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 I believe in Yesterday. ( Ethan. J )

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Liam Marsden
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MessageSujet: I believe in Yesterday. ( Ethan. J )   Ven 9 Juil - 19:18

Le réveil avait été difficile. La plupart des gens de la communauté avaient de vieux réveils, ou de vieux portables qui, malgré leur absence de réseaux, donnaient toujours l’heure et faisaient office de réveil matin. Pour ma part, j’ai toujours été lève tôt, et me réveille très naturellement aux environs de 7 heures. Certains bien sûr n’utilisent pas de réveil, ils se levaient quand ils voulaient et malgré les règles instaurées par Alexander, nous n’allions pas aller les réveiller, sauf cas exceptionnel. Mais comme dit le vieil adage l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, et beaucoup de choses s’effectuaient le matin. Préparer le petit déjeuner, puis le déjeuner. Mettre et desservir le couvert, aider à la plonge, habiller et laver les enfants. Lucy et Lucas étaient souvent des premiers à passer à la douche, mais pas ce matin là. Ce matin, nous avions fait la grasse matinée, bien malgré nous, il faut l’avouer. Nous étions passés voir Katarina et Lena la veille, et je m’étais senti comme vidé après cet entretien qui avait été fort en émotion pour moi. Très difficile psychologiquement parlant, et par là physiquement également. Quand l’esprit va mal, le corps suis-je crois. En tout cas je n’avais pas dîné le soir, pas plus que déjeuner le midi, et ce matin mon appétit n’était pas plus communicatif. Je ne savais pas quelle heure il était lorsque mes yeux se sont enfin ouverts, après avoir rapidement fais manger les enfants nous étions allés nous coucher tôt, pour ne plus nous réveiller avant maintenant. J’espérais qu’il n’était pas trop tard, réveillant doucement Lucy et Lucas. Mes deux jolies têtes blondes étaient toujours un peu sonnées le matin, j’en profitais pour les embrasser chacun leur tour puis me diriger vers la commode afin d’y dénicher quelques vêtements propres. Après une bonne douche, eux d’abord et moi ensuite, nous étions tous en forme, le teint plus frais. J’avais en chemin pu demander quelle heure il était, prêt de 8h30. Bien, dans un petit quart d’heure je pourrais emmener Lucy et Lucas déjeuner, ce qui ne leur ferait pas de mal. Lucas était encore plus excité lorsqu’il avait faim.

Nous étions allés dans le salon en attendant, je tentais de lire un vieux magasine posé sur la table tandis que Lucas sautait partout et Lucy faisait la tête à l’autre bout du canapé. Oui, depuis hier elle ne m’avait pas dis un traite mot, visiblement vexée de mon attitude passée. Hier je les avais froidement renvoyé de la chambre d’Ethan et Katarina parce que je ne voulais plus avoir la vision de mon passé devant moi, mais cette attitude ne me correspondait pas. D’ordinaire j’étais doux et conciliant avec eux, je ne les grondais jamais. Et mon inhabituel éclat de voix avait visiblement beaucoup énervée ma fille qui voulait rester auprès de Lena. Même en m’excusant par la suite, elle n’avait daigné m’adresser la parole. Cela ne lui ressemblait pas non plus, mais je supposais qu’après ce que je lui avais fait, ce n’était qu’un juste retour. Lucas quant à lui avait l’air d’avoir mieux pris la chose, jouant et riant comme avant, m’assommant de questions et d’histoires farfelues qui me faisaient sourire. Les garçons sont peut être moins sensibles, après tout. Même si pour ma part je l’avais toujours été. Lucy s’était assise le plus loin possible de moi et regardait droit devant elle, comme si elle avait regardé la télévision, mais alors un programme qu’elle n’aimait vraiment pas parce que son visage était fermé et ses sourcils froncés. J’avais décidé de laisser couler, ça lui passerait. Je passais le temps, lisant les rubriques modes d’un magasine qui datait d’un peu plus d’un an, quand soudain la voix légère et claironnante de Lucy s’éleva dans la pièce, se confondant avec le bruit que faisait Lucas.

« C’est quand qu’on retourne voir Lena ? »

Elle me regardait, son regard exprimant de la colère mais aussi de la tristesse. Cela me brisa le cœur.

« Bientôt. »

Je ne le pensais malheureusement pas. Je ne voulais pas y retourner, pas tant que je n’aurais pas la force d’affronter les vestiges de mon passé. Je refermais le magasine et emmenais les enfants déjeuner, les laissant avec quelques autres parents et un petit groupe d’enfant. Si je n’avais pas d’appétit auparavant, la vue de la nourriture me dérangeait à présent. Je retournais dans ma chambre, et tentais de m’occuper. Je commençais par refaire les lits, faire une pile de vêtements à laver, ranger le bureau. Une vraie petite femme au foyer, songeais-je. Lorsque la chambre fut relativement propre et bien rangée, je m’affalais sur le lit et fermais les yeux, me laissant aller à des images où, ni Natacha, ni notre défunt enfant n’existaient. Si je voulais me purger, je devais commencer par oublier. Du mieux possible. Mais au lieu d’une vie sans eux, j’imaginais une vie où tout deux étaient vivants, et en bonne santé. Nous formerions une vraie famille, serions unis. J’aurais quand même « adopté » Lucy et Lucas, je savais que Natacha avait un cœur énorme et ne les aurais pas laissé livrés à eux même. Nous aurions été 5. Le bonheur. Me sortant de mes pensées, j’entendis frapper. Comme un réflexe, je criais : « entrez », sans même me relever, ce qui était absolument déplacé. Nous n’étions pas dans une colonie de vacances. Me rendant compte de cette erreur, je m’assis rapidement sur le lit tandis qu’Ethan entrait.

Je fus heureux de le voir, plus que d’habitude peut être. Un grand sourire illumina mon visage, et me levant je lui serrai chaleureusement la main. Si j’étais discret et timide en société, avec mes bons amis il en était autrement. Je parlais plus facilement, riais. Et aujourd’hui, après ce qui c’était passé avec sa femme, j’étais réellement content qu’il vienne me voir. Je lui lançais :

« Comment vas-tu ? Et Katarina et Lena ? »

Mon sourire se fana quelque peu, l’espace d’un instant, j’eu peur qu’il me fasse des reproches. Après tout j’avais été d’un désagréable sans pareille avec elles et il était possible qu’Ethan vienne me remettre les pendules à l’heure. Je rajoutais, quelque peu anxieux :

« Qu’est ce qui t’amènes ? »
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: I believe in Yesterday. ( Ethan. J )   Dim 11 Juil - 15:57

J’étais arrivé à un point où j’en avais assez de vivre ici. Non pas que je n’aime pas les gens, ni aider mon prochain non. Mais j’avais des responsabilités énormes, et même si je n’étais pas du genre à fuir mes responsabilités, j’avoue que j’aurai cent fois préféré être auprès de ma fille que de gérer les soi disant urgences. Et ca n’arrêtait pas… Depuis hier, Alexander me mettait à nouveau la pression. La veille nous avions eu une discussion à huis clos assez houleuse. Je ne supportais pas qu’il me reproche de vouloir passer du temps avec ma famille alors que j’avais trouvé en Liam un homme de confiance. Je savais que je pourrais lui confier n’importe quoi, jamais il ne me décevrait. Et je ne comprenais pas pourquoi Alexander en faisait une affaire d’état. Je savais pourtant qu’il avait confiance en Liam, là n’était pas le problème. D’ailleurs Liam était arrivé bien avant moi donc…..Mais Alexander semblait me reprocher tout et n’importe quoi. Et là j’en avais juste assez…..Qu’il arrête de ramener de nouvelles personnes me semblait essentiel s’il voulait que les choses continuent à aller bien….

Mais non…il s’entêtait. Encore et encore….

Je l’évitais au maximum. Il m’avait donné comme nouvelle mission de recenser les problèmes techniques dans les chambres….. Moi je prenais ça de manière personnel. J’avais l’impression qu’il m’empêchait de passer du temps avec ma fille. Aaron lui semblait au dessus de ça….et ça me rendait dingue, carrément dingue.

Heureusement que Katarina savait me calmer sinon j’aurais sans doute fini par en venir aux mains avec Alexander. Je ne supportais plus ses manières militaires. Je comprenais beaucoup de choses mais là c’était juste trop…..
Notre petite « conversation » avait duré presque trois longues heures. Trois longues heures que j’avais passé loin de ma fille. Alors évidemment quand j’étais revenu dans notre chambre, elle venait de s’endormir. Katarina lui avait donné le sein une demi-heure avant. J’allais devoir encore attendre un peu moins de trois heures avant de la tenir dans mes bras. Et j’étais forcément frustré.

Katarina semblait assez mal à l’aise à mon arrivée. Sur le coup, j’ai mis ça sur le compte du fait que mon entrevue ne devait pas durer très longtemps et qu’elle aurait peut être aimé se reposer et que je donne le biberon à Lena, mais j’ai su rapidement quand elle m’a enlacé que ce n’était pas ça. Alors rapidement, j’ai su ce qui la chagrinait autant.

Liam était passé un peu plus tôt avec Lucas et Lucy rencontrer Lena. Poussé sans doute par les deux bambins, il était venu voir Katarina. Et même si Katarina m’a expliqué ce qui s’était passé, j’ai compris automatiquement. Sans arrière pensée, elle lui avait mis Lena dans les bras, et rapidement Liam avait semblé se tendre. Je comprenais mieux…

Liam s’était une fois confié à moi. Je devais sans doute être le seul à presque tout connaitre de la vie de mon ami tout comme il connaissait la mienne. Il m’avait énormément aidé pendant les périodes où ça n’allait plus trop. Je savais qu’il avait été marié, et que sa femme et sa fille étaient décédées le même jour. Sa femme avait accouché prématurément et ni l’une ni l’autre n’avaient survécu. C’était aussi pour ça que j’avais si peur avec Lena…..et c’était sans doute pour cela qu’il avait veillé toute la nuit pour la naissance de Lena. Je pouvais vraiment considérer Liam comme un frère. Plus les mois passaient et plus nous nous retrouvions l’un dans l’autre.

Je pensais le voir ce soir là quand je suis passé chercher à manger pour Katarina et moi (nous ne mangions plus que dans notre chambre, Lena étant trop petite pour qu’on l’intègre à tant de bruits….version officielle…bien sûr c’était parce que nous avions d’intimité), mais je ne l’ai pas vu…. Alors je me promettais d’aller le voir le lendemain pour m’excuser au nom de ma femme. Elle ne pensait pas à mal puisqu’elle ne savait pas. Elle savait que je tenais Liam en estime et lui laisser Lena dans les bras avait été pour elle une marque d’affection et de désir d’implication de Liam dans la vie de notre fille.

Mais je savais que même si Liam ne détestait pas Lena, il aurait bien du mal à être proche d’elle. Ses douleurs étaient encore trop vivaces…..et j’aurais aimé pouvoir atténuer sa peine, j’aurais tant aimé.
Mais ce matin là non plus, il n’était pas là…. Et j’avoue que ça m’inquiétait. Les jumeaux étaient avec Gabrielle, donc il n’était rien arrivé à Liam…. De toute façon j’aurais sans doute été au courant si cela avait été le cas. Mais je m’inquiétais tout de même pour mon ami. Alors après un passage dans notre chambre pour dire à Katarina ou je me trouvais (je préférais qu’elle sache ou me trouver en cas de problèmes) et de multiples recommandations, je suis allé vers la chambre de Liam. J’étais presque sur de l’y trouver…..

Alors j’ai frappé à la porte. Et en entendant le fameux sésame, je suis entré et l’ai trouvé assis sur le lit. Par bonheur, il m’a souri quand il a vu que c’était moi. Et je voyais bien que ce sourire n’était pas forcé, alors j’ai été rassuré.

Nous nous sommes serrés la main et c’est lui le premier qui a parlé. Nous n’étions pas forcement plus bavards l’un que l’autre, mais entre nous nous communiquions assez bien, souvent par la musique d’ailleurs.

« Comment vas-tu ? Et Katarina et Lena ? »

Dés qu’on parlait de ma famille, j’avais tout de suite cette petite étincelle dans le regard. Et cette fois ci non plus n’a pas dérogé a la règle.

-Elles vont bien, merci.

Pourtant, j’ai tout de suite vu à son sourire qui a lentement disparu qu’il se sentait gêné, alors j’ai voulu le rassurer rapidement, en lui offrant un sourire franc.

« Qu’est ce qui t’amènes ? »

Je ne savais pas comment amener les choses. C’est lui qui se sentait gêné alors que c’est moi qui devais l’être. Même si je n’en voulais pas à Katarina (de toute façon elle n’était au courant de rien , et j’étais incapable de lui en vouloir pour quoi que ce soit) , je me sentais gêné que mon ami se soit senti aussi mal. Alors je ne savais pas comment aborder la chose.

-Hum….

Je me tortillais les doigts, signe chez moi de malaise.

-Liam…j’aimerais m’excuser pour Katarina. Je voudrais que tu lui pardonnes sa maladresse, elle ne pensait pas à mal ent te mettant Lena dans les bras tu sais.
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Liam Marsden
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MessageSujet: Re: I believe in Yesterday. ( Ethan. J )   Mar 13 Juil - 14:28

Si Ethan ne m’avait offert de franc sourire, je serai sûrement entrain de creuser ma tombe à grands coups de pelles. J’avais l’impression de passer un examen devant un grand jury, le moindre de mes gestes m’était difficile, comme bloqué, la moindre de mes respirations calculées. Je craignais son regard, je n’aurais pas su dire pourquoi. J’étais arrivé avant lui à la communauté mais j’éprouvais une forme de respect pour cet homme qui avait tout perdu et tout reconstruit. Son courage avait été incroyable, et il avait suffit de l’aider un peu à sortir la tête de l’eau pour qu’il y parvienne. Juste un petit coup de main. Une envie spécifique de lui plaire me nouait le cœur, j’essayais toujours de faire mon maximum pour rester dans son estime et lui faire plaisir. Hors, je me doutais que la petite scène avec Lena n’avait pas dû lui faire plaisir, dutout. Je le regardai avec un air affreusement pitoyable, remarquai qu’il tortillait nerveusement ses doigts. Mauvais signe. Généralement il faisait ça lorsque quelque chose le gênait et qu’il cherchait comment vous le dire. Comment me dire que j’allais définitivement être banni de la vie de son enfant ? Même si égoïstement, cela ne m’aurait pas dérangé, je devais bien avouer que ça me peinait. Mais ce qu’il me dit me laissa totalement perplexe. Pardonner Katarina ? Comment pourrais je lui en vouloir ? Après tout elle ne savait pas, c’était un geste naturel, simple. C’était moi le problème. Et qu’Ethan ne s’en rende pas compte m’étonna, mais me soulagea en même temps. J’avais eu réellement peur, je connaissais le courroux d’Ethan pour l’avoir déjà vu se déchaîner sur d’autres personnes et priais pour qu’il ne s’abatte jamais sur moi.

Lorsqu’il s’agissait de Katarina ou Lena, Ethan se transformait en vraie furie. Le moindre mot de travers était passible d’un bon coup de poing, ce que je réprouvais fortement. Bien sûr, il avait raison de défendre sa femme lorsque cette dernière était attaquée, notamment sur sa nationalité, mais la violence n’était pas le meilleur moyen de régler les conflits. Sauf que pour le comprendre, le jeune homme aurait dû être moins impulsif, ou moins amoureux. Je me demandais comment j’aurais réagis s’il avait s’agit de Natacha, oubliait vite cette supposition. Je devais arrêter de penser à elle sans cesse, même si peu à peu une autre personne occupait mes amoureuses pensées, Natacha demeurait à mon goût beaucoup trop présente dans mon esprit. Toujours est il que je restais d’abord sans voix quant à la requête de mon ami, puis lui répondit d’une petite voix, évitant soigneusement de croiser son regard. J’avais honte de ce que j’avais fais.

« Je sais qu’elle ne pensait pas à mal, bien évidement je ne lui en veux pas… D’ailleurs c’est moi qui suis désolé d’avoir réagis comme un imbécile. »

Avec un soupire, je croisai son regard et m’assis, ou plutôt me laissai lamentablement tomber sur le lit, l’invitant à faire de même s’il le désirait d’un signe de tête. Je réfléchis une seconde avant de poursuivre, regardant mes pieds.

« Tout cela est encore trop frais pour moi. Je ne m’en suis toujours pas sorti. »

Je relevai la tête vers lui, effectuant une légère moue. Mon regard était triste et vide, perdu au loin sur la mer de mes souvenirs. En effet, je vivais toujours dans les traces de mon passé envolé, dans cette douce illusion qui berçait mes nuits de bonheur. Etais-je trop fou ou trop bête pour pouvoir oublier, je n’en savais rien. Mais mon deuil prenait de plus en plus de temps sans que je puisse y changer quoi que ce soit. Je subissais, et c’était là toute ma vie. Même si j’avais Lucy et Lucas, me manquait toujours cette partie de ma vie que j’avais tant attendue et qui n’est jamais arrivée. Pire, qui avait emporté avec elle la personne que j’aimais le plus au monde. Comment aurait réagit Ethan si Katarina était morte sous le coup de son accouchement, tuant également Lena ? Aurait il pu se relever ? J’en doutais très franchement, autant que je doutais pouvoir un jour me relever. Heureusement, j’avais depuis peu quelqu’un dans ma vie qui doucement m’aidait à me changer les idées. Je ne savais pas encore comment cela avait pu arriver, mais le fait était là, je me sentais attiré. Pour l’instant, je n’osais lui en parler de peur de paraître stupide, j’ai toujours été d’un naturel timide et n’ai connu qu’une seule femme dans ma vie : Natacha. Hors, c’était elle qui était venue vers moi, je n’avais donc aucune expérience. Ceci n’était pas très grave, compte tenu du fait que je n’étais pas encore certain de cette attirance et prêt à reconstruire une relation amoureuse. Je me demandais une seconde si je pouvais en parler à Ethan, le regardant étrangement. Je redoutais un peu sa réaction, qu’il pense que j’avais changé, ou je ne sais pas. Après tout je faisais beaucoup de simagrées pour quelqu’un qui aurait si facilement tourné la page. Je le fixai depuis une bonne minute avant de me rendre compte que finalement, j’étais incapable de lui dire un mot, et me contentais de baisser la tête. J’avais complètement perdu les pédales, et tentai de faire comme si de rien était.

« Enfin, en tout cas je suis désolé de ne pas pouvoir être proche de ta fille… Pas pour l’instant. Tu sais que j’aurais aimé pourtant… »

Un bref sourire accompagna mes pensées, en effet j’aurais aimé choyer cette enfant. Je l’adorais, mais ne pouvais faire preuve avec elle de tendresse. Tant que je n’étais pas guérit de mes douleurs, j’étais contrains à l’isolement et l’indifférence en surface. Je n’étais qu’un intoxiqué qui ne parvenais pas à s’en sortir. Mais tout cela allait changer. Bientôt.
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: I believe in Yesterday. ( Ethan. J )   Jeu 15 Juil - 12:21

Je tenais énormément à l’amitié de Liam, parce qu’il avait été là souvent pour moi, et parce que sans lui Katarina ne serait sans doute toujours pas ma femme. Et par conséquent j’avais peur qu’il n’en veuille à Katarina. Bien entendu entre ma femme et mon ami, le choix serait vite fait si on me donnait l’ordre de choisir, mais on ne me l’avait pas donné. Je n’en voulais pas à Katarina pour la simple et bonne raison qu’elle ne connaissait rien du passé de Liam. Qui d’autre à part moi savait ce par quoi il était passé ? Sans doute très peu de monde… Liam n’était pas du genre bavard ou prompt aux confidences. Et je me doutais que la réaction qu’il avait eu avec Katarina mais surtout avec Lena était une réaction normale vu le passé qu’il trainait derrière lui. Si moi j’avais perdu mes parents, lui avait perdu sa famille. La famille qu’il s’apprêtait à construire. En deux minutes il avait tout perdu, alors qu’il n’avait rien fait du tout.

Et je m’en voulais de lui faire revivre tout ça, je n’avais pas pensé à lui dans cette affaire, trop heureux de mon bonheur d’être père. Mais maintenant j’y pensais…. J’aurais aimé en parler à Katarina pour qu’elle sache que ça ne lui était pas destiné. Ni à elle, ni à Lena. Mais que Liam avait tellement souffert, qu’il ne pouvait pas avoir d’autres réactions. Mais j’avais promis à Liam de ne jamais rien dire à personne. Et je ne voulais pas trahir ma parole. Même si ça m’en coutait, parce que je cachais des choses à ma femme.

Nous semblions aussi gênés l’un que l’autre. Moi me tortillant nerveusement les doigts, et Liam restant silencieux et me répondant avec une petite voix relativement éteinte.

« Je sais qu’elle ne pensait pas à mal, bien évidement je ne lui en veux pas… D’ailleurs c’est moi qui suis désolé d’avoir réagis comme un imbécile. »

Tout à coup, c’est comme si on m’enlevait un poids énorme. Il n’en voulait pas à Katarina….C’est tout ce que je voulais, que ma femme et mon ami ne s’en veulent pas l’un à l’autre. Mais je me suis senti honteux de venir le voir et de l’entendre s’excuser. Alors j’ai tout de suite voulu « éclaircir » les choses et c’est par amitié que j’ai posé ma main sur son épaule en secouant la tête.

-Ne t’excuse pas Liam. Tu as réagi comme n’importe qui. Ne t’excuse pas !

Il n’avait pas à s’excuser… J’aurai sans doute réagi bien plus vivement qu’il avait fait. Apres tout, du récit que m’en avait fait Katarina, il avait juste eu quelques minutes assez sèches où il avait renvoyé Lucas et Lucy et où il avait eu l’air de rejeter Lena. C’était ainsi que Katarina m’avait présenté la chose.
Pourtant, je savais qu’il ne rejetait pas vraiment Lena, il souffrait juste. Et la souffrance fait faire parfois des choses qui ne nous ressemblent pas et que nous finissons par regretter. Mais la douleur ne se contrôle pas hélas. Ou alors il faut être complètement insensible et sans cœur. Or, Liam avait un cœur. Un cœur énorme même.

Nos yeux dans les yeux de l’autre, il s’est assis sur son lit avant de me désigner une place à côté de lui. Invitation que j’ai acceptée. Sauf que maintenant il fuyait mon regard, alors j’ai laissé faire. Nous étions faits dans le même moule, comme deux frères, dés que nous nous sentons fautifs nous fuyons par quelque moyen que ce soit.

« Tout cela est encore trop frais pour moi. Je ne m’en suis toujours pas sorti. »

Je voyais bien qu’il allait mal, qu’il se sentait mal. Et même s’il a relevé les yeux vers moi, je le comprenais. Et je me sentais si mal pour lui. Tout allait bien pour moi et j’avais presque honte…. Moi j’étais heureux, je m’en étais sorti. Et lui souffrait toujours autant. Le temps n’arrivait pas à guérir ses blessures et je me sentais désemparé autant qu’honteux. J’aurais du me douter qu’afficher mon bonheur depuis quelques jours aux yeux de tous lui rappellerait forcément à lui ce qu’il avait perdu. Même s’il aimait sincèrement Lucy et Lucas, ils ne remplaceraient jamais sa femme et leur enfant.
Nous nous fixions sans vraiment nous regarder. C’était comme si nous regardions l’autre tout en plongeant dans nos propres pensées, nos propres peurs, nos propres histoires.
J’aurai vraiment aimé qu’il retrouve le sourire. Il ne l’avait pas totalement perdu. Mais je savais que ce qui s’était passé dans notre chambre l’avait sans doute énormément touché. Sinon, il serait venu manger…..


« Enfin, en tout cas je suis désolé de ne pas pouvoir être proche de ta fille… Pas pour l’instant. Tu sais que j’aurais aimé pourtant… »

Quand il m’a adressé un petit sourire timide, je lui ai adressé le même. Oui je savais qu’il aurait aimé. Parce qu’il était mon ami, et qu’il appréciait Katarina.
C’était pour cela que je ne lui avais pas proposé d’être parrain. Même si pour Katarina le parrain et la marraine de Lena étaient désignés d’office, ce serait Gabrielle et Alexander, j’aurais aimé proposer ce rôle à Liam. Mais je savais que s’il acceptait, ce serait par amitié et fraternité pour moi. Et je ne voulais pas lui imposer tout ça.
Je ne savais pas quoi faire pour qu’il réussisse à guérir de tout ça, mais je savais que lui demander des contacts avec Lena l’enfoncerait encore bien davantage, et je ne voulais pas.

De façon assez maladroite sans doute, j’ai posé une main sur son épaule pour le rassurer.

-Je sais ne t’inquiète pas….Ne t’en veux pas, ok ?

Cela devait lui couter de me l’avouer et j’appréciais. Je ne lui en voulais pas de se tenir éloigné de ma fille, même si j’aurai aimé qu’elle puisse compter sur son tonton Liam. Et comme il le disait lui-même, tout espoir n’était pas perdu. C’était juste qu’il était trop tôt.

-Et j’ai prévenu Katarina. Non, non ne t’inquiète pas hein, je ne lui ai rien raconté.

Je ne voulais surtout pas qu’il pense que j’ai trahi ma parole en répétant tout à ma femme. Katarina ne savait pas et ne saurait pas. Je lui avais juste demandé d’éviter de trop montrer Lena prés de Liam. Et elle avait compris immédiatement que je ne pouvais pas en dire plus, mais qu’il faudrait qu’elle fasse attention.

-Tu peux avoir confiance en elle, elle évitera de t’imposer la présence de Lena et elle ne cherchera pas à savoir.

C’est ce que j’aimais chez Katarina : sa discrétion. Jamais elle ne colportait de rumeurs, jamais elle n’en alimentait. Et elle détestait par-dessus tout être le point d’attention des autres. Même si maintenant qu’elle était mère, elle était fière de montrer Lena. C’était plus sa fierté de mère qu’elle mettait en avant plutôt que son ego.

-Et tu peux avoir confiance en moi, je ne dirais rien.
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Liam Marsden
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MessageSujet: Re: I believe in Yesterday. ( Ethan. J )   Jeu 15 Juil - 16:14

Ethan tentait tant bien que mal de me réconforter et j’eus alors pour mon ami une affection à toute épreuve. Ses efforts me touchaient vraiment, je ne saurais l’expliquer. Nous étions pourtant déjà liés d’une amitié très forte, aujourd’hui il était là pour moi et à vrai dire c’était le seul avec qui je pouvais réellement parler de ça. Personne d’autre ne connaissait mon histoire à la communauté, peu de gens avant la guerre. Il me semble que parfois, lorsque j’étais au piano dans quelques bars crasseux, je répondais en riant, déjà bien imbibé, à certaines questions. Aujourd’hui l’alcool était mon fléaux et Ethan mon seul confident. Même si j’appréciais d’autres personnes, je ne me serais jamais vu me confier à un autre. Nous nous ressemblions tant que c’était comme une évidence pour moi de lui parler à lui, et je savais que même s’il ne disait rien, ou presque, il compatissait réellement. Au fond cela m’ennuyait, je ne voulais lui causer de peines, je n’étais pas du genre à vouloir que les autres s’en fassent pour moi. Mais parfois, cela faisait du bien que de parler. D’extérioriser les démons qui me hantaient. C’était stupide, mais me décharger un peu de ce poids et savoir qu’il ne m’en voulait pas me rendit le sourire. Nous nous regardions vaguement sans dire mot quand il posa sa main sur mon épaule, contact qui me fit sourire. Je savais ce que cela représentait, et ce geste me fit réellement chaud au cœur. Une fois de plus, je ne me sentis plus seul.

Soudain, je me raidis. Il en avait parlé à Katarina ?! Heureusement, il s’en rendit compte et me rassura. Je dois avouer que j’eu un coup au cœur, pas tant que Kat le sache, mais que mon ami ait trahis sa parole. Car en effet, il m’avait promis de ne jamais dire mot de ce que je lui avais confié, et il était inutile de préciser comme cela m’aurait déçu. Puisqu’il était le seul auquel j’en avais touché mot, j’aurais au moins espéré qu’il garde cela pour lui. Bien que ce soit sa femme et que je me doutais de son opposition à lui cacher quoi que ce soit, ce qui est bien normal et sain dans un couple, les détails de ma désastreuse vie devaient absolument demeurer entre nous. J’avais presque honte de tout cela. Presque honte de n’être plus qu’une loque depuis que ma femme, mon enfant, étaient morts. C’était de ma faute. Si Natacha ne m’avait suivi ce jour là au parc, rien de tout cela ne serait arrivé, nous serions toujours ensemble, vivants. Ma vie aurait été si belle. Au lieu de ça ma vie a été un vrai fiasco et aujourd’hui je n’étais plus rien. Sans la communauté, sans Lucy et Lucas, Dieu seul sait ce que je serai devenu aujourd’hui. Je serais sans doute mort moi aussi, ce qui au final n’aurait peut être pas été une si mauvaise chose. J’aurais pu retourner auprès de mon enfant et de ma femme… Je ne doutais pas de la bienveillance de Katarina, qui s’efforcerait de ne pas m’imposer la présence de Lena. C’était triste, mais pour le moment je ne pouvais prendre sur moi. C’était plus fort que moi. Mais je comptais bien y remédier, je comptais me soigner, me purger. Si j’y étais parvenu pour l’alcool, ne pouvais je y parvenir pour accepter des enfants en bas âge ?

La dernière phrase d’Ethan m’ébranla, mais pour un tout autre sujet. Je pouvais avoir confiance en lui… Oui, je le savais, j’en étais persuadé. Ethan ne m’avait jamais déçu et je doutais qu’il commence maintenant, bien que j’eu une petite frayeur quelques secondes plus tôt. Sauf qu’en ce moment, j’aurais de nouveau eu besoin de me confier. Depuis quelques temps, je ressentais des choses étranges que je ne comprenais pas et n’arrivais pas à contrôler. Je me rendais compte que je changeais d’une façon qui me perturbait énormément, sans que je puisse y faire quoi que ce soit. Toute ma vie, tout ce que je pensais savoir de moi était remis en question. Inutile de préciser que depuis Natacha je n’avais touché aucune femme, j’en étais incapable et n’en avais pas envie. Pas envie, c’est bien là qu’est le problème. Lorsque je voyais une belle femme, je ne pouvais m’empêcher de la regarder, comme n’importe quel homme. J’étais sensible à sa beauté qui m’émouvait ou me ravissait, mais je ne les désirais pas. Aucune. Et puis, au fil du temps, je me suis rendu compte que je ne regardais plus que les femmes, mais aussi les hommes. Que je devenais sensible à leur charme également. Tout commença doucement, au début je ne m’en rendais même pas compte. Si je voyais un bel homme je me disais simplement qu’il était beau et passait à autre chose. Les hommes peuvent bien se trouver beaux entres eux, non ? Il n’y a rien de mal à cela. Pourtant, cela alla plus loin, toujours plus loin. Au fur et à mesure, je ne regardais plus que les hommes. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Je ne me suis jamais posé la question d’être homosexuel car je crois que la « norme » voudrait que nous soyons tous hétéro. J’ai rencontré Natacha et en suis tombé amoureux sans jamais me demander si j’aurais pu être amoureux d’un homme. Adolescent, je regardais les filles, et non les hommes. La grande majorité faisait comme cela, alors je suivais, et voilà tout. Mais aujourd’hui j’étais sûr de ne plus jamais pouvoir aimer une femme comme j’ai aimé Natacha, je ne leur accordais plus aucune envie charnelle. Au début j’ai pensé que cela venait du fait que j’avais souffert, trop souffert. Mais c’était tellement plus profond, tellement plus fort. J’en avais honte. Depuis que je comprenais ce qui se passait, je tentais à tout prix de regarder de nouveau les femmes, de les désirer, mais n’y parvenais pas. Ne subsistait que l’image de Natacha. J’aurais tout fait pour tomber amoureux de nouveau d’une femme sans avoir le fantôme de l’être tant aimé imprégné sur mes cornées. Mais c’était ainsi. Petit à petit, je devenais homosexuel. Ou bien je l’ai toujours été sans réellement m’en rendre compte. En tout cas, je n’osais plus regarder les hommes. J’avais l’impression qu’ils s’en rendaient compte et me traitaient de tafiole, tapette, ou je ne sais quoi encore dans leurs têtes. Oui, j’avais l’impression de n’être qu’une grande folle. J’avais honte, tellement honte. Honte de ce que je devenais. J’eus encore d’avantage honte la première fois que je ressentis réellement du désire pour un homme. Un homme de la communauté.

Dans ma tête rien n’était clair. Je n’osais à vrai dire formuler clairement ce que je ressentais. Je n’osais poser des mots froids et abrupts sur mes sentiments complètement déraisonnés. Mais le fait était là, je tombais progressivement amoureux d’un autre homme. Et il y avait cette phrase, cette toute petite phrase que je ne pouvais me dire : moi, Liam Marsden, je suis homosexuel. Non, je ne pouvais pas. Je le savais, je pensais que c’était cela, mais je ne pouvais me résoudre à le formuler. Très sincèrement, j’avais besoin d’aide. J’avais besoin qu’on m’épaule, me rassure. Qu’on me dise que je n’étais pas un monstre, pas un rebut de la société parce que je ne faisais pas comme tout le monde. Parce que simplement imaginer le regard des hétérosexuels m’effrayait au plus au point. Je crevais de peur, de honte et de remords. Je m’en voulais. Et je ne voyais personne d’autre qu’Ethan pour s’en charger. Sauf que je ne savais pas dutout comment il allait réagir. Je craignais tellement sa réaction, j’étais pétrifié. Et s’il se levait d’un bond et partait en courant ? Comme si j’étais atteint d’une maladie contagieuse, comme si j’allais le violer ? Penserait-il que maintenant il était possible qu’il me plaise ? A vrai dire cela sortait complètement de mon entendement. Je ne désirais qu’une seule personne ici, et ce n’était pas dutout mon meilleur ami. Or, si je le perdais, je me retrouverais complètement seul avec ce fardeau sur le dos. J’aurai tant voulu lui avouer, lui expliquer comment j’en étais arrivé là. Je me sentais monstrueux et sale.

J’avais essayé de me purger pour cela également. Si ce nouveau vice avait pu se soigner, il n’y avait rien que je n’avais pas tenté. Au début je fuyais carrément le regard des hommes, ma naturelle discrétion ne présageant rien d’étrange à cela. Je me retenais de les observer, même lorsqu’ils m’adressaient la parole. Je ne voulais plus les voir, plus les trouver charmants ou attirants. Je voulais rester dans mon petit moule parfait d’hétéro et ne plus ressentir toutes ces incongruités qui me plongeaient dans le noir le plus complet. Je ne savais pas où j’en étais, où j’allais. Au début, je ne m’imaginais pas avec les hommes que je regardais. Je ne me voyais pas en couple avec eux. Et puis, il y a eut cette seule personne, la seule avec laquelle j’aimerais être. Subsistait toujours un problème : les relations sexuelles. A mes yeux c’était simplement dégoûtant, et c’est aussi pour cela que je redoutais la réaction de mon ami. Si moi je trouvais cela répugnant, que penserait il, lui ? Que j’étais un monstre, oui. Je n’envisageais absolument pas de coucher avec un homme, même avec celui dont je désirais l’amour. Je voulais que nous nous aimions en toute chasteté. Oui, ce genre de pensées sont dignes d’une fillette de 10 ans, mais c’en était ainsi. Je voulais ses baisers, ses caresses. J’aurai pu passer des nuits à le câliner tendrement, mais pas à coucher. C’était un blocage. Un véritable problème. Mais cette nouvelle orientation sexuelle ne m’était apparue que quelques mois plus tôt, aussi ne pouvais-je pas être parfaitement apte à cette nouvelle vie. Je regardais Ethan depuis quelques bonnes minutes sans rien dire, ce qui au fond n’était pas rare entre nous. Nous demeurions souvent dans nos pensées, ensemble, cela ne nous dérangeant ni l’un ni l’autre. Mais cette fois ci, j’avais quelque chose à lui dire et je ne savais comment m’y prendre. Il allait être terriblement choqué, et je le comprenais. Mais j’avais besoin de lui dire. Aussi, afin de ne plus pouvoir reculer, je lâchai d’un ton sec :

« Je dois te dire quelque chose. »

Immédiatement, mon visage se décomposa. Je me rendis compte de ce que je m’apprêtai à faire et cela me fit tellement peur que j’en eus mal au ventre. Je ne pouvais plus faire marche arrière, et j’allais droit dans le mur. Il était forcé qu’Ethan s’en irait en courant, il ne pouvait en être autrement. J’allais le perdre. Parce que je n’étais qu’un futur et prometteur sidaïque. Je sentis une larme couler sur ma joue. Mon Dieu, je pleurais en plus. L’image parfaite de l’homme homosexuel qui pleure dès qu’il a un problème. L’image d’un homme perdu également. Je déglutis rapidement, essuyai mes larmes, et me ravisai. Je ne pouvais pas, c’était plus fort que moi. Je ne pouvais pas. Ne pouvais pas. Soudain je me levai et criai :

« Oublie. Va-t-en. Laisse moi tranquille, pars. »

Je vis qu’il ne bougeait pas et m’effondrai. Je ne pouvais plus endurer tout cela, c’était trop dur, trop difficile. Je n’avais pas les épaules pour supporter cela. Je me rassis à côté de lui et murmurai :

« Tu vois pas que je suis un monstre ? »

Je ne saurais dire à quel point je me sentais mal. Mis appart dans une bulle d’où je ne pouvais m’échapper. J’étais une erreur de la nature et ne pouvais y remédier. Juste une erreur de la nature. Alors, puisque de toute façon j’étais déjà allé trop loin, puisque j’avais déjà gravis trop de chemin pour m’arrêter maintenant, et puisque je ne pouvais vivre une minute de plus avec ça, je lui avouai. La tête baissée, je n’osai le regarder, et je murmurai :

« Ethan, je suis… je…»

Crache le morceau Liam. Ca suffit maintenant.

« Je suis homosexuel. »

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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: I believe in Yesterday. ( Ethan. J )   Ven 16 Juil - 17:41

Je ne comptais pas parler à ma femme des secrets de mon ami. Mon meilleur ami même. Je savais qu’elle ne m’en voudrait pas. Ces secrets là ne nous concernaient pas personnellement alors je ne lui mentais pas. Et je savais à quel point il avait été difficile pour Liam de me confier, même à moi tout ça…..Il avait encore du mal à sortir la tête hors de l’eau, et m’en parler l’avait aidé mais il ne voulait pas que quelqu’un d’autre l’aide. Ce n’était pas de la fierté mal placée, c’était de la réserve. Et finalement moi je comprenais….il était le seul à part Katarina et Lilly de totu connaitre de mon histoire.

Nous étions silencieux, perdus chacun de notre coté dans nos pensées. Cela nous arrivait souvent. Nous pouvions passer des heures comme ça l’un à côté de l’autre, à ne rien dire, juste être ensemble et savoir qu’on avait un ami. Parfois on allait dans le salon et on composait à deux, moi sur ma guitare et lui sur un synthé de fortune que nous avions trouvé.

Je repensais à la façon dont j’allais vivre notre vie de famille tout en ne l’imposant pas à Liam pour ne pas le blesser encore plus. J’espérais tout de même que mon ami finisse par réussir à surmonter ça et qu’être en présence de Lena ne soit plus aussi dur pour lui. Je voulais qu’il ait un rôle de ma fille, et je savais que c’est ce qu’il voulait aussi. Il n’y arrivait pas voilà tout. Et c’était à moi de l’aider. Parce qu’il m’avait aidé avant.

J’étais plongé dans ces pensées là quand Liam a brisé le silence qui régnait dans la chambre, et qui pourtant ne nous avait jamais dérangé jusque là.

« Je dois te dire quelque chose. »

Bon….j’étais tendu parce que je me demandais vraiment de quoi ils ‘agissait. Et quand j’ai vu son visage se décomposer et une larme rouler sur sa joue, j’ai compris qu’il s’agissait de quelque chose de grave. J’avais vraiment très peur qu’il me dise qu’il ne voulait pas avoir un rôle dans la vie de Lena ou qu’il en voulait finalement à Katarina. Je savais qu’elle aurait aimé se rapprocher de lui parce qu’elle savait que je l’appréciais énormément, et je me voyais très mal me retrouver entre eux deux. Il a rapidement essuyé ses larmes et s’est levé d’un seul coup en hurlant.

« Oublie. Va-t-en. Laisse-moi tranquille, pars. »

J’étais tout simplement trop choqué par ce changement d’humeur si soudain pour bouger. Je ne comprenais pas ce qu’il se passait. Ce n’était pas le Liam que je connaissais. Liam était d’un caractère assez calme et là il pétait littéralement les plombs. Sans raison apparente. Parce qu’il devait forcément y avoir une raison non ?

Oublier quoi ? Je ne comprenais vraiment rien du tout, je me sentais sur une autre planète. Alors quand il a vu que je ne bougeai pas et que je n’obéissais pas, il s’est rassis à cote de moi, et je l’ai senti plus calme. Enfin calme n’était pas vraiment le mot. Disons plutôt qu’il avait l’air anéanti et perdu.

« Tu vois pas que je suis un monstre ? »

Alors là, j’avoue que dire que je ne comprenais pas était un faible mot. En quoi ne pas arriver à approcher Lena et en voulant l’éviter parce que cela lui rappelait trop de souvenirs faisait de lui un monstre ? Je voulais qu’il comprenne que je ne lui en voulais pas et que je comprenais. Il resterait mon ami quand même. Et peut être qu’avec le temps il finirait par réussir à guérir ses blessures. J’allais répondre en lui disant qu’il ne devait pas se sentir comme un monstre pour « si peu ». Mais il a fini par lâcher LA bombe.

A voix basse, presque comme un murmure.

« Ethan, je suis… je…Je suis homosexuel. »

Oh !!! Nom de Dieu !!!! Voilà ce que j’ai pensé. Il n’avait pas l’air de plaisanter. Pourtant….il avait été marié, il allait devenir père. J’avais raté un épisode, non une saison complète en fait….

Je sais pas pourquoi mais j’étais tellement sous le choc de ces révélations que je me suis levé d’un bond et que je suis sorti de la chambre de Liam en claquant la porte malgré moi. Mon ami était homosexuel ! Ce n’est pas que ça me dérangeait, je n’avais rien du tout contre la communauté homosexuelle, c’était que j’avais peur de perdre mon ami. J’avais peur qu’il ne nourrisse à mon égard des sentiments amoureux et je ne voulais pas de ça parce que pour moi ça aurait voulu dire que je devrais m’éloigner de lui. Je respectais les homosexuels mais je ne l’étais pas. Et je dois avouer que ça me faisait peur. Si Liam avait des sentiments pour moi, j’aurai toujours peur de faire un geste qui lui fasse penser que j’étais ouvert à d’autres relations. Je voulais garder son amitié mais je savais que s’il avait des sentiments pour moi, je préférerais couper les ponts ou m’en éloigner.

J’avais besoin de savoir. Alors j’ai fait demi-tour, et je suis retourné dans la chambre en la fermant derrière moi. Je suis resté pourtant adossé à la porte en me tordant les doigts.

-Je veux juste savoir une chose Liam….

Et j’avoue que je n’en menais pas large, j’avais vraiment peur de perdre un ami. Un ami cher. Mais il fallait que nous en parlions et que les choses soient dites.

-Est ce que… Est-ce que tu as des sentiments autres que ceux d’un ami ou d’un frère pour moi ?


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MessageSujet: Re: I believe in Yesterday. ( Ethan. J )   Ven 16 Juil - 22:26

La réaction tant redoutée vint, implacable. Je n’avais relevé la tête, trop honteux pour oser affronter son regard, trop peureux pour pouvoir supporter la déception que j’y lirai. Parce que c’était la seule chose que l’on pouvait ressentir lorsque l’on apprenait ce genre de chose, une déception amère qui ronge votre affection et ne laisse qu’une infâme rancœur. Etre homosexuel faisait partie de ces choses immorales et immondes qui font de vous une erreur de la nature, vous met à l’écart du monde hétérosexuel. Creuse de profondes tranchées de part et d’autre d’un no man’s land d’amour sordide et de passions écorchées. Simplement parce que j’étais de l’autre côté du barbelé, je n’étais plus rien. De plus, il m’avait d’abord connu comme l’un des siens, comme un bon hétérosexuel brisé, or je ne l’étais plus, j’avais évolué, en bien ou en mal cela n’a pas d’importance. La seule chose qui avait de l’importance était que cette fausse image qu’il avait jusqu’à présent de moi me donnait l’aspect d’un menteur, d’un escroc, d’une saleté d’homosexuel qui se fout de la gueule du monde. Il se leva d’une manière si sèche que mon cœur loupa un battement et parti immédiatement, claquant la porte à mes horribles confessions et larmes teintées de remords. Je me recroquevillais sur le lit, posant mon menton sur mes genoux. Mes pleurs s’accentuèrent, encore et encore. J’avais mal. Mal de vivre dans la honte, mal de me retrouver seul. J’imaginais déjà la colère froide d’Ethan, son indifférence à venir qui me lacérera le cœur. Le dirait-il à Katarina ? M’ignorerait-elle également ? Eloigneraient-ils leur fille de moi non plus parce que sa présence me fait mal, mais parce qu’ils auraient peur que je l’influence d’une manière ou d’une autre ? Imaginaient-ils seulement que c’était un choix ? Quelque chose que j’acceptais le mieux du monde ? S’ils savaient à quel point ma douleur était grande, ils ne me laisseraient pas ainsi dans le noir, cherchant à tâtons la sortie de ce labyrinthe de l’horreur. Ethan serait encore à mes côtés afin de m’aider à affronter cette épreuve, cette souffrance de plus. S’il savait comme je m’en voulais.

Je regardais dans le vide, mes larmes inondant toujours mes joues dans un véritable tsunami de doute et de peur. Je ne voulais pas perdre cet ami qui à mes yeux avait une importance capitale, et cette simple idée me mettait dans un état pitoyable. J’étais prostré, ressemblait à un enfant puni dans sa chambre suite à une immense bêtise lorsqu’il rentra de nouveau dans la chambre. Je relevais mes yeux emplis de chagrin vers lui. Que voulait il ? M’enfoncer ? Me traiter de tous les noms avant de me quitter ? J’y consentais, je le méritais. Il se tordait les doigts, signe qu’il s’apprêtait à annoncer quelque chose qui le gênait. Je le connaissais par cœur, c’était presque un frère pour moi. Un frère qui s’apprêtait à m’enterrer six pieds sous terre. Il demeurait loin de moi, comme si j’étais atteint d’une grave maladie contagieuse, comme si j’étais un fléau. Je ne pouvais retenir mes pauvres sanglots devant tant de précautions pour m’éviter. Je sursautais lorsqu’il m’adressa la parole. Sa voix n’était pas aussi haineuse que je l’imaginais, pas aussi froide non plus. Il prenait des gants pour me jeter ? Délicate attention. Que voulait il savoir ? Lorsque la réponse vint enfin, je m’immobilisais, dépliais mes jambes et le regardais d’un air complètement ahuris. Des sentiments pour un frère, pour mon meilleur ami ? Je plantais alors mon regard dans le sien, esquissant presque un timide sourire, et murmurai :

« Non Ethan, je n’ai aucun sentiment pour toi. »

J’espérais alors qu’il soit parti uniquement pour cela, uniquement dans le doute. S’il m’avait attiré, il aurait été clair que toute notre amitié aurait été ruinée, j’aurais interprété chacun de ses gestes amicaux, me serait fais des idées. Or, Ethan n’était pour moi qu’un très bon ami, sans arrières pensées aucunes. Etrangement, je comprenais qu’il ne m’avait pas laisser parce que j’étais homosexuel mais parce qu’il avait peur que je sois charmé par lui. Il pouvait se rassurer, je ne l’étais pas le moins du monde. A vrai dire je priais intérieurement pour qu’il se détende et revienne s’asseoir, qu’il le prenne « bien ». Sa réaction m’avait confortée dans mon idée que je n’étais qu’un monstre, ne m’aidait pas. J’aurais eu besoin de pouvoir comme toujours me reposer sur lui, apaiser mes douleurs en lui en confiant une partie. J’étais moi-même trop perdu pour pouvoir lui en vouloir de m’abandonner, mais j’étais sûr de mieux m’en sortir s’il était là pour m’épauler. Comme un frère. Comme il l’avait toujours fais. Je le regardais toujours, je voulais mettre le plus de force possible dans ce regard afin qu’il ne doute pas un seul instant de ma parole, qu’il ne se sente pas en danger d’une quelconque façon. Puis je fixais de nouveau mon attention sur mes genoux que je repliais contre moi. A plus de trente ans cette position était d’un ridicule à hurler mais inconsciemment elle m’apaisait. Mes pleurs ne se calmaient pas, rendant ma respiration saccadée et ma voix incertaine. Je me risquais tout de même à lui expliquer comment j’en étais arrivé à un tel point de putréfaction morale, cette absence de choix frustrante et sadique. Subir ce que l’on vous impose est l’une des pires choses au monde, l’un des pires calvaires. Car il n’y a aucun moyen de se rebeller, aucune échappatoire contre soi même. J’étais la cause de mes douleurs, ne pouvant cependant rien faire pour les calmer. Comme si quelqu’un s’amusait à tirer les ficelles de manière à rendre ma vie le plus horrible possible. J’avais perdu ma femme, j’avais perdu mon enfant, aujourd’hui j’allais perdre ma dignité. Je tentai de calmer ma respiration avant de prononcer difficilement, le regard fixé sur mes genoux :

« Je ne l’ai pas choisi, tu sais. Je n’en suis pas fier. C’est même une véritable honte à mes yeux, mais je n’y peux rien. j’haussais doucement les épaules Je ne peux pas le contrôler, n’ai aucun moyen de me contenir ou me soigner. Pourtant je le ferai sans hésiter si l’occasion m’avait été offerte. Mais… J’ai déjà subis tellement de choses dans ma vie, je ne me sens pas la force de me battre contre ça maintenant.ma voix dérailla sur les derniers mots, j’étouffai un sanglot Ne me lâche pas. S’il te plait. J’veux pas rester tout seul avec ça. »

Je relevai enfin les yeux vers mon ami, ou peut être ancien ami. Mon regard noyé était implorant, j’avais besoin d’aide. Seulement d’aide.

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MessageSujet: Re: I believe in Yesterday. ( Ethan. J )   Sam 31 Juil - 17:54

Je retenais avec difficulté ma respiration. J’avais serré les poings, et ma mâchoire était crispée. J’avais même fermé les yeux sans le vouloir. J’avais réellement peur qu’il acquiesce, qu’il me dise que oui il avait des sentiments pour moi. Parce qu’aussi horrible que ça puisse paraitre, je savais que s’il me disait qu’il avait des sentiments, même naissants, pour moi, ça mettrait fin à notre amitié. Je ne supporterais pas de savoir que mon meilleur ami me voyait de façon différente, qu’il pouvait fantasmer sur moi. Parce que c’était vraiment ce qui gâcherait tout….Et je ne voulais pas le perdre, il était important dans nos vies. Et même s’il n’était pas le parrain de Lena, il avait vraiment une place importante dans notre famille.

Je n’étais pas prêt à ce que mon monde s’effondre. Alors quand il a ouvert la bouche pour me répondre, j’ai ouvert les yeux et je l’ai regardé. Ma voix était mal assurée, mais la sienne était juste pleine de souffrance. C’était même plus un murmure qu’une voix.

« Non Ethan, je n’ai aucun sentiment pour toi. »

Je crois qu’à ce moment là j’ai poussé un long, un très long soupir.

-Ouf…Voilà….j’étais rassuré….Il n’avait pas de sentiments pour moi. Rien ne viendrait entraver notre amitié. Franchement c’est tout ce que je voulais savoir, tout ce quoi j’avais besoin de savoir. Il me voyait toujours de la même manière, il n’avait jamais nourri le moindre sentiment amoureux à mon égard. Je ne perdrais pas mon meilleur ami. J’ai esquissé un sourire jusqu'à ce que j’entende à nouveau la voix brisée de Liam.

« Je ne l’ai pas choisi, tu sais. Je n’en suis pas fier. C’est même une véritable honte à mes yeux, mais je n’y peux rien. Je ne peux pas le contrôler, n’ai aucun moyen de me contenir ou me soigner. Pourtant je le ferai sans hésiter si l’occasion m’avait été offerte. Mais… J’ai déjà subis tellement de choses dans ma vie, je ne me sens pas la force de me battre contre ça maintenant. Ne me lâche pas. S’il te plait. J’veux pas rester tout seul avec ça. »

J’ai reçu tout ça comme une monstrueuse gifle. Et pourtant je ne lui en voulais pas. C’était à moi que j’en voulais. Je n’avais pensé qu’a moi en partant comme ça. Je lui avais fait penser sans doute que ce qu’il venait de me dire me dégoutait. Alors ce n’était pas du tout ce que je ressentais. Je n’avais pas honte de lui, je ne trouvais pas que mon ami était malade. Il avait juste une sexualité différente de la mienne. Mais il restait le même.

Liam sanglotait, et quand je l’ai enfin regardé, j’ai vu un homme brisé. Un homme malheureux à en crever. Je sentais combien cela avait du être difficile de me dire ça. Comme il devait se sentir aussi. Il avait honte….il se pensait malade….

J’étais vraiment un con des fois……

Il m’implorait du regard et je n’ai pas cherché à comprendre longtemps ce que je faisais, je suis allé vers lui et je l’ai pris fraternellement dans mes bras. Une étreinte masculine et certainement maladroite.

-Non Liam ! Non !!

Je ne voulais pas qu’il se sente mal, je ne voulais pas qu’il pense être un monstre ou atteint d’un mal incurable. Parce que ca n’était pas le cas. Mais je me doutais du mal que ca devait lui faire. Après tout il ne s’était sans doute pas réveillé un beau matin en se disant « et pourquoi je ne deviendrais pas homosexuel ? ». Les choses avaient du se faire plus sournoisement, plus doucement. Et si jusque là il ne m’avait rien dit c’est qu’effectivement pour lui ça devait vraiment être atroce à vivre. Il avait été marié, il avait failli fonder une famille. Et c’était sans doute aussi ce souvenir qui rendait sa sexualité difficile à assumer.

Mais il ne fallait pas qu’il pense que parce qu’il venait de s’apercevoir qu’il avait maintenant des envies différentes, cela le changeait radicalement. Il resterait toujours Liam Marsden. Rien ne changerait. Il serait toujours le même. Et surtout il resterait toujours mon ami, toujours !

-Je te lâcherai pas Liam ! Je suis désolé d’avoir réagi comme ça. Je veux pas que tu penses que c’est une maladie ou que t’es pas normal.

Je ne savais pas très bien comment lui dire les choses. Je n’avais jamais été confronté à ça. Même si je n’avais rien contre les homosexuels, je n’avais jamais eu d’amis avec une sexualité « hors norme » avant. Mais ce n’était pas une raison pour lui tourner le dos. Je n’étais pas comme ça. Et si j’avais fait ça, jamais plus je ne pourrais me regarder en face dans un miroir.

-J’ai réagi comme ça parce que j’avais peur que tu aies de sentiments pour moi et que ça gâche notre amitié.

J’avais sans doute réagi plus violemment que je n’aurais voulu ou n’aurait du. Mais quand il m’avait annoncé qu’il était homosexuel, j’avais pensé seulement à ça : et si il éprouvait plus pour moi ? Je n’aurais pas su comment me comporter avec lui si cela avait été le cas. Parce que si cela avait été le cas, j’aurais eu peur d’avoir une parole ou un geste qui puisse lui faire penser que j’étais flatté par ses sentiments et que je pourrais les partager. J’aimais ma femme ! Je n’irais pas à dire que j’aimais les femmes, parce que je n’en aimais qu’une.

Et j’aimais Liam comme un frère. Au même titre qu’Alexander…. Même si c’était différent, parce que Liam et moi avions plus en commun.

-T’es comme mon frère Liam.

Je lui tapotais le dos assez maladroitement mais le plus sincèrement du monde. J’étais vraiment triste qu’il pense que sa sexualité était une honte. Je ne voulais pas qu’il le vive comme cela. Il n’y avait aucune honte à avoir. Il n’était pas malade !!! Il restait le même. Il n’y avait qu’une chose qui avait changé : maintenant il n’envisageait plus sa vie avec une femme à ses côtés mais avec un homme.

-C’est pas une maladie Liam ok ? T’es normal ! N’aie pas honte ! C’est moi l’idiot !
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MessageSujet: Re: I believe in Yesterday. ( Ethan. J )   Lun 2 Aoû - 15:05

J’avais bien vu qu’il s’était légèrement détendu suite à mon affirmation quant à mon absence de sentiment à son égard, et pourtant je n’allais pas mieux. Je m’étais effondré devant lui, je savais qu’il était l’une des seules personnes face auxquelles je pouvais faire cela sans craintes, ou presque. Ou presque. La vérité était malheureusement bien différente, je crevais de peur. Peur d’être renié, exclu, jugé. Peur qu’Ethan, qui était pour moi un frère ne m’abandonne et me laisse avec ce poids sur les épaules, cette énième épreuve à affronter. Seul, encore une fois. Lorsque Natacha décéda, je m’étais volontairement reclus, avait passé des jours entiers seul pour finir par m’enfuir dans une autre ville, loin, loin de ces épouvantables souvenirs qui me hantaient, me déchiraient. J’étais alors plus fort, plus jeune. J’avais le courage de faire face à cela sans impliquer quiconque dans ma douleur atroce. Aujourd’hui je savais que je n’en avais plus la force, j’avais déjà trop enduré, trop vécu de malheurs pour subir muettement une nouvelle fois. Toute ma vie n’avait été que silence et douleur, j’avais désormais besoin de crier, d’extérioriser tout ce mal en moi. J’étais devenu un monstre et à force de vouloir me battre, je n’avais plus qu’envie de me laisser faire maintenant. Devenir un petit homosexuel digne de l’Enfer et abandonner la partie. La vie aura été plus forte que moi, je devais abdiquer. Mais pourquoi ? Pourquoi s’acharner avec tant de violence sur un pauvre homme ? Pourquoi me réduire en cendres lorsque je ne demande qu’à m’en sortir ? J’ai purgé ma peine pour le meurtre de ma femme. C’est moi qui l’ai attiré dans le froid déchirant, c’est moi qui l’ai fait tomber malade. J’ai subit la morsure sadique de sa mort, de celle de mon enfant. J’ai détruis ma vie en abandonnant tout ce qui m’était cher et j’ai anéantis mon corps, le noyant dans l’alcool. Je suis devenu un zombie, pour racheter mes fautes j’ai offert ma vie. Cela n’était il pas suffisant ? J’ai accueillis à bras ouverts des enfants qui n’étaient pas miens pour leur assurer une meilleure vie. J’ai promis de combattre mon aversion envers les enfants en bas âges par amour pour mon frère. J’ai voulu devenir meilleur, et voilà comment la vie me récompensait. Ces efforts n’avaient donc servis à rien, j’étais toujours aussi mauvais, et allait le devenir d’avantage encore. Je n’avais jamais rien eu contre les gays lorsque j’étais hétérosexuel, mais l’être à mon tour me paraissait effroyable. Je ne les haïssais pas, ne voulais simplement pas être l’un des leurs. Etait-ce si difficile à faire ? Aller contre ses envies pour redevenir normal, redevenir un homme, un vrai. Un homme comme tous les hommes.

Mes larmes coulaient toujours lorsque je vis Ethan s’approcher de moi. Il ne craignait donc pas de s’approcher de l’infâme homosexuel que j’étais, il aurait peut être du. Il aurait peut être du me laisser mourir avec cela, après tout. Méritais-je mieux ? J’étais un monstre. Un monstre. Malsain, ignoble, contagieux, ma vie n’était qu’un ramassis d’ordure en putréfaction. C’était moi l’ordure. Qu’avais-je cru, que je pourrais vivre avec ça ? Mon dieu. Je ne le voulais pas, je ne le voulais pas !!! Pourtant, il vint et me prit dans ses bras, comme si je n’étais pas horrible, comme si je méritais de vivre. Un mince sourire se dessina sur mes lèvres lorsqu’il me rassura, me tenant toujours contre lui. Cette étreinte était à mes yeux si précieuse que j’aurais voulu qu’elle dure encore longtemps. Dans ses bras, je me sentais mieux, je me sentais moins hideux. Il m’apportait la seule chose que je désirais ; un peu d’affection malgré le mal qui me taraudait. Je savais qu’il n’aurait pas du, qu’il aurait mieux fait de s’en aller et claquer la porte à ma laideur, mais très lâchement je le serrais à mon tour dans mes bras. J’étais incapable de dire quoi que ce soit lorsqu’il m’avoua avoir eu peur pour notre amitié. De même que je ne dis rien lorsqu’il me dit être un frère pour lui. Il en était de même pour moi, et jamais je n’avais pensé à quoi que ce soit de malsain envers lui. Jamais je n’avais ressentis quoi que ce soit à son égard mis appart l’affection pour un frère, quelqu’un d’indispensable à votre vie, de l’amour bien différent de celui que l’on éprouve pour sa femme ou…son homme. Le tenir contre moi ne me faisait pas entrevoir de sulfureuses scènes, bien loin de moi ce genre d’idées. Non, Ethan était un ami, un ami certes très important, mais seulement un ami. Et cela ne changera jamais. Même si mon affection était grande, même si j’aurais fais n’importe quoi pour lui, comme accepter Lena malgré ma douleur, il n’y avait rien de plus entre nous. Il était même étrange de penser à cela, aussi étrange que s’imaginer en couple avec son frère. Cela ne m’avait absolument jamais traversé l’esprit jusqu’alors, et il était clair que je n’en avais pas envie. Jamais.

-C’est pas une maladie Liam ok ? T’es normal ! N’aie pas honte ! C’est moi l’idiot !

Je sursautai, le repoussant un peu afin de le regarder bien en face. Mes yeux fouillèrent son visage à la recherche d’une quelconque gène ou d’un mensonge. Il ne pouvait que mentir. Comment pourrais-je ne pas avoir honte, être normal, sain ? Il se foutait de moi, c’était obligé. Je me glaçais, l’éloignais encore d’avantage. Malgré sa visible tristesse, malgré son étreinte, malgré ses paroles, je n’y croyais pas une seule seconde. Je ne pouvais pas imaginer qu’on trouve cela normal. Parce que ça ne l’était pas. Parce que j’étais un déchet de l’humanité. Puis j’ai repensé au jour où je lui avais tout avoué pour Natacha, et cet enfant à naître qui ne vint finalement jamais. Mon alcoolisme, ma douleur. Tout, il savait absolument tout. Je me suis souvenu de toute la souffrance compatissante que j’avais lu sur son visage, la même qu’aujourd’hui. Je me suis souvenu de la force avec laquelle il m’avait soutenu et épaulé jusqu’alors, avec laquelle il m’avait épargné beaucoup de douleurs. Tout comme il était prêt à présent à m’épargner celle de la présence de sa fille. Comme j’aurais fait beaucoup pour lui, il était prêt à faire beaucoup pour moi. Même si cela ne se traduisait pas toujours en actes ou en paroles, il était là pour moi. Je le sentais, le savais. Pourquoi douter de sa parole lorsque je le savais honnête ? Pourquoi douter de son amour lorsque je le savais à mes côtés coûte que coûte ? Un frère. Un ami. Ma bêtise était énorme, mon cœur visiblement de pierre. Douter d’une personne si chère était tout simplement quelque chose que je n’avais jusqu’alors jamais éprouvé, je me rendais bien compte que ma nouvelle orientation sexuelle me perturbait au plus haut point. Mes larmes avaient cessé, elles coulaient vers l’intérieur désormais, s’abattant directement sur mon pauvre cœur meurtris. J’avais mal. Ma main essuya des yeux déjà secs d’avoir trop pleuré et mon visage se détendit, retrouvant cette expression triste après la froideur. Je n’avais pas dis un mot, ma voix se serait de toute manière étranglée dans le fond de ma gorge. Je voulais redevenir celui que j’étais, j’avais si peur de ces changements. Ils me terrifiaient, me tétanisaient. Finalement, je posais une main tremblante sur l’épaule de mon ami qui me faisait toujours face, mais je n’osais le regarder. J’avais bien trop honte pour cela, même s’il m’avait ordonné de ne pas l’être. Ma voix reflétait parfaitement mon état d’esprit. De la souffrance, de la peur, mais surtout de la haine envers moi-même.

« Ne dis pas ça, ce n’est pas vrai. Ta réaction était justifiée. J’ai été lâche de t’imposer tout ça, j’aurais du me taire. J’aurais du me battre en silence contre cette…ce… »

Je ne pu finir ma phrase, secoué d’un nouveau sanglot. Je tentai de le réprimer, inspirai profondément l’air renfermé de ma chambre. Je fuyais toujours son regard.

« Ethan, tu as été là pour moi tellement de fois, que je ne peux te demander de l’être une nouvelle fois. Oublie ce que je t’ai dit, je dois rester seul avec ça. Je le mérite, c’est ma punition. Je suis fatigué, usé, mais c’est comme ça. Et toi cette fois j’osai le regarder en face toi, tu as une vie fantastique. Tu sais à quel point j’aurais aimé avoir la même. Alors fout pas tout en l’air, fais pas comme moi. Continue d’être un bon mari, un bon père. Fais surtout pas comme moi. »

J’eus un long soupire, laissais tomber ma main de son épaule. Tout cela était lié. Toute ma vie n’était qu’une succession d’échecs parce que j’avais tout gâché. Je ne serais pas devenu ce monstre si Natacha était toujours présente, si mon enfant était là. Je ne serais pas devenu ce connard.

« J’ai envie d’un verre. »

Et c’était vrai. Ethan savait sûrement ce que cela impliquait. Retomber dans l’alcoolisme, maintenant ? Je n’étais pas aussi fort que je ne paraissais, et ce qui venait de se produire le prouvait. J’avais seulement envie d’un verre.
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: I believe in Yesterday. ( Ethan. J )   Dim 8 Aoû - 13:40

Ca me crevait le cœur de savoir que Liam pensait réellement que l’homosexualité était une maladie. Et en un sens ça me choquait un peu venant de mon ami. Liam était d’une tolérance sans bornes et là….En fait, non je comprenais….enfin j’essayais de comprendre. Et si je ne me trompais pas sur lui, je pouvais penser que ça n’aurait pas changé la façon dont il voyait quelqu’un si celui-ci lui avait dit qu’il préférait des personnes du même sexe alors que jusque là il avait toujours été attiré par les personnes de sexe opposé. Mais Liam était une personne qui comme moi se trouvait tous les défauts du monde et se flagellait pour tout et n’importe quoi. Il s’en voulait de la mort de sa femme et de sa fille. Même après toutes ces années. Et je pense que ce qu’il ressentait c’était plus qu’une incompréhension face à ce qui lui arrivait. Il devait sans doute penser qu’il trahissait celle qu’il avait tant aimé et qu’il avait tant pleuré.

Et je ne savais pas comment réagir, à part lui dire qu’il n’était pas malade, et qu’il restait le même Liam. Je voyais bien à son regard qu’il avait juste peur. Et que peut être que ca l’aurait soulagé que je vois en lui ce monstre que lui voyait en se regardant dans le miroir. Pourtant je ne voyais pas ce monstre, je voyais toujours mon meilleur ami. Rien n’avait changé pour moi. Et je me fichais pas mal qu’il se soit rendu compte que ses regards se portaient maintenant moins facilement vers la gente féminine. Après tout le cœur a ses raisons que la raison ignore. Et l’amour n’est il pas universel et sans frontières ? Alors pourquoi fallait-il s’arrêter aux frontières d’une culture ou d’une nationalité ? Pourquoi ne pas étendre ça à ce qui faisait intrinsèquement l’essence même d’une personne ? Son identité sexuelle ?

Mais il avait mal, il était perdu….Et je n’arrivais visiblement pas à apaiser sa peine et sa douleur. J’aurais aimé ne pas avoir eu la réaction que j’avais eu quand il m’avait avoué la vérité. J’aurais aimé ne pas avoir peur pour notre amitié. Mais il était trop tard pour revenir en arrière.

« Ne dis pas ça, ce n’est pas vrai. Ta réaction était justifiée. J’ai été lâche de t’imposer tout ça, j’aurais du me taire. J’aurais du me battre en silence contre cette…ce… »

J’ai posé mes mains sur ses épaules alors qu’il n’arrivait plus à parler. J’aurais aimé qu’il puisse me regarder, qu’il ait la force de le faire…. Mais il fuyait mon regard, malgré mes tentatives pour qu’il s’y accroche. Il fallait qu’il lise dans mes yeux que j’avais mal réagi, que ma réaction était disproportionnée et malvenue. Je voulais qu’il comprenne que je ne le jugeais pas et que je ne le condamnais pas. Il n’avait tué personne !! Il n’était même pas différent. C’était toujours le même Liam que j’avais en face de moi. La seule chose qui avait changé c’était que ses choix qaunt à sa vie avaient évolués.


« Ethan, tu as été là pour moi tellement de fois, que je ne peux te demander de l’être une nouvelle fois. Oublie ce que je t’ai dit, je dois rester seul avec ça. Je le mérite, c’est ma punition. Je suis fatigué, usé, mais c’est comme ça. Et toi, toi, tu as une vie fantastique. Tu sais à quel point j’aurais aimé avoir la même. Alors fout pas tout en l’air, fais pas comme moi. Continue d’être un bon mari, un bon père. Fais surtout pas comme moi. »

J’avais vraiment l’impression qu’il venait de fermer une porte, celle de notre amitié. Je ne comprenais pas qu’il puisse avoir peur de mon jugement ou de ce que sa récente prise de conscience d’une sexualité différente puisse être un obstacle à ma vie et à mon bonheur. J’avais terriblement mal de le voir se flageller ainsi et penser qu’être homosexuel venait de le rendre un homme à fuir. Il était un bon père quoiqu’il arrive. Même pour des enfants qui n’étaient pas les siens biologiquement parlant. J’aurais aimé pouvoir l’apaiser. J’aurais aimé trouver les mots justes, mais j’étais bien trop maladroit. Et même si parfois cela faisait rire Katarina….Dans cette situation j’aurais aimé avoir sa capacité d’empathie et de dialogue.

Il fallait qu’il me regarde, il fallait qu’il lise que j’étais toujours son ami, et que je ne lui tournerais pas le dos. Mais il m’a un peu rejeté quand sa main a quitté mon épaule et qu’il s’est dérobé. Je n’imaginais que trop bien sa souffrance de ne pas mériter l’amitié de qui que ce soit…. Pourtant je me posais milles questions. Comment il avait découvert ça, et s’il y avait quelqu’un qui l’attirait plus que d’autres.

« J’ai envie d’un verre. »

Je l’ai fixé en essayant de me persuader que ce que je venais d’entendre n’était jamais sorti de sa bouche. Et pourtant, quand je l’ai vu, se tordre les doigts et continuer à éviter tout regard ou tout contact, j’ai compris que j’avais très bien entendu. Et je savais qu’il fallait vraiment que j’évite à tout prix qu’il replonge. Il avait été la tellement de fois pour moi quand je sentais que je perdais pied et que j’avais envie d’un shoot. Je ne pouvais pas le laisser tomber, je ne devais pas.

Alors je suis allé me planter devant la porte, les bras en croix en ayant pris soin de fermer. Il ne sortirait pas d’iic pour aller boire. Pas avant que nous ayons parlé. Pas avant que je n’aie réussi à le convaincre qu’il était un homme comme les autres, et que l’homosexualité n’était pas une maladie.

-Tu ne sortiras pas d’ici. Tu n’iras pas boire !

Je l’en empêcherais. Parce que je connaissais le mal que l’addiction à l’alcool ou la drogue causait. Il n’avait pas le droit de se laisser aller. Lucas et Lucy ne méritaient pas ça. Et Liam lui-même ne méritait pas ça. Il méritait d’être heureux. Et si bonheur devait passer désormais par l’amour d’un homme, alors soit… Et il devait l’accepter. La sexualité n’est pas une chose figée, et elle évolue.

-Tu n’es pas seul Liam, tu n’es pas seul ! Je suis là ! Je te lâcherai pas !

Je voulais qu’il arrive à comprendre que je ne lui tournais pas le dos. Et que j’avais mal réagi sur le moment….Je comprenais qu’il puisse m’en vouloir…. Mais maintenant j’étais là pour lui, et je le serais toujours. J’ai tenté de puiser en moi la force que m’insufflait Katarina, et j’ai cherché ce qu’elle aurait dit si elle avait été à ma place. Elle savait toujours trouver les mots justes. Elle était un exemple de diplomatie…..

-Ce n’est pas parce que…ta sexualité a changé…que tu n’es plus le même. Tu restes le même pour moi. Tu as le droit d’être heureux. Même si tu vois ton bonheur avec un homme maintenant. Ca ne fait pas de toi un monstre ! Tu n’es pas un monstre Liam !

Je le lui répéterais tant qu’il n’aurait pas intégré ça en son for intérieur. Quitte a y passer des jours et des jours….

-Et puis tu es un bon père toi aussi. Lucas et Lucy ne pouvaient pas rêver mieux comme père de substitution. Alors je t’en prie arrête de croire que tu dois souffrir.
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Liam Marsden
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MessageSujet: Re: I believe in Yesterday. ( Ethan. J )   Lun 9 Aoû - 22:17

Je me sentais très mal, comme affaiblis. Un léger étourdissement me prit, je fermai les yeux afin de ne pas me laisser envahir par cette sensation de manque que je connaissais bien. J’avais du rapidement me purger après les bombardements, comprenant que c’était là mon unique chance de m’en sortir et que l’alcool, malgré la facilité d’oublis qu’il nous procure, ne m’aiderait pas. J’avais sombré puis tenté de me ressaisir, mais aujourd’hui tout cela me paraissait bien loin. Le souvenir de l’ivresse continuelle me revenait parfaitement et dans un sens m’apaisait, car lorsque je passais mon temps à boire mes soucis ne m’effleuraient plus. Lentement, je me laissais aller à l’oubli et la sensation de vide que cela laissait me donnait l’impression d’être libéré de toutes mes erreurs. Cette sensation, j’avais envie de la retrouver. Pour la première fois depuis bien longtemps j’aurais donné n’importe quoi pour un verre, rien qu’un. Sentir la familière brulure d’un alcool fort coulant dans ma gorge, chassant mes peines au passage. Aussi lorsque je me rendis compte qu’Ethan s’était précipité sur la porte, la verrouillant, et se plaçant délibérément devant, mon cœur sauta dans ma poitrine. Mes vieux réflexes d’alcoolique revenaient bien vite à la charge, esclave de la bouteille j’étais prêt à n’importe quoi pour satisfaire mes envies même si cela voulait dire écarter un ami de ma route. Ce qui me gênait avec Ethan c’était que si jusqu’à présent il avait pu comprendre chacune de mes tristesses, l’homosexualité lui était quelque chose d’étranger et j’avais la désagréable impression que cela creusait un fossé entre nous. Je croyais que lui avouer cette nouvelle erreur de ma part me soulagerait, il n’en était rien. D’abord sa réaction aussi vive qu’acide, difficile à gérer, horrible. Je voyais bien qu’il ne cherchait qu’à me réconforter désormais mais il était trop tard, le mal était fait. J’étais un monstre et même s’il tentait de me faire croire le contraire le cocktail ne prendrait plus. Quelques instants plus tôt je ne désirais entendre que cela de sa bouche, je ne désirais que de réconfortantes paroles et de doux pardons mais à présent, ou peut-être avant déjà, je savais que cela était impossible. Je m’étais leurré en espérant qu’il ne le prendrait pas mal et même s’il essayait d’accepter la chose, moi je ne le pouvais pas. Le problème en somme ne venait pas de lui mais de moi, uniquement de moi une fois de plus. J’allais de nouveau tout gâché, et ce même si cette amitié m’était chère. J’allais la gâcher. Comme tout le reste.

Lorsqu’Ethan me dit enfin ce que j’aurais absolument voulu entendre de lui, que je n’étais pas seul, qu’il était là et ne m’abandonnerait pas, je relevais les yeux vers lui. Pourquoi ces mots ne me faisaient ils rien ? Pourquoi n’étais-je pas soulagé de le savoir ? Sans doutes parce qu’au fond de moi la certitude de devoir affronter cela et en souffrir seul était acquise. Je ne méritais nullement l’aide d’une personne aussi généreuse qu’Ethan, et inconsciemment j’éprouvais à son égard une admiration sans bornes. Parce que lui avait réussit à surmonter son addiction. Lui avait une femme et un enfant. Lui avait su gérer tout cela en homme et n’avait rien fichu par terre. Il ne méritait pas que je l’entraine dans ma destructrice chute, il ne méritait pas la peine que je lui infligeais car je le connaissais : je savais qu’il souffrait de me voir ainsi. J’avais également conscience de son envie de m’aider à sortir la tête de l’eau mais, sachant pertinemment que cela serait vain, il fallait que je le repousse. Il fallait que je lui épargne toute la noirceur de mon âme pour que lui puisse vivre paisiblement, il y avait le droit. Mes mains se mirent à trembler, le manque refaisait doucement mais surement surface. C’est fou comme les mauvaises habitudes sont difficiles à déloger et aisées à reprendre leurs places. Au fond de moi je crois que l’envie de boire était d’avantage psychologique que physique : je ressentais le besoin de me punir et ne voyais pas de meilleure façon à cela que de me détruire. L’alcool m’avait transformé en loque humaine une fois, cela pouvait sûrement se reproduire. Et cette nécessité de châtiment psychique produisait des effets corporels; l’étourdissement, les tremblements, la sueur que je sentais lentement perler sur mon front. Je connaissais bien tout cela, il ne me suffisait qu’à le reproduire inconsciemment à partir de souvenirs et de cet instinct du « déjà vécu ». Pouvait-on produire volontairement une crise de manque, même après s’être normalement soigné ? Un médecin aurait peut-être trouvé cela aberrant, dans mon cas cela me paraissait tout à fait pertinent voir même intelligent. J’étais faible, sale, faux et médiocre. Mon corps suivait le mouvement en mentant aussi aisément.

-Ce n’est pas parce que…ta sexualité a changé…que tu n’es plus le même. Tu restes le même pour moi. Tu as le droit d’être heureux. Même si tu vois ton bonheur avec un homme maintenant. Ca ne fait pas de toi un monstre ! Tu n’es pas un monstre Liam !

Je le regardais, vide, inexpressif. Je ne répondis rien parce que je ne trouvais nul mot assez fort pour cela, et aussi parce que je n’avais pas envie d’affronter celui que je considérais comme mon frère. Je ne voulais pas d’avantage lui faire de peine et pourtant je me doutais que cela n’était pas fini. Pas d’éclats de voix, pas de dispute, je décidai que le mieux pour lui était que je m’écarte volontairement de sa vie et cela se ferai progressivement, sans scènes catastrophiques et irraisonnées. Comment pouvais-je lui expliquer que pour son bien il fallait absolument bannir le monstre que j’étais de son entourage ? Même s’il disait que je n’en étais pas un, j’étais persuadé du contraire. Plus les minutes passaient plus je me demandais comment je parvenais encore à me regarder dans la glace, tant je n’étais qu’horreur et morbidité. Même pour ce qui était de la communauté, je n’étais plus certain de vouloir assumer ses responsabilités et ainsi accomplir des tâches revenant normalement à un leader. Je n’en étais pas un, pas un modèle non plus. Je n’avais pas les épaules pour porter tous les conflits et problèmes de cette communauté, encore moins lorsque j’aurais trouvé de quoi boire, car c’était à présent ma seule réelle envie. Ou du moins jusqu’Ethan aborde un sujet sensible, celui de Lucy et Lucas. Mes petits anges, mes petits bouts de choux à moi. Mon amour était en tout point comparable à celui d’un père pour ces enfants qui pourtant n’étaient pas mien, mais je doutais de ma capacité à réellement être un bon père. Ma conversation de la veille avec Katarina m’avait pourtant fait, l’espace de quelques minutes, entrevoir le contraire, mais manifestement je n’avais pas la carrure pour le rôle. Je ne devais pas être père, c’était comme inscrit dans mes gênes. Malgré mon amour inconditionnel pour ces enfants je n’avais aucunement le droit de me revendiquer comme leur père, à fortiori lorsque mon âme se recouvrait une nouvelle fois de cette puanteur nauséabonde propre à la déchéance. Je n’étais pas un modèle pour eux non plus, ne les méritais pas plus que le reste. Je me rendais alors compte de la multitude de chose que la vie m’avait tout de même offert et auxquelles je n’avais pas le droit. Ethan, la communauté, Lucas et Lucy. De l’amitié, du fraternalisme et de l’amour. Sadique. Il était sadique que d’offrir cela pour en contre partie offrir un nouveau fardeau. Rien n’était gratuit après tout.

Penser à « mes enfants » me procura certes un électrochoc, mais certainement pas dans le sens qu’Ethan avait du espérer. Je me rendais compte que je devais également m’éloigner d’eux, qu’un père comme moi était juste la plus horrible chose qu’il pouvait leur arriver et cela me faisait atrocement mal. J’allais devoir oublier tous ceux auxquels je tenais sincèrement dans le but de ne blesser personne, de n’éclabousser personne de ma saleté également. Une maladie contagieuse, c’était peut-être vrai après tout. Peut-être que tous ceux qui demeureraient auprès de moi deviendraient aussi grotesques, monstrueux et ignobles que ma propre personne. Il fallait à tout prix éviter l’hémorragie. J’étais un poison qui allait se rependre et infecter les personnes que j’aimais si je ne faisais rien, et malgré ma lâcheté et mon égoïsme, je ne pouvais m’y résoudre. Parce que j’étais malgré tout un être d’amour, et qu’au nom de cela je ne pouvais abandonner les autres. Toute l’affection que je portais aux personnes qui m’entouraient était celle qui me manquait, me poussant à me détester. Et le phénomène allait en symétrie : plus j’aimais les autres, plus je me haïssais. Telle une couverture trop petite que chacun tire à sois, je ne parvenais à trouver le juste milieu à cela qui m’aurait sans doute éviter de devoir me séparer de ces êtres si chers. Mais si je pouvais m’éloigner d’Ethan, de Katarina, Aaron et les autres, comment pouvais-je m’éloigner d’enfants qui vivaient avec moi ? Le seul moyen était de demander à ce que justement, ils ne vivent plus avec moi. Cette idée fit de nouveau monter mes larmes, mais je me devais d’être fort ne serait-ce que pour eux. Lorsqu’ils verront tous ce que je vais devenir plus personne ne trouvera à redire à cette décision. Si je ne pouvais stopper ma descente aux Enfers, je pouvais du moins n’entrainer personne avec moi. Pour une fois dans ta vie assume Liam, soit fort et fait ce qu’il faut.
Une larme coula doucement le long de ma joue, mon regard toujours fixé sur cet Ethan qui semblait pétrifié n’exprimait rien de plus que quelques secondes auparavant. Le vide. C’était après tout une bonne solution pour faire ce que je m’apprêtais à faire, être vide pour faire le vide autour de sois. Un grand vide, plus rien d’autre que ce mot. Vide. Vide. Vide. Je trouve que ce mot fait peur, parce qu’il n’y a pas de réelle image que l’on puisse mettre dessus. Comment décrire cette chose, ce concept ? Ce sont les choses indescriptibles qui nous causent le plus d’angoisse, comme le noir. Le noir et le vide sont des choses impalpables et terrifiantes. Je crois que dans ma jeunesse j’avais peur du noir également… Toute fois, j’essuyai d’une main molle, lasse, ces larmes disgracieuses. Pas de faiblesse, pas maintenant. Ma voix fut inhabituellement morte, comme si tout ce qui venait de l’intérieur de mon être était définitivement perdu, réduit en fumé. Le Liam que vous connaissez n’est plus. Morte et inexpressible, elle aussi.

« Ethan… - une longue minute s’écoula sans que je ne poursuive. Une minute c’est long, très long. - Lucy et Lucas doivent m’être retirés. Pour leur bien, il faut que quelqu’un d’autre s’en occupe. »

J’avais été clair, net et précis; n’avais pas perdu de temps en explications inutiles. Il ne fallait pas sortir de Saint Cyr pour savoir que s’il connaissait la réelle raison de cette demande Ethan si opposerait fermement, or je ne comptais pas vraiment lui laisser le choix. Dans leur seul et unique intérêt, tout rapport avec moi devait absolument cesser. Je me levai, m’approchant de lui avec une lenteur propre aux morts vivants. C’était peut-être même ce qui me qualifiait de mieux, un être entre la vie et la mort, devant supporter les souffrances que cet entres deux lui infligeait. Me plantant face à lui, je dépliai ses bras qu’il avait croisé comme pour me barrer la route corporellement parlant. Dans une autre situation ce geste m’aurait peut être fait sourire mais pas à présent. Sourire était devenu quelque chose de douloureux dans mon esprit. Une fois chose faite, laissai volontairement retomber ses mains dans le vide et posai une des miennes sur son épaules.

« Et tu ne vas pas t’opposer à ça Ethan. De même que tu ne vas pas t’opposer à ce que j’aille me saouler dans un coin. »

Il n’effectua aucun mouvement et malgré moi, je ris. D’un petit rire ironique qui sonnait faux dans ma bouche, je ne me reconnaissais plus.

« Je suis alcoolique, gay, veuf. Je suis une merde, un déchet et tout ce que tu pourras dire n’y changera rien. J’ai été stupide de demander ton réconfort mais à présent je n’en veux plus. Tu comprends Ethan ? Je ne veux plus de cette amitié. Laisse moi, va vivre ta vie loin du monstre que je suis. Parce que c’Est-ce que je suis, et tu n’y peux rien. Tu peux rien faire non plus pour me forcer à garder Lucy et Lucas. Va leur chercher une nouvelle famille, je crois que ça serait plus intelligent. »

Quelque chose en moi se déchira : j’avais mal. Atrocement mal de ce que j’étais entrain de faire. Je ne le voulais pas au fond mais quelque chose en moi me murmurait que c’était la meilleure solution. Je souffrais le martyr mais quelque chose en moi me murmurait que c’était tout ce que je méritais.
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: I believe in Yesterday. ( Ethan. J )   Dim 5 Sep - 12:03

Je ne savais vraiment pas quoi dire. Je n’avais jamais été très doué pour parler aux gens de toute façon. C’était Katarina qui m’avait réappris à m’exprimer. Je dis bien réappris, parce qu’il fut un temps où je savais encore le faire. Mais j’avais perdu cette faculté quand ma mère m’avait quitté. J’avais peur de dire ce que je ressentais, et Katarina à force d’amour et de persévérance avait réussi à me faire verbaliser les choses. Bavard, je ne l’étais toujours pas vraiment. La preuve : la personne (mis à part Katarina) pour laquelle j’avais sans doute le plus d’affection ici c’était Lilly. Et elle était muette. C’était un peu comme si nous nous étions choisis elle et moi. Et puis j’appréciais Liam parce qu’il savait se taire. Nous avions passé des heures entières à être ensemble en n’échangeant qu’une ou deux phrases. Et là, alors que j’aurais du parler, que j’aurais du le rassurer, je ne savais pas.

J’étais comme pétrifié par sa douleur. Je le regardais pleurer sans rien faire. J’aurais aimé, mais je ne savais pas quelle attitude adopter. J’étais un idiot oui ! Mais je ne savais pas réagir face à la souffrance des autres. Et pas seulement parce qu’elle me rappelait trop ma propre souffrance. J’avais peur de ne pas avoir le geste juste, le mot juste. J’avais peur de lui dire quelque chose pour le rassurer, et faire tout le contraire en empirant les choses. Pourtant, au fond de moi, je savais qu’il fallait que je réagisse. Il allait prendre ce silence et cette immobilité pour quelque chose qui n’était pas du tout ce qu’elle semblait être. J’aurais pu tendre la main, mais même ça je n’y arrivais pas. Je faisais vraiment un piètre ami. Et ce que je venais de lui dire ne semblait pas avoir réussi à le soulager. Et pourtant, je le pensais vraiment. Liam était un homme sur lequel on pouvait compter en toute circonstance et il était un très bon père. Il avait cela dans le sang. Alors que moi j’apprenais jour après jour, on avait l’impression que tout était naturel avec les enfants pour lui. Et je lui enviais ce naturel que j’aurais aimé avoir.

J’ai essayé de me demander ce qu’aurait fait Katarina dans une situation pareille, et j’en suis venu à la conclusion qu’elle aurait pris Liam dans ses bras. Alors c’est ce qu’il fallait sans doute faire. J’ai amorcé un geste vers lui. Mais il a été bien vite avorté par la main de mon ami qui essuyait ses joues en reprenant contenance. Pourtant, je ne m’étais pas attendu à ce qui allait suivre. J’avais l’impression de ne plus le reconnaitre. Physiquement c’était lui oui, mais intérieurement je ne le reconnaissais pas. Celui que j’avais devant moi semblait froid, distant, fuyant, malheureux !

« Ethan…

J’ai attendu fébrilement la suite pendant une minute interminable. J’étais pendu à ce qu’il voulait me dire. J’essayais de l’encourager en faisant un pas vers lui. Mais face à son immobilité, je n’ai pas osé faire un pas de plus. Alors j’ai attendu en silence. Et alors que j’aimais d’ordinaire le silence, là il me pesait. Je sentais ce mur s’élever entre nous, sans que je ne puisse rien faire. Et cela me rendait malade. J’aurais aimé pouvoir briser cette distance qui nous séparait. Et puis j’ai vu qu’il prenait une longue bouffée d’air avant de recommencer à parler.

-Lucy et Lucas doivent m’être retirés. Pour leur bien, il faut que quelqu’un d’autre s’en occupe. »

Les bras m’en sont tombés. Ma bouche a formé un « O » parfait et je le regardais avec des yeux hallucinés. Il n’avait pas pu dire ce que j’avais entendu. J’avais du rêver. …. Il ne m’avait pas dit qu’il espérait que quelqu’un d’autre eleve Lucy et Lucas. Il ne laisserait pas le soin à quelqu’un d’autre de prendre soin de ses enfants. C’étaient ses enfants !!! Il n’allait pas les abandonner. Non, non, non, non !! Liam était le père des jumeaux. Il les aimait ! J’avais mal entendu. Oui c’était ça, j’avais mal entendu.

J’étais toujours bras croisés, adossé à la porte, incapable de faire un seul mouvement. Il a fallu que je sente les mains de Liam sur mes bras pour me rendre compte que j’avais bien entendu. Il voulait que quelqu’un d’autre prenne soin de ses enfants. SES enfants. Pour tous ici, Lucy et Lucas étaient ses enfants. Comme Lena était ma fille. Il devait vraiment se sentir mal pour me dire des horreurs pareilles. Je savais qu’il aimait ses enfants. Il les aimait sans doute plus que n’importe qui. Et maintenant que j’étais père à mon tour, j’en mesurais l’étendue. Jamais je n’abandonnerai Lena. A moins de me sentir très mal….et encore ! C’est donc que Liam allait très mal. Et je ne pouvais pas le laisser ainsi.

J’opposais de la résistance, mais il a tout de même réussi à déplier mes bras. Pourtant je n’avais pas bougé d’un pouce. Il allait devoir me passer sur le corps s’il voulait sortir de cette chambre. Parce que je ne comptais pas le laisser partir tant que je ne lui aurais pas fait entendre raison.

« Et tu ne vas pas t’opposer à ça Ethan. De même que tu ne vas pas t’opposer à ce que j’aille me saouler dans un coin. »

Oh que si j’allais m’y opposer. Il lui suffisait de lire dans mes yeux pour voir à quel point j’étais déterminé. Il ne sortirait pas de cette chambre. Surtout pas pour aller se saouler. Je savais au prix de quels sacrifices il avait réussi à sortir de cet enfer. Et je ne le laisserais pas replonger. Tout comme il m’avait évité bien des fois de replonger la tête la première dans mes bien bonnes vieilles habitudes à des moments où ma vie me semblait fichue. Il avait été là quand j’avais besoin de lui et j’entendais bien lui rendre la pareille. Et ce n’était pas son petit rire repli d’ironie qui allait me faire céder. Pas plus que ce qu’il me dirait.

« Je suis alcoolique, gay, veuf. Je suis une merde, un déchet et tout ce que tu pourras dire n’y changera rien. J’ai été stupide de demander ton réconfort mais à présent je n’en veux plus. Tu comprends Ethan ? Je ne veux plus de cette amitié. Laisse-moi, va vivre ta vie loin du monstre que je suis. Parce que c’Est-ce que je suis, et tu n’y peux rien. Tu peux rien faire non plus pour me forcer à garder Lucy et Lucas. Va leur chercher une nouvelle famille, je crois que ça serait plus intelligent. »

Je l’ai défié du regard. Il en était tout simplement hors de question. Que j’abandonne mon ami en plein naufrage. Que je le laisse souffrir était tout simplement inconcevable. Davantage que le fait que je le considère comme un monstre. Parce que je ne le considérais pas du tout comme un monstre. Pour moi, il n’avait pas changé. Et ce n’était pas le fait que ses regards se posaient maintenant plus facilement vers les hommes que j’allais le faire. Le monde avait eu beau s’écrouler, nous étions toujours au XXI é siècle ! Et même si je croyais en Dieu, je n’avais jamais perçu l’homosexualité comme une tare. L’homme n’était, selon moi, pas fait pour aimer une femme. Aimer un homme n’était pas contre nature. Ce qu’il l’était c’était de ne pas aimer du tout. Et même si je ne savais pas sur qui les regards de Liam pouvaient bien se faire plus tendre, je ne doutais pas un seul instant qu’il s’était réveillé un matin en se disant « Et si je devenais gay ? ». Non, non ! Cela avait du se faire en douceur. Et si j’étais le seul à qui il ose en parler c’est que cela devait vraiment être pour lui horrible à vivre.

Alors non !!! Je refusais d’aller le laisser se saouler. Et je refusais encore plus de lui retirer Lucy et Lucas. Qui etais je pour faire cela ? Personne ! J’ai posé une main sur son bras, et j’ai enfin réagit.

-Non !

Je savais pourtant qu’il ne me pardonnerait sans doute pas mon refus, mais peut importait que cela lui plaise ou non. J’étais un des leaders ici. Et ce qu’il me demandait était hors de question. Pas seulement parce que Liam était mon ami, et parce que je savais qu’il avait besoin des jumeaux. Mais parce qu’en tant que leader, je devais faire ce qu’il y avait de mieux pour Lucy Et Lucas. Si Liam les rejetaient, ils n’allaient rien comprendre, et ils allaient se sentir coupables d’une chose dont ils ne soupçonnaient même pas l’existence. Je ne pouvais pas laisser Liam ne penser qu’à lui en les abandonnant. Ils avaient assez soufferts comme cela. Ils méritaient d’être heureux. Et leur bonheur passait par celui que tous ici considéraient comme leur père adoptif.

-Non Liam ! Lucy et Lucas resteront avec toi ! Ils n’auraient pas rêvé mieux comme parent ! Et nous non plus !

Je savais que les deux garnements se fichaient pas mal de savoir pour quel sexe allait les préférences de Liam. Tout ce qu’ils voulaient, c’était qu’on les aime, qu’on les guide, qu’on prenne soin d’eux. Et même s’ils n’étaient pas sauvages et étaient très faciles à vivre, ils avaient leur repères avec Liam. Et je refusais de leur ôter ça. Ils aimaient mon ami comme leur propre père, même s’ils n’en oubliaient pas leurs vrais parents. Je savais aussi combien Liam les aimait. Il me demandait ça simplement parce qu’il était malheureux et qu’il pensait être un monstre. Il était donc de mon rôle de lui faire admettre le contraire. Il fallait que je l’aide.

Je me suis laissé aller en posant mes deux mains sur ses épaules et les mots sont sortis tout seul.

-Tu es veuf d’accord ! Tu es gay d’accord ! Mais tu n’es plus alcoolique. C’est derrière toi tout ça ! Et puis je ne vois pas en quoi ta sexualité fait de toi un monstre. Tu n’es pas un monstre ! Tu préfères les hommes ? Et alors ? tu es toujours le même !!! L’Homme n’est pas fait pour aimer un homme ou une femme du sexe opposé. Il est fait pour aimer !!! Peu importe le sexe, la couleur, la race, l’âge ou la situation de celui ou celle qu’il aime !

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