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 I fell apart but got back up again [Alexander]

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Gabrielle McCord
Don't Worry About A Thingavatar

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Date d'inscription : 04/01/2010
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MessageSujet: I fell apart but got back up again [Alexander]   Sam 2 Oct - 14:28



-Papa?

Il se tenait là, devant moi, dans cet endroit sordide qui était devenu mon refuge depuis plusieurs semaines à présent. J'avais quitté la communauté depuis plus d'un mois et le temps semblait passer à toute vitesse. Je comptais les heures et les jours, les voyant défiler comme pour me narguer : « L'horloge tourne Gabrielle. Tic tac, tic tac. Il faut te dépêcher. ». Seulement, même si j'avais beaucoup avancé, même si mon travail sur moi-même commençait à porter ses fruits, je ne me sentais pas prête à rentrer. Quelque chose en moi m'empêchait de franchir la dernière étape qui allait m'emmener sur le chemin du retour. Cette chose qui m'empêchait de terminer ce que j'avais commencé, c'était la peur de la suite, la peur du futur. J'ignorais ce qui m'attendait. Je ne savais pas si Alexander allait accepter de me redonner une place dans sa vie, j'ignorais si j'allais être capable de redevenir complètement la femme qu'il aimait. Ce que je savais par contre, c'était que je n'allais pas être complètement heureuse et que je ne pourrais jamais l'être. J'avais séparé mon coeur en deux et l'autre partie de mon coeur appartiendrait pour toujours à Aristide. J'avais cependant fait un choix et ce, bien avant de quitter la communauté : J'avais décidé de choisir mon époux et de nous donner une chance. Lui, il avait décidé de ne pas me donner de chance et il avait de moi une étrangère ce qui, il faut l'avouer, avait été la raison de mon départ. Je n'avais pourtant pas changé d'avis et ce, même après avoir revu Aristide, même après m'être offerte à lui. Cela me faisait mal, mais je voulais retrouver Alexander, je voulais essayer de sauver ce qu'il restait de nous... Une tentative peut-être vouée à l'échec, mais je devais essayer. Non, je voulais essayer. Comme j'aurais préféré que tout soit plus facile, comme j'aurais préféré n'aimer que l'un d'entre eux... Si cela avait été le cas, j'aurais juste eu à quitter celui que je n'aimais pas. Malheureusement, je les aimais tous les deux alors, il avait fallu choisir. J'avais choisi... Mais cela ne m'expliquait pas ce que mon père faisait devant moi alors qu'il était mort. Ca, je le savais parce que je l'avais vu alors que j'étais moi-même entre la vie et la mort. Alors quoi? S'il était là, cela voulait dire que...

-Je suis morte?

Un sourire étira les lèvres de mon père.

-Non.

Je fronçai les sourcils, n'y comprenant rien.

-Mais toi, tu l'es...
-Oui.
-Alors comment peux-tu être là?
-Parce que tu rêves ma chérie.
-Oh...

Un simple rêve. Je baissai le visage, triste. J'aurais tant voulu qu'il soit vraiment là, j'aurais tant voulu l'avoir retrouvé. Je me mis alors à pleurer et il ne lui fallut pas longtemps pour venir me prendre dans ses bras. Je le serrai fort contre moi, me laissant submergée par mes sanglots. Quelques instants plus tard, je fus capable d'aligner quelques mots.

-Je t'aime papa.
-Moi aussi je t'aime.

Je me reculai et le fixai alors qu'il me regardait avec toute la tendresse qu'il avait toujours eu pour moi.

-Tu sembles si réel...
-Je sais.
-J'aurais voulu... J'aurais préféré que tu sois vraiment là...

Traduction : J'aurais préféré être morte moi aussi. Il glissa ses mains sur mes joues et me fixa droit dans les yeux.

-Oh non, non. Tu ne le penses pas Gabrielle. Tu as toute la vie devant toi.
-Je ne suis pas sûre d'en vouloir tu sais...
-Mais si.

Je marquai un silence.

-Je ne sais pas par où commencer...

Un nouveau sourire se dessina sur son visage et moi, j'étais incapable du moindre sourire. Pourtant, c'était mon père, et j'étais heureuse de le revoir. Seulement...

-Tu dois justement aller où tout a commencé, où tout a changé et où tout doit recommencer. Tu dois poursuivre ta route Gabrielle.
-Je ne sais pas comment...

Il lâcha mes joues et me serra une nouvelle fois dans ses bras. Je me laissai aller contre lui comme je le faisais lorsque j'étais encore une enfant.

-Tu sais très bien comment faire. Tu ne serais pas là sinon. Tu sais, mais c'est juste difficile.

Mes mains se crispèrent dans son dos.

-Est-ce que tu l'aimes?
-Je les aime tous les deux.
-Je sais... Mais est-ce que tu veux le retrouver?
-... Je veux essayer...

Il se recula légèrement et déposa un tendre baiser sur mon front avant de me forcer à le regarder. Son sourire m'enveloppa d'une douce châleur que me fit énormément de bien.

-Alors vas-y.

J'esquissa un sourire à travers mes larmes.

-Est-ce que c'est vraiment dans ma tête? Est-ce que c'est moi qui fait tout ça? Ou est-ce que tu es vraiment venu?

En guise de réponse, il m'adressa un sourire d'une tendresse infinie.

J'ouvris les yeux. Je me trouvais exactement dans la même pièce que dans mon rêve, la seule différence était l'absence de mon père. Je me redressai avant de regarder autour de moi. Cela faisait des semaines que je repoussai cette échéance mais à présent, je devais accepter d'y faire face : Je devais rentrer. Cette idée me faisait peur pour tout un tas de raisons mais je ne pouvais plus reculer : La fuite était terminée. J'avais réussi à me retrouver, et j'étais presque arrivée au bout de ce pour quoi j'étais partie. La suite allait bien sûr être difficile : J'allais devoir affronter Alexander, j'allais devoir affronter les gens de la communauté, ceux qui m'avaient jugée, ceux qui m'avaient traitée comme une moins que rien, ceux qui me détestaient, mais j'allais relever la tête et j'allais leur faire face. J'étais partie pour devenir plus forte, et j'avais réussi : Je devais avoir confiance en moi. Je ne mis pas longtemps à réunir toutes mes affaires mais je restai un long moment debout devant la porte avant de réussir à l'ouvrir et à sortir. Une fois dehors, alors que je marchais doucement, je repensai à ce que j'avais vécu après mon départ. J'avais retrouvé Aristide et j'avais vécu avec lui des moments merveilleux, des moments qui allaient rester pour toujours dans mon âme et dans mon coeur. J'avais pu vivre pleinement cet amour avant de lui dire définitivement adieu. J'avais aussi rencontré le demi-frère d'Alexander : Une rencontre au-delà du réel. Puis, j'avais de nouveau fait face à ces rues hostiles seule, comme avant mes retrouvailles avec Aristide. J'avais de nouveau recommencé ce travail pour faire la paix avec moi-même et finalement, au bout de ces longs jours, de ces semaines, j'avais réussi : J'avais réussi à m'aimer de nouveau et à me pardonner. Il me restait cependant d'autres personnes à pardonner avant de pouvoir rentrer, avant de pouvoir prétendre essayer de reconstruire ma vie et celle d'Alexander, et pour cela, je devais suivre les conseils de mon père et retourner là où tout avait commencé, là où tout avait changé, là où tout devait recommencer, au centre de tout.

Centra Park.

Quand j'arrivai à l'entrée, un frisson d'horreur me parcourut la peau : La dernière fois que j'étais venue ici, j'avais été frappée et violée. La dernière fois que j'étais venue ici, j'avais tué un homme. La dernière fois que j'étais venue ici, ma vie et celles de personnes qui m'étaient chères avaient changé. Je savais que je risquais de faire une mauvaise rencontre, mais j'étais prête à me défendre : Je devais absolument retourner à l'intérieur de ce parc qui ressemblait d'ailleurs plus à une jungle qu'à un parc à présent. Alors, c'est mon fusil bien en main, prête à tirer sur la moindre menace que je pénétrai à l'intérieur du parc. Je n'avais pas l'intention d'essayer de retrouver l'endroit où j'avais été violée. Non, c'était un tout autre endroit que je cherchais. Un endroit qui représentait beaucoup pour moi, un endroit qui allait m'aider à me libérer de mes dernières chaînes : En tout cas je l'espérais. Au fur et à mesure de mes pas, les images de mon viol me revinrent mais je ne fis rien pour les empêcher de m'envahir : Je devais les affronter pour les effacer. J'avais couru aussi vite que possible ce soir-là. J'avais utilisé toutes mes forces pour me défendre même si finalement je n'avais rien pu faire contre mes agresseurs. J'avais vécu l'horreur et j'avais cru mourir et finalement, eux étaient morts. Je me souvenais parfaitement de ce que j'avais ressenti, de cette rage, de cette envie de vengeance, de ce moment où j'avai appuyé sur la gachette : J'avais tué, et cela m'avait profondément changée. Et puis, j'étais rentrée à la communauté, j'avais menti puis j'avais tout avoué et enfin, j'avais trompé Alexander. J'étais finalement tombée amoureuse d'un autre homme parce que j'avais voulu oublier mes douleurs et j'avais fait beaucoup de dégâts. J'avais fait du mal à Alexander et j'avais anéanti Aristide, par deux fois. Et voilà que je me retrouvais de nouveau en plein milieu de Central Park, décidée à aller au bout, décidée à retrouver ensuite mon mari que j'aimais, quand bien même vous ne le croiriez pas.

Quand j'arrivai enfin à l'endroit que je cherchais, je fus incapable de m'empêcher de pleurer : J'avais enfin retrouvé le banc. Ce banc où, le soir de notre rencontre, Alexander et moi avions discuté jusqu'au petit matin. Ce banc où mon amour pour lui avait doucement fait son chemin dans mon coeur. Je voulais réussir à oublier le mal pour me rappeler du bien, je voulais effacer les mauvais souvenirs de cet endroit pour ne laisser que les bons. Je le voulais de tout mon coeur. Je m'avançai donc jusqu'au banc, y déposai mon sac et mon fusil avant de m'y assoir. Pourtant, sur le moment, Alexander ne m'apparût pas. Non... Mes violeurs eux, par contre, je les voyais comme s'ils étaient juste devant moi. Je voulais redevenir celle que j'étais et pour cela, je savais ce que je devais faire. Je devais faire ce que l'ancienne Gabrielle aurait fait. Je devais faire l'inverse de ce que la nouvelle Gabrielle avait fait. Je devais ouvrir mon coeur et être assez forte pour pardonner. Si Dieu était capable d'être miséricordieux, je le pouvais également. Je devais y arriver... Je devais absolument y arriver parce que sinon, je n'allais pas être capable de pouvoir passer à autre chose, je n'allais pas être capable de poursuivre ma route. Je baissai doucement mon visage et observai mes mains : Elles n'avaient jamais autant tremblé. Je serrai les poings et fermai les yeux avant de prendre une grande inspiration.

-Je vous pardonne.

Je ramenai mes poings contre ma poitrine avant de le répéter.

-Je vous pardonne... Je vous pardonne... Je vous pardonne...

Et enfin, je me laissai complètement aller : Mes larmes coulèrent à flots et mes gémissements plaintifs s'élevèrent dans le silence morbide de Central Park. C'était risqué car si quelqu'un était dans le coin, on allait m'entendre sans aucune difficulté, mais je n'y pensais pas. Je leur avais pardonné : C'était fait. Je pouvais laisser sortir toute ma rage, toute ma haine, toute ma douleur pour ne laisser en moi que celle que j'étais auparavant. Bien sûr, je n'allais pas redevenir complètement l'ancienne Gabrielle puisque j'étais changée à jamais, mais j'allais m'en rapprocher plutôt que de m'en éloigner. J'ignore au bout de combien de temps je fus capable de rouvrir les yeux et de me calmer, sans pour autant cesser de pleurer, mais je finis par le faire. Là, je fus heureuse d'avoir enfin la vision d'Alexander et non pas la vision de mes violeurs. J'avais enfin réussi à effacer les mauvais souvenirs pour ne laisser que les bons. Rassurée, j'esquissai un sourire mais très vite, mes lèvres prirent de nouveau la forme d'une ligne droite. Ce n'était pas une vision : Il était là. Comment en étais-je certaine? Dans ma vision, Alexander n'aurait pas eu ce visage déformé par la fatigue et par la douleur. Dans ma vision, il aurait été souriant, heureux et pas détruit : Sa descrution était mon oeuvre. Je savais que c'était bien mon mari qui se trouvait devant moi. Alexander.

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MessageSujet: Re: I fell apart but got back up again [Alexander]   Dim 3 Oct - 21:00

Il avait naïvement pensé avoir connu l'enfer sur terre lors de la guerre en Irak ou des bombardements de New-York... Le sang, la mort, la douleur, c'était à cela que ça devait ressembler non? Et bien non, il s'était rendu compte avec une acuité douloureuse que tout cela n'était rien en comparaison d'une errance seul. Toujours il avait eu un refuge en la personne de Gabrielle, toujours, il avait pu se reposer sur elle, dormir entre ses bras, songer la revoir quand il désespérait. Il n'avait vécu que pour la retrouver quand il était en mission et pour la protéger quand ils avaient subi les bombardements.

Aujourd'hui, il était seul.

Il avait sa fille, bien évidemment, la prunelle de ses yeux, la seule qui sache encore le faire sourire ou allumer une étincelle dans ses yeux, mais cela ne suffisait pas. Avait-il des tendances suicidaires ) ainsi traquer les Hors la Loi pour tous les descendre, avant de se faire un jour tuer à son tour? Sans Riley, cela aurait déjà été le cas et adieu Alexander. Mais non, le jeune homme avait décidé que sa vie valait moins que celle de son aîné et n'avait pas hésité à la risquer pour sauver le leader. Ce geste avait été comme un éléctrochoc pour Alex qui avait décidé de freiner un peu sa vendetta. Il avait des responsabilités, on le lui rappelait sans cesse, mais pourquoi ne comprenaient-ils pas qu'il ne parvenait pas à se montrer altruiste alors qu'il était amputé d'une moitié de son âme? Pourquoi pardonnait-on cette faiblesse à Ethan et pas à lui? Il n'avait jamais failli, JAMAIS! Il avait toujours fait passer son devoir et son goût pour aider les autres avant tout le reste et cela avait détruit son couple...

Pourquoi Gabrielle ne lui en avait-elle pas parlé? Pourquoi n'avait-elle jamais osé lui dire qu'elle avait besoin qu'il soit plus présent, plus attentif, que de passer tout son temps à régenter la Communauté les éloignait? Il n'avait rien vu, il n'avait pas su voir... Le viol de Gabrielle avait été un déclic pour la jeune femme et il s'était trompé lourdement en la laissant guérir seule, sans chercher à la brusquer en lui imposant sa présence. Il avait pensé, à tort, qu'elle aurait du mal à le supporter, il était un homme et des hommes l'avaient fait souffrir. Il avait respecté cela, s'était montré prévenant sans être étouffant...

Et elle avait décidé de remettre son cœur dans les mains d'un autre, bafouant leurs serments de mariage et toute la confiance qu'il avait en elle.

Il lui avait imposé son indifférence. Et elle était partie, incapable de la supporter. Il s'en voulait bien sur, mais son esprit lui soufflait pourtant qu'il était légitime qu'il soit en colère et ne puisse lui pardonner. Qu'il n'avait pas à culpabiliser d'avoir réagi ainsi. Cela aurait pu se passer bien plus mal! Il aurait pu la frapper. C'était aussi pour cela qu'il l'avait évitée, pour ne pas céder à sa violence qui l'horrifiait lui même. Jamais il ne se serait pardonné de lever la main sur elle. Jamais.

Alors il avait décidé de vider sa rage en redevenant le militaire froid et implacable qu'il avait été. S'il était excellent sniper, il n'était pas un pisteur et il avait eu beau tenter de retrouver Gabrielle, cela avait été peine perdue : elle ne voulait pas qu'on la retrouve. Sans grand espoir, il avait sillonné New-York. Jour après jour, il avait tué ceux qui s'opposaient à lui. Ethan avait fait pareil avec une folie furieuse, avec la démence du désespoir pour retrouver Katarina. Alex se montrait froid et méticuleux, d'un calme olympien et terrifiant, mais il était tout aussi excessif. Il ne se souvenait que trop bien des paroles de Riley à ce sujet : il ne valait pas mieux qu'Ethan, juste que chez lui, cela était beaucoup plus maîtrisé. Mais tout aussi irrationnel.

Ce matin, il avait embrassé sa fille et l'avait confiée aux bons soins de Lilly. Emma l'avait regardé partir avec ses grands yeux 'enfant qui se sentait abandonnée. Il n'avait pu résister à l'envie de la reprendre et de la serrer fort contre lui en lui promettant de retrouver maman. Il fallait qu'il retrouve maman. Pour Emma... Et pour lui. Lilly lui avait jeté un regard de compréhension. Elle était muette mais elle était plus perspicace que la majorité des survivants. Elle percevait sa douleur, mais il refusait de se confier à elle. Ni à personne d'autre. Sauf Katarina. Parce qu'il avait eu besoin de se faire pardonner de l'avoir abandonnée.

Ses pas d'errance le menèrent jusqu'au bar où il avait rencontré Gabrielle. Bar totalement effondré, naturellement. Il resta là un long moment, à contempler les ruines tandis que leur discussion revenait en force dans sa tête. Il avait craqué pour cette blonde aux grands yeux sombres, si timide, qui essayait désespérément de se faire servir. Il avait volé à son secours et avait été foudroyé par son regard si empli de bonté et d'innocence. Avec audace, elle lui avait demandé qu'ils restent seuls... Avec audace, il avait accepté.

Et ils étaient partis pour Central Park.

Inconsciemment, il se retrouva dans ce lieu chargé de souvenirs. il était si jeune alors, si plein de vie malgré son métier de soldat... Ou à cause de cela. Il avait séduit la douce jeune fille et en était tombé amoureux. Au petit matin, il savait qu'elle serait la femme de sa vie et la mère de ses enfants. Ils avaient refait le monde, comme deux enfants. Une boule se forma dans sa gorge à ce souvenir.

Comment aurait-il pu deviner que 10 ans plus tard, tout allait s'écrouler?

Sans elle, il n'était rien. Il ne parvenait pas à surmonter sa trahison et son départ. Il avait toujours pensé qu'il ne pardonnerait jamais une trahison. C'était avant de savoir que tout valait mieux que de vivre avec le cœur arraché.

Il se figea soudain, en approchant du banc de leur première nuit, quand il vit sa Gabrielle. Elle était là. Amaigrie, fatiguée, les cheveux coupés plus courts, mais bel et bien là. Et lui, qu'offrait-il comme image sinon celle d'une ombre? Ses yeux étaient creusés dans son visage aux traits tirés par trop de nuits d'insomnies et des cernes venaient renforcer cette image. Ses traits étaient tordus par la tristesse et le désespoir. C'était bien un homme brisé qui se tenait devant elle, quand il avait été un roc inébranlable. Si protecteur, si sûr. Qui aurait pu penser que le colosse à l'aura si apaisante et sécuritaire s'effondrerait par le simple départ de sa femme? Non, il n'était pas un gros dur...

Le temps s'étira alors qu'il la regardait pleurer et soudain, elle releva la tête et leurs regards se croisèrent... comme si longtemps auparavant. Leurs regards étaient alors rieurs, si jeunes... Aujourd'hui, ils avaient vieilli et pas seulement par le compte implacable des années. Il resta muet et figé comme un cerf prit dans les phares d'une voiture, incapable de se décider quant à la conduite à adopter. Elle était là... Il l'avait retrouvé, elle était là et pourtant, il n'osait approcher, de peur que ce ne soit qu'un mirage... une déception de plus l'achèverait.

Il n'avait pourtant jamais été un lâche.

Il se passa une main lasse sur le visage et rouvrit les yeux : elle était toujours là. Il prit une ample inspiration, hachée par cette émotion qui menaçait de le submerger soudain. Et puis, il se dirigea vers elle, la rejoignant en de longues enjambées vigoureuses et résolues.

- "Gabrielle..."

Il tendit une main vers elle et caressa son visage. C'était elle... C'était bien elle.

- "Tu es vivante..."

Le soulagement lui coupa soudain les jambes. Terrassé par l'émotion, il tomba à genoux devant elle, ses bras allant chercher sa taille pour l'enlacer, tandis qu'il posait sa tête sur les genoux de sa femme.

- "Dieu soit loué, tu es saine et sauve."

Juste un murmure étouffé. Une voix tremblante... Envolées ses rancœurs, sa fierté. Il pensait la laisser revenir en rampant, le supplier de la reprendre à ses côtés, la faire languir pour la punir. Il en était incapable. Il l'avait fait souffrir une fois, la dernière fois qu'ils s'étaient parlés, quand elle avait été blessée lors de l'effondrement de la galerie. C'était la seule et unique fois qu'il s'était montré odieux avec elle. Ce n'était pas dans sa nature et sa vengeance mesquine mourut dans l'oeuf.

- "Reviens-moi..."

Nouveau murmure, à peine audible. Et pourtant...

Reviens-moi mon amour, reviens avec moi à la communauté... Reviens moi mon ange, que je sois de nouveau le seul dans ton cœur.
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: I fell apart but got back up again [Alexander]   Lun 11 Oct - 12:08

Il y avait une faille dans le temps puisque celui-ci s'était arrêté au moment où j'avais croisé le regard d'Alexander. J'étais pétrifiée par l'homme qui se trouvait devant moi. Non... Ce n'était pas vraiment de lui dont j'avais peur, mais plutôt de ce qu'il dégageait : Sa détresse, sa tristesse, sa douleur. J'étais responsable de tout ça et ça n'en était que plus douloureux encore. J'avais vécu son indifférence et j'avais cru que cela avait été la pire des choses mais finalement, en le voyant dans un tel état, cette indifférence me sembla plus douce, plus clémente, moins difficile à supporter. Finalement, dans son indifférence, je n'avais pas à assumer ce que j'avais fait, mais dans sa douleur... Je ne pouvais rien faire d'autre que d'assumer, que d'affronter ce dont j'étais la responsable. J'avais eu mal quand je lui avais avoué mon adultère : En cet instant, j'avais encore plus mal. Bien plus... Il était tout autant figé que moi, incapable du moindre mouvement et j'avais peur que son premier mouvement ne soit un mouvement de recul, qu'il me tourne le dos et décide de me laisser derière lui : Le message aurait été clair s'il avait agi de la sorte. Il ne recula cependant pas et au bout de quelques instants, il passa une main sur son visage et la lassitude de son geste me serra le coeur : J'avais détruit Aristide mais j'avais aussi détruit Alexander. J'avais fait beaucoup de mal à ces deux hommes qui ne méritaient pas un tel sort. Comment avais-je pu en arriver là? Comment avais-je pu leur faire autant de mal?... Nous faire autant de mal?... Et quand Alexander se mit à marcher à grands pas vers moi, mon coeur se mit à battre beaucoup plus vite. Je ne savais pas si c'était parce que j'étais heureuse de le retrouver ou anxieuse de le retrouver. Je ne savais pas... Et quand il arriva juste en face de moi, qu'il prononça tout bas mon prénom et qu'il tendit une main vers mon visage pour le caresser, j'en eus le souffle coupé. Des semaines... Pendant des semaines j'avait vécu sans lui avec pourtant la ferme intention de le retrouver. Même la journée merveilleuse passée avec Aristide n'avait rien changé à ma décision. Avant de partir, j'avais vécu dans sa totale indifférence à mon égard et à présent... Je ne comprenais pas ce qui était en train de se produire. En fait, je m'étais attendu à tout, sauf à cette réaction de sa part.

- "Tu es vivante..."

L'étais-je vraiment? Etait-ce vraiment la réalité? Je n'aurais su le dire. J'avais complètement perdu pieds. Est-ce qu'il ne s'agissait que d'un tour de mon imagination? J'avais cru que non mais peut-être que mon esprit avait décidé de me torturer... Alors que ces questions tourbillonnaient dans ma tête, Alexander tomba à genoux devant moi et très vite ses bras entourèrent ma taille avant qu'il ne pose sa tête sur mes genoux. Je me raidis, et ce fut instinctif : J'avais du mal à respirer et alors qu'il remerciait Dieu parce que j'étais saine et sauve, j'étais pétrifiée, incapable du moindre geste envers mon mari. Mon corps tout entier semblait engourdi à l'exception de mes yeux qui laissaient à présent couler des larmes sur mes joues. Je ne savais pas quoi faire. Je ne savais pas si je devais bouger, le toucher ou non, le repousser... Je ne parvenais pas à réfléchir, à faire fonctionner mon cerveau, ni à écouter mon coeur tant il était enfermé dans un brouillard d'une épaisseur étouffante. Jamais... Jamais la voix de mon mari ne m'avait parue si faible, si tremblante, à l'image de sa douleur intérieure. Et ces deux mots qu'il prononça... Ces deux mots que j'avais cru ne jamais entendre... Ces deux mots que j'avais arrêté d'espérer, imaginant que j'allais devoir le forcer à me reprendre à ses côtés... Ces deux mots me coupèrent encore plus le souffle : « Reviens-moi... ». Je levai les yeux au ciel et les fermai, serrant la mâchoire pour empêcher des sanglots qui, je le sentais, n'étaient plus très loin. Je sentais toujours ses bras autour de ma taille, il était littéralement accroché à moi et j'aurais voulu être capable de bouger, de poser mes mains sur ses épaules mais je n'y arrivais pas. Je n'y arrivais tout simplement pas. C'était trop dur... Beaucoup trop difficile... Pourtant, le brouillard qui obscurcissait mon coeur commençait à se dissiper et j'avais envie de poser mes mains sur ses épaules, j'avais envie de me pencher et de le serrer contre moi, mais ça m'était pour l'instant impossible. Pourquoi? Mais parce que j'étais bloquée par mes doutes et par mes peurs. Je n'arrivais pas à croire qu'il voulait encore de moi. Je n'arrivais pas à croire qu'il m'aimait toujours autant. Je n'arrivais pas à croire... Que ça allait être aussi simple... Aussi, ce furent ces doutes qui prirent en premier la forme de mots et qui franchirent la barrière de mes lèvres.

-C'est tout?...

Je rouvris les yeux et baissai la tête au moment où Alexander releva son visage vers moi sans pourtant lâcher ma taille. Nos regards se croisèrent donc à nouveau et je ne cherchai même pas à m'empêcher de pleurer, à me retenir. Il n'y avait plus rien à retenir de toute façon. Il avait mal, je le voyais, et moi aussi j'avais mal... Et puis, il ne comprenait sans doute pas pourquoi je venais de dire une chose pareille. Il me fallait continuer... Il fallait que je m'explique... Que je lui demande... Que je comprenne...

-Vraiment? Tu veux que je revienne? Ca va être aussi simple que ça?...

N'allez pas croire que je n'aimais pas la simplicité, au contraire. J'avais horriblement compliqué ma vie ces derniers mois et je rêvais justement de simplicité mais c'était parce que ma vie avait été compliquée que j'avais du mal à croire que les choses allaient se passer avec autant de facilité. Oublié mon adultère? Oubliée ma trahison? Oubliées les douleurs? Non... Je n'arrivais pas à croire qu'il avait oublié... Je n'arrivais pas à croire qu'il voulait de moi, pas aussi vite, pas aussi facilement. Après tout, n'était-il pas normal que je ne comprenne pas sa réaction? Il avait décidé de me considérer comme une étrangère et il m'avait rayée de sa vie et là, après seulement quelques semaines de séparation, il voulait que je revienne? Il voulait que je refasse partie de sa vie? C'était peut-être vrai mais j'avais besoin de comprendre et... Oui, j'avais aussi besoin d'être rassurée... Et alors que j'avais toujours autant peur, alors que j'étais complètement perdue, je sentis enfin les muscles de mon corps, comme si j'étais en train de me réveiller. Je bougeai doucement mes doigts et finalement, soulevai mes mains pour venir les poser sur les joues de celui qui était mon mari... Qui l'avait été? Qui allait encore l'être? Je l'aimais. Je l'aimais plus que de raison mais parfois, l'amour pouvait ne pas être suffisant. Oui... Il est possible que deux êtres s'aiment profondément mais que l'amour ne soit pas suffisant et en cet instant, j'avais peur que ce soit notre cas...

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MessageSujet: Re: I fell apart but got back up again [Alexander]   Mar 12 Oct - 13:17

J'avais mis mon cœur à ses pieds, j'avais foulé mon honneur, ma fierté, tous mes principes... pour elle. Parce qu'il n'y avait qu'elle, que rien n'était trop beau pour elle. Étais-je aveuglé par mon amour pour elle, malgré la douleur de la trahison? Oui sans doute. J'étais un soldat, calme, méthodique, qui analysait tout avant de prendre une décision. J'avais fais de même pendant ces longues semaines de solitude, j'avais analysé, mais mon cerveau avait été balayé par mes sentiments.

J'avais besoin d'elle.

Pourtant... pourtant quand elle trouva la force de parler, mon cœur s'arrêta et je la regardai, sans la comprendre, ses paroles vibrant en moi comme autant de coups de couteau dans le cœur. Et c'est tout? Moi, le fier soldat, l'inébranlable colosse, je pleurais devant elle, je la suppliais de revenir alors que mon intellect me soufflait de la laisser ramper et supplier que je la reprenne, j'étais agenouillé en position de faiblesse et je la suppliais de revenir et ce n'était pas assez? Comment ma femme, mon ange Gabrielle, comment pouvait-elle se montrer si cruelle avec moi? Qu'avais-je fais pour mériter tant de tourments de sa part? Où avais-je failli? Me faisait-elle payer des années à m'occuper des autres au détriment de notre couple? Il n'avait pourtant jamais battu de l'aile... Chaque soir j'étais son mari, aimant, attentif. Dans la journée, j'avais de petits gestes tendres pour elle, je la regardais parfois s'occuper des enfants, adossé à un mur, les bras croisés, souriant de son rire... Non je ne l'avais jamais ignoré. Alors avait-elle besoin de davantage d'amour? Que je l'idolâtre comme cet imbécile de grec? Que j'en fasse mon égérie, que je ne vive que pour elle et passe tout mon temps avec elle? Etait-ce de ça dont elle avait besoin?

Mais elle reprit la parole, comme comprenant en quoi ses mots étaient trompeurs et je sentis tout mon être se crisper. Je restais ainsi, alors qu'elle osait enfin me toucher. Pourtant, une bouffée de colère irrationnelle me balaya soudainement et je m'arrachai à son étreinte, me relevant soudain pour la surplomber de toute ma hauteur.

- "Simple? Tu trouves que c'est simple?"

Je m'étranglai presque en prononçant ces mots. Des semaines de colère, de rage, de tristesse, de frustration ressortaient soudainement.

- "Rien n'est simple Gabrielle, rien! Tu m'as poignardé en plein cœur! Alors que j'aurais tout donné pour toi, que j'aurais tout fait pour effacer ce qu'il s'est passé, tu t'es détourné de moi... Une seule épreuve difficile pour toi et tu en oublies tes serments me concernant! Tu avais juré fidélité Gabrielle, tu avais promis de m'aimer toujours! Jamais je n'ai failli à ma promesse, jamais, quand bien même il y avait quantité de tentations quand j'étais loin de toi. Mais jamais je n'en ai regardé une autre, JAMAIS. Même quand j'étais seul, quand j'étais blessé, quand j'étais perdu ou harassé, il n'y avait que ton visage qui me faisait tenir le coup, je me disais que j'allais te revoir..."

Ma voix s'était fêlée sur ces derniers mots. Je n'avais pas crié, je ne criais presque jamais. Ma voix était un peu tremblante et passionnée. Seuls mes intimes savaient que je n'étais pas quelqu'un de froid tout le temps, que j'avais mes propres émotions, que je contrôlais juste parfaitement. Mais pas cette fois.

- "Tu m'as menti... Il a fallu que je t'arrache les mots de la bouche pour que tu me confies ce qu'il s'était passé. A moi, à ton mari... Pourquoi ne m'as-tu pas fait confiance? T'ai-je donné une seule raison de te défier de moi en 10 ans? De te méfier de moi, de craindre mes réactions? Tu croyais vraiment que j'allais te rejeter pour ça? Quand je l'ai su, je n'en t'ai aimé que plus! Ce n'était pas ta faute, ce n'était pas la mienne non plus... Et puis, tu as trouvé refuge auprès de ce grec, je t'ai laissé faire... Comme j'ai été naïf! Vous avez du bien vous foutre de moi tous les deux! Les amants qui s'aiment au nez et à la barbe du mari qui est trop con pour s'en apercevoir... Si la galerie ne s'était pas effondrée, si Ethan et les autres n'avaient rien vu, combien de temps vous seriez-vous foutu de moi comme ça? Je l'ai accueilli et il ose me trahir ainsi, sous mon toit? Et tu oses me trahir, après tout ce que nous avons vécu?"

Toute mon amertume, toute ma rancœur sortaient enfin. C'était l'heure des règlements de comptes. Je n'avais pas eu l'intention de lui balancer tout ce que j'avais sur le cœur, mais elle avait ouvert une soupape et plus rien ne m'arrêterait.

- "Et après cela, tu t'en vas... Tu oses me reprocher mon attitude et celle des autres et tu prends la fuite pour aller je ne sais où... J'étais mort d'angoisse et d'inquiétude Gabrielle! Tu aurais pu te faire attaquer, tuer ou violer, tu le sais mieux que personne que c'est dangereux! Quelle idée de partir comme ça? A moins que tu savais qui rejoindre dehors..."

Cette allusion vicieuse à Aristide était un des nombreux points qui me rongeait. Était-elle partie pour le retrouver, s'envoyer en l'air avec lui et revenir ensuite? Avait-elle seulement eu l'intention de revenir? J'étais tombé sur elle par hasard après tout. Je m'approchai d'elle, mettant mes mains sur le dossier du banc de chaque côté de Gabrielle, la regardant droit dans les yeux. Mon regard à moi était tourmenté mais aussi déterminé.

- "Est-ce que tu l'as revu Gabrielle? Est-ce que tu as l'intention de revenir avec moi? M'aimes-tu encore? Davantage que lui?"

Questions douloureuses. Les réponses n'allaient pas forcément me plaire, mais je ne pouvais plus me voiler la face. Pourtant, je posais un doigt sur ses lèvres avant qu'elle puisse répondre.

- "Attends... Je viens de mettre mon cœur à nu devant toi, de te livrer tout ce que je ressens, mes faux espoirs, mes désillusions, mes souffrances. Tu as le pouvoir de me faire mal encore, terriblement mal, mais je suis prêt à l'endurer. J'ai besoin de la vérité Gabrielle. Pour une fois depuis des mois, sois honnête avec moi, j'en ai assez de tes mensonges."

Je marquai une pause, avant de conclure, le cœur serré.

- "Sache juste une chose : j'aimerais te haïr. J'ai échafaudé tout un tas de scénario où je te faisais souffrir comme tu m'as fait souffrir, où je te laissais ramper en m'implorant... Mais tout cela n'a pas tenu le coup face à ce que je ressens pour toi. Je t'en veux Gabrielle et je ne suis pas certain de pouvoir oublier un jour. Je ne sais pas de quoi l'avenir sera fait si nous continuons notre chemin ensemble. Je sais juste, après ces semaines de séparation, que je préfère vivre avec ce souvenir et te récupérer, que te perdre. Ton absence m'est encore plus insupportable que ta trahison."
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MessageSujet: Re: I fell apart but got back up again [Alexander]   Lun 25 Oct - 9:32

Ce simple contact fit remonter tous les souvenirs : D'un seul coup, pendant un instant, je fus submergée par des images d'Alexander. Tout un tas d'images qui me renvoyaient le bonheur qui avait été notre quotidien malgré les difficultés. Des images auxquelles je ne m'étais pas rattachée depuis longtemps, trop longtemps. Cette vague d'images fut cependant brève, bien qu'intense, car à peine avais-je posé mes mains sur Alexander qu'il se détachait déjà de moi. Ce fut vif, brutal, et il se redressa avant de me regarder de toute sa hauteur. Mes mains restèrent suspendues dans le vide et j'avais l'horrible impression d'être entièrement à sa merci. J'avais l'impression de n'être qu'une petite fourmis qu'il pouvait écraser d'un seul geste. Toute la force que j'avais gagnée en m'en allant, pendant ces semaines, avait disparu en une seconde. Elle était toujours là, en moi, mais elle était comme en pause, laissant la fragilité et la faiblesse reprendre le dessus : Cet être au corps si fort qui avait toujours (ou plutôt, presque toujours) été pour moi un lieu sûr où me réfugier me paraissait à présent horriblement menaçant. Je le regardais, pétifriée que j'étais : J'avais prononcé des mots qui une fois de plus lui avaient fait du mal. Soudain, il déversa sur moi toute sa colère, toute sa rage, toute sa tristesse, toute sa douleur et chaque mots me fit l'effet de milliers d'aiguilles me perçant le coeur avec violence. J'avais eu mal de son indifférence, c'est vrai : J'en avais énormément souffert. Ce n'était cependant rien face à ce flots de paroles qu'il me crachait à la figure. Mes mains retombèrent mollement sur mes genoux et j'eus de nouveau l'impression que mon corps était engourdi. Cependant, il subsistait une partie qui ne semblait pas paralysée, au contraire : Mon coeur. Mon coeur, lui, était bel et bien en état de fonctionnement et la douleur que je ressentais en était la preuve.

Je méritais chaque mot qu'il prononçait. Oh oui, je les méritais, et même plus encore. Voilà pourquoi, malgré la douleur, je les encaissai, sans rien dire, le laissant déverser sur moi tout ce qu'il pouvait avoir sur le coeur : Il avait le droit de me parler de la sorte, de me dire tout ça, et je devais le laisser faire. Non, en fait, je voulais le laisser faire. Je voulais entendre ces mots, je voulais qu'il me dise enfin tout ce qu'il avait pu ressentir, je voulais qu'il me fasse du mal... Je le voulais parce que je méritais de souffrir encore plus. Il avait raison... Sur toute la ligne, du début à la fin, il avait raison : J'avais prêté serment et j'avais bafoué ce serment. Je l'avais aimé et j'en avais aimé un autre. Je m'étais détournée de lui, je m'étais éloignée de lui, je l'avais trahi, trompé... Alors que lui... Lui, il n'avait eu de cesse de m'aimer. Pourtant, il avait été distant à sa façon, sans réellement s'en rendre compte, il n'avait plus eu le même regard sur moi et cela m'avait fait beaucoup de mal mais au fond, est-ce que cela pouvait justifier ce que j'avais fait? Non. Rien ne pouvait justifier ce que j'avais fait. Non seulement j'avais trompé mon mari mais j'avais entraîné Aristide dans cette histoire, et je lui avais pris son coeur comme lui avait pris une partie du mien. J'avais, moi, fait d'énormes dégâts dans nos vies. J'étais la responsable. Mais j'avais réussi à me pardonner. Pendant ces longues semaines, j'avais réussi à me pardonner et je venais juste de pardonner à mes agresseurs. Est-ce qu'Alexander allait réussir à me pardonner? Allait-il réussir à laisser tout cela derrière nous? Ou allait-il finir par m'annoncer qu'il ne voulait plus de moi? Là, pour la première fois, j'eus réellement peur. Peur de le perdre pour toujours et c'est à ce moment-là que je compris... Alors qu'il se trouvait devant moi, qu'il me disait que je l'avais pris pour un imbécile, que je m'étais jouée de lui, qu'il me demandait si j'avais jamais eu l'intention de lui dire la vérité, que je l'avais laissé, abandonné, qu'il avait été mort d'angoisse et d'inquiétude... Là, je compris que je ne voulais pas le perdre, que je ne voulais pas qu'il s'éloigne, que je ne voulais pas qu'il me déteste... Je voulais qu'il me pardonne, qu'il m'aime, qu'il m'ouvre ses bras... Je l'aimais... Je l'avais choisi et ce choix prenait encore plus de ce sens.

Je l'avais retrouvé : Je ne voulais plus le perdre.

C'est alors qu'il se pencha vers moi et posa ses mains sur le dossier du banc. Ainsi, il se retrouva plus proche de moi, son regard plongé dans le mien. Je pouvais lire dans ses yeux une détermination sans faille : J'avais peur. Horriblement peur et quand sa bouche s'ouvrit pour me poser des questions auxquelles j'aurais préféré ne pas avoir à répondre, les larmes me brûlèrent les yeux et se mirent à couler à flots sur mes joues. Mes lèvres étaient fermées, scellées, et mon corps était toujours paralysé. Mes yeux venaient cependant de se joindre à mon coeur dans la douleur et dans la peur. Je n'étais pas encore prête à parler, à lui répondre, car je savais ce qu'allaient être mes réponses. Je savais que j'allais lui dire la vérité car j'avais pris la décision de ne plus jamais lui mentir et je savais qu'en lui disant ces vérités, je risquais de le perdre pour toujours... Alors que je l'avais choisi... Alors que je l'aimais... Alors que je voulais rester auprès de lui... Les vérités que je lui devais risquaient de l'éloigner pour toujours. Alors que j'étais plus que jamais pétrifiée, il posa un doigt sur mes lèvres pour m'empêcher de lui répondre : Je n'en avais de toute façon pas encore la force. Lorsqu'il m'avoua que j'avais le pouvoir de lui faire encore beaucoup de mal, mon corps commença à retrouver ses fonctions et petit à petit, je sentis chaque muscle et je me rendis réellement à compte à quel point j'étais tendue et crispée. Il disait être prêt à endurer la souffrance parce qu'il voulait que je sois honnête, parce qu'il ne voulait plus de mensonges, et malheureusement, les mots qu'il prononça ensuite ne me rassurèrent pas. Pourtant, j'avais envie de le croire... J'avais envie de croire qu'il préférait vivre avec le souvenir de ma trahison plutôt que de vivre sans moi. J'avais envie de croire que mon absence lui était plus insupportable que ma trahison. J'avais envie de le croire... Je devais le croire. Parce que sinon... Sinon...

Je baissai un instant le visage, me donnant ainsi le courage et la force d'affronter la suite. Je devais retrouver cette force que j'avais réussi à faire mienne. Je devais être courageuse et faire le contraire ce que j'avais fait jusque là : Je devais croire en son amour pour moi. Après quelques secondes où le silence fut notre compagnon, je relevai mon visage vers lui : Un visage baigné de larmes. Je plongeai enfin mon regard dans le sien : Un regard qui, je le savais, laissait transparaître toute ma peur, toute mon appréhension et surtout, toute ma douleur, mais je n'allais pas tricher : Je n'allais plus tricher. Et finalement, je finis par parler : Ma voix était tremblante, et je n'en fus pas surprise. Comment aurais-je pu être sereine?

-S'il te plaît... N'oublie pas ce que tu viens de me dire... Je t'en prie... Ne l'oublie pas...

Parce que s'il l'oubliait, j'allais le perdre, je le savais, parce que le moment de vérité avait enfin sonné. Je serrai les poinds sur mes genoux, essayant de puiser en moi cette force dont j'avais besoin pour tout lui dire en le regardant droit dans les yeux. J'allais être plus honnête que jamais et j'allais lui faire du mal. Mais même si j'allais lui faire du mal en lui parlant d'Aristide, je priais pour arriver à atténuer ce mal en lui parlant de mes sentiments pour lui, en lui expliquant à quel point je l'aimais et pourquoi je l'avais choisi, pourquoi j'avais décidé de revenir. J'espérais pouvoir apaiser la blessure après la lui avoir infligé.

-Je ne suis pas partie pour le retrouver, mais pour me retrouver moi. Je suis désolée de t'avoir laissé, d'avoir abandonné Emma... Mais je devais le faire. J'avais mal et je voulais guérir, je voulais redevenir celle que j'étais avant... Je voulais redevenir ta femme et la mère d'Emma. C'est pour ça que je suis partie.

Je marquai un silence. J'avais plus peur que jamais mais je ne pouvais pas reculer : Je devais lui dire la vérité.

-Mais je l'ai revu oui...

L'ombre qui passa dans le regard d'Alexander me fit hésiter pendant une seconde mais je devais continuer.

-C'était un hasard... Tu dois me croire... Je m'étais réfugiée dans un immeuble où il n'y avait personne et j'y étais depuis une semaine et une après-midi, il est entré dans l'appartement dans lequel je m'étais installée... Je... Je ne m'y attendais pas, et lui non plus... Nous sommes restés ensemble plusieurs heures et il est reparti au petit matin... Je ne vais pas te mentir... Le revoir... Ca a été très intense parce que... Parce que j'ai des sentiments pour lui... Je l'aime.

Il se recula soudainement mais je ne m'arrêtai pas : Je devais poursuivre. Je me relevai pour lui faire face.

-Mais je t'aime aussi Alexander. Je t'aime! De tout mon coeur et oui : Davantage que lui... Je veux que tu le saches. Je t'aime plus que tout... Et je t'ai choisi... Je t'ai choisi, toi! Quand ce plafond s'est écroulé sur moi, c'est toi que j'ai vu quand j'ai cru mourir, toi! Et même lorsque je suis partie, je t'ai choisi et j'avais l'intention de revenir! Même après l'avoir revu, je n'ai pas changé d'avis... Je voulais revenir... Je veux revenir! Je t'ai dit la vérité et je ne te mentirai plus jamais! Je t'en prie... Je t'en supplie... Je ne veux pas te perdre...

Et contre toute attente, alors que je m'étais jurée de ne jamais le supplier, je me retrouvai à genoux, entourant ses jambes de mes bras, mon visage enfoui contre ses cuisses. Il avait imaginé un scénario dans lequel il allait me faire ramper à ses pieds et l'avait finalement mis de côté. Pourtant, j'étais à présent en train de ramper devant lui. C'était clair pour moi : Je ne pouvais pas vivre sans lui et en cet instant, je ne voyais pas d'autre moyen que de le supplier. J'avais peur de sentir ses mains me repousser, j'avais peur qu'il me regarde avec haine et mépris. J'avais peur qu'il me quitte. J'avais peur de le perdre. J'avais tellement peur que je tremblais comme une feuille de la tête aux pieds et je priais : Je priais pour que Dieu soit avec moi et qu'il aide mon mari à me pardonner. Je priais pour qu'Alexander se souvienne des quelques mots qu'il avait prononcés quelques minutes auparavant. Je priais pour ne pas avoir perdu mon mari...

Seigneur... Ne me l'enlevez pas...

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MessageSujet: Re: I fell apart but got back up again [Alexander]   Mar 26 Oct - 19:31

Je déversai ma rage. Il suffisait d'un mot de travers pour que j'explose, qu'on ouvre les vannes pour qu'enfin, je puisse expulser tout ce que j'avais sur le cœur. J'avais ruminé tout cela pendant des semaines, j'avais cherché des réponses, me triturant les méninges pour tenter de comprendre. Combien de nuits sans sommeil? Trop, beaucoup trop. Cela m'avait rendu à moitié fou. Pourquoi ne m'avait-elle pas parlé? Pourquoi ne s'était-elle pas confiée à moi? A Katarina, à Mathilda? N'importe qui, mais un de ses amis? Pourquoi aller se jeter dans les bras d'un inconnu? jusqu'à tromper son propre mari? Qu'avais-je fais pour mériter cet éloignement qui me tuait à petit feu?

Finalement, je me décidai à lui demander la vérité. J'avais repris mon calme, mes colères n'étant jamais très longues, mais violentes. Gabrielle sembla se recroqueviller. Tant mieux, cette fois, au moins, elle avait des raisons de me craindre. J'étais fou de rage. Et incapable de savoir quoi penser. J'étais un soldat... Je n'avais jamais reculé devant le danger, jamais écouté ma peur, transformant cela en volonté. Aujourd'hui, je menais mon plus difficile combat. Je devais affronter la vérité. Celle de ma femme... Savoir si elle avait revu cet enfoiré de grec, si elle l'avait aimé... tout cela me faisait peur, mais je devais savoir, je ne pouvais plus reculer.

Ses premières paroles me firent l'effet d'une bombe. Je n'allais pas aimer la suite. Elle allait se servir de mes paroles pour que je ne la renvoie pas, que je ne l'envoie pas au diable. Non, la suite n'allait pas me plaire et je sentais mon cœur battre douloureusement dans mes oreilles. Je n'entendais Gabrielle qu'à travers ce son irrégulier et angoissant. Pour la première fois de ma vie, j'avais vraiment peur. J'étais même terrifié.

Elle était partie pour se retrouver, en cela elle disait la même chose que sa lettre. Je ne dis rien, attendant la suite. Et là... Là je vacillai. Le sol s'effondra sous mes pieds et je reculai, comme si elle m'avait frappé. Jamais je n'avais eu aussi mal de ma vie. Elle m'avait promis qu'ils n'avaient rien fait ensemble et là, elle m'avouait avoir couché avec lui. Elle s'était éloignée de nous pour se retrouver. S'était-elle retrouvée dans ses bras? J'avais envie d'être méchant, cruel. De la frapper. De lui faire mal, si mal. Le pire, c'était qu'elle l'aimait... Si encore elle avait couché avec parce qu'elle le désirait, mais là, elle en était amoureuse.

C'était pire que tout ce que je croyais.

J'avais envie de m'écrouler, de me laisser tomber à terre et de me recroqueviller en pleurant sur mon amour perdu. Mais mes yeux restaient secs, alors que mes semelles étaient de plomb. Elle se leva, continuant de parler, alors que je ne voulais que le silence. Elle me jura m'aimer, plus que lui, qu'elle voulait revenir et que tout soit comme avant. Mais jamais rien ne serait plus comme avant.

Elle se jeta à genoux et m'entoura de ses bras en pleurant, en suppliant. Combien de fois avais-je rêvé cette scène, y trouvant une sombre satisfaction tout à fait malsaine? Et là... Rien. Je ne jouissais pas de cette humiliation, j'étais trop blessé pour cela. Finalement, je me mis à rire. Un rire amer et désillusionné, terriblement douloureux.

- "On se croirait dans un roman arthurien. La belle Guenièvre est partagée entre son devoir envers son mari, et sa passion pour Lancelot. Tu fais une très belle Guenièvre... J'avoue qu'endosser le rôle du mari cocu me plait moyennement."

Je parlais sèchement. J'avais du mal à digérer qu'elle ai connu les bras d'un autre... et pas seulement ses bras. Rien que l'imaginer... J'avais envie de vomir.

- "Tu t'es bien retrouvée dans ses bras? Tu as pris ton pied? C'était bien? Dois-je me sentir flatté que tu préfères retourner avec moi? Suis-je plus doué que lui pour te faire grimper aux rideaux? Ou bien tu t'es enfin rappelée que tu avais une fille et que si tu partais, tu ne la reverrais jamais?"

Je ne criais pas non, ma voix était d'un calme effrayant... Mais le désespoir y perçait de façon flagrante pour celle qui avait partagé ma vie pendant 10 ans.

- "Où est la vérité là dedans Gabrielle? Comment pourrais-je encore te croire? Comment pouvons-nous continuer à vivre notre amour si la confiance est brisée? Je t'aime Gabrielle, je t'aime comme un fou, mais est-ce que cela sera suffisant?"

Je soupira, avant de finalement, caresser doucement ses cheveux.

- "Que nous est-il arrivé? Jamais je n'aurais pensé que nous nous déchirerions ainsi..."

J'eus un sursaut de colère.

- "Merde, mets-toi à ma place Gabrielle! Tu as couché avec lui! Tu l'aimes! Comment veux-tu que tout soit comme avant avec ça? Comment veux-tu que je puisse te toucher de nouveau en sachant qu'il a eu les mêmes gestes? Ça me donne envie de vomir. Qu'aurais-tu pensé si tu avais appris que dans un moment de solitude, alors que j'étais loin, j'avais couché avec une femme, parce que je n'allais pas bien? Comment aurais-tu accepté ça? Et encore, là, il y aurait eu la distance, tu n'as pas cette excuse."

Il me semblait que je n'avais pas tant parlé depuis que je m'étais confié à Katarina. Je n'étais pas d'un naturel bavard et surtout pas pour parler de moi ou de mes émotions, mais là, c'était crucial.

- "Si tu savais combien de fois je me suis repassé le film de notre rencontre dans ma tête. Combien de fois je suis retombé amoureux de ton regard sombre et de ton sourire chaleureux. De ton petit air perdu et timide, puis de ta hardiesse quand tu m'as proposé de nous éclipser... J'ai tellement aimé cette Gabrielle là. Celle qui me faisait rire par sa fantaisie et sa bonne humeur, celle qui m'écrivait de longues lettres enflammées quand j'étais loin, qui m'accueillait à chaque retour, qui recueillait mes confidences, qui était mon soutien..."

Ma voix de fêla alors que je ressuscitais le souvenir des jours heureux.

- "Ce parc... Il est tellement symbolique. J'espérais t'y retrouver. Mais t'ai-je vraiment retrouvé Gabrielle?"
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MessageSujet: Re: I fell apart but got back up again [Alexander]   Mer 27 Oct - 5:03

Il restait debout, sans bouger d’un centimètre et la peur qui me tiraillait les entrailles était plus terrible que jamais. J’avais beau prier de toutes mes forces, j’avais beau le supplier à genoux, j’avais horriblement peur que cela ne suffise pas. Tellement peur… On dit souvent que c’est lorsque l’on a perdu quelqu’un que l’on se rend vraiment compte à quel point on pouvait tenir à cette personne… C’était exactement ce qui était en train de m’arriver : A présent que j’avais poussé à bout son amour pour moi, à présent que j’avais commis l’irréparable, l’inacceptable, et que j’étais donc sur le point de le perdre, je réalisais pleinement que je ne pouvais pas vivre sans lui. J’en avais déjà la certitude puisque je l’avais choisi mais à présent, c’était plus qu’une certitude : C’était profondément marqué en moi, dans mon âme et dans mon cœur. Jamais… Jamais je n’allais pouvoir vivre sans lui. Je l’avais pourtant bien cherché : Je l’avais trompé, vraiment trompé puisqu’à présent j’avais offert mon corps à Aristide. Mais je ne m’étais pas arrêtée là : Je lui avais aussi donné une partie de mon cœur et ça… Ca, c’était pire que tout pour Alexander, je le savais… Le temps sembla durer encore, et encore, et encore, et finalement, il se décida enfin à parler. Et pour dire quoi ? Que nous étions dans roman Arthurien et que j’étais Guenièvre qui devait choisir entre l’obligation qu’elle avait envers son mari et sa passion qu’elle avait pour Lancelot ? Quoi ? Que venait-il de dire ? Que j’étais retournée vers lui par obligation ? Non… Non… Il n’avait pas compris… Il n’avait rien compris ! Je l’avais choisi par amour, et pas juste parce que j’étais mariée avec lui… J’avais mis mon cœur à nu, je lui avais crié mon amour mais ça n’avait pas été suffisant… Mais comment pouvais-je l’en blâmer ? Je l’avais trahi, de toutes les façons possibles, alors, forcément… Forcément, il s’imaginait le pire. Forcément il s’imaginait que j’avais réussi à me retrouver uniquement dans les bras d’Aristide.

Forcément…

Pourtant c’était faux. Tellement faux ! Oui, j’avais couché avec Aristide et je n’allais pas nier que j’avais vécu des moments merveilleux dans ses bras mais ce n’était pas grâce à lui que j’avais réussi à me retrouver. Non, j’y étais arrivée seule, sans l’aide de personne. Et j’avais mal… Mal qu’il en vienne à penser que je me tournais vers lui par obligation, mal de l’entendre me demander si j’avais « pris mon pied » avec Aristide, mal de l’entendre me demander s’il devait se sentir flatté de ma décision de revenir vers lui, mal de l’entendre me dire que si j’avais décidé de revenir c’était parce que j’avais peur de perdre ma fille. Alors, vraiment… Il n’avait pas cru à ce que je lui avais dis. Il n’avait pas cru cette déclaration désespérée de mon amour pour lui. C’était à présent sûr et certain. Sur le moment, j’étais toujours accrochée à ses jambes, à genoux, et surtout complètement perdue. Dans ma tête, tout allait très vite : Comment allais-je pouvoir lui faire comprendre ? Comment allais-je pouvoir lui prouver mon amour ? Comment ?... Je n’en avais malheureusement pas la moindre idée. Sa voix était effrayante de désespoir et je voulais l’apaiser. Je le voulais plus que tout mais comment ? Comment trouver les mots justes alors que, malgré ses tendres caresses dans mes cheveux, il disait ignorer si l’amour qu’il éprouvait pour moi allait être suffisant? « Il a oublié ce qu’il a dit… Son amour ne suffit pas…» Voilà les mots que cette saloperie de voix répétait dans ma tête. J’essayais de ne pas l’écouter mais c’était impossible. « Bien fait pour ta pomme ! » qu’elle disait. Alors que ses mots étaient redevenus calmes, une nouvelle tempête de colère l’emporta et j’en sursautai, relevant enfin mon visage baigné de larmes vers lui. Les mots qu’il prononça me glacèrent le sang avant de le faire bouillonner. Si en premier lieu mon sang se glaça, ce fut parce qu’il me demanda comment il allait pouvoir me toucher en sachant qu’Aristide m’avait touchée, comment il allait pouvoir m’aimer de cette façon alors que d’imaginer Aristide avec moi lui donnait envie de vomir. Oui, cela me glaça le sang… Mais il se mit à bouillonner quand il parla des longs moments qu’il avait passés loin de moi, ces moments où il aurait pu aller dans les bras d’une autre femme. Comment aurais-je réagi ? Comment ? La réponse était claire, limpide…

J’aurais voulu les tuer. Lui. Elle. Tous les deux.

Là, rien qu’en l’imaginant dans les bras d’une autre femme… J’en étais malade… Et c’est en ressentant cela, c’est en imaginant ce que cela m’aurait fait que je compris ce que je lui avais fait moi-même. D’horreur, je plaquai mes mains contre ma bouche : Je savais que je lui avais fait beaucoup de mal… Mais je n’avais pas imaginé que je lui en avais fait autant… Je finis par baisser la tête, plus honteuse que jamais de l’avoir fait tant souffrir et mon cœur se brisa encore plus lorsqu’il reparla de notre première rencontre, de cette Gabrielle qu’il avait tant aimée… C’était justement cette Gabrielle là que j’avais voulu retrouver… Et j’avais réussi… Ou plutôt, j’avais presque réussi… Parce que même si je redevenais en partie celle que j’étais avant, je n’allais jamais pouvoir l’être de nouveau entièrement. Mais n’était-ce pas déjà mieux que celle que j’étais devenue ? J’aimais croire que si… Puis, cette question fatidique : « Mais t’ai-je vraiment retrouvé ? ». La force que j’avais réussi à acquérir refit son apparition : Ce n’était pas terminé, pas encore. Il ne m’avait pas dit : « Je ne veux plus te voir », non. Il m’avait demandé s’il m’avait vraiment retrouvée. Mon cœur se gonfla d’espoir et je repris du courage. Alors, je glissai mes mains sur mes poignets et retirai ses mains de mes cheveux avant de me redresser et de lui faire face : Plus question de le supplier. Nous devions nous parler à égalité, à même hauteur. C’était ma dernière chance de lui dire… De lui faire comprendre. Je finis par relâcher ses mains, ne souhaitant pas le forcer à me toucher plus qu’il ne le désirait. D’un geste de la main, j’essuyai les larmes sur mes joues même si rapidement elles furent de nouveau noyées par de nouvelles larmes : Tant pis. Je ne trichais plus de toute façon, alors…

-C’est faux. Tu te trompes.

Il était sceptique : A moi de lui expliquer en quoi il avait tort.

-Ce n’est pas grâce à ses bras que je me suis retrouvée. Je l’ai fait seule… Toute seule… Pourquoi crois-tu que je sois restée aussi longtemps loin de chez nous ? Par plaisir ? Pour te faire souffrir encore plus ? Non ! C’était pour me battre contre celle que j’étais devenue et je devais le faire seule alors non, ce n’est pas dans ses bras que je me suis retrouvée.

Je marquai un silence avant de continuer. Je devais poursuivre tant que j’en avais encore la force et le courage.

-Cette Gabrielle que tu aimais, c’est pour la retrouver que je suis partie et j’ai presque entièrement réussi… Presque parce que je suis changée à jamais… Et toi aussi… Mais j’ai réussi. J’ai… Je leur ai pardonné… Je leur ai pardonné parce que c’est ce que la Gabrielle que tu aimais aurait fait… La Gabrielle que tu aimais ne l’aurait pas tué…

A l’évocation de ce souvenir, je sentis une boule se nouer dans ma gorge mais je devais être forte. Pour lui. Pour nous. Ainsi continuai-je.

-Mais je ne peux pas effacer ce que j’ai fait ni ce que je ressens. Je ne peux pas revenir en arrière… Mais si je me trouve devant toi aujourd’hui, ce n’est pas par obligation. Après ce que j’ai vécu, comment pourrais-je me forcer Alexander ? Je ne me force pas… Ce n’est pas parce que j’ai peur de perdre Emma que je t’ai choisi… C’est parce que je t’aime… Parce que l’idée de vivre sans toi m’est insupportable… Et je sais… Je sais que je t’ai fait beaucoup de mal et que c’est peut-être trop tard mais… Si j’avais voulu te mentir, je ne t’aurais pas dis que je l’avais revu… Si j’avais voulu te mentir, j’aurais fait comme si rien ne s’était passé… Mais je t’ai tout dit. Tout. Parce que je ne veux plus jamais te mentir… Parce que je refuse d’être de nouveau cette Gabrielle là… Parce que… Je peux être de nouveau celle que tu as aimée…

Et là, j’osai enfin avoir un mouvement vers lui et glissai doucement ma main sur sa joue en lui adressant pour la première fois depuis longtemps un sourire. Un sourire teinté d’une grande tristesse, mais un sourire malgré tout.

-Je suis là… Dans ce parc que j’ai voulu nettoyer des horreurs qui avaient effacé le bonheur que nous avions vécu ensemble… Et si tu le souhaites, oui : Tu m’as retrouvée… Je ne sais pas comment nous allons faire pour nous en sortir, mais je suis prête à tout pour y arriver… Je t'aime. Je veux pouvoir te le prouver chaque jour qu’il me reste à vivre… Mais…

Ma voix devint moins certaine, plus éteinte.

-Mais je ne peux pas te forcer à me garder auprès de toi après ce que j’ai fait… Alors…

Je fus incapable de terminer ma phrase. Je ne savais pas quoi lui dire de plus… J’avais dit la vérité, je lui avais dit absolument toute la vérité, mais comme j’en avais eu peur, cette vérité risquait de l’éloigner de moi pour toujours. Cependant, je ne devais pas regretter mon choix : J’avais décidé d’être honnête et je devais en supporter les conséquences. Alors, une dernière fois, j’envoyai une prière à Dieu pour qu’en cet instant, juste en cet instant, il soit avec moi. Pour que cette fois, il ne me laisse pas tomber comme il m’avait abandonnée dans ce parc quelques mois auparavant quand ces types m’avaient violée. Oui, juste pour cette fois, il fallait que Dieu soit avec moi, qu’il donne assez de force à mon époux pour me pardonner parce que la suite, je ne pouvais l’imaginer sans lui…

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MessageSujet: Re: I fell apart but got back up again [Alexander]   Mar 2 Nov - 10:43

La voix de Gabrielle sonna, claire, limpide et déterminée. J'avais fini de lui dire tout ce que j'avais sur le cœur, tout ce que j'avais ressenti. La trahison était le plus difficile à supporter. Le fait qu'elle en aime un autre aussi. Si seulement elle n'avait été avec lui que pour s'envoyer en l'air, cela aurait fait moins de dégâts. Elle ne pouvait pas couper son cœur en deux... N'aurais-je alors jamais le droit qu'à la moitié de son amour? Ne se languirait-elle pas jusqu'à la fin de sa vie d'Aristide, à qui elle avait donné l'autre moitié? Comment allais-je pouvoir supporter cette division, cette scission? Comment supporter de la toucher, de lui faire l'amour, en imaginant qu'elle espérait que ce soit un autre? Tout cela me hantait. J'aimais ma femme, je l'aimais réellement, mais il s'était passé tant de choses... Je n'étais pas certain de réussir à tout surmonter, à tout pardonner. Et surtout, mon imagination travaillait plein gaz et je me faisais des films tous plus horribles les uns que les autres. Et à chaque fois, Aristide était présent. Omniprésent. Jamais je ne parviendrais à le faire disparaitre totalement, il resterait à jamais une ombre sur notre couple. Et je le haïssais pour cela. Je n'étais pas enclin à la haine. Même à la guerre, je ne détestais pas mes ennemis à ce point, pas tous. Mais ces derniers temps, entre cet enfoiré de Venezzio et Aristide... Les deux hommes étaient devenus les points centraux de ma haine.

Je tressaillis quand elle m'expliqua qu'elle était restée absente si longtemps pour se retrouver, seule. Pas besoin de lui. Un pli amer se dessina pourtant au coin de ma bouche : elle l'avait quand même retrouvé lui et s'était abandonnée à lui. Elle m'avait réellement trompé, pas seulement en pensées ou par de chastes baisers, mais en s'offrant à lui. Ses sales pattes avaient caressé son corps qui n'appartenait qu'à moi. Elle était à moi et à moi seul. Le fait que j'ai été son premier avait-il joué dans son envie de découvrir les bras d'un autre homme? Lui avais-je volé sa jeunesse et privé des expériences qu'elle aurait pu vivre, qu'elle aurait du vivre?

Elle m'expliqua qu'elle avait pardonné à ses agresseurs. J'en restais bouche-bée. J'avais trouvé normal qu'elle en tue un, qu'elle se venge, qu'elle se défende, qu'importe le terme. Parce que j'étais un soldat et que tuer ne me posait plus de problème depuis longtemps si cela permettait de sauver ma vie ou celle de ceux que j'aimais. Mais Gabrielle n'était pas une meurtrière. Sa réaction avait été... démesurée quand on la connaissait bien. Je ne pouvais pourtant pas l'en blâmer. Mais qu'elle ai trouvé le courage de leur pardonner... J'avais la bouche sèche, mais je répliquai d'un ton sans appel :

- "Je ne sais pas comment tu peux faire pour trouver la force de leur pardonner. Moi, je ne leur pardonnerais jamais. Et s'ils n'étaient morts, je les aurais retrouvé pour les faire souffrir longtemps pour avoir osé te faire du mal... Nous faire du mal."

Parce qu'en la battant, en la violant, ils l'avaient changé et c'était de là que venaient tous nos ennuis. Si elle ne les avait pas rencontré, jamais elle ne se serait ainsi détournée de moi. Ou peut-être que si. Peut-être que cela n'avait été que le déclic et que quelque chose clochait depuis longtemps dans notre relation. Elle continua son plaidoyer, m'avouant m'avoir choisi parce que vivre sans moi était insupportable. Simplement pour cela. Parce qu'elle m'aimait encore, malgré tout. Et mon dieu, que j'étais faible à me raccrocher à cela... Que j'étais faible de penser que notre amour suffirait. Moi qui avait toujours été dur, voilà que je me retrouvais fragile entre ses mains. J'avais besoin d'elle et j'étais prêt à bafouer mon honneur, ma fierté, à vivre de nouveau avec cette femme qui m'avait trompé avec un autre.

Je me haïssais d'être aussi faible et j'aurais sans doute ricané si un de mes proches s'apprêtait à faire ce que j'allais faire.

Parce que son sourire, même fané, même hésitant, réveillait en moi l'écho d'un sourire plus lumineux et plein de promesses.

Alors ma volonté s'effaça, ne laissant que les sentiments. Compliqués, violents... Haine, trahison, désespoir, amour, tendresse, passion... Tout cela lié alors qu'elle disait que je l'avais retrouvée.

- "Gabrielle..."

Ma voix n'était qu'un murmure. Finalement, je la serrai contre moi, avec désespoir. Avec une sorte de violence mal contenue tant le manque avait été terrible.

- "Je ne sais pas comment je vais surmonter cela... Comment je vais supporter que ton cœur ne soit pas entièrement à moi... Si tu savais... Ce que je peux imaginer... Je voudrais tant effacer jusqu'à son souvenir dans ta tête et dans ton cœur, ne pas vivre avec cette peur que tu l'imagines à ma place, que tu le regrettes. Comment pourrais-je caresser ton corps que je connais par cœur en imaginant ses mains le découvrir? Rien ne sera jamais plus comme avant... J'espère juste réussir à effacer son souvenir, suffisamment pour te retrouver. Pour nous retrouver. Mais je ne pardonnerais plus la moindre incartade Gabrielle..."

Je la relâchai et pris son visage entre mes mains, plongeant mon regard dans le sien. Mon expression était déterminée, presque dure, mais mon regard trahissait ma détresse.

- "Si tu savais... L'enfer que j'ai vécu sans toi. Chaque jour, je partais à ta recherche et je passais mes nerfs sur les Hors la loi... Parce qu'ils sont un danger pour nous, parce qu'ils t'ont fait énormément de mal, ainsi qu'à Katarina et à d'autres innocents encore. Je les ai abattu, froidement, sans remords."

C'était un portrait terrible que je lui faisais de moi : celui d'un tueur aussi froid qu'une machine, aussi implacable que la justice et pourtant, c'était bien ce que j'étais devenu sans elle, elle devait le savoir.

- "Je ne supportais plus que quelqu'un m'approche et j'ai fais le vide autour de moi... Ethan, Aaron, Isaac, Mathilda, tous je les ai envoyé au diable. Dans ma croisade solitaire, j'ai embarqué Riley qui a essayé de me ramener à la raison et qui a commencé à réussir en me sauvant la vie. Je me demande si je ne cherchais pas à mourir ainsi..."

Oui, c'était possible... Mourir, fauché par une balle, pour mettre un terme à la souffrance, une bonne fois pour toutes. Pour ne plus ressentir ce trou béant dans ma poitrine, ce poison insidieux dans mes veines.

- "Et puis, j'ai fini par parler à Katarina... Je me sentais si coupable vis à vis d'elle..."

Je la regardais intensément.

- "Le jour où tu es partie, Katarina a été enlevée par Venezzio, torturée et... violée. Ethan était complètement fou... Et moi... J'étais trop anéanti pour les aider. Je n'ai rien fait pour elle Gabrielle... Et elle m'a pardonné quand même."

Ma voix se fêla sur cet aveu de mon impuissance. Gabrielle savait combien j'étais loyal et combien cela devait me coûter d'avouer ne pas avoir été à la hauteur. Mais je n'étais plus moi-même, j'étais une âme errante, un fantôme, un automate. Sans Elle.
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MessageSujet: Re: I fell apart but got back up again [Alexander]   Dim 21 Nov - 15:20

Comment avais-je fait pour leur pardonner? Excellente question. Honnêtement, je n'avais pas la réponse, je ne savais pas comment je l'avais fait, comment j'avais trouvé cette force, cette volonté en moi, mais je l'avais fait. Je leur avais pardonné ce qu'ils m'avaient fait subir. Je leur avais pardonné leur acte que j'avais jugé sur le moment impardonnable, cet acte qui avait changé ma vie et celle de mon époux, ainsi que celle d'Aristide. Cet acte qui en avait entraîné tant d'autres... Oui, je leur avais pardonné. Je l'avais fait parce que celle que j'étais réellement, la Gabrielle d'avant l'aurait fait. Cette Gabrielle aurait retiré l'arme des mains de Nathaniel non pas pour terminer elle-même ce qu'il avait commencé mais pour laisser son agresseur s'enfuir et essayer de se repentir. La Gabrielle que j'étais devenue avait envoyé cet homme droit en enfer, sans lui laisser la possibilité de racheter ses erreurs : Peut-être ne l'aurait-il jamais fait mais au moins, je lui en aurais laissé la chance... Je l'avais cependant abattu et il était trop tard pour lui. J'allais vivre toute ma vie avec ce poids, avec ce sang sur mes mains mais j'avais décidé que mon viol et ce meurtre n'allaient plus diriger ma vie : Je venais de la reprendre en main. Cette reprise en main avait commencé avec mon départ de la Communauté et ma vie dans ces rues détruites et hostiles. J'étais à présent à la fin de ce voyage à la recherche de moi-même. J'étais devant mon époux, j'étais honnête pour la première fois depuis longtemps et je lui laissais la possibilité de faire de moi ce qu'il voulait : Il pouvait m'aimer ou me haïr, il pouvait me reprendre auprès de lui ou me rayer de son existence. Le choix lui appartenait et comme j'aurais voulu pouvoir l'influencer, même un tout petit peu. Comme j'aurais voulu avoir d'autres arguments pour essayer de le convaincre mais je n'avais que mon amour, rien d'autre. Je ne pouvais que prier pour que cela s'avère suffisant. Le temps me paraissait horriblement long alors que nos regards étaient plongés l'un dans l'autre, alors que dans mon coeur le chaos régnait à cause de la peur de le perdre, alors que dans son propre coeur, la souffrance était sans aucun doute très difficile à supporter : Comme je le comprenais... Comme je m'en voulais...

-Gabrielle...

Sa voix ne fut qu'un murmure mais je sentis mon coeur tréssaillir : J'aimais tant l'entendre prononcer mon prénom... J'aimais tant entendre sa voix prononcer ces quelques sons... J'avais eu tant peur de ne plus jamais l'entendre... Un instant plus tard, il me serrait dans ses bras. Aussitôt, mes bras l'entourèrent et je m'accrochai à lui avec violence : Si son étreinte était teintée de désespoir, la mienne l'était tout autant. Je fermai les yeux, enfouissant mon visage dans le creu de son cou. Si seulement il pouvait me garder ainsi contre lui pour toujours. Si seulement il pouvait ne plus jamais, jamais, jamais me lâcher... Alors que j'aurais voulu être rassurée, ses mots me firent l'effet inverse mais je ne pouvais pas lui en vouloir de les prononcer. Si la situation avait été inversée, j'aurais moi-même eu beaucoup de mal à surmonter cette épreuve. Comment aurais-je pu supporter de l'imaginer en train d'aimer une autre femme, en train de lui faire l'amour et de la posséder de tout son être? J'aurais voulu avoir les réponses, j'aurais voulu trouver les mots mais ils n'existaient pas : Je ne pouvais rien dire pour lui retirer ces images de la tête. Je ne pouvais rien dire pour effacer ce que j'avais fait. La seule chose que je pouvais faire c'était l'aimer de tout mon coeur et tout faire pour le lui prouver, tout faire pour le reconquérir malgré les sentiments que j'éprouvais encore pour Aristide. Je savais que jamais il ne s'effacerait de mon coeur mais était-il possible qu'un jour cet amour pour lui devienne moins fort, moins destructeur pour me laisser aimer pleinement mon mari? En cet instant, je le souhaitais sincèrement. Je souhaitais que mon amour pour lui finisse par être moins fort pour laisser un merveilleux souvenir, et ça uniquement. J'ignorais cependant si cela allait arriver un jour alors en attendant, j'allais devoir me battre contre cet amour, j'allais devoir me battre pour l'amour que j'éprouvais pour Alexander afin de le rendre plus fort que jamais. J'allais me battre de tout mon être pour l'aimer comme il devait être aimé. Il n'allait pas avoir besoin de me pardonner une nouvelle trahison car plus jamais je ne le trahirais : Plus jamais.

Finalement, il se recula légèrement et déjà, j'avais mal de le sentir s'éloigner. Pourtant, nous restâmes proches mais j'aurais voulu qu'il me garde contre lui, voilà tout. Il prit cependant mon visage entre ses mains et plongea son regard dans le mien. Mes mains glissèrent alors sur ses poignets, non pas pour l'éloigner de moi, mais juste parce que j'avais besoin de ce contact. Je ne détournai pas le regard quand il m'expliqua l'enfer qu'il avait vécu sans moi. Mes mains se resserrèrent un peu plus sur ses poignets à l'évocation de cette souffrance que je lui avais infligée. Je savais, au fond de moi, qu'il s'agissait d'un mal pour un bien puisque j'étais partie pour mieux le retrouver mais cela ne rendait pas plus facile à accepter ce qu'il avait traversé à cause de moi. J'appris alors qu'après mon départ, il avait mené une véritable vendetta contre les Hors-La-Loi et qu'il avait même failli perdre la vie et que cela aurait été le cas si Riley n'avait pas été là. Une boule se noua dans ma gorge : Je ne pouvais imaginer ma vie sans lui, je ne pouvais l'imaginer ayant quitté ce monde. J'avais une dette monstrueuse envers Riley car il avait sauvé l'homme que j'aimais. Concernant les Hors-La-Loi, j'aurais préféré qu'il ne se mette pas à les tuer de cette façon, j'aurais préféré qu'il ne s'enfonce pas dans les ténèbres à cause de moi mais je ne pouvais rien faire pour y changer à part peut-être essayer de lui apporter un peu de lumière, cette lumière que j'avais su lui apporter à une époque. J'espérais simplement en être capable à nouveau. Quand il parla de Katarina, je fronçai les sourcils, ne comprenant pas ce qu'il voulait dire. Pourquoi se serait-il senti coupable vis-à-vis d'elle? Il ne lui avait rien fait. Peut-être qu'il s'était éloigné d'elle comme il s'était éloigné des autres mais de là à se sentir coupable... Soudain, le regard d'Alexander se fit plus intense et une peur s'insinua en moi, tel le venin d'un serpent qui se glisse dans les veines jusqu'à ce qu'il parvienne au coeur. Quand cette peur arriva justement à mon coeur, il s'emballa subitement et mes doigts se crispèrent sur les poignets d'Alexander au-moment où l'horrible révélation tomba : Le jour où j'avais quitté la Communauté, Katarina avait été enlevée par Armando Venezzio et elle avait été torturée, et violée.

Enlevée.
Torturée.
Violée.

Ces mots résonnaient dans ma tête tandis qu'Alexander m'avouait qu'Ethan était devenu complètement fou et que de son côté, Alexander avait été trop préoccupé par mon absence et par son inquiétude du fait que je vivais dehors pour faire quoi ce que soit pour Katarina. De nouvelles larmes me brûlèrent les yeux : J'étais choquée et assillie par une culpabilité nouvelle. Si je n'étais pas partie, Alexander aurait aidé Ethan et peut-être qu'ils l'auraient retrouvée plus vite. Peut-être qu'elle n'aurait pas eu à subir ce que j'avais subi... Je n'avais cependant pas le temps de me sentir coupable : Je devais soutenir Alexander, je devais être là pour lui, je devais réussir à le soulager parce qu'il avait mal de ne pas avoir été là pour son frère et son amie... Mes mains quittèrent ses poignets et je les posai sur ses joues, fixant un regard déterminé et résolu dans le sien.

-Bien sûr qu'elle t'a pardonné... Ce n'était pas ta faute... C'était la mienne...

Ma voix se brisa mais je pris sur moi pour ne pas m'effondrer et ne pas me laisser envahir par la tristesse qui avait envahi mon coeur face à cette révélation.

-Si je n'étais pas partie, tu aurais pu t'occuper d'elle alors, tu ne dois pas t'en vouloir. C'était ma faute. Ma faute...

La réalité de ce fait était effrayante... J'avais détruit de nouvelles vies en plus de celles que j'avais déjà détruites. Je devais cependant me montrer forte. Je ne devais surtout pas craquer.

-Tu as fait ce que tu pouvais... Tu as fait tout ce dont tu étais capable à ce moment-là...

Je glissai mes mains derrière sa nuque et le rapprochai de moi avant de le prendre dans mes bras.

-Je suis là maintenant. Je n'irai nulle part. Je ne quitterai plus jamais... Tout s'arrangera... Fais-moi confiance...

Et il pouvait me faire confiance parce que j'allais tout faire pour arranger les choses et pour le soulager. J'allais tout faire pour être à la hauteur de l'amour qu'il éprouvais pour moi et j'allais surtout tout faire pour lui prouver chaque jour à quel point je l'aimais et à quel point vivre sans lui m'était tout simplement impossible. J'allais être là, quoi qu'il puisse arriver. J'étais prête à tout supporter de sa part si cela pouvait le soulager, si cela pouvait nous sauver. Oui, j'étais prête à tout.

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MessageSujet: Re: I fell apart but got back up again [Alexander]   Ven 4 Fév - 14:03

Avions-nous dit tout ce que nous avions sur le cœur? Pour ma part, oui, je lui avais tout dit, avec un naturel qui n'était pas mien d'ordinaire. Elle savait que je n'étais pas homme à me confier, à laisser parler mes sentiments, préférant tout intérioriser, tout endurer et opposer une attitude placide. Mais sans elle, je m'étais effondré, comme un colosse aux pieds d'argile. Sans son soutien, je ne pouvais tout prendre sur moi, tout assumer. C'était aussi simple que cela à comprendre et tout le monde avait du le comprendre à la Communauté. Je lui avouai ce que je ressentais, mon amour fou pour elle, mais aussi le goût amer de la trahison qui me faisait douter que les choses puissent s'arranger facilement entre nous. Et pourtant, j'allais tout faire pour, je me le promettais et je lui en faisais la promesse. Mais comme je le lui disais, imaginer un autre la toucher allait m'empêcher de guérir de ces blessures rapidement.

Il allait nous falloir du temps, beaucoup de temps. Et de la patience. L'amour était là, toujours, il suffisait de ranimer la flamme et de retrouver la confiance. La chose la plus ardue sans nul doute.

Je lui parlais ensuite de ma croisade vengeresse, de l'homme que j'étais devenu l'espace de quelques semaines sans elle.Un tueur impitoyable, un juge et un bourreau. J'avais mes côtés sombres et l'absence de mon ange les avait fait ressortir. Avais-je voulu mourir en défiant ainsi la mort chaque jour? Peut-être inconsciemment oui. Et pourtant, j'avais Emma, Emma qui ne pouvait être orpheline de père... Riley m'avait secoué et j'avais relevé la tête hors de l'eau. Je parlais enfin de ce qui était arrivé à Katarina, de ma propre culpabilité à ce sujet alors que je n'étais pas là. Non, je n'avais pas été la sauver, je n'avais pas soutenu Ethan, préférant le brimer, pour son bien, mais sans la moindre diplomatie alors qu'il souffrait comme un fou de ne pas savoir où elle était. Et quand il l'avait su, cela avait été pire encore.

Gabrielle répondit alors que tout était sa faute, que si elle n'était pas partie, j'aurais pu aider Ethan, que j'avais fait tout ce dont j'étais capable à ce moment là. Mais ce n'était pas assez. Était-ce sa faute? Oui, un peu, sans doute, mais c'était surtout la faute d'Armando et d'une terrible concours de circonstances... Comme lorsque la galerie s'était effondrée sur Katarina, Gabrielle et Aristide. Je savais combien Ethan en voulait à Gabrielle et je doutais fortement que cela puisse s'arranger. Elle me prit alors dans ses bras, me promettant qu'elle revenait et que tout s'arrangerait. Si seulement ses paroles pouvaient être prophétiques.

- "C'est la faute de Venezzio et il paiera tôt ou tard... Le bourreau de Katarina a payé, Ethan s'en est occupé."

C'était la conclusion de l'histoire. Même si beaucoup de choses s'étaient encore passées ensuite, mais nous parlerions plus tard. Pour le moment, nous devions rentrer, tous les deux. J'enfouis mon visage dans son cou, la serrant à l'étouffer, avant de la relâcher et de prendre sa main doucement, la portant à mes lèvres, en murmurant :

- "Rentrons maintenant. Emma n'a que trop attendu après sa maman."

Puis j'ajoutai, à mi-voix :

- "Et moi après ma femme."

Tout irait mieux maintenant, nous étions de nouveau ensemble, non? Il me fallait juste trouver la force de lui pardonner.

Et je la trouverais, il le fallait.

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