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 A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !

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Ethan Jones
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MessageSujet: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Lun 30 Aoû - 9:11

Katarina avait passé prés de trois jours à l’infirmerie sous la surveillance quasi constante de Mathilda. Trois jours pendant lesquels nous avions investis l’infirmerie comme seconde chambre. J’étais allé chercher le berceau de Lena dans notre chambre et je l’avais collé au lit de Katarina. J’avais ramené un carton d’affaires aussi. Comme ça je ne quittais pas Katarina une seule seconde. Je ne la laissais seule qu’un petit quart d’heure chaque jour. Pour aller prendre une douche. Et encore…

La communauté tout entière semblait s’être donné le mot. Je savais que les nouvelles allaient en général très vite au sein du petit groupe que nous formions, mais là j’avais l’impression que c’était pire que tout. Les gens ne cessaient de se présenter à la porte de l’infirmerie et Mathilda, sous mes « ordres » renvoyait tout le monde. Elle ne faisait entrer absolument personne. A moins qu’il n’ait besoin d’elle médicalement parlant. Et encore… Dans ces cas là, elle nous isolait en tirant le rideau. Je savais que Katarina ne voulait pas qu’on la voie, et je respectais son choix. Et puis, maintenant qu’on l’avait enlevé une fois, j’avais peur que cela recommence. Et puis, la raison principale était surtout que nous avions besoin de nous retrouver tous les trois. Nous avions besoin de reconstruire notre unité familiale qui avait volé en éclats. Et de nous reconstruire nous-mêmes par la même occasion.

Seule Lena ne semblait pas avoir été affectée. Et ce n’était pas plus mal. Elle avait retrouvé sa maman et son papa et pour elle il n’y avait que ça qui comptait. Elle ne savait pas tout ce que sa maman avait vécu et ce que son papa avait fait. Elle nous souriait et quand elle le faisait nous avions l’impression d’être les personnes les plus importantes de l’univers.

Si Katarina arrivait à parler de tout ce qui lui était arrivé, il en était tout l’inverse pour moi. J’avais réussi au début à lui dire que j’avais eu très mal et que j’avais cru devenir fou, mais maintenant je ne pouvais plus. Je ne pouvais plus raconter l’horreur que j’avais vécu. Même à ma propre femme. J’étais sans doute plus secoué que ce que je faisais croire. Ma vision des choses avaient changé à jamais. Les autres ne comptaient plus vraiment pour moi. Il n’y avait que Lilly à qui j’avais encore du plaisir à voir. Cette semaine semblait avoir été décisive, et elle ressemblait à un vrai tournant dans ma vie. J’avais été seul au monde, et seul contre tous quand Katarina avait disparu.

Et ce que je vivais encore était ce qu’il me semblait le pire. J’aurais aimé que les hématomes de Katarina s’estompent rapidement, mais ils semblaient vouloir persister sur sa peau. Pour nous rappeler à quel point ce qu’elle avait vécu était cauchemardesque. Même si j’en étais heureux, le fait que tout repose sur moi était un poids supplémentaire. J’avais eu envie plusieurs fois de plier et de fondre en larmes dans ses bras mais je ne m’en étais pas donné le droit. Alors j’essayais de garder la tête haute, et je prenais mon rôle à cœur.

Katarina avait besoin d’aide pour presque tout. Il n’y avait que se nourrir qu’elle était capable de faire sans mon aide. Pour le reste, elle ne comptait que sur moi ou sur Mathilda. Mathilda lui changeait ses pansements. Mais c’était moi qui la lavait, l’habillait, la coiffait, donnait le biberon à Lena. Je savais que Katarina souffrait intérieurement de ne pas pouvoir donner le sein à Lena, mais sa poitrine était encore trop douloureuse. Heureusement que Lena ne semblait pas souffrir de la situation. Elle cherchait bien sûr le sein de Katarina quand sa maman la portait, mais dés que Katarina posait le doigt sur sa bouche ou lui donnait son poing à mordiller, Lena se calmait.

Notre petite fille était un amour. Elle l’avait toujours été, mais le redécouvrir était un sentiment de plénitude total. Je ne sais pas du tout ce que serait notre vie sans elle maintenant. Elle occupait toutes nos journées, elle illuminait nos vies.

Malheureusement, au bout de trois jours, Mathilda après avoir refait les pansements de Katarina, nous a dit qu’il serait plus judicieux de retourner dans notre chambre. Selon elle, la vie continuait. Je me suis contenté de hausser les épaules. Oui, vu de l’extérieur, la vie continuait. Et nous n’avions pas à nous plaindre puisque nous étions tous les trois en vie et en relative bonne santé, si on excluait les blessures de Katarina. Mais à l’intérieur c’était différent.
Je crevais littéralement à l’idée que maintenant que nous allions « rentrer chez nous » les gens voudraient nous voir, prendre des nouvelles. Mais moi, je ne voulais voir personne. Je ne le voulais plus. Je voulais m’eloigner de tout ça, et de tout le monde. Je ne voulais plus qu’on les approche. J’avais bien trop peur. Dés que je fermais les yeux, je craignais de me réveiller et de conxtater qu’on me les avait encore arrachées.

Et pourtant, il a fallu regagner notre chambre. J’ai tout déplacé avant d’amener Katarina et Lena. J’aurais aimé porter Katarina, mais elle avait insisté pour marcher. Alors elle avait pris Lena dans ses bras, et je l’aidais à marcher. Je ne sais pas si Lilly ou Mathilda s’étaient débrouillées pour que personne ne soit dans les couloirs, mais nous n’avons croisé personne.

Nous nous sommes rapidement réappropriés notre chambre et Lena a semblé heureuse que nous lui accordions tout notre temps. Je refusais de les quitter, même après avoir quitté l’infirmerie. Et je n’avais plus qu’une seule obsession, même si pour le moment je l’avais gardé pour moi. J’aurais aimé que nous quittions New York et que nous allions nous installer là où j’avais trouvé un lieu parfait pour vivre en toute sécurité et avoir une vie enfin normale.

Katarina respectait mon silence et ne me demandait rien.

Une semaine s’était écoulée depuis que nous étions revenus. J’avais concédé à Katarina de faire quelques pas hors des quatre murs de notre chambre. Seule. Lena était restée avec moi. Elle jouait sur notre lit, bien calée dans le grand coussin blanc qui lui servait de tapis de jeu. Son ours à côté d’elle, elle essayait en vain de l’attraper. J’avais joué un peu avec elle. Et puis assis sur le bord du lit, jre regardais le plus souvent le mur. Fixement. Presque vide de tout.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Lun 30 Aoû - 15:12

J'aurais voulu pouvoir tout effacer pour tout recommencer. Remettre les compteurs à zéro, gommer ce qui ne méritait pas de rester couché sur le papier. Mais ce n'était pas possible. Dans la vie on ne revient jamais en arrière, jamais... Comme je regrettais d'être descendue à la réserve ce jour là... Mais à quoi bon regretter ? C'était fait et je devais apprendre à vivre avec. Mais cela s'avérait un peu plus compliqué que je l'avais naïvement pensé. Rester cloitrée dans notre chambre ne m'aidait pas vraiment à oublier. En réalité je ne pensais qu'à ça. Je me disais que ce n'était peut-être pas plus mal d'y penser une bonne fois pour toute pour le laisser s'effacer doucement par la suite. Le problème c'est que j'en souffrais. Y penser me rendait dingue. Il suffisait d'un rien pour me faire peur. Un rien. Une fois, alors que j'étais simplement assoupie, Ethan avait posé sa main sur la sienne. Je ne l'ai pas reconnu tout de suite, si bien que j'avais poussé un cri terrible avant de fondre en larmes. J'étais désolée et honteuse de mes réactions. J'avais l'impression d'être complètement déréglée et déboussolée. À un moment j'allais bien, et le moment d'après j'étais au trente-sixième dessous. J'avais toujours peur qu'Ethan ne perde patience, mais ce n'était jamais le cas, sa culpabilité le poussant certainement à me supporter quoi que je fasse. Et je ne pouvais pas m'en plaindre, parce que j'avais réellement besoin de lui. Je savais que sans lui je n'arriverais jamais à me remettre debout. Il était comme une sorte de béquille psychologique. Il ne me laissait jamais seule plus d'une demie heure par jour. Nous étions toujours ensemble. Les premiers jours je n'ai voulu voir personne, mise à part Mathilda. Elle était la seule personne que nous acceptions de voir tous les deux. Ce qui était normal, étant donné qu'elle nous avait sauvé la vie à chacun au moins une fois. Et puis elle était la seule à ne pas poser de questions. Et pour cela, je la remerciais grandement.

J'avais appris plusieurs choses depuis mon retour à la Communauté. Tout semblait s'écrouler... Gabrielle était partie, promettant néanmoins son retour. J'avais été profondément choquée qu'elle abandonne Emma ici. Je n'aurais jamais pu laisser Lena « seule ». Plus le temps passait et plus je me disais que nous perdions peu à peu tout ce que nous avions eu en commun... Alexander était comme fou, il agissait à l'opposé de son comportement habituel. Il n'était plus ni posé, ni calme, ni réfléchi. Et visiblement, Ethan et lui s'étaient disputés assez violemment durant mon absence. Il avait déjà rayé Gabrielle de sa vie, je ne voulais pas qu'il fasse de même avec son mari. Alexander était comme un frère pour lui, et je ne voulais pas qu'il coupe tout lien... Aaron était entre eux, tentant de gérer l'un et l'autre de son mieux. Autant dire que l'ambiance générale n'était pas au beau fixe, et cela ne cessait de dégringoler. Je n'aurais pas été dans un tel état, j'aurais tenté de faire quelque chose... J'avais également cru comprendre qu'Alex avait jeté Aristide dehors après lui avoir collé une bonne raclée. Bizarrement, je le comprenais et je ne semblais pas être la seule. J'avais perdu mon estime pour Aristide, et même si sa situation me faisait de la peine, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'en un sens il l'avait cherché. Dans un endroit comme la Communauté, l'adultère est très mal vu, d'autant plus quand c'est la femme du leader qui est la première coupable. Je n'arrivais pas à comprendre Gabrielle. Pourtant j'avais sincèrement essayé. Parce qu'elle été censée être ma meilleure amie et qu'elle avait énormément souffert. Mais j'avais vécu la même chose et j'avais eu un comportement à l'opposé du sien. M'éloigner d'Ethan aurait été la dernière chose que j'aurais pu faire. Au contraire j'avais un besoin viscéral de lui, et de notre fille. Alors je ne pouvais pas comprendre Gabrielle. Nos réactions n'avaient rien à voir l'une avec l'autre.

Étrangement, au bout d'une semaine j'avais commencé à me sentir à l'étroit entre les quatre murs de notre chambre. Ils commençaient à me rappeler ceux de ma cellule, et cela ne me plaisait évidemment pas du tout. Mais j'avais peur de sortir, de croiser les gens, de leur parler... Et pourtant j'en avais besoin. Mais avant cela je devais réussir à marcher sans plier au bout de trois pas. J'avais donc fait des aller-retours dans notre chambre, sous la surveillance d'Ethan. Je n'étais pas encore prête à faire des entrechats, mais je tenais debout et je pouvais mettre un pied devant l'autre. C'était déjà pas mal, même si je boitais encore à cause de mon genou. Je ne devais pas forcer, mais je devais le faire travailler. Il était déjà moins enflé, ce qui était bon signe. Physiquement je guérissais doucement. Mes hématomes s'estompaient lentement. Ma poitrine et mes cuisses étaient moins violettes. Mais maintenant qu'on voyait moins mes bleus, on voyait nettement mieux toutes mes griffures. Je n'aimais pas cela, mais l'essentiel était de guérir, de cicatriser, peu importait de quelle façon. J'aurais aimé être un serpent pour pouvoir changer de peau. Voir toutes ces marques, tout le temps ne m'aidait pas. Heureusement Mathilda avait consenti à m'enlever quelques pansements : celui à la tête et ceux aux bras. J'avais été heureuse de constater que je ne garderais pas de trace de piqure. Comparé au reste ce n'était qu'un détail, mais j'en étais tout de même heureuse.

J'avais demandé à Ethan de me laisser sortir un petit moment. J'avais besoin de sortir, de bouger, de respirer un autre air que celui de notre chambre. Cela devenait urgent, même si je n'étais pas certaine de vouloir et de pouvoir affronter le regard des autres. Mais il le fallait, c'était une nécessité. Je ne devais pas continuer à avoir peur. Personne ici ne me ferait de mal. J'avais réussi à le faire céder, même s'il n'était pas très emballé par cette idée. Je ne comptais pas partir pendant des heures, juste un petit quart d'heure, au maximum une demie heure. De toute façon je devais y aller doucement. J'étais donc sortie au milieu de l'après midi, le laissant jouer avec Lena. Il était très silencieux depuis notre retour. Je l'étais également. Heureusement nous n'avions pas besoin de mots ou presque pour nous comprendre. Quand j'étais sortie, les couloirs étaient vides. J'avais donc tenté de faire quelques pas au hasard, pour essayer. Je ne m'en sortais pas trop mal, encore que j'avais l'impression de tout faire au ralenti. Je m'étais appuyée contre le mur pendant quelques secondes, jusqu'à ce que j'entende quelqu'un. J'ai relevé les yeux, craignant de me retrouver face à quelqu'un que je ne voulais pas voir. Mais ce n'était qu'Aaron. Il m'a fait un grand sourire et là, j'ai fait une erreur. Pendant une seconde, j'ai oublié que j'avais du mal à marcher, alors naturellement j'avais tenté de m'élancer vers lui. Deux secondes plus tard ma jambe se tordait et je m'écroulais lamentablement et lourdement par terre. Je tombai sur le ventre, et eus le souffle coupé – à cause de côtés cassées. Évidemment, Aaron s'est précipité pour m'aider. Je l'ai repoussé, prétextant pouvoir me relever seule. Peine perdue : je n'arrivais pas à me remettre sur mes jambes. Au bout de cinq minutes il n'écouta plus mes protestations et il me releva « de force ». Complètement mortifiée, je me suis excusée et je me suis trainée jusqu'à la porte de notre chambre.

Je suis restée appuyée contre une bonne minute, morte de honte, avant de l'entrouvrir. Je me suis glissée à l'intérieur. Je me suis de nouveau appuyée contre. On aurait dit que je fuyais quelque chose. J'avais eu une mauvaise idée. Je n'aurais jamais dû sortir. J'avais fait une erreur. J'ai cligné des yeux plusieurs fois et j'ai regardé Ethan. Il était assis sur le lit, à fixer le mur d'un air absent. Lena, elle, était complètement ailleurs, cherchant à attraper son ours en peluche. Elle était fascinée par les peluches en général. C'était son deuxième jeu préféré après arracher des cheveux. Je me suis mordue la lèvre. J'ai ensuite pris une profonde inspiration, avant de chasser les larmes qui venaient en fermant les yeux. Cela ne les a pas vraiment chassées. Au contraire, je les ai senties couler le long de mes joues, comme si quelqu'un avait ouvert les robinets.

« Je suis tombée... Je suis tombée... »

Je me suis mise à sangloter, en me laissant glisser le long de la porte. J'ai ramené mes jambes contre ma poitrine, en pleurant comme une enfant qu'on aurait punie. Je me sentais tellement mal. Je ne pouvais pas m'empêcher de pleurer. Je ne savais plus me retenir. Avant j'étais comme un désert tellement je pleurais peu. Aujourd'hui je pleurais tellement qu'on aurait pu remplir un océan entier rien qu'avec mes larmes. J'étais tombée... Je ne pouvais même plus marcher correctement. J'avais l'impression d'être réduite à l'état de loque humaine, je ne pouvais plus rien faire seule, j'avais besoin d'Ethan pour tout. Pour m'habiller, me déshabiller, aller prendre ma douche, m'occuper de Lena... J'avais l'impression de n'être plus bonne à rien.

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Lun 30 Aoû - 18:23

J’avais l’impression que mon innocence avait définitivement pris la fuite. Mais en fait ce n’était pas vraiment ça. Avec l’enlèvement de Kat je venais tout simplement de perdre le peu de foi en Dieu que j’avais encore. Après la mort de mes parents, même si j’avais souffert et que j’avais détesté Dieu, j’avais de nouveau cru en lui quand il m’avait amené Katarina. J’avais cru à un signe divin. Un ange m’apparaissait. Et dans ma tête, il ne pouvait que s’agir de la volonté de Dieu de m’apporter un ange gardien.
Alors quand il me l’avait enlevée, j’avais cessé de croire en Dieu. Automatiquement. Même si je ne m’en étais rendu compte que lorsque je l’avais trouvée gisant à moitié morte dans le coin d’une pièce miteuse d’un immeuble du Bronx. Là j’avais su…..

Dieu ne m’avait pas aidé. Il n’y avait eu que Vitali pour le faire. Et même si ce n’était pas Dieu, je lui en serais éternellement reconnaissant.

Sans ma foi, je n’avais plus rien à quoi me raccrocher. Excepté mon amour pour ma famille. Je n’avais plus que ça. Je n’avais plus qu’elles deux. Et Lilly….
C’était fou comme une vie peut prendre un tournant décisif. Deux semaines plus tôt, malgré des tensions avec Alexander, j’avais des amis sur qui compter et que j’appréciais. Et maintenant, je n’avais plus personne. Si je n’étais pas forcé d’épauler Kat, je me serais sans doute écroulé. Mais elle était là. Et elle avait besoin de moi. Tant besoin !

Elle revivait ses instants de captivité avec une telle force et un tel réalisme que je passais souvent des heures à l’apaiser. « C’est fini « ne cessais je de lui répéter. Et jamais je ne perdais patience. Parce qu’elle était toute ma vie. Et qu’elle avait besoin de moi. Tout comme Lena, allongée à côté de moi, qui ne perdais pas espoir de s’emparer de sa peluche.

A nouveau, j’ai regardé le mur en imaginant ce que seraient nos vies loin d’ici. Même si je ne disais rien pour le moment à Katarina, partir d’ici était devenu une obsession pour moi. Plus rien, ni personne ne me retenait ici. Et je savais que là bas, nous serions en sécurité. Et heureux. Lena verrait enfin ce que c’est la vie…. J’étais là à nous imaginer, tous les trois devant chez nous, au soleil, Lena jouant sur une pelouse toute fraiche quand j’ai entendu la porte s’ouvrir.

J’ai du cligner plusieurs fois des yeux quand j’ai vu Katarina apparaitre. Non pas que cela me paraisse étrange qu’elle revienne. Après tout, j’en étais même heureux. Et c’était même le deal. Je la laissais faire quelque pas dans le couloir. Seule. Et en échange elle me promettait de ne pas tarder. Je m’attendais donc à ce qu’elle rentre. Mais ce qui a motivé cette réaction chez moi c’était son visage décomposé. Je l’avais quitté (expression à la con….) vingt minutes plus tôt souriante et heureuse de sortir un peu de ce qu’elle nommait avec fausse légèreté sa prison, et je la retrouvais désemparée, triste et visiblement souffrant. Et les choses ont semblé se passer très très vite.
Elle m’a adressé un regard apeuré et suppliant. Et puis avant que je ne comprenne ce qu’il se passait, ou ce que cela signifiait, elle s’est mise à pleurer.

« Je suis tombée... Je suis tombée... »

Elle était tombée ! Elle était tombée ? Mais où ? Et quand ? Et pourquoi ? Et comment ? Elle ne me disait rien. Visiblement trop secouée pour le faire. Et alors que je me suis levé d’un bond pour me précipiter sur elle qui après avoir refermé la porte s’était calé contre elle, et se laissait lentement glisser le long de le porte, je me suis souvenu que Lena était sur le lit. J’ai eu quelques secondes de flottement ou je réfléchissais. Je ne pouvais tout de même pas laisser Lena sans surveillance pendant que je prenais soin de Katarina. Katarina m’en aurait voulu au final. Et je ne pouvais pas laisser Katarina sangloter, et affalée au sol comme ça.

Alors j’ai fait ce qui me semblait le plus normal dans une situation pareille. J’ai pris Lena dans mes bras alors que ses yeux s’arrondissaient de surprise, et je l’ai arrachée à ses jeux enfantins. J’ai embrassé son petit front tandis qu’elle trouvait un nouveau jeu : se saisir d’une mèche de cheveux de son papa pour la tirer ; et je l’ai allongé dans son lit sur le dos, comme me l’avait ordonné Katarina quand elle était née.

Pendant que je me retournais, j’ai entendu Lena commencer à pleurer, sans doute se demandant ce qu’il se passait. Elle n’aimait guère dormir dans son lit, pensant sans doute qu’il s’agissait là d’une punition, puisque je n’aimais pas trop la mettre dans son berceau, préférant la garder contre moi. Même si cela me serrait le cœur, je l’ai ignoré. Parce que Katarina avait besoin de moi. Elle avait ramené ses jambes contre elle, comme elle le faisait quand quelque chose n’allait pas. Et à ce moment là, elle avait plus besoin de moi que notre fille.

D’ailleurs Lena a rapidement cessé de pleurer, sans doute avait-elle aperçu son Paddington et essayait ‘elle de l’attraper. C’était déjà un souci de moins si le chagrin de ma petite princesse avait été aussi éphémère.

Je me suis précipité vers Katarina qui avait enfoui sa tête entre ses jambes et sanglotait toujours. Je n’avais aucune idée de ce qu’il se passait. Tout ce que je savais c’est qu’elle était tombée. Et j’avoue que cela m’angoissait. Parce que cela signifiait que son genou n’était pas encore guéri, et aussi et surtout parce que je ne savais pas pourquoi cela la mettait dans un état pareil. Je me suis agenouillé devant elle, posant mes mains tout d’abord sur ses bras, pour les déplier et la blottir contre moi.

-Mon ange. Qu’est ce qu’il ya ?

J’aurais aimé adopter un ton plus neutre, mais j’étais terriblement inquiet. Et cela avait du ressentir. Je l’ai ramené contre moi, relevant son visage que j’ai collé tendrement contre mon épaule. Passant un bras sous ses jambes, je me suis relevé, ma femme entre mes bras.
Ma femme qui pleurait toujours et qui ne disait toujours rien. J’aurais aimé qu’elle arrête de pleurer. Non pas parce qu’elle m’agaçait, mais parce que ça me fendait le cœur. Elle était si fragile que j’avais mal. J’avais terriblement peur de lui faire mal et de la briser.
Alors quand je l’ai posé sur notre lit, c’est avec toute la délicatesse du monde que je l’ai fait.

Je me suis assis à côté d’elle et j’ai séché ses larmes avec un regard bienveillant.

-Raconte-moi comment ça s’est passé mon amour.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Lun 30 Aoû - 20:53

C'était la chute de trop. J'avais l'impression d'être incapable de maitriser mon propre corps. J'avais repris confiance trop vite. J'avais bêtement cru que je pourrais faire comme si de rien n'était. Résultat, je m'étais aplatie aux pieds d'Aaron avant qu'il n'ait le temps d'esquisser le moindre geste. Et en plus d'avoir eu terriblement mal, j'avais eu terriblement honte. Je ne tenais plus debout. J'étais médecin dans cette communauté, j'étais censée m'occuper des autres. Et aujourd'hui je me retrouvais complètement dépendante. J'avais horreur de ça, moi qui étais une femme profondément indépendante. Dépendre de l'amour d'Ethan était une chose, dépendre de lui physiquement en était une autre. J'avais l'impression d'être un poids. C'était pire que quand j'étais enceinte. Au moins enceinte, je pouvais marcher, faire ce que je voulais. Là, ce que je pouvais faire se limitait à très peu de choses. Je ne faisais que rester allongée sur le lit à m'occuper de Lena. Enfin, à jouer avec elle. Ethan faisait le reste. Je ne pouvais pas faire grand chose... Il me fallait trop de temps pour me lever. Lena était patiente, mais pas au point d'attendre que sa mère trouve le courage de bouger à chaque fois. Je n'avais même pas encore recommencé à l'allaiter... Alors que j'en mourais d'envie. Mais ma poitrine était encore douloureuse et Mathilda m'avait conseillé d'attendre encore un peu. Je ne faisais que ça : attendre. Attendre qu'Ethan m'aide à m'habiller, attendre qu'Ethan m'aide à aller prendre ma douche, attendre qu'Ethan aille chercher le repas, attendre qu'Ethan fasse ceci ou cela... Ce n'était pas sa faute, évidemment. Il faisait tout ce qu'il pouvait pour me rendre la vie plus agréable le temps de ma convalescence. Simplement je n'avais jamais supporté d'être dépendante de personne. Mais là je n'avais pas le choix. Ce qui contribuait à me rendre folle.

Honteuse, j'avais enfoui ma tête entre mes jambes. J'aurais voulu disparaître. J'en avais assez qu'Ethan me voit comme ça. Incapable de se débrouiller seule, toujours en train de pleurer, toujours en train de se lamenter... Et après ça il osait dire que j'étais forte ! Non je ne l'étais pas, je ne l'étais plus. Je voulais le redevenir. Il le fallait. Je ne pouvais pas consentir à rester aussi pleurnicharde. Moi même je me trouvais fatiguante et désespérante. Je ne savais pas comment Ethan faisait pour supporter ça. J'ai eu un sursaut en entendant Lena qui se mettait à pleurer. À tous les coups elle m'avait entendue pleurer et cela l'angoissait... Mais elle s'est vite arrêtée. J'ai vaguement senti qu'Ethan s'était agenouillé en face de moi, mais je n'ai pas relevé la tête. Ethan m'y a forcée. Il a déplié mes bras doucement, malgré la faible résistance que je lui opposais. Mais j'ai fini par me laisser faire. J'étais toujours recroquevillée quand il m'a ramenée contre lui avant de me demander ce qui n'allait pas. J'ai eu un gémissement désespéré et désespérant.

« Je t'ai dit que j'étais tombée ! »

Ça ne l'avançait pas à grand chose. Mais j'étais incapable de lui fournir une quelconque explication pour le moment. J'allais d'abord devoir me calmer. Il m'a forcée à relever la tête en me blottissant contre lui. Je me suis laissée faire, j'étais à bout, je n'en pouvais plus. J'ai eu un mouvement de protestation quand il a passé ses bras sous mes jambes pour me relever. J'avais eu envie de lui dire que j'étais parfaitement capable de me lever toute seule, avant de réaliser que non, je ne pouvais pas. C'était Aaron qui m'avait relevée avant Ethan. Je n'y étais pas arrivée, et ce deux fois de suite. Mais quand est-ce que mon calvaire prendrait fin ? N'en avais-je pas eu suffisamment ? Je me suis retrouvée assise sur le lit en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. J'ai soupiré et j'ai reniflé bêtement, avant qu'Ethan ne prenne place à côté de moi. Il a séché mes larmes silencieusement, avant de me demander de nouveau ce qui m'était arrivé. Je soupirai avant de secouer la tête.

« Je voulais juste faire quelques pas dans le couloir... Et puis j'ai vu Aaron, alors j'ai voulu aller le voir et puis j'ai oublié que mon genou... Enfin, je suis tombée, comme ça, bêtement... Je n'ai pas... Je n'ai pas réussi à me relever, je n'y arrivais pas... Aaron a dû m'aider à me relever. Je ne sais même plus me relever ! »

J'étais morte de honte. Je savais que j'allais guérir, que tout allait rentrer dans l'ordre... Il n'empêche qu'en attendant je me sentais ridicule. Ne plus savoir se relever... Je m'étais retenue de fondre en larmes dans les bras d'Aaron. Il n'avait rien dit, n'avait pas fait le moindre commentaire à mon sujet. Il savait dans quel état j'étais, il en avait parlé avec Mathilda. Et il avait assez de tact pour ne rien dire et me laisser tranquille. Je devrais songer à l'en remercier. J'ai eu le malheur de soupirer trop fort et cela a réveillé la douleur dans mes côtes. J'ai serré les dents, pour essayer de cacher mon malaise. Mais Ethan n'était pas dupe, il verrait sans doute que j'avais mal. Je me suis légèrement écartée de lui, avant de m'allonger. J'ai posé ma tête sur ses genoux, et j'ai fermé les yeux pour me calmer. Je devais faire passer cette stupide crise. Pleurer ne m'aiderait en rien. J'étais tombée et j'allais certainement retomber encore avant de remarcher normalement.

« J'en ai assez, j'en ai assez... Je suis incapable de faire quoi que ce soit, j'ai besoin de toi pour tout... Ce n'est pas un reproche, tu prends soin de moi... Mais je voudrais pouvoir juste faire comme avant... J'ai l'impression d'être encore plus dépendante de toi que Lena... »

J'ai secoué la tête doucement, avant d'attraper la main d'Ethan. Je la portai à mes lèvres et l'embrassai, avant d'apercevoir l'alliance à son doigt. Pour le meilleur et pour le pire... J'aurais bien aimé que le pire disparaisse, enfin. J'avais envie de gouter de nouveau au bonheur. J'en avais assez d'alterner le meilleur et le pire sans arrêt. Et c'était certainement pareil pour Ethan. Nous n'avions pas encore reparlé de la façon dont j'avais été libérée. Je me doutais qu'il n'en avait pas très envie. Et j'avoue ne pas du tout savoir comment il prenait la chose. Il avait tué des hommes, tout de même. Non pas que je lui en veuille pour cela, attention. Il avait fait tout cela pour me sauver la vie. Mais moi je ne pense pas que j'aurais eu les nerfs pour le faire, même si j'étais prête à faire beaucoup de choses par amour pour lui. Mais tuer... Ce n'était jamais un choix très facile et lui n'avait pas semblé hésiter une seule seconde. On dit que l'amour fait faire des folies, et ce n'est pas pour rien.

« Je ne peux même pas m'occuper de Lena normalement... Tu fais absolument tout... J'aimerais juste pouvoir agir comme une mère et prendre soin de mon bébé... Et pour le moment tout ce que je peux faire c'est rester là, allongée avec elle avec ses peluches... Mais je ne l'allaite pas, je ne lui donne pas son biberon la nuit, je ne me lève pas, je... Je ne fais rien et ça me rend folle ! Je VEUX, mais mon corps me condamne à ne pas pouvoir. »

C'est évidemment à ce moment là qu'une idée me passa par la tête. Je me fichais que ma poitrine soit douloureuse. J'avais vraiment envie de l'allaiter, parce que cela me manquait comme à elle. À chaque fois que je la prenais dans mes bras elle cherchait à téter, comme si cela lui manquait. Elle ne rechignait jamais à boire au biberon, mais je voyais bien qu'elle n'y mettait pas le même entrain. J'avais envie d'essayer la prochaine fois qu'elle aurait faim. Cela ne me coutait rien et ce n'était pas comme si cela allait me tuer. Cela ne pouvait me faire que du bien.

« Je veux recommencer à l'allaiter. J'en ai assez d'être spectatrice. »

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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Mar 31 Aoû - 13:32


Plus j’essuyais ses larmes, plus j’avais l’impression qu’elle pleurait davantage. Elle avait pleuré presque chaque jour dans mes bras. Et je me sentais complètement désemparé face à son mal-être. J’avais peur de ne pas être l’épaule consolatrice dont ma femme avait besoin. Mais je n’aurais donné ma place à un autre (ou une autre) pour rien au monde. C’était ma place !
Elle me répétait qu’elle était tombée. Je voyais bien qu’elle s’énervait. Un autre aurait sûrement dit « Oui c’est bon ! J’ai compris ! » Mais pas moi ! D’abord parce que cela n’aurait fait qu’empirer les choses et ensuite parce que je voyais bien qu’elle le vivait mal.

J’attendais qu’elle réussisse à comprendre que j’étais là, qu’elle était allongée, et qu’elle ne tomberait plus. J’étais là et je veillais sur elle. Je veillerais toujours sur elle. Parce que je l’aimais et que j’étais prêt à tout. Je savais faire preuve de patience avec Lena et elle. Je n’aimais pas les brusquer alors j’attendais. En silence. Et ses larmes semblaient se tarir. C’était parfait. Elle allait pouvoir m’expliquer calmement pourquoi elle était tombée. Et j’allais pouvoir la consoler. Et quand j’aurais fini, j’irais sans doute chercher Mathilda pour qu’elle l’examine. Mais il fallait déjà la calmer. J’ai été soulagé de l’entendre soupirer et de secouer la tête. J’étais désormais pendu à ses lèvres. Attendant qu’elle m’explique ce qu’il s’était passé. Je caressais désormais sa joue en lui souriant amoureusement.

« Je voulais juste faire quelques pas dans le couloir... Et puis j'ai vu Aaron, alors j'ai voulu aller le voir et puis j'ai oublié que mon genou... Enfin, je suis tombée, comme ça, bêtement... Je n'ai pas... Je n'ai pas réussi à me relever, je n'y arrivais pas... Aaron a dû m'aider à me relever. Je ne sais même plus me relever ! »

J’étais en train d’analyser ce qu’elle venait de me dire sur sa chute. Mais elle s’est écartée de moi. Finalement j’étais heureux qu’elle ait rencontré quelqu’un da ns le couloir. Je n’imaginais même pas ce qu’elle aurait ressenti si elle était tombée, et que personne n’avait été là. Déjà qu’elle était dans un état de quasi hystérie alors qu’Aaron l’avait aidée à se relever….. Si elle avait été seule, cela aurait été sans doute plus dur pour moi. J’arrivais toujours à la calmer. Mais il fallait de temps en temps beaucoup d’amour et de patience. Katarina était têtue.

Elle s’est allongée sur le lit et est venue poser sa tête sur mes genoux. Elle fermait les yeux tandis qu’une main se posait sur sa taille et l’autre caressait ses cheveux tendrement. Je n’osais pas dire que ce n’était pas grave, parce qu’au fond je savais que ça l’était. Pour Katarina ça l’était. Et je ne voulais pas minimiser sa souffrance. Elle souffrait d’être temporairement handicapée par son genou. Mais je savais que ça finirait par s’arranger. Il fallait juste un peu de patience. Il était normal qu’elle craque. A sa place, j’aurais sans doute déjà tout casse. Elle avait plus de tact et de maitrise d’elle-même. Je ne pouvais qu’être là et la cajoler comme je le faisais toujours. Avec Katarina, mieux valait se taire.

« J'en ai assez, j'en ai assez... Je suis incapable de faire quoi que ce soit, j'ai besoin de toi pour tout... Ce n'est pas un reproche, tu prends soin de moi... Mais je voudrais pouvoir juste faire comme avant... J'ai l'impression d'être encore plus dépendante de toi que Lena... »

D’accord… Je comprenais mieux maintenant. Et j’aurais du comprendre avant. Heureusement qu’elle a pris ma main et l’a embrassé, sinon je me serais sans doute mis à trembler et j’aurai senti les larmes me monter au nez, même si je m’étais promis de ne pas le faire devant elle. J’étais fier de faire tout cela pour elles. Je me sentais enfin utile. Pendant une semaine je n’avais été capable de rien. Ni de la retrouver et de la ramener, ni de m’occuper correctement de ma fille. Alors en quelque sorte c’était ma revanche. Et j’étais fier d’être l’homme sur qui ma femme pouvait compter. Avant, je n’aurais pas été capable de tout ça. Et maintenant, j’avais mis mes problèmes de côté pour ne m’occuper que d’elle et de notre fille. Je me mettais enfin à retrait pour leur bien à toutes les deux, et ça me replissait de fierté.

J’avais fini pendant une minute de poser mes mains sur mes genoux, cherchant une manière adéquate de calmer ma femme et de lui faire comprendre ce que je ressentais. Pour moi elle n’était pas dépendante de moi. J’avais l’impression d’être celui qui était le plus dépendant.
Je me suis contenté de la regarder en cherchant où poser mes mains.

-Ca n’a qu’un temps mon amour. Ca va aller, ça va aller

Je savais au fond de moi que bientôt elle irait mieux. Bientôt elle pourrait à nouveau faire tout ce qu’elle faisait avant. Alors il ne fallait pas qu’elle s’inquiète. Bientôt ce serait fini. Il fallait juste être patient. De la patience j’en avais à revendre. Surtout les concernant. Mais, si d’ordinaire Katarina faisait preuve d’une patience angélique à toute épreuve, là j’avais l’impression qu’elle n’en avait plus. On avait vraiment fait du mal à mon ange. Et j’avais peur, tout au fond de moi, qu’elle ne redevienne pas celle que j’aimais. Non pas que je cesserais de l’aimer, parce que cela j’en étais incapable. Mais parce que je ne saurais pas comment réagir avec elle.

« Je ne peux même pas m'occuper de Lena normalement... Tu fais absolument tout... J'aimerais juste pouvoir agir comme une mère et prendre soin de mon bébé... Et pour le moment tout ce que je peux faire c'est rester là, allongée avec elle avec ses peluches... Mais je ne l'allaite pas, je ne lui donne pas son biberon la nuit, je ne me lève pas, je... Je ne fais rien et ça me rend folle ! Je VEUX, mais mon corps me condamne à ne pas pouvoir. »

Je sentais bien qu’elle allait passer par la case « crise de nerfs ». Je sentais la crise arriver comme on entend un train à grande vitesse arriver et souffler l’air autour de lui sur son passage. Il fallait que je régisse tout de suite. Mais par quoi commencer ? Mes caresses ne semblaient pas avoir l’effet qu’elles avaient toujours. Et j’avais senti l’hystérie pointer le bout de son nez à travers la voix de ma femme. Elle se sentait vraiment mal. Alors que pour moi, il n’y avait aucun problème. Elle aurait fait exactement la même chose si les rôles avaient été inversés.
Et puis je refusais d’être d’accord avec elle. J’ai hoché la tête pour lui dire que je n’étais pas d’accord.

-Mais non je ne fais pas tout.

Je faisais des choses, mais je ne faisais pas tout. Elle avait tort ! Il n’y avait que la nuit où je faisais tout, parce que je voulais qu’elle se repose. Elle avait besoin de beaucoup de repos pour guérir. La journée, c’est elle qui donnait son biberon à Lena. J’amenais tout ce dont elle avait besoin sur le lit pour qu’elle change Lena. La seule chose que je faisais c’était lui apporter Lena, et donner son bain à notre petite princesse. Je pensais vraiment qu’elle dramatisait la situation. Mais je savais qu’il valait mieux ne pas lui dire. Au moins pas aussi brutalement.
Il fallait que je fasse passer la crise.

-Shhhh, shhhhh, mon ange…..Calme-toi…Calme-toi…
J’avais besoin qu’elle se calme. Mais pour ça il fallait que rétablisse un contact. Qu’elle comprenne que j’étais là et que je le serais toujours. Et alors que je commençais à sentir qu’elle opposait moins de résistance, et qu’elle se laissait aller, elle s’est redressée un peu. Et j’ai eu un mouvement de recul quand elle s’est empressée de me dire ce qu’elle voulait.

« Je veux recommencer à l'allaiter. J'en ai assez d'être spectatrice. »
J’ai du ouvrir la bouche en grand et faire les gros yeux quand elle a dit vouloir allaiter à nouveau Lena. Je n’ai su que dire une seule chose. Ma voix devait ressembler à celle d’un idiot mais peu importe.

-L’allaiter ?

J’avais bien entendu. Elle voulait allaiter à nouveau Lena. Et même si j’aimais la voir le faire et que je tenais à ce que Lena boive au sein parce que cela lui apportait tout ce dont elle avait besoin, je ne pensais pas que cela soit une très bonne idée. J’aurais même été jusqu’à dire que c’en était une très mauvaise. Mais je devais y aller en douceur. Ne pas brusquer Katarina. Et prendre des chemins détournés pour la faire abandonner son idée. J’ai tenté de la rallonger, mais elle opposait une résistance certaine. Alors je ne l’ai pas forcée. Et j’ai changé de tactique.

-Katarina…ce n’est pas que je ne veux pas, ou que je veux garder Lena pour moi tout seul. Même si tu sais que j’adore prendre soin d’elle. Mais…

J’essayais d’amener les choses le plus en douceur possible. J’avais de l’entrainement depuis une semaine. Plusieurs nuits, pour ne pas dire toutes, Katarina s’était réveillée en sursaut après avoir un énième cauchemar, et dans ces moments là je passais de longues minutes à la calmer. Et c’est cela que je recherchais. A ce qu’elle se calme. Et qu’elle se retire cette idée, qui je dois l’avouer, me semblait stupide et malvenue.

-Elle va te faire mal ! Tu as déjà mal quand je t’effleure avec le gant de toilette….Elle va te faire mal !

Je caressais ses cheveux en espérant capter son attention. J’essayais vraiment de trouver les arguments qui la feraient se ranger à mon avis. Je ne pensais pas qu’elle était en état d’allaiter Lena. Lena tétait souvent avec avidité, puisqu’elle aimait ça. Et j’avais peur qu’elle n’y aille trop fort, et qu’elle ne pose sa main sur un hématome de Katarina, et que malgré elle, elle fasse mal à sa maman. Ce matin même, Katarina n’avait pas réussi à étouffer un cri lorsque je l’avais lavée, et que j’avais passé le gant de toilette à l’endroit où son hématome était le plus coloré. Même une semaine après, elle ne cessait pas d’être algique.

-Tu ne préfères pas attendre encore un ou deux jours que tu te remettes davantage de tes blessures mon amour ? Ce serait plus sage.

Il fallait que ça marche. Je savais que ce que je faisais était horrible. Je la privais de tout ce qui faisait une mère, mais je savais qu’au fond j’avais raison. J’aurais aimé qu’elle attende encore une semaine afin de recommencer à allaiter Lena, mais si je le lui demandais, je savais qu’elle finirait par hurler. Et je ne pourrais plus la calmer du tout.

Je l’ai regardé d’un petit air suppliant.

-Juste deux jours, s’il te plaît.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Mar 31 Aoû - 15:59

Il y avait une petite phrase que je ne pouvais plus entendre sans avoir envie de hurler. « Ça va aller ». Non justement ! Ça n'allait pas bien et ça n'irait pas bien, du moins pas avant un très long moment ! J'avais envie qu'il arrête de dire que ça allait aller. J'avais l'impression qu'il disait ça parce qu'il ne savait pas quoi dire, parce qu'il n'avait rien d'autre à dire. Cette phrase commençait à sonner comme un mensonge qu'on répèterait des centaines et des centaines de fois en priant pour qu'il devienne vrai. Je préférais encore qu'il se taise, qu'il ne dise rien. Je ne pouvais plus le supporter, tout le monde me disait cela. Mais avaient-ils la moindre idée de ce que je ressentais ? On me traitait comme une pauvre chose incapable ! M'avait-on déjà regardé autrement qu'avec pitié ?

J'avais été la pauvre petite russe loin de chez elle d'abord.
Ensuite la pauvre fille qu'on avait quittée et qui s'accrochait.
Encore après la pauvre fille enceinte, fragile et pleurnicharde.
Et maintenant j'étais la pauvre chose abimée, cassée, plus capable de rien.


J'avais l'impression d'être une bête de foire dont on changeait l'étiquette de présentation de temps à autre. On avait toujours quelque chose à dire sur moi, on me plaignait sans cesse. Je ne le supportais plus. Et savoir qu'Ethan me regardait de cette façon également me rendait complètement timbrée. S'il s'y mettait aussi, j'étais finie. J'avais besoin qu'au moins une personne me regarde normalement. Une personne adulte, je veux dire. Lena me regardait toujours de la même façon, mais malheureusement c'était la seule qui ne pouvait pas me parler pour me rassurer. Mais il y avait un point positif : au moins elle, elle ne me disait « ça va aller ». Parce que pour elle tout allait bien, elle avait sa maman et... Oh, non, tout n'allait pas bien. Je ne m'occupais pas assez d'elle, ce n'était pas normal. J'aurais dû faire plus, je ne faisais pas assez. Je passais ma journée sur le lit avec elle. Je tenais un biberon et changeait une couche. Super. J'avais l'impression de ne rien faire. J'aurais dû me lever la nuit, l'allaiter à chaque fois qu'elle avait faim, me promener avec elle dans mes bras, lui faire prendre son bain... D'un point de vue extérieur je devais paraître hystérique, mais il fallait me comprendre. Tout ce que je voulais c'était m'occuper de ma fille normalement, et je ne pouvais pas. Parce que je devais rester allongée sur ce maudit lit vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! C'était pire que l'hôpital. Et il osait me dire qu'il ne faisait pas tout ! Je l'ai foudroyé du regard, préférant me taire au lieu de dire quelque chose que j'aurais certainement regretté par la suite.

J'ai eu un petit rire nerveux. Me calmer ? Ben voyons. Comme si j'avais ne serait-ce qu'une seule bonne raison de rester calme ! Quand je me suis redressée, il a eu un mouvement de recul. Quoi ? Il avait peur que je lui en mette une ? Je n'étais pas hystérique ! Enfin... Pas au point de le frapper alors qu'il n'avait rien fait. Les claques que je lui avait collé, il les avaient toutes méritées et sur le moment ça avait été la seule chose que j'avais trouvé pour le calmer. Mais là, je n'avais aucun motif valable. Encore qu'il aurait été capable de me dire « si me frapper te permets de te sentir mieux, alors vas-y, frappe ! ». Il était assez masochiste pour ça. Néanmoins je dois avouer que quand j'ai vu la tête qu'il faisait alors que je venais de lui dire que je désirais recommencer à allaiter Lena, j'ai vraiment eu envie de lui coller mon poing dans l'estomac. Mais je risquais de me faire plus de mal qu'à lui, alors j'ai renoncé. Il me regardait avec un air de poisson rouge tout en se répétant ce que je venais de dire. J'ai levé les yeux au ciel avant de finir de me redresser, malgré ses tentatives de me rallonger. Je me suis légèrement écartée et je me suis adossée au mur. J'ai soupiré en allongeant mes jambes. J'ai posé mes deux mains sur mes deux genoux et j'ai regardé le mur. Je tapotai nerveusement mon genou du bout des doigts. Surtout, ne pas craquer. Surtout, ne pas paraître encore plus folle que je ne le paraissais déjà.

Comme je m'en doutais, il a tenté de me présenter les choses en douceur. Il n'était pas fou et il savait que me brusquer était le meilleur moyen de me braquer. J'ai croisé les bras ( doucement étant donné que ma poitrine et mes côtes étaient en bouillie ). Je me suis retenue de secouer la tête comme une enfant. Je savais bien que j'aurais certainement mal. Il n'était pas obligé de me le rappeler.

« De toute façon, bouger le petit doigt me fait mal. »

N'importe lequel de mes mouvements était douloureux. Et puis je n'étais pas masochiste, si j'avais trop mal j'attendrais un peu plus longtemps. Encore que deux semaines, cela me paraissait suffisamment long comme ça. J'en avais assez d'attendre. Tout le monde me demandait d'attendre, d'être patiente. Mais personne ne se mettait à ma place ! De toute façon ils n'auraient pas compris... J'avais même l'impression qu'Ethan ne comprenait pas. J'avais besoin d'être au moins utile à une personne. Et Lena était la seule personne qui pouvait avoir besoin de moi. Et puis ce n'était pas si égoïste que ça. Lena avait besoin de forces, et le lait maternel lui en offrirait plus que le lait en poudre que nous avions et que nous peinions de plus en plus à trouver. Sans compter que cela me fendait le cœur de la repousser à chaque fois qu'elle était dans mes bras et qu'elle cherchait à téter. Et Ethan qui me demandait d'attendre deux jours... J'ai soupiré, avant de tourner la tête vers lui.

« Tu crois que je ne vois pas où tu veux en venir ? Dans deux jours tu vas me demander d'attendre encore deux jours, et deux jours plus tard tu me demanderas encore d'attendre deux jours... Je ne suis pas idiote, tu n'arriveras pas à me tromper, Ethan. »

Il avait au moins le mérite d'avoir essayé... Mais son petit jeu ne prenait pas avec moi. Je n'étais pas dupe. Je voyais bien qu'il passait par des chemins détournés pour éviter de me dire les choses de but en blanc. Comme si cela changeait quelque chose. Au mieux je me vexais, au pire je me braquais de toute façon. J'étais têtue, et plus encore quand je souffrais de cette façon. Mon truc c'était d'aider les autres, de me rendre utile... Là je ne pouvais pas, je ne pouvais plus. Je n'aimais pas être celle qui avait besoin d'aide. Quand j'étais enceinte, c'était différent, parce que j'étais « faible » pour une bonne raison. Et maintenant je pouvais à peine prendre soin de cette bonne raison. Sans vraiment réfléchir je me suis glissée jusqu'au rebord du lit. J'ai pris une profonde inspiration. Et je me suis levée. Ce n'était pas parce que j'étais tombée une fois que j'allais retomber immédiatement. Précautionneusement, je suis allée jusqu'au berceau de Lena. Elle était encore en train de jouer avec sa peluche. Elle l'a lâchée dès qu'elle m'a vue pour tendre ses petites mains vers moi. J'ai eu un sourire en la prenant dans mes bras. Je me suis assise avec elle dans le rocking-chair en soupirant.

« Qu'est-ce que je suis censée faire, Ethan ? Qu'est-ce que tu ferais, à ma place ? Tu sais que je ne supporte pas de rester inactive. Là j'ai l'impression d'avoir perdu tout ce que j'avais... Je suis condamnée à rester là... J'ai perdu ma féminité, ma joie de vivre... Et toi tu me demandes de n'être que la moitié d'une mère ? Laisse moi au moins essayer. S'il te plait. C'est tout ce que je te demande. Je ne suis pas masochiste, si j'ai mal je ne m'acharnerai pas. S'il te plait, Ethan. »

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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Mar 31 Aoû - 19:58


Elle croisait les bras. Et voilà…Malgré ce que j’avais dit, malgré mes paroles que j’avais voulues douces et rassurantes. Malgré la façon dont j’avais essayé de gagner du temps, et de la faire admettre qu’il serait plus prudent de renoncer à son idée, elle boudait. Elle se fermait maintenant comme une huitre. C’était pourtant cela aussi que j’avais voulu éviter. Je connaissais pourtant l’entement de ma femme tant aimée. Quand elle avait une idée qui lui tenait à cœur en tête, il n’y avait pas grand-chose pour l’en dissuader. J’y arrivais souvent. Mais il faut croire que cette fois-ci je n’avais pas été assez convaincant.

J’aurais pourtant aimé pouvoir lui dire qu’elle pouvait allaiter Lena sans problème. Mais même Mathilda, que je consultais chaque jour m’avait encore dit ce matin qu’il faudrait encore une bonne semaine avant qu’elle ne puisse à nouveau donner le sein à Lena. J’aurais aimé que la guérison soit un peu plus rapide, mais je faisais avec. Le plus dur était d’arrêter d’imaginer comment ces blessures étaient apparues sur son corps. Essayer d’imaginer quelqu’un la frapper était vraiment la pire chose. Je n’imaginais que sans peine à quoi ressemblaient ces cauchemars. Elle devait revivre ces moments. Pas étonnant que je passe une heure à chaque fois à la calmer.

« De toute façon, bouger le petit doigt me fait mal. »

J’étais prêt à me précipiter sur ses mains pour voir où elle avait mal et embrasser son doigt comme on le fait avec un enfant qui a mal pour le soulager un peu. Je souffrais un peu à sa place. Non pas que je sois d’une nature empathique, mais avec Katarina j’avais l’impression que nous vivions les choses à l’unisson. Si elle était heureuse, je l’étais. Si elle était triste, je l’étais. Si elle souffrait, je souffrais. En matière générale les choses se passaient ainsi. Mais là, c’est comme si je n’arrivais pas à la comprendre. Oui elle souffrait. Sans doute encore plus que je ne pouvais le penser. Mais j’aurais aimé qu’elle accepte d’être un peu fragile. C’était normal qu’elle ne puisse pas faire tout ce qu’elle faisait avant. Elle avait un genou en miettes, des côtes fêlées qui mettraient encore des semaines à totalement se remettre, et ses hématomes se résorbaient peu à peu. Il fallait qu’elle soit patiente. Mais elle avait l’air d’avoir usé tout son crédit.

Je ne savais vraiment pas quoi dire qui puisse plaider ma cause ou la soulager. J’étais totalement impuissant face à son désarroi. J’aurais aimé que quelqu’un me vienne en aide. J’aurais aimé être l’époux qu’il lui fallait. Celui qui saurait trouver les mots justes et avoir l’attitude adéquate. Mais j’étais totalement inerte. Même quand elle a tourné la tête en ma direction, je n’ai pas bougé. J’étais trop déçu de ne pas avoir réussi à la calmer et l’apaiser. Elle avait mal, et quoi que je dise ou quoi que je fasse, je savais que cela ne la soulagerait pas. Et je n’avais rien d’autre. Je ne savais pas quoi faire. Je ne savais plus quoi faire. J’étais totalement impuissant face à sa détresse. Elle était tombée, et c’était un drame. Moi qui pensais qu’elle était forte il y a un an, je me rendais compte qu’elle ne l’était pas vraiment. Ou alors sa captivité l’avait affaiblie. Je ne savais plus très bien. Je me contentais maintenant de la regarder. Comme un idiot….

« Tu crois que je ne vois pas où tu veux en venir ? Dans deux jours tu vas me demander d'attendre encore deux jours, et deux jours plus tard tu me demanderas encore d'attendre deux jours... Je ne suis pas idiote, tu n'arriveras pas à me tromper, Ethan. »

Elle savait ! Elle savait que j’avais essayé de gagner du temps. Je n’avais jamais su mentir. Mais avec Katarina c’était certainement pire qu’avec les autres. Elle lisait en moi comme dans un livre ouvert. Seuls mes yeux me trahissaient. Et elle était la seule (mes parents excepté) à savoir lire à l’intérieur. Oui j’avais gagné du temps. Oui j’avais menti. Mais pour son bien. Uniquement pour son bien. Je ne l’aurais pas fait si cela avait été contre elle. J’avais peur qu’elle ne m’en veuille. Parce que je connaissais son courroux. Katarina n’était pas vraiment rancunière dans le fond, mais il lui fallait toujours un petit laps de temps où elle ruminait avant de pardonner. Tandis que moi, quand je me sentais trahi, j’étais fermé à vie. C’était ça aussi la différence entre ma femme et moi. J’étais excessif tandis qu’elle était pondérée.

J’attendais ses reproches en me tordant les doigts. Je ne pouvais plus cacher ma nervosité. Et quand elle s’est relevée et que je l’ai vue poser un pied par terre, je me suis mordu involontairement la lèvre inférieure pour ne pas crier. Elle se levait, elle allait marcher. Et j’avais peur, très peur qu’elle ne tombe à nouveau. Je me retenais de ne pas lui prendre le bras pour la ramener sur moi. Voilà que maintenant j’avais aussi peur qu’elle. J’avais peur qu’elle ne tombe encore et que cela finisse en véritable drame. Je serrais les poings, tandis qu’elle faisait un premier pas. Elle n’allait quand même pas sortir ?

Non…

Elle se dirigeai vers le berceau de Lena. Et tandis que je me suis levé d’un bond, je l’ai vue se pencher sur le berceau de Lena en tendant les bras. Elle voulait prendre sa fille dans ses bras elle-même apparemment. Et j’avais peur que son genou ne cède et qu’elle flanche. Lena dans ses bras, je trouvais que c’était tout sauf une bonne idée. Mais j’avais terriblement peur de lui en faire la remarque. Je ne voulais pas amorcer une nouvelle crise. Je n’aspirais maintenant qu’elle était revenue qu’a un peu de calme. J’ai été soulagée quand elle s’est assise rapidement dans le rocking chair, Lena dans ses bras. Lena qui semblait terriblement contente de retrouver sa maman et de quitter son berceau qu’elle n’aimait pas tant que ça. En fait, elle préférait nos bras. Et c’était entièrement de ma faute. Dés que Katarina la mettait dans son berceau, je m’empressais de la prendre. J’aimais la sentir dormir contre moi. Je me sentais père dans ces moments là, parce que je pouvais protéger ma petite princesse.

Et là…ma petite princesse semblait préférer d’être dans les bras de sa maman. J’étais attendri par le spectacle. Et je suis resté, à retenir une petite larme de joie et de félicité, en regardant les deux femmes que j’aimais le plus au monde.

« Qu'est-ce que je suis censée faire, Ethan ? Qu'est-ce que tu ferais, à ma place ? Tu sais que je ne supporte pas de rester inactive. Là j'ai l'impression d'avoir perdu tout ce que j'avais... Je suis condamnée à rester là... J'ai perdu ma féminité, ma joie de vivre... Et toi tu me demandes de n'être que la moitié d'une mère ? Laisse-moi au moins essayer. S'il te plait. C'est tout ce que je te demande. Je ne suis pas masochiste, si j'ai mal je ne m'acharnerai pas. S'il te plait, Ethan."

Elle semblait tellement désemparée. Et je me rendais compte que j’avais minimisé sa souffrance. Katarina était une femme autonome. Et elle ne supportait pas que les gens fassent les choses à sa place. Je le savais ! Je le savais ! Et pourtant j’avais été tellement heureux de pouvoir être son mari. Vraiment ! J’avais été heureux d’être son mari, son meilleur ami, son père, son amant. Et maintenant, ce sentiment était gâché par sa souffrance à elle. Pourtant, je ne pouvais pas la laisser dire et penser de telles choses. Elle n’était la moitié de rien. De rien du tout. A Part ma moitié à moi. Nous étions un tout. Les deux parties d’un tout. Et c’est cela que je devais lui expliquer. Réagir au plus vite !

-Tu n’es la moitié de rien mon amour. A part la mienne. Tu es ma moitié mon ange. Tu le seras toujours.

Je me suis accroupi et j’ai posé mes mains sur le dos de Lena que j’ai câliné tendrement. Elle était bien trop affairée à mettre une mèche de cheveux de sa mère dans sa bouche pour faire attention à moi. Katarina me suppliait du regard. Elle voulait allaiter Lena. Elle le voulait vraiment. Cela semblait être un besoin vital pour ma femme. Et je n’avais jamais su lui refuser quoi que ce soit. Sauf si cela mettait sa vie en danger. Et là, même si j’avais peur qu’elle ait mal, je ne pensais pas que cela puisse mettre sa vie en danger. Alors je capitulais. Elle avait gagné ! J’acceptais.

-D’accord…..Mais si tu as mal, je veux que tu arrêtes, d’accord ?

Pas question pourtant qu’elle insiste. J’étais d’accord pour qu’elle essaye. Mais je ne voulais pas qu’elle insiste. Si elle avait trop mal, je voulais qu’elle arrête. Elle réessaierait plus tard. Lena n’avait pas encore commencé à mettre son poing dans sa bouche alors elle n’avait pas faim. Lena ne pleurait jamais comme j’aurais pensé qu’elle le faisait. Elle était assez étonnante. Bien sûr elle pleurait. Mais lorsqu’elle avait faim, elle ne l’exprimait pas comme ça. A part quand nous tardions un peu trop, pour une raison ou pour une autre.

Je me suis approché et j’ai déposé un baiser dans le cou de ma fille, en plongeant mon regard azur dans celui de ma femme.

-Lena ne serait pas là je te prouverais volontiers que tu es toujours une femme, ma femme.

Je lui ai adressé un petit clin d’œil coquin. Je n’aimais pas qu’elle pense ne plus être une femme. Bien sur, nous n’avions plus refait l’amour depuis plus de deux mois, et cela me manquait vraiment. Nous étions très tactiles. Et j’aurais aimé lui prouver que j’aimais toujours son corps. Et je la trouvais toujours aussi sublime. Mais pour le moment, j’avais bien trop peur de lui faire du mal. Même en y mettant tout mon amour et la douceur dont je savais faire preuve, j’avais peur d’être maladroit.

-Et puis, moi aussi quand tu m’as trouvé, j’étais tout sauf un homme. Je dépendais de toi pour tout.

Je ne savais pas comment j’avais repensé à cela. Mais je ne pensais pas dire de choses idiotes. Quand Alexander m’avait amené à la communauté, je n’avais plus que la peau sur les os. J’étais en plein manque, je n’étais capable de rien, pas même de me laver moi-même. Et même si elle ne me connaissait pas, et que je devais faire preuve à trembler de manque, elle était restée. Elle était restée, et elle avait pris soin de moi. Alors pour moi, ce que je faisais c’était juste lui rendre ce qu’elle m’avait apporté. Même si je savais qu’elle ne l’avait pas fait pour ça. C’était cela aussi que nous nous étions promis lorsque nous nous étions passé la bague au doigt : nous entraider quoiqu’il arrive.

-Je veux juste te rendre ce que tu m’as apporté mon amour. Laisse-moi t’aider s’il te plaît. Nous nous sommes mariés pour ces moments là.

On aurait cru que Lena avait compris ce qu’il se passait. Sa mère allait essayer de l’allaiter. Elle a alors commencé à s’agiter dans les bras de Katarina. Et avec un peu d’appréhension dans la voix, j’ai parla à Katarina qui nous regardait moi et Lena.

-Essaie alors….
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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Mar 31 Aoû - 22:01

Je me sentais ridicule. Je me mettais dans tous mes états pour pas grand chose, quand on regardait la scène objectivement. J'aurais pu me dire « tu es tombée, ce n'est pas très grave, ça arrive à tout le monde » ou encore « bon, eh bien je l'allaiterais plus tard, rien ne presse. » Mais non, ces petites choses futiles me fatiguaient et me rendaient folle. Parce que je voyais celle que j'étais s'éloigner doucement au profit d'une femme faible et pleurnicharde. J'avais peur. Et j'essayais de combattre cette peur de n'importe quelle façon. Même si ce que je faisais était stupide et insensé, je le faisais. Parce que j'en avais besoin. Vraiment besoin. J'avais honte d'être tombée, je ne voulais l'aide de personne pour me déplacer, pas même celle d'Ethan. Et je voulais pouvoir allaiter ma fille, sans que personne ne retrouve à redire quoi que ce soit. Parce que c'était comme ça que les choses devaient se passer. On n'était pas censé être sans arrêt derrière moi... Je n'étais pas comme Lena, je n'étais pas un bébé. J'avais vingt-cinq ans, j'étais une femme... Et qu'on me « traite » comme ma fille me rendait complètement folle. Oh bien sûr, Ethan n'y était pour rien, il faisait ce qu'il pouvait... Et il avait une patience angélique. Personne n'aurait tenu à sa place, on m'aurait déjà envoyée sur les roses. Il ne le faisait pas, se contentant de prendre les choses calmement. Comme je le faisais quand j'étais dans mon état normal. Malheureusement je n'étais pas dans mon état normal. J'allais mal, j'allais très mal. Et à cause de moi, Ethan allait mal aussi. Ce n'était pas juste, il ne méritait pas ça...

Je n'ai remarqué qu'Ethan était debout qu'après m'être laissée tomber dans le rocking-chair avec Lena. Il avait dû se lever juste après moi, anticipant une chute éventuelle... Comment lui en vouloir ? Il ne voulait simplement pas que je me blesse davantage. J'étais assez amochée comme ça. Il avait eu un petit sourire quand il m'avait vue avec Lena. Sourire vite disparu quand il a entendu ce que je disais. Il n'avait pas vraiment l'air d'accord avec ce que je disais. Il s'est approché de nous, et j'ai eu un petit sourire triste quand il a dit que je n'étais la moitié de rien, à part la sienne. Quand bien même je n'en ai pas montré grand chose, cette petite déclaration m'a fait beaucoup de bien. J'étais stupide... Évidemment que je n'étais la moitié de rien du tout. Je dramatisais ! La seule moitié que voulais être, c'était la sienne. Et j'en étais heureuse... Sa présence était une des seules choses qui pouvait vraiment me rassurer en ce moment. Il était tellement essentiel à ma vie... Je m'étais sentie tellement vide, cette semaine où j'avais été loin de lui. Tellement vide, tellement seule, tellement abattue. J'avais tellement besoin de lui. Tout le temps, en permanence. Il était ma drogue. L'héroïne ne m'avait pas fait planer du tout. Mais j'avais ressenti le manque. Le manque d'Ethan. J'avais besoin de sentir son odeur, sa présence, son amour pour moi... Je me suis contentée de lui sourire, bêtement. Que vouliez vous que je lui réponde ? J'étais comme muette à cause de l'émotion.

Il s'est accroupi près de nous et a caressé les dos de Lena tout doucement. Cette dernière était d'ailleurs occupée à jouer avec une de mes mèches de cheveux. Je l'ai regardé s'amuser un long moment. C'était fou... Elle semblait être toujours heureuse, comme si les petits et gros tracas du monde extérieur ne la touchaient pas. J'étais presque en train de pleurer et elle ne le voyait pas, elle se concentrait sur mes cheveux. D'un côté j'en étais heureuse. Qu'elle reste aussi innocente que possible aussi longtemps que possible. J'ai relevé les yeux vers Ethan et je l'ai supplié du regard silencieusement. Je voulais juste essayer. Ce n'était pas grand chose. L'allaiter ne me tuerait pas. Ce n'était pas grand chose... Ethan a semblé hésiter pendant un moment. Ses yeux ont fait l'aller retour entre Lena et moi, et il a fini par soupirer avant de lâcher un « d'accord » légèrement las. Il cédait ! Bien sûr, il m'a demandé d'arrêter si j'avais mal, histoire de dire qu'il ne cédait pas à un caprice. Je n'ai pas cherché à le lui faire remarquer, je me suis contentée d'acquiescer. Mais pour le moment Lena n'avait pas faim. Elle était occupée. Mais je savais que cela ne tarderait pas, elle avait déjà mangé il y a déjà plus de trois heures. Elle ne réalisait sans doute pas encore qu'elle avait faim.

J'ai suivi Ethan du regard quand il s'est redressé, avant de se pencher pour embrasser Lena. Puis nous nous sommes regardés. Et je ne sais pas trop si j'ai rougi ou pâli. J'ai secoué la tête.

« Je ne vois vraiment pas comment tu pourrais avoir envie de moi dans cet état... »

J'avais plus parlé pour moi même que pour lui, mais je ne doutais pas qu'il m'ait entendue. De mon point de vue, je n'avais rien de très attirant. Je savais qu'Ethan ne s'arrêtait certainement pas à mon apparence physique, mais il fallait bien avouer que je n'étais pas la femme qu'il avait l'habitude d'aimer. Mais j'en avais très envie, bien sûr... Nous n'avions pas fait l'amour depuis deux mois, à cause de ma fin de grossesse et de mon accouchement... En un sens, en me frappant aussi violemment, Alan m'avait volé ma relation avec mon mari. Ce n'était pas tant qu'Ethan et moi étions accros au sexe. Mais pour nous, s'abandonner l'un à l'autre sans retenue valait mille « je t'aime ». Finalement, Alan avait bien mérité ce qui lui était arrivé. Je ne lancerais pas la première pierre à Ethan. Il l'avait tué pour me venger, pour se venger. Et surtout, pour me sauver la vie.

J'ai secoué la tête vivement quand il m'a rappelé l'état dans lequel il était quand je l'avais connu. Ce n'était pas pareil... Ou alors ça l'était, mais un peu trop. J'ai alors tenté de faire de l'humour.

« Je suis médecin, c'était mon devoir de t'aider. C'eût été criminel de te laisser dans cet état... Et puis c'est ta faute si je suis tombée amoureuse de toi, il ne fallait pas être si séduisant. »

Eh oui, j'étais tombée amoureuse de ses grands yeux bleus en un claquement de doigts. J'étais tombée amoureuse de l'un de mes patients, et j'avais fini par l'épouser. Son état, je m'en étais moquée comme de l'an quarante. Il fallait que je me colle dans le crâne qu'il pensait exactement la même chose. C'était ça, nous nous étions mariés pour le meilleur et pour le pire. Il voulait que je le laisse m'aider. Il voulait m'aider. J'ai eu un soupir et j'ai fermé les yeux.

« D'accord. D'accord. »

C'était tout ce que je pouvais dire. Il savait que cela me coutait d'avouer ma faiblesse et ma dépendance. J'avais toujours été très indépendante... Me laisser aller et accepter qu'il m'aide était difficile à accepter pour moi. Je me rendais compte qu'il avait dû prendre sur lui pour me laisser prendre autant soin de lui que je l'avais fait presque deux ans auparavant. La différence était que lui avouait sans problème qu'il dépendant de moi et que cela ne le dérangeait pas plus que cela... Je pensais à cela quand Lena a commencé à s'agiter dans mes bras. Elle gigotait, et mettait son poing dans sa bouche en regardait tout autour d'elle. Ethan a compris avant moi ce qu'elle voulait. Je me suis contentée de hocher la tête. Le tee-shirt que je portais était assez souple, j'ai juste eu à le faire glisser sur mon épaule. J'ai ensuite baissée la bretelle de mon soutien gorge avant de le dégrafer précautionneusement. J'ai pris une profonde inspiration, avant de redresser Lena contre moi. Il a fallu une ou deux minutes à Lena pour trouver mon sein. J'ai eu une petite grimace quand elle a posé sa main sur un hématome. De ma main libre j'ai juste soulevé sa petite main et ses doigts se sont refermés autour des miens. Elle a commencé à téter et je me suis raidie, comme si j'anticipais la douleur... qui ne venait pas. J'ai eu un petit sourire, à la fois heureux et victorieux. J'ai relevé les yeux vers Ethan, qui me regardait avec une certaine appréhension et une certaine nervosité.

« Je n'ai pas mal. Je n'ai pas mal Ethan... Elle ne me fait pas mal, c'est comme... comme d'habitude. »

Ou presque. Ma poitrine était toujours violacée et les hématomes était douloureux, mais quand Lena tétait elle ne me faisait pas mal. Et c'était un tel soulagement ! J'ai soupiré et j'ai laissé ma tête retomber contre le dossier.

« Au moins une bonne nouvelle. J'en oublierais presque que je me suis cassée la figure il y a vingt minutes. »

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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Jeu 2 Sep - 15:18

Lena avait faim. Cela ne faisait aucun doute. Pas étonnant non plus, étant donné que je lui avais donné son biberon il y a prés de quatre heures. Elle était réglée comme une horloge. Nous aurions même pu établir un planning heure par heure, étant donné que toutes nos journées avec notre princesse se ressemblaient. Pour certains, cela aurait pu être monotone et détestable. Nous, ça semblait nous rassurer. Enfin moi, je l’étais. Je n’avais jamais trop aimé l’imprévu. Et ma fille ne semblait pas aimer cela non plus. Elle ressemblait trait pour trait à Katarina physiquement ( à part les yeux qui étaient identiques aux miens, même si Mathilda m’avait assuré qu’ils changeraient certainement, et ce à quoi je refusais de croire), mais elle semblait avoir le même caractère que moi. Elle était un parfait mélange de nous deux. Même s’il y avait certains de mes défauts que j’espérais qu’elle n’ait pas. De toute façon, ma fille n’aurait aucun défaut. Absolument aucun. Elle était trop parfaite pour cela. Comme sa maman !

Et en parlant de sa maman… Katarina avait replacé Lena dans la position adéquate pour sa tétée. Elle a placé une main dans le dos de Lena et d’une main elle a fait glisser un pan de son tee shirt, puis une bretelle de son soutien-gorge avant de le dégrafer. J’observais la scène avec un peu d’appréhension. Ca n’avait rien à faire avec un manque de confiance en ma femme concernant ses aptitudes à prendre soin de notre fille. C’était plus que j’avais accepté qu’elle essaye de lui donner à nouveau le sein, et que maintenant que l’heure était venue, j’avais une peur bleue que cela ne lui fasse trop de mal. Et bien qu’il me serait difficile de la calmer si c’était le cas tout en donnant le biberon à notre fille qui ne supportait pas d’attendre, c’était surtout la peur qu’elle souffre de cette situation.

Voilà…maintenant, le sein de Lena était découvert. Il ne restait plus qu’à Lena à comprendre qu’elle allait devoir téter et à chercher le mamelon. J’ai eu une petite grimace quant au bout d’une minute ou deux, j’ai vu la petite main de Lena posée sur le sein de Katarina, à l’endroit même où elle avait encore ce terrible hématome. Mon regard s’est porté automatiquement sur le visage de ma femme, pour voir quelle tête elle faisait. Je l’ai vue grimacer et j’allais intervenir quand Katarina a pris la petite main de Lena pour la poser un peu plus à droite. Notre petite princesse n’a pas bronché et a commencé à téter. Là encore, j’étais terriblement nerveux. Et je ne pouvais détacher mon regard de la scène. Si d’ordinaire, je la regardais avec amour et tendresse ; cette fois-ci, j’étais tendu.
Et alors que je me rongeais les sangs, j’ai vu un petit sourire s’étirer sur les lèvres de Katarina et elle a relevé les yeux vers moi.

« Je n'ai pas mal. Je n'ai pas mal Ethan... Elle ne me fait pas mal, c'est comme... comme d'habitude. »

Elle avait l’air heureuse. Terriblement heureuse. Et fière ! Elle donnait enfin le sein à sa fille, et ça avait l’air de la combler de bonheur. Alors, savoir que Lena ne lui faisait pas mal en tétant était pour le moment tout ce qui importait. Je pouvais respirer à nouveau correctement, je pouvais me détendre. Je lui ai rendu son sourire. Un sourire éclatant, soulagé. Et pendant que je l’ai entendue soupirer et reposer sa tête contre le dossier du rocking-chair, j’ai fait ce que j’avais à faire dans ces cas là. Je suis allé chercher un biberon propre et j’y ai versé de l’eau pour la fin de la tétée, comme Katarina me l’avait appris.

« Au moins une bonne nouvelle. J'en oublierais presque que je me suis cassée la figure il y a vingt minutes. »

Je suis revenue vers elles, et je me suis agenouillé prés de Katarina, le biberon d’eau à la main, prêt à lui tendre quand elle me le demanderait. J’ai caressé sa cuisse tendrement. Elle avait l’air plus heureuse, plus détendue. Et je m’en voulais un peu au fond d’avoir résisté à son besoin de nourrir sa fille. Elle n’en oubliait pourtant pas sa chute de tout à l’heure. Et j’espérais vraiment réussir à la lui faire oublier.

-C’est fini d’accord ?

Je préférais que nous n’en parlions plus. C’était un événement malheureux, mais c’était fini. C’était de l’histoire ancienne ! Elle n’a rien dit, alors je me suis dit que l’affaire était close. Nous arrêtions d’y penser. Nous avancions.

Lena a encore tété pendant vingt minutes. Une vraie gloutonne ! Jamais elle n’avait tété aussi longtemps. Je mettais ça sur le compte du bonheur de remanger comme elle en avait l’habitude. Elle ne rechignait pourtant pas aux biberons, mais on voyait bien où allait sa préférence. Et puis, quand elle a eu fini, elle s’est écartée. Du lait sur les lèvres, ses yeux pétillaient. Elle était heureuse. Et Katarina aussi. Elle la mangeait littéralement des yeux. Je lui ai tendu le biberon et elle lui a donné quelques gorgées. Et puis, je suis allé retourner chercher un bavoir propre pour qu’elle lui essuie la bouche et lui place. C’était l’heure du rot, et il arrivait à Lena qu’elle régurgite un peu. Katarina m’avait assuré que c’était un réflexe normal, et qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter plus que ça.
Lena n’a pas tardé à faire son rot. Et je me suis approché du rocking chair en caressant la joue de Katarina.

-Donne-la moi ! Je vais la coucher dans son berceau, il est temps qu’elle dorme.

J’ai tendu les bras pour prendre Lena. Et j’ai bien vu à ce moment là que Katarina aurait sans doute aimé la garder dans ses bras. Mais j’avais une idée derrière la tête. Et pour cela, il fallait que Lena dorme dans son berceau. Même si je n’aimais pas cela….Katarina a embrassé sa fille plusieurs fois avant que je ne réussisse à la lui « arracher ». Et je l’ai blottie contre moi, sa petite tête contre mon épaule, et une main passée dans son dos. Elle était encore bien réveillée, et quand elle a remarqué qu’elle était dans les bras de son papa, j’ai senti sa petite main se poser sur ma poitrine. Et mon cœur a fait un bond dans ma poitrine. Ses petits gestes me faisaient carrément craquer. J’étais complètement fou de ma fille, oui. Je n’en avais pas honte. Bien au contraire. Elle avait réussi à s’agripper à ma chaine. Ma chaine à laquelle pendait le pendentif que m’avait offert Katarina : une clé. Une clé magnifique. La clé de son cœur. Et je n’en séparais jamais. Même quand je prenais ma douche, je la portais toujours. J’aurais aimé pouvoir offrir un bijou à Katarina pour lui témoigner mon amour. Lena a gazouillé et mon cœur a eu un nouveau raté.

-Oui ma princesse. Oui, je t’aime….

Je ne cesserais jamais de lui dire à quel point je l’aimais. Même quand elle aurait quinze ans, je continuerais sans doute à lui dire à quel point je l’aimais. Avec un peu de difficulté, je l’ai détaché de moi et je lui surtout fait lâché mon pendentif auquel elle s’accrochait et qu’elle aurait sans nul doute aimé mettre dans sa bouche. De toute façon, dés qu’elle avait quelque chose à portée de main, il passait forcément par la case « bouche de Lena ». Même nos cheveux, c’était pour dire.
Je l’ai posée dans son lit, lui ajustant sa petite couverture rose juste à la bonne hauteur pour que ce ne soit pas trop dangereux. J’avais toujours peur qu’elle ne s’étouffe….Et elle m’a regardé avec ses grands yeux bleus. Je voyais bien qu’elle ne semblait pas contente, me reprochant sans doute de l’obliger à dormir dans ce grand lit. Enfin, il n’avait rien de grand…. Puisqu’elle adorait dormir dans notre lit….Mais elle préférait être avec ses parents.

-Papa est méchant je suis désolé….je suis désolé mon petit cœur….

Fort heureusement, son attention a été détournée par l’apparition devant ses yeux de Paddington. Elle adorait la peluche qui avait jadis été la mienne. Je l’ai posée prés d’elle. Et je me suis penché pour lui faire un dernier bisou avant de refermer les pans des rideaux. J’espérais juste qu’elle ne tarderait pas à s’endormir. Je suis resté quelques secondes à écouter, au cas où elle se mettrait à pleurer. Mais je n’ai rien entendu. Alors je me suis retourné et j’ai adressé un petit sourire à Katarina.
Elle se balançait dans le rocking chair doucement et je la trouvais si belle. Alors je me suis souvenu ses paroles de tout à l’heure. Elle avait peur de ne plus être la femme que j’aimais, de ne plus être désirable, et de ne servir à rien….Maintenant elle pouvait être rassurée, elle pouvait s’occuper de sa fille toute seule. Et je ne doute pas qu’elle devait être ravie. Le sourire qu’elle m’avait adressé tout à l’heure pendant qu’elle allaitait Lena en était la preuve. Elle se sentait enfin mère à nouveau.

Maintenant, j’allais m’occuper de la femme…

-Madame Jones ?

Je me suis approché, un petit sourire coquin sur les lèvres et ne laissant aucun doute sur mes intentions. Elle était ravissante dans cette tenue. En fait je l’aurais aimé même avec un sac poubelle en guise de vêtement. Je l’aimais plus que tout, et je la désirais. D’autant plus que nous avions été contraints d’être abstinents depuis plus de deux mois. Et même si je n’étais pas un obsédé, j’avoue que ces relations avec ma femme me manquaient. J’avais peur de la blesser, mais j’avais surtout envie de lui prouver qu’elle était toujours une femme. Et cette envie là dépassait tout.
Je lui ai tendu la main qu’elle a prise, et je l’ai laissée se relever doucement avant de la prendre dans mes bras. Enfin, disons plutôt que j’avais passé une main sous ses jambes et une autre dans son dos. Il n’y avait que comme cela que je ne lui faisais pas mal.
Je l’ai déposé sur le lit avec le plus de précautions possible avant de la couver du regard.

-Je vais vous prouver que vous êtes toujours une femme désirable.
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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Jeu 2 Sep - 17:26

C'était un véritable soulagement. Pouvoir allaiter Lena me redonnait pleinement mon rôle de mère. Non pas qu'on me l'ait enlevé, mais je m'étais sentie diminuée. Je n'aimais pas être remplacée par un biberon en verre et une tétine en plastique. Certes, c'était stupide, des tas de femmes avaient donné le biberon et elles ne s'étaient pas senties plus diminuées que cela. Mais pour moi c'était différent. Au final, allaiter Lena comptait beaucoup pour moi. En quelque sorte c'était comme si l'allaitement recréait le lien physique. C'était un peu comme une sorte de « dépendance ». Plus pour moi que pour elle, très certainement. Encore que Lena semblait préférer le sein au biberon. Mais je ne pouvais pas en être totalement certaine... Néanmoins il est vrai qu'elle s'était empressée de se mettre à téter. Fort heureusement, mes hématomes ne se trouvaient qu'autour du mamelon, alors Lena pouvait téter avec autant d'avidité qu'elle le voulait, elle ne risquait pas de me faire mal. Cependant j'avais décalé un peu sa main, pour éviter qu'elle n'appuie trop sur un hématome sans le faire exprès. Encore que ce dernier était beaucoup moins douloureux. Malheureusement, toutes les blessures ne guérissent pas aussi vite que les hématomes... Mais je voyais les choses plus positivement maintenant que je savais que je pouvais recommencer à allaiter Lena sans risques. Cela m'aiderait à tenir le coup. Encore qu'Ethan insisterait certainement pour continuer à lui donner son biberon la nuit. Je ne pourrais alors pas protester : il fallait que je me repose pour guérir plus vite et mieux. De toute façon je savais que Mathilda me passerait un savon si j'exagérais. Et là, Ethan serait de son côté, j'en mettrais ma main à couper. Mais j'étais trop heureuse pour le moment pour chercher à en demander trop. Je devais faire un pas après l'autre, précautionneusement.

J'ai suivi Ethan des yeux, tandis qu'il allait chercher un biberon d'eau pour Lena, quand elle aurait fini sa tétée. Ce n'était pas qu'il fallait absolument lui donner de l'eau, mais j'aimais bien, et visiblement cela lui convenait parfaitement de boire un peu d'eau après. Il s'est de nouveau agenouillé près de nous et je lui ai jeté un regard amoureux tandis qu'il caressait ma cuisse en me rassurant. Lena a encore tété pendant presque une demie heure, avant de repousser mon sein. J'ai attrapé le biberon d'eau, elle a en pris quelques gorgées et puis je l'ai rendu à Ethan. Puis il m'a tendu un bavoir. J'ai essuyé sa bouche avant de placer le bavoir sur mon épaule. Lena s'est littéralement affalée contre moi pendant que je lui faisais faire son rot. Elle n'a pas tardé à le faire, et puis elle a eu un petit soupir. Je l'ai reprise contre moi en position allongée. Elle n'allait certainement plus tarder à s'endormir maintenant. Ethan s'est relevé et j'ai relevé la tête vers lui quand il a caressé ma joue. J'ai ouvert de grands yeux étonnés quand il m'a dit qu'il allait la coucher dans son berceau. Son berceau ? Est-ce qu'il était malade ? D'ordinaire il faisait tout pour la garder dans ses bras le temps qu'elle dorme. Il s'il pouvait se glisser en douce avec elle dans notre lit à nous, il le faisait. Et là il proposait de la mettre dans son berceau de lui même. Il était tombé sur la tête, je ne voyais pas d'autre explication. J'ai embrassé Lena plusieurs fois avant de consentir à le laisser la prendre.

Je me suis laissée aller dans le rocking-chair tandis qu'Ethan berçait Lena dans ses bras, contre sa poitrine. Même si elle avait un petit peu plus d'un mois, et qu'elle avait bien grandi, j'avais l'impression qu'elle était minuscule entre les bras d'Ethan. Un minuscule petit trésor dont il prenait soin. Lena a babillé et j'ai eu un sourire. On aurait presque dit qu'ils se parlaient pour de bon. Quel que soit le bruit qu'elle faisait, Ethan répondait toujours naturellement. C'était absolument craquant. Il a attendu qu'elle soit parfaitement calme avant de la déposer dans son berceau. J'ai eu un petit rire tandis qu'il s'excusait d'être « méchant ». Elle devait afficher son petit air boudeur. Mais cela ne durait jamais bien longtemps. Ethan a tiré les rideaux pour la plonger dans la pénombre, et il est resté droit comme un I à écouter, au cas où elle déciderait de n'en faire qu'à sa tête et pleurer un petit coup. Mais il ne se passa strictement rien. J'ai fermé les yeux en me balançant doucement dans le rocking-chair. J'en oubliais presque ma chute... Ça n'avait plus d'importance. J'étais toujours un peu honteuse, mais c'était oublié : ce n'était après tout pas si grave, je ne voulais pas me faire une montagne de tout cela. Il y avait plus grave... J'ai relevé les yeux vers Ethan qui me regardait d'un air... particulier. J'ai eu un petit rire, légèrement nerveux.

« Monsieur Jones ? »

Il ne m'avait pas fallu bien longtemps pour deviner ce qu'il avait derrière la tête. Ce n'était pas que je n'en avais pas envie, mais... Je ne sais pas, il y avait comme quelque chose qui m'empêchait d'être « emballée ». J'étais un peu effrayée. Oh attention, je n'avais pas peur qu'il me touche. Je n'avais jamais eu peur qu'il me touche, même après la tentative de viol que j'avais subie. Au contraire j'avais toujours cherché à être protégée dans ses bras. Je savais parfaitement qu'il ne me ferait jamais aucun mal, comme il ne tenterait jamais de me contraindre à faire quoi que ce soit, surtout pas ça... Non, j'avais peur qu'il se rende compte que je n'étais pas désirable, j'avais peur qu'il ait peur de me toucher... Toutes ces choses... Et j'avais aussi peur de revoir encore une fois tout ce que m'avait fait Alan ce jour là... C'était certainement normal de craindre ce genre de choses, non ? Et pourtant je n'ai pas eu une once d'hésitation quand il m'a tendu la main. Une petite voix me disait que je devais avoir confiance en lui. Il m'a prise dans ses bras et m'a portée jusqu'au lit. J'aurais pu me prendre pour une princesse si je n'avais pas été en mille morceaux. Il m'a allongée sur le lit en douceur et je me suis laissée faire. J'ai eu un petit sourire, mi-timide, mi-inquiet. Je ne savais pas trop comment réagir encore. J'étais allongée sur le lit et il était penché au dessus de moi, un sourire aux lèvres. J'ai tendu la main vers son visage et j'ai caressé sa joue du bout des doigts, avant de secouer la tête tout doucement.

« Ethan... J'en ai envie, vraiment envie... Mais... Est-ce que c'est bien raisonnable ? Tu as vu dans quel état je suis ? »

J'ai fermé les yeux une seconde, avant d'oser un geste plus tendre. J'ai juste caressé son ventre doucement en passant une main sous son tee-shirt.

« Je ne suis pas vraiment certaine d'être aussi désirable que tu le dis. Et je n'ai pas envie que tu perdes patience parce que je suis incapable de faire un geste sans avoir mal... Je ne veux pas risquer de te... frustrer. »

J'ai eu une grimace. C'était stupide oui, mais pas totalement faux. Vu mon état, faire l'amour risquait d'être encore plus contraignant que quand j'étais enceinte. Beaucoup plus, même.

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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Jeu 2 Sep - 22:17

Elle était là, offerte devant moi. Sublime dans ce petit tee shirt et cette petite jupe à volants. Et puis, quand je me suis mis à détailler chaque trait de son visage, j’ai eu une bouffé d’amour qui m’a envahi tout entier. J’aimais ces traits si fins et si délicats, j’aimais le grain de sa peau, le rose de ses lèvres, la teinte si particulière de ses iris. Qu’elle ose me dire encore une fois qu’elle n’était pas jolie et je l’amenai de force devant un miroir ! Je n’avais jamais vu une femme aussi jolie que ma femme. Et je savais que dans la communauté, nombreux étaient ceux qui m’enviaient mon épouse.

Elle semblait nerveuse. Un peu comme la première fois où nous avions fait l’amour. Même si c’était davantage elle qui m’avait amené à elle. Mais, là, cette situation me rappelait une première fois. Et finalement c’en était une. La première fois que nous allions faire l’amour depuis que Lena était née. Et la savoir nerveuse m’a rendu nerveux à mon retour. J’ai alors répondu à son petit rire par un autre rire. Quand elle a tendu une main vers moi, pour me caresser le visage, j’ai ressenti une décharge électrique me parcourir tout le corps. La tension est partie du sommet de mon crâne à mes orteils. Elle avait peur. Ca se voyait. Et sur le moment j’ai eu très peur.

Je savais que même si Alan n’était pas allé jusqu’au bout, il avait quand même abusé d’elle. Et ce genre d’abus sexuels laisse des traces. Peut être que j’aurais du attendre un peu avant de lui montrer à quel point je la désirais. Peut être que ce n’était pas ce que j’aurais du faire. J’étais maintenant assailli de doutes. J’avais peur qu’elle ne me dise qu’elle ne se sentait pas prête. Pas vraiment parce que j’avais envie d’elle et que je me sentirais frustré par se refus. Mais plus parce que j’aurais aimé qu’elle réussisse à oublier. Moi je savais que jamais je n’occulterai ce qu’il s’était passé. Mais je savais qu’il fallait qu’on aille de l’avant. Pour Lena, il le fallait.

« Ethan... J'en ai envie, vraiment envie... Mais... Est-ce que c'est bien raisonnable ? Tu as vu dans quel état je suis ? »

Bien sûr que je l’avais vue. C’est moi, chaque jour depuis une semaine, qui la lavait. Donc bien sûr que j’avais vu son corps. Et ce n’était pas ses hématomes, ou ses blessures, ou quoi que ce soit qui lui retirait sa beauté et son charme. Elle était toujours parfaite à mes yeux. Et puis, je ne l’aimais pas seulement pour son physique. J’aimais son aura angélique. Bien sûr que je m’étais posé la question. Depuis deux jours, je me la posais souvent. Mais j’avais envie d’elle. Et puis, savoir qu’elle ne se voyait plus comme une vraie femme m’incitait à lui prouver le contraire.

Je me suis assis à ses côtés, attendant tout de même qu’elle me dise si oui ou non elle voulait que je la touche. Je ne la forcerais jamais, elle le savait. Et cela n’avait rien à voir avec le fait qu’elle avait été abusée. Depuis que nous nous connaissions, jamais je ne l’avais forcé à quoi que ce soit. Tous les baisers qu’elle m’avait donné, toutes les caresses qu’elle m’avait prodiguées étaient de sa propre volonté. Mais lorsqu’elle a touché mon ventre et l’a caressé avec amour par-dessous le tee shirt, j’ai su qu’il ne s’agissait pas de ça. Alan n’avait pas tué cet amour là. Et c’était miraculeux.

« Je ne suis pas vraiment certaine d'être aussi désirable que tu le dis. Et je n'ai pas envie que tu perdes patience parce que je suis incapable de faire un geste sans avoir mal... Je ne veux pas risquer de te... frustrer. »

J’étais un peu déçu qu’elle ne lise pas dans mes yeux mon amour pour elle, mon désir pour elle. Elle était magnifique et je l’aimais comme je savais que jamais je n’aimerais quelqu’un. Et quand elle m’a dit avoir peur de me frustrer si jamais elle avait trop mal, j’ai secoué la tête. Comme si je pouvais lui en vouloir. Elle me connaissait pourtatn. Elle savait que son désir et son plaisir à elle avaient toujours primés sur le mien. Je prenais plus de plaisir à la voir épanouie sexuellement que de me sentir épanoui moi-même. J’aimais plus que tout la caresser pendant des heures et lui procurer une jouissance extrême.

Il fallait vraiment que j’arrive à trouver les mots pour la rassurer. Mon regard amoureux ne suffisait visiblement pas. Ou plus.

-Tu es magnifique Katarina, tu l’as toujours été.

Et je ne disais pas cela pour la contenter. Mais elle l’était vraiment. Cela me rendait souvent fou qu’elle ne se rende pas compte que certaines femmes auraient volontiers vendu leur âme au diable si cela avait été possible. Elle n’était ni trop grande, ni trop petite. Elle était fine, avec des formes voluptueuses. Tout était proportionné parfaitement chez Katarina. Elle avait un visage angélique, venu d’un autre temps. Et puis elle avait une grâce naturelle qui aurait pu faire penser qu’elle était de noble descendance. Et peut être qu’elle l’était sans le savoir.

Je n’étais pas un très grand séducteur, mais je savais apprécier une jolie femme. Et de la communauté, personne n’égalait la beauté orientale qu’était Katarina. Personne !

-Laisse-moi te montrer à quel point je t’aime et je te désire. Je serais doux, je te le promets.

J’attendais son feu vert. Je cherchais dans ses yeux un indice. Et quand j’ai vu un petit éclat, j’avoue m’être un peu enhardi. Ma voix avait pris cette petite tonalité masculine particulière et significative. Je me suis penché à nouveau sur elle pour prendre ses lèvres et l’entrainer doucement dans une danse lascive de nos deux bouches. Nos langues s’entremêlaient. Se cherchaient et se repoussaient. Et mon amour pour elle battait dans mes veines.

Avec le plus de précaution possible. Je l’ai déshabillée. Commençant par la soulever dans mes bras pour lui ôter doucement son tee –shirt. Et puis je suis allé déposer des petits baisers dans son cou, en évitant de poser mes lévres ou mes mains sur les zones où elle était encore couverte d’hématomes. Et puis après avoir caressé tendrement ses seins, mes mains sont descendues lentement se perdre sur son bas ventre en évitant les côtes. Le bandage qui couvrait une bonne partie de son abdomen était toujours là, et je ne devais pas le lui retirer je le savais. Et je ne voulais pas le faire, parce qu’il me rappelait à chaque seconde que je devais être le plus doux possible.

Mon regard s’est posé à nouveau sur elle, et je me suis mordu la lèvre. J’avoue que les circonstances auraient été autres, je lui aurais sauté dessus. Je ne l’aurais pas prise pour ce qu’elle n’est pas, mais j’avais terriblement envie de ma femme.

-Si tu as vraiment trop mal, j’arrêterais. Mais laisse-moi t’aimer…

Je lui ai caressé la joue en lui souriant amoureusement. Et mes mains se sont posées sur ses hanches que j’ai caressées. Et j’ai fait glisser doucement sa jupe le long des ses jambes. J’avoue, sans aucune honte, que mes mains se sont attardées sur ses cuisses. Elle ne portait, maintenant, plus qu’une culotte en dentelle noire, soulignant parfaitement sa peau nacrée. Et j’ai déglutit devant ce spectacle.

Elle était magnifique. J’avais envie d’elle. Comme un fou…

Je me suis passé la pointe de la langue sur les lèvres avec gourmandise. Et j’ai commencé à me déshabiller pour être plus à l’aise. J’ai du le faire avec un empressement flagrant, mais je ne pouvais plus attendre. Je m’en voulais un peu, mais je n’y pouvais rien.

Nous étions quittes. J’étais en caleçon, elle était en culotte. Mais je savais que je n’allais pas tarder à la lui enlever. Elle ne disait rien, mais je voyais bien son regard. Elle avait envie de moi, mais je voyais surtout qu’elle était effrayée. Effrayée de souffrir. Mais s’il fallait que ne la caresser, je le ferais. Et je savais que cela me comblerait de bonheur.

J’ai fait glisser sa culotte (non pas qu’elle ne me plaise pas) le long de ses jambes, avec la même précaution que je l’avais fait avec sa jupe. Et je me suis installée entre ses jambes, à genoux pour la caresser tendrement. Mon regard était fixé sur elle, scrutant la moindre grimace, le moindre signe qui me ferait arrêter.
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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Ven 3 Sep - 12:16

Ethan me regardait d'un drôle d'air. Ou plutôt non, il ne me regardait pas d'un drôle d'air, justement. Il me regardait comme il m'avait toujours regardée, comme si j'étais dans mon état physique « normal ». Comme s'il ne voyait pas toutes les blessures qui marquaient mon corps. Il ne les voyait pas, et moi je ne voyais que cela. À chaque fois que je me déshabillais, je voyais tous ces hématomes, ces griffures, ces coupures... Mes côtes, mon genou et ma main étaient toujours bandés. C'était comme si je ne voyais que cela. C'était terrible. Je n'arrivais plus à me voir comme une femme désirable et désirée. Il semblait avoir envie de moi comme d'habitude, mais... Je ne sais pas, j'avais peur, j'étais nerveuse. À tout moment il pouvait se rendre compte que non, je n'étais pas désirable. Sans compter que j'avais peur de finir par le repousser... Même si je savais qu'il ne me ferait jamais de mal, je n'avais pas encore oublié ce que j'avais vécu. Cela ne faisait qu'une semaine, après tout. Pour le moment, je n'étais pas craintive. Mais j'avais peur que cela change. Je ne savais pas comment j'allais réagir après tout. C'était différent pour chaque femme, après un tel événement... Je me rendais compte que je ne savais même pas comment avait réagi Gabrielle pour cette chose là. J'avais pensé qu'elle ne voudrait plus qu'on la touche... Mais ça, c'était avant de me retrouver coincée sous les décombres entre elle et son amant. Ça avait légèrement chamboulé ma vision des choses, je dois bien l'avouer. J'étais partagée entre mon désir pour lui et ma frayeur de ne pas pouvoir aller jusqu'au bout des choses. Je savais qu'il ne m'en voudrait pas si je lui demandais d'arrêter. Le problème c'était que je ne voulais pas que cela se passe de cette façon. J'avais envie de lui, envie d'être dans ses bras, envie de le laisser m'aimer. Comme si rien ne s'était passé.

J'ai secoué doucement la tête. Magnifique ? Je n'avais plus grand chose de magnifique, ni même de joli. Mais Ethan voyait les choses différemment. J'aurais pu être défigurée qu'il aurait encore trouvé que j'étais jolie. D'un côté c'était rassurant de savoir qu'il se fichait de mon apparence physique. C'était la même chose pour moi, finalement. Peu importait son apparence, je l'aimerais toujours... Mais il est vrai que quand on vous dit la même chose, c'est difficilement concevable. Pourtant je savais que jamais Ethan ne me mentirait, et surtout pas pour ce genre de chose. Tout ce qu'il voulait c'était me rassurer... Et j'en avais bien besoin ! Je m'étais sentie tellement mal suite à mon agression que j'avais besoin de savoir qu'il me regardait toujours de la même façon. Si je me fichais complètement du regard des autres, celui d'Ethan comptait beaucoup pour moi. C'était même le seul qui comptait. Il fallait que je me laisse aller... Je ne devais surtout pas commencer à douter de lui. Lui faire confiance, voilà ce que je devais faire. Et m'abandonner à lui comme je l'avais toujours fait jusque là. Il me regardait avec amour et douceur, essayant de me rassurer à travers son regard. Je me suis mordue la lèvre quand il m'a demandé de le laisser m'aimer. Il promettait d'être doux... J'ai eu un petit soupir et j'ai acquiescé tout en souriant. Après tout, qu'est-ce que je risquais ?

J'ai passé mes bras autour de lui quand il s'est penché pour m'embrasser. Sa fougue m'a surprise dans un premier temps, mais cela ne m'a pas dérangée. C'était la première fois que nous nous embrassions de cette façon depuis que nous nous étions retrouvés. Ce n'était pas un baiser rassurant ou encore désespéré. Non, c'était vraiment un baiser fiévreux, plein de désir. Après tout cela faisait plus de deux mois que nous ne nous étions pas touchés. Je mentirais en disant que cela ne m'avait pas manqué. Je restais une femme très amoureuse de son mari et toujours folle de désir pour lui. Il m'a doucement soulevée dans ses bras pour m'ôter mon tee-shirt. J'avoue m'être légèrement raidie, ressentant une légère douleur dans les côtes. Il m'a rallongée, avant de commencer à m'embrasser partout. J'avoue que j'étais nerveuse. J'avais peur d'avoir mal et de ce fait d'avoir un mouvement de recul... Mais il faisait attention, très attention même, on aurait dit qu'il choisissait avec une attention particulière les endroits qu'il embrassait ou caressait. J'avais néanmoins toujours un peu de mal à me laisser aller, et à profiter pleinement de l'instant présent. Non pas qu'il s'y prenait mal, attention. Il savait toujours exactement comment me rendre folle. Et même si mon cœur battait à tout rompre et que ma respiration s'accélérait, je n'osais pas faire le moindre geste. Comme si je m'interdisais d'en profiter pleinement. Ethan a dû s'en rendre compte puisqu'il s'est redressé et m'a regardée. Il voulait que je le laisse m'aimer... Quelle idiote j'étais de laisser cette peur idiote m'envahir. Je lui ai souri quand il m'a caressé la joue. J'ai eu un frisson quand il a posé ses mains sur mes hanches. Il a fait glisser ma jupe, avant de revenir caresser mes cuisses. Je me suis mordue la lèvre avant de soupirer de contentement. J'avais l'impression que ses caresses effaçaient peu à peu les traces qu'Alan avait laissé sur moi. Ethan était doux et attentionné, tout le contraire de cette pourriture... Il ne me forçait à rien, il faisait juste attention à moi. C'était fou comme deux hommes pouvaient être si différents avec une même femme. Alan avait simplement cherché à me briser, lui... J'étais presque entièrement nue maintenant, il ne me restait plus que ma culotte.

Je n'ai pas vraiment eu le temps de faire un geste qu'il s'était redressé. Il a rapidement retiré son tee-shirt et son jean, avant de revenir vers moi. J'ai passé mes bras autour de lui tandis qu'il me retirait ma culotte doucement. Je lui ai fait une place entre mes jambes, et il s'y est fait une place, tandis que je laissais une de mes mains glisser lentement le long de son dos, jusqu'à la naissance de ses fesses. Et tandis qu'il me fixait avec un peu d'appréhension, j'en ai profité pour l'admirer un moment. Bêtement, je le trouvais parfait... Parfait dans le sens où il correspondait parfaitement à mon idéal masculin. Et je ne disais pas ça parce que j'étais amoureuse de lui. Je n'avais jamais aimé tout ces hommes baraqués qui avaient plus de muscle que de cervelle. Et puis Ethan avait un physique atypique... Ethan était grand, fin, il avait une musculature sèche et parfaitement dessinée. Je ne me laissais jamais de passer mes mains sur sa poitrine, de suivre lentement sa ligne abdominale du bout des doigts... Par dessus tout j'aimais son visage. Doux et fort à la fois. J'étais folle de ses grands yeux bleus, par lesquels passaient toutes ses émotions. J'ai pris son visage entre mes mains pour l'attirer à moi et l'embrasser, avant de passer mes bras autour de lui. J'ai glissé une main derrière sa nuque pour le garder contre moi, tandis que de l'autre je lui retirais son caleçon, le faisant glisser lentement sur ses fesses, que je caressai au passage.

Je mis fin au baiser, avant de poser un doigt sur ses lèvres, plus pour les caresser que l'empêcher de parler. Doucement, j'ai noué mes jambes autour de lui, en faisant attention à ne pas plier mon genou trop brutalement, pour ne pas me faire mal et ainsi mettre bêtement fin à ce moment parfait.

« Je t'aime, Ethan. Je t'aime. »

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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Ven 3 Sep - 21:41

J’avais pris appui sur mes coudes, pour éviter de peser de tout mon poids sur elle. Je la regardais droit dans les yeux, avec ce regard amoureux que j’aurais toujours pour la femme de ma vie. Comment pouvait-elle croire que je pouvais cesser de l’aimer ou de la désirer ? Rien ne changerait l’amour que je lui portais. Et si je ne lui avais pas sauté dessus depuis deux mois c’est que je respectais le fait qu’il était plus prudent de ne pas le faire. Avant la naissance de Lena, elle devait se repose le plus possible, et éviter tout effort. Mathilda m’avait fait comprendre timidement de quels efforts elle parlait. Alors je l’avais désiré oui, mais nous n’avions rien fait. Et après la naissance de Lena, Katarina était bien trop épuisée. Et j’avoue, avec un peu de honte, que pendant trois semaines je ne l’avais plus vue comme ma femme mais comme la mère de ma petite princesse. Et puis….cette galerie lui était tombée dessus. Et j’avais eu peur de perdre la femme de ma vie. Alors quand une semaine plus tard, on me l’avait arrachée. Ce n’était pas seulement la mère de ma fille qui m’avait manqué, c’était ma femme. MA femme. J’étais possessif avec elle, je le savais. Et ce regard que j’avais posé sur elle, à ce moment même, devait être teinté par ce sentiment.

Ses mains se sont posées de part et d’autre de mon visage afin de m’attirer à elle. Ses lèvres se sont rapidement posées sur les miennes et j’ai essayé d’être le plus doux possible alors que son baiser m’électrisait et que j’aurais eu envie de l’embrasser sauvagement. J’ai eu un peur quand elle m’a attiré davantage à elle pour me sentir plus contre elle. J’avais peur de lui faire mal. D’autant plus que je ne cessais de me répéter intérieurement « Fais attention Ethan, sois doux, ne la blesse pas plus. ». Mais je n’arrivais pas à lâcher ses lèvres. C’est comme si j’y goutais pour la première fois, comme si malgré l’amour et la douceur que j’y mettais, le monde allait s’écrouler et que cela devait être la dernière chose au monde que je pouvais faire. Plus rien d’autre n’existait. Pas même Lena…. Et je me disais que je faisais un père indigne….

Pensée rapidement balayée, par ses mains qui se sont posées sur mes hanches et ont lentement entrepris de faire glisser mon caleçon pour m’en débarrasser. Si mon désir avait pu jusque là passer un peu inaperçu. Maintenant que j’étais entièrement nu, il ne faisait plus aucun doute. Et ce n’était pas ses mains qui se baladaient sur mes fesses qui allaient m’aider. Enfin…ce n’était pas comme si le moment n’était pas propice à des câlins. Nous avions besoin de retrouver cette intimité que nous avions perdue. Parce qu’elle avait toujours fait partie de notre couple. Elle n’était pas le fondement même de notre couple, mais elle était un prolongement de notre amour. Enfin non ! Pas un prolongement ! Une expression de notre amour plutôt !

Un petit grognement a du m’échapper quand ses lèvres ont quitté les miennes. Et je suis resté immobile quand son index a effleuré mes lèvres. Immobile parce que je me retenais de lui sauter dessus. J’avais une envie folle d’elle, de sentir la chaleur de son corps contre le mien. Mais je savais qu’il me faudrait être encore plus doux que je ne savais l’être. Parce qu’elle était blessé à différents endroits, et qu’il ne fallait surtout pas aggraver ses blessures. Elle souffrait, je ne voulais pas en rajouter d’autres.

Ses jambes se sont nouées autour de moi et j’ai ressenti une vague de tendresse m’envahir. Encore davantage quand elle m’a dit qu’elle m’aimait. En guise de réponse je suis allé déposer un baiser aussi furtif que possible sur ses lèvres avant de laisser glisser ces mêmes lèvres le long de son cou pour descendre à sa poitrine.

Et puis pendant de longues minutes, j’ai parcouru son corps avec ma bouche et mes mains. J’avais toujours à l’esprit le même leitmotiv « SOIS DOUX !!! ». Je ne lâchais pas son regard une seule seconde, vérifiant le plus souvent possible que je ne lui faisais pas mal. Pour le moment, j’avais apparemment réussi à ne pas la faire souffrir avec mon empressement, et j’avais senti son désir qui ne pouvait attendre plus quand elle m’a un peu plus attiré à elle.

J’aurais aimé passer davantage de temps à la caresser et à découvrir encore son corps. Non pas que je ne connaissais pas chaque recoin de sa peau, mais j’aimais son corps. Et je ne pouvais me passer de l’honorer. J’avais toujours besoin de graver en moi chaque centimètre carré de sa peau.

Nous avions aussi à cœur d’être le plus discrets possible. Non pas parce que nous ne voulions pas que les autres soient au courant de notre vie intime, mais parce que maintenant que nous avions une petite fille, nous voulions conserver cette intimité. Et puis Lena dormait, alors hors de question de risquer de la réveiller.

C’est pourquoi quand nous nous somme unis, j’ai commencé à me mordre la lèvre inférieure. Et plus j’allais et venais entre ses reins avec toute la douceur dont je savais faire preuve. J’avais pris appui sur mes mains pour éviter d’être un poids sur elle. Et jusque là, j’avais visiblement réussi à être le plus doux possible. Je ne lui faisais pas mal. J’avais bien sur capté une grimace ou deux, mais elle m’avait souri rapidement pour me rassurer. J’avais eu envie plusieurs fois d’accélérer le rythme et de la prendre un peu plus sauvagement, mais je m’étais ravisé.

« Sois doux ! »

J’aurais aimé pouvoir l’aimer encore longtemps, mais cette position, même si je m’étais remis au sport, était des plus difficiles à tenir sur la longueur. J’aurais aimé l’entendre gémir encore et encore. J’aurais aimé lui procurer davantage de plaisir mais je n’étais pas assez endurant. Alors j’ai cédé à mon amour pour elle et j’ai juste poussé un petit gémissement timide et plein de retenue quand j’ai eu l’impression de vivre un feu d’artifice au plus profond de moi.

Mais pas question de m’écrouler sur elle, j’avais bien trop peur de la briser. Alors après un rapide baisr, je me suis glissé à ses côtés, la prenant contre moi en étant le plus doux et le plus précautionneux possible.

-J’aurais aimé te donner davantage de plaisir comme avant. Mais il faut croire que je ne suis pas assez endurant….Il va falloir que je m’entraîne un peu plus.

J’avais pris l’habitude de faire une petite demi-heure d’exercice par jour. Pas parce que je cultivais mon corps, mais parce que ça m’aidait à évacuer la pression.
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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Sam 4 Sep - 12:01

Il était hésitant, je le voyais bien... Même si nous avions terriblement envie l'un de l'autre, ce n'était pas comme d'habitude. Même si d'ordinaire Ethan n'était pas quelqu'un de brutal, dans l'état actuel des choses, il était obligé de faire très attention. Non pas que cela le dérange, il avait l'habitude... Il était toujours très doux, très prévenant, très attentionné... Mais je ne voulais pas qu'il fasse des choses dont il n'avait pas envie, simplement pour me faire plaisir. Même s'il disait toujours que mon plaisir passait toujours avant le sien, je n'avais pas envie qu'il se retrouve frustré. Et puis avouons le, j'étais morte de peur à l'idée de devoir lui demander de s'arrêter parce que j'avais trop mal. Je n'oubliais pas que j'étais dans un état lamentable. Si Mathilda n'avait rien dit à propos de ce genre « d'activité », je me doutais bien qu'elle n'approuverait pas vraiment... Mais il faut dire que cela faisait deux mois qu'Ethan ne m'avait pas touchée. Ma fin de grossesse étant difficile, il n'avait plus osé me toucher, et ensuite il m'avait fallu du temps pour me remettre de l'accouchement. Et alors quoi, maintenant j'étais censée attendre encore un mois, le temps de guérir complètement ? J'avais peut-être la patience d'un ange, mais il ne fallait pas exagérer. J'aimais mon mari, et évidemment j'avais du désir pour lui. Alors je ne n'avais guère envie d'attendre davantage. Et puis il ne fallait pas croire que ce n'était qu'une question d'amour ou de désir. J'avais vraiment besoin de retrouver ce genre de contact avec Ethan. Parce que la dernière fois qu'un homme m'avait touchée... La dernière fois j'avais été abusée, j'avais été frappée. On avait tenté de me prendre de force. J'avais besoin que les caresses d'Ethan effacent celles d'Alan, j'avais besoin d'oublier. L'acte amoureux devait redevenir à mes yeux ce qu'il avait toujours été : un acte de tendresse, une preuve d'amour, et pas un acte violent et purement bestial. Je devais absolument effacer le souvenir de mon viol. Absolument.

J'ai décidé d'enfermer ces mauvais souvenirs dans une boite et de jeter la clé, pour me concentrer pleinement sur Ethan. Nous nous sommes regardés encore un moment, avant qu'il ne m'embrasse rapidement. J'ai eu un petit rire, avant qu'il ne commence à m'embrasser partout dans le cou. J'ai glissé une main dans ses cheveux, me mordant la lèvre. J'aurais aimé pouvoir l'embrasser de la même façon, pour le rendre aussi fou qu'il me rendait folle, mais je savais qu'il ne m'aurait pas laissée faire. J'ai laissé m'échapper un gémissement tandis qu'il embrassait et caressait ma poitrine. Une petite voix me disait de rester aussi discrète que possible, parce que Lena ne dormait pas très loin... D'ordinaire, Ethan et moi n'étions pas forcément très discrets, mais nous allions devoir apprendre à l'être, avec Lena... Cela faisait partie des nombreux désavantage à n'avoir qu'une chambre pour toute la famille. Je n'osais pas imaginer comment faisaient les parents qui avaient des enfants plus grands... J'ai attiré Ethan à moi par réflexe, parce que j'aimais le sentir peser sur moi. Si j'oubliais que ce n'était pas une très bonne idée, Ethan ne semblait pas l'oublier. Je voyais bien qu'il se retenait de s'allonger complètement sur moi, il s'appuyait sur ses mains pour ne pas peser sur moi. J'appréciais l'effort, même si en un sens je m'en retrouvais « frustrée ». Oh attention, il ne fallait pas croire que je ne mourais pas d'impatience. C'est simplement que nous avions pris cette habitude... Mais je n'étais jamais contre un peu de changement, au contraire.

J'ai fait glisser mes mains lentement le long de son dos, les faisant remonter lentement le long de son dos. Mes mains se sont crispés sur ses épaules et j'ai légèrement rejeté la tête en arrière quand il est venu en moi. J'ai fermé les yeux et je me suis laissée envahir par cet océan de sensations que j'avais presque oublié. Oui, j'avais presque oublié... Mais quand vous êtes abusée, vous avez tendance à oublier la douceur et la tendresse dont savent faire preuve d'autres hommes. Et là, retrouver les bras d'Ethan, c'était tout simplement merveilleux. Je me sentais de nouveau complètement sienne, et complètement femme. Je ne le cache pas, j'avais eu honte et j'avais eu l'impression de l'avoir trahi en « laissant » Alan me toucher. Même s'il ne m'en voulait pas, moi j'avais ressenti cette honte typique des victimes... Ce n'était plus le cas, j'en étais complètement libérée. Je n'y ai pas pensé une seule seconde tandis qu'Ethan allait et venait en moi en douceur. Malgré tous mes efforts pour rester discrète quelques gémissements m'échappaient de temps à autre, ou encore des soupirs de contentement. Un peu malgré moi j'ai planté mes ongles dans sa peau d'Ethan quand il s'est laissé aller en moi. Il m'a embrassée rapidement, avant de se laisser retomber à côté de moi. Je suis restée là une minute à fixer le plafond en tentant de reprendre ma respiration, avant qu'Ethan ne vienne me prendre dans ses bras. Je me suis laissée aller contre lui en soupirant. J'ai eu un petit rire quand il m'a dit qu'il n'était pas assez endurant.

« Je suis si épuisante que ça ? »

Avec précaution je me suis retournée pour lui faire face. Je me suis collée contre lui et j'ai passé une jambe autour de lui. J'ai replacé une mèche de cheveux derrière son oreille et je lui ai souri, avant de caresser son bras tout doucement. Je n'avais pas envie de bouger, j'étais merveilleusement bien là. Je n'avais plus qu'une envie, m'endormir dans ses bras, ou encore rester contre lui, sans bouger. Lena allait certainement dormir encore deux ou trois heures, ce qui nous laissait le temps de rester dans notre bulle. Je n'avais pas l'intention de remettre un pied dehors aujourd'hui, et Ethan ferait probablement de même. Depuis que j'étais rentrée il ne se consacrait qu'à Lena et moi, ce qui était loin de me déplaire. Moi je ne plaignais pas, mais ce n'était pas le cas de tout le monde. Alexander était venu plusieurs fois le réclamer, et à chaque fois Ethan lui avait claqué la porte au nez. J'avais l'impression que leur relation se dégradait, mais je n'avais rien osé dire. J'ai approché mon visage du sien et je l'ai embrassé longuement, avant de soupirer et de poser ma tête contre son torse.

« Il n'y a vraiment que dans tes bras que je me sente parfaitement en sécurité, tu sais... J'ai eu tellement peur de ne pas te retrouver. Je me sentie tellement vide sans toi. »

J'ai soupiré. Peut-être que ce n'était pas le moment de parler de ça. Mais nous n'avions presque pas parlé de tout cela, mis à part vaguement à l'infirmerie. Et encore, nous n'avions presque parlé que de sa culpabilité. Il ne m'avait pas dit comment les choses s'étaient passées pour lui. Et même si ce n'était pas forcément, le moment idéal, je voulais que nous en parlions. Pour une seule et bonne raison. Il souffrait, sa culpabilité le rongeait et il avait certainement besoin d'en parler... Je me suis légèrement redressée et je me suis penchée sur lui. J'ai pris une profonde inspiration, avant de me lancer et de lui avouer ce qui me tracassait.

« Tu as l'air tellement triste, mon amour... Je n'aime pas ça. J'ai horreur de ça... Dis moi ce qu'il y a, Ethan. S'il te plait... »

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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Sam 4 Sep - 16:34

J’étais vraiment bien. Heureux. Epanoui. Même si j’aurais aimé aimer ma femme encore et encore, et que je n’avais pas pu, j’étais heureux. Nous nous étions aimé avec tant d’amour et de tendresse. Et puis, savoir que je ne lui avais pas fait mal, et que j’avais réussi la mission que je m’étais donnée. A savoir faire en sorte que ma femme se sente femme à nouveau. Et je n’avais pas trouvé mieux que de lui faire ressentir ça dans mes bras. Et j’avais visiblement réussi. Elle a eu ce petit rire qui me faisait toujours craquer. Un petit rire timide, doux et gêné. Comme il m’avait manqué ce rire … Et elle s’est un peu moqué de moi. Mais cela n’avait rien de méchant ou de moqueur.

« Je suis si épuisante que ça ? »

Elle me taquinait comme elle le faisait souvent. Et je me suis amusé, comme toujours, à jouer les hommes blessés. Je faisais semblant de bouder. Mais elle n’était pas dupe. Elle ne l’avait jamais été. Alors quand elle s’est retournée pour être face à moi et qu’elle s’est collé tout contre moi, emprisonnant mes jambes en passant une des siennes au dessus, j’ai oublié que j’étais censé bouder. De toute façon comment j’aurais pu résister à son sourire, à ses gestes amoureux, à la chaleur de son corps. Elle était la drogue la plus douce et la plus dure à la fois. Elle était à la fois une tentation et une salvation. Elle était vraiment tout ce qui faisait mon univers. Et chaque minute passée à ses côtés me faisait mesure la chance que j’avais de l’avoir pour femme.

Ma femme était dans mes bras, et j’essayais vraiment de ne pas la serrer davantage. Je devais faire attention à ses côtes. Alors j’essayais de trouver un juste milieu pour que je sente sa chaleur, que j’hume son parfum tout en ne la blessant pas. Parce que si j’aggravais ses blessures, Mathilda me tuerait pour sûr. C’était une des seules personnes qui avaient de l’importance pour moi. Pas seulement parce qu’elle était notre médecin et qu’elle avait soigné Katarina. Mais parce qu’elle était aussi notre amie, et elle nous avait soutenu. Et silencieusement, il s’était établi un lien entre nous. Elle me comprenait. Et elle avait vu que je n’étais pas ce junkie qu’elle pensait que j’étais. Je ne l’étais plus. J’aimais sincèrement Katarina. Non pas qu’elle en ait douté selon moi, mais elle semblait avoir soutenu chacune de mes décisions. Et j’appréciais ce qu’elle avait fait pour nous. Finalement, si je devais choisir, ce serait elle que je choisirais comme marraine pour Lena. Elle méritait ce titre pour bien des raisons, et je savais que Lena approuverait si elle le pouvait.

Katarina s’est approchée de moi, et elle m’a embrassé. Un doux baiser. Long et profond. Et je me laissais aller. Oubliant que la terre tournait même. J’étais focalisé sur ce baiser et les sensations que j’avais. Et alors que j’aurais aimé qu’il dure encore et encore, elle a soupiré avant de blottir sa tête contre moi. J’aurais tellement aimé la serrer contre moi à ce moment là, et je me retenais pourtant.

« Il n'y a vraiment que dans tes bras que je me sente parfaitement en sécurité, tu sais... J'ai eu tellement peur de ne pas te retrouver. Je me sentie tellement vide sans toi. »

La réalité venait de s’inviter à notre porte à nouveau. J’avais failli la perdre, et ce souvenir était sans doute le plus terrible de toute mon existence. J’avais eu l’impression qu’on m’arrachait mon cœur. Je n’avais été plus rien sans elle. Si j’avais réussi à la retrouver c’était uniquement par la force du désespoir. C’était mon amour inconditionnel pour Katarina qui m’avait aidé à tenir alors que j’aurais eu envie de m’écrouler et de me laisser mourir. Et j’aurais aimé réussir à oublier, mais je n’y arrivais pas. Alors je chassais autant que possible tout ça au fond de mon esprit. J’y arrivais la plupart du temps. Et même si je savais qu’elle avait souffert et qu’elle souffrait encore aujourd’hui, j’essayais de paraitre fort. Je l’ai embrassé sur le front en serrant les poings et en fermant les yeux. Il ne fallait pas que je pleure. Il ne fallait pas que je pleure. Pas devant elle ! Surtout pas !!!

Il ne le fallait pas parce que si cela devait se produire, je savais qu’elle culpabiliserait et qu’elle ferait tout pour me consoler. Et je ne devais pas jouer la victime. Ce n’était pas moi la victime c’était elle. Et je ne voulais plus tirer la couverture à moi. Ma voix a du se durcir un peu parce que je cherchais à ne pas fondre en larmes.

-Je ne laisserai plus personne nous séparer mon amour. Plus personne !

Et je l’ai un peu plus serré contre moi. Par réflexe sans doute. Mais j’ai du lui faire un peu mal, parce qu’elle s’est écartée. Elle s’est redressée et s’est penchée sur moi. Je serrai la mâchoire pour ne pas me mettre à crier. Et on voyait sans doute que je tendais mon corps au maximum.

« Tu as l'air tellement triste, mon amour... Je n'aime pas ça. J'ai horreur de ça... Dis-moi ce qu'il y a, Ethan. S'il te plait... »

Je l’ai ramené à moi et j’ai caresse ses cheveux en enfouissant ma tête dans son cou. Je n’osais pas la regarder en face. Je ne voulais pas qu’elle puisse lire dans mes yeux que je souffrais aussi. Je ne voulais pas qu’elle oublie sa souffrance pour s’occuper de la mienne. J’avais fait des choses horribles, je m’en rendais compte maintenant. Je savais que j’allais devoir vivre avec tout ce sang sur mes mains. Et j’avais beau me persuader qu’ils étaient coupables de certaines choses, et que je n’avais été que la main qui les punissait pour ce qu’ils avaient fait, je me disais que j’étais un meurtrier. Je n’aurais jamais cru l’être avant ça. Et aussi fou que cela puisse paraitre, je ne regrettais pas vraiment mon geste. J’avais tué ces gens de sang froid. Alan avec un peu plus d’entrain. J’y avais même pris du plaisir. Et j’en éprouvais tout de même un peu de honte. Non…. Je ne serais plus jamais le même. Mais je ne pouvais pas regretter d’avoir fait cela. Parce que je l’avais fait pour elle. Pour la retrouver, pour la venger aussi. Et je savais que lui dire ça était tout simplement hors de question.

-Ne t’inquiète pas pour moi mon ange.

Je ne voulais pas qu’elle ait à s’inquiéter pour moi. Je voulais qu’elle guérisse et qu’elle parvienne à oublier tout ça. Alors même si je mourais littéralement de lui dire à quel point j’avais eu peur, à quel point je souffrais, je n’en avais pas le droit. Alors, il fallait que je la rassure.

-Ne t’inquiète pas. Je vais bien, je vais bien…

Je savais pourtant qu’elle n’était pas dupe. Elle me connaissait mieux que quiconque. Tout dans ma voix et dans mon attitude prouvait que je mentais. Non je n’allais pas bien effectivement. Je n’allais pas bien parce qu’à chaque seconde qui passait, je me souvenais des sensations que j’avais ressenties sans elle à mes côtés. Chaque seconde, je revivais les instants où j’avais oscillé entre désespoir et folie. J’étais devenu fou pendant toute cette semaine. Et j’aurais donné ma vie pour sauver la sienne. Je l’aurais fait si cela avait pu lui épargner toutes ces souffrances. Mais je n’avais pas eu ce choix. Hélas…

-Je ne veux plus en parler s’il te plaît. Je veux oublier Katarina. S’il te plaît.

Y penser constamment était déjà des plus douloureux, alors en parler…. Je ne voulais pas. Et je ne pouvais pas. C’était présumer de mes forces. Je voulais oublier, j’avais besoin d’oublier.
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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Sam 4 Sep - 21:26

Ne me demandez pas pourquoi, mais c'était toujours dans un moment pareil que j'éprouvais le besoin de me confier... J'avais toujours trouvé ce genre de moment propice à la discussion. Pour tout un tas de raisons. D'abord parce que je me sentais totalement « en confiance ». Non pas que je ne le sois pas en permanence avec Ethan. Mais là, c'était un peu différent, il y avait cette dose de calme et de plénitude en plus. Ensuite, nous étions parfaitement sereins – du moins en théorie. Et puis je savais par expérience que dans ces moments là, Ethan était plus enclin à la discussion. Il tenterait peut-être un peu moins de fuir le discussion... Enfin là, tout de suite, j'avais comme un pressentiment, qui me disait que cette fois ci, il allait tenter de fuir la conversation. Je le sentais... Il m'avait resserrée contre lui, en me promettant que personne ne nous séparerait plus jamais, sur un ton assez dur. Je l'avais également senti se raidir. Il allait mal, j'en étais maintenant certaine. Il m'avait semblé le sentir trembler légèrement, ce qui était une confirmation de plus. Et même si j'étais dans un état terrible, je ressentais ce besoin presque viscéral de le rassurer, de prendre soin de lui, même si j'étais actuellement celle qui avait besoin de soins et d'attention. C'était comme ça, dans l'ordre des choses. Prendre soin d'Ethan était quelque chose de naturel, de vital... Ça avait toujours été comme ça, et cela ne changerait probablement jamais. Même si Ethan n'était pas, ou plus, forcément quelqu'un de faible, il avait toujours une certaine faiblesse en ma présence... Et maintenant, j'avais l'impression qu'il essayait de la cacher, de la dissimuler du mieux qu'il pouvait, comme si en faisant comme si elle n'existait pas elle allait disparaître par enchantement. Je savais qu'il détestait se montrer comme ça. Malheureusement, la crainte et le doute ne pouvaient disparaître comme par magie. Toute sa force d'auto-persuasion ne suffirait pas non plus à les écarter.

Je m'étais redressée pour le regarder avant de lui demander ce qui n'allait pas. Je l'ai senti se tendre et je l'ai vu serrer les dents. À peine avais-je posé la question, qu'il m'avait ramené contre lui brusquement. Ce qui pouvais passer pour une étreinte amoureuse n'en était en réalité pas une. C'était comme une sortie de secours pour lui. Il fuyait. À sa façon, mais il fuyait. J'aurais pu réagir violemment, mais je me suis contentée, d'apprendre, de patienter tandis qu'il caressait mes cheveux et enfouissait sa tête au creux de mon cou. Je me suis mordue la lèvre et je me suis retenue de soupirer. J'ai passé mon bras autour de lui, attendant patiemment qu'il se décide à dire quelque chose. Je sentais qu'il cherchait ses mots. Alors j'ai attendu, silencieuse, en le laissant caresser mes cheveux doucement. Ce geste tendre à mon égard avait l'air de le rassurer. Comme quand moi je caressai la peau de son ventre pour m'apaiser. Je sentais son malaise et son mal être, c'était comme s'il me les communiquait. Je détestais quand il allait si mal. Tout ce qui m'importait, c'était son bonheur. Et là j'avais la sensation qu'il n'était pas aussi heureux qu'il essayait de me le faire croire. Au bout d'un moment qui m'a paru interminable, il a fini par parler. « Ne t'inquiète pas pour moi mon ange ». C'était exactement ce qu'il ne fallait pas me dire pour me rassurer. D'autant plus que cela sonnait tellement faux... C'était à se demander s'il n'essayait pas de se persuader lui même autant qu'il essayait de me persuader qu'il allait bien. Il ne me disait pas la vérité, mais il ne me mentait pas pour autant. Il n'avait pas envie que je m'inquiète pour lui et je savais très bien pourquoi. Il ne se donnait pas le droit d'avoir besoin de moi parce qu'il pensait qu'il considérait que j'étais en position de faiblesse et que j'avais plus besoin de lui qu'il n'avait besoin de moi. Ce que je trouvais stupide au fond... Peu importait mon état, je serais toujours là pour lui. Quoiqu'il arrive. Il n'avait pas à aller mal pour que j'aille bien. De toute façon ce n'était pas le cas. Quand j'allais mal il allait mal, quand il allait mal j'allais mal. Nous étions trop fusionnels pour ressentir une même situation différemment. Nous partagions les mêmes sentiments.

J'ai légèrement secoué la tête et je me suis dégagée de son étreinte. Au moment où je levais les yeux pour le regarder à nouveau, il a dit qu'il ne voulait plus en parler, qu'il voulait oublier. Je suis restée muette, un peu stupéfaite. Je me suis appuyée sur lui, posant une main à plat sur sa poitrine. De l'autre, j'ai caressé son visage tendrement, plusieurs fois, comme pour l'apaiser. Puis je me suis penchée en avant et j'ai déposé un baiser sur son front.

« Je sais que tu ne veux pas, Ethan. Je sais. »

J'ai caressé ses cheveux doucement, pendant de longues minutes. Qu'il le veuille ou non, j'allais prendre soin de lui. Parce qu'il en avait besoin et que je ne pourrais jamais, ô grand jamais, le laisser dans cet état sans au moins tenter de l'aider. J'étais sa femme. Et nous nous étions mariés pour le meilleur ET pour le pire. Cette épreuve nous allions la traverser ensemble. Quoiqu'il puisse en dire, hors de question de le laisser mener la barque seul. J'ai relevé la tête et j'ai pris une profonde inspiration.

« Je ne voulais pas parler de tout ce qui m'était arrivé non plus. J'étais morte de honte, et j'avais peur de ne pas pouvoir le faire. Je ne voulais pas, mais je devais en parler. Je devais, parce que cela risquait de me ronger plus certainement que de l'acide. »

Je soupirai, avant de poursuivre.

« Tu sais très bien que tu peux me dire n'importe quoi. N'importe quoi, mon amour. Il n'y a rien que je ne puisse entendre. Tu as besoin de parler ce que tu ressens. Ne t'enferme pas dans ta douleur, Ethan. Pas encore une fois. »

Pas encore une fois... Je voyais dans ses yeux toute cette souffrance qu'il tentait de cacher. C'était affreux... J'étais horrifiée de voir toute cette souffrance. J'aurais aimé pouvoir la faire disparaître d'un coup de balai. Mais c'était impossible. Cela me faisait si mal de le voir ainsi ! Sans vraiment m'en rendre compte, je me suis mise à pleurer. Je ne l'ai réalisé que quand l'une de mes larmes s'est écrasée sur la joue d'Ethan. Je me suis mordue la lèvre et j'ai essuyé cette larme – qui aurait tout aussi bien pu être la sienne, avec mon pouce. J'ai eu un petit sourire triste.

« Ne me demande pas de ne pas m'inquiéter pour toi, Ethan. Tu sais que j'en suis incapable. Tu es l'être qui compte le plus au monde pour moi. Je m'inquiète tellement. Parle moi... je t'en prie. »

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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Dim 5 Sep - 18:47

Ce n’était pas un manque de confiance en elle. Ce n’était pas cela du tout. C’est qu’en parler ne ferait que raviver les souvenirs. Et il était vraiment encore trop tôt. Si tant est que je puisse en parler un jour en réalité. J’aurais aimé réussir à faire illusion encore un peu. J’aurais aimé qu’elle ne s’inquiète pas. J’avais failli encore dans cette mission. Je m’étais juré de la protéger de tout et de tous. J’aurais aimé savoir mentir. Pour la protéger encore. Mais je ne savais pas mentir. Surtout pas à elle. Alors j’évitais son regard. Parce que si je croisais son regard suppliant, je savais que je craquerais. Je craquerais et je lui dirais à quel point j’ai souffert aussi. Je serais obligé de lui dire tout ce que j’avais ressenti. De lui raconter comment j’avais vécu la découverte de sa disparition. Comment j’avais cru devenir fou quand j’avais du rester. Ce que j’avais fait durant des jours pour la retrouver. Et ce que j’avais ressenti quand Vitali m’avait dit qu’il savait où elle était. Tous ces moments resteraient gravés en moi. Je savais que je ne pouvais pas les effacer, alors je préférais les chasser au plus profond de moi. Pour ne pas devenir vraiment fou sans doute. Parce que je savais que je ne serais plus jamais le même. Je n’étais déjà plus le même. Cette expérience m’avait marqué au fer rouge.

Pourtant j’aurais aimé être encore celui qu’elle avait épousée. Mais quelque chose s’était brisé en moi. Je n’avais plus confiance en personne. J’avais l’impression d’avoir été seul au monde pour la retrouver. Ceux que j’avais encore dans le cœur pouvaient se compter sur les doigts de la main. Je n’étais plus aussi altruiste et généreux je le savais. J’étais devenu triste, taciturne. Mes sourires, je ne les offrais qu’à bien peu de monde. J’avais peur de tout le monde, peur qu’on me la reprenne à nouveau. Je ne supporterais pas qu’on me l’arrache une seconde fois. Alors je me suis réfugié dans son cou parce que j’avais besoin d’être tout contre elle.

Cependant, elle n’était pas dupe. Sa main s’est posée sur ma poitrine et elle m’a repoussé un peu. Pas parce qu’elle voulait que je la laisse. Mais parce qu’elle voulait que je la regarde. Elle voulait que je la regarde mais j’en étais totalement incapable. Je savais que si je la regardais à cet instant là, j’allais me mettre à pleurer. Et je ne devais pas pleurer devant elle. Je ne m’en donnais pas le droit. Alors quand j’ai senti sa main caresser doucement mon visage, j’ai fermé les yeux. J’aurais aimé pouvoir réussir à oublier. Et a en parler aussi. Mais je ne pouvais pas….

« Je sais que tu ne veux pas, Ethan. Je sais. »

J’avais honte de ce que je ressentais. J’aurais aimé la repousser. J’aurais aimé m’enfuir à ce moment là. Parce que je savais qu’elle allait insister. Ses caresses rassurantes étaient destinées à me faire plier. Je ne lui en voulais pas, j’aurais sans doute fait la même chose si les rôles avaient été inversées. Mais j’aurais aimé pour une fois qu’elle ne soit pas aussi têtue. J’aimais son caractère, mais parfois j’aurais aimé qu’elle ne connaisse pas aussi bien le mien. J’étais, malgré moi, en train de céder. Je sentais ma résistance fondre comme neige au soleil au fur et à mesure qu’elle ma câlinait.

« Je ne voulais pas parler de tout ce qui m'était arrivé non plus. J'étais morte de honte, et j'avais peur de ne pas pouvoir le faire. Je ne voulais pas, mais je devais en parler. Je devais, parce que cela risquait de me ronger plus certainement que de l'acide. »

Depuis que Katarina était revenue, elle avait fait énormément de cauchemars. Pas une seule nuit, en réalité ne s’était écoulée sans qu’elle ne se réveille en sursaut. Réclamant mes bras et mes mots réconfortants. Dans ces moments là, j’en oubliais ma fatigue et je la calmais. Ses crises pouvaient durer de quelques minutes à plusieurs heures. J’avais rapidement compris qu’elle revivait ces jours où elle avait été captive. Elle revivait les coups qui lui avaient été assénés les uns après les autres. Et le plus dur semblait être d’imaginer une vie sans nous. Il m’arrivait de lui donner Lena pour qu’elle se calme un peu plus.

Elle parlait relativement facilement avec moi de tout cela. Et je savais qu’elle avait besoin d’en parler. Elle avait besoin d’évacuer tout cela en se laissant aller. Je n’aimais pas qu’elle pleure, mais je savais que c’était nécessaire. Alors je rongeais mon frein dans ces moments là.

« Tu sais très bien que tu peux me dire n'importe quoi. N'importe quoi, mon amour. Il n'y a rien que je ne puisse entendre. Tu as besoin de parler ce que tu ressens. Ne t'enferme pas dans ta douleur, Ethan. Pas encore une fois. »

Et pourtant, comme je l’avais prévu, elle insistait. Avec tout son amour et sa tendresse. Elle insistait de la plus belle façon qui soit mais je ne pouvais pas lui faire plaisir. Je sais qu’elle aurait aimé et qu’elle avait sans doute besoin que je me confie à elle. Mais je n’y arrivais pas. Cela me ferait trop mal je le savais. Je ne me rendais même pas compte que je reproduisais le même schéma qu’après la mort de mes parents. J’avais fui une première fois et cela m’avait amené tout droit à la dépendance addictive. Et maintenant, je fuyais encore. Je ne pouvais que m’en vouloir. Mais je ne pouvais pas faire autrement. Finalement je n’avais pas tant changé que ça.

Je refusais toujours de croiser son regard. J’avais peur qu’elle n’y lise encore plus de souffrance. Je ne voulais pas qu’elle s’inquiète pour moi. Elle avait tant fait pour moi. Je lui avais promis d’être l’homme fort et solide dont elle avait besoin, et si je cédais j’aurais l’impression de ne pas tenir ma promesse. J’étais vraiment tiraillé entre ce que je m’étais promis et ce qu’elle me demandait. Je voulais lui faire plaisir.

Et puis pendant que je me concentrais sur ma propre souffrance que j’essayais de la refouler, j’ai senti quelque chose de mouillé sur ma propre joue. Un instant j’ai réellement pensé que je n’avais pas su me retenir et que je pleurais. Jusqu'à ce que je réalise que c’était ma femme qui pleurait. J’ai rapidement cédé et je l’ai regardé. Elle essuyait avec le bout des doigts ces larmes qui roulaient sur ses joues et elle m’a souri un peu trop tristement à mon gout.

« Ne me demande pas de ne pas m'inquiéter pour toi, Ethan. Tu sais que j'en suis incapable. Tu es l'être qui compte le plus au monde pour moi. Je m'inquiète tellement. Parle moi... je t'en prie. »

Avais-je minimisé sa souffrance ? Sans aucun doute ! Elle avait besoin que je lui parle. Elle avait besoin que me confie à elle. Je ne pouvais pas lui en vouloir d’insister ainsi. J’aurais sans doute agi de la même façon avec elle. Je ne savais même plus l’aimer et être celui dont elle avait besoin. Je pensais il y a peu que nous étions solides et je me rendais compte que cette semaine avait vraiment fait volé nos vies en éclats. Il était même certain que si nous ne nous aimions pas autant, nous nous serions déjà balancé des horreurs à travers de la figure.

-Mon amour…mon ange….

Je m’en voulais de l’avoir fait pleurer. J’aurais aimé qu’elle ne pleure plus. Je l’ai ramenée vers moi et je l’ai bercé pendant de longues minutes. Je ne savais pas encore si j’allais lui céder. Et j’en doutais fortement. Ce n’était pas parce que je refusais de lui parler. J’aurais aimé pouvoir le faire. Mais pour le moment je ne pouvais pas. J’avais déjà l’impression de souffrir à chaque seconde qui passait. Et je savais qu’en parler me ferait flancher. Je ne voulais plus qu’elle passe ses journées à me rassurer. Je lui avais assez demandé de choses comme ça. Je voulais être l’homme fort.

-J’ai seulement besoin d’oublier d’accord ?

Je sais que je le faisais souffrir en refusant de lui parler de ce que j’avais ressenti, mais je ne le faisais pas volontairement. Je me sentais vide et meurtri. Et j’essayais de me persuader qu’avec un peu de temps j’arriverais à lui parler ou à oublier .Alors qu’en réalité, je savais au fond de moi que je reproduisais les mêmes erreurs. Mais…chassez le naturel il revient au galop.

-Katarina ?

Je me suis un peu écarté pour croiser son regard. Elle avait ce petit éclat dans les yeux. Elle semblait croire que je cédais. Et elle m’interrogeait du regard. Je voyais bien qu’elle cherchait à savoir ce que je ressentais. Elle voyait que je souffrais, mais elle n’arrivait pas à savoir ce qui me faisait le plus souffrir. Et je ne pouvais pas lui dire que c’était la honte et la culpabilité qui me rongeait. Parce que je lui avais déjà dit, et qu’elle avait semblé ne pas m’en vouloir.

Je fuyais encore oui…. Et c’est bien ce que j’allais lui proposer. J’ai prix une voix la plus assurée possible. Je voulais qu’elle se rende compte que j’étais sérieux et que ce n’était pas une lubie. D’autant plus que ça ne l’était pas. J’y pensais depuis la naissance de Lena.

-Je veux qu’on parte d’ici ! Je veux quitter New-York !

Elle m’a regardé comme si j’étais devenu fou. Elle ne comprenait pas, je le voyais bien. Sans doute se demandait-elle ce qui provoquait en moi de telles idées. Mais elle a du se rendre compte que j’étais parfaitement sérieux. D’un regard, elle m’a invité à poursuivre et à lui dire ce que j’avais en tête. J’ai pris une profonde inspiration avant de me lancer la tête la première dans le récit de ce que j’avais en tête. C’était devenu une idée fixe. Il fallait que nous partions. Nous n’étions plus en sécurité ici. Et puis devenir père avait changé ma vision des choses. Je ne voulais plus vivre comme ça. Lena ne méritait pas cette vie.

-Tu sais avant la naissance de Lena, quand je suis parti pendant prés de deux mois ? Je suis parti à quelques dizaines de kilomètres de New-York et j’ai atterri dans une petite ville, dans un quartier résidentiel en fait. Il y a des maisons abandonnées qui sont encore debout, de belles maisons. Et puis…..on a l’impression d’être dans une ville fantôme. Mais c’est un bel endroit. Il suffirait d’un peu de travail pour que ce soit encore plus vivable.

J’espérais que le portrait que je lui dressais de cet endroit susciterait chez elle cette même envie que j’avais d’aller vivre là bas. J’ai réitéré ce que je lui avais dit un peu plus tôt. En y mettant toute la conviction dont je pouvais être capable. Je l’ai regardée droit dans les yeux, et ma voix n’a pas flanchée.

-Je veux qu’on aille vivre là bas Katarina !
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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Dim 5 Sep - 21:39

J'avais l'impression qu'il me serait difficile d'arriver à quoi que ce soit avec Ethan. Il refusait de parler, il fuyait mon regard... Pourquoi ? Pourquoi faisait-il ça ? Je n'en avais pas la moindre idée et cela me rendait malade. Ce n'était pas que je faisais preuve d'une curiosité malsaine ou quelque chose du même genre. Au contraire même. C'était juste que je voulais savoir ce qui le torturait pour pouvoir tenter d'être un baume sur son coeur, un antidote, un contre poison... C'était ce que je savais faire de mieux : le rassurer, le calmer, être là pour lui. Cela faisait deux ans que c'était comme ça. Même s'il était devenu plus fort, il y avait cette espèce de « hiérarchie » entre nous. J'étais et je serais toujours celle qui le rassurait. C'était dans l'ordre des choses. Au début j'avais eu un peu de mal à le faire parler, s'exprimer... Après, c'était venu tout seul. Il se confiait à moi, je me confiais à lui, naturellement, sans que nous ne nous posions trop de questions. Là, il se fermait comme une huitre, et il ne me laissait pas la possibilité d'essayer même de le comprendre. Parce qu'il ne me laissait pas lire dans ses yeux. Enfin, pas jusqu'à ce qu'il se rende compte que j'étais en train de pleurer, bien malgré moi. Là, il m'a regardée. Enfin, nous nous sommes regardés. C'était terrible. Il y a encore cinq minutes nous étions terriblement heureux, contents de retrouver les bras l'un de l'autre après tout ce temps passé et ces épreuves. Et là, c'était comme si tout recommençait... Comme si nous étions loin l'un de l'autre sans vraiment l'être. C'était une drôle de sensation...

Il ne me disait toujours rien. Une fois encore il s'est contenté de me reprendre contre lui. Je n'ai pas opposé la moindre résistance et je me suis laissée aller contre lui. J'ai posé ma tête contre sa poitrine et j'ai passé un bras autour de lui tandis qu'il me berçait doucement. Je sentais encore son hésitation, même s'il ne disait rien. Je ne savais plus quoi faire pour le faire céder... Je ne voulais pas le forcer, mais je savais que cela me rendrait malade de savoir qu'il souffrait sans pouvoir faire quoi que ce soit pour apaiser sa souffrance. Je ne pouvais pas l'ignorer bêtement et simplement. C'était impossible. Je devais absolument faire quelque chose pour lui. Mais comment, si je ne savais pas quel mal le rongeait ? Il pouvait y avoir tellement de réponses à cette question... Il pouvait y avoir tellement de raisons à sa souffrance. Et ne pas savoir laquelle de ses raisons lui faisait du mal me faisait mal, au plus profond de mon être. Et il ne voulait rien dire... J'ai eu un soupir quand il a répété qu'il voulait simplement oublier. J'ai fermé les yeux et je l'ai serré un peu plus fort contre moi. Pour la première fois depuis longtemps, je ne savais plus quoi lui dire. Je n'avais pas non plus envie de le forcer à quoique ce soit. Je pourrais peut-être réessayer... Un peu plus tard. Même si cela me rendait malade de le laisser dans un tel état. Je devais attendre qu'il soit un peu plus détendu, et un peu moins fermé. Mais une chose était certaine : je ne laisserais pas la journée se finir sans savoir ce qui le tracassait et le rendait si malheureux. Je savais être suffisamment patiente quand il le fallait. Et avec Ethan, ma patience n'avait absolument aucune limite. Comme mon amour pour lui.

Et puis, il s'est un peu écarté de moi pour me regarder. Pendant un instant j'ai cru qu'il allait céder et m'avouer tout de but en blanc. Mais il a fini par dire ce que je m'attendais le moins à entendre. Il... Il voulait partir ? Il voulait quitter New York ? J'ai secoué la tête, incrédule. Je ne voyais absolument pas où il voulait en venir. Je l'ai incité à poursuivre, sans trop comprendre. Il a pris une profonde inspiration avant de me débiter tout une tirade sans respirer. Je suis restée là à le regarder, bouche grande ouverte, à tenter d'assimiler tout ce qu'il venait de me dire. Je savais déjà que quand il était parti pendant six semaines, il était sorti de New York. J'étais cependant loin de me douter de ce qui allait suivre. Il avait atterri dans une petite ville encore debout, et il voulait que nous « déménagions » là bas. Je suis restée muette, à le regarder. J'ai légèrement secoué la tête. Non pas parce que je refusais... Mais j'étais tout simplement abasourdie. Je me suis rappelée que quand j'étais enceinte de sept mois, j'avais fait une crise de nerfs et j'avais voulu retourner en Russie, parce que je n'aimais plus New York. Mais je n'aurais jamais cru cela possible. Pour moi c'était simplement hors de question... Enfin, c'était surtout hors de propos. Parce que je ne savais pas où nous pourrions aller. Ethan avait l'air de savoir et il semblait même y penser depuis un moment. Je me suis redressée et je me suis assise à côté de lui, en gardant la couverture serrée autour de moi.

« Je... Je ne sais pas Ethan. Je ne sais pas. »

Même si je me sentais parfois enfermée ici, j'avais mis près de deux ans à reconstruire ma vie ici, à me reconstituer une famille, un endroit où vivre... Il y avait des gens qui comptaient beaucoup pour moi ici, même si personne n'égalerait jamais Ethan. Malgré tout ce qui avait pu m'arriver, j'avais appris à me sentir en sécurité ici. Et je n'étais pas certaine d'avoir la force de tout recommencer ailleurs. Je n'aspirais qu'à un peu de calme, de sérénité... Là, je ne me sentais pas la force de tout recommencer. Pas maintenant. Et puis Lena n'avait même pas deux mois... Ce n'était pas raisonnable, pas faisable... Oh et puis avouons le j'étais morte de trouille à l'idée de m'en aller. Je me suis mordue la lèvre et je me suis tournée vers Ethan.

« Mais... On ne peut pas s'en aller que tous les deux, avec Lena... On ne peut pas... Et... Et les autres ? On ne peut pas laisser tout le monde ici et s'en aller, c'est...Et Lena est trop petite, ça pourrait être dangereux... Je ne veux pas m'en aller... On recommence à peine à avoir une vie normale, Ethan... Ce serait de la folie... Non, je ne peux pas... »

J'avais l'air complètement perdue. Et je l'étais, perdue. Mais Ethan semblait avoir du mal à assimiler ce que je lui disais. Son visage s'était décomposé et il était blanc comme un linge. J'ai eu un soupir et je me suis détournée, pour fixer le mur.

« Tu ne comprends pas que j'ai peur ? »

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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Lun 6 Sep - 15:52

J’étais empli d’espoir. Je lui avais dressé un portrait le plus proche possible de la réalité. Bien sûr, il y avait du ménage et des installations à faire. Et puis c’était à cinq jours de marche de New York, mais je me disais que cela en valait la peine. Cela en valait la peine pour nous parce que nous aurions au moins de l’espace et nous serions plus en sécurité qu’ici. Qui irait nous chercher là bas ? J’avais passé trois semaines là-bas et je n’avais croisé que deux personnes. Et encore ils étaient inoffensifs. Un couple d’une cinquantaine d’années qui n’avait pas voulu partir et laisser leur maison qui était, par miracle intacte. C’était toute leur vie, ils n’avaient pas d’enfants. Alors ils n’iraient nulle part. Et ils m’avaient assuré que j’étais la première personne qu’ils voyaient en presque un an. Alors oui, cet endroit était sûr pour Katarina et moi. Et puis, savoir que Lena grandirait dans une maison, à l’air libre, avec un jardin et peut être même une balançoire et qu’elle saurait ce qu’est le jour et la nuit vraiment me mettaient dans une joie indicible.

Je ne détachais mon regard du sien, cherchant à savoir ce qu’elle en pensait. J’avais besoin de lire dans ses yeux s’il y avait au moins un espoir que la vie dont nous rêvions puisse enfin devenir réalité. Je savais qu’elle aurait aimé que nous ayons une vie normale. Et ce départ c’était ça. Une vie normale, insouciante. La vie dont nous avions besoin pour oublier tout ça. J’attendais, fébrile, me contenant de ne pas la secouer pour qu’elle me donne sa réponse.

Je l’ai suivie des yeux quand je l’ai vue se redresser et s’asseoir à côté de moi. Je ne savais pas très bien quoi penser de cette attitude. Etait ce bon signe ? Ou au contraire était-ce le signe que c’était loin d’être gagné ? Elle a pris du bout des doigts la couverture et s’en est emmitouflée. J’aurais préféré qu’elle se colle à moi pour se réchauffer, mais je n’osais pas la brusquer. J’attendais de savoir ce qu’elle en pensait.

« Je... Je ne sais pas Ethan. Je ne sais pas. »

Ce n’était pas la réaction que j’avais attendue. J’avais espéré qu’elle me saute dans les bras, qu’elle m’adresse un sourire dont elle seule avait le secret, qu’elle m’embrasse, que je lise dans ses yeux qu’elle était ravie de vivre une vie dont elle avait toujours rêvé. J’aurai pu sourire, mais ce sourire se serait fané. Je ne voyais vraiment pas pourquoi elle semblait hésiter. Cette vie qui s’offrait à nous était presque inespéré. J’avais un peu mal au fond de moi qu’elle ne soit pas aussi emballée que moi. Alors quand elle s’est tournée vers moi, je n’ai pas réagi. Sentant peu à peu la tristesse m’envahir. Encore plus que c’était déjà possible.

« Mais... On ne peut pas s'en aller que tous les deux, avec Lena... On ne peut pas... Et... Et les autres ? On ne peut pas laisser tout le monde ici et s'en aller, c'est...Et Lena est trop petite, ça pourrait être dangereux... Je ne veux pas m'en aller... On recommence à peine à avoir une vie normale, Ethan... Ce serait de la folie... Non, je ne peux pas... »

Tant d’excuses. Tant de raisons invoquées pour me dire qu’elle ne voulait pas. Elle avait beaucoup d’arguments oui. Certains que je comprenais plus que d’autres. Enfin, un seul en réalité : Lena. Oui elle avait raison, Lena était petite, et ce n’était pas une promenade que je lui proposais. Mais toute de même….j’aurais aimé qu’elle soit heureuse d’avoir la possibilité de permettre à Lena de s’épanouir. Mais contrairement à elle, je ne tenais à plus personne ici. Enfin plus vraiment. A part Lilly et Mathilda, je savais que je ne me sentais proche de plus personne. J’avais vécu ici pendant un an et demi en ressentant d’avoir rejoint une nouvelle famille. Et maintenant que ma vie avait volé en éclats, j’avais l’impression que je m’était trompé pendant tout ce temps. J’étais déçu et meurtri de m’être tant trompé. Katarina, elle, semblait tenir encore à ce simulacre de famille. Et je ne voulais pas lui enlever cette illusion.

Je sentais mon visage se décomposer au fur et à mesure que je comprenais que nous ne partirions pas. Katarina ne voulait pas partir. Elle trouvait des excuses. Et je savais que je n’arriverais pas à m’opposer à elle. Nous ne voyions pas du tout les choses de la même façon et ça me blessait. J’étais au bord des larmes. J’avais presque peur d’agir comme un enfant et de me mettre à taper du pied pour qu’elle accède à mes désirs.. Mais elle a détourné le regard, fixant je ne sais quoi.

« Tu ne comprends pas que j'ai peur ? »

Alors qu’il y a quelques minutes encore, c’était moi qu’elle ne comprenait pas, maintenant c’était moi qui ne la comprenais pas. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi elle avait peur. Pourtant j’arrivais à comprendre qu’elle ait peur. C’était assez compliqué.

-Si. Je comprends….

Pas vraiment en réalité, mais je n’avais pas le choix. Il fallait que j’essaye de la comprendre. Je suis resté silencieux. Réfléchissant à tous les arguments qu’elle m’avait donnés pour refuser, pour trouver de quoi les contrer et réussir à la faire plier. Elle ne voulait pas laisser les autres….Elle tenait à certaines personnes. J’étais alors prêt à lui proposer de me dire de qui elle n’aimerait pas être séparée pour leur proposer de nous rejoindre. Moi, j’aurais aimé amener Lilly, parce que je ne voulais pas la laisser ici. Elle était chère à mon cœur… Mais je savais que l’affection de Katarina allait à d’autres personnes que je ne trouvais plus digne de cette affection qu’elle leur portait.

Je concevais sans doute qu’elle ne veuille pas partir tout de suite parce que Lena était encore bien trop petite. C’est vrai qu’elle n’avait que deux mois à peine, et que le « voyage » que je lui proposais durerait cinq longues journées à marcher pendant prés de dix heures. C’était sans doute là le meilleur argument possible. Parce que je tenais à ma fille comme à la prunelle de mes yeux.

J’ai fini par m’affaisser un peu plus en soupirant. Maintenant, en pensant à Lena, je comprenais sa peur. Mais je n’arrivais pas à faire taire la peur la plus grande que j’avais. Cette peur dépassait tout.

-J’ai peur aussi Katarina. Mais j’ai peur d’être ici.

Cette peur me dévorait littéralement de l’intérieur. Il n’y avait pas une seule seconde où je ne pensais pas aux dangers potentiels que nous encourrions en restant ici. Avant je me sentais en sécurité ici. Toutes les issues étaient gardées et pourtant cela n’avait pas empêché Alan et cet autre fou de s’introduire ici. Qui m’assurait que nous étions encore en sécurité. Aaron avait beau m’avoir dit qu’ils avaient renforcé la sécurité, cela ne suffisait pas à m’apaiser.

Mes poings se sont serrés, et mes nerfs ont commencé à lâcher. J’aurais aimé pouvoir être maître des choses, mais je sentais que je perdais pied. Je venais de lui dire que j’avais peur, et je n’arrivais pas à passer à autre chose ou à contrer ses arguments en lui disant tout ce que j’avais en tête.

-J’ai peur qu’on t’arrache à moi une seconde fois. J’ai peur à chaque seconde que quelqu’un s’introduise ici et t’enlève à nouveau. J’ai peur à chaque instant de redevenir aussi fou que je l’ai été quand j’ai compris que tu avais disparu. Je ne veux plus revivre ça Katarina, plus jamais !

J’avais sifflé ces mots comme un serpent le ferait. J’avais mal. Cela ne faisait plus aucun doute. Et je devais avouer au fond qu’elle avait raison. Lui dire tout ça me soulageait. J’avais l’impression qu’elle état arrivée à son but initial : me faire parler. Et maintenant que je lui disais ce que j’avais vécu, un résumé c’est certain, je sentais mes défenses s’affaisser peu à peu. Je sentais mes yeux me piquer. Je me sentais devenir complètement fou. J’avais envie de crier à m’en briser la voix. Je me suis levé d’un bond et j’ai arpenté la chambre de long en large pendant deux ou trois minutes. J’avais besoin de me calmer, et de me ressaisir. Je ne voulais pas pleurer devant elle. J’avais sans doute tort….Mais c’était ainsi.

Je me suis alors mis à repenser aux contre-arguments qu’elle m’avait donnés, et j’étais prêt à plaider ma cause. Si Katarina était têtue, je l’étais tout autant. Je me suis précipité vers elle, m’agenouillant à ses pieds, et lui prenant les mains peut-être un trop brusquement.

-Et si… Et si on ne partait pas seuls Katarina ? Tu accepterais qu’on parte ?

J’abattais encore une carte. Je n’abandonnai pas l’idée de quitter cet endroit où je ne me sentais pas en sécurité et où je ne voulais pas que ma fille grandisse. Bien sûr, je savais qu’elle voudrait sans doute demander à des gens que je considérais comme des traitres de nous rejoindre, mais je ne m’y opposerais pas. Tout ce que je voulais c’était partir d’ici, peu importent les conditions. Je voulais une vie meilleure, je n’aspirais qu’à cela.

-Tu accepterais mon amour ? Pour moi ? Pour nous ?
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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Lun 6 Sep - 18:47

Le moins que l'on puisse dire, c'est que je ne m'étais pas attendue à cela. Pendant tellement de temps, Ethan avait voulu me garder en sécurité ici, refusant que je sorte. Et là il me demandait de... partir ? Déménager ? J'avais un peu de mal de passer d'une chose à une autre... J'étais pourtant habituée aux changements d'humeur d'Ethan, mais ce genre de changement d'idée était une première. En règle générale quand Ethan décidait quelque chose, il restait sur sa première idée. Bien sûr, je comprenait qu'il se sente bouleversé, à cause de tout ce qui était arrivé. Mais j'avais peur. J'avais besoin de retrouver mes repères. Et oui, j'avais mes repères dans la Communauté depuis maintenant deux ans. C'était ici que j'avais réappris à vivre après la guerre, ici que j'avais rencontré mes amis, ici que j'avais rencontré Ethan... Et puis il y avait Lena. Elle était si petite, si fragile... Ethan disait qu'il comprenait, mais je n'en étais pas certaine. Il avait plutôt l'air blessé par ma réaction. Assurément il ne s'attendait pas à ce que je lui dise non... Il avait l'air emballé par l'idée, lui. Certainement parce qu'il voyait les choses d'un autre oeil, parce qu'il avait déjà été sur les lieux. Moi tout ce que je voyais c'était qu'on voulait me déraciner une fois encore. Pour le moment c'était plus que je ne pouvais en supporter. Je ne voulais pas. Non, je ne voulais pas. Je n'allais pas contre sa volonté pour le faire souffrir. Parce que je savais très bien qu'il ne chercherait pas à m'imposer ce choix contre ma volonté. Il ne m'avait jamais rien imposé... Mais je ne voulais pas qu'il souffre de mon « choix ». Pourtant je ne voulais pas y aller... Pas encore, pas maintenant. Mais qu'est-ce que je pouvais faire ? Pour le moment j'étais limite terrorisée à l'idée de m'en aller. Je n'y pouvais rien...

J'ai vu Ethan s'affaisser un peu plus dans le lit en soupirant. J'étais tellement désolée... Il était terriblement déçu, je le voyais bien. Et j'étais terriblement désolée de le décevoir. Mais il était peut-être encore un peu tôt pour me demander une pareille chose. J'étais toujours sous le choc de mon enlèvement. Aller ailleurs n'était pas vraiment en numéro 1 sur la liste de mes priorités. Tout ce que je voulais c'était me remettre en douceur. J'ai soupiré et j'ai fermé les yeux. Il disait qu'il avait peur, mais peur de rester ici. Comment lui faire comprendre que pour moi, cet endroit représentait la sécurité ? Les choses étaient différentes pour lui parce que la communauté représentait l'endroit qui ne m'avait pas protégée... Ce n'était pas faux, mais c'était aussi le seul endroit qui représentait un semblant de refuge pour moi. Je n'imaginais pas tout recommencer ailleurs... Et puis qu'est-ce que cela représentait, ailleurs ? La ville d'à côté ? La rue d'à côté ? L'ailleurs n'était pas forcément près d'ici. Et si Ethan avait mis quelques jours pour faire le chemin qu'en serait-il avec moi et Lena ? Je n'avais certainement pas sa force et sa résistance physique et puis voyager avec un bébé imposait de nombreuses pauses et... Il voulait que nous partions tous les trois ? À mes yeux c'était de la folie... Certainement parce que c'en était. J'étais complètement perdue, je ne savais pas quoi penser.

Je voyais bien qu'il perdait « patience » en quelque sorte. Certainement parce qu'il venait de me céder alors qu'il essayait de ne rien me dire depuis un moment. Le connaissant, il avait certainement honte d'avoir peur. Et je sentais peu à peu qu'il perdait le contrôle de lui-même. J'ai eu un sursaut quand il a repris la parole, sur un ton beaucoup moins calme et beaucoup moins tendre qu'auparavant. J'étais maintenant sûre et certaine qu'il avait eu peur, et qu'il avait toujours peur. J'ai eu envie de le prendre dans mes bras pour le rassurer, mais je n'ai pas osé, comme si quelque chose m'en empêchait. Comme si j'avais compris qu'il était en quelque sorte en train de se mettre en colère. Je détestais le voir comme ça. Surtout quand j'étais malgré moi la source de son énervement. Je me suis écartée de lui par réflexe quand il a repoussé les couvertures avant de sortir du lit et de se mettre à arpenter la chambre de long en large. La situation aurait été autre, peut-être me serais-je surprise à admirer sa plastique étant donné qu'il était complètement nu. Mais je contentais de garder les yeux baissés, comme si j'étais honteuse. J'ai eu un sursaut quand il s'est agenouillé près de moi et qu'il m'a pris les mains, un peu brusquement je dois l'avouer. J'ai l'ai dévisagé un moment. Je ne savais plus quoi dire. Est-ce que j'accepterais de partir si nous ne partions pas seuls ?

« Je... Je suppose que oui... »

En réalité je ne savais pas trop. Je ne voulais pas qu'il croit que je ne voulais pas partir parce que j'avais peur de me retrouver seule avec lui. Ce n'était pas ça du tout. C'était tout ce que je voulais, être avec lui. Mais est-ce que ce semblant de vie normale ne me rassurait pas, au fond ? Est-ce que je n'avais pas aussi besoin de mes amis ? Je m'étais beaucoup attachée à certaines personnes ici, même si je n'éprouvais pour aucune l'attachement que j'avais pour Ethan. Néanmoins j'avais peur, oui. Certainement avais-je peur de devoir tout recommencer. J'avais beaucoup de mal à m'imaginer vivre dans une jolie maison, avec un joli jardin... Je repensai alors à une conversation que j'avais eue avec Ethan à ce sujet il y a très longtemps. Sur le ton de la plaisanterie, j'avais évoqué la « vie idéale » : une grande maison, un jardin, un chien... La vie dont j'aurais rêvé si nous nous étions rencontrés avant cette maudite guerre. J'avais du mal à visualiser la scène. Beaucoup de mal. Mais... Pour Lena, c'était peut-être ce qu'il y avait de mieux. J'avais envie de m'allonger dans l'herbe avec ma fille, envie de sentir la chaleur du soleil sur ma peau, envie de m'asseoir pour regarder la neige tomber... Comme avant. Avant... J'avais peut-être envie que l'avant se transforme en après. J'ai caressé la joue d'Ethan du dos de la main, avant de caresser ses cheveux doucement.

« Je veux bien... m'en aller, mais seulement si tu me promets que nous ne partirons pas seuls. Ce n'est pas que je ne veux pas être seule avec toi... C'est juste que... J'ai peur de devoir tout recommencer, tu comprends ? Je sais que tu ne me comprends pas forcément... Tout ce que je te demande c'est un tout petit peu de temps, Ethan. Laisse moi guérir, et laisse Lena grandir un tout petit peu. S'il te plait. »

J'ai posé ma main sur son épaule, avant de me pencher en avant pour me serrer contre lui. J'ai posé ma tête au creux de son cou et j'ai passé un bras autour de son cou, et l'autre autour de sa taille. Je tremblais légèrement, sous le coup de l'émotion. Une fois encore je venais d'accepter de tout recommencer... Pour lui, pour nous. La première fois où j'avais tout recommencé, j'avais accepté librement de venir aux USA, pour faire mes études. Je n'avais que dix-huit ans, et pourtant j'avais fait preuve de plus de témérité qu'aujourd'hui. Aujourd'hui j'avais peur, oui... Je suis restée complètement silencieuse pendant plusieurs minutes. La peau d'Ethan me paraissait presque brulante alors que la mienne semblait froide.

« Est-ce que... est-ce que c'est loin ? Je n'ai pas envie d'aller loin. J'ai peur d'aller loin. Enfin... J'ai peur de sortir d'ici, Ethan. Terriblement peur. »

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MessageSujet: Re: A revolution has begun today for me inside ( Pv Katarina ) - 18 !   Mar 7 Sep - 19:48

Je n’avais plus que ça pour qu’elle accepte de partir, ou au moins d’y songer sans refuser catégoriquement. Je savais pourtant qu’elle voudrait que plusieurs personnes nous accompagnent si elle disait oui. Des personnes en qui je n’arrivais plus à faire confiance ou avec qui je me sentais un parfait étranger maintenant. Mais si cela pouvait nous mettre à l’abri hors des rues de New York, j’étais prêt à faire ce sacrifice. Mes yeux n’auraient pas pu être plus suppliants. Elle avait plongé ses yeux dans les miens. Et je voyais bien que ma proposition la laissait sans voix. Elle réfléchissait sans doute. Mais je n’arrivais pas à savoir si j’avais des chances de gagner. Non pas que ce soit un jeu, mais j’avais besoin qu’elle soit de mon côté. Elle a fini par fermer les yeux un instant avant de me donner sa réponse. Une réponse qui était attendue comme le messie.

« Je... Je suppose que oui... »

Elle acceptait ! Elle acceptait ! Bien sûr maintenant que je lui avais proposé de ne pas partir seule pour qu’elle accepte, je devrais tenir mes promesses. Je pourrais, maintenant qu’elle avait dit oui, ne pas tenir cette promesse et faire en sorte que nous partions tous les quatre (j’incluais Lilly parce que je ne voulais pas la laisser seule ici). Mais je refusais de mentir à ma femme, et de ne pas tenir mes promesses. Je l’avais fait par le passé, en pensant la protéger et cela nous avait amené à un désastre total. Heureusement que nous nous aimions d’un amour infini, parce que tout ce que nous avions traversés aurait sans doute fait volé en éclats plus d’un couple.

Sa main est venue tendrement caresser ma joue et je me suis laissé faire. J’avais peur de paraitre trop victorieux et qu’elle ne change d’avis. Alors je lui ai juste souri quand sa main a quitté ma joue pour caresser mes cheveux. J’ai penché la tête sur le côté et j’ai fermé les yeux pour profiter de ses caresses.

« Je veux bien... m'en aller, mais seulement si tu me promets que nous ne partirons pas seuls. Ce n'est pas que je ne veux pas être seule avec toi... C'est juste que... J'ai peur de devoir tout recommencer, tu comprends ? Je sais que tu ne me comprends pas forcément... Tout ce que je te demande c'est un tout petit peu de temps, Ethan. Laisse moi guérir, et laisse Lena grandir un tout petit peu. S'il te plait. »

Sa main s’est immédiatement posée sur mon épaule et elle a avancé vers moi. Elle voulait que je la prenne dans mes bras. Je l’ai fait pendant qu’elle s’accrochait à moi. Je l’ai un peu plus serré parce que je la sentais trembler légèrement. Nous sommes restés comme ça pendant de longues minutes. Je réfléchissais à tout ce qu’elle venait de me dire. Elle avait peur que j’aie pu penser qu’elle ne voulait pas se retrouver seule avec moi alors que je n’y avais même pas pensé. J’avais pensé à plein de choses mais pas à cela. Et puis elle acceptait c’est tout ce qui comptait. Bien sûr, elle posait ses conditions, mais elles n’étaient pas insurmontables. Bien sur j’aurais préféré partir maintenant, mais elle avait raison. Il fallait avant tout départ qu’elle se rétablisse. Que Lena grandisse un peu plus aussi oui, oui.

Elle m’a sorti de ma torpeur et mon silence en me posant une nouvelle question.

« Est-ce que... est-ce que c'est loin ? Je n'ai pas envie d'aller loin. J'ai peur d'aller loin. Enfin... J'ai peur de sortir d'ici, Ethan. Terriblement peur. »

Elle me regardait avec ses beaux yeux gris bleus et j’avais envie d’elle subitement. J’étais un idiot. Elle avait besoin que je la rassure, et moi…moi j’avais envie de lui faire l’amour. J’étais vraiment qu’un homme de base. J’aurais aimé être à sa hauteur ; mais je n’y arrivais pas. J’ai passé une main dans ses cheveux en essayant de lui sourire le plus amoureusement possible.

-D’accord, j’attendrais un peu…..

Après tout, tant que nous finissions par quitter cet endroit, je pouvais bien attendre. Je préférais attendre un ou deux mois plutôt que de devoir oublier cette obsession. Et puis, avec un peu de chance, elle reviendrait sur ses exigences. Et surtout cela me laisserait le temps d’organiser les choses. C’était tout de même une sacrée chose…… Et même si mes relations actuelles avec Alexander avaient souffert de l’adultère de Gabrielle, il pouvait m’aider. Et je savais, sans le lui demander, qui elle voulait voir partir avec nous. Et Aaron et Alexander y faisaient partie sans nul doute.

Je me suis levée pour aller m’asseoir sur le lit et la prendre dans mes bras.

-Je ferai tout ce que tu veux si tu me promets qu’on va quitter cet endroit. Je devrais en parler à Alexander et Aaron de toute façon. Alors je verrais avec eux. Même si….à part Lilly et Mathilda…

Inutile d’en dire plus, elle avait sans doute compris à quoi je faisais allusion. Mon affection n’allait plus à beaucoup de personnes. Mais je respecterais ma promesse. Parce que je ne voulais pas la décevoir. Elle me regardait et il m’a fallu de lire dans ses yeux. Elle croyait que je refusais de lui dire la vérité, et que j’éludais la question. Elle voulait que je réponde à sa question….. Elle se demandait si l’endroit que j’avais repéré était loin…. Je ne pouvais pas lui mentir. De toute façon elle s’en rendrait compte, et elle m’en voudrait encore plus si elle s’apercevait que je lui avais caché la vérité.

-Ce n’est pas si loin non. Quarante kilomètres environ.
Je n’avais pas vraiment compté quand j’y étais allé. Mais quand j’étais rentré, je m’étais procuré une carte et comme je savais comment la petite ville de banlieue s’appelait, j’avais fait mes calculs. Bien sûr, quarante kilomètres quand vous avez une voiture, ça parait bien peu, mais là il s’agissait de faire le trajet à pied. Je savais que certains avaient encore des voitures en état de fonctionnement mais l’or noir était devenu presque introuvable….Et comme son nom l’indiquait, il se vendait à prix d’or. Pourtant, je voulais conserver mon optimisme. J’avais besoin de cet optimisme, de cette lueur d’espoir.

-Ca va aller mon amour, ça va aller. Fais-moi confiance, repose-toi sur moi mon amour ! Je ne te mettrais jamais en danger.
Je l’ai attirée à moi et je l’ai bercée. Pour finalement lui glisser à l’oreille, une proposition :

-Tu veux dormir un peu avant que Lena ne se réveille ?
Avant que je ne relève sa tête, j’ai senti sa respiration calme et apaisée soulever sa poitrine régulièrement. Elle dormait déjà….
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