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 Lies, regrets and secrets { MATHILDA }

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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Lies, regrets and secrets { MATHILDA }   Ven 12 Nov - 20:46

M.E.N.S.O.N.G.E

Mensonge, mensonge, mensonge. Ce mot tournait dans mon esprit depuis quelques jours. Depuis que je m'étais décidée, pour la première fois de ma vie, à mentir volontairement à tout le monde. Et quand je dis tout le monde, c'était absolument tout le monde. Le plus difficile était de constater que finalement, je mentais très bien. Presque aussi bien que mon père... Ou alors, c'est que pour le moment mon mensonge paraissait tout à fait plausible, et il se tenait. Personne n'avait encore cherché à me poser des questions détaillées ou suspectes. Mais combien de temps est-ce que cela durerait ? Je savais pertinemment que je ne tiendrais pas indéfiniment. Et puis j'étais nerveuse à chaque fois qu'on me posait des questions au sujet d'Ethan. Je me contentais de répondre « ça va » et de vite passer à autre chose où de m'en aller. Parce que ce n'était absolument pas vrai.

Non, Ethan n'allait pas bien.

Quand nous étions rentrés, il était déjà un peu hagard. Et autant dire que cela avait empiré... Le peu de drogue qu'il lui restait pour la désintoxication progressive rendait les choses plus difficiles encore, et les prises de moins en possibles... C'était affreux pour moi de le voir dans cet état. Il passait ses journées allongé, fiévreux, et pourtant gelé... Il tremblait de tous ses membres, et parfois les larmes lui venaient sans aucune raison. Je ne pouvais pas faire grand chose, sinon rester avec lui, à lui parler, à le bercer et à le rassurer. J'avais l'impression que ce n'était pas suffisant. Je faisais tout ce que je pouvais, mais ce n'était pas suffisant. Malheureusement c'était tout ce qui était humainement faisable. Rester là, assise sur le lit, à caresser ses cheveux tandis qu'il tremblait, en sueur, et qu'il était à moitié conscient et à moitié délirant. C'était dur à supporter. D'autant plus que je devais garder Lena loin de lui en journée pour ne pas éveiller les soupçons. Je la confiais à Cassandre, que je savais discrète. Elle ne me posait pas de questions, se contentant de la garder avec elle et les autres enfants en compagnie d'Isaac. Bien sûr je n'étais pas sans savoir que Riley pourrait aussi toucher ma fille, la prendre dans ses bras... Nous n'étions pas sans savoir qu'elle et Riley étaient plus ou moins ensemble. Mais cela m'était égal, bizarrement je lui faisais confiance. Et je n'avais pas la force de trouver une autre solution. Toutes mes forces passaient dans les efforts que je faisais pour Ethan. Cette nuit avait été particulièrement difficile. Il avait énormément tremblé, et avait été pris de sueurs froides à répétition. Sans compter ses crises d'angoisse... Nous n'avions pas dormi la moindre petite minute. Alors il s'épuisait, et moi aussi. Pourtant je faisais comme si de rien n'était, je tenais bon. Si je lui montrais que je faiblissais, il craquerait et paniquerait à coup sûr. Et une panique supplémentaire, c'était tout ce que je voulais éviter pour le moment.

Par miracle, il avait fini par s'endormir ce matin. J'étais restée le temps de voir s'il ne se réveillait pas en sursaut comme c'était généralement le cas. Alors j'étais sortie et j'étais allée prendre une douche, pour me réveiller et me secouer un peu. J'étais retournée m'habiller, silencieusement pour ne pas le réveiller. J'avais rapidement enfilé un tee-shirt à manches longues, un jean et j'étais sortie. Toutes les lumières éteintes, il se reposerait mieux. Et moi cela me permettrait de respirer un bon coup avant de replonger tête la première là dedans lorsqu'Ethan se serait réveillé. Je suis allée chercher Lena dans la salle de classe. Elle venait de découvrir tout un tas de jouets amusants, et étant donné qu'elle refusait de lâcher une petite peluche, j'ai dû l'emprunter à la salle de classe pour repartir avec elle. Passer un peu de temps avec elle me faisait beaucoup de bien, et je regrettais de devoir la garder loin de son père pour le moment, et à cause d'un mensonge... Il fallait être lucide. Si je disais qu'Ethan avait une grippe et que je laissais ma fille près de lui, soit on me traiterait de mère indigne, soit on devinerait qu'il y avait anguille sous roche... Je suis naturellement allée à l'infirmerie. J'y passais un petit peu de temps, pour maintenir le mythe de la simple petite grippe. Comme d'habitude, Mathilda était là. Assise à son bureau, lisant un quelconque livre de médecin comme la plupart du temps. Je lui ai souri tandis qu'elle levait la tête, et Lena dans les bras je suis allée m'asseoir sur une chaise, pas très loin d'elle. Étant donné que Lena commençait à s'endormir, je l'ai bercée avant d'aller la caler dans le petit couffin que nous gardions toujours à l'infirmerie.

Une fois que j'ai été sûre qu'elle dormait, je me suis un peu éloignée et, sans un mot de plus, j'ai cherché quelque chose à faire. Apercevant quelques médicaments qui trainaient, je me suis dit que j'allais les ranger dans l'armoire. Je les ai mis sur un petit plateau et je suis allée vers l'armoire. Je ne me rendais pas compte que je tremblais un peu, à cause du stress et de la fatigue. Alors quand j'ai ouvert l'armoire, lâchant mon plateau d'une main, j'ai eu un faux mouvement, et ce dernier m'a échappé. J'ai tenté un geste pour le rattraper, mais c'était peine perdue. Le plateau et son contenu s'est écrasé par terre dans un horrible fracas métallique. Et évidemment, les flacons se sont explosés , vidant leur contenu par terre, et des dizaines de pilules et de cachets se sont éparpillés un peu partout dans la pièce. À cause du bruit, Lena s'est réveillée en sursaut et elle s'est mise à pleurer. Et moi j'étais toujours à regarder mon joli désastre, complètement incrédule.

« Je... Je suis désolée, je n'ai pas fait attention, je... »

Je m'excusais comme si j'étais coupable d'un crime, et sentant les larmes me monter aux yeux, je me suis dépêchée de me baisser pour tout ramasser. Nerveuse, j'ai rassemblé les pilules en un petit tas, et j'ai attrapé une serviette pour essuyer la morphine ou les sirops qui s'étaient répandus au sol. Quel gâchis ! En tapotant le sol, je me suis coupée. Il y avait des éclats de verre partout. J'ai lâché la serviette et je me suis brusquement relevée, attrapant une autre serviette que j'ai plaqué sur ma main pour essuyer le sang qui coulait. Quelle idiote. En ce moment j'étais terriblement maladroite. Et Lena qui pleurait... De nerf, j'ai attrapé le plateau et ce qu'il contenait encore et je l'ai jeté dans l'évier d'un geste brusque. D'ordinaire, je ne perdais jamais mon calme d'une telle façon. Puis je me suis passée la main sous l'eau, avant de prendre une bande que j'ai entourée autour de ma main. Puis j'ai posé mes yeux sur le sol, toujours souillé.

« Je vais nettoyer. Il faut que je nettoie. »

Et pourtant je n'ai pas bougé d'un millimètre, me tenant droite et raide, fixant obstinément le carrelage et sourde aux pleures de mon bébé.

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Mathilda Johnson

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MessageSujet: Re: Lies, regrets and secrets { MATHILDA }   Ven 12 Nov - 23:42

La façade était de grande beauté, polie comme le cuivre, lisse comme celle d’une poupée de porcelaine. Impassibilité digne d’une grande comédienne, je ne laissais rien transparaître. Rien de mon énervement, ma lassitude ou ma résignation. Parfois, j’avais simplement l’impression que le masque devenait réalité, que je ne ressentais plus rien, vraiment. Comme un piège dans lequel on finit par tomber soi-même, sans s’en apercevoir parfois. Disons simplement que j’étais usée de voir mes principes d’idéal s’abaisser, toujours un peu plus vers les bas fonds d’un spleen proche. Si j’avais cru en la médecine, si je m’y étais jetée à corps perdu comme ma dernière source de préoccupation, ma dernière croyance, à présent je ne comprenais plus. Oh si bien sûr, je comprenais que les gens mourraient un jour ou l’autre et qu’avoir fait 10 ans d’études n’y changeait rien, mais ce cas là je ne le comprenais pas. Dans mon esprit quelqu’un qui avait reçu un coup sur la tête de tombait pas en miettes une semaine après, comme une phase terminale de cancer. Il y avait forcément quelque chose, un détail que je ne voyais pas et qui m’empêchait d’être efficace. N’était-ce pas ce que je faisais de mieux, à l’ordinaire ? Observer, ausculter, disséquer, analyser. C’étaient là des choses qui faisaient partie intégrante de mon esprit, de mon fonctionnement si bien qu’au final, elles étaient mon seul fonctionnement. Une sorte de ritournelle qui ne prendrait jamais fin, se répétant sans cesse dans mon corps pour donner l’être parfaitement lucide et calme que voilà : Mathilda, dans toute sa splendeur. Cette Mathilda là n’appréciait guère la défaite. Je m’étais battue pour être la meilleure durant de longues années, battue pour acquérir le respect qu’il m’était dû et je n’osais accepter ne serait-ce qu’une seule tâche sur ce parcourt. C’était ce qui m’avait permis d’oublier, à ma manière. La carapace parfaite contre les souffrances inutiles, les plaisanteries qui de toute manière s’envolent dans les airs sans jamais demeurer auprès de nous. Ma lucidité, elle, ne prenait jamais le large. Il était frustrant que de savoir que malgré nos efforts, malgré nos vaines tentatives tout ce que nous faisons était toujours réduit à néant et que nous ne pouvions rien y changer. Cette frustration que je détestais ressentir, ce sentiment d’impuissance fort heureusement peu familier mais toute fois dérangeant lorsqu’il se présentait. C’était un besoin comme vital, éradiquer cette incertitude dont je me nourrissais si peu, anéantir toute forme de supposition pour ne laisser que les réponses, intactes et justes. Je voulais la vérité, en était paradoxalement un immense mensonge à moi toute seule.

Pas dans le sens où j’étais malhonnête, car je ne l’étais pas le moins du monde mais en toute sincérité, je formais à moi seule le parfait stéréotype du médecin mal baisée. Pour ceux qui ne me connaissaient pas, du moins. Peut-être était-ce par facilité, en fin de compte. Peut-être que cette image nette que je renvoyais me permettait de ne pas envoyer valser contre les murs tous ces livres de médecine dont je me bourrais le crâne jusqu’à en avoir mal au cœur d’avoir trop voulu comprendre l’inexplicable. Peut-être aurais-je dû me pencher sur eux et leur demander d’une voix douce « donne moi le nom de cette maladie, donne moi juste un indice », mais rien ne venait. La logique n’avait plus aucune importance dans cette situation et cela avait quelque chose d’effrayant, de déstabilisant. Si mon unique moyen de contrôler ma vie était de passer pour ce monstre de froide logique et que justement, à présent elle n’entrait plus en compte, cela signifiait-il réellement que je n’avais plus aucun pouvoir ? Est-ce que mon seul refuge, jusque là efficace et propre tombait véritablement en ruines ? Je n’osais le croire. La solution se trouvait sous mon nez, forcément. Il ne pouvait en être autrement. J’aurais sans doute dû me reposer, réfléchir avec calme, assiduité à ce nouveau problème qui me narguait, me menaçait de ne plus être à la hauteur. Le fait n’était pas que Liam risquait de mourir, ce n’aurait pas été le premier de mes patients à mourir mais plutôt la cause brutale et étrange de cette mort. Indéchiffrable, comme sortie de nulle part, hantant à présent mes nuits. J’avais toujours été consciencieuse dans mon travail, les nuits blanches ne m’étaient donc pas étrangères mais cette situation là m’épuisait. Je devais faire preuve de soins constants, sans jamais en voir les résultats positifs. Quoi que je lui donne, soit ça n’avait aucun effet, soit ça empirait les choses. J’avais finalement stoppé toute forme de médicamentation dans l’espoir de ne pas accélérer un processus qui me révoltait suffisamment déjà. On ne soigne pas un patient sans connaître la cause de ses maux, mais s’il ne semblait il n’y avoir aucune cause probable, devions-nous laisser mourir ce même patient ?

Je soupirai en refermant derrière moi la porte de cette chambre infâme, me renvoyant sans cesse l’image de cette défaite cuisante qui approchait sans que je n’y puisse quoi que ce soit. Retirant mes gants, je me lavais rapidement les mains par simple automatisme avant de me diriger pour la centième fois vers ce bureau aussi plane que moi, aussi vide de réponses également. Aucun des livres qui ne s’y trouvaient ne détenaient mon secret, alors pourquoi s’évertuer à les relire, encore et encore ? Bientôt leur récitation serait un jeu d’enfant pour moi. Je murmurai pour moi-même « les symptômes ne collent à aucune infection, aucune maladie, aucun traumatisme de quelque sorte que ce soit. Rien ne va ensemble. Quelle est la cause, quel en est l’effet ? Où est le point de départ ? » Bonne question. Juste un petit manque de réponse qui ne nous emmenait nulle part. J’avais beau travailler comme un robot, réfléchir de la manière la plus synthétique et posée possible, rien ne me venait. Ce fut à ce moment là que la porte de l’infirmerie s’ouvrit, puis se referma. Mes yeux finirent leur glissade sur la énième ligne de la énième page avant que je ne les relève vers Katarina qui me sourit doucement, Lena dans les bras. Je lui répondis avec un petit soupir avant de reporter mon attention sur cette autre énième ligne, de cette même énième page. Katarina passait de temps en temps, il n’y avait rien d’inhabituel à cela tout comme il n’y avait rien d’inhabituel à ce que Lena l’accompagne. Surtout en ce moment. Ethan était apparemment atteint d’une grippe et tout comme Katarina, je soutenais le choix d’éloigner quelques temps le bébé de son père. Seulement pour éviter qu’elle ne soit touchée, ce qui aurait été dramatique. Si Katarina avait choisi de garder son mari dans l’abri de leur chambre afin de le soigner sans l’emmener à l’infirmerie, ce qui en soit n’était pas suspect, quelque chose me dérangeait tout de même. Je n’aurais pas réellement su dire pourquoi mais mon amie semblait parfois gênée lorsque je lui demandais des nouvelles, changeait de sujet ou répondait à la va-vite, comme pour se débarrasser. Là aussi, quelque chose ne collait pas. Je connaissais suffisamment Katarina pour savoir que les cachotteries ne lui étaient pas monnaie courante, mais son attitude laissait parfois penser qu’il y avait un problème, un problème plus grave qu’une simple grippe. Grippe dont je n’entendais quasiment jamais parler si je n’engageais pas le sujet, chose qui était quelque peu paradoxale en sachant que j’étais médecin et que j’aurais pu la conseiller, au passage. Ou simplement en parler avec elle, d’une manière normale, presque banale.

Cependant, je n’émettais aucune suggestion ou hypothèse quant à la raison de ce silence, peu désireuse de me mêler de ce qui ne me regardait pas. Si elle demeurait bouche close, je ne comptais pas la mettre au pied du mur. Je l’entendis se lever, l’observant au passage déposer Lena dans son couffin alors qu’elle semblait s’être endormie. J’en arrivais au stade où, en admettant que cela puisse porter ses fruits, j’aurais agressé ce maudit livre pour qu’il m’offre ce que je désirais. Ma concentration se renforça sur les mots, les lettres qui défilaient et dont je voulais absolument saisir le sens, bien que cela ne me soit d’aucune utilité. Je refusais simplement l’évidence : Je n’avais absolument aucune idée de ce dont souffrait Liam, et donc aucun moyen de le soigner. J’aurais pu apprendre toutes ces pages par cœur que cela n’y aurait rien changé. Soudain, interrompant le court de mes désastreuses pensées, je sursautais en entendant un objet tomber, se fracassant avec brutalité au sol si bien que cela réveilla les pleurs renfrognés de Lena. Aussitôt je posai l’ouvrage de médecine et me levai, prenant l’enfant dans mes bras afin de la calmer avant qu’elle n’ameute tout le quartier, et plus particulièrement Liam qui parvenait déjà difficilement à se reposer dans la pièce d’à côté. Puis, m’avançant doucement vers Katarina, j’aperçu le désordre, sans même en comprendre l’origine. Elle venait sans doute de laisser tomber le plateau chargé de médicaments, le lâchant par maladresse. Ce n’était rien, cela pouvait arriver, aussi ne compris-je pas l’apparent pique de stress qui s’empara de mon amie, la tétanisant presque. Elle s’excusa rapidement, sans même me laisser le temps de lui dire que cela n’était pas grave, qu’il n’y avait aucun mal. Je tentai de calmer Lena sans pour autant y parvenir, et cela ne s’arrangea pas lorsque sa mère commença à s’agiter, faire n’importe quoi dans le but de nettoyer ce chaos, en se faisant bien évidement mal. Je ne pu m’empêcher de froncer les sourcils lorsqu’elle se coupa, se précipitant pour essuyer sa plaie avant de se saisir du plateau et le jeter nerveusement dans l’évier. Bon. Maintenant j’estimais que cette situation avait assez durée, jusqu’au point de plonger Katarina dans une véritable crise panique pour quelques malheureux flacons.

« Je vais nettoyer. Il faut que je nettoie. »

Le regard rivé sur le sol, Katarina ne bougea pas, semblait pétrifiée par l’horreur d’un acte qui était tout à fait bénin. La fatigue, le stress, la peur. On ne la faisait pas à un médecin. Observer, ausculter, disséquer, analyser. C’étaient là des choses qui faisaient partie intégrante de mon esprit, de mon fonctionnement si bien qu’au final, elles étaient mon seul fonctionnement. Une sorte de ritournelle qui ne prendrait jamais fin, se répétant sans cesse dans mon corps pour donner l’être parfaitement lucide et calme que voilà : Mathilda, dans toute sa splendeur. M’approchant doucement, je posai une main réconfortante sur l’épaule de Katarina avant de lui demander d’une voix douce :

« Calme la, tu veux ? Je vais m’en occuper. »

Je lui mis alors Lena dans les bras, avant de l’éloigner volontairement de ce bazar et me saisir d’une serpillière. Je pris soin de ramasser les débris de verre avant d’ôter les tâches gluantes de sirops qui s’aggloméraient au sol. Lorsque je me relevai, Lena ne pleurait plus. Je m’essuyai les mains, secouant légèrement la tête alors que je me tournai de nouveau vers une Katarina perdue, presque apeurée. Au fond de moi, une petite voix me reprocha de ne pas avoir su déceler plus rapidement le problème, de ne pas avoir pu être là plus tôt. Au fond de moi, j’avais tout de suite su que quelque chose n’allait pas s’en vouloir m’en mêler, pensant que cela ne me regardait pas mais à présent l’évidence était frappante : Katarina avait besoin de moi. Elle avait besoin qu’on l’épaule, qu’on la rassure, sans que je ne sache pourquoi. Si je n’avais aucune idée de ce qui se passait, les signes évidents d’un malaise intérieur m’accablaient, à tel point que je ne pouvais leur tourner le dos. Une petite conversation s’imposait entre elle et moi, et qu’importe la finalité, je ne supportais de me sentir aussi impuissante, une fois encore. Je m’appuyai sur le bureau, posant sur elle un regard à la fois doux, compréhensif, mais également suspicieux. Avec elle le masque était moindre, comme une fioriture peut-être moins opaque qu’avec les autres. Je finis par demander au bout de quelques secondes :

« Regarde moi, s’il te plait. »

Ce qu’elle ne fit pas. Elle semblait totalement absorbée par cette parcelle de carrelage que je venais de nettoyer, complètement centrée sur cette unique chose qui ne représentait rien, pourtant. J’aurais bien pu passer une heure complète à lui répéter qu’une maladresse était vite arrivée, elle ne m’aurait pas écouté car cela n’avait été qu’une preuve matérialisée d’un chaos intérieur. Un chaos dont j’ignorais tout, et qui me laissait particulièrement anxieuse. Pour qu’elle réagisse de la sorte, qu’elle se montre aussi tendue et brutale, ce devait être grave. Ce n’étaient pas là ses habitudes, ce n’était pas dans ses traits de caractère. C’était ce qui m’inquiétait le plus, cette visible déconnection du monde réel pour uniquement se baser sur un événement sans intérêt.

« Ce n’est pas le carrelage le problème. Ce ne sont pas les médicaments. Tout cela ne représente rien. Alors, qu’est ce qui te prends Katarina ? Que se passe-t-il ? »
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Lies, regrets and secrets { MATHILDA }   Sam 13 Nov - 12:04

J'étais là, à contempler bêtement ma bêtise. Oui, voilà, ce n'était qu'une petite bêtise de rien du tout. Ce n'était pas la première fois qu'il m'arrivait de faire tomber quelque chose, tout comme c'était déjà arrivé à Mathilda. C'était bel et bien la première fois que je piquais une telle crise de nerfs pour une chose aussi futile. Cela ne me ressemblait absolument pas. Tout ce que je faisais en ce moment ne me ressemblait pas. Mentir... Je n'y trouvais aucune satisfaction, aucune fierté. Au contraire, cela me rendait mal à l'aise, je me sentais mal de mentir à tout le monde. Ce n'était pas dans ma nature. J'étais profondément attachée à la vérité, et aujourd'hui voilà que je mentais effrontément. Je ne comprenais pas comment mon père avait pu soutenir un mensonge pendant vingt-cinq ans. Après quelques jours, cela m'était déjà insupportable ! Je n'étais pas comme lui... Je n'éprouvais aucun plaisir à l'idée de devoir mentir pour couvrir mon mari. Et encore ! Moi je mentais pour le protéger. Qu'il ne me dise pas que lui aussi il avait essayé de me protéger. Parce qu'au final, ce mensonge avait failli me tuer. À cause de lui, les personnes que j'aimais avaient été en danger. Certaines l'étaient encore. Alors non, je ne pouvais définitivement pas cautionner le mensonge. Je l'avais en horreur, et j'avais l'impression que j'étais en train de m'empoisonner moi même. Je me disais que je le faisais pour Ethan, mais cela me réconfortait à peine. Mais je ne devais surtout pas céder. Je devais me reprendre, et vite, avant que Mathilda ne s'aperçoive que quelque chose clochait chez moi. Même si ce devait déjà être le cas. D'ordinaire, à peine Lena gémissait-elle que je me précipitais pour la prendre dans mes bras et la rassurer. Là, j'étais restée stoïque, presque comme si je ne l'avais pas entendue. Aussi affichai-je un air presque surpris quand Mathilda me mit Lena dans les bras pour que je la calme. Me donnant une claque intérieurement, je refermai mes bras autour de mon bébé, collant doucement sa tête sur ma poitrine et embrassant ses cheveux soyeux. Comme à son habitude elle se calma presque immédiatement, refermant son poing sur mes cheveux, et suçant son pouce doucement. Elle voulait simplement sa maman, et moi je l'avais ignorée pour me concentrer sur une espèce de tâche insignifiante, que Mathilda effaça d'un coup de serpillère.

Accablée, je me laissai tomber sur un fauteuil, dans un coin de l'infirmerie. Je me retenais de ne pas partir en courant, de ne pas aller m'isoler complètement dans une pièce fermée de la communauté. Je me retenais, parce qu'un tel comportement aurait d'autant plus paru suspect. Surtout à ses yeux. Mathilda était un peu comme moi, elle remarquait tout de suite lorsque les gens n'allaient pas bien. Sauf qu'elle avait des méthodes un peu plus "brutales" que les miennes. Elle ressemblait à un inspecteur de police quand moi je prenais des allures de psychologue ou d'assistante sociale. Sentant qu'elle me regardait, je gardais les yeux baissés sur Lena, qui s'amusait avec le tissu de mon tee-shirt et une mèche de mes cheveux. Je manquai de lui obéir stupidement quand elle me demanda de la regarder. Mais au lieu de cela, je fermai les yeux et pris une profonde inspiration, comme pour empêcher mon cœur de se serrer et les larmes de me monter aux yeux. Je ne devais surtout pas laisser mon corps me trahir. Mais elle était médecin... Et mieux que quiconque, elle savait reconnaître les signaux du corps qui montraient quand quelqu'un n'allait pas bien. Et je n'allais pas bien. Pour m'être aperçue rapidement dans un miroir, je savais que j'avais ma tête des mauvais jours. J'étais pâle, mes yeux étaient cernés, et j'étais si fatiguée que je tremblais parfois. Sans compter mon regard, qui était éteint et sans vie, quasiment inexpressif. Je souriais à peine, alors que d'habitude j'étais rayonnante quand Lena était avec moi. J'ai eu un soupir quand elle m'a demandé ce qui me prenait, ce qui n'allait pas. Que vouliez vous que je réponde à ça ?

« Rien... Tout va bien. Il n'y a rien. »

Un mensonge supplémentaire... Mais je ne pouvais pas me permettre de dire quoi que ce soit d'autre. Mais en vérité non, tout n'allait pas bien. Au contraire. Je me retenais de hurler. Non, ça n'allait pas ! Ethan avait replongé et sa désintoxication était plus que douloureuse, mon père m'avait rejetée après s'être trouvée une amante qui se trouvait être le portrait craché de ma mère, et j'avais de plus en plus de mal à gérer tout ça.

« Ethan a passé une mauvaise nuit, alors j'ai veillé toute la nuit... Et puis tu sais que j'allaite toujours Lena, alors cela joue aussi sur ma fatigue... C'est tout, il n'y a rien d'autre... »

Ce n'était pas tout à fait faux. Je n'avais absolument pas dormi de la nuit, j'étais fatiguée et en permanence sur les nerfs. Mais je n'avais guère le choix, Ethan ne tiendrait jamais le coup tout seul. Je devais prendre sur moi. J'avais promis de l'aider, et c'est que je faisais. Ou du moins j'essayais, craignant parfois que ce ne soit pas suffisant. Parce que je devais aussi m'occuper de Lena, de ceux qui avaient besoin de moi en tant que médecin... C'était loin d'être évident. Devoir tout gérer, garder mon mensonge entier et cohérent... C'était un véritable casse-tête. Je suis allée reposer Lena dans son couffin, lui tendant une peluche pour l'occuper. Puis je suis allée vers l'évier. J'ai ouvert le robinet d'eau froide et je me suis aspergée le visage, pour me rafraichir et me remettre les idées en place. J'essayais d'avoir des gestes aussi naturels que possible.

« Je suis un peu sur les nerfs à cause de mon père, également, mais ce n'est rien, tout va bien, je t'assure. »

Tout va bien. Je n'avais jamais répété ces mêmes mots tant de fois sans les penser une seule seconde.

{ Désolée, c'est un petit peu court pour le moment =/ }

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MessageSujet: Re: Lies, regrets and secrets { MATHILDA }   Mar 16 Nov - 17:33

Le sentiment d’incompréhension qui me plongeait dans cette inquiétude glacée m’horripilait. J’étais de ces personnes qui reposent uniquement sur la certitude, la vérité pure sans artifice ni possibilité de négation. Or, ces temps ci je me retrouvais trop souvent à mon goût confrontée à cette absence de certitude, ce manque cruel de fondations solides. La crise d’angoisse qu’était entrain de me faire Katarina n’en était qu’une preuve de plus. Parfois, il fallait admettre que nous ne pouvions tout contrôler, tout gérer à notre manière pour rendre le monde parfait que nous espérions. Dans cet idéal là, une jeune mère de famille ne manquerait pas de fondre en larme parce qu’elle aurait accidentellement fait tomber un flacon de médicaments. Bien sûr, je connaissais l’état de la situation, les dernières semaines avaient été plus qu’éprouvantes pour elle. D’abord un enlèvement, de multiples dommages corporels en plus que psychiques, puis le retour d’un père sadique, une fausse couche. Katarina n’avait été épargnée de rien. A chaque fois que j’avais cru la voir se relever, à chaque fois que j’avais bêtement osé la retrouver forte comme auparavant, une nouvelle chute arrivait, toujours plus bas, toujours plus douloureuse. Je ne savais pas réellement comment gérer cela. Je ne savais pas réellement s’il était seulement possible de le gérer. Tout ce que j’avais pu faire avait été de la soigner, calmer ses blessures physiques qui je l’espérais atténuerait les autres. Le soutien moral ne faisait pas vraiment partie de mes spécialités, non pas que je n’en éprouvais pas l’envie mais je ne savais pas comment il fallait s’y prendre. Niveau rapports sociaux, on pouvait dire que je ne brillais pas. Même si je n’aggravais pas les choses, il m’était difficile que de soulager mes proches des douleurs qu’ils pouvaient ressentir, difficile de les apaiser sans leur administrer morphine ou autre calmant. Certaines personnes ont en elles, en leurs paroles, cette infime dose de morphine qui parvient à faire taire le point névralgique d’une souffrance morale ; Je ne faisais pas partie de celles là. Tout ce que je pouvais faire était de me montrer présente, même si inefficace. J’étais là, parfois cela suffisait à aider un peu.

En l’occurrence, j’avais visiblement manqué à ma simple tâche. Je n’avais pas été présente pour elle, pas assez tôt et je me rendais peu à peu compte que rattraper le coup serait ardu. En l’observant plus attentivement je remarquai ses cernes, ses traits tirés comme ceux d’une femme perdue, désorientée. Comme ceux d’une femme usée. Bien sûr, depuis quelques temps cette étrange fatigue m’était déjà apparue, mais je l’avais sans doute bêtement attribuée à des problèmes passagers, bénins. S’occuper de Lena ainsi que d’Ethan en même temps n’était certainement pas la meilleure chose à faire si elle voulait récupérer. La réalité se montrait également plus sombre que ce que je n’aurais voulu l’espérer : Si je n’avais presque rien remarqué, c’était d’avantage dû à mon manque d’observation qu’à mon positivisme. Avec Liam, ce dur sentiment d’impuissance mais en même temps d’appréhension qui me tiraillait, je passais le plus clair de mes journées assise là, à réfléchir et chercher. J’étais comme prise à la gorge, étouffée avec lui sans pouvoir me rattacher au monde réel. Alors que Katarina aille mal… Oui j’en étais consciente, seulement je ne m’étais jusque là pas retrouvée ainsi face à la réalité. A présent que le choc était passé, que ma stupeur retombait, ma nature profonde reprenait ses droits : J’analysai. Et mon analyse se montrait peu rassurante. Lorsqu’elle m’affirma pourtant que tout allait bien, qu’il n’y avait rien, je ne pu m’empêcher d’hausser un sourcil ironique : Me prenait-elle pour une idiote ? Imaginait-elle un seul instant que je la connaissais suffisamment peu pour la croire ? A force de temps passé à ses côtés, j’avais appris à cerner son caractère jovial, lumineux sans pour autant tomber dans l’exubérance. Je m’étais habituée à son sourire et sa délicatesse, or je ne retrouvais rien de cela chez elle à l’instant même. Envolés les doux gestes, envolés les calmes yeux pleins de sympathie. Ne subsistaient que la crainte, la fatigue, la crise. Tant de choses qui venant d’elle me paraissait suspectes, bien en dépit des difficultés rencontrées dernièrement. Au fond de moi, la certitude d’un malaise profond venait de s’éveiller, pour ne pas s’éteindre de si tôt.

Aussi son flot d’excuses maladroites me laissa-t-il de glace. Ethan, Lena, son père. C’étaient là des raisons certes plausibles, mais bien peu convaincantes. Qu’elle rencontre une légère faiblesse dû à une nuit difficile pouvait en effet être vrai, mais alors d’où viendrait cette usure visible des nerfs, cette agitation spontanée et violente ? D’un simple manque de sommeil, d’une seule nuit ? J’en doutais fort. Même si quelques heures d’un précieux sommeil en moins pouvaient suffirent à rendre quelque peu nerveux ou de mauvaise humeur, je n’avais jamais vu quelqu’un sombrer dans une telle angoisse pour une simple maladresse. En admettant que cela soit possible, c’était très loin de la personnalité de Katarina. Une accumulation de choses peut-être, mais je ne parvenais pas à m’en convaincre. Je ne parvenais pas à mettre cela sur le compte d’une vulgaire mauvaise nuit. Je la suivis des yeux lorsqu’elle reposa Lena dans son couffin, avant de se diriger vers l’évier afin de se rafraîchir. Je ne savais pas réellement quoi penser, la croire elle plutôt que mon instinct se révélait compliqué, comme une voix au fond de mon crâne qui me crierait de ne pas lâcher prise. Ce ne fut que lorsqu’elle mentionna son père que cette voix s’évanouit, me laissant clairement comprendre que pour cette fois-ci, j’avais eu tort. Oui, l’accumulation d’événements catastrophiques pouvaient largement provoquer cet état déplorable. Ce n’était pas comme si tout allait bien, Katarina en bavait toujours, ainsi son usure pouvait-elle se traduire par du stress, une certaine facilité à se laisser aller aux larmes, un teint livide ou de profondes cernes sous les yeux. Ma paranoïa était visiblement sensible en ce moment. Je pris alors une profonde inspiration avant de sourire avec le plus de chaleur possible.

« Je comprends, oui. Je te soutiens, ne perds pas pieds. »

Soudain, une idée jaillit dans mon esprit. Un moyen de concrétiser cette aide que je désirais lui apporter et qui me semblait naturel, presque évident. Après tout, je supposais que cela la soulagerait quelque peu. Si je ne pouvais décemment allaiter Lena à sa place ou remettre les pendules d’Alexeï à l’heure, j’étais néanmoins capable de m’occuper d’Ethan. Je me retournai, refermant soudainement le livre que je lisais avant de déclarer tout en ouvrant l’armoire dans laquelle nous rangions les médicaments :

« Dis moi, comment traites-tu Ethan pour sa grippe ? Je vais aller le voir, histoire de prendre des nouvelles. Tu lui as déjà donné ce qu’il faut aujourd’hui ? Je peux m’en charger en même temps. »

Tout en farfouillant parmi les flacons, je me retournai pour sourire une nouvelle fois à Katarina. Ce n’était pas une question de diagnostique, malgré ses études non terminées elle était de loin capable de déceler une grippe, comme n’importe quelle mère de famille lambda aurait pu l’être. Ca faisait partie des maladies qui paraissaient beaucoup plus méchantes qu’elles ne l’étaient vraiment, et leur caractère commun les rendait facilement détectables. Disons simplement que de cette manière, j’espérais lui faire comprendre que je pouvais prendre le relais si s’occuper de son mari devenait trop lourd, après tout j’étais médecin et c’était là mon travail. Peut-être n’osait-elle pas trop me le demander, peut-être n’y avait-elle même pas songé mais à présent, la proposition était claire et faite de bonne grâce. Je n’avais plus qu’à franchir la porte de l’infirmerie pour aller voir de plus près cette grippe.
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MessageSujet: Re: Lies, regrets and secrets { MATHILDA }   Mar 16 Nov - 20:12

La panique ne faisait en aucun cas partie de mon caractère ordinaire. Elle n'était pas censée me définir. « Paniquée » ou encore « nerveuse » ne faisaient en aucun cas partie des mots que l'on utilisait ordinairement pour me définir. Non. On disait de Katarina qu'elle était « douce et agréable, très maternelle, peut-être un peu trop gentille ». Hélas, j'avais bien du mal à être cette Katarina ces temps ci. Ma douceur c'était transformée en automatisme. J'agissais comme un automate, mes gestes étaient instinctifs, même avec Lena, encore qu'elle savait encore faire ressortir un brin de tendresse quand elle en avait besoin. Ou quand moi j'avais trop besoin de contacts humains pour rester un robot. D'agréable et ouverte, j'étais passée à fermée et nerveuse. J'avais beaucoup de mal à entamer une conversation, même polie et pour ne rien dire. Mon vocabulaire s'était restreint à oui, non, merci, ça va, ne t'inquiète pas. Presque comme si je ne savais plus dire le moindre mot en anglais, alors que je parlais la langue aussi bien que n'importe qui ici. C'était simplement que je ne voulais pas parler, comme si j'avais peur de dire une phrase ou un mot de trop qui révèlerait mon mensonge aux yeux de tous. Je n'avais pas conscience que c'était justement ce comportement qui pouvait s'avérer suspect. Me comporter ainsi ne me ressemblait décidément pas, ou alors très peu. Même dans mes mauvais jours je ne savais me comporter de cette façon. Mais je ne pouvais faire autrement. J'aurais bien du mal à faire comme si tout allait bien alors que tout, absolument tout allait de travers. Et devoir gérer cela seule rendait les choses plus compliquées encore. Oui, j'étais seule, désespérément seule. Ethan n'était pas en état de me soutenir, puisque c'était lui qui avait besoin de mon soutien. Mon père s'était rayé tout seul des personnes vers lesquelles se réfugier en m'annonçant violemment qu'il n'avait jamais voulu de moi. Et aller vers quelqu'un d'autre revenait à révéler le secret d'Ethan, ce que je ne pouvais me résoudre à faire pour le moment. J'avais décidé seule de mentir pour le protéger, je ne pouvais qu'assumer les conséquences malheureuses de ce choix. Et puis il était évident que j'avais peur de parler de la rechute d'Ethan à qui que ce soit.

J'eus un soupir de soulagement, à peine réfréné et retenu quand Mathilda me dit simplement qu'elle me comprenait, et me soutenait. Simplement, je devais faire attention à ne pas perdre pied... Elle avait raison, je devais faire attention. Mais c'était compliqué. Comme toujours, j'avais tendance à occulter mes propres ressentiments pour venir en aide à Ethan. C'était mauvais, très mauvais, je ne le savais que trop bien. Pourtant, je ne pouvais pas faire autrement, même si j'avais tantôt l'impression de me débattre dans des sables mouvants, tantôt l'impression d'avancer pieds nus sur du verre brisé. J'essayais de positiver en me disant que je pourrais souffler quand tout serait terminé. Malheureusement, je n'avais pas de date précise sur laquelle m'appuyer. Je ne pouvais pas faire un décompte des jours terribles qu'il me restait à endurer. Parce que je n'avais pas la moindre petite idée de combien de temps il allait falloir à Ethan pour se remettre. Intérieurement, je priais chaque jour n'importe quel dieu pour qu'il soit fort, et qu'il reprenne le dessus vite. Vite. J'avais un vertige en songeant que la première fois il lui avait fallu deux mois entiers pour s'en sortir. Moi, je ne tiendrais jamais deux mois entiers. Jamais. J'avais déjà trop de mal à envisager le jour suivant, alors des semaines et des semaines... Comment est-ce que j'allais faire ? Je ne m'en sortirais jamais. J'étais en train de m'engluer dans mon mensonge, comme une guêpe s'englue bêtement dans la confiture tant convoitée. La preuve était là, je ne savais pas mentir. Quelle ironie, étant la fille d'un superbe menteur... Finalement, la question n'était pas de savoir si j'allais craquer. C'était plutôt quand, et avec qui. Mathilda ? Alexander ? Mon père ? N'importe qui qui pourrait malencontreusement faire voler en éclats toutes mes défenses, avec peut-être un seul mot ?

Je restai complètement immobile en voyant Mathilda se diriger vers l'armoire où nous rangions les médicaments, avant de l'ouvrir. Je me suis figée et je suis devenue plus blanche que blanche quand elle m'a demandée comment je traitais Ethan pour sa grippe. Intérieurement, c'était la panique totale, comme si mes neurones couraient dans tous les sens pour chercher une idée, pour trouver une réponse à cette question, pourtant si banale et si naturelle. Il fallait que je réponde à cette question, vite, très vite. Je réfléchissais comme si je n'en savais rien, moi qui étais médecin. J'ai pris une profonde inspiration et j'ai croisé les bras sous ma poitrine. Mes doigts se sont crispés sur me tee-shirt. J'étais terriblement mal à l'aise, et j'avais peur que mon corps ne me trahisse rapidement.

« Je... Je lui ai donné du paracétamol ce matin, un antalgique pour ses courbatures... De la vitamine C et je le fais boire beaucoup, pour éviter qu'il ne se déshydrate... »

Menteuse, menteuse, MENTEUSE ! Rien de tout cela n'était pas vrai, à part le fait que je faisais attention à ce qu'Ethan, en effet, ne se déshydrate pas. Parce qu'il ne mangeait presque rien et que sa fièvre lui donnait des vertiges. Alors je le faisais boire, autant que possible. Mais dès que j'essayais autre chose que de l'eau, c'était la catastrophe... J'avais été à ce point concentrée sur la réponse à fournir, que je venais à peine de saisir le sens des autres paroles qu'elle avait prononcées plus tôt. J'écarquillai les yeux soudainement. Elle voulait aller voir Ethan, pour prendre de ses nouvelles... Elle voulait simplement se comporter en amie, en médecin... Et pour une fois, j'aurais voulu qu'elle se contente de rester stoïque, qu'elle replonge dans sa lecture... Je la suivis des yeux nerveusement, tandis qu'elle prenait les médicaments dont elle avait – en théorie – besoin pour soigner une grippe. Elle a refermé l'armoire et je l'ai vu s'avancer vers la porte. Sans vraiment réfléchir, je me suis précipitée entre elle et la porte. Pour lui barrer le chemin, l'empêcher de sortir, l'empêcher d'aller se rendre compte par elle même qu'Ethan n'avait pas le moindre petit microbe grippal.

« NON ! Non, non, ça va ! Je m'en occupe ! Je m'en charge ! Ne te dérange pas, je m'en sors très bien toute seule, je t'assure ! Je sais quoi faire ! »

J'avais presque l'impression de répondre à des accusations invisibles, de tenter de me défendre misérablement. Il fallait à tout prix que je l'empêche d'aller voir Ethan. Parce qu'Ethan n'avait pas la moindre petite grippe. Et que je savais trop bien ce que pensais Mathilda de la drogue et des drogués. Je savais que je ne supporterais pas d'entendre un discours du genre « tu vois je te l'avais dit, un junkie restera toujours un junkie ». Peut-être parce que la dernière chose que j'avais envie d'entendre, c'était une vérité qui blesse. Je me rendais compte que je devais avoir l'air complètement folle, hystérique, incompréhensible, à lui bloquer le passage ainsi.

« Il dort. Il a besoin de repos. Non, vraiment, je t'assure que ce n'est pas la peine que tu te déranges, je m'en sors très bien. Très bien. »

Encore un mensonge. J'ai pris une profonde inspiration... Et j'ai littéralement craqué, pété les plombs comme on dit couramment. Je me suis mise à pleurer d'un coup, sans savoir comment ni pourquoi j'en étais arrivée là. Sentant les larmes rouler sur mes joues, j'ai brusquement eu honte et j'ai plaqué mes mains sur ma bouche et je me suis retournée d'un coup, tournant le dos à Mathilda, mais toujours plantée devant la sortie comme une idiote.

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MessageSujet: Re: Lies, regrets and secrets { MATHILDA }   Mer 17 Nov - 19:26

Tandis que Katarina m’énumérait sans réelle conviction les constituants de son traitement, j’hochai simplement de la tête tout en cherchant ce dont j’avais besoin. Rapidement, j’eus tout les ingrédients en mains et me dirigeai déjà vers la sortie, adressant un dernier sourire à Katarina avant de sortir et rejoindre Ethan. J’aurais du moins fait cela si elle ne s’était pas soudainement plantée devant moi, l’air tout aussi paniquée que quelques instants plus tôt. Mon sourire s’évanouit aussitôt face à cette évidence qui me reprit à la gorge : Elle me mentait. Il y avait quelque chose, forcément, pour qu’elle réagisse de la sorte. Son « non » compulsif, répété trois fois de suite me donna la certitude de ne pas m’être trompée, de ne plus me tromper en tout cas. Elle avait réussi à m’endormir une minute mais à présent le doute était bel et bien éveillé en moi, attendant des explications un peu plus consistantes que celles qu’elle m’avait servi tantôt. Malheureusement, tout ce qu’elle trouva était de m’annoncer qu’Ethan dormait. Dit d’une voix un tantinet plus douce, plus sereine, la pilule serait peut-être passée. Sauf qu’elle ne passait pas, du tout, à présent. Katarina devait réellement me prendre pour une idiote à vouloir me faire croire que la raison de son refus si catégorique tenait simplement au sommeil de son mari. Personne n’aurait objecté aussi férocement pour ça, et encore moins elle. Je devinais la gravité du problème rien qu’à son visage, à ses traits tirés, crispés d’épouvantes à l’idée que je puisse me faufiler jusqu’à sa chambre et voir Ethan… Mais pourquoi ? Là était la véritable question, puisque celle du potentiel mensonge se révélait à présent élucidée. Pourquoi m’interdire la vue d’Ethan ? Certainement pas pour une simple grippe, en admettant même qu’il ai la grippe. Tout à coup, je me mis à fortement douter d’elle, ce qui me déstabilisait quelque peu puisqu’à l’ordinaire Katarina se montrait d’une franchise sans tâche. Visiblement, quelque chose l’avait suffisamment chamboulée pour qu’elle s’enferme ainsi dans le mensonge. Le mensonge… Inutile de préciser combien je haïssais cela. L’espace d’un instant, je lui en voulu de me cacher ses tourments, ses peurs, alors que j’avais toujours tenté d’être présente pour elle. Elle qui semblait si paniquée face à moi, comme hystérique. La situation prenait un aspect fort désagréable, la suite ne semblant pas plus joyeuse.

C’était d’ailleurs peu de le dire. Katarina fondit soudainement en larmes, totalement perturbée et aussitôt toute la rancœur que j’avais pu ressentir s’envola. Même si je n’appréciais guère la savoir hypocrite avec moi, je déplorais plus que tout de la voir dans cet état. Sa souffrance me frappa de plein fouet, et alors qu’elle se détournait de moi, plaquant ses mains sur sa bouche, je fis de même en me précipitant vers le bureau pour y lâcher tous mes flacons et retourner vers elle, la prenant doucement dans mes bras. J’avais légèrement hésité en passant mes bras autour d’elle, sentant très distinctement les tressaillements de ses sanglots étouffés. Ce que je souhaitais ? L’apaiser par ce geste, lui montrer d’une manière explicite que j’étais là pour elle qu’importe son tourment, aussi horrible soit-il. Si mon affection ne se portait pas à beaucoup de personnes, elle était néanmoins sincère et en l’occurrence, elle était tout à fait réelle. J’aimais beaucoup Katarina, et cela se voyait. Je faisais toujours preuve de douceur à son égard, ne me montrais que très rarement sèche ou froide. C’était déjà arrivé mais le plus souvent, ce n’avait été que passager. Je pris une profonde inspiration avant de la serrer tout à fait contre le moi, lui murmurant de se calmer, que ce n’était rien, que tout allait bien. En réalité je savais bien que ça n’allait pas bien, mais que vouliez-vous que je lui dise ? C’était le genre de phrase bateau qui malheureusement, ne procurait aucun réconfort mais qu’on ne pouvait s’empêcher de prononcer. Il n’y avait rien que je puisse faire pour elle sans savoir ce qui se passait, or elle semblait totalement incapable de prononcer le moindre mot. Les larmes s’abattaient toujours avec force sur ses joues. Je la lâchai alors pour lui faire face, tentant un sourire affectueux qui je l’espérais, lui faire un peu de bien. Sortant un paquet de mouchoirs de ma poche, je le lui tendis calmement.

« Tiens, essuie tes larmes. »

Croisant les bras sur ma poitrine, l’observant silencieusement tandis qu’elle s’exécutait. Je réfléchissais à la manière la plus douce d’aborder les choses, sans la forcer à me dévoiler ses craintes les plus personnelles, je ne pouvais demeurer ainsi dans le noir total. Son mensonge n’était certainement pas anodin, il y avait forcément un rapport avec Ethan mais je ne parvenais pas à voir ce que ça aurait pu être. Qu’aurait bien pu avoir Ethan pour que Katarina soit aussi perturbée ? J’avais beau retourner la situation dans tous les sens, aucune conclusion ne me venait, si bien que je laissais tomber. Il ne servait à rien que d’essayer de deviner la réponse, de toute manière je n’aurais jamais compris de moi-même. Je n’aurais jamais imaginé qu’elle puisse se jouer de moi et mettre en place une tromperie destinée à m’éloigner, alors imaginer sa cause se révélait quasi impossible. Au bout de quelques secondes, je fini néanmoins par prendre la parole. Ma voix était étrangement sereine, posée comme s’il avait s’agit d’une conversation banale, afin de ne pas la brusquer d’avantage. Pour la connaître depuis un certain temps déjà, je savais que la méthode douce était la meilleure avec Katarina, et que lui hurler dessus n’aurait rien donné.

« Ethan n’a pas la grippe, n’est ce pas ? »

Il y eut un long silence avant que je ne reprenne.

« De même que ta fatigue n’est en rien dû à l’allaitement de Lena… »

Au final ce n’étaient même pas des questions, mais bel et bien des affirmations. Il était inutile d’essayer de me persuader du contraire, il y avait anguille sous roche et j’étais bien décidée à comprendre. Tout simplement parce qu’il m’était difficile que de la voir dans un tel état alors qu’elle avait déjà traversé tant d’épreuves, difficile d’entrevoir un nouvel obstacle sur une route déjà grandement ravagée. Pourtant ils s’en étaient sortis, ils avaient réussi à reprendre une vie normale après tout ça et il était plus qu’injuste que de nouveau, tout s’écroule. Je la pris par la main, l’entraînant à mes côtés avant de lui tirer la chaise de mon bureau et l’y faire asseoir. Ca ressemblait de plus en plus à un interrogatoire, pourtant ce n’en était pas un. J’avais simplement peur qu’elle ne s’écroule, qu’elle ne tombe dans les pommes, qu’elle ne s’effondre sans que je puisse rien y faire. Alors, replaçai doucement une mèche de cheveux derrière mon oreille, plissant les yeux tandis que mon regard se perdait sur un point non défini du bureau. De toute évidence je n’étais pas très douée pour mettre les gens en confiance. Je devais pourtant essayer, quitte à me montrer insistante, impolie. Katarina était de mes amis et je refusais tout bonnement de fermer les yeux, faisant comme si je ne savais rien alors que c’était faux. A présent que nous en étions là, à présent que nous étions au pied du mur il n’y avait plus aucune autre issue que la vérité. De toute manière, j’aurais reconnu un nouveau mensonge. Je ne comptais plus me laisser duper. Je reportai mon attention sur elle, regardant avec tristesse les dégâts déjà engendrés.

« Tu sais que tu peux tout me dire Katarina, pourquoi ne me fais-tu pas confiance ? Ne me mens pas, ce n’est pas une malheureuse grippe la cause de cette attitude qui te ressemble si peu. Ce n’est pas une grippe, mais bel et bien un véritable problème, et visiblement tu as besoin d’aide… Laisse moi t’aider. Explique moi, dis moi la vérité. Ne serait-ce que pour te soulager de ce poids. »
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MessageSujet: Re: Lies, regrets and secrets { MATHILDA }   Jeu 18 Nov - 20:37

C'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Je n'en pouvais plus, ainsi suffisait-il d'un petit rien du tout pour me faire craquer et pour me faire perdre tout mon aplomb. C'était si facile de s'effondrer pour rien. J'avais tendance à accumuler les choses graves et importantes bêtement, et aussi était-ce une petite chose malheureuse qui faisait tout voler en éclats. Si j'étais restée calme et que j'avais simplement demandé à Mathilda de ne pas déranger Ethan parce qu'il dormait, j'étais sûre qu'elle m'aurait écoutée. Elle n'était pas bornée au point d'aller à l'encontre de mes instructions. Au lieu de cela je m'étais défendue pitoyablement, lui donnant ainsi mille raisons de ne pas me croire. Je m'étais aussi mal défendue qu'une personne coupable peut le faire. Le mensonge n'étant pas dans ma nature, j'avais certainement tendance à en faire des tonnes pour rien. J'avais ainsi perdu toute crédibilité face à Mathilda qui devait maintenant être sûre et certaine que j'avais un problème. Ce que je ne pouvais démentir maintenant que j'étais en larmes. Je m'en voulais d'avoir ainsi craqué. Mais ça avait été plus fort que moi. J'étais à bout, tout simplement. Maintenant, le problème était de retrouver mon aplomb. Et de continuer à mentir ? Oh non, nul besoin de se leurrer, je n'y arriverais pas très longtemps. Et puis Mathilda était mon amie, je n'aimais pas lui mentir de la sorte. Je me suis légèrement raidie en sentant ses bras autour de moi. Évidemment, comme n'importe quelle amie, elle essayait de me rassurer. Mais rien n'y faisait, je continuais à pleurer comme si une catastrophe terrible m'était tombée dessus à l'instant. Quoiqu'en y repensant, ma vie était comme une série de catastrophes en ce moment. Alors j'avais du mal à garder la tête haute, tout comme j'avais de plus en plus de mal à tout encaisser. J'avais besoin du soutien de quelqu'un, mais c'était moi qui devait soutenir quelqu'un. Les choses n'allaient jamais dans la bonne direction avec moi.

Quand Mathilda me tendit un paquet de mouchoirs pour que je sèche mes larmes, je restai figée une seconde, avant de m'en emparer finalement. Je sortis un mouchoir du paquet et je tamponnai mes yeux, avant d'essuyer franchement mes joues. Quelle idiote j'étais. À pleurer ainsi comme une enfant. Je ne pleurais pas souvent. Mais quand je pleurais, je ne faisais généralement pas semblant. Je ne faisais pas les choses à moitié. C'était ou tout, ou rien. Et là, c'était tout. Au fur et à mesure que j'essuyais mes yeux, d'autres larmes faisaient leur apparition, sans que je puisse rien faire pour les retenir. J'avais tellement honte de me montrer ainsi en spectacle. Ce n'était pas dans mes habitudes de présenter mes faiblesses. Surtout pas de cette façon. Les rares fois où j'avais pleuré ici, c'était presque exclusivement en présence d'Ethan. Je n'avais jamais bêtement fondu en larmes devant Mathilda, et surtout pas pour un rien. Elle me connaissait certainement assez pour savoir que je n'étais pas du genre à pleurer pour des futilités. Que c'était certainement quelque chose de grave qui me mettait dans un état pareil. Et elle aurait raison de le penser. Malheureusement. Je relevai les yeux vers elle lorsqu'elle m'affirma qu'Ethan n'avait pas la grippe et que je n'étais pas fatiguée à cause de l'allaitement de Lena. Elle avait, bien évidemment, visé juste.

« Non... Non, Ethan n'a pas la grippe. Mais il est malade. Je t'assure, il est vraiment malade. Mais s'il te plait, n'insiste pas pour aller le voir... »

Je n'essayais plus de lui mentir. De toute façon il était évident qu'elle avait deviné que je lui mentais. À quoi bon tenter de maintenir l'illusion ? Cela ne me serait d'aucun secours. Non, Ethan n'avait pas la grippe. Je ne niais pas avoir menti. J'avais joué la comédie, répandant cette rumeur pour calmer les curieux et les empêcher de venir y voir de plus près. C'était tout ce que j'avais trouvé pour expliquer l'isolement passager d'Ethan. Je ne pouvais pas crier sur tous les toits qu'il avait replongé dans la drogue. Parce que tout le monde connaissait son passé, et qu'il lui avait fallu des mois pour acquérir la confiance de tout le monde. Certains ici l'admiraient, et je ne voulais pas qu'il ait à devoir tout recommencer depuis le début. Il était assez seul comme ça... Docilement, je suis allée m'asseoir sur la chaise qu'elle m'avait tiré. Cela ressemblait très nettement à un interrogatoire, mais je n'avais pas la force de résister. Un peu inquiète, je jetai un coup d'oeil à Lena. Elle s'amusait gentiment avec sa petite peluche. J'eus un petit sourire triste, qui s'effaça bientôt, remplacé par une mine particulièrement sombre.

« J'aimerais pouvoir te dire la vérité. Tu n'imagines pas à quel point. Mais je ne peux pas. J'ai promis à Ethan. Et si tu savais... Tu le jugerais... »

J'avais promis de le protéger. Je n'avais pas imaginé à quel point il me serait difficile de tenir cette promesse. Ce n'était pas si évident que cela de protéger quelqu'un, même quand on aime cette personne à en mourir. Je n'avais jamais menti pour personne avant lui. Et je ne faisais pas une très bonne menteuse, force était de le constater. Je ne valais pas grand chose dans ce domaine là. Je détruisais peu à peu mon mensonge sans m'en rendre compte, menaçant de tout révéler malgré moi. J'aurais tellement aimé pouvoir demander conseil à quelqu'un. Mais qui n'aurait pas jugé Ethan ? Même moi je l'avais fait, cela avait été ma première réaction quand j'avais découvert qu'il se droguait de nouveau. Et moi j'étais amoureuse de lui. Je doutais sincèrement que Mathilda comprenne, par exemple, vu qu'elle avait en horreur la drogue et les drogués. Elle venait à peine de changer d'avis sur Ethan, je ne voulais pas tout détruire bêtement. Alexander, qu'aurait-il pensé ? Je ne savais pas trop... Mais il avait ses propres problèmes à gérer, il n'avait pas besoin des nôtres en plus. Mon père ? Même si nous ne nous étions pas disputés je ne lui aurait rien dit. Hors de question de lui servir sur un plateau d'argent sa petite victoire. Il considérait déjà Ethan comme un moins que rien de toute façon. Je n'avais nul besoin d'entendre ses discours moralisateurs. Non, il ne pourrait certainement pas comprendre. J'aurais peut-être pu me tourner vers Liam, mais ce dernier était très malade, m'avait appris Mathilda. Là encore, c'était une personne que je ne pouvais pas aider, me culpabilisant davantage. Je n'étais de toute façon bonne à rien en ce moment.

« Tout va terriblement mal depuis que j'ai fait cette fausse couche... Je m'en veux tellement de ne pas avoir su remarquer les symptômes d'une grossesse. C'est que je me sentais si mal à ce moment là. C'est de ma faute. Ce n'est pas une quelconque question de nature qui fait son travail. C'est ma faute... Ethan ne l'a pas supporté. Il s'est enfermé dans son mutisme, il s'est coupé du monde et il a fini par... »

Je me suis mordue la lèvre et j'ai secoué la tête.

« Ce n'est pas important... Tout ce qu'il y a à savoir c'est qu'il est malade. Mais je fais de mon mieux pour qu'il aille mieux. Bientôt, tout sera fini. Oui, tout sera terminé, et les choses reprendront leur cour normal... »

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Mathilda Johnson

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MessageSujet: Re: Lies, regrets and secrets { MATHILDA }   Dim 21 Nov - 13:30

Le mensonge, qu’elle belle chose que voilà. Pour ma part le mensonge faisait partie intégrante de mon être, sans pour autant ressembler à celui que Katarina venait de me servir. Le mien consistait à me faire passer pour ce que je n’étais pas, et force est d’avouer que je manipulais les apparences avec beaucoup plus de maîtrise qu’elle. Pourtant, j’étais quelqu’un de profondément honnête. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je ne me privais jamais d’énoncer la vérité, froide, implacable aux autres, et mon mensonge n’était destiné qu’à me protéger moi, sans faire de mal aux autres. Après tout qui se plaignait de mon attitude ? J’avais beau paraître fermée et revêche, cela ne faisait pas pour autant de moi quelqu’un d’insupportable. Disons que je connaissais les limites à ne pas dépasser pour me transformer en véritable monstre. Alors que Katarina venait très clairement de dépasser les limites avec moi. Pas que je lui veuille, non, mais je devais bien avouer que cette attitude me déstabilisait venant d’elle. Pour passer le plus clair de notre temps ensemble, nous commencions à nous connaître mutuellement. Si elle savait que je n’étais pas aussi dure que je voulais bien le laisser croire, je savais pour ma part qu’elle n’était pas fourbe ou lâche. Alors pourquoi mentir de cette manière ? Non, décidemment je ne parvenais pas à comprendre, à envisager réellement qu’elle puisse me mentir, à moi. Elle avait cependant bien vite laissé tomber l’illusion en m’avouant qu’en effet, Ethan ne souffrait pas d’une grippe. Le reste de sa supplication m’avait d’avantage interpellé, m’affirmant qu’il était bel et bien malade. Ainsi donc, Ethan était malade, mais pas d’une grippe, et je ne devais pas aller le voir. Tous ces éléments me paraissaient étranges, si bien que je me demandais de quelle sorte de maladie il pouvait bien souffrir. Après tout j’étais médecin, j’aurais bien pu lui porter main forte dans cette épreuve, quelle que soit le problème. J’avais l’habitude, même des maladies les plus difficiles. J’imaginais alors un tas d’horreurs, de positions indignes qui auraient pu justifier mon interdiction de visite. J’étais cependant bien loin de la vérité.

Pourtant, cette vérité m’effleura lorsque Katarina reprit la parole, après avoir essayé de l’encourager à parler. Visiblement, j’avais à peu près réussi, bien que le cœur du problème ne me soit toujours pas révélé. Et pourtant, quelque chose clochait. Une nouvelle fois, quelque chose me mit la puce à l’oreille. « Tu le jugerais ». Pour quel motif pourrais-je bien juger Ethan ? Je soignais tout un tas de trucs débiles, quoi qu’ait pu faire Ethan je ne l’aurais pas d’avantage jugé que les autres dont je me moquais éperdument. Mon travail ne consistait pas à réfléchir au pourquoi du comment, mais simplement faire en sorte que ça aille mieux. Autrefois lorsque je voyais passer des cœurs énormes, semblables à celui d’un bœuf, je ne me demandais pas si le patient s’était bourré de frites et d’hamburgers jusqu’à en faire une crise cardiaque. Je n’éprouvais même aucun jugement là-dessus, bien que ce soit tout à fait stupide comme attitude. Il n’y avait qu’à faire en sorte qu’il s’en sorte, qu’à se débrouiller pour lui sauver la vie. Ca peut paraître simpliste comme attitude, mais c’était en tout cas la mienne. Alors non, je ne comprenais pas. Mon incompréhension était même si grande que je fus incapable de répondre quoi que ce soit, et qu’elle enchaîna donc sans réaction visible de ma part. Lorsqu’elle parla de nouveau de sa fausse couche, je ne pu m’empêcher d’afficher une mine plus que désolée. Bien malgré ses affirmations, il s’agissait purement d’un automatisme de la nature. C’était cruel, oui, mais il n’y avait rien à faire. Qu’elle n’ai pas reconnu les symptômes plus tôt était peut-être mieux au final. Au moins, elle n’avait pas eu le temps de s’attacher trop à son bébé, de l’imaginer, de l’aimer déjà. Même si c’était dur, il fallait admettre que son corps n’était pas prêt à héberger un nouveau petit être. Il était à l’époque bien trop abîmé, affaibli pour cela. N’importe quel médecin l’aurait confirmé, Katarina n’était pas apte à supporter cela, car malgré la féerie d’une grossesse, cet événement demeurait particulièrement rude pour le corps d’une femme, à fortiori dans le contexte actuel des choses. Non, ce n’était pas de sa faute, absolument pas même. Il fallait qu’elle se rende à l’évidence, bien que cela soit particulièrement dur.

« …Ethan ne l'a pas supporté. Il s'est enfermé dans son mutisme, il s'est coupé du monde et il a fini par... »

Par ? J’étais suspendue à ses lèvres, attendant le dénouement final de cette phrase qui, je le savais, allait m’apporter la réponse à toutes mes questions. Malheureusement, réalisant certainement qu’elle se trouvait sur le point de cracher le morceau, Katarina se mordit la lèvre comme pour se faire taire puis secoua la tête. Je soupirai, me reculant légèrement. Je ne supportais plus cette situation d’attente, de suspicion, de méfiance. Je ne supportais pas de devoir agir de la sorte avec elle, et pourtant elle m’y forçait. J’avais la nette impression de comprendre au fond de moi, sans pourtant réussir à mettre de mot sur mon pressentiment. Ce n’était pas vraiment un pressentiment en fait, plutôt la sensation de posséder toutes les pièces d’un puzzle sans pouvoir pour autant le reconstituer. Il suffisait que je réfléchisse, que je tente toutes les possibilités. Silencieusement, je réunissais tous les éléments de l’énigme : Ethan était réellement malade. Je ne devais cependant pas le voir, parce que j’allais le juger. Après la fausse couche il a fait quelque chose, quelque chose qui perturbait au plus au point Katarina… Il avait craqué. Il était malade. J’allais le juger. Trois phrases qui me figèrent d’horreur. Non… Ca ne pouvait pas être ça, tout mais pas ça… Et pourtant, rien d’autre ne me venait à l’esprit, c’était comme une évidence. Ethan avait replongé. Il avait de nouveau prit de la drogue. Voilà pourquoi j’étais sensée devoir le juger, voilà pourquoi Katarina ne voulait pas que je le vois. Elle savait que j’aurais immédiatement compris qu’il ne s’agissait ni d’une grippe, ni d’une toute autre maladie semblable. Je ne saurais dire ce que je ressentais réellement. Un mélange d’horreur, d’étonnement, de peur, de colère, de dégoût, de compassion. Pour avoir toute ma vie durant souffert des ravages de la drogue, je haïssais purement et simplement les camés. A mes yeux ils n’étaient que lâches, menteurs, indignes de confiance. A mes yeux aucun ne pouvait rattraper l’autre, et Ethan fut une véritable stupéfaction pour moi. Ethan, en qui je ne croyais absolument pas et qui, contre toute attente, s’était révélé à la hauteur des espérances de sa femme. Très sincèrement, j’avais plus qu’ardemment déploré l’union de cette si gentille Kat avec Ethan, dont seule l’addiction m’apparaissait. Cependant, il aurait été hypocrite de ma part que de dire qu’il ne méritait pas ma confiance. Il avait commencé par se désintoxiquer, puis son mariage fut une réussite qui déboucha sur la magnifique Lena. Il avait toujours été présent, fort pour sa femme, puis pour sa fille. Il se montrait bon père, comme bon mari. Pour moi ça avait été particulièrement dur à avaler, mais finalement, devais-je m’en plaindre ? Ethan était profondément différent des autres à mes yeux, et aujourd’hui il avait mon soutien entier.

Alors admettre qu’il ait rechuté me laissait un goût particulièrement amer dans la bouche. Il possédait ma confiance, mon affection, mais elles n’étaient pas destinées à un junkie. J’appréciais le Ethan aimant, protecteur envers sa famille. L’image de lui entrain de se pencher sur un rail de coke me donnait la nausée. Cette aversion pour la drogue remontait à ma tendre enfance, et le mensonge de Katarina ne faisait que renforcer cette impression de retour dans le passé. J’étais jeune, trop jeune pour comprendre qu’un de mes frères se droguait. Trop jeune pour imaginer que l’autre puisse le protéger en gardant le silence. Trop jeune que la mort de l’un, par overdose, avait engendrée la mort de l’autre, un suicide. Sa conscience n’avait certainement pas tenu le coup, il avait sans doute imaginé que s’il l’avait dit, nous aurions pu le soigner. Oui nous aurions pu, mais c’était trop tard. Trop tard. Il était mort, et je n’avais certainement pas l’intention de laisser mourir Ethan comme mon frère était mort en affectant ne rien savoir. Je ne comptais pas lui cracher dessus non plus. Après tout, je comprenais pourquoi. Je comprenais qu’il ait pu craqué suite aux événements insupportables qui étaient survenus récemment. Aussi étrange que cela puisse paraître, je comprenais pour la première fois comment on pouvait en arriver à se droguer, et j’en ressentais une profonde compassion. La colère avait disparu pour le laisser que cette peine, ce regret. J’étais incapable d’en vouloir à Ethan pour sa rechute. Après toutes les épreuves, toutes les tortures, je savais qu’il avait tenté d’être fort. Je savais qu’au fond il l’était, mais que les Hommes tombent tous un jour ou l’autre. Il suffisait de les aider à se relever. Il suffisait de s’en donner la peine, et rien que pour le souvenir de cet Ethan doux, affectueux, sensible, je devais faire quelque chose. Je devais aider Katarina à retrouver son mari, et non pas ce fantôme de ce qu’il était autrefois. Je pris une profonde inspiration afin de me remettre les idées au clair. Cette déduction m’affectait plus que je n’aurais bien aimé le laisser paraître, mais je n’avais pas le choix. Ni le temps de me morfondre.

« Bientôt ? Bientôt… Ce n’est pas vraiment le mot que j’emploierais. »

Je baissai les yeux avant de secouer la tête d’un air désolé. Ma voix se fit moins certaine, moins franche.

« Tu sais aussi bien que moi qu’une cure de désintoxication ne s’effectue pas en quelques jours… D’ailleurs le prétexte de la grippe tombera bien vite à l’eau. »

Sans doute son visage se serait-il décomposé s’il ne l’était pas déjà. En tout cas, je soupirai avant de reporter mon regard sur elle. J’étais d’avantage navrée de connaître la vérité que soulagée en réalité, seulement il fallait se rendre à l’évidence : J’aurais forcément fini par comprendre. Mieux valait-il que ce soit maintenant. Je lui adressai un sourire plein de douceur avant de continuer.

« Katarina, ma chérie… N’essaie pas de me mentir encore. C’est la seule raison qui pourrait faire que de un tu refuses que je le voie, et de deux que je puisse le juger. Pourtant je ne le juge pas, non… Je suis juste désolée. Profondément désolée. »

Et c’était vrai. Même si au départ Ethan et moi ne nous entendions pas de part son problème d’addiction, désormais j’arrivais à prendre conscience des efforts qu’il avait fourni, ainsi que de sa volonté à arrêter. Je savais que s’il avait de nouveau prit de la drogue, ce n’était que parce qu’en ce moment tout, absolument tout, allait mal pour eux. Je savais combien c’était dur et combien quelqu’un de déjà stable avait du mal à le gérer. Katarina avait des nerfs solides, elle ne se laissait pas aller pour un rien, et pourtant elle était au plus bas. Ethan se révélait bien plus fragile, bien qu’il ne veuille pas le montrer. Je comprenais mieux pourquoi Katarina m’avait menti. Je comprenais mieux son dégoût à m’avouer la vérité. Tout laissait présager que j’allais de nouveau cracher sur son mari en lui annonçant, plein de fourberie « tu vois, je te l’avais bien dis ! » Mais non. Non, ce n’était pas du tout ça. Au contraire, j’allais tout faire pour que personne ne le sache et que personne ne comprenne. Parce qu’il le fallait, parce que le mensonge était en effet absolument nécessaire. Ethan avait eu du mal à se faire parfaitement respecter, beaucoup le considérait uniquement comme un ancien drogué faible et inapte à diriger la communauté, mais c’était faux. Il lui avait fallu du temps pour bien faire comprendre aux gens qu’il s’en était sorti mais surtout qu’il était un bon leader. Si la nouvelle de sa rechute se répandait, tous ses efforts se verraient réduits à néant. Et je ne pouvais le tolérer. Je me levai alors du bureau pour m’accroupir face à Katarina, prenant ses mains tremblantes dans les siennes. J’avais parfaitement conscience de l’enjeu, de l’ampleur du problème mais j’étais douée pour stopper les hémorragies. Il suffisait qu’elle accepte mon aide.

« Ecoute-moi, tu sais ô combien j’ai désapprouvé votre union, et tu sais pourquoi. Aujourd’hui la situation est cependant bien différente, et crois-moi, je ne lui en veux pas, pas plus que je ne t’en veux à toi. Nous ne devons pas laisser quiconque découvrir ce qui se passe réellement parce que ça nuirait trop à Ethan… Je vais t’aider. Ensemble, on va mener cette cure à bout, sans que personne ne se rende compte de rien. Tu verras, il sera vite sur pieds, mais pas si tu t’en occupes seule. Regarde toi, tu es épuisée, tu as besoin de repos. On va alterner les gardes, comme on le fait ici. Mais… La grippe n’est définitivement pas un bon prétexte. Une mauvaise grippe ne dure que quelques semaines grand maximum, là… Je crois qu’on aura besoin de plus de temps. »

Je soupirai de nouveau avant de me tourner vers la porte close de la réserve, dans laquelle se trouvait Liam. Le pauvre… Il allait nous servir d’alibi. Je me tournai de nouveau vers Katarina, lui désignant d’un signe de tête la réserve.

« Tu sais que Liam est très malade… Vraiment très malade. C’est clair qu’il ne sortira pas d’ici avant un bon mois, en admettant qu’il sorte un jour… Je ne sais pas ce qu’il a. C’est juste inexplicable, mais en tout cas personne appart moi n’a le droit de l’approcher. Même pas toi, c’est pour dire. Admettons qu’Ethan soit allé le voir avant que je ne le mette en quarantaine, admettons qu’il soit à son tour tombé malade… Personne mis appart nous n’aura le droit de l’approcher avant un bon moment. Personne n’aura même envie de le faire pour peu qu’on décrive les symptômes. Admettons maintenant que cette maladie se manifeste comme une grippe avant de dégénérer… Ethan aura la paix pour un bon moment. Seulement, ça implique forcément d’en parler à Alexander. Je le connais, il finira forcément par me demander si le risque d’épidémie est fort, et je ne peux lui mentir. Mais je suppose qu’il n’est pas encore au courant, n’est-ce pas ?... »
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Lies, regrets and secrets { MATHILDA }   Mer 24 Nov - 21:33

C'était comme un interrogatoire de police, à ceci près que Mathilda était mon amie, une amie précieuse, à qui il me coutait beaucoup de mentir. Il faut dire qu'elle avait toujours été là pour moi. Quand j'étais arrivée, elle avait tout de suite acceptée de me prendre sous son aile, de continuer à m'enseigner la médecine. Ensuite, quand les choses avaient été de travers entre Ethan et moi, elle avait été présente et prête à m'épauler, même si à cette époque j'avais été un peu trop fière pour accepter son aide, idiote que j'étais. Naïve aussi. Quand j'étais tombée enceinte, elle avait tout de suite pris en charge ma grossesse, s'assurant sans cesse que j'allais bien, ainsi que le bébé. Elle m'avait empêchée d'accoucher prématurément à sept mois alors que j'avais des contractions, et le moment venu elle avait été là pour moi, et pour aider Lena à venir au monde en parfaite sécurité. Pas une seule fois elle ne m'avait fait défaut. Et moi j'étais là, à essayer de lui mentir, à essayer de lui cacher lâchement une vérité qui faisait bien plus mal que je ne voulais bien l'admettre. Oui, Ethan avait rechuté après ma fausse couche et j'avais été incapable d'empêcher ça. Quelque part je me sentais coupable. Mais maintenant c'était trop tard, c'était fait et le plus dur restait à venir. Je m'efforçais de tenir le coup, jonglant du mieux que je pouvais entre lui et Lena, évitant mon père au maximum... Toutes ces choses étaient difficiles pour moi, mais je refusais de m'avouer que c'était plus que je ne pouvais en supporter. C'était comme ça, je ne pouvais rien y faire.

Je relevais les yeux vers Mathilda, affichant un air un peu surpris quand elle remit en cause mon « bientôt ». Comment pouvait-elle savoir ? Elle ne savait pas de quoi je parlais et... J'ai écarquillé les yeux d'effroi et je suis devenue blême, si tant est que ce fut possible. Mon cerveau mit un certain temps à analyser et à comprendre ce qu'elle venait de me dire. Je crus fondre en larmes une seconde fois, réalisant que malgré toutes mes tentatives de lui cacher la vérité, elle avait deviné. Tout. Qu'Ethan avait fait une rechute. Que j'essayais comme je le pouvais de le désintoxiquer. Encore. Que pouvait-elle bien penser maintenant ? Que c'était bien fait pour moi, que je l'avais cherché, que c'est forcément ce qui arrive quand on épouse un junkie ? Je ne savais pas pourquoi, elle avait toujours éprouvé une certaine haine à leur égard, plus importante que celle que devraient ressentir les gens normaux. Je n'avais pas besoin d'entendre un jugement de plus sur Ethan. J'en avais assez entendu. Je n'avais pas besoin de ça, j'avais besoin... d'aide ? Non, non... J'avais promis à Ethan que personne n'en saurait rien, promis que je serais la seule à veiller sur lui... Je voulais tenir ma promesse, ne pas le décevoir... Mais Mathilda avait raison, le prétexte de la grippe ne tiendrait pas éternellement, d'autant plus que je ne savais pas vraiment comment tourneraient les choses, combien de temps Ethan mettrait à se remettre... Mais c'était ma seule excuse pour le moment. Je n'en avais aucune autre. Je ne pouvais pas dire la vérité. Non, cette fois elle ne serait pas bonne. La dire ce serait faire du mal à Ethan indirectement en l'exposant aux jugements et aux critiques... Il en avait assez vu, il en avait assez supporté. Je ne devais pas laisser les choses s'empirer.

J'ai séché les larmes qui avait malgré moi coulé sur mes joues, avant d'afficher un air surpris. Elle disait qu'elle ne le jugeait pas. Elle disait qu'elle était juste désolée... Je ne savais pas ce qui était pire. Inspirer du dégout ou de la pitié ? En ce moment, tout le monde me regardait avec pitié, et c'était presque pire je dirais. La rumeur de ma fausse couche s'était rapidement répandue, peut-être trop rapidement même. Je ne supportais plus d'entendre les gens se taire dès que j'approchais, comme si je n'avais pas compris que c'était de moi que l'on parlait, moi que l'on plaignait... C'était loin d'être agréable. J'aurais préféré que les gens soient totalement indifférents à mon malheur. J'eus un sursaut quand Mathilda vint s'agenouiller devant moi, avant de prendre mes mains tremblantes entre les siennes. Je ne pus que la regarder avec un air complètement ahuri quand elle me dit carrément qu'elle allait m'aider à garder le secret d'Ethan. Je l'ai regardée la bouche grande ouverte, me demandant un instant si je n'avais pas moi aussi des hallucinations. Cependant, je me voyais obligée de la détromper sur une chose. J'ai secoué la tête doucement, avant de me passer une main dans les cheveux et d'ensuite appuyer ma tête sur ma main, un air las sur le visage.

« Il... Il ne veut voir que moi. Rappelle toi... Dès que quelqu'un d'autre l'approche il panique et il devient agressif... Il ne voudra pas te voir... Mais ça ne veut pas dire que moi, je ne veux pas de ton aide et de tes conseils. »

J'ai soupiré, puis je me suis levée. J'avais un peu la nausée subitement. Un peu d'air frais n'aurait pas pu me faire de mal, mais je n'aurais malheureusement pas ce luxe... Alors j'ai été prendre Lena dans mes bras. C'était elle qui s'apparentait le plus à une bouffée d'air frais ici.

« Je ne sais plus quoi faire... Tout ce que je peux faire c'est le rassurer, le rafraichir, le calmer, lui éviter de tomber malade... Qu'est-ce que je peux faire d'autre ? Nous n'avons rien pour ce genre de chose là... Et j'ai peur de ne rien pouvoir faire de suffisant. »

J'ai suivi le regard de Mathilda quand elle s'est tournée vers la porte de la réserve. Je savais que c'était là qu'était Liam, isolé de force du reste de la communauté, parce qu'il était très malade et que de toute évidence elle ne parvenait pas à trouver ce qui n'allait pas chez lui. Il faut dire que sans matériel médical la chose n'était pas particulièrement aisée... Le pauvre. Je me rendais compte que je n'avais même pas pensé à prendre de ses nouvelles, trop préoccupée par un millier d'autres choses en ce moment. J'eus néanmoins un pincement au cœur. Je savais qu'Ethan et lui étaient proches, et j'aurais été peinée qu'il... Non, il ne fallait pas penser de telles choses... Mathilda, elle, semblait avoir songé à autre chose. Elle voulait nous donner un... alibi ? Elle était décidément plus terre à terre que moi et elle avait de meilleures idées. Heureusement qu'elle était là... Elle avait aussi raison en ce qui concernait Alexander. Il finirait par poser des questions, oui. Après tout c'était son rôle de leader... Mais cela n'arrangeait pas vraiment mes affaires. J'eus un soupir, avant d'embrasser doucement les cheveux de Lena et de poser mon menton sur sa petite tête.

« Je me chargerai d'Alexander... Donne moi juste une semaine, ou deux, le temps de voir comment les choses évoluent, comment... S'il te plait. J'ai juste besoin d'un tout petit peu de temps. Et j'avais promis à Ethan de ne rien dire à personne, je... je voulais tellement le protéger cette fois. »

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MessageSujet: Re: Lies, regrets and secrets { MATHILDA }   Mer 1 Déc - 14:37

Il était une certitude dont je ne démordrai pas : si Alexander avait été au courant pour Ethan, Katarina n'aurait pas l'air si fatiguée, pour la simple et bonne raison que notre leader l'aurait aidé et qu'ainsi, elle aurait pu d'avantage se reposer en prenant appui sur lui. Ce n'était pas nouveau, Alexander avait toujours fait preuve d'une grande humanité et d'une générosité sans tâche, pour n'importe qui il se montrait présent alors j'imaginais qu'il l'aurait été d'avantage encore pour eux. Bien qu'Ethan et lui semblaient s'être éloignés depuis quelques temps, leur amitié n'était à mes yeux pas réellement compromise. Alors non, Alexander ne devait pas être du secret, et Katarina assumait comme elle le pouvait cette nouvelle épreuve, seule. A cette idée, un sombre agacement s'empara de moi, si bien que je ne pu réfréner un soupir lorsqu'elle finit par approuver mes paroles. Pourquoi vouloir à ce point tout gérer toute seule, alors qu'elle était déjà si usée par les événements derniers ? Certes, la rechute de son mari représentait un secret à ne dévoiler qu'en cas de dernier recourt, mais Alexander était de loin une personne de confiance, et son aide n'aurait à mon avis pas pu porter préjudice à Ethan. Même si ce dernier refusait de voir quiconque appart sa femme, à un moment ou un autre elle finirait par craquer, c'était inévitable. La vision de ce visage aux traits déjà si tirés alors que ce n'était que le commencement me confortait dans mon idée. Katarina me demandait de ne rien dire, de ne pas prévenir Alexander avant quelques semaines, or j'étais peu certaine qu'elle tienne jusque là. Combien de temps prenait une désintoxication ? C'était variable, il n'existait aucune certitude médicale à ce sujet. Cela dépendait surtout de la motivation du patient, comme pour la cigarette ou l'alcool, il nécessitait une envie réelle pour s'en sortir totalement. Bien sûr, la cocaïne possédait un pouvoir addictif beaucoup plus puissant, aussi le désir d'en finir devait s'en faire d'autant plus violent mais cela revenait au même. Sans courage, sans force de caractère, personne n'était capable d'en terminer avec une addiction. Malheureusement, je ne savais pas jusqu'à quel point Ethan était près à aller pour se purger totalement de ses vices. La première fois, c'était en grande partie grâce à Katarina qu'il s'en était sorti, or cette dernière présentait si peu de force encore que j'en étais très sincèrement inquiète. Pour elle, pour lui, je ne savais pas très bien quoi penser ou quoi faire. J'aurais pu me charger d'Ethan, mais connaissant ce dernier il était vrai que sa réaction aurait très certainement été négative, alors autant oublier.

Pourtant, j'étais certaine de pouvoir l'aider, mieux que Katarina même. A la différence de cette dernière, je n'aurais jamais cillé face à un homme complètement perdu, je n'aurais jamais plié à ses caprices et ses plaintes. Une absence froide de compassion, bien qu'il soit mon ami, aurait été mon unique attitude. Comme pour Liam, que j'appréciais pourtant, je n'aurais pas cherché à le réconforter ou lui apporter douceur. Un patient n'avait pas besoin de telles choses, il n'avait pas besoin que l'on se laisse entrainer par nos propres sentiments qui invariablement risqueraient de lui porter préjudice. En éprouvant de la sympathie pour une personne que l'on doit guérir, un médecin pourrait facilement lui nuire en faisant de mauvais choix, altérés par son sentiment d'attachement et d'amitié. Lorsque je me trouvais en présence de Liam, et bien que son état soit désastreux, je n'éprouvais pas une once de compassion, ni même de tristesse à son égard et je m'étais toujours appliquée à entretenir cette distance nécessaire avec mes patients. Ce n'était que lorsque je ressortais de la réserve, lorsque je l'abandonnais à son sort tout en sachant que ses jours étaient comptés que je me rendais compte que bientôt, je perdrai un ami cher. Alors seulement me gagnait la peine, le remord et la colère face à cette incapacité de changer les événements, cette impossibilité de le sauver alors que bon sang, j'avais quand même fait une dizaine d'années d'études pour ça. Parfois, l'impuissance d'un médecin atteint de telles proportions qu'il serait près à faire n'importe quoi pour changer de métier, pour peu que ce changement lui apporte la satisfaction de servir à quelque chose un peu plus souvent. Après tout, mis appart veiller Liam, que pouvais-je faire ? Chacun de mes gestes lui était douloureux, chacune de mes tentatives d'apaisement empirait les choses. Non, je ne pouvais absolument rien faire pour lui, mais pour Ethan, je savais que quelque chose était possible. Je savais qu'en l'empêchant de se droguer de nouveau, en le surveillant nuit et jour, en lui refusant la moindre dose, il finirait par s'en sortir. Ce serait long et laborieux, exténuant mais céder revenait à empirer les choses alors non, sa femme n'était peut-être pas la meilleure personne capable de le soigner. J'espérais ardemment me tromper, j'espérais qu'elle ne faisait preuve d'aucune douceur ou d'aucun ménagement car la méthode douce, bien que très attrayante, menait rarement à une guérison. Avec un drogué, il faut être d'une poigne de fer et d'un détachement total.

« Ce n'est pas en te détruisant la santé que tu protégeras Ethan. Tu as besoin d'aide, quoi que tu puisses en dire. Regarde toi juste une minute, et ose me dire que tout va bien une nouvelle fois. Non, tout ne va pas bien, et ça ira en se dégradant. Lena a besoin de toi aussi, songe que ta fatigue, ton état moral, tout cela joue sur elle également et qu'en poursuivant sur cette route, toute ta famille s'en verra affaiblie. Tu n'es pas seule Katarina, et Ethan non plus. »

Je l'avais observé se lever pour prendre Lena dans ses bras, remarquant au passage avec le plus grand soulagement qu'elle ne tremblait plus. Au moins, j'étais parvenue à l'apaiser, ne serait-ce que physiquement. L'hystérie des minutes passées semblait évanouie, et c'était pour le mieux. Cependant, je ne parvenais toujours pas à admettre qu'elle s'en tirerait seule. Il fallait absolument qu'elle se décide à lâcher prise, qu'elle comprenne que malgré toute sa bonne volonté, elle n'était pas en mesure de gérer une telle chose en totale autarcie. Malheureusement, ce fut au moment où j'allais reprendre mon essai de la convaincre que j'entendis Liam tousser bruyamment, semblant presque s'étouffer. Il s'était donc réveillé, et cela n'avait rien de très surprenant en songeant au bruit du plateau de médicaments qui s'était quelques minutes plus tôt écrasé au sol. Je soupirai, avant de me diriger vers l'évier et prendre un verre que je remplis d'eau. Tout en faisant cela, je m'excusai rapidement :

« J'en ai pour une minute, de toute façon je ne peux rien faire de particulier mais réfléchis à ce que je viens de te dire. Tu peux jouer la comédie tant que l'excuse de la grippe tiendra, mais après cela, va voir Alexander. Il est le meilleur pilier que je connaisse, et très sincèrement... Il ferait n'importe quoi pour vous aider, tout comme moi. On est là, et à nous trois on peut largement venir à bout de n'importe quelle désintoxication. »

Je tentai un maigre sourire, avant de m'en aller directement dans la réserve voir Liam qui crachait ses poumons. Aussitôt, je redevins cette Mathilda froide et lisse que la souffrance des autres ne tâchait pas. Je m'avançai vers son lit, lui tendant mon verre d'eau qu'il saisit d'une main tremblante, entre deux crises de toux. Il bu quelques gorgées, avant de me rendre le verre, me remerciant d'un trop faible sourire qui m'informait bien suffisamment de son état de santé. Il souffrait, c'était visible et pourtant je ne possédais aucun remède à son mal. Alors, saisissant mon carnet posé non loin, je notai rapidement l'heure et la quantité approximative d'eau bue sans rejet, pour le moment. D'une voix à la rigidité désespérante je lui demandai s'il avait toujours d'aussi violents maux de tête tandis qu'il se laissait retomber sous les couches impressionnantes de couvertures qui tentaient vainement de faire baisser sa fièvre, bien que cela soit totalement dérisoire. D'un simple hochement de tête il confirma, avant de fermer les yeux et soupirer difficilement. Je ne pouvais rien faire. Absolument rien. Je ne pensais pas que sa maladie soit contagieuse, auquel cas m'en verrais-je moi-même déjà victime, cependant je préférais le maintenir en quarantaine pour une simple raison de repos. Et puis, personne n'avait besoin de le voir dans cet état là, même pas les jumeaux. Liam était pâle, constamment en sueur, considérablement amaigri mais surtout désespérément faible et le moindre mot lui était difficile. Non, personne n'avait besoin de constater à quel point il souffrait et à quel point j'étais impuissante face à sa souffrance. En dépit de tout mon travail, je ne parvenais pas à trouver. Sentant progressivement une vague de remords m'assaillir, je décidai de m'en aller sans un mot de plus, rapportant avec moi le verre que j'allai directement vider puis nettoyer. Je me tournai alors vers Katarina, croisant les bras sur ma poitrine. Finalement, je haussai doucement les épaules avant de soupirer de nouveau et me frotter le visage avec lassitude.

« Moi aussi j'ai des choses à dire à Alexander... Liam ne tiendra pas le coup très longtemps, je crois que je devrais le prévenir. Les jumeaux... Quel gâchis. »

Je m'étais presque parlé à moi-même, réfléchissant à haute voix sur les événements futurs. J'étais las, usée moi aussi bien que cela ne se soit vu que l'espace de quelques secondes. Je repris de l'aplomb avant de retourner à mon bureau et m'y asseoir, décidée à ne plus laisser mes émotions fracturer trop férocement mon masque de fer.

« Qu'est ce que tu comptes faire maintenant ? Continuer à maintenir la tête d'Ethan hors de l'eau alors que tu te noies toi-même, ignorant les bouées de sauvetage qui te sont offertes ? »

Demandai-je d'une voix pleine d'armertume, alors que je me noyais également, entrainée vers les bas fonds par la souffrance de Liam.

HJ : Désolée pour cette réponse des plus nulles, j'aurais volontiers fait mieux mais après avoir perdu ma première, la motivation n'était plus vraiment là... J'espère que ça suffira pour répondre.
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Lies, regrets and secrets { MATHILDA }
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