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 Let me help you { Alexander }

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Katarina K. Jones
In the shadow of your heart.
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MessageSujet: Let me help you { Alexander }   Jeu 7 Oct - 10:00

Mon père s'était enfui.

Aussi énorme et aussi stupide que cela puisse paraître, il l'avait fait. Comment avait-il osé ? Cela ne faisait même pas une semaine qu'il était là et il se permettait déjà de faire des vagues. C'était incroyable, et cela me décevait énormément. La confiance que j'avais en lui était déjà nettement ébranlée et il en rajoutait une couche en s'évadant de manière peu chevalière, prétendant qu'il y avait un problème avec moi et Lena pour pouvoir éloigner un des gardes et mieux assommer l'autre. En plus d'être terriblement déçue, j'étais blessée. Je lui avais demandé de se tenir correctement, le temps pour nous tous ne nous faire à sa présence, d'accepter ses affaires avec Armando. Mais il ne m'avait pas écoutée. Croyait-il arranger sa crédibilité ainsi ? Non, certainement pas, de même que cela ne m'aiderait pas à le pardonner plus rapidement. Et Ethan n'était certainement pas prêt à lui faire confiance. Loin de lui en vouloir, je me pliais à ses décisions. Je ne voulais pas me disputer avec lui. Je le voyais quand je le pouvais, c'est à dire quand le hasard facilitait les choses, où encore quand Ethan m'accordait quelques minutes avec lui. Jamais avec Lena. Il ne voulait pas qu'il s'en approche, qu'il ne la touche ou ne fasse que la regarder. Il avait été très clair sur ce point. S'il n'avait pas pu empêcher mon père de me faire du mal, il était hors de question qu'il fasse le moindre mal à Lena. Si je trouvais cette mesure excessive, je le comprenais. Il avait peur. Son côté paranoïaque était très nettement exacerbé depuis qu'il m'avait retrouvée agonisante. Je savais très bien que mon père ne ferait rien à Lena. Au contraire, sans même la connaître il l'adorait. Mais je n'étais pas décidée à aller contre l'avis d'Ethan. Il avait besoin de temps pour accepter tout cela. Encore que je ne pouvais pas être certaine qu'il finisse par changer d'avis. Non seulement il était buté, mais en plus il était rancunier. Ce qui lui faisait un sacré point commun avec mon père.

Nous étions tard dans l'après midi. J'étais seule avec Lena. Ethan avait certaines choses à faire qui ne pouvaient pas attendre, alors il nous avait laissé seules toutes les deux, me faisant cependant promettre que je ne sortirai pas de notre chambre, excepté pour aller à l'infirmerie si j'avais envie d'aller y passer du temps ou si Mathilda avait besoin d'un coup de main. Cependant je n'avais pas vraiment l'intention d'aller où que ce soit. Je me sentais un peu vaseuse, je préférais rester au calme et tranquille avec Lena. J'avais joué un peu avec elle sur notre lit jusqu'à ce que je la vois qui commençait à se frotter les yeux doucement. Je l'avais donc installée correctement sur un grand coussin avant de la laisser s'endormir. Je l'avais regardée quelques instants avant de me lever pour remettre un peu d'ordre dans notre chambre. Non pas qu'elle soit vraiment en désordre, mais j'avais besoin de m'occuper l'esprit. J'avais rangé tout nos vêtements, remis de l'ordre sur le bureau et dans l'armoire... En rangeant cette dernière j'étais malgré moi tombée sur cette boite en carton qui contenait une superbe robe que m'avait offerte mon père... Je ne l'avais jamais mise. Je ne savais même pas pourquoi elle faisait partie des choses que j'avais eu envie de sauver, au même titre que mes albums photo ou les bijoux ayant appartenu à ma mère. C'était une bête question de sentimentalité... Je n'avais pas ouvert la boite, peu désireuse de me souvenir de ces soirées mondaines auxquelles mon père m'emmenait souvent, s'arrangeant toujours pour que Vitali soit mon cavalier... Je me souvenais d'une de ces soirées où Vitali et moi avions fait le mur. Nous nous ennuyions au milieu de tous ces gens, alors nous avions décidé d'aller faire un petit tout dehors, lui en costume trois pièces et moi en robe du soir... Nous étions en novembre, à Moscou et nous avions fini par faire une bataille de boules de neige comme deux gamins... J'avais quinze ans et lui vingt. Cela faisait déjà dix ans, et je n'avais pas oublié comment nous nous étions fait remonter les bretelles par nos pères respectifs. Nous avions bousillé nos vêtements et attrapé un rhume énorme, qui nous avait cloués au lit pendant deux semaines. Mais nous nous étions trop amusés pour regretter notre petit écart au règlement protocolaire de ces soirées...

Je sursautai quand j'entendis Lena commencer à pleurer. Jetant un rapide coup d'œil à l'horloge, je compris qu'elle pleurait parce qu'elle avait faim. Elle cessa de pleurer aussitôt que j'entrai dans son champ de vision. Comme nous en avions l'habitude je me calai contre le mur pour lui donner le sein. Lena tétait un peu plus longtemps qu'avant, mais elle mangeait un peu moins souvent aussi. De trois heures elle était passée à quatre heures, et elle faisait ses nuits maintenant. Inutile de dire qu'au petit matin il fallait faire vite, et voire même compléter la tétée par un biberon que papa faisait en quatrième vitesse... Une fois qu'elle fut rassasiée je lui fis faire son rot, avant de la bercer tout doucement en lui chantant une berceuse pour l'endormir. Elle dormait toujours un petit peu après avoir mangé. Je la déposai en douceur sur l'oreiller une fois que je fus certaine qu'elle était endormie. Je restai un moment à la regarder dormir, commençant moi même à somnoler.

Je sursautai vivement quand j'entendis des éclats de voix dans le couloir. À n'en pas douter, une dispute était en train d'avoir lieu. Je me levai précipitamment, comme si j'allais me jeter sur la porte pour l'ouvrir. Mais je m'arrêtai brusquement, comme coupée dans mon élan. Pour deux raisons. Premièrement, ce n'était pas vraiment dans mes habitudes de me mêler des histoires des gens, sauf quand on réclamait mon aide ou mes conseils. Deuxièmement... Je venais de réaliser que l'une des voix était celle d'Alexander. Alexander, auquel je n'avais presque pas parlé depuis des semaines entières. Il avait « perdu » sa femme, qui l'avait trompé avant de partir on ne sait où. Et il la cherchait, sans la retrouver. Lui et Ethan étaient fâchés. Vraiment. Je considérais plus Alexander comme un frère que comme un ami. Et cela me peinait de voir qu'Ethan et lui se disputaient sans cesse. Parce qu'Ethan s'occupait trop de moi, parce qu'Alexander ne l'avait pas aidé à me retrouver... Et j'en passe et des meilleures. Et je savais très bien que tous les deux étaient butés comme ce n'était pas possible de l'être. S'il y en avait une qui avait le pouvoir de régler cette situation désastreuse, c'était peut-être bien moi...

Prenant mon courage à deux mains j'ouvris la porte et me glissai dans le couloir, juste à temps pour voir passer devant mon visage un homme que je n'identifiai pas. Je le regardai s'éloigner dans les couloirs à grand pas avant de me tourner vers Alexander. Ce qui me choqua de prime abord fut l'air las et fatigué qu'il y avait sur son visage. Je ne lui connaissais pas un air si triste. Un peu hésitante j'avançai jusqu'à lui, pour me retrouver plantée devant lui. Je dus lever la tête pour le regarder, Alexander était un géant avec une carrure assez imposante, qui faisait passer Ethan ou encore Riley pour des crevettes. Et moi pour une petite chose fragile et sans défense. Ce qu'il pensait certainement que j'étais. Je ne savais pas quoi lui dire. Il n'y avait rien à dire. Alexander n'était pas Ethan, je ne pouvais pas deviner si facilement ce qui le tracassait. Alors je fis la chose qui me semblait être le plus approprié dans une telle situation. Je le pris dans mes bras, passant mes bras autour de sa taille – j'en faisais à peine le tour d'ailleurs – et posant ma tête contre lui en une étreinte réconfortante.

« Tu m'as manqué, Alex. »

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« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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MessageSujet: Re: Let me help you { Alexander }   Jeu 7 Oct - 12:35

Je ne me reconnaissais plus. Je n'étais plus moi-même. Jamais je n'avais ainsi élevé la voix sans réelle raison, jamais je n'avais été aussi irascible. Encore un qui faisait les frais de ma mauvaise humeur perpétuelle, encore un qui servait d'exutoire à ce chagrin et à cette rage qui me consumaient. J'étais sans cesse sur les nerfs, alors que tous avaient toujours loué mon sang froid. Mais ça, c'était avant que je ne perde ma femme, qui m'avait préféré un autre alors que je faisais tout pour l'aider à guérir de son viol. Déjà, j'avais été blessé qu'elle ne me le dise pas, me mentant, comme elle mentait aux autres. Dix ans! Dix ans que nous étions ensemble, que nous nous aimions et elle craignait encore mes réactions? Lui avais-je donné une seule raison de se défier ainsi de moi? Je l'adorais, je l'idolâtrais, elle m'avait aidé à tenir le coup quand je partais en campagne. Nombreuses étaient les tentations... Les femmes aimaient bien les militaires et beaucoup nous tournaient autour, mais je ne les avais jamais regardé. Fidèle dans l'âme, dans le cœur et dans le corps.

J'avais pensé qu'après son viol, elle n'aurait plus laissé aucun homme l'approcher. Même pas moi. Quel terrible coup de massue quand j'avais constaté que les hommes pouvaient l'approcher... sauf moi. Quelle trahison. Et cet enfoiré de grec qui en avait profité... Mon dieu, comme ils s'étaient bien foutus de moi en prétextant des cours de grec pour mieux se retrouver... Et s'aimer. C'était peut-être ça le pire... Si encore cela n'avait été qu'une attirance physique, à la limite.. Mais là, elle semblait réellement attachée à lui. Plus qu'à moi, de toute évidence. J'avais chassé cet intriguant, après lui avoir collé une bonne correction, et Gabrielle avait fini par suivre. Je la cherchais sans relâche, elle m'avait promis qu'elle était partie pour mieux me revenir.

Mais le poison de la jalousie me rendait malade et une petite voix insidieuse dans ma tête ne cessait de ricaner en me répétant qu'elle était partie rejoindre son amant, qu'elle en profitait, pendant que moi, je crevais sans elle. C'était insupportable. Mon cœur allait exploser.

Le mec que j'engueulais s'en alla rapidement, sans doute en craignant de s'en prendre une tant j'avais l'air à bout de nerfs. Je me retournai et me figeai en voyant Katarina devant moi. Ma petite Katarina, que j'avais sauvé alors qu'elle errait, seule et glacée. Que j'avais accueilli, soutenu, incorporé dans la Communauté, malgré la haine contre les russes. Comme si cela était sa faute! J'avais tenu bon, je lui avais fait confiance, j'avais misé sur sa gentillesse naturelle pour se faire une place et j'avais eu raison. Mon jugement était souvent bon. Sauf concernant Aristide, là, je n'avais rien vu venir. Je repensais aussi à Ethan, ce junkie que j'avais également ramené, contre l'avis général. j'avais décelé que c'était un type bien, qui était malade. La drogue, c'était une maladie, comme l'alcoolisme et encore plus difficile à soigner qu'une maladie classique. j'avais eu raison, c'était vraiment un type bien, bien que maladroit. Néanmoins, son comportement m'inquiétait. Paranoïaque, excessif... La drogue avait fait des ravages sur lui, le rendant à la limite du psychotique dans certaines de ses réactions. J'avais entendu dire que la consommation de drogue endommageait réellement les fonctions psychiques d'un individu et que certains en devenaient même schizophrènes. Ethan n'en était pas là, mais quelques années de plus à se camer et personne n'aurait pu le sauver. Katarina s'était substituée à la cocaïne et il avait le même comportement de dépendance avec elle qu'il l'aurait eu avec de la coke. J'espérais juste que jamais il ne franchirait la limite. Déjà qu'en tuant n'importe qui alors qu'il était à sa recherche l'avait dangereusement rapprocher de la ligne de non retour.

Ça m'allait bien de dire ça. Comme Riley l'avait signalé, même si j'avais l'air beaucoup moins fou qu'Ethan, je n'étais pas très différent au niveau de mon comportement. Sauf que ma femme n'avait pas été enlevée, elle s'était tirée après m'avoir trompé. Quelque part, c'était encore pire. Pour ma fierté. Mais jamais je n'avouerais cela à Ethan qui ne comprendrait pas. Déjà que nous étions en guerre froide. Ce qui me pesait énormément. Mais je n'avais fait aucun pas pour changer cela et lui non plus. Je le laissai à la surveillance de sa femme et de sa fille, lui foutant la paix.

Sa femme que je n'avais pas aidé, que j'avais vu revenir dans un état épouvantable... et qui se tenait maintenant devant moi, remise physiquement. Psychologiquement, je n'aurais su le dire. Je sentis une vague de culpabilité s'abattre sur moi comme une lame de fond et j'aurais sans doute tourné les talons pour partir si elle ne s'était jetée dans mes bras en me disant que je lui avais manqué.

Moment de flottement.

J'étais tétanisé, incapable de bouger, de refermer mes bras autour d'elle. C'était Katarina dans toute sa splendeur : Douce, ouverte, accueillante, dénuée de la moindre méchanceté, de la moindre rancœur. Et je sentis ma carapace se fissurer devant cet élan de bonté simple. Elle ne m'en voulait pas. Et moi, je ne pouvais me pardonner ma défection.

Je finis par refermer mes bras autour d'elle, baissant la tête pour l'envelopper toute entière. Ma petite Kat, ma protégée, mon amie, ma sœur.

J'étais tombé amoureux de Gabrielle parce qu'elle possédait ces mêmes qualités. Où étaient-elles aujourd'hui? Son absence me poignarda le cœur plus surement encore alors que Katarina me rappelait ce que j'avais perdu.

- "Kat..."

Ma voix s'étrangla en un sanglot que je réprimai. Je n'avais pleuré devant personne. Je n'avais même pas pleuré du tout d'ailleurs, juste tout fracasser. Et là... Là, j'étais démuni.

- "Je suis désolé, pardonne-moi.. Je n'ai pas été là pour te sauver, pour t'aider... Je suis désolé, désolé..."

Je répétai cela en une longue litanie étouffée. Quand bien même elle me pardonnerait, je savais, moi, que je ne saurais me pardonner moi-même d'avoir ainsi laissé un camarade. J'étais un soldat, la communauté était mon unité et j'avais failli à protéger ceux que je chérissais.

J'avais failli.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Let me help you { Alexander }   Jeu 7 Oct - 18:57

Pourquoi m'étais-je jetée dans ses bras ? Certainement parce que c'était la seule façon que j'avais trouvé de lui dire que je ne lui en voulais pas. Quelles raisons aurais-je eu de lui en vouloir après tout ? Il ne m'avait rien fait. Et c'était justement ce que lui reprochait Ethan. Il n'avait pas été là quand il avait eu besoin de lui, quand nous avions besoin de lui. Il lui reprochait de l'avoir empêché de venir me secourir trop tôt. Et de ne pas être venu avec lui... Et je ne sais quoi d'autre. Je n'en voulais pas à Ethan de se comporter de cette façon avec lui. Je le connaissais suffisamment pour savoir pour quelle raison il en voulait tellement à Alexander. Il s'était retrouvé seul et il n'y avait eu personne pour le soutenir... Mais je ne pouvais pas m'empêcher de penser que c'était injuste de lui en vouloir. Alexander avait eu ses propres problèmes à gérer. Gabrielle était partie. Et je ne parvenais toujours pas à comprendre pourquoi elle avait fait cela. Je ne comprenais plus celle qui avait été ma meilleure amie pendant tout ce temps. Reviendrait-elle ? Je l'espérais. Pour Alexander et Emma... Même si plus rien ne serait jamais comme avant entre eux, entre nous... Alexander ne méritait pas qu'on lui tourne le dos. J'avais cru comprendre que peu de monde osait s'approcher de lui. Même Aaron gardait ses distances. Je connaissais assez ce dernier pour savoir qu'il agissait ainsi parce qu'il ne savait pas comment aborder le sujet avec Alexander. Quant au reste du groupe... J'avais entendu dire que Riley avait sauvé la vie d'Alexander ( ce qui m'avait grandement étonnée ) mais c'était tout. Personne n'était là pour lui. Personne... Alors je n'allais pas lui reprocher de ne pas avoir été là pour moi, même si je savais très bien qu'il ne m'avait tourné le dos volontairement. J'avais disparu en même temps que Gabrielle. Pourquoi se serait-il soucié de moi en premier lieu ? Ethan n'avait pas prêté attention à Gabrielle. Il l'avait vraisemblablement effacée de sa vie.

« Ne sois pas désolé. Ce n'était pas ta faute. Je sais que tu aurais fait tout ton possible pour m'aider si tu ne t'étais pas toi même retrouvé dans une situation désastreuse. Ce n'était pas ta faute. »

Je ne voulais pas qu'il continue à s'en vouloir. Je détestais quand les gens s'en prenaient à eux même. J'avais dû fournir un travail énorme avec Ethan pour qu'il cesse de s'en vouloir inutilement. Je savais donc qu'il était très facile de s'en vouloir pour tout et rien... C'était même « naturel » de s'en prendre à soi même. Mais cela me révoltait. Et Alexander allait suffisamment mal comme cela. Je ne voulais pas être la cause d'une culpabilité supplémentaire. Car sans connaître Alexander aussi bien que je connaissais Ethan, je savais qu'il devait s'en vouloir avec tout ce qu'il s'était passé avec Gabrielle dernièrement... Il ne fallait pas qu'il croie que je lui en voulais. Ce n'était pas le cas. Et puis Ethan lui en voulait assez pour deux... Il faudrait absolument que je fasse quelque chose pour les réconcilier. Je ne pouvais pas laisser leur relation continuer à s'étioler. Ce n'était pas bien... Ethan était comme le petit frère d'Alexander et je savais que malgré tout ce qu'il pouvait bien penser, il avait besoin du soutien de son grand frère. Pour le moment peut-être pas, mais viendrait un moment où sa colère retomberait d'un coup et où il réaliserait qu'il était seul... Je le connaissais. Et il se trompait quand il disait qu'il n'avait besoin que de moi. Il avait besoin de ses amis aussi. Lilly, Liam, Aaron, Alexander... Ces gens comptaient pour lui autant que pour moi, j'en étais certaine. Mais pour le moment il était focalisé sur le fait que mon père pourrait me voler à lui.

Je me suis légèrement écartée d'Alexander et j'ai posé mes mains sur ses bras, avant de relever les yeux vers lui. Il ne pleurait pas, mais ses yeux étaient brillants des larmes qu'il n'osait pas laisser couler.

« Viens. Ne restons pas dans le couloir. »

Je lui souris, avant de retourner doucement jusqu'à la porte de notre chambre à Ethan et moi. J'attendis qu'il entre avant de refermer la porte. Je portai un doigt à mes lèvres et désignai Lena qui dormait tranquillement sur le lit, pour lui signifier qu'il valait mieux chuchoter. J'allai ensuite m'asseoir sur le rocking-chair, lui laissant la chaise du bureau. Je restai à regarder Lena une seconde, avant de me tourner vers Alexander. Je pris alors mes mains dans les miennes et je les serrai doucement, comme pour le rassurer.

« Je ne t'en veux pas le moins du monde, Alex. Plus encore, je comprends que tu n'aies pas pu être présent pour moi. Tu avais tes propres ennuis... Et aujourd'hui encore... Ecoute, personne ne devrait avoir à rester seul dans un moment pareil. Si tu veux parler, je suis là. Je sais que tu n'es pas du genre à t'épancher. Mais si cela peut te soulager, je suis là pour ça. »

Je fis une pause et tournai une fois de plus la tête vers Lena.

« Les membres d'une même famille sont fait pour s'entraider. »

Oui, il faisait de ma famille. Il était le frère d'Ethan et le parrain de Lena. Il était cher à mes yeux et à mon coeur.

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MessageSujet: Re: Let me help you { Alexander }   Jeu 7 Oct - 19:54

Si Katarina ne s'était pas ainsi jetée dans mes bras, sans doute serais-je parti sans avoir eu le courage de lui parler, peut-être même lui aurais-je parlé sèchement si elle avait tenté de m'arrêter.. Oui, c'était fort possible, je remballais violemment mes amis et je les perdais tous peu à peu. Ils ne savaient pas comment se comporter avec moi et je les comprenais. Je n'aurais pas eu envie de me fréquenter. D'ailleurs, je me haïssais et je comprenais cet isolement dont je faisais l'objet... Par ma faute, c'était ça le pire. Par dieu, Gabrielle était en train de me détruire.

Je me confondis en excuses auprès de Katarina. Guettais-je son approbation? Recherchais-je son pardon? Son absolution? Oui, sans aucun doute. Et elle me l'offrit, tout naturellement. Elle me répéta que ce n'était pas ta faute, que j'avais eu mes propres soucis à régler et qu'elle ne m'en voulait pas. Je ne répondis pas, fermant les yeux pour garder le contrôle de mes nerfs. Ne pas craquer...

Katarina le sentit-elle? Elle m'emmena dans sa chambre... Moi qui n'avait eu le droit qu'à lorgner la porte, je me retrouvai à l'intérieur. Ethan n'était pas là, évidemment, sinon, je ne serais pas là. Mon regard fit le tour de la pièce. Elle était niquel. Katarina avait du s'occuper comme elle pouvait pour ne pas devenir folle, ainsi confinée. Je vis aussi la petite Lena, que je n'avais pas vu depuis des semaines. Que les enfants grandissaient vite. Je m'approchai de l'enfant endormie, ignorant l'invitation de Katarina à m'asseoir sur la chaise. Je me penchai pour observer la ravissante petite fille qu'était Lena. Ma filleule... Si cela signifiait encore quelque chose pour Ethan et Katarina. Je n'avais même pas pris soin d'elle quand Ethan était devenu fou. Mais je peinais déjà à m'occuper de ma propre fille. j'eus envie de lui caresser la joue, mais elle dormait et j'oubliais mon impulsion pour m'asseoir sur la chaise. Je me sentais si las... Katarina s'empara de mes mains et, malgré moi, je me tendis. Sa compassion était pire que des coups. J'étais trop vulnérable soudain.

- "Kat, s'il te plait..."

Arrête... Arrête d'être gentille, arrête de m'offrir une épaule où pleurer... C'était tentant, tellement tentant... Et tellement humiliant en même temps. Je soupirai et enlevai mes mains des siennes, avant de prendre mon visage entre mes doigts, étouffant un sanglot de chagrin terrible.

- "Je crève sans elle... Elle m'a trahi, elle s'est fichue de moi... Je lui en veux, je lui en veux tellement, mais je n'arrive pas à l'oublier, je n'arrive pas à vivre sans elle... Mon amour pour elle m'empoisonne à petit feu et je ne sais plus quoi faire..."

Une larme coula, solitaire, mais je la lui cachai, continuant alors :

- "Je n'arrive pas à m'occuper d'Emma, je n'arrive pas à étouffer ma colère et je fais le vide autour de moi... j'ai perdu Gabrielle et je suis en train de perdre Ethan... Aaron... Lilly... Tous."
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MessageSujet: Re: Let me help you { Alexander }   Dim 10 Oct - 10:48

Je savais que c'était risqué de tenter de parler de tout cela, je savais que c'était risqué de tenter de mettre Alexander à l'aise après tout ce qui était arrivé. En théorie j'étais assez douée pour faire ce genre de choses. En théorie... Ce qui était arrivé à Alexander était terrible. Je ne pouvais pas comprendre ce qu'il vivait. Tout ce que je pouvais faire pour le moment c'était lui offrir une oreille attentive ou une épaule pour s'épancher. Même si Alexander n'était certainement pas du genre à se laisser aller. Mais je voulais qu'il comprenne que j'étais là pour lui, que je ne lui en voulais pas. J'avais au contraire tellement de raisons de le remercier. Il m'avait sauvé la vie quand personne n'avait voulu m'aider... Il m'avait soutenue dans la communauté quand tout le monde voulait me mettre dehors... Il avait été là pour moi quand Ethan m'avait quitté et quand il était parti quelques semaines... Alors je n'allais certainement pas lui en vouloir parce que pendant un tout petit moment il avait dû s'occuper de ses propres problèmes. Je le comprenais tout à fait. Tellement de choses nous étaient tombées dessus en même temps... Nous avions été séparés par tous ces évènements. Il était peut-être temps de faire table rase et de repartir sur de bonnes bases. Et en ce qui me concernait cela commençait par lui tendre la main alors que tout le monde s'était détourné de lui, même Ethan... Alors en tant que membre de sa famille, je me devais d'être là. Malheureusement, Alexander ne semblait pas vouloir se laisser aller pour le moment. Ce que je pouvais comprendre... Il me faisait penser à Ethan quand il se comportait de cette façon. Toujours à vouloir cacher leurs faiblesses... Pour exploser à un moment donné, à bout de forces et à bout de nerfs...

Il soupira en retirant ses mains des miennes, avant de prendre mon visage entre ses mains. Je le regardai en tentant un sourire timide. J'eus une petite grimace quand il m'avoua enfin ce qu'il ressentait. Par rapport à Gabrielle... Oh oui, il lui en voulait terriblement, mais il l'aimait trop pour se passer d'elle... Je pensais, peut-être à tort, qu'il en allait de même pour Gabrielle. Je veux dire, Gabrielle s'était déjà confiée à moi, elle m'avait dit combien elle aimait Alexander, qu'elle ne pouvait pas se passer de lui... Après dix années de mariage, j'aurais pensé qu'elle... qu'elle ne pourrait jamais faire ce qu'elle avait fait. En n'étant avec Ethan que depuis deux années seulement, je savais que je l'aimerais toujours et que jamais, jamais je ne pourrais le tromper... Cela paraissait certainement présomptueux de ma part de dire et de penser cela. Mais je le savais... Et j'avais vécu « à peu près » la même chose que Gabrielle. Et j'avais réagi à l'opposé, me rapprochant davantage d'Ethan, devenant complètement dépendante de lui...

« Je suis tellement désolée, Alex... Je voudrais pouvoir te dire quoi faire. Mais je ne sais pas. Tu l'aimes... Tu te dis que ce serait certainement plus facile de la haïr, mais tu ne peux pas. Parce que c'est ta femme, et la mère de ta fille. »

Je comprenais qu'il l'aime comme un fou malgré tout. On n'efface pas dix années d'amour d'un coup. Il réagissait de la même façon qu'Ethan, c'était fou... Ils remplaçaient toujours la tristesse et la peine par la colère, comme si cela pouvait les soulager et leur éviter de se montrer faible. Et j'étais celle qui le remarquait et qui les faisait plier... J'avais en cet instant l'impression que je n'étais pas à ma place. Gabrielle aurait dû être à ma place. Gabrielle aurait dû être là à supporter son mari et à le rassurer. Mais Gabrielle était partie on ne sait où, peut-être seule, peut-être avec Aristide... Nul doute que cette pensée devait certainement ronger Alexander. J'eus un soupir quand il m'avoua qu'il ne savait plus s'occuper d'Emma et qu'il était en train de perdre tout le monde.

« Quand je n'étais pas là, Ethan ne parvenait pas non plus à s'occuper de Lena... Tu n'as pas à t'en vouloir pour cela. Personne ne ferait mieux à ta place. Tu fais tout ce que tu peux pour tenir le coup. »

J'eus un sourire et je posai mes mains sur les siennes.

« Tu ne perdras personne, Alexander. Personne. Ethan t'en veut, oui... Mais Ethan est Ethan... Il a eu peur, il a toujours peur, et il pense qu'en faisant le vide autour de lui cela ira mieux... Mais tu lui manques, quand bien même il ne veut pas le reconnaître. Aaron a juste peur de te mettre en pétard... Mais il est toujours là pour toi tu sais ? Tout le monde ici t'es redevable, d'une façon ou d'une autre. Tu n'es pas seul. Tu ne le seras jamais, tu entends ? »

Je faisais tout mon possible pour essayer de le rassurer. Je tournai soudain la tête, quand j'entendis Lena s'agiter doucement sur le lit. Nous avions certainement parlé un peu plus fort que prévu et nous l'avions réveillée. Je m'excusai d'un regard et je me levai doucement pour aller la chercher. À peine étais-je entrée dans son champ de vision qu'elle cessa de pleurer, tendant ses petites mains vers moi. Je l'attrapai dans mes bras et retournai m'asseoir en face d'Alexander, m'enfonçant un peu plus dans le rocking-chair en la berçant contre moi. Je relevai les yeux vers Alexander. Je n'oubliais pas qu'il était là, même si Lena accaparait maintenant une partie de mon attention.

« Je parlerai à Ethan... Cela ne me plait pas de vous voir vous disputer en permanence... Vous êtes comme des frères... Vous avez besoin l'un de l'autre. Même si vous êtes tous les deux trop têtus pour l'admettre... »

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MessageSujet: Re: Let me help you { Alexander }   Mar 12 Oct - 12:45

- "C'est exactement cela."

Oui, j'aurais aimé pouvoir la haïr, la haine était plus facile à gérer que cet amour désespéré qui me réduisait à l'état de loque sanglotante. Ce n'était pas moi, je n'avais jamais dépendu de personne, jamais! Je n'avais jamais pleuré, ou si rarement... Même à bout de nerfs, j'avais toujours gardé mon sang froid et ma fierté. Et aujourd'hui, qu'en était-il? Mon sang froid, il s'était envolé. Ma fierté, elle avait été piétinée. Je n'étais plus cet homme sûr de lui que j'avais été, j'avançais comme un aveugle, en tâtonnant, en trébuchant. Gabrielle avait été mon moteur, mon soutien, ma bouée quand je dérivais. Avant elle, je n'avais eu besoin de personne, sans elle, je ne parvenais plus à avancer. Oui, j'aurais aimé la haïr, la balayer de ma vie comme on souffle sur un château de cartes, mais mon cerveau avait beau y songer, mon cœur, lui, refusait d'obéir et d'oublier si facilement 10 ans d'amour parfait et de vie commune, de joies et de galères, mais toujours solidaires. Mais son viol avait été l'épreuve de trop, celle qui avait fendillé notre couple, jusqu'à le briser.

- "Et j'y parviens très mal."

Je faisais ce que je pouvais, oui, en faisant le vide autour de moi par une attitude détestable. Ce n'était pas malin, pas plus que d'être perpétuellement en colère, mais c'était le seul moyen que je connaissais pour ne pas m'effondrer. Katarina essaya bien de me rassurer, mais les choses n'étaient pas aussi simples.

- "Si je le suis, et plus que jamais. Je suis le mari trompé. Je ne veux pas de pitié ou de compassion, je ne veux pas en parler. Je ne veux pas recevoir de conseils sur ce que je dois faire. Enfin Alex, comprends-là, elle a été traumatisée... Tu n'étais pas là pour elle, trop occupé à gérer la Communauté... Abandonne-là, elle ne te mérite pas, après tout ce que tu as fait pour elle, regarde comme elle te récompense... Je ne veux pas de ça, je ne veux pas les voir, par les écouter, c'est assez difficile comme ça..."

Je soupira, reprenant :

- "Et Emma? Elle se rend bien compte que quelque chose ne va pas... Papa n'est pas comme d'habitude et maman n'est pas là... Putain, mais comment a-t-elle pu partir comme ça, en laissant sa fille derrière elle?"

C'est alors que Lena s'agita. Comme toute bonne mère, Katarina alla la chercher, la prenant dans ses bras en la berçant doucement. L'espace d'un instant, je fus jaloux de ce tableau qui m'avait échappé. Je me renfrognai quand elle parla d'Ethan et de moi, nous comparant à des mules.

- "Je ne suis pas têtu. J'ai agi comme je le pouvais, peut-être à tort, mais Ethan refuse de le comprendre... De me comprendre. Sa douleur est la plus terrible, il en oublie que les autres ont leur propre problème et c'est cette vision égoïste qui me blesse le plus. Je n'étais pas là quand il avait besoin de moi cette fois, mais il n'était pas là non plus quand j'avais besoin de lui. Et il ne me laisse plus approcher. S'il débarquait maintenant, il me foutrait dehors."

Il y avait de la colère dans ma voix, mais aussi une terrible résignation, teintée d'une réelle tristesse devant cette perte douloureuse qui survenait au moment où j'avais le plus besoin de mon petit frère. Je me penchai en avant pour regarder Lena.

- "Elle a beaucoup changé en quelques semaines. Elle sera aussi belle que sa mère."

Il y avait du regret cette fois, alors que je n'avais pas pu voir grandir ma filleule. L'absence de Gabrielle était terrible, mais ce tête à tête avec Katarina me faisait du bien, plus que je ne pouvais le deviner. Elle, elle était là pour moi, malgré ses propres problèmes. Je me levai alors et m'approchai de la jeune femme pour lui embrasser doucement le front.

- "Tu es un ange Katarina. S'il y a bien une chose que je ne regretterai jamais dans ma vie, c'est de t'avoir trouvé et ramené. Si quelqu'un mérite de vivre sur cette terre, c'est bien toi."
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MessageSujet: Re: Let me help you { Alexander }   Dim 17 Oct - 10:09

Je grimaçai. En effet, les gens avaient tendance à se mêler de ce qui ne les regardaient pas et ils avaient tendance à donner des conseils tout à fait inappropriés... Je ne me le permettrais pas. Je savais trop ce que cela faisait de recevoir des conseils idiots et déplacés. J'en avais fait la douleur expérience quand Ethan et moi traversions une mauvaise passe « quitte le, il ne te mérite pas » ou encore « c'est un idiot, passe à autre chose ». Je comprenais ce que ressentais Alexander. Quand on est profondément amoureux de quelqu'un, on ne peut pas simplement lui tourner le dos et passer à autre chose... C'est purement et simplement impossible. Quoique cette personne ait pu faire. La preuve, Gabrielle avait trompé Alexander et il était incapable de passer à autre chose, malgré la rancœur qui l'habitait. Il n'était pas coupable non plus... Il avait toujours fait passer les autres avant, et on le lui reprochait ? Je ne cautionnais pas. Il était comme il était, et sans cet altruisme surdimmensionné, beaucoup de personnes ici seraient mortes depuis un bon moment. Moi la première... J'aurais été piétinée et massacrée à cause de mes origines. Je devais beaucoup à Alexander. Tout le monde devait beaucoup à Alexander. Je ne comprenais pas qu'on puisse le lui reprocher maintenant que les choses allaient un peu de travers. Ce n'était pas juste, et surtout pas correct. De quel droit se permettait-on de le juger ?

« Alors ne les écoute pas... Dans ce genre de situation, les gens ont tendance à oublier qu'eux mêmes font des erreurs, pour mieux critiquer celles des autres... J'en sais quelque chose. »

Le fait que je me sois déjà retrouvée dans la même position que lui m'aidait certainement à le comprendre mieux que quiconque ici. Je savais combien il était facile de juger les autres... Je comprenais également qu'Alexander en veuille à Gabrielle. Elle avait été violée et traumatisée, oui... Je pouvais le comprendre, il m'était arrivé sensiblement la même chose. Ce que je ne comprenais pas, c'était comment elle avait pu se tourner vers un autre homme... En théorie, elle aurait dû avoir en horreurs les hommes, ou ne plus rester collée qu'à son mari. Elle avait fait le contraire. Non, je ne comprenais pas. Il y avait certainement des choses que je ne savais pas, mais il est vrai que je ne pouvais me mettre à sa place. Moi même, sans prendre en horreur tous les autres hommes, je m'étais rapprochée d'Ethan plus encore, réclamant son contact en quasi permanence, devenant presque dépendante de sa présence physique. Je n'aurais jamais pu aller vers un autre homme. Je n'y avais même pas pensé... Alors je ne pouvais pas tenter de dire à Alexander que je la comprenais et que je me mettais à sa place. C'eût été mentir. Et je ne savais pas mentir.

Je secouai la tête quand il me demanda comment elle avait pu partir en laissant sa fille derrière elle. Baissant les yeux sur ma propre enfant, je me mordis la lèvre. Je ne savais pas non plus... Je n'aurais jamais pu laisser Lena derrière moi. Même pour son bien, j'aurais eu trop de mal... J'étais trop attachée à elle. Je ne pouvais plus me passer d'elle.

« J'aimerais pouvoir d'apporter des réponses, Alex, mais je ne peux pas. Je ne comprends pas moi même comment et pourquoi elle a fait ça... Nous nous sommes beaucoup éloignées, elle et moi depuis son viol... Nous ne nous disions plus rien... »

Et c'était triste. Je m'en étais énormément voulu quand je m'étais isolée et quand j'avais cessé de lui parler. Elle avait reproduit le même schéma, en allant un peu plus loin que moi... Nous changeâmes de sujet, parlant d'Ethan et lui qui s'étaient beaucoup éloignés l'un de l'autre ces derniers temps. J'étais bien déterminée à arranger cela, et cela commencer par les aider à se comprendre l'un l'autre, ce qui n'était pas chose aisée... Qu'Alexander l'admette ou non, ils étaient aussi têtus l'un que l'autre, se ressemblant plus qu'il ne voulait bien l'admettre.

« Vous avez tous les deux eu des problèmes en même temps, ce qui ne vous a pas aidés à vous rapprocher... Tu ne le comprends pas parce que tu le trouves excessivement protecteur, et il ne te comprends pas parce que tu es trop généreux avec les autres... Tu as été militaire, tu as toujours pu et dû compter sur les autres et les aider... Ethan a toujours été seul, alors il protège ce qu'il a comme il le peut, quitte à être excessif et égoïste... Je ne veux pas le défendre complètement, je sais qu'il a de gros défauts... Je dis juste que vous devriez tous les deux essayer de vous comprendre mutuellement. Je ne sais pas, essayez de vous parler... »

S'ils continuaient à s'éviter comme ils le faisaient, les choses n'allaient certainement pas s'arranger. Mais je n'allais pas non plus trop m'en mêler, ils étaient tous les deux adultes et capables de se débrouiller. Mais s'il fallait leur mettre un bon coup de pied aux fesses, je le ferai sans hésiter. Cependant, Alexander préféra changer de sujet, se penchant en avant sur Lena. Je souris. Oui elle avait beaucoup changé... Et elle serait certainement bien plus jolie que moi ! Alexander se leva et déposa un baiser sur mon front. Je soupirai. Non je n'étais pas un ange, et non je ne méritais pas plus de vivre que quelqu'un d'autre... Je secouai la tête doucement.

« Là tu vois, en parlant de moi comme ça, j'ai l'impression d'entendre Ethan et ses excès. »

Je ris doucement, tandis que Lena s'accrochait à mon tee-shirt en soupirant doucement. Je caressai son visage avant de me lever doucement. Je fis quelques pas en la berçant doucement, avant de me rapprocher d'Alexander. Lena avait posé ses grands yeux bleus sur lui et elle le regardait avec intensité.

« Tu l'intéresses je crois... Tu veux la prendre dans tes bras ? Il est temps que vous fassiez plus ample connaissance je crois. »

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MessageSujet: Re: Let me help you { Alexander }   Dim 24 Oct - 17:27

- "Il est facile de ne pas écouter... Plus dur de ne pas entendre."

Oui, je pouvais supporter les jugements, les conseils, ne pas les suivre, mais je ne pouvais pas ignorer. Je ne pouvais pas en faire abstraction, cela me renvoyant forcément à mes propres doutes, mes propres interrogations. Mes propres paradoxes. Katarina avait été jugée, méprisée, quand elle était arrivée ici. Je mettais un point d'honneur à ne pas porter de jugement, à ne pas me fier aux apparences. Ce n'était pas toujours aisé, mais j'avais laissa ainsi une chance à des gens qui auraient été exclus sinon... Katarina, la russe, Ethan le Junkie... Entre autres.

J'eus un sourire amer à la réponse de Katarina. Elle ne savait pas pourquoi Gabrielle s'était comportée ainsi, allant dans les bras d'un autre homme et quittant ensuite mari et fille pour tenter de se retrouver. Selon ses dires. Katarina n'avait pas réagi ainsi et s'était éloignée de Gabrielle également. Alors qu'elles étaient amies...

- "Pourquoi est-elle aller chercher du réconfort auprès d'un étranger au lieu de se tourner vers ses proches?"

Je n'attendais pas de réponses, Katarina n'en avait pas, moi non plus. Seule Gabrielle pouvait mettre fin à ses questions incessantes qui me tourmentaient et je ne savais pas où la trouver. Je changeais de sujet... Pas forcément plus joyeux puisqu'il s'agissait d'Ethan. Je l'avais perdu lui aussi. Katarina était moins catégorique que moi, me disant simplement que nous étions différents et ne nous comprenions pas, en pointant du doigt nos deux personnalités et nos deux façons d'agir. Je soupirai en comprenant où elle voulait en venir. Je n'arrivais pas à me mettre dans la peau d'Ethan et à deviner et comprendre ses réactions, ses peurs. Elle avait raison : j'étais militaire, j'avais survécu grâce aux autres. Je tuais, oui, mais je fraternisais aussi avec mes camarades, ils étaient mon bouclier et mon épée, comme j'étais la leur. Il fallait être unis pour être efficaces et survivre, c'était cela que je reproduisais ici, mais tous n'avaient pas ma mentalité. A commencer par Ethan qui avait été abandonné par tous, qui avait sombré dans la drogue, sans aucune main secourable. Il était paranoïaque et excessivement protecteur et ne laissait personne pénétrer dans sa bulle, voyant toute intrusion, comme une agression.

- "Je comprends ce que tu veux dire. Je vais essayer de comprendre davantage Ethan. Tu as raison, nous sommes très différents, et cela est en train de nous séparer."

Je finis par me lever et embrasser Katarina en la remerciant d'être celle qu'elle était, malgré ce qui lui était arrivé. Je souris malgré moi quand elle me fit remarquer que je ressemblais à Ethan en parlant ainsi.

- "Nous sommes différents, c'est vrai, mais nous t'aimons tous les deux. Alors peut-être que nous sommes aveuglés et pas du tout objectifs, si ça t'amuse de le penser. Il a beaucoup de chance de t'avoir trouvé Katarina. Tu es sa rédemption, sa force... Vous vous complétez."

Elle réussit à me faire rire en me disant que je ressemblais à Ethan en me montrant aussi élogieux avec elle.

- "Nous sommes différents, mais nous t'aimons tous les deux. Alors peut-être que nous ne sommes pas objectifs, je plaide coupable."

Elle se leva, promenant Lena, avant de se planter devant moi et de se décider à me la confier. Je souris et tendis les bras pour la recueillir, la serrant contre moi et caressant sa joue veloutée du bout du doigt. Drôle de tableau que ce militaire un peu bourru avec cette enfant si fragile. J'avouais avoir eu peur les premières fois que j'avais pris Emma. Peur de lui faire mal, d'être maladroit, mais je m'en étais très bien tiré.

- "Quels yeux... elle en fera chavirer des cœurs avec un regard pareil."

Je me penchai vers Lena et murmurai :

- "Oui Lena, tu vas causer bien du soucis à papa en grandissant."

Et oui, les papas avaient toujours du mal à voir leur fille grandir et commencer à attirer d'autres hommes. Mais cela était loin, pour Ethan comme pour moi.
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MessageSujet: Re: Let me help you { Alexander }   Lun 25 Oct - 18:53

Alexander se posait des questions auxquelles une seule personne avait les réponses. Et cette personne n'était pas là... J'imaginais sans trop de mal son angoisse, ses angoisses. Reviendrait-elle comme elle l'avait promis ? Alexander ne semblait pas en être certain, et je ne l'étais pas non plus. Mais je ne pouvais pas lui dire cela... De toute façon, il devait bien s'en rendre compte par lui même. Quand bien même je savais être une excellente comédienne, je ne mentais pas aux personnes que j'aimais. Alexander faisait partie de ces personnes qui faisaient partie de ma famille. De ma vraie famille. En faisant de lui le parrain de Lena, Ethan et moi l'avions définitivement intégré à notre famille. Non pas qu'il ne le soit pas avant. Mais avec ce titre, cela prenait des allures un peu plus « officielle ». Cependant, les choses étaient différentes par rapport à Gabrielle... Nous l'avions désignée comme marraine, mais pour Ethan il était clair qu'elle ne l'était plus. Je ne savais moi même pas quoi en penser. Je n'y pensais pas vraiment. Elle n'était pas là, alors la question ne se posait plus trop. Je ne pouvais pas m'empêcher de me demander comment se passeraient les choses si elles revenaient. Alexander avait beau dire qu'il l'aimait, une explication s'imposerait cependant... J'imaginais sans doute à peine ce qu'il pouvait ressentir. Comment réagirais-je si Ethan me trompait un jour ( question stupide, envisager cette éventualité était d'autant plus idiot ) ? De même qu'Alexander, je ne pourrais certainement pas oublier ou pardonner, peut-être que je le quitterais... pour un temps. Je l'aimerais toujours quoiqu'il arrive. Il était l'amour de ma vie... Comme Gabrielle était celui d'Alexander. Oh seigneur, mon cœur saignait pour le sien.

Je ne parlai pas plus de Gabrielle, Alexander préférant changer de sujet. J'espérais cependant qu'en parler avec moi lui avait fait un peu de bien... Il ne m'était pas difficile de comprendre qu'il était assez gênant de confier ce genre de choses. Mais ici, je semblais être la parfaite confidente. Parce que j'étais discrète, attentive et que je savais plus ou moins comment rassurer les gens. Il faut dire que j'avais épousé un homme avec un énorme besoin de réconfort, alors je me débrouillais plutôt bien dans la matière... Mais Alexander n'était pas Ethan. Intuitivement, je savais que c'était un homme qui considérait qu'il ne devait pas montrer ses faiblesses, et certainement pas aux plus faibles que lui... Décidément, ils étaient bien différents l'un de l'autre. Il faut de tout pour faire un monde comme on dit. Il fallait que ce problème de compréhension entre se règle au plus vite. Je voyais Ethan se couper des gens auxquels il tenait, se persuadant qu'il n'avait besoin que de moi et d'Ethan. C'était faux, même s'il n'en avait pas forcément conscience. Alors peut-être que je devais régler le problème de l'extérieur, en demandait à ses proches ne pas le laisser tomber malgré son correctement certes exagéré.

« J'ai aussi beaucoup de chance de l'avoir trouvé, tu sais. Il n'est peut-être pas parfait, mais je l'aime. Peut-être un peu à outrance d'ailleurs... Il faut croire que son côté excessif a un peu déteint sur moi. »

J'étais généralement très posée et très mesurée. Pas quand il s'agissait de mes sentiments pour Ethan. Je l'aimais à la folie et plus encore, je ne me sentais pas capable de faire un pas sans lui... Sur ces entrefaites je tendis Lena à Alexander. Elle n'avais pas vraiment l'habitude d'être dans ses bras, mais elle n'était absolument pas effarouchée, lui souriant et agitant ses petites mains gaiement vers son visage. Je ne pus m'empêcher d'avoir un rire quand il la complimenta sur ses yeux.

« Les mêmes que ceux de son père... »

Je souris, caressant la joue de Lena qui en profita pour attraper mon doigt au passage.

« Oh, Ethan a déjà imaginé tout un scénario, pour empêcher toute entité masculine d'approcher de sa fille... Tu sais combien il est jaloux avec moi, imagine avec sa fille... Oh mais, tu dois te dire la même chose que lui pour Emma, j'imagine ! »

Emma était également une magnifique petite fille, toute blondes avec de jolis yeux marrons. Un vrai petit ange... Qui devait se demander où était passé sa maman. Elle avait bien évidemment remarqué que cette dernière n'était plus là pour s'occuper d'elle. Même Lena, du haut de son petit mois avait remarqué mon absence quand j'avais été enlevée et ainsi éloignée d'elle. Ethan m'avait dit qu'elle avait beaucoup plus pleuré et qu'elle avait même rejeté le biberon au début. Pauvre petit ange... Je m'étais promis qu'elle n'aurait plus jamais à subir cela. Plus jamais on ne me l'enlèverait, que ce soit d'une façon ou d'une autre.

« D'ailleurs, comment va Emma ? Je n'ai pas beaucoup vue ces derniers temps. Si tu veux bien, je pourrais peut-être la garder un peu. Non pas qu'elle ne soit pas bien avec Isaac, loin de là. Mais elle a peut-être besoin d'un peu plus d'attention que les autres en ce moment, et comme tu es pris... Qu'en penses-tu ? Cela ne me dérangerait pas. Tu sais que je l'adore. »

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MessageSujet: Re: Let me help you { Alexander }   Mar 26 Oct - 18:53

Je me contentai de hocher la tête alors que Katarina soulignait qu'elle avait eu de la chance de trouver Ethan et qu'il avait déteint sur elle. Ensemble, envers et contre tout, dans le bonheur comme dans la tragédie. C'était ça l'amour, ça les serments de mariage et d'engagement éternel. Ils avaient chacun leurs défauts, chacun leurs galères, mais cela les rapprochait au lieu de les éloigner. Même si, au début, Ethan avait tout fait pour éloigner Katarina, pensant que ce serait mieux pour elle. C'était bien la seule fois qu'il ne s'était pas montré égoïste. J'aimais beaucoup Ethan, mais cela ne m'empêchait pas d'être critique avec lui, comme je pouvais l'être avec tout mon entourage. Il semblerait que seule Gabrielle y échappe. J'étais aveugle et sourd avec elle. Ouvrir les yeux avait été douloureux. L'était toujours.

J'avais réussi à parler de mon chagrin à Katarina. Je ne m'étais pas épanché pendant des heures, mais en quelques mots, j'avais partagé mon fardeau à celle que je considérais comme une amie. Une très bonne amie. Un membre de la famille même. Qu'elle ai réussi à me faire craquer était un exploit en soi, mais déjà, je reconstruisais ma carapace et effaçai toute faiblesse de mon attitude ou mon regard.

Autant se concentrer sur ma jolie filleule que je tenais enfin dans mes bras. Je la complimentais sur ses yeux et souris quand Katarina répliqua qu'elle avait les yeux de son père.

- "C'est vrai, j'espère qu'elle héritera de tous vos meilleurs côtés et laissera les défauts de côté."

Les beaux yeux bleus de son père, sa sensibilité, mais la douceur et la pondération de Katarina, en plus de son opulente chevelure brune. Oui, je l'espérais. Mais Katarina veillerait à ce qu'elle n'ai pas les travers de son père. Et je ferais de même. Je taquinais alors la jeune russe sur les ravages qu'allait faire Lena plus tard et souris quand elle me répondit qu'Ethan avait déjà tout prévu, refusant qu'un garçon s'approche d'elle un jour. Avant de me faire remarquer que je devais être pareil.

- "Pas du tout, je ne suis pas aussi possessif. Cela dit, il faudra quand même avoir mon approbation. Hum... Ça te dit quelque chose mon beau-père et moi?"


Je lui adressai un sourire qui avait tout de diabolique à cet instant. j'imaginai que celui qui voudrait un jour sortir avec ma fille devrait avoir bien du courage quand il me rencontrerait et que je lui ferais une belle peur, l'intimidant joyeusement, pour qu'il se tienne à carreaux. Je pense qu'avoir un beau père marine et sniper, ça devait foutre un peu la trouille. Mais je n'en étais pas là, Emma n'avait pas deux ans, je pouvais encore profiter d'elle.

Katarina me demanda alors de ses nouvelles, me proposant de la prendre un peu avec elle. Je soupirai, heureux de sa gentillesse, mais triste qu'on en arrive là.

- "Emma... Il lui arrive de se réveiller la nuit en pleurant. Sa mère lui manque et je ne parviens pas à combler ce vide. Je fais ce que je peux, mais... Je ne réussis pas à rester enfermé ici toute la journée, j'ai besoin de bouger, de me défouler et je ne suis pas toujours de bonne compagnie pour elle. Je suis dépassé Katarina. Mais je ne voudrais pas vous donner un surcroît de travail à Ethan et toi, Lena doit vous demander déjà beaucoup de boulot."


Et pourtant, j'étais soulagé. Isaac faisait du bon boulot, mais Katarina était une femme et une mère et c'était cela qui manquait à Emma.
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MessageSujet: Re: Let me help you { Alexander }   Mar 2 Nov - 13:27

Parler de Lena m'avait rappelé à quel point la situation de la petite Emma était difficile. Cela faisait des semaines qu'elle n'avait pas vu sa mère. Et du haut de ses deux ans, nul doute qu'elle se rendait compte que quelque chose ne tournait pas rond... Si elle ne comprenait peut-être pas tout, elle devait bien s'être rendue compte que sa maman n'était pas là. Et elle commençait à être en âge de poser des questions, du genre « où est maman ? ». Et j'osais à peine imaginer à quel point Alexander devait se sentir mal quand elle lui posait cette question. Que vouliez vous qu'il réponde, à part « elle va revenir bientôt » ? Il n'allait pas lui dire qu'elle était partie du jour au lendemain, sans prévenir personne... Elle était partie le jour de mon enlèvement, autant dire que cela commençait à faire... Je ne savais plus quoi dire à Alexander. En général j'étais douée pour rassurer les gens, mais là... J'étais impuissante. Mes paroles n'avaient rien de rassurant... Je ne pouvais pas comprendre Gabrielle, alors je ne pouvais pas trouver les mots pour rassurer son mari. Tout ce que je pouvais faire c'était être présente pour lui. Certes, c'était toujours ça. Je me doutais qu'il devait commencer à se sentir seul, sans compter le poids des responsabilités qu'il portait... J'allais glisser un mot à Ethan pour qu'il lui donne un coup de main. Ce pouvait aussi être le moyen de les rapprocher, ni vu ni connu...

« Non, ne t'inquiète pas pour ça. Lena est adorable, elle ne pleure presque jamais. Et ta fille est tout autant adorable. Tu n'auras qu'à me l'amener demain matin. Je m'occuperai d'elle toute la journée. Elle a certainement besoin d'un peu plus d'attention en ce moment. »

Je ne prétendais certainement pas voler son rôle de mère à Gabrielle. Mais je me disais que si j'avais été éloignée de Lena, pour une raison ou une autre, j'aurais voulu que quelqu'un prenne soin d'elle. Comme l'avait fait Lilly et Mathilda pendant mon enlèvement. Et en ce moment, Emma avait besoin d'un peu plus d'attention que les autres enfants, et visiblement Alex ne savait pas trop comment faire pour tout gérer. Et moi cela ne me dérangeait absolument pas de m'occuper d'Emma. C'était un petit ange, elle était sage, souriante et obéissante... J'étais certaine qu'Ethan ne dirait rien, parce qu'Emma n'était qu'une enfant, et qu'il l'adorait, quoiqu'il en dise. Et moi, si je pouvais simplement faire sourire Emma, ce serait déjà merveilleux. Être noyée dans la masse des enfants n'était peut-être pas l'idéal pour elle pour le moment. Sincèrement, j'espérais que Gabrielle tiendrait sa promesse et qu'elle reviendrait. Emma avait besoin de sa mère.

« Et puis, je m'ennuie à tourner en rond ! Je ne passe plus mes journées à l'infirmerie à cause de Lena, et quand elle dort je n'ai pas grand chose à faire... »

Je le voyais un peu hésitant, alors je l'encourageais un peu. Je ne voulais pas qu'il croit que je me forçais à lui rendre ce service. C'était tout le contraire. Et évidemment, c'était un peu ma façon à lui de lui prouver que je ne lui en voulais absolument pas de ne pas avoir été présent ces dernières semaines. Ce n'était pas sa faute, il fallait qu'il se rentre ça dans le crâne ! Voyant Lena qui commençait à s'agiter doucement dans les bras d'Alexander, je tendis les bras vers elle et Alexander la déposa dans mes bras. Je jetai un coup d'œil à l'heure, avant de comprendre qu'elle commençait à avoir faim. Je ne sais pas si Alexander a compris, mais toujours est-il qu'il s'est éclipsé, après nous avoir embrassé toutes les deux rapidement.

{ over }

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