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 /!\ MAD ABOUT YOU ! -18

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Gabrielle McCord
Don't Worry About A Thingavatar

Messages : 504
Date d'inscription : 04/01/2010
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MessageSujet: Re: /!\ MAD ABOUT YOU ! -18    Sam 18 Sep - 18:45

Ce sentiment de peur, d'horreur que je reliais à l'acte amoureux me paraissait tellement loin à présent... C'était comme si Aristide était capable d'effacer les traces de mon viol. Comme si je parvenais enfin à avancer et ainsi, j'atteignais le but que je m'étais fixé en quittant la communauté : Me pardonner, retrouver celle que j'étais et avancer. J'avais eu du mal à croire que j'étais capable d'y arriver mais finalement, ça n'était pas impossible et j'avais fait beaucoup de chemin. J'étais capable de m'aimer, d'aimer, de me donner en toute confiance et si ça peut vous paraître peu, c'était beaucoup pour moi. Là, dans ses bras, le viol n'existait plus, il n'était plus qu'un mauvais souvenir. Tout comme la grossesse. Tout comme la fausse couche. Tout comme les douleurs et les souffrances. Plus rien de tout ça n'existait : Il n'y avait plus que nous, notre amour, et notre façon de le prouver en nous liant de la sorte. Qu'il soit tendre ou plus passionné, qu'il soit lent ou plus rapide, à chaque fois qu'il se fondait en moi, j'avais l'impression d'atteindre des sommets. Je n'avais eu des relations sexuelles qu'avec Alexander puisqu'il avait été mon premier et mon seul amour, et je n'avais jamais pensé qu'un jour, je ferais l'amour avec un autre homme. Pourtant, c'était ce qui était en train de se produire et c'était tout simplement incroyable. J'étais tombé amoureuse d'un autre homme et je partageais avec lui des moments magiques et merveilleux. Pourtant, la réalité n'allait pas tarder à ma rattraper et cette petite voix au fond de moi se faisait de plus en plus insistante mais je préférais ne pas l'écouter : Je ne voulais pas gâcher ces moments qui, je le savais, ne se reproduiraient plus jamais car, j'avais beau aimer Aristide, au petit matin, nous allions reprendre chacun notre route et la mienne allait me conduire jusqu'à mon mari. Alors non : Il était hors de question d'écouter cette voix et de mettre fin à ces moments. Pas tout de suite. Pas maintenant.

Avait-il été capable de sentir mon trouble, même s'il avait été très bref? Avait-il été capable de deviner mes pensées? Pendant un instant, je le crus sincèrement puisqu'il ralentit de plus en plus avant de s'arrêter complètement alors que ni lui, ni moi, n'avions encore atteint ce à quoi nous aspirions, ce que notre corps était presque prêt à nous offrir. Certes, il chercha mes lèvres avant de m'embrasser avec tendresse mais je me sentais déçue. J'avais voulu plus, et j'avais eu plus, mais ça n'était pas suffisant. J'avais voulu me lier à lui, et j'avais voulu ressentir ce plaisir infini et ultime avec lui. Hors, cela ne s'était pas produit. Pourtant, il avait toujours envie de moi : A défaut de pouvoir le deviner, je pouvais littéralement le sentir. Alors quoi?... J'avais vraiment des doutes... Etait-ce moi? Ou alors, était-ce lui? Etant donné la façon dont il s'éloigna de moi et alla s'assoir plus loin sans oser me regarder, je compris qu'il s'agissait de lui. Je posai mes mains contre ma poitrine tout en l'observant : Il avait l'air réellement honteux et il semblait s'en vouloir beaucoup. Je fronçai doucement les sourcils, réfléchissant le plus rapidement possible à ce qui était en train de se passer : Quelques secondes auparavant, il était toujours contre moi, il me faisait l'amour avec passion et d'un seul coup, alors que le plaisir semblait être à la porte et prêt à entrer dans la pièce, il s'était retiré. Il... Oh... Oh! Je portai mes mains à ma bouche, comprenant enfin ce qui le troublait. Ainsi, il avait comme moi sentit la vague de plaisir arriver et il avait voulu empêcher que cela se produise. Comme je le comprenais... Comme j'aurais voulu moi aussi faire l'amour avec lui des heures durant... Mais nos corps ne pouvaient pas nous obéir sur ce point-là : Nous pouvions essayer de repousser ce moment de plaisir, mais nous ne pouvions pas l'empêcher et dès l'instant où nous allions le vivre, ce serait terminé. Oui, ça le serait mais ça ne l'était pas encore.

Un doux sourire étira mes lèvres et au moment où je retirai mes mains de ma bouche, je me redressai pour m'avancer jusqu'à lui. Arrivée à sa hauteur, je posai délicatement ma main sur son épaule avant de la faire glisser jusque dans son cou. Puis, je le contournai afin de me retrouver face à lui. Le sourire qu'il me rendit fut bien trop triste à mon goût et voulant plus que tout retirer cette tristesse du visage d'Aristide, je glissai mes lèvres sur les siennes, comme pour effacer ce sourire triste. Ne quittant pas sa bouche une seconde, je me baissai avant de m'assoir à califourchon sur lui et l'image de notre premier baiser me revint. Ce jour-là, juste après, il m'avait portée et m'avais assise à califourchon sur lui. Ce jour-là, tout avait changé et surtout, tout avait commencé. Pendant une seconde, je sentis mon coeur se serrer de tristesse : A l'instant, j'avais agi en suivant mon instinct, je n'avais pas réfléchi et pourtant, en m'installant ainsi sur lui, c'était comme si la boucle allait se boucler d'elle-même. Comme si le début menait à cette fin inévitable. Inévitable oui, mais elle n'était pas encore là. Ce n'était pas terminé et je n'allais pas me laisser submerger par cette tristesse à laquelle je n'allais de toute façon pas pouvoir échapper. J'allais profiter de ces instants avec lui. Demain : Je pleurerais demain... Je glissai alors rapidement ma main entre nous avant de le caresser puis de le guider en moi. Avant même qu'il ne puisse essayer de m'échapper, je posai mes mains sur ses hanches pour le forcer à rester tout contre moi : Je refusais de la laisser me quitter. Je savais qu'il avait peur que ces moments se terminent, mais si nous nous arrêtions là, si nous nous séparions sans avoir pu connaître ce plaisir ultime, nous le regretterions toute notre vie, j'en étais certaine. Nos bouches étaient toujours l'une contre l'autre tandis que nos langues se cherchaient et se trouvaient et alors, je commençai à me mouvoir contre lui. Il m'avait possédée et à présent, c'était à mon tour. Il était à moi. Ses lèvres quittèrent soudain les miennes mais je ne protestai pas puisqu'il les glissa dans mon cou pour couvrir ma peau d'une pluie de baisers alors que je continuais de bouger contre lui, le faisant aller et venir en moi au rythme que je souhaitais. C'était plus fort que jamais. Plus les secondes passaient et plus nos souffles s'accéléraient. L'incendie qui faisait rage en moi était de plus en plus brûlant et je sentais que nous allions bientôt être emportés tous les deux. Je remontai mes mains sur son dos afin de le coller un peu plus contre moi et m'aggripai à ses épaules, mes ongles s'enfonçant dans sa peau quand vint le moment merveilleux où le plaisir m'emporta dans un tourbillon d'émotions et de sensations plus incroyables les unes que les autres. Nous nous envolâmes tous les deux, au même moment, ensemble, dans cette tornade de plaisir et de passion. Quand je rouvris les yeux, des points blancs me brouillèrent la vue tant je planais. J'avais l'impression d'avoir trop bu, d'être saoule. Oui, c'était ça : J'étais saoule de plaisir et d'amour. Quelques secondes passèrent et nos regards se croisèrent et je crus que j'allais défaillir. Nos corps brûlants étaient toujours l'un contre l'autre et alors que petit à petit je reprenais ma respiration, il posa son front contre le mien. Un geste tendre qui me fit sourire : Tout avait toujours été amour et tendresse entre nous et cet acte amoureux, cette union que nous venions de vivre avait été à l'image de ce que nous étions l'un pour l'autre. Je sentais son souffle contre ma bouche tant nous étions proches. Finalement, il ferma les yeux.

« Merci. »

Ca n'avait été qu'un murmure mais je le compris bien distinctement. Mon sourire se fit plus large et je ne tardai pas à la répondre.

-Merci à toi...

Oui, merci... Merci de m'aimer. Merci d'avoir accepté de m'offrir ce merveilleux cadeau. Merci pour tout. Il m'embrassa brièvement avant de s'allonger. Bien sûr, il m'entraîna avec lui et je me retrouvai donc allongée contre lui, nos regards se croisant une nouvelle fois. Il déposa un tendre baiser sur mon front et je laissai courir mes doigts sur sa peau avant d'entourer sa taille. Il glissa tendrement sa main sur ma joue et mon sourire se fit plus tendre. Nous venions de vivre de merveilleux moments et j'était tout simplement heureuse d'avoir pu les partager avec lui. J'étais heureuse d'avoir pu me lier à lui de cette façon. J'étais bien. Ca n'allait malheureusement pas durer. J'aurais tant préféré qu'il ne dise rien. J'aurais tant préféré que le silence s'installe. Oui, j'aurais préféré le silence plutôt que les paroles qu'il prononça. Au fur et à mesure que les mots sortirent de sa bouche, mon sourire s'effaça. J'avais l'impression qu'il essayait de faire l'inventaire de ses qualités, dont je ne doutais de toute façon pas. Mais l'entendre me dire, en cet instant, qu'avec lui je ne manquerais jamais de rien... C'était comme si, d'une manière détournée, il se comparait à Alexander et m'expliquait ce que, contrairement à lui, il était capable de faire pour moi. En tout cas, c'était ce sens-là que ses mots avaient pour moi. Et j'avais raison de le prendre comme ça étant donné les mots qui suivirent : « Jamais je ne t’abandonnerais, ou t’ignorerais. ». Il pointait du doigt ce qu'il était capable de faire. Il pointait surtout du doigt le comportement qu'avait eu Alexander envers moi. Oui, j'en avais souffert mais il n'avait pas le droit d'en parler de cette façon, surtout en me disant qu'il m'aimait trop pour me faire du mal, parce qu'en disant cela, il sous-entendait qu'Alexander ne m'aimait pas assez. Il sous-entendait que si mon mari m'avait suffisament aimée, il ne m'aurait pas ignorée. Hors, c'était faux. Je savais qu'Alexander m'aimait de tout son coeur. Je le savais et je n'en doutais pas. Certes, il n'avait pas été là quand j'avais eu besoin de lui et il n'avait pas réussi à me pardonner mon infidélité, mais il m'aimait parce que s'il ne m'avait pas aimée, ma liaison avec Aristide ne lui aurait fait ni chaud, ni froid. Il en avait malheureusement beaucoup souffert : N'était-ce pas une preuve de son amour pour moi? Aristide semblait décidé à dire tout ce qu'il avait sur le coeur et j'aurais préféré qu'il s'abstienne parce qu'il continua sur sa lancée avec des « Si te laisser partir est le seul moyen de te rendre heureuse, je ne m’y opposerai pas. » et « Ton sourire est la seule chose qui m'est chère. ». Même s'il devait en souffrir, il préférait me savoir dans les bras d'un autre si cela me rendait heureuse. Mais est-ce qu'Alexander n'était pas capable de faire la même chose? S'il avait été persuadé que j'allais être plus heureuse avec Aristide, il m'aurait laissée partir, non? Non? Moi j'y croyais. A tort, peut-être, mais j'y croyais. Sans s'en rendre compte, il venait de me forcer à les comparer et pour découvrir quoi? Que je les aimais et qu'ils m'aimaient. J'étais bien avancée... Il termina en m'annonçant qu'il m'attendrait toujours et qu'il serait là pour moi si un jour je changeais d'avis et décidais de faire ma vie lui. Je sentis une boule nouer ma gorge.

Je remarquai brièvement son triste sourire avant de détourner le regard. Pourquoi avait-il fallu qu'il parle de tout ça maintenant? Pourquoi n'avait-il pas pu se taire et aborder ce sujet à l'aube? Pourquoi avait-il fait en sorte de me ramener à la réalité, une réalité dans laquelle j'étais mariée à un homme que j'aimais tout aussi sincèrement que j'aimais Aristide? Pourquoi, bon sang? Pourquoi?! Je fermai les yeux avant de me détacher un peu de lui. Ses mains quittèrent ma peau et il ne m'empêcha pas de me redresser et de m'assoir. Lui tournant le dos, je ramenai mes jambes contre moi avant de les entourer de mes bras. J'avais mal. J'avais mal parce que quoi qu'il arrive, j'allais blesser un homme que j'aimais. J'avais mal parce que j'aurais préféré ne pas avoir à choisir. J'avais tellement mal... Parce que jamais, jamais, je n'allais être réellement heureuse. J'allais devoir vivre sans l'un d'eux et ça me paraissait de plus en plus insurmontable. Je devais cependant ne rien laisser paraître parce que je devais le protéger ou en tout cas, essayer de le protéger. Je ne devais pas lui montrer que sans lui, j'allais être malheureuse. Je ne devais pas lui montrer qu'à l'idée qu'il puisse faire sa vie avec quelqu'un d'autre, j'avais envie de mourir. Je ne devais rien lui montrer de tout ça comme je n'aurais rien dû montrer de tout ça à Alexander si j'avais choisi Aristide. Je devais être forte parce qu'il avait mal et allait continuer à avoir mal longtemps à cause de moi, et je devais le délivrer de ce poids. Je devais faire en sorte que sa vie ne cesse pas au moment où il allait quitter cet appartement. Je devais mentir en partie, mais je l'avais déjà fait : Je pouvais recommencer. Et surtout, je ne devais pas pleurer.

-Je sais que tu m'aimes et que tu serais capable de faire n'importe quoi pour moi. Tu n'as pas besoin de me le dire... Je sais à quoi je renonce en retournant auprès d'Alexander et en ne te choisissant pas. Je sais que je ne serai jamais réellement heureuse. Mais Alexander me rendra heureuse. Je le sais. Je veux sauver mon mariage. Vivre sans toi me sera insupportable. Vivre sans lui me serait insupportable. Alors... Peut-être que je changerai d'avis. Je ne changerai pas d'avis. Attends-moi. Ne m'attends pas. Promets-moi que tu ne seras jamais avec une autre que moi. Promets-moi d'ouvrir ton coeur si jamais tu devais rencontrer une autre femme... Si tu m'attendais, je pourrrais revenir auprès de toi. Si tu m'attendais, tu gâcherais ta vie et je te l'ai déjà assez gâchée comme ça, tu ne crois pas?

Lui dire l'opposé de ce que je ressentais réellement était beaucoup plus difficile que je ne le pensais mais je tins le coup, décidée à le libérer. Je pris une inspiration avant de me retourner doucement vers lui. J'espérais ne rien laisser transparaître dans mon regard quant à ma tristesse : J'avais toujours réussi. Il n'y avait aucune raison pour que je n'y arrive pas encore une fois. Ce que je venais de dire lui faisait mal, je le voyais, et j'aurais voulu le consoler, lui dire ce qu'il voulait entendre mais au final, ça n'aurait fait qu'aggraver la situation. J'esquissai un maigre sourire mais je ne pouvais malheureusement pas faire mieux. Puis je me penchai vers lui et glissai ma main sur sa joue : Je m'attendais à ce qu'il me repousse mais il ne le fit pas. Il n'eut cependant pas un geste vers moi : Je ne lui en voulus pas.

-Je t'aime. Je t'aime vraiment. Si je ne t'aimais pas, je n'aurais pas pu m'offrir à toi... Jamais... Et je suis heureuse d'avoir connu l'amour dans tes bras. Tellement heureuse... Tellement malheureuse de devoir te quitter bientôt. Je veux me souvenir de ça. De ce sentiment de bonheur et je veux que ce soit pareil pour toi. Je veux profiter de ces instants. Et demain matin, on tournera cette page pour en ouvrir une autre chacun de notre côté. Nous n'avons pas le choix. C'est mon choix et tu as dis que tu l'acceptais. Mais... Jusqu'à demain... Je veux oublier le reste du monde. Tu veux bien l'oublier avec moi? Juste cette nuit? Je suis faible, et cruelle... Pardon...

J'aurais plutôt dû lui dire de partir tout de suite et de ne pas regarder en arrière plutôt que de lui proposer de faire comme si nous n'aurions pas à nous séparer le lendemain matin mais ça avait été plus fort que moi. Je lui avais demandé de rester avec moi, encore une fois, alors que je venais de lui répéter que j'allais retourner auprès de mon mari. C'était horrible d'agir de cette façon mais tant pis : J'allais être égoïste jusqu'au bout. Un peu ou un peu moins... Ca n'allait pas changer grand chose à ma culpabilité et à notre douleur.

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: /!\ MAD ABOUT YOU ! -18    Dim 19 Sep - 16:56

Cette soirée qui commençait si bien avait-elle été condamnée par mes mots pièges ? Plus les secondes passaient, et moins j’en doutais. Au fur et à mesure de mes paroles le sourire de ma Douce s’était fané, avant d’enfin s’éteindre complètement, et à présent j’attendais fébrilement le jugement. Je savais que tout allait décliner, une nouvelle fois. Et c’était de ma faute. Cependant je n’éprouvais nul remords, car il arrivait un moment où je ne pouvais laisser Gabrielle partir sans un mot. Qui en aurait été capable à ma place ? Oui je me pensais très certainement meilleur mari qu’Alexander en ce moment, et croyez moi je n’éprouvais aucun complexe quant à cette affirmation. Quel bon mari aurait ainsi délaissé sa femme, mais surtout, une femme comme Gabrielle ? Si elle avait été mienne et m’avait un jour trompé, bien sûr que j’aurais souffert. J’aurais cru mourir même. Sauf que la souffrance ne justifie pas ce genre de comportement destructeur, la douleur ne doit pas engendrer une ignorance délibérée et un refus constant. A sa place j’aurais d’avantage chercher à comprendre en quoi je n’avais pas su la satisfaire et comment y remédier, au lieu de lui jeter la pierre et, d’une manière détournée, la mettre dehors. Car au final c’était exactement ce qu’il avait fait. En jouant la carte de l’indifférence, prolongée par l’attitude des autres Communautaires qui l’imitaient, Gabrielle avait ressentit le besoin de partir. Le besoin ! Aurait-elle vécu cela avec moi ? Aurait-elle souffert de mon silence ? Jamais, non jamais. C’est en cela que je me permettais clairement de juger Alexander, il n’avait pas su la rendre heureuse, et bien loin de réparer cette faute, il en rajoutait une couche. Très sincèrement, je ne me croyais pas digne de Gabrielle. Mais lui l’était encore moins. C’est alors que ma bien Aimée desserra volontairement mon étreinte, avant de tout à fait se détacher de moi et se redressa. Aussitôt l’air froid qui avait prit la place de son corps me donna des frissons, et j’eus très peur de l’avoir blessé. Ce n’était pas là mon intention, bien au contraire. J’eus l’envie incroyable de la retenir, la serrer contre moi, implorer son pardon mais je ne le fis pas. Parce qu’elle voulait s’éloigner de moi, et que je ne pouvais la retenir. Je ne le pouvais. Mais cela me faisait mal. Détournant le regard, je préférai ne pas voir cette image d’une Gabrielle prostrée à mes côtés, en proies à des violences intérieures que je ne pouvais apaiser. Dans cette histoire, nous souffrions tout trois. Alexander était trompé, Gabrielle devait choisir entre deux hommes qu’elle aimait, et moi j’allais la perdre, une nouvelle fois. Encore. J’allais replonger dans cet état léthargique, entre la vie et la mort sans réellement savoir qui j’étais. Je n’étais plus, en y réfléchissant. En la perdant je perdais la seule chose qui me maintenait en vie, le seul espoir totalement fou d’un bonheur mort dès la naissance. C’était au-delà du supportable, mais étant son choix, je n’avais le pouvoir de l’en empêcher. Je n’avais le droit de la maintenir avec moi de force tout en sachant que son souhait présent était de retourner auprès de son mari. Gabrielle était ma vie. Gabrielle était ma mort.

Il s’écoula quelques secondes qui me parurent interminables durant lesquelles elle me tournait le dos, m’ignorant volontairement. J’inspirai profondément afin d’empêcher les nocives larmes de couler, qui de toute façon ne tarderaient pas. Elles ne tardent jamais avec Gabrielle. Puis vint ses paroles, toutes plus horribles les unes que les autres. Plus ses lèvres bougeaient, laissant filtré d’atroces affirmations, plus mon visage se décomposait. La violence de ses dires me parut telle que je dû me reculer, me redressant carrément. Mon cœur s’effritait sous les assauts destructeurs de ses mots, j’étais totalement pétrifié. Non seulement leur contenu m’était difficile, mais aussi la manière dont ils étaient prononcés, de cette voix froide et égale. Alexander la rendait heureuse, il lui était impossible de vivre sans lui. Respire. Elle ne changerait pas d’avis, ne voulait pas que je l’attende. N’écoute pas. Et le pire de tout, elle désirait que je l’oublie et fasse ma vie avec quelqu’un d’autre… Sa question finale, purement rhétorique, me donna froid dans le dos. Non, elle n’avait pas gâché ma vie, bien au contraire. Elle lui avait donné, l’espace de quelques semaines, un sens. Et désormais elle me l’arrachait brutalement, comme offrir du riz à un affamé et le lui reprendre après lui en avoir fait avaler à peine quelques bouchées. Je croyais avoir atrocement mal, ce n’était rien comparé au moment où elle se retourna. Son visage me parut soudainement si dur, si froid, que j’en sursautais presque, me reculant une nouvelle fois inconsciemment. La suite des événements promettait d’être des plus douloureuses, car ce visage, je le connaissais. C’était exactement le même que celui qui m’avait quitté. C’était justement celui qui m’avait hanté. Son expression, bien au-delà de ses mots, me brisa le cœur, car soudainement elle était devenue comme une étrangère. Soudainement je retrouvai la Gabrielle qui, dans l’infirmerie quelques semaines plus tôt, m’avait demandé de la laisser tranquille. Très sincèrement, j’avais essayé. J’avais essayé de vivre sans elle, de quitter la Communauté, de fuir loin de cette image de pureté qui m’enchantait le cœur, au prix de ma propre vie. Seulement j’avais échoué, bien malgré moi. Même lorsque je fermais les yeux, je ne voyais que Gabrielle, partout, toujours. Aujourd’hui nos chemins s’étaient de nouveau croisés et il m’était impossible de croire que cela n’était dû qu’au hasard : nous étions faits pour être ensemble. Ou alors, la vie s’amusait avec moi, tel un chat jouant avec sa proie avant de la dévorer. Peut-être était-ce un moyen de mieux m’achever, de m’offrir des moments au-delà de la magie pour pouvoir que mieux en sentir la brûlante morsure une fois qu’ils seront terminés. Peut-être.

Elle me sourit tristement, et moi je ne pris même pas la peine de lui répondre. Je n’en avais ni le courage, ni l’envie. Quelque par la même colère sourde que lorsqu’elle m’avait abandonné surgit. Je lui en voulais, au fond, pour tout le mal qu’elle me faisait. Certes je l’aimais à en mourir, mais cela ne suffisait à pardonner ses nombreuses indécisions que je payais à présent. Elle a joué avec toi. Une partie de moi lui reprocherait toujours de n’avoir pas su mettre un terme à tout cela avant que nous en arrivions à de telles extrémités, car elle m’aimait aussi et à partir de là je devinais qu’elle souffrait également. Sans doute pas comme moi, mais tout de même. Gabrielle se pencha finalement sur moi, puis glissa sa main sur ma joue, geste qui me fut certes désagréable, mais que je ne repoussai pas pour autant. Oui, désagréable. C’était sans doute la première fois que je ressentais cela avec elle, mais je n’avais plus envie qu’elle me touche. Je n’avais plus envie d’être son jouet, son petit grecos de rechange quand Alexander avait le dos tourné. Je voulais avoir une réelle place dans son cœur, et non pas ce semblant d’amour flétri dont je devais me contenter. Jusqu’alors, je m’étais estimé déjà bien heureux d’être de ses favoris, mais à présent je n’aspirai plus qu’à une chose : être le seul. Mais ça, elle me faisait bien comprendre que ça n’arriverait jamais. J’avais d’abord été condamné à devoir la partager avec un autre, puis à devoir m’en défaire totalement et irrévocablement. Etait-ce humain, que de faire ainsi souffrir une personne qui vous aime ? Gabrielle m’apparaissant alors d’une cruauté sans pareilles et cela me faisait peur, en plus que mal. Jusqu’où irait-elle ? Jusqu’où la suivrais-je ? Jusqu’au bout, sans nul doute. Mon être lui était entièrement dévoué, et que je le veuille ou non je serai à jamais amoureux d’elle. Quoi qu’elle puisse en dire ou en souhaiter : j’étais à elle.

Comme si cela ne suffisait pas, comme si je n’avais pas suffisamment souffert, elle me dit qu’elle m’aimait. Bien que cela soit à présent assimiler par mon esprit, dans ce contexte ci ces mots me paraissaient horriblement déplacés et saugrenus. La suite me parut encore plus horrible, enfin de compte. Mes traits durent se durcir au fur et à mesure de ses paroles, je sentais mon visage se crisper. A vrai dire, je sentais chacun de mes muscles se crisper car se qu’elle me proposait portait un nom, un nom qu’elle ne connaissait peut-être pas mais que moi j’avais clairement en mémoire : prostitution. A la seule différence qu’au lieu de me payer en l’échange de mes « services », elle m’offrait un peu d’elle, et elle savait très certainement qu’à mes yeux cela avait beaucoup plus de valeur qu’un quelconque billet. Le marché, en gros, était que pour le moment nous faisions comme si tout allait bien, que nous soyons un couple normal, comme nous l’avons été quelques minutes plus tôt, avant de nous séparer sans un mot de plus demain matin. Donc maintenant j’étais la pute de Gabrielle. La colère devint plus tenace et me brouilla la vue quelques secondes, je me sentais humilié, abusé, mais surtout con. Pourquoi aimais-je ainsi une telle femme ? Je crois que l’image de pureté qui avait jusque là coloré mon esprit lors de mes pensées amoureuses se fissura, pour bientôt se briser. D’une main faible, je retirai sa main de ma joue, la posant sur le drap à côté de ma cuisse, sans cependant laisser voir quoi que ce soit de ma rage intérieure. Baissant les yeux, je dû réfléchir à toute vitesse, mais les sensations et sentiments se mélangeaient dans mon esprit et il m’était difficile de les séparer, les analyser et enfin m’en détacher. D’une part, je ressentais l’ineffable tristesse de ceux qui vivent une histoire d’amour impossible, vouée à l’échec. D’autre part, je haïssais l’idée de ne représenter qu’un éphémère amour pour Gabrielle, car intérieurement elle me déchirait tout autant que son départ. Que faire ? Devais-je comme elle le désirait profiter de nos derniers instants comme si nous n’allions pas nous quitter à l’aube ? Après tout, je n’avais pas le choix, car pas la force de l’abandonner comme elle le faisait. Non, moi je ne pouvais m’y résoudre. Alors, faiblement, j’hochai la tête et tentai un maigre sourire, même si à l’intérieur tout était ravagé. La colère s’estompa alors quelques peu, et je pris l’une des plus stupides décisions de toute ma vie. Encore une. Toujours la même, en y réfléchissant : j’allais l’aimer jusqu’au bout.

Frottant quelques secondes mon visage dans l’espoir stupide de détendre mes traits crispés de douleur, je soupirai. Gabrielle me rendait complètement fou, au point de pousser le vice jusqu’à me demander de m’auto détruire, très clairement. Mais cela ne faisait rien. Ce ne faisait plus rien, après tout. Je relevai enfin les yeux vers elle, vers ce visage figé et dur, comme celui d’une poupée en porcelaine. J’avais toujours détesté ces choses, les trouvant laides. Or, la Gabrielle que j’aimais ne l’était pas et je ne supportais la vision de cette nouvelle femme qui voulait à tout prix m’éjecter de sa vie. J’eus un sourire plus tendre avant de passer mes doigts sur ce visage qui me faisait mal, qui me faisait peur, les laissant courir sur son nez, sur sa joue, sur ses lèvres… Enfin, je dis d’une voix douce mais fatiguée, témoin de mon trouble intérieur :

« Je veux bien… D’accord. Mais s’il te plait, retire ton masque. Ce visage, ce n’est pas celui que j’aime embrasser ou regarder. Tout ce que je vois dans tes yeux c’est de l’indifférence. Ta bouche ne laisse passer que de douloureuses paroles, et tes traits sont crispés, figés dans cette attente fébrile de l’au revoir final. Enlève le, je t’en prie. Tu le remettras demain, si tu veux. Mais pas ce soir. Ce soir, nous nous aimons. On verra demain. D’accord ? On verra demain. »

Je ne savais pas trop si c’était elle ou moins que j’essayais de convaincre, mais je pris sa main demeurée sur le drap et l’attirait à moi, la serrant une nouvelle fois contre ma peau. Je l’aimais, ce soir, c’était tout ce qui comptait. Il fallait que nous oubliions, une nouvelle fois. Les dernières heures de cet amour devaient être les plus belles, sans quoi nous souffrirons encore d’avantage, en admettant que cela soit possible. Et c’est reparti. J’embrassai doucement ses cheveux, sa tempe, avant de l’éloigner un peu de moi pour déposer un baiser sur son front, son visage s’étant enfouit dans mon cou. Enfin, je plantai mon regard dans le sien et fut soulagé de revoir cette Gabrielle si parfaite. Oui, de nouveau elle était parfaite à mes yeux. Il fallait qu’elle le soit jusqu’au bout. Alors, lentement, je scellai notre accord d’un baiser tendre, réconfortant. Ma tristesse, petit à petit, s’apaisait, et je prenais pleinement conscience de mon bonheur d’être dans ses bras, malgré tout. Oui, malgré toutes les souffrances que cela engendrait, Gabrielle était à mes yeux, et sera toujours, l’unique personne pour laquelle la vie valait la peine d’être vécue. Alors quoi ? J’acceptais son choix, je lui avais dis, si son bonheur était dans les bras d’un autre je m’y plierai, et ce bien malgré mon scepticisme. Je ne comptais pas la retenir de force. A chacun de ses désirs, je voulais être celui qui lui offrira ce qu’elle voulait. Et puisqu’elle voulait que nous vivions encore, à l’abri des regards, notre amour une nuit, j’étais prêt à lui offrir, à combler ce souhait là. Je fini par détacher mes lèvres des siennes et l’observer un instant, lui souriant à présent chaleureusement. Cette soirée serait peut-être la dernière, mais elle serait magnifique. Je nouai alors mes doigts aux siens, et me relevant, l’entraînai à mes côtés. Nous traversâmes la pièce principale, retournant dans la salle de bain où je m’approchai de la baignoire, en ouvrant le robinet. L’eau jaillie alors, se percutant avec fracas contre le fond, rappelant le bruit d’une rivière. Me retournant vers Gabrielle qui m’observait sans un mot, j’eus un sourire qui en disait long sur mes intentions : j’avais envie d’elle, encore, et encore. Puisqu’il nous restait de longues heures devant nous, je les voulais intenses, brûlantes mais surtout inoubliables. Posant mon index sur ses lèvres, je la repoussai jusqu’au mur, laissant délibérément couler l’eau. Elle se retrouvait à présent totalement piégée entre le mur et mon corps qui ne cessait de se rapprocher du sien, jusqu’à enfin m’y coller, savourant le contact de cette peau satinée contre la mienne. Mon index glissa alors de sa bouche, coura sur la courbe délicate de son cou, glissa entre ses seins, fini sa course en déviant sur sa hanche et arriva à sa cuisse ferme et ronde. Mon autre main vint également caresser son autre cuisse, jusqu’à ce que je resserre mes doigts, la soulevant ainsi tandis qu’elle passait ses bras autour de mon cou. Ma taille s’aventura contre elle, me permettant de mieux la soutenir alors que mes mains remontaient jusqu’au bas de son dos, la serrant étroitement. Mon souffle se fit soudain plus profond, moins régulier. Je ne l’avais pas lâché des yeux une seconde. Je me mordis un instant la lèvre inférieure en un sourire coquin, avant de coller de nouveau ma tempe contre la sienne et murmurer d’une voix à la sensualité et au désir non dissimulés, mon souffle caressant doucement sa peau :

« Je me fiche bien de demain Gabrielle. Car maintenant… Tu es à moi, et à personne d’autre. »

Sur quoi je l’embrassai avec fougue, me jetant littéralement sur ses lèvres que je désirai tant. Je la désirais, plus simplement. Et je comptais bien la posséder jusqu’à en tomber exténué de fatigue, gavé d’amour au petit matin. En cet instant, Gabrielle était mienne. Mienne.

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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: /!\ MAD ABOUT YOU ! -18    Sam 25 Sep - 16:56

J'aurais dû m'y attendre. En fait, je m'y attendais. Je m'attendais à un rejet de sa part, un rejet qui aurait été légitime et justifié après tout ce que je venais de lui dire, mais lorsqu'il retira ma main da sa joue, j'eus l'impression d'être plongée dans un bain d'eau glacée. Je l'avais blessé, une nouvelle fois, et des regrets commencèrent à m'envahir. J'avais été faible, j'avais cédé à mon amour pour lui, à mon désir, et je lui avais fait encore plus de mal. Je regrettais de ne pas avoir été assez forte pour ne pas craquer : Je lui aurais évité bien des souffrances supplémentaires. J'avais mal qu'il me repousse, mais j'étais bien décidée à le laisser faire : Je lui avais laissé le choix de rester un peu plus avec moi, et il avait le droit de refuser et de partir tout de suite. Lorsqu'il baissa les yeux, j'en profitai pour détourner mon regard de lui de façon à éviter de le regarder : C'était lâche, je sais, mais je n'avais pas le courage d'affronter une nouvelle fois sa douleur et sa haine envers moi. Pas tout de suite. Pas juste après ce que nous venions de vivre. A présent, je n'avais plus qu'à attendre : D'un instant à l'autre, il allait se lever et s'en aller. C'était peut-être mieux ainsi. Notre séparation au petit matin aurait sans doute été beaucoup plus difficile après une nuit d'amour, alors que de se séparer, là, maintenant, sur un silence glacial, c'était plus facile oui. Pas moins douloureux, mais plus facile. Cependant, les secondes passaient et il ne bougeait toujours pas. Alors, au bout de queques instants, je pris mon courage à deux mains et reportai mon attention sur lui. Il semblait réfléchir à ce qu'il devait faire et le silence nous enveloppa encore pendant quelques secondes jusqu'à ce qu'il finisse par hocher la tête, m'offrant un maigre sourire : Il était d'accord pour rester avec moi. J'aurais du lui dire de partir mais à la place, je fus soulagée de savoir que j'allais pouvoir le garder encore un peu à mes côtés : Egoïste jusqu'au bout, je vous l'avais bien dis. Je n'osais toujours pas esquisser un geste vers lui et lorsqu'il se frotta le visage avant de soupirer, le froid glacial qui s'était un peu évaporé quand il m'avait confirmé qu'il allait rester avec moi réapparût rapidement : Il n'était pas bien, il avait mal. A cause de moi. Comme d'habitude. J'avais l'impression de me retrouver plusieurs mois en arrière lorsque nous avions commencé à nous voir. A l'époque, je n'avais pas été assez forte pour partir : Je ne l'étais toujours pas. Pourquoi étais-je incapable d'apprendre de mes erreurs passées pour lui éviter de souffrir? Pourquoi étais-je si faible?...

Il finit par relever les yeux vers moi alors que je le fixai, toujours submergée par cette froideur et par cette haine envers moi-même. Cela pouvait sans doute se lire sur mon visage car Aristide sourit plus tendrement avant de passer ses doigts sur mon visage. J'essayais de rester de marbre, de ne rien laisser paraître quant au bien que me faisaient ses douces caresses : J'essayais de garder mon masque pour éviter de laisser voir ma douleur profonde et bien réelle des adieux qui se profilaient à l'horizon. J'essayais parce que j'avais peur qu'entre deux sourires, qu'entre deux scintillements dans mes yeux, Aristide puisse voir ce que le quitter me faisait réellement. Soudain, brisant le silence, sa voix s'éleva doucement : Elle était douce mais empreinte d'une fatigue non dissimulée. J'avais envie de me frapper la tête contre les murs, j'avais envie de m'achever pour lui éviter de devoir supporter ma présence à laquelle il semblait incapable de résister : J'étais comme une drogue pour lui. Une drogue néfaste qui le détruisait de l'intérieur. J'étais même pire que ça... Je fis un effort pour me concentrer sur ce qu'il me disait et non pas sur ce que je voulais faire. Il souhaitait rester à mes côtés mais il voulait que je retire mon masque. Si seulement il avait compris que ce masque n'était pas pour moi, mais pour lui. Pour le protéger de plus de souffrances parce que j'en avais déjà assez fait... Le visage qu'il regardait n'était pas celui qu'il aimait, et je le savais, c'était pour ça que j'avais décidé de le porter. Ses mots m'allèrent droit au coeur et quand il me demanda une seconde fois de retirer mon masque en me disant que j'allais pouvoir le remettre le lendemain si je le souhaitais, je sentis des brûlures naître dans mes yeux, signe de larmes naissantes. Oui, nous nous aimions mais pas uniquement pour cette soirée. Je l'aimerais toujours. Toujours. J'acquiessai cependant d'un bref hochement de la tête pour lui confirmer que je ne voulais pas non plus penser au lendemain. C'est alors qu'il reprit ma main et m'attira dans ses bras. Je me blottis contre lui et l'entourai de mes bras : J'avais laissé tomber le masque. Je l'aimais plus que de raison et j'allais me séparer de lui alors, même si cela faisait de moi un monstre égoïste, j'avais laissé tomber le masque. J'avais à nouveau décidé d'oublier le reste et de ne penser qu'à lui : Rien qu'à lui.

J'étais déconnectée de la réalité et vivais dans un rêve en compagnie d'Aristide. Ses lèvres glissèrent sur mes cheveux puis sur ma tempe, sur mon front et mes lèvres s'étirèrent en ce sourire qu'il connaissait bien et qu'il aimait tant : Ce sourire qui laissait entrevoir mon bonheur et ma paix intérieure. Mon visage était blotti contre son cou et je respirai profondément son odeur alors que je laissai vagabonder mes doigts sur sa peau. Quelques instants plus tard, nous étions face à face, nos regards plongés l'un dans l'autre : Mon sourire se fit plus large. Comme j'aimais ses yeux, comme j'aimais m'y noyer, comme j'aimais cet océan qui m'appartenait. Très vite, ses lèvres se posèrent à nouveau sur les miennes et le froid glacial disparût définitivement pour laisser la place à cette douce châleur qui m'était de nouveau familière. Je resserrai mon étreinte autour de lui et partageai ce baiser avec tendresse, amour, puis avec plus de passion. La petite voix qui me faisait la morale avait décidé de se taire et de ma laisser vivre ces instants merveilleux en paix et je lui en étais reconnaissante. Je ne voulais plus penser aux conséquences et au lendemain : Je voulais penser à cet instant-là, à ce moment précis où nous étions l'un à l'autre. Nos lèvres se séparèrent et lorsque je vis ce châleureux sourire sur le visage d'Aristide, mon coeur fit un bond dans ma poitrine : J'étais tellement heureuse de le voir sourire de cette façon, de le voir heureux. Chimère, je sais... Mais la chimère était bien réelle en cet instant. Il noua ses doigts aux miens et nous releva avant de nous entraîner jusque dans la salle de bain. Je le regardais et ne m'en laissais pas un seul instant : Il était tellement merveilleux... Il ouvrit le robinet et je le laissai faire, décidée à le laisser faire de moi ce qu'il voulait. J'étais à lui ce soir et je voulais qu'il le sache, qu'il le comprenne et qu'il n'en doute pas. Lorsqu'il se retourna vers moi, son sourire en disait long sur ses intentions et je sentis la châleur devenir plus intense et plus forte. Il me désirait comme je le désirais : Nous allions vivre notre amour jusqu'au bout.

Il glissa son index sur mes lèvres et me fit reculer doucement jusqu'à ce que je me retrouve collée contre le mur. Il se rapprocha de moi et finit par coller son corps contre le mien. A son contact, la châleur redevint aussitôt un incendie et mon coeur se mit à battre plus vite et lorsqu'il glissa son index sur mon cou, puis entre mes seins avant de le faire courir sur ma hanche et de le poser sur ma cuisse, ma respiration commença à se faire plus vive et plus saccadée. Son autre main ne tarda pas à passer sous mon autre cuisse et lorsque ses doigts se resserrèrent sur ma peau, je compris où il voulait en venir et passai sans attendre mes bras autour de son cou de façon à ce qu'il me soulève plus facilement. Aussitôt, sa taille fut collée contre moi : Nos corps ne pouvaient pas être plus proches. Ses mains glissèrent jusque dans le bas de mon dos et il parvint à me soutenir sans problème alors que je gardais mes bras autour de son cou de façon à toujours rester au plus près de lui. Si ma respiration était saccadée, la sienne ne l'était pas moins et nos regards étaient vrillés l'un dans l'autre, les laissant parler pour nous. Lorsqu'il se mordit la lèvre inférieure avec un sourire coquin, mes lèvres lui répondirent bien malgré moi, sans que je puisse les contrôler : Je le désirais plus que tout. Je le voulais. Finalement, il brisa le contact de nos regards pour coller une nouvelle fois sa tempe contre la mienne et me murmurer quelques mots. Oh oui, en cet instant j'étais à lui et à personne d'autre. J'avais voulu qu'il le comprenne et il l'avais bien compris. Je n'eus pas le temps de lui répondre qu'il écrasa sa bouche sur la mienne pour m'embrasser avec fougue. Je lui rendis son baiser avec autant de fougue que lui et très vite ma langue franchit la barrière de ses lèvres pour trouver la sienne et s'y mêler. Mes mains caressaient ses cheveux mais bientôt, ma main droite quitta sa nuque pour venir se glisser entre nous, sans pour autant nous faire trop reculer l'un de l'autre. Nos lèvres étaient toujours soudées lorsque je fis descendre mes doigts sur son torse, puis sur son ventre, sur son bas ventre et enfin sur la preuve physique de son désir pour moi. Lorsque mes doigts commèrent à la caresser, je le sentis se raidir mais il ne quitta pas mes lèvres, au contraire. Son baiser se fit encore plus fougueux et pourtant, il l'était déjà beaucoup, c'est vous dire à quel point la passion nous brûlait. Au bout de quelques instants, je finis par rompre notre baiser et plongeai mon regard brûlant dans le sien alors que ma main continuait de le caresser. Je sentais son souffle contre ma bouche tant nos visages étaient proches, aussi, je n'eus pas besoin d'élever la voix pour lui parler.

-Fais-moi descendre...

Murmurai-je tout bas avec un sourire coquin. Je le vis froncer brièvement les sourcils, ne comprenant sans doute pas sur le moment pourquoi je souhaitais descendre alors que nous étions si bien ainsi. De mon côté, j'insistai en hochant brièvement la tête et il décida de me laisser retomber au sol. Je me retrouvai debout contre lui et déposai un bref baiser sur ses lèvres avant de le pousser un peu : Il se laissa faire et finalement, ce fut lui qui se retrouva contre le mur. Je gardai mon regard plongé dans le sien quelques instants avant de me baisser doucement, ma deuxième main venant rejoindre la première afin de le caresser avec délicatesse. Il comprit enfin où je voulais en venir lorsque je fus à genoux et je sentis ses mains se refermer sur mes épaules. Je relevai alors mon regard vers lui : Peut-être avait-il peur que je me force, je n'en sais rien, mais il semblait légèrement perturbé parce que j'étais sur le point de faire. Je lui souris avec tendresse afin de le rassurer : Je ne me forçais à rien du tout. Je voulais à mon tour lui donner du plaisir. Je ne faisais pas ça parce que je devais le faire : Je le faisais parce que je voulais le faire. Il sembla comprendre ce que je ressentais car je vis ses traits se détendre et il m'adressa un sourire tout aussi tendre que le mien. Je baissai alors mon visage et bientôt, ma bouche prit la place de mes mains et entreprit d'attiser le désir déjà présent de mon bien aimé. Ses mains à lui se crispèrent sur mes épaules sans pour autant me rapprocher de lui ou me forcer à rester dans cette position, non. Il réagissait tout simplement à ce que j'étais en train de faire. Mes lèvres et ma langue vagabondaient doucement puis plus rapidement, et au fur et à mesure, je le sentais se crisper de plus en plus. Son désir se faisait de plus en plus fort, de plus en plus grand et j'étais décidée à le faire grandir encore plus, jusqu'au point de non retour où nous allions à nouveau nous unir. Ses doigts se refermèrent avec plus de force sur ma peau et je compris qu'il était temps pour lui, pour moi, pour nous. Je me reculai alors et me relevai tellement vite que j'en eus un vertige. Je me retins à lui en posant mes mains sur ses épaules et il y eut un bref moment de flottement avant que je ne l'embrasse à pleine bouche et que je ne repasse mes bras autour de son cou avant de grimper sur lui. Ses mains retrouvèrent rapidement le bas de mon dos pour me soutenir et cette fois-ci, je n'eus pas besoin de le guider en moi.

Je reculai mon visage lorsqu'il fut en moi et plongeai mon regard dans le sien avant de commencer à me mouvoir contre lui. Je voulais le regarder dans les yeux, je voulais sentir son souffle brûlant se mêler au mien, je voulais me noyer dans ses yeux. Mes mains se crispèrent dans ses cheveux et ses mains me serrèrent un peu plus lorsqu'il s'avança de quelques pas pour me recoller contre le mur. A partir de cet instant, je ne fus plus celle qui contrôlait la situation : Il était devenu le maître du jeu. Je ne me mouvais plus contre lui mais c'était lui qui allait et venait en moi et m'imposait son rythme. La sueur ne tarda pas à perler sur ma peau et mes doigts se crispèrent un peu plus. Quant à l'incendie qui faisait rage en moi, n'en parlons même pas : Il n'avait jamais été aussi intense, aussi violent, aussi enivrant. Entre deux souffles et deux gémissements, je finis par trouver la force de lui murmurer ces quelques mots :

-Je suis à toi.

Oui, j'étais à lui et j'avais beau apprécier faire l'amour en le regardant dans les yeux, je finis par être incapable de résister plus longtemps et reposai mes lèvres sur les siennes. Nos corps ne faisaient plus qu'un et la passion brûlait comme jamais entre nous. Une passion trop intense qui risquait d'être éphémère? J'espérais que non...

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: /!\ MAD ABOUT YOU ! -18    Sam 2 Oct - 23:42

Le corps de Gabrielle était tout aussi brûlant que le mien, tout aussi avide de nouvelles sensations que je l’étais. Si nous devions nous quitter, si nous en avions l’obligation injuste, je m’y plierai. J’accepterai la défaite, la perte de cet être que j’aimais plus que tout au monde pour son bien, avec le respect de son opinion. Inutile de préciser quel mal cela me faisait, il était indicible. Mais quitte à devoir nous oublier, je voulais qu’une dernière fois nous fassions partie du même élément, je voulais que nous soyons l’un et l’autre transporté par un tel plaisir que nous en fusionnerons. C’était sans doute prétentieux que de désirer cela, et pourtant j’osais formuler ces pensées dans ma tête, nous allions ne faire plus qu’un. J’étais prêt, et elle aussi puisque ses lèvres tremblaient d’excitation, ses yeux brillaient du même éclat coquin que les miens. Elle était incroyablement belle en cet instant. Non pas qu’elle le soit d’avantage que d’habitude, puisqu’elle était toujours et invariablement magnifique seulement, lorsqu’elle me regardait de cette manière je parvenais à tout oublier. Je ne savais même plus qui j’étais et ce que je faisais là tant son regard m’aspirait, m’emportait vers les profondeurs inconnues d’un monde emplit de saveurs grandioses. Je voulais de nouveau ressentir cette ivresse propre à cette joie discontinue d’être dans les bras de cette femme. Cette seule femme qui avait fait chaviré mon cœur pour de bon, et qu’enfin je sache où était ma voie, mon destin. Qu’elle me mène directement en Enfer m’importait peu en cet instant car sur la route il y avait quelques escales plaisantes à faire, et si celle-ci était la dernière je voulais au moins pouvoir en profiter jusqu’au bout. Parce que là, alors qu’elle répondait avec effervescence à mon baiser, alors que sa langue chatouillait la mienne avec entrain et que je sentais ses doigts glisser sur ma peau, j’oubliais. J’oubliais que bientôt ce ne serait qu’un souvenir. J’oubliais que je devrais de nouveau vivre sans elle et que cela m’était tellement insupportable que plutôt de l’affronter, je me réfugiais dans des rêves inventés et stupides. J’étais tellement accro à elle, c’en était presque inconcevable. Je n’avais, sincèrement, jamais compris les gens qui disaient s’aimer à ce point. Moi, j’aimais tout le monde et personne à la fois. Vous savez, ces gens qui vous regardent comme si vous étiez la huitième merveille du monde puis vous oublient une seconde après avoir détourner le regard, eh bien j’en faisais partie. J’étais de ceux qui aiment toutes les femmes sans en posséder réellement aucune. Un vagabond, un solitaire et en même temps très bien entouré. J’avais vécu dans la superficialité avant que mon Aimée ne m’éclaire enfin, avant qu’elle ne me fasse ressentir les doux frissons d’une inclination dangereuse. A présent j’aimais une femme, une seule et ce soir elle était mienne. J’aimais Gabrielle. Seulement Gabrielle.

Ses doigts glissèrent sur la manifestation évidente de mon désir pour elle et immédiatement je me crispai, hanté d’un plaisir dont la douce violence accélérait les battements de mon cœur. Aussitôt notre baiser se voila d’une passion brûlante, déchirante mais en même temps envoûtante à tel point que rien ni personne n’aurait pu dessouder mes lèvres des siennes. J’avais l’impression que le sol nous engloutissait, que le monde se dérobait sous nos pieds et pourtant rien ne bougeait autour de nous. C’étaient au contraire nos deux corps qui commençaient à s’échauffer et leurs mouvements, bientôt, se rejoindront afin de devenir parfaitement synchrones. Plus son poignet accélérait, plus j’avais envie de lui dire d’arrêter, de tout arrêter et de brutalement entrer en elle, de me laisser aller aux plaisirs sauvages qui me prenaient à la gorge. Seulement, elle me devança en me demandant de la laisser descendre, et ainsi échapper à mon emprise. Cette requête me fit l’effet d’une douche froide et, voyant qu’elle hochait doucement la tête afin de renforcer sa demande, je finis par céder en la lâchant. Je ne comprenais très clairement pas ce qui se passait, pourquoi vouloir ainsi repousser mes caresses, s’enfuir de mes bras prêts à se refermer autour d’elle et encore une fois la posséder avec tout mon amour, toute ma passion ? Je ne le savais pas, et je le compris seulement lorsqu’elle me plaqua à mon tour contre le mur et s’agenouilla face à moi. J’avais eu peur qu’elle ai changé d’avis, qu’elle ai pensé à Alexander subitement et que cet acte d’amour se revête dans son esprit de trahison mais ce n’était pas cela. Non, elle voulait m’offrir du plaisir. Mais moi je ne voulais pas. Pas comme ça.

Aussi refermai-je doucement mes doigts sur ses épaules afin de l’empêcher de faire ce qu’elle ne désirait certainement pas. Peu de femmes aimaient faire cela et je les comprenais fort bien, il n’y avait rien de ragoûtant là dedans. Quelque part ce geste était également marqué d’une légère tonalité de soumission, or, Gabrielle ne m’était pas soumise. Je ne voulais absolument pas la mettre dans une position de faiblesse alors qu’elle était, et sera toujours, ma seule reine. Alors oui, la voir s’agenouiller ainsi devant moi m’était désagréable parce que non, je n’avais pas envie de la voir ainsi. Certains hommes crevaient de fantasme lorsqu’il s’agissait de cette pratique, moi pas. Pas avec elle en tout cas, car pour les autres femmes c’était sans doute une autre histoire. Mais les autres n’importaient pas, seule Gabrielle avait sa place dans mon esprit en cet instant, et cette place ne se trouvait pas à genoux. Alors je posai un regard contrarié sur elle, mais également troublé. Pourquoi s’obligeait-elle ainsi à faire cela ? Pensait-elle réellement que cela me ferait plaisir ? La voir se forcer à quoi que ce soit m’était insupportable, alors pourquoi nourrir de telles pensées ? Cependant, lorsqu’elle m’adressa un doux sourire je cru comprendre que ce n’était pas ça. Non, elle ne se forçait pas. Alors quoi ? Je n’allais pas lui interdire de vouloir me procurer ce plaisir là si c’était réellement son désir. Du moment où elle ne se faisait pas violence pour moi, tout allait bien. Du moment où elle ne répugnait pas les gestes qu’elle m’adressait, tout allait bien. Aussi lui rendis-je son sourire et, laissant mes mains sur ses épaules, la caressant doucement, je basculai la tête en arrière, m’appuyant contre le mur. Ce ne fut que lorsque je sentis sa bouche, ses lèvres, sa langue sur ma peau que mes doigts se crispèrent. Alors, mon souffle devint plus roque et je me mordis la lèvre, recevant toute cette excitation de plein fouet, prenant totalement possession de mon corps et de mon esprit. J’oubliais tout, alors que sa bouche allait et venait sur moi, doucement puis, plus rapidement. Le souffle se transforma rapidement en un long et profond soupir de satisfaction et sans que je lui dise quoi que ce soit, Gabrielle faisait exactement ce qui était nécessaire à l’augmentation de mon désir déjà bien titillé. J’avais l’impression que j’allais exploser d’un moment à l’autre, que j’allais la plaquer contre ce mur et enfin unir nos deux corps sans aucune retenue. Au bout de quelques minutes qui me parurent bien trop courtes, mes doigts se crispèrent un peu plus et je sentis un moi la chaleur augmenter d’encore quelques degrés, une véritable fournaise s’emparant de mon corps. C’est alors que sa bouche me quitta et que Gabrielle remonta jusqu’à moi, s’accrochant à mes épaules alors qu’elle perdait l’équilibre. Je la serrai alors contre mon torse en riant doucement jusqu’à ce que de nouveau nos lèvres s’enlacent et que je m’abandonne totalement à ce nouveau baiser.

Ses bras s’enroulèrent de nouveau autour de ma nuque, et ce fut très naturellement que mes mains se posèrent dans son dos afin de la soutenir tandis qu’elle grimpait sur moi. Nous n’avions décidemment plus besoin de mots : tout dans nos gestes était limpide, tout déclarait à l’autre la passion qui nous brûlait. Une nouvelle fois, j’entrai en elle. Et ce fut une véritable délivrance. Je ne m’en étais pas rendu compte mais alors que nous n’étions plus liés de cette manière, je me sentais seul. Incomplet. Il n’y avait qu’alors, qu’alors que nos deux corps ne faisaient plus qu’un que j’avais l’impression d’être enfin moi-même, comme si mon existence même dépendait de Gabrielle. Elle recula son visage, plantant son regard dans le mien et je ne pu m’empêcher de laisser échapper un profond gémissement lorsqu’elle se mit à bouger contre moi. J’étais déjà brûlant de désir avant, mais cette fois ci la fournaise intérieure n’avait plus d’égale. A présent je ne craignais plus de la faire souffrir par mes gestes et ainsi, pouvais totalement me laisser aller. Bien sûr, je n’étais pas une brute et ne lui manquerai jamais d’attention, seulement la passion prenait le pas sur la tendresse et je savais que de son côté il en était de même, je le sentais. Aussi, lorsque je reculai en l’appuyant de nouveau contre le mur, je ne fus pas surpris de sentir ses doigts se crisper dans mes cheveux. Nous avions l’un comme l’autre envie de sentir de nouveau nos souffles se mêler, nos corps se mélanger pour former quelque chose de tellement beau, de tellement jouissif, que nous en oublierons tout, jusqu’à l’échéance même de cet amour qui arrivait à grand pas. Je lui fis l’amour, comme je n’avais jamais fait l’amour à aucune femme. Aucune n’avait bénéficié de cette passion, de cette sensualité et en même temps de cette force, qui m’animaient toutes. J’étais à l’image même du feu qui nous consumait, vif et efficace, ardent. Mes mouvements ne se faisaient pourtant pas brutaux, je n’étais guère bestial dans mes gestes. Il n’y avait aucune forme de violence dans notre ébat mais seulement une totale « désemprise » de conscience, si on pouvait dire ça comme ça. Il fallait que nous oublions, il fallait que nous résistions à la colère et à la souffrance encore quelques instants. Ses jambes étaient étroitement liées autour de ma taille, nos regards ne se quittaient pas. Que rêver de mieux ? Plus les secondes passaient, plus je constatais les progrès que j’effectuais, plus son visage se détendait ou se crispait et ainsi j’imaginais la multitude de sensations qui la tiraillait. Sans doute les mêmes que moi. Seulement, ce que je ressentis lorsqu’elle me murmura qu’elle m’appartenait effectivement était ineffable. Il n’y avait aucun mot suffisamment puissant pour vous le faire comprendre. Pour vous laisser entrevoir la jouissance qui m’emporta j’aurais dû vous faire l’amour comme je le lui faisais mais ça, c’était tout bonnement impossible puisqu’elle était la seule qui me mettait dans cet état là. J’aurais voulu trouver moi-même la force de lui répondre, alors que mon souffle se faisait de plus en plus saccader et mon corps moite mais je n’en eus pas le temps, elle se jeta de nouveau sur mes lèvres avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, pour mon plus grand bonheur.

Je répondis à son baiser avec fièvre, mes doigts la serrant encore un peu plus. Puis mes lèvres glissèrent jusqu’à sa joue, son cou, pour y demeurer et la sentir frissonner entre mes bras encore quelques instants. Et enfin, sans crier garde, je la pris plus fermement dans mes bras avant de la décoller du mur et l’installer sans doute un peu plus confortablement sur le lavabo tout près. Je me reculai alors afin de fermer le robinet qui coulait toujours à flot, déversant ses eaux glacées, puis posai de nouveau les yeux sur mon Aimée assise là, en face de moi. Elle m’observait avec une telle avidité, une telle gourmandise que je ne pu m’empêcher d’en rire doucement. Ce fut avec le sourire toujours que je posai de nouveau mes lèvres sur les siennes et posai mes mains sur ses genoux afin de les écarter et doucement, glissai de nouveau entre ses reins. Mes mouvements se firent d’abord plus tendres et plus calmes, mes mains caressant sa peau, ses cuisses, sa poitrine, son cou. Mes lèvres quant à elles ne lâchaient pas les siennes et ne comptaient pas le faire, ce moment reprenait un aspect de douceur que nous avions perdu quelques instants plus tôt et qu’à présent je désirais plus que tout. J’avais envie de sentir ses mains dans mon dos, sur mes épaules, sur mon torse. J’avais envie qu’elle me serre contre elle et noue une nouvelle fois ses jambes autour de moi. C’était comme une bulle d’amour qui venait de se créer, nous englobant tout entiers. Parfois nos lèvres se détachaient et nos regards se retrouvaient, savourant l’affection que nous trouvions chez l’autre alors que nos doigts glissaient toujours, se perdaient sur notre peau. Si mes coups de reins ne faiblissaient pas, ils demeuraient cependant lents et profonds, étrangement calmes. Parce qu’en cet instant je voulais prendre tout à fait le temps de l’aimer, réellement. Je voulais prendre le temps de m’imprégner d’elle tout à fait afin de me souvenir de chaque petit détail. C’était sans doute stupide mais j’avais l’impression qu’en lui faisait l’amour d’une manière si tendre, plus tendre que la première fois peut-être, j’y parviendrai. Je ne savais pas vraiment ce qu’elle pouvait ressentir mais pour moi, tout était parfait. A chaque nouvelle inspiration, c’était uniquement l’amour qui emplissait mes poumons. A chaque nouvelle entrée en elle je me sentais doucement défaillir, perdre pied et pourtant je ne voulais pas fuir la réalité. Pour le moment cette réalité me paraissait bien trop magnifique pour vouloir m’y dérober.

Mes mains remontèrent jusque dans son cou, je relevai alors son visage vers moi et déposai mes lèvres sur les siennes avec une tendresse infinie. Ce baiser fut bref, mais pas moins intense. Lorsque je me reculai, je cessai tout mouvement et plongeai mon regard dans le sien. J’aurais voulu demeurer ainsi toute ma vie. Parce que je l’aimais et que je sentais son amour également. Que j’étais toujours en elle et qu’ainsi, nous ne pouvions être d’avantage liés. Parce que dans son regard je ne trouvais que le reflet de ma propre affection, sans l’onde de tristesse qui nous attendait derrière la porte afin de nous emporter loin l’un de l’autre. Finalement, un doux sourire étira mes lèvres. J’étais heureux. C’était sans doute la dernière fois de ma vie, mais oui, j’étais heureux en cet instant. Sans l’ombre d’un doute. Je soupirai d’aise un instant avant de murmurer d’une voix tout aussi douce que mon sourire :

« Tu es tellement belle Gabrielle.Un doigt quitta son cou pour glisser sur sa peau, jusqu’à sa poitrine. – Tellement douce.Il continua sa course jusqu’à sa hanche. – Tellement sensuelle.Puis jusqu’à l’intérieur de sa cuisse.Tellement… Désirable. »

Je lui souris plus largement puis posai mon autre main sur sa joue, ramenant son visage contre le mien alors que mon nez se perdait dans ses cheveux, mes lèvres caressant tout ce qui se trouvait sur le passage. De nouveau, je repris mes mouvements mais cette fois, ils s’accélérèrent en même temps que nos respirations. Ils s’accélérèrent de plus en plus jusqu’à ce que je sente de nouveau ses mains se crisper sur ma peau et que les miennes l’imitaient, la serraient de plus en plus contre moi. Mon visage s’enfouit dans son cou jusqu’au moment final, jusqu’à l’ultime explosion de saveurs et de délices. Je fermai les yeux. Il y eut un long, très long moment de flottement durant lequel ni mon Aimée ni moi ne bougèrent d’un millimètre. Nos souffles reprenaient petit à petit un rythme normal mais nos corps ne se séparaient pas ; c’était encore trop tôt pour ça. Aussi ne reculai-je pas lorsque mon nez vint caresser sa joue, mes lèvres l’effleurer et que ma main demeurait toujours nichée dans le creux de son cou. Lorsque je rouvris les yeux, les couleurs me parurent mille fois plus belles que précédemment et je su qu’enfin, j’avais réussi. Gabrielle avait été mienne, totalement. Rien n’allait gâcher cela. Je ne comptais avoir aucune parole susceptible de traîner nos adieux dans la pièce plus rapidement que prévu. Je l’embrassai sur la joue avant d’enfin me reculer un peu, et ce ne fut qu’alors que je remarquai son regard. Elle me regardait fixement, comme si elle avait une idée derrière la tête mais je ne parvenais pas à déchiffrer ses envies ou, au contraire, ses craintes. En réalité je ne comprenais rien du tout à ce regard et très vite, un doute horrible me prit. Est-ce qu’elle était insatisfaite ? Avais-je été désagréable ? Je me reculai alors d’avantage et fronçai les sourcils, soucieux. Je m’attendais à tout, mais rien ne vint alors je me risquai à demander d’une voix faible :

« Ca…ne va pas ? Gabrielle ? Qu’est ce qu’il y a ? »


Elle aurait très bien pu me gifler, ou me sauter au cou. En cet instant précis, je me retrouvais comme un gamin de 7 ans devant la Joconde. Quelque chose m’échappait. Quelque chose qui, je l’espérais, n’allait pas briser ce moment de pure magie…

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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: /!\ MAD ABOUT YOU ! -18    Lun 11 Oct - 15:00

Qu'il ne s'arrête jamais... Je voulais qu'il ne s'arrête jamais, que ses bras ne me quittent plus, que sa peau reste contre le mienne, que nos lèvres restent scellées. Je voulais que cet instant ne cesse jamais parce qu'au moment où il allait prendre fin, c'était notre histoire qui allait prendre fin, c'était notre amour que j'allais mener jusqu'à la mort parce qu'il n'était pas le seul dans mon coeur. Je ne voulais pas y penser, je ne voulais pas entrevoir cette séparation dont j'étais la responsable. Alors, pour ne pas y penser, je me laissais complètement aller contre lui, je le laissais m'emener dans ces endroits merveilleux, je le laissais prendre complètement possession de moi de façon à avoir cette impression que je lui appartenais, de façon à faire durer ce moment encore et encore. Chaque baiser me faisait frissonner, chaque caresse me faisait frémir de plaisir et quand ses mains se resserrèrent un peu plus autour de moi, je m'accrochai avec force à lui, me fichant de l'endroit où il souhaitait nous emmener, dès l'instant où il ne se séparait pas de moi. Pourtant, c'est exactement ce qu'il fit après m'avoir déposée sur le lavabo. Quand il se pencha pour fermer les robinets, je le regardai avec avidité, ayant l'impression d'être une droguée en pleine crise de manque : Je le voulais encore contre moi, en moi, je voulais encore lui appartenir. Ca ne pouvait pas être déjà terminé. Non, pas déjà... Le petit rire qu'il laissa échapper et le sourire qui se dessina ensuite sur ses lèvres me firent bien comprendre que ce n'était justement pas terminé et j'en fus soulagée. Très vite ses lèvres retrouvèrent les miennes et mes mains retrouvèrent le chemin de sa nuque pour s'y accrocher une nouvelle fois tandis qu'il glissait ses mains sur mes genoux afin de les écarter et de venir de nouveau en moi. La passion qui nous avait animés jusque là était toujours présente mais elle était plus calme, comme si la tornade était passée pour laisser la place à une brise légère et particulièrement apaisante.

Alors que ses mouvements étaient plus tendres que jamais, mes mains glissèrent doucement sur sa peau. Ses mains à lui n'étaient pas en reste et je sentais qu'il frôlait chaque partie de ma peau qu'il pouvait trouver sous ses doigts. Nos lèvres quant à elles semblaient collées les unes contre les autres, nos langues se cherchaient et se trouvaient, le moindre de nos gestes étant porté par une douceur infinie. Je fis doucement descendre mes mains le long de son dos, caressant délicatement sa peau avant de les glisser entre nous non pas pour l'éloigner, mais pour pouvoir toucher chaque parcelle de sa peau qu'il m'était possible d'atteindre. Bientôt, mes mains glissèrent sur ses bras avant de s'enrouler une nouvelle fois autour de son cou au moment où mes jambes passèrent autour de sa taille. Je me collai alors un peu plus contre lui, le laissant me posséder totalement et complètement. De temps à autres, nos regards se croisèrent un bref instant avant que nos bouches ne se retrouvent, trop avides d'être scellées l'une contre l'autre. Nos doigts semblaient agir de leur propre volonté, caressant la peau de l'autre et j'étais toujours collée contre lui alors qu'il allait et venait en moi avec douceur et lenteur et à chaque fois, les sensations m'emportaient dans un tourbillon de couleurs et de formes. J'avais aimé la façon dont il m'avait fait l'amour, j'avais aimé cette passion entre nous, cette fougue, mais je préférais de loin cette tendresse qui n'était finalement que le reflet de notre amour. J'aimais la façon dont il prenait son temps car grâce à cela, le moment semblait pouvoir se poursuivre encore longtemps, presque éternellement si cela avait été possible. Ma respiration n'en était pas moins profonde ou saccadée, mais nous savourions cet instant avec calme, et profitions de chaque seconde passée ensemble. Lorsqu'il glissa ses mains jusque dans mon cou, mes mains firent de même sur sa peau, comme si l'un était le miroir de l'autre. Après un bref baiser d'une intensité assez incroyable, il recula son visage et plongea son regard dans le mien. Aussitôt, je fus emportée par cet océan que j'aimais tant, par ce lagon d'un bleu particulièrement magnifique. Il cessa tout mouvement sans pour autant se reculer et en cet instant, je me sentis en telle fusion avec lui que cela en aurait presque été effrayant si je n'avais pas été aveuglée par l'amour que j'éprouvais pour lui. Et son sourire... J'aimais tant voir ce sourire sur ses lèvres...

Puis vinrent des mots d'amour, des mots tendres, des mots qui me donnaient l'impression d'être une véritable reine, d'être sa reine, sa muse, sa déesse... Et tandis qu'il prononçait ces mots qui ne faisaient qu'accroître la vitesse à laquelle battait mon coeur, il laissa courir ses doigts sur ma peau. Mes mains trouvèrent finalement ses joues et je lui adressai un tendre sourire avant de soupirer quand je sentis sa main glisser entre mes cuisses. Il posa sa main sur ma joue et rapprocha son visage jusqu'à le glisser dans mes cheveux et je fermai les yeux, frissonnant à chaque fois que ses lèvres trouvèrent ma peau. Enfin, il recommença doucement ses mouvements de va et vient en moi mais cette fois-ci, ils devinrent plus rapides, tout comme nos respirations. Je le serrai un peu plus contre moi, me collant à lui et je sentis soudain la vague de châleur monter très vite. Ma respiration se fit encore plus courte, plus difficile et mes mains se crispèrent sur ses épaules au même moment où les siennes mes serrèrent plus fort contre lui quand l'ouragan de plaisir m'emporta plus rapide et plus puissant que jamais. Non... Nous emporta, ensemble. Je fermai les yeux et laissai aller ma tête contre la sienne, les vents se calmant doucement et l'incendie s'éteignant peu à peu. Nos respirations se mêlaient alors qu'elles devenaient plus lentes, nos coeurs reprenant progressivement un rythme normal. Aucun de nous deux n'esquissa le moindre geste, laissant nos corps scellés et collés l'un contre l'autre pendant encore quelques instants. Ce moment dura un certain temps et il finit par glisser doucement son nez sur ma joue puis sur mes lèvres dans une tendre caresse amoureuse et j'ouvris brusquement les yeux. Ces tendres caresses étaient les caresses de la fin de l'acte amoureux, ces caresses que l'on échange après s'être aimé de tout son coeur, ces caresses qu'on échange quand... C'est terminé. Alors on y était : C'était fini. Nous avions vécu des moments merveilleux et ils avaient finalement pris fin. Bien sûr, je savais que c'était inévitable et je savais que ces moments n'auraient pas pu durer éternellement pourtant... Pourtant... Il m'embrassa sur la joue mais je ne réagis pas, pétrifiée par la réalité qui venait de s'imposer à moi aussi brutalement que si j'avais pris une balle en plein coeur. Il se recula doucement et dès qu'il croisa mon regard, son sourire disparut et l'inquiétude prit la place de la joie et du bonheur sur ses traits tandis qu'il fronçait les sourcils, ne comprenant sans doute pas ce qu'il m'arrivait.

« Ca…ne va pas ? Gabrielle ? Qu’est ce qu’il y a ? »

J'ouvris la bouche mais fut incapable de prononcer le moindre mot. Est-ce que ça allait? Oui et non. Oui parce que je venais de vivre des moments magiques, des moments inoubliables. Non parce que ces moments était à présent terminés et que jamais, plus jamais nous n'allions les revivre. Plus jamais il ne me caresserait de cette façon. Plus jamais il ne me ferait l'amour. Je sais, je sais... C'était ma faute puisque c'était moi qui avait décidé de le quitter mais... Pourtant... Je n'avais pas envie de le quitter. Je n'avais pas envie de me séparer de lui. J'aurais tant voulu pouvoir me couper en deux et leur appartenir à tous les deux sans avoir à choisir, sans avoir à... « Emmène-moi avec toi... Enfuyons-nous ensemble. Je quitte tout. Absolument tout. Partons nous installer quelque part loin de cette ville pendant qu'il en est encore temps. » Comme j'aurais voulu être capable de lui dire cela. Comme j'aurais voulu vouloir lui dire cela, mais au fond, je ne le voulais pas. Je ne voulais pas abandonner Alexander et je ne voulais surtout pas abandonner ma fille. Je ne pouvais pas m'enfuir avec Aristide et effacer ma vie d'avant. Je ne pouvais pas et je ne le voulais pas. Je voulais l'aimer, mais pas comme ça... En fait, la façon dont je voulais l'aimer m'était interdite, elle m'avait toujours été interdite. Alors, au lieu de lui dire ces mots, au lieu de lui sourire, de lui dire que jamais je n'allais le quitter, je me jettai dans ses bras et le serrai plus fort que jamais contre moi. Ma joue était posée contre son épaule et mes doigts étaient crispés sur sa peau. Je sentis ses bras se refermer autour de moi et il me rendit mon étreinte. J'ignorais s'il avait compris mon trouble, ma tristesse, ma douleur face à ce qui nous attendait, mais il me serra contre lui comme je le serrai contre moi, comme si la moindre bourrasque de vent pouvait nous éloigner l'un de l'autre. Je n'allais pas pleurer... Je ne devais pleurer... Pas maintenant... Pas après ces moments merveilleux que je ne voulais pas les gâcher...

-Rien... Il n'y a rien... Ca va, ne t'en fais pas...

Murmurai-je tout bas, ma joue toujours posée contre son épaule. Je finis cependant par trouver le courage de le relever le visage et de poser mon front contre le sien avant de plonger mon regard dans le sien. Jamais je ne l'avais regardé avec autant d'amour : Jamais. Je parvins même à esquisser un sourire, teinté d'une certaine tristesse, j'en conviens, mais un sourire malgré tout.

-Je t'aime...

Je posai alors mes lèvres sur les siennes et l'embrassai avec amour et tendresse, laissant finalement aller mes mains sur ses joues afin de garder son visage tout contre le mien. Malheureusement, ce baiser avait un certain goût amer, je ne peux le nier... Au bout de quelques instants, je reculai mon visage et je n'eus pas besoin de parler pour lui faire comprendre que je souhaitais descendre du lavabo, aussi, il finit par se reculer et m'aider à descendre, mais plutôt que de l'entraîner dans la pièce principale, je l'emmenai avec moi jusque dans la baignoire. Elle était à moitié remplie et bien sûr, le premier contact avec l'eau fut assez brutal mais finalement, mon corps s'habitua à la température, et le sien aussi probablement puisqu'il ne frissonna pas. Bientôt, nous nous retrouvâmes dans les bras l'un de l'autre, lui adossé contre la paroie de la baignoire, moi blottie tout contre lui, mes mains posées sur son torse. En réalité, je n'avais pas envie de parler parce que je savais que si je le faisais, je risquais de parler de notre séparation proche et il était hors de question d'aborder ce sujet. Nous allions rester ensemble jusqu'à l'aube, dormir dans les bras l'un de l'autre et la séparation viendrait au moment du réveil : En parler avant ne lui aurait fait que plus de mal. Je sentais ses doigts glisser de manière absente sur ma peau et alors que j'étais tout contre lui, les souvenirs commencèrent à m'assaillir et doucement, mes lèvres s'étirèrent en un doux sourire : J'avais réellement été heureuse avec lui. J'avais certes vécu dans le mensonge mais il m'avait rendue heureuse... Même aujourd'hui, alors qu'il connaissait l'existence de mon viol, de ma grossesse, de ma décision de rejoindre Alexander quand je serais prête, il avait réussi à me rendre heureuse et à m'aimer telle que j'étais. Je repensais au premier cours de Grec qu'il m'avait donnée, la façon dont j'avais pour la première fois prononcé des mots que je ne connaissais absolument pas et je fus surprise d'entendre un bref rire s'échapper de mes lèvres. Alors, même si j'avais décidé de ne pas parler de peur d'aborder un sujet douloureux, je finis par me laisser aller.

-La première fois que j'ai parlé Grec, j'ai vraiment été nulle. En y repensant, mon accent était vraiment terrible... Heureusement que tu as été patient...

Je relevai doucement mon regard vers lui : Je ne parvenais pas à savoir si l'évocation de ce souvenir lui était douloureux : A moi, il ne l'était pas. Même si ce jour-là nous avions abordé ce même sujet que j'étais décidée à éviter, même si ce jour-là nous avions eu mal, c'était un beau souvenir car il y avait eu tant d'autres choses à retenir plutôt que la douleur : La tendresse, la douceur, l'amour, l'attention que l'un portait à l'autre.

-Comment as-tu réussi à garder ton sérieux et à ne pas te moquer de moi? Franchement... Je devais avoir l'air idiote, non?

Et il pouvait répondre par l'affirmative : Je n'allais pas me vexer, au contraire. Après tout, j'avais très mal prononcé les premiers mots et j'imaginais que sur le moment, ça avait quand même dû lui paraître drôle et qu'il n'avait peut-être pas osé se moquer de moi. Je préférais de loin parler de ça, penser aux bons moments, aux bons souvenirs, plutôt que de penser à ce que j'allais lui faire subir d'ici quelques heures, plutôt que de penser à la façon dont j'allais encore une fois lui briser le coeur et briser le mien par la même occasion. Cela dit, mon coeur pouvait bien terminer en miettes, cela m'était égal : Si seulement j'avais pu lui éviter de souffrir... Si seulement, j'avais pu leur éviter de souffrir... Non, je ne devais pas penser à ça, je ne devais pas assombrir ces moments merveilleux. Je devais garder ce bonheur intact tant que je le pouvais encore.

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: /!\ MAD ABOUT YOU ! -18    Mar 26 Oct - 20:41

Mais la claque ne vint pas. J’avais tellement peur qu’elle ne m’hurle dessus, ne me demande de partir ou ne me fiche carrément elle-même à la porte. En réalité j’avais surtout peur de lui avoir fait mal, car je m’étais totalement laissé emporté par ma passion brûlante, consumante et par là il était possible que j’ai réveillé de mauvais souvenirs. J’en serais mort de culpabilité si jamais, en voulant l’aimer plus que tout, j’avais en fait remué le souvenir douloureux de son viol. M’accaparait-elle à ces moins que rien ? Dans sa tête étais-je devenu un de ces salops qui avaient osé lui faire du mal ? Tout allait très vite et en moi une multitude de questions se posaient, sans que je n’y trouve la moindre réponse dans son regard, puisque son regard n’exprimait absolument rien de compréhensible. En quelques secondes à peine c’était comme si on venait de creuser un profond fossé entre nous, qui auparavant nous comprenions si bien et à présent si peu. L’envie de savoir ce à quoi elle pensait devenait de plus en plus forte, de plus en plus insoutenable et nocive : c’était un véritable calvaire que de devoir attendre ainsi un châtiment certain. J’étais persuadé que la suite des événements serait atrocement douloureuse, mais, contre toute attente elle ne le fut pas. Gabrielle n’ouvrit pas la bouche pour me demander de m’en aller sur le champ mais me sauta carrément au cou, geste qui me laissa particulièrement perplexe. Je sentais ses mains crispées sur ma peau, ses ongles pénétrant avec force en moi et sa joue brûlante sur mon épaule mais ne comprenais pas. Qu’est ce qui se passait ? Qu’est ce qui venait de se passer ? Et finalement, la réalité vint à moi, tragique, horrible, mais pourtant inévitable. Nous allions nous quitter. Il en était fini de nous puisqu’à présent ce qui symbolisait le mieux cet amour venait de se terminer. Tout était fini, et cette vérité était des plus amer dans ma bouche. Alors mes bras la serrèrent aussi fort que les siens, assez fort contre moi pour qu’elle ne puisse pas s’en aller, pour qu’elle ne m’abandonne pas déjà, pour qu’elle n’emmène pas avec elle les restes de notre amour consumé. J’aurais tant voulu pouvoir la maintenir ainsi contre ma peau jusqu’à la fin, croyez moi ce maigre contact m’aurait largement suffit à être heureux puisque dans quelques instants, dans quelques minutes tout serait anéanti. J’avais mal à en mourir, sentais les larmes me monter mais n’osais les laisser couler de peur de rapprocher encore un peu plus l’échéance de notre relation. Je craignais tellement de lui être désagréable, que même pleurer devenait une chose à éviter dans mon esprit. Pour ces derniers instants j’allais me faire aussi petit que possible, comme un enfant j’allais tenter de me faire oublier pour que, comme par magie, elle ne songe pas à me renvoyer. Même si cette hypothèse était bien évidemment impossible, j’allais tenter, ne serait-ce que pour pouvoir me dire que j’avais au moins essayé.

Gabrielle finit par me murmurer qu’il n’y avait rien, que tout allait bien mais j’étais persuadé du contraire puisque comme elle, je ressentais cette infâme vague de tristesse monter pour bientôt noyer mes joues. Puis elle posa finalement son front contre le mien, m’observant avec une telle tendresse que les larmes montèrent un peu plus encore. J’avais envie de mettre le temps sur « pause » et ne plus jamais le laisser filer entre mes doigts, tout comme Gabrielle allait me filer entre les doigts. J’avais envie de m’arracher le cœur pour qu’il ne batte plus jamais sans elle, j’avais envie de mourir, tout simplement. Parce que ma vie n’avait plus aucun sens sans elle, parce que je ne voulais plus voir ce foutu soleil se lever sans raison, parce que même respirer devenait un calvaire lorsqu’elle n’était pas à mes côtés. Je ne pourrais pas supporter de la perdre encore, je ne pourrais pas faire comme si j’étais encore vivant alors qu’en la quittant, j’allais laisser derrière moi tout ce qui me faisait encore tenir debout. Elle me sourit et pourtant je distinguais parfaitement la douleur qui figeait ses traits, je reconnaissais parfaitement cette souffrance qui moi m’empêchait d’esquisser le moindre geste. Ce ne fut que lorsqu’elle me dit qu’elle m’aimait que je pu bouger un muscle, souriant enfin. Qu’elle me le dise d’une manière si douce, si caressante était une véritable bénédiction, aussi fus-je des plus ravis lorsqu’elle posa ses lèvres sur les miennes, comme pour sceller cette déclaration d’amour. Elle posa ses mains sur mes joues, rapprochant encore nos visages l’un de l’autre tandis que de mon côté, je sentis quasi instantanément l’envie de me reculer, de briser ce baiser qui en réalité ne représentait pas l’amour, mais la fin. La fin… Voilà le goût de ses lèvres. Elle ne m’embrassait pas pour me prouver son amour mais uniquement pour me dire au revoir, et plus que tout j’aurais voulu que jamais cela n’arrive. J’aurais voulu qu’elle ne passe pas par ce chemin là pour me faire comprendre qu’arrivait l’heure car en réalité, c’était encore d’avantage blessant que son ton froid ou son regard dur. Me dire qu’elle m’aimait pour ensuite me dire qu’elle voulait que je parte était une torture dont je me serais bien volontiers passé.

Cependant, je ne bronchai pas lorsqu’elle se recula d’elle-même et prouva son envie de descendre du lavabo, au contraire mon bras entoura sa taille et doucement, je l’aidai à ne pas tomber. J’attendis alors, la bouche sèche, qu’elle ne prononce les mots fatidiques, qu’elle ne me somme de fuir sur le champ. Après tout, n’étais-je pas encore là que pour son bon plaisir ? Comme une catin, oui, mais je m’étais à présent fait à l’idée. Elle avait voulu goûter à l’amour dans mes bras et à présent qu’elle avait ce qu’elle voulait, je supposais que c’en était terminé pour de bon. L’amertume commença à s’insuffler en moi alors que, malgré mes pensées, sa main attrapa la mienne non pas pour me conduire tout droit vers la porte mais simplement dans la baignoire. Pleine d’eau glacée. Ce détail aurait pu dans un autre contexte me gêner, mais il était bien évidemment hors de question de cracher sur des moments grappillés avec mon Amour, aussi ne dis-je mot en m’asseyant dans l’eau, tentant de réprimer les frissons qui manquaient de m’assaillir. J’étais tellement soulagé qu’elle ne me pousse pas déjà dehors qu’à présent, la seule chose à laquelle je pensais était de ne pas lui donner la moindre raison de le faire. J’allais demeurer là, tout contre elle et je n’allais pas frissonner ou éprouver la moindre gêne car cela lui aurait été désagréable. En fait, j’aurais fait n’importe quoi pour lui faire plaisir, jusqu’à me faire du mal si c’était là son souhait. N’importe quoi pour ses yeux, pour son sourire, pour les dernières miettes de son affection. Gabrielle entra à son tour dans l’eau et immédiatement, vint se lover contre mon torse. Aussitôt mes bras l’entourèrent, et la simple chaleur de nos deux corps de nouveau réunis suffit à me mettre d’avantage à l’aise, oubliant totalement la température de l’eau. Mes doigts caressèrent lentement sa peau tandis que mon regard se perdait dans le vague, fatigué des événements à suivre. Je ne savais pas combien de temps encore mon Aimée allait supporter ma présence, et comment elle allait me demander de partir. Je supposais qu’elle allait me le demander car j’aurais été incapable de le faire de moi-même, bien que ce soit là la meilleure chose à faire. J’aurais voulu lui épargner ce désagrément mais j’étais trop lâche pour pouvoir faire face. Trop lâche pour prendre mes affaires et claquer la porte à mon bonheur fané sans que personne ne m’ai demandé de le faire immédiatement. Si j’en croyais ses mots passés, notre histoire ne prendrait fin qu’à l’aube. L’aube…c’était si proche. Le compte à rebours arrivait bientôt à son terme, j’en entendais déjà l’alarme stridente qui nous signalerait la fin. A l’aube, tout sera définitivement terminé et à cette pensée, les larmes me piquèrent de nouveau les yeux. Je dû serrer les dents pour qu’elles ne coulent pas.

Le silence était total. Après les pleurs, les cris, les soupirs de satisfaction, les murmures amoureux, ne subsistait plus rien que ce silence pesant. J’en profitai pour réfléchir, n’osant parler de peur de voir le regard de ma belle se braquer sur moi comme pour me dire de me taire illico. Si elle ne voulait rien dire, ce n’était pas moi qui allais briser cet infernal silence. Ainsi donc, je réfléchis rapidement à ce que j’allais faire après. Oui, il y avait cet « avant », heureux, baigné de tendresse, d’affection, et cet « après », qui lui était sombre et dangereux, effrayant. Avant Gabrielle, après Gabrielle. Que restera-t-il de nous ? Se souviendra-t-elle de moi, dans 1, 5, 10 ans ? Son cœur battrait-il éternellement pour moi comme il battrait éternellement pour Alexander ? Je n’en savais strictement rien et au final, c’était sans doute mieux ainsi. J’allais partir et retourner vivre, si on pouvait appeler cette misérable existence de la sorte, comme un paria, seul, abandonné, oublié. J’allais souffrir à en crever de nouveau. Bon sang… Rien que d’y penser j’en avais la nausée. En me retrouvant seul dans les rues ravagées de New York, c’était comme si je n’existais plus aux yeux de personnes, comme si d’un coup chacun m’avait rayé de sa vie et pour quelqu’un comme moi, qui s’était toujours bien entendu avec tout le monde, c’était horrible. De toute ma vie je n’avais jamais été seul, j’avais toujours eu beaucoup d’amis et beaucoup de conquêtes, j’étais le garçon qui ne sortait pas en solitaire les samedi soirs et qui ne dormait que très rarement seul mais à présent… A présent je représentais le renégat que l’on voulait expulsé, que l’on avait expulsé, et qu’on oubliait peu à peu. Ce n’était pas une question d’ego mais simplement d’affection, car pour moi rien, ou presque, n’avait changé. Il y avait toujours des personnes que j’adorais à la Communauté et savoir qu’elles ne pensaient même plus à moi était douloureux. Comme quoi, on juge plus souvent les gens sur ce qu’ils font – ou ne font pas – que sur ce qu’ils sont réellement. Je n’étais pas une personne profondément méchante, seulement amoureuse mais ça, personne ne semblait l’envisager. Brisant soudainement le fil de mes songes désastreux, un léger rire s’échappa des lèvres de mon Adorée et aussitôt, je reportai mon attention sur elle, attendant de connaître ou non la cause de cette démonstration de joie alors qu’en moi tout n’était que noirceur et peine.

-La première fois que j'ai parlé Grec, j'ai vraiment été nulle. En y repensant, mon accent était vraiment terrible... Heureusement que tu as été patient...

Mes mains s’immobilisèrent et je mis un certain temps à comprendre de quoi elle me parlait exactement. Lorsqu’elle releva le visage vers moi, plantant son regard dans le mien je me retrouvai totalement incapable de répondre car elle enchaîna trop vite en me demandant comment j’avais réussi à garder mon sérieux. Ou alors je fus incapable de répondre parce qu’une douleur cuisante serra mon cœur. Une douleur qui me renvoyait à celle éprouvée lors de ce fameux premier cours de Grec, alors que j’avais vainement tenté de lui apprendre quelques mots de ma langue natale chérie. L’avoir entendue prononcer ces mots à la saveur de lavande, l’avoir sentie tout contre moi alors qu’elle se rapprochait si près de mon enfance, avait été un miracle avant que nous n’abordions les sujets difficiles qui nous avaient suivit jusqu’à maintenant. Je décidai alors de me concentrer uniquement sur le bonheur intense que j’avais ressentis, sur cette tendresse infinie qui avait parcouru nos deux corps follement amoureux et d’oublier les larmes. Tant de larmes avaient coulé entre nous…Tant de sujets fâcheux sur lesquels nous étions incapables de nous entendre. Mais aussi tant de sourires, tant de baisers, tant de caresses. C’était mille fois plus beau que la souffrance, mille fois plus savoureux également. Alors, doucement, mes bras resserrèrent leur étreinte autour de son corps et un sourire presque amusé naquit sur mon visage à l’évocation de ces souvenirs qui devaient être joyeux. Et non, elle n’avait pas été nulle, bien au contraire. Elle avait été parfaite, comme toujours. Les débuts furent difficiles, certes, mais au final son accent était tout à fait correct, bien que légèrement voilé de cet anglais collant, ce qui était normal après tout. Tout comme moi j’avais conservé mon léger accent grec bien malgré mes nombreuses années américaines. Lorsque l’on grandit dans l’unité d’une seule langue, il est difficile de s’en défaire totalement bien que mon père me parlait toujours en anglais. Ceci favorisa mon apprentissage mais ne m’inculqua pas toutes les nuances de la prononciation, malheureusement. Je souris un peu plus largement avant de déposer un baiser dans ses cheveux et prononcer d’une voix lente et douce :

« Bien sûr que non, tu n’avais pas l’air idiote. Tu avais l’air perdue, oui, mais pas idiote. »

Je ris doucement avant de laisser tomber une de mes mains dans l’eau, caressant les parties immergées du corps de ma Douce.

« Tu étais splendide. J’avoue que c’était très amusant pour moi, mais pas dans le sens où je me moquais de toi, non… C’était amusant de t’entendre parler une langue qui m’est beaucoup plus familière que celle que nous parlons en ce moment. Et crois-moi, tu es douée. Bon d’accord les premiers mots n’étaient pas remarquables mais très vite, tu as su t’adapter. Et puis… Je suppose que tu aurais bien pu bafouiller n’importe quoi, ça m’aurait paru tout aussi beau puisque… Puisque il s’agit de toi. Tout venant de toi me parait magnifique alors il est inutile d’en débattre. »

Mon sourire se fit plus tendre, tout comme mon regard. En cet instant je l’observai de nouveau comme une Déesse, ma déesse et mon cœur se mit à battre un peu plus fort. Je ne sais pas si elle le sentit ou non, mais Gabrielle m’embrassa délicatement dans le cou et aussitôt, mon sourire s’éteignit complètement. En fait, mon visage tout entier se figea, puis se voila de tristesse. Il y avait un mot que je ne lui avais pas encore appris, un mot qu’elle n’avait pas voulu entendre mais qui devenait inévitable à présent…

« αντίο » Au revoir

Les larmes montèrent mais cette fois ci, je ne les retins pas. C’était beaucoup trop pour moi, beaucoup trop violent pour que je ne puisse le contenir. Je me mordis la lèvre inférieure avant d’éclater en sanglots, serrant le corps de Gabrielle contre le mien. Je la serrai contre mon cœur comme un enfant aurait pu serrer son doudou, espérant plus que tout qu’il le réconforterait. Mais Gabrielle n’allait pas me réconforter, j’en étais certain. Parce que cela n’aurait fait que me redonner espoir, parce que cela aurait rendu les adieux encore plus difficiles. Non, elle n’allait pas avoir de geste tendre envers moi mais si elle demeurait au moins au creux de mes bras, si elle demeurait là sans me repousser cela suffirait. Et je pleurais, comme un enfant oui. Je pleurais à la simple évocation de ce seul mot qui à lui seul résumait toute l’histoire. Voilà, nous y étions et il était strictement inutile de se voiler la face en espérant que l’aube serait loin : il y avait déjà un mur entre nous. Je me sentais déjà comme un étranger dans ses bras, indigne de ses caresses. En réalité, je me sentais comme j’aurais dû me sentir depuis le départ : comme l’amant indésirable. Je comprenais à présent pourquoi tout le monde me détestait, vu que ma propre haine envers moi-même décuplait de seconde en seconde. J’avais mal, terriblement mal et rien ne pourrait jamais apaiser la plaie béante qui était le seul résultat de cette relation. Je n’en voulais pas à Gabrielle, après tout je l’aimais terriblement et même si elle n’avait pas répondu à mes avances, cet amour aurait subsisté. Il aurait peut-être été moins fort, certes, mais là n’était pas le problème. J’étais persuadé du plus profond de mon être que j’étais fait pour elle, mais cela n’était pas réciproque. Voilà le véritable problème. Mes doigts glissèrent sur son menton, l’obligeant à relever doucement le regard vers le mien. Mon regard noyé de ces larmes trop longtemps contenues, ravagé de désespoir et de peur. Anéantis d’y avoir trop cru. Tout comme mon regard, ma voix laissa clairement entrevoir mon malheur, se faisant suppliante, emplie de douleur bien que je murmurais presque.

« Tu ne m’oublieras pas, n’est ce pas ? Jamais, promets le moi. Promets moi que je n’ai pas sacrifié ma vie pour seulement quelques mois de ton amour, promets moi que tous mes mots, toutes mes caresses, tu ne les rayeras pas de ta mémoire. S’il te plait, dis moi que j’ai été important. Je t’en supplie Gabrielle, même si ton amour est moins fort, dis moi qu’il existe bel et bien, mais surtout qu’il ne se ternira pas avec le temps. Dis moi que je n’ai pas été qu’une erreur… »

J’étais à deux doigts de la crise d’angoisse, serrant toujours contre moi cette seule personne qui pouvait en un claquement de doigts soit me ramener à la vie, soit me pousser en Enfer.

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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: /!\ MAD ABOUT YOU ! -18    Dim 21 Nov - 20:01

Des mots d'une affreuse banalité. Voilà tout ce que j'étais capable de lui offrir en cet instant. Une façon comme une autre de repousser les mots douloureux et la séparation qui demeurait inévitable et qui hantait nos coeurs, comme un fantôme hante une vieille maison, se cachant derrière une porte et attendant le dernier moment pour sortir et faire le plus de dégats possibles. Voilà où nous en étions : Attendant l'inévitable, essayant de ne pas y penser en employant des mots d'une banalité à pleurer. J'avais l'impression, cependant, que cela pouvait fonctionner, que cela pouvait nous aider à appréhender la suite. J'étais dans ses bras, je sentais ses mains glisser sur ma peau qui était sous l'eau, je ressentais toute sa tendresse et tout son amour et c'était tout ce qui aurait dû importer. Alors pourquoi n'arrivais-je pas à me laisser aller complètement? Pourquoi n'arrivais-je pas à faire le vide comme j'avais réussi à le faire jusque là? Pourquoi étais-je en train d'échouer dans cette tentative désespérée de ne pas penser à la suite? Parce que cette suite était juste à côté, tout près de nous et parce que je savais que je n'allais rien faire pour l'empêcher, au contraire : J'allais moi-même la provoquer. J'avais fait un choix, et j'aimais mon époux plus que de raison. Malgré cela, l'approche de ma séparation avec Aristide me faisait horriblement mal : Parce que je l'aimais sincèrement et parce qu'une partie de mon coeur lui appartiendrait toujours. Oh, j'aurais voulu être capable de ne penser qu'à notre première rencontre, qu'à nos premiers moments ensemble, qu'à ce premier cours de grec... J'en étais cependant incapable. Je l'entendis me dire que j'avais été splendide, qu'il avait trouvé cela très amusant de m'apprendre sa langue, que tout ce qui venait de moi était magnifique et lorsqu'il m'adressa un sourire extrêmement tendre accompagné d'un regard qui l'était tout autant, je déposai un tendre baiser dans son cou avant de me tourner et de me blottir dans ses bras. De cette façon, il ne voyait plus mon visage et je ne voulais pas qu'il le voit parce que je ne voulais pas qu'il se rende compte que moi, j'étais en cet instant incapable de sourire. En tout cas, j'étais incapable de lui donner un vrai sourire et il m'avait demandé de ne plus porter de masque alors, plutôt que de lui montrer un faux visage, je préférais ne rien lui montrer du tout. Peut-être cela venait-il aussi du fait qu'il me regardait comme il l'avait toujours fait : Avec amour et admiration, comme s'il se trouvait devant un être unique, parfait. Pourtant, je ne méritais pas tant de considération. Oh non... Il m'avait trop idéalisée et à cause de ça... A cause de moi...

-αντίο.

Je me figeai. Je n'avais jamais entendu ce mot, jamais, et pourtant, je savais très bien ce qu'il voulait dire. La tristesse dont il était rempli, la douleur qu'il laissait transparaître me permettait de savoir parfaitement ce que cela voulait dire. Ce mot que j'avais refusé d'entendre et de connaître lorsqu'il m'avait donné mon premier cours de grec. Ce mot que j'avais refusé d'affronter parce que je savais qu'un jour arriverait où nous allions devoir nous le dire. J'avais cru que ce jour serait encore bien loin, et peut-être qu'une partie de moi croyait ne jamais avoir à l'entendre et à le dire. Pourtant, il venait de le prononcer : Au revoir. Je l'entendis éclater en sanglots avant de resserrer son étreinte sur moi. Mes mains s'accrochèrent à lui et je ne pus m'empêcher de pleurer. Je fus cependant silencieuse. Des sanglots silencieux, destructeurs, annonciateurs de la fin. C'était tôt... Trop tôt... N'avions-nous pas dit que nous allions passer encore quelques heures ensemble et dormir dans les bras l'un de l'autre? N'était-ce pas ce que nous avions décidé? Pourtant, il venait de me dire au revoir et je savais au plus profond de moi qu'il ne prononcerait pas ce mot une seconde fois. Nos adieux allaient donc avoir lieu plus vite que prévu. D'ici quelques instants, nos corps allaient se séparer, nos coeur allaient se briser. Alors, je restais accrochée à lui, désespérément : Je voulais profiter de son étreinte jusqu'à presque m'en étouffer. Je voulais profiter de ces derniers instants, je voulais les faire durer, je voulais... Je voulais trop de choses en fait alors que je ne pouvais pas tout avoir. J'aurais dû me montrer forte face à lui, de marbre, ne pas pleurer mais encore une fois, il avait souhaité ne pas me voir porter de masque alors je n'allais pas prétendre aller bien : Me séparer de lui me faisait horriblement mal et mes larmes n'étaient que la manifestation de ma douleur et je ne pouvais pas les retenir. Le pire était que j'étais responsable de cette douleur et bien qu'elle soit difficillement supportable, je n'avais pas changé d'avis. Nous restâmes silencieux un moment, nos corps bercés par nos sanglots quand je sentis sa main se poser délicement sous mon menton afin de me faire relever le visage vers lui.

Je ne résitai pas.

Mon regard croisa le sien et ma douleur n'en fut que plus grande : Son visage était noyé de larmes et je voyais dans ses yeux une détresse que je n'étais pas réellement prête à affronter. C'était pire que lorsque je l'avais quitté à l'infirmerie : Bien pire. Etait-ce parce qu'à présent nous étions plus proches et plus liés que jamais? Oui, sans doute... Après avoir vécu d'aussi beaux moments, la séparation ne pouvait qu'en être plus douloureuse... Je le savais pourtant... Je le savais mais j'avais quand même laissé parler mon coeur et mon corps, je m'étais offerte à lui. Avais-je fait une erreur? Allait-il en ressortir plus brisé que je ne l'avais cru?... Lorsque sa voix s'éleva, elle fut le reflet de sa souffrance et de son malheur : Un murmure, à peine audible que j'entendis cependant suffisamment. Un murmure tremblant, une voix brisée : Comme son coeur, et c'était mon oeuvre. Ses mots tombèrent comme une pluie de morceaux de verre qui m'arrachèrent le coeur. Si j'allais l'oublier? Comment pouvait-il croire que j'allais l'oublier? Nous oublier? Je n'allais rien oublier de nous, je n'allais rien rayer de ma mémoire. Ces moments merveilleux que nous avions vécus, je voulais m'en souvenir. Je voulais me souvenir de tout. Il était vrai que mon amour pour lui était moins fort que celui que j'éprouvais pour mon mari, et il en avait parfaitement conscience, mais il avait peur de ne pas avoir été important, il avait peur d'avoir été... Une erreur... Aussitôt, je me redressai dans la baignoire, juste assez pour pouvoir passer mes bras autour de son cou et me blottir contre lui dans une étreinte qui se voulait tendre mais surtout rassurante. Doucement, je me mis à caresser ses cheveux et je fermai les yeux, le berçant doucement contre moi.

-Chut...

Je sentis ses mains se refermer dans mon dos, me collant un peu plus contre lui : Une nouvelle étreinte désespérée. L'un comme l'autre, nous étions dans la peur de ce qui allait suivre et nous nous raccrochions à ces quelques instants désespérément, comme s'ils pouvaient tout changer alors qu'en fait...

-Ne dis pas ça. Ne dis plus jamais ça... Tu n'as pas été une erreur. Je ne regrette rien. Ou plutôt si, je regrette, mais je ne regrette qu'une seule chose : T'avoir fait du mal et t'en faire encore. J'aurais voulu...

Je ne terminai ma phrase. Qu'est-ce que je pouvais lui dire? « J'aurais voulu t'aimer assez pour quitter mon mari »? Non... Il était hors de question que je lui dise une chose pareille car cela n'aurait rien arrangé, bien au contraire. Mes larmes coulèrent plus que jamais sur mes joues et je me blottis encore plus contre lui, si cela était encore possible.

-Jamais j'oublierai... Tu seras toujours dans mon coeur... Jamais j'oublierai... Jamais j'oublierai...

Je répétais ces mots comme s'il s'agissait d'une formule magique qui aurait pu apaiser son coeur. Finalement, ma voix s'éteignit et le silence nous enveloppa de nouveau. Lui, moi, nous... Pour quelques instants encore en tout cas. Il fallait que l'un de nous prenne la décision et brise l'étreinte et ce choix ne lui appartenait pas : C'était le mien puisque c'était moi qui avait décidé de le quitter. Alors, au bout de quelques instants que j'aurais voulu faire durer bien plus longtemps, je relâchai mon étreinte et me reculai doucement. Je le regardai un instant dans les yeux avant de me détourner et de me relever. Quelques instants plus tard, j'étais dans la pièce d'à côté en train d'enfiler des vêtements. Je l'entendis me rejoindre et passer aussi des vêtements. Je lui tournais le dos parce que je pensais que c'était la meilleure chose à faire. A travers la fenêtre, je pouvais voir l'aube qui commençait doucement à apparaître au loin. Décidément, le temps était vraiment passé plus vite que nous ne l'avions cru. On entendait que le froissement des vêtements que l'on remettait et finalement, plus rien : Ce fut le silence total. Il était là, je le savais, je le sentais, et peut-être n'aurais-je pas dû, mais je finis par me retourner pour le regarder. Nous ne pouvions pas nous dire au revoir sans nous regarder ou plutôt, je ne pouvais pas lui dire au revoir sans le regarder une dernière fois : C'était au-dessus de mes forces. Lorsque je posai mon regard sur son visage, je m'aperçus qu'il pleurait toujours, tout comme moi. Je fis quelques pas en avant et lui aussi. Finalement, nous nous retrouvâmes face à face et j'ouvris la bouche, incapable de prononcer le moindre mot pendant de longues secondes. Je n'arrivais pas à imaginer que c'était la dernière fois que je le voyais. Alors, dans une tentative désespérée, je lui demandais de revenir à la communauté. D'y retourner tout de suite même. Moi, je n'étais pas prête à rentrer mais il pouvait essayer d'y retourner : Peut-être qu'Alexander allait accepter qu'il revienne. Peut-être... Mais il refusa. Ce fut clair et net. Il n'y avait aucun doute possible dans son refus : Il ne voulait pas y retourner. Même lorsque je lui demandai de simplement y réfléchir, il refusa. Je serrai alors la mâchoire : J'avais eu cette idée folle qu'un jour nous serions peut-être amis, que chacun, nous pourrions faire partie de la vie de l'autre sous cette forme mais cela semblait impossible, en particulier s'il refusait catégoriquement de rentrer à la Communauté et cette réalité rendait ce moment encore plus difficile puisque, finalement, il ne s'agissait pas d'un revoir mais bel et bien d'un adieu. Alors...

-αντίο...

Nous restâmes quelques instants sans bouger, nos yeux noyés de larmes ne se quittant pas et soudain, je me jettai sur lui, écrasant mes lèvres sur les siennes et entourant son cou de mes bras. Nos larmes se mêlèrent à nos lèvres et bientôt, ce baiser devint enflammé, désespéré. Le genre de baisers que l'on donne pour être certain que la personne avec laquelle on partage ce moment ne nous oubliera pas. Le genre de baisers que l'on partage lorsqu'on le sait qu'il s'agit du dernier. Le genre de baisers que l'on partage parce qu'il est temps de se dire adieu pour toujours. Le genre de baisers, qu'en fait, on ne voudrait jamais avoir à partager... Soudainement, nos lèvres se séparèrent : Impossible de dire s'il fut celui qui rompit le contact ou si ce fut moi. Peut-être que nous le fîmes au même moment, mais à présent, j'avais mon front posé contre le sien, nos respirations saccadées s'entremêlant et mes mains étaient à présent posées sur ses épaules mais je ne le retenais plus contre moi. Nos regards étaient toujours plongés l'un dans l'autre et ce ne fut que lorsqu'il tourna le visage que le contact fut brisé. Bientôt, son corps suivit son visage et un instant plus tard, il me tournait le dos. Il s'avança doucement vers la porte et je restai là à le regarder, sans bouger, sans dire le moindre mot : Tout avait été dit. Lorsqu'il posa sa main sur la poignée, il s'arrêta et pendant un instant je crus qu'il allait se retourner pour m'adresser un dernier regard, mais il ne le fit pas. Il ouvrit la porte et quelques secondes plus tard, il disparut derrière. C'est à ce moment-là que la réalité me frappa : Je venais de lui dire adieu. Plus jamais je ne croiserais son regard. Plus jamais je ne verrais son visage. Plus jamais je ne le verrais sourire. Plus jamais je ne serais dans ses bras. Certes, j'avais moi-même pris cette décision parce que je ne pouvais pas vivre sans mon époux mais vivre sans Aristide m'était horriblement douloureux. Je m'avançai vers la porte et me plaquai contre cette dernière, mes ongles râclant le bois. En me voyant ainsi, on aurait pu se demander si j'avais fait le bon choix en quittant Aristide étant donné que je souffrais comme jamais je n'avais souffert mais je savais... Au plus profond de moi je savais qu'une séparation avec mon époux aurait été bien pire que cela. Pourtant, en cet instant, je ne pensais pas à la façon dont j'aurais souffert si j'avais quitté Alexander. Non... En cet instant, il ne subsistait que ma douleur d'avoir quitté Aristide, d'avoir renoncé à cet amour. Quelques instants plus tard, j'étais à la fenêtre et je n'aurais pas dû faire ça. Je n'aurais pas dû aller le regarder s'éloigner car cela fut pire que tout. Lorsque sa silhouette disparut au coin d'une rue, je m'effondrai au sol en hurlant toute ma douleur. J'allais avoir besoin de temps pour guérir et m'habituer à son absence. Y arriverais-je vraiment un jour? En cet instant, je n'y croyais pas tant j'avais mal. En cet instant où j'étais seule, dans cet appartement. En cet instant où tout était terminé.

Tout était terminé.

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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: /!\ MAD ABOUT YOU ! -18    Sam 27 Nov - 18:30

Impossible d’exprimer ce que je ressentais vraiment. Un mélange de tout, pour être franc. Si bien que je ne parvenais plus à discerner l’amour de la colère, la rancœur du désespoir. Au fond je sentais cette petite voix qui haïssait Gabrielle et qui s’était jusqu’à peu tenue tranquille reprendre le dessus, m’anéantissant encore d’avantage. Qu’elle m’oublie, voilà ce qui aurait pu me faire le plus de mal. Tomber dans les méandres de son subconscient, tel un vieux souvenir dont on ne cherche même pas à se débarrasser, non, qui s’en va tout seul. A mes yeux c’était encore pire. A mes yeux l’oubli volontaire était beaucoup plus difficile que le désir de mettre un point final à une histoire. De toute façon je savais parfaitement qu’elle finirait par m’oublier, d’une manière ou d’une autre. Peut-être qu’elle le choisirait, peut-être qu’il lui faudrait se libérer totalement de mon amour pour pouvoir vivre de nouveau paisiblement avec son mari. Et au fond vous savez quoi ? Elle avait raison. Même si cela m’était atrocement douloureux, même si imaginer n’être plus qu’un étranger pour elle m’était insupportable, elle aurait eu raison. Dans ma tête de naïf, je me disais qu’il valait mieux qu’elle soit heureuse auprès d’Alexander que malheureuse à mes côtés. Je me disais que je n’aurais pas supporté lire dans ses yeux une once de regret si jamais elle m’avait choisi, je n’aurais pas supporté l’idée qu’elle pense encore à lui. Pourtant, il était évident qu’elle y penserait toujours. Alors finalement mieux valait-il pour nous deux que cela cesse, tout simplement. Mieux valait-il éviter de trop s’abîmer, à vouloir trop s’aimer. C’était là une logique bien difficile à assimiler mais pour mon bien, pour ma sauvegarde, je devais m’y résigner. Avant moi, Alexander et Gabrielle semblaient heureux. J’avais peut-être gâché un couple qui s’en moi, aurait poursuivit ses jours ensoleillés sans embûches. Ma culpabilité exacerbée me donnait la nausée. Je n’étais pas comme tout ces gens qui ne pensaient qu’à leur petit bonheur individuel, je n’étais pas égoïste. La souffrance que j’avais répandue autour de moi me tiraillait mais à présent il était bien trop tard pour pouvoir y changer quoi que ce soit.

Les larmes coulaient sans répit sur mes joues, décidées à me pourrir la vie jusqu’au bout. J’aurais voulu être fort, pouvoir affronter cela avec dignité. Je ne parvenais cependant pas à garder le silence face à la catastrophe qui nous attendait, qui m’attendait. Je ne parvenais pas à me dire qu’à présent il fallait être raisonnable et laisser Gabrielle en paix, la laisser reprendre une vie normale dans laquelle je n’existerai plus jamais. Seulement mon amour pour elle rendait les choses beaucoup trop compliquées, et très sincèrement, je commençais à regretter d’avoir connu les délices – tout comme les supplices – de l’amour. Demeurer ignorant face à ces fleurs qui jaillissent dont ne sait où, poussant tout en serrant étroitement votre cœur jusqu’à l’explosion. Jusqu’alors je n’avais connu que les amours éphémères, ceux qui ne durent qu’une nuit ou deux, et je m’en portais beaucoup mieux. Alors même si le temps de quelques mois j’avais nagé dans le bonheur, même si j’y avais cru, même si j’avais pensé avoir donné un sens à ma vie, je me rendais peu à peu compte du regret qui m’envahissait tout entier. Je regrettais mon ancienne vie, celle où je souriais sans cesse et riais à tout va. Celle où rien ne m’affectait et où personne n’avait rien à me reprocher. C’était bien loin à présent. Pourtant, je ne parvenais pas à m’en convaincre totalement. Je veux dire, quel est le mieux ? Vivre le grand amour et en dépérir jusqu’à la fin de ses jours ou mener une vie faite de plaisirs faciles mais du coup beaucoup moins intenses tout en se préservant ? Très sincèrement, je n’aurais su le dire. De même que je n’aurais su dire si j’avais d’avantage mal à présent qu’à l’infirmerie, alors qu’elle me quittait pour la première fois. Dans un sens, la douleur était similaire. Toujours empreinte de cette même peur de ne plus jamais la revoir, ne plus jamais la toucher, ne plus jamais l’embrasser. Plus jamais. Ces deux mots m’anéantissaient à eux seuls, car j’en entrevoyais peu à peu l’horreur. Non, il n’y aura plus de prochaine fois. Il n’y aura plus de doux baisers ni de caresses enflammées. Nos derniers instants venaient d’arriver à leur terme et je n’avais d’autre choix que de les laisser s’enfuir, sans chercher à les retenir. Le pouvais-je seulement ? Avais-je le pouvoir de maintenir Gabrielle dans mes bras ? Je ne le voulais même pas. Non, je ne voulais pas qu’elle demeure mienne si son cœur appartenait définitivement à un autre, si son choix n’était pas celui-ci. Pourtant j’aurais pu le faire, si j’avais été totalement fou, totalement dingue d’elle. J’aurais pu lui interdire de s’échapper, la tenir prisonnière encore longtemps avec moi dans cet appartement. Mais à quoi cela m’aurait-il servit ? A quoi bon ? Elle ne voulait plus de moi dans sa vie, je devais me faire une raison.

Tandis qu’elle passait ses bras autour de moi, une seule pensée m’animait : Etait-ce notre dernière étreinte ? Etait-ce le bouquet final, la dernière minute, l’unique geste tendre qu’il me serait encore offert d’elle ? Je m’en voulais, dans le fond l’impression de ne pas avoir assez « profité » d’elle me hantait. Tous ces instants perdus, toutes ces journées passées sans elle, comme je m’en voulais ! J’aurais donné n’importe quoi pour revenir un tout petit peu en arrière, revenir au temps où vivant chaque jour à ses côtés, il m’aurait été facile de la contempler. A présent, plus jamais je ne le pourrais. Plus jamais je ne me réveillerais en pensant que j’allais peut-être la croiser au détour d’un couloir, à l’heure du déjeuner, avant d’aller vaquer à nos occupations. Plus jamais, encore une fois seule cette formulation, me laissant un goût terriblement amer dans la bouche. Elle me berçait, je le sentais, elle tentait comme elle le pouvait de me rassurer et pourtant cela ne fonctionnait pas le moins du monde. Ses gestes me laissaient trop clairement comprendre que c’était la fin, plus aucun espoir n’était permis. Alors, mes mains imitèrent les siennes, la serrant une dernière fois contre mon corps, une dernière fois contre mon cœur. Je savais que bientôt, il ne battrait plus, bientôt il s’arrêterait pour ne plus rien laisser d’autre que ce vide étourdissant. Cette folie qui allait me reprendre en otage dès lors que je ne serais plus à ses côtés. Pourquoi ? Pourquoi était-ce elle l’amour de ma vie ? Pourquoi pas une autre femme, une femme libre et amoureuse de moi comme j’aurais été amoureuse d’elle ? Pourquoi n’étais-je pas tombé désespérément amoureux d’une personne avec laquelle j’aurais pu être heureux jusqu’à la fin de mes jours ? Comme c’était injuste… Moi, qui avais toujours été un être fait d’amour et de tendresse, je n’étais jamais parvenu à trouver celle qui saurait me rendre complètement dingue d’elle, et lorsque cela arrivait enfin, il s’agissait d’une femme mariée, appartenant déjà un autre homme… Je haïssais le destin. Je crachais sur ce hasard désastreux, infâme torture que je ne méritais pas. Je n’avais rien fait pour mériter que l’on m’écartèle ainsi entre la raison et l’amour. Et bien évidemment, j’avais fait le mauvais choix, mais comment aurait-il pu en être autrement ? Comment se retenir d’aimer celle que l’on se doit d’aimer, car elle nous correspond si bien qu’enfin nous ne nous sentons plus entièrement seul sur cette maudite terre ? Aurais-je dû céder ? Aurais-je dû abandonner mon cœur plus tôt afin de préserver les miettes de mon pauvre corps à présent aussi abîmé que le reste ? Aurais-je réellement dû me priver de ce sentiment merveilleux à cause de son immoralité ?

-Ne dis pas ça. Ne dis plus jamais ça... Tu n'as pas été une erreur. Je ne regrette rien. Ou plutôt si, je regrette, mais je ne regrette qu'une seule chose : T'avoir fait du mal et t'en faire encore. J'aurais voulu... Jamais j'oublierai... Tu seras toujours dans mon coeur... Jamais j'oublierai... Jamais j'oublierai...

Cela me réconfortait si peu que je ne pouvais faire taire mes larmes, serrant toujours Gabrielle contre moi. Oui, elle me faisait du mal, elle allait m’en faire encore longtemps. Elle m’en ferait toujours, car je ne pourrais me défaire d’elle, c’était une certitude. Je ne pourrais me passer d’elle, l’oublier, cesser de l’imaginer dans mes bras. Je ne pourrais effacer cette soirée. Notre soirée. Comme elle allait me manquer… Me l’arracher était la pire punition que l’on aurait jamais pu m’infliger, et j’avais mal, atrocement mal. Je sentais que le reste de mes jours allait s’écouler avec cette absence intenable, ce regret indéfinissable. Plus jamais je ne pourrais vivre, sans elle. Sans elle… Je n’étais rien sans elle. C’était Gabrielle qui m’avait fait mûrir, qui m’avait fait entrevoir le sens de mon existence et à présent elle me l’arrachait impitoyablement. A présent elle m’abandonnait, comme un enfant je me sentais totalement perdu et démunis face à ce qu’il m’arrivait. Pourtant, il était certain que l’échéance de notre relation arriverait tôt ou tard. Il était certain qu’elle me quitterait, elle l’avait déjà fait après tout. Ce n’était cependant pas la même chose, non… Elle m’avait quitté en affectant de la froideur, de la dureté. A présent je voyais, je sentais ses larmes, sa douleur, sa peine. Notre souffrance commune se révélait beaucoup plus cuisante que ma douleur seule. Serais-je de nouveau heureux un jour ? J’en doutais tellement. Comment être heureux sans Gabrielle ? Même si je n’avais pas été une erreur, même si je demeurerai dans son cœur, même si son amour ne fanera pas, elle s’apprêtait quand même à me quitter. A tout jamais. Elle m’abandonnait, oui, elle me laissait au bord du chemin et continuait sa vie… Sans penser que la mienne arrivait à son terme, dépérissant avec notre histoire. Finie.

Soudain, je la sentis se dérober à mes bras, incapable de résister cependant. J’étais incapable de la retenir contre moi, bien que tout à coup je me sentis étrangement vide. Je savais ce que ça voulait dire : Elle s’en allait. Ou plutôt, c’était à moi de m’en aller maintenant. C’était inévitable, et pourtant mon visage se tordit un peu plus sous le poids de la douleur. Je l’observai sortir de la baignoire sans un mot de plus, quittant finalement la salle de bain en me laissant seul. Et voilà, nous y étions. Nous étions au stade final de cette idylle qui avait définitivement changé le cour de ma vie. Comme un automate, je l’imitai une minute plus tard, sortant à mon tour de la pièce pour la rejoindre dans celle d’à côté. J’avais l’impression que tout n’avait duré qu’une seconde, comme un éclair d’amour avant la nuit noire du désespoir. Pourtant, l’aube se levait déjà. Oui, il était temps que je parte. Temps de retourner errer loin d’elle, dans le seul souvenir de cette nuit qui à tout jamais me hantera. Mon regard l’effleura tandis qu’elle se rhabillait rapidement, et finalement je fis de même, attrapant mes vêtements à présent secs que je passai sans réfléchir. Je ne pensais même plus. Il n’y avait rien d’autre à faire que ramasser mes affaires et la laisser en paix. Au bout de quelques instants, le silence régna. Elle me tournait le dos, et moi, j’étais juste incapable de poser encore mon regard sur elle. Pourtant, lorsqu’elle se retourna finalement, les yeux emplis de larmes, j’osai pour la dernière fois la dévisager. Profiter de son visage d’ange, de ma muse. Ce fut étrange, mais nous avançâmes tout deux d’un pas, pour finalement nous retrouver face à face. Comme si nous avions toujours le besoin viscéral de nous rapprocher, d’être ensemble. Et pourtant, il s’agissait de la dernière fois. Comment aurais-je pu ne pas être en larmes ? Je crois que je n’ai jamais autant souffert de ma vie, et pourtant ce n’avait pas toujours été un conte de fées… J’avais souffert de la mort de mon père, de la mort de mes grands-parents, j’avais souffert du rejet de ma famille lorsque j’étais rentré aux Etats-Unis, mais ça n’avait rien de comparable avec cette souffrance là. Elle n’avait aucun équivalent. Gabrielle ouvrit la bouche, mais aucun mot ne traversa ses lèvres et je devinai qu’elle était dans le même état que moi : Vide, perdue, anéantie. Pour l’un comme l’autre, cette fin était insupportable. Finalement, elle me demanda de rentrer à la Communauté. Malgré tout le désespoir que je lisais dans ses yeux, cette possibilité me paraissait tout bonnement à exclure alors, je refusai. De la manière la plus sèche possible.

« Non Gabrielle. Non, je n’y retournerai jamais. Jamais. »

Elle me demanda de pourtant y réfléchir, je secouai doucement la tête de droite à gauche. Plutôt crever que de retourner là-bas, jamais je ne m’y résoudrais. Alors le silence nous envahit une nouvelle fois, nos regards ne se quittant plus malgré nos larmes. Et puis… Elle me dit au revoir, tout comme je le lui avais dit quelques instants plus tôt. Elle me le dit, et tout fut terminé. Pourtant, une seconde s’écoula avant qu’elle ne me saute au cou et ne m’embrasse, donnant à ce baiser tout son désespoir, notre désespoir face à cette séparation. Toute notre douleur, toute notre peine, tous nos regrets et tous nos espoirs y paraissaient. Ce baiser était le plus atroce de toute mon existence, et pourtant j’y répondais avec autant de force qu’elle. Je ne saurais dire combien de temps il dura exactement, tout ce que je pourrais affirmer est qu’il se termina bien trop vite. Mais il n’avait aucune raison de durer, il ne fallait même pas qu’il dure. Alors, doucement, nos regards se retrouvèrent tandis qu’elle posa son front contre le mien. Ils étaient noyés de larmes, et je savais que le mien le serait encore longtemps mais il fallait que je m’en aille. Il fallait mettre le point final à notre histoire. Alors je me détournai, m’avançant comme un condamné vers la porte. J’hésitai une seconde en posant ma main sur la poignée, avant de me faire violence et malgré tout, m’en aller. Ce fut comme un déchirement, mais je n’avais pas d’autre choix. Il fallait que je sois fort pour affronter ce qui m’attendait sans elle, que je sois fort et courageux. Il le fallait absolument, aussi ne m’attardais-je pas. Je partis. Sans réfléchir, sans laisser le temps à mon cerveau d’assimiler ce qui venait de se passer. Sans laisser mon cœur se pétrifier déjà, je partis. Loin, le plus loin possible, je devais m’en aller. Je me retrouvais dans une rue que je ne reconnaissais pas, ayant perdu toute forme d’intelligence. J’étais un aliéné, un pantin, une marionnette. J’étais un jouet que l’on venait de mettre aux ordures. J’étais seul. J’étais abandonné.

Tout était terminé.

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