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 Douce est l'ignorance |Alexeï

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MessageSujet: Douce est l'ignorance |Alexeï   Mar 19 Oct - 8:20

Ma chambre n’était pas très spacieuse, mais elle ne manquait pas de confort, je devais bien l’avouer. Ceci dit, il me manquait mes affaires, on était partit si vite et la décision avait été prise tellement rapidement que je n’étais même pas repassé chez moi. Autant le dire que des affaires propres n’auraient pas été de trop. Heureusement, on me prêta une serviette, un carré de savon et une sorte de pyjama informe que je perdrais certainement une fois mit, mais qu’importe au demeurant, si je pouvais seulement effacer la crasse qui me courait sur la peau, ce serait déjà le paradis. J’avais attendu un peu avant de me faire conduire aux salles de bains et avais supporté bravement les regards curieux, méfiants voir carrément hostiles. J’avais vite compris qu’Alexeï n’était pas en odeur de sainteté et donc, moi aussi par la même occasion. A vrai dire, je m’en moquais un peu, je trouvais juste dommage que l’on ne sache pas faire la part des choses. De toute façon, j’étais fatiguée et absolument pas encline a la conversation chaleureuse ou même frivole, donc que l’on me laisse dans mon coin m’arrangeait bien ce soir.
Il n’y avait personne dans les salles d’eaux et tant mieux, je pris donc une douche rapide et relativement tranquille. Je n’étais pas du genre a passer 3 heures sous l’eau,n heureusement, je me doutais qu’il devait y avoir un rationnement quelconque. Rêver de l’eau courante m’occupa le temps de ma savonner et de me rincer. Tout cela me prit a peine dix minutes, un exploit par rapport a la demi- heure d’autrefois. Dix minutes plus tard, les cheveux dégoulinants sur le visage, j’étais de retour dans ma chambre, tenant d’une main ce pantalon de pyjama qui ne voulait absolument pas rester accroché a mes hanches, peut être devrais je songer a prendre quelques kilos, songeais je avec un sourire amusé. Comme si l’époque s’y prêtait tiens ! Le mot obèse avait dut disparaitre du vocabulaire courant je pense. Souplement, je m’installais au bord du lit façon militaire, croisant les jambes sous moi et entreprit de me frictionner la tête. Mes cheveux retombaient en boucle un peu fofolles sur mon visage et je renonçais a les discipliner. Ma vie venait de prendre un tournant étrange, presque irréelle et je ne savais encore pas si cela était en bien ou en mal. Seul l’avenir me dira si je m’étais une fois de plus fourvoyée. Mes gestes se firent plus lents tandis que mon esprit se mit a vagabonder. Mes pensées revenaient toujours vers lui, je ne comprenais pas cette obsession, cet amour que je ne pouvais étouffer ou détruire malgré le mal qu’il m’avait fait. Je n’arrivais pas a lui en vouloir et je pouvais encore sentir ses lèvres sur ma peau. J’avais enfin ce que je voulais avec tant de force. Du moins une partie de ce que je désirais de lui. Son corps et peut être sa tendresse, mais je ne pouvais encore pas prétendre a son amour, c’était blessant dans un sens, mais je ne pouvais pas me montrer trop pressée, exiger quelque chose qui n’arriverait qu’avec le temps. Enfin, je l’espérais, qu’il efface ces images de l’autre pour les remplacer par la mienne. Oh je ne perdais pas espoir non, mais j’avais terriblement peur de me tromper, je voulais tout de même y croire, c’était peut être sans espoir mais je le voulais. Pour le moment, je devais me contenter de ce qu’il m’offrait a moi, pas a une autre. Pour l’instant du moins. Peut être arriverais je a m’imprimer en lui avec assez de force pour qu’il ne désire plus que mon corps. Soupirer après un immonde connard était quelque chose de pathétique, parce que le propre même de ce genre de type était de blesser, encore et encore. Las, c’était né dès qu’il avait posé les yeux sur moi, le reste n’avait soudainement plus d’importance et je ne savais pas si je devais m’en réjouir ou me tuer.

La porte s’entrouvrit et je levais un regard surprit avant de sourire avec un rien de cynisme.

« Te cacher ne te ressemble pas… »

Je ne sais pas de quoi j’avais l’air avec ce pyjama trop grand dont la veste n’arrivait pas a rester tranquillement sur mes épaules, elle devait obligatoirement glisser de l’une d’elle…

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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Mer 20 Oct - 18:42

Ça avait marché. Inessa était dans la Communauté à présent. Guère plus appréciée que moi, car visiblement, tout le monde savait comment j'avais forcé la main à Ethan et aux autres. J'espérais qu'elle n'y prêterait pas attention, je ne voulais surtout pas qu'elle reparte, maintenant que je l'avais avec moi, pour moi. Égoïste, égoïste, égoïste, me criait une petite voix apparue depuis ma fuite - comme par hasard. Égoïste avec ta femme, jaloux que tu étais, te comportant avec elle presque de la même façon qu'Ethan avec Katarina. Avait-il seulement conscience de reproduire le schéma familial ? Égoïste avec ta fille, l'empêchant de partir faire ce qu'elle voulait, t'efforçant d'insinuer le doute en elle pour la faire revenir auprès de toi. Sans succès. Eh oui, Alexeï, ta fille est aussi têtue que toi. Elle te l'a dit, n'est-ce pas, au moment où elle t'a annoncé son départ ? « On dirait ta mère... En plus intransigeante. » « Non. On dirait toi, papa. » Oui, si elle a pris son envol, te quittant, t'abandonnant comme tu le pensais si naïvement, bercé de tes illusions, c'est bel et bien parce qu'elle était aussi déterminée que toi. Et maintenant, égoïste avec Inessa. Tu ne l'aimes pas, n'est-ce pas ? Tu te contentes de ne plus entendre sa voix, de profiter de son corps et de son visage. Elle n'est qu'un jouet, entre tes mains. Tu l'embrases de faux espoirs, tu la manipules à ton gré, tu sais qu'elle ferait n'importe quoi pour toi, et tu retrouves ta femme à travers elle. Égoïste, égoïste, égoïste.

Songes-y, Alexeï, Inessa n'est peut-être pas si naïve que ça. Et il est fort possible qu'elle n'apprécie pas de découvrir... certaines choses... Comme par exemple le fait que tu lui caches que tu n'es avec elle que parce qu'elle ressemble à ta femme, que tu aimes - et qu'elle hait - tant.

Eh bien il ne fallait pas qu'elle tombe amoureuse de moi ! rétorquai-je à mon irritante petite conscience.

Oooh, tu ne crois pas que tu le cherches, aussi, à user de ton charme sur toutes les filles que tu croises ? Tu ne te rends donc même pas compte des dégâts que tu laisses sur ton sillage ? Crois-tu donc que cela lui plaît d'être dépendante d'un connard comme toi ?

Je ne suis pas un connard. J'ai tout abandonné, j'ai regretté tout ce que j'avais fait, j'ai tout sacrifié. La seule chose que je veux maintenant, c'est vivre avec ma fille.

Menteur, MENTEUR !


Écho sanglant dans mon esprit. Marque douloureuse d'une gifle sur ma joue.

Même à toi-même, tu te mens ! Tu ne peux pas t'empêcher de faire du mal aux autres, parce que tu t'imagines leur faire plaisir, alors que tu n'es avec eux que pour ton propre plaisir ! Si tu ne veux être qu'avec ta fille, que fait le sosie de ta femme ici ?

LA FERME !


Foutue conscience.

Je n'étais pas égoïste. Je ne manipulais pas Inessa. Je n'avais pas empêché Katarina de partir. La preuve, c'était même à cause de cela que j'en étais là, coincé dans ce pays que je détestais tant. Et je ne manipulais pas Inessa. Je l'aimais aussi... A ma manière... Enfin...

Cette voix agaçante avait raison. Je mentais à tout le monde, y compris à moi-même. Je n'avais jamais toléré que Sonja sorte sans moi, s'il y avait d'autres hommes avec elle. Je n'avais jamais accepté l'expatriation de Katarina aux États-Unis, contrairement à ce que j'essayais de lui faire croire. Et je n'aimais définitivement pas Inessa, me contentant de faire une pseudo-thérapie foireuse via sa ressemblance. Comme si coucher avec un sosie de ma femme pouvait me la faire oublier ! Tu divagues, Alexeï, tu deviens complètement fou.

N'empêche que j'étais là, poussant la porte de sa chambre, malgré tout ce que je savais et ce que je m'efforçais de me dissimuler. Refermant le battant, je marmonnai d'une voix sombre :

- Je ne fais plus rien ici qui me ressemble, de toute façon... Je ne sais même plus à quoi je suis censé ressembler.

J'eus un coup au cœur en la voyant dans sa tenue négligée d'une façon qui semblait presque artistique. Elle semblait toute frêle dans ce pyjama trop grand pour elle, les mains perdues dans les manches, une épaule dénudée sur laquelle mon regard s'arrêta un instant. Je m'assis à côté d'elle et caressai doucement sa peau.

- Alors ? Maintenant que tu es ici, avec moi, que suis-je à tes yeux ? Un égoïste qui ne pense qu'à son plaisir ?

Réponds non. Réponds non. Ma fichue conscience a besoin d'un démenti.
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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Sam 23 Oct - 9:18

Alexeï était rarement hésitant. Je ne savais pas ce qui le rongeait a ce point, qu’il veuille « me » cacher, je m’en fichais, mais je ne le connaissais pas si inquiet de ce que l’on risquait de penser de lui. J’avoue que cela m’intriguait mais je me contentais de hausser une épaule.

« Tu as peur que ta fille sache que papa a une vie sexuelle ? »

Non je n’avais pas employé le terme « copine », « compagne », j’avais sciemment réduit ce que nous étions a du sexe pur, peut être dans l’espoir qu’il démente, qu’il me reprenne. Mais il y avait de forte chances pour qu’il n’en fasse rien. Je ne sais pas si je perdrais un jour cette manie de vouloir le manipuler, surtout qu’en la matière, j’étais plutôt novice, mais je cherchais toujours a lui faire dire ce que j’avais envie d’entendre de lui. Décidément, je lui ressemblais de plus en plus, réalisais je avec un sourire désabusé aux lèvres.

Je le regardais s’approcher, l’air sombre et un éclat glacial au fond des yeux. Je ne m’en formalisais pas de toute manière, ses yeux étaient toujours froids, sauf lorsqu’il me faisait l’amour.
Je frémis doucement sous sa caresse, estomaquée de ce pouvoir qu’il avait sur mes sens et sa question me fit tourner la tête vers lui. Je le regardais durant quelques secondes, en silence, avant de soupirer lentement.

« Qu’attends tu que je te réponde Alexeï ? Tu sais très bien ce que tu es pour moi »

Je ne savais pas ce qu’il attendait de moi en me demandant cela. Que je lui dise qu’il avait changé ? Qu’il était un homme bien ? Sur lequel on pouvait se reposer, a qui on pouvait faire confiance ? Pour un peu, j’eus envie de lui mentir, de lui dire qu’il était tout cela.

« Tu as toujours été un monstre d’egoïsme, cela ne changera certainement jamais. Peut m’importe les raisons qui t’ont poussées a m’emmener avec toi,tu l’as fait parce que tu savais que je viendrais malgré tout et parce que tu en avais envie. Il n’y a qu’a voir la façon dont tu m’as imposé a Ethan. »

Un demi sourire ombra un instant mes lèvres, il avait agit avec une délicatesse absente, imposant son choix sans laisser une possibilité quelconque a Ethan de le réfuter, il a même eut recours au chantage tout à ça pour satisfaire sa propre envie. Alors oui, il était toujours un sale égoïste qui ne pensait qu’a son plaisir.

« Je suppose que ce n’est pas ce que tu attendais de moi ? Mais cela fait longtemps que j’ai perdu mes illusions te concernant. »

Cette fois je souriais plus largement, oui, je savais ce qu’il était et je m’en moquais largement, je l’aimais comme ça, pas autrement, même si ça voulait dire souffrir atrocement.
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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Sam 23 Oct - 13:48

Je levai les yeux au ciel. Je n’aimais pas le ton condescendant sur lequel elle parlait de ma fille. Je sentais le trouble qui existait entre elles deux et j’aurais voulu pouvoir l’effacer d’un coup de baguette magique. Qu’espérais-je ? Qu’elles deviennent les meilleures amies du monde ? Que Katarina s’entende avec elle comme elle s’entendait avec sa mère lorsqu’elle était petite fille ? Qu’Inessa la considère comme sa belle-fille ? Je ne lui répondis pas. J’avais deviné ce qu’elle attendait de moi ; et je savais aussi que c’était mon influence qui lui insufflait ce comportement détestable. J’aurais pu la rassurer, mais je choisis sciemment de ne rien lui dire, la laissant dans ses doutes et ses questionnements quant à ce que je ressentais à son égard. Oui, c’était méchant, et c’était puéril aussi. Une petite vengeance stupide parce qu’elle n’aimait pas la personne à laquelle je tenais le plus, par jalousie. Mais comment pouvait-elle ne pas être jalouse, alors qu’elle avait soupiré après moi pendant deux ans et que je l’avais ignorée, me contentant de chercher Katarina ? De toute façon, la réponse à sa question était évidente. Je me cachais parce que je savais que Katarina désapprouverait cette relation avec une femme si semblable à sa mère, que ce soit sexuel ou agrémenté de vrais sentiments. Mais cela, Inessa ne le savait pas. Il fallait que je me souvienne que je ne pouvais pas recréer ma famille aussi facilement.

La sentir frissonner sous mon baiser m’apporta un puissant sentiment d’exaltation. J’aimais être capable de la tenir en mon pouvoir d’un simple frôlement des lèvres. Mais le seul problème était que l’emprise que j’exerçais sur elle n’allait pas jusqu’à l’empêcher d’être lucide à mon égard. Malgré l’abandon de son corps entre mes bras, elle gardait son esprit hors de portée, savait qui j’étais vraiment, en toutes circonstances. C’était frustrant, si frustrant ! J’étouffais dans la Communauté, je n’en pouvais plus de me sentir inutile. Je n’avais qu’un seul talent, talent que je maîtrisais à la perfection, et que j’aimais exercer, c’était la séduction et la manipulation. Envoûter Lilly, réussir à la convaincre de me laisser Lena, alors qu’elle était si proche d’Ethan et n’aurait jamais cédé face à n’importe qui d’autre, m’avait procuré un sentiment durable de contentement ; j’aimais user de mon charisme pour séduire les gens qui m’entouraient, j’aimais les sentir faiblir sous mon charme, j’aimais sentir mon emprise les asservir peu à peu. Amener les gens à vous rejoindre envers et contre tout ce qu’ils pensaient vous procurait une sensation de puissance infinie, la délicieuse illusion – encore des illusions, toujours des secrets, des mensonges – de pouvoir tout faire, y compris contrôler le monde si l’envie vous en prenait. Et cela, je l’avais fait jusqu’à plus soif durant trente ans, partant de rien, tissant ma toile dans le monde des affaires, et me rendant compte très vite qu’il était bien plus délicat, et par conséquent amusant, de jouer à ce jeu du côté illégal. Un jeu, rien qu’un jeu… qui m’avait fait perdre ma fille, qui avait détruit ma famille, mais j’avais encore besoin de ce sentiment de puissance, j’en avais besoin comme de respirer. Je n’avais aucun droit de jugement sur Ethan et son passé, finalement. J’étais aussi drogué que lui.

- Qu’attends-tu que je te réponde Alexeï ? Tu sais très bien ce que tu es pour moi.

Et voilà. Ses pensées et ses convictions papillonnaient autour d’elles, désespérément hors d’atteinte, et alors qu’elle m’aurait suivi n’importe où, elle continuait à me cracher tous mes défauts à la figure. Finalement, c’était probablement elle qui me connaissait le mieux. Alors pourquoi continuait-elle à suivre quelqu’un comme moi ? Parce qu’elle savait que de toute façon, je n’arriverais pas à me faire passer auprès d’elle pour ce que je n’étais pas ? Ou tout simplement encore et toujours à cause de cette obsession qui l’accrochait à moi ? Un jour, songeai-je… Un jour, elle apprendrait forcément pourquoi je l’avais gardée auprès de moi, telle une poupée. Ce jour-là, resterait-elle envers et contre tout avec moi, trop enchaînée à moi, ou parviendrait-elle à se délivrer et à s’enfuir ? Je restais dans l’expectative totale à ce sujet. Et si elle partait, comment réagirais-je ? Tenterais-je de la récupérer ?

Bien sûr qu’elle savait que je ne l’avais pas amené pour lui faire plaisir. Avant tout, c’était pour mon plaisir, pour avoir ma femme à disposition, ou du moins une pâle copie. Pâle car si Inessa pouvait aisément se faire passer pour Sonja au niveau physique, elle n’avait pas du tout le même caractère, et ne se comportait absolument pas avec moi comme le faisait mon amour d’antan. Alors à quoi cela servait-il ? Dès qu’elle ouvrait la bouche, je me rappelais qui elle était vraiment, quand je lui faisais l’amour, à tout moment ses réactions brisaient le charme, et pourtant je restais avec elle, obstinément, continuant à m’alanguir dans ses bras et à la laisser s’occuper de moi. Et alors qu’elle me crachait ces vérités à la figure, une petite voix se réveilla de nouveau au fond de moi :

Je t’avais prévenu, je te l’avais dit, même cette fille folle de toi te le crie, crois-tu qu’elle ne savait pas que si tu l’avais emmenée, c’était avant tout pour toi ? En fait, tu es bien plus naïf qu’elle. Elle est plus lucide que tu ne l’es à ton égard. C’est assez drôle à voir d’ailleurs !

Très bien, tu as gagné. Ferme-la, maintenant.


- Reste à savoir pourquoi j’en ai eu envie, maintenant, lui murmurai-je, ma bouche contre son cou.

Je la sentais vibrer contre moi, je sentais que quoi qu’elle dise sur moi, elle m’appartiendrait, toujours.

- Ne crois-tu pas que cela pourrait être pour toi… juste pour toi ? Pour que nous restions ensemble ?

Je lui souriais. Mes yeux de glace plongèrent dans ses yeux d’émeraude, froideur absolue contre chaleur furieuse et passionnelle. Et comme d’habitude, ce fut elle qui gagna, faisant disparaître la glaciation de mes prunelles, embrasant mon regard, alors que je l’embrassais passionnément, l’emprisonnant dans mes bras, la serrant à l'en étouffer contre moi.

[Oh le salaud, oh le menteur ! Y a vraiment des moments où j'ai envie de le tuer ! >.<]
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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Sam 23 Oct - 18:06

« Une lubie ? »

Finalement, peut être que je n’étais qu’un caprice parmis tant d’autre. Un de plus qu’il satisfaisait sans penser aux conséquences ? Je ne supportais pas vraiment cette indécision, ce flou mais je composais avec, je n’avais pas le choix. Quelque part, je ne voulais pas vraiment savoir, l’ignorance est parfois salvatrice. Qu’il me dise qu’il m’aime, je le prendrais comme un énième mensonge, qu’il me dise le contraire me blesserait certainement. Non vraiment, mieux valait ne pas savoir, songeais je en sentant ses lèvres chaudes se promener sur la peau fine de mon cou. Mes paupières se fermèrent a demi alors que mon corps réagissait déjà au sien. Atroce sensation de n’être qu’une marionnette qui se transformait en nymphomane juste parce qu’il me touchait. Je devais vraiment être pathétique aux regards extérieurs.

« Non, je n’y crois pas. Peut être avoueras-tu un besoin de moi, mais jamais tu ne me fera croire que je te suis a ce point indispensable, Alexeï. »


Paroles dures que moi-même j’avais du mal a entendre sortir de ma bouche. Mots crus d’une certaine manière, mais il était hors de questions que je me berce d’illusions stériles et qu’il puisse en profiter. Parce que c’est ce qu’il était, un profiteur. Il cherchait la faille, la blessure et l’exploitait a son propre profit. Peut être était ce pour ça que je cherchais sans arrêt la sienne. Juste pour lui faire sentir ce que cela faisait de se sentir exploitée…

Mais je perdis le fil de mes pensées en accueillant sa langue contre la mienne, son corps pressé contre le mien. Il avait ce don terrifiant de me faire perdre tout sens commun. Terrifiant, horrifique mais terriblement jouissif. Je glissais mes doigts dans ses cheveux, l’attirant plus prêt de moi, comme si je ne l’étais pas assez tandis que chaque courbes de mon corps épousaient les siennes. Il y avait une sorte d’urgence a le tenir ainsi, tirant presque sur ses mèches. Je ne me sentais pas en sécurité avec lui, pas sereine, toujours sur mes gardes. C’était épuisant, mais après tout, j’avais moi-même choisis ma damnation. Il n’avait eu qu’a ouvrir les bras pour que je m’y jette comme la dernière des idiote, lui offrant encore plus de pouvoir sur moi. Celui de me blesser bien plus profondément qu’avant. Parce que même si je ne m’illusionnais pas sur lui, je ne pouvais m’empêcher d’espérer, comme une brave petite conne.

« Mais j’aimerais bien y croire parfois… »

J’ai murmuré contre ses lèvres, le vert tendre de mes prunelles enflammés, incendiaire soudain, parfait reflet de ce tourment sensuel qu’il déversait dans mes veines. Etre amoureuse d’un salop…Quelle pire torture peut il y avoir ? Le pire étant que j’étais consentante. Oui, victime consentante. Idiotie !

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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Dim 24 Oct - 1:45

Je l’aurais, je l’aurais, je sentais qu’elle était prête à céder à chaque instant, je sentais que je pourrais lui faire dire un jour ce que je voudrais à mon propos, et je savais que cela n’était qu’un premier pas pour qu’elle le pense vraiment. Pourquoi tenais-je absolument à ce qu’elle se fourvoie sur moi ? Pourquoi voulais-je la tromper encore davantage ? Peut-être parce que finalement, elle était la seule qui me voyait sans artifices, tel que j’étais, mais aussi la seule qui m’aimait en bloc ainsi, avec tous mes défauts, les supportant tant bien que mal. Et puisqu’elle était la seule à me connaître, si elle me croyait sincère, plus rien ne m’empêcherait de m’abuser moi-même. Était-ce donc possible de pouvoir s’égarer ainsi sur soi-même ? Comment pouvais-je espérer la croire si jamais un jour elle m’affirmait me faire pleinement confiance, aimer mon infinie générosité et ma solidarité ? Idiot, idiot que j’étais ! Cette relation n’était que tromperies et cachotteries, se déroulant languissamment sous les non-dits de nos paroles. Tant de choses derrière les mots… et les actes. Les actes me semblaient particulièrement importants entre nous, parce que je savais que je lui faisais perdre la tête dès que je l’effleurais, et je savais aussi que c’était en lui susurrant ces questions piégeuses à l’oreille alors que je la caressais que j’obtiendrais ce que je voulais. Et alors que ses doigts s’accrochaient à mes cheveux de vif-argent, plaquant désespérément mon visage contre le sien, mes lèvres contre ses lèvres, ma langue cherchant la sienne, je m’interrompis une seconde afin de lui murmurer, d’une voix venimeuse et si attirante :

- Crois-y, alors… Plus rien ne t’en empêche…

Mes mains couraient sur sa peau, faisant glisser de ses épaules cette veste de pyjama trop grande pour elle, me laissant admirer le délié svelte et sauvage de son corps, sa poitrine offerte à mes lèvres brûlantes et caressantes, alors qu’elle se laissait glisser en arrière, s’allongeant sur le dos, tout à mes soins attentifs, mais qui n’étaient guère que corporels… sexuels. M’attarderais-je un jour à lui montrer que je pouvais être quelqu’un de bien ? Il fallait que j’arrête de me comporter si traîtreusement avec elle. Sous prétexte qu’elle me voyait tel le salaud que j’étais, je ne cherchais jamais à donner le change, comme si cela me donnait une excuse pour ne faire aucun effort envers elle. Et elle me supportait, envers et contre tout, encore et toujours… Cela relevait de l’obsession pure et simple. Mais alors que mes yeux remontaient sur son visage, j’eus à nouveau l’illusion d’avoir Sonja entre mes bras.

Alors, qui était celui d’entre nous qui ressentait l’amour le plus obsessionnel ?
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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Lun 25 Oct - 14:12

Plus rien ? J’eus envie de rire, mais pas de joie, oh que non ! D’ironie, de cynisme parce qu’il me pense aussi idiote que cela était risible. Il pouvait murmurer a mon oreille, attiser mon envie de croire a ses mensonges, mais une petite voix me disait que justement…tout cela n’était que mensonge. En vérité, que lui importait que j’y crois ou non ? Je le laisserais me faire l’amour, l’accueillerait lorsqu’il viendrait, et même si je soupirais a plus de lui…Je ne me mentais pas a moi-même. Dommage pour lui.

Pourtant, il serait facile de me laisser aller a l’illusion que distillaient ses doigts, ses lèvres. A penser que ce feu qui parcourait ma peau sur son chemin venait d’un amour sain, partagé, intense. A croire que mes soupirs ne seraient que le reflet de cet amour. Et quelque part, j’aurais aimé croire a mes chimères le concernant. Etre naïve et idiote.

L’intensité de la jade fichée dans mes iris décupla, brulante et incendiaire. Douloureuse aussi, mais un battement de cils chassa cette pointe d’amer.

Il cherchait a envouter mon corps et y réussissait trop bien. Il cherchait le contrôle a travers la chair et je ne pouvais que le laisser faire. La chair est faible dit on, mais savait on seulement a quel point ? Je passais la pointe de ma langue sur mes lèvres, envoutée certainement, voulant ignorer l’ombre que je voyais dans ses prunelles. Je me fichais de ça tout a coup, je ne voulais y voir que cette flamme intense. Je ne pouvais m’empêcher de me cambrer contre lui, de le serre dans mes bras, de quémander ses caresses avec la supplique d’une gourgandine.

Je l’invitais a aller plus loin, guidant ses mains sur moi, je voulais être égoïste dans cet acte, lui qui l’était tellement au dehors. Ne penser qu’a mon plaisir et non au sien, même si le sentir jouir en moi décuplait ma propre extase d’une fierté viciée. Je tirais sur son tee shirt, avide sans doute de sa peau et de sa chaleur, je l’entourais de mes cuisses, vorace de son empreinte, de son envie. Je le griffais sans doute, sans le faire exprès, sans y penser vraiment, souhaitant peut être le marquer de moi, pour ne pas qu’il oublie. Débile !


Illusoire finalement, tout n’est que mensonge.
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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Mar 26 Oct - 15:38

Laisse-toi faire entre mes bras, laisse-toi envoûter, ensorceler... Tu me céderas. Un jour, tu me céderas, et tu t'abandonneras corps et âme à moi, tu cesseras de te comporter telle une prostituée. Oui, tu n'es qu'une garce, tu me vends ton corps et me refuses ton esprit, mais ça, je ne le tolérerai pas longtemps ! J'ai toujours eu tout ce que je voulais. Tu ne seras pas celle qui me fera faillir à cette règle. Tu plieras, comme tous les autres, comme toutes les autres. Tu me donneras ce que je veux !

Et en attendant de t'avoir entièrement et sans conditions, je profite de ton corps, que tu m'offres plus pour ton plaisir que pour le mien. Délicieux corps, si beau, si souple... Tes hanches saillantes me heurtent, me blessent, mais j'aime sentir ton bassin collé contre le mien. Tes bras m'entourent et m'emprisonnent, me tiennent fermement contre toi malgré leur maigreur, m'empêchent d'aller voir ailleurs. Tes ongles me griffent, s'agrippent à moi, douleur sensuelle qui se transforme en plaisir sous l'effet du désir. Tu aimes ça, me griffer et me mordre, je l'ai déjà remarqué, basses vengeances inutiles qui ne font qu'accroître le plaisir que je ressens dans tes bras. Tu n'y vas pas assez fort... Tu ne sais pas blesser les gens, au sens propre comme figuré. Douce et faible créature, toujours pleine de ressentiment mais incapable de te révolter. Je le sais, je l'ai deviné. J'ai au moins compris cela pendant tes deux ans de tromperies !

Tes lèvres gonflées de désir savourent ma peau, j'aime sentir ton visage se blottir contre moi, pour m'embrasser, me regarder, me caresser... me caresser de tes yeux ou de ta bouche. Tes yeux émeraude flamboient et me brûlent, je vois trop de souvenirs en eux. Et je me damne en continuant à les regarder... Je suis aussi perdu que toi. Souffrons ensemble, nous aimons cela. Après tout, il est difficile d'imaginer une façon plus agréable de souffrir, non ? Et quitte à être promis à l'enfer...

Tu guides mes mains sur ton corps, tout ce que je vais te faire ne sera que pour ton plaisir, pas le mien. Je m'en contente. Si ça peut t'amadouer, je ne vais surtout pas m'en plaindre. C'est un jeu, pour moi, chercher les différentes manières de te combler, le plus possible, afin de te faire tomber à chaque fois un peu plus dans mes filets. Je t'aurai ! Je t'aurai ! Crois-tu que j'oublie ce que j'essaye à chaque instant de faire, alors que tu fermes les yeux et soupires sous l'effet de mes doigts ? Jamais, je n'oublie jamais, je suis toujours sur le qui-vive, je cherche la faille, l'interstice qui me conduira directement du contrôle de ton corps à celui de ton esprit.

Tous les bénéfices sont pour moi, finalement, bien que tu sois persuadée de m'avoir en essayant au possible de garder tout le plaisir de nos corps entremêlés pour toi... Je couche avec toi, et tu peux croire tout ce que tu veux, c'est toujours particulièrement agréable. Tu es douée, très douée, dans ta fureur et ta colère, dans ta sauvagerie et ta douleur que tu évacues au lit, dans mes bras. Et cela me rapproche toujours du point de rupture. Je t'aurai, je t'aurai !

Ces pensées continuaient à m'accompagner alors que je la pénétrais enfin. Nous ne nous embarrassions jamais de beaucoup de préliminaires. Nous profitions juste du corps de l'autre, peu importait comment. Et c'était toujours elle qui menait la danse, choisissait quoi faire et guidait nos mouvements. Je la laissais faire, qu'elle croie avoir le contrôle sur ça, cela l'affaiblirait d'autant plus sur l'autre sujet... Et je lui faisais l'amour, sauvagement, violemment, sans douceur ni tendresse. Cela viendrait après - si je restais. Je n'aimais pas être doux avec elle dans l'acte alors qu'elle me maîtrisait. Je n'aimais pas qu'on me domine, même si je me laissais contrôler volontairement, et je lui montrais de la seule manière possible, lui refusant la tendresse que j'aurais offert à une autre... Une seule autre.

Et malgré toutes les tentatives pour me leurrer, Inessa n'était pas cette autre. Simplement quelqu'un que je voulais faire céder à mon pouvoir, afin qu'elle me mente sur moi, et que je puisse m'abuser de ce que j'étais.
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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Mar 2 Nov - 15:18

Quand l’acte d’amour ressemble d’avantage a un affrontement, on ne sait si on doit en rire ou en pleurer. J’oscillais sans cesse entre ses deux contraires. Je savais ce qu’ il cherchait a faire, a imposer. Je supportais ces marques sur moi, la gravure qu’il s’évertuait a creuser un peu plus a chaque fois. Nous n’étions pas tendres, pas doux. Pouvait on réellement nous considéré comme amant ? je ne sais plus vraiment. Je luttais pied a pied juste pour garder ce semblant de contrôle, gardant profondément en moi la clé qui ouvrirait les grilles de mon âmes. Qu’il la cherche en creusant mon corps du sien, il ne la trouverait pas, parce que je lui refusais cette ultime concession, parce que même amoureuse, même folle, même avilie, je voulais encore garder quelque chose de moi qui ne soit pas sien. Illusion qui ne naissait que de moi, pas de lui. La seule que je pouvais croire, auquel je pouvais m’abandonner sans crainte.

Il me laisse les rênes parce qu’il espère encore atteindre l’endroit où dort ce qui ferait de moi qu’une petite marionnette inutile. Un jouet sans âme qu’il manipulerait sans sourciller. Je l’aime. Trop pour mon propre bien. C’était irrationnel et dangereux, mais je ne pouvais que subir. Mais je refusais de le voir tel qu’il cherchait a l’être. Il ne serait jamais un homme bien, jamais. Il ne serait que pourriture. Une infection qui ne cessait de me ronger. Je rendais coup pour coup, caresse pour caresse, baiser pour baiser. Tant d’actes qui sont d’ordinaire si purs devenaient a notre contact aussi noir que l’enfer. Parce que j’en venais a corrompre moi-même ce que j’étais, juste pour ne pas disparaitre a ses yeux. Je maintenais mon conscience de lui, mon regard sans fard, refusant les écailles qu’il rêverait d’y mettre. Par la peau, il cherche l’âme. Je le sais, j’en suis douloureusement consciente. Je le hais pour ça et esquive, volte et valse, il n’obtiendra pas ce qu’il cherche, parce que sinon, je disparaitrais.
Pourtant, il serait jouissif de me fondre dans ce moule dans lequel il tente de m’attirer, de m’y conformer, de modeler la glaise un peu trop dur de l’esprit pour en faire ce qu’il veut. Mais ce jour là, je le perdrais définitivement. Idée intolérable que je ne peux pas supporter.

Alors oui, je soupire, je gémis, j’aime ce qu’il me fait, je jouis de le sentir en moi mais je continu de lui échapper en espérant qu’il m’aime. Idiote qui se tord sous son étreinte. Il sait mater la chair, mais l’âme s’écoule entre ses doigts dans qu’il ne puisse me l’arracher. C’était une fureur endiablée, une colère brulante qui prenait forme dans notre étreinte. Il me refusais ce que j’espérais, je lui déniais ma soumission. Juste deal n’est ce pas ? J’ai juste envie qu’il m’aime. Crétine.

Il ravit mes sens et soumet ma peau, mon corps si faible face a ses paumes, trop faible face a ses lèvres, si…vulnérable a sa possession. Et la jouissance me souffle, écrase sur son chemin atrocement jouissif ce que réessayes de cacher, ce qu’il sait. Ca explose dans mes yeux, s’échappe par vague brulantes de mes lèvres.

Il en sera toujours ainsi…

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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Lun 15 Nov - 14:56

Violence et haine, brûlure des âmes, prétendue indifférence. Elle fait comme si cela lui importait peu que je sois ainsi avec elle, mais elle ne est blessée, terriblement, au plus profond d'elle-même. Je fais comme si mes gestes n'étaient guidés que par le plus pur désir physique, mais elle sait ce que j'essaye d'obtenir à travers eux, et elle résiste, alors qu'il serait tellement plus simple pour elle de s'y abandonner ! Je suis passé plusieurs fois à côté, je le sais. je l'ai sentie prête à basculer, mais je n'ai pas encore trouvé le mot ou le geste qui la fera tomber. Je veux réussir à l'avoir, je veux la vaincre, j'en oublie même les raisons pour ne plus vouloir y parvenir simplement par défi. Nous nous défions, sans arrêt. Mais personne ne gagne. Si, elle, pour l'instant, elle gagne, bien que cela me soit difficile à admettre. Alors qu'il serait tellement plus simple pour elle de s'abandonner à mon pouvoir, elle s'accroche à ses convictions. Elle m'énerve ! Elle m'énerve ! Elle est la seule qui peut me faire perdre mon sang-froid à tout moment. Et en ce moment, je le perds, il s'égare quelque part dans ma jouissance, alors que je la serre dans mes bras à l'en étouffer. Je ne sais pas si je lui fais mal et je n'en ai cure. Elle m'a fait mal aussi, douleur transformée en plaisir mais qui va revenir petit à petit à présent. Je sais que j'ai des marques de griffures dans le dos, mais finalement je m'en moque. Nous sommes tous les deux à égalité.

Allongés, collés l'un à l'autre sur la couverture rêche, nous reprenons notre souffle. Je ne bouge pas, je n'ose pas; Je ne sais pas encore ce que je veux faire, si je vais rester avec elle pour lui accorder un peu de tendresse fallacieuse après cette violence amoureuse, ou si je vais partir, la laissant là, la traitant comme une simple maîtresse parmi d'autres. Elle n'est pas une simple maîtresse, elle est bien plus que ça. Mais je ne sais toujours pas encore ce qu'elle est. Sa question flotte toujours dans mon esprit. Une amante ? Peut-être, mais je trouve encore ce mot trop réduit. Pourtant finalement, c'est le plus proche.

Je te déteste, Inessa. Je te déteste d'exister, d'être ainsi, je te déteste de m'aimer, je te déteste de t'être accroché à moi, je te déteste de me damner ainsi. De fil en aiguille, c'est moi qui vais finir par lui appartenir. Je pourrais la détruire de quelques mots, en la jetant hors de mon lit... Le seul problème est que pour l'instant, je n'en ai pas envie. Je veux en profiter. Et je sais que bientôt, j'en aurai besoin, terriblement besoin.

La question majeure était donc de savoir, à terme, lequel aurait le plus besoin de l'autre. Ce qui nous indiquerait également lequel aurait tout pouvoir sur l'autre. Et je dois la séduire et effacer ses convictions à mon égard avant. Ou je perds.

Je n'ai encore jamais perdu. Je n'ai pas envie de savoir ce que ça fait. Je ne veux pas être vaincu par une petite idiote tombée amoureuse d'un inconnu fiévreux. Bon. Partir. Je vais partir et la laisser ruminer, ça ne peut pas lui faire de mal, à cette petite prétentieuse qui pense m'avoir eu.

Je regardai sa poitrine se soulever et s'abaisser lentement au rythme de sa respiration. Ses yeux verts étaient fermés, calmant l'afflux de désir brûlant en eux. Une mèche de ses cheveux blonds s'était égarée sur mon cou, comme si elle voulait m'étrangler. Je frissonnai.

- Inessa...

Une question pseudo-philosophique et passablement crétine me vint à l'esprit.

- On n'arrête pas de se demander ce qu'on est l'un pour l'autre. Et qu'est-ce qu'on est, nous deux ? Tu crois qu'il y a un nous ?

Faire l'amour vous vide l'esprit en un tournemain, et quand on essaye de retrouver ses pensées un peu trop rapidement, il peut arriver que cela se transforme en du grand n'importe quoi. Mais finalement, peut-être que sa réponse m'éclairerait.
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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Mar 30 Nov - 10:04

Laisses moi errer dans les limbes de ma langueur. Voilà ce que j’avais envie de lui répondre. Parce que derrière mes paupières closes, je peux croire a l’irréalisable et il ne le verrait pas. Il cherche a m’aliéner sans comprendre que je le suis déjà. Il espère peut être me faire dire ce qu’il veut, me faire penser ce qu’il veut, mais même la plus délicieuse des folies ne peut tolérer cela. J’ai toujours su ce qu’il était et je ne jouerais pas la petite poupée sans volonté.

Sa question a explosé ma bulle, celle où il m’aimait, terriblement. Sa voix a percé le rêve ou le film pathétique que je pouvais me faire, je ne sais pas. C’était crétin mais je ne pouvais pas m’en empêcher. Lorsque le corps est repu, satisfait, on pense effleurer le bonheur et croire malgré tout. Malgré ce murmure qui garde un pied dans la réalité. J’ai envie de lui dire de se taire. Qu’il reste juste là, a coté de moi, silencieux. Qu’il me laisse rêver un peu. Juste un peu.

J’ai envie de le virer de ma chambre aussi. Réduire ce que nous sommes a ce qu’il veut, espérer lui faire croire qu’au final, je n’étais pas si accro a lui. Idée idiote, il sait, il sait parce que je le lui ai craché au visage, rageusement, désespérément. Un faux pas dont il ne cessera jamais de se servir. J’aime le sentir contre moi, j’en avais besoin, je crois.

« Je ne sais pas. Tu as toujours pensé « je » pourquoi penserais tu « nous » ? »

C’était dit sans amertume aucune, juste une constatation qu’il ne pouvait réellement nier. J’entrouvris a peine les yeux, laissant filtrer un éclat vert tenu entre mes paupières. J’aime son visage malgré l’âge qui peu le marquer, j’aime ses yeux malgré leur froideur.

« Au final, ça n’a pas vraiment d’importance…Ce que je pense n’a pas d’importance. Je ne fais qu’attendre, c’est tout. Ne me fais pas la comédie de l’amour, tu ne serais pas doué je crois. »

Là encore, pas d’amertume. Un fait. Il n’a pas essayé mais peut être que cela viendra. Il aime mon corps oui, mais moi, c’est autre chose. Et là, j’aurais presque peur de sa réponse. Ne pas savoir est parfois si salvateur, si tranquille. On ne veut pas voir sa vie exploser, même si la mienne n’était que ruine depuis son entrée dans ma vie.

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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Mar 30 Nov - 14:16

J'eus un léger sourire amer à sa réponse fulgurante. Je ne tentai même pas de la démentir parce que je sentais qu'elle le disait comme on aurait dit que deux et deux font quatre. Mes tentatives pour la convaincre de s'abandonner totalement à moi paraissaient bien faibles et insuffisantes lorsqu'elle énonçait de tels faits de cette voix plate et sans émotions. Une constatation, c'était tout. Je ne pourrais jamais l'avoir si elle était aussi convaincue que cela. Seulement justement, elle ne l'était pas toujours... Cependant, je n'arrivais pas à profiter vraiment des instants où elle m'était le plus vulnérable. Tant pis, j'avais encore le temps, rien ne pressait... Croyais-je... Je continuais à la regarder respirer, sans répondre, faisant mine de ne pas m'apercevoir qu'elle m'observait sous ses cils. J'apercevais le vert de ses yeux de chat sauvage. Elle est sauvage, mais je l'aime comme ça, finalement. Je l'avais toujours bien aimée. Et maintenant... Je ne sais plus.

Je repris la parole, protestant contre ses affirmations :

- Je ne te jouerai aucune comédie. J'ai compris. Ce n'est pas une raison pour chercher s'il n'y a pas quelque chose quelque part, non ? Arrête de te minimiser sans arrêt, arrête de dire que ton avis n'a aucune importance.

Je mentais ? Oui et non. Bien sûr que je continuerais à lui jouer la comédie. La prochaine fois que l'on coucherait ensemble, la prochaine fois qu'elle serait un peu plus vulnérable que la normale, je tenterais de nouveau de l'enchaîner à moi. Mais son avis avait de l'importance, vraiment.

Puisque c'était ça que je voulais m'approprier et contrôler à tout prix.

Je lui caressai délicatement l'épaule et la pris dans mes bras, doucement, tendrement, pour la serrer contre moi. La chaleur de son corps était agréable et me faisait du bien. Je fermai les yeux, le nez dans son cou, inspirant son odeur. Elle était belle, mon Inessa, belle, farouche, et fière, et pourtant, elle était dans mes bras, contre moi, accrochée à moi. N'importe quel homme aurait été flatté d'avoir une femme comme elle. Mais elle était mienne. Pas encore tout à fait, cependant. J'essayais de me convaincre que c'était pour cela que j'étais ainsi avec elle présentement, pour la persuader, la rendre de nouveau atteignable par mes attaques.

Je ne voulais pas admettre que j'avais aussi besoin de cette étreinte. Toujours à se cacher la vérité, à ne jamais regarder les choses en face... Toujours plus enclin à se mentir à lui-même, davantage encore qu'aux autres... Toujours à se fourvoyer sur la vérité de ses sentiments. C'était si facile d'ignorer ce que l'on ne voulait pas ressentir. Et j'étais devenu un maître en la matière depuis très longtemps.
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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Sam 4 Déc - 15:58

J’éclatais de rire, c’était plus fort que moi ! Mon dieu ! Alexeï dans le rôle du bon mari rassurant essayant d’encourager sa femme ! Quelle idiotie ! Mon rire se répercuta longtemps sur les murs de ma chambre. C’était presque un fou rire nerveux tant je n’arrivais pas a l’arrêter. Non je n’y croyais pas. Peut être voulait il juste savoir comment percer cette résistance que je lui opposais. Peut être voulait il m’aliéner encore plus que je ne l’étais déjà. Pourtant, j’avais besoin de cette échappatoire, ne serait ce que pour pouvoir encore l’aimer. C’était idiot. Il avait un tel besoin de me manipuler que je ne le tenais qu’en le lui refusant. Drole de relation, destructrice et malsaine, j’en convenais et pourtant, je ne pouvais m’en passer. Pathétique.

« Que veux tu que je te dise Alexeï ? Je sais ce que tu cherche a faire et c’est quelque chose que tu n’auras pas, c’est aussi simple que ça. Je ne suis pas ces petites grues d’a peine 18 ans. Si elle tu pouvais en faire ce que tu voulais, leur faire gober ce qu’il te plaisait, ce n’est pas la même chose avec moi. »

Finis je par dire, dardant entre mes cils un regard trempé dans l’acier. Malheurement, je ne pouvais pas le regarder longtemps ainsi, non, toujours naissait de sa vue une ombre louvoyant, absolument brulante. Il se serra contre moi et mes yeux se levèrent au plafond avec, comme un regret au fond de l’iris, un amer regret. Comme j’aurais aimé qu’il en soit autrement…Si seulement..Elle n’avait pas existé, si elle n’avait pas vécu, peut être aurais je pu prendre cette place qu’il me refusait.

Un lourd soupir me traversa et je me redressais, échappant a ses bras, attirant le drap contre ma poitrine. Un léger sourire absent ombra mes lèvres. En fait il n’y avait qu’une chose qui nous liait réellement, quelque chose de tangible, d’absolu, cette attirance…Et encore, aurais je su que ce n’était pas moi mais une ombre qui l’attirait, peut être lui aurais je planté un couteau en plein cœur…Mais l’ignorance est si douce.

« Parfois je me demande où nous allons ainsi… »

Vers quel avenir, quel futur ? C’était le néant total, je ne pouvais imaginer, rêver, rien. Impossible. Pas lorsque les bases de ce qui nous lie sont aussi nécrosées, aussi fragiles. Alors je vivais au jour le jour, sans rien essayer de construire, sans rien imaginer, sans rêves…ou alors celui fou et idiot d’un amour partagé. Je me passais une main lasse sur le front avant de pencher légèrement la tête en arrière pour le regarder. Qu’aurait il a répondre si je lui demandais, maintenant…Tout de suite… ?

Finalement, je m’installais a califourchon sur lui, le regardant avec un rien d’arrogance et de vulnérabilité dans les yeux. Ma nuque ploya légèrement.

« Si je te le demandais, que me répondrais tu ? »

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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Mar 7 Déc - 11:03

Je l'ignorai lorsqu'elle éclata de rire. Je ne savais pas comment réagir quand elle me balançait au visage qu'elle savait ce que j'essayais de faire. J'avais déjà vaincu nombre d'obstacles dans ma vie, mais jamais je n'avais été confronté à cela : quelqu'un tout prêt à s'abandonner à moi, mais qui résistait seulement parce qu'il savait ce que je voulais faire de lui...

Garce. Sale garce.

Je parvins de justesse à me retenir de la forcer à rester contre moi lorsqu'elle se libéra de mon étreinte. La laisser libre en apparence, la laisser décider pour lui donner l'illusion que malgré son obsession, c'est encore elle qui décide. Je réalisai que j'avais du mal à me séparer d'elle. Je voulais la reprendre contre moi. Ce n'était pas le moment de me laisser avoir par des envies puériles et inutiles ! Elle posa soudain une question qui vibra dans l'air, résonna dans la chambre, s'imprima en moi. Elle n'avait pas tort. Où allions-nous ainsi ? Comment cette histoire si malsaine pouvait-elle se finir ? Même sans savoir la ressemblance qui liait Inessa à Sonja, nous étions parties sur des fondations pourries qui ne demandaient qu'à s'écrouler d'un instant à l'autre. Nous nous étions unis dans le déchirement et la haine, dans le besoin de détruire l'autre. Et maintenant, nous restions ensemble parce que nous avions désespérément besoin de cet autre que nous détestions tant. Ce besoin était-il réellement si fort pour que nous tenions éternellement sur de telles bases ?

Elle me surprit lorsqu'elle s'assit brusquement à califourchon sur moi. Ses yeux avaient un air de bête sauvage blessée mais fière. Même dans la douleur, elle ne se laisserait pas faire. A mon grand dam. Sa question me prit de court et je répondis spontanément par une pirouette :

- Je dirais que tu ne devrais pas t'installer ainsi sur moi si tu veux pouvoir te reposer !

Je me relevai, la laissant assise sur moi, mon torse frôlant sa poitrine, ma bouche effleurant la sienne. Son souffle chaud m'enivrait.

- Je me fiche de l'endroit où nous allons. J'ai appris à vivre au jour le jour depuis la guerre. Et aujourd'hui, ce que je veux, c'est profiter d'un instant paisible avec toi. Peu importe ce que nous ferons demain.

Mes mains se promenaient sur son corps, le désir était déjà éveillé de nouveau en moi. Mes lèvres se posèrent franchement sur les siennes, l'embrassant avec vivacité mais aussi tendresse. Merde. J'avais dit qu'aujourd'hui, je ne voulais pas être tendre avec elle. Elle m'avait encore eu... Et je ne réalisais pas encore ce que toutes ces infimes victoires de son corps sur le mien signifiaient. Trop sûr de moi, trop persuadé de ne jamais affronter la défaite finale.
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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Mer 8 Déc - 23:31

Je haussais un sourcil a sa dérobade et serra brusquement les cuisses sur ses flancs. Non, je voulais parler, pas faire l’amour…Enfin, si c’était réellement ce que nous faisions, ce dont je doutais sérieusement. Où était l’amour dans cet affrontement incandescent ? C’était totalement débile. Il se redressa et je n’eus pas d’autre choix que d’ouvrir les cuisses pour ne pas bloquer son mouvement. J’essayais de taire les grondements de mon corps, tentais peut être, surement même, en vain d’effacer la lueur qu’il allumait dans les iris.

Comme je m’y attendais, il ne savait pas vraiment quoi répondre. Ou si, il le fit, mais peut être pas de la manière que j’avais espéré.

« Ale… »

Mais je n’eus pas le temps de finir ma phrase, elle se perdit sur ses lèvres. Ses mains se promenaient déjà sur moi et, folle que j’étais, j’oubliais ce que j’avais demandé. Il avait perdu de son agressivité, de son besoin constant de me dominer ou d’essayer de le faire. Et j’avoue que j’étais sensible a ce changement. Trop sensible…Je voulais des réponses et au lieu de ça, j’étais en train de jouer avec sa langue, de taquiner ses lèvres et de soupirer sous ses caresses.

Nous venions de faire l’amour et pourtant, mon désir renaissait aussi puissant qu’avant, aussi fort, aussi absolu. Je me serrais contre lui, sa chaleur, sa peau. J’avais faim de lui c’était indéniable. Il pouvait être le plus grand salaud que la terre ai portée, je ne pouvais pas faire autrement que de bruler sous ses doigts.
Pourtant, je comprenais ce qu’il faisait. Il me détournait de mes interrogations, m’obligeait a oublier ces questions qui pouvaient me hanter et aux quelles il ne voulait pas répondre. Ma chair était trop faible face a ses mains, il réussissait, c’était ainsi, je n’y pouvais rien.

Mes mains quittèrent sa nuque pour se poser sur ses épaules. Je le repoussais, doucement mais fermement, le forçant a s’allonger de nouveau. Me penchant, je lui mordillais la lèvres, sans violence avec une immense sensualité.

« Tu essayes de détourner mes pensées, Alexeï… »

Aucun reproche, juste un désir brulant s’entendant dans ma voix alors qu’elle effleurait son visage. Il ne faisait pas qu’essayer, il réussissait, sans vergogne, sans limite. Mes paumes glissaient sur sa poitrine, joueuses, impérieuses, douces aussi. Il ne m’offrait que rarement l’occasion d’apprécier sa présence comme ça. Sans doute l’urgence qui nous tenaillait trop souvent…Mais là, j’avais envie de prendre mon temps, de peut être lui arracher un aveu dans un gémissement ou un râle. Je ne sais pas vraiment. Peut être le rendre si fou de mon corps qu’il s’aveuglera lui-même et pensera m’aimer. Crétine. Je savais que cela ne me suffirait jamais.

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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Jeu 9 Déc - 13:49

Baiser brûlant et sensuel, nos lèvres en accord entre elles, nos langues jouant ensemble, baiser qui aurait pu ne jamais se terminer sans que j'y voie un quelconque inconvénient. Ses lèvres pleines, douces et chaudes me procuraient toujours un plaisir indicible. Qu'elle reste ainsi, à califourchon sur moi, à s'agripper à ma nuque et à m'embrasser comme si sa vie en dépendait... Je devenais haletant sous l'effet qu'elle me faisait. Si douée, si efficace pour me faire tout oublier hormis son corps, et ce que nous pouvions faire ensemble, nus l'un contre l'autre... Je ne réagis pas lorsque ses mains glissèrent sur mes épaules, pourtant, j'aurais pu deviner ce qu'elle allait faire. Mes bras se plaquèrent dans son dos, l'enserrant contre moi, mais elle parvint quand même à m'allonger et à rompre le contact entre nous, nos lèvres, et nos corps... excepté une petite partie de ceux-ci, qui ne demandaient qu'à être jointes plus en profondeur.

Il faut dire aussi que je n'avais pas tellement cherché à résister à sa pression. Je poussai un long soupir de plaisir lorsqu'elle se pencha sur moi et me mordilla délicatement la lèvre, s'amusant avec, échappant aux baisers que je voulais lui infliger. Ensorcelante. Époustouflante... Mes mains glissèrent le long de ses hanches, s'arrêtèrent sur ses fesses, remontèrent de nouveau sur sa poitrine, explorant toutes les formes de son corps. Elle me souffla de nouveau une vérité censée sans doute me perturber, mais je ne savais même plus de quoi elle parlait.

Quelles pensées ? J'avais déjà oublié quelle était sa question. Il fallait croire que je n'avais pas seulement essayé. J'y étais parvenu aussi bien pour elle que pour moi. Dans un souffle à peine audible, je marmonnai :

- Tais-toi !

Voix engourdie par le désir qui me prenait de nouveau. Inutile de parler de cela. Quel besoin avions-nous de nous poser toutes ces questions sur elle, sur moi, sur notre relation ? Plus de manipulation, Inessa, c'est promis, plus cette fois. Juste le plaisir de combler notre désir... Ma bouche s'égara sur sa poitrine, ma langue en traça délicatement le contour. Délicieuse chair qui m'était offerte, à moi, rien qu'à moi. Une main avait déjà glissé jusqu'à son intimité, la frôlant sans vraiment faire grand-chose de plus. Dernière tentative de jeu. Lequel craquerait en premier ? Je la voulais plus que jamais, guère calmé par ce que nous avions fait juste avant. Tendresse sensuelle et sauvage. Brusquement, sans prévenir, je la saisis par les poignets, et basculai nos deux corps. C'était à présent moi qui étais sur elle. Moi qui la dominais.

Comme il se devait.

Plus de faux-semblants. Je la voulais, et je la voulais soumise à moi. Comme elle l'avait été pendant deux ans. Qu'elle le redevienne !
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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Sam 11 Déc - 0:35

Il ne voulait pas parler. Moi, j’avais oublié ce que je voulais. Il n’y avait plus vraiment qu’une seule certitude. Lui et ses mains. Lui et ses lèvres. Ma peau reconnaissait la sienne, ses doigts qui la soumettait. Ma chair en venait a bruler si fort sous ses lèvres, sa langue que je gémis. J’avais perdu le contrôle de ce que nous étions et la défaite avait un gout d’extase. Qu’importe en fait. Il y avait dans ses gestes quelque chose qu’il ne me donnait que rarement. De la douceur, de la tendresse, même incandescente, même brulante, terriblement brulante.

Je me cambrais, offrant ma poitrine a sa bouche, enfouissant mes doigts dans ses cheveux, qu’il continu, qu’il n’arrête jamais. Parce qu’ainsi, je ne pensais pas a nous deux. Je ne songeais pas a cet avenir qui demeurait désert. Je ne réfléchissais pas a ce trou qui se creusait chaque jour d’avantage dans ma poitrine, ni cette souffrance qui me minait. Je m’ouvrais a lui, a ses caresses joueuses, sensuelles qui décuplait mes râles. Je n’en pouvais plus, j’avais l’impression de mourir, de vivre, d’oublier et de savoir. Un maelstrom indomptable qui secouait, irradiait, tout puissant et incontrôlable.

J’avais envie de lui en moi. Qu’il me prenne, maintenant !

Mais il en décida autrement et je ne pu réprimer un petit cri de surprise en me sentant basculer, les poignets emprisonnés, son poids sur moi. Mes jambes s’enroulèrent autour de lui, lianes affolantes. Mes hanches se tendaient vers lui, mon ventre crevait de son absence. Et pourtant…Il ne fit rien…

J’ouvris les yeux, perdue dans mon désir, mon plaisir, déstabilisée.

« Alexeï… »

Qu’il mette fin a ma torture, qu’il se glisse en moi, qu’il me comble, qu’il me donne l’impression de m’aimer, ne serait ce qu’un peu. Mais il résistait a l’invitation de mon corps qui ondulait, terriblement sensuel. Mon ventre hurlait sa frustration, brulait presque a m’en faire mal. Il n’y avait que lui pour m’apaiser, apaiser l’incendie qui courrait dans mes veines…Prisonnière de son étreinte, je ne pouvais que subir, supporter ce nouveau jeu terrible. Il me faisait languir, me caressait sans me prendre, me frôlait, me rendait folle.

« Je t’en prie…Je n’en peux plus…. »


Ma voix suintait le désir de lui, l’amour aussi, cette passion inconditionnelle qu’il provoquait en moi. Salop, connard, imbécile, mais il était l’homme de ma vie, quoique je dise et en cette minute, j’aurais fait n’importe quoi pour qu’il me comble…N’importe quoi.

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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Dim 12 Déc - 13:48

Oh seigneur, ses mains dans mes cheveux, son souffle haletant, ses gémissements... Je me serais damné pour vivre cet instant éternellement - tout comme je me serais damné plutôt que de l'avouer. Si longtemps, si longtemps que je n'avais pas connu un désir aussi immense, un plaisir aussi prenant... Cette sensation qui naissait au creux de mon bas-ventre et se répandait dans tout mon corps, mes mains brûlantes qui la caressaient d'autant plus, mes lèvres tremblantes la parcourant... Corps parfait, entre mes bras, seulement les miens. Jamais je n'aurais toléré que quelqu'un d'autre me la prenne. Jamais je n'aurais toléré qu'elle daigne m'ignorer ! Et je jouissais de la voir se tendre vers moi tout entière, de me supplier silencieusement, de la voir céder à son envie sans pouvoir me résister... Ses jambes autour de moi, attirant mon bassin au sien, ses yeux fiévreux de désir, sa poitrine cambrée, tout en elle montrait qu'elle avait envie de moi.

A ma merci.

La façon dont elle prononça mon prénom d'une voix mourante et consumée fit faire à mon cœur un bond dans ma poitrine. Ah Dieu, je la voulais aussi, plus que je n'avais jamais désiré quelqu'un, j'aurais donné n'importe quoi pour la prendre sur-le-champ et apaiser ma frustration, mais il était encore plus plaisant de la faire languir et de la mener au bord de l'explosion en la touchant à peine. Supplie-moi, vas-y, je sais que tu céderas la première. Passion tourmentée... J'étais passionné aussi, mais de quoi, pourquoi ? De quoi me languissais-je ? Son corps si parfait ? Ce fantôme sur ses traits ? Ou un simple désir comme n'importe quel homme en éprouverait pour n'importe quelle femme ?

Non. Parce qu'Inessa n'était pas n'importe quelle femme, c'était ma femme, et je n'étais pas n'importe quel homme. J'étais celui qu'elle aimait si fougueusement et si irrésistiblement, et le seul à qui elle se donnerait désormais. A moi, rien qu'à moi...

- Déjà ? murmurai-je d'une manière quelque peu mesquine.

Une caresse éphémère sur sa joue, un sourire dévastateur et victorieux. J'ai gagné la bataille. Je gagnerai la guerre. Mais pour l'instant, me perdre en elle. Je ne pouvais plus faire que cela, je m'étais contenu trop longtemps. Un gémissement m'échappa lorsque je la pris enfin. Je n'avais même pas réalisé à quel point j'avais besoin de cette étreinte avant qu'elle ne me supplie enfin. A mes pieds, prête à n'importe quoi pour moi, simplement pour m'avoir dans son lit ! Si folle amoureuse de moi qu'à défaut d'avoir mon cœur, elle se contentait de mon corps. Et moi d'en profiter de toutes les manières qui soient, prenant la moindre occasion de lui montrer que c'était moi qui lui était supérieur. Que c'était elle qui était dépendante !
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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Jeu 16 Déc - 10:13

En cette minute, suspendue dans l’air, où il glissa en moi, j’étais totalement a lui. Entièrement. Une erreur sans doute, mais je ne pouvais faire autrement. L’avoir tant attendu, soumise a ses tortures brulantes, vouloir sa possession a un point où même la fierté s’incline et disparait. Un petit cri m’échappa alors que je refermais mon étreinte sur lui. Incandescente et terriblement dangereusement. Mise a nue par son jeu, je n’en étais que plus vulnérable. Aimer a ce point horrible qui confine a sa propre destruction, se laisser prendre a l’envie d’être aimé et l’espoir fébrile qui en découle.

Oui, en cette minute, j’étais a lui. Une petite marionnette qu’il possédait ardemment, dont il tirait les ficelles du plaisir incommensurable et sensuel. Une petite chose ballottée par les vagues incendiaires qu’il provoquait en elle. J’étais incapable de cacher ce fait, il irradiait de mes iris, comme des étincelles incontrôlables, terriblement vraies. Il aurait pu me murmurer qu’il m’aimait, je l’aurais cru. Me susurrer que j’étais ce qu’il y avait de plus important en lui, je l’aurais cru aussi. Me chuchoter qu’il n’existait plus que moi, oui, aussi. Parce que la conscience et les barrières s’effritent face aux vagues indestructibles de la jouissance qui s’annonce.

Je l’encourageais, je voulais plus, je voudrais toujours plus de lui. Je voulais tout. Mes gémissements étaient autant d’aveu que les siens étaient mensonges. Mon corps voguait sur ce lit qui tanguait, violence, douceur, un peu de tout mélanger pour n’être que parfait. Il creusait mon ventre, encore et encore, m’arrachait a chaque mouvement un peu plus de moi, un peu plus de cris. Dépendante de ses illusions de tendresse, de douceur, d’amour peut être. La sueur perlait sur ma peau, sur la sienne, mes doigts creusaient sa chair sans pour autant le griffer, l’attirer plus prêt encore, plus profondément pour ne plus le laisser repartir. Qu’il se fonde en moi. Vœux idiot.

Et je jouis. Terriblement. Presque trop fort pour que mon cœur ne le supporte, presque trop doux pour que je l’oublie demain. Tout mon être explosait sans que je ne puisse rien y faire. Oublier de penser, de parler pour n’être qu’un cri brute et voluptueux. Il me fit taire soudainement alors que je me cambrais violemment sous lui, que mes cuisses et mes bras s’agitaient de spasmes délicieux…Douce illusion oui…

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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Jeu 16 Déc - 16:46

Elle était sans arrêt à me supplier, j'étais sans arrêt à le lui refuser, laissant quelques secondes de tension s'effiler dans l'air comme une épée de Damoclès avant de lui accorder ce qu'elle désirait - et qu'au fond, je voulais aussi, ardemment et de tout mon corps. Il n'y avait plus de tromperies, plus de faux-semblants... Elle était entièrement dépendante à moi, et je faisais d'elle ce que je voulais. J'aurais pu; lui dire n'importe quoi qu'elle m'aurait cru, j'aurais pu, j'aurais dû profiter de cet instant pour la faire basculer, pour enfin la convaincre ! Je savais qu'en cet instant, elle aurait cédé à tout et n'importe quoi venant de ma part.

Et je me suis tu.

Pourquoi ? Je ne savais pas. Je n'y ai pas pensé sur le coup. Parce qu'elle m'avait perdu elle aussi, parce que j'avais sombré autant qu'elle, même si je ne voulais pas l'admettre. Parce que plus rien d'autre que le plaisir ne comptait, parce que posséder ses pensées était présentement le dernier de mes soucis, tant que je pouvais posséder son corps. Je savais à quel point l'on pouvait être vulnérable dans cet instant extrême de plaisir, et je savais mener à cette tension n'importe qui, sans m'y perdre moi-même. Combien de fois avais-je utilisé cette méthode pour parvenir à mes fins ? C'était si simple, si facile... Cela fonctionnerait de la même manière avec Inessa, n'est-ce pas ?

Et pourtant non. J'avais oublié ce que je voulais. Je m'étais fait avoir comme un débutant... et le pire était sans doute que je ne m'en rendais même pas compte, tellement persuadé d'avoir encore le contrôle ! Je jouissais de son corps et je jouissais de mon apparent contrôle, si apparent qu'elle pensait sans doute elle aussi être entièrement sous ma coupe. Pourtant, à cet instant, je n'aurais été capable de rien. Je jouissais de la faire jouir et je jouissais de mes croyances naïves, sans réaliser. Sans prendre conscience de la réalité.

La réalité n'existait plus. Seule comptait Inessa. Et ce que nous étions en train de faire. Et l'extase qui m'emportait de nouveau, alors que je l'écrasais entre mes bras, le visage fourré dans son cou, embrassant sa peau et respirant son odeur. J'eus toutefois assez de bon sens pour la faire taire, libérant une de mes mains coincée dans son dos pour la plaquer sur sa bouche alors qu'elle criait son plaisir. Nous restâmes longtemps ainsi, moi sur elle, l'empêchant presque de respirer avec ma main sur ses lèvres, nous regardant avec de grands yeux effarés.

Au bout d'un temps qui me parut interminable, nous nous détendîmes brusquement en même temps. Je me décalai légèrement afin de ne pas trop peser sur elle, et murmurai le souffle court :

- Tu sais, je crois que l'isolation n'est pas très bonne ici !

Je poussai un long soupir, restants de plaisir. Je regardai son si beau visage, ses grands yeux encore brillants d'extase.

- Je t...

Je, je quoi ? Je t'aime. J'allais dire je t'aime. J'avais failli lui dire je t'aime.

Mensonge ! Je ne l'aimais pas ! Je ne savais pas pourquoi cela m'était venu si naturellement aux lèvres, mais je savais que c'était faux, totalement faux. C'était elle qui m'aimait, elle qui était accrochée à moi ! Je n'étais là que pour la contenter et... tenter d'en obtenir quelque chose. Garder le souvenir de Sonja avec moi. C'était tout. L'amour n'avait rien à voir là-dedans. C'était l'état d'euphorie dans lequel j'étais à la minute précédente qui m'avait fait dire ça. Rien de plus. Rien de plus.

Oh s'il vous plaît, faites qu'elle n'ait pas deviné ce que j'allais dire.
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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Sam 18 Déc - 13:51

« Tu n’as qu’a être moins doué. »

Oui, j’ironisais. J’ironisais pour cacher ce que j’avais ressenti, ce que je ressentais toujours . J’utilisais l’ironie pour me cacher, me voiler. Je ne savais pas si il avait comprit, vu, senti. Je n’en savais rien, mais il n’en avait pas profité. J’avais le souffle court et ma peau tremblaient doucement des frissons encore délicieux. Les dernières vagues de mon extase. Même caustique, ma voix avait légèrement tremblée.

Il ouvrit de nouveau la bouche.

« Tais toi. Je ne veux pas entendre tes mensonges. »

Parce que ça ne pouvait être que cela. Des mensonges, encore un. Le pire peut être. Il s’était arrêté de lui-même et heureusement. Je ne voulais pas entendre ça. Surtout pas. Qu’il me mente maintenant me tuerais certainement. Pas après ce que nous venions de vivre, ce que JE venais de vivre. Je soupirais, doucement, languissante…Lentement, je le repoussais un peu, il m’étouffait, mais je ne rompis pas le contact pour autant. J’aurais du d’ailleurs.
Il fallait que je le vire de ma chambre, lui qui ne voulait pas être surpris dans mon lit. Mais je n’en avais pas la force. Pas pour le moment du moins. Encore avoir un peu l’illusion d’être aimée. Pathétique. Je me passais une main dans les cheveux, les yeux perdu sur le plafond.

« Entre nous, tu n’en a pas marre de faire comme si j’étais une amie ? Surtout qu’au final, tu n’es pas discret. Tu as peur de quoi ? »

J’avais déjà posé cette question et il l’avait esquivée. Non pas qu’être celle de l’ombre me gênait particulièrement, mais j’étais curieuse de savoir ce qui le motivait. L’arrogance qui était la sienne devrait, au contraire, le pousser a m’exhiber comme un énième trophé non ? Alors quoi ? Un reste de pudeur ? je n’y croyais pas. Une timidité ? Mais bien sur. En fait, pourquoi posais je cette question ? La réponse était elle si importante au final ? Sans doute dans un sens puisque je la posais de nouveau.

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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Ven 24 Déc - 2:15

Sa réponse sèche m'aurait fait rougir si je n'avais pas appris depuis longtemps à ne pas m'empourprer pour un rien. Elle avait parfaitement compris, elle était loin d'être stupide. Et malheureusement, cela avait brisé l'instant d'avant où nous étions tous les deux si bien. Splendide, Alexeï, un vrai modèle de tact et de délicatesse. Je soupirai légèrement lorsqu'elle se dégagea de moi, sans pour autant me lâcher, nos flancs se touchant, mon bras encore en travers de sa poitrine. Je voulais garder sa chaleur contre moi.

Je levai les yeux au ciel à sa question. Obstinée, bornée, aussi têtue que moi. Je me dissimulais parce que je savais pertinemment ce que Katarina penserait de ma relation avec elle - mais cela, je ne pouvais absolument pas le lui dire. Pourtant, il était évident que je me fichais de l'avis des autres, et elle le savait. Elle ne me posait pas cette question innocemment comme elle en avait l'air. Pourquoi s'accrochait-elle à cela ?

- Je ne sais pas. Je sais bien que tout le monde a plus ou moins deviné que l'on était ensemble, mais... Tu as vingt ans de moins que moi, Inessa. On n'a rien à faire ensemble. Et on te regarde suffisamment de travers comme ça sans avoir besoin d'en rajouter.

Je savais parfaitement qu'elle n'avait de contacts avec personne, je savais qu'on l'avait mise dès son arrivée dans le même sac que moi, et je m'en étais voulu, mais pas pour elle. Égoïstement, comme toujours, j'avais seulement craint que ce mépris ne la pousse à partir, au moment même où je m'étais décidé à profiter sans vergogne de sa ressemblance avec Sonja. C'était une excuse comme une autre et elle ne fonctionnait pas si mal, car elle n'était après tout pas vraiment mensongère. Même si les détails restaient cachés.

- Si cela te dérange tant que ça, on peut arrêter, fis-je en haussant les épaules. Mais c'est pour toi. Je veux que tu te sentes bien ici, et je sais que ça a mal démarré. Inutile d'empirer les choses.

Je veux que tu te sentes bien pour que tu restes à mes côtés. Et je ne veux pas nous montrer comme un couple parce que je ne veux pas affronter le regard de Katarina. La vraie vérité est là, mais plutôt mourir que de te le dire.
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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Mar 18 Jan - 8:30

Excuses foireuses. Cela aurait pu marcher c’est vrai, si je ne le connaissais pas aussi bien, si je ne l’avais pas vu durant deux ans séduire quelques minettes bien plus jeune que moi. La différence d’âge ne le gênait pas, pas plus que moi d’ailleurs. Non c’était autre chose. Mais avais je vraiment envie de savoir ? Cette question me hantait et m’horrifiait. Parce que je m’accrochais comme une conne idiote. C’était idiot. Un soupir me traversa. Lassitude ? Sans doute un peu enfin, je crois.

« Etonnant, tu pense a mon bien être. »

Raillais je en tentant d’ignorer la boule qui se formait dans ma gorge. Parce que j’aurais aimé que ce soit vrai quelque part. Qu’il prenne soin de moi comme il avait pu le faire de sa femme. Qu’il mette sa haine ou sa méchanceté au service de ce qui me ferait mal. En vérité, il était des choses qu’il ne vaut mieux pas savoir ou tenter d’ignorer. Je ne saurais jamais la vérité, il était trop habile pour ne serait ce que me la laisser deviner. Je n’étais pas dupe de ses mensonges mais je n’arrivais pas toujours a discerner le vrai du faux. Alors je blessais, comme il pouvait le faire. Je n’étais pas comblée de ça, c’était stupide, le mal pour le mal, a quoi ça sert ? Notre relation était si surfaite que de toute manière, tout ceci était sans importance, mais j’avais les doigts crispés sur ces questions. Comme une contradiction.

Est-ce que cela me dérangeait ? Non pas vraiment. Le mépris des autres n’avait sans doute pas vraiment d’importance. Même si parfois, je souffrais silencieusement des regards que l’on pouvait me jeter, ou des murmures que cela pouvait provoquer. Je ne savais pas tout, c’était un fait, mais il y avait des choses qui se sentait, comme une intuition. Un léger sourire dansa un instant sur mon visage alors que le plafond devenait si attirant que je ne pouvais en détacher le regard.

« De toute façon, ça ne changerait pas grand-chose. Une fois qu’une étiquette est mise, elle est indécollable. Mets ça sur le compte de la curiosité si tu veux, je m’interrogeais juste comme ça en passant. »


Mais il n’y croirait pas. Non parce que si c’était le cas, je me serais contentée de la première fois où je la lui avait posé, je n’aurais pas insisté a le prendre en traitre après avoir fait l’amour. J’aurais laissé tomber et n’y aurait plus pensé.
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MessageSujet: Re: Douce est l'ignorance |Alexeï   Lun 24 Jan - 3:39

Un rire intérieur me secoua à sa réponse. Si elle savait, si elle savait à quel point son bien-être ne dépendait que du mien ! Pour me sentir bien, j'avais besoin qu'elle se sente bien, et je ferais tout pour cela. Sa ressemblance déchirante avec Sonja me hantait jour et nuit, et je ne voulais pas voir ce visage malheureux. Je ne voulais pas non plus prendre le risque qu'elle partît, trop atteinte par ce qu'on pensait d'elle ici. Elle devait se demander pourquoi soudainement je me préoccupais d'elle... Comme elle devait se demander aussi pourquoi je l'avais acceptée à mes côtés. Oh, la plupart du temps, elle se contentait de jouir de ce qu'elle avait sans en chercher les raisons profondes. Mais rien ne m'agaçait plus que lorsqu'elle essayait de m'arracher une vérité que je bouclais derrière mes lèvres scellées. Elle ne m'aurait pas, c'était moi qui la vaincrais. Je lui caressai doucement la joue.

- Tu ferais mieux d'en profiter au lieu de t'étonner.

C'était ce qu'elle faisait en temps normal. Non, décidément, je détestais lorsqu'elle m'abreuvait ainsi de questions. Mademoiselle devenait par trop curieuse. Je savais qu'elle ne me l'avait pas demandé comme ça, en passant, comme elle disait si bien, mais je n'allais pas le lui faire remarquer, cela ne ferait que ramener ses interrogations à jour. Je voulais qu'elle se taise, maintenant. Je tentais de la manipuler pour qu'elle cesse de me cracher que je n'étais qu'un menteur et un égoïste, parce qu'elle était la seule personne qui me voyait réellement ainsi, et la seule personne qui me permettrait d'oublier qui j'étais réellement. Le problème était qu'en attendant, toutes ses tentatives de me percer à jour me rappelaient chaque fois plus cruellement la vérité. C'était quitte ou double, et pour l'instant plus quitte que double.

- Alors oublions ça, murmurai-je. Tu ferais mieux de te reposer maintenant. Dors.

Il était tard et je devrais braver le couvre-feu pour retourner à ma chambre - même si je savais que nul n'y prêtait attention et que je ne croiserais personne dans les couloirs. Je la ramenai à moi, sa tête reposant sur ma poitrine, ses cheveux blonds me chatouillant le menton. Emprisonnée dans mes bras, contre moi. Quand elle fermait les yeux ainsi, paisible, ensommeillée, l'illusion était parfaite. Je poussai un long soupir en admirant ainsi Sonja qui dormait, blottie contre moi. Combien de fois nous étions-nous endormis de cette manière ? La nostalgie et la tristesse s'imposèrent brusquement à moi alors que je lui caressais doucement les cheveux. Même lorsque j'avais ainsi l'impression parfaite de l'avoir à mes côtés, elle me manquait irrémédiablement. Ce n'était pas encore assez réel... Inessa n'était pas encore Sonja. Pourquoi me donnais-je tant de mal pour la faire céder à moi, alors ? Je ne savais pas, pas vraiment. Peut-être pensais-je encore que je pourrais retrouver ma défunte femme auprès d'elle, malgré leurs différences de caractère. Je m'endormis à mon tour, moi qui m'étais promis tout à l'heure de l'abandonner tout de suite après avoir couché avec elle, sans même songer à ce qui se dirait si l'on nous voyait sortir de la même chambre.

[Et voilà ! Tu peux continuer au lendemain, note, c'est toi qui choisis si c'est bouclé maintenant ou pas ^^]
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