AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )

Aller en bas 
AuteurMessage
Ethan Jones
I'm forever blindavatar

Messages : 1559
Date d'inscription : 03/01/2010
Age : 38
Localisation : New-York

MessageSujet: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Jeu 16 Déc - 18:20

C’était dingue comme une simple petite nouvelle pouvait vous rendre votre vie. Il avait fallu que Katarina m’apprenne qu’elle n’avait pas perdu notre enfant, et qu’il s’était accroché à la vie pour qu’une lumière s’allume dans mon esprit. Bon, les premiers jours avaient été difficiles et j’essayais de résister à l’envie de me laisser aller à mes hallucinations et à quémander quelque chose pour calmer mes tremblements, mes fièvres, mes sueurs froides et mes délires paranoïaques. Je n’avais pas quitté la chambre pendant une semaine de plus et j’avais trouvé que manger me réconfortait et m’évitait d’avoir envie de me droguer.

Alexander venait me voir quatre à cinq fois par jour et me forçait à lui parler. Il s’avérait être un ami, un confident, un frère plus fidele que je n’avais voulu le croire. Il m’avait pardonné mes insultes envers sa femme, et je lui avais raconté ce qui s’était passé dans ma tête pour que j’en arrive à retomber dans la drogue. Et puis, il veillait sur moi comme un père. Je ne voulais plus jamais lui faire défaut. C’était le parrain de Lena et je savais que je pourrais toujours compter sur lui. Ma famille pourrait toujours compter sur lui. Parce qu’il faisait partie de ma famille.

Les choses étaient plus difficiles avec Katarina parce que j’avais été bien trop loin mais nous nous aimions si fort que cette épreuve nous avait renforcés. J’essayais de redevenir aussi câlin que j’avais pu l’être avec elle et j’essayais de rattraper le temps perdu avec Lena. Je demandais toujours à Katarina de ne pas me laisser seul avec notre fille, parce que j’avais une peur bleue de lui faire du mal ou de faire une bêtise avec elle si j’étais seul. Et Katarina était un ange de patience avec moi. Tout comme Lena l’avait été, ce bébé (qui pour moi ne pouvait être qu’une petite fille) avait à la seconde réveillé en moi un instinct paternel tel que je savais que je devais être bien dans ma tête et dans mon corps pour aider Katarina et pour tenir mon rôle. J’espérais seulement que cette fois-ci, avec l’aide d’Alexander, de Katarina et de tous ceux qui comptaient pour moi, cette rechute était vraiment la dernière. D’autant plus, que quelques jours après que nous ayons appris que nous allions à nouveau être parents, j’avais eu une longue conversation avec Katarina. Nous ne voulions plus rien nous cacher, et affronter nos problèmes comme nous l’avait conseillé Alexander. Il fallait que nous parlions sincèrement des choses pour avancer. Et ces trois semaines écoulées en faisait bien entendu partie.

Si je m’étais rendu compte de ce que j’avais fait et dit pendant ma période de manque. Si j’avais su jusqu’où j’étais allé plus tôt, je doutais que j’aurais été aussi loin. Je me rendais compte maintenant qu’elle m’avait tout raconté, ce qu’elle avait vécu…Je m’en voulais terriblement mais elle m’avait pardonné. Je sais que tout comme moi elle me pardonnait tout, et je lui en étais reconnaissant. J’avais vraiment fait des choses détestables, mais ca ne semblait rien à côté des mots qui étaient sortis de ma bouche. Même si nous savions tous les deux que ce n’était pas vraiment moi, je savais qu’elle avait eu mal. Mais nous essayions de nous tourner vers l’avenir. Il n’y avait que nos enfants qui comptaient. C’était pour eux qu’il fallait avancer. Ne plus regarder en arrière. Ce qui était fait était fait, on ne pouvait retourner en arrière. Et c’était mieux comme ça.

C’est comme ça qu’une semaine après, je me retrouvais à nouveau hors de ma chambre. Katarina avait menti à tout le monde sur mon isolement et j’avais essayé de répondre aux questions des gens, éludant la plupart du temps. Oui j’allais mieux, c’est tout ce qu’ils devaient savoir. Je leur étais à tous les trois (Mathilda, Alexander et Katarina) extrêmement reconnaissant du mensonge qu’ils avaient tissé sur ma prétendue maladie. Ils avaient fait ca pour me protéger, et protéger ma légitimité de leader. Personne ne savait rien du combat qu’avait été le mien et qui l’était encore. Mais je crevais d’envie de partager ça avec Aaron, parce qu’il était mon ami.il l’avait toujours été malgré ce que je pouvais bien croire. Et me retrouver a retravailler avec lui, c’était comme si aucune épreuve n’était survenue et qu’on avait arrêté de travailler ensemble la veille. Je ne savais pas où il en était dans sa vie personnelle, et je brulais d’envie de lui demander mais je n’osais pas. Je ne voulais pour le moment pas gâcher ces moments là.

Aaron m’avait demandé de le rejoindre deux heures plus tôt à la réserve pour m’expliquer comment il s’y était pris depuis qu’il avait pris le relais pour me remplacer. Il m’expliquait son nouveau système d’inventaire et les prochains tours d’expédition. Il avait fait un travail formidable. En plus de son travail, il gérait à la perfection les réserves en tout genre. Il avait un œil partout. J’étais même étonné de voir des personnes qui auparavant étaient sur un autre « poste » s’occuper de cette partie là. Il avait visiblement cherché à tirer parti du meilleur, cherchant une place adéquate à chacun. C’était pas bête…Moi j’essayais toujours de donner aux nouveaux un rôle qu’ils me demandaient mais Aaron, lui ne se laissait pas démonter. C’est lui qui décidait. Et personne ne semblait rien avoir trouvé à redire. J’étais vraiment impressionné par Aaron et Alexander et je m’en voulais de ne pas être à leur niveau… Il me faudrait des années avant de leur arriver à la cheville.

Nous avions fait le tour de tout ce que je devais savoir pour pouvoir reprendre le poste et délester Aaron de ce poste, et nous avons commencé à parler de nos vies privées. Enfin plutôt de ma vie privée. J’avais peur de lui avouer que j’avais rechuté, alors j’éludais ce mois où j’avais été absent pour tout le monde. Préférant parler de la nouvelle grossesse de Katarina. Pourtant au bout d’une dizaines de minutes, des bruits ont commencé à nous parvenir du couloir.

A cet étage, nous n’étions pas habitués à un remue ménage comme celui qui semblait se dérouler hors de cette pièce. Nous avions à peine sortis la tête hors de la réserve qu’un coup de feu a retenti. Là il se passait vraiment quelque chose. Et j’avoue qu’on ne s’était pas attendu du tout à ça. Le coup de feu résonnait dans le couloir, si bien qu’on ne pouvait pas être assurés qu’il vienne bien du fond, là où se trouvait l’entrée gardée nuit et jour.

Je n’eus pas le temps de dire quoi que ce soit qu’Aaron s’écria avec son ton habituel :

-Mais qu’est ce que c’est que ce bordel encore ?

J’haussai les épaules pour lui signifier que je ne savais pas ce que ce bruit signifiait. J’avoue que j’avais une forte appréhension mais Alexander m’avait dit qu’il fallait que j’arrête de me laisser aller à mes excès de paranoïa. Parce que selon lui, la drogue me rendait paranoïaque. Je ne pouvais pas lui donner tort puisque c’est vrai que je voyais souvent le mal partout, surtout quand il s’agissait de la sécurité de ma famille.

Un cri perçant nous parvint prés des escaliers jusqu’à ce qu’en tournant la tête, j’aperçoive un corps prés de la porte d’entrée. Un corps inerte, d’où on pouvait voir une flaque rougeâtre dépasser. Oh mon dieu ! Je ne savais pas de qui il s’agissait parce que d’où j’étais je ne reconnaissais pas le corps, et puis je ne savais plus comment se déroulaient les tours de garde depuis trop longtemps.

Le premier réflexe que nous ayons eu en même temps avec Aaron c’est de nous élancer tous les deux vers l’entrée pour aller voir ce qu’il se passait. Mais quand nous sommes arrivés, il n’y avait plus personne devant. Et on s’est rapidement rendus compte que tout ceci ne présageait rien de bien. La personne qu’on avait tuée, c’était Franck, cet ancien gardien de prison qui était pourtant dans mes souvenirs quelqu’un de bien et d’assez dissuasif à ce poste. Il semblait avoir été pris de surprise. Paix à son âme…Nous n’avons pas eu le temps de lui fermer les yeux qu’à nouveau, quelque chose nous a alertés. Il se passait quelque chose de l’autre côté du couloir…Et il semblait évident que la réserve était très bien insonorisée. Parce que pour ne pas avoir entendu avant un remue-ménage comme celui là était vraiment étrange.

Sans nous concerter, nous avons courus jusqu’à tourner dans le couloir et nous apercevoir que des gens étaient entrés. Aaron, du bout des lèvres, me demanda si j’étais armé, et quand je lui fis comprendre que c’était toujours le cas, il me fit signe d’aller de l’autre côté et d’avancer en même temps. Nous avancions jusqu’à tourner dans l’autre côté de l’étage comme si nous étions des commandos de je ne sais quelle armée. Si la situation ne m’avait pas parue aussi grave, j’aurais sans doute ri du fait qu’Alexander soit fier de nous.

Nos revolvers bien tenus en main, nous avons pointé devant nous et Aaron s’est écrié.

-Qui va là ?

Mais à part Diane et Lilly qui semblaient transies de peur, il n’y avait personne.


Dernière édition par Ethan Jones le Mer 5 Jan - 1:00, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Sam 18 Déc - 18:47

Je m’étais souvent demandée ce que tout cela signifiait. La raison de notre présence ici. Je m’étais toujours posée cette question : étions-nous ici par hasard ? Où était notre place ? Réussissait-on toujours à la trouver ? Moi, j’avais du mal. J’allais mal. Et je ne savais pas très bien pourquoi. Il y avait l’histoire avec Ethan, bien sûr, mais mon malaise allait bien au-delà de ça. Je souriais beaucoup moins, seulement avec les enfants. L’innocence que je pouvais trouver dans leurs regards, leurs sourires, c’était la seule chose que me faisait me sentir bien, un peu. J’avais essayé d’en « parler » avec Kaylhen, mais depuis le retour d’Aristide et l’arrivée de sa petite sœur, je ne la voyais plus. Le reste du tout, elle avait un rail de coke dans le nez. J’allais mal, alors je voulais aller voir Ethan. Et puis je me souvenais que ce n’était plus possible. Ethan ne me regardait même plus. Ethan allait mieux, lui. On nous avait fait croire qu’il était malade, mais moi, je savais. Il avait replongé. Comment le savais-je ? Je n’avais pas eu de preuves à proprement parlé, c’était plutôt un genre d’intuition. La chute, encore et encore. Tomber plus bas, toujours. Mais il s’était accroché. Il avait été sauvé. Katarina n’avait pas fait de fausse couche, le bébé était toujours là. Et j’avais évidemment trouvé ça merveilleux, ça m’emplissait de joie pour tous les deux, vraiment. Mais moi, j’allais toujours mal. Je ne savais pas quoi faire, pas où aller, ni avec qui. Dans la communauté, j’avais des tas de connaissances, des personnes que je pouvais qualifier d’amies, mais je me sentais quand même très seule. Beaucoup trop seule. Les gens qui ne me connaissent pas essaient de le faire, et puis ils voient que je ne parle pas, ça les gonfle, ils s’en vont. Je m’en fiche. Qu’ils aillent piailler ailleurs. Je m’étais souvent demandée ce que tout cela signifiait. Et puis je me suis souvenue : nous sommes tous destinés à aller mal, à un moment ou un autre. Le bonheur ne dure jamais longtemps. On va mal, on souffre. Des fois, on pleure. Des fois, notre cœur bat un peu plus vite. Des fois, on sourit. Des fois, on va bien. Mais le reste du temps, on se sent mal.

J’étais encore loin de me douter de ce qui allait se passer. Je ne me doutais pas encore que dans quelques instants, tout allait une nouvelle fois basculer. Le cauchemar était loin d’être terminé. En fait, il ne faisait que commencer.

Peut-être que je n’étais pas supposée naître. Peut-être que ma mère devait vivre, et moi non. Peut-être que je ne suis qu’une erreur. Peut-être que sans moi, mes parents seraient encore en vie, peut-être qu’ils seraient heureux, malgré tout. C’est ce qu’Ethan avait du se dire : Lilly ne sert à rien. Lilly m’a trahi. Lilly ne me mérite plus. Lilly a fait une erreur, mais c’est une erreur de trop. Je voulais aller le voir, aller lui demander pardon, encore et encore. Mais ça n’aboutirait à rien. Ethan savait que j’étais désolée. Il reviendrait forcément vers moi, s’il s’avérait que je lui manquais un peu. Ou pas. Je l’espérais, en tout cas.

Je sortais juste de ma chambre, et je comptais aller rejoindre Kaylhen et les enfants dans la salle commune, les voir me changerait les idées, au moins un instant. Mais arrivée au milieu d’un couloir, un coup de feu me fit sursauter violemment, et si j’avais eu de la voix, j’aurais certainement crié. Je restai figée un instant, me demandant ce que je devais faire. Où je devais aller. Trouver Ethan fut ma première pensée. Et puis je me dis que n’importe qui d’autre de la communauté suffirait à me faire sentir en sécurité. Mais j’étais seule. Et je ne devais pas céder à la panique. Ce n’était rien. Tout irait bien. J’avançai fébrilement de quelques pas, lorsque j’entendis des pas. Instinctivement, je me plaquai contre le mur, dans l’ombre, et attendis. Les gens ne traversèrent pas le couloir dans lequel je me trouvais, je les entendis s’éloigner de l’autre côté. Je poussai un soupir de soulagement et me décollai de la paroi. D’autres cris retentirent. Je devais retrouver les autres. En aucun cas rester toute seule. Je ne savais pas ce que ça signifiait, mais ce n’était pas bon du tout. Pas bon du tout. Une boule d’angoisse commença à se former dans mon estomac, mais je me forçai tout de même à relativiser. Ethan, Aaron, Alexander et les autres allaient arranger ça. Tout irait bien. Je tremblais sans vraiment le réaliser lorsque je tournai à l’angle du couloir, et où je tombai sur Diane. Diane, celle qui s’était présentée comme la femme d’Aristide. Je ne la connaissais pas, je ne pouvais donc encore pas dire si je l’appréciais ou non, mais jusqu’à présent, je n’avais jamais rien eu contre elle. Et même si le contraire avait été le cas, j’aurais tout laissé de côté. Visiblement, nous étions en situation d’urgence. Je me précipitai vers elle d’un air affolé, dans l’espoir qu’elle m’en apprenne plus sur la situation.

Et puis j’entendis d’autres voix, d’autres bruits de pas. La peur s’intensifia. Je me tournai brusquement vers ceux qui visiblement s’approchaient, prête à m’enfuir en courant, lorsque je reconnus Ethan et Aaron. Second soupir de soulagement. Je n’osai pas m’avancer vers eux, et ce n’était pas du à cette histoire entre Ethan et moi. Ça, je m’en fichais, il y avait quelque chose de grave qui se déroulait dans la Communauté, et ce n’était pas le moment de tourner le dos à qui que ce soit à cause de nos différents. Nous devions rester unis. Parce que si on ne sait pas où on va, c’est toujours mieux d’être accompagné. Les regards affolés que je leur lançai voulaient dire « Qu’est-ce qui se passe ? Il y a des blessés ? Des morts ? Qui ? Où sont les autres ? Vous allez nous protéger, hein ? Personne ne mourra, n’est-ce pas ? ». Mais en scrutant le visage de Diane, Ethan et Aaron, je me rendis compte qu’ils n’étaient pas mieux avancés que moi.

Je m’étais souvent demandée ce que tout cela signifiait. La raison de notre présence ici. Peut-être qu’il n’y a rien à comprendre. Peut-être que nous sommes simplement censés nous démerder comme on peut pour ne pas tomber trop bas. Peut-être que nous sommes juste là pour nous prendre la vie dans la figure, pour avoir mal – et des fois être heureux. Peut-être que des fois, on n’arrive pas à trouver d’issues. J’avais peur. Mais je devais trouver cette issue. Nous le devions tous.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Lun 20 Déc - 1:29

J'ai toujours su que mon destin n'était que le fruit de mes choix. Que chaque action que j'ai pu accomplir n'étaient qu'une question de volonté. William Shakespeare a dit : « La faute n'en est pas à nos étoiles; elle est en à nous-mêmes ». Je ne peux qu'approuver cette phrase. Tout ce qui m'a amener ici aujourd'hui n'en ai que la simple et pure preuve. Même s'il n'y a pas d'explication logique, tout ce qui m'arrive ne dépend que de moi. Chaque erreurs a un prix. Cela veut tout dire.
Si demain je meurs, si je me blesse, si je me perds, cela ne servira à rien de rejeter la faute sur quelqu'un d'autre que moi-même. Le seul être qui est passible de nuire à soi c'est nous-mêmes.
J'ai longtemps cru que la vie me jouait des tours et que la malchance était souvent présente, mais c'est faux. Les conséquences de la vie sont celles de nos actes. C'est pour cela que j'ai toujours eu du mal à faire confiance. Car si la personne est défaillante, c'est que c'est de son propre gré.
Aujourd'hui j'ai donné ma confiance à quelqu'un, même si j'ai eu du mal au début. Ethan. Son passé pourrait le rattraper si vite qu'il pourrait retomber si bas... Mais malgré cela, je sais que sa volonté est telle qu'il ne le fera pas. Il a une famille, un bonheur a porté de main qu'il ne peut sacrifié pour quelques sachets de drogues consommées si rapidement et pour des effets si néfaste tout au long d'une vie. Récemment, il a été malade. On a du le remplacer, enfin j'ai du le remplacer.
Les termes de son mal être sont assez flou tout de même, je ne serais pas étonné que sa « maladie » soit enfaite une simple rechute. Évidemment, il ne me l'avouera jamais mais dans le fond ce n'est pas important. Quand bien même il ait rechuté, s'il va mieux, c'est que son état est revenu à la norme. Car oui, il va mieux, puisqu'aujourd'hui, il revient travailler. Je lui avais donné rendez-vous. Chance pour lui, il était arrivé à l'heure. Durant son absence, j'avais volontairement modifié certaines choses, je l'avoue. J'aime gérer ceux qui sont sous ma direction et forcément, certains s'étaient retrouvées affectées à des postes complètement différents des leurs. Seulement, à ces endroits, ils étaient plus efficaces alors... Autant que leur rôle soit le plus producteur possible.
J'avais donc expliqué à Ethan tout ça et nous avions fini par parler de sa nouvelle situation paternelle. Notre jeune garçon allait devenir encore une fois papa. Il avait appris récemment que Katarina n'avait pas fait de fausse couche et attendait donc leur enfant.

Nous continuons notre discussion mais furent coupé par des bruits de coup de feu. Le vacarme continuait et nous nous précipitions vers sa source. La découverte d'un premier cadavre ne m'étonna guère. Continuant notre chemin dans les couloirs, on sortit tout deux notre arme afin de nous protéger. Les bruits s'intensifiaient au file du chemin que l'on parcourait. Tout mon corps était aux aguets, à l'affut du moindre geste imprévu. Nous tombâmes finalement sur Diane et Lilly, complètement apeurés et réfugiées dans un coin, dans un semblant d'abris. Leurs regards étaient terrifiés et nous nous devions de les protéger. Nous nous placions devant elles et braquions nos armes chacun sur un des deux côtés libres d'accès à tout éventuel agresseur. J'approchais de Ethan et lui soufflait d'une voix à peine audible, de peur d'attirer l'attention inconnue:

- Quoi qu'il arrive, tu les protège elle en premier et toi par la même occa...

Un bruit de pas courant à toute vitesse se fit entendre. D'après mon écoute, il n'était pas seul. Plusieurs personnes courraient, dévalant le couloir précipitamment. Je tenais mon arme fermement et attendait que les ravisseurs se montrent...
Un troupes d'hommes passèrent devant nous. Notre discrétions ne nous fit pas repérer mais Lilly échappa un gémissement de peur qui attira l'attention d'un des hommes. Il se retourna mais j'eus le temps de passer derrière lui et de l'attraper à la gorge, plaquant mon arme sur sa tempe. Je ne voulais pas le tuer systématiquement mais ne voulait pas mettre mes acolytes en danger. Je pris un chiffon qui se trouver dans mon sac et lui mis à l'intérieur de la bouche, étouffant la moindre manifestation orale que Mr voudrait faire. Ethan continuait de monter la garde sur les deux femmes, pendant que je tenais l'homme fermement.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Lun 20 Déc - 3:00

Depuis que j’étais arrive à la Communauté, j’essayais de me faire le plus petite possible. J’avais eu assez des regards constants qu’on me jetait, de cette attention démesurée envers la simple femme que j’étais. Non, trois fois non, je n’étais pas faite pour attirer l’attention. Là où chaque petite fille avait rêvé d’être une chanteuse, de marier Brad Pitt et de devenir aussi riche que la reine d’Angleterre, j’avais seulement essayé d’être le plus normale possible. Riant là où les autres riaient. Pleurant ce que les autres trouvaient triste. Même si, parfois, ça ne m’affectait pas vraiment. Les modes passaient, pas les émotions. J’étais devenue une grande fille, capable de s’exprimer clairement, mais rougissant toujours. J’avais besoin d’Aristide dans ma vie pour qu’il me redonne confiance, mais ici, Aristide n’était pas bien vu. Non pas que cela affecte l’amour que je lui portais, d’une blancheur et d’une pureté immaculée. Mais lui s’éloignait de moi. Il croyait que cela m’aiderait à mieux m’adapter à la Communauté si ceux qui le jugeaient croyaient que sa si vertueuse femme, this cheerfull woman, lui en voulait pour ses actions extraconjugales.

Pour ceux qui connaissaient le secret, c’était une litote. La petite que nous avions recueillie devait bien se douter de quelque chose, autant que sa grande sœur qui était une grande amie d’Aristide, mais peu importait. Elles nous devaient bien le silence. J’avais plus peur d’Alexeï, mais me trahir revenait à se trahir lui-même pour toutes les horreurs qu’il m’avait racontées. Les autres ne voyaient rien de plus à notre histoire que le désespoir d’un homme qui avait perdu sa femme tant aimée et qu’il avait retrouvée après de si douloureuses épreuves. Vraiment, l’histoire racontée par nos hôtes était digne des films d’amour hollywoodiens. Et moi qui pensais que les mensonges faisaient mal.

J’essayais de faire ce qu’Aristide me recommandait de faire, chuchotant des conseils à mon oreille le soir alors que nous étions couchés côte à côte dans le même lit au matelas trop dur. J’appréciais ce moment, le seul où je me sentais véritablement en sécurité. Des semaines durant, j’avais eu du mal à fermer les yeux, craignant les rêves sanglants qui ponctuaient mon sommeil. Impossible de dormir sans hurler quelques fois dans la nuit. Collée à mon frère, cependant, je me sentais bien, comme si l’épée de Damoclès qui pendait au-dessus de nos têtes était provisoirement retirée. À mon réveil, il haussait les sourcils sans parler. Je savais ce que ça voulait dire : alors ? Alors, Diane ? Pas de cauchemars ? Et je lui répondais d’un bec sur la joue, ce qui le contentait. Du reste, pour les mauvais rêves, c’était déjà trop tard. J’étais traumatisée à vie, stigmatisée par cette année de souffrance. Avant son arrivée, mes nuits étaient longues, sans fins. Les murs se refermaient sur moi et je tombais sans jamais pouvoir me relever. Dans l’obscurité, rien n’était jamais comme on l’imaginait… on courrait sans avancer. Toutes les nuits je succombais, entendant des cris à glacer le sang, me noyant dans mes souvenirs affreux. Quand on ne se réveille pas, il était déjà trop tard.

Et alors que je lavais les vêtements d’une partie des membres de la Communauté, je me surprenais à songer à ce qu’aurait pu être ma vie si toute cette aventure n’avait été qu’un rêve sombre. Pouvoir me réveiller demain matin, soulagée, pour raconter mon trouble nocturne à ma mère et à Ari. Aristide me prendrait dans ses bras et rirait de ma naïveté. Sauf que ça n’arriverait pas. Je n’étais pas assez stupide pour l’imaginer. Les cauchemars prennent fin. La douleur n’est pas aussi tangible. Ils n’étaient jamais aussi longs.

Je replaçai une mèche de cheveux et me retournai vivement, ayant entendu un bruit soudain, sourd, comme une porte qui claquait. Mais l’entrée était toujours dégagée et j’étais seule. Mon cœur se mit à battre à tout rompre sans que je puisse y faire quelque chose. Un second coup retentit et cette fois je reconnus le son qui m’avait tant de fois effrayée. Je me mis à courir vers le couloir, manquant du même temps foncer droit dans Lilly. Je ne savais pas grand-chose d’elle, sauf que je savais pouvoir lui faire confiance dans de pareilles circonstances. Nous nous abritâmes du mieux qu’on le pouvait.

Oh ! Étais-je condamnée à toujours revivre les mêmes supplices ? Armando, les Hors-la-loi, Alexeï, et maintenant quoi ? une attaque ? La vie était injuste avec moi. Je n’avais jamais rien fait pourtant. Une douce jeune femme médecin aimante, qui protégeait ceux qu’elle aimait. Ceux que j’aimais… Aristide ! Allait-il bien ? Je ne supporterais pas de le perdre de nouveau, c’était un fait indéniable. D’ailleurs, je ne supportais plus rien, en ce moment. Deux silhouettes s’avançaient vers nous et, convaincue qu’on allait être prises, qu’il s’agissait d’Armando et que je paierais chef mon escapade, je me mis à pleurer, apeurée et presque hystérique. Je saisis la main de Lilly entre la mienne et l’écrasai comme si ma vie en dépendait.

Ce n’étaient qu’Aaron et Ethan. Une chance, aussi un malheur. S’ils paniquaient autant eux aussi, c’était qu’il se passait vraiment quelque chose dehors. De même, qu’Aaron nous protège ainsi ne me semblait pas de bonne augure. Les évènements s’enchainaient si vite… Je murmurai de la voix la plus basse que je pouvais.

- Qu’est-ce qui se passe ?

Mais je me tus bien vite lorsqu’un groupe armé passa devant nous. Lilly gémit et je plaquai ma main sur sa bouche, même si je me doutais que mes sanglots étaient tout aussi repérables. Aaron fut le plus rapide. Il réagit de façon formidable, mais je ne tenais pas à voir ça, aussi laissais-je mes larmes cacher ma vue et fermai les yeux.

Je ne voulais plus jamais voir de sang couler.
Revenir en haut Aller en bas
Ethan Jones
I'm forever blindavatar

Messages : 1559
Date d'inscription : 03/01/2010
Age : 38
Localisation : New-York

MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Mer 22 Déc - 15:32

Il n’y avait que nous quatre. Lilly et Diane nous interrogeaient du regard. Et pour connaître Lilly aussi bien que je connaissais ma femme, elle se posait plein de questions. Enfin, elle me les posait. Sur le coup, je ne pensais même plus que j’étais fâchée avec elle, qu’elle m’ait déçue et que je l’avais chassée de ma vie. Je connaissais peu Diane, et qu’elle soit la femme d’Ari n’arrangeait pas mes sentiments la concernant. La seule chose que je pouvais bien lui concéder c’était d’être médecin. Parce que grave à elle, Mathilda avait une aide supplémentaire et ainsi elle n’était pas obligée d’en demander à Katarina. Parce qu’enceinte de notre deuxième enfant, elle avait besoin de repos. Nous avions déjà Lena qui n’avait pas encore six mois et qui réclamait beaucoup d’attention. Et avec ce qu’il s’était passé avec le bébé, je voulais qu’elle redouble d’attention. Hors de question d’avoir des frayeurs comme la dernière fois. Notre vie avait bousculé et aurait pu très mal se finir si Alexander n’était pas intervenu.
Et en cet instant il n’y avait plus de déception, ni de fâcherie avec Lilly, je voulais qu’elle comprenne que je la défendrais.

Aaron et moi nous doutions qu’il se passait quelque chose, mais nous ne savions pas ce qui avait provoqué la mort du gardien. Et même si les filles nous regardaient pour que nous leur apportions des réponses, nous n’en avions pas vraiment. Je voyais bien, la connaissant comme une sœur, que Lilly avait peur et se demandait si nous courrions un danger. Pour le moment, sans en avoir parlé mais pour l’avoir expérimenté à deux ou trois reprises, je pense que nous pensions tous les deux qu’il s’agissait encore d’un paria qui cherchait de quoi survivre. Les conditions de vie s’étaient durcies pour tout le monde, encore plus pour ceux qui étaient dehors. Mais ce qui semblait assez étrange c’était que cette fois ci il y avait un mort, et que nous avions entendu un coup de feu. Il était vraiment rare que les parias soient armés. Enfin pas d’armes à feu…ils avaient des couteaux ou des armes contendantes mais rarement des armes à feu. A moins de les avoir volées ou très bien négociées.

Nous venions de nous placer devant elles, et je pouvais sentir leurs souffle dans mon dos, et je sentais Lilly paniquer jusqu’au moment où la pauvre enfant n’a pas pu se retenir plus longtemps. Nous avancions à pas feutrés pour en savoir plus quand Lilly a poussé un petit gémissement. Et bien sûr dans le silence qui régnait à cet étage puisqu’ils n’y avaient plus que les réserves, s’il y avait quelqu’un il nous repérerait forcement. Et c’est ce qu’il s’est passé. Nous n’étions pas seuls… Des hommes étaient là. Je n’en voyais pour le moment que six mais qui sait s’il n’y en avait pas en haut..Et ça c’était tout simplement horrible. Ma fille et ma femme étaient en haut !! Il fallait que j’aille les retrouver, il fallait que les protège. J’avais beau du regard faire comprendre à Aaron que je devais les laisser, lui il voulait que je reste à ^protéger Lilly et Diane, et que je me protège. Je refusais, je me fichais bien des autres. Celles que je voulais protéger c’était Katarina, Lena et le bébé. Personne d’autre. Mais alors que j’allais lui glisser à l’oreille qu’il fallait qu’il me couvre pendant que je prenais le premier escalier pour aller venir en secours à ma famille, nous avons été surpris par un homme qui nous a presque sauté dessus alors que nous pensions que personne ne nous avait repérés. Sur l’instant, je maudissais vraiment Lilly et sa peur. Et moi alors ? Moi j’avais une famille ! J’avais une petite fille de 5 mois et un autre qui était au chaud dans le ventre de sa maman. Alors que ma colère avait disparue un instant, là je lui en voulais.

Heureusement qu’Aaron a rapidement réagi et a pointé son arme sur la tempe du type, allant même jusqu'à finir par lui mettre un mouchoir dans la bouche. Au moins il ne crierait pas. Nous l’aurions bien abattu d’une balle dans le crane, mais Aaron avait du se dire, à raison, que cela ne ferait que nous faire surprendre.

Je n’ai hésité qu’une seconde avant de laisser Lilly et Diane pour fondre sur l’homme qu’Aaron tenait en joue et j’ai serré sa gorge jusqu’à ce qu’il finisse par s’asphyxier. Il était hors de question que je le laisse en vie. Je ne savais pas qui il était mais je m’en moquais.
Je voulais sortir d’ici et aller protéger ma femme et ma fille. Je montrais mon alliance à Aaron pour qu’il comprenne que je m’inquiétais pour Katarina. Et j’allais déjà les laisser quand du bruit nous parvenait de l’étage supérieur.

Oh mon dieu…

Ce ne pouvait pas être de simples parias. Ils semblaient armés jusqu’aux dents et terriblement nombreux. Déjà sept en bas. Combien étaient-ils en haut ? Le double ?
Non, je ne pouvais pas rester ici. Je sentais que j’allais finir par hurler. Je sentais que la folie s’emparait de moi. Je me fichais de paraitre complètement fou, les choses étaient graves. Ma famille était en danger. Et ce n’était pas Aaron, Lilly et Diane qui allaient me retenir ici.

-Je dois aller chercher Lena et Katarina, Aaron. Couvre-moi !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Ven 24 Déc - 17:01

Ce n’était pas de ma faute. J’avais peur, je n’y étais pour rien. Il se passait quelque chose de grave dans la Communauté, des intrus – je pensais aux Hors-la-Loi, mais je n’étais pas sûre, il pouvait très bien s’agir de parias – venaient de forcer l’entrée, et semaient la panique. Pour le coup, ils avaient réussi. Je n’étais la seule à flipper, évidemment, mais j’avais été la seule à laisser échapper un gémissement. Et d’un coup, je sentis la colère des trois autres déferler sur moi, je sentais le poids de leurs regards. Immédiatement, je m’en voulus, mais ce qui était fait était fait. Et nous étions repérés. Bien joué Lilly, vraiment. Mais ce n’était pas de ma faute. Quand la peur nous envahit, elle nous fait perdre tout contrôle. Et ces coups de feu, cette angoisse, ça me rappelait trop les bombardements, ça me rappelait mon arrivée à New York des mois plus tard, ça me rappelait les coups de feu qui tuèrent mon père. Ça me revenait d’un coup, bam, en pleine face. Ces souvenirs douloureux qu’on ne peut empêcher de refaire surface. Et je n’y pouvais rien si j’étais si faible. La peur nous fait perdre tout contrôle, et je n’avais vraiment pas voulu nous faire repérer. Et maintenant, je m’en voulais. Je m’en voulais parce qu’à cause de moi, on avait failli se faire attaquer. A cause de moi, Ethan était en train d’étrangler un mec. Je crois que sans que je ne m’en rende réellement compte, des larmes avaient commencé à couler sur mes joues. La panique, l’angoisse. J’aurais voulu leur dire que j’étais désolée, mais tout ce que je pouvais faire, c’était l’exprimer à travers mes regards, et ce n’était pas vraiment le moment. Il fallait que l’on soit concentré sur ce qui se déroulait dans les galeries.

Des bruits anormaux nous parvinrent alors de l’étage supérieur. Je fermai les yeux et soupirai lentement, en silence. Il y en avait partout. C’était une véritable invasion. Qu’est-ce qu’on allait faire ? Est-ce qu’on allait s’en sortir ? Rien n’était sûr. Je n’étais pas armée et ne m’étais jamais servie d’une arme, il ne fallait donc pas que je reste seule. Mais combien étaient dans le même cas que moi ? Je songeai aux enfants. J’espérais vraiment qu’ils soient en sécurité. En même temps, ils étaient rarement seuls, mais il fallait qu’il y ait avec eux au moins une personne capable de les protéger contre ces étrangers. Qu’est-ce qui se passait, bon sang ?

Je regardai Ethan. Ethan… Il semblait pris de folie. Ce n’était pas étonnant : Katarina et Lena n’étaient pas avec lui, et c’était tout ce à quoi il pensait, pour qui il s’inquiétait. Je le savais, je connaissais ce regard. J’avais envie de m’approcher de lui, de lui dire ne pas être imprudent, mais ça ne servirait à rien, sinon de l’énerver encore plus. Surtout que les choses ne s’étaient pas vraiment arrangées entre nous. J’avais envie qu’il retrouve sa femme et sa fille, les êtres sans qui il ne pouvait avancer, mais d’un autre côté, j’avais peur pour lui, autant que pour les autres. S’il s’aventurait dans les couloirs seuls, qui sait ce qui pouvait lui arriver ? Ok, il était armé, il en avait vu d’autres et il était prêt à tout pour sa famille. Mais… De toute façon, quoi que nous fassions, que nous disions, il ne nous écouterait pas. Je le connaissais. Et puis je l’entendis demander à Aaron de le couvrir. Comme je l’avais deviné, il voulait absolument les retrouver. J’esquissai alors un geste pour m’avancer vers lui, levai le bras comme pour le toucher, le ramener vers nous, mais le replaçai immédiatement le long de mon corps. Rien de ce que je ferais ne lui ferait changer d’avis, et je comprenais parfaitement. Ethan… J’essayai de croiser son regard pour lui faire comprendre que j’avais peur pour lui. Ethan, ne fais pas de connerie. S’il te plait.

D’autres bruits, encore et encore. Je priai de toutes mes forces pour que tout s’arrête, pour que tout redevienne normal. Tout était censé bien aller. Pourquoi tout s’effondrait encore ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Sam 25 Déc - 12:27

On dit souvent que l'amour fait faire des folies. C'était le cas. Je sais que pour ceux qui me sont chers, pour les personnes que je pourrais aimer, je ferais tout. C'est aussi le cas d'Ethan.

Sans que je comprenne, il quitta les deux jeunes filles pour venir vers l'homme que je tenais. Je vis à ces yeux que ses intentions n'étaient pas très sympathiques... Mes pensées furent confirmées quand mon coéquipier vint attraper notre otage à la gorge, l'empêchant de crier mais le tuant peu à peu. Je vis Lilly et Diane se couvrirent les yeux, de peur. Tuer un homme n'est jamais facile, sauf lorsque la vie de ce que l'on aime en dépend.

L'homme était bel et bien mort, seulement Ethan continuait de s'acharner sur lui. Je posais une main sur son épaule, lui indiquant que cela en était finit pour cet inconnu. Il relâcha l'homme, qui glissa silencieusement contre le mur, inerte.

Je ne savais pas ce qui vouait cette haine chez Ethan. Il devenait fou ou bien quelque chose le préoccupait réellement. Cette question fut vite résolu quand il me montra sa bague de mariage.

Les personnes que l'on aime sont indispensable à notre vie, nous ne supportons pas de perdre un être cher car sa vie est trop précieuse à la notre. Que ce soit, un conjoint, un enfant, un parent, un grand ami... La perte nous fait peur. La mort nous fait peur. Mais il est plus facile de mourir que de survivre à la mort de quelqu'un. Car on ne souffre pas en mourant, c'est son entourage que l'on fragilise et qu'on force à porter le deuil.
Je ne pouvais que comprendre Ethan. Il avait une femme, bientôt deux enfants et se devait de les protéger, de pouvoir les garder en vie, même au prix de sa propre mort.
Il me demanda de le couvrir, le temps qu'il les rejoigne. Je savais que seul, je pouvais protégé les deux femmes. Mais le temps qu'il arrive en haut, il fallait que je ne leur prête plus attention, et ça, cela me posait problème mais je devais aussi penser à Katarina et le reste de sa famille. J'allais donc couvrir ses arrières mais une fusillade repris provenant de l'étage du dessus. Mon regard croisa celui d'Ethan et je sus qu'il avait les même pensées que moi. Ce n'étais pas des parias, ils étaient bien trop nombreux. Mais qui pouvait lancer une attaque pareil ?

Malgré tout, nous devions aussi porter secours au personnes à l'étage.

- Très bien, tu ne peux pas y aller seul. J'y vais avec toi, mais nous ne pouvons pas les laisser seules...Si je veux vous protéger, il faut que vous nous suiviez. Et que vous ne faites aucuns gestes, juste rester derrière nous.

Je vis dans leur regard que ma proposition ne les enchanté guère. Mais c'était le seul moyen pour sauver le plus de vie et le temps nous était compté. Je relevais donc les deux filles, voyant qu'Ethan perdait patiente en entendant les coup de feu peut être encore porté sur sa propre famille.

Mais je savais que l'idée que nous partions avec lui ne lui plaisait pas.

- De toute façon, tu n'a pas le choix. Passe devant, je couvre vos arrières.

Je m'adressais ensuite au deux filles.

- Et vous ne le lâchez pas c'est bien clair ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Lun 27 Déc - 18:27

Les hommes étaient de tels cons ! Tout était toujours de leur faute, de toute manière. Ils agissaient sans réfléchir. Sans penser aux conséquences. Égoïstes. Primo, la vie aurait été bien meilleure si un idiot n’avait pas eu l’idée d’inventer le fusil. C’est vrai : pas d’armes, pas de violences. Encore que le couteau, ça allait, on en avait besoin. Mais un revolver ! Pas de nécessité de ce côté-là. Juste le désir du sang, de plus de sang et encore du sang. Deuxio, la vie aurait été meilleure également s’ils ne pensaient pas toujours à être plus forts que les autres. Si Armando n’avait pas été vaniteux, on n’en serait pas là. Si Ethan était plus doux, je n’aurais pas eu à voir un nouveau cadavre.

Conclusion, les hommes étaient des cons et il aurait fallu donner les gouvernements et la puissance aux femmes, plus douce, gentille et aimante. On ne savait pas vraiment à quoi on s’exposait tant qu’on ne le vivait pas. Les hommes ne connaissaient pas la vraie douleur de la perte, pas autant qu’une femme qui voyait un enfant mourir sous ses yeux en sachant qu’elle aurait pu le mettre au monde. Parce que les femmes donnaient la vie, elles étaient moins promptes à donner la mort.

Je ne pu empêcher les larmes de couler lorsque je vis toute cette violence. Je ne pouvais certes pas m’y opposer, pour plusieurs raisons plutôt évidentes. Petit un, Ethan n’aurait eu aucun mal à m’étrangler moi aussi si je me mettais au travers de sa route. Petit deux, si on ne le tuait pas, ce serait lui qui nous tuerait. Petit trois… en fait, même si le meurtre me répugnait, j’étais contente de voir ces chiens qui m’avaient fait tant de mal crever. Et ça aussi, ça me faisait mal, de savoir que mon esprit était capable d’un tel mépris pour la vie.

Ethan voulait absolument retrouver sa femme et je pouvais le comprendre. L’amour, en ce monde, est souvent la seule chose qui nous reste. Le matériel n’était plus rien. Il n’y avait que l’affection entre deux personnes qui mettait encore un peu de lumière dans l’obscurité de nos jours. Mais Ethan voulait Katarina et sa fille, moi, je voulais Aristide et sa protection. Il semblait quasiment impossible de le laisser ainsi, même s’il était assez intelligent pour s’en sortir. Oh mon dieu ! Et si ces coups de feu qu’on entendait résonner avaient été tirés sur lui ? Ce fut mon tour de laisser échapper un gémissement de peur.

Malgré toutes mes inquiétudes, je suivi Aaron et Ethan sans discuter. Je n’en avais plus vraiment la force, en fait. Je me contentai donc de prier pour mon frère et de saisir la main de Lily. Je ne la connaissais pas vraiment, je ne savais même pas si elle voulait que je la touche, mais j’avais vraiment besoin d’être rassurée pour le moment. C’était ce que ma mère faisait, elle prenait ma petite main dans la sienne et ne la lâchait que quand j’avais arrêté d’avoir peur.

J'emboitai donc le pas à Ethan, consciente qu'il devait être en colère de devoir traîner deux personnes si faibles derrière lui, mais suivant tout de même les ordres du colosse qui nous suivait. Je ne le lâcherais pas une seconde des yeux.
Revenir en haut Aller en bas
Ethan Jones
I'm forever blindavatar

Messages : 1559
Date d'inscription : 03/01/2010
Age : 38
Localisation : New-York

MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Mar 28 Déc - 14:41

Je ne pouvais pas rester là à ne rien faire et à supporter les bruits qui nous parvenaient. Nous pouvions entendre très distinctement d’ici, des cris, des hurlements, des pleurs, des coups de feux et savoir que Katarina et Lena se trouvaient en haut et que cela pouvait être elles que j’entendais me rendait absolument dingue.
Je voyais bien la façon dont Lilly me regardait et essayait de capter mon regard pour me dire je ne sais quoi, mais je m’en moquais et je l’évitais. Ce n’était pas seulement parce que je me fichais qu’elle puisse me demander de faire attention à moi, c’était aussi parce que je ne voulais plus rien à voir avec elle. Elle m’avait déçu, il fallait qu’elle comprenne que je ne changerais pas d’avis, même si…

Et à nouveau se firent entendre un échange de coup de feu, et je commençais à m’avancer parce que je sentais que ma place n’était plus ici, et que c’était en haut que le danger était. Je commençais à pousser des coudes pour pouvoir passer et m’élancer à travers le couloir et rejoindre par les escaliers l’étage supérieur pour retrouver ma femme et mes filles. Seulement, Aaron ne semblait pas réellement d’accord avec le fait de me laisser partir seul. Il ne refusait pas de me couvrir, mais il ne voulait pas me laisser y aller seul. Et puis, il m’énervait vraiment à vouloir protéger ces deux filles là. Ma famille avait besoin de moi, et maintenant !!! Je ne pouvais pas et ne voulait pas les protéger. Je savais que je pouvais passer pour égoïste et fou, mais personne ne cherchait jamais à me comprendre. J’avais besoin de ma famille, je n’étais rien sans elles. Et puis elles étaient innocentes, il ne devait rien leur arriver. Je commençais sérieusement à sentir que j’allais devenir violent avec Aaron s’il restait là à mes côtés.

Lilly et Diane n’étaient que des boulets qu’il nous imposait. Elle pouvait bien rester avec nous et écouter mot à mot les directives d’Aaron, elles restaient des boulets que je devais trainer encore alors qu’un nouveau coup de feu a résonné et m’a glacé le sang. Pour lui, il fallait que je l’écoute et je n’avais pas le choix. Il voulait jouer encore les leaders et ça me rendais fou. Je faisais ce que je voulais. Et en l’occurrence, ce que je voulais là c’était retrouver ma famille et les mettre à l’abri.

Il me laissait quand même passer devant. Mais il me suivait de prés. Et à mes côtés, de chaque coté se trouvaient Diane et Lilly, complètement paniquées.
Elles me semblent être des boulets qu’Aaron m’impose et me force à garder prés de moi, mais je sens que ma patience, mise à rude épreuve, n’est pas loin de se perdre et que je vais finir par ne plus rien écouter et faire ce que j’aurais du faire dés le début. Je n’ai plus qu’une chose en tête : sauver ma famille. Je veux retrouver le sourire de Katarina, le rire de Lena, et parler à ma deuxième princesse. Je n’en peux plus de rester ici.

Nous entendons encore des coups de feu et je sens que je vais me mettre à crier. Et comme je sais que là où nous sommes, personne ne peut surgir et me barrer la route, je commence à m’élancer mais je sens que quelque chose ou quelqu’un me retient. Alors je me débats tant que je peux, mais je n’avance pas. La porte qui mène aux escaliers est ouverte, et j’ai beau tendre le bras, je ne peux pas avancer. Je ne me rends même pas compte que je suis en train de pleurer, jusqu'à ce que ma vue se brouille.

Je sais que si je ne fais rien, les secondes qui passent peuvent être fatales. C’est une question de secondes pour qu’il ne leur arrive quelque chose. Et je ne suis pas homme à laisser quelque chose arriver à ma famille pour protéger d’autres personnes, je le sais. Je ne suis pas comme Aaron et Alexander qui sont prêts à sacrifier tout pour sauver les gens…quoiqu’Aaron c’est moins sûr. Il n’a pas hésité quand je lui ai dit que je devais aller sauver Katarina et Lena. Mais je lui en veux parce qu’il ne veut pas me laisser y aller seul. C’est pourtant à moi d’aller les sauver. C’est mon rôle.

Je bouscule Lilly et Diane et je m’élance vers les escaliers parce que je sais que Katarina doit être morte d’inquiétude à mon sujet et qu’elle doit avoir peur pour elle et Lena. Je n’ai plus qu’une seule idée en tête, c’est de tuer quiconque se mettra en travers de mon chemin. Et alors que j’approche des escaliers, j’entends du bruit au dessus, et j’ai juste le temps de me cacher derrière le mur pour éviter une balle. Quelqu’un dévale les escaliers et je dégaine mon arme et je vise à l’aveugle. Mais le corps qui tombe presque à mes pieds me fait réaliser que mon tir n’était pas si aveugle que ça.

Je réalise seulement ce qu'il se passe vraiment quand Lilly me secoue et me prends dans ses bras. Elle a peur. Et alors que je pensais que jamais je ne lui pardonnerais ce que je prenais pour une trahison, je me suprends à l'embrasser dans les cheveux et à passer une main dans son dos.

-C'est dangereux pour toi Lilly.

Je sais qu'elle peut se défendre, et qu'elle entend tout ce qui se passe.Mais je suis conscient de son handicap, elle ne pourra pas crier s'il se passe quelque chose, et elle pourrait être une victime évidente. Et je veux lui éviter ça. Je la repousse un peu alors que je la sens sangloter dans mes bras.

-Lilly, va te barricader dans la réserve. N'en sors pas d'accord. On viendra te chercher, je te promets qu'on viendra te chercher quand tout sera fini.

Je prends son visage entre mes mains et j'acquiesce de la tête. Elle sait que c'est la seule solution. Il faut faire vite. Alors je la presse. Je la vois se précipiter dans la réserve et j'espere qu'il ne lui arrivera rien. Avant de redevenir fou d'inquiétude aprés de nouveaux hurlements en haut. Quelqu'un a compris visiblement que des gens étaient en bas....


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Jeu 6 Jan - 22:21

Les coups de feux retentaient encore plus. Je me demandais même combien d'hommes étaient là-haut, en train de blesser le trois quarts de nos confrères. Bien sûr, ma vision n'était pas partagée par tout le monde. Ethan n'en pouvait plus d'angoisser à propos de sa famille, restée à l'étage au-dessus. Il était évident que ce sentiment était approprié pour la situation mais... En tant qu'homme détaché, je ne pouvais pas non plus laisser ces jeunes femmes ici, au risque de leur vies, sous prétexte qu'il avait peur. Je devais penser à l'intérêt du groupe.

J'aurais pu le laisser partir seul... Mais là, c'est mon instinct d'ami qui m'en empêchait. C'était bien trop dangereux de partir seul là-haut, puisque nous entendions bien que les coups de feux n'étaient pas tiraient par un seul homme. Je voyais bien que Diane et Lilly l'agaçait. Il est vrai qu'elle ralentissait le pas. Même si nous avancions, cela restait une progression bien trop lente pour le jeune
homme. Lilly tentait de l'en empêchait, mais les mots ne vinrent pas accompagné ce regard qu'elle lui lançait et, bien sûr, il l'ignora...

Complètement paniqué, il devait pensé avoir le contrôle de la situation, et s'élança vers les escaliers. Je force Diane et Lilly a accélérait le pas mais les arrête lorsqu'un énième coup se fait entendre.
Je vois Lilly passait plus rapidement, elle devait s'inquiéter de l'était d'Ethan. Moi aussi, je pensais que la balle ne lui était pas étrangère... Chance pour nous, c'est lui qui l'avait tiré.
Les deux anciens amis s'enlace et je tiens à garder ma vigilance au cas ou... Il y aurait d'autres visiteurs.

Nous voyons tout les deux que la jeune femme n'était pas à l'aide, et que la situation la dépassé. Rien qu'en croisant le regard d'Ethan, je sus ce qui allait suivre. Il lui indiqua de se rendre dans la réserve et j'acquiesçais silencieusement cette idée. Elle était bien trop facile à tuer dans ces cas-là.
Nous la regardâmes tous partir, espérant qu'elle irait bien. Le raffut reprit et mon entrain à retourner en haut se multiplia.

-Il faut y aller, vite ! Avant qu'ils ne décide de passer faire un tour ici. Avancez, et surtout Ethan... Tire sur ce qui te paraît suspect, ne prend aucun risque. Je nous couvre...

Couvrir tout le monde était quelque chose de difficile car je devais faire attention à nos arrières tout en gardant un oeil sur Diane. Car Ethan devait être bien trop stressé pour pensé à derrière lui. Il voulait sauver sa famille, comment lui en vouloir...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Lun 10 Jan - 23:21

Je regardai Lily s’éloigner avec un soupçon d’angoisse. Je ne la connaissais pas particulièrement, mais je savais que c’était une fille bien. D’ailleurs, de nos jours, quiconque ne pointant pas le canon de son arme sur vous n’était pas votre ennemi. Ce qui me torturait en fait, c’était que je savais que c’était peut-être la dernière fois que je voyais la jeune femme. Une balle s’égarait si vite, dans sa tête ou dans mon cœur, peu importait. Peut-être aussi étais-je un peu jalouse. Pourquoi lui proposait-on de se cacher, à elle, alors que je devais courir derrière ces deux grands types ?

Pas que je n’étais pas capable de suivre le rythme. Avant toutes ces folies, j’étais une jeune femme plus en forme que la majorité des autres, je pouvais jogger longtemps sans trop d’efforts. Rien de plus normal pour un médecin : je prenais soin de moi avant de prendre soin des autres. Je m’étais toujours dit que conseiller quelqu’un d’arrêter de manger pour surveiller son poids alors qu’on était obèse, c’était un peu idiot. Mais bon, j’en avais reperdu. Mon souffle était court et je remerciai le ciel du laps de temps pendant lequel nous nous arrêtâmes qui me permis de respirer normalement. Et quand j’entendis les cris, je su que j’étais prête à repartir.

Parce que ces cris pouvaient appartenir à n’importe qui, y compris Aristide, mon frère chéri. Ça, je ne pouvais pas le tolérer. Il y avait une seule certitude dans ma vie : mon amour pour cet homme. Je savais que, peu importe la façon, s’il était mort avant ou aujourd’hui, il y aurait eu des personnes pour le pleurer. Nos parents d’abord, qui souffrirait la perte d’un enfant, mais qui finisse par oublier la douleur. Par mourir. Ses amis, qui auraient pleuré, mais la souffrance s’évapore bien un jour. Non, définitivement, la seule personne qui ne s’en serait pas remis – et ne s’en remettrait toujours pas – si Aristide nous quittait, c’était moi.

Ce qui me frustrait, je pense, c’était qu’Ethan agissait comme si les seules personnes qui existaient sur Terre étaient sa femme et son enfant. Je comprenais évidemment son sentiment, mais je le détestais également de cet égoïsme. Moi aussi, j’avais mal en ce moment tant les papillons avaient pris en assaut mon ventre. J’avais envie de vomir et ça n’allait pas en s’arrangeant.

C’est à ce moment qu’on rencontra un autre Hors-la-loi, qui tira mais manqua Ethan qui se tenait toujours devant moi. J’eus le réflexe de me jeter à terre, mais c’était trop tard. La balle s’était logée dans mon bras et je grinçai des dents devant la brûlure mordante du métal dans ma chair. Ce ne fut pas très long qu’un autre coup de feu alla enlever la vie à l’homme qui nous avait attaqués. Je relevai les yeux vers Ethan qui semblait de plus en plus énervé et je me forçai à me remettre sur deux pieds en ignorant les deux autres. Je saignais, mais je me ferais un garrot plus tard. Pour l’instant, il n’y avait qu’une chose qui comptait.

- Aristide, hurlais-je alors que les cris s’accentuaient encore au-dessus de nos têtes.

Sans réfléchir, je me remis à courrir.
Revenir en haut Aller en bas
Ethan Jones
I'm forever blindavatar

Messages : 1559
Date d'inscription : 03/01/2010
Age : 38
Localisation : New-York

MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Ven 14 Jan - 18:14

Tout se passa très vite dés que Lilly fut en sécurité dans la réserve. Nous n’eûmes pas le temps de parler qu’à nouveau nous entendions des bruits suspects en haut des escaliers. Et je sentais dans la voix d’Aaron qu’il était bien plus nerveux qu’il voulait le laisser paraitre. Je ne savais pas ce qu’il pensait et je ne voulais pas savoir. Tout ce qui m’intéressait c’était de vite retrouver ma famille. Il avait beau me dire de tirer sur ce que je voulais, qu’il nous couvrait, je m’en fichais. Des que j’aurai atteint l’étage, je me précipiterai pour retrouver Katarina. Qu’il fasse ce qu’il voulait, je n’allais pas jouer les Gi Joe pour lui faire plaisir.

Si j’en avais eu la possibilité, je l’aurais étranglée. Qui, elle ? Diane pardi ! La soi disant femme d’Aristide, le salop qu’Alexander avait réintégré. Mais quelle idiote franchement ! Elle allait tous nous faire tuer à vouloir jouer l’intéressante. Je m’étais mis devant elle pour la protéger parce qu’elle n’avait pas d’arme et parce que c’était une femme sans défense, et cette idiote n’avait pas compris qu’il fallait se cacher si moi je pivotais pour éviter une balle. Forcément…elle e prit une balle dans l’épaule. Elle croyait quoi franchement ? Que la balle allait l’éviter ? Non mais n’importe quoi franchement…je crois que si les bruits venant d’en haut ne devenaient pas aussi stressants je l’aurais traînée moi-même dans la réserve pour tenir compagnie à Lilly. Elle allait nous créer des problèmes, je le sentais.

Mais déjà j’ignorais sa présence et ses cris pour appeler son pseudo mari pour monter trois par trois les marches des escaliers. Plus vite je serais en haut, plus vite je serais prêt de Katarina, de Lena et du bébé. Et puis, plus on resterait ici, plus on serait pris au piège. Aaron était derrière moi et semblait vraiment devenu aussi dangereux qu’Alexander et moi réunis. Je ne le connaissais pas aussi militaire, mais il ne semblait rien laisser au hasard. Arrivés au dessus des escaliers, nous nous mîmes de part et d’autre de la porte en échangeant un regard.

Et puis le revolver à la main, pris dans mes deux mains, j’avançais et tirait dans le dos d’un homme qui menaçait un petit groupe. Je ne savais pas très bien ce qu’il leur demandait, mais je pris le temps de regarder chaque visage, et quand je n’y trouvai pas ceux que je cherchais, je leur criais d’aller se cacher. N’importe où mais loin, à l’abri. Et je courus à travers le couloir en criant le prénom de ma fille ou de ma femme.
Aaron sur mes talons, et l’autre folle je ne sais où, je devenais fou. J’entendais des tirs, des pleurs, et je voyais du sang. Le couloir reprenait de l’autre côté du L qu’il formait et je sentais qu’il se passait des choses importantes.

Je ne sais pas dire ce qu’il s’est passé à ce moment là parce que j’ai cru entendre la voix de Katarina vers l’infirmerie qui était à quelques dizaines de mètres et j’ai couru sans penser à rien d’autre. Quelqu’un m’a jeté à terre, et j’ai entendu le bruit d’une balle ricocher une première fois, sur le mur, et quand je me suis rendu compte que c’était Aaron qui essayait de me protéger et qui essayait de me dire quelque chose que je ne comprenais pas tellement le bruit couvrait sa voix. Et quand j’ai compris ce qu’il se passait, j’entendais des cris autour de moi et j’ai tiré en face de moi. J’ai abattu un homme avant de tirer sur un autre pour le désarmer. Et je savais tirer parce que j’ai visé l’épaule avant de me précipiter sur l’autre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Sam 15 Jan - 7:35

Je commençais sérieusement à perdre patience. Je craignais la situation à l'étage et les catastrophes s'enchainaient ici. Personne ne pouvait donc rester tranquille ? Un homme nous tira dessus. Ethan réussit à éviter la balle mais Diane eut le mauvais idée de se la prendre dans l'épaule... Pourquoi n'avait-elle pas reculé ? Je lui avais dit de ne pas lâcher Ethan mais de là à se coller à lui... Il y a des limites quand même. J'eus l'idée de l'envoyer avec Lily mais le temps pressait et il fallait absolument que nous montions. Premièrement, pour qu'Ethan ne fasse pas de crise de nerf et aussi pour venir en aide aux autres personnes dans le même état que nous...

Je pensais à eux, me disant que la plupart d'entre eux n'étaient peut être même pas armés. Mes réflexions ne m'interrompirent pas dans mes gestes et j'étais toujours à l'affut, accompagné d'Ethan. J'avais au préalable aidé Diane à se mettre debout pour nous suivre et lui jetait quelques coups d'œils de temps en temps. Je tournais ensuite mon regard vers Ethan et d'un comme un accord silencieux, nous braquâmes notre arme aux vues de tous. Ethan fut plus rapide que moi et tira sur un homme, menaçant un petit groupe de personne. Ne reconnaissant aucun membre de sa famille, il leur indiqua d'aller se cacher.

Je sentais la tension du jeune homme à son comble et je sentis que sa patience à lui n'était presque plus existante. J'observais toujours les alentours, le couvrant, quand je vis deux hommes près à tirer sur lui. Me jetant sur Ethan pour le sauver, je dus l'écraser un petit peu mais je pense qu'il préférait ça qu'une balle non ?

- Lorsque tu es visé, essaie de ne pas rester dans la ligne de mire !

Mais mes paroles ne pouvaient pas couvrir le vacarme assourdissant qui régnait autour de nous. Si bien que, ne m'ayant pas entendu, il se leva et tira sur les deux hommes qui l'avaient visés quelques minutes auparavant.

J'allais pour me relever, lorsque je m'aperçus d'une douleur qui m'était jusque là inconnue. Soulevant légèrement ma manche, je vis que la balle m'avait en faite touché moi. N'ayant pas atterrit dans un muscle, la douleur était présente mais supportable. De toute façon, je n'avais pas le temps pour déblatérer sur le sujet. Je rejoignais donc Ethan, tout en faisant accélérer Diane qui restait maintenant derrière, ce qui me dérangeait, car je ne pouvais pas voir si quelqu'un lui voulait du mal ou pas.

Je ne sais pas si les deux s'aperçurent de ma blessure mais je priais pour qu'ils n'en parlent pas. Nous avions bien plus urgent. Nous accélérâmes donc, entendant quelque peu la voix de Katarina...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Mer 26 Jan - 23:16

Mon bras était en feu. Ma gorge aussi, à force de courir ainsi. Enfin, je supposais que je brûlais de partout. La peur, l’impatience ; c’était en train de me rendre folle. Je sentais bien l’irritation des deux colosses qui étaient dorénavant derrière moi, mais sérieux, j’en avais rien à cirer de leurs problèmes. Sa femme et sa fille ? Qu’elles aillent brûler en enfer si Ari était en train de souffrir. Moi, ça pouvait aller. Après tout, un bras, ce n’était pas grand-chose. Un peu de chair endommagée… bon, il faudrait un jour que je retire les éclats de plomb fichés dans ma peau. Ça, Mathilda pourrait s’en charger. Si jamais elle était toujours en vie après cette attaque… tant de gens mourraient ! Je voyais des cadavres sur le sol mais ne pouvait déterminer clairement de qui il s’agissait. Je priais évidemment pour que ce soit tous des hors-la-loi mais, Dieu le savait, il ne pouvait en être ainsi. Ce n’était pas tous les membres de la Communauté qui se baladaient avec un revolver. Par contre, les chiens d’Armando… je résistai à l’envie de botter un cadavre que je venais de reconnaître. Un de ces salauds qui m’avait besognée à son aise dans le temps.

Alors que j’entendais Aaron et Ethan crier pour trouver Katherine et Elena, ou un truc comme ça, j’ouvrais les portes de chaque côté pour trouver une trace de mon petit frère. Le plus difficile, c’était de savoir que d’une seconde à l’autre je pouvais tomber sur Armando. Ou Alexei qui avait sans doutes fait entrer ses amis ici. Je versai une larme sur le cadavre d’un jeune adolescent. C’était ça le plus terrible. Ils tuaient les enfants et les adultes sans discrimination ; seulement les hommes par contre. Les femmes, c’était toujours bon pour prendre du plaisir jusqu’à ce qu’elle crève étouffée par leur semence. Encore que les femmes, ça se comprenait. Mais quand, à l’infirmerie, on m’avait amené des fillettes d’à peine 6 ou 7 ans parce que les pauvres anges souffraient le martyr, déchirées avant l’âge, j’en avais le cœur sur le bout des lèvres. On ne s’habituait pas à l’odeur de la mort. Encore moins à celle de la souffrance.

Alors que je désespérais de trouver mon frère, certaine maintenant de me faire violée pendant des jours avant de crever à bout de forces, le miracle se produisit. J’ouvris la porte pour me retrouver face à Ari qui avait l’air d’hésiter à m’étrangler avant de réaliser qui j’étais. Je me jetai dans ses bras et il referma la porte derrière nous.

J’avais déjà oublié Ethan et Aaron.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Ven 28 Jan - 22:00

Katarina et moi courions à en perdre haleine, et Lena était de nouveau en larmes. Son petit visage et sa tenue en étaient trempées, et du coin de l'œil, je la voyais trembloter. C'était un détail complètement absurde et à côté de la situation actuelle, mais mon esprit s'attardait sur ça, préférant se concentrer sur quelque chose d'infime plutôt que sur ce qui était en train de se passer, et ce qui venait de se passer. Si Lena attrapait un rhume, nous serions dans les ennuis jusqu'au cou. Il faudrait prier pour qu'elle guérisse très vite sans que cela s'aggrave, ou sa vie serait mise en danger. Il était plus facile de songer à des hypothèses de ce genre plutôt que de se dire « Il faudra faire attention à un éventuel rhume uniquement si nous survivons à ça ». Pourtant, il était difficile de se concentrer sur quelque chose d'aussi faible, un minuscule fil me raccrochant à la raison et m'empêchant de paniquer, alors que nous étions en fuite, croisions des gens paniqués, et que Katarina appelait Ethan de toutes ses forces en demandant à tout le monde s'ils l'avaient croisé. Nous finîmes pourtant par avoir une réponse ; un groupe dissimulé dans une chambre. J'aurais voulu que Katarina se dissimulât elle aussi mais elle avait déjà fait demi-tour. Je claquai la porte sur les trois personnes cachées là sans plus leur prêter la moindre attention et la rattrapai le plus vite possible malgré un infernal point de côté qui me vrillait les côtes. Je n'avais rien contre le sport mais la course n'était définitivement pas ma tasse de thé. Je ne savais pas courir, mais je ne voulais surtout pas que Katarina me distance. Il était hors de question que je la perde de vue ; je voulais la protéger, coûte que coûte, et si possible de manière un peu plus efficace que contre Armando.

Et puis, le soulagement, la détente immédiate, l'oxygène lorsque nous tournâmes et vîmes Ethan avec Aaron au détour du virage. Cependant, pour moi, il fut instantanément suivi d'une frayeur intense lorsque je vis le visage derrière qui ouvrait désespérément toutes les portes alentours en appelant un nom de toute la force de sa frêle voix. Aristide. Ari. Bon Dieu, Diane était avec eux, alors que nous étions en train de nous faire attaquer par les Hors-la-Loi avec lesquels j'étais supposément ami. Et si elle lâchait une information malencontreuse sous la panique ? Par un réflexe particulièrement stupide, je pris Katarina contre moi et reculai immédiatement, l'empêchant de se jeter contre Ethan.

- Attends, attends ! la suppliai-je.

C'était ridicule. Je ne pourrais pas la maîtriser longtemps, et de toute façon, ils se dirigeaient vers nous, même en admettant qu'ils ne nous avaient pas vus. Je ne pourrais pas échapper à Diane, et tout ce que je faisais là c'était augmenter la panique de ma fille. Mais je ne voulais pas la laisser aller de l'avant pendant que je repartais dans l'autre sens. J'avais largement fait assez preuve de lâcheté pour aujourd'hui - et probablement pour le restant de mes jours d'ailleurs. Elle m'échappa soudainement et je me précipitai à sa suite. Nous heurtâmes de plein fouet respectivement Ethan et Aaron qui passaient l'angle à la même seconde. Et par-dessus l'épaule de ce dernier, je vis la longue chevelure noire de Diane entrer dans une pièce légèrement derrière. Cette chance impromptue m'étonna moi-même. Cela semblait terriblement déplacé dans cette atmosphère de terreur.

Je m'éloignai d'Aaron et et me mis à côté de lui, légèrement en retrait pour ne pas le gêner. Il avait un pistolet mais s'en servirait certainement mieux que moi qui n'avais que ma main gauche pour viser. Nous nous remîmes à avancer, plus lentement toutefois, marchant vite sans courir éperdument. Je serrai mon bras avec ma main blessée contre moi, le serrant de toutes mes forces dans le vague espoir d'atténuer l'insupportable douleur, mais sans succès. Je sentis soudain quelque chose de poisseux et regardai mes doigts pour voir s'ils saignait d'un quelconque endroit. Pourtant, je n'en avais pas l'impression, et même si ç'avait été le cas, cela ne pouvait être en telle quantité... et je venais de remarquer que le devant de ma chemise était rouge vif, quelque part au niveau de l'abdomen, collant à ma peau et dégouttant paresseusement sur le sol. Je fronçai les sourcils. Cela ne pouvait pas venir de moi... Je jetai un coup d'oeil en biais à mon voisin et m'interrompis brusquement dans mon avancée.

- Stop... STOP ! Aaron ne peut pas continuer comme ça !

Il me regarda d'un air interrogateur. Bon Dieu, à croire qu'il s'était à peine rendu compte qu'il était blessé. Pourtant, tout son flanc droit était ensanglanté. Je pris son T-shirt du bout des doigts et grimaçai en voyant un trou très certainement causé par une balle.

- Pause tout le monde. On va là-bas.

De toute façon, personne ne cherchait plus personne, maintenant, il était temps de songer à nous mettre à l'abri. J'en étais rendu à donner des ordres, moi le rebut de la Communauté. Mais Katarina semblait totalement paniquée et Ethan ne pensait certainement qu'à protéger sa femme et sa fille - je ne pouvais pas l'en blâmer d'ailleurs. Mais à présent qu'il était là, je voulais me concentrer sur autre chose que ma fille, ne plus penser à quel point j'avais failli à ma tâche. Nous nous glissâmes dans une petite pièce et je me passai une main sur le visage, reprenant mon souffle, complètement désemparé. A partir de là, je ne savais plus quoi faire. Ici, le médecin, c'était Katarina, simplement je ne savais pas si Katarina était en état de s'occuper d'Aaron.
Revenir en haut Aller en bas
Katarina K. Jones
In the shadow of your heart.
avatar

Messages : 1762
Date d'inscription : 30/12/2009
Age : 26
Localisation : Elizabethtown

MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Sam 29 Jan - 12:21

Lena pleurait. Lena pleurait, et c'était insupportable, parce qu'au lieu de la rassurer je ne faisais que l'énerver et l'effrayer davantage, étant moi même dans un état psychologique lamentable. Mais en cet instant, avant d'être une mère, j'étais une femme terrifiée et choquée. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine et mes poumons étaient en feu. Pourtant je continuais à courir, me moquant que mon père soit derrière moi ou non. Tout ce que je voulais c'était retrouver Ethan. Ethan, qui lui pourrait certainement me protéger un peu mieux que mon père. J'étais encore trop ébahie pour lui en vouloir, mais à n'en pas douter je finirais par me rendre compte de ce qu'il avait fait ( ou plutôt ce qu'il n'avait pas fait ) et une discussion s'imposerait. Mais pour le moment je m'en fichais, c'était la dernière chose qui m'importait. À travers les hurlements et les bruits divers et variés, j'essayais désespérément d'entendre la voix d'Ethan. Et je ne l'entendais pas, alors je paniquais. Je ne cessais de me dire qu'il lui était arrivé quelque chose, quelque chose de grave. Et s'il était blessé ? Et si... ? Non, je ne voulais même pas penser à ce genre d'éventualité. Je ne voulais pas, je ne pouvais pas. Je refusais de l'imaginer seul, baignant dans une marre de sang. Pourtant ces images s'imposaient à moi sans que je puisse rien y faire. Cela ne faisait qu'accroître la panique qui naissait en moi. De toute ma vie jamais je n'avais eu aussi peur. Pour la première fois, j'envisageais de perdre Ethan, au sens propre. Il s'agirait là d'une séparation définitive. Alors je me fichais bien de mon père qui me demandait de ralentir, je me fichais qu'il soit à deux doigts de cracher ses poumons. De toute façon, cela l'arrangerait bien qu'Ethan ne s'en sorte pas, n'est-ce pas ? Il le détestait ! J'étais certaine que cela ne l'aurait pas dérangé si... Stop ! Je devais cesser de penser à de pareilles choses simplement parce que j'avais peur et que j'étais en colère. J'étais injuste.

Je hurlai lorsqu'au détour d'un couloir nous vîmes surgir Ethan et Aaron. Il était vivant ! Il était vivant et il avait l'air d'aller bien, malgré tout ce sang sur son visage et ses vêtements. J'eus un mouvement pour me précipiter vers lui, mais quelque chose m'en empêcha. Mon père m'en empêcha, passant son bras autour de moi pour me retenir, en me suppliant d'attendre. Je hurlai, me débattant de toutes mes forces jusqu'à ce qu'il me lâche, à deux doigts de fondre en larmes à l'instar de Lena, qui continuait à pleurer en se débattant contre moi. Je me tortillai comme un vers, jusqu'à ce que mon père me lâche, ou plutôt jusqu'à ce que je lui échappe. Je faillis m'écrouler, tremblante sur mes jambes, mais je restai debout sur mes jambes, du moins jusqu'à ce que j'atterrisse dans les bras d'Ethan une ou deux secondes plus tard. Je m'effondrai dans ses bras, Lena dans les miens, et ce ne fut que grâce à la poigne d'Ethan que je ne finis pas par terre. Il avait passé ses bras autour de moi et m'avait plaquée contre lui avec force. Soulagé, j'imagine. J'eus un soupir de soulagement, enfouissant ma tête contre sa poitrine. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Je me sentais mal, j'avais l'impression que j'allais m'évanouir. Mais je ne pouvais pas, je ne voulais pas être un poids supplémentaire pour eux, et puis je devais faire attention à Lena. Lena avait besoin de sa maman. Lena ne hurlait même plus tellement elle avait peur. Je la sentais trembloter entre mes bras, tandis que ses petites larmes mouillaient ma poitrine. Oh mon dieu, mon pauvre bébé ! Jamais elle n'aurait dû vivre une telle épreuve. Elle était trop petite pour devoir supporter une chose pareille.

Rapidement, je compris que je devais laisser le champ libre à Ethan, pour qu'il puisse faire ce qu'il avait à faire si jamais... Me mordant la lèvre, je me forçais à quitter ses bras, mais je ne pus lâcher sa main, que je broyais presque dans la mienne, tout en gardant Lena plaquée contre moi. Ses petites mains s'accrochaient à mes cheveux, à mes vêtements, comme si elle avait peur que je la lâche. Je n'aimais pas du tout cette situation, qui commençait à devenir de plus en plus désagréable. J'étais toute seule avec ma fille et trois hommes qui géraient plus ou moins la situation. Nous n'avions croisé personne d'autre. Est-ce que le reste de nos amis étaient vivants ? Je m'inquiétais soudainement pour Alexander, Mathilda, Cassandre, Riley, Gabrielle... Je sursautai brusquement lorsque mon père hurla qu'Aaron ne pouvait pas continuer. Quoi ? Je jetai un regard inquiet à Aaron, et j'ouvris grand la bouche en me rendant compte qu'une énorme tâche rouge qui s'élargissait colorait son tee-shirt. Je n'eus pas le temps d'analyser la situation que déjà mon père nous encourageait à nous mettre à l'abri dans une pièce. Je me retrouvai donc à l'intérieur sans même m'en rendre compte. Je mis une bonne minute à reprendre mon souffle. J'eus brusquement un haut-le-cœur, si bien que je fourrai Lena dans les bras de son père avant de me plier en deux, appuyée sur un meuble, pour faire passer le malaise. Il fallait que je me calme. J'étais médecin, c'était à moi de m'occuper d'Aaron. Sauf que je n'étais pas certaine d'être en état. Mais je n'avais pas le choix. Je pris une profonde inspiration avant de me redresser brutalement. J'affichais soudainement un air aussi neutre que possible, avant de remonter mes manches d'un mouvement sec avant de me diriger vers Aaron, que je trouvais de plus en plus pâle.

« Assieds toi, laisse moi regarder ça. »

Je me disais qu'avec un peu de chance ce ne serait pas grand chose, qu'avec un peu de chance la balle n'aurait fait que l'effleurer... J'eus la réponse en soulevant son tee-shirt. Un air de panique passa sur mon visage, mais je le chassai rapidement. À première vue, le trou laissé par une balle n'est pas si impressionnant que cela, il ne fait même pas deux centimètres. Mais la quantité de sang qui s'échappait de la plaie était conséquente. Plus inquiétant encore, la balle n'était pas ressortie. Ce qui signifiait qu'elle pouvait bouger et causer des dégâts très importants.

« Tu as pris une balle, Aaron... Au niveau des poumons... Elle n'est pas ressortie... Est-ce que tu arrives à respirer à peu près correctement ? »

Je craignais une perforation du poumon, ou encore une artère déchirée, une hémorragie interne... Tout un tas de choses. Le problème, c'est que ce n'était pas mon domaine de prédilection. Pas du tout. Je pouvais passer à côté de tout un tas de choses.. D'un geste, j'incitai Aaron à s'allonger. Je retirai rapidement mon pull et j'entrepris de faire pression sur la plaie pour freiner l'hémorragie. Je voyais que les yeux de mon ami commençaient à devenir vitreux et cela m'inquiétait.

« Ne t'endors pas, Aaron, ne t'endors pas ! Reste éveillé ! Parle nous, d'accord ? Parle nous ! »

Je me suis mordue la lèvre. Puis je me suis retournée vers Ethan et mon père qui me regardaient avec un air à la fois inquiet et interrogateur.

« J'ai besoin d'aide. Je n'y arriverai pas toute seule ! Je n'y arriverai pas ! Je... Je ne suis pas chirurgien cardio-thoracique ! Je devais faire pédiatrie... J'ai besoin que l'un d'entre vous aille chercher Mathilda et tout le matériel stérile possible. Ou il va... Il va... »

J'ai secoué la tête. L'odeur du sang me montait à la tête et je sentais la nausée me gagner. Foutues hormones ! Ce n'était vraiment pas le moment !

« L'un de vous deux va aller voir Mathilda et répéter exactement ce que je vais dire, d'accord ? Plaie par balle, qui nécessite qu'un drain thoracique soit posé. La balle est toujours à l'intérieur et susceptible de faire de nombreux dégâts. Je soupçonne une hémorragie interne, mais je ne suis pas sûre... Il perd beaucoup de sang. Il a besoin d'être opéré... Et certainement transfusé. »

J'eus un petit rire, terriblement nerveux.

« L'un d'entre vous est du groupe O négatif peut-être ? »

Je secouai la tête, avant de me mettre à hurler, littéralement paniquée, tandis que je faisais pression sur le torse d'Aaron, qui n'avait pas l'air de comprendre ce qui lui arrivait.

« Mais qu'est-ce que vous attendez ?! Décidez vous ! Allez chercher Mathilda ! Ou il va mourir ! Il va mourir, et ce sera votre faute ! Je ne peux pas le sauver toute seule, je ne peux PAS ! »

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thisiswar.forumactif.org
Ethan Jones
I'm forever blindavatar

Messages : 1559
Date d'inscription : 03/01/2010
Age : 38
Localisation : New-York

MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Lun 31 Jan - 12:49

L’arme à la main brandie comme un étendard, j’étais prêt à tirer sur tout ce qui se bouge. Je ne faisais plus attention à rien. Je voulais simplement retrouver ma femme et ma fille et les mettre en sécurité. Je sentais qu’elles étaient en danger et ca me rendait fou. Je ne peux même pas dire si je pleurais tellement j’avais l’impression hors de tout ca. Je désarmai un homme en tirant sur son poignet, ce qui le fit lâcher son arme avant de se jeter sur moi. J’avais maintenant la gâchette facile et m’étant entrainé avec Alexander j’étais doué pour viser juste. Je pris un coup dans l’estomac avec je ne sais pas trop quoi mais j’eus très mal. Ma respiration sembla se couper pendant une dizaine de secondes et je me pliais en deux face à la douleur. Mais je décidais qu’elle ne serait rien. Tant que je n’aurais pas retrouvé ma famille, la douleur devait être secondaire. Je me débarrassais de cet homme en lui envoyant mon coup de poing au milieu de la poitrine pour le neutraliser. Et je le rouais de coup pour le mettre hors jeu. J’aurais pu le tuer d’une balle, mais ma hargne et ma colère parlaient. J’allais lui faire regretter son geste. Un deuxième homme arrivait et je n’hésitais pas à tirer.

Débarrassés des deux hommes, je m’élançais dans le couloir adjacent poussant sans doute une ou deux personnes. J’étais sourd à tout ce qu’on pouvait me dire. Il n’y avait que ma femme et ma fille. Je ne voyais même pas que c’était un carnage autour de nous. C’était comme si mon cerveau était bon à une seule chose : les retrouver, et il mettait tout en place pour que je le fasse.

Je criai alors le nom de Katarina, peut être un peu de manière désespérée, mais avais je le choix ? Et puis, passé le couloir, je les vis. Enfin ! Elles étaient là !! En vie, toutes les deux ! Elles étaient en vie. Faisant fi du reste je me précipitais sur elle et les écrasai contre moi. Je refusais de les lâcher, je ne pouvais pas. J’avais eu tellement peur de les perdre. J4avais eu peur qu’on leur fasse du mal. J’étais persuadé qu’on était venues pour elle. Pour qui d’autre ? Ils me l’avaient déjà pris une fois, ils avaient du essayer une nouvelle fois. Mais ils ne l’avaient pas eu. Je ne savais pas pourquoi mais ils ne l’avaient pas eus. Elle était là, j’aurais pu me calmer…mais je n’y arrivais pas.

J’ai mis une bonne minute pour réaliser le chaos qui régnait autour de nous. Je quittai alors notre bulle en laissant Katarina s’écarter, mais j’étais soulagée de la savoir prés de moi. Elle avait enfoui sa main dans la mienne et la serrait si fort qu’elle aurait pu me briser tous les os. Mais elle était là. Tant qu’elle tiendrait ma main je saurais qu’elle était là alors je m’en moquais. Lena pleurait à chaudes larmes. Mon pauvre bébé, ma princesse….Elle devait être choquée…

Je ne me rendis compte qu’Aaron était blessé que lorsque je me retournai. Oh mon dieu !! Il était blessé ! Il se tenait courbé et sa main était en sang. Je ne savais même pas comment ça avait pu arriver et j’étais réellement choqué. J’étais vraiment trop choqué pour faire quoi que ce soit. Katarina, au contraire, elle a su quoi faire instantanément. Je me suis donc retrouvé avec Lena dans les bras alors qu’elle se penchait sur Aaron et hurlait je ne sais quoi. Lena avait tendu sa petite main vers moi et elle me souriait. Je la regardais avec son insouciance et son innocence de bébé et je ne savais plus où j’étais et où j’en étais. Je ne comprenais vraiment pas ce qu’il se passait. Je savais seulement qu’Aaron était blessé et que ça avait l’air grave. J’ai coulé un regard vers mon beau-père qui ne réagissait pas non plus et nous nous sommes demandé quoi faire. Katarina piquait une véritable crise de nerfs mais j’avais Lena dans les bras. Hors de question que je la confie à quelqu’un ou que je ne surveille pas ma femme. C’est donc avec une voix paniquée que je me suis adressée à Alexeï.

-Dépêchez-vous !!! Dépêchez vous bordel !

Je savais que c’était injuste de lui parler de cette façon. Mais c’était mon meilleur ami qui était à terre, perdant tout son sang. Ca devait être le parrain du bébé. Il porterait aussi son nom s’il s’avérait par miracle que ce soit un garçon. Là, je crois que pour la première fois de ma vie, j’espérais que Katarina attende un garçon pour qu’on rende cet hommage à Aaron.

Les cris redoublaient tout autour de nous et nous ne pouvions pas rester là, à craindre que de nouvelles balles sifflent. Il fallait amener Aaron dans un endroit sûr. J’ai ouvert la première porte qui se trouvait à portée de main et j’ai demandé à Kat si je pouvais sans danger le porter pour l’installer sur un lit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Lun 31 Jan - 22:46

Katarina prenait les choses en main et Ethan et moi restions stupidement là, debout, les bras ballants, au lieu même de penser à défendre la pièce où nous étions au cas où quelqu'un surgirait. C'était la première fois que je voyais ma fille en tant que médecin, urgentiste j'entendais, pas simplement attribuer des médicaments pour une petite maladie. J'avais l'impression de la redécouvrir. A mes yeux, Katarina était une petite chose fragile que je devais absolument protéger contre les rigueurs du monde réel, du monde au-delà de notre maison en Russie où je l'avais gâtée et gardée comme un objet précieux contre moi. Là, je la découvrais en femme capable de sauver des vies, imperturbable à la vue d'une telle blessure. Imperturbable ? Pas tant que cela, je la sentais au bord de la crise de nerfs, néanmoins elle parvenait tout de même à examiner Aaron.

Elle parlait, parlait, parlait, et nous étions tous incapables de réagir. Ethan et moi nous regardâmes, complètement déboussolés, et nous sursautâmes tous les deux de concert lorsqu'elle nous agressa littéralement en piquant la crise de nerfs qui pointait déjà depuis un bout de temps. Ethan se tourna immédiatement vers moi et se mit à me hurler dessus à son tour. Je ne pensais même pas à le foudroyer du regard. Elles étaient loin les querelles de jalousie entre le père et le mari ! Tout ce qui importait, à présent, c'était de sauver le maximum de vies possible, et malgré une envie brûlante de lui hurler « Mais qu'est-ce que tu fais, toi, c'est ton ami, pas le mien ! », je parvins miraculeusement à contenir ma haine et mes nerfs. De toute façon, concrètement, j'étais le seul à réussir à garder la tête froide, ici. Aaron ne pouvait plus bouger s'il ne voulait pas aggraver les dégâts, Katarina était en pleine crise de panique, et Ethan refusait catégoriquement de quitter d'une semelle sa femme et sa fille. Simplement, pour la première fois de ma vie, je le remerciais au lieu de lui en vouloir. Cela me tuait de l'admettre, mais je savais qu'elles seraient en sécurité avec lui.

- Même si tu restes avec elles, pose Lena et monte la garde, Ethan ! N'importe qui peut venir et je ne tiens pas spécialement à retrouver quatre blessés au lieu d'un quand je reviendrai !

Si je revenais. Je fis volte-face sans attendre sa réponse. L'ambiance de terreur me recouvrit instantanément lorsque je retournai dans les couloirs. Dans la pièce, il y avait quelque chose d'engourdissant due à la fausse impression de sécurité que nous avions, mais dehors, à la merci du prochain qui se retrouverait en face de nous, avec les cris qui retentissaient bien plus fortement et les coups de feu si nets, si proches, l'on se retrouvait instantanément téléporté dans la bataille.

Concentration. Mathilda. L'infirmerie. Je devais commencer par l'infirmerie. Je me remis à courir, les poumons et la gorge en feu.

Arrivé là-bas, je ne vis rien ni personne. Seul le malade habituel au fond de l'infirmerie, dissimulé par ses rideaux tirés. J'hésitai un instant à le tirer de là, mais j'avais plus urgent à faire, et finalement ici, il était peut-être plus en sécurité qu'à se traîner à travers les couloirs. Si on ne savait pas qu'il était là, il était invisible. Une brusque poussée d'adrénaline me réveilla soudain et je cessai de contempler le rideau fermé.

- MATHILDA ! criai-je brusquement de toutes mes forces.

Je ne voyais pas quoi faire d'autre. Je recommençai à fouiller toutes les pièces depuis l'infirmerie, en continuant à m'époumoner en scandant son nom. Je n'avais presque plus d'air dans les poumons et je ne savais pas où je parvenais à trouver la force de crier aussi fort. Et puis, alors que je m'apprêtais à ouvrir une énième porte - j'avais l'impression de ne plus faire que ça depuis toujours, ouvrir des portes pour trouver je ne savais qui, c'était devenu tellement machinal que j'aurais sans doute pu la lui refermer au nez sans même la voir - la poignée s'activa sans que je la touche et le battant heurta ma main blessée. Je poussai un hurlement de douleur, et, plié en deux, relevai la tête, haletant, pour enfin voir celle que je cherchais depuis... trop longtemps. J'avais complètement oublié ce que Katarina m'avait demandé de répéter. Est-ce qu'il n'y avait pas une histoire d'hémorragie dans tous les termes incompréhensibles qu'elle avait cités ? A bout de souffle, je toussai, crachai, et proférai :

- C'est Katarina... Aaron... Il a... Katarina l'a examiné... Oh bon Dieu, j'ai tout oublié, merde...

Je toussai de nouveau et parvins enfin à me relever, desserrant la poigne de fer autour de mon poignet droit, cessant de tenter vainement de stopper la douleur.

- Aaron et Ethan et Katarina... On était ensemble mais... Aaron a été touché par une balle. Attendez... Attendez...

Je marmonnais tout bas, m'efforçant de retrouver ce que Katarina nous avait dit là-bas.

- Plaie par balle... Plaie par balle... Toujours à l'intérieur, qui pourrait provoquer des dégâts. Hémorragie interne... Non, elle n'est pas sûre qu'il y ait une hémorragie interne. Il faut une transfusion... Je suis du groupe O, mais je ne connais pas mon rhésus. C'est risqué de tenter la transfusion quand même ?

Mes propos étaient totalement décousus et je ne savais absolument pas si elle avait compris quelque chose à ce que je racontais. Et puis d'un seul coup, le flash.

- Elle a dit qu'il fallait qu'un drain thoracique soit posé. Voilà. Aaron a été blessé, la balle est encore à l'intérieur, elle soupçonne une hémorragie interne et il faut l'opérer, sans doute le transfuser.

Et je me remis à courir, sans attendre de voir si elle me suivait, en direction de l'infirmerie. Il fallait ramener du matériel stérile, tout le matériel stérile possible, c'était ses mots exacts. Trente secondes plus tard, nous y étions et je me retournai, affolé, vers Mathilda :

- Et il faut prendre du matériel. Je vais vous aider... On pourra en ramener davantage. Aaron ne peut pas bouger. Qu'est-ce qu'il faut prendre ?

Je réalisai soudainement que j'avais cédé moi aussi à la panique, et ce depuis un bon bout de temps. Je me mis à inspirer profondément, puis je me forçai à expirer lentement, le plus lentement possible, me massant les tempes, fermant les yeux de toutes mes forces pour réussir à me concentrer. Je ne savais ce qui avait réussi à me faire tenir jusque-là, peut-être simplement un bon sang-froid, mais le miracle était bel et bien terminé. Je n'étais pas mieux loti que les autres à présent, et sentir mes poumons littéralement en feu, mon cœur battre à s'en arracher de la poitrine, ma respiration hachée et mes mouvements désordonnés ne m'aidaient pas à me calmer. Tout en moi était symptomatique de l'état de panique, et savoir cela me faisait encore plus paniquer. Infernal cercle vicieux !

Il n'y avait plus qu'à espérer que Mathilda, finalement la dernière personne capable de faire quelque chose, ait encore la tête sur les épaules, elle.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Jeu 3 Fév - 20:36

J'avais un pressentiment... Comment dire... Absolument catastrophique ? Non. Ce n'était pas dans mes habitudes d'être défaitistes. Mais là, il fallait avouer que la chance nous tournait le dos, à tous.
Mon arme, braqué droit devant moi, m'aidait à surveiller les arrières de mon ami toujours sur les nerfs, de ne pas apercevoir sa famille. Je le vie stressais de plus en plus et mon calme commençait lui aussi à s'effriter. Surtout que la plaie qui était, au départ, insignifiante du point de vue de la douleur, commençait à altérer mes mouvements. Mais je me gardais bien de le révéler à Ethan, ne voulait pas l'inquiéter encore plus qu'il ne l'était.
Son coup me fit légèrement sursauter. Étonnement, il avait tiré sur un homme, avec une précision que je ne lui connaissait pas, ne lui retirant que son arme, sans gravement le blesser. C'est après ça que l'homme se jeta sur lui. Je voulus l'aider, voyant qu'il s'était pris un coup douloureux, mais le jeune homme s'en sortit très bien, sans mon aide. Éliminant un second adversaire, au passage.

La tension était à son comble. Nous n'avions aucune idée des survivants, de l'état de nos amis, des autres membres de la communauté. Rien. On ne savait pas si nous étions les seuls survivants. Si nous allions tous mourir... Bon, il faut que j'arrête d'être autant négatif. Il y avait encore beaucoup d'espoir... Beaucoup d'espoir...
Pourtant ma tentative d'auto-persuasion n'était pas très très efficace, mais elle le fut lorsque je vis, arriver dans l'angle, Katarina, accompagné de son père et de Lena, bien sûr. Je m'inquiétais instantanément de l'état de la petite fille, qui ne devait ni comprendre, ni avoir à comprendre ce genre de situation à son âge.

Bien heureusement, les deux amants se retrouvèrent... Si nous étions dans un film, il aurait fallu une musique très triste en arrière fond pour conclure ces retrouvailles, tristes, il faut l'avouer.
Ce fut Alexeï qui s'aperçut le premier de mon état. En vérité, je ressentais la douleur plus fortement mais n'avais pas remarqué le flux de sang qui jaillissait de mon corps. Là, il fallait peut être que je commence à m'inquiéter... Un élan de douleur me parvint et je retins un gémissement de douleur par une grimace, évoquant très clairement mon ressentiment. Alexeï cria qu'il fallait qu'on me soigne. Cependant , je ne voulais pas qu'ils s'arrêtent et se mettent en péril pour moi !

- Laissez, je vais bien me débroui...

Je n'eus le temps de rien dire ou faire. Les trois personnes m'emmenèrent dans une salle. Mon premier instinct fut de m'asseoir. J'avais vraiment mal à cet instant mais me garder de trop exposé ce mal être. Katarina fut prise de panique et je voulus me lever pour tous les rassurer, mais la douleur était trop forte, je ne pouvais vraiment pas. Elle s'approcha de moi et commença à examiner la plaie, voulant me soigner.

- Tu n'es pas obligée de faire ça...

Mais mots n'eurent pas d'effet sur elle, et elle continua, m'expliquant au fur et à mesure l'état dans lequel j'étais. Il faut avouer que la douleur déjà présente, plus certaine manipulation qu'elle présager de faire, mes amis auxquels il pouvait tout arriver... Mon état de panique augmenta en flèche, mais je me gardais de l'évoquer.
Seulement, mon état empirer. Je sentis des ruissellement de transpiration se former sur ma peau et la température de mon corps grimper sans ménagement.
Katarina me demanda si j'arrivais à respirer assez correctement. Il est vrai que là, cela commençait à être compliqué, vu mon ressenti.

- Pour l'instant, ça va...

Ma réponse eut l'air de la convaincre à moitié. Le problème, c'est que mon habituel pouvoir de persuasion perdait de sa valeur lorsque mon corps était ensanglanté. Étonnant, non ?
Mes réflexions mentales me fatiguais... J'avais l'impression que j'allais m'endormir, je me sentais m'évanouir... Enfin, je crois que c'était un évanouissement... Oui, je ne pouvais pas mourir, comme ça ! A cause d'un connard qui m'aurait tiré dessus ! Non... Je devais tenir pour tout les gens qui étaient présents dans cette pièce pour me sauver. Mon acutelle doctoresse sentit son étrange calme disparaître lorsque ma vue se troubla. Elle me criait de parler, de ne pas m'endormir.

- Ou...Oui...

Ma voix n'étais qu'un fil qui menaçait de profondément s'effondrer incessamment sous peu.
Il n'en fut pas mon état ne dégringole encore plus. Je sentis de l'agitation autour de moi, des cris, des piètres insultes... Mais tout cela ne me venait qu'en fond sonore. Comme si j'étais dans une pièce, très lointaine. J'entendis quand même une porte s'ouvrir. Et la panique du couple qui se tenait encore dans la pièce me força à m'accrocher un peu plus vers la monde réel. La soudaine soif qui me pris fut étonnante. De la soif, ou juste un manque d'oxygène ? Je ne sais pas. Mais l'eau me manqué.

- Katarina... De l'e... de l'eau...

Je sentis la jeune fille au-dessus de moi bougeait un certain moment puis, je la sentis me donner, dans un récipient non identifiable... Et que je ne préférerait pas connaître l'origine, de l'eau. Rien que le contacte avec le liquide me fit du bien. Bien qu'il me provoqua une certaine toux, il m'avait fait beaucoup de bien.

Je respirais bruyamment et essayais d'ouvrir les yeux, qui à ma grande surprise s'ouvrirent.
Au-dessus de moi se tenait la jeune femme, compressant ma blessure, devenue tellement douloureuse que je prévoyait mon côté d'être paralysé. Et de l'autre côté de la pièce se tenait Lena et son père qui changeait son regard, suivant le destinataire auquel il était adressé. Je vis, quand il croisa le mien, qu'il s'inquiétait. J'aurais été dans le même cas que lui, si cela avait été l'inverse mais... Il fallait qu'il protège sa famille avant tout. Maintenant qu'ils étaient ensemble, il fallait qu'ils survivent, même si d'autres devaient y laissés leur peau...
Revenir en haut Aller en bas
Mathilda Johnson

avatar

Messages : 31
Date d'inscription : 10/10/2010
Age : 49
Localisation : Infirmerie

MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Lun 28 Fév - 15:44

Planter l’aiguille, une nouvelle fois, puis la ressortir en prenant garde à ne rien abîmer sur son chemin. Tirer doucement sur le fil, vérifier que le point est précis. Recommencer. Encore. Encore. Désinfecter puis administrer un antidouleur. Pourquoi après ? Parce que l’administration de ce produit fait tout aussi mal que les points de suture, risque de malaise. Vérifier signes vitaux du patient, vérifier risque inflammation. Rassurer le patient puis récupérer tout le matériel. Sortir.

Manière schématique, ordonnée et particulièrement précise de penser. Voilà comment les choses se déroulaient dans ma tête : Je respirais sous forme de mots clefs qui m’indiquaient quoi faire, étapes après étapes. Chaque médecin avait sa propre façon de procéder, la mienne résidait en ces raisonnements automatiques qui ne laissaient absolument aucune place au doute. Je savais ce que je devais faire, quand, comment, pourquoi. Tout était inscrit profondément dans ma mémoire et rien ne m’échappait. J’observai un instant la personne que je venais de recoudre car elle s’était pris un coup de couteau, heureusement ce n’avait été que l’épaule. Enfin disons que ça aurait pu être pire, les organes vitaux auraient pu être touchés, il ne s’agissait néanmoins que d’une blessure certes profonde, mais pas mortelle. Certains avaient eu moins de chance. J’aimerais bien vous expliquer ce qu’il se passe, vous raconter comment je cours de personne en personne qui se sont faites attaquées par les hors la loi mais je n’en ai pas le temps. Non, je n’ai même plus le temps de respirer. Et quelqu’un m’appelle rageusement dans le couloir. Lorsque je posai la main sur la poignée puis ouvrit la porte, je me retrouvai nez à nez avec Alexeï Kuryenko. Mon visage déjà stoïque dû se glacer encore d’avantage, n’appréciant pas des masses cet homme dont l’honnêteté me paraissait étrangement feinte. Cela n’avait pourtant aucune importance. Qu’importe ce qu’il me voulait, je n’avais pas de temps à perdre. Néanmoins, lorsque je le vis plié en deux, essoufflé, tenant sa main que je savais blessée je pris la peine de rester dix secondes de plus pour savoir ce qu’il me voulait. Dix secondes, lorsque des dizaines de gens se font attaquer et nécessitent vos soins, c’est énorme. Ce fut au moins le temps qu’il mit pour retrouver ses esprits et sa respiration, posant sur moi un regard à la fois soulagé et perdu. Il sembla encore chercher trois secondes qui furent de trop ; Je commençai déjà à m’en aller lorsqu’il prononça le nom de Katarina, puis d’Aaron. Je me figeai soudain. Il était évident que si Katarina avait examiné Aaron, c’était car il avait été blessé. Aaron avait été blessé. Quelque chose au fond de moi se mit à bouger, remuer mes entrailles mais je l’étouffais de toutes mes forces afin de ne pas sombrer dans la même panique que celle qui semblait animer Alexeï. Lorsqu’il confirma qu’Aaron avait été touché par balle, mon cœur se mit soudain à cogner plus fort, faisant vibrer mes poumons qui peinaient à fonctionner normalement mais je ne cillai pas. Alexeï tentait de m’expliquer quelque chose, il me fallait l’écouter mais l’agacement qui se propageait lentement dans mon corps m’en empêchait de plus en plus. Bon sang, il aurait au moins pu retenir ce que Katarina lui avait dit !

Un constat à peu près intelligible tomba. Plaie par balle, je le savais déjà, restée à l’intérieur du corps. Quel emplacement ? Risque d’hémorragie interne… Oui, c’était possible, j’aurais voulu en avoir la certitude. Je soupirai lorsqu’il me parla de son groupe sanguin, avant d’effectuer une transfusion il fallait que je vois Aaron, l’emplacement de cette foutue balle, et s’il y avait effectivement une hémorragie. Tais-toi Alexeï, tais-toi ou donne moi une information utile bon sang ! Si en apparence je demeurais stoïque, tout se bousculait très vite à l’intérieur. Dans mon crâne s’effectuaient les enchaînements logiques appris lors de mes études et qui formaient cette magnifique science que l’on nomme médecine. Je savais que j’étais un bon médecin, ayant tout fait pour, mais les conditions dans lesquelles nous vivions changeaient absolument tout. Celui qui autrefois se révélait brillant pouvait aujourd’hui n’être qu’un marabout bas de gamme. Nous ne possédions que peu de matériel et je redoutais les plaies par balles, plus particulièrement leurs emplacements. La précision du drain thoracique m’aida à situer la balle, au niveau des poumons. Je soupirai de mécontentement. Ca n’allait pas être simple, encore moins en sachant que je ne possédais que peu de moyen et que les complications étaient nombreuses. J’allais devoir y aller à tâtons, chose que je n’appréciais absolument pas. Mais le temps pressait. Nous nous mîmes à courir en même temps vers l’infirmerie, répertoriant dans ma tête tout ce dont j’allais avoir besoin. Il fallait l’ouvrir pour poser le drain, or pratiquer ce genre d’opération relevait du suicide. Nous n’avions pas de salle de chirurgie, ni le matériel adapté… Bon sang ! Je courrai, me rendant compte au fur et à mesure de mes pas qu’Aaron n’était pas davantage en sécurité maintenant que je savais ce qu’il fallait faire : Qu’importe que je sois médecin et que je sache en quoi consistait la pose d’un drain, l’opérer maintenant était à peu près aussi dangereux que lui tirer dessus. La médecine n’a aucun pouvoir si aucun moyen. Alexeï semblait perdu, affolé, me demanda d’une voix beaucoup trop rapide de quoi nous avions besoin. Je me doutais de l’immobilité d’Aaron, ce qui impliquait que j’allais devoir l’opérer… Où ça ? Dans une chambre ? Les risques d’infections me paraissaient colossaux, mais de toute évidence je n’avais nullement le choix. Je me dirigeai directement dans la réserve, lui sur mes talons, avant de prendre un plateau métallique et de le lui coller dans les mains. Je déclarai d’une voix neutre :

« Tenez ça et ne touchez à rien. »

Je me retournai ensuite vers mes étagères et fit une liste à haute voix, prenant chaque chose que j’énumérai, avant de la poser sur le plateau.

« Xylocaïne pour l’anesthésie, seringue, compresses, bistouri, sérum physiologique, bétadine… Je vais prendre tout le matériel pour le drain… Il nous faut aussi des gants, et des masques. Dans quel état est Katarina ? Est-elle apte à m’assister ? Vous savez où est Diane ? Bon sang, je n’y arriverai pas seule ! »

Je ressortis rapidement lorsque j’estimai que nous avions tout ce qu’il nous fallait, me retournai vers Alexeï et examinai rapidement ce qu’il portait. Je recommençai mon énumération afin d’être bien sûre de ne rien oublier, sans quoi il nous faudrait revenir, autrement dit perdre énormément de temps. Je laissai par la suite Alexeï me guider vers l’endroit où se trouvait Aaron, m’efforçant de demeurer parfaitement étanche aux hurlements qui nous entouraient. Je surveillai l’homme qui me guidait d’un œil sévère, m’assurant que rien ne touchait le matériel qu’il portait tandis que j’appliquai la même discipline à mes propres fardeaux. Même si je parvenais à rester calme, cette petite chose qui remuait mes entrailles ne cessait pas, et redoubla même lorsque nous arrivâmes finalement à la chambre dans laquelle se trouvait Aaron. Katarina faisait pression sur la plaie, qui semblait abondante, Ethan tenait Lena dans un coin. J’eus à peine le temps de prendre une inspiration que la panique s’insinua doucement en moi, tel un poison fétide qu’il me fallait éradiquer. Je n’y parvins cependant pas. Je me tournai premièrement vers Alexeï., lui désignant la commode.

« Posez tout ça là. »

Puis je m’approchai de Katarina qui retira ses mains pour me laisser voir la plaie. Son diamètre me rassura brièvement, mais il s’en écoulait beaucoup de sang, beaucoup trop de sang. Sans un mot je me plaçai dans le dos d’Aaron en collant mon oreille contre son dos afin d’écouter sa respiration. Elle semblait difficile, sifflante, le drain allait effectivement être nécessaire. Je me redressai alors et jetai un regard plein d’interrogations à Katarina : Se sentait-elle prête ? Avait-elle réellement idée de ce qu’elle allait devoir faire ? Son teint encore plus pale qu’à l’ordinaire formait une réponse bien gênante quant à la première question, mais je n’en tins pas compte. Malheureusement, nous n’avions pas une seconde à perdre et nous ne pouvions pas attendre. Je me reculai alors et pris une profonde inspiration, tâchant de réfléchir le plus rapidement possible.

« Il fait une hémorragie interne, c’est certain. On pose d’abord le drain, ensuite on l’opérera pour retirer la balle. »

Si ma voix avait été calme, cela ne signifiait pas pour autant que nous avions le temps et que la situation n’était pas grave. Elle l’était, Aaron risquait de mourir. A cette pensée une nouvelle vague secoua mes entrailles mais je l’ignorai, m’approchant de la commode sur laquelle reposait tout le matériel nécessaire. Il s’agissait d’une anesthésie locale, je pris la seringue et la tendit, avec la xylocaïne, à Katarina pour qu’elle s’en charge, puis mis en place tout le système de drainage. Mes mains habituellement calmes et sûres d’elles tremblaient, ce qui n’était pas bon signe. Voilà pourquoi je détestais opérer des personnes qui m’étaient chères, voilà pourquoi je refusais de m’attacher aux patients ! Il était particulièrement difficile que de s’occuper de gens que nous connaissions, notre peur de les voir partir malgré tous nos efforts se révélant insoutenable. Avais-je cependant le choix ? Non, de toute évidence, non. Il fallait que je reste maître de moi-même, de mes actes, que je ne cille pas en dépit de mon angoisse. Même pour un médecin expérimenté, l’appréhension d’une intervention était inévitable, à fortiori dans les conditions actuelles. J’enfilai rapidement une paire de gants, même si cela pouvait paraître vain en comparaison des mesures d’hygiène déplorables de cette chambre, et pris le bistouri. Une nouvelle fois, il me fallu inspirer profondément afin de ne pas me laisser déborder par ce mélange d’émotions néfaste qui menaçait de me faire perdre mon sang froid. Bon sang, reprend toi Mathilda ! Tu as déjà opéré des cas plus graves que celui là ! Tout allait bien se passer, tout devait bien se passer. Des listes de mots clef entières défilaient dans mon crâne, m’indiquant les gestes à avoir mais j’attendais surtout que mes mains cessent de s’agiter. Et puis, finalement, je me retournai vers ce corps tremblant, ce visage livide d’un ami qu’il me fallait à présent sauver. J’eus un bref signe de tête envers Katarina avant de m’approcher d’Aaron et rapidement examiner ses signes vitaux. Le temps pressait, mais je savais qu’en cas d’anesthésie locale il était indispensable que de rassurer le patient, aussi déclarai-je d’une voix claire et rapide :

« Je vais pratiquer une légère incision ici, puis y passer le drain. Tu vois le système de pompe qui y est relié ? Bien. Une fois que le sang sera évacué nous te transfuserons, puis on retirera la balle. On y va. »

Joignant le geste à la parole, je pris une compresse que j’imbibai de savon antiseptique et nettoyai au niveau du cinquième espace intercostal, là où j’allais devoir inciser. L’incision fut rapide et nette. J’attrapai de nouveau une compresse et nettoyai du mieux que je pu afin de mieux voir, puis glissai le drain jusqu’à l’espace pleural. Il ne fallait surtout pas aller trop loin. Je relevai brièvement la tête vers Aaron et lui demandai comment il se sentait, avant de raccorder le drain au système de drainage. Puis, j’attrapai rapidement du fil et une aiguille et fixai le cathéter par quelques points de sutures, observant rapidement le visage d’Aaron que je n’avais jamais vu aussi pale. Je craignais surtout qu’il ne fasse un malaise, ou qu’il chute brutalement, la pose du drain ayant trop traînée. Pour le reste, j’étais à peu près certaine de n’avoir touché aucun organe en passant le drain, je me reculai rapidement et réglai le débit de l’aspiration. Voilà, nous y étions, tout était en place. L’angoisse montait toujours en moi bien malgré mes efforts pour retenir sa propagation, soudainement je redoutai une quelconque complication à laquelle je n’aurais pas songé plus tôt et qui me prendrait totalement au dépourvu. L’espace d’une seconde j’oubliai qu’il restait toujours la balle à retirer et qu’il nous fallait préparer une transfusion le plus rapidement possible, ayant soudainement l’impression d’être âgée d’un bon millier d’années. Il s’agissait d’un sentiment que j’éprouvais à chaque fois que j’échouais, à chaque fois qu’un de mes patients mourrait. Ce sentiment d’être aussi las et usée qu’une pierre datant de la préhistoire, ce désir de simplement aller se cacher sous ses draps et abandonner la médecine. J’avais toujours adoré mon métier, cependant sa difficulté m’atteignait à chaque fois sans que je ne puisse m’y dérober. Avoir le pouvoir de sauver des vies, de prolonger des existences pleines de joies et de plaisir… Oui, il s’agissait d’un beau métier, mais tellement éprouvant, tellement dur, tellement rude ! Décapant, même. Mon regard ne quittait pas Aaron, dont la respiration devrait bientôt redevenir plus facile. Au bout de quelques secondes néanmoins, je relevai les yeux vers Katarina dont l’épuisement devait être, je l’imaginais, semblable au mien. Ce n’était pas fini, nous avions encore des choses à faire. Prête pour la suite ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Katarina K. Jones
In the shadow of your heart.
avatar

Messages : 1762
Date d'inscription : 30/12/2009
Age : 26
Localisation : Elizabethtown

MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Mer 2 Mar - 19:38

Les urgences. Cette situation me rappelait les urgences. La même crainte, la même agitation, la même situation urgente. Et le manque de matériel en plus. Le manque de matériel, c'était ce qui m'inquiétait le plus. Il était possible qu'Aaron ait besoin d'être opéré en urgence et je savais que sans le matériel approprié, ce serait difficile. Très difficile. J'espérais sincèrement que Mathilda saurait quoi faire. Moi, je ne savais plus. J'avais fait un semblant de diagnostic avec les moyens du bord, mais je pouvais avoir fait une erreur. Je n'étais qu'une interne. Une interne en deuxième année, destinée à la pédiatrie, certainement pas à la cardiologie. Une chance pour nous et surtout pour Aaron, Mathilda était chirurgien cardio-thoracique. Une fois qu'elle serait là, tout irait bien. Oui, tout irait bien. Il suffisait juste qu'elle arrive rapidement et que mon père ait réussi à lui réciter tout ce que je lui avais dit. S'il ne s'était pas fait tuer en chemin ! Non, non, Katarina, pas de panique, tout ira bien. J'avais vu pire. Oui, j'avais vu bien pire durant mon internat. Bien pire. Là, ce n'était qu'une... qu'une petite plaie par balle. Rien qu'une plaie par balle. J'en avais vu passer des dizaines ! Et la plupart du temps les blessés s'en sortaient. Enfin, si la balle n'avait pas touché d'organe ou de tissu important. Et cela n'avait pas l'air d'être le cas. La respiration d'Aaron était sifflante mais pas trop inquiétante, ce qui signifiait que les poumons n'étaient pas touchés. La balle avait dû se faufiler entre les côtes et atterrir je ne sais où. Elle n'était pas ressortie, et il fallait espérer que nous saurions la retirer. Si nous ne la voyions pas, hors de question d'explorer à l'aveugle la poitrine d'Aaron. Malheureusement laisser la balle était tout aussi dangereux. Elle pouvait bouger à tout moment et faire de vrais dégâts. Nous ne pouvions pas nous permettre de prendre de tels risques.

Je m'efforçais de garder mes mains plaquées fermement sur la poitrine d'Aaron, pour stopper un minimum l'hémorragie. Passé un certain moment, il aurait perdu trop de sang et même une transfusion ne pourrait pas le sauver. Je tentais également de ne pas paniquer. J'étais la seule à savoir quoi faire, ce n'était certainement pas Ethan qui allait m'aider. Il semblait déjà avoir du mal à calmer Lena. Et c'était sans compter sur les hurlements qui nous parvenaient, en plus des coups de feu... Je préférais ne pas penser à ce qu'il se passait à l'extérieur, ou je risquais vraiment de perdre mon calme et mon sang froid. Je ne pouvais pas me le permettre tant que Mathilda n'était pas revenue. Là, je pourrais peut-être respirer. Peut-être, parce que viendrait le moment où il me faudrait donner un coup de main à Mathilda. Et je n'étais pas certaines d'avoir les compétences nécessaires. Diane ne les avais pas non plus puisqu'elle était médecin et pas chirurgien. Moi j'étais un « bébé chirurgien », comme disait ma résidente à l'époque. Seigneur ! Cette situation était intenable et je doutais de mes capacités au moment où il fallait que j'ai tout à fait confiance en moi.

J'eus un sursaut violent quand Mathilda entra avec mon père. Je lui lançai un regard un peu paniqué. Puis je jetai un coup d'oeil à mon père. Je fus rassurée de voir tout le matériel qu'il déposait sur une commode. Lorsque Mathilda arriva à ma hauteur, je pris sur moi de retirer mes mains pour qu'elle puisse prendre le relais et examiner la blessure. Pour une fois je fus bien triste d'avoir posé le bon diagnostic. Il n'était pas bon : hémorragie interne, pose nécessaire d'un drain thoracique... Je fis une drôle de tête quand elle m'annonça très calmement qu'une opération serait nécessaire. Oh mon dieu. Elle voulait l'opérer dans de telles conditions d'hygiène ? J'espérais qu'elle espérait au moins l'anesthésier... Apparemment oui, puisqu'elle se leva pour aller chercher une seringue et un flacon d'anesthésiant qu'elle me tendit. Avec des gestes experts et marqués par l'habitude, je fis l'injection à Aaron pour anesthésier l'endroit où nous poserions le drain. Le problème c'était que ce n'était qu'une anesthésie locale. Et qu'Aaron risquait de ressentir certaines choses... La pose d'un drain était terriblement douloureuse à vif. Voire insupportable. Il fallait espérer que ses sensations seraient minimales. Je restai près de Mathilda lorsqu'elle posa le drain en expliquant à Aaron ce qu'elle faisait. Moi j'observais, tout en vérifiant qu'Ethan et mon père ne tournaient pas de l'œil. Je savais qu'ils avaient tous les deux du mal à supporter la vue du sang. Si Mathilda et moi y étions totalement indifférentes, ce n'était pas leur cas. Et ce n'était pas fini...

Je compris rapidement quel problème s'imposait à nous. Avant l'opération, nous devions transfuser Aaron. Et nous n'avions pas de sang sous la main et... J'eus l'impression d'avoir une illumination soudainement. Je levai les yeux vers Mathilda et demandai, fébrilement :

« Aaron est bien du groupe B – n'est-ce-pas ? »

Je la vis froncer les sourcils et réfléchir un instant, avant d'acquiescer. Elle et moi avions eu la merveilleuse idée de faire une fiche pour chaque personne ici et d'y consigner les renseignements importants, comme une allergie... Ou un groupe sanguin. Et si Aaron était du groupe B - … Eh bien Ethan était O -. Ce qui signifiait que... Oh, il n'allait pas aimer ça. Pas du tout. Prenant une profonde inspiration, je me levai et essuyai mes mains sur mon pull, qui de toute façon ne ressemblait plus à grand chose. Ethan me regardait avec un drôle d'air. M'avançant vers lui, je cherchais un moyen de lui dire que nous aurions besoin de... son sang. Ni plus, ni moins. Étape numéro un : lui retirer Lena des bras et la déposer en douceur sur le lit qu'il y avait dans cette pièce. Puis, je posai mes mains sur ses épaules.

« Ethan... Aaron a besoin d'une transfusion d'urgence. Il nous faut un donneur universel... Je sais que je ne devrais pas te demander ça... Mais... »

La réponse ne fut pas du tout celle à laquelle je m'attendais.

« - Tu vas me piquer ?
- Euh... Je... Oui... Oui, je vais devoir... »

Évidemment, j'aurais dû m'en douter. J'ai grimacé quand il a baissé la tête, avant d'acquiescer doucement, en me demandant timidement de ne pas lui faire mal. Je l'amenais à se rapprocher de nous et à s'asseoir près d'Aaron et Mathilda. Je savais très bien que je ne pourrais pas trouver de veine au niveau de coude. Je piquerais au niveau du poignet. Cela ne serait pas très douloureux, il était probable qu'il ne sente même rien. Je désinfectais rapidement le poignet d'Ethan ainsi que le coude d'Aaron. Puis j'introduis les aiguilles dans les veines. Rapidement, le tube transparent se colora, signe que le sang passait de l'un à l'autre. Pour autant, Mathilda n'avait pas l'air convaincue.

« Il a besoin de cette transfusion. Tu sais qu'il mourrait sans ça... Il ne supporterait jamais l'opération avec tout ce sang perdu... »

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thisiswar.forumactif.org
Mathilda Johnson

avatar

Messages : 31
Date d'inscription : 10/10/2010
Age : 49
Localisation : Infirmerie

MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   Lun 7 Mar - 19:12

[HJ : Pas terrible, & pas très crédible mais c'était juste pour clôturer.]

Chaque seconde était précieuse. Chaque respiration d’Aaron pouvait être la dernière. L’anesthésie locale se révélait obligatoire lors d’une pose de drain, car il fallait pouvoir constater de la conscience du patient. Comme pour certaine opération cérébrales. Le point négatif était bien simple : Le patient pouvait à tout moment s’évanouir à la vue de son sang, de sa chaire ouverte et exposée ainsi à tous. Ainsi, il nous fallait nous dépêcher. L’opération afin de retirer la balle ne devait pas traîner, même si les conditions étaient des plus déplorables. Nous n’avions cependant pas le temps de nous lamenter sur l’absence de salle d’opération, comme vous pouvez l’imaginer. Katarina releva soudainement la tête vers moi pour me demander de quel groupe était Aaron. Je dû réfléchir une seconde tandis que tous les fichiers médicaux de la communauté me défilaient sous les yeux, comme les lumières d’un tunnel jusqu’à ce qu’enfin le nom « Aaron Thomas » ne s’éclaire dans mon esprit. Effectivement, il était du groupe B-, c'est-à-dire qu’à moins d’avoir un B- ou un donneur universel sous la main, la transfusion n’allait pas être possible. Elle se releva alors, essuyant ses mains sur son pull qui comptait déjà de nombreuses tâches, avant de se diriger vers Ethan. Je fronçai les sourcils, qu’est ce qui lui prenait ? Nous n’avions pas fini, un chirurgien ne laisse pas son patient tant que l’opération n’est pas terminée ! J’eus soudainement envie de l’attraper par les épaules et la ramener là, ce que n’importe quel « professeur » aurait fait face à une élève trouillarde. Après tout, c’était à peu près ça : J’étais le professeur de Katarina, puisqu’elle n’avait pas terminé ses études, et tâchais chaque jour de remédier à ses lacunes, bien qu’elle soit plutôt douée. Néanmoins, à l’instant, je ne comprenais plus. Elle prit Lena dans ses bras avant de la déposer sur le lit. Tout ça était bien gentil mais Aaron n’allait pas tenir très longtemps, alors la « pause câlin »… Je compris néanmoins, et levai les yeux au ciel lorsqu’elle dit à Ethan que nous avions besoin d’un donneur universel. Mais bien sûr ! Ethan était O, ce qui signifiait qu’il correspondait parfaitement. Je reportai alors mon attention sur Aaron, vérifiant son pouls tout en fixant des yeux la pendule accrochée au mur. Il était trop faible… Et nous n’avions décidemment pas le temps.

Mes yeux se posèrent sur le tube remplit de sang qui allait d’Aaron à Ethan. Voilà, il était transfusé, nous allions pouvoir opérer. Ou du moins, j’allais pouvoir opérer. Au fond, une peur panique remuait furieusement mes entrailles mais je ne devais pas m’y laisser aller, tous, et plus particulièrement Aaron avaient besoin de moi. Il ne fallait pas flancher. Je devais néanmoins faire une drôle de tête, puisque Katarina me rappela qu’il pourrait mourir si nous ne le transfusions pas. Une certaine impatience me fit hocher vivement la tête. Je ne doutais pas de l’utilité de la transfusion, je doutais de moi. Pourtant, ce fut avec beaucoup d’assurance que j’attrapai le matériel nécessaire afin de retirer la balle. Je ne connaissais pas sa position exacte, pouvais cependant supposer qu’elle s’était logée entre les côtes, ou tout près. En tout cas, elle était proche des poumons, mais ne les avait pas transpercés. J’allais, une nouvelle fois, devoir y aller à tâtons, en prenant garde de ne rien abîmer sur mon chemin. Je ne comptais certainement pas l’ouvrir pour aller farfouiller, en tout cas pas si je pouvais l’éviter. Toute la zone étant anesthésiée, j’écartai doucement les lèvres de la plaie et y plongeai une pince qui, je l’espérais ardemment, trouverai cette fichue balle. Je sentis alors le corps d’Aaron soulevé, sans doute à cause de nausées, et retirai rapidement mes outils avant de ne toucher quoi que ce soit. S’il bougeait, j’allais faire n’importe quoi. Je me redressai vivement et intimai à Aaron de regarder le plafond, et si possible de me parler. Le but étant qu’il pense à autre chose que des bouts de métal s’enfonçant en lui. Il devait rester calme, ne pas bouger, respirer profondément. Je détestais les anesthésies locales, bon sang, mais ne pouvais plus en pratiquer une générale. Finalement, Katarina trouva le moyen d’engager une conversation banale avec lui, comprenant sans nul doute qu’il était primordial de détourner son intention.

Au bout de longues minutes, et à mon grand soulagement, je trouvai et retirai la balle en abîmant le moins de tissus possibles sur mon passage. Ou en tout cas pas plus que celui de la balle elle-même. Pas besoin de l’ouvrir. Avec un long soupir, je reposai sur le plateau mes pinces, retirai mes gants et jetai un regard à la transfusion.

« Il n’a pas perdu plus de sang, mais la transfusion est toujours nécessaire donc on va vous emmener tous les deux à l’infirmerie pour remplir une poche. Après quoi, on laissera Aaron se reposer. »

Ses signes vitaux étaient stables, le drain fonctionnait correctement. Le pire était derrière nous.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )   

Revenir en haut Aller en bas
 
Sounds like another nightmare ( Ethan - [strike]Lilly [/strike]- Aaron - Diane )
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» et hop, une [strike]cinquième[/strike] dixième ville... passez y boire un pot!
» Sudden Strike et Sudden Strike II
» Clock is on strike?
» The Eagle and the Star/ Strike of the eagle
» Présentation de : Full-strike

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
This Is War :: New York survivants-
Sauter vers: