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 We'll be lost before the dawn { PV + Libre }

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Katarina K. Jones
In the shadow of your heart.
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MessageSujet: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Dim 11 Juil - 16:35



Tadaaaam. La tornade vient de passer au dessus de New York et les Survivants ne s'en sont pas vraiment rendus compte, jusqu'à maintenant. Pour faciliter les choses à tout le monde, un ordre de RP a été établi pour faciliter les choses à tout le monde : ) Si vous voulez vous incruster ( mouahaha ) dans le sujet vous êtes libres de le faire évidemment ! L'intrigue est pour tout le monde ! Evitez juste de poster toutes les deux réponses ; )
    Ordre : KATARINA - GABRIELLE - ARISTIDE - RILEY - ETHAN - LIAM
PS : ça doit aller "vite" donc pas de réponse toutes les trois semaines *évite une brique* merci Razz

Je savais que c'était très facile de tomber de haut, par expérience. Vous accordez votre confiance à des gens, et vous pensez que cela suffira, que tout irait bien. Et à chaque fois – ou presque, vous êtes déçus. Pour certaines personnes, la trahison était un peu comme une seconde nature. Par exemple, personne n'irait reprocher à Riley sa tendance à ne jamais tenir ses promesses. C'était comme demander à un loup de manger des pâquerettes au lieu d'un agneau. Personne ne s'étonnait de sa capacité à décevoir les autres. Au moins, personne ne pouvait lui reprocher d'être hypocrite. Il ne cachait pas ce qu'il était. Il fallait au moins lui reconnaître ça... Le moins que l'on puisse dire, c'est que je ne m'étais pas attendue à une chose pareille. Peut-être parce que j'étais trop naïve, ou que je faisais trop confiance aux gens... Dans tous les cas j'étais restée sur le cul, excusez la vulgarité. J'avais appris, de but en blanc, que ma meilleure amie trompait son mari. Comment je l'avais appris. C'était simple, mon mari à moi l'avait surprise avec son... son... bref, avec un autre homme. Quand Ethan me l'avais appris j'étais restée clouée sur place. Il avait été très clair. Il m'avait dit qu'il l'avait vue avec un autre homme, ils n'en étaient apparemment pas au premier baiser, ce baiser n'était pas un accident... J'avais eu du mal à tout encaisser d'un coup. J'étais restée là à le regarder la bouche ouverte. J'avais dû ressembler à un poisson rouge quand il m'avait demandé de ne plus la fréquenter. Il avait l'air tellement en colère que je n'ai pas osé broncher...

Toujours est-il que je n'avais pas écouté ce dernier conseil. Gabrielle était censée être ma meilleure amie. Mais les faits étaient là : nous ne nous voyions presque plus, nous ne nous parlions plus... Je l'avais à peine vue ces derniers temps. Pas à cause de mon accouchement... Nous n'avions plus eu de vraie conversation depuis qu'elle m'avait avoué son viol. C'est à dire depuis des semaines. Voire des mois. À chaque fois que j'avais voulu l'approcher pour lui parler, elle m'avait repoussée « merci Kat, je vais bien ». Est-ce que j'avais trouvé cela sincère ? Non, mais je n'avais jamais su lui dire que je voulais que nous parlions plus encore. Parce qu'à chaque fois, je me disais que je ne pouvais pas la comprendre... Je me sentais impuissante, malgré mon envie d'être là pour elle. Malheureusement, aujourd'hui ma peine avait laissé place à la colère. Qu'elle veuille fréquenter d'autres hommes et ne pas vivre entourée que de femmes, je pouvais le comprendre. Mais qu'elle trompe carrément Alexander... D'accord, il n'était peut-être pas parfait, mais c'était un bon mari et un bon père, qui ne méritait assurément pas cela. Je ne voulais pas que tout le monde soit au courant avant lui. Déjà, savoir avant lui me faisait presque culpabiliser. Ce qui me mettait plus en colère encore, c'était de savoir avec qui elle avait fait ça : Aristide. Il avait déjà chuté dans mon estime, mais là c'était comme s'il avait touché le fond et qu'on lui avait donné une pelle pour qu'il continue à creuser. J'aurais certainement très envie de lui coller ma main dans la figure. J'étais en général très douce et très ouverte d'esprit, mais il y avait des limites.

J'avais donc laissé Lena à son père, prétextant que j'avais quelque chose à faire à l'infirmerie. Au lieu de cela je suis allée trouver Isaac. Il m'a dit que Gabrielle était à la réserve pour ramener je ne sais quoi aux enfants. Je l'avais remercié avec mon plus beau sourire – très faux sur ce coup là – et j'étais descendue directement en réserve. J'étais arrivée pile poil au moment où Gabrielle sortait de la réserve de matériel. Je n'ai pas fait attention à ce qu'elle tenait dans ses bras. À vrai dire, je m'en fichais complètement. Je me suis plantée devant elle, les bras croisés sous ma poitrine. La déception se lisait sur mon visage. Il lui a suffi de me regarder pour savoir que je savais.

« Je sais que tu ne va pas bien Gabrielle, je sais que tu ne veux plus me parler, je l'ai bien ressenti ne t'inquiète pas. Mais comment... Comment as-tu pu faire ça ? Tu l'aimes, non ? Qu'est-ce qu'Alex a bien pu te faire ? As-tu donc changé à ce point sans que je puisse m'en rendre compte ? Qu'est-ce qui t'a pris, bon sang ? »

J'avais débité un flot de paroles sans pouvoir me contrôler. Je savais que je pouvais la blesser en lui disant tout cela, mais je n'avais pas réfléchi du tout. J'étais trop surprise pour faire attention.

« Est-ce qu'il le sait au moins ? Est-ce que tu comptes lui dire avant que tout le monde soit au courant ? Tu as de la chance que ce soit Ethan qui vous ait surpris et pas quelqu'un d'autre ! Parce que crois moi, ça fait un moment que toute la communauté serait au courant sinon ! »

J'enfonçais le couteau dans la plaie sans vraiment en avoir conscience. J'étais en colère, et surtout j'étais blessée qu'elle ne m'ait rien dit, qu'elle se soit contentée de me claquer la porte au nez... J'ai senti une présence dans mon dos et je me suis retournée. Aristide. J'ai vu rouge. Il avait certainement tout entendu, mais je ne lui ai pas laissé le temps d'ouvrir la bouche.

« Alors toi, tu la fermes ! »

Pour l'image de la Katarina diplomate et détendue, il faudra repasser. J'étais vraiment en colère. Et en plus j'étais exténuée à cause de mes courtes nuits. Mes yeux ont fait l'aller retour entre Aristide et Gabrielle. Les deux me regardaient avec un drôle d'air. Je devais avoir l'air d'une dingue. Être hystérique n'était pas dans mes habitudes. En théorie. Il y eut une de silence, durant laquelle nous nous défions du regard. J'allais partir quand quelque chose a retenu mon attention. Un espèce de craquement sourd. Nos regards de défi se sont transformés en regard d'incompréhension. Il y eut comme un second craquement et je sursauté quand quelque chose est tombé à mes pieds. On aurait dit des petits cailloux. Instinctivement, nous avons tous relevé la tête. Nous nous sommes espacés, pour contempler avec stupéfaction une fissure énorme au plafond. Un peu comme n'importe quel imbécile dans un film catastrophe. Il y a eu un troisième craquement, beaucoup plus violent. Là, des pans entiers du plafond se sont détachés. Là, je me suis dit qu'il fallait que nous remontions. Rapidement. C'est quand je me suis retournée pour dire à Gabrielle et à Aristide que nous devions partir que le pire s'est produit. Il y a eu un bruit sourd terrible, puis un craquement monstrueux. J'ai hurlé quand j'ai relevé la tête. J'ai voulu fuir. Trop tard. Pour tout le monde. Je me suis évanouie.

Sans doute pas plus d'une minute. Par réflexe j'ai tenté de me redresser, mais sans succès. Je n'ai pas tout de suite compris, une violente douleur à la tête me lançait. De nouveau par réflexe j'ai porté une main à ma tête et j'ai constaté avec effroi que j'étais blessée à la vue du liquide écarlate sur mes doigts. Je me suis débattue avant de comprendre brusquement que j'étais coincée. Coincée sous quoi ? Des décombres. Des débris. Des blocs de béton. Seul la partie haute de mon corps était dégagée. Mes jambes et une partie ma taille étaient coincées sous le béton. Sentant l'angoisse monter lentement en moi, j'ai tenté de repousser les décombres qui me retenaient prisonnière. Mais c'était trop lourd, rien n'y faisait, alors j'ai tapé dessus désespérément une bonne minute. J'ai essayé de m'extirper de là dessous comme une désespérée. Je me suis rappelée brusquement que je n'étais pas seule. J'ai tourné la tête. Juste à côté de moi il y avait Aristide, complètement inconscient. J'ai tendu le bras et j'ai attrapé son épaule que j'ai secouée.

« Aristide ! Aristide ! Réveille toi ! Réveille toi ! Pitié réveille toi, réveille toi ! »

J'ai continué à le secouer jusqu'à ce qu'il ouvre les yeux. Puis je me suis mise à pleurer. Je pouvais à peine respirer et je sentais à peine mes jambes. Très mauvais signe. J'ai tourné la tête à gauche. Il y avait un énorme bloc de béton d'où dépassait des barres métalliques qui m'empêchait de... Oh mon dieu ! Oh mon dieu, non !

« Gabrielle ! GABRIELLE ! »

Je ne la voyais pas et elle ne répondait pas. Les yeux écarquillés par l'horreur de la situation, je me suis mise à bouger dans tous les sens, comme si cela pouvait avoir un quelconque effet. J'ai continué à appeler Gabrielle, désespérément. Et devant l'absence de réponse, je me suis mise à hurler. J'ai hurlé de toutes mes forces, tellement j'avais peur et tellement j'avais mal. J'avais l'impression que quelque chose était planté dans ma cuisse, sans que je puisse en avoir la certitude. Peu importait, de toute façon mon corps entier me faisait souffrir. Et ma tête continuait à saigner, je le sentais au sang chaud et épais qui continuait à couler sur mon front et sur ma temps. Sans compter que j'en avais le goût salé et métallique dans la bouche.

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.


Dernière édition par Katarina K. Jones le Lun 23 Mai - 15:07, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Dim 11 Juil - 21:44

Deux mois.

Jour pour jour.

Deux longs mois étaient passés depuis mon viol et tant de choses avaient changé depuis... La femme que j'étais avant avait pris le large et tout mon univers en avait été chamboulé. J'avais menti à ma meilleure amie ainsi qu'à mon mari par rapport à mon agression. Ces mensonges avaient été très difficiles à supporter et d'ailleurs, j'avais terminé par craquer et par tout leur avouer : L'agression, le viol, le meurtre et pire que tout, la possibilité d'une grossesse engendrée par ce viol. Sur le moment, j'avais cru être libérée en leur disant la vérité mais finalement, c'était devenu pire pour moi parce qu'à chaque fois que je croisais leurs regards, à chaque fois que je discutais avec eux, j'avais cette impression qu'ils ne voyaient plus que le viol. Certes, Alexander ne m'avait pas repoussée comme j'en avais eu peur et il avait été d'une patience extrême car il avait supporté mes cauchemars, mes insomnies et surtout, ma difficulté à partager des moments intimes avec lui. Oui, il avait supporté tout ça et pourtant, je n'étais pas parvenue à aller mieux. Et puis, environ un mois après le viol, la nouvelle était tombée : J'étais enceinte. J'avais eu beaucoup de retard et certains signes que je connaissais pour avoir eu un enfant étaient révélateurs d'une grossesse. Ce jour-là, j'avais cru mourir, jusqu'à ce que je fasse une rencontre qui me permit de garder la tête hors de l'eau : Aristide. Mon miracle, mon mensonge, mon amant... En fait, nous nous connaissions, mais ce jour-là, après avoir appris ma grossesse, je n'avais plus qu'une seule envie : Oublier. Dans ses bras, j'en fus capable : Il ignorait tout de ce qu'il m'était arrivé et cela rendait les choses tellement plus faciles. En me rapprochant de lui, je m'étais montrée horriblement égoïste (car il avait des sentiments pour moi, des sentiments que je ne partageais pas puisque j'aimais mon mari) et surtout, j'avais à nouveau pris la fuite. Dans ses bras, je pouvais prétendre aller bien : C'était un mensonge de plus. Un mensonge auquel je m'accrochai cependant.

Ainsi, je commençai une sorte de double vie : Ma vie avec Alexander, Emma, Kat, Ethan et mes amis, et ma vie avec Aristide. Nos moments étaient rares et même si nous profitions des cours de Grec qu'il me donnait, notre relation s'en tenait à des câlins et des baisers volés : Je ne pouvais pas lui offrir plus, et il le savait. Moi, ça m'allait, mais je savais qu'il voulait plus, aussi, je ne m'étonnais pas quand il s'intéressait à d'autres femmes de la communauté : Comment aurais-je pu être jalouse? C'aurait été le monde à l'envers. Il me permettait de partager des moments tendres et apaisants avec lui, et ça me suffisait amplement. Il était difficile de cacher cette relation et quelques fois, nos regards pouvaient nous tromper. Nous tentions de faire attention mais un jour, alors que je déjeunais avec Alexander, Katarina et Ethan, j'avais croisé le regard d'Aristide et bien sûr, je n'avais pas pu m'empêcher de le regarder avec tendresse. J'avais d'ailleurs rapidement quitté la table pour aller le retrouver et profiter de ses bras, persuadée que personne n'avait remarqué notre petit manège au moment du déjeuner : J'avais eu tort. Ce midi là, Ethan nous surprit. Ce fut assez violent. Les mots d'Ethan furent particulièrement durs et je préférai encaisser plutôt que de lui avouer ce qu'il m'arrivait, en particulier devant Aristide. J'avais eu très mal et même si Ethan avait eu raison, j'avais préféré m'enfoncer un peu plus dans mon égoïsme et dans mes mensonges. J'avais peur qu'Ethan en parle à Alexander et à chaque fois que je retrouvais mon mari, j'appréhendais sa réaction, mais il ne se passa rien. Ethan avait tenu sa langue... Mais pas avec tout le monde.

Ce jour-là, j'étais descendue à la réserve pour essayer de trouver quelques fournitures pour les enfants : De nouvelles feuilles, des crayons et j'avais même réussi à trouver de la vieille pâte à modeler. Petit à petit, je commençais à reprendre mes activités avec eux. Je les partageais souvent avec Aristide qui adorait s'occuper des enfants : Ces moments, comme ceux plus intimes, nous appartenaient. Je l'avais d'ailleurs croisé avant de descendre et lui avait volé discrètement un baiser avant de le laisser avec les enfants. Je sortais de la réserve, les bras chargés quand Kat apparût devant moi. J'en sursautai (comme ça m'arrivait très souvent depuis deux mois) puis, voyant qu'il s'agissait de Kat, je soufflai avant d'esquisser un sourire. Malheureusement, mon sourire mourut bien vite sur mes lèvres quand je vis que Kat se tenait devant moi, les bras croisés sous la poitrine, le visage fermé et surtout rempli de déception : Oh non... Non, il n'avait pas p...

« Je sais que tu ne va pas bien Gabrielle, je sais que tu ne veux plus me parler, je l'ai bien ressenti ne t'inquiète pas. Mais comment... Comment as-tu pu faire ça ? Tu l'aimes, non ? Qu'est-ce qu'Alex a bien pu te faire ? As-tu donc changé à ce point sans que je puisse m'en rendre compte ? Qu'est-ce qui t'a pris, bon sang ? »

Je sentis mon corps s'engourdir : Il l'avait dit à Kat... Mon Dieu... Elle déversa un flot de paroles et je ne pus que rester la bouche ouverte, le regard figé d'horreur. Mes mains serrèrent les fournitures que je tenais dans mes bras. J'étais pétrifiée... Ce qu'Ethan avait pu me dire m'avait fait horriblement mal : Ce n'était rien comparé à la façon dont Kat me parlait et surtout, rien du tout comparé à la façon dont elle me regardais. Cette colère, ce mépris... J'en eus des nausées qui, pour une fois, n'avaient rien à voir avec les nausées matinales que la grossesse entraînait. Je priai pour qu'elle s'arrête mais elle ne s'arrêta pas.

« Est-ce qu'il le sait au moins ? Est-ce que tu comptes lui dire avant que tout le monde soit au courant ? Tu as de la chance que ce soit Ethan qui vous ait surpris et pas quelqu'un d'autre ! Parce que crois moi, ça fait un moment que toute la communauté serait au courant sinon ! »

Je sentis les larmes me monter aux yeux : Bien sûr que j'y avais déjà pensé, en particulier depuis qu'Ethan nous avait surpris... Et le dire à Alexander? Non, en cet instant, malgré ce que Kat me balançait à la figure, je n'avais pas envie de le dire à mon époux. Je ne me sentais pas capable d'assumer sa fureur en plus de celle de ma meilleure amie... J'étais complètement paumée et soudain, mon regard quitta Kat pour se poser sur la personne qui venait de nous rejoindre : Il s'agissait d'Aristide. Mon coeur se serra et j'eus une envie quasi irrésistible de foncer vers lui et de me réfugier dans ses bras : Oui, il était mon refuge, mon échapatoire. Mais pour combien de temps encore? Combien de temps allait durer cette mascarade? Combien de temps allais-je continuer à lui mentir à lui aussi? Combien de temps allais-je lui faire du mal? J'en avais assez fait, non? Je n'eus pas le temps de m'avancer vers lui et il n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche.

« Alors toi, tu la fermes ! »

Donc, non seulement Ethan lui avait dit que je trompais Alexander, mais il avait également précisé avec qui... Je reportai mon regard sur Kat, toujours incapable de prononcer le moindre mot. Que pouvais-je dire de toute façon? Que j'avais pété les plombs? Oui, mais ce n'était pas nouveau et puis, encore une fois, je ne voulais pas en dire trop devant Aristide : J'avais peur de son regard. J'ignore combien de temps exactement cela dura mais le silence, ponctué par des regards pour le moins expressifs s'installa. Il y eut soudain une sorte de craquement sourd et je fronçai automatiquement les sourcils, surprise. Un second craquement suivit rapidement le premier et quelque chose tomba au pieds de Kat : Elle en sursauta. Je glissai mon regard sur ce qui était tombé et remarquai que cela ressemblait à des petits cailloux, ou des graviers. C'était assez étrange. Bien sûr, réflexe, nous relevâmes tous les trois la tête pour regarder d'où cela pouvait venir tout en nous espaçant un peu les uns des autres. Mes sourcils se froncèrent un peu plus lorsque je me rendis compte, en même temps que Kat et Aristide, qu'il y avait une énorme fissure au plafond. D'où sortait-elle cette fissure? Au lieu de nous éloigner, nous restâmes là, à observer la fissure venue de nulle part quand il y eut un troisième craquement et cette fois-ci, il fut beaucoup plus violent et pour cause : Des morceaux du plafond cédèrent et nous n'eûmes pas le temps de nous éloigner qu'un autre bruit, beaucoup plus effrayant se fit entendre. Je n'eus pas le temps de relever la tête que déjà, c'était le black-out total.

...

Une voix. Une voix que je connaissais bien. Oui, c'était la voix de Kat. Elle criait, encore et encore. Mon nom, celui d'Aristide, elle appelait à l'aide. Pourquoi à l'aide? Et pourquoi étais-je dans le noir? Et pourquoi entendais-je la voix de Katarina? Avais-je fais un malaise? J'étais simplement descendue pour remonter des fournitures et après... Après... Après, Kat était arrivée, furieuse, parce qu'elle était au courant pour moi et Aristide. Lui aussi était arrivé. Et puis, le bruit, le plafond, la fissure et... J'ouvris les yeux brusquement, reprenant pleinement conscience. Il y avait de la poussière, beaucoup de poussière. Quelques secondes passèrent et je voulus bouger. Me rendant compte que j'en étais incapable, je baissai mon regard vers mes jambes et, je ne les vis pas : Un immense bloc de béton d'où dépasssaient des barres métaliques me bloquait les cuisses. Je m'en rendis compte car, un très bref instant plus tard, la douleur apparût. Elle avait été occultée par le choc mais, étant à présent pleinement consciente, elle était bien là : Je ne pus m'empêcher de pousser un hurlement. Non seulement, j'avais les jambes bloquées mais j'avais une barre métalique enfoncée dans la cuisse et ça faisait horriblement mal. Quelqu'un d'horriblement optimiste aurais dit "Hey, au moins tu sens tes jambes, c'est bon signe!" hors, il n'y avait personne pour me dire ça et moi, tout ce que je voyais c'était la douleur. J'avais peur aussi, extrêmement peur : Peur de mourir. A travers mon hurlement je perçus ceux de Kat et finis par m'arrêter : M'entendre hurler ainsi ne devait pas l'aider et elle aussi devait être blessée. Aristide aussi...

Oh Seigneur...

Malgré la douleur, je pris sur moi et rassemblai mes forces pour pouvoir parler. Je ne le voyais pas à cause du bloc de béton : La voix était notre seul lien.

-Katarina? Aristide?

Ma propre voix, légèrement éraillée à cause de la douleur me fit presque peur. Je continuai cependant à faire des efforts : Je ne voulais pas les inquiéter, mais c'était sans doute déjà foutu pour ça.

-Vous êtes blessés?...

Et là, une horrible pensée me vint : Et si d'autres endroits s'étaient écroulés de la même manière? L'inquiétude et l'horreur me frappèrent en plein coeur : Emma et Alexander... Non... Pas eux... Pas elle... Pas... Lui! Les larmes me brûlèrent les yeux et je plaquais mes mains contre mon visage pour faire taire mes sanglots.


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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Lun 12 Juil - 16:32

Ma vie avait volé en éclat sous la pression des pulsations folles de mon cœur. Depuis que Gabrielle et moi nous voyions clandestinement, tout avait changé. Je n’étais plus hanté par les fantômes de mon passé, plus obsédé par mes racines. C’était mon futur qui se profilait doucement, naissant de ses baisers et caresses. Nos cours de grec étaient prétextes à se voir relativement souvent, et dès que nous étions seuls, nos deux corps ne pouvaient s’empêcher de se retrouver, de s’aider mutuellement. De facilité l’oubli. En sa présence, je me transformais, devenant un homme au cœur amoureux, chose qui ne m’était arrivée depuis des siècles, me semblait-il. A ses yeux, je n’étais plus qu’un gigolo ou un mec sympas avec qui on aime parfois discuter. J’avais la bénéfique sensation d’être aimé, d’être important, même si je ne le serai jamais comme l’était Alexander. Je lui avais dis, chaque miettes de son amour me revenant étaient pour moi comme de doux épanchements, de superbes bouffées d’air frais. Seulement, tout n’était pas facile. J’avais beau me ravir de nos moments d’intimité, nulles caresses érotiques ne m’étaient permises, et il faut avouer que j’en aurais eu besoin. Mon désir était à fleur de peau en sa présence mais je m’abstenais de tous mouvements trop insistants, j’étais à sa disposition, et non le contraire. J’allais compenser ce manque ailleurs. J’avais l’impression de profiter de toutes les occasions, de n’être qu’un Riley n°2, mais à la différence de cet insupportable bourreaux des cœurs, je ne pensais pas qu’à moi. J’aimais toutes les femmes que je touchais comme j’aurais aimé Gabrielle, je n’étais que passion et douceur. J’étais à elles, à toutes. Je leur appartenais comme j’appartenais à Gabrielle, et ne pensais qu’à elle.

Notre superbe relation devenait de plus en plus dangereuse au fur et à mesure que le temps avançait, nos regards de plus en plus insistants lorsque nous nous croisions. Cependant, je ne parvenais à imaginer la fin, pas encore. Pas alors que nous commencions seulement à nous aimer réellement, dans les limites que nous nous étions fixées et que nous respections scrupuleusement. De plus la prudence était de mise. Mais je me suis trompé, il y eut le regard de trop. C’était un jour comme les autres, je m’étais rendu à la cafétéria dans l’espoir de voir celle qui affolait mon cœur, et l’avais rapidement trouvé assise à une table, en compagnie d’Alexander, Ethan et Katarina. Nous nous étions regardés avec tant de tendresse et de douceur, que bientôt Gabrielle me rejoint dans ma chambre. Nous étions encore debout, la tenant dans mes bras tandis qu’elle m’embrassait doucement, et la porte s’ouvrit subitement : Ethan. Mon cœur loupa un battement et Gabrielle s’écarta rapidement de moi, brisant en un silencieux fracas l’écrin de mes bras. Tout était brisé. Commença alors le flot discontinu de paroles haineuses et moralisatrices qui nous touchèrent tout deux énormément. Je me sentais atrocement mal, culpabilisant pour la première fois de mes actes. Après tout, c’est moi qui l’avais embrassé le premier, c’était ma faute. La culpabilité est un sentiment horrible, telle une piqûre d’insecte, on ressent immédiatement la douleur se propagé dans tout le corps, poison violent et mortel. La diatribe d’Ethan était justifiée, pourtant je n’arrivais pas à comprendre pourquoi il nous avait suivi et fliqué ainsi. Pourquoi il ne s’était pas contenté de le dire à Alexander, pour que lui-même nous découvre ainsi. De même que plus tard, je ne compris pas pourquoi Alexander n’était toujours pas au courant. A chaque fois que je le croisais, j’attendais qu’il me colle un pain ou me jette dehors, mais il ne semblait pas se douter une seule seconde. Le jeune homme semblait avoir tenu sa langue, ce qui me soulageait. Gabrielle et moi continuons de nous voir.

Nous vivions je crois tout deux dans l’angoisse que la langue d’Ethan se délie, mais rien ne vint, et nos baisers volés faisait résistance à cette pression croissante. Comme aujourd’hui, où nous profitions d’un instant de solitude pour échanger un bref baiser avant qu’elle ne descende faire je ne sais quoi à la réserve. Nous étions entrain de nous occuper des enfants de la communauté, prenant soin de ne pas trop afficher notre « attirance », lorsqu’elle partie. Je restais ainsi seul avec eux quelques minutes avant qu’Isaac n’arrive. Prétextant devoir aller aider Gabrielle a remonter du matériel, je l’abandonnais également, et couru jusqu’à la réserve pour pouvoir l’y rejoindre. Je fus pourtant stoppé dans ma course quelques mètres avant l’arrivée, entendant les échos d’une discussion tumultueuse. La voix m’était familière, ce petit accent russe que j’adorais autrefois tant et qui, utilisé avec de tels mots, me faisait à présent peur : Katarina. Je n’avais pas entendu le début de sa critique, mais le fait qu’elle demande aussi sèchement si Alexander était au courant me fit sursauter. Le reste me choqua également. Pourquoi ne s’occupait elle pas de ses affaires ?

Depuis notre violente dispute, mes sentiments à l’égard de Katarina avaient changé. J’avais beau toujours énormément m’en vouloir, elle n’était plus ce qu’elle avait été à mes yeux. J’avais bien tenté de m’excuser auprès d’elle, mais mes supplications avaient toujours été repoussées sans grand ménagement, ce que je comprenais. Mais au fond, je finissais par ne plus faire attention à elle. Malgré mon énorme sentiment de culpabilité et mon regret, son indifférence avait éteint tout sentiment amical, si au début je vivais mal cette soudaine « rupture » entre nous, aujourd’hui je m’en fichais éperdument. Je ne m’acharnerai plus à vouloir me faire pardonner en sachant que cela était impossible. Je dois également dire que ma rencontre avec Gabrielle a changé beaucoup de choses dans ma vie, les autres personnes sont devenues moins importantes, c’était elle qui passait en priorité, la seule occupante de mes pensées. Si je ne pensais presque plus à mes amis, ce n’était pas pour penser aux personnes qui me détestaient, même en admettant qu’elles aient eu raison. Nous continuions à vivre chacun de notre côté, nous ignorant mutuellement, puisque c’était son choix et que je ne pouvais résolument la forcer à m’accorder son pardon. Cet entêtement était parfaitement compréhensible, mais malgré tout j’étais surpris de tant d’obstination, moi qui pensais la russe beaucoup moins rancunière.

De même que je ne l’aurai pas cru aussi brutale lorsqu’elle me gratifia d’un superbe « toi tu la fermes » tandis que je m’approchais lentement. Très fin, très posé, j’admire. J’avais envie de lui dire d’ignorer cette histoire également mais Gabrielle était après tout sa meilleure amie et je savais qu’elle ne s’y intéressait pas pour moi mais pour elle, aussi ne dis-je rien. Aucun de nous trois ne rompis l’interminable silence qui suivit, mais je lisais dans les yeux de ma bien aimée de la peur et de la tristesse. En cet instant je haïssais Katarina pour ce qu’elle lui avait dis, j’avais envie d’enlacer tendrement Gabrielle, la rassurer, lui faire oublier ces paroles désastreuses et blessantes. Le charmant petit couple avait une fâcheuse tendance à fouiner dans les affaires des autres ce qui commençait à me taper sur le système. Sans Ethan, personne n’aurait rien su de cette histoire. Sans Katarina, Gabrielle ne se sentirait pas aussi mal. Bande de… Soudain, quelque chose brisa ce silence de mort ponctué de regards hostiles, comme un craquement sourd et impromptu. Je fronçais les sourcils, regardant Katarina, lorsqu’il y eut un nouveau craquement et quelque chose tomba à ses pieds. Des… cailloux ? A l’instar de Kat et Gabrielle, je relevai la tête pour voir une énorme fissure au plafond. Je n’eus pas le temps de réfléchir, un troisième craquement se faisant entendre, beaucoup plus fort cette fois ci, détachant quelques morceaux du plafond qui se fracassèrent sur le sol. Kat se retourna vers nous, visiblement apeurée. Je ne comprenais rien. Soudain, avoir d’avoir pu effectuer le moindre geste, retentit un ultime craquement qui fit un bruit assourdissant. Mon premier réflexe fut de fuir, mais je n’en eus le temps. Tout alla vite, trop vite. Je fus plongé dans le noir complet.

A quoi ressemble la mort ? A cette obscurité effrayante ? N’aurais-je pas dû voir la lumière, cette petite chose qui est sensée nous conduire je ne sais où ? Mais elle n’était pas là. Ne subsistait que cette pénombre et cette impression de chute libre, comme balancé d’un ravin. Je me sentais tomber, de plus en plus vite dans les limbes de mon propre esprit, ne parvenant pas à me raccrocher à quelque chose. Je n’étais plus en vie, c’était certain, car la mort ne devait pas être douloureuse. Hors, je souffrais le martyr. Comme une sensation de brûlure dans tout mon corps. J’allais peut être directement en Enfer. Puis, subitement, je pu me raccrocher à quelque chose et ainsi stopper ma chute infernale.

« Aristide ! Aristide ! Réveille toi ! Réveille toi ! Pitié réveille toi, réveille toi ! »

Katarina me secouait comme un prunier, sa voix affolée m’ayant tirée des ténèbres. Lorsque j’ouvris les yeux, ma vision était d’abord brouillée, je ne distinguais que des formes approximatives et étranges, ma tête tournait. Puis, je vis enfin. Je vis que nous étions ensevelis sous les gravats du plafond qui s’était totalement effondré. J’avais envie de hurler, comme Katarina hurlait à présent le nom de Gabrielle, mais je ne pouvais pas. Ma respiration était quasiment totalement bloquée par quelque chose, tentant de relever la tête, j’aperçus ce qui avait autrefois dû être un énorme tuyau de canalisation, embourbé dans du béton. Son poids comprimait mes poumons, me faisait haleté. Je ressentais d’horrible brûlure plus bas, au niveau des côtes. Je suppose que quelques unes avaient cédées, rendant ma respiration d’avantage douloureuse. J’essayais doucement de bouger, me rendit rapidement compte que tout mon bras droit était également ensevelit. J’avais affreusement mal, les larmes coulaient sur mes joues tant la souffrance était atroce. Je tentai malgré tout de bouger mes doigts, laissai vite tomber. C’était comme si un camion avait roulé sur mon bras meurtri. J’entendis la voix de Gabrielle, cette voix que j’aimais tant mais qui teintée de cette peur ne me réconfortait pas. Elle me faisait mal elle aussi. Mes larmes coulaient toujours, ma respiration devenait de plus en plus difficile. Lorsque l’on pleure, l’on respire beaucoup plus vite, comme affolés. Hors je ne le pouvais pas, j’étouffais.

-Vous êtes blessés?...

Gabrielle, ma Gabrielle. Je tournais lentement la tête, voyant très nettement Katarina mais pas mon adorée, cachée par un bloc de béton. Je ne pu rien répondre tant j’avais du mal à respirer. Mes côtes brisées me faisaient souffrir, je perdis tout espoir. J’allais mourir ici. Tout était fini. Kat bougeait dans tout les sens, hurlant comme une détraquée. Je ne pouvais plus rien faire. Je regardai de nouveau le plafond, contemplant le trou béant qu’avait laissé cet effondrement, puis fermai les yeux. J’allais mourir. Les larmes coulaient toujours sur mes joues, chaudes, trop chaudes. Je ressentais comme une immense vague de froid en moi : c’était la fin. Rassemblant ce qui me restait d’air, je me mis à murmurer. Je savais pertinemment que ni Gabrielle ni Katarina n’entendraient ce que je disais puisque cette dernière hurlait à la mort, mais peut importait. Ce qui sortit de ma bouche ressemblait d’avantage à un râle difficile qu’un murmure, très pénible pour moi. Parler était comme une nouvelle morsure.

« Je prie… pour que… - je toussai, ce qui me fit un mal de chien, comme un déchirement vous viviez. »

Sur quoi je me laissais de nouveau partir. Je m’évanouis. La douleur était trop violente. Tout était fini.

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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Lun 12 Juil - 18:24

Il y a des jours comme ça, où personne ne devrait se lever.

C'était un jour comme ça. Je m'étais levé avec un terrible pressentiment, ce qui m'échappait totalement. En général je me contentais de vivre au jour le jour, façon « carpe diem ». Ce n'était pas dans mes habitudes de me faire du souci pour quoi que ce soit ou qui que ce soit. Je me contentais d'être heureux de chaque heure qui passait, parce que je savais pertinemment que le ciel pouvait de nouveau me tomber sur la tête. Et puis, si je n'étais pas particulièrement suicidaire, la mort ne me faisait pas peur. J'avais vu pire, comme on dit. Pour autant, ce stupide pressentiment m'avait cassé les pieds toute la journée, obnubilant mes pensées. C'était étrange, et franchement chiant avouons le. J'avais donc tenté de m'occuper. Pour une fois – retenez le cela n'arrivera pas de si tôt – je m'étais rendu utile. J'avais fait l'inventaire de la réserve de matériel et j'avais rangé ce qui avait été rapporté des dernières expéditions. C'est à dire pas grand chose... Des couvertures ( encore ), quelques vêtements, des bouquins en tout genre... Bref, ce qui pouvait être utile, au moins un tout petit peu. Je m'étais rendu compte que finalement c'était les choses auxquelles nous ne prêtions pas attention avant qui nous étaient essentielles aujourd'hui. Qui se serait accroché comme un désespéré à sa lampe de poche il y a deux ans ? Certainement pas moi. Et franchement, j'aurais dû.

J'étais remonté juste pour le déjeuner, et pour une fois je n'avais pas chercher à taper sur le système de quelqu'un. Oh, c'était bien dans mes habitudes, mais il y avait ce jour là une telle tension dans l'air que je me suis dit que c'était très risqué de dire quoi que ce soit. Alors pour une fois, je suis resté muet et je me suis assis dans un coin. Je dois admettre que j'ai eu une bouffée de jalousie quand j'ai vu Ethan si heureux avec Katarina et leur fille. Ils n'avaient consenti à nous montrer leur fille que maintenant. Et pendant une minute je me suis demandé si ma vie avec Meredith aurait pu ressembler à la leur, si elle ne m'avait pas trompé, si elle n'avait pas changé si radicalement... J'ai rapidement repoussé ces pensées. Les cris, les couches et les biberons, très peu pour moi... Sans compter que ce genre d'attache était définitif. J'aurais trop peur, moi, dans un monde pareil... Alors je préférais me contenter de ma petite vie qui certes, ne valait pas grand chose, mais qui au moins me contentait. Pour le moment du moins... De toute façon, je ne voyais pas à quel genre de vie je pouvais aspirer. J'étais devenu un salopard, alors j'avais la vie qui allait avec. CQFD.

J'étais retourné dans ma chambre et je m'étais enfermé seul. Sans aucune fille ou bouteille d'alcool pour me tenir compagnie, ou me changer les idées. Parfois il m'arrivait aussi d'avoir besoin d'un petit peu besoin de solitude. Me retrouver seul avec moi même me permettait de lâcher un peu la pression. Seul, je n'étais plus obligé d'afficher ce sourire faux et hypocrite, ni d'avoir ce regard de séducteur, du genre « toi & moi, là, tout de suite ». Quelque part dans ma tête, une petite voix me disait que je commençais à être las de ce petit jeu. Je m'efforçais donc de la bâillonner et de l'assommer un moment. J'avais mis du temps à me reconstruire, pas question que ma conscience vienne tout gâcher... J'avais commencé à m'endormir, bêtement, quand un espèce de grondement m'a fait sursauter. Je me suis redressé assez brusquement et porté par mon instinct je suis sorti de ma chambre. Elle n'était pas très loin de la galerie où nous entreposions nos vivres. Je suis à peine sorti que je me suis pris un espèce de nuage de fumée en pleine figure. J'ai fermé les yeux et ai toussé un moment jusqu'à ce qu'il se dissipe. Il m'a ensuite fallu moins d'une seconde pour réaliser que quelqu'un hurlait. Une autre seconde pour reconnaître cette voix. C'était celle de Katarina. J'ai dévalé les escaliers en quatrième vitesse et je me suis retrouvé face à un spectacle qui avait un arrière goût de déjà vu. Et dans ces moments là on dit la première chose qui nous passe par la tête. Soit quelque chose de particulièrement stupide, la plupart du temps.

« Putain de merde ! »

Très fin, très poétique. De nouveau, un cri de terreur a vrillé mes tympans. J'ai baissé les yeux. Je suis resté planté là comme un con. Incrédule. Juste là, il y avait Katarina et un autre type, Aristide ?, coincés sous des débris, du béton. Le plafond s'était effondré. Je me suis précipité vers ceux que je pouvais voir, soit Katarina et notre ami grec. Elle, hurlait à s'en arracher les cordes vocales. J'imagine qu'elle devait avoir mal. Très mal. Quand elle m'a vu elle a cessé de hurler, pour se contenter de pleurer. Wow. Le problème, c'est que je n'étais pas super doué pour rassurer les gens. Je me suis agenouillé à côté d'elle.

« Du calme, du calme, on va te sortir de là... Je... Je vais aller chercher Ethan et les autres, pas de panique... Oh putain, tu saignes. »

Non, sans rire, elle ne devait pas s'en être rendue compte. Je n'ai pas essayé de la dégager seul, parce que je n'avais pas la force nécessaire. Je n'étais pas superman, loin de là hélas. Je me suis brièvement retourné et j'ai attrapé Aristide par l'épaule. Je l'ai secoué.

« Hey mec, ça va ? Hey ! Réveille toi bordel, fais pas le con ! »

Il a ouvert les yeux une demie seconde. Il était en vie, c'était déjà ça. Je m'apprêtais à remonter chercher de l'aide quand j'ai entendu des gémissements. Ce n'était ni Katarina ni le grec, qui était dans les bras de Morphée. J'ai contourné un énorme bloc de béton, et j'ai juré. Gabrielle était là aussi. Et merde, merde, merde ! Je me suis approché d'elle. Elle ne hurlait pas, mais n'avait pas l'air en pleine forme pour autant. Je n'étais certainement pas la personne qu'elle aurait voulu voir, mais au moins j'étais là. Le bloc sous lequel elle était coincée semblait moins gros que les autres, alors j'ai essayé de le bouger, sans grand succès.

« Putain... C'est trop lourd... Je vais aller chercher les autres, Gabrielle... Reste calme, ça va aller. »

Oui Riley, c'est ça. Je me suis dépêché de rebrousser chemin. J'ai trébuché sur une barre métallique, mais j'ai vite repris mon aplomb.

« Surtout bougez pas, je vais chercher de l'aide ! »

Bougez pas. Franchement Riley, où veux-tu qu'ils aillent ? J'ai remonté les marches quatre par quatre. Qui aller trouver en premier ? Je n'en avais aucune idée, les idées s'embrouillaient dans mon esprit. Alors je me suis jeté sur la première porte qui venait, à savoir celle de la chambre d'Ethan et Katarina. Évidemment, il m'a fusillé du regard quand il m'a vu, parce qu'il avait sa fille dans les bras. Mais là, c'était pas le moment !

« Tu me foutras ton poing dans la gueule plus tard ! On a un problème plus gros que nos deux égos réunis, alors tu la fermes et tu m'écoutes jusqu'au bout, compris ? »

A voir sa tête, c'était plus de la surprise que de la compréhension, mais ça irait.

« Le tunnel où on stocke le matériel s'est effondré y'a quelques minutes et des personnes sont bloquées dessous. Aristide, Gabrielle et ta femme, au cas où tu l'aurais pas entendue crier ! Alors laisse ta fille à Lilly et va la sortir de là avant qu'elle se vide de son sang ! »

Le choquer était encore le meilleur moyen de le faire réagir. J'ai claqué la porte aussi sec et j'ai refait la même chose avec tout le monde. Aaron, Alexander, Isaac, Matthew, Evan, Liam, Katherine, Mary, Scott... Dans un éclair d'intelligence j'ai pensé à aller chercher Mathilda. Et je l'ai trainée en bas. Il y avait des vies à sauver, et cette fois ci j'étais décidé à Ethan, quitte à casser mon image de bad-boy. C'était pas le moment d'être égoïste, ni le moment de jouer au con.
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Lun 12 Juil - 21:14

Deux jours avant, nous avions fini par sortir de notre chambre, faisant faire à Lena sa première sortie officielle. Bien sur nous avions choisi le repas du midi, où il y avait un peu moins de monde. Lena avait été un bébé adorable. Bien sûr elle n’avait pas quitté nos bras, mais elle souriait à tout le monde et surtout elle n’avait pas pleuré. Tout le monde l’avait admiré, et j’avoue que j’avais adoré qu’on admire autant ma petite princesse. J’étais tellement fier de ma famille. J’avais mangé, Lena dans mes bras et tout allait bien.

Sauf qu’a un moment donné, le ciel a commencé à s’obscurcir. Nous étions assis en face d’Alexander, Aaron et Gabrielle. Et plus loin, au bout de la table il y avait Aristide. Je ne le connaissais pas vraiment, je n’avais pas le temps de connaitre tout le monde, mais je savais qu’il il était. Je connaissais tout le monde, au moins par leur prénom. Je savais qu’il était d’origine grecque et qu’il s’entendait bien avec tout le monde. Katarina m’en avait parlé une ou deux fois mais je ne m’étais jamais vraiment intéressé à lui. Sauf que là….il venait de couver du regard….Gabrielle. Et mon regard avait été plus scrutateur sur la femme de mon « frère ». Elle lui souriait aussi. Mais ce n’était pas un sourire amical ou poli. Je sentais qu’il y avait autre chose.

Alors quand le repas a pris fin, j’ai embrassé Lena avant de la rendre à Katarina. Le repas de Lena approchait et j’avais quelque chose à vérifier. J’aurais préféré passer du temps avec ma famille mais il fallait que je mène mon enquête. C’était plus fort que moi, mais je n’avais pas aimé ce petit échange de regard, que j’avais l’impression d’être le seul à avoir capté. Alors j’ai suivi mine de rien les allers et venues de Gabrielle. Quand je l’ai vue rentrer dans une chambre qui n’était pas la sienne. Et là j’avais vu rouge…..Je n’avais pas rêvé. Impossible !

Et j’en ai eu le cœur net quand j’ai vu Gabrielle dans les bras de cet homme. Il avait sans doute dix ans de moins qu’elle, mais là n’était pas le problème. Elle était mariée, elle avait une fille !! Elle était heureuse, Alexander l’aimait !!! Et quand ils ont entendu la porte s’ouvrir à la volée, Gabrielle s’est détachée de son amant. Je suis resté une minute bouche ouverte devant la scène. Je venais d’assister à un adultère. Gabrielle était la meilleure amie de ma femme ! Et là….j’ai déversé toute ma haine sur eux. J’étais terriblement en colère, tellement ! Alors je lui ai dit à quel point elle me dégoutait, je lui ai dit tout ce que je pensais d’aller. Lui je l’ignorais presque. Et j’ai conclu avant de les laisser que je ne voulais plus qu’elle approche de ma famille.

J’ai erré dans les couloirs pour me calmer…je savais que si je retournais directement dans notre chambre j’allais faire peur à Kat. Alors quand j’ai réussi à me calmer, je suis rentré chez nous et j’ai juste dit à Katarina que j’aimerais qu’elle cesse de voir et de fréquenter Gabrielle. Bien sûr je n’ai pas su lui cacher bien longtemps ce que j’avais vu et pourquoi je lui demandais ça. Elle est restée sans doute encore plus choquée que moi et elle a accepté de ne plus voir Gabrielle. Je regrettais même de lui avoir demandé d’être la marraine de Lena….je songeais même à lui retirer ce titre. Je ne voulais pas que ma fille ait comme marraine une femme comme Gabrielle. Pauvre Alexander….

Je ne cessais de penser à lui et je m’en voulais de ne rien lui dire, mais j’avais laissé entendre à Gabrielle qu’elle allait devoir assumer. Mais jusqu'à quand arriverais-je à me taire ? Je n’en savais rien….j’avais même du mal à le regarder dans les yeux. Maintenant j’avais pitié pour lui…. Sa femme lui était infidèle…..

Depuis deux jours, Gabrielle et son « ami » semblaient nerveux quand ils me croisaient, et je voyais bien leurs regards assassins mais je préférais faire comme s’ils n’existaient pas. Parce qu’a mes yeux c’était ça : ils n’avaient pas d’existence, ils n’avaient pas ce droit.

Katarina semblait se ranger à ma décision de ne rien dire. Elle m’avait laissé Lena cet après midi, prétextant une chose à faire à l’infirmerie. Alors tellement ravi d’avoir ma fille pour moi tout seul je n’y avais vu aucune objection. Lena était dans mes bras, prête à s’endormir quand j’ai entendu la porte s’ouvrir à la volée. Lena a sursauté et j’ai senti qu’elle allait se mettre à pleurer, et j’étais prêt à tuer celui qui venait de rentrer comme un boulet de canon dans notre chambre. Surtout quand j’ai vu de qui il s’agissait.

Riley….

Il a bien vu que je n’étais pas très heureux de le voir. Et encore c’était un euphémisme.

« Tu me foutras ton poing dans la gueule plus tard ! On a un problème plus gros que nos deux égos réunis, alors tu la fermes et tu m'écoutes jusqu'au bout, compris ? »

Dés qu’il m’a dit qu’il y avait un problème, j’ai compris qu’il n’était pas venu par hasard, ou par gaieté de cœur. Alors vu sa tête, privée de son arrogance légendaire, j’ai compris que je devais l’écouter alors j’ai dégluti en acquiesçant. Je sentais mon cœur battre à tout rompre. Et Lena ressentait mon angoisse, parce qu’elle se crispait, et me tirait une mèche de cheveux assez nerveusement.

« Le tunnel où on stocke le matériel s'est effondré y'a quelques minutes et des personnes sont bloquées dessous. Aristide, Gabrielle et ta femme, au cas où tu l'aurais pas entendue crier ! Alors laisse ta fille à Lilly et va la sortir de là avant qu'elle se vide de son sang ! »

Je me suis retrouvé la bouche en « O » instantanément. J’en aurais presque fait tomber ma fille de stupeur, de peur et d’effroi. Ma femme !!! Mon amour !!! Ma raison de vivre !!

-Oh non !!!

C’est tout ce que j’ai réussi à dire. Mon monde venait de s’effondrer. Alors Lena dans les bras, ignorant ses pleurs comme si elle venait de comprendre que sa maman était en danger, je suis allé jusque dans la chambre de Lilly, non loin de la nôtre. Je n’ai pas frappé, j’étais sous le choc. Tout ce que je voulais c’était aller déloger ma femme de là. Les autres je m’en fichais. Alors de manière très hystérique, j’ai mis Lena dans les bras de ma sœur de cœur et je lui ai donné des ordres.

-Lilly !!! Lilly !!! Garde Lena avec toi dans notre chambre et n’en bouge pas d’accord.

Et je suis parti en courant, Riley sur mes talons.
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Liam Marsden
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Lun 12 Juil - 22:35

Les jours passaient et se ressemblaient, inlassablement ponctués des mêmes taches et mêmes discussions. La vie en communauté se répétait d’une manière bien étrange, comme un disque rayé. Je vivais sous terre depuis un bout de temps déjà, mais n’arrivait cependant pas à m’en lasser. Ce petit quotidien plan plan me convenait parfaitement bien, je n’aspirais qu’au calme et à la sérénité après tout ce qui m’était arrivé, après cette guerre. Alexander et Ethan maintenaient du mieux qu’ils pouvaient cette reposante sensation de sécurité et apportaient à chacun un certain calme après la tempête, un réconfort bien mérité. Malheureusement, je trouvais que les rythmes de travail et la « bonne humeur » se relâchaient un peu, comme un mécanisme dans lequel se serait niché un petit cailloux, saccageant tout le système : quelque chose clochait. Je connaissais Ethan comme le fond de ma poche puisque nous nous ressemblions énormément, et rien qu’à sa tête, j’avais deviné qu’il était préoccupé par quelque chose en ce moment. Alexander qui le surmenait encore ? J’en doutais. A vrai dire, c’était plutôt calme rase en ce moment niveau travaux collectif, chacun faisait sa part et tout était rapidement effectué, laissant de longues journées libres à remplir. Restaient bien sûr les expéditions, mais nous n’étions pas sortis en ce moment et à vrai dire je ne savais pas très bien quand nous ressortirons. C’était Ethan qui m’informait de ce genre de choses, hors en ce moment, il me parlait peu. Il n’était comme suspicieux en ce moment, posait de drôles de regards sur les gens, comme s’il cherchait un coupable pour je ne sais quelle bêtise. A ma connaissance il ne s’était pourtant rien passé, et ce silence m’étonnait un peu de la part de mon ami. Habituellement, les choses ayant attrait avec la communauté m’étaient assez facilement répétées, je n’avais pas besoin de me faire prier. Mais je supposais qu’il avait ses raisons, et ne lui demandais rien. Après tout, ce qui ne me regarde pas ne me regarde pas. Je n’en étais pas vexé.

Une petite chose avait cependant changé nos habitudes : l’arrivée publique de Lena. Les jeunes parents avaient enfin décidé de sortir leur fille de sa chambre pour la présenter aux autres communautaires qui visiblement en étaient très contents. Il fallait avouer que Lena était une petite fille adorable, pleines de sourires, et ne pleurant jamais en publique. De plus elle se laissait facilement approcher, sans broncher, observait le petit monde qui l’entourait. Oui elle était splendide, et c’était pour ma part ça le problème. Elle était trop… Ressemblante à la petite fille que j’aurais voulu avoir. Nous en avions parlé avec Ethan après que je sois passé voir Katarina, il savait à quel point c’était dur pour moi, et s’efforçait de ne jamais trop l’approcher de moi. C’était stupide, cette enfant était une bénédiction, et je me comportais avec elle comme si elle avait une maladie contagieuse, mais je ne pouvais pas, pas encore. Au fur et à mesure de ses apparitions, j’essayais de l’approcher, lui parler, lui sourire. Mais tout cela était encore difficile et très douloureux pour moi, comme une plaie ouverte. Il me fallait du temps pour apprivoiser ce sentiment nostalgique et envieux, tout n’allait pas venir naturellement. Mais demeurer dans mon coin et éviter soigneusement Lena ne m’aiderait pas ; je devais affronter mes peurs pour les vaincre. Aussi tentai-je le plus souvent possible de prendre sur moi, y arrivant parfois, l’espace de quelques secondes. Lucas et Lucy quant à eux étaient heureux de pouvoir passer un peu de temps avec le bébé, cette dernière m’avait finalement pardonné mes excès lorsqu’elle avait su que Katarina et Ethan allaient enfin montrer leur enfant au grand jour. Tout le monde était heureux, sauf moi.

Je me sentais horriblement coupable de tels ressentiments, mais n’y pouvais résolument rien. C’était plus fort que moi, ma sensibilité et ma tendresse n’étaient pas assez fortes pour combattre les démons de mon passé et enlacer Lena. J’avais beau l’adorer, je ne pouvais le montrer, et croyez moi, c’est très frustrant. Non seulement je répugnais à la voir, mais l’idée de la toucher de nouveau me donnait presque des frissons tant cette morsure était encore vivace, prête à ressurgir au moindre contact. J’étais triste. D’une tristesse qui n’avait rien à voir avec ce qui m’était arrivé. Pour Ethan, pour sa femme que j’appréciais également, j’aurais voulu être plein d’égards et d’attentions pour leur fille. Je m’efforçais de faire de mon mieux, de loin, mais cela me faisait énormément de peine. J’étais tiraillé entre mon envie d’être là pour Lena et ma peur de la douleur que cela engendrerait.

Aujourd’hui avait été un jour banal, rien de spécifique ne m’était arrivé. J’étais dans ma chambre, les jumeaux avec Gabrielle et Isaac. Je réfléchissais, pensais aux problèmes de la communauté, aux moyens de les résoudre. Les vivres s’amenuisaient, Ethan voulait absolument qu’on arrête d’accueillir les personnes errantes et Alexander persistait dans son idée. Personnellement, je demeurai neutre quant à cette question, même si au fond j’aurais plutôt été de l’avis d’Alexander. Il ne fallait laisser personne à l’abandon. Soudain, Riley entra comme une furie dans ma chambre me faisant sursauté, et m’expliqua avec une brièveté et une anxiété visible que Gabrielle, Katarina et Aristide avaient eu un accident. Aussi sec, je me levais d’un bond et courrai à l’endroit qu’il m’avait indiqué : les réserves. Mon cœur battait à cent à l’heure, j’étais à mon tour terriblement angoissé. La scène que je découvris au lieu dit me fit perdre pied. Je crus une seconde que j’allais m’évanouir mais heureusement, repris le contrôle à temps. Je devais garder la tête froide. J’étais livide. Katarina saignait… Mon Dieu, j’étais tétanisé. Elle était bloquée sous un énorme bloc de béton, Aristide à ses côtés semblait inconscient, lui aussi ensevelit sous les décombres du plafond qui s’était effondré. Je ne me demandais même pas pourquoi, me jetais sur Ethan qui semblait complètement affolé et perdu, hystérique à la vue de sa femme dans un tel état. D’autres personnes nous entouraient, je n’y prêtais pas attention.

« Calme toi. On va les sortir de là. »

Le ton de ma voix me fit presque sursauté de nouveau. Elle était étrangement calme et posée, comme si je n’avais pas peur. Je le tirai doucement en arrière lorsque je remarquai que Gabrielle était un peu plus loin. De tous, ce fut elle qui me fit le plus de souci. Elle ne criait pas, ne saignait pas, mais pleurait silencieusement, visiblement très choquée. Peu après, mes yeux se posèrent sur une nouvelle vision d’horreur : une barre métallique était enfoncée dans sa jambe. Et effectivement, elle saignait. J’aurais voulu aller la rassurer mais je ne parvenais plus à réfléchir. Katarina hurlait et sa voix raisonnait dans ma tête, comme une mélodie stridente jouée avec un instrument mal accordé. Je poussai définitivement Ethan en arrière tandis qu’il s’était encore rapprocher de sa femme, m’accroupi et dit à Katarina :

« Où est-ce que tu as mal ? Mathilda va arriver. Respire. Arrête de hurler, tu perds des forces. Respire. »

Toujours ce calme détonnant, mal venu comparé à la situation. Je ne savais pas quoi faire. Regardant ce qui la bloquait, je murmurai :

« Nous allons devoir nous y mettre à plusieurs. »

C’était l’apothéose. J’espérais que tout le monde et surtout Mathilda arrivent très vite. Nous n’y arriverions pas sans cela, nous étions encore trop peu.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Mar 13 Juil - 9:45

Cette situation avait un terrible arrière goût de déjà vu et c'était terrible. J'avais un peu l'impression que le destin venait punir ceux qui avaient échappé à la catastrophe une première fois. J'avais été à peine blessée lors des bombardements. Je m'en étais sortie avec des ecchymoses et des coupures, rien de dramatique, je n'en avais pas gardé la moindre petite cicatrice. Je m'en étais sortie indemne, oui. Comme par miracle... Je n'avais jamais cru aux miracles, pas plus que je ne croyais en dieu. Et je me suis brusquement rendue compte de quelque chose. Et si je mourais ? Oui, et si je mourais ? Je n'avais pas envie de disparaître, je n'avais pas envie d'être effacée... J'avais soudain terriblement peur. Si je ne survivais pas... La peur m'a serré le cœur. Ce n'était pas tellement que j'avais peur de mourir, non... Ce qui me faisait peur, c'était d'être séparée de ceux que j'aimais. J'avais tellement peur de perdre Ethan... J'étais terrifiée à l'idée qu'on me l'arrache aussi brutalement. Je l'aimais plus que tout au monde, et ma vie – ou ma mort – n'avait aucun sens sans lui. Imaginer simplement que je puisse être séparée de lui me glaçait le sang et cette pensée aurait suffi à me tuer. Et il y avait Lena... Oh, Lena, mon bébé, mon amour, mon petit ange... Elle avait besoin de moi ! Je n'avais pas le droit de mourir, c'était tellement égoïste... Pendant une seconde, je bénis cette chute dans la salle de bain. Si je n'étais pas tombée, l'accouchement n'aurait pas été déclenché, et si j'avais encore été enceinte... Oh non, je refusais même d'y penser une seule seconde. C'était trop horrible.

Je me débattais toujours, appelant désespérément Gabrielle. Oui nous nous étions éloignées l'une de l'autre, oui son comportement m'avait déçue, oui nous nous étions disputées... Mais elle restait ma meilleure amie et je ne voulais pas qu'il lui arrive quoi que ce soit. J'avais tellement peur pour elle... Dans mon malheur j'avais eu de la chance, j'étais vivante... Etait-ce le cas de Gabrielle ? Bizarrement, mes hurlements ont redoublé d'intensité quand je l'ai entendue hurler également. Un rien me paniquait. Finalement j'ai bien été obligée de reprendre mon souffle. C'est à ce moment là que Gabrielle a demandé si nous étions blessés. J'ai tourné la tête vers Aristide. Il s'était de nouveau évanoui. Enfin, j'espérais que ce n'était que cela... Il m'a fallu plusieurs longues secondes pour répondre à Gabrielle. J'ai pris une profonde inspiration.

« Je... Nous sommes coincés... Je crois qu'Aristide ne va pas bien du tout... Et... et toi ? »

Je ne pus faire plus d'efforts. Je n'y arrivais pas. J'avais trop mal... J'avais beaucoup de mal à respirer. Sans doute à cause du choc, car rien n'opprimait ma poitrine. Mais j'avais du mal à prendre de profondes inspirations, et toutes ces poussières qui volaient me faisaient tousser affreusement et j'avais l'impression qu'elles me lacéraient la gorge. Et la douleur que je ressentais dans le bas de mon corps était terrible... J'ai tenté de bouger. Très mauvaise idée. Mais au moins, j'ai eu la certitude que j'avais quelque chose coincé dans la cuisse quand je l'ai senti s'enfoncer davantage dans mes chairs. Cette fois ci j'ai crié si fort que ma voix a déraillé sur la fin. Je tremblais de tout mon corps. Et j'avais froid... Je savais que ce n'était pas bon signe. Mon angoisse est montée en flèche. Et mon cœur s'est mis à battre plus vite. C'est à ce moment que Riley est arrivé. Je n'aurais jamais cru dire ça un jour, mais j'étais contente de le voir. Pour une fois, son attitude n'avait rien de hautaine. Au contraire, il a essayé de me rassurer. Et même si ce n'était pas très efficace, il avait au moins le mérite d'essayer. Je me suis mordue la lèvre et je me suis contentée d'acquiescer quand il a dit qu'il allait chercher Ethan. Oui ! C'était Ethan que je voulais... Il est reparti rapidement, et j'ai prié pour survivre jusqu'à son retour. Je me sentais de plus en plus mal...

Rapidement, il y a eu de l'agitation dans les couloirs. J'avais la nausée, et de plus en plus de mal à garder les yeux ouverts. Le moindre petit mouvement me faisait souffrir. Aussi continuais-je de hurler, désespérément, comme si cela pouvait effrayer ma douleur et la faire reculer. Je me suis tue brusquement quand j'ai entendu quelqu'un d'autre hurler. Il m'a fallu moins d'une seconde pour comprendre pour qu'il s'agissait de celle d'Ethan. J'étais partagée entre la peur et le soulagement. S'il hurlait, c'est que les choses n'allaient vraiment pas bien. Il s'est précipité vers moi, et mon premier réflexe a été de tendre le bras pour m'accrocher à sa jambe. Mes doigts se sont refermés nerveusement sur son jean. Il était livide, et vraisemblablement paniqué. Il a essayé de me libérer seul, et je l'ai entendu jurer et hurler parce qu'il n'y arrivait pas. Néanmoins, il avait fait bouger le bloc de béton. Je l'ai senti appuyer un peu plus sur mes jambes. Je me suis mise à hurler comme une folle furieuse, frappant de toutes mes forces sur ce bloc.

« Arrête, arrête ! »

J'ai eu l'impression que tout tournait autour de moi, et ma vision s'est brouillée... A moins que ce ne soit à cause du sang qui continuait de couler ? Quelqu'un est arrivé, et je n'ai pas compris tout de suite qu'il s'agissait de Liam, qui essayait de calmer Ethan. Il avait l'air beaucoup plus calme que nous, ce qui n'était pas un mal. J'ai eu un sursaut quand il a repoussé Ethan pour me parler. Je l'ai regardé avec un air totalement halluciné. Les mots restaient bloqués dans ma gorge. Et bientôt, je me suis rendue compte que je n'arrivais plus à prononcer un seul mot en anglais.

« У мєня болит живот... У мєня болит живот... У мєня болит...»
J'ai mal au ventre... J'ai mal au ventre... J'ai mal...

J'ai éclaté en sanglots. Ils ne me comprenaient pas. Je me suis sentie très seule tout à coup. Alors bêtement, j'ai désigné mon ventre. Et je me suis souvenue que mes jambes me faisaient souffrir le martyr, alors je les ai montrées également, ainsi que ma tête, qui saignait toujours. Puis, un peu nerveusement, j'ai attrapé Ethan par le bras.

« У Опасение... »
J'ai peur...

Et soudainement, comme pour confirmer mes dires, j'ai eu un spasme violent. J'ai à peine eu le temps de tourner la tête pour vomir. Du sang, en grande partie.

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AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Mar 13 Juil - 14:32

L'horreur à l'état pur. La peur, la panique me submergeaient et s'alliaient à la douleur ce qui rendait la situation encore plus difficile à supporter. Quand on souffre, quand on a peur pour sa vie mais qu'en plus, on a peur pour la vie des personnes que l'on aime, tout se complique. Des images insoutenables défilaient devant mes yeux : Emma en sang, Alexander en sang... Mes raisons de vivre en train de perdre la vie. C'est toujours dans les moments dramatiques qu'on se rend compte à quel point on tient à certaines personnes et qu'on regrette certaines décisions. C'était mon cas en cet instant. La culpabilité que j'avais ressentie auparavant et qui, ces derniers temps, était devenue encore plus importante parce qu'on nous avait surpris Aristide et moi remonta et me frappa de plein fouet alors que j'étais coincée sous ce bloc de béton. J'aimais tellement mon mari, j'avais l'impression de mourir un peu plus à chaque seconde, en l'imaginant grièvement blessé ou même mort. Je ne l'avais pas aimé comme il aurait dû être aimé. Je n'avais pas été digne de la confiance et de l'amour qu'il m'avait témoigné pendant toutes ces années. Là, à cet instant précis, à cette seconde précise, je pris ma décision. Oui, malgré l'horreur, malgré la douleur, malgré la gravité de la situation et l'interrogation sur notre survie et celle d'autres blessés éventuels, je pris ma décision, celle que j'aurais dû prendre depuis longtemps : J'allais quitter Aristide et tout dire à mon mari, et j'allais en assumer les conséquences. Aristide... J'avais demandé à Kat s'ils allaient bien et j'avais entendu d'une oreille distraite, car plongée dans mes pensées, qu'ils étaient bloqués et qu'Aristide semblait aller très mal. Mes sanglots silencieux redoublèrent. Je lui avais déjà fait beaucoup de mal en ne partageant pas ses sentiments. Oui, j'avais des sentiments pour lui mais ça n'avait rien à voir avec ceux qu'il avait pour moi, et tout en sachant cela, j'avais laissé continuer notre relation. Je n'y avais pas mis fin. A présent, il était blessé, dans un état critique et c'était ma faute. Si je n'avais pas cédé à la tentation, si je n'avais pas trompé mon mari avec Aristide, jamais il ne se serait trouvé là et jamais il n'aurait été blessé. Kat non plus d'ailleurs... Si je n'avais pas trompé Alexander, elle n'aurait pas eu à venir jusque dans cette réserve parce que son mari nous avait surpris et elle n'aurait pas été blessée. Non, ce plafond se serait effondré sur moi, uniquement sur moi et je l'aurais bien mérité.

Soudain, j'entendis une voix et tendis l'oreille tout en gardant mes mains plaquées contre mon visage. Je ne pouvais pas m'arrêter de pleurer et j'avais besoin de me cacher : De cacher ma douleur et surtout, de cacher ma honte. Je reconnus la voix de Riley et les mots qu'il prononça ne firent que m'inquiéter davantage : "Du calme, du calme, on va te sortir de là... Je... Je vais aller chercher Ethan et les autres, pas de panique... Oh putain, tu saignes" dit-il à Kat... "Hey mec, ça va ? Hey ! Réveille toi bordel, fais pas le con !" dit-il à Aristide. Je sentis la terreur nouer mes entrailles : Kat saignait beaucoup et Aristide était inconscient. Non... Oh non... Quelques secondes après, j'entendis la voix de Riley beaucoup plus près et c'était à moi qu'il s'adressait. Il disait que je devais rester calme et je ne bronchai pas, ne dis rien : Je me contentai de garder mes mains sur mon visage. Il partit chercher de l'aide et nous laissa seuls. Les minutes me semblèrent alors horriblement longues. Puis, à travers les hurlements de Kat, il y eut de l'agitation dans le couloir et cette fois-ci, je retirai les mains de mon visage pour essayer de voir ce qu'il se passait. Malheureusement, l'énorme bloc de béton m'empêchait de voir quoi que ce soit. Je reconnus cependant les voix de ceux qui se trouvaient là : Ethan, Liam et Riley qui était revenu avec eux. Alexander n'était pas là... Seigneur il n'était pas là... Le noeud que j'avais dans le ventre s'intensifia et je voulus essayer de bouger : Sans succès bien sûr. Pire, le fait d'avoir tenté de bouger même d'un millimètre avait réveillé la douleur horrible dans ma cuisse. Peu à peu, l'hystérie me gagna.

-Alexander... ALEXANDER!!!!

On ne me voyait pas, mais on allait m'entendre à coup sûr.

-DITES-MOI OU IL EST! IL VA BIEN? DITES-MOI QU'IL VA BIEN!!! DITES-M...

Je me stoppai. Cette sensation que j'avais dans le ventre, cette impression d'avoir un noeud dans mes intestins venait de devenir bien plus forte pour se transformer en une douleur fulgurante. J'avais déjà très mal à la jambe mais mon esprit se concentra sur cette nouvelle douleur et je me rendis compte, après quelques instants, que cette douleur se situait vers le bas-ventre. Certes, il s'agissait de douleurs abominales mais elles étaient particulièrement basses. Pendant un instant, la douleur se fit beaucoup moins grande et je soufflai, pensant que c'était passé. C'est alors que la douleur revint, plus forte encore : J'avais l'impression qu'on me déchirait les entrailles et je ne pus empêcher un gémissement plaintif sortir de ma bouche. Je portais mes mains à mon ventre et serrai les poings : Je n'y comprenais rien. Mes jambes étaient bloquées et je n'avais rien sur le ventre : Pas un morceau de béton, pas un morceau de métal rien. Comment pouvais-je avoir mal de cette façon? Et cette douleur était tellement forte, tellement étrange... J'avais beaucoup de mal à l'identifier jusqu'à ce que je sente du liquide s'échapper d'entre mes cuisses. Pétifriée, je glissai l'une de mes mains entre mes cuisses. Ce fut très douloureux car le moindre mouvement, même infime, me faisait horriblement mal. Je parvins à toucher mon pantalon avec mes doigts et aussitôt, je les retirai d'entre mes cuisses pour regarder ma main : Du sang. C'était du sang. Je restai quelques secondes sans bouger, choquée, puis, quand la douleur abdominable se fit encore plus puissante, instinctivement, je reportai mes mains sur mon ventre. J'avais compris. Je sentais le sang couler et imprégner mon pantalon. Je sentais partir la vie que je portais en moi.

Une fausse couche.

Une partie de moi était horriblement triste mais l'autre partie ne souhaitait qu'une seule chose : Que mon corps aille au bout de cette fausse couche. Que mon corps rejette ce bébé pour que ce soit terminé. Dans ma tête, c'était le chaos total : Les personnes que j'aimais étaient en danger, je faisais une fausse couche dont je voulais... J'aurais voulu m'évanouir pour ne plus penser mais je n'eus pas cette chance.

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Mar 13 Juil - 15:58

J’aurai voulu que la mort soit douce. Que la mort soit facile. J’aurai voulu retourner en Grèce, j’aurai voulu rejoindre mes grands parents. La croyance populaire ne voulait elle pas que nos êtres chers viennent nous chercher ? J’étais seul, et perdu dans cet Enfer, dans cette nouvelle chute. Une envie d’hurler me prit, mais je ne pu l’assouvir, incapable du moindre geste, du moindre mot. Dans cette apnée, je n’étais plus libre de rien si ce n’est de chuter, encore et encore. Autour de moi, cette nouvelle obscurité, pâteuse, engluante dont je ne pouvais me défaire. C’était elle qui m’empêchait de respirer, brûlait ma gorge et mes poumons, tiraillait mon corps tout en entier. Ma douleur était indicible, déchiquetait chacune de mes chairs, me faisait trembler de froid et d’agonie. Pourquoi ? Pourquoi ? Je voulais mon soleil, mes champs de lavande. Je haïssais l’Amérique, la guerre, la communauté. Je voulais rentrer chez moi, comme un petit garçon affolé et je pleurai pour que l’on exauce mes prières. J’avais l’impression d’avoir été donné en pâture aux lions, mon corps étant leur jouet qu’ils charcutaient volontiers, avec un entrain étonnant. Je voulais rentrer chez moi. Mourir à la maison. Je voulais rentrer chez moi. Chez moi. Chez moi. Et soudain, un nouvel hurlement retentit dans ma tête, se répercutant avec fracas contre les parois de mon crâne, à l’infini, échos dévastateur d’un son horrible. Je ne pouvais rien pour le faire arrêter, je ne pouvais me boucher les oreilles, je ne pouvais lui crier de se la fermer. Je sentais toujours les larmes couler sur mes joues, faisant fondre mes chaires glacées de par leur chaleur. Pourquoi souffrais-je autant ? C’était presque surhumain comme douleur, insoutenable, indicible. Je ne pouvais même pas hurler pour extérioriser mes supplices. J’étouffais. Comme si cela ne suffisait pas, l’atroce voix résonnait toujours dans ma tête, râpait mon cerveau à coup de décibels. Faites la taire, FAITES LA TAIRE.

Et soudain : le silence. Ou presque. L’absence de ce cri de désespoir était reposante, apaisait mes douleurs, mais ce que j’entendais à présent m’effrayait. Comme des pas, des voix étouffées. Je cru entendre…Ethan ?! Etais-je réellement mort ? Je ne voyais rien, ne pouvais bouger, mais entendait à présent parfaitement tout ce qui se tramait autour de moi. J’entendis Katarina parler en russe, son accent me réchauffant quelque peu, et puis, tout d’un coup : mon cœur s’arrêta. Cette voix, cette voix que j’aimais tant, qui me susurrait de douces choses, cette voix. Cette voix criait « ALEXANDER ». Elle voulait de ses nouvelles, était hystérique. Gabrielle, oh Gabrielle… Pourquoi me fais tu ça ? Elle m’acheva, mon cœur explosa sous le poids de cet amour qui ne m’était pas destiné. Je le savais, bien sûr, j’en étais conscient. Mais putain, j’étais entrain de crever et elle s’en foutait ! Je n’étais rien, n’est ce pas ? Rien dutout. Tandis que je l’aimais de tout mon être et de toute mon âme, elle ne pensait nullement à moi. Je ne voulais plus l’entendre, oh non, faites la taire elle aussi. Faites taire toutes ces voix dans ma tête qui me tuaient chacune à leur tour, qui rajoutaient une douleur mentale à ma douleur physique. Je voulais retrouver ce silence qui me faisait certes peur mais au moins m’empêchait d’entendre pareils martyrs. Je voulais juste mourir. Encore. Ce semblant de mort était plus agréable que les voix qui hurlaient après leurs êtres aimés tandis que moi personne ne m’aimait. Je crèverai seul. Je le voulais. J’étais prêt à signer des deux mains s’il le fallait, mais ces supplications devaient se finir. Laissez moi, laissez moi mourir.

Mais au lieu de cela, j’entendis une nouvelle chose qui provoqua en moi une nouvelle vague de frissons d’horreur. Quelqu’un qui vomissait. Accompagné de cette odeur infecte qui vous inonde les narines pour le plus vous lâcher, ainsi qu’une sensation de mouillé sur mon visage… Plus chaud que mes larmes. MON DIEU. Quelqu’un venait de me vomir dessus !!!! Ce fut la goutte de trop, j’ouvris d’un coup les yeux, hurlant à m’en faire exploser les poumons ce qui déclancha en moi une douleur si vive, si ardente, qu’elle était comparable au toucher du fer rouge. Oui, ma peau devenait noire et s’effilochait, c’était obligatoire. Je souffrais, mais hurlait toujours, les yeux exorbités sur celle qui m’avait vomit à la figure. Katarina était livide, du sang autour de la bouche. Il y avait des éclaboussures de l’épais liquide rouge partout entre nous et je compris que c’était ce qu’elle m’avait rejeté dessus. Puis, je m’arrêtais. Je toussais, toussais à m’en faire péter les quelques côtés qui me restaient. Mais cette fois, je ne pu reprendre mon inspiration. Mes poumons ne voulaient plus se remplir de cet air nécessaire à ma survie, même un tout petit peu. Ils demeuraient vides et mes yeux commençaient à rouler sous mes paupières. Si je ne respirais pas il était sûr que j’allais mourir, et au fond cette idée me paraissait plus acceptable.

Malgré moi, ma main libre, du côté de Katarina, tapa fébrilement par terre pour signaler mon asphyxie, éclaboussant de nouveau mon visage ainsi que celui de ma voisine. Je tapais tout droit dans la flaque de sang. Bouger ainsi me faisait un mal de chien mais je n’y pouvais rien, mon bras agissait de lui-même, instinct de survie stupide et incontrôlable. J’essayais toujours de respirer, ce qui provoquait un bruit horrible. Comme si mes poumons étaient crevés. Comme un cochon qu’on égorge. Ma vision commençait à se brouiller avant que quelqu’un ne me fasse du bouche à bouche. J’ignorai qui c’était, mais me laissait faire. Sauf qu’il soufflait beaucoup trop fort et que mes poumons comprimés ne pouvaient accueillir tout l’air qu’il m’envoyait désespérément. J’avais l’impression qu’ils allaient éclater bientôt. Ne pouvant le lui faire comprendre, n’ayant plus la force de bouger mon bras, je tentai le tout pour le tout afin de le faire arrêter. Rassemblant ce qu’il me restait de courage, je mis ma langue dans sa bouche. L’effet fut immédiat. J’étouffais de nouveau. J’aurais voulu que la personne comprenne mais ne disposait d’aucun moyen pour lui faire comprendre. J’étouffais.

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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Mar 13 Juil - 17:47

Je dois bien l'avouer, j'étais nerveux. Et pour la première fois depuis longtemps, j'avais presque peur. J'étais un salaud, oui, mais pas de là à souhaiter la mort des gens qui m'entouraient. D'autant plus que Gabrielle était une gentille fille. Katarina également. Et Aristide, même si je ne le connaissais pas, ne méritait pas de finir de cette façon. Personne ne le méritait. Voilà pourquoi pour une fois, l'espace d'une journée j'étais prêt à lancer aux orties mon égo et ma connerie monumentale. Ce n'était pas le moment de faire l'idiot, et je l'avais parfaitement compris. Alors j'étais parti chercher de l'aide, aussi rapidement que possible. D'abord Ethan, parce que c'était l'état de Katarina qui m'avait le plus choqué. Elle hurlait et saignait beaucoup. J'avais bien tenté de trouver Alexander pour Gabrielle, mais je ne l'avais pas trouvé. Je n'avais pas perdu mon temps à le chercher. J'avais trouvé Aaron, c'était suffisant pour le moment. Lui savait peut-être où était Alexander, mais cela ne m'était pas venu à l'idée de lui demander où il était : il n'y avait pas de temps à perdre. Je me suis rapidement retrouvé sur les talons d'Ethan, qui courait comme un dératé, complètement paniqué. Ce qu'au fond je pouvais comprendre. Bientôt de nombreuses personnes se trouvèrent derrière nous. Je priais pour que nous soyons assez pour tous les dégager. J'ai grimacé quand les hurlements de Katarina se sont de nouveau fait entendre. Bientôt c'était son mari qui hurlait aussi, fou de douleur pour elle. Je dois avouer que cela m'a fait mal au cœur. D'accord, nous nous haïssions, mais de là à souhaiter une chose pareille... Non, je n'étais pas non plus un monstre.

Je suis allée vers Gabrielle alors qu'elle se mettait à hurler elle aussi. C'était terrible. Elle voulait Alexander. Et merde. Mais où était-il, nom de dieu ? J'ai enjambé les décombres et je me suis agenouillé près d'elle. Allez Riley, dis quelque chose. Quelque chose d'intelligent, si possible.

« Il va bien Gabrielle, il va bien, détends toi. »

Oui, c'est ça bien sûr.

« Ta fille est avec Lilly, Isaac ne va pas tarder à venir t'aider. Ne t'en fais pas on va te sortir de là. Ça va aller. »

Elle était vraiment très pâle et tout à coup très silencieuse. J'ai appelé Mathilda et Aaron qui venaient d'arriver. Aaron m'a repoussé assez brutalement et j'ai manqué de me casser la gueule lamentablement. Les hurlements de Katarina avaient cessé et bizarrement cela ne m'a pas rassuré du tout. J'avais un très mauvais pressentiment. Tandis qu'on prenait le relais avec Gabrielle, j'ai tenté une approche. Mais tout le monde s'agitait et me frayer un passage jusqu'à Katarina et Ethan fut compliqué .au final je jouai des coudes. Je me retrouvais alors derrière Ethan, complètement paniqué et en larmes. J'ai eu un pincement au cœur. Je n'ai guère eu le temps d'ouvrir la bouche. Je tournai la tête vers Aristide et constatai qu'il frappait bêtement dans une... flaque de sang ? J'ai brièvement tourné la tête vers Katarina. Ses lèvres étaient pleines de sang. C'était elle qui venait de vomir... Oh, bon sang... Je regardai de nouveau Aristide et je me rendis compte qu'il était... bleu. Au sens propre du terme. Sa poitrine ne se soulevait plus. Je n'étais pas un expert, je ne comprenais pas ce qu'il essayait de me dire. Jusqu'à ce qu'une voix féminine – celle de Mathilda – me cria « fais lui du bouche à bouche, il s'étouffe ! ». J'ai ouverts des yeux ronds comme des billes. Moi. Faire quoi ? Putain. Non, vraiment, ce genre de chose n'arrive qu'à moi. J'ai levé les yeux au ciel.

J'arrivais pas à croire que j'allais faire un truc pareil.

Et pourtant je l'ai fait. Enfin, j'ai essayé. Je n'avais jamais fait ça... J'ai essayer de relever la tête d'Aristide, mais il était raide comme un mort. Oh, merde, mauvaise comparaison. J'ai ouvert sa bouche et ai tenté désespérément de l'aider à respirer. Je ne savais pas comment m'y prendre, alors je me contentais de souffler de l'air à intervalles régulières. J'ai fait un bon en arrière quand il a fourré sa langue dans ma bouche.

« Putain ! Ne refais jamais ça mec ! »

On m'a tiré par le bras et j'ai vu que c'était Mathilda. Elle allait prendre le relai. Super. Je me suis relevé assez soudainement, sans détacher mon regard d'Aristide. S'il parvenait à respirer de nouveau, je m'engageais personnellement à le sortir de là, rien que pour lui coller mon poing dans la figure plus tard. Je me suis tourné vers Katarina. Et ce qui m'a frappé c'est la détresse d'Ethan face à la situation. Liam tentait de le calmer, et moi tout ce que je voyais c'était Katarina qui semblait aller de plus en plus mal. Ni une, ni deux, j'ai collé une claque d'enfer à l'arrière du crâne d'Ethan pour lui remettre les idées en places. Puis je l'ai attrapé par le bras et je l'ai relevé assez brusquement.

« STOP ! Arrête ça, OK ? C'est pas le moment de jouer les fontaines, c'est le moment d'être un homme, pigé ? Alors t'arrêtes immédiatement de faire le con, tu remontes tes manches et tu sors ta femme de là ! »

J'étais prêt à lui en recoller une. Je m'étonnais tout seul, devant mon courage et mon bon sens aujourd'hui. J'ai jeté un coup d'œil à Liam, puis à ce qui retenait Katarina prisonnière. Nos trois paires de bras allaient être bien nécessaires. Et encore...
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Mar 13 Juil - 19:23

Riley me guidait à travers les couloirs, ouvrant des portes de chambres au passage sans que je n’y prête plus attention que ça, et nous sommes descendus à l’étage où se trouvaient les réserves. C’était là apparemment que la galerie s’était effondrée. Pourtant rien ne présageait un tel accident. Je courrais, Riley, sur mes talons, et pour une fois j’étais reconnaissant qu’il soit venu me voir. Je ne pensais même plus à lui envoyer mon poing dans la figure. Tout ce que j’avais en tête c’est que la galerie s’était effondrée sur ma femme. Ma femme ! Mon ange ! Mon amour….

Je la croyais à l’infirmerie…je la croyais à l’abri…. Mais que faisait-elle prés de la réserve ? Pourquoi y était-elle allée? J’avais beau me poser des questions, ce qui m’inquiétait le plus c’était de savoir comment elle allait. Je devenais dingue. Plus je me rapprochais du lieu où Katarina était piégée, plus je me sentais nerveux. Je me doutais du choc que j’aurai en voyant la scène, mais ce n’était rien comparé à la réalité. Nous sommes finalement arrivés vers ce qui était avant un couloir propre et désert. Là, le plafond s’était en partie effondré. Au dessus nous savions ce qu’il y avait. Des bureaux….Alors comment la galerie avait pu céder ? Ces bureaux étaient déserts….

La réalité était affreuse…. Des gravats….de la poussière….et surtout….des cris déchirants. Ma femme…Ma femme qui hurlait….Jamais elle n’avait crié comme ça. Même pas pendant l’accouchement de Lena…ces cris là me glaçaient le sang. Elle était sans doute blessée. J’entendais d’autres cris, mais je m’en fichais, je me fichais de qui se trouvait coincée avec elle, ou la raison de sa présence sous cette galerie. Tout ce que j’avais en tête pour le moment c’était de décoincer ma femme du carcan ou elle était prisonnière.

J’ai du crier en voyant la scène. Je la voyais à moitié allongée ou assise, on ne voyait pas trop bien. Son visage était livide, crayeux… Et ca n’avait rien à voir avec la poussière….non non….elle était pâle comme..La mort…Non !! non !! non !! si elle n’avait pas crié, j’aurais pensé qu’elle était morte. J’hurlais tout et n’importe quoi mais surtout son nom, essayant de regarder ce qui l’empêchait de bouger. Je ne voyais que le haut de son corps, et son visage. Son visage qui malgré sa pâleur était rouge de sang. Elle saignait !! Oh mon dieu. J’hurlais tellement j’avais peur et quand je me suis approché d’elle pour essayer de la dégager, j’étais heureux pendant une ou deux secondes de sentir le bloc de pierre bouger d’un millimètre ou deux, mais Katarina m’a demandé d’arrêter. Elle souffrait, elle hurlait et gémissait et j’étais fou de douleur. Ma femme était coincée sous des débris et j’avais si peur de ne pas réussir à la déloger et qu’elle en meure….

J’allais chercher comment la dégager en ne lui faisant pas mal, je me fichais bien des autres et des cris que j’entendais. J’étais sourd à tout et à tous. Je ne voyais plus qu’elle et je n’avais qu’un dessein : la délivrer. Elle parlait en russe et je n’arrivais pas à comprendre ce qu’elle voulait me dire. Je me sentais encore plus désemparé, et je pleurais de douleur. Je ne voulais pas qu’elle meure, qu’elle m’abandonne, qu’elle me laisse seul. J’ai failli donner un coup d’épaule à la personne qui m’a repoussé en arrière alors que je tentais de dégager les gravats pour y voir plus clair.

Liam m’a poussé en arrière et m’a pris par les épaules en me disant de me calmer, qu’il fallait que je me calme, car je faisais encore plus paniquer ma femme. Il allait m’aider, il le promettait, il allait la sortir de là mais il fallait que je me calme. Et puis alors que je me débattais, essayant de repousser Liam pour retourner dégager Katarina alors que tout le monde s’agitait sans un mot, quelqu’un m’a frappé par derrière. Quand je me suis retourné j’ai vu Riley, qui était aussi blême que nous tous. Si je n’avais pas été si angoissé et au bord de l’hystérie, j’aurais sans doute remarqué qu’il s’inquiétait aussi.

« STOP ! Arrête ça, OK ? C'est pas le moment de jouer les fontaines, c'est le moment d'être un homme, pigé ? Alors t'arrêtes immédiatement de faire le con, tu remontes tes manches et tu sors ta femme de là ! »

Je suis resté sans voix pendant un moment, écoutant et analysant ce que mon pire ennemi venait de me dire. Et même si je savais que le temps nous était compté, que le temps pour Kat était compté vu ses blessures, j’ai séché mes larmes et j’ai pris Riley dans mes bras. Oui je l’ai pris dans mes bras…..Etonnant hein….mais je ne sais pas pourquoi mais je me raccrochais à n’importe qui qui veuille bien m’aider. Et Riley voulait m’aider à délivrer Katarina c’est tout ce qui comptait.

-Tu vas m’aider hein ? Tu vas m’aider ?

Mon regard était implorant, complètement fou aussi . Fou de douleur. Et je suis retourné vers Katarina pour aller la rassurer. Je pleurais, gémissais, mais je ne hurlais plus.

-Mon amour, je suis là. On va te sortir de là, je te le promets. Mon amour, parle moi. !

J’avais si peur qu’elle sombre dans un sommeil éternel, si peur de la perdre à jamais.

-C’est bientôt fini, c’est bientôt fini….

Et pourtant tout ne faisait que commencer en réalité…
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Liam Marsden
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Mer 14 Juil - 13:47

Mon cerveau était ralentit par le trop plein d’informations qui lui parvenaient. Tout ce mélangeait, ne laissant qu’une affreuse impression de chaos et de terreur. Nous étions tous livides, n’osions dire un mot, sauf Ethan qui hurlait comme un pendu. Il me tapait sur le système, m’affolait encore d’avantage. Avec quelques minutes de retard, je compris qu’il avait tenté de soulever la pierre. Quel inconscient, évidemment qu’elle retomberait sur Katarina et lui ferait encore d’avantage mal ! Je restais bouche bée, totalement ahuris lorsqu’elle me parla en russe. Je devinais que son affolement n’y était pas pour rien et qu’elle paniquait, perdait les pieds. La voir ainsi me déchira le cœur mais je n’y pouvais rien, de même que je ne comprenais pas ce qu’elle me disait. Elle éclata en sanglot sans que je puisse avoir un mot réconfortant ou une caresse à son égard ; j’étais beaucoup trop choqué moi-même. Katarina parvint cependant à désigner ses jambes, son ventre, et sa tête. Effectivement, une bonne moitié de son corps était littéralement écrasé, et s’échappait de derrière sa tête un épais liquide rouge-brun. Je tentai de lui sourire et me relevai d’un bond, cherchant Mathilda du regard. Quand soudain, j’entendis quelqu’un vomir péniblement, je baissai les yeux sur le corps tremblant de Kat qui venait de rejeter du sang en grande quantité. Mes yeux s’écarquillèrent d’horreur. C’était un véritable calvaire. Au même moment, se mit Aristide à hurler à son tour. J’avais l’impression d’être dans un asile de fou, je ne comprenais rien et me perdais au milieu du tumulte de nos corps qui tentaient en vain d’être utiles. Heureusement, Mathilda arriva rapidement et se dirigea vers le seul homme blessé qui semblait à présent s’étouffer. Il m’avait semblé que Riley lui faisait du bouche à bouche un instant plus tôt mais je n’en étais pas sûr. Ce garçon était plus gentil que ce que l’on imaginait, et j’y avais personnellement toujours cru.

Puis, soudain, je vis Riley frapper assez violement Ethan dans le dos et lui lancer une réplique qui me glaça le sang. J’ai cru, l’espace d’un instant que ce dernier allait lui coller son poing dans la figure, mais au lieu de cela il l’enlaça. Oui, Ethan enlaça Riley. J’en restais totalement abasourdi. Son ton était toujours aussi désespéré, mais au moins il avait cessé d’hurler, ce qui laissait un peu d’air à mon cerveau pour réfléchir. Il était complètement fou, inquiet par l’était de santé de sa femme, hors de lui. Et incapable de prendre la moindre décision. Alexander n’était pas là. Je cherchai Aaron du regard, le trouvait près de Gabrielle. Mais que foutait Alexander, putain ? C’était de lui que nous avions besoin. Lentement, les différentes personnes que Riley avait appelées arrivaient, s’entassant dans le couloir, le regard vide et perdu. Quelques uns semblaient totalement en manque de repères, attendaient que leurs leaders leur disent quoi faire. Le moindre geste pouvait être fatal à nos compagnons écrasés par leurs fardeaux de béton. J’enjambais les gravats pour retrouver Aaron près de Gabrielle, il essayait de la réconforter, de lui dire que son mari était sain et sauf et arriverait bientôt. Bientôt ? Nous en avions besoin immédiatement ! Même l’architecte qui était habituellement froid et ironique semblait paniqué, cherchait des yeux quelque chose à faire pour apaiser les souffrances de Gabrielle. Sauf que tenter de soulever le bloc de béton seul, comme l’avait fait Ethan plus tôt, était une très mauvaise idée. Il retomberait sur sa prisonnière, lui causant encore plus de douleur. J’inspirais profondément, personne ne semblait calme ou apte à décider des opérations à suivre. Mathilda faisait toujours du bouche à bouche au grec, Ethan pleurait sur Katarina, Aaron était perdu. Est-ce que quelqu’un prendrait le contrôle de la situation ?

Les autres personnes présentes, Isaac, Mary, Scott, ne bougeaient pas. Ils étaient comme pétrifiés face à une scène d’horreur qui les dépassait. Une nouvelle scène d’horreur, après toutes celles déjà endurées. Alors, pour la première fois de ma vie, je pris le contrôle. Je me reculais, pris une grande inspiration et hurlait, couvrant toutes les autres voix qui formaient un chahut infernal dans lequel nous étions incapable de réfléchir. Dans ma tête tout alla très vite. J’étais le seul encore capable de quoi que ce soit.

« TAISEZ-VOUS TOUS. »

Oula. Je n’avais jamais crié aussi fort et je devais avouer que ça faisait du bien. Immédiatement, un silence de mort s’imposa, mis appart les agonisants qui souffraient et gémissaient toujours. Même Ethan sembla avoir reçu une décharge. Certains sursautèrent, mais tous me regardaient. Seule Mathilda continuait ses soins, tête baissée. Bon. Je réfléchis à une vitesse éclaire, j’avais besoin de quelqu’un de plus faible que les autres, quelqu’un qui nous ne manquerait pas trop dans les travaux futurs. Isaac. Il était déjà âgé et n’avait pas vraiment l’air robuste, il serait parfait.

« Isaac, tu me ramènes Alexander sur le champ. »

Ma voix était calme mais déterminée. J’insista bien pour le « sur le champ », forçant l’ancien professeur à remonter illico chercher notre leader. En attendant, c’était moi qui jouerais ce rôle. Respire un grand coup Liam, tu peux y arriver. Moi qui étais habituellement doux et discret, voilà qui remettait les choses en perspectives. Je regardais tour à tour les blocs de pierre et les personnes qui m’entouraient, puis parvint à une conclusion qui me paraissait cohérente. Gabrielle était coincée sous un bloc moins important que les deux autres, mais Aristide nécessitait les soins de Mathilda, et il n’était pas le seul. Son état était de tous le plus critique, hors si nous n’arrivions pas à le sortir de là, nous aurions gâcher du temps à le soigner tandis que Katarina et Gabrielle avaient également besoin de notre médecin. Autrement dit, ses chances de survies étaient à mon sens si faibles que je préférais ne pas prendre de risque pour les deux autres. Oui, il s’agissait d’un sacrifice, mais je n’avais pas le choix. Ce n’était pas une question d’affinité. Mais s’il fallait choisir entre en perdre un seul ou en perdre trois, je n’hésiterai pas. Je ne voulais pas que tous remarquent ce choix, et décidai de d’abord leur répartir les taches. Le maximum d’hommes pour Katarina, un peu moins pour Gabrielle, ce qu’il restera pour Aristide.

« Aaron, Scott, Matthew, Mary, Alexander quand il sera arrivé, et Isaac, vous vous occupez de Gabrielle. Soulevez et poussez la pierre le plus loin que vous pourrez. Ne la faites surtout pas rouler. »

Ma voix était posée mais ne laissait pas de place au doute ; tous m’obéirent. Je vis le regard de l’architecte s’allumer lorsque je dis de ne pas la faire rouler, il reprenait conscience et recommençait à réfléchir. Bien.

« Ethan, Riley, Kaylhen, Declan, Olivia, Melina, vous aidez Katarina. Je vais vous aider. »

Je soupirai, repris tout de même.

« Jaqueline, Stefan, Steven et Joël, dégagez Aristide. »

S’il y avait ne serait-ce qu’un tout petit espoir, il fallait le tenter. Et puis je ne pouvais mener quelqu’un à l’abattoir sans rien essayer. Je me penchai sur Mathilda, lui demandant d’aller voir Gabrielle et de laisser Aristide. Elle objecta, je ne lui laissai pas le choix. C’était comme ça et pas autrement. Puis je me retournai et donnai une tape dans le dos d’Ethan :

« Maintenant, on y va. »

Je jetai un dernier regard derrière moi. Alexander, on a besoin de toi bordel.
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Mer 14 Juil - 16:43

J'avais l'impression que plus il y avait de monde, plus c'était pire. À mes hurlements et à ceux de Gabrielle se mêlaient ceux d'autres personnes, visiblement paniquées et surprises. Mais la dernière chose dont nous avions besoin, c'était de personnes aussi paniquées que nous. Nous avions besoin d'aide, tout simplement. Ce qui m'angoissait, c'était Ethan qui hurlait. Il avait peur, terriblement peur, et cela s'entendait. Et je dois avouer que j'étais loin d'être rassurée. Cela signifiait qu'il ne savait pas quoi faire pour me sortir de là... Et là, j'aurais vraiment eu besoin de quelqu'un qui avait la tête froide et qui serait en mesure de réfléchir calmement. Ce n'est pas que je n'avais pas confiance en lui. Au contraire, je lui aurais confié ma vie sans hésitation. C'était ce que je faisais d'ailleurs. Mais au fond de moi, j'avais peur qu'il ne parvienne pas à se calmer assez...vite. Je n'étais pas stupide. Je savais que mon corps ne supporterait pas de rester coincé là dessous indéfiniment. J'avais mal et je perdais du sang... Je savais par expérience que ma blessure à la tête n'était peut-être pas très grave. La tête, ça saigne toujours beaucoup. Le reste m'inquiétait beaucoup plus... J'avais une douleur atroce dans la jambe droite, certainement due à ce qui était planté dedans. Ce qui m'inquiétais le plus, c'était la douleur au ventre... Je venais de vomir du sang. Je savais que cela pouvait être dû au choc, comme à quelque chose de beaucoup plus grave... Je tressaillis, refusant d'y penser davantage. Je devais conserver la volonté de me battre. Je voulais vivre. Je DEVAIS vivre.

Je clignai les yeux de stupéfaction quand je vis Ethan qui enlaçait Riley et Riley qui le réconfortait comme un vieil ami. Tous les deux devaient vraiment être très choqués pour en arriver là... En espérant qu'ils ne se frapperaient pas dessus plus tard. D'un côté, les voir s'unir pour m'aider avait quelque chose de très touchant. Cela prouvait qu'ils étaient assez intelligents pour mettre leur rancœur de côté un petit moment. Mais pendant que tout ce beau monde s'agitait plus ou moins autour de moi, je sentais que je commençais à tourner de l'oeil... Je savais que cela pouvait être la résultante de tout un tas de choses : la peur, le choc, l'épuisement... Ou autre chose de plus grave. Je devais absolument lutter pour garder les yeux ouverts. Je ne devais pas me laisser aller. J'avais bien trop peur de ne jamais pouvoir rouvrir les yeux... J'avais tellement de raisons pour rester en vie. Ethan s'est agenouillé à côté de moi. Je voyais qu'il pleurait, je l'entendais qui pleurait. Mais il faisait tout ce qu'il pouvait pour me rassurer. Il promettait de me sortir de là. Je me suis contentée d'acquiescer doucement. Il me demandait de lui parler. J'aurais voulu mais je n'y arrivais pas. Je ne pouvais pas. Je me suis contentée de le regarder très fixement pendant plusieurs secondes. J'ai vu ses yeux s'écarquiller d'horreur. Je devais avoir l'air morte. Il fallait que je bouge. Que je dise quelque chose. Et comme souvent dans ces cas là, j'ai dit la première chose qui me passait par la tête.

« Я тебя люблю. »
Je t'aime.

Ça sonnait très probablement comme une dernière déclaration désespérée. J'aurais pu dire tout un tas d'autres choses, mais de toutes, celle ci était la plus importante à mes yeux. Parce que quelque part, je me disais que c'était peut-être la dernière fois que j'avais l'occasion de lui dire. Et je voulais qu'il sache. Il devait savoir combien je l'aimais. Combien ma vie sans lui était vide de sens.

J'avais froid. Terriblement froid. Et ce froid qui s'insinuait en moi me glaçait le sang et les entrailles. Je tremblais, malgré la douleur qui semblait s'amplifier à chaque seconde. Il me semble que Liam a hurlé quelque chose, mais je n'ai pas compris. Mon cerveau ne fonctionnait plus correctement. Il n'analysait plus rien. Et il y a soudain eu un silence tel que pendant quelques secondes je me suis crue morte. Mais la main d'Ethan qui continuait de caresser mon visage avec frénésie me faisait me raccrocher à cette réalité qui était de plus en plus floue. Je me sentais partir, mes forces me quittaient. Tout autour de moi devenait floue, je ne distinguais plus que des formes vagues... Seul le visage d'Ethan inondé de larmes restait net. Et même si c'était très tentant, je ne devais pas fermer les yeux. J'avais la sensation que je me noyais dans un océan de douleur. Je me sentais tirée vers le fond. J'avais du mal à garder la tête hors de l'eau. Une petite voix chuchotait à mon oreille : « Laisse toi aller. Abandonne. Tout ira bien. Ferme les yeux. » Sur le moment cela me parut être une telle atrocité que je sursautai et écarquillai les yeux, m'accrochant à la première chose venue. La main de quelqu'un. Ce n'était pas celle d'Ethan, il n'avait pas réagi. L'effort me parut surhumain, mais je relevai les yeux. C'était celle de Riley. Il me regarda avec surprise, avant de la serrer. Il hocha la tête. Comme pour dire « ça va aller. » Pourquoi n'y a-je pas cru une seule seconde ?

J'ai lâché sa main. Il y a eu un petit « plof » tandis qu'elle retombait mollement dans la petit flaque de sang. Du sang que j'avais craché. Ethan me jeta un dernier regard avant de se relever. J'eus envie de le retenir. Je n'y arrivai pas. Je me contentai de gémir quand sa main quitta mon visage. Mon corps tout entier se détendit tout à coup. Je sentais mon coeur battre de manière très désordonnée, très erratique. Il luttait pour sa survie. Pour ma survie. Je me forçai à prendre une profonde inspiration. L'exercice était si douloureux que je crus qu'il allait me tuer. Mais la seconde inspiration fut moins douloureuse. Doucement, je reprenais mon souffle. Je ne me sentais pas prête à cesser de respirer. Il ne fallait pas... Il ne... fallait... pas... Sans que j'en ai réellement conscience j'ai hurlé. Un poids venait de quitter mes jambes. J'ai eu l'impression d'avoir encore plus mal. J'ai cligné plusieurs fois des yeux pour tenter d'y voir un peu plus clair. Je constatai avec un espèce de stupeur qu'une dizaine de personnes étaient en train de soulever ce qui me retenait prisonnière. Si je distinguais clairement quelque visages amis, les autres m'étaient totalement inconnus. Et là, je n'avais pas la force de demander leur prénom à chacun. J'étais en train de retomber dans mon océan de flou quand j'ai entendu Riley dire à Ethan quelque chose du genre « sors là de là maintenant ! ».

Avant même que j'ai eu le temps d'analyser et de comprendre cette information, quelqu'un a passé ses bras autour de moi, et m'a tirée en arrière. Je n'ai pas tout de suite compris qui c'était. Je me suis simplement dit que cette personne avait beaucoup de force. Il y a eu un gros « boum » quand les autres ont laissé retomber le bloc de béton qui me retenait prisonnière jusque là. J'étais désormais un peu éloignée des autres... Mais pas de ma douleur. J'ai écarquillé les yeux et j'ai poussé un cri strident. Je venais d'identifier ce qui me faisait souffrir le martyr depuis ce qui me semblait être des heures. De ma cuisse dépassait une tige métallique d'une quinzaine de centimètres. Le reste était planté dans ma jambe. La force décuplée par la douleur et l'hystérie, je me suis redressée très brutalement et j'ai tendu la main pour arracher la tige métallique. Avant même que j'ai pu ne serait-ce que l'effleurer, les doigts d'Ethan se sont refermés autour de mon poignet. Très bon réflexe. Je ne devais pas y toucher, je le savais. Mais là je n'étais plus le médecin. J'étais la femme qui avait passé du temps sous des décombres, celle qui souffrait le martyr, celle qui sentait ses forces l'abandonner.

Celle qui avait peur de mourir.

« ENLEVE LA ! ENLEVE LA ! »

Hystérie. Totale. Incontrôlée. Incontrôlable. Je tremblais si fort qu'on aurait dit que je faisais une crise d'épilepsie. Et j'avais si froid... Quelqu'un c'est approché de moi, de nous. J'ai reconnu la voix de Mathilda très distinctement. Ce qu'elle a dit a Ethan m'a paru monstrueusement choquant, mais je n'ai pas bougé. Je reposai mollement contre mon mari, incapable du moindre geste. J'ai ouvert les yeux difficilement pour voir ce qu'elle tendait à Ethan. Une seringue ?!

« C'est de la morphine. Je sais que tu sais comment faire, alors ne perds pas de temps et fais le, aussitôt que tu auras retiré cette horreur de sa jambe. Et débrouille toi pour lui faire un garrot ensuite !»

Elle est reparti... Et je me suis sentie partir aussi... Je ne pouvais plus garder les yeux ouverts. J'ai essayé.. Tellement fort... A tâtons dans l'obscurité que mon corps m'imposait, j'ai cherché à caresser son visage. Un peu par hasard, ma main a rencontré sa joue.

« Fais attention à Lena... Fais attention... »

Ma main est retombée mollement. Je me suis évanouie.
J'imagine que cela devait ressembler à une toute autre chose, bien plus terrible.

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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Mer 14 Juil - 19:42

Ca bougeait, ça s'excitait tout autour de moi. Bientôt, beaucoup de voix se firent entendre mais je fus incapable de mettre des noms sur chaque voix. Il faut bien dire qu'il était difficile de bien les définir à travers les hurlements. Il me fut cependant possible d'identifier un hurlement parmi les autres : Celui d'Aristide. Mon coeur se déchira et mes sanglots redoublèrent d'intensité. Je ne savais pas ce qui lui arrivait mais cela me paraîssait atroce et l'imaginer en train de souffrir et en train de mourir m'était insupportable. Quoi? Vous ne me croyez pas? Vous pensez que son sort ne m'intéressait pas? Bien sûr que son sort m'intéressait... Je ne voulais pas qu'il disparaisse, je ne voulais pas l'entendre ou le voir mourir. Je ne voulais pas qu'il... Oui, j'aimais mon mari plus que tout et je l'avais appelé avec toute la force dont j'avais été capable mais je n'avais pas oublié Aristide. Comment aurais-je pu l'oublier? Même si j'avais pris ma décision, il aurait toujours une place dans mon coeur : Toujours. Alors, malgré la peur, malgré la douleur, je me mis à prier silencieusement : Une prière pour qu'il vive. C'est à ce moment-là que j'entendis la voix de Riley : Il m'annonça qu'Alexander allait bien. A travers mes larmes, un sourire étira mes lèvres. Ainsi, il était vivant et il n'était pas blessé. Il termina en m'annonçant qu'Emma allait bien et ce fut un soulagement supplémentaire. Une des mes prières avait donc été exaucée, mais ce n'était pas terminé : Il y avait d'autres personnes à sauver. D'autres personnes devaient vivre : Katarina et Aristide. J'aurais voulu lui demander comment ils allaient mais j'en fus incapable, maintenue au silence par la douleur qui me déchirait toujours les entrailles et la cuisse. J'entendis Riley s'éloigner et je me retrouvai donc à nouveau seule. J'en profitai pour reprendre mes prières : J'avais juste assez de forces pour ça.

Soudain, une voix se fit entendre par dessus les autres : Liam. Il ordonna à tout le monde de se taire. Je l'entendis ensuite dire à Isaac de ramener Alexander et j'ouvris les yeux, pétrifiée. Je ne voulais pas qu'il vienne, je ne voulais pas qu'il me voit ainsi : Non. Je ne voulais pas... Mais je n'avais pas la force de lui crier de ne pas y aller, alors, je ravalai mes paroles, espérant simplement qu'Isaac ne trouverait pas Alexander avant que... Avant que quoi exactement? Je n'en savais rien. Puis, il dispersa les personnes présentes pour essayer de nous sortir des décombres. Très rapidement, je fus entourée d'Aaron, Scott, Matthew et Mary. Aucun d'eux ne prononça le moindre mot mais Aaron se pencha vers moi et posa sa main sur mon front avant de tenter d'esquisser un sourire rassurant : Je dis bien tenter parce que son sourire n'avait rien de rassurant. J'avais l'impression de voir ma propre mort sur son visage. Je préférai fermer les yeux et attendre. Au bout de quelques instants, je me rendis compte que personne ne bougeait, que le bloc qui me retenait prisonnière était toujours là. Alors, je rouvris les yeux et glissai mon regard dans celui d'Aaron. Lorsque je m'adressai à lui, ma voix me parût bien faible.

-Qu'est-ce qui se passe?

Il me répondit très vite, sans doute pour éviter que je ne m'inquiète encore plus.

-On attend Mathilda. Elle doit être là quand on va déplacer ce qui t'empêche de bouger.

Oui : Avoir un médecin près de moi au moment où la barre métalique allait quitter ma jambe me paraîssait être un excellent plan. Quelques instants après ce bref échange avec Aaron, Mathilda arriva à côté de moi et Aaron retrouva les autres qui se trouvaient autour de moi ou plutôt, autour du bloc de béton qui me bloquait les cuisses. Mathilda posa sa main sur ma joue.

-Ca va aller. On va te sortir de là Gabrielle.

Elle détourna ensuite le regard pour m'examiner et avant même d'avoir regardé ma jambe, je la vis se stopper en voyant le sang qui s'était écoulé sous moi. Elle vit mes mains plaquées sur mon ventre et fronça les sourcils. Je la vis chercher sur mon ventre la source de l'hémoragie mais, ne trouvant rien, elle reporta son regard sur moi.

-Je ne vois rien au niveau du ventre... Tu es blessée dans le bas du dos?

Je secouai négativement la tête et plongeai mon regard dans le sien.

-Non... Je... Je crois... Que je fais une fausse couche...

Je vis son regard changer et elle baissa brièvement le visage : Elle avait compris. Elle savait ce que j'avais vécu et elle savait que depuis, je n'avais pas eu de relations avec Alexander. Elle savait donc de qui était ce bébé.

-Quoi qu'il arrive... Ne fais rien pour le sauver...

Elle releva aussitôt son regard vers moi et resta quelques secondes sans bouger ou dire le moindre mot avant d'acquiesser d'un bref hochement de la tête. Je savais qu'elle pouvait me comprendre et qu'elle ne me jugerait pas. Elle m'adressa même un bref sourire et prit ma main droite dans la sienne. Puis elle observa ma cuisse avant de s'adresser aux autres. Je me mis à fixer le plafond, tout en écoutant ce qu'elle leur expliqua.

-Vous soulevez le bloc doucement et vous le posez plus loin. Ensuite, on verra pour retirer la barre qui est dans sa cuisse. Je reste avec toi Gabrielle.

Ajouta-t-elle en se penchant vers moi. J'avais peur de la suite et ma main se resserra sur la sienne. Je sentis mon coeur s'accélérer au moment où le bloc se souleva et je fermai les yeux tout en serrant les dents. Si j'avais eu mal jusque là, ce n'était rien comparé à ce que je ressentais à présent.

-Mathilda!

C'était la voix d'Aaron. Elle me lâcha la main et je rouvris les yeux. Je la vis regarder ma cuisse puis baisser le visage avant de se retourner vers moi : Son regard me fit peur.

-Gabrielle... La barre est accrochée au bloc alors on ne peut pas les retirer en deux fois... Le barre a déjà bougé et tu perds du sang. Je vais placer ma main sous ta cuisse et faire un point de compression pour limiter l'hémoragie pendant qu'ils vont retirer le bloc et la barre.

J'acquiessai d'un bref mouvement de la tête. Mon coeur qui s'était accéléré commençait à ralentir. Je me sentais bizarre.

-Ensuite, je vais compresser avec mon autre main au dessus pendant que quelqu'un d'autre te fera un garrot. Ca va faire très mal alors il faut que tu sois forte et que tu tiennes le coup, d'accord?

-D'accord...

Murmurai-je tout bas. Quand elle souleva doucement ma cuisse, glissa sa main en dessous et compressa la plaie , je me pus retenir un gémissement de douleur. Ils n'attendèrent pas plus longtemps et soulevèrent le bloc. Je sentis la barre se soulever et emmener ma chair avec elle et je serrai les dents comme jamais pour retenir mon cri. Après ce moment de douleur intense, je sentis mon corps se relaxer : A présent, des petits points blanc dansaient devant mes yeux. J'avais même des vertiges. Je ne me sentais pas bien du tout. Je regardai droit devant moi et ne fis plus attention à ce qu'on pouvait être en train de me faire. Je me sentais partir.

-Gabrielle! Tu gardes les yeux ouvert! Tu m'entends? On va arrêter l'hémoragie, ne t'inquiètes pas!

Je sentis mes lèvres esquisser un sourire.

-Je ne... M'inquiète... Pas...

Et là, je fermai les yeux et ne sentis plus rien du tout. J'entendis au loin la voix de Mathilda.

-Son pouls est très faible... Il en est où ce garrot bon sang?!

Elle me paraissait vraiment lointaine.

-Gabrielle! Gabrielle!

De plus en plus lointaine.

-Je n'ai plus de pouls! Je...

    Le silence total. J'étais dans le néant et je n'avais plus de corps. Pourtant, malgré cette absence de corps, de temps à autres, je sentais comme des compressions et de l'air. Dans ces moments-là, j'avais l'impression de retrouver mon corps. Puis, il disparaissait à nouveau pour ne laisser que le vide. Soudain une lumière m'aveugla et l'instant d'après, j'étais dans une église. Je regardai autour de moi et il ne me fallut pas longtemps pour reconnaître l'église où j'avais épousé Alexander. Je souris, des souvenirs me revenant en pagaille. Je fis un pas en avant et c'est à ce moment-là que je me rendis compte que je portais ma robe de mariée : C'était tellement agréable de la porter à nouveau... Je regardai alors l'autel, espérant y voir Alexander mais il n'était pas là. Cela voulait sans doute dire qu'il était déjà dehors à m'attendre. Je me retournai donc vers les portes de l'église et m'avançai vers la sortie. J'étais calme, sereine et pressée de voir Alexander. Arrivée devant les portes, je glissai mes mains dessus et tirai un grand coup pour les ouvrir. Une nouvelle lumière m'aveugla avant de se dissiper et c'est là que je vis non pas Alexander, mais mon père. Il était habillé d'un magnifique costume blanc et en le voyant, un large sourire étira mes lèvres. Son sourire à lui fut beaucoup moins prononcé et il me fixa droit dans les yeux. Je plongeai mon regard dans le sien et, sans dire un mot, nous restâmes un petit moment à nous fixer ainsi : Lui à l'extérieur de l'église, moi à l'intérieur. Soudain, je sentis une étrange sensation me parcourir le corps et mon sourire s'effaça au moment où je détournais le regard. A peine une seconde plus tard, cette sensation refit son apparition et je relevai mon regard vers mon père. Nous nous fixâmes avec une intensité incroyable et je compris ce qu'il essayait de me faire passer comme message : Je devais choisir. Il me fallait sortir et le rejoindre ou refermer les portes et rejoindre tous les autres. Je fermai les yeux et pendant un instant, j'eus envie de me jeter dans ses bras, de le rejoindre et de fermer les portes en laissant tout derrière moi. Et puis, je vis le visage d'Alexander, d'Emma, de Katarina, d'Ethan, d'Aristide et de tout ceux qui comptaient tant pour moi. Je rouvris les yeux et adressai un sourire à mon père. Cette fois-ci, il me le rendit avec tendresse. Je fermai la première porte puis, après un dernier regard pour mon père, je refermai la deuxième.

Mes yeux étaient ouverts et je fixai Mathilda qui se trouvait juste au dessus de moi. Elle était très pâle mais je vis un soulagement incroyable se dessiner sur son visage. Très rapidement, je sentis à nouveau mon corps et bien sûr, les douleurs qui allaient avec mais après ce qu'il venait de se passer, après ce que je venais de voir, j'étais prête à les affronter. Ainsi, à travers les douleurs, je fus même capable d'esquisser un sourire à Mathilda.

-Ca va aller maintenant... Va t'occuper des autres...

Elle se redressa et retourna voir qui elle pouvait aider. Aaron prit sa place à mes côtés et quand il prit ma main, je la lui serrai doucement. J'étais très faible, et un peu déstabilisée. Je sentais bien que mon coeur battait faiblement mais je m'accrochai à ces battements.

-Aaron... Tu veux bien... Me dire comment ils vont s'il te plaît?

J'avais besoin de savoir où en étaient Katarina et Aristide.

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Mer 14 Juil - 22:00

J’entendis l’homme qui avait tenté de m’aider pester contre moi, visiblement offusqué de mon acte. Cette voix ressemblait à celle de Riley, mais il était impossible que ce soit ce monstre d’égoïsme qui ai tenté de me sauver, si ? Quoi que, au fond je m’étais toujours douté que le rôle du petit bad boy était une image derrière il aimait à se cacher, mais je dois avouer que j’eus souvent envie de lui coller mon poing dans la figure. Je devrais peut être réviser mon jugement, si jamais je m’en sortais. Ce qui me semblait de plus en plus impossible. Alors que Riley s’était rapidement éloigné de moi, je sentis quelqu’un prendre le relais, avec plus de délicatesse et de savoir faire. L’haleine fraîche et les lèvres me douces me firent penser à une femme, peut être Mathilda. Oui, je pensais à ce genre de détails alors que j’allais sûrement mourir d’une minute à l’autre. Je tentais d’ignorer mes douleurs et mes chagrins tandis que Mathilda insufflait doucement de l’air dans mes poumons, j’allais presque mieux, j’étais presque en vie. Elle devait se douter de la compression de mes organes respiratoires et faisait attention à ne pas aller trop vite ou trop fort, une vraie professionnelle. Mathilda était agréable, finalement. A première vue, elle était abrupte et froide, implacable. Mais non, elle savait se faire douce, j’aurais presque pris du plaisir à me faire faire respirer comme ça par elle, comme la mère oiseau qui mâchouille la nourriture de ses oisillons. Ironie, bien sûr. Cela n’avait rien d’agréable, bien au contraire. Si je n’avais pas été complètement dépendant du médecin, je l’aurais sans doute éloignée depuis longtemps. A chaque respiration mes côtes brisées se soulevaient et j’avais comme l’impression que mes os se plantaient dans mes chaires, provoquant une douleur atroce. De nouveau, j’aurais aimé lui faire comprendre que j’avais mal, que c’était une horreur pour moi que de respirer, mais que pouvait elle y faire ? Je ne pouvais vivre sans respirer, bon sang ! J’aurais voulu serrer les dents, mais pour le bouche à bouche ce n’est pas vraiment pratique, alors je m’évadai.

Je tentai d’ignorer mes souffrances, d’ignorer les mouvements autour de moi. J’étais je ne sais où, avec une femme. Oui, je sais. J’étais dans un appartement en haut d’un gratte ciel à New York, avant la guerre. Mon lit revêtait des draps en soie noire, doux et agréable au toucher. Cette femme était magnifique. Bizarrement, dans mon esprit elle ressemblait trait pour trait à Gabrielle, mais je tentai d’éloigner cette pensée. Gabrielle ne m’aimait pas. Oh et puis merde. J’avais bien le droit de l’imaginer me baiser avant de crever, non ? N’était ce pas la moindre des choses ? Eh bien si. Je n’avais rien à regretter sur cette terre si ce n’est ne jamais avoir toucher ma déesse, alors avant de rendre l’âme j’aurais aimé pouvoir ne serait ce qu’en pensées accomplir cet acte. Et je le fis, malgré tout. Je m’éloignais doucement du monde qui m’entourait pour m’enfoncer dans mes rêves, dans Gabrielle. J’entendis de loin les échos de cris et d’hommes qui se précipitaient, comme s’ils tentaient de faire quelque chose. J’entendis des hurlements de nouveau, n’y prêtait pas attention. Je fermai les yeux et me laissai partir dans mes folles utopies qui semblaient presque réelles, presque magnifiquement réelles. Mes côtes ne me faisaient quasiment plus mal ici, je respirais librement. Mon corps était libre d’aimer Gabrielle toute une nuit sans pause, uniquement rythmé par ses caresses et ses soupirs. Oui, oui, que cette illusion là était belle. Personne n’y pouvait rien, de nouveau je sombrais doucement de mon propre fait.

Et puis, comme par enchantement, je me sentis déchargé d’un poids énorme. Même si je ressentis d’abord comme un violent déchirement dans le dos, j’étais de nouveau libre comme l’air, mes poumons se remplissaient encore d’avantage qu’avant. Je me raccrochai un peu à la réalité pour constater que Mathilda n’avait plus besoin de me faire du bouche à bouche, elle s’arrêta une seconde et m’observa avec un drôle d’air. Comme si quelque chose n’allait pas. Je crois que cette impression de poids en moins venait du fait que quelqu’un m’avait ôté mon fardeau de béton, je remerciai celui là de mon cœur. Même si je crevais toujours de douleur, j’avais tout de même l’impression de reprendre vie. Ma douleur dans le dos s’apaisait un peu. Pourtant, je crois que mon sang avait quitté mon visage et ne revenait toujours pas, mes yeux étaient fixes et regardaient Mathilda qui ne bougeait pas. Son visage se décomposait au fil des secondes qui passaient. Je ne comprenais pas. Je respirais très faiblement, d’une manière quasi imperceptible car respirer plus fort ou plus vite me tiraillait au niveau des côtes. Ainsi, je prenais une minuscule inspiration, gardait l’air dans mes poumons engourdis et le recrachait tout aussi lentement. Mais je vivais. De même que ma vision n’était pas floue ou altérée d’une quelconque façon. Je ne comprenais pas d’où venait cet air inquiet sur les traits du médecin. Elle posa deux doigts contre mon cou et attendit quelques instants. Qu’est ce qui clochait ? Elle retenta l’expérience en me prenant cette fois ci le poignet, me regardant toujours fixement. Et puis, tout alla extrêmement vite. Mathilda se mit à hurler que je n’avais plus aucuns signes vitaux et me fit ce qui ressemblait à un massage cardiaque. Moi, je le sentais mon cœur. Je le sentais battre faiblement dans mes tempes, signe indiscutable d’un violent mal de tête. J’étais vivant. Mon pouls ne battait certes pas très fort mais j’étais vivant, bon sang de bon soir ! Je voulu effectuer un geste pour le lui dire mais me rendis compte que je ne pouvais pas. J’étais comme totalement paralysé. C’est alors que je fis le rapprochement entre la douleur dans le dos et cette paralysie… Etais-je handicapé ?!! Etait-il possible qu’en soulevant la pierre mon corps bouge et torde je ne sais quoi ? En tout cas, je ressentais toujours ma douleur. Plus faiblement que lorsque j’étais fais prisonnier du béton, mais toujours assez intensément. Nous étions passés de l’inacceptable à l’atroce. Bon decrescendo. Je pensais que lorsque l’on était handicapé on ne ressentait plus rien pourtant, alors je ne l’étais pas ; je ne pouvais l’être. Mes côtes brisées me lacéraient toujours et ma gorge me brûlait horriblement. Mon bras aussi me faisait souffrir, je devinais du sang coulant le long de mes chaires égratignées. Je ne sais pas si mon os était brisé également ou non, vu toute la douleur où mon corps se confondait, je dissociais difficilement un mal d’un autre.

Cependant, le fait était là. Mathilda s’acharnait sur moi, alternant massages cardiaques et bouche à bouche qui me faisaient mal et étaient inutiles. Mais je ne pouvais rien faire, aucun de mes muscles ne m’obéissaient, même mes paupières refusaient de cligner, chose très inconfortable pour les yeux. Inconfortable mais pas insurmontable. Je la regardais de loin, de ma prison, de mon corps. J’étais comme une marionnette dont les fils étaient coupés, je ne parvenais plus à rien faire. Et Mathilda poursuivait, de plus en plus démente. Elle frappait carrément mon torse à grands coups de poings dans l’espoir de faire repartir un cœur qui battait déjà. Et soudain je compris quelque chose que je n’avais pas compris jusqu’alors malgré l’évidence : elle me croyait entrain de mourir. Hors je n’avais aucun moyen de lui démontrer le contraire ! Je vis une main se poser sur l’épaule de Mathilda et lui dire d’arrêter.

« C’est fini. »

Je n’identifiais pas cette voix mais eus envie d’hurler. Non, je n’étais pas mort ! Qu’allait il se passer ? Je crus reconnaître le faible corps de Kaylhen s’effondrer sur le mien, en sanglots. Je paniquais totalement, incapable de faire quoi que ce soit. Il y avait comme une sorte de minute de silence, qui me faisait horriblement peur. Plus loin j’entendis d’autres pleurs, je ne reconnaissais personne. Et j’étais vivant. Je sentais contre mon torse couler les larmes de mon amie qui me croyait mort et qui souffrait visiblement de cette déclaration. En se laissant aller contre mon corps, elle repoussa les mains de Mathilda qui s’avoua finalement vaincue. Je crois qu’elle regarda sa montre et d’une faible voix annonça :

« Heure du décès : 14h52. »

Personne ne pouvait se douter de la souffrance nouvelle que cela provoquait que d’entendre prononcer l’heure de votre mort. Surtout lorsque l’on est bel et bien vivant.


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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Ven 16 Juil - 6:54

Un pur cauchemar. Je n'étais pas secoué par grand chose, mais là je devais bien admettre que la situation était absolument terrifiante. Comment une telle chose avait-elle pu arriver ? C'était une catastrophe. Et la situation prenait des proportions désastreuses. Nous devions les sortir tous les trois de là, au plus vite. Je ne voulais pas que qui que ce soit y reste. Et surtout pas Gabrielle et Katarina... Gabrielle avait toujours été gentille avec moi, et ce malgré mon comportement. Quant à Katarina, même si elle n'avait eu de cesse de me repousser, c'était une fille adorable, qui ne rechignait jamais à aider quelqu'un, même si ce quelqu'un c'était moi. Tout le monde l'appréciait... Alors nous devions nous unir pour la sortir de là dessous... Et pour cela, il fallait déjà remettre les idées en place à son mari. Je m'étais attendu ( à juste titre ) à ce qu'Ethan se retourne et me colle son poing dans la figure, mais il a fait tout le contraire. Imaginez ma stupéfaction quand il s'est jeté dans mes bras comme un désespéré. Au lieu de le repousser, j'ai refermé mes bras autour de lui et j'ai tapoté son épaule avec compassion. Non, ce n'était définitivement pas le bon moment pour que nous nous tapions dessus. Si nous devions ne faire mine d'être de bons amis qu'une fois, autant que ce soit aujourd'hui...

« Oui oui, je vais t'aider... Bien sûr que je vais t'aider... »

Qu'est-ce que je pouvais dire d'autre ? Oui, j'allais l'aider à sortir sa femme de là. Tout était dit... J'ai sursauté brusquement et me suis écarté d'Ethan quand quelqu'un a hurlé « TAISEZ VOUS TOUS ». J'ai fait une drôle de tête en prenant conscience que c'était Liam, un type d'ordinaire très effacé. Enfin, il fallait bien que quelqu'un prenne le contrôle de la situation. Ethan était incapable de voir autre chose que les souffrances de sa femme, et Aaron était perdu et ne savait pas quoi faire sans Alexander à ses côtés. D'ailleurs, il était passé où LUI ? Nous avions bien besoin de notre leader, là tout de suite. Et personne ne semblait savoir où il était. J'avais trouvé une chambre et un bureau vide quand je l'avais cherché. Cela ne me disait rien qui vaille... Mission imprévue peut-être ? Toujours est-il qu'il n'était pas là... Je me suis accroupi et j'ai passé mes mains sous le bloc de béton en faisant bien attention à ne pas toucher Katarina pour ne pas la faire souffrir davantage. Elle ne criait plus. Cela me faisait peur, elle avait l'air au bord de... l'évanouissement ? Oui c'est ça, de l'évanouissement... Quand Liam donna le signal, nous soulevâmes le bloc de béton d'un seul et même mouvement. En quelques minutes à peine, il ne pesait plus sur le corps de Katarina. Ethan le tenait également... J'ai eu un éclair de lucidité et je pris appui sur mes jambes plus encore avant de tourner la tête vers lui.

« Sors la de là maintenant ! »

Et vite, si possible. Il n'a pas eu besoin qu'on lui dise deux fois. Il a lâché le bloc à l'endroit où il le tenait, a passé ses bras autour de Katarina et l'a rapidement tirée en arrière, avant de l'éloigner de tout cela. J'avais eu une grimace en voyant l'état de la jambe droite de Katarina. Elle avait quelque chose comme une barre de fer plantée dans la cuisse... Nous avons laissé retomber le bloc de béton en douceur. Je suis resté planté sur place une minute, pour reprendre mon souffle. J'étais essoufflé et j'avais mal partout, ce qui me donnait l'impression d'avoir couru un marathon. J'ai alors regardé autour de moi. L'horreur absolue. Je sursautai presque quand Katarina hurla de nouveau. Elle s'était rendue compte de la présence d'un objet non identifiée et très douloureux dans sa jambe. Mais Ethan avait l'air de gérer. Pour le moment du moins. J'ai suivi Mathilda du regard, tandis qu'elle passait de Gabrielle à Aristide. Mes yeux se sont écarquillés d'horreur quand j'ai vu que Mathilda elle-même commençait à paniquer. J'ai littéralement reculé d'effroi quand elle a commencé à marteler de coups de de poings la poitrine du grec. C'était très, très mauvais signe... Mary se tenait juste derrière elle, le visage fermé. Elle a fini par poser une main sur son épaule. « C'est fini ». J'ouvris la bouche et restai immobile pendant une bonne minute tandis qu'elle prononçait l'heure du décès. Je tournai alors la tête vers Gabrielle qui commençait à paniquer. Je me suis approché d'elle et j'ai attrapé l'épaule d'Aaron pour l'écarter. Il ne savait visiblement pas quoi dire à Gabrielle.

« Aristide est mort, Gabrielle. Je suis désolé. Kat... »

Au moment où j'allais dire « Katarina va bien », Ethan a hurlé. Si fort qu'il aurait pu nous crever les tympans à tous. J'eus l'impression d'entendre son coeur se briser dans ce cri. Mes yeux se baissèrent sur Katarina. Elle reposait contre lui, inerte. Plus molle qu'une poupée de chiffon. Oh non... Je me suis avancé vers Ethan à pas lents. Je suis resté planté devant lui un instant, sans trop savoir quoi faire. J'étais désemparé face à tant de peine et de douleur. Il tenait sa femme contre lui en hurlant, gémissant et pleurant. Et il la berçait comme un bébé... Non, c'en était trop pour moi cette fois. Je me suis agenouillé en face de lui.

« Allonge la. ALLONGE LA ! »

Il me regardait d'une telle façon que je me suis senti incapable de faire de l'humour ou de me moquer de lui. Cette fois ci, la situation n'avait rien de drôle, elle était dramatique. Voyant qu'il ne réagissait pas, je lui ai carrément arraché Katarina des bras et je l'ai allongée en douceur. Il avait hurlé. Mais il se contentait de pleurer en hurlant des horreurs que je ne relevai pas. Je me penchai alors en avant, collant mon oreille à la poitrine de Katarina. J'imagine qu'il ne m'en voudrait pas pour cette fois... J'ai eu un soupir de soulagement. Il battait encore. Son coeur battait encore ! Je me suis redressé et j'ai approché mon visage de sa bouche. Elle respirait. Elle respirait nom de dieu. J'ai attrapé Ethan par les épaules et je l'ai secoué.

« Elle est vivante ! Elle respire ! ELLE EST VIVANTE ! »

J'ai attrapé sa main et je l'ai posé sur le sein gauche de Katarina, pour qu'il sente son coeur battre. J'avais vaguement entendu ce que lui avait dit Mathilda. Alors devant son manque de réaction flagrant j'arrachai ce qui était planté dans la jambe de Katarina. Une vague de sang en sortit, et je plaquai ma main dessus, tandis que de l'autre je déchirai un pan de mon t-shirt. Je me débrouillai pour lui faire un espèce de garrot, Mathilda arrangerait cela plus tard. J'attrapai ensuite la seringue qu'Ethan avait laissé tomber et je lui collai dans la main, lui jetant un regard entendu. Ça, je ne pouvais pas le faire mais lui si. Encore que je me gardai bien de lui dire... Un peu sonné je me relevai et posai mes yeux sur Aristide. Je soupirai et détournai la tête, avant de la retourner brusquement vers lui de nouveau. Je clignai des yeux plusieurs fois. Me demandant si je rêvais, j'attrapai quelqu'un par le bras – Liam en l'occurrence – et lui désignai la main d'Aristide.

« Hey... il bouge non ? Bordel, il bouge, il est pas mort ! »
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Ven 16 Juil - 14:23

Je pensais vraiment ce que je disais à Katarina, je pensais que tout allait bien se passer. Même si nous étions tous paniqués, je croyais en notre bonne étoile. Jusque là nous nous étions toujours sortis de tout, alors cette fois ci tout devait bien se passer. C’est ce que j’essayais de me dire inlassablement mais tout ce que je voyais c’était ma femme coincée sous un bloc de béton. Ma femme avec une blessure à la tête, ma femme qui pleurait, qui avait mal, et qui risquait de mourir si personne ne la sortait de là.

Et alors que j’allais demander à Riley de m’aider à soulever le bloc de béton comme il me l’avait promis une minute avant, j’ai entendu la voix forte et pourtant rassurante de Liam résonner. Sa voix m’a tellement surpris que je suis resté immobile. Il a demandé à tout le monde de se taire et a défini les rôles de chacun. Il prenait les choses en main, et si je n’avais pas été aussi malheureux de la situation je lui aurai serré la main parce que je savais que c’était un effort qui devait lui coûter. Il n’aimait pas trop attirer l’attention ou avoir ce rôle de leader que pourtant il avait fini par avoir depuis que je me reposais sur lui.

Je caressais toujours le visage de ma femme en essayant de nous rassurer tous les deux, je pleurais toujours et j’étais sourd à tout. Je pense que Liam a du m’appeler mais que je n’entendais pas. Tout était si confus dans ma tête, je ne pensais qu’a ma femme et à la douleur que j’avais en ce moment de la voir blessée. Alors il a posé sa main sur mon épaule pour me dire que c’était le moment de la délivrer. J’étais sans doute aussi obéissant qu’une marionnette ou un robot. Comme si on m’avait programmé avec un seul but : secourir ma femme. Rien ne m’importait à part ça. Je voyais les visages de ceux qui aidaient, mais je ne reconnaissais personne, je ne voulais reconnaitre personne. Je ne voulais voir qu’un visage : celui de Katarina.

Alors quand Liam nous a fait signe de soulever le bloc de béton, j’ai soulevé de toutes mes forces. Mais cette fois ci je n’étais plus seul, alors je ne ferais sans doute pas mal à Katarina comme tout à l’heure. Nous allions réussir à la délivrer, il le fallait. Et au bout d’immenses efforts nous avons réussi. Elle était libérée de ce poids sur ses jambes. Mais je n’ai pas vu tout de suite qu’elle avait quelque chose de plantée dans la cuisse. Je n’ai vu que son visage qui blêmissait encore plus. Riley m’a sorti de ma torpeur en me criant de la dégager de là. Et ce fut comme un électrochoc. Je me suis positionné derriere elle et je l’ai tiré le plus vite et le plus délicatement possible. Je l’ai assise le plus loin possible en la calant contre un mur. Et je suis revenu devant elle.

Elle était hors de danger maintenant non ? J’étais tellement sous le choc, et soulagé que je n’aie remarqué la tige plantée dans sa cuisse que quand elle a essayé de l’enlever par elle-même. Je l’en ai empêchée. On ne pouvait pas faire ça comme ça. Je ne voulais pas qu’elle se blesse davantage. Qui sait les dégâts que nous pouvions causer. Et j’ai acquiescé bien malgré moi quand elle m’a dit d’une voix hystérique de l’enlever. Je paniquais à nouveau, pleurant toutes les larmes de mon corps, déjà secoué par des sanglots.

Elle me regardait de façon si désespérée que je savais que j’allais lui céder, j’allais finir par lui retirer. Mathilda a du nous entendre parce qu’elle venue vers nous, s’est agenouillée et m’a tendu une seringue en m’expliquant ce qu’elle voulait que je fasse. Elle voulait que je me dépêche de lui retirer cette tige de métal, et de lui faire un garrot avant de lui faire une piqure. Elle savait bien sur que je savais me servir d’une seringue. Elle connaissait mon passé. Pourtant je ne voulais pas…je me refusais à faire ça à ma femme. Même si je savais que c’était pour son bien, j’avais peur de refaire ce geste. J’étais complètement tétanisé. Je regardais Katarina, puis la seringue en attendant sans doute que le ciel me vienne en aide. Elle était dans mes bras, me regardant avec ses grands yeux si expressifs et l’instant d’après, ils se sont refermés et je l’ai sentie s’abandonner dans mes bras. Sans vie…Je n’ai pas compris ce qu’elle m’avait murmuré avant de fermer les yeux et elle venait de…de … de…

-Noooooooooooooooooooon !!!!

Elle était morte !

…..

…..

Pas ma femme ! Pas elle ! Nous venions tout juste d’avoir Lena et….elle n’avait rien fait elle !! Elle n’avait rien fait !!! Ce n’était pas juste ! Ce n’était pas juste.

Je l’ai serré contre moi, la berçant, et me balançant en pleurant et gémissant.

-Mon amour, ne me laisse pas, ne nous laisse pas !! Mon ange !! Nooooon !

Je maudissais tout le monde. On venait de me retirer ma raison de vivre, on venait de m’arracher le cœur, on venait de noyer mes poumons. Sans elle, je ne pourrais plus respirer. Je préférais mourir plutôt que de vivre sans elle.

Tout ça à cause d’EUX !

Tout le monde s’agitait ailleurs alors qu’on avait laissé ma femme mourir. On s’occupait des autres, et ma femme était morte. J’étais fou de rage, fou de douleur. Et j’ai hurlé ce que j’avais sur le cœur. Un cœur brisé.

-Laissez-les crever ! Laissez-les crever. Ils l’ont tuée !!!!

Je ne savais pas ce que faisait Katarina ici alors qu’elle m’avait dit aller à l’infirmerie, mais elle était là. Et ils y étaient aussi. JE savais que c’était leur faute. Ma femme ne devait pas se trouver là. C’était eux qui devaient mourir, eux qui avaient menti à tout le monde, eux qui avaient une liaison secrète. Eux qu’on aurait du laisser crever comme deux merdes. Pas elle, pas mon ange russe, pas ma Katarina, pas la mère de mon enfant !!

-Qu’ils crèvent !! Ils ont que ce qu’ils méritent !!

J’étais carrément haineux, mais quel homme qui vient de perdre sa femme tant aimée ne l’est pas ?

-Ils avaient une liaison, ils ont qu’à payer maintenant. Ils l’ont tuée !!!

J’étais même prêt à les tuer de mes propres mains s’il fallait. Je ne m’étais pas rendu compte que Riley s’était approché de nous jusqu'à ce que je sente sa main sur mon épaule. Je berçais toujours Katarina en embrassant son visage et ses cheveux. Mon amour…

J’ai fait ce qu’il m’a dit, je l’ai allongée et j’ai laissé Riley la toucher. Je ne sais pas ce qu’il a fait, mais il a fini par me dire qu’elle était toujours vivante. Et là….je n’y croyais pas…. Si elle était vivante, pourquoi ne bougeait elle plus, pourquoi est ce que j’avais l’impression de tenir une morte dans mes bras. Pourquoi elle ne venait pas d’hurler alors qu’il avait réussi à déloger la tige de métal sous mon regard ahuri ? Je l’ai vu retirer son tee shirt et le déchirer avant de faire un garrot à Katarina.

J’ai vu sa main bouger à ce moment là, très légèrement mais je l’avais vu bouger. Je ne rêvais pas….

Elle était vivante !! Elle ne m’avait pas laissé ! Elle ne nous laissait pas seuls, Lena et moi !

Riley m’a tendu à nouveau la seringue en me pressant de la lui faire. Et cette fois –ci je n’ai plus hésité. C’était ce qui avait failli lui couter la vie. Alors a travers mes larmes et mes sanglots, j’ai cherché une veine et j’ai enfoncé l’aiguille en injectant la morphine. Je ne voulais plus qu’elle souffre. Elle ne méritait pas ça. Et j’ai tendu la seringue à Riley avant de prendre Katarina dans mes bras et de la couvrir de baisers. Puis je nous ai relevés et j’ai fait abstraction de tout le reste.

Il fallait que je l’amène à l’infirmerie, il fallait que Mathilda la soigne. Il fallait que ma femme aille bien. Katarina dans mes bras, sa tête basculant dans le vide, je cherchais Mathilda des yeux. Tout n’était que chaos autour de nous, mais il fallait qu’elle les laisse se débrouiller et qu’elle soigne Katarina.

Je me suis alors mis à hurler le nom de Mathilda comme un fou. J’avais tellement peur de la perdre si on ne se dépêchait pas.
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Ven 16 Juil - 18:47


J’étais abasourdis de la vitesse à laquelle tous se mirent aux postes que je leurs avais désigné et unissaient leurs forces pour délivrer nos amis. Après tout je n’étais pas leur leader, mais ils semblaient soulagés de trouver quelqu’un qui pourrait les aider à savoir quoi faire et même si je n’aimais pas particulièrement qu’on me remarque de la sorte, ma prise de contrôle avait été nécessaire. Comme les autres, je me plaçais autour du bloc qui retenait Katarina, m’accroupis et soufflai un bon coup. Il fallait absolument que nous tenions bon le temps de dégager Kat sans quoi le bloc lui retomberait dessus et çà… Je ne préférais pas l’imaginer. Je lui jetais un coup d’œil plein de compassion, elle avait réellement l’air de souffrir, son teint était d’une pâleur de mort, aussi mettais-je mes mains sous le bloc et annonçai aux personnes qui m’entouraient « attention… soulevez ! ». Dans un effort commun, nous soulevâmes du mieux que nous pûmes le bloc de béton qui devait bien peser une tonne. Je sentais mes doigts glisser, s’égratigner contre la paroi. Je serrais les dents au fur et à mesure que nous tentions de soulever de quelques centimètres cette merde qui pesait une tonne. Pour la première fois, je commençais à m’énerver. D’une colère qui me donna la force de continuer à soulever ce poids, qui me rendait plus fort que je ne l’étais en réalité. Au bout de quelques minutes, nous réussissions enfin à éloigner un peu le bloc au dessus des jambes de Katarina. Il y eut une seconde d’hésitation pour tous, nous ne savions que faire, et pour ma part mes bras me tiraient et mes muscles me brûlaient. Aussi fusse une libération lorsque Riley cria à Ethan d’éloigner sa femme, ce qu’il fit, nous permettant de reposer doucement la pierre au sol. Je soupirais après cet effort qui m’avait essoufflé lorsqu’un nouveau cri retentit. Décidément, nous n’étions pas au bout de nos peines.

Je manquais de tourner de l’œil lorsque je remarquais une tige métallique enfoncée dans la jambe de Katarina. Oh mon dieu… Je dû m’appuyer au bloc qui retenait une minute plus tôt mon amie prisonnière afin de ne pas tomber. C’était atroce, immonde. Je me demandais jusqu’où nous devrions aller dans l’horreur avant que tout cela s’arrête. Kat esquissa un geste pour la retirer, et heureusement Ethan l’en empêcha. Si elle voulait se vider de son sang, c’était la meilleure chose à faire, car pour l’instant l’objet planté dans ses chaires maintenait le flux sanguin. Je dû devenir encore d’avantage livide, je haïssais la vue du sang. Je cherchais rapidement du regard Mathilda pour qu’elle vienne voir Katarina qui semblait réellement au bord de l’évanouissement, et la trouvais près du corps d’Aristide. Ils avaient finalement réussi à le dégager lui aussi. J’en fus d’abord soulagé, mais remarquais vite que quelque chose n’allait pas. Mathilda, celle qui d’habitude de cillait pas, n’hésitait pas, semblait à son tout affolée. Je m’approchais lorsqu’elle se mit à frapper à grands coups sur le torse du grec qui semblait… mort. Je me sentis immédiatement coupable, mais connaissais déjà ce dénouement, c’était lui le plus mal au point. Mary qui se tenait derrière le médecin posa une main compatissante sur son épaule et lui dis d’une voix comme éteinte « c’est fini ». Autant dire que si j’avais pu creuser un trou et m’y fourrer jusqu’à mourir de faim je l’aurais fais. Je me sentis si mal que je cru vomir, tout cela était de ma faute, c’était mon choix. Et pourtant, je ne le regrettais pas. Il le fallait, il le fallait… Je sentis les larmes me monter aux yeux lorsque Mathilda prononça l’heure du décès et que Kaylhen se laissa lamentablement tomber sur le corps sans vie. Cette scène était tragique. Il n’y avait pas d’autres mots. Nous venions de perdre un de nos amis. Un de plus.

Je suivis Mathilda qui se dirigeait vers Ethan et lui indiqua les démarches à suivre quant à l’état de Katarina, mais cet idiot était pétrifié, incapable du moindre mouvement. En cet instant, j’aurais aimé lui donner des baffes pour qu’il se dépêche de faire ce qu’on lui disait de faire et ne réfléchisse pas. Sa femme semblait complètement épuisée, sa peau perdait encore d’avantage de couleurs en admettant que cela soit possible. Mais je me sentis soulagé lorsque je vis le médecin s’en retourner rapidement, elle devait juger Ethan capable de le soigner lui-même, ce qui présageait que ce n’était pas aussi grave que l’était l’état d’Aristide. Je me retournais et remarquais à mon grand soulagement que les autres avaient aussi réussis à dégager Gabrielle, Aaron étant à ses côtés. Je n’eus pas le temps d’aller prendre de ses nouvelles, Ethan hurlant de nouveau. Le désespoir était palpable. Mes larmes ne purent cette fois s’empêcher de couler lorsque j’aperçu Katarina, inanimée dans les bras de son mari qui hurlait, pleurait, caressait doucement son visage. Il la berçait comme une enfant, comme une poupée. J’en eus le cœur brisé. Cette image me renvoyait à d’autres images, d’autres cris de désespoir et d’autres folies. J’étais mieux placé que personne pour savoir ce qu’il ressentait, et je savais pertinemment qu’il ne fallait le toucher, essayer de le consoler. Il fallait qu’il se laisse aller, la douleur était trop insupportable pour pouvoir le calmer de toute manière. C’est pourquoi je ne fis pas un pas vers lui. Je ne pouvais, voulais le faire. De même que je n’osais regarder le corps de cette nouvelle victime. Tout était de ma faute, j’en avais perdu deux. Je m’étais trompé sur toute la ligne. Une fois de plus, Riley arriva et je pu détourner les yeux de cette vision d’horreur. Je ne voulais plus affronter cela. C’était beaucoup trop dur, beaucoup trop de responsabilité qui tombaient sur mes épaules d’un coup. C’en était trop.

Et puis il y eut ces nouveaux cris, horribles. Ethan disait des choses horribles, tout simplement immondes. Je ne relevais pas, sachant pertinemment que c’était la douleur et rien d’autre qui lui faisait prononcer de telles calomnies. J’éprouvais une peine incommensurable à son égard. Je me figeais cependant lorsqu’il accusa Gabrielle et Aristide d’avoir une liaison. Il perdait complètement les pédales… Il cherchait tellement un fautif à la mort de sa femme qu’il inventait des histoires farfelues. J’eus alors très peur qu’il ai complètement perdu la boule, qu’il devienne fou de tristesse. Et c’était le cas, il devenait complètement enragé. Mes larmes ne coulaient plus, elles demeuraient aux portes de mes yeux sans vouloir s’abattre sur mes joues. Je ne comprenais plus rien, complètement pétrifié. J’étais toujours retourné, fuyant du mieux que je pouvais cette scène, lorsque j’entendis Riley crier que Katarina était vivante, qu’elle respirait encore. Je fis volte face et observai ce qui suivit, Riley et Ethan suivaient enfin les recommandations de Mathilda, Kat n’était pas morte alors ! Un immense poids quitta mes épaules, me soulageant infiniment. Je ne comprenais rien à ce qu’il faisait, à vrai dire mon cerveau était bien trop engourdis pour comprendre, mais lorsque Ethan attrapa sa femme, la soulevant, et appela Mathilda en hurlant, mon sang ne fit qu’un tour. Il ne comptait quand même pas aller à l’infirmerie et laisser les autres comme ça ? Enfin, laisser Gabrielle comme ça… Je m’empêchais de penser à Aristide. Je comprenais parfaitement qu’il perde les pédales, toutes ces émotions étaient effrayantes et nous rendaient tous fous, mais il ne pouvait agir aussi égoïstement. Je n’acceptais pas le « laissez les crever ». Il en était tout simplement hors de question, j’avais déjà pris ces décisions et il ne pouvait revenir dessus ainsi. Il ne pouvait mettre la vie de Gabrielle en danger tandis que j’en avais déjà sciemment sacrifié une. Aussi, je me précipitais sur Mathilda qui se frayait un chemin pour parvenir jusqu’à Ethan, l’attrapant par le bras :

« Tu t’en vas pas tant que tu ne t’es pas occupée de Gabrielle.
- Merci Liam, je connais mon travail. »

Si ma voix avait été sèche, la sienne avait été glaciale. Je devinais ainsi que Gabrielle n’avait plus besoin de soins. J’allais m’approcher d’elle lorsque quelqu’un m’attrapa le bras, me secouant comme un prunier. Il désigait le corps inerte d’Aristide, disant qu’il l’avait vu bougé. Malgré l’angoisse dans sa voix, en cet instant je ne trouvai profondément désespérant. Il nous avait été d’une aide précieuse jusqu’alors, mais là j’étais à bout. Je ne pouvais plus rien supporter. Je me baissai, posai doucement mes doigts sur les paupières de l’homme décédé, et lui fermai les yeux. Puis, dans un murmure :

« Riley, s’il te plait. Arrête. »

C’était loin d’être amusant, aussi je m’en allais vers Gabrielle avant qu’il ne pu répliquer quoi que ce soit. Elle semblait entre la vie et la mort, complètement vidée. J’eus très peur mais décidais de faire confiance à Mathilda, c’était un bon médecin et après ce qui était arrivé à Aristide, je supposais qu’elle ne laisserait pas quelqu’un agonisant à son propre sort. Je m’accroupis à côté d’Aaron qui serrait doucement la main de Gabrielle, il semblait hésiter, se tâter à répondre à une question que je n’avais entendu. Cependant, la réponse me glaça le sang. Elle lui avait demandé des nouvelles des autres. Immédiatement, je me levais. Je ne voulais pas voir ses traits se décomposer ou entendre un nouveau cri de rage. Je voulais juste que tout cela cesse. Un mort, c’était déjà au-delà du supportable pour moi. Katarina qui allait très mal, et maintenant Gabrielle, non, non, je ne pouvais pas. Cette fois-ci, je voulais être lâche et me cacher. Je ne supportais de voir ainsi souffrir des personnes que j’aimais. Cependant, j’entendis Aaron m’appeler. Me retournant, je remarquais son regard désemparé et ses traits tirés. Il semblait de nouveau complètement perdu.

« Je veux savoir ce que tu en penses. »

Ce que je pensais de quoi ? A contre cœur, je retournais près de Gabrielle et écoutait sa demande. Mon visage se décomposa de nouveau. L’horreur n’était pas finie.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Ven 16 Juil - 21:08

J'étais inconsciente, et je ne l'étais pas. J'étais à moitié consciente... Les sons semblaient tous étouffés, comme si un mur de mousse les empêchait de me parvenir correctement. Je sentais le moindre de mes nerfs, le moindre de mes muscles. Et il n'y avait pas un seul de ces organes qui ne me faisait pas souffrir. Je sentais tout, absolument tout, et pour une fois je regrettais de ne pas être paralysée. Je pouvais bouger, je le savais, mais je n'arrivais pas à faire le moindre mouvement. C'était trop douloureux. J'avais l'impression que mon corps venait de se mettre en veille, comme pour me préserver ou recharger les batteries. J'aurais tellement voulu pouvoir bouger... Tellement...Mais pour le moment je n'avais ni la volonté, ni la force nécessaires au moindre mouvement. J'étais à deux doigts de m'évanouir pour de bon. Mais il y avait une toute petite partie de moi qui résistait sans relâche. Il ne fallait pas. J'avais si peur de ne pas me réveiller... Cette peur me rongeait intérieurement. Je n'aurais jamais pu penser qu'on pouvait vouloir vivre si fort. Mais maintenant que j'avais tout reconstruit, la mort me paraissait inacceptable. Il y avait une petite fille qui avait besoin de moi... Et j'avais promis à Ethan de ne plus jamais le quitter. J'avais promis...

Ethan a hurlé. Si fort que j'ai sursauté intérieurement. Il hurlait à s'en arracher les cordes vocales, il hurlait à la mort. Je ne l'avais jamais vu comme ça... J'ai compris très vite pourquoi il était dans un état pareil. Il croyait que j'étais morte. Je ne bougeais plus, j'avais fermé les yeux après une dernière recommandation et j'étais certainement aussi pâle qu'un cadavre... A ses yeux j'étais morte. Je sentais mon coeur se serrer à cette simple pensée. Je mourais d'envie de lui dire que j'étais vivante. Tous ses gestes me faisaient penser que j'étais morte. Et si c'était le cas, en fin de compte ? Alors, c'était ça, mourir ? On avait conscience de tout sans pouvoir rien faire ? Non, ça ne pouvait pas être comme ça... Ça ne devait pas être comme ça ! J'eus envie de me mettre à pleurer moi aussi. Il me tenait serrée contre lui et me berçait d'une façon très particulière. Il caressait mes cheveux en sanglotant. Je ne voulais pas le laisser, je ne voulais pas les laisser... Qu'est-ce que j'avais fait ? Pourquoi ne l'avais-je pas écouté ? Pourquoi étais-je venue voir Gabrielle ? Je n'aurais pas dû m'en mêler... Ethan s'est mis à hurler des horreurs et je n'ai pas pu lui en vouloir. Je sentais sa douleur, au plus profond de mon coeur. Aurais-je réagi bien différemment s'il était « mort » dans mes bras ? Non... Peut-être même aurais-je été plus dure encore... Il souhaitait à Gabrielle et Aristide de mourir, il les accusait de mon meurtre... Intérieurement j'ai été choquée qu'il balance en public qu'ils avaient une liaison... Mais aurais-je fait mieux que lui ? Non. La douleur m'aurait rendue folle.

J'ai senti que quelqu'un m'arrachait à ses bras. Je voulus hurler, mais j'en fus bien incapable. J'ai simplement senti qu'on m'allongeait en douceur sur le sol. J'ai alors reconnu la voix de Riley. C'était la deuxième fois qu'il prenait les choses en mains, ça commençait à faire beaucoup. Il a posé sa tête contre ma poitrine. Le geste n'avait rien de déplacé, il vérifiait juste si mon coeur battait toujours. Puis il approcha son visage du mien. Oui je respirais encore, j'étais bel et bien vivante même si j'étais dans un état lamentable. Je sentis alors une main se poser sur ma cuisse. Ce n'était pas celle d'Ethan, je le sentis tout de suite. C'était encore Riley. D'un geste vif il retira la tige de métal plantée dans ma cuisse. La douleur traversa tout mon corps et sur le coup je crus qu'elle allait m'achever. Elle sembla s'atténuer quand il me fit un garrot. Ne jamais se fier aux apparences... Riley avait l'air d'un salaud fini, et là il prenait des airs d'ange gardien. Maintenant qu'Ethan savait que j'étais vivante, il fallait que je lui prouve. Je DEVAIS bouger. J'ai serré le poing assez nerveusement. Plusieurs fois de suite, comme pour reprendre le contrôle de mon corps. Mais la douleur... Je sentis Ethan qui attrapait mon bras et le dépliait. Pour quoi faire ? J'eus bientôt la réponse. Malgré sa main qui tremblait, ses gestes étaient sûrs. Rapidement il trouva une veine et m'injecta la dose de morphine. Jamais je n'avais tant béni cette drogue. Elle allait apaiser mes souffrances, le temps que quelqu'un se charge de soigner mes blessures. Ethan m'a pris dans ses bras et mon corps quitta le sol de nouveau. J'avais l'impression d'être un naufragé balloté par les courants marins sans relâche. Je n'avais pas la force de maintenir ma tête, aussi restait-elle dans le vide. Du bout de mes doigts je sentais le sang qui gouttait par terre lentement. Plic. Ploc. J'avais l'impression d'être un robinet mal fermé.

Ce fut soudain la voix de Mathilda qui me parvint. Elle était nerveuse, angoissée, et son ton dur et sans appel.

« Il faut que tu la poses Ethan, je dois vérifier quelque chose très rapidement. »

Et me voilà de nouveau par terre... J'avais envie de hurler pour que tout ce manège cesse. J'ai soudain senti les mains fraiches de Mathilda se poser sur mon ventre. Elle appuyait dessus et... bizarrement, je n'avais presque pas mal. Je l'entendis soupirer. De soulagement. Mon abdomen n'était pas rigide, cela voulait dire que je n'avais pas d'hémorragie. J'étais soulagée.. Mais mes jambes... Mathilda a déchiré mon jean et je suis presque sûre d'avoir gémi à ce moment là. Elle a examiné la plaie un moment. Enfin, cela m'a semblé durer un moment.

« Je devrais désinfecter et recoudre... Je suppose que ce n'est pas la peine de te demander d'aller me chercher ça ? »

Je suppose qu'elle s'adressait à Ethan. Alors elle a demandé à la première personne qui passait d'aller lui chercher tout ça. Puis elle a examiné ma tête. J'avais moins mal, mais je sentais que la plaie saignait toujours un peu.

« Ce n'est rien, Ethan. Ça saigne beaucoup, c'est impressionnant, mais moins grave que le reste. Tu comprends ? Le plus grave c'est la blessure à sa jambe. Et tant qu'elle n'est pas réveillée, on ne peut pas savoir si elle a mal ailleurs. Alors tu restes calme surtout. S'il te plait. »

Je ne sais pas trop pourquoi, elle est repartie. Moi de mon côté j'avais moins mal, la morphine faisait enfin son effet. J'étais plus... détendue. Alors c'était ça, planer ? Non... Connaissant Mathilda, elle ne m'avait donné qu'une faible dose, pas le flacon entier. J'ai pris une profonde inspiration. Ma gorge était sèche et il y avait toujours cet affreux goût métallique dans ma bouche. Pourquoi avais-je vomi du sang ? Le choc ? Sans doute... Ou alors j'avais avalé des poussières qui avaient irrité ma gorge... Je n'avais pas de réponse et cela m'angoissait. J'avais maintenant peur que quelque chose ne cloche. Les gens continuaient à s'agiter autour de moi... Tous n'étaient pas décidés à « les laisser crever ». J'avais complètement oublié Gabrielle et Aristide, je ne savais pas comment ils allaient... J'étais déconnectée de la réalité... Ce n'était pas que je m'en fichais... Mais j'avais trop de mal à m'accrocher à la vie pour me soucier des leurs pour le moment.

Sans vraiment m'en rendre compte, j'ouvris les yeux. Je clignai des yeux plusieurs fois, pour me réhabituer à la pénombre environnante. Le plafond. Je fixais le plafond. Je tentais alors de tourner la tête. Je gémis légèrement puis je me figeai en me rendant compte qu'Ethan était là, à me regarder. Je restai muette. Il était très blanc. Livide. Il y avait du sang – le mien ? - partout sur son visage et les larmes qu'il avait versé avaient laissées de grand sillons sur ses joues.

« Ne pleure pas. »

J'avais à peine murmuré. Je ne voulais pas qu'il pleure. J'étais vivante. Vraiment vivante. On ne peut pas dire que je me sentais bien, mais j'étais vivante. C'était l'essentiel. J'étais vivante et je comptais bien le rester. Et ce même si chacun de mes gestes était douloureux, malgré la morphine. Je savais de toute façon que l'effet ne durerait pas très longtemps, autant m'habituer à avoir mal. J'ai voulu me redresser, mais l'effort me coutait tellement que j'abandonnais avant même d'avoir pu relever la tête. Je parvins toute juste à glisser ma main jusqu'à la sienne.

« Je t'ai promis, Ethan. Je t'ai promis de ne plus jamais te laisser. Je tiens toujours mes promesses. »

« Jusqu'à ce que la mort nous sépare. » Eh bien je n'étais pas encore décidée à la laisser me séparer de lui. C'était trop tôt. Ce serait toujours trop tôt. Mais je ne criais pas victoire. Je n'étais pas encore sortie d'affaire, loin de là. Je sentais par exemple que je serais incapable de marcher correctement pendant plusieurs jours. Et j'aurais des hématomes partout... J'étais couverte de coupures...

Toute l'angoisse et la tension ressenties au cours de ces dernières heures me sont retombées dessus d'un coup. Je me suis mise à pleurer, très silencieusement. J'ai porté ma main libre à ma bouche pour étouffer mes sanglots. Je n'avais pas quitté Ethan des yeux.

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« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.


Dernière édition par Katarina K. Jones le Sam 17 Juil - 8:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Ven 16 Juil - 21:38

Aaron ne me répondit pas. Non, il se contenta de rester silencieux à mes questions, à mes demandes. Pourquoi? Pourquoi ne répondait-il pas? Mes questions n'étaient pourtant pas compliquées. Je voulais juste des nouvelles d'Aristide et de Katarina, point. Etait-ce si difficile de m'en donner? Ce silence... Cet horrible silence... Etait-ce parce que les nouvelles n'étaient pas bonnes? Malheureusement, c'était une éventualité. Oui, c'était fort probable. Sinon, pourquoi aurait-il refusé de me répondre, hein? Des horreurs me passèrent par la tête. Je savais à présent que mon père était mort. Oui, j'en avais la certitude pour l'avoir vu alors que j'avais été à deux doigts de passer de l'autre côté. Devais-je en plus rajouter la mort d'autres êtres qui m'étaient chers? Non, c'était trop injuste. Ce n'était pas possible : Aaron ne me répondait pas parce qu'il ne savait pas comment ils allaient. Voilà, c'était ça l'explication. Ah, j'étais tellement douée pour me voiler la face ces derniers temps : C'en était presque risible... J'avais tellement pris l'habitude de me mentir à moi-même qu'à présent, je le faisais avec une facilité déconcertante. Même dans les pires situations je voyais l'inverse : Oui, je me mentais, mais c'était tellement mieux que la réalité. Cette réalité là était en plus la pire de toutes. Une première voix me sortit de mes pensées, plus fausses et utopiques les unes que les autres.

"C'est fini."

Mary. C'était la voix de Mary. Quoi? Qu'est-ce qui était fini? Une autre voix termina de prononcer l'horrible sentence.

"Heure du décès : 14h52."

Ma main s'aggripa au poignet d'Aaron et je sentis les larmes brûler mes yeux déjà fatigués d'avoir tant pleuré. Malgré sa faiblesse, mon coeur s'emballa. J'étais pétrifiée et c'est d'une voix tremblante, brisée que je posai la question à Aaron :

-Qui?... Dis-moi qui Aaron... Dis-moi... Dis-moi...

Mais, encore une fois, il resta silencieux. Il me laissa avec mes questions, mes doutes, ma peur et ma douleur. La panique me gagna peu à peu et lorsque je vis Riley approcher je cessai de m'agiter : Il venait m'annoncer l'horrible nouvelle, je le voyais dans son regard. Ma main lâcha le poignet d'Aaron et je serrai mes poings contre ma poitrine, essayant de me préparer tant bien que mal à ce qu'il allait m'annoncer. Mais comment aurais-je pu me préparer... A... Ca?...

« Aristide est mort, Gabrielle. Je suis désolé. Kat... »

La fin de sa phrase fut couverte par le hurlement d'Ethan mais de toute façon, mon cerveau avait grillé après qu'il ait dit "Aristide est mort". Aristide était mort. Il était... Mort. La douleur qui me perça le coeur fut absolument horrible, abominable, insupportable. Mon hurlement rejoignit celui d'Ethan. Cette fois-ci, je ne pouvais plus me contrôler.

-NON!! RAMENEZ-LE! TUEZ-MOI ET RAMENEZ-LE!!!

Je voulais mourir. Aristide était mort et c'était ma faute. Je voulais remonter le temps et donner ma vie pour la sienne. Je voulais payer pour ce que j'avais fait. Je devais payer! Et je n'étais pas la seule à penser ça. Mes cris ne durèrent pas très longtemps car je n'avais pas la force de porter ma voix à ce point encore et encore, et au moment où mes mots se transformèrent en un murmure, j'entendis Ethan hurler des choses vraies, mais pas moins douloureuses. Il disait que nous méritions de mourir car nous avions eu une liaison. En temps normal, j'aurais eu peur que tout le monde soit au courant mais à présent, ça m'était égal. Aristide était mort, il ne craignait plus rien. Je pensais qu'on m'avait achevée mais il n'en était rien. Les mots d'Ethan repassèrent dans mon esprit et je fermai les yeux, glacée par ce que je venais de réaliser : Kat aussi était morte. Seigneur... Je l'avais perdue elle aussi... Tous les deux étaient morts par ma faute. Je méritais de mourir, je méritais de souffrir, je méritais la haine de tous. De tous. Décidée à me punir, je tentai de glisser ma main vers le garrot qui empêchait ma cuisse de saigner mais Aaron m'en empêcha et garda mes mains dans les siennes. Il me regarda avec un air étrange, soucieux. Il n'était sans doute pas certain de l'attitude à adopter, peut-être même doutait-il des mots d'Ethan. Pourtant... Pourtant, c'était la vérité. Oui, j'avais trompé mon mari avec un homme merveilleux qui venait de mourir et ce, à cause de moi. Oui, je pleurais la perte de cet homme car même si j'amais mon mari, Aristitide avait une place dans mon coeur. Oui, j'étais dévastée et je voulais mourir.

Soudain, par dessus les voix des autres, j'entendis Riley crier que Katarina était vivante. Une partie de moi fut soulagée et tout en pleurant, je souris : Elle était vivante. Là, je sentis mes yeux se perdre dans le vide et le bruit autour de moi disparût. Je venais de perdre pieds. Oh, j'étais conscience mais j'étais ailleurs. Très loin d'ici. Je ne voulais plus penser à la mort d'Aristide, je voulais m'en aller, m'évader, comme je m'étais évadée dans ses beaux yeux... Ses yeux, d'un bleu aussi profond que l'océan. J'imaginais m'y noyer à nouveau. Au bout de quelques instants, ma fantasie s'arrêta, mon illusion cessa et je tournai lentement mon regard vers Aaron. Quand ma voix s'éleva doucement, je ne la reconnus même pas tant elle était brisée par le chagrin.

-Je veux le voir...

Je vis son visage se figer : Oui, ce qu'Ethan avait crié était vrai. Il pouvait me juger, je m'en fichais. Tout ce que je voulais, c'était être auprès d'Aristide. Même s'il était déjà parti, je voulais le regarder, lui tenir la main et lui parler : Une dernière fois. Malgré mon regard suppliant, Aaron ne m'aide pas à me relever. C'est à ce moment-là que Liam arriva à nos côtés. Lui aussi resta silencieux et après m'avoir brièvement observée, il se détourna de nous. Quoi? Ma détresse se lisait-elle à ce point sur mon visage? Etait-il incapable d'y faire face? Je n'arrivais pas à y croire... Aristide était mort et ils refusaient de m'emmener près de lui. J'étais bloquée, dans ce corps blessé et je ne pouvais même pas aller dire adieu à cet être qui comptait tant pour moi... Alors que je ravalai ma colère, Aaron prit enfin la parole pour demander à Liam ce qu'il en pensait. Quoi? Ce qu'il pensait de quoi? Du fait de m'emmener voir Aristide? Ce n'était pas à eux de décider bon sang! Pas à eux... Liam se tourna vers moi et attendit. Il me fallut quelques secondes pour comprendre qu'il voulait savoir ce que je voulais. Alors, je me répétai.

-Je veux le voir... Je veux aller près d'Aristide... Je veux être auprès de lui et pouvoir lui dire adieu... S'il te plaît... Aides-moi à lui dire adieu...

Ma voix s'étrangla dans un nouveau sanglot et je vis Liam et Aaron échangé un regard. Aaron semblait profondément surpris mais surtout choqué et bien entendu, dégoûté. Il venait de se rendre compte que j'avais réellement trompé Alexander : Ca devait sans doute lui retourner l'estomac mais je n'avais que faire de son jugement. Tout ce que je voulais, c'était qu'on m'amène près d'Aristide. Liam semblait autant choqué mais sa réaction fut différente de celle d'Aaron. Je ne sentis pas de jugement dans son regard : Cela viendrait sans doute plus tard. En tout cas, sur le moment, il semblait décider à m'aider. Il se pencha vers moi et Aaron s'empressa de lâcher ma main et de s'éloigner. Je passai un bras autour du cou de Liam au moment où il passa un bras autour de ma taille. En quelques secondes, j'étais debout, appuyée contre lui. Mon ventre et plus particulièrement ma cuisse me faisaient toujours souffrir, et j'étais dans un état lamentable, mais j'étais debout. Des regards se posèrent sur nous mais je les ignorai. Mathilda était auprès d'Ethan et de Kat qui était toujours allongée au sol mais mon regard n'était pas posé sur eux. Non, il était posé, fixé sur le corps d'Aristide. Mes jambes ne me tenaient pas et si Liam ne m'avait pas soutenue, je n'aurais pas été capable de faire le moindre pas. Bientôt, il me déposa auprès d'Aristide. Il m'aida à m'assoir de façon à ce que je puisse être au plus près d'Aristide. Je serrai brièvement sa main avant de murmurer un petit "merci" : Il avait passé outre ce qu'il pouvait penser de moi pour me permettre de dire adieu à Aristide et je lui en serais toujours reconnaissante. Il nous laissa et à l'instant où je posai mon regard sur le visage d'Aristide, plus rien d'autre ne compta. On pouvait me regarder, me juger, je m'en foutais. C'était tellement facile de juger... Ils ne pouvaient pas me comprendre... Nous comprendre. Je glissai doucement ma main sur sa joue et l'observai un moment : Il avait l'air de dormir. Juste de dormir. Je baissai mon visage au moment où de nouvelles larmes coulèrent sur mes joues. Il ne dormait pas : Il était mort. Aristide était mort. Je relevai doucement mon visage afin de pouvoir observer à travers mes larmes celui qui avait été mon amant : Celui qui avait sû me rendre le sourire, celui pour qui j'avais tant de tendresse et d'affection, celui que j'avais appris à aimer d'une façon bien différente de la façon dont j'aimais mon mari. Je pris sa main dans les miennes et me penchai doucement vers lui.

-Je suis tellement désolée...

Il ne pouvait pas m'entendre mais je faisais comme s'il le pouvait.

-Tu méritais tellement mieux que moi... Tu méritais tellement plus... Tu ne méritais pas de souffrir... Tu ne méritais pas de mourir à cause de moi... Pardonnes-moi...

Je déposai un baiser sur sa main et approchai mon visage du sien avant de poser mon front contre le sien. Je ne pouvais plus m'arrêter de pleurer.

-Pardonnes-moi...

Puis, je posai ma tête sur son torse et me laissai aller à mon chagrin. Il était mort. Cette idée m'était insupportable. Cependant, j'étais tellement épuisée que mes sanglots se calmèrent rapidement pour devenir des pleurs silencieux. Je respirais doucement, au même rythme que se soulevait le torse d'Aristide. Attendez... Quoi?! J'ouvris brusquement les yeux mais laissai ma joue collée contre le torse d'Aristide. J'attendis, à peine un instant, et il se souleva de nouveau : C'était très léger, oui, il se soulevait à peine mais... Il se soulevait... Ou alors, était-ce encore une fois mon imagination qui me jouait des tours? Avais-je tellement mal à l'idée qu'il soit mort que j'allais jusqu'à imaginer qu'il avait survécu? Dans le doute, je glissai doucement ma main sur ses lèvres et encore une fois, j'attendis... Un peu... Je sentis un léger souffle sur ma peau et plaquai mes mains contre ma bouche : Il était vivant! Il respirait peu, mais il respirait : Il était là. Il était toujours là! L'instant d'après, mes mains furent posées sur ses joues.

-Aristide...

Ma voix était véritablement cassée à présent : D'avoir trop crié, d'avoir tant pleuré. Mais je n'allais pas me taire, non. Il devait m'entendre, il devait m'écouter. Je voulais le voir ouvrir les yeux. Je voulais revoir ses yeux...

-Aristide... Ouvres les yeux... S'il te plaît... Je suis là...

Oui, j'étais là. Plus rien n'existait : On pouvait nous jeter des regard remplis de haine, on pouvait nous détester, on pouvait nous considérer comme des brebis galeuses... J'étais auprès de lui, et je n'allais pas le laisser seul, que ce soit immoral ou pas.

Quand je vis ses paupières frémir, bouger faiblement puis s'ouvrir, mon coeur bondit dans ma poitrine.

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Sam 17 Juil - 17:20

La mort est un supplice. Encore d’avantage lorsqu’elle est fictive. J’étais fais prisonnier de mon propre corps sans pouvoir en reprendre le contrôle, me relever et partir loin de ces horreurs qui s’enchaînaient. Non, je n’étais pas mort. J’étais seulement réduit à l’état de poupée de chiffon, incapable de bouger le moindre muscle. Je vis Mathilda se lever et s’en aller, la mine sombre mais pas vaincue. Elle n’était pas décidée à abandonner aussi facilement les autres et irait jusqu’au bout, coûte que coûte. Il n’empêche qu’en attendant, j’étais seul et pétrifié. Doucement, quelqu’un tira Kaylhen et la força à s’en aller, me laissant toujours plus solitaire et apeuré. Mon corps avait beau ne plus vouloir m’obéir, il se permettait toujours de me faire souffrir, sans relâche ni trêve. Alors quoi ? Que pouvais-je faire si ce n’est me laisser mourir, puisque de toute façon tous me croyaient mort ? J’étais indifférent aux cris qui me parvenaient et que je n’identifiais pas. Je m’en fichais. Puisque j’étais décédé, plus rien n’avait d’importance. Je perdais totalement espoir. J’aurais pleuré si mes yeux y avaient concédé, mais je ne pu non plus extérioriser ma rage et ma peur, tout était fini, n’est ce pas ? Autour de moi le tumulte et les cris ne cessaient pas, je pensais un instant à Gabrielle, à Katarina. Je priais pour qu’elles s’en sortent, et ce même si je n’aurais plus jamais l’occasion de les serrer contre moi. J’allais me voir mourir, de douleur, de faim ou de soif, qu’importe, le résultat ne changerait pas. Une question me vint, son atrocité brisant avec fracas ma résignation. Serais-je enterré ? Enterré vivant. J’étouffais un gémissement, c’était horrible. Absolument horrible. Personne ne pouvait se douter de la peur qui me charcutait vif, m’arrachait les entrailles. J’étais foutu.

Soudain, je me glaçais. Brisant le court affolé de mes pensées, j’entendis cette voix, cette voix qui à elle seule me mit dans une rage noire. Ethan. Qu’est ce que cet enfoiré disait ? Mon cœur dû s’arrêter un instant, ma vision se brouillait et le sang dans mes veines bouillonnait. Il venait de révéler à tous que Gabrielle et moi avions une liaison, de la manière la plus abjecte et la plus tordue possible. Que nous crevions ? Qui était il pour oser dire cela ?! Si j’avais pu le faire je me serais sans doute lever pour lui en coller une, je n’aimais pas la violence, mais je ne pouvais supporter de l’entendre parler ainsi de Gabrielle, de mon Amour. Il ne pouvait souhaiter sa mort sans que j’aie envie de le tuer lui aussi, personne ne pouvait se permettre de faire du mal à mon seul, mon unique amour. Et pour ça, j’étais moi-même capable de brutalité. Qu’il m’en veuille à moi je l’envisageais parfaitement, mais pas elle, non, pas elle. Quelque chose dans ce qu’il hurlait ne parvenait cependant à être traduit par mon cerveau ? Nous l’avions tuée ? Tuée qui ? Qu’est ce qui se passait ? Je compris, un peu tard. Ethan ne pouvait se mettre dans un état comme celui là pour personne d’autre que Katarina… J’en fus bouleversé. Même si notre amitié était fanée depuis quelques temps déjà, je n’aurais jamais pu lui souhaiter du mal, et apprendre sa mort me renversa littéralement. Je sentis des frissons parcourir mon corps, elle était morte. Je n’arrivais pas à l’envisager, pas elle, elle ne le méritait pas, c’était impossible. Pourtant, j’entendis les pleurs et les gémissements de son mari, c’était alors bien vrai. C’était la fin. La suite m’échappa, je crois que j’étais arrivé à mon dernier seuil de tolérance à l’atrocité, je ne pouvais aller plus loin. Je voulais m’échapper, mourir véritablement pour partir loin, loin de cet enfer que nous vivions. La mort aurait été une véritable délivrance.

Se passa peut être quelques minutes sans que je ne tente de bouger, véritablement anesthésié par cette nouvelle tragique. Complètement ailleurs, je sortis brutalement de mes pensées lorsque je ressentis des picotements, comme des chatouilles parcourant le long de mes bras. Ce n’était pas réellement douloureux, plutôt déroutant. J’avais l’impression que doucement, mon corps reprenait du service comme après une longue veille. L’espoir me submergea de nouveau, peut être que, oui, si j’essayais… Je tentai alors de bouger ne serait ce qu’un doigt, et y parvint, au prix de souffrances atroces. Mais j’y arrivais !!! Je supposais que je pourrais bouger de nouveau si je continuais à contraindre mon corps à cet exercice quand j’entendis une voix (Riley ?) dire que j’étais vivant. Soulagement, quelqu’un s’en rendait enfin compte ! Je n’étais pas perdu dans ce cas, on allait me sortir de là, me bouger, m’aider ! Je vis très distinctement Liam se pencher au dessus de moi, et… me fermer les paupières ?! Non, non non ! Ne lui dites pas d’arrêter, il a raison ! Je suis vivant putain de bordel de merde. Désespérément, j’essayais de nouveau d’effectuer un mouvement, mais la nouvelle douleur se fit plus forte, et je ne pu aller jusqu’au bout. Comme une brûlure qui me déchirait les muscles. Je priai alors pour que Riley n’abandonne pas, vérifie mon pouls, quelque chose, mais rien ne vint. Désormais, je ne voyais même plus ce qu’il se passait autour de moi, mon angoisse s’en fit plus grande encore. Personne n’allait m’aider.

De nouveau, je me laissais aller, m’évadais du mieux que je pouvais pour oublier mes souffrances. Malgré les picotements que je ressentais désormais dans presque tout mon corps, je ne tentai plus de bouger. La douleur était insurmontable, je ne pouvais pas. Soudain, quelqu’un s’assit près de moi, me touchant. Je ne réfléchissais même pas à qui cela pouvait être, tentai à tout prix de bouger de nouveau. Qu’importe la douleur, si j’étais certain de me faire remarquer, j’étais prêt à l’endurer. Mais je n’avais plus beaucoup de force, et cette impression de me retrouver allongé sur un brasier me vida totalement. Tu vas crever putain Aristide, fais quelque chose ! Que pouvais-je faire ? Je me sentais retomber dans les méandres du désespoir lorsque une main, sa main, se posa avec délicatesse sur ma joue. Ce contact ne me trompait pas, il ne pouvait s’agir que de Gabrielle. Elle était là, me touchait. Elle ne s’en fichait alors pas totalement de moi. Une bouffée d’air frais sembla s’engouffrer dans mes pauvres poumons à cette idée, avant qu’une autre, dévastatrice, prenne sa place. Elle me croyait mort. Une douleur bien différente que celle que j’avais jusqu’à présent ressenti me submergea, je ne voulais pas lui causer de peine, jamais. Le touché de ses doigts sur mon visage me rappelait à quel point je l’aimais, jusqu’où j’étais prêt à aller pour elle. J’étais prêt à sacrifier ma vie pour un regard d’elle, prêt à en ôter une autre pour sauver son honneur. Si j’avais été intelligent et un peu moins aveugle, j’aurais su que son honneur je le salissais en l’embrassant, la désirant. Mais je ne pouvais m’y résoudre, bien trop engourdis d’amour que j’étais, trop égoïste pour pouvoir admettre que pour son bien jamais je n’aurais dû l’approcher. Sa main glissa de ma joue pour prendre la mienne entre ses doigts, je sentais ses douces caresses sur ma peau comme une pluie fraîche un soir d’été, une bénédiction. Elle était là. Gabrielle était avec moi.

-Je suis tellement désolée...

Sa voix était brisée, comme éteinte. Elle me brisa le cœur, j’entendais à présent très bien qu’elle pleurait. Lui faire du mal était un véritable supplice pour moi, bien plus douloureux que n’importe quel châtiment physique. J’étais prêt à tout endurer, sauf sa peine. Deplus je ne comprenais pas. Désolée de quoi mon Amour ? De m’avoir rendu le plus heureux du monde l’espace de quelques semaines ? Si tu savais comme je t’aime, comme l’idée de te perdre m’est insupportable. Si tu savais. Il n’existait pas mieux qu’elle, que pouvais je vouloir de plus ? Bien sûr, il y avait Alexander, Emma, mais je m’en fichais. J’étais prêt à tous les sacrifices pour elle, mais celui de n’être un amant, un indésirable. Ses lèvres me firent doucement frémir lorsqu’elles se posèrent sur ma main, puis elle posa son front sur le mien, et de nouveau le monde me semblait beau. Me semblait vivable. Je sentais le parfum de ses cheveux malgré l’odeur de poussière, de sueur et de désespoir, et cela me réchauffa le cœur. Elle était contre moi, et cela me suffisait à être heureux. En dépit de ma souffrance physique, j’étais heureux. Ou presque. Ses larmes coulaient sur ma peau comme de l’huile bouillante, scarifiant mes chaires. J’aurais voulu lui dire que j’étais toujours là, qu’elle ne devait pleurer, mais je ne le pouvais pas. J’étais totalement impuissant. Sous le masque rigide de mon corps, des milliers d’émotions me transperçaient. De l’affection, bien sûr, mais aussi de la tristesse, de la rage contre moi-même. Bouge, nom de Dieu. Gabrielle posa sa tête sur mon torse, comme autrefois, lorsque nous nous aimions du mieux que nous pouvions en secret. Je pouvais alors caresser ses doux cheveux ou la serrer un peu plus contre moi. Aujourd’hui, je ne le pouvais pas. Passèrent quelques secondes dans cette totale impossibilité de faire quoi que ce soit lorsque ma déesse posa ses délicats doigts sur mes lèvres. Je les aurais embrassé si je m’étais sentis le courage d’effectuer un tel effort, mais c’était juste au dessus de mes forces. Et puis, avant que je ne comprenne quoi que ce soit, elle se redressa subitement, posa ses mains sur mes joues et m’appela doucement. La peur et la fatigue étaient omniprésentes, je ne comprenais pas. L’idée que Gabrielle se rende compte du souffle de vie qui m’animait toujours m’avait totalement échappé, et soudain je me sentis totalement misérable. Je ne pouvais rien faire pour lui prouver que j’étais tout à fait là, que je l’entendais parfaitement et sentais son souffle chaud sur ma peau.

-Aristide... Ouvres les yeux... S'il te plaît... Je suis là...

Gabrielle… Je ne savais plus quoi faire. Sa supplication me déchirait le cœur, tout comme y accéder me déchirait les entrailles. Etais je capable d’une telle chose ? Etais je capable d’effectuer ce geste qui autrefois me paraissait si anodin ? Aujourd’hui il s’agissait d’une véritable prouesse que je n’étais pas certain de pouvoir effectuer. Mais il le fallait. Pour elle, seulement pour elle. Je n’étais plus poussé par un instinct de survie, mais uniquement par mon amour pour cette femme si parfaite. Aussi tentai-je coûte que coûte d’ouvrir mes paupières qui me semblaient peser 3 tonnes. Je n’y arriverai jamais… Aussitôt, je ressentis une violente douleur qui me fis gémir, mes yeux me brûlaient, comme si mes paupières étaient collées contre eux et qu’essayer de les séparer arrachait en même temps la moitié de ma cornée. Je pris sur moi malgré tout, je ne pouvais ciller. Pour l’amour de ma vie, pour la rassurer. Au bout de quelques minutes de supplice, je parvenais enfin à faire frémir mes paupières qui, bientôt, s’ouvrirent totalement. La lumière pourtant faible m’éblouit et je dû cligner plusieurs fois pour m’y habituer. Puis je la vis, sublime malgré les nombreuses éraflures et coupures. Elle semblait exténuée, mais heureuse de me voir vivant. Mon cœur se mit à battre plus rapidement, une larme coula sur ma joue. Je pris alors conscience que jusqu’alors je n’avais pu pleurer, signe évident que mon corps s’apprêtait à me rendre ma liberté. J’esquissai péniblement un pauvre sourire, pour elle, uniquement pour elle. Mes muscles de mes joues me firent un mal de chien mais je n’y prêtais pas attention. Je voyais bien son soulagement, et cela me suffit à me ramener à la vie. Je murmurai, ma voix se perdant quelque peu dans le tumulte du monde extérieur au notre :

« Mon Aimée… »

Une nouvelle larme. Mon épuisement était tel que même un simple battement de cil semblait une épreuve insurmontable pour moi. Il fallait persévérer. Je songeai à ce qu’elle avait dit, notre secret n’avait plus aucune valeur puisque Ethan, ce traître, avait tout révélé. Penser à lui me remit en colère, me donna la force de préserver ce maigre sourire sur mes lèvres malgré ma fièvre intérieur. Je trouvais juste immonde qu’il se permette ainsi de parler d’elle, de parler de nous. Nous n’étions pas des monstres. Cet amour relatif que nous partagions avait beau être immoral, il n’en demeurait pas moins magnifique et sincère. Chaste, qui plus est. Ces moments parfaits avec Gabrielle n’avaient rien de malsain ou de pervers, c’étaient tout le contraire. Du bonheur à l’état brut. Je l’aimais, pourquoi ne comprenait il pas cela ? Idiot… Oui, j’étais en colère. Une colère noire même. Cela me permit de parler de nouveau, bien que ma respiration difficile et mon manque de force n’arrangeaient pas les choses. Ma voix s’étrangla d’abord dans ma gorge, et puis, enfin :

« Embrasse-moi. »

Je me fichais du monde qui pouvait bien nous regarder, penser à Alexander. Je ne savais s si ma bien aimée y consentirai, aurait-elle peur ? Qu’avions nous encore à perdre après tout. J’avais besoin de ce baiser, non pas pour leur prouver à tous que les calomnies sorties de la bouche d’Ethan étaient vraies, mais pour me redonner espoir. J’avais besoin de Gabrielle, de son amour. Telle la belle au bois dormant, j’avais besoin de son baiser pour me réveiller enfin.

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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Sam 17 Juil - 18:42

Ce n'était définitivement pas dans mes habitudes de me comporter de cette façon. Mais que pouvais-je bien faire d'autre ? Je ne pouvais décemment pas faire comme si cette histoire ne me touchait pas. Je connaissais ces gens et je les appréciait, même si je n'en montrais rien. À force de vivre avec eux je m'étais attaché à eux. Et j'étais de route façon bien incapable de souhaiter la mort de qui que ce soit. Tout ce que je voyais c'est qu'on avait besoin de moi. J'aurais été un monstre de ne pas tenter d'agir un minimum pour les aider. Et si j'avais choisi de venir en aide à Katarina, ce n'était pas vraiment par hasard. D'une certaine façon je m'en voulais de m'être comporté comme je l'avais fait avec elle. Oh bien sûr je n'avais pas l'intention de m'excuser. Mais l'aider c'était une peu ma façon à moi de lui dire pardon. Et à Ethan du même coup... J'avais beau savoir que nous ne pourrions jamais ni nous entendre, ni nous aimer, j'avais compris qu'il tenait à sa femme et qu'il l'aimait réellement, quoique j'aie pu en penser avant. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis... J'étais maintenant sûr qu'il avait les choses en mains, alors je me suis écarté d'eux. J'avais été attiré par un léger mouvement, qui venait d'Aristide me sembla-t-il. J'attrapai alors Liam par le bras pour lui désigner le mort. Enfin non, justement, il n'était pas mort. Mais il ne me crut pas et me demanda de cesser de plaisanter. J'eus envie de le secouer, mais je me contentai de jurer à voix haute quand il lui ferma les yeux. Alors là, s'il ne l'avait pas achevé...

Je soupirai et me passai une main dans les cheveux. Je ne savais plus trop où j'en étais, apparemment tout le monde allait... bien. Mathilda était avec Ethan et Katarina et Aaron et maintenant Liam étaient avec Gabrielle qui avait recommencé à paniquer. Je les laissai se débrouiller avec elle. Bêtement, je repensai à ce qu'avait dit Ethan. D'abord, il avait demandé à ce qu'on les laisse « crever » parce qu'ils avaient tuée Katarina. Qui en fin de compte était vivante... Puis il avait accusé les deux autres d'avoir une liaison. Sur le coup je n'y avais même pas prêté attention, trop occupé à retirer la tige métallique de la jambe de sa femme. Bêtement je regardai Gabrielle, puis Aristide, puis Gabrielle. Non, il avait dû péter les plombs et accuser n'importe qui de n'importe quoi... A moins que... Un peu malgré moi j'entendis ce que Gabrielle demandait à Aaron et Liam. Sur le coup j'ouvris des yeux ronds comme des soucoupes et la regardai bouche grande ouverte. Non ? Si ? Oh putain ! Oh putain ! Ethan n'avait pas menti, il avait dit la vérité... Une putain de vérité ! J'étais carrément sur le cul. J'avais toujours vu Gabrielle comme la parfaite petite femme de maison. Toujours gentille, souriante et attentionnée. Même avec moi. Et puis Alexander... D'accord ce n'était pas mon meilleur ami, mais c'était un type bien. Il nous avait tous ramassés là dehors. Et il semblait être un mari sympa. J'avais raté un truc. Et pourtant je me tenais au courant de la moindre petite rumeur. Alors à moins que mon cerveau ait été déconnecté au moment où la rumeur circulait... Ethan venait de balancer l'équivalent d'un secret d'état.

Je vis Aaron s'écarter de Gabrielle et j'eus un peu de peine pour elle. Mais Aaron était le meilleur ami d'Alexander, il ne pouvait pas réagir autrement... Je ne pus m'empêcher de rester planté comme un con à les regarder, avant de m'écarter quand Liam est passé avec Gabrielle. À sa place, j'avoue sans honte que je l'aurais laissée ramper jusqu'à cet enfoiré de grec. J'avoue, j'étais carrément dégouté. J'étais un dragueur à temps plein oui, mais je faisais toujours attention à ne pas m'approcher des femmes mariés. J'avais été trompé une fois, je n'avais toujours pas oublié ce que cela faisait. Je tapais sur le système de Katarina simplement parce que je savais qu'elle ne cèderait pas. Et de toute façon je m'étais relativement calmé depuis qu'elle avait accouché. Ça avait été comme un électrochoc pour moi ce jour là... Comme quoi, il en faut peu ! Je remerciai rapidement Matthew quand ce dernier me tendit une bouteille d'eau. Matt' était du genre sympa et pas chiant. Là quand il faut pas, loin quand on veut être seul. Parfait, quoi. J'étais en train de vider la bouteille quand, bêtement, je tournai la tête vers Gabrielle et Aristide.

Grossière erreur.

Sous le coup de la surprise, je recrachai toute l'eau que j'avais dans la bouche, manquant d'arroser Stefan au passage. Non mais... Mais elle... elle l'embrassait ? Elle l'embrassait pour de bon nom de dieu ! Elle était en train de lui rouler une pelle alors que son mari aurait pu débarquer d'une minute à l'autre. Je suis restée là à les regarder pendant une bonne minute. Un seul mot m'est venu à l'esprit : salope. Pas très fin, pas très délicat, mais c'était bel et bien ce que je pensais d'elle à ce moment là. Elle avait l'air de se ficher de son mari, de se ficher de sa meilleure amie encore sans un sale état... Je me sentais tout drôle. Voir ce que j'étais presque au masculin me choquait presque. Super. Voilà que je me tapais une crise de remords.

« Riley. »

Je n'ai pas compris tout de suite que Mathilda me secouait. J'ai sursauté quand elle a hurlé dans mon oreille. Oh là, mollo, je ne suis pas sourd. Qu'est-ce qu'elle me voulait encore ?

« J'aimerais que tu dises à Ethan que Kat va devoir attendre un peu avant que je m'occupe d'elle. »

En gros : tu vas te prendre une droite à ma place. Super. Merci. Non vraiment, j'apprécie. Je soupirai. Ethan n'était pas devenu mon meilleur ami non plus, je savais qu'il pouvait aussi bien exploser la mâchoire parce que je dirais un truc de travers. Je levai les yeux au ciel en soupirant. Puis je me suis avancé doucement jusqu'à Ethan. Je suis allée en face de lui. Je me voyais mal arriver derrière lui : qui sait ce qu'il pourrait m'envoyer dans la figure.

« Ça va aller ? »

Oui, c'est ça... Question con. Comme si tout allait bien, là tout de suite. Je pris une profonde inspiration avant de balancer ce qui fâche.

« Mathilda doit s'occuper d'Aristide... Il est pas mort, en fait. »

Oui bien sûr, et tu crois qu'il va sauter au plafond ? Il en a RIEN A FOUTRE. Rien du tout. Tout ce qu'il voit c'est que sa femme va continuer à souffrir en attendant. Et j'avoue que moi aussi, cela me faisait chier.

«... Elle viendra voir Katarina juste après... Tiens, tu devrais lui donner un peu d'eau. »

Je lui tendis la bouteille d'eau qui était encore à moitié pleine. Vu qu'il ne réagissait pas, je la posai à côté de lui avant de me relever et de m'éloigner. J'avais fait le messager oui, mais je n'avais pas vraiment envie que la claque me revienne. Pas du tout, même.
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Sam 17 Juil - 21:30

J’attendais que Mathilda comprenne que je ne plaisantais pas. Il fallait qu’elle s’occupe de ma femme, parce que les autres ne le méritaient pas. Oui vous avez entendu, ils ne le méritaient pas. J’étais cruel et sans cœur sans doute pour certains, mais je pensais à ma femme. Me femme était innocente elle, elle méritait de vivre et qu’on la soigne. S’il leur arrivait quelque chose c’est que quelque part dans le ciel quelqu’un les punissait. Gabrielle avait commis un péché, elle avait trompé son mari. Si au moins, Alexander était un mauvais mari ou la battait, j’aurais pu essayer de comprendre, mais ce n’était pas le cas, bien au contraire. Quant à Aristide…..il ne trompait peut être personne, mais il avait une liaison avec une femme mariée. Elle avait une petite fille !!! Je leur avais presque craché au visage quand je les avais découverts. J’aurais tant aimé me tromper, mais non…. Ils avaient une liaison….Ils n’avaient même pas nié…ils n’avaient aucune excuse.

Mathilda a fini par venir vers moi. Kat dans mes bras, presque inanimée. Il fallait faire vite. Mais alors que je croyais que Mathilda allait me suivre et que nous allions aller à l’infirmerie pour que Mathilda la soigne et la mette hors de danger, elle m’a demandé de la poser avec une telle violence dans la voix. Non mais elle était folle ou quoi ? La poser ? Pour quoi faire ?

J’ai failli hurler qu’elle aille se faire voir, mais son regard me disait que j’avais intérêt à obéir. Elle s’occuperait d’elle mais ici. Alors j’ai posé Katarina par terre le plus délicatement possible en faisant attention à sa tête. J’avais laissé ma main sous sa tête pour lui éviter de se blesser. Elle saignait déjà, je ne voulais pas aggraver les choses. Mathilda voulait vérifier quelque chose. Je n’ai pas compris à quoi elle jouait quand elle s’est mise à appuyer sur le ventre de Katarina. Ce n’était pas là qu’elle était blessée !! J’étais prêt à perdre ma patience, déjà bien ébranlée jusque là. J’étais littéralement fou quand je l’ai entendu soupirer de soulagement. Non mais elle était folle !!! En quoi elle devait être soulagée ? Katarina était blessée, son pouls était faible. Il fallait la soigner !!!

Alors que j’allais lui dire de faire son travail elle a déchiré le pantalon de ma femme avant de regarder la plaie. Je regardais tous ses faits et gestes, et je l’ai vue grimacer. Oui…..elle ne croyait tout de même pas que c’était beau à voir et qu’elle pouvait aller s’occuper des deux autres quand même. C’était Katarina qui avait besoin d’elle. C’était Katarina qui avait un trou dans la jambe, et qui souffrait !

Elle a levé la tête vers moi alors que j’étais derrière Katarina, lui soutenant la tête. Elle a ironisé sur le fait que je ne voudrais sans doute pas quitter ma femme une seule seconde. Gagné !! Il était hors de question que je ne la laisse alors qu’elle était blessée, et que j’avais failli la perdre. Alors elle a envoyé je ne sais qui chercher de quoi désinfecter la plaie de Katarina et de quoi recoudre. Je voyais la poitrine de Katarina se soulever très légèrement et je n’avais jamais cru que je serais si content de voir une chose tellement naturelle. Elle respirait, elle vivait !!!

Mais elle continuait à saigner de la tête. Légèrement mais elle saignait encore. Mathilda a jeté un coup d’œil en me disant que la blessure était plus impressionnante que grave, et que la jambe était la blessure la plus importante, et que c’est cela qu’il fallait privilégier. J’avais tout de même détourné la tête….J’avais tellement mal à la voir dans cet état là. Mais Mathilda avait prix une voix plus douce, et rassurante. Selon elle, nous ne serions fixés sur l’état de mon ange que quand elle se réveillerait. Elle seule pourrait nous dire où elle souffrait. Je devais rester calme selon elle, elle me promettait de revenir avant de partir.

Je lui laissais intérieurement cinq minutes.

J’ai fait glisser Katarina un peu plus contre moi en la soulevant et j’ai passé mes bras sous ses aisselles en la serrant contre moi. Je ne cessais de l’embrasser, à genoux, et je pleurais. J’avais tellement eu peur de la perdre, tellement peur de devoir vivre sans elle (même si je savais que je n’aurais pas tardé à la rejoindre) . Je me suis mis à penser à notre petite fille, et j’ai serré ma femme un peu plus. Mais la pression redescendait.

C’est ce moment là qu’a choisit Katarina pour rouvrir les yeux et se réveiller un peu. Elle était enfin réveillée. Elle tentait de me sourire, et ses yeux me fixaient. Et puis sa voix tel un murmure empreint de lassitude.

« Ne pleure pas. »

J’aurais aimé lui faire ce plaisir mais je n’y arrivais pas. Elle était si gentille, si douce, si aimante qu’elle a fait l’effort de prendre ma main et d’y déposer un baiser. Je la regardais à travers mes larmes. Je savais que ce geste lui coutait, et elle l’avait fait. Elle pensait à moi et à mon chagrin alors que c’était elle qui souffrait. Ca ressemblait tellement à la femme que j’aimais. Elle s’effaçait toujours pour moi ou pour Lena…

« Je t'ai promis, Ethan. Je t'ai promis de ne plus jamais te laisser. Je tiens toujours mes promesses. »

Elle me l’avait promis quand elle avait décidé de me reprendre, elle me l’avait promis quand nous avions échangé nos vœux, elle me l’avait promis quand j’avais pensé qu’elle allait mourir en mettant notre fille au monde. Elle me l’avait promis tellement de fois, et elle le promettait à nouveau. Oh mon amour…

Je me suis plié et penché pour atteindre ses lèvres et l’embrasser tendrement. Mes larmes salées glissaient le long de nos lèvres scellées dans un baiser amoureux

-Je t’aime mon ange, je t’aime tellement.

Je ne me lasserais jamais de lui dire. Je pouvais lui dire cent fois, l’entendre me le dire cent fois par jours aussi. J’avais tellement besoin de ça. Lui dire à quel point je l’aimais, et l’entendre me le dire. Comme si je ne pourrais pas supporter la vie sans savoir que nous nous aimions. Je n’avais jamais été très romantique, mais elle avait changé ma vie. Avec elle j’étais fou d’amour. Je l’avais attendu toute ma vie. Et je ne la laisserais pas quitter ma vie. Plus maintenant….

-Je vais m’occuper de toi mon amour, je ne t’abandonnerai jamais. Je ne te laisserai pas me quitter.

J’ai essayé de lui sourire, mais je n’y arrivais pas alors j’ai caressé son visage en évitant de souiller son visage entièrement de son sang. J’ai soudain été interpellé une voix que je connaissais bien. Une voix que je n’aimais pas.

« Ça va aller ? »

Pourtant, il n’y avait pas de trace d’arrogance. Aucune même. Il avait l’air différent. Il avait l’air même gêné et complètement ébranlé par tout ça. Alors, comme j’étais déjà bien las moi-même j’ai acquiescé. Je n’ai pas eu le courage de lui dire d’aller se faire voir. Il s’inquiétait pour Katarina. Sincèrement. Et ça suffisait pour que je ne sois pas désagréable. C’était lui qui avait retiré la tige métallique de la cuisse de Katarina alors que je n’y arrivais pas. Alors je lui devais sa vie sans doute….

Et même si ça me faisait un mal fou de l’admettre, il y avait peut être du bon chez Riley. Pourtant…

« Mathilda doit s'occuper d'Aristide... Il est pas mort, en fait. »

Quand j’ai entendu ça, je me suis raidi… Il osait me dire ça ? Il osait ? Je savais qu’il me donnait seulement des nouvelles, mais je lui en voulais. Il n’y était pour rien. C’était Aristide le fautif. Il n’était pas mort !! Il aurait du !!

La voix de Riley était mal assurée.

«... Elle viendra voir Katarina juste après... Tiens, tu devrais lui donner un peu d'eau. »

Il m’a tendu une bouteille d’eau, et je l’ai regardé en ne comprenant pas pourquoi il était si gentil. En fait je ne comprenais pas. Mais quand il a posé la bouteille d’eau prés de moi et qu’il est parti, je me suis entendu murmurer un « Merci Riley ». Et puis je l’ai ouverte et je l’ai porté aux lèvres de Katarina. Je l’ai fait boire par petites gorgées en faisant attention à ne pas y aller trop vite.

Je lui ai essuyé la bouche et j’ai reposé la bouteille à côté de nous. Mathilda n’était toujours pas revenue vers nous quand Stefan est revenu avec un plateau avec du matériel médical dedans. Il était allé chercher ce que lui avait demandé Mathilda et il me l’a tendu. Je lui ai fait comprendre que je ne pouvais le prendre. §J’avais Katarina dans mes bras et je ne voulais pas la laisser.

-Tu peux aller chercher Mathilda ? Katarina doit être soignée maintenant. Il faut qu’elle soit soignée !!

Il a hoché de la tête sans un mot et est parti vers Mathilda. Je les ai vus parler mais je n’entendais pas d’où j’étais, et puis j’étais plus alerte aux gémissements de ma femme, et aux larmes qui coulaient silencieusement sur son visage. Je ne l’avais même pas entendu pleurer. Je l’ai bercé comme un bébé pour la calmer, et lui montrer que j’étais là.

Stefan est revenu vers moi et m’a lancé assez abruptement que Mathilda était occupée avec Aristide, et qu’elle s’en occuperait plus tard. J’étais littéralement furieux qu’elle ne s’occupe pas de ma femme innocente, et qui était bien plus mal en point que les deux autres. Je me suis mis à hurler le nom de Mathilda jusqu'à ce qu’elle perde patience et qu’elle me lance un regard courroucé. Et puis elle est revenue vers Aristide et Gabrielle ne m’ignorant.

Mon sang n’a fait qu’un tour et j’ai pris le plateau des mains de Stefan et il n’a pas demandé son reste et est parti. J’allais m’en occuper moi-même.

-Je vais m’occuper de toi mon amour. Je vais te soigne. Tu vas m’aider hein ? Tu vas me dire ce que je dois faire d’accord ?

Il ne fallait plus tarder, il fallait que nous soignions cette plaie. J’avais terriblement peur qu’elle ne s’infecte… parce que je savais ce que ça signifierait. Et ça c’était tout de même inacceptable.

Je cherchais quelqu’un du regard. Il fallait que quelqu’un prenne ma place pour que je puisse soigner la cuisse de Katarina. Je ne voulais pas la laisser allongée sur le sol. Et la seule personne que j’ai vue en premier c’était Riley, alors je l’ai appelé. Et il est venu sans rien dire.

-Tu peux prendre ma place pendant que je la soigne et la recoud ?

Il avait l’air complètement halluciné quand je lui ai demandé ça. Alors j’avais tellement peur qu’il refuse, ou qu’il m’envoie sur les roses. Alors j’ai rajouté les dents serrés par l’effort que ce simple mot suscitait en moi.

-S’il te plait.

Je le suppliais. Il pourrait jubiler. Oui j’avais besoin de son aide. Je voulais qu’il prenne ma femme dans ses bras. C’était sans doute une victoire pour lui et je me doutais qu’il s’en vanterait, et me le rappellerait souvent. Mais j’étais prêt à mettre mon orgueil de côté.

Il n’a rien dit pourtant. Et il est venu s’assoir prés de moi en me prenant Katarina des bras. J’ai embrassé ma femme avant de prendre le plateau et de voir ce qu’il contenait.

Qu’est-ce qu’avait dit Mathilda déjà ? Désinfecter ? D’accord… Alors, j’ai pris ce qu’il fallait sur le plateau. Des compresses et de l’eau à 90degrés…..J’ai trempé la compresse et je suis allé désinfecter la plaie avec énormément d’appréhension. Et j’avais raison. Au moment où j’ai appliqué la compresse sur la plaie, j’ai vu Katarina se crisper et elle a hurlé. Je me doutais que cela devait être comme si on la brulait. Et je m’en voulais.

Je l’ai regardé en déglutissant.

-Excuse moi mon amour, mais je suis obligé. Je sais que ça fait mal. Je sais.

Et j’ai continué à désinfecter pendant prés d’une minute. Elle serrait les dents, je la voyais parfaitement. Et j’ai posé les compresses dans le plateau.

Apres…je devais faire quoi déjà ? Enfin….de quoi avait parlé Mathilda ?

Recoudre ?

Je me suis décomposé, je ne savais pas quoi faire. Je n’en serais jamais capable. J’ai détourné la tête vers Mathilda qui semblait toujours occupé, alors j’ai compris que je devrais la recoudre.

-Mon amour ?

J’avais peur qu’elle ne soit évanouie, ou qu’elle ne tourne de l’œil. Mais elle était toujours éveillée, et elle semblait tenir le choc. J’étais tellement fier d’elle.

-Je vais te recoudre d’accord ?

Je n’avais pas le choix. Si je voulais éviter les infections, il fallait que je le fasse.

-Tu vas m’aider ! D’accord chérie ? Tu vas me dire ce que je dois faire. J’ai besoin de toi mon amour.
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Liam Marsden
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Sam 17 Juil - 23:52

Elle voulait lui dire adieu. Ethan n’avait pas prononcé que des stupidités sous le coup de la folie et la peur d’avoir perdu sa femme ; il avait raison. Gabrielle trompait Alexander avec Aristide. J’en demeurais totalement abasourdi, à côté de mes pompes. Notre leader était à mon sens un homme bon, un homme juste. Je l’imaginais difficilement mauvais mari, le savais prévenant et attentif. Alors pourquoi sa femme allait elle voir ailleurs ? D’autre part, je connaissais Gabrielle pour entretenir parfois de courtoises conversations, sans rentrer personnellement dans ses problèmes et doutes. Les banalités, en somme. Cependant, ce que j’avais entrevu d’elle ne m’aurait jamais laissé présager ce genre de comportement. Je la connaissais douce, bonne mère, femme accomplie. Ces nouvelles révélations me laissaient sans voix, tout comme Aaron qui me lança un regard éloquent. Il semblait choqué, tout comme moi, mais surtout écoeuré. Je pouvais le comprendre, Alexander lui était cher et apprendre que sa femme le faisait cocu n’était pas de plus réjouissant. Cette nouvelle ne m’enchantait pas non plus, mais je ne pouvais en vouloir à Gabrielle. Au fond, je compatissais. Je me doutais fort bien qu’éprouver du dégoût à son égard ne changerait rien au fait qu’elle avait un amant, et que les choses vont parfois tellement vite qu’on ne prend pas véritablement conscience de leur importance dans nos vies. Je savais que tout pouvait changer du jour au lendemain. Aussi ne pouvais je émettre le moindre jugement contre elle, et ce malgré mon affection pour notre leader. De la même manière que je souhaitais que l’on ne me juge pas sur mon homosexualité, je ne jugeais pas Gabrielle sur son adultère. Après tout, ces deux choses étaient aussi immorales l’une que l’autre et se ressemblaient beaucoup au fond. A la seule différence près que je ne faisais de mal à personne, pour l’instant. Mais ce qui se ressemblait le plus à mon avis c’était cette absence de choix, non, je ne pensais pas qu’elle ai réellement choisi de tromper son mari. A mon sens il s’agissait d’avantage d’un égarement que d’une décision froide et résolue. De plus, le désespoir dans sa voix me faisait bien comprendre qu’il n’était pas seulement question de sexe ou je ne sais quoi, elle éprouvait réellement de l’affection pour son amant mort. Son regard suppliant me brisa le cœur. Je n’avais pas la force de refuser une telle chose à quelqu’un d’amoureux, même si cet amour était mal placé. Non, je ne pouvais pas.

Je me penchais alors sur Gabrielle, passant un bras autour de sa taille. Je redoutais à vrai dire de lui faire mal, et tentai de la toucher le moins possible afin ne de pas frôler de zones sensibles. Aaron s’était empressé d’abandonner sa main et partait loin de nous, sérieusement dégoûté. Sa réaction me choqua profondément, comment pouvait il être aussi insensible à la souffrance de cette pauvre femme qui s’était perdue ? Alexander était comme un frère pour lui, certes, mais je ne pouvais concevoir un tel manque de sentiment. Si Katarina avait trompé Ethan, j’aurais tout fais pour comprendre ce geste et la ramener auprès de mon ami. Jamais je n’aurais pu lui cracher ainsi à la figure, et ce malgré mon amitié pour Ethan. Nous faisions tous des erreurs. Mais c’était sans doute mon extrême sensibilité qui parlait en cet instant. Gabrielle tremblait contre moi, je mettais cela sur le compte de la douleur que ces efforts produisaient, elle était exténuée et n’avait même plus la force de marcher seule. Nous titubions à deux quelques mètres avant que je ne sente ses jambes se dérober sous elle, et la rattrapais in extremis. Je me penchais un peu, passa doucement mes mains sous ses genoux et la portait tout à fait. La voir dans un tel état me faisait énormément de peine, j’en avais le cœur en lambeaux. Pourtant, nous n’étions pas très proches, mais mon sens de l’humanité de tolérait de voir un de mes semblables dans une tristesse si profonde. En plus de son état physique s’ajoutait sa douleur face à la perte d’un être cher, je savais à quel point cela était difficile. Je prenais garde à ne pas tomber avec cette pauvre femme dans mes bras lorsque je sentis plusieurs regards braqués sur nous, visiblement écoeurés eux aussi. J’aurais voulu leur dire de s’occuper de leurs affaires mais n’osais le faire, j’espérais simplement que Gabrielle ne les avait pas vu. Car sincèrement, ces regards étaient comme mille piques, affreusement blessants. A quoi servait il de s’entretuer entre nous après tout cela ? N’avions nous pas affronté assez de douleur sans en plus nous en rajouter sciemment ? Non, non, tout cela était bien trop injuste et inhumain.

Arrivés près du cadavre je ralentis ma marche et amorçait la descente de Gabrielle, prenant toujours soin de ne pas lui faire mal. Ce bout de femme était déjà tellement mal au point. J’allais l’asseoir à un mètre à peine de la dépouille lorsque je revis son visage désespéré, ses yeux emplis de larmes, et me rapprochais un peu afin qu’elle puisse être le plus proche possible de lui. Plus rien ne comptait mis appart satisfaire ne serait ce que cette demande là, cette dernière chose. Après ce qu’elle venait d’affronter, j’estimais que cela était « mérité ». Elle me remercia brièvement et je m’éloignais, affrontant le regard hostile des autres. Quoi ? Qu’est ce que vous me voulez ? Soudain, Aaron se planta devant moi, son visage était fermé et son regard dur, je sentais que mon geste l’avait vexé.

« Qu’est ce qui te prend ? Elle a trompé Alexander avec lui !
-Laisse la tranquille »

C’est tout ce que je trouvais à lui répondre, repoussant sa main, et m’éloignais. Je ne savais plus quoi faire. M’asseyant sur une pierre, je pris ma tête entre mes mains et fermais les yeux. Tout ce que nous avions vu, tout ce que nous avions affronté. J’avais perdu toute notion du temps, ne savait si j’étais là depuis des heures ou depuis quelques minutes à peine. J’étais sous le choc, un peu tardivement. Là où les autres avaient été affolés, j’avais préservé mon calme. Maintenant que la pression tombait, je perdais pieds. Parce que tout cela était horrible, parce que je ne voulais plus voir ce genre d’image. J’en avais déjà trop vu, la guerre nous avait déjà trop abîmé. Tous. Cette nouvelle épreuve était un coup du sort en trop, une infâme attaque qui nous épuisait lorsque nous étions déjà à bout. Tout un équilibre qui volait en éclats. Je songeai à Alexander qui n’était toujours pas là, relevant la tête, lorsque je vis quelque chose qui me glaça littéralement le sang. Gabrielle embrassait le mort… Je ne pouvais pas la laisser commettre un tel acte, aussi désespéré soit il. Je ne doutais pas de son amour pour le macchabée, mais… Non. C’était horrible. Alexander pouvait de plus apparaître d’un moment à l’autre et s’il voyait ça, il rentrait tout simplement dans une colère noire. Or, ça aurait été la goutte de trop. Cette scène me brisait le cœur, je me levais et d’un pas traînant, rechignant à aller de nouveau affronter cette souffrance, m’approchait d’elle. Puis je m’arrêtai, brutalement. Je vis Aaron se précipiter lui aussi sur le… « Couple »… Je savais pertinemment qu’il allait faire ou dire quelque chose qu’il ne devait pas, et me jetais sur lui avant qu’il ne les atteigne. Le repoussant plus violement que je ne l’aurais voulu, je le plaquai contre le mur. Ma voix se fit glaciale.

« Je t’ai dis de la laisser tranquille. »

Il ne bougea pas, visiblement étonné d’un tel coup de sang de ma part. Il ne devait pas, ne pouvait pas briser ce moment. Si c’était sa manière de faire son deuil, elle le devait. Et si Alexander arrivait, nous le calmerons. Il n’y avait pas d’autres solutions. Je le lâchais, je savais qu’il n’y retournerait pas. Ne me demandez pas pourquoi, je le savais et c’était tout. Tournant la tête, je vis Riley qui tenait Katarina dans ses bras, un semblant de matériel médical éparpillé autour de lui, Ethan à leurs côtés. Je ne savais pas trop ce qui se passait, me rapprochais donc. Ethan semblait toujours aussi paniqué, je n’avais aucune idée de ce qu’il faisait, mais cela semblait le mettre complètement à l’envers. Prêt à affronter une horreur de plus, Liam ? Je n’étais plus à ça près, remarquez. Voir mon ami dans un tel état me faisait aussi peur que mal, et même si Riley semblait l’aider, je voulais être sûr qu’ils n’aient besoin de renfort. Doucement, je m’accroupis auprès d’Ethan, jetant un coup d’œil à Katarina qui avait repris connaissance, bien que sa pâleur donnait toujours froid dans le dos. Puis je posai mon regard sur sa jambe, chose que je regrettai aussitôt. J’eu un haut le cœur, tentai de respirer profondément afin de reprendre mes esprits lorsque je me rendis compte qu’Ethan tenait une aiguille et du fil dans sa main. Comptait il la recoudre lui-même ? Je ne pris le temps de regarder où était Mathilda, je murmurai :

« Tu veux de l’aide ? »

Egoïstement, j’espérais qu’il déclinerait mon offre. Je ne savais absolument pas en quoi je pouvais lui être utile, et étais à deux doigts de vomir.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: We'll be lost before the dawn { PV + Libre }   Dim 18 Juil - 10:42

J'avais terriblement mal aux jambes. Et c'était un euphémisme. Objectivement ce n'était pas mal, je sentais mes jambes. Mais le problème c'était que je les sentais trop, beaucoup trop. Le moindre mouvement était douloureux, à tel point que j'étais à deux doigts de réclamer encore de la morphine, même si je savais que la dose que m'avait injecté Ethan faisait toujours effet. Je sentais que sans cela la douleur m'aurait rendue complètement folle. J'en venais presque à regretter de ne pas m'être évanouie pour de bon. Le risque c'était de rester évanouie pour toujours... Et ça, c'était hors de question. J'ai senti Ethan qui me redressait dans ses bras et qui m'embrassait. Et il pleurait... Et même si c'était certainement très justifié, je n'aimais pas qu'il pleure. C'est pourquoi je lui ai demandé de cesser de pleurer quand j'ai ouvert les yeux. Je n'avais jamais supporté de le voir dans un état pareil. Cela me faisait toujours énormément de peine. Mais je comprenais les raisons qui lui valaient un tel chagrin. Sans doute aurais-je été inconsolable à sa place. Il me regardait avec une telle intensité que j'ai senti mon cœur se serrer dans ma poitrine. Je voyais les larmes perler aux coins de ses yeux avant de couler lentement sur ses joues. On avait presque l'impression qu'il souffrait plus que moi. Et c'était peut-être le cas... Je le sentais qui tremblait comme une feuille. Et ses mains étaient crispées sur le tissu de mon tee-shirt. Il était terrorisé et encore sous le choc de ce qui venait de se passer. Et pendant une seconde, j'ai eu l'impression de retrouver l'Ethan que j'avais rencontré. Celui qui avait besoin d'être rassuré en permanence...

J'ai été assez surprise quand il s'est penché pour m'embrasser. Ce baiser avait un arrière goût de désespoir, mêlé à celui salé du sang et des larmes. Mais ce baiser m'a rassurée. J'ai eu un sourire pauvre quand il m'a dit qu'il m'aimait. Je me suis contentée de le regarder en souriant. Il savait que je l'aimait également, mais j'avais tellement de mal à rassembler mes pensées en un ensemble cohérent que je ne suis pas parvenue à lui répondre. Mais mon regard en disant suffisamment long. J'ai simplement hoché la tête quand il m'a dit qu'il allait s'occuper de moi. C'était ce dont j'avais besoin, qu'il s'occupe de moi... Il était le seul à vraiment se soucier de moi en cet instant. Tout le monde s'activait autour du « couple ». Mais je n'en avais rien à faire. Il était avec moi, c'était tout ce qui important. Avec le peu de forces qu'il me restait, j'ai passé un bras autour de son cou tandis qu'il caressait mon visage tendrement. J'aurais voulu le contre moi avec force, mais j'en étais pour le moment bien incapable. Et quelque chose me disait que je ne serais pas remise sur pieds avant un petit moment. Je fus surprise d'entendre la voix de Riley, encore une fois. Décidément, je le trouvais bien serviable aujourd'hui... Je ne pus m'empêcher de tourner la tête vers lui quand il dit à Ethan que Mathilda était occupée avec Aristide. Je serrai les dents et étouffai un sanglot. Le cauchemar n'était-il donc pas fini ? Quand serais-je enfin tirée d'affaire ? J'en avais assez, j'en avais assez... J'en enfoui ma tête dans le cou d'Ethan en gémissant. Je ne pensai même pas « génial Aristide est vivant ! ». Tout ce que je voyais c'était que j'allais souffrir encore un bon moment.

Ethan porta une bouteille d'eau à mes lèvres, et tout d'abord je recrachai la première gorgée, tant il m'était difficile d'avaler. Malgré tout je consentis à avaler les gorgées suivantes, même si j'avais l'impression d'avoir la gorge en feu. J'ai entendu Ethan demander à Stefan assez sèchement d'aller chercher Mathilda, parce que j'avais besoin d'elle. J'ai fermé les yeux quand Ethan a recommencé à mes bercer. Mes yeux me brulaient, et j'avais le goût salée de mes larmes sur mes lèvres. Mathilda n'avait pour le moment pas de temps à m'accorder. J'aurais voulu hurler, mais Ethan s'en chargea pour moi, appelant Mathilda jusqu'à ce qu'elle daigne lui répondre. Aristide et Gabrielle étaient sa priorité pour le moment... Et moi je continuais à souffrir sans que personne ou presque ne s'en soucie. Très égoïstement, j'avoue que j'aurais aimé que Mathilda s'occupe aussi de moi, même si mon cas n'était pas le plus grave. J'avais l'impression de vivre un véritable calvaire. Et le bout du tunnel semblait s'éloigner de plus en plus... Je me suis mise à penser à Lena et j'ai commencé à sangloter plus fort, m'agrippant à Ethan plus fort. Je voulais ma fille, je voulais mon bébé... Depuis combien de temps étais-je là ? Depuis combien de temps ? J'ai levé les yeux vers Ethan.

« Où est Lena ? Où est Lena, Ethan ? »

Je ne sais pas trop s'il m'a entendue, étant donné qu'il venait d'arracher des mains de Stefan un plateau de matériel médical. J'ai ouvert de grands yeux hallucinés quand il a dit qu'il allait me soigner lui même. Je ne sais pas trop quelle tête j'avais, mais en tout cas je ne devais pas avoir l'air très convaincue. Pourtant j'ai hoché la tête. Si c'était la seule solution pour être soignée rapidement... Je lui faisais confiance, je savais qu'il ferait ce qu'il fallait pour que je souffre le moins possible. Encore que je n'étais plus à ça près désormais. J'ai vraiment regardé Ethan avec un drôle d'air quand il a appelé... Riley ? Et il lui a demandé de me prendre dans ses bras, pour que je ne sois pas par terre. Ethan comptait me recoudre... Vraiment ? C'était... C'était... Je n'osais pas croire qu'il allait faire une chose pareille. Comptait-il vraiment faire cela ? Il voulait que je le guide... Je n'étais pas certaine d'avoir la force de lui donner des instructions pendant qu'il me recousait. Je savais par avance que la douleur risquait d'être insupportable. J'avais peur de ne pas tenir le coup... Sans vraiment avoir le choix, je me suis retrouvée dans les bras de Riley. Pendant une seconde j'ai cru qu'il allait en profiter. Mais au contraire, il n'a pas profité de la situation une seule seconde. Il s'est contenté de me prendre dans ses bras et de me caler le plus confortablement possible contre lui. Sans dire un seul mot. Il se contentait de me tenir...

Au moment où Ethan a posé la compresse imbibée d'alcool à 90°C sur ma plaie, je me suis raidie et j'ai eu un spasme violent, si bien qu'Ethan a failli se prendre un coup de genou dans le menton. Et j'ai hurlé si fort que j'ai senti Riley sursauter. Ses bras se sont resserrés autour de moi, certainement pour m'empêcher de trop bouger. La douleur était insupportable. Intolérable. J'ai serré les dents et mes mains se sont crispées sur les bras de Riley. Je me suis sentie pâlir. J'ai regardé Ethan pendant près d'une minute quand il m'a demandé ce qu'il devait faire. Il avait du fil et une aiguille dans la main et visiblement il ne savait pas trop quoi faire... J'ai dégluti lentement. Et j'ai pris la plus profonde inspiration de toute mon existence.

« Trempe l'aiguille et le fil dans l'alcool pour désinfecter... »

Ma voix tremblait. Mon corps tout entier était tendu, anticipant la douleur prochaine. Je soupirai.

« Essaie de... de rapprocher les bords de la plaie et... et recouds... d'un bord à l'autre... »

Je l'avoue, mes instructions n'étaient pas très claires. Mais mes idées ne l'étaient pas plus. J'aurais mille fois préféré avoir Mathilda à mes côtés, parce qu'elle savait comment faire. Elle était médecin, Ethan, non. Mais Ethan était là et elle non. Je priais pour qu'il se souvienne comment j'avais procédé quand j'avais recousu sa plaie à l'épaule... J'ai relevé les yeux vers Liam, qui demandait à Ethan s'il avait besoin d'aide. Je manquais de tourner de l'œil quand Ethan lui demanda s'il avait déjà recousu quelqu'un. Là tout de suite j'étais prête à devenir polythéiste pour qu'il dise oui. Réponse ? Un haut le cœur suivi d'un couinement qui ressemblait vaguement à un « non ». et devant le désespoir flagrant d'Ethan, j'ai pris les devants. Enfin, j'ai essayé.

« Liam, tiens ma jambe pendant qu'il me recoud. Je risque de me débattre... »

Tour à tour j'ai regardé les hommes qui m'entouraient. Riley a resserré son étreinte autour de moi. Liam s'est agenouillé et a posé une main sur mon genou et l'autre sur ma cheville. Pour m'empêcher de trop bouger. J'ai regardé Ethan longuement avant de hocher la tête. Il pouvait y aller. À peine ai-je senti l'aiguille s'enfoncer sans ma chair, j'ai hurlé. Comme si on venait de m'arracher les yeux. J'ai eu un sursaut violent et j'ai senti Liam qui plaquait fermement ma jambe par terre. Je tournais de l'œil, à deux doigts de m'évanouir.

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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