : Sentir cette pression de ses bras contre moi n'était pas aussi agréable que lui pouvait le penser. Cela me renvoyait à ce que j'avais vécu. Encore une fois, la magie venait de se briser mais je ne pouvais pas lui en tenir rigueur : Il ne savait pas, ne pouvait pas savoir... Heureusement, il enchaîna rapidement et s'expliqua.

« Ne dis rien. Les mots ne comptent pas pour moi. Mais aime moi du mieux que tu pourras en retour. Ce serait déjà magnifique. »

Je mis quelques instants à bien faire pénétrer ses paroles dans mon esprit et je fus alors capable de me détendre à nouveau. Mon corps se décontracta automatiquement et Aristide desserra son étreinte, sentant que je n'allais pas m'enfuir à toutes jambes. Je laissai mon visage dans son cou et mes mains carressèrent délicatement son dos à travers sa chemise. Il ne voulait pas que je dise quoi que ce soit et c'était tant mieux : Après tout, je ne l'aimais pas comme il m'aimait. C'était une certitude et c'était un fait qui n'allait pas changer car je ne voyais pas ma vie sans Alexander. Pour ce qui était d'aimer Aristide du mieux que je le pouvais, cela, j'en étais capable. J'éprouvais énormément de tendresse pour lui et je l'aimais sans doute, d'une certaine façon, mais je n'étais pas amoureuse, et c'était là toute la différence. Cependant, il disait, certifiait qu'il pourrait s'en contenter, comme cet homme dans la chanson... Alors, j'allais être cette déesse là. J'allais être celle qui lui avait volé son coeur mais qui n'allait pas donner son propre coeur en échange. Doucement, je reculai enfin mon visage pour pouvoir replonger mon regard dans le sien. Il m'avait demandé de ne rien dire, aussi, je gardai le silence, me contentant de lui sourire et d'acquiesser d'un très léger mouvement de la tête : Oui, j'allais faire de mon mieux pour l'aimer à ma façon. Mes mains quittèrent son dos et ses posèrent sur ses joues comme un peu plus tôt, lorsque j'avais finalement répondu à son baiser. L'histoire se répéta et mes lèvres trouvèrent les siennes pour un baiser qui se fit plus passionné que les précédents : C'était ma façon à moi de lui montrer ce que je ressentais. Mes lèvres restèrent collées aux siennes et ce n'est que lorsque la pendule sonna que je cessai de l'embrasser pour poser mon regard sur la traîtresse qui venait de sonner les douze coups de midi. Rapidement, je reportai mon regard sur Aristide avec un sourire d'excuse.

-Il faut que j'y aille...

Quelques instants passèrent et je finis par descendre de ses genoux. Nous n'échangâmes aucun mot de plus : Nos regards suffisaient. Je me baissai et déposai un tendre baiser sur ses lèvres puis me redressai avant de me diriger vers la porte. Juste avant de l'ouvrir, je me retournai pour le regarder une dernière fois : J'avais besoin de me noyer quelques secondes dans ses yeux avant de retourner à la dure réalité. Quelques secondes plus tard, je me décidai enfin à détourner le regard et ouvrit la porte. Je sortis et de refermai derrière moi. Je restai un instant adossée à la porte avant de m'avancer dans le couloir. La suite promettait d'être intense mais très difficile mais j'avais fait un choix et je devais l'assumer.

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