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 Dis toi que...[Shannon]

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MessageSujet: Dis toi que...[Shannon]   Lun 22 Nov - 20:30

« Dites lui que le monde est toujours clair, dites lui que le ciel brille parfois, dites lui que je l’attends, que je l’aime, dites lui que l’orage gronde, dites lui mes soupirs…. »

Rageusement, Sharon referma son livre. Colère irrationnelle qui la poussa a envoyer l’œuvre contre le mur. Son regard resta un long moment fixé sur la couverture du livre, avant qu’une main lasse ne vint épouser son front. Elle était fatiguée. Epuisée en fait. Lentement, elle ramena ses jambes contre elle et renversa la tête en arrière, la nuque reposant sur le dossier du canapé. Le regard perdu sur le plafond, elle pensait a ces semaines qui s’écoulaient, ces jours, ces heures…Rien n’était plus dur, plus doux que ça. Le cotoyer, lui parler, échapper a ses bras, a ses mains, guetter son sourire et penser en mourir, espérer ses regards et s’y perdre tout en affectant la fraternité. Sharon était épuisée de cette comédie, mais elle devait encore tenir. Toujours tenir.

Les taches brunâtres sur le plafond lui semblèrent soudainement digne d’intérêt, étrange parce qu’elle ne voyait que le visage de son frère. D’ailleurs, elle ne voyait que lui. Le vouloir jusqu'à en avoir mal, espérer voir son regard changer…Idiotie et aberration. Elle ne pouvait pas exiger ça de lui. Elle ne le pouvait tout simplement pas. Elle devait se contenter de cet amour fraternel qu’il lui portait, rêver d’autre chose, mais devoir se nourrir de cela.

Parfois, elle se prenait a maudire tout est n’importe quoi pour cette horreur qu’elle n’arrivait pas a arracher a sa poitrine. Elle ne pleurait plus, n’avait plus de larme, toutes versées sur son propre écœurement et pourtant, elle y pensait sans cesse, en rêvait parfois. Ses mains sur elle remplaçant pour un temps les images terribles de la guerre. Elle avait échangé un cauchemar contre un autre, plus malsain, plus amoral et même si elle s’était condamnée, même si chaque jour se faisait plus lourd a porter que le précédent, elle n’arrivait pas a regretter une seule seconde passée contre lui. Pourtant elle devrait, elle aurait du, exécrer chaque soupir, chaque gémissement…Son corps frissonna violement. C’était mal. Elle était sale, impure mais même en sachant cela, elle le désirait atrocement.
Elle ferma les yeux, revivant en songes ces instants où plus rien n’avait eu d’importance que cette union aussi inéluctable qu’amorale. Incestueuse. Ce mot résonnait avec force, crié sur un ton horrifié, dégouté par des visages dont elle ne distinguait pas les traits.

Elle rouvrit brusquement les yeux, la pâleur incrustée sur son visage comme indélébile. Un lourd soupir la traversa. Doucement, elle tourna la tête vers la fenêtre. La nuit était tombée. De la fenêtre son regard dévia sur l’espèce de réveil qui tronait sur une des tables de chevet. Une heure déjà. Puis, ses yeux glissèrent sur le lit. Ils ne le partageaient plus. Elle en souffrait mais c’était le mieux. Bizarrement, il n’avait pas insisté lorsqu’elle avait décidé de dormir seule, arguant qu’il était temps qu’elle arrête de ce conduire en petite fille, cependant, il avait insisté pour qu’elle prenne le lit. Elle se leva, détournant le regard des draps, de cette scène où elle les avait maudit tout les deux. Où elle l’avait souillé. Il était temps de faire a manger, il reviendrait bientôt. S’occuper pour ne plus penser. Passant devant un meuble défraichi, elle caressa son appareil. Un cadeau magnifique, elle y tenait, s’y accrochait comme elle pouvait, mitraillant New York et ses plaies. Son frère et son sommeil. Hurlant au monde sa propre douleur et sa souffrance.

Une heure déjà. Elle fronça un peu les sourcils, il lui avait dit une demie heure pas plus. Peut être avait il été un peu retardé par…Bien en fait, elle ne savait pas vraiment. Mais elle n’aimait pas le savoir loin d’elle, cela la rendait nerveuse, fébrile, même si maintenant, elle se forçait a rester calme. Il était inutile de paniquer. Ils s’étaient entendu a ce sujet, il devait arrêter de la surprotéger, elle devait arrêter de penser qu’elle ne pouvait rien faire sans lui. Oublier son retard dans la préparation du repas ne dura hélas pas très longtemps. Pourtant, elle traina, se forçant a ne pas regarder du coté du réveil. Elle fut même a deux doigts d’aller le retourner, agacée de n’être qu’obnubilée par l’écoulement des secondes.

Une heure et demie.

Ce n’est rien a l’échelle du temps et pourtant, elle se mit a se mordiller la lèvre. Allons, inutile de s’en faire, il avait déjà eu des retards de cette importance ! Elle mit la table et recouvrit la casserole pour garder le repas au chaud. Shannon n’allait pas tarder. Puis, elle rangea un peu, prenant un temps infini a nettoyer l’évier…Qu’il revienne…En faisant le lit, elle tomba en arrêt devant un pull. Le sien. Il était jeté sur le dossier d’une chaise un peu bancale. Elle s’en souvenait, elle le lui avait offert voilà cinq ans maintenant, mais elle ne se souvenait plus pour quoi. Noel ? Anniversaire ? Comme ça, juste pour le plaisir de lui faire un cadeau. Sans qu’elle ne puisse vraiment réfléchir a son geste, elle s’en saisit, le caressa doucement avant d’y enfouir le visage. Il portait son parfum et elle se prit a l’inspirer avidement avant de froncer les sourcils et de le jeter loin d’elle. Pourquoi se torturer comme ça ? Cela ne servait a rien…Elle regarda le pull décrire un arc de cercle avant de choir sur le sol. Son cœur se serra. Combien de temps encore pourrait elle faire semblant sans se trahir ? Parfois, cela lui comprimait tellement l’âme qu’elle pensait craquer et finalement, elle trouvait encore la force de supporter. Elle n’y pouvait rien, ne pouvait pas revenir en arrière, ne pouvait pas étouffer ce qu’elle ressentait, ni même le détruire. Eperdument amoureuse de son frère. Anormale. Risible et interdit.

Elle fit volte face brusquement, préférant tourner le dos a la chambre.

Deux heure et demie.

Là, elle commençait franchement a s’inquiétée. Levant une main devant elle, elle se rendit compte que les tremblements annonciateurs de ses paniques avaient déjà débutés. Ses doigts s’agitaient, parcouru de soubresaut qu’elle ne pouvait contrôler. Elle ferma les yeux et compta mentalement. Inspirant profondément. Elle plaqua ses mains contre elle, entre ses coudes et son torse. Ca allait passer. Il fallait que ça passe. Shannon savait ce qu’il faisait. Il savait toujours. Il devait avoir de bonne raison.

Malheureusement, le temps filait. Inexorablement et il ne rentrait pas. Sharon se sentait a nouveau aspirée par l’abime, même si elle luttait vaillamment.

Il lui ai arrivé quelque chose !

Mais non, pourquoi penser au pire !

Mais cette pensée restait imprimée en elle, a tel point qu’elle sortit. Qu’elle le chercha. Dehors. Dans la nuit. Elle était terrifiée a l’idée de quitter leur chez eux, mais l’était plus encore a l’idée de perdre Shannon. Peut être qu’il avait besoin d’elle. Peut être était il blessée. Agonisant ? Non, non, pas agonisant…Elle se battit contre l’image terrible du corps de son frère martyrisé, meurtrit qui faillit bien avoir raison d’elle et du peu de contrôle qu’elle avait encore sur son corps, sur ses pensées.

Elle ne le trouva pas.

Elle rentra vite, pensant que peut être, il était rentré avant elle. Se disant qu’il s’inquiéterait si il revenait et qu’elle n’était pas là. S’accrocher a l’espoir de le trouver dans l’appartement l’aida a retrouver son chemin, combien de fois avait elle faillit se perdre dans ses rues a moitié détruites, combien de fois avait elle évitée ces ombres qu’elle devinait au carrefours ? Mais le silence l’attendait quand elle revint.

Cinq heure.

Jamais. Jamais il n’avait eu un tel retard…Et si..Non bien sur que non…Et si…

« Il rentrera pas. »

Mais si ! Pourquoi il ne reviendrait pas ?!

« Et bien réfléchis ma grande ! Que veux tu faire lorsque tu te rend compte que ta sœur est malade ? »

N’importe quoi !

« Tu crois ? Tu es transparente, il te connait. A sa place, j’aurais fait pareil. »

Non !

« Tu peux toujours essayer de te leurrer, mais n’importe qui de sain d’esprit t’aurais fuit tu sais ! Comment veux tu qu’il te supporte maintenant ? Pauvre petite fille qui fantasme sur son propre frère ! Tu es malade ! Mauvaise ! »

Non, il ne sait rien !

« Arrêtes de te voiler la face ! Inutile et écœurante ! A quoi t’attendais tu ?! »

Tais toi ! Tais toi !

« Tu dois lui donner envie de vomir ! Ta vue doit le dégouter…C’est pour ça qu’il ne revient pas ! »

Sharon se réfugia dans un coin de la pièce, tentant de faire taire cette voix qui ne cessait de la hanter parfois. Cet autre qui n’était que mal. Pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de se dire que peut être…

Il l’avait tout simplement abandonnée. Quittée. Laissée.

Et alors ? Que ferait elle ? Que devait elle faire ? Elle avait l’impression de se perdre, de n’être plus rien, oubliée…Et le pire étant que c’était le cas. Alors comment faire pour vivre ? Juste…vivre ?

Non ! Shannon ne la laisserait pas, pas comme ça…A moins que…

Elle secoua la tête, se rendant compte que ses pensées prenaient des tours incohérents, qu’elles se télescopaient, qu’elles n’étaient que confusion, l’empêchant de réellement démêler le vrai du faux, l’exagération de la tempérance. Juste le chaos. Aucune règle, aucune logique. Juste un amas de pensées qui se contredisaient, se percutaient…Alors…

Elle compta.

Perdant peu à peu la notion de temps ou d’espace, seulement enfermée dans sa bulle de vide, elle comptait, parce qu’elle ne savait, ne pouvait que faire ça. Juste compter pour tenter de garder un pied dans la réalité. Compter…Encore…
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MessageSujet: Re: Dis toi que...[Shannon]   Jeu 2 Déc - 10:57

Comment avait-il pu l'oublier? Comment avait-il pu à ce point chercher refuge dans les bras d'une autre et oublier ses devoirs? Il n'avait demandé que l'oubli de son amour, de son obsession, pas de tout ce qui le rattachait à sa sœur! Mais vaincu par l'émotion, l'alcool, la fatigue, il s'était endormi. Il ne pouvait pas dire qu'il regrettait. Non, il ne regretterait jamais d'avoir pu donner un peu de tendresse à Inessa et lui avoir prouvé qu'elle était une femme à part entière. Et quelle femme! Elle ne méritait pas son sort et il ne valait mieux pas que le jeune homme tombe un jour sur le mec qui l'avait tant fait souffrir. Sans être violent ou bagarreur, il fallait admettre qu'il avait une bonne expérience de casseur de gueule, grâce à tous ces crétins qui avaient manqué de respect à sa sœur, notamment. Et son naturel hyper protecteur venait de prendre sous sa coupe la jolie et fragile Inessa. Il s'en voulait de l'avoir ainsi abandonnée. Il lui avait laissé l'espoir de se revoir et il ferait comme il l'avait dit : il se rendrait fréquemment dans ce vieil immeuble, dans l'espoir de la voir et de l'aider. En revanche, si le bébé restait en son sein, il ne savait pas du tout comment il s'y prendrait pour l'aider.

A moins qu'elle ne rentre de là où elle venait... Qu'elle retrouve ceux de la Communauté et qu'elle profite de leurs bons soins. Même si cela signifiait revenir auprès de celui qu'elle avait eu tant de mal à quitter. Shannon ne pouvait pas lui éviter cela, il n'était pas médecin après tout. Une grossesse et un accouchement dépassaient largement ses compétences. En même temps, ses compétences ne lui servaient à rien dans ce monde dévasté. C'était un constat amer.

Il fit le chemin au pas de course, courant quand il le pouvait marchant vite quand le sang battait trop fort à ses tempes et menaçait de lui fendre le crâne en deux. Bon sang, il avait totalement oublié ce qu'était un lendemain de cuite. Et il se souvenait maintenant pourquoi il ne buvait jamais plus que de raison.

Allait-il retrouver Sharon? Avait-elle osé sortir pour tenter de le retrouver, alors que cela était peine perdue dans une ville aussi grande? Elle ne savait absolument pas ce qu'il trafiquait avec Inessa, ne connaissait pas ses lieux de prédilection. Le chercher dans New-York revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin. Alors quoi? Avait-elle tourné pendant des heures dans leur squat, en se rongeant les ongles, le regard braqué sur le réveil, affolée de voir les minutes, puis les heures passer? Elle avait du se faire tout un scénario expliquant son retard. Terrible retard. Une heure passe, encore, mais 5 ou 6, ça devenait inquiétant. Comment réussirait-il à se faire pardonner cela? A se pardonner lui-même?

Il arriva enfin, trempé de sueur et haletant, et entra sans même frapper, pour tomber sur une Sharon recroquevillée à terre, complètement hagarde. Cette vue lui serra le cœur. Il lui avait fait du mal. Il avait promis de toujours la protéger, et voilà qu'il la faisait souffrir en lui causant mille tourments. Il s'approcha de sa sœur et s'agenouilla près d'elle, passant un bras autour de ses épaules.

- "Sharon... Sharon, je suis là."

Enfin... C'était un peu tard quand même... Il observa sa sœur avec attention. Qu'allait-elle faire? Se jeter dans ses bras en pleurant de soulagement? Lui jeter ses reproches au visage, nés de sa terreur? Il n'en avait aucune idée, elle était capable des deux...

Avant tout du moins.

Aujourd'hui, il ne savait plus si elle était encore capable de se mettre en colère.

- "Je suis désolé... Désolé..."
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MessageSujet: Re: Dis toi que...[Shannon]   Jeu 2 Déc - 21:20

A combien en était elle ? Elle ne savait pas vraiment. Elle comptait oui, mais par automatisme, mécaniquement. Pourtant, cela l’aidait a ne pas céder lamentablement, même si la crise se faisait toujours sentir, elle était devenue moins violente qu’avant. Juste en comptant. Un remède idiot mais néanmoins efficace. Alors elle le faisait, parce que ça l’aidait a repousser les images terrifiantes qui ne cessaient de partir a l’assaut. Elle ne voulait pas penser a ça. Et pourtant, ça s’infiltrait tout de même. Non, et non ! Shannon était assez prudent. Il n’avait jamais prit de risques inutiles. Il savait ce qu’il faisait. Mais ce leitmotiv n’arrivait pas vraiment a la rassurer, il restait ce doute, immonde, terrible, qui s’insinuait. Cinq heures… Cela n’était jamais arrivé. Jamais.

Sharon n’entendit même pas la porte s’ouvrir, ni le son de pas précipités. Elle ne réagit vraiment qu’a la voix de Shannon. La vie revint brutalement dans ses iris lorsqu’elle posa les yeux sur le visage tant aimé et un soulagement intense lui noua l’estomac. Fébrilement, elle s’accrocha a son cou, s’assurant qu’il n’avait rien, passant les mains sur ses épaules, sa nuque. Qu’il revenait sain et sauf. Elle posa ses paumes sur les joues râpeuses de son frère, posa son front sur le sien. Il était là. C’était tout ce qui comptait. Elle ferma les yeux.

-Ca va… Maintenant ça va…

Elle aurait pu se mettre en colère pour cette terreur horrible qu’il venait de lui infliger, mais elle savait qu’il le faisait pour eux. Que tout ce qu’il faisait, c’était pour eux. Le soulagement primait sur une éventuelle colère qui, elle le savait n’avait pas lieu d’être. Elle soupira lentement, sentant son corps crispé se relâcher doucement, évacuer la tension…Nul doute que si elle avait été debout, elle se serait effondrée a terre. Ces dernières heures, elle avait cru mourir mille fois, s’imaginant vivre sans lui et la douleur qui l’avait terrassée lui avait coupé le souffle. Elle ne survivrait pas a son absence, c’était une évidence, comment vivre lorsqu’il vous manque l’âme ? Dissimulant les tourments qui agitait la mer de ses yeux, elle ouvrit les paupières, plongeant directement dans le regard chaud de son frère. Elle y lu l’inquiétude, le remord aussi, les regrets et ses lèvres s’étirèrent dans un sourire tremblant.

-Où étais tu ? J’ai eu peur.

Le mot peur était si faible, si fade comparé a ce qu’elle avait ressentit qu’il glissa sur sa langue avec un frisson. Elle ne savait pas où il allait, ne savait jamais, ne demandait jamais parce qu’elle avait parfois peur de ce qu’il lui répondrait. Elle le dévora des yeux un instant, infime instant avant que le voile de ses cils ne vienne cacher l’éclat de ses iris. En fait qu’importe ce qu’elle endurait…Tout cela n’avait plus d’importance du moment qu’il soit là.

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MessageSujet: Re: Dis toi que...[Shannon]   Dim 5 Déc - 10:45

Elle ne réagit qu'en entendant le son de sa voix, pas avant... Il se mordit la lèvre. Il aurait suffit que n'importe qui rentre ainsi et elle aurait été une proie totalement à sa merci. Et il savait parfaitement que c'était de sa faute si elle était ainsi prostrée. Il se maudit intérieurement d'avoir fait passer son propre chagrin (et plaisir) avant sa sœur. Il n'était jamais égoïste, il faisait tout pour elle, ne pensant guère à lui et le tableau qu'elle lui offrait lui montrait combien il avait raison de le faire. Il tenta de la rassurer et elle s'agrippa à lui, convulsivement, comme pour être certaine, pour s'assurer, qu'il n'était pas un mirage. Non, il n'en était pas un et il était revenu.

C'est d'une voix fébrile qu'elle lui répliqua que ça allait. Que maintenant, ça allait. Oui, parce que durant toutes ces heures sans lui, ça n'avait pas du aller du tout. Quels tourments lui avait-il infligé! Il ne regrettait pas sa nuit avec Inessa, non, jamais, mais il regrettait que cela engendre la peur chez sa sœur. Aucun moyen de la prévenir... Et il n'avait, bien évidemment, pas prévu du tout de rester avec Inessa, de boire sans soif et de coucher avec elle.

Sharon se détendit légèrement et le regarda droit dans les yeux avant de lui poser la question qu'il savait inévitable. Où était-il? Il pouvait répondre la vérité, bien entendu, mais pas sans parler de sa nuit avec Inessa. Et Sharon serait en colère ou terriblement blessé d'apprendre qu'il l'avait délaissé pour une autre femme. Il lui caressa très doucement la joue, avant de lui montrer ce qu'Inessa lui avait ramené pour elle. De quoi prendre encore des photos.

- "Comme d'habitude, j'ai donné rendez vous à... une amie, pour avoir ce que je voulais. Ça fait un moment qu'on s'arrange tous les deux."

Par où commencer? Il ne pouvait pas lui mentir, mais lui dire la vérité ne valait pas mieux. Il préféra rester le plus fidèle possible à la réalité, mais sans en dire trop non plus.

- "Sauf que cette fois, j'ai remarqué qu'elle n'avait pas l'air d'aller bien. J'ai pas pu partir comme ça et la laisser dans cet état. Alors, je suis resté avec elle. On a un peu trop bu et on n'a pas vu les heures défiler... Je suis vraiment désolé de t'avoir causé tant de soucis..."

Il caressa doucement ses cheveux, espérant que la pilule passerait mieux... Mais ne se leurrant guère quant à la réussite de son espoir.
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MessageSujet: Re: Dis toi que...[Shannon]   Dim 5 Déc - 11:37

Sharon baissa les yeux sur ce qu’il lui avait ramener et se mordilla la lèvre. Du bout de l’index, elle caressa une bouteille en reconnaissant le produit. Avant, elle développait elle-même ses photos. L’avait toujours fait. Elle sourit légèrement, même si un léger agacement venait titiller sa conscience a l’idée qu’il traitait avec une femme. Mais elle n’en montrait rien tant le soulagement était fort.

Qu’importe les dernières heures, encore une fois, il lui prouvait qu’il avait fait ça pour elle. Finalement, elle fit taire son agacement et empoigna une des bouteilles plastique. Dieu, elle ne savait pas comment c’était débrouillée cette amie, mais pour trouver ce produit, elle devait être douée.

Par contre, ses doigts se serrèrent convulsivement lorsqu’il continua. Que voulait il dire ? Cette amie n’allait pas bien ? Et elle alors ? Il savait pertinemment ce que provoquait son absence. Il le savait et malgré tout…Elle ferma les yeux…Il avait préféré rester avec l’autre…Il avait bu…Il…

« Tu as couché avec ? »

Question brutale qui lui échappa sans même qu’elle en eu conscience, elle aurait voulu rattraper ces mots, mais il était trop tard. Elle n’avait pas le droit de lui demander ça…Et elle espéra qu’il ne réponde pas…Ce qu’il fit mais son silence devenait acquiescement , lourd, trop lourd. Elle ouvrit lentement les yeux, dévoilant la mer de ses iris, mer agitée de sentiments contraires. Il n’avait pas répondu mais elle savait lire entre les lignes de son silence.

Elle ne réagit pas tout de suite, se pétrifiant soudainement, reculant lentement avant que ça n’explose en elle. La jalousie lui mordit violemment le cœur, perça de ses dents effilées sa chair. Elle avait mal et la douleur fit voler en éclat ces propres résolutions, ces propres décisions. Il avait ce droit là. Celui d’en aimer une autre. Elle n’avait pas le droit de l’en empêcher, elle pouvait supporter, elle pouvait…Non, elle ne pouvait pas. Imaginer les mains d’une autre sur lui, imaginer ses lèvres sur une autre. Ca enflait et elle ne savait pas le retenir. Mélange atroce de jalousie et de colère qui provoquaient par leur violence une culpabilité intense. La fureur éclata dans ses iris tandis qu’elle échappait a son contrôle. Violence exacerbée, réaction bien trop forte, elle le savait. Sa main partit et le gifla. Vive, trop vite, geste qu’elle regrettera certainement. Mais elle avait tellement mal qu’elle voulait lui faire mal aussi.

« Je te deteste. »

Mensonge atroce mais elle était la proie d’un tumulte qu’elle avait pensé maitriser et la vérité était tout autre.

« Je t’ai cherché. »

La colère s’entendait dans sa voix et pourtant elle ne hurlait pas, pas encore. Oui, elle était sortit, elle l’avait cherché pendant que lui…que lui…Caressait le corps d’une autre.

« Je suis sortie pour te chercher. »

Et lui posait ses lèvres sur le corps d’une autre.

« Je t’ai imaginé blessé…Seul… »

La fureur décuplait au fur et a mesure de ses mots, torturée par les images qui la hantaient, qui lui faisait si mal. Des images qu’elle voulait détruire…

« Je t’ai cru mort et toi tu m’oubliais dans les bras d’une autre ! »

Elle avait craché ces derniers mots, dardant ses iris envahies de colère, d’amertume, de douleur, de jalousie sur lui. Pourquoi ? Pourquoi avait elle CE droit ? Pourquoi elle pouvait l’aimer et pas elle ?! C’était atroce, irrationnelle même, mais elle n’arrivait pas a contrer ce qu’elle ressentait. Elle avait cru pouvoir faire avec. C’était dit que c’était bien pour lui mais la vérité était tout autre.

« Je ne peux pas le supporter…. »

La surprise s’invita dans la colère. Non, elle ne pouvait pas, elle crevait littéralement de jalousie….

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MessageSujet: Re: Dis toi que...[Shannon]   Dim 5 Déc - 14:28

Oui, s'il avait revu Inessa, c'était pour elle. Noble geste en vérité, mais cela n'excusait en rien ce qui s'était produit ensuite. Espérait-il vraiment qu'elle accueille cela avec un grand sourire, lui saute au cou pour son dévouement? Non, franchement, cela aurait été trop beau. Il vit pourtant que cela lui faisait plaisir, mais l'ombre de ces dernières heures d'angoisse venait assombrir ce qu'il avait voulu être une surprise malheureusement. Et là, LA question, celle qu'il aurait voulu qu'elle ne pose jamais, franchit ses lèvres. Avait-il couché avec Inessa? Mais pourquoi avait-il fallu que cette idée lui effleure l'esprit? Pourquoi fallait-il que dans son esprit, plusieurs heures de retard à consoler une fille malheureuse et à boire finisse obligatoirement au lit?

...

Bon d'accord, la question était censée finalement. Shannon regarda sa sœur, sans répondre, avant de détourner le regard. Long silence. Aveu silencieux de sa faute. Elle se pétrifia et il voulut dire quelque chose, mais quoi? Désolée Sharon, j'étais complètement ivre, elle était là, vivante, désirable et surtout, ce n'est pas toi? Non, il ne pouvait pas dire cela, il n'avait aucune excuse valable à lui servir sans se trahir.

Et là, la gifle le cueillit sans qu'il la voie venir, sans même qu'il ne la pressente. Stupéfait, il porta une main à sa joue, regardant Sharon, comme si c'était la première fois qu'il la voyait. Jamais elle ne l'avait frappé. Jamais. Il mit d'abord cela sur le compte de la terreur qu'elle avait ressenti. Elle s'était imaginée le pire et il s'était tapé une fille. Il y avait de quoi être en colère. Il accusa le coup, mais une vive douleur passa dans son regard quand elle lui lâcha qu'elle le détestait. Non, impossible, elle parlait sous le coup de la rage, elle ne pouvait pas le détester, pas alors qu'il avait tout fait pour elle. Qu'elle était le centre de son propre univers.

Il resta muet alors qu'elle continuait, lui avouant l'avoir cherché. Il s'y était attendu et cela rajouta encore à sa culpabilité. Oui, il était coupable, cent fois, mille fois, mais elle ne pouvait pas le haïr.

Et là, les mots sortirent, violemment. Elle s'était fait du soucis, pendant qu'il L'oubliait dans les bras d'une autre. Choc. Stupeur. C'était exactement cela. Comment savait-elle? Il n'avait rien laissé passé... Se doutait-elle de soin amour pour elle? Comment? Et elle acheva en disant qu'elle ne le supporterait pas. Il ne comprenait plus rien. Était-elle à ce point jalouse de ses attentions?

- Sharon... Je..."

Je quoi? Je suis désolé? Déjà dit. Je t'aime à en crever? Oh si seulement il pouvait le dire... Et après tout, pourquoi pas? Il n'était pas un salaud, il était simplement malheureux... Et elle ne comprenait pas! Et elle le détestait pour de mauvaises raisons? Finalement, ce fut à son tour d'exploser.

- "Oui, tu as raison, je t'ai oublié dans les bras d'une autre! Tu ne comprends pas? Je n'en peux plus de cette promiscuité, de te regarder jour après jour, de retenir chacun de mes gestes parce que j'aimerais qu'ils soient autre que ceux d'un frère envers une sœur!"

Il se stoppa, trop tard. Il en avait trop dit sous le coup de la colère et de la déception, du chagrin qui l'écrasait, du remord et de la peur qu'elle le haïsse pour de mauvaises raisons.

Maintenant, elle pouvait le haïr...
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MessageSujet: Re: Dis toi que...[Shannon]   Dim 5 Déc - 15:59

« Tais toi ! »

Trop tard. Beaucoup trop tard. Pourtant, elle avait peut être pressentit l’aveu, avait sentit la fêlure dans la voix de son frère malgré la colère qu’il laissait échapper. Si, elle ne comprenait que trop bien ! Mais non, elle ne voulait pas entendre, pas savoir…Pas ça ! Son visage perdit toute couleur et la colère s’éteignit subitement dans ses iris, remplacée par de l’horreur. De l’horreur oui…Il ne pouvait pas ressentir ça. Non, lui, il était normal, sain…Pas comme elle. Non pas comme elle. Pétrifiée, elle ne pouvait que le regarder, les yeux agrandit, agités d’ombre intenses. Culpabilité, tristesse, horreur aussi.

« Tais toi… »

Répéta-t-elle plus doucement, presque suppliante. C’était sa faute. Sa faute ! Si elle avait put résister, si elle avait réussit a éteindre ses vices, si elle avait put, ne serait ce qu’un instant s’éloigner, avant qu’il ne soit trop tard…Et maintenant ? Maintenant, elle l’avait entrainé dans son enfer, elle l’avait attiré dans son propre purgatoire. Il se mentait. Il ne pouvait pas ressentir ça, c’était impossible. Pourquoi lui disait il le contraire ? Pourquoi ?! Elle l’avait salit, pervertit…Il ne pouvait pas…Pas lui. Choquée, elle serra les poings. Pourquoi fallait il qu’elle soit aussi mauvaise ? Pourquoi lui avait elle fait ça ? Tout ce qu’elle voulait, c’était le préserver, l’aimer sans le tuer…Pourquoi avait elle échoué ? L’entrainant avec elle dans cette déchéance.

Il mentait. Il ne pouvait que mentir. Il n’était pas nécrosé, pas amoral, pas malsain. C’était impossible. Elle refusait de le voir comme ainsi. Il l’avait toujours protégée, sans rien demandé…Elle ne voulait pas qu’il le fasse encore, pas comme ça. Ce n’était pas lui qu’elle haïssait, c’était elle.

« Tu raconte n’importe quoi…C’est de ma faute…Je suis tellement désolée… »

Sa voix se brisa sur un sanglot immonde, amer. Si seulement elle avait pu s’ouvrir les veines au lieu de céder devant ce qu’elle ne pouvait maitriser, elle l’aurait fait. Elle baissa la tête, ferma si fort les yeux qu’elle cru ne plus jamais pouvoir les ouvrir. Elle ne pouvait pas le regarder, pas quand la honte et le dégout d’elle-même envahissait ses yeux, une lâcheté sans nom pour ne pas voir sa propre condamnation dans les yeux chauds de son frère. Lâche parce qu’elle n’osait pas l’affronter.

« Tu peux pas...Arrête ça. »

Qu’il arrête de mentir, de vouloir la protéger, même d’elle-même, même de ses pensées impures et amorales. Il ne pouvait rien y faire, rien !

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MessageSujet: Re: Dis toi que...[Shannon]   Mar 7 Déc - 0:15

Il se tut. Comme elle le lui ordonnait, il se tut, mais une douleur terrible se lisait désormais dans son regard qui laissait enfin éclater toute l'ampleur de son tourment. Elle ne voulait pas entendre cela, parce qu'elle ne pouvait pas l'entendre. C'était contre nature, c'était monstrueux de désirer ainsi sa sœur. Et pourtant, au delà de la notion même de désir ou de sexe, il y avait cet amour totalement pur et puissant. Rien de vicié là dedans... Mais la morale ne permettait pas ce genre d'incartade. Voilà, il avait avoué ses sentiments à sa sœur et elle refusait de les entendre, allait surement le regarder avec horreur. Tout était terminé. Jamais plus leur relation ne serait la même et c'était entièrement sa faute. Égoïstement, il aurait du garder cela pour lui et la laisser dans l'ignorance.

Il la regarda sans comprendre quand elle répondit que c'était sa faute. Mais de quoi diable parlait-elle? Il n'y avait nulle faute qu'elle ai commise, elle n'avait pas forcé son frère à tomber amoureux d'elle!

- "Qu'est-ce que tu racontes?"

Perplexe, il l'était, mais sa dernière supplique le poignarda. Il était pourtant trop tard pour reculer... Beaucoup trop tard. Autant continuer le saut et s'écraser pour de bon au sol.

- "Sharon... Je suis désolé. J'ai essayé de lutter contre ça, mais rien n'y fait. Cela fait des années que c'est en moi et je ne l'ai compris que quand j'étais malade... J'ai fait un rêve où... toi et moi... nous n'étions plus liés par le sang, juste par le cœur."

Et le sexe. Mais il n'arrivait pas à prononcer le mot, tournant autour du pot. Finalement, il se serra contre sa soeur, étouffant à son tour un sanglot. C'était trop difficile d'être fort, pas maintenant alors que tout ce qu'il croyait acquis s'effritait entre ses doigts. Qu'il puisse la serrer contre lui encore une fois.

- "Pardon... Pardonne-moi d'être aussi déviant, de nourrir de telles pensées... C'est... monstrueux, pervers et pourtant, c'est une évidence. Comme deux âmes sœurs qui se retrouvent dans une autre vie..."

Ils avaient voyagé ensemble, elle savait de quelles croyances il parlait. Ils avaient trouvé cela tellement beau, espérant que cela existait. Aujourd'hui, il voyait cela comme un châtiment. Il prit le visage de sa soeur entre ses mains, la regardant droit dans les yeux.

- "Je t'aime Sharon. Je suis désolé, mais je t'aime plus qu'une sœur... Bien plus que cela."

Et dans son regard, on pouvait lire toute la détresse du monde... Et une supplique terrible.

Ne pars pas.
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MessageSujet: Re: Dis toi que...[Shannon]   Mar 7 Déc - 1:49

Il ne savait pas. Ne pouvait pas comprendre. Ce poids qu’elle portait. A sa question, elle ne pouvait pas répondre. Pas les tuer. Rien dire. Juste un silence. Lui refuser l’éclat de ses yeux, comme une échappatoire qu’elle ne pouvait pas prendre. Acculée. Perdue.

Honteuse, si sulfureusement honteuse. Parce qu’elle ne regrettait rien, n’oubliait rien. Pourtant ses paupières s’ouvrirent subitement. Un rêve…Juste un rêve…Si il savait, si il savait la vérité…Tout était né d’elle. Cet enfer, ce mal. Il était désolé, elle retint un hurlement. Il se souvenait. Elle cru mourir de honte et pourtant, une partie d’elle exultait, comme libérée de ses chaines. Celle qui n’était qu’une femme, celle qui voyait ce qu’elle désirait a portée de main, a portée de cœur, a portée d’âme. Celle là jubilait, heureuse…pas l’autre. L’autre s’enfonçait dans l’abime, dans le néant, la douleur.

Elles se déchiraient. Morale, consciente. Amorale, inconsciente.

Son corps reconnu son étreinte et, malgré elle, elle s’y laissa prendre, s’accrochant a ses épaules, sa nuque alors qu’il déversait sur elle les mots de leur malédiction. Parce que ça ne pouvait qu’être cela. Une malédiction. Parce qu’ils n’avaient pas eu la chance de naitre comme ils le voulaient. Elle voulait croire a un mensonge, mais il balayait tout d’un geste, d’un mot, d’une intonation. Elle reconnaissait cette souffrance, cette langueur, oui elle les reconnaissait parce que cela la minait aussi. Doucement, surement…
Il la força a le regarder. A plongée dans les tourments ténébreux qui agitait son regard. Nulle condamnation, nul dégout, juste une douleur atroce, comme la sienne.Et ces mots…Ces mots qu’elle haïssait, qu’elle adorait, il la plongeait dans un océan ambiguë, douleur et douceur. Joie et pleurs… Pourtant, il ne savait pas. Non , il ignorait…La lueur de ses yeux changerait, deviendrait amertume et répulsion. Et si là était la solution ? Qu’il s’éloigne d’elle, qu’il oublie…Même si elle devait en mourir demain…

La culpabilité avait balayé la jalousie dans ses yeux bleus. Une atroce culpabilité…

« Ce n’était pas un rêve… »

Juste ça. Quelques mots. Rien de plus mais une horrible douleur dans le regard, dans la chair. Comme son être broyé, martyrisé. Comme son âme disloquée. L’aimerait il encore ? Il n’en avait pas le droit. Elle n’en avait pas le droit. C’était ainsi.

Elle le repoussa, empoignant doucement ses poignets pour qu’il la libère. QU’il comprenne ce qu’elle était. Juste malade, juste malsaine, juste…amorale, anormale. On n’aimait pas ce qui était malade, non, on l’enfermait. La souffrance s’amplifia soudainement, vibrante dans chaque battement de cœur, dans chaque fibre.

« Pas un rêve ! »

Une phrase jetée comme une bouteille a la mer, comme un reste de soi que l’on veut laisser. Criée, murmurée, un peu de tout ça. Elle ne savait pas vraiment. Elle voulait juste…L’aimer.

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MessageSujet: Re: Dis toi que...[Shannon]   Mar 7 Déc - 9:53

Choc.

Comme un coup violent au creux de l'estomac.

La nausée qui suivit aurait tout aussi bien pu être causée par ce même coup. Impossible. C'était impossible, elle se trompait, elle faisait cela pour... Pour quoi mentirait-elle d'ailleurs? C'était lui qui se mentait depuis le début. Comment avait-il pu penser à un simple rêve? Mais toute cette période était tellement nébuleuse et se dire que tout cela n'avait été que chimères si réconfortant.

Et voilà que d'une simple phrase, elle venait de faire voler en éclat ses protections trop fragiles.

INCESTE.

Voilà ce qui s'imprimait en lettres de feu dans son esprit. Il la regarda, horrifié. Pas par ce qu'elle avait fait, non, par ce qu'ils avaient fait. Le frère et la sœur avaient couché ensemble. Par tous les sains! Si leurs parents étaient encore de ce monde, ils en seraient malades. Ils avaient toujours regardé avec bienveillance Shannon couver Sharon, mais, parfois, ils avaient demandé que chacun vive sa vie et qu'ils arrêtent d'être toujours ensemble. Ce n'était pas ainsi qu'ils auraient des petits enfants.

Ils avaient raison. Ils étaient morts, mais il était peu probable qu'il y ai un jour des enfants. Shannon voulait sa soeur, c'était aussi simple que cela. Que ce ne soit pas un rêve l'horrifiait, mais il comprenait aussi soudainement qu'elle avait initié tout cela.

Et qu'elle le désirait aussi profondément qu'il la voulait.

Ses sentiments étaient réciproques.

Soudain, une lumière sembla s'allumer dans son esprit : le comportement bizarre de Sharon, son air éternellement tourmenté, sa façon de le fuir. Il avait pensé que cela venait de lui, mais elle vivait avec la culpabilité chevillée au corps. Elle avait profité de sa faiblesse pour assouvir la sienne. Elle l'avait repoussée et il n'avait pas résisté, figé par cette révélation.

L'horreur était là, tapie, présente, insidieuse, menaçant de le submerger. Mais le soulagement de savoir qu'elle ressentait la même chose était plus fort encore.

- "C'était plus rassurant de penser à un fantasme, d'une certaine façon..."

Sa voix était étonnamment calme. La tempête passée, sa bonne nature reprenait le dessus : il était un optimiste et confier son terrible secret venait de le libérer d'un poids.

- "Mais d'un autre côté, je suis soulagé... Soulagé de savoir que tu ressens la même chose, que je ne suis pas tordu, mais que c'est comme ça et qu'on ne peut rien contre."

De nouveau, il la fixa de ses beaux yeux bruns. Ils étaient débarrassés de la culpabilité, du remord ou des tourments.

- "Et maintenant, qu'allons nous faire?"

Continuer à lutter? Se séparer et crever chacun de son côté? Ou assumer cet amour? Après tout, personne ne les connaissait... Qui irait leur jeter la pierre si ils s'aimaient simplement, comme un homme et une femme, si Sharon devenait sa femme aux yeux du monde? L'idée était séduisante. Avec détachement, il se rendit compte qu'il n'avait rien à faire du regard des autres et qu'il pouvait facilement passer outre des conventions établies par une société détruite par sa propre cupidité. Qui étaient tous ces donneurs de leçons pour régenter qui on devait aimer?
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MessageSujet: Re: Dis toi que...[Shannon]   Mar 7 Déc - 23:20

Oui, c’était plus rassurant. Elle aurait aimé faire pareil. Mais elle, elle savait. Elle le connaissait assez pour reconnaitre l’éclat de ses yeux. L’horreur qu’il ressentait. Elle détourna les yeux. Ce qu’elle n’aurait jamais voulu voir dans son regard. Ce qu’elle était incapable d’affronter, même maintenant. Elle s’en voulait atrocement et s’en voudrait toujours. Faible. Elle avait été trop faible. Elle avait essayé et échoué. Les entrainant dans un tumulte aussi sombre que l’enfer…

Elle laissa échapper un petit rire amer lorsqu’il se déclara soulagé…Etait ce réellement une consolation ? Qu’est ce que cela changerait ? Ils n’avaient pas le droit de s’aimer de cette manière. Ce n’était pas normal. Pas moral. C’était impossible. Elle ramena ses genoux contre sa poitrine, les entourant de ses bras, réfrénant l’envie soudaine de le toucher en s’agrippant aux manches de son pull.

« Tu n’as jamais été tordu…C’est moi qui… »

Elle ne réussit pas a achever sa phrase, en fut incapable, non il n’était pas comme elle. Parce qu’il pouvait dire ce qu’il voulait, si elle avait réussit ne serait qu’une seconde a lui tourner le dos, rien de tout cela ne serait. Il n’y aurait pas eu cette souffrance qu’elle avait lu dans ses yeux. Il n’y aurait pas eut cette douleur. Rien. Pas de blessure hormis celles qu’elle s’infligeait.

Ses lèvres perdirent de leur couleur a leur tour. Elle avait soudainement besoin de son pardon. C’était comme viscéral. Pourtant, elle savait que cela ne changerait rien. Que la faute serait toujours inscrite dans son âme, imprimée dans le sang et dans l’extase. Parce qu’elle ne pouvait pas regretter. Mais elle avait besoin de son pardon…Égoïstement peut être…

« Fatiguée. Je suis fatiguée de lutter contre ça. »

Sa voix n’était qu’un filet et le bleu de ses iris s’assombrit, dévoilant les tourments qui n’avaient de cesse de la torturer depuis cette nuit là.

« Je ne pourrais jamais me pardonner ce que je t’ai fait…Je voudrais tout effacer, oublier, mais je ne peux pas…Je devrais te dire de me laisser, mais je n’y arrive pas non plus… »

Parce qu’elle ne pouvait pas vivre sans lui. Lâche et égoïste. Voilà ce qu’elle était. Elle devrait lui dire de retrouver cette femme, de rester avec elle, de la laisser se débrouiller, mais elle n’arrivait pas. Les mots refusaient de se former dans son esprit parce qu’ils n’étaient pas envisageable.

Elle enfouit son visage dans ses bras, cachant les larmes qui s’écoulaient lentement, doucement, maculant ses joues, glissant sur ses lèvres.

« J’ai besoin que tu me pardonne, Shannon…J’ai essayé…Mais je n’ai pas été assez forte…Je nous ai détruit parce que je n’ai pas été assez forte…Je ne permettrais plus que ça arrive de nouveau…Mais s’il te plait…Ne me quittes pas. »


Juste une supplique, une prière. Elle était égoïste, elle ne pouvait pas lui demandé ça. Elle devait le laisser, pour leur propre bien, mais en était incapable. Elle n’aurait pas la force de continuer sans lui. C’était impossible.

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MessageSujet: Re: Dis toi que...[Shannon]   Mar 7 Déc - 23:57

- "Tais-toi Sharon."

Il ne supportait pas qu'elle parle ainsi, qu'elle se mette toute la faute sur le dos. Ce n'était pas sa faute, ni celle de son frère, mais celle d'un destin cruel. Oui, elle l'avait tenté, mais dans son déliré fiévreux, il n'avait rien fait pour la repousser, bien au contraire. Il l'avait embrassé, il l'avait attiré à lui. Il l'avait désiré et elle n'avait pas eu la force de lutter.

- "J'ai cru à un rêve, oui, mais je désirait tellement que cela arrive... Je l'ai voulu Sharon... Ce n'est pas ta faute."

Surtout pas. Que la culpabilité disparaisse de ses grands yeux bleus. Mais non, c'était impossible, elle était là, à jamais semblait-il. Elle avoua être fatiguée de lutter contre ça. Et lui donc... Lui aussi il était fatigué. C'était pour cela qu'il s'était permis cet écart avec Inessa. Sharon n'avait pas eu cet échappatoire. Quelque part, Shannon se sentait honteux. Il l'avait trompé d'une certaine manière.

- "Sharon..."

Juste un murmure alors qu'elle disait qu'elle devait lui demander de la laisser, mais qu'elle en était incapable. Comme elle souffrait sa chère petite sœur, son ange! Dans un élan de tendresse et d'amour, il la serra tout contre lui, lui caressant les cheveux, tout en murmurant, apaisant :

- "Je ne partirais pas. Jamais. Je t'aime trop pour ça. Que je sois damné, je m'en fiche, les lois des hommes ne me concernent plus... Sharon, personne ne sait que nous sommes frère et sœur... Qu'est-ce qui nous empêche de nous aimer?"

Il s'écarta doucement et prit son beau visage entre ses mains. Ses larmes mouillaient ses joues, agrandissaient son regard désespéré. Il embrassa chaque larme avec douceur.

- "Nous resterons ensemble Sharon. Toujours. Je ne te pardonne pas, parce qu'il n'y a rien à pardonner. Le destin se joue de nous et je préfère l'accepter que de me battre contre, encore et encore. C'est une bataille perdue d'avance de toutes façons... S'il te plait Sharon, libère toi de la culpabilité, des remords, ils t'empoisonnent..."

Finalement, il approcha ses lèvres de celles de Sharon, précautionneusement, avec une certaine appréhension... Pour enfin l'embrasser, avec toute la vénération qu'elle lui inspirait.

- "Juste toi et moi Sharon."
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MessageSujet: Re: Dis toi que...[Shannon]   Mer 8 Déc - 0:39

Sentir sa chaleur, ses bras autour d’elle. Elle en avait tellement besoin, il lui avait tellement manqué. Cette distance qu’elle avait mise entre eux, cette froideur incompréhensible. Elle en avait souffert. Comme une punition pour ces actes. Il refusait de voir le mal en elle. Refusait de la laisser supporter le poids de ses erreurs. Elle ne pouvait pas se résoudre a le laisser, le quitter. Elle voulait juste être a lui-même si le monde ne pouvait accepter ça. C’était immorale.
Elle ouvrit les yeux dans le vide en l’écoutant. Lui dire qu’ils pourraient quand même s’aimer. Que personne ne pourrait les juger, les condamner. Qu’après tout, ils n’étaient qu’eux, le reste n’avait pas d’importance. Oui…

« C’est mal… »

Oui, mal, et pourtant…Et si…Elle savait qu’il avait raison mais elle, supporterait elle cela ? Ce secret dérangeant ? Elle ne savait pas. Non, Sharon ne savait pas. Pourtant, elle avait terriblement envie de ça. Une illusion peut être qu’ils jetteraient sur les autres. Sa voix manquait de conviction. Oui, c’était mal, mais elle en avait tellement besoin. Elle ne pourrait être heureuse qu’avec lui. L’avait toujours été en fait. C’était malsain, interdit et pourtant c’était. Qu’y pouvaient ils en vérité ? Ils avaient essayé, avaient échoué et même si elle ne pourrait peut être jamais oublié quelle était sa faute, elle voulait quand même y croire.
Elle sentit ses doigts sur ses joues, ses lèvres qui effaçaient ses larmes. Il l’obligeait a le regarder, a plonger dans ses yeux…Et elle se rendit compte qu’il était tout. Son frère, son père, son meilleur ami, son amant…Tout cela réunit dans ses yeux. Juste là. Elle l’avait cherché dans d’autres bras avant, inconsciemment. Et si la guerre n’avait pas détruit le monde, que ce serait il passé ?

« On a pas le droit… »

Murmure bien faible en vérité et même si la culpabilité était toujours un peu présente, elle ne pouvait rien contre ses lèvres sur les siennes. Douces. Si douces. Sans même s’en rendre compte, elle posa ses mains sur les siennes, entrouvrant les lèvres, fermant doucement les yeux.

« D’accord…Juste toi et moi. »

Parce que c’était évident. Terrible mais évident. Elle ne pouvait plus lutter, lui non plus. Alors quitte a être damnés autant l’être avec le sourire. Elle savait qu’elle souffrirait de ça, qu’elle ne pourrait jamais totalement de défaire de ce sentiment dérangeant de culpabilité. De ce dire qu’elle l’avait privé de beaucoup, beaucoup trop parce qu’elle l’avait envahit, le forçant a ne vivre qu’avec elle…Mais dieu ! Elle ne pouvait que l’aimer…A jamais….

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MessageSujet: Re: Dis toi que...[Shannon]   Ven 10 Déc - 20:47

Sa sœur ne put s'empêcher de souffler que c'était mal. Mais sa résistance était faible, si faible. Il rétorqua simplement :

- "Et qui l'a décidé Sharon? Qui a décidé que c'était interdit, que c'était mal, ou impur? Ce que je ressens pour toi est loin d'être impur..."

Non, c'était beau, c'était vrai, c'était profond... L'amour des anges, tout simplement. Il y avait du désir, mais pas de concupiscence. Elle s'entêta en disant qu'ils n'avaient pas le droit, mais il balaya cette objection. Ils avaient tous les droits. Il n'y avait plus de société, plus de juges, plus d'avocats, plus de bien pensants, plus de religion. Juste la leur. Il l'aimait et rien ne pourrait changer cela. A quoi bon continuer à souffrir? Qui étaient les autres pour les juger, pour mettre des barrières, pour décider de ce qui était bien ou mal?

- "Le droit, on va le prendre."

Il paraissait si sûr de lui... Oh, vivre avec ça ne serait pas facile, c'était certain, trop de principes étaient ancrés profondément en lui pour qu'il accepte de vivre son amour pour sa sœur au grand jour. Mais il préférait se créer sa propre morale, ses propres lois et essayer d'être heureux que de crever à petits feux. Il entraînerait sa sœur dans sa damnation, mais i n'avait pas la force de la rejeter. D'autant plus qu'elle ne pouvait pas rester sans lui, qu'elle éprouvait la même chose pour lui.

Il l'embrassa, lui murmurant qu'il n'y aurait plus qu'elle et lui. Elle le répéta, l'embrassant également, posant ses mains sur les siennes. Oui, juste eux, deux innocents, deux anges, perdus dans la noirceur de la folie des hommes et décidés à préserve au moins leur amour. Ils étaient intouchables. Personne ne pourrait les séparer. Seule la mort, le pourrait et Shannon était bien décidé à ne pas laisser cette dernière les approcher. Doucement, tendrement, il passa sa main dans les cheveux de sa sœur, son baiser se faisant plus pressent.

- "La dernière fois, je n'étais pas au mieux de ma forme, j'aimerais que cela soit quelque chose d'unique."

Il baisa sa joue, son cou, dévoila la clavicule pour y apposer ses lèvres. Sharon devait deviner ce qu'il avait derrière la tête. Elle était libre de l'arrêter et de se contenter d'un amour chaste, pour limiter les dégâts. Ou bien, elle pouvait choisir de se laisser damner, en beauté et en en profitant...
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MessageSujet: Re: Dis toi que...[Shannon]   Sam 11 Déc - 3:32

Qui ? Personne. La morale ancrée si fort en elle. Ce murmure qui lui disait qu’aimer son frère était sale, impur et immonde. Ce chuchotement qui susurrait que le désirer était hérésie et maladie. Pourtant, elle ne pouvait empêcher ni l’un, ni l’autre. Elle l’aimait. Elle le désirait. Les lois l’avaient bridée durant des années, voilant son regard, pervertissant sa conscience. Sharon le savait. Pourtant, balayé tant d’année d’éducation, d’apprentissage était difficile, même si tout ne demandait qu’a s’écrouler.

On aimait pas son frère ainsi. On avait pas envie de lui. On ne le regardait pas comme ça. On ne soupirait pas son prénom dans la nuit. Mais « on » ne savait pas. « On » ne savait rien de ce qui la torturait, de ce qui la suppliciait. Entendre Shannon lui dire de balayer tout cela était si doux, si terrible. Elle était au bord de ce gouffre délicieux, attirant, terriblement envoutant.

Il avait raison. Elle le savait, mais elle ne pouvait s’empêcher de se dire que si elle avait reculer, si elle n’avait pas céder devant ce qu’il provoquait en elle, rien ne serait arrivé. Alors sans doute serait elle morte de souffrir ainsi. L’aimer en silence était ce mieux que l’aimer ouvertement ? Ils ne se ressemblaient pas physiquement, Sharon tenant plus de sa mère que Shannon, mais pouvaient ils garder le secret sans ce que celui-ci les ronge ? Rien n’était si sur. Mais malgré tout elle voulait l’improbable et l’impossible honteusement offert par son frère.
Il était tout a ses yeux et finalement qu’importaient réellement les liens du sang…Ils ne seraient jamais assez fort que ce qu’ils étaient ensemble. Elle ferma les yeux, acceptant ses lèvres sur les siennes. Premier pas vers la damnation angélique. Son frère se fit plus pressant, elle s’ouvrit, a son tour prise d’une urgence terrible par son amoralité. Pourtant…Pourtant, elle sentait la retenue de Shannon. Cette façon bien a lui qu’il avait de lui faire comprendre qu’il ne lui imposerait rien, qu’elle demeurait libre de s’échapper de ses bras, de se soustraire a ses lèvres. Et, tandis que celles-ci parcouraient le creux de son épaule, elle leva les yeux vers le ciel, reniant sa pureté pour n’être qu’amorale.
Dieu pouvait bien la damner, elle voulait être a lui.

« Je t’aime…Je t’ai toujours aimé… »

Le souffle de sa voix la surprise, terrible de certitude, horrible d’envie, magnifique d’amour. Et même si il portait encore sur lui le parfum de cette autre, Sharon l’effacerait d’un soupir, d’un geste. Elle se moquait des autres du moment qu’il ne reste plus qu’elle.

Inceste.

Durant un instant ce mot flotta dans son esprit. Horrible de par son sens, ce qu’il voulait dire. Interdit. Mais…

« Je veux être a toi. »

Un soupir alors que ses doigts se perdaient dans les boucles de son frère. Alors qu’elle l’attirait plus prêt. Elle voulait retrouver ce qu’ils étaient ensemble, cette unité qui naissait d’eux. Juste d’eux. Et finalement…Il pouvait bien être son frère, cela n’avait plus d’importance, même si elle devait en vomir demain. Il ne restait que cette femme qui aimait cet homme. Dieu pouvait les condamner, Dieu n’existait plus. Le poids de cette aberration pèsera toujours sur elle, sur eux, peut être qu’elle ne pourrait le supporter, sans doute, mais ils ne pouvaient pas être deux. Ils ne pouvaient qu’être un. Etait ce réellement une malediction ? Sans doute…Et bien tant pis.

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MessageSujet: Re: Dis toi que...[Shannon]   Mer 22 Déc - 17:22

Il ne lui imposerait rien. Doucement, il glissait vers la damnation, mais si Sharon voulait s'accrocher aux lambeaux de moralité d'une société détruite, il ne l'entraînerait pas avec lui dans sa chute. Sa douce Sharon... Qui crevait d'un amour interdit, comme lui-même se laissait empoisonné par le même amour. Tous deux avaient cherché à le nier, à l'oublier, à vivre avec, sans le montrer à l'autre, de peur de voir le dégoût dans les yeux tant aimés. Sharon s'était enfermée dans la photographie, dans un monde de douleur. Son frère avait tenté de l'oublier dans les bras d'une autre et il avait réussi à l'occulter de son esprit l'espace de quelques heures. Pour que la culpabilité ne vienne l'assaillir, puissante, dévastatrice.

Pourtant, il avait été le premier à avouer ce qui le rongeait. Ils auraient pu souffrir ainsi des non dits et des désirs enfouis s'il n'avait osé affronter l'horreur dans les grands yeux de sa sœur. Il avait aussi apprit que rien n'était rêvé. Ils avaient couché ensemble, une première fois, alors qu'il luttait contre la maladie.

Aujourd'hui, il était en pleine possession de ses moyens, mais encore une fois, il n'imposa pas. Pas plus qu'il n'avait imposé à Inessa. Mais le résultat fut le même : ces deux femmes avaient accepté qu'il les profane, qu'il les vénère. L'une parce qu'il était doux et sensible, l'autre parce qu'elle en était folle amoureuse.

Sharon lui souffla alors tout son amour et il soupira, comme libéré d'un poids immense. Elle voulait être à lui. Alors elle serait à lui. Ses mains avaient agrippé ses boucles. Elle l'attirait à elle et il ne résista pas. De nouveaux, leurs lèvres se scellèrent. Comme un pacte pour une damnation, ensemble. Ses mains parcoururent son corps tant adoré, glissèrent sous le pull pour se refermer sur les délicieuses courbes d'un sein ainsi offert. Impatient, il l'était, mais il réfréna ses envies pour lui donner tout le plaisir qu'elle méritait. Il n'y avait eu nul préliminaires la fois d'avant. Et elle n'avait fait qu'effleurer le plaisir qu'il pouvait lui procurer. Il voulait que cette fois-là, soit différente.

Magique dans son horreur.

Doucement, il lui retira son pull, embrassant avec vénération les monts jumeaux, alors que sa main glissait sous ses reins pour l'attirer à lui.

- "Aujourd'hui, nous allons enfin être entiers."

Et plus jamais rien ne les empêchera de se retrouver et de se compléter.

Quand deux âmes ne forment plus qu'une...
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MessageSujet: Re: Dis toi que...[Shannon]   Jeu 27 Jan - 20:16

Juste ses mains sur elle. Des mains dont elle n’avait pas le droit de rêver la douceur ou la tendresse. Des mains qui courraient sur l’interdit, la honte, le tabou même de sa peau frissonnante. La culpabilité se tait, s’enfonçant dans les recoins sombres de son esprit. Peut être resurgira-t-elle après, plus forte, plus puissante, plus acide. Sans doute, mais Sharon s’en fiche. Sa chair exulte ce qu’elle croyait avoir perdu et son cœur chante ce qu’il devrait hurler. Elle ose reconnaitre, regarder, admirer et pleurer ce qui pouvait la ronger. C’est une damnation, mais elle est si douce, si parfaite, comment ne pas succomber, comment refuser, elle ne le peut pas.

Son poison, doux et âpre dans la même danse. Elle n’y pouvait rien, n’avait jamais demandé cela. Et pourtant, elle était née avec cet amour chevillé au corps, a l’âme. Comme elle, il avait grandit, même dissimulé sous les étoffes suaves de la morale, même etouffé par la décence. Elle aurait aimé naitre ailleurs, sous d’autre traits sans doute que ceux qu’ils partageaient. Portant sur le front un nom autre que celui qui les unissait. Oui, elle aurait aimé tout cela, mais le destin en avait décidé autrement. Alors, elle voulait oublier, ce sang qu’ils partageaient et qu’elle haïssait, ne plus être sa sœur, plus jamais.

Il la touchait avec douceur et vénération, elle qui ne méritait pas cela. Elle n’arrivait pas vraiment a oublier qu’elle les avait entrainer dans les abymes d’une relation condamnable. Et pourtant, il avait raison. Où était le mal ? Qui pouvait dorénavant les juger ? Personne ne pouvait comprendre la souffrance qui avait été la sienne. La honte grignotant sa conscience avec lenteur et délectation. Ce désir atroce qui restait dans ses veines, lové au creux de sa chair pour ne pas qu’elle oublie, jamais. Une torture si douce, une douleur si violente. Plus rien n’avait d’importance, non plus rien sauf lui, elle, ce qu’ils étaient. Elle pouvait mourir maintenant, expirer contre ses lèvres, jamais elle n’aurait été aussi immoralement heureuse.

Langoureusement emprisonnées entre ses doigts, les boucles si suaves des cheveux de son frère, sa peau tendue vers lui, oublié la pudeur et la retenue, elles n’existaient plus, avaient disparue avec la morale et la décence. Oui, l’enfer avait un gout de paradis, atroce de langueur, doux de brulure acide.

« Plus jamais séparés. »

Juste un souffle qui enchante ces paumes qu’elle glisse, qu’elle ose faire glisser sur ses flancs. Cette chair qu’elle a déjà goutée dans la furtivité, dans la trahison, elle la redécouvrait. Vierge de son toucher, empreinte d’une autre, mais ces rêves, ces cauchemars qui la hantaient se voilait de réalité et plus rien n’importait.

Il lui donnait la liberté d’être entière, même blessée, même meurtrie et amorale. Il lui donnait ce droit pour lequel elle aurait tout donné, tout prit. Juste ce droit de l’aimer. Demain viendrait des larmes certainement, tenues, amères dont les reflets renverront le mot « coupable » mais elles ne seront jamais assez fortes pour éteindre cette flamme qui l’anime entre ses bras. Rien ne serait facile et elle le savait, mais qu’importe la vérité, les regards et les mots quand on a plus besoin d’eux pour sourire dans ses yeux.

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