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 I love the way it hurts { CASSANDRE }

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MessageSujet: I love the way it hurts { CASSANDRE }   Ven 17 Sep - 15:33






En fin de compte, je crois que les gens ont besoin d'avoir un salaud sur qui taper autour d'eux. Je veux dire, c'est toujours plus pratique d'avoir quelqu'un sur qui taper pour passer ses nerfs. Et depuis que j'avais... hum... « changé », je n'étais plus vraiment le punching-ball idéal. Oh mais attention, ne vous faites pas d'idées. J'étais et je resterai un sale type. Il ne faut pas croire que j'allais devenir un petit ange gentil avec tout le monde du jour au lendemain. J'étais peut-être un peu moins insupportable, mais je n'en restais pas moins un abruti bête et méchant. Néanmoins il y avait certaines personnes qui avaient trouvé grâce à mes yeux. Ethan par exemple... J'arrivais de moins en moins à être désagréable avec lui. Il faut dire que ces derniers temps nous avions partagé pas mal de choses tous les deux. Et puis depuis que je m'étais appliqué à le rassurer dans la réserve, j'avais réalisé que j'avais vraiment été dégueulasse avec lui, pour ne pas dire carrément con. J'avais laissé la jalousie me ronger... Je n'arrivais plus à lui en vouloir. Je rendais les armes. Il était un adversaire trop fort pour moi. Malgré mes sentiments pour sa femme ( je ne savais toujours pas s'il s'agissait d'amour ou d'attirance tout simplement ), j'avais fini par comprendre que Katarina serait mille fois plus heureuse avec lui qu'avec moi. De toute façon je n'étais pas fait pour rendre une fille heureuse... Non, l'amour n'était pas fait pour moi. Définitivement pas. Et d'un côté, cela m'arrangeait bien. Pas d'attache, pas de problèmes... Pas t'attache... Personne ne tenait à moi et je ne tenais à personne. Cette situation me convenait parfaitement. Du moins j'essayais de m'en persuader. De toute façon, à quelle autre genre de vie pouvais-je prétendre ?

J'avais – encore – passé la journée dans les réserves à faire des inventaires. L'inventaire alimentaire pour Aaron, l'inventaire des fournitures pour Ethan, l'inventaire médical pour Mathilda... Bref, je m'étais rendu utile sans pour autant devoir côtoyer du monde. Je m'étais rendu compte avec le temps que j'appréciais la solitude. Quand j'étais seul, je n'avais pas à prétendre être quelqu'un d'autre. Je pouvais, un peu, me laisser aller. Oh attention, je ne me laissais pas vraiment aller de la même façon qu'Ethan. J'étais carrément incapable de pleurer. C'était comme si je n'avais jamais appris, comme si je ne savais pas comment faire. Je préférais vider une bouteille plutôt que de pleurer... C'était con, c'était très con. J'allais finir par devenir complètement alcoolique à force de boire pour noyer ma peine. De toute façon l'alcool ne me faisait aucun effet... Cela... m'occupait. C'était tout. Autant que de passer du temps avec une fille... Encore que cela faisait un bon moment que je n'avais pas attiré une pauvre demoiselle dans mes filets. Je n'en ressentais pas le besoin. Allez savoir pourquoi, je ne ressentais plus ni le besoin, ni l'envie d'avoir une fille différente dans mon lit chaque soir. Cela ne me dérangeait plus outre mesure de rester seul, comme si c'était préférable. Je crois que j'avais reçu comme un électrochoc après la mort de Stella. Je ne l'avais jamais aimée, je l'appréciais à peine... Et pourtant, quelque part j'avais été peiné de sa disparition. En quelque sorte, j'avais réalisé que la vie était fragile, et qu'il était peut-être temps que je cesse de jouer avec la mienne.

Mais pour en faire quoi ?

J'avais quitté le sous sol et j'avais apporté mes précieuses petites à nos leaders. Le temps de faire ça, il était déjà dix-neuf heures trente, l'heure d'aller manger tout ensemble comme une belle et grande famille... Tu parles d'une hypocrisie. La plupart des gens n'arrivaient pas à se supporter. Évidemment, j'étais en retard, alors quand je suis entré les conversations ont cessé et tout le monde s'est tourné vers moi. J'ai soupiré avant de lever les yeux au ciel.

« QUOI ? »

Il y a eu un blanc et puis mine de rien tout le monde est retourné à son petit bavardage. J'ai secoué la tête avant de chercher une place. J'avais le choix entre être coincé entre Aaron et une demoiselle non identifiée – enfin si mais passons, et Katarina et Mathilda. Super. En soupirant je me suis dirigé vers Aaron. J'ai enjambé le banc et je me suis laissé retomber à côté de lui lourdement. Je n'avais pas faim. Mais qu'est-ce que je foutais là ? Je jetai un bref coup d'œil à la fille et lui souris, histoire ne ne pas paraître trop rustre, avant de me détourner. Ah oui, merveilleux. Je n'avais pas réalisé que Katarina serait pile poil dans mon champ de vision. Je soupirai. Heureusement, ni elle ni Ethan ne m'avaient vu. Ils étaient trop occupés avec leur bébé. Mignonne la petite, d'ailleurs. Encore que je n'avais pas vraiment eu l'occasion de la voir de près. Je voyais sa mère lui sourire, lui faire des grimaces. J'ai souri, mais mon sourire était triste. Ce n'est pas parce que je m'étais avoué vaincu que je n'en éprouvais pas de l'amertume.

« - Arrête de la regarder, tu vas la faire fondre.
- Très drôle Aaron.
- Oh allez, fais pas cette tête... Si tu tiens tant que ça à la regarder, fais le au moins plus discrètement. Je ne tiens pas à vous séparer Ethan et toi. »

J'eus un petit rire.

« - Tu n'es pas au courant ? Depuis qu'il y a de l'eau dans le gaz avec Alex, nous sommes devenus les meilleurs amis du monde !
- C'était moins bizarre quand il te collait son poing dans la figure. »

A croire que tout le monde aimait quand je me faisais maltraiter ! Je haussai les épaules. Personnellement j'aimais autant quand on ne me cognait pas dessus. Mais peu importe. Je mangeai rapidement et silencieusement, avant de quitter la table un peu brusquement avant tout le monde. Je suis allé à l'infirmerie, comme Mathilda me l'avait demandé, pour changer mon pansement. Étrangement, elle aussi était moins désagréable avec moi. Mais tandis qu'elle s'occupait de mon épaule nous sommes restés silencieux tous les deux. J'ai néanmoins été soulagé quand elle m'a dit que je n'étais plus obligé de garder le bras en écharpe, du moment que je ne faisais pas de mouvements brusques. J'ai acquiescé et je l'ai remerciée, avant de retourner à ma chambre. J'ai attendu vingt et une heure, le temps que les salles et les couloirs se vident, avant de retourner au salon, une bouteille et un verre à la main... Encore. Je me suis laissé tomber sur un fauteuil et j'ai posé mes pieds sur la table basse, avant de me servir un verre. Whisky. Pur. De toute façon, ça ou autre chose... J'ai posé la bouteille sur la table et je suis resté à contempler le fond de mon verre un moment, jusqu'à ce que j'entende la porte du salon grincer. J'ai levé les yeux au ciel. C'était définitivement impossible de déprimer tranquillement dans cet endroit.
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MessageSujet: Re: I love the way it hurts { CASSANDRE }   Ven 17 Sep - 18:55

J’aidais depuis prés d’une semaine Isaac à s’occuper des enfants. Il me l’avait demandé après la fuite de Gabrielle. Il ne s’en sortait pas. Alors bien sur j’avais accepté. Parce que j’aimais les enfants. Et j’aimais leur apprendre des choses. Après tout, c’était ce métier là que je voulais faire. Et puis, Isaac était avec moi, alors je savais que je ne ferais pas de bêtises. Et puis j’aimais passer du temps avec lui. J’aimais son calme et son savoir. Et puis c’était plus facile avec lui, parce qu’il me connaissait comme mon propre père.

Les enfants étaient relativement calmes aujourd’hui. Contrairement aux jours précédents. Et nous en avions profité pour improviser des ateliers créatifs toute l’après midi, pendant que les plus petits dormaient dans la piéce à côté. Je n’avais jamais été très douée pour le dessin, alors bien sûr certains enfants s’étaient moqués de moi. Mais l’ambiance était bonne enfant, et ça me faisait du bien. Ca me faisait un peu oublier la mine triste de Riley depuis quelques jours.

Je n’aimais pas le voir comme ça. Et c’est peut être ça qui me redonnait un peu de courage pour oser l’aborder. Isaac m’encourageait jour après jour, mais je ne savais pas comment faire. Je n’avais jamais abordé u n garçon. Surtout que Riley avait tout de même dix ans de plus que moi. Ce n’était pas un adolescent, il avait de l’expérience avec les femmes. Beaucoup trop à mon grand dam. Mais je savais qu’il se cachait sous ses airs d’eternel séducteur. Au fond, je savais qu’il se faisait plus de mal à lui –même qu’il n’en faisait aux autres.

J’aimais l’observer à la dérobée. Parfois, je le voyais sourire quand il voyait certains enfants. Et même s’il feignait de ne pas aimer aider les autres, je percevais l’empressement avec lequel il proposait son aide. J’étais même étonnée que personne n’ait su lire en lui. C’était dommage. Il ne méritait pas ça. Et je ne disais pas ça parce que j’étais éperdument amoureuse de lui non. Quoique….ça devait sans doute peser dans la balance, j’avoue.

Je n’avais finalement pas vu la journée passer, et l’heure du dîner était vite arrivée. J’avais espéré le voir ce soir. J’avais sans cesse besoin de le voir. Oui j’étais ridicule de l’aimer en silence, et de ne pas chercher à le conquérir. Mais je ne savais pas comment faire, et surtout je ne voulais pas être une de ses conquêtes. Je voulais qu’il me voit mieux qu’ne simple fille de passage dans son lit.

Je me suis assise à côté d’Isaac et prés d’Aaron qui m’a souri en me désignant une place à côté de lui. Et nous avons un peu parlé de choses et d’autres avant que nous entendions la voix de Riley, peu amène s’élever dans la salle à manger. Je me suis mordue la lèvre en voyant qu’il avait l’air de mauvaise humeur. J’ai bien vu qu’il cherchait une place, et quand je l’ai vu regarder la place à côté de moi, j’ai prié en silence pour qu’il vienne s’asseoir à côté de moi. Le ciel a du m’entendre puisqu’il est venu. J’avais un peu baissé les yeux, quand j’ai vu qu’il me souriait. Je ne pouvais pas m’empêcher de rougir. Ca m’énervait cette facilité avec laquelle je m’empourprais…. Mais il n’a rien vu. Contrairement à Isaac qui a posé sa main sur la mienne en me la serrant. C’était sa façon de me dire « ça va aller ma puce ». Alors j’ai relevé la tête et j’ai essayé de faire taire mon cœur.

Mon cœur battait la chamade dans ma poitrine d’être si prés de Riley. Il me frôlait et j’ai senti à plusieurs reprises des frissons me parcourir la nuque. S’il savait à quel point j’aurais aimé qu’il me regarde. Il me regardait oui, mais il ne me voyait pas. Pas comme une jeune femme en tout cas. Alors j’ai rongé mon frein. J’ai entendu sa conversation à voix basse avec Aaron, et j’ai éprouvé malgré moi de la jalousie. Aaron lui reprochait de dévorer Katarina des yeux, alors qu’elle était entourée de sa fille et de son mari.

Quelle idiote je faisais ! Je ne faisais pas le poids face a elle. Moi je me trouvais gauche et trop timide. Rien à avoir avec le genre de filles que Riley appréciait. Malgré moi, j’écoutais leur conversation. Ce n’était pourtant pas dans mes habitudes, et je n’aimais pas non plus ce genre de comportement. Mais c’était plus fort que moi. Et puis ils étaient juste à côté demoi, je ne pouvais pas ne pas entendre, même si je l’avais voulu. Aaron reprochait à Riley de regarder Katarina avec insistance, et celui-ci se moquait d’Aaron. Aaron a suggéré qu’il le fasse plus discrètement et Riley a souri en rétorquant que ses relations avec Ethan avaient changées. Et la conversation a tourné court.

Moi je tentais de me raisonner. Mais je ne pensais qu’à son sourire. Il m’avait souri. Et mon cœur ne cessait de cogner. Je revoyais ce sourire. Un sourire franc. Et pourtant malgré tout, je savais qu’il avait du le faire machinalement, mais je m’accrochais à son sourire. Alors que je cherchais le courage en moi pour aborder Riley depuis une semaine, ce simple petit sourire m’était apparu comme un signe.

Il fallait que j’essaye. Juste essayer. Qu’est ce que j’avais à perdre ? La face ? Pfff…..Ma dignité ? Mouais d’accord ? De toute façon, je savais que ce n’était pas une passade. Je l’aimais en silence depuis plus d’un an, ce n’était pas une passade.

Quand le diner s’est achevé, je me suis dérobé pour la première fois depuis que j’étais là. D’habitude, j’étais la première à aider à débarrasser et à faire la vaisselle. Mais j’avais mieux à faire. J’étais décidée ! C’était ce soir que j’allais aborder Riley ! Alors je l’ai suivi.

Discrètement bien sûr !!! Je ne suis pas si stupide. J’ai fait mine de parler avec Amy dans le couloir, la retenant maladroitement pendant que Riley était à l’infirmerie. Et quand il est repassé devant nous, je l’ai suivi discrètement des yeux et quand il s’est un peu éloigné, j’ai souhaité une bonne nuit à Amy prétextant une envie d’aller chercher un livre. Je suis retournée dans ma chambre, la porte ouverte, pour guetter Riley que j’avais vu regagner sa chambre. J’attendais que les couloirs soient déserts pour aller le voir et trouver un prétexte de l’aborder. Les couloirs se sont vidés. Le calme et le silence sont apparus, et j’ai attendu encore un peu. Jusqu’a ce que je le voie passer devant ma chambre. Et J’ai fait un truc carrément dingue, je l’ai pris en filature.

Je débloquais certainement, mais il fallait que je le fasse. Sous peine de devenir dingue. Et pourquoi je n’aurais pas ma chance ? « Parce que tu ne l’intéresses pas Cassandre ». Je le savais..Mais c’était plus fort que moi. Il fallait que j’essaye au moins. Et au pire, nous pourrions être amis non ? Cela me suffirait…

J’ai attendu une minute ou deux après lui, et je suis allée dans le salon. J’avais beau chercher un prétexte pour l’aborder. Je n’en trouvais pas un qui tienne la route. Alors j’ai pris une profonde inspiration et je me suis dit que j’allais improviser. J’ai ouvert la porte le plus délicatement possible, plus pour ne pas attirer l’attention des autres qu’autre chose. Et je l’ai refermé bien vite.

J’ai feint la surprise quand nos regards se sont croisés. Et je lui ai souri. Mon sourire devait être tout sauf naturel, mais j’étais gênée. Jamais je ne pensais avoir l’audace de draguer un garçon. Et je ne savais pas comment j’allais m’y prendre.

-Bonsoir Riley.

Vite Cassandre ! Improvise ! Dis quelque chose ! Il va te prendre pour une imbécile.

-Je peux m’asseoir ?

On avait vu mieux mais bon….Je me suis rendue compte que je tenais toujours le livre que j’avais prétexté vouloir aller lire pour écourter ma conversation avec Amy, et je l’ai montré à Riley.

-Je suis venue lire.

Sans blague ? Non mais vraiment…si après ça j’espérais qu’il me remarque…je me fourrais le doigt dans l’œil.
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MessageSujet: Re: I love the way it hurts { CASSANDRE }   Ven 17 Sep - 20:17

Moi qui voulais être seul, c'était encore raté. Comme à chaque fois. J'aurais aimé être le seul à braver le couvre feu d'Alexander. Eh ben non... De toute façon, pour ce qu'il servait à quelque chose ce couvre feu ! Personne ne vérifiait jamais rien. Encore qu'Alex aurait pu décider de vérifier, rien que pour nous casser les pieds. Il était encore plus casse pieds qu'Ethan en ce moment. Rien que parce que sa chère Gabrielle avait décidé de foutre le camp... Et on prenait pour lui ! Mais qu'est-ce qu'on pouvait y faire, franchement ? Eh bien pas grand chose. En ce qui me concernait c'était très simple. Si elle revenait tant mieux, si elle ne revenait pas tant pis. Je n'avais jamais été très proche de Gabrielle et de toute façon elle avait perdu sa valeur à mes yeux en trompant son mari. Venant d'un type comme moi cela pouvait paraître insensé. Mais c'était comme ça, je ne supportais plus vraiment l'adultère depuis que ce dernier m'avait empoisonné la vie. Enfin peu importe, ce n'était pas mes affaires après tout. Ce qui pouvait leur arrivait ne me concernait en aucun cas. Du moment qu'Alexander ne pétait pas les plombs du moins. Je n'avais pas l'intention de passer ramasser les morceaux après lui. Je lui avais sauvé la vie deux fois, il ne fallait pas trop m'en demander non plus. Le rôle du super héros n'était pas fait pour moi. J'étais un piètre super héros de toute façon. Arrêter une balle avec son épaule, ce n'est pas forcément héroïque, et encore moins malin...

Avec un air profondément agacé je levai les yeux vers la personne qui venait déranger ma réflexion. Si c'était un garçon, je l'enverrais voir ailleurs, purement et simplement. Si c'était une fille... Je tenterais de faire un effort. Sauf si c'était une fille casse pied. Et dieu sait que cette espèce n'était pas en voie d'extinction dans la communauté... Hélas. Enfin, tant pis. Je quittai mon verre des yeux pour les poser sur... Oh mais tiens, je l'avais vue y'a pas si longtemps que ça cette demoiselle. Je m'étais assis à côté d'elle pendant le repas. Mais elle n'avait pas dit le moindre mot. Moi non plus d'ailleurs. Il faut dire que j'avais du mal à me concentrer sur d'autres filles quand Katarina était dans le coin. Le souvenir de Meredith l'accompagnait en permanence. Sans compter mes restes de jalousie. Du coup j'étais complètement passé à côté de... comment est-ce qu'elle s'appelait déjà ? Ah oui, Cassandre. Si je ne me souvenais pas de son prénom, c'était que je n'avais jamais couché avec elle. Elle était plutôt mignonne, avec son petit air innocent. Mais elle était un petit peu trop jeune. Elle avait quoi ? Dix-huit, dix-neuf ans ? Et moi j'allais avoir... Non pas moyen, je me suiciderai avant d'avoir trente ans. Vingt-neuf ans c'était très bien. Après, ça commençait à faire...

Elle parut surprise de me voir. Elle me sourit et par réflexe je lui souris en retour – réflexe de tombeur, à n'en pas douter. Je lui rendis son salut d'un petit signe de tête. Je n'avais pas très envie de lui faire la conversation, du moins pas pour le moment. Enfin, je fus bien obligé de lui répondre quand elle me demanda si elle pouvait s'asseoir. Je haussai les épaules avant d'avoir un petit rire.

« Je ne suis pas Alexander, je ne peux pas t'interdire de t'asseoir si tu en as envie. »

Et puis si elle voulait lire... C'était une activité silencieuse, non ? Par pure délicatesse je retirai mes pieds de la table. Pas très classe en effet, mais ce n'était pas comme si j'étais le seul à faire comme si j'étais chez moi. Quoique... En y réfléchissant bien, j'étais chez moi. Au même titre que le cent dix-huit autres personnes qui vivaient ici... C'était presque étonnant qu'ils restent tous terrés dans leurs chambres en soirée. Faut dire que la plupart d'entre eux avaient des familles, des amis... Ce qui n'était pas vraiment mon cas. À moi le rôle du garçon ténébreux et solitaire... C'était fatiguant d'avoir cette étiquette à la con collée sur le front. Je secouai la tête, avant de vider mon verre d'un trait et de le reposer un peu brusquement sur la table. Je jetai un bref coup d'oeil à Cassandre, avant d'avoir un petit rire, légèrement... moqueur ?

« Il est tard, tu ne devrais pas être couchée à cette heure ci ? »

Je m'attendais à entendre le fameux « oh ça va j'ai plus dix ans ! ». Avec un léger soupir je retombai en arrière sur le fauteuil. J'eus une grimace, mon épaule me lançant douloureusement. J'aurais peut-être dû demander à Mathilda un anti-douleur. Mais vu nos stocks, j'avais préféré évité de faire l'égoïste. Résultat, je souffrais en silence, comme un abruti. Enfin, j'imagine que ce serait déjà nettement moins douloureux après quelques verres. Quel merveilleux placebo que l'alcool... Je ne pus m'empêcher de fixer Cassandre pendant qu'elle faisait mine de se plonger dans sa lecture ( non mais elle me prenait pour un type tombé de la dernière pluie ? ). Elle était plutôt agréable à regarder en fin de compte, pas mal du tout. Je me souvins alors que c'était Aaron qui l'avait ramenée.

« C'est la grande mode de ramener des adolescentes en détresse... Je devrais peut-être essayer. »

Je penchai légèrement la tête sur le côté, toujours en la fixant. Je remarquai alors un détail... intéressant. J'eus envie d'éclater de rire, mais je me retins.

« Je pense que ta lecture serait nettement plus aisée si tu remettais ton livre à l'endroit, ma petite Cassandre. »
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MessageSujet: Re: I love the way it hurts { CASSANDRE }   Ven 17 Sep - 21:41

J’avais senti mon cœur fondre comme neige au soleil quand il m’avait souri en retour. J’aimais son sourire, j’aimais voir sa lèvre supérieure se plisser très légèrement et une esquisse de fossette se dessiner du côté droit. J’espérais qu’il me sourit encore comme ça pendant des heures. Parce que j’avais l’impression qu’il me voyait enfin. Je me sentais enfin exister à ses yeux, et aussi idiot et mièvre que cela puisse paraitre, ça me faisait plaisir. Mais j’ai essayé de me retenir, et de prendre un air un peu détaché en m’asseyant à côté de lui alors qu’il me disait ne pas pouvoir m’interdire de m’asseoir si j’en avais envie, puisqu’il n’était pas Alexander. J’avoue que j’étais encore trop grisée par son sourire pour réfléchir au sens de sa remarque. J’ai opté pour une distance raisonnable entre lui et moi.

Au dîner , j’avais été si prés de lui que j’aurais pu retenir ma respiration pour imprimer en moi son parfum à tout jamais. Je m’en voulais de ressembler à toutes ces jeunes filles qui attendent leur prince charmant sur leur magnifique cheval blanc, je n’étais pourtant pas ce genre de filles. Non, je ne l’étais pas. Mais devant Riley, j’avais l’impression de passer pour ce genre de fille là. Il m’impressionnait. Il avait une espèce de force tranquille, et de froideur apparente qui n’était pas lui. Et au-delà de l’attirance que j’avais pour lui, c’était le mystère qui émanait de lui qui me plaisait aussi. Enfin...il y avait tant de raisons pour que je puisse affirmer que j’étais amoureuse de Riley Evans.

Et il y aurait eu tant de raisons qui auraient du me pousser à essayer de faire cesser cette obsession pour le beau brun ténébreux. Parce qu’il avait une réputation horrible avec les filles, et avec les gens en général. Mais je me fichais de sa réputation.

Je suis restée pendant deux minutes à triturer mon livre sans savoir quoi en faire. Jusqu’à ce qu’il me sorte un peu de la torpeur dans laquelle je m’étais enfermée. Il m’a observé en émettant un petit rire ironique. Sans doute destiné à me faire décamper, ou à me déstabiliser. Mais j’ai serré les dents, et j’ai relevé la tête de façon sans doute un peu hautaine. Je voulais qu’il voie que ses moqueries ne m’atteignaient pas. Je voulais qu’il voit que je n’étais pas comme toutes ces autres filles qui lui tournaient autour. Je voulais faire la différence tout simplement.

« Il est tard, tu ne devrais pas être couchée à cette heure ci ? »

Je m’attendais plus ou moins à une remarque de ce type. Il attendait sans doute que je prenne la mouche, ou que je fonde en larmes. Ou alors que je réagisse comme une adolescente typique. Oui c’était ce à quoi il s’attendait assurément. Il voulait me blesser. Et même si je l’étais un peu, je ne voulais pas qu’il s’en rende compte…J’ai encore plus serré la mâchoire en l’ignorant et j’ai serré mon livre en l’ouvrant. J’ai feint de chercher ma page en ignorant Riley. Mais la vérité c’est que j’espérais une trêve de sa part. D’une manière ou d’une autre. J’essayais qu’il ouvre une brèche pour que je puisse m’y engouffrer et espérer toucher son cœur.

J’ai replié mes jambes sous moi en prenant une position confortable destinée à faire illusion. Et j’ai encore ignoré sa petite remarque. Finalement il était insultant. Mais je savais pourquoi il faisait ça. Il voulait rester seul sans doute. Et c’était une manière de s’assurer qu’il allait blesser la personne qui se trouvait avec lui, et que cette même personne allait partir tellement elle était vexée… Mais maintenant que j’avais pris mon courage à deux mains, et que je passais du temps avec lui, peu importe de la façon que ce soit, je ne voulais pas reculer. Ce pas énorme contre ma timidité, il fallait que je le rende valide.

« C'est la grande mode de ramener des adolescentes en détresse... Je devrais peut-être essayer. »

Je l’ai encore ignoré alors que j’avais envie de lui crier qu’il ne me faisait pas mal. En réalité si. Il me blessait. Mais je savais qu’il se faisait plus de mal qu’il n’en faisait aux autres. Et s’il réagissait comme cela, c’est qu’il souffrait. Et je n’allais pas réagir comme le faisaient toujours les autres. J’allais lui prouver que moi aussi j’avais du caractère, et qu’il pouvait compter sur moi. J’allais lui prouver que je n’étais pas une fille superficielle et stupide. Et peut être qu’avec un peu de chance, et surtout du temps, il tomberait amoureux de moi…Peut être….

J’essayais de ne pas prouver que j’avais senti qu’il me regardait. Je faisais semblant de lire, et je tournais les pages. Même si je l’avais voulu, jamais je n’aurai pu lire alors que je le sentais à côté de moi. Je ne pouvais pas me concentrer, parce que j’aurais aimé qu’il me prenne dans ses bras. J’aurais aimé qu’il me regarde comme il avait regardé Katarina…. Je sentais son regard sur moi, et ca ne faisait qu’accroitre mon malaise et ma timidité.

« Je pense que ta lecture serait nettement plus aisée si tu remettais ton livre à l'endroit, ma petite Cassandre. »

J’aurais pu être flattée qu’il m’appelle par mon prénom sans l’écorcher et avec ce petit accent français absolument adorable. Oui j’aurais pu... Seulement il venait tout simplement de se moquer ouvertement de moi. Et cette fois –ci c’est comme si je lui avais tendu le bâton pour me battre. Voilà que j’avais sans doute ruiné toutes mes chances de passer pour une fille qui n’était pas comme toutes les autres. Je m’en voulais terriblement. Et je suis resté silencieuse pendant une bonne minute. Je n’avais qu’une envie à ce moment précis : disparaitre six pieds sous terre et ne jamais réapparaitre. Mais j’avais plus de dignité que cela. Même si j’avoue que je serais bien partie en courant tellement je venais de montrer à quel point j’étais stupide et pitoyable.

J’ai pris une profonde inspiration et je me suis jeté à l’eau. Dans le grand bain cette fois-ci. Après tout, après cette scène honteuse, qu’est ce que je risquais de pire. Qu’il m’évite ? Qu’il en parle autour de lui pour se moquer davantage ? Pour moi, de toute façon la situation ne pouvait pas être pire alors autant trouver une parade. J’ai tourné la tête vers lui, et j’ai fait la moue en souriant avant d’éclater de rire. Finalement, ca m’aidait aussi à dédramatiser la situation et ca n’était pas plus mal.

-Oh…merci… J’avoue que j’avais la tête ailleurs.

Et j’ai retourné le livre. A l’endroit cette fois ci, avant de prendre le marque page à la dernière page, et de le mettre n’importe où. Bien sûr certains font une corne aux pages, mais j’ai toujours détesté cela. C’est comme un sacrilège pour moi. J’ai toujours pris soin de mes livres, et je n’ai jamais griffonné dessus, ou quoi que ce soit. Je préfère prendre un petit carnet, et noter des choses. Mais bon je ne vais pas me lancer dans ma passion première. Puisque la preuve étant que ce soir, on voit qu’elle a été supplantée par un jeune homme fort séduisant.

J’aurais pu à ce moment lui dire qu’il me troublait, et m’impressionnait. Mais je refusais de l’attirer de cette manière. Et je ne voulais pas l’attirer de toute façon. Je voulais qu’il apprenne à me connaitre et qu’il m’aime. Mais pour ce que j’étais au fond. Pas pour des apparences ou des vulgaires histoires de coucheries. Je voulais lui redonner le sourire. Je voulais le rendre heureux. Parce qu’il le méritait.

J’ai jeté un regard circulaire à la pièce avant de reposer mes yeux sur lui. Il semblait toujours me fixer. Et j’aurais pu me damner pour un seul de ses baisers à cet instant précis. Je sentais mon corps se tendre, de me trouver si prés de lui. Alors quand j’ai senti qu’il s’approchait, je n’ai pas pu m’empêcher de bondir d’un seul coup sur mes pieds. Moi qui voulais arrêter de me ridiculiser c’était raté. Maintenant après l’idiote, je devais passer pour une vierge effarouchée qui ne supporte pas qu’un homme ne l’effleure.

J’ai commencé à bafouiller, cherchant quoi lui dire. Mais c’est comme si à ce moment là, une partie de moi était incapable de feindre ce que je n’étais pas.

-Excuse-moi… Tu…tu me rends nerveuse.

Je l’ai regardé droit dans les yeux, et cette fois –ci c’était la vraie Cassandre qu’il avait en face de lui. La petite française timide et discrète. Personne d’autre. Si je voulais avoir une chance, ce n’était pas en jouant un rôle…
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MessageSujet: Re: I love the way it hurts { CASSANDRE }   Dim 19 Sep - 17:47

Mettre les gens mal à l'aise, c'était un peu comme une seconde nature chez moi. Aussi m'amusais-je de la voir piquer un fard avant d'éclater de rire, comme pour se redonner une contenance. J'eus à nouveau un petit rire moqueur. Qui croyait-elle duper ? Certainement pas moi en tout cas ! Je n'étais pas idiot. Elle n'était pas venue là par hasard, et son malaise prouvait qu'elle avait tout fait pour se retrouver dans cette pièce avec moi. Ce n'était pas de l'orgueil mal placé, mais une simple constatation. Elle était certainement venue là pour être avec moi, parce que mon côté « je me fiche de toi » avait encore fait des ravages. Le problème, c'était que je n'avais pas vraiment ignoré sciemment cette demoiselle au repas. J'avais vraiment eu la tête ailleurs. Pour de bon. Elle prétendait l'avoir eu elle aussi, mais ce n'était qu'une excuse pour ne pas dire que c'était moi qui lui faisait tourner la tête. Oh attention c'était valorisant de faire tourner la tête d'une jeune et jolie jeune fille. Mais je n'avais pas la tête à ça je me suis contenté de hausser les épaules avec un sourire.

« Tu n'es pas la première à... hum, avoir la tête ailleurs avec moi. »

Et ça, ce n'était pas un mensonge ! Je n'étais pas un abruti, je savais que j'étais loin d'être laid. Sans pour autant crier sur tous les toits que j'étais un dieu, je savais ce que je valais. Encore qu'aujourd'hui j'aurais été prêt à échanger mon adorable physique pour un intérieur moins pourri. C'était certes cliché, mais c'était la vérité. Je n'étais pas quelqu'un de bien, pas quelqu'un de fréquentable. Je faisais souffrir les gens, que je le veuille ou non. Mieux valait rester à distance de moi. Et pourtant, j'attirais les filles comme un pot de miel attire des abeilles. J'aurais pu en rire, oui. Mais au fond je ne trouvais pas cela si drôle que cela. Pas du tout même. Mais c'était comme ça depuis presque dix ans, cela ne changerait pas du jour au lendemain parce que j'avais un misérable cas de conscience. Les choses n'étaient malheureusement jamais simples. Surtout pour moi. J'étais ce que j'étais, quand bien même je supportais de moins en moins ce personnage dans lequel je m'étais enfermé. Voilà à quoi ressemblait ma vie : une prison. Non, je n'étais pas heureux, quoique puisse laisser penser les apparences. De toute façon je ne voulais pas que les gens me plaignent. C'était hors de question. Alors je continuais à faire comme si tout allait bien... Inlassablement. Comme j'étais très bon comédien, personne ne remarquait jamais rien. Du moins j'en étais persuadé. Et je l'espérais, car j'avais conscience d'avoir montré une autre facette de ma personnalité le jour de l'effondrement. Mais ce n'était certainement pas resté gravé dans les mémoires. Quel soulagement...

Une fois encore, je préférais passer pour un goujat imbécile plutôt que de laisser tomber mon masque. J'étais et je devais rester un séducteur, celui qui rend folles les femmes parce qu'elles le veulent et fous les hommes parce qu'il ils haïssent. Voilà ce que j'étais. Le mouton noir de la communauté. Chaque troupeau a le sien, de toute façon... Je me redressai sur mon fauteuil avant de me lever complètement. J'ai fait un pas vers Cassandre. Oh attention, n'allez pas croire que j'allais lui sauter dessus pour l'embrasser et ensuite lui faire l'amour sauvagement : j'avais un peu plus de classe que cela tout de même. Et puis surtout je n'avais jamais forcé quiconque à passer un moment avec moi. Et puis, cette demoiselle était bien bien venue ici de son plein gré, non ? Je ne pus m'empêcher de sursauter quand elle se releva d'un bond, serrant son bouquin contre sa poitrine. Je la dévisageai un instant, d'un air mi étonné mi amusé. Mon dieu, mais quelle réputation avais-je ? Je levai les yeux au ciel en secouant la tête. Puis je croisai mes bras sous ma poitrine, affichant un charmant petit sourire moqueur sur mon visage. Je la rendais nerveuse ? Tiens donc...

« Ne fais pas cette tête, ce n'est pas comme si j'allais te manger... »

Puis, bêtement, je la détaillai des pieds à la tête, comme si je la passais au scanner. À bien y regarder elle était tout de même jolie – voire très jolie. Elle avait un visage de poupée... et le corps qui allait avec. Maintenant que j'étais debout, je me rendais compte qu'elle n'était pas très grande. Je devais avoir une bonne tête de plus qu'elle. Mais je n'avais jamais rien eu contre les « petites » femmes. En général je les trouvais même plutôt mignonne.

«... Quoique. »

Ma façon à moi de lui dire qu'elle était agréable à regarder. Mais vu sa nervosité, je doutais qu'elle soit vraiment en état d'analyser ce que je venais de dire. On aurait dit une vierge effarouchée. Je n'étais tout de même pas si effrayant que cela ! Je n'avais jamais violé personne à ce que je sache ! Enfin, avec toutes ces rumeurs idiotes qui couraient dans la communauté... Mais si ce genre de rumeur avait circulé, elle ne serait certainement pas venue s'enfermer avec moi. À moi d'être particulièrement masochiste. Ou stupide. Ce qui n'avait pas l'air d'être son cas. Les bras toujours croisés, je me suis approché d'elle doucement.

« Quand bien même tu es à croquer, je n'ai pas l'intention de te manger, alors s'il te plait cesse de me dévisager de la sorte... »

Arrivé à sa hauteur, je posai mes deux mains sur ses épaules. Elle était complètement pétrifiée. Je souris, avant de la regarder.

« S'il te plait, n'oublie pas de respirer. La dernière fois que j'ai dû faire du bouche à bouche à quelqu'un, ça a été une catastrophe... »

Et c'était un euphémisme....
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MessageSujet: Re: I love the way it hurts { CASSANDRE }   Lun 20 Sep - 12:40

J’étais sur le point de me mordre la lèvre parce que j’étais réellement nerveuse. Reflexe incontrôlable chez moi. J’avais terriblement chaud, et je sentais mes joues s’empourprer et ma malhabileté refaire surface. Parce que maladroite je l’étais. Mais il parait que cela va de pair avec la timidité en matière générale parait il. J’aurais aimé en grandissant être un peu plus sure de moi, un peu moins gauche, mais je ne l’étais pas. Bien sûr je n’étais pas idiote, et j’espérerais ne jamais donner cette impression. Mais je n’avais jamais aimé être le centre de toutes les attentions. Cela avait du commencer quand mes maitresses s’étaient rendus comptes que je comprenais plus vite que les autres, et que je m’ennuyais un peu en classe. Les autres m’avaient regardé comme une bête curieuse à l’école primaire. Et je n’avais jamais aimé ça, jamais ! J’aurais préféré être comme les autres, même si au fond je savais que j’aimais pouvoir apprendre toujours et encore. Et ça me manquait énormément ici. Apprendre ! C’était pour ça aussi que j’aimais passer du temps avec Isaac, il m’apprenait beaucoup de choses et j’aimais parler avec lui. Peut être que finalement je pourrais finir par aider Isaac dans sa tâche si Gabrielle ne revenait pas. Oh ne croyez pas que je ne voulais pas qu’elle revienne, je voulais au contraire qu’elle revienne. Je ne savais pas ce qu’il s’était passé, mais je voyais bien Emma chercher sa maman. Mais j’aimais tellement jouer le rôle de la maîtresse. Je savais que j’étais faite pour cela. J’avais toujours voulu faire ça. Et je m’étais accrochée à ce rêve depuis que j’avais sept ans. Au début , tout le monde croyait à une lubie d’enfants. Après tout, toutes les petites filles rêvent d’être maitresse d’école ou coiffeuse quand vous leur demandez…. Mais ma vocation était bien plus profonde. Et si la guerre n’avait pas eu lieu, c’est ce que j’aurais fait de ma vie….

J’aurais aimé que Riley me sourit gentiment et me rassure. Après tout, nous étions seuls, et j’aurais pensé qu’il laisse tomber son masque. Ce n’était pas moi qui allais répéter qu’il s’était montré souriant et agréable. Je n’étais pas ce genre de filles. Egoïstement je voulais qu’avec moi il ne soit pas le jeune homme arrogant qu’il prétendait être. Egoïstement mais aussi bêtement…. Parce que je n’étais personne pour Riley. La preuve… Il m’a souri. Mais cela n’avait rien de doux, c’était même plutôt ironique. Et ce qui devait arriva, il s’est moqué de moi.

« Ne fais pas cette tête, ce n'est pas comme si j'allais te manger... »

Et pendant qu’il posait (enfin) ses yeux sur moi et que j’avais l’impression qu’il me passait sous un appareil à rayons X pour voir ce que je cachais, j’ai senti mes joues s’échauffer, et j’ai commencé à avoir très chaud. Je n’étais plus nerveuse …j’étais sur le point de défaillir. Je n’aimais pas me sentir observée comme cela. Je m’en voulais presque d’avoir pu penser que je pourrais réussir à le toucher. Il se moquait de moi, ouvertement et tout ce que j’arrivais à faire c’était de rester immobile, pâle comme un linge maintenant à le laisser se moquer de moi. Parce qu’après m’avoir détaillé des pieds à la tête, il a finir par dire qu’il me mangerait peut être. Enfin il a plutôt dit « quoique ». Mais mon cerveau était encore capable d’associer tout ça et d’en déduire qu’il me trouvait à son goût.

J’aurais pu être flattée, mais je n’y arrivais pas. J’étais bien trop secouée par le fait qu’il se moque de ma nervosité. Je me sentais comme l’agneau dans les fables de La Fontaine. Riley était le loup. Et j’avais été idiote de penser qu’il puisse être un peu plus doux avec moi puisque personne ne nous regardait et qu’il pouvait se laisser aller. Mais soit Riley était trop ancrée dans son rôle, soit….soit…soit il était vraiment comme ça. Et je ne voulais pas croire à la seconde option. Parce que je l’aimais, et que je refusais d’avoir de mauvaises pensées le concernant.

Les bras croisés il avançait vers moi, et je me sentais défaillir.au sens littéral du terme. Si je n’avais pas été si prés du mur, je me serais sans doute écroulée, mes jambes cédant sous mon poids. Je n’avais qu’une envie maintenant c’était de partir en courant, et d’arrêter de me ridiculiser encore plus que ce n’était déjà fait. Il se moquait de moi, et j’étais incapable de réagir, sentant mes yeux me piquer. J’avais envie de pleurer. Voilà, j’avais voulu me montrer telle que j’étais devant celui que j’aimais, et bien c’était gagné.

« Quand bien même tu es à croquer, je n'ai pas l'intention de te manger, alors s'il te plait cesse de me dévisager de la sorte... »

Je ne le dévisageais pas vraiment. Enfin si…parce que j’aurais aimé voir qu’il baissait sa garde, qu’il se montre tel que je le percevais au fond de son cœur : comme un homme gentil, attentionné doux. Et pas comme ce Don Juan. J’ai dégluti et ça a du l’amuser encore plus. Son sourire s’est élargi et j’ai senti mes lèvres trembloter.

« S'il te plait, n'oublie pas de respirer. La dernière fois que j'ai dû faire du bouche à bouche à quelqu'un, ça a été une catastrophe... »

Finalement il ne se moquait pas seulement de moi, il était méchant. Méchant….Et alors que j’avas envie de partir en pleurant. Alors que j’avais envie de m’enfuir pour aller pleurer dans les bras d’Isaac, je suis restée là. Et j’ai répondu à la méchanceté et l’ironie de Riley par les mêmes armes. Jamais dans ma vie je n’avais répondu à quelqu’un comme ça. Mais là c’est comme si j’avais besoin de me défendre ou de montrer que moi aussi je savais faire mal. Et quelle plus belle façon de lui faire mal qu’en tapant dans le mille ? Quelle plus belle façon de lui faire mal que de remettre en cause son charme ? Et pourtant je l’étais sous son charme….

-Ne crois pas que tu sois si irrésistible que ça !

Mon envie de pleurer et de m’enfuir s’est muée en une attitude de rejet et de sarcasme. Quiconque me connaissait, ne m’aurait jamais reconnu. Je faisais exactement la même chose que Riley alors que cela ne me ressemblait pas. Et le pire, c’est que sur le coup je n’en avais même pas conscience. Je voulais me moquer de lui comme il s’était moque de moi, de ma maladresse et de ma nervosité face à lui. Qu’étais-je en train de prouver ? que je pouvais être comme lui ? et qu’est ce que ça signifiait ? Puisque je savais que cette personne qui se trouvait devant moi et à qui je lançais des piques n’était pas vraiment Riley.

-Tout le monde n’a pas envie de tomber dans tes filets Riley !

Il était toujours devant moi, les bras croisés, et il ne cessait de me regarder. J’aurais aimé à cet instant pouvoir me cacher dans un trou de souris. Je venais de me rendre compte que j’avais fait tout le contraire de ce que je voulais faire. Je voulais me montrer à lui telle que j’étais, je voulais que ma douceur l’atteigne. Et je faisais tout le contraire. J’avais la même attitude que moi. Et je ne voulais pas devenir comme ça. Surtout pas…. Je voulais déjà qu’il cesse de jouer le séducteur et le loup avec moi. Alors jouer au même jeu, c’était une très mauvaise idée.

Quand je me suis rendue compte que je l’avais peut être blessé, j’ai porté ma main à ma bouche et je me suis vraiment décomposée. Si j’avais cru défaillir deux minutes auparavant, ce n’était rien avec ce qu’il se passait maintenant. Mes jambes flageolaient et je tremblais de toute part. Je lui avais fait du mal. J’avais fait du mal à quelqu’un. Oh non !!!

-Oh…Pardon… Pardon….Je voulais pas dire ça… Pardon…

J’espérais vraiment qu’il me pardonne.
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MessageSujet: Re: I love the way it hurts { CASSANDRE }   Lun 20 Sep - 19:26

C'était fou ça ! Il suffisait que je me lève et que je fasse un pas pour qu'elle bondisse et recule presque jusqu'au mur. Je savais que j'avais une réputation de séducteur, pas de tueur en série... Elle jouait les vierges effarouchées... Ce n'était pas la première fois que je faisais face à ce cas de figure. En règle générale les filles qui jouaient les prudes étaient celles qui ne demandaient qu'à finir entre vos bras. En général. Je ne savais pas vraiment qui était Cassandre, je pouvais tout aussi bien me tromper. Mais je me voyais mal l'effrayer, je n'avais pas eu de geste brusque ou agressif. Certes, j'avais un peu haussé la voix, mais rien de bien effrayant. Je n'étais pas du genre à agresser une femme de toute façon, pour quelque raison que ce soit. Je n'en avais jamais blessée une, du moins pas physiquement. Pourtant dieu sait combien cela peut-être difficile. Quand je m'étais séparé de Meredith, elle avait été monstrueuse. Et je n'avais même pas été capable de hausser la voix. De nous deux c'est moi qui avais été le plus blessé. C'était à se demander comment et pourquoi je n'avais pas mis fin à mes jours après cette rupture. Certainement parce que je n'étais pas assez courageux pour cela. Je n'étais pas non plus assez courageux pour me laisser aller à la tristesse... Je préférais me mettre en colère contre n'importe quoi, n'importe qui. Comme j'avais eu tort de me moquer d'Ethan... Il valait finalement mieux que moi. Lui, il avait racheté ses fautes, ses erreurs. Et moi je continuais de m'enfoncer dans un bourbier sans nom, plutôt que de laisser le vrai Riley sortir de sa prison. Le jour où je l'y avais enfermé j'avais décidé qu'il n'en sortirait plus jamais. Seulement les barreaux de sa cellule n'étaient peut-être pas aussi solides qu'ils le paraissaient. À mon plus grand désespoir. Je refusais de faiblir. Je me l'interdisais en quelque sorte. Faiblir, s'était par exemple trop s'attacher à quelqu'un, s'engager dans une relation trop sérieuse, avoir des amis...

J'étais là, à tenir Cassandre par les épaules, comme pour la retenir en cas d'évanouissement. J'avais l'impression que son visage passait par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. J'imaginais sans trop de mal son petit coeur cogner dans sa poitrine à un rythme effréné. Ce n'était qu'une adolescente – d'accord, pas tant que ça – et elle avait certainement une expérience amoureuse et sentimentale assez réduite. Encore que... Et puis savais comment m'y prendre, j'avais acquis de nombreuses techniques au cours de toutes ces années. J'étais loin d'être un ange, quand elle paraissait presque innocente. Cela aurait presque pu être grisant... Mais bizarrement, cela ne l'était pas, ne l'était plus. J'avais presque perdu tout plaisir à jouer le rôle du séducteur arrogant... Mais je le faisais encore très bien, n'ayez aucun doute là dessus. C'était ma façon à moi de me protéger. Je ne savais faire que cela de toute façon : tromper, mentir, blesser... Comme pour m'assurer que personne ne m'aime et que personne ne m'aimerait jamais. Je n'étais pas dupe, aucune de mes amantes ne m'avait jamais aimé. C'était ce que j'avais toujours voulu... Alors pourquoi étais-ce si douloureux au final ?

Je m'écartai et fronçai les sourcils, avant de recroiser les bras. Je l'ai laissé me repousser sans rien dire. J'ai serré les dents. Mais qu'est-ce qu'elle croyait ? Que j'allais me confondre en excuses ? C'était bien mal me connaître ! Ses mots n'avaient aucun effet sur moi. Et c'était bel et bien le plus triste. J'avais entendu ce genre de choses tellement de fois... « Tu n'es pas mieux qu'un autre, Riley ! », ou encore « t'es qu'un connard prétentieux ! », et j'en passe... Alors elle pouvait bien me dire ce qu'elle voulait, cela ne me touchait pas. Ou plus. Néanmoins, je ne pus m'empêcher de réagir avec un tantinet d'agressivité quand elle bredouilla des excuses. J'éclatai d'un rire moqueur.

« Bien sûr que si tu voulais le dire. C'est bien pour ça que tu l'as fait d'ailleurs. »

Je laissai mes bras retomber le long de mon corps, et sans prévenir je m'avançai vers elle, franchissant rapidement l'espace qui nous séparait. Je la fis ainsi reculer au mur, jusqu'à ce qu'elle soit coincée entre le mur et moi. Je posai mes mains à plat sur le mur, de chaque côté de sa tête, de façon à ce qu'elle ne m'échappe pas. Mon visage était presque collé au sien, et je pouvais aisément lire le trouble sur son visage. Quand je m'exprimai ma voix était calme, beaucoup trop.

« Ne crois pas me blesser en me disant ce genre de choses. Je ne suis certainement pas à ça près. Tu ne sera ni la première, ni la dernière à me dire ça. J'en ai entendu plus que tu ne peux l'imaginer. »

Et ça, ce n'était certainement pas un mensonge. J'avais tout vu, tout entendu. Et ses mots étaient presque agréables à entendre en comparaison d'avec d'autres « conversation ». J'eus un sourire, que je tentai un peu moins désagréable et ironique. Mais ce n'était certainement pas gagné... Je levai une main et l'amener lentement à caresser sa joue, très lentement, avant de la laisser glisser sur la peau de son cou. Il aurait suffit de quelques malheureux centimètres pour que ma main aille se perdre sur sa poitrine. Mais je n'étais de ce genre là. Je ne voulais surtout pas qu'elle pense que je profitais de la situation pour satisfaire mes pulsions masculines. Non pas qu'elle ne soit pas jolie. Mais je n'étais pas un goujat à ce point là et je n'avais jamais profité d'une fille sans son accord. Je ne voulais qu'une chose : qu'elle se rende compte que dans le rôle du gentil garçon je ne valais pas un clou. Je me suis alors légèrement penché en avant, pour murmurer à son oreille.

« Et pour ta gouverne, toutes celles qui ont dit ça sont revenues vers moi d'une façon ou d'une autre... »

Je sous entendais par là qu'elle pourrait très bien se retrouver dans mon lit sans même s'en être réellement rendue compte. J'eus un soupir, avant de la regarder de nouveau.

« Qu'est-ce que tu es venue chercher ici ? Si tu t'attendais à trouver un type gentil et agréable, tu t'es trompée de pièce et de personne. »
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MessageSujet: Re: I love the way it hurts { CASSANDRE }   Mar 21 Sep - 16:27

Je n’avais jamais aimé blesser les gens. Encore moins les gens que j’aimais. Et là…savoir que j’avais dit des horreurs à celui que j’aimais, et même s’il n’était pas au courant de mes sentiments pour lui, était atroce. Je ne savais pas ce qui m’avait pris. C’est comme si j’étais tellement nerveuse en face de lui que j’en devenais un autre personne. Parce que si j’avais été vraiment moi-même, jamais je ne lui aurais dit ce que je venais de lui dire. Jamais.

J’espérais qu’il accepte mes excuses. Parce que…parce que sinon j’allais me mettre à pleurer. Je le savais, je me connaissais. J’étais assez sensible. Et là, j’avais déjà senti mes yeux me piquer alors il n’en faudrait pas beaucoup plus pour que je pleure réellement. Mais il a agi avec moi comme je le voyais toujours agir avec les autres, il se moquait de moi. J’aurais tellement aimé qu’il se montre différent avec moi. Parce que moi je savais qu’il se faisait du mal en premier.

« Bien sûr que si tu voulais le dire. C'est bien pour ça que tu l'as fait d'ailleurs. »

Non !! Je ne voulais pas le blesser. C’était bien la dernière chose au monde que je voulais. Mais il ne me croyait pas. Il croyait que je voulais lui faire du mal. Il croyait que j’étais comme tous les autres, que j’allais le juger. Mais non !! J’aurais voulu protester, nier, lui montrer que je n’avais pas voulu être méchante. J’aurais aimé lui expliquer que j’étais vraiment nerveuse en sa présence. Bien sûr je ne pourrais pas lui dire que j’étais éperdument amoureuse de lui. Bien sur j’aurais pu, et ce n’était pas peur de me ridiculiser. C’était simplement parce que j’étais bien trop timide pour le faire. J’aurais vraiment voulu être un peu plus sûre de moi. Mais ma timidité me rongeait et je ne savais pas y faire face. Les années et la guerre n’avaient pas œuvrés…

Je luttais de toutes mes forces contre les larmes quand il s’est élancé vers moi. Et j’étais incapable du moindre mouvement. Parce qu’il m’hypnotisait et que je n’avais pas la force de faire deux choses en même temps. Me dérober et lutter contre les larmes en même temps m’était totalement impossible. Alors il en a profité, et j’ai reculé. Je commençais à paniquer, et dans ces moments là je savais que mes lèvres prenaient des petits plis crispés. J’ai rapidement rencontré un obstacle, posant ma main à tâtons derrière moi, pour l’écarter. Mais il m’avait acculée contre un mur. Et je ne pouvais plus reculer. Je n’ai pu que déglutir quand ses mains se sont posées de part et d’autre de mon visage et qu’il a rapproché son visage du mien.

N’importe quelle fille éperdument amoureuse d’un garçon aurait sans doute été ravi de cette situation et en aurait tiré avantage mais pas moi. Ca ne contribuait même qu’à me faire perdre mes moyens et à me donner encore davantage envie de pleurer, si c’était encore possible.

« Ne crois pas me blesser en me disant ce genre de choses. Je ne suis certainement pas à ça près. Tu ne seras ni la première, ni la dernière à me dire ça. J'en ai entendu plus que tu ne peux l'imaginer. »

Mais je ne voulais pas le blesser ! Pourquoi il ne voyait pas que je ne voulais pas le blesser ? Je ne voulais pas faire partie de ces gens qui jugent et qui disent du mal des autres. Parce que chacun est comme il est. Et quand bien même Riley était vraiment celui que décrivaient les gens ( et ce que je me refusais totalement à croire), ce n’était pas une raison pour lui jeter la pierre. J’aurais cru qu’avec toutes les difficultés, les gens finissent par s’accepter les uns les autres sans jugement ni méchanceté. Mais rien n’avait changé hélas. C’était dommage. C’était le moment idéal.

Je n’avais plus seulement envie de pleurer maintenant. J’avais peur. Il me faisait peur. Même sa caresse sur ma joue me faisait peur. Ca aurait certainement du me détendre mais ce n’était pas le cas. Bien au contraire. Je réprimai avec de plus en plus de peine des sanglots. Sa main est descendue le long de mon cou, profitant de l’ouverture de mon chemisier pour se frayer un chemin sur ma peau.. Je tremblais. J’étais sure de trembler. J’aurais aimé savoir comment me sortir de cette situation sans le repousser. Parce que je ne voulais pas être violente. Pas avec lui. Avec personne d’ailleurs. Je voulais lui dire gentiment de me laisser, mais je restais sans voix. Et il en profitait. Comme pour détruire cette image que je m’étais faite de lui. Et malgré tout mon amour pour lui, il y réussissait.

Il s’est un peu plus approché de moi et il a glissé son visage dans mon cou. J’avais terriblement peur. Si peur que j’étais prise désormais de sanglots qui faisaient enfin surface. J’ai entendu sa voix prés de mon oreille, tellement prés, tellement basse, tellement douce que j’ai senti une larme couler le long de ma joue. Son attitude me faisait peur. Mais ses mots me faisaient mal.

« Et pour ta gouverne, toutes celles qui ont dit ça sont revenues vers moi d'une façon ou d'une autre... »

Je ne savais pas pourquoi il me disait ça. Je ne voyais pas le rapport, je ne le voyais plus. Parce que j’avais peur et que je pleurais. Je sentais les larmes lentement monter et j’aurais voulu crier. Je le voyais devant moi. Mais je ne voyais qu’u visage flou.

« Qu'est-ce que tu es venue chercher ici ? Si tu t'attendais à trouver un type gentil et agréable, tu t'es trompée de pièce et de personne. »

Il ne m’en a pas fallu plus pour fondre en larmes. J’étais secouée par des sanglots. Il me faisait peur. Et je n’aimais pas le Riley que j’avais en face de moi. Parce que ce Riley là, ce n’était pas celui que j’aimais. Mais aimais-je vraiment Riley ou l’image que je m’en étais faite ? Et si je l’aimais tellement que je l’avais bonifié ? Et s’il était vraiment comme ça ? Sarcastique, méchant, cynique ?

En tout cas, c’était cette image qui s’imposait à moi à ce moment précis. Et je n’arrivais pas à la chasser. Tout comme je n’arrivais pas à le repousser. Je ne pouvais que pleurer et gémir. Ma voix était étouffée entre des sanglots, et prenait sans doute des accents de petite fille hystérique et incontrôlable. Mais, je ne savais pas quoi faire d’autre. Je m’en voulais d’avoir eu la bêtise de l’aborder comme ça. J’avais cru qu’avec moi il pourrait se libérer mais j’étais encore bien trop innocente d’avoir cru qu’il le soit. Nous ne nous connaissions pas. Et même si moi, je ne voyais que lui. Lui, il ne me voyait pas.

-S’il te plait, laisse moi !

Mais il me regardait toujours avec ce regard animal. Je n’étais qu’une proie de plus. Voilà comment il me regardait. Comme une proie. Et si j’avais été une autre, j’en aurais surement profité. J’aurais surement profité de cette promiscuité pour me jeter sur ses lèvres et lui dire que j’allais finir dans son lit. Mais je n’étais pas ce genre de filles. Bien sûr je l’aimais. Mais pas à n’importe quel prix. Bien sûr il était vraiment très mignon. Mais ce n’était pas cela que j’aimais le plus chez lui. J’aimais ce mystère, cette souffrance que j’aurais aimé apaiser.

Je ne voulais pas être une conquête juste pour une nuit. Bien sur je n’étais pas vierge, mais je n’avais fait l’amour qu’avec un seul garçon. Pas ici….avec Damian, il ne s’était jamais rien passé de ce genre. Mais j’avais donné ma virginité à Andrew par amour….et je refusais de me donner à quelqu’un sans amour. Bien sûr j’aimais Riley…. Mais je ne voulais pas d’une simple relation basée sur le sexe. Je voulais son cœur, son âme.

Mais maintenant je n’étais plus sûre de l’aimer assez fort. Ou d’aimer le vrai Riley. J’aimais peut être une chimère. Ma chimère. Parce que le Riley que j’avais en face de moi me faisait peur.

-Riley, tu me fais peur…

Et c’était peu dire. J’étais effrayée. Et les larmes qui coulaient maintenant à flots réguliers sur mes joues en attestaient. Mais il n’avait pas fait un seul geste pour accéder à ma demande. J’avais peur, et je sentais mes genoux plier. J’allais m’effondrer tellement j’avais peur. J’ai levé les yeux vers lui en le suppliant une dernière fois.

-S’il te plait…
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MessageSujet: Re: I love the way it hurts { CASSANDRE }   Mar 21 Sep - 18:54

Je n'étais pas un type bien. Je n'étais même pas sûr de l'avoir été un jour. Je n'avais absolument aucune qualité, et si j'en avais eu un jour, je m'étais trop acharné à les détruire pour qu'il en reste quelque chose. Ou du moins, je m'étais acharné tout ce temps à les cacher, comme par crainte de redevenir quelqu'un de vulnérable. C'était certainement la dernière chose que je voulais, en plus de m'attacher aux gens... C'était stupide car plein de contradictions. Je ne voulais pas m'attacher à qui que ce soit, et pourtant j'avais décidé de vivre avec une centaine de personnes. J'aurais tout aussi bien pu devenir un paria et mon souhait aurait été exaucé. Mais je ne l'avais pas fait, je n'y avais même pas pensé en réalité. Comme si j'avais peur... Oui voilà, j'avais peur. Je n'étais qu'un lâche, un imbécile. Au lieu de repartir à zéro, j'avais décidé de m'attribuer le rôle du salaud qu'on adore détester. J'avais en quelque sorte tendu le bâton pour me faire battre... Quel idiot j'étais. Incapable d'assumer ce que j'étais parce qu'en réalité j'avais trop peur de me prendre d'affection pour quelqu'un. L'amour ce n'était pas fait pour moi. Et de toute façon je n'en voulais pas... Les histoires d'amour se finissent mal en général. Tout le monde n'avait pas la chance d'être comme Katarina et Ethan. Je dirais même qu'ils étaient une exception. Je refusais l'amour et pourtant j'enviais terriblement Ethan, pour la chance qu'il avait. Il suffisait de regarder autour de soi pour remarquer qu'il avait de la chance. Rares étaient les couples qui faisaient long feu dans la communauté. Même notre leader n'avait pas su garder sa femme. Alors franchement... Je préférais rester loin de tout cela, bien protégé dans ma coquille. Le problème me direz vous, c'est qu'il est généralement très facile de briser un coquille. C'est fragile... J'étais fragile. Et le réaliser ne faisait pas forcément du bien à mon moral qui était déjà au trente-sixième dessous. J'avais l'impression d'avoir touché le fond et de continuer à creuser. À ce rythme là j'allais certainement finir par trouver du pétrole.

J'étais là, complètement perdu dans mes pensées, les yeux dans le vide, quand quelque chose m'a fait redescendre sur terre. Je n'ai pas pu m'empêcher d'ouvrir de grands yeux étonnés quand je me suis rendue compte que Cassandre... pleurait. Elle pleurait à chaudes larmes, toujours coincée entre le mur et moi. De surprise je suis resté complètement immobile, incapable de faire le moindre geste. C'était la première fois qu'une fille réagissait d'une si violente façon à mes attaques. À mon plus grand désespoir, il avait fallu que je tombe sur une fille fragile. Le pire, c'est qu'elle avait été gentille avec moi. Elle ne m'avait pas regardé de haut, elle m'avait souri... Et moi qu'est-ce que je faisais ? Je l'agressais. J'étais agressif, parce que je ne savais faire que cela. Quel connard j'étais... Pourquoi fallait-il que je sois comme ça ? J'aurais pu être agréable, discuter tranquillement avec elle... Mais c'était quelque chose que je n'avais pas fait. C'eût été comme ôter mon masque, et je m'y refusais pour le moment. Je ne savais pas trop ce que je devais faire... J'hésitais entre prendre mon courage à deux mains et faire tomber le masque, ou jouer les lâches et le souder à mon visage... C'était encore indéterminé dans mon esprit... J'étais perdu, perdu dans ma connerie.

J'ai fait une drôle de tête, j'ai grimacé, quand elle m'a demandé de la laisser tranquille. J'étais encore incapable de bouger, je la regardais comme si j'avais vu un fantôme, mon visage toujours à quelques centimètres du sien. Mais je ne souriais plus, plus du tout. Au contraire je me suis décomposé, j'ai senti le sang quitter mon visage tandis que mes lèvres se tordaient en une moue dégoutée. Je me dégoutais... Je la faisais pleurer... Alors qu'elle n'avait rien fait pour mériter ça. Je me suis senti terriblement fautif et coupable tout à coup. Chose dont je n'avais pas l'habitude, je sentais les remords m'assaillir, me tordant l'estomac et me serrant le coeur. Quand elle a dit que je lui faisais peur, je suis encore resté interdit un moment, avant de réagir finalement. J'ai laissé mes bras retomber le long de mon corps et je me suis écarté d'elle de plusieurs pas. Et je l'ai regardé, honteux de ce que j'avais fait. Je me suis passé une main dans les cheveux, comme si je ne savais pas faire.

« Oh putain de merde... »

Mais qu'est-ce que j'avais fait nom de dieu ? Pendant un court instant j'ai songé à partir en courant, mais j'y bien dû admettre que ce n'était pas une bonne idée du tout. Je ne pouvais pas rester là à rien faire, à rien dire... Elle continuait à pleurer, c'était les chutes du Niagara. Et c'était de ma faute. Je ne pouvais définitivement pas rester là à la regarder comme si un miracle allait avoir lieu. J'étais suffisamment bien placé pour savoir que les miracles n'existaient pas plus que Dieu. J'aurais aimé attendre qu'elle se calme, mais ce n'était pas le cas, j'avais l'impression que cela allait en empirant. À force de pleurer comme ça, elle allait finir par réveiller tout le monde, et la dernière chose que je voulais c'était que nous nous retrouvions dans une position embarrassante. Plus pour elle que pour moi d'ailleurs. En ce qui me concernait j'en avais vu d'autre. J'ai donc prie une profonde inspiration, avant de faire un pas vers elle, doucement, pour ne pas l'effrayer plus qu'elle ne l'était déjà.

« Excuse moi... Arrête de pleurer s'il te plait... »

En vérité je n'aimais pas la voir pleurer. Cela me rendait triste, en quelque sorte. Je ne savais pas vraiment pourquoi. J'aurais mille fois préféré qu'elle me gifle, m'insulte... Mais pas qu'elle se mette à pleure comme ça. Je me suis mordu la lèvre en m'avançant vers elle. Il fallait que je sois doux, pour ne pas l'effrayer plus qu'elle ne l'était déjà. Je me suis donc retrouvé devant elle une fois de plus. Mais cette fois j'ai fait bien attention à ne pas paraître agressif. J'ai posé ma main sur son épaule, doucement. Je ne voulais pas qu'elle se sente de nouveau agressée.

«Excuse moi. Je suis désolé. D'habitude quand je dis ça je me prends un claque.»

J'ai caressé doucement son épaule, me voulant rassurant. J'ai tenté un petit sourire d'excuse et j'ai caressé son visage en douceur, séchant ses larmes avec mon pouce. J'étais désolé, et pour une fois je ne cherchais pas à le cacher : parce que je m'en voulais sincèrement et que cela ne pouvait pas vraiment être pire. Du moins, je le croyais et je l'espérais. Voyant qu'elle ne bougeait pas vraiment, j'ai laissé mon bras glisser dans son dos et je l'ai attirée contre moi sans brusquerie. Je l'ai serrée contre mon torse avant de refermer mon autre bras autour d'elle. Elle n'était vraiment pas très grande, sa tête se retrouvait tout juste nichée contre mon épaule.

« Je suis désolé, Cassandre. Je ne voulais pas te faire pleurer. Je ne suis qu'un connard bête et méchant. Pardonne moi, je ne voulais pas. »

Je ne valais décidément pas grande chose. Ou plutôt, je ne valais rien du tout.
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MessageSujet: Re: I love the way it hurts { CASSANDRE }   Mar 21 Sep - 21:09

J’avais terriblement peur. Je n’avais pas eu si peur depuis que le véhicule dans lequel l’armée nous amenait hors de New –York pour notre sécurité avait sombré dans le Hudson River. Ce n’était même plus de la peur, mais de la panique maintenant. Je sentais que j’allais finir par me mettre à crier. Il n’avait pas bougé et me regardait fixement. Est-ce que ma voix avait été assez claire ? Ou est ce qu’il ne voulait pas me laisser parce que ça l’amusait de me voir pleurer ?

J’aurais tellement aimé ne pas avoir eu la bêtise de venir dans le salon alors que j’avais bien vu qu’il tenait une bouteille à la main quand il y était entré. Mais j’avais pensé qu’il se laisserait aller. Mais il ne me connaissait pas, alors je devais vraiment être crédule pour penser qu’il puisse se laisser aller avec moi. Il s’était isolé avec une bouteille. Et il avait bu…Alors forcément il était violent…et dangereux… Quelle idiote je faisais… Et j’en payais les conséquences.

J’allais encore le supplier une fois quand il s’est écarté. Et ma respiration qui avait commencé à se faire plus lente a laissé mon cœur battre à tout rompre. J’avais eu si peur que même si Riley ne m’avait pas étranglé, ni violenté, j’ai porté mes mains à ma gorge et que j’ai essayé de respirer correctement. Et je ne pouvais plus m’arrêter de pleurer. Je pleurais, sanglotais, et je sentais mes jambes lentement céder. Riley lui avait reculé et me regardait comme si j’étais un fantôme. Même s’il m’avait fait peur, je ne pouvais détacher mon regard de celui que j’aimais. Ou avais aimé. Ou cru aimé. Je ne savais plus très bien.

« Oh putain de merde... »

Je l’ai entendu jurer, mais j’avais l’impression qu’il était si loin. Et puis j’ai arrêté de faire attention à lui. Me concentrant égoïstement sur moi. J’aurais aimé avoir le courage et la force de m’échapper et d’aller m’enfermer dans ma chambre pour continuer à pleurer, mais j’avais l’impression d’être retenue par une force invisible. Une force invisible qui me retenait prés de Riley. Comme si j’étais devenue définitivement masochiste. Il s’était montré dur, moqueur, et menaçant et je restais là comme si j’avais aimé cela. Alors que c’était pourtant tout le contraire. Encore une part de moi voulait encore croire que Riley n’était pas celui qu’il prétendait être devant les autres. J’étais tellement focalisée sur ma propre peur que j’essayais de faire taire que je n’ai pas remarqué que Riley avait avancé à nouveau vers moi et qu’il avait pâli.

« Excuse-moi... Arrête de pleurer s'il te plait... »

Je ne pouvais pas….j’avais eu si peur. Il m’avait fait si peur. Et puis j’étais encore sous le choc. C’était la première fois que quelqu’un me faisait peur depuis que j’étais arrivé dans la communauté. Et surement de toute ma vie. Je n’avais jamais aimé la violence. Autant physique que verbale. Et même si au fond Riley ne l’avait pas été, il m’avait fait mal, il m’avait blessé. Et j’avais eu peur quand il m’avait coincé et caressé ainsi.

J’aurais pourtant aimé ne pas me montrer aussi ridicule. Après tout, certains me diraient qu’il n’avait pas été si menaçant. Mais moi j’avais l’impression qu’il avait essayé de m’arracher quelque chose. Et en réalité, il l’avait fait. Il avait écorché l’image que j’avais de lui. Et je lui en voulais terriblement. Mais je ne pouvais pas arrêter de pleurer, non je ne pouvais pas. J’étais bien trop sensible pour que la frayeur que j’avais eue s’évapore en un simple claquement de doigts.

Alors quand il a posé la main sur mon épaule, j’ai eu un sursaut. Je ne voyais toujours pas qu’il avait pâli et qu’il avait ôté son masque. J’avais peur qu’il ne recommence. J’avais tellement peur. Et cette peur dominait tout.

«Excuse-moi. Je suis désolé. D'habitude quand je dis ça je me prends un claque.»

J’avais l’impression que les mots qui étaient censés me consoler ne faisaient qu’augmenter mes sanglots. Et pourtant je ne me suis pas aperçue qu’au moment où il avait posé sa main sur son épaule et qu’il la caressait de façon protectrice et consolatrice, je me laissais aller. Je me détendais alors que j’avais l’impression d’être hyper tendue. Je ne contrôlais décidément plus rien. Et surtout pas mes pleurs. J’ai senti une pression sur ma joue, et j’ai fini par ne plus sentir mes joues mouillées. J’avais fermé les yeux, pour tenter de cesser de pleurer.

J’avais l’impression de n’être qu’une poupée de chiffon entre ses bras. Et je me suis blottie contre lui quand il m’a pris dans ses bras. J’avais envie de le fuir, et de me refugier dans ma chambre à l’abri. Et pourtant, je ne voulais au final être nulle part ailleurs que dans ses bras. J’en avais rêvé. Et même si ce n’était pas comme cela que je l’avais rêvé, j’étais bien. Il a du sentir que je ne me débattrai pas parce que j’ai senti sa main caresser mon dos tandis que l’autre se refermait sur moi. Et j’avais enfoui ma tête dans son cou, rouvrant les yeux et continuant malgré moi à pleurer.

« Je suis désolé, Cassandre. Je ne voulais pas te faire pleurer. Je ne suis qu'un connard bête et méchant. Pardonne-moi, je ne voulais pas. »

Il tombait le masque. Enfin ! Et même si au fond j’étais contente, j’avais mal pour lui. Oubliant complètement ma souffrance, ma peine, ma peur, ma frayeur. Toujours nichée dans son cou, j’avais osé à mon tour passer un bras autour de sa taille. Sans m’en rendre compte. Et il ne semblait même pas me repousser. Alors qu’il aurait pu. Je n’aimais pas du tout qu’il se dévalorise. Parce que je savais qu’il allait mal. Il avait mal à cause de moi. Quelle imbécile je faisais. J’allais commencer par lui dire que je ne lui pardonnais pas. Bien sur que je lui pardonnais. Je l’aimais c’était normal que je lui pardonne.

-D’a…d’a…d’accord…

J’avais balbutié mais il avait sans doute entendu et compris. Et puis j’ai dégluti en essayant de le regarder dans les yeux. Repensant à ce qu’il m’avait dit. Il s’était insulté. Il s’était qualifié de connard bête et méchant. Et je ne supportais pas, maintenant qu’il avait essuyé mes larmes et que j’avais réussi à ne plus ressembler à une fontaine, de voir dans ses yeux la souffrance.

-Riley…

J’étais plongé dans ses yeux. Et je le regardais. Il avait fait tomber le masque. Il n’y avait plus aucune trace d’arrogance sur ses lèvres. Et il avait l’air las, fatigué et ….malheureux. Il avait le regard lointain, et j’avais peur d’outrepasser mes droits. Mais là dans ses bras, j’avais besoin de penser qu’il allait se laisser aller. Je voulais tellement qu’il puisse être lui-même avec moi. Je ne lui demandais pas de changer. Mais juste d’être lui-même. Au moins avec moi déjà….

-Pourquoi tu veux que tout le monde te déteste ?
Même si j’aimais éperdument Riley, je n’étais pas dupe. Il n’avait pas d’amis ici. Pas de vrais amis. Et tout le monde a besoin d’amis. Surtout lui…. Et puis il s’amusait à faire tourner en bourrique les gens. Et même s’il affichait toujours un calme et une nonchalance légendaire, je savais que ce n’était qu’une façade. Et j’aurais aimé percé à jour Riley. J’aurais aimé qu’il me fasse confiance.

J’étais tellement bien dans ses bras, que j’aurais du m’écarter maintenant que j’allais « mieux ». Mais c’est comme si quelque chose m’enchainait à lui. Il restait toujours silencieux. Je devais vraiment être inconsciente parce que j’ai reposé ma tête sur son épaule. Et j’ai senti que son tee shirt était mouillé. Forcément…j’avais pleuré dans ses bras. Je m’en voulais terriblement. J’ai relevé les yeux vers lui en me mordant la lèvre inférieure et en désignant l’endroit qui était trempé des yeux.

-Oh…excuse-moi, j’ai trempé ton tee-shirt.

Innocemment, j’ai passé la main sur l’endroit même qui était trempé, et quand j’ai frotté, j’ai senti quelque chose de poisseux. Et ça n’avait rien à voir avec des larmes. Quand j’ai retiré ma main, mes doigts étaient rougis. J’ai soudain compris et j’ai presque crié.

-Mais….mais…tu saignes….
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MessageSujet: Re: I love the way it hurts { CASSANDRE }   Mer 22 Sep - 17:42

Je n'en revenais toujours pas. Comment avais-je pu tomber aussi bas ? Il fallait que j'ai sacrément dégringolé pour m'en prendre comme ça à une fille à peine sortie de l'adolescence. J'avais été carrément con, en plus d'être méchant. Pourquoi est-ce que je claquais systématiquement la porte aux nez de ceux qui voulaient juste me tendre la main ? J'étais idiot... En y repensant de plus près, plusieurs personnes m'avaient déjà tendue la main. Même Katarina... Et au lieu de me comporter correctement avec elle je m'étais comporté comme un vrai goujat. Peut-être l'avais-je indirectement précipitée dans les bras d'Ethan... Mais quelque chose me disait que je l'avais surtout fait pour ne pas la faire souffrir, parce qu'elle ne méritait certainement pas de souffrir. Elle était trop gentille pour ça... Alors peut-être que je reproduisais instinctivement le schéma avec Cassandre pour ne pas lui faire de mal. Ce qui, quelque part, était terriblement prétentieux et présomptueux de ma part. Après tout, rien ne me disait qu'elle était intéressée par moi. J'avais beau être « mignon », toutes les filles ne cherchaient pas à me séduire désespérément. Mon attitude était trop dérangeante, en général... Et là, si Cassandre avait eu la moindre petite idée derrière la tête me concernant, vu ce que je venais de lui balancer à travers la figure, son enthousiasme avait très certainement disparu. Si c'était le cas ce n'était peut-être pas plus mal... Mais je me faisais certainement des idées, une fois de plus : elle voulait juste être gentille avec moi parce que c'était dans sa nature. Elle avait l'air trop douce et trop innocente pour être intéressée par quelqu'un comme moi. Et puis il me semblait l'avoir déjà vu avec un garçon de son âge, il y a un moment de cela... Mais je n'étais sûr de rien. D'autant plus qu'elle avait certainement des amis, elle. Ce qui n'était pas vraiment mon cas.

Cela me faisait un drôle d'effet de tenir une fille dans mes bras simplement pour la consoler. Même si elle n'était pas forcément dans un très bon état, cela me faisait presque du bien... Même si je n'oubliais pas qu'elle pleurait à cause de moi, évidemment. C'eût été trop facile, un petit câlin réconfortant n'allait pas lui faire oublier les horreurs que j'avais dites, ni le regard que je lui avais lancé... Pourtant, quand je lui ai demandé de m'excuser, elle a juste dit « d'accord ». Je songeai un instant à lui demander de répéter, car cela me semblait étrange qu'elle puisse oublier d'un claquement de doigt ce que je lui avais dit. Mais si c'était bel et bien le cas, je n'allais certainement pas m'en plaindre. Je n'étais pas masochiste à ce point là. Je me suis rendu compte un peu tardivement qu'elle avait refermé ses bras autour de ma taille. C'était certainement un réflexe. Elle ne devait pas mourir d'envie de me serrer dans ses bras après ce qu'il venait de se passer. Mais je la laissai faire et me gardai bien de le lui faire remarquer. Et puis... Je trouvais ça assez agréable, en fin de compte. Et ça n'avait rien d'ambigu. Du moins pas pour le moment...

Néanmoins je restai complètement interdit, muet de stupéfaction. S'il y avait une question que je n'avais pas vu venir, c'était cella là. Pourquoi est-ce que je voulais que tout le monde me déteste ? Je l'ai dévisagée avant de grimacer. Il y avait tellement de réponses à cette question. Mais aucune que j'avais envie d'exprimer à voix haute. J'avais mes raisons de vouloir être haï de tous... Mais ces raisons ne concernaient que moi, moi et moi seul. Je n'avais pas envie d'en parler à une inconnue. Pas plus que je ne voulais en parler à quelqu'un que je connaitrais bien. Je ne considérais pas cela comme un secret. C'est juste que je n'avais pas envie d'en parler, un point c'est tout. Mais je me voyais mal lui dire de garder ses questions pour elle, ou encore que cela ne la regardait pas. Je ne souhaitais pas être plus méchant que je ne l'avais été. Je cherchais donc une échappatoire, sans vraiment en trouver une pour le moment. Et n'étant pas particulièrement délicat, je savais que si je tentais quoi que ce soit j'allais être blessant. Je n'étais pas très doué... Je savais être cruel et horripilant à souhait, mais agréable et gentil... Je ne savais pas faire. Ou pas très bien. J'ai eu un petit rire quand elle s'excusa d'avoir trempé mon tee-shirt.

« Ce n'est pas grave. Ce n'est qu'un tee-shirt. »

J'allais le laver, et voilà. Et encore ce n'était rien que des larmes, autrement dit de l'eau salée. J'eus un sourire et je secouai la tête quand elle frotta l'endroit mouillé, comme pour le sécher. Mais quand elle retira sa main... Je dus faire une drôle de tête quand je vis ses doigts rougis. Je ne comprenais pas, comme si mon cerveau ne parvenais pas à analyser cette information, jusqu'à ce que Cassandre énonce une vérité. Je saignais. J'ouvris de grands yeux et je la lâchai, avant de porter une main à mon épaule. Effectivement, je saignais. Mon épaule saignait, à l'endroit où la balle était entrée. J'ai juré bêtement entre mes dents, avant de chercher quoi faire. Sans vraiment me rendre compte de ce que je faisais, je m'écartai de Cassandre avant de retirer rapidement mon tee-shirt. La douleur traversa mon épaule et je ne pus retenir un grognement agacé. La plaie s'était légèrement rouverte, et du sang s'en échappait doucement, coulant lentement sur mon torse. Je ne pus que soupirer en plaquant mon tee-shirt sur la plaie et en appuyant dessus fortement.

« Ça m'apprendra à sauver la vie de quelqu'un... »

J'avais plus dit cela pour moi que pour elle, mais elle avait probablement entendu. Mathilda m'avait demandé de faire attention, de ne pas faire de mouvements brusques... C'était ma punition pour avoir osé malmener Cassandre. Après tout, je l'avais certainement bien mérité.

« Mathilda va m'arracher les yeux, j'étais censé faire attention... »

De nouveau, je soupirai. Il n'y avait rien ici pour désinfecter et refaire un bandage correct – et plus serré cette fois-ci. C'était ma faute, je n'avais pas à faire l'idiot... Du coup je me retrouvais bien bête, à ne pas savoir quoi faire, avec Cassandre qui me regardait avec un air de poisson rouge. Il était exclus que je retourne à l'infirmerie, Mathilda s'était très bien fait comprendre. J'aurais pu aller demander à Katarina... Mais je refusais d'aller la déranger. Elle était avec Ethan... Certainement à s'occuper de son bébé... Ou peut-être dormait-elle tout simplement. Hors de question de les gêner encore une fois. Je m'étais juré de me faire tout petit. Et je ne voulais pas qu'Ethan pense que je le faisais exprès , alors que nos relations s'arrangeaient à peine. J'eus un soupir, avant de me tourner vers Cassandre. J'étais gêné, et en plus je me sentais con.

« Excuse moi, je ne devrais pas te demander ça... Mais est-ce que tu voudrais bien aller en vitesse à l'infirmerie me chercher de quoi nettoyer tout ça ? Si Mathilda me voit elle va m'achever... S'il te plait. Je ne t'embêterai plus après ça .»
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MessageSujet: Re: I love the way it hurts { CASSANDRE }   Jeu 23 Sep - 16:16

J’avais pourtant vu des gens mourir sous mes yeux, j’avais vu des corps décharnés, des morceaux de corps. J’avais connu l’horreur, comme tout le monde ici d’ailleurs, mais j’étais toujours aussi sensible au sang. Plus jeune, j’aurais sans doute tourné de l’œil ou alors j’aurai senti des nausées lentement remontrer le long de mon estomac, mais à mon grand regret je m’étais endurcie. Bien sûr je ressentais toujours ce petit quelque chose mais ce n’était plus la même chose. Je me demandais seulement d’où venait ce sang. Je ne l’avais pas mordu, ni frappé. Alors d’où venait ce sang ? Je ne comprenais pas. Quand j’ai relevé la tête vers lui pour lui dire qu’il saignait, il n’a pas eu l’air étonné, il avait l’air même surpris. Puis il s’est détaché lentement de moi. Et même s’il ne m’avait pas repoussé brutalement, j’ai ressenti une sensation étrange me parcourir toute entière. Le manque….

En si peu de temps, c’est comme si mon corps tout entier s’était habitué à son étreinte. Et là, il me manquait. Sa chaleur me manquait. Mais j’étais sans doute bien trop inquiète par ce sang pour ressentir pleinement les choses. Et inutile de m’apitoyer sur mon sort. C’était lui qui souffrait… Et puis cette étreinte était bien au delà de ce que j’avais imaginé et espéré. Jamais je n’aurais pensé me retrouver dans ses bras. J’en avais oublié à quel point il m’avait effrayé. J’oubliais tout le reste….

Je l’ai entendu jurer après avoir vérifié qu’il saignait bien. Et je ne comprenais toujours pas. Je me sentais tellement fautive…. Il saignait….et je n’osais pas le regarder dans les yeux. J’avais peur qu’il ne m’en veuille. Pourtant j’étais persuadée de n’avoir rien fait. Enfin rien qui puisse le faire saigner. Et c’est à ce moment là qu’il a retiré son tee shirt. Et que je suis restée bouche bée devant son torse. J’aurais du avoir honte de le regarder ainsi. Avec envie. Mais Riley était très beau garçon. Et même si ce n’était pas seulement son physique que j’aimais, mais ce qu’il avait à l’intérieur et que je devinais, je ne pouvais qu’aimer ce que j’avais devant moi .Je ressemblais à toutes les filles de mon âge qui se délectent d’un beau corps, mais je ne pouvais pas faire autrement.

Et après un moment où je ne pouvais pas lâcher ses muscles parfaitement dessinés j’ai levé les yeux plus haut et j’ai vu qu’il avait le haut du torse entièrement bandé et que sur l’épaule gauche, le sang avait tout taché…. Il était blessé. Je n’avais pas si qu’il était blessé. Si j’avais su….Il devait avoir mal. Et j’étais une idiote de rester plantée là à le regarder. Visiblement appuyer dessus lui faisait mal.

« Ça m'apprendra à sauver la vie de quelqu'un... »

Sauver la vie de quelqu’un ? Il avait sauvé la vie de quelqu’un ! J’avais la preuve que Riley était un homme bien, quoiqu’en peuvent penser certains ! Mais je ne savais toujours pas ce qu’il s’était passé. Et je savais que je n’avais pas de question à poser. J’étais certes curieuse, mais j’étais bien trop timide pour lui poser des questions. Et puis il saignait. Alors….

« Mathilda va m'arracher les yeux, j'étais censé faire attention... »

C’était de ma faute. En me prenant dans ses bras, il avait du faire un mouvement qui avait ravivé la blessure. Ou alors en me blottissant dans ses bras, j’avais appuyé sur la blessure. Je ne savais plus où me cacher. J’aurais aimé être une souris pour me faufiler. Il allait m’en vouloir, il devait même déjà m’en vouloir. Je n’osais plus me manifester, trop effrayé qu’il ne me reproche d’avoir ravivé sa blessure. Je n’osais pas le regarder. Mais j’aurais tellement aimé l’aider. Ou faire quelque chose pour lui. Je sentais mes joues s’empourprer quand il a tourné la tête vers moi. Je m’attendais à des reproches, et à ce qu’il me demande de le laisser. Mais je n’aurais eu que ce que je méritais. Mais il avait l’air aussi gêné que moi. Il n’avait pas remis son masque. Ce masque qu’il affichait en permanence.

« Excuse moi, je ne devrais pas te demander ça... Mais est-ce que tu voudrais bien aller en vitesse à l'infirmerie me chercher de quoi nettoyer tout ça ? Si Mathilda me voit elle va m'achever... S'il te plait. Je ne t'embêterai plus après ça.»

Il était doux avec moi. Il m’avait parlé doucement et j’étais soulagée qu’il ne m’en veuille pas. Mais il devait avoir mal encore. Je voyais bien qu’il se retenait de grimacer à nouveau. Il ne voulait pas que j’aille chercher Mathilda, alors que c’était sans doute ce que j’aurais fait en premier lieu. Mais je ne voulais pas le contrarier. S’il ne voulait pas mettre le médecin de la communauté au courant, c’est qu’il avait ses raisons. Alors je devais lui obéir. Je n’irais pas chercher Mathilda. Il avait posé un regard doux sur moi et je n’ai pu que lui sourire. Il pensait m’embêter en me demandant un service. Jamais il ne m’embêterait pour cela. Et puis j’aimais aider les autres. Je voulais aider Riley… Pas seulement parce que je l’aimais. Mais parce qu’il avait besoin de moi.

-Tu ne m’embêtes pas Riley.

J’espérais que mon sourire l’ait convaincu. Je l’ai pris par la main et je l’ai entraîné vers le canapé. Il valait sans doute mieux qu’il reste assis et calme pour ne pas faire davantage de dégâts. J’agissais avec lui tout naturellement. Comme si j’avais fait cela toute ma vie. Et même si j’aimais être prés de lui, et que lui prendre la main avait été naturel, je n’en ressentais pas moins un effet fou. Des frissons m’avaient parcouru la nuque à l’instant même où ma main s’était blottie dans la sienne. Je l’ai invité à s’asseoir avant de déposer un baiser furtif sur sa joue. Je ne me rendais à peine compte de ce que je faisais. Je ne voulais pas qu’il pense que j’étais comme toutes ces filles, mais j’avais l’impression que ce que je faisais était naturel. Et bien sûr quand je me suis rendue compte de ce que je faisais, j’ai rougi. Et j’ai évité son regard.

-Je reviens.

Et je suis partie plus vite qu’il n’en faut pour dire « ouf ». Maintenant que j’étais loin de lui, en chemin vers l’infirmerie, je me rendais compte de ce qu’il s’était passé. Et je m’en voulais, je me fustigeais. J’avais agi comme une fille aguicheuse, et je ne voulais pas qu’il pense cela de moi. Je l’aimais oui, mais je ne voulais pas le séduire. Enfin pas comme ça. Je ne savais plus très bien ce qu’il se passait. Sans doute parce que je ne m’attendais pas à ce qu’il s’était passé ce soir quand j’avais tout fait pour me retrouver seule avec lui. J’étais même à milles lieux de me douter de ce qui allait se passer d’ailleurs.

L’infirmerie était assez loin du salon, alors il m’a fallu cinq bonnes minutes pour y arriver. J’ai frappé et j’ai entendu quelqu’un me dire d’entrer. Mathilda était toujours là. Zut…. Comment faire…. Je me suis retrouvée devant elle à ne pas savoir quoi faire ou quoi dire…. Et finalement, je lui ai demandé si cela la dérangerait de me donner un peu d’alcool à 90 degrés ainsi qu’une ou deux compresses. Elle a semblé suspicieuse, mais elle a du estimer que je n’étais pas le genre de filles qui abuse et réduit les stocks alors elle s’est affairée pendant deux minutes avant de me tendre un plateau. Elle avait imbibé quelques compresses et les avait disposées dans un petit plateau en inox qu’elle m’a tendu. J’ai bien vu qu’elle attendait que je lui dise pourquoi j’avais besoin de cela. Mais je savais que Riley ne voulait pas que je la mette au courant, alors je l’ai simplement remercié avant de prendre mes jambes à mon cou.

Je suis repartie rapidement vers le salon que j’ai refermé derrière moi. Riley était toujours assis sur le canapé. Et j’ai cru qu’il me souriait quand il m’a vue. Il avait gardé son tee shirt, qu’il tenait fermement à l’endroit même où il saignait. Je me suis assise à ses côtés en lui désignant le plateau du regard.

-J’ai pris tout ça. J’espère que ça suffira…

Inutile de lui dire que c’était Mathilda qui me l’avait préparé. Je ne voulais pas qu’il s’angoisse. Ou qu’il pense que je l’avais trahi. Et pourtant j’avais menti. J’avais menti à Mathilda pour le protéger, et je lui mentais à lui pour me protéger moi. Je n’aimais pas cela du tout…il faudrait que je finisse par lui dire. Mais pas avant de l’avoir soigné. J’ai vu qu’il commençait à retirer le tee shirt et à chercher où débutait son bandage pour retirer la bande. Mais je ne pouvais pas le laisser faire. Ce n’est jamais évident de se soigner soi même de toute façon. Et puis, c’était de ma faute si la blessure s’était rouverte alors je devais le soigner. Je lui ai pris le bandage de mes mains et j’ai retiré doucement la bande avant de la poser à côté de moi. Je l’enroulerais sur elle-même plus tard. J’ai essayé de ne pas trembler quand j’ai retiré le pansement… Je n’avais pas pensé à cela. Il faudrait que je me débrouille. Je laisserais une compresse. Après tout, ça se faisait non ?

-Laisse-moi désinfecter, ce sera plus facile pour moi.

Quand j’ai retiré délicatement le pansement, j’ai failli pousser un cri. Je ne m’attendais pas à ce genre de blessure. On lui avait tiré dessus. Je n’ai pu que déglutir avant de poser sur la table basse le pansement souillé. Et j’ai à nouveau posé mes yeux sur lui. J’essayais d’avoir un sourire rassurant. Et j’ai pris une compresse imbibée, mettant de côté une qui semblait l’être beaucoup moins.

-Ca va piquer ! Tu es prêt ?

Je ne sais pas s’il l’était, mais nous n’avions pas le choix. Je l’ai vu fermer les yeux alors j’ai désinfecté. J’ai essayé d’être le plus douce possible. Je ne savais pas très bien si je m’y prenais bien mais je faisais de mon mieux. Et toucher sa peau à nue était une expérience que jamais je n’aurai crue possible. J’ai fini par reposer la compresse sur sa plaie avant de prendre sa main pour qu’il garde la main dessus. Je n’avais pas de sparadrap hélas. ..Je n’y avais pas pensé. J’ai enroulé la bande sur elle-même et j’ai refait son bandage. J’étais douée pour les bandages, allez savoir pourquoi. Sûrement parce que cela me rappelait quand je faisais du poney et que je devais panser les poneys. J’ai fait attention de ne pas trop serrer pour qu’il n’ait pas mal, et qu’il puisse se mouvoir correctement. Mais j’ai quand même fait en sorte que mon bandage soit le plus efficace possible.
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MessageSujet: Re: I love the way it hurts { CASSANDRE }   Jeu 23 Sep - 19:42

Je ne l'embêtais pas ? Alors celle là c'était la meilleure de l'année... Je lui avais fait du mal, et maintenant que j'abusais clairement, elle me disait que je ne l'embêtais pas. Alors ça... Ce devait être une fille en or pour être aussi gentille avec moi. Et je me disais que j'étais un sacré idiot. Je regrettais mon geste, vraiment. J'avais été tellement injuste avec elle. Elle aurait eu tous les droits de m'en coller une avant de m'envoyer voir ailleurs si elle y était. Mais étonnamment elle ne l'a pas fait. Une autre l'aurait fait. Et cela aurait été normal. Je ne méritais que cela. Cassandre était trop gentille avec moi. Elle ne le faisait même pas de mauvaise grâce : elle souriait et cela n'avait même pas l'air de la déranger de me donner un coup de main. Je trouvais cela étonnant, voire miraculeux. C'était la conséquence principale quand vous êtes un enfoiré : vous ne pouvez compter que sur vous même en permanence. J'avais beau vivre au milieu de plus d'une centaine de personnes, je m'étais toujours débrouillé seul, justement à cause de mon comportement purement et simplement intolérable. Encore que cela allait un peu mieux maintenant que j'avais sauvé la vie d'Alexander et participé au sauvetage de nos blessés. Mais juste un tout petit peu. Et j'en étais assez content, même si je savais parfaitement que quelques gestes héroïques n'effaceraient pas tout ce que j'avais pu faire jusque là. Je ne me faisais pas de vaines illusions. Et je ne faisais que payer le prix de mes erreurs. Ce n'était que justice après tout. J'étais justement puni. Je n'étais pas à ça près et puis... J'avais connu bien pire. Que les gens me méprisent était moins douloureux, bien moins douloureux que ce que j'avais vécu et ressenti quand je m'étais rendu compte qu'une partie de ma vie avait été bâtie sur un mensonge, une tromperie. Ce jour là j'avais tout perdu, même la guerre ne m'avait rien fait.

J'ai été un peu surpris quand elle a pris ma libre pour m'entrainer sur le canapé, avant de me forcer en quelque sorte à m'y asseoir. Mais je me suis laissé faire, sans opposer la moindre petite résistance. Je me suis laissée retomber sur le canapé en soupirant. Pressant toujours mon tee-shirt contre mon épaule blessée. Cassandre a déposé un baiser sur ma joue avant de partir en vitesse. Cette information a mis un moment à monter jusqu'à mon cerveau. Je n'étais plus étonné, j'étais carrément choqué. Voilà qu'elle m'embrassait, comme si j'étais un ami, comme si rien ne s'était jamais passé... C'était étonnant, et agréable. Elle était tellement gentille avec moi. Et cela me réconfortait tellement de savoir que certaines personnes étaient encore capable d'altruisme et de gentillesse. Je ne connaissais qu'une autre personne comme ça, et c'était Katarina, que j'étais résolu à ne plus approcher que pour son bien. J'avais dit à Ethan que je l'aiderais à la protéger et je comptais bien le faire s'il me le demandait. J'espérais simplement qu'il avait bien compris que ce n'était pas une tentative désespérée de ma part pour lui subtiliser sa femme adorée...

Je me suis laissé retomber contre le fauteuil en soupirant et en grimaçant. J'avais toujours refusé les anti-douleurs que me proposait Mathilda, parce que je considérais que d'autres en auraient plus besoin que moi. Mais je ne le cachais pas, mon épaule était très douloureuse. Quand je m'étais pris cette balle, elle n'était pas ressortie et Mathilda avait dû la retirer. Expérience douloureuse. Et étant donné que je ne voulais rien prendre, elle m'avait ensuite recousu à vif... Expérience doublement douloureuse, mais j'avais serré les dents sans rien dire, quand bien même j'ai cru que j'allais devoir me mettre à hurler. Et là il avait suffi d'un geste trop brusque alors qu'elle venait à peine de me retirer les points... J'avais vérifié, ce n'était pas trop grave, il ne faudra pas refaire de points. Juste désinfecter et refaire un bandage plus serré cette fois-ci. Ce serait probablement compliqué de devoir le refaire par moi même, mais tant pis. Je n'avais pas l'intention d'abuser davantage de la patience de Cassandre – j'en avais déjà assez fait et assez demandé. J'ai attendu patiemment qu'elle revienne. Je sentais mes doigts devenir poisseux à cause du sang qui avait commencé à coaguler. Heureusement je n'étais pas vraiment sensible à la vision du sang, sinon je serai déjà tombé dans les pommes. Il faut dire que quand vous vous trouvez dans un avion au milieu de cadavres quand vous vous réveillez, vous avez vu pire, mille fois pire...

Je sursautai quand je vis Cassandre apparaître à côté de moi. Perdu dans mes pensées, je ne l'avais pas entendue revenir. Elle m'avait carrément ramené la moitié de l'infirmerie. Je souris et la remerciai en la gratifiant d'un grand sourire, avant d'écarter le tee-shirt de ma plaie pour voir comment m'en sortir avec cette histoire là. Je commençai à tirer sur la bande pour la défaire, quand je sentis la main de Cassandre se poser sur la mienne. Je lui jetai un regard surpris, avant de laisser retomber ma main. Je la laissai me retirer le pansement, puis la bande, sans rien dire. Jusqu'à ce qu'elle me propose de désinfecter. Je secouai légèrement la tête.

« Tu n'es pas obligée de faire ça pour moi si tu n'en as pas envie. »

Cependant elle ne répondit rien et retira mon pansement. Il me sembla voir son visage changer de couleur, avant qu'elle ne reprenne rapidement contenance. J'eus un petit rire. Évidemment que cela allait piquer. J'ai secoué la tête doucement.

« Mathilda m'a recousu à vif, je crois que je ne suis pas à un petit picotement près. »

Néanmoins je me crispai et fermai les yeux un instant tandis qu'elle désinfectait la plaie. Une fois que ce fut fait, je me détendis. Je posai ma main sur la compresse comme elle me le demandais, silencieusement. Puis elle refit mon bandage, toujours sans un mot. En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, c'était fait, et proprement. Mathilda elle même n'aurait pas fait mieux. Je suis resté immobile un moment. J'avais failli remettre mon tee-shirt, mais c'eût été idiot. Il était tout poisseux de sang, cela ne servait à rien, cela ne pourrait que tâcher mon bandage tout frais. J'irais me changer, tout simplement. Je me suis senti idiot, je ne savais pas vraiment quoi faire. Je devais déjà commencer par la remercier, c'était le minimum. Je me suis donc tourné vers elle, souriant.

« Merci. Tu n'étais vraiment pas obligée. Pas après ce que j'ai... »

J'ai eu une grimace. Pas la peine d'en dire plus, elle avait très bien compris. Mais je souris de nouveau, avant de caresser sa joue gentiment. Puis je me suis légèrement penché en avant pour embrasser sa joue doucement. Quand je me reculai pour la regarder, je remarquai qu'elle avait l'air surprise, elle me regardait avec de grands yeux ronds – et je ne devais guère être mieux.

Je ne sais pas ce qui m'a pris.

Sur le moment elle m'a paru être si vulnérable, si fragile, que je n'ai pas pu m'empêcher... Je me suis surpris moi même... Je l'ai embrassée. Sans vraiment comprendre pourquoi je le faisais. J'ai eu comme un instant d'hésitation, où j'ai posé mes lèvres simplement sur les siennes. Comme si j'avais conscience qu'elle pouvait me repousser à tout moment. Mais comme elle ne le faisait pas, je me suis enhardi... Sans aucune brusquerie, j'ai forcé la barrière la barrière de ses lèvres, jusqu'à ce que ma langue rencontre la sienne. Je crus un instant qu'elle allait me repousser, puisqu'elle ne réagissait pas. Je tentai alors d'approfondir le baiser, comme pour vérifier. Je pris une profonde et longue inspiration quand, enfin, elle répondit à mon baiser. Je ne résistai pas à l'envie de glisser une main dans son dos pour la plaquer fermement contre moi, l'autre glissant dans ses cheveux tandis que je l'embrassai comme un fou, à attendre que l'air me manque.

Elle était douce, gentille, agréable.

Ce n'était pas bien. Ce n'était pas correct. Je la désirais soudain comme je n'avais jamais désiré personne.

Le problème ? C'est que ce désir n'était pas physique. Absolument pas.
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MessageSujet: Re: I love the way it hurts { CASSANDRE }   Ven 24 Sep - 14:49

J’avais fini de soigner Riley et j’espérais vraiment m’y être prise le mieux possible. Parce que je ne voulais pas que Mathilda apprenne que la blessure de Riley s’était ravivée, et que Riley n’était pas allé la voir. Je ne voulais pas qu’elle lui en veuille, ou qu’elle apprenne que c’était ma faute. Même si….il était évident qu’elle devait se poser des questions après ma petite visite à l’infirmerie en soirée. Je n’étais jamais sortie de ma chambre si tard, respectant toujours le couvre feu imposé par Alexander. Je ne m’endormais jamais avant 23 heures, mais je restais toujours dans ma chambre à lire ou à écrire. Ou simplement à rêvasser. J’aimais me retrouver seule dans ma chambre après une journée bien chargée. Et même si j’aimais beaucoup vivre au milieu de tous ces gens, tous plus gentils les uns que les autres, j’aimais aussi ces moments de solitude où je pouvais m’évader.

Et je ne savais plus quoi faire, il était toujours torse nu et le voir comme ça me donnait des envies jusque là encore insoupçonnées. J’avais envie de le toucher, de me blottir contre lui. J’avais envie de revivre ce sentiment de bien être qui m’avait envahi quand il m’avait pris dans ses bras alors que je pleurais. Il m’avait laissé le soigner, sans rien dire. Il avait même tenu le coup quand je l’avais désinfecte. Il m’avait dit que Mathilda l’avait recousu à vif et qu’il n’était plus à cela prés. Mais j’avais bien vu qu’il s’était retenu de grimacer. Il était quand même fort. J’aurais sans doute hurlé à sa place. Mais il était resté droit et digne.

Nous étions là assis l’un à côté de l’autre, les compresses souillées dans le petit plateau que j’avais reposé sur la table basse, et je me tenais les mains jointes sur mes cuisses. Je ne savais pas quoi faire, ni quoi dire. J’aurais du aller jeter dans la poubelle ce qui m’avait servi à le soigner mais je n’osais pas bouger. J’ai eu un petit sursaut quand il s’est tourné vers moi pour me remercier.

« Merci. Tu n'étais vraiment pas obligée. Pas après ce que j'ai... »

Je ne voulais pas qu’il me remercie, il n’avait pas à le faire. Je l’avais fait parce que je savais que c’était ma faute. Et puis c’était normal que je le fasse puisqu’il était évident que je ne pouvais pas le laisser se soigner lui-même. Il n’y serait pas arrivé. Non pas que je ne l’en croie incapable. Mais personne ne pouvait se soigner soi-même voyons. Enfin moi je ne pourrais pas. Je n’étais pas aussi habile que cela. Il a compris qu’il n’avait pas besoin de s’excuser parce qu’il s’est tu. Et quand il m’a souri, je lui ai souri en retour. Un sourire sincère. Il était tellement beau quand il souriait comme ça. Il avait baissé son masque depuis tout à l’heure et j’avais l’impression qu’il ne l’avait toujours pas remis. C’était tout ce que je voulais : qu’il se laisse aller.

Alors que j’allais me relever pour jeter les déchets et faire taire cette petite voix qui me forçait à rester là et à le regarder avec tant d’envie, il a caressé ma joue. Gentiment, doucement, délicatement. Et j’ai du écarquiller les yeux de surprise. Oui j’étais surprise. Parce que j’avais ressenti une boule se former au creux de mon ventre et que ce simple petit geste m’avait fait tellement chavirer que je croyais défaillir. Il était tellement doux et adorable. C’était celui que j’avais toujours imaginé. Et il l’était avec moi. Alors que j’étais insignifiante.

Bien sûr je l’avais soigné, mais il ne devait pas se forcer à être gentil avec moi pour me remercier. Non pas que je veuille qu’il redevienne ce Riley qui s’était fait détesté. Mais je ne voulais pas le forcer à quoi que ce soit.

Le temps a du s’arrêter ou alors c’est mon cœur qui a cessé de battre, quand j’ai vu son visage s’approcher du mien. C’est sûrement mon cœur qui a du faire un arrêt. Ses lèvres se sont posées sur les miennes. Et dire que j’étais surprise était un euphémisme. J’étais complètement tétanisée. Pas que personne ne m’ait jamais embrassé avant. Mais là il s’agissait de Riley. Celui que j’aimais en secret. Celui que j’avais peur d’approcher depuis de s mois. Je devais être en train de rêver, c’était vraiment trop beau pour être vrai. Je devais me réveiller. Et pour cela il fallait que je garde les yeux grands ouverts. Sinon la chute serait des plus rudes.

J’étais immobile, tétanisé quand j’ai senti que ses lèvres boguaient sur les miennes, et que sa langue cherchait la mienne. J’allais me réveiller, j’en étais sûre. Garder les yeux ouverts ! Mais non, je les ai fermés. Et quand je les ai fermés, il m’embrassait avec plus de douceur encore, mais il approfondissait le baiser. Et quand à nouveau, sa langue a rencontré la mienne, me caressant si délicatement, ma bouche s’est soudée à la sienne. Et je me suis laissé aller. Si c’était un rêve, je comptais en profiter. Et si c’était la réalité, hé bien…. Hé bien…je m’en fichais. Je ne voulais plus penser qu’à ce doux baiser.

Et c’est ce que j’ai fait. Je me suis laissé aller. D’autant plus quand j’ai senti qu’il me caressait les cheveux tellement délicatement et qu’il m’avait attirée un peu plus à lui. Et c’est comme si plus rien n’existait à partir de ce moment là. Nous nous embrassions avec tant de fougue que cela aurait pu passer pour un baiser désespéré. Mais il était doux, attentionné. Et j’ai osé poser ma main sur ma nuque pour le garder contre moi.

Je ne voulais pas mettre fin à ce baiser, je voulais qu’il dure toujours. Mais nous n’étions qu’humains… Alors nous avons fini par manquer d’air et nos lèvres se sont peu à peu détaché les une des autres. Bien sûr, nous tentions de faire cela le plus en douceur possible. Comme si nous savions que nous allions ressentir un vide en nous quand nous ne serions plus soudés l’un à l’autre.

Et alors que j’ouvrais lentement les yeux, la vérité m’est apparue. Froide, cruelle, dure !

Je l’avais aguiché. Oh non !!! Il ne m’avait embrassé que parce que j’avais semblé vouloir le séduire. Et je ne voulais pas ! Enfin si ! Mais pas comme ça ! Je ne voulais pas qu’il ait une mauvaise image de moi. Je ne voulais pas qu’il pense que j’étais une fille qui couche avec tout le monde, ou se laisse embrasser par le premier venu. Alors je me suis écartée un peu brusquement. Et bien entendu je l’ai repoussé en rougissant et en bafouillant.

-Excuse-moi….

J’étais vraiment une idiote. Et surtout j’avais honte. Terriblement honte. Rien ne me donnait le droit de venir l’embêter alors qu’il voulait être seul. Et j’avais ravivé sa blessure. Et même si j’avais fait ce que j‘avais à faire en le soignant, ça ne me donnai pas le droit de le séduire comme ça. Il ne m’avait embrassé que parce que j’avais été séductrice.

Je m’en voulais terriblement. Quelle image de moi allait-il avoir ?

-Je...Je…je n’aurais pas du. Je…. Excuse-moi Riley.

Je m’étais levée, et j’étais rouge de honte. Je n’osais plus le regarder dans les yeux. Comme si je me l’interdisais parce que ce que j’avais fait était mal. Et c’était mal ! Je l’avais aguiché, je l’avais attiré à moi ! Et je m’étais donné en spectacle. Je ne voulais surtout pas qu’il pense que j’étais comme les autres. Parce que je ne l’étais pas. Je ne leur jetais pas la pierre, seulement j’étais timide. Et là j’avais perdu cette timidité. Je m’étais laissée aller….Parce que c’était Riley, celui que j’aimais. Mais je n’avais pas le droit.

Il fallait que je parte. Je tournais un peu sur moi –même, incapable de savoir quoi faire ou quoi dire pour qu’il me pardonne. Tout ce que je ne pouvais pas faire, c’était soutenir son regard. Je ne pouvais pas. J’étais tellement honteuse. Et je sentais que j’allais me mettre à pleurer à nouveau tellement ce sentiment m’avait envahi.

-Je devrais peut-être y aller. Te laisser…
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MessageSujet: Re: I love the way it hurts { CASSANDRE }   Ven 24 Sep - 19:56

C'était comme si je n'arrivais pas à m'arrêter.

A m'arrêter de l'embrasser. J'en avais très envie, trop envie. Je l'embrassais avec tant de fougue qu'on aurait pu croire que j'allais la dévorer toute crue. Et je ne cachais pas que j'aurais eu envie de le faire. C'était étrange. Et paradoxal. Je la désirais énormément, et ce pour plusieurs raisons : elle était gentille, douce, agréable, jolie... Simple. Je n'avais pas l'habitude. Je la désirais, oui, mais je ne voulais pas coucher avec elle. Pas vraiment. Ce n'était pas vraiment une question d'envie. Bien sûr j'aurais été fou de refuser une jolie fille comme elle. Mais je la désirais autrement, d'une façon qui m'échappait totalement... Et tandis que je l'embrassais, un signal d'alarme s'était allumé dans mon esprit. Il fallait que j'arrête... Si je continuais, je savais que les choses prendraient un tournant qui ne me plairait pas. Et tout se ferait comme cela s'était toujours fait : j'allais lui faire du mal, et elle allait souffrir. Je ne devais pas laisser cela arriver. Elle était innocente, fragile... Elle ne s'était même pas défendue quand je l'avais attaquée. Elle ne m'avait pas repoussé quand j'avais commencé à l'embrasser. J'avais senti son hésitation, et au lieu de reculer et de m'en aller, j'avais insisté. Jusqu'à ce qu'elle réponde à mes avances alors qu'elle n'en avait peut-être pas très envie. Je n'étais décidément qu'un connard. Incapable de réfréner ses pulsions...

Je la tenais fermement contre mon torse, une main dans ses cheveux tandis qu'elle glissait la sienne sur ma nuque. Pendant une seconde, je me fus heureux que nous ne soyons que dans le salon. Ailleurs... Je savais que j'aurais pu aller loi, très loin, trop loin. Là, la situation me forçait à garder un minimum de contrôle, et heureusement... Il fallut bien que nous cessions de nous embrasser à un moment ou à un autre. Nous n'étions qu'humains... Mais je n'en avais pas envie, non. Il m'a fallu un moment pour me décider à quitter ses lèvres. J'avais envie de l'embrasser de nouveau, encore et encore et encore. C'était idiot. Aucune femme ne m'avait jamais fait cet effet là. Et le pire dans tout cela c'est que j'avais du mal à penser à Cassandre comme à une femme. Elle n'avait que dix-neuf ans. Elle n'était même pas majeure ! J'avais vingt-neuf ans, elle était clairement trop jeune pour moi. Techniquement, ce que je faisais ce n'était même pas autorisé par la Loi... Et pourtant : une petite voix me criait : et pourquoi pas ? Oui, pourquoi pas ? Si elle voulait de moi, irais-je cracher dessus ? Irais-je la repousser à cause de son âge ? J'avais besoin de calme, de stabilité, de douceur, de...

Non.

Non, je n'avais pas besoin de cela, je n'en avais jamais eu besoin, et cela n'allait pas commencer parce que mon coeur et mon esprit me jouaient des tours. Je devais me mettre en tête tout de suite qu'il n'y aurait plus rien entre elle et moi. Plus RIEN. De toute façon ce mot résumait assez bien ma vie entière... Je n'ai pas cherché à la retenir quand elle m'a repoussée. J'ai froncé les sourcils quand elle s'est excusé. Est-ce que j'étais en train de rêver ? JE l'embrassai et ELLE s'excusait ? Avais-je loupé un chapitre important tandis que nous nous embrassions ? J'ai secoué la tête quand elle m'a dit qu'elle n'aurait pas dû. J'étais complètement perdu...

« Non. C'est moi. Moi qui n'aurais pas dû faire cela. Tu n'as rien à te reprocher... »

Alors que moi... Si j'avais dû faire une liste de toutes les choses que j'avais à me reprocher, elle aurait certainement été interminable et ingérable. Je l'ai regardée se relever, elle avait l'air paniquée. Je soupirai. Voilà, elle ne savait pas quoi faire... Quel imbécile. J'aurais dû faire comme tous les soirs et aller me saouler dans ma chambre comme un imbécile. Elle regrettait très certainement ce qu'il venait de se passer. Moi aussi. Amèrement... Parce que cela ne me mènerait à rien. Comme tout le reste d'ailleurs. Je commençai sérieusement à me demander ce que je faisais dans cette communauté. De toute façon personne ne voulait de moi ici. À quoi bon rester ? Je me suis levé à mon tour quand elle a dit qu'elle devrait peut être s'en aller, me laisser. Je me suis avancé vers elle et j'ai simplement posé mes bras, doucement, sans trop de brusquerie.

« Tu n'es pas obligée de t'en aller. Je regrette... Mais cela ne veut pas dire que je n'apprécie pas ta compagnie. Généralement, personne ne fait d'effort avec moi... »

Rien que pour cela, je voulais qu'elle reste. Je ne voulais pas la voir partir en courant, je savais que cela me blesserait bêtement. Peut-être que finalement je ne voulais pas être seul. J'allais lui forcer la main en la prenant dans mes bras quand la porte du salon s'est ouverte. Je suis resté complètement pétrifié, mes mains sur ses bras. J'ai dû blêmir quand je me suis rendu compte que c'était Aaron.

« Evans, tu as vingt secondes pour m'expliquer ce que tu fiches avec elle ! »

Les apparences étaient trompeuses... Mais je comprenais son trouble. J'étais seul avec Cassandre, torse nu, avec une proximité physique qui laissait penser des milliers de choses...

« Ce n'est pas ce que tu crois. »

En réalité ça l'était. Totalement.
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MessageSujet: Re: I love the way it hurts { CASSANDRE }   Lun 27 Sep - 19:08

Je ne comprenais toujours pas ce qui m’avait pris de le séduire comme ca alors que je ne voulais qu’apprendre à le connaitre. Je n’avais pas suivi Riley ce soir jusque dans le salon commun pour qu’il m’embrasse. Je l’avais suivi parce que j’avais envie qu’on apprenne à se connaitre. Bien sur je l’aimais, mais ce n’était pas une raison pour me réjouir de ce baiser. Ce n’est pas comme cela que les choses sont censées se passer dans un couple. Je voulais connaitre celui qui se cachait sous le masque, je voulais qu’il apprenne à me connaitre pour m’apprécier. Et peut être qu’au fil du temps notre relation aurait pris un autre tournant. Mais je n’avais pas voulu qu’il m’embrasse. Et pourtant j’avais apprécié son baiser. J’avais eu l’impression de rêver alors il m’avait fallu du temps pour lui rendre son baiser. Mais je ne voulais pas griller des étapes.

Et finalement il semblait être du même avis que moi. Ou alors il se rendait compte qu’il n’avait pas voulu m’embrasser parce que je ne lui plaisais pas. J’aurais aimé avoir des réponses à cette question mais j’étais bien trop bouleversée pour laisser cette question me venir en tête. Tout ce que je voulais c’était m’enfuir, tellement je me sentais honteuse. Mais je ne pouvais pas m’enfuir en claquant la porte. Cela ne se fait pas. Je devais lui demander ce qu’il voulait que je fasse. J’avais reçu une éducation avec des bonnes manières. Et ce n’était pas parce que nous vivions dans un monde dans la face avait été bouleversée par une guerre, que nous devions nous comporter comme des hommes non civilisés.

Et pourtant alors que maintenant que je lui avais dit que j’aurais du partir, et que j’aurais du le faire, je suis restée devant lui, sans trop savoir quoi faire. J’étais perdue et je n’avais pas l’habitude de ce genre de situation. Je n’avais pas beaucoup d’expérience. Certaines à mon âge avaient eu plus de petits amis qu’elles pouvaient en compter sur les doigts. Mais je n’avais eu que trois petits amis. Et ma relation la plus longue n’avait duré que trois mois.
Riley devait me trouver idiote et insipide. Il devait même se moquer de moi intérieurement et il avait raison. Pourtant quand il s’est levé, et a avancé vers moi, je suis restée toujours immobile, incapable de le laisser tranquille. Et il a été si doux quand il a posé ses mains sur mes bras.

Je me suis laissé bercer par sa voix quand il m’a dit qu’il regrettait mais qu’il ne voulait pas que je parte si je ne le voulais pas. Et finalement j’en étais à me demander ce que je voulais vraiment faire. J’avais envie de partir oui parce que j’avais honte. Mais mon cœur s’est serré quand il m’a avoué que personne ne faisait des efforts avec lui. Et j’ai eu mal pour lui. Parce qu’il ne méritait pas ça. Il n’était pas méchant. Il souffrait, et personne ne le voyait. Moi je le voyais.

J’allais lui dire qu’il n’était pas obligé d’être aussi gentil avec moi quand la porte s’est ouverte et que j’ai sursauté. Pourtant les mains de Riley étaient toujours posées sur moi. Et j’aimais ce contact. Comme si c’était naturel. Nous avons tourné la tête sans doute en totale synchronisation, la bouche grande ouverte parce que nous ne nous attendions pas à ce que quelqu’un vienne.

« Evans, tu as vingt secondes pour m'expliquer ce que tu fiches avec elle ! »

C’était Aaron. Et il avait un visage fermé, des yeux incendiaires. Mais il ne me regardait pas. C’est Riley qu’il regardait comme ça. Et je n’ai pas pu m’empêcher de trembler. Je n’aimais pas quand Aaron était comme ça. Et puis Riley ne méritait pas la façon dont Aaron lui parlait et le regardait. C’était ma faute, entièrement ma faute. C’était moi qui étais venue troubler son besoin de solitude. Riley a retiré ses mains et s’est avancé vers Aaron.

« Ce n'est pas ce que tu crois. »

Je me suis précipitée pour confirmer ce que disait Riley. J’étais sûre qu’Aaron m’écouterait moi. Il fallait qu’il me croie.

-Aaron, ce n’est pas ce que tu crois !

Mais il se fichait de ce que je disais. Il n’avait pas foncé sur Riley pour la simple et bonne raison que je m’étais avancée, me postant entre eux deux. Je ne voulais pas qu’il lui fasse du mal. Riley ne méritait pas ça. Il n’avait rien fait contre mon gré. Et il ne m’avait embrassé que parce que j’avais été trop entreprenante avec lui. Il ne m’aurait pas embrassé sinon. Après tout, je n’étais certainement pas son genre de filles. Et puis, il ne m’aurait pas embrassé alors que quelques heures avant il ne me regardait même pas. Il ne se jetait pas sur les filles comme cela. Tout ce que disaient les gens était faux. Riley aimait juste la compagnie des femmes. Il ne faisait de mal à personne. Il n’avait jamais trompé qui que ce soit. Je devais le défendre. Mais Aaron ne m’en a pas laissé le temps. Il a pris un ton dur, cassant et j’ai senti la tristesse m’envahir.

-Cassandre ! Dans ta chambre !

Il m’envoyait dans ma chambre alors que je n’avais pas réussi à lui expliquer. Et il avait l’air de ne pas vouloir que je le fasse. Il regardait au dessus de mon épaule Riley qui n’avait pas bougé, mal à l’aise. J’ai profité qu’Aaron soit occupé à fusiller celui que j’aimais du regard pour essayer de glisser des mots destinés à défendre Riley. Je ne voulais pas qu’il subisse la colère d’Aaron ou de qui que ce soit. Il était innocent ! Et il m’en voudrait très sincèrement de lui avoir causé tant de problèmes. Et j’aurais compris et accepté…

-Il n’a rien fait, je te jure il n’a rien fait.

C’était de ma faute ! Entièrement de ma faute ! Mais même si la voix d’Aaron s’est faite un peu plus douce quand il a prononcé mon prénom. Son regard lui était toujours rempli de rage. Et je ne comprenais pas qu’il puisse être comme ca. Aaron était un homme très gentil. Bien sûr, il était un peur ours. Mais c’était une façade. Tout comme Riley… Et pourtant il ne le voyait pas. J’aurais tellement aimé que les gens le voit.

-Cassandre !

J’ai fini par abandonner. Aaron ne voulait rien savoir… Enfin pas ce soir. Et ca me crevait le cœur. Parce que c’était terriblement injuste pour Riley. Mais j’allais écouter Aaron, j’allais retourner dans ma chambre. Je me suis retournée pour essayer d’adresser un sourire à Riley. Un sourire d’excuse. Mais mon sourire s’est fané. J’avais vu son regard se baisser quand j’avais vrillé le mien sur moi. Il m’en voulait. J’en avais la preuve.

Alors je suis partie. Aaron sur mes talons. Et j’avais une terrible envie de pleurer. Parce que ce n’était pas juste. Je n’en voulais pas vraiment à Aaron même si au fond je savais qu’il avait été injuste. Il voulait certainement me protéger. Il le voulait d’ailleurs. Alors que nous avions laissé Riley dans le salon, et que nous partions en direction de ma chambre à l’autre bout du couloir, il a posé sa main sur mon bras pour m’arrêter et me prendre dans ses bras.

- Cassandre, évite-le s’il te plait. Ce n’est pas un mec bien. Tu mérites mieux que ça.

Ca me crevait le cœur qu’il pense tout cela de Riley. J’aurais aimé que tout le monde se rende compte que Riley était quelqu’un de bien. Mais je ne comptais pas baisser les bras. Bien au contraire.

-Mais….

J’allais lui dire ce qu’il s’était passé pour qu’il admette que Riley n’avait rien fait et qu’il s’était trompé sur son compte. Mais encore une fois, il ne m’en a pas laissé le temps. Et il a insisté. Il ne voulait pas que je le fréquente…

-S’il te plaît…

Et comme une fille qui n’aimait pas blesser les gens, j’ai baissé les yeux en acquiesçant. J’allais faire ce qu’il me demandait. Même si je savais que nous serions confrontés un jour ou l’autre. Mais plus jamais, il ne m’adresserait la parole. Et je ne pourrais pas lui en vouloir. Après tout ce ne serait que le retour de bâtons…

Nous étions arrivés devant la porte de ma chambre. Je partageais cette chambre avec Amy depuis plus d’un an. Aaron m’a embrassé sur le front avant d’ouvrir la porte.

-Bonne nuit ma puce.

J’avais terriblement envie de pleurer, mais je ne voulais pas raconter à Amy ce qu’il s’était passé. Je ne voulais pas la réveiller. Et puis j’avais terriblement honte. Je préférais garder tout ça pour moi. Alors j’ai ravalé un sanglot en embrassant sur la joue Aaron.

-Bonne nuit Aaron.

Et je suis rentré dans ma chambre. J’avais tout gâché…
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I love the way it hurts { CASSANDRE }
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