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 Leave Out All The Rest [Mono Rp]

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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Leave Out All The Rest [Mono Rp]   Mer 18 Aoû - 21:32

L e a v e . O u t . A l l . T h e . R e s t




I, I need to get away
I haunt you back, I bring you down
There's only tears when I'm around
I, I need to run away
I don't know where I'll go or how
But the different person I'll become
I, I'm gonna leave today
It'll hurt at first, but then you'll see
That things go better without me

But still, it's all my fault
And it's time to carry
My own heart

I, I need to get away
There's a million miles of road
Someplace else I'll take my load
I, I'd like to run away
And after all my money's burned
A different person will return
What, what if I leave you now
When you look back in time you'll know
I was strong to let you go

It's all my fault
It's time to carry
My own heart

I, I need to get away
I fought it hard, but sadness won
Far away I might belong
I, I'd like to run away
Maybe if I'm on my own
I'll find I'm strong when I'm alone
I, I swear I'll leave today
I won't look back and I won't cry
All my pain I'll leave behind

[center]It's all my fault
And it's time to carry
My own heart

_________________

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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: Leave Out All The Rest [Mono Rp]   Mer 18 Aoû - 22:24

T h e . F i r s t . D a y

Quand Mathilda vint me voir ce matin-là, je ressemblais à un zombie. Elle devait vérifier mes blessures, changer le pansement, voir si je n'avais aucune séquelle en raison de la fausse couche, bref, elle devait faire son boulot. Oh, ce fut simple pour elle de faire tout cela puisque je ne bougeai pas d'un centimètre, le regard perdu dans le vide. J'avais pleuré toute la nuit et j'étais dans un état lamentable. Point positif d'avoir tant pleuré : Je n'avais plus de larmes à donner pour le moment. Mathilda essaya de me faire parler, de savoir ce qu'il se passait mais je ne lui parlai même pas : J'en étais incapable. C'était trop difficile, beaucoup trop difficile. Si moi j'avais blessé Alexander, lui ne s'était pas gêné pour me rendre la monnaie de ma pièce en m'annonçant que je n'étais plus qu'une étrangère à ses yeux. Même si Mathilda était au courant pour moi et Aristide, je n'avais pas la force de lui expliquer ce qu'il s'était passé avec Alexander. Elle n'insista pas. Ce jour-là, je ne vis pas Alexander mais cela ne me surprit pas : Pourquoi serait-il venu rendre visite à une étrangère, hein? Je fus incapable de manger quoi que ce soit, et quand Katarina eut la visite d'Ethan, je fis semblant de dormir, de façon à éviter de croiser le regard de ceux qui étaient auparavant mes amis. Les entendre ensemble, juste à côté de moi, me rendait à la fois heureuse et triste : Heureuse pour eux, et triste car j'aurais voulu pouvoir vivre la même chose avec Alexander. J'aurais voulu qu'il soit auprès de moi. C'était malheureusement impossible.

T h e . S e c o n d . D a y

Mathilda piqua une crise de nerfs lorsque je refusai de manger : Je lui expliquai finalement ce qu'il s'était passé avec Alexander, mais elle refusa de laisser tomber et, à force d'insistance, je finis par avaler un repas dans la journée : C'était le mieux que je pouvais faire. En fait, elle trouva l'argument parfait : Si je me décidais à manger, elle allait me laisser quitter l'infirmerie plus vite dès le lendemain puisque j'allais bien. Physiquement en tout cas, parce que mentalement, c'était pire que tout ce que j'avais pû imaginer. Bien pire... Alexander n'était toujours pas venu me voir et malgré les quelques visites d'Emma, je me sentais horriblement seule. Ca n'allait pas aller en s'arrangeant mais ça, je ne le savais pas encore... Cette après-midi là, j'eus la visite d'Aristide. J'avais décidé de le quitter quand la galerie s'était effondrée, et ce, malgré les sentiments que j'avais pour lui. Après la réaction d'Alexander, j'aurais pû décider de retourner vers Aristide car j'étais certaine qu'il ne me repousserait pas, mais je ne pouvais pas faire ça : J'aimais trop Alexander et, j'aimais trop Aristide pour lui faire ça. Je lui avais fait du mal et j'allais lui en faire une dernière fois. Il avait dû faire extrêmement attention afin de pouvoir venir me rendre visite car Alexander ne voulait plus entendre parler de lui, il avait été clair deux jours auparavant. Cette rupture fut abominable, une horreur à vivre pour moi mais surtout pour Aristide. Après mon mari, je brisais le coeur de mon amant : Je ne méritais ni l'un, ni l'autre de toute façon. Le quitter fut une véritable épreuve et ce fut la dernière fois que je le vis : Plus tard dans la soirée, il quitta la communauté. Cette nuit-là, je ne fermai pas l'oeil de la nuit, terrifiée à l'idée qu'il lui arrive quelque chose mais aussi, accablée par ma tristesse. Quel gachis j'avais fait...

T h e . T h i r d . D a y

Je quittai l'infirmerie dès le matin. Katarina y était encore mais sa blessure avait été beaucoup plus grave que la mienne et ce, même si elles avaient relativement similaires. Quand j'arrivai dans la chambre, je ne trouvai personne : Ni Alexander, ni Emma. Je m'allongeai sur le lit et essayai de ne pas penser à ce qui allait se passer quand j'allais revoir Alexander. Ses affaires étaient toujours là, et les miennes également : Nous partagions donc toujours la même chambre. A midi, je décidai d'aller manger (je n'avais pas vraiment le choix puisque Mathilda me surveillait) et lorsque j'arrivai dans la salle à manger, les conversations cessèrent pendant quelques secondes. Tous, à l'exception de Mathilda et de Liam, me fusillèrent du regard avant de reprendre leurs repas et leurs conversations. Si Mathilda et Liam avaient été seuls à leurs tables respectives, j'aurais été déjeuner avec l'un d'entre eux mais ce n'était pas le cas. Aussi, je me trouvai une table vide et je m'y installai avant de manger, plus seule que je ne l'avais jamais été. Je regardai autour de moi et ne vit pas Alexander : Il devait probablement être occupé ailleurs, comme toujours. J'eus alors le réflexe de regarder autour de moi pour chercher Aristide mais je me rappelai aussitôt qu'il n'était plus là. J'aurais voulu que nous retions amis, j'aurais voulu l'avoir à mes côtés mais il avait refusé et je ne pouvais pas lui en vouloir : Il m'aimait de tout son coeur. Comment aurait-il pû accepter une simple amitié? Retenant mes larmes, j'avalai rapidement mon repas et quittai la salle à manger le plus rapidement possible. Le soir, je ne dormais pas encore quand Alexander fut de retour dans la chambre mais il ne m'adressa pas un regard, pas un mot : Rien, comme ce que j'étais à présent pour lui. Nous partagions la même chambre, le même lit, mais une barrière invisible se dressait à présent entre nous. Je mis beaucoup de temps à m'endormir ce soir-là : Je sentais la présence de mon époux derrière moi et j'avais envie de me blottir dans ses bras, seulement, ça n'arriverait plus et à cette idée, mon coeur saigna encore un peu plus.

F r o m. T h e . F o u r t h . D a y . T o . T h e . T e n t h . D a y

J'aurais préféré la haine d'Alexander et la haine de tout le monde. Vraiment... La haine... Parce que la haine était un sentiment puissant, la preuve que l'on ressentait quelque chose alors que l'indifférence... C'était bien pire que la haine, bien pire que tout, et ça m'était très difficile à vivre. Si le premier jour, j'avais eu l'impression d'être détestée de tous, à présent, j'avais tout simplement l'impression de ne plus exister pour personne en dehors de Mathilda et de Liam. Malheureusement, ils étaient tous les deux énormémement occupés et j'étais donc seule. Horriblement seule... Oui, j'avais trompé mon mari et même si j'avais été mal, je n'aurais pas dû le faire mais... J'avais été violée. J'avais été enceinte de mon violeur. Je ne dis pas que l'on devait excuser mon comportement à cause de ce que j'avais vécu, mais me mettre ainsi en quarantaine... Méritais-je vraiment ce sort? Méritais-je d'être une paria, d'être un déchet dont on aurait voulu se débarasser à la première occasion? Une partie de moi me disait que oui, je méritais tout cela, mais une autre partie criait à l'injustice. Cela faisait dix jours que la galerie s'était écroulée et ce midi-là, alors que je mangeais à nouveau seule (manger est un bien grand mot puisqu'Emma mangeait plus que moi, c'est pour dire), j'eus envie de me lever et de leur crier, à tous, des horreurs à la figure.

J'eus envie de leur dire ce que j'avais traversé.
J'eus envie de leur dire qu'ils étaient immondes de me juger de la sorte.
J'eus envie de leur dire que personne n'était pas parfait et qu'ils ne l'étaient pas plus que moi.
J'eus envie de leur dire que tout le monde pouvait faire des erreurs.
J'eus envie de leur dire qu'ils étaient tous des hypocrites sans coeur.

Mais je ne dis rien et retournai dans ma chambre afin d'éviter de péter les plombs : Je venais d'atteindre ma limite et je le savais. C'est là, assise sur ce lit qui me semblait si froid que je pris la décision de mettre fin à tout ceci.



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Dernière édition par Gabrielle McCord le Mer 18 Aoû - 23:04, édité 2 fois
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: Leave Out All The Rest [Mono Rp]   Mer 18 Aoû - 22:56

T h e . L a s t . D a y

Comme tous les matins depuis que j'avais quitté l'infirmerie, je me réveillai seule dans la chambre. Alexander avait déjà emmené Emma pour qu'elle soit avec les autres enfants et il était parti faire ce qu'il avait à faire. Je restai un long moment allongée sur le lit à fixer le plafond : Je n'hésitais pas et je n'allais pas revenir sur la décision que j'avais prise la veille au soir, mais j'avais besoin de prendre le temps nécessaire avant de me lever car je savais que lorsque ce serait fait, je n'allais plus dormir dans ce lit avant un moment et surtout, je n'allais plus m'arrêter jusqu'à ce que je sois arrivée au bout de ce que j'avais décidé de faire. Au bout d'un long moment je finis par me redresser et par me lever : Ma dernière journée au sein de la communauté venait de commencer. Je commençai par aller me doucher. De retour dans la chambre, je m'occupai de mon pansement (j'avais pris l'habitude de m'occuper moi-même de ma blessure) et m'habillai. Je ne pris pas la peine d'aller prendre un petit déjeuner puisque de toute façon, je ne mangeais plus qu'un repas par jour depuis l'accident. Mathilda n'était pas très contente mais c'était soit ça, soit rien du tout alors, elle acceptait. Et puis Alexander s'en fichait royalement alors... Une fois habillée, j'observai la chambre un moment avant d'ouvrir l'armoire et de fouiller dedans. Quelques instants plus tard, je trouvai ce que je cherchais : Un grand sac à dos noir. Le genre de sac qu'on pouvait utiliser lorsqu'on partait en camping avant la guerre. Je le posai sur le lit et vidai l'armoire de toutes mes affaires avant de les poser sur le lit. Oh, ça ne se résumait pas à grand chose : Quelques pantalons, t-shirts, jupes, pulls et sous vêtements. Je remettai aussitôt les jupes dans l'armoire et choisis des vêtements plus pratiques. Quand j'eus terminé, j'avais juste ce qu'il me fallait dans le sac : Trois pantalons, le même nombre de t-shirts, de pulls et un peu plus de sous-vêtements. Enfin, j'y déposai ma petite trousse de toilette. J'avais fait en sorte que le sac ne soit pas plein car j'avais encore pas mal de choses à mettre dedans. Laissant le sac ouvert sur le lit, je me mis à genoux, fouillai sous le lit et trouvai rapidement le fusil et les balles qu'Alexander gardait sous le lit à portée de main. Je mis les balles dans le sac et le fermai avant de m'assoir sur le lit. J'avais besoin de quelques instants pour me préparer à la suite, pour tenir le coup, pour être assez forte. Quelques minutes plus tard, je me redressai et attrapai un bloc notes ainsi qu'un stylo dans un tiroir avant de retourner sur le lit. Je me mis rapidement à écrire. Les mots vinrent vite, sans que j'aie besoin de les chercher mais je dus me retenir pour ne pas pleurer : Je ne voulais pas qu'Alexander ne remarque des traces de larmes sur le papier. C'était hors de question. J'aurais tout le temps de pleurer lorsque j'allais être dehors. Une fois terminée, je relus la lettre.

Citation :
Alexander,

Quand tu trouveras cette lettre, je serai déjà loin. J'ai décidé de partir pour quelques temps.

Ces derniers jours ont été très difficiles pour moi et je suis finalement arrivée au bout de ce que je pouvais supporter. Je sais que je t'ai fait énormément de mal et que je mérite d'être punie, mais je ne supporte plus ce silence, cette indifférence. S'il ne s'était agi que de toi, j'aurais peut-être pû tenir mais tout le monde, ou presque, agit comme toi : C'est comme si je n'existais plus pour personne et j'ai l'impression de m'effacer petit à petit, de disparaître et je préfère partir avant de disparaître complètement.

J'ai beaucoup réfléchi à ce que tu m'as dit et tu as raison : La gabrielle que tu as épousée n'est plus là et c'est à sa recherche que je pars aujourd'hui. Je dois partir. Je dois faire la paix avec moi-même. C'est seulement à ce moment-là que je serai capable de revenir à toi et faire ce que je dois faire pour regagner ta confiance et ton amour. Je ne peux pas le faire ici, pas dans ces conditions, pas si je veux réellement arriver à me reconstuire. Je sais que tu prendras soin d'Emma. Sur ce point-là aussi tu avais raison : Elle a besoin de sa maman mais je ne le suis plus depuis un moment maintenant. C'est aussi pour elle que je pars.

Je te jure que je me montrerai prudente et que je ne ferai rien de stupide ou d'inconsidéré. D'ailleurs, j'ai pris le fusil et les balles que tu gardais sous le lit. C'est juste au cas où... Je veux pouvoir me protéger.

Alex... Je t'aime et j'ai été incapable de te le prouver mais ça va changer. Je te promets de te revenir : Tu es l'homme de ma vie, tu es mon âme-soeur et je t'emporte dans mon coeur.

Je vais te rendre la femme que tu aimais, je te le jure.

Avec tout mon amour.

Gabrielle.

En la relisant, je réalisai que j'avais sans doute été maladroite en employant certains mots, mais je n'avais pas envie d'écrire une autre lettre. Cette lettre-là, elle venait véritablement de mon coeur et c'était ce qui comptait. Je posai le bloc notes sur le lit et glissai le sac sur mon dos. Au moment où je voulus prendre le fusil, je jetai un regard aux longues boucles blondes qui pendaient autour de mon visage et me redressai. Je fouillai dans les tiroirs de notre petite commode et finis par trouver une paire de ciseaux. Je m'installai devant la glace et me regardai un moment avant de saisir une poignée de cheveux. Je pris une grande inspiration et coupai les cheveux en dessous du menton d'un coup sec. Je recommençai plusieurs fois avec les autres cheveux et quelques secondes plus tard, je reposai les ciseaux et secouai légèrement la tête : Coupés plus courts, mes cheveux bouclaient encore plus. J'observai un bref instant la quantité assez importante de cheveux qui se trouvaient au sol puis, je pris le fusil et quittai la chambre sans même prendre la peine de jeter mes cheveux à la poubelle ou de refermer l'armoire. Je laissai tout en l'état. Au moment où je sortis de la chambre, j'entendis des voix un peu plus loin, mais je décidai de ne pas m'en approcher. Je devais faire ce que j'avais à faire, et vite. Je fonçai jusqu'à la réserve de nourriture et me cachai à l'angle d'un couloir avant d'observer discrètement la porte. Je m'attendais à trouver un garde et je m'étais préparée à faire une diversion mais j'eus la surprise de trouver la porte libre, non gardée : Ce n'était pas normal. Je secouai la tête et n'hésitai pas : J'entrai dans la réserve et refermai la porte derrière moi. J'aurais pû me poser des questions, essayer de comprendre ce qu'il se passait mais je n'avais pas le temps. J'avais la chance de pouvoir prendre de quoi survivre sans éveiller les soupçons et je devais la saisir. Je posai le sac à terre et l'ouvrit avant de prendre des vivres. Je ne pris que des boîtes de conserves : J'avais prévu de manger une fois par jour, pas plus, et je pris donc le stricte nécessaire pour tenir tout au plus quelques semaines. J'ajoutai deux bouteilles d'eau. Le sac était heureusement grand mais, malheureusement, il était surtout devenu beaucoup plus lourd avec ces vivres à l'intérieur. Lorsque je le remis sur mon dos, le poids fut beaucoup plus difficile à supporter, en particulier avec ma jambe blessée, mais je pris sur moi et tins le coup : Ce n'était que le début des difficultés, alors autant s'y habituer. Au moment de sortir, j'ouvris discrètement la porte et, comme il n'y avait toujours personne je fonçai. Les couloirs étaient étrangement calmes, vides et je n'aimais pas ça. J'arrivai jusqu'à la salle où Isaac et Lily s'occupaient des enfants et je penchai discrètement la tête pour regarder Emma. Les larmes me montèrent aux yeux et je me mordis la lèvre pour ne pas me mettre complètement à pleurer. Je ne pouvais pas entrer et venir lui dire au revoir. Je ne pouvais même pas prendre le risque de la prendre dans mes bras car j'allais craquer et Isaac allait tout de suite comprendre que quelque chose n'allait pas et alors, je ne pourrais plus m'en aller. Aussi, je me contentai d'observer ma fille pendant quelques instants : J'avais besoin d'inscrire ces images dans ma tête et dans mon coeur avant de partir. Elle allait horriblement me manquer mais j'allais lui revenir plus forte : Voilà à quoi je devais m'accrocher. Ne tenant plus, je me détournai et fonçai jusqu'à l'infirmerie. J'espérais y trouver Mathilda. Je frappai à la porte.

-Oui?

C'était bien Mathilda. Elle était là. Avant d'entrer, je lui demandai à travers la porte :

-C'est Gabrielle. Tu es toute seule?

-Oui, pourquoi?

Je ne pris pas la peine de répondre et entrai rapidement. Je refermai la porte derrière moi. Je n'eus pas le temps de dire quoi que ce soit que Mathilda était déjà près de moi, les yeux écarquillés.

-Tes cheveux! Qu'est-ce que tu as fait à tes cheveux?!

-Oh... Je... J'en avais assez, ils étaient vraiment trop longs, ils me gênaient. Et puis, j'avais besoin d'être tranquille, que ce soit plus pratique, alors...

Elle fronça les sourcils et m'observa un moment : Je vis ses yeux aller et venir de mes cheveux jusqu'au sac que je portais sur le dos et c'est là qu'elle remarqua le fusil que je tenais à la main.

-Plus pratique pour quoi?

Mathilda me fixait et à nouveau, les larmes me montèrent aux yeux sauf que cette fois-ci, je ne les empêchai pas de couler. Je pris une profonde inspiration avant de lui expliquer.

-Je m'en vais.

Elle ouvrit la bouche mais je lui fis signe de se taire et de me laisser continuer.

-Il faut que je parte Mathilda. Je ne supporte plus ce qu'il se passe... Alexander, tous les autres... C'est trop dur. Je sais que toi et Liam, vous ne me jugez pas et je sais que j'ai votre soutien mais ça n'est pas suffisant. Ca ne l'est pas... J'ai fait beaucoup d'erreurs mais là, je prends la bonne décision, je le sais. Je veux me reconstruire et redevenir la femme que j'étais avant le viol, avant toute cette histoire et je ne peux pas y arriver en restant ici.

D'un geste vif j'essuyai les larmes qui innondaient mes joues. Un silence s'installa et il dura un moment. Finalement, Mathilda se recula et se dirigea vers les placards avant de les ouvrir.

-Apportes-moi ton sac.

Je posai le fusil sur un lit et m'avançai vers elle avant de déposer mon sac à ses pieds.

-Qu'est-ce que tu fais?...

Ma voix fut hésitante, incertaine. Par contre, la voix de Mathilda fut sûre, comme toujours.

-Je ne peux pas t'empêcher de partir mais je ne vais pas te laisser t'en aller comme ça. Il te faut un minimum pour te soigner en cas de problème : C'est la jungle dehors...

Ca, je le savais. J'avais peur. Oui, j'étais morte de trouille mais je n'avais pas l'intention de reculer, malgré cette peur qui me tordait l'estomac. Je restai silencieuse, l'observant déposer tour à tour une bombe désinfectante, des pansements, des bandages, une boîte d'anti-douleur et même un petit kit de sutures. Alors qu'elle était penchée sur mon sac, je la vis fouiller à l'intérieur et elle releva un regard sévère sur moi.

-Tu n'emportes que ça à manger?

Je haussai les épaules.

-Je n'ai pas beaucoup d'appétit depuis un moment. J'ai prévu de faire un repas par jour. C'est ce que je fais actuellement et je tiens le coup alors...

Je savais qu'elle n'approuvait pas mais elle n'ajouta rien. Elle se contenta de refermer le sac et de me le remettre avec gentillesse sur le dos.

-Merci Mathilda.

-Ce n'est pas grand chose.

-Si... Et puis, je ne te remercie pas que pour ça...

Elle haussa les sourcils, surprise.

-Pourquoi alors?

-Pourquoi? Pour tout Mathilda. Tu as été là après mon viol, tu m'as soutenue et quand je suis tombée enceinte, tu as aussi été très présente. Et puis, quand j'ai été avec Aristide, toi, tu ne m'as pas tournée le dos. Je sais que tu n'approuves pas ce que j'ai fait mais au moins, tu as continué à être là pour moi. Toujours... Même au moment de la fausse couche tu as été...

Je ne terminai pas ma phrase. Nous savions toutes les deux ce qu'il s'était passé et je n'avais pas la force de revenir dessus. Et puis, ça n'aurait servi à rien.

-Et puis, tu m'as sauvée la vie... Il y a de quoi être reconnaissante, non?

Je la vis détourner le regard : Pour la première fois depuis que je la connaissais, elle ne me regardait plus en face.

-J'aurais voulu faire plus.

Je lui pris alors la main et la serrai très fort dans la mienne.

-Arrêtes... Tu as fait tout ce que tu pouvais et sans toi...

Encore une fois, je ne terminai pas ma phrase. Elle reporta finalement son regard sur moi : Elle semblait émue.

-Tu as vu Emma et Alexander?

Je soupirai.

-J'ai juste aperçu Emma mais j'ai préféré ne pas aller la voir. Je crois que ça aurait été trop difficile. Et Alex...

Je repensai à la lettre.

-J'ai réussi à mettre sur papier ce que je ressentais. Il aura la lettre quand il retournera dans notre chambre. Je ne peux pas faire mieux... C'est nul, je sais...

-Tu fais comme tu peux Gabrielle.

J'acquiessai d'un petit signe de la tête : Encore une fois, Mathilda était là, à l'écoute, compréhensive.

-Dis... Je voulais voir Liam avant de partir mais... Enfin, je n'ai pas réussi alors... Tu lui diras au revoir de ma part, tu veux bien?

-Oui.

-Dis-lui aussi que je le remercie pour tout, s'il te plaît.

-Oui.

-Mathilda...

-Oui?

-Tu veilleras sur eux? Tu prendres soin d'eux?... Alex, Emma... Kat aussi... Et Ethan... Tous les autres... Parce que même s'ils me détestent, je les aime toujours...

Oui, j'avais beau avoir mal, j'avais beau leur en vouloir de me traîter comme ça, je les aimais toujours de tout mon coeur. Je finis par baisser la tête, ne pouvant m'empêcher de pleurer et c'est là que les bras de Mathilda m'entourèrent. Je me blottis contre elle et passai mes bras autour d'elle.

-Ne t'en fais pas. Je m'occuperai d'eux et quand tu reviendras, tout s'arrangera.

-J'espère...

-Gabrielle, je veux que tu me fasses une promesse.

J'étais toujours dans ses bras et ne répondis rien, incapable de parler sur le moment.

-Si jamais tu deviens trop faible ou si jamais tu te blesses et que tu n'arrives pas à t'en sortir seule, promets-moi de revenir tout de suite ici et de ne pas faire n'importe quoi. Promets-moi de ne pas prendre de risques.

Je soupirai afin de reprendre le contrôle de mes sanglogs.

-C'est promis.

Nous nous reculâmes et j'essuyai mon visage. Le moment était venu, je le savais.

-Bon...

-Oui...

Je tentai de lui sourire mais j'en fus incapable.

-A bientôt...

Elle acquiessa d'un petit hochement de tête mais n'ajouta rien. Je me retournai alors, repris le fusil et quittai l'infirmerie. En marchant à travers les couloirs vers la sortie, je ne croisai personne car comme un peu plus tôt, les couloirs semblaient s'être vidés. C'était comme si le destin avait fait en sorte qu'on me laisse le passage libre. Au fur et à mesure de mes pas, des souvenirs me revenaient : J'avais certes vécu des choses terribles mais j'avais aussi vécu de belles choses au sein de cette communauté. Ils étaient tous devenus ma famille et j'avais mal de les quitter. J'avais eu l'impression, ces derniers mois, que Dieu m'avait abandonnée et pourtant, je me tournai à nouveau vers lui pour le supplier d'être à mes côtés dans cette épreuve qui se dessinait à l'horizon. J'espérais qu'à mon retour, les choses allaient enfin pouvoir s'arranger, que j'allais enfin pouvoir retrouver ma vie d'avant : Notre vie d'avant. J'arrivai bien vite devant les portes qui menaient dehors et j'eus un moment d'hésitation et me retournai. Je fermai les yeux quelques instants et pensai fort à Alexander.

-Je vais revenir...

Murmurai-je tout bas.

-Je t'aime.

Certes, il ne pouvait pas m'entendre mais j'avais eu besoin de le dire à voix haute : Cela me donnait l'impression que ces mots, même s'il ne pouvait pas les entendre, allaient lui parvenir malgré tout. Puis, je me retournai et poussai les portes avant de sortir dehors. Je fus éblouie par le soleil et j'eus l'impression de prendre une claque en pleine figure tant la châleur m'agressa. Quelques secondes plus tard, je referamai la porte de la communauté et m'avançai dans la rue déserte. Je me retournai pour observer l'entrée de la communauté puis, je me mis à marcher en quête d'un endroit où je pourrai survivre pendant quelques temps. Je marchai très longtemps, afin de m'éloigner le plus possible de la communauté. J'entrai dans plusieurs immeubles, sans trouver quelque chose qui pouvait me convenir. Quand je vis le soleil commencer à descendre dans le ciel, j'étais arrivée jusqu'à ce qui était, auparavant, Harlem. Je ne pensais pas avoir autant marché. Je decidai donc de m'assoir et de faire une pause et au moment où je m'installai sur le trottoir, je me redressai, comme si on m'avait envoyée une décharge électrique. Des souvenirs venaient de faire leur apparition et j'allais m'en servir : Les deux dernières personnes à avoir intégré la communauté étaient un couple, Stefan et Olivia. Stefan nous avait expliqué qu'ils avaient vécu dans un immeuble, à Harlem, avant de venir ici. Je devais pouvoir retrouver leur immeuble : Après tout, il n'y avait pas beaucoup d'immeubles habitables dans le coin. Je me remis donc en quête d'un endroit habitable et après plusieurs immeubles, je finis par en trouver un où un appartement semblait avoir servi récemment. Il y avait un matelas par terre et l'endroit était plus propre que les autres appartements de l'immeuble. Personne ne semblait y vivre puisqu'en dehors du matelas, il n'y avait rien. J'allais dans la pièce d'à côté et vit une baignoire qui avait survécu au carnage. Avec appréhension, je fis couler l'eau. Cette dernière fut marron au départ, mais au bout de quelques secondes, elle devint limpide et je tentai d'en boire un peu. Elle n'avait aucun goût : Elle était sans doute potable. De toute façon, si elle ne l'était pas, j'allais vite m'en rendre compte. J'avais un endroit pour me cacher, un matelas pour dormir et de l'eau à volonté (même si elle était froide) : C'était plus que ce que j'aurais pû espérer. Je retournai dans la pièce principale, posai le sac par terre et sortit tout de suite les balles que je mis à côté du matelas. J'enroulai la sangle en cuir du fusil autour de moi de façon à garder l'arme avec moi et entreprit de nettoyer l'endroit un minimum.

C'était mon nouveau "chez moi".

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