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 Anastasia Millers - Ou quand la fée Clochette se mange un mur

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MessageSujet: Anastasia Millers - Ou quand la fée Clochette se mange un mur   Dim 24 Jan - 12:56

ANASTASIA MILLERS
You gave up the fight,
You letf me behind,
All that's done is forgiven...

Nom & Prénom : Anastasia Catherine Millers

Âge/Date/Lieu de naissance : 24 ans. Je suis née à Philadelphie, en 1988.

Métier : J'étais danseuse étoile... Et j'avoue qu'aujourd'hui, cela ne m'aide pas vraiment à survivre.

Physique : Avant, j'étais plutôt jolie... Enfin, d'après ce qu'on m'a dit. Grand-mère disait que je ressemblais à une de ses poupées de porcelaine. Je ne sais pas si elle avait raison ou non... Je ne m'en suis jamais souciée. J'étais ce que j'étais, simplement. J'ai eu la chance d'être grande. Je fais pile poil un mètre soixante quinze. Et tout en finesse... Je suis loin d'être épaisse. J'ai toujours été très fine, et je sais à peine plus d'une soixantaine de kilos. Ce n'est pas grand chose, mais aujourd'hui ce n'est pas facile d'avoir un poids correct. J'ai une poitrine plutôt menue et des hanches peu développées. J'ai un physique de jeune fille, ce qui fait que je fais toujours un peu plus jeune que mon âge. Mais c'est loin d'être une bénédiction... J'ai toujours eu une peau très claire. Sans être pâle, elle est plutôt jolie. Je n'ai jamais vraiment pris le soleil, étant donné que j'avais tout intérêt à garder une jolie peau. Mes cheveux sont d'un blond assez clair et légèrement ondulés. Ils m'arrivent un peu en dessous des épaules. Mes yeux sont bleus, mais rien d'extraordinaire non plus. Maintenant, je suis beaucoup moins soignée. Mes yeux sont sans cesse cernés et ma peau est presque toujours abimée. Une coupure par ci, un hématome par là... Je passe mon temps à me faire mal... Ou alors à faire de mauvaises rencontres.

Caractère : Je n'ai pas été épargnée par la vie, alors j'imagine que les épreuves que j'ai vécu m'ont modelée petit à petit... Je suis une femme plutôt défaitiste. J'ai toujours l'impression que tout va mal, que tout peut empirer. Et le problème, c'est qu'à ce niveau là, j'ai toujours raison. Je souris rarement, et j'ai tendance à afficher un éternel air triste. Je ne sais pas comment j'ai fait pour survivre. Comme on dit, je suis une petite nature. Au fur et à mesure que j'ai avancé, je me suis brisée un peu plus. Heureusement, j'ai un peu de volonté. Ou plutôt, un instinct de survie assez développé. Même si je n'ai plus rien, je ne tiens pas à mourir. J'aurais honte de me laisser mourir alors que certains sont privés de leur vie brutalement. Je suis une grande angoissée. Au quotidien, ce n'est pas facile. Je suis sur les nerfs constamment et il m'arrive d'avoir des crises de larmes. C'est certainement parce que je suis toute seule, aussi... D'ordinaire je suis une femme très douce, très attentive. Avec les enfants surtout. Et puis j'étais passionnée. J'aimais ce que je faisais. J'aimais danser. Cela me rendait heureuse. Et puisque j'étais heureuse j'essayais de rendre les gens autour de moi. Eva disait que je lui faisais penser à la Fée Clochette. Aujourd'hui la Fée Clochette est en piteux état. Je suis désespérée. J'ai perdu tout ce à quoi je tenais. Si quelqu'un me trouve une seule chose de bien dans ma vie, eh bien je prends !

Liens : Si aujourd'hui je suis une solitaire, il n'en a pas toujours été ainsi. J'étais folle de ma petite sœur, Eva. Elle était mon rayon de soleil, la seule personne à laquelle je tenais vraiment. J'aurais fait absolument n'importe quoi pour elle. Elle n'aurait jamais dû m'être arrachée ainsi... Ça n'était pas juste. Elle représentait tout pour moi. Je n'avais qu'elle. Petite, j'étais très attachée à mes parents, mais malheureusement, je les ai perdu très tôt. Il paraît que plus on est petit, plus on se remet vite... Je crois que c'est un mensonge odieux créé pour rassurer les enfants... Actuellement, je ne fréquente plus personne. Pour la simple et bonne raison que je n'ai plus foi en l'être humain. Je n'ai jamais essayé de m'intégrer à quelque groupe que ce soit. J'ai eu quelques expériences pas très engageantes, cela dit. Quelque chose me dit que je ne suis pas prête d'avoir de la compagnie.

Comment avez vous connu le forum ? Je l'ai fait fait xD ( eh oui, c'est re moi ! )
Un petit mot ? Mot.
Avatar pris : Diane Kruger.
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MessageSujet: Re: Anastasia Millers - Ou quand la fée Clochette se mange un mur   Sam 30 Jan - 11:35

LOST IN THE DARKNESS
Hoping for a sign.
In stead there is only silence,
Can't you hear my screams?

« - Comment va la petite ?
- Elle s'en sort plutôt bien, avec sa sœur. Ses parents n'ont pas eu cette chance. Sa mère est encore au bloc.
- Le pronostic vital est engagé ? »

Le chirurgien a jeté un regard noir à son collègue, avant de me désigner du menton. Au moins un qui se souvenait de moi. J'étais assise sur une table d'observation, les jambes ballotant dans le vide et les mains crispés sur le rebord. Je n'avais pas dit un mot à quiconque depuis environ quatre heures. Depuis que maman avait disparue dans le couloir, suivie par une nuée de médecins. L'horloge de la pièce affichait deux heures trente-quatre. Du matin. Avec un petit soupir, je médecin est revenu vers moi. Il a attrapé ma fiche de renseignement doucement. Je voyais ses yeux faire des aller-retours entre moi et le papier.

« Anastasia Millers, c'est ça ? Tu as donc treize ans... Ah, quatorze ans, depuis la semaine dernière. Tu es née à Philadelphie... »

Je le savais bien, tout ça. Je n'étais pas stupide. J'ai soupiré. Joyeux anniversaire Anastasia. J'avais eu quatorze ans le 12 février dernier. Nous étions le 17 février. Je ne comprenais toujours pas ce qui s'était passé. Quelqu'un avait prononcé le mot accident. Mais je ne me souvenais de rien. J'avais juste mal à la tête et au bras. Mal au ventre aussi, mais on m'avait dit que c'était le choc. Mais quel choc ? Personne ne me disait rien, à moi. Le médecin est revenu m'ausculter. Il a pris mon pouls, ma tension et a regardé mes yeux pour je ne sais quelle raison. Il m'a aussi nettoyé le visage. La serviette était toute rouge. Voilà pourquoi j'avais mal à la tête... Il a regardé mon bras aussi. Il m'a dit qu'il n'était pas cassé, que c'était juste un gros bleu que ne serait bientôt plus là. Je lui ai lancé un regard interrogé. Il a semblé comprendre. Comme s'il avait eu une illumination.

« Oh tu ne te souviens pas ? »

J'ai fait non de la tête. En effet, j'avais un trou de mémoire. Il a tiré une chaise et a pris ma main.

« Toi et ta famille, vous avez eu un accident. La route était verglacée. Ton père.. eh bien ton père est mort sur le coup. Il n'a pas souffert. Ta mère est encore au bloc opératoire... »

J'ai sursauté.

« - Et Eva ? Et ma petite sœur ? Ma petite sœur !
- Ne t'inquiète pas, elle va bien. C'est un miracle qu'elle ait survécu. Mais elle va bien. »

Il m'a emmené la voir. Eva pleurait dans les bras d'une infirmière. Elle n'avait pas tout à fait un an. Je suis allée la prendre des bras de la femme. Elle a presque arrêté de pleurer tout de suite. J'ai demandé un biberon, parce qu'elle n'avait pas mangé depuis longtemps. Après, elle s'est endormie. Moi je suis restée dans un fauteuil, à attendre qu'on me dise comment allait maman. J'étais persuadée qu'elle n'allait pas tarder à revenir. Si Eva et moi allions bien, il n'y avait pas de raison... Mais papa n'allait pas bien. Papa, lui, ne reviendrait pas. Un chirurgien a passé sa tête par la porte. Il a regardé son collègue, avant de faire non de la tête.

Nous étions le 17 février, il était quatre-heures deux du matin, et j'étais orpheline.
Joyeux anniversaire Anastasia.

Je n'ai pas pleuré ce soir là. Certainement parce que je ne comprenais pas ce qui arrivait. Mon esprit était un peu embrumé. Et puis pour moi, mes parents ne pouvaient pas être morts. Ce n'était pas possible. Nous partions en vacances, pour mon anniversaire. Maman m'avait dit que tout irait bien. Et puisque je ne me souvenais de rien du tout, pour moi, rien n'était vrai. Je m'étais réveillée à l'hôpital, je n'avais aucun souvenir. Et puis j'allais bien. Eva et moi allions bien. Alors pourquoi pas les parents ? Cela n'avait aucun sens. Pourtant, j'ai bien été obligée de redescendre sur terre. J'ai compris que rien n'allait bien quand grand-mère est venu nous chercher. Elle avait les yeux rouges des larmes qu'elle avait séchées avant de venir. Les médecins lui ont fait signer des papiers avant de la laisser venir nous chercher. Il y avait aussi la police, certainement là pour la forme. Sans un mot, grand-mère nous a récupérées. Je refusais de lâcher Eva. Je ne me suis pas rendormie dans la voiture, même si elle habitait loin. J'avais l'impression de rêver. Aussitôt arrivées, grand-mère nous a mis au lit. Elle a pris Eva avec elle, en disant qu'elle risquait de me réveiller cette nuit. Mais ce n'est pas Eva qui m'a réveillée. C'est grand-mère, qui pleurait.
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MessageSujet: Re: Anastasia Millers - Ou quand la fée Clochette se mange un mur   Sam 30 Jan - 12:35

THE NIGHTINGALE IN A GOLDEN CAGE
That's me locked inside reality's maze,
Come someone make my heavy heart light
It all starts with a lullaby

« Eva Natacha Millers, posez cette pelle tout de suite ! »

J'ai soupiré bruyamment, avant de laisser ma tête retomber sur mon cahier. Eva venait juste d'avoir cinq ans et c'était une véritable furie. Elle passait son temps à courir partout. Et cette fois ci, avec la pelle du jardin. Grand-mère essayait de l'en débarrasser, en vain. Et moi j'essayais d'étudier Shakespeare, en vain. Je savais bien que ce n'était pas une bonne idée de faire mes devoirs dans le salon... J'ai fini par abdiquer. J'ai rangé mes affaires et je suis allée me réfugier dans ma chambre. J'ai jeté mes affaires sur le bureau avant de me jeter sur le lit. Shakespeare attendrait un peu. J'avais d'autres choses en tête. Cela faisait à peu près quatre ans que nos parents étaient morts. Fort heureusement, Eva ne s'en souvenait pas. Pour elle, c'était grand-mère qui l'avait élevée. Moi, je m'en souvenais. Ils me manquaient, mais je ne le montrait pas. Je n'avais pas envie que tout le monde ait pitié de moi. Déjà que tout le monde au lycée me regardait avec un petit air compatissant... C'était à me faire regretter de ne pas être morte avec eux, tiens. D'autant plus je passais la plupart de mon temps toute seule. C'était assez dur à supporter pour quelqu'un comme moi. Les rares personnes que je fréquentaient n'étaient pas très ouvertes d'esprit, si bien qu'en général je finissais par me lasser. J'avais hâte de passer mon examen, pour pouvoir me consacrer pleinement à ma passion.

La danse. Je sais, c'est cliché : la jolie blonde danseuse et solitaire. Merveilleux. Mais peu importe. Ma mère m'avait mise à la danse dès mes trois ans. Comme toutes les mères essayaient avec leurs filles, j'imagine. Si la plupart du temps l'expérience se révèle inefficace, cela n'a pas été le cas pour moi. Au contraire, j'ai tout de suite adoré ça. C'était un univers qui me plaisait énormément. Ce n'était pas gnan gnan, contrairement à ce qu'on aurait pu penser. Certes, cela ne plaisait pas à tout le monde. Mais moi, j'étais dans mon élément. La danse classique m'apaisait, plus certainement que n'importe quoi d'autre. Enfin, quand la prof ne me hurlait pas dessus comme si sa vie en dépendait.

« Ana' ! Descends trésor, tu vas être en retard ! »

Nom de dieu. À trop penser on oublie tout. Je me suis dépêchée de fourrer mes affaires de danse dans un sac avant de descendre les escaliers quatre par quatre. J'ai fermé la porte de la maison pour rejoindre grand-mère et Ana dans la voiture. Direction l'opéra, pour les répétitions. Je me ferais arracher les yeux si j'étais en retard. J'ai attaché ma ceinture et posé mes mains sur mes genoux.

J'ai jeté un coup d'œil à grand-mère. Elle s'était toujours merveilleusement bien occupée de nous. Elle n'avait jamais montré sa peine. Sans reprendre la place de notre mère, elle nous avait élevées, Eva et moi. Elle avait bataillé avec la justice pour pouvoir nous garder. Heureusement qu'elle était tenace... Je crois pouvoir dire que j'étais heureuse avec elle. Elle ne m'avait pas donné de raison d'être malheureuse. Eva s'en sortait encore mieux, puisqu'elle n'avait aucun souvenir de cet accident. Néanmoins, mon cœur s'était serré quand elle avait appelée grand-mère maman. Ça nous avait choqué toutes les deux, si bien qu'elle n'avait plus eu le droit de le refaire. La pauvre n'avait pas compris. Mais moi, si... Et grand-mère refusait coute que coute de prendre la place de sa fille. J'ai eu un petit sourire en regardant le paysage défiler. Finalement, New-York était une jolie ville. Je ne l'aimais pas autant que Philadelphie, mais j'avais fini par m'y habituer. De toute façon, on ne m'avait pas laissé le choix. C'était ça ou... Ou rien du tout, en fin de compte.

Je me suis dépêchée de descendre de la voiture, pour grimper les marches de l'opéra. J'allais être en retard... Si je ne me tuais pas en tombant dans ces maudits escaliers, c'était la prof qui allait me massacrer... J'ai filé droit vers les vestiaires pour me changer. Je me suis fait un chignon en vitesse. Cela faisait maintenant des années que la danse rythmait toutes mes journées ou presque. Eh non, on ne devient pas danseuse étoile en claquant des doigts. Grand-mère était persuadée que cela allait finir par me tuer. Moi je m'évadais tout simplement. J'en avais besoin. J'étais déterminée à tout plaquer pour la danse à la fin de mes études. Rien ne m'en empêchait après tout. Enfin c'est ce que je croyais. J'étais extrêmement douée et un avenir brillant me souriait.

C'était avant qu'on ne me claque une autre porte à la figure.

Pendant trois ans, je me suis entrainée comme une dingue, pour parvenir à mes fins. J'étais une des plus jeunes danseuses étoile de l'école. Et je dois admettre que j'en étais plutôt fière. Je passais des semaines à l'étranger pour des représentations dans des opéras plus ou moins prestigieux. J'étais incroyablement heureuse. D'accord, il n'y avait pas de place pour un homme dans ma vie, mais tant pis. De toute façon, le peu d'histoires que j'avais eu avaient été catastrophiques. Je préférais largement avoir un chien plutôt qu'un petit ami. Le chien, lui, il est fidèle au moins... J'étais à Paris quand Eva m'a passé un coup de fil complètement paniqué. Elle avait huit ans et je ne lui connaissais pas cette petite voix si angoissée. J'ai vite compris que quelque chose clochait.

« - Ana' ? Faut que tu rentres à la maison... C'est grand-mère... Hôpital...
- Ne parle pas si vite, Eva ! Dis moi ce qui se passe, doucement.
- Je suis à l'hôpital avec grand-mère. Les médecins veulent rien me dire, mais je crois que c'est super grave. »

Pour Eva, super grave correspond à mourante. Grand-mère était tombée malade, quand je n'étais pas là, évidemment. Et puisqu'elle était assez âgée... Elle est morte avant que mon avion n'atterrisse. J'ai dû aller chercher Eva à l'hôpital. Je me disais que cela commençait à faire beaucoup de morts pour une seule famille. Eva ne comprenait rien. Moi je me suis occupée des formalités, de l'enterrement... J'ai refusé qu'elle y assiste. Je voulais qu'elle garde une bonne image de grand-mère. Il n'y avaient pas beaucoup de personnes à cet enterrement. Il faut dire que pour nous élever, notre grand-mère avait renoncé à presque toutes ses relations. Et moi, à 21 ans, j'ai dû faire la même chose, pour prendre le relais. Puisque j'étais tout juste majeure, j'ai pu garder ma petite sœur. Je n'aurais pas renoncé à elle de toute façon. Par contre, j'ai bien dû ralentir au niveau de ma carrière de danseuse. Je me contentais d'aller m'entrainer pendant qu'elle était à l'école, de temps en temps le week-end... J'ai dû faire une croix sur de nombreuses représentations et donc sur le salaire que cela impliquait. Eva et moi avons fini par devoir déménager dans un appartement et revendre la maison... Mais du moment que nous étions ensemble, tout allait bien, non ?
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MessageSujet: Re: Anastasia Millers - Ou quand la fée Clochette se mange un mur   Lun 8 Fév - 16:55

JUST TO HURT YOU
And if I only could,
I'd make a deal with God,
And I'd get him to swap our places...

Nous étions en retard. Encore. J'avais toujours eu du mal à m'habituer au rythme de vie de ma sœur. Ainsi, tous les mains, la lever à l'heure et l'emmener à l'école était un vrai défi. Vous me direz, un bon réveil et le tour est joué. Mais tous les matins c'était la même chose. Eva me disait qu'elle était fatiguée, qu'elle se sentait malade, qu'elle n'avait pas envie d'aller en cours. Me je m'étais toujours dit qu'elle tentait de m'amadouer. Ou encore que c'était le contrecoup de la mort de celle qui l'avait toujours élevée. Quoiqu'il en soit je tenais bon. Je ne sais pas si elle se rendait compte de tout ce que je faisais pour elle. L'assistante sociale avait été claire : si je n'offrais pas une vie décente à ma petite soeur, sa garde me serait retirée. Et ça c'était bien hors de question. En journée, je donnais des cours de danse à des enfants, pour gagner de quoi payer le loyer et tout le reste. Il m'arrivait encore de participer à de grands ballets. Eva détestait ça, quand je la laissais chez une amie pour aller danser. Mais moi je voyais surtout le chèque avec les zéros qui me permettrait de lui offrir une vie correcte. J'aurais tout sacrifié pour elle. J'ai tout sacrifié, en fin de compte. Mais ma petite soeur comptait plus que ma carrière. Elle était la seule famille qui me restait, je devais prendre soin d'elle. Pour que nos parents soient fiers de moi. Je devais garder la tête haute.

Un jour, alors que j'étais à Los Angeles, j'ai reçu un coup de fil inquiétant de Catherine, l'amie qui gardait ma soeur. Ce que j'ai été idiote ce jour là...

« - Ana' ? Je suis désolée de te déranger à une heure pareille, mais je crois qu'il y a un problème avec ta soeur...
- Elle est malade, c'est ça ?
- Comment tu sais ça ? Ça lui arrive souvent ?
- Oui, depuis la mort de grand-mère. Selon le médecin c'est psychologique, ça va lui passer.
- T'en es sûre ? Elle a l'air vraiment mal...
- Certaine. Je lui ai fait faire des examens, mais tout va bien. »

Je ne suis pas rentrée plus vite, persuadée qu'elle irait déjà mieux. Je me suis trompée. Son état ne s'était pas vraiment arrangé. Je l'ai gardée une semaine à la maison, pensant qu'elle avait attrapé une angine ou quelque chose du même genre... Quand elle a commencé à tousser et à trembler j'ai filé aux urgences. On a attendu cinq heures aux urgences. Cinq heures. Ça me mettait hors de moi de voir que les cas qu'on traitait en premier étaient les moins graves. Ma petite soeur était à deux doigts de cracher ses poumons et on s'occupait d'un bleu ou d'une bosse ! J'ai fini par me jeter sur le premier médecin qui passait. On a filé en pédiatrie et Eva a eu le droit à tout un tas d'examens. J'étais complètement perdue. Ce médecin là a semblé voir ce que tous les autres n'avaient pas vus. Nous avons passé deux jours à l'hôpital, en attente de résultats. Ça a été comme une première fin du monde. J'ai oublié tout ce qui pouvait encore compter dans ma vie.

« - Bordel, Anastasia, qu'est-ce que tu fiches ? L'avion décolle dans deux heures !
- Je ne viens pas, Matt.
- Tu plaisantes ? On peut pas trouver une autre danseuse, c'est trop tard ! Ramène tes fesses à l'aéroport tout de suite !
- Eva est malade.
- Elle est toujours malade, Ana ! Refile la à Catherine pour cette semaine !
- Elle a un cancer. Une leucémie. Va te faire foutre Matt. »

Et c'est ainsi que je me suis coupée du monde... Selon les médecins, le cas d'Eva était sérieux. Trop sérieux. Ils ne disaient rien, mais j'avais bien compris que sa situation risquait de s'aggraver... Nous avons tenté le don de moelle, puisque nous étions compatibles. Cela n'a rien arrangé du tout. Je voyais son état se dégrader de jour en jour. Au bout d'un moment, ils avaient fini par lui donner des anti douleurs et des calmants. Si bien qu'elle dormait en quasi permanence. Moi je ne dormais pas. J'étais toujours là à vérifier que les appareils ne s'agitaient pas. J'étais toujours là, à côté d'elle...

« Tu crois qu'il y aura une place pour moi au paradis ? »

J'ai rouvert les yeux brusquement. Je ne me souvenais pas m'être endormie. Mes yeux se sont posés sur le moniteur qui surveillait sa fréquence cardiaque. J'avais toujours peur que son coeur ne rende les armes le premier. Pour cette fois, le bip lent et régulier de la machine m'a rassurée. J'ai eu du mal à détourner mes yeux du moniteur. Mais je l'ai fait... Je ne voulais pas qu'elle croit que j'étais focalisée sur sa maladie. Même si en fait, je l'étais. Je ne savais pas si elle pourrait tenir encore longtemps comme ça. On ne pouvait pas la sauver... Elle allait mourir. Ce n'était pas juste. Elle n'aurait pas dû se retrouver là. Jamais. Je mourrais d'envie d'arracher tous ces électrodes reliés à son corps. À neuf ans, on n'avait pas le droit de mourir. Ses grands yeux bleus étaient ternes et soulignés de violet. Sa peau était si pâle que chacune de ses veines transparaissait dessous. Elle souffrait. Et pourtant, elle souriait. Moi j'en étais bien incapable. Je me suis demandée si elle avait mal, malgré les nombreuses couvertures qui la recouvraient. Je me suis demandée si elle avait mal. La perfusion lui donnait de la morphine en permanence, goutte à goutte.

« Il y aura toujours une place pour toi, Eva. »

Seulement je ne voulais pas qu'elle la prenne maintenant. Je suis allée vers elle pour caresser ses cheveux doucement. J'ai déposé un baiser sur son front avant d'aller vers la fenêtre. Cela faisait des semaines qu'il pleuvait. J'avais l'impression qu'il ne s'était pas arrêté de pleuvoir depuis que nous étions entrées à l'hôpital. C'était terrible, de ne rien pouvoir faire. Je me sentais terriblement impuissante. Et terriblement coupable. On m'avait dit que je n'aurais jamais pu deviner sa maladie avant, mais tout de même. J'aurais dû l'emmener à l'hôpital bien plus tôt...

Le petit bip s'est arrêté brusquement. Si brusquement que cela m'a fait sursauter. Tout un tas d'appareils se sont mis à paniquer. La chambre s'est transformé en véritable capharnaüm de sons en tout genre. Avant même que je n'ai pu lever le petit doigt, des infirmières et des médecins se sont précipités dans la chambre. Je me suis retrouvée collée à un mur. J'étais comme privée d'oxygène. C'était un spectacle terrible. Je les voyais s'acharner à réanimer ma petite soeur, en vain. Après quelques minutes, je me suis laissée glisser contre le mur. J'ai commencé à pleurer. J'ignore combien de temps ils ont essayé de la sauver. Mais quelqu'un a posé sa main sur mon épaule avec compassion.

« Heure du décès... 16h17. »
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MessageSujet: Re: Anastasia Millers - Ou quand la fée Clochette se mange un mur   Sam 13 Fév - 18:03

TODAY IS THE END OF TOMORROW
The turn against the world we know
Now our destiny will be decided
We have to send our brothers in arms
With pain in our heart we watched them go
Will they return?
Truth is we had no choice
We'll try to shield those we can
No better world, let this end
Mothers cry, our boys die
But we'll stand 'till the end...

« Le président russe a déclaré cet après midi que le pays ne cesserait les hostilités tant que les États-Unis n'auront pas... »

Oui eh bien en attendant, on ne les avait toujours pas vus, les Russes. Ce qui, en soit n'était pas une mauvaise chose. Mais pour tout vous dire, je ne savais même pas pourquoi nous étions en guerre avec les soviétiques. J'étais tellement malheureuse que je m'en fichais pas mal. Le monde aurait pu partir en fumée que cela m'aurait été bien égal. De toute façon, mon monde à fois c'était déjà effondré. J'avais perdu toute ma famille, j'avais perdu mon job, mes amis... Alors très franchement, la Troisième Guerre Mondiale... En y réfléchissant bien, j'aurais peut-être dû y prêter attention. Cela m'aurait évité d'être au mauvais endroit au mauvais moment. Par exemple, j'aurais évité de rester chez moi, dans un building immense... Heureusement ( malheureusement ? ) pour moi, je ne vivais qu'au cinquième étage... Imaginez ma surprise quand les bombardements ont commencé. Il y a d'abord toutes les vitres qui ont explosé. Si j'avais été plus près de la baie vitrée, je crois que j'aurais littéralement été découpée en rondelles. Mais je m'en suis sortie avec quelques coupures. J'ai mis un bon moment à comprendre ce qu'il s'était passé. Avec ce qui me restait de bon sens, j'ai jeté quelques affaires dans un sac et je me suis dépêchée de sortir de l'immeuble. Quelle idée lumineuse. À peine une heure après que je sois sortie, ce dernier s'est effondré.

Dans les rues, c'était la panique totale. Les gens couraient dans tous les sens. Certains étaient blessés, d'autres tentaient de rassembler leur famille... Le plus impressionnant, c'était encore les militaires armés jusque aux dents qui essayaient de calmer tout ce beau monde. Je ne pouvais m'empêcher de compatir. Allez calmer des centaines de personnes quand les chasseurs russes et américains se mitraillent au dessus de vos têtes. C'était assez apocalyptique. Et très franchement, je me demande quelle armée a fait le plus de dégâts. J'ignorais où aller, mais j'étais sûre d'une chose : entrer dans un bâtiment, quel qu'il soit, c'était la dernière chose à faire. On ne sait jamais... Même les hôpitaux ont été bombardés. Si un hôpital est bombardé, n'importe quoi pouvait l'être.

Sans vraiment comprendre pourquoi ni comment, je me suis retrouvée avec les militaires, dans un groupe de « civils pouvant être évacués par hélicoptères ». Oui enfin, encore fallait-il que les dits hélicoptères puissent se poser. Il semblait que le lieu le plus approprié pour un atterrissage en urgence soit Central Park. Sauf que ( j'imagine bien qu'ils y avaient pensé ) c'était aussi un lieu très à découvert. Trois appareils sont parvenus à se poser, tandis que deux autres ont littéralement été descendus. Je ne voulais pas être pessimiste, mais je me disais quand même que mes chances de survie à bord d'un tel appareil étaient assez limités. Et puis je n'avais jamais posé un pied dans hélicoptère, moi. Je ne l'ai jamais fait d'ailleurs. Nos amis russes ont lâché de charmantes petites bombes dessus. Eh bien au moins, le problème était réglé. Pas de voyage au dessus de New York.

Quand je vous dis que je suis maudite.

J'ai décidé de quitter les militaires à ce moment là. Je me disais que je m'en sortirais très bien toute seule. Peut-être mieux même. Ce n'est pas que l'armée des USA soit une cible appréciée, mais presque. Je me suis dirigée vers le métro, avant de me raviser. Je savais que je pourrais y entrer, mais je ne savais pas si les sorties et les entrées ne seraient pas elles aussi... En fin de compte, je suis allée dans un quartier peu fréquenté. Je me suis dit qu'avec un peu de chance, il serait épargné. Cela a presque été le cas. Je me suis réfugiée dans un parc. Pour moi c'était plus raisonnable que d'entrer dans une quelconque maison... J'ai attendu. Je ne sais pas combien de temps. Quelques jours je crois. J'ai mis un moment à réaliser que tout c'était arrêté. Je n'aurais jamais imaginé qu'une guerre puisse être aussi rapide. Une guerre éclair... Une guerre inutile, oui !

J'étais complètement atterrée par ce que je découvrais autour de moi... New York était devenu comme un puzzle géant. Des choses que des hommes avaient mis des années à construire avaient été détruites en à peine quelques secondes. Certains bâtiments étaient encore debout, miraculeusement épargnés. Il fallait enjamber les décombres... les cadavres. Autant dire que pour une fille sensible comme moi, ce n'était pas la joie. J'étais finalement bien content qu'Eva ne soit pas là pour voir tout ça. Je ne sais comment nous nous en serions sorties toutes les deux... Je n'ai pas tardé à comprendre que plus rien ne serait jamais comme avant. C'était impossible d'entrer en communication avec qui que ce soit. Il n'y avait rien à faire, nous étions coupés du monde. À moins que ce soit le monde qui soit coupé de nous ? Toujours est-il que j'allais devoir me débrouiller seule. Oh j'avais bien compris que certains groupes s'étaient créés. D'après le peu d'informations que j'ai, il y a deux groupes distincts. Les gentils et les moins gentils. Mais en ce qui me concerne, je préférais rester seule. J'avais désespérément perdu foi en l'être humain. Je ne dis pas que tous les hommes sont sensiblement mauvais... Mais disons que je me demande encore où va le monde. Je ne suis pas prête à rejoindre l'un ou l'autre des deux camps. Tant qu'à faire, je préfère aussi éviter les « moins gentils ». On a vite fait de vous mettre des fers et des chaines.

Je suis retournée à Central Park. Enfin à côté. Je me suis installée au deuxième étage d'un immeuble encore debout, en me faisant aussi discrète que possible. Je n'ai pas très envie que quelqu'un me trouve là, et c'est le moins que l'on puisse dire. J'ai juste envie que l'on me laisse tranquille. Est-ce vraiment trop demander ? Je suis fatiguée de courir. Fatiguée de me battre. Je voudrais juste survivre en paix ! Ou a moins, essayer.

{ END }
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