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 I just want to forget all my mistakes [PV Katarina]

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MessageSujet: I just want to forget all my mistakes [PV Katarina]   Mer 17 Nov - 10:59

Cela faisait cinq jours que je n'étais plus bon à rien, tournant en rond dans la Communauté, obéissant vaguement lorsqu'on m'interpellait. Je ne prenais plus aucune initiative, laissais les choses se déliter autour de moi, me contentant d'agir aux appels exaspérés des diverses personnes qui avaient besoin de moi. Sinon, je restais perpétuellement dans ma chambre, me mettant spontanément à l'écart des autres lors des horaires communs. De toute façon, personne ne m'appréciait, personne ne m'avait jamais apprécié ici, et je pouvais pathétiquement me vautrer dans mon chagrin en toute liberté. Inessa avait réussi l'exploit de m'ôter toute combativité en un tournemain. J'avais déjà perdu Katarina, maintenant que je n'avais plus la seule amie qui me restait, plus rien ne me donnait envie de vivre. Et l'ironie de la chose, finalement, c'était bel et bien que j'avais perdu les deux femmes de ma vie entièrement par ma faute.

Pourquoi, pourquoi m'étais-je emporté ainsi contre Katarina ? Que croyait-elle de moi à présent ? Comment avais-je pu perdre mon sang-froid à ce point ?

Et bien à mon insu, sans que je l'eusse cru possible, j'aimais Inessa à présent. Inessa, pas une simple image. Je m'en étais rendu compte un peu trop tard.

Elles étaient parties, toutes les deux. Que me restait-il ? Une vague idée de vengeance contre Armando. Et comment était-ce seulement imaginable ? Je ne pourrais pas l'atteindre, avec tous les singes qui le gardaient. Alors je laissais tomber, vivant ma vie sans but, traversant les jours sans vraiment le réaliser.

Aujourd'hui, cependant, un événement m'avait quelque peu réveillé. Alors que j'avais évité Katarina, lâchement, depuis notre effroyable dispute, me réfugiant dans les bras d'Inessa pour essayer d'oublier, on m'avait demandé de remonter des médicaments de la réserve pour l'infirmerie. J'avais deviné que cet ordre ingrat était passé de personne en personne jusqu'à ce que l'on trouve un pigeon qui s'y collât sans râler, mais cela faisait longtemps que je ne protestais plus contre ce genre de demande. Ce qui m'inquiétait, finalement, c'était de croiser de nouveau le regard chargé de rancoeur de ma fille. Mais pouvais-je lui donner tort ?

Seulement, une fois arrivé à la réserve, derrière le carton que je devais remonter, je vis quelques bouteilles d'alcool, dont deux dotées d'un nom qui me fit éclater d'un rire sans joie. De la vodka ! Ah, ah ! De la vodka aux Etats-Unis, ça devait être une mauvaise farce. Ce souvenir si incongru de mon pays natal ma parut terriblement mal placé. Je décidai de vérifier si c'était au moins de la vraie vodka. De toute façon, au point où j'en étais, ça ne changerait pas grand-chose. Peut-être même que ça m'améliorerait. Peut-être que ça me donnerait le courage d'aller chercher Armando par la peau du cul.

Je fis la grimace dès la première gorgée. Dégueulasse. Enfin, ça restait de l'alcool, et la brûlure se répandant à travers mon corps me fit du bien. Affalé sur une chaise à moitié détruite, je continuai de boire à longues gorgées, et me retrouvai rapidement plus ivre qu'un polonais. Ironique pour un russe. Tiens, d'ailleurs, d'où venait cette expression stupide ? Pas que je m'en vante, mais à mon avis, il y avait plus d'alcooliques chez les russes que chez les polonais. Moi, en tout cas, je n'étais pas alcoolique. Je n'avais même jamais été ivre de ma vie - quand on travaillait dans la mafia, on restait toujours sur ses gardes, et ça impliquait de ne pas faire la fiesta tous les soirs - mais je me rendais compte que finalement, c'était plutôt délassant. On ne pensait plus à rien, on oubliait ses problèmes, on flottait dans sa bulle, on était bien. Dans ma bulle, je n'avais pas insulté Katarina, Inessa ne trouvait pas cette photo de Sonja, Ethan était écrasé par la dernière ligne de métro qui fonctionnait encore, et Lena me préférait à tout autre baby-sitter. Pas mal. Etant donné mon peu d'entraînement avec l'alcool, j'avais pu expérimenter cet état en dix minutes top chrono. J'avais complètement oublié ce que j'étais venu faire ici, et je m'en foutais. J'avais enfin une pause, j'arrivais enfin à me détendre.

Quand Katarina descendit dans la réserve, la première bouteille était finie depuis longtemps, et la deuxième n'était plus qu'aux deux-tiers pleine. Je la regardai d'un oeil vitreux et marmonnai d'une voix pâteuse :

- Tes arem... amar... américains sont vraiment des abrutis. Quitte à importer de la vodka, ils pourraient au moins en choisir de la bonne !

Je laissai choir la bouteille qui roula au sol, perdant au passage une bonne moitié de son contenu, et m'affaissai de nouveau sur la chaise, le regard dans le vide, droit devant moi.

- Inessa est partie, repris-je d'une voix sourde. Tu as vu qu'elle était partie ? Ou tu n'en as plus rien à foutre des problèmes de ton vieux père ?

Je réalisais vaguement que ce n'était pas en me voyant dans cet état qu'elle deviendrait compréhensive, mais à ce stade-là, j'avais bien trop bu pour y prêter grande importance. De toute façon, à quoi bon ? C'était trop tard. Alors hein, peu importait ce que je faisais ou comment j'étais. J'étais... tout seul. Je fus pris soudain du besoin impérieux de le lui dire. Tentative désespérée de culpabilisation.

- Je suis tout seul, balbutiai-je bêtement. Je n'ai plus ma femme (un premier doigt brandi sentencieusement), je n'ai plus ma fille (deuxième doigt accusateur), je n'ai plus ma... p-petite-fille !

Troisième doigt, que je regardai tristement avant d'abaisser ma main.

- Tu es contente, maintenant ? demandai-je les larmes aux yeux.

Je ne savais pas trop si je parlais de Sonja ou d'Inessa en évoquant ma femme, et je n'avais pas non plus conscience de l'injustice totale de mes paroles. Seulement j'avais l'impression, puisqu'elle me détestait tellement à présent, qu'elle devait être heureuse qu'il en soit ainsi pour moi. Je poussai un profond soupir. Il fallait croire que j'avais l'alcool triste. C'était pas cool. Je secouai la tête dans une vague tentative d'éclaircir mes idées embrumées.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: I just want to forget all my mistakes [PV Katarina]   Jeu 18 Nov - 10:27

Aujourd'hui était une journée comme les autres. Catastrophique. Nous allions de catastrophe en catastrophe, malmenés par tout et rien. Comme à chaque fois que des hommes partaient chercher des vivres, Mathilda et moi étions sur le pied de guerre. Nous savions toutes les deux qu'au moins l'un d'entre eux reviendrait blessé. Ou ne reviendrait pas du tout. Ces missions étaient malheureusement inévitables, nous avions besoin de quoi tenir ici, l'hiver approchant rapidement. Déjà, l'automne s'intensifiait, il pleuvait de plus en plus souvent et ici il faisait de plus en plus froid. Les nuits commençaient à être de plus en plus fraiches, tout le monde était déjà allé chercher des couvertures supplémentaires en réserve. En bref, cela recommençait à être intenable et j'étais, comme à mon habitude, passablement inquiète au sujet de la santé des enfants, plus particulièrement celle de Lena. Elle n'était qu'un bébé d'à peine cinq mois, et j'avais bien peur que l'humidité ne soit pas bonne pour elle. Mathilda m'avait donné quelques antibiotiques pour prévenir la moindre petite maladie. Mais il n'empêche que je l'habillais chaudement, hésitant presque à lui coller un bonnet sur la tête de temps en temps. J'étais certainement un peu trop inquiète, comme la plupart des jeunes mamans. Mon second sujet d'inquiétude restait évidemment Ethan. Pour le coup, j'avais vraiment peur qu'il n'attrape une mauvaise grippe. Il avait chaud, froid, puis de nouveau chaud. Il ne cessait d'enlever ses vêtements et de les remettre, malgré mes indications. J'avais fini par avoir gain de cause ce matin là. Qu'il reste à moitié nu s'il le voulait, mais sous la couette, et interdiction d'en bouger. Évidemment, il avait protesté, mais je n'avais pas cédé. Sa désintoxication prendrait d'autant plus de temps s'il tombait malade. Je ne voulais même pas songer à cette éventualité là. J'étais médecin, pas magicienne, mes possibilités d'action étaient assez limitées.

Comme nous l'avions craint, nous nous sommes retrouvés avec un blessé à l'infirmerie. Heureusement, ce n'était rien de grave. Une balle avait simplement effleuré l'épaule de Max. Mais il lui fallait quelques points de suture. J'ai laissé faire Mathilda, préférant aller faire le compte de ce qu'il nous restait en médicaments disponibles. J'ai rapidement constaté que nous avions besoin de remonter un carton de l'infirmerie. Je suis sortie dans le couloir et j'ai interpellé Aaron, lui demandant d'envoyer quelqu'un. Puis je suis re rentrée et j'ai attendu... Et attendu... Et attendu, des médicaments qui ne venaient pas. Agacée, je me suis décidée à aller voir moi même ce qui se passait en bas, et si seulement quelqu'un avait été envoyé. Je connaissais suffisamment Aaron pour savoir qu'il avait vraiment demandé à quelqu'un d'aller chercher ces foutus médicaments. Et ce quelqu'un n'avait visiblement pas saisi l'importance de cette requête. Comme on dit, on n'est jamais mieux servi que par soi même. Je suis donc rapidement descendue jusqu'aux réserves. Dans celle où nous rangions la nourriture et les médicaments, il y avait de la lumière. Affichant une mine sceptique, je me suis approchée pour voir ce qu'on trafiquait là dedans. Je m'attendais à tout, absolument tout, sauf à ce que j'ai trouvé là dedans. Je suis restée stupéfaite une bonne minute devant le spectacle pathétique qui se déroulait sous mes yeux ébahis.

Mon père. Ivre comme je ne sais quoi, une bouteille de vodka à la main, le cadavre d'une autre, vide, à ses pieds. Il était pitoyable. J'avais honte pour lui, j'avais honte de lui. Il venait définitivement d'effacer de ma tête l'image d'un homme honnête, avec une certaine classe. Là, il rendait justice à ce stupide cliché russe qui dit que tous les hommes ou presque sont des ivrognes. Je secouai la tête quand il se plaignit de la qualité de l'alcool.

« Parce que tu crois vraiment que c'est important aujourd'hui, la qualité de l'alcool ? Si cela te déplait tant, libre à toi d'aller t'en chercher de la meilleure, personne ne te retient ! »

Même pas moi. Qu'il aille se saouler ailleurs que sous mes yeux. J'en avais assez vu, assez entendu. Je restai de marbre quand il lâcha la bouteille avant de s'affaisser lamentablement sur une chaise qui trainait dans un coin. Je ne pus m'empêcher d'avoir un sourire purement moqueur. Inessa était partie ? Oh, mon dieu, mais quel dommage ! Comme j'étais triste pour lui ! Tu parles ! Cela ne faisait ni chaud ni froid qu'elle soit partie. Et au fond, je me disais qu'il l'avait bien mérité.

« Pourquoi devrais-je me soucier de quelqu'un qui de toute façon n'a jamais voulu de moi ? Je suis loin d'être aussi adorable que cela. À croire que l'égoïsme est de famille, finalement. »

Et puis, croyait-il sincèrement que cette femme ne comprendrait jamais pourquoi il s'était attaché à elle ? Elle ne pouvait pas être aussi stupide. Une telle ressemblance ne peut pas rester cacher si longtemps. C'était même la première chose que j'avais remarqué chez elle. Sa ressemblance avec ma mère. Peut-être que je ne m'en souvenais pas énormément, mais pas au point d'en oublier son visage. J'eus un soupir quand il tenta de me culpabiliser. Croyait-il que j'allais avoir pitié de lui ? Oh oui, j'avais pitié de lui, mais pas dans le sens où lui l'aurait espéré.

« Tu es tout seul parce que tu l'as cherché, et parce que tu le mérites. Ta femme est morte, que tu le veuilles ou non. Et ce n'est pas en manipulant son sosie que tu vas la retrouver. Ta fille ? Oh mais voyons, tu n'en as jamais voulu ! Pourquoi te manquerait-elle ? Ta petite fille ? Tu crois sincèrement que je te laisserais approcher Lena, alors que tu m'as rejetée, menti, et qu'en plus tu tentes de me culpabiliser parce que tu es trop sot pour reconnaître tes erreurs et en tirer une leçon ? Oh non, crois moi, je ne te laisserai pas poser un seul doigt sur elle de nouveau ! »

Sur la fin je hurlais presque, lui crachant au visage tout ce que je me retenais de lui dire depuis longtemps. Mon ressenti s'exprimer enfin, je lui disait enfin tout ce que j'aurais dû lui dire depuis un moment. Oh oui je me vengeais, c'était tout à fait cela. Mais c'était une vengeance bien méritée, après tout ce que j'avais subi à cause de lui. S'il croyait que j'allais m'apitoyer sur son sort, il se trompait. Ma compassion pour lui, il l'avait détruite, la réduisant au néant. Si je ne chercherais certainement pas à l'enfoncer, je ne chercherais pas non plus à l'aider. Moi, il ne me manipulerait pas. Oubliait-il que je restais sa fille ? Malgré moi, j'avais certains traits communs avec lui. Je sentais bien quand on me manipuler. Qu'il soit mon père n'y changerait rien. Je ne le laisserais pas me manipuler, me faire du mal ou me détruire davantage. C'était fini. Tolérance zéro.

« Non, je ne suis pas contente. Je ne suis pas comme toi, je ne me réjouis pas du malheur des autres. Mais je ne suis pas triste non plus. Je suis complètement indifférente. Nos chemins se sont séparés, je ne veux plus rien avoir à faire avec toi. Je ne veux plus que tu fasses partie de ma vie, alors soit gentil et efface moi de la tienne. »

Sans plus de cérémonie, je baissai les yeux et décidai de m'emparer du carton qu'il était censé remonter une bonne demie heure auparavant.

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MessageSujet: Re: I just want to forget all my mistakes [PV Katarina]   Jeu 18 Nov - 14:44

Je ne voulais pas partir aller chercher de la meilleure vodka, non. Katarina venait de me rappeler à quel point j'étais pathétique, ici, à me saouler pour oublier toutes les erreurs que j'avais faites. J'étais le responsable de tous mes problèmes et je n'allais pas les régler comme ça, hein ? J'eus honte de moi, honte que ma fille me voie comme ça. Et dans le même temps, je me disais que de toute façon, puisqu'elle ne m'aimait plus, que ce soit de sa faute ou de la mienne, ça ne changeait pas tellement. Je ne voulais pas grand-chose... Juste qu'elle m'aime. Que Katarina m'aime. C'était trop demander que de vouloir l'amour de sa fille ? Apparemment. Ou alors c'était moi qui n'en étais pas digne. Oui, c'était sans doute plus ça. J'avais tout foiré, du début à la fin. Je regardai la bouteille échouée par terre, dégoulinant sur le sol, regrettai un instant de l'avoir lâchée puis décidai d'en profiter pour arrêter de boire. Allons bon, vu ce que j'avais déjà épongé, et vu ce qu'il restait dedans avant qu'elle ne se renverse, ça ne changeait pas grand-chose à mon état, mais tant pis. Mes bonnes résolutions venaient toujours un peu trop tard.

Ses paroles me déchiraient le coeur. Comment pouvait-elle croire que je ne l'aimais pas ? Elle avait cru que j'étais sincère alors que je m'étais simplement fait emporter par la colère... Simplement... Oui, j'avais peut-être réagi excessivement. Euphémisme ? Bon, d'accord, j'avais carrément fait n'importe quoi. Je n'aimais pas être ivre, finalement. Les paroles de Katarina additionnées à l'effet de l'alcool me forçaient enfin à être en face de mes erreurs, je ne pouvais plus me cacher grâce à mon esprit tortueux au possible. A quoi reconnaît-on un menteur professionnel ? Il est aussi capable de se mentir à lui-même. La chute était rude.

Et je la voyais lister tous les pourquois de ce que je venais de lui dire - mais je n'entendis que les deux premières phrases. Mon cerveau resta bloqué sur la façon impitoyable dont elle venait de me cracher au visage que ma femme était morte. Sans aucune considération, sans aucune émotion dans la voix, voilà, point, c'était comme ça, pauvre con, t'as pas été foutu de passer le cap en vingt ans ?

Eh bah non. Désolé, ton père n'est pas aussi fort qu'il voulait bien le croire, ni comme il l'a été pour toi durant ton enfance. Ton père est un imbécile qui se montre à toi dans toute sa splendeur d'imbécile, ton père est le plus grand des idiots.

Pas de chance pour toi, c'est un idiot qui t'aime. Ma tristesse se mua en fureur quand je la vis commencer à partir. Air de déjà-vu. Je t'ai dit ce que j'avais sur le coeur, je m'en vais, fiche-moi la paix, et je m'énerve et je te frappe... Je ne voulais pas frapper ma fille, pas encore, je m'en voulais déjà à mort de l'avoir fait une fois. Aussi me relevai-je, vacillai-je un peu dans son dos, et me mis à scander en martelant chacun des mots :

- Katarina Alexeïevna Kuryenko ! Je te rappelle que tu es MA fille !

Non mais c'est vrai, quoi ! Qu'est-ce qu'elle croyait ? Qu'on allait s'oublier, comme ça, paf, c'était la fête, et qu'elle vive heureuse et que je meure d'un cancer du foie ? C'est bon, on arrête ! C'était ma fille, ma fille, elle portait mon nom, mon prénom, et ça elle ne pourrait jamais rien y faire !

- Ma fille, tu entends ? Ca ne te plaît peut-être pas mais c'est comme ça ! Et pour ta gouverne, tu apprendras que je n'ai jamais voulu que Sonja avorte. Et tu sauras que c'est grâce à toi qu'on s'est mariés, parce que je n'ai pas voulu la laisser célibataire avec un enfant sur le dos, et que je te remercie chaque jour d'avoir provoqué cela ! Tu apprendras que quand bien même elle me l'ait annoncé en étant tremblante de peur, à peine l'ai-je su que je t'ai adorée. Tu apprendras, ma chère fille, que si tu avais vraiment été encombrante, je n'aurais eu aucun mal à me débarrasser de toi ! Et si je t'ai dit tout ça l'autre jour, ce qui était totalement faux, tu l'auras compris, c'est parce que... c'est parce que...

Je me calmai d'un seul coup et baissai la tête, honteux. J'avais besoin de lui dire tout ça, j'avais besoin de me réconcilier avec elle. Elle avait quand même l'immense privilège d'être la seule personne au monde à pouvoir faire obéir Alexeï Kuryenko, elle ne voulait pas perdre ça, quand même, hein ? Elle voulait la vérité ? Elle l'aurait. Enjoy.

- Parce que je savais que tu avais raison, confessai-je. Je savais que tu avais raison à propos de ta mère, et ça m'a blessé, ça m'a détruit de voir que c'était moi qui l'aimais tellement qui salissais sa mémoire. Je n'aurais jamais dû faire ça. Je suis tellement désolé de t'avoir dit toutes ces horreurs, Katarina, moïa malenkaïa Katja, si tu savais ! Peut-être que j'ai mérité tout ça, mais maintenant, je veux te retrouver. Et je veux retrouver Inessa. Je l'aime, Inessa !

Oho, tiens, ça ce n'était pas prévu. Je réfléchis un instant sur ce que je venais de dire, me concentrant intensément pour essayer de discerner si cette dernière affirmation était vrai. J'en avais bien l'impression. Ca expliquait peut-être mon état depuis cinq jours ? Comme pour m'en convaincre, je répétai plus fermement :

- J'aime Inessa, tu entends ?
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MessageSujet: Re: I just want to forget all my mistakes [PV Katarina]   Jeu 18 Nov - 18:43

Pathétique déchéance. Même dans mes cauchemars les plus fous je ne voyais jamais mon père dans un état si lamentable. N'avait-il déjà pas suffisamment dégringolé dans mon estime ? Il fallait qu'il se mette plus bas que terre ? Son masochisme était donc sans limite ? Et qu'en était-il de son sadisme alors ? J'avais assez souffert, je crois. J'avais failli perdre la vie parce qu'il avait trahi un associé, et que j'étais incapable de le dénoncer. Incapable, parce que je ne savais alors pas qu'il était vivant, ni où il était. Et je me connaissais suffisamment pour savoir que je n'aurais pas pu le dénoncer. Ensuite, tout ce stress accumulé avait provoqué une fausse couche. J'avais fait une fausse couche, avant même de me rendre compte que j'étais enceinte, tuant sur le champ un bonheur auquel je n'avais même pas eu le temps de songer. Je l'aurais voulu cet enfant. De tout mon coeur, de toutes mes tripes je l'aurais voulu. Et je n'aurais plus cette chance. Comment peut-on regretter la venue au monde de son enfant ? Comment ? J'étais mère et en deuil, alors je ne comprenais pas. Je ne pouvais pas comprendre, je crois. Et je ne voulais même pas essayer. Il ne méritait pas que je fasse des efforts pour lui. Ma patience, ma gentillesse et ma tolérance avaient elles aussi leurs limites, tout comme j'avais les miennes. Je dépasserais bien volontiers ces limites pour Ethan. Mais pour mon père, pour un égoïste, certainement pas. Je n'avais qu'une envie, c'était partir avec ce carton de médicaments que j'avais entre les mains. Partir et ne plus le voir, ne plus le revoir. J'avais besoin d'aller bien ! Et ce n'était pas en le voyant ainsi que cela allait m'aider. Et je n'avais pas envie de l'entendre se défendre de façon si pitoyable que cela en devenait ridicule. Je me suis retournée brusquement tandis qu'il se relevait. Avec un soupir ostentatoire, j'ai reposé le carton et j'ai croisé mes bras sous ma poitrine, comme à chaque fois que j'étais énervée ou irritée.

« JONES. »

J'étais peut-être sa fille, mais je ne portais plus son nom. Et je n'avais pas l'intention de le reprendre.

« Je m'appelle Katarina JONES. »

Que cela lui plaise ou non, je ne m'appelais plus Kuryenko. J'avais pris le nom d'Ethan, j'avais pris le nom de mon mari, quand bien même mon nom complet comportait également celui de mon père. Mais je préférais nettement porter le nom d'Ethan, maintenant. Lui au moins, il n'avait jamais regretté d'être avec moi, il n'avait jamais regretté ma présence sur terre. Ce qui n'était pas le cas de mon cher paternel qui m'avait bien fait comprendre que je n'étais qu'un parasite, que ma mère était morte parce qu'il fallait s'occuper de moi. Croyait-il que j'avais oublier cette conversation ? Non, et le bleu sur mon bras n'était même pas totalement effacé. Il avait beau tenter de se justifier, j'étais blessée. Il avait épousé ma mère parce qu'elle était enceinte ? Quelle belle consolation ! Vite, vite, marions nous avant qu'une bâtarde ne pointe le bout de son nez ! Il aurait pu se débarrasser de moi et il ne l'avait pas fait ? Oh, merveilleux. Trop gentil à toi de respecter la vie de ta fille. Non, vraiment, quelle délicate attention. Je perdis mon sourire, passablement moqueur, lorsqu'il m'avoua qu'il m'avait dit toutes ces horreurs parce que j'avais raison de lui dire qu'il salissait la mémoire de ma mère. C'était un peu tard pour s'en rendre compte. Il lui fallait donc deux semaines pour s'excuser ? Et il croyait que j'allais accepter ses excuses comme si de rien n'était ? Je n'étais qu'un être humain, je n'avais pas la faculté de pardonner aussi vite. Surtout quand j'avais été blessée.

Ce qu'il m'avoua ensuite me fit bien rire intérieurement, quand à l'extérieur j'affichais un air mortifié. Oh il l'aimait, vraiment ? Tel est pris qui croyait prendre. À trop jouer avec le feu on finit par se brûler les doigts. Dommage que d'autres personnes soient obligés de partager cette brulure.

« Est-ce que tu t'es simplement demandé POURQUOI tu étais amoureux d'elle ? Pour ce qu'elle est, ou pour ce qu'elle représente ? La pensais-tu stupide au point de ne jamais se rendre compte du pourquoi de tes sentiments pour elle ? Quelle femme supporterait ça, hein ? Elle est partie parce qu'elle ne supportait plus ton égoïsme. Et tu ne peux pas savoir à quel point je la comprends. Tu n'es qu'un égoïste. »

Après tout, je n'avais rien contre Inessa. Elle ressemblait à ma mère, oui, mais ce n'était pas une raison pour lui en vouloir. La pauvre n'y pouvait rien et cela devait être suffisamment dur à vivre pour elle. Mais mon père ne l'avait certainement pas vu. Ne jamais comparer une femme à une autre, règle numéro un. Et mon père n'avait fait que ça, voulant ramener à la vie un fantôme.

« Tu es un monstre d'égoïsme. Depuis que tu es revenu, t'es-tu demandé, juste une fois, si j'étais heureuse ? Non, tout ce que tu as vu c'était qu'un étranger t'avais pris ta fille, t'empêchant ainsi de contrôler sa vie. Tu n'as même pas cherché à connaître Ethan, te permettant de le détester et de le juger comme s'il n'était qu'un moins que rien. Il a fallu que tu dépasses les limites, pour voir ta petite fille sans son autorisation, manipulateur que tu es... Tu aurais pu simplement demander. Est-ce donc si difficile pour toi de faire les choses correctement ? Tu n'avais qu'à frapper à la porte, demander, t'excuser. »

Ethan était borné, têtu, mais il aurait au moins écouté. Et peut-être aurait-il accordé à mon père le droit de voir Lena. Il me l'avait dit. Pour moi, il aurait fait cet effort. Seulement voilà, mon père avait tout gâché, absolument tout. Comme d'habitude.

« Une fois de plus, où étais-tu quand j'avais de nouveau besoin de toi ? J'ai fait une fausse couche, j'ai perdu l'enfant que je portais. Où était mon père, quand j'avais besoin de lui ? Trop occupé à manipuler une femme pour son propre plaisir. Finalement, tu es aussi absent qu'avant. Sauf que maintenant, tu n'as plus aucune excuse. Tu es un père, un ami et un amant pitoyable. Tu ne sais faire qu'une seule chose : faire souffrir ton entourage. Mais rassure toi, tu le fais à la perfection. »

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MessageSujet: Re: I just want to forget all my mistakes [PV Katarina]   Sam 20 Nov - 14:05

Elle me donna un véritable coup au cœur lorsqu'elle me jeta son nom de famille à la figure. Oui, mon enfant était mariée, à un homme que je détestais, et elle avait déjà oublié son nom de jeune fille... Battant des paupières, je sentis une larme rouler le long de ma joue. J'étais aveuglé par celles qui s'accumulaient dans mes yeux, leur sel me brûlait, mais je m'efforçais de me contenir. Confusément, je sentais que je n'en aurais l'air que plus lamentable. Je la laissais parler, mes réflexes trop endormis pour être capable de lui répondre avant qu'elle ne reprenne la parole, déversant sans discontinuer un flot de phrases qui, chacune à leur tour, me brisaient un peu plus le cœur, en prenant soin d'en laisser toujours un peu pour les suivantes. Mais, alors que j'étais en train de commencer à croire que je resterais toute ma vie comme ça, ivre et déboussolé avec ma fille qui m'expliquait impitoyablement pourquoi tout le monde me haïssait, elle finit par reprendre plus longuement sa respiration, me laissant enfin... quoi ? Me justifier ? M'excuser ? Peu importait. Et la première chose que je lui dis fut prononcé sur un ton beaucoup plus sec et cinglant que je ne l'aurais voulu, sans que je puisse m'en empêcher :

- Tu t'es appelée Kuryenko pendant plus de vingt-trois ans. N'oublie jamais ça. Et tu pourras te marier autant de fois que tu le voudras, y compris contre mon gré, tu garderas toujours ton patronyme.

Ça, c'était dit. Toute ma colère s'évanouit lorsque je réfléchis à ce que je ressentais vraiment pour Inessa. Depuis tout à l'heure, je ne faisais que cela, passer de la colère aux larmes avec une facilité déconcertante, et c'était épuisant. Inessa. Inessa. Que ressentais-je pour elle ? Mais j'avais beau retourner notre situation sous toutes les coutures, je ne voyais plus que ça, l'amour que j'éprouvais pour elle et qui me brûlait sans relâche depuis qu'elle m'avait quitté. De nouveau, les larmes affluèrent dans mes yeux, que je plantai dans ceux de Katarina, comme pour mieux la convaincre.

- J'aime Inessa, vraiment, pour ce qu'elle est, pas pour sa ressemblance. Je suis vraiment amoureux d'elle ! plaidai-je. Je sais que je suis égoïste, possessif, envers toi, et elle, et Lena. Tu veux savoir pourquoi je n'ai pas simplement demandé à Ethan ? Parce que je le déteste, je le hais autant qu'Armando, parce que me retirer ma fille en l'enlevant ou en l'épousant, c'est toujours me la retirer. Et je ne demande pas les choses poliment aux gens que je déteste : au mieux, je les ignore, au pire, j'en finis avec eux. Ton Ethan est au milieu parce que tu tiens à lui, mais Armando va finir comme le chauffard qui a tué Sonja, je peux te le jurer !

Je n'ai même pas réalisé que je venais de lui avouer que j'avais commis un meurtre, j'avais besoin de lui dire tout ce que j'avais sur le cœur. Ce que j'aurais dû lui apprendre dès que j'avais su pour sa fausse couche. Mais alors que je rouvrais la bouche, quelque chose me frappa brutalement, quelque chose en rapport avec ce que je venais de dire, et mes paroles se transformèrent spontanément, transcrivant ma pensée sans que je le veuille :

- Quand c'est arrivé... je me suis juré de ne jamais boire...

Réaliser que j'avais rompu lamentablement ma promesse, sans me dessaouler totalement, m'éclaircit un peu les idées. Jamais je ne m'en étais autant voulu. Je regardai Katarina d'un air désabusé.

- Encore un mensonge, hein ?

J'essuyai maladroitement les larmes qui avaient réussi à s'échapper de mes yeux et pris sa main de force, l'obligeant à décroiser les bras. Je pris une grande inspiration et lui dis :

- Et puisque je suis un menteur, un sale manipulateur, tu ne vas pas coire ce que je te dis maintenant, n'est-ce pas ? Tant pis, j'ai besoin que tu le saches. Sonja... Sonja a fait une fausse couche aussi, enfin, pas vraiment une fausse couche, mais on a perdu un enfant. Tu ne t'en souviens pas, tu n'avais même pas deux ans. C'était un garçon, on voulait l'appeler Ivan, comme ton grand-père maternel, parce que ses parents ne m'aimaient pas et elle était brouillée avec eux, mais ils lui manquaient... Il est né prématurément, à sept mois, il n'a pas passé la nuit. Ta mère a été tellement choquée qu'elle ne supportait même plus de s'occuper de toi, et ensuite, elle est devenue affreusement surprotectrice. Ça, par contre, tu t'en souviens peut-être. Et aussi étonnant que cela puisse paraître pour un égoïste tel que moi, ça m'a touché aussi... Terriblement. Je n'ai pas réussi à venir te voir lorsque tu as fait cette fausse couche, parce que je savais exactement ce que vous ressentiez, toi et Ethan. Et par conséquent, je sais aussi que je n'aurais jamais pu te consoler. C'est impossible.

La migraine. J'avais l'impression qu'un étau m'enserrait les tempes. Je connaissais cette sensation par cœur, et je savais qu'elle n'était pas due à l'alcool. Si tout se passait comme les autres fois, j'allais bientôt avoir de la fièvre et délirer pendant trois ou quatre jours. Réminiscences des bombardements... Inessa n'avait pas réussi à me guérir totalement, et j'avais déjà eu trois crises de ce genre depuis deux ans. Le pire était que ça ne me dérangeait même pas. Parce que généralement, mes hallucinations prenaient la forme de ma défunte femme.

Et là, si je sombrais à nouveau dans une crise de ce genre, qui est-ce que je verrais ? Sonja ou Inessa ? Pour l'instant, je ne voyais que Katarina. Je battis des paupières. Normal, ce n'était pas une hallucination, Katarina était vraiment là. Réveille-toi, Alexeï.
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MessageSujet: Re: I just want to forget all my mistakes [PV Katarina]   Sam 20 Nov - 18:55

Comment pouvait-il avoir l'audace de me rappeler que j'avais porté son nom pendant la majeure partie de ma vie ? Comment pouvait-il avoir l'audace de me tenter de me l'imposer ENCORE une fois ? Oh seigneur, son égoïsme aurait-il un jour une limite ? Il pourrait faire tout ce qu'il voudrait, aujourd'hui son nom, je ne l'avais plus, et je n'en voulais plus. Le nom d'Ethan était à présent le seul nom que je voulais avoir, et qu'il soit d'origine anglaise, je m'en moquais bien. Mais je n'étais pas sans savoir que pour mon père, que sa fille ne portait plus un nom russe ce devait être terrible ! Je n'avais jamais compris pourquoi il était si attaché à toutes ces valeurs russes... Parfois je me disais que son patriotisme était un peu trop exacerbé. Ce n'était pas que je n'étais pas attachée à mon pays. Au contraire, la Russie me manquait, ainsi que certaines de ses coutumes, et la langue surtout. J'aurais pu la parler avec mon père, oui... Mais allez savoir pourquoi, depuis que nous nous étions disputés, je me bornais à parler en anglais avec lui. Je ne voulais pas lui faire le plaisir de lui parler en russe... Et finalement, j'avais une très bonne raison à cela. En parlant anglais, je maitrisais mes mots, et ainsi mes émotions. Avec ma langue maternelle, j'avais tendance à me laisser envahir par mes sentiments et je ne me maitrisais plus. Je refusais de lui montrer que ses mots m'atteignaient et me faisaient du mal. Je refusais de me soumettre à sa prétendue autorité parentale. Surtout qu'il était complètement ivre. Il empestait l'alcool à plein nez. J'avais honte de lui et honte pour lui. Il s'apitoyait sur son sort alors qu'il avait tout fait pour le mériter. Il ne pouvait s'en prendre qu'à lui

« Vingt trois ans de mensonge ? Que tu le veuilles ou non, toutes ces choses que tu m'a dites effacent ça... Je suis fière de porter le nom d'Ethan, plus que je ne l'ai jamais été d'avoir le tien. Lui au moins il m'aime sincèrement, et malgré ses défauts il ne risque pas de me rejeter comme une malpropre. »

Je voyais bien les larmes dans ses yeux, mais j'y restais complètement indifférente. Parce que les miennes, les avait-il vues ? J'avais pleuré, pleuré, encore et encore et encore après qu'il m'ait rejetée. Seule, mais j'avais pleuré. Avant de me confier à Ethan, qui avait vu rouge en apercevant ce bleu énorme sur mon bras. J'avais envie de lui dire que si Inessa était partie, eh bien tant pis pour lui. Sincèrement, combien de temps croyait-il la tenir avec un mensonge aussi énorme ? Mieux valait pour elle qu'elle s'en soit rendue compte aussi tôt. De toute façon, je me connaissais assez pour savoir que si elle n'avait rien découvert, je me serais chargée de lui apprendre la vérité. Pas pour la blesser ou me venger de mon père. C'était simplement que ce genre de chose était profondément injuste. C'était de la manipulation pure et dure... Il était tombé amoureux d'elle ? L'arroseur arrosé. Il s'était pris à son propre piège, et maintenant il se retrouvait tout seul. Et il n'avait pas pensé une seconde à s'excuser. Était-il trop vaniteux pour cela ? Des excuses, c'était pourtant simple. J'aurais pu faire l'effort de les accepter pour repartir de zéro. Mais non. Il s'enfonçait... ENCORE.

J'ai carrément vu rouge quand il m'a dit qu'il qu'il détestait Ethan autant qu'il détestait Armando. Comment osait-il ? Ethan n'avait rien à voir avec cette ordure ! Ethan m'avait sauvé la vie, sans lui je serais morte, et peut-être pas en un seul morceau. Et puis, c'était lui le père de Lena. Je n'aurais pas pu faire Lena toute seule. La comparaison entre mon mariage et mon enlèvement me donnait la nausée. Cela n'avait strictement aucun rapport ! Il salissait l'image de mon mariage maintenant ? Après celle de ma mère ? C'était ça, son nouveau jeu ? Je n'étais pas sûre de réellement l'apprécier.

« Je T'INTERDIS de comparer mon mariage à mon enlèvement ! Tu n'as pas la moindre petite idée de ce que j'ai subi ! Ethan n'est pas comme Armando ! Je t'interdis de l'y comparer, tu entends ? J'aime Ethan plus que je n'aimerais jamais personne, et rien que par respect pour moi, tu devrais t'abstenir de faire de tels commentaires ! »

Je ne lui demandais pas d'aimer Ethan. Simplement d'au moins avoir un peu de respect pour lui. Mais pour mon père, Ethan ne serait certainement jamais qu'un junkie qui ne méritait pas de poser les mains sur moi.

« Et puis, tu ne te souviens donc pas de ce que tu m'avais dit ? Que je serais libre d'épouser n'importe quel homme me rendant heureuse. Apparemment, tu n'en pensais pas un traitre mot. »

Je me souvenais parfaitement qu'il m'avait dit que je serais libre d'épouser qui je voulais du moment que cet homme là me rendait heureuse. Il aurait du préciser qu'il voulait un homme russe, riche, mafieux et qu'il aurait choisi lui même. Il n'avait pourtant pas précisé cela quand il m'avait remise son alliance. J'aurais pourtant cru qu'il serait heureux que j'aie trouvé l'homme de mes rêves. Non, il ne cessait de le rabaisser. Je devais prendre sa défense, sans cesse... J'étais si en colère que le sens de ses dernières paroles m'apparut à peine clairement. De surprise j'écarquillai les yeux. Quoi ? Venait-il vraiment de m'avouer qu'il avait tué le chauffard qui avait causé la mort de ma mère ? J'étais pétrifiée, et certainement encore plus pâle que d'habitude. Il avait tué un homme, par pure vengeance ? J'étais soufflée. Oh oui, vous me direz, Ethan avait tué lui aussi, sous mes yeux, et il ne s'était pas contenté de tuer une seule personne. Mais apprendre ça d'un coup me faisait un drôle d'effet. J'en venais à me demander ce qu'il n'avait pas encore fait.

J'eus un peu malgré moi un mouvement de recul lorsqu'il s'approcha de moi pour me prendre la main, me forçant par la même occasion à décroiser les bras. Je me suis laissée faire, même si j'avais très envie de rompre ce contact physique entre nous. J'ai failli le faire, mais tout ce qu'il m'a dit ensuite m'a fait perdre tout mes moyens. J'ai eu l'impression que mon cerveau s'était mis sur pause pendant un moment. Le temps d'analyser tout ce qu'il venait de me dire. Je crus sincèrement que j'allais défaillir, m'évanouir, tomber dans les pommes. Alors comme ça, j'avais eu un frère ? Un petit frère, qui était né et mort trop tôt ? Je ne m'en souvenais pas. Je ne l'avais même jamais su. Ça, pourquoi me l'avait-il caché ? J'aurais dû savoir, c'était mon droit et... et non, je ne pourrais supporter plus de secrets de famille. Alors c'était pour ça qu'il ne m'avait rien dit quand j'avais fait cette fausse couche ? Parce que rien n'aurait pu me rassurer ? J'aurais pourtant eu besoin de lui à ce moment là. Rien que pour qu'il me prenne dans ses bras. Cela m'aurait suffi. J'en aurais eu besoin. Parce que cette fausse couche avait tué quelque chose en moi. Je m'en voulais tellement, personne n'en avait idée. J'avais l'impression que c'était de ma faute, parce que je n'avais pas su réaliser que j'étais enceinte. C'était encore si récent... J'étais persuadée que j'aurais pu faire quelque chose. Et je n'arrivais pas à me dire que j'avais réellement perdu cet enfant. Parfois, j'avais un réflexe stupide, je caressais mon ventre, comme si j'étais encore enceinte, avant de me souvenir brusquement que ce n'était plus le cas. La culpabilité accompagnait toujours ce retour brutal à la réalité.

J'ai retiré ma main de celle de mon père, avant de me passer une main sur le visage. J'étais fatiguée. Lasse. Je n'avais jamais rien voulu de tout cela.

« Tout ce que je voulais, c'était une famille unie... »

Je savais pertinemment que cela n'avait rien à voir avec le reste : ma fausse couche, le départ d'Inessa, ses mensonges... Mais c'était la vérité, je n'avais jamais voulu que ça. Une famille unie, une famille, tout simplement. Je ne voulais pas me battre perpétuellement avec mon père, je ne voulais pas penser chaque déplacement avec Lena pour qu'elle ne croise pas son grand-père, je ne voulais pas attendre mon mari me dire qu'il ne voulait pas de mon père chez nous... Je ne voulais rien de tout cela. J'étais lasse de faire des choix cornéliens. Même si Ethan l'emportait sur tout le reste, j'en avais assez. Je n'aurais jamais dû devoir choisir. Et pourtant je l'avais fait.

Le pire dans tout ça ? Je savais que j'étais condamnée à recommencer.

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MessageSujet: Re: I just want to forget all my mistakes [PV Katarina]   Lun 22 Nov - 10:25

[Navrée, c'est nul et trop court T__T]

Buté, je croisai les bras à mon tour, et la regardai dans les yeux de nouveau, le regard frondeur. Il fallait savoir ce qu'elle voulait à la fin ! Têtu, je secouai la tête et répondis :

- Tu veux la vérité, je te la donne. Je déteste Ethan, c'est comme ça, je n'y peux rien, il me déteste aussi et il n'y peut rien non plus. Et peu importe lequel de nous deux a plus de raisons valables que l'autre pour lui donner raison, c'est comme ça, c'est tout ! Tu as choisi, j'ai compris, tu ne veux plus de moi, d'accord. Mais dans ce cas, n'attends pas de moi que je lui fasse des sourires et fasse mine de l'apprécier simplement pour te contenter. De toute façon...

Ma voix se changea en un balbutiement incompréhensible sous l'effet de l'émotion, du chagrin, des regrets.

- De toute façon, c'est trop tard. Je t'ai perdue... Je t'ai perdue...

Elle se calma soudainement, comme épuisée de m'avoir crié tout cela, comme épuisée de tout ce qu'elle avait vécu, tout ce que je lui avais fait subir. Elle avait raison : depuis que je l'avais retrouvée, j'avais été un père lamentable, je n'avais accordé aucun crédit à Ethan, jaloux, en réalité, qu'il la rende plus heureuse que je ne le faisais. J'aurais voulu garder ma fille pour toujours, même mariée, j'aurais voulu qu'elle se tourne toujours vers moi en cas de problème, mais je me rendais compte à présent que c'était impossible, et maintenant c'était trop tard, je m'étais fait avoir, elle était avec Ethan et m'oubliait, de plus en plus. Qu'est-ce que je pouvais faire contre son mari, hein ? Comment pouvais-je lutter à armes égales contre lui ? Un père n'a jamais valu un amant. On n'a jamais vu d'héroïne déchirée choisir ses parents. Katarina n'était plus déchirée depuis longtemps.

- Je suis tellement désolé, sanglotai-je. Je croyais... Ta famille, maintenant, c'est Ethan, c'est Lena, et ça pourrait être moi, mais Ethan et moi ne pouvons pas nous accepter. Et c'est lui que tu préfères, n'est-ce pas ? Je comprends, je sais que c'est de ma faute, je sais que j'ai tout fait de travers, mais... je suis perdu depuis la guerre. Je t'ai cherchée partout, et quand je te retrouve, je te vois partie de l'avant sans moi, mariée, tu réalises à quel point j'aurais voulu te voir te marier ? Et j'ai une petite-fille que je ne peux même pas voir ! Et c'est Ethan qui a provoqué ça, Ethan qui t'a épousé, Ethan qui m'empêche de voir Lena ! Imagine que le futur mari de Lena refuse que tu la voies, refuse que tu voies leurs enfants ?

Je chancelai un peu, portai une main à ma tête, la migraine devenait insoutenable. Je voulais tenir encore un tout petit peu, je voulais continuer à parler avec ma fille, et surtout je savais qu'elle ne croirait pas une seconde que j'étais vraiment malade si je m'évanouissais là. Elle ne savait pas encore les séquelles qui me restaient de ces maudits bombardements. Pourtant, même si ça n'avait certainement pas aidé, je savais que ce n'était en rien dû à l'alcool, je reconnaissais les symptômes, je savais qu'Inessa les aurait reconnus aussi, je voulais Inessa, j'avais besoin d'elle... Je fermai les yeux, les rouvris, et déjà délirant, ayant oublié que Katarina était devant moi, je balbutiai, repassant automatiquement au russe sans m'en rendre compte :

- Inessa, je crois que ça recommence... J'ai la migraine... Est-ce que j'ai de la fièvre ?

Délicieux fantasmes. Quand j'étais sous l'effet de ces délires, je voyais tout ce que je voulais voir. J'avais besoin d'Inessa, Inessa était là. Je détestais être impuissant comme cela, livré au bon vouloir de celle qui veillait sur moi, mais j'étais incapable de combattre la fièvre. Comment peut-on combattre quelque chose qui vous montre tout ce qui vous a manqué ? Je glissai ma main dans les cheveux de Katarina, persuadé d'avoir retrouvé ma femme. Non, pas ma femme, enfin c'était la même chose. Inessa Morisson.

- Tu m'as manqué... Tu ne partiras plus ? Promets-moi que tu ne me laisseras plus !

Je me penchai sur elle, l'embrassant dans le cou, sans réaliser que les cheveux brouillant ma vision étaient bruns et non pas blonds. Sans réaliser qu'Inessa n'était pas prête de revenir, qu'elle me détestait à présent. Brûlant, absent, déjà parti loin de la réalité.
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MessageSujet: Re: I just want to forget all my mistakes [PV Katarina]   Mar 23 Nov - 19:13

Je déteste Ethan, je déteste Ethan, je déteste Ethan.

Tais toi ! Tais toi ! J'en avais assez de l'entendre me répéter ces trois en permanence. Assez de l'entendre poignarder l'homme que j'aimais dans le dos. Ne comprenait-il donc pas le mal que cela me faisait ? Je n'avais pas voulu ça, jamais. J'avais tellement rêvé du contraire ! Dans d'autres circonstances, j'étais certaine qu'ils auraient pu s'entendre, s'apprécier même. Du moins, Ethan aurait pu l'apprécier, lui. Je me rappelais sans trop de mal du respect qu'il avait dit éprouver pour lui avant que je ne sois enlevée et torturée par son ancien ami. Je n'avais pas oublié ce qu'il m'avait dit. Il ne l'avait jamais jugé sur ses activités douteuses, il avait même pris sa défense alors que j'éprouvais de la peine et de la rancœur, m'assurant qu'il avait certainement voulu faire pour le mieux, pour me protéger... Sa vision des choses n'avait changé qu'après mon enlèvement. Comment lui en vouloir ? Il avait failli me perdre. Mon père lui même ne venait-il pas de m'avouer qu'il avait assassiné l'homme responsable de la mort de ma mère ? Tout comme lui, Ethan était prêt à n'importe quoi pour moi et en un sens c'était effrayant. Il s'était transformé en véritable machine à tuer pour moi, et il n'en éprouvait toujours pas le moindre remord. La seule chose qu'il regrettait c'était d'avoir massacré Alan devant mes yeux. Il regrettait de m'avoir montré son côté violent... Mais c'était tout. Mon père et lui avaient un énorme point commun, bien qu'aucun d'entre eux ne soit réellement prêt à l'accepter. Ils en avaient même plusieurs. Mais leurs différences et les récents événements les empêchaient clairement de parvenir à s'apprécier. Qu'Ethan haïsse mon père pour ce qui m'était arrivé, je pouvais certes le concevoir, connaissant le caractère de mon mari. Mais que mon père le haïsse pour simplement me rendre heureuse... Non, ce n'était pas juste. Fallait-il donc que je sois malheureuse et seule pour le satisfaire ? Avait-il sincèrement cru que je resterais seule toute ma vie, que je ne chercherais jamais à fonder une famille ? C'était donc ça, sa vision d'avenir pour moi ? Ce n'était pas juste. C'était égoïste, terriblement égoïste. Je n'étais pas sa marionnette. J'avais une vie.

Réflexe idiot, je baissai les yeux. S'il m'avait perdue ? En y repensant de plus près, la réponse n'était pas si évidente que cela. Oui, il m'avait terriblement blessée. Non, je n'avais pas envie de le pardonner cette fois ci. Oui, j'avais envie qu'il sorte de ma vie. Non, je ne voulais pas qu'il s'approche de Lena. Mais il avait en partie raison, je ne pouvais rien faire contre les liens qui nous unissaient et qui nous uniraient toujours. J'avais beau détester de tout mon coeur les paroles qu'il avait prononcées, je ne pouvais pas le détester lui. Parce que pendant trop longtemps je l'avais aimé, parce qu'il avait été ma seule famille jusqu'à ce que je rencontre Ethan et que je devienne mère. Je n'étais pas comme Ethan. Je ne savais pas être aussi radicale que lui. Et pourtant, en cet instant j'aurais voulu l'être, j'aurais voulu pouvoir enfermer les sentiments que j'avais pour mon père dans une boite et jeter cette dernière. Mais je ne pouvais pas, et cela ne faisait qu'accentuer ma souffrance. Je me suis retenue de m'en aller au moment où il m'a encore demandé si c'était bien Ethan que je préférais. Il avait déjà la réponse à cette question ! Je la lui avais déjà avoué, et il m'en avait assez couté, je n'avais pas envie de recommencer. Qui plus est, ce serait aussi lui donner une raison de plus pour renforcer sa haine pour Ethan. À l'entendre, Ethan m'avait forcée à l'épouser. Comme s'il en avait eu besoin ! Ne supportant plus ses discours injustes, j'ai fini par protester.

« Ça suffit ! Tu vois Ethan comme ton tortionnaire, ton bourreau, mais est-ce que tu réalises seulement que sans lui je ne serais pas là aujourd'hui, avec toi ? Tu réalises que, peut-être malgré ta bonne volonté, sans lui, tu serais arrivé trop tard ? Et Lena ! Je n'ai pas fait ma fille toute seule, et même si tu le détestes, tu ne peux pas nier qu'il fait partie de cette petite-fille que tu chéris tant ! Parce qu'il est son père autant que tu es le mien, et que rien ni personne ne pourra jamais changer ça ! »

Qu'est-ce qu'il s'imaginait ? Qu'il avait tous les droits parce qu'il était son grand père ? Il était grand temps pour lui de redescendre sur terre, une bonne fois pour toutes. J'eus un mouvement de recul lorsque, chancelant, il porta une main à sa tête. Il avait mal à la tête ? Oh, le pauvre ! Évidemment, à boire comme un trou, on finit par avoir une sacrée migraine ! J'espérais que cela lui servirait de leçon. Ethan n'avait tenté l'expérience de la vodka qu'une seule fois. Seulement mon père ne semblait pas apprendre ses leçons si vite que lui. Je fis une drôle de tête en l'entendant prononcer le nom d'Inessa. Soit c'était un jeu que je ne trouvais absolument pas drôle, soit il avait des visions à cause de l'alcool. Super. Il ne manquait plus que cela à sa liste des choses pathétiques. Pourtant, encore trop gentille, j'ai levé ma main et je l'ai posée sur son front, grimaçant.

« Tu es brulant PAPA. »

J'avais accentué le dernier mot volontairement. Non, je n'étais pas sa précieuse Inessa. J'étais Katarina, sa fille, et personne d'autre. Il ne devait pas l'oublier. Surtout que je n'avais pas particulièrement envie qu'il me compare à un fantôme, ou à la femme qu'il aimait, peu m'importait, dans tous les cas je n'aimais pas du tout cette idée. J'eus un sursaut quand il glissa sa main dans mes cheveux, d'une manière assez particulière. Je me suis raidie, réalisant brusquement qu'il pensait vraiment avoir une autre personne en face de lui. Oh mon dieu... J'ai eu un mouvement assez violent, je l'avoue quand il s'est penché sur moi, avant de m'embrasser dans le cou d'une façon qui n'avait strictement rien de paternelle. J'ai posé mes mains sur sa poitrine et je l'ai repoussé loin de moi, avant de le gifler très brutalement, me surprenant moi même. Les yeux écarquillés, j'ai portée une main à mon cou. C'était comme si ma peau me brulait, et j'éprouvais une drôle de sensation de dégout. Oui, c'était le moment, j'étais dégoutée.

« Je t'interdis de me toucher ! Je t'interdis de me toucher de cette façon ! Je ne suis PAS Inessa, je suis ta fille, Katarina, tu te souviens ? Tu te rends compte de ce que tu fais ? Mais tu m'écœures ! Tu veux me perdre définitivement ? Continuer à jouer à te comporter de cette façon avec moi ! Ne m'approche plus tu entends ? Ton pauvre numéro d'ivrogne ne prend pas sur moi ! »

Finalement, même dans son comportement excessif, Ethan avait peut-être raison. Mon père n'était pas quelqu'un de fréquentable. Surtout en ce moment.

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MessageSujet: Re: I just want to forget all my mistakes [PV Katarina]   Ven 26 Nov - 18:16

Et encore une fois, tout ce que j'avais imaginé de son enlèvement, tous les cauchemars que j'avais faits qui me montraient ma fille torturée, emprisonnée, battue et maltraitée, tout cela par ma faute, me revinrent en tête. J'imaginais parfaitement Armando lui reposer la question encore et encore et encore, la frappant indifféremment dès qu'elle répondait qu'elle ne savait rien. Il s'y prenait toujours comme cela. Je n'assistais jamais à ces séances, je les ignorais sciemment, le laissant faire notre travail tout seul. Chacun son rôle. Lorsque je ne réussissais pas à extorquer des renseignements par la manière douce, c'était Armando qui s'y collait - et à sa manière, il s'y prenait très bien aussi. Mais l'on ne pouvait pas obtenir le renseignement que l'on voulait de quelqu'un qui l'ignorait. Et comment Katarina aurait-elle pu savoir ? C'était ma faute. C'était entièrement ma faute, je ne l'avais pas trouvée assez vite, j'aurais dû être avec elle lorsque c'était arrivé, j'aurais dû entendre parler de ce fichu enlèvement pour aller la sauver. Ce salaud me connaissait sur le bout des doigts et m'avait toujours affirmé que ma fille était ma faiblesse, qu'un jour quelqu'un l'emploierait contre moi. Je savais qu'il avait raison, mais si je m'étais douté que ce quelqu'un serait lui !

Je n'arrivais toujours pas à admettre que celui qui l'ait sauvée fût Ethan, je n'arrivais toujours pas à supporter que s'il avait dû le faire, c'était uniquement à cause de moi. Et je voulais lui crier d'arrêter de défendre Ethan, je ne supportais plus de l'entendre le soutenir et l'aimer alors qu'elle me repoussait, je voulais qu'elle l'abandonne et qu'elle revienne vers moi, je voulais être avec ma fille et ma petite-fille, seulement avec elles, uniquement avec elles ! Katarina n'avait jamais eu qu'un protecteur durant toute sa vie, et c'était moi. Maintenant, elle changeait, se tournait vers un junkie, m'oubliait loin derrière elle, comme si je n'avais jamais rien fait pour elle. Sans parler de Lena, que cet homme avait le droit de voir, qui s'en occupait tous les jours, alors que je ne pouvais même pas l'apercevoir. C'était injuste ! J'avais bien vu qu'Ethan, depuis la fausse couche de Katarina, n'en avait plus rien à faire de sa femme et de sa fille, et cependant je ne pouvais toujours pas voir Lena sous prétexte que je risquais de lui faire du mal. D'où venait cette fantaisie absurde ? Mais enfin, il était tellement absent en ce moment que même si Katarina ou Lena étaient de nouveau enlevées, il ne ferait rien ! Mais elle le défendait contre vents et marées, refusant de parler de la situation actuelle, et je ne voulais plus entendre ça. Je ne voulais plus entendre les droits qu'avait Ethan sur Lena alors qu'il me déniait les miens sur Katarina. Je ne voulais plus entendre à quel point Ethan était là, généreux, présent, aimant, alors que je n'étais qu'un égoïste !

- Tais-toi ! m'écriai-je. Ethan est le père de Lena autant que je suis le tien ? Alors pourquoi ne pourrais-je pas me comporter avec toi comme il l'est avec elle ? Ethan t'a sauvé alors que je serais arrivé trop tard ? Pourquoi refuse-t-il de comprendre qu'en m'ayant ici, il a gagné un nouveau protecteur pour toi et sa fille ? Ethan est ton mari, et je suis ton père, Ethan est le père de Lena, je suis son grand-père, tu voulais une famille unie ? La voilà, ta famille ! Qui repousse l'autre, hein, qui repousse l'autre et l'empêche d'aller dans ta famille ? Je ferais n'importe quoi pour toi, je me réconcilierais avec plaisir avec Ethan si cela pouvait me permettre de tenir mon rôle parmi vous ! Tu me traites d'égoïste, mais il l'est autant que moi, à garder sa précieuse femme et sa précieuse fille pour lui seul ! Ethan est comme moi, exactement comme moi, et tu refuses de le voir simplement parce que tu l'aimes plus que moi !

Et ce cri du cœur acheva de me faire perdre la tête. Délires, soupirs. La fièvre additionnée à l'ivresse me faisaient croire des choses impossibles, insoutenables, je ne le réalisais même pas. Et quand Katarina me confirma que j'étais brûlant, je ne réagis pas, ne me dis pas que si elle m'appelait papa, c'était peut-être parce que je n'avais pas à me comporter comme cela avec elle, ne vis pas que si je croyais être avec Inessa, c'était peut-être justement à cause de ces fièvres hallucinatoires qui m'avaient déjà fait prendre tant de choses pour d'autres. Et j'aurais pu aller plus loin si Katarina n'avait pas su réagir, si elle ne m'avait pas repoussé si violemment, si elle était restée figée, incapable de vouloir comprendre. Elle avait compris, et finalement, je ne savais pas quelle situation était la pire ; parce que maintenant, elle me haïssait encore davantage. Il fallait qu'elle comprenne que ce n'était pas volontaire, il fallait qu'elle comprenne que cela, je n'y pouvais rien, VRAIMENT rien, il fallait qu'elle comprenne que cela n'avait rien à voir avec l'alcool. Enfin, un bon médecin, ma fille, réactive et efficace. Me gifler était sans doute la meilleure chose à faire pour me tirer de mon monde. Cela eut effectivement le mérite de me réveiller efficacement. C'était si violent que cela me remit tous mes esprits en place en un clin d'œil, fièvre ou pas, vodka ou pas. Je replaçai rapidement la situation dans son contexte : Inessa n'était pas là, j'étais avec ma fille, ma fille qui me criait encore dessus, pour changer, mais genre vraiment crier, pire que d'habitude. Après m'être concentré sur l'endroit où j'étais, avec qui j'étais, je parvins à me focaliser sur ses paroles. Voilà, je le savais, je le savais, elle était persuadée que ce n'était qu'une nouvelle bourde de ma part, uniquement due à mon ivresse, et je ne pouvais pas vraiment l'en blâmer, mais cela lui faisait une raison de plus de me détester et je ne supportais plus qu'elle se dispute ainsi avec moi ! Seulement, j'avais déjà trop de mal à suivre toute la scène dans son ensemble. Comment pouvais-je seulement parvenir à lui expliquer, et en plus à la convaincre, de la cause de cette confusion ?

Je décidai de laisser tomber. Je fus pris brusquement de l'envie qu'elle parte, qu'elle s'en aille, je ne voulais surtout pas qu'elle me voie comme ça. Puisque je ne savais pas comment lui expliquer clairement et simplement ce qu'il se passait, j'allais me débrouiller tout seul. Ma chambre, me dicta mon esprit égaré. Il faut que j'y retourne. Il faut que j’arrive à y aller, il faut que je la quitte, il ne faut plus qu’elle me voie ainsi !

- Va-t’en, soufflai-je, laisse-moi tranquille. Remonte ces médicaments, je vais nettoyer mes bêtises, ajoutai-je en désignant vaguement les bouteilles à l’abandon.

Je lui tournai le dos et les ramassai, épongeant vite fait avec un torchon qui traînait là la vodka qui avait coulé sur le sol.

- Va-t’en ! criai-je plus fort.

Va-t’en, va-t’en, cesse de me regarder ainsi ! J’en ai assez que ma fille ait honte de moi, je ne veux plus qu’elle ait l’occasion de se plaindre de moi. Je me débrouillerais, je pouvais m’en sortir seul, je n’avais pas besoin d’elle ! Idée stupide puisque j’étais inconscient de tout ce qui m’entourait dans ces fièvres, et que j’aurais pu faire n’importe quoi, de la même manière qu’un somnambule, sous leur effet. Et alors ? Confusément, je me disais que je n’aurais qu’à aller dans ma chambre et attendre, attendre tout simplement que cela passe. Inessa n’avait jamais fait grand-chose pour me guérir, se contentant de m’assister, de me donner quelques médicaments lorsque j’étais au plus mal, mais à terme, je guérissais aussi soudainement que j’étais tombé malade. Alors pourquoi pas, hein ?

Lorsque je me retournai, elle était partie, sans que je la voie s’en aller. Etait-elle encore furieuse contre moi ? M’en voulait-elle encore ? Evidemment, mais je ne pouvais pas y faire grand-chose. Bientôt, je ne serais plus en mesure de rien faire. Je parvins je ne sais comment à atteindre ma chambre, me déshabillai rapidement – j’étais devenu soudainement brûlant – et m’écroulai sur mon lit, priant pour que la migraine battant contre mes tempes me laisse enfin un peu de répit.

J’émergeai quelques heures plus tard, frigorifié, avec un mal de crâne tout aussi fort qu’avant, mais bien différent, cette fois bel et bien dû à l’alcool. Au moins n’étais-je plus ivre, mais je me sentais quand même terriblement mal, sans parler du fait que j’étais gelé, contrairement à tout à l'heure. Je remis mon T-shirt, pris deux pulls au hasard que je mis par-dessus. Si je n’avais pas déjà connu ces symptômes par trois fois, j’aurais dit que j’avais attrapé la grippe d’Ethan. [Non, la joueuse ne se moque pas du tout du mensonge de Kataraina, si honnête et franche.] Claquant des dents, je me dirigeai vers l’infirmerie, ayant déjà oublié ma résolution de tout à l’heure – ou simplement pris conscience que c’était stupide. J’espérais tomber sur Mathilda, mais malheureusement, je me retrouvai de nouveau face à Katarina. C’était bien la peine de l’avoir évitée pendant presque une semaine, tiens !

- Je me sens mal, marmonnai-je les yeux sur le sol. Et ça n’a rien à voir avec la gueule de bois. Je n’arrive pas à me réchauffer. Tu n’aurais pas quelque chose à me donner ?

Je serrai un peu plus mes bras contre moi. Ma parole, j’avais l’impression d’être de retour en Russie. Un vertige me traversa, je m’appuyai contre le mur. Ce n’est rien. Ce n’est rien. Je chancelai, battis des paupières, ma vue mouchetée de noir, et m’écroulai sur le sol.

Et puis finalement c’était mieux ainsi. Je préférais de loin m’évanouir plutôt que d’embrasser ma fille en lieu et place de ma femme.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: I just want to forget all my mistakes [PV Katarina]   Ven 26 Nov - 19:23

Finalement j'avais raison depuis le début. Mon père et Ethan, au final, ils se ressemblaient. Ils avaient beaucoup de choses en commun. Mon père détestait Ethan parce qu'il m'avait séparé de lui, de façon « définitive ». Ethan détestait mon père parce qu'il voulait reprendre sa place dans ma vie, et qu'il ne semblait pas prêt à le laisser faire. Ni l'un ni l'autre n'était partageur. Mais c'était la première fois que je voyais le côté égoïste d'Ethan. Mon père n'avait pas définitivement tort à ce sujet... Cependant, il n'avait pas la moindre idée de ce qu'était la personnalité profonde d'Ethan. Moi même j'avais mis du temps à comprendre qui il était vraiment... Ethan était un angoissé notoire, avec peut-être un côté un peu paranoïaque. Je n'étais pas sans savoir que ce trait de sa personnalité avait été accentué par des prises régulières d'héroïne il a de cela quelques années... Mais je me voyais mal défendre Ethan avec cet argument. Parce que mon père n'y verrait là que l'excuse d'une pauvre femme cherchant à défendre son mari par tous les moyens. Ce qui n'était pas totalement faux non plus. Pour autant, je n'avais pas l'impression qu'Ethan était le seul responsable du manque d'union de notre famille. Parce que s'il repoussait mon père, ce dernier ne faisait pas mieux. Il avait beau dire le contraire, je savais qu'il n'avait pas la réelle intention de se réconcilier avec Ethan rien que pour me faire plaisir. Quelque chose me disait que cela faisait un moment qu'il n'en avait plus rien à faire de ce qui pouvait me faire plaisir. Me disputer avec mon père ivre ne faisait pas partie de ces choses. Le surprendre avec le sosie de ma mère non plus. Ni le gifler parce qu'il délirait et qu'il venait d'essayer de m'embrasser. Seigneur, quelle horreur ! J'étais simplement dégoutée.

J'écarquillai les yeux quand il me demanda de m'en aller doucement, d'emporter mes médicaments, pendant qu'il nettoyait ses bêtises. J'ai froncé les sourcils, tandis qu'il se baissait pour ramasser ses cadavres de bouteille. J'ai secoué la tête, affligée. J'ai sursauté quand il m'a carrément hurlé de m'en aller. Sans demander mon reste, j'ai saisi le carton de médicaments et je suis partie sans demander mon reste. Je me fichais bien qu'il décuve dans la réserve. Au moins, personne ne le verrait et je n'aurais pas à chercher des excuses, ni à avoir plus honte que ce n'était déjà le cas. Lutter contre les larmes fut plus difficile que je le pensais. Je suis allée dans la salle de bain une minute, le temps de me rafraichir et de sécher mes larmes. Puis l'air de rien j'ai repris le carton et je suis retournée à l'infirmerie. Comme s'il ne s'était rien passé. Mathilda m'a demandé pourquoi cela avait pris tant de temps, et j'ai simplement répondu que c'était parce que le carton n'était pas à sa place et que j'avais eu un peu de mal à le trouver. Je ne sais pas si elle m'a cru ou non, mais dans tous les cas, elle n'a rien dit. Je me suis un peu occupée de Lena, et j'ai été voir comment allait Ethan rapidement. Il dormait toujours. Je me suis contentée de remonter la couverture sur lui avant de retourner à l'infirmerie. Je ne pouvais rien faire de plus de toute façon, autant être utile ailleurs.

Pour m'occuper un peu l'esprit, j'ai classé des papiers et complété les dossiers qu'il fallait compléter. Il a bien évidemment fallu que je mette à jour celui d'Ethan. Je me suis contentée d'inscrire une date avec le mot « grippe » en capitales. C'était certainement une façon de laisser une trace de ce mensonge... J'ai évité de penser à mes états d'âmes. Je me suis contentée de jeter un coup d'œil distrait à l'horloge de temps en temps. J'allais voir Ethan, je revenais, j'allais voir Ethan, je revenais... Alors que je sortais, je me suis retrouvée nez à nez avec mon père. J'étais sur le point de passer mon chemin quand je me suis rendue compte qu'il ne semblait pas aller bien du tout. Je fis un pas vers lui, tandis qu'il me disait qu'il se sentait mal. Qu'il n'arrivait pas à se réchauffer. Il avait vraiment l'air d'avoir froid, en effet... Je n'eus pas le temps de tendre les bras vers lui qu'il s'effondrait, à mes pieds. Je poussai un cri de stupéfaction et de terreur mêlées, avant de me précipiter sur lui, jetant aux orties ma rancœur.

« MATHILDA ! Mathilda, viens m'aider ! »

Il était brulant, et il n'avait pas l'air bien du tout. Cette fois ci, complètement paniquée, je me suis mise à pleurer, avant de poser une main sur ma bouche, pour m'empêcher de sangloter trop fort. Je ne savais pas ce qu'il avait, mais de toute évidence cela n'avait rien à voir avec l'alcool.

Malheureusement.

Est-ce qu'on me donnerait un tout petit instant de répit, oui ou non ? Ou allais-je devoir encore lutter contre quelque chose qui me dépassait complètement, une fois de plus ?

_________________
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AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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I just want to forget all my mistakes [PV Katarina]
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