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 Don't feed my fear,If you don't want it out (PV Katarina)

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Ethan Jones
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MessageSujet: Don't feed my fear,If you don't want it out (PV Katarina)   Lun 4 Oct - 16:03



J’en voulais encore davantage à Dieu. Et ce qu’il venait de se passer n’était encore qu’une chose en plus qui me faisait penser que Dieu s’était détourné de moi et m’en voulait terriblement. Il m’avait arraché mes parents en même temps, me laissant seul sur Terre et complètement désemparé. Il ne m’avait jamais aidé dans mes années d’errance et d’auto destruction, me laissant souffrir encore et encore. Et quand j’avais trouvé cette autre partie de moi qui me rendait enfin mon statut d’être humain à part entière, il semait des embuches qui auraient pu me persuader d’en finir avec la vie. C’était toujours et encore, et je m’en pouvais plus. Il avait essayé de m’arracher ma femme encore et encore. Et il essayait encore en mettant son père sur notre chemin. Ce père qui avait tant détruit ma femme, et avait failli détruire ma famille.

Alexeï Kuryenko était prés de nous, et Katarina l’avait vu. Elle lui avait parlé même. Et moi qui pensait ne plus pouvoir haïr personne tellement je haïssais certaines personnes, et bien je m’étais découvert une haine encore bien plus grande et plus vivace. J’étais poussé à bout, malmené dans mes retranchements. Et je ne survivais sans doute que parce que j’aimais ma femme et ma fille au-delà de ce qui est humainement possible et imaginable. C’était mon amour pour elles qui me disaient que je devais les protéger de cet homme. Je savais qu’il ferait encore du mal à Katarina, et s’il n’en avait pas encore fait à Lena, il lui en ferait certainement. Et je ne pouvais concevoir qu’on les blesse.

Alors j’avais fait comprendre à l’homme qui, quoique je puisse en dire, était mon beau père, que s’il approchait Katarina ou Lena je le tuerais. Et je savais que j’en étais capable. Bien sur il était hors de question qu’il mette ne serait ce qu’un pied dehors. Je préférais le savoir ici, sous ma surveillance accrue, plutôt que dehors où il pouvait être kidnappé et interrogé. Parce que si Katarina aurait préféré la mort à la délation, je sentais qu’il en était le contraire pour son père. Il était bien trop égoïste pour cela.

Je ne lui avais pas encore tout dit ce que je pensais de lui. Parce que Lilly était arrivée avec Lena et que j’avais bien plus important à faire que de m’occuper de mon beau père. Lena sentait que nous étions nerveux et il nous avait fallu de la patience pour la calmer et l’apaiser. Mais quand elle avait fini par me lancer ce petit regard plein d’amour, j’avais pendant quelques instants occulté tout le reste. Elle m’apportait tellement d’amour…. Elle m’apaisait encore plus que ne savait le faire sa maman, c’était pour dire. Nous avions laissé Alexeï aux « bons soins » d’Aaron et nous étions repartis dans notre chambre. J’avais demandé à ce qu’on nous amène exceptionnellement notre repas dans notre chambre. Je ne voulais pas que Katarina puisse croiser à nouveau son père.

Elle était déjà assez bouleversée comme cela. Elle ne disait rien mais je voyais que voir son père en chair et en os avait été un choc. D’autant plus qu’elle lui en voulait terriblement pour tout ce qu’il avait fait. J’avais respecté son silence, me contentant pendant un moment de lui laisser Lena dans les bras et de les serrer toutes les deux contre moi. Lena avait fini par s’endormir dans les bras de Katarina après la dernière tétée du soir aux alentours de 22heures, et Katarina semblait toujours lutter contre le sommeil. Elle avait pleuré un peu plus tôt en silence et je m’étais senti terriblement impuissant. J’avais compris que Lena devait dormir dans son berceau. Ca me crevait le cœur, mais je me rendais compte que ma femme avait besoin de moi. C’est donc elle que j’ai câliné et bercé en silence pendant des heures. Je la serrais tout contre moi alors que nous étions allongés et que j’étais derrière elle l’enserrant comme on protège un trésor. Et c’est ce qu’elle était pour moi : mon trésor, mon joyau.

J’aurai su trouver les mots mais je n’y arrivais pas. Alors quand j’avais besoin de lui dire que j’étais là, je me contentais de l’embrasser en fermant les yeux le plus fort possible pour me retenir de pleurer. Mais ma souffrance devait se ressentir dans mes baisers, mes étreintes, mes caresses. Je m’inquiétais pour elle. Elle était en sécurité dans mes bras oui. Mais elle souffrait. Et je ne savais pas ce que je devais faire. J’étais impuissant et j’avais horreur de ça.

J’ai du m’endormir malgré moi à un moment donné. Epuise que j’étais de devoir lutter contre l’envie de les emmener toutes les deux loin d’ici, loin de tout et de tous. Et j’avais pleuré, hurlé, crié, tapé, et je m’étais essoufflé. J’étais à bout de souffles, prêt à craquer. Mon corps semblait ne pas vouloir que je craque alors il m’avait mis sur la touche.

Aucun rêve n’est venu hanter mon sommeil.

Ni aucun cauchemar.

Le néant. Voilà ce que c’était. Le néant !

Et comme si inconsciemment j’avais compris que quelque chose s’était échappé, je me suis réveillé en sursaut. Si quelque heures plus tôt, je tenais encore ma femme dans mes bras si étroitement qu’il aurait été impossible que pas un seul espace ne nous sépare, là elle n’y était plus. Je me suis redressé d’un seul coup, complètement paniqué et cherchant à tâtons ma femme dans le lit. Mais c’était comme dans mes pires cauchemars, elle n’était pas là. Alors je me suis débattu dans ce lit, trop grand pour moi seul et j’ai du faire tomber quelque chose. Un oreiller sans doute. Je cherchais la lumière du bout des doigts.

Katarina avait disparu ! Elle n’était pas là. Son parfum ne flottait plus, entêtant mes narines. Je n’avais aucune idée de l’heure qu’il était. Je m’en voulais d’avoir réussi à m’endormir. Persuadé qu’on me les avait arraché alors que je dormais. Je me suis précipité comme un fou vers le berceau de Lena dont j’ai ouvert les rideaux. Et j’ai senti mes jambes céder un peu sous mon poids.

Elle était là. Ma fille était toujours là. Mon amour, ma princesse. Dormant comme un bébé innocent et parfait qu’elle était. Elle était allongée sur le dos, un sourire à vous couper le souffle accroché à ses petites lèvres aux lignes parfaites, et elle serrait ses petits poings comme pour se concentrer. Elle était si belle qu’une larme a perlé au coin de mes yeux de voir ce spectacle magnifique.

Et à nouveau, je me suis rappelé que quelque chose n’allait pas. Katarina n’était plus là. J’ai refermé bien vite les rideaux, de peur que Lena ne se réveille, et j’ai éteint la lumière en sortant en caleçon à la recherche de ma femme. Je devais paraitre complètement fou. Mais j’avais peur, j’étais terrifié.

Dans ma tête on m’avait encore arraché ma femme. Tout bon sens avait à nouveau été annihilé dans mon raisonnement. Je ne raisonnais plus. J’étais bien trop angoissé à l’idée de penser qu’on m’avait enlevé ma femme pour raisonner un tant soit peu. Je m’étais mis à courir sans le vouloir quand je l’ai vue s’avancer vers moi.

Je n’ai fait attention à rien d’autre, je me suis précipité vers elle et je l’ai prise dans l’étau de mes bras, en la serrant si fort que j’aurai pu lui briser des côtes. Toutes mes bonnes résolutions s’étaient envolées. Je pleurais comme un enfant quand j’ai pris son visage dans mes mains en l’embrassant partout. Dans le cou, dans les cheveux, sur le front, sur les joues, sur les yeux, sur le nez, sur la bouche. Avec une phrase que je répétais en boucle.

-Tu es là…. Tu es là !!

Je me fichais pendant environ cinq minutes du reste. Elle était là dans mes bras. Et j’avais besoin que la pression redescende. Lentement….Jusqu’a ce que je m’écarte d’elle pour la regarder. Je voulais m’assurer qu’on ne lui avait rien fait de mal, et son visage toujours pris entre mes deux grandes mains, j’ai posé mon front sur le sien.

-Où étais-tu mon amour ? J’ai eu si peur !

Et encore, le mot était faible…




Dernière édition par Ethan Jones le Mer 6 Oct - 13:56, édité 1 fois
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Don't feed my fear,If you don't want it out (PV Katarina)   Lun 4 Oct - 19:18

Je n'étais même plus fatiguée. Ou plutôt si, je l'étais, énormément. Mais trop de choses tournaient dans mon esprit pour que je m'en rende réellement compte. Ma fatigue morale dépassait un million de fois ma fatigue physique. J'étais à bout.... A bout de nerfs, à bout de forces. J'avais l'impression d'être une marionnette. Je retournai jusqu'à ma chambre, oui, mais je n'avais pas l'impression de le faire de mon propre chef. C'était comme si une force invisible me poussait à le faire, comme si j'étais poussée par mon instinct de conservation. Ce même instinct qui m'avait fait m'évanouir quand j'avais revu mon père. Mais je n'avais plus envie de l'écouter. Je n'avais envie que d'une chose. Sortir d'ici et hurler de toutes mes forces, comme pour évacuer tout ce stress, cette colère et cette peine qui emplissaient tout mon être. Pourtant je ne pouvais pas. J'avançais comme un automate, sans vraiment m'en rendre compte, je ne regardais, fixant l'autre bout du couloir sans vraiment le voir. J'étais absente. Un peu comme si j'étais en « mode veille » pour échapper à ce monde qui commençait à me faire vivre plus d'épreuves que je ne pouvais en supporter. Quelque chose c'était brisé en moi. Le semblant d'innocence qu'il me restait s'était évaporé, me laissant presque seule pour affronter la réalité du monde. Cette réalité qui était trop lourde à supporter et qui m'écrasait. Comme j'avais envie de me laisser aller, d'abandonner le combat. J'en avais assez de lutter contre des forces qui me dépassaient clairement. C'était un peu comme si je m'étais noyée... Au début vous luttez, vous vous débattez contre l'eau qui entre dans vos poumons et vous prive peu à peu d'oxygène. Et puis doucement, tout doucement, vous vous laissez aller... Et c'est fini. J'avais lutté suffisamment longtemps pour savoir que c'était sans espoir. J'avais perdu d'avance... Alors j'allais rester spectatrice, j'allais regarder mon petit monde s'effondrer sans rien pouvoir faire pour empêcher ça. J'étais impuissante. Ethan avait tort... Je n'étais pas si forte. Ou bien je ne l'étais plus.

J'étais faible, définitivement, comme une petite brindille jetée à la mort et ballotée par les courants, les vagues... Le pire c'est que j'en avais parfaitement conscience. J'avais donc besoin que quelqu'un me repêche... Il fallait que ce quelqu'un soit Ethan. J'avais besoin de lui comme jamais auparavant. Sans lui je ne pourrais pas mettre un pied devant l'autre. Avancer sans lui c'était pire que d'avancer dans le noir. Je n'avais aucun repère sans lui. J'étais maintenant aussi dépendante de lui qu'il avait pu l'être, ou qu'il l'était toujours. En y repensant bien, je n'avais jamais été dépendante de mon père. À part quand j'étais enfant, mais c'était tout à fait normal... Mais dès que j'avais été en âge, de le faire, j'avais volé de mes propres ailes. Même financièrement, je m'étais toujours débrouillée sans lui. Oh bien sûr, il m'avait beaucoup manqué quand je m'étais installée seule à New York. Mais je n'avais jamais eu besoin de lui viscéralement. Alors qu'Ethan... Il était comme un organe vital. J'avais trop besoin de lui. Ne pas être avec lui c'était comme de ne pas respirer. J'avais l'impression d'être restée en apnée plus d'une heure. Et je l'étais toujours. Je n'avais toujours pas repris mon souffle. Mes poumons étaient brulants, ils réclamaient de l'air. Mais c'était comme si je ne parvenais pas à prendre une profonde inspiration de moi même. Sans compter que je continuais plus ou moins à pleurer... Les larmes continuaient à rouler silencieusement sur mes joues glacées. Je me sentais si faible. J'avais presque pleuré toute la journée, sans vraiment faire de pause. À croire que j'aurais pu pleurer indéfiniment. Je commençais sincèrement à penser que c'était possible.

Je n'ai même pas compris qu'Ethan était en face de moi, à l'autre bout du couloir. Je le voyais sans le voir. Comme si mon cerveau était incapable d'analyser correctement ce qu'il voyait. Ce n'était même pas que je l'ignorais – je l'aimais trop pour l'ignorer une seule seconde. J'étais déconnectée de la réalité. Du coup, j'ai affiché un air un peu surpris quand j'ai plus ou moins réalisé qu'il était devant moi. J'ai relevé les yeux vers lui, sans trop comprendre. Avais-je parcouru les mètres qui me séparaient de lui sans m'en rendre compte ? Je ne comprenais pas. J'ai pourtant eu comme un électrochoc quand j'ai vu des larmes couler sur ses joues. Je suis redescendue sur terre d'un coup. Mais avant même que je puisse faire ou dire quoi que ce soit, il m'avait pris dans ses bras, me serrant si fort qu'il aurait pu me casser en deux. Je suis restée immobile, comme si je peinais à reprendre conscience. Et puis, même si j'avais voulu bouger, je n'aurais pas pu. Il me serrait si fort que je ne pouvais même pas bouger le petit doigt. Quand il s'est un peu écarté de moi, ce fut pour prendre mon visage et m'embrasser partout, murmurant que j'étais là, encore et encore... J'étais trop choquée pour dire quoi que ce soit. Puis je me suis souvenue que je m'étais levée en pleine nuit, le laissant seul avec Lena dans notre chambre... N'avait-il pas eu mon mot ? Le connaissant, il avait certainement paniqué en se rendant compte que je n'étais plus là, il n'avait certainement pas fait attention. Pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt ? Idiote que j'étais ! Je me suis mordue la lèvre tandis qu'il posait son front contre le mien, me demandant où j'étais allée.

« Je... Excuse moi... »

J'ai cligné des yeux plusieurs fois avant de m'échapper de l'emprise de ses mains pour pouvoir poser ma tête contre sa poitrine. J'entendais et je sentais son coeur tambouriner dans sa poitrine. J'ai posé mes doigts à plat dessus, comme pour l'apaiser. Parfois, enfin souvent, j'oubliais que ce n'étais qu'un organe destiné à pomper le sang et à l'envoyer dans les artères. Je tremblais de tous mes membres, et je sentais que mes jambes allaient céder.

« Je... Je t'avais laissé un mot pour que tu ne t'inquiètes pas. J'ai... J'ai été voir mon père. Je sais que tu ne voulais pas, excuse moi, excuse moi... Mais j'avais trop de choses sur le coeur. Il fallait que je lui dise tout. Excuse moi, je n'irai plus le voir sans ta permission, je ne veux pas me fâcher avec toi... »

Ma voix avait déraillé sur la fin. J'avais été voir mon père alors qu'il voulait que je reste loin de lui. D'autres vous diraient que j'étais une grande fille et que je pouvais bien décider de faire ce dont j'avais envie toute seule, certains que j'étais complètement soumise... Et ceux là n'auraient pas forcément tort. Je ne voulais pas risquer de me disputer avec Ethan. Cela m'achèverait. J'avais besoin de lui, et je préférai me soumettre à ses décisions plutôt que de le mettre en colère ou de le blesser. Je tenais trop à lui. Je ne voulais pas risquer de le perdre bêtement. Je ne tenais pas particulièrement à renier mon père pour autant. Mais j'étais prête à laisser Ethan prendre les décisions à ma place. Je préférais mille fois ses excès à sa colère et à sa tristesse. J'étais peut-être folle de prendre cette décision, mais tant pis. Mon choix était fait. Je ne savais même pas pourquoi j'y étais allée en fin de compte. Ce n'était pas tant que je regrettais. C'était que je ne comprenais pas ma propre décision. J'étais complètement perdue. Je me rendis à peine compte que j'étais tombée à genoux, sanglotant et enlaçant la taille d'Ethan comme une désespérée.

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« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: Don't feed my fear,If you don't want it out (PV Katarina)   Mer 6 Oct - 13:35

Me rendre compte une nouvelle fois qu’elle avait disparu, et que j’avais sans doute été trop imbécile pour la protéger m’avait rendu complètement fou. Il me fallait du temps pour que je comprenne qu’on ne me l’avait pas enlevée, que je la tenais contre moi et que je pouvais l’embrasser, la toucher, la sentir, la voir. Il me faudrait encore plus de temps, très certainement, pour arriver à la laisser quitter mon champ de vision pendant plus d’une minute. Mais depuis que je l’avais ramenée, pas si saine et sauve que cela, mais en vie au moins, je ne supportais pas de ne pas la savoir à moins de 5 mètres de moi. Oui je devenais fou selon certains, complètement paranoïaque. Mais ils n’avaient pas vécus ce que moi j’avais vécu. Ils ne pouvaient pas se rendre compte de ce que j’avais ressenti. Personne ne savait ce que c’était de se rendre compte que votre femme que vous aimez tellement, et qui vient de vous faire le plus beau cadeau au monde, c'est-à-dire un enfant, vient de se faire enlever et que vous n’avez pas su la protéger. Ils ne savaient pas non plus ce que j’avais fait pour la retrouver, ni ce que j’avais pu ressentir quand je l’avais trouvé agonisante. Et c’était sans parler de ces deux jours atroces où je priais à chaque seconde en silence pour qu’elle ne meure pas. Non, personne ne se rendait compte de l’enfer dans lequel j’avais été plongé. Et je n’étais même pas sur de vouloir partager cela avec qui que ce soit. C’était bien trop traumatisant à revivre dans ma tête jour après jour. Alors mettre des mots sur min cauchemar était tout simplement quelque chose que je ne voulais pas.

J’avais besoin de la voir. De voir qu’elle n’avait rien. Qu’on ne lui avait pas fait de mal. Qu’on ne l’avait pas battue. J’avais besoin de lire dans ses yeux tout son amour pour moi. Mais quand je l’ai regardée, et même si la pénombre cachait bien les choses, j’ai vu qu’elle pleurait. Qu’elle avait pleuré. Oh mon ange…. Si seulement je pouvais faire cesser, à jamais les larmes. Si je savais les contrôler, les chasser, les anéantir, je le ferais sans hésiter. Je ne supportais pas de la savoir malheureuse. Je m’en voulais. Sans savoir pourquoi, je m’en voulais. Mais j’avais besoin de savoir où elle était allée. Pourquoi elle ne m’avait pas réveillée.

Elle s’excusait mais elle s’échappait aussi. Enfin c’est ce que j’ai cru quand elle m’a repoussé un peu et que sont font à quitté le mien. Mais non, elle voulait juste poser sa tête contre moi. Son oreille était collée pile à l’endroit où mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine. Et je la sentais trembler entre mes bras. Je m’en voulais de m’etre précipité sur elle de cette façon. Mais j’avais eu tellement peur. C’était la peur qui me dominait tout entier. Cette peur incontrôlable et irraisonnée alors qu’elle disait m’avoir laissé un mot pour que je ne m’inquiète pas. Pour le moment, mon cerveau refusait de comprendre la raison qu’avait eu Katarina de partir de notre chambre en pleine nuit. Tout ce que je voyais c’était qu’elle n’avait pas voulu m’inquiéter.

Mais force est d’admettre qu’elle était allée voir son père. Elle avait raison pourtant….je ne voulais pas qu’elle l’approche. Il était dangereux. Je ne voulais pas non plus qu’on se dispute à cause de cela. Mais je tenais à ce qu’ils n’aient aucun contact. Oui j’étais certainement un idiot, puisqu’elle me disait à quel point elle avait besoin de lui parler, mais qu’auriez vous fait à ma place ? Sans doute exactement la même chose. Alexeï Kuryenko était un homme dangereux, et il ne pouvait nous attirer que des ennuis.

Mais tout cela fut vite balayé par la réaction de Katarina. Je n’avais même pas le temps de ressentir tout ce que j’aurais du ressentir face à sa détresse, ses sanglots, sa peur, son amour pour moi. Katarina était tombée à genoux. Et pendant quelques secondes, le temps a flotté autour de nous. Elle se cramponnait à mes jambes, sanglotant et pleurant comme une enfant, et moi je restais debout devant elle comme un idiot. C’était juste que mon cerveau refusait de m’obéir. Comme si quelque chose là haut m’empêcherait de raisonner correctement et d’agir en conséquence.

Quand enfin, je suis redevenu maître de mon esprit et de mon corps, je me suis laissé glisser et me suis agenouillé en face d’elle en la serrant contre moi. Je la berçais comme si le monde menaçait de s’effondrer. Je m’en voulais terriblement de la voir souffrir par ma faute. Peut être que si j’avais réussi à être moins haineux à l’égard de son père, elle n’aurait pas vécu les choses ainsi. Mais je n’arrivais pas à cesser de le haïr. C’était tout simplement au dessus de mes forces. J’aimais ma femme et j’avais failli la perdre à cause de lui. Et pour couronner le tout, il lui avait menti. Et Katarina avait mal. Elle n’avait eu que lui toute sa vie, et elle s’apercevait à 25 ans que toute son enfance et son adolescence celui qu’elle considérait comme un dieu vivant lui avait menti et avait fait des choses qu’un ange ne pourrait pas cautionner.

-Je ne l’ai pas vu…. Oh Katarina…

Je n’avais pas vu ce mot. Pas du tout même. Quand je m’étais réveillé, et que je ne l’avais pas senti contre moi, que je n’avais pas senti qu’elle était prés de moi, j’avais paniqué et j’avais mis le lit sans dessus dessous. Si c’est là qu’elle avait déposé le mot qu’elle m’avait écrit pour ne pas que je m’inquiète, il avait sans doute du se perdre dans ma bataille contre ma peur. Je ne dis pas que je ne me serais pas inquiété si je l’avais lu puisqu’elle disait aller voir son père, mais au moins je ne me serais pas imaginé qu’on me l’avait arraché à nouveau. Je m’en voulais d’être si excessif mais je ne pouvais pas changer cette petite partie de moi.

J’ai passé mes mains sous ses aisselles, et doucement je nous ai relevés tous les deux. J’avais peur qu’elle ne retombe à nouveaux, à bouts de forces alors je me suis accroupi pour passer une main sous ses genoux, et une dans son dos et je l’ai porté. Comme je l’avais fait lors de ces deux jours où j’avais eu si peur qu’elle ne meure dans mes bras. Elle semblait ne pas réussir à contrôler ses sanglots, et les miens redoublaient.

J’avais eu peur oui. Et je lui en voulais. Mais j’étais surtout tellement soulagé de voir qu’elle n’avait rien. Qu’on ne lui avait pas fait de mal. Mon amour pour elle a débordé et je l’ai attirée à moi pour sentir sa tête sur mon épaule, tout contre moi.

-Je t’aime, tu le sais ça n’est ce pas ?

Ce n’était pas vraiment de l’amour que je ressentais pour elle. C’était une adoration totale. Elle était tout ce qui s’apparentait à un dieu. Je n’avais foi qu’en elle. En elle et son amour. Je savais que je la blessais sans doute en essayant de la protéger comme je le faisais. Je le savais parce que Katarina aimait ses amis qu’elle considérait comme sa famille maintenant. Elle n’avait eu que son père toute sa vie. Et tous ces gens autour de nous l’avaient aidés à surmonter le traumatisme de la guerre, de la soi disant mort de son père presque sous son nez, et tout ce que je lui avais fait endurer par le passé.

Pourtant, je ne voulais pas qu’elle m’en veuille de vouloir écarter tout le monde de nos vies comme cela. Mais je voulais la garder pour moi. J’avais l’impression que personne ne l’avait cherché quand elle avait été enlevée. Et maintenant que son père était revenu, j’avais peur de la perdre à nouveau. Et en y réfléchissant bien….pas seulement parce que j’avais peur qu’on s’aperçoive qu’il était là, et que le père de Vitali recommence à essayer de faire du mal à Katarina. Ce dont j’avais le plus peur, c’est qu’elle s’éloigne de moi. J’avais peur qu’il ne me la vole tout simplement. Parce que….quoiqu’il ait pu faire, c’était son père….

-Ce n’est pas contre toi que je fais ça tu sais. Mais je ne veux pas qu’il puisse encore te faire du mal directement ou indirectement mon ange.

Je marchais en direction de notre chambre, tout doucement. Pas à pas. Parce que je portais le trésor le plus important de ma vie. Et parce que je ne voyais pas à plus d’un mètre.

-Je t’aime trop pour te voir encore souffrir. Je ne veux plus qu’on nous sépare ou qu’on te fasse du mal physiquement mon amour.
Je savais que je ne disais pas tout. Mais comment lui dire ce qui me faisait le plus peur ? Je n’y arrivais pas. Pas ce soir, pas comme ça. J’avais simplement besoin, comme l’égoïste que j’étais, de lui dire ce que je ressentais. Peut être aussi parce que jusqu’a l’arrivée de son père, je m’étais formellement interdit de lui dire ce que je ressentais au fond de moi. Et j’avais réussi à extérioriser tout ça….

-Mon cœur ne le supportera pas une nouvelle fois.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Don't feed my fear,If you don't want it out (PV Katarina)   Mer 6 Oct - 21:00

J'étais lamentable. Même plus capable de tenir sur mes propres jambes. Je me sentais terriblement faible. Certainement parce que je l'étais... J'étais incapable de me raisonner, incapable de reprendre une contenance et un air rassurant. Avant je l'aurais fait, parce que je ne voulais pas me montrer faible devant Ethan qui avait besoin de moi. Mais aujourd'hui les rôles s'étaient inversés, même si je savais qu'Ethan avait dégringolé presque autant que moi. Mais si lui s'était arrêté dans sa chute, cela n'était pas mon cas. J'étais tombée de tout en haut de l'échelle, et je m'étais brisée une fois arrivée en bas. Comment les choses avaient-elles pu si mal tourner ? Nous venions de nous marier, d'avoir une petite fille... Et voilà, tout volait en éclats. Les choses ne seraient jamais plus comme avant. Jamais plu. Nous avions perdu cette confiance que nous accordions aux autres, ainsi que notre naïveté et notre vision positive des choses... S'il n'y avait pas eu Lena, je crois que nous aurions pu faire de très grosses bêtises. Je savais qu'Ethan était terriblement excessif et je le savais capable de mettre fin à ses jours, ce qui m'effrayait grandement. Moi je ne pouvais que laisser les épreuves m'écraser sous leur poids. J'avais l'impression que c'était de pire en pire. Le retour de mon père m'avait grandement bouleversée. Tant de sentiments paradoxaux m'assaillaient que je ne savais pas quoi faire pour m'en sortir, ni quoi penser. J'étais véritablement déchirée. Je me sentais un peu comme une poupée que des enfants se seraient disputée. Mais à trop tirer dessus, la petite poupée finissait toujours par se déchirer. Et je voulais rester entière, ou du moins essayer. J'avais assez perdu comme ça dans cette bataille où j'étais « l'objet de toutes les convoitises ». D'abord, Armando s'était servi de moi pour faire sortir mon père de sa cachette. Ensuite ce dernier revenait par hasard, faisant voler en éclats toutes mes convictions. Quant à Ethan... Lui se retrouvait à essayer de me protéger de tout et de rien, à devoir combattre mes démons en plus des siens. Il n'avait pas les armes pour.

J'en voulais terriblement à mon père. Ses mensonges, suivis d'un concours de circonstances, menaçaient de détruire notre vie complètement. Et je me disais que j'avais été bien naïve, de ne rien voir pendant toutes ces années. Était-il un si bon menteur ? Pouvais-je lui faire confiance encore aujourd'hui ? Je ne le savais pas. Pourtant je le croyais quand il me disait qu'il m'aimait et qu'il ferait n'importe quoi pour se faire pardonner et retrouver ma confiance. J'avais envie de le croire, parce que je ne voulais pas perdre mon père une fois encore. Mais j'étais décidée à ne lui donner qu'une seule et unique chance... Et puis il fallait déjà attendre que ma rancœur ne se décide à prendre congé, ce qui prendrait certainement quelques temps, quelques jours, quelques semaines... Je ne savais pas pardonner si vite. Sans compter que j'avais été kidnappée et torturée par sa faute. J'en garderais toujours des traces. Je lui en voulais et en même temps je savais très bien qu'il aurait préféré mourir plutôt que de me laisser endurer de telles souffrances. Quand je pensais à l'était dans lequel Ethan m'avait trouvée... A lui, je ne lui en voulais pas. C'était étrange... Car Alan, qui était son ex dealeur m'avait torturée au même titre qu'Armando. Parce que quand il l'avait rencontré et quand il s'était émancipé de lui, il ne savait pas qu'il me rencontrerait, ni qu'il promettrait de se venger... Ethan n'avait jamais mis qui que ce soit en danger volontairement. Mon père, lui, avait menti en toute connaissance de cause. À fréquenter Armando Venezzio, on doit savoir de quoi il peut être capable de faire. À savoir les pires horreurs qui soient. Un homme qui tuerait son propre fils n'hésitait certainement pas à torturer la fille de son ancien associé et ami...

J'ai senti les bras d'Ethan se passer autour de moi, tandis que je finissais de m'écrouler contre lui. Je me recroquevillai contre sa poitrine, tremblante de peur, de nerfs et de froid. Il me disait qu'il n'avait pas trouvé mon message... Pourtant j'avais fait attention à bien le laisser en évidence... Mais il ne l'avait pas vu. Je suis restée à pleurer contre lui, à peine rassurée par son étreinte protectrice. J'étais bien incapable de m'exprimer pour le moment, ou de bouger le moindre membre. Ethan a bien essayé de me relever, mais à peine me suis-je retrouvée sur mes pieds que j'ai senti mes jambes céder de nouveau sous mon poids. Avant que je ne tombe il a passé un bras dans mon dos et l'autre sous mes genou pour me soulever et me prendre dans ses bras. J'ai laissé ma tête retomber contre son épaule. J'étais épuisée. Mes crises et mes larmes m'avaient poussée dans mes derniers retranchements. J'étais lasse... Ethan m'a attirée davantage contre lui et j'ai senti qu'il avait besoin que je le rassure un peu, alors j'ai passé mes bras autour de son cou et j'ai niché ma tête au creux de son cou. J'ai caressé ses cheveux en tremblotant, tentant de reprendre mon souffle pour calmer mes sanglots. Mais quand il m'a dit qu'il m'aimait, j'ai pleuré de plus belle, trempant son épaule de mes larmes. Au bout de quelques instants je parvins néanmoins à me redresser dans ses bras. M'accrochant toujours à lui d'une main, je séchai mes larmes de l'autre.

« Je sais... Je t'aime aussi... Я тебя люблю. »

Ma vois tremblait tandis que je lui disais ces mots dans ma langue à moi. J'étais tellement perdu que je ne savais pas quoi dire d'autre. J'étais tellement désolée de lui faire subir tout cela... Je me sentais tellement coupable... Alors que je n'avais rien à me reprocher en fin de compte. Sans être parfaitement innocente de tout péché, je n'avais jamais pris part aux affaires de mon père. J'étais devenue étudiante en médecine, j'étais passée à côté de tout cela... Je n'avais jamais réalisé combien le business de mon père était véreux... Pauvre naïve que j'étais... Dieu merci je n'avais jamais pris part à tout cela, gagnant mon argent par moi même dès que j'avais été en âge de travailler. Pourquoi Vitali avait-il out su quand moi j'étais tenue à l'écart de toute vérité ? Parce qu'il était un homme et qu'il était censé reprendre le flambeau ? Si j'avais épousé Vitali comme ils l'auraient voulu, serais-je resté la petite femme idiote ? Cette idée me rendait folle de rage... Je ne supportais pas le mensonge et je découvrais que ma vie entière était bâtie sur un monstrueux mensonge... C'était tellement énorme que cela en devenait comique. Alors c'était ça ? Ma vie était une tragi-comédie ? Quelle horreur... Moi qui n'aspirais qu'à une petite ville tranquille et banale, j'étais servie...

« Non... Non, je ne laisserai personne se mettre entre nous Ethan. Personne, même pas mon père. J'ai trop besoin de toi. Je suis trop dépendante... J'ai... J'ai peur sans toi... »

Je m'étais à peine rendue compte qu'il nous ramenait à notre chambre. J'étais tellement mal que je ne pensais pas à Lena. Mon esprit l'avait occultée, mise de côté. J'avais tellement peur de ruiner son innocence avec toutes ces histoires... Je restai de nouveau silencieuse, jusqu'à ce que je me rende compte que nous étions de retour dans notre chambre. Je restai inerte, jusqu'à ce qu'Ethan me dépose doucement sur notre lit, ayant rallumé la lampe de chevet à tâtons. Je distinguai mon message par terre, ainsi que mon oreiller. Il l'avait fait tomber... Voilà pourquoi il ne l'avait pas vu. Je suis restée immobile jusqu'à ce qu'il vienne m'enlacer étroitement. J'ai fini par me retourner, puis je me suis écartée un peu de lui, avant de le forcer à s'allonger. Je suis allée carrément poser ma tête sur son ventre en l'enlaçant.

« Je ne peux pas... Je ne peux pas accepter tout ça, Ethan... C'est trop pour moi... Je ne ne suis pas assez forte, je n'ai pas les épaules assez larges... Je n'y arrive plus... »

J'étais désespérément perdue. Je ne savais pas quoi faire.

« C'est mon père... J'aimerais pouvoir le haïr pour tout ce qu'il a fait... Mais je ne peux pas, je ne sais pas... Il est tout ce qui me reste de mes origines... J'aimerais pouvoir m'en couper, vraiment... Mais il y aura toujours une part de moi qu'il l'aimera quoiqu'il fasse... »

Je secouai légèrement la tête, ramenant mes jambes contre moi en grelotant.

« Et malgré cela, j'ai réalisé quelque chose d'autre... Je le savais déjà, mais en étant confrontée à la réalité cela prend des proportions tellement énormes... Je t'aime tellement plus que lui... C'est horrible de le dire, n'est-ce pas ? Mais c'est là... J'ai su me passer de lui presque deux ans... Une semaine sans toi et la mort me paraît plus douce que la séparation. Je ne peux pas vivre sans toi. »

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MessageSujet: Re: Don't feed my fear,If you don't want it out (PV Katarina)   Jeu 7 Oct - 18:33

Les larmes coulaient lentement, mais j’avais l’impression qu’elles ne m’aidaient en rien à aller mieux. J’avais toujours mal. J’avais toujours peur. Cette peur ne me quittait pas, jamais. A croire que nous étions devenus les meilleurs amis du monde, elle et moi. Et pourtant je la haïssais. Je la combattais chaque jour. Ou alors n’étais je pas assez armé pour le faire. Mais qui pourrait l’être pour moi ? Certainement pas Katarina, qui je l’avais compris maintenant, était fragile. C’était dur à admettre….Parce que pendant des mois je m’étais reposée sur elle, l’élevant au rang d’ange immortel. Mais si elle restait pour moi un ange. Elle n’avait rien d’immortel. Et j’avais eu raison de sa force intérieure. Comme si elle avait tout donné avec moi pour me sortir la tête hors de l’eau.

J’essayais de serrer Katarina le plus étroitement possible contre moi. Nous avions tous les deux besoin de cette proximité. Nous ressentions toujours le besoin de nous toucher. Et en cet instant, j’avais besoin de la sentir envahir chaque pore de ma peau. J’avais un besoin d’elle si fort que j’aurais désiré lui faire l’amour et me fondre en elle .Mais l’endroit, et surtout la situation était mal choisie. Elle souffrait. Et cette souffrance intérieure était sans doute bien pire que celle que lui avaient infligée Alan et Armando Venezzio.

J’avais besoin de lui dire que je l’aimais. Elle le savait, mais j’avais toujours besoin de lui dire. De l’exprimer. Qu’elle le sache… Et elle le savait oui…Son je t’aime à elle raisonnait comme un appel au secours. Le mien avait il eu la même sonorité ? Sans doute…. Mais la voix de Katarina tremblait. Encore plus quand elle m’a dit qu’elle m’aimait dans sa langue à elle. Cela devait faire partie des seuls mots que je connaissais en russe. J’avais pourtant promis d’apprendre sa langue, celle qu’elle parlait à Lena et dont je ne comprenais rien, et celle qu’elle parlait sans doute avec son père… Je me sentais exclu de tout ça. J’étais un étranger…Et ça faisait mal de l’admettre. Dans un sens, j’étais un égoïste de lui demander de parler ma langue à moi. Mais….les choses s’étaient faites naturellement depuis le début…

Et maintenant son père était revenu, et il réclamait l’affection de sa fille et souhaitait refaire partie de sa vie. Et de la mienne par la même occasion. Et j’avais tellement peur de tout perdre. Perdre ce qui faisait ma vie. Ma femme et ma fille. Heureusement que Katarina me rassurait en me disant qu’elle ne laisserait personne se mettre en nous. Et surtout pas son père. Sinon je crois que je serais rapidement devenu fou. Katarina était à moi, et je ne supportais pas de penser qu’elle puisse appartenir à un autre. Je savais bien que c’était son père. Mais je ne l’aimais pas, je le haïssais. Il ne méritait pas un ange tel que Katarina. Je savais qu’il lui ferait encore du mal, j’en étais intimement persuadé. Mais quand elle m’a dit avoir peur sans moi, mon cœur s’est serré.

Pourtant, je n’ai rien dit. A quoi bon de toute manière ? Elle savait que moi aussi. Moi aussi, sans elle j’avais peur. Tellement peur….Et c’est pour ça que j’étais sorti comme une furie quand je m’étais aperçue qu’elle n’était plus là. Sans elle c’est comme si on annihilait tous mes sens. Sans elle je n’étais rien du tout. Et je marchais dans la pénombre sans voir la moindre once de lumière pour me guider. Ma lumière dans la nuit c’était elle. Katarina !

Le couloir était à peine éclairé, et j’avançais doucement jusqu'à notre chambre. J’avais besoin d’y aller le plus vote possible. C’était le seul endroit au monde où je me sentais bien et où j’étais persuadé que notre famille était en sécurité. Nous avions recrée un véritable foyer dans à peine 25m2… C’était un miracle….Et nous y étions heureux. Nous avions tellement de souvenirs dans cette chambre. Lena surtout…Tout nous liait à elle. Lena qui dormait toujours, heureusement. Parce que si elle avait pleuré, ou réclamé nos bras, je ne sais pas si nous étions en mesure de prendre soin d’elle. Je pleurais toujours plus ou moins et Katarina semblait à bouts de forces. Quand je l’ai posée sur le dos, j’ai eu l’impression pendant un fragment de seconde qu’elle ne pesait plus rien, mais qu’elle pesait une tonne. Elle se laissait aller totalement à mes gestes. Assis sur le bord du lit, Katarina m’a attiré à elle, me forçant ainsi à m’allonger prés d’elle. Et je n’ai pas tardé à la rejoindre entre les draps. Je l’enlaçais, elle m’enlaçait. Nous semblions essayer, chacun de notre côté de nous calmer, de nous rassurer. Katarina semblait chercher la chaleur de mon corps, en posant sa tête sur mon ventre. Moi…je caressais ses cheveux machinalement en essayant de me faire rentrer dans le crâne qu’elle était là, dans mes bras, qu’on ne l’avait pas enlevée.

Seuls les mots de Katarina prononcés à voix basse sont venus interrompre le silence que nous faisions régner dans la pièce. Elle semblait perdue. Enfin non…perdue elle l’était. Irrémédiablement. Et quelques mois auparavant, je me serais mis en colère qu’elle me dise ne pas être assez forte pour accepter et assumer les choses. Mais maintenant je savais. Non…Katarina n’était pas assez forte pour ça. Ce n’est pas que je la dévalorisais en disant cela. C’était tout simplement une constatation d’un homme terriblement épris. Ma femme était fragile. Ca, au moins, je l’avais compris…

Ce que je ne comprenais qu’un peu plus difficilement c’était que malgré tout ce que lui avait fait son père, elle continuait à être attachée à lui. J’étais là à chercher pourquoi cela me dérangeait tant que cela qu’elle me dise qu’elle n’arrivait pas à le haïr. Moi je le haïssais, alors pourquoi pas elle ? J’ai ramené la couverture sur nous tandis qu’elle se recroquevillait un peu, tremblante. Je l’ai ramené tout contre moi, et je l’ai laissé vider son sac. Parler semblait lui faire du bien. Elle tremblait toujours, mais ses larmes semblaient s’être taries pour le moment.

Finalement je n’avais pas à jalouser son père. Pas après ce qu’elle venait de me dire. Elle m’aimait plus que lui. Et elle me le disait. J’avais gagné une bataille contre Alexeï Kuryenko, lui ravissant l’amour de sa fille. Et pourtant, une partie de moi n’était pas complètement rassuré, ni calmée. Parce que même si elle m’aimait plus que quiconque, je savais que c’était son père. Et cela le resterait que je le veuille ou non. Et je ne le voulais pas. Parce qu’il représentait pour moi LE danger. Un danger permanent. Et j’étais prêt à tout pour l’écarter.

Pourtant à nouveau j’ai entendu qu’elle sanglotait….J’ai passé mes jambes sur elle pour l’emprisonner encore davantage. Je cherchais à la rassurer.

-Je suis là mon amour, je suis là. Repose- toi sur moi. Laisse-toi aller, je suis là. Je ne te lâcherai pas. Repose-toi sur moi mon amour.

C’était à moi de prendre soin d’elle. A moi d’être fort. Je savais que je n’étais pas fort, mais je saurais tirer de la force quelque part. Et je savais où. Dans son regard, dans ses caresses, dans ses silences, dans ses mots. Et puis quand je sentirais que ce n’est pas assez, je savais que ma petite princesse m’aiderait à me sentir apaisé. Je ne voulais pas la mêler à tout ça. Je ne voulais pas qu’elle puisse un jour connaitre la signification du mot souffrance. Alors, avec elle, j’essayais de ne jamais lui faire ressentir ma peur, ma faiblesse. Et quand je la voyais me regarder avec amour, j’avais l’impression d’être Dieu en personne. Alors oui…je saurais être fort pour Katarina. Et quand je sentirais mes forces diminuer, j’irais jouer avec ma princesse. Et je serais fort à nouveau.

-Mon ange….

Je cherchais ses lèvres, me perdant pendant quelques instants dans son cou. Et lentement je l’ai embrassé tendrement. Pour finir par ne plus pouvoir contrôler les choses, et ma bouche s’est faite plus entreprenante. On aurait pu penser que j’allais lui faire l’amour sur le champ, mais il ne s’agissait pas de ça. Il s’agissait de sentir, et de lui faire sentir surtout que nous allions surmonter tout cela ensemble. Un long baiser auquel nous avons tout de même du mettre fin avant de chercher à se rapprocher encore plus l’un de l’autre.

-Personne ne nous séparera plus jamais, je t’en fais la promesse. On sera toujours ensemble. Toujours !

Je mettrai tout en œuvre pour que jamais plus on puisse s’en prendre à elle ou Lena de prés ou de loin. J’étais prêt à absolument tout pour les garder en sécurité. Et si je pouvais toujours rester avec elles, je le ferais. De toute façon je n’étais bien que lorsqu’elles étaient là. Loin d’elles, je sentais le besoin de les voir, de les toucher. J’aurais aimé que mes mots réussissent à calmer Katarina, mais je sentais qu’elle tremblait toujours. Et je me sentais démuni. Je ne savais pas quoi faire. J’étais désemparé face à sa souffrance. Alors j’ai dis la première chose qui me soit passé par la tête.

-Pleure si ça te fait du bien mon amour, pleure. Je suis là…je suis là….

Pourtant, j’avais horreur de la voir pleurer. Mais force est de constater que je devais pour le moment mettre mes peurs et mes dégouts au placard. Pour elle. Je faisais un pas en avant. Mais pas avant une longue et profonde inspiration. Parce que ce que je m’apprêtai à dire était l’opposé de ce que je pensais au fond.

-Je ne te reprocherai jamais rien mon amour, jamais…. Si tu veux le voir…

Au fond, je ne voulais pas qu’elle le voie. J’attendais même qu’elle me dise qu’elle ne le verrait plus, qu’elle n’en avait pas envie. Mais je voulais qu’elle comprenne que j’étais prêt à tous les sacrifices pour elle.
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MessageSujet: Re: Don't feed my fear,If you don't want it out (PV Katarina)   Ven 8 Oct - 20:10

Je ne savais faire qu'une seule chose quand j'étais dans un état pareil : je recherchais la chaleur d'Ethan, comme si cela pouvait me réchauffer et me rassurer. C'était également tout ce que je savais faire. J'avais perdu cette capacité que j'avais à m'auto rassurer quand cela n'allait pas. Maintenant j'avais besoin de lui. Le problème c'est qu'il n'avait pas l'air d'être bien plus rassuré que moi. Alors dans ce cas là nous tentions de nous rassurer mutuellement. Ce qui était peut-être plus efficace qu'il n'y paraissait. En essayant de le rassurer, je mettais de côté mes propres peurs et mes propres craintes pour tenter d'effacer les siennes. Par expérience, je savais que les siennes étaient toujours plus terribles que les miennes. Ethan avait toujours plus peur que moi... Ce n'était même plus de la peur, c'était de la terreur. Ethan était empli d'excès de toutes sortes... Je savais que c'était une des conséquences probables de la prise d'héroïne à long terme. Des sentiments exacerbés, des craintes exacerbées... Tout n'était qu'excès chez lui. Il avait ce côté tout à fait manichéen qui faisait qu'il ne voyait que les deux extrêmes du bien et du mal. Par exemple, il me considérait comme un ange... Il était incapable de voir mes défauts, il ne voyait que mes qualités. Et il se voyait lui même comme le contraire de ce que j'étais. Alors qu'il avait des qualités, et pas des moindres. Avec moi il était doux, tendre, attentif, prévenant... Non, il n'aimait pas à moitié. Il m'aimait à l'excès. Et je l'aimais à l'excès. Il fallait que cela soit de l'excès pour que je le préfère à mon père sans même y réfléchir. En repensant, je ne pouvais pas m'empêcher de culpabiliser par rapport à mon père. Je le savais tout à fait capable de me demander si je l'aimais plus que lui. Et il avait effectivement posé la question. J'avais été incapable de mentir. J'avais répondu « non, papa ». Non, papa, je ne t'aime pas plus que lui... Mon amour pour Ethan était si immense qu'il surpassait même l'amour filial...

Je continuai à sanglotait, aussi m'entoura-t-il de ses jambes pour me serrer plus contre lui. J'entourai son ventre de mes bras, et je collai ma joue contre son ventre. Je sentais mon coeur qui ralentissait lentement, au fur et à mesure que je tentais de cesser de pleurer. Ce qui ne m'aidait pas, c'était de savoir qu'il luttait lui même contre ses propres larmes. Je m'en voulais de lui avoir fait une telle frayeur. Je savais qu'il craignait par dessus tout de me perdre maintenant. Pouvais-je le lui reprocher ? Oh que non... J'entretenais sa paranoïa sans le faire exprès. Je m'en voulais terriblement. Je devrais faire beaucoup plus attention par la suite, sans quoi je risquais fort de créer plus de dégâts que mon propre père... Hors de question de blesser Ethan plus qu'il ne l'était déjà. Il avait déjà dépassé ses limites. Trop souvent... Je sentais qu'il était en train de se briser et cela m'était clairement insupportable. On était en train de briser l'amour de ma vie ! Encore et encore et encore... J'avais l'impression qu'Ethan n'avait aucun répit. Ethan n'était pas heureux... Il était malheureux. Terriblement malheureux. Malgré mon amour pour lui, malgré la présence de Lena... Il était malheureux. Et il n'y avait rien que je puisse faire. Comment l'empêcher de vivre dans la peur quand j'y étais moi même plongée ? C'était un cercle vicieux... Tout ce que je voulais c'était que nous nous en sortions enfin. Cela faisait des semaines que nous vivions dans la peur, l'angoisse, la crainte et la douleur... A croire que tout était fait pour nous séparer. Alors que nous étions fait l'un pour l'autre.

« Non... Non, tu souffres assez Ethan, je ne veux pas me laisser aller sur toi, me reposer sur toi... Je refuse que tu fasses semblant juste pour prendre soin de moi... Pas si tu dois te faire du mal. »

Je n'avais pas oublié ma propre expérience dans ce domaine. Je m'étais crue assez forte pour supporter Ethan à cent pour cent et le résultat avait été terrible. Je le savais encore plus fragile que moi à ce niveau là. Parce qu'il allait se mettre en tête qu'il devait être le plus fort possible pour moi, quitte à en pâtir. Je refusais de le voir s'écrouler aussi facilement qu'un château de cartes soufflé par le vent. Je n'avais pas envie de le perdre encore une fois. En ce moment je le sentais plus faible que jamais. Presque plus faible que quand Alexander l'avait ramené en pleine crise de manque. Je me suis redressée doucement dans ses bras tandis qu'il cherchait à m'embrasser. Je le laissai faire, fermant les yeux tandis qu'il m'embrassait dans le cou. Je le laissai également m'embrasser pleinement, profitant plus que je ne participai. J'enfouis ensuite ma tête au creux de son cou, l'embrassant à mon tour tandis qu'il refermait ses bras autour de moi.

« On ne peut pas séparer les deux parties d'un tout. On ne nous séparera pas, parce que c'est impossible. Tu es moi, et je suis toi... »

C'était stupide, romantique à en vomir... Et pourtant. J'avais sincèrement l'impression qu'il faisait partie de moi. Je m'étais sentie déchirée quand j'avais été séparée de lui. C'était comme si on m'avait arraché le coeur, avant de me le rendre. Je me foutais complètement des « qu'en dira-t-on ». Oui, Ethan était un ancien drogué, oui il était excessif à outrance, oui il ne pensait qu'à moi, oui cela pouvait passer pour de l'égoïsme... Mais je l'aimais. Ses défauts je m'en étais accommodée, j'avais appris à les aimer. Je l'acceptais comme il était, tout simplement. Et je l'aimais ainsi. Peut-être que j'étais aveugle, oui... Et alors ? Cela me convenait parfaitement. J'ai secoué la tête quand il m'a dit que je pouvais pleurer si cela me faisait du bien.

« Non... Je n'ai que trop pleuré... Il faut que je cesse de pleurer Ethan. C'est ridicule, je pleure depuis ce matin... »

J'eus un petit rire, entrecoupé de quelques sanglots. C'était idiot, de pleurer tellement. Mais s'il y en avait un qui me comprenait, c'était bien Ethan. Il n'était pas homme à cacher ses larmes. Cela ne m'avait jamais dérangée ou choquée de le voir pleurer. Au contraire. Je préférais cela. Qu'il se cache pour pleurer m'aurait dérangée. Il n'avait pas à avoir honte. Il n'avait rien à me cacher. Ethan était exceptionnel à mes yeux. Il n'était définitivement pas comme les autres. Il disait que c'étaient ses parents qui avaient fait de lui ce qu'il était. Alors je ne pouvais que les remercier pour ce qu'ils avaient fait. Ils m'avaient offert l'amour de ma vie. Le temps d'une vie ne serait même pas assez long pour lui prouver à quel point je l'aimais. Non, tous les deux nous allions vivre pour l'éternité... Je me mordis la lèvre quand il m'avoua qu'il ne me reprocherait jamais quoi que ce soit. Même pas mon envie de voir mon père. Je me redressai brusquement dans ses bras. Je le regardai plusieurs secondes, avant de secouer doucement la tête.

« Je... Tout ce que j'aimerais c'est quelques minutes, juste de temps en temps, pour me... pour me réhabituer à lui ? Quelques minutes... Seule. Si tu acceptes, je te promets de ne pas approcher Lena de lui. C'est ta fille Ethan, TA fille. »

Je souris, caressant sa joue du bout des doigts. Je me penchai en avant et posai mon front sur le sien en soupirant doucement, posant une main sur son torse.

« Mais si tu ne veux pas peu importe, Ethan. Je ne veux pas te blesser. Je ne veux pas. »

Je laissai mes lèvres glisser sur son visage, effleurant son nez, sa tempe, sa joue, sa mâchoire... Puis je me laissai aller à l'embrasser pleinement, prenant son visage entre mes doigts. Aussi idiot que cela puisse paraître, nous avions besoin de ces contacts physiques pour nous rassurer. Je l'embrassai, encore et encore et encore, laissant mes doigts courir dans ses cheveux doucement.

« Je ne veux pas que tu aies peur que je m'éloigne de toi, Ethan. J'ai lutté contre la mort pour toi. Ne crois pas que mon père puisse se glisser entre nous. Ne crois pas que quiconque puisse le faire. Tu es le centre de ma vie. »

Je soupirai, avant de poser ma tête contre son torse, que j'embrassai tendrement.

« Je veux simplement que vous ne vous battiez pas pour que je choisisse l'un d'entre vous. Même si au fond, mon choix est fait depuis toujours. Toi. »

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MessageSujet: Re: Don't feed my fear,If you don't want it out (PV Katarina)   Dim 10 Oct - 16:21

Ma femme était vraiment un ange. Je ne comprenais pas pourquoi le sort s’acharnait ainsi sur elle. Elle ne méritait pas toutes ces épreuves. J’aurai tant aimé la préserver du malheur, de la tristesse…. C’était pour ça que je me promettais de le faire avec notre petite princesse. Et j’étais parfaitement intraitable sur ce point là : Lena ne devais jamais souffrir, jamais !! Je ne l’accepterai pas. C’était déjà assez dur comme cela de supporter de voir le regard perdu de ma femme, et des larmes lentement inonder son visage pourtant si beau. Elle faisait tout pour me protéger alors qu’elle était elle-même en pleine souffrance. Qu’est ce que je pouvais dire à cela ? Rien…je n’aurais jamais de mots assez forts pour lui dire à quel point elle était si parfaite. Elle était malheureuse et pourtant elle n’était jamais égoïste. Elle s’inquiétait même pour moi. Non pas que cela ne me plaise pas. Mais j’avais peur de retomber dans le même cercle vicieux dans lequel nous étions tombés avant Lena… Je ne voulais plus de tout ça…

Mais je ne savais même plus comment réagir, comment agir… J’étais totalement perdu. Je m’étais tant reposé sur les autres, que maintenant que tout le monde m’avait lâché, je ne savais pas ce que je devais faire. J’avais tellement honte de ne pas savoir me prendre en main. Parce que si j’avais su, jamais ma femme n’aurait eu à souffrir comme elle le faisait. Je n’étais vraiment capable de rien. A Part la serrer tout contre moi, et lui caresser amoureusement les cheveux. Maigre consolation…

Mais je ne pouvais pas la lâcher. Je l’étreignais toujours plus étroitement. Elle avait raison quand elle disait que nous étions les deux parties d’un tout. Et qu’on ne pouvait pas nous séparer. Oui j’étais à elle, et elle était à moi. Nous nous appartenions. Et j’étais quelqu’un de particulièrement égoïste avec ce qu’il possédait… Katarina était MA femme et je ne supportais pas de la voir pleurer parce qu’elle était malheureuse. Mais dans l’état dans lequel je me trouvais, je me disais que si elle avait besoin de pleurer, alors je supporterais ma propre souffrance. Mais elle en avait assez de pleurer. Elle voulait être forte….mais je savais qu’elle ne pouvait pas. Mon amour la fragilisait autant qu’il la protégeait. C’était pour moi qu’elle faisait tous ces efforts sur elle-même.

Elle était prête à sacrifier son rêve le plus cher pour moi. Je savais que quelques mois auparavant, quand la vérité sur son père et ses activités n’avait pas encore éclatée, elle aurait tellement aimé pouvoir présenter Lena à son père. Et je me doutais que, malgré tout ce qu’elle savait, elle avait sans doute encore ce rêve. Mais pour moi elle était prête à sacrifier ce rêve. Parce qu’elle savait que je ne voudrais pas. Et elle avait raison. Je refusais qu’il ne l’aperçoive ! Je l’avais chassé quand il avait essayé de s’approcher de Lena. Et j’aurais pu le tuer. J’en avais eu envie. Je ne voulais pas qu’il salisse mon enfant en posant la main sur elle. Je lui étais vraiment reconnaissant de me comprendre et de faire l’effort de respecter mes choix. Alors….si Katarina, faisait cet effort de me comprendre, je pouvais en faire un moi aussi.

Je savais que j’allais céder, mais pour le moment j’essayais surtout de me rassurer, de me laisser aller aux paroles réconfortantes de ma femme, de me laisser aller à ses lèvres qui courraient partout sur mon visage. Et rien ne comptait plus que cela pour le moment, si bien que je fermais les yeux, me laissant totalement happé par ce baiser qu’elle me donnait. J’avais besoin plus que jamais de son amour, et d’être rassuré sur ce que nous voulions. Nous ne voulions pas être séparés. Je refusais de l’imaginer partir loin de moi. Parce que je n’acceptais pas de vivre ma vie sans elle.

Avec une autre, j’aurais surement du lui dire toutes ces choses. Mais avec Katarina, les mots étaient souvent superflus. Elle savait ! Il lui suffisait de lire dans mes yeux, d’écouter mon cœur battre à tout rompre dans ma poitrine pour qu’elle sache à quel point j’étais touché par tous les efforts qu’elle faisait. C’était elle qui souffrait le plus dans cette histoire, et pourtant à aucun moment elle n’avait minimisé la mienne. Elle était moindre que la sienne oui, mais elle n’en était pas absente pour autant. Nous savions tous deux que nous souffrions. Mais Katarina faisait encore des efforts pour moi. Alors maintenant il fallait que j’en fasse pour elle. ..

-D’accord…

J’étais prêt à faire l’effort de la laisser parler à son père et de rattraper le temps perdu. Parce que je savais que cela lui tenait à cœur. Elle n’aurait jamais été aussi malheureuse en me disant qu’elle voulait juste le voir sinon, mais qu’elle l’éviterait si je le lui demandais. Je savais que je ferais plaisir à Alexeï, et qu’il penserait avoir gagné…mais je le faisais pour Katarina. Parce que si cela ne la travaillait pas autant, elle ne serait pas sortie en pleine nuit pour aller le voir. Jamais elle n’avait quitté mes bras la nuit. C’était la première fois… Alors j’essayais de faire taire cette petite voix qui me disait de l’emprisonner. Après tout, j’étais rassuré. Si elle avait à choisir, c’est moi qu’elle choisirait. Elle me l’avait dit. Alors….j’ai soupiré et fermé les yeux parce que je savais que ce que j’allais dire allait changer beaucoup de choses dans nos vies.

-Tu pourras voir ton père un peu….Mais il ne verra pas Lena hein ? Jamais ?

Je voulais bien faire des efforts pour Katarina. Mais je refusais de les faire pour Lena. Lena ne connaissait pas son grand père, elle ne ressentait pas ce manque. Et je voulais que jamais elle ne le voie, que jamais il ne la touche. Pour moi il l’aurait souillée. Même qu’il pose son regard froid et cynique sur elle m’était totalement insupportable. Je ne savais toujours pas comment je lui présenterais ça quand elle serait en âge de comprendre, mais je savais qu’elle comprendrait. Mon enfant comprendrait que je voulais la protéger. Je le faisais pour elle !

-Je ne veux pas qu’il s’en approche à moins de dix mètres Katarina ! Je suis sérieux ! Je ne veux pas qu’il s’en approche !

J’avais pris son visage entre mes mains et j’avais vrillé mon regard dans le sien. Mes yeux semblaient sans doute un peu hallucinés. Et c’était peut-être un peu le cas. J’étais paniqué à l’idée qu’il s’en approche. J’étais prêt à tout pour ne pas qu’il s’en approche. Nous ne sortions pas beaucoup, mais je me doutais qu’Alexeï Kuryenko chercherait un moyen de voir sa petite fille. Mais ce qu’il oubliait c’est que je veillais scrupuleusement sur elle. Et que j’étais déterminé à imposer cette distance. Même à le mettre dehors et le tuer s’il désobéissait à mes règles. C’était moi qui faisais les règles, pas lui !

-J’ai peur oui, tellement peur… Mais je préfère que tu le voies parce qu’on se sera mis d’accord et qu’il ne s’agit que de dix minutes maximum par jour plutôt que tu ailles le retrouver en cachette pendant que je dors, et qu’à mon réveil je pense qu’on t’a arrachée à moi. Je préfère ça…

Je lui exposais les raisons qui me poussaient à accepter. Pas pour dire « tu vois, moi je fais des efforts contrairement à ton père ». Mais parce que je savais que cela la rassurerait. Je voulais qu’elle soit rassurée, je ne lui ferais pas le reproche plus tard. Elle m’avait laissé le choix, et je l’avais fait. Si voir son père et avoir des contacts avec lui, lui était nécessaire, alors je voulais bien faire un effort. Mais j’imposais mes conditions tout de même. Je ne voulais pas que cela dure trop longtemps. Parce que j’avais peur qu’il lui mente encore, qu’il lui fasse du mal, et qu’il ne réussisse à me la voler en lui enfonçant des idées horribles dans la tête. Et puis…si jamais il y avait un espion dans la communauté, je préférais qu’il ne les voit ensemble le moins possible, et qu’il croit qu’ils étaient en froids.

J’ai senti ma voix chevroter alors que j’essayais de lui dire que j’étais fatigué. J’étais las. Pas seulement parce que j’avais peu dormi. Mais las de sans cesse devoir me battre pour qu’elle soit en sécurité. J’avais peur de m’effondrer et de tout gâcher. Mais j’étais à bout je le savais. Le seul point positif, c’est que je tirais ma force de ma femme. Je lui devais tout.

-Mon amour, mon ange… Je t’aime tellement…Tu es l’amour de ma vie. Sans toi je ne suis rien. Rien du tout !! Reste toujours avec moi !

Je fondais en larmes un instant et j’ai ravalé mes sanglots avant de lui caresser frénétiquement les cheveux. J’avais tellement peur de la perdre encore. Mais je savais que je finirais par la perdre si je ne lui permettais pas de voir son père.

-Tant que ton père respecte ce que j’ai décidé et qu’il se tient à carreau, je te promets de ne pas me battre avec lui.
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MessageSujet: Re: Don't feed my fear,If you don't want it out (PV Katarina)   Mar 12 Oct - 12:18

Je voulais le rassurer. Il ne devait surtout pas croire que j'allais l'abandonner maintenant que j'avais retrouvé mon père. Je ne comprenais même pas qu'il puisse penser une chose pareille, tellement c'était insensé. Mais Ethan était de nature anxieuse, je le savais très bien. Aussi devais-je faire de mon mieux pour le rassurer. Alors je lui demandais simplement de « m'accorder » la permission de voir mon père. Cela pouvait passer pour une forme de soumission mais ce n'était pas ça du tout. Je ne cherchais qu'à le rassurer. J'avais été une idiote. Ce n'était pas partant comme ça en plein milieu de la nuit que j'allais le rassurer. Il voyait mon père comme une menace pour notre couple et notre famille. Mais je ne laisserai personne se mettre entre nous. Je l'aimais trop. C'était l'amour de ma vie. Maintenant que je l'avais trouvé, je ne laisserai pas m'échapper. J'avais besoin de lui. Je ne pouvais pas vivre sans lui. Je ne m'en sentais pas capable. J'avais bien essayé, mais sans succès... Il était mon oxygène... C'était une triste vérité. J'avais très bien réussi à survivre sans mon père. Mais sans lui... même quelques heures c'était difficilement faisable. Et j'espérais qu'un jour mon père comprenne cela. J'aimais Ethan de ce même amour inconditionnel et sans limites qu'il avait éprouvé pour ma mère. Mais moi, je ne trouverai certainement pas la force de survivre sans lui. J'osais à peine imaginer ce que serait ma vie s'il en sortait brutalement. Ce ne serait même plus une vie... Je ne savais même pas si je m'en sortirais seule avec Lena. Mon père avait eu la force de s'occuper de moi. Je doutais d'être aussi forte que cela. Non, je ne l'étais même pas. Je n'avais même pas la force de gérer un conflit familial qui opposait mon père à mon mari. Tout ce que je pouvais faire c'était les regarder s'affronter tous les deux sans rien dire, ni rien faire...

Je lui souris quand il lâcha simplement un « d'accord » qui semblait lui couter beaucoup. Il m'accordait la permission de passer du temps avec un homme qu'il détestait profondément, parce qu'il m'aimait et qu'il voulait me faire plaisir. Mais, car il y avait un mais, il refusait catégoriquement que ce dernier voie Lena pour le moment. Ce que je comprenais, même si cela me faisait de la peine de savoir qu'elle se retrouvait elle aussi dans ce conflit. Je ne voulais pas qu'elle en souffre. Elle n'avait rien fait pour mériter cela, elle était totalement innocente... Je n'allais pas brusquer Ethan. Il ne voulait pas que mon père puisse voir Lena, alors il ne la verrait pas. Et si ce dernier me demandait pourquoi, je lui expliquerais les raisons qui me poussaient à garder Lena loin de lui. Je savais qu'il n'aimerait pas cela, parce que c'était sa petite fille et qu'il ne lui ferait jamais aucun mal. Je lui expliquerais qu'il fallait y aller lentement avec Ethan. Ces derniers temps beaucoup de choses nous étaient tombées dessus sans prévenir. Le retour de mon père était la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase de la tolérance d'Ethan. Il avait accumulé plus de choses que c'était humainement possible. Alors il explosait, étant à bout de nerfs. Je le comprenais.

« Je te promets que je garderai Lena à l'écart. Je ne prendrai aucune décision la concernant sans ton accord. Je ne veux surtout pas que tu croies que je brave les interdits pour mon père. Je ne veux pas risquer de te perdre, tu sais. Même pas un tout petit peu.»

Il a pris mon visage entre ses mains et il m'a regardé avec un air presque halluciné. Il avait toujours cet air là quand il avait peur de quelque chose. Et en ce moment il avait peur de beaucoup de choses... J'en avais assez de le voir souffrir en permanence. Assez de savoir qu'il n'était pas heureux... C'était terrible de savoir que la personne que vous aimez le plus au monde n'est pas heureuse. Et en ce moment, j'avais bien du mal à le rendre heureux, car je n'étais moi même pas certaine de l'être encore... Il s'était passé tellement de choses, il y avait eu tellement d'évènements durs à supporter dans nos vies... Nous n'avions pas encore su sortir la tête de l'eau.

« Excuse moi. Je suis vraiment désolée. Je n'ai pas réfléchi... C'était stupide et insensé et... Je n'aurais pas dû aller le voir sans t'avertir. Te laisser un mot c'était juste... Stupide. »

Le connaissant, j'aurais dû comprendre qu'il allait paniquer et qu'il ne prendrait même pas la peine de regarder autour de lui pour voir si je lui avais laissé un mot, ou quelque chose du même genre... Il avait paniqué, tout simplement. J'avais vraiment été idiote, simplement poussée par mon envie d'aller parler à mon père pour mettre certaines choses au clair. Cela ne se reproduirait plus. Je n'avais pas envie de réveiller la paranoïa d'Ethan. Je ne devais pas le fragiliser plus qu'il ne l'était déjà. Malgré la situation, je devais faire mon possible pour prendre soin de lui au maximum. J'avais compris qu'Ethan serait toujours fragile, quoi qu'il se passe. Et j'avais également compris qu'il prenait sur lui au maximum pour donner l'illusion qu'il était fort. Par exemple, tout ce qu'il avait fait pour me sauver... Il l'avait fait en désespoir de cause, poussé par son amour pour moi et sa peur de me perdre... Et chez lui, cette peur se manifestait par une grande violence. Je savais donc qu'il pourrait redevenir violent à n'importe quel moment, avec mon père dans les parages. Oh, pas avec moi. Il ne me toucherait jamais, je le savais très bien. Je le sentais faiblir au fur et à mesure qu'il s'exprimait. Il avait de nouveau ce ton désespéré que je détestais tant entendre.

« Tu sais bien que je ne te quitterai jamais Ethan. Je resterai toujours avec toi. Je ne suis plus rien sans toi non plus. »

Sous ma tête, je sentais sa poitrine se soulever des plus en plus rapidement, signe évident qu'il se retenait de pleurer. Je me suis mordue la lèvre, caressant doucement son ventre du bout des doigts, autant pour l'apaiser lui que moi. Je n'ai trop osé rien dire quand il a parlé de mon père. Lui, se tenir à carreaux ? J'avais comme de gros doutes... J'avais l'impression que mon père n'allait pas se comporter en gentil garçon... il n'aimait pas qu'on lui dicte sa conduite. Même si je lui avais demandé de ne pas faire de vagues, je n'étais pas certaine qu'il parvienne à se raisonner assez pour écouter mes conseils. Il était plus têtu qu'une mule quand il le voulait. Et avec Ethan, il risquait de se créer de sacrés ennuis. Le moindre faux pas serait prétexte à le mettre dehors, j'en avais parfaitement conscience. Quant à se battre... connaissant aussi bien l'un que l'autre, je les savais parfaitement capable d'en venir aux mains pour régler leurs problèmes. Mon père était peut-être un peu plus imposant qu'Ethan physiquement, si je devais prendre les paris, ce ne serait pas en sa faveur... J'avais très bien vu de quoi Ethan était capable. Ce n'était pas mon père qui allait lui faire peur. Je le savais capable de le réduire en miettes si l'envie lui prenait. Et j'aimais autant qu'il ne le fasse pas, même si je me gardais bien de lui dire...

Je me redressai dans ses bras pour le regarder, et j'avisai ses yeux brillants de larmes. Je me penchai en avant pour embrasser son front, tout en soulignant ses yeux du bout des doigts. Enfin, je m'échappai de ses bras pour m'asseoir à côté de lui. Je caressai ses cheveux doucement, avant de lui ouvrir les bras. Cela faisait des semaines qu'il ne s'y était pas blotti, prenant sur lui pour être fort et pour me rassurer moi. Là, maintenant, c'était lui qui avait besoin de moi.

« Viens dans mes bras. Tu as besoin de te reposer. Alors viens dans mes bras. »

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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MessageSujet: Re: Don't feed my fear,If you don't want it out (PV Katarina)   Sam 16 Oct - 15:21

J’étais prêt à parier qu’il allait essayer. Je ne connaissais pas Alexeï réellement. Mais j’en avais entendu parler. Katarina en avait souvent parlé. Son père était tout pour elle lorsqu’elle était enfant. Après la mort de sa mère, c’est son père qui avait pris soin d’elle. Et il la choyait sans doute autant que mes parents l’avaient fait avec moi. Il semblait prêt à tout pour sa fille. Je ne pouvais pas le blâmer pour ça par contre. Il aimait Katarina sans doute autant que j’aimais Lena. C’était la chair de ma chair, le sang de mon sang. Et j’étais prêt à n’importe quelle folie pour lui. Et si son père était comme elle l’avait décrit, il trouverait un moyen pour passer outre mes limites. Il voulait sa fille, et il l’avait. Maintenant il l’avait….J’avais cédé.

Mais je me doutais que cela ne lui suffirait pas. Il se tiendrait à carreau combien de temps ? Une semaine ? Pas plus à mon avis. Et après ça je savais qu’il chercherait à se rapprocher davantage de sa fille. Il voudrait être à nouveau le centre de son univers, il voudrait tout partager avec elle. Et le monde de Katarina c’était Lena et moi. Alors, mon beau père finirait rapidement par vouloir connaitre sa petite fille. Ca ne faisait aucun doute dans mon esprit. Et cela, il en était absolument hors de question. Il ne toucherait pas un seul cheveu de mon bébé.

Je la regardais, son visage pris entre mes mains. Parce que je ne comprenais pas qu’elle puisse penser que je puisse lui en vouloir, ou vouloir la quitter. Bien sûr je voulais qu’elle se conforme à ce que j’avais décidé, mais je savais que je ne pourrais jamais être en colère contre elle. Je l’aimais trop pour lui en vouloir pour quoi que ce soit. Et je savais qu’elle ne ferait jamais rien contre moi. J’avais peur aussi oui. Peur de la perdre. Mais je comprenais qu’elle m’aimait aussi fort que moi je pouvais l’aimer. Elle s’en voulait d’être partie en pleine nuit. Et même si, j’avais été fou d’inquiétude, elle était là maintenant. Oui, bien sûr que j’aurais aimé qu’elle m’en parle ou qu’elle me demande, mais elle était malheureuse…Je ne savais pas ce qu’ils s’étaient dit et je n’avais pas envie de savoir, mais elle était là. Elle était là dans mes bras.

Je pouvais me détendre maintenant, il fallait que je me détende. Tout allait bien, tout allait bien. J’essayais de me calmer, de me rassurer moi-même. Elle était là, il ne lui était rien arrivé. Elle était là, elle allait bien, et elle m’aimait. Elle m’aimait et elle ne voulait pas me quitter. Elle me le répétait, et j’essayais vraiment de l’intégrer.

Pourtant malgré toutes ses paroles d’amour, malgré ses paroles rassurantes, je n’arrivais toujours pas à me sentir apaisé. La panique qui m’avait envahi était bien trop forte, bien trop douloureuse. Ne pas la voir dans la chambre, ne pas la trouver avait réouvert la blessure. Rien n’était cicatrisé. J’avais vécu à nouveau ce jour là où je m’étais rendu compte qu’elle n’était nulle part. Heureusement que je l’avais retrouvé rapidement. Parce que j’aurais sans doute fini par faire une crise de nerfs. J’étais tout sauf un homme fort. Sans elle je ne l’étais pas. C’était ma femme ma force.

Si elle savait à quel point la sentir prés de moi était agréable. Mais j’avais toujours du mal à réaliser que je m’étais inquiété pour rien. J’avais eu peur qu’on l’ait enlevé, et quand elle m’avait dit où elle était allée, j’avais eu si peur de la perdre. De perdre son amour. Mais elle m’aimait toujours. Elle m’aimait toujours, et elle promettait de ne jamais cesser de m’aimer. J’avais cédé pour lui faire plaisir, et j’avais peur de le regretter, mais je savais que je l’avais fait par amour.

Je sentais les larmes me monter au nez, et j’essayais de faire mon possible pour ne pas les laisser couler, je ne voulais pas pleurer. Katarina était si prévenante, si douce, si parfaite. Je n’avais rien eu le temps de dire qu’elle sentait que j’avais besoin de ces caresses là. Alors quand elle s’est écartée, et m’a tendu les bras comme elle l’avait fait des milliers de fois avant, je n’ai pas hésité une seule seconde.

« Viens dans mes bras. Tu as besoin de te reposer. Alors viens dans mes bras. »

En cet instant, je ne me sentais pas la force de mentir et de lui dire que ça allait. Je n’avais pas la force de la prendre dans mes bras et de l’apaiser. J’avais besoin de sa douceur, elle avait raison. J’avais besoin de repos dans ses bras. Je sais que pour certains avouer que vous avez besoin de vous sentir protégé par votre femme est une honte, mais pour moi ça ne l’était pas. Je n’avais pas honte de dire que ma femme était tout pour moi. J’étais un homme fragile, elle le savait. Je le savais aussi.

Je me suis blotti dans ses bras et je me suis laissé aller. J’avais l’impression d’être dans un cocon. Plus rien ne m’atteignait. Ma respiration se faisait moins saccadée, moins forcée. Ma femme m’apaisait vraiment.

-L’important c’est que tu sois là, et que tu ailles bien. C’est le plus important oui.

J’ai remonté la couverture sur nous quand nous nous sommes allongés. Katarina était d’une douceur incroyable. Les yeux fermés, je me laissais enfin aller. Sa main ne cessait de caresser mes cheveux, et je me collai davantage à elle.

-Je t’aime mon amour.

Je ne cesserais jamais de lui dire. Cent fois par jour s’il fallait. Mais j’avais besoin de lui dire. Je n’attendais jamais qu’elle me le dise avant, ou qu’elle me réponde. Ce n’était pas comme cela que ça fonctionnait entre nous. J’avais juste besoin de lui dire. Et quand elle ne me répondait pas, je savais qu’elle le pensait quand même. Son baiser sur mon front en était la preuve. Oui elle savait que je l’aimais, et elle m’aimait aussi.

Je sentais peu à peu la fatigue me gagner. J’étais apaisé dans ses bras. Je me laissais aller comme quand c’était la seule façon de me calmer. Mais après tout, c’était toujours la meilleure façon de me calmer. Je n’avais pas vraiment changé. Si ce n’est que je ne me droguais plus. J’avais réussi à trouver autre chose pour pallier ce manque. Ma famille.

-Je voudrais réussir à être celui dont tu as besoin. J’essaye tous les jours, je le jure. Mais je n’y arrive pas. Je ne suis pas assez fort.

Et pourtant, je savais ce qui avait failli mettre fin définitivement à notre amour. Je lui demandais beaucoup. Et là encore, je lui demandais de me rassurer, de me consoler. Alors qu’elle avait sans doute besoin que je sois là pour elle. Elle avait peut être besoin que ce soit elle que je tienne dans mes bras. Mais je n’arrivais à rien. J’étais trop fragile. J’avais besoin de récupérer des forces surtout.

J’ai embrassé son cou en y enfouissant mon visage et je sentais Morphée me ramener à lui.

-Excuse-moi mon ange. Excuse-moi.

J’aurais voulu lui dire tant de choses mais la fatigue m’a rattrapée et je me suis endormi comme une masse, enveloppé dans la chaleur de l’amour de mon ange.
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MessageSujet: Re: Don't feed my fear,If you don't want it out (PV Katarina)   

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