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 But still she couldn't seem to breathe... [PV]

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MessageSujet: But still she couldn't seem to breathe... [PV]   Mer 7 Juil - 21:58



Ça devait faire environ plus de deux semaines que j’étais avec Anastasia. Je n’avais pas vu de calendrier depuis des lustres, mais je m’étais fait une idée des jours en fonction du jour et de la nuit, et puis des fois je lui demandais combien de temps ça faisait. Deux jours. Cinq jours. Une semaine. Une semaine et quelques jours. Deux semaines. Un peu plus de deux semaines. De toute façon, ça n’avait pas vraiment d’importance, mais avoir conscience du temps qui passe, c’était une sorte de façon pour moi de me raccrocher, de me dire que la vie continuait et que j’étais en sécurité, à présent.

Ana était vraiment gentille avec moi. Même si c’était difficile de se nourrir chaque jour comme il faut, elle veillait à ce que j’avale quelque chose régulièrement, et je pouvais enfin dormir sans redouter une agression ou la mort à chaque respiration. J’avais eu droit à un peu de tranquillité, j’avais pu commencer à me faire une raison. Même si je n’arrivais pas encore à me faire complètement à l’idée que mes frères étaient morts, que ma maman et mon papa étaient morts, et que je n’avais que très peu de chance de retrouver Kaylhen. Mais là encore, je refusais obstinément d’émettre l’hypothèse qu’elle ait pu être tuée. Alors j’essayais de ne pas y penser, en m’occupant comme je le pouvais. Nous sortions très souvent, la plupart du temps pour trouver à manger et à boire, restions cependant discrètes et en général, tout allait bien. Tout était allé bien, depuis plus de deux semaines.

Jusqu’à aujourd’hui. Enfin, je ne peux pas dire qu’il s’était passé quelque chose de mal, je ne savais pas encore comment ça allait se passer, et quand bien même je l’avais su, je ne sais pas si j’aurais cherché à l’éviter. Après tout, ce qui doit arriver arrive, qu’on le veuille ou non.

Nous marchions donc toutes les deux, Ana et moi, dehors, d’abord dans les gravats puis sur ce qui restait d’une avenue. On longeait les murs pour passe le plus inaperçu possible, tout en chuchotant parfois. Eh oui, j’étais une enfant, et je voulais malgré tout tout savoir, sur n’importe quoi, n’importe où, n’importe quand.

« J’aime beaucoup les tigres, tu sais, mon grand frère m’avait offert une peluche y’a longtemps, mais je l’ai perdue quand on est partis en vacances. Tu crois qu’il reste des tigres, loin d’ici, là où c’est pas tout cassé ? »

Et je crois que c’est peu après que j’eus dit ça que quelqu'un apparut près de nous, tout près, trop près. La silhouette avait bondi, comme si elle nous attendait, comme si elle était en train de refermer un piège sur nous, et on a sursauté, et j'ai crié. Ce n'était pas un long cri, juste sous le coup de la surprise et de la peur, mais j'étais avec Ana, je me raccrochai à sa main parce qu'elle était la seule à pouvoir me rassurer. En cet instant, je ne pouvais compter que sur elle... La personne qui venait de surgir était une femme, mais j'avais appris à me méfier, je savais que les femmes pouvaient être les méchantes aussi, que ce soit dans les dessins animés ou la réalité. J'espérai cependant que celle-ci n'allait pas nous faire de mal...

« On fait quoi ? » étais-je malgré tout parvenue à articuler en chuchotant.
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MessageSujet: Re: But still she couldn't seem to breathe... [PV]   Jeu 8 Juil - 9:22

J'avais récupérée Lyzee depuis deux semaines environ. Et depuis tout ce temps, je faisais tout mon possible pour qu'elle ne manque de rien. Elle avait assez souffert comme ça, pas la peine d'en remettre une couche par derrière. Trouver de la nourriture n'était pas chose très aisée, mais je connaissais quelques bonnes adresses. Et j'étais assez débrouillarde en plus de cela. Dans les magasins, il y avait toujours quelques conserves oubliées. Je me privais s'il le fallait, mais je tenais à ce que Lyzee mange correctement. C'était essentiel. Si elle mangeait elle reprendrait des forces et serait de meilleure humeur si elle n'était pas frustrée. Les enfants marchaient assez simplement, en fin de compte. Leurs besoins étaient assez primaires. Le tout était de savoir les combler... Encore que Lyzee n'était pas une petite fille très exigeante. Elle se contentait de ce qu'elle avait. Certainement parce qu'elle avait encore moins avant que je ne la trouve. Elle était sage, et m'écoutait quand il le fallait. Encore que je n'étais pas vraiment du genre très autoritaire... Non, vraiment j'avais toujours été très, voire trop, conciliante avec les enfants. Certainement à cause du souvenir que j'avais des derniers instants d'Eva. La vie était parfois trop courte pour que nous nous prenions la tête avec de stupides histoires d'autorités.

Lyzee et moi étions en train de parcourir ce qui restait d'une avenue. Parfois c'était carrément de l'escalade que nous étions obligées de faire. Parfois il m'arrivait de la porter quand elle était trop petite pour enjamber quelque chose. Nous restions très près des murs des bâtiments encore debout, pour rester le plus discrètes possibles. Je savais parfaitement que nous n'étions pas les seules dans le coin, et je préférais que personne ne nous ennuie. Mais auquel cas, j'avais de quoi me défendre maintenant... De temps en temps je jouais les informatrices pour James et j'avais demandé à celui ci de me fournir une arme. Il l'avait fait. Pour lui, mieux valait que ses informateurs restent vivants et entiers. Si possible, bien évidemment. Lyzee ne savait pas que j'avais une arme. Je prenais soin de la dissimuler à l'arrière de mon pantalon, pour ne pas l'effrayer. Malheureusement c'était nécessaire, même si je n'aimais pas cela du tout. J'avais l'impression d'être une criminelle... Encore que j'étais certainement la moins dangereuse de toutes les personnes qui trainaient dans le coin.

J'avais remarqué que Lyzee était une petite fille très curieuse. Nous discutions souvent ensemble, à voix basse. Aujourd'hui comme tous les jours, nous avions une conversation d'adulte à enfant. J'aimais beaucoup répondre à ses questions. Je le faisais souvent avec Eva.

« Oui bien sûr qu'il en reste... Maintenant il n'y a plus de vilaines personnes pour les chasser, alors ils sont tranquilles. Tu sais, il n'y a pas longtemps j'ai vu un grand magasin de jouet avec des peluches. Si tu veux on pourra y aller, pour voir si on peut te trouver une petite peluche. »

Je savais que les enfants adoraient avoir un doudou avec eux. Et en trouver un ne serait certainement pas très difficile. Ce n'étaient pas les magasins de jouets que l'on avait pillé en premier... J'ai brusquement sursauté quand quelqu'un est apparu devant nous. Lyzee s'est accrochée à ma main, et par réflexe je me suis servie de l'autre pour sortir l'arme que j'avais à l'arrière de mon jean. Je ne menaçais pas l'inconnue, mais j'étais prête à le faire. C'était une femme, très maigre et très pâle; qui ne me disait rien qui vaille. Je ne répondis pas à la question de Lyzee. J'étais focalisée sur l'inconnue. Je ne voulais rien avoir à faire avec elle. Je voulais que nous passions notre chemin. J'ai attrapée Lyzee par l'épaule et l'ai mise derrière moi. Je me suis mise devant elle.

« Je ne vous veux aucun mal. Je veux juste m'en aller avec l'enfant. Alors s'il vous plait, écartez vous et laissez nous passer. Je ne désire rien de plus. »

Menacer les gens n'était pas dans mes habitudes. Mais l'arme était bien là, dans ma main, chargée.

« Ne m'obligez pas à me servir de ça. S'il vous plait. »
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MessageSujet: Re: But still she couldn't seem to breathe... [PV]   Jeu 8 Juil - 14:13

Depuis ma rencontre avec Caïn, je ne pouvais m’empêcher de tuer tout ceux que je croisais. J’étais devenue encore d’avantage bestiale qu’auparavant, n’hésitant plus à me jeter sur le premier venu. Malheureusement pour moi, je croisais rarement du monde, devant toujours me rattraper sur les quelques junkies ou malades qui erraient. Mes méthodes étaient toujours plus brutales et glauques, je n’avais aucune limite, aucune hésitation. C’était le prix à payer pour contenter mon Dieu, mon sauveur. J’avais, l’espace de quelques minutes, complètement perdu la foi auprès de Joël, il me fallait me racheter. Chaque goûte de sang versée était un nouveau pas vers la rédemption, chaque cadavre une preuve indiscutable de mon amour. Nous devions nous plier aux ordres sur Seigneur, nous devions cesser de vivre. Tout ceux qui s’y opposeraient seraient broyés par la sentence irrévocable. St Jean l’avait écrit : nous sommes voués à l’échec et la destruction, la mort et la maladie. Qui avait le droit de s’y opposer ? Le monde me répugnait, les semblants de vies qui s’y cachaient également, mais j’étais lucide. Ma tâche serait dure. J’étais seule, et ne pouvais ainsi attaquer les groupes que je croisais parfois. Si seulement j’avais pu partager cet espoir de contenter Dieu avec quelqu’un d’autre, tout aurait été plus facile, plus doux. Les meurtres auraient été plus rapides et plus appliqués, seule je ne pouvais qu’écrabouiller quelques visages avec des pierres ou autres gravats. Je n’avais pas d’armes, bon sang, j’aurais dû en prendre une à Caïn avant de m’en aller. Pour le coup, j’avais fais preuve d’une stupidité sans bornes, il m’aurait été aisé de le voler. « Tu ne voleras point » C’est pour toi pourtant que je l’aurais fais, pour toi uniquement, Seigneur. Avec une bonne arme à feu mon génocide aurait été plus efficace et plus rapide. De plus, j’aurais pu exterminer jusqu’au petits groupes de personnes. Oui, tout aurait été si facile…

Je marchais rapidement le long de ce qui restait d’un boulevard, aujourd’hui réduit en cendres. Tout cela était d’une grande beauté. Ces immeubles écroulés, ces éclats de verre au sol, ces ruines résultaient de l’œuvre du tout puissant. Je m’arrêtai, et priai. Je lui adressais directement mes remerciements pour cette image glorieuse et salvatrice de sa puissance.

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui
notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
Comme nous pardonnons aussi
à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du Mal.
Car c'est à toi qu'appartiennent
le règne, la puissance et la gloire,
pour les siècles des siècles.
Amen.


J’effectuai un rapide signe de croix. C’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aujourd’hui nous en avions la preuve concrétisée. Même les impies ne pouvaient plus que se plier à cette inéluctable destruction faite par ta colère. Nul n’avait plus le droit de douter de toi. Me relevant, je poursuivis ma quête d’âme qui vive. Mes genoux s’étaient écorchés lors de ma prière, cette douleur me donnait du courage. Je sentais que bientôt je trouverai. De plus, je n’étais plus malade. A croire que les soins de Caïn furent bénéfiques, j’étais désormais en pleine forme, parée pour mon œuvre. Soudain, je vis à quelques mètres sur ma gauche deux femmes. Ou plutôt une femme et une enfant. Une enfant… Je devais absolument les abattre. D’abord l’enfant. J’accélérais, courant presque pour arriver à leur hauteur. Le bruit de mes pas étaient heureusement étouffés par leurs chuchotements, je me cachais tant bien que mal, zigzaguant entres les murs défoncés et la rue. Personnellement, je ne me trouvais guère discrète, mais les deux indésirables ne m’avaient aperçue, trop occupées à leurs bavardages. Rapidement, je pris de l’avance, les dépassant de quelques mètres. Je me penchais pour prendre une pierre, et me jetais sur la route, leur barrant le passage. Visiblement, la surprise fut totale. La petite agrippa la main de sa mère tandis qu’elle sortait un flingue, ne le pointant cependant pas sur moi. Elle se mit devant la plus petite, dans un effet de protection absolument dérisoire. Le portrait était pittoresque, la mère et son enfant, quel joli coup. J’eus un rictus mauvais lorsqu’elle me demanda de les laisser, prétextant qu’elle ne me voulait aucun mal. J’étais certaine de la vérité de ses paroles, mais ce n’était pas vraiment réciproque. J’éclatai carrément de rire lorsqu’elle insinua qu’elle me tirerait dessus si je me refusais. Mon rire était cruel, impitoyable et sarcastique. Je n’avais pas peur d’elle une seule seconde.

A présent, j’avais une idée à peu prêt certaine de qui était capable d’abattre froidement quelqu’un d’autre ou non, c’était une chose visible au premier coup d’œil. Dick, par exemple, n’en était pas capable et je l’avais su assez vite. Pour elle, c’était d’une évidence à vous en crever les yeux. Rien que la formule de politesse qui avait suivit cette menace était une preuve irréfutable de son humanisme, trop gentille pour tuer quelqu’un, songeai-je. De plus elle était à deux doigts de trembler comme une feuille, visiblement apeurée et tendue. Je lui faisais peur, tant mieux, car je ne serais pas douce. J’avançais d’un pas, ne faisant attention à son arme qui de toute façon ne servirait pas. Puis j’eu une soudain une idée, une idée horriblement brillante que je mettrai en exécution après avoir tué la plus forte. Je m’arrêtais de rire doucement, conservant mon sourire mauvais. J’avançais toujours, levant ma main droite afin de lui montrer la pierre que je tenais fermement. Puis m’arrêtais. Nous nous dévisagions une minute, puis je dis d’une voix extrêmement douce, contrastant parfaitement avec mon expression, baissant légèrement la tête de côté.

« Si vous saviez comme c’est beau, de la cervelle explosée sur le goudron. »

J’éclatais de nouveau de rire, semblait totalement démente. J’étais complètement hors de moi, mes éclats de voix se répercutant avec fracas contre les restant d’immeubles.

« Le premier coup est le plus important, c’est lui qui force la boite crânienne et déverse son contenu. Tout ce beau petit monde s’abat par terre dans un gargouillis superbe, quasi érotique. Puis un second coup, et vos doigts ne peuvent s’empêcher d’aller farfouiller dans ces restes encore chauds, revenant progressivement à vos lèvres, vous offrant ce goût si prononcé, métalique du sang. C’est si beau, si beau. »

Je ris de nouveau. Je voulais la choquer, et n’attendais plus qu’une seconde d’hésitation, un tout petit signe d’indignation pour lui sauter à la gorge et éclabousser le sol de ses restes.
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MessageSujet: Re: But still she couldn't seem to breathe... [PV]   Jeu 8 Juil - 19:52

« C'est vrai ? Oh oui, ça serait super d'aller dans le magasin ! Il est loin ? On peut y aller aujourd'hui ? »

Ana n'eut pas vraiment le temps de me répondre ensuite, puisque la femme avait surgit peu après. L’inconnue était grande et maigre, mais elle avait sans doute du être une très jolie femme. Elle avait une pierre dans la main… Comptait-elle s’en servir contre nous ? Anastasia s’est mise devant moi, et je continuais de m’accrocher à ses vêtements, risquant quand même un regard entre son bras et sa hanche. Et c’est là que je l’ai vu, son arme. Anastasia avait un pistolet dans la main droite. Mon cœur s’est mis à battre à toute vitesse, encore plus vite que quand l’autre avait surgi, parce que cette arme, elle était réelle, à quelques centimètres à peine de moi. Je savais pourtant qu’elle ne s’en servirait pas contre moi, mais c’était tellement impressionnant… Je n’en avais encore jamais vu en vrai. Et je savais que ce truc là, ça tuait des gens. Ou les blessait au moins, gravement. Blesser, tuer, encore et toujours. C’était donc ça, la clé de la survie ? Il ne suffisait pas de se faire minuscule et d’avancer discrètement, en silence ? Il fallait être prêt à tirer, n’importe quand. Et là, j’avais peur.

Elle s’est avancée vers nous, et elle a éclaté de rire après qu’Ana eut parlé. Et ce rire, il ne m’inspirait pas du tout confiance. Elle était méchante. Elle nous voulait du mal. Je n’aimais pas du tout comment elle brandissait cette pierre, ni comment elle nous regardait. Elle s’est mise à parler…

La… la cervelle explosée sur le goudron ? Parlait-elle sérieusement ? Son nouvel éclat de rire m’a fait remettre ma tête derrière Ana pour ne plus voir cette femme. Je crois qu’elle s’est immobilisée, mais n’a pas cessé de parler, pour ma plus grande horreur. Je n’ai pas compris tous les mots qu’elle a utilisés, mais j’avais saisi globalement le sens. Et c’était pas rassurant à entendre. J’ai gémi en me cramponnant encore plus à Anastasia, mais je n’avais pas seulement peur pour moi, j’avais aussi peur pour elle, parce qu’elle était devant moi et que si la psychopathe venait à attaquer, elle serait la première touchée… J’étais morte de trouille, et mon corps entier tremblait comme une feuille. Des larmes ont coulé le long de mes joues sans que je m’en aperçoive réellement, et tout ce que je voulais, c’était fuir. Toute seule, je n’avais aucune chance d’échapper à l’inconnue, mais de toute façon, je ne voulais pas partir sans Ana. Elle avait une arme, après tout, elle pourrait nous défendre… Mais j’ai prié de toutes mes forces pour qu’elle ne soit pas obligée de tirer, et pour que l’autre arrête avec ses phrases glauques, qu’elle arrête de me faire peur et qu’elle parte, qu’elle nous laisse tranquille…

Ce qui était certain, c'est qu'il n'y aurait aucun magasin de jouet ce jour-là...
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MessageSujet: Re: But still she couldn't seem to breathe... [PV]   Ven 9 Juil - 13:25

J'avais décidément un terrible pressentiment. J'aurais voulu que nous ne passions jamais par ici... Cette femme ne me disait rien qui vaille, et elle avait l'air totalement folle. Encore que c'était un euphémisme. Ce n'était même plus de la folie... De toutes les personnes que j'avais pu croiser, elle avait l'air d'être la pire. Je crois que préférais les alcooliques et les junkies. Ceux là passaient leur chemin assez rapidement. Mais cette femme me faisait carrément froid dans le dos. Elle avait un regard de folle furieuse. Ce regard en disait long. Non, elle ne nous laisserait certainement pas tranquilles Lyzee et moi. C'était surtout pour Lyzee que je m'inquiétais. Je ne voulais pas qu'il lui arrive quoi que ce soit par ma faute. Je devais trouver un moyen de me débarrasser de cette femme, ou de trouver un moyen à Lyzee et moi de nous enfuir. Le plus simple eut été de lui tirer une balle dans la tête, évidemment. Mais je n'étais pas du genre folle furieuse, moi. Je n'avais jamais tué personne, et je n'avais pas envie que cela commence aujourd'hui. J'aurais été seule que j'aurais pu trouver un moyen de me débrouiller... Mais là, je devais protéger Lyzee avant tout. Et quelque chose me disait que la tâche serait ardue cette fois ci. Mon mauvais pressentiment ne me quittait pas.

J'ai dû pâlir instantanément quand elle a commencé à parler. Ce qu'elle disait me donnait froid dans le dos, c'était absolument immonde. Au fur et à mesure que cette femme avançait, Lyzee et moi reculions. Je ne la quittais pas des yeux, elle et la pierre qu'elle avait à la main. Son rire le donna soudain envie de la gifler. Je me contentai de prendre une profonde inspiration. Je grimaçai. Si j'avais eu quatre mains, j'aurais bouché les oreilles de Lyzee. Tout ce que je pouvais faire, c'était la maintenir derrière moi. Je mourais d'envie de lui dire de partir en courant, mais je savais que cette femme ne demandait rien d'autre que de partir à sa poursuite. Je ne voyais pour le moment aucune façon de la mettre à l'abri. Si elle partait en courant, elle allait forcément tomber, trébucher sur des débris...Je ne voulais pas qu'elle se fasse mal non plus. J'étais partagée. C'était la première fois que je devais faire face à une telle situation. Je n'étais pas experte. Je réfléchissais à toute vitesse, sans pour autant parvenir à trouver la moindre solution potable. Je sentais la panique me gagner peu à peu, et pourtant je faisais tout mon possible pour la refouler.

« Lâchez cette pierre. Sinon je tire, je n'hésiterai pas. »

Ou alors pas très longtemps. J'ai lâché la main de Lyzee et j'ai armé l'arme en la pointant sur elle cette fois ci. Je ne tremblais pas – pas encore. J'aurais bien simplement tiré sur la main qui tenait la pierre, mais j'étais à peu près certaine de manquer ma cible. Mon truc c'était les pointes et les entrechats, par le tir. Et là tout de suite, je regrettais presque de ne pas avoir pris des cours au moins une fois dans ma vie. J'allais devoir faire sans, en espérant ne blesser personne. Enfin, façon de parler. En ne blessant ni Lyzee, ni moi, du moins. À vrai dire je me fichais un peu de ce qui pouvait arriver à cette espèce de folle. Tout ce que je voulais c'était qu'elle fiche le cas, ou que la foudre la frappe sur l'instant. Mais les choses n'étaient hélas pas si simples... J'avais conscience que Lyzee était là derrière moi, complètement paniquée et terrifiée. Mais je n'osais ni me retourner ni la regarder pour lui parler et la rassurer. Qui sait si cette dingue ne sauterait pas sur l'occasion pour nous faire la peau.

« Lâchez ça ! Ne m'obligez pas à vous faire du mal. »

Elle continuait à avancer en nous menaçant avec sa pire.
Je n'ai pas réfléchi. J'ai visé l'épaule et j'ai tiré, sans une once d'hésitation.
Je me suis surprise moi même.
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MessageSujet: Re: But still she couldn't seem to breathe... [PV]   Ven 9 Juil - 16:36

La réaction que j’espérais ne vint pas, mes mots furent inutiles. Elle devint livide mais ne me lâcha pas des yeux, comme si elle savait qu’un seul regard vers la gamine aurait comme réaction immédiate un mortel coup de pierre sur son joli visage. J’étais maigre, et donc rapide. Les quelques mètres qui nous séparaient ne m’auraient pas posé problème, j’aurais su en profiter. Hors elle ne m’offrit ni coup d’œil affolé ni autre preuve de peur. Simplement une grimace de dégoût, j’étais déçue. Ne m’arrêtais pas pour autant de sourire. J’avais beau avoir reçu une éducation élémentaire, cela ne m’empêchait pas d’être maligne, et surtout obstinée. S’il fallait user de stratagèmes farfelus pour l’avoir, je n’hésiterais pas. Mon seul souci était de la tuer, lui écrabouiller la tronche jusqu’à ce qu’elle ne se débatte plus et rende l’âme. Cette âme ne lui appartenait plus désormais. Du plus profond de mes entrailles je sentais que le tout puissant me donnerait la force et était fier de moi. Je lui rendais son dû. Je me mordis un instant la lèvre, la regardant d’un air songeur. Comment le seigneur avait il pu la louper celle là ? Elle semblait faible, trop lâche et féminine pour survivre dans ce monde en feu, car il fallait réellement avoir des couilles pour affronter tout ça de face et ne même pas éprouver une once de remord quant à défier Dieu. A mon humble avis, elle serait directement envoyée en Enfer. Non seulement elle niait le choix final de notre sauveur en vivant, mais en plus elle conservait auprès d’elle ce à quoi elle avait donné la vie. A sa place, j’aurais tué cet enfant depuis bien longtemps. Ils n’avaient plus leur place ici désormais, plus aucune utilité. Ils n’étaient que des preuves de plus de leur ignorance fétide, s’ils avaient su décerner que l’apocalypse avait eut lieu, ils auraient au moins eu la décence de se suicider, quitte à ne pas être tué par leurs parents. Pourquoi ? Mais parce cette vie naissante n’était qu’un affront de plus ! Le suicide, dans ce cas présent, n’était plus un péché. C’était même tout le contraire : c’était un acte d’amour et de servitude envers le Seigneur. Mais ça, ils étaient trop stupides pour le comprendre. Je tenais toujours ma pierre en hauteur, ignorant les appels au secours de mes muscles qui commençaient à en avoir assez.

Soudain elle parla de nouveau, et je ne pu m’empêcher d’avoir un petit rire sarcastique. Elle tirerait ? Sa voix n’était pourtant pas très assurée, son teint toujours aussi blafard. Elle avait une idée toute relative de mes intentions, pointant cette fois son arme sur moi. Allons, réfléchissons. Avait elle assez de cran pour me tuer de sang froid ? Non, cela était bien évident. Me blesser par contre… J’hésitais. Cette petite garce en avait peut être plus dans le ventre que je ne l’imaginais après tout, et me tirer dans la jambe aurait été pour elle un moyen efficace pour me calmer. Enfin, c’était sûrement ce qu’elle imaginait. Rien, mis appart la mort, n’aurait pu me calmer en cet instant. J’étais beaucoup trop attentive aux besoins et désires de Dieu pour me préoccuper des miens, tant que je serais en vie, même blessée, même malade, je ne lâcherai pas le morceau. Et puis cette blessure n’aurait pour effet que de renforcer ma haine pour elle, chose qui me permettrait encore plus facilement de l’achever. Juste pour rire, j’avançais d’un nouveau pas. Je voyais bien malgré le canon de son flingue qu’elle avait peur de moi et de ce que je comptais faire avec ma pierre. Un nouveau pas. Je la regardais avec un petit sourire en coin, attendant un potentiel coup de feu. Osera ou n’osera pas ? Elle semblait réfléchir aussi rapidement que ses quelques neurones le lui permettaient, me regardant de la tête aux pieds. Tu cherches où frapper bébé ? Qu’elle était mignonne, au fond. Son petit air angélique me ravit une seconde, jusqu’à ce qu’un nouvel avertissement ne retentisse. Un nouveau pas. Une douleur atroce.

J’eu un tel mouvement de recul que je m’effondrais au sol, ressentant un violent déchirement à l’épaule. Elle avait osé. Après quelques secondes de paniques, je me rendis compte que la balle m’avait simplement frôlée, ce qui réduisit ma douleur psychologiquement parlant. Elle avait beau avoir du courage, elle ne savait pas viser. Ne réfléchissant pas une seconde de plus, je ramassais ma pierre qui était tombée en même temps que moi, m’agenouillais et la lui lançait de toutes mes forces en plein visage. Elle avait beau être lourde et mon bras endoloris, ma foi m’interdisait d’écouter de telles sottises. Mon enveloppe charnelle ne comptait pas, seule mon âme serait sauvée. Et cela passait par le meurtre de la femme qui était restée là à me regarder comme une potiche, visiblement très étonnée de son propre geste. Je n’étais cependant qu’humaine, et ma force atténuée par ce coup m’empêcha d’atteindre ma cible, elle reçu la pierre à l’épaule, comme moi j’avais reçu sa balle. Visiblement, ça ne lui fit pas du bien non plus. Après à peine une seconde d’hésitation qui me permit de me remettre sur pieds, elle tenta de fuir, entraînant la fillette au passage. Mauvaise idée. Je me mis à sa poursuite, courant le plus vite possible tout en tachant de ne pas tomber sur les gravats. Le nuisible courait vite, mais la fillette un peu moins. Si je parvenais à attraper la petite j’étais à peu près certaine que l’autre s’arrêterait. Je tentais d’accélérer sans grand succès, il faut dire que malgré ma hargne je n’étais pas sportive, et ce sprint fou dans les rues détruites me donnait du mal. J’eu alors une idée qui me paraissait concluante. Je m’arrêtai. La dernière était à quatre mètres de moi tout au plus, ramassant un nouveau gravât, moins lourd celui-ci, je le lançais sur l’enfant, bien malgré moi dans ses jambes. A la base je voulais simplement lui faire mal et la déstabiliser, mais l’effet fut beaucoup plus intéressant que je ne l’imaginais. Elle tomba. Je ne sais pas si l’autre le remarqua, la gamine était plus en retard qu’elle, mais en tout cas je ne perdis pas une seule seconde et me rua de nouveau sur elle, cette fois en ayant un résultat concluant. Je me jetais carrément sur elle pour être bien sûre qu’elle n’aurait le temps de filer, la prenant par-dessous la gorge avec mon avant bras droit, l’empêchant tout mouvement sous peine de strangulation. Je savais à quel point cette position était inconfortable.

Cette fois j’avais gagné. Si l’autre voulait vraiment que la gosse vive, elle allait devoir abdiquer. Je n’étais pas prête de la lâcher, et n’hésiterais pas à la tuer de mes propres mains s’il le fallait. Mon sourire était dément, mes membres contractés. Mon épaule me faisait un mal de chien mais je ne l’écoutais pas, il fallait tenir, nous y étions presque. D’une voix douce, révélant toute l’horreur de ma nature, je lui dis :

« C’est soit elle, soit toi. »
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MessageSujet: Re: But still she couldn't seem to breathe... [PV]   Sam 10 Juil - 19:08

Non, elle n’allait pas tirer, hein… On allait juste s’enfuir et se cacher pendant un moment, puis ressortir de notre planque et retourner chez Ana. Personne n’allait être blessé. Personne n’allait être tué. Du moins, je l’espérai de toutes mes forces.

Et pourtant, Anastasia a tiré. Le coup de feu m’a tellement surprise que j’ai poussé un cri, me suis bouchée les oreilles et me suis accroupie, recroquevillée. C’était trop impressionnant, tellement différent de ce qu’il y avait dans les jeux vidéos de Logan, ou les films que regardait Kay. Je n’aimais pas ça… Pourvu qu’elle ne l’aie pas tuée, pourvue qu’elle l’aie juste effrayée… Lentement, très lentement, j’ai ouvert les yeux et ai retiré mes mains de mon visage, en me retournant avec précaution. La femme était allongée par terre, tombée sous le choc, et elle saignait à l’épaule. Et la vue du sang me fit encore plus flipper. Bien que c’était évident : un coup de feu, une blessure, du sang. Un enchaînement logique. N’empêche que ça faisait flipper. Et ensuite, elle a riposté en envoyant sa pierre sur Ana. Et à partir de là, tout s’est passé très vite. Instinctivement, je me suis relevée au moment précis ou elle prenait ma main et m’entraînait en courant. Seulement, j’ai lâché sa main, et comme j’avais mal partout, je ne suis pas parvenue à avancer aussi vite qu’elle. Mais je devais le faire, alors j’ai couru comme jamais encore je n’avais couru, parce que c’était une course pour ma survie. Seulement, je n’avais que neuf ans, et à neuf ans, on n’échappe pas si facilement à une tarée de quarante ans. Ana était un peu plus loin devant moi, allant forcément plus vite et c’était ce qu’elle devait faire : fuir elle aussi, parce que notre poursuivante était dangereuse. Et en fuyant, elle pourrait vivre ; c’est là qu’elle avait beaucoup plus de chances de moi. Mais en mon for intérieur, je priai pour qu’elle m’attende, pour qu’elle ne décide pas de m’abandonner, je ne voulais pas être seule, pas encore…

« Anastasia ! » me suis-je mise à hurler avant même de m’en être rendue compte.

Au même moment, je me suis prise les pieds dans un caillou et je suis tombée. Il ne manquait plus que ça… j’étais foutue. J’ai tenté de me relever aussitôt, bien sûr, mais l’autre avait déjà bondi sur moi, et j’ai compris que c’était elle qui avait provoqué ma chute. Je crois que j’avais les mains et les genoux écorchés, mais ce n’était rien comparé à la panique qui m’envahissait un peu plus à chaque instant.

« Ana ! » continuai-je d’appeler avant qu’un bras ne se resserre autour de ma gorge.

Je ne pouvais plus crier, et c’était mieux comme ça, puisqu’Ana devait fuir. Elle devait s’en aller, c’était la solution, mais… j’étais encore plus terrifiée à l’idée de me retrouver une fois de plus toute seule. Et puis mes larmes ont vraiment coulé, comme une cascade sur mon visage plein de poussière. Je ne devais pas être jolie à voir, c’était certain. En silence, mais je pleurais. Et peut-être que ça devait dégoûter celle qui me retenait, mais c’était tant mieux. Mon cœur allait déchirer ma poitrine s’il continuait à battre de la sorte ; je n’avais jamais eu aussi peur de ma petite vie. Parce que la mort était juste là, tellement proche, et elle allait m’engloutir d’un instant à l’autre… Je n’avais que neuf ans. Je savais que des enfants mourraient beaucoup plus jeunes, à la naissance même, mais là, tout de suite, tout ce que je voulais, c’était rester en vie. Avec Anastasia.

J’ai pensé à ma maman et à mon papa. Ils me manquaient horriblement. Peut-être que j’allais les voir… Une fois, à l’école, Elizabeth – une de mes amies – m’avait assuré qu’on se retrouvait tous, une fois dans le ciel. Moi je lui avait répondu que c’était pas possible puisqu’on mettait les corps dans la terre, et que la terre, c’est pas le ciel. Mais elle avait insisté en me disant que nos esprits, eux, ils restaient toujours ensemble, et qu’ils se réunissaient dans les étoiles. Alors si je mourrais, là, mon esprit allait rejoindre ceux de mes parents et de mes frères, là-haut. Il n’y aurait pas Kaylhen, puisque Kaylhen était toujours en vie, j’en étais persuadée. J’aurais juste bien aimé la voir une dernière fois…

Mais qu’est-ce que je racontais ? Non, je n’allais pas mourir, je ne voulais pas mourir ! Il fallait que je tente quelque chose, même si c’était voué à l’échec d’avance, il fallait que je tente le tout pour le tout. Je plantai mes ongles dans son bras, et grâce à l’espace que j’avais réussi à créer au niveau de mon cou, je pus la mordre. Elle n’avait que la peau sur les os, si bien qu’il ne fut pas très difficile de la faire saigner, et je me suis dégoûtée moi-même, parce que maintenant j’avais le goût du sang dans la bouche, mais le plus horrible, c’est que ce n’était pas le mien.

Tétanisée, je n’entendis pas ce qu’elle avait dit juste avant à Anastasia, mais je ne voulais pas savoir. Suite à la surprise, son étreinte s’était quelque peu relâchée et j’en avais immédiatement profité pour m’extirper et tenter une nouvelle fuite. Mais à peine avais-je fait deux pas qu’elle me ramena en arrière par les cheveux.

« Fais pas de mal à Ana… » parvins-je juste à murmurer.

J’avais dit ça, alors qu’en moi, je mourrais d’envie d’hurler « Ne me laisse pas ! Reste avec moi, je t’en supplie, me laisse pas toute seule… ». Mais ces mots étaient incapables de franchir mes lèvres, et je sentis que je n’avais plus de force pour retenter quoi que ce soit. Elle avait l’avantage, et les gens l’auraient toujours jusqu’à ce que je sois comme Kay. Je voulais être comme Kay… J’aurais tellement aimé qu’elle soit là, près de moi, à me serrer contre elle.
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MessageSujet: Re: But still she couldn't seem to breathe... [PV]   Ven 16 Juil - 13:12

La situation prenait une tournure qui ne me plaisait guère. Je n'avais jamais eu à faire face à ce genre de situation. Et en un sens, je le regrettais, car je n'avais aucun moyen de savoir comment allait réagir cette femme. C'était une folle furieuse. Elle avait l'air d'être plus timbrée que tous ceux que j'avais pu croiser jusque là. Plus dangereuse aussi. Dans son regard, je ne voyais rien d'humain. Tout ce que je voyais c'était de la folie. Et c'était bien évidemment loin d'être rassurant... Ne sachant quoi faire, je lui ai tiré dessus. Pendant une seconde, j'ai espéré l'avoir tuée. Moi, Anastasia, je souhaitais la mort de quelqu'un. C'était la première fois que cela m'arrivait et cela faisait un drôle d'effet. Mais je devais protéger Lyzee avant toute chose... Je lui avais promis. Et j'en avais assez que mes promesses soient ruinées ! À peine cette dingue s'était-elle effondrée que je ressentis une vive douleur à l'épaule. Sa pierre ! Elle venait de me balancer sa pierre. Je poussai un cri de stupeur. Elle était décidément pire que ce à quoi je m'étais attendue... Il fallait réagir vite, très vite maintenant... Il m'a fallu un petit moment pour me remettre les idées en place.

Je me suis relevée malgré mon épaule qui me lançait et j'ai attrapé Lyzee par la main. Je me suis mise à courir. Pas aussi vite que possible, parce que je devais aller au même rythme que Lyzee. Elle n'était qu'une petite fille, elle ne pouvait pas courir assez vite... Malheureusement. J'avais un très mauvais pressentiment... Nous n'arriverions pas à nous échapper... Seule, j'aurais pu m'en sortir très vite. Mais je n'étais pas seule, je devais penser à Lyzee. Il fallait que je fasse tout mon possible pour la sortir de là. Alors que je courais, je sentis sa main glisser de la mienne. Mais je ne compris pas tout de suite. Je m'en rendis compte quand elle hurla mon nom. Ni une ni deux, je m'arrêtais net. Je fis volte face et l'encourageait à courir plus vite. Et alors qu'elle redoublait d'efforts... Une pierre. Elle tomba. Je hurlai. Je rebroussai chemin rapidement. Il fallait vite qu'elle se relève. Qu'elle se relève... Elle n'eut pas le temps de se relever et je n'eus pas le temps de l'atteindre. Cette folle l'attrapa la gorge avant de la ramener brusquement vers elle. Je poussai un cri de terreur.

« Lâchez la ! »

Je m'étais figée, les yeux écarquillés par l'effroi. Je n'osais plus bouger, de peur qu'elle ne fasse du mal à Lyzee. Les idées se bousculaient dans mon esprit. Je devais trouver le moyen de libérer Lyzee, je devais trouver une façon de la sortir des griffes de cette folle... Mes yeux se posèrent sur l'épaule de cette femme, qui saignait toujours. Si seulement j'avais mieux visé, si seulement... Je pris une profonde inspiration tandis que les battements de mon coeur s'accéléraient. Soit moi, soit elle ? J'ouvris grand la bouche et restai muette une seconde. Je secouai la tête soudainement.

« Alors que ce soit moi ! Moi ! Et laissez la tranquille ! »

Mes yeux ne cessaient de faire l'aller retour entre Lyzee et la femme. Lyzee était morte de peur, je pouvais le sentir sans trop de mal. Je la regardais en essayant la rassurer du regard, mais ce n'était certainement pas très efficace, j'étais moi même trop effrayée pour parvenir à la rassurer. Je n'avais pas la moindre idée de ce que je pourrais faire pour parvenir à la rassurer. Et pour parvenir à la sauver. La situation semblait désespérée et cela n'irait probablement pas en s'arrangeant. Je serrai les dents quand Lyzee demanda à ce qu'on ne me fasse pas de mal. Moi je me fichais qu'on me fasse du mal, du moment qu'elle s'en sortait indemne. Je regrettais d'avoir lâché mon arme quand j'étais tombée. J'étais maintenant carrément faible face à elle.

« Qu'est-ce que vous voulez ? Dites moi ce que vous voulez, mais laissez la ! »

Il s'est mis à pleuvoir tout à coup. Le tonnerre grondait et en moins de temps qu'il n'en faut pour dire « ouf » nous nous sommes retrouvées trempées. Il ne manquait plus que cela.
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MessageSujet: Re: But still she couldn't seem to breathe... [PV]   Lun 26 Juil - 19:16

La situation tournait très nettement à mon avantage et cela provoquait en moi une vague puissante de triomphe qu’il me fallait refreiner afin de ne pas éclater de rire, de ce rire fou et assourdissant de ceux qui savent qu’ils ont réussi. La petite prise en otage me permettrait assurément de faire chanter sa mère, en tenant compte de son amour maternel. N’ayant bien évidemment jamais eu d’enfant, je ne pouvais qu’imaginer la puissance de cet amour et lui crachais bien volontiers dessus. Le seul amour valable était celui que l’on portait à Dieu, tout le reste n’était que supercherie et superficialité. Je n’avais pas réagis à sa demande de liberté pour sa fille, me contentant de lui poser un ultimatum dont je connaissais la finalité. Cependant, son visage désespéré, cette soudaine et fulgurante peur qui se lisait très facilement sur ses traits était pour moi une douce caresse. La loi du talion, œil pour œil, dent pour dent. Elle m’avait blessé et j’allais faire de même, en prenant ceci dit mon temps. Soudain, je sentis un liquide chaud couler sur l’avant bras qui tenait la gamine, et baissant la tête je remarquais qu’elle pleurait. Les enfants sont d’une stupidité ahurissante, je venais de la sauver des griffes de l’ignorance et bien qu’elle ne le sache pas encore, j’aurais attendu d’elle un minimum de conviction et de joie. J’allais allumer la lumière là où les ténèbres prospéraient jusqu’à présent. En effet, je comptais bien garder la petite avec moi, et ainsi lui enseigner les louanges de notre sauveur. Qu’importe ce que je venais de dire à sa mère, de toute manière je savais que cette dernière décamperait illico, laissant derrière elle le fruit de ses entrailles. L’être humain est un monstre d’égoïsme lorsqu’il ignore que le Christ lui interdit de tels ressentiments, et il était évident pour moi qu’elle ne croyait pas en lui. Pourquoi le savais-je ? Elle possédait une arme à feu, n’avait pas hésité à me tirer dessus. Joli pêché que voilà. Si moi j’avais une raison de vouloir la tuer, elle n’en avait pas. Comme les cafards, elle aurait simplement du se laisser écraser par la puissance suprême, me laisser effectuer ma tâche. La pauvre n’était malheureusement plus désirée sur terre, il fallait se faire une raison et rendre l’âme avant de déchaîner une nouvelle fois la colère de Dieu. Je ne comprenais pas pourquoi tout ces gens s’obstinaient à vivre lorsque des preuves irréfutables de l’apocalypse étaient survenues ? Se croyaient ils donc assez puissants pour le défier ? Qu’elle stupidité. Subitement, je sentis les ongles de la gamine se planter férocement dans ma peau, juste avant de me mordre. A vrai dire je ne m’attendais pas à un tel point de satanisme chez cette saleté de gosse, et mon bras se desserra de lui-même dans un mouvement de recul face à la douleur. Elle en profita, tenta de m’échapper, ce qui fut bien sûr vain, et redoubla ma colère. Effectuant un simple pas, je la rattrapais par la première chose qui me venait, à savoir ses cheveux, et la tirais violement à moi. Elle ne m’échapperait plus.

A ma grande surprise, la plus âgée des deux voulu s’offrir plutôt que sa fille à moi. Une nouvelle fois, elle n’agissait pas comme je l’avais prévu, et cela commençait à m’exaspérer. A présent je ne désirais qu’une seule chose : m’en débarrasser. Même si en y réfléchissant je l’avais souhaité dès le premier regard, cette envie c’était transformée en nécessité absolue. Il fallait la renvoyer à Dieu, bien qu’elle en soit indigne. Peut être même irait elle tout droit en Enfer, mais cela m’était bien égal. Elle devait simplement disparaître de la surface de la terre. Voyant que je ne répondais pas, elle me demanda de but en blanc ce que je voulais, et cela était d’une telle simplicité qu’elle aurait, je pense, pu le comprendre. Je voulais sa mort, or je n’avais pas de réel moyen de la tuer dans l’immédiat. J’aurais très bien pu ramasser une pierre et la lapider jusqu’à ce que son visage ne soit plus qu’un tas de chaires ensanglantées mais cela me prendrait trop de temps et permettrait facilement à l’enfant de se dérober et s’enfuir. Or, c’était précisément d’elle dont j’avais besoin. Si j’avais premièrement voulu la tuer, j’avais désormais une toute autre idée en tête, une idée superbe et magistrale. L’élever dans le culte de Dieu, et, lorsqu’elle sera à son tour une parfaite servante, la sacrifiée au nom du Christ. Au nom de tous ceux avant et après elle qui retourneraient auprès de leur père. Cette offrande me paraissait une preuve magnifique de mon amour, et bien qu’elle ne m’ait jamais effleuré avant, je comptais bien la mettre en exécution. Le seul obstacle à cette entreprise était cette femme apeurée qui me regardait toujours, attendant une réponse, un geste. Je m’apprêtais à ouvrir la bouche lorsqu’un orage éclata, d’une violence stupéfiante. En un instant, la pluie tomba drue, nous trempant toutes les trois. Le tonnerre se rajoutait à cela dans un concert splendide. Je savais ce que cela voulait dire. Dieu me faisait savoir qu’il ne voulait pas que je la tue, pour une raison que j’ignorais. Mon rôle n’était cependant pas de comprendre les ordres mais d’y obéir, aussi commençais-je à reculer, entraînant avec moi la gamine que je tirais par les cheveux. C’est seulement à ce moment là que je me rendis compte que la garce m’avait mordu au sang. Qu’importe, elle avait tout le temps de changer radicalement. Je ne savais pas quel genre d’éducation lui avait procurer sa mère mais visiblement ce n’était pas très productif.

Sentant les larmes de mon sauveur couler sur mes propres joues, je poursuivais mon retrait à grands pas, m’éloignant le plus possible de la femme qui me faisait face. Je ne la lâchais pas des yeux, étais attentive à chacun de ses gestes. Si je ne désirais plus la tuer, je devais cependant m’assurer qu’elle ne profiterait pas d’un éventuel relâchement pour me sauter à la gorge. Mon silence planait et se dissolvait sous l’assaut des goûtes de pluie, rendant l’atmosphère des plus tendue. Je trébuchais alors, n’y prêtant d’abord pas attention et continuant de reculer lorsque je vis du coin de l’œil l’objet sur lequel j’avais marché. Le revolver. Elle l’avait lâché lorsqu’elle s’était mise à courir, visiblement nous étions revenu au point de départ. Je m’arrêtais et me penchais pour le ramasser, tirant un peu plus sur la chevelure de l’enfant. Qu’importe. Le braquant sur la femme qui me faisait toujours face, je réfléchis rapidement. Je ne pouvais la tuer, l’orage grondant toujours me rappelant le choix de Dieu, cependant j’étais certaine qu’elle me suivrait si je partais avec son enfant.

« Ce que je veux ? C’est justement la garder. Sauf que vous n’avez plus le choix. Si vous tenter quoi que ce soit je vous tuerais, et moi je ne me louperais pas. Je possède un restant d’appartement, plutôt confortable, bien qu’il n’y ait plus de salle de bain. Je saurais la nourrir à sa faim chaque jour. Elle sera mieux avec moi qu’avec vous. Il pleut des cordes et je suis sûre que vous n’avez pas d’endroit chaud où la ramener. Si elle tombe malade, que ferez vous ? Je peux lui offrir ce confort. Réfléchissez une seconde, et vous verrez que c’est le mieux pour elle. »

Tissu de mensonge. Je prierai plus tard afin d’expier cette faute, mais elle était nécessaire. Mon ton était plutôt convainquant, j’avais presque l’air sincère. Baissant légèrement la tête, prenant une voix implorante, je rajoutais :

« Je ne veux pas lui faire de mal. C’est pour son bien, si je suis aussi violente avec vous. Vous ne pouvez la garder. S’il vous plait. Laisser la partir. »
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MessageSujet: Re: But still she couldn't seem to breathe... [PV]   Jeu 5 Aoû - 14:15

J’avais toujours eu peur de l’orage. Quand j’étais plus petite, j’allais souvent me réfugier dans le lit de mes parents, mais mon père n’était pas toujours d’accord, alors ma mère allait me recoucher. Je parvenais parfois à me rendormir, mais le tonnerre me réveillait toujours une nouvelle fois, alors je tentais les chambres de mes frères et de ma sœur. Ils avaient à chaque fois su me rassurer, c’était leur rôle quelque part. Mais là, il pleuvait de plus en plus fort, et les bras dans lesquels je me trouvais étaient loin d’être rassurants, bien au contraire. La folle m’a entraînée en arrière, j’ai tenté de résister pendant une seconde mais c’était voué à l’échec. Je n’étais qu’une gamine et je n’avais aucune chance. Elle pouvait faire ce qu’elle voulait de moi. Mais plus elle m’éloignait d’Ana, plus je sentais la terreur m’envahir. C’était bien pire que tout ce que je pouvais m’imaginer. Lorsqu’elle voulut ramasser le pistolet malheureusement resté à terre, elle ne se gêna pas pour tirer un peu plus sur mes cheveux, ce qui me fit lâcher un nouveau gémissement de plainte. Et elle pointa l’arme sur Anastasia. La situation empirait. Ça allait mal finir, très mal finir…

Puis il ne fut plus question de me tuer, mais… de m’offrir un certain confort. Je ne comprenais pas. Elle voulait me garder avec elle ? Hors de question ! Tout ce que je voulais, c’est qu’elle me lâche et qu’elle nous laisse repartir, Ana et moi. Mais si ce qu’elle disait était vrai… Un endroit chaud, par ce temps là, on ne pouvait pas vraiment refuser. Par contre, en ce qui concernait la nourriture, j’étais assez sceptique. On ne pouvait plus manger à sa faim, il n’y avait plus rien. Mais peut-être qu’elle avait trouvé une sorte de réserve, un magasin pas encore totalement pillé, quelque chose du genre… Si tout ça était vrai, alors peut-être qu’en effet, il était mieux que j’aille avec elle. De toute façon, je n’avais pas le choix, et Ana non plus. J’avais très vite compris que si cette dernière s’obstinait, elle allait être blessée. Ce n’était plus elle qui était armée, à présent…

Elle ne voulait pas me faire de mal. Etait-elle sincère ? Alors que quelques minutes auparavant, elle était prête à nous tuer toutes les deux. Elle me faisait mal mais elle ne voulait que mon bien ? Non, vraiment, je ne comprenais pas… Et il pleuvait de plus en plus fort, l’orage semblait gronder dans mon oreille ; j’étais trempée jusqu’aux os et je commençais à trembler de froid en plus de la peur. Il y avait du vent, aussi. Beaucoup de vent. Ça avait l’air un peu étrange d’ailleurs… J’ai levé les yeux vers le ciel, je ne sais pas trop pourquoi, et c’est là que je l’ai vue. Elle était à la fois loin et trop proche. Elle était à la fois magnifique et effrayante. J’avais vu à la télé déjà des choses de ce genre, mais c’était comme le pistolet, jamais en vrai. Alors j’ai hurlé. J’ai hurlé depuis le fond de ma gorge, un cri aigu et strident, du genre que personne ne pouvait supporter – un cri d’enfant, quoi. Ma voix à percé le bruit de la pluie pendant une demi-douzaine de secondes, et j’ai fini par pointer le doigt vers le ciel, puisque visiblement Ana et l’inconnue n’avaient pas compris la véritable origine de mon hurlement.

Là, droit devant nous, au loin. Une tornade. Une vraie. Et si on ne bougeait pas immédiatement, elle allait nous emporter.

J’avais cru que rien ne pouvait me faire plus peur de ce que j’étais en train de vivre. J’avais tort. Peu importe avec qui je devais partir à présent, je voulais juste survivre.

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