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 /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]

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MessageSujet: /! Échec et mat ! [PV Inessa]   Dim 26 Sep - 19:35

Je m'étais enfui de la Communauté.

Ce qui était parfaitement stupide. Je n'avais pas le droit de partir sans prévenir. Leur crainte des Hors-la-Loi était presque paranoïaque et la moindre échappée vous cataloguait comme espion d'Armando. Si, jusque-là, je m'étais contenté de le dédaigner, maintenant je le haïssais.

Pour la frayeur qu'il faisait peser sur ces gens.

Et pour les tortures qu'il avait fait subir à ma fille.

Tout ça pour me retrouver.

Oh, je le connaissais. Je le connaissais par cœur. J'avais été stupide de penser qu'il se contenterait de m'oublier et de retourner à ses petites affaires. J'étais sur sa liste noire, à présent, et être sur la liste noire d'Armando n'était jamais bon signe. Je m'étonnais d'avoir survécu aussi longtemps alors que je n'avais pas vraiment cherché à me dissimuler de lui. Mais finalement, il n'était pas sûr non plus que j'aie survécu aux bombes, il savait seulement que j'étais à New York. Ses hommes ne devaient pas être très efficaces... L'activité favorite de mon ancien meilleur ami : se plaindre du personnel. Il n'employait que la force brute et l'aura de menace (la sienne était certes très efficace), c'était normal qu'il ait du mal. Il fallait utiliser la finesse, la manipulation, la ruse, pour arriver vraiment à ses fins. De nous deux, à ce petit jeu, c'était moi l'expert. Finalement, nous nous complétions assez bien.

Mais nous ne travaillions plus ensemble. Et il était hors de question que je m'associe jamais de nouveau avec lui. La pègre, j'avais pu y être et la gérer quand je tirais les ficelles de loin. Mais avoir sous les yeux les dégâts que cela produisait chez les victimes m'en avait dégoûté à jamais. Rien que de penser que j'avais pu provoquer des horreurs pareilles me révulsait.

Je me haïssais. J'avais parfois l'impression de m'être comporté comme un soldat nazi ; concevant des plans infaillibles pour se débarrasser d'un maximum de gens, sans prendre conscience que les victimes étaient des êtres humains. Je n'avais jamais tué personne... du moins directement. Je ne valais pas mieux qu'Armando, finalement. Mes remords n'effaceraient pas tous les actes qui m'avaient valu la haine de Katarina.

Je ne savais plus ce qu'elle pensait de moi.

Elle n'était plus entièrement à moi ; en mon absence, elle s'était fondée une famille en toute impunité. Elle avait recréé l'univers papa-maman ; mais ce n'était plus elle la fille, et je n'étais plus dans son cercle. Et moi, je l'aimais toujours à me consumer, l'avoir retrouvée avait décuplé tout ce que je ressentais pour elle. Elle deux ans, elle s'était éloignée, son image avait pâli, s'était effacée, et brusquement, je la retrouvais là, plus resplendissante que jamais.

Mère.

J'étais grand-père. Je n'arrivais pas à m'y faire. Ma Lena était une source de joie de tous les instants, et j'avais eu énormément de mal à reconnaître à Ethan le fait qu'elle portât un prénom russe. Je ne pouvais la voir que pendant certains instants volés, et je profitais de chaque seconde avec elle - parce que je ne pouvais plus profiter des instants passés avec Katarina. C'était impossible d'apprécier sa présence totalement alors que je me demandais à chaque seconde ce qu'elle pouvait bien penser de moi. Elle n'avait grandi qu'avec moi, j'avais été la plaque tournante de son existence pendant très longtemps. Je n'avais jamais compris qu'elle ait pu s'expatrier si facilement à New York, parce qu'elle était devenue le centre de mon existence également.Comment avait-elle pu tirer un trait ainsi sur moi ? Et ces deux ans de silence avaient achevé le travail commencé par ses études : elle s'était tout à fait émancipé de moi. Le seul problème, c'était que moi, je ne m'étais pas émancipé d'elle.

Et donc, alors que je l'avais enfin retrouvée, et que j'essayais vaguement de me faire accepter, je m'étais enfui, stupidement. J'avais dit à un garde qu'il y avait un problème avec Lena et Katarina et il s'était empressé d'aller voir. Une fois seul avec l'autre, je lui avais mis un coup de poing suffisamment fort pour l'assommer un tantinet, le temps que j'aille suffisamment loin pour qu'ils ne puissent pas me retrouver. Ça n'allait pas arranger ma crédibilité, mais tant pis, je n'en pouvais plus.

Rester presque une semaine inactif était insupportable. Je ne savais plus rien de ce qui se passait au-dehors - et je ne savais pas non plus ce qui se passait ici. Ethan ne me ferait jamais confiance. De toute façon, à savoir comment j'avais pu passer à côté de la Communauté, et accessoirement du fait que ce salopard d'Armando m'avait pris ma fille pour la torturer, je me disais que finalement, être au dehors en paria ou ici en pseudo-communautaire ne changeait pas grand-chose. Je n'étais plus capable de rien. Mais je ne pouvais plus rester dans cette ambiance confinée, à éviter Ethan et décrypter ma fille et voler des minutes pour voir ma petite-fille. J'avais besoin d'air !

Et maintenant, je marchais furtivement dans New York en ruines, sursautant à chaque bruit.

Deux ans à vivre ainsi ne m'avait toujours pas habitué à être à la merci des autres à la place de mes hommes.

Et savoir qu'Armando me recherchait activement, qu'il était prêt à tuer ma fille et ma petite-fille pour ça, n'était pas fait pour me rassurer.

Je n'avais jamais autant haï quelqu'un. Jamais. Ce que je ressentais envers Ethan n'était rien à côté de lui. Ce que je ressentais envers moi-même s'oubliait tout à fait dès que je songeais à lui. Mes entrailles me brûlaient, mes yeux de glace s'embrasaient, mon sang-froid s'évaporait comme neige au soleil dès que je pensais à son simple nom. J'avais besoin de me changer les idées ! J'avais besoin de penser à autre chose qu'à ces noms qui tournaient en boucle dans mon esprit, Ethan, Katarina, Armando, Lena.

Inessa !

C'était elle, elle dont je venais d'entrapercevoir la chevelure blonde derrière un arbre. Comment avais-je pu l'oublier si facilement ? Je ne comprenais pas ce que je ressentais envers elle. Elle m'avait sauvé la vie, m'avait toujours aidé à m'en sortir. Pourtant, même si je l'appréciais plus que les autres - sans doute à cause de son côté russe et de ses yeux verts, si verts... - je n'avais pas hésité à me servir d'elle quand j'en avais eu besoin, alors qu'elle m'aidait si volontiers.

Je réalisai que c'était finalement ma seule amie, après tout. Et pourtant, elle était effacée dans mon esprit, comme elle était effacée dans la vraie vie en face de moi. Si je n'étais pas avec elle, je l'oubliais en dix minutes. C'était toujours elle qui revenait vers moi, comme une ombre, restant sur mes traces. Pourquoi ?

Je la rattrapai et lui touchai l'épaule. Alors qu'elle se retournait vers moi, je ne pris pas le temps de voir sa réaction et la pris par la main, l'entraînant en courant dans une cache que nous avions à Central Park, espérant qu'elle soit libre. Heureusement, il n'y avait personne, et, alors que nous étions à peine assis, je m'écriai - en russe, nous parlions toujours en russe, et Dieu savait à quel point c'était reposant !

- Inessa, si tu savais...

De nouveau, j'étais bouleversé, mon cœur battait à cent à l'heure, je me sentais chancelant. Guérirais-je jamais de ces fièvres dont elle m'avait sauvé la vie ?

Je ne savais pas comment lui dire. Une nouvelle si forte, si importante, si bouleversante, n'était pas avouable aussi facilement. Et finalement, ce fut mes lèvres qui bougèrent d'elles-même, sans que je le contrôle vraiment.

- J'ai retrouvé ma fille.

Le temps que mon cerveau comprenne que j'avais annoncé cela, et une euphorie nouvelle s'empara de moi.

- J'ai retrouvé Katarina, Inessa ! Elle est vivante ! Elle va bien ! Elle a un enfant ! Oh mon Dieu, si tu savais à quel point je suis heureux !

Et à cet instant, je l'étais. J'avais déjà oublié tous les problèmes que nous avions rencontrés.


Dernière édition par Alexeï Kuryenko le Jeu 30 Sep - 21:07, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Dim 26 Sep - 20:02

Soyons franc avec soi même. Je détestais cette vie. Je la haissais et parfois, il me prenait l'envie de maudir dieu de n'avoir pas trépasser sous les bombardements. Une fois n'était pas coutume, j'étais sortie prendre l'air. J'en avais marre, marre de me morfondre sur moi même, je voulais me retrouver comme avant. Et tout en marchant, mon visage laissait entrevoir un sourire amer, ben voyons, comme avant...ce serait si simple. Putain ce que je detestais cette vie que j'avais maintenant. Non, je me detestais serait plus franc. Mains dans les poches, j'avais fini par atterir a Central Park et je m'étais arrêtée au détour d'un petit sentier de terre. Le nez levé sur le ciel, j'essayais de me perdre dans l'azur, peine perdue, ça me rongerait toujours. Décidement, j'avais tiré le bon numéro a la loterie du bonheur moi ! Pathétique. Mon estomac gronda et je me rendis compte avec un amusement acide que cela faisait pas loin de deux jours que j'avais rien pu avaler. Non pas que je manquais de vivre juste...que je ne supportais plus la nourriture. Un soupir me traversa, ma pauvre, pauvre Inessa...De colère, je décochais un coup de pied a un pauvre caillou qui ne m'avait rien fait et reprit ma marche d'un air presque martial. Chacune de mes enjambées vomissait de colère rentrée. De rage contre moi même et dans mes poches, mes poings se serrèrent. Pauvre conne !

Un léger coup sur mon épaule me fit sursauter et je n'eus qu'a peine le temps de découvrir Alexeï qu'il m'embarquait dans une course effrénée. Comme une idiote, je me laissais faire, seulement consciente de sa présence alors qu'il avait disparu de ma vie depuis une semaine maintenant. Qu'il en avait claqué la porte sans même un regard. Il avait juste...cessé de venir me voir et putain qu'est ce que ça faisait mal. Mais là, alors que je le suivais au pas de courses, je me prenais a lui pardonner. Sombre crétine que j'étais. Finalement, essoufflés nous déboulâmes dans une planque, vide fort heureusement et une faiblesse passagère m'obligea a m'assoir rapidement. Il faudrait tout de même que je me décide a manger, même si mon estomac refusait toute nourriture ces derniers temps, il le faudrait. Durant un instant je dévorais ce visage racé qui me faisait face avec une intensité qui me tordit les entrailles avant qu'il n'ouvre la bouche. Mes sourcils frémirent légèrement et j'attendis patiemment la suite qui ne tarda pas a venir.

Sa fille.

Il avait fini par la retrouver. Je pinçais les lèvres, me retenant de lui hurler que je n'en avais rien a foutre ! Qu'elle pouvait crever ! Que j'aurais aimé qu'elle crève juste parce qu'elle était plus importante que tout a ses yeux, juste parce qu'elle prenait toute la place qu'il pouvait y avoir dans son coeur, qu'elle crève oui...si seulement...Mais aucun de ses mots ne passa la barrière de mes lèvres. Au contraire, celles ci s'incurvèrent et je me saisis des mains d'Alexeï, répondant dans la même langue que lui.

« C'est vrai ? Après deux ans tu l'as enfin retrouvée ! Je suis heureuse pour toi ! »

Et j'ai envie de te crever les yeux pour cette lueur qui y brillait, de te les arracher parce qu'elle n'y était pas quand tu me regardais.

« Et comment va-t-elle ? A-t-elle été heureuse de te voir ? »

Si il savait a quel point je m'en foutais, a quel point j'avais envie de le planter là, de l'écraser d'un regard haineux et de tourner les talons. Durant une semaine, je n'avais pas eut de nouvelles, pas un mot, rien et j'étais sure qu'il ne s'était posé aucune question. Cela faisait longtemps que je ne me faisais plus d'illusion, je n'étais qu'une ombre perdue derrière lui. J'avais peut être de la chance si j'occupais ses pensées durant quelques minutes, mais cela ne durait jamais plus. Je n'étais qu'une pauvre conne amoureuse, une de plus sur terre, finalement, qu'est ce que cela changeait. Il ne me demanda pas comment j'allais et je savais, que si le hasard ne m'avait pas mise sur sa route, il ne serait peut être pas passer me voir. Ca me crevait, mais je faisais avec.
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Dim 26 Sep - 21:18

Elle jouait très bien la comédie.

Parce que jamais je n'aurais pu dire qu'elle haïssait ma fille parce que je l'aimais trop. Jamais je n'aurais pu dire à quel point elle me haïssait de le lui annoncer ainsi.

En deux ans, jamais je n'avais pu dire pourquoi elle s'accrochait ainsi à moi.

C'était peut-être moi qui étais devenu aveugle. Je ne savais pas ce que les bombardements m'avaient fait mais ce ne devait pas être joli à voir. J'étais devenu un idiot, un pur idiot.

Sa question me creva le cœur et toute mon euphorie s'envola. Je baissai la tête, meurtri par sa voix.

- Elle va bien.

Ma voix se durcit.

- Elle s'est mariée. Elle a un enfant.

S'adoucit.

- J'ai une petite-fille maintenant...

S'étiola.

- Mais elle n'a pas été heureuse de me revoir. Pas du tout.

J'éclatai soudainement en sanglots et me jetai dans ses bras, la serrant contre moi. Depuis une semaine, je ne faisais que pleurer. J'avais pleuré quand j'avais revu ma fille, j'avais pleuré quand j'avais su ce qui lui était arrivé, j'avais pleuré quand j'avais vu Lena, je pleurais toutes les nuits en songeant à tout ce que j'avais fait - ou, plus justement, ce que je n'avais pas fait. J'avais besoin de réconfort. J'avais besoin de ma fille telle que je l'avais avant, et je ne pouvais plus. Inessa était la seule, finalement, qui m'aimait en bloc, comme j'étais, et qui tenais encore à moi. Pourtant, je n'avais jamais fait attention à elle, alors même qu'elle m'était si indispensable...

Une ombre, oui, une ombre. Une ombre très serviable, collée à mes talons, que j'avais fini par considérer comme évidente. Qu'Inessa puisse m'abandonner ne m'avait jamais effleuré. J'avais parfois l'impression qu'elle ne vivait que par moi. Pourtant, qu'est-ce qui l'empêchait de me laisser tomber ? Moi, je ne l'aidais en rien. Je profitais de ses services et l'avais déjà manipulée pour arriver à mes fins. Pourquoi s'accrochait-elle à moi ?

Une ombre. Une ombre pourtant assez solide pour me supporter, me soigner, et accueillir mes sanglots. Je pleurais comme un enfant, agrippé à elle, craignant de perdre le dernier souvenir qui me restait de ma famille. C'étaient ses yeux, ses yeux... Elle avait ceux de Sonja...

Katarina avait hérité d'un mélange parfait, d'un équilibre parfait dans son regard. La couleur était le bleu des glaces de Russie que je lui avais offert, l'expression était pleine de chaleur et de générosité héritées de sa mère. Elle avait les cheveux d'un noir d'encre comme les miens, ses traits partagés entre Sonja et moi, mais le sourire et les mimiques de ma femme disparue. Je n'avais aucune difficulté à retrouver sa chère mère sur son visage - c'était ce qui avait provoqué cet amour débordant, incontrôlable, irrémédiable pour elle. Mais il ne faisait aucun doute qu'elle n'était pas Sonja. Qu'elle n'était que notre fille, héritée de Sonja... et de moi. Parfois, une petite voix vicieuse s'infiltrant dans mon esprit chuchotait qu'il était peut-être mieux qu'elle ait pris autant de moi... mais je la repoussais toujours.

Et avec cette ombre... cette ombre trop réelle...

Une ombre, parce qu'elle ressemblait à un fantôme. Cheveux blonds, yeux d'émeraude, grande silhouette fine, lèvres pleines et souriantes, si généreuse et pourtant si discrète... Quand elle me parlait, notre langue roucoulante chantait à mes oreilles comme une musique. Cela me faisait un bien fou de retrouver ma Russie à travers elle. A travers...

- Sonja... murmurai-je, prénom étranglé dans mes pleurs.

Je n'eus pas le temps de réaliser mon erreur. Je m'accrochai davantage à elle, fourrant mon visage dans son cou, retrouvant la peau douce de mon fantôme disparu il avait déjà vingt-deux ans. Mes bras devinrent de fer autour de son corps, de peur qu'elle me repousse. Je priais pour qu'elle n'ait pas entendu. Je ne voulais surtout pas la lâcher.

J'allais m'effondrer si je la lâchais. J'allais mourir - une troisième fois - si elle me lâchait. La première fois était il y a vingt-deux ans, la seconde fois il y a une semaine.

Ne me lâche pas. Inessa.
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Dim 26 Sep - 21:45

Lache moi putain ! Laches moi !

J'avais envie de hurler ces mots, de m'en déchirer la gorge et tout ce que je trouvais a faire, c'était l'accueillir contre moi, sans rien dire, sans rien exiger. J'avais toujours fait ça, comme l'abrutie que j'étais. J'avais toujours laissé passer son égoïsme dégeulasse sans broncher, supportant tout juste parce que ce connard c'était infiltré si fort en moi que je n'arrivais plus a l'en déloger. En fait, c'était moi la conne dans l'histoire, il me crevait doucement et j'étais même pas capable de le sortir de ma vie. Pauvre shootée a sa présence que j'étais. J'étais toujours là, de jour comme de nuit, a n'importe quelle heure. Je l'avais vu séduire des gamines, les emmener dans son lit, j'en avais pleuré même et je n'avais rien dit. Cela faisait deux ans que je me nourrissais de son égoïsme, de son égocentrisme, deux ans a espérer un mirage, une chimère, deux ans que je me consumais lentement pour un putain de salopard nombriliste ! Et pourtant, j'étais incapable de le repousser, pas quand il me serrait comme ça, comme si sa vie en dépendait, je pouvais sentir son souffle sur mon cou et ses larmes glisser sur ma peau. Et je pouvais entendre son murmure...Juste un prénom. Juste un mais il me glaça jusqu'aux os....Jusqu'a l'âme....Une semaine qu'il était partit sans même un mot. Deux ans a espérer, a maudir et exécrer ce fantôme qui l'habitait encore. Deux ans a m'automutiler en le regardant. Deux a me suicider en l'écoutant. Deux ans a le laisser faire de ma vie un enfer juste pour un mot qui ne passerait jamais ses lèvres. Deux ans...deux ans...J'essayais de le repousser, posant mes mains sur sa poitrine, faisant pression pour qu'il me lache. Il me dégoutait, je me dégoutais parce que même maintenant alors qu'il venait si simplement d'écraser mon âme, je l'aimais encore. Pauvre conne ! Pauvre débile !

« Laches moi ! »

J'avais presque sangloter ses mots, mais je les avais craché avec une force étonnante. Parce que je craquais, je n'en pouvais plus. J'étais au bout du rouleau avec lui, j'étais presque détruite et il osait....Il osait me donner ce prénom ! N'avais je donc réellement aucune importance a ses yeux ?! Etais je si transparente ?! Si effacée ?! A travers moi, qui voyait il ?! Quel mirage provoquais je ? Il ne voyait que l'image de sa femme...juste elle et moi, moi je n'existais même pas a ses yeux. La colère gronda dans l'emeuraude de mon regard, ma bouche prit un pli amer, déchirant, il venait de me disloquer, de me briser et je n'en pouvais plus...Finalement, je réussis a me défaire de son étreinte et ma main partit, vive, terrible, aussi porteuse d'ire que pouvaient l'être les larmes qui sillonnaient mon visage.

« Tu n'es qu'un sale connard ! Une pourriture ! Comment peux tu m'appeller comme elle ?! Comment ?!' »

J'avais eructé ces mots, glissant une haine atroce dans le simple « elle ». Je m'accrochais a son tee shirt, tant pis, je lui cracherais ma rage au visage, ma douleur, tant pis, je m'en fouttais, j'avais trop mal, il fallait que ça sorte, que je vomisse ce qu'il était, ce qu'il me faisait.

« J'ai toujours été là ! Toujours !? Qui t'a relevé ?! Qui t'a soigné ?! Qui ?! Moi, moi, toujours moi ! Et toi...Toi tu traverse ma vie sans même te retourné, tu me piétine, m'avilit. Qu'est ce que je suis pour toi ?! Hein ?! Une pauvre conne dont on peut se servir a volonté ?! Tu t'es demandé comment j'allais ?! Dis moi, tu as pensé a moi avant de disparaître ?! Non n'est ce pas, parce que tu n'en a rien a foutre de moi ! Je ne suis bonne qu'a te servir de béquille quand tu vacille ! Putain, Alexei ! Je te hais, si tu savais comme je te hais de t'aimer a en crever ! Regarde moi ! Regarde ce que tu fais de moi !? Mais tu t'en contrefous ! La gentille Inessa sera toujours là n'est ce pas ?! Sale con ! »

J'avais parlé tellement vite, sans reprendre mon souffle que ma voix se brisa sur le dernier mot. Je me sentais épuisée soudain...Vidée...Comme creuse et, finalement, je dépliais mes doigts, honteuse...amère certainement....Jamais je ne m'étais elevée contre lui, jamais...Pourtant, là je le faisais, j'avais osé lui jeter au visage cette douleur atroce qu'il provoquait sans même le savoir....Un rire cynique me traversa et j'essuyais mes joues....

« Et tu sais le pire dans tout ça ? Le pire, Alexeï c'est que je ne peux pas t'oublier, que je n'y arrive pas, que j'en viens même a adorer la souffrance que tu m'apportes....Le pire, c'est que malgré ça, je ne suis même pas foutue de te faire sortir de ma vie. »

murmurais je en riant, un rire si douloureux qu'il me blessait les lèvres et m'écorchait la bouche. Oui, j'étais définitivement une pauvre conne.
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Lun 27 Sep - 16:18

Bien sûr que je le savais qu'elle le prendrait mal. Qui aurait apprécié d'être ainsi confondue avec un fantôme ? Personne. Je l'aurais mal pris aussi. J'aurais été blessé aussi.

Blessé, vexé, déçu. Toutefois, je n'aurais sans doute pas ressenti cette fureur qu'elle me cracha à la figure, cette haine avec laquelle elle m'empoisonna.

Ma petite Inessa, en deux ans d'amitié cahin-caha à travers lesquels nous nous étions efforcés de survivre, n'avait jamais, au grand jamais, élevé la voix sur moi. Et pourtant, Dieu sait que je l'avais mérité quantité de fois. Je ne l'avais jamais vue énervée, furieuse, haineuse. Je ne l'avais jamais vue dans cet état. Elle s'effaçait placidement devant moi, m'aidait quand elle le pouvait, se laissait balloter de-ci de-là par ce que je désirais.

Une ombre, toujours une ombre.

Je réalisai soudain que je ne l'avais jamais remerciée pour m'avoir sauvé la vie. Je ne l'avais jamais remerciée, pour tous les services qu'elle me rendait. Je n'avais jamais réalisé à quel point parfois mes manipulations à son égard avaient été grossières et évidentes. A moins d'être stupide - et elle était loin d'être stupide - n'importe qui s'en serait rendu compte. Mais elle avait marché, se laissant faire, m'obéissant toujours.

Pourquoi ne m'étais-je jamais demandé comment réussissait-elle à survivre dans ce milieu de requins, elle si gentille et si généreuse ? On n'attendrissait jamais tout le monde avec seulement de la gentillesse. Il y avait forcément quelqu'un pour venir en profiter. J'en avais profité aussi.

Maintenant, je comprenais.

Je comprenais parce que je voyais la haine et la fureur étinceler dans ses yeux. Or, une fureur aussi intense ne s'acquérait pas en une seconde, après une vie à s'effacer devant les autres, à cause d'un mot mal placé. Je ne la connaissais pas du tout en fait. Elle était pleine de rancune rentrée, qu'elle m'avait dissimulée, m'offrant de beaux sourires à la place, parce qu'elle...

Elle m'aimait ?

Et elle me haïssait à cause de ça. Je m'étais pris une gifle qui m'avait immédiatement calmé, choqué par une réaction si absurde de la part de l'Inessa que je connaissais. J'avais oublié mes problèmes et m'était focalisé, d'un air tout à fait ahuri, sur la colère soudaine de ma si gentille amie.

Les mots qu'elle me crachait au visage me faisaient mal. La haine qui émanait d'elle et frappait Sonja sans pitié me faisait mal. C'était surtout tout ce qu'elle disait de moi qui me faisait mal, parce qu'elle avait plus que raison. Jamais je ne m'étais soucié d'elle, jamais ! Alors que sans elle, mes fièvres m'auraient tué, sans elle, ma vie dans les ruines de New York aurait été bien plus misérable. Pourquoi considérais-je forcément tous ceux qui m'aidaient comme mes serviteurs ? Pourquoi l'avais-je considérée, elle, ainsi ? Je n'étais qu'un sale égoïste. Je n'étais que... que tout ce qu'elle disait. A croire que je ne pouvais m'empêcher de faire du mal à tout ceux que j'aimais. Comme Armando, toujours comme Armando.

Lorsqu'elle prononça mon prénom, j'entendis tout le paradoxe de ce qu'elle ressentait avec moi. Malgré sa colère, il sonnait étrangement doux, comme déformé. Comme si elle ne pouvait s'empêcher de le prononcer, comme si elle était incapable de le cracher sur un ton de pure colère.

Cela me déboussolait. Je n'avais été amoureux qu'une fois dans ma vie, inutile de préciser de qui. J'avais séduit beaucoup de midinettes, certaines qui ne me voyaient que comme un agréable parti, d'autres qui se croyaient vraiment intéressées et fondaient en larmes lorsque je les abandonnais le lendemain - pour m'oublier deux jours plus tard avec un autre. Il ne me semble pas que quelqu'un ait déjà été vraiment amoureux de moi, ou alors, ce n'était que de la fascination.

Si bien que maintenant, je ne savais pas comment réagir.

Et finalement, alors que je la regardais, brûlante de colère et d'envie de se jeter sur moi, je chuchotai :

- Pourquoi ?

Pourquoi m'aimais-tu ? Je n'avais rien fait pour que tu m'aimes, j'avais tout fait pour que tu me détestes. J'avais tout fait pour que tu m'abandonnes. Je n'avais jamais été autre chose qu'un poids pour toi.

Mon regard était sombre, déterminé, plongé dans ses yeux d'émeraude. Je voulais l'attacher à moi encore davantage, je voulais qu'elle m'explique cette aberration. Je voulais savoir de quel droit elle se permettait de haïr ma fille et ma femme sous le simple prétexte que je les aimais plus qu'elle. Je caressai sa joue d'une main, aussi légèrement que possible, et la laissai égarée dans son cou. La voix basse et pleine d'une fureur cachée, je répétai :

- Pourquoi, Inessa ? Qu'est-ce que je t'ai fait pour ça ?
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Lun 27 Sep - 17:52

Pourquoi ?! J'éclatais de rire. Oui, une cascade cristalline d'amer glissa d'entre mes lèvres. Si seulement je savais pourquoi ?! Si seulement ! Alors peut être que je pourrais me libérer de lui, m'absoudre de ces mots ! Sale con ! Si seulement je savais pourquoi je t'aime, je ne serais pas dans cette merde immonde ! J'aurais voulu me sentir souillée de son contact, j'aurais voulu vomir de ses doigts sur ma peau. Mais non. Même pas. Je le haissais en cette minute mais mon corps lui...reconnaissait sa marque abject. Deux ans a me crever pour un salopar égoïste qui osait me demander pourquoi ! J'avais envie de lui griffer la figure, je l'écraser comme il venait de le faire avec moi. Qu'y avait il a comprendre en fait ? Rien, juste que j'étais une pauvre débile et que je faisais pitié. Exit la fierté, exit l'indépendance. Bravo Inessa...

« Pourquoi ? Alexei, parfois, tu es d'une connerie monumentale. Si je savais pourquoi...Si seulement je le savais ! »

J'avais essayé de reculer, d'échapper a sa main tendue qui glissait sur ma gorge pour finir par l'entourer. J'entendais sa colère, oui, mais j'en avais rien a foutre ! Il était déjà en train de me tuer....Autant qu'il m'achève. La souffrance était intolérable, intense et je voulais....qu'elle s'arrête. Je lui opposais qu'un sourire narquois, douloureux. Pauvre imbécile ! La lune deviendrait rouge sous tes yeux que tu penserais toujours qu'elle est blanche. Tu te servira encore de moi parce que tu sais que je me laisserais faire. Tu le feras tout en sachant que je t'aime a en crever. Tu le fera sans même penser a moi, tu le feras parce que c'est ta seconde nature, parce que ça fait partit de toi.

« Justement, tu n'as rien fait. Tu es immonde d'égoïsme. Pourri d'égocentrisme. Tout ce qui ne vit pas pour toi est...a jeter. Tu n'es qu'un salopard qui ne se rends même pas compte de ce qu'il écrase. En fait, tu n'es qu'une ordure, une putain d'ordure. Tu sais quoi ? Je ne m'étonnes même pas que ta fille ne t'ai pas sauté au cou ! »

J'avais sourit, j'avais amèrement sourit, parce que c'était un type dégueulasse, haissable, vomitif et que moi, moi je l'aimais comme une folle. Parce que je savais qu'il finirait par me détruire. Que jamais il ne m'aimerait, jamais....J'avais mal, une putain de douleur qui parcourait toute ma peau, comme une brulure indélébile et j'oscillais entre haine et amour...

« Et moi....Moi...Je me fais horreur. Je me hais, je me dégoute pour ce que tu fais naitre. J'ai parfois envie de te tuer, De te détruire mais finalement, tu le fais si bien tout seul. »

J'entourais son poignet d'une main, souhaitant m'extraire de son étreinte, fuir son contact, faire taire ce corps qui ne quémandait que ses mains.

« Tu crèveras tout seul, Alexeï., oui tout seul parce que même moi, tu auras fini par me tuer. »
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Lun 27 Sep - 18:24

- Pourquoi ? Alexeï, parfois, tu es d'une connerie monumentale. Si je savais pourquoi... Si seulement je le savais !

- Tu te permets de détester Sonja et Katarina alors que tu ne les connais pas... et tu n'es capable de me fournir aucune explication valable ?

Je n'en avais rien à faire qu'elle me dise que j'étais égoïste. Je n'étais pas bouché, j'avais entendu et compris. Et puis elle frappa en plein cœur de la seule chose qui pouvait m'atteindre. Furieux, je me crispai tout entier, ma main serrant son épaule et sa gorge. J'étais prêt à l'étrangler pour m'avoir craché ça à la figure ! De quel droit prétendait-elle cela ? Elle ne savait même pas quel avait été le problème avec Katarina ! De quoi se mêlait-elle ? Au moment où ma main allait finir par déraper vraiment sur sa gorge, elle me saisit brutalement par le poignet. Et, puisqu'elle y était, me jeta une dernière pique pleine de haine.

- Tu crèveras tout seul, Alexeï, oui tout seul parce que même moi, tu auras fini par me tuer.

Non.

Katarina ne me haïssait pas à ce point-là.

En fait, je n'en savais rien. Peut-être bien, finalement, qu'elle m'abandonnerait à cause de mes mensonges de mafieux, à cause de mon absence, à cause... de mon égoïsme. Je la voulais pour moi seul et rejetais à cause de cela Ethan alors qu'il la rendait visiblement plus heureuse que moi. Je la rendais malheureuse parce que je refusais d'admettre qu'elle n'était plus à moi. Elle n'était plus à moi depuis la seconde où elle avait quitté la Russie.

Je retirai ma main de son épaule et elle me lâcha le poignet. Alors je la giflai, de toutes mes forces. Je la giflai pour m'avoir fait réaliser toutes ces vérités. Une fois de plus, je me comportais en salaud avec elle. Je n'avais pas le droit de la gifler simplement parce qu'elle m'avait ouvert les yeux, au contraire, j'aurais dû la remercier.

N'empêche que je l'avais giflée. Pour la faire taire. Pour ne plus entendre à quel point j'étais lamentable. Je la saisis par l'encolure de son chemisier et la ramenai brutalement à moi, menaçant, mon visage seulement à quelques centimètres du sien, mes yeux plein de fureur plantés dans les siens.

- Je t'interdis, tu entends, je t'interdis de me reparler de ma fille ou de ma femme ! Ose me redire ça une fois et je ne te donnerai pas qu'une gifle.

Pour la première fois, cependant, je me sentais perdre pied face à un autre regard que le mien. D'ordinaire, tout le monde cédait face à moi, dès lors que je le regardai ainsi. Mais cette fureur dansant dans ses prunelles vertes semblait avoir fait fondre la glace de mes yeux bleus. Et je perdais mon souffle, haletant, mon visage tout contre le sien, priant pour qu'elle ne réplique pas, parce que je saurais peut-être pas me défendre.
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Lun 27 Sep - 18:50

La gifle me cueillit par surprise. Je l'avoue, je ne l'avais pas attendu, pas vu arriver et elle m'explosa la lèvre. Elle écartela les chairs et laissa mon sang couler. La force qu'il y avait mit m'avait jetée a terre et mes larmes redoublèrent. De rage, de douleur, d'impuissance. Je m'étais éffrondrée a terre et c'est lui qui m'avait relevée. Je voulais le tuer. Oui, je voulais éteindre l'étincelle de vie qui coulait dans ses veines. Juste pour m'éteindre a mon tour, pour ne plus souffrir. Je n'avais pas répondu a sa question, pourquoi le faire ? Il était assez débile pour ne pas comprendre de lui même, je n'allais pas éclairer sa lanterne.

Je lui ris au nez.

« Pauvre cloporte ! Tu es aveugle, tu ne vois rien et tu te complais la dedans ! »

Ma lèvre me faisait mal, atrocement mal, mais je chérissais cette douleur physique parce qu'elle occultait celle qui me rongeait depuis deux ans. J'affrontais sans peine son regard, meurtrier, promesses de tortures abjects parce que finalement, je n'avais plus rien a perdre. J'avais avoué ma douleur, eructer ma rage et ma jalousie. Qu'importe finalement ! Qu'il me tue, se sera plus vite terminé. Je retombais amoureuse de lui. De son visage figé dans un masque haineux, de ses lèvres qui crachaient leur venin. J'étais définitivement perdue, oubliée, je n'étais qu'une plaie purulente de lui. Abrutie. Idiote. Conne. Débile. Je crevais de lui, même alors qu'il venait de lever la main sur moi. Dans d'autres temps, d'autres lieux, je ne me serais pas laissée faire mais lui...Et finalement, je lui donnais la réponse qu'il attendait.

«  Ne pas t'en reparler ?! Mais tu les as tuées ! Tu les as tuées dans ton arrogance, ta possessivité. Tu veux savoir pourquoi je les hais ? Parce que je voudrais être cette étincelle qui nait dans tes yeux lorsque tu en parles. »

J'avais presque gémis, le regard plongé dans le sien, me perdant dans ses traits si attirant pour moi, trop attirant. J'étais folle a lier de l'aimer, mais je ne pouvais faire disparaître ce sentiment. Alors quitte a ce qu'il me tue, je voulais au moins connaître l'arôme de ses lèvres.

Le sang se mêla au baiser que je lui infligeais. Un goût métallique, âcre qui s'insinuait dans cet acte qui normalement, n'était qu'amour. Je voudrais mourir, juste mourir. Sous sa violence.
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Mar 28 Sep - 11:46

C'était elle que j'allais tuer maintenant, littéralement. Oui, j'allais la tuer. J'allais la faire payer pour toutes les avalanches d'émotions que je subissais sans la moindre pitié de la part de ceux qui me les infligeaient depuis une semaine. J'allais lui faire payer l'abandon de Katarina. J'allais la tuer pour la haine qu'Ethan me portait. J'allais la torturer en lieu et place d'Armando. J'allais la tuer pour tout ce qu'elle venait de m'infliger, elle qui m'avait si hypocritement aidé pendant deux ans. Je... je... Alors que ma main gauche glissait vers sa gorge exposée, la droite la maintenant toujours contre moi, elle m'embrassa. Un goût de sang envahit ma bouche, et je ne vis plus que ses yeux qui brillaient d'un éclat destructeur. Folle. Elle était folle. On ne pouvait pas haïr quelqu'un, le détruire, puis l'embrasser ainsi ! Je ne pensais plus qu'à son cou offert, et me laissai faire tandis que ma main se refermait sur lui.

Qu'elle m'embrasse si elle le désirait tant. Ça ne m'empêcherait pas de la briser pour tout ce qu'elle m'avait dit.

Ses lèvres s'entrouvrirent contre les miennes. Je cédai sans savoir pourquoi, et l'embrassai à mon tour, glissant ma langue dans sa bouche, farouchement, sauvagement, brutalement. Je n'étais pas doux comme je pouvais l'être parfois, je faisais passer toute ma fureur à travers ce baiser. Mes doigts glissèrent sur sa nuque et s'emmêlèrent dans ses cheveux blonds, maintenant sévèrement son visage contre le mien. Nous basculâmes en arrière, mon corps pesant sur le sien. Je passai mes bras dans son dos, et je la serrai contre moi à l'en étouffer. Nous ne nous étions pas quittés des yeux et je ne pouvais pas lâcher son regard. Ces yeux qui m'avaient fait céder à son baiser. Toute ma colère vengeresse agressa son corps. Je l'embrassais, la caressais, la malmenais aussi, trop violent, trop furieux, trop... plein de désir. Étrange comme son baiser avait transformé ce que je ressentais. Entre l'amour et la haine, il n'y avait pas qu'un pas, impossible. Il fallait au moins une étape intermédiaire.

Par contre, entre la haine et le désir violent, douloureux... si prenant...

J'avais envie d'elle, pour lui faire oublier ses illusions sur moi en étant cruel avec elle. J'avais envie d'elle aussi parce que finalement, je ne voulais surtout pas la faire disparaître, contrairement à ce que j'avais ressenti si cruellement avant qu'elle ne m'embrasse. J'avais envie d'elle parce que j'étais violent, et que j'avais besoin de faire passer cette violence... mais pas en la frappant. Je ne pouvais pas lui faire du mal, je ne pouvais plus. J'avais envie d'elle... parce que coucher avec elle, c'était retrouver Sonja.

Réaliser cela agit sur moi avec l'efficacité d'un choc électrique. J'arrêtai brusquement de l'embrasser et retirai mes mains d’où elles s’étaient égarées – l’une d’elle était déjà sous son chemisier, trifouillant vaguement les boutons de l’intérieur. Je la regardai, désemparé.

- Tu n’es qu’une petite garce, crachai-je.

J’avais l’impression qu’elle m’avait manipulé pour que je lui cède, sans même y penser ou le faire exprès, j’avais l’impression qu’elle prenait un plaisir malsain à jouer sur sa ressemblance avec ma femme disparue. J’avais beau savoir que c’était faux, qu’elle ne l’avait fait que par pur réflexe, sentant peut-être la colère dangereuse qui émanait de moi, je lui en voulais terriblement. Je portai mes doigts à mes lèvres et les retirai rouges de sang – de son sang. Je lui avais fendu la lèvre en la giflant.

- Je… suis désolé. Pardon. Je crois que je ferais mieux de partir.

Je m’excusais pour sa lèvre blessée, mais aussi pour avoir répondu si fougueusement à son baiser. Je n’avais pas le droit de profiter de sa ressemblance avec Sonja. Ce n’était bon ni pour elle ni pour moi – et c’était cruel à son égard. J’avais suffisamment fait l’imbécile avec elle.

Mais ce que ce pouvait être tentant…
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Mar 28 Sep - 21:41

Je ne sais aps ce qui m'a prit. Ou si je ne le sais que trop bien. Je n'étais plus cette gentille petite Inessa, toujours présente, toujours souriante, toujours gentille. J'étais ce qu'il avait fait de moi, lentement, surement, inévitablement. Il m'avait poussée dans l'ombre de ce qui dormait dans l'âme humaine et je vomissais allégrement ce qu'il était a mes yeux. Un pauvre connar pourri jusqu'à la moëlle, mais ce pauvre connar, j'en était dingue. Folle. Quelque part, c'était de la folie.

Je sentais ses doigts sur ma gorge et, normalement, une étincelle de peur aurait percé la colère dans mes yeux. Mais même pas. L'emeraude recrachait l'ire vénéneuse qui était la mienne, mais pas que, la douleur de ma lèvre s'intensifiait soudain sous sa violence. Je n'étais qu'un putain d'exutoire a sa haine. Je le savais. Un putain de punching ball parce que de moi, il ne se serait jamais attendu a ça. Et bien oui, la petite conne naïve ne l'était pas tant que ça ! Mais j'étais malade de l'avoir laissé faire si longtemps, au nom de quoi ? D'un amour aussi malsain que lui, aussi mauvais, aussi vicéral.

Le dégout m'envahissait devant l'envie qui rampait brusquement sur ma peau. Il m'avait frappée, humiliée, dépossédée de moi même et je crevais d'envie de lui. Autant me jeter d'un pont. Il m'avait tout arraché de toute manière, tout prit sans même y faire attention, sans rien voir parce qu'il était aussi aveugle a moi qu'il l'était aux autres. Les larmes coulaient sur mes joues, y traçant des sillons noirâtres de poussière. Sel de colère et d'amer...Je n'avais que trop pleuré pour lui. Je me révulsais parce que malgré tout, mes reins se cambraient contre lui, parce que j'acceuillais sa violence avec un désir vulgaire, parce que j'aurais voulu le retenir quand il s'écarta. Je souris a son insulte.

« Je suis ce que tu as fait de moi, sois fier, Alexeï, je deviens aussi salope que toi. »

Et je me haissais, j'avais envie de me crever tellement j'en devenais pathétique. Il porta ses doigts a ses lèvres et sembla un instant buger sur le sang qui en maculait la pulpe. Je savais que j'avais une belle entaille, parce qu'il n'y était pas aller de main morte, parce qu'il y avait mit toute sa colère. Il me libéra de son poids et je me redressais. Mes cheveux pendaient devant mes yeux et, pour la première fois, j'essuyais le sang qui maculait mon meton. Un sourire amer courba mes lèvres. Arrêtes de rêver ma fille, arrêtes les dégats. Sauves toi, fuis le...fais le....je t'en prie...

« Qu'est ce que je suis pour toi Alexeï ? »

Je le fixais a travers les mèches de mes cheveux perdu sur mes traits, le dos de la main encore posée sur le bord de ma lèvre. Mes iris brillaient trop fort, trop intesement...Rage, désir, amour, haine, pitiée, folie...Je n'étais qu'une pauvre aliénée qui cherchait a s'achever elle même. J'espérais quoi là ? Qu'est ce que j'attendais de lui au juste ? Un je t'aime ampoulé que je saurais être mensonge ? Et...Aurais je envie d'y croire a ce foutu mensonge....
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Mar 28 Sep - 22:24

- Qu'est ce que je suis pour toi Alexeï ?

Mon fantôme...

Avait-elle seulement conscience de sa ressemblance avec ma femme perdue ? Je ne savais plus si je la lui avais décrite. Je ne savais plus si je lui avais montré la vieille photo qui s'abîmait lentement dans ma poche, où Sonja et moi regardions fièrement notre bébé qui souriait de toutes ses dents à l'objectif. Je la regardai, pleine de fureur, sa main portée à sa bouche en sang. Je ne savais pas quoi lui répondre. Je croyais que j'aurais du temps pour savoir quoi faire de cet amour qui me tombait dessus si brusquement, si soudainement alors qu'il me poursuivait depuis deux ans. Et elle me demandait de me décider, maintenant. Je ne savais pas quoi répondre. « Tu n'es qu'une manipulatrice et je ne veux plus te revoir. » Ç'aurait été comique que moi, le menteur, le manipulateur par excellence, je lui dise ça. « Tu es le sosie de ma femme disparue et je veux être avec toi pour être avec elle. » Je ne tenais pas à m'en prendre une autre. « Tu es une fille amoureuse de moi dont je vais allégrement profiter, maintenant que je suis au courant. » Aha. Le pire, c'est que j'avais l'impression que même si je le lui disais, elle se laisserait faire quand même. En fait, son amour me faisait peur.

« Tu étais mon amie, et tu es devenue une garce hypocrite haïssant Sonja, haïssant Katarina, qui m'a fait trop mal pour que je lui pardonne un jour. »

C'était ça la vérité. Mais elle portait aussi sur son visage russe la marque de mon amour... Mon Dieu, c'était trop tentant de la manipuler, de lui faire croire qu'il y avait un espoir. Je n'avais pas le droit. Une telle relation allait nous détruire. Je n'avais pas le droit. Je pouvais retrouver ma Sonja, il suffisait d'une phrase... Une toute petite réponse... Je n'avais qu'un pas à faire...

- Je ne sais plus ! m'écriai-je alors, tout à fait déboussolé.

Je ne savais plus rien. Je la pris soudain et la portai pour la relever et l'asseoir sur mes genoux. J'avais besoin de cette proximité. Mais pas avec Inessa, seulement avec celle à qui elle était si semblable ! J'étais un salaud, un pur salaud, ce que j'allais faire était la chose la plus malsaine et la plus morbide que j'avais vue. Mais je ne pouvais pas résister à son appel !

- Et moi, qu'est-ce que je suis pour toi, à part le pire des égoïstes ? soufflai-je d'une voix heurtée, mon souffle chaud sur son cou.

Hypnotisé, je l'embrassais doucement, posant mes lèvres dans son cou, sa nuque, son épaule. J'avais toujours envie d'elle. Je la voulais, pour sa ressemblance involontaire avec un fantôme. C'était profondément injuste pour elle, c'était profondément traumatisant pour moi. Mais je m'étais damné en répondant à son baiser. Maintenant que je savais qu'elle me voulait, je ne pouvais plus résister à cette ressemblance si malsaine.
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Mar 28 Sep - 23:01

Que pensait il ? Quels étaient ces songes qui assombrissaient ces traits ? Je pouvais presque les deviner, presque connaître au mot prêt de ses pensées. Qu'allait il faire ? Jouer l'hypocrite comme il savait si bien le faire ? Prendre ce qu'il savait que je lui donnerais en me déchirant au passage ? Me rejetter parce qu'il savait aussi bien que moi que cet amour devenait encombrant, qu'il ne savait pas quoi en faire ? Me manipuler encore et toujours parce qu'il ne savait faire que ça ?

Je crois que je l'aurais réellement tué si j'avais vraiment su la teneur de ses pensées. Que savais je de mes traits si ressemblants ? Rien. Jamais il ne m'avait dit que je lui ressemblais, alors naïve, j'attendais qu'il se décide tout en sachant qu'aucune de ses phrases ne saurait être la vérité. Il ne tenait qu'a moi d'y croire ou pas et je savais d'avance que j'y croirais parce que je ne pouvais pas faire autrement. Parce que j'étais infoutu de le gicler de ma vie comme l'immonde cafard qu'il était. Il choisit la fuite. Du moins, je croyais que cela en était une. Quelque part, cette réponse me destabilisa un peu et le vert de mes yeux vacilla quelques secondes avant que je ne batte furieusement des cils. Il ne savait pas. Devais je en rire ou en pleurer ? Je balançais entre ses deux contraires en me disant qu'au moins, je n'étais pas rien. Si j'avais su réellement ce qu'il pensait en me prenant dans ses bras, si j'avais pu, ne serait ce qu'un instant percer son esprit et y découvrir l'image d'une autre, si j'avais pu, qu'aurais je fait ? Je ne sais pas...Je ne savais plus parce qu'il ne m'avait pas vraiment répondu et je frissonnais sous ses lèvres. J'aurais pu résister si il avait été violent, brutal, mais là...Là non, je ne pouvais tout simplement pas. Pas quand il agissait avec cette étrange douceur qui sappaient mes défenses, qui brisait ma volonté de le hair, pas quand il ravissait ma peau et mon corps comme ça. Pauvre idiote.

Il me retourna ma question, lancée sur le souffle chaud et hiératique de son haleine. J'ouvris les yeux sur le mur crasseux et un pauvre sourire ombra mon visage, pauvre sourire qu'il ne verra même pas. J'oscillais entre me laisser illusionnée et retomber comme une pierre sur la surface de la réalité. Je le connaissais, trop pour mon bien, trop pour savoir qu'il se foutait de la réponse que je pourrais lui faire. Et ma peau brulait de lui. Aliénée...il m'avait même prit ma raison et j'eus envie de rire, de rire amer, acide, vomitif. J'avais la nausée.

« J'ai mal. J'ai mal a cause de toi. J'aurais toujours mal, ça en devient presque risible. »

J'avais mal, très mal de lui, parce que je ne pouvais pas empêcher mon ventre de sursauter a ses lèvres, de se tordre, de se remplir de lave. Parce que je pouvais pas empêcher mon coeur d'accelérer sa course, de battre avec fureur. Parce que je ne pouvais pas empêcher mon souffle de devenir arythmie. Tout ça alors que je savais qu'il n'en aurait jamais rien a faire de moi, que je n'étais qu'une petite chose qu'il considérait comme allant de soi. Et puis merde ! Mes doigts glissèrent dans ses cheveux et mon bassin se pressa contre lui. J'avais envie de lui. J'avais toujours eu envie de lui sans jamais franchir la limite de ce que nous étions avant. Si nous étions quelque chose bien sur.

Une marche de plus vers l'autel de la destruction. Bravo Inessa....
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Mer 29 Sep - 9:07

Elle ne me répondit pas vraiment, elle non plus. Je savais que je lui faisais mal. Il y avait une solution très simple pour que tout s'arrête : je lui disais la vérité et nous arrêtions de nous voir. Elle souffrirait de ne plus me voir. Je souffrirais de ne plus l'avoir à mes côtés. Nous avions besoin l'un de l'autre - et je ne l'avais jamais réalisé, en deux ans. Mais ce serait encore le moins blessant...

Qu'espérais-je en l'amadouant ainsi, en me collant à son corps, en la perturbant si sciemment ? Pensais-je vraiment qu'elle ne découvrirait jamais pourquoi je la voulais ? Croyais-je vraiment que je me sortirais indemne de cette épreuve ? Je ne pouvais pas coucher avec un sosie de Sonja pour me bercer de la douce illusion qu'elle était de retour avec moi. Je l'aimais à en mourir. Je ne savais pourtant pas que je l'aimais au point de faire... de faire ça ! Il n'y avait même pas de mots pour décrire la morbidité de ce qui allait se passer. Je me dégoûtais, plus que jamais. Il n'empêche que mes lèvres déviaient, petit à petit, jusqu'à rencontrer les siennes.

De nouveau, nos bouches se scellèrent, s'entrouvrant pour laisser le passage à nos langues. Jamais je n'avais désiré aussi violemment quelqu'un. Mais ce n'était rien qu'une nouvelle preuve de mon égoïsme, elle allait se transformer en jouet entre mes mains, en petite poupée de chiffons folle de moi que j'utiliserais, sans même l'avoir prévu ou le faire vraiment exprès. Je ne pouvais tout simplement pas résister à l'envie de la prendre et de la garder uniquement pour moi. J'avais perdu Katarina au profit d'Ethan... Il me semblait, finalement, que ce n'était que justice que quelqu'un d'autre vienne à moi pour combler ce manque.

Mais non. Nous ne pourrions survivre à cela. Elle ne pourrait jamais rester avec moi en sachant pourquoi j'avais finalement accepté son amour, si facilement. Et j'allais en sortir dévasté psychologiquement - comme si je n'avais pas eu suffisamment de joyeuses nouvelles dans la semaine. Tu cherches les ennuis, Alexeï. Tu tiens vraiment à gagner le concours du mec le plus tordu de New York ?

Mais il n'empêchait que je l'embrassais, fougueusement, à pleine bouche - fougueusement mais aussi beaucoup plus tendrement que tout à l'heure. Mes mains frôlaient tout son corps, le devinant à travers ses vêtements, douces, légères, délicates. Je ne voulais plus être violent avec elle. Je m'étais laissé piéger par cette ressemblance... ressemblance de merde ! cria furieusement la petite partie de mon esprit qui réussissait encore à réfléchir.

Je rompis le baiser et marmonnai d'une voix engourdie par le désir, en me débattant avec les boutons de son chemisier :

- Toi aussi, tu me fais mal. Tu ne peux pas savoir pourquoi. Tu m'as eu maintenant, bravo...

Et je ne mentais même pas. Le seul problème, c'était qu'elle ignorait pourquoi elle m'avait eu.
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Mer 29 Sep - 21:46

Je l'avais eu ? Non, je savais que non. Parce que si c'était possible, ce serait déjà fait. Parce que si il y avait eu une chance, une seule, même infime, elle se serait laissée prendre. Mais je savais que non. J'aurais aimé oui, mais il m'avait trop piétinée, trop dévastée pour que je puisse le croire sur parole. Jamais il n'aurait ma confiance, c'était peut être la seule chose qu'il n'aurait pas de moi. Et je me laissais faire, lachant la bride a ce qu'il provoquait en moi. Un désir trop fort pour être tempérer, trop malsain pour être adoré. Finalement, je ne savais plus. J'avais mille question dans l'esprit et aucune réponse, aucune dont je voulais des réponses. Pourquoi faire ? Pour qu'il m'achève encore un peu plus ? Finalement, qu'importe la réalité, j'aurais aimé qu'il m'aime pour moi, pas pour ce qu'il voyait a travers moi, mais ça...c'était un secret qu'il gardait bien caché.

Je savais qu'il ne m'aimait pas. Mais je ne connaissais pas encore l'étendue de sa cruauté inconsciente. Je m'illusionnais de croire qu'il avait envie de moi, que de moi. J'aurais hurlé de douleur si j'avais su pourquoi il me cédait, oui, je crois que j'aurais hurlé a la mort. Mais je ne pouvais que plier sous ses caresses, mordre ses lèvres parce que j'en avais crevé de les sentir sur les miennes. L'aider même a me défaire de mon chemisier, tirer sur son tee shirt. Je le voulais si fort. Trop fort. Cela m'empechait de penser, parce qu'alors peut être me serais je demander pourquoi il cédait soudainement, lui qui ne m'avait jamais réellement regardée. Oui, j'aurais du réfléchir mais je ne le pouvais plus. Pas quand j'avais rêvé de lui aussi souvent, aussi intensement. Pas quand il arrivait enfin ce que je crevais d'avoir depuis deux ans. Il ne m'aimait pas, ne m'aimerait sans doute jamais, mais il me désirait...Je voulais au moins ça...Qu'il ME désire.

Je savais qu'il ne me ferait pas l'amour, non, il me baiserait comme il l'aurait fait d'une autre. Et pourtant, même ça, je le voulais. Anéantie ma fierté et mon arrogance, juste parce qu'il me touchait. Ma chemise ne fut plus qu'un souvenir, étendue sur la crasse du sol, dans la boue, j'm'en fouttais. Je visitais sa bouche avec une égale violence, une douceur amère aussi. Un brasier semblait s'être allumé entre mes cuisses, c'était un connard, une pourriture finie mais j'avais envie de lui,qu'il me fasse l'amour ou qu'il me baise comme la dernière des catins, j'en venais a m'en moquer parce qu'il avait envie de moi, je le sentais durcir contre ma cuisse et je me serrais plus étroitement contre lui.

« Prends moi maintenant, Alexeï, avant que je ne change d'avis. »

J'étais volontairement aguicheuse, limite salope, non, je l'étais. Salope. Je lui avais craché ses mots comme je lui aurait dit « baises moi ». Je ne voulais pas d'une tendresse illusoire, je le voulais lui, même si je savais que c'était croire au père noël. Que même si on couchait ensemble maintenant, peut être se détournerait il une fois le pantalon remonté...Peut être...J'm'en fouttais en fait.
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Mer 29 Sep - 23:04

S'arracher fiévreusement nos vêtements. S'interrompre une fraction de seconde le temps de jauger le corps de l'autre. A chaque fois qu'une des pièces de tissu masquant sa peau s'envolait, je cessais de l'embrasser et la regardais, la caressant doucement, presque tendrement, alors qu'elle-même était violente dans ses gestes et ne s'arrêtait pas à cela, se contentant de me déshabiller pour avoir accès à ce qui l'intéressait. Elle avait peur, trop peur que je change d'avis. Je n'étais pas dupe. Elle serait incapable de s'arrêter à présent, quand bien même je la ferais languir tout l'après-midi - et si je m'y essayais, elle me violerait probablement avant après m'avoir assommé. Mais je n'étais qu'un homme, et le désir était trop monté en moi pour que je puisse résister davantage. Je poussai presque un soupir de soulagement quand je pus enfin la prendre, débarrassés de nos habits, ayant suffisamment bu le corps de l'autre avec nos baisers dévorants.

Et nous étions brutaux, sans subtilité, nous contentant de profiter des vagues de plaisir nous assaillant. Nos bassins se heurtant, c'était à celui qui briserait le premier l'autre. Et si elle pensait certainement que je m'en sortirais vainqueur haut la main, elle se trompait. Elle ne pouvait pas savoir, elle ne pouvait pas deviner à quel point ce que j'étais en train de faire me hantait. J'espérais qu'elle ne le saurait jamais. Et puis finalement, le pire était que je faisais ça pour rien. C'était trop violent, trop sauvage, trop brutal pour que j'y croie réellement. Alors à quoi bon ? Mais il était un stade où l'on ne pouvait plus revenir sur nos décisions, et je l'avais atteint. Je lui griffais le dos, lui mordais les épaules, la poitrine, tout son corps pour ne pas crier sous l'effet du plaisir qu'elle me procurait. Pourquoi ? Elle le sentait bien de toute façon, et personne ne pouvait nous entendre.

Parce que ce plaisir était trop malsain, et n'aurait jamais dû naître si j'avais su me contrôler.

Parce que ce plaisir était la source d'un amour empoisonné, un amour que je ne partageais même pas.

Parce que ce plaisir était interdit, tout simplement, parce que je la souillais, parce qu'elle se damnait pour un homme qui ne pouvait s'empêcher de faire le mal autour de lui.

Et pourtant, je continuais, la gardant jalousement serrée contre moi, dévorant avidement tout son corps, la prenant si fort, ressentant ce plaisir si puissamment que je serais vendu au diable pour pouvoir continuer ainsi éternellement.

Et lorsque la jouissance m'emporta finalement, je réalisai qu'aussi terrible fût mon acte, si ç'avait été à refaire, je l'aurais refait. Sans hésiter.

Effondré contre sa peau, je traçais de ma main des arabesques dans son dos, son cou, sur sa poitrine nue, sur ses hanches amaigries par les privations. J'ai failli le lui dire à ce moment-là. L'instant était si parfait, j'étais tellement empli de plénitude que les mots ont presque franchi mes lèvres.

Mais je ne lui ai pas dit je t'aime. Parce que je ne le savais toujours pas. Parce que je voyais toujours Sonja à travers elle. Et parce que je l'avais suffisamment salie comme cela. Inutile d'en rajouter avec de faux serments d'amour.


Dernière édition par Alexeï Kuryenko le Jeu 30 Sep - 21:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Jeu 30 Sep - 0:14

J'ai gémis. J'ai gémis férocement quand il m'a prise. Presque un feulement rauque, entre desespoir et plaisir intense. Parce que finalement, j'en étais arrivée a un point où je me moquais de tout, parce que je préférais fuir mes questions dans le plaisir qu'il me donnait. Il allait et venait avec fureur, mais une fureur douce comme nostalgique. Je ne cessais de me tendre vers lui, craignait confusément qu'il me laisse ainsi, écartelée de lui, mais non, a chaque fois, il revenait, perforant mon ventre encore et encore. Je ne pouvais que l'acceuillir et en jouir.

J'aimais ce plaisir qui grandissait a chaque coup de reins, qui enflait, toujours plus fort, je l'aimais même si je le savais empoisonné, perverti. Je m'illusionnais de le croire amour alors qu'en réalité, il n'était que substitution. Je ne sais pas où cela nous conduirait, je n'en savais foutrement rien, mais je voulais qu'il continue, juste pour oublier a quel point il me faisait mal parfois. Il avait envie de moi, c'était une miette que je pouvais prendre, dont je pouvais jouir, peut être la seule. Il avait envie de moi. Et l'idiote que j'étais espérait encore plus de lui. Idéalement, chimériquement. J'espèrais l'impossible parce que j'étais une conne. Parce que j'avais oublié ma fierté quelque pasr entre ses soupirs. Il mordait ma peau, ma chair recueillait a chaque fois un gémissement, un râle. Je me moquais d'être vue, entendue, tout cela n'avait plus d'importance.

Et mon corps se brisa. Mon âme se perdit un peu plus alors que j'éructais ma jouissance, la tête renversée en arrière. Plus rien n'éxistait sauf ma libération orgasmique. Dieu que je l'aimais...trop pour mon propre bien. J'allais me détruire pour un pourri. Bravo Inessa...Mais toute pensées se perdit irrémédiablement lorsque je le sentis se répandre en moi, inonder mon ventre de ses vices...

Et finalement, il ne resta que nos souffles encore hiératiques, encore saccadés. Il ne restait que nos peaux voilées de sueur. Il ne restait...rien ? Je ne sais pas. Je ne savais plus. Je ne voulais pas parler, je ne voulais pas céder a cette envie vénéneuse de croire que quelque chose était possible...Il m'avait désiré, prise...Je voulais plus que ça, mais je devais me contenter de n'être qu'une maitresse parmis tant d'autres...

« Et maintenant, que suis je pour toi ?....Non, laisses tomber...Question idiote en fait. Tu ne sauras pas me répondre. »
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Sam 2 Oct - 13:57

Qu'espérait-elle que je lui réponde ? Ma compagne, mon amante, un divertissement ? J'étais toujours incapable de le décider. J'aurais dû partir, partir et ne plus la revoir. Mais il suffisait que je regarde son visage cent fois maudit pour sa ressemblance pour rejeter aussitôt cette solution extrême. Je ne pouvais pas l'abandonner et l'oublier ainsi. Naïvement, je me disais qu'agir de cette manière la détruirait après ce que nous venions de faire. Je n'en avais pas le droit, n'est-ce pas ? Mais au fond, je le savais, ce n'était qu'une nouvelle excuse pour masquer l'égoïsme dont elle m'avait si brutalement, et si justement, accusé tout à l'heure.

Je savais pourquoi je ne lui avais jamais prêté attention, en fait.

A cause de cette ressemblance.

Pendant deux ans, j'avais oublié de la voir, oublié de la regarder, parce que je ne voulais pas risquer ce qui m'arrivait présentement. J'avais fait exprès de la changer en ombre, finalement. Une ombre et un fantôme, cela se ressemble... Alors je l'avais laissée me suivre, parce qu'elle m'aurait trop manqué si elle n'avait pas été là. Mais je m'empressais de l'oublier dès qu'elle disparaissait, de peur de trop m'y accrocher. Maintenant, c'était trop tard. Je ne l'oublierais plus. Je ne la laisserais plus. Je réfléchissais déjà à comment convaincre Ethan de l'amener à la Communauté, ce qui était complètement stupide. Il ne me faisait pas confiance et je m'étais enfui ce matin. Alors comment me laisserait-il faire découvrir son monde fermé et bouclé à double tour à une de mes connaissances ? Jamais il ne laisserait une amie d'Alexeï Kuryenko entrer dans le même lieu que Lena et Katarina. Une amie ? Et si je lui répondais ça, comment réagirait-elle ? Parce qu'elle attendait toujours ma réponse. Et j'étais perdu, je ne savais plus quoi lui dire, je ne savais pas quoi faire, parce que je ne la connaissais plus et que je ne pouvais plus prévoir ses réactions, ses réactions qu'elle avait jouées pendant deux longues années. Elle avait été patiente. Très patiente. Je comprenais qu'elle réagisse si excessivement à présent.

J'ai posé mes lèvres sur les siennes pour faire taire ses interrogations. Je l'ai serrée dans mes bras et j'ai planté mes yeux dans les siens, si verts, si ardents, encore brûlants de plaisir.

- Tu es... à moi. C'est fini maintenant, on ne se quittera plus. On ne peut plus. Tu es à moi. Je crois qu'en fait, tu l'es depuis déjà deux ans, sans que je m'en sois rendu compte. Le problème, c'est que maintenant, je suis aussi à toi.

Je la berçais contre moi, chuchotant ces douloureuses vérités, sans savoir si elle les comprenait, sans savoir si elle les croyait.

- On devrait se quitter... mais on ne pourra plus... On ne peut plus...

Et pourtant, je ne l'aimais pas pour autant. Relation tordue et impossible, relation emprisonnée par un souvenir. Son amour pour moi était malsain, mon rapport avec elle l'était encore plus. Mais je ne voulais pas, ne pouvais pas détruire cette relation.
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Mar 5 Oct - 8:33

J'avais envie de ricaner a ses mots. Une envie terrible de lui exploser de rire a la figure et pourtant, même si je savais que ce n'était pas une déclaration d'amour, j'aimais cette possessivité. Si j'avais su d'où elle naissait, peut être aurais je fuit a toute jambes, mais parfois, l'ignorance est salvatrice et illusoire. Alors autant profiter de cela puisque de toute manière, je n'aurais jamais plus. Quelque part, ça en devenait risible, une toute autre femme aurait exigé l'absolu et moi...J'étais contente d'un rien. Finalement, je me disais que je ne pouvais être plus bas et puis...Il était facile de profiter de ce qu'il demandait. C'était un salop fini et je le savais, malheureusement, on ne pouvait pas toujours choisir et décider. Quel dommage. Alors d'accord, j'acceptais ce qu'il me donnait mais pourquoi cette envie de vomir soudaine ? En fait, je n'avais pas envie de réfléchir et même, je préférais me voiler la face parce que c'était bien plus facile ainsi. J'avais rêvé de ça pendant deux ans. Deux ans a attendre un mot ou un regard différent sur moi, pourquoi maintenant ? Je ne voulais pas me poser la question, je ne voulais pas lui poser la question. J'avais appris a prendre ce que l'on m'offrait sans m'interoger sur les motivations. J'aurais peut être dut le faire. Etre l'image ressucitée d'un fantôme...C'était cruel et sadique mais ça, je ne l'apprendrais que plus tard. Pour l'instant, je préférais sourire avec un peu de fragilité et répéter ses mots comme pour essayer de m'en convaincre.

« Non, on ne peut plus... »

Finalement, je me détachais de lui, parce que j'avais froid et...faim. La faim revenait, c'était un peu comme si mon corps renaissait doucement. Et j'eus un sourire ironique a cette constatation abérante qu'il puisse avoir un tel contrôle sur moi.

« Que vas tu faire maintenant ? Partir vivre avec ta fille ? »

J'avais reposé l'éclat vert de mes prunelles sur lui, peut être inquietes de la réponse. Et si il me demandait de le suivre, le ferais je ? Oui, certainement. Surement même. Après tout, n'étais je pas qu'une ombre dans son sillage ?

« Me demanderas tu de venir avec toi ? »

Ou me laisseras tu encore derrière toi malgré tes propres mots ? Car oui, je n'avais pas confiance en lui, et je crois que jamais je ne pourrais lui accorder cela de moi. Etrange n'est ce pas ? Il pouvait faire de moi ce qu'il voulait, mais pas me forcer a porter des oeillières le concernant.
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Dim 10 Oct - 16:48

Quand son corps nu se détacha du mien, je ressentis un frisson me traversant tout entier. J'avais froid, maintenant que sa peau lovée contre la mienne ne me réchauffait plus. Tremblant, je me relevai, récupérant mes vêtements pour me rhabiller. Je lui tendis les siens sans un mot et me rassis, les genoux relevés contre mon menton, la regardant par-dessous mes cils. Que voulais-je faire, maintenant ? C’était une bonne question. J’aurais dû la laisser là, ne plus la revoir, retourner à la Communauté et m’excuser platement pour ma fuite. J’aurais dû tout laisser tomber, l’oublier, m’en aller. Mais elle avait ses yeux verts posés sur moi et je ne pouvais pas résister à l’envie de la dévorer du regard. Tant de souvenirs sur son visage…

Sa question me ramena brutalement à la réalité.

- Ma fille ? Après ce que je viens de lui faire, je me suis discrédité à jamais. Comme si je n’avais pas assez d’ennuis.

J’eus un rire désabusé. Je cherchais les ennuis. Il ne fallait pas que je m’étonne qu’elle me déteste, après. Cette pensée me fit mal.

- Je ne peux pas te laisser là. Tu veux savoir où j’ai retrouvé Katarina ?

Et sans attendre sa réponse, je lui racontai tout ce que je savais – c’est-à-dire très peu, finalement – de la Communauté. J’avais terriblement envie de lui décrire mes retrouvailles avec Katarina, la découverte de ma petite-fille, les disputes avec Ethan, cette nuit avec ma fille, qui m’avait expliqué sa vie, pendant que je tentais de me faire pardonner la mienne… Mais je ne lui dis rien de ce qui avait trait à moi, sentant qu’elle ne le supporterait pas. Elle qui avait toujours été celle à qui je me confiais sans limites, une sorte de journal intime où je pouvais m’épancher en toute liberté, voilà que je n’osais plus rien lui dire. Elle m’avait toujours tout laissé passer, mais à présent, j’avais l’impression qu’elle jaugeait le moindre de mes actes. Aussi me contentai-je de décrire la vie telle qu’elle s’y déroulait, la façon dont chacun se rendait utile – et accessoirement, le secret farouche qui les entourait. Si elle acceptait de venir avec moi, j’allais définitivement me faire tuer par Ethan. Je doutais franchement qu’il apprécie que j’aie confié son secret si précieux à une inconnue sans lui en parler d’abord.

Je pris la main d’Inessa, en un vague geste de tendresse. J’étais maladroit en la matière, je ne savais plus comment m’y prendre.

- Tu veux venir avec moi ? demandai-je, une note suppliante dans la voix.

Besoin de toi. Besoin de toi et de ton visage, et de ton apparence.
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Ven 15 Oct - 8:48

La curiosité s'insinua en moi. Qu'avait il fait a sa fille ? Maintenant que j'y repensais plus clairement, il avait déjà évoqué comme un minuscule grain de sable dans les rouages de ses retrouvailles avec elle. Je m'habillais pensivement puis finit par lui jeter un coup d'oeil aigüe, comme toujours son visage provoqua un mélange de sentiment contradictoire en moi, des milliers de sentiments qui, au final, n'en formait qu'un seul. J'aimais cette manière nouvelle qu'il avait de me regarder. Je veux dire, de me regarder vraiment, pas comme si il voyait a travers une vitre brouillée, non de me voir moi. Du moins le pensais je. Je ne croyais pas en un amour miracle qui aurait fleurit dans son coeur pour moi, je n'étais pas assez naïve pour cela, mais je ne pouvais m'empêcher de me dire que tout viendrait avec le temps, après tout nous avions déjà fait un immense pas en avant. Si seulement j'avais réellement su ce qu'il en était...Mais je l'ignorais et sans doute était ce le mieux.

« Que lui as-tu fais Alexeï ? Tu lui en veux de vouloir et réussir a mener sa propre vie sans toi ? »

J'émettais des hypothèses et peut être étais je loin du compte, mais cela ne m'aurait pas étonnée. Il y avait une telle possessivité lorsqu'il parlait d'elle que je n'avais pu m'empêcher d'en déduire bien trop de choses a mon goût. Pourtant, je ne le voyais pas lui faire du mal sciemment non, mais inconsciement, si, il serait capable de le faire, juste parce qu'il était ainsi. Finalement, je vins m'assoir a coté de lui, posant ma tête sur son épaule et la faisant osciller de haut en bas lorsqu'il me demanda si je voulais savoir où il l'avait trouvé. La Communauté. Je connaissais son existence, même si je ne traitais pas directement avec eux. J'étais parvenu a me débrouiller seule et, croyez moi, ce ne fut pas facile et la tentation de rejoindre un groupe avait parfois été forte, mais quelque part, je me suffisais a moi même alors pourquoi m'intégrer dans un groupe ? Il m'était arrivé de leur rendre quelques menu service, pas a eux en entier mais a un en particulier. Mes liens avec le coté dangereux de New York devait sans doute aider. Je n'aimais pas ça, mais j'avais guère le choix que de cotoyer la vermine parfois. Quelques anciens clients qui avaient survécu m'aidait aussi parfois, service que je leur rendais toujours. On faisait ce que l'on pouvait pour survivre c'était tout. J'eus un léger sourire lorsqu'il me demanda si je voulais venir. Il connaissait déjà la réponse parce que je l'aurais suivit n'importe où, parce que cela faisait deux ans que je ne faisais que ça. Le suivre.

« Tu sais très bien que oui. Je ne peux pas faire autrement de toute façon. Mais je suppose qu'on n'entre pas comme ça non ? »

ajoutais je en mêlant mes doigts aux siens. Il m'avait fait tant de mal...Il m'en ferais encore, je le sentais confusément mais malgré tout, je voulais quand même y croire...Juste un peu.
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MessageSujet: Re: /!\ Échec et mat ! [PV Inessa]   Dim 17 Oct - 15:57

Savait-elle à quel point elle avait raison en me posant cette question ainsi ?

Bien sûr que je lui en voulais. Au fond, la haine que j’éprouvais pour Ethan n’était qu’une déception profonde à l’égard de ma fille. Mais qu’espérais-je de sa part, enfin ? Qu’elle m’attende pendant deux ans, alors qu’elle était convaincue que j’étais resté à Moscou, que j’avais été tué par l’explosion qu’elle avait entendue juste avant que notre communication ne soit coupée ? De fait, il s’en était fallu de peu. Et elle ne m’aurait pas plus attendu si elle avait cru que j’étais vivant, parce qu’il était impossible de figer sa vie pendant si longtemps sur des suppositions. Il n’y avait que moi qui étais suffisamment stupide pour le faire, parce que j’étais guidé par une obsession improbable et malsaine. J’avais haï Katarina lorsque sa mère était morte, je lui en avais tellement voulu d’être là alors que nous ne désirions pas d’enfants, je lui en avais tellement voulu d’être là et d’avoir poussé Sonja à prendre cette maudite voiture pour aller faire des courses pour elle… Et puis finalement, j’avais compris que ce n’était pas la faute de Katarina, mais la nôtre. Nous n’avions pas fait assez attention, et nous n’avions pas le droit de nous plaindre d’avoir eu notre fille si tôt. C’était la faute de cet enfoiré de conducteur ivre qui lui avait foncé dedans, pas d’une malheureuse enfant qui avait besoin que l’on s’occupe d’elle. Mais quand avais-je réalisé cela ? Seulement quand je m’étais mis à aimer ma fille, mon trésor, de cet amour si irrévocable, lorsque je m’étais rendu compte qu’un peu de ma femme perdue vivait encore en elle… En réalité, je n’aimais et n’aimerais toujours qu’une seule personne : Sonja. Que ce soit à l’égard de Katarina ou Inessa, la raison première en était toujours Sonja. Vingt-deux ans déjà… Comment était-il possible d’aimer quelqu’un de cette façon-là ? Je n’étais qu’un imbécile.

Je ne répondis pas à Inessa, me contentant de lui décrire la Communauté, de lui demander de venir avec moi, sans être vraiment surpris de sa réponse ; je savais enfin pourquoi elle s’était obstinée à me suivre pendant deux ans, et elle n’avait aucune raison de s’arrêter maintenant, alors qu’elle commençait tout juste à obtenir ce qu’elle voulait. Elle me confirma dans mes pensées et me posa soudain un nouveau problème : comment pourrais-je la faire entrer dans la Communauté, la Communauté qu’Alexander, Aaron et Ethan, surtout Ethan, protégeaient farouchement des intrus ? D’après ce que je savais, il fallait l’aval des trois leaders pour que quelqu’un puisse y entrer. Et mon satané beau-fils, tout à sa paranoïa, n’accepterait jamais qu’une de mes amies vienne dans son havre.

- Comment va-t-on pouvoir faire pour que tu y entres ? murmurai-je d’un air absent, serrant ses doigts dans les miens. On va leur forcer la main.

Je me levai et l’entraînai à ma suite. Inessa avait pléthore de qualités qui plairaient à la Communauté ; elle savait se débrouiller, elle connaissait toutes sortes de méthodes pour obtenir nourriture et objets de première nécessité. Elle avait survécu seule pendant deux ans, c’était bien la preuve qu’elle savait s’en sortir. Elle pourrait aussi aider Mathilda et Katarina à l’infirmerie, elle avait bien réussi à me soigner lorsque j’étais tombé si malade. Quoique, la faire travailler avec Katarina n’était peut-être pas une si bonne idée… Enfin bref, les raisons ne manquaient pas pour la faire admettre – et en réalité, ils n’auraient pas le choix : je lui avais tout révélé d’eux, et s’ils ne voulaient pas qu’elle aille tout répéter ailleurs, ils étaient bien obligés de l’accepter. Le problème était réglé, utilisant des méthodes très loin de ma finesse habituelle – mais peu importait, tant que cela fonctionnait.

Nous partîmes en direction des galeries secrètes de la Communauté.
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