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 « It's beyond my control. » [PV Katarina]

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MessageSujet: « It's beyond my control. » [PV Katarina]   Dim 24 Oct - 15:57

Je riais sous cape tandis qu'Inessa, impitoyable, me chassait de sa chambre, me refusant une minute de plus à ses côtés. Maintenant que j'étais bel et bien avec elle, et qu'elle s'en était assurée, elle prenait un plaisir pervers à saisir toutes les occasions de prouver que c'était moi qui étais sous son ascendant et non pas l'inverse. Je la laissais faire. Finalement, elle avait peut-être raison – mais ce qu'elle oubliait, c'est qu'il y avait autant de choses qui la liaient à moi que moi à elle. Et elle me le prouvait en me jetant cette phrase, un air de défi sur le visage, une flamme insolente dans ses yeux émeraude :

- Tu reviens ce soir, n'est-ce pas ?

Et elle levait le menton, sans sourire, me regardait dans les yeux, me défiait de lui refuser cette visite. Moi, je souriais. Je souriais parce que je la trouvais terriblement attachante dans ses tentatives de punitions à mon égard, j'aimais cette manie qu'elle avait d'essayer de me rendre dépendant à elle, comme elle l'avait été pendant deux ans. Que je me sois enfin livré à elle semblait l'avoir partiellement soignée, et je sentais qu'elle profitait de cette semi-guérison pour se jouer de moi, pour tâcher de me faire ressentir tout ce qu'elle avait ressenti durant ces deux ans où elle n'avait été qu'une ombre. Cela marchait, parfois, un peu... Comme si tout ce qu'elle ressentait pour moi avait été divisé par deux, parfaitement symétrique et parallèle. Excepté cet amour improbable qui s'obstinait à l'accrocher à moi, et qui s'était imprimé en moi en négatif, à cause du sort qui avait réincarné Sonja sur son visage. J'avais de plus en plus tendance à oublier à quel point je me jouais, je me moquais d'elle. Finalement, je ne la méritais pas. Et elle, sentait-elle le fantôme qui hantait notre relation ? Ou avait-elle réussi à se persuader que je lui appartenais corps et âme ? Elle me regardait, flamboyante et perverse, attendant une réponse, et dans ses yeux encore emplis de désir, je fus incapable de comprendre ce qu'elle pensait au plus profond d'elle-même.

- Oui, promis, soufflai-je, écrasant mes lèvres contre les siennes, la main dans ses cheveux.

Elle me gratifia d'un dernier regard de feu et me ferma la porte au nez, manquant de peu de me coincer la main dedans.

Encore essoufflé de nos ébats, les joues toujours rouges de plaisir, mes yeux habituellement glacés brillants sous l'effet du désir, je passai une main quelque peu déboussolée dans mes cheveux, reprenant un tant soit peu mes esprits. Finalement, je me décidai enfin à bouger pour rejoindre ma chambre, me rappelant que j'aurais toute la nuit ce soir pour retrouver ma femme. J'avais pris la mauvaise habitude de l'appeler ainsi. C'était la dernière manie qui me restait de sa ressemblance, le dernier détail, fichu détail, qui m'empêchait d'oublier que finalement, je n'étais avec elle qu'à cause d'un fantôme. Bien que nous fussions plus ou moins ensemble, nous ne nous affichions pas – Ethan avait compris beaucoup trop vite à mon goût pourquoi j'avais tenu à l'amener dans la Communauté, et je sentais que Katarina avait deviné certaines choses également – et je savais parfaitement comment Inessa le prendrait si je laissais un jour ces mots m'échapper.

Chassant ces désagréables pensées, je pivotai sur mes talons pour retrouver ma chambre. Ce fut à ce moment-là que je me retrouvai face à Katarina, son regard braqué sur moi dans une expression de pure colère.

S'il y avait une seule personne que je n'aurais pas voulu mettre au courant, c'était bien elle. Oh, je savais qu'elle s'en doutait, mais ce n'était pas la même chose que de se le voir confirmer d'une telle façon. Elle était devant moi à me fixer de son regard chargé de désapprobation, alors que je m'étais rhabillé il y a à peine deux minutes, et que je venais de promettre ma soirée à Inessa sur un ton qui ne laissait pas d'équivoque. Je n'avais jamais connu situation plus gênante. Fuyant son regard, je laissai mes yeux s'égarer sur mes chaussures remises à la hâte et constatai que je n'avais pas fait mon lacet droit. Que de futiles préoccupations. J'avais un problème autrement plus grave qu'un lacet défait. Katarina devinerait que je n'aimais pas Inessa. Pas vraiment. Katarina devinerait que je m'enfonçais dans une relation malsaine et basée sur des mensonges. Comme toutes mes relations, finalement, et avec ma fille aussi. Katarina devinerait que ce que je venais de faire n'était dû qu'à une ressemblance malencontreuse. Katarina devinerait qu'une fois de plus, je me comportais comme un salaud manipulateur.

Je ne savais pas quoi dire, mais le silence qui s'étirait, lourd et pesant, était proprement insupportable. Et la seule défense qui me vint à l'esprit fut la phrase stupide par excellence que tous les parents disent à leurs enfants lorsque ceux-ci leur découvrent une liaison inavouable :

- Ce n'est pas ce que tu crois !

Mais enfin, même moi l'esprit tordu, je n'aurais pu trouver d'autres explications à ce qu'elle avait vu.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: « It's beyond my control. » [PV Katarina]   Dim 24 Oct - 17:06

Inspirer. Expirer. Inspirer. Expirer.

Cette action, pourtant si simple m'était presque impossible à réaliser. J'étais comme incapable de respirer. Il y avait comme quelque chose qui m'en empêchait. De toute façon j'avais cessé de respirer depuis vingt quatre heures, depuis que j'avais eu cette « conversation » avec Ethan. Conversation qui avait bel et bien tourné au drame. J'avais hurlé, pleuré et tout fracassé dans la pièce. Ethan était resté de marbre, avant de se mettre à pleurer, s'effondrant complètement. J'aurais certainement pu le rassurer s'il n'avait pas carrément craqué, enlaçant mon ventre et se mettant à chanter une berceuse comme si j'étais toujours enceinte... Cela m'avait paru tellement insupportable que je m'étais littéralement enfuie, allant chercher refuge à l'infirmerie, le visage sec de toutes larmes, impassible. Si Mathilda avait remarqué mon trouble, elle n'avait rien dit du tout. Le soir même, j'avais craint de nouveaux les réactions d'Ethan lorsque j'étais allée me coucher. Mais rien n'avait changé, dans le noir il restait mon mari, celui qui me serrait contre lui avec possessivité. J'avais été mal à l'aise un long moment, avant de consentir à m'endormir convenablement. Mais le matin à mon réveil, Ethan n'était déjà plus là, il m'avait laissée seule dans notre lit, seule dans la pièce avec Lena. Avant, il ne se serait jamais levé sans me prévenir, ou il aurait attendu que je me réveille. Pas cette fois ci. Alors moi aussi je m'étais levée bêtement, pour aller m'occuper de Lena, qui avait faim, mais qui ne disait rien, attendant sagement qu'on s'occupe d'elle. Je l'avais changée, habillée, avant de lui donner le sein et de jouer un peu avec elle. Elle était encore la seule personne qui parvenait à me faire sourire. Toute innocente qu'elle était, elle rayonnait de bonheur. Simplement, j'aurais aimé ne pas être seule avec elle... D'ordinaire, son père était toujours avec moi, parce qu'il ne voulait rien manquer. Là, elle aurait pu se lever et se mettre à marcher qu'il n'aurait rien remarqué, ou qu'il aurait répondu « oui, c'est bien ».

Je ne voulais la laisser à personne ce jour là. J'étais allée à l'infirmerie avec elle, la gardant dans mes bras pour jouer tant qu'il n'y avait personne, sous le regard attendri de Mathilda. Il n'y eut pas foule à l'infirmerie ce jour là, comme la plupart du temps. À l'heure du déjeuner je passai simplement en cuisine chercher de quoi manger, avant d'aller dans notre chambre. À tout hasard, je jetai un coup d'œil dans le salon, pour m'assurer qu'Ethan n'y était pas. Évidemment qu'il n'y était pas. Je n'espérais même pas le retrouver dans notre chambre. D'instinct, je savais qu'il était enfermé dans son bureau. Il n'en sortait pas de toute la journée... Aller frapper à sa porte n'était même pas une chose que j'envisageais. Il ne m'aurait pas répondu de toute façon, autant ne pas perdre mon temps. À quoi bon le forcer ? C'était comme de parler à un mur. À ceci près que généralement, vous n'attendez pas d'un mur qu'il vous réponde. J'avais toujours espoir qu'un déclic se produise, qu'il réalise que j'étais là, qu'il n'avait pas à me dissimuler sa peine... Je pouvais l'aider, le « sauver » comme il le disait si bien lui même. Mais pour le moment rien n'y faisait. Il voulait rester seul, quand je cherchais désespérément à tendre les mains vers lui. Peu il importait, il ne voulait plus de moi pour le moment. Il ne voulait plus de personne. Je ne savais plus quoi faire. J'avais toujours eu l'habitude de me battre avec Ethan. Pas contre lui. Je n'avais pas les armes pour faire face à ce mur qu'il avait construit entre nous. Je pouvais frapper dessus autant que je le voudrais, il ne cèderait pas. Et malheureusement, personne ne viendrait le détruire pour moi.

En plein milieu de l'après midi, j'eus besoin d'aller à la réserve. Mathilda venait de remarquer que nous n'avions plus de compresses, et il y en avait un plein carton au sous sol. Pleine de bonne volonté je décidai d'y aller à sa place, laissant Lena sous sa surveillance, sans la moindre appréhension. Je suis donc descendue à la réserve pour récupérer ce carton, et je suis remontée. À l'aller, je n'avais pas réalisé que j'étais passé devant la chambre de la nouvelle « amie » de mon père. J'avais très vite remarqué qu'elle ressemblait à ma mère, et qu'elle avait à peu de choses près le même âge que lorsque cette dernière était morte. Mais ayant mes propres chats à fouetter, je n'y avais pas prêté attention, mettant cela sur le compte du hasard... Et naïvement, je m'étais dit qu'elle était bien trop jeune pour lui. En effet, j'avais été naïve, idiote... Conne. Je me suis figée quand j'ai entendu la porte de la chambre s'ouvrir. J'ai resserré ma prise sur le carton quand j'ai vu mon père sortir de la chambre. J'ai ouvert grand la bouche quand une question et sa réponse me parvinrent « tu reviens ce soir ? » , « oui, promis ». Je clignai des yeux plusieurs fois, analysant comme je le pouvais la situation. Il ne fallait pas avoir un QI de 180 pour deviner ce qu'il venait de se passer dans cette chambre. Mon père avait choisi comme énième maitresse, le sosie vivant de ma mère, qui elle était bel et bien morte. Quand la porte claqua et que mon père se retrouva définitivement dehors, je m'autorisai enfin à reprendre ma respiration. J'eus envie de lui jeter le carton à la figure. Quand il remarqua enfin ma présence, ce fut pour me jeter au visage un énième mensonge, qui me claqua à la figure. Bêtement, je lâchai le carton à mes pieds.

« Tu n'es qu'un menteur odieux. »

Croyait-il sincèrement que j'allais sourire, dire « d'accord papa » et continuer mon chemin tranquillement ? Non, certainement pas. Je savais être très tolérante, mais là je n'en pouvais plus. Cet ultime coup de poignard dans le dos venait de détruire définitivement mes restes de self-control et de tolérance. J'en étais arrivé au point où le moindre petit mensonge me rendait ivre de colère.

« Ça t'amuses tant que ça ? De manipuler les gens, de leur faire du mal ? Qu'est-ce qu'il y a de si jouissif là dedans hein ? Dis moi, parce que cela m'échappe complètement ! »

Je ne hurlais pas, je restais au contraire très calme, les bras croisés sous ma poitrine, bien campée sur mes deux jambes. Pourtant j'avais des envies de meurtre. Je voulais hurler, crier, pleurer, taper du poing. Mais je me contenais, me contentant de le fusiller du regard comme jamais auparavant. Ce n'était plus mon père que je voyais en face de moi. C'était ce mafieux, ce menteur, ce manipulateur. Cette pourriture qui avait travaillé avec mon bourreau pendant presque toute sa vie. C'était à se demander comment Vitali et moi pouvions ne pas être des fruits pourris, étant donné les arbres desquels nous étions tombés tous les deux.

« Est-ce que je n'en ai pas assez supporté ces derniers temps, pour que tu m'imposes une maitresse ressemblant étrangement à ma mère ? »

Il me pensait peut-être stupide au point de ne pas le remarquer peut-être ?

« Tu t'es peut-être dit que si j'avais pu supporter une fausse couche, je supporterais ça ? »

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MessageSujet: Re: « It's beyond my control. » [PV Katarina]   Lun 25 Oct - 15:13

J'étais encore à fleur de peau, si bien que je sursautai lorsque le carton que tenait Katarina tomba au sol. Ses yeux plantés dans les miens, alors que j'attendais avec appréhension de la voir crier et tempêter, sur les nerfs qu'elle était depuis sa fausse couche, elle me dit d'une voix parfaitement calme :

- Tu n'es qu'un menteur odieux.

Je me liquéfiais alors que ses yeux glacials fixés sur moi semblaient me marquer à vie du sceau dont elle venait de m'accuser. Et je ne pus m'en empêcher, je reculai d'un pas, simplement terrifié par la violence rentrée qui émanait d'elle. Je la sentais pleine de colère bouillonnante, prête à exploser au moindre souffle, mais je ne pouvais que le deviner ; elle affleurait à la surface mais restait invisible. Il n'y avait même pas un soupçon de déception dans sa voix ; comme si elle y était habituée, à présent, elle énonçait une constatation, voilà tout. Je crois que j'aurais encore préféré qu'elle me hurle dessus.

- Katarina... tentai-je.

- Ça t'amuse tant que ça ? m'interrompit-elle. De manipuler les gens, de leur faire du mal ? Qu'est-ce qu'il y a de si jouissif là-dedans hein ? Dis-moi, parce que cela m'échappe complètement !

- Je ne fais de mal à personne !

Menteur, menteur, menteur, chantonnait une voix dans mon esprit. Menteur, manipulateur, trompeur, tous ces épithètes étaient devenu synonymes de mon nom. Pourquoi m'obstinais-je dans mes mensonges ? Elle avait parfaitement compris. En fait, ma fille, probablement la seule personne au monde qui pouvait se faire obéir de moi, me faisait peur. Je craignais son opinion à mon propos comme j'aurais craint le Jugement Dernier. Elle était toute-puissante sur moi, et elle était là, me vrillant de son regard de glace trop semblable au mien, m'accusant encore une fois. Le trouble me faisait m'imaginer n'importe quoi : comment pouvait-elle savoir à quoi ressemblait sa mère ? Elle n'avait que trois ans lorsqu'elle avait été tuée ! Veuf à vingt-sept ans... Il y avait de quoi rendre fou de douleur n'importe qui, mais je m'étais trop contenu et avais réagi d'une étrange manière, reportant tout mon amour sur ma fille, et maintenant sur Inessa. Comme si l'amour physique que je ne pouvais avoir avec Katarina était déplacé sur ce sosie... Pensées vicieuses et tordues, tordues telles mon âme. Maudit chauffard... Il n'avait pas fait beaucoup plus long feu que ma femme. C'avait été le seul meurtre que j'avais commis de ma main - et je ne l'avais jamais regretté. Et je m'abusais encore, m'imaginant stupidement que les quelques photos que devaient avoir Katarina étaient certainement passées, abîmées, effacées... Elle ne pouvait reconnaître sa mère !

Je recommençais à me mentir. Il fallait que j'apprenne à admettre la vérité. Même Ethan avait reconnu la ressemblance. Alors Katarina, ce n'était même pas la peine d'en parler... Mais dans ce cas, pourquoi ces mots s'échappaient-ils de mes lèvres, stupidement, en une défense dérisoire ?

- Elle ne lui ressemble pas, pas tant que ça...

Mais enfin, personne ne croirait à ces paroles, surtout pas moi, surtout pas elle. Et je me rendais compte au moment où je les prononçais que je m'enfonçais encore davantage dans un océan de mensonges, qui n'étaient même plus crédibles. Elle allait croire que je me moquais d'elle, elle allait croire que je la narguais, me complaisant dans mes défauts. Avait-elle tort, finalement ? Après tout, oser dire une pareille ânerie relevait clairement du foutage de gueule, il n'y avait pas d'autre mot.

Je fermai les yeux. Respire, Alexeï. Des images me revenaient en tête, des souvenirs affluaient dans mon esprit, la nouvelle de l'accident, le désespoir latent, m'envahissant petit à petit alors que j'attendais au compte-gouttes des nouvelles de l'hôpital, tout le déroulement de l'accident que je n'avais pas vécu mais imaginé tant de fois dans mes cauchemars... J'étais resté de marbre quand on m'avait finalement dit qu'il n'y avait plus aucun espoir. J'aurais préféré qu'elle soit morte sur le coup. Ces huit heures d'attente dans les couloirs blancs de l'hôpital avaient été les pires de ma vie. J'étais resté de marbre, mais la première chose que j'avais faite, avant même d'aller avouer à ma petite fille qu'elle ne verrait plus jamais sa maman, c'était m'armer d'un revolver et me diriger vers le centre de police où le chauffard ivre qui avait percuté et tué ma femme était en garde à vue. Je l'avais assassiné, sans la moindre sommation. Il n'avait même pas su qui j'étais, et je m'en fichais. Je ne voulais pas faire dans le théâtral, je voulais juste que cette ordure qui avait tué mon âme soeur meure aussi, et aille pourrir en enfer. La police m'avait arrêté, mais la police était russe, sous l'emprise de la mafia du pays... Je n'avais eu aucun mal à m'en tirer. Et quand bien même j'aurais passé le restant de ma vie en prison, je m'en serais moqué. Après, j'en avais été soulagé, alors que je m'occupais de ma Katarina... Et maintenant, je me disais que ç'aurait sans doute été mieux pour tout le monde. Elle me tenait sous son emprise tout comme j'avais tenu des dizaines de gens sous la mienne. Chacun son tour. Jusque-là, cela ne m'avait jamais dérangé, mais à présent qu'elle était en face de moi, furieuse et déçue, je ne savais plus ce que je voulais.

En fait, si. Je voulais remonter dans le temps et sauver ma femme, je voulais aller m'enfermer sous terre avec elle et être débarrassé de tout ce qui me tombait dessus maintenant.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: « It's beyond my control. » [PV Katarina]   Mar 26 Oct - 13:15

J'eus envie de le gifler. Il ne faisait de mal à personne ? Il ne faisait de mal à personne ?! Était-il donc naïf à ce point qu'il croyait que je ne verrais pas clair dans son jeu, que je ne comprenais pas, que je n'avais pas compris ? Pensait-il sincèrement que je ne me poserais pas des questions à un moment où à un autre ? Je n'étais pas aussi stupide qu'il semblait le croire. Et ce n'était pas parce que j'avais été occupée à autre chose qu'il avait le droit de continuer son petit jeu malsain... Ou plutôt de le commencer. Cette femme, savait-elle seulement pourquoi il lui portait de l'intérêt ? Savait-elle pourquoi il passait du temps avec elle ? J'en doutais, ou alors elle était particulièrement masochiste. Non, mon père avait dû user de ses merveilleux talents de manipulateur sur elle... Seigneur, comment pouvais-je être si différente de l'homme qui m'avait élevée ? J'avais la chance, car c'était bien de la chance, de devenir complètement différente de lui. Je ne mentais pas, je ne manipulais pas... Au contraire. J'étais douce, altruiste, attachée à la vérité... Je n'étais pas comme lui. Qu'il ose encore me mentir maintenant me mettait carrément hors de moi. Ses mensonges ne m'avaient-ils pas causé assez de tort ? Il fallait qu'il continue, qu'il relance le jeu au lieu de se coucher ? Je commençais à mieux comprendre pourquoi il s'était si bien entendu avec Armando. Au fond, ils étaient peut-être pareils tous les deux... Cette pensée me donnait la nausée. Autant qu'elle me donnait envie de le gifler et de le secouer pour le faire redescendre sur terre. Il critiquait Ethan et son passé de drogué, mais finalement il ne valait pas mieux que lui. Il était drogué au mensonge et à la souffrance des gens. Et il n'avait toujours pas décroché, malgré les conséquences de ses actes.

J'allais lui balancer cela au visage, mais je n'en eus pas le temps. Il me sortit une phrase qui me laissa complètement stupide une seconde, yeux et bouche grands ouverts à le regarder avec une air complètement halluciné. Sur le coup, je me suis demandé si je devais rire ou pleurer. Il osait dire que cette femme ne ressemblait pas à ma mère ? Oh mon dieu mais pour qui me prenait-il ? Je sentais la colère monter en moi au fur et à mesure qu'il se défendait bêtement. Même pris sur le fait, il n'était pas capable de m'avouer les choses, de me dire la vérité ! Non ! Il mentait, encore et ENCORE ! Il me rendait malade... Et il me décevait terriblement, bien que je ne sois pas en mesure d'afficher un quelconque sentiment de peine ou de tristesse.

« Je ne suis PAS ces pauvres gens que tu avais l'habitude de manipuler, tu entends ? Je suis ta fille ! Ta FILLE ! »

Je commençais à perdre mon sang froid, fatiguée de lutter pour conserver l'image de la douce, aimante et chaleureuse Katarina. J'étais fatiguée, lasse, déboussolée et détruite.

« Tu crois que je ne sais pas à quoi elle ressemblait ? Tu crois que je ne sais pas à quoi ressemblait ma mère ? Tu t'imagines peut-être que son visage a disparu clairement des photos que j'ai conservé ? Je ne me souviens peut-être pas de sa voix, de ses gestes, ou du reste, mais crois moi, son visage je l'ai retenu ! »

Oh oui, je savais comment était ma mère. Je m'étais souvent plainte de ne pas lui ressembler davantage, parce qu'elle était magnifique, blonde avec d'immenses yeux verts amande. Moi j'étais plus petite qu'elle, brune aux yeux bleus. Je n'étais pas laide, évidemment, mais je ne lui ressemblais pas, j'avais pris mes caractéristiques physiques de mon père... Mais pour le reste, je ne lui ressemblais définitivement pas. Et je ne voulais plus lui ressembler. Sur aucun point. Ethan avait peut-être bel et bien raison quand il me disait que mon père faisait des choses malsaines...

« Tu viens de perdre ton ticket pour voir ta petite-fille. Je ne veux pas qu'elle entende des mensonges dès le berceau. »

J'ai secoué la tête et je me suis agenouillée pour ramasser le carton et les quelques compresses qui s'en échappaient. Peut-être étais-je un peu dure, mais ce dernier mensonge avait été la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase. Je me suis relevée et je me suis dirigée vers lui. Je me suis plantée devant lui et je l'ai regardé droit dans les yeux, le fusillant du regard.

« Tu es en train de pourrir la mémoire de MA mère. »

Et sans plus de considération, je me suis décalée d'un pas et j'ai continué mon chemin.

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MessageSujet: Re: « It's beyond my control. » [PV Katarina]   Mar 26 Oct - 14:14

Pourquoi m'étais-je obstiné à nier, alors que ce que je faisais était l'évidence même ? Pourquoi n'avais-je pas simplement dit pardon, avant de m'en aller ? Pourquoi avais-je eu le réflexe saugrenu de sortir cette phrase, qui était probablement la pire sottise que j'avais jamais affirmé ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Parce que j'étais aussi lamentable qu'Ethan voulait le croire, parce que j'étais aussi minable qu'Armando, parce que j'étais le plus grand idiot que cette terre avait portée. Et ma fille chérie perdait son sang-froid, me hurlait dessus, me criait enfin tout ce qu'elle pensait de moi. Qu'est-ce qui m'avait pris, mais qu'est-ce qui m'avait pris ? Pourquoi persistais-je encore à lui cacher des choses, alors que je savais forcément quelle serait sa réaction ? Que m'imaginais-je ? Qu'elle se tairait toujours en petite fille bien sage ? Pourquoi continuais-je à me poser des questions, en fait ? Il n'y avait rien à se demander. J'étais un imbécile et je recevais aujourd'hui la monnaie de ma pièce. Et je reculais, tremblais sous la colère de ma fille qui aurait pu aussi bien être Dieu tout-puissant... Je n'arrivais même plus à dire un mot. De toute façon, si j'avais ouvert la bouche, ç'aurait été pour quoi, m'excuser ? Je n'osais pas m'excuser. Tout ce que je lui avais fait subir n'était pas pardonnable, n'était plus pardonnable. Comme elle me le disait si bien, je lui avais fait dépasser le seuil du supportable. Et maintenant, c'était elle qui me faisait supporter l'insupportable. La haine de ma fille, l'interdiction de revoir jamais ma petite-fille. Je me rendis compte à l'instant où elle disait ces mots que si j'avais désobéi sans une once de regret à Ethan, prenant un plaisir malsain à mettre Lilly de mon côté au moins pour cela, je serais incapable de le faire maintenant que c'était Katarina qui me l'avait interdit. Je ne voulais plus la blesser, plus lui mentir. Un peu tard pour réagir !

J'avais mal, mal au plus profond de moi. J'avais mal de la haine de ma fille, mal de la perte de ma petite-fille, mal du souvenir de ma femme. J'avais oublié Inessa en un instant, comme durant ces deux années où elle n'avait été qu'une ombre fugitive. Je ne voyais plus que Katarina et son visage déformé par la colère, alors que des souvenirs de ce jour si néfaste continuaient à s'agglutiner dans mon esprit, se rappelant à ma mémoire, criaillant de toutes leurs forces : c'était à celui qui serait le plus douloureux.

C'est à ce moment-là que Katarina a décidé de dire LA phrase de trop. Les mots qu'elle n'aurait jamais dû prononcer. Toute ma frayeur m'abandonna, et une colère comme jamais encore je n'en avais ressenti m'envahit tout entier. Ma fureur était elle que pour la première fois de ma vie, la toute première fois, je blessai Katarina. Alors qu'elle me contournait, tout à fait indifférente à présent qu'elle m'avait hurlé sa haine, je la saisis par le bras et le lui tordis, la plaquant contre le mur du couloir, ignorant les compresses qui volaient par terre une fois de plus. Et je lui ai crié dessus, pour la première fois aussi, plein d'une violence que je n'arrivais pas à contrôler :

- C'EST TOI QUI A TUÉ TA MÈRE !

Elle était responsable de la mort de Sonja ! C'était uniquement à cause d'elle qu'elle était montée dans cette maudite voiture, à cause d'un enfant dont nous ne voulions pas ! Elle n'avait jamais souffert de son absence, elle était bien trop petite pour se souvenir. Moi, j'avais souffert chaque jour et chaque nuit depuis vingt-deux ans, brûlant du manque de sa voix, de ses yeux, de son corps, me consumant de l'absence de mon âme soeur. Et elle osait me parler de la mémoire de sa mère ?

- Elle est morte à cause de toi ! Nous ne voulions pas de toi ! Nous ne voulions pas d'enfants ! Tu es arrivée comme un cheveu sur la soupe, il a fallu que l'on s'occupe de toi, qu'on aille acheter de quoi prendre soin de toi ! C'est entièrement ta faute si elle est montée dans cette voiture ! Si tu n'avais pas été là, elle ne serait PAS morte ! C'est-de-ta-faute ! criai-je en détachant chaque mot.

Je la lâchai soudainement, et la regardai droit dans les yeux à mon tour. Je n'avais plus ma fille en face de moi, simplement une intruse responsable de la mort de ma femme qui se permettait malgré cela de me dicter ma conduite.

- As-tu regretté une seule seconde l'absence de Sonja ? Non, quand bien même tu le croirais. Tout ce que tu as pu regretter, c'est l'absence d'une mère, tout au plus, et n'importe quelle autre femme aurait fait l'affaire. Alors, je t'interdis de parler de la mémoire de ta mère. Il n'y a que moi qui la connaisse, tu entends !

Je reculai, soudain épuisé par ce que je venais de faire. Je m'appuyai contre le mur opposé, passant une main sur mon front brûlant. J'avais mal à la tête. Et même si je réalisais toutes les horreurs que je venais de dire à ma fille, j'étais encore trop furieux pour m'en vouloir.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: « It's beyond my control. » [PV Katarina]   Mar 26 Oct - 17:38

M'en aller, m'en aller, échapper à ces mensonges, à cette atmosphère malsaine, à toutes ces choses qui me rendaient malade. Je n'avais pas envie d'écouter ses excuses qui ne valaient pas un clou, pas envie de le regarder, ni même de continuer à entendre le son de sa voix... Je ne voulais plus, je ne pouvais plus en supporter davantage. Je préférais presque le silence d'Ethan. Quoique, peut-être pas... Ethan m'ignorait, mon père me mentait... J'étais à deux doigts de m'effondrer, à deux doigts d'aller chercher du réconfort chez Alexander, qui saurait certainement m'écouter et me rassurer, me protéger du monde pour un tout petit moment... Il y avait aussi ma fille, que j'avais hâte de retrouver, parce qu'elle m'apaiserait, me rappellerait que la vie n'était pas si mal, et qu'elle, elle ne me laissait pas tomber, parce que j'étais sa maman et qu'elle avait besoin moi comme j'avais besoin d'elle. Elle était encore la seule que j'aimais voir et prendre dans mes bras, la seule que j'avais encore le pouvoir de rassurer. Je me sentais toujours mieux quand je la rassurais quand elle pleurait, ou quand je la berçais pour m'endormir... Elle me faisait me sentir un peu plus entière. J'aurais tellement aimé pouvoir aller me réfugier dans les bras d'Ethan. Juste pour qu'il me dise que ce n'était rien, juste pour sentir ses bras passés autour de moi, me serrant contre lui doucement... Malheureusement, je savais que si j'allais dans notre chambre maintenant je la trouverais vide, et si j'allais à son bureau, il ne viendrait pas m'ouvrir... Non, j'allais aller retrouver mon bébé, mon petit ange si patient avec sa maman qui n'était pourtant pas au mieux de sa forme...

J'eus un hoquet de surprise quand je fus violemment saisie par le bras. Je lâchai le carton et poussai un cri de stupeur et de douleur mêlées quand mon père me tordit le bras avant de me plaquer violemment contre le mur. J'étais terriblement choquée, c'était la première fois que mon père était violent physiquement avec moi. J'essayai de me débattre en vain, il me tenait fermement et chercher à me dégager ne me faisait que plus mal encore. Il me hurla dessus, et pendant une seconde je fus trop secouée pour comprendre ce qu'il me disait, avant que le sens de mots qu'il m'avait craché ne me revienne en pleine figure tel un boomerang. J'écarquillai les yeux de surprise. J'avais... tué ma mère ? Abasourdie je le regardai en secouant la tête, ne comprenant pas ce qui me valait une telle accusation. Je profitai d'un moment de flottement pour essayer de me dégager, mais ce fut de nouveau un échec : il me tenait fermement, me faisant terriblement mal, sans compter qu'il me terrifiait complètement. J'étais à deux doigts de me mettre à hurler le nom d'Ethan, me rappelant brusquement que son bureau était seulement à l'autre bout du couloir. J'étais carrément sur le point de le faire quand mon père recommença à me hurler dessus. Chacun de ses mots me poignardèrent, lacérant mon cœur et le réduisant en lambeaux. Je sentis le sang quitter mon visage et ma gorge se serrer, tandis que mon ventre se tordit et mes jambes flageolèrent. J'aurais presque donné n'importe quoi pour ne pas entendre tout ça.

Il n'avait jamais voulu de moi. Ils n'avaient jamais voulu de moi. Je n'étais qu'une erreur, un cheveu dans sa soupe. Même pas qualifiable d'accident. Je n'étais qu'un petit parasite qui avait pollué son espace vital et qui l'avait empêché d'avoir ma mère pour lui tout seul. Un petit parasite dont il fallait s'occuper. Un petit parasite qu'il accusait d'être responsable de la mort de sa mère. J'aurais pu être le chauffard qui avait tué ma mère qu'il ne m'aurait pas accusée davantage. Je n'avais jamais été désirée, jamais attendue, jamais voulue... Je ne représentais rien qu'une petite chose dont il se serait bien débarrassé, mais il faut croire qu'il n'en avait jamais eu l'occasion. Pire encore il m'accusait de ne pas avoir voulu MA mère, mais juste UNE mère, parce que moi, cheveu sur la soupe, n'avait pas connu cette femme parfaite, dont il cherchait maintenant le sosie. Je n'avais jamais voulu que ma mère. Je n'avais jamais eu aussi mal de toute ma vie. Jamais Ethan ne m'avait ainsi blessée, parce que jamais il ne m'avait donné de raison de son amour pour moi. Il disait que j'étais le centre de son univers, quand j'aurais détruit celui de mon père. Comme je regrettais en cet instant de m'être défiée de mon mari pour quelques minutes avec un homme qui ne voulait pas de moi. Que de minutes perdues avec un homme qui LUI, tenait à moi et m'aimait comme personne avant lui ne l'avait jamais fait. Ethan avait raison. J'étais trop douce et trop altruiste. Un homme tel que mon père ne méritait certainement pas d'être aimé par moi. Pas après m'avoir violentée de cette façon.

Je mis un instant à réaliser que mon père ne me tenait plus par le bras. Je m'appuyai sur le mur, tremblante et à moitié consciente. J'eus un vertige, avant de plaquer une main sur ma bouche. Je sentais à peine les larmes qui dégoulinaient sur mon visage. Comme j'aurais eu besoin d'Ethan en cet instant. Je fermai les yeux une seconde, pour me calmer et reprendre ma respiration calmement.

« Si tu ne voulais pas d'enfants, il fallait simplement lui demander d'avorter. Il t'es si facile de manipuler les gens, qu'elle t'aurait probablement écouté. Et adieu le cheveu sur la soupe, adieu l'infâme petit parasite. »

Comment pouvait-on dire une chose pareille à son enfant ? Outre le fait que cela me soit directement adressé, cela me dépassait... C'est vrai, Ethan et moi n'avions pas voulu Lena tout de suite. Mais elle était là, nous l'avions aimée tout de suite sans condition, et surtout sans lui reprocher quoi que ce soit. Elle n'avait pas demandé à venir au monde. Je n'avais pas demandé à venir au monde. Et cet enfant que j'avais perdu... C'était pareil. Nous aurions voulu attendre un peu avant d'en avoir d'autres... Mais si il avait été là, eh bien nous l'aurions également accueilli avec joie... Je venais de perdre un bébé et il me crachait qu'il se serait bien passé de moi.

« Je donnerai N'IMPORTE QUOI pour échanger ta place avec les parents d'Ethan. C'étaient des gens bien, et eux au moins ils aimaient leur enfant, même s'il n'était ni prévu ni attendu. »

Sans aucun doute, Ethan aurait adoré m'entendre prononcer cette phrase. Bêtement, j'espérais que cela blesserait mon père. J'avais terriblement mal. Je n'étais donc rien pour lui, rien que la chose responsable de la mort de sa femme. Mais j'étais une petite chose encore capable de prendre des décisions. Parce que j'avais un enfant, que j'aimais sincèrement, moi.

« Tu ne verras plus Lena. Je dirai à Ethan de te tuer si tu l'approches. Crois moi ce n'est pas l'envie qui lui en manque. Mais c'était l'amour que j'avais pour toi qui l'empêchait de le faire. Tu viens de le perdre. Mais peu importe, tu n'en as pas besoin. »

Je me suis redressée aussi dignement que possible et j'ai séché mes larmes du bout des doigts. Il n'avait pas intérêt à m'empêcher de partir cette fois.

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AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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MessageSujet: Re: « It's beyond my control. » [PV Katarina]   Jeu 28 Oct - 10:34

J'étais brûlant de fureur comme jamais je ne l'avais été. Je ne comprenais même pas d'où me venait cette colère excessive, je ne comprenais pas pourquoi j'avais aussi mal pris cette phrase de la part de Katarina, tout ce que je savais, c'était qu'il m'était proprement insupportable de m'entendre dire par quelqu'un qui l'avait à peine connue que je salissais la mémoire de Sonja, et a fortiori ma fille, que, je venais de m'en rendre compte en le lui crachant à la figure, je considérais plus ou moins inconsciemment comme responsable de sa mort.

Peut-être que cela me blessait autant tout simplement parce que c'était vrai.

Katarina, qui se souvenait à peine de sa mère, m'accusait d'insulter sa mémoire, moi qui avait toujours été fou amoureux d'elle, et pourtant, c'était elle qui avait raison. S'il y avait dû avoir l'un de nous deux qui aurait fait cela, ç'aurait dû être elle, même seulement par ignorance, mais surtout pas moi. Et pourtant, c'était Katarina qui me donnait des leçons et me crachait cette accusation au visage.

Il n'y a que la vérité qui blesse, n'est-ce pas ? Et Katarina, contrairement à moi, me disait toujours la vérité. J'étais encore sous l'effet de la colère palpitant en moi. J'aurais pu lui casser quelque chose sans même m'en apercevoir. Jamais, jamais je n'avais levé la main sur ma fille... Jamais je n'aurais osé la blesser, physiquement ou moralement... Si je l'avais fait moralement ces derniers temps, c'était purement involontaire, par la faute de vérités qui éclataient au grand jour après avoir eu des conséquences horribles. Et maintenant, maintenant, j'osais m'attaquer à elle, sans même voir que c'était bien mon trésor que j'avais en face de moi.

Me calmer. Me calmer. Je me massai les tempes du bout des doigts. J'avais mal à la tête, terriblement, j'étais sur les nerfs, je voulais reprendre mon sang-froid habituel. Le problème, quand on ne s'énerve jamais, est que lorsque ça arrive, on est incapable de s'apaiser ; on ne sait tout simplement pas comment faire.

Ce fut Katarina qui me fit redescendre sur terre ; comme toujours. En digne fille de sa mère, qui me répétait sans arrêt de ne pas me voiler la face. « Je t'en prie, Alexeï, apprends à admettre la vérité, regarde les choses en face... » Je ne savais toujours pas le faire. Et la chair de sa chair prenait le relais, me ramenant à la réalité. La réalité...

Je venais de dire à ma fille qu'elle n'avait jamais été qu'un poids pour moi, qu'elle était responsable de la mort de sa mère, que je n'avais jamais voulu d'elle, en d'autres termes, que j'aurais largement préféré qu'elle n'existe pas, surtout, surtout si cela pouvait faire renaître ma femme. Ma femme, sa mère... Non, non, elle ne pouvait pas se souvenir d'elle, elle ne pouvait pas la regretter comme moi je le faisais. J'aurais dû me souvenir que cela ne l'empêchait pas d'être sensible pour autant.

Je voulais lui dire que même si nous ne voulions pas d'enfants, nous l'avions accueillie à bras ouverts dès que nous l'avions su. Je voulais lui dire que quand bien même elle n'avait pas été désirée avant d'être là, prête à arriver parmi nous, nous avions eu hâte d'avoir cet enfant à l'instant où nous avions appris son existence. Je voulais lui dire la réaction que j'avais eue lorsque Sonja m'avait timidement avoué sa grossesse... Je voulais lui expliquer que l'idée de lui demander d'avorter ne m'avait jamais effleuré, pas une seconde... Tout cela, tout cela, c'était la vraie vérité, pure de toute altération.

Mais elle ne me croirait pas, évidemment. Elle ne me croirait plus jamais.

Toute ma colère s'était évaporée en un clin d'oeil à ses mots, et maintenant, je ne ressentais plus qu'un désespoir infini. J'avais perdu ma fille, je le savais. Quel enfant ne se révolterait pas contre son père après avoir subi une telle accusation ? Même ma belle et si douce Katarina ne pouvait le supporter. Et je ne fus pas déçu. Nous étions tous les deux face à face, appuyés contre les murs opposés, nous efforçant de digérer tout ce que je venais de dire. Ses paroles me déchirèrent - mais me blessèrent-elles autant que je l'avais fait ? Ainsi, elle préférait les parents d'un junkie à moi qui lui avait toujours tout donné ? A cause de mes mensonges, non, mon mensonge - qu'on ne me fasse pas croire que ma vague tentative de déni à propos d'Inessa était considéré comme un mensonge. Un mensonge est un mensonge lorsqu'il est crédible. Jamais je n'avais autant regretté les frasques de ma vie passée, même lorsque je l'avais revue, qu'elle m'avait giflée, que j'avais appris toutes les tortures qu'elle avait subies à cause de moi. C'était pire que de la voir se faire torturer. Ma fille chérie, mon petit trésor, mon beau diamant, voulait couper définitivement les ponts avec moi. Elle ne voulait plus du tout que je voie ma petite-fille sous peine de... de... Je savais qu'Ethan le ferait. Il en crevait d'envie depuis l'instant où il m'avait reconnu. Toutefois, je ne pensais pas qu'il le ferait parce que ma fille, ma fille, lui en avait donné l'ordre.

Qu'est-ce que je pouvais faire maintenant ? La rattraper ? La supplier ? Lui dire à quel point j'avais besoin d'elle, à quel point la fureur avait déformé mes propos ? Je me serais jeté du haut d'un building pour elle, je me serais fait cent fois torturé par Armando, j'aurais plongé dans un lac infesté de requins un boulet aux pieds, pour lui prouver mon amour. Mais je ne pouvais que la regarder partir, persuadée d'un mensonge supplémentaire, persuadée que durant toute sa vie j'avais prétendu l'aimer alors que je la haïssais de m'avoir enlevé sa mère. Comment avais-je pu l'amener à croire cela ? Comment avais-je pu être aussi impulsif et stupide...

J'avais encore mal à la tête. J'aurais voulu en finir. Et une voix flottait dans mon esprit, celle d'Armando Venezzio. « Faible. Faible. Faible. »

Pour elle, j'étais faible. Et je venais de la perdre.
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