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 Our dark secret of Love. ( Gabrielle M.)

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Aristide Tetropoulos
Εἶς ἀνὴρ οὐδεὶς ἀνὴρ
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MessageSujet: Our dark secret of Love. ( Gabrielle M.)   Jeu 15 Juil - 13:01

Je me levai en trombe, surexcité à l’idée de la journée qui m’attendait. Ou plutôt la matinée fantasmagorique qui se profilait. J’avais à peine dormis, trop enthousiaste pour fermer les yeux. Et même si, le seul profil qui se dessinait sous mes paupières closes était celui de la perfection, celui de Gabrielle. Quelques jours s’étaient écoulés depuis notre premier baiser, sans que nous puissions trouver de nouveau le moment propice pour nous revoir en secret. J’avais dû pendant ce temps me nourrir de quelques regards dont la tendresse me faisait littéralement fondre, caressaient mon cœur de doux battements illusoires. Ce bonheur fictif me suffisait tellement, oui, j’étais heureux. Malgré Alexander, malgré le danger incontestable de cette relation immorale, je crevais de bonheur. Comment une seule personne peut elle suffire à nous faire ressentir de telles choses ? Pure magie. Gabrielle était magique. Lorsque je la croisais ces derniers jours, mon vieux corps parcourant les longs couloirs vides de la communauté, je ne pouvais m’empêcher de sourire, béatement. Un ange. J’avais subis une illumination, une révélation divine. Grâce à elle seule, ma vie avait prit une toute autre voie. Celle de l’adultère, mais à quoi bon se voiler de faux remords, j’aimais cela. Je n’éprouvais plus une once de culpabilité à l’égard du mari cocu. Après tout, nous ne couchions pas encore, et je savais pertinemment que son cœur lui appartenait. Mais ce restant d’affection, cette dernière miette au fond du paquet de gâteaux, elle m’appartenait, à moi et moi seul.

Sauf que les jours passaient et je me languissais d’elle. Nous nous croisions chaque jour sans pouvoir se toucher, devant constamment porter le masque de l’indifférence tandis que mon cœur battait la chamade et mon échine était assaillie de frissons de plaisir. Je finissais par ne penser qu’à elle, ne rêver qu’à elle. Et puis, il y eut ce bref instant hier, cette toute petite minute où nous nous retrouvions enfin seuls près des douches. Etonnant n’est ce pas ? Cet endroit est toujours bondé d’habitude. Je m’y étais rendu dans les derniers, après avoir déjeuner, il n’y avait déjà quasiment plus personne. Lorsque je fus ressortit elle était là, sublime, comme à son habitude. Nous n’avions malheureusement pas le temps d’échanger le moindre baiser, trop risqué, mais nous purent du moins nous donner rendez vous pour le lendemain. Ou dumoins je le fis, prétextant à nos potentiels cours de grec. Mon cœur loupa un battement lorsqu’elle accepta et nous en voilà à ce jour, où à l’aube déjà je crevais d’impatience de voir ma belle. Je me levais rapidement et courais jusqu’à la douche, je devais être le plus beau, le plus doux pour elle. Je ne pris même pas le temps de déjeuner, de toute manière j’aurais été incapable d’avaler quoi que ce soit. Mon esprit était entièrement occupé à penser à Gabrielle, imaginer Gabrielle, vivre Gabrielle. J’avais la veille au soir rangé ma chambre de fond en comble afin de pouvoir au mieux accueillir ma bien aimée. Tout était fin prêt, et à présent je tournais en rond, regardant l’heure à tout bout de champ.

Lorsque j’entendis quelqu’un taper faiblement à ma porte, je me ruai immédiatement. Enfin ! J’ouvris la porte à la hâte et prenant doucement le poignée de ma douce, l’attirais jusqu’à moi, refermant vivement derrière nous. Je me fichais du fait qu’il y avait peut être quelqu’un dans le couloir, je ne tenais plus. Je serais Gabrielle contre moi, la regardant dans les yeux, d’un regard passionné et amoureux. Elle connaissait mes sentiments, inutile de les lui cacher. Je posais la main que je tenais toujours contre mon torse, la mienne vint se perdre dans le creux de son cou, attirant son visage au miens. J’hésitai une seconde, puis lui murmurai enfin avant de l’embrasser tendrement :

« Γεια σας » (bonjour)

Je ne pu me décider à la lâcher, trop heureux de la tenir tout contre moi. Elle m’avait tellement manqué, c’en était presque inconcevable, inadmissible. Alors je me contentai de la dévorer du regard, de profiter de ce moment qui bientôt déjà se finirait et me ferait mal. J’avais besoin de m’imprégner de chaque seconde avec elle, de les graver dans ma mémoire pour en conserver toutes les émotions. Je l’aimais.

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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: Our dark secret of Love. ( Gabrielle M.)   Dim 25 Juil - 22:22

Là, devant la porte de la chambre d'Aristide, j'étais pétrifiée et n'osais pas bouger. J'avais le poing levé, prête à frapper à la porte pour lui signifier ma présence mais n'y parvenais pas : J'hésitais. Il était encore temps de reculer, d'éviter de faire plus de dégats, d'éviter des souffrances à venir. Tandis que je me tenais debout, hésitante, les derniers jours repassaient en boucle dans mon esprit. Il y avait eu ce matin où j'avais appris ma grossesse : J'étais enceinte de mon violeur. Cette nouvelle, même si je m'y attendais, m'avait véritablement déboussolée et j'avais été incapable de le dire à Alexander. J'avais bien essayé mais ça avait été au-dessus de mes forces. Peu après, en fin de matinée, alors que je déambulais dans les couloirs, sans but aucun, j'avais entendu la voix d'Aristide : Il était en train de chanter une chanson aux enfants. J'avais reconnu sa voix car elle était unique et puis il était le seul homme de la communauté à parler Grec, alors il était reconnaissable. J'avais été le retrouver et au fur et à mesure de notre conversation, j'avais commencé à ne plus penser à l'horreur que j'étais en train de vivre. Son regard m'avait chamboulée et alors que nous nous étions mis d'accord pour qu'il me donne des cours de Grec, il m'avait embrassée. Au départ, je l'avais repoussé mais très rapidement, je l'avais à mon tour embrassé. J'avais réalisé que je me sentais dans ses bras et pour cause : Il ignorait tout de ma situation, de ce qui m'était arrivée et cela me rendait les choses beaucoup plus faciles. Dans ses bras, je pouvais prétendre être celle que je n'étais plus. Dans ses bras, je pouvais me mentir. Bien entendu, mon attitude était condamnable : J'avais trompé mon mari alors que je l'aimais. Dingue, n'est-ce pas? Sur le moment, j'avais éprouvé diverses émotions et la culpabilité en avait fait partie mais finalement, nous avions convenu d'un rendez-vous avec Aristide. C'était, officiellement, pour me donner un cours de Grec. Officieusement... Eh bien, je n'en savais trop rien.

Pendant les jours qui avaient suivi nos premiers moments ensemble, nos regards se croisèrent souvent et je dois bien avouer qu'à chaque fois, mon coeur s'emballa. C'était assez étrange... Dans les moments où j'étais seule avec Alexander, je me sentais horriblement coupable. Je l'aimais de tout mon coeur mais lorsque j'étais avec lui, je savais qu'il voyait en moi ce qu'il m'était arrivé, je savais qu'il avait cette rage en lui à cause de ce qu'on m'avait fait et ça changeait tout. Voilà pourquoi j'avais tant voulu m'évader dans les bras d'Aristide. Il y avait cette voix qui criait en moi, qui me hurlait que je devais cesser de voir Aristide, tout arrêter avant même que cela n'ait commencé car la situation allait devenir trop vite ingérable. Mais il y avait aussi cette autre voix qui me murmurait tout bas que j'avais le droit d'être égoïste et de m'abandonner à un peu de bonheur même s'il n'était pas vraiment réel puisque je n'était pas sincère avec Aristide. Ces deux voix se combattaient alors que je fixais la porte de la chambre d'Aristide. Le match était très serré et je finis par fermer les yeux, essayant de les départager. Un instant plus tard, une horrible image me revint en tête : Le visage de cet homme au-dessus de moi, en moi... Je rouvris les yeux aussi sec et intima à la voix qui me criait d'arrêter de se taire. Je voulais oublier et pour ça, il n'y avait qu'un seul moyen. Je serrai le poing et frappai doucement à la porte. Aristide l'ouvrit avec une telle force et une telle rapidité que j'en sursautai. Poser mon regard sur Aristide effaça mes dernières questions. Un sourire étira mes lèvres mais je n'eus pas le temps de le saluer qu'il attrapa mon poignet et m'attira à lui avant de refermer la porte derrière nous. Il me serra dans ses bras et ensuite, posa ma main qu'il tenait toujours contre son torse. Je levai alors mon regard vers lui et le plongeai dans le sien. Déjà, je me noyais dans l'océan de ses prunelles. Son autre main glissa sur mon cou et il rapprocha doucement mon visage du sien.

« Γεια σας »

Je ne comprenais pas le Grec, pas encore, mais je n'eus pas le temps de lui demander ce que cela voulait dire : Ses lèvres étaient déjà posées sur les miennes dans un tendre baiser. Je me laissai aller et le lui rendis avec tendresse. Finalement, nos lèvres se séparèrent et je glissai mes bras autour de sa taille afin de pouvoir me blottir contre lui. Nous ne nous quittâmes pas du regard pendant un long moment : Il me dévorait des yeux et je faisais de même. Un large sourire étirait mes lèvres : J'étais bien. Un silence s'installa mais je finis par le briser.

-Bonjour...

Mon bras droit desserra sa taille et je levai doucement ma main avant de la poser avec délicatesse sur sa joue.

-C'est ce que tu m'as dis?

Mon pouce caressa doucement sa peau et je finis par laisser retomber ma main avant de glisser mon visage dans le creu de son cou. Je pris une grande inspiration afin de pouvoir respirer son odeur. Au fond de moi, je savais que la réalité allait très vite me rattraper mais l'important était de profiter du moment présent. En cet instant, je n'étais plus Gabrielle, la femme violée et brisée : J'étais juste Gabrielle, point. Après quelques instants où le silence s'était encore installé, je me reculai doucement avant de sourire à Aristide.

-Je suis contente de te voir. Enfin... On se voit tous les jours mais...

Je levai les yeux au ciel avant de secouer doucement la tête : Non mais quelle idiote... On aurait dit une adolescente qui ne savait pas trouver ses mots.

-Alors... Qu'est-ce que tu vas m'apprendre aujourd'hui?

Avec un peu de recul, cette question aurait pû paraître à double sens étant donné que je me trouvais dans la chambre d'un homme, mais le recul, je n'en avais pas. Moi, je pensais au cours de langues... De Grec!

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: Our dark secret of Love. ( Gabrielle M.)   Lun 26 Juil - 16:55

Le sourire de ma douce me faisait littéralement fondre, me plongeait dans une euphorie juvénile qui poussait mon visage à lui aussi revêtir ce vêtement de bonheur. A elle seule, Gabrielle avait offert à ma vie un sens inespéré, une joie de vivre incommensurable et inexplicable. Comment pouvais-je expliquer ses courbes magnifiques, ses lèvres gourmandes, ses yeux pétillants ? Toutes ces choses qui me rendaient fou d’amour, de passion et de tendresse demeuraient à mes yeux un mystère indéchiffrable. Il était humainement impossible d’être aussi désirable. Pourtant Gabrielle l’était, et la seule déduction probable – ou pas d’ailleurs – à ce fait était que la femme que je tenais dans mes bras n’était pas qu’une femme, mais bien plus. Une déesse. Une muse, au pire. Dans la civilisation grecque les muses représentaient les arts, filles de Dieux et accompagnées d’Apollon, elles inspiraient les artistes et donnaient ainsi naissance à de sublimes œuvres encore célèbres dans notre monde contemporain. C’était là quelque chose que j’avais appris très jeune lors de mes cours de grec ancien, peut être en toucherai-je un mot un jour à mon aimée qui m’inspire tant. Si cela l’intéresse, de savoir à quelles figures mythiques je l’associe secrètement dans mon esprit. Une autre particularité des muses, elles étaient toutes réputées pour leur beauté, nouveau point commun avec Gabrielle. Je souris un peu plus largement à cette idée délirante, j’étreignais une muse et stupidement mon cœur s’en remplis de fierté. Ce que j’oubliais, c’était qu’en réalité un autre homme l’enlaçait beaucoup plus souvent que moi, et faisait même plus, mais autant ne pas y penser. Autant oublier cet obstacle futile et dérisoire qui de toute manière ne m’attristait pas vraiment, du moment qu’elle était avec moi, rien de cela ne me touchait. Elle passa doucement ses bras autour de ma taille et je ne pu m’empêcher de me coller encore d’avantage à elle, resserrant ainsi le mince écart entre nos deux corps. Son sourire donnait à son fin visage une tonalité de joie qui me ravissait, cette sincérité semblait rare chez elle. Lorsque je l’avais croisé après notre premier baiser, j’avais tristement constaté qu’elle portait souvent une allure déprimée et contrainte, que l’étirement de ses lèvres était forcé. Or avec moi, il ne l’était incontestablement pas. Je la connaissais par cœur sans rien savoir d’elle, et il m’était facile de jauger chacune de ses expressions, comme lorsque j’avais malencontreusement laisser filer mes mains baladeuses par exemple. En l’espace de quelques secondes à peine j’avais très nettement sentit que cela ne lui plaisait pas et m’était abstenu depuis. D’ailleurs, lire aussi clairement sur son visage avait fait naître en moi une peur acide : pourquoi allait elle mal lorsqu’elle n’était pas avec moi ? Je supposais que c’était justement cela qui l’avait poussé vers moi, et bien égoïstement je ne m’en plaignais pas. Parfois la vie nous impose des choses qui provoque de vagues douleurs que nous ne maîtrisons pas et face auxquelles nous devons nous protéger. Si j’étais cette protection momentanée, j’étais l’homme le plus heureux du monde.

La curiosité poussa mon aimée à m’expliquer sur la significations de mes paroles, et bien qu’ayant compris la question, je ne pu répondre immédiatement. Je baisais plutôt brièvement l’intérieur de la main qu’elle avait porté à ma joue dans un élan d’affection exacerbé. Lorsque ses doigts cessèrent de caresser ma peau, provoquant en moi une douce sensation de bien être et qu’elle blottit son visage dans mon cou, je pris enfin le temps de lui souffler la traduction de mes mots.

« Je t’ai simplement dis bonjour, mon Amour. »

Sa lente respiration contre ma peau me procurait des frissons, délices auxquels je ne mis pas fin, me contentant de poser mes mains dans son dos, la collant toujours à moi. C’est fou comme le touché de sa peau sur la mienne me plongeait dans un état de béatitude extrême et spontané. Ma propre respiration se faisait plus calme que lorsqu’elle n’était pas là, mon sang cessait de battre furieusement contre mes veines. J’étais avec elle, j’étais bien. Pourtant elle s’écarta un peu de moi et lorsqu’elle reprit la parole, j’étouffais un léger rire, haussant les sourcils. Elle cherchait ses mots comme une jeune fille lors de son premier flirt et cela me faisait doucement rire, son innocence pure me ravissant. De même que le fait qu’elle se dise heureuse de me voir élargissait encore d’avantage mon sourire. Personnellement, je n’aurais trouvé de mot suffisamment forts pour décrire mon état. Le mot « bonheur » me paraissait encore bien faible, dénué de l’intensité de ce moment. Je songeais alors que ma vie aurait été bien différente si j’avais connu Gabrielle avant cette guerre, avant Alexander. Je n’aurais pas continué ma prostitution, aurais abandonné mon cercle d’ami pour les délices de la vie en couple, délices qui autrefois me paraissaient supplices. Je l’aurais emmené en Grèce, à la maison là où le soleil inonde les cœurs et les douces odeurs de lavandes et de coquelicots caressent les visages. Peut-être serait elle déjà bilingue à l’heure qu’il est, et sa demande me fit d’ailleurs revenir à la cause officielle de notre entrevue. Qu’allais je lui apprendre ? De nouveau, j’eus un sourire à la fois complice et ravit envers Gabrielle, ne pensant certainement pas aux mêmes apprentissages qu’elle. Cependant, il en était absolument hors de question et cette fatalité acquise dans mon esprit me ramena rapidement à la langue grecque. En vérité, je n’avais absolument aucune idée de la manière d’apprendre une langue, à fortiori lorsqu’elle est aussi éloignée de la notre. Cela n’avait peut être pas d’importance, après tout. Je supposais que lui apprendre les bases fondamentales était inutile, à moins de réellement vouloir y passer des heures. Avec elle ces heures auraient certes d’effilé à une allure étourdissante mais n’auraient servies à rien, mis appart brouillé son esprit. J’étais capable de lui enseigner quelques phrases, mots ou formulations, mais débuter par le béabat ne me semblait pas nécessaire. Ou peut être trop scolaire. Afin de casser totalement cette image, la ramenait à moi et de la même manière que la dernière fois que nous nous étions vu, la soulevait délicatement afin de la porter jusqu’à mon lit. Cette fois ci je l’allongeais, et répondant d’avance à une éventuelle protestation, je déclarais :

« Tu as sûrement l’image en tête de romains mangeant, débattant ou se contant des poésies allongés, n’est ce pas ? Sais-tu que cette étrange coutume leur a été délivrée par les grecs ? Tous les actes de la vie courante ou presque étaient effectués à l’horizontale, des plus banals aux plus inattendus, comme manger. De nos jours ce n’est bien sûr plus d’actualité, tout comme les italiens, mais cela me semble beaucoup plus… Plaisant. »

Sur quoi je m’allongeais près d’elle, passant mon bras sous sa nuque afin de lui permettre un plus grand confort. Si quelqu’un rentrait dans la pièce, nous étions assurément fichus, et il serait bien vain je pense d’évoquer la traditionnelle position couchée de l’antiquité, qui passerait pour un prétexte stupide. D’avantage à la vue de ma main qui jouait négligemment avec une mèche de ses cheveux. Je tournais la tête, l’observant un instant. Elle était si belle que j’en aurais eu le souffle coupé si je venais de la voir pour la première fois, je me contentais de lui sourire comme l’enfant émerveillé que j’étais. Respirant profondément, je murmurais :

« Ce que je vais t’apprendre… »

Passant sur le côté, je déposais un chaste baiser sur sa joue et posait très doucement ma main sur son ventre, geste dont je n’imaginais pas les conséquences, puis lui soufflais à l’oreille :

« Σ 'αγαπώ. Je t’aime. Voilà la première chose que je veux que tu connaisses. Ne le répète pas, nous savons tout deux que ce serait hypocrite, mais retiens le, car je risque de te le redire souvent. »

Je lui souris posément, sans arrière pensé. Je n’attendais pas d’elle de telles paroles et elle le savait bien. Je ne l’obligerais jamais à dire des choses qui fondamentalement n’étaient pas vraies, car il était évident qu’elle ne m’aimait pas du même amour que le mien et cette différence suffisait à faire sonner faux une aussi belle formulation. Je me reculais un peu.

« Ca, ce sera notre petit secret à nous. Pour pouvoir parler normalement avec un grec, on va commencer par les banalités, d’accord ? Bonjour, au revoir, s’il vous plait, merci. Ce genre de choses, tu veux ? Bon. Comme ce que je t’ai dis tout à l’heure, bonjour c’est « Γεια σας ». Répète pour voir ? « Γεια σας » »

Je sentis mon cœur bondir dans ma poitrine lorsque mon aimée prononça son premier mot en grec. Même si je rêvais déjà de l’entendre me susurrer des paroles plus amoureuses, ce premier pas provoqua en moi un éclat de rire que je ne pu refreiner. Cela n’était en rien dû à sa prononciation ou à son ton, ce n’était pas une moquerie, loin de là. Simplement un cri de joie poussé par mon cœur pour témoigner de son amour pour cette déesse. Comme les parents étaient euphoriques lorsque leur enfant prononçait ses premiers mots. Le bonheur, en mille fois mieux.


[ HJ : Pour te faciliter la tâche je te donnerai à chaque fois la phonétique des mots que je te fais répéter. Pour « bonjour » c’est « kalimera ». Pour « je t'aime » je te le dis au cas où tu voudrais savoir : « s'agapo ». Voilà. J’espère que ça ira ! mouhaha. ]

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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: Our dark secret of Love. ( Gabrielle M.)   Jeu 5 Aoû - 13:14

Il me sourit : Etait-ce à cause de ma maladresse? Pourtant son sourire n'avait rien de moqueur. Non, il était complice et tendre. Si seulement j'avais pu lire dans ses pensées et savoir ce qui, en cet instant précis, lui passait par la tête. Je cessai de me poser cette question lorsqu'il s'avança vers moi et me ramena contre lui. Dès lors, mon coeur se mit à battre plus vite : Réaction normale mes direz-vous. Encore plus normale lorsque l'on se trouvait dans les bras d'un homme tel qu'Aristide. Il me souleva avec délicatesse (comme il l'avait fait après notre premier baiser) et m'amena jusqu'à son lit. Mon coeur se mit à battre encore plus vite mais cette fois-ci, c'était à cause de l'appréhension. Non... Qu'est-ce qu'il faisait? Nous nous étions pourtant mis d'accord que nous n'irions pas jusque là. Alors quoi? En quelques jours, il avait décidé que de simples baisers et caresses n'allaient finalement pas lui suffir? Et maintenant, j'étais seule avec lui dans sa chambre. Quelle idiote... Non mais quelle idiote... A présent, ce n'était plus de l'appréhension qui faisait battre mon coeur mais une peur certaine. J'avais peur parce que je ne voulais pas me donner à lui de cette façon et j'avais peur que ma résistance n'entraîne des réactions violentes de sa part. Oui, je sais, vous allez me dire que j'étais dingue de penser un truc pareil d'Aristide alors que quelques instants auparavant je lui faisais pleinement confiance mais comprenez-moi bien : On m'avait forcée une fois et ça, ça changeait ma façon de voir les choses. Au moment où il m'allongea j'allais me redresser pour protester mais il prit les devants en m'expliquant que je devais probablement me souvenir des romains mangeant ou débattant tout en étant allongés. Bien sûr que je pouvais les visualiser mais il s'agissait de sortes de canapés non? Ce n'était pas des lits... Je restai muette et il continua son explication en m'annonçant que cette coutume leur venait des Grecs. Il termina en précisant que bien entendu, ce n'était plus d'actualité, mais qu'il était beaucoup plus plaisant de discuter tout en étant allongé ainsi. Oui... C'était vrai mais...

Il passa sa main sous ma nuque de façon à ce que ma position soit plus confortable et je glissai mon regard vers lui. En cet instant, bien qu'allongée à ses côtés sur ce lit, je dois bien avouer que ma peur s'envola. Il y avait tout sauf une envie perverse dans son regard. Il n'avait pas le regard d'un prédateur, aussi, je parvins à me détendre un peu. Lorsqu'il glissa sa main dans mes cheveux avant de jouer distraitement avec une mèche, je finis par me détendre complètement : J'avais été idiote d'avoir peur de lui. Il avait dû le sentir puisqu'il s'était expliqué mais je ne l'avais apparemment pas vexé : Tant mieux. Ca m'aurait fait mal de le blesser. Je le faisais assez rien qu'en étant ici avec lui car ne nous mentons pas : J'allais finir par le blesser à un moment ou à un autre... Je chassai ses sombres pensées d'un bref et imperceptible mouvement de la tête : Ce n'était pas le moment de penser à tout ça. En fait, si, ç'aurait été le moment afin d'éviter un drame mais je préférais continuer à être égoïste, c'est comme ça. Je croisai alors son regard et nous restâmes un moment à nous observer avant qu'il ne finisse par murmure quelques mots. Il déposa un chaste baiser sur ma joue et posa délicatement sa main sur mon ventre et le petit sourire qui était apparu sur mes lèvres au moment où ses lèvres avaient touché ma joue faillit disparaître mais je pris sur moi : Il ne devait pas savoir ce qui me troublait. Il ne devait même pas savoir que j'étais troublée. Oui, je l'étais parce qu'en posant ainsi sa main sur mon ventre, il venait de me rappeler ce que je portais en moi : La graine de cet immonde enfoiré qui m'avait souillée. Vite, se perdre dans ses yeux, vite... Vite... Je replongeai donc mon regard dans le sien et me concentrai sur ce qu'il me disait plutôt que sur ce qu'il venait de réveiller sans le vouloir. Il me dit en Grec qu'il m'aimait et continua en me disant que je ne devais pas le répéter puisque je ne le pensais pas. C'était vrai : J'avais beaucoup de tendresse pour lui mais je ne l'aimais pas... D'ailleurs, en cet instant, je ne pensais pas pouvoir l'aimer un jour et pourtant, quand les semaines allaient passer... Il me sourit et je lui rendis son sourire même si le mien était moins châleureux que ce que j'avais pu déjà lui offrir. Il se recula à ce moment-là et j'eus envie de me blottir dans ses bras : Il n'avait pas idée à quel point j'avais mal en cet instant. Non, il n'en avait pas idée... Il continua en m'expliquant que nous allions commencer par des banalités : Oui, le cours de Grec. Voilà sur quoi je devais me concentrer. Il me répéta plusieurs fois "bonjour" et je finis par me lancer et par le répéter à mon tour.

-Γεια... σας...

Pour être hésitante, j'avais été hésitante et je ne l'avais pas prononcé correctement, je le savais. Aristide éclata alors de rire et je sentis le rouge me monter aux joues : Pour le coup, j'avais tellement honte que grâce à cela, j'avais pour l'instant oublié ce qui me perturbait tant. J'avais été tellement nulle qu'il se moquait de moi. Et puis, en l'observant avec plus d'intensité, je me rendis compte que ce rire n'avait rien d'un rire moqueur et qu'il n'y avait aucune moquerie dans son regard. Non, il n'y avait que de la fierté, de la tendresse et de l'amour. Je soupirai, soulagée avant d'esquisser un sourire, plus châleureux cette fois-ci. J'étais tout simplement heureuse de l'avoir rendu heureux. Aussi, je décidai de recommencer et d'essayer de mieux le dire.

-Γεια σας.

Et là, ce fut plus fluide, plus naturel. J'étais contente de moi : Ca, c'était presque un miracle. Ma main glissa sur le drap avant de venir trouver la sienne et d'y entrelacer mes doigts.

-Est-ce qu'on pourrait sauter l'apprentissage de l'au revoir? Je n'ai pas envie d'apprendre ces mots-là...

Et je n'avais surtout pas envie de les entendre dans sa bouche. Pourquoi? Parce que je savais qu'un jour ou l'autre nous allions devoir nous le dire et je n'avais pas du tout envie d'y être. Et voilà, je recommençais mes idioties : Je pensais à des choses douloureuses au lieu de profiter de ce moment. J'étais décidément bien stupide...


[Je veux bien que tu me donnes les prononciations oui. Comme ça, je saurai quelques mots héhé Very Happy ]

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: Our dark secret of Love. ( Gabrielle M.)   Sam 7 Aoû - 22:42

Même si son premier mot fut maladroit, peu compréhensif et très haché, je n’avais nullement envie de me moquer de celle qui ravissait profondément mon cœur, et ce pour l’unique raison que malgré ses difficultés elle tentait au moins d’apprendre un peu de moi, car j’étais fait tout entier de cet univers. De plus personne ne pouvait lui reprocher une mauvaise prononciation d’un mot qu’elle entendait pour la première fois, cela aurait été aussi injuste qu’hypocrite, or je ne l’étais pas. Et même si ce n’était pas parfait, même s’il faudrait encore le travailler un peu, ce mot me semblait mille fois plus beau prononcé par Gabrielle. Comme Midas, tout ce qu’elle touchait devait se transformer en or tant elle était emplie de grâce et de magnificence. Je décelais une légère rougeur sur ses joues et voulu y déposer un baiser mais avant d’avoir pu effectuer le moindre geste, j’entendis une sublime grecque me dire bonjour. Ce fut si naturel, si posé et calme que l’illusion était quasi parfaite, seule une oreille avertie aurait reconnu le maigre accent anglais derrière ce mot parfumé de lavande. Peut être n’étais-je pas très objectif après tout, mais à mon sens son accent fut si bon que je ne pu m’empêcher d’éclater de nouveau de rire, signe d’un grand bonheur chez moi. C’était comme ça, mon sourire ne se fanait jamais lorsque mon cœur s’emballait, lorsque je voyais les beaux jours devant moi. Car entendre mon Aimée parler ma langue me plongeait dans un état de joie incroyable, et ce bien qu’en somme ce ne fut pas très spectaculaire. Un rien me suffisait pour me mettre de bonne humeur, mais tout de même : Gabrielle, cette femme si parfaite qui parlait ma langue, à moi ! En y réfléchissant c’était sans doute d’un extraordinaire poignant, qui eut cru qu’une telle créature s’intéresserait un jour à ma pauvre nativité ? La Grèce était loin d’être un pays extrêmement intéressant de nos jours, ou du moins avant la guerre, et pourtant cette langue semblait l’intéresser. Ma culture, ma vie, mes racines semblaient l’intéresser. Le fait qu’elle s’investisse dans ma vie à ce point m’émouvait énormément, sans que je puisse l’expliquer. C’était tout simplement merveilleux. Je sentis les doigts de ma Douce chercher les miens, et lui offrant je ne conservais mon sourire d’illuminé profondément ravit. Je caressais doucement le dos de sa main, l’observant d’un œil malicieux et pétillant : c’était comme si un lien invisible nous réunissait désormais. Personne dans la communauté appart moi, et à présent Gabrielle, ne savait prononcer un traitre mot de cette langue venue d’un autre temps, et ceci me suffisait pour penser qu’elle et moi étions liés. Sans possibilité de revenir en arrière.

Sauf que mon sourire disparu bien vite, tandis qu’elle reprenait la parole. Elle ne voulait pas entendre le mot « au revoir » de ma bouche, ni même l’apprendre, et instantanément je compris pourquoi. Je compris la cause de sa crainte qui bien au-delà de mot désignait un fait : un jour ou l’autre nous serions obligés de nous séparer. Elle était mariée, mère. Faisais-je le poids face à tout cela ? Avions-nous ne serait-ce qu’une chance de vivre heureux ? Personne dans la communauté n’approuverait qu’elle quitte notre leader pour être avec moi, et chaque jours les regards se poseraient sur nous avec la même aigreur. Mais bien sûr, cette possibilité n’était absolument pas envisageable. Jamais elle ne quitterait Alexander, elle l’aimait bien trop pour cela. Et surtout, elle l’aimait beaucoup plus que moi. Mille fois plus. Si jusque là je n’avais guère sentis qu’elle pensa à lui lorsque nous étions ensemble, cette formule révélait beaucoup de choses, beaucoup de choses auxquelles j’aurais aimé ne pas avoir été confronté aussi vite, aussi tôt. J’avais beau me dire que je devais profiter de chaque moment en sa présence sans craindre le lendemain, si ce lendemain signifiait la perdre, comment pouvais-je ne pas avoir peur ? Je savais depuis la toute première fois que je faisais une bêtise, que je m’apprêtais à sacrifier mon cœur sur l’autel du désir et que je ne m’en remettrais jamais, mais j’avais abdiqué. J’avais accepté, les yeux fermés. Parce que chaque seconde en sa présence me paraissait tellement plus importantes que n’importe quelle autre, parce que chaque baiser était d’une beauté si pure que je n’aurais décemment pu cracher dessus. Si je savais que j’avais la chance inespérée de gouter à ces lèvres parfaites, comment pouvais-je refuser ? Dites moi quel homme aurait refusé ? Quelqu’un qui aurait du respect pour Alexander, peut-être, sauf que pour ma part ce n’était qu’un détail, un insignifiant détail qui pourtant allait foutre ma vie en l’air. J’avais eu mille fois tord de considérer son mari comme un minuscule obstacle à notre amour; c’était justement lui qui allait tout faire voler en éclats. Et pour la première fois, je comprenais parfaitement que de cet affrontement c’était lui le vainqueur désigné d’office. Le cœur de Gabrielle lui revenait de plein droit pour la seule et unique raison qu’elle le lui offrait, sans un regard pour moi. Je n’étais rien, en fin de compte. Rien de durable, rien de constructif. Un petit plaisir que s’offre une femme mariée, et alors, une pensée horrible me vint. J’étais en fin de compte ce que j’avais toujours été : un gigolo. Sauf que pour la peine je ne me faisais même pas payer. Progressivement mon sourire s’effaça et mon regard laissa très nettement filtré mon angoisse et ma douleur, reflétant déjà mes larmes. Ce n’était pas la première fois que je pleurais pour Gabrielle, et je me doutais que ce n’était pas la dernière, sauf que cette fois-ci j’avais réellement mal. Mes pensées me transperçaient le cœur et j’étais incapable de dire quoi que ce soit, incapable du moindre geste. La seule chose que je pu faire fut de détourner les yeux de cette femme qui ne m’appartenait pas, ne m’appartiendrait jamais. J’avais stupidement cru qu’elle m’aimait tout de même un peu, c’était d’ailleurs la seule chose que je lui avais demandé et elle avait accepté. Alors pourquoi jouer ainsi avec moi ? Je ne demandais pas à être aussi important qu’Alexander puisque je savais pertinemment que je ne le serais jamais, mais ce minimum d’affection n’était à mes yeux rien de trop demandé. Ou peut-être que si. Je ne méritais déjà pas de la serrer contre moi, et en plus je me permettais de lui reprocher son manque d’amour à mon égard. Je voulais le beure et l’argent du beure, j’étais ingrat. Sauf que dans une telle situation il n’en pouvait être autrement. L’amour que je portais à Gabrielle me poussait à la vouloir mienne comme n’importe quel couple, occultant totalement la partie adultère de notre relation. Mon amour me rendait aveugle et malheureusement me faisait souffrir, et ce malgré les décisions de ma tête. J’avais compris qu’il ne fallait pas que j’attendre trop d’elle, aussi lui avais-je demandé de ne m’aimer que du mieux qu’elle le pourrait sans vouloir représenter plus qu’un autre. Je l’avais fais parce que je savais que c’était la seule chose à faire, mais mon cœur ne l’entendait pas de cette oreille. Il voulait être l’unique à ses yeux, l’unique dans son cœur, l’unique dans ses bras. Il se fichait éperdument d’Alexander. Il n’avait qu’une seule utopique image pour le guider : moi et elle, ensemble. Voilà à quoi ce résumait le déchirement intérieur que je rencontrais. D’une part la raison, implacable, acide et résolue, d’autre part l’amour, qui me poussait à y croire et à vouloir toujours plus.

Les larmes coulaient sur mes joues, témoins silencieux de cette douleur intérieure. Je sentais mes lèvres légèrement trembler mais ne pouvais rien y faire, bien que cela soit d’un désagréable horripilant. Je brisais ce moment mais j’étais tout bonnement incapable de refreiner mes sanglots, alors, sans un mot, je me suis levé et me suis éloigné. Je n’avais aucune idée de ce que je faisais, je ressentais simplement le besoin de prendre mes distances car autrement je n’arrivais pas à réfléchir. Réfléchir avec raison et éloigner définitivement la passion de mes interrogations. Je passais une main fébrile sur mon visage, debout face à la porte, tournant le dos à mon bien Aimée. Dans ma tête tout ce bousculait avec fracas, si bien que je ne concluais rien de tout cela. Que devais-je faire ? Je ne savais pas qu’Est-ce qui était le mieux : être un jouet ou être un inconnu. Mes larmes s’intensifièrent. La possibilité de n’être même plus une petite folie extra conjugale, de n’être plus rien dutout, était encore plus dure à accepter. Je ne le pouvais pas, tout simplement. Même être son gigolo était plus supportable que n’être qu’une personne parmi tant d’autres. Alors merde. Putain. Je rouvrit les yeux d’un coup et me retournant comme au ralentit, je posais une nouvelle fois mes yeux sur cet être magnifique. Je n’avais pas dit un mot depuis de longues minutes et visiblement cela ne rassurait pas mon adorée. Un sourire transperça mon visage malgré mes larmes, le portrait était d’un étrange peu commun. J’avais l’air apaisé et pourtant je pleurais toujours comme un bébé, mais en silence au moins. Toujours les lèvres closes, je me suis rapproché du lit et prit Gabrielle par la main, la forçant ainsi à me rejoindre. J’agissais sans réfléchir, seulement guidé par ma passion cette fois ci. J’avais éteint la conscience et la raison, balancé tout cela par la fenêtre. Alea jacta es. Je la laissais assise et m’agenouillais face à elle. Elle ne devait rien y comprendre, mais tant pis. En une seconde je retirais mon t-shirt, dévoilant pour la première fois mon corps face à elle. Je regrettais un instant d’avoir tant mangé de glaces dans mon enfance, même si les dégâts n’étaient pas trop terribles encore. D’une main ferme mais douce j’attrapais sa main et la plaquait contre mon torse, côté gauche un peu en dessous de l’épaule. J’attendis délibérément une seconde, mes larmes s’abattaient toujours sur mon visage. Dans un souffle, je repris la parole :

« Tu sens, n’est-ce-pas ? Tu sens à quel point mon cœur s’emballe pour toi ? Alors, s’il te plait, ne dit plus jamais quelque chose dans ce gout là. - Je remontais cette même main sur ma joue humide, mes sanglots se perdant entre sa peau et la mienne.
- Voilà ce que provoque en moi tes mots. Tu me fais du mal Gabrielle. Je t’en supplie, arrête. »

Laissant retomber sa main, j’écartais ses genoux pour pouvoir l’enlacer par la taille, enfouissant mon visage contre elle. Je ne pleurais presque plus mais j’avais besoin de ce réconfort, même si la positions était grotesque. Mon corps était parcouru de frissons, l’air de la chambre était frais et si peu vêtu j’avais froid. J’en profitais pour me coller d’avantage à elle. J’avais besoin qu’elle me dise quelque chose, qu’elle essuie mes sanglots et me réconforte. Même si elle me mentait. Même un mensonge aurait été plus facile à endurer qu’un futur abandon.

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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: Our dark secret of Love. ( Gabrielle M.)   Lun 9 Aoû - 16:48

Mes mots eurent l'effet d'une bombe : A peine étaient-ils prononcés que progressivement le sourire d'Aristide s'effaça. En voyant ainsi son visage d'habitude si tendre se fermer, je sentis mon coeur se serrer. Très vite, ses yeux se firent plus brillants et les larmes coulèrent sur ses joues. Je me sentis alors horriblement mal parce que je lui faisais du mal. Il avait été particulièrement touché par ces quelques mots que j'avais prononcés et je pouvais comprendre pourquoi : Nous savions tous les deux que cette histoire, notre histoire, aurait une fin prématurée parce qu'il était hors de question que je quitte mon mari : J'aimais trop Alexander pour imaginer ma vie sans lui. Très paradoxal n'est-ce pas? Surtout que je me trouvais sur le lit d'un autre homme... D'ailleurs, Aristide ne tarda pas à déserter le lit et se leva avant de se diriger vers la porte. Je me redressai mais ne bougeai pas du lit, imaginant qu'il allait tout de suite partir mais il ne le fit pas. Il s'arrêta simplement devant la porte et me tourna le dos. Je ne pouvais qu'imaginer les pensées qui le traversaient, mais pas les deviner. De mon côté, j'étais extrêmement perturbée par le comportement d'Aristide. Non en fait, j'étais perturbée par ma réaction face au comportement d'Aristide. Le voir pleurer de cette façon avait provoqué quelque chose en moi et quand je réalisai de quoi il s'agissait, je portai ma main à ma bouche, muette de stupeur : J'avais des sentiments pour lui. En à peine quelques jours, la tendresse et l'affection que j'éprouvais pour lui n'étaient plus que ça : Il y avait une forme d'amour dans ce que je ressentais et ça me faisait peur. J'aimais mon mari, mais voilà que mon coeur avait à présent offert une place à Aristide et ça n'aurait pas dû être le cas. En fait, je n'aurais même pas dû me trouver dans cette chambre. Je n'aurais même pas dû lui rendre son baiser quand il m'avait embrassée parce qu'en faisant cela, je l'avais entraîné dans une histoire qui ne pouvait que mal se terminer. J'aurais dû, moi, quitter cette chambre : Tout de suite...

Mais j'en étais incapable. Et j'en fus encore plus incapable lorsqu'Aristide se retourna pour me regarder, un sourire tendre accroché à ses lèvres, se mélangeant à ses larmes qui me brûlaient le coeur. Je reposai ma main sur le lit, toujours incapable de bouger ou de dire quoi que ce soit. Finalement, il s'approcha du lit et me saisit la main afin de me redresser de façon à ce que je sois assise. Là, il retira son t-shirt et se mit à genoux. J'aurais pû croire qu'il allait essayer de faire passer notre relation au stade supérieur mais il n'en fut rien : Mon cerveau ne fonctionnait pas de cette manière-là à ce moment-là. J'étais toujours muette à cause de ce que je venais de comprendre et touchée par les larmes d'Aristide. Il reprit alors ma main et la posa sur son coeur et j'eus l'impression que mes battements rapides se mêlèrent aux siens. Sa voix s'éleva dans un souffle et mon coeur s'emballa un peu plus : Oui, je sentais à quel point son coeur battait pour moi. Je le sentais, je le savais. Il souhaitait ne plus m'entendre prononcer les mots que j'avais prononcés et mes yeux commencèrent à brûler, signe de larmes naissantes. Il remonta finalement ma main contre sa joue et termina en m'annonçant que je lui faisais du mal. Il voulait que cela cesse, que j'arrête et il avait raison : Je devais cesser de lui faire du mal. Je devais le libérer de moi... Alors que j'ouvrais la bouche, il s'approcha de moi et entoura ma taille de ses bras avant d'enfouir son visage contre moi. A présent, les larmes coulaient sur mes joues. Je restai un moment sans bouger, indécise : Pour moi, la seule façon de véritablement lui éviter de plus souffrir, la seule façon de véritablement le libérer était de le quitter, maintenant. Je n'aurais même pas dû hésiter, j'aurais dû le repousser, lui dire que tout ça était déjà allé trop loin et qu'il fallait qu'on arrête avant... Avant... Mais c'était déjà trop tard en fait et je me fourvoyais. Ou peut-être que ça m'arrangeait de croire que c'était trop tard parce qu'en vérité, j'étais incapable de tout arrêter maintenant. J'avais besoin d'Aristide, de sa tendresse, de sa châleur, de son regard et surtout, je ne pouvais pas renoncer à ces petit papillons qui volaient pour lui dans mon coeur. Je savais que j'allais devoir y renoncer un jour, mais je n'étais pas prête à le faire tout de suite. Alors, belle égoïste, je levai mes bras pour entourer sa tête et me serrer un peu plus contre lui. Je baissai ensuite mon visage afin de poser ma tête contre la sienne.

-Pardonnes-moi... Je ne voulais pas te faire de mal...

Je fermai les yeux et mes doigts se crispèrent dans ses cheveux.

-Je suis désolée. Je suis tellement désolée...

Désolée d'être une sale garce égoïste.
Désolée d'être entrée dans ta vie alors que tu méritais bien mieux.
Désolée de ne pas avoir le courage de te repousser pour t'épargner des douleurs futures.

-Oublions ça... Je n'en parlerai plus...

Non, jusqu'au moment fatidique, ses mots n'allaient plus jamais franchir mes lèvres. Mes doigts finirent par se détendre et je commençai alors à caresser doucement les cheveux d'Aristide, mes yeux toujours fermés, essayant d'oublier tout ce qu'il venait de se produire. Essayant d'oublier le mal que j'étais en train de faire. C'est moche de mentir, mais c'est encore plus moche de se mentir à soi-même pour pouvoir faire semblant de vivre.

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: Our dark secret of Love. ( Gabrielle M.)   Jeu 12 Aoû - 14:07

Blottis contre Gabrielle, mon corps s’apaisait peu à peu, retrouvant mon calme et ma sérénité. Mes larmes finirent par se tarir et j’acceptai ses excuses, non sans mal. Même si je sentais la peine dans sa voix, ce qui m’attristait bien sûr également puisque je n’aimais guère lui faire de mal, je lui en voulais. Au fond de moi, ce manque d’amour me semblait injuste. Parce que je lui avais offert mon cœur, mon âme et mon affection, qu’elle était la seule à mes yeux et qu’en retour je ne lui avais demandé qu’un minimum. Malgré moi, et malgré que je me rende bien compte de la chance que j’avais déjà, je voulais plus. C’était sans doute injuste de lui reprocher son manque de sentiment à mon égard puisque je la savais déjà mariée, je savais déjà que son cœur était prit, mais c’était plus fort que moi. Elle passa ses doigts dans mes cheveux d’une manière d’abord douce avant de se crisper. J’aurais aimé la prendre dans mes bras plus décemment que cela mais j’étais incapable de bouger, lové contre son corps. J’aurais aimé l’apaiser en la serrant contre mon torse, lui apporter la douce et réconfortante chaleur de mon corps mais je ne le pu. Quelque chose en moi s’était bloqué, sans que je puisse réellement dire quoi. Soudain je sentis quelque chose d’humide couler le long de ma nuque, et ne comprenant pas je relevai la tête. Lorsque j’aperçus les larmes de ma bien aimée, mon cœur se brisa une nouvelle fois. A présent je m’en voulais à moi, car dans ma colère je l’avais également blessé et c’était quelque chose d’intolérable, d’inadmissible. Je lisais dans ses yeux noisettes que j’aimais tant une tristesse acide qui me dissolvait le cœur, et toute la rage que j’avais éprouvé se retournait contre moi. J’étais stupide d’avoir réagi comme cela et de lui avoir imposé cette douleur inutile. Il fallait que je me rattrape. Je pris sa tête entre mes mains, essuyant délicatement ses larmes de mes pouces, un fin sourire accroché aux lèvres. Ce sourire servait seulement à lui montrer que je ne lui en voulais pas, qu’après tout j’étais à elle et que si son désire était de me voir souffrir je m’y plierais. Si pour avoir la chance de gouter à son affection toute relative je devais m’arracher le cœur, je m’y obligerais. J’étais prêt à tout pour une seconde en sa présence et ma fierté mal placée m’avait rendu idiot, aveugle. Comment pouvais-je reprocher quoi que ce soit à un être aussi sublime ? C’en était presque blasphématoire. Je lui appartenais, jusqu’au bout. Elle aurait pu me demander n’importe quoi, je l’aurai fais. Un objet.

Finalement j’approchai son visage du mien et l’embrassai, d’un baiser qui se fit d’abord sage et rassurant avant de se revêtir de passion et de désir. Une nouvelle fois, j’aurais aimé que cela aille plus loin entre nous. J’aurais aimé l’entendre me susurrer de doux mots d’amour teintés d’érotisme, de sulfureuses confessions. Bien que je sache qu’elle n’était pas réellement disposée à cela, je me laissai aller, la repoussant doucement sur le lit afin qu’elle s’allonge. L’embrassant toujours avec fougue, je me permis de passer au dessus d’elle, prenant garde à ne pas la gêner par le poids de mon corps. Mes doigts caressèrent ses beaux cheveux, ses lèvres tandis que mes baisers se déplaçaient vers la fine courbe de son cou. Je l’embrassais comme si j’allais la manger, savourant littéralement le parfum sucré de sa peau. Elle était si douce, parfaite. Je fini par descendre encore vers son décolleté, mes doigts glissant lentement le long de cette peau de nacre qui n’attendait que mes mille caresses ardentes. Plaquant mes mains contre son ventre, je remontai, entrainant avec moi le tissu de son haut qui doucement révéla ses courbes magnifiques. Je demeurai ainsi une seconde, admirant le spectacle de ce corps si harmonieux qui se découvrait à moi telle une fleur qui éclot, provoquant une émotion si vive que l’espace d’un instant j’en oubliai le monde qui nous entourait. Finalement, je vins déposer un doux baiser sur sa poitrine, puis son cou pour finir ma trajectoire sur ses lèvres chaudes qui se joignirent immédiatement aux miennes. Chacun de mes gestes étaient destinés à son plaisir, à ce qu’elle ressente la même envie que moi. Je m’éloignai légèrement et ma langue parcourra doucement la frontière de son soutien gorge, tentant de pénétrer en dessous tandis qu’une de mes mains se dirigeait déjà vers la fermeture de son jeans. Mon désir augmentait au fur et à mesure de mes gestes et sentant les affolées pulsations de son cœur tout près de mon oreille, je devinais qu’il en était de même pour elle. Ses courbes étaient tout simplement sublimes, enivrantes comme celles d’un mannequin. D’une Muse, ma Muse. Je la dévorais de baisers, parcourais la ligne allant de ses dessous jusqu’à son nombril alternant entres lèvres et langue, sensuellement, lentement. Prendre son temps, faire durer le plaisir. Mais je dois l’avouer, je ne tins pas, et la passant une main sous son délicat corps, je dégrafais ce qui me gâchait une encore plus belle vue. Une fois le dit dessous jeté au loin, je manquai de m’étouffer de plaisir. Sa poitrine nue la rendait que plus désirable, en admettant que cela soit possible. J’avais faim d’elle, mes lèvres retrouvant les siennes pour une courte durée, un baiser enflammé, envoutant. J’en avais presque le vertige tant cela me rendait fou, tant elle me rendait fou. Je crevais de désir, tremblais tant mes muscles se raidissaient sous les magnifiques assauts de sa langue jouant avec la mienne. Mais, brisant une nouvelle fois l’étreinte affamée de nos lèvres, je me repoussai afin de retirer son pantalon, descendant du lit. De mes mains fébriles je retirai dans le même temps le mien, ainsi que mes sous vêtements, me retrouvant intégralement nu face à elle. Mes yeux affamés ne se détachaient pas de Gabrielle, ni même une minute, ni même une traitre seconde. Je repris la course effrénée de mes baisers et caresses, parcourant tout son corps qui s’offrait à ma vue et me donnait des ailes, accélérait le rythme illusoire des battements de mon cœur. En crever de désir. Après de longues minutes passées dans cette attente fébrile au son de nos deux respirations mêlées, saccadées, preuve d’un désir montant, j’ôtai pour la dernière fois ses derniers accoutrements. Je pris doucement place au dessus d’elle, m’attachant à ne pas lâcher la courbe de ses lèvres gourmandes. Et enfin, vint l’ultime plaisir au rythme délicat de mes hanches. Ses jambes nouées autour de ma taille me procuraient de sulfureuses sensations, de doux épanchements, un total oubli de soi au profit de l’autre. Cela dura longtemps, bien qu’à mon gout ce fut trop court, trop furtif. Je profitais de chaque secondes passées ainsi à la couvrir de baisers et lui offrir d’ardentes sensations. Ses mains étaient à présent tout aussi fougueuses que les miennes, parcouraient mon corps avec le même entrain, me forçant à rester coller à elle en s’accrochant à mes épaules. La douleur de ses ongles s’enfonçant dans ma peau me parut belle, incroyablement agréable. Même lorsque notre magnifique ébat fut terminé, elle demeura contre ma peau, emprisonnée par l’écrin de mes bras. Sa peau brulante contre la mienne me faisait totalement perdre pieds. J’étais l’homme le plus heureux du monde.

Que ce rêve était doux, que ce rêve était apaisant. C’étaient là les tyranniques fantasmes qui me frôlaient tandis que je l’embrassais, toujours agenouillé face à elle. Non, je n’avais pas bougé d’un millimètre, tout cela ne s’était produit que dans ma tête. Pour mon plus grand malheur. Je me contentai alors de desserrer l’étreinte de nos lèvres et allant m’asseoir derrière elle, je la pris dans mes bras. Ce nouveau câlin me rappela les incroyables images qui m’avaient un instant plus tôt assaillies, pourtant je ne retrouvais pas l’amour qui avait illuminé la scène. Ma tête vint se poser sur son épaule et me doigts se nouèrent aux siens, les serrant. La sensualité de mes délirantes hallucinations avait bel et bien disparue, ne laissant qu’un faux semblant de tendresse écorchée. Pour la première fois depuis le commencement de cette idylle, le touché de Gabrielle me fut désagréable, comme forcé. Et je savais très bien d’où cela venait, à présent. Une gêne, une hésitation qui me tordait le cœur. Pourquoi dans notre couple de fortune étais-ce continuellement moi qui réclamais les caresses de mon Aimée, sans retour régulier ? Je comprenais doucement que même son affection n’était en rien produite d’elle-même, mais forcée par moi-même. Autrement dit, si je ne faisais rien pour la tenir tout contre moi, elle n’esquisserait pas un geste pour cela. Que devais-je faire ? Le néant m’envahissait, me perdant totalement. Je ne savais plus la raison exacte de cette prise de risques inconsidérée, étais-je réellement entrain de jouer avec le feu pour ce semblant d’affection fanée ? J’en ressentis un remord étrange, et ce bien que je ne regrettais pas une seconde d’avoir la première fois embrassé Gabrielle. Cela demeurait le plus beau jour de ma vie. Cependant, je ne comprenais plus le pourquoi de cette relation, de cette folie. Gabrielle ne m’aimait donc pas, ne voulait pas forcément de mes caresses, ne voulait pas non plus mon corps, mais dans ce cas que cherchait elle exactement ? Je ne connaissais pas la réponse à cette effroyable énigme et pour être tout à fait sincère je ne préférais même pas imaginer. Presque inconsciemment j’abandonnai sa main, me repoussant carrément. Je m’assis plus loin, contre le mur. Un incroyable déchirement s’en fit ressentir, mon cœur venait de rendre l’âme. Car malgré tout, malgré mes ressentiments et mes craintes, mon amour restait intact. Et m’éloigner ainsi d’elle me rendait fou de douleur, sauf que d’un autre côté je ne voulais rien lui imposer. J’éprouvais à son égard un bien trop grand respect pour oser l’obliger d’une manière ou d’une autre à être à moi, même si peu. Je murmurai, dans le seul but de briser le silence qui s’installait :

« Oui, oublions cela. »

Une nouvelle fois j’eus envie de me laisser aller à pleurer mais j’étais conscient du mal que cela ferait, inexplicablement, à ma douce. Ce silence gênant, pesant, prit de nouveau place tandis que mes réflexions poursuivaient leur cours désastreux. Soudain, je ne tins plus avec toutes ces interrogations, il fallait que je sache, absolument.

« Bon sang Gabrielle, qu’est ce que tu attends de moi ? »

Lâchai-je, telle une bombe.

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MessageSujet: Re: Our dark secret of Love. ( Gabrielle M.)   Lun 16 Aoû - 19:06

[♥__♥ => Ma tête en lisant ton dernier message!]

Mes bras entouraient toujours Aristide et je le gardais contre moi, avec cette envie de ne pas le lâcher, de ne pas le laisser partir et surtout, de lui faire oublier ce qu'il venait de se produire. J'aurais tant voulu pouvoir apaiser son mal, sa douleur, que je provoquais moi-même et c'était justement le problème. Comment réussir à le rendre heureux alors que je le rendais malheureux? Sur le moment, ça me parût impossible et j'eus une nouvelle fois le sentiment qu'il fallait que j'arrête tout de suite ce que j'étais en train de faire. Lorsqu'il releva son visage vers moi et que je me reculai à peine pour pouvoir le regarder, cette idée de le quitter disparut : En me plongeant ainsi dans l'océan de son regard je n'avais plus envie de le laisser même si je devais lui faire du mal. Je voulais juste plonger aussi longtemps que possible dans son regard, être auprès de lui et être celle que je n'étais plus. Je voulais me sentir bien et avec lui, j'étais bien. Il posa finalement ses mains sur mes joues et lorsque je vis un fin sourire à ses lèvres, je le lui rendis avec tendresse. Quand il approcha ensuite doucement son visage du mien, mon coeur se remit à battre à tout rompre et quand ses lèvres entrèrent en contact avec les miennes, je fermai les yeux, me laissant transportée par les émotions qui m'envahissaient : Tendresse, châleur, douceur, il était tout ça à la fois. Si le baiser fut sage au départ, il se fit ensuite plus passionné et j'enroulai à nouveau mes bras autour de son cou, partageant ce baiser avec peut-être un peu trop de fougue. J'avais eu peur de devoir le laisser et à présent, nos lèvres étaient de nouveau scellées et je parvenais à tout oublier : Tout. Je n'étais plus une femme mariée, ni une femme violée, j'étais juste une femme dans les bras d'un homme : J'étais juste une femme normale.

Ce fut Aristide qui mit fin à notre baiser. Je le regardai et il se redressa rapidement avant de venir s'assoir sur le lit derrière moi. Il me prit dans ses bras et j'appuyai ma tête contre son épaule et fermai les yeux, me laissant aller à cette douce étreinte qu'il m'offrait. A son tour, il posa sa tête sur mon épaule et noua ses doigts aux miens. Ainsi, nous ressemblions à deux serpents entrelacés l'un à l'autre. Je glissai ma main libre sur son bras avant de serrer doucement son poignet. Alors que je pensais que nous allions rester un moment ainsi, l'un contre l'autre, savourant en toute simplicité ce moment de tendresse, sa main lâcha la mienne et il s'éloigna de moi. Je rouvris les yeux mais ne l'empêchai pas de se reculer et ma main quitta donc son poignet. Après un instant, je finis par me retourner et l'observer : Il était assis contre le mur et toute trace de joie avait à nouveau déserté son visage. Mon coeur se serra une nouvelle fois et je sentis, encore, les traits de mon visage se crisper. Quelque chose n'allait pas... Oui, quelque clochait bel et bien... Il avait semblé aller mieux pendant ces quelques instants et j'avais vraiment eu l'impression que l'incident était terminé : Ce n'était apparemment pas le cas. Je me redressai juste assez afin de pouvoir me mettre à genoux sur le lit et lui faire face. Je posai avec une certaine gêne mes mains sur mes genoux, ne savant pas trop quoi en faire. En fait si, je savais quoi en faire mais lui, visiblement, ne semblait plus vouloir de mon contact. Alors...

« Oui, oublions cela. »

Je fronçai doucement les sourcils, un doute horrible m'envahissant : Que voulait-il oublier? Ce qu'il venait de se passer? Ce qu'il s'était passé depuis le début? Etait-ce sa façon à lui de me dire que cette histoire était terminée? Un frisson parcourut mon corps à cette idée et je finis par baisser doucement le visage, préférant ne pas lui montrer ce qui devait probablement faire son apparition dans mes yeux. Il avait raison : C'était mieux d'oublier, de tout oublier. Bon sang, lui, au moins, il avait le courage de le dire, d'agir, alors que moi... Un silence horriblement pesant s'installa et alors que l'idée que tout était terminé faisait petit à petit son chemin dans mon esprit et dans mon coeur, Aristide reprit la parole, et ses mots, me firent presque sursauter.

« Bon sang Gabrielle, qu’est ce que tu attends de moi ? »

Je redressai tout de suite mon visage et posai un regard surpris mais surtout horrifié sur lui. J'avais réussi à tenir, à ne pas pleurer en l'entendant me dire qu'il fallait tout oublier mais là, j'avais beaucoup plus de mal à me retenir. Pourquoi? Mais parce qu'il venait de poser une question fatidique, une question à laquelle je ne m'étais pas attendue, une question à laquelle j'aurais dû me préparer mais à laquelle je n'étais justement pas préparée. Qu'est-ce que j'attendais de lui? Tant de choses... Trop de choses... Et sa question me le rappela. Instinctivement et sans même m'en rendre compte, je portai mes mains à mon ventre : Voilà ce que je voulais... Oublier ce bébé, oublier mon viol, oublier mon mari et ce que je lui avais fait subir en était trop faible et idiote pour me faire violer. Ce que j'attendais d'Aristide? J'attendais de lui qu'il me fasse oublier mes douleurs, qu'il me rende heureuse, qu'il me permette de me sentir femme. Oui, tout ça à la fois... Et je ne pouvais pas lui dire, en tout cas, pas tout. Je ne pouvais pas lui avouer que j'avais été violée, que j'attendais l'enfant de mon violeur parce que sinon, la magie qui battait déjà de l'aile aurait été rompue. J'avais besoin de cette magie. J'avais besoin de lui... A défaut de lui dire la vérité, je pouvais peut-être lui en avouer une partie, lui expliquer certaines choses. Il fallait qu'il comprenne...

-Quand je suis avec toi, je parviens à oublier tout le reste... Je suis bien. Je suis... Plus heureuse...

C'était vrai, même si ce qui me rendait heureuse était en partie un mensonge. Par contre, ce qui n'était pas un mensonge, c'était les sentiments qui étaient nés, ces sentiments dont je n'avais pas soupçonné l'apparition encore quelques heures plus tôt. Je trichais, mais pas complètement. Mes mains quittèrent mon ventre et je m'avançais sur le lit pour me rapprocher de lui. Je m'arrêtai au moment où nos genoux se touchèrent presque, ne voulant pas briser complètement l'espace qu'il avait mis, à juste titre, entre nous.

-J'aime te regarder, me perdre dans ton regard, te tenir la main, être dans tes bras, t'embrasser... Mais...

Et là, il fallait que ça sorte : Je devais lui laisser le choix. Je devais être assez forte pour lui laisser le choix.

-C'est horriblement égoïste de ma part parce que je te fais du mal et ce n'est pas juste... Tu ne mérites pas ça...

J'avais déjà eu ces paroles lors de notre premier baiser.

-Je l'avoue, je ne suis pas assez forte pour quitter cette chambre et arrêter tout ça mais... Si toi tu veux que je m'en aille, qu'on arrête là, je m'en irai. Par contre, si tu veux de moi, alors, je resterai, même si c'est égoïste de ma part de faire ça, je resterai...

Et là, ne tenant plus, je glissai ma main sur la sienne. J'avais besoin de sentir sa peau contre la mienne : S'il jamais il venait à retirer sa main, il n'aurait pas besoin de me dire que je devais partir.

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: Our dark secret of Love. ( Gabrielle M.)   Mer 18 Aoû - 23:42

J’avais mal. Mal pour tellement de choses, tellement de certitudes qui n’évolueraient jamais et qui continueraient sans relâche de me charcuter le cœur. La première, la plus acide et tyrannique de toute était qu’indéniablement je ne serais jamais Alexander. Je ne serais jamais cet être pour lequel Gabrielle éprouvait tant d’amour et de tendresse. Peut-on nommer cet infâme sentiment de rejet « jalousie » ? Au fond, cela s’en rapprochait énormément à la seule différence que son mari ne m’inspirait nulle envie, je n’avais aucunement besoin de ressembler à cette personne. La seule, l’unique chose qui lui appartenait et que je désirais plus que tout était Gabrielle. La seule, l’unique. En y réfléchissant j’éprouvais même une sorte de mépris à l’égard de cet homme qui malgré sa chance d’être l’époux d’une déesse ne savait comment la maintenir dans ses bras. Après tout la faute revenait-elle seule à Gabrielle ? L’époux incapable d’une affection suffisante envers sa femme ne méritait-il pas d’être également blâmé ? A mon sens, si. Car si Alexander avait su aimer correctement Gabrielle, avec tout son cœur et toute son âme, jamais se serait-elle aventurée dans mes indignes bras. Non, il n’était pas d’avantage à la hauteur de cette femme que je l’étais, mais au moins j’étais moi capable de le reconnaître et l’accepter. Quant était-il pour lui ? Parviendrait-il à admettre ses erreurs, sa faiblesse, son absence de dévotion envers notre Muse commune ? D’autre part, je souffrais de savoir que malgré l’offrande de mon amour, ma tendresse et mon être tout entier, je ne parvenais à la séduire. Les limites de mon intelligence, considérablement freinée par mon amour déraisonnable, se buttaient avant la réponse de l’ultime question : pourquoi Gabrielle, dans toute sa splendeur, avait-elle décidé de mettre en route cette relation sans visiblement rien en attendre par la suite ? J’avais l’impression que mes neurones avaient été charcutés par une moissonneuse batteuse tellement je me perdais dans les méandres de ces interrogations sans finalités, de ces doutes, ces craintes et ces douleurs. Ma métaphore n’était certes pas des plus délicates mais le réalisme était bien présent : mon cerveau atteignait les 180°C, submergé par tout ce qui se passait autour de moi. Tout allait trop vite.

Après avoir lancé ma subite et terrible interrogation j’avais lâchement baissé la tête, fuyant très clairement son regard, ainsi que tout contact visuel. Pour conserver ce semblant de raison que je venais, au prix d’une vive douleur, d’acquérir. La beauté de Gabrielle était aveuglante, aussi charmeuse que les chants de sirènes, mon seul moyen de réfléchir calmement et avec calme était clairement de m’en éloigner. Retrouver la vue en m’éloignant de la lumière. Sa proche présence suffisait pourtant à me troubler, son doux parfum m’envahissant, me faisait littéralement perdre pieds. Je soupirai, incapable d’affronter ce magnifique visage lorsqu’il m’avouera la véritable raison de sa présence ici. Bien évidemment, je m’attendais au pire sans pourvoir pour autant nommer ce « pire », sachant simplement que ce serait terrible. Destructeur. Une petite voix sadique me disait que là s’achèverai la beauté de notre union de fortune, que ça fraîcheur fanait de minute en minute sans que la course effrénée de cette putréfaction ne puisse s’immobiliser. Je supposai que dans mon ridicule impuissance j’étais totalement incapable d’entraver cette horrible conclusion, sentant le froid de cette révélation me glacer de l’intérieur. Que ferais-je si jamais elle décidait sur le champ de s’en aller, voyant toute la magie de notre idylle s’envoler piteusement. Que ferais-je ? J’étais complètement désemparé, mon cœur au bord du gouffre. Elle était… ma seule… raison de vivre… Et c’était cette toute petite phrase qui signerait mon arrêt de mort lorsqu’elle me jettera, lorsqu’elle se rendra compte de ma futilité dans sa vie. Je sentais mes yeux me piquer, prémices de larmes naissantes. Malgré ma désespérée tentative pour les retenir, les secondes de silence emportaient avec elles les dernières illusions de courage dont je pouvais faire preuve. Je me sentais défaillir. La peur, la douleur et le remord. A bien y réfléchir, je ne savais plus dutout ce qui valait le mieux. La vérité ou le mensonge ? La sublime illusion de bonheur ou la tragédie véritable ?

Une petite voix pleine d’hésitation et de gêne s’éleva doucement dans la pièce, chatouillant mes yeux et faisant ainsi naître de nouvelles larmes qui s’accumulaient aux frontières de mes yeux, prêtes à s’abattre hostilement sur mes joues et révéler, une fois de plus, toute l’ampleur de ma sensibilité exagérée. Au début cette voix me fit tellement de mal que je ne pu réellement saisir le sens des mots prononcés, tous avec cette même monotonie de tristesse. Ils glissaient sur ma peau sans y déposer leur sens, poursuivaient leur chute sans but ni décision. Et puis une touche sucrée parvint à moi comme un rayon de soleil perçant à travers les nuages, promesse sans doute trompeuse d’une fin d’averse proche. Aussitôt, je me recroquevillai un peu plus sur moi-même, conscient que cette lumière, ce parfum, étaient synonyme d’un rapprochement de Gabrielle. Ne réalisant pas réellement ce que cela signifiait, je tentai de retenir ses mots qui glissaient toujours, de les enfouir dans un coin de ma mémoire pour les réécouter et les comprendre lorsque l’averse sera terminée. Alors j’attendis, dans le seul bruit de cette minuscule voix qui au fur et à mesure de ses paroles se teintait de tristesse, tendresse ou culpabilité. J’attrapais au vol toutes ces sonorités qui pour l’instant ne voulaient rien dire dans mon esprit, comme les notes d’une partition n’évoquant rien tant que l’on ne les joue pas. Soudain, la déconcertante mélodie de cette voix mourut en un souffle et le contacte d’une main délicate vint m’effleurer. Je tressautai, mais ne regardai ni cette main, ni même celle à qui elle appartenait. Absolument, je devais absolument faire le vide pour pouvoir laisser les mots jusqu’alors en suspension dans mon esprit s’emplir de signification. Quelques secondes s’écoulèrent, pesantes, désagréables mais nécessaires. Un répit avant la tempête. Je crois qu’inconsciemment, j’avais fais exprès de ne rien comprendre à l’anglais de Gabrielle. Ne pas comprendre, éviter la douleur. Ma lâcheté fut-elle que je n’osai pas entrouvrir la boîte de Pandore dans laquelle j’avais enfermé ses mots. Non, je ne le voulais pas. Ne le pouvais pas. Et les secondes s’étiraient, poursuivant leur court comme si de rien n’était. Je supposais qu’il fallait que cela cesse, que cette tension retombe quitte à arracher mon cœur au passage. Je l’ouvrai, cette foutue boîte de l’horreur, et les mots défilèrent. Les uns après les autres, je les écoutais, les engloutissais, les digérais. Je m’en imprégnais, laissais leurs sens se dilater en moi et me faire ressentir leur peur, leur compassion, leurs joies ou euphorie. Leurs déchirements aussi. Leur empreinte de s’effacera jamais.

Impétueusement, je me risquai à regarder cette main dont la divine chaleur envahissait la mienne. Ce simple, basique geste qui prouvait tant de choses. Puis ces boucles blondes brillantes sous la faible lumière, ce cou délicat, ces lèvres charmantes, ces yeux… Nos regards ne se quittèrent plus l’espace d’une seconde qui me parut cependant intemporelle. Je ne souris pas, ne répondis pas, n’esquissai même aucun geste vers elle. Ce regard seul exprimait ce que je ressentais dans une évidence limpide. Bien malgré moi, les larmes qui s’étaient agglomérées ne tinrent plus et livrèrent une traîtresse qui coula lentement le long de ma peau, me chatouillant. Cependant cette larme ne signifiait plus dutout la même chose. Elle n’était pas messagère de tristesse, mais au contraire d’un bonheur et d’un soulagement indicible. Le temps s’était comme arrêté, mon Amour et moi plongés dans le silence et la profondeur de cette scène, de cet échange muet mais communicatif pour autant. J’aurais assuré sans peurs aucunes qu’elle comprenait. Forcément, elle comprenait. Aussi, lorsque je passai mon autre main sur sa nuque, approchant son doux visage au mien ce ne fut pas pour lui assurer que je l’aimais, puisque mes yeux avaient déjà parlé pour moi. Ce n’était au contraire que pour sceller cette déclaration que je lui avais rendue, implicitement. Mes lèvres frôlèrent les siennes, une fois, deux fois, puis s’immobilisèrent. Sentant sa douce haleine je souri à l’idée qu’elle eut envie de la même chose que moi au même moment. Ma langue vint alors caresser sa lèvre supérieure, doucement, avant de retrouver la sienne dans un ébat tendre, teinté de douceur. Ce baiser prit fin au moment où je portai sa main qui reposait toujours sur la mienne à mes lèvres, embrassant sa paume avant de la poser contre ma joue. Et je ne sais pas pourquoi, mais je me mis à parler. Malgré moi, brisant la magie de l’instant. Un murmure amoureux.

« Σ 'αγαπώ »

Un mot. Un seul, qui pourtant voulait en dire tant d’autres. Il sous entendait « reste », également. Je te désire. Tu es la seule personne qui compte à mes yeux. Ma raison d’être. Celle que j’ai toujours voulu. Celle qui enchante ma vie. La seule que je n’aie jamais aimée.

L’embrassant de nouveau, je nous entraînais tous deux sur le côté, allongés. Un bras sous sa tête, l’autre main posée sur sa joue et mes yeux plantés dans les siens. Comme un lien invisible m’interdisant de la quitter ne serait-ce qu’une seconde. J’effleurai du bout des doigts sa peau rosée tandis que mes lèvres se mirent à remuer d’elles-mêmes, une nouvelle fois. Je lui parlais sans hésitations, murmurant toujours. Mon enfance, le conflit entre mes trois parents, la Grèce, mes grands-parents… Les Etats-Unis. La maladie puis mort de mon père ; New York. Le décès de mes grands parents. Diane, maman. Comment je devins gigolo, pourquoi. Les bombardements et enfin mon arrivée à la communauté. Je lui racontai notre premier baiser. Notre première caresse. Toutes mes émotions. Toute ma vie. Elle savait tout, à présent. De mes plus sombres secrets à mes rêves écorchés. Tout. Elle n’avait pas prononcé un mot pendant ce long, très long monologue. Une fois terminé, il y eut un court silence. Tout au long de mes mots je l’avais observé, guettant ses réactions. Le fait que je sois gigolo semblait l’avoir fait réagir, sans que je puisse déterminer en bien ou en mal. Je me doutais que cela ne l’enchantait guère, cependant. Moi-même je n’en étais pas fier. Finalement, je lui susurrais, la regardant toujours :

« Dis moi à quoi tu penses. Ce que ça t’inspire… »

J’appréhendai un peu, malgré tout.

« Je t’ai dis toute la vérité sur moi. A toi, maintenant. »

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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: Our dark secret of Love. ( Gabrielle M.)   Sam 21 Aoû - 17:01

Un petit sursaut. Rien de plus. Rien de moins. Oui, ce petit sursaut fut la seule réaction d'Aristide au moment où ma main toucha la sienne. Certes, il ne la repoussa pas, mais il ne sembla pas particulièrement ravi non plus, ou même à l'aise. Quelque chose s'était sans doute brisé entre nous après l'évocation de ce qu'allait être notre futur. Ou plutôt, à cause de l'absence de ce futur. Un silence qui me semblait morbide s'installa et je restai là, sans bouger, ma main sur la sienne, attendant une réaction mais rien ne vint. A quoi pouvait-il bien penser? Qu'était-il en train de décider? Je m'attendais à le voir repousser ma main d'un instant à l'autre, je m'attendais à l'entendre me dire que je devais quitter sa chambre et ne plus jamais l'approcher ce qui, au fond, aurait été le mieux pour lui parce que s'il ne me repoussait pas, j'allais continuer à lui du mal, ça ne faisait aucun doute. C'était juste plus fort que moi. J'avais besoin de lui. Finalement, je vis son visage bouger presque imperceptiblement et il regarda ma main. Puis, il releva son visage avec une incroyable lenteur, comme pour profiter de ce qu'il regardait, il releva les yeux vers moi et dès lors, nos regards ne se quittèrent plus. Les papillons recommèrent à voler avec puissance dans mon coeur et je me noyai à nouveau dans ses yeux, dans cet océan si vaste, si doux, si merveilleux. Mon océan... Son visage semblait figé, et le mien l'était tout autant. Mais son regard... Oh Seigneur, son regard était tellement rempli de tendresse et d'amour que j'aurais pû en faire une overdose. Des larmes coulèrent sur les joues de mon amant mais elles ne me firent pas peur : Je savais, sentais qu'il n'était pas triste. Non, en cet instant, il n'était pas triste. Le silence qui s'était installé entre nous n'était plus pesant, il était au contraire devenu presque magique. La magie était de retour : Il ne m'avais pas repoussée, il ne m'avait pas demandé de partir. Il était là, avec moi, pour moi, rien que pour moi.

Il se décida enfin à bouger et glissa sa main sur ma nuque : J'en frémis. J'avais tellement eu peur qu'il me repousse, même si ça aurait été ce qu'il avait de mieux à faire, et à présent que je savais qu'il souhaitait me garder auprès de lui, je me sentais plus légère, plus sereine. Il approcha son visage du mien et je le regardais avec une tendresse infinie au moment où il frôla mes lèvres. Il le fit à plusieurs reprises, avant de s'arrêter. Ma bouche était légèrement ouverte et je sentais son souffle sur mes lèvres. Une châleur que je ne contrôlais pas était en train de m'envahir et au moment où il glissa délicatement sa langue sur ma lèvre supérieure, la châleur se transforma en incendie. Bientôt, nos bouches furent à nouveau scellées et nos langues se mêlèrent dans un baiser plein de tendresse et de douceur : Le temps s'était arrêté. Il reprit son cours lorsqu'Arisite rompit l'étreinte de nos lèvres pour venir déposer un tendre baiser sur la paume de ma main avant de la poser contre sa joue. Mon coeur battait vite et j'en avais presque le vertige. Mes yeux se posèrent sur lui et ce fut à mon tour de le dévorer du regard : Ses lèvres si tendres, si douces, son regard si bleu, si profond, si intense... J'eus à nouveau une envie presque irrésistible de l'embrasser mais me retins, préférant profiter de la beauté que m'offraient son visage et son regard. C'est alors qu'il brisa le silence et murmura un mot. Un seul et unique mot dont je connaissais le sens à présent. Le fait qu'il l'ai prononcé ce mot dans sa langue natale rendit la déclaration encore plus intense, encore plus forte, encore plus importante. J'aurais voulu pouvoir lui répondre la même chose mais ça n'aurait pas été sincère. J'éprouvais des sentiments pour lui, des sentiments plus forts que je ne l'aurais cru mais était-ce un amour aussi fort que le sien? Non, ça ne l'était pas. Voilà pourquoi je ne pouvais pas lui répondre. A la place, je lui adressai un sourire tendre et amoureux. Oui, amoureux. Je ne pouvais pas prononcer ces mots mais je pouvais au moins laisser transparaître mes sentiments naissants à travers des regards ou des sourires.

Il m'embrassa de nouveau et je fus emportée par un tourbillon d'émotions. Il nous entraîna sur le côté et nous nous retourvâmes allongés sur le lit, l'un en face de l'autre. Il avait son bras posé sous ma tête et son autre main sur ma joue. Mes mains quant à elles reposaient sur son torse et caressaient doucement sa peau. C'était une caresse tendre et au fond de moi, une petite voix me cria que je ne devais pas faire ça puisque je n'avais pas l'intention d'aller plus loin avec lui mais je lui ordonnai de se taire : J'avais envie de toucher sa peau, d'être près de lui. C'est tout. Mon regard planté dans le sien, il brisa à nouveau le silence mais cette fois-ci, il se lança dans le récit de sa vie. Je l'écoutai attentivement, buvant chacun de ses mots, laissant mes doigts glisser sur sa peau d'une manière distraite. Au fur et à mesure de son récit, j'eus l'impression de voir les images, de percevoir ses souvenirs comme ça avait été le cas lorsqu'il m'avait expliquée de quoi parlait la chanson qu'il avait chanté aux enfants. J'eus l'impression d'être à ses côtés pendant son enfance, le jour où le conflit avait éclaté entre ses trois parents, lors de son exil vers les Etats-Unis ou encore, lorsqu'il avait perdu son père et ses grands-parents. Mon coeur se serra de tristesse : Il avait vécu des choses terribles, des choses horriblement difficiles. J'avais mal pour lui, mal parce qu'il avait eu mal. Et là, il m'avoua une chose dont je ne me serais jamais doutée : Avant les bombardements, il avait été un gigolo. Je sentis ma bouche s'ouvrir sous l'effet de la surprise en entendant cette révélation. Je ne condamnais pas ce qu'il avait fait et sa façon de vivre : Qui étais-je pour le juger, moi, qui trompait mon mari dans ses bras? Non, je ne le condamnais pas mais j'avais juste encore un peu plus mal à l'idée qu'il avait vécu ainsi afin de pouvoir s'en sortir plus facilement. Il continua en parlant de son arrivée à la communauté et m'expliqua même ce qu'il avait ressenti lors de notre premier baiser, de notre première caresse. Quand il eut terminé, un bref silence s'installa. Il venait de me livrer sa vie, ses secrets, son coeur, tout. Absolument tout. Il avait tout partagé avec moi et j'en étais très émue.

- Dis moi à quoi tu penses. Ce que ça t’inspire…

Je ne répondis pas tout de suite, encore chamboulée par toutes ces révélations.

- Ce que je pense... Je pense que ta vie n'a pas été facile et que tu as été très courageux.

Je glissai ma main droite sur sa joue pour la caresser tendrement avant de lui sourire avec douceur.

- Je pense que tu as fais ce qu'il fallait et que tu as pris les bonnes décisions. Même quand tu as décidé d'être... Un... Gigolo... Ouah...

Je soupirai et ma main alla retrouver sa jumelle pour à nouveau caresser délicatement son torse.

- En fait, ça m'intimide parce que tu as connu beaucoup de femmes et elles devaient être...

Je ne terminai pas ma phrase. J'avais déjà imaginé qu'il devait être frustré de ne pas pouvoir aller plus loin avec moi mais à présent que je connaissais son passé, j'imaginais que sa frustration devait être encore pire et cela me gênait.

- Je t’ai dis toute la vérité sur moi. A toi, maintenant.

Mes doigts se crispèrent légèrement sur son torse et je restai un instant sans bouger, pétrifiée par ce qu'il venait de me demander. Oui, il m'avait dit toute la vérité sur lui et il voulait que je fasse pareil. Oh non... Non... Je ne pouvais pas... Je ne pouvais pas tout lui dire, pas comme lui l'avait fait. Je ne pouvais pas lui parler de mon viol, du meurtre ou du bébé. Non, c'était impossible. Pourtant, j'avais envie de partager une partie de ma vie et de mon passé avec lui. Ou pas... Parce qu'en fait, qu'avais-je à lui dire? Mon enfance et mon adolescence en Australie d'accord, mais après ça... Toute ma vie se résumait à Alexander, il n'y avait plus que lui et je ne me voyais pas parler de tout ça à Aristide. La rencontre avec mon mari, ses départs répétés pour la guerre, notre mariage, les bombardements, la naissance d'Emma. J'étais mal à l'aise, gênée, je ne savais pas quoi lui dire. J'hésitais... Pouvais-je lui parler de tout ça? Pouvais-je me le permettre? Parler du viol était définitivement exclu, mais pour le reste... Je détournai le regard, indécise et de plus en plus mal à l'aise. Il me fallut encore quelques instants pour prendre ma décision et il resta silencieux, me laissant réfléchir tranquillement. Finalement, je reportai mon regard sur lui et plongeai à nouveau mes yeux dans les siens. Mes doigts se détendirent un peu mais je me contentai de les poser sur sa peau, sans la caresser.

- Je suis née en Australie et j'ai grandi là-bas avec mes parents et mes trois grandes soeurs. C'était assez amusant à la maison. Enfin, pour mes soeurs et moi parce que mon père, lui, il devenait cinglé avec nous...

Bien malgré moi, je laissai échapper un petit rire en repensant à ces moments partagés avec ma famille. Pendant quelques secondes, je parvins même à oublier que j'ignorais s'ils étaient toujours en vie. Bien vite, la réalité me rattrapa et mon sourire s'effaça doucement. Refusant de me laisser gagner par la tristesse, je poursuivis.

- J'ai quitté l'Australie pour venir poursuivre mes études aux Etats-Unis après le lycée. Au départ, je voulais être avocate et j'ai vite abandonné parce que ça ne me plaisait pas. J'ai décidé de devenir instritutrice et j'ai réussi. Ensuite...

Je fronçai doucement les sourcils. Je trouvais ça horriblement gênant de parler d'Alexander, c'était terrible. Mais bon, Aristide avait fait des efforts pour tout m'avouer, alors...

- J'ai rencontré Alexander et on a fini par se marier. Comme il était militaire ça été très dur car nous étions beaucoup séparés mais au moment où la guerre a commencé, il a quitté l'armée pour rester avec moi. Je suis tombée enceinte et après les bombardements, il a créé la communauté et j'ai accouché d'Emma. J'ai rencontré Kat, elle est devenue comme ma soeur et j'ai fait au mieux pour m'occuper des enfants. Voilà.

Non, pas « Voilà ». Il y avait tant de choses à raconter encore. Le pouvais-je? Peut-être en partie, oui, parce que si je n'allais pas plus loin, il risquait de ne pas comprendre et de douter encore une fois sur les raisons de ma présence à ses côtés. Toute trace de joie avait à présent déserté mon visage et j'étais assez fermée au moment où je poursuivis.

- J'ai été habituée à son absence mais ici, c'est différent. Quand il était en Irak, il était loin et je le savais, et je l'acceptais même si c'était très difficile mais là... Il est ici et il est trop occupé avec la communauté, avec les autres pour se rendre compte... Que je ne vais pas bien...

Là, on y était. Si j'allais plus loin, j'allais devoir m'expliquer. D'ailleurs, j'étais peut-être déjà allée trop loin... Je devais vite poursuivre, vite enchaîner avant qu'il ne pose des questions.

- Quand je t'ai rencontré, j'étais au plus bas Aristide. Tu as été un véritable rayon de soleil, une bouffée d'oxygène et... Tu es plus que ça à présent. Bien plus...

Un nouveau sourire se dessina sur mes lèvres. Il était certes plus timide que les autres car je venais d'aborder des choses dont je ne voulais pas trop parler. Je ne pouvais pas en dire plus, c'était au-dessus de mes forces. Je ne pouvais pas lui expliquer pourquoi j'allais mal et je ne pouvais pas lui expliquer plus en détails ce qu'il représentait pour moi car même si ce que j'éprouvais était fort, je n'arrivais pas encore à mettre des mots dessus.

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: Our dark secret of Love. ( Gabrielle M.)   Mer 25 Aoû - 23:05

Mon cœur était à présent totalement ouvert à Gabrielle, ma vie décrite dans les moindres détails, même les plus déplaisants afin qu’elle me connaisse réellement. Avant cette relation si soudaine nous nous étions à peine parlé, et aujourd’hui je ne parvenais à comprendre comment j’avais fait pour ne pas tomber instantanément amoureux d’elle. Sur le coup l’amour ne m’avait pas frappé, mais à présent je nageais en plein dedans. Il n’y avait rien que je n’aurais fait pour elle, j’en étais pleinement conscient. En très peu de temps elle avait prit une place irrévocablement nécessaire à ma survie. C’est étrange comme les sentiments peuvent naître subitement, sans raisons apparentes. Qui aurait pu croire que moi je serai un jour avec Gabrielle, la femme d’Alexander ? Personne, et j’aurais moi le premier ri d’une telle affirmation qui quelques temps plus tôt m’aurait parut grotesque. Cependant aujourd’hui l’évidence était frappante, il n’y avait plus aucun doute. J’étais complètement dingue de cette femme, cette Déesse qui caressait doucement mon torse tandis que je lui parlais. J’avais sentis le doux frôlement de ses doigts sur ma peau, me donnant des frissons. A chaque mot j’avais dû me faire violence pour ne pas m’arrêter et l’embrasser comme j’en mourais d’envie, mais en moi le besoin de tout lui avouer était grand. Car quelque part je l’aimais, certes, mais savais si peu de choses sur elle. Le coup de foudre, comme dans les films. On rencontre une inconnue dans la rue, dans un pub ou une boutique quelconque, et on en tombe follement amoureux. Quelques années plus tôt l’irréversible célibataire que j’étais riait de ces singeries, si j’avais su que bientôt je serai moi aussi pris au piège dans ces filets. Ma foi en l’amour avait longtemps été mal menée avec mon travail, mes histoires en dehors, mon penchant pour les filles faciles. Oui, je l’avouais, j’adorais les « coups d’un soir » comme on dit. Parce qu’elles au moins ne demandait pas mon numéro, ni une clef, ni quoi que ce soit. Elles attendaient seulement que je leur procure du plaisir et je m’y appliquais de bon grès. Au fond le métier de prostituée n’est pas si ingrat que ce que l’on pourrait imaginer. Donner du plaisir aux autres n’était ce pas là une magnifique chose ? Répandre le bien être autour de soi, continuellement.
Finalement j’étais parvenu à mon but : tout dévoiler de ma personne à ma bien Aimée. Ce n’était pas une poussée narcissique qui m’avait encouragé à le faire mais simplement mon affection pour elle et ma propre envie de la connaître mieux. C’était un peu un échange, je lui parlais avec franchise sur toute la ligne et elle le faisait en retour. Ou du moins j’espérais qu’elle allait le faire. Mais pour l’instant je posai les yeux sur son délicat visage qui semblait perdu dans ses pensées, digérant sûrement mes paroles.


- Ce que je pense... Je pense que ta vie n'a pas été facile et que tu as été très courageux.

Elle m’adressa un tendre sourire que je lui rendis. Même si ma vie avait en grande partie été heureuse, comme tout le monde j’avais eu ma dose de douleur également. La perte d’êtres chers en étant principalement la cause. D’abord mon père, celui que je venais à peine de retrouver puisque je n’avais pas grandi avec lui et qui m’avait quitté trop vite. Au final je conservais peu de souvenirs de lui, mais ceux là étaient gravés indébilement dans ma mémoire tant ils m’étaient précieux. Puis le décès de mes grands parents, de ceux qui avaient toujours été là pour moi, ceux qui m’avaient absolument tout appris. Ca faisait très mélodramatique dit comme ça mais c’était la stricte vérité. J’étais de ceux qui avaient aimé leur famille plus que tout au monde. Sa main vint se poser sur ma joue et je fermai une seconde les yeux avant qu’elle ne reprenne la parole, profitant de cette caresse. Là je les rouvris immédiatement. Le fait que je fus gigolo lui inspirait seulement cela ? Je manquai de rire mais ne bronchai pas. N’importe qui à sa place aurait pu me juger mais elle ne l’avait visiblement pas fait. Elle semblait d’avantage impressionnée, sans doute surprise aussi, que gênée. J’en fus soulagé, car c’était l’un des passages dont j’étais le moins fier de mon existence. Avec une toute personne j’aurais pu en parler librement, mais Gabrielle m’inspirait un trop grand respect pour que je ne puisse moi-même pas avoir le désire imperturbable de lui plaire. J’aurais aimé être blanc comme neige pour être fort de son estime, mais il n’en était rien et malgré tout je devais assumer mes actes passés. Ils faisaient partie de ce que j’étais aujourd’hui malgré tout. Malgré leur connotation immorale et leur noirceur.

Puis je lui demandais doucement de se livrer à son tour, comme j’en avais eu le désire depuis le début et je sentis ses mains se raidir sur mon torse. Avais-je fais une erreur en espérant lui donner envie de se confier ? Pensait-elle que tout cela ne me regardait pas ? J’attendis une seconde, sourcils froncés. J’avais beau ressentir son mal aise, je ne dis mot, désireux de la laisser s’exprimer seule, et ce que ce soit pour me remettre en place ou non. En attendant qu’elle prenne sa décision je me contentai de l’observer, admirer une nouvelle fois sa beauté presque irréelle. Je ne saurais dire ce qui était le plus beau dans son visage. Sa bouche sensuelle ? Son teint frais et lumineux ? Ou bien tout simplement la courbe gracieuse de ses yeux. Soudain ces mêmes yeux se plongèrent dans les miens et elle reprit la parole, doucement. Si ses doigts ne se perdaient plus sur ma peau, elle s’était toute fois détendue. J’en profitai pour jouer distraitement avec une mèche de ses cheveux de la même manière qu’elle avait laissé ses doigts courir sur mon corps, l’écoutant attentivement. Je ris avec elle lorsqu’elle m’avoua en avoir fait baver à son père, imaginant fort bien le comique de la scène. Conservant mon sourire pour les prochains mots, je ne pu cependant l’empêcher de déserter lorsque ma Douce en vint à parler d’Alexander. Même si j’étais pleinement conscient de sa place de la vie de Gabrielle, il m’était difficile de l’accepter. L’image de cet amour s’empara de moi et je me raidis, lâchant la mèche qui dansait entre mes doigts. C’était plus fort que moi, stupide sans doute, mais je ressentis une effroyable jalousie courir le long de mon échine. Même si je n’aurais pas plus aimé qu’elle passe cette partie là de son récit, je crois que le simple fait qu’il n’existe pas m’aurait enchanté. Oui, qu’Alexander n’ai jamais existé et que j’ai aujourd’hui le loisir d’aimer Gabrielle au grand jour. Mais cela était une demande impossible et je me forçais à l’oublier aussitôt. Je fronçais de nouveau les sourcils lorsqu’elle fini son récit, bien court à mon goût, par un « voilà » dur et froid. Son visage avait perdu toute trace de joie comme le mien, désormais fermés tous deux. Peut-être était-ce l’évocation de son mari en plein milieu de ce moment de tendresse qui nous gênait. Je ne dis rien de plus lorsqu’elle reprit finalement après une brève hésitation, mais ma bouche commença à s’ouvrir pour poser une question lorsqu’elle termina par « je ne vais pas bien ». Que se passait-il ? De toute façon j’avais déjà remarqué ses moments de flottement parfois, sans jamais poser de question mais désormais je voulais savoir. Cependant je fus coupé dans mon élan tandis qu’elle avait déjà repris.

- Quand je t'ai rencontré, j'étais au plus bas Aristide. Tu as été un véritable rayon de soleil, une bouffée d'oxygène et... Tu es plus que ça à présent. Bien plus...

Si son sourire était timide, le mien ne le fut pas. Soudainement je me détendis, oubliant presque les mots passés pour ne plus savourer qu’eux. C’était comme une victoire prisée, celle de son cœur en l’occurrence. Si elle avait souffert avant de me rencontrer, aujourd’hui tout allait mieux et c’était grâce à moi. Une bien douce fierté m’envahit et sans réfléchir je me jetai sur son cou, lui offrant une succession de brefs baisers, riant à moitié. Nous ressemblions à des adolescents en cet instant mais je m’en fichais pas mal, trop occupé que j’étais à déguster ma joie. Déguster Gabrielle. Au bout de quelques secondes je m’arrêtai, le souffle court et me plongeai dans son regard. Je crois que je ne me rendais pas bien compte de la chance que j’avais, de tout le bonheur qu’elle m’apportait. C’était comme un souffle d’air frais dans mon cœur. Qui vous donne des frissons. De sensibles accélérations du rythme cardiaque. Je relevai ma main libre vers son visage, lui caressant doucement les joues avec tendresse. J’aurais tellement aimé que cela aille plus loin, que je puisse lui faire ressentir plus fort mon amour. Mais je ne le pouvais pas et j’en étais pleinement conscient. Aussi me contentai-je de l’embrasser avec douceur avant de me reculer, la regardant toujours, le sourire aux lèvres.

« Ta vie a l’air si simple lorsque tu en parles comme ça. La mienne à côté est digne d’un mauvais feuilleton. »

Je ris doucement et passai m’allongeai sur le dos, passant ma main sous ma tête.

« J’ai même l’impression d’avoir mené une vie totalement débridée comparée à la tienne. Pas marié, pas d’enfant, ou alors pas à ma connaissance. Tu es beaucoup plus sage.Je lui adressai un sourire -. Et oui je me suis prostitué mais ce n’était pas vraiment pour subvenir à mes besoins. J’aurais pu refuser, j’avais un véritable travail à côté. Mais je ne sais pas, je trouvais ça amusant…Donc oui j’ai connu beaucoup de femmes. Certaines plus agréables que d’autres. Mais de toutes les femmes que j’ai connu, absolument toutes, que ce soit lors de ma prostitution ou non, tu es largement, très largement la plus belle. »

Je me penchai de nouveau sur elle, lui caressant du bout des doigts le front, puis le nez et la bouche pour m’arrêter là. Je murmurai :

« Et la plus désirable aussi. »

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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: Our dark secret of Love. ( Gabrielle M.)   Ven 27 Aoû - 22:13

Un véritable rayon de soleil dans ma vie pleine d'ombres et de nuages. Voilà l'effet que me fit le sourire d'Aristide lorsque ses lèvres s'étirèrent à la fin de mon récit. J'avais cru, à cause de ce qu'il venait de se passer, ne plus jamais le voir sourire de cette façon et j'étais bien heureuse d'avoir eu tort. Mon sourire devint alors plus franc et les papillons qui battaient déjà dans mon coeur s'emballèrent lorsqu'Aristide se pencha très vite vers moi avant de déposer tout un tas de tendre baiser dans mon cou. Je l'entendis même rire à moitié et je ne pus m'empêcher de l'accompagner. Ma tension avait volé en éclats, tout comme la sienne, et c'était comme si ce qu'il venait de se passer n'était déjà plus qu'un mauvais souvenir. Il s'arrêta bien trop vite à mon goût mais ce fut pour plonger son regard dans le mien donc, je n'avais pas à me plaindre. J'amais ces moments où je me perdais dans ses yeux, où je m'y noyais. Il releva alors doucement sa main vers mon visage pour caresser ma joue avec tendresse et très vite, je l'imitai, mes doigts trouvant rapidement le chemin de sa joue pour la caresser avec délicatesse. J'étais bien et je ne demandais rien d'autre. C'était déjà tant pour moi, d'être capable de me sentir comme ça. Certes, c'était à moitié un mensonge puisque je lui cachais une partie de la vérité afin d'éviter la même chose qu'il s'était passé avec Alexander mais, j'étais bien. Juste bien. Et au moment où il posa brièvement mais tendrement ses lèvres contre les miennes, je me sentis encore mieux. Quand il se recula, mon regard s'attarda sur ses lèvres qui savaient me rendre toute chose et je les observai se mouvoir lorsqu'il parla enfin. Ma vie lui paraissait apparemment simple. Oh, dans un sens, elle l'avait été jusqu'à récemment. Je me refusais cependant d'y penser, refusant de laisser la tristesse et l'horreur s'emparer à nouveau de mon visage, refusant de bousiller cet instant. Il s'allongea sur le dos et je m'allongeai à ses côtés, laissant ma main glisser distraitement sur son bras.

Il avait mené une vie très différente de la mienne et il me jugeait beaucoup plus sage que lui. Oui, ça, c'était à voir. Pouvait-on vraiment me considérer comme quelqu'un de sage? Est-ce que quelqu'un de sage prend des risques inutiles? Est-ce que quelqu'un de sage trompe son mari? Non, probablement pas. Je ne réfutai cependant pas son affirmation parce que, la Gabrielle qu'il voyait était justement la Gabrielle d'avant, celle qui avait été sage et je ne voulais pas briser cette image. Je m'y accrochais comme à une bouée de sauvetage. Il revint alors sur sa prostitution et reprécisa, alors que ça n'était pas nécessaire, qu'il l'avait fait parce qu'il trouvait ça amusant. A quoi s'attendait-il? A me voir partir en courant? Non. Pourquoi l'aurais-je fait? J'avais bien compris que sa prostitution ne lui avait pas été nécessaire pour survivre mais qu'elle l'avait aidé à vivre mieux. Mon calme commença à se dissiper lorsqu'il parla des femme qu'il avait connu, faisant écho à mes propres paroles. C'était vraiment intimidant. Ou pas puisqu'il m'annonça soudain que de toutes les femmes qu'il avait connu, j'étais largement plus belle. Je sentis mes joues rougir : Oui, ce genre de mots avait de quoi faire rougir, non? Il se pencha sur moi et je sentis ma respiration s'accélérer doucement : Avec ce qu'il venait de me dire, j'étais à moitié sur un nuage. Il caressa ma peau du bout des doigts et je soupirai de plaisir : C'était tellement agréable d'être traitée de cette façon. Vraiment agréable. Il termina en me disant que j'étais aussi beaucoup plus désirable que ces autres femmes. Désirable... Ce mot était lourd de sens et sur le moment, je n'y prêtai pas attention, me contentant de poser mes lèvres sur celles d'Aristide afin de l'embrasser avec tendresse. Je séparai rapidement nos lèvres : Un baiser bref, mais pas moins intense. Ma main glissa alors sur son visage que je fixai : Mes doigts dessinèrent le contour de ses yeux, puis de ses lèvres.

-Toi aussi tu l'es... Désirable...

Oui, bien sûr qu'il l'était. Même si je n'étais pas prête à aller au-delà de ces moments que nous vivions, même si mon corps était sourd et endormi, cela ne m'empêchait pas de trouver Aristide désirable, bien au contraire. Mon corps n'était juste pas près à répondre à ce désir, voilà tout.

-Tu es tellement beau... Tes yeux... Tes lèvres... Tout est beau chez toi et ce qu'il y a de plus merveilleux, c'est ta beauté intérieure...

Je glissai doucement ma main sur son torse.

-Oui... Ta beauté extérieure n'est que le reflet de celui que tu es à l'intérieur... J'aime ça...

Je reposai alors mes lèvres sur les siennes et le baiser fut cette fois-ci plus passionné, plus endiablé. Tellement endiablé que je passai mes mains autour de son cou tandis qu'il entourait ma taille de ses bras. Nous étions à présent collés l'un à l'autre, sur le lit, et tout aurait pu basculer. C'aurait pu être merveilleux de vivre ces moments-là avec lui si mon esprit et mon corps avaient été prêts à franchir cette étape. Hors, ils ne l'étaient absolument pas et alors que nos corps semblaient se réchauffer, que nous semblions soudés l'un à l'autre, l'alarme retentit dans ma tête et aussitôt, je revis des images auxquelles j'aurais voulu échapper. Je mis brusquement fin à notre baiser et reculai mon visage. J'avais les lèvres en feu, mais le reste de mon corps venait de se contracter alors que quelques secondes auparavant, il était détendu et se mouvait contre le corps d'Aristide. Je me sentais mal parce que je venais de replonger un mois en arrière mais surtout parce que ce n'était pas bien d'agir de cette façon avec Aristide. Ce n'était pas bien de me laisser aller comme ça tout en sachant que je ne pouvais pas aller plus loin. Ce n'était pas juste pour lui. De toute façon, cette relation n'était pas juste pour lui...

-Je suis désolée... Pardon... Je n'aurais pas dû...

J'étais gênée. Horriblement gênée. Pourtant, j'étais toujours contre lui mais, je savais qu'il pouvait sentir que j'étais différente, que quelque chose avait changé en à peine quelques secondes. Je ne devais pas laisser un nouveau silence s'installer, je ne devais pas mettre en pièces les moments que nous venions de partager. Alors, je dis la première chose qui me passa par la tête.

-Tu devrais m'apprendre à dire pardon en grec parce que, je risque de le dire encore souvent...

Je soupirai.

-Et puis, je suis moins sage que tu le crois... Je ne fais que des bêtises...

Comme t'embrasser avec fougue et me coller à toi alors que je n'ai pas l'intention de coucher avec toi. Oui, ce genre de bêtises-là oui. Je m'en voulais et j'avais peur qu'il ne se braque, que tout recommence comme un peu plus tôt et je n'avais pas envie de ça. Je n'avais pas envie de passer mon temps à naviguer entre le bonheur et la douleur. Je voulais profiter des instants avec lui, être heureuse et me sentir mieux. Cependant, pour arriver à cela, je devais absolument me contrôler, connaître mes limites, connaître les siennes et surtout, respecter une certaine distance ou plutôt, une certaine retenue pour éviter de ne réveiller en lui des désirs qu'il ne pouvait malheureusement pas assouvir avec moi. Je n'était pas une allumeuse, je ne l'avais jamais été, et je n'avais pas l'intention de le devenir. Alors, oui, je devais connaître ses limites et pour ça, je devais arrêter d'essayer de détourner la conversation et mettre les pieds dans le plat. Sinon, comment pourrions-nous profiter des moments à venir? Comment pourrions-nous être bien ensemble? Je glissai doucement ma main sur sa joue, dans une caresse beaucoup plus timide que les précédentes.

-Je suis désolée de ne pas pouvoir te donner plus... Ce n'est pas que je ne veux pas mais je ne peux pas... C'est...

Au-dessus de mes forces. Mais ça, je ne pouvais pas le lui dire.

-Ce que je viens de faire... C'est peut-être trop... Si c'est trop pour toi, si c'est trop dur à supporter, il faut me le dire et je ferai attention. Je ne veux pas... Je ne veux pas te rendre les choses plus difficiles...

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: Our dark secret of Love. ( Gabrielle M.)   Sam 18 Sep - 12:48

Les joues de ma bien Aimée s’étaient légèrement empourprées tandis que je lui ouvrais simplement mon cœur. Oui, de toutes Gabrielle était la plus. Je dis la plus tout court car à peu près tous les adjectifs pourraient aller derrière. La plus désirable, la plus belle, la plus douce, la plus sensible, la plus gracieuse. La mieux. Il était presque incroyable de savoir qu’une telle femme existait quelque part. Je veux dire, combien d’hommes eurent la chance de connaître cette beauté invraisemblable ? Peu, il me semble. En tout cas, pour ma part c’était la toute première fois qu’elle m’apparaissait, et très sincèrement je me demandais comment j’étais parvenu à vivre sans elle tant d’années. Comment prendre conscience d’un manque tant que l’on n’a pas goûté à la drogue de cette grâce ? Impossible, sans doute, mais c’était étrange. Etrange d’avoir vu tant de femmes, d’en avoir désiré certaines, rejeté d’autres. D’avoir eu des centaines de relations plus ou moins importantes avant de trouver la bonne. Celle qui vraiment, plus que n’importe quelles autres, nous a électrisé. J’avais vécu dans l’attente de ce grand amour sans même m’en rendre compte. Sans même savoir qu’un jour, enfin, je serais porté par ce même enthousiasme que les autres gens. Car jusque là, je n’avais que très peu aimé. Quelques semaines auparavant je vous aurais dis le contraire, je vous aurais dis que j’avais aimé toutes les femmes et que c’était là ma nature. Au fond c’était vrai, oui. Mais je n’avais que très peu aimé de la manière dont j’aimais Gabrielle. D’un amour inconditionnel et intemporel. En réalité cela m’était arrivé une seule et unique fois, et c’était encore bien différent. Mon premier amour. Helena. C’est très cliché, mais voilà. Il y a des personnes pour lesquelles le premier amour a laissé un souvenir peu flagrant, ou simplement désagréable. Personnellement j’avais connu dès le départ une relation saine et équilibrée, pure. Malgré mon absence d’expérience, chaque instant passé en sa compagnie me semblait magnifique, tout comme avec Gabrielle. Alors que les autres, eh bien ils m’apparaissaient insipides à présent. Futiles comparé à mon Adorée.

Elle posa brièvement ses lèvres sur les miennes suite à mes paroles, et je sentis mon corps frissonner de plaisir, comme un souffle d’air frais en plein cagnard. Gabrielle était ce souffle d’air frais, celui qui révolutionnait complètement ma vie. Avant elle, j’étais bien différent. Moins mûr, peut-être. Je passais mon temps à rire de tout et de rien, à aller de conquête en conquête, à vagabonder sur ces eaux troubles qu’était la séduction répétitive. Un petit Dom Juan, sans but ni raison de vivre. A la différence d’autres hommes, je respectais cependant les femmes que je touchais. Il n’y a pas d’amour sans respect, or je les ai toutes aimé. Mais Gabrielle est entrée dans ma vie, et désormais je n’étais plus le même homme. Je réfléchissais beaucoup plus, passais moins de temps avec les autres car ils m’intéressaient moins qu’avant. En dehors de ma Douce, les membres de la Communauté étaient devenus de simples figurants dans ma vie. Je ne dis pas que je m’en moquais totalement, bien sûr que non. Mes amis m’importaient toujours, il n’en serait jamais autrement mais… Elle était la plus importante. La seule que je cherchais des yeux lorsque je rentrais dans une pièce, la seule pour laquelle j’avais ces regards complices. Oui, j’avais changé. C’était peut-être cela devenir un homme. Elle caressa du bout des doigts mon visage, mon sourire devenant plus tendre et affectueux. Lorsqu’ils s’attardèrent sur ma bouche, je les embrassais doucement avant de plonger de nouveau mon regard dans celui de Gabrielle. Elle venait de m’avouer qu’elle me trouvait également désirable et mon cœur chavira. Soudainement, ma respiration perdit un peu de son calme et j’écoutai, d’une oreille attentive, la suite de ses mots.

Je souris plus largement tandis que ses lèvres se mouvaient afin de me complimenter. Venant d’elle, ces paroles avaient la valeur de l’or. Elles me procuraient un plaisir indéfinissable, se savoir aimé de cette manière étant réconfortant. Au fond j’avais besoin, comme tout à chacun, de savoir que je lui plaisais, que me regarder ne lui était pas désagréable. Cela peut paraître d’un narcissisme odieux mais ce ne l’était pas vraiment. Elle était si magnifique, être apprécié physiquement d’une telle personne se révélait d’un flatteur extrême. De plus, elle précisa que ma beauté extérieure n’était que le reflet de ma beauté intérieure et j’en fus que plus touché, trouvant ses mots d’une douceur et d’une gentillesse excise. Ses doigts glissèrent sur mon torse nu, j’éprouvais alors l’envie poignante de l’embrasser mais Gabrielle me devança, dans un baiser enflammé et langoureux. En moi régnait une si grande fierté que je me laissai aller, entourant sa taille de mes bras tandis que les siens passaient autour de ma nuque. Nos deux corps étaient alors comme scellés l’un à l’autre, et très sincèrement je sentais peu à peu l’excitation s’emparer du mien. Gabrielle me rendait mes fougueux baisers, bougeant fiévreusement contre ma peau déjà ardente. Après tout je n’étais qu’un homme, et la savoir aussi proche de moi, sa peau contre la mienne, ne pouvait me donner d’autres idées que celles qui forçaient les frontières de ma retenue. J’avais envie d’elle, cela n’était pas nouveau, et plus les secondes passaient, plus cette envie devenait forte. Je la serrai contre moi comme si j’avais peur qu’elle ne se dérobe tout à coup, qu’elle parte en courant et nous abandonne définitivement, moi et mon désir. Et bien malheureusement, c’est ce qu’il se passa. Je sentis sa langue quitter la mienne et ses lèvres me lâcher, m’abandonner tristement. Son corps jusqu’alors chaud et délicat s’était soudain raidis, et lorsque son visage se recula un peu du mien, mon regard dû se voiler de tristesse. Elle ne voulait pas de moi. Elle ne voulait pas sentir mon corps contre le sien, dans le sien. Ce n’était pas la première fois qu’elle repoussait mes avances endiablées, désormais j’avais conscience de cette interdiction étrange, mais bien malgré cela je ne pouvais me retenir d’essayer. A vrai dire, je répondais seulement à ses propres avances. Ce n’était pas moi qui avais engagé cet ébat mort dans l’œuf.

-Je suis désolée... Pardon... Je n'aurais pas dû...

Elle eut un sourire gêner auquel je ne pu répondre. Ma frustration était plus forte que jamais à présent. Je n’étais pas en colère, non loin de là, mais plutôt chagriné. J’éprouvais en effet une certaine tristesse à ne pas être désiré, malgré ses dires. Sinon, pourquoi me repousser ainsi ? Pour Alexander ? Ce que nous faisions était déjà suffisamment grave pour lui permettre de s’estimer trompé, alors quoi ? L’incompréhension était grande, et étrangement j’étais persuadé de ne pas obtenir de réponse à mes questions. Elle se déroberait, encore une fois. Pensait-elle réellement que je ne me rendais compte de rien ? Que je ne savais pas ? Voyons, j’étais peut-être stupide mais pas à ce point. Ce blocage, cette gêne, ne me disaient rien qui vaille. Sans pouvoir déterminer son origine, je comprenais qu’il y avait là une blessure que je ne parviendrais sans doute jamais à guérir. Cela me faisait du mal. J’étais un incapable. Il se passa quelques secondes d’un lourd silence avant qu’elle ne reprenne la parole, me demandant la manière de dire pardon en grec, et je souris, sentant la tension de mon corps s’évader doucement. Ce n’était pas grave, après tout. Je ne pouvais lui en vouloir pour quoi que ce soit, et encore moins maintenant. Respectant ses choix, je desserrai un peu l’emprise de mes mains sur sa taille et l’observai tandis qu’elle s’excusait, visiblement troublée. Cependant, elle n’avait pas à le faire. Non, je ne lui en voulais pas le moins du monde et ce léger « accident » n’avait aucune incidence sur mon affection. De plus, pour rien au monde je ne désirais revivre l’instant de douleur qui était survenu quelques instants plus tôt. Cela avait été suffisamment difficile pour risquer de reproduire le même schéma destructeur. Ces moments avec Gabrielle, je ne voulais pas les gâcher avec mes sombres idées. Au contraire je voulais en profiter jusqu’à la fin, respirer son parfum avec délectation et frôler ses lèvres savoureuses jusqu’à overdose. Voilà ce que je voulais. Je la voulais, charnellement ou non. Lorsqu’elle se tut, une certaine tristesse ayant jusque là teintée sa voix, je lui souris, essayant de lui faire comprendre silencieusement ce que je m’apprêtais à exprimer tout haut.

« Les choses plus difficiles ? J’avoue que je souffre atrocement. Non mais c’est vrai, être enfermé avec une femme aussi belle contre moi, c’est au-delà du supportable… Je devrais songer au suicide. »

J’haussai un sourcil moqueur qui souligna l’ironique de mes mots. Gabrielle ne comprenait décidemment pas la chance que j’avais d’être avec elle, ne connaissait pas la valeur de sa présence et de ses baisers. Je soupirai, caressant doucement ses cheveux.

« Ce n’est rien. Tu sais, je ne suis pas du genre gros lourd qui reste avec une femme seulement pour ça… Je respecte ton refus, même si tu me titilles beaucoup. »

Mon sourire se fit alors chaleureux, je l’enlaçai de nouveau, posant ma tête dans le creux de son cou. J’y abandonnai un pieux baiser avant de continuer d’une voix douce. Mon esprit tentait de se focaliser sur autre chose pour oublier l'excitation passée.

« Bon alors…συγγνώμη , pardon. ευχαριστώ, merci. Καληνύχτα, bonsoir. Ναι, oui. όχι, non. Répète ? »

Elle me regarda avec de grands yeux ronds et je ne pu m’empêcher d’éclater de rire. Un peu trop rapide pour commencer, certes, mais j’étais bien décidé à lui enseigner les bases de ma langue. Or, si jamais elle avait à parler avec un grec, ces mots lui étaient indispensables. Je les répétai alors tous, articulant soigneusement et avec une lenteur exagérée pour qu’elle aie le temps de les assimiler. Il y avait quelque chose de séduisant à la savoir quelque peu en connaissance avec ma culture. J’avais l’impression qu’en apprenant le grec, elle apprenait encore un peu plus de moi. Et cette idée me plaisait tout particulièrement.


[ HJ : Phonétique : Pardon : signomi. Merci : Efkharisto. Bonsoir : Kalispera. Oui : Né. Non : Ochi. ]

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