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 This truth in your lies { ETHAN }

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Katarina K. Jones
In the shadow of your heart.
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MessageSujet: This truth in your lies { ETHAN }   Lun 29 Nov - 21:42

Tout allait bien. Les choses s'étaient arrangées. Premièrement, j'étais bel et bien enceinte. Ce que j'avais pris pour une fausse couche n'en était pas une. J'avais perdu beaucoup de sang, mais pas le bébé. Je n'étais pas croyante, mais j'aurais été prête à remercier n'importe quel dieu pour ce miracle. Je ne comprenais toujours pas comment c'était possible. Je revoyais sans cesse tout ce sang... N'importe qui aurait cru la même chose que moi. Cette nuit là j'avais cru qu'on m'arrachait les tripes. On m'aurait éventrée que je ne me serais pas sentie plus mal. Réaliser que je n'avais pas perdu l'enfant me faisait cesser de culpabiliser, moi qui m'étais sentie si coupable. Bizarrement, depuis que j'avais compris que j'étais toujours enceinte, j'avais l'impression d'avoir plus de ventre. Comme si le réaliser et l'accepter avait enfin permis à mon corps de se transformer. Inconsciemment, je m'étais tellement convaincue que j'avais perdu cet enfant que mon corps ne s'était autorisé aucun changement, pour me contenter dans mon idée. Si je n'étais pas encore totalement débordante de joie, j'étais néanmoins contente. Même si Lena n'était encore qu'un bébé réclamant toute notre attention, j'étais heureuse à l'idée de lui donner un petit frère ou une petite sœur. En pleine santé je l'espérais. C'était tout ce que je voulais. Un bébé en bonne santé. J'étais prête à faire n'importe quoi pour que ce soit le cas. Même à rester alitée les six prochains moins. La mère que j'étais avait été bien trop ébranlée pour se risquer à des écarts. Il était hors de question de risquer la vie de cet enfant une fois encore. Une fois, c'était déjà bien suffisant. C'était même trop. Je m'étais promis de tout faire pour que cela aille bien. Je me fichais que ce soit de la folie d'avoir deux enfants si rapprochés. C'était MON enfant, peu m'importait de l'avoir maintenant ou dans cinq ans. Il était là. Et puis je savais qu'Ethan n'était pas prêt à attendre si longtemps...

Ethan... Ethan était tiré d'affaire, du moins pour cette fois ci. Alexander et moi nous étions assurés que la drogue et son obsession pour elle quittent complètement son organisme. Un mois d'enfer... Oui, ça avait été l'enfer. Jamais je n'aurais cru que cela puisse être si dur. Vraiment pas. J'étais tombée de très, très haut. J'avais vu la violence d'Ethan, sa paranoïa, ses crises de nerfs, ses faiblesses... Je pensais vraiment avoir tout vu. Comme j'avais été naïve... Tout ce que m'avait dit Alan, j'avais cru m'en être débarrassée, j'avais cru que cela ne m'importait pas. Parce que je ne voyais pas mon mari avoir un tel comportement... C'était impensable, inimaginable... Et pourtant. Pendant un mois, j'avais été face à un homme que je ne connaissais pas, un parfait étranger, un inconnu... Un inconnu capable de beaucoup, beaucoup de choses d'après ce que j'en avais vu. Et tout ce que m'avait dit Alan m'était revenu en tête, et étrangement les images avaient eu beaucoup moins de mal à se former cette fois ci. Oh bien sûr, j'aurais pu me convaincre qu'il m'avait menti... Mais ce n'était pas vrai. Aussi fou et cruel était-il, il avait parfaitement compris que la vérité me blesserait plus surement qu'un mensonge de son cru. Sur ce point là, je ne pouvais pas dire qu'il n'avait pas réussi son coup. La preuve, même mort il continuait à me torturer. En m'avouant cette vérité, il avait fait bien pire que me violer. Je m'en rendais seulement compte. Et je n'aimais pas ça... Non, je n'aimais pas ça du tout. J'étais dégoutée quand j'imaginais tout ça malgré moi. Dégoutée et blessée. Parce qu'il y avait autre chose. Encore plus humiliant et blessant. Pour moi. Lucy, Lucy, Lucy, encore et toujours Lucy. Seigneur, voilà que j'en étais à détester de tout mon cœur une morte.

D'un autre côté, je m'étais "presque" réconciliée avec mon père. Je ne supportais plus les disputes, et lui non plus. J'étais arrivée au point de rupture, loin de pouvoir en supporter davantage. Je ne le changerais pas, pas plus que je ne pourrais changer Ethan. Autant le prendre comme il était. Après tout, j'avais tellement pardonné à Ethan, que ne rien concéder à mon père paraissait un peu injuste. Cependant, il était prévenu. Me mentir une fois de plus c'était risquer de me perdre à jamais. Et je ne pensais pas qu'il soit prêt à le risquer. S'il n'était pas parfait, il avait au moins le mérite de m'aimer, je ne pouvais pas nier. Et puis comme je le lui avais déjà dit, tout ce que je voulais, c'était une famille. Une famille unie semblait relever de l'utopie, mais rien ne nous empêchait d'essayer... J'avais compris que pour le moment, il refusait d'accorder le moindre crédit. Je n'avais plus envie de me mêler de cela. Ils étaient aussi bornés l'un que l'autre. Peut-être se rendraient-ils compte en même temps qu'ils se comportaient tous les deux comme de vrais idiots. S'ils m'aimaient sincèrement, ils tenteraient au moins de faire un effort... La question était : quand ?

Nous étions un jeudi après midi. J'avais passé la majeure partie de la journée à l'extérieur de notre chambre, pour laisser Ethan se reposer. Un peu parce que je n'avais pas particulièrement d'être avec lui aussi, je l'avoue. J'étais encore un peu trop secouée pour faire comme si de rien n'était et me comporter normalement. Ma sensibilité, ma patience, mon amour pour lui avaient été mis à rude épreuve. Évidemment, je l'aimais toujours autant, il était mon âme-soeur, là n'était pas la question. Simplement j'avais beaucoup de mal à le voir comme je l'avais toujours vu. Des images crues interféraient avec l'image nette et gentillette du mari et du père parfait. Parfois je me demandais si je n'avais pas épousé deux personnes complètement différentes l'une de l'autre. J'avais l'impression d'avoir épousé un ange, et le démon qui allait avec. Et c'était loin d'être plaisant. Pourtant, je n'avais pas le choix. Un être humain, ce n'était pas comme un fruit. On ne peut pas le couper en deux et jeter la partie pourrie... Pourtant, métaphoriquement, cela aurait été si facile avec Ethan. Il était si manichéen qu'on aurait pu séparer le bien du mal chez lui sans aucun problème. La séparation était si nette, si parfaite... J'aurais pu le faire, que je l'aurais fait. Malheureusement, ce n'était pas faisable.

J'étais bêtement allée vers la lessive, avant de récupérer Lena qui était avec Mathilda, avant de retourner dans notre chambre. J'ai eu une idée un peu idiote, voyant que j'aurais du mal à porter ma fille et la panière à linge, je l'ai calée sur la pile de linge ( en faisant évidemment attention ) et je suis retournée dans notre chambre, un peu à contre coeur. Je suis entrée dans la chambre sans faire de bruit, j'ai posé la panière à linge par terre et j'ai été déposer Lena dans son berceau, voyant qu'elle commençait à bailler et à se frotter les yeux. Et j'ai commencé à sortir de linge et à le ranger, méthodiquement, avec des gestes complètement mécaniques. Je n'avais même pas pensé à regarder si Ethan dormait. Visiblement, non... J'ai sursauté quand j'ai senti un bras se passer autour de ma taille. Sans même réfléchir, je l'ai repoussé.

« Arrête. »

Je ne lui ai pas accordé un regard, je ne me suis même pas retournée vers lui. Tout ce que j'ai fait c'est me pencher pour attraper deux ou trois pulls, les plier et les ranger dans le premier tiroir. Je dirais que j'ai fait comme s'il n'était pas. J'ai eu un claquement de langue clairement agacé et je l'ai repoussé un peu plus brusquement tandis qu'il cherchait à m'enlacer de nouveau.

« Je t'ai dit d'arrêter ! Tu ne vois pas que je suis occupée ?! »

Non.
Tout n'allait pas bien.

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: This truth in your lies { ETHAN }   Mar 30 Nov - 14:16

J’avais enfin réussi à me réveiller de mon cauchemar. Mon cauchemar c’était la drogue. Depuis prés de sept ans, c’était ça mon cauchemar. Un cauchemar permanent. Toujours le même. Je ne savais pas être fort et faire face aux choses, je n’avais pas appris. J’avais toujours été dépendant de quelqu’un. Mes parents, la drogue, Katarina, Lena…Mais c’était comme si Alexander m’avait réveillé et m’avait ouvert les yeux. Je pensais que je n’avais pas besoin de lui et qu’il se fichait de moi maintenant, mais je m’étais trompé. Je m’étais trompé et je m’en voulais. Katarina avait eu raison, j’avais besoin d’Alexander. Si avant je pouvais douter des liens que nous avions créées tous les deux, maintenant je savais que même si nous n’avions aucun lien de sang, Alexander était mon frère. Il ne m’avait jamais laissé tomber, il avait toujours été là pour nous. Il avait recueilli Kat en se moquant de ses origines, et en la défendant contre tous. Il avait fait la même chose avec moi. Et tout ce bonheur, nous ne le devions qu’à lui. Je ne sais pas si un jour, j’arriverais à lui rendre tout ce qu’il nous avait donné. Sans lui, je n’aurais jamais réalisé à quel point j’étais descendu bien bas. Bien sur, il n’avait pas non plus utilisé la méthode la plus douce qui soit, mais il avait eu raison. Il avait toujours raison d’ailleurs. Il savait toujours quoi faire.

Et le résultat était là. Bon j’avoue que l’annonce de Katarina de sa grossesse avait aidé aussi. En fait c’était ça le déclic qu’il me fallait. Maintenant que j’étais père, c’était comme si ma vie ne tournait qu’autour de ça. Ma famille, notre famille. Et ça changeait les choses. J’avais beaucoup parlé avec mon frère, et nous nous étions réconciliés. Je lui avais pardonné son absence, sa souffrance comme il m’avait pardonné mes excès. C’était ça la famille…le pardon…Je venais sans doute de faire la paix avec nombre de choses. La trahison de Gabrielle déjà. Parce qu’outre son infidélité, j’avais eu le sentiment qu’elle nous trahissait aussi, et qu’elle trahissait l’image de sainte que j’avais eu d’elle. Elle était seulement humaine. Tout comme Katarina…Et son père…Enfin son père, pour le moment je préférais ne pas avoir à faire à lui. Je savais qu’il me jugerait toujours. Mais pouvais-je lui en vouloir réellement ? Il ne voulait que le bien de sa fille. Tout comme je voulais celui de Lena et de cet enfant à venir. Nous aurions une seconde fille c’était une évidence. Pour le moment nous n’en parlions pas beaucoup avec Katarina. Je passais de toute façon le plus clair de mon temps à « reprendre des forces » comme disait Alexander.

Je me rendais compte du poids que j’avais pris et e comprenais maintenant pourquoi Katarina avait eu si peur pour moi, pour elle et pour notre famille. J’avais préféré pour le moment ne pas lui poser de questions sur ce qu’il s’était passé pendant ces trois semaines. J’avais honte et puis j’avais fini par accepter qu’on ne revient jamais sur le passé. Et maintenant j’essayais de me créer un nouveau leitmotiv « Vis le présent et prépare l’avenir ». L’avenir…c’était un enfant. Nous allions à nouveau être parents. Katarina n’avait pas fait une fausse couche, le bébé s’était accroché. Il avait sa force, j’étais vraiment fier. Mathilda état venue me rassurer. Tout allait bien. C’était miraculeux oui, mais c’était possible. Il fallait seulement faire très attention maintenant. Alors je savais que maintenant, je devais prendre rapidement des forces pour prendre soin de Katarina et du bébé. Fort heureusement, je m’étais découvert un appétit d’ogre. Et manger avait deux avantages. Je reprenais du poids et en même temps ça me permettait de lutter contre le manque. Je compensais en réalité. Et puis, j’avais retrouvé le sommeil. Je passais donc mes journées à dormir, à manger et à réclamer Lena. Pour le moment, je ne marchais pas beaucoup…et puis j’avais trop peur de faire tomber Lena alors j’attendais que Katarina la pose sur le lit pour la prendre dans mes bras et jouer avec elle.
Elle était tellement jolie, et puis elle ne cessait de me sourire et de rire de mes grimaces. J’avais l’impression qu’elle ne m’en voulait pas. Tout ce qui comptait pour elle, c’est que j’étais là et que je m’occupais d’elle. Si seulement les choses pouvaient être aussi faciles avec les autres qu’avec ma petite princesse.

Je ne savais pas combien de temps j’avais pu dormir, et je ne pouvais pas savoir sans regarder ma montre quelle heure il pouvait être. C’est l’inconvénient de vivre dans des souterrains : vous êtes un peu perdus dans le temps. C’était aussi pour ça que nous nous efforcions de rythmer la journée. J’avais dormi cinq heures. Cinq longues heures ; un sommeil réparateur, comme je n’en avais pas connu depuis très longtemps. Je me sentais bien. Je n’avais même plus l’impression de devenir fou, et je n’avais pour le moment pas envie de drogue ou de substitut. Et je savais que quand ça me prendrait, je me ruerais sur le plateau repas, et ça irait mieux.

J’ai souri quand j’ai vu la porte s’ouvrir. Toujours allongé dans le lit, je la regardais avec des grands yeux amoureux. Elle pensait sans doute que je dormais parce qu’elle ne m’a même pas remarqué. Je l’ai regardé prendre Lena de la corbeille à linge avant de me dire à quel point elle était ingénieuse. Aucun doute que Lena avait du aimer. Et je savais que Katarina parfumait toujours notre linge, et Lena devait aimer ce parfum. Ou alors elle était fatiguée…ce qui était possible.
Sans faire de bruit, je me suis levé et j’ai avancé vers elle sur la pointe des yeux. Le sourire malicieux aux lèvres, je me suis approché en posant mes mains sur ses hanches. J’allais les glisser sur son petit ventre, quand elle a repoussé mes mains en me demandant d’arrêter.

Elle avait peut être eu peu alors j’y suis allé avec un peu plus de douceur cette fois-ci. J’avais envie de câliner ma femme, et de profiter d’elle un petit peu. Je n’allais pas lui sauter dessus, mais j’avoue que je n’aurais pas été contre une sieste coquine avec ma femme. Elle était tellement belle, et puis être enceinte à nouveau éveillait en moi des instincts de protection et des élans d’affection. Mais quand je me suis frotté à elle une seconde fois, j’avoue que cette fois-ci j’ai compris que quelque chose n’allait pas. Mais dans un sens, je ne comprenais pas.
C’était bien la première fois qu’elle me repoussait. Et puis, je pensais qu’elle se réjouirait que j’aille mieux, et que je sois attentionné et affectueux.

Je ne voyais pas qu’elle était occupée ? Si je le voyais…mais d’habitude elle riait, se retournait et m’embrassait avec amour. Là, elle me repoussait. Sa voix me faisait de la peine, tellement de peine. J’étais vraiment abasourdi par sa réaction.


-Katarina…


Je n’osais maintenant plus la toucher. J’avais trop peur qu’elle ait un geste brusque ou qu’elle crie. Je ne voulais pas qu’elle crie. Pas seulement parce qu’elle risquait de réveiller Lena mais parce que je ne voulais pas que nous nous disputions. Je voulais que tout ça soit derrière nous. Nous allions encore être parents, et j’allais mieux. Je n’irais pas dire que j’étais guéri mais je luttais. Et puis je voulais qu’on pense enfin à nous et à notre bonheur. Les choses s’arrangeaient peu à peu, non ?


-Qu’est-ce qui se passe mon amour ? Parle-moi, dis-moi ce qui ne va pas.


Elle était peut-être fatiguée. Ce qui ne serait pas étonnant puisqu’elle attendait un bébé. Alors peut-être qu’elle avait besoin que je l’aide un peu. C’était vrai que depuis un moment, elle devait tout gérer. Elle devait en avoir assez et être fatigué. Alors je lui ai pris la panière des mains et je lui ai souri.


-Assis-toi mon ange, je vais le faire.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: This truth in your lies { ETHAN }   Mar 30 Nov - 18:30

C'était la première fois. Que je ne voulais pas qu'il me touche. Non, je ne voulais vraiment pas. Je n'avais pas envie qu'il me prenne dans ses bras, je n'avais pas envie qu'il me serre contre lui. Non, je n'avais pas envie. Je ne voulais pas non plus le regarder, croiser son regard... Non, non, je ne voulais rien de tout cela. Si nous avions vécu normalement, je serais certainement sortie toute la journée, pour ne revenir que le soir. Étant donné que ce n'était pas possible, je me contentais de faire tout ce que je pouvais et qui ne m'obligeait pas à rester dans la même pièce que lui. Si j'avais su qu'il était réveillé, je ne serais certainement pas venue ranger le linge. J'aurais peut-être simplement déposé la panière à linge dans la chambre avant de repartir. J'avais l'impression d'être complètement insensible, comme si on avait momentanément anesthésié mon coeur. Cela me faisait un drôle d'effet, d'être complètement insensible. Cela ne me ressemblait définitivement pas, c'était même tout le contraire de ma personnalité ordinaire. Je me sentais différente... Ou plutôt, j'avais l'impression d'enfin ressentir ce que j'aurais dû ressentir depuis le début. De la colère, de la tristesse, de la déception, de la honte... Tous ces sentiments semblaient s'accrocher à mon coeur et ils tiraient dessus, me donnant l'impression de l'écarteler. J'avais mal au coeur, au sens propre comme au figuré. Tout ce que je voulais, c'était qu'on me laisse un peu tranquille. J'aurais voulu être seule, pendant un tout petit moment, complètement seul. Détachée du monde, et de cette réalité qui me donnait la nausée. Parfois, je me demandais si j'avais fait les bons choix, avant de réaliser que j'étais incapable d'en regretter un seul. Et puis de toute façon, comme on dit, ce qui est fait est fait, et est impossible à défaire. On ne revient pas en arrière, jamais. Parfois, je me disait que c'était dommage.

Je ne m'étais toujours pas retournée, et je sentais qu'Ethan s'était pétrifié dans mon dos. Il n'osait certainement plus faire le moindre geste, et c'était tant mieux, je n'avais pas envie de devoir le repousser encore. Je n'ai absolument pas réagi quand il m'a appelée. D'ordinaire, quand il avait cette voix là, il me faisait de la peine et tout ce que je voulais c'était aller le prendre dans mes bras. Pas cette fois. J'avais envie de lui dire que s'il était triste, c'était tant pis pour lui, bien fait pour lui. Oui, j'étais tout à fait injuste. Et très en colère. Une colère sourde, muette, mais qui flottait dans l'air. J'étais très rarement en colère, et je criais très peu. Mais là, je savais que je pouvais craquer en un clin d'œil. J'avais envie de crier, de hurler, de taper du poing, de me mettre à pleurer, de cogner sur Ethan. Et pourtant je ne faisais rien de tout cela, me contentant de rester de marbre, pliant soigneusement le linge avant le le ranger dans le tiroir. C'était presque trop parfait. Le linge était trop propre, sentait trop bon, était trop bien plié et trop bien rangé. Et moi j'étais trop... neutre. J'avais l'expression d'un robot. Je ne souriais pas, mon regard était vide et mes gestes soigneusement calculés. On aurait presque dit une petite marionnette. À ceci près que je n'avais rien d'amusant, j'avais même l'air plutôt inquiétant. Au revoir la jolie et gentille petite Katarina. Je ne voyais pas pourquoi je devrais faire semblant d'aller bien alors que ce n'était pas le cas. Ce serait me mentir et mentir aux autres. Ce qui n'était définitivement pas dans mes habitudes. Enfin, vous me direz, ce comportement qui était actuellement le mien ne me correspondait absolument pas non plus.

Mes doigts se sont crispés sur un de mes vêtements quand il m'a demandé d'une petite voix ce qui n'allait pas. Je me suis retenue de lui dire beaucoup de choses et de le gifler. Ce qui n'allait pas ? Oh seigneur, comment pouvait-il oser me poser la question ? Mais sur quelle planète vivait-il ? Il avait intérêt à vite redescendre sur terre et à se remettre les idées en place, parce que la chute risquait d'être rude, je pouvais le lui garantir. J'ai légèrement secoué la tête, avant qu'il ne me prenne la panière à linge des mains. Je me suis retournée brusquement, un peu trop peut-être et je l'ai littéralement fusillé du regard, avant de lui arracher la panière des mains et de la poser violemment sur la commode, la faisant trembler. Mes mains tremblaient aussi. Non, je ne voulais pas de sa fichue aide, j'étais parfaitement CAPABLE de finir de ranger le linge TOUTE SEULE ! Je ne supportais pas d'être traitée comme une impotente ! Oui, j'étais enceinte, mais je n'étais pas handicapée ! Je n'avais pas besoin de lui ! C'était lui qui avait besoin de moi, et il aurait mieux fait de s'en rappeler au lieu de jouer les petits anges bienfaiteurs alors que la fatigue et le manque de drogue se lisaient encore sur son visage comme je ne sais quoi d'autre !

Je réalisai soudainement que je devais avoir l'air complètement folle, à ranger le linge aussi frénétiquement. Je m'arrêtai soudainement, laissant retomber dans la panière les vêtements que j'avais à la main. J'ai posé mes mains sur la commode, j'ai fermé les yeux et j'ai pris une profonde inspiration. Mon dieu, mais qu'est-ce qui me prenait ? Qu'est-ce qui me prenait ? Ce n'était pas moi... Ce n'était pas moi, non... C'était tout ce que j'avais refoulé pendant tellement, tellement de temps. Toutes ces choses que j'avais apprises, toutes ces choses que j'avais pensées, ressenties... Tout ce que j'avais refoulé me revenait en pleine figure comme un boomerang lancé trop fort. Je m'étais voilée la face un peu trop longtemps, persuadée que tout irait bien, que rien ne viendrait gâcher ma nouvelle vie... Il y avait tellement de choses que je n'avais pas vu arriver. Tellement de mauvaises choses. Mon enlèvement. Ma torture. La « résurrection » de mon père. Et le pire... la vengeance d'Alan. Cela ne faisait que quatre mois... Et même si je m'en étais remise, je n'avais pas oublié. Je n'oublierais jamais ce qu'il m'avait fait. Ni pourquoi il l'avait fait... Je m'étais dit qu'il était fou à lier, que cela ne lui apporterait rien de se venger sur moi... L'objet de sa vengeance paraissait tellement fou, insensé... Ce n'était pas ça qui l'avait empêché de l'accomplir. Loin de là, même.

Je me suis retournée lentement, toujours appuyée contre la commode et j'ai relevé les yeux vers Ethan. Sans pour autant vraiment le regarder. Je regardais ses yeux, mais je ne le regardais pas directement dans les yeux. J'agissais comme il l'avait souvent fait. De façon détournée.

« LUCY. »

Je lui avais craché ce nom au visage comme je lui aurais craché une insulte.

« Tu n'as pas arrêté de m'appeler LUCY quand j'étais à côté de toi. Comme s'il n'y avait qu'elle. Lucy, Lucy, Lucy, encore LUCY. Toujours Lucy. »

Elle était morte. Morte, morte, MORTE ! Alors pourquoi est-ce que c'était elle qu'il appelait ? Pourquoi elle quand c'était moi avec lui, moi qui tentait de le rassurer, moi qui tentait de le réchauffer, moi qui était. Moi, moi, MOI ! Je n'étais même pas sûre qu'il s'en souvienne, bien trop enfoncé dans son délire... Mais moi je ne délirais pas, j'avais été là à chaque fois qu'il m'appelait comme ça, et à chaque fois je n'avais rien dit, alors que j'aurais pu et que j'aurais dû me mettre en colère. Mais non, je n'avais rien dit, rien dit du tout même, trop gentille, trop douce, pour ne pas l'accabler davantage. J'avais tout supporté en silence. Jusque là. Je craquais, je pétais les plombs, je faisais une crise de nerfs. Je n'en pouvais plus, c'était plus que je ne pouvais en supporter.

« Mais quand tu voulais quelque chose... Ah, là, bien sûr, tu te rappelais de mon prénom ! Quand il fallait me supplier pour avoir de la drogue... La gentille Katarina fait toujours ce qu'on lui demande, pas vrai ? »

Parce que Katarina est tellement amoureuse de toi qu'elle ferait n'importe quoi ? Parce que Katarina ne veut pas te voir souffrir ? Parce que tu peux lui demander n'importe quoi, elle le fera ? Au final, je me fichais pas mal des raisons pour lesquelles il m'avait appelée. Ça m'était complètement égal au final. Ce n'était pas cette question qui tournait dans mon esprit sans arrêt. Ce n'était pas celle là qui me torturait complètement. J'aurais tellement préféré.. Mais non... J'ai fait un pas vers lui, et sans vraiment réfléchir, j'ai commencé à marteler sa poitrine de petits coups de poings, et je me suis mise à hurler, oubliant complètement Lena qui venait à peine de s'endormir dans son berceau.

« Pourquoi tu penses toujours à elle, hein ? POURQUOI ? Pourquoi est-ce qu'elle est encore là, dans ta tête ? Hein, pourquoi ? Pourquoi ? Réponds moi ! REPONDS MOI ! »

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MessageSujet: Re: This truth in your lies { ETHAN }   Mar 30 Nov - 20:23

J’étais même content de savoir que maintenant je pouvais lui être d’une aide quelle qu’elle soit. Je voulais simplement qu’elle se repose un peu. J’allais mieux, elle n’était plus obligée de veiller sur moi. Je me doutais que le fait qu’elle passe moins de temps qu’avant dans notre chambre n’était pas étranger au fait qu’elle en avait surement assez de rester enfermée entre ces quatre murs. Et j’étais finalement heureux qu’elle se divertisse un peu. Mais là, je voyais bien qu’elle était fatiguée. Et même si je ne pouvais pas non plus soulever une montagne, je pouvais très bien ranger du linge dans notre armoire. Elle pouvait me laisser faire, je n’allais pas tomber. Mais elle m’a pris brusquement la panière des mains et je suis resté interdit face à la violence qui émanait d’elle.

Je n’avais jamais vu ma femme avoir des gestes brusques et violents. Elle, qui était si douce, si maternelle, si gentille… elle ne m’’avait pas seulement pris la panière des mains, elle me l’avait arrachée avant de la poser sur la commode, faisant tomber quelques petites choses comme du coton et des couches appartenant à Lena. J’ai vu la commode se secouer, signe que la violence du geste n’avait pas été que dans ma tête. Je tendais l’oreille mais Lena ne semblait pas s’être réveillée. Je ne comprenais pas ce que j’avais fait pour qu’elle s’énerve de cette façon. J’essayais de remettre les images les unes derrière les autres depuis qu’elle avait ouvert la porte mais je ne voyais pas. Je ne comprenais pas pourquoi elle agissait ainsi.

Je me suis baissé pour ramasser les affaires qui étaient tombées et quand je les ai reposées sur la commode, à leur place parce que je savais Katarina assez maniaque, elle était en train de ranger le linge. Je n’osais maintenant plus lui prendre la panière et le faire à sa place. Tout ce que je voulais pourtant c’était reprendre ma place. Celle que j’avais toujours eue. Je voulais l’aider. Je voulais l’aimer, l’embrasser. Mais je n’osais plus…Le pire c’était que…J’avais peur de ma femme. Oui j’avais peur d’elle. Ca ne lui ressemblait pas, pas du tout même. Et je n’osais rien dire. Alors j’attendais.

Elle a fini par arrêter de ranger notre linge et j’ai encore attendu qu’elle se reprenne. J’attendais qu’elle respire un peu, et finisse par se tourner vers moi avec un petit sourire. Et là elle me dirait qu’elle était fatiguée, et que les hormones étaient la cause de son rejet. Je m’apprêtais à lui sourire et à lui ouvrir mes bras, mais quand elle s’est tournée vers moi, il n’y avait pas de trace de sourire sur son visage. Au contraire, elle était fermée. Et son regard était dur. Elle me faisait peur. Je ne la reconnaissais pas. C’est comme si une autre avait pris l’apparence de mon ange. C’était elle et ce n’était pas elle. Je ne savais pas du tout ce qu’il se passait. J’avais été un peu absent psychologiquement ces dernières semaines oui, mais depuis quelques jours j’allais mieux. Alexander venait souvent et nous parlions, tentions d’aller de l’avant et de parler de l’avenir. Je ne voulais plus penser qu’au présent et à l’avenir. Il n’y avait plus que ça qui me motivait.

Elle s’est mise à crier le nom de Lucy et j’ai écarquillé les yeux. Lucy...Lucy…Qu’est ce que venait faire Lucy dans notre vie, dans cette conversation ? Je ne comprenais vraiment pas pourquoi elle me parlait de Lucy. J’étais abasourdi de ce qu’elle m’apprenait. J’avais visiblement beaucoup parlé d’elle dans mes moments de délire. Oui je savais que j’avais beaucoup déliré, je m’en doutais. Mais je n’avais aucun souvenir de ce qu’il s’était passé pendant ces trois semaines là. La seule chose que j’avais retenue, c’est que j’avais l’impression que Katarina ne m’avait pas quitté une seule minute. Elle avait toujours été là. Et j’avais quelques sensations, comme la petite main de Lena sur mon visage ou ses babillements. Mais je ne me rappelais plus de rien à part ça.

Katarina, elle, semblait se rappeler de tout. Bien sur que je l’avais appelé elle et seulement elle quand je voulais quelque chose. Elle était la seule qui comptait pour moi. Je me souvenais parfaitement, non sans honte lui avoir demandé encore et encore de me donner quelque chose, d’aller me rechercher de la cocaïne. Elle était la seule que j’avais voulu voir, la seule. Parce qu’elle était celle qui comptait le plus. Je savais que c’était à double tranchant, mais je ne voulais pas que les autres voient ce que j’étais. Je préférais que ce soit ma femme qui soit là. Je sais que j’avais tort et que je n’aurais pas du lui faire subir ça…mais…quand j’allais mal je ne voulais qu’elle. Quand j’étais heureux aussi je ne voulais qu’elle.

Et heureux je me sentais ainsi avant qu’elle ne me repousse. Là, elle me laissait simplement avec mes doutes, mes inquiétudes et mes incompréhensions. Je ne savais que balbutier quand elle ironisait sur elle.


-Mais…mais…


J’essayais de trouver les mots pour lui dire que non elle n’était pas la fille bête et docile qu’elle disait être. Elle était ma femme. Elle était la bonté, la douceur, la gentillesse, l’amour réincarné. Je fis un pas vers elle lorsqu’encore une fois, elle me surprit en élevant la voix. Cette fois-ci, si Lena ne se réveillait pas, nous aurions énormément de chance.
Elle était furieuse. Et elle me faisait une vraie scène. Seulement elle parlait d’une morte. Une morte qui ne représentait rien pour moi et dont j’avais seulement parlé parce que j’étais en plein délire. Je n’avais pas de réponse à lui donner. Je ne savais pas quoi lui répondre quand elle me demandait en hurlant pourquoi je pensais toujours à elle.

Parce que je ne pensais pas à Lucy. Jamais.


-Je ne pense pas à elle mon ange. Je te promets que je ne pense pas à elle. Frappe-moi si ça te soulage mon amour…


Et quand elle s’était mise à me frapper, je l’avais laissée faire. Bien sûr elle me faisait mal, parce que même si elle était frêle, elle avait de la force. La force du désespoir sans doute… Je la laissais donc frapper avec ses petits poings contre ma poitrine en serrant la mâchoire. Je me disais que si cela la soulageait, c’était un mal pour un bien. Je voulais simplement que me femme se calme et redevienne elle-même. Loin de moi l’idée de lui reprocher de se laisser à la colère, je devais encaisser. Elle avait encaissé tant de fois avec moi. Ce n’était que le juste retour des choses.
Mais alors que je pensais qu’elle allait continuer à frapper sur mon torse, c’est comme si le fait que je l’encourage à le faire lui donne envie de me contredire. Elle a relevé les yeux vers moi, mais elle ne me regardait pas vraiment. Pourtant je cherchais à capter son regard, pour qu’elle y voie tout mon amour pour elle.


-Je ne pense pas à elle, jamais…je devais délirer, je devais repenser à ce qu’avait été ma vie avant toi. Mais elle ne représente rien…je ne comprends même pas pourquoi tu peux penser qu’elle me manque.


J’avais envide lui crier de me regarder, d’écouter ce que je lui disais. Je ne me souvenais pas avoir parlé de Lucy. Elle ne comptait pas…Les seules qui comptaient c’était Lena et elle. Il n’y avait que d’elles. Je ne comprenais vraiment pas pourquoi elle pouvait penser que Lucy me manquait. C’était pour moi complètement absurde, mais je n’allais bien sur pas lui dire. Elle semblait déjà assez furieuse comme cela. Et je ne voulais pas la blesser. J’avais pourtant besoin de comprendre, mis à part le fait que j’ai parlé d’elle pendant mes moments de délire, pourquoi elle me disait ça maintenant. Je me retenais de lui demander ce que j’avais dit exactement. Mais je n’étais pas prêt à l’entendre. Pour le moment, j’avais seulement besoin de comprendre.

Alors, j’ai pris le risque de m’avancer vers elle et d’enlacer sa taille. Elle se tordait pour que je cède et me recule, mais j’insistais. J’essayais de ne pas trop être brusque, mais il fallait que mes gestes soient fermes. Hors de question d’être brutale avec ma femme. Elle méritait que je sois le plus aimant possible. J’espérais que mes mains sur elle qui caressaient sa taille lui fassent comprendre à quel point je l’aimais. Mais a quel point j’avais besoin qu’elle m’aide à comprendre. Parce que pour le moment, c’était flou. Elle m’en voulait oui…mais pourquoi exactement…Lucy me paraissait une excuse toute faite.


-Je ne comprends pas mon amour. Pourquoi tu penses tout ça ?
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MessageSujet: Re: This truth in your lies { ETHAN }   Mer 1 Déc - 10:24

Il ne pensait pas à elle ? Il ne pensait pas à elle ? Mais pour qui est-ce qu'il me prenait ? La dernière des idiotes ? Comment peut-on ne pas penser à quelqu'un tout en l'appelant plusieurs fois par jour ? Et qui sait ce qui avait pu se passer dans son esprit. Peut-être même qu'il avait cru la voir alors que c'était moi qui était à côté de lui ? Je n'avais rien à voir avec cette fille. Je ne voulais même pas qu'on me compare avec elle. Je ne voulais pas entendre parler d'elle, d'aucune façon que ce soit. Et pourtant, elle revenait toujours, elle était toujours. Un peu comme un fantôme. Un fantôme de notre cru... Je n'avais pas rêvé, j'étais parfaitement lucide et en pleine possession de mes moyens à chaque fois qu'il l'avait appelée, elle. À chaque fois mon cœur s'était serrée, mais je n'avais rien dit... Dieu sait combien j'avais eu envie de le secouer à chaque fois. Combien de fois j'avais eu envie de pleurer aussi. Plusieurs fois j'étais sortie de la chambre et j'étais allée faire un tour, pour me calmer et me changer les idées. La première fois, je m'étais dit que ce n'était pas si grave. J'avais plus de mal la fois d'après. Et la fois suivant la fois d'après... et celle d'après... Bien sûr, il ne passait pas ses journées à l'appeler, il ne répétait pas son nom comme une litanie... Mais qui ne se serait pas senti blessé à ma place ? Qui n'aurait pas eu envie de hurler, de tout fracasser ? J'étais prête à faire n'importe quoi pour lui. Mais me battre contre un fantôme... Non, ça je ne pouvais pas. Malgré toute ma bonne volonté, j'en étais clairement incapable. Il ne fallait pas qu'il me donne des raisons de lutter contre ça. Contre Lucy, je ne pouvais rien. À part frapper dans le vide...

Je ne sais pas vraiment pourquoi je me suis mise à le frapper. Est-ce que je croyais sincèrement que cela allait me soulager ? Si c'était le cas, j'étais bien naïve... Non seulement je me faisais mal, mais en plus cela ne me soulageait pas du tout. J'avais l'impression de n'être qu'une idiote en pleine crise d'hystérie. C'était certainement le cas d'ailleurs. J'étais complètement hystérique. De complètement déconnectée de la réalité, je passais à folle. Et pourtant je me suis arrêtée net quand il m'a dit que je pouvais le frapper si cela me soulageait. Coupée dans mon élan de violence, je me suis contentée de relever les yeux vers lui, toujours sans le regarder tout à fait. Les bras me sont retombés le long du corps, mollement. Je me suis contentée de serrer les poings avec colère tandis qu'il me répétait qu'il ne pensait pas à Lucy. On aurait dit qu'il essayait de se convaincre lui même autant qu'il essayait de me convaincre moi. Elle ne représentait rien ? C'était bien la preuve que non. Elle représentait beaucoup de choses à mon goût. Des choses qui ne me plaisaient pas le moins du monde, hélas.

« Je n'ai jamais dit que je pensais qu'elle te manquait ! Mais si c'est le cas, vas-y, dis le, je ne suis plus à ça près ! »

Non, non, surtout ne le dis pas. Cette aveu m'achèverait très certainement. Je n'avais pas envie d'entendre cela. Je ne sais pas de quoi j'avais envie en réalité. De dire toutes ces choses que j'avais gardées pour moi, certainement. Dans le désordre ou pas, mais j'avais besoin de dire toutes ces choses. Je ne supportais plus d'avoir ces terribles images en tête. Alan m'avait donné trop de détails pour que je puisse ne pas y penser. J'avais appris tellement de choses, tellement d'horreurs... Je savais très bien qui était Lucy et ce qu'elle représentait. Ils l'avait partagée, l'ayant chacun son tour... Ou ils n'avaient rien partagé du tout, se contentant de coucher ensemble, tous les trois. J'avais appris quels étaient les « talents » de Lucy. Talents que d'après Alan, Ethan adorait. Talents que de toute évidence je n'aurais jamais, et que je ne voulais surtout pas avoir. Je n'étais pas une trainée. Je n'avais rien à voir avec cette Lucy, j'étais sa femme, la mère de ses enfants. Je ne voulais pas qu'il mélange les deux. Je me rappelais qu'il m'avait dit qu'elle l'avait attiré. Je me rappelais aussi qu'il m'avait dit qu'il n'avait jamais eu aucun sentiment d'amour pour elle. Alors pourquoi est-ce que c'était elle qu'il avait appelée et pas moi ? Je ne comprenais pas... Elle avait été absente de notre vie jusque là ( ou presque... ) alors pourquoi resurgissait-elle maintenant ? Qu'est-ce qui lui avait fait penser à elle ?

J'ai cherché à le repousser de toutes mes forces tandis qu'il passait ses bras autour de moi pour m'enlacer. N'avait-il pas encore compris que je n'avais pas envie qu'il me prenne dans ses bras ? C'était affreux. En cet instant, alors qu'il essayait visiblement d'être tendre, tout ce que je voyais c'était cette fille, dans ses bras, avant moi, à faire avec lui des choses perverses et malsaines. J'en oubliais comment il se comportait avec moi, j'en oubliais tout. Absolument tout.

« Qu'est-ce que tu penserais à ma place, si pendant mon sommeil ou mon délire j'appelais le nom d'un autre, hein ? Tu l'accepterais sans te poser de questions ? Tu ne te demanderais pas pourquoi je ne te demanderais pas TOI ? Tu sais que si... Tu le sais... Lâche moi s'il te plait, lâche moi ! »

Il savait très bien comment il se serait senti. Il savait très bien ce qu'il aurait pensé. Alors pourquoi ne comprenait-il pas que je puisse ressentir et penser la même chose ? Vu sa jalousie, il aurait dû comprendre. Et oui, je me posais des questions. Tout à coup, je me demandais s'il m'avait vraiment dit la vérité, au sujet de ses relations avec Lucy. Au sujet de ses... sentiments pour elle. Est-ce qu'on réclame quelqu'un pour qui on a aucun sentiment ? J'en doutais sincèrement... Et quelque part, c'était bien le plus inquiétant. Je me retenais de le secouer pour lui demander si oui ou non il avait déjà eu des sentiments pour elle. Si oui ou non, elle avait compté pour lui, de quelque façon que ce soit. Il m'avait promis... Il m'avait promis... Comme il m'avait déjà promis deux fois de ne plus jamais toucher à la drogue. J'avais un arrière-goût assez amer de mensonge dans la bouche. Pourtant ce n'était pas moi qui... Qui quoi ? Qui avait menti ? Je ne pouvais me résoudre à penser qu'Ethan m'avait menti. Il savait très bien que je ne supporterais ni ne tolèrerais de nouveaux mensonges. Non, il ne pouvait pas avoir fait ça. Pas à moi, sa femme, pas à moi, la mère de ses enfants... Mais s'il ne m'avait pas menti, de quoi s'agissait-il alors ? Je ne savais pas, je ne parvenais pas à trouver la solution par moi même. Il a fini par me lâcher, avec un air complètement abasourdi, et j'en ai profité pour m'éloigner de lui. J'ai bêtement réajusté mon pull sur mon ventre, avant de tamponner mes yeux avec ma manche, comme pour sécher mes larmes avant qu'elles n'aient commencé à couler.

« Tu m'avais promis que tu n'avais jamais rien ressenti pour elle... Tu m'avais promis... »

Oui, il avait promis... Je n'était même plus en colère. Je ne restais jamais bien longtemps en colère. En général, je ressentais toujours une immense tristesse après la colère. Je ne savais pas vraiment pourquoi, mais c'était comme ça. J'ai vaguement cherché quelque chose à faire dans la pièce, pour pouvoir mettre un terme à cette conversation. Je voulais des réponses, oui, mais je n'étais peut-être pas prête à les entendre. J'ai esquissé un geste pour aller finir de ranger le linge, mais je me suis ravisée, trouvant cela particulièrement stupide. Tout était stupide... Je suis allée m'asseoir sur le lit de façon tout à mécanique, les genoux serrées, et les mains posées dessus. Je regardais le mur, comme pour ne pas fondre en larmes. Je savais que ça arriverait forcément si je croisais le regard d'Ethan. J'ai fini par baisser les yeux carrément. Ce que j'ai vu ne m'a pas vraiment aidé à me sentir mieux. Évidemment, j'étais enceinte, mon ventre me sautait à la figure comme je ne sais quoi. J'étais enceinte et très loin de me sentir bien, malheureusement. À croire que mes débuts de grossesse étaient condamnés à être pathétique... Quand j'avais découvert que j'étais enceinte de Lena, j'étais toute seule. J'avais été "seule" jusqu'à quatre mois, le temps de faire comprendre à Ethan que j'avais besoin qu'il soit fort. Peine perdue... Aujourd'hui, il y avait un espèce de je ne sais quoi entre lui et moi, le fantôme d'une fille qu'il avait connu avant moi. Je savais qu'il y avait eu d'autres filles. Là n'était pas le problème. Le problème, c'était justement tous les problèmes créés par celle là. Le pire dans tout ça, c'est que je n'avais même pas un visage à lui coller. J'aurais presque préféré avoir une photo pour l'identifier, la détester clairement. J'avais l'impression de détester du vide. De hurler et de me débattre avec ce vide, aussi. J'ai pris une profonde inspiration, mais c'est avec une voix complètement étranglée que j'ai parlé.

«... Est-ce que tu m'as menti ? »

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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MessageSujet: Re: This truth in your lies { ETHAN }   Mer 1 Déc - 19:21

Je ne pensais jamais à elle. La seule femme à qui je pensais sans cesse c’était Katarina. C’était à elle que je pensais chaque matin quand je me réveillais, c’était à elle que je pensais toute la journée, et quand je m’endormais c’était son sourire que je voyais et qui m’aidait à m’endormir. Mon cœur ne battait que pour elle, il n’y avait de la place que pour elle. Bien sûr il y avait de la place pour mes parents aussi, pour ma fille, pour ce bébé et pour certaines personnes. Mais il n’y avait jamais eu de place pour Lucy. Elle n’avait toujours été qu’une amie. Et encore…notre amitié était intéressée… La seule personne pour qui j’aurais pu avant Katarina avoir des sentiments c’était il y a très longtemps. Mes parents étaient toujours vivants, j’étais heureux…Mais il y avait trop de choses qui m’empêchaient de me laisser aller à mes sentiments…

Alors je n’arrivais pas à comprendre pourquoi Katarina était dans cet état là. Mis à part que je l’ai appelé dans mon délire, je ne comprenais pas. Je n’avais absolument aucun souvenir de mes délires. Je ne me souvenais que de mes moments de lucidité et c’était affreux. Parce que je savais que je l’avais supplié, que j’avais même dit des choses terribles, et que je l’avais secouée. C’était pire que tout pour moi. C’était aussi grave pour moi que de l’avoir giflée. J’avais beau dés à présent me creuser la tête pour essayer de me souvenir à quel moment j’avais pu appeler Lucy et savoir ce qu’il se passait dans ma tête à ce moment là. Mais je ne me souvenais de rien, absolument de rien, et c’était horrible à vivre. Parce que je voyais bien que Katarina avait mal.
Elle souffrait de cette situation. Il n’y avait qu’a voir la façon dont elle avait arrêté de tambouriner avec ses petits poings contre ma poitrine quand je lui avais dit qu’elle pouvait se défouler si ca lui faisait du bien. Ca avait eu l’effet inverse. J’aurais voulu qu’elle se défoule et qu’elle finisse par se calmer, mais quand elle a cessé de me frapper et que ses bras sont retombés, j’ai eu plus mal que si elle m’avait encore tapé pendant des heures. Parce que la voir comme ça me brisait le cœur. Et cette douleur était pire que la douleur physique.

La façon dont elle me regardait et me parlait me faisait mal. Je ne sais pas pourquoi elle semblait vouloir que je la rassure à propos de Lucy. Je ne comptais pas dire qu’elle me manquait. Parce que Lucy ne me manquait pas, et elle ne m’avait jamais manqué. La seule chose qui puisse m’avoir fait parler d’elle pendant mes délires c’était ce qu’elle avait fait pour nous procurer de la drogue et dont je m’en voudrais toujours maintenant que j’étais lucide sur ce que je lui avais demandé. Et puis, j’avais peu- être revécu le moment où elle avait fait cette overdose mortelle. J’aurais bien demandé à Katarina de me dire ce que j’avais dit exactement, mais j’avais peur qu’elle ne pense que je m’intéressais à elle. Paix à son âme mais elle n’était rien pour moi.

Je voulais simplement que Katarina renonce à penser que je pouvais faire cas de Lucy. Mais elle n’avait visiblement pas l’intention de clore le sujet. Bien au contraire. Mais quand elle a tourné le sujet d’une autre manière j’ai commencé à comprendre qu’elle pouvait avoir mal et qu’en effet à sa place j’aurais eu mal, très mal même. Je ne pouvais donc que baisser la tête et accepter qu’elle me repousse.
Oui, elle avait raison…Si elle avait été dans l’état dans lequel j’avais été et qu’elle avait appelé plusieurs fois un autre dans son délire ou son sommeil, j’en aurais été malade et j’aurais certainement piqué une crise de nerfs. Je ne pouvais que baisser la tête…


-Je...Je…non…j’en serais malade…


Et même plus encore sans doute…J’essayais d’imaginer ce que ça avait pu être pour elle, et je m’en voulais terriblement .Plus encore de ne pas me rappeler ce qui m’avait poussé à appeler Lucy. Je me creusais la tête mais il n’y avait rien à faire. Je ne savais pas pourquoi je l’avais appelée.Ca me paraissait même insensé. Et je me retenais de plus en plus de lui demander ce que j’avais dit quand j’appelais Lucy. Peut -être que ca m’aiderait à me souvenir, oui,. Mais si je faisais ca, elle risquerait sans doute de croire que je voulais me souvenir de Lucy. J’étais perdu dans ce que je devais faire.

Je ne me suis pas rendu compte que ma femme s’était éloignée de moi et qu’elle avait pleuré. J’étais persuadé qu’elle avait pleuré, puisqu’elle séchait ses yeux, c’était bien la preuve qu’elle l’avait fait non ? Je suis resté la bouche ouverte comme une carpe quand elle m’a accusé de lui avoir menti quand je lui avais dit que je n’avais jamais aimé Lucy. Bien sur que je n’avais jamais rien ressenti pour Lucy, à part de l’amitié… Le reste n’était qu’induit par la drogue. C’était même presque exceptionnel que j’ai eu des envies sexuelles alors que la drogue était ce qui m’intéressait le plus pendant ces années là. Ou alors était ce parce qu’avant je m’en fichais, et que là, la drogue avait agi comme un inhibiteur…Je ne sais pas, je ne pouvais pas l’expliquer. Mais nous ne nous étions jamais embrassés Lucy et moi…A part dans les moments où…sinon c’était la drogue qui nous liait. Il n’y avait jamais eu que ça.
J’avais peur de raconter à Katarina ces années là. Elle s’en doutait certainement, mais se l’entendre raconter était une autre chose. Et je n’étais sans doute pas prêt à ce que ma femme me regarde d’une autre façon…Je voulais vraiment que ces années là appartiennent au passé, et qu’on les laisse loin derrière nous. Parce que ce n’était pas notre histoire. Notre histoire à nous était basée sur l’amour…

Je l’ai regardée s’éloigner de moi et s’asseoir sur notre lit en baissant les yeux pour contempler le sol. Elle devait certainement attendre que je dise quelque chose mais je ne savais pas quoi dire. J’avais peur de dire une bêtise malgré moi. J’étais maladroit et la dernière chose au monde que je voulais c’était blesser le cœur de ma femme. Elle était enceinte, elle était fragile. Et puis je l’aimais. Et un homme amoureux ne veut pas blesser sa femme.
Je ne m’attendais pas à ce qu’elle me demande si je lui avais menti. Sur le moment, je ne savais même pas de quoi elle parlait quand elle me demandait si je lui avais menti. Mentir a propos de quoi ? Ha….Lucy…Mes sentiments pour Lucy.
J’aurais aimé n’avoir rien à lui dire et qu’elle relève les yeux pour les planter dans les miens pour voir à quel point je l’aimais elle. Elle et pas une autre. Mais elle les gardait toujours rivés au sol.
Alors même si j’avais peur qu’elle me repousse encore, je suis allé m’asseoir sur le lit aussi. J’ai fait attention de garder une distance entre nous pour ne pas qu’elle ait envie de crier ou de me taper dessus.


-Je ne t’ai pas menti mon amour. Sur mes sentiments, je ne t’ai jamais menti.


Je lui avais menti pour la protéger d’Alan et du junkie que j’étais, mais sur mes sentiments je n’avais jamais menti. Elle avait été la première que j’aie aimée. Et je l’avais aimé à la première seconde. J’avais eu un vrai coup de foudre pour elle. Et même si je regrettais qu’elle n’ait pas été la première avec qui je fasse l’amour, je me disais que donner mon cœur à la première personne qui le fasse battre, et l’épouser était sans doute une preuve suffisante. Mais je me rendais compte que Katarina était fragile. Et je ne pensais pas que sa grossesse expliquait tout. Il y avait tant de choses qui puissent la rendre comme ça. Seulement elle me demandait d’être honnête avec elle. Alors je voulais essayer de l’être.


-Mais je…


J’avais peur qu’elle le prenne mal. Mais je comprenais qu’elle avait besoin que je la rassure, et que je lui dise la vérité. Et la vérité c’est que mon passé n’était pas reluisant. Elle le savait mais j’avais toujours préféré ne pas trop en parler. Et puis, il y avait des choses que j’avais oubliées, et qui revenaient peu à peu à la surface. C’était ces choses là que je voulais évoquer. Pour qu’elle comprenne que c’était peut -être ce a quoi je faisais allusion quand je délirais. Seulement ça.

-Il y a tellement de choses que j’ai préféré oublier à propos de Lucy…des choses que j’ai enfouies et qui ont du remonter à la surface.

Je voulais que la discussion s’en finisse là. Parce que pour moi, ça n’avait aucune importance. Mais je devais ramper je le savais. Elle avait vécu tant de choses par ma faute, et avait du être forte pendant des semaines pour m’épauler. Je devais lui dire à quel point je l’aimais. Mais je devais déjà m’excuser. Parce que si je voulais pouvoir poser ma main sur sa cuisse sans qu’elle ne me repousse, il fallait sans doute que je me traine à ses pieds.

-Je suis désolé…
Je l’étais sincèrement .Je n’aimais pas lui faire de mal. Elle ne le méritait pas. Je ne savais pas comment lui faire comprendre qu’elle était la seule, qu’elle l’avait toujours été et le serait toujours. La seule dans mon cœur.

-Mais je ne comprends pas pourquoi tu penses qu’elle a une quelconque importance dans mon cœur.
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MessageSujet: Re: This truth in your lies { ETHAN }   Mer 1 Déc - 22:06

Rester en colère contre Ethan, c'était à la fois impossible et fatiguant. Épuisant. Après cinq minutes passées à lui hurler dessus j'étais vidée, aussi épuisée que si nous nous étions disputés violemment pendant des heures. Il ne s'était rien passé de tout ça, évidemment. C'était moi qui avait eu un moment d'hystérie complète, alors qu'il n'avait – pour une fois – rien fait pour mériter une telle crise. Tout ce qu'il avait voulu faire, c'était me prendre dans ses bras. Je me rendais à peine compte de la violence de ma réaction. Il n'avait pas dû comprendre ce qui me prenait. Je me suis mise à sa place pendant une seconde, et j'ai réalisé à quel point j'avais dû le blesser. Je savais que si Ethan était assez fermé et assez insensible aux autres, je savais que le moindre de mes gestes pouvais avoir beaucoup d'effet sur lui. Il ne fallait pas être devin pour imaginer ce qu'il avait pu ressentir. Mais sur l'instant, il était évident que je n'y avais pas pensé une seule seconde. Pour une fois, c'était moi qui avait un temps de retard. Je n'avais pas fait exprès. J'avais laissé la colère m'aveugler, tout bêtement. Cela ne me ressemblait pas, non... Mais je dirais que j'avais d'assez bonnes excuses en ce moment. J'avais eu plus que mon lot de bonnes et de mauvaises surprises en ce moment. J'en avais assez de toutes ces choses, de toutes ces épreuves. Je n'étais pas assez forte. J'avais envie d'arrêter de faire comme si je pouvais supporter tout cela. Parce que ce n'était pas le cas. Pendant deux ans, j'avais présumé de moi-même. J'avais envie que tout cela cesse. Quelque part, j'espérais que cette grossesse rappelle à tout le monde que j'étais fragile. J'avais envie d'être terriblement égoïste, de laisser les autres régler leurs problèmes par eux mêmes, je ne voulais plus être le médiateur de personne. Ni d'Ethan, ni de mon père... Je ne leur demandais pourtant pas grand chose. Juste de ne pas s'entretuer. Ce n'était pourtant pas si compliqué... Mais ils se ressemblaient tellement, que cela semblait impossible. Encore que mon père semblait avoir compris que cela me faisait souffrir, alors il ne disait plus trop rien... Quant à Ethan... Disons que mon père n'avait pas été sa préoccupation principale ces derniers temps. Et quelque part, c'était presque dommage.

Je savais pertinemment qu'il en serait malade, si jamais il m'arrivait de prononcer un autre nom que le sien, peu importait quand. Dans tous les cas, il ne le prendrait pas bien, et je le connaissais assez pour savoir qu'il serait capable d'avoir une colère plus importante encore que la mienne. Il devait bien comprendre ce que j'avais ressenti, non ? Lui qui était jaloux pour un rien, il ne pouvait pas ne pas comprendre au moins ça. Mais s'il comprenait, il n'avait pas vraiment l'air de savoir pourquoi c'était arrivé. Ce qui était tout de même assez gênant et inquiétant. Parce que s'il ne comprenait pas ce qui lui avait pris, je ne pouvais pas le faire pour lui. J'avais déjà essayé de comprendre ce qui pouvait bien se passer dans son esprit par le passé, et force était de constater que comme les autres, je n'avais pas vraiment réussi. Le connaître, envisager ses réactions, était une chose. Savoir comment il en arrivait là en était une autre. Personne ne pouvait parfaitement comprendre Ethan Jones. Il restait un mystère entier. Et je n'étais même pas sûre qu'il se connaisse lui même, au fond. Ethan n'était pas ce que j'aurais appelé un être entier. Il avait trop de facettes différentes. Et ces facettes ne s'emboitaient pas, elles ne coïncidaient pas avec les autres tout à fait. Il était un peu comme un objet que l'on aurait brisé et recollé à la va vite, oubliant certains morceaux et échangeant les places de certains... C'était à la fois étrange et très logique. Étrange parce qu'il était insaisissable. Logique parce qu'il avait été brisé plusieurs fois par le passé, et qu'il ne pourrait jamais redevenir celui qu'il était avant. Parfois, je me demandais si ce n'était pas ça, qui m'avait attiré chez lui. Parfois, je me demandais se j'aurais pu tomber amoureuse de celui d'avant...

Je n'ai pas tourné la tête vers lui, mais je me suis clairement rendue compte qu'il avait pris soin de s'asseoir assez loin de moi, comme s'il craignait que je ne me remette à hurler et à lui taper dessus. Oh non, je n'en avais plus envie... Plus du tout... Je ne me suis pas détendue du tout quand il m'a dit, sincèrement, qu'il ne m'avait pas menti. Parce que tout de suite après il y avait un « mais... ». Inutile de préciser que ce petit mots à quatre lettres ne me plaisait pas du tout. Enfin, c'était surtout ce qui suivait, qui risquait de ne pas me plaire. J'ai soudain fait une drôle de tête. J'avais l'impression d'entendre une confession. De « pardonnez moi mon Père j'ai péché », on passait à « je suis désolé Katarina je ne t'ai pas tout dit ». Je suis restée silencieuse et il y a eu comme un silence entre nous pendant quelques secondes. Avant qu'il ne s'excuse bêtement, tout à coup. De surprise, j'ai tourné la tête d'un coup. Sa voix avait un accent qui ne me plaisait pas. Oui, il avait l'air... désolé. Désolé, affligé, et je ne sais quoi d'autre encore... J'ai eu un profond soupir. Il ne me comprenait pas et je ne le comprenais pas. C'était le flou, l'incompréhension totale, nous nagions dans le brouillard. Il fallait que je nous en sorte. Ou du moins, que j'essaie... Et ça commencer par cesser d'éviter tout contact physique entre nous. Après avoir pris une profonde inspiration je me suis levée. Je suis restée un instant debout, à ne rien faire, et puis j'ai fait un pas vers lui. Puis un deuxième, un troisième, et je me suis plantée devant lui. J'ai hésité, ai tendu un bras, avant de finalement m'asseoir à côté de lui. Il n'y avait pour le moment que son épaule qui touchait la mienne.

« C'est à cause de toutes ces... choses... qu'Alan m'a dites... »

Je n'avais pas perdu une miette de tout ce qu'il m'avait dit, et ce n'était pas faute d'avoir essayé. Mais, seule, enfermée dans cette pièce avec lui, je n'avais eu guère le choix. J'avais malheureusement tout enregistré, tout retenu, alors que j'aurais voulu pouvoir oublier sur l'instant. Mais je n'avais pas pu... J'avais cru avoir oublié, mais force était de constater que ce n'était pas le cas. Je n'aurais jamais imaginé qu'elles n'attendaient que le bon moment pour ressortir et me revenir en plein visage. C'était doublement horrible. Je ne parvenais pas à m'ôter ces images de la tête, à plus forte raison depuis qu'Ethan avait rappelé Lucy à mon bon souvenir... Je me suis un peu décalée vers lui, avant d'aller prendre sa main, un peu hésitante.

« Il avait une façon bien à lui de me torturer... Les coups, les insultes, je pouvais encaisser... Mais la vérité... Non, je ne pouvais pas, je ne peux... Le pire c'est de me dire qu'il ne m'a pas menti. Malgré toute sa perversité et sa folie, il avait compris que c'était ce qui me ferait le plus de mal... Il avait compris que je n'étais pas prête à entendre tout ça. »

Inutile de lui préciser à quoi je faisais allusion. Il avait très bien compris où je voulais en venir. Il voyait peut-être ce qu'il voulait voir, mais il ne pouvait pas se berner à ce point là non plus.

« A l'entendre... Il se passait clairement quelque chose entre toi et elle... Les détails qu'ils me donnaient étaient tellement... »

Je me suis étranglée. Je ne pouvais pas répéter ce qu'il m'avait dit. Oh non, je ne pouvais pas. Et je ne voulais pas. Ces mots étaient comme du poison. Mais ils n'étaient pas pires que les images qui tournaient dans mon esprit. Je ne savais pas si c'était des visions de la réalité ou des cauchemars tous droit sortis de mon imaginaire. Encore que j'en doutais, vu ce à quoi j'avais été confrontée ces derniers temps. Cela semblait malheureusement trop plausible... Trop vrai, trop possible. Le pire était de faire la comparaison avec le comportement qu'Ethan avait avec moi. Il était tellement doux, tellement tendre... Il ne faisait attention qu'à moi... Comment autant de personnalités différentes pouvaient-elles cohabiter dans la même personne ? Ethan était comme un monstrueux paradoxe à lui tout seul. Un paradoxe qui m'échappait parfois totalement.

« Elle était amoureuse de toi... Ce n'est pas seulement parce qu'elle est morte, qu'il s'est vengé... C'est parce qu'elle était amoureuse de toi et pas de lui... Et toi, tu t'en moquais... Elle n'était pas la petite-amie d'Alan... Si elle restait avec lui... »

J'ai relevé des yeux larmoyants pour lui.

« ... C'était pour rester avec toi. »

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MessageSujet: Re: This truth in your lies { ETHAN }   Jeu 2 Déc - 16:30

J’avais connu Lucy alors que je passais le plus clair de mon temps à trouver d’autres sources d’argent pour me payer de nouvelles doses d’héroïne. C’était Alan qui me l’avait présentée. Elle n’était encore qu’une simple fumeuse de haschich et Alan l’avait convaincue d’essayer. Et puis, quand un jour, j’étais venu lui quémander une dose à « crédit », il m’avait présenté Lucy. Elle était blonde, avec des longs cheveux, et elle était encore très jolie. Mais, même si je m’étais attardé sur son physique, je ne l’avais pas trouvé à mon goût. Et puis, s’était installée entre nous une forme d’amitié quand j’avais compris qu’elle pouvait me servir. Elle était la fille d’un riche industriel, et graviter autour d’elle me permettait d’avoir des doses régulières pour pas grand-chose. C’était la seule chose qui me motivait à rester avec elle. Bien sûr, rapidement, j’avais remarqué qu’Alan la trouvait à son goût. Alors, dans l’appartement de Lucy, un soir, je les avais laissés seuls pendant qu’Alan réussissait à la prendre dans ses filets, mais elle m’avait invité. Alors, pris dans l’euphorie de l’héroïne, j’avais accepté. Et avait commencé cette histoire un peu folle entre nous trois. Avant qu’elle ne se termine de cette façon. Je m’en voulais parce que je ne voulais pas qu’elle meure…c’était sans doute tout ce que je retirais de ça. Je ne voulais pas que Lucy meure, elle ne méritait pas ça. Elle avait juste suivi des personnes peu recommandables. Et si je doute qu’Alan se soit rendu compte de ce qu’il avait fiat, maintenant moi je savais. Alors, la seule chose que je ressentais pour Lucy c’était de la peine et des remords. Seulement ça.

J’osais à peine tourner mon regard vers Katarina. Parce que me souvenir de tout ça faisait remonter en moi la honte. Oui j’avais honte. J’avais tué quelqu’un. A petit s feux je l’avais tuée. Elle n’avait été qu’un jouet à cette période. Et ça ne ressemblait tellement pas à celui que j’étais vraiment. Je n’étais pas comme ça, je le savais. Et jamais je n’aurais accepté de faire ça à Katarina. Je n’acceptais pas qu’elle souffre. J’étais prêt à souffrir à sa place. Quand je l’avais surpris à échanger son bracelet contre de la drogue, excuse qu’elle avait trouvée pour justifier sa présence, malgré le manque que je ressentais à ce moment là, j’avais su que je ne voulais pas que ma femme vive ça. Je savais que jamais elle ne se droguerait…mais l’avoir vu faire ça pour moi avait été un coup de poignard qu’on m’assenait sans avertissement. Ca faisait tellement mal. Ce n’était pas la honte que j’avais ressenti en premier, c’était sa douleur à elle de faire ça. Je n’avais pensé à rien d’autre. Alors que quand j’avais demandé à Lucy de se prostituer pour nous faire de l’argent, je n’avais rien ressenti. A part cette envie de me faire un bon gros shoot. Elles étaient différentes dans mon cœur. Enfin non…il n’y avait jamais eu de place dans mon cœur pour Lucy. Même drogué, j’aimais toujours Katarina et était prêt à tout pour elle. Elle était même au dessus de la drogue…

Katarina s’est levée, et je n’ai même pas osé la regarder. Elle était pourtant magnifique et j’aimais la voir enceinte. Mais je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas quoi penser. Je ne comprenais vraiment pas ce qui pouvait se passer dans sa tête. Et je me demandais si j’avais réellement su un jour ce que Katarina ressentait, ce dont elle avait besoin. Elle pouvait lire en moi comme dans un livre ouvert, et moi je m’en sentais incapable…
J’ai entendu son pas résonner dans la pièce et puis je ne me suis rendu compte qu’elle était prés de moi que quand j’ai senti le lit s’affaisser et la chaleur de son corps prés du mien. Je pouvais sentir aussi son parfum. Et je luttais contre une envie permanente de poser ma tête sur son épaule. J’avais peur qu’elle ne me repousse encore. J’ai préféré la laisser me parler. Mais quand elle a commencé à parler d’Alan et de ce qu’il lui avait dit, je n’ai pas pu empêcher mes poings de se serrer.

Heureusement qu’elle ne me reportait pas tout ce qu’il lui avait dit dans les moindres détails parce que même si je le savais et qu’elle était au courant de tout, je ne voulais pas que ces mots sortent de sa bouche. Ca aurait rendu les choses réelles et ça m’aurait détruit d’entendre ces mots là dans la bouche de Katarina. Parce que nous aurions eu des images de ce qu’elle aurait raconté. Et je ne voulais pas salir le sanctuaire qu’était notre chambre avec ça. C’était lâche oui, mais je voulais surtout protéger ma famille.

Mon souffle a commencé à se faire un peu plus erratique et bruyant quand elle me racontait ce qu’il lui avait fait subir .Je le savais, j’avais vu les traces de coups sur son corps, j’avais vu son corps meurtri, et j’avais séché ses larmes. Mais me l’entendre dire encore, raviver ces souvenirs plus que douloureux me laceraient le cœur, et j’avais l’impression qu’on m’enfonçait des aiguilles sur tout le corps. Il lui avait fait du mal, tellement de mal. Et il m’en faisait. Sa mort n’avait été que trop douce selon moi…

J’avais envie de lui dire de se taire, d’arrêter de me faire du mal en disant tout ça, mais je ne pouvais pas tout faire en même temps. Calmer mon pauvre cœur qui s’emballait, et me retenir d’aller coller mon poing contre le mur pour me calmer étaient déjà un effort immense. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de me mordre la lèvre inferieure, jusqu'à peut-être aller jusqu’ à me blesser, pour me retenir de crier.
Mais elle a fini par s’arrêter pendant quelque secondes et ses mots se sont inscrits dans mon esprit. Elle allait me dire qu’elle avait eu mal, et je ne pourrais rien dire qui puisse atténuer sa souffrance.

Pourtant, alors que je m’attendais à ce qu’elle me dise des tas de choses, elle m’a dit quelque chose que j’ai trouvé complètement insensé. Selon elle, Lucy avait été amoureuse de moi. Vraiment amoureuse. Et Alan l’aurait su, c’est pourquoi il me rendait responsable de sa mort. Non, je ne pouvais pas croire qu’elle ait pu m’aimer. Je l’avais entrainé dans sa descente aux enfers, je l’avais encouragé à se prostituer pour nous procurer de la drogue, je l’avais traitée comme une moins que rien, je l’avais tuée en quelque sorte. Quelle femme peut aimer un homme comme ça ?
Katarina m’aimait oui…mais elle m’aimait pour le vrai Ethan, celui que j’étais vraiment. Avec elle, je n’avais besoin de rien pour supporter la mort de mes parents, il suffisait qu’elle me prenne dans ses bras, et qu’elle m’embrasse pour que je supporte bien des choses. Avec elle, je ne mentais pas, j’étais moi-même. Et elle savait me rendre heureux.

Je voyais maintenant le mal que ça lui faisait de me dire tout ça. Jusque là elle avait gardé tout ça pour elle. J’espérais vraiment qu’elle n’ai jamais pensé que je puisse aussi avoir eu des sentiments pour Lucy. Mais le plus difficile à croire dans cette histoire, c’était que Lucy ait pu être amoureuse de moi. C’était totalement insensé. Même si Katarina avait l’air sure d’elle, je n’arrivais pas, moi, à y croire. Parce que jamais je n’avais eu le moindre geste tendre envers elle. Je ne lui avais jamais dit quelque chose qui ait pu lui faire penser que je puisse l’aimer ou m’approcher de ce genre de sentiments. Et penser qu’elle ne restait qu’avec Alan pour être avec moi était complètement fou. Elle m’avait dit qu’elle l’aimait. J’étais certain de ne pas l’avoir rêvé. Et puis, il l’aimait aussi. J’aurais presque espéré qu’ils se soient retrouvés au delà de la mort….

Non, je ne pouvais pas croire à ce que me disait Katarina. C’était impensable. Je secouais la tête, et je me parlais plus à moi-même que je ne lui répondais à elle. Les poings toujours serrés, la mâchoire toujours crispée, je faisais des efforts presque surhumains pour accepter.


-Mais…je ne savais pas…Elle ne m’a jamais rien dit…Et puis…


Et si elle l’avait fait, je ne m’en souviendrai vraiment pas. C’était ça que je voulais faire comprendre à Katarina. En douceur, mais je voulais qu’elle comprenne. Et puis, je ne voulais pas me fâcher avec ma femme. Je voulais que plus jamais nous n’élevions la voix. Je voulais que nos rapports soient empreints de cet amour. Parce que nous allions encore être parents, et parce que pour moi cela signifiait quelque chose. C’était elle que j’avais choisi. C’était elle que j’avais aimée vraiment, la première d’ailleurs. Mais je ne savais pas comment lui faire comprendre que Lucy ne représentait rien pour moi. Elle n’avait été qu’une amitié améliorée. Aussi salop que cela puisse paraitre, il fallait avoir l’honnêteté de le dire.

-Je ne l’ai jamais aimé. Je suis désolé de dire ça, mais je ne l’ai jamais aimée. Je n’ai jamais eu de sentiments autres que de l’amitié pour elle. Et encore…

Oui. Et encore…


-Je ne pensais qu’à la drogue à cette époque, c’était la seule chose que j’aimais.


Ma vie entière n’était rythmée que par ces moments où je me droguais, où je cherchais de la drogue, où j’étais si défoncée que je voyais mes parents, que je leur parlais. Ma vie avant Katarina c’était ça. La drogue…Et puis en réfléchissant bien à toute cette partie de ma vie, je me disais que sans la mort de Lucy, je serais sans doute déjà mort. Si elle avait vécu, on aurait continué à se droguer, et je n’aurais jamais manqué de drogues. Je n’aurais jamais été ramassé par Alexander et je n’aurais jamais croisé le chemin de Katarina. Finalement, je voyais les choses ainsi. Il n’y avait que cela qui comptait.
Et c’était ce que je voulais qu’elle sache et qu’elle n’oublie jamais.

J’hésitais alors à prendre sa main, de peur qu’elle ne me rejette. Mon cœur n’aurait pas supporté. Alors je me suis levé doucement, pour ne pas risquer de réveiller Lena qui devait sans doute dormir maintenant. Et je me suis agenouillé aux pieds de Katarina en plongeant mes grands yeux bleus qu’elle aimait tant dans les siens. C’était nous, seulement nous, les yeux dans les yeux…


-Katarina, je n’ai jamais aimé que toi, et je n’aimerais jamais que toi. Peut-être que si je l’ai appelée pendant mes délires c’était que…je revivais ces moments là. Je ne suis pas très fier de ce que j’ai fait, de ce que je lui ai fait. Et…je suis désolé qu’elle soit tombée amoureuse de moi. Maintenant je comprends…


Je ne comprenais pas vraiment tout, mais ce que je voulais dire c’était que je comprenais que Katarina ait pu se sentir blessée par les mots d’Alan, et par mon attitude pendant ces trois semaines où j’avais déliré. Mais je ne me souvenais pas, et je doutais de me souvenir un jour de ce qui m’était passé par la tête à ce moment là. Tout ce que j’avais c’était des suppositions, des hypothèses. Et je ne voulais plus vivre sur des « et si.. ». Je voulais qu’on essaye d’aller de l’avant. Et penser à Lucy, et la mettre au centre de notre couple en la considérant comme un obstacle à notre bonheur


-Tu vas m’en vouloir de ne jamais l’avoir aimée ?

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MessageSujet: Re: This truth in your lies { ETHAN }   Jeu 2 Déc - 21:08

C'était tellement logique. Tellement évident. Si évident même, que je ne m'en étais pas rendue compte tout de suite. Les choses évidentes ne vous sautent pas forcément aux yeux. Mais un jour, vous vous rappelez de quelque chose, d'un bête détail... Et vous vous mettez à y penser, encore et encore, ça devient un peu comme une obsession... Ou alors, comme moi, vous oubliez, avant qu'une ampoule ne s'allume brusquement dans votre esprit, vous faisant l'effet d'une bombe. C'était exactement ce qui m'était arrivé, quand, enfermée et prisonnière, j'avais soudain réalisé que la vengeance d'Alan n'était pas seulement dû au fait que Lucy avait fait une overdose mortelle. Cette overdose n'était qu'un merveilleux prétexte... Sur le coup, je n'avais pas compris ce que cette vengeance brutale et bestiale pouvait bien cacher. Et puis j'avais compris. J'avais compris, en associant le ton de sa voix, ses expressions, avec ce qu'il me disait. C'était de la jalousie, ni plus ni moins. Ce qu'il n'avait pas pardonné à Ethan, ce n'était pas tant qu'il n'ait rien fait pour la sauver. C'était qu'elle ait été réellement amoureuse de lui alors que lui n'en avait rien à faire. Qu'elle ait été amoureuse de lui, et pas d'Alan... Pour moi, Alan n'avait jamais représenté qu'un dealeur, un sale type. Et quand j'avais réalisé ça... J'avais eu pitié de lui, sincèrement. Parce qu'il pouvait bien faire ce qu'il voulait, on ne force personne à vous aimer. Je n'étais même pas certaine qu'il ait tenté quoi que ce soit pour s'attirer l'amour de Lucy. Ethan l'aurait su. J'avais l'impression qu'il avait profité de la situation, se moquant tout d'abord que Lucy soit heureuse ou non avec lui, du moment qu'elle l'était, avec lui. De toute évidence, il avait regretté tout trop tard. Finalement, le plus pathétique des deux, ce n'était pas Ethan. Il s'était rendu pathétique et pitoyable seul. Seulement, il avait la jalousie et le regret mauvais. Alors en bon psychopathe qu'il était, il avait ruminé sa vengeance...

Je n'avais toujours pas vraiment compris pourquoi il s'était acharné sur moi de cette façon. On aurait dit qu'il avait laissé ses fantasmes malsains s'exprimer sur moi, comme s'il se permettait de faire à une autre ce qu'il n'avait jamais fait à Lucy. De toute évidence, il avait refoulé un bon paquet de choses pendant des années... Et, bien évidemment, il avait fait tout ça pour se venger d'Ethan, qui avait obtenu tout ce que lui voulais sans jamais avoir à sourciller. Sauf qu'il s'en était toujours moqué. Alors il avait saisi l'occasion qui se présentait à lui, devinant parfaitement que le meilleur moyen de se venger serait de faire du mal à la fille dont Ethan était vraiment tombé amoureux... J'avais en effet terriblement souffert. Mais le succès d'Alan avait été de bien courte durée. Malheureusement, sa mort n'effaçait pas tout ce qu'il avait fait... Loin de là, même. De cet épisode je garderais des cicatrices toute ma vie, aussi bien physiquement que psychologiquement. J'aurais bien me remettre très vite et très bien de mon enlèvement s'il n'y avait eu qu'Armando et sa petite guérilla personnelle. Non pas que je ne m'en étais pas remise. J'étais à peu de choses près redevenue comme avant, je n'y pensais pas en permanence. Mais un tel épisode vous marque forcément guérison ou non. De tels actes de violence marquerait n'importe qui. Mais je ne pouvais pas vraiment me plaindre. J'avais survécu, grâce à Ethan, et à Vitali. Vitali... Cela faisait un bon moment que je n'avais pas eu de ses nouvelles. Eden avait dû accoucher maintenant. J'espérais que tout allait bien pour eux. Il me semblait que j'en savais suffisamment sur Armando pour savoir qu'il n'hésiterait certainement pas une seule seconde à faire du mal à son propre fils. Cet homme était un monstre. Pour moi, c'était plus un animal, une créature bestiale qu'un être humain.

Je n'étais pas surprise qu'Ethan me dise qu'il n'avait pas su. Ethan étant Ethan, il était évident qu'il n'avait jamais réalisé que Lucy voyait en lui un peu plus qu'un ami. Là encore, il n'avait vu que ce qu'il voulait bien voir. Déjà qu'à cette période de sa vie il n'avait pas les pieds sur terre... A en voir la tête qu'il faisait, cette révélation venait de le choquer et de le bouleverser. Je pouvais le comprendre, en quelque sorte. Ce devait être choquant de réaliser quelque chose des années après. Ethan, même s'il était toujours un peu ailleurs, était comme tout le monde. Il ne pouvait pas deviner une chose pareille, à plus forte raison si Lucy ne s'était jamais exprimée à ce sujet, au moins un tout petit peu. Et puis de toute façon... Non, Ethan ne l'avait pas aimée autrement que comme une amie. Et encore, il ne semblait pas en être très certain, puisqu'à cette époque, la seule chose qu'il aimait il se l'injectait directement... J'avais maintenant l'impression de savoir de quoi était capable Ethan en étant drogué et en manque, et vu ces dernières semaines, il ne m'était pas vraiment dur d'imaginer comment il avait dû être à cette époque. Il ne devait clairement pas y avoir de place pour l'amour ou les sentiments dans sa vie à cette époque là. Maintenant que je n'étais plus en colère, quelque part j'étais désolée pour Lucy. Ce devait être terrible d'être amoureuse de quelqu'un qui n'éprouve rien pour pour vous. De le voir, tout le temps, de faire comme si tout allait bien... Cependant, je restais lucide et ne cherchait pas à me mentir. Quelque part, j'étais bien contente qu'il n'ait jamais éprouvé quoi que ce soit pour elle. C'était certainement très égoïste de ma part, j'en avais conscience. Mais j'aurais été bouleversée d'apprendre du jour au lendemain qu'en fait, non, je n'étais pas la première femme de sa vie. Parce que pendant deux ans, il m'avait affirmé et réaffirmé que c'était le cas. Je suppose que n'importe qui aurait pu mal le prendre. Je n'étais pas idiote, cela ne m'aurait sans doute pas tuée d'apprendre qu'il avait déjà été amoureux avant moi s'il me l'avait dit dès le début. Mais ce n'était pas le cas, il m'avait tout de suite assuré haut et fort qu'il n'y avait jamais eu que moi. Aussi douce et ouverte d'esprit que je sois, je n'étais pas prête à échanger ma place de premier amour avec qui que ce soit. Pas plus qu'il n'était prêt à le faire, j'imagine.

Il était là, agenouillé devant moi, à me regarder dans les yeux sans pour autant s'autoriser à me toucher. Après la crise que je venais de lui faire, ce n'était pas étonnant. Il avait assez de jugeote pour savoir que je ne supportais pas les contacts physique pendant un assez court laps de temps. Cependant, il aurait pu me toucher, maintenant j'étais calmée. Je l'ai cependant dévisagé quand il m'a demandé si je lui en voulais de ne jamais avoir aimé Lucy, malgré tout ce qui s'était passé entre eux. J'ai froncé les sourcils, me demandant pendant une seconde s'il se moquait de moi. Mais il avait l'air sérieux. J'ai eu un soupir.

« Je mentirais si je te disais que cela me choque, ou que cela me fait quoi que ce soit... Parce qu'au final, de façon très égoïste, je me suis bien contente que tu ne l'aies jamais aimée... »

Oui, c'était très égoïste de ma part, mais il fallait bien dire ce qui était. Et c'était certainement honteux de jalouser un morte, mais c'était comme ça. Je n'y pouvais rien. Même si je savais que c'était moi qu'il aimait, je ne voulais pas voir le fantôme d'un vieil amour entre nous. De mon côté, lui ne risquait rien non plus. Je n'avais jamais été amoureuse avant lui. Je n'avais jamais rien ressenti pour un autre, et pourtant je ne m'étais jamais fermée aux rencontres... Je ne l'avais juste pas trouvé avant la guerre, c'était tout. Maintenant nous étions ensemble et nous allions le rester. Néanmoins, je me disais que bon nombre de couples auraient déjà explosé, avec tout ce qui nous était arrivé. Il fallait vraiment que nous nous aimions à la folie pour supporter tout cela... J'ai eu un petit soupir, et j'ai tendu ma main vers son visage. Puis j'ai doucement secoué la tête.

« Pourquoi est-ce que cela te paraît toujours incroyable qu'une femme puisse tomber amoureuse de toi ? »

N'importe qui aurait pu se sentir flatté... Mais lui, non, jamais, il était presque toujours surpris d'apprendre qu'une femme pouvait bel et bien l'aimer, et pour de bon. Il avait toujours peur que mon amour pour lui disparaisse du jour au lendemain, d'un claquement de doigts. Il n'était jamais flatté qu'une femme le regarde, il était toujours terriblement gêné. À chaque fois il avait l'impression que ce n'était pas normal. Je ne comprenais pas. Quelque part, j'avais l'impression qu'il avait peur de se sentir aimé. J'avais du mal à comprendre... C'était ce que tout le monde recherchait, non ? L'amour, l'attention, l'admiration. Lui... Non, on aurait presque dit qu'il en avait peur.

J'ai laissé mes mains courir sur son visage, sur son cou, puis sur ses épaules, avant de passer mes bras autour de lui. Je me suis finalement laissée glisser doucement au sol, pour me serrer contre lui. Recroquevillée, j'ai enfoui ma tête tout contre sa poitrine.

« Excuse moi... Je suis désolée... C'est juste que... J'étais tellement seule ces dernières semaines... J'avais l'impression que personne ne me voyait... Tu ne m'appelais pas par mon prénom, et dans son délire, mon père m'a à la fois confondue avec ma mère et son amie... J'avais l'impression d'être invisible, l'impression que vous ne me voyiez plus... Je suis désolée... Et puis... Tu sais comment je suis, avec les hormones j'ai tendance à être insupportable. Excuse moi... Je n'aurais jamais dû douter de ce que tu m'avais dit. »

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MessageSujet: Re: This truth in your lies { ETHAN }   Ven 3 Déc - 18:51

J’avais vraiment peur que Katarina me traite de salop et d’égoïste de ne jamais avoir remarqué les sentiments que Lucy nourrissait pour moi. Je m’en voulais dans un sens de lui avoir fait tout ça parce qu’au fond c’était une brave fille. Avant de nous rencontrer Alan et moi, elle avait un avenir tout tracé. Et nous rencontrer l’avait menée à la déchéance et à la mort. C’était triste comme vie. Et j’étais triste pour elle. Parce qu’elle n’avait pas eu l’occasion d’avoir des enfants, d’avoir une vie bien remplie. Elle était morte en pleine jeunesse, de la pire façon qui soit. Elle n’avait plus que la peau sur les os quand elle avait donné son dernier souffle, et elle n’avait eu personne pour veiller sur elle. Je ne m’étais rendu compte que son cœur ne battait plus que lorsque j’avais refait surface quelques heures plus tard. L’image que je venais de donner à Katarina n’était pas celle du mari qu’elle connaissait. Avec elle, jamais je ne m’étais comporté comme ça. Je l’avais toujours fait passer avant moi. Et qu’elle se rende compte que je n’étais pas aussi bien qu’elle pouvait le penser me faisait honte. J’aurais aimé être vierge de tout en la rencontrant, parce que j’avais l’impression de la salir. A genoux devant elle, je m’attendais vraiment à ce qu’elle me dise que je la décevais. Et pourtant, ce n’est pas du tout ce qui est sorti de sa bouche.

Bien sûr, elle était choquée mais elle avouait qu’au fond elle était heureuse que je ne sois jamais tombé amoureux d’elle et que je ne me sois pas rendu compte qu’elle, elle l’était. Oui, c’était égoïste et je ne lui en voulais pas non plus de l’être. Je me sentais flatté. Elle était la seule à me rendre fier, et à savoir le faire. Mais j’étais quelque peu surpris de sa réaction. Dire que je ne l’étais pas aurait été un mensonge. C’est comme si sa seconde grossesse la rendait enfin égoïste, et hermétique aux autres. Cet enfant que nous avions pensé avoir perdu, avait changé bien des choses en elle. J’avais l’impression qu’elle s’accordait enfin un droit de ne penser qu’a elle. Là il s’agissait surtout de son amour-propre. Je venais enfin de comprendre qu’elle avait peut-être besoin de ça. Elle avait trop pensé aux autres, trop à moi et s’était mise de côté. Et c’est ça qui avait sans doute provoqué cette réaction corporelle qui nous avait fait penser à une fausse couche. Son corps lui avait sans doute donné un avertissement. Et même si j’avais besoin d’elle, je me rendais enfin compte que ma femme n’était pas forte, qu’elle ne pouvait pas supporter grand-chose. Katarina était fragile et fragilisée. Saurais-je seulement trouver la force de renverser la tendance ? J’avais fait des efforts, mais je n’avais pas transformé l’essai bien longtemps.


-Jamais…


Je relevais les yeux vers elle pour qu’elle y lise à quel point elle était importante pour moi. Je ne m’étais pas non plus rendu compte qu’elle m’aimait pendant les premiers mois. J’avais même eu une peur bleue d’aller lui dire que je l’aimais. Et même si elle ne m’avait pas repoussé quand je l’avais embrassé pour la première fois, j’avais eu peur qu’elle me dise qu’elle ne ressentait rien que de l’amitié pour moi jusqu'à ce qu’elle vienne me trouver dans ma chambre et vienne à son tour m’embrasser. Cela avait semblé tellement évident pour les autres, et moi je n’avais rien vu. J’avais pris ses gestes affectueux pour de simples contacts entre un médecin et son patient. J’avais juste pris ses sourires comme une victoire de m’avoir sorti de mon enfer. Non…elle avait raison quand elle me disait que je ne voyais jamais rien. Je n’avais pas plus vu qu’elle m’aimait que Lucy m’aimait. Et mes relations passées n’avaient pas dérogé à la règle. Je n’avais jamais fait le premier pas avec mes premières petites amies. Je m’étais toujours laissé séduire et embrasser. Je n’avais jamais pris les devants, et c’était sans doute pour ça que ça n’avait jamais duré. Elles n’étaient pas la bonne, je ne les avais pas choisies. Katarina avait été une évidence. C’était ELLE !

J’ai sursauté quand j’ai senti sa main se poser sur ma joue. Elle ne se rendait pas compte de l’importance que ce petit geste avait sur mon pauvre petit cœur. C’était un « je t’aime » dont j’avais besoin. Parce que j’avais eu tellement peur de ne rien comprendre, et d’avoir fait une bêtise quand elle m’avait repoussé plusieurs fois. Elle avait maintenant le regard doux et bienveillant que je lui connaissais. Et c’était comme si ma femme était revenue. J’étais tellement touché que sa question m’a surpris.

Oui j’étais toujours surpris de savoir que les femmes étaient attirées par moi et qu’elles puissent tomber amoureuses de moi. Et je n’avais pas besoin de réfléchir bien longtemps aux raisons.


-Parce que…je n’aime pas être le centre d’attention ? Parce que…je ne me trouve pas exceptionnellement beau ? Parce que…je ne veux pas qu’on m’aime simplement parce qu’on me trouverait beau ?


Je savais qu’elle allait dire que j’étais idiot de penser à tout ça, mais pour moi ça paraissait une évidence. Même si j’étais enfant unique, et que j’avais été le centre d’attention de mes parents, je n’aimais être que le leur. A l’école, je faisais toujours tout pour ne pas me faire remarquer par les autres élèves ou les profs. Et puis, même si j’avais choisi une école de cinéma réputée, je n’avais jamais voulu être au centre des attentions en devenant acteur. Je préférais rester dans l’ombre. J’aimais observer le monde autour de moi sans être vu. C’était ça que j’aimais. Vivre ma vie loin du regard des autres. J’aimais sans doute trop l’intimité. C’était aussi pour ça que je ne rêvais que de vivre avec ma famille loin de tout le chahut et l’ambiance de la communauté.


-Et puis…parce que je n’ai jamais eu confiance en moi et que je voulais quelque chose de beau, de magique, d’exceptionnel, de dévastateur. Et ça je ne l’ai trouvé avec toi. Qu’avec toi.


Je crois que même dans trente ans, je me souviendrais toujours de ce que j’avais ressenti quand j’avais croisé ses beaux yeux bleus. Même dans un état de manque affolant, je me souvenais parfaitement d’avoir eu l’impression de voir mon cœur bondir hors de ma poitrine et d’aller se loger en elle. J’avais toujours la sensation de voir un ange tomber du ciel et me sourire. Et je sentais toujours ce même nœud au creux de mon estomac quand elle avait posé sa main sur moi. J’avais juste regretté que mes parents ne soient plus là pour la connaître. C’était le seul regret que j’avais.

Elle était redevenue si aimante d’un seul coup et je comptais bien en profiter .J’avais pour le moment envie d’en profiter. Je laissais ses doigts courir sur ma peau nue. Seulement vêtu d’un caleçon, je laissais ma peau s’embraser au contact de ses doigts. Mais quand je l’ai sentie s’agenouiller en face de moi, j’ai fait attention à ce qu’elle ne se fasse pas mal et j’ai refermé mes bras sur elle quand elle s’est blottie contre moi. J’aimais sentir sa tête contre mon cœur. Parce que je voulais qu’elle se rende compte que mon cœur battait pour elle. La crise semblait être passée, et elle s’excusait pour avoir réagi comme ça.

Et maintenant qu’elle m’expliquait, je comprenais ce qui s’était passé. Je n’étais pas le seul responsable, mais je l’étais quand même. Je m’en voulais de l’avoir blessée. Même non intentionnellement, je n’aimais pas qu’elle souffre à cause de moi. Je savais que les hormones de grossesse pesaient dans la balance, mais ça n’excusait pas tout. Elle avait eu mal. J’ai caressé ses cheveux tendrement en nous laissant bercer par ces douces retrouvailles.


-Tu n’as pas à t’excuser mon amour, c’est ma faute. Je sais que je ne contrôle rien quand je délire mais je ne voulais pas te faire de mal. Je n’aime pas savoir que tu souffres, je t’aime tellement et ça me déchire le cœur.


J’avais aussi des excuses à lui faire. Même si j’étais sous l’emprise du manque, je m’en voulais. Je m’étais promis de ne plus la voir souffrir, ni de la faire souffrir, et c’était encore arrivé. Je ne pouvais pas m’excuser pour son père bien entendu, mais je pouvais le faire pour moi.
Nous étions toujours à genoux, et je ne voulais pas lui dire cela comme ça. Alors je me suis relevé en lui tendant les mains pour l’aider à se relever. Et je l’ai conduite sur le rocking chair qui me semblait l’endroit le plus confortable. Et encore une fois, je me suis agenouillé à ses pieds.


-Regarde-moi mon ange, et écoute bien ce que je vais te dire d’accord ?


J’avais pris une voix tendre et douce. Et j’essayais d’y mettre toute ma conviction. Je lui disais souvent que je l’aimais. Mais là je me rendais compte que c’était différent. Il y avait eu tellement de choses depuis que je ne lui avais pas dit à quel point elle était importante pour moi. La dernière fois remontait sans doute à cette nuit de folie que nous avions passée ensemble.


-Je t’aime et je n’ai jamais vu que toi. Il n’y a que toi dans mon cœur, dans mes veines, dans ma tête, dans chacun de mes souffles, dans chacune de mes paroles, dans chacun de mes gestes. C’est toi et ce sera toujours toi. Et ce bébé…


Pour moi, c’était encore une fille, mais nous n’en avions pas vraiment parlé. Nous étions heureux que cette fausse couche ne soit qu’une illusion et j’étais tellement accaparé par ma désintoxication que nous n’avions pas parlé. Mais j’étais si soulagé de me dire qu’il n’était pas mort. Nous allions encore être parents. Mon rêve, notre rêve de grande famille allait se réaliser. Et j’étais même prêt à inclure le père de Katarina mais pas pour le moment. Pour le moment, je voulais rétablir l’équilibre au sein de mon couple et de la famille que nous avions créée.


-C’est le symbole de notre amour tout comme Lena. On est une famille mon amour, une famille ! Quoiqu’il arrive on sera toujours ensemble…
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MessageSujet: Re: This truth in your lies { ETHAN }   Sam 4 Déc - 13:35

Je n'avais jamais vraiment compris d'où venait ce manque de confiance en lui qu'avait Ethan. Selon ses dires, il avait toujours été comme ça, cela ne datait pas d'après la mort de ses parents. Il avait toujours douté de lui, et je ne parvenais pas à comprendre pourquoi. Pourquoi douter de lui ? Même avant, sans être parfait, il avait de beau attirer l'attention. Il était certainement promis à un avenir brillant dans le monde du cinéma, il avait l'air d'avoir de bons amis... Et puis admettons le une bonne fois pour toutes, son physique ne pouvait pas laisser indifférente bien longtemps. Je ne disais pas que c'était la seule chose qui comptait, loin de là. Mais on ne pouvait pas ne pas le remarquer. Comment ne pouvait-il pas avoir confiance en lui ? Ce n'était pas comme s'il avait été rabaissé toute sa vie. Il avait été un enfant unique et choyé par ses parents pendant la majeure partie de sa vie. Je doutais sincèrement que ses parents aient fait quoi que ce soit pour lui laisser penser qu'il ne valait rien... Ce manque de confiance en lui datait de longtemps avant la mort de ses parents. C'était un mystère de plus. Néanmoins je n'étais pas contre un début de réponse. J'avais toujours su qu'il n'aimait ps être le centre de toutes les attentions. Mais sa timidité s'était nettement effacée depuis qu'il avait à me protéger moi et Lena. Je me souvenais très bien de comment il était au début. Toujours effacé, silencieux, loin des autres, mal à l'aise dès qu'un peu trop de regards étaient tournés vers lui. Même au début de notre relation, il était timide et un peu gauche, ce qui me faisait craquer. Finalement, il avait beaucoup changé. Mais au fond, il restait toujours le même, incertain, à se demander si son bonheur n'était pas éphémère, à se demander si tout le monde n'allait pas l'abandonner du jour au lendemain. J'avais compris que c'était ça, sa plus grande peur. Dans ses délires, il lui était arrivé de croire que je l'avais abandonné, que j'étais partie avec Lena. Drôle d'idée que celle là. Au bout de deux ans, j'aurais pensé qu'il avait compris que je ne m'en irait pas, jamais. Après toutes ces épreuves, le quitter eût été complètement ridicule. Et trop facile. C'était bien connu, je n'aimais pas la facilité. Ce mot ne fonctionnait de toute façon pas avec Ethan.

Faire avaler à Ethan qu'il était attirant étant peine perdue, j'avais laissé tombé, me contentant de lui dire de temps en temps que je le trouvais beau. Puisqu'il disait que seul mon avis comptait, il devait bien le prendre en compte. Mais il était évident que je ne verrais jamais son physique en premier. Ethan était un être trop complexe pour qu'on ne puisse prendre en compte que son physique. Même si je me serais bien passé de ses mauvais côtés, j'aimais l'être d'Ethan pour tout ce qu'il était, sans limites. Il avait raison quand il disait que notre amour était beau, magique, exceptionnel et dévastateur. J'aurais aussi rajouté unique. Notre amour représentait tellement de choses. Il avait survécu à toutes les épreuves, à tous les maux, et à chaque fois il en était ressorti plus fort. Il y avait des choses que je n'aimais pas chez Ethan, mais force était de constater que je parvenais toujours à lui pardonner ses écarts. Certains auraient considéré que c'était stupide et naïf de ma part. Je ne trouvais pas... Quand on aime on pardonne, non ? Et il ne s'agissait pas que de nous. Je parvenais à pardonner Ethan, Alexander avait pardonné Gabrielle et ainsi de suite. L'amour était quelque chose de très compliqué et d'incompréhensible. Je ne croyais pas à toutes ces pseudos théories chimiques et scientifiques sur l'amour. J'avais beau être très terre à terre, très logique, je ne pensais pas qu'on puisse tout expliquer scientifiquement. Certaines choses ne s'expliquaient pas.

J'ai levé les yeux quand il s'est levé, et j'ai saisi ses mains qu'il me tendait pour m'aider à me relever. Je l'ai laissé me conduire jusqu'au rocking-chair, et je me suis assise dedans, tandis qu'une fois encore il s'agenouillait à mes pieds. J'ai eu un petit soupir, jetant un petit coup d'œil rapide au berceau de Lena. J'étais étonnée de ne pas l'avoir réveillée, avec mes hurlement hystériques. Ou alors elle s'était réveillée mais n'avait rien dit, se demandant certainement ce qui se passait. Maman avait piqué une crise... encore... Heureusement que Lena était un bébé patient et calme. Parce qu'avec cette nouvelle grossesse, je n'étais pas certaine de pouvoir faire preuve d'autant de patience avec elle. J'étais toujours un peu inquiète, à l'idée d'avoir deux grossesse si rapprochées. J'espérais que mon corps puisse le supporter. Lena n'avait pas un an... Ironiquement, j'aurais dit qu'Ethan et moi étions plutôt doués. Et puis que vouliez vous, dans les conditions actuelles, il était assez difficile de prévoir ce genre de choses. Mais je trouvais tout de même étrange que nous soyons les seuls à nous retrouver dans cette situation. Peut-être parce qu'il n'y avait pas tant de couples que cela dans la communauté, en fin de compte ? Mais nous, en deux ans, nous avions battu des records... C'était étrange. Certains auraient dit pour se moquer qu'Ethan était doué. Et quelque part, j'aurais eu du mal à les contredire...

J'ai retourné la tête vers Ethan tandis qu'il me demandait de le regarder. J'ai simplement acquiescé quand il m'a demandé de l'écouter. J'ai littéralement senti mon cœur fondre tandis qu'il me disait avec ses mots à lui qu'il n'avait jamais aimé que mot. J'ai dû m'empourprer légèrement, avant de baisser les yeux, gênée. Et il avait raison quant à ce bébé... Cela symbolisait notre amour, notre famille. Oui, nous étions une famille. Quoiqu'il arrive nous serions toujours une famille. Je me suis penchée en avant, pour poser mon front contre le sien. J'ai eu un soupir, avant de fermer les yeux une seconde. J'ai caressé sa joue, avant d'embrasser son front tendrement.

« Je suis contente que nous soyons une famille, Ethan... Et je sais que tu veux une famille nombreuse. Je veux bien t'aider à réaliser ton rêve, mais seulement si tu me laisses me reposer un peu après ce bébé là...! »

J'eus un petit rire en embrassant sa joue. Il avait toujours voulu une grande famille, il me l'avait toujours dit. Moi, au départ, je ne voulais qu'un ou deux enfants... Ethan en voulait cinq ou six. Bon, je n'étais pas certaine d'en vouloir autant, mais trois ou quatre, pourquoi pas. Mais pas à la suite. Cela risquait d'être dangereux et terriblement épuisant pour moi et les enfants. Cependant, cette seconde grossesse me faisait terriblement plaisir. Surtout après avoir cru à la perte de cet enfant. Et puis en un sens, avoir deux enfants avec peu d'années d'écart, ce n'était pas si mal. J'aurais beaucoup aimé avoir un frère ( c'était le cas, enfin plus ou moins ) ou une sœur proche de moi. Être enfant unique, ce n'était pas si agréable que cela... Je ne voulais pas que Lena se sente seule, comment cela m'était parfois arrivé, malgré la présence quasi permanente de mon père. Et puis de toute façon, pour voir les choses d'un autre œil, je n'avais pas le choix. J'étais enceinte, et absolument pas du genre à fuir mes responsabilités. J'allais prendre soin de ce bébé comme j'avais pris soin de Lena. Après tout, c'était une merveilleuse surprise, un merveilleux cadeau. Et ce bébé avait l'air de mettre tout le monde en joie. Moi, Ethan, mon père, nos amis... Je n'avais pas encore songé à ce que j'aurais aimé avoir, je parle du sexe du bébé. Je crois que pour le moment cela m'était un peu égal. Tout ce que je voulais, c'était un bébé en bonne santé. Un joli bébé en bonne santé.

J'ai pris son visage entre mes doigts, avant de poser mes lèvres sur les siennes pour l'embrasser tendrement. Seigneur ! Depuis combien de temps est-ce que ne nous étions pas embrassés ? Au moins un mois, oui... Durant sa désintoxication, il n'y avait guère eu de place pour la tendresse. Nous avions du temps perdu à rattraper. Souriante, je me suis redressée, et j'ai posé un doigt sur sa joue.

« Tu sais, je crois que tu devrais te raser, Lena n'aime pas les bisous qui piquent. »

J'ai eu un nouveau petit rire tandis que je me relevais. Moi, j'aimais bien son petit air négligé, mais Lena, moins. Elle faisait toujours une petite grimace et tirait la langue quand son père l'embrassait en n'étant pas rasé tout à fait correctement. J'ai attrapé l'un des pulls d'Ethan, un de ceux que je venais de laver et je le lui ai tendu, ainsi qu'un jean.

« Tu devrais t'habiller, tu vas attraper froid. Et il ne manquerait plus que ça... Je reviens, je vais aller te chercher quelque chose à manger, tu n'as rien avalé depuis ce matin. »

J'ai déposé un baiser sur sa joue avant de me faufiler en dehors de la chambre. Je suis allée directement dans la cuisine. Il y restait Samuel, qui faisait la vaisselle avec l'aide d'une jeune fille, une nouvelle arrivante que je n'avais jamais vu avant. Je lui ai demandé s'il restait du repas de midi, et il s'est gentiment empressé de me faire un plateau avec une assiette de légumes et un thé. Il pensait certainement que c'était pour moi, étant donné que je n'étais pas allée prendre de repas ce midi. Je suis rapidement retournée dans notre chambre, et à peine entrée dans la chambre je suis allée poser le plateau sur notre table de chevet. Satisfaite, j'ai pris une profonde inspiration.

Grossière erreur.

J'ai pâli instantanément. J'ai brusquement porté une main à ma bouche, subitement prise de nausée. Oh, mais ça alors, c'était bel et bien la première fois que de pauvres petits légumes me donnaient la nausée. J'ai fait une drôle de tête, agitant bêtement la main pour essayer de faire comprendre à Ethan que j'allais certainement vomir bêtement. Les joies de la grossesse.

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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MessageSujet: Re: This truth in your lies { ETHAN }   Lun 6 Déc - 12:32

Même dans la mort, mes parents et moi formions encore une famille. Dans mon cœur, ils étaient toujours là et le seraient toujours. Dans un sens, ils faisaient partie intégrante de ma famille, comme la mère de Katarina, comme…oui…aussi dingue que cela puisse paraître, le père de Katarina faisait partie de notre famille. Je lui en voulais toujours autant, mais il fallait que j’accepte que quoi qu’il ait pu faire, il restait le père de Katarina. Il restait aussi le grand-père de Lena et de ce bébé. Il était leur seul grand parent vivant…mais pouvais-je lui faire confiance ? Après tout, il avait été jusqu'à braver mes interdictions, il avait usé de son charme et de son pouvoir de persuasion envers Lilly (à qui j’en voulais toujours d’avoir cédé) pour approcher Lena. Non, je ne pouvais pas lui faire confiance. C’était maintenant tout bonnement impossible. Il avait anéanti toutes ses chances d’avoir un rôle à jouer dans la vie de Lena et Anna. Je pouvais accepter que Katarina lui parle si elle en ressentait le besoin parce que je me doutais que son père lui manquait, mais Lena…elle ne ressentirait jamais le manque de son grand-père puisqu’elle ne le connaissait pas. Et c’était mieux ainsi.

Qu’elle me rejette et me repousse avait créé en moi une espèce de peur quasi chronique. Alors que nous avions cessé de nous disputer, et que Katarina m’avait expliqué ce qu’elle avait, j’avais encore peur qu’elle ne me repousse. Alors, quand elle a posé son front contre le mien, je me suis raidi un instant avant de me laisser aller. Nous avons du fermer les yeux au même moment pour profiter de cette bulle qui se formait autour de nous. Nous étions heureux et amoureux. J’aimais la douceur avec laquelle elle posait sa main sur ma joue et ses lèvres sur mon front. Je ne pouvais que soupirer. J’étais heureux, enfin heureux. Pas encore tout à fait sorti d’affaire et je ne le serais sans doute jamais réellement mais tant que ma famille allait bien, tant que nous restions unis. Peu importe que nous soyons que quatre ou alors six ou sept, je m’en fichais. Oui je voulais une grande famille, je voulais beaucoup d’enfants autour de nous, mais en avoir deux c’était déjà quelque chose de merveilleux. Ma vision d’une grande famille avait changé depuis que nous avions cru avoir perdu cet enfant là. Finalement, Katarina avait raison…il faudrait cette fois redoubler de prudence après Anna. C’était peut être la naissance encore trop proche de Lena qui avait provoqué ce semblant de fausse-couche.


-Promis. Je t’aime.


Je l’aimais même comme un fou. Katarina était ma femme, ma princesse. Et si je devais cesser de la toucher pendant des mois entiers pour éviter qu’elle ne retombe enceinte et que les conséquences soient vraiment malheureuses cette fois-ci, et bien j’étais prêt à le faire. Tout ce qui m’importait c’était leur bonheur et leur santé à toutes les trois. Et puis deux enfants c’était déjà une belle famille non ? Mes parents n’avaient pas eu cette chance, les parents de Katarina non plus. Alors deux enfants, c’était déjà bien. Surtout dans un monde comme lequel dans celui que nous vivions. Heureusement que Katarina pouvait les allaiter. Enfin…Mathilda m’avait quand même expliqué qu’une femme peut avoir du mal à allaiter. Et même si pour Lena, cela n’avait posé aucun problème, il en serait peut-être différemment pour Anna. La grossesse de Katarina, bien que nous l’ayons découverte que depuis très peu de temps, se déroulait bien. Pas de nausées, pas de crampes… Bien sûr, elle était nerveuse…mais qui ne le serait pas ? De toute façon je lui pardonnais tout. Je l’aimais tellement.

Je lui souriais un peu tandis qu’elle encadrait mon visage de ses mains. J’avais toujours aimé la douceur de sa peau, la délicatesse avec laquelle elle se mouvait, l’amour avec lequel elle posait ses lèvres sur les miennes. Ses baisers étaient comme de douces caresses, m’embrasant tout entier et me rendant fou d’amour. Je ne me souvenais même plus à quand remontait notre dernier baiser. J’avais l’impression que c’était même la première fois. Je voulais ne plus retomber là dedans. Je savais maintenant que je pouvais compter sur Alexander. Il avait été mon sauveur. Je ne pouvais pas en vouloir à Katarina, elle avait essayé. Mais Alexander avait su me dire ce dont j’avais besoin. Je m’en voulais d’avoir eu besoin de quelqu’un d’autre pour refaire surface.

Ma bouche a formé un « o » parfait tandis que je la voyais se redresser et un doigt venir se poser sur ma joue. Oui…elle avait raison, je devais ressembler à un naufragé du Pacifique. Je ne m’étais pas rasé depuis un mois. Je n’en avais pas été capable de toute façon et puis Katarina avait autre chose à faire pendant cette période que de me raser. Je ne me rappelais même plus qu’Alexander m’avait conduit une nuit sous les douches. En fait, mon dernier rasage devait remonter à quelques jours seulement parce que sinon j’aurais eu une barbe non ? J’avoue que quand Katarina me regardait comme ça j’en oubliais tout et je devenais complètement baba. Mais ma femme avait raison. Lena n’allait sûrement pas apprécier que je la couvre de baisers alors que je piquais. Je revoyais encore ses grimaces et sa façon de se détourner quand elle sentait que ma peau n’était pas toute lisse. Lena aimait apparemment les choses bien propres. Et les poils ne faisaient pas partie du programme.

Oui elle avait raison, il fallait que je songe à me raser. Elle me laissait d’ailleurs le temps de le faire, me recommandant quand même de m’habiller pendant qu’elle allait me chercher quelque chose à manger. Oui j’avais faim. Très faim même. Parce que c’était l’unique moyen de supporter le manque de drogue. J’ai pris les vêtements qu’elle me tendait et je lui ai souri alors qu’elle quittait la pièce. Je me suis habillé rapidement, et j’ai jeté un coup d’œil au dessus du berceau de Lena. Elle dormait paisiblement, les bras au dessus de sa tête, les poings fermés et un sourire angélique irradiant toute la pièce. J’ai refermé le ciel de lit pour qu’elle soit dans son petit monde et j’ai rempli une bassine d’eau en prenant un rasoir. Le miroir me renvoyait l’image d’un homme amaigri. J’avais tellement honte d’être redevenu un cadavre ambulant, mais j’étais heureux que Katarina soit toujours là.

Je venais de donner la dernière petite touche à une peau toute lisse, quand Katarina est réapparue dans l’encadrement de la porte. J’ai refermé la porte derrière elle, ne remarquant pas encore qu’elle était blanche comme un linge. Ce n’est que quand elle s’est retournée vers moi, la main sur sa bouche que j’ai vu que ça n’allait pas. Il m’a fallu quelques secondes avant de comprendre ce que signifiait le geste de la main de Katarina. Des nausées, elle était victime de nausées. Moi, qui pensais que cette grossesse serait différente…
Je me suis précipité vers elle, amenant avec moi la bassine remplie d’eau, de savon et de poils. Peu importe, c’est ce qui m’était passé par la tête en premier. Nous ne disposions que d’une bassine par chambre, et je l’avais utilisé. Et puis…je n’avais pensé à rien. Elle avait envie de vomir, il lui fallait quelque chose au cas où…c’est tout.


-Je suis là mon ange, je suis là. Vomis, vas-y.


Je lui ai tenu les cheveux, les tenants bien éloignés de sa bouche tandis qu’elle se penchait sur la bassine et la tenait fermement. Mais rien n’a semblé venir. Nous avons attendus comme ça pendant prés de cinq minutes avant que Katarina ne relève la tête et prenne une grande inspiration. Je lui ai caressé les cheveux en prenant une voix teintée d’inquiétude. Parce que de toute façon, je l’étais. Je me doutais que c’était normal ces nausées, mais je n’aimais pas la savoir malade.

-Ca va mieux ?

J’en doutais mais je pouvais quand même demander non ?

Je l’ai pris par la main, laissant pour le moment le plateau et la bassine de côté. J’avais plus important à faire pour le moment. Katarina avait besoin que je sois là et que je prenne soin d’elle. Cette grossesse là serait sans doute encore très difficile pour Katarina. Enfin les premiers mois…Avec Lena elle avait du attendre cinq mois de grossesse pleins avant de réussir à faire des repas normaux. Je me souviendrais toujours du nombre incalculable de boites de céréales qu’elle avait pu engloutir. Heureusement que nous n’en manquions pas, et que les enfants d’ici étaient peu friands de ce genre de choses. Et puis, les céréales étaient sans doute quelque chose qui se monnayait pour peu.

-Je pense que tu vas te nourrir encore de céréales comme pour Lena….

Il nous en restait sans doute encore beaucoup. Et puis, ça me rappellerait de doux souvenirs. J’allais pouvoir prendre soin d’elle comme elle avait pris soin de moi, et comme c’était mon devoir d’époux. J’aimais tellement la voir enceinte, elle était encore plus belle.

J’ai pris sa main et j’ai ouvert le lit en l’y entrainant le plus doucement possible. Elle allait sans doute protester, mais peut-être que ces nausées étaient signes qu’elle devait se reposer. Et puis, il fallait, maintenant que moi j’allais mieux, qu’elle se repose elle. Je ne voulais pas risquer de perdre cet enfant une seconde fois….

-Viens t’allonger, laisse-moi prendre soin de toi.
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