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 There's a heaven above you baby.... (PV Katarina)

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Ethan Jones
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MessageSujet: There's a heaven above you baby.... (PV Katarina)   Ven 13 Aoû - 13:46

Je venais de vivre la pire semaine de toute ma vie. J’avais l’impression de ne pas avoir eu aussi mal. Même quand les policiers étaient arrivés chez nous et m’avaient annoncé la mort de mes parents et étaient restés prés d’une heure avec moi, s’assurant que j’allais « bien », je n’avais pas senti mon cœur saigner comme cela. Rien n’était comparable à cette douleur, à ce vide qui s’était formé quand j’avais compris grâce à Alexander qu’on avait amené la femme de ma vie. Maintenant je comprenais vraiment l’expression « mourir de chagrin ».

Bien sûr lors de nos multiples séparations avec Katarina j’avais souffert, terriblement souffert même. Mais elle était encore vivante, je la savais vivante, je la voyais, la sentais…. Mais là…..elle n’était même plus là. Elle avait disparu….Alors que nous étions enfin heureux, et que tout allait bien on venait de me l’arracher sans remords. Je m’étais littéralement écroulé quand Alexander m’avait annoncé qu’elle avait sans doute été enlevée et que deux hommes en faction devant une entrée avaient été tués. J’aurais voulu me réveiller de ce terrible cauchemar.

Il avait fallu toute la force de persuasion de mes amis pour que je reste. Quand j’avais compris qu’elle avait été enlevée, j’avoue que je n’avais pas pensé à Lena. J’avais honte mais je ne pouvais pas revenir en arrière. Tout ce que j’avais eu en tête c’était de partir à la recherche de Katarina. Il fallait que je la retrouve, je n’avais que ça en tête.

Mathilda avait fini par accepter de me donner des calmants sous l’influence de Liam. Et j’étais resté. Je n’avais pas trop le cœur à m’occuper de Lena, et heureusement que Lilly avait été là. Elle avait passé la nuit avec nous. Je n’arrivais pas à m’occuper de ma petite princesse. J’avais honte de ne pas avoir su garder sa mère avec nous. C’était de ma faute ! J’aurais du insister pour ne pas la laisser seule. J’aurais du insister davantage. Mais il était trop tard...On l’avait enlevé et peut être même….

Non…je ne voulais pas penser à ça. Ce n’était pas concevable. Elle n’avait pas le droit….Ils n’avaient pas le droit….Pas elle !

J’avais pleuré toute la nuit avec ma fille dans les bras qui me regardaient avec ses grands yeux blues, ne comprenant pas du tout ce qui se passait. Et je voyais bien qu’elle cherchait sa mère. Je lui avais fait la promesse de retrouver Katarina. Lena avait besoin d’elle, j’avais besoin d’elle ! Nous n’étions rien sans elle, rien du tout.

Plusieurs fois dans la nuit, j’avais essayé de partir à sa recherche. Mais Alexander avait forcé quelqu’un à surveiller mes allées et venues. Il ne comprenait pas !!! Je ne pouvais pas rester là sans rien faire alors qu’elle avait disparu. Je ne pouvais pas !!! Mais il m’avait convaincu que je ne pouvais pas partir en pleine nuit. C’était bien trop dangereux. Et il avait tiré sur la corde sensible en me disant que je n’avais pas le droit d’abandonner notre fille.

Mais dés le lendemain matin, j’avais à nouveau confié Lena à Liam et Lilly et j’avais passé la journée entière à rechercher ma femme. En vain…. J’étais tombé sur des types un peu louches dans Central Park, mais même en les menaçant de les descendre s’ils ne me donnaient pas d’informations, je n’avais rien tiré d’eux. Alors après leur avoir collé une droite pour m’avoir pris de haut, j’avais fini par rentrer à la tombée de la nuit. J’étais plus hystérique que jamais. Je ne mangeais plus, rien ne passait. Et puis je n’avais qu’une seule idée en tête : la retrouver. Je n’arrivais même plus à m’occuper de notre petite fille qui n’avait rien demandé. Je n’y arrivais pas. J’avais tellement peur de lui faire du mal. J’avais essayé de la changer, mais quand elle avait commencé à pleurer parce qu’elle n’aimait pas se retrouver nue, j’avais failli lui crier dessus et Lilly avait eu peur alors elle avait pris le relais. J’avais failli m’en prendre à ma petite princesse. J’étais déjà un piètre mari, et voilà que maintenant j’étais un père de bas étage….

Je n’avais pas dormi cette nuit là non plus. Je m’étais à peine assoupi….J’étais épuisé, mais je m’en fichais. Une seule chose m’importait : retrouver ma femme vivante.

Le lendemain, la journée s’est passée de la même façon. Je me suis armé jusqu’aux dents, embrassant ma fille avant de partir. Et j’ai cherché, cherché. J’ai poussé un peu plus loin mes recherches. J’ai fouillé la gare de Grand Central pendant quelques heures. En vain….

Et j’ai finalement compris que je devais rentrer. Je n’avais croisé personne susceptible de m’aider, et ça me rendait complètement dingue. J’ai pleuré cette nuit là. Pleuré comme un bébé dans les bras de mon meilleur ami. Je n’arrivais pas à croire que je l’avais perdu. J’avais envisagé de me donner la mort. Mais Liam m’avait rappelé que j’avais Lena et que je n’avais pas le droit de lui faire ça. Et puis je m’étais dis qu’il avait raison, et tant que je n’avais pas retrouvé ma femme, morte ou vivante, je ne renoncerais pas.

Je ne supportais plus rien, ni personne. Mais j’avais réussi à dormir, jusqu’à ce que je me réveille en hurlant le prénom de ma femme.

Katarina avait disparu déjà depuis trois jours, et je ne savais toujours pas ce qui avait pu se passer. Alexander et Aaron avait enterré les corps de nos deux hommes, mais je n’avais pas voulu les aider. Je les accusais de ne pas avoir fait leur travail. Et je refusais d’admettre qu’ils avaient sans doute donné leur vie en échange de celle de Katarina. Ils avaient du la défendre au détriment de leur vie. Mais je ne voyais pas ça de cette façon là. J’avais besoin d’accuser tout le monde. Moi le premier.
Lena sentait qu’il se passait quelque chose parce que dés que je l’avais dans les bras, elle pleurait. Elle cherchait sa mère….et je n’étais pas capable de m’en occuper… Sans Katarina je n’avais pas la force pour vivre et m’occuper de notre fille. Ma force c’était Katarina. Et elle n’était plus là….

Et je ne la trouvais toujours pas…

J’avais décidé de pousser mes recherches le quatrième jour jusqu’au Bronx. Je me fichais pas mal de savoir que j’avais atteint les frontières des hors-la-loi. J’étais aveuglé par mon désir de retrouver ma femme. J’ai fini par tomber sur Vitali par hasard. Je ne savais pas qui c’était, et j’ignorais qu’il était en route pour nous apporter des vivres. Mais quand je l’ai vu, je l’ai pris en joug et je l’ai menacé de lui tirer dessus. Et puis, le flingue posé sur sa tempe, je lui ai demandé s’il avait des infos. Quand j’ai prononcé le prénom de ma fille, il a laissé tomber à terre ce qu’il avait dans les bras. Il s’est présenté, et est resté choqué par ce que je l’apprenais.

Nous avons franchis les limites hors du territoire de son père, par précaution. Et il m’a posé tout un tas de questions, avant de me dire de retourner voir Lena. Il m’a promis de faire son enquête et de me donner des nouvelles de Katarina s’il arrivait à en avoir. Il a été le premier que j’ai écouté depuis des jours. Il allait m’aider…on allait la retrouver. Je voyais qu’il tenait à Katarina. J’avais l’impression que nous étions les seuls au monde à se soucier de sa disparition….

Alors le lendemain, je me suis rendu à notre rendez vous devant Grand Central et il m’a appris qu’elle était dans un immeuble de son père….. Il ne savait pas où exactement mais il avait entendu des bruits de couloir en fouinant un peu. Bien sûr il ne pouvait pas m’aider à la chercher. Il risquait trop gros…. Mais il allait me protéger….

Je suis rentré à la communauté m’armer jusqu’aux dents et embrasser une dernière fois ma fille. Et pendant deux jours j’ai cherché et cherché ma femme. J’ai fouillé des tas d’immeubles de fond en comble. Vitali menait sa petite enquête de son côté et on se retrouvait le soir pour partager nos informations. Il avait trouvé où elle était. J’allais me précipiter vers l’endroit qu’il m’avait indiqué avant qu’il ne m’arrête. Il fallait que je le laisse faire. Je courais au suicide selon lui si je débarquais comme ça. Alors il m’a demandé d’attendre le lendemain, le temps qu’il trouve une solution pour déserter les lieux.

J’ai refusé mais il m’a convaincu que je devais le faire aussi pour Katarina. Ils risquaient de la tuer. Mais il m’assurait qu’elle était vivante. Il ne l’avait pas vu mais elle était vivante !

J’ai passé une nuit tapi dans un coin en attendant le feu vert de Vitali. C’est quand je l’ai vu venir à ma rencontre que j’ai compris que j’allais revoir ma femme. Mais il paraissait soucieux. Il avait fait son maximum, mais il me disait qu’il valait mieux attendre. Seulement il était hors de question que j’attende. Je refusais d’attendre plus longtemps. Quand je suis arrivé dans cet immeuble, je n’avais pas pris la peine de faire attention à ce que personne ne soit dans les parages. Alors quand j’ai vu cet homme, j’ai tiré sans réfléchir. Ce n’était pas comme si c’était le premier homme que je tuais. Depuis quelques jours, il était le troisième. Et je n’avais pas de remords. Je n’étais plus moi-même. JE faisais ça pour la retrouver….

Et j’ai bien fait… Parce que quand j’ai ouvert la porte devant laquelle il était, j’ai plongé dans un noir complet, et j’entendais une respiration forcée. Je n’étais pas sûr que ce soit elle, mais mon aveuglement était tel que je ne voyais qu’elle. Je me suis approché lentement et j’ai vu grâce à un rai de lumière la silhouette recroquevillée de ma femme. Je me suis précipité vers elle.

-Katarina !!!!

Elle ne réagissait pas. Mon cœur s’est brisé. Je l’ai serré contre moi. J’avais tellement mal, mais j’étais tellement soulagé de la voir vivante, de la tenir contre moi.

-Mon ange, mon amour !!! C’est moi !!!Je suis là mon ange !
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: There's a heaven above you baby.... (PV Katarina)   Dim 15 Aoû - 13:57

Mourir. J''allais mourir. Cette certitude, pourtant acquise depuis un certain temps prenait de plus en plus d'ampleur. Chaque jour; chaque heure qui passait me rapprochait de l'inévitable. Voilà. C'était tout. J'avais été torturée des heures pendant chaque jour, et maintenant on semblait comprendre que je ne dirais rien, sur quoi que ce soit... Je ne savais rien au sujet de mon père et je refusais de livrer la moindre information sur la communauté. Je n'étais pas idiote. Je savais que j'allais mourir. Alors autant mourir en ne divulguant aucune information. Je refusais de mettre mes amis en danger... Je refusais de mettre ma fille et mon amour en danger... Ma vie ne valait pas plus que celles de ceux qui vivaient dans la communauté. Et puis j'avais perdu tout espoir depuis longtemps... J'étais comme un animal que l'on conduit à l'abattoir. Je savais que j'allais y rester, mais je ne pouvais pas faire quoi que ce soit pour éviter cette issue fatale. J'étais au bord du précipice et quelqu'un n'allait pas tarder à me pousser. La question était : qui ? Je savais qu'Alan en mourait d'envie. Mais Armando le laisserait-il faire ? Je ne le savais pas. Tout ce que je savais, c'est que tous les deux prenaient beaucoup de plaisir à me réduire en miettes jour après jour. J'étais comme une petite poupée de porcelaine qu'on casse un peu plus à chaque fois qu'on la touche. Et j'étais en même temps comme une poupée de chiffon. Incapable de la moindre réaction. « Allez-y frappez moi. De toute façon cela ne changera rien. » J'avais presque envie que l'on m'achève. Ma résistance avait des limites. Et elles avaient été dépassées depuis longtemps. Je n'en pouvais plus de tant de souffrances. Tuez moi, tuez moi ! Que je cesse de penser, de ressentir, de me souvenir...

J'avais décidé de ne plus manger, de ne plus boire. Je ne voulais plus, je ne pouvais plus. C'était comme si mon corps rejetait ce dont il avait le plus besoin. Oh, non... Ce n'était pas de nourriture dont mon corps avait besoin. J'avais le besoin vital de sentir les bras d'Ethan autour de moi. Ce besoin était viscéral. Mais c'était le froid qui me tenait entre ses griffes. Et il devenait plus intense chaque jour. Sans compter toute cette noirceur autour de moi... L'ampoule de ma cellule avait grillé. Et on avait décidé que ce n'était certainement pas très grave de me laisser mourir de froid dans le noir. À moins qu'ils ne veuillent tout simplement pas me voir mourir ? Ils voulaient peut-être se décharger de toute responsabilité... Encore qu'Alan pouvait décider à tout moment de débarquer et de me coller une balle dans la tête. Mais je préférais ça à... autre chose. Mais malheureusement pour moi, il avait promis de revenir pour « finir ce qu'il avait commencé ». La traduction n'était pas nécessaire. Je voyais très bien où il voulait en venir. Et je priais pour mourir avant que cela n'arrive. Il m'avait déjà assez souillée. Et j'avais promis à Ethan que je serais toujours sienne... Même si je n'étais pas vraiment d'accord pour être violée, pour moi c'était comme une sorte de tromperie. Je me sentais terriblement mal à l'idée de savoir que le dernier homme qui m'aurait touché ne serait pas mon mari. Cela me rendait tout simplement malade. Et folle de chagrin...

J'étais recroquevillée dans un coin de la pièce, loin de la porte, mes jambes ramenées contre ma poitrine. Je ne pouvais plus marcher. Mon genou me faisait trop mal, et dès que je tentais de me mettre debout, mes jambes flageolaient et je m'écroulais. Mon corps disait stop... Alors j'attendais, grelottante de froid. J'entendais vaguement les allées et venues dans le couloir. Je dois bien admettre que je craignais toujours que quelqu'un n'entre dans la pièce où je me trouvais. J'étais devenue paranoïaque. Complètement... J'ai eu un sursaut quand j'ai entendu un coup de feu dans les couloirs. Je me suis un peu plus repliée sur moi même. Il m'a semblé entendre quelque chose tomber lourdement au sol, comme un corps. J'ai senti la peur s'insinuer en moi une fois encore. J'aurais aimé pouvoir disparaître. Là, tout de suite. J'ai mordu la manche de mon pull pour étouffer un cri. Les tremblements se sont intensifiés sans que je puisse faire quoi que ce soit pour les arrêter, ou au moins les calmer. J'avais les nerfs à vif, je sentais que j'étais à deux doigts de fondre en larmes. Ma respiration s'accélérait et je sentais une boule se former dans ma gorge. La porte s'est ouverte et j'ai fermé les yeux tant la lumière me semblait violente tout à coup. J'ai enfoui ma tête entre mes jambes. Mais je savais d'avance que ce geste ne me sauverait pas...

Je me suis raidie et j'ai senti mon sang se glacer. Ethan. C'était la voix d'Ethan. Mais Ethan n'était pas là. Il ne serait plus jamais là. J'hallucinais. Il n'y avait pas d'autre explication. J'étais en train de devenir folle. J'entendais sa voix. Avec ce ton si inquiet... Cette torture était pire que toutes les autres. J'ai plaqué mes mains sur mes oreilles pour ne plus entendre. La folie, c'était plus que je ne pouvais en supporter. J'ai senti des bras s'enrouler autour de moi et j'ai eu envie de me débattre. Mais je n'ai pas pu et... l'étreinte était douce, presque agréable.

Non, pas presque.
Elle ETAIT agréable.

Un peu trop même. Est-ce que j'étais morte, enfin ? Ou était-ce autre chose ? J'ai cligné des yeux plusieurs fois en entendant de nouveau la voix d'Ethan. J'ai ouvert les yeux et les ai relevé. Je suis restée bouche bée une minute. Totalement incrédule.

« E... Ethan....? Ethan ? »

Je répétais son nom, c'était la seule chose que j'étais capable de dire. J'ai tendu une main tremblotante et poisseuse de sang vers son visage. J'ai caressé sa joue avec un air ahuri. J'ai senti les larmes se mettre à couler sur mes joues. Mais j'ignorais si je devais être soulagée ou pas. J'ai passé mon bras autour de lui et j'ai enfoui ma tête au creux de son cou.

« J'ai... J'ai cru que tu ne me trouverais jamais...J'ai cru que jamais plus... »

Dès le moment où j'avais été enlevée, j'avais su qu'Ethan me chercherait. Mais j'avais cru qu'il ne me trouverait jamais. Jamais. J'avais perdu tout espoir. Mais il était là. Il m'avait trouvée. Je ne savais pas par quel miracle, mais il m'avait trouvée.

« Emmène moi Ethan... S'il te plait... Emmène moi... Je t'en supplie... »

Maintenant qu'il était là, hors de question de mourir. Hors de question de mourir là, dans cet état, dans ses bras... Pas comme ça... J'avais déjà l'air assez pitoyable, à sangloter, à trembler et à le supplier. Je me suis accroché nerveusement à la manche de sa veste. Complètement paniquée.

« Il va revenir, Ethan... Il... Alan... Il va revenir... Il a dit qu'il allait revenir... Je ne veux pas... Je ne veux pas... Ethan... »

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: There's a heaven above you baby.... (PV Katarina)   Mar 17 Aoû - 14:25

Je la respirais à fond comme jamais je ne l’avais fait auparavant. Même quand je l’avais cru morte dans mes bras il n’y a pas si longtemps, je n’avais pas respiré son odeur de cette façon. Là, je m’en imprégnais, m’en remplissait les poumons au risque de les faires imploser. Mais j’avais besoin de sentir son parfum. C’était devenu encore plus vital que de respirer. Finalement, la cocaïne ou l’héroïne n’étaient rien en comparaison avec l’effet qu’avait Katarina sur moi. J’avais besoin d’elle tout le temps, j’étais accro à elle tout simplement. Et là….la respirer, renifler son odeur, sentir tout mon corps se relâcher parce qu’il a enfin sa dose m’a fait perdre tout sens de la réalité dans de longues secondes.

Après tant de jours à devenir fou d’inquiétude et de désespoir, je la retrouvais enfin. Elle était là. Dans mes bras. Et je pouvais la sentir, la voir, la toucher, l’embrasser .Et j’avais tellement peur de voir qu’elle ne réagissait pas. Elle me regardait avec ses grands yeux gris bleus. Elle me regardait oui….mais j’avais l’impression qu’elle ne me voyait pas. Qu’est ce qu’ils lui avaient fait ? Pourquoi avais-je de mauvaises sensations maintenant ? Et puis après une éternité pour mon cœur, où il a cessé de battre et où ma respiration est restée suspendue, la peur est tombée d’un seul coup.

« E... Ethan....? Ethan ? »

J’ai senti mes épaules s’affaisser de soulagement. Elle avait compris que c’était moi, elle m’avait vu et reconnu. J’étais incapable du moindre mouvement tellement j’étais soulagé. J’aurais aimé la serrer contre moi, la bercer en lui disant des paroles réconfortantes et en lui disant tout mon amour pour elle. Mais tandis qu’elle me caressait la joue, j’ai juste réussi à aligner deux mots avant que ma voix ne retombe comme un soufflet.

-Mon amour….

Le temps venait de se suspendre au dessus de nos têtes. Et nous étions sourds à tout ce qui pouvait se passer autour de nous. C’est comme si une bulle venait de nous entourer et de nous isoler du reste du monde. Nous nous retrouvions enfin. Mais j’avais l’impression que nous étions au bord d’un précipice et qu’il suffisait d’un coup de vent pour nous faire tomber dans le vide et le néant.

Et puis….je l’ai regardé. Telle qu’elle était vraiment. Et mon cœur s’est arrêté une seconde fois…Ses larmes repoussaient lentement un mélange noir et rouge sur tout son visage. Ma bouche s’est ouverte en grand quand j’ai compris que cette couleur rougeâtre était du sang ….Et sous les larmes, se révélait son teint véritable. Elle était encore plus pâle que d’habitude. C’est comme si les larmes nettoyaient son visage et qu’il apparaissait au grand jour. Son visage pâle…ses yeux cernés de bleus et surtout….un macaron violacé du côté gauche….

…..

Je venais de comprendre ce que ça signifiait….

On l’avait frappé….on avait osé lever la main sur elle….On avait violenté mon petit ange…

Je ne sais pas si c’est parce qu’elle a vu que je m’étais rendu compte de l’horreur qu’on pouvait voir sur son visage d’ordinaire si doux et souriant, mais elle a caché son visage dans mon cou en m’enlaçant. Et j’étais toujours sous le choc. C’était fini…..on venait de me briser le cœur définitivement….Entendre sa voix agissait d’ordinaire comme un baume sur mon cœur. Mais sa voix était si basse, si brisée que je n’étais pas rassuré. Comment pourrais-je l’être maintenant que j’avais vu les blessures qu’on lui avait infligées ?

« J'ai... J'ai cru que tu ne me trouverais jamais...J'ai cru que jamais plus... »

Elle n’a pas fini sa phrase mais j’ai compris ce qu’elle voulait dire. Elle avait cru que malgré mon amour pour elle, je ne sois pas en mesure de trouver une façon de la localiser et qu’on ne se reverrait plus. Et je savais qu’elle pensait à notre petite princesse. Mais moi je n’avais jamais perdu espoir, à aucun moment. J’aurais tout fait pour la retrouver, absolument tout. Et je l’avais fait. Pourtant je ne regrettais rien….Même pas les gens que j’avais tués. Ce n’était absolument pas quelque chose qui me donnait un cas de conscience. Je me disais qu’ils avaient été là au mauvais moment.

Je n’ai pu que la serrer contre moi en l’embrassant dans les cheveux. Je recommençais à être fou de rage parce qu’on avait éloigné une femme de son mari, une mére de son enfant, et qu’on l’avait frappé. Je n’arrivais pas à tolérer qu’on puisse lever la main sur une femme. Alors sur MA femme….c’était bien pire.

Je sentais que la colère avait refait son apparition. Que se serait-il passé si je ne l’avais pas retrouvée à temps ?

« Emmène-moi Ethan... S'il te plait... Emmène-moi... Je t'en supplie... »

J’étais focalisé maintenant sur ce qu’avait été ma vie durant une semaine entière. Et je me rendais compte que j’avais cessé de vivre. La vie s’était suspendue pendant une semaine sur nos vies. Katarina avait été enlevée et on l’avait arrachée à sa petite fille d’à peine un mois. Et à cet âge là c’était tout simplement cruel. Comment pouvait-on faire ça à une mère et son enfant ? Ce n’était pas seulement à ma douleur auquel je pensais. Oui j’avais souffert bien entendu….même plus que ça…. Mais je pensais à elles. Katarina avait été arrachée à tout ce qui faisait sa vie, on l’avait battue, affamé sans doute, et privé de sommeil. Et Lena…..elle qui n’avait jamais passé avant plus de deux heures éloigné de sa mère et qui avait une relation fusionnelle avec Katarina…. Elle qui n’avait certainement pas compris pourquoi sa mère n’était pas là, pourquoi son père avait du mal à rester auprès d’elle et la « rejetait ». Et surtout….pourquoi la nourrissait-on avec un biberon ? Avec du lait qui n’avait pas le gout délicieux de celui de sa mère ?

Je ne savais pas encore qui l’avait arrachée à sa famille et qui l’avait torturé ainsi, parce que quand Vitali était revenu, je ne l’avais pas écouté. J’avais couru vers l’endroit qu’il m’avait indiqué. Il était hors de question que je perde une seule seconde de plus loin de la femme de ma vie. Il fallait que je la retrouve et que je l’arrache à cette captivité.

J’avais envie d’hurler et de frapper les coupables de cette horreur. Je voulais les tuer pour avoir ne serait ce qu’effleurer de leurs mains la joue de mon ange. Ils avaient commis le péché le plus cruel et condamnable qui soit à mes yeux. J’aurais pu la laisser là et aller tirer sur toute personne se trouverait en travers de mon chemin, mais elle s’est accrochée à moi en gémissant et en pleurant encore.

« Il va revenir, Ethan... Il... Alan... Il va revenir... Il a dit qu'il allait revenir... Je ne veux pas... Je ne veux pas... Ethan... »

Je suis resté pétrifié quand elle a prononcé le prénom de celui qui avait été mon dealer pendant tant d’années. Comment avais-je pu ne pas penser à lui une seule seconde ? J’avais l’impression que je passais par tout un tas d’émotions contradictoires en un éclair. Mes sentiments faisaient les montagnes russes, passant d’un état à l’autre sans crier gare. En moins de cinq minutes, j’étais passé par le soulagement, l’amour, la colère, la haine……Mais là…la haine dominait tout. Elle effaçait tout. Elle effaçait ce qu’elle venait de m’avouer et que mon esprit tentait de chasser….Elle avait peur et elle voulait qu’on parte. Il lui faisait peur….

Tout ce que je retenais c’’est qu’il allait revenir. Il lui avait dit. Il lui avait certainement promis sadiquement. Et alors que j’aurais du partir avec ma femme et l’éloigner de tout ça, tout ce dont j’avais envie c’était de vengeance. Maintenant que je savais qui était le coupable, l’esprit de vengeance dominait dans ma tête. Envahissant mon raisonnement tout entier. Il aurait été plus prudent de partir maintenant et de s’occuper d’elle, mais je voulais l’affronter. Je savais que j’allais le tuer. Pour avoir osé l’enlever, l’arracher à moi et la frapper.

Finalement, il avait réussi à me faire mal. Vraiment mal ! Mais j’allais mettre fin à son jeu morbide. J’allais le tuer. Peu importe la manière, mais j’allais le tuer. J’ai serré Katarina dans mes bras et je lui ai parlé de façon si mécanique qu’on aurait pu sans doute avoir l’impression qu’il s’agissait d’une voix pré enregistrée, mais j’étais simplement hors de moi.

-Il ne te touchera pas mon ange, il ne te touchera pas…..

Il l’avait assez frappé et traumatisé comme ça. Jamais je n’aurais fait à Lucy ce qu’il avait du faire à Katarina. Et je n’étais pas coupable de sa mort. Je n’avais pas voulu qu’elle meure. Elle était gentille et douce…..Elle n’avait pas mérité ça…. Mais je n’y pouvais rien…..Il avait contribué sans doute autant que moi à sa mort… Mais il m’accusait de tout…Et maintenant qu’il avait réalisé qu’il pouvait me rendre la monnaie de ma pièce….Je repensais à son désir de vengeance, et le nourrissait comme on nourrit son enfant chéri.

J’étais prêt à la laisser là pour aller le tuer de mes propres mains quand le Ciel a semblé entendre mes prières. Il est apparu à l’embrasure de la porte, sans doute étonné de voir le corps de son chien de garde un peu plus loin et la lumière crue du couloir inonder la pièce dans laquelle il avait laissé ma femme. MA FEMME !

Dés que je l’ai vu, j’ai su que j’allais lui sauter dessus. Il m’avait vu aussi. Et il avait l’air heureux que je sois là. C’était peut être ce qu’il espérait le plus. Que je la cherche et la trouve. Comment pouvait-il penser que je ne l’aurais pas cherché. J’avais remué ciel et terre pour elle. Et si je n’avais pas été là avant c’est parce qu’on m’en avait empêché et parce que Lena était là…..

-Jones….

Mais maintenant j’étais là. Et j’allais le tuer. J’ai pris soin de caler Katarina contre le mur le plus doucement possible. C’était même étrange que mon instinct de tueur sache encore que je devais être délicat avec elle. Tout ce que je voyais c’était mon désir de le tuer, de mes propres mains si possible. J’allais le faire avec plaisir. Et je lui ai foncé dessus aussi vite qu’un taureau. Et de toute ma force et mon élan je l’ai fait reculer jusqu’au mur dans le couloir en le prenant par le tee shirt.

-T’AVAIS PAS LE DROIT !!!!!

Ma rage, ma fureur, ma colère….ma haine….arrivaient enfin à sortir. Il savait que je ne laisserais pas son acte impuni, il devait savoir que je l’aimais. C’était ridicule. Katarina n’avait rien fait pour mériter ça. Elle aurait du être en dehors de tout cela, elle aurait du le rester. Et je me doutais de ce que cela signifiait…. Il l’avait touché, il avait posé ses mains sur elle, il l’avait certainement….

Non pas ça !!!! Pas ça !!!!

J’ai relâché ma vigilance pendant quelques secondes parce que j’imaginais tout ce qu’il avait promis de lui faire quand il avait compris que je tenais enfin à quelqu’un et qu’il tenait là le moyen de se venger de la mort de Lucy. Il m’a à son tour pris par les épaules en nous envoyant tous les deux de l’autre côté. Nous sommes tombés en arrière prés de la porte. Lui sur moi. Mais aucun de nous ne lâchait l’autre.

-Et toi t’avais le droit de la laisser mourir ? Je t’ai rendu la monnaie de ta pièce Ethan ! Tu veux me voir tuer ta femme ?

Il croyait qu’il allait encore ne serait ce que l’effleurer ? Qu’il n’essaye pas, qu’il n’y pense pas…. Je respirais difficilement. Disons que ma respiration n’avait rien de régulière. Ma force décuplait ma rage et je nous ai fait rouler, me retrouvant maintenant au dessus de lui.

-JE VAIS TE CREVER LES YEUX !!
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: There's a heaven above you baby.... (PV Katarina)   Mar 17 Aoû - 17:11

Il m'avait trouvée... Il... Il m'avait trouvée... C'était... un miracle. Ou un rêve. Une hallucination. Ou peut-être que j'étais déjà morte ? Non, ce n'était pas possible... Si j'étais vraiment morte, je ne serais pas dans cet état. Si j'étais morte, je serais jolie et... seule. Parce qu'Ethan, lui, ne serait pas mort. Donc j'étais vivante. J'étais vivante et il était avec moi. J'avais eu si froid pendant tous ces jours... Et maintenant, j'étais dans ses bras, calée contre lui. La chaleur de son corps envahissait peu à peu le mien, et mes tremblements cessaient peu à peu. Il m'a serrée dans ses bras tandis que j'enfouissais ma tête dans son cou. Ça m'avait tellement manqué de ne plus sentir sa peau contre la mienne... J'aurais un peu plus de force, j'aurais certainement passé ma main sous son pull pour caresser la peau de son torse. Ce geste n'aurait rien eu d'équivoque. C'était une habitude que j'avais prise pour me rassurer et m'apaiser, et Ethan le savait très bien. Mais là, le sentir simplement contre moi emplissait mon cœur de joie, et aussi de soulagement. Il était là... Et il était visiblement horrifié par ce qu'il voyait. Je n'avais pas la moindre idée de ce à quoi je pouvais ressembler. Je savais que j'avais mal et que j'étais toute pleine de sang, mais c'était tout. Je ne pouvais pas voir l'ampleur des dégâts. Je pouvais à peine voir mes pieds, dans le noir dans lequel j'étais plongée. J'étais comme aveugle et la lumière me faisait mal aux yeux. Je n'avais plus vu le soleil depuis des jours entiers. Je ne savais pas depuis combien de temps j'étais enfermée dans cette cave humide. Des jours ? Des semaines ? Des mois ? J'avais perdu le fil de temps. On aurait pu me dire que cela faisait des années que j'étais là, j'aurais été capable de le croire. Mais rien de tout cela ne comptait plus. Ethan était là. J'avais eu tellement peur, tellement mal à l'idée de ne plus jamais le revoir... Me séparer de lui, ça avait été comme m'arracher le cœur morceau par morceau avant de le piétiner à mes pieds. Et me séparer de Lena ça avait été comme m'éventer avec une petite cuillère.

Je n'avais pas la moindre idée de ce qu'il se passait dans l'esprit d'Ethan. Il me serrait contre lui, mais il était nerveux. Tout son corps était tendu. Il me berçait contre lui doucement, embrassant mes cheveux. Mais je sentais sa respiration qui s'accélérait, ainsi que tous les efforts qu'il faisait pour ne pas se mettre à hurler. Il était en colère, terriblement en colère... Ce que je comprenais. Comment aurais-je réagi si je l'avais retrouvé dans le même état que le mien ? J'étais si désespérée et si terrifiée que j'ai fait quelque chose que je ne faisais pas souvent. Je l'ai supplié de m'emmener loin d'ici. Une minute de plus ici, c'était plus que je ne pouvais en supporter. J'étais à bout, à bout de tout. Une heure de plus dans cet endroit me tuerait. J'en avais la certitude. Et si ce n'était pas la douleur et la fatigue qui me tuaient, ce serait Alan. Il frappait si fort... Tellement fort... Plus fort qu'Armando, même, qui lui se bornait à me garder en vie. Alan voulait juste voir jusqu'où il pouvait aller. Il se fichait bien de me garder en vie ou non. Tout ce qu'il voulait c'était me faire du mal, me voir souffrir. Il voulait m'entendre « gueuler le nom d'Ethan jusqu'à en crever. » Je ne l'avais jamais fait. J'avais crié, hurlé, mais je n'avais jamais appelé Ethan au secours, quand bien même j'en avais eu très envie. Hors de question de faire ce plaisir à Alan... Alors pour se venger, il m'avait dit toutes les horreurs possibles sur Ethan. Mais peu m'importait... Il était là, il était venu. Le reste n'avait absolument aucune importance. Pour le moment. J'ai à peine pu savourer cet instant où nous nous retrouvions. Il fallait qu'il sache. Qu'il sache qu'Alan était là, et qu'il n'allait sans doute pas tarder à revenir. Je sentais la colère monter chez Ethan tandis qu'il me disait qu'Alan ne me toucherait pas.

J'ai cru que j'allais me mettre à hurler comme une folle furieuse quand j'ai entendu la voix d'Alan. Mon cœur a accéléré si brusquement que j'ai cru qu'il allait lâcher. J'ai ouvert de grands yeux terrifiés. Personne ne m'avait jamais fait aussi peur. Cet homme me glaçait le sang... Et rien que de penser à ce qu'il m'avait... fait. Je repensais à ses mains sur mon corps, ses lèvres plaquées contre les miennes... J'ai eu si honte tout à coup. Je m'étais débattue, mais au fond cela ne changeait rien. Cela ne l'avait pas empêché de faire ce qu'il voulait. Il n'était pas parvenu à me violer au sens propre du terme, mais... Pour moi c'était du pareil au même. Il m'avait caressée, embrassée, touchée tandis que je ne l'y autorisais pas. Je me sentais violée. Vraiment. Et rien que de penser qu'il aurait pu... terminer ce qu'il avait commencé, j'en avais la nausée. Je me sentais si coupable par rapport à Ethan. J'avais laissé un autre homme me toucher. Alors que je l'avais épousé, lui. C'était comme si je l'avais trompé. J'ai eu comme un haut le cœur. Et j'ai cru que j'allais m'évanouir. Ce n'est que parce qu'Ethan a bougé que je ne me suis pas laissée aller. Je me suis mise à gémir et à sangloter quand j'ai senti que je quittais ses bras. Non ! Non, je ne voulais pas qu'il me laisse ! Non ! Non ! J'ai tenté de m'accrocher à sa veste, mais mes doigts ont glissé sur le cuir et je n'ai pas su l'attraper. Alors j'ai seulement pleuré et supplié. Mais il ne m'entendait déjà plus.

Je l'ai vu se jeter sur Alan avec une violence inouïe, qu'au fond je trouvais terrifiante. J'ai entendu un bruit sourd et j'ai compris qu'Ethan venait de plaquer Alan contre le mur. Mais ils avaient quitté la pièce, je ne les voyais plus. J'entendais juste Ethan hurler. J'ai plaqué mes mains sur mes oreilles et je me suis recroquevillée, comme pour ne plus rien entendre. Hélas, j'entendais absolument tout. J'ai eu un sursaut monstrueux et j'ai fait un bond en arrière quand il sont retombés dans la pièce. Alan dominait Ethan, mais celui ci le tenait fermement. J'ai entendu ce qu'Alan a dit à mon propos et à celui de Lucy. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je me suis mise à hurler comme une hystérique. Mes hurlements couvraient ceux d'Ethan. De monstrueux sanglots secouaient ma poitrine et m'empêchaient de respirer. À travers mes larmes j'ai vaguement vu Ethan reprendre le dessus sur Alan. Je ne l'avais jamais vu comme ça. Et je devais bien avouer que cela me terrifiait. Voilà le côté violent et assassin d'Ethan. Voilà ce côté que j'aurais voulu ne jamais voir. Voilà ce côté qui allait probablement, certainement, me sauver la vie.

M peur était à présent décuplée par le fait que j'avais peur pour Ethan, encore que ce dernier s'en sortait relativement bien pour le moment. Mais je n'étais pas idiote, je savais que ce serait un duel à mort. L'un d'entre eux ne s'en sortirait pas vivant. Et j'avoue que je ne savais pas qui aurait le dessus... Je me souvenais trop bien de la façon dont Alan m'avait traitée. Et j'avais si peur qu'il s'en prenne encore plus durement à Ethan... Je me suis rendue compte beaucoup trop tard qu'un autre homme venait d'entrer dans la pièce. Je n'ai pas eu de mal à le reconnaître. C'était celui qui avait aidé Alan à m'enlever, me droguer, me torturer...

« SORS MOI CETTE SALOPE D'ICI ! TOUT DE SUITE ! »

J'ai jeté un regard paniqué à Ethan, puis à Alan, et enfin à l'autre homme, qui se précipitait vers moi. J'ai tenté de m'échapper, mais il m'a attrapé par les cheveux et il m'a jetée par terre violemment. Puis il m'a attrapé par le bras – ce qui au passage me fit atrocement mal, avant de commencer à me trainer dehors. Je me suis débattue en hurlant et en gémissant. Je me suis raccrochée à la manche d'Ethan, et j'ai refusé de le lâcher cette fois.

« Ne le laisse pas m'emmener, ne le laisse pas m'emmener ! Ethan ! ETHAN ! »

L'autre m'a collé son coude dans les côtes pour me faire lâcher. J'ai hurlé avant de lâcher Ethan, bien malgré moi. Puis il a plaqué sa main sur ma bouche pour m'empêcher de crier et il a passé un bras autour de moi pour me trainer dehors. J'ai continué à me débattre, difficilement. Bouger me faisait si mal... Au final, tout ce que je pouvais faire c'était hurler silencieusement. Je cherchais à croiser le regard d'Ethan, désespérément. Ne le laisse pas m'emmener... Ne le laisse pas m'emmener...

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MessageSujet: Re: There's a heaven above you baby.... (PV Katarina)   Mer 18 Aoû - 17:06

J’avais envie de le faire souffrir pendant des heures. Comme il l’avait sans doute fait avec ma femme. Le connaissant il avait du y prendre un plaisir sadique. Je n’imaginais que trop bien qu’il avait du rire de la voir comme ça. Et ça m’était intolérable. Parce qu’elle ne méritait pas qu’on lève la main sur elle ou ne serait ce qu’on y pense….Il fallait vraiment n’avoir aucune humanité pour lever la main sur une femme. Mais ça ne m étonnait pas d’Alan. Il n’avait pas de cœur….il était dépourvu de toute humanité.

J’allais commencer par lui crever les yeux. Et ce n’était pas une plaisanterie, j’allais le faire. Je cherchais quelque chose de pointu pour le faire. Rapidement parce que si pour le moment j’avais le dessus, je connaissais sa force et je savais qu’il était capable de faire usage de sa force et de se retrouver au dessus de moi encore une fois. Il était tout de même bien plus musclé que moi. Même si je m’étais épaissi depuis que nous nous étions « perdus de vue ». J’avais trouvé quelque chose au sol…un clou… Je ne savais pas ce qu’il faisait là mais c’était bien le cadet de mes soucis. Il était là et c’est tout ce qui comptait. J’allais le prendre quand quelqu’un est apparu à l’embrasure de la porte. Alan l’a bien sur vu avant moi…. Et il s’est mis à hurler.

« SORS MOI CETTE SALOPE D'ICI ! TOUT DE SUITE ! »

J’ai mis moins d’une seconde à comprendre de qui il parlait. Il venait de traiter ma femme de pute. Mais surtout il avait ordonné à l’autre de partir avec ma femme. De quel droit se permettait-il de la traiter de la sorte ? Ma femme n’était pas une salope et elle ne le serait jamais. Mais c’était surtout qu’il ose encore accabler ma femme qui me mettait hors de moi. Il l’avait déjà battue, et maintenant il l’insultait devant moi. Comment voyait il que j’allais réagir ? J’allais le tuer…..

Alan a sans doute remarqué que j’étais focalisé sur ma femme recroquevillée sur elle-même parce que je l’ai senti remuer sous moi pour se dégager. Je suis resté spectateur de la scène pendant quelques secondes. Katarina «était paniquée et horrifiée, et l’autre s’approchait d’elle. J’étais tiraillé entre mon envie de lui ôter de la tête l’idée que venait de lui mettre Alan en tête, et celle de faire souffrir Alan. J’avais encore le dessus, mais je ne savais pas jusqu'à quand….Il a pris Katarina par les cheveux et j’ai hurlé de toutes mes forces. Tout allait bien trop vite. Alors que j’essayais de faire peser de tout mon poids sur Alan, il a trainé Katarina par les cheveux. J’ai collé un coup de poing à Alan pour le calmer un peu et j’ai essayé de rattraper Katarina qu’il trainait à côté de moi. Elle s’accrochait à ma manche autant qu’à mon regard. Elle hurlait et elle pleurait à chaudes larmes. Mon cœur saignait de la voir comme ça. Elle me suppliait….

« Ne le laisse pas m'emmener, ne le laisse pas m'emmener ! Ethan ! ETHAN ! »

Il était bien sûr hors de question que je laisse qui que ce soit m’enlever à nouveau l’amour de ma vie. Mais elle a été forcée de me lâcher quand il l’a frappée en plein ventre. De quel droit frappait-il une femme ? Je n’ai pas attendu plus longtemps et j’ai porté une main à ma ceinture pour prendre mon flingue. Je ne savais plus s’il était chargé ou non, et je m’en fichais pas mal à ce moment là.

Je regardais Katarina me supplier du regard et j’avais terriblement peur qu’il ne finisse par la tuer. Il fallait que j’agisse tout de suite. C’était maintenant ou jamais je le savais. Alors j’ai retiré le cran de sécurité, et j’ai braqué l’arme sur le type. Je ne contrôlais plus rien, et je savais que j’étais prêt à tirer sur la moindre chose qui bougerait ne serait ce que d’un millimètre. J’étais à cran….

-Lâche-la !!! Lâche-la ou je te bute !!!

Et le ton de ma voix, mon regard, et mes muscles tendus étaient là pour en témoigner. Je n’hésiterais pas une seule seconde. Ce n’était pas comme si c’était la première fois que j’usais d’une arme, ou que je tuais quelqu’un. Pour Katarina j’étais prêt à commettre ce péché mille fois s’il le fallait. Et j’avais déjà tué. Pas qu’une fois d’ailleurs. Mais les vies que j’avais arrachées ne valaient pas celle de Katarina.

Je le tenais en joug, certain qu’il allait lâcher Katarina mais il a fait tout le contraire alors je n’ai pas réfléchi bien longtemps et j’ai tiré. Sauf que….

La balle a frôlé Katarina…..Elle a touché l’épaule du type. Et ça a tout de même réussi à lui faire lâcher prise sur Katarina. Et finalement c’est ce que je cherchais non ? Sauf que Katarina avait l’air complètement sous le choc. J’avais l’impression de voir un masque d’horreur se dessiner sur son visage. A quelques centimètres prés je la tuais sans doute. La balle avait été à deux doigts de venir se loger dans sa tête….

Oh mon dieu !!!!

J’avais failli la tuer. Alors que je voulais la sauver….Je me suis mis à trembler de tout mon corps en ne la lâchant pas du regard.

-Katarina !!!

Je me fichais bien du reste, il fallait que je la tienne dans mes bras. Il fallait que je sois là. Si je n’avais pas été aussi buté et revanchard j’aurais déjà levé le camp en emportant ma femme loin d’ici. Mais quand j’avais vu Alan, j’avais eu qu’une seule idée : lui sauter à la gorge. Je le sentais à nouveau s’agiter sous moi, mais je n’avais d’yeux que pour ma femme qui avait l’air de frôler l’hystérie complète.

-Mon amour, mon amour !! Ca va ?

J’avais besoin qu’elle me regarde. Que je sente qu’elle allait bien. Même si je me voilais la face. Elle n’allait pas bien, elle n’irait pas bien avant longtemps sûrement. Et surtout pas en ce moment même. Mais j’avais besoin de voir son amour pour moi dans ses yeux. J’avais besoin qu’elle ne me rejette pas parce que j’avais failli la tuer moi-même.

Je n’ai même pas réagi quand Alan a profité de mon hébétude pour renverser la vapeur. Le coup que je lui avais asséné n’avait sans doute pas été assez fort. Il était résistant. Et voilà que maintenant, il m’avait pris à la gorge en souriant. Il était visiblement indifférent à la mort de son « ami » et surtout il était ravi de ce qu’il s’apprêtait à faire.

-Elle a eu le temps de te dire que je l’ai sauté ?

Quoi ?? Quoi ???

Ma bouche s’est ouverte en grand et je suis resté littéralement sous le choc.
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MessageSujet: Re: There's a heaven above you baby.... (PV Katarina)   Mer 18 Aoû - 19:17

Ethan était là... Et maintenant on allait m'arracher à lui, encore une fois. C'était plus que je ne pouvais en supporter. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine, et je suffoquais, j'avais de plus en plus de mal à respirer. Je ne supporterais pas d'être emmenée loin de lui encore une fois. Je ne pouvais pas, je ne voulais pas... Mais peu importe ce que je voulais. Le type qui me trainait dehors n'en avait rien à faire. Au contraire, ça l'amusait beaucoup de m'entendre hurler et supplier Ethan. J'ai attrapé Ethan par le bras, et il a tenté de me retenir lui aussi, avant que l'autre brute ne me force à le lâcher. J'eus le souffle coupé quand il me mit un coup de coude dans les côtes. J'eus envie de hurler tellement il m'avait fait mal. Il me fallu un moment avant de reprendre mon souffle. À présent je n'avais plus aucun doute : j'avais des côtes fêlées, sinon cassées. Respirer m'étais terriblement douloureux. Alors pleurer, crier, hurler... C'était presque impossible et pourtant j'essayais. J'essayais, désespérément. J'avais peur de ne plus pouvoir respirer, tout à coup. Peur de mourir là, comme ça, juste devant Ethan. Je ne voulais pas, je ne pouvais pas... Le type a continué à me trainer dehors, malgré tous mes efforts pour me défaire de son emprise. Il me tenait fermement contre lui, tout ce que je pouvais faire c'était donner des coups de pieds dans le vide. Je voyais Ethan qui s'affolait, qui s'agitait en tenant de contenir Alan. Il lui a collé son poing dans la figure d'Alan pour le calmer. Et il a tiré son arme de sa ceinture. J'ai senti l'homme derrière moi se tendre à la vue de l'arme. Mais il ne m'a pas lâchée. Il a resserrée son étreinte sur moi, pas plus effrayé que cela finalement. Moi j'étais... j'étais morte de peur. C'était la première fois que je voyais Ethan tenir une arme, et qu'elle soit pointée de mon côté n'était absolument pas rassurant. J'avais l'impression que c'était un autre Ethan qui était en face de moi. Ou plutôt que c'était tout son mauvais côté. Tout ce qu'il y avait de mauvais en lui était là, devant moi.

Il y a eu un coup de feu.

Le bruit de la détonation m'a fait sursauter. Je n'ai même pas songé à hurler. Je suis restée là, la bouche grande ouverte tandis que le type derrière moi s'effondrait. Et je suis tombée en même temps que lui, parce que mes jambes ne me portaient plus. Est-ce qu'il l'avait tué ? Est-ce qu'Ethan avait tué cet homme ? Non. Il a hurlé. Il l'avait touché, mais il ne l'avait pas tué. Incapable d'hurler, je me suis contentée de me débattre, jusqu'à ce que je m'échappe de ces bras qui me tenaient fermement. L'homme était trop concentré sur sa douleur pour continuer à faire attention à moi. Je me suis glissée sur le côté pour lui échapper davantage. J'étais horrifiée. Je me suis appuyée contre un mur, ne quittant pas des yeux l'homme qui me tenait. J'ai cligné des yeux plusieurs fois avant de me rendre compte qu'Ethan hurlait, qu'il m'appelait. J'ai tourné la tête vers lui, complètement incrédule. J'ai à peine puis faire « oui » de la tête. Oui... J'allais... bien. Enfin, j'étais juste vivante. On ne pouvait pas qualifier mon état de correct ou quoi que ce soit d'autre, j'étais juste vivante. Rien de plus. J'ai tenté de me trainer loin de l'autre homme. Loin, aussi loin que possible. Mais j'avais tellement mal... Mon genou, mes côtes, mon ventre, mon visage... Et cette fatigue... J'ai juste fini par m'écrouler. J'ai juste pu me redresser légèrement. Ethan tenait toujours Alan fermement, mais ce dernier a fini par l'attraper par la gorge en souriant. J'ai poussé un cri terrifié. Je ne voulais pas qu'il lui fasse de mal, je ne voulais pas qu'il lui fasse de mal...

Alan a tourné la tête vers moi. Je me suis figée quand il a parlé.

J'ai eu l'impression de geler sur place. J'ai écarquillé les yeux. Mes yeux ont fait l'aller retour entre Ethan et Alan. Ce qu'il venait de lui dire. Il venait de dire à Ethan qu'il m'avait... Qu'il m'avait... violée. Il venait de lui dire qu'il m'avait violée. « Sautée », plus exactement. Je suis restée complètement pétrifiée, et tout ce qu'il m'avait fait m'est revenu en mémoire, exactement comme si cela venait de se passer. Je me suis rappelée de la violence avec laquelle il m'avait arraché mon soutien-gorge, déchiré mes collants et mon pull, comment il avait tiré sur ma culotte jusqu'à l'arracher à moitié pour avoir le champ libre... Je savais ce qu'Ethan regardait. Mon pull déchiré, qui laissait entrevoir toute mon épaule et dévoilait presque ma poitrine. Mes collants, déchirés. Ma peau, griffée. Ma jupe, à moitié arrachée. La façon si perverse qu'il avait eu de passer sa main sur mon ventre, avant d'aller « caresser » ma poitrine. Comment il m'avait forcée à ouvrir la bouche pour m'embrasser. Comment il avait mordu mon épaule. Comment il avait glissé sa main... J'ai porté mes deux mains à ma bouche, d'horreur et d'effroi. J'ai secoué la tête. Comme pour dire que ce n'était pas vrai. Mais ça l'était. Ça l'était...

« Je suis désolée... Je suis désolée... Je suis désolée, je n'ai pas pu... J'ai essayé... Je suis désolée Ethan, pardon... Pardon... »

Les larmes coulaient sur mes joues et j'ai éclaté en sanglots. J'étais morte de honte. J'étais sûre et certaine qu'Ethan ne me regarderait plus jamais de la même façon. J'ai resserré mes bras autour de moi et je me suis pliée en deux pour pleurer. Je n'osais plus regarder Ethan. J'aurais voulu mourir maintenant. Je ne voulais pas affronter son regard. J'ai fini par m'écrouler sur le côté. Je me suis recroquevillée sur moi-même, ramenant mes jambes contre ma poitrine. Alan venait de me porter le coup fatal en avouant à Ethan ce qu'il m'avait fait. Et devant ma douleur et ma peine, devant l'horreur qui avait figé le visage d'Ethan, il a éclaté de rire. Un rire purement et simplement sadique.

J'ai vaguement senti quelqu'un m'attraper par les jambes pour me trainer en arrière. Pendant un moment, j'ai été comme anesthésiée. Jusqu'à ce que j'ouvre les yeux et que je me rende compte qu'Ethan s'éloignait de moi. Ça a été comme un électrochoc. J'ai cherché à me raccrocher à tout ce que je pouvais. Et je pleurais, je hurlais, tendant les mains vers Ethan, comme s'il pouvait me rattraper comme par miracle.

« Ethan ! Ne me laisse pas ! Ethan ! ETHAN ! Je t'en supplie ! Je t'en supplie ! Ethan ! »

Et puis, j'ai entendu une nouvelle voix. Et il y a eu un nouveau coup de feu.

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MessageSujet: Re: There's a heaven above you baby.... (PV Katarina)   Mer 18 Aoû - 21:56

Il venait de me dire qu’il avait couché avec ma femme. Il l’avait touché, il l’avait caressé, il l’avait pénétré, il avait sans doute joui en elle….Je ne pouvais que rester bouche bée en pensant à ce que ce qu’il venait de me dire. Comment avait-il osé ne serait ce que l’effleurer ? Il n’avait pas le droit de la salir en la touchant, il n’avait pas le droit. Katarina était un ange descendu du ciel, elle était innocente et pure. Et lui…il l’avait salie…il l’avait salie comme il en avait sans doute sali des dizaines d’autres. Comme il avait Sali Lucy dans un sens. Lucy était une fille bien avant de le connaitre. C’était à cause de lui qu’elle était tombée dans ce cercle vicieux. Et lui il disait l’aimer…il disait l’aimer alors qu’il l’avait regardée s’envoyer en l’air avec d’autres. Parce que même si j’étais un de ces autres, je savais que je n’avais pas été le seul. La perversité d’Alan était immense. Comment pouvait-on prétendre aimer une femme et la détruire comme il l’avait fait avec Lucy ? Je n’arrivais pas à comprendre ça. Et je ne voulais même pas commencer à chercher à le faire. Je n’en avais de toute façon pas la capacité.

Je savais qu’elle avait surement tout fait pour qu’il ne la touche pas. Mais je connaissais Alan. Il l’avait sans doute prise de force. J’imaginais sans peine l’horreur que mon pauvre ange avait du vivre et je m’en voulais terriblement. Tout ça était de ma faute. Si je ne l’avais jamais approché, si je n’étais pas tombé amoureux d’elle, rien de tout cela ne serait arrivé. Jamais ! Personne ne l’aurait violée, personne ne lui aurait fait des choses contre son gré. J’étais le seul coupable de cette situation, le seul….

Je ne pouvais que la regarder vraiment. Maintenant que la lumière du couloir éclairait tout son corps, je la voyais enfin telle qu’ils l’avaient laissée. Ils l’avaient laissé pour morte en réalité. Elle avait le teint cadavérique, elle semblait si chétive que j’aurais sans doute peur de la casser. Et ses vêtements ne ressemblaient plus qu’à des guenilles poussiéreuses et poisseuses. Et malgré sa tenue, malgré les hématomes apparents, je ne pouvais m’empêcher d’avoir un élan d’amour pour elle. Mais ressentait-elle encore ce qu’elle ressentait une semaine auparavant pour moi. ? M’aimerait-elle encore après ce que lui avait fait subir Alan par ma faute ? tout était de ma faute, tout !

J’avais tellement mal de la voir comme ça et de savoir tout ce qui lui était arrivé. Je m’en voulais d’avoir écouté Alexander et de ne pas avoir suivi mon instinct en partant tout de suite à sa recherche. Peut être que si j’avais mieux géré la situation elle n’aurait pas vécu toutes ces horreurs. Comment pouvait-elle maintenant paraitre si vulnérable en me regardant avec ses splendides yeux remplis de honte.

« Je suis désolée... Je suis désolée... Je suis désolée, je n'ai pas pu... J'ai essayé... Je suis désolée Ethan, pardon... Pardon... »

Elle pleurait, et j’étais toujours là à la regarder et à rester prostré en permettant sans doute à Alan de trouver un moyen de reprendre l’avantage. J’aurais tant aimé courir vers elle et la prendre dans mes bras. Mais je ne me sentais pas la force d’aller vers elle. Et surtout, je n’avais pas envie de laisser Alan en vie. Il ne méritait pas de vivre une minute de plus. Pas après ce qu’il avait fait à Katarina.

J’avais besoin de me défouler mais je ne pouvais détacher mon regard de ma femme. Elle avait l’air si brisée….Et alors que je voyais un peu plus loin une barre de fer et que j’ai détourné le regard à peine cinq secondes, j’ai entendu à nouveau Katarina crier et hurler mon nom à plusieurs reprises.

« Ethan ! Ne me laisse pas ! Ethan ! ETHAN ! Je t'en supplie ! Je t'en supplie ! Ethan ! »

Quand j’ai redirigé le regard en direction de Katarina, j’ai compris pourquoi elle hurlait à nouveau. Je croyais que j’avais réussi à le tuer, mais visiblement j’avais mal visé. Je n’avais pas réussi à le tuer. J’avais certainement du être indirectement mauvais tireur parce que Katarina était trop prés de lui et que je ne voulais surtout pas la laisser. Mais il était toujours vivant…..Et il trainait maintenant Katarina par le bras déjà tout violacée des hématomes qu’ils lui avaient fait durant des jours entiers. Il l’emportait loin de moi. Et même si je m’en voulais d’être en partie coupable de son viol, je ne voulais pas qu’on me l’arrache. Je voulais qu’elle puisse me pardonner, je voulais pouvoir m’excuser de lui avoir fait subir tout cela.

-Nooooooooooooooon !

J’ai crié comme sans doute je n’avais jamais crié de toute ma vie. Je ne voulais plus que quiconque pose le moindre regard sur ma femme, ou ne l’effleure. Je ne voulais plus qu’on la salisse. Elle ne méritait pas ça. Elle ne méritait pas. Alors aussi fou de rage que peut l’être un mari qui souffre de voir sa femme dans cette situation j’ai à nouveau dégainé mon arme en repoussant Alan. Pour le moment il était vraiment le cadet de mes soucis. Il fallait que j’abatte cet homme. Il fallait qu’il ne puisse plus la toucher ou lui faire peur. J’ai tiré sans l’once d’une hésitation.

J’ai entendu le rire d’Alan résonner et j’ai su qu’il avait repris « connaissance », et qu’il se moquait sans doute autant que moi que j’ai tué son ami. Si tant est qu’il puisse en avoir au moins un. J’ai reporté mon attention vers lui, et il m’a regardé avec ce petit sourire ironique qu’il aimait tant arborer……Il a désigné Katarina du menton. Et j’ai senti que ça n’allait pas me plaire. Ce qu’il allait dire allait me faire enrager. Alors j’ai jeté mon flingue dans le couloir pour qu’il ne puisse pas le prendre et je suis allé chercher la barre de fer avant qu’il ne le fasse. Je ne sais pas s’il l’avait vu. Mais moi je l’avais vue. Et je comptais bien m’en servir.

-Elle est bonne ! Par contre….j’ai remarqué un truc. Elle aime pas se mettre à genoux. Elle te le fait à toi aussi ?

Surtout après ce qu’il venait de dire. Comment pouvait-on dire des choses pareilles ? Il n’avait pas le droit d’insinuer de telles choses. Il n’avait pas le droit de lui avoir fait subir ça. Katarina n’était pas les chiennes qu’il avait l’habitude de tirer…..

Alors j’ai fait ce que j’aurais du faire depuis le début. J’ai fermé les yeux et j’ai levé la barre bien haut avant de donner un coup sur ses genoux. Je savais que ce ne serait que le premier coup d’une longue série. J’allais le casser en milles morceaux. J’allais l’exploser littéralement. Comme il avait explosé nos vies…..
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MessageSujet: Re: There's a heaven above you baby.... (PV Katarina)   Mer 18 Aoû - 22:15

Ethan ne m'avait pas attendu! Cet idiot avait foncé droit devant, sans m'attendre, alors que je pouvais le faire entrer plus prudemment et discrètement. Merde à la fin, il était fou d'inquiétude pour Katarina, ce que je comprenais parfaitement, je partageais son angoisse, mais cela ne devait pas nous empêcher de nous concentrer et de régler les détails... Comme la façon de ressortir sans se faire prendre par exemple! C'était important ça. Mais non, monsieur s'en foutait et c'est qui qui allait devoir leur sauver les miches une fois qu'ils auraient sonné l'alerte? C'était bibi!

Je me dirigeai donc vers l'endroit où elle était enfermée, arme au poing. Attention, je gardais mon calme, mais je ne faisais que contrôler mes nerfs. Parce que si je m'étais écouté, j'aurais foncé vers elle dés que j'aurais apprit qu'elle était là. Mais je ne pouvais pas faire ça. Que Dieu et Katarina me pardonnent... Je devais penser à Eden et notre enfant, je ne pouvais pas me mettre mon clan à dos et passer pour un traître! Mon père me le ferait payer cher. Il ne me tuerait pas, non, il me torturerais avant et s'en prendrait à Eden. Je ne pouvais pas la mettre en danger.

Oh Katarina, pardonne-moi de ne pas t'avoir sauvé plus tôt.

J'approchai de sa geôle quand j'entendis des bruits de lutte, des hurlements. Ils allaient sonner l'alerte à ce rythme là! Ethan merdait là, il devait récupérer Katarina et filer fissa, pas la peine de faire du zèle! La vengeance ne devait pas primer sur la réussite de cette mission de sauvetage! Surtout pas! Bon, c'était facile de dire ça, je ne pouvais pas jurer que je n'aurais pas envie de défoncer tous ceux qui feraient du mal à Eden. Mais là... Tout ce qu'Edan risquait d'obtenir, c'était d'alerter tout le monde et de se retrouver prisonnier avec elle. Et là, je ne savais pas du tout comment je les sortirais de là, ni si j'en aurais le temps.

Une détonation cette fois. Oh non, pourvu qu'Ethan ou Katarina ne soient pas blessés!

Je pressai le pas avant d'apercevoir Katarina qui hurlait, tirée par un des types qui la gardait. Mon cerveau eu le temps d'analyser la situation... Et, mécaniquement je levai mon bras, visai la tête du type... et tirai. La balle l'atteignit en pleine tête et il s'effondra. Bizarre, j'aurais pensé que j'allais le sommer de la lâcher, mais non, je l'avais descendu parce qu'il faisait du mal à Katarina, parce que je ne pouvais pas le laisser en vie après qu'il m'ai vu là. Et je ne pouvais pas risquer qu'il donne l'alerte ou me tue alors que je tergiversais. Son corps tomba lourdement, sans doute rapidement, mais la scène se passa comme au ralenti. Combien de secondes s'égrenèrent ainsi?

Mon monde semblait s'être rétréci, il n'y avait que ce type, Katarina et moi, dans une bulle de silence. Mais le bruit me rattrapa alors que j'entendais les bruits de lutte entre Alan et Ethan. Et, alors que le type s'effondrait, je me rendis compte qu'il tombait sur Katarina. Alors mon cerveau se remit à fonctionner complètement et je me précipitai sur eux, repoussant du pied le cadavre encore chaud pour récupérer Katarina dans mes bras.

Mais qu'est-ce qu'ils lui avaient fait? Ma petit Kat... Ma petite sœur, ils l'avaient torturé, violé, volé ses rêves, son innocence, son bonheur? Qu'avait-elle donc subi durant cette semaine? Oh, comme je m'en voulais de ne pas l'avoir découverte plus tôt, de ne pas l'avoir sauvée plus tôt. Je la serrais dans mes bras en caressant doucement ses cheveux.

- "Oh Kat, ma petite chérie, je suis désolé, tellement désolé. Je ne savais pas que tu étais là, je ne savais pas qu'Alan t'avait capturé, ni que mon père le savait. Il devait se douter que je désapprouverais et te ferais sortir... Mais j'ai tant tardé! Pardonne-moi, mon cœur, pardonne-moi..."

Je jetai un coup d'œil aux deux hommes qui se battaient et eu un haut le cœur en voyant qu'Ethan avait prit le dessus et s'appliquait maintenant à faire d'Alan un infâme tas de bouillie sanguinolente. Le visage de Katarina était contre mon torse et je lui masquais la vue de ce carnage, mais les bruits d'os qui se rompent, de chairs qui s'écrasent étaient abominables. J'embrassai sa chevelure sale et emmêlée, collée de son sang séché.

- "C'est fini Kat, c'est fini. Alan ne te fera plus de mal et je vais vous sortir d'ici, je te le promets. Lena veut sa maman."

Je lui parlai pour qu'elle n'entende pas les bruits écœurants, mais c'était peine perdue. Maintenant, Alan ne hurlait plus. J'avais envie de vomir en songeant à la douleur qu'il avait du éprouver en se faisant tabasser ainsi. Était-il mort? Ou incapable de hurler parce qu'il avait la face détruite? je risquai un coup d'œil pour voir Ethan qui frappait encore alors que le visage d'Alan n'était plus qu'un amas de chair... Et pourtant, je voyais encore un œil, un œil fixé sur moi, un œil qui n'était pas mort. Son corps faisait des angles bizarres.

Quelle boucherie.

Je réprimai une folle envie de vider mon déjeuner et me détournai vite fait de ce spectacle. J'aurais jamais pensé qu'il pouvait y avoir autant de sang et Ethan en était tout éclaboussé alors qu'il frappait comme un illuminé, encore et encore. Devais-je lui dire d'arrêter? Il fallait qu'on file de là. J'empêchai Kat de regarder.

- "Ferme les yeux, Kat. Tu ne veux pas voir ça."

Je pris une inspiration et repris pour Ethan :

- "Ethan! Ethan, c'est bon, il est mort! Viens t'occuper d'elle, il faut vous sortir d'ici tout de suite! Ce serait trop bête de vous faire prendre après tout ça! Ethan, viens la chercher!"

Je me doutais que je ne pouvais le forcer à cesser son macabre jeu de massacre qu'en invoquant Kat et la protection qu'il devait assurer pour elle.
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MessageSujet: Re: There's a heaven above you baby.... (PV Katarina)   Jeu 19 Aoû - 11:50

Je ne voulais pas qu'il m'emmène. J'essayai de me raccrocher à tout ce que je pouvais. C'est à dire n'importe quoi : le mur, une tige de métal qui dépassait, le sol... Mais malheureusement, mes doigts n'accrochaient rien. Je ne pouvais que hurler, hurler comme une désespérée à l'intention d'Ethan. Il m'a vue et a hurlé aussi. Je l'ai vu relever son arme et la pointer sur l'homme qui m'emmenait. Il a tiré, mais a manqué sa cible. Il me trainait toujours en arrière. Et puis il y a eu un second coup de feu. L'homme s'est arrêté net, et je suis retombée au sol lourdement. Et l'homme s'est écroulé sur moi... J'ai eu un gémissement étouffé quand j'ai senti son corps inerte peser sur mon corps brisé. Mais quelqu'un m'a dégagé, donner un coup de pied au... cadavre ? J'ai senti la tête me tourner. Et puis ce quelqu'un m'a éloignée, avant de me prendre dans ses bras. J'ai eu un moment d'hésitation, et je me suis demandée pendant une seconde si Ethan avait pu se débarrasser d'Alan et de ce type en un temps record... Non. J'entendais toujours Alan rire de cette façon si perverse. J'ai tourné la tête. J'ai cligné des yeux plusieurs fois, complètement incrédule. Vit ? Vitali ? Complètement incrédule, je l'ai dévisagé pendant plusieurs secondes. Lui aussi il était là ? J'étais étonnée. J'avais cru qu'il ne savait pas que j'étais là. Son père avait dû lui cacher, parce que je savais qu'il ne m'aurait jamais laissée là tout ce temps. Il avait dû l'apprendre tard. Trop tard... Il m'a éloignée et m'a serrée contre lui, avant de se confondre en excuses. J'avais raison : il ne savait pas, et il s'en voulait terriblement maintenant. J'ai dégluti difficilement.

« Il n'y a rien à pardonner. »

Je le pensais, sincèrement. Ce n'était pas sa faute. Il ne savait pas. Si il y avait un coupable, c'était son père. Son père, qui m'avait faite enlever pour faire sortir le mien de sa cachette. Son père, qui m'avait torturée, aussi bien physiquement que mentalement. Son père, qui avait autorisé Alan à me torturer, à assouvir ses envies de vengeance. Il était le seul coupable dans cette histoire... J'ai eu comme un élan de haine à l'intention de ces deux hommes qui m'avait détruite. Je ne serais plus jamais la même, je le savais. J'ai eu peur, pendant quelques secondes, de ne plus pouvoir laisser Ethan me toucher, jamais. Mais, tout en repensant à l'horreur que j'avais vécue ce jour là, je me suis souvenue de ce que j'avais ressenti. J'avais prié pour que ce soit Ethan qui m'embrasse, Ethan qui me prenne dans ses bras... Non, il n'avait pas réussi à pourrir cet amour, ce désir que j'avais pour lui. Alors, oui, en un sens, il avait échoué. Je savais que c'était Ethan qu'il avait voulu punir en me faisait subir toutes ces horreurs. Mais il avait échoué. Parce que malgré toutes les horreurs qu'il m'avait dites, malgré toutes ces révélations sordides et insupportables... J'étais et je resterais amoureuse d'Ethan jusqu'à la fin de mes jours. Il pouvait m'enlever tout le reste, mais pas ça. C'était ancré trop profondément en moi. Il était arrivé trop tard.

Durant ma captivité, j'avais songé à quelque chose. Ou plutôt, j'avais réalisé quelque chose. Alan était purement et simplement jaloux d'Ethan. Je soupçonnais Alan d'avoir été amoureux de Lucy alors que cette dernière lui préférait Ethan, quand ce dernier ne l'aimait pas non plus. Alors il avait cherché le meilleur moyen d'atteindre Ethan... Et il avait fini par penser que détruire la femme qu'il aimait était le meilleur moyen de lui faire du mal. Il n'avait sans doute pas réalisé ce qu'il faisait.

Il y a eu un bruit sourd, suivi d'un craquement écœurant.

Et Alan a hurlé. Au début, je n'ai pas compris pourquoi Vitali avait resserré son étreinte sur moi. Il s'était légèrement détourné, m'empêchant de me tourner vers Ethan et Alan. Il y a eu d'autres craquements. Il y a eu un déclic dans mon cerveau et le médecin que j'étais a rapidement fait le rapprochement entre ces craquements et le bruit caractéristique des os qui éclatent, des chairs qui se rompent et se déchirent... Alan hurlait, il hurlait à la mort. Et plus il hurlait, plus... plus Ethan frappait fort. Mon cœur accélérait tandis que je comprenais ce qui était en train de se passer. Vitali m'a parlé, comme pour couvrir ces sons abominables. J'ai éclaté en sanglots dans ses bras, mes doigts se raccrochant au col de sa chemise. Lena ? Lena ? Ma gorge s'est serrée tandis que je pensais à elle. J'avais fini par me forcer à cesser de penser à elle, parce que je sentais que cela contribuait à me tuer à petit feu. Mais maintenant que j'étais presque certaine de la revoir... Elle avait besoin de moi... Je devais être là pour elle. C'était mon rôle de mère et... Je me suis rendue compte très soudainement qu'Alan avait cessé de crier. Je n'entendais plus qu'Ethan qui frappait. Encore, et encore et encore. Il le tuait. Ou plutôt, il le massacrait. Je ne sais pas pourquoi, j'ai tenté de regarder. Par réflexe très certainement. Mais Vitali m'a dit de ne pas regarder. Et de fermer les yeux. Ce que j'ai fait. Mais j'avais presque l'impression que c'était pire. J'entendais tout, tellement plus fort... J'ai gémi et je me suis collée contre Vitali, qui tentait de me protéger du mieux qu'il pouvait. Et je devais bien avouer que je ne me sentais pas très bien protégée.

« Dis lui d'arrêter, dis lui d'arrêter ! »

Il l'a fait. Mais Ethan n'arrêtait pas. Il était comme fou. Déchainé. Aveugle et sourd à tout. Je ne savais pas si Alan était mort, si Ethan frappait un cadavre ou un amas de chair encore vivant et conscient. Cette idée me glaça. J'avais souhaité la mort d'Alan. Mais pas de cette façon. J'aurais voulu qu'Ethan lui colle une balle dans la tête, et que nous nous en allions. Mais ça ne s'était pas passé comme ça. J'avais l'impression qu'Ethan était anesthésié, qu'il ne savait plus ce qu'il faisait. Depuis que j'avais évoqué le nom d'Alan, il avait agi comme un robot, une machine à tuer.

Et je ne supportais pas ça.

Je me suis dégagée des bras de Vitali, qui essayait de me retenir malgré tout. Je me suis appuyée sur ses épaules pour me relever. J'ai eu peur de me retourner. Et pourtant je l'a fait.

Je suis restée pétrifiée d'horreur devant ce spectacle macabre. Incapable de l'associer réellement à la réalité. Et pourtant ça l'était. Ethan était couvert de sang, éclaboussé à chaque fois qu'il frappait Alan. Ce dernier était certainement mort, encore que des gargouillis bizarres continuaient à s'échapper de ce qui restait de sa gorge. Il ne ressemblait même plus à un être humain. C'était comme un tas de chair flasque avec des os plus ou moins entiers et plus ou moins apparents. Mais pour Ethan ce n'était pas assez. Il continuait de frapper avec cette barre de fer. Il fallait que je l'arrête. Il fallait que je l'arrête absolument. Titubant maladroitement sur mes jambes, je me suis approchée de lui. J'ai tendu le bras vers lui...

« Ethan... »

Pas assez vite. Je n'ai pas eu le temps de le toucher. Il a frappé. Et le sang m'a éclaboussée partout sur le visage. Je suis restée complètement immobile, mortifiée, pétrifiée, dégoutée, paniquée. J'ai eu un haut le cœur, tandis que je sentais l'hystérie me gagner complètement. Je me suis pris la tête entre les mains et je me suis mise à hurler, à hurler comme je n'avais jamais hurlé jusque là, d'une façon totalement hystérique et détraquée, comme s'il m'avait fallu moins d'une seconde pour devenir folle. Je hurlais à m'en arracher les cordes vocales, d'un trait, sans même prendre le temps de reprendre ma respiration.

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AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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MessageSujet: Re: There's a heaven above you baby.... (PV Katarina)   Ven 20 Aoû - 15:19

Il avait suffit d’un rien pour faire éclater nos vies. Nous avions enfin droit au bonheur que nous méritions tant et on venait de nous voler ce bonheur durement gagné. Lena n’avait pas un mois et déjà elle avait été obligée d’être séparée de sa mère. Je ne pouvais m’empêcher de penser à elle et ce qu’elle avait du ressentir avec tous ces biberons. Elle ne rechignait jamais mais nous savions qu’elle préférait de loin téter au sein. On avait arraché une mère à son enfant. Katarina avait du souffrir le martyr sans Lena…. Je ne pensais qu’à ça…. J’avais cru ne jamais la revoir plusieurs fois. J’avais cru devenir fou. Et je me rendais compte en cet instant que je l’étais devenu.

Mais la vapeur ne pouvait pas s’inverser aussi facilement. Apprendre que celui que je considérais comme le pire être humain n’ayant jamais existé avait abusé de ma femme venait de faire voler en éclats le peu de raisonnement qu’il me restait encore.

Quand j’ai levé le barre de fer, je me suis senti tout puissant et j’ai ressenti une décharge de soulagement traverser tout mon corps quand j’ai frappé sur les genoux d’Alan. J’ai entendu un craquement horrible et une voix s’élever en un cri de douleur et de souffrance. Et je suis resté quelques secondes haletant la barre baissée en comprenant que je venais sans doute de faire très mal à Alan. Je lui avais brisé les genoux très certainement. Mais je venais de comprendre surtout le bien fou que cela m’avait fait de taper.

C’était de ça que j’avais besoin. De le frapper encore et encore jusqu'à ce qu’il souffre tout autant que nous avions soufferts tous les trois. Il m’avait fait souffrir, il avait fait souffrir un pauvre bébé sans défense qui a besoin de sa maman, et il avait fait souffrir ma femme au-delà du supportable. Alors j’allais faire ce que j’avais de mieux à faire pour Katarina, pour Lena et pour moi. J’avais besoin de le cogner encore et encore.

Et dés le deuxième coup, j’ai commencé à sentir mon sourire s’élargir mais je ne voyais plus rien. Je ne voyais plus le corps que je martelais de coups, ni Katarina, ni qui que ce soit. Et je n’entendais plus rien. Alors je me disais que si je n’entendais plus rien c’est que je ne cognais pas assez fort et que je ne lui faisais pas mal. Alors j’ai senti le bien être que ça me faisait de cogner partout et nulle part et d’enfin venger l’honneur de ma femme.

Il n’avait que ce qu’il méritait. A son tour maintenant de souffrir. C’était tout simplement le retour de bâtons….

Plus je cognais, plus je me sentais euphorique et plus j’avais envie de cogner encore et encore. Alors il était hors de question que j’arrête de cogner. Je sentais que j’allais me mettre à rire, tellement je me rendais compte à quel point ça me faisait du bien. Mais je commençais à ne plus avoir de forces. Alors j’ai repris ma respiration peu à peu et j’ai arrête de frapper.

Puis je me suis rappelé le sourire pervers qu’il avait eu en me disant qu’il avait abusé de ma femme tant aimée, et j’ai recommencé à frapper. Il nous avait fait tant de mal….que je me disais que je ne rendais que justice. Je n’étais plus moi-même, j’étais le prolongement de cette barre de fer. Et je ne contrôlais plus rien, je ne pouvais plus arrêter de cogner. Je ne pouvais pas…

Je n’ai pas su m’arrêter avant d’entendre un cri assourdissant. J’ai baissé mon arme de fortune en cherchant d’où venait ce cri déchirant. Et quand j’ai tourné la tête et que j’ai vu Katarina, j’ai senti la barre de fer me glisser des mains et tomber par terre dans un vacarme assourdissant.

Elle avait le visage en sang. Elle était blessée ce n’était pas possible autrement… Et puis la façon qu’elle avait de me regarder…il y avait de l’horreur dans ses yeux. Son regard fixait un point derrière moi. Et j’ai tourné la tête pour regarder ce qu’elle fixait si intensément. Et tout ce que j’ai vu c’est un corps massacré….

J’ai fini par comprendre ce qui se passait. Ce corps qui ne ressemblait plus à rien c’était celui d’Alan. Celui que j’avais cogné encore et encore. Et pourtant….je n’avais aucun remords. J’ai détourné la tête oui. Mais pas parce que cette vision me dégoûtait, mais parce que Katarina continuait à hurler et que j’avais besoin qu’elle se calme. Mais une force m’empêchait de la prendre dans mes bras. Je ne pouvais pas.

J’essayais de capter son attention mais tout ce que je voyais c’était l’horreur et la peur dans ses yeux. J’ai senti quelque chose couler le long de ma joue. Pourtant je n’avais pas l’impression de pleurer. Et je ne pleurais pas…. Quand j’ai passé un doigt sur ma joue et regarder j’ai vu du sang…..Et ce n’était pas le mien….. C’était celui d’Alan….

Donc….ce sang sur Katarina était aussi celui d’Alan ? Mais comment ? Pourquoi ?

J’ai senti ma main se tendre vers Katarina et se poser sur sa joue. J’avais terriblement peur qu’elle ne se remette à crier et qu’elle me repousse. Pourtant j’ai réussi à l’appeler d’une voix qui ne ressemblait plus trop à celle que j’avais d’ordinaire. J’avais réellement l’impression de ne plus être moi. Comme si pendant cette semaine on venait de tuer quelque chose en moi en m’enlevant la femme de ma vie. Et je me demandais si après ça j’allais rester le même.

-Katarina ?
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MessageSujet: Re: There's a heaven above you baby.... (PV Katarina)   Sam 21 Aoû - 9:15

- "Oh si Kat, il y a tout à pardonner, je me suis montré trop prudent et j'ai prolongé ton enfer... Je suis désolé, désolé... Mais je ne peux pas trahir les miens si facilement et si on l'apprend, les représailles seront terribles... Je ne pouvais pas mettre en danger Eden et notre enfant à naître..."

Pourquoi me justifier ainsi? Pour espérer qu'elle comprendrait que j'ai tant tardé à lui amener Ethan? Qu'elle comprenne que nous aurions pu la sauver deux jours plus tôt si je n'avais pas pris tant de précautions? Oui, c'était sans doute cela. Qu'elle me pardonne alors que je n'y parvenais pas moi-même. Je savais que j'avais eu raison d'agir ainsi, que c'était la meilleure chose à faire. Je le savais oui, mais devant l'horreur de la vision de ma petite sœur, mes convictions s'étaient envolés, balayés par la culpabilité.

- "Ma pauvre Kat, qu'est-ce qu'ils t'ont fait?"

Oui, qu'avaient-ils fait? Battue, affamée, torturée, violée, humiliée... Et elle trouvait encore la force de ne pas m'en vouloir. Je n'osais imaginer son enfer, je ne pouvais pas imaginer. Quant à Ethan... C'était cent fois pire : elle était sa femme, la moitié de son âme. Je n'avais aucun doute sur l'amour fusionnel qu'ils éprouvaient. Quand Alan parla de viol, ce fut le déclic pour déchainer la violence enfouie dans le jeune homme. Comme s'il lâchait la bribe à tout ce qu'il y avait de plus primaire en lui, ne cherchant qu'à blesser, à faire mal et à détruire, à la mesure de ce qu'ils avaient subi. Il n'y avait plus trace de raison dans son sourire alors qu'il frappait à mort son adversaire et c'était bien cette vision la pire, pire encore que celle du corps qui se disloquait.

Ethan était monstrueux.

Et si je comprenais le geste, si je comprenais la rage, cela ne m'empêchait pas d'être choqué par ce déchainement de cruauté. A sa place, comment aurais-je agis? Je doutais d'avoir le cran nécessaire pour frapper ainsi, pour rester sourd aux suppliques, mais je ne pouvais rien garantir. Ethan était quelqu'un de doux, d'après Kat, bien que je n'ai connu qu'un homme déterminé et violent qui avait bien failli m'abattre.

Je revins à Katarina, laissant derrière moi l'odieux spectacle d'une mise à mort dégueulasse. Je la serrais fort contre moi, lui dissimulant la vision de l'homme qu'elle aimait transformé en monstre. En parlant de monstre... J'eus une pensée haineuse pour mon père, avant de marmonner entre mes dents, à l'intention de Katarina :

- "Je le tuerais Kat... Un jour, je le tuerais. S'en prendre à toi a été l'erreur de trop."

Je parlais d'Armando bien sûr... Voilà que Brutus se retournait contre César. Oh, ce serait moins violent, mais aussi radical. Pas maintenant, mais j'allais y réfléchir. S'en prendre à Katarina, me le cacher... Lui faire subir tout cela, et pourquoi? Pour retrouver Alexeï. j'étais écœuré. J'avais laissé courir jusqu'ici parce que ce n'étaient que des anonymes, mais Katarina, c'était autre chose.

Je me retournai de nouveau alors que Katarina me suppliais de dire à Ethan de cesser. J'enjoignis le jeune homme de cesser le carnage. Nous n'avions que trop tardé ici. Sans succès, il restait sourd. Alors Katarina m'échappa et se releva, incertaine.

- "Kat, non..."

Je protestai faiblement, avant de soupirer et de la suivre, évitant de regarder le tas de bouillie rouge. Katarina, elle, en revanche, regarda, avant de se faire éclabousser de sang et un hurlement lui échappa, frôlant l'hystérie. Elle arrivait au point de rupture et j'admirais le fait qu'elle n'ai pas craqué avant, mais là, ce n'était vraiment pas le moment. Cela dit, j'avais moi aussi envie de crier devant ce spectacle macabre, mes nerfs se fragilisant dangereusement. Mais j'étais le seul à avoir un semblant de sang froid ici. Je pèterais les plombs après.

- "Kat, arrête de crier, on va se faire repérer!"

C'était déjà un miracle que ce ne soit pas arrivé, mais cet endroit était assez isolé, pour ne pas entendre les hurlements des torturés justement. C'était bien là le seul avantage.

- "Bon, là, j'en ai ma claque, vous me suivez illico presto, qu'on se casse de cet endroit! Vous pourrez pleurer, hurler, vous embrasser tant que vous voudrez... quand on sera DEHORS."

Cette fois, ma voix avait pris des accents autoritaires. Fallait les secouer un peu, parce que là, c'était n'importe quoi.

- "Ethan, tu reviens sur terre et tu te sers de ta tête. Prends Katarina dans tes bras, elle n'est pas capable de marcher bien longtemps et suis-moi. Tout de suite."

Puis d'une voix plus douce :

- "Kat, ma douce, je sais que tu n'en peux plus, mais je te demande de tenir le coup encore un peu... un tout petit peu."
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MessageSujet: Re: There's a heaven above you baby.... (PV Katarina)   Sam 21 Aoû - 10:54

C'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Ou plutôt, la goutte de sang.

Ethan ne m'avait pas vue, et au moment où je m'apprêtais à le toucher, il avait frappé le corps d'Alan et le sang m'avait éclaboussé le visage. Du sang, j'en avais déjà vu, et ce des dizaines de fois. Mais là, ça n'avait rien à voir. Ce n'était pas comme si c'était le sang d'un de mes patients, ou quelque chose du même genre. Non, là c'était le sang d'un carnage – il n'y avait pas d'autre mot. Ethan avait massacré Alan, purement et simplement. Il ne ressemblait même plus à un être humain, et je comprenais mieux pourquoi Vitali avait voulu que je ne regarde pas. Il avait probablement compris que ce serait ce qui me ferait craquer. Je me suis mise à hurler comme une folle furieuse. Cela a au moins eu le mérite de faire réagir Ethan. Tandis que je hurlai, Ethan a tourné la tête vers moi pour me regarder. J'ai vu la barre de fer tomber au sol dans un vacarme assourdissant. Le bruit du métal s'est répercuté partout dans le couloir. Il a semblé se rappeler de ce qu'il venait de fer et il a regardé le corps d'Alan à ses pieds. Il n'avait pas l'air de s'en vouloir plus que cela, ce qui au fond était assez monstrueux. Et puis il a semblé comprendre que son visage était couvert d'un sang qui n'était pas le sien. Voir son visage couvert de sang me faisait le même effet qu'une bombe. J'ai eu l'impression que cela effaçait définitivement l'image que j'avais de lui. Comme si dans mon esprit, le statut d'Ethan était passé de « mari attentionné et souriant » à « meurtrier sans remords ». Ce qui en soit était terrible. Mais je n'ai pas vraiment eu le temps de m'en rendre compte.

J'ai entendu Vitali me dire d'arrêter de crier, et ça a été comme un électrochoc. Je me suis arrêtée net. Ethan a tendu la main vers moi et pendant une minute j'ai cru que j'allais le repousser, que j'allais me remettre à hurler. Mais je suis restée complètement muette, incapable d'émettre le moindre son, incapable de bouger le moindre de mes membres. J'étais tétanisée. Je n'ai pas répondu à Ethan, je me suis contentée de le regarder, les yeux grands ouverts. C'était comme si j'étais devenue muette soudainement. Après avoir hurlé à m'en exploser les cordes vocales, je me retrouvais incapable de dire quoi que ce soit. Vitali m'a sorti de ma torpeur en évoquant le fait qu'il fallait que nous sortions d'ici tout de suite, sous peine de se faire repérer. C'était déjà étonnant que ce ne soit pas déjà le cas, entre mes hurlements et ceux d'Alan. Aussitôt que Vitali a dit à Ethan de me prendre dans ses bras, je me suis sentie tomber, comme si c'était le signal que j'attendais. Je me suis littéralement écroulée sur Ethan, et celui ci a eu le réflexe de me rattraper avant que je ne touche le sol. Il m'a plaquée contre lui, avant de me soulever dans ses bras. Ma tête est retombée contre sa poitrine, et j'entendais son cœur battre à un rythme effréné. J'avais déjà pleuré, hurlé... Mais je n'étais pas certaine qu'il serait temps de s'embrasser une fois que nous serions sortis.

J'ai vaguement entendu Vitali qui me demandait de tenir le coup. Est-ce que j'avais le choix ? Ce n'était plus vraiment le moment de mourir, maintenant. Je n'en avais pas le droit. J'avais tenu le coup jusque là, je n'allais pas lâcher prise maintenant. Encore que j'en aurais presque eu envie... Pendant une seconde je me suis demandée si mon corps était en bien meilleur état que celui d'Alan. C'était comme s'il n'y avait qu'une seule différence : j'étais vivante et il était mort. Encore que je n'étais pas à cent pour cent certaine qu'il soit mort. C'était juste qu'il ne bougeait plus du tout. Mais je ne m'en sortais pas bien mieux sur ce point là. Je sentais Ethan qui tremblait, certainement de colère. Mais il allait devoir se maitriser et écouter Vitali, qui maintenant était le seul à pouvoir nous sauver. Je sentais qu'Ethan n'était pas ou plus assez maitre de lui même pour raisonner correctement. Encore que son air de tueur aurait pu effrayer n'importe qui... Oh mon dieu, il avait tué des hommes pour me sauver. Deux. Deux... ou plus ? Je ne savais pas comment il était entré ici, je ne savais pas comment il avait fait... Je le savais violent, mais pas à ce point là. Tuer c'était... c'était... Je ne savais pas ce que c'était. Et Vitali qui parlait de tuer son père maintenant... Par vengeance... Est-ce que ma vie valait toutes ces morts ? Est-ce que je méritais qu'on tue pour moi ? Est-ce que ma vie valait plus que celles des autres ? Je ne pouvais pas répondre à cette question... Mais Vitali et Ethan semblaient penser que c'était le cas, qu'elle valait plus que celle des autres.

J'étais complètement ballottée dans les bras d'Ethan, qui me portait. Il suivait Vitali. Je n'entendais plus grand chose, comme perdue dans un océan de flou. Je n'étais plus capable de rien.

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: There's a heaven above you baby.... (PV Katarina)   Lun 23 Aoû - 11:36

Ma main est retombée le long de mon corps alors que j’étais à quelques centimètres de la peau de Katarina. Un peu plus de force et j’aurai caressé sa joue. Je ne savais que la regarder sans dire un seul mot. Même prononcer son prénom était trop difficile, semblait trop difficile. Une chape de béton venait de s’écrouler sur moi. Comme l’a galerie s’était effondrée sur ma femme quelques jours plus tôt. Mais cette fois ci c’était sur moi. J’avais l’impression d’être écrasé par tout un tas de sentiments. Je ne ressentais plus rien. En tout cas c’était l’impression douloureuse que j’avais. Tuer Alan aurait du me calmer et me soulager. Apres tout je venais de me venger. Mais c’était presque tout le contraire. Je me sentais encore plus mal.

Allais-je devoir vivre avec ça toute ma vie ? Sûrement…J’allais devoir y penser encore et encore jusqu'à ma mort. Je n’imaginais pas ce que devait vivre Katarina intérieurement. Si dans ma tête c’était le chaos, dans la sienne c’était le Big Bang.

Katarina avait cessé d’hurler au moment où Vitali lui avait dit que nous allions nous faire repérer si elle continuait à crier comme elle le faisait. Ses yeux se sont fixés sur moi et je ne savais pas très bien ce qu’elle pensait. Je n’arrivais plus à lire en elle. Une semaine auparavant il me fallait moins d’une seconde pour la comprendre, et maintenant nous étions revenus des mois en arrière. Nous ne nous comprenions pas. Alan avait gagné ! Il avait créé un fossé entre nous. Pourtant sa mort n’était pas un baume sur nos blessures. Il n’était pas mort pour rien (loin de là d’ailleurs) mais ce n’était pas ce qui réglait nos problèmes et nos cicatrices intérieures.

Je baissais les yeux parce que j’avais honte. Terriblement honte qu’elle ait été témoin de celui que j’étais vraiment. Et honte qu’elle ait vu ce corps. Moi ça ne me faisait rien de voir Alan comme ça… Mais elle, elle ne méritait pas de voir ça. C’était bien trop violent. Et elle avait vécu assez de violences pour toute une vie.

Vitali était nerveux. Selon lui, nos retrouvailles, quelle que soit la couleur qu’elles auraient, devaient se faire plus tard, et ailleurs. Il voulait que nous sortions d’ici. Je voyais bien qu’il avait peur aussi. Il avait peur pour sa peau oui !!! Et Katarina alors hein ? Elle avait été séquestrée pendant une semaine entière. Elle avait été violée !! Et lui tout ce à quoi il pensait c’était sa petite personne. Il voulait sauver sa petite peau….

J’aurais pu lui en vouloir et lui coller une droite si une petite voix n’était pas venue me parler pour me dire que sans Vitali, je n’aurais sans doute pas retrouvé Katarina à temps, et qu’elle serait sans doute morte sous les coups d’Alan ou pire même. Je lui étais reconnaissant oui, mais j’étais incapable de parler, je ne pouvais détacher mon attention de ma femme. Je n’étais pas soulagé de l’avoir retrouvé. Enfin si, j’étais terriblement soulagé. Mais maintenant j’avais honte ! Honte qu’elle ait subi tout ça à cause de moi.

- "Ethan, tu reviens sur terre et tu te sers de ta tête. Prends Katarina dans tes bras, elle n'est pas capable de marcher bien longtemps et suis-moi. Tout de suite."

Ha…heu…oui.. Il avait raison. Katarina ne serait pas en état de marcher. Elle avait l’air d’une poupée brisée en mille morceaux. Mais j’avais peur de sa réaction quand je la toucherais. Terriblement peur qu’elle me repousse. Si elle n’acceptait pas que je la touche, comment allions nous faire pour aller la faire soigner par Mathilda ? Il nous faudrait plus de cinq heures pour rentrer dans la communauté. Et la nuit ne tarderait sans doute pas à tomber. Il a parlé d’une façon plus calme et douce à Katarina en lui disant qu’il fallait encore qu’elle soit forte.

Forte, elle l’avait été pendant une semaine. Croyait il vraiment qu’elle réussirait encore à l’être pendant quelques heures ? Moi j’avais terriblement peur en tout cas.

Comme dans un rêve je me suis relevé en prenant appui sur le mur et quand je me suis retrouvé debout, j’ai posé un regard perdu tout autour de nous. Je me sentais complètement étranger à mon propre corps. Et j’ai soulevé Katarina en la prenant sous les aisselles, pour l’aider à se relever. J’ai tenté de la hisser sur mon dos, mais elle ne tenait plus sur ses jambes. Elle se laissait glisser alors il fallait trouver autre chose. J’ai donc passé une main sous ses genoux et je l’ai prise tant bien que mal dans mes bras.

-Je te suis.

Vitali est donc passé devant nous sans un mot, guettant les environs. Et nous sommes sortis dans la torpeur de la rue, malgré le vent qui soufflait. Je n’avais plus qu’une seule idée en tête : amener Katarina en lieu sûr et la faire soigner. Alors quand Vitali nous a dit que la voie était libre, je ne l’ai pas remercié. Enfin je ne m’en souviens pas. Tout ce que j’ai fait c’est le regarder pendant de longues secondes où ma gorge s’est nouée et mes yeux m’ont piqué. Et nous sommes partis. Le plus vite possible, j’ai marché pour sortir de ce quartier, et du danger qu’il représentait. J’entendais Katarina gémir et je devais faire comme si je n’entendais rien.

Elle avait souffert le martyre pendant une semaine parce que j’avais un passé de junkie, et elle souffrait encore parce que je n’étais pas capable de la porter correctement pour ne pas lui faire de mal. Mais j’avais l’impression que peu importe la façon dont je la portais, elle avait mal. C’était tout son corps qui lui faisait mal sans aucun doute. Et même si j’avais envie de courir, je ne pouvais pas. Je ne me suis pas retourné jamais !

Moi qui pensais que nous serions « chez nous » dans cinq ou six heures…..


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There's a heaven above you baby.... (PV Katarina)
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