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 Hiroshima n'est qu'un souvenir | Ethan

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MessageSujet: Hiroshima n'est qu'un souvenir | Ethan   Dim 17 Oct - 17:20

Je ne sais pas si j’avais bien fait de venir. Il était des regards étranges, voir hostiles qui ne cessaient de me suivre. Non, en vérité, je ne me sentais pas bien dans cette communauté. Je n’y étais que pour Alexeï, mais je sentais confusément qu’il était a l’origine de ce malaise que je percevais a mon encontre. Sa fille me fixait parfois avec, au fond des yeux, une lueur que je ne parvenais pas a déchiffrer. Etait elle au courant ? A vrai dire, je n’en savais rien, me cacher ou me montrer n’avait pas réellement d’importance. Je m’en fichais un peu. Alexeï n’avait pas voulu que l’on s’affiche, soit, je faisais de même, mais je me demandais combien de temps il mettrait a se rendre compte de la débilité de la chose. Les gens étaient intuitifs et même si je n’étais pas systématiquement collée a lui, ses allées et venue dans ma chambre ne pouvaient demeurer éternellement secrètes. Surtout lorsqu’autant de monde vivait ensemble. Mais bon, si c’était ce qu’il voulait, grand bien lui fasse. Pensive, je portais ma tasse de café a mes lèvres. Depuis combien de temps n’avais je pas bu un vrai café ? Une éternité sans doute, j’étais même étonnée d’en voir ici. Certes, je savais me débrouiller toute seule, mais je ne suis pas sure de vouloir m’acquitter du prix a payer pour un paquet de café.

J’avais compris qu’ici, je n’aurais pas d’autre choix que d’apporter ma pierre a l’édifice, Alexander avait été intraitable a ce sujet et j’avais hoché la tête. D’accord. Mais quand même, j’avais été habituée a ne subvenir qu’a moi seule, ici, on parlait de plusieurs têtes…les méthodes n’étaient pas les mêmes, heureusement que je possédais une capacité d’adaptation plutôt devellopée. Cela dit, je ne me sentais pas vraiment acceptée, mais je pouvais comprendre cette espèce de méfiance, elle était naturelle et ne pas l’être était souvent synonyme de mort rapide. Je le savais, il me faudrait laisser faire le temps. J’avais longtemps vécu seule, mais pas dénuée d’amis, et il était nouveau de n’avoir personne a qui parlé, mis a part Alexeï bien entendu. Soit on m’évitait, soit on évitait d’en dire de trop, ce qui faisait qu’une conversation avait tendance a tourner court assez rapidement. Mais j’avais décidé de laisser faire le temps, il était le remède a tout de toute manière.

Un soupir passa mes lèvres et le café avait un gout délicieux. En fait, il était rare que je sois seule dans ces salles, mais pour une fois, je pouvais gouter un peu de solitude et me laisser aller a l’espèce d’angoisse qui me tenaillait a être sous terre. Une sorte de claustrophobie nullement handicapante, juste un peu dérangeante, mais espérer aller et venir librement était comme croire au père noel. Oh j’en comprenais les raisons et devais bien avouer que je ne me vantais pas des liens que j’avais avec certains Hors la loi. Pas l’organisation non, mais juste quelque menu fretin, chose indispensable quelque part. Enfin, je n’en parlais pas, rapportant ce que l’on me demandait sans m’étendre sur le comment de la chose. De toute façon, seul le résultat importait n’est ce pas ? Parfois, on m’envoyait a l’infirmerie donner un coup de main et je le faisais en silence. Je n’étais pas spécialement sauvage ou froide mais on ne m’approchait pas forcément facilement, comme si je mordais, chose idiote au demeurant non ? Ou pas. Tout dépendait du point de vue, encore une fois. Il faudrait tout de même que je dise a Alexeï que sa mauvaise réputation commençait a me taper sur les nerfs…La porte s’ouvrit, mais je n’y prêtais pas vraiment attention avant de finalement m e retourner pour tomber sur Ethan Jones. Aïe.

« Bonjour. »

Et oui, je savais être polie, même si mon visage ne respirait pas de chaleur amicale sur le coup. Mais a force de se faire battre froid, on commence a se méfier de chaque mot que l’on pourrait prononcer.

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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: Hiroshima n'est qu'un souvenir | Ethan   Mer 20 Oct - 10:37

Douze jours…..Deux cent quatre vingt dix heures et quatorze minutes pour être exact depuis que j’étais mort de l’intérieur. Oui j’avais cru mourir quand j’avais cru que Katarina l’était alors qu’une galerie s’était effondrée sur elle, et quand on l’avait arraché à mes bras et mon amour mais j’avais hurlé, j’avais crié, je m’étais battu. Mais là…je n’avais plus de forces et je me noyais. Comment ne pas se noyer quand vous apprenez la mort d’un de vos enfants ? J’étais humain, j’étais sensible et l’avais toujours été.

J’avais ri il y a plusieurs jours quand Katarina m’avait dit qu’elle voulait bien un deuxième enfant. J’avais essayé de ne pas lui montrer à quel point je voulais aussi cet enfant, mais à l’instant même où Lena était née, je savais que je voulais encore d’autres enfants. Plein d’enfants ! Mais alors que notre rêve de grande famille était possible, on nous l’avait enlevé de manière tellement sadique que nous ne pouvions que sombrer. Je doutais de mon envie d’avoir d’autres enfants maintenant. Parce que je ne voulais pas à revivre ça. Parce que j’avais peur de demander à Katarina d’oublier cet enfant et d’en avoir un autre, deux autres, trois autres…Et parce que je ne voulais pas oublier cet enfant que nous venions de perdre.

Je n’arrivais à penser qu’à lui. Je me l’imaginais rire, sourire, jouer, dormir….Enfin je l’imaginais elle. J’avais tout de suite pensé que ça aurait été une fille. Une deuxième petite princesse. Une petite Lena bis. Mais j’étais incapable d’en parler. J’étais incapable de parler de toute façon. Comment vivre alors que mon enfant avait perdu la vie ? C’était tout bonnemenent impossible, inhumain.
Je savais au fond que je faisais des dégâts, mais je n’arrivais pas à parler à Katarina. M’occuper de Lena était aussi difficile .Je ne la regardais plus. J’avais trop honte. Honte de lui avoir arraché sa petite sœur, honte de lui en avoir voulu.

Je refusais de parler ou de me trouver en présence d’autres personnes. Je ne savais pas où étaient ma femme et ma fille, et bizarrement je m’en fichais. Oui, je m’en fichais. J’étais mieux seul. Elles étaient mieux sans moi… C’était un cercle vicieux et infernal je le savais, mais c’était ainsi.
Tout le monde m’évitait je le voyais bien. Et ils avaient raison. De toute façon je ne voulais pas d’eux.

L’après-midi voyait le salon presque déserté, et c’est là bas que j’allais. Je marchais en silence, la tête baissée, faisant un pas l’un devant l’autre. Anna ne quittait pas mes pensées, jamais. Je me suis assis sur le canapé mécaniquement, et j’ai entendu une voix féminine me saluer. Je connaissais cette voix, enfin je la reconnaissais. Je ne sais pas pourquoi mais sa voix s’était imprimée dans mon esprit à l’instant même où Alexeï nous l’avait ramenée. Peut-être parce qu’inconsciemment j’avais voulu imprimer cette voix comme étant celle de la mère de Katarina. Mais je savais que ce n’était pas sa mère. Mais elle ressemblait tellement aux photos que Katarina m’avait montrées de sa mère.

Sans lever la tête, j’ai répondu à son salut de cette même voix monocorde et usée qu’était la mienne depuis trois jours.

-Bonjour…

Je n’attendais pas à ce qu’elle me fasse la conversation. De toute façon je n’avais pas envie de parler. A quoi bon ? Pour m’entendre dire quoi ? « C’est la nature », « Vous en aurez d’autres », « Fais le deuil ». Non, je ne voulais plus entendre toutes ces phrases toutes faites et non avenues. J’aurais bien aimé les y voir eux….

Mes parents auraient été là, je sais qu’ils auraient su trouver les mots mais ils étaient morts…. Comme la mère de Katarina. Et cette femme dont je ne me souvenais pas le nom parce qu’au fond je m’en fichais pas mal, ressemblait vraiment à sa mère. Les hommes avaient-ils un type de femme spécial ? Katarina ne serait plus de ce monde, est-ce que moi aussi je chercherais à retrouver une femme qui lui ressemble ? Sans doute pas… Mais mon beau-père lui, c’est exactement ce qu’il avait fait….
C’était cette réflexion que j’étais en train de me faire. Sans me rendre compte que je la formulais à haute-voix.

-Alexeï aime les blondes aux yeux verts vous savez. ..


Dernière édition par Ethan Jones le Mer 17 Nov - 11:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Hiroshima n'est qu'un souvenir | Ethan   Mer 20 Oct - 22:03

Bon, je devais avouer que je n’étais pas a l’aise avec Ethan. Je ne sais pas pourquoi, peut être son regard absent, ou son air d’être toujours ailleurs, quoique ces derniers temps, d’après les rumeurs, c’était pire qu’avant. On ne m’en parlait pas directement bien sur, mais je savais écouter dirons nous. Alexeï m’avait rapidement parlé d’un bébé perdu et…Je ne sais pas ce que cela pouvait faire. Je n’avais jamais été enceinte . Je me voyais mal lui présenter des condoléances, ou même en parler, de toute manière, il n’y avait rien a dire n’est ce pas ? Dire que je comprenais serait mentir, dire que ce n’était pas grave, une belle connerie donc, je préférais siroter mon café tranquillement. Le silence s’installa durant quelques minutes et je ne fis pas mine de le briser. De toute manière, je ne sentais pas de chaleur émaner de cet homme, ni envers moi, ni envers les autres. Il semblait enfermé dans son monde intérieur et on ne se connaissait pas suffisamment pour que je lui sorte un « Hé ho ! Ca va pas ? » je crois que si je le faisais, je me mangerais une claque du tonnerre. Alors autant laisser le silence reprendre ses droits non ?

Pensivement, je soufflais sur le liquide brulant buvant de temps en temps une gorgée prudente et c’est alors que la voix d’Ethan s’eleva. Sur le coup, je n’ai pas bien compris de quoi il parlait. Surtout, je ne le voyais pas aborder le sujet d’Alexeï comme ça. J’avais bien comprit qu’il ne l’aimait pas, d’ailleurs, je me demandais qui, dans cette communauté appréciait mon homme. Enfin, MON…c’était relatif ça aussi je crois.


« Mmmh ? »

Alexeï avait toujours aimé les blondes aux yeux verts ? Un demi sourire ombra mes lèvres. Oui et non, du moins, je l’avais déjà vu séduire des brunes, des rousses…Je ne pensais pas qu’il avait un type de femmes définies, mais quelque part, entendre ça me rassurait. N’étais je pas blonde aux yeux verts ? évidemment, j’étais loin de me douter du pourquoi de cette réflexion.

« Alexeï a toujours aimé les femmes. Quelqu’elles soient. Blondes, brunes, rousses…Des yeux marrons au bleus le plus limpide. Je crois que je ne l’ai jamais vu avec un seul type de femme… »

Il n’empêche que je me demandais où il voulait en venir. Je ne me déplaçais pas vers lui, je restais tranquillement a ma place, coudes posés sur la table et ma tasse entre mes mains. J’avais le regard perdu dans le vague et un demi sourire accroché au visage. Soudainement, je m'interrogeais sur la fidélité d’Alexeï…C’était idiot, je le savais. Totalement idiot, parce que même si il ne l’était pas, que pourrais je y faire ? Nous n’étions pas marié, nous n’avions pas d’enfants et je savais qu’il ne tenait pas suffisamment a moi pour être sensible a une quelconque pression de ma part.Mon café avait un gout amer soudain.
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: Hiroshima n'est qu'un souvenir | Ethan   Lun 25 Oct - 22:20



J’étais là à me demander ce que moi j’aurais fait si j’avais perdu Katarina. Est-ce que finalement je n’aurai pas fait comme mon beau père. Est-ce que je n’aurai pas cherché à trouver mon épouse dans les traits d’une autre ? Je ne pense pas….mais Alexeï l’avait fait. Cette femme dont j’avais du mal à se souvenir de son prénom avait ce même charme slave qu’avait apparemment la mère de Katarina. Elle avait un regard doux et pourtant déterminé semblables à deux billes vertes, une peau diaphane et des cheveux dorés. Oui sans conteste, elle était belle. Et j’avais du mal à me dire que ce n’était pas la mère de Katarina. Elle lui ressemblait tellement. Le même âge visiblement que celui qu’avait la mère de ma femme quand elle est décédée.
Et si au fond je trouvais ça malsain, j’étais plus que troublé.

Elle réfutait en bloc les accusations que je faisais a l’encontre de mon beau père. Selon elle, Alexeï était un homme femmes. Il aimait les femmes sans distinction. Je n’avais pas cette image de lui, brossée par Katarina. Au contraire, j’avais vu pendant longtemps Alexeï Kuryenko comme un veuf inconsolable qui s’était donné entièrement à sa fille. L’image que m’en donnait Inessa était toute autre. Mais j’avais depuis longtemps cessé de croire en cette image parfaite de mon beau père. Il savait berner son monde….

Et j’avais beau essayer de m’en convaincre, rien n’y faisait. J’étais persuadé qu’il l’avait choisi pour sa ressemblance. Mais le savait-elle ? Sans doute pas. Apres tout, je doute qu’il ne s’en soit vanté. Alexeï était une ordure de la pire espèce, un homme infréquentable. J’avais honte dans un sens qu’il fasse partie de ma « famille ». Et ce qu’il faisait en ce moment avec cette femme n’était pas quelque chose de sain. J’avais raison de ne pas vouloir qu’il approche de Lena, quand bien même j’avais du mal à m’occuper d’elle en ce moment.

J’avais l’impression de devoir la vérité à cette pauvre femme. Elle me faisait pitié. Et puis, même si je me sentais vide de tout en ce moment, je voulais me venger de mon beau père. Il avait tué notre enfant. Il paierait… Tout cela était « inconscient » mais c’est avec un naturel flagrant que j’ai lâché ce qui serait sans doute la bombe. Mais pour moi, c’était dit de telle façon que j’aurais pu dire que j’allais manger une pomme. Une banalité….

-Vous ressemblez à la mère de Katarina.

Je repensais à toutes les photos de l’album de Katarina. Sonja Kuryenko avait une grâce et élégance naturelle que pourtant ne semblait pas avoir cette femme. Elles se ressemblaient physiquement oui, mais cela semblait s’arrêter là. Katarina semblait tenir de sa mère son caractère doux et maternel.

-Elle était très jolie à en croire les photos. Blonde aux yeux verts….

Katarina était en quelque sorte tout le contraire. Brune aux yeux bleu gris. Comme son père. Mais elle ne semblait, heureusement avoir hérité que de cela. Les mêmes yeux qu’Alexeï. Glacials autant qu’enflammés. Katarina était magnifique. J’étais tellement fier d’avoir une aussi belle femme. Même si je l’évitais en ce moment, je l’aimais toujours autant.
J’étais totalement perdu dans mes propres pensées. Je parlais comme je réfléchissais. Je ne faisais même plus attention à cette femme à qui je m’adressais en réalité. Elle était là, mais elle n’était pas là….

-Katarina ressemble à son père…si ce n’est le sourire…Ce doit être de famille, ma fille aussi a ce même sourire. Comme s’il passait de génération en génération.

Oui, cette femme n’existait plus. J’étais à nouveau enfermé dans mon monde. Katarina, Lena, Sonja….et ce bébé, notre bébé qui n’avait pas vécu. Est-ce qu’il aurait eu le même sourire ?
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MessageSujet: Re: Hiroshima n'est qu'un souvenir | Ethan   Sam 30 Oct - 19:13

« P..Pardon ? »

Je m’étais figée a sa petite bombe et mon regard avait quitté le vide pour se fixer sur lui. J’avais dut mal entendre et puis, pourquoi le croire sur parole ? Je secouais imperceptiblement la tête, réfutant avec un instinct de survie particulièrement développé ce qu’il cherchait a me dire.

Mais il ne sembla pas vouloir s’arrêter là, non, il enfonça un peu plus le clou et ma tasse se mit a trembler dans mes mains. Il racontait n’importe quoi ! Ah oui ? en étais je réellement sure ? Je n’avais jamais vu la mère de Katarina et si Alexeï en avait énormément parlé dans son délire, il ne me l’avait jamais décrite…Non, il ne l’avait jamais fait, mais cet homme a moitié détruit lui, ne se gêna pas.

« Il existe beaucoup de blonde au yeux verts vous savez. Ce n’est pas pour autant qu’elles se ressemblent. »

Moi-même je sentais l’hésitation qui dormait dans ma voix. Parce que j’essayais de me convaincre qu’il racontait n’importe quoi, ou que j’avais mal compris. Je me sentais en équilibre sur un fil qui devenait de plus en plus fin, je n’entendis même pas qu’il parla de sa femme. Je m’en fichais de sa femme. Je fermais les yeux deux secondes, repoussant avec violence ce qu’il tentait de me faire comprendre. C’était du n’importe quoi ! La méfiance s’invita dans mon regard.

« Vous détestez a ce point votre beau père que vous êtes prêt a n’importe quoi pour l’atteindre ? Même m’utiliser pour ça ? »

Oui, cette solution était tellement plus simple, tellement plus saine que ce qu’il insinuait. Oui,je n’avais pas le choix, non pas d’autre que de me raccrocher a ça…De m’y raccrocher de toute mes forces parce qu’imaginer que là soit la vérité me tuerais a coup sur. Les tremblements qui agitaient mes doigts décuplèrent soudainement et quelques gouttes de café atterrirent sur la table. Malgré ce que j’essayais de croire, le doute…Juste le doute, un sale poison vicieux et sournois, s’infiltrait déjà dans mes veines, jusque dans l’azur de mes iris. Et si..Et si il disait vrai ? Si…Non, impossible.

C’était des mensonges destinés a faire mal, a provoquer la souffrance. Des mensonges susurrés sur un ton absent, presque…de pitié. Mes lèvres se serrèrent si fort que je cru un instant qu’elles allaient exploser sous la pression, la colère flamboya une terrible seconde aux creux de mes prunelles.

« Vous êtes pathétique, allez donc déverser votre trop plein d’acide sur quelqu’un d’autre. »

Malgré la rage qui m’étranglait, ma voix avait gardé un ton neutre, ni amical, ni haineux et peut être était ce le plus insultant. Bien plus que les mots, cette voix totalement indifférente, comme si ce qu’il avait dit n’avait provoqué qu’un souffle a peine éteint. J’aurais aimé que ce soit le cas, mais j’en étais loin, de toute mes forces, je m’agrippais a cette idée de vengeance basse et veule. Qu’il haïsse Alexeï était son problème pas le mien, mais je refusais qu’il m’entraine la dedans…Et si…Non !

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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: Hiroshima n'est qu'un souvenir | Ethan   Ven 19 Nov - 11:06

J’avais entendu une voix lointaine, certainement celle de cette femme me parler, mais j’étais bien trop absorbé par mes propres pensées pour écouter ce qu’elle avait à me dire. Lena avait un sourire merveilleux, comme Katarina. Et quand je regardais l’album photo de ma femme, et que je m’attardais sur les premières pages, j’étais toujours étonné de voir ce même sourire que j’aimais tant sur le visage de la mère de mon ange. Si ce n’est les yeux et la couleur des cheveux, Katarina avait sa grâce, son port altier, sa beauté. Je ne doutais pas un seul instant que Lena devienne une jolie jeune fille. Elle était déjà si belle. La plus belle même. Et si ce bébé que nous avions perdu était une fille, elle leur aurait ressemblé elle aussi. Il ne pouvait pas en être autrement. Même si ma mère était la plus belle, je savais qu’elle ne se serait pas offusquée (bien au contraire) que je trouve ma femme encore plus belle qu’elle.

Maman….Elle me manquait. Un peu plus que Papa je dois bien l’avouer. Et dire que Lena avait failli perdre la sienne. Ces souvenirs étaient bien trop ancrés en moi. Je ne voulais plus y penser alors j’ai chassé ces pensées parce qu’elles étaient bien trop douloureuses.
J’ai reporté mon peu d’attention sur cette femme dont j’avais du mal à retenir le prénom, même si je doutais le connaître en réalité. Elle semblait nerveuse. Enfin, non elle l’était. Et elle semblait en colère. Contre qui ? Moi ? Pourquoi ? Qu’avais-je dit ?
Je suis resté bouche bée face à ses accusations parce que je ne m’étais pas rendu compte que cela pouvait passer par de la vengeance. Mais je ne pouvais nier que je lui en voulais. Pour avoir brisé nos vies à plusieurs reprises. Sans lui, Katarina n’aurait pas été enlevée et n’aurait pas perdu notre enfant. Se rendait-elle compte seulement, cette femme, à quel point Alexeï avait gâché nos vies et gâcherait sans doute aussi la sienne ?

J’ai eu pitié d’elle pendant quelques instants. Jusqu'à ce qu’elle m’insulte et m’accuse de déverser ma haine sur elle. Il en fallait peu, ces temps-ci, pour me mettre en rogne et elle avait réussi. Je me fichais pas mal de ce que les gens pensaient de moi. Je souffrais, ma femme souffrait. Nous venions de perdre un enfant et elle voulait que je sois heureux et reconnaissant envers les gens. Mais non, ce n’est pas ainsi que la vie est censée se passer. Alors oui, j’en voulais à la terre entière. Mais plus encore à mon beau père. Tout était de sa faute, absolument tout.

C’est donc dans une attitude rageuse que je me suis levé et que je suis allé cogner mon poing dans le mur. J’avais le choix entre la frapper elle et frapper ce mur. Elle n’avait pas à me parler comme ça. Elle ne savait pas, non elle ne savait pas. Et elle semblait défendre cette ordure de russe. J’avais besoin d’ouvrir les yeux à tout le monde, et peut être aussi de lui faire autant de mal qu’il nous en avait fait au fond.

Comment faire du mal à Alexeï si ce n’est en montrant à cette femme la preuve de ce que j’avançais ? Oui ! C’était ça la solution. Alors j’ai pris son poignet, et je l’ai entraîné jusqu'à notre chambre. Elle protestait surement mais je n’entendais plus. Je n’entendais rien que mon cœur qui battait à tout rompre dans ma poitrine et qui saignait. J’ai ouvert la porte d’une main libre et je l’ai poussée à l’intérieur pendant que j’allais chercher l’album photo de Katarina dans le tiroir de la commode. Sans aucune manière respectueuse, je l’ai ouvert et je lui ai mis l’album dans les mains en pointant du doigt la photo de Sonja Kuryenko. Ma voix n’en était plus une, c’était un cri déchirant.


-Je mens hein ? Je mens ?


J’étais sans doute devenu fou. Je l’ai prise par les épaules et je l’ai secouée violemment.


-JE MENS HEIN ? JE MENS ?

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MessageSujet: Re: Hiroshima n'est qu'un souvenir | Ethan   Ven 19 Nov - 11:41

Il racontait n’importe quoi ! C’était plus simple de se raccrocher a ça. Il disait des conneries, déversait son poison juste pour blesser, juste pour…Pour quoi au juste ? Alexeï n’était pas apprécié, je le savais. Par sa faute, on me regardait souvent de travers, me mettait on dans le même sac sans même chercher a me connaitre vraiment ? Sans doute, il était plus facile de laisser s’exprimer des jugements préconçu plutôt que se faire son propre avis.

Je reposais ma tasse, doucement, lentement, observant d’un œil absent les quelques gouttes de café qui maculaient le plateau de formica. Il mentait. Il ne devait QUE mentir. Parce que je refusais qu’il en soit autrement. C’était tout simplement impossible. Alexeï était un salop, je le savais. Il détruisait ce qu’il touchait, je le savais aussi. Malgré ça, j’essayais encore de m’accrocher a lui, a l’espoir peut être idiot qu’il voyait en moi autre chose que ce qu’Ethan insinuait.
Quel mot le mit en colère ? Je ne sais pas, mais je n’eus pas peur sur le coup. Non, j’étais habituée a la colère des hommes, là où ils faisaient montre de leur puissance physique pour compenser la faiblesse de leur esprit. Là où ils n’avaient pas d’autre solution que de frapper pour faire taire, pour imposer le silence. Pourtant, lorsque son poing s’écrasa sur le mur, j’eus un sursaut. En vérité, je m’attendais a ce qu’il me frappe moi. J’aurais répliqué, certainement. Mais non, il rugit en frappant le mur avant de foncer sur moi, de m’attraper le poignet dans une étreinte d’acier. Il me força a me lever et je faillis tomber, le pied prit dans un pied de la table.

« Lachez moi ! »

Mais j’eus beau tempêter, il me traina derrière lui a travers les couloirs sombres. Je me tortillais pour échapper a sa poigne sans grand succès d’ailleurs. Mais qu’il me lâche ! Je ne voulais pas savoir ! Je ne voulais rien savoir !

Finalement, il s’arrêta devant une porte, la poussa et me projeta a l’intérieur d’une chambre. La sienne, devinais je aux photos qui trônaient sur une table de nuit. Pourquoi me faisait il venir ici ? Et pourquoi restais je a le regarder fouiller dans une commode ? J’aurais peut être du fuir a ce moment là, décider de rester dans l’ignorance. J’ai compris tout de suite lorsqu’il se retourna, le visage transfiguré de rage, de…haine ? Je ne sais pas, mais en cet instant, son regard était terrifiant. Je serrais les poings, m’obligeant a un visage fermé. Je refusais qu’il me fasse du mal et pourquoi, je restais plantée là, sans bouger. Mes pieds refusaient de me conduire vers la sortie.

Malgré moi, je pris l’album, comme un réflexe idiot. Il me brulait les doigts, je refusais de baisser les yeux sur ce qu’il pointait. Son hurlement me vrilla les oreilles et je baissais les yeux. Je ne me souviens pas exactement de ce que j’ai ressentis a ce moment. Parce que lorsque je me suis décidé a regarder, j’eus l’impression de me voir dans un miroir. J’ai vacillé ça je le savais. Pâlit aussi, mais je me souviens avec acuité de la douleur. Comme un millier de pointe chauffées jusqu'à rougeoyer s’enfoncer toute ensemble dans chaque nerfs de mon corps. J’ai hoqueté. C’était ça…Juste pour ça…Rien que pour ça…Durant quelques secondes, mon corps refusa de respirer et j’eus l’impression de suffoquer, d’étouffer.

Ethan me secoua en hurlant, mais je ne l’entendais pas vraiment, j’avais le regard fixé sur cette photo, sur ce qui scellait définitivement ce que j’avais put nourrir comme espoir. Idiote. Je crois que je ne pouvais pas tomber plus bas que ça…Quelque chose se brisa, loin dans mon âme. J’avais naïvement pensé que plus rien ne pouvait m’atteindre, qu’il m’avait déjà tellement blessée qu’il ne pourrait plus rien faire. Je me trompais amèrement.

« Pourquoi faites vous ça ? »

Comme un contraste, ma voix ne hurlait pas, elle n’était qu’un souffle, trop douloureux pour être véritablement intense. J’avais terriblement mal, je sentais cette souffrance partout en moi, ne me laissant pas de répit, parce qu’au final…je n’aurais jamais ce que je désirais si fort. Parce qu’au final, je m’étais peut être illusionnée et que le reflet venait d’exploser comme un miroir, projetant ses morceaux tranchants dans les moindres recoins de mon esprit, de mon corps. J’eus envie de vomir, une nausée terrible qui me secoua violemment. J’étais au-delà de la colère ou de la haine.

Mes doigts glissèrent sous la protection de plastique et, je ne sais pas pourquoi je me saisis de cette photo, l’album m’échappa pour choir a terre. Je n’arrivais même pas a pleurer.

« Je ne voulais pas savoir… »
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: Hiroshima n'est qu'un souvenir | Ethan   Ven 19 Nov - 16:57

J’avais tellement envie qu’elle prenne conscience de la vraie personnalité d’Alexeï Kuryenko. Il était manipulateur, menteur, sadique, et infréquentable. Il s’était servi d’elle, c’était une évidence. A quel dessein ? Cela restait une énigme….Peut-être pour retrouver sa femme dans la plastique de cette jeune femme ? Il fallait être complètement fou pour fréquenter le sosie de votre défunte femme…Mais Alexeï l’était. Pourtant elle, elle, elle ne méritait pas ça. Je ne la connaissais pas et elle était peut-être folle aussi, mais je voulais croire qu’elle ne l’était pas. Je la prenais pour une pauvre jeune femme amoureuse et abusée. Il fallait qu’elle sache. Que je ne lui mentais pas.

Bien sûr, au fond j’étais comme mon beau-père. Je me servais d’elle pour le blesser lui. Je savais le mal que ça lui ferait de la voir s’éloigner. Ce serait comme la seconde mort de sa femme. Oui je me servais d’elle mais je ne voulais pas penser de cette façon, je m’y refusais même. Je voulais me persuader que je le faisais dans son intérêt à elle. Alors que finalement j’agissais pour le mien. Je voulais blesser le père de Katarina comme il l’avait blessée, comme il m’avait blessé.

Les mains toujours posées sur ses épaules, j’avais pourtant cessé de la secouer. Mais j’avais planté mon regard bleu azur dans le sien et je me calmais peu à peu. Ma respiration cherchait un tempo adéquat et mon cœur cherchait à se calmer. Pas une seule seconde, je regrettais ce que j’avais fait. Même pas quand elle m’a demandé pourquoi je faisais ça. Qu’est ce que je pouvais bien lui répondre d’ailleurs ? Que je faisais ça pour son bien à elle ? C’était un énorme mensonge. Je pouvais bien lui dire la vérité…au point où on en était…mais un frein m’en empêchait…J’étais déjà allé assez loin. Et pourtant…pourtant…j’ai franchi la ligne. Allant encore plus loin dans la dévastation de cette pauvre femme.


-Vous comprenez pas !!! Vous comprenez pas qu’il ne vous aime pas ?


Non, elle ne comprenait pas…Elle ne comprenait pas parce qu’elle ne m’écoutait pas. Elle fixait la photo de la mère de Katarina et la caressait presque. Et puis frénétiquement, j’ai vu ses doigts écarter le vieux film plastique et arracher la photo en laissant l’album tomber à nos pieds. Et cette photo dans la main, elle ne me regardait plus. Elle regardait cette photo d’une manière froide.

Elle ne voulait pas savoir…Elle ne voulait pas savoir….Mais…Mais…Si elle voulait savoir, elle voulait savoir. C’est ce que j’essayais de me persuader. Je voulais qu’elle voie la vérité en face. Il fallait qu’elle ouvre les yeux. J’allais les lui ouvrir. Je n’étais plus vraiment moi-même. J’étais en train de détruire psychologiquement une femme, chose qui ne me ressemblait pas. Mais c’était comme si Alexeï faisait ressortir ce qu’il y avait de plus mauvais en moi. Je voulais le briser et l’anéantir comme il l’avait fait avec moi. Finalement cette jeune femme n’était qu’un pion.


-C’est sa femme qu’il aime à travers vous. C’est la mère de Katarina qu’il aime. Il se fiche de vous !


C’était dur, cruel, odieux. Mais c’était la vérité .Il ne l’aimait pas. Il ne pouvait pas l’aimer. Il n’avait pas le droit de l’aimer. Pour quelle raison ? Ca je ne savais pas, mais j’estimais qu’il n’avait pas le droit.

Je me suis baissé pour reprendre l’album que j’ai refermé et posé sur la commode en répétant les choses et en enfonçant encore un peu plus le pieu dans son cœur.


-Il ne vous aime pas, il ne vous aime pas ! Vous n’êtes là que parce que vous lui ressemblez.


J’ai eu un petit rire mi hystérique, mi sadique et je l’ai contemplé se décomposer littéralement sous mes yeux. J’étais devenu un salaud à mon tour et je ne m’en rendais même pas compte.
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MessageSujet: Re: Hiroshima n'est qu'un souvenir | Ethan   Sam 20 Nov - 12:55

Son hurlement vrilla mes oreilles, brisa ce que j’avais pu espérer. Je le savais, je savais tout ça ! Mais se l’entendre crié de cette manière. Entendre cette espèce de pitié dans sa voix, croiser son regard aussi venimeux qu’un crotale. Je ne voulais pas savoir, je ne voulais pas être mise en face de cela. Je voulais pouvoir continuer a croire en quelque chose que je savais impossible dans un sens. Etre prise en pitié était risible. Il ne se rendait même pas compte que ce n’était pas Alexeï qu’il atteignait, que c’était moi. Il ne se rendait pas compte que lui n’aurait pas mal, mais que moi, je n’étais plus que ça.

Il prenait plaisir a me démolir. Je le voyais dans ses yeux. Oui, ça le faisait exulter. Il me regardait mourir et ça le ferait presque sourire. De mes mains, j’essayais d’empêcher sa voix de me parvenir, mais même a travers mes paumes, j’entendais sa rage et sa jubilation. Je ne lui avait rien demandé, pourquoi moi ? Où était mon erreur ? Qu’est ce que j’avais fait ?

Il se baissa pour ramasser l’album, je ne pouvais que le regarder d’un air éteint, enflammé, je ne savais pas vraiment. Je ne savais plus quoi ressentir, tout s’entrechoquait, tout s’emmêlait, mon cœur souffrait, saignait et il s’en fichait, enfonçant le clou encore plus profondément. Pourquoi faisait il ça ? Je ne lui était rien !

J’avais mal et a mon tour, je voulu faire mal. Qu’il se taise, mais bon dieu qu’il se taise !

« La ferme ! »

Je le giflais violemment, y mettant ma douleur, ma colère, mon amertume aussi.

« Je sais tout ça ! Et vous savez quoi !? Vous êtes exactement comme lui ! »

Des larmes violentes courraient sur mes joues et je m’en fichais. Il avait atteint son but. J’étais totalement détruite, je le sentais, c’était comme un millier de craquements qui résonnent au creux de mon esprit. Comme des zébrures sanguinolentes, des plaies ouvertes et douloureuses. Je ne savais même pas comment je tenais encore debout. J’avais l’impression de n’être qu’une immense souffrance.

« Vous ne savez que détruire ! Détruire ! Détruire ! »

J’hoquetais violemment, porta une main a ma bouche. Une nausée brutale tordit mon estomac. J’allais être malade. Malade de douleur, malade de rage, malade de tristesse, malade, malade…Je tournais subitement les talons, m’enfuyant quelque part, souhaitant distancer cette horreur qui ne cessait de me poursuivre. Courir, courir plus vite que le souffrance, mais comment semer quelque chose qui vous colle a la peau ? Comment s’éloigner de quelque chose qui existe dans votre cœur ? On ne le peut pas, on ne le pourra jamais.

Je suis aller vomir. Tout ce que je pouvais. Je me suis écroulée aussi…Je ne sais même plus ce que c’est que de sourire…


[terminé]
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