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 Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)

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Ethan Jones
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MessageSujet: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Mer 24 Nov - 17:16

Jour 1 :

Nous étions rentrés avant le déjeuner et Katarina s’était précipitée à l’infirmerie pour aller chercher Lena pendant que j’étais parti directement dans notre chambre. J’ai à peine eu le temps de déballer les deux grands sacs qu’elle arrivait avec notre princesse dans les bras. Dés que j’ai entendu ma fille babiller, je me suis précipitée sur elle et je l’ai prise des mains à Katarina pour la serrer contre moi. Je me suis excusé auprès de ma princesse de n’avoir pas pris soin d’elle, et de devoir bientôt devoir la délaisser. J’ai passé prés de trois heures à la garder contre sur moi, et à lui caresser les cheveux, la joue, et à l’embrasser. Trois petites heures…c’est tout ce que j’ai eu avant d’être rattrapé par une crise de manque. Dés que j’ai senti mes mains trembler, je suis allé mettre Lena dans son berceau. J’ai échangé un regard avec Katarina alors qu’une larme coulait le long de ma joue. Inutile de dire quoi que ce soit…elle savait…J’étais en manque. Elle a détourné la tête et je me suis isolé dans un coin pour me faire un rail. J’ai hésité pendant une minute à revenir vers elle alors que la drogue agissait, pour finalement aller m’asseoir sur le lit, dos au mur pour m’appuyer. Le silence s’est installé dans la pièce. Je savais qu’elle ne me laisserait pas seul et je l’en remerciais. Je préférais qu’elle soit là. Ce n’est pas que je ne voulais pas prendre soin de notre fille, mais j’avais peur de lui faire du mal. Là j’étais sous l’emprise de la drogue, et c’était dangereux pour Lena.
Je n’ai rien repris de la journée, me laissant aller aux hallucinations visuelles en silence. Et j’ai fini par m’endormir…en sueur. Réveillé en sursaut. Katarina s’est précipité sur moi et m’a prise dans ses bras et j’ai pleuré comme un enfant dans ses bras.
Notre cauchemar avait recommencé…Elle allait devoir encore une fois m’aider à ma sortir de là. Alors qu’elle devait déjà prendre soin de Lena…J’étais à nouveau transi de froid, puis pris par des bouffées de chaleur, sans compter les tremblements qui secouaient tout mon corps…Un sacré bond en arrière…


Jour 2 :


Voilà…J’étais bel et bien en manque. Et pas qu’un peu… je dormais mais ne me reposait pas vraiment. J’étais nouveau enclin à de monstrueux cauchemars. Des cauchemars tous plus horribles les uns que les autres. Et quand je me réveillais, j’étais en sueur, pleurant comme un enfant et je réclamais l’étreinte réconfortante de ma femme. Même quand elle tenait Lena dans ses bras, elle la laissait dans son berceau, et elle revenait vers moi pour m’enlacer et me calmer. Je savais que je pouvais faire passer cette crise de manque temporairement mais je m’y refusais. Déjà parce que je voulais aller au-delà de mes limites. Je voulais les repousser au maximum pour me tester. Et puis surtout, je devais l’avouer…ce qui me motivait le plus c’était que si je cédais aujourd’hui, j’allais vider encore plus mon sachet. Et j’avais peur de rapidement le finir. Je voulais qu’il dure le plus possible. Et j’avais peur de ne plus le lâcher quand je l’aurai dans les mains.
Je n’avais pourtant que dix mètres à faire pour le prendre, mais je ne voulais pas. Alors je restais dans notre lit, allongé et trempé par la sueur et le corps las à force d’être secoué par de forts tremblements. C’était sans doute le seul endroit où je voulais être. Je commençais à oublier la présence de Lena et mes hallucinations s’intensifiaient.

Jour 3 :

Lena n’est plus là. Je le sais, je le sens. Katarina a du finir par se rendre compte qu’elle ne peut pas s’occuper de nous deux en même temps. Je m’en veux de lui arracher sa fille, je m’en veux terriblement…Mais je ne suis qu’un junkie. J’ai besoin d’elle. Désespérément. Je m’accroche à elle toute la journée, me laissant aller contre elle aux pleurs, aux sanglots, aux tremblements tandis qu’elle s’efforce de me laver, de m ‘éponger, de me câliner, de m’apaiser, de me parler tout doucement. La journée passe à une vitesse…
Je dors à moitié. Si bien que je ne saurais dire à quel moment elle repart chercher Lena je ne sais où. J’aimerais lui demander des nouvelles de Lena, mais je suis incapable de parler.

Jour 4 :


Sans doute la pire journée depuis des mois. Je suis incapable de bouger et de sortir du lit. Pourtant j’ai envie de cette dose. J’en ai tellement envie. J’ai lutté pendant trois jours mais cette fois-ci j’en suis incapable…Katarina est assise sur le rocking chair avec Lena dans les bras, elle lui donne le sein. Et alors que d’habitude je suis sous le charme de ce spectacle, là je…je ne sais même pas ce que je ressens .Colère ? Jalousie ? Je ne sais pas. Tout est confus dans ma tête. Je ne sais que fermer les yeux et tendre le bras. Avant de m’écrouler sur le lit et d’être emporté par le sommeil. Quand je me réveille après avoir fait un énième cauchemar, Katarina est là. Ma tête posée sur ses genoux, elle me tend un livre, une carte et mon sachet. Avant de se détourner.

J’ai honte…

Et pourtant je n’hésite pas une seule seconde et je sniffe ce rail devant elle. Collé à elle…

Je suis descendu bien bas, je le sais…

Mais je suis bien trop shooté pour avoir des remords…J’ai du en prendre un peu plus…parce que je ne me souviens plus de rien…

Jour 5 :
Je n’ai plus la force de me lever. Je sens Katarina qui me pousse à droite, puis à gauche, me relève, me recouche. Je ne sais pas ce qu’elle fait. Je suis secoué par des tremblements, j’entends au loin Lena babiller mais je ne sais plus distinguer le rêve du réel.

Quelle heure est-il ?

Quel jour sommes-nous ?

Je n’ai plus la notion de rien.

Jour 6 :


Encore une journée à lutter contre l’envie de me droguer. Je sais que si j’en prends encore, j’irais un peu mieux. Je pourrais enfin me lever, enfin aller embrasser ma fille, enfin leur dire à quel point je les aime. Mais je veux résister.

Jour 7 :


Je ne peux plus ! Je ne peux plus !! Je suffoque, je vais mourir, je vais mourir ! De la drogue, j’en ai besoin, j’en ai tellement besoin. La chambre est déserte. Je ne sais plus si c’est le jour ou la nuit. Je ne pense même pas que ma femme et ma fille ne sont pas là. Je ne pense même plus à elle. Tout ce que je veux, c’est un rail. Un rail….

Si j’avais été raisonnable, j’aurais pu tenir encore avec cette petite dose. Mais je suis tellement en manque que je sniffe tout. Je ne laisse pas un seul grain de cette poudre tant aimée. Je sais qu’après ça, je n’en aurais plus, mais je m’en fiche. je suis tellement défoncée que j’essaie d’atteindre le lit en rampant et que je m’écroule au sol. Je pars loin dans mon délire. Tout ce que je me souviens, c’est que quand je me réveille après un cauchemar, je me réveille dans le lit, une couverture remontée sur moi et je distingue Katarina et Lena. Je me mets à pleurer et je retombe dans une transe. Je sens seulement une petite main me caresser avant de m’écrouler les yeux grands ouverts.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Mer 24 Nov - 20:18

JOUR 8 :


Je suis littéralement épuisée. Je dors à peine, et ce sommeil est loin d'être réparateur. Parce que je suis trop inquiète pour cela. Je ne peux pas dormir en sachant qu'Ethan à côté de moi est en pleine crise de manque. Non, je ne peux pas. D'autant plus qu'il fait des cauchemars horribles... Je savais bien que cela arriverait. Seulement cette fois ci, les choses étaient différentes. C'était plus dur... Aussi bien pour lui que pour moi. Plus dur pour lui, parce qu'il avait replongé et qu'il aurait beaucoup plus de mal à se débarrasser de sa dépendance cette fois ci. Sans compter qu'il s'en voulait terriblement, et quand il n'était pas en plein délire je voyais combien il était désolé. C'était plus dur pour moi parce que si je savais comment gérer ses crises, je ne savais pas forcément comment celle ci allait tourner. Et puis je devais m'occuper de Lena... Lena, qui réclamait autant d'attention que son père. Elle veut être dans mes bras, elle a besoin d'être changée, nourrie, bercée... Quand elle tend les bras vers son père je m'efforce de le cacher à sa vue. Au bout d'une ou deux fois seulement elle se met à pleurer. Ethan sursaute, murmure quelques paroles incompréhensibles et se rendort, ou s'évanouit de nouveau, peu importe. À bout de nerfs, je vais confier Lena à Cassandre. C'est Riley qui ouvre la porte de sa chambre, mais je ne fais pas attention, et sans vraiment réfléchir je lui met Lena dans les bras, sans chercher à savoir si Cassandre est là ou pas. Il me demande si ça va et je lui demande simplement s'il peut me garder Lena un petit moment. Il dit oui, même s'il est clair qu'il ne sait pas trop ce qui me prend de lui confier ma fille. Quand il me demande comment va Ethan, je réponds bêtement « ça va, c'est juste une mauvaise grippe ». Ou une mauvaise cure de désintoxication. De toute façon, il n'a pas à savoir. Il me dit qu'il va prendre soin de Lena et je retourne dans la chambre. Ethan tremble tellement que j'ai peur qu'il n'ait soudain des convulsions.

JOUR 9 :


Je me sens tellement impuissante. Il tremble, il pleure, il gémit, et tout ce que je peux faire c'est le serrer dans mes bras, le bercer et tenter de le rassurer. Cela fait deux jours qu'il n'a plus de drogue. Deux jours qu'il souffre terriblement. Le pire c'est quand il me demande de lui en retrouver... Je ne peux pas, il sait que je ne peux pas et que je ne veux pas. Même à l'infirmerie il n'y aurait rien. Sinon de la morphine. Et c'est hors de question. Mais j'ai eu une idée. Des placebos. Je lui ai donné de bêtes comprimés contre le rhume, en lui faisait croire que cela l'aiderait un peu. Oui, je lui ai menti. Pour son bien. Cela a eu l'effet escompté. Pendant une ou deux heures, il s'est calmé, me donnant un peu de répit. J'en ai profité pour le rallonger et le border un peu plus fermement. J'ai rajouté une couverture par dessus la couette. Il était brulant, mais je savais qu'il avait froid. Je me suis assise à côté de lui, lui tenant la main et caressant ses cheveux tendrement, pour l'apaiser. Quand il est si calme j'ai presque l'impression que c'est terminé. Mais je sais que c'est loin d'être le cas. Il va se réveiller, paniquer, s'agiter... C'est un cercle vicieux. J'ai peur de ne pas l'en sortir.

JOUR 10 :


Il est à peu près calme alors j'en profite. Difficilement, je lui retire le peu de vêtements qu'il porte et je passe un linge frais et humide sur sa peau, je sais que ça lui fait un peu de bien. Du moins j'en ai l'impression. Je lui tends un pull et alors que je vais pour l'aider à l'enfiler, il me repousse tant bien que mal, pour se débrouiller à l'enfiler seul. Une fois cela fait, il s'assoit contre le mur, ramène ses jambes contre sa poitrine, tremblant. Il faut qu'il mange quelque chose, sinon il va continuer à s'affaiblir. Mais il ne veut rien, je dois le forcer à prendre un peu de soupe. À peine quelques gorgées et il repousse le bol. Je ne peux rien faire de plus, je le laisse se rallonger. Il est presque conscient, c'est bien. Il se recroqueville sur lui même et je m'allonge derrière lui, passant mes bras autour de lui et le serrant contre moi. C'est tout ce que je peux faire pour le moment.

JOUR 11 :


Je crois que je suis malade. Ce matin en me réveillant, après trois petites heures de sommeil, j'ai eu des nausées terribles. C'est certainement à cause de la fatigue et de tout le reste. J'avoue que j'ai pensé à autre chose, mais c'est stupide de ma part. Il ne me sert à rien d'espérer, je sais que ce n'est pas possible. Je suis malade, simplement malade. C'est la seule explication logique pour ces nausées, bien que je préfèrerais que ce ne soit pas le cas. Il faut être lucide, et malheureusement je le suis. Ce n'est pas en m'accrochant à des chimères que j'aiderais Ethan à s'en sortir. J'ai l'impression qu'il a des hallucinations. Quand il parle je comprends à peine ce qu'il dit, saisissant un mot sur deux. Ses délires sont violents. Parfois il ne réagit même pas à mes caresses, à mes mots. Je ne suis pas certaine qu'il m'entende... Mathilda est passée, pour voir comment cela allait. Je n'ai pas menti, j'ai dit que cela se passait normalement, un point c'était tout. Le manque violent était le signe d'une désintoxication trop violente malgré mes efforts. Nous n'avions que trop peu de moyens et je ne pouvais encore qu'être là pour lui, à veiller sur lui... Il n'y avait que ça à faire. Attendre.

JOUR 12 :


Je crois que les délires d'Ethan sont arrivés à leur apogée. Il ne me voit pas, il ne m'entend pas. Je ne m'en offusque pas, je sais que ce n'est pas sa faute. Je me contente de rester assise sur le lit à côté de lui, et j'attends que la crise cesse. Elle cesse toujours. Du moins c'est ce que je crois et ce que j'espère. Des fois il a des sursauts, il me regarde, semble me reconnaître et il repart... C'est la même chose à chaque fois. Patiente, j'attends. Je réalise que je suis prête à aller très loin pour lui. Même à supporter une nouvelle fois l'épreuve de la désintoxication. J'ai eu un sursaut quand il a attrapé ma main brusquement. Il avait l'air réveillé, et en même temps il semblait ailleurs. Je me suis penchée au dessus de lui et il m'a regardé un long moment, avant de sourire. Je lui ai souri en retour, croyant à tort qu'il me reconnaissait, qu'il n'était pas complètement enfoncé dans son délire. Grossière erreur.

« Lucy ? »

De surprise, j'ai sursauté et j'ai retiré ma main de la sienne. Je l'ai regardé avec un air complètement halluciné et j'ai eu envie de me mettre à hurler. J'ai eu envie de le secouer, de le faire redescendre sur terre. J'étais KATARINA, sa FEMME ! Pas cette espèce de petite trainée avec laquelle il avait couché je ne sais combien de fois pendant qu'il était drogué. Je n'avais rien à voir avec elle ! C'était la première fois que je pensais à elle en ces termes. Mais j'en avais assez qu'on me rappelle son existence. Assez de devoir repousser l'image d'une morte sans arrêt. Presque en larmes, j'ai quitté la chambre. Les nausées me sont revenues, et cette fois j'ai bien cru que j'allais m'évanouir.

JOUR 13 :


Ethan s'est endormi. Enfin. Il dort depuis des heures.

JOUR 14 :


Je crois que cette fois, je n'y arriverais pas toute seule. J'ai peur de ne plus savoir quoi faire, malgré mon expérience et l'aide de Mathilda. Je me sens tellement fatiguée. Sans compter que je n'arrive pas à m'ôter une stupide pensée de la tête. C'est comme si elle s'insinuait en moi lentement, et je ne cesse d'y penser... Ethan est calme, mais je ne sais pas si ça va encore durer très longtemps. Je sais que je suis prête de craquer encore une fois, malgré ma promesse. Mais cela fait maintenant deux semaines, et l'excuse de la maladie commence à devenir bancale, même s'il me reste toujours l'alibi que Mathilda est prête à me fournir... Je ne sais plus quoi faire.

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Jeu 25 Nov - 11:07


Jour 15 :


J’ai l’impression que ça va mieux. Je dors sans arrêt. Je suis épuisé. Plus je dors, plus je suis fatigué. Je n’ai pas faim. Je veux juste dormir. Dormir encore et encore. Je ne rêve plus. Je ne cauchemarde plus. Mon sommeil est blanc. Je ne sens plus rien non plus. Je me sens endolori, tous les mouvements me coutent. Je n’ose donc plus bouger, pas même les lèvres. Je n’y arrive pas. Dés que j’ouvre les yeux, pour sourire à Katarina, mes paupières sont si lourdes qu’elles retombent et que je reste inerte. Je ne sais pas de quoi j’ai l’air et pour la première fois de ma vie, cela m’importe. Parce que j’ai encore la présence d’esprit de me souvenir que j’ai une fille. Une petite fille de quel âge ? Trois mois ? Quatre mois ? Plus ? Je ne sais plus. Parce que finalement je ne sais plus depuis quand je suis coincé dans ce corps. Parce que c’est cela que je ressens. Je me sens coincé dans ce corps, coincé dans la vie, coincé dans….

Je n’ai plus le temps de réfléchir, qu’à nouveau je sombre dans le sommeil.


Jour 16 :


Il est vivant ! Alan !!! Il est vivant ! Et il est penché sur le berceau de Lena. Lena !!! Ma princesse. Mon tout petit bébé. Mon amour. Ma vie. Je me redresse alors que je suis ruisselant de sueur, et que mon corps semble décharné et désarticulé. Je réussis à prononcer le nom de ma petite fille. Je sens pourtant quelque chose me repousser et me rallonger sur le lit. J’entends une voix que je ne reconnais pas me dire qu’elle va bien. Non, elle ne va pas bien. Alan n’est pas mort et il va venir pour lui faire du mal. Il va revenir, et je dois empêcher ça. Je me débats difficilement en hurlant et en pleurant. Je veux qu’on me laisse protéger ma fille. Je ne comprends pas pourquoi on l’a laissé venir. Sont –ils devenus fous ?

La porte de la chambre s’ouvre et il est là. Alan est là, et il me regarde en souriant ironiquement. Il s’approche mais on m’empêche de me lever et de le tuer. Je le vois s’approcher du berceau de Lena sans pouvoir rien faire. Je ne peux que me cramponner aux draps et me débattre. Je le vois emporter ma fille et je ne peux rien faire.

J’aurais du taper encore plus fort…

Jour 17 :


J’ouvre les yeux et je vois le visage de ma mère devant moi. Je tends le bras pour lui caresser la joue et je l’appelle.

-Maman…Maman…

Mais soudain elle s’évanouit. Et à sa place, je vois les grands yeux bleus de Katarina. Je me mets à pleurer. Je m’en veux de penser cela, mais j’aurais tellement aimé que ce soit ma mère et non pas ma femme. Ma mère me manque. Je suis perdu sans elle. Je passe des heures à l’appeler, en vain et je finis par m’endormir.

Lorsque je me réveille, je prends peur au début. Mais je sens quelqu’un m’étreindre et se coller à moi dans mon dos. Et quand j’entends une voix douce, je me sens apaisé comme je n’ai pas l’impression de l’être depuis tellement longtemps. J’ai envie de me retourner et de la prendre dans mes bras mais je n’ai pas la force de me retourner. Mes tremblements ont cessé parce que j’arrive à les contrôler, mais j’ai l’impression que je mets toutes les forces dans la bataille pour lutter contre eux et que je n’en ai plus pour le reste. J’arrive juste à faire naître un sourire sur mes lèvres. Je ferme les yeux mais je ne dors pas.

Je finis par entendre des pleurs et Katarina me lâche. Lena…Lena réclame sa maman. J’entends Katarina se lever et aller s’occuper d’elle. Et je me laisse aller à cette torpeur. Les entendre me procure une joie que je ne pensais plus ressentir. Je ne sais plus à quel moment je sombre à nouveau dans le sommeil.

Jour 18 :

J’ai encore peu de forces mais j’arrive enfin à me redresser dans notre lit. Katarina est un amour puisqu’elle vient me caler le dos avec tout un tas d’oreillers dans le dos. Je la regarde s’occuper de Lena et j’ai l’impression que je vois ma fille pour la première fois. Elle a changé. Elle est si belle et elle fait des choses qu’elle ne faisait pas avant.

Katarina vient s’asseoir sur le lit prés de moi avec Lena dans les bras, et ma petite princesse me regarde et…je fonds…Elle me regarde avec tellement d’amour, elle me sourit, elle rit, elle babille. Je ne peux que laisser les larmes ruisseler le long de mes joues. Je m’en veux tellement de ne pas m’occuper d’elle et d’être un père indigne et incapable de m’occuper d’elle. J’en viens à espérer qu’elle ne garde pas de séquelles de cette « époque », et je finis par me dire que si je m’en sors je demanderais à kat de ne jamais lui dire que pendant quelques semaines j’ai été incapable de prendre soin d’elle et que j’ai été un mauvais père.

J’essuie mes larmes et je tends les bras en réclamant ma fille. J’ai besoin de la tenir contre moi et de reprendre tranquillement mon rôle de père. Je vois bien que Katarina hésite mais elle finit par déposer un baiser sur le sommet du crâne de notre princesse avant de me la tendre. Je la tiens enfin et…je la serre contre moi alors que je la sens tendre sa main vers ma joue. Les pleurs reprennent de plus belle, mais il y a autant de joie que de peine dans ces larmes salées. Je joue avec elle, rit avec elle, m’émerveille de tous ses progrès jusqu’à ce que Katarina me la reprenne pour lui donner le sein.

J’avais oublié combien j’aimais voir ce spectacle. Mais malheureusement, je m’endors. Heureux…

Jour 19 :

J’ai l’impression que j’arrive enfin à reprendre le dessus. La chambre est déserte quand je me lève. Oui…je me lève…Mais j’ai à peine posé un pied à terre que je sens mes jambes céder sous mon poids. Je perds sans doute connaissance…

Jour 20 :


A nouveau, j’ai l’impression que le monde s’est écroulé autour de moi. Je ne comprends pas…j’avais tellement l’impression que Lena m’avait donné de sa force et de son amour pour surmonter le manque de drogue. Mais voilà qu’à nouveau, j’ai l’impression de hoqueter. Je suis transi de froid, et pourtant je sens la main de Katarina remonter les couvertures sur moi. Je n’ai même pas la force de la remercier ou de lui sourire. Est-ce que je suis descendu tellement bas que je ne pourrais jamais remonter ? Est-ce que la trêve que j’ai connue était juste là pour me donner la chance, l’ultime chance de tenir ma princesse dans mes bras ? Est-ce que je vais mourir ?

Non ! Non ! Non ! Je ne veux pas mourir !

Jour 21 :

Et si…Et si…

J’appelle Katarina mais elle n’est pas là. Elle n’est plus là…Elle m’a peut-être quitté.

Non, elle revient et elle se précipite sur moi alors que je suis en train de me débattre avec les draps et les couvertures. Dés que je sens ses bras me serrer contre elle, je sais que la seule solution pour que je remonte la pente c’est…

-Mon ange…j’en ai besoin…

Elle sait de quoi je parle. Je lui ai déjà demandé mais elle a refusé. Il faut que je lui demande encore. C’est la seule solution, la seule. Elle ne dit rien, se contentant de me serrer encore plus alors que je l’entends sangloter.

-Tu m’avais promis Katarina. Tu m’avais promis qu’on irait en douceur…

Oui…elle m’avait promis qu’elle essaierait de me désintoxiquer en douceur et…j’avais l’impression qu’elle m’avait menti.

-Tu m’avais promis….s’il te plaît.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Jeu 25 Nov - 18:11

J'étais inquiète. J'avais l'impression que son état ne s'améliorait pas, j'avais l'impression qu'il s'enfonçait plus qu'il ne s'en sortait réellement. Et cela m'inquiétait. Mathilda me disait que c'était normal, qu'il ne pouvait pas s'en sortir d'un claquement de doigts. Évidemment. Cela ne m'empêchait pas d'être sans cesse là à vérifier que « tout allait bien ». Il était toujours en sueur, et s'il avait l'air de maitriser plus ou moins ses tremblements, je n'étais pas rassurée pour autant. Il dormait comme il pouvait, c'est à dire mal, et refusait toujours de s'alimenter correctement. J'avais remarqué qu'il avait perdu du poids, ce qui ne l'aiderait certainement pas à aller mieux. Je n'arrivais plus à lui faire manger quoi que ce soit ou presque. Je m'efforçais cependant de le convaincre par tous les moyens de boire, pour ne pas qu'il se déshydrate. Au final j'avais autant de mal à lui faire avaler quelques malheureuses gorgées d'eau. Plusieurs fois je l'avoue, j'ai dilué un somnifère à base de plantes dans le verre pour qu'il se calme et se repose, sans aucun risque d'addiction. Et égoïstement, j'avais besoin d'un peu de repos moi aussi. Mais les effets de ces cachets étaient limités et ne duraient jamais bien longtemps. Surtout que je me refusais à en user trop souvent, sachant parfaitement que cela ne changerait rien pour lui. Mais c'était tout ce que je pouvais lui donner. Le reste, c'était absolument exclu. Combien de fois avais-je été tentée de lui céder, de lui apporter un flacon de morphine, ou des calmants, combien de fois ? J'avais résisté, pour son bien, essayant tant bien que mal de rester sourde à ses suppliques. C'était à la fois facile et difficile. Facile parce qu'il pouvait à peine parler et qu'il ne le faisait pas souvent. Difficile parce que quand il le pouvait, c'était pour me demander de lui donner quelque chose. S'il y avait bien un chose que je ne ferais jamais, c'était droguer mon mari. Jamais je ne pourrais faire une chose pareille. C'était au dessus de mes forces, qui ne valaient déjà plus grand chose. Si seulement il y avait eu une solution miracle...

Trop fatiguée, j'ai confiée Lena à Mathilda pour la journée, lui apportant des biberons et du lait en poudre. Je sais qu'elle doit aussi veiller sur Liam, chercher ce qu'il a, mais je ne suis pas capable de m'occuper d'elle aujourd'hui, je suis trop fatiguée. Je dois veiller sur Ethan, encore et encore. Sans compter ces nausées qui ne me quittent pas... Elles me prennent surtout le matin, me rappelant de façon vicieuse et désagréable ma grossesse. Vicieuses, parce que je sais que je ne suis pas enceinte, encore que parfois j'ai un doute. J'ai un petit ventre, mais je me dis que c'est parce que j'ai certainement repris un peu de poids depuis mon retour. J'ai toujours un peu plus de poitrine parce que je continue à allaiter Lena, voilà tout... Il ne sert à rien de se faire des idées ou de courir après des chimères. J'ai assez à faire avec Ethan, je ne dois pas me perdre en route moi-même. Il n'a que moi pour l'aider. Je ne peux pas me permettre de lui faire défaut. C'est difficile mais je dois tenir le coup. Je ne dois pas me laisser abattre. Nous nous en sommes sortis une première fois, nous allions recommencer. Parce que nous étions une famille, nous étions mariés, nous avions une petite fille... Tout ça, c'était bien trop important pour le laisser partir en fumée. Il fallait absolument qu'Ethan reprenne le dessus, qu'il s'en sorte. Qu'il se batte. Je ne pouvais rien faire de plus que ce que je faisais déjà. J'en étais bien désolée d'ailleurs. Il fallait qu'il trouve la volonté de lutter contre ça.

Assise dans le rocking-chair, les jambes ramenées contre ma poitrine je me balance doucement, fixant tantôt Ethan, tantôt le mur. Je suis attentive au moindre bruit, au moindre de ses mouvements. Je sursaute quand je l'entends qu'il m'appelle. Pendant une minute je n'ai pas bougé, me demandant si je n'ai pas rêvé, s'il vient bel et bien de m'appeler. La dernière fois, il m'a prise pour une autre... Mais non, c'est bien mon prénom qu'il a prononcé et qu'il prononce encore. Brusquement il s'est mit à se débattre avec les couvertures. Je me suis levée et précipitée vers lui tandis qu'il essaie de se redresser péniblement. Comme à chaque fois je vais m'asseoir à côté de lui, une jambe repliée sous moi et je passe mes bras autour de lui pour l'attirer contre moi. Il est brulant... Je me suis mordue la lèvre. Non, non, Ethan, ne me supplie pas, ne me supplie pas, ne me demande pas ça... Il me rappelle ma promesse, et je ne peux pas m'empêcher de m'en vouloir. J'ai fait ce que j'ai pu pour faire les choses en douceur, j'ai vraiment fait de mon mieux. Oui j'avais promis, et j'avais vraiment tout fait pour que cela se passe du mieux possible. Visiblement ce n'était pas le cas... S'il n'était certainement pas en état d'essayer de me faire plier en en appelant à ma pitié, je me sentais néanmoins très mal. Je n'avais pas voulu ça. Non, vraiment je n'avais pas voulu ça.

« Je suis désolée Ethan... Je croyais que ce serait plus facile pour toi... J'ai fait une erreur, et j'en suis désolée. Je fait de mon mieux, je t'assure... »

J'étais désolée, oui. Mais il devait certainement se dire que cela ne changeait rien, que de toute façon excuses ou pas il était mal en point, et c'était ma faute, parce que je n'avais pas su gérer une deuxième désintoxication. La première s'était pourtant bien passé... Qu'est-ce qui n'allait pas cette fois ci ? J'étais incapable de mettre le doigt sur le problème, incapable de savoir quoi faire. Même avec l'aide de Mathilda, la situation ne semblait guère progresser. Et son état stagnait...

« Je ne peux pas te donner ce que tu veux, Ethan, tu le sais très bien. Crois moi, je ne fais pas ça pour te faire souffrir... Mais je ne PEUX PAS, tu comprends ? Il ne faut pas. Sinon... »

Sinon tu ne t'en sortira jamais. Sinon tu vas rester un drogué toute ta vie. Sinon tu ne pourras plus t'occuper de ta fille. Sinon, sinon, sinon. Je ne pouvais pas lui dire tout ça. Ce serait risquer de lui faire perdre toute détermination. Il semblait déjà en avoir si peu... Je l'ai repoussé doucement, le forçant à se rallonger. Tout son corps tremblait et il était en sueur. J'ai rabattu les couvertures sur lui, avant de poser ma main sur son front. Il avait toujours de la fièvre. Essayant d'avoir des gestes aussi doux que possible, j'ai saisi son poignet et j'ai pris son pouls. Comme d'habitude depuis trois semaines, il avait un rythme cardiaque anormalement élevé et synonyme de tachycardie. Son pauvre cœur en voyait de toutes les couleurs. Il fallait qu'il se calme... Mais comment réussir à le faire se calmer ? La seule chose qui aurait pu le calmer c'était sa drogue... Je me refusais à lui donner encore des placebos, qui de toute façon n'avaient plus aucun effet sur lui. Je ne voyais aucune solution... A moins que... Sans vraiment y réfléchir davantage, j'ai retiré mon pull, mon tee-shirt et mon soutien-gorge avant de me glisser dans le lit, juste à côté de lui. J'ai passé mes bras autour de lui et je l'ai attiré à moi une nouvelle fois, en position allongée cette fois ci, et je me suis débrouillée pour que sa tête repose sur ma poitrine, précisément sur mon sein gauche, juste à l'endroit où mon cœur battait. Je savais par expérience que les battements d'un cœur ont tendance à calmer les bébés... Ou Ethan en pleine crise de manque, qui avait besoin d'entendre quelque chose de rassurant, un son sur lequel il pouvait se focaliser pour oublier combien il allait mal physiquement. Je me suis évertuée à caresser ses cheveux et à passer une main dans son dos doucement, priant pour que cela ait un quelconque effet positif sur lui. C'était ma dernière idée, et certainement pas la meilleure.

« Ferme les yeux... Pense à quelque chose que tu aimes... Concentre toi sur les battements de mon cœur... Ferme les yeux... Je suis là... Ferme les yeux... »

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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Sam 27 Nov - 12:38

J’ai toujours ces mots en tête : « pour une désintoxication progressive ». Toujours, ils me hantent. Toujours ils raisonnent dans ma tête. Toujours ils cognent dans mes veines. Toujours ils se rappellent à moi. Elle a promis, Katarina a promis que cette fois-ci ce ne serait pas brutal, et pourtant quand je la supplie je la sens me repousser. Je veux qu’elle cède, j’ai besoin qu’elle cède. N’importe quoi mais qu’elle me donne quelque chose pour faire passer la crise. Juste une dose hein, une toute petite dose. Et après ça ira mieux.

Mais non…elle s’excuse et me dit qu’elle a fait une erreur en me proposant cette solution. Elle s’excuse parce qu’elle ne va rien me donner. Non, mon ange, ne fais pas ça, ne me dis pas ça. S’il te plaît…J’en ai besoin, tu sais à quel point j’en ai besoin. Après tout ira bien je te le promets, après je me lèverais et je ferais comme je fais toujours. Je m’occuperais de Lena et j’irais travailler. Et on sera heureux hein…Mais aide-moi. Va me chercher quelque chose Katarina…

Je sens à nouveau que je craque. Mon corps craque, il a froid. Il n’y a que la drogue qui peut le réchauffer. Il faut le réchauffer, je vais mourir. Mais elle ne m’entend pas, elle ne m’écoute pas. Elle refuse, elle ne veut rien me donner, elle veut que je meure j’en suis certain. Je n’écoute même pas ce qu’elle me dit, tout ce que je retiens c’est qu’elle me dit non. Je n’entends même pas sa voix qui a mal, qui a mal de me blesser et de me dire non. Non, elle ne veut pas…c’est tout ce qui compte en cet instant. Alors, persévérant et une idée fixe en tête, je poursuis ce que j’ai commencé. Je la supplie. Il faut que tu cèdes mon amour. Tu vas céder hein.


-S’il te plaît…


Si elle m’aimait, elle allait m’aider. Si elle m’aimait, elle se laisserait avoir par ma voix brisée, par ma gorge qui se serre, par mes mains qui tremblent, par ma mâchoire qui se crispe et qui confère à la moindre parole quelque chose de dur alors que je ne veux pas. Elle doit accepter de m’aider en me donnant n’importe quoi qui puisse me faire tenir. Parce que j’ai l’impression que le manque n’a jamais été aussi fort. Mon corps n’a jamais été secoué de tremblements comme il l’est en ce moment. La température de mon corps n’est jamais montée si haut alors que j’ai l’impression que j’ai froid. J’ai si froid que j’ai l’impression que je vais mourir. Je vais mourir parce qu’elle n’aura pas compris que ces deux derniers jours, mon corps m’a échappé. Il a fait croire que tout s’arrangeait alors qu’il ne reprenait des forces que pour mieux se jouer de moi et me torturer. C’est là que vous comprenez à quel point vous êtes dépendant de ce corps, à quel point il peut vous faire ce qu’il veut. Mon corps me punit. Mais me punit de quoi ? N’ai-je pas assez souffert ? Faut-il encore que je souffre davantage ?

Katarina semble se rendre compte à quel point j’ai froid. Alors, elle remonte la couverture sur moi. J’apprécie ses attentions, même si je sais que ce n’est pas cela dont j’ai besoin. Mais je n’arrive plus à ouvrir la bouche, et à former des sons. Je suis prisonnier de ce manque. Il a atteint tout mon corps et il m’anesthésie, me privant maintenant de toute liberté. Je ne suis qu’un pantin entre ses bras. Je n’ai plus de force, plus de tonus, plus rien. Peut-être aussi parce que je ne mange pas. J’ai essayé mais je n’y arrive pas…J’ai déjà du mal à déglutir quand Katarina s’efforce de m’hydrater. J’ai envie de pleurer mais même cela je n’y arrive pas. Même quand elle se déshabille devant moi, j’ai honte d’avouer que la vue de son corps dénudé ne me donne même pas envie. La seule envie que j’ai c’est de quelque chose qui puisse me soulager.

J’avoue cependant être étonné quand elle s’allonge prés de moi, me tenant contre elle. Sa main caresse mon dos, mais je recommence à claquer des dents. J’ai froid, je suis en manque. Je vais mourir...je le sens…

-J’en peux plus…j’en peux plus…

Elle pousse gentiment ma tête contre sa poitrine et me demande de fermer les yeux et de me concentrer sur les battements de son cœur en pensant à quelque chose que j’aime. Je me laisse avoir par sa voix douce et maternelle et par ses caresses qui semblent m’apaiser. Et si à nouveau c’était cela la solution ?

Quelque chose que j’aime…quelque chose que j’aime…

Je n’ai aucun mal à fermer les yeux, mais j’en ai beaucoup plus à trouver quelque chose que j’aime plus que la coke en ce moment .J’ai honte de dire que ces temps-ci j’ai l’impression d’éprouver plus d’amour pour cette poudre blanche qui me détruit que pour ma femme ou ma fille. Ma fille…j’essaie de me concentrer sur elle. Je l’aime, je le sais. Je n’ai pas à m’en persuader, et pourtant c’est ce que je suis en train de faire.

J’essaie de revivre chaque moment avec elle alors que mon ouïe s’efforce d’écouter les battements du cœur de ma femme, et que mon cœur tente de battre au même diapason.

J’entends encore Katarina m’annoncer que nous allons être parents. Je sens encore mon cœur exploser de joie parce que je vais être père. Et puis, j’occulte les difficultés et je ne me rappelle que du bonheur quand je la sens bouger dans le ventre de Katarina pour la première fois. Son premier petit signe de vie, son premier « tu vois Papa, je suis là, coucou ! ». Et puis, je me revois l’aider à venir au monde, je sens encore mes mains la tirer vers la vie, j’entends encore son cri de nouveau né résonner dans la chambre. Cette naissance qui m’a tant fait peur, qui aurait pu très mal se passer. Et je me demande encore maintenant comme une peur comme celle que nous avons eue ce soir là peut se transformer en un bonheur indescriptible. Je revois encore le sourire de ma petite princesse, son premier sourire rien que pour moi. Et j’entends maintenant son petit rire, ses babillements, ses « Oh » et ses « ah » quand elle parle à son ourson préféré.

Et tout ça suffit à m’endormir, à me calmer. Je ne tremble plus ou alors je ne m’en rends pas compte. J’ai l’impression d’être paisible. Et je ne rêve pas. Aucun cauchemar non plus ne vient troubler mon sommeil. Je ne sais pas combien de temps j’ai réussi à m’endormir. Mais quand je me réveille, je n’entends plus les battements du cœur de Katarina, alors le mien s’affole. Et à nouveau j’ai l’impression que je vais mourir si je n’ai pas quelque chose pour me calmer. Je ne sais même pas si elle est là. Je n’ai pas la force d’ouvrir les yeux. Je donne mes dernières forces dans la bataille. Pour la supplier…

-S’il te plaît Katarina…un cachet…seulement un….s’il te plaît…
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MessageSujet: Re: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Sam 27 Nov - 21:18

C'était dur. De lui résister. De résister à ses suppliques, à sa voix chevrotante, à son air désespéré et désemparé... Il ne m'avait encore jamais supplié d'une telle façon. Même pas quand je l'avais quitté. Je découvrais encore une facette de mon mari... Je me rendais compte que finalement, je ne le connaissais pas tant que ça. Il y avait beaucoup de choses que je ne connaissais pas chez lui... Pendant longtemps, j'avais ignoré son côté violent. Je l'avais ignoré très longtemps, avant de le découvrir brutalement du jour au lendemain. Je l'avais vu tuer pour moi, sous mes yeux, et avec une violence abominable. Je n'avais pas oublié qu'il avait réduit Alan en miettes à l'aide d'une barre de fer, ne cessant de le frapper qu'après m'avoir entendue hurler. Non, je n'avais pas oublié, et je pensais que je n'oublierais jamais... Voilà pourquoi j'avais toujours si peur quand il se mettait en colère. Si je savais qu'il ne lèverait jamais la main sur moi, j'avais parfois peur de ce qu'il pouvait faire aux autres... C'était fou comme ce côté ci de sa personnalité contrastait avec ce que j'avais sous les yeux, ou plutôt dans les bras. Il était faible, larmoyant, suppliant... Même la première fois il n'avait pas été dans un tel état. Non, la première fois il avait simplement l'air malade, en y repensant de plus près. Là... Là, il avait vraiment l'air d'un drogué en pleine crise de manque. Et malgré tout ce qui me restait de volonté, je ne pouvais m'empêcher de songer à tout ce que m'avais dit Alan. Si j'avais eu bien du mal, sur le moment, à associer ces images à mon Ethan... Aujourd'hui, je trouvais cela beaucoup plus simple. Ce n'était pas dur de l'associer à cet homme tremblant, suppliant... Je secouai la tête, chassant ces horribles images qui me venaient à l'esprit. Je ne devais pas penser à cela. Je n'avais pas la moindre envie d'imaginer mon mari dans un tel état et dans de telles situations. C'était humiliant, dégoutant... Je ne voulais pas que ces images me restent à l'esprit, et je ne voulais pas que ce soient celles là qui me viennent à l'esprit quand je penserais à lui à l'avenir.

J'espérais de tout cœur réussir au moins à le calmer un peu de cette façon. Généralement, il aimait s'endormir avec ce son... Les battements de mon cœur se révélaient efficaces en général. Je ne cesse pas de caresser ses cheveux, de glisser sa main dans son dos pour l'apaiser... Cependant, je ne cesse pas de m'inquiéter pour lui pour autant. Je ne sais pas à quoi Ethan a pensé, mais dans tous les cas cela l'a calmé. Il s'est endormi, et ses tremblements se sont atténués jusqu'à disparaître. Il dormait... J'ai dû rester une heure ou deux avec lui, peut-être un petit peu plus. J'ai un peu somnolé, en profitant moi aussi pour me reposer un peu, étant donné que les nuits étaient difficiles. Cependant, je restais à l'écoute. Au cas où il se réveillerait brusquement, comme cela lui arrivait souvent. Je ne voulais pas risquer d'être prise au dépourvue. Il paniquait très souvent à son réveil. J'avais toujours peur pour lui... Je ne savais jamais dans quel état il serait réellement à son réveil. Il paniquait oui, mais après c'était aléatoire... Il pouvait hurler, se mettre à pleurer, supplier, se débattre... Pourtant cette fois ci, il ne s'est pas réveillé après seulement une demie heure de sommeil. Alors, quand moi je me suis réveillée, je me suis débrouillée pour le repousser doucement et l'allonger en douceur à côté de moi. Je me suis glissée hors du lit et je me suis rhabillée. J'ai une fois de plus remonté la couverture sur lui. Puis je me suis penchée en avant pour déposer un baiser son son front brulant.

Je suis sortie un moment, le temps d'aller me chercher un thé rapidement, pour me tenir éveillée encore un peu. Je sentais la fatigue me gagner peu à peu. J'avais besoin de sommeil, définitivement. Mais je devais sans arrêt être là, aux aguets... Parfois, je regrettais qu'Ethan ne supporte que moi. Parce que cela m'obligeait ( une fois de plus ) à devoir tout mettre de côté pour lui. J'étais fatiguée, vraiment. Je ne savais pas si je pourrais tenir le coup. Par réflexe, je vais m'asseoir dans le rocking-chair. Et je le regarde dormir. Encore... et encore... et encore.... Je ferme les yeux, sans vraiment m'en rendre compte. Me suis-je endormie ? Je n'en ai pas la certitude... Toujours est-il que j'ai sursauté assez brusquement, quand j'ai entendu la tasse que j'avais à la main me glisser des doigts et tomber par terre avec un bruit sourd. Je me lève et je vais la ramasser bêtement. C'est ce moment là qu'Ethan choisit pour s'agiter. Je m'approche de lui. Malheureusement, il ne s'agite pas beaucoup... Je vois qu'il peine déjà à ouvrir les yeux. Je me contente de m'asseoir à côté de lui. Et il recommence à me supplier. Je me vois obligée de secouer la tête. Et de refuser. Encore.

« Je ne peux rien faire Ethan... Je suis désolée... Il faut que tu tiennes le coup... Ça va aller, c'est bientôt fini, mon amour, c'est bientôt fini... »

En réalité je ne savais pas très bien où il en était. Cela faisait maintenant trois semaines qu'il était dans cette chambre, à supporter tant bien que mal la désintoxication. Plus mal que bien d'ailleurs... J'ai posé ma main sur sa joue, avant de caresser doucement ses cheveux. Je ne pouvais rien lui donner. Enfin, j'aurais pu lui donner tout un tas de choses... tout un tas de substances très addictives. Non, non, c'était absolument hors de question. Je ne pouvais pas faire cela, je m'y refusais catégoriquement. Ce serait terrible, complètement « contre productif » comme on dit...

« Si je te donnais quelque chose, tu te sentirais mieux sur le moment, mais c'est tout... Après, tu ressentirais un manque encore plus important... Je ne peux pas faire ça, tu comprends ? Ton corps commence à peine à se débarrasser de toute cette drogue accumulée... S'il te plait, Ethan, tiens le coup. »

Je ne pouvais rien faire de plus. Sinon essayer de le rassurer du mieux que je pouvais... Et j'avais l'impression que pour une fois, c'était complètement inefficace. Pour la première fois depuis très longtemps, j'étais incapable de rassurer mon mari. Et je m'en voulais tellement... J'étais impuissante, je ne pouvais rien faire pour lui. Il devait se battre seul contre son addiction. Si j'avais pu le faire pour lui, je l'aurais fait bien volontiers. Mais je ne pouvais pas. C'était son combat, pas le mien. Tout comme il n'avait pas pu porter Lena et la mettre au monde, je ne pouvais pas résoudre son problème de drogue. Il fallait qu'il trouve la volonté de se battre. Mais sa volonté semblait s'être évaporée... Je secouai la tête, avant d'essuyer les larmes qui coulaient sur mes joues avec ma manche.

« S'il te plait, Ethan, ne me demande plus ça... Tu sais que je ne peux pas... »

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MessageSujet: Re: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Dim 28 Nov - 9:12

Je me rappelle que quand le sachet de cocaïne s’est vidé entièrement, et que je la suppliais encore, elle m’a donné des cachets. Peu importe ce qu’ils contenaient : méthadone, subutex, skenan, valium ou que sais-je encore ; ils m’avaient aidé. C’était ça aussi que je réclamais de cette façon. Elle avait promis d’y aller en douceur, et les cachets c’était y aller en douceur non ? Elle m’en avait donné plusieurs fois, alors elle n’avait pas le droit de refuser une fois encore.
Pourtant, je n’étais même pas sûr que ce soit elle dans la chambre. Ou alors est-ce que je rêvais la présence de quelqu’un. Et si cette présence que je sentais c’était quelqu’un qui me voulait du mal ? Et si c’était son père, et si c’était encore Alan, ou Gabrielle, ou Aristide ou…non pas Riley…je me souvenais que nous ne nous détestions plus…quoique...Je n’en étais même plus sûr. Je ne savais plus qui voulait mon bien. Et si Riley s’était rapproché de moi et m’avait encouragé à me droguer pour récupérer Katarina ? Je savais qu’il l’avait toujours désiré. Alors peut-être que ce plan c’était le sien…

Mais mon instinct ne m’avait pas fait faux bond. C’était bien Katarina. C’était bien mon ange qui me disait qu’elle ne pouvait rien faire, c’était sa voix qui m’encourageait à tenir le coup. Elle me disait que c’était bientôt fini. Mais je savais qu’elle me mentait. Elle me mentait, ce n’était pas fini ...Enfin si…si elle ne me donnait rien, j’allais mourir. Et là ce serait la fin. C’était peut-être ce qu’elle voulait en fait. Elle voulait peut-être que je meure pour enfin être débarrassé de moi et pouvoir revoir son père, et ne plus avoir à supporter le junkie que j’étais. Et si elle me considérait vraiment comme un junkie qui avait tout fait pour se mettre dans le pétrin et qui refusait de s’en sortir. Et si les autres lui avaient mis cette idée en tête.
Mais non, abruti ! C’était ca que me disait cette petite voix qui ressemblait plus à la voix de la raison qu’a la voix mesquine. Elle t’aime, elle veut t’aider, elle souffre elle aussi. Mais j’étais à nouveau tiraillé entre ce que mon cœur voulait croire et ce que le manque lui voulait entendre.

Pourtant, quand je sens sa main sur ma joue, je m’apaise un peu. Elle m’aime oui. Elle est tendre, maternelle, douce, gentille. Et surtout, je sens à sa voix qu’elle se sent coupable. Elle se sent coupable de m’avoir donné des cachets pour supporter le manque quand j’ai fini le sachet de coke. Mais lorsqu’elle dit que mon corps doit se débarrasser de toute cette drogue, et que si elle me redonne quelque chose je serais encore plus en manque, mon esprit se rebelle. Non !!! Elle a tort ! Ca ira mieux quand elle m’aura donné quelque chose. Ca ira mieux parce que mon corps le réclame. Et je sais qu’il faut toujours répondre à son corps. Il réclame alors il faut donner. Comme avec Lena….
Mais elle aime sa fille. Alors j’en déduis que si elle donne à Lena ce que son corps réclame, ça signifie que moi elle ne m’aime pas.

Elle ne m’aime pas ! Cela devient comme une phrase qui tourne sans cesse dans ma tête. Elle ne m’aime plus et elle cherche à se débarrasser de moi. Je ne la sens même plus pleurer, je ne l’entends plus non plus me supplier de ne plus lui demander de me donner quelque chose. Je n’ai enregistré qu’une chose.une seule chose. Qui tourne en boucle dans ma tête. Elle a cessé de m’aimer. Son père a gagné.
Je ne sais donc pas comment j’arrive à ouvrir les yeux et à me redresser. Mais j’ai l’impression qu’un regain de force m’est donné. Je me redresse et je repousse tout. Ma femme, les couvertures, les draps, les oreillers. Tout ! J’envoie tout valser à travers la pièce et je me lève.

En me levant, vêtu seulement d’un caleçon, je ne m’aperçois même pas de l’image que je peux renvoyer. J’ai perdu encore plus de poids que je n’en avais perdu la première fois j’ai l’impression. Je ressemble vraiment à un junkie. L’expression « n’avoir que la peau sur les os » prenant sans doute ici tout son sens. Je n’ai pas du tout conscience du regard de Katarina sur moi. Je l’ignore même.

Je mets un pied l’un devant l’autre et ce sont les premiers pas qui sont certainement les plus durs. Mes jambes flagellent, aussi bien parce que je n’ai pas posé le pied par terre depuis un certain temps (combien exactement, un mois ? moins ? plus ? je ne sais plus du tout), que parce que mes membres tremblent parce qu’ils sont en manque. En manque…oui je le suis…C’est sans doute pire que la période où avec Lucy on avait plus assez pour se payer une dose. Quand je me rappelle de cette époque, j’ai un arrière gout dans la bouche, j’ai envie de vomir. J’ai terriblement honte de ce que j’ai fait. Je n’ai pas dit non quand elle a proposé de se prostituer pour avoir de quoi se payer une dose ou deux. Je n’ai pas dit non, j’ai fait pire…Je l’ai encouragé…J’ai l’impression que tout ce temps, j’ai eu envie d’enfouir ça. Mais tout me revient en pleine face… je dois encore repousser ça, je dois…ça fait trop de mal. Et, j’y arrive. J’y arrive…comme j’arrive à avancer. Puis je m’aperçois, en tournant la tête un peu à gauche qu’il y a un berceau.

Un berceau ? Mais pour quoi faire ? A qui appartient ce berceau ? Je me retourne et je vois Katarina qui me regarde, les larmes aux yeux. Et je me rappelle. Mon cerveau ne cesse de faire des bonds en arrière puis de revenir dans le présent. Il passe de l’illumination au blanc complet. Je me souviens, et puis une seconde après j’oublie. Mais là je n’oublie pas. Nous avons une fille ! Une toute petite fille ! Lena ? Alors ou est-elle ? Quand je m’approche du berceau il est vide. Il est vide. Ou est mon bébé ? Je tourne sur moi-même pour la chercher mais elle n’est nulle part. Alors je me jette sur Katarina parce que j’ai compris.

Elle ne m’aime plus. Elle veut que je meure, elle veut se débarrasser de moi. C’est pour ça qu’elle refuse de me donner de quoi tenir. Je comprends enfin tout ce qui se joue autour de moi. C’est son père qui a manigancé tout ça. Et elle le suit, parce que c’est son père, et parce qu’elle ne m’aime plus. Et c’est ainsi que je me mets à lui hurler dessus.

-Je sais pourquoi tu refuses de me donner quelque chose. Je sais !! C’est parce que tu veux que je meure.

Jamais je n’aurais été capable de dire des choses pareilles si j’avais été dans mon état normal. Une partie de moi le sait, mais l’autre est plus forte. Et je la laisse gagner. Je ne me rends même pas compte du mal que je fais à la femme de ma vie. Je m’en fiche parce qu’a cet instant je ne suis qu’un drogué en manque de plus.

Je m’approche d’elle et je tends la main sur sa joue parce que pendant quelques secondes, je sais qui elle est.


-Mon ange…


Et à nouveau, je suis secoué d’un tremblement qui me rappelle ce que je suis. Et le mauvais coté refait surface. Ma main redescend sur son épaule et je pose l’autre main sur l’autre épaule et je me mets à la secouer alors qu’elle est assise sur le lit, les larmes au bord des yeux.


-Tu ne veux rien me donner parce que tu veux que je meure ! Tu ne veux rien me donner parce que tu veux Lena pour toi toute seule. Tu l’as écartée de moi. Où est ce qu’elle est ?


Je la secoue encore avant de me sentir tombé au sol. Je me mets à trembler de tout mon être et je fonds en larmes. Je me rends compte de ce que je viens de faire. C’est comme si j’étais deux personnes en une seule. Qu’est ce que j’ai fait ? Qu’est ce que j’ai fait ? Oh mon Dieu… je l’ai violenté. Mon ange…mon amour…mon cœur...Ma vie…Mon Dieu…

Je relève les yeux sur elle, et je ne m’excuse même pas. Je recommence…


-S’il te plaît. Donne-moi quelque chose….
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MessageSujet: Re: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Dim 28 Nov - 12:48

Je commençais sérieusement à avoir peur. C'est terrible, n'est-ce pas, d'avoir peur de ce que peux faire votre mari ? Je ne l'avais jamais vu dans un tel état. Jamais. La première fois, il ne m'avait jamais supplié de lui donner quelque chose. Jamais. Il ne m'avait jamais supplié de cette façon... Je ne savais même plus quoi dire, quoi faire, parce que rien ne semblait le calmer. Rien du tout. C'était comme s'il n'entendait rien de ce que je lui disais. Il est comme sourd. Je faisais tout ce que je pouvais... Et tout ce que je pouvais, ce n'était pas assez. J'aurais beau m'excuser, lui dire que j'étais désolée, que je ne pouvais rien faire de plus, cela n'y changerait rien. Je ne pouvais rien faire de plus pour lui. J'étais complètement impuissante. Pourquoi était-ce tellement différent de la dernière fois ? Tout m'avait semblé si simple la première fois... Et il était tellement calme cette fois ci. Il se contentait de rester contre moi, de me demander de lui parler... C'était tout. Là c'était carrément le contraire. Il était violent, psychotique... Et oui, il me faisait peur. Je n'avais jamais eu à gérer une telle crise de manque. Et la réalité était bien malheureuse. Je ne savais pas comment la gérer. De plus en plus, je sentais la panique me gagner, au fur et à mesure qu'il s'agitait. J'ai tenté vainement de le maintenir contre le lit alors qu'il cherchait à se redresser, mais ce fut sans succès. Je ne savais pas pourquoi, mais il avait un regain de force subitement. Il me repoussa violemment, si bien que je manquai de tomber du lit. Non, non, il ne fallait pas qu'il se lève, il devait rester couché, il ne devait pas s'agiter, il ne devait pas chercher à marcher, il ne devait pas, il ne devait pas...

« Non, non, Ethan, reste couché s'il te plait, Ethan, s'il te plait calme toi, Ethan... »

C'est sans succès. Il se lève tout de même et dès les premiers pas, je vois qu'il chancèle. J'ai vainement tenté de lui faire changer d'avis, attrapant son bras pour essayer de le raisonner. Il me repoussa violemment, si bien que je manquai de tomber. Je n'étais pas assez forte pour le retenir. Sentant les larmes inonder mes yeux peu à peu, je plaque mes mains sur ma bouche, comme pour m'empêcher de sangloter. Il se dirige vers le berceau de Lena, comme s'il se rappelait brusquement avoir une fille. Mais non, Lena n'était pas là... Il s'en rend compte très vite. Je ne peux évidemment rien dire lorsqu'il se retourne vers moi. Inutile de dire à quel point j'ai peur quand je vois l'expression de son visage changer. J'ai à peine le temps de faire un pas en arrière qu'il s'est déjà élancé vers moi. Je retombe assise sur le lit, complètement paniquée. J'ouvre de grands yeux choqués quand il m'accuse de vouloir sa mort. Je ne peux que le regarder sans savoir quoi dire, les larmes roulant sur mes joues sans que je puisse faire n'importe quoi pour les empêcher. Je sais qu'il délire complètement, mais j'ai l'impression qu'il vient de me poignarder. Il ne comprend pas que tout ce que je veux c'est le sortir de là. Non, il ne comprend pas, il a l'impression que je fais tout ce que je peux pour lui faire du mal. Qu'est-ce que je peux faire contre ça ? J'ai tout essayé pour lui faire comprendre que je ne veux que son bien. Mais il n'entend rien... il n'entend rien...

Mes doigts se crispent sur les draps, tandis que je fais tout ce que je peux pour éviter de fondre en larmes plus encore. Il ne se rend certainement pas compte de ce qu'il fait... Mais moi je retiens tout, j'ai parfaitement conscience de la situation. Je détourne presque la tête quand il caresse ma joue, pour une fois complètement insensible à cette caresse. Je sais pertinemment que dans quelques secondes, il sera de retour dans son monde psychotique, dans son délire profond et incontrôlable. Je ne peux pas m'empêcher de me mettre à hurler quand il commence à me secouer, m'accusant de vouloir sa mort, m'accusant de vouloir écarter de lui Lena, m'accusant de la vouloir pour moi seule... Je ne parviens même pas à articuler quelques mots pour lui dire que Lena était en sécurité. D'un geste brusque, je le repousse. Il fond en larmes avant de s'effondrer. Je reste complètement immobile, respirant trop fort et par à coups. Je n'ose même pas poser les yeux sur lui, je n'ose même pas le toucher. Et il recommence... J'ai envie de lui hurler d'arrêter, mais je ne peux pas, ma gorge est trop serrée. J'ai complètement perdu le contrôle, je ne sais plus quoi faire. Je ne peux plus me voiler la face. J'ai besoin d'aide. Terriblement besoin d'aide.

Sans même chercher à relever Ethan, je me précipite vers la porte pour sortir. Je la claque derrière moi, avant de m'y adosser pour reprendre mes esprits. Je ne peux pas le laisser comme ça, il faut que je fasse quelque chose... Je dois trouver quelqu'un qui puisse m'aider. Mais qui ? Qui ? Il ne veut que moi, et quand je vois comment il se comporte avec moi, je suis terrifiée rien qu'à l'idée d'imaginer ce qu'il pourrait faire avec quelqu'un d'autre. Et pourtant j'ai besoin de l'aide de quelqu'un. Sans vraiment réfléchir, je me dirige vers le bureau d'Alexander, sourde aux questions des gens qui me demandent ce qui ne va pas. Quand j'arrive devant la porte de son bureau, je l'ouvre sans même penser à frapper. Je suis en larmes, et visiblement pas dans mon assiette, alors je doute qu'il m'en tienne rigueur. Je reste bêtement plantée devant l'entrée.

« J'ai... J'ai besoin de ton aide Alexander... S'il te plait... »

C'est incompréhensible. Je secoue la tête, avant d'essuyer mes larmes avec ma manche.

« C'est Ethan... Ethan ne va pas bien... J'ai... Il a... Il a replongé. Il a recommencé à se droguer... Il est en pleine crise de manque, il ne supporte pas du tout la désintoxication... Il délire complètement... Il ne se calme pas ! Il est violent, il est complètement paniqué... S'il te plait Alexander viens m'aider. Je ne m'en sors plus... S'il te plait... Aide moi... Aide le... fais quelque chose... »

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MessageSujet: Re: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Dim 28 Nov - 20:01

- "Kat?"

Je relève brutalement la tête de mes papiers alors que Katarina surgit soudainement dans mon bureau, le visage défait et des larmes mouillant ses joues. Quelque chose ne va pas, elle est totalement paniquée et je dirais même qu'elle a peur. Je me lève aussitôt et le dirige vers elle, avant de marquer un temps d'arrêt quand elle m'explique assez confusément qu'Ethan ne va pas bien. Mon visage se décompose alors qu'elle parle de désintoxication. Oh mon dieu, il a replongé... Cet idiot a cédé à la facilité de la drogue quand ça allait mal, plutôt que de prendre sur lui et de prendre soin de Katarina. Encore une fois, c'est à elle de prendre soin de lui et elle est arrivée au point de rupture. Une colère noire m'envahit soudainement. Des fois, j'avais des envies d'étrangler Ethan...

Mais surtout je blêmis quand elle expliqua qu'il était violent. Normal. Les pièces du puzzle s'assemblèrent... La mystérieuse maladie d'Ethan... Son isolement. Personne n'avait pu en savoir davantage. Mais en fait, Katarina ne voulait pas qu'on sache qu'il s'était drogué de nouveau.

- "Il t'a blessé?"

Je fronçai les sourcils en m'approchant d'elle. J'étais d'un calme olympien, comme lorsque je l'avais conduite aux douches après sa fausse couche. C'était ma façon de réagir à la panique. Je pris son visage entre ses mains, la forçant à me regarder droit dans les yeux.

- "Ne me dis pas que tu supportes ses crises depuis 3 semaines..."

Mais si. Trois semaines de calvaire. Elle semblait complètement épuisée et au bout du rouleau. Je la lâchai, avant de la prendre doucement dans mes bras.

- "Oh Kat, pourquoi ne m'as tu rien demandé avant?"

Étais-je blessé d'avoir été exclu? Un peu, mais je ne les avais pas inclus dans ma vie quand Gabrielle était partie. Chacun ses fardeaux et l'on pensait toujours pouvoir les porter seul. Mais c'était une erreur. J'avais promis à Katarina et Ethan de toujours être là pour eux. Je repensai avec émotion à cette main qu'il avait posé sur moi, cette terrible fois, dans la douche, quand le drame les touchait encore une fois. Je la relâchai.

- "On y va."

J'allais devoir aider mon petit frère à se sortir de son enfer... Cela n'allait pas être simple et il allait encore me détester. J'allais être celui qui l'entrave, qui l'empêche d'avoir ce qu'il a le plus besoin. C'était pour son bien, mais il ne s'en rendrait pas compte. Katarina ne pouvait pas gérer ses crises de violence, moi si. Et nous n'allions aimer cela ni l'un ni l'autre. J'appréhendais d'entrer dans la chambre et de le voir ravagé par le manque...
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Lun 29 Nov - 14:18

J’étais sûr que si elle me donnait quelque chose, ça ira beaucoup mieux. Et puis, je voulais me faire pardonner. J’avais été violent physiquement avec elle, je l’avais agressée. Uniquement parce que j’étais en manque. Alors si j’avais quelque chose pour tenir le coup, je pourrais à nouveau être son mari et m’occuper de notre fille. Je m’en voulais terriblement d’être dans cet état là, mais je n’y pouvais rien. J’avais trop subi de choses, et je n’étais pas assez fort pour supporter tout ça. Comme je n’étais pas assez fort pour résister au manque. Elle le savait pourtant alors pourquoi ne m’aidait elle pas ? Je ne lui demandais pas grand-chose. Juste un cachet, un tout petit cachet pour aller mieux.

Je n’avais pas fait exprès de la secouer, je ne voulais pas faire ça. Mais elle ne comprenait pas ! Elle ne comprenait pas alors il fallait que je lui fasse comprendre a quel point j’en avais besoin. C’était la seule solution à nos problèmes.

Et pourtant…Je m’en voulais terriblement de l’avoir secouée. Parce que je me rendais compte un peu de ce que ça signifiait. J’avais été violent avec elle. Je savais que dans mon état normal je n’aurais jamais fait ça. Je ne l’avais pas giflé mais dans mon cœur c’était tout aussi grave. Je n’étais qu’un junkie…Un junkie ! J’avais été trop loin mais je n’arrivais pas à faire cesser ce manque. J’avais besoin de quelque chose pour me détendre, c’était incontrôlable. Je n’étais pas vraiment moi, je n’étais plus vraiment moi. Oh mon dieu, jusqu’où ce manque allait me mener ? Et mes tremblements qui ne cessaient pas…

Les larmes coulaient le long de mes joues quand je me rendis compte qu’elle n’était plus là. Elle était partie, elle m’avait quitté. Elle m’avait quitté et j’étais seul. Seul face à mes démons. Parce que c’étaient des démons. Je n’étais que leur victime. Je les voyais ouvrir la porte et avancer vers moi. Ils étaient vêtus de longs manteaux noirs, et avaient un sourire vicieux aux lèvres. Je reculais en arrière, et me recroquevillait sur moi-même. J’avais peur qu’ils m’atteignent, qu’ils se fondent en moi et qu’ils me fassent du mal. Mais ils étaient trop forts pour moi. Je le sentais sur ma peau, et ‘j’avais beau les chasser, ils entraient en moi. Je les sentais, je els entendais rire et se moquer de moi. Et puis, je les ai sentis enfin en moi. Ils jouaient avec mes nerfs. Je tremblais de partout. J’avais froid, tellement froid. Dans ces moments là, Katarina était toujours là et remontait la couverture sur moi. Mais elle n’était plus là, elle m’avait quitté. Et elle avait pris notre fille. Elle m’avait arraché tout ce qui faisait ma vie ! Sans aucun remords, sans aucuns regrets. Elle ne s’était pas retournée. Et le pire de tout c’est qu’elle avait tout laissé. Elle avait tout laissé me faire du mal. Elle avait tout laissé pour me rappeler sans arrêt sa présence et celle de Lena.

Je relevais la tête et j’avisai sur la table de chevet sa petite boite à musique. C’était celle qu’elle avait depuis qu’elle était petite. C’était celle qu’elle voulait donner à Lena quand elle serait plus grande. Et malgré le mal évident que je ressentirais à la toucher et à la regarder, j’avais envie d’entendre la mélodie. J’ai avancé ma main en tremblant et j’ai pris à deux mains la boite et j’ai essayé de ne pas la faire tomber. Ce n’est pas parce qu’elle m’avait quitté que je voulais tout détruire. De toute façon je n’en avais pas la force. Et puis, une petite voix me disait qu’elle reviendrait peut-être, qu’elle se rendrait vite compte qu’elle m’aimait. Mais déjà, je ne m’en souciais plus.

Je me suis allongé sur le sol, avec la petite boite dans les mains. Et à l’instant même où j’ai ouvert la boite, la douce mélodie a envahi la pièce, envahissant tout mon corps. Je n’avais jamais entendu une aussi douce mélodie. Et la danseuse était magnifique. Elle dansait pour moi, rien que pour moi. Elle venait de se matérialiser devant moi et elle me souriait. Elle était si belle que je n’osais pas la toucher. Je la caressais du regard et je me laissais aller à ses pas de danse. Je la regardais évoluer à travers la pièce, si jolie et gracieuse. Elle dansait pour moi ! Je l’encourageais pour qu’elle continue.

-Danse encore pour moi ma belle, danse…

Je lui souriais et elle n’arrêtait pas de danser. Alors j’ai commencé à frapper dans mes mains, me berçant tout seul puisque plus personne ne le faisait pour moi. Mais la musique semblait s’être arrêtée et je sentais à nouveau les démons me prendre. Ils avaient fait fuir la danseuse. Elle était partie…

-Danse encore, danse encore !

Mais il n’y avait ni démons, ni danseuse dans la chambre. Juste Alexander et Katarina…que je ne reconnaissais même pas.

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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Lun 29 Nov - 19:36

Pendant une seconde, je me suis demandée si j'avais fait le bon choix, si je ne m'étais pas trompée au final. Je savais qu'Ethan ne voulait voir personne... Mais là, je ne voyais plus quoi faire, je ne savais plus quoi faire, il avait complètement échappé à mon contrôle. J'étais impuissante, je ne savais pas quoi faire. J'avais vraiment tout essayé, mais là, j'étais à bout. J'avais épuisé toutes mes ressources, toutes mes idées. Toute ma patience aussi. Il ne voulait peut-être pas voir Alexander, mais moi je ne pouvais plus supporter tout ça toute seule. Je n'en pouvais plus. Je ne pouvais plus garder le secret d'Ethan pour moi. Alexander était le seul qui pouvait m'aider, j'en étais maintenant convaincue. Je n'arriverais à rien avec ma douceur et ma tendresse, alors je me disais qu'Alexander pourrait peut-être arriver à le calmer et à le maitriser avec d'autres méthodes. De toute façon, je n'avais sans doute plus le choix. Je ne pouvais plus continuer, pas plus que je ne pouvais laisser Ethan dans cet état. Quelque part j'avais honte d'être obligée de demander de l'aide. C'était bel et bien la première fois que je ne parvenais pas à gérer Ethan. Là, il était bien trop incontrôlable, même pour moi. D'habitude, il m'écoutait, et je savais toujours comment l'apaiser, d'une façon ou d'une autre. Mais pas cette fois... Je savais qu'Alexander ne me jugerait pas, et qu'il tenterait de m'aider par tous les moyens qu'il avait à sa disposition. Il était loin d'être égoïste. Son amie et son frère avaient besoin de lui. Je le savais suffisamment généreux et altruiste pour nous venir en aide.

Je secouai bêtement la tête, avec un temps de retard, quand il me demanda si Ethan m'avait blessée. Pendant une seconde, j'avais failli répondre « oui ». Parce que si physiquement j'allais relativement bien, psychologiquement, c'était autre chose. Oui, Ethan m'avait fait du mal, il m'avait dit des choses que j'aurais certainement du mal à oublier d'un claquement de doigt. J'étais hyper sensible, et malheureusement j'avais tendance à retenir très bien les choses qui me blessaient. Chacun de ses mots était maintenant enregistré dans mon esprit. J'aurais bien du mal à les en effacer... Je me suis contentée de garder les yeux baissés tandis qu'il me demandait ( enfin, la question était rhétorique ) si je supportais les crises d'Ethan depuis trois semaines. Oui, c'était le cas... Si j'avais voulu faire un brin d'ironie ou d'humour noir, j'aurais dit que je les supportais depuis deux ans. Mais je n'avais pas vraiment la tête à penser pareilles sottises. J'étais désespérée et cela devait se lire sur mon visage. Comme avec mon père, j'avais complètement perdu le contrôle de la situation. J'avais eu tort de croire que ce serait facile, comme la première fois... J'avais été stupide, naïve... Peut-être un peu trop amoureuse. Aveugle, je n'avais pas su voir la vérité en face, je m'étais complètement bernée.

J'eus un vague hochement de tête, avant de suivre Alexander dans les couloirs. Je crois que jamais je n'avais marché aussi lentement. J'avais je n'avais eu peur de retrouver Ethan. Toute ma bonne humeur et toute ma confiance s'étaient envolées, et dieu seul savait où elles pouvaient être allées. Je me retrouvai un peu trop rapidement devant la porte de notre chambre. Je fus un instant étonnée de n'entendre aucun bruit provenant de la chambre. Mais je savais que cela n'était pas forcément bon signe. Je pris une profonde inspiration et j'essuyai une dernière fois mes larmes avant de poser ma main sur la poignée. J'eus une seconde d'hésitation avant de la tourner et de pousser la porte. Inutile de dire que j'avais peur de se que je risquais de retrouver derrière. À peine avais-je fait un pas que je m'arrêtai brutalement, et je sentis Alexander me heurter doucement.

Je lui lançai un regard désolé et un brin désespéré, avant de reposer les yeux sur Ethan. Il était là, complètement allongé sur le sol, en pleine contemplation de ma boite à musique, se demandant certainement pourquoi elle s'était arrêtée. Il avait l'air complètement ailleurs. Il délirait encore... Alors que je n'avais qu'une envie, partir en courant, je me suis vue très nettement avancer vers lui, poussée par je ne sais trop quoi. Bêtise ? Acharnement ? … Amour inconditionnel ? Je me suis agenouillée lentement devant Ethan, qui ne me regardait toujours pas. Du bout des doigts, j'ai refermé la boite à musique, avant de la retirer de son champ de vision, pour le reposer sur la table de chevet délicatement. Il n'avait pas bougé d'un centimètre, se contentant de sourire bêtement. J'ai jeté un regard à Alexander, avant de revenir m'accroupir à côté d'Ethan. J'ai passé mes main sous ses aisselles, pour l'inciter à se relever.

« Ethan, lève toi. S'il te plait. Ethan... »

Rien à faire, il ne bougeait pas d'un centimètre. J'ai vainement essayé de le soulever, mais j'avais un poids mort entre les mains. Je me suis acharnée pendant une seconde, avant de craquer. Je l'ai carrément lâché ( je doute qu'il s'en soit rendu compte ), avant de me relever brusquement. Je l'ai regardé, puis j'ai regardé Alexander, avant de nouveau le regarder.

« ETHAN LEVE TOI ! »

Je venais de hurler carrément, les poings serrés. Il n'a même pas relevé la tête vers moi. À bout, je l'ai enjambé, et je me suis dirigée d'un pas vif vers la porte, murmurant à la fois pour moi même et pour Alexander.

« Je ne peux plus, je ne peux plus, je ne peux plus... »

Je suis sortie en claquant la porte violemment, les laissant seuls tous les deux. J'étais à bout, et j'espérais sincèrement qu'Alexander ne m'en veuille pas de le laisser seul avec Ethan.

De toute façon, je me connaissais par coeur. J'étais trop bête, j'allais bientôt y retourner.

{ Voilà, je vous laisse seuls tous les deux, je reviens plus tard :p Bonne chance Alex }

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MessageSujet: Re: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Dim 5 Déc - 11:15

Je ruminai alors que je suivais Katarina jusqu'à leur chambre. J'étais un peu vexé de ne pas avoir été mis dans la confidence, en tant que chef, mais aussi en tant qu'ami. Même si je comprenais leur choix, mon ego venait d'en prendre un coup et leur manque de confiance en moi me blessait. Mais je ne laissai pas ces sentiments interférer, cela n'avait rien à faire ici et finalement, maintenant que Katarina était en difficulté, on se tournait vers moi. Je restai donc quelqu'un de confiance...

J'allais devoir gérer un Ethan incontrôlable qui voulait absolument sa drogue pour aller mieux. On ne mourrait pas d'une désintoxication à la drogue. C'était terriblement douloureux et éprouvant, mais pas mortel, même si les drogués avaient l'impression qu'ils allaient y rester. Mais là, ça commençait à durer. Trois semaines de calvaire et il était violent... Physiquement, je pouvais surement le contenir, même si ça me répugnait de devoir user de force avec lui, voire de lui faire mal si cela était nécessaire. Nous avions à peine entamé notre réconciliation que j'intervenais de nouveau pour l'empêcher d'avoir ce qu'il voulait. Décidément, je n'étais là que comme obstacle à ses désirs, aussi néfastes soient-ils pour lui... Le comprendrait-il? Katarina avait essayé de gérer avec douceur. Moi, ce serait avec fermeté.

Katarina ouvrit la porte de sa chambre et je lui emboitai le pas, avant de lui rentrer dedans doucement, tant elle avait marqué un arrêt brutal devant le spectacle qui s'offrait à elle. Je tendis le cou par dessus son épaule et vis Ethan, allongé par terre, à contempler fixement une petite boite à musique, complètement dans son monde. Mon cœur se serra de le voir dans cet état de fragilité extrême... de folie. Katarina me regarda et ce que je lu dans ses yeux me noua l'estomac. Elle allait craquer. Elle s'approcha doucement de lui et je retins un geste pour l'empêcher d'y aller. J'allais observer comment elle procédait avant d'intervenir. Elle lui retira la boite à musique et lui demanda de se lever. C'était déjà terrible pour moi de voir mon petit frère dans cet état alors pour Katarina? Je n'osais même pas imaginer le calvaire. Oui, elle était forte. Elle devait faire le deuil de son bébé et devait essayer de ramener à la vie son mari. Seule.

Mais elle ne l'était plus.

Elle s'acharna à vouloir le lever et je me fis violence pour ne pas intervenir. Finalement, ses nerfs lâchèrent, elle hurla, avant d'abandonner et de nous laisser seuls tous les deux.

Je soupirai et m'approchai d'Ethan, très doucement, avant de m'accroupir pour poser une main sur son épaule.

- "Qu'est-ce que tu es en train de faire? Tu as une femme merveilleuse qui t'aime et une fille qui ne demande qu'à être prise dans les bras de son papa. Et toi, tu te vautres dans ton paradis artificiel, loin de toute réalité, laissant Katarina tout gérer toute seule. Tu n'es qu'un égoïste Ethan. Je pensais que tu la méritais, mais tu viens de me donner tort. Écoute-moi bien, tant que tu ne seras pas redevenu toi-même, tu ne reverras ni Katarina, ni Lena. Tu pourras pleurer, implorer, tempêter, je resterai intraitable. Puisque la méthode de Kat ne fonctionne pas, on va appliquer la mienne."

J'empoignai alors Ethan par le col et le soulevai brutalement, histoire que ses yeux soient à hauteur des miens.

- "Tu vas arrêter tes conneries et être un homme Ethan, de gré ou de force!"

Ma voix n'était pas plus forte, mais mon ton était celui du commandement, indiscutable. Ma voix grave changeait de celle de Katarina, très douce. Il n'y avait plus aucune douceur chez moi. Je serai impitoyable. Et j'empêcherai Katarina d'entrer tant qu'il serait dans cet état. J'escomptais que revoir sa femme et sa fille seraient des motivations assez importantes pour qu'il sorte de sa catatonie. Qu'il me haïsse donc. Mais qu'il redevienne Ethan. Que Katarina et Lena soient ses refuges...
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MessageSujet: Re: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Dim 5 Déc - 15:17

La danseuse…La danseuse…Elle ne dansait plus. Elle n’était plus là. Oh ma jolie danseuse…Reviens. Reviens et danse pour moi. Danse encore que je puisse encore taper des mains et voir ta jolie robe tourbillonner et tes longues jambes fines dessiner des arabesques dans l’air. Danse encore ma jolie danseuse !

Mais alors que je veux encore te caresser, tu disparais. Tu disparais et tu t’éloignes. Pourquoi tu me fuis de cette façon ma jolie danseuse. Je ne sais pas comment tu t’appelles mais tu as le visage de ma douce Katarina. C’est toi Katarina n’est-ce pas ? C’est toi qui t’enfuis hein ? Tu ne veux plus danser pour moi ? Tu es fatiguée alors. Viens t’allonger prés de moi alors. Viens ! Viens plus prés. Je veux t’embrasser, te câliner, t’aimer. Viens, ma jolie danseuse. Viens mon ange.

Mais tu ne veux pas. Tu veux danser c’est ça. Tu veux que je me lève pour danser ? Non…je ne veux pas. Je veux rester là à te regarder danser moi. Je suis fatigué, j’ai mal, j’ai froid. Et puis je préfère te voir danser. Je ris de te voir insister. Non, je ne veux pas. Laisse-moi. Je suis bien sur ce fauteuil. Laisse-moi et danse encore. Non, ne crie pas ma douce. Ne crie pas, tu vas te briser la voix. Je veux que tu chantes pour moi aussi. Oh oui, tu as compris que j’aimais te voir danser c’est ça ? Alors danse mon amour.

Je tourne la tête mais tu n’es plus là. Je te cherche du regard mais tu n’es plus là. Tu veux jouer c’est ça ? A cache-cache ? D’accord. Je ferme les yeux et je compte jusqu’à cent.

Un…

Deux…

Trois…

Quatre ?

Mais on ne joue pas c’est ça ? On ne joue plus. Qui es –tu ? Je ne te reconnais pas. Non, on ne se connait pas. Tu as beau poser ta main sur mon épaule, je ne sais pas qui tu es. Mais soudain, j’ai mal. A nouveau j’ai mal. Partout. J’ai l’impression qu’on m’arrache tous les organes, le cœur, les yeux. Et ce froid qui m’envahit…J’ai froid, j’ai mal et j’ai…peur.

Alors que tout m’apparaissait cotonneux, rempli de merveilles, je me rends compte que les choses ont changé. Il fait gris, il fait froid. Et l’orage gronde comme ta voix. Je ne comprends pas ce que tu me dis. Je ne sais pas qui tu es. J’ai l’impression que je ne vois plus rien.

Pourtant...Soudain je comprends. Je sais qui est là ! Je sais qui me parle, je te reconnais. Alexander. Pourquoi tu es venu pour me dire toutes ces horreurs ? Non !!! Tu ne peux pas faire ça. Non, tu ne peux pas m’arracher ma femme, ma fille et tout ce qui fait ma vie et mon bonheur. Tu n’as pas le droit de faire ça. Sous aucun prétexte, tu ne peux faire ça. Tu te trompes. Comme d’habitude, tu te trompes. Non, je ne me suis pas réfugié dans un paradis artificiel. Tu mens, comme toujours tu mens. Je vais te prouver que tu mens.

Ne me traite pas de cette façon ! Tu n’as pas à m’agresser de cette manière. Tu n’as pas le droit de me prendre par le col et de me coller contre un mur en me lançant un ultimatum. Tu n’as pas….Oh…mais je vois clair dans ton jeu ! Je vois enfin clair. C’est toi qui m’a poussé à me droguer !!Je me suis drogué à cause de toi. C’est toi qui a tout manigancé. Je pensais que tu étais mon frère ! Je ne te laisserai pas faire. Je n’ai pas peur de toi.

Je viens enfin d’avoir un regain de force et ma main vient enserrer ton poignet et je te repousse. J’essaie mais tu as une force incroyable. Alors je vais te montrer que je sais ce que tu cherches à faire. Ma voix est teintée d’un accès de rage, mais elle est prête à se briser.

-Tu veux me la voler toi aussi ?

Tellement d’hommes ont essayé de me la voler. Il y a eu Riley. J’ai beau maintenant avoir fait un pas vers lui et comprendre qu’il ne cherche plus à séduire Katarina, il a essayé pendant des mois entiers. Et puis, quand le père de Katarina est revenu, j’ai vu la façon qu’il avait de la regarder. Il voulait retrouver sa fille et n’acceptait pas qu’elle soit ma femme maintenant. Et puis Alan…il a essayé d’abuser de mon ange. Combien encore ?
Toi ! Alexander ! Tu veux ma femme, je le sais. Elle te plaît. Elle t’a toujours plu mais tu avais encore ta femme. Mais maintenant qu’elle est partie, tu veux céder à ton envie première. Plus rien ne t’empêche de la séduire c’est ça hein ?


-Hein c’est ça ?? T’as plus de femme alors tu veux la mienne.


Je ne me rends pas compte de ce que je dis, et que je peux blesser. Je suis de toute façon hors de tout ça. Déconnecté de la réalité. Et j’ai l’impression que ce que je pense est la réalité. Et ma réalité, c’est que mon frère, mon ami veut remplacer sa femme par la mienne. Et dans ma réalité, il en est hors de question. Et je suis prêt à tout, même à proférer des propos plus que blessants, diffamatoires et absolument faux pour dire que ma femme m’appartient.

-Mais c’est ma femme, MA femme. Et c’est pas une traînée, c’est un ange !! Tu l’auras pas, je te la laisserai pas !

C’est sans doute mon cœur qui a mal, qui a peur, qui me permets d’arriver à trouver la force de prendre le dessus. Je te repousse et je donne des coups de pieds pour qu’enfin tu me lâches. Il est hors de question que j’abandonne ma femme. Je l’aime tellement. Mais je sais qu’elle m’a quitté. Emportant avec elle et notre fille et mon cœur.

-Tu me voleras pas ma famille, tu m’entends ? Tu me voleras pas ma famille, rends-la moi ! RENDS-LA MOI !!!
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MessageSujet: Re: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Mar 7 Déc - 10:49

Les accusations d'Ethan sonnèrent douloureusement à mes oreilles. Je ne comprenais pas comment il avait réussi à en arriver là, quelles méandres son esprit malade avait emprunté pour en arriver à cette conclusion farfelue. Moi? Vouloir lui prendre Katarina? Mais quelle idée! Katarina était adorable, mais de là à la convoiter, non, vraiment, aucune chance. Pourquoi moi aussi? Qui d'autre avait voulu la lui prendre? Riley? C'était terminé désormais, Riley avait trouvé une autre muse et ne chercherait plus à séduire Katarina. Le retour du père de la jeune femme n'avait pas arrangé les choses non plus... Ethan avait très mal prit ce retour, s'en prenant avec véhémence à cet homme. Alexeï n'était pas un type très fréquentable, c'était une chose certaine. Mafieux sans scrupules, sans états d'âme. Mais il aimait vraiment sa fille, cela se voyait dans son regard. Néanmoins, les épreuves accumulées avaient brisé Ethan. Katarina résistait vaille que vaille, mais si son mari ne se reprenait pas, elle risquait fort de plonger elle aussi.

Et je ne le permettrais pas.

Mais sa deuxième accusation fut encore plus violente et je cillai un instant. C'était bas, perfide... Cela ne venait pas d'Ethan, mais du manque de drogue, c'était cela que je devais penser. Pourtant, cela me blessa. Parler ainsi du départ de Gabrielle et m'accuser de vouloir sauter sur Katarina, ce n'était pas fondé. Ce n'était pas moi et il le savait, j'avais un code d'honneur très strict, jamais je ne me serais permis cela.

Il devenait de plus en plus hystérique et me prit par surprise en s'échappant de ma poigne. Il ruait comme un enfant essayant de se soustraire à la poigne d'un adulte, mais c'était assez efficace. Et il déblatérait des horreurs. J'avais le cuir dur, mais j'espérais qu'il n'avait pas dit ce genre de choses à Katarina. Je comprenais son éclat de toute à l'heure.

Mais je n'étais pas Katarina. Je n'avais pas sa sensibilité, ni ses faiblesses. Je rattrapai Ethan et le plaquai contre le sol, impitoyablement, dans une prise qui l'empêchait de ruer, de se débattre ou de tenter quoique ce soit. Le temps qu'il se calme.

- "Idiot! Tu ne comprends donc pas que la seule personne qui est en train de te les voler, c'est toi? Toi et ta stupide drogue? Putain Ethan, quand vas-tu cesser tes conneries? Pourquoi détruis-tu tout ce que tu as? Katarina a vécu les mêmes choses que toi, en pire, c'est à toi de la soutenir, pas le contraire! Je la protège... de toi. De tes délires, de ton inconscience. Elle t'aime Ethan, elle t'aime au delà du raisonnable et plus d'une se serait déjà lassé de devoir te materner sans cesse. Mais là, elle a atteint le point de rupture. Quelles vacheries lui as-tu déballé à elle? Tu es malheureux? Elle aussi et elle trouve encore la force de te soutenir dans cette épreuve. Quand comprendras-tu que je suis ton ami, le sien et que je fais cela pour vous? Pour votre bien? Sans cesse, tu me défies, tu me contres, tu vois en moi l'autorité qui te freine, mais je ne fais que m'efforcer d'être la raison quand tu es l'impulsivité!"

Je marquai une pause, le maintenant toujours fermement au sol de toute ma force et de tout mon poids, en espérant qu'en contrôlant ainsi son agitation locomotrice, j'allais réussir à m'infiltrer dans son cerveau en réclamant toute son attention.

- "Tu es le petit frère que je n'ai pas eu Ethan, et te voir te détruire ainsi me rend malade. Alors tant pis si tu me haïs encore avantage après cela. Je ne laisserais pas la drogue gagner. Quand je sortirais de cette pièce, tu seras le Ethan d'avant. C'est une promesse."
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MessageSujet: Re: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Jeu 9 Déc - 11:56

Ce n’était pas parce qu’il n’avait plus de famille unie qu’il devait se sentir obligé de me prendre la mienne. Sa femme à lui n’avait pas hésité en allant voir ailleurs, et en quittant la communauté, le laissant seule avec Emma. Mais ma femme n’était pas comme ça. Katarina ne m’aurait pas abandonné comme Gabrielle. C’était lui qui était derrière tout ça. C’était sa faute à lui. Il voulait que je sois malheureux comme lui. Mais il arrivait trop tard, je l’étais déjà…j’étais terriblement malheureux. Parce qu’on m’avait toujours arraché ceux que j’aimais. D’abord mes parents. Ensuite cet enfant. Et maintenant on me prenait Katarina et Lena. Les deux seuls amours de ma vie... Et le pire c’est que je n’avais absolument plus rien pour surmonter ça. Je voulais de la drogue. J’étais certain aussi qu’il avait tout fait pour me mettre dans cet état de manque. C’était uniquement sa faute si j’étais comme ça. Il m’avait pris toute ma drogue, il avait pris tous les cachets qui m’aidaient à tenir. Et il devait me les rendre.

Et alors que j’allais lui mettre mon poing dans la figure, j’ai senti tout mon corps vaciller. Et avant que je ne comprenne comment j’étais arrivé à me trouver allongé par terre avec le corps d’Alexander sur moi et ses mains qui retenaient mes poignets, j’ai senti un violent mal de crâne m’envahir. Et cela n’avait rien à voir avec le manque. Pourtant je tremblais tout de même. J’avais besoin de drogue, j’avais besoin de tenir le coup. Je lui crachais presque au visage.


-Lâche-moi ! Lâche-moi !


Il fallait qu’il comprenne que je n’acceptais pas d’être son souffre douleur. Ce n’était pas parce que sa femme était partie sans prévenir du jour au lendemain qu’il fallait qu’il me prenne la mienne. Il n’avait pas à remplacer cette garce de Gabrielle par mon ange à moi. Non, Gabrielle n’était pas un ange. Elle avait bien caché son jeu la garce d’ailleurs. J’avais vraiment cru à son numéro de gentille épouse de leader, et mère de famille. Mais son âme était noire. Elle n’était pas la sainte qu’elle voulait faire croire qu’elle était. Et elle avait pervertie Katarina. C’était sa faute si Katarina était partie. Sa faute aussi si elle avait été blessée. Parce qu’au plus loin que je regardais, tout avait commencé quand Katarina avait voulu parler à Gabrielle après que je lui aie avoué que sa meilleure amie trompait son mari. Oui tout ça c’était la faute de Gabrielle.

J’allais lui dire que je n’étais pas dupe quand il m’a forcé à rester tranquille. J’avais beau battre des pieds et tenter de faire des mouvements pour me dégager, Alexander avait de la force et de la poigne. Et c’est là qu’il a commencé sa longue tirade. Une tirade assassine sur mon comportement. Il n’avait aucune leçon à me donner, et je n’en accepterais aucune. Parce qu’il n’avait pas de leçons à me faire sur la façon de garder ma femme. Il avait beau me dire tout ce qui n’était que la vérité, je refusais de l’écouter. Je ne voulais pas entendre que je mettais ma fille et ma femme en danger. Pas plus que je ne voulais l’entendre me dire que je les rendais malheureuses. Je voulais qu’il me lâche, qu’il se taise et que ma femme revienne. Avec notre fille !

Non, il ne pouvait pas être mon ami. Un ami ne vous vole pas votre famille. Un ami ne vous fait pas ça, non ! Il plaisantait quand il disait qu’il me considérait comme son petit frère, non ? Comment il pouvait prétendre être mon frère alors qu’il venait de me voler ma femme, et que c’était sa femme à lui qui était au cœur de nos problèmes.

-Tous nos problèmes ont commencé avec Gabrielle ! C’est la faute de ta femme tout ça, c’est sa faute !!

C’était un démon. Autant que Katarina était un ange ! Il allait pervertir mon amour, je ne pouvais pas laisser faire ça.

-Lâche-moi ! Lâche….

Aussi prompt que j’avais été de me débattre, je venais tout juste de me laisser retomber, et c’était comme si une chape de plomb venait de me tomber dessus. Je me rendais compte de ce qu’il se passait. De ce qu’il m’avait dit. En une seconde, c’est comme si je venais d’avoir une véritable révélation. Alexander était là parce que j’avais fait du mal à Katarina et Lena et il voulait m’aider. Il allait m’aider. Il allait me débarrasser de cette addiction et de cette souffrance. Il me le promettait. Et il fallait croire que sa méthode était celle qu’il me fallait maintenant. J’avais un éclair de lucidité depuis une minute et je me rendais compte de tous les dégâts que j’avais causés.

Si bien, que toujours plaqué au sol, j’ai fondu en larmes.

-Alex…

Et je pleurais comme un enfant, tremblant, fiévreux, lamentablement malheureux. J’avais encore eu des hallucinations…Et j’avais l’impression que je ne m’appartenais plus…J’avais tellement peur que cette fois ci les choses soient allées trop loin. Est-ce que j’avais fait du mal physiquement à Katarina ? Jusqu’où est ce que j’étais allé ? Oh mon Dieu…Je devenais fou…Je devenais fou…
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MessageSujet: Re: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Ven 10 Déc - 18:33

Je le maintenais fermement, il avait beau se débattre comme un beau diable, je ne lâchai pas prise, le laissant ruer, tempêter, menacer, blesser tant qu'il le voulait. J'avouai quand même mal prendre ses accusations concernant Gabrielle. Dire que tout était de sa faute était exagéré. Oui, Katarina avait été sous les décombres parce que l'avait voulu parler à Gabrielle, mais ce n'était pas la faute de ma femme si elle avait été enlevée. Nous n'y pouvions rien si elle avait un père mafieux qui avait tourné le dos à son pote Venezzio. D'accord, je n'avais pas aidé Ethan parce que j'étais trop affligé à ce moment là... Était-ce cela qu'il sous entendait? Et la fausse couche, ce n'était pas sa faute non plus... Il avait trouvé un bouc émissaire, mais l'entendre parler ainsi de ma femme me faisait mal au cœur. C'était ainsi qu'il la voyait? ou était-ce encore la drogue qui parlait? Tant de choses nous avaient séparé. J'avais encore espoir que cela redevienne comme avant, même si Gabrielle n'était pas là, même si elle ne revenait jamais. J'avais besoin d'Ethan et de Katarina. D'un peu d'ordre et de stabilité dans ce chaos.

Mais d'abord, je devais ramener le calme dans leur vie à eux. Même si je devais lui faire mal, même si je devais me faire haïr de lui. Il m'exhorta de le lâche,r mais je restai sourd à ses supplications, ou à ses ordres. Et puis, soudain, il parut renoncer. Peut-être mes paroles s'étaient-elles frayées un chemin dans son cerveau, mais toujours est-il qu'il cessa de se débattre et fondit en larmes. Je le relâchais et cette fois, je le redressai pour le prendre dans mes bras.

Il était affreusement maigre. Dépenaillé, perdu, mais en cet instant, il ressemblait davantage à mon petit frère que jamais depuis des semaines. Il sanglotait et je le tenais dans mes bras, imperturbable, inébranlable. Pour lui, je trouvai la force de ne pas souffrir de mes propres blessures. Il avait besoin de quelqu'un de fort sur qui compter, quelqu'un en qui il aurait confiance pour l'épauler. Je serais cette personne, s'il le voulait bien.

- "Ça va aller Ethan. Je te promets que tout va rentrer dans l'ordre. Je ne t'abandonnerais pas. Katarina non plus ne t'abandonne pas."

Il fallait qu'il le sache. Non, sa femme ne lui tournait pas le dos, mais elle avait ses propres blessures à panser.

- "Je vais t'aider à échapper à l'emprise de cette merde. Je suis sûr que tu peux le faire, pour pouvoir serrer ta fille dans tes bras, lui raconter des histoires et t'endormir paisiblement aux côtés de ta femme. Pour cela, il faut que tu décroches. Je ne te donnerais rien. Tu vas souffrir, ça va être terrible, mais tu n'en mourras pas. Et on ne te laissera pas tomber... Je ne te ferais plus jamais défaut Ethan, tu as ma parole."

Ma voix était douce, basse, apaisante, et pourtant, on pouvait percevoir du remord alors que je lui affirmais que je ne lui ferais plus défaut. J'avais failli quand Katarina avait été enlevée. Il m'en avait voulu, à raison, pour cela. Mais je ne commettrais pas de nouveau cette erreur.

- "Pense à ce que tu veux faire avec elles et fais-en ta force Ethan."
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MessageSujet: Re: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Mer 15 Déc - 14:18

J’avais l’impression de me réveiller après un horrible cauchemar. Et heureusement qu’Alexander me tenait dans ses bras et se comportait comme Katarina le faisait tout le temps dans ces moments là. Mais pire que tout, c’était de ne plus me souvenir de rien, d’avoir l’impression d’un énorme blanc qui me mettait dans cet état de tristesse et de désemparement total. Qu’avais je pu faire ou dire pendant trois semaines ? Est-ce que j’avais dit des choses affreuses à Katarina ? Est-ce que j’avais été violent avec elle ? Avec Lena ? Que s’était –il passé pendant tout ce temps pour que je ne m’en souvienne pas. Tout ce que je me rappelais c’est ces sensations de mourir à petit feu. Comme en cet instant même. J’avais froid, je tremblais, j’avais l’impression que j’allais mourir. Et puis, je ne pouvais m’empêcher de pleurer. Je devais vraiment faire pitié. Oui, mais je m’en fichais. Je me fichais maintenant qu’on me voit dans cet état. Je voulais juste que ça s’arrête.

Alexander, malgré tous nos différends, était toujours là. Il ne me caressait pas les cheveux, il ne m’embrassait pas comme l’aurait fait Katarina, mais son étreinte virile et protectrice me rappelait celle de mon père. Et c’était de ça dont j’avais besoin. De l’amour mêlé à la fermeté. Ce n’était pas un reproche à Katarina mais il y avait toujours un temps où l’amour d’une mère n’est pas assez fort pour chasser les démons.
Il me serrait contre lui et ça me faisait aussi bien que ses paroles rassurantes. Il venait de m’assurer qu’il serait toujours là pour moi. Il ne m’abandonnerait plus comme il l’avait fait. Il allait rester là. Jusqu'à ce que la prise passe ? Il fallait. J’avais tellement peur de moi-même. Je me sentais si mal.

Il avait pourtant beau me rassurer sur ma force intérieure, je finissais par en douter. Je savais au fond de moi que Katarina avait été là pendant trois semaines, ne me laissant jamais seul, mais j’en étais encore plus mal. C’était elle ma force, et si je l’avais brisé, comment est ce que j’allais faire pour m’en sortir. Je ne savais plus comment j’allais faire. Oui, j’allais souffrir d’essayer d’ »aller mieux. Mais je souffrais déjà. Je souffrais tellement.

-C’est trop dur Alex, c’est trop dur. J’y arrive pas…j’essaye…mais j’ai terriblement besoin de quelque chose.

J’avais beau essayer de me concentrer sur mon amour pour ma femme et ma fille, la drogue et le manque étaient plus durs. J’avais l’impression de n’avoir envie que de ça. Et mes tremblements n’étaient pas là pour m’aider. Ils ne cessaient de me rappeler combien j’étais dépendant. Il m’avait fallu de deux rails pour retomber dedans les pieds dedans. J’avais honte. Tout le monde comptait sur moi. La communauté sur moi, ma famille comptait sur moi, et j’étais incapable de faire ce que je devais faire. J’étais juste capable de pleurer sans me contrôler, dans les bras de mon frère.

Non…je n’arrivais pas à penser à ce que je voulais faire avec elle. Je n’y arrivais pas. Il n’y avait que la drogue dans mon esprit. Que ca. C’était tout simplement horrible. Ce n’était pourtant pas faute d’essayer.

-Je suis qu’un incapable…j’y arrive pas…

Je relevais mes yeux baignés de larmes et mon visage inondé de toutes ces larmes qui avaient coulées le long de mes joues et je m’agrippais à son tee-shirt en le regardant comme s’il était mon sauveur. Même si au fond c’est ce qu’il était.

-Aide-moi s’il te plait. Grand frère, aide-moi !!

Mon regard s’est posé sur mes bras qui me semblaient si maigres, et je me suis remis à trembler si fort que je suis resté pétrifié de peur. Oh Mon dieu, quelle image je devais renvoyer. J’étais pitoyable…C’était même un miracle que Katarina m’aime toujours. J’avais honte de mon corps. Je cherchais comment me couvrir aux yeux de mon frère. Et puis, j’avais tellement froid aussi. Un froid qui glaçait chaque membre, chaque os, chaque muscle.

J’étais pourtant incapable de parler maintenant, ma mâchoire m’en empêchant. Mes dents claquaient et j’avais l’impression une nouvelle fois que la faucheuse venait me chercher. Je voulais juste que ça s’arrête.
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MessageSujet: Re: Fighting to survive ( Katarina, Alexander later...)   Ven 4 Fév - 15:12

- "Je sais. Et je ne te laisserais pas prendre ce quelque chose, pour ne pas ruiner ces semaines de désintox forcée. Tu as l'impression de mourir, de vivre l'enfer Ethan, mais tu y survivras. On ne meurt pas de ne pas avoir de drogue. Je suis là pour être cette volonté qui te fait défaut. Pour soulager Katarina qui a besoin de se reposer, pour mieux te retrouver ensuite. Je vais m'occuper de toi Ethan."

Ce ne serait pas facile, ce ne serait pas forcément doux. S'il m'agressait dans un élan de rage, je répondrai et j'aurais le dessus, incontestablement. Le manque pouvait décupler les forces, mais Ethan était en trop mauvaise état pour vraiment réussir à me terrasser. Katarina ne devait pas vivre cela et je lui en voulais d'avoir déjà enduré toutes ces semaines, enfermée avec un homme qu'elle aimait et qui la haïssait par période car elle l'empêchait de prendre ce qu'il voulait. Je voulais qu'elle se repose, qu'elle s'occupe de sa fille, qu'elle retrouve un Ethan en meilleure forme, l'image non écornée par un junkie en manque. Vœu pieux, sans aucun doute.

Et Ethan sanglotait comme un enfant dans mes bras. Ce n'était pas sans me rappeler certaines nuits où Emma faisait un cauchemar et se réfugiait dans mes bras, quêtant l'étreinte protectrice de son père. Ethan était trop rongé par la drogue pour agir en adulte. Cela reviendrait et je ne le jugeais pas, ni ne lui en voulais. Pas plus que je ne reviendrais que cet épisode quand il serait guéri. Son cri du coeur m'appelant à l'aide me fit mal. Oh, j'aurais aimé prendre ses tourments et les affronter à sa place, mais je n'avais pas ce pouvoir, malheureusement. Je ne pouvais que rester à côté de lui, sans pouvoir lui transmettre de ma force, ni de mon calme. Rien, je ne pouvais rien lui donner, sinon mon amour pour ce petit frère d'adoption, bien réel, mais insuffisant pour cette épreuve. Il tremblait de plus en plus fort. C'était assez impressionnant et si je n'avais su que le manque de drogue ne pouvait pas le tuer, au contraire du sevrage en alcool, je me serais dit qu'il était en train de mourir dans mes bras, que ses tremblements allaient devenir convulsions et le tuer.

Mais non, c'était traumatisant, c'était terrible, c'était insoutenable, mais il n'en mourrait pas, même s'il avait cette impression terrible.

- "Je suis là Ethan, je reste avec toi, jusqu'à ce que ça passe, jusqu'à ce que tu ailles mieux. Si je pouvais passer cette épreuve à ta place, je le ferais, si je pouvais te donner des forces, je te les donnerais. Je ne peux que rester avec toi, t'encourager, t'assurer que tu ne vas pas mourir, et que quand cela sera fini, tu pourras de nouveau serrer ta femme dans tes bras, embrasser ta fille, redevenir l'homme que tu dois être, pas celui que la drogue te fait devenir. Plus jamais je ne te laisserais toucher à cette saloperie Ethan, tu m'entends? Même si je dois te cogner pour cela, même si tu dois me haïr, plus jamais tu n'en prendras."

Ma voix était douce, rassurante, mais ferme. Je ne plaisantais pas. Je n'étais pas un adepte des longs discours, mais pour distraire Ethan, je pouvais faire une exception :

- "Je t'aime comme mon frère, si je suis ferme avec toi, parfois injuste, c'est parce que je pense que cela est mieux pour toi... Tu n'es pas pitoyable, tu n'es pas un incapable, tu luttes contre un ennemi puissant, trop pour toi seul, mais je n'aurais pas donné de responsabilités à un incapable. Je n'aurais pas décidé de prendre sous mon aile un tocard. Tu es un type bien, Ethan, fragilisé par la vie, par les addictions, mais un type bien, parfait pour Katarina. Je n'en ai jamais douté, et elle non plus. A toi de t'en convaincre maintenant. Nous serons là, nous t'aiderons, mais tu dois avant tout prendre conscience de ce que toi tu vaux. Sans la drogue. Ça va aller Ethan, je te promets que ça va aller."

Je frictionnais vigoureusement ses membres tremblants, tentant de faire passer les tremblements, le froid, la peur, la solitude. Cela allait être long, allait prendre plusieurs heures. Je le savais et je l'acceptais. Je parlais de nouveau, évoquant notre rencontre, nos rapports, ce que je pensais de lui, nos disputes. Tout. Je lui parlais de tout ce que j'avais sur le cœur, de ce que j'aimais chez lui, de la tristesse qui m'avait étreinte quand nous nous étions disputés au point de ne plus nous parler. Comme je lui avais dit, j'étais son frère, il pouvait me haïr parfois, comme on haïssait un père qui vous empêchait de faire ce que vous vouliez. Mais c'était passager. Une fois la raison revenue, on admettait qu'il avait eu raison et on se réconciliait. Nous étions de nouveau amis, frères, confidents. Alors qu'il allait au plus mal, nous nous étions enfin retrouvés.
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