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 Une dernière danse {Sharon}

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MessageSujet: Une dernière danse {Sharon}   Ven 29 Oct - 20:31

Sa maladie était loin désormais, il avait recouvré toutes ses forces, mais il n'était pas sorti indemne de cette histoire. Il éprouvait sans cesse l'horrible culpabilité de ses pensées incestueuses. Sharon semblait plus refermée sur elle-même. Était-ce la conséquence de sa propre attitude? Aucune idée... Mais une certaine distance s'était installée entre eux, une réserve, comme si quelque chose les avait séparé... Oui, ses horribles pensées, songeait-il amèrement. Il avait passé les semaines suivantes à mettre en œuvre son idée pour l'anniversaire de Sharon : lui trouver un appareil photo comme cadeau et lui organiser une petite fête avec danse à l'appui. Peut-être avait-il rêvé cet échange, peut être que non, mais il voulait lui faire plaisir, faire revivre la magie de l'insouciance.

Alors il avait parcouru sans relâche les rues de New-York, fouillant les maisons, les magasins, patiemment, méthodiquement, jusqu'à trouver ce dont il avait besoin : un poste cd-radio miraculé, quelques cd, une robe pour Sharon. Lui, il lui restait un costume, présent dans sa valise de retour quand l'aéroport avait explosé... Terribles souvenirs qu'il chassa d'un revers de la main. Tout était prêt. Il avait trouvé une maison qui n'était pas totalement démolie et y avait installé tout son petit matériel, pour que la surprise soit totale.

Ne restait qu'à décider Sharon à sortir et la traîner jusque là.

Facile.

Il rentra chez eux, heureux de ce qu'il avait réussi à faire, avant de demander à sa sœur de le suivre. Elle fut bien sûr surprise, mais elle faisait une confiance aveugle à son frère. Alors elle le suivit. Il l'emmena jusqu'à la maison, écrin de sa surprise, avant de s'arrêter sur le seuil et de venir se placer derrière Sharon. Il couvrit ses yeux de ses mains, un sourire malicieux aux lèvres.

- "C'est une surprise."

Il ouvrit la porte et fit pénétrer sa sœur à l'intérieur. Quand elle ouvrirait les yeux elle verrait un cadeau sur une table bancale, un poste sur un meuble quelconque, des cds. La pièce était dégagée, hormis la table, deux chaises et le meuble supportant le poste. Il y avait aussi une robe sur l'une des chaises et son costume sur l'autre.

- "Tu peux ouvrir les yeux."

Il était toujours derrière elle alors qu'il retirait ses mains, la tenant par les épaules et murmurant à son oreille :

- "Joyeux anniversaire."
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MessageSujet: Re: Une dernière danse {Sharon}   Sam 30 Oct - 1:13

Tue moi….

Voilà ce qu’elle eut envie de hurler jusqu'à s’égosiller lorsqu’il l’entraina avec lui, qu’il lui murmurait un joyeux anniversaire, qu’il lui offrait ce dont elle rêvait. Qu’il la tue pour détruire ce qui les minait. Cette distance qu’elle imposait la détruisait a petit feu, doucement, presque insensiblement, mais elle le sentait. Elle évitait son touché, évitait ces mains qu’il tendait parfois, trouvant sans cesse une échappatoire. Juste pour que jamais il ne devine a quel point elle était malade de lui. Elle pleurait tout les soirs, dans le creux de la nuit, larmes silencieuses qui coulaient sur ses joues, chargées de son amour, sa passion et son désir…Malsain, venimeux, atroce, nécrosé.

Malade.

Elle était malade. Si elle avait été normale, jamais elle ne l’aurait aimé comme ça. De cette manière si mauvaise, si vicieuse, si…sale. Amorale. Ce mot raisonnait avec force dans ses songes, la déchirant chaque fois un peu plus.

Elle ne savait pas comment elle tenait encore debout et la nature avait bien faillit l’achever lorsqu’elle s’était rendue compte d’un retard dans son cycle naturel. Paierait elle a ce point son égarement ? Dieu serait il assez cruel pour lui infliger cela ? De l’horreur ne peut naitre la vie, c’était impossible…Mais non bien sur. Dieu ne pouvait lui offrir ce cadeau n’est ce pas ? Soulagement intense, déception malsaine lorsqu’enfin se présenta la preuve qu’elle ne portait pas la vie en elle. La peur, la terreur, une joie presque indécente, l’avait envahit, tumulte qu’elle n’avait pas su affronter, devenant lointaine, encore plus, se perdant dans ses souvenirs pour finir par se couper du monde, même de lui, surtout de lui. Elle avait voulu, elle avait détesté. Trop, c’était trop. Et pourtant, elle supportait.

Sharon mourait.

Un peu, beaucoup…Elle s’éteignait, rongée de l’intérieur. Elle souffrait, avait mal, chacun des sourires de Shannon était une lame enfoncée loin en elle. Elle souriait aussi, masquant sa déchéance, désespérément…Qu’elle oublie, pitié qu’elle oublie…Mais non, condamnée a jamais, voilà ce qu’elle était…Elle ne serait plus qu’une plaie, atroce et suintante.

Malgré tout, elle écarquilla les yeux devant ce qu’il lui offrait, portant les mains a sa bouche, étouffant des sanglots. Elle retint ses larmes, préférant rire, se retourner et oser franchir la limite de ce qu’elle s’imposait. Glisser les bras autour du cou de son frère, enfouir le nez dans ses cheveux, l’étreindre contre elle…Une torture délicieuse et perverse qu’elle supporta vaillamment. Elle se détacha a regret de lui, entourant son visage de ses paumes, un sourire tremblant aux lèvres.

-Comment arrives tu a accomplir de tel miracle ?

La robe, la table…le costume, le poste, elle avait tout vu, deviné…Elle avait pensé qu’il oublierait, que cette idée s’enfoncerait loin dans son délire fiévreux mais non…il s’en était souvenu, creusant un peu plus son cœur indécent.

Je t’aime…hurla son cœur.

Elle se détourna de crainte ne le laisser transparaitre plus qu’un amour fraternel et sain. Elle s’avança dans la salle, avant de de faire une volte légère, faisant face a son frère.

-Dois je me changer ?

Mutine, oui et pourtant, elle saignait impitoyablement.
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MessageSujet: Re: Une dernière danse {Sharon}   Lun 1 Nov - 19:05

Sa réaction fut à la hauteur des attentes de son frère et il l'accueillit avec plaisir dans ses bras, savourant ce contact qu'il savait éphémère. Elle ne le touchait plus, ne l'embrassant plus, comme si elle avait deviné combien son frère nourrissait le secret fantasme que ces gestes soient autre chose que fraternels. Quelque chose dans son regard transparaissait-il? Dans son attitude? Il pensait que non, sachant feindre admirablement le détachement face à ces pensées malsaines, mais le fait était que les rapports avaient changé et qu'il y avait une gêne, une retenue, jusqu'alors inédite. Aussi referma-t-il ses bras autour d'elle quand elle se pendit à son cou pour le remercier. Il avait vu son regard brillant de larmes contenues. Mais elle ne pleurait pas.

C'est avec un manque atroce qu'il la relâcha quand elle se recula, mais il se contenta de sourire pour masquer son malaise, alors qu'elle demandait comment il parvenait à accomplir ce genre de miracles. Cela n'était pas facile, mais il était têtu et ingénieux. Il avait parcouru le globe, côtoyant des civilisations toutes plus astucieuses les unes que les autres pour vivre dans un monde qui n'acceptait que la modernité. Il avait ainsi apprit à survivre. A vivre dans des conditions plus qu'inconfortables. A espérer.

- "Si je te le dis, cela n'aura plus rien de magique à tes yeux."

Parce que oui, réussir à faire cela, dans une baraque qui avait vue sur Central Park, à arranger un petit espace pour écouter de la musique et danser, fournir les vêtements, ça demandait des semaines de travail méthodique et minutieux. Elle s'éloigna de lui pour observer son oeuvre, avant de demander si elle devait se changer.

- "Oui, la robe n'est pas pour moi."

Il pencha un instant la tête, reprenant avec lenteur.

- "Durant ces jours de fièvre, j'ai pas mal déliré et je suis incapable de me rappeler quelles conversations avec toi étaient réelles et lesquelles étaient imaginé. Mais je t'ai parlé de mon bal de fin de lycée... Je t'ai dis que je réussirais à te faire danser de nouveau. Peut-être te l'ai-je dis, peut-être l'ai-je rêvé, mais cette idée est restée profondément ancrée en moi, comme une obsession. J'ai promis."

Et après... Après, son rêve avait dérapé. Alors oui, tout ce rêve avait viré à l'obsession, pas à cause du bal, mais bel et bien de ce qui s'était passé ensuite. Il ne revoyait que trop bien le corps de Sharon au dessus de lui, s'arquant sous le plaisir. Il s'avança et prit la robe, la tendant à Sharon.

- "J'ai eu du mal à en trouver une à ta taille qui soit encore en bon état. Mais je crois que j'ai réussi mon coup."

Il sourit et s'éclipsa dans la pièce d'à côté pour la laisser se changer, pendant qu'il enfilait lui-même un costume noir et sobre, avec une chemise blanche. Pas de cravate, mais qu'importe, il était élégant pour la première fois depuis 2 ans... Et constatait avec un petit pincement au cœur que ses vêtements étaient un peu trop grands. Vive la ceinture, mais cette vie de bohème ne pardonnait pas. Il revint dans la pièce principale après un moment, laissant tout le temps à Sharon de se changer et l'imaginant le faire avec une délectation presque malsaine. Il s'arrêta sur le pas de la porte... Soufflé par la vue de sa sœur. Si fragile, si délicate, si pâle.

Et si belle.

- "J'ai bien choisi."

Elle était magnifique. Et il était masochiste. Il s'approcha, son cadeau dans la main, encore dans le carton d'emballage. Neuf dans un magasin spécialisé et pas détruit par l'effondrement. Une chance.

- "Comme promis."

Et il lui tendit l'appareil photo.
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MessageSujet: Re: Une dernière danse {Sharon}   Mar 2 Nov - 2:48

Tenir debout. Jour après jour. Heure après heure. Sentir s’égrainer les secondes avec une douleur constante. Sharon n’était qu’une ombre en sursis et elle le savait. Doucement, presque tendrement, sa flamme vacillait, elle déjà si fragile. Pourtant, elle la protégeait, la nourrissait de ce qu’elle pouvait pour qu’elle brille encore un peu. Jusqu'à quand tiendrait elle ainsi ? Elle ne savait pas…Elle le serra contre elle, respirant presque avidement le parfum qui n’était qu’a lui, profitant voracement de sa peau qui lui manquait terriblement. Mais elle devait reculer, effleurer l’absolu tout en ne pouvant l’enlacer. Sublime torture qui déchira son cœur dans une joie perverse. La souffrance luit un instant dans ses yeux avant qu’elle n’arrive a l’effacer. Elle souriait. Timidement. Sa culpabilité ne trouvait plus de bornes et chaque battement de son cœur scandait un mot, un seul : Coupable. Elle s’était punie, appliquant sa propre sentence et la peine qui était la sienne serait sans fin.

Sharon croisa le regard de son frère, de l’admiration dans les yeux. Dans ce monde dévasté, il savait encore créer une bulle de joie, juste pour elle. Elle ne pouvait que l’en aimer davantage, même si le poids qui comprimait son âme s’alourdit.

Magique.

C’était lui qui l’était…Elle se mordilla la lèvre. Elle ne méritait pas ça. Elle ne méritait pas son sourire ni…tout cela. Elle le savait, le poison rampait dans ses veines, infectant lentement son âme flétrie. Elle ne répondit rien mais sourit un peu plus avant d’affecter une légèreté qu’elle ne pourrait jamais plus éprouver. Ces pensées atroces et en même temps délicieuses l’empêchait de retrouver ce qu’ils étaient avant. En était il conscient ? Oui, certainement. Il savait qu’elle esquivait ses bras, ses lèvres, n’en connaissait pas la raison et jamais l’aveu ne passera ses lèvres…C’était une promesse qu’elle lui faisait.

-Ce n’est pas tout a fait ton style, c’est vrai.


Répondit elle avec un sourire taquin aux coins des lèvres, n’osant véritablement toucher le vêtement. D’un doux violet, elle semblait douce au toucher, légère et vaporeuse. Elle allait poser le doigt dessus, juste pour vérifier, pour savoir quelle texture elle aurait sur sa peau quand les mots de son frère la pétrifièrent. Lentement, ses yeux se détournèrent de la robe pour oser l’affronter.

Mens, mens, mens,mens…Hurlait son esprit. Mens lui…Elle ferma les yeux deux secondes avant de murmurer doucement.

-Tu dormais…Je pensais que tu ne t’en souviendrais pas.

Mensonges, vérités. Atroce. Mais elle n’avait pas le choix. Ne l’aurait jamais en vérité. Ses lèvres tremblèrent légèrement.

-Tu tiens toujours tes promesses, même celles nées d’un rêve.

Ajouta-t-elle d’une voix aussi fragile que le cristal, elle le regarda prendre la robe, la lui tendre et elle la prit contre elle, sentant sous ses doigts la douceur du tissus, surprenant, déroutant comparé a la rugosité d’un jean…d’un tee shirt de simple coton.

-Elle est parfaite. C’est ma couleur préférée…

Fit elle en y enfouissant le visage, dissimulant le pli douloureux de ses lèvres. Elle ne méritait pas…Non, elle ne pouvait pas…Elle eut envie de s’enfuir, de lacher le vêtement, de tourner les talons et de le fuir. Pourtant, elle ne bougea pas, fixant son dos tandis qu’il allait se changer a coté. Ses gestes étaient lents lorsqu’elle se déshabilla, ce faisant l’effet d’être cendrillon au prélude d’un bal qui la ferait basculer dans le bonheur. Un pauvre sourire vint danser sur son visage. Elle basculait…Oui…Mais vers les abysses, la noirceur…Le tissus retombait presque parfaitement sur elle et Sharon fut étonnée de pouvoir encore remplir le léger décolté. Son corps avait changé depuis la guerre et pourtant il conservait des formes certes subtiles mais bien présente.

Les doigts crispés sur la jupe, elle regretta soudain l’absence de miroir…Vanité futile songea-t-elle en levant les yeux sur le plafond, priant l’ombre inexistante du Divin de bien vouloir lui venir en aide. C’est sa voix qui lui fit baisser les yeux et…Son cœur se déchira dans un craquement affreux. Honteuse, elle ne pouvait empêcher son corps de réagir a sa vue. Il était si beau, si parfait…Son bel ange. Elle s’entoura de ses bras, craignant un instant de céder devant l’envie folle de s’oublier, de se jeter dans ses bras, d’embrasser ses lèvres qui lui manquaient si fort. Dans l’espoir inutile de contenir les flammes de son ventre.

-Je me sens…comme nue…

Fit elle hésitante pour expliquer son geste, timidement. Elle inspira profondément, refoulant avec, comme du regret sur la langue, ce désir intenable de perversion. Sharon le regarda s’approcher et baissa les yeux sur la boite qu’il lui tendait…

Sa vue se brouilla tandis que son cœur flanchait douloureusement. La marque de l’appareil vacilla, rendu floue par les larmes qui l’aveuglait, qui coulaient silencieusement sur ses joues. Elles n’étaient pas nées de la douleur ou de sa honte cette fois. Elles naissaient pleines d’amour, de tendresses…

-Je…Je…

Elle déglutit difficilement en portant des doigts tremblants sur le carton. Sa fenêtre sur le monde…Sa voix la plus puissante. Il lui redonnait la capacité d’exprimer, sans un mot, sans un geste. Il lui offrait son salut sans même le savoir.

Elle ne trouvait pas ses mots ou plutôt ceux-ci s’entrechoquaient si fort qu’aucun ne pouvait passer ses lèvres. L’émotion la rendait muette.

-Tu m’offre le monde…

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MessageSujet: Re: Une dernière danse {Sharon}   Lun 8 Nov - 0:29

Il eut un sourire, presque douloureux. Dormait-il? Quelle était la part de rêve et la part de réalité? Difficile à dire, son esprit était trop embrouillé alors et s'il se souvenait de tout, il ne pouvait dire s'il l'avait imaginé ou vécu. Oui, il tenait toujours ses promesses, même celles faites dans un rêve. Si seulement, il avait le pouvoir de tenir celle de lui redonner le sourire. Qu'elle s'anime de nouveau, qu'elle rit, qu'elle danse, qu'elle chante, qu'elle embrasse la vie. Si seulement... Il ne désespérait pas d'y arriver et il travaillerait avec acharnement, même si son but lui semblait plus difficile à atteindre qu'auparavant encore.

- "Je sais."

Il savait tout d'elle, ses goûts et dégoûts, ses secrets les plus intimes, ses peurs, ses hontes, sa vie... il ignorait pourtant ce qui la rongeait plus sûrement que le plus mortel des poisons. Il se pliait en 4 pour lui faire plaisir, ne se doutant pas de la torture qu'il lui infligeait. L'aurait-il su qu'il se serait flagellé. Jamais il ne supporterait d'être la cause de son chagrin. Et pourtant...

Ils se retrouvèrent en tenue de soirée, si beaux tous les deux. Deux anges déchus sur une terre qui ne voulait pas d'eux, qui condamnait leur amour incestueux.

Sale aux yeux des hommes.

Et pourtant si pur.

Il sourit en la voyant se recroqueviller et lui expliquer qu'elle se sentait nue.

- "C'est vrai que tu n'es plus habituée à la légèreté du satin."

Et pourtant son sourire avait quelque chose de figé. Nue... Il l'avait vu nue, penchée sur lui... Il avait caressé sa poitrine, effleuré la courbe délicieuse de ses fesses, se délectant du velouté de sa peau sous ses doigts fiévreux. Non, il ne devait pas penser à ça et pourtant, ces images le hantaient, ne disparaissant jamais totalement. Il lui offrit alors l'appareil photo, si durement acquis et vit les larmes brouiller la vue de sa sœur. Sa réplique le fit de nouveau sourire, un peu tristement. Il avait envie de la prendre dans ses bras, de la serrer à l'étouffer. Oh et puis, au diable la prudence! Il réduit l'écart entre eux et la serra contre lui. Enfouissant son visage dans le rideau de ses cheveux sombres.

- "Si je pouvais simplement t'offrir le bonheur..."

Mais il n'y parvenait pas. Il la serra quelques instants contre lui, avant de s'écarter, douloureusement, glissant une main dans la soie de sa chevelure d'ébène.

- "J'espère que la photo te fera renaître de tes cendres comme le phénix..."

Vain espoir peut-être, mais c'était sa passion, sa raison de vivre, son moyen d'expression et il venait de le lui rendre. Il s'écarta d'elle, allant jusqu'au poste qu'il avait trouvé et le mettant en marche pour laisser la musique envahir la pièce. Une musique douce, un slow, il n'avait pas exactement pu constituer une collection variée. Il tendit la main à sa sœur, en souriant, malgré la douleur d'être si proche et si loin en même temps.

- "Oublions le présent pour quelques instants Sharon. Je nous offre un voyage dans le passé... Je te rends tes 15 ans."
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MessageSujet: Re: Une dernière danse {Sharon}   Lun 8 Nov - 1:54

Oui, il savait. Il savait tout. Jamais elle ne lui avait dissimulé un secret, il connaissait les tréfonds de son cœur, les sinuosités de son âme…Pourtant, a la noirceur de ces actes, elle devait cacher, mentir, tricher avec lui. Lui qu’elle n’avait jamais abusé, jamais trompé. Aujourd’hui, elle devait le faire. Pour lui. Pour qu’il conserve son sourire, ce regard…Juste pour ça.

Egoïste, lui rappela une voix mesquine, tenue et en même temps si terrible. Sa force, elle la tirait de lui. Cela avait toujours été…Se protégeait elle en le protégeant lui ? Question au quelle elle ne voulait pas répondre. C’était là, présent, si fort et si interdit. Un poison au gout de nectar divin. Vivre avec, mourir avec. En fait, qu’importe la souffrance tant qu’elle n’était pas ancrée dans sa chair a lui. Elle pouvait supporter, elle devait supporter. Alors elle maquillerait l’éclat de ses yeux, elle travestira son sourire, elle taira l’ignominie…Qu’importe le prix.

Alors elle souriait de ce cadeau, pleurait en silence de cette torture. Elle ne serait que joie timide, alors qu’elle n’était qu’atroce douleur. Tout pourvu que le voile qui la couvre s’imprègne d’opaque éternelle.
Cette robe était comme une rose, douce, enivrante, mais ses épines lacéraient sa peau, sa chair et son âme. Elle cacha encore et sa haine n’eut plus de bornes. Elle lui mentait. Jamais elle ne l’avait fait. Mensonge. Mensonge. Encore et toujours. Un en plus, un de plus. Un fardeau qui s’alourdissait, qui devenait chaine et pointe rougie. Sharon supportait et expirait.

-Oui, mais elle est belle…


Réponse timide encore. Elle se serait frappée pour ça. Cela ne lui ressemblait pas, pas avec lui. Pas avant. Ca ne serait jamais arrivé avant. Qu’il lui pardonne peut être un jour. Elle avait oublié ce qui les liait pour découvrir ce qui les unissait, ce qui les fusionnait…Ce qui faisait d’elle une ombre en sursis. Chut. Il ne saurait pas. Jamais.

Pourtant, elle oublia ses promesses, ses serments. Parce qu’il apparaissait comme ce qu’elle avait toujours voulu, chercher. Ce dont elle avait besoin pour vivre. Pour continuer dans cette vie qui lui offrait la plus terrible des blessures. Elle chercha l’échappatoire. Songea a la fuite. Lache, si lache.Et pourtant, elle n’en fit rien. Affrontant avec vaillance, avec..lâcheté. Elle flirtait effrontément avec la frontière doucereuse de l’interdit et le savait, et s’en délectait.

Elle pleura devant l’appareil. Mais pour une fois, le sel se révélait sain, doux…terriblement cruel aussi.
Cruel, comme lui, comme ses gestes si…fraternels. Si naturels. Si…pourquoi fallait il qu’elle ne sente que son corps, que son étreinte, que son parfum…Que sa main dans ses cheveux. Elle voulait retrouver l’innocence d’avant tout en aspirant sa caresse avec avidité. La dualité. Horrifique dualité en vérité. Elle serait sienne.

Sharon ferma les yeux, criant dans un hurlement muet son désespoir.

-Tu as réussis…

Renaitre. Ce mot passa ses lèvres…Elle l’entendit, vorace de lui. Son bonheur. Il était son bonheur. Ses lèvres effleurèrent la course de son cou. Caresse incestueuse qui se parait de coïncidence, de hasard…De malhabileté…Auquel elle n’avait pu résister.
Ne me quitte pas…Chut.

Elle ne pouvait plus dire ces mots tant le poids qu’ils portaient était sombre et terrible. Elle le laissa aller, rêvant de le retenir, griffant le tissus et pourtant, elle souriait.

-Là où la pointe d’un stylo est ton arme, l’objectif est le mien. Je me demande si je pourrais encore….Peut être la vie qui renait…

Fit elle hésitante, timide. Photographier la vie, l’instant. Le sourire ou la larme. C’était ce qu’elle savait faire. Elle ne pouvait y mettre des mots…jamais. Alors elle se perdrait autre part. La musique la fit sursauter. Le pli de ses lèvres devint craintif et l’azur de son regard étincela un instant de terreur. Non pas ça.

Etre a lui. Sans jamais le toucher.

Elle avait peur d’elle, peur de sa chair insoumise aux lois de la décence. Peur de cette voix si tenue et si puissante. Pourtant, elle glissa ses doigts dans ceux de son frère. Parce qu’elle voulait sa chaleur, sa force. Elle voulait ce qui lui serait a jamais interdit. Mais la loi est morte….Crois tu ?

-Quelle femme ne rêverait pas d’un tel bond dans le temps…

Elle sourit et pourtant, son âme pleure. Sa douleur ne connait plus de bornes mais ainsi en va de son mensonge. L’effleurer. Sentir son étreinte. Son souffle. Aimes moi…Si seulement…Elle devait cadenasser son âme, emprisonner son cœur et rire.

-As-tu trouvé du ponch ?


Ris tant que tu le peux…Ris et pleure.

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MessageSujet: Re: Une dernière danse {Sharon}   Lun 8 Nov - 13:01

- "Comme toi. Je ne pouvais t'offrir moins."

Il se serait giflé pour avoir osé dire cela. Avant... Avant, cela n'aurait pas eu ce double sens terrifiant. Un spectateur extérieur aurait vu là le ballet amoureux de deux jeunes amants. Alors qu'ils n'étaient que frère et sœur. Les compliments étaient monnaie courante entre eux. Il trouvait sa sœur aussi belle et délicate qu'une poupée de porcelaine et elle voyait en lui un ange. Chacun avait une vision idéalisée de l'autre. Comme l'on peut s'aveugler concernant l'être aimé.

Il la prit dans ses bras alors qu'elle pleurait, terrassée par l'émotion. Il aurait aimé ne pas voir là d'ambiguïté. Mais n'importe quel geste la concernant serait désormais frappé du sceau de l'horreur. La toucher l'enivrait, sentir son parfum lui devenait vital. Il se détectait du moindre contact, du moindre regard, du moindre sourire. Il ne pouvait vivre son amour, c'était interdit, mais rien ne l'empêchait de le dissimuler sous ses attitudes fraternelles. C'était se mentir, c'était lui mentir, mais il ne pouvait se résoudre à les séparer. La quitter? Hors de question. Avant peut-être, quand le monde n'était pas en ruines, mais désormais... A moins qu'il ne la convainc de rejoindre une communauté et l'y laisser, leur confiant le soin de veiller sur son trésor. Mais en aurait-il seulement la force? Il pouvait aussi refuser tout contact avec elle, mais comment lui expliquer qu'il crevait de sentir ses lèvres sur sa peau? Il ne supporterait pas de lire le dégout et l'horreur dans ses grands yeux bleus.

- "Non, Sharon, non je n'ai pas réussi, pas encore. Je veux chasser cette ombre de ton visage, de ton regard. Que la lumière y retrouve sa place, pour toujours. Je ne t'offre que des intermèdes, jamais assez longs."

Non, elle n'était pas heureuse. Le serait-elle jamais de nouveau? Même quand elle riait, même quand elle disait toucher le bonheur du bout des doigts, jamais l'ombre ne quittait son joli visage. Encore moins aujourd'hui.

- "Tu es encore plus triste maintenant..."

Simple constat. Quelque chose la poursuivait, mais il ignorait quoi. Mais il l'avait remarqué. Il était trop fin observateur pour passer à coté. Son métier lui avait apprit à déchiffrer les expressions, à voir par delà ce qu'on lui montrait. Son œil aiguisé avait épinglé plus d'une fois la vérité, mais jamais sa sœur n'avait eu à le craindre pour cela. Il sentit ses lèvres, douces comme la soie, effleurer son cou et il ferma les yeux en retenant une respiration tremblante. Il se torturait ainsi, mais il était prêt à endurer toutes les tortures pour avoir le droit de ressentir cela. Il aurait tout le temps de se lamenter quand il expierait ses péchés en enfer. Il s'écarta, à regrets.

- "Bien sûr que tu pourras. Tu sais capturer la beauté des choses, l'émotion, même dans un tableau banal et qui parait sans attrait. Tu as l'art de sublimer et d'émouvoir et j'ai hâte de pouvoir admirer de nouveau tes œuvres."

Il sourit un brin tristement.

- "Mon arme, je l'ai rengainée et je doute de m'en servir de nouveau un jour."

A quoi bon écrire? A quoi bon dénoncer quand il n'y avait personne pour lire? Il pouvait bien hurler que le monde s'en fichait. Être journaliste dans cette conjoncture revenait à n'être rien. Et cela lui manquait. Il n'avait pas retouché un stylo depuis la catastrophe. Il aurait surement pu écrire sur sa façon de survivre, analyser ce qu'il s'était passé et comment ils en étaient arrivés là, extrapoler sur l'avenir d'une société qui peinait à se reconstruire. Oui, il aurait pu, mais à quoi bon?

Il préféra ne plus y penser et invita son soleil à danser. Demande d'apparence innocente et pourtant... Qu'allait-il ressentir en la tenant contre lui, comme tant d'années auparavant? il était tombé amoureux d'elle à ce moment là. Ou du moins, s'en était-il rendu compte, inconsciemment, cette fois là. Pourquoi raviver les souvenirs, entretenir l'innommable? Il sourit à sa réponse, mais cette main dans la sienne était comme une brûlure au fer blanc.

- "Laisse-nous retrouver notre insouciance d'alors. Tout paraissait si simple alors."

Il était jeune, il était brillant, il allait partir à l'université. Elle était à peine femme, pleine de vie, déterminée. Le monde leur appartenait alors. Il rit pourtant à son allusion au punch, ne se souvenant que trop comme il s'était montré ferme à ce sujet, avant de céder lamentablement.

- "Désolé, tu as de nouveau 15 ans, pas d'alcool jeune fille."

Il la rapprocha de lui, posant une main au creux de ses reins, l'autre restant dans celle de Sharon.

- "J'espère que tu as appris à ne plus écraser les pieds de ton partenaire."

Il sourit et ils se mirent à danser. Pourquoi parler? il ferma les yeux, savourant simplement le corps de sa sœur pressé contre le sien, la musique envahir son esprit. Plus rien d'autre ne comptait. Plus rien. Doucement, il força la main de sa sœur à se poser sur sa nuque, les rapprochant encore.

Délicieuse torture.

Que ce moment ne s'arrête jamais.
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MessageSujet: Re: Une dernière danse {Sharon}   Lun 8 Nov - 23:16

Non, elle n’était pas belle. Elle ne l’était plus. Empoisonnée, voilà ce qu’elle était, mais Sharon se força a sourire, avec un entrain faussé, une joie fictive.

Mais le sourire trembla. Immonde faute que la sienne qui se faisait chaque jour plus lourde, plus étouffante et elle ne pouvait que subir, supporter, s’éteindre a le faire. Que sentir l’étreinte glaciale d’ongles noircit sur son cœur alors qu’il lui offrait son cadeau. Elle ne pourrait jamais le dire, muselée, muette mais sans vraiment le savoir, son frère lui donnait un autre murmure. Pouvait elle oublier dans la pellicule ? Bien sur que non, mais elle pouvait se raccrocher a ça. Un refuge. Un roc. Du bout des doigts, elle avait caresser l’emballage, n’osant l’ouvrir même si l’envie était forte.

Le tremblement de ses lèvres était devenu larmes. Les bras de son frère autour d’elle lui faisait mal. Terriblement mal, mais elle en venait a aimer cette douleur diffuse, suave.

Il lui manquait.

Cette distance qu’elle imposait la rendait malade, chaque minute un peu plus. Exister malgré tout. Un défi qui la perdrait obligatoirement. Peu être qu’un jour, elle aurait la force de le quitter. Juste disparaitre. Comme ça, comme une ombre qui s’efface devant un rayon du soleil. C’était espérer l’irréalisable, elle le savait, mais elle ne pouvait pas réellement s’empêcher de se dire que c’était possible. Songes balayés par l’odeur de sa peau qui réveilla ses tourments. Elle faillit. Elle faillit oublier, encore…Pourtant, elle n’avait pas put s’empêcher de l’effleurer du bout des lèvres. Maladroite. Avide. Vorace. Malade. Elle ferma les yeux. Il ne la connaissait que trop bien, il avait vu ce qui lui collait a la peau. Ce fardeau qui l’écrasait. Qu’avait elle espéré ? Le tromper était si dur.

-On dit toujours que la pluie précède le soleil.


Tentative dérisoire. Elle ne serait jamais plus comme avant. Elle pouvait faire semblant, mais ce qu’elle ressentait pressée contre lui, lui rappellerait toujours ce qu’elle avait fait.

-Ne t’inquiètes pas.


Elle serra les dents, reculant avec un gout amer dans la bouche lorsqu’il la lâcha. Elle ne voulait pas qu’il la lâche, qu’il l’étreigne encore, qu’elle s’enivre…qu’elle…Elle baissa la tête, dissimulant l’éclat torturé de ses yeux, prenant soin de le teinté de rire avant de le relever sur lui.

-Ecrire te manque, Shannon. Tu devrais le faire quand même. Même si il n’y a personne pour te lire ou ressentir tes mots. Tu as toujours aimé ça. Tu veux admirer mes œuvres ? Je veux lire tes pensées.


Il avait tout donné pour atteindre ce but. Pourquoi l’abandonner maintenant alors que le monde était mort ? Eux ne l’étaient pas. D’autre vivait encore et qui sait…peut être qu’il restait des hommes et des femmes ailleurs…

Il lui offrit le purgatoire d’un geste sans même le savoir. Elle accepta cette chute abyssale avec un sourire. Qu’il ne devine jamais. Qu’il ne sache jamais. Elle devait encore mentir et jouer. Elle lui rappela cet épisode, elle avait rit et dansé…

-De toute façon, je n’avais pas aimé ça et je me souviens encore du savon que tu m’as passé le jour où je me suis soulée pour la première fois de ma vie.

Répondit elle avec une moue mutine, l’azur foncé de ses iris dévoilant autre chose qu’une douleur atroce et en même temps délicieuse. Pour la première fois, elle avait du affronté sa colère, d’autant plus qu’elle avait clairement fait n’importe quoi ce soir là, prenant sa voiture avec une bande d’amis.

Comme si elle avait cherché a fuir quelque chose dont elle ne savait rien. Maintenant, c’était si clair. Si logique. Si amoral et indécent.

La chaleur de sa paume traversa le fin tissus avec une effroyable rapidité. Elle ne sentait qu’elle, nichée au creux de son dos. Terriblement tentante, atrocement délicieuse. Elle en connaissait la caresse, perverse et inconsciente sur sa peau. Savait dans la douleur ce qu’elle provoquait. Il fallait qu’elle…résiste.

-Tu ne risque rien, je suis pied nus et depuis, j’ai appris a…Menteur ! je ne t’ai jamais marché sur les pieds !

Ria-t-elle doucement, tentant d’oublier la sensation de son corps contre le sien. De l’envie sale et dévorante qui la tenaillait. Prudente, elle ne le touchait qu’a peine, réticente sans le savoir elle qui n’avait jamais fuit son étreinte. Menteur…C’était elle la menteuse. Elle voulu retenir sa main alors qu’il la saisissait. Alors qu’elle comprenait ce qu’il voulait…Elle se mordit si fort l’intérieur de la joue qu’un gout métallique coula sur sa langue. Un soupir s’échappa, tenu, doucereux quand elle toucha ses boucles, quand il l’attira plus prêt. Etait il seulement conscient de ce qu’il provoquait…non bien sur, il n’était qu’un frère qui aimait tendrement sa sœur. Elle n’était qu’une femme qui aimait terriblement un homme qui lui était interdit. Le destin devait se gausser dans l’ombre de ses tours douloureux. Elle abandonna pour cette fois, fatiguée de luter...encore et toujours. Posant sa tête sur son épaule, elle ferma les yeux. Ses prunelles la piquèrent mais elle refusa les pleurs. Sur ses lèvres dormaient des mots qui ne verront pas le jour et derrière ses paupières closes se dessinaient ce qu’il était alors qu’il lui appartenait. Mensonge et trahison atroce. Avoir son pardon sans jamais le demander…

Les frontières érigées par la morale devenaient si tenues soudain…Sans même s’en rendre compte, ses doigts se crispèrent sur la nuque de son frère. Juste une danse où elle pourrait s’imaginer autre chose et y croire peut être…Juste une.

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MessageSujet: Re: Une dernière danse {Sharon}   Mar 16 Nov - 17:05

Ne t'inquiète pas... La pluie précède toujours le soleil... Il n'y croyait pas. Sa sœur avait beau tenter de le rassurer, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il y avait bien un problème et un énorme. Pensait-elle que cette ombre dans ses yeux, que cette mélancolie sur son doux visage pouvait passer inaperçue pour celui qui la connaissait si bien?

- "Mais combien de temps va durer l'averse?"

Il la regardait avec une vague inquiétude. Elle était si vulnérable! Elle qui avait été si forte, cela lui faisait terriblement mal au cœur. Maudite guerre qui avait détruit sa Sharon... Il n'avait pas su l'en préserver. Le conflit était imminent, mais il n'avait pas su deviner combien il était proche. Une faute impardonnable pour qui se disait journaliste... Sacré journaliste en vérité! S'il avait pu couvrir les yeux de sa chère Sharon...

Il la relâcha, mettant fin à cette torture aussi insoutenable que délectable. La tenir contre lui, c'était comme étreindre le paradis, en sachant pertinemment qu'il brûlerait ensuite en enfer de ce péché. C'était terrible, terrifiant, et pourtant... pourtant tellement tentant.

Il lui fit part de son regret de ne plus écrire, mais pourquoi faire? Pour qui? Il se figea pourtant quand elle l'enjoignit de le faire malgré tout, un profond malaise s'emparant de lui à cette idée. S'il écrivait maintenant, ce serait pour parler d'elle. Elle et son sourire, elle et son regard tourmenté, elle et son parfum. Il révélerait alors l'idée obsédante, lancinante, qui ne le quittait jamais. Il ne pouvait pas se permettre de laisser cela s'exprimer... Et pourtant, cela l'aiderait peut-être à comprendre. Mais qu'elle souhaite lire ses pensées impures, ça... non, pas question.

- "Je ne pense pas être capable d'écrire quelque chose de correct."

Et surtout, il n'était pas capable de lui livrer le fond de ses pensées... Pour qui le prendrait-elle? Un espèce de tordu pervers qui fantasmait sur sa sœur, trop fragile. Il avait envie de vomir rien qu'en imaginant l'expression horrifiée et dégoutée de sa sœur. Il l'invita à danser, souriant de l'anecdote quant à sa première cuite.

- "Eh, il fallait voir dans quel état tu étais aussi!"

Une ombre passa dans son regard.

- "Les filles bourrées sont des proies plus faciles pour les mecs indélicats."

Et nul doute qu'il n'aurait pas toléré qu'un garçon quelconque profite d'elle, la pelote alors qu'elle riait sottement, complètement ivre. Non jamais... Même un petit ami régulier, il ne le supportait pas. Parce que lui, avait le droit à ce qui lui était interdit.

- "Tu aurais pu te tuer ce jour là..."

Et alors, comment aurait-il survécu à son absence? Comment aurait-il pu composer avec ça? Inconsciente... Il avait cru mourir de peur. Et s'était mis dans une colère noire qui avait surprit Sharon, tant cela était rare chez lui. Inconsciemment, il la serra davantage contre lui, comme pour se convaincre de sa réalité. Il sentait avec une acuité dérangeante sa peau contre la sienne, sa main au creux de ses reins, et guidé par un désir irraisonné, il glissa la main de sa sœur derrière sa nuque. Qu'ils soient prêts, plus prêts, à jamais inséparables... Que leurs deux âmes retrouvent leur plénitude et se fondent ensemble pour ne faire qu'une. Elle s'abandonna contre lui, sa tête se nichant dans son cou et il soupira, sous le poids du fardeau qui l'écrasait. Il menait doucement sa cavalière, imaginant qu'ils n'avaient aucun lien de parenté. Pour une danse, juste une danse.

Je t'aime tant...

Mais ses lèvres demeurèrent scellées alors qu'il fermait les yeux à son tour, une chape de plomb enserrant son cœur et manquant de le faire éclater sous le poids d'une tristesse infinie.
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MessageSujet: Re: Une dernière danse {Sharon}   Mer 17 Nov - 16:19

-Arrêtes. Ca ira. Ne t’en fais pas pour ça.

Il ne la croirait pas, elle pourrait dire, faire, évoquer, hurler tout ce qu’elle voulait, il ne la croirait pas. Il lui faudrait dissimuler encore plus et pour l’instant elle n’en était pas capable. Qu’il lui accorde juste le temps d’apprendre. Mais le ferait il seulement ? Rien n’était moins sur. Il s’inquiétait toujours pour elle. Elle le voyait dans son regard, dans le pli soucieux de ses lèvres. Elle ne pourrait jamais lui dire pourquoi elle devenait presque transparente. Il mettra ça sur le compte de la guerre et c’était le mieux.

Il réclama ses photos et Sharon sourit en l’encourageant a réécrire. Il ne le faisait plus, elle le savait et pouvait deviner combien ça lui manquait. Il avait toujours eu besoin de ça, au-delà du fait de hurler a la face du monde ses pires travers. Qu’importe si personne ne pouvait le lire maintenant…plus tard sans doute.
Sharon haussa les sourcils a sa réponse avant de secouer la tête avec un léger sourire aux lèvres.

-Tu racontes n’importe quoi.


Qu’essayait il de lui faire comprendre ? Ou croire même ? Qu’il n’était plus capable d’écrire ? N’importe quoi, il l’avait toujours fait, même perdu en plein milieu d’un conflit armé, il trouvait le moyen d’écrire, même sur un bout de carton a moitié brulé.

-Fais moi plaisir et fais le d’accord ?

Insista-t-elle sans deviner ne serait ce qu’ une seconde ce qui pouvait retenir la plume de son frère. Il avait besoin de le faire, même si ce n’était rien, même si il ne racontait rien. Elle voulait le voir faire autre chose que de la couvrir d’un regard inquiet, elle voulait qu’il pense a autre chose. Elle ne voulait plus être son obligation, sa priorité, parce qu’elle ne pouvait plus l’être. C’était tordu comme raisonnement en vérité. Elle-même se rendait compte de l’illogisme de ses songes, mais après tout…Elle était maudite et malade, rien n’était plus étonnant maintenant…plus rien. Elle cherchait a ce qu’il l’oublie et pourtant, elle se faisait mal a l’espérer aussi fort.

Elle avait besoin de lui.

Elle accepta son ticket pour l’enfer, parce qu’une telle douleur était si douce qu’elle ne pouvait pas s’en passer. Parce que ne plus le toucher était pire. En vérité, elle ne savait pas si elle arrêterait un jour d’avoir mal de lui. Peut être lorsqu’elle mourrait. Sans doute même. Elle sourit, se força a glisser de l’amusement dans ses yeux et puisa dans leur passé le rire qui était mort aujourd’hui.

Elle se souvenait de sa colère cette fois là et sans doute avait elle eut peur de lui pour la première fois de sa vie. Une moue malicieuse glissa sur ses lèvres.

-Aucun de mes amis n’auraient osé et tu le sais, tu leur faisait peur.

Plaisanta-t-elle avec un rien de rire dans la voix. C’était vrai qu’aucun n’aurait osé lui manquer de respect, ni l’insulter en présence de Shannon. C’était quelque chose dont elle était fière…avant. Maintenant, elle mourrait d’envie de lui dire qu’il devait arrêter de la protéger, parce qu’elle n’en était pas digne, ne l’était plus. Qu’elle l’avait trahit en ne pouvant pas résister a ce qui l’avait submergée cette nuit là, qu’elle n’avait pas été assez forte, qu’elle s’en voulait de l’aimer comme ça.

-J’avoue, ce n’était pas très responsable, mais il parait qu’on passe tous par là, sauf que moi, j’ai réussis a me faire choper.

Bougonna-t-elle faussement vexée mais douloureusement consciente qu’il avait raison. Elle aurait pu se tuer et peut être même qu’elle n’en aurait rien eut a faire….Non, elle aimait trop la vie. Même si celle-ci était devenue amère, cruelle et terriblement acide, elle ne voulait pas y mettre fin. Elle pouvait parfois sombrer dans des moments de mélancolie intense, mais jamais l’idée de se suicider l’avait traverser. Jamais. Encore moins alors que son corps chantait d’être aussi prêt de lui. Pourtant, là n’était pas la normalité, non, c’était amoral mais tellement doux. Elle ne réussit pas a résister et nicha son visage dans le creux de son cou. Son parfum l’envahissait et elle ferma les yeux pour mieux se laisser enivrer. Elle savait que c’était interdit et malsain, mais ne pouvait pas lutter, en avait marre.

Une seconde seulement l’aveu glissa dans un souffle, silencieux et immoral. Les mots ne se parèrent pas de sa voix, demeurant dans l’ombre sans jamais en sortir car jamais ils ne pourraient apparaitre en pleine lumière, la morale ne le permettrait pas, son frère ne méritait pas ça. Il resterait ignorant, il n’y avait pas d’échappatoire a cela. C’était un cercle qui n’aurait jamais de fin et qui la perdrait. Elle aurait voulu pleurer, mais elle savait que cela ne servait a rien.

-Demain, je montrais sur le toit de chez nous…

Son souffle effleurait la peau de son frère et sur ses lèvres un semblant de sourire, derrière ses paupières l’envie de lui, incendiaire et indécent…

New York dans le soleil...peut être...

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MessageSujet: Re: Une dernière danse {Sharon}   Ven 19 Nov - 10:28

Il ouvrit la bouche pour répliquer, mais préféra abandonner la partie. Pour le moment. Cela ne servait à rien de la mettre au pied du mur. Elle n'allait pas bien, quelque chose ne tournait pas rond et ce n'était pas simplement du à la guerre. Non, il s'était passé quelque chose et cela avait bouleversé sa sœur davantage encore. Sauf qu'elle refusait de se confier à lui. En général, ils n'avaient aucun secret l'un pour l'autre. En général... Parce que lui, il en avait l'un, très lourd, et qu'il ne pouvait certes pas avouer à Sharon, puisqu'elle en était directement l'objet. Ainsi devait-il porter ce poids seul, sans le partager avec sa sœur. C'était lourd à porter, mais il le ferait sans l'ombre d'un regret. Par pur altruisme, se disait-il. Pour ne pas lui faire partager l'horreur. Mais quelque chose de vicieux lui soufflait qu'il ne disait rien de peur de la perdre à jamais.

Il encouragea sa sœur à reprendre la photographie, lui permettant ainsi de vivre de sa passion, de pouvoir exprimer par l'art ce que les paroles ne pouvaient dire. Elle avait toujours adoré cela... Mais c'était sans compter sur Sharon pour l'encourager à son tour à écrire. Chose qu'il n'avait pas envie de faire pour le moment, tant il craignait que sa plume ne le trahisse et ne révèle ses pensées malsaines. Il tenta bien de lui faire comprendre que ce n'était pas une bonne idée, mais c'était peine perdue... Et Sharon insistait, lui demandant de lui faire plaisir. Il soupira, vaincu. Comment résister à cette supplique?

- "D'accord."

Et le chapitre fut clos. Pourtant, dans les méandres de son esprit, il se demandait comment il allait faire pour écrire sans que le sujet de ses pensées ne soit trahi. A moins qu'il ne le couche sur papier une bonne fois pour toutes et le brûle, comme un exorcisme, comme un sort que l'on jette. Brûler les mots pour perdre l'envie brûlante de la posséder. Si primaire... Et si séduisant bien qu'illusoire.

Enlacés, le frère et la sœur dansaient. Plus proches que n'importe quels amants en cet instant. Leurs corps s'épousaient à la perfection, comme si, de tout temps, ils étaient fait l'un pour l'autre. Les doigts de Sharon dans son cou, jouant avec ses boucles de ses cheveux. Lui, il avait posé la main au creux de ses reins. Ils évoquèrent les souvenirs, pas toujours agréables. Sharon prenait le parti d'en plaisanter. Lui, non. Il avait eu trop peur cette fois là de l'inconscience de sa sœur.

- "Oui, je suis terrifiant, c'est bien connu."

Il n'avait pas le physique d'un joueur de foot américain, mais il y avait un éclat farouche dans son regard dés qu'il s'agissait de prendre la défense de sa sœur, ou d'éloigner les mecs trop entreprenant ou lui manquant de respect.

- "Tu n'as jamais été douée pour faire des bêtises incognito."

Lui, si. Oh, il en avait fait de belles, il pouvait bien sermonner sa sœur, il ne valait pas mieux, mais il était un garçon, et il était l'aîné, ce n'était pas la même chose. Et il ne s'était jamais fait prendre. La voix de Shannon n'avait été qu'un doux murmure, léger, affectueux... voire amoureux. Mais Sharon ne s'en rendrait pas compte n'est-ce pas? Il se laissa aller à imaginer tenir dans ses bras l'être chéri, sans liens de sang. Imaginer qu'il pouvait lui glisser à l'oreille combien il l'aimait. Il s'enivra de cette illusion et la voix de Sharon la rompit comme une bulle qu'on crève. La musique s'arrêta, comme outrée d'avoir ainsi été interrompue. Shannon se rendit compte de l'ambiguïté de leur situation, de leur danse, de tout cela et s'écarta de sa sœur, un sourire aux lèvres pour dissimuler son malaise.

- "Et tu tiendras la ville au creux de ta main."

La fête était finie. Le danger d'être découverts par les hors la loi restait présent et ceci n'avait été qu'une parenthèse, enchantée et empoisonnée, mais qui ne devait pas lui faire oublier leur sécurité.

- "Viens, rentrons."

A regrets, il récupéra ce qu'il pouvait, jetant un dernier regard à cette pièce qui renfermerait à jamais l'un de ses plus précieux souvenirs.
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Une dernière danse {Sharon}
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