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 Au fond du couloir, à droite | Lucas & Lucy

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MessageSujet: Au fond du couloir, à droite | Lucas & Lucy   Jeu 16 Déc - 18:32

Chloé n’avait pas esquissé le moindre mouvement depuis vingt bonnes minutes. Elle s’était enfoncée au hasard dans les couloirs du complexe qu’occupait la Communauté, avait choisi le couloir le plus sombre qu’elle avait pu débusquer, et s’était laissée tombée contre le mur, sans se préoccuper du reste. Depuis, plus rien, le vide complet. Jusqu’à ce que le rire légèrement aigu d’un enfant la tire de sa torpeur. Elle tourna légèrement la tête, plissant des paupières pour tenter de percer l’obscurité.

******
Deux jours. Quarante huit heures. Deux mille huit cent quatre vingt minutes. Beaucoup trop de secondes, en somme. Chloé avait l’impression d’étouffer. Elle n’était pas spécialement claustrophobe, mais elle découvrait dans la douleur que le ciel était un élément vital de son environnement. Sous terre, tout était différent. Les sons, les odeurs, l’atmosphère, tout était plus… confiné. Pourtant, elle n’aurait pour rien au monde quitté cet endroit. Pas parce qu’elle commençait à s’y attacher, elle n’avait toujours pas digérer l’intervention – aussi justifiée soit-elle – des trois gardes zélés qui avaient interrompus une évolution majeure et particulièrement enivrante de sa relation avec Samaël. Mais voilà, la vie de Maria dépendait de la Communauté, et pour ça au moins, la jeune femme était obligée de se rendre à l’évidence : ils faisaient leur possible. On lui avait enfin permis de la voir, et elle était restée une bonne heure à son chevet, à lui tenir la main, à lui parler, d’une voix si faible qu’elle n’espérait même pas avoir été entendue. Ca avait été étrange. Etendue dans son lit, l’américaine avait paru apaisée. Livide, mais elle ne souffrait pas. C’était déjà beaucoup, même si ce n’était pas suffisant pour la française, qui avait fini par se lever, embrasser le front de la convalescente – mourante ? – et quitter la pièce avec un dernier regard en arrière.

Il arrivait trop de choses en même temps, elle n’arrivait plus à faire le tri. La mort de Yann et l’état préoccupant de Maria l’avaient secouée, assez pour raviver des souvenirs qu’elle aurait préféré oublier définitivement. Qu’aurait-elle donné pour quitter les Etats Unis, là, tout de suite ? Prendre un bateau dont elle était certaine qu’il pourrait l’emmener de l’autre côté de l’Atlantique et tenter de retrouver la trace de ses parents. Elle n’était même pas sûre qu’ils soient encore vivants, le souffle d’une bombe ou la vitesse d’une balle avaient très bien pu les tuer pendant la guerre. Jusqu’à la mort définitive d’Internet, elle avait pu glaner quelques nouvelles. La vision d’une Tour Effeil dont il ne restait plus que quatre pieds et un champ de poutres métalliques l’avait plus touché qu’elle s’y était attendu. Mais de sa famille, aucune nouvelle. Chloé n’était pas une femme qui aimait l’inaction. Elle n’appréciait pas plus n’avoir ni l’envie ni l’énergie de bouger. Pourtant, c’était quelque chose qu’elle faisait très bien quand les événements la dépassaient vraiment. Aussi n’y avait-il rien d’étonnant à ce qu’elle ait décidé de s’isoler – elle n’était pas certaine de vouloir voir Samy pour le moment, les événements récents l’ayant obligée à assez réfléchir pour l’heure.

« Il y a quelqu’un ? »

Avec un soupir, elle commença à se lever. Elle avait déjà envie d’envoyer chier ceux qui venaient la troubler sa morosité, mais le fait que ce soit des enfants rendaient la chose plus délicate et moins évidente.
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MessageSujet: Re: Au fond du couloir, à droite | Lucas & Lucy   Ven 17 Déc - 3:30

La fille était jolie. Lucy avait principalement retenu cela. Lucas, lui, s'était plus concentré sur l'impressionante arme du garçon. Mais à son grand dam, il n'avait jamais réussi à l'approcher pour lui parler - et de toute façon, malgré ses airs moqueurs mais sympathiques, cet inconnu l'impressionnait un peu trop pour qu'il ose aller lui parler, alors que visiblement, Alexander, son héros, ne l'appréciait pas. Comme il n'avait pas mis ses plans à exécution, pour une fois, les jumeaux avaient suivi l'idée de Lucy, qui voulait à toute force aider à l'infirmerie afin de sauver la jolie brune, qui était l'aime de celle aux cheveux de feu. La petite fille couronnée de blond pâle et terne depuis la guerre, était hypnotisée par cette chevelure flamboyante de la nouvelle arrivante, et voulait absolument la consoler. Puisqu'apparemment, elle tenait à la blessée, il fallait donc aider à soigner la blessée. Logique imparable d'enfants de dix ans.

Malheureusement, le vœu de Lucy n'avait pas pu se réaliser, car Mathilda les avait sévèrement rembarrés et Katarina n'aidait pas à s'occuper de la jeune fille, un cas trop grave pour elle qui en plus devait se reposer. Lucas n'avait pas supporté de voir sa sœur déçue et avait donc décrété que l'on chercherait la jolie rousse, tant pis pour les arguments.

- Gabrielle nous dit toujours qu'on est adorables. Tout le monde nous dit toujours qu'on est adorables, avait-il affirmé d'un ton péremptoire. Elle va t'aimer, Lucy, tout le monde t'aime !

Bien sûr que tout le monde aimait sa sœur. Comment pouvait-il en être autrement dans le joli monde de ce petit garçon si protecteur ? Ils avaient donc commencé à chercher Chloé dans la vaste Communauté, ce qui n'était pas une mince affaire. Évidemment, ils avaient interdiction de demander aux adultes. De toute façon, pourraient-il la voir ? Aux yeux de Lucy, il était évident que Chloé était une fée, une fée qui pourrait peut-être lui ramener ses parents d'un coup de baguette magique, et chacun sait que les adultes ne peuvent pas voir les fées, allant même jusqu'à prétendre qu'elles n'existent pas. On ne pouvait faire confiance aux grandes personnes pour ces choses-là. Elles sont bien trop pragmatiques pour cela, et si cela pouvait être utiles, si elles étaient gentilles, cela ne les empêchait pas de rester parfaitement ignorantes à ce sujet. Et les jumeaux espéraient bien ne jamais devenir comme elles, Lucas nourrissant une foi inflexible envers les croyances de sa sœur, malgré son désir de devenir un vrai homme comme Alexander ou Aaron l'étaient.

Cela s'était transformé petit à petit en une partie de cache-cache géante, où ils se perdaient, puis se retrouvaient, l'un sursautant quand l'autre arrivait par surprise derrière lui en éclatant de rire. A présent, c'était à qui trouverait la fée le premier. Ce fut Lucas qui gagna.

Sans penser à répondre à la question de Chloé, il se mit à crier :

- Je l'ai trouvée, Lucy, je l'ai trouvée !

Lucy sortit de l'obscurité et les deux jumeaux se positionnèrent côte à côté face à la française. Lucas regardait sa soeur avec espoir, attendant de voir sa réaction, et les grands yeux vert d'eau de la fillette se posèrent sur le visage de porcelaine de la jeune femme.

- Tu es une fée ? demanda-t-elle le plus sérieusement du monde.

Il fallait bien avoir confirmation, tout de même.
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MessageSujet: Re: Au fond du couloir, à droite | Lucas & Lucy   Ven 17 Déc - 20:45

Ainsi, Chloé avait été trouvée. Le simple fait d’avoir été cherchée ne lui disait rien qui vaille, et elle sentit son cœur s’emballer. S’était-il passé quelque chose ? Cela concernait-il Maria ? Quand elle l’avait quittée, son état était stable, mais ces choses là étaient si fragiles. Il suffisait d’un rien pour que la balance bascule. D’une pichenette, d’un caprice du destin. Le fait qu’elle soit toujours en vie deux jours après sa blessure était encourageant. Malheureusement, que ce soit encourageant n’apportait aucune certitude, seulement un espoir que Chloé avait trop peur de voir brisé trop vite. Néanmoins, elle doutait qu’un tel message soit apporté par un enfant, aussi se força-t-elle au calme, allant jusqu’à rester assise pour se laisser dominer par les deux têtes blondes qui déboulèrent dans son champ de vision. Sa première pensée fut qu’elle avait très certainement à faire à un frère et sa sœur… des jumeaux peut-être, car sans être deux répliques d’un même être, ils étaient incroyablement semblables et semblaient du même âge, de surcroit.

Il y eu certain temps de battement, le temps que Chloé comprenne la question qu’on venait de lui poser, et puis… « Pardon ? »

Pour sa défense, la jeune femme avait été distraite par les yeux de la gamine. Elle avait rarement eu l’occasion d’en voir des similaires. Elle dut avoir l’air d’une ahurie l’espace de quelques secondes. Mais il lui suffit de se souvenir de l’âge probable de ses interlocuteurs pour voir la question d’un œil moins interloqué. Elle esquissa même un léger sourire sincèrement amusé. Aussi incongrue que soit la question, elle témoignait d’une innocence préservée. Malgré la guerre, malgré le chaos, malgré les privations, il y avait encore des enfants pour croire aux contes de fées. Chloé n’y avait plus pensé depuis si longtemps qu’elle avait l’impression de ne plus en connaître un seul.

« Ma mère affirmait que oui, quand j’étais petite. Mais je crois qu’elle se trompait. C’est ça, ou alors je suis la plus mauvaise fée que la terre ait jamais portée. »

Elle tenta de paraître désolée, et ce fut d’autant plus facile qu’elle l’était, d’une certaine façon. Il ne lui plaisait pas de casser ainsi l’espérance naïve et touchante d’une enfant. Mais elle ne pouvait pas simplement lui mentir, c’aurait été cruel. Elle se releva, épousant à peine ses vêtements. La poussière avait cessé de la gêner dès l’instant où faire le ménage était devenu le cadet de ses soucis.

« Je m’appelle Chloé. »

Elle regarda tour à tour la sœur et le frère, s’amusant de leur complicité. Le regard du garçon lui arracha un nouveau sourire. Un sourire éphémère, terni par la fatigue et l’inquiétude, mais un sourire tout de même, et c’était peut-être bien le premier qu’elle concédait de la journée. Samaël pouvait en prendre de la graine, Chloé préférait visiblement la légèreté de la conscience d’une enfant à la lourdeur de ses blagues.

« Que me vaut l’honneur de votre présence, les enfants ? »


Dernière édition par Chloé Moreau le Sam 18 Déc - 3:24, édité 1 fois (Raison : Manque couleur)
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MessageSujet: Re: Au fond du couloir, à droite | Lucas & Lucy   Sam 18 Déc - 3:21

Lucy regarda son frère d'un air interrogateur. Lucas haussa les épaules. Une mauvaise fée ? Elle n'avait pas l'air bien méchante, pourtant. C'était bien connu que les mauvaises fées étaient vieilles et laides. Or, Chloé était tout sauf ça. La fillette afficha un grand sourire lorsqu'elle leur apprit son prénom.

- Tu es vraiment une fée, alors ! Ta maman avait raison.

- Qu'est-ce que tu racontes ?

- Ben, la fée Clochette !

Mais oui bien sûr. Lucas savait que sa sœur faisait semblant. Lucy savait que son frère faisait semblant de ne pas voir qu'elle faisait semblant. Cela faisait longtemps que les jumeaux s'efforçaient de recréer leur ancien monde avec ces croyances qu'ils avaient du mal à ne pas laisser filer entre leurs doigts. Mais finalement, en se soutenant l'un l'autre, ils y parvenaient plus ou moins. Toutefois, l'interrogation de Lucas avait fêlé la cage dorée dans laquelle ils étaient depuis qu'ils avaient entr'aperçu la jeune femme. Lucy leva la main, s'efforçant d'atteindre la chevelure flamboyante qui lui faisait de l'œil. Lucas se redressa et prit son ton de grande personne qu'il affectait lorsqu'il tentait de prouver sa responsabilité, retrouvant le vouvoiement :

- On voulait vous aider ! On voulait aider votre amie à l'infirmerie, mais on n'a pas voulu de nous. Alors on s'est dit qu'on pouvait venir vous consoler quand même. Lucy aime vos cheveux.

- Comment vous avez fait pour en avoir des comme ça ? interrogea la VRAIE blonde vénitienne (namého).

La fillette aurait adoré être ainsi, trouvait la jeune femme magnifique. Elle avait voulu être comme Gabrielle d'abord, puis comme Katarina, surtout quand celle-ci avait eu son premier enfant. Maintenant, elle aurait voulu être comme Chloé. Tous les enfants étaient ainsi - Lucas, lui, aurait voulu être comme Liam, Alexander et Aaron à la fois. Lucy, versatile, se contentait de la dernière adulte qu'elle avait vue. Et généralement, cela faisait du bien à ces femmes brisées de se revoir belles dans le regard d'une enfant, même si ladite enfant ne s'en rendait pas compte. Tout ce qu'elle savait, c'est que les gens lui souriaient toujours quand elle avouait les admirer. Lucy et Lucas voulaient rendre les gens qui les entouraient heureux, pour oublier leur propre malheur.

- Elle est où, ta maman ? interrogea soudain Lucas, oubliant la politesse pour retrouver sa spontanéité d'enfant.

Après tout, peut-être connaissait-elle la leur. Lucas n'avait toujours pas admis que sa mère était morte, croyant simplement qu'elle était partie chercher quelque chose pour eux et n'avait pas pu revenir. Les mamans se connaissaient toutes entre elle, non ? Et la leur avait l'habitude de dire à sa sœur qu'elle était une fée.

Mauvaise fée ou pas, baguette magique ou pas, peut-être que la jeune femme pourrait les aider à retrouver leur mère quand même.
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MessageSujet: Re: Au fond du couloir, à droite | Lucas & Lucy   Sam 18 Déc - 4:09

Chloé ne s’était pas attendue à ça. Elle n’avait pas cru que des paroles d’enfant pouvaient autant la toucher. Force était de constater qu’elle avait eu tort, et sur toute la ligne. Ce n’était pas tant leur débat conceptuel sur sa fééricité – néologisme parfait pour décrire sa possible nature féérique – que les quelques mots du garçon qui la laissèrent sans voix. Si bien qu’elle pencha instinctivement la tête vers la fillette, pour la laisser toucher ses cheveux.

« Je suis née avec… Lucy, c’est ça ? Mais ne t’inquiète pas, les tiens sont magnifiques aussi. » Et d’ébouriffer les cheveux cités, pour cacher son trouble. « Vous n’auriez pas dû vous donner tant de peines, vous savez ? Je n’en méritais pas tant… Merci. »

Elle marqua une pause, et soupira en ressassant ce qu’elle venait de dire. Malgré les dires d’Alexander, malgré les affirmations répétées de Samaël, elle ne parvenait pas à ne pas se sentir coupable. Si seulement elle avait gardé la tête sur les épaules, si elle avait laissé le flic l’accompagner, tout cela ne se serait pas passé ainsi. Une ombre passa dans son regard, ombre qu’elle ne put masquer et qui dut surprendre ses compagnons improvisés. Bien entendu, ils ne pouvaient pas comprendre, ils ne connaissaient pas le fin fond de l’histoire, et même si ça avait été le cas, ils auraient sans doute affirmé que c’était le « méchant », le coupable. C’était toujours le cas, dans un monde d’enfants. Quand on grandissait, on apprenait à nuancer. Chassant ses démons, la jeune femme tâcha de leur sourire, tournant la tête vers le garçon.

« Et toi, comment dois-je t’appeler ? »

Ce même garçon qui l’interrogea sur sa mère. Cette fois-ci, Chloé parvint à rester stoïque, même si ce genre de sujet n’était pas réellement ceux qu’elle aurait voulu aborder. Gardant une main sur l’épaule de Lucy, elle se mit à genoux pour se retrouver à la hauteur du vaillant frangin. Elle sourit, sincèrement, parce qu’il n’y avait aucune malice dans son regard, aucun vice.

« Ma mère n’est pas ici. Elle habite loin, très loin, par delà la mer. Dans un pays qui s’appelle la France. »

Terre française qui l’avait vue naître, qu’était-elle devenue ? Quel visage abordait ce pays qu’elle avait méprisé et aimé tout à la fois ? Et surtout, sa famille vivait-elle encore ? Dans quelles conditions, le cas échéant ? Des questions qui la hantaient, mais dont elle ne pourrait peut-être jamais apporté de réponses. Elle prit le parti de ne pas les interroger sur leur propre mère. La guerre avait fait son lot d’orphelins, et mieux valait désormais éviter d’aborder à la légère pareil sujet. Si un enfant pouvait blesser par mégarde un adulte, le contraire ne devait jamais être vrai.

« Tu as de sacrés yeux, Lucy. J’espère que tu en as conscience. »

Nouveau sourire, tout aussi sincère que les autres mais aussi plus naturel. Chloé voulait leur sourire, leur offrir autre chose que la morosité d’un monde qu’ils devraient affronter une bonne partie de leur vie. Pas toute, car la française ne croyait toujours pas que l’humanité ne se redresserait pas. En mieux, en mal, elle ne pouvait dire, mais arriverait un moment où la vie reprendrait un cours plus… normal. Du moins c’était à espérer.
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MessageSujet: Re: Au fond du couloir, à droite | Lucas & Lucy   Sam 25 Déc - 22:21

- Tu as de la chance, alors... Tu aimes vraiment les miens ? Les tiens sont plus beaux quand même, je trouve. Rouges comme ça, on dirait qu'ils sont magiques !

La fillette eut un petit rire lorsque Chloé lui ébouriffa les cheveux, la décoiffant au passage. Les jumeaux avaient toujours été curieux de nature - enfin, surtout Lucas - et désireux de connaître et de faire sourire toutes les personnes de la Communauté, or cette jolie fée - ou presque - avec son air malheureux, était une proie tout indiquée à leurs talents, et de plus une nouvelle arrivée. D'une pierre deux coups ! Et pour une fois que Lucy ne s'était pas fait prier pour courir après une inconnue, le jeune garçon en avait profité. Il afficha un splendide sourire dévoilant ses dents blanches - trouées par la tombée d'une canine quelques jours plus tôt.

- Moi c'est Lucas ! Lucas, et Lucy Taylor. On est des jumeaux mais c'est moi le plus grand.

- Non ! On a le même âge ! De toute façon je mesure un centimètre de plus que toi.

- Pfff ! La taille, ça ne compte pas ! [Phrase certes très précoce, mais on ne rit pas, c'est dit tout à fait innocemment et la joueuse ne s'en est aperçu que lors de la relecture.]

Les mots suivants de Chloé rendirent le frère et la sœur songeurs. La France... Ils connaissaient de nom, bien sûr, mais elle leur paraissait tellement éloignée, tellement lointaine et impossible à atteindre ! Et voilà qu'ils avaient devant elle quelqu'un en directe provenance de cette terre presque imaginaire tellement elle semblait irréelle... Cela augmentait d'autant plus l'aura de mystère de la jeune femme.

- Je sais où c'est, la France, fit Lucas d'un ton de spécialiste. C'est de l'autre côté de l'océan. Pacifique !

- Atlantique.

- C'est pareil !

- Évidemment que non c'est pas pareil. C'est la Russie de l'autre côté. Les méchants qui nous ont bombardés.

Des larmes flottaient dans les yeux de Lucy.

- Mais Katarina vient de Russie.

- Katarina est la seule russe qui soit gentille !

La voix de la fillette avait claqué, sèche et sévère. Elle avait rapidement compris que c'était la faute des bombardements si elle ne voyait plus ses parents et en avait fait un amalgame propre aux enfants. Elle détestait ceux qui lui avaient enlevé ses parents, et ceux-là étaient les russes, tout simplement. Katarina était l'exception qui confirmait la règle. Elle leva ses yeux vert d'eau, si limpides, si clairs, si innocents, vers la jeune femme et murmura :

- C'est vrai ?

Et spontanément, alors, elle se blottit contre elle et s'écria impulsivement :

- Parle-nous de la France !

Lucas frappa dans ses mains avec enthousiasme.

- Oooh, oui ! Et de ta maman ! Et ton papa ! Et dis-nous quelque chose en français !

Lucas attrapa l'autre jambe de Chloé, se suspendant pratiquement à elle, en riant à moitié. Enfin, ils avaient trouvé quelque chose d'intéressant à faire ! Lucas rêvait de voyager depuis longtemps, et avoir connu Alexander et imaginé ses campagnes militaires avaient augmenté ce désir, justement au moment où cela devenait pratiquement impossible. Entendre ainsi parler d'un autre pays serait déjà un début... En tant qu'étrangère, de surcroît d'aussi loin, Chloé avait forcément des choses fascinantes à raconter, et assez extraordinairement, le petit garçon était donc suspendu aux lèvres d'un adulte, prêt même à ne pas l'interrompre.

Chloé avait plutôt intérêt à en profiter puisque c'était un miracle ne se produisant que toutes les sept pleines lunes lors de l'alignement de Saturne et Jupiter.
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