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 Where were you ? { Feat Katarina

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MessageSujet: Where were you ? { Feat Katarina   Mer 25 Aoû - 20:35

Tout se passait bien. Du moins, ce que dont j’avais l’impression, ce qu’ils laissaient tous croire. Et là, en quelques semaines à peine, tout a dégringolé. J’ai vu tous ceux que j’aimais flancher, craquer peu à peu… Je n’étais pas là quand ils ont explosé, mais j’étais là pour les voir pleurer, j’essayais de faire comme je pouvais pour les réconforter. Quand la galerie s’est effondrée sur Katarina, Gabrielle et Aristide, que tout le monde s’y est précipité pour les sauver, j’ai été aussi effrayée qu’eux. Ethan m’avait confié Lena, leur petite princesse, et avait couru au secours de la femme de sa vie. Quand il m’a dit en quelques mots ce qui était en train de se passer, j’ai eu peur. Mais quand j’ai vu mon grand frère de cœur sortir de ma chambre pour aller rejoindre Kat, je me suis sentie mieux. Pas soulagée, ni moins inquiète, non, mais… je ne sais pas. Peut-être que pour moi, dans mon esprit, Ethan est invincible. Alors je me suis dit que cette tornade pouvait faire s’effondrer n’importe quelle galerie sur Katarina, il la sauverait. Parce que si elle mourrait, il mourrait, et comme il était invincible, elle l’était aussi. Oui, je sais, j’ai tendance à toujours tout idéaliser. Je me suis bien occupée de Lena, comme d’habitude. Il fallait que je me change les idées, que j’oublie que Kat, Gabrielle, Aristide – et tant d’autres, ils n’avaient malheureusement pas été les seuls ! – étaient gravement blessés. J’ai supplié intérieurement Ethan et tous ceux qui étaient allé les secourir de les sauver. Ils n’avaient pas le droit de faire le contraire. Ils devaient les sortir de là en vie, point. Quoi que je ne suis pas sûre d’avoir eu besoin de prier : sur ce point là, nous avions tous été d’accord.

Et ils les avaient ramenés en vie. Kat était en vie. Blessée, mais en vie. Ethan me raconta plus tard qu’il l’avait crue morte. J’en ai du des frissons rien qu’à essayer d’imaginer quelle douleur avait du le parcourir en cet instant. Je le connaissais bien, je savais qu’il n’aurait pu survivre sans elle. Katarina était sa raison de vivre, et inversement. En plus, maintenant, il y avait Lena. Leur petite fille. Le trésor de leur vie. Alors non, ils n’allaient pas mourir. Ils étaient doublement invincibles, puisqu’on ne meurt pas quand on a un si jeune bébé. J’étais bien placée pour penser ça, tiens, moi qui n’avais jamais connu ma mère suite à son accident de voiture un mois après ma naissance. A chaque fois que je pensais à elle, et ensuite à mon père, ça me ramenait dans la réalité, me faisait redescendre sur terre et ouvrir les yeux : nous n’étions pas dans un dessin-animé ou dans un rêve, ici, les gens mourraient. Alors je faisais comme si je n’avais pas peur, comme si j’étais forte, comme si je savais déjà tout de la vie alors que je n’avais que dix-sept ans ; je souriais un peu plus à Lena en lui promettant que bientôt, c’était sa mère et son père qui la prendraient dans leurs bras.

Et puis, il y avait eu une seconde explosion. Quasiment en même temps, en fait. Gabrielle avait trompé son mari. Dit comme ça, ça n’a rien de grave, puisque ça arrive tout le temps, que ce soit dans les films ou la réalité. Une femme trompe son mari, un mari trompe sa femme. On hausse les épaules, on dit que ouais, c’est con, mais tant pis. La vie continue. Pas dans ce cas-là. Je ne peux pas parler, alors j’écouter, j’observe, j’analyse. Gabrielle et Alexander faisaient partie de mes amies. Et ça m’a énormément déçu quand j’ai appris ça. Parce que je ne m’en fichais pas – personne ne s’en fichait, ils n’étaient pas des inconnus, ils étaient mes amis, nos amis. Aristide aussi. Je… je ne peux pas dire que je comprenais. On ne pouvait pas comprendre Gaby, parce que ce qu’elle traversait était vraiment difficile. Ça, je le comprenais ; ce que je ne saisissais pas, c’étaient les véritables raisons. Et je n’étais pas suffisamment impliquée dans cette histoire pour en connaitre les détails. J’aime beaucoup la petite Emma, et c’est réciproque. C’est toujours réciproque, mon amour pour les enfants, et je trouve ça génial, mais là n’est pas le sujet. Ce que je voulais dire par là, c’est qu’Emma souffrait. Elle voyait plus de choses qu’on ne le pensait – un enfant arrive toujours plus ou moins à comprendre ce qui l’entoure – et elle savait bien que ça n’allait pas, ses parents. Alors j’ai fait comme avec Lena : je l’ai prise avec moi, je lui ai souris, j’ai essayé de la faire rire. Que pouvais-je faire de plus, de toute façon ? Si on m’avait demandé quelques temps plus tôt quel camp j’aurais choisi si ça venait à se produire, je pense que j’aurais choisi de ne pas ignorer Gabrielle, de la soutenir et de continuer à être une amie. Sauf que… j’ai préféré faire comme tout le monde. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être que c’était plus simple. J’ai suivi Ethan, une fois de plus. J’ai tourné le dos à Gaby. Je l’ai ignorée. Enfin, autant que je le pouvais, parce que je n’étais pas aussi insensible. Disons que lorsque je croisais son regard, je tentais un sourire. Hypocrite, sans doute, mais je ne savais vraiment pas quoi faire. J’ai suivi le mouvement.

Je pensais que les tensions finiraient par se calmer, que la frayeur que nous avions eue face à la tornade allait s’estomper définitivement… Je pensais que la communauté retrouverait enfin son calme. J’ai eu tort, une fois de plus. Katarina avait disparu. Cette phrase avait provoqué comme un… une sorte de vide en moi. Elle avait disparu. Et la tristesse d’Ethan, la colère d’Ethan, les sentiments d’Ethan quels qu’ils furent, je ne les avais jamais vus aussi grands. S’il n’en était tenu qu’à moi, je l’aurais laissé partir à sa recherche, d’une part parce que je savais que c’était ce qu’il voulait, et ensuite parce que je savais qu’il était arrivé quelque chose à sa femme. C’était évident. Seulement, il y avait Lena. Et sa sécurité à lui. Il s’en moquait, bien sûr, mais il était loin de se moquer de la santé de sa fille. Ne pouvant pas parler, je m’étais contentée de le regarder dans les yeux en lui tendant son bébé. Il avait compris ce que j’avais voulu dire. « Ne pars pas. Reste, pour elle. ». Mais quand on a su qu’elle avait été enlevée, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir le retenir bien longtemps encore, que nous ne le pourrions pas. Je suis restée près de lui, et près de la petite. Je détestais de le voir dans cet état, je détestais savoir Kat dehors et en danger… J’étais morte de trouille. Mais là encore, j’ai fait semblant de ne pas l’être, fait semblant que j’étais plus forte. Et puis il a fini par partir vraiment, je crois qu’il avait une piste. Au bout d’une semaine d’angoisse. J’avais peur qu’il ne lui arrive quelque chose à lui aussi, mais il le fallait, il fallait que Kat revienne. Et puis, il était invincible, alors il allait réussir.

Invincible ? Je n’en étais plus vraiment sûre. Trois jours qu’il était parti. J’avais la désagréable impression que j’avais tenu Lena dans mes bras plus que ses propres parents ces derniers temps, et plus le temps passait, plus je laissais la peur m’envahir. Je me suis mise à imaginer ce qui se passerait si… s’ils ne revenaient pas. Non, je ne devais pas penser ça. Ils avaient traversé trop de choses. Ils allaient revenir. Il le fallait. Au moins pour Lena.

En attendant, je m’occupais comme je pouvais. Je restais beaucoup avec Liam et les enfants ; avec eux, j’avais pu continuer de sourire, oublier l’espace de quelques heures qu’Ethan et Kat étaient sans doute en danger, oublier que Gabrielle était partie elle aussi, et me concentrer sur ces visages innocents. Ne voir que leurs rires. Ne voir que le bon côté de l’instant présent. Il fallait que j’aille bien, quelque part. Ma vie à moi, elle continuait.

Et puis on m’a prévenue qu’ils étaient enfin de retour, mais que Kat était vraiment dans un sale état. Je ne savais rien de plus. J’ai tenté de me rendre à l’infirmerie, mais Mathilda m’a demandé d’attendre un peu. Bien sûr. Je comprenais. Je n’avais aucune idée de ce qu’il s’était passé, mais je comprenais. En retournant dans ma chambre, j’y avais trouvé Kaylhen, et je lui avais souri. Un grand et éclatant sourire, comme je savais si bien les faire. Tout allait finalement rentrer dans l’ordre.

Deux jours plus tard, je suis retournée à l’infirmerie, je devais prendre des nouvelles, voir comment ça allait, et accessoirement, savoir ce qu’il s’était passé. Enfin, moins de détails il y aurait, mieux je me porterais, sans aucun doute. Quoi que je doute que quiconque aurait ne serait-ce que pensé à raconter les détails. Mathilda m’a dit que Katarina était sortie, et qu’elle était dans sa chambre. J’ai du faire un gros effort pour ne pas débouler dans la pièce en courant, elle était peut-être avec Ethan, ou peut-être qu’elle dormait. Peut-être que Lena dormait. Alors j’ai poussé lentement la porte après avoir frappé. Kat était allongée sur son lit, et elle était certainement en bien meilleur état que quelques jours auparavant. Des pansements la recouvraient de toutes parts, et son visage était également sacrément amoché. Presque inconsciemment, j’ai ouvert des grands yeux et me suis précipitée à son chevet, résistant à l’envie de la prendre dans mes bras. J’étais totalement affolée, bien qu’énormément soulagée de la voir là, bien vivante. Avec ses deux bras et ses deux jambes. J’ai souri. Je lui ai pris la main, et j’ai continué de sourire. Et puis je l’ai interrogée du regard. Je ne voulais pas qu’elle me raconte tout, mais au moins l’essentiel. Je m’étais inquiétée. Tout le monde s’était inquiété.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Where were you ? { Feat Katarina   Jeu 26 Aoû - 15:35

Réapprendre à vivre. Arrêter de sursauter au moindre bruit. Cesser de pleurer pour un rien. Oublier.

J'aurais pu intituler ça « liste de choses à faire » ou encore « les quatre commandements pour une santé mentale réussie ». Parce que je devais arrêter d'y penser, arrêter d'avoir peur. Il fallait que je passe au dessus de ça. Absolument. Parce que c'était terminé, parce que j'étais sauvée, hors de danger. Plus personne ne viendrait pour me frapper, me menacer. Pourtant c'était difficile. Quand j'essayais de ne plus y penser, cela me revenait toujours dans la figure au moment où je m'y attendais le moins. Il suffisait par exemple que je croise mon reflet dans un miroir. Et là, automatiquement je me mettais à pleurer. Je ne voulais pas, mais je n'arrivais pas à me contrôler. Je finissais toujours dans les bras d'Ethan, en larmes. Parfois cela ne durait que cinq minutes, parfois cela durait des heures. Mais il ne disait rien, se contentant de me rassurer patiemment. « C'est fini ». Cette phrase qu'il me répétait, il fallait que je me l'enfonce dans le crâne. C'était fini et je devais cesser de croire que ça allait recommencer. J'avais presque peur que tout autour de moi disparaisse, et que je me retrouve de nouveau dans cette pièce noire, vide et humide. Chaque nuit je me réveillais en sursaut. Ethan ne dormait jamais profondément, aussi finissait-il toujours pas se réveiller pour m'enlacer plus étroitement. Je ne me sentais bien que contre lui. Mais mes blessures l'empêchait de me serrer aussi fort que nous l'aurions voulu. J'étais comme une poupée de porcelaine qu'on pouvait casser en la serrant trop fort. Et ce n'était, hélas, pas une image.

Je refusais obstinément de quitter notre chambre pour le moment, et personne ne trouvait rien à redire. Mathilda m'avait conseillée de rester couchée et de me reposer autant que possible, et Ethan ne voulait pas que quiconque me dérange, ou presque. La dernière chose dont j'avais besoin c'était de la pitié des gens et ils l'avaient parfaitement compris. Je ne voulais pas qu'on me voit dans cet état. Les gens ne pouvaient pas s'empêcher de s'apitoyer. J'avais eu assez de toutes leurs remarques quand j'étais enceinte. Et là je n'osais même pas ce qu'ils pouvaient bien dire sans m'avoir vue. Je préférais attendre d'aller un peu mieux pour remettre les pieds « dehors », et je préférais attendre que ma paranoïa prenne des vacances. Dans cet état, je passerai pour folle en plus de déglinguée. Alors merci, mais non merci. Je voulais me remettre en paix, voilà tout... Néanmoins je n'avais pas pu échapper à la visite de quelques personnes. Aaron avait déboulé dans la chambre comme un dingue et j'ai cru que j'allais avoir une crise cardiaque. Il avait voulu me serrer dans ses bras, mais au vu de mes côtes cassées, il avait fini par se dire que finalement, ce n'était peut-être pas une très bonne idée. Puis Liam était passé, très brièvement pour demander comment j'allais. Il me semble que Riley aussi était venu, et j'ai été agréablement surprise. Mais je n'avais vu ni Alexander, ni Gabrielle. Enfin, je crois surtout qu'Ethan et Alexander étaient très fâches, et s'il était venu, Ethan lui avait très certainement claqué la porte au nez. Il avait la rancune facile.

C'était Ethan qui s'occupait de Lena la plupart du temps. Je devais attendre encore un peu avant de me remettre à l'allaiter, alors il lui donnait la plupart de ses biberons. Ce n'est pas que je ne voulais pas, mais je dormais beaucoup, alors il ne me réveillait pas, bien que je demande toujours à lui donner son biberon quand j'étais réveillée. Et je dormais avec elle, quand je le pouvais. Elle m'apaisait énormément. Elle me forçait à rester calme. Il faut être calme pour s'occuper d'un bébé. Encore que Lena ne se mettait jamais à pleurer pour un oui ou pour un non. Étant donné que je devais restée allongée toute la journée ou presque, il y avait tout un tas de peluches et d'affaires de bébé partout sur le lit. Lena dormait dans un océan de peluches, il y en avait partout... Du coup, tous les soirs c'était un champ de bataille qu'Ethan devait débarrasser. Mais être entourée de cet océan de couleurs enfantin me faisait beaucoup de biens. Et voir le sourire de ma fille me rendait le mien. C'était comme une double thérapie, avec Ethan et Lena. Même si j'étais loin d'être remise, petit à petit je me sentais mieux.

Le troisième jour depuis mon retour n'échappant pas à la règle, j'étais allongée sur le lit avec Lena, et j'agitais une petite peluche d'éléphant devant ses yeux. Elle souriait et essayait de l'attraper. Mais dès qu'elle l'avait elle semblait ne pas savoir comment lâcher alors elle se mettait à secouer sa main jusqu'à ouvrir ses doigts. Et elle recommençait, inlassablement... Je sursautai quand quelqu'un frappa à la porte. Je n'ai pas eu le temps de me redresser que Lilly s'est précipitée dans la chambre avec un air affolé. Je me suis redressée en douceur sur mes coudes avant de m'asseoir, laissant Lena à sa petite occupation. Le temps que je fasse tout ça elle s'était assise à côté de moi et m'avait pris la main avec un air mi inquiet, mi interrogateur. J'ai soupiré. Je me suis retournée et j'ai attrapé le petit panda qui trainait. Je l'ai approché de mon visage et j'ai fait une grimace.

« Je sais, je ressemble à un panda. »

J'avais encore un énorme hématome violet sous l'œil gauche, du coup j'avais un petit air de famille avec le nounours de Lena. Il valait mieux en rire, n'est-ce pas ? Je reposai la peluche et haussai bêtement les épaules, ce qui m'arracha une grimace.

« Ne t'inquiète pas Lilly, ça va aller. Je suis vivante et entière, c'est tout ce qui compte. »

C'était l'essentiel. Et puis elle était muette, pas aveugle, elle voyait bien vu mon état physique que ce n'était pas la grande forme. Mais je ne voulais pas l'inquiéter en lui disant « j'ai mal partout, je souffre le martyr et j'ai des tendances paranoïaques ».

« Ne me regarde pas comme ça... Je t'assure que ça va... mieux. Je ne suis pas mourante, Ethan m'a sortie de cet enfer avant qu'il ne soit trop tard. »

Mais j'imagine qu'elle n'allait pas me laisser tranquille de si tôt. Il s'agissait tout de même de Lilly Stevens.

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— J.R.R. Tolkien.
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MessageSujet: Re: Where were you ? { Feat Katarina   Jeu 26 Aoû - 18:05

Lena était là, sur le lit, au milieu de son royaume de peluches. Je ne me pus m’empêcher de sourire en la voyant si innocente, jouant avec sa mère... Ce n’était pas un bébé qui pleurait beaucoup, et ça faisait une raison de plus pour justifier mon amour pour cette gosse. Parce que malgré le fait que je m’entendais très bien avec les enfants, les entendre crier ou pleurer, ça m’insupportait. Evidemment, je faisais tout pour calmer ces crises, mais lorsque je m’imaginais en maman, j’espérais que mon bébé soit aussi adorable que Lena. En attendant, je devais me concentrer sur Kat. Kat qui venait de se comparer à un panda. J’étais partagée entre l’idée de sourire ou de garder mon sérieux. Je choisis la deuxième option en lui lançant un regard avec un chouia de reproche. Un chouia, parce c’avait été loin d’être de sa faute, mais sérieux quand même parce que ce n’était pas le moment de rire. Quoi que si, en fait. Si, justement, c’était le moment de rire. Mais pas comme ça… Je me doutais bien qu’elle devait se changer les idées, mais ça viendrait après. Parce que je voulais savoir pourquoi on l’avait défigurée (enfin, j’exagérais peut-être un peu, mais quand même), pourquoi la petite Lena avait été à moitié orpheline pendant toutes ces journées, pourquoi on nous l’avait enlevée, et surtout qui ? Sûrement que cette personne n’était plus trop en état de marche non plus, connaissant Ethan. Et dieu merci, il était revenu avec Kat, vivants. Alors j’esquissai un petit sourire en prenant à mon tour la peluche panda dans mes mains, lâchant du coup celle de mon amie, sans la lâcher des yeux. « Ne t'inquiète pas Lilly, ça va aller. Je suis vivante et entière, c'est tout ce qui compte. » J’acquiesçai d’un mouvement de tête. Oui, elle avait raison. C’était tout ce qui comptait. Vivante et entière. C’était tout ce que j’avais espéré, ce que nous avions tous espéré. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de ressentir cette boule au cœur, ou au ventre, quelque part entre les deux, je ne sais pas et je m’en fiche, mais j’avais cette sensation. Peut-être que c’était parce que j’essayais de m’imaginer ce qu’elle avait du vivre, et que ça me faisait mal. Bien sûr, je n’imaginais pas vraiment. Je ne pouvais pas. Personne ne pouvait. Surtout que je ne savais pas, réduisant encore plus mes capacités à comprendre. Ça allait aller, c’était certain, je lui faisais confiance. En revanche, j’étais persuadée qu’elle me mentait quand elle disait qu’elle allait bien, là, tout de suite. C’était pas possible. Sinon, elle ne resterait pas allongée sur son lit, en tant que Maman Panda jouant avec Bébé Panda.

Je secouai légèrement la tête de droite à gauche lorsqu’elle m’assura une nouvelle fois qu’elle allait mieux. Elle avait failli mourir. En fait, je n’en savais rien, mais j’avais des tendances paranos et à tout exagérer, alors dans mon esprit, oui, elle avait failli mourir. Mais juste failli, puisqu’Ethan était un immortel super-héro et qu’il s’était empressé d’aller la secourir, et que via leur amour, il lui faisait partager son immortalité. Non, il fallait vraiment que j’arrête avec mes théories de gamine et que je regarde vraiment ce qui s’était passé. C’était grave. On avait violenté Katarina, pour une raison qui m’était encore inconnue. On l’avait enlevée, et, et… Bref. Réalité. Pas de super-héros, pas d’immortalité. Juste des êtres humains. Une famille qui, une fois de plus, avait failli être détruite. Et rien n’est plus horrible que de perdre ses parents (je sais de quoi je parle), son frère, sa sœur, son enfant…

Je voyais bien qu’elle n’avait pas tellement envie de s’étendre sur le sujet, je m’en doutais un peu, mais il fallait que je sache. Bah oui, j’étais une chieuse née, et curieuse avec ça. Mais là, ce n’était pas juste pour être au courant des derniers évènements, c’était parce que je m’en inquiétais sérieusement. Parce que Katarina faisait partie de mes meilleurs amis, et était la femme de la vie de mon grand frère de cœur. Alors non, je n’allais pas la laisser s’en tirer comme ça. Et puis elle me devait bien des explications, vu que j’avais du m’occuper en partie de sa fille. J’appuyai donc mon regard en haussant un sourcil et secouai la main pour l’inviter à continuer, à me raconter grosso modo. J’avais besoin de savoir. Au même instant, Lena produit une sorte de gazouillement en lançant au-dessus d’elle une autre de ses peluches, et je ne pus m’empêcher de sourire de nouveau. Elle était vraiment adorable. J’allais tourner la tête pour faire comprendre à Kat que j’avais cependant pris du plaisir à m’occuper d’elle, mais je retrouvai instantanément mon air beaucoup moins attendri. Les choses sérieuses avant tout.

C’était dans ce genre de situations que je maudissais intérieurement mon mutisme. Si j’avais pu pouvoir parler, alors j’aurais voulu dire à Kat que je ne cherchais évidemment pas par là à lui faire du mal en lui demandant ce qui s’était produit, mais que je désirais juste savoir. J’aurais voulu lui dire que nous avions tous eu très peur, et pas seulement Ethan ; moi la première, et puis Liam aussi, et les autres. D’ailleurs, à ce propos, savait-elle que Gabrielle était partie ? Je verrais ça plus tard. Je voulais qu’elle sache également que je voyais bien qu’elle avait mal, et que ce n’était pas la peine de tenter de me convaincre du contraire. A moins que celle qu’elle voulait convaincre que tout aille bien, c’était elle ? Sans doute. Elle en avait besoin. Et je pouvais comprendre. Je tentai de faire passer toutes ces informations dans un regard, ainsi je la regardai bien dans les yeux, mais je suis convaincue que j’aurais été une fille particulièrement bavarde, et même en étant muette, il est difficile de faire passer autant de mots dans un coup d’œil. Alors j’attendis, en lui faisant un sourire d’encouragement. Sourire, ça, je savais faire.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Where were you ? { Feat Katarina   Jeu 26 Aoû - 19:49

J'étais tout à coup une très mauvaise comédienne. D'ordinaire j'étais très douée pour cacher mes sentiments, dissimuler mon humeur... Même enceinte j'arrivais à faire croire à tout le monde que j'allais bien. J'en étais actuellement incapable. J'avais été trop secouée pour remettre mon masque de comédienne. Il ne me fallait pas grand chose pour craquer, et j'étais presque certaine que mon mal être se voyait comme le nez au milieu de la figure. Lilly n'allait pas me laisser tranquille. En général, Lilly ne laissait personne tranquille. Je ne savais pas comment elle s'y prenait, mais quand elle voulait savoir quelque chose, elle finissait par vous faire cracher le morceau. Ce qui, là tout de suite, était assez effrayant. Je n'avais pas envie de parler de ce qui m'était arrivée, je n'avais pas envie d'entrer dans les détails non plus. Ethan et Mathilda savaient, j'avais l'impression que c'était déjà assez. Et puis je me voyais mal lui raconter en détails ce qui m'était arrivé. Je ne pouvais pas le faire pour deux raisons : d'abord, en parler était douloureux pour moi. Deuxièmement, je n'avais pas envie de briser les illusions de Lilly, qui vivait un peu dans un conte de fées à ses heures. Et je n'avais vraiment, vraiment pas envie de transformer cette jolie histoire en film d'épouvante. Parce que c'était à peu près à ça que ce que j'avais vécu ressemblait. Il fallait que je trouve quelque chose pour la faire penser à autre chose. Pendant une seconde j'ai songé à utiliser Lena comme arme. Avant de réaliser que mon bébé n'était pas un bouclier et que Lilly n'était pas stupide.

Elle me lançait des regards qui en disaient long. Elle voulait que je lui dise ce qui m'était arrivé. Elle s'était inquiétée, elle voulait savoir pourquoi on m'avait enlevée, qui avait fait ça... Et très franchement je me voyais mal lui dire tout ça. Je ne pouvais pas lui dire que c'était l'ex dealeur d'Ethan qui m'avait enlevée pour se venger de la mort de sa soit disant ex petite amie qu'ils avaient en quelque sorte partagée. Je ne voulais pas risquer d'abimer l'image qu'elle avait de son grand frère. Ethan était pour elle une sorte de super héros, étant donné qu'il lui avait sauvé la vie. Lilly avait toujours eu besoin d'un grand frère, et Ethan d'une petite soeur. Je ne voulais pas risquer de gâcher ça, surtout pas. Je ne savais pas si Ethan et elles avaient parlé de son passé. Je n'avais jamais posé la question ni à l'un ni à l'autre. J'aurais peut-être dû, mais la question ne m'avait jamais effleuré l'esprit. En cet instant je priais pour qu'Ethan revienne rapidement et me sorte de là. Il était parti nous chercher quelque chose à manger, et le connaissant il ne reviendrait pas avant de m'avoir trouvé ce qu'il y avait de meilleur, quitte à enfiler lui même le tablier de cuisinier. J'ai presque espéré que Lena se mette à pleurer, avant de me raviser. Mais quelle mère penserait ça, rien que pour se sortir d'une situation gênante ? Je n'avais vraiment pas les idées en place. Je soupirai.

« J'imagine que tu n'as pas l'intention de me laisser m'en tirer comme ça, pas vrai ? »

Ca, c'était sûr et certain. Je ne savais pas trop ce que je devais en penser. Peut-être n'étais-je pas obligé de lui dire « la vérité ». Je n'allais évidemment pas lui mentir, mais je n'étais pas non plus obligée d'entrer dans les détails. Je ne savais pas exactement ce qu'elle savait, après tout.

« Des hommes qui en voulaient à Ethan et à mon père se sont dit qu'ils pourraient se venger en me faisant du mal... J'ai passé une semaine chez les Hors la Loi. Tu sais, ceux qui nous causent des problèmes, de temps en temps. »

Des problèmes ? Oui, ils tuaient quelqu'un de temps à autre... Tu parles d'un problème. Je ne comptais pas vraiment lui dire que j'avais été torturée et presque violée. Je préférais passer ces détails sous silence. J'avais suffisamment honte comme ça. Et puis de toute façon elle voyait bien que j'avais été frappée des dizaines de fois. Je ne m'étais pas transformée en panda toute seule. Et ce n'était certainement pas quelqu'un d'ici qui m'avait fait ça. Et si ça avait été le cas, cette personne serait certainement morte et enterrée. Comme l'était Alan à l'heure actuelle.

« Ensuite Ethan est venu me récupérer, j'ai passé vingt-quatre heures à l'infirmerie et me voilà... C'est tout, il n'y a pas grand chose à dire. Et puis tu n'aimerais pas savoir, crois moi. »

Personne ne voudrait savoir en détails. Moi même j'aurais préféré ne pas savoir... J'ai soupiré et j'ai tendu le bras vers la table de nuit. J'y laissais toujours de quoi écrire, alors j'ai sorti un bloc notes et un stylo et je les ai tendus à Lilly, au cas où elle aurait voulu « parler ». Je savais qu'elle aimait bien communiquer de cette façon. Enfin, c'était ce qu'Ethan m'avait dit. Je me retournai ensuite pour prendre Lena dans mes bras, avant de reculer avec difficulté jusqu'au fond du lit pour m'appuyer contre le mur. Je ne résistai alors pas à poser la question qui me taraudait, histoire de ne pas faire de bêtises par la suite.

« Est-ce qu'Ethan t'as dit quelque chose, à propos de mon... enlèvement ? »

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MessageSujet: Re: Where were you ? { Feat Katarina   Mer 1 Sep - 18:42

Le soupir de Katarina provoqua un léger sentiment de culpabilité. Mais très léger, parce que ma curiosité l’emportait et que j’avais besoin de savoir, même si, j’en étais parfaitement consciente, ce n’était pas un récit très amusant à raconter. Surtout qu’elle l’avait déjà fait pour Ethan, sans doute également pour Mathilda. Moi, c’était facultatif, et puis j’arrivais là, comme ça, avec ma bouille d’ado innocente, ma joie de vivre et le pétillement de mes yeux, je déboulais depuis mon petit monde tout rose et lui demandais de ressasser le traumatisme de sa mésaventure. Finalement, heureusement que je ne pouvais pas parler, j’aurais certainement fait preuve d’une délicatesse hors du commun… Mais de toute façon, ma conscience avait beau me tirailler, me faire culpabiliser, je ne lâcherais pas le morceau, comme venait de le dire Katarina. C’était tout moi, ça, têtue comme une mule. Mais peut-être que je ne voulais pas savoir. Peut-être que c’était aussi horrible que ses yeux le disaient. Tant pis, elle ferait abstraction des détails. Elle ne me donnerait que les grandes lignes. C’était normal.

Elle avait été enlevée par les Hors la Loi. «Tu sais, ceux qui nous causent des problèmes, de temps en temps. » Évidemment que je savais, et à vrai dire, les « problèmes » qu’ils causaient n’étaient pas moindres. De vraies pourritures. Pas tous, certainement, c’était comme partout : il y avait des mecs pas sains d’esprit du tout, et d’autres un peu plus sympathiques ; comme à la Communauté : il y en avait qui étaient moins agréables que d’autres. Pas forcément par rapport à moi, puisque je ne connaissais personne ou presque chez les Hors la Loi et qu’ici, j’appréciais presque tout le monde (je n’étais pas compliquée). Mais justement, comme je n’en connaissais pas personnellement, je gardais des Hors la Loi l’image qui s’était créée depuis mon arrivée à New-York : des assassins sans pitié. Oui, car c’étaient eux qui avaient tué mon père. Sous me yeux. Et il me serait sans doute arrivé la même chose si je n’avais pas eu la présence d’esprit de suivre le dernier ordre de l’homme en qui j’avais le plus confiance et de courir loin, de m’enfuir, tandis que retentissait derrière moi le coup de feu qui lui ôta la vie. Argh, ce n’était pas le moment de me souvenir de ça, c’était Katarina que j’étais venue voir, pas mon plus horrible souvenir. Je clignai des yeux plusieurs fois pour bien chasser la scène de mon esprit et me reconcentrai sur mon amie.

Ils lui avaient fait du mal. Et pas qu’un peu. Kat made in panda. Ils n’y étaient pas allés de main morte. Les connards. C’était visiblement leur grande passion, ça, torturer les gens. Surtout une belle femme comme elle. Surtout une belle femme comme elle. Je répétai cette phrase dans ma tête plusieurs fois de suite, et mes yeux durent s’agrandir sous le choc de la révélation suite au lien que mes neurones venaient de faire. Katarina. Chez les Hors la Loi. Ils n’avaient sûrement pas du uniquement la rouer de coups. Ils… Elle… Oh non. Oh mon dieu. L’air était glacial tout à coup. Ou brûlant. Peu importe. Je me sentais mal. Non… il fallait que mon esprit s’arrête de me faire penser à ce genre de choses. J’avais un côté parano, certes, mais pas à ce point là. Je devais faire fonctionner ma tête autrement. Ils l’avaient enlevée pour des histoires concernant son père et Ethan… Mais son père n’était-il pas mort ? C’est ce qu’il me semblait, pourtant. De vieilles rancœurs alors ? Des choses importantes au point de blesser Kat ? Quant à Ethan… je connaissais vaguement son passé. Il m’en avait un peu parlé, mais une fois de plus, je ne connaissais pas les détails. Je savais qu’il était un ancien junkie, que Katarina l’avait littéralement sauvé, je savais aussi que son ancien dealer faisait partie des Hors la Loi, tout ça… Je n’aimerais pas savoir, disait-elle ensuite. Elle avait sans doute raison. A quel point l’avaient-ils torturée ? Dans quelles conditions ? Elle avait eu peur. Ça se voyait, ça se sentait. Mais les blessures physiques étaient présentes également.

J’attrapai le carnet et le stylo qu’elle me tendit en la remerciant d’un regard avant de baisser les yeux et de choisir mes mots avec attention. Je voulais lui dire que je la soutenais, mais c’était inutile, puisqu’elle le savait déjà. Je voulais lui dire que je regrettais, mais là encore, à quoi cela aurait-il pu servir ? « Je regrette. » Je regrette, de quoi ? Insignifiant. Pas les bons mots. J’ai réfléchis encore un peu, nous laissant dans un silence ponctué de la voix de bébé de Lena. J’ai fini par trouver. Voici ce que j’avais décidé de lui écrire : Ethan était complètement fou. Je ne l’avais jamais vu dans un tel état. On s’est tous inquiétés, et moi la deuxième. Mais comme tu dis, t’es en vie, et c’est le plus important… J’ai voulu continuer par là, seulement, ça me semblait une fois encore sans grand intérêt. Elle savait qu’on s’était tous inquiétés, elle devait s’en douter, on le lui avait déjà dit. J’ai alors voulu lui poser la question qui m’avait effleuré quelques instants auparavant. Quelque part en moi, je connaissais un peu la réponse, et puis ce n’était pas franchement le genre de chose qu’on demande sur le ton de « as-tu bien dormi ? ». Moi et ma délicatesse. Et puis elle ne voulait pas en dire plus, je devais la laisser tranquille. Me contenter de ça, la prendre dans mes bras et la soutenir. Elle était mon amie et je devais être là pour elle. J’étais là. J’avais veillé sur sa fille, un peu sur son mari au début. Et maintenant, j’allais veiller sur elle. C’était ce que je devais faire. Ne pas chercher plus loin. C’est ce que me criait ma conscience. Mes mains n’étaient pas d’accord, ainsi commencèrent-elle à écrire de façon très hésitante ladite question, au moment où Kat me demandait si Ethan m’avait dit quelque chose. Je me suis interrompue et ai relevé les yeux vers elle. J’ai secoué lentement la tête, en ajoutant en dessous des lignes que je venais de remplir : Rien dit. Enfin, pas plus qu’il n’en a dit aux autres. Il a remué ciel et terre pour te retrouver, il disait juste que tu n’étais plus là, qu’on t’avait enlevée. Et puis on n’a pas encore eu l’occasion de se parler… Je détachais la page et la lui tendis, me penchant légèrement en avant car elle s’était reculée avec la petite jusque contre le mur. Et je n’ai pas pu me retenir. Maudite sois-je. Après avoir écrit ces quelques mots, je lui tendis carrément le bloc-note d’une main presque tremblante, cherchant son regard. Je regardais toujours – ou le plus souvent, du moins – les gens dans les yeux. C’était ma façon à moi de communiquer.

Ils n’ont pas fait que te taper dessus, hein ? Tu n’es pas obligée d’en parler. Je veux juste que tu saches que tu peux me parler. Même si c’est douloureux. Tu as sans doute besoin de quelqu’un d’autre qu’Ethan pour en parler. Enfin, je pense… Et puis, maintenant que Gaby n’est plus là…

J’espérais qu’elle me fasse confiance. Qu’elle ne pense pas que du haut de mes dix-sept ans, je n’étais pas capable de comprendre ce genre de choses. Je n’avais certes pas vécu autant de choses qu’elle, mais je pouvais essayer de comprendre. Pour elle. Je ne voulais pas lui faire de mal. Je voulais juste l’aider.
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MessageSujet: Re: Where were you ? { Feat Katarina   Jeu 2 Sep - 13:59

J'avais l'impression que donner à Lilly un « moyen » de s'exprimer me permettrait de mieux contrer ses « attaques ». Je préférais garder les yeux baissés sur le papier plutôt que la regarder dans les yeux. Elle savait faire céder les gens très facilement. Elle avait eu dix-sept ans pour s'entrainer. Ethan me disait souvent sur le ton de la plaisanterie que Lilly était aussi douée que moi pour faire parler les gens. Il avait bien raison... J'aimais énormément Lilly, mais la situation me mettait extrêmement mal à l'aise. Je ne voulais pas parler, ou alors à peine... Je n'avais pas envie de repenser à mon agression, ma torture, mon viol... Mon sauvetage, même, avait un arrière goût amer. Il y avait eu des coups, des morts, du sang... C'était un souvenir terrible. J'avais eu une vision terrible d'Ethan, qui me faisait trembler d'effroi, même si je ne lui en voulais pas. Il m'a sauvée la vie. Mais à quel prix... Toutes ces images tournaient dans ma tête, encore et encore et encore. Comme un film qu'on passe en boucle. J'aurais presque aimé être amnésique. Aimé, ou préféré. Mais ce n'était pas le cas. Je me souvenais de chaque parole, de chaque moi, de chaque menace, de chaque coup... J'avais même du mal à en parler avec Ethan. Ce n'était pas que je ne voulais pas, c'était que je n'y arrivais. Mais il ne me brusquait en aucun cas, il était patient. Il savait qu'il ne fallait pas me brusquer. Il savait que personne ne devait me brusquer... Mais Lilly ne pensait certainement pas à mal, elle était curieuse et s'était inquiétée... Je me doutais bien qu'elle ne cherchait pas à me faire parler pour me faire du mal. Mais un peu malgré moi, je me sentais agressée. Je me sentais agressée par un rien. Même Ethan me faisait sursauter. C'était terrible, d'avoir peur de lui. Il suffisait qu'il me touche quand je ne m'y attendais pas pour que je sursaute. Évidemment je me calmais dès que je me rendais compte que ce n'était que lui. Cela passerait, mais en attendant c'était gênant, et pour lui et pour moi.

Je jetai alors un coup d'œil à ce qu'avait écrit Lilly. J'eus un petit sourire triste. Ethan complètement fou... Je l'avais su très vite, il m'avait dit lui même qu'il avait littéralement pété les plombs quand j'avais disparue. Aurais-je réagi bien différemment si les rôles avaient été inversés ? Certainement pas... Je ne sais même pas si j'aurais eu la force de partir à sa recherche. J'aurais été complètement abattue, incapable de dire quoi que ce soit, incapable de faire quoi que ce soit. Quand il était parti pendant un mois, c'était de cette façon que j'avais réagi. J'avais pleuré, crié... Je ne l'avais pas cherché. J'en avais eu envie, mais je ne l'avais pas fait. Lui il l'avait fait. Il était définitivement plus courageux que je ne l'étais. Ou plus fou, je ne savais pas trop en réalité... J'ai eu un petit sourire suivi d'un hochement de tête. Oui j'étais en vie c'était bel et bien le plus important. On ne m'avait pas ôté la vie. On n'avait pas réussi. Ou plutôt, on n'avait pas eu le temps... Je serais certainement morte si Ethan était arrivé un ou deux jours plus tard. Des coups supplémentaires m'auraient tuée, cela ne faisait pas l'ombre d'un doute. Je n'aurais pas eu la force d'en encaisser d'autres... Et si Alan était revenu comme il me l'avait promis... Non, je ne voulais même pas y penser, c'était trop horrible, trop dégoutant. Ça n'était jamais arrivé et cela n'arriverait plus jamais.

Mes yeux passèrent à la ligne suivante. Ethan ne lui avait rien dit à propos d'Alan et de son implication dans mon enlèvement. C'était bien ce que je pensais. Il n'avait jamais parlé de son passé très facilement. Il lui avait même fallu beaucoup de temps pour accepter d'en parler librement avec moi. La honte rendait les mots difficiles à prononcer. Je ne désirais pas révéler les détails de cette affaire avec Lilly. Si Ethan voulait le faire il le ferait, mais je n'étais pas celle qui en parlerait. Je n'avais pas à me mêler de leur relation fraternelle. Lilly estimait beaucoup Ethan, et je ne voulais pas risquer de briser – encore – ses illusions. Elle avait toujours mis Ethan sur un piédestal. Il était son sauveur, et c'était normal qu'elle fasse ainsi... Quoiqu'il fasse, il aurait toujours raison. Je trouvais ça mignon sans pour autant être idiot. Il avait vraiment la même relation qu'auraient eue deux « vrais » frère et sœur. Comme il n'y avait plus rien sur la feuille, je relevai les yeux vers Lilly, qui me tendait maintenant le bloc-notes. Avec un air intrigué je m'en emparai et baissai les yeux.

J'ai blêmi automatiquement.

Je savais que Lilly était loin d'être stupide, mais j'aurais voulu qu'elle ne pose pas cette question. J'ai serré les dents. Je me suis retenue de lui dire que non, je n'avais pas besoin d'en parler à quelqu'un d'autre. Je ne voulais en parler ni à Gabrielle, ni à elle, ni à personne d'autre qu'Ethan. Mais je savais également qu'il était inutile d'essayer de le lui cacher. Elle avait de toute façon déjà deviné. Ou du moins, croyait avoir deviné. Voilà pourquoi je devais remettre les pendules à l'heure.

« Quelqu'un a essayé, mais je ne l'ai pas laissé faire. »

J'avais été un peu sèche sans doute. Mais elle devait bien pouvoir me comprendre. On ne parle pas de ces choses là avec une facilité déconcertante. Encore que moi, j'en parlais. Je n'avais pas caché ce qu'il m'était arrivé, au contraire de Gabrielle, encore que je pouvais comprendre qu'elle l'ait fait. J'ai soupiré et j'ai reporté mon attention sur Lena, qui se frottait les yeux. J'ai caressé sa joue du bout des doigts doucement, avant de poser ma main sur son petit ventre. Elle a refermé ses doigts autour de ma main et j'ai laissé ma tête retomber contre le mur doucement.

« Tout ce que je veux, c'est oublier. J'ai l'impression d'avoir répété cette histoire, encore et encore... Je veux simplement cesser d'y penser, tu comprends ? »

Je secouai la tête doucement.

« De toute façon, même si je voulais... Je n'arrive pas vraiment à en parler. Avec Ethan ça va... Ne crois surtout pas que je ne veux pas de ton aide, Lilly. Mais si tu veux vraiment m'aider, aide moi à penser à autre chose, s'il te plait. »

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MessageSujet: Re: Where were you ? { Feat Katarina   Lun 6 Sep - 21:17

Mais qu’est-ce que j’avais pu être idiote ! La voix sèche de Katarina ne me surprit pas du tout, puisque je venais de réaliser ma connerie. Evidemment qu’elle n’avait pas envie d’en parler, évidemment qu’elle voulait oublier… quelle imbécile j’étais vraiment. J’en rougis aussitôt de confusion et de gêne, et j’enfouis mon visage entre mes mains pour me cacher. Comment aurais-je réagi à sa place ? Je ne savais pas, je ne pouvais pas le savoir, ni même l’imaginer. J’avais voulu la faire parler, mais sans doute pas de la meilleure façon. Qu’est-ce qui m’avait pris ? J’étais d’habitude beaucoup plus discrète, moins en mode boulet de canon… J’avais laissé la panique m’envahir, mélangé au soulagement de voir Kat en vie, et la curiosité qui m’habitait depuis que j’étais gosse. Il fallait que je me calme… Au bout de quelques instants, je retirai mes mains de mon visage et fis de nouveau face à mon amie. Je lui demandai pardon du regard en écartant légèrement les bras. Je ne pensais pas qu’elle allait m’en vouloir, elle s’était raidie sous le choc de ma question, mais, comme elle l’avait dit, je devais l’aider en la faisant penser à autre chose. Mon rôle n’était pas d’être une confidente, une sorte de journal intime, d’abord, c’était inutile et puis… je ne voulais pas savoir, finalement. C’était son histoire, pas la mienne. Elle avait besoin de mon soutien, certes, mais de mon soutien, en tant qu’amie, et rien d’autre. Je repris donc le bloc-notes et déchirai le premier feuiller avant d’écrire sur un encore vierge :

Je suis désolée Kat. Oublie ce que j’ai dit.

Que pouvais-je lui raconter pour changer de sujet ? Mon regard vagabonda pendant quelques instants dans le vide avant de se poser sur Lena, qui avait posé ses toutes petites mains sur celle de sa maman. Je rêvais d’avoir un bébé comme elle. Ou au moins aussi adorable. Elle ne bronchait que rarement, et c’était un réel plaisir de la voir sourire ou de l’entendre gazouiller. Rien de plus beau qu’une bouille de petit ange comme celle-ci, rien de plus innocent que l’expression de son visage… C’était merveilleux. C’était en quelque sorte soulageant de pouvoir poser son regard quelques instants sur ce petit être, de savoir qu’il y avait au moins une personne ici qui ne ressentait pas le stress du monde des adultes. Monde des adultes que j’avais intégré par la force des choses… C’est sûr que j’étais loin d’avoir la même mentalité que deux ou trois ans auparavant. Pas seulement dû au fait que j’avais grandi, mais aussi – et surtout – avec la guerre. Les bombardements. La destruction. La fuite. Le retour. La mort de mon père. Ethan. La communauté. Ma nouvelle vie. Notre nouvelle vie, celle que nous étions chargé de reconstruire jour après jour. Sauf que c’était un peu plus compliqué lorsqu’on cherchait à briser tout ce qu’on était parvenu à assembler. Ethan et Kat s’étaient trouvés, s’étaient aimés et brisés, puis reconstruits. Ils s’étaient assemblés et avait construit leur petite famille. D’abord la tornade, et maintenant les Hors la Loi… il s’en était fallu de peu pour que leur château ne s’écroule. Il l’était déjà peut-être un peu en fait… Mais ils allaient tout réparer. Ils étaient forts. Et invincibles. Il s’était produit la même chose du côté de Gabrielle et Alexander… Bien que je n’étais pas sûre de les voir s’assembler de nouveau, ces deux-là. En réalité, je n’avais aucune idée des détails de l’histoire entre Aristide et Gaby, juste ce qu’Ethan avait révélé à tout le monde. Juste ce que tout spectateur était censé savoir. Le petit paradis des McCord s’était également éteint, enfin, peut-être pas totalement, mais… il en avait pris un coup, c’était certain. Je ne savais pas ce qui en était de leur immortalité.

Quant à moi… je n’étais pas munie de supers pouvoirs. Je n’étais pas invincible. En fait… je souffrais beaucoup moins que la plupart des gens de la communauté, certainement à cause de (ou grâce à, hein) mon âge, mais quelque part… Je me sentais mal par rapport à ça. Il ne m’était encore « rien arrivé de remarquable », mis à part l’effondrement des galeries qui nous avaient porté à tous un coup au moral. Je ne veux pas dire que je cherchais à me positionner comme une victime (à moins d’être complètement maso, ce qui n’était heureusement pas mon cas), mais j’avais l’impression que… Non, en fait c’était ça. Je ne vois pas pourquoi je m’en étais souciée… C’était peut-être ça, mon rôle au sein de la communauté : sourire à ceux qui allaient mal. Être là pour eux. Leur montrer qu’il reste encore de l’espoir, que quand que celui qu’on aime est près de soi, tout allait bien… Mais celui que j’aimais, moi ? Il était où ? Peut-être que c’était ça aussi : aimer, c’était un risque à prendre. Le risque de tout perdre. Mais ne pas prendre le risque d’aimer, c’était ne pas chercher à vivre, par peur de souffrir ou de mourir. Je n’avais que dix-sept ans. J’avais encore la vie devant moi. Je devais en profiter. Je ne devais pas me soucier de tel ou tel endroit où je pensais que ma place devait être. Je devais juste vivre. Ne plus harceler Katarina de questions. Juste la soutenir, et lui changer les idées. Ethan l’avait sortie de l’obscurité, mais elle devait à présent avancer. Et je devais faire partie des personnes qui allaient l’aider.

J’ai voulu me pencher vers elle et la prendre dans mes bras, pas la serrer trop fort, mais j’étais très tactile, et pour moi, la moindre occasion de preuve d’affection était à saisir. Je me redressai alors, retirai mes chaussures en à peine trois secondes et vint me placer en face de mon amie, sur le lit, au milieu des peluches de mademoiselle la Princesse Lena. J’avais même commencé à tendre les bras et à me pencher en avant lorsque j’ai croisé son regard. Je me suis stoppée net dans mon élan et me suis maudite intérieurement. Qu’avais-je encore eu dans le crâne ? Ah, j’étais donc vraiment blonde ! Je laissai donc mes bras retomber de chaque côté de mon corps, une main sur une peluche différente, saisis ces dernières et m’en servis pour me taper le front avec. Katarina était blessée. Elle avait mal. Le visage en mode panda, c’était pas pour faire joli, et même s’il m’était impossible de voir l’ampleur des dégâts sur le reste de son corps, je devinais parfaitement qu’elle n’était pas en pleine extase. Et quand je vis Lena qui me regardait de ses grands yeux bleus l’air de dire « Qu’est-ce que tu fais avec mes peluches ? », je ne pus m’empêcher d’éclater de rire en silence.

Tout ira bien ! écrivis-je sur le bloc-notes à la suite de la phrase précédente, avant de le tendre à la jeune maman en tentant de l’éblouir de mon sourire qui lui, était immortel.

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MessageSujet: Re: Where were you ? { Feat Katarina   Mar 7 Sep - 11:33

J'espérais très sincèrement que Lilly comprenne que je n'avais pas envie de parler de ce qui m'était arrivé, et surtout pas de mon viol. J'avais besoin de mettre cela de côté. Ce n'était pas mon genre d'être sèche avec les gens. Pas du tout. Mais j'étais dans un tel état de nerfs qu'une stupidité pourrait m'échapper très vite. Et je n'avais pas envie d'être désagréable avec Lilly. C'était quelqu'un que j'appréciais beaucoup, et Ethan la voyait comme sa petite sœur. Je savais que certainement ni l'un ni l'autre ne m'en voudrait si je craquais, mais je n'en avais pas envie. Je devais me maitriser, ou du moins essayer. Je refusais de me laisser envahir par la peur... Bien sûr c'était difficile. N'importe qui aurait trouvé cela difficile. Personne ne m'avait brusquée jusque là. Bien sûr je savais que Lilly ne l'avait pas fait exprès. Il lui arrivait de manquer un peu de tact parfois, c'était dans sa nature... Mathilda ne m'avait rien demandé, mais je m'étais confiée à elle parce qu'elle avait besoin de savoir ce qui m'était arrivé pour m'aider au mieux. J'avais également parlé avec Ethan, et ce pour plusieurs raisons. D'abord parce que nous nous étions jurés de ne plus rien nous cacher. Ensuite parce qu'il m'avait trouvé dans un tel état que je savais qu'il s'était posé de nombreuses questions. Et puis j'avais eu besoin de lui en parler à lui tout simplement. J'en avais parlé une bonne fois pour toute. Maintenant tout ce que je voulais c'était enfermer tous ces souvenirs et toutes ces images dans une boite et en jeter la clé. Malheureusement les choses n'étaient pas aussi simples. Il suffisait d'un rien pour que j'y pense. Alors pourquoi ne pas essayer de mettre tout cela de côté pour au moins un petit moment ? Ce n'était pas beaucoup demandé après tout ce que j'avais vécu !

Je me contentai de sourire quand elle s'excusa. Je secouai doucement la tête. Ce n'était pas si grave après tout. L'essentiel était qu'elle comprenne que je ne souhaitais pas aborder ce sujet de nouveau. Plus tard peut-être, quand j'aurais appris à vivre avec et que je serais passée outre. Ce n'était qu'un mauvais moment à passer. Ce n'était qu'un mauvais moment à passer. J'allais y arriver, avec l'aide d'Ethan et de mes amis. J'allais m'en sortir... Non, je m'en étais déjà sortie. J'étais vivante et auprès de ceux que j'aimais. N'était-ce pas là l'essentiel ? J'avais retrouvé mon mari, ma fille... J'avais tant prié pour ça, pendant ces jours où j'étais enfermée, seule dans le noir. Mes prières avaient été exaucées. Que demander de plus ? Je n'allais pas m'enfermer dans ma douleur. J'avais encore la vie devant moi. Hors de question de la gâcher à cause d'une malheureuse semaine. Après tout, qu'est-ce que c'était une semaine, sinon sept jours miséreux ? Ce n'était rien en comparaison du chemin que j'avais fait avec Ethan, rien en comparaison du chemin que nous ferions encore. C'était ainsi qu'il fallait voir les choses, pas autrement. Et puis j'étais une battante depuis toujours.

Je relevai les yeux vers Lilly alors qu'elle retirait ses chaussures pour venir me rejoindre au fond du lit avec Lena. Elle a eu un mouvement pour me prendre dans ses bras, mais elle s'est arrêtée net. Sans doute avait-elle peur de me faire mal. J'eus un petit rire quand elle se frappa le front avec les peluches de Lena. Cette dernière avait d'ailleurs tourné la tête vers Lilly et elle la regardait avec un drôle d'air. D'habitude elle était la seule à se prendre ses peluches dans la figure... J'acquiesçai silencieusement quand elle me tendis le bloc notes où était écrit « tout ira bien ! ». Oui tout irait bien. Il ne pouvait pas en être autrement. Je redressai légèrement Lena, pour embrasser son front doucement, puis je la rallongeai en douceur sur son oreiller. Elle resta accrochée à ma main et je restai attendrie un instant, avant de reporter mon attention sur Lilly.

« Je n'ai pas eu le temps de te remercier pour avoir pris soin de Lena pendant mon... absence. »

Ethan m'avait dit qu'il n'avait pas su s'occuper de Lena tant il était bouleversé par ma disparition. Impossible de lui en vouloir. Alors Lilly s'était occupée d'elle pendant cette semaine terrible. Je lui en était terriblement reconnaissante d'avoir pris soin de ma petite princesse. Lena n'était pas un bébé particulièrement sauvage ou difficile, mais je me doutais que ce n'était pas forcément simple de s'occuper de l'enfant d'un autre dans une situation d'urgence.

« Ça va, ça n'a pas été trop dur pour toi de t'occuper d'elle ? »

Je ne doutais pas de ses capacités à s'occuper d'un bébé, mais même pour moi ce n'était pas forcément facile. Et j'étais la mère de Lena, alors... Lilly n'était encore qu'une adolescente, s'occuper du bébé d'une autre pendant une semaine n'était pas forcément sur la liste de ses priorités. Mais Lilly était vraiment très mature, aussi je me doutais qu'elle n'avait même pas protesté quand Ethan lui avait confié Lena. Et pour ça je l'en remerciais énormément.

« Tu n'étais pas obligée tu sais. Mais je te remercie de l'avoir fait. Merci d'avoir été là pour elle, et pour Ethan aussi. Je crois qu'il ne laissait personne d'autre que toi l'approcher, n'est-ce pas ? »

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MessageSujet: Re: Where were you ? { Feat Katarina   Dim 12 Sep - 17:06

Je regardai tendrement Kat poser son bébé sur l’oreiller, sans que ce dernier ne lui lâche la main. Cette enfant était un amour, alors non, je n’avais eu aucune difficulté à m’en occuper – bien que de s’occuper d’une si petite chose était toujours un peu compliqué, surtout que je n’étais ni sa mère ni une adulte expérimentée. Les seuls enfants dont je m’étais occupée avant d’arriver ici avaient été nos voisins, lorsque mon père et moi vivions encore à Miami. Mais je connaissais bien Lena, et je ne lui étais pas inconnue, à l’instar des autres petits de la communauté… Et puis ça restait avant tout un plaisir, avant d’être un devoir. Je savais qu’Ethan et Katarina me faisaient suffisamment confiance pour me confier leur petite fille, même si durant cette semaine, je m’étais un peu retrouvée avec le bébé dans les bras s’en m’en être rendue compte. Enfin si, je m’en étais rendue compte, évidemment, mais j’étais surtout concentrée sur son père. Je n’aimais pas du tout le voir dans un tel état, mais ça, en plus de la disparition de Kat (les deux choses allant ensemble, en fait), il m’avait semblé naturel de m’occuper de Lena. Et puis il fallait bien que quelqu’un le fasse, bien qu’il y avait à présent beaucoup de monde au sein de la communauté, il aurait donc été facile de trouver quelqu’un digne de confiance. Il y avait Liam, Mathilda… et puis les autres. Mais ils étaient tous occupés. C’était en quelque sorte mon rôle de prendre soin de la fille de mon grand frère de cœur en son absence. Et puis comment ne pas vouloir prendre dans ses bras ce bébé à la bouille si adorable ?

Avec un petit sourire, je secouai légèrement la tête pour indiquer à Kat que vraiment, il n’y avait pas de quoi, que c’était normal, et que Lena était adorable. Et puis je me laissai tomber sur le côté en allongeant mes jambes et prenant appui sur mon coude ; d’une main, je me tenais la tête et de l’autre, je caressai doucement la joue de la petite, tandis que Katarina continuait de me remercier. Je reportai mon regard sur elle et stoppai mon geste lorsqu’elle me parla de nouveau de son mari, et je souris de nouveau. En effet, même si, comme je viens de le dire, nous étions beaucoup ici, Ethan n’était pas du genre à laissé sa fille dans les bras de n’importe qui. Mais il me sembla qu’au début, c’était à Liam qu’il l’avait confiée. J’étais vite venue la chercher, voyant que ce dernier était trop occupé ailleurs pour s’occuper du bébé – à moins que ce ne soit autre chose ? – mais non, je faisais bien partie des quelques personnes en qui Ethan avait profondément confiance.

En me redressant un peu et tirant sur mon bras, je pus récupérer le bloc-notes ainsi que le stylo afin de continuer à « parler ». De nouveaux mots brouillèrent aussitôt la fin de la petite page.

De toute façon, il était trop affolé pour vérifier, mais il savait qu’elle était entre de bonnes mains. Que ce soit celles de Liam, ou des miennes, ou même de Mathilda.

Je détachai la page et la retournai pour pouvoir écrire au verso.

Tu sais bien que ta fille est adorable. Tu lui as manqué.
Et puis je suis ravie d’avoir pu servir à quelque chose.


J’ajoutai un petit smiley (bien qu’inutile puisque j’étais en face d’elle et qu’elle pouvait voir le sourire sur mon visage – une habitude d’adolescente, sans doute) avant de lui tendre le papier et de retrouver ma position latérale. Je me mis ensuite à jouer avec la minuscule main libre de Lena qui devait adorer qu’on la cajole autant. Sa maman lui avait manqué. Je l’avais senti… Parce qu’on avait beau tous prétendre que cette enfant était relativement calme et souriante, elle n’en restait pas moins âgée d’à peine un mois, et les liens maternels et paternels s’étaient déjà crées. Lena avait certainement réalisé que ses parents n’avaient pas été aussi présents durant la semaine précédente, il lui était arrivé de pleurer en ressentant le stress d’Ethan, le stress de tout le monde vis-à-vis des derniers évènements… Mais maintenant, tout était rentré dans l’ordre. C’est ce que nous avions tous besoin de croire.
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MessageSujet: Re: Where were you ? { Feat Katarina   Mar 14 Sep - 14:04

C'était difficile pour moi de me dire qu'Ethan avait été perturbé au point de laisser sa fille à quelqu'un d'autre. Parce qu'il avait été très clair avec cela dès sa naissance : hors de question de confier Lena à qui que ce soit d'autre que nous. Non pas que je n'avais pas confiance en Lilly, loin de là. Mais je savais pertinemment qu'Ethan ne voulait pas confier sa fille. Ce détail, aussi futile soit-il, me faisait comprendre peu à peu à quel point il avait été mal. Il m'avait dit qu'il avait cru devenir fou, qu'il s'était senti coupé en deux, mais il n'avait pas dit jusqu'où c'était allé. Alors oui, c'était presque effrayant. J'étais presque heureuse de ne pas avoir dû assister à cela. Je crois que je n'aurais pas supporté la vision d'Ethan dans un tel état. Vous me direz, je l'avais déjà vu dans tous les états possibles et imaginables. Mais à ce qu'il paraissait, cette fois, cela avait été quelque chose. Quelque chose d'impressionnant. Pour qu'il ne puisse pas s'occuper de Lena comme il en avait l'habitude, il avait dû se trouver dans un état de nerfs incroyable. Je savais qu'il s'en voulait beaucoup, de ne pas avoir su s'occuper d'elle « correctement ». Mais il n'avait pas pu et pas su, à cause de sa situation, et surtout de la mienne... Mais qui lui en aurait voulu ? Certainement pas moi, et Lena encore moins. Certes, elle était encore très petite, mais cela ne voulait pas dire qu'elle ne comprenait pas certaines choses. Elle avait certainement senti que quelque chose n'allait pas bien. Et puis ce n'était pas comme si elle pouvait en vouloir à qui que ce soit... Elle était encore trop innocente pour être rancunière – surtout avec son amour de père. Elle savait qu'il l'aimait de tout son cœur. Il suffisait de voir comment elle lui souriait pour comprendre qu'elle ne lui en voulait pas le moins du monde. Et puis après tout, il lui avait ramené sa maman. C'était là l'essentiel, non ?

J'eus un petit soupir quand Lilly m'avoua qu'Ethan était trop affolé pour vérifier avec qui était Lena. J'étais néanmoins certaine qu'il n'aurait pas laissé n'importe qui la toucher. Il avait su qu'elle était avec Lilly, alors inconsciemment il avait dû être rassuré, et il était « passé à autre chose ».

« Je réalise que je dois également te remercier pour avoir pris soin d'Ethan aussi, en quelque sorte. Je sais que tu tiens beaucoup à lui, mais il tient aussi énormément à toi tu sais. Tu es sa petite sœur. »

Ethan le répétait souvent. Oui, Lilly était comme sa petite sœur. Il faut dire qu'il ne pouvait pas en être autrement. Quand Ethan avait sauvé Lilly, elle n'était alors qu'une adolescente seule et apeurée. Ils s'étaient tout de suite bien entendus, je l'avais vu immédiatement, même si Ethan et moi n'étions pas tout à fait ensemble quand il l'avait ramené. Et puis elle l'avait soutenue dans les moments difficiles, comme Gabrielle l'avait fait pour moi. Je ne pus m'empêcher de grimacer en pensant à cette dernière. C'était fou comme nous nous étions éloignées l'une de l'autre... Je trouvais ça triste. Mais en même temps, je n'arrivais plus à la comprendre. J'avais essayé, mais je n'y arrivais pas. Ethan avait sans doute raison en fin de compte. Elle et moi n'avions plus grand chose en commun. Je ne savais pas encore comment les choses tourneraient, si elles s'arrangeraient ou non. En ce qui le concernait, Ethan avait été très clair : Gabrielle n'existait plus pour lui. J'avais malheureusement du mal à être aussi catégorique que lui. Autant cesser d'y penser pour le moment. Je devais d'abord régler mes propres problèmes avant de me concentrer sur ceux des autres... Je jetai un coup d'œil à la page que me tendait Lilly. Elle disait que j'avais manqué à Lena. Je reportai mon attention sur cette dernière, qui restait accrochée à nos mains. Elle n'avait certainement pas conscience du bonheur qu'elle m'apportait, en souriant simplement de cette façon. Elle était un tout petit ange...

« Elle m'a tellement manqué elle aussi... Si tu savais comme j'ai eu peur de ne plus la revoir, de ne plus la serrer dans mes bras... Cette pensée m'était insupportable. »

Je me suis tue. Il n'était pas nécessaire d'en dire plus, Lilly voyait très bien où je voulais en venir. Oui, j'avais eu peur de ne plus jamais revoir ma fille, mon bébé, ma toute petite princesse. J'y avais vraiment cru. Je me penchai légèrement en avant avant de déposer un baiser sur le front de Lena, qui y vit là une occasion d'attraper mes cheveux. Je souris, en caressant sa joue.

« Heureusement, elle a un papa extraordinaire qui a sauvé sa maman des griffes des méchants. »

Je me suis doucement allongée à côté de Lena, en faisant attention à ne pas faire de gestes trop brusques, à la fois pour ne pas l'effrayer, et surtout pour ne pas me faire trop mal. Je relevai les yeux vers Lilly, qui nous regardait en souriant.

« Tu sais, ce n'est pas comme si tu ne servais à rien, Lilly. Bien sûr que tu sers à quelque chose. Tu nous rends le sourire. Crois moi, c'est loin d'être anodin. Tu empêches pas mal de monde de déprimer. »

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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MessageSujet: Re: Where were you ? { Feat Katarina   Mar 28 Sep - 21:06

On dit souvent qu’on est toujours mieux seul. Qu’on nait seul, qu’on meurt seul, en ayant vécu seul, malgré les apparences. Qu’il faut savoir avancer seul. Savoir traverser les épreuves seul, s’en sortir seul. Seul, encore et toujours. C’est peut-être vrai, dans le fond. Mais lorsqu’on a quelqu’un avec qui partager tout ça, qui nous aide à avancer, c’est toujours mieux. Ethan et Katarina avançaient ensemble. Moi, j’avançais avec eux, avec les autres. Je traçais mon petit bout de chemin, mais ils n’étaient jamais loin. Et Kat avait entièrement raison en disant que j’étais comme une sœur pour Ethan – c’était réciproque, je le considérais comme mon frère – puisqu’il m’avait sauvé la vie. Après l’étiquette de « sauveur », c’est celle du confident, de l’ami, et puis du grand frère de cœur qui apparut. Je savais qu’il tenait à moi, il me le faisait comprendre sans cesse, et j’étais près de lui quand ça n’allait pas. Notamment lorsque le couple s’était séparé. Je ne pouvais pas parler, mais apparemment, mes mots écrits et mes mots suffisaient. Alors ça me suffisait à moi aussi. De toute façon, ce n’était pas comme si j’avais le choix. Mon père plaisantait souvent à ce sujet en disant que mon mutisme était peut-être finalement une bénédiction, parce que j’aurais été une bavarde insupportable dans le cas contraire. A chaque fois, il avait le droit à une grimace dont j’étais la seule à avoir le secret. Pour en revenir à Ethan, oui, je savais que nous tenions mutuellement énormément à l’autre. Mais tout comme je l’avais été pour Kat, mon inquiétude pour lui avait grandi de jours en jours. Le voir dans cet état ne me plaisait pas du tout, et pour être honnête, j’avais eu peur qu’il ne fasse de bêtises. Bien qu’après réflexion, j’avais réalisé qu’il n’aurait rien fait tant que Lena était là, même dans les pires cas de figures, mais cela ne m’empêchait pas de le surveiller, même de loin. Régulièrement, je le cherchais, ou demandait aux autres de la communauté s’ils l’avaient aperçu. Quand il fut parti à son tour pour chercher Katarina, je m’étais raccrochée aux yeux de la petite Lena, avait souri et fait semblant que tout allait bien. A l’intérieur, j’étais totalement paniquée et chamboulée, morte d’inquiétude. J’avais eu peur que tout ne parte à la dérive, que tout ce qu’avaient construit Katarina et Ethan ne s’écroule pour de bon, et que tout se répercute au sein de la communauté. Mais heureusement, tout était enfin rentré dans l’ordre.

« Elle m'a tellement manqué elle aussi... Si tu savais comme j'ai eu peur de ne plus la revoir, de ne plus la serrer dans mes bras... Cette pensée m'était insupportable. »

Je pensais pouvoir comprendre. Pas totalement, du haut de mes dix-sept ans et du fait que j’étais loin d’être mère, mais je pensais pouvoir comprendre l’ampleur de cette frayeur. Avoir peur de perdre l’être qu’on aime le plus au monde, c’est la pire que l’on puisse éprouver. Être effrayé à l’idée de se retrouver seul, être angoissé à l’idée de devoir vivre sans cette personne – si on en éprouve seulement la capacité, appréhender le moment fatal où la réalité nous frappe de plein fouet, où on réalise que tout ce qui nous est cher peut disparaitre en un instant, tout ceci, je pouvais le comprendre. Pendant les bombardements, j’avais eu peur de perdre la seule personne à qui je tenais plus que tout, j’avais été morte de trouille à l’idée d’être séparée de mon père. Et mon pire cauchemar avait fini par se réaliser. J’étais tombée en même temps que lui, ne sachant plus vraiment comment faire pour me relever. J’étais toute seule, et tellement vulnérable que j’en avais été malade. Et puis Ethan était venu me rattraper. J’avais survécu. Kat aussi, avait survécu aux horreurs qu’elle avait vécues. Nous avions tous survécu. Nous étions tous là. Et c’était à mes yeux le plus important.

Mon regard s’était perdu l’espace d’un instant, mais de retour dans la réalité, je ne pus m’empêcher de sourire face à la bouille de la petite. Si elle savait combien elle avait de la chance… Combien ses prochaines années allaient être du pur bonheur, combien ses parents étaient des gens exceptionnels, combien ils l’aimaient, combien ils avaient souffert pour elle – et pas seulement. Un jour, elle réaliserait tout ça. Un jour, elle saurait. Elle allait grandir dans la bulle d’amour d’Ethan et Katarina, et rien que ça, c’était pour moi génial. Je n’avais eu que mon père pour m’élever – je ne m’en plaignais pas, loin de là – et ils constituaient pour moi quasiment une famille modèle. C’était sans compter les obstacles qu’ils avaient rencontrés et rencontreraient encore, bien sûr, mais ils s’en sortiraient, ensemble. Parce que lorsqu’on est avec quelqu’un, tout va forcément mieux. On aperçoit toujours plus le lendemain en n’ayant pas peur de l’affronter, puisque l’on n’est pas seul. Je savais que pour Katarina et Ethan, c’était un peu le cas.

« Heureusement, elle a un papa extraordinaire qui a sauvé sa maman des griffes des méchants. »

Evidemment, Ethan était… ok, je devais arrêter avec mon délire de « Ethan est un super-héros. » Il avait sauvé nos vies à plusieurs reprises, d’accord. Mais il avait fait son devoir, il avait ce qu’il lui semblait être la seule chose à faire. Et puis je savais parfaitement qu’il ne se serait jamais pardonné de n’avoir rien tenté pour elle, Katarina, l’amour de sa vie. Je savais qu’il avait été vital pour lui de partir à sa recherche. Ils avaient besoin de l’autre pour être bien, être éloigné ainsi, dans l’ignorance et la douleur, ce n’était pas possible. Et je les admirais pour ça. Pour la force dont ils étaient dotés. Parce qu’après tout, ils étaient ensemble, aujourd’hui.

La dernière phrase de Katarina me fit relever les yeux vers elle. Ça me faisait plaisir ce qu’elle me disait, vraiment. C’est vrai qu’avec tous ces évènements, j’étais surtout restée en arrière, pour les enfants surtout, mais en m’accrochant à eux, à leurs petites bouilles innocentes, aux sourires qu’ils affichaient et auxquels je répondais avec enthousiasme, je parvenais à ne pas me faire engloutir par l’inquiétude, la crainte, encore une fois, que tout ne dérape. Ça s’était déjà en partie écroulé, je n’avais aucunement envie que tout recommence. J’avais peur que la prochaine fois je ne sois touchée beaucoup plus. D’après Katarina, et d’autres de mes amis également, j’agissais comme quelqu’un qui rendait le sourire à ceux qui avaient du mal avec ça. Et si je pouvais empêcher certaines personnes de déprimer, alors je le ferais sans souci. Sourire pour et avec les autres m’aidait moi aussi à garder la tête hors de l’eau, et à compenser mon mutisme parfois handicapant. J’hochai la tête en clignant lentement des yeux, comme pour à la fois la remercier et acquiescer. Je laissai passer quelques instants de silence, perdue dans mes pensées, tout comme Katarina, je pense, avant de réécrire au recto d’une page du bloc note déjà utilisée (il fallait économiser le papier !) :

Tu as de la chance. Je veux dire, par rapport à Lena et Ethan… Et j’espère bien réussir à vous rendre le sourire ! Il faut bien…


Je pense qu’en croisant mon regard, Katarina put y lire l’admiration que j’avais à son égard, à celui d’Ethan aussi. Malgré ce dont je tentais de me convaincre, ma maturité, ma bonne humeur, tout ça, j’avais tout de même gardé une grande âme d’enfant. Et les enfants admirent toujours. Ils cherchent sans arrêt un modèle, quelqu’un sur qui prendre exemple. Pendant des années, j’avais pris exemple sur mon propre père, parce qu’il avait constamment été là, parce qu’il m’avait élevée… Et maintenant qu’il n’était plus, je suivais Ethan. J’étais encore un peu une enfant, j’avais encore besoin de mes repères. Et il avait été la personne idéale pour jouer mon grand frère. Je me tournai alors vers la porte, puis de nouveau vers Kat, montrai le nom d’Ethan sur le papier et tapotai sur mon poignet une montre inexistante, le tout accompagné d’un regard interrogateur. Si elle avait saisi le message, elle comprendrait que j’avais voulu lui demander quand est-ce qu’il rentrerait.
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