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 Welcome to the family ! [PV Ethan, Katarina]

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MessageSujet: Welcome to the family ! [PV Ethan, Katarina]   Ven 24 Sep - 16:18

En deux ans, avec tous les renseignements que j'avais cherchés, dans tous les endroits où j'avais fouillés, je n'avais jamais entendu parler de cette... Communauté. Cela me paraissait totalement improbable, et pourtant, le fait est qu'apparemment, elle existait depuis déjà bien longtemps.

Et, bon gré mal gré, bien que m'efforçant de ne pas être trop optimiste, je ne pouvais m'empêcher de me dire que si je n'avais jamais trouvé Katarina, ce n'était pas parce qu'elle était morte, mais parce qu'elle s'était cachée dans ce refuge.

Je n'avais jamais réussi à la recontacter, impossible de retrouver un téléphone en état de marche. Et le sien s'était sans doute cassé aussi. Depuis deux ans, peu à peu, les crédits avaient disparu et les téléphones portables ne servaient plus à rien. Quant aux cabines téléphoniques, elles étaient pratiquement toutes détruites. J'aurais pu essayer de lui envoyer un mail, mais j'avais deviné tout seul comme un grand que ce n'était pas vraiment la peine d'essayer. Et j'aurais trop eu l'impression de m'adresser à un fantôme. Maintenant, l'espoir renaissait.

Je n'avais même pas eu la force de mentir aux gens m'ayant interrogés. Je m'appelle Alexeï Kuryenko, oui, je suis russe. Quand j'ai appris que New York allait être bombardé, je suis venu chercher ma fille expatriée. Je sais qu'elle a survécu aux premières bombes parce qu'elle m'a téléphoné, mais après je n'ai plus eu de nouvelles. Oui, ça fait deux ans que je la cherche. Vous ne seriez pas un peu obsédé ?

Obsédé par Katarina, par le fait de savoir si elle était en vie, oui, je l'étais. Cependant, je n'avais pas apprécié qu'ils me le demandent ainsi. Alors je m'étais contenté de marmonner un « Qu'est-ce que ça peut vous faire ? » et ils n'avaient pas insisté.

J'avais cherché une trace, quelque chose, sur leur visage, lorsque je leur avais dit qui j'étais. Voir s'ils la connaissaient. Mais ils n'avaient pas réagi, pas suffisamment pour que je sois sûr de moi. Soit je me faisais encore de faux espoirs, soit ils ne la connaissaient pas. Ou alors, ils masquaient bien leur jeu, c'était possible aussi. Ils voulaient se protéger des Hors-la-loi, les hors-la-loi menés par Armando, je le savais depuis longtemps déjà. J'aurais pu revenir vers mon ancien associé au lieu de vivre en paria pendant deux ans, mais je n'en avais pas eu envie. J'avais l'impression que la guerre l'avait rendu... Je ne savais pas. Différent. En mal. Et pour que je pense cela, il fallait de sacrées rumeurs, étant données les affaires pour lesquelles nous étions autrefois associés. Et voilà que je tombais sur cette Communauté apparue de nulle part.

Et voilà que je devais attendre un énième membre, pour un énième interrogatoire.

Je commençais à être lassé. Mais je pensais à Katarina. Mon diamant.

Enfin, le fameux Ethan je-ne-savais-plus-quoi entra dans la pièce. Sur ses vêtements sombres, malpropres, sur sa peau terne, look que nous avions tous à des degrés divers depuis les bombardements, la clé d'argent se voyait à cent kilomètres. Il n'eut pas le temps de prononcer un mot. Je me jetai sur lui, saisis la clé et arrachai la chaîne de son cou, la brisant en tirant sèchement, et je lui donnai un coup de poing en pleine mâchoire.

C'était le pendentif que j'avais offert à Katarina ! Ma Katarina ! Ma fille ! Pourquoi cet inconnu l'avait-il au cou ? Qu'avait-il fait de mon amour ? Il l'avait tuée, dépouillée, volée, je n'en savais rien, je ne savais même pas si j'avais envie de le savoir. Quand il porta sa main à sa joue, je vis mon alliance.

Mon alliance.

L'alliance qui m'avait uni pour la vie à ma femme chérie, disparue trois ans seulement après. Cette alliance, finalement, ne signifiait plus grand-chose pour moi. Je l'avais confiée à Katarina : je voulais que son mari la porte, parce que oui, je voulais que ma fille se marie, et je voulais être celui qui l'accompagnerait à l'autel. Lui confier cette bague m'avait semblé symbolique de mon désir. [Un psychologue aurait pu aussi dire que c'était une manière détournée de l'épouser et de retrouver ta femme mais passons.] Et je la retrouvais au doigt de ce... ce salopard ! Je lui saisis la main et la serrai à l'en briser.

- Qui es-tu ? demandai-je sèchement. A qui as-tu volé ces bijoux ? Ils ne t'appartiennent pas !

Mes yeux étaient devenus plus glacials que l'Arctique. De mon autre main, je serrais la petite clé qui me rentrait dans la paume. Je ne sentais même pas la douleur. Je voulais seulement savoir ce que ce type avait fait à ma fille !
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: Welcome to the family ! [PV Ethan, Katarina]   Ven 24 Sep - 20:00

Nous avions passé toute l’après midi hier ensemble Katarina, Lena et moi. Mon ange et moi nous étions émerveillés devant tous les progrès de Lena. Elle était tellement exceptionnelle. Elle s’émerveillait de moi, et nous nous émerveillons de voir ses yeux s’illuminer et de voir son sourire éclairer son visage tout entier. Et hier, elle avait commencé à rire. Vraiment à rire. Et nous avions tout fait pour qu’elle recommence et elle l’avait fait en nous regardant pour être sure qu’on faisait attention à elle. Comme si nous pouvions être accaparés par autre chose quand elle était là. Elle était notre petit trésor. Et nous voulions la protéger. Même si je savais que cela n’était pas possible, j’aurais aimé qu’elle ne grandisse jamais. Je voulais qu’elle soit toujours à moi. J’étais terriblement possessif avec ma fille. Sans doute davantage que je l’étais déjà avec ma femme. Et pourtant, je l’étais excessivement avec Katarina.

Le soir venu, nous étions quand même sortis pour aller manger avec les autres, mais j’avais fait en sorte que personne n’approche de trop prés Katarina et Lena. Et tout le monde respectait assez facilement cette barrière que je mettais entre ma famille et le reste de la communauté. Aaron, m’avait pris à part avant que je ne reparte dans notre chambre. Il m’avait dit qu’ils avaient recueilli un nouveau et à cette nouvelle j’avais grimacé. Il savait pourtant que n’y tenais pas plus que ça. Accueillir des nouveaux était un danger pour tout le monde. Surtout pour Katarina et Lena… Pourtant Aaron s’obstinait à faire ce qu’Alexander avait toujours fait. Et je ne pouvais que me taire. Aaron ne savait pas encore qui était cette personne. Il savait seulement que deux de nos gars l’avaient ramené quelques heures plus tôt et qu’il était dans la chambre réservée aux premiers jours des nouveaux arrivants. Aaron voulait que je m’en occupe, mais je lui avais dit que j’avais d’autres choses à faire. Et puis après tout, c’était toujours à lui et Alexander de s’occuper de l’interrogatoire. Moi je n’intervenais qu’à la fin. Alors qu’il arrêté de m’embêter. Ce n’était pas mon problème. Qu’il trouve quelqu’un d’autre. Il avait beau ronchonné je m’en fichais pas mal. Qu’il demande à Liam…

Et c’est comme ça que je suis repartie avec Katarina et Lena dans notre chambre. Nous avons passé une soirée entière à discuter en regardant Lena du coin de l’œil. J’avais encore insisté pour que Lena ne dorme pas dans son berceau, et Katarina avait capitulé. Lena dormirait cette nuit encore entre nous. Pour l’instant, elle dormait sur le grand oreiller, ses petits poings serrés, et un sourire aux lèvres. Elle devait faire de doux rêves, et cela me rassurait. Je ne voulais pas qu’elle devienne comme moi, à faire des cauchemars sans arrêt. Je ne voulais pas qu’elle souffre. Jamais ! J’ai câliné Katarina toue la soirée, me laissant bercer par sa voix. Et nous nous sommes endormis.

C’est Lena qui nous a réveillés le lendemain matin en pleurant. Elle avait faim. Katarina s’est donc empressée de lui donner le sein pendant que j’allais prendre ma douche. Et ce serait son tour ensuite, pendant que je donnais son bain à Lena. C’était souvent comme ça. Nous nous arrangions pour tout coordonner. Nous avions fini par trouver une organisation parfaite. Bien sûr je n’aimais pas trop que Katarina parte sans moi, mais je laissais toujours la porte ouverte, au cas où. Et je savais que certains surveillaient Katarina. Mathilda, Lilly, Riley aussi….Oui Riley surveillait ma femme, et je n’y voyais pas d’inconvénient. Les choses avaient un peu changées entre nous. Je n’avais pas oublié, mais je savais qu’il ne laisserait personne s’en prendre à Katarina alors ça m’allait.

Et puis, j’ai été interpellé alors que j’avais laissé Katarina et Lena à l’infirmerie pour quelques heures. J’allais vers les réserves, voir les dernières choses que nous avions trouvées, pour aller donner la liste à ceux qui s’occupaient de la cuisine. C’était toujours ce que je faisais au début de la journée. ! J’essayais peu à peu de retrouver mes automatismes. Et c’en était un. Aaron est venu vers moi, et je sentais qu’il avait l’air préoccupé. Il m’a à nouveau entraîné dans un endroit isolé. Et j’avoue que ce qu’il m’a dit m’a intrigué. Selon lui, le nouvel arrivant était le père de Katarina. En tout cas c’était ainsi qu’il s’était présenté : Alexei Kuryenko. Je refusais d’y croire. Pour moi, cet homme était un menteur. C’était un espion envoyé par le père de Vitali, ni plus ni moins. Le père de Katarina ne nous aurait pas trouvé, et il était sans doute mort. En tout cas pour moi il l’était….

Aaron voulait absolument que j’y aille. Alors j’ai fini par accepter, en ronchonnant. De toute façon je savais que cela irait vite. La seule chose qui m’inquiétait c’était ce qu’on allait faire de cet intrus. Hors de question qu’il reste, et pourtant si nous le relâchions, il resterait un danger…..Je l’aurais bien tué…mais Aaron ne serait jamais de mon avis. Et Alexander s’il était encore présent le serait encore moins.

J’ai ouvert la porte, la mine renfrognée. Je n’avais pas très envie de faire ça. Mais je sentais que j’allais m’nerver. Il en voudrait sans doute pas me dire la vérité. Mais quand je suis rentré dans la pièce, j’ai à peine eu le temps de refermer la porte derrière moi, en lançant un regard à Aaron, pour qu’il ferme à clé et reste devant la porte. Précaution nécessaire et vitale. Mais je ne m’étais pas préparé à ce qui allait suivre.

Quand je me suis retourné, il s’est jeté sur moi, m’arrachant mon pendentif. J’ai eu beau réagir rapidement. Il me l’avait arraché. Mon pendentif ! Celui que Katarina m’avait offert la première semaine où nous avions décidé de nous fréquenter. Et puis, aussi rapidement qu’il m’avait sauté dessus, il m’a collé un tel coup de poing que ma tête a vacillé sous le choc et que j’ai reculé par la force qu’il y avait mis.

J’ai porté la main à mon visage, autant pour tâter l’endroit où il avait cogné que pour me protéger le visage. J’avais peur qu’une nouvelle salve de violence me tombe dessus. Et j’avais raison. Je ne pouvais même pas me défendre, il ne m’en laissait pas le temps. Il m’a pris par le poignet qu’il a serré avec une telle force que ma respiration s’est coupée pendant quelques secondes.

- Qui es-tu ? A qui as-tu volé ces bijoux ? Ils ne t'appartiennent pas !

Il m’accusait d’avoir volé ces bijoux ! Il m’accusait moi d’avoir volé ces bijoux. Quels bijoux ? C’est alors que tout s’est imbriqué rapidement dans mon esprit. Il m’avait arraché la clé de Katarina dés qu’il m’avait vu et la façon dont il regardait ma main. Celle où je portais l’alliance que m’avait passé Katarina au doigt, celle qu’elle tenait de son père. Et cet accent. Et….

Oh mon Dieu, il n’avait pas menti aux gars. Cet homme était vraiment le père de Katarina !

Oh non !

Je l’ai repoussé tant bien que mal, il avait pourtant gardé le pendentif mais je devais agir vite. Je savais que Katarina devait venir chercher le nouveau (son père en l’occurrence) pour lui faire passer la visite médicale obligatoire mise en place par Alexander et Mathilda. Je ne voulais pas qu’elle vienne ici, il ne fallait pas qu’elle vienne. Je ne voulais pas qu’elle le voie. Parce que c’était sa faute si elle avait été enlevée, et parce que je voulais la préparer doucement….Bon d’accord, je ne voulais pas qu’elle le voie… Parce que j’avais peur….
J’ai collé mon poing dans la figure de son père pour le calmer parce qu’il ne me lâchait pas et je l’ai poussé sur le lit. Puis j’ai tambouriné à la porte pour qu’Aaron m’ouvre. Ce qu’il a fait rapidement. J’avais gardé ma main machinalement à l’endroit où j’avais reçu un coup de poing de choc, et je n’ai hurlé qu’une seule phrase.

-Débrouillez vous comme vous voulez, mais faites en sorte que Katarina ne vienne pas ici !

J’avais peur qu’elle vienne. Je ne voulais pas. J’avais déjà deux mots à dire à son pére…
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Welcome to the family ! [PV Ethan, Katarina]   Ven 24 Sep - 21:18

J'avais cédé. Encore. Lena avait dormi avec nous la nuit précédente. Entre nous plus précisément, sur le grand oreiller. J'avais un peu protesté, et ce pour une très bonne raison : ne pas dormir directement dans les bras d'Ethan me perturbait grandement. Certes, c'était stupide et immature. Il m'arrivait d'être un petit peu jalouse... Mais devant la petite bouille de Lena, j'avais craqué. Comment vouliez vous que je lui résiste ? Elle était si mignonne dans son petit pyjama rose, endormie comme une bienheureuse, ses petits poings serrés et ramenés contre sa poitrine. Ethan avait posé sa main sur son petit ventre et j'avais posé la mienne sur la sienne. Nous nous étions endormis de cette façon, très sereinement. C'était bien évidemment mademoiselle qui nous avait réveillés le lendemain matin. Oui, matin, elle faisait ses nuits maintenant. Mais attention, quand elle était réveillée il ne fallait pas tarder, elle avait faim. Je m'étais donc empressée de l'allaiter, tandis qu'Ethan allait prendre sa douche. Nous avions dû redoubler d'inventivité pour pouvoir faire tout ce que nous avions à faire en un temps record. Mais nous avions appris à nous débrouiller et maintenant nous nous en sortions très bien. Quelle organisation ! Une fois tout le monde prêt et Lena rassasiée, petit déjeuner. Et ensuite, chacun allait s'occuper de ses affaires... Je gardais Lena avec moi à l'infirmerie. La plupart du temps il n'y avait personne et je pouvais m'occuper d'elle comme je le voulais. Elle avait d'ailleurs beaucoup ri avec Mathilda. Vous comprenez, un gant chirurgical ça marche un peu comme un ballon et pour un bébé c'est drôle. Très drôle.

Le reste du temps j'aidais Mathilda à classer ses « dossiers » ( chacun ici avec un petit dossier médical ) et à ranger ses médicaments, tandis que Lena dormait ou jouait avec sa peluche étoile de mer. J'ai rejoint Ethan pour le déjeuner, avant de retourner à l'infirmerie avec mademoiselle. C'était une journée terriblement calme, presque ennuyeuse. Alors comme à chaque fois dans ces cas là, Mathilda et moi avons... hum, parlé boulot. Elle m'aidait souvent à m'améliorer en tant que médecin, elle me donnait de nombreux conseils. En général elle s'occupait des adultes et moi des enfants. Ce que j'adorais, je l'avoue. En général, pendant que vous soigniez leurs petits bobos, ils en profitaient pour vous raconter leur petite vie... Je trouvais ça mignon. Et puis j'étais plus habituée aux enfants. À la base je me destinais à la chirurgie infantile, ou néo-natale et... Et aujourd'hui nous faisions comme nous pouvions pour soigner tout le monde. Des personnes continuaient à mourir, cela me rendait malade à chaque fois. Mais je n'y pouvais rien... Mais j'étais toujours touchée, trop sensible que j'étais. C'était pire depuis que j'étais maman. J'avais beau tenter de prendre de la distance... Je n'y parvenais pas, jamais. Et c'était toujours Ethan qui devait me rassurer...

J'avais cru comprendre que quelqu'un était arrivé à la communauté la veille. Ethan avait d'abord refusé de s'en occuper, voulant rester avec Lena et moi. Mais visiblement, aujourd'hui il ne pouvait pas y couper, c'était son rôle. Cela signifiait que Mathilda devrait faire la visite médicale et donc que j'allais devoir rester à l'infirmerie en cas d'urgence. Cela ne me dérangeait pas vraiment, j'avais l'habitude. Anticipant cette éventualité, j'avais confié Lena à Lilly, qui était ravie. Sur le coup Matthew ( c'était lui qui me surveillait aujourd'hui ) avait hésité : devait-il rester avec Lena ou moi ? Un vrai casse-tête chinois pour lui. Mais je lui avais rappelé que je serais avec Mathilda, et qu'il pourrait toujours demander à quelqu'un d'autre de garder un œil sur moi. C'est ainsi que je me retrouvais avec Stefan planté devant l'infirmerie, pas plus content que cela à l'idée de faire le chien de garde. Mais il n'a pas bougé. Il savait que s'il m'arrivait quelque chose, il était mort...

Au moment où l'heure réglementaire de la visite médicale s'annonçait, quelqu'un arriva, prétextant avoir besoin de Mathilda. Nous échangeâmes un regard. Devait-elle me laisser ce patient, ou faire la visite médicale ? Voyons qu'elle hésitait, je pris la décision pour elle. Je pris le petit plateau en inox où elle avait préparé ce dont elle aurait eu besoin pour faire cette visite.

« Laisse, je m'en occupe. »

Elle me fixa une minute, avant d'acquiescer. Je sortis donc de l'infirmerie et pris la direction de la réserve, bien que la... chambre destinée aux nouveaux arrivants soit avant cette dernière. Quand j'arrivais, Aaron était planté devant la porte, avec l'air visiblement nerveux. Il fit un bond quand il me vit plantée devant lui, tenant bien sagement mon petit plateau.

« - Où est Mathilda ?
- Occupée. Kirsten ne voulait voir qu'elle. Alors, me voilà.
- Tu n'es pas censée entrer dans cette pièce, Katarina. »

Je soupirai et levai les yeux au ciel.

« Laisse moi faire mon travail, Aaron. Ne me force pas à t'assomer. Sois gentil, pousse tes fesses de devant cette porte ! »

Je l'ai forcé à se pousser. Il a tenté de me retenir, mais je l'ai repoussé et j'ai ouvert la porte avec mon coude, avant de me glisser dans la pièce aussi sec. J'ai refermé la porte en soupirant. Quand j'ai relevé les yeux je ne voyais qu'Ethan, presque adossé au mur, les bras croisés. Il a tourné la tête vers moi et ses yeux se sont écarquillés d'effroi. J'ai soupiré.

« Oui, je sais, tu ne voulais que je vienne, mais je suis tout à fait capable de faire passer une visite médicale, et ne t'inquiète pas, j'ai laissé Lena à Lilly et... »

Il ne me regardait pas, et je n'étais même pas sûre qu'il avait écouté ce que je disais. Il fixait un point droit devant lui. J'ai pivoté sur mes talons en serrant toujours le plateau fermement entre mes doigts. J'étais prête à tout découvrir. Tout. Sauf ça.

J'ai lâché le plateau, qui s'est écrasé par terre dans un terrible fracas métallique, tandis que le verre d'eau s'explosait en mille morceaux juste à côté.

Je n'en croyais pas mes yeux. C'était impossible, inattendu, inespéré... impossible. Ce mot clignotait dans mon esprit. Je suis restée complètement immobile, tandis que mon cerveau restait totalement inactif, incapable d'accepter, d'analyser ce que j'avais devant les yeux. Je suis restée ainsi pendant une bonne minute, silencieuse et pétrifiée. Jusqu'à ce que le déclic se produise, explosant comme une bombe dans mon cerveau. Là, juste en face de moi se tenait mon père. Mon père. Alexeï Kuryenko. Vivant. Vivant, dans la même pièce que moi, dans la même pièce qu'Ethan.

J'ai poussé un hurlement à la limite de l'hystérie.

Et sans crier gare, je me suis écroulée, évanouie.

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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MessageSujet: Re: Welcome to the family ! [PV Ethan, Katarina]   Ven 24 Sep - 22:23

J'aurais dû me douter que j'allais m'en reprendre une derrière, mais j'étais tellement en colère que je n'ai pas pensé à l'empêcher de bouger, ni à me protéger. Je fus complètement sonné par le coup qui me revint en pleine figure et incapable de résister lorsqu'il me poussa en arrière, me faisant tomber sur le lit. Il se défendait bien pour quelqu'un de sa carrure. Il n'avait pas l'air si fort que ça. J'étais dans les vapes, suffisamment pas toutefois pour l'entendre prononcer cette phrase, cette phrase qui me rendit à la fois intensément heureux et furieux :

- Débrouillez-vous comme vous voulez, mais faites en sorte que Katarina ne vienne pas ici !

Katarina... Katarina... KATARINA ! Katarina, Katarina, Katarina était bel et bien vivante ! Mon trésor, mon enfant, ma vie était vivante ! Katarina avait survécu ! Je le savais, enfin, je le savais que je la retrouverais un jour !

... Mais enfin, qui était-il pour prétendre interdire à ma fille de venir ? Qui était-il pour oser m'empêcher de voir mon enfant que j'avais désespérément recherché pendant deux ans ? Je me relevai, chancelant, un goût de sang dans la bouche, me rappelant par flashs le bombardement. Je portai une main à mes lèvres, m'appuyant de mon poing serré sur la fine clé argentée contre un mur, et la retirai rouge de sang. Il ne m'avait pas raté le salaud. Ceci dit, j'éprouvai une satisfaction féroce lorsque je vis un bleu sur sa joue - moi non plus, je ne m'étais pas mal défendu.

Je n'étais jamais violent physiquement. Jamais. Je pouvais garder mon calme en toute circonstances. Sauf lorsqu'il s'agissait de ma fille. Et cet enfoiré avait forcément, forcément quelque chose à voir avec ma fille. Comment aurait-il eu ce pendentif qui me meurtrissait toujours la paume, comment aurait-il eu cette alliance sinon ?

Qu'avait-il fait à mon trésor adoré ? Pourquoi voulait-il l'empêcher de voir son père ?

... Ne voulait-elle plus me voir ?

Je crois bien que si elle était arrivée une seconde plus tard, il s'en serait repris un autre. Juste au moment où je reprenais un peu mieux mes esprits et où je parvenais à me relever vraiment, la porte s'ouvrit et je...

Je me figeai. Je clignai des yeux plusieurs fois - comme elle, exactement comme elle, nos iris bleus se fixant mutuellement. Mon cœur se retourna, se mit à battre complètement désordonné, une vague étrange me traversa comme une lame de fond. J'aurais voulu me jeter sur elle, la prendre dans mes bras, l'ausculter et l'inspecter et m'assurer que c'était bien elle, qu'elle était vivante, que je l'avais enfin retrouvée.

Ma fille ! Le centre de ma vie ! Cela faisait deux ans, deux ans que je me consumais à petit feu en la recherchant à travers une ville en ruines ! Et elle apparaissait comme cela, devait moi, ses yeux si bleus balayant mon visage, toujours aussi resplendissante, comme je l'avais imaginée, toujours aussi... semblable à sa mère. Ma Katarina. Ma Katarina était là, devant moi. Je ne pouvais pas, non, je ne pourrais jamais m'en remettre. La véritable fin du monde, pour moi, elle se produisait maintenant. Enfin, j'avais vu ma fille vivante et en bonne santé, enfin, je pouvais me laisser aller et mourir en paix. J'avais supporté trop de choses pendant ces deux ans. L'espoir, l'anéantissement, les nouvelles d'Armando et de ses actes horrifiants qui me parvenaient au compte-gouttes. Résister à l'envie de le rejoindre, parce que oui, j'avais voulu retrouver mon meilleur ami, des dizaines, des centaines de fois, préférant choisir la facilité à une vie de paria. Il n'était devenu qu'une brute, un salopard qui avait profité de la catastrophe, ce que j'entendais à son propos me désolait, mais finalement, c'était la seule pensée de ma fille qui était capable de m'encourager à ne pas céder aux appels se présentant sous diverses formes à moi. Ne pas s'abaisser aussi bas, retrouver mon ange. C'était uniquement pour cela que j'étais venu dans ce pays de merde, pas pour rejoindre mon ex-associé dans ses bassesses. Et elle était là, enfin, je n'avais pas fait tous ces efforts pour rien...

Mon monde intérieur s'écroula lorsque je l'entendis hurler et et la vis s'évanouir.

Enfin, je parvins à faire un mouvement. La vague qui me secouait depuis que je l'avais vue entrer me poussa en avant, me porta vers elle, et, incapable d'y résister, je me jetai sur elle, m'agenouillant près d'elle, la prenant par les épaules et la secouant telle une poupée de chiffons. Toute molle, elle ne réagit pas.

- Катарина, Катарина ! hurlai-je. Мой алмаз, пожалыйста ! Это твой папа ! Это я, Алексей ! [Katarina, Katarina ! Mon diamant, je t'en supplie ! C'est ton père ! C'est moi, Alexeï !]

Le choc qui m'avait submergé avait visiblement été aussi fort pour elle que pour moi. Soudain, l'inconnu me poussa en grognant, se précipitant sur mon enfant avec le même air paniqué que moi. Non, pas le même air. Lui était paniqué. Moi, j'étais désespéré.

Je la tenais encore par les épaules, mais je finis par la lâcher, le laissant prendre le relais. Ma main s'ouvrit, et je vis la clé me narguer, incrustée dans ma paume. Tu vois, semblait-elle me chantonner de sa petite voix narquoise, tu m'as brisée, tu as brisé ma chaîne, comme tu viens de briser ta fille !

Je crois que j'étais en train de pleurer.

Armando avait raison. Je n'étais qu'un faible. Et en plus, l'amour que je portais à ma fille ne suffisait même pas à la protéger. Finalement, je ne servais à rien.
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: Welcome to the family ! [PV Ethan, Katarina]   Sam 25 Sep - 14:29

Il fallait qu’il sache qu’il n’était pas le bienvenue ici. Bien sûr c’était le père de Katarina, le grand père de Lena…mais pour moi il n’était rien. J’aurais pu l’apprécier après tout ce que m’avait dit Katarina sur lui, et je l’avais défendu quand Katarina avait appris ce qu’il était vraiment. Mais maintenant qu’il avait été la cause de l’enlèvement de ma femme, j’avais fermé la porte au nez de cet homme. Je ne voulais pas qu’il fasse partie de nos vies, il n’en avait pas le droit. Je savais qu’en le laissant rester, en le laissant voir Katarina, elle serait à nouveau en danger. Qui sait s’il avait été suivi. Il l’avait certainement été. Il ne pouvait pas rester. Il ne devait pas voir ma femme ou ma fille. Non, il n’avait pas le droit.

Et je comptais bien lui cracher toute ma haine au visage. Lui dire tout le mal qu’il lui avait fait. Tout le mal qu’il m’avait fait aussi. Il ne ferait pas de mal à notre petite princesse. Je ne laisserais jamais cela arriver. Plutôt mourir.

Pour le moment j’avais besoin de reprendre mes esprits. Il m’avait frappé avec une telle force que j’avais l’impression que mon visage tout entier était en feu. Il me faudrait expliquer cet hématome à Katarina. Et je n’avais aucune idée du mensonge que je devrais inventer. J’allais lui mentir…. J’en étais malade d’avance. Je ne voulais plus lui mentir, jamais. Je le lui avais promis. Mais je savais que je n’aurai pas le choix. Et je devrais vivre avec ça pour le reste de mes jours. Mais si c’était le prix à payer, je le paierais. Pour son bien.

Il était à moitié affalé sur le lit, sonné lui aussi par le coup de poing que je lui avais décoché. Mais je me doutais qu’il allait finir par me sauter à nouveau dessus. Surtout après ce que j’avais dit. Je ne voulais pas qu’il voie Katarina, et je me doutais que cela allait le mettre hors de lui. Parce que si Katarina m’avait dit vrai, il aimait sa fille sans doute autant que je l’aimais. Sauf que moi….Enfin non, nous avions agis avec elle de la même façon. La laissant partir, l’abandonnant alors qu’elle avait besoin de nous, et la mettant en danger. Finalement nous étions pareils, lui et moi. Mais cela, je ne pouvais pas le voir et l’admettre. Alors je rejetais cela loin dans mon esprit, le plus loin possible. Je n’étais pas comme Alexei Kuryenko ! Parce que moi j’avais mis une semaine à la retrouver, j’avais tout mis en œuvre pour le faire. S’il l’avait vraiment cherché, il l’aurait fait. Et la preuve était là, il ne l’avait retrouvé qu’après deux ans. Et encore, il s’agissait dune coïncidence.

Il n’avait de toute façon aucune raison d’être ici, et d’y rester. Je m’y opposais fermement. Je ne voulais pas de lui. Et tout cela n’était pas négociable. Je savais être têtu.

Je le laissais pourtant reprendre ses esprits, adossé au mur. Je ne le lâchais pas des yeux, pas un seul instant. Il avait déjà de la chance que je ne l’ai pas traine dehors. J’avais des choses à lui dire avant. Mais après…je savais que je le mettrais dehors. En m’assurant qu’il ne revienne jamais. Il ne mettrait pas la stabilité et la sécurité de ma famille en danger une nouvelle fois.

Mon cœur a eu un raté avant que je ne menace Alexei du regard. Il allait se taire ! Il ne se manifesterait pas ! Katarina ne devait pas savoir que son père était là. Et je ne sais pas si c’est le choc d’entendre sa fille ou alors mes menaces muettes qui avaient eu cet effet là, mais il s’est simplement redressé. Et il n’a rien dit. J’écoutais attentivement Aaron empêcher Katarina de venir dans la pièce. Et je m’étais rapproché de la porte. J’espérais qu’il arrive à raisonner ma femme, il fallait qu’il y arrive. Mais je la connaissais, elle était têtue.

Et malheureusement, elle n’a rien voulu entendre. Et elle a réussi à déjouer Aaron et a ouvert la porte, je me suis écarté en regardant toujours son père avec toute la haine dont j’étais capable. Je n’avais aucun moyen de faire diversion et je me préparais à ce que ma vie vole en éclats. Elle allait reconnaître son père. Et c’en était fini. Nous ne serions plus jamais en sécurité. Je lui en voulais de vivre, et d’être là. Et j’étais aveuglé par cette haine. Mes yeux étaient rivés au mafieux.

Katarina est entrée dans la pièce et elle s’est adressé à moi, ne voyant que moi. Pour l’instant. Mais je ne regardais que son père. Et j’étais devenu sourd à ce qu’elle me disait. Je me retenais de sauter sur son père. Il la fixait comme il regardait un fantôme. Katarina a enfin remarqué que je ne la regardais pas. Trop absorbé par autre chose. Et les choses se sont passées comme dans un ralenti. Elle s’est tournée et a vu son père. Je n’ai pas eu le temps de faire ou de dire quoi que ce soit que les choses se sont accélérées.

Katarina a du être si choquée que son plateau s’est brisé au sol et que je l’ai vu défaillir. Mais elle s’est évanouie si vite que je n’ai pas eu le temps de la réceptionner avant qu’elle ne tombe par terre. Elle avait défailli après avoir hurlé et avait perdu connaissance. Mon amour ! Ma femme ! Mon ange ! Mon trésor !

Je me suis précipité sur elle, mais son père avait eu la même réaction. Il s’était précipité pour la prendre dans ses bras, m’empêchant de prendre soin d’elle. C’était mon rôle. C’était ma femme ! C’était à moi de m’assurer qu’elle allait bien. Même si je savais que si elle s’était évanouie en voyant son père c’est qu’elle n’allait pas bien. Son père la secouait et j’aurais aimé arriver à lui hurler de ne pas la toucher. C’était sa faute si elle était là, inconsciente. Sa faute à lui. Entièrement sa faute. Et je n’ai pu que le haïr davantage.

Il lui parlait, dans leur langue. Je ne savais pas ce qu’il lui disait. Mais je voulais qu’il arrête. Il n’avait pas le droit. Et je comptais bien lui faire comprendre. Je me suis agenouillé, ramenant ma femme dans mes bras. Je ne voyais plus que ça. Ma femme était inconsciente dans mes bras. J’avais à nouveau ce même ressenti. J’allais la perdre. J’étais en train de la perdre. Parce qu’elle s’était évanoui. Et parce que son père était là. Et il amenait avec lui tout un tas de problèmes, je le savais.

Je n’avais même pas compris que j’étais secoué par des sanglots et que je pleurais. Je tenais ma femme dans mes bras, et j’avais beau hurler son nom elle ne se réveillait pas. Je la berçais comme un fou et elle ressemblait toujours à une poupée de chiffons entre mes bras.

-Katarina ! Mon ange ! Réveille-toi !

Mais elle ne m’entendait pas. Si elle m’avait entendu, je savais qu’elle se serait réveillée. Je sanglotais comme je ne l’avais pas fait devant elle depuis prés d’un mois. Et pourtant, pas un seul jour ne s’était passé sans que je ne verse une larme.

-Mon amour ! Ne me quitte pas ! Réveille-toi ! Je t’en supplie, mon ange.

J’avais beau l’appeler, j’avais l’impression qu’elle n’entendait rien. Et pourtant elle respirait. Je voyais sa poitrine se soulever. Je devenais fou, je le savais. Fou de rage contre son père. Et fou de douleur aussi. Je ne pouvais alors qu’hurler à travers la fine cloison des ordres à Aaron.

-Aaron ! Va chercher Mathilda !! Tout de suite !!!!
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MessageSujet: Re: Welcome to the family ! [PV Ethan, Katarina]   Sam 25 Sep - 16:01

C'était trop pour moi. Beaucoup trop.

Je n'étais pas préparée à vivre cela. Absolument pas. Pourtant j'aurais dû. Après tout, pendant la semaine où j'avais été torturée, j'aurais pu commencer à accepter l'éventualité, la possibilité de revoir mon père un jour. Mais je n'avais pas pu, pas su. Je ne l'avais pas vu depuis deux années, et j'avais ce souvenir, terriblement vivace, de la dernière conversation que nous avions eu tous les deux. J'avais été persuadée si intimement qu'il était encore à Moscou, que la ville avait été bombardée en même temps que New-York l'avait été... Et puis je m'étais dit : s'il avait su que tu étais là, pourquoi n'est-il pas déjà venu te chercher ? Oui, pourquoi ? J'avais été torturée parce qu'Armando voulait savoir où était mon père... Moi je ne savais rien, rien du tout. Apprendre qu'il était peut-être vivant et quelque part dans la ville avait été un choc terrible pour moi. Mais on ne m'avait pas crue... On ne m'avait pas crue, alors on avait continué à me torturer, à me menacer... J'étais trop sensible, trop fragile psychologiquement pour réagir « normalement ». Quelle chance y avait-il pour que je retrouve mon père à la place d'un inconnu censé passer une simple visite médicale ? Pour qu'il soit là, dans la même pièce qu'Ethan, qui était l'amour de ma vie, celui qui m'avait retrouvée, sauvée, réparée, soignée, comme une petite chose fragile et sans défense... Ce que j'étais finalement. Une chose fragile et sans défense. Il m'avait protégée et là... Là ma réaction avait été si violente et si imprévisible qu'il n'avait pas eu le temps de faire un geste pour me rattraper avant que je ne heurte le sol violemment, juste à la suite de mon plateau.

C'était presque dommage que je sois évanouie. J'aurais pu les voir se battre, presque, pour me rattraper. J'étais tombée comme une poupée de chiffon. Je n'étais même pas à moitié consciente. J'étais bel et bien évanouie. Je ne sentais même pas les bras d'Ethan, ou ceux de mon père, rien... Je ne les entendais pas me parler, en russe, en anglais... Il fallait se rendre à l'évidence, j'étais incapable de supporter tout cela, du moins pour le moment. Combien de temps suis-je restée évanouie ? Une minute ? Cinq minutes ? Une heure ? Je n'en savais rien... Certainement pas très longtemps, car quand j'ai ouvert les yeux de nouveau – après avoir sursauté violemment – j'étais toujours allongée par terre, dans les bras d'Ethan, qui me regardait d'un air complètement paniqué, ses beaux yeux bleus mouillés par les larmes. Pendant une seconde, j'ai tout oublié. Pourquoi j'étais allongée, pourquoi je m'étais évanouie, pourquoi il pleurait... J'ai voulu me redresser, mais j'ai ressenti comme une violente douleur dans les côtes. Ce n'était pas vraiment étonnant, mes côtes n'étaient pas vraiment guéries, et après une chute pareille... Ethan me tenait serrée contre sa poitrine, avec un air effrayé... Cela m'a rappelé l'air qu'il avait eu quand il avait cru que je mourais dans ses bras.

J'ai entendu la porte s'ouvrir brusquement, et j'ai entendu la voix de Mathilda se faire entendre. Avant même que je puisse faire le moindre mouvement, j'ai vu son visage apparaître, avec celui d'Aaron. Il y avait d'un coup tellement de monde autour de moi que j'ai été incapable de vraiment comprendre qu'il y avait toujours mon père, juste là... Mathilda a pris mon pouls rapidement, avant de me poser tout un tas de questions auxquelles je n'étais pas vraiment en état de répondre. Mathilda m'a regardé d'un drôle d'air, avant de se relever. Je l'ai vu échanger quelques paroles avec Aaron, très rapidement. Je n'arrivais pas à comprendre ce qu'ils disaient, et ils cachaient toujours mon père à ma vue. J'avais l'impression d'être anesthésiée, paralysée, à côté de tout... Je crois qu'inconsciemment, je m'étais enfermée dans une bulle, comme pour me préparer psychologiquement à ce qui allait suivre. Mathilda ne s'occupait plus vraiment de moi, ce qui signifiait que j'allais parfaitement bien, qu'elle avais compris que je m'étais évanouie à cause du... choc que je venais d'avoir. Je l'ai vue échanger un regard avec Aaron. Puis ce dernier s'est tourné vers moi, et il m'a tendu la main, pour m'aider à me relever. Voyant que je ne réagissais pas vraiment, il s'est penché et a passé ses mains sous mes aisselles pour me remettre sur mes pieds, avant de lever Ethan de la même façon. Je me suis sentie chanceler, mais un bras s'est passé autour de moi et j'ai compris qu'Ethan me gardait contre lui, me protégeant jalousement.

Mais... de quoi ? De qui ?

Quand il s'est écarté pour sortir de la pièce avec Mathilda, je me suis souvenue.

Je suis restée pétrifiée, les yeux écarquillés. Je fixais en face de moi un homme. Un homme que j'aimais, que j'adorais... Mon père. Je le fixais, toute pâle que j'étais, sans faire le moindre geste, le moindre mouvement. J'aurais dû hurler de joie, sauter dans ses bras, l'enlacer, lui dire combien il m'avait manqué... Mais non. Je ne bougeais pas, je ne parlais pas, je restais tout contre Ethan, ne cherchant même pas à le faire me serrer un peu moins fort, encore qu'il me serrait presque trop fort. Heureusement qu'il me tenait. Je sentais mes jambes flageoler, je ne pourrais pas tenir debout par moi même. Je ne pouvais pas articuler un mot. J'étais là, bouche ouverte, les yeux écarquillés, à le regarder. Je n'étais même pas capable de voir s'il allait bien ou non...

Tout m'est revenu en mémoire très brusquement.

Mon père était un mafieux, un homme malhonnête, un menteur. Un Hors la Loi à mes yeux, qui avait pactisé avec le diable incarné en la personne d'Armando Venezzio. Qui m'avait fait enlever parce qu'il pensait que cela ferait sortir mon père de sa cachette. Cela n'avait pas marché... Pendant une semaine entière, j'avais été torturée, battue, violée, humiliée, menacée... Et je n'avais rien fait, rien du tout. Jamais je n'avais trempé dans leurs affaires, et j'en avais payé le prix. J'avais failli mourir mille fois pendant cette semaine, mon mari avait failli devenir veuf, ma fille orpheline... Cela faisait un mois maintenant. Je croyais être passée au dessus de tout cela, je croyais enfin que tout était terminé... Et tout me retombait dessus de nouveau, comme si je n'en avais pas vécu assez. J'ai serré les dents, et sans que je comprenne vraiment pourquoi et comment, la colère est remontée d'un coup, sans que je puisse vraiment le comprendre. J'ai repoussé Ethan d'un coup, je me suis approchée de mon père et je lui ai lancé un regard noir. Et brusquement, sans que quiconque dans cette pièce puisse l'anticiper – même pas moi – je l'ai giflé. J'ai giflé mon père.

« Espèce de menteur ! MENTEUR ! »

Jamais de toute ma vie je n'avais giflé mon père. Jamais.

« Tu m'as menti toute ma vie, toute ma vie ! Comment as tu pu, comment as tu osé ? Comment ?! »

J'ai porté une main à ma bouche et j'ai reculé, jusqu'à heurter Ethan. Je me suis retournée vers lui et j'ai enfoui a tête contre sa poitrine en commencent à sangloter doucement.

« Oh mon dieu, ça veut dire qu'Armando avait raison, Ethan... Tout ce qu'il m'a dit... »

Au lieu de sauter dans les bras de mon père je le repoussais, me disant presque que j'aurais préféré qu'il soit mort, pour que je garde l'image que j'avais de lui. Armando avait peut-être atteint son but, finalement.

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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MessageSujet: Re: Welcome to the family ! [PV Ethan, Katarina]   Sam 25 Sep - 19:41

J'étais figé, en retrait derrière ma fille évanouie et cet Ethan qui lui avait pris son pendentif et l'alliance que je lui avais léguée. J'étais à genoux, les yeux grands ouverts, trop choqué par la vision de ma fille évanouie, trop bouleversé pour me défendre contre cet homme et garder mon enfant contre moi. Les larmes coulaient toutes seules de mes yeux, sans que je puisse vraiment les contrôler, traçant des sillons sur ma peau salie par la terre et la poussière du dehors. Et puis les mots qu'il prononçait me traversèrent comme une lame de fond, me brûlèrent comme une lame de couteau glissant sur ma gorge.

Il l'appelait mon ange, mon amour. Il n'avait pas le droit. Il m'avait volé ma Katarina. C'était mon ange, à moi seul ! Il me l'avait volée ! De quel droit osait-il poser ses mains sur ma fille ? De quel droit...

Ses mains. Ses mains porteuses de mon alliance. L'alliance que j'avais confiée à mon enfant, et qu'elle m'avait promis de passer au doigt de son mari...

Mon regard glissa sur les doigts frêles de ma fille. Son annulaire était cerné d'un anneau fin, blanc, orné de diamants. Magnifique. Je n'aurais pas voulu qu'elle en ait une autre. Ma gorge se serra. En revanche, j'aurais voulu être au courant.

Marier ma fille, j'en rêvais depuis vingt-deux ans. La mener à l'autel était mon désir le plus cher. Rencontrer mon beau-fils et bénir leur union, je l'avais vu en rêve toutes les nuits. Avec, la plupart du temps, Vitali en fiancé, même si je savais depuis un moment maintenant que ce n'était que produits de mon imagination, datant de leur enfance à tous deux. Tous mes rêvent volaient en éclats, comme cela, sans même que ce soit elle qui me l'annonce, et me présente à son mari. Non, jamais, jamais je n'aurais voulu que cela se passe de cette façon.

Ma fille s'était mariée. Sans moi. Un vide béant s'ouvrit dans ma poitrine, lorsque je réalisai que mon petit trésor était une femme, et que je n'avais pas été là pour la voir franchir ce cap, si important, si vital à mes yeux. Tout du moins pour elle.

Elle avait épousé un... un... un inconnu, à qui elle avait donné ce pendentif qu'elle m'avait juré de garder à jamais.

L'aimait-elle donc si fort ? Ou bien ne m'aimait-elle plus ? M'avait-elle oublié ? Avait-elle été si déçue de cette promesse non tenue, lorsque nous étions sous l'apocalypse tous les deux, à discuter stupidement au téléphone ? Je l'avais tenue, ma promesse. Je l'avais cherchée, sans discontinuer, pendant deux années entières, alors qu'après une si longue période, n'importe qui d'autre aurait abandonné. Avait-elle perdu confiance en moi ? J'avais toujours eu confiance en elle. Et si la réciproque n'était plus vrai, je savais que cela me ferait mal.

Aussi mal que de la voir étendue là, inconsciente. Une douleur insupportable vrillait ma poitrine. Je crispai une main sur mon cœur. J'avais mal, oui, j'avais mal physiquement tellement j'étais atteint. Et j'étais si choqué que je ne pouvais faire un mouvement. Son évanouissement avait tout déclenché, mais maintenant qu'Ethan m'avait chassé pour prendre mon enfant chérie en charge, je m'étais de nouveau figé telle une statue de glace. J'étais gelé dans tous les sens du termes. Je ne réagis pas davantage quand tout le monde pénétra dans la pièce.

Ils s'occupaient visiblement bien mieux de ma fille que moi. Je n'avais rien su faire d'autre que de l'appeler, inutilement, stupidement, la suppliant. Cela ne servait à rien. Je n'étais pas habitué à être inutile. Je préparais toujours tout, j'avais toujours au moins une longueur d'avance sur les autres, qu'ils soient mes alliés ou mes ennemis, j'assurais toujours mes arrières, et je n'étais jamais surpris. Jamais.

Et là...

Mon regard s'était de nouveau perdu sur la clé d'argent. Quand j'imaginais ma fille, elle portait toujours cette clé. Ce pendentif la sublimait, la rendait encore plus belle qu'elle ne l'était déjà. J'aimais lui offrir des cadeaux, à ma Katarina. Je la gâtais trop, je le savais, et pourtant, elle avait été suffisamment intelligente pour devenir ce qu'elle était aujourd'hui, un médecin, travaillant dur pour réussir, alors même que j'aurais accepté de la couver jusqu'à ma mort, prêt à faire en sorte qu'elle n'ait jamais à travailler. Elle avait osé la donner à quelqu'un d'autre malgré sa promesse. Je croyais qu'elle tenait à ce présent...

Et puis brusquement, le silence envahit la pièce. Les deux autres arrivants étaient partis, Katarina et Ethan étaient debout. Moi, personne ne m'avait aidé à me relever. C'était normal, finalement, je n'étais qu'un intrus. Même pour ma fille. Le silence me réveilla et je me relevai lentement à mon tour, m'appuyant contre le mur. Je n'arrivais toujours pas à cligner des yeux, pour me remettre, pour les fermer le temps de quitter Katarina du regard et de me remettre du choc, non. Ils étaient grands ouverts, et s'étaient de nouveau fixés sur elle. Mon petit trésor.

Elle était contre cet homme, pour lequel elle m'avait oublié. Ses yeux aussi portaient une expression choquée, tétanisée. Jusqu'à ce qu'une colère noire les envahissent, et envahisse son visage et son corps tout entier.

Et puis, elle me gifla.

Elle me fit mal. Très mal. Mais je ne savais pas si c'était vraiment à cause de la gifle.

- Espèce de menteur ! MENTEUR !

Chacun de ses mots me vidait de mon sang. J'avais l'impression de mourir à petit feu sous ses coups de lame. Toutes ses paroles étaient une épée aiguisée qui me sabrait le cœur.

Ma fille ne m'aimait plus.

Katarina ne m'aimait plus.

Ma seule raison de vivre ne m'aimait plus.

J'avais tout abandonné pour elle, et lorsqu'elle me retrouvait, c'était pour me gifler, mon diamant si précieux, si pur, si innocent, me gifler, et me cracher tout ce venin à la figure. J'avais gardé la tête basse pendant ces phrases, incapable de la regarder en face.

Il n'y a que la vérité qui blesse, dit-on souvent, et « on » a raison. Je lui avais menti toute sa vie, sous le prétexte de la protéger. Parce qu'au fond, finalement, je ne voulais surtout pas entraîner ma chérie dans de telles affaires. Mais je n'aurais même pas dû avoir à lui cacher ça.Je l'avais gâtée avec de l'argent volé, cette clé, censée être le symbole de ce qui nous liait, était volée. Et elle retourna soudain contre Ethan, sanglotant à s'en épuiser, se blottissant contre lui alors qu'il la serrait dans ses bras.

Ma fille se faisait réconforter par cet inconnu et ne m'avait touché que pour me gifler.

La haine que j'avais ressenti contre lui lorsque je l'avais vu entrer avec ce pendentif au cou gonfla en moi et fut brusquement multipliée par cent, par mille, par un million. Je voulais le détruire, sur-le-champ, je voulais tuer, non, massacrer cet homme qui prétendait pouvoir me voler ma vie. Je n'en eus pas le temps, Katarina m'interrompit de sa voix étouffée par les pleurs :

- Oh mon dieu, ça veut dire qu'Armando avait raison, Ethan... Tout ce qu'il m'a dit...

Armando. Encore et toujours Armando. Mais... comment se faisait-il qu'Armando avait vu ma fille ? Pourquoi n'en avais-je pas entendu parler ? Comment ne l'avais-je pas su ?

Que lui avait-il raconté à mon propos ?

Des mensonges, rien que des mensonges, j'en étais sûr. Je lui avais menti sur mes activités mais n'avais jamais rien caché d'autre à l'égard de mon enfant. Je lui faisais toute confiance et lui révélais tout, absolument tout. Je l'aimais trop pour être capable de lui mentir sur autre chose que sur ça, qui n'était finalement qu'une conséquence de son enfance. On ne dit pas à un chérubin de cinq ans qu'on vient d'être promu au sein de la mafia.

De nouveau, mon regard se porta sur la clé arrachée au cou de cet homme - je ne pouvais me résoudre à dire que c'était son mari. Je n'étais pas près de l'admettre. Un froid glacial m'envahit, et faisant un pas en avant, je posai le pendentif, devenu brûlant dans ma main, sur la peau de ma fille, dans le creux de sa gorge.

- Pardon, répondis-je, d'une voix plus polaire que la neige de Sibérie. Je pensais que tu tenais assez à moi pour comprendre que j'avais continué à te chercher malgré tous les obstacles. Je pensais que tu me ferais suffisamment confiance pour savoir que je ne t'abandonnerais jamais et que si je ne t'avais toujours pas retrouvée, c'est que quelque chose m'en empêchait. Je pensais aussi que tu m'aimais trop fort pour donner, alors que tu me croyais visiblement disparu, le pendentif que tu m'avais juré de garder. Je te le rends, tu peux en faire ce que tu veux.

Je me retournai, lâchant la clé qui n'adhéra que quelques secondes à sa peau, dégringolant au sol alors que je me retournais. Je me dirigeai vers la porte, mais je n'eus pas le courage de partir ainsi, appuyant mon front contre le mur. Mes poings se crispèrent, et soudain, je perdis mon sang-froid : je donnai un grand coup sur la porte qui fit trembler les murs, hurlant de toutes mes forces et me retournai, de nouveau en larmes. Mais cette fois-ci, c'étaient des larmes de rage.

- Putain, Katarina ! hurlai-je, désespéré, moi qui n'étais jamais vulgaire. J'ai souffert le martyr pendant deux années entières à te rechercher alors que tout prouvait que tu étais morte ! Je suis venu à New York alors que je savais que je serais sous les bombes pour te retrouver et te protéger ! J'ai abandonné mon meilleur ami à ses affaires pourries parce que de l'autre côté il y avait toi que j'aimais plus que tout ! J'ai résisté deux ans à l'envie de choisir la facilité et de le rejoindre, parce que je savais que tu désapprouverais les horreurs qu'il faisait ! Et tout ça pour que tu... tu...

Furieux, je marchai sur eux deux et repoussai Ethan si brutalement que je me fis mal au poignet. J'aurais pu réussir à le rejeter vraiment si le cercle des bras de ma fille autour de lui n'était pas plus solide que le métal. Je la pris dans mes bras, à mon tour, la mouillant de mes larmes, la tirant à moi, tentant désespérément de la détacher de cet homme qui me l'avait volée.

- Tu es ma fille ! sanglotai-je. Ma fille, tu entends ? Tu n'as pas le droit de m'abandonner !
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: Welcome to the family ! [PV Ethan, Katarina]   Dim 26 Sep - 15:03

J’avais tellement peur de la perdre à nouveau. Et puis, elle était encore fragile ! Si fragile ! Ses côtes n’étaient pas encore solidifiées et voilà qu’elle était tombée de sa hauteur. Je savais que c’était aussi dangereux que de tomber de trois mètres, sinon plus. Je n’osais même pas la porter, de peur de faire une bêtise. Tout ce que je voulais c’était qu’Aaron se dépêche d’aller chercher Mathilda. Je voulais que Mathilda me dise que tout allait bien. Mais je voulais surtout que Katarina reprenne connaissance. J’avais pourtant beau pleurer et supplié, elle ne se réveillait pas. J’avais posé mon visage baigné de larmes contre le sien et je la suppliais toujours d’ouvrir les yeux. Je haïssais son père. C’était de sa faute !

Alors que tout allait bien, que nous guérissions peu à peu, voilà qu’il revenait la bouche en cœur et qu’il bousillait tout. Il mettait nos vies en périls, ça j’en étais certain. Il allait ruiner tous mes efforts pour garder ma famille en sécurité. Et puis, je ne voulais pas de lui ici. Il ne représentait qu’une source de problèmes évidente. Et il allait me voler ma femme, j’en étais sûr. Et ma princesse…. Et je ne voulais pas ! Je les voulais toutes à moi. Elles étaient à moi. Je ne laisserais personne, et surtout pas Alexei Kuryenko, éloigner ma famille de moi.

Je protégeais Katarina de mon étreinte pour ne pas que son père la touche. Il n’avait pas le droit de la toucher. Si elle était là, inconsciente dans mes bras, c’était de sa faute à lui. Il aurait mieux fait de partir. C’était le mieux qu’il avait à faire : nous laisser vivre notre vie. Mais non, je sentais toujours sa présence prés de nous. Et si je n’avais pas été aussi préoccupé par l’état de ma femme, je lui aurais hurlé de nous laisser.

Fort heureusement, Mathilda est vite arrivée. En courant ! Elle avait du se douter que je ne l’aurais jamais fait déplacer en urgence si les choses n’étaient pas importantes. Avant, elle aurait surement trainé si je l’avais fait venir. Elle me croyait un peu fou. Mais maintenant elle savait que même si j’étais excessif, je ne prendrais pas le risque de l’appeler en urgence si je n’avais pas vraiment peur. Depuis la naissance de Lena, Mathilda avait vu que je n’étais plus ce junkie qu’Alexander avait ramené un an et demi auparavant.

Elle s’est précipitée sur Katarina, mais ne m’a pas repoussé. Avant elle l’aurait fait. Mais maintenant, les choses avaient changées. J’avais desserré mon étreinte sur ma femme pour que Mathilda prenne son pouls. Katarina avait ouvert les yeux, mais restait assez amorphe dans mes bras. Mais au moins elle avait rouvert les yeux, et mes larmes ont redoublé d’intensité. Parce que j’avais eu peur. J’avais toujours peur en réalité. J’écoutais attentivement les réponses que Katarina donnait à Mathilda. Comment elle se sentait, si elle avait mal quelque part….Je caressais machinalement les cheveux de Katarina comme pour me rassurer. Mais j’avais bien vu le regard que le médecin et Aaron avaient échangé. Et j’avais capté certains mots. Mathilda rassurait Aaron, mais demandait pourquoi Katarina s’était évanouie comme ça, et quand Aaron a dit que c’était sans doute à cause de son père, j’ai vu les yeux de Mathilda s’arrondir avant de refermer la bouche.

Elle a acquiescé, et Aaron s’est approché de nous. Me prenant Katarina des bras, et la soulevant délicatement. J’ai eu un mouvement pour la ramener à moi avant de comprendre qu’il faisait ce que Mathilda lui avait demandé. Il fallait qu’elle se lève. Et avant que je ne comprenne, il m’avait déjà pris par-dessous les aisselles et m’a levé aussi. Je n’ai pas eu le temps de le remercier, encore bien trop secoué qu’ils sont sortis tous les deux de la pièce. Nous laissant à nouveau seuls.

Seuls avec le père de Katarina…

Ce même père qui nous regardait. Immobile. Silencieux. Un regard étrange.

Ce même père que j’avais envie de tuer. Pour tout le mal qu’il nous avait fait. Et qu’il nous ferait encore s’il restait ici.

Heureusement que Katarina s’est blottie contre moi, m’enlaçant très étroitement. Cette étreinte était vitale pour moi. J’avais besoin de voir qu’elle voulait la même chose que moi. Elle ne voulait pas de lui dans sa vie, dans notre vie. Elle s’accrochait à moi. Mais elle le regardait toujours avec autant d’intensité. Et je sentais son corps tout entier se tendre entre mes bras. Je sentais son cœur battre à tout rompre. Elle souffrait. Elle était en colère. Je savais reconnaître la douleur de ma femme. Et je la ressentais. Comme si nous étions connectés sur la même fréquence elle et moi. Comme si nos cœurs battaient à l’unisson. Seulement j’aurais aimé voulu savoir tout ce à quoi elle pensait. Elle était en colère oui… Mais je ne savais pas ce qui la mettait en colère exactement. J’aurais aimé que mes caresses la calment. Mais je n’y arrivais pas.

J’étais incapable de calmer ma femme. Ce n’était que la preuve que je ne savais pas être l’homme dont elle avait besoin. Je ressentais cette même impuissance que quand je l’avais ramenée à Mathilda et que nous avions vus toutes les blessures qu’on lui avait infligé. Encore une fois, je n’étais pas capable de mettre ma femme en sécurité. Et cette fois-ci c’était de son père que je devais la protéger. Ce père qui nous regardait comme si nous étions devenus fous. Je voyais bien qu’il me haïssait. Mais je m’en moquais. Ma haine pour lui étant certainement aussi grande, voire davantage.

Je n’ai pas eu le temps de comprendre. Pas eu le temps d’ouvrir la porte à tâtons et d’entrainer Katarina loin d’ici. Loin de lui. Katarina m’a repoussé violemment, et c’est comme si elle m’enfonçait un pieu dans le cœur. Elle me repoussait alors que j’étais prêt à tout pour elle. Absolument tout. Je ne comprenais pas pourquoi elle était aussi violente avec moi. Elle s’était pourtant blottie contre moi, quand elle avait repris connaissance. Et maintenant…maintenant elle me blessait en me repoussant de cette façon. Je ne pouvais même pas la ramener contre moi. Impuissant et encore sous le choc que j’étais. Et pourtant il aurait fallu que je l’attire à moi. Que je la protège encore. C’était mon devoir. J’étais son mari ! Et j’avais promis de prendre soin d’elle pour toujours.

Mais Katarina était devenue une autre. Je ne l’avais connue ainsi qu’une fois. Quand j’étais revenu après un mois et demi d’absence alors que nous avions passé ma dernière nuit au sein de la communauté dans les bras l’un de l’autre. Et je savais que cette Katarina était incontrôlable. Elle n’apparaissait que peu, mais quand elle était présente elle était dangereuse. Parce qu’elle était arrivée à bout. Et Katarina semblait à bout.

J’en oubliais presque qu’elle m’avait repoussé, et que je croyais mourir. J’avais peur qu’elle ne veuille plus de moi. Mais quand je l’ai vue se jeter sur son père, la peur qu’elle veuille me chasser de sa vie s’est muée en un chagrin incommensurable. Elle avait mal, elle souffrait. Et je ne savais pas comment la soulager de cette peine qu’elle ressentait. Je ne savais pas parce qu’elle me repoussait. Elle me repoussait pour se jeter dans ses bras. Alors, j’ai senti un vide se former dans tout mon être, une douleur m’envahir. Et je sentais que pour la première fois depuis plus d’un mois, j’allais fondre en larmes. Devant eux, devant lui ! Alors que je n’étais plus donné en spectacle en pleurant devant des gens depuis longtemps. Mis à part Riley… Riley m’avait vu pleurer. Et aussi étonnant que cela puisse paraitre, il n’avait rien dit. Bouleversant un peu l’image que j’avais de lui.

Mais cette image qui s’imposait désormais à mon regard balayait les images du passé.

Katarina s’était jetée sur son père. Mais elle ne s’était pas précipitée pour se blottir dans ses bras. Elle venait de le gifler. Une gifle qui a résonné dans toute la pièce. Encore plus que lorsqu’elle m’avait déjà giflé aussi. Et pourtant, je ne pouvais pas le plaindre. J’aurais presque oublié que je lui avais mis mon poing dans la figure moi aussi. Enviant un peu Katarina…Mais elle ne comptait pas en rester là. Elle l’a accusé d’être un menteur, de lui avoir menti toute sa vie. Au moins, elle s’en souvenait. Et je ne pouvais que la comprendre. Oui…son père lui avait menti depuis qu’elle était toute petite. Alexei Kuryenko était un mafieux de la pire espèce. Alors que j’avais perdu mes parents, qui eux étaient des gens biens. Je lui en voulais d’être toujours sur cette Terre. Mais comme on dit, ce sont toujours les meilleurs qui partent en premier.

Et puis, alors que je pensais qu’elle allait continuer à lui dire tout le mal qu’il lui avait fait, je l’ai vu reculer. Je n’ai fait qu’un pas en avant qu’elle s’est heurté à moi. Me permettant à nouveau de respirer un peu mieux. Elle s’est blottie dans mes bras, enfouissant son visage contre moi et me serrant contre elle. Elle ne me rejetait pas. Elle était toujours ma femme. Ma femme ! Mon ange ! Mon amour ! Mais…elle pleurait. Elle avait mal ! Et je ne pouvais que supporter difficilement de la voir pleurer dans mes bras. Je la serrais contre moi et je me suis rendu compte que nous pleurions tous les deux. Mais les mots rassurants que j’aurai aimé prononcer n’arrivaient pas à se former dans ma gorge. J’étais muet de douleur. Je souffrais avec elle. Je souffrais pour elle.

Elle avait mal de se rendre compte qu’Armando avait raison. Elle m’avait tout répété. Toutes les horreurs que lui avait dites le père de Vitali au sujet de son père. Selon le père de Vitali, le père de Katarina n’était qu’un lâche. Et j’en avais la preuve. Et la certitude ! Et je savais qu’il était un danger. Un danger parce qu’Armando Venezzio avait menacé de nous prendre Lena. Et il allait, en venant ici, finir par faire tomber la malédiction.

Je me devais de protéger ma femme et ma fille. C’était mon rôle. Et j’étais prêt à tout pour cela. Même à tuer le père de Katarina de mes propres mains. Si cela pouvait les protéger, je le ferais. Je n’étais pas un meurtre prés. Et, à mes yeux, ces vies là valaient bien le but que je m’étais fixé. Si cela devait protéger ma famille, je sais que j’en étais capable.

J’ai resserré mon étreinte quand je l’ai vu s’approcher de nous. Et je l’ai fixé pour qu’il comprenne que je ne la lâcherais pas. Je ne lâcherais pas ma femme. Jamais ! Et ce n’est pas parce que je le voyais pâlir devant moi, que j’allais céder. Il n’aurait pas sa fille. Jamais ! Plus jamais ! Il lui avait fait bien trop de mal pour que je le laisse redevenir ce père. D’ailleurs un père n’aurait jamais permis cela pour sa fille. Un père n’aurait jamais mis sa fille en danger. Un père n’aurait jamais menti à sa fille ! Maintenant que je l’étais à mon tour, je savais que je n’aurais jamais permis cela. Je protégerais ma fille plus que quiconque, et je ne laisserais jamais rien lui arriver.

Lui… Lui il l’avait laissé partir. Loin de lui ! Quel père qui prétend aimer son enfant laisserait faire ça.

Il a pris la main de Katarina, et je n’ai pas eu le temps de le repousser. Il avait été trop vif, trop prompt. Je ne voulais pas qu’il la touche pourtant. Comme s’il allait la salir davantage qu’il ne l’avait fait. Il l’avait sali parce qu’il lui avait menti. Il l’avait sali parce qu’il avait permis qu’on la batte. Je ne voulais pas qu’il la salisse encore. Et jamais il ne toucherait à mon enfant. Il n’ôterait pas à Lena son innocence. Je ne ferais pas les erreurs qu’il avait faites avec sa fille. Lena n’aurait jamais à subir mon passé. Et il a posé le pendentif contre son cou alors que je posais une main sur son épaule pour le repousser. Je n’aurais pas eu Katarina dans les bras je l’aurai repoussé avec davantage de force. Mais Katarina était dans mes bras, et je ne voulais pas la lâcher ne serait ce que d’un millimètre. Je voulais qu’elle sente que j’étais là. Que je ne la quitterais pas. Jamais.

Et alors qu’il avait toujours sa main posée sur le cou de ma femme, il a commencé son petit laïus. Et j’en ai eu des nausées. Mais je n’ai rien dit. Je me suis contenté de l’écouter lui dire qu’il était désolé, à quel point il l’aimait et tout ce qu’il avait fait pour la retrouver. Ma mâchoire se serrait au fil de ses mots. Il la regardait avec des yeux qui me faisaient peur. Il y avait quelque chose d’étrange dans ce regard. Quelque chose que je ne savais pas définir mais qui ne me plaisait pas. Et puis, quand il a commencé à parler du pendentif, je me suis senti envahi par la haine. Ce pendentif elle me l’avait offert au début de notre relation.

Parce qu’il était la clé de son cœur. Elle me confiait cette clé, parce que c’est celle que lui avait offerte son père. Ce père, qu’elle avait adulé jusqu’à il y a peu. Cet homme qu’elle m’avait dépeint et que j’aurais aimé connaitre parce que je me sentais prête de lui. Pour Moi aussi, l’image d’Alexei Kuryenko était ternie à jamais.

Il n’avait pas le droit de lui dire toutes ces horreurs. Il n’avait pas le droit ! Elle l’avait pleuré tellement de fois. Il n’avait pas le droit de lui faire du mal comme il le faisait. Elle ne l’avait pas trahi elle ! Jamais elle n’en aurait été capable. Katarina était bien trop gentille et angélique pour faire cela. Elle n’était capable d’aucun acte de méchanceté. Il le savait pourtant. S’il la connaissait aussi bien que cela, il le savait forcément. Il devait savoir qu’elle n’aurait pas donné ce pendentif auquel elle tenait tant sans raisons. Mais elle me l’avait donné à moi. Parce que nous nous aimions. Et les preuves étaient là : nous étions mariés et nous avions une petite fille. Non ! Elle ne m’avait pas donné cette clé pour rien. Et si elle ne m’avait jamais quitté, c’était pour cette raison là ! Elle y tenait, et j’aurais préféré mourir que de la perdre. Et ne plus la sentir contre ma peau était comme si on m’avait arraché ma vie. Parce qu’en me l’arrachant il m’avait arraché un peu ma femme. Et j’avais envie de lui foncer dedans pour ça. Il ne savait pas ce que cette clé représentait pour moi. Elle n’était pas ce cadeau qu’il prétendait lui avoir fait, elle était bien plus ! Mais ça, il était bien trop stupide pour s’en rendre compte. Egoïste qu’il était !

Il savait certainement qu’il ne récupérerait jamais sa fille. Qu’il l’avait perdue à jamais même si elle était toujours vivante. Il était allé trop loin. La mascarade était finie. Elle savait qui il était vraiment. Et il l’avait perdu. Et je ne le plaignais pas ! Il ne le méritait pas. On ne récolte que ce que l’on sème. Alors quand il s’est reculé, faisant tomber le pendentif à terre, et se retournant, j’ai été contente pendant une ou deux secondes qu’il abandonne la bataille. Parce qu’il n’avait plus aucune chance. Il aurait pu avoir ma sympathie, même s’il lui avait menti sur ses activités, avant. Mais maintenant qu’on me l’avait arrachée par sa faute, il avait perdu toute signification à mes yeux. Il n’avait plus le droit de s’approcher de ma fille. Quand bien même il resterait ici, je ne le laisserais pas approcher de ma famille.

Il a compris que c’était à lui de partir. Je l’ai vu nous contourner et poser sa main sur la poignée. Et alors que j’allais desserrer mon étreinte, maintenant que j’étais sûr qu’il ne me la prendrait pas, il a fait volte face. Tapant contre la porte de toutes ses forces. Mu par la douleur et la souffrance. Je connaissais cette violence, je la subissais. Enfin non…j’en étais victime. Moi aussi j’étais un homme qui perdait son sang froid quand il s’agissait des gens que j’aimais. Mais il n’avait pas le droit de lui faire vivre cela. Il l’avait fait assez souffert comme cela. Il devait comprendre qu’il devait partir. Nous laisser. Il devait la laisser vivre sa vie. La vie qu’elle méritait. Loin de lui. Elle n’avait pas besoin de lui puisqu’elle m’avait moi.

Et ce n’est pas parce qu’il pleurait devant nous, que j’allais le laisser lui permettre de faire souffrir ma femme. Il était d’un égoïsme certain. Lui disant à quel point il avait souffert sans elle. En lui racontant tout ce qu’il avait entrepris pour la retrouver. Ce qu’il avait sacrifié pour elle. Et quand il a commencé à évoquer Armando et son amitié pour cette ordure, mon sang n’a fait qu’un tour. Il se permettait de lui dire qu’il avait eu mal, et qu’il avait souffert sans elle. Mais elle ? ELLE ?

Elle avait pensé qu’il était mort à Moscou sous les bombes ! Elle l’avait cru mort, bon sang ! Et pendant deux ans, il voulait faire croire qu’il n’avait pas réussi à mettre la main sur le moindre indice ! S’il l’aimait vraiment comme il le disait il l’aurait retrouvé ! Je l’avais retrouvée en une semaine quand on me l’avait arraché. Je l’avais retrouvé moi !! Alors non ! Il n’avait pas le droit de lui dire tout ça, il n’avait pas le droit.

Il lui faisait mal, je la sentais trembler contre moi. Et je n’en ressentais que de la haine encore plus forte. J’allais le tuer ! Pour la faire souffrir comme cela. Pour lui dire toutes ces horreurs. Qui était-il pour blesser un ange de cette manière ?
Il n’était même plus son père. Il avait perdu ce rôle à la minute où Katarina avait été enlevée par sa faute ! Et c’était cela que j’allais lui dire. Mais il ne m’en a pas laissé le temps à ce moment là. Il fonçait sur nous ! Fou de rage, de douleur. Alors qu’il lui aurait suffit de me regarder, pour voir que j’allais lui sauter à la gorge s’il nous approchait. Il lui avait fait du mal et il osait encore rester là à la laisser souffrir. Elle pleurait, elle sanglotait. Son corps était secoué par des sanglots incontrôlables que je n’arrivais pas à calmer. J’étais arrivé à ne plus pleurer parce que la rage avait pris le dessus. Mais je n’en étais pas moins dangereux. Bien au contraire.

Il a eu le geste de trop. Il me l’a arraché des mains. Enfin il a essayé. Katarina s’accrochait à moi. Et je n’allais pas la lâcher .Jamais ! Qu’il se le mette une bonne fois pour toutes dans le crâne. Katarina était ma femme. Et je la protégerais de tous. Même de lui. Surtout de lui.

Il a eu la parole de trop aussi ! Lui répétant qu’elle était sa fille et qu’elle n’avait pas le droit de l’abandonner. Il n’avait pas le droit de lui dire ça. C’était lui qui l’avait laissé partir. Il n’avait pas su la retenir, et il se permettait de lui faire porter le chapeau. Je ne considérais pas Alexei Kuryenko comme un père digne de ce nom. On ne reproche rien à ses enfants. Pas quand on les aime !

Il essayait de me l’arracher encore, et Katarina ne s’en accrochait à moi que plus. J’étais pris entre deux feux. La protéger encore et encore, et le faire la lâcher. Ou alors, la repousser avec toute la douceur possible alors que j’étais fou de rage. J’ai choisi la deuxième solution. J’ai détaché mon emprise de Katarina, en la repoussant gentiment. Je ne voulais pas qu’elle croie que je ne l’aimais plus ou que je rompais mon serment. Et je l’ai embrassé dans les cheveux. Je savais qu’une fois que j’aurais rompu le contact, j’allais devenir fou. Je me connaissais.

Katarina a sans doute compris parce qu’elle s’est écartée. Son père lui n’avait pas compris, parce qu’il était toujours de la ramener à lui. Mais je ne lui ai pas laissé le temps de faire quoi que ce soit, que je me suis jeté sur lui. J’étais furieux qu’il ose lui dire toutes ces horreurs. Il ne l’avait pas assez détruite comme ça ? Il fallait encore qu’il continue à briser son cœur ?
Mes poings se sont serrés, s’agrippant à sa chemise crasseuse et je l’ai collé contre la porte avec une violence telle, que la porte aurait pu céder. Mon regard était maintenant celui d’un meurtrier. Oui j’avais tué. J’avais tué pour sauver sa fille comme il l’appelait. Mais sa fille était ma femme. MA femme ! Et je ne le laisserais pas lui faire du mal. J’allais rapidement lui faire comprendre. Je m’agrippais à lui, le collant toujours contre la porte, et je faisais souffler un souffle rauque. J’étais sourd à tout. Comme quand je perdais pied, parce que la colère était montée à l’échelon le plus haut. Et je me suis mis à hurler. Il lui avait fait mal. A mon tour de lui faire mal.

-Votre fille ? Votre fille ?

Je répétais ces mots comme si je ne comprenais pas avant de le tenir encore plus fermement.

-C’est ma femme ! MA femme, vous entendez ! Et vous ne la toucherez plus jamais ! Espèce d’enfoiré !

Il allait comprendre que je ne le laisserais pas faire. Si ce n’était déjà pas fait ! Et puis, je me suis souvenu de toutes les horreurs qu’il lui avait dites. Alors les mots ont coulés, tous plus durs les uns que les autres. Tous prononcés avec cette même haine, cette même souffrance qui était la mienne et que je laissais enfin exploser alors que j’avais tout gardé au fond de moi pendant un mois.

-Vous n’êtes plus rien Alexeï ! plus rien ! Vous avez détruit ma femme, vous m’entendez ? Sans vous, elle aurait été heureuse ! Sans vous, personne ne lui aurait voulu du mal. Vous prétendez avoir souffert pendant deux ans, mais je sais qu’il n’en est rien. Sinon jamais vous n’auriez eu envie de retourner vers votre ami. Ce même ami qui me l’a arraché ! On m’a arraché ma femme Alexeï. On l’a violé, on l’a frappé, on l’a battue à mort ! Est-ce que vous vous rendez compte qu’elle a souffert le martyre à cause de vous ? Votre fille ? Mais vous ne lui arrivez même pas à la cheville à votre fille. Ma femme, c’est ce qu’elle est. MA femme ! Et j’ai failli la perdre à cause de vous. J’ai falli perdre l’amour de ma vie, j’ai failli perdre ma vie toute entière à cause de vous. Mais ma souffrance…ma souffrance, ce sentiment de n’être plus rien sans elle, de n’avoir été qu’un fantôme sans elle à mes côtés, n’est rien, RIEN comparé à ce qu’on lui a fait. On l’a violenté, on a abusé d’elle, on lui a brisé des côtes. Votre ami lui a brisé des côtes. Et où étiez-vous Alexeï ? Où étiez-vous ? OU ETIEZ VOUS ?

Ce n’est qu’arrivé à cette répétition que pendant que je déversais ma haine, ma colère, ma souffrance, que j’ai compris que je n’avais jusque là jamais dit tout cela. Je l’avais gardé enfoui en moi. Je l’avais gardé pour moi. Et j’avais gardé aussi mes larmes pour moi. Pour ne pas que Katarina se tourmente davantage. Mais maintenant, je laissais tout cela éclater en jour. Et je pleurais sans m’en rendre compte.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Welcome to the family ! [PV Ethan, Katarina]   Dim 26 Sep - 19:16

J'avais peur. J'étais tétanisée, blottie contre Ethan. J'avais l'impression de vivre un cauchemar, purement et simplement. J'aurais voulu que c'en soit un, pour pouvoir me réveiller. Me réveiller, me serrer contre Ethan qui me dirait que ce n'était rien, que ça allait passer, que ce n'était rien. Or c'était tout le contraire. C'était la réalité, angoissante, effrayante, terrifiante – vraie. Que je le veuille ou non, mon père était là, bien vivant, à peine séparé de moi par quelques mètres la logique aurait voulu que je me jette dans ses bras, heureuse de le retrouver vivant et en bonne santé. C'est ce que j'aurais fait... Avant. Avant d'apprendre tout ce que j'avais appris, avant de vivre tout ce que j'avais vécu. Oh mon dieu, comment avais-je pu être aussi naïve ? Comment, comment ? Je n'avais pas cru Vitali quand ce dernier m'avait avoué la vraie nature des affaires entre nos deux pères. Je ne l'avais pas cru, car jamais, jamais, je n'avais eu le moindre doute sur mon père. Jamais... Au début j'avais cru qu'il me mentait, mais j'avais bien dû me rendre à l'évidence : Vitali, en vingt-cinq ans, ne m'avait pas menti une seule fois. Mais même en sachant cela, j'avais nié cette vérité, la rangeant loin dans un coin de ma tête, refusant de l'accepter... Et puis j'avais été enlevée et j'avais tout compris, tout appris. Ma vie entière avait toujours reposé sur un mensonge odieux.... Toute ma vie. J'avais cru haïr Ethan quand il m'avait quittée sans rien me dire. Mais ce n'était rien, rien comparé à ce que j'avais ressenti en apprenant la vérité sur l'homme qui m'avait élevée. Désormais j'avais peur, je ne voulais pas l'approcher, ni qu'il s'approche de moi. Alors je m'étais réfugié contre Ethan, qui me dissimulait à sa vue comme il le pouvait, ses bras passés autour de moi, gardant ma tête tout contre son torse. J'entendais son cœur battre à un rythme effréné, tout comme je sentais sa poitrine se soulever rapidement, signe évident qu'il commençait à perdre patience. J'aurais presque pu sentir la colère monter en lui, tant cette dernière promettait d'être effroyablement effrayante et puissante.

Je crois que j'ai eu un gémissement angoissé quand j'ai compris qu'il s'avançait vers moi, vers nous. J'ai tenté de me cacher plus encore contre Ethan, mais il me força à le regarder. Je me figeai quand il posa la clé en argent au creux de ma gorge la tenant d'un doigt. J'eus l'impression que l'argent me brulait la peau. J'eus envie de hurler, hystérique, de me débattre. Mais je ne bougeai pas, pétrifiée comme l'aurait été une véritable statue de marbre. Plusieurs fois pendant qu'il parlait je crus que j'allais m'évanouir, mais je n'eus malheureusement pas cette chance. Le premier mot qu'il prononça me rendis encore plus pâle que je ne l'étais déjà. Ce mot était si froid, si vide... En moins de temps qu'il ne le fallait pour le dire, je fus accablée de reproches. Acides et froids. Et malgré le blanc total dans mon esprit, j'ai trouvé cela profondément injuste. Pendant presque deux années entières, j'avais cru qu'il était mort, n'ayant pour seul souvenir que cette dernière conversation téléphonique que nous avions eue. Je n'avais jamais douté de son amour pour moi, mais j'étais assez lucide pour savoir que mon père n'était pas un superhéros. Comment aurais-je pu deviner qu'il n'était pas à Moscou, qu'il était à New York ? Comment ? Mais ce ne fut pas ce qui me blessa le plus. Je crus recevoir un coup de poignard en pleine poitrine quand il me reprocha d'avoir offert mon pendentif à Ethan, mettant en doute mon amour pour lui. Je fus incapable de prononcer un mot, si bien que je restai là à le regarder, de grosses larmes roulant sans cesse sur mes joues tant j'avais mal. Il croyait donc que je ne l'aimais pas, puisque j'avais donné ce bijou à Ethan ? Je n'avais pas trahi ma promesse, j'avais gardé cette clé. Je l'avais tout simplement confiée à Ethan parce qu'elle représentait à mes yeux la clé de mon cœur, parce qu'il était l'amour de ma vie, parce que je ne pouvais pas vivre sans lui une seule seconde. Mais je n'avais pas trahi ma promesse, ce bijou faisait partie des rares choses que j'avais conservé de ma vie passée, parce que j'y tenais et que...

Je me rendis qu'il compte qu'il ne me touchait plus, qu'il s'était détourné, seulement au moment où j'entendis un tintement cristallin. Baissant les yeux, je constatai que la clé qui aurait dû être attachée au cou d'Ethan était par terre, dans la poussière. À cette vision mon cœur se serra, mais je n'eus pas le courage de la ramasser. Je me mordis la lèvre, avant d'enfouir de nouveau ma tête contre la poitrine d'Ethan, secouée par de monstrueux sanglots. Mes doigts se crispèrent sur son pull, que je serrais à m'en faire mal. Les mots de mon père me blessèrent durement, j'en étais bouleversée. Ethan me serrait à m'en faire mal, et pourtant je ne voulais rien d'autre que ses bras, son étreinte, son contact. J'avais l'impression que son corps était en feu quand je grelottais de froid, comme gelée au plus profond de mon âme par tout ce que je venais d'entendre. J'ai senti que mon père s'éloignait, et c'était tout ce que je voulais. Qu'il parte, qu'il sorte, qu'il s'en aille, qu'il ne mette plus un pied dans mon univers déjà si fragile. J'avais mal, si mal que je crus que j'allais en mourir. Je voulus lui hurler de partir, de me laisser avec Ethan, parce que lui m'aimait justement, qu'il avait toujours été là pour me protéger... Mais ma gorge était si serrée qu'il m'était presque difficile de respirer, j'avais l'impression de m'étouffer. Et mon supplice était loin d'être terminé. J'eus un sursaut assez violent quand j'entendis mon père frapper dans quelque chose, la porte très certainement. Et puis quand il a commencé à me hurler dessus, j'ai tenté tout ce que je pouvais pour échapper à ça. C'est à dire rien. Je ne pouvais me résoudre à quitter les bras d'Ethan, qui m'apportaient un minimum de protection face à cet homme que je ne reconnaissais pas et qui me faisait maintenant peur. Sur la fin j'ai presque cru qu'il me reprochait d'avoir réappris à vivre sans lui. Aurais-je dû me laisser mourir alors ? Ses mots étaient violents, terriblement violents et j'avais l'impression qu'il me frappait aussi durement que l'avait Armando. À ceci près que c'était mon âme qui saignait.

Je sentis des bras se passer autour de moi, et quand je sentis qu'il tentait de me détacher d'Ethan je me mis à hurler, resserrant ma prise autour de lui, qui ne me lâchait pas non plus de son côté. Mon père n'en avait peut-être pas conscience, mais il venait de commettre le geste de violence ultime. Tenter de me séparer d'Ethan revenait à me tirer une balle en plein coeur. J'avais si peur de lâcher Ethan que je hurlais jusqu'à ce que mon père me lâche. Ce qu'il ne faisait pas. Je sentis l'étreinte d'Ethan se desserrer et j'eus un mouvement de panique quand il m'embrassa doucement les cheveux avant de me lâcher complètement. Allait-il m'abandonner à l'étreinte de mon père ? Non. En relevant les yeux vers lui, j'ai compris qu'il venait de perdre patience. Passablement paniquée, je repoussai mon père en me débattant, avant de m'écarter du chemin d'Ethan, qui je le savais allait devenir violent, colérique et surtout incontrôlable. Pourtant je ne fis pas le moindre geste pour l'empêcher de s'en prendre à mon père. J'en enroulé mes bras autour de ma poitrine, comme pour me calmer alors qu'il le saisissait par le col et le plaquait contre la porte violemment. Il eut beau insulter mon père, et lui crier qu'il ne me toucherait plus jamais, je ne bougeai pas.

Et je restai abasourdie par ce que venait de dire Ethan. La colère lui faisait dire tout ce qu'il n'avait pas dit avant. En même temps qu'il prenait ma défense, il avouait avoir été perdu quand j'avais été ailleurs. Perdu, fou, souffrant le martyr. Il avait cru perdre toute sa vie... Moi ? Malgré l'horreur de la situation je fus presque flattée qu'il me considère comme telle, si importante à ses yeux. Valais-je donc tant que cela ? Malgré l'existence de Lena, il avouait que sans moi, il ne pouvait pas vivre. J'en pleurai davantage. Oh mon amour... J'aurais aimé me précipiter vers lui pour l'enlacer, l'embrasser, mais j'en fus incapable. J'essuyai mon visage d'un revers de manche, avant de voir quelque chose scintiller à mes pieds. Je me penchai alors pour ramasser le pendentif et je le serrai contre ma poitrine, avant de faire un pas vers eux. Ethan avait avoué à mon père ce que j'avais vécu. Mais il n'avait pas été assez précis. Aussi monstrueux que cela puisse paraître, j'avais besoin de lui dire clairement, avec mes mots à moi, ce que j'avais ressenti, ce que j'avais vécu à cause de ses mensonges. Qu'il comprenne que ma colère et ma peine étaient justifiées un milliard de fois.

Je dus faire un effort considérable pour rendre ma voix audible. Ethan tenait toujours mon père contre le mur, et je ne voyais pas son visage. Mais je l'imaginais sans trop de mal le fusiller du regard, les traits tordus par la haine et la peur de me perdre une fois encore.

« Armando a donné l'ordre de m'enlever. Pendant une semaine, j'ai été torturée, humiliée, frappée, menacée, violée, tourmentée, et tout ça à cause d'un mensonge. »

Je secouai la tête et fermai les yeux, avant de prendre une profonde inspiration pour poursuivre.

« Il voulait... Il voulait que tu sortes de ta...cachette. Ses hommes t'avaient vu... Alors il s'est dit qu'enlever ta fille te ferait sortir... Il voulait savoir où tu étais. Et moi, tout ce que je pouvais dire c'était... "il est mort" ou "je ne sais pas"... Et à chaque fois, à CHAQUE fois, ces réponses me valaient des coups. Il ne me croyait pas. Il ne me croyait pas... »

Les larmes coulaient sur mes joues sans que je puisse les contrôler et mes mots étaient hachés à cause de mes sanglots.

« Ethan est venu me chercher. Et tu sais ce qu'il a trouvé ? Une femme à moitié morte, incapable de bouger, incapable de parler. Et pour cause. J'avais des côtes cassées, le genou démis, j'avais été droguée, des hématomes, des bosses et des coupures couvraient chaque centimètre de ma peau... J'avais la pommette explosée, les mains couvertes d'entailles... J'étais dans un tel état qu'Ethan a dû me porter deux jours entiers pour revenir ici. DEUX JOURS. Parce que marcher m'aurait achevée. »

J'essuyai de nouveau les larmes qui coulaient sur mes joues, avant de les regarder. Ethan tenait toujours mon père, mais il me regardait, les yeux écarquillés par l'horreur de ce qu'il venait d'entendre. Même s'il savait déjà tout dans les moindres détails, il était horrifié.

« Armando a dit qu'il allait le tuer, qu'il allait tuer Lena, et mes amis et... »

Je tremblais de tous mes membres. J'osais m'approcher plus encore d'eux. J'ai passé un bras autour de la taille d'Ethan pour le faire reculer et lâcher mon père, encore ce ne fut pas ce qui m'inquiétait réellement. Comme toujours il me céda, et vint rapidement m'enlacer, devinant que j'en avais besoin. D'un geste maladroit, j'allais glisser la petite clé d'argent dans sa main avant de relever mes yeux larmoyants vers mon père.

« Cet homme, que tu te permets de juger et de détester en un regard a toutes les raisons du monde pour te haïr alors que toi tu n'en as aucune. Tu ne devrais même pas l'aimer, tu devrais l'aduler, l'adorer. Parce que sans lui, je serais morte, probablement jetée en plusieurs morceaux dans l'East River. Ethan m'a sauvée la vie, il a tué pour moi... Tu n'as pas le droit de me dire que je t'ai abandonné. J'ai... J'ai attendu que tu viennes me chercher. Tu n'es pas venu. Ethan est venu. Ethan est venu... »

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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MessageSujet: Re: Welcome to the family ! [PV Ethan, Katarina]   Mar 28 Sep - 19:08

J'étais tellement aveuglé par ma fureur et ma tristesse que je n'ai même pas réalisé qu'Ethan la lâchait, alors que c'était mon but premier - l'avoir pour moi seul. Par contre, je remarquai lorsqu'elle se coula comme une anguille entre mes bras et échappa à mon étreinte. Je n'eus pas le temps d'aller la récupérer qu'Ethan m'avait attrapé par le col et écrasé contre la porte. Des étoiles dansèrent devant mes yeux, mais je secouai la tête et repris rapidement mes esprits.

- Votre fille ? Votre fille ?

Oui. Oui, c'était ma fille ! Elle était à moi, c'était moi qui l'avait élevée, c'était moi qui l'avait conduit à ce qu'elle était aujourd'hui !

Ou peut-être pas. En deux ans, sa vie avait été totalement bouleversée. Et finalement, moi l'absent perpétuel, je n'y étais pour rien.

- C’est ma femme ! MA femme, vous entendez ! Et vous ne la toucherez plus jamais ! Espèce d’enfoiré !

Me débattant contre sa poigne de fer, je glissai et faillis tomber, seulement maintenu par l'homme qui prétendait pouvoir me voler ma fille en toute impunité. Malgré sa constitution, il était puissant, plus puissant que moi, surtout que tous les coups que j'avais reçus - entre le coup de poing, la gifle, et la porte contre laquelle m'avait plaqué si délicatement Ethan - commençaient à me donner le vertige et la migraine. Encore une conséquence de ces bombardements, et je n'aimais pas ça. Je détestais me sentir faible, de quelque manière que ce soit. Et là, je me sentais faible de tous les points de vue. Physiquement, moralement, intensément, je me sentais faible et inutile. J'évitai le regard d'Ethan, mais je ne cherchai pas non plus à capter celui de Katarina, de crainte de ce que j'aurais pu y lire.

Mais tout ce que je ressentais pour l'instant n'était rien, rien. Je croyais que leurs mots ne pouvaient pas me blesser davantage. Je croyais qu'il était impossible qu'ils me fassent plus de mal. Je croyais qu'il était impossible que je ressente davantage de désespoir et de colère face à l'abandon de ma fille.

J'avais oublié mon absence de deux ans, et j'avais oublié tout ce qui aurait pu lui arriver pendant ces deux ans. Ethan se fit un plaisir malsain de me l'apprendre. Et chacun de ses mots fut comme une lame chauffée à blanc se plantant en moi.

Katarina violée.

Battue.

Torturée.

Je ne répondais plus, je ne réagissais plus.

Je sentais seulement un vide immense en moi. J'avais passé le seuil de nouvelles supportables, j'étais comme anesthésié. Je ne ressentais plus rien, plus aucune douleur, ni sur ma joue rougie par la gifle, ni à mon front porteur d'une belle bosse, ni à l'arrière de ma tête plaquée contre la porte. Je ne ressentais plus non plus une douleur atroce au niveau de mon cœur, cette douleur qui m'avait prise quand j'avais réalisé la réaction de mon trésor après m'avoir revue.

Katarina enlevée.

Violentée.

Humiliée.

Un filtre rouge couvrait ma vue, teintant de sang tout ce qui m'entourait. Une fureur aveugle m'enveloppait. Je n'écoutais même plus ce que disait Ethan. Je me débattis violemment, cherchant à lui échapper. Je crois que je voulais aller me jeter chez les Hors-la-Loi, directement dans la gueule du loup, je voulais aller tuer, non, massacrer, torturer Armando. Je le tuerais, mais avant cela, je lui ferais subir toutes les tortures qu'il avait fait subir à ma fille.

Enfoiré ! Connard ! Salaud ! Quel... quel...

Je ne trouvais même pas de mots assez infâmes pour le qualifier. Il était tout cela, et aussi cent, mille fois pire. Ce n'était qu'un... qu'un...

Et moi je n'étais pas là.

C'était ce qu'il me disait. Sa question était purement rhétorique. Bravo, tu as réussi à prouver que je n'étais pas un père valable pour mon trésor. Je n'étais pas là, et ma vie, mon beau diamant, avait été torturé, oh mon Dieu... à cause de moi !

Je me haïssais, mon Dieu, je me haïssais. J'aurais voulu me damner sur-le-champ. J'aurais vendu mon âme au diable pour qu'elle n'ait pas eu à subir ça. Je... je... Encore des promesses en l'air, Alexeï ! Tu n'es vraiment qu'un pauvre con ! Responsable du viol de ta fille, de son enlèvement, de toutes ses souffrances !

A chaque fois qu'Ethan prononçait mon nom, il le crachait sur un ton de pure insulte. Il n'avait pas tort. Et le pire était que je n'avais toujours pas touché le fond. Comment était-il possible de souffrir encore davantage ? J'avais déjà envie d'en finir avec moi-même pour me punir. Et ce n'était pas encore fini.

- Armando a donné l'ordre de m'enlever.

Vlan. Cela faisait beaucoup plus mal quand c'était dit ainsi directement. J'arrêtai de me débattre et la regardai les yeux grands ouverts. Je n'avais surtout pas envie d'entendre la suite. Mais, inflexible, elle continua.

- Pendant une semaine, j'ai été torturée, humiliée, frappée, menacée, violée, tourmentée, et tout ça à cause d'un mensonge.

Non. Non. Non. Il n'avait pas osé faire ça. Il ne pouvait pas avoir fait ça. Pourtant, je connaissais la folie d'Armando par coeur. Oh que si, il en était capable. Mais pourquoi torturer ma fille ? Ma petite chérie était l'innocence même. Mon trésor était plus pur qu'une sainte. Que lui voulait-il, ce putain de salopard ? Elle me répondit tout de suite.

- Il voulait... Il voulait que tu sortes de ta... cachette. Ses hommes t'avaient vu... Alors il s'est dit qu'enlever ta fille te ferait sortir... Il voulait savoir où tu étais. Et moi, tout ce que je pouvais dire c'était... "il est mort" ou "je ne sais pas"... Et à chaque fois, à CHAQUE fois, ces réponses me valaient des coups. Il ne me croyait pas. Il ne me croyait pas...

Mon visage était inondé de larmes - comme le sien. Dieu que je me haïssais. Mon Dieu, mon petit trésor, battu à cause de moi. Et je n'en avais rien su ! Cet enfoiré d'Armando avait exactement su ce qui m'aurait forcé à me révéler à lui. Je me serais jeté dans ses bras pour récupérer ma fille. Mais il aurait peut-être dû faire un peu plus de publicités à ses actes barbares, horribles, immondes. Il n'était qu'une immondice. Je ne me supportais plus. Et elle continuait, assenant chaque mot avec une détermination horrible à voir.

- Ethan est venu me chercher. Et tu sais ce qu'il a trouvé ? Une femme à moitié morte, incapable de bouger, incapable de parler. Et pour cause. J'avais des côtes cassées, le genou démis, j'avais été droguée, des hématomes, des bosses et des coupures couvraient chaque centimètre de ma peau... J'avais la pommette explosée, les mains couvertes d'entailles... J'étais dans un tel état qu'Ethan a dû me porter deux jours entiers pour revenir ici. DEUX JOURS. Parce que marcher m'aurait achevée.

- Tais-toi, tais-toi ! hurlai-je. Je t'en supplie, tais-toi !

- Armando a dit qu'il allait le tuer, continua-t-elle, implacable, qu'il allait tuer Lena, et mes amis et...

Je ne savais pas qui était Lena, je m'en foutais. Les mots d'Ethan m'avaient anesthésié, paralysé. Ceux de Katarina avaient fait exploser la souffrance en moi, et elle était mille fois plus douloureuse qu'avant. Armando l'avait torturée physiquement, et maintenant j'avais l'impression de subir la même douleur qu'il lui avait infligée. Elle força Ethan à me lâcher, l'enlaçant sous mes yeux, alors que je tombais par terre, les yeux brûlés par le sel de mes larmes. Jamais je n'avais autant pleuré. Jamais je n'avais autant souffert. Jamais je n'avais ressenti autant de haine, de peur, de désespoir mêlés.

- Cet homme, que tu te permets de juger et de détester en un regard a toutes les raisons du monde pour te haïr alors que toi tu n'en as aucune. Tu ne devrais même pas l'aimer, tu devrais l'aduler, l'adorer. Parce que sans lui, je serais morte, probablement jetée en plusieurs morceaux dans l'East River. Ethan m'a sauvée la vie, il a tué pour moi... Tu n'as pas le droit de me dire que je t'ai abandonné. J'ai... J'ai attendu que tu viennes me chercher. Tu n'es pas venu. Ethan est venu. Ethan est venu...

Oui, Ethan est venu, c'est pour ça que tu le serrais dans tes bras et ignorais ton père qui était détruit, en mille miettes, à terre devant toi. J'avais compris que tu l'aimais, j'avais compris que tu me détestais. Maintenant je savais pourquoi.

- Kat-Katarina, suppliai-je en un balbutiement incompréhensible, brouillé par mes larmes. Katarina ! répétai-je plus fort, me forçant à articuler.

Je voulus m'avancer pour la prendre dans mes bras, la réconforter, mais je me retins. Pour la première fois de ma vie, je me retenais de prendre ma fille dans mes bras. A sa place, après toutes ces révélations, je ne l'aurais pas supporté. Je ne voulais plus la forcer à quoi que ce soit.

- Je t'en supplie, balbutiai-je. Je te supplie de me croire. Je te conjure de croire ce que je vais te dire. Je t'en supplie. Je te jure, je le jure devant Dieu, je le jure sur mon amour pour toi, je le jure sur... sur votre amour à tous les deux ! Je te jure que je n'étais pas au courant ! Je te jure que je n'ai jamais su tout ce que tu avais subi ! Je te jure que je n'ai jamais entendu parler de cela ! Pendant deux ans, jour et nuit, j'ai été à l'affût du moindre indice. Je ne t'ai pas trouvée parce que tu étais cachée ici. Mais, je te le jure, tu entends, je te le jure, jamais, au grand jamais je n'ai su que ce... ce... ce salopard t'avait fait ça ! Sinon, je me serais précipité, je me serais jeté dans ses bras, je me serais livré à ta place, Katarina, tu le sais enfin, que je me ferais torturer à ta place sans sourciller, si cela peut permettre de te sauver ! Je t'en supplie, je t'en conjure, crois-moi ! Crois-moi !
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MessageSujet: Re: Welcome to the family ! [PV Ethan, Katarina]   Ven 1 Oct - 12:32

Les deux mains posées de part et d’autre d’Alexeï j’étais complètement anéanti. Maintenant que je lui avais craché toute ma haine et mon ressentiment au visage, je me sentais soulagé. Soulagé mais terriblement malheureux. Malheureux au point de pleurer comme un enfant. Tout ce que j’avais vécu, tout ce que j’avais ressenti, je venais de l’avouer. Je l’avais gardé pour moi tout ce temps. Toute l’impuissance que j’avais ressentie quand j’avais cru ne jamais revoir ma femme venait de sortir. Et même si cela faisait du bine, ca faisait mal. Et j’aurais aimé qu’avec le temps cette blessure cicatrise. Mais je venais de comprendre que jamais, non jamais, je réussirais à oublier. Cette blessure là, rien ne pourrait jamais la referme totalement. Elle était bien trop profonde.

Je souffrais tellement et je savais que mon ange aussi souffrait. Elle souffrait et tout ce que son père avait fait c’était nous faire souffrir encore plus. Il avait essayé de m’arracher à ma femme, il avait été odieux avec elle. Il avait été violent. Et je n’acceptais pas qu’il le soit. Elle avait assez supporté la violence du père de Vitali et d’Alan. Et puis….j’avais tellement peur aussi qu’il ne me la prenne. Je ne voulais plus qu’on me prenne ma femme, qu’on me l’enlève. S’il essayait encore une fois, je le tuerais de mes propres mains.

J’entendais la voix lointaine de Katarina, mais je ne pouvais détacher mon regard d’Alexeï. Cet homme dont Katarina m’avait tant parlé avec amour. Cet homme qu’elle avait cru mort, qu’elle avait pleuré. Cet homme qui, en fait, n’était qu’un salop qui lui avait menti pendant des années. Et qui l’avait mise en danger. Se rendait il seulement compte qu’il aurait mieux fait de mourir une fois pour toutes. Oui je devrais avoir honte de penser ça, parce que c’était le père de ma femme, et le grand père de ma fille. Mais, je le haïssais tellement. Je le haïssais d’avoir fait voler nos vies en éclats. Trop heureux sans doute de trouver un coupable. Et de transférer ma culpabilité sur quelqu’un d’autre pour me soulager.

Katarina a commencé à tout révéler à son père. Enfin elle expliquait tout ce qu’elle avait subi. Parce que moi j’étais certainement incapable de dire à haute voix tout ce qu’elle avait pu souffrir. Et j’écoutais Katarina dire à son père ce qu’il s’était passé, et j’avais l’impression qu’on m’aurait enfoncé une lame aiguisée dans le cœur, que je n’aurais pas eu plus mal. Je sentais au son de sa voix, combien il lui était difficile de mettre des mots sur l’horreur qu’elle avait vécue. Elle avait du mal parce qu’elle revivait sans doute chaque instant de sa captivité. Et j’aurais tant aimé la délivrer de ces souvenirs. Mais Riley avait raison, nous devions aller de l’avant. C’était horrible oui, mais il fallait que nous regardions vers l’avenir. Sinon nous allions nous faire encore plus de mal…

Alors que Katarina expliquait tout à son père, j’ai fini par entendre sa voix se couper parce qu’elle devait faire face à des sanglots. Mon ange pleurait. Elle pleurait et je n’avais rien vu. Je n’avais pas vu ses yeux se remplir lentement de larmes. Parce que si je l’avais vu, je l’aurais prise dans mes bras et je l’aurais étreinte pour qu’elle se calme et qu’elle sache a quel point je l’aimais. Mais j’avais été trop absorbé par mon besoin de cracher toute mon haine à mon beau-père. Et j’avais le choix en cet instant. Soit continuer à l’emprisonner de mes mains et rester là à le fusiller du regard tandis qu’il semblait prendre la mesure de ce qu’il s’était passé alors qu’il était gentiment planqué dans un abri. Ou alors…je pouvais le laisser et aller vers ma femme pour lui apporter tout mon soutien. Je ne lui demanderais pas de se taire. Parce qu’elle avait sans doute besoin de laisser les choses couler et je voulais que son père entende ce qu’il avait causé comme dégâts.

J’ai tourné la tête vers elle, incapable de bouger quand elle lui a décrit toutes ses blessures. J’étais pour le moment incapable de bouger parce que je revoyais son visage tuméfié. Je revoyais ma femme presque morte dans mes bras. Je revivais ces deux jours où j’avais eu tellement peur d’arriver trop tard pour la sauver. Et je n’ai sans doute pas compris que j’avais écarquillé les yeux, les larmes ne coulant plus tellement j’étais plongé dans mes pensées, et que j’avais ouvert la bouche en grand pour écouter ce que disait Katarina. Je savais que le père de Vitali avait menacé directement ma fille. Et….heureusement que je ne l’avais pas su alors que j’étais la bas parce que j’aurais sans doute tué ce salop. Quoique… maintenant que je l’entendais le dire à nouveau, j’avais envie de tout laisser ici et de partir le tuer de mes propres mains. Il avait osé menacer un bébé. Mon bébé. Mon tout petit amour…..

Alors que j’allais me précipiter pour prendre Katarina dans mes bras et la serrer contre moi, c’est elle qui s’est avancé vers moi. Elle avait autant besoin de me sentir contre elle que moi de la tenir dans mes bras, de savoir qu’elle était là, en sécurité dans mes bras. Si j’avais pu je l’aurai gardé à jamais dans l’étau de mes bras. Mon amour pour elle était encore bien plus grand, et sautait sans doute plus aux yeux qu’avant.

Quand elle m’a enlacé par la taille pour m’attirer à elle, je me suis laissé faire, et mes bras sont tombés le long de mon corps. Elle avait sans doute eu peur que je ne frappe son père quand il lui avait hurlé de se taire. Et j’avais été prêt à le faire. Si elle ne m’avait pas regardé avec autant d’amour et de désespoir dans les yeux, je l’aurais fait taire en lui envoyant mon poing dans le visage. C’était à lui de se taire ! pas à Katarina ! Lui, lui, lui il n’avait pas souffert à cause d’elle. Parce que Katarina était un ange, et qu’elle n’avait jamais menti. Elle n’avait jamais mis sa famille en danger sciemment. Et en se comportant ainsi avec elle, j’avais l’impression qu’il la salissait.

J’ai compris rapidement qu’elle avait besoin de moi comme moi j’avais besoin d’elle. Elle avait besoin de me sentir contre elle. Je sentais qu’elle avait peur, qu’elle avait mal à l’intérieur. Et elle cherchait la sécurité dans mes bras. Hors de question de la rendre encore plus malheureuse en restant là, à emprisonner fictivement son père. Ma femme réclamait mes bras, alors je me suis écarté de son père et je me suis précipité pour la prendre entre l’étau dans mes bras et je l’ai étreinte comme si elle allait s’écrouler à mes pieds. Et vu l’état dans lequel elle se trouvait, cela n’aurait rien eu d’étonnant. Ce qui m’a étonné par contre, c’est de me rendre compte au moment où elle prenait ma main pour y glisser à nouveau la clé de son cœur, qu’elle l’avait ramassée. Elle avait sans doute vu qu’elle ne pendait plus à mon cou, et l’avait vue par terre. Je savais qu’elle tenait à ce que je la porte. Après une étreinte furtive, elle s’est tournée vers son père, le visage toujours baigné de larmes. Moi je n’arrivais plus à la lâcher. Je me refusais à desserrer ne serait ce que d’un millimètre mon emprise sur elle, même si j’aurais du me rappeler qu’elle avait des côtes qui devaient se ressouder.

Je me suis senti pleurer comme un enfant tandis que Katarina prenait ma défense et disait à son père combien elle m’aimait. Je savais qu’elle m’aimait. Elle me l’avait tellement dit, de façons tellement différentes. Mais là, l’entendre dire à son père quel homme j’étais, me donnait envie de pleurer. Comme si je mesurais enfin l’ampleur de ses sentiments pour moi. J’étais totalement incapable de dire quoi que ce soit tellement c’était beau.

Mon amour pour elle était sans limites aucune. Et il était aveugle à tout. Je n’avais même pas vu que le père de Katarina Pleurait lui aussi. Une partie de moi me disait qu’il devait souffrir et que je devais arrêter ça. Mais la partie la plus forte me disait qu’il n’avait que ce qu’il méritait.

C’est don avec les yeux remplis de haine et ressentiment que mon regard s’est posé sur Alexei Kuryenko. Il était pitoyable, suppliant sa fille de croire qu’il ne savait pas qu’elle avait été enlevée et que le père de Vitali, son ancien meilleur ami et associé avait battu sa fille à mort. Je le croyais pourtant. Je savais ce que cela devait lui faire au fond de savoir qu’on avait torturé sa fille. Peut être parce que moi aussi j’étais père. Je comprenais cet homme, et j’avais pitié pour lui. Mais ma haine était trop vivace. Bien trop !

J’avais beau me dire qu’il avait perdu sa femme, qu’il avait perdu sa fille dans un sens et qu’il l’avait cru morte et qu’il l’avait recherché comme un fou dans tout New York, et que je comprenais le mal qui le rongeait ; je ne pouvais pas lui pardonner. C’était trop me demander. Tout était de sa faute ! Tout ! Sa fille avait souffert en le croyant mort, elle l’avait pleuré tant de fois, pour finalement apprendre qu’il lui avait menti depuis sa plus tendre enfance. Je ne supportais pas de le voir se comporter en victime. Alexei Kuryenko était un mafieux, et il le resterait. Il ne pouvait être digne de confiance.

J’étais prêt à lui rentrer dedans encore, mais Katarina avait les doigts crispés sur mon tee shirt, et je la sentais chercher à glisser ses mains sous mon tee shirt pour me toucher à même la peau par besoin de se rassurer. Lena avait son Paddington, Katarina avait son doudou à elle. Et j’étais ce doudou. Je suis alors resté, les bras entourant ma femme, dans la même position mais je fusillais mon beau père du regard.

-Arrêtez de vous excuser ! Arrêtez ! Arrêtez ! Ce n’est pas vous la victime !! C’est Katarina !!!

Je me fichais bien du désespoir évident se lisant dans ses yeux. Je ne supportais pas de l’entendre demander le pardon de Katarina. C’était trop que mon cœur ne pouvait en supporter. Il essayait de l’avoir en pleurant, en gémissant, et en répétant toujours les mêmes mots. Sans se rendre compte qu’il ne faisait que m’énerver encore plus. Et que ce n’était pas comme ça que sa fille passerait l’éponge. Si elle pouvait le faire un jour. Je savais que c’étaient ses mensonges qui l’avaient blessé le plus. Bien sur elle lui en voulait d’être le responsable des menaces qui pesaient sur nous, sur Lena ; mais c’était les mensonges de son père qui étaient moins évidents à accepter. Katarina exécrait le mensonge. Si petit soit il…. Et ce mensonge là n’avait rien de minime.

-Toute sa vie, vous lui avez menti ! Vous lui avez menti !!!

Je n’arrivais même pas à comprendre comment il avait osé lui mentir si effrontément pendant des années. Mais quelle personne qui prétend aimer quelqu’un ne peut se comporter ainsi ? Comment pouvait-on encore se regarder dans une glace et regarder la personne dans les yeux en sachant qu’on lui mentait.

-Ce sont vos mensonges qui ont conduit à cette situation. Et ce ne sont pas vos excuses qui changeront ce qui s’est passé ou qui effaceront la douleur de Katarina. Vous n’avez pas le droit de lui demander de vous pardonner, ni de lui dire que si vous aviez su qu’elle était en danger, vous seriez venu pour elle. Parce que c’est votre faute. Sans vos mensonges, elle n’aurait jamais été en danger. Jamais !!!
Je lui crachais tous ces mots comme je lui crachais ma haine au visage. Et j’étais littéralement incontrôlable maintenant.

-Vous ne méritez même pas d’être dans la même pièce que cet ange !
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Welcome to the family ! [PV Ethan, Katarina]   Sam 2 Oct - 10:47

Tout mon discours m'avait laissée complètement épuisée, éreintée, vide. J'avais dit tout ce que j'avais sur le coeur, mais je ne me sentais pas mieux pour autant. Au contraire. J'avais l'impression que j'allais m'écrouler d'une seconde à l'autre. Heureusement qu'Ethan me retenait, gardant son bras passé autour de ma taille. J'avais l'impression que mes jambes allaient céder tant elles tremblaient. Je n'aurais pas tremblé plus en ayant été abandonnée au beau milieu de la Sibérie en plein mois de décembre. J'avais bien vu mon père retomber par terre après qu'Ethan l'ait lâché, mais cela m'était égal. Je n'avais pas l'intention d'amorcer le moindre geste pour l'aider. Je n'en avais pas envie. Tout ce que je voulais, c'était qu'il disparaisse de ma vie. Une bonne fois pour toute. C'était cruel, je le savais. Non pas que j'éprouve une quelconque satisfaction de le voir ainsi au sol, dans la même position de faiblesse qui avait été la mienne pendant des jours, voir des semaines. Et il pleurait. Comme moi, comme Ethan. Je ne savais pas pour quelle raison il pleurait. Le récit de ma torture peut-être ? Croyait-il sincèrement que cela allait m'émouvoir ? J'avais été torturée par sa faute ! Sa faute ! Ses mensonges avaient tout gâché... Il avait détruit lui même l'image que j'avais de lui. Je secouai la tête quand il m'appela. Je ne voulais pas l'entendre, je ne voulais pas qu'il me parle. Je plongeai mon visage contre la poitrine d'Ethan pour éviter son regard. En agissant de la sorte il me blessait autant que l'avait fait Armando. Néanmoins quand il se mit à me supplier de le pardonner de le croire quand il me disait qu'il m'avait cherchée, je craquais une nouvelle fois.

« Tais toi ! TAIS TOI ! Je t'interdis de jurer quoique ce soit sur notre amour ! Tu ne sais rien ! RIEN ! Ne dis plus jamais ça, tu entends ? Jamais ! »

S'il n'avait pas été si loin, je crois que je l'aurais giflé de nouveau. Comment pouvait-il se permettre de jurer sur l'amour qu'Ethan et moi nous portions ? Il ne le connaissait pas, et moi il ne me connaissait plus. J'avais plus changé en deux ans que je ne l'aurais fait en mille ans. Et puis je n'avais pas envie de le croire. Il se serait livré à ma place ? Il n'était pas venu ! La rumeur de mon enlèvement avait pourtant dû se répandre vitesse grand V. Où avait-il bien pu être pendant cette terrible semaine ? Où ? À des centaines de kilomètres de New York ? J'éprouvais en cet instant tellement de haine et de rancœur à son égard que j'étais incapable d'être juste. Évidemment je savais qu'il serait venu s'il avait su où j'étais. J'étais profondément injuste. Mais pour le moment j'étais bel et bien incapable de penser correctement. Comme si tout sortait d'un coup et complètement dans le désordre. Moi qui était d'ordinaire si calme, si cohérente, si altruiste... Là j'étais simplement injuste. Mais c'est ce qui arrive quand on est poussée à bout... Je n'avais pas été plus juste avec Ethan quand il était revenu après un mois et demi d'absence. Je lui avais craché toute ma peine et toute ma peur à la figure. Inutile de dire que je m'en étais beaucoup voulue ensuite. Ce serait certainement la même chose pour mon père. Encore que... J'avais l'impression de lui en vouloir trop pour pouvoir pardonner un jour. J'avais l'impression que j'allais lui en vouloir pour les mille prochaines années.

J'ai sursauté quand Ethan a hurlé à mon père de cesser de s'excuser. Je relevai les yeux vers lui, et c'est à ce moment que je remarquai un détail qui m'avait jusque là échappé. Mon père avait frappé Ethan, ou il s'était battu avec lui, peu importe. Je portai une main au visage d'Ethan, posant mes doigts sur l'hématome violacé sur sa joue. Il l'avait frappé ! Je fusillai mon père du regard, tandis qu'Ethan lui reprochait de m'avoir menti toute ma vie. Ethan lui crachait toute sa haine au visage, toute cette haine qu'il avait accumulée au cours des dernières semaines. Ethan haïssait mon père, pour tout ce que nous avions vécu à cause de lui. Et je le comprenais. Et il disait tout ce que je ne trouvais pas la force de lui dire. Je ne voulais pas entendre mon père me demander de lui pardonner. Parce que pour le moment, je ne m'en sentais pas la force. Ni l'envie. J'étais même trop choquée pour penser correctement. Mon coeur battait de façon erratique, et j'avais de plus en plus de mal à respirer correctement. Je me suis accrochée à Ethan, complètement paniquée.

« Je veux sortir d'ici Ethan, je veux sortir, je ne veux plus le voir, je ne veux plus ! J'ai besoin d'air, Ethan, j'ai besoin d'air... »

J'aurais pu continuer à jouer les hystériques pendant très longtemps. Je me disais que je hurlais trop fort et de façon trop aigüe quand j'ai fini par comprendre que je n'étais peut-être pas la seule à hurler. Je me suis tue très brusquement. Je suis restée figée une minute à échanger un regard avec Ethan. Quelqu'un pleurait toujours... J'ai ouvert de grand yeux quand j'ai compris. C'était les pleurs déchirants d'un bébé.

« Oh non ! »

Il n'y avait qu'un seul bébé dans la communauté, et c'était Lena. Je l'avais confiée à Lilly avant de venir... Pourquoi pleurait-elle si fort ? On aurait dit qu'elle avait mal, ou peur, ou... Sans vraiment réfléchir, je me suis échappée des bras d'Ethan et j'ai couru jusqu'à la porte, que j'ai ouvert en grand. Je ne pensais même pas à l'allure que je devais avoir. J'étais pâle, tremblotante et larmoyante. Mais cela ne comptait plus. Je venais d'entendre ma fille pleurer, hurler à s'en faire éclater les cordes vocales. Elle était là, à pleurer et à s'agiter dans les bras de Lilly, qu'Aaron essayait de retenir comme il le pouvait, alors qu'elle semblait tenter de lui expliquer ce qu'elle voulait, ou plutôt cherchait. Moi. Il ne fallait pas être un génie pour le savoir. Elle s'est précipitée vers moi, me tendant Lena avec un air paniqué. Je la lui ai carrément arrachée des bras. Pourquoi pleurait-elle autant ? La gardant serrée contre moi, je me suis carrément coupée du monde qui m'entourait. Je me suis mise à la bercer tout doucement en marchant, lui murmurant des paroles rassurantes pour la calmer. Je ne pleurais plus, trop concentrée sur elle. J'avais carrément oublié que j'étais dans la même pièce que mon père. Je laissais à Ethan le soin de le garder loin de nous. Tout ce que je voulais c'était calmer Lena. Pourquoi s'était-elle mise à pleurer si fort ? Je la berçais tout doucement, caressant et embrassant ses cheveux bruns doucement. Elle gémissait encore un petit peu, s'accrochant à mes vêtements et à mes cheveux en secouant la tête.

« Chut... Ne pleure plus, Lena, ne pleure plus... C'est fini, maman est là... C'est fini... »

Je me fichais de savoir que mon père pouvait faire une crise cardiaque dans la minute. Je n'allais pas laisser Lena pleurer sous prétexte qu'il était là. Je me fichais qu'il soit là. Je caressai doucement son dos, tandis qu'elle enfouissait sa tête dans mon cou pour se rassurer. Je m'étais totalement isolée dans un coin de la pièce pour rassurer Lena. Inutile de dire que si mon père faisait le moindre mouvement, s'il s'approchait de Lena, je sortirais les griffes. Il prétendait vouloir défendre sa fille plus que tout ? Eh bien il n'avait pas la moindre idée de ce que j'étais capable de faire pour elle.

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« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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MessageSujet: Re: Welcome to the family ! [PV Ethan, Katarina]   Dim 10 Oct - 13:23

Ethan pouvait bien me hurler dessus à présent, je ne l'entendais plus. Je n'entendais plus sa voix qui prétendait parler pour Katarina, je n'entendais plus ses reproches et sa haine – parce que sa haine ne m'atteignait pas, parce que je n'en avais rien à faire qu'il m'apprécie ou pas. Qu’en avais-je à faire de ce qu’il me criait à la figure ? Les seules réactions qui m’intéressaient étaient celles de mon petit trésor. Ethan n’était plus qu’une pièce secondaire dans l’histoire, une pièce qui avait échappé à mon contrôle et qui ne me préoccupait plus. Je connaissais ses sentiments sur moi, je connaissais la seule et unique réaction qu’il aurait toujours, je savais que j’aurais à le combattre. Mais qui Katarina croyait-elle ? Son mari ou son père ?

Son mari…

Je ne pouvais me faire à cette idée. Parce que dans mon cas, je savais que je préférerais toujours ma femme à mes parents. J’aurais tout sacrifié pour elle, et j’avais tout sacrifié pour sa fille, ma fille, la seule chose qui me restait d’elle. J’avais beau me vouloir froid et calculateur, je restais slave, russe, et je n’étais pas allé contre ma nature profonde. Je pouvais me montrer d’un romantisme écœurant, d’un amour pitoyable, qui me rendait faible, qui me rendait vulnérable. Et ma fille avait hérité de ces traits, portée sur l’émotion, jamais raisonnable, ne faisant que ce qu’elle sentait qu’elle devait faire, sans jamais y réfléchir. La grosse différence entre elle et moi, c’est que son instinct était bien plus efficace. Mes sentiments à moi ne me faisaient faire que des bourdes – à commencer par vouloir aller la chercher à New York sous les bombes sans même savoir où elle était précisément, alors qu’il m’aurait suffi de cinq minutes pour me renseigner. Mais bref, tout cela pour dire que si elle aimait Ethan aussi inconditionnellement et irrévocablement que j’avais aimé – et que j’aimais toujours – ma Sonja, alors je n’avais aucun espoir. Même si elle avait ne serait-ce qu’une miette d’un début de pardon à m’accorder, la haine que cet homme me portait l’entraînerait toujours. Elle le suivrait, quoiqu’il pense. Oh, peut-être que si elle n’avait rien eu à me reprocher, nous aurions pu nous retrouver, nous aurions eu une chance d’échapper à Ethan… Mais, si elle n’avait rien eu à me reprocher, il ne me haïrait pas. C’était idiot ce que je me disais là. Il me détestait seulement pour ce que j’avais fait à ma fille, il ne me connaissait que par cela. Avec des si, on aurait pu mettre Paris en bouteille, ou on aurait pu sauver New York il y a deux ans ainsi que toutes ces vies – la mienne y compris. Parce que la mienne venait de s’éteindre sous les mots si cruels de mon joyau. Qu’elle me hurle ainsi que je ne savais rien signifiait qu’elle n’avait pas la moindre idée de l’amour qui me liait à sa mère, et à elle… Et je la regardais, sans entendre les cris d’Ethan, sans plus la comprendre, sans voir qu’elle ne pouvait pas saisir à quel point je voyais l’amour qu’ils avaient l’un pour l’autre, et aussi à quel point cet amour me tuait à petit feu. J’avais été trop longtemps le centre de la vie de ma fille, et j’aimais ça, j’aimais être son idole, le père parfait sur lequel elle pouvait se reposer en toutes circonstances. Elle était mon soleil, et j’étais la seule planète gravitant autour d’elle, le seul lui donnant une raison d’être là. Puis un jour, elle avait grandi, et avait repéré un peu plus loin d’autres gens, des gens qui avaient besoin d’aide, et était partie les éclairer, en faisant des études de médecine. Maintenant, elle avait trouvé la personne la plus importante à soutenir et guider : son âme sœur, son mari, son amant, cet Ethan. J’avais oublié qu’un jour ma fille grandirait. Et je me le prenais maintenant en pleine figure. Elle avait grandi, et n’avait plus besoin de son père, rejetait cet homme qui lui avait menti toute sa vie. Après tout, elle n’avait plus besoin de moi, elle avait d’autres personnes sur lesquelles se reposer, maintenant. Pourquoi reviendrait-elle vers moi qui l’avais abandonné pendant deux ans ?

Ses mots me crevèrent le cœur, me détruisirent une énième fois. Cette douleur serait-elle ravivée encore beaucoup ? Chaque fois, je croyais que je ne pouvais pas avoir plus mal, et chaque fois elle me disait quelque chose qui empirait mon état. Elle me le crachait à la figure en suppliant Ethan de la protéger, en hurlant qu’elle ne voulait surtout plus me voir. Je chancelai. Mes migraines m’avaient repris, avec toutes ces émotions, tous ces cris déchirants, et je sentais que j’allais bientôt finir par simplement décrocher. Je m’efforçais de résister, sentant peut-être vaguement que si je m’évanouissais, je me réveillerais dehors et ne reverrais plus jamais ma fille. Je ne voulais même plus la regarder, trop effrayé à l’idée de la haine que je pouvais lire dans ses yeux.

Elle me détestait, elle me haïssait, elle m’avait cru mort et maintenant que j’étais de retour, elle ne voulait surtout plus jamais me voir, alors que je crevais d’envie de la serrer contre moi.

La douleur me tordait le cœur et les entrailles. Jamais je n’avais eu aussi mal de ma vie, j’en avais du mal à inspirer. Je clignai plusieurs fois des paupières, m’efforçant de chasser les papillons noirs qui volaient devant mes yeux. J’avais mal, Dieu que j’avais mal. Elle était en train de me tuer, littéralement. Je voulais partir, partir pour que la dernière chose que je fasse pour elle la satisfasse, mais je n’arrivais plus à bouger. Je me contentais de rester planté là, les yeux grands ouverts, une main contre le mur, une autre crispée sur ma poitrine. J’avais mal. J’avais mal. J’avais mal.

Je n’entendais pas non plus le bébé pleurer. Je ne voyais que Katarina s’arracher des bras d’Ethan et se jeter sur la porte – à côté de laquelle j’étais. Je crus pendant une fraction de seconde qu’elle venait vers moi, mais en la voyant tirer sur la poignée, je compris qu’elle voulait simplement s’en aller.

Me laisser.

Je la vis prendre délicatement un bébé dans ses bras, ses grands yeux bleus pleins d’amour et de frayeur mêlées. Oh mon Dieu. Inconsciemment, j’avais déjà compris. Sonja avait exactement la même expression quand elle prenait sa fille en larmes dans ses bras. Quand je l’entendis prononcer quelques mots de consolation en russe, je crus que cette fois, j’allais bel et bien passer l’arme à gauche.

- Maman ? m’écriai-je, les yeux exorbités, le souffle court.

Ah. Je n’avais pas eu l’intention de le dire à haute voix.

- C’est une plaisanterie ? demandai-je en me tournant vers Ethan.

Oui, vers Ethan. Je n’osais même plus adresser la parole à Katarina, ce qu’elle était en train de faire me paraissait trop fou. Non, c’était impossible. Mon trésor… avait un enfant ?

Et ce fut un réflexe. J’avais oublié tout ce qui s’était passé avant. J’avais oublié à quel point les parents de ce bébé me haïssaient. Je savais, il ne fallait pas être un génie pour le deviner, qu’ils refuseraient catégoriquement que je la touche. Pourtant, je n’ai pas pu m’en empêcher. Voir cet adorable bout de chou dans les bras de mon joli diamant, voir ma fille adorée consoler doucement son bébé, me porta en avant, et je fis un pas vers mes deux enfants, tendant la main vers ses cheveux bruns.
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: Welcome to the family ! [PV Ethan, Katarina]   Sam 16 Oct - 10:48

J’étais ivre de colère. Je ne supportais pas qu’il se permette de la supplier de cette façon là. Il lui avait fait du mal, tellement de mal. Et par sa faute, elle avait failli perdre son enfant quand elle avait été enlevée et battue à mort des jours entiers. Dans ma tête et dans mon cœur, il souillait encore sa fille. Il espérait vraiment qu’elle lui saute dans les bras quand elle le verrait ? Sans doute…Il devait être assez stupide pour penser que Katarina n’ait pas appris qui il était vraiment, et qu’elle ne lui en veuille pas d’avoir subi tout ça. Mais elle réagissant comme n’importe quel être humain. Elle avait eu si peur, si mal qu’elle ne pourrait jamais oublier. Je savais qu’elle revivait chaque nuit sa captivité. Je le voyais bien sursauter dés qu’un bruit sec retentissait prés d’elle. Elle était effrayée, et je l’étais tout autant. Alors je n’allais pas laisser son père s’immiscer dans nos vies. Il n’avait rien à faire prés de nous. Il était mort à nos yeux.

Je m’attendais à ce qu’il essaie encore de la supplier, mais c’est Katarina qui l’a devancé. Elle s’accrochait encore plus à lui, ce qui n’engendrait qu’une étreinte encore plus étroite entre nous. Elle avait peur. Je sentais à son contact, à sa respiration et à sa voix qu’elle avait peur. Elle voulait sortir d’ici. Elle étouffait. Katarina n’était pas asthmatique pourtant, mais le stress devait l’essouffler. Je sentais sa respiration se faire un peu plus sifflante. Et j’allais m’avancer vers la porte, ma femme dans mes bras quand le bruit le plus redouté et que supportais le moins est parvenu à nos oreilles. Lena pleurait. Lena pleurait !!


Ses pleurs, ses cris de petit bébé nous parvenaient de plus en plus. Plus proches. Plus forts. Oh mon dieu !! Mais que faisait-elle là ? Pourquoi l’amenait-on vers nous ? Que se passait-il ? Nous nous sommes regardés pendant de longues secondes. Le monde avait cessé de tourner autour de nos. Dans nos regards, nous nous posions tant de questions. Jusqu’à ce que Katarina comprenne que c’était bien Lena qui pleurait de cette façon. Elle s’est échappée de mes bras, mais je ne lui en voulais pas. J’aurais sans doute fait pareil. Mais avant que je ne m’élance moi aussi, Katarina s’était déjà précipité la porte, et a pris Lena des bras de Lilly sans tarder. Lilly et Aaron étaient là à nous regarder, mais nous n’avions d’yeux que pour Lena. Elle pleurait si fort, elle pleurait tellement. Katarina la berçait en essayant de la calmer. Elle lui parlait tout bas, et Katarina devait faire preuve de tout son calme et son amour pour rassurer Lena. Mais si Katarina semblait s’être apaisée, Lena elle pleurait toujours. Ma petite princesse a mis quelques minutes avant de se calmer, accrochée comme une désespérée à sa maman. Et si je n’étais pas occupée à surveiller mon beau père pour qu’il n’approche ni ma femme, ni ma fille, je me serais précipité pour les prendre dans mes bras.
Mon regard était noir, et pas seulement parce que je le surveillais, mais parce que maintenant je le haïssais encore plus. S’il n’avait pas été là, j’aurais pu tenir mon rôle d’époux et de père. Et je ne pouvais même pas faire cela pour les deux femmes de ma vie. Je sentais la colère s’insinuer encore plus dans mes veines.


Katarina répétait à Lena qu’elle était là, que sa maman était là, que tout allait bien. Et…son père a entendu. N’avait-il pas compris ? Sans doute pas, ou alors il refusait de voir la vérité en face. Mais la façon dont il a posé la question pour être sur que Katarina soit la mère de Lena m’a fait sortir de mes gonds. Il y avait une haine dans cette question, et un dégoût. Et quand il m’a demandé si c’était une plaisanterie, je n’ai pas pu m’empêcher de lui cracher au visage ce qui me brulait les lèvres. Aucune retenue ! il n’en avait pas non plus, se moquant ouvertement de notre famille.

-Une plaisanterie ???

Ma famille était une plaisanterie ? J’allais le tuer ! J’allais vraiment le tuer ! Mais alors que je fermais les yeux un instant pour essayer de me contenir un peu, parce que je sentais que j’allais lui foncer dessus et lui coller une droite magistrale, il en a profité pour s’approcher d’elles. Il avait levé la main vers Lena, et si je n’étais pas intervenue il l’aurait touchée. Je l’ai repoussé très rapidement, me saisissant de son poignet et le serrant de toutes mes forces. J’avais définitivement perdu mon sang froid.
Comment ne pas le faire lorsque vous sentez votre enfant en danger ?

-Ne….la…. touchez….pas !!!

Ma voix était sèche, froide, glaciale, menaçante, dangereuse. Et même si je ne hurlais pas, la façon dont j’avais détaché chaque mot était significative. Je voulais qu’il comprenne le message. S’il la touchait, je le tuais. Peu m’importait qu’on me voie comme ça, je ne voulais pas que cet homme touche à ma princesse. Ni qu’il s’en approche. !

-Je veux pas vous voir les approcher Alexeï ! Jamais vous entendez ? Ne les approchez pas !

Je serrais toujours aussi fort, lui tordant le poignet et je le faisais reculer du mieux que je pouvais, mes yeux plantés dans les siens. Je voulais qu’il comprenne qu’il ne me faisait pas peur. Ses anciennes activités, son regard arctique et menaçant, sa musculature… Rien de tout ça ne m’impressionnait. Et ma force était décuplée quand il s’agissait de protéger ma famille. Pour moi, Alexeï Kuryenko ne faisait pas partie de ma famille. Et il n’en ferait jamais partie. Il avait perdu ce droit il y a des semaines de cela.

Je me suis assuré qu’il soit loin d’elles et qu’il se tienne à distance. Et j’ai lâché son poignet. J’avais du serrer très fort, mais je m’en fichais. Maintenant, j’oubliais sa présence et son existence pour me précipiter vers ma femme. Elle tenait toujours Lena contre elle, sa pette tête contre son épaule, et elle lui caressait le dos. Les pleurs de Lena se faisaient moins importants, et on sentait que la crise passait. Je me suis assise à côté de Katarina et j’ai passé un bras protecteur autour d’elle, les ramenant contre moi toutes les deux.

-Mon amour !!!

Je les ai étreintes et j’ai embrassé la tête de ma fille en les berçant toutes les deux. Puis Katarina s’est un peu redressée, me repoussant plus ou moins. Et elle m’a tendu Lena, sentant sans doute que j’avais besoin moi aussi de la consoler et qu’elle m’apaise.

-Ma princesse… Papa est là ! Papa est là ! Chut…ne pleure pas...

Elle se calmait peu à peu complètement et je la câlinais. Katarina a posé sa tête sur mon épaule et a posé sa main sur ma cuisse. Nous nous calmions tous les trois. J’ai séché les larmes de Lena un peu fébrilement.

-Oui ma princesse, shhhh….shhhh… voilà…voilà…

Je me suis levé, Lena blottie contre mon épaule et j’ai tendu la main vers Katarina. Et en silence, nous sommes sortis. Tout le monde observait la scène. Mais il n’y avait rien à dire. Ils savaient tous maintenant qui était le nouveau, et que je ne le voulais pas s’approcher de nous. Ils savaient qu’ils avaient tous intérêt à suivre mes ordres…

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MessageSujet: Re: Welcome to the family ! [PV Ethan, Katarina]   Mar 19 Oct - 11:56

Ethan me fit terriblement mal lorsqu'il me saisit et me tordit le poignet. Bien que je parusse plus fort que lui, il me dominait clairement, enragé par la fureur, et, pris par surprise, hypnotisé par cet enfant, je me fis rapidement maîtriser tandis qu'il me forçait à reculer. La force de mon ennemi était décuplée par la colère ; avoir à défendre sa famille le rendait visiblement très susceptible, et il était évident que ce n'était pas la première fois qu'il défendait sa famille.

Sa famille...

Ce n'était pas juste.

C'était ma famille aussi ! C'était ma fille, c'était ma petite-fille, mes deux enfants, je voulais les défendre et les protéger ! Et elles n'avaient pas besoin d'être protégées de moi ! Croyait-il vraiment que j'étais capable de leur faire du mal ? De quel droit pouvait-il m'empêcher de les voir ? J'avais besoin de la voir ! Après deux ans de recherches, je la retrouvais enfin, pour m'entendre dire que je n'aurais plus le droit de la voir, lui parler, la prendre dans mes bras ? C'était injuste. C'était totalement injuste ! Le poignet en feu, je le vis se précipiter vers mes enfants, mes filles, et les prendre, lui, dans ses bras, les consoler... Il me volait mon rôle ! Furieux, je fis un pas vers eux, mais l'homme qui était arrivé en même temps que l'adorable bébé de ma fille et que je reconnus comme étant Aaron, l'un des leaders de la Communauté qui m'avait interrogé, s'interposa immédiatement et me chuchota d'un ton sans réplique :

- N'essaye même pas.

Je me figeai. Et je ne pus que regarder par-dessus son épaule mes deux trésors partir avec cet homme qui voulait m'empêcher d'être avec elles.

J'étais vidé de mes forces. Je n'avais même plus le courage de les poursuivre. Je me contentais de masser mon poignet douloureux et de les regarder s'éloigner. J'avais mal, physiquement, psychologiquement. J'avais l'impression que c'était la dernière fois que je voyais ma fille, j'avais l'impression de mourir sous les bombes une deuxième fois, d'entendre sa voix terrifiée au téléphone me supplier, me dire qu'elle voulait rentrer à la maison. Mais c'était fini à présent, c'était ici, sa maison. Et moi, qu'est-ce que je faisais, maintenant ? Je retournais dehors ? Je sentis soudain une main se poser sur mon épaule.

- Allez, venez, soupira Aaron. Je vais vous montrer votre chambre.

Le ton était abrupt, avec un soupçon de... de regret. Je ne parvenais pas à déterminer ce qu'il pensait de moi. Je m'en foutais, finalement. Tout ce que je voulais, c'était récupérer ma fille. Être accepté ici me laisserait-il encore une chance de l'approcher ?
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Welcome to the family ! [PV Ethan, Katarina]
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