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 Let me heal you { ETHAN }

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Katarina K. Jones
In the shadow of your heart.
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MessageSujet: Let me heal you { ETHAN }   Jeu 23 Déc - 10:36

Inspirer, expirer... Tout allait bien, c'était terminé. C'était terminé, c'était terminé. Je ne cessais de me répéter cela, pour me calmer et me détendre. Mais je n'y arrivais pas. Mes mains tremblaient, mon cœur battait toujours de façon désordonnée. Ma gorge était serrée, j'en avais presque du mal à respirer correctement. Et je ne parvenais pas à cesser de pleurer totalement. Le choc sans doute... J'avais beau savoir que tout était terminé, j'étais toujours terrifiée. C'était atroce. Tout ce qui était arrivé... C'était absolument atroce. Dans les couloirs il y avait du sang partout, sur les murs et les portes des impacts de balles... Et il y avait des corps surtout. Des gens étaient morts. La plupart des cadavres étaient ceux de nos agresseurs, mais certains d'entre nous étaient morts aussi... Encore... J'en étais malade. J'étais incapable de ressentir une quelconque joie parce que j'étais vivante. Mon sort m'importait peu. J'étais heureuse que ceux que j'aimais soient toujours en vie. Lena allait bien. Bien qu'encore terrifiée et terriblement nerveuse, elle n'avait rien. Mon père allait bien. Il m'avait protégée, il ne m'avait pas fait défaut, et contre toute attente il s'en était bien sorti... Ethan allait bien. Il ne s'en était peut-être pas sorti tout à fait entier, mais il était vivant, dans un état rassurant. C'était l'essentiel. J'avais eu tellement, tellement peur pour lui. Le perdre lui c'eût été perdre la vie. Si mon père n'avait pas compris à quel point j'aimais Ethan aujourd'hui, il ne comprendrait jamais. Si Lena n'avait pas été dans mes bras, j'aurais été capable de folies pour retrouver Ethan. Le temps passé avec Armando et mon père m'avait paru interminable, tandis que je ne savais pas si mon mari allait bien, ni même s'il était vivant... Mais heureusement pour lui et pour moi, Ethan était une véritable machine à tuer quand il le fallait. Armando lui même faisait pâle figure à côté de lui...

Cependant, quand j'avais trouvé Ethan, j'avais aussi trouvé Aaron dans un triste état. Ethan m'avait dit qu'il avait pris une balle pour lui, pour le sauver... J'avais à ce moment là pris conscience qu'Ethan aurait pu mourir, prendre cette balle qui lui était destinée. Aaron était entre la vie et la mort et sur le moment j'avais été tellement choquée que j'avais failli ne pas savoir quoi faire pour le sauver. Enfin, pour essayer... Son état était grave. J'avais laissé à Mathilda le soin de s'occuper de lui. C'était affreusement difficile à supporter. J'adorais Aaron, et je serais terriblement peinée qu'il meure. Oh non, je ne devais surtout pas penser à cela, c'était atroce. J'avais perdu tellement de gens... Perdre un ami proche, presque un membre de ma famille, ce serait terrible. Trop de personnes aimaient Aaron ici. Oh mais pourquoi avait-il fait cela ? Évidemment j'étais heureuse qu'il ait sauvé Ethan, ce n'était pas la question. Je ne le remercierais jamais assez pour son geste. Mais c'était stupide ! Incroyablement héroïque, mais stupide... Et s'il mourait ? Et s'il ne s'en sortait pas ? Non, je ne préférais même pas envisager cette possibilité. Il n'allait pas mourir, nous allions le soigner. Nous étions trop médecins, nous allions l'aider à s'en sortir. Mais son état était grave, et Mathilda craignait qu'il n'ait besoin de sang... Et si cette éventualité se vérifiait, je ne savais pas ce que nous ferions. Je ne connaissais qu'une seule personne ici qui soit d'un groupe sanguin universel.

Je n'avais pas pu rester très longtemps à l'infirmerie. J'avais voulu aider, mais j'étais tellement choquée que j'étais incapable de faire quoi que ce soit correctement, et je gênais plus que je n'aidais. Et la plupart des gens à soigner étaient mes amis, si bien que j'avais tendance à paniquer et mal faire les choses. La seule chose que je pouvais faire c'était de m'occuper de ma famille et de me retrouver au calme. Je pense que me grossesse n'était pas pour rien dans mes réactions désordonnées. J'avais donc pris de quoi soigner Ethan à l'infirmerie et j'étais partie. Mes mains tremblaient tellement que le matériel médical tintait sur le petit plateau métallique. Je gardais les yeux baissés tandis que je traversai les couloirs, refusant de regarder le sang sur les murs et sur le sol. Arrivée devant la porte de notre chambre, je l'ouvris et me glissai très rapidement à l'intérieur avant de refermer la porte d'un mouvement sec. J'osai relever les yeux lorsque je fus certaine d'être à l'abri dans notre chambre, seule avec Ethan et Lena. Ethan tenait sa fille dans ses bras, la berçant tout doucement. M'approchant, je réalisai qu'elle s'était endormie. La pauvre... Elle méritait bien de dormir tranquillement. Je les aurais laissés comme ça si l'état d'Ethan ne m'inquiétait pas un peu. Ses blessures n'étaient pas graves, mais il fallait s'en occuper au plus vite. Je déposai mon plateau sur le bord du lit, avant de m'asseoir à côté d'eux. Sans un mot, je laissai ma tête retomber sur l'épaule d'Ethan avant de caresser doucement la joue de Lena. Ethan l'avait changée, parce que son pyjama était sale, couvert de larmes, de poussière et de sang. Un bébé ne devrait jamais être couvert de sang. Ni même de larmes... Elle avait été courageuse, elle n'avait pas tant pleuré que cela.

« Il faut que je m'occupe de toi, Ethan... »

Je l'ai vu grimacer. Je me doutais qu'il ne voulait pas lâcher Lena. Mais sa respiration était sifflante et rauque, je me demandais s'il n'avait pas des côtes cassées. Par expérience, je savais que cela pouvait faire atrocement mal. Doucement, sans le brusquer, j'ai pris Lena dans mes bras. Mais je ne voulais pas plus que lui l'éloigner de nous, alors je me suis contentée de l'allonger doucement sur un oreiller. Elle s'est un peu agitée, avant de se détendre et de se remettre à sucer son pouce, comme si de rien n'était. C'était rassurant de voir qu'elle n'était pas aussi bouleversée que nous. Je me suis retournée vers Ethan, mais au lieu de le soigner d'entrée, je l'ai pris dans mes bras. J'avais besoin de sentir qu'il était là, avec moi, bien vivant. J'étais de nouveau à deux doigts de fondre en larmes, mais par miraculeusement j'ai réussi à me retenir. Ce n'était pas le moment.

« J'ai eu tellement peur... S'il t'était arrivé quelque chose, je ne l'aurais pas supporté... »

Je pris une profonde inspiration, glissant mes mains dans ses cheveux. Je me retenais de me blottir contre lui et de le prendre dans mes bras en le serrant de toutes mes forces parce que je savais qu'il avait mal, même s'il ne disait rien, parce que je savais qu'il préférait me serrer dans ses bras et avoir mal. M'écartant légèrement de lui, je déposai un baiser sur sa joue, puis suis ses lèvres, avant de m'écarter pour de bon. Je ne savais pas par où commencer. Il avait un énorme hématome sur la pommette droite, les phalanges de ses poings étaient écorchées et abimées, et il avait probablement des côtes cassées ou fêlées. Mieux valait commencer par le plus important.

« Je vais m'occuper de tes côtes en premier. »

Je l'ai arrêté en posant une main sur son bras tandis que je voyais qu'il s'apprêtait à enlever son pull. Il allait souffrir le martyr s'il faisait cela. Alors je me suis saisie d'une paire de ciseaux et j'ai découpé le vêtement sur toute sa longueur. J'ai grimacé en écartant le tissu de sa poitrine. J'aurais de loin préféré me tromper, mais rien qu'à voir la couleur de sa peau, cela ne laissait aucun doute, il avait des côtes cassées. À certains endroits la peau était violacée et écorchée. J'ai posé deux doigts à un endroit, et vu le sursaut et la grimace qu'il eut, il était évident qu'il avait mal, et moi ma certitude était acquise. J'eus un sourire désolé, puis je me saisis d'une compresse imbibée d'alcool pour désinfecter la peau qui était écorchée. J'eus une seconde d'hésitation avant de me mettre à tamponner la peau délicatement, doucement. Je ne m'en rendais pas compte, mais au fur et à mesure que je tapotais sa peau pour la désinfecter, les larmes avaient recommencé à couler sur mes joues.

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« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Ven 24 Déc - 1:21

Qui avait dit que quand on est tombés aussi bas que nous étions tombés, nous ne pouvions que remonter ? Parce que si j’apprenais qui avait dit ça, je lui arrachais les yeux. Non, on ne remonte pas aussi facilement lorsqu’on est tombés tellement bas que votre vie peut se briser à tout jamais. Une semaine et demie de répit, c’est tout ce que nous avions eu. Et c’était bien trop peu. Bien trop comparé à ces deux mois où notre vie avait été un cauchemar. C’était comme si quelque chose dans le Ciel voulait que nous soyons sans cesse malheureux. Nous n’aspirions qu’à la tranquillité, et il semblait que c’était déjà trop demander. Je voulais seulement profiter de ma famille et des bonheurs simples de la vie. Je ne cessais de manquer de perdre celles à qui je tenais le plus. Lorsque je faisais le compte, c’était la quatrième fois que je manquais de perdre Katarina, la deuxième pour Lena et Anna. Anna…elle en avait de la force notre petit amour. Déjà si petite dans le ventre de sa maman, elle s’accrochait à la vie tant qu’elle pouvait. Et je me disais qu’il fallait vraiment que j’en prenne de la graine comme on dit.

Nous n’avions rien soupçonnés, rien vu venir. Ils étaient entrés dans l’enceinte pourtant surprotégée comme dans un moulin. Et le pire de tout c’est qu’ils semblaient tout connaitre. Des entrées, aux plans de la communauté, en passant par notre organisation. C’était quelque chose de simplement inimaginable. Il y avait un espion, ce n’était pas possible autrement. Pourtant, il y a déjà longtemps qu’Aaron et moi en avions parlé à Alexander, mais celui-ci s »était contenté de renforcer les mesures de sécurité et de condamner une entrée. Aaron…Aaron…il avait payé le prix cher. Pour me protéger…Je m’en voulais tellement. Maintenant, il était entre la vie et mort, et même si je lui étais reconnaissant, j’étais coupé en deux. Je lui en voulais d’être intervenu. C’était ma faute s’il était dans cet état là. Sa vie ne tenait plus qu’à un fil et il paraissait que cette nuit serait décisive.

Les choses étaient allées trop vite. Si nous avions réussi à tuer tout les hors la loi, un seul avait réussi à prendre la fuite. Pas des moindres d’ailleurs. Armando Venezzio n’avait pas subi le même sort que ses sous fifres. Je ne sais pas comment et pour le moment je m’en fichais. Les morts avaient été nombreux dans notre camp aussi. Deux gardes, quatre adultes et deux enfants…Pauvres enfants… C’était sans doute ces deux victimes de balles perdues qui me touchaient le plus. Je ne savais pas qui irait les enterrer dignement, mais moi je n’en avais pas la force. Et puis, j’étais blessé. Moins qu’Aaron ou certains, mais je l’étais. J’avais l’impression que mes poumons allaient exploser. Chaque respiration me faisait atrocement mal, mais je n’osais embêter personne avec ça. Diane et Mathilda étaient bien trop affairées à soigner les blessés. Et puis, j’avais mon médecin personnel. Katarina avait été écartée puisqu’elle était enceinte. Et alors que j’aurais pu m’attendre à ce qu’elle veuille aider, elle avait accepté de se reposer.

Il faut dire que si le sang avait coulé à notre étage, l’étage du dessus où se trouvaient la plupart des gens ressemblait à un bain de sang. Les enfants avaient semblants été réunis dans une même pièce. Je n’arrivais plus à me rappeler comment j’avais regagné ma chambre. J’avais l’impression qu’à l’instant où Aaron avait été blessé et que je l’avais vu s’effondrer, je flottais dans le flou total. J’avais bien compris que c’était Katarina qui était venue vers moi en criant mon nom, mais tout ce que j’avais réussi à faire c’était hurler avant qu’on ne me prenne Aaron des bras pour qu’on l’emmène rapidement à l’infirmerie.

Je ne me rappelais que Katarina qui me mettait Lena dans les bras. Et j’avais tellement serré ma fille dans mes bras, et je l’avais tellement couvert de baisers que je ne m’étais pas aperçue tout de suite que Katarina n’était plus là. J’avais peur pour elle à chaque seconde maintenant, mais nous avions tué tous les hors la loi. Alors pour le moment, nous avions un peu de répit et nous pouvions donc souffler. Et puis toutes les issues avaient été barricadées. Lena dans les bras, je la berçais depuis prés d’une demi-heure quand la porte s’ouvrit. Je ne pus que sursauter et refermer mon emprise sur ma fille pour la protéger avant de m’apercevoir que c’était Katarina. Je pouvais respirer. Enfin…non…respirer me faisait atrocement mal. Mais tenir ma fille en vie, en bonne santé et qui me souriait suffisait à mon bonheur. Je l’avais changée dés que j’avais pénétré dans la chambre, mettant ses vêtements dans un sac parce que je ne voulais plus les voir. Je savais bien que nous ne disposions pas de beaucoup de vêtements pour un bébé, mais je ne voulais plus me rappeler ce jour où j’avais bien cru ne jamais les revoir. J’avais cru devenir fou. Mais Aaron m’avait calmé…avant de…enfin…je voulais chasser de mon esprit les images qui me venaient. J’essayais à chaque seconde de prier pour lui, pour qu’il se réveille…

Je ne savais pas trop ce qu’elle avait dans les mains, mais il ne m’a fallu qu’une seconde pour comprendre. Elle voulait s’occuper de moi. Ce qui signifiait qu’elle voulait me soigner. Oui bien sur, j’avais mal, et chaque respiration était très difficile à supporter mais je refusais de lâcher Lena. Elle l’a vu parce que même si ses gestes doux pour reprendre Lena m’ont forcé à la lâcher et à lui céder notre fille, je n’en étais pas moins méfiant. J’allais m’insurger en pensant qu’elle allait mettre ma princesse dans son berceau quand elle l’a posée prés de nous sur le plus grand oreiller. J’allais la reprendre dans mes bras, la couvant du regard alors qu’elle s’agitait avant de finir par sucer son pouce. Mais je n’osais pas. J’avais essayé de tendre un bras vers elle, mais mon geste avait été rapidement avorté. J’avais mal. Mais je ne voulais pas pour le moment inquiéter Katarina. Nous étions là tous les quatre. Et c’était tout ce qu’il devait compter. J’étais peut être blessé mais j’étais en vie. A croire que mes parents étaient mes deux anges gardiens et s’évertuaient à me maintenir en vie.

Toujours un œil sur Lena, j’ai senti Katarina me serrer contre elle, et même si j’avais terriblement mal, je faisais taire la douleur parce que tenir ma femme tout contre moi était la chose que j’aimais le plus au monde et que j’avais voulu plus que tout alors que j’étais retenu et que nous étions en danger.
J’aurais aimé lui caresser les cheveux ou le dos, mais j’avais trop mal pour ça. Je ne savais pas ce que j‘avais exactement et je ne voulais pas inquiéter Katarina avec ça. J’irais voir Mathilda quand les choses se seraient calmées. Je voyais bien à la façon qu’avait eu Katarina de me dire qu’elle avait eu peur qu’il ne m’arrive quelque chose, j’ai compris que je ne pouvais pas lui demander de prendre son de moi. Elle avait besoin de moi, elle était choquée, et surtout...Elle était enceinte. Il fallait qu’elle se repose. Je ne devais pas lui donner plus de travail qu’elle en avait déjà. Elle ne méritait pas ça.

La sentir contre moi m’apportait force et réconfort, et sentir ses mains se perdre dans mes cheveux me délassait. C’est comme si oniriquement, je pouvais recommencer à respirer puisqu’elles étaient là toutes les trois, prés de moi. Nous étions réunis tous ensemble et j’essayais de créer une bulle afin de nous protéger des agressions extérieures. Je ne voulais plus qu’elle me lâche. Je voulais toujours être contre elle. Parce que c’était ma place.

J’ai poussé un petite gémissement quand elle s’est écartée de moi parce que je ne voulais pas qu’elle s’en aille, mais je me suis laissé avoir par son baiser. Enfin c’était plus ses lèvres qui avaient courues pendant quelques secondes de ma joue à ma bouche. Je ne l’ai pas lâché du regard alors qu’elle s’écartait et ramenait son plateau vers nous. Je me doutais qu’il était inutile de protester. Et puis, je n’avais pas envie de me battre avec elle alors je décidais de la laisser me soigner. Elle me regardait, et je ne savais pas ce qu’elle pouvait bien penser. Je ne m’étais pas regardé dans une glace mais puisque Lena n’avait pas pleuré en me voyant je pensais que ce n’était pas grand-chose. J’essayais de mâter la douleur en me disant que j’avais connu pire et pour le moment cela semblait marcher relativement bien.

Elle voulait s’occuper de mes côtes en premier. Alors je voulais l’aider. Mais j’avais à peine levé un bras que la douleur s’était réveillé et que j’avais l’impression qu’on m’étouffait. J’avais mal et je n’ai pas pu m’empêcher de grimacer. Si bien qu’elle a arrêté mon geste et que je me suis retrouvé à me laisser faire. J’allais protester quand je l’ai vue commencer à couper mon pull, mais je n’osais rien dire. Je ne pouvais que fermer les yeux, et essayer de ne pas pleurer. J’avais envie, mais il fallait que j’arrête. Je devais être fort. Parce que je devais me sentir chanceux par rapport à Aaron, je n’avais pas à me plaindre. Difficilement mais je respirais.
Alors quand elle a gardé, je suis resté stoïque. Je n’avais de toute façon pas besoin de baisser les yeux sur ma poitrine. Vu sa bouche qui s’était ouverte en grand et sa mine défaite, je me doutais que le spectacle que j’offrais n’était pas très beau à voir malheureusement. J’ai serré les dents en pensant qu’il fallait que je me montre fort pour de multiples raisons pendant que Katarina tamponnait ma poitrine pour désinfecter avant de certainement bander ma poitrine. Seulement, quand j’ai levé les yeux vers elle, j’ai vu qu’elle pleurait. En silence. Elle pleurait en silence. Et la douleur s’est assourdie en un instant quand je l’ai prise dans mes bras. Je me fichais d’avoir mal, je dépassais ça parce qu’elle avait besoin de moi.

-Oh mon ange…

Je la prenais dans mes bras. Vraiment dans mes bras cette fois ci. Je caressais ses cheveux et cherchait à la sécuriser. Je me doutais que ces larmes n’étaient que le reflet de sa peur, de son soulagement et d’autres choses encore. Elle tenait toujours son petit plateau dans ses mains et je lui pris un peu de façon directive des mains. Mes plaies pouvaient attendre. Il fallait que je sois le mari qu’elle avait épousé. Le mari fort et aimant qui la protégeait.

-Pose ça un instant. Viens là mon amour.

Elle ne se débattait plus vraiment, et je pouvais enfin tenir mon rôle. J’avais bien entendu une folle envie de pleurer avec elle, mais ça n’aurait fait qu’aggraver très certainement la situation. Je sentais que le sang froid dont elle avait certainement fait preuve jusque là venait tout simplement de disparaitre d’un seul coup. Lena babillait dans son coin tandis que j’essayais lamentablement de trouver quoi faire pour la réconforter. Et à part l’assurer que j’étais là, je ne savais pas quoi faire de plus.

-Je suis là, tout va bien. Tout va bien !

Tout n’allait pas bien, c’était une évidence. Mais peut-être que le dire arrangerait un peu les choses. Je voulais que tout aille bien. Parce que nous le méritions. Parce que Katarina le méritait. Et nos filles aussi. Je ne savais pas comment se passeraient les choses maintenant dans la communauté. Parce que plus rien ne serait comme avant, mais je faisais confiance à Alexander, il saurait trouver quoi faire. Il savait toujours quoi faire.

-C’est fini, tout est fini.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Ven 24 Déc - 10:52

Je m'étais pourtant jurée que je ne pleurerais pas. J'avais été idiote. Je me connaissais pourtant bien, je savais que j'allais pleurer à un moment où à un autre pour évacuer la pression. Seulement voilà, je ne voulais pas pleurer maintenant, Ethan avait besoin de moi, je devais prendre soin de lui. Parce qu'il avait mal et que je devais le soigner. C'était la seule chose que je pouvais faire pour me rendre utile, alors j'étais bien déterminée à le faire. Alors je gardais les yeux baissés, pour ne pas qu'il me voie, à tamponner sa peau là où elle était écorchée, en m'efforçant de lui faire le moins de mal possible. J'étais bien placée pour savoir que des côtes cassés font atrocement mal. Et c'était ce qui mettrait le plus de temps à guérir. Heureusement qu'il était de constitution solide. Entre la drogue et les coups, son corps en avait vu des vertes et des pas mures... Sauf que là encore, j'oubliais que s'il y avait bien une personne qui ne passait pas à côté de mes larmes et ma tristesse, c'était bien Ethan. Il savait que je n'aimais pas pleurer et que j'en avais honte, il savait que j'aurais tendance à essayer de dissimuler cela... J'ai eu un sursaut quand il m'a pris dans ses bras tout à coup. J'avais envie de protester, de lui dire que je devais d'abord m'occuper de lui. Pourtant, je me suis laissée faire. Je n'avais pas la force de protester. Je me suis blottie contre lui, n'oubliant pas ses blessures pour autant. J'ai posé mes mains sur sa poitrine tandis qu'il caressait mes cheveux doucement, pour me rassurer certainement. Si seulement ce simple geste avait pu tout effacer... Si seulement les caresses pouvaient vraiment fonctionner comme un anesthésiant... Je ne dis pas que ses gestes ne me rassuraient pas. C'était simplement que ce que nous avions vécu était trop dur à supporter pour que de petits gestes si naturels effacent tout en une fraction de seconde. Et c'était bien dommage...

Je ne pus qu'acquiescer mollement lorsqu'il m'assura qu'il était là. Oui, il était là, je le savais... En revanche, je n'étais pas d'accord avec lui. Non, tout n'allait pas bien, c'était même tout le contraire. Rien n'allait bien, même. Lui, était blessé, et s'il ne disait rien je savais qu'il souffrait terriblement. Aaron était dans un sale état, et nous n'étions pas sûrs qu'ils survivent à ses blessures. Alexander avait été blessé également, même s'il survivrait, j'avais également eu terriblement peur pour lui. Mon père, lui, s'en était bien tiré... Mais il m'avait terriblement déçue en laissant Armando vivant. Cet homme pourrait prendre sa revanche quand il en aurait envie... Et puis il y avait tellement de morts, tellement de blessés... Il y avait du sang partout sur les murs, sur le sol... Juste devant notre chambre, une petite flaque de sang, qui était celui d'Armando... Tout n'allait pas bien, non. Mais que pouvait-il me dire d'autre ? Quand rien ne va, dire tout le contraire c'est presque un réflexe. C'est instinctif, un peu comme un mécanisme d'auto-défense... Et de toute façon, c'était la seule chose à dire. Ethan ne pouvait décemment pas me dire qu'en effet, rien n'allait. Il voulait me rassurer, comme n'importe quel mari voudrait rassurer sa femme après un événement pareil...

« Non, ce n'est pas vrai, ce n'est pas fini... Ça ne finira jamais, Ethan ! Tant que nous serons ici, nous serons toujours en danger, cela ne s'arrêtera jamais... »

Nous avions eu tort de nous croire en sécurité. Pour que les Hors La Loi soient arrivés jusqu'à nous, il fallait qu'ils soient au courant de tout... Comment était-ce seulement possible ? Cela aurait voulu dire que quelqu'un nous avait trahis... Ce n'était certainement pas Vitali, qui haïssait son père au moins autant que moi. Quelqu'un de chez nous ? Je n'osais le croire... De toute façon nous n'avions aucun moyen de le vérifier. Et puis est-ce que cela comptait vraiment encore aujourd'hui ? Personne n'avait la tête à chercher les responsables de ce carnage... Et si quelqu'un devait chercher les coupables, ce ne serait pas moi. Ce n'était pas mon travail... Je m'écartai légèrement d'Ethan, avant d'essuyer mes larmes du bout des doigts. Ce n'était pas le moment de pleurer ! Avec un petit soupir, je me suis redressée, pour essayer de reprendre une contenance. Je posai une main sur le visage d'Ethan, caressant sa joue tendrement, avant de poser mes doigts sur l'hématome sur sa pommette. Je secouai légèrement la tête, avant de poser mes yeux sur Lena. Elle s'était réveillée, mais elle babillait tranquillement dans son coin, ne faisant pas attention à nous. J'eus un petit sourire attendri, avant de poser ma main sur mon ventre en un geste protecteur. Pauvre petit bébé, qui avait déjà été témoin de temps d'horreurs, indirectement...

« Mon père n'a même pas eu le courage de tuer Armando... Il aurait pu, mais... C'est moi qui lui ai tiré dessus. Je ne l'ai pas tué... J'en étais incapable, mais j'aurais dû... Il est seulement blessé... J'aurais vraiment dû... »

Mais je n'avais pas su, pas pu... Je n'avais fait que le blesser. Je n'avais pas le courage de tuer quelqu'un. Même quelqu'un comme Armando... Et puis, ce n'était pas à moi de le tuer ! Mon père aurait dû trouver le courage de faire ce qu'il fallait. À sa place, Ethan n'aurait certainement pas hésité aussi longtemps, il n'aurait pas laissé Armando ouvrir la bouche. Et pourtant, Armando avait dit bien plus de choses qu'il n'aurait dû... J'étais certaine que mon père avait au moins envisagé d'accepter son offre. De le rejoindre pour retrouver son ancien train de vie. De retourner avec un homme qui avait torturé sa fille et menacé sa petite fille... Le simple fait qu'il l'ait seulement envisagé me répugnait. Ethan avait raison, mon père était un lâche. Évidemment, il m'avait protégée, mais je ne pouvais m'empêcher de me dire qu'il n'avait pas fait ce qu'il aurait dû... Comme quoi, ils n'étaient si semblables que cela. Contrairement à mon père, Ethan était prêt à absolument tout pour nous protéger, quitte à tuer son propre frère. Mon père, lui... Eh bien mon père avait hésité, voilà tout. Sans pouvoir me mettre à sa place, j'avais tout de même du mal à lui excuser sa faiblesse. Il avait été faible pile au moment où il ne fallait surtout pas l'être...

J'ai pris une profonde inspiration, avant de secouer la tête. Trêve de bavardages, il fallait que je m'occupe des blessures d'Ethan. Je me saisis d'une nouvelle compresse imbibée d'alcool, avant de me remettre à désinfecter sa peau. Une fois que j'eus terminé, j'attrapai une bande. Je grimaçai.

« Tu as plusieurs côtes cassées ou fêlées... Je vais te bander le torse, pour éviter que tu ne respires trop fort. Ce n'est peut-être pas la meilleure chose à faire, mais c'est la seule que je puisse faire aujourd'hui... Il faudrait au moins trois semaines pour qu'elles guérissent. Mais je préfère voir large... La douleur devrait s'atténuer... Mais si tu veux, je peux te donner des calmants, si vraiment tu as trop mal. »

J'eus un petit soupir en relevant les yeux vers lui. Il sortait d'une désintoxication longue et difficile, et ce n'était peut-être pas la meilleure chose à faire, mais je pourrais trouver quelque chose sans trop de substances addictives...

« Je comprendrais, tu sais. »

J'étais passée par là, et sans calmants et sans antalgiques, la douleur aurait été trop insupportable pour que je puisse la supporter pendant plus d'un mois.

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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Dim 26 Déc - 12:42

Ils ne reviendraient peut être pas de sitôt. Parce que nous avions tués tous les hommes qu’Armando Venezzio avait amené avec lui, parce qu’il était blessé, et parce que je sentais qu’Alexander allait faire quelque chose. Sans doute déciderait-il enfin de rendre hommage à Aaron en faisant ce qu’il lui disait depuis si longtemps. Sans doute finirait il par arrêter vraiment d’accueillir de nouvelles personnes et qu’il mènerait son enquête. A moins que le coupable soit déjà mort… Ou alors il aurait d’autres idées. En tout cas, moi j’allais renforcer la sécurité sur ma famille. J’avais repris des forces et je ressentais moins le manque, je pouvais prendre soin de ma famille tout seul et je comptais bien m’en occuper. Plus personne ne les menacerait, plus personne ne les terrifierait. Je préférais trépasser si cela devait arriver.
J’aurais tellement aimé que Katarina se sente rassurée aussi. Mais elle ne l’était pas. Elle se défendait. Elle avait raison, mais ca me faisait mal au cœur d’admettre la vérité. Oui, tant que nous serions ici, ça ne serait vraiment jamais fini. Parce que même si l’ancien ami de son père était hors jeu pour le moment, je savais qu’il finirait par se venger. Mais nous n’avions nulle part où aller. Aucun endroit sur New York ne serait assez sûr pour nous tous. Et puis, il nous retrouverait toujours.

Je continuais à caresser le dos de Katarina et à tenter de la bercer jusqu’à ce qu’elle se redresse dans mes bras et qu’elle porte une main à mon visage si amoureusement que j’en ai eu une boule qui s’est formé au creux de mon estomac. Elle était si douce, et elle savait tant me rendre encore plus amoureux d’elle. Je n’ai pourtant pas pu m’empêcher de grimacer quand elle s’est attardée sur ma joue gauche. J’avais mal. Je ne savais pas pourquoi j’avais si mal mais j’avais des soupçons. Je ne devais pas être très joli à voir. Et Katarina me regardait tout de même encore comme avant. J’étais en train de contempler ma femme comme pour réaliser qu’elle était là et qu’elle allait bien quand le deuxième amour de ma vie s’est manifesté. Alors j’ai détourné mon attention au même moment que Katarina et j’ai observé Lena un instant. Elle tendait les mains pour attraper je ne sais quoi et on pouvait l’attendre rire toute seule et se raconter des histoires. J’espérais que c’était de belles histoires, comme celles que Katarina et moi lui racontions à longueur de journée. Des histoires de princesses, de prince, des contes de fées.
Des contes que nous aurions sans doute à raconter également à cette petite fille que Katarina attendait. Je voulais qu’elle n’ait jamais à traverser de périodes difficiles dans sa vie. C’était ce que je souhaitais pour mes deux princesses. Qu’elles ne connaissent que l’amour, la joie, la tendresse, le bonheur.

Parce que Katarina et moi avions vécu tant de drames en deux ans. Enfin….même avant…Nous n’avions pas été épargnés. Armando, lui l’avait été…Il vivait confortablement et le père de Katarina l’avait épargné alors qu’il était venu ici nous menacer. Katarina l’avait blessé par contre, j’étais fier…

Oh oh ! Une seconde !

Alexeï avait fait quoi ??

Il l’avait épargné ? Non mais…mais…il était devenu dingue ? Armando avait menacé sa petite fille qu’il réclamait tant, il avait fait enlever sa fille qu’il réclamait aussi, il l’avait torturé lui-même et faite torturer. Il avait failli la tuer sans le moindre scrupule et lui en avait eu ?
Je crois qu’il venait lui-même de sceller l’image que j’avais de lui. Je ne pourrais plus jamais accepter qu’il fasse partie de notre famille. C’était tout simplement hors de question. Et même si je devais choisir entre quelqu’un que je n’appréciais pas et mon beau-père s’ils étaient en danger, je ne sauverais pas mon beau-père. Il ne méritait même pas d’avoir une fille comme la sienne. J’avais honte pour lui. J’avais de la haine pour lui…Mais je n’en ai rien dit sur le moment parce que ma mine de dégout valait tous les mots du monde.

Et puis parce qu’elle venait de m’arracher une grimace de douleur quand elle a commencé à tamponner mon torse à l’aide d’une compresse alcoolisée. J’avais mal et je ne pouvais pas prétendre le contraire. Et même si elle faisait très attention, la douleur était là. Mais à entendre ce qu’elle me disait ce ne serait que le début. Le diagnostic venait de tomber. J’avais des côtés de cassées. Ou fêlées…peu importe. De toute façon sans radiographie on ne pourrait jamais savoir. Et nous n’avions pas ce genre d’appareil. Hélas… Elle m’a dit tout ce qu’elle avait me faire mais quand elle a envisagé de me donner des antidouleurs, je n’ai pas pu m’empêcher de crier.

-NON !

Avant de me rendre compte que je lui avais carrément crié dessus et que j’avais du la blesser et faire peur à Lena. Alors je me suis radouci. Je ne voulais pas être agressif c’est juste que je ne voulais plus rien prendre. J’avais tellement peur maintenant de redevenir accro à quelque chose. Et même si j’en avais certainement besoin, il était hors de question que je prenne des médicaments, je trouverais bien une façon de supporter la douleur. J’ai levé une main pour caresser sa joue en signe d’excuse. Je ne voulais pas qu’elle croit que j’étais redevenu un autre Ethan. J’étais toujours le mari aimant et doux qu’elle avait épousé. C’était seulement que je ne voulais rien, j’avais bien trop peur de retomber dans la dépendance.

-Excuse-moi, je ne voulais pas te parler comme ça. C’est juste que…

Ma gorge se serrait. J’avais du mal à parler de cela, parce que je me rendais compte à quel point j’étais fragile. C’était tout de même quelque chose d’important de se rendre compte que même des antidouleurs peuvent vous rendre accro et vous faire sombrer dans un état lamentable. Des antidouleurs étaient pourtant quelque chose de banal pour les gens, mais pour moi ça représentait un danger énorme. Et je n’étais pas prêt à prendre ce risque. Qu’elle me le propose était quelque chose d’important. Mais je me doutais qu’elle attendait quand même que je refuse. Nous savions tous les deux ce que signifierait la prise de ce genre de médicaments. C’était une porte ouverte sur une rechute. J’étais déjà assez fragile comme ça.

-Je ne peux pas, je ne veux pas. C’est trop risqué.

Et encore je pesais mes mots. Ce n’était même pas un risque, c’était une certitude. Au moment où j’avalerais le premier antidouleur, je redeviendrais accro. Parce que je luttais encore. Parce que mon organisme était trop habitué. Alexander m’avait longuement parlé et Mathilda m’avait expliqué le processus et comment le corps agit et réagit. Elle avait comparé ça à une lumière qui s’allume dans mon cerveau et un mécanisme qui se met en route et provoque dans mon corps un désir plus fort que tout. Enfin…je n’arrivais même pas à reformuler ce qu’elle m’avait dit. Tout ce que je savais, c’est qu’il fallait que j’évite tout ce qui était semblable à une substance nocive et addictive.

Je n’avais le droit qu’à une addiction. L’amour de ma famille. Alors…j’ai tendu une main vers Lena pour lui chatouiller le ventre avant de reporter mon attention sur Katarina qui attendait de pouvoir me bander le torse comme elle m’avait dit qu’elle allait le faire.

-Et puis, quand j’aurais vraiment trop mal. Tu n’auras qu’à me mettre Lena dans les bras, et à te blottir contre moi et j’irais bien.

Je savais que les avoir prés de moi suffiraient à ce que j’oublie la douleur.
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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Dim 26 Déc - 19:50

Je m'attendais à ce qu'Ethan se mette à hurler, à maudire mon père, à le traiter de tous les noms. Mais étonnamment, il n'en fit rien. Il se contenta d'afficher une mine dégoutée, ce qui valait bien toutes les insultes du monde. Je savais bien ce que voulais dire cette tête là. Au fond de lui, il était déjà en train de creuser la tombe de mon père. Et cette fois ci je ne pouvais pas lui en vouloir. Moi aussi, j'avais honte de mon père en cet instant. Je n'étais pas pour le meurtre ou la violence, mais là, c'était comme s'il avait laissé fuir le diable en personne. Armando reviendrait, et il recommencerait à nous violenter, encore et encore... Et cette fois-ci, l'un d'entre eux ne s'en sortirait pas... Je commençais sérieusement à me demander si mon père ne serait pas celui qui resterait sur le carreau. Il n'avait même pas blessé Armando ! Oh, enfin, si, il lui avait tordu les doigts... Quelle efficacité ! C'était moi qui lui avait tiré dessus, j'avais été la seule à faire quelque chose... Mais je n'aurais pas dû seulement le blesser... Je n'étais pas une meurtrière, je ne tuais pas les gens... Parce que j'étais médecin. Mais sur ce coup là, j'aurais dû pouvoir mettre mes idéaux de côté. Je n'y avais pas réussi, mais ce n'étais guère étonnant. Ce qui était étonnant, c'était que mon père, lui, n'avait pas été capable de faire ce qu'il avait pourtant déjà fait. Mais il n'avait rien fait, rien ! Et je n'étais pas certaine d'être capable d'oublier sa lâcheté cette fois ci... Et il osait faire des reproches à Ethan ! Lui au moins faisait ce qu'il avait à faire quand il le fallait. Qu'il compte sur moi pour le lui rappeler.

Si je n'avais pas dû m'occuper d'Ethan, je crois que je serai allée passer un savon à mon père directement. Il pouvait s'estimer heureux que mon amour pour Ethan passe avant tout le reste. Mais dès que j'en aurais fini avec les blessures d'Ethan il allait m'entendre... J'étais gentille, adorable, tolérante, mais là, il fallait que je lui dise ce que j'avais sur le cœur. Il avait eu la chance de se venger, de me venger, de venger l'honneur de sa famille... Et il n'avait rien fait. Rien, rien du tout ! Heureusement que j'étais délicate et que je savais me contrôler, parce que sinon, vu la colère qui me rongeait, j'aurais achevé Ethan. Ethan qui devait avoir terriblement mal. J'étais désolée de ne pouvoir rien faire de plus que de désinfecter et bander son torse. Je savais mieux que quiconque à quel point il devait avoir mal. Il devait certainement avoir l'impression de s'étouffer, il devait avoir l'impression qu'à chaque respiration on lui enfonçait des milliers d'aiguilles dans les poumons... Et sa peau était si écorchée par endroit que cela devait le bruler atrocement. Mon pauvre amour...

J'ai sursauté quand il a crié, m'affirmant haut et fort qu'il ne voulait pas de calmants d'aucune sorte. Évidemment, j'aurais dû m'en douter. Il avait trop de replonger, ce qui était bien normal. Moi aussi j'avais peur. Mais je savais que j'aurais pu lui trouver quelque chose sans addictifs ou choses de ce genre... Mais Ethan avait peur, il rejetterait certainement tout ce que je tenterais de lui donner. J'ai eu un petit sourire quand Ethan a levé la main pour caresser ma joue. J'ai posé ma main sur la sienne tandis qu'il s'excusait. Je me suis contentée de hocher la tête tandis qu'il me disait que c'était trop risqué. Je ne pouvais qu'approuver et le comprendre, mais pourtant je craignais que la douleur soit trop importante et insupportable pour lui. Je ne savais pas exactement combien de ses côtes étaient cassées ou fêlées. J'espérais que ses côtes n'avaient pas percé un poumon... Il aurait certainement déjà hurlé si c'était le cas. Mais Ethan étant Ethan, il pouvait être assez stupide pour se taire et ne rien me dire sous prétexte qu'il devait être fort... Non, allons, j'aurais remarqué si quelque chose avait cloché. Enfin, un peu plus... Ce n'était que quelques côtes abimées, il guérirait vite... Si seulement il acceptait de rester tranquille plus d'une heure. Ce qui étai rarement le cas. J'allais devoir le forcer à rester calme. Je saurais trouver les mots pour le convaincre. Je savais toujours le convaincre... Enfin, plus ou moins. Je n'ai pas pu m'empêcher de soupirer et de lever les yeux au ciel tandis qu'il affirmait qu'il n'aurait qu'à chercher du réconfort auprès de moi et de Lena et quand il aurait trop mal. J'ai secoué la tête en prenant son visage entre mes doigts, en évitant soigneusement de les poser sur sa pommette abimée par je ne sais quel coup.

« Parfois, tu es tellement naïf que c'en est presque inquiétant tu sais... Tu auras mal rien qu'en nous prenant dans tes bras. Vraiment, Ethan. Je pourrais te trouver quelque chose d'efficace et sans dangers si tu le voulais... Tu as mal, cela se voit sur ton visage. Tu ne peux pas me cacher ça... »

Je ne supportais pas de savoir qu'il allait mal. Physiquement ou psychologiquement. Il avait terriblement souffert au point de vue psychologique ces temps ci, et comme si ce n'étais pas suffisant, voilà qu'il prenait des coups maintenant... Doucement, j'ai bandé son torse en serrant assez pour qu'il ne puisse pas respirer trop fort, tout en lui laissant une totale liberté de mouvement. Je savais que si la bande le dérangeait il allait la retirer rapidement, et ce même contre mon avis. Je le connaissais trop bien pour cela... J'ai attaché la bande avec une petite épingle à nourrice pour qu'elle ne se défasse pas au moindre mouvement. Puis je me suis levée et j'ai été lui chercher un autre pull. L'autre était foutu, parce qu'il était tâché et que de toute façon je l'avais découpé. Je l'ai laissé l'enfiler, ne le quittant pas des yeux, scrutant la moindre grimace. Mais apparemment il s'était assez bien débrouillé pour ne pas trop souffrir. Ou alors il avait serré les dents, encore une fois. Ce qui ne m'aurait étonnée qu'à moitié... Je me suis assise en tailleur sur le lit, et j'ai jeté un regard bienveillant à Lena qui tendant ses petites mains au dessus d'elle. Je ne savais pas ce qu'elle pouvait bien voir, mais en tout cas elle devait trouver cela passionnant. J'ai souri avant de me tourner de nouveau vers son père. Je n'en avais pas encore fini avec lui. Malheureusement... Je me suis saisie de sa main et je l'ai approché de mon visage en grimaçant. Elle était toute pleine de sang et toute écorchée. Là encore j'ai nettoyé et désinfecté à l'aide d'une compresse alcoolisée.

« Il faut que je te pose une question, Ethan... »

J'ai eu un petit soupir, tout en enroulant une bande plus fine que la première autour de sa main. J'ai renouvelé l'opération avec l'autre main. Je ne poursuivais pas, comme si j'hésitais. J'avais une question à lui poser, mais je ne trouvais pas les mots, je n'avais pas envie d'être maladroite. Je ne voulais pas qu'il prenne mal ce que j'allais lui dire, ou plutôt lui demander. J'ai pris mes mains dans les miennes, les pressant doucement. J'ai relevé les yeux vers lui, avant de tendre une main vers lui, glissant mes doigts entre ses cheveux.

« Je sais que tu t'es battu, je sais que tu as été obligé... Mais je voudrais simplement savoir... Est-ce que tu as... Est-ce que tu as encore tué quelqu'un ? »

Je me suis mordue la lèvre, avant de baisser rapidement les yeux. Je ne m'attendais qu'à une seule réponse. Et je ne lui en voulais évidemment pas. Parce qu'il avait été obligé, bien sûr... Mais je ne pouvais m'empêcher de me dire que tout cela devait peser sur sa conscience. Oh, je savais qu'il ne regrettais rien. Il faisait ses choix et ne revenait jamais en arrière. Mais je savais aussi qu'il était terriblement sensible. Nous n'avions jamais vraiment parlé de ce genre de choses. C'était un peu comme un sujet tabou. Quand j'essayais d'évoquer le sujet, il se mettait tout de suite sur la défensive et me disait simplement qu'il avait fait ce qu'il avait à faire. Mais rien ne me disait que cela ne le touchait pas. Il ne me le disait pas.

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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Lun 27 Déc - 18:55

Si on m’avait dit il y avait seulement deux ans que je rencontrerais celle qui était faite pour moi, que je ne verrais toujours qu’elle au bout de deux ans, que nous aurions déjà une famille à nous avec des enfants, je n’y aurais pas cru. Je ne pensais plus avoir droit à ce bonheur depuis que mes parents étaient morts. Et pourtant ce bonheur était là à moins d’un mètre de moi. Et j’avais failli le perdre, par ma faute ou non, le perdre à trop de reprises. Je m’accrocherais encore et encore à ce bonheur, parce que c’était la seule chose qui valait la peine que je me batte comme un acharné pour elle. Mes petites femmes, mes trois trésors. Il n’y avait qu’elles qui comptaient pour moi.

Elles me réconfortaient comme un médicament surdosé. Elles étaient ma drogue personnelle, mon moteur, mon chemin. Alors si jamais j’avais mal, je savais que je pouvais compter sur elles pour passer outre. Lena a babillé au même moment et j’ai souri en pensant qu’elle devait se dire que son papa avait raison. Elle aussi, il suffisait qu’on la prenne nos bras pour oublier qu’elle avait mal. Elle ne pleurait jamais quand elle était dans nos bras.
Mais Katarina elle, ne semblait pas d’accord avec nous. Mon visage pris dans le délicat étau de ses doigts, elle m’a reproché ma naïveté. Selon elle, j’aurais mal et rien ne pourrait me soulager. Si elle, elle était prête à prendre le risque de me donner quelque chose, même peu dosé et sans risque, je ne voulais pas. Oui, elle voyait bien que j’avais mal et je ne pouvais pas le nier. Mais je devais faire avec. Il fallait que j’apprenne à supporter la douleur. Parce que toute substance pouvait s’avérer addictive pour quelqu’un comme moi. Et la moindre petite prise, même occasionnelle et justifiée pouvait me faire replonger. Et vu l’état dans lequel ça me mettait, je refusais. Maintenant que je savais tout ce que j’avais fait et dit, je m’en voulais terriblement, et je ne voulais pas que ma famille ait à vivre ça. Lena grandissait et elle finirait par se rendre compte. Et je ne voulais pas qu’elle ait à voir ça, je ne voulais pas qu’elle ait une image de son père comme d’un junkie. Je voulais être à jamais son petit papa chéri qui aurait décroché la lune pour elle.

Je ne pouvais que grimacer et la laisser me bander. Je serrais les dents, et j’essayais d’imaginer de belles choses telles que la naissance de notre seconde fille ou une vie de famille comblée et je supportais pour le moment relativement bien la bande qui serrait mon torse. Elle a attaché le tout avec une épingle et j’ai pris le pull qu’elle me tendait et je l’ai passé assez facilement. J’avais même moins mal maintenant qu’elle m’avait bandé. C’était comme si je pouvais respirer normalement maintenant. J’avais peur de lui dire ce que j’avais ressenti jusque là parce qu’elle ne pouvait rien y faire, et puis c’était passé maintenant.

Lena babillait encore un peu, et j’aurais vraiment aimé savoir ce qu’elle faisait, mais je ne pouvais pas me plier alors je devais simplement écouter ce qu’elle faisait et imaginer ce qu’il se passait. L’attention de Katarina s’est recentrée sur moi et elle n’en avait pas fini avec moi. Je n’avais pas la force de protester et de lui dire que ce n’était rien. J’ai grimacé encore une fois quand elle a désinfecté mes plaies et je n’aspirais plus qu’à une chose : qu’elle termine au plus vite. J’étais épuisé, et j’avais envie de m’allonger prés de ma femme et ma fille.
Mais Katarina semblait vouloir me parler de quelque chose.

-Oui mon ange ?

J’attendais qu’elle me dise ce qui semblait la tracasser, et ne voulait pas la brusquer. Cependant, elle avait réussi à attiser ma curiosité. Elle bandait une de mes mains en silence et des tas de questions se bousculaient dans ma tête. Je pensais qu’elle allait me poser des questions sur ma désintoxication, sur la drogue ou alors sur sa deuxième grossesse. Je ne voyais vraiment que ces sujets là qui puissent être pour elles délicats. Je connaissais ma femme plus que moi-même et je savais que lorsqu’elle cherchait ses mots, et une attitude adéquate c’était que le sujet lui tenait à cœur. Elle commençait à m’inquiéter, surtout quand elle a pris mes mains dans les siennes et qu’elle a plongé ses yeux dans les miens. J’allais la presser quand une de ses mains s’est échappée et s’est perdue dans mes cheveux. Ils avaient légèrement repoussés, mais ce n’était pas encore faramineux. Ils mettraient un certain temps à retrouver la longueur qui faisait tant craquer Katarina et qui amusait Lena. Encore que…elle serait peut être trop âgée pour à nouveau s’amuser de me les tirer et de voir qu’elle m’arrachait des grimaces.

Katarina voulait savoir si j’avais tué des hommes. Il paraissait évident vu mes blessures que je m’étais battu mais je voyais bien qu’elle s’inquiétait de savoir si j’avais été jusqu’à leur ôter la vie. Elle baissait les yeux, et priait sans doute pour que je lui dise que je n’avais tué personne, mais c’eut été mentir. Et je ne voulais pas lui mentir. Parce que même si j’avais tué des hommes encore aujourd’hui, je l’avais fait sans hésiter. Parce qu’il fallait qu’ils meurent. C’était stupide de penser ça. Mais si ça n’avait pas été eux, ça aurait été moi. C’était la triste et cruelle vérité.

-Bien sûr que oui ! Vous étiez en danger ! Nous étions tous en danger.

J’avais un peu élevé la voix et je m’en voulais. Je voulais simplement qu’elle comprenne ce qu’il s’était passé. Je ne voulais pas que nous puissions minimiser l’impact de cette attaque. J’avais cru devenir fou quand j’avais compris, et que je ne pouvais pas les atteindre, et je ne doutais pas qu’elle avait du avoir peur. Et Lena ? Mon petit trésor avait frôlé la mort alors qu’elle n’avait même pas vécu. Non, je ne regrettais pas d’avoir tué ces quatre hommes. Et j’en aurais tué encore si les autres ne s’en étaient pas chargés à ma place.

J’ai grimacé quand j’ai levé le bras pour lui caresser la joue et prendre son menton entre mes doigts pour qu’elle me regarde dans les yeux. Mais la douleur était secondaire. Je voulais qu’elle voie la détermination dans mes yeux, et mon amour inconditionnel pour elle. Pour elles trois.

-Je suis désolé que tu doives avoir cette image de moi, mais pour vous trois je suis prêt à tout.

Je savais qu’elle accordait une importance énorme à la vie, mais justement c’était notre vie à nous que j’avais protégée. Il y a des événements comme ça qui nous obligent à faire des choses que nous haïssons d’ordinaire. J’aurais aimé qu’elle comprenne à quel point mon amour pour elle dépassait tout le reste. Quand leur vie était en danger, il n’y avait que ça. J’occultais le reste. Toujours. Sur le moment, quand je leur ôtais la vie, je ne pensais à rien d’autre qu’à protéger ma famille. Et après, même s’il m’arrivait d’y penser et d’imaginer qui ils étaient, je repensais toujours à la même chose : eux ils n’auraient pas hésité. Ils ne se seraient pas dit qu’ils allaient tuer un mari et un père de famille. Il n’y avait plus de place pour de telles considérations dans un monde comme le notre. C’était la survie. J’avais fini par le comprendre en fréquentant Alexander.

-J’aimerais pouvoir avoir des remords, penser qu’ils ont une famille eux aussi, mais je ne peux pas. Je ne vois que vous et votre sécurité.
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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Lun 27 Déc - 21:19

Ethan avait du sang sur les mains. Je le savais, depuis longtemps. Il avait énormément de sang sur les mains. Plus que mon père n'en aurait jamais. C'était terriblement difficile pour moi d'associer l'image du mari aimant et tendre à celle de l'homme déterminé et prêt à tuer quiconque se dresserait sur sa route. Pourtant je savais qu'Ethan était capable de faire de telles choses... Parfois, je me rappelais un peu trop de la violence avec laquelle il avait tué Alan et mes autres geôliers. Il les avait littéralement massacrés. Il s'était couvert de sang au sens propre en tuant Alan à coups de barre de fer. Et par extension, il m'en avait couverte. Et là, il me suffisait de regarder son pull pour y voir toutes ces traces de sang. Il y en avait aussi partout sur son pantalon et encore un peu sur son visage. Jusqu'où était-il allé cette fois-ci ? Je le savais violent, très violent quand il le voulait. Plus encore quand je n'étais pas là. Quand j'étais près de lui, il avait tout de même une certaine retenue, parce qu'il ne voulait pas me choquer... Encore que, quand il avait tué Alan, il n'avait pas vraiment fait attention à moi... Cette fois-ci, quand je l'avais retrouvé, c'était déjà terminé. Je ne savais pas qui avait été témoin de la folie meurtrière d'Ethan. Lilly peut-être. Aaron certainement. Et pourtant malgré tout cela, c'était lui qui était dans un sale état et c'était Ethan qui s'en était sorti entier. C'était tellement paradoxal... Je ne regrettais pas qu'Ethan aille bien, loin de là. Mais parfois, il ne faisait plus attention à rien tellement il était en colère. Il était carrément inconscient, prenait des risques fous et insensés... Et il s'en sortait toujours. À croire que c'était lui le plus fort, alors qu'il ne payait pas de mine pourtant. C'était loin d'être un homme costaud et impressionnant. Au contraire même. Physiquement, il était tout le contraire d'Alexander ou même d'Aaron. Comme quoi, les apparences sont trompeuses. C'était d'autant plus vrai concernant Ethan, je ne le savais que trop bien.

J'attendais sa réponse avec une pointe d'appréhension, même si j'étais persuadée de déjà connaître la réponse à ma question. Je ne savais même pas pourquoi j'avais posé la question. J'aurais simplement dû dire « tu as tué quelqu'un ». Je le savais très bien... J'avais posé la question parce c'était plus naturel que d'affirmer cette vérité haut et fort. Et puis après tout, peut-être qu'une toute petite part de moi-même espérais encore qu'il me dise non. Ce qui ne fut pas le cas. Évidemment. Il ne manqua pas de me l'affirmer, hurlant presque. Il se défendait, parce que étions tous en danger, il avait fait ce qu'il fallait. Je ne pus m'empêcher d'avoir un petit soupir en secouant légèrement la tête.

« Je sais, Ethan, je sais... »

Je ne pouvais pas l'accuser de quoi que ce soit. Nous avions été attaqués et il avait eu le courage d'agir en conséquence. Tout le monde n'avait pas agi comme lui. Mais simplement c'était difficile à accepter. Cela ne changeait rien aux sentiments que j'éprouvais pour lui. Je l'aimerais toujours quoiqu'il puisse faire. Cependant tuer quelqu'un ce n'était pas rien... Et je savais qu'Ethan n'en était pas à son premier meurtre. Mais je ne pouvais pas non plus donner un chiffre. Tout ce que je savais c'était que cela se résumait à un mot : beaucoup. Beaucoup , beaucoup trop... Je résistai une seconde tandis qu'il prenait mon menton entre ses doigts pour me forcer à le regarder.

« Mais tu es peut-être prêt à faire trop de choses pour nous... Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit parce que tu veux nous défendre ? Regarde toi... Et si Aaron ne t'avait pas protégé, hein ? Qu'est-ce que je ferais si tu mourrais, Ethan ? »

Oui, qu'est-ce que je ferais ? Si il avait pris cette balle à la place d'Aaron ? Si c'était lui qui était entre la vie et la mort ? Sans lui, terminé, je n'étais plus rien, plus rien du tout. Il n'avait pas le droit de prendre des risques inconsidérés ! Il n'avait pas le droit... Si je le perdais, je perdais tout. Seule et avec deux enfants, je serais incapable de faire face. J'aurais voulu lui faire comprendre que je ne voulais pas qu'il prenne des risques inconsidérés, mais c'était peine perdue. Je le connaissais par cœur. Si je lui disais de faire plus attention, il allait vite me dire de ne pas m'en faire, qu'il avait attention ou encore qu'il ferait plus attention la prochaine fois... Mais Ethan n'était absolument pas du genre à faire attention. Ce n'était pas dans sa nature. Ethan était un excessif... Je ne fus pas surprise qu'il m'annonce qu'il n'avait aucun remord quant aux meurtres qu'il avait commis, avant ou aujourd'hui. Quelque part cela m'aurait rassurée qu'il en ait. Mais ce n'était pas le cas. J'aurais dû m'en douter. Quand il s'agissait de nous, Ethan n'avait jamais aucun remord. C'était peut-être bien le problème... Je secouai légèrement la tête, avant de repousser ses mains.

« Combien ? »

Je voulais savoir. Cela ne changerait certainement rien, mais je voulais savoir. De toute façon, je savais que cela ne ramènerait pas ces hommes à la vie, pas plus que cela ne déchargerait Ethan de ses responsabilités. Je me suis passée une main dans les cheveux, avant de les rassembler pour en faire une longue tresse. J'avais aussi envie de me changer et d'aller prendre une bonne douche. Mais ce n'était pas au programme pour le moment, Ethan et moi devions d'abord terminer cette discussion. Je jetai un coup d'œil à Lena et j'eus un petit sourire en la voyant tendre ses petites mains vers moi. Je me penchai pour l'attraper et je l'assis contre moi, face à mon ventre. Elle s'amusait à le tapoter doucement, ne le trouvant certainement pas comme d'habitude. En effet, j'étais enceinte de trois mois et mon ventre commençait à s'arrondir. En général, les grossesses succédant à la première évoluaient un peu plus vite. Enfin, je doutais d'être très grosse, même à terme. Les excès étant plus ou moins impossibles, cela m'aiderait à garder la ligne... J'eus un soupir, caressant les cheveux noirs et soyeux de Lena avant de relever les yeux vers Ethan.

« S'il te plait, réponds moi. »

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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Mar 28 Déc - 23:48

Je savais que bien des gens me reprochaient ce trait de caractère qui passait pour de l’égoïsme, de la paranoïa, et de la folie. Mais je m’en moquais. Je m’étais toujours fiché de ce que les gens pensaient de moi. Mes parents m’avaient toujours enseignés de suivre ma voie quoique puissent me dire les gens, parce que pour eux ce qu’il y avait de plus important c’est que je sois satisfait de mes choix. Et ce choix de protéger ma famille coute que coute je l’assumais pleinement et en était immensément fier. Alexander me l’avait très souvent répété, mais lorsque nous nous étions réconciliés, il m’avait avoué qu’il aurait agi comme moi sans hésiter une seule seconde. Avant Katarina, je désapprouvais le meurtre, alarmant même jusqu'à mettre en doute le terme de légitime défense ; mais depuis Katarina j’avais vraiment changé mon fusil d’épaule. Je savais ce que c’était de se dire que ces morts étaient nécessaires pour la vie de ma famille.

Je relevais alors la tête, fier de ce que j’avais fait. Fier du chemin que j’avais décidé de tracer. Rien ne pourrait me dévier de ma ligne de conduite. Parce que je savais que j’avais raison. Parce que si je commençais à douter de ce que je faisais pour la sécurité de Katarina, de Lena et du bébé c’était à mes yeux comme si je les trahissais, comme si je cessais de les aimer plus que tout. Je ne voulais pas de ça. Rien ne devait me faire penser qu’il y avait peut être une autre solution. Je refusais d’avoir des remords pour des gens qui eux, a ma place, n’en auraient eu aucun.

Pourtant, quand Katarina me reprochait d’aller trop loin certaines fois pour leur sécurité, je commençais à m’interroger en silence. Je ne répondrais rien à sa question quand elle me demandait ce qu’elle aurait fait sans moi si les risques que j’avais pris pour les sauver s’étaient retournés contre moi. A vrai dire, je n’y avais pas pensé une seule seconde, parce que quand il s ‘agissait d’elle j’avais des œillères qui m’empêchaient d’avoir un raisonnement objectif. Oui j’avais pris des risques, et j’aurais pu être blessé gravement comme l’était Aaron, mais je n’y avais pas pensé. Et même si, je m’en voulais parce que l’état de santé assez grave d’Aaron était ma faute, je savais que si les rôles avaient été inversés, j’aurais agi comme il l’avait fait, et je ne lui en aurai pas voulu. Katarina m’en voulait peut-être, tout comme Mathilda qui quoiqu’elle puisse en dire avait des sentiments pour mon ami, mais je savais qu’au fond elles ne désapprouvaient pas totalement ce qu’il s’était passé. Aaron avait agi de cette façon parce que j’avais une famille, et qu’il avait sans doute estimé que ma vie valait donc plus que la sienne.

Mais je n’avais pas de réponse à son « qu’est ce que je ferais si tu mourrais ? ». En fait je n’avais pas de réponses et je refusais d’y répondre parce que je savais qu’elle ressentait les mêmes sentiments que moi. Même si nous avions des enfants que nous aimions plus que tout, l’un sans l’autre nous n’étions rien et nous aurions sûrement cherché à nous retrouver dans l’au-delà aussi vite qu’il ne fallait le dire, en laissant nos enfants sur Terre. Je savais que penser cela était quelque chose d’extrêmement égoïste, mais c’était ce qu’il se passerait forcément.

Je sentais pourtant Katarina réprouver mon silence quant à sa question. Et ça me brisait le cœur de ne pas avoir de réponse et de m’enfermer dans mon mutisme, mais je n’avais pas de réponse et celle qui me serait venue ne lui aurait pas plu. Alors mieux valait que je me taise. Mais ma femme était aussi têtue que moi, et elle semblait vouloir que nous parlions de tout cela. Je savais qu’au fond, elle ne m’en voulait pas vraiment d’avoir fait tout ça pour les protéger mais je savais à quel point elle tenait à la vie. Elle n’était pas médecin pour rien. Elle faisait chaque jour que Dieu fait, le bien en sauvant la vie des gens peu importe qui ils étaient, ou ce qu’ils avaient fait. Et son mari, lui, défiait la vie et la mort, en prenant sans scrupules la vie des gens.

Elle me repoussait légèrement mais elle me repoussait. Elle voulait des réponses. Et pour le moment, elle voulait savoir combien d’hommes j’avais tués. Mais je n’osais pas lui dire. Et puis, je n’avais pas compté. Je m’étais senti aveuglé dés l’instant où j’avais compris que ma famille était en danger et que j’étais loin d’elles. Les coups de feu, les cris, les pleurs redoublaient d’intensité et je me disais que cela pouvait être elles, alors j’avais tué n’importe quel homme se mettait en travers de mon chemin. Je n’avais hésité à aucun moment. Pas quand j’avais étouffé cet homme dans l’étage du dessous. Ni pour les autres. Non, je n’avais pas hésité. Et maintenant que je me repassais en silence le fil de mon ascension vers elles, je comptais le nombre de morts que j’avais semé. Quatre ? cinq ? Ha non, six. J’avais tué aussi celui qui avait tiré sur Aaron. Il le méritait de toute façon. Tous le méritaient de toute façon.

Mais j’avais peur qu’elle ne me le reproche alors je préférais me taire et baisser la tête. Lena, elle était bien loin de toutes ces considérations et se fichaient pas mal du nombre de personnes que son papa avait tué pour la garder en vie. Lena s’en fichait parce qu’un bébé ne sait pas ce que ça signifie. Et c’était pour ce bébé que je me battais. Pour qu’elle soit en sécurité. Bien sûr je lui apprendrais plus tard que le meurtre est un acte répréhensible, mais je ne savais pas si je lui cacherais ce que j’avais fait pour elle. Je ne savais même pas si j’en étais fier ou pas. Quoique...On ne peut pas être fier de tuer quelqu’un. On peut ne pas regretter, mais en être fier je doute que cela soit possible. A moins d’être psychopathe, ce que je me refusais d’être.

L’obstination de Katarina était encore plus vive au fur et à mesure que je m’enfermais dans mon mutisme. Mais après avoir accordé un peu de temps à Lena qui tendait les mains vers un objet imaginaire, j’ai senti son regard sur moi et je me suis mordue la lèvre alors qu’elle voulait une réponse. J’avais peur de sa réaction, peur qu’elle ne me reproche ce que moi je n’arrivais pas à me reprocher. J’avais fait ça pour elle, et je n’avais pas regardé combien d’hommes je tuais. J’avais un but, et pour l’atteindre je devais les tuer. Dans ma tête cela s’arrêtait là.
La tête toujours baissée, je décidais quand même de répondre à sa question avant qu’elle ne se lève pour remettre Lena dans son berceau et qu’elle commence à hausser le ton. Mais ma voix ne réussit qu’à être qu’un léger murmure.

-Quatre ou cinq…je ne sais plus très bien…

En réalité, maintenant que je me repassais ce que j’avais vécu, et que je comptais, je savais exactement combien d’hommes j’avais tués. Six. J’en avais tué six. Mais ils étaient contre nous. Ils étaient venus nous tuer, tous nous tuer. Ils étaient venus pour tuer ma femme et ma fille. Mais lorsque je relevais la tête pour soutenir son regard, je vis qu’elle avait compris que je lui mentais. Elle savait toujours quand je mentais, elle avait toujours su. Et je ne pouvais m’en défendre. Oui je venais de lui mentir. Alors j’ai voulu me défendre. Pour qu’elle comprenne que même si j’en avais tué un certain nombre, je l’avais fait dans l’unique but de les sauver. C’était ce qu’on appelle un acte de la dernière chance.

-Mais vous étiez en danger Katarina ! Vous étiez en danger et j’avais peur pour vous. Je n’avais pas le choix, ils devaient mourir !

Certains nous auraient tués. D’ailleurs si Aaron ne s’était pas mis devant moi, j’aurais pris cette balle en plein cœur sans doute. Mais c’était Aaron qui l’avait prise en plein estomac, et il était dans un état critique. Et je m’étais battu pour ma vie. Je m’étais battu pour ne pas que Katarina ait à vivre sans moi, pour ne pas qu’elle soit veuve à 25 ans. Je voulais qu’elle comprenne qu’il y a des moments dans la vie où on doit faire des choses qu’on aurait jamais faites si nos vies n’étaient pas en danger. Et puis, elle était assez incohérente. Elle me reprochait d’avoir tué des hommes et de l’autre elle me disait qu’elle n’aurait pas supporté la vie sans moi. Alors l’un dans l’autre, il était préférable que je les ai liquidés. La vie n’avait pas porté son nom de jungle aussi bien que maintenant. C’était la survie avant tout. Et à ce moment là, pour survivre, j’avais du tuer. Point barre !

Alors je retournais la question dans un autre sens. En espérant qu’elle cesse de fouiner en moi pour voir si j’éprouvais des remords. Bien sûr ces morts me hantaient, mais je n’en éprouvais paradoxalement aucun remords.

-Et s’ils m’avaient tué hein ? Tu me reproches d’avoir pris des risques inconsidérés pour vous. Mais si je n’avais pas pris les devants, ils m’auraient tué, et je serais mort à l’heure qu’il est et tu serais seule avec nos deux filles.

C’était bien la première fois que je parlais du bébé comme une fille, mais j’étais pris dans un tourbillon d’émotions. Elle me blessait à me demander ça. Je ne voulais pas en parler avec elle. Je voulais l’écarter de toute cette violence. Elle en avait assez victime et témoin pour que j’en rajoute. Alors je finis par conclure sur mon nouveau leitmotiv.

-C’étaient eux ou moi c’est tout !

Je me penchais alors pour prendre Lena que j’avais envie de sentir contre moi, quand une douleur vive m’a prise à la poitrine et m’a arraché un cri de douleur.

-Aieuhhhh.
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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Mer 29 Déc - 14:33

Allez, réponds ! Réponds à cette foutue question ! Je voulais savoir, j'avais besoin de savoir combien d'hommes mon mari avait tués. Je savais que cela ne changerait rien, je savais que cela ne nettoierait pas ses mains de tout ce sang, mais j'avais besoin de savoir... C'était tellement paradoxal. Sans pouvoir lui en vouloir, tant de violence me répugnait et me repoussait. Quand on savait que j'étais la fille d'un mafieux et la femme d'un ancien drogué violent à ses heures, c'était étrange que je ne sois toujours pas en mesure de supporter cela. J'en avais pourtant vu plus que mon compte... Je ne savais pas pourquoi j'étais aussi sensible. Je ne l'étais pas autant avant... Finalement, cette guerre m'avait peut-être plus touchée que je ne l'avais d'abord cru. À moins que ce ne soit le fait de devenir mère ? En effet j'étais nettement plus sensible depuis la naissance de Lena. Peut-être avais-je pris conscience que la vie était fragile en la tenant dans mes bras ? Ou alors c'était peut-être le fait que j'avais failli mourir plusieurs fois en très peu de temps. Cette rencontre avec Armando avait fait remonter de nombreux souvenirs à la surface. Je pensais m'être parfaitement remise du traumatisme causé par mon enlèvement, mais visiblement ce n'était pas le cas. Je savais que c'était purement psychologique, mais j'avais presque l'impression d'avoir mal aux endroits où j'avais été frappée pendant ma captivité. Et j'avais presque l'impression que les cicatrices que j'en avais gardé se voyaient plus encore. Je savais que tout cela n'était qu'illusion... Mais cela mettait une chose en évidence : non, je ne m'étais pas totalement remise du choc. Et je ne m'en remettrais probablement jamais. Comme n'importe quelle femme frappée et violée, tout cela me hanterait peut-être toute ma vie. J'allais apprendre à vivre avec, mais je n'accepterais certainement jamais ces quelques jours dans ma vie. J'avais été confrontée à tellement de violence et de bestialité... Je me demandais encore pourquoi j'avais survécu. J'aurais dû mourir mille fois... Comme aujourd'hui, c'était un miracle que je m'en sois sortie entière. À croire que je n'étais définitivement pas destinée à mourir.

Il ne me répondait toujours pas. On aurait dit qu'il réfléchissait, qu'il cherchait une excuse ou qu'il essayait d'inventer un mensonge. J'eus un soupir, et j'attrapai Lena avant de me lever pour aller déposer Lena dans son berceau. Elle se frottait les yeux, elle devait avoir sommeil. Même si j'avais tenté de la protéger de tout, elle avait dû ressentir beaucoup de choses, et elle devait être fatiguée. Je la déposai dans son berceau, lui enfilant un pyjama un peu plus chaud du même coup. Je me penchai pour déposer un petit baiser sur son front tandis qu'elle baillait. J'avais beau être un peu éloignée d'Ethan, j'entendis très clairement ce qu'il dit. J'écarquillai les yeux, appuyée sur le berceau de Lena. Quatre... Ou cinq ? Il ne savait plus très bien ? J'ai pris une profonde inspiration. J'étais à la fois choquée et... terriblement déçue. Déçue qu'il ose encore me mentir. Oui, il me mentait.

« Menteur ! Tu sais très bien combien tu en as tué ! Ce n'est pas une chose dont on ne peut pas se souvenir, Ethan. »

Ce qui était effrayant, c'était de me dire que s'il me mentait sur le chiffre, c'est qu'il avait tué plus que quatre ou cinq hommes. Peut-être six, ou sept, ou même huit... En tout, combien d'hommes avait-il tué dans sa vie ? Certainement beaucoup trop... Et Ethan était tellement violent quand il le voulait. Je le savais, j'en avais parfaitement conscience. Je ne pouvais pas le couper en deux et lui arracher son côté brutal. Son caractère correspondait à sa vision du monde. Il avait un côté tout blanc et un côté tout noir, indissociables. Et parfois, il me faisait peur... Aujourd'hui je ne l'avais pas vu se déchainer, et d'un côté c'était tant mieux. Je n'avais pas très envie de savoir ce qu'il avait fait, ni comment il avait tué ces hommes. À en voir ses propres blessures, il ne s'était pas contenté de leur tirer dessus. Il s'était évidemment battu. Ses mains étaient abimées, il avait pris des coups lui même... J'eus un sursaut quand il se mit à crier qu'il n'avait pas eu le choix, parce que nous étions en danger... Que ces hommes devaient mourir. C'était dur à entendre. C'était comme s'il s'était donné le droit de vie et de mort. NOUS devions vivre, ILS devaient mourir. Il me faisait peur quand il parlait comme ça. Vraiment. Peut-être que j'avais eu tort de poser la question. Apparemment, c'était peine perdue, il ne supportait pas d'en parler, il ne supportait pas de m'en parler. Évidemment, il m'en voulait d'avoir posé la question. Je le sentais. Au ton de sa voix. Je me suis prise des reproches en pleine figure, sans que je m'y sois vraiment attendue. J'ai eu envie de lui répondre, mais j'étais comme muette, incapable de dire un mot. Mais non, je ne lui reprochais pas de s'être défendu, je ne lui reprochais pas d'être encore en vie... Ce n'était pas du tout cela. C'était simplement que je voulais juste savoir ce qu'il ressentait et je voulais savoir la vérité... C'était tout. Je ne pensais pas que cela le secoue à ce point. Il n'était jamais autant sur la défensive avec moi. J'avais l'impression d'avoir fait quelque chose de mal, j'avais l'impression d'avoir fait un pas de travers. Pourtant tout ce que je voulais c'était l'aider, le soutenir, comme d'habitude. D'ordinaire il s'ouvrait à moi, là il se refermait complètement, me rejetant carrément. Comment étais-je censée réagir à cela ?

Je faillis m'écarter quand il se leva pour venir vers le berceau de Lena. Mais j'étais pétrifiée autant que j'étais muette. Mes doigts se crispèrent sur le berceau. Comme si je refusais de m'en écarter. Je savais bien qu'il ne lui ferait strictement rien, mais le voir aussi en colère et aussi frustrée était tout de même assez effrayant. Il avait parfois un peu tendance à oublier qu'il pouvait faire peur. Il était nettement plus grand que moi, nettement plus épais aussi, et cet hématome sur le visage lui donnait une allure encore plus effrayante. Je consentis à m'écarter légèrement du berceau de Lena, croisant mes bras sous ma poitrine, comme quand j'étais gênée ou mal à l'aise. J'eus un petit soupir en fermant les yeux. Oui, c'était lui ou eux... Cela ne justifiait pas forcément tout cela. Rien n'aurait justifié toutes ces morts et ce carnage... J'en avais assez de temps de violence. Je ne la supportais plus. Tout ce que je voulais c'était vivre tranquillement, comme avant... J'étais fatiguée d'avoir peur en permanence, fatiguée de craindre pour ma vie et celles des autres. Je ne voulais pas craindre de perdre ma famille tous les jours, tout le temps. Et aujourd'hui, j'étais encore enceinte, et je ne voulais pas craindre de perdre encore cet enfant. Et pourtant, vu le climat, ce ne serait certainement pas facile. Je voulais m'en aller... Mais le problème c'est que nous n'avions nulle part où aller. La vie ici me devenait insupportable, mais je n'avais aucune échappatoire. J'avais pourtant terriblement besoin d'air. Peut-être avais-je besoin de fuir un peu, oui...

J'eus presque envie d'arracher Lena d'Ethan alors que ce dernier se penchait pour la prendre dans ses bras. Mais je n'eus pas à le faire. Je me retournai brusquement en entendant Ethan gémir de douleur. Évidemment, à se pencher comme ça, il réveillait la douleur ! Je lui avais bien dit qu'il ne lui suffirait pas de prendre sa fille dans ses bras pour effacer la douleur. Mais il ne m'avait pas crue... J'eus un soupir, me glissant entre lui et Lena.

« Tu as besoin de repos et de calme. Va te coucher un moment. Moi, je vais aller prendre une douche. »

Je n'essayai même pas de le pousser vers le lit, sachant parfaitement que s'il ne voulait pas, rien ne pourrait le faire changer d'avis. Et de toute façon je n'avais pas envie de me battre avec lui. J'avais eu ma dose. S'il voulait jouer les inconscients et s'il se moquait d'avoir mal, eh bien soit. Qu'il fasse ce qu'il voulait, de toute façon il était plus têtu qu'une mule. Sans faire plus attention à lui, j'allais ouvrir l'armoire où nous rangions la majeure partie de nous affaires. J'attrapai une serviette, et de quoi me changer, avant de refermer la porte du meuble un peu violemment.

« Laisse Lena dormir. »

Sans le regarder davantage je tournai les talons, me dirigeant vers la porte, déterminée. Je sortis de la chambre rapidement, sans laisser à Ethan le temps de me suivre. De toute façon, il ne pouvait pas laisser Lena toute seule, alors il n'avait pas le choix. Qu'il se mette en colère s'il le voulait, mais qu'il ne s'avise pas de mettre un pied dehors sans au moins confier sa fille à quelqu'un. Ce qu'il ne ferait certainement pas, étant donné qu'il n'avait pas confiance en grand monde. Et visiblement, il ne me faisait pas assez confiance pour me dire tout ce qu'il avait sur le coeur. S'il voulait se rassurer il n'avait qu'à monologuer, je ne pouvais pas lire dans ses pensées s'il ne voulait pas me parler. Je gardai bien les yeux baissés en me rendant à la salle de bain. Les gens qui allaient bien s'étaient déjà mis à nettoyer les sols et les murs pour effacer les traces du conflit. Arrivée à la salle de bain, je me rendis compte que je n'étais pas la seule à avoir eu envie de prendre une douche pour me détendre. Heureusement il restait encore une petite place pour moi. Je me glissai dans une cabine et m'y enfermai rapidement. J'étais bien contente qu'Aaron n'ait pas eu des envies de design en installant des cabines transparentes. Je retirai mes vêtements, avant de les accrocher vaguement sur la poignée de la porte. Je défis ma tresse d'un mouvement, avant d'ouvrir l'eau. Le premier filet d'eau, froid, me fit frissonner, mais je me détendis lorsque l'eau chaude fit son apparition. Mais le soulagement fut de courte durée. Rapidement, je me rendis compte que je pleurais, un peu malgré moi. Je tentai un peu bêtement d'essuyer mes larmes, avant de me rendre compte que j'étais sous la douche. Autant pleurer un bon coup, pour que cela passe. Je gardai mes bras serrés autour de moi, et puis je baissai les yeux sur mon ventre. Pendant une seconde, une terrible seconde, je pensai une chose atroce que je regrettai aussitôt. Je me suis dit qu'il aurait peut-être mieux fallu que je perde ce bébé, pour qu'il n'ait pas à subir toutes ces horreurs, avant même d'être né. Je regrettai immédiatement, me maudissant et me traitant de tous les noms. J'étais monstrueuse de penser une telle chose ! J'étais une mère abominable, comment pouvais-je souhaiter une chose pareille ne serait-ce qu'une seconde ? Mais que penserais cet enfant, une fois né ? Il me détesterait pour avoir osé penser cela.

Manquant de me mettre à hurler, je plaquai une main sur ma bouche pour étouffer mes gémissements. Tremblante sur mes jambes, je m'appuyai contre la paroi de la douche avant de me laisser glisser contre en sanglotant. Arrivée par terre je ramenai mes jambes contre ma poitrine, avant d'enfouir ma tête entre mes bras, comme pour me cacher et me couper du monde. Je ne savais même plus si l'eau était chaude ou froide. Je ne sursautai même pas quand quelqu'un ouvrit la porte un peu brusquement puisque je l'avais fermée. Je ne relevai même pas la tête, me moquant que l'ont me voie comme ça. De toute façon, qui que ce soit, cette personne s'en irait certainement. Personne ne voulait voir la pauvre petite Katarina nue en train de pleurer sur son sort.

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AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Jeu 30 Déc - 12:18

Pourtant Katarina m’avait bandé le torse, mais c’est comme si me pencher avait à nouveau fait bouger quelque chose. Et ça faisait vraiment très mal, je ne pouvais pas le nier. Je sentais mes poumons me faire très mal, et j’avais l’impression de manquer de souffle si bien que je m’accrochais au berceau afin d’essayer de reprendre une respiration normale. La douleur avait été jusqu'à m’arracher une larme. Une seule et unique larme que je sentis tomber sur ma main tandis que Katarina s’approchait un peu trop promptement à mon gout et me repoussait. Elle m’en voulait d’essayer de lui mentir sur le nombre de personnes que j’avais tuées pendant cette attaque. Je savais pourtant qu’elle ne serait pas dupe, mais c’est comme si je m’étais senti obligée de lui mentir pour ne pas l’inquiéter.

Je savais qu’elle se disait que j’avais du sang sur les mains, au propre comme au figuré. Elle savait que je n’avais pas réussi à la retrouver sans me battre ou tuer quiconque s’opposait à moi, mais je voulais lui cacher la boucherie que cela avait été. Parce que si j’avais évité de laisser couler du sang quand j’avais étranglé le premier dans les sous sols ; les autres n’avaient pas eu cette même chance.
Je connaissais assez ma femme pour savoir que quand elle soufflait comme ça et que ses geste étaient rapides, c’est qu’elle s’énervait. Et puis, même si elle me donnait des conseils concernant mon état de santé : repos et calme ; je voyais bien que Katarina était fâchée.

Elle ne m’a même pas touchée, ni fait de câlins alors qu’elle me disait vouloir aller prendre une douche. Elle ne faisait jamais ça quand elle allait bien. Et alors que j’allais me retourner, et la prendre dans mes bras, maintenant que je pouvais à nouveau respirer et que je m’étais redressé, elle n’était déjà plus là. J’avais à peine entendu qu’elle me demandait de ne pas réveiller Lena qu’elle avait déjà refermé la porte sur elle. Lena…Lena venait tout juste de s’endormir. Elle était sans doute à milles lieux de se rendre compte que son papa et sa maman venaient de se disputer. Tout ce qu’elle demandait elle, c’était qu’on prenne du temps pur elle, qu’elle soit le centre de notre monde. Elle n’avait pas conscience que son papa et sa maman avaient pu mourir cet après midi. Elle avait eu peur sans doute, en entendant les gens crier et pleurer, mais elle était passée à autre chose. C’était ca qui me fascinait chez les enfants, ils oublient vraiment rapidement ce qu’il y a de mal, pour ne garder que le bon. J’aurais aimé pouvoir avoir la même faculté que ma petite princesse. Mais moi, je n’arrivais pas à oublier aussi facilement malheureusement. Je n’oubliais rien. J’essayais… Mais je repensais toujours à ces moments où j’avais peur pour leurs vies.

J’étais là, au dessus du berceau de Lena à me demander ce que je pouvais bien dire à Katarina pour qu’elle comprenne ce que je ressentais. Et il n’y avait que la vérité qui la soulagerait. Elle avait besoin de savoir ce que je ressentais, et je n’avais pas su lui dire. Parce que c’était tout sauf facile d’avouer quelque chose comme ça.
J’allais courir derrière elle quand j’ai réalisé que si je partais à sa recherche, je laisserais Lena seule dans la chambre. Et il était absolument hors de question que ma princesse se retrouver seule. La plupart étaient morts, et Armando s’était enfui mais nous risquions quand même nos vies. D’ailleurs je savais que bientôt Alexander viendrait me voir et me demanderait ce qu’il s’était passé en bas. Et qu’il allait me demander ce que nous allions faire….Mais j’y penserais plus tard. Parce que je devais parler avec ma femme, et parce qu’on venait de frapper à la porte. Je me précipitais, en me disant comme un idiot que c’était peut être Katarina. Mais ce n’était pas Katarina, c’était Riley et Cassandre.

Riley tenait Cassandre par la main et j’avoue que je ne me suis pas posé la question du pourquoi du comment. J’avais confiance en eux alors je les ai poussés à l’intérieur, en leur disant de garder Lena.

-Je reviens.

C’est tout ce que je leur ai dit en quittant la chambre. Riley devait se dire que j’étais gonflé, et Cassandre que j’étais étrange, mais je n’aimais pas me disputer avec ma femme et je voulais rapidement régler ce qui pouvait être un problème. Je préférais tuer dans l’œuf une dispute naissante.
Le couloir était toujours autant bondé, et les gens tentaient de nettoyer les restes de l’attaque mais le chemin vers les douches semblait déserté. Si Katarina ne m’avait pas menti, elle se trouvait dans les douches. Dés que j’ai ouvert la porte, j’ai entendu une douche couler. Il n’y avait plus qu’une cabine d’occupée, et cela ne pouvait être que Katarina. Parce que quelque chose me reliait à elle. Je savais que c’était elle sans la voir.

-Katarina !!

Quand j’ai atteint la cabine, j’ai fait attention de ne pas tomber avec toute l’eau qui jonchait le sol et j’ai essayé d’ouvrir la porte, mais bien sur elle était fermée de l’intérieur. Tout le monde fermait de l’intérieur les douches quand nous étions dessous, mais là j’avoue que j’étais déçu. Parce que je me disais que si elle l’avait fait c’était parce que même si elle savait que je trouverais un moyen de la rejoindre, c’était comme si elle me disait qu’elle ne voulait pas de moi. Et je n’aimais pas la savoir fâchée à ce point.

J’avais beau l’appeler, elle ne répondait pas. Et je ne pouvais que m’inquiéter davantage. Elle était certes fâchée, mais même dans ces cas là elle me répondait. Il y avait forcement quelque chose qui n’allait pas. Et puis si ça n’avait pas été elle, j’aurais eu une réponse non ? Non, il se passait quelque chose d’anormal. Et s’il y avait un problème avec le bébé, si elle avait fait un malaise ou je ne sais quoi d’autre. J’étais tellement inquiet que j’ai fait sauter la serrure. Je savais qu’Aaron allait me tuer parce que ce serait des réparations supplémentaires. Enfin non…Aaron était sans doute très loin de se soucier de ça en ce moment. Il se battait entre la vie et la mort, alors les serrures des douches…C’était fou comme on pouvait penser à des choses idiotes quand les situations sont graves.

-Katarina, mon ange !!

Elle était assise par terre, l’eau ruisselant sur elle, et elle avait replié ses jambes et les gardait contre elle. Et..Elle pleurait. Le premier réflexe a été de tourner le bouton de la douche parce que maintenant l’eau était froide. Et elle ne réagissait pas. Ce qui me faisait comprendre qu’on était en période de crise. Je me suis agenouillé en grimaçant de douleur.

-Je suis désolé ! Pardonne-moi, pardonne-moi !!

J’ai passé une main sous ses jambes et une autre dans son dos et je l’ai soulevée dans mes bras avant de sortir de la douche et d’aller la poser dans un endroit sec, avant d’aller chercher des serviettes et ses vêtements propres. J’étais un peu trempé mais je m’en fichais. Je l’ai séché, frictionné et je l’ai serré contre moi, oubliant un peu la douleur. De toute façon maintenant au point où j’en étais… J’ai dégagé son visage en ramenant ses cheveux en arrière et j’ai fait ce que j’aurais du faire quand nous étions dans la chambre et qu’elle me demandait combien d’hommes j’avais tués.

-Je sais que tu désapprouves ce que je peux faire pour votre sécurité. Je voudrais pouvoir te dire que je regrette, mais je ne regrette pas. C’est bien ça le problème mon amour…Je ne regrette pas de les avoir tués. Je suis un monstre n’est ce pas ?
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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Jeu 30 Déc - 20:03

J'étais tremblante, transie de froid, mais je ne m'en rendais pas compte parce que je pleurais tellement que cela monopolisait toute mon attention. Les douches étaient réglées pour ne pas laisser couler l'eau chaude plus de cinq ou dix minutes. Je le savais, mais mon attention était focalisée tout à fait ailleurs. Une fois de plus je craquais, seule, loin de tout et de tous. Je ne me donnais pas le droit de pleurer devant les autres. Quand cela m'arrivait j'étais terriblement honteuse, quand bien même personne ne me le reprochait, parce que j'avais bien le droit de pleurer de temps en temps. Même quand je pleurais devant Ethan je me sentais gênée. Je préférais pleurer seule, sans personne pour s'apitoyer sur mon sort, sans témoin, sans rien. Je voulais que ce ne soit qu'une parenthèse, pour moi seule, je ne voulais pas que qui que ce soit me voie comme ça. Dans un monde parfait, personne ne serait venu me chercher et aux yeux de tous je serais toujours la Katarina qui faisait face à tout la tête haute, qui restait fière et forte. Ah ! S'ils savaient... J'étais loin d'être aussi forte que tout le monde voulait bien le croire. D'un côté, je préférais que tout le monde ait cette image de moi. On avait assez de raisons de me plaindre. Entre un père responsable de mon enlèvement, son retour, un mari anciennement drogué... Bref, à en croire certains, j'avais toutes les raisons du monde d'être malheureuse. J'imagine que ce ne serait pas drôle s'ils parlaient entre eux du côté rose bonbon de ma vie. Les commérages ne se satisfaisaient que du malheur des gens. Les pipelettes devaient être contentes, elles auraient de quoi faire avec tout ce qui venait de nous arriver... Je ne voulais pas, je ne voulais plus être un sujet de moqueries ou de pitié... J'avais assez pitié de moi. J'aurais voulu me tuer pour avoir osé penser qu'il aurait mieux valu que je perde le bébé. Comment avais-je osé penser une chose pareille ? J'étais choquée, certes, mais cela n'excusait pas de telles pensées. Je me sentais terriblement mal, je me sentais sale. Peut-être était-ce pour cela que je laissais l'eau couler.

C'était peut-être bel et bien la honte qui m'empêcha de relever la tête quand la porte s'ouvrit. Je me sentais misérable et ma dispute avec Ethan n'arrangeait rien. Je détestais me disputer avec lui, je détestais qu'il hausse le ton et se ferme comme il l'avait fait. Il savait pourtant que tout ce que je voulais c'était qu'il soit sincère avec moi, en toute occasion. Je ne voulais pas qu'il me mente. Il savait que j'avais le mensonge en horreur, d'autant plus depuis le retour de mon père. Je ne demandais qu'une petite réponse, je ne demandais qu'un chiffre et il trouvait le moyen de me mentir. Cela me mettait hors de moi, et d'autant plus après ce que nous venions de vivre. Qu'il ne s'étonne pas de ma réaction. J'étais maintenant en colère contre mon père et mon mari, alors que j'avais simplement besoin de soutien. Peut-être pas de celui de mon père, parce qu'il se serait repris dans la figure le moindre petit mot gentil. Je pouvais faire une croix sur ma famille unie pour le moment. Ethan et mon père s'entendaient comme chien et chat, et maintenant, j'entrais moi aussi dans le conflit, reprochant à mon père sa lâcheté. Est-ce que cela ne finirait donc jamais ? Même dans les mots difficiles nous n'étions pas unis. Alors ce n'était pas sur le quotidien qu'il fallait compter. Encore que notre quotidien n'était pas des plus ordinaires... S'il y avait encore quoi que ce soit d'ordinaire aujourd'hui... Toujours enfermée dans ma bulle, je n'ai pas remarqué que l'eau avait cessé de couler, ni qu'on s'était agenouillé à côté de moi. Je n'ai réalisé qu'au moment où j'ai entendu sa voix que c'était Ethan. Avant cela je ne l'avais pas reconnu, je n'avais pas voulu le reconnaître. Parce que pour le moment je ne voulais pas de lui, je ne voulais pas qu'il vienne tenter de me rassurer. Parce que j'étais toujours en colère pour le moment. Mes colères ne duraient jamais très longtemps, mais là, il était simplement arrivé cinq minutes trop tôt.

Je faillis lui mettre une claque quand il me présenta ses excuses. Je ne sais pas ce qui m'a retenue. Je n'avais pas peur de m'en prendre une en retour. Ethan m'aurait laissé le battre à mort plutôt que de me rendre le moindre petit. Ce qui ne signifiait pas que j'avais envie de me défouler sur lui pour autant. Il avait suffisamment pris de claques, aussi... Et même si j'étais en colère, je n'oubliais pas qu'il était blessé et je n'avais pas envie d'en rajouter une couche. Quelqu'un lui avait donné une claque ( ou autre chose ) assez importante pour que cela se voit très nettement. J'ai eu un mouvement de recul quand j'ai senti qu'il passait un bras sous mes jambes et l'autre autour de moi pour me prendre dans ses bras. Je faillis me débattre et lui hurler de me lâcher, mais je n'en avais pas vraiment la force. Je l'ai donc laissé faire, aussi molle dans ses bras que l'aurais été une poupée de chiffon. Voilà, la colère était retombée. Mais je savais qu'il ne faudrait pas grand chose pour la raviver. N'oublions pas que j'étais enceinte, et que j'étais plus sujette aux sautes d'humeur que les autres femmes. Je n'avais pas de sautes d'humeur très fréquemment, mais généralement il valait mieux courber l'échine et baisser la tête quand c'était le cas. Ethan le faisait très bien quand il le fallait. En général. Mais là, qu'il vienne me retrouver ou pas, c'était un peu la même chose. Je ne savais pas très bien ce que je préférais. Qu'il me laisse toute seule me calmer ou qu'il vienne m'aider à me calmer. Dans les deux cas, je risquais de lui crier dessus encore une ou deux fois.

Ethan me sortit de la cabine de douche et il alla me déposer dans un coin sec de la pièce. Étant donné que j'étais complètement nue, j'espérais sincèrement que personne ne pointe le bout de son nez, parce que cela achèverait de nous mettre en colère tous les deux. Sans un mot et sans un geste, je le laissai me sécher et me réchauffer. Évidemment j'aurais pu le faire toute seule. Mais il l'aurait certainement mal pris, il aurait interprété cela comme un refus. J'ai eu un petit soupir tandis qu'il dégageait mon visage en écartant mes cheveux. Là seulement j'osais relever les yeux. J'écoutais à moitié ce qu'il me disait. En fait je n'écoutais pas du tout. Je fixai l'hématome violacé sur sa joue, puis son contour plus bleu, l'égratignure sur sa joue, ses yeux, ses lèvres violettes à cause de je ne sais quoi. Non, je n'avais définitivement pas écouté ce qu'il m'avait dit.

« Tu n'as pas répondu à ma question... Tu ne réponds jamais à cette question... »

J'ai tué qui il fallait tuer.
Ce n'est pas important.
C'était eux ou moi.
Ce qui est fait est fait.
Ils valaient tous moins que toi.


A chaque fois il inventait une nouvelle réponse, une nouvelle excuse... Il ne me répondait pas. Tout ce que je voulais c'était une toute petite réponse. Mais je n'irais pas la lui arracher. Si il ne voulait pas répondre, eh bien qu'il ne réponde pas. Je ne pouvais pas l'y forcer de toute façon. J'avais beau le connaître par terre, je n'avais pas encore le pouvoir de lire dans ses pensées. Cependant, j'avais une solution pour mettre fin à cela. Je n'avais plus qu'à espérer qu'il réagisse comme d'habitude.

« Je ne veux plus que tu tues qui que ce soit. Jamais, Ethan, jamais. Promets le moi. »

C'était bas, je le savais... Mais je savais aussi que ces meurtres devaient le ronger bien plus qu'il ne voulait l'admettre, quand bien même il ne regrettait pas. D'un côté, peut-être valait-il mieux qu'il ne regrette pas, parce qu'il aurait regretté à 100 %, comme il ne faisait pas les choses à moitié. Cela ne faisait pas de lui un monstre, mais cela n'arrangeait pas les choses pour autant. Je ne voulais plus qu'il tue. Je ne voulais plus. Je savais bien que parfois le choix n'était pas possible. Parfois, il fallait tuer pour pouvoir survivre. Mais je voulais qu'il évite, autant que possible. Parce que je savais que cela le touchait, je savais qu'il devait lui arriver de se poser des questions, je savais qu'il devait essayer de se raisonner comme il le pouvait... J'eus un petit soupir. J'avais beau être enveloppée dans une serviette, j'étais toujours nue et elle ne couvrait pas mon corps en entier. Je ramenai mes jambes contre ma poitrine, et je posai ma tête entre mes genoux.

« Je suis une mère affreuse... »

Ah oui, j'oubliais. Étant enceinte, j'avais légèrement tendance à passer du coq à l'âne. Je ne supportais décidément pas d'avoir pensé qu'il aurait été préférable que je perde le bébé. Comment avais-je pu penser une telle chose ? Comment, comment, comment ?! J'étais affreuse, affreuse, affreuse ! J'avais envie de me taper la tête contre un mur pour me punir. Je détestais être comme ça. Je devais avoir l'air complètement névrosée. Et incompréhensible. Surtout. Ethan ne lisait pas plus dans mon esprit que je ne lisais dans le sien. Je ne voyais pas la tête qu'il faisait, mais il devait se demander ce qui n'allait pas chez moi ( encore ). J'ai enfoui ma tête entre mes mains, avant de fondre en larmes brusquement. Et voilà. Ridicule. Ri-di-cule.

« Je suis affreuse ! J'ai pensé... J'ai pensé qu'il aurait mieux valu que je le perde, à cause de tout ce qu'on vit ! Je suis abominable ! Il va bientôt bouger et moi je... je... Je suis affreuse ! »

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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Dim 2 Jan - 11:21

Moi je me sentais vraiment comme tel. Un monstre. Parce que c’est horrible de penser, et surtout de dire qu’on se fiche d’avoir tué des personnes. Assassiner quelqu’un est quand même un acte sur lequel on ne revient pas, et qui n’a pas de pardon possible. C’est sans doute un des pires actes possibles. Et j’avais tué une dizaine de personnes. Oui au fond, ces morts pesaient sur ma conscience finalement. Et me dire que je l’avais fait pour nous défendre ou par légitime défense, n’était qu’une façon de me dédouaner.
Et plus maintenant que Katarina allait donner la vie pour la seconde fois dans quelques mois. Oui, j’étais tout à fait conscient du fait que je sois plein de paradoxes. J’aimais que ma femme donne la vie et en même temps je n’hésitais pas à la retirer à des hommes sous prétexte qu’ils voulaient me tuer et que nous étions en danger.
Je n’osais même plus relever les yeux vers Katarina, un peu honteux. Je sentais pourtant son regard insistant sur moi et cela me mettait mal à l’aise parce que je ne pouvais pas lire dans ses yeux ce qu’elle pouvait bien penser. Mais quand sa voix s’est élevée dans la pièce, j’ai senti la déception dans sa voix et j’en ai presque tremblé tellement ça me faisait froid dans le dos. Elle me reprochait de ne jamais répondre à ses questions. Et j’avais beau savoir que c’était faux, ça n’en faisait pas moins mal. Je répondais toujours à ses questions, mais cette question qu’elle me posait je ne me sentais pas la force de lui en fournir une réponse. Un peu à cause de la honte.

Et je n’arrivais toujours pas à répondre. Parce que je ne savais pas comment lui dire tout ce que j’avais sur le cœur. Et puis l’exprimer à haute voix rendrait sans doute aussi ce que je pensais évident. Et...Enfin…je préférais effectivement ne pas en parler, ni ne répondre vraiment à sa question. J’avais peur qu’elle fasse le compte de tous ces hommes que j’avais tués, et qu’elle finisse par me le reprocher. Parce que je me le reprochais déjà assez comme ça, et je n’avais pas besoin des reproches de ma femme. Je voulais qu’elle me regarde toujours avec autant d’amour et j’avais besoin de lire la fierté d’avoir un mari comme moi dans son regard.
Et j’ai remercié silencieusement celui qui veillait sur nous et notre famille quand elle a semblé ne plus insister. Mais elle me demandait toujours de lui promettre quelque chose. Pourtant, même si j’avais envie de lui dire que je lui promettrais tout ce qu’elle voulait tant qu’elle restait avec moi, je savais que ce qu’elle me demandait était tout bonnement impossible. Et je refusais de lui mentir, en lui promettant de ne jamais tuer personne, aujourd’hui et de ne pas hésiter une seule seconde si et quand l’occasion se présenterait.

Je me suis mordu la lèvre inférieure avant d’essayer de trouver une parade à la promesse qu’elle me demandait de faire. J’en venais à la conclusion que je ne pouvais pas promettre de ne plus tuer personne, mais je pouvais l’éviter. Ca je pouvais lui promettre. En espérant que cela lui suffise et lui convienne.

-Je ne peux pas te le promettre Katarina. Je tuerais si je dois tuer encore, mais je te promets que si je peux éviter, je le ferais. Mais ils étaient nombreux et nous étions en danger. Ils étaient là pour nous tuer. Tous…

Je voulais quand même qu’elle comprenne que je ne les tuais pas de sang froid, que je le faisais par obligation .Je ne prenais aucun plaisir à tuer des gens. Je le faisais vraiment par nécessité. C’était l’instinct de survie…
J’ai relevé la tête au moment où j’entendais ma femme soupirer et se recroqueviller sur elle-même. Elle avait froid !! Et elle disait qu’elle était une mère affreuse. Je ne savais pas pourquoi elle me disait ça, mais je sentais que je devais agir mais surtout réagir.

-Oh !! Katarina !!

Elle me faisait mal au cœur. Elle semblait perdue, malheureuse. Et là je sentais que cela n’avait plus rien à voir avec moi, avec nous. Non, il s’était sans doute passé quelque chose avec Lena quand elle s’était retrouvée face au père de Vitali. Et elle ne m’en avait pas encore parlé je pense…Mais cela commençait vraiment à m’inquiéter. Je la savais sensible mais là…je la sentais un peu sur la corde raide. Comme prête à imploser. Et j’avais peur pour elle. J’étais partagé entre aller chercher ses vêtements et rester là mais ma décision s’est imposé à moi quand elle a fondu en larmes et m’a expliqué pourquoi elle se sentait affreuse. Malgré la douleur que j’ai ressenti je me suis assis à côté d’elle avant de la ramener contre moi et d’essayer de la couvrir au maximum avec la serviette. J’ai pris tout ce que j’ai trouvé prés de nous pour qu’elle ne prenne pas froid et je l’ai frictionné comme j’ai pu malgré les bandages qui couvraient mes mains.

-Mon ange, tu n’es pas affreuse. C’est normal que tu aies ressenti des choses aussi extrêmes dans une situation comme celle là, ça ne fait pas de toi une mère affreuse. Tu es même tout le contraire. Je sais que tu l’aimes ce bébé. Tu l’aimes autant que tu aimes Lena. Tu n’es pas affreuse d’accord ?

Je trouvais ça complètement incroyable qu’elle puisse penser qu’elle était affreuse d’avoir pensé qu’elle aurait mieux fait de ne pas attendre ce second enfant. Je savais que c’était une folie dans un certain sens. Pas seulement parce que nous vivions dans un monde hostile et dangereux, mais parce que Lena n’avait que 6 mois et que Katarina en était déjà à son quatrième mois de grossesse. Je savais que c’était une folie. Elle ne s’était qu’a peine remise de l’accouchement de Lena qu’elle tombait enceinte pour la seconde fois. Mathilda m’avait dit que ça pouvait s’avérer dangereux et compliqué et je savais bien ce que les gens pensaient. Oui j’étais conscient que ça pouvait être fou et irresponsable, mais c’était nos enfants. Ils étaient le fruit de notre amour. Et je pensais à mes parents qui n’avaient pu avoir que moi, et je me disais qu’ils devaient être fiers de moi. De Là haut, je savais qu’ils se réjouissaient avec nous. Ma mère aurait sans doute pleuré. C’était dans ces moments là qu’ils me manquaient. Parce que j’aurais voulu me réjouir avec eux, et j’aurais aimé pleurer dans leurs bras quand les choses étaient trop difficiles pour moi, au lieu d’imposer ça à ma femme qui n’avait pas besoin de ça…

Les larmes coulaient toutes seules sur mes joues aussi. Des larmes teintées de reconnaissance, d’amour et de réconfort. Je pleurais avec elle. Ma superbe femme, nue dans mes bras que je protégeais des autres, du froid et de tant de choses. Je savais que je pleurais toujours dans les moments où c’était à elle d’avoir ce droit mais je ne pouvais pas m’en empêcher. J’étais un émotif….

C’était fou comme à ce moment là, je prenais conscience de l’homme que j’étais. Comme si tout ce que j’étais me revenait en pleine face. Comme si mon évidence s’imposait à moi. Je finirais peut-être ainsi par accepter ce que j’étais, et à m’aimer. Enfin…

-Tu es une mère et épouse admirable Katarina. Si tu savais à quel point je suis fier de t’avoir épousé et d’avoir des enfants avec toi. C’est quelque chose que je n’aurais jamais cru possible d’avoir une femme telle que toi. Je t’ai attendu pendant 27 ans mon amour…
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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Dim 2 Jan - 18:20

Avant, Ethan m'aurait dit « oui, je te promettrai ce que tu voudras tant que tu restes avec moi ». Mais ce n'est pas ce qu'il a répondu. Ce n'était plus ce qu'il me répondait depuis un certain temps. D'ordinaire j'en étais plutôt heureuse, parce qu'il ne niait pas ses responsabilités et ne cherchait pas à me rassurer avec un mensonge ou quelque chose comme ça. Mais là, je n'aurais peut-être pas été contre des paroles rassurantes. Cependant j'eus droit à la franchise la plus sincère. Évidemment qu'il ne pouvait pas me promettre de ne plus tuer. Il ne pouvait pas faire une promesse qu'il ne pourrait pas tenir. Il savait que je le lui reprocherais si jamais il ne pouvait pas tenir cette promesse. C'était certainement la promesse intenable par excellence. Alors non, il ne pouvait pas me promettre de ne pas tuer encore une ou plusieurs fois. Il ne pouvait que me promettre d'éviter de le faire au maximum. C'était déjà ça, oui... Mais je ne parvenais pas à m'en satisfaire pleinement. Ce n'était pas ce que je voulais. Seulement dans la vie on n'a pas toujours ce qu'on veut, n'est-ce pas ? Je comprenais qu'Ethan veuille nous protéger à tout prix, je comprenais qu'il veuille faire passer sa famille en premier... Moi aussi je n'aurais pas hésité à tuer s'il avait fallu le protéger, ou protéger notre fille. Quoique. Je n'avais eu le courage de tuer Armando, j'avais tout juste pu le blesser assez gravement pour qu'il ne puisse pas nous suivre. Je regrettais de n'avoir pu faire que cela, mais au moins j'avais tenté d'agir. Le meurtre n'était définitivement pas dans ma nature. J'en étais incapable... J'étais médecin, mon devoir, mon travail, c'était de sauver les gens, pas de les tuer. Au cours de ces deux dernières années j'avais perdu tellement de patients, tellement de vies avaient été détruites... Tout était tellement paradoxal. En ce moment la vie ne cessait de se mêler à la mort, et je ne supportais plus d'alterner ces périodes de joie et de peine. Cela me fragilisait plus que je ne voulais bien l'admettre. Il fallait voir les choses en face. Je n'étais plus aussi forte que j'avais pu l'être. J'avais perdu les trois quart de ma force et de ma confiance en moi après mon enlèvement...

Recroquevillée contre moi même, je ne pouvais que sangloter bêtement et me flageller pour avoir osé penser qu'il aurait mieux valu que je perde le bébé. Comment avais-je pu souhaiter la mort de mon enfant ? Comment ? Je ne supportais pas d'avoir pensé une telle chose. Je n'aurais jamais dû penser une telle chose. Surtout que j'étais enceinte de quatre mois, il ressentait ce que je ressentais... Et depuis le début, il n'avait ressenti que des émotions terribles, telles que le rejet, la peine, la peur... Combien de fois avait-il senti ces choses ? Ce n'était pas normal, ce n'était pas comme ça que les choses étaient censées se passer ! Depuis le début, tout allait de travers. C'était comme si tout était fait pour que je le perde pour de bon. Et ce n'était pas ce que voulais ! Ni consciemment, ni inconsciemment. C'était mon enfant, et quoi qu'on puisse en dire, je l'aimais. Je voulais ce qu'il y avait de meilleur pour lui... J'eus un sursaut et je me recroquevillait davantage tandis qu'Ethan me ramenait contre lui pour me réchauffer davantage. Je ne pus m'empêcher de laisser ma tête retomber contre son épaule, me mordant la lèvre pour tenter de contrôler mes sanglots. Il allait le détester... Me détester pour avoir osé penser une chose pareille. Il ne pourrait que dire qu'effectivement j'étais affreuse de penser une chose pareille... Ou il pouvait aussi dire tout le contraire. Je n'ai pas pu m'empêcher de relever les yeux vers lui et de le dévisager tandis qu'il m'affirmait tout le contraire.

« Mais si je suis affreuse ! Affreuse d'avoir osé penser une chose pareille ! Une mère n'est pas censée penser une chose pareille de l'enfant qu'elle porte, même pas une seule seconde ! Jamais ! »

Évidemment que je l'aimais ce bébé. Autant que Lena. Simplement, les choses étaient tellement plus difficiles cette fois ci...Je serais incapable de mener une grossesse à terme dans de pareilles conditions. J'avais déjà eu du mal avec Lena alors que les choses s'étaient « bien » passées. Là, si cela continuait à aller si mal... Ce serait impossible que j'y parvienne. Pourtant c'était tout ce que je voulais, mettre au monde ce bébé sans aucun problème. Et ici, ce ne serait pas possible. Sauf que pour le moment nous ne pouvions aller nulle part ailleurs. Je me souvenais qu'Ethan m'avait dit qu'il avait trouvé un endroit où nous pourrions aller. Mais cela faisait plus d'un an qu'il était allé là bas. Les choses avaient certainement changé depuis. Sans compter que c'était tellement dangereux de sortir. Faire un pas dehors, c'était presque du suicide. Quoique même à l'intérieur nous n'étions même plus protégés. Mais l'extérieur me faisait encore un peu peur. Ma dernière sortie remontait à il y a un mois, quand j'avais suivi Ethan à l'extérieur. Et l'extérieur n'était certainement plus adapté à toute une communauté composée en majeure partie de femmes et d'enfants incapables de se défendre. Et nous avions des morts et des blessés... Le problème, c'était que nous risquions gros à rester ici. Armando était encore vivant, une prochaine attaque était quasiment garantie. Et je me doutais qu'il risquait d'être encore plus véhément. Cela ne s'arrêterait jamais. C'était sans fin. C'était une guerre sans fin. J'en avais assez de faire partie des dommages collatéraux.

J'eus un soupir tandis qu'Ethan me rassurait quant à mes capacités de mère et de femme. Je doutais d'être admirable en tout point. Comment pouvait-il ne pas voir mes monstrueux défauts ? J'étais loin d'être parfaite, surtout en ce moment. En cet instant, comment pouvait-il me trouver admirable ? J'étais faible, par terre, nue et trempée. J'eus un petit rire à moitié nerveux et à moitié moqueur tandis qu'il affirmait m'avoir attendue pendant vingt-sept ans. Oui, et moi je l'avais attendu pendant vingt trois ans. Cela faisait tellement d'années... Et maintenant que nous nous étions trouvés, nous n'avions pas droit à une minute de repos.

« Rien ne va jamais bien Ethan, rien... J'en ai assez d'avoir toujours peur, j'en ai assez de devoir sans cesse m'inquiéter... Je ne veux pas de cette vie pour nous ! Je ne veux pas, Ethan ! Ni pour moi, ni pour toi, ni pour nos enfants... Je veux vivre dans la joie, pas dans la peur. »

J'en avais assez. Mais ce n'était pas pour moi que je m'inquiétais le plus. Je m'inquiétais pour Lena et les enfants en général. Ils ne pouvaient pas s'épanouir dans un milieu pareil. Ma fille n'avait jamais vu la lumière du soleil, n'avait jamais vu la neige, la pluie, le ciel bleu, elle n'avait jamais senti le vent souffler sur sa peau, elle n'avait jamais senti le soleil chauffer sa peau, elle n'avait jamais frissonné à cause du vrai froid, elle n'avait jamais vu un animal... Ici, elle était comme enfermée dans une bulle stérile qui la coupait du monde. Son monde à elle était gris, dangereux, maladif. Elle ne vivait que dans notre chambre ou la salle commune. Parfois, elle mettait le pied dans la salle de classe et jouait un peu avec les autres touts-petits, mais c'était tout. Et cela me rongeait de savoir qu'elle risquait de grandir ici. Je ne le supporterais pas. Je voulais qu'elle voit le monde. Je voulais pouvoir me promener tranquillement avec elle et lui apprendre de nouvelles choses. Je voulais simplement élever ma fille correctement et la voir grandir dans le bonheur. Ce serait la même chose pour son frère ou sa sœur. Je voulais les voir jouer tous les deux devant la maison, dans l'herbe, avec des jouets et peut-être un chat ou un chien. Je voulais pouvoir les quitter des yeux cinq minutes sans m'inquiéter comme une folle...

Il y avait aussi tant de choses que je voulais faire avec Ethan. Des choses simples, ordinaires. Je voulais que nous ayons notre propre chambre, tout bêtement. Je voulais que nous ayons notre intimité. Je voulais que nous soyons réveillés par la lumière du soleil... J'aurais aimé que nous ayons une maison, un endroit où vivre en famille. Sans être trop exigeante, je voulais un tout petit plus qu'une pièce carrée sombre où nous entassions notre vie. Et je voulais pouvoir me retrouver seule avec lui. Entièrement seule. Pour une balade, un diner... N'importe quoi d'un peu plus romantique qu'un repas en commun tous les soirs à vingt-heures piles sur des tables de vingt. Nous n'étions jamais seuls. Pas même enfermés dans notre chambre. Tout le monde pouvait nous entendre à n'importe quel moment, que nous nous disputions ou que nous fassions l'amour... Je ne le supportais plus. Mais je n'avais pas le choix, alors je ne cessais de prendre sur moi. Encore et encore et encore. Je relevai la tête, et j'essuyai mes larmes d'un geste rapide.

« Est-ce que tu veux bien me ramener dans notre chambre ? S'il te plait ? »

Je savais qu'il avait mal, mais je me voyais très mal me relever, m'habiller et retourner dans notre chambre comme si de rien n'était. C'était terriblement égoïste, mais là j'avais terriblement besoin qu'il soit fort pour moi.

« Je veux rester un peu seule avec toi. »

Je n'étais pas idiote. Je me doutais bien qu'il avait dû confier Lena à quelqu'un en qui il avait confiance avant de venir ici. Il n'était pas du genre à abandonner sa fille pendant un long moment. Du moins pas sans hurler et afficher un air paniqué au possible. Elle devait être en sécurité. Et moi j'avais besoin de passer un petit moment seule avec mon mari. J'avais besoin qu'il me rassure, j'avais besoin d'être seule dans son univers pour un instant. Oh oui, c'était égoïste. Mais ces derniers temps j'avais trop donné aux autres pour ne pas demander quelque chose en retour. Et ne demandais pas grand chose. Quinze minutes, dix minutes, cinq minutes. Même une minute. Juste une minute où on me laisserait en paix et où je pourrais oublier tout ce qui venait de se passer. Je ne demandais qu'une minute.

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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Mar 4 Jan - 18:16

En deux ans il s’en était passé des choses. J’avais été à deux doigts de mourir quand j’avais rencontré Katarina, et pourtant maintenant j’étais là devant elle et je l’avais épousée. Et nous attendions notre second enfant. Et j’avais l’impression de ne jamais lui avoir assez dit à quel point elle m’avait sauvé. Elle était merveilleuse et ce n’était pas parce qu’un instant seulement elle avait pensé qu’il aurait mieux valu que notre bébé ne vienne pas au monde que ça faisait d’elle un monstre. N’importe qui à sa place aurait pensé la même chose. Je savais que c’était de la folie de faire des enfants dans des situations de vie comme celles dans lesquelles nous vivions. C’était dingue oui…mais c’était la vie. Cet enfant c’était la vie… et le fruit de notre amour. Cet amour qui nous liait et qui nous rendait plus fort. Moi, elle me rendait plus fort.

Mais Katarina avait peur. Elle était terrifiée, vulnérable entre mes bras. Et elle se laissait enfin aller à exprimer ses peurs et ses craintes. C’était terrible ce que cette attaque avait réveillé en nous. Maintenant c’était Katarina qui me suppliait de l’amener loin d’ici, et de la mettre en sécurité. Je comprenais ce qu’elle voulait mais je ne savais pas si c’était possible. Pour arriver là bas il y avait beaucoup de chemin à faire, et nous serions encore plus sujets aux attaques si c’était possible…Je n’en avais même pas encore parlé à Alexander, mais je sais que cette fois-ci il y songerait sérieusement. Et il finirait peut être par mettre davantage de mesures sécuritaires sans compter que maintenant il devait se demander s’il pouvait faire confiance aux autres….Cette attaque n’avait pas fait que des morts, elle avait semé le trouble, le doute et la peur dans chacun de nous.

Pourtant, même si je n’étais pas du même avis que Katarina concernant ce qu’elle avait pu ressentir quand elle s’était retrouvée en face de son ancien geôlier, je partageais sa vision des choses. Elle devait penser que jamais nos enfants n’auraient la vie qu’ils auraient du avoir. Nous devions fuir sans cesse. Nous devions presque nous barricader pour pouvoir survivre. Mais tout ce que nous connaissions jour après jour, c’était le froid, l’enfermement, le gris des murs et des sols, la vie entourée de plein de gens. Et tout ça pesait sur nous jour après jour. Pour nos enfants qui ne connaitraient que ça, c’était intolérable. Parce que nous avions vécu autrement, nous savions que ce n’était pas la vie !
Mais Lena et ce bébé à venir eux, ils ne connaitraient donc que ça ? Non, je ne pouvais pas l’accepter.

-On trouvera une solution, je te promets qu’on trouvera.

Katarina semblait calmée même si je doutais que ma promesse en soit le déclencheur. Je ne savais vraiment pas comment j’allais pouvoir tenir ma promesse. Mais pour le moment, je ne voulais plus penser à ça. Je voulais cajoler ma femme que j’aimais plus que tout au monde et être le roc sur lequel elle pouvait s’accrocher, et la canne sur laquelle se reposer et avancer.
Elle séchait ses larmes et me repoussait un peu, si bien que le moindre mouvement m’a fait très mal. La douleur s’était réveillée, ou alors cette position n’était pas propice à la guérison de mes côtes. Je ne savais vraiment pas comment j’allais faire pendant plus d’un mois, le temps qu’elles se ressoudent comme il fallait. J’ai ouvert la bouche en grand quand elle m’a demandé avec une toute petite voix si je voulais bien la ramener dans notre chambre, mais qu’on y soit seul.

-Bien sûr mon amour.

Bien sûr que je voulais la ramener dans notre chambre, cet endroit que nous avions redécoré pour nous reconstruire un petit nid douillet Je voulais passer du temps avec ma femme, parce que j’avais été si effrayé de la perdre. Et puis même si j’avais envie de me retrouver en famille, je comprenais ce que Katarina voulait. Elle voulait des instants qui n’appartiendraient qu’à nous, elle avait besoin qu’on redécouvre un peu notre intimité qui jusque là s’était avérée très limitée. Je comprenais qu’elle ait besoin de tout ça, et j’en avais tout de même besoin aussi.

Je déposais un baiser dans son cou avant de la serrer un peu plus contre moi.

-Tu veux que je te laisse t’habiller et je vais les prévenir ?

Je ne savais pas très bien ce qu’elle voulait que je fasse, et j’avais peur de faire des bêtises. Je savais qu’elle tenait à ne pas être considérée comme un petit être fragile, surtout quand elle était enceinte. Et puis, je voulais que tout se passe comme elle le voulait, elle.

J’ai pourtant vu son expression interdite quand j’ai parlé de les prévenir. Elle ne savait pas à qui j’avais confié Lena, je ne m’en rappelais que maintenant. Je savais pourtant qu’elle me faisait confiance quant aux gens qui gardaient notre princesse. Je ne l’aurais jamais confiée à n’importe qui, surtout pas maintenant. Je savais que les gens pouvaient dire de moi que j’étais paranoïaque mais c’était bien le cadet de mes soucis, je faisais simplement ce que j’avais à faire pour assurer leur sécurité.

-On va dire à Cassandre et Riley d’amener Lena dans leur chambre pour une petite heure d’accord ? C’est à eux que je l’ai confiée. On peut leur faire confiance.

C’était fou à dire parce qu’avant Riley était la dernière personne où j’aurais confié la vie de mon enfant…Mais les choses avaient changées, il avait changé. Et puis, Cassandre avait gardé de nombreuses fois Lena et il ne s’était jamais rien passé. Au contraire de Lilly qui avait laissé Alexeï la prendre dans ses bras alors que je lui avais bien dit que je lui interdisais formellement de laisser mon père nous approcher. La seule inconnue de cette équation à mes yeux c’était le lien entre Cassandre et Riley, mais j’avoue que je me fichais bien de savoir ce qu’ils fichaient ensemble. Je n’étais pas du genre à aimer les ragots. Tant que je pouvais toujours avoir confiance en eux, je me fichais du reste.
Selon moi, Katarina ne trouverait rien à redire à ce que j’ai confié Lena à ces deux personnes là. Mais je préférais m’en assurer.


-On peut leur faire confiance hein ?
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Mer 5 Jan - 11:58

Une solution... Oui, nous allions trouver une solution. Mais quand ? Pour le moment, le plus urgent c'était de soigner les blessés, de ranger... D'enterrer les morts. Gérer le choc psychologique de la femme enceinte du coin n'était certainement pas une priorité. C'était toujours ce que j'avais détesté, à l'hôpital. Qu'on néglige le choc psychologique des patients dans les situations d'urgence. Celui des patients ou des proche, d'ailleurs. Dès que je le pouvais, j'essayais de parler aux familles ou aux patients. J'étais à ce point impliquée que c'était toujours à moi qu'on demandait d'annoncer les mauvaises nouvelles. Cela faisait partie de mon métier, je ne m'en étais jamais plainte... Aujourd'hui, j'avais bien besoin d'être prise en charge moi aussi. Je ne sais pas comment je m'en serais sortie si Ethan n'avait pas été là. Chaque nouveau choc était plus important pour moi, je le ressentais plus intensément. Je ne supportais plus toutes ces épreuves, et j'avais de plus en plus de mal à m'en relever. Là, j'étais en larmes, en pleine crise de nerfs, alors que la seule chose qui aurait dû m'importer, c'était l'état de santé d'Ethan, celui de Lena, des autres. Au lieu de cela je réagissais en véritable égoïste, pleurant et m'apitoyant sur mon sort. Je ne savais plus gérer mon stress. Je ne savais plus me protéger. Je l'avais pourtant appris. Et mon père avait tenté de faire de moi une femme forte. Décidément... J'étais faible, sensible, nerveuse, colérique... Certes, pendant mon internat je n'étais pas enceinte et je n'avais pas de poussée d'hormones incontrôlables comme c'était maintenant le cas. Ma sensibilité était décuplée par mes hormones de grossesse. En réalité, je n'étais pas si sensible. Je détestais cela, je détestais ne pas pouvoir me contrôler. Je me sentais tellement différente, par rapport à avant. Quand Ethan m'avait rencontrée, j'étais sûre de moi, maitresse de mes sentiments... Là, ce n'était plus trop ça. Même Lena pleurait moins que moi en ce moment !

Je regardai Ethan d'un drôle d'air quand il me demanda si je voulais qu'il me laisse m'habiller avant d'aller prévenir je ne sais qui. Prévenir qui ? Et pourquoi ? Je ne voulais absolument pas de quoi il me parlait. Ni de qui, d'ailleurs. Ce ne fut que quand il me donna de plus amples informations que je compris. Oui, Lena, il l'avait bien confié à quelqu'un avant de venir me chercher. Ce qui m'étonna, c'était d'apprendre à qui il avait confié Lena. À Cassandre et Riley. Autant je n'étais pas surprise que son choix se porte sur Cassandre, autant qu'il me dise sans sourciller qu'il avait confié sa fille à Riley... C'était un peu plus surprenant. Je savais que ses rapports s'étaient très nettement améliorés avec Riley ces derniers temps, mais à ce point ! Il refusait de confier Lena à mon père et il la confiait à Riley. Si j'avais été en état, j'aurais certainement eu un fou rire. Mon père serait vert s'il apprenait cela. Comme quoi, Ethan n'était pas un cas si désespéré. Si il avait pu changer d'avis par rapport à Riley, mon père avait peut-être une chance. Encore que pour le moment mon père ne faisait pas grand chose pour méritait sa confiance. Et s'il avait autant de chance que Riley, il mettrait deux ans à gagner la confiance d'Ethan... Je lui souhaitais bien du courage, mais je n'allais pas le plaindre, il s'était mis dans cette situation tout seul. Il faut dire que dès le début, il l'avait agressé... Comment auraient-ils pu partir sur de bonnes bases ? Bien sûr, je voulais que les choses s'arrangent. Mais je n'avais pas l'intention de supplier l'un ou l'autre de se réconcilier. Ce n'était pas mon rôle.

« Oui, on peut leur faire confiance. J'ai souvent laissé Lena à Cassandre et Riley pendant ta désintoxication. Ils s'en sont très bien occupés... Je crois que Lena les aime bien. »

Quand ils me la rendaient, elle était toujours souriante ou endormie profondément. C'est qu'elle devait bien les aimer, non ? Et puis c'étaient les rares personnes de confiance. Je n'osais pas déranger Alexander, qui de toute façon n'avait pas le temps , et confier Lena à Gabrielle... C'était hors de question depuis un moment maintenant. Prenant une profonde inspiration je me suis levée, m'appuyant précautionneusement sur l'épaule d'Ethan, la serviette toujours serrée contre moi. J'ai fait attention à ne pas glisser, en retournant chercher mes vêtements dans la cabine de douche. J'ai enfilé mon tee-shirt, ma culotte et mon pantalon rapidement, sachant parfaitement qu'arrivés dans notre chambre je me déshabillerais pour enfiler ma chemise de nuit. La journée n'était pas terminée, mais je n'avais pas l'intention de sortir de notre chambre avant demain matin. D'un côté j'avais honte, puisque Mathilda et Diane avaient certainement besoin d'aide, mais je n'étais pas au mieux de mes capacités. Mieux valait ne prendre aucun risque plutôt que de faire des erreurs. Et puis de toute façon, je savais parfaitement que personne ne me laisserait entrer dans l'infirmerie, sous prétexte que j'étais enceinte. C'était tout ce que je détestais dans la grossesse, que l'on me traite comme une pauvre petite chose fragile. Je ne dis pas que ce n'était pas agréable que les gens aient de petites attention pour vous. Ce qui était désagréable, c'était qu'on vous prenne pour une incapable en permanence, sous prétexte que vous étiez un peu plus sensible et fatiguée que les autres.

« Va les voir, je t'attends dans la chambre... »

Je lui lançai un regard, avant de sourire. M'étirant doucement, je me dirigeai vers la porte, mon paquet de vêtements et de serviettes dans les bras. Je laissai Ethan aller prévenir Cassandre et Riley, tandis que je retournai dans notre chambre. Je déposai le linge dans la panière à linge, que je repoussai dans un coin. Aller à la laverie ne faisait pas partie de les priorités. Je faillis aller jeter un coup d'œil au berceau de Lena, avant de me rappeler qu'elle n'était pas là. Soupirant, je retirai mes vêtements et je les pliai soigneusement sur le coin du lit, avant de sortir ma chemise de nuit et de l'enfiler rapidement. Je rassemblai ensuite mes cheveux en une longue tresse. Parfois j'avais envie de prendre une paire de ciseaux et de les couper d'un coup. Je ne le faisais pas simplement parce qu'Ethan disait les aimer si longs. Et puis au fond, moi je m'en fichais. Je les couperais certainement à un moment, mais pour le moment ça m'était complètement égal. Si la seule chose préoccupante dans ma vie avait été la longueur de mes cheveux, j'aurais été la femme la plus heureuse du monde. Et ce n'était pas vraiment le cas. Je ne dirais pas que j'étais terriblement malheureuse, mais je n'étais pas la plus heureuse non plus. J'avais du mal à me rappeler la dernière fois où j'avais été parfaitement heureuse. Peut-être avait-ce été pour la naissance de Lena. Oui, c'était certainement la dernière fois où j'avais été pleinement heureuse. Après, les choses s'étaient envenimées... L'effondrement de la galerie, mon enlèvement, le retour de mon père, ma « fausse couche », l'attaque... Les choses étaient loin d'être idylliques. Et tant que nous resterions ici, elles ne le seraient probablement jamais. Nous n'étions pas en sécurité. Armando allait revenir, et cette fois ci il saurait à quoi s'attendre. Si nous avions gagné cette partie, nous n'avions pas encore gagné la guerre. Eux étaient mieux équipés, mieux préparés... Ils n'avaient à protéger personne d'autre qu'eux. Alors que pour nous, les choses étaient bien différentes. Il y avait chez nous plus de personnes à défendre que de personnes prêtes à se battre. Cette fois, nous nous en étions sortis parce que nous savions sur quel terrain nous devions nous battre, alors que pour eux la communauté n'était qu'un labyrinthe. Ce n'était plus le cas. Ils sauraient à quoi s'attendre.

Avec un petit soupir, j'allais m'asseoir sur le lit. J'entendais les gens s'agiter à l'extérieur, mais j'avais l'impression d'être déconnectée de la réalité. J'avais l'impression de n'entendre que des échos indistincts. Je n'avais même pas été prendre des nouvelles des autres. Je savais qu'Aaron était mal en point, mais c'était tout. Mais Ethan me l'aurait dit, si d'autres avaient été blessés. Du moins je l'espère. Et je supposais que si Mathilda n'avait pas jugé nécessaire de venir me chercher malgré tout, c'était qu'il n'y avait pas tant de blessés. Ce qui n'était pas forcément rassurant, cela pouvait signifier qu'il y avait plus de personnes pour lesquelles on ne pouvait rien faire, ou qui étaient déjà mortes... Oh seigneur je ne voulais même pas y penser. Je ne voulais surtout pas y penser. Je préférais être complètement calmée avant d'apprendre de mauvaises nouvelles. Mon père n'était même pas passé nous voir... Je trouvais cela honteux. Il s'en fichait à se point là ? De savoir comment allaient Lena et Ethan ? Oh cela l'aurait bien arrangé qu'Ethan ne s'en sorte pas... Il aurait pu nous avoir pour lui tout seul ! Je ne risquais pas de lui pardonner ce qu'il avait fait. Ou plutôt ce qu'il n'avait pas fait. Sa lâcheté pourrait nous couter beaucoup... J'eus un soupir, avant de secouer la tête. Je ne voulais plus penser à tout cela... J'aurais tout le temps d'admirer les dégâts demain. Rien n'aurait disparu. Malheureusement... J'eus un petit sursaut lorsque la porte s'ouvrit. Je relevai automatiquement les yeux pour voir Ethan. J'eus un sourire, avant d'avoir un petit haussement d'épaules gêné.

« Parfois, je me demande comment tu fais pour supporter mes crises et mes sautes d'humeur... Je me trouve insupportable... »

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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Ven 7 Jan - 23:19

Je savais ce que diraient les autres s’ils m’entendaient demander ça à ma femme…Mais j’avais toujours besoin de son approbation et de son avis dans chacune de mes décisions. Mon père avait toujours procédé ainsi avec ma mère, et cela me paraissait normal et naturel. Ce n’était pas faire porter la culotte à Katarina, c’était que les décisions prises pour notre famille le soient en accord avec ce qu’on pensait tous les deux. Je voulais qu’on soit toujours en harmonie dans tout. J’avais donc besoin qu’elle fasse autant confiance que moi à Cassandre et Riley pour la garde de Lena…Et j’étais heureux que ce soit le cas.
Katarina et moi étions décidément toujours sur la même longueur d’onde. Elle avait laissé Lena plus d’une fois au jeune couple pendant que je n’allais pas très bien. J’avais encore du mal à voir en Riley un amoureux et un compagnon, mais même si ça m’avait semblé bizarre, j’étais heureux qu’il ait choisi quelqu’un comme la jeune Cassandre. Elle n’était pas trop exubérante ni bavarde mais pour avoir travaillé avec elle, je savais qu’elle était extrêmement gentille et positive. Lena serait bien avec une baby-sitter comme elle. Et elle avait l’air d’aimer les enfants. JE l’avais déjà vu avec les jumeaux dans la salle à manger. Et j’ai souri quand Katarina a dit que Lena aimait bien Cassandre et Riley. Qu’elle aime Cassandre cela ne faisait aucun doute, vu la douceur de la jeune fille. Mais même si j’avais confiance en Riley (et je me doutais que Katarina devait se poser une multitude de questions par rapport à ça), j’avoue que j’étais encore étonné d’avoir changé de point de vue sur lui… Mais il n’avait jamais rien dit à personne, et j’avais compris qu’il était désolé…et puis il avait protégé Katarina…Et il avait l’air d’avoir trouvé un certain équilibre.

-Lena est un amour…Comme toi, elle aime tout le monde.

Je devais effectivement avouer que Lena avait rapidement fait la conquête de quiconque restait deux minutes avec elle. Et puis tout comme Katarina, notre fille n’était pas sauvage et elle aimait les gens. Bien sûr comme tout autre petit bébé, elle avait ses préférences mais elle aimait quand même les gens. Et puis, j’étais fier d’elle. Je m’en voulais d’être aussi soupçonneux avec les gens, mais je n’arrivais pas à faire autrement, c’était plus fort que moi. J’avais peur des gens, alors je me défendais comme je pouvais. J’avais eu pendant des années eu mes parents pour me protéger mais ils étaient morts…Et je m’étais retrouvé seul. Sans personne…

J’étais heureux d’avoir une femme comme Katarina. Elle était vraiment terriblement gentille et puis même si elle avait piqué une crise de larmes un peu plus tôt, je savais qu’elle avait le droit de craquer de temps à autre. Je ne lui en voulais pas pour ça, au contraire. Pleurer est humain. Et même si je prétendais parfois le contraire, Katarina était humaine.

Je l’embrassais dans le cou lorsqu’elle me dit qu’elle m’attendait dans la chambre pendant que j’allais leur demander de garder encore un peu Lena avec eux. A vrai dire je ne savais pas vraiment si Riley et Cassandre étaient partis de notre chambre, mais je me doutais que oui… Cassandre n’était pas du genre à s’immiscer dans la vie des gens. Et comme Lena avait fini sa sieste, elle devait avoir envie de jouer et d’être le centre d’intérêt. Donc je me doutais qu’ils l’avaient amené jouer dans les salles de classe. Elle aimait le tapis de jeu et les cubes en mousse.

-Je me dépêche.

Et je ne m’étais pas trompé quand j’avais laissé Katarina s’habiller seule et regagner notre chambre. Je trouvais Riley et Cassandre dans la salle de classe et il y avait tout un tas d’enfants avec eux. Les adultes leur avait surement dit de rester là. Les murs étaient encore couverts de sang et ils voulaient surement épargner les enfants de ces visions horribles. Dés que Lena a entendu ma voix, je l’ai vue tendre les mains alors qu’elle était confortablement installée sur les genoux de Riley. Je l’ai embrassée avant de lui faire un petit câlin et d’expliquer à Riley que Katarina était en état de choc, et que j’avais besoin d’une petite heure pour la calmer et la cajoler. Cassandre a paru heureuse que je leur laisse encore un peu Lena. Et je leur ai promis de revenir dans une heure. De toute façon je n’aurais pas le choix, ce serait surement le moment de sa tétée…

Je n’aimais pas trop laisser ma princesse, mais Katarina avait davantage besoin de moi que Lena. Alors je me suis dépêché de retourner dans notre chambre. Et quand j’ai ouvert la porte un peu trop précipitamment, j’ai vu Katarina sursauter et je m’en suis voulu. Je savais qu’elle avait du avoir peur d’une nouvelle attaque. Je me fustigeais intérieurement de mon manque de délicatesse. Mais elle semblait penser à toute autre chose. Elle était focalisée sur nous. Elle pensait que ses sautes d’humeur et ses crises pouvaient m’être insupportables. Mais, elle se trompait vraiment. Oui, elle piquait des crises de larmes et d’angoisse, mais c’était normal. Et puis maintenant qu’elle était à nouveau enceinte, je savais que c’était les hormones qui parlaient et qu’elle n’en était pas totalement responsable. Et elle en souffrait !!

Je n’ai pu qu’hausser les épaules en avançant vers elle et en m’asseyant sur le lit contre le mur. Je lui tendais les bras en essayant de trouver les mots qui pouvaient la rassurer.

-Parce que je t’aime tout simplement. Et puis tu supportes bien plus avec moi, mon amour.

Si elle faisait quelques crises parfois, je ne pensais pas du tout à dire qu’elle était insupportable. Je n’aimais pas ses crises pour une seule raison : je me sentais démuni. Mais Katarina elle avait plus supporté mes crises que l’inverse. J’étais conscient de celui que j’étais. Elle avait supporté mes nombreuses crises de larmes, mes crises de jalousie, mes crises d’autorité et mes crises de manque surtout…Et jamais elle ne s’en était plaint ou ne me l’avait reproché. Elle les supportait parce qu’elle m’aimait non ? Alors il fallait qu’elle comprenne que c’était pareil pour moi.

Je l’accueillis avec plaisir dans mes bras et tentait d’être le mari aimant, attentif et câlin qu’elle avait besoin que je sois pour une petite heure. J’espérais seulement être à la hauteur.

-Tu es enceinte, c’est normal que tu sois angoissée. Et puis les circonstances n’arrangent rien à ce que tu te sentes apaisée. Mais je te promets qu’on va trouver une solution. Tu auras cette vie que tu souhaites tant mon ange.

J’avoue qu’à l’heure actuelle, je ne savais vraiment pas comment j’allais trouver cette solution, mais s’il fallait passer des nuits blanches pour trouver une solution j’étais prêt à le faire. Et puis, je savais que d’ici quelques heures, quand les couloirs seraient nettoyés, les morts enterrés, et que tout le monde serait rentré dans sa chambre, Alexander viendrait me chercher pour une petite réunion au sommet. Et que notre présence ici serait sans doute remise en question.
Je berçais Katarina comme j’aurais bercé Lena…

-Je veux te rendre heureuse mon ange, c’est tout ce que je veux.

C’était ce que j’avais promis quand je l’avais épousée. J’étais prêt à tout pour la rendre heureuse. Et puis ma main s’est lentement dirigée vers son ventre que j’ai caressé avec amour. Dans ce petit ventre, il y avait notre petit bébé. Lena ne serait bientôt plus seule. Et même si j’étais heureux, j’avais peur de ne pas savoir être un bon père pour deux enfants. On aurait pu penser que dés le deuxième enfant, on a plus cette impression de partir dans l’inconnu, mais c’était encore pire que moi. C’est comme si j’avais tout oublié de la grossesse de Katarina avec Lena, et que je ne savais plus comment cela se passait. Ni quand elle commencerait à bouger. Parce que c’était une fille, ca ne pouvait être qu’une fille

-Dis mon amour…elle a bougé déjà ?
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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Dim 9 Jan - 21:11

Mon premier réflexe fut de tendre les bras vers Ethan pour l'enlacer tandis qu'il s'avançait vers moi. Si j'avais pu je l'aurais serré jusqu'à l'étouffer, mais malheureusement pour lui c'était déjà un peu le cas. Je ne disais rien, mais j'étais un peu inquiète à cause de ses côtes brisées. J'espérais sincèrement qu'elles n'étaient que cassées, qu'elles n'avaient pas perforé un organe, qu'il ne risquait pas souffrir d'un pneumothorax... Oui, j'étais un peu paranoïaque, mais c'était ainsi, je ne pouvais pas m'empêcher de m'inquiéter en permanence pour Ethan. Je détestais savoir qu'il avait mal, même s'il ne disait rien. J'étais bien placée pour savoir ce que cela faisait d'avoir des côtes cassées. C'était terriblement douloureux, et cela mettait énormément de temps à guérir. Et avec Ethan, qui était incapable de rester en place, il risquait de mettre encore plus longtemps que moi à guérir. Je le connaissais par cœur, il refuserait de prendre un peu de repos, même si je le lui demandais. Parce qu'il estimerait que si les autres ne se reposaient pas, il n'en avait pas le droit... Par contre, moi, il me clouerait au lit de force s'il le pouvait. Parce que moi, j'étais enceinte, moi j'avais le droit... Et il ne serait certainement pas le seul à me le dire. Et je me connaissais, j'allais protester un peu, et finalement j'allais céder. Mais rester alitée ne me plaisait guère. J'avais cru devenir folle quand j'avais dû rester alitée dès sept mois de grossesse avec Lena pour éviter d'accoucher prématurément. Au final j'avais tout de même accouché prématurément, à cause d'un bête accident. J'espérais sincèrement pouvoir mener cette grossesse à terme, et si possible sans aucun danger. Je ne voulais pas faire partie de ces femmes incapables de mener une grossesse à terme pour des raisons physiques ou psychologiques. Enfin, je verrais bien, pour le moment je n'en étais qu'à quatre mois, nous verrions plus tard pour ce genre de détails. Pour le moment nous avions d'autres problèmes. J'avais d'autres problèmes... Il fallait que je me calme et que je fasse passer cette crise de nerfs.

J'eus un soupir. C'était la réponse qui sauvait toujours tout. « Je te supporte parce que je t'aime ». C'était ce que je lui avais répondu quand il m'avait demandé pourquoi je l'aidais à se désintoxiquer une seconde fois. C'était ce que j'avais répondu au début de notre relation, quand il était encore fragile. C'était ce qu'il me répondait maintenant que je lui faisais une crise de nerfs monumentale. Oui c'était vraiment la réponse fourre-tout qui sauvait tout. Je ne pouvais pas lui reprocher de me répondre cela. C'était la seule réponse qu'il y avait à donner de toute façon. Quoique, peut-être pas. Je lui lançai un drôle de regard quand il me fit remarquer que j'avais supporté bien plus avec lui. Je secouai la tête doucement. Oui je l'avais aidé à traverser beaucoup d'épreuves, mais... Mais... Oh. Je me rendais compte, moi aussi, que la seule réponse que j'avais c'était aussi « j'ai fait ça parce que je t'aime ». Je crois que si je ne l'avais pas aimé autant, je n'aurais pas fait tout ce que j'avais fait tout ce que j'avais fait pour lui. Je l'avais désintoxiqué une première fois, j'avais supporté ses mensonges, ses crises, j'avais supporté qu'il me quitte une fois puis deux, j'avais tout fait pour le faire changer, je ne lui en avais pas voulu quand son ancien dealeur m'avait battue et violée, ensuite je l'avais aidé à se désintoxiquer une seconde fois... Non, décidément, fallait-il que je sois folle amoureuse pour avoir fait tout ça. Et je savais que je serais prête à faire un milliard de sacrifices pour lui... Il y avait certainement de la folie là dedans. J'étais folle de lui. Il était mon tout, mon oxygène, mon âme sœur... Je savais bien ce qu'en pensaient certains, que nous étions dingues et inconscients, que nous étions allés trop vite et qu'au bout de deux ans il était étonnant que nous soyons toujours ensemble... C'est vrai que d'un point de vue extérieur, cela pouvait paraître dingue. C'était dingue... Mais au final c'était peut-être cette folie qui nous avait permis de tenir le coup. Mais je pouvais admettre que cela soit surprenant. Surtout venant de moi. Qui avait plus ou moins les pieds sur terre avant de rencontrer Ethan... Plus ou moins. Ce n'était plus vraiment le cas.

J'eus un soupir de contentement tandis qu'il refermait ses bras autour de moi et que je posai – doucement – ma tête contre son torse. Ethan avait raison, le fait d'être enceinte ne m'aidait pas à ne pas angoisser. Même quand il n'y avait rien de grave, un rien pouvait m'angoisser, ne serait-ce qu'une pile de linge mal rangée. Mais aujourd'hui c'était autrement plus grave qu'une pile de linge froissée. J'eus un sourire doublé d'un soupir lorsqu'il me promit que nous trouverions une solution. Que j'aurais cette vie que je souhaitais avoir. C'était tellement adorable de vouloir se plier en deux pour moi... Je lui faisais confiance, je savais qu'il pourrait trouver une solution. Je le savais capable de remuer ciel et terre pour moi. Quelque part je trouvais cela fou et terriblement romantique. J'avais souvent tendance à oublier qu'Ethan était anglais et que son père l'avait élevé comme un véritable gentleman. Et en bonne russe que j'étais, ce genre de romantisme me touchait... Avec un petit soupir je me suis levée pour l'enlacer tandis qu'il me berçait doucement, caressant mes cheveux. Je mourrais d'envie de le serrer contre moi comme j'en avais l'habitude, mais j'avais peur de lui faire mal. Relevant les yeux vers lui, je me rendis compte que je n'avais pas pensé à m'occuper de l'hématome sur son visage. En même temps, à part lui mettre un peu de pommade, je ne pouvais pas faire grand chose. Il se résorberait naturellement. Je m'écartais légèrement de lui quand il glissa sa main sur mon ventre, avant de me demander si le bébé avait déjà bougé. J'affichai un air désolé avant de secouer doucement la tête.

« Non, pas encore... C'est peut-être encore un peu tôt, je ne sais pas... Ce n'est pas inquiétant pour autant, tu sais. En général les premières manifestations du bébé se font vers le quatrième mois. Et avec tout ce qui s'est passé, le moment n'était pas propice à la manifestation... Ça ne va pas tarder, ne t'inquiète pas... »

J'eus un sourire, me laissant retomber sur notre lit, entrainant Ethan avec moi en douceur. Passant mes bras autour de lui, je l'incitais à venir se nicher dans mes bras. Glissant mes doigts dans ses cheveux, je me rendis soudainement compte qu'il avait évoqué le bébé en disant « elle ». Une fille... Il voulait encore une fille. Il croyait que c'était encore une fille...

« Et puis d'ailleurs, ce sera peut-être "il" tu sais... »

Je le voyais déjà secouer la tête et dire que non, ce n'était pas possible, que ce serait une fille parce que ce n'était pas possible autrement. Moi je m'en fichais, mais je n'étais pas contre avoir un garçon. À vrai dire, cela me plairait plutôt, même. Mais je savais qu'Ethan ne serait pas de cet avis. Pour une raison qui m'échappait un peu, j'avais l'impression qu'il avait peur d'avoir un fils... Pourquoi ? Avait-il peur qu'il lui ressemble ? Sans doute, je ne voyais pas d'autre explication. Allez expliquer à Ethan que les erreurs n'étaient pas héréditaires. Il était tellement pessimiste... J'eus un petit sourire tout en passant ma main doucement dans son dos.

« Pourquoi est-ce que tu es toujours persuadée que nous n'aurons que des filles ? Je ne suis pas programmée pour ça, tu sais... »

Si il y avait bien une chose d'imprévisible, c'était ça. Même pour Lena nous n'avions été sûrs de rien, encore que mon instinct maternel m'avais convaincue que j'étais enceinte d'une fille. Là, je ne sais pas, c'était un peu différent. Je n'avais aucune certitude, je ne pouvais pas dire que j'étais enceinte d'une fille. Alors que pour Lena, j'avais presque su tout de suite. Et je ne m'étais pas trompée. Là, je ne savais pas. Peut-être parce que je n'avais pas encore vraiment eu le temps de ressentir pleinement cette grossesse. Je verrais plus tard. Mais quelque chose me disait que ce serait différent de la première fois. Je ne sais pas, une sensation... Au final, je savais que cela m'importerait peu, tout ce que je voulais c'était un bébé en bonne santé. Un autre bébé en bonne santé. Lena était en pleine forme, alors il n'y avait pas de raison pour que celui ci ne soit pas en bonne santé. Enfin, pour cela il fallait déjà que j'évite un accouchement prématuré, et pour éviter cela il fallait que j'évite tout stress important... Plus facile à dire qu'à faire ici. Je savais qu'Ethan ferait tout pour me préserver, mais malheureusement il y avait beaucoup de choses qu'il ne pouvait pas m'empêcher de savoir. Je n'étais ni sourde, ni aveugle...

« Est-ce que tu as déjà pensé à des prénoms ? »

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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Lun 10 Jan - 20:31

Il me semblait que Lena avait déjà bougé dans le ventre de Katarina à la même période de sa grossesse. Et j’avais été celui qui l’avait senti en premier. Et je voulais encore une fois vivre ce moment magique. Parce que j’estimais un peu que c’était à moi que le bébé devait se manifester en premier. Les premiers mouvements devaient se produire quand le papa et la maman sont ensemble et se tournent vers ce ventre. Oui j’étais plein de principes maintenant que j’étais papa. C’était, à mon sens, le plus beau rôle du monde. Mon père avait raison quand il me disait qu’un jour j’aurais cette chance. J’avais par exemple comme principe de m’occuper le plus possible de ma petite princesse, et d’être à son écoute. Et je comptais bien avec cette nouvelle petite princesse faire de même.

Bien sûr que j’ai été déçu quand Katarina m’a dit qu’il était peut-être encore un peu trop tôt pour qu’elle bouge. Oui, les bébés se manifestent souvent vers le quatrième mois, et on avait encore un mois avant de s’inquiéter mais j’étais persuadé que Lena s’était déjà manifestée. Et puis j’avais tellement hâte. J’étais impatient de sentir un coup de pied à travers le ventre de Katarina, et puis de voir aussi le bébé bouger dans son ventre et voir son ventre rond se « déformer » quand le bébé bougeait.
Je ne pouvais m’empêcher de faire la moue parce que j’étais déçu. C’est vrai que vu les événements récents, elle ne devait pas trop avoir envie de nous déranger et vivait peut-être sa vie dans le ventre de Katarina tranquillement, où elle grandissait.

-J’espère…

Je me laissais pourtant faire quand Katarina m’entraina dans sa lente et douce chute sur le lit. Je me retenais, comme un enfant, de bouder. Je savais que Katarina n’y était pour rien si le bébé ne bougeait pas mais j’étais triste. Et heureusement qu’elle me prenait dans ses bras, et me faisait une place dans ses bras. Oui, j’avais besoin d’être consolé. C’était idiot, je devais l’avouer mais c’était ainsi. J’aimais mes enfants plus que tout au monde et je voulais juste avoir des contacts avec eux. Je me laissais pourtant cajoler et calmer par les caresses de Katarina et je m’apaisais un peu. Je fus pourtant surpris quand elle me fit remarquer que ce serait peut-être un petit garçon. Oui j’étais conscient que c’était un risque. Mais je ne voulais même pas y penser. Je sais bien que le rêve de tout homme est d’avoir un fils, un héritier. Mais ce n’était pas mon rêve à moi. Parce que j’aimais être entouré de mes petites femmes, et parce qu’avoir un garçon me donnait la chair de poule. J’avais fait tellement d’erreurs, de bêtises, et je ne me sentais pas à la hauteur. Je ne me sentais pas capable d’élever un garçon et d’être un exemple pour lui. Parce que je sais qu’un garçon copie tout sur son père, et je ne voulais pas que notre garçon fasse ce que je faisais et ne me semblait pourtant pas adéquat. Non, je préférais avoir une fille. Je voulais une fille !

Je me murais un peu dans un silence sans vraiment le vouloir si bien que Katarina a du s’inquiéter que je le prenne mal alors elle a jugé bon de me demander pourquoi je tenais tant à n’avoir que des filles. Elle ironisait même sur le fait qu’elle n’était pas programmée pour ça. Je comprenais ce qu’elle voulait dire, mais je refusais d’y penser, et d’accepter. Oui, elle n’était pas programmée pour n’avoir que des filles, mais moi je le voulais. Je voulais tellement fort avoir une deuxième fille. Quand je nous imaginais plus tard, je ne voyais que quatre filles. Oui, nous aurions quatre filles et nous serions terriblement heureux.

Je ne voulais peut-être pas qu’elle puisse penser que je faisais la tête. C’était juste que la première fois, je ne m’étais pas trompé. Et j’étais sûr de ne pas me tromper cette fois-ci.

-Je sais que tu n’es pas programmée pour ça, mais je n’aimerais avoir que des mini toi. J’ai trop peur qu’un petit garçon me ressemble. Je sais que ça peut paraître bête mais j’ai peur de ne pas savoir être un bon exemple pour un petit garçon… Et un père est censé être un modèle…Je ne suis pas un modèle…ni un exemple à suivre.

J’espérais avoir trouvé les mots justes pour lui faire comprendre ce que je ressentais à l’intérieur. J’étais même étonné d’avoir réussi à exprimer clairement ce que je ressentais. Les mots étaient sortis tous seuls, et pourtant ils reflétaient exactement ce que je ressentais à l’intérieur. Je ne voulais pas non plus qu’elle éprouve de la pitié pour moi, mais je lui devais bien une explication. Je n’attendais pas qu’elle me dise que j’étais quelqu’un de bien. Je voulais juste expliquer. Et puis, elle me connaissait. Je n’étais pas prêt de changer d’avis. Je ne voulais pas de fils parce que je ne m’en sentais pas capable, fin de l’histoire.

Et j’avais raison. Katarina n’a pas insisté et a tourné la discussion sur un tout autre sujet. Les prénoms. J’y avais pensé pendant des heures. Et tout comme avec Lena, j’avoue que je voulais choisir ce prénom. Pourtant, même si j’étais fier des origines de Katarina et du choix que nous avions fait pour notre aînée, je voulais cette fois-ci rendre hommage à mes parents et à mes origines à moi. J’avais passé en revue tous les prénoms anglais que je connaissais, et j’avais finalement trouvé un prénom que j’avais toujours aimé. J’espérais seulement que Katarina accepte et flashe comme moi j’avais flashé pour Lena lorsqu’elle m’avait énoncé une liste de prénoms russes. Je savais qu’elle allait peut-être se moquer de moi en me disant que j’allais peut-être un peu trop vite, mais je voulais que cette question soit vite réglée pour pouvoir l’appeler par son prénom quand je lui parlerais.

-Hé bien, je suis content que tu en parles…J’aurais aimé un prénom anglais cette fois…Je sais que tu aimerais certainement un prénom russe mais il y a un prénom que j’aime beaucoup…

J’avais promis de tout faire pour que nos enfants aient la double culture, et leur donner des prénoms russes en faisait partie. Mais pour cette grossesse-là, j’avais tellement pensé à ma mère, que je voulais lui rendre hommage. Je savais que si j’avais été une fille, j’aurais porté ce prénom là. Et c’était une manière de lui rendre encore un hommage cette fois-ci. Nos filles ne pouvant pas toutes porter son prénom en deuxième prénom, je cherchais une manière de leur faire un signe. J’avais bien sûr pensé à Lily comme ma petite-sœur, mais je doutais que Katarina accepte. Il y avait déjà Lilly ici…


-Keira…c’est joli non ?


Je relevais la tête vers Katarina et je souriais, fier de mon idée. Elle allait trouver ça magnifique, ça ne faisait aucun doute. Et tout comme avec Lena, nous serions d’accord très vite.
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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Mar 11 Jan - 17:29

Je fronçai les sourcils en grimaçant. Il avait peur de ne pas être un bon exemple pour un garçon ? Avec lui, j'avais l'impression que tout n'était qu'une histoire d'exemple à suivre... Mais il ne s'agissait pas que de cela. Et ce n'était pas parce qu'il avait fait des erreurs qu'il donnerait forcément un mauvais exemple à son fils ( s'il en avait un un jour ). Et puis de toute façon, c'étaient les erreurs qui faisaient de nous ce que nous étions. Bien sûr, Ethan n'était pas parfait, bien sûr il avait fait de terribles erreurs, bien sûr qu'il en referait... Ce n'était pas pour cela qu'il serait un mauvais exemple ou un mauvais père. Il n'était pas un mauvais père. Il avait eu les mêmes peurs avec Lena. Et pour le moment, Lena ne pouvait se plaindre, son père faisait tout ce qu'il pouvait pour la rendre heureuse... J'irais presque même jusqu'à dire qu'il obtenait beaucoup plus de sourires que moi de la part de sa fille... Je n'étais pas jalouse, au contraire, j'étais heureuse qu'il soit à ce point proche de sa fille. Et puis d'ailleurs, fille ou garçon, c'était la même chose. Les enfants suivaient toujours l'exemple de leurs parents. Que Lena soit une fille ne la mettait pas forcément à l'abri, rien ne disait qu'elle ne ferait pas elle aussi de grosses erreurs... Et si le bébé que nous attendions était un garçon, eh bien cela ne signifiait pas qu'il reproduirait forcément toutes les erreurs de son père. Ethan oubliait que chaque personne était unique et qu'il y avait tout un tas de choses à prendre en considération. L'environnement, les gens, le milieu... Et puis qui sait, ce seraient peut-être mes erreurs à moi qui seraient reproduites. Je ferais attention à ce que nos enfants ne reproduisent pas les erreurs d'Ethan et il ferait attention à ce qu'ils ne reproduisent pas les miennes... Ethan oubliait qu'il avait commis la plupart de ses erreurs après avoir perdu ses parents. Quand il était seul et n'avait personne pour veiller sur lui. Ce ne serait pas le cas pour nos enfants, je m'en faisais la promesse. Ethan non plus ne serait plus seul, j'étais là...

« Ethan. Un garçon ne te ressemblera pas forcément, tout comme Lena ne me ressemblera pas forcément. Nos enfants sont des êtres nouveaux, ce ne sont pas des copies de nous même... Tu ne vois que le négatif, Ethan. Tu ne fais pas que des erreurs. Je n'ai pas épousé une erreur sur pattes ! Aie un peu confiance en mon jugement. »

Il me connaissait. Il savait que j'étais là pour le garder sur le droit chemin, il savait que je ne le laisserais pas couler encore une fois. Et je ne le laisserais certainement pas douter de ses qualités de père. Qu'il ne compte pas sur moi pour lui faire plaisir et l'enfoncer à ce niveau là.

« Réfléchis une seconde. Est-ce que je t'ai déjà reproché quoi que ce soit concernant ton attitude avec Lena ? Est-ce que je t'ai déjà dit que tu avais fais des erreurs, quelles qu'elles soient ? »

Non. Évidemment je l'avais taquiné sur certaines choses, comme par exemple le fait que Lena dorme de temps en temps avec nous. Mais je ne lui avais jamais hurlé dessus parce qu'il se comportait mal, je ne lui avais jamais reproché de se comporter comme un inconscient ou comme un imbécile. Oui, j'avais dû lui apprendre à s'occuper de Lena, mais n'importe quel père devait apprendre à prendre soin de son enfant. Oui, il y avait eu quelques petits cafouillages, mais rien de bien dramatique. Mettre son pyjama à Lena à l'envers c'était plus drôle que dramatique. D'ailleurs elle trouvait ça très drôle le plus souvent. Non, je n'avais jamais rien reproché à Ethan. Et quand il faisait la moindre petite erreur, quand bien même je le surveillais du coin de l'œil, il se rectifiait de lui même. Je doutais sincèrement qu'il eut pu s'en rendre compte avant que je ne lui fasse la remarque. Il ne voyait toujours que le négatif quand il s'agissait de lui. C'était toujours à moi de lui prouver qu'il n'était pas un monstre fait d'erreurs. Comme je lui avais dit, je n'avais pas épousé une erreur ambulante. Si je l'avais épousé, c'était que j'avais trouvé en lui des qualités, des choses attirantes... Il n'était pas si horrible qu'il pensait l'être. Il pouvait être doux, attentionné, drôle... Sa fille le trouvait très drôle. Le faire changer d'avis sur lui même c'était mission impossible... Même moi je doutais d'y parvenir un jour. Ses propres idées à ce sujet étaient trop arrêtées. C'était comme tenter d'inverser le cours normal des aiguilles d'une montre. En théorie c'était possible, mais en pratique c'était un peu plus compliqué que cela.

Passons à la question des prénoms. C'était peut-être encore un peu tôt, mais connaissant Ethan, il avait déjà dû y penser. Et à vrai dire, moi aussi j'avais eu quelques idées. Restait à savoir si mes idées lui plairaient. Mais pour le moment il fallait que moi j'écoute les siennes. Je fus un peu étonnée quand il m'annonça qu'il aurait bien aimé que le bébé ait un prénom anglais cette fois ci. Étonnée parce qu'il m'avait dit qu'il voulait que tous nos enfants aient des prénoms russes. Mais enfin, je pouvais comprendre qu'il veuille que ses enfants aient des prénoms rappelant ses origines à lui. Et puis il disait qu'il n'y avait qu'un seul prénom qui lui plaisait beaucoup. Cela ne me coutait rien de l'écouter, et qui sait, peut-être que ce prénom me plairait à moi aussi. À vrai dire je ne connaissais pas une ribambelle de prénoms anglais. Je ne m'étais jamais posé la question, je ne m'étais jamais vraiment intéressée aux prénoms. À part les prénoms de ma propre culture, je n'y connaissais rien. Cependant, je dois bien avouer que j'ai fait une drôle de tête quand il m'a annoncé quel était le prénom sur lequel il avait craqué. Keira ? Hum, je devais bien avouer que j'étais loin d'avoir un coup de cœur pour ce prénom, je le trouvais un peu trop... enfin, pas assez... Autant l'avouer tout de suite je n'aimais pas du tout. Mais vraiment pas du tout. Je me serais attendue à quelque chose d'un peu plus exceptionnel, d'un peu plus... Oh, il n'y avait pas à chercher d'explications, je n'aimais pas ce prénom, un point c'était tout. Je n'avais absolument pas envie que mon bébé porte ce prénom là. Le problème, c'était que ce prénom plaisait à Ethan.

« A dire vrai je n'aime pas... pas vraiment ce prénom. Ça ne me plait pas, Ethan... »

J'eus une grimace désolée. Je n'allais pas mentir. Je préférais lui dire maintenant plutôt d'attendre quelques mois et qu'il se fasse à l'idée que notre bébé porte ce nom là. Je ne voulais pas le vexer, mais je ne pouvais pas lui cacher. Tout comme je n'aurais pas voulu qu'il me cache la vérité s'il n'aimait pas telle ou telle chose. Ethan faisait une drôle de tête, oups...

« Mais on pourrait tout de même se diriger vers un prénom court, comme pour Lena... Je suis nulle en prénoms anglais, mais j'en connais quelques uns russes... Il y a Anna, Ania, Nina, Masha, Tanya, Vera... Mais je suis sûre qu'il y a de très jolis prénoms anglais qui sont de ce genre. Mais je n'aime vraiment pas Keira... »

Je ne savais pas si c'était vraiment la bonne solution de lui proposer cette solution de rechange, mais là c'était la première chose qui m'était passée par la tête pour ne pas le vexer. Parce que s'il me proposait ce prénom, c'était qu'il y avait réfléchi un moment avant de me le proposer. Mais je n'aimais pas, je n'y pouvais rien... C'était cependant peut-être le moment de lui faire part de l'idée que j'avais eue de mon côté. Je ne savais pas vraiment pourquoi j'avais eu cette idée. Mais maintenant que cette idée avait germé dans mon esprit, je la trouvais de plus en plus intéressante et elle me tenait de plus en plus à cœur, mais je ne l'imposerais cependant pas à Ethan.

« Si, et je dis bien si, c'était un garçon, j'aimerais l'appeler Sasha... Sasha, en russe, c'est le surnom que l'on donne aux gens qui s'appellent Alexander... Je me disais que ça ferait un joli prénom pour un garçon. »

Et puis c'était bien évidemment symbolique. Ethan n'était pas idiot, il comprendrait bien pourquoi mon choix s'était porté sur ce prénom là. C'était par rapport à tout ce qu'Alexander avait fait pour nous, tout ce qu'il continuait à faire. Il nous avait sauvés tous les deux et ces derniers temps il avait fait beaucoup pour nous. Si Ethan acceptait, ce serait un peu une façon de lui rendre hommage de façon durable. Un prénom, on le garde pour la vie, on ne s'en sépare jamais. C'est pourquoi c'était important de le choisir avec soin. Mais pour le moment Ethan était tellement persuadé que nous aurions une fille que les prénoms de garçons, il n'avait même pas dû y penser une seule seconde. Alors qu'il y avait tout de même une chance sur deux pour que ce soit effectivement un garçon, et pas une chance sur mille comme il semblait le penser.

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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Jeu 13 Jan - 15:54

J’attendais vraiment qu’elle me sourit et qu’elle s’enthousiasme autant que moi pour ce prénom avec tout ce qu’elle venait de me dire pour me rassurer. Parce que oui elle m’avait rassuré sur mes capacités de père. Ce n’était pas seulement par rapport à un garçon, que je refusais d’avoir parce que rien ne me ferait changer d’avis. J’étais fait pour avoir des filles, nous étions fait pour n’avoir que des petites filles, je le sentais. Oui, je voulais bien la croire quand elle me disait que j’étais un bon père pour Lena et que je le serais encore. Je faisais tout mon possible pour agir au mieux avec Lena. Si d’ordinaire je prenais toujours des décisions très vite et que j’étais spontané, je m’efforçais toujours de prendre le temps avec Lena. J’essayais de lui accorder du temps et de m’en accorder quand les décisions la concernaient. Et puis, je faisais passer son bonheur avant le mien. Parce que pour moi c’est ça être un bon parent.

Katarina était une mère merveilleuse. J’avais vraiment l’impression qu’elle était faite pour ça. Tout transparaissait la maternité chez elle. Elle avait une voix douce et apaisante, un sourire très maternel, des gestes doux et lents, et elle avait une bonté d’âme que j’avais peu connu. Mis à part ma mère, je ne connaissais que cette bonté que chez deux personnes. Je me rappelais encore la mère de mon meilleur ami, Evan, et de sa petite sœur aussi. Liz, qui était sans doute morte à l’heure qu’il est, comme tous mes amis. Et je crois que je venais de réaliser, là, combien ils me manquaient. Bien sûr je m’étais fait une famille et des amis ici, mais ils ne connaissaient que l’ex junkie. Je n’étais pas si dur et rigide avant. J’étais même plutôt rêveur… Et là je rêvais vraiment à cette petite famille que nous construisons. Lena et Keira…Katarina allait aimer ce prénom. Parce qu’il ressemblait au sien, et parce qu’il était rare et précieux comme cet enfant.

Et pourtant je me suis contenté de rester bouche bée quand j’ai remarqué qu’elle ne souriait pas et qu’elle ne me sautait pas dans les bras en me disant qu’elle adorait cette idée. Au contraire, elle semblait même gênée. Gênée de me de dire qu’elle n’aimait pas vraiment ce prénom. Je tombais un peu des nues et je ne pouvais que dire une seule chose.

-Ah…

C’était sans doute la première fois que Katarina et moi n’étions pas d’accord sur une chose aussi importante. J’avais l’impression que pour Lena nous avions su tout de suite et rapidement que nous voulions tous les deux que ce soit Lena. Mais cette fois ci, cette grossesse et les décisions qui s’en rattachaient semblaient plus compliquées. J’avais l’impression que nous ne vivions pas sur la même planète. Si moi j’aimais Keira comme prénom, Katarina ne l’aimait pas. Si moi j’étais persuadé que c’était à nouveau une petite fille, Katarina pensait que ce serait un garçon. Elle venait à nouveau de me lister tout un tas de prénoms courts russe pour une petite fille, mais je n’eus pas le temps de réfléchir qu’elle me disait qu’elle voulait l’appeler Sasha si c’était un petit garçon . J’ai écouté d’une oreille distraite les explications qui s’en ont suivies, mais je ne voulais pas entendre parler d’un petit garçon. Ce ne serait pas un garçon c’était tout. Et mon sourire s’était évanoui…

-Sasha…oui, peut-être…

A vrai dire, je m’en fichais. Ce ne serait pas un garçon c’est tout. Et j’espérais qu’elle comprenne que je ne voulais pas entendre parler d’un petit garçon, ni de prénoms pour lui. Je préférais passer à autre chose rapidement, sans penser que je la blessais peut-être. J’étais déjà passé à autre chose de toute façon. Je pensais à cette petite fille qui n’avait pas encore de prénom. Lena à la même période avait déjà le sien.

-J’ai choisi le prénom de Lena, alors pour cette nouvelle petite fille c’est à toi de choisir.

Je me rappelais comme si c’était hier. Nous étions encore séparés à cette époque, mais quand elle m’avait fait une liste de prénoms russes, et que j’avais entendu le prénom de Lena, j’avais su que c’était ce prénom là. Comme un coup de foudre. Et c’est ce que j’aurais aimé que Keira soit pour Katarina. Mais ça ne l’était pas…alors autant la laisser choisir non ? Et puis je trouvais ça normal que cette fois-ci le choix soit le sien. Bien sur il faudrait que nous soyons d’accord…

-Quel prénom te plaît le plus dans la liste que tu m’as citée mon ange ?

J’avais compris qu’elle s’en était arrêtée à ce que j’avais dit pour Lena. Oui, à l’époque j’avais dit vouloir des prénoms russes pour nos enfants, et là je lui proposais un prénom bien anglais. Peut-être était-ce parce que ma mère me manquait, et que j’avais besoin de me rapprocher d’elle.

-Mais avant que tu ne me le dises, et comme tu m’as dit la vérité pour Keira, et bien que ça me rende triste, je vais te dire les prénoms que je ne veux absolument pas.

Je me repassais mentalement la liste qu’elle m’avait faite. Et je rejetais tout de suite les prénoms que je n’aimais pas. Et ils étaient nombreux.

-Je n’aime pas Ania, Tanya, Vera…ni Masha non plus….
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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Dim 16 Jan - 18:47

Il ne m'avait pas écoutée... Il ne m'avait même pas écoutée. J'imagine que la déception l'emportait sur tout le reste. Oui, il était déçu que je n'aime pas le prénom qu'il avait choisi, et je pouvais le comprendre. Mais il aurait tout de même pu écouter ce que je lui avais dit... Il était tellement persuadé que nous n'aurions pas de garçon qu'il ne voulait même pas songer à choisir un prénom. Quelque part c'était frustrant. Ce n'est pas parce qu'il était persuadé que nous aurions une fille que ce serait le cas. Et tout ce que je voulais, c'était qu'il se penche sur un prénom de garçon une toute petite seconde. Qu'est-ce qu'il ferait alors, si un garçon pointait le bout de son nez le jour de l'accouchement ? Il ne pourrait pas lui donner un prénom de fille, ni même le considérer comme une fille. Il fallait qu'il admette qu'il y avait une chance sur deux pour que cela soit un garçon. Comme je l'avais dit, je n'étais pas programmée pour avoir seulement des filles. C'était le hasard qui faisait les choses, la nature aussi. Ce n'était pas toute sa conviction qui changerait brutalement les choses si jamais j'étais bel et bien enceinte d'un garçon. Ce n'était pas si terrible d'avoir un garçon. Ce n'était pas une catastrophe. Un garçon, ce serait toujours notre enfant. Vraiment, je ne voyais pas en quoi ce serait si terrible d'avoir un garçon. Je ne le comprenais pas. Peut-être parce que moi je m'en fichais et que ce n'était pas son cas. C'est vrai que jamais je ne m'étais dit que je préfèrerai avoir seulement des garçons, ou seulement des filles, ou un garçon et une fille... Cela m'était tout à fait égal. Je voyais chaque enfant comme du bonheur pur. Lena était du bonheur pur. Et cela aurait certainement été la même chose si cela avait été un garçon. Je ne savais pas pourquoi, mais c'était comme ça. Je ne savais pas pourquoi les choses en allaient autrement pour Ethan. Je ne pensais pas qu'il avait à ce point peur d'avoir un fils. J'en venais même à me demander comment il réagirait si c'était bien un garçon. Oh bien sûr je savais qu'il ne le rejetterait pas. Mais je ne savais pas si il réagirait comme avec Lena non plus. Parfois, moi non plus je ne comprenais pas très bien Ethan.

J'affichai un air surpris lorsqu'il m'annonça que puisqu'il avait choisi le prénom de Lena, c'était à moi de choisir le prénom de ce bébé là. À moi, à moi... Un prénom, ça se choisissait tout de même à deux. Lena ne se serait pas appelée Lena si ce prénom ne m'avait pas plu. Tout comme ce bébé ne s'appellerait pas Keira puisque je n'aimais absolument pas ce prénom. Et à en voir sa tête, il n'aimait pas particulièrement les prénoms que j'avais énoncé. Le choix risquait donc d'être difficile et risqué. Je reconnaissais que les prénoms russes puissent être un peu particuliers, voire étrange, pour qui n'en a pas l'habitude. Ethan avait eu un coup de cœur pour Lena parce que c'était un prénom relativement simple et passe partout. Ce qui n'était pas le cas de tous les autres prénoms, dont certains que je lui avais énoncé. Moi qui étais habituée depuis ma plus tendre enfance aux prénoms russes, mes critères de choix n'étaient certainement pas les mêmes que ceux d'Ethan, qui devait trouver certains prénoms bizarres et impossibles à porter. Alors que pour moi c'était bien évidemment différent. J'avais beau connaître les goûts d'Ethan, j'avoue que là j'étais assez perdue, et je ne voyais pas trop quelle technique adopter pour satisfaire nos envies à tous les deux... Surtout que d'entrée de jeu, il éliminait les prénoms qu'il n'aimait pas, à savoir les trois quart de ma liste, ce qui pouvait tout de même être relativement gênant.

« J'aime beaucoup Nina... Anna, aussi, mais je trouve cela un peu trop courant. Tout le monde connait déjà une ou deux Anna... »

J'avais rencontré des dizaines et des dizaines d'Anna... Et puis, à force, ce prénom avait perdu toute nationalité, il n'était ni russe, ni anglais, ni rien du tout... Il y avait des Anna aux quatre coins du monde. C'était un prénom devenu complètement universel. Et pour notre bébé, je voulais quelque chose d'un peu plus spécial, original, hors du commun. C'était notre enfant, il ( ou elle ) était spécial, hors du commun. Son prénom devait l'être également. Nina me plaisait parce que je le trouvais original, quoiqu'assez simple. J'aimais beaucoup les prénoms courts. J'aurais pu lister à Ethan d'autres prénoms russes courts, mais je sentais qu'il était déjà suffisamment frustré comme ça que je n'aime pas le prénom auquel il avait pensé. Et puis je n'avais pas énormément de jolis prénoms qui me venaient en tête, là tout de suite.

« Qu'est-ce que tu penses de Nina, alors ? »

Je préférais tout de même vérifier et lui demander son avis. La dernière chose dont j'avais envie, c'était que nous nous disputions pour un bête prénom. Ce n'était pas le moment de se disputer, pas après tout ce qui était arrivé. Tout ce que je voulais c'était être au calme un moment. Parce que je savais que demain, tout irait de nouveau très vite. Il faudrait de nouveau prendre en charge les blessés, il faudrait continuer à tout nettoyer, il faudrait prendre des mesures importantes de sécurité... Il y aurait un million de choses à faire. Cette soirée, cette nuit, c'était peut-être notre seul moment de paix avant longtemps. Je voulais être complètement détendue et apaisée avant de devoir faire face à tout cela. Il fallait simplement que je me calme, et alors là seulement tout irait bien. Tout devait aller bien, je n'avais pas le droit de flancher. On aurait besoin de moi à l'infirmerie. J'étais médecin, je devrais faire mon travail correctement. Même si je me doutais qu'on me refilerait les cas les moins importants. Oui, j'étais fragile, vous comprenez. Il ne fallait surtout pas me surmener. Parfois j'avais l'impression que les gens avaient oublié que j'avais été interne en chirurgie avant de me mettre à soigner de bêtes petites coupures. Parfois, la grande chirurgie me manquait. Je n'avais pas pu beaucoup pratiquer, mais j'avais adoré acquérir le peu de pratique que j'avais. Sauver des gens à deux doigts de mourir, ça c'était quelque chose. Aujourd'hui, quand quelqu'un était dans un état trop grave, on ne pouvait presque rien faire. Je me sentais parfois totalement impuissante. Beaucoup de gens auraient été sauvés si nous avions eu du matériel médical. Mais ce n'était pas le cas, hélas... Les gens mouraient, laissant derrière eux un étrange sentiment de culpabilité.

Je secouai la tête doucement, glissant mes doigts dans les cheveux d'Ethan. J'eus un sourire. Ils avaient un peu repoussé. C'était mieux. Autant je ne voyais pas quelqu'un comme Alexander avec les cheveux longs, autant je n'aimais pas que ceux d'Ethan soient courts. J'ignorais pourquoi au fond. Et il ne s'agissait que de ses cheveux après tout. Mais on a toujours nos petites préférences... Lui non plus n'aimait pas que j'ai les cheveux courts, il les préférait longs, trop longs, presque. Et s'il ne le disait pas vraiment, je sentais qu'il me trouvait plus « jolie » quand j'étais enceinte. Quand j'étais enceinte, le regard qu'il posait sur moi était différent. Il me couvait du regard, vraiment. Il me regardait avec douceur, toujours avec une pointe d'inquiétude, comme si j'étais la chose la plus fragile du monde. Ce que j'étais peut-être, en un sens. Une femme enceinte est toujours fragile. Et à la fois incroyablement forte. Il ne faut pas oublier ce par quoi passait notre corps. Les changements opérés étaient phénoménaux, incroyables, et à la fois magiques. Enfin, c'était mon avis. Je repoussai doucement Ethan sur le côté pour aller nicher ma tête contre sa poitrine. Pour deux raisons. La première, plus importante, était que je voulais profiter de sa chaleur et de son étreinte rassurante. J'avais envie et besoin qu'il me prenne dans ses bras. La seconde, plus médicale, était que je voulais écouter sa respiration, tout bêtement. Peut-être étais-je paranoïaque, mais je voulais m'assurer que malgré ses côtes cassées et son bandage il respirait correctement. Sa respiration n'était pas sifflante et avait un rythme normal. Tout allait donc bien. Relativement bien.

« Tu n'as pas vraiment écouté ce que j'ai dit pour le prénom de garçon, pas vrai ? J'aimerais quand même que tu y penses un tout petit peu... Même si tu penses que c'est une fille et que tu veux choisir un prénom de fille, je voudrais que tu me dises ce que tu en penses. S'il te plait. »

J'eus un soupir, passant doucement mon bras autour de son ventre. Je ne résistai pas longtemps à l'envie de glisser ma main sous sous pull. Mes doigts étaient froids, je le sentis frissonner sous mes doigts. Il se réchauffèrent rapidement au contact de sa peau. Je ne pus retenir une grimace en sentant son bandage sous ma main. Ce bandage ferait partie des choses qui nous rappelleraient longtemps ce qui était arrivé aujourd'hui, ce qui avait failli arriver... J'eus un autre soupir, plus profond.

« J'ai vraiment eu peur aujourd'hui. J'étais terrifiée. La seule chose à laquelle je pensais c'était toi. J'avais peur. J'ai toujours peur. Je ne peux pas vivre en ayant peur de te perdre à chaque seconde, je ne peux pas. »

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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Mer 19 Jan - 12:15

J’avoue que j’avais un peu de mal à accepter qu’elle n’aime pas le prénom que moi j’aimais. C’était comme si je réalisais que peu à peu, nous finissions par être un couple comme les autres. C’est comme si cette fusion qui nous mettait toujours d’accord et nous faisait penser les mêmes choses au même moment, avoir les mêmes envies se fissurait un peu pour laisser place à notre propre personnalité. Et je luttais contre ce phénomène qui pourtant était certainement normal. Je ne voulais pas que nous soyons en désaccord. Pour rien au monde, je ne voulais que nous nous affrontions sur une question importante mais peu dramatique que le choix d’un prénom. A l’époque de Lena, son prénom avait été une évidence pour nous deux, et là…cet enfant nous divisait. Elle pensait que ce serait un garçon, je pensais que ce serait une fille. Je voulais l’appeler Keira, elle ne voulait surtout pas. Elle proposait plein de prénoms, je n’en aimais presque aucun. Je ne comprenais vraiment pas ce qu’il se passait. Et c’est dans un silence total que je me murais. Je me doutais qu’elle devait se demander ce que nous avions fait de mal, mais je n’arrivais tout simplement pas à admettre que nous puissions avoir des avis différents. Nous étions Katarina et Ethan….

Katarina qui n’avait pas oublié que j’avais dit que je voulais que tous nos enfants aient des prénoms russes et qui ne me proposait que ceux là. Bien sur je l’avais dit, et je voulais vraiment honorer ma promesse, mais je ne sais pas pourquoi j’avais besoin encore une fois de rendre hommage à ma mère. Elle me manquait plus que je ne le voulais. J’avais honte de dire que ma mère me manquait peut être un peu plus que mon père. Les deux prénoms que je n’avais pas écartés semblaient plaire à ma femme, même si elle avait l’air d’en préférer un à l’autre : Nina. Oui c’était un joli prénom…C’était court, russe mais un peu universel et puis j’aimais les prénoms qui finissaient pas un « a ». Parce que pour moi un prénom de fille se termine forcément par un « a ». J’avais encore un peu du mal à m’y faire mais avec un peu de temps et d’ « entraînement », je me disais que je pouvais aimer ce prénom autant que j’aimais celui de Lena.

-Hummm…

J’essayais de m’imaginer avec mes deux princesses, et je m’entendais les appeler. Et puis j’essayais aussi d’imaginer cette petite fille qui grandissait dans le ventre de sa maman. Je l’imaginais elle aussi brune avec de beaux yeux bleus gris comme sa maman. Si Lena avait mes yeux, je voulais que Nina ait ceux de sa mère. Nina…finalement j’avais peut-être moins flashé sur ce prénom là, mais je semblais l’avoir adopté. Il me paraissait rapidement si naturel que oui je devais admettre qu’il me plaisait. Je pouvais lui répondre dans ce cas. Je pouvais lui donner mon avis sur Nina.

-Oui …j’aime bien Nina. J’aime beaucoup même.

Et pour ponctuer cette affirmation, je me suis tourné vers elle pour lui sourire. Un sourire franc et sincère. J’espérais qu’elle soit aussi heureuse que moi d’avoir trouvé un terrain d’entente. Sans m’en rendre compte, nous expérimentions en réalité le fait de faire des concessions. Nous orientions notre couple vers une nouvelle étape, et je doute que nous en ayons conscience. Parce que tout ce qui nous importait a ce moment là, c’était cet enfant, notre enfant.

La crise semblait être passée et la potentielle dispute avait fait place à un moment d’intimité propre à un couple. En un instant nous étions redevenus un couple. Un couple qui a besoin de toucher l’autre. Katarina glissait ses doigts fins dans mes cheveux et moi je posais mes mains sur ses cuisses. J’avoue que j’avais envie d’elle. Pourtant le moment ne s’y prêtait pas. Le moment se prêtait plus à un câlin tout ce qu’il y a de plus affectueux. Mais son corps contre le mien…Elle devait se rendre compte de l’effet qu’elle produisait sur moi parce qu’elle m’a un peu repoussé et elle a posé sa tête contre ma poitrine et je n’ai pas osé refermer mes bras sur elle. Je suis resté les bras le long du corps et je l’ai laissé me reprocher de ne pas penser que cela pourrait être un petit garçon. Je m’en voulais mais je n’arrivais seulement pas à me projeter avec un garçon. J’avais beau essayer, je n’y arrivais pas…Mais pour calmer les choses avec ma femme, et lui faire plaisir, je pouvais essayer de me décider pour un prénom de garçon avec elle. Et puis, je pouvais dire oui pour lui faire plaisir.

-Non…excuse-moi. Tu veux bien me répéter ce que tu disais sur un prénom de garçon ? Mais je reste sur mon idée hein ? On aura une petite fille.

Je ne sais pas pourquoi mais j’en étais convaincue. Je savais que les choses étaient déjà faites et que nous ne saurions qu’au moment de la naissance qui avait raison, mais je ne m’étais pas trompé pour Lena…alors pourquoi me tromperais-je pour Nina ? Oui je l’appelais déjà Nina. Elle porterait ce prénom.
Katarina ne disait rien, mais elle caressait ma peau lentement. Ses doigts étaient gelés et je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir la chair de poule. J’avais, je l’avoue, peur de la fièvre. Maintenant, en ayant une femme médecin, je savais que la fièvre était synonyme d’infection… Et je savais que nous manquions de ce qui empêche la fièvre.
Nous avions tous frôlé la mort tout à l’heure. Et Katarina ne semblait toujours pas rassurée. Alors malgré la douleur, je l’ai serrée contre moi et j’ai lissé ses cheveux en essayant d’être le plus apaisant possible.

-J’ai eu peur aussi. Mais ce qui compte c’est qu’on est ensemble et qu’on va bien d’accord ? On a trois petites étoiles qui brillent et nous protègent au dessus de nos têtes. Tout ira bien d’accord ?

Je parlais bien sur de mes parents et de sa mère. Je savais que Katarina n’était pas croyante du tout, et que ma foi avait été un peu ébranlée, mais je croyais vraiment que nos parents là où ils étaient veillaient sur nous et faisaient leur maximum pour que les choses s’arrangent. Parce que même si nous traversions vraiment des choses horribles, nous nous en sortions toujours.
Je sentais pourtant que Katarina avait besoin de parler de ce qu’il s’était passé pendant que nous étions séparés tous les deux. Sinon je la connaissais, elle n’aurait pas engagé la conversation là-dessus, et elle serait restée à parler sur le bébé et son prénom.

-Katarina …qu’’est ce qu’il s’est passé là bas ?

Elle savait de quoi je parlais. Elle avait été prise au piège par Armando alors qu’elle avait Lena dans les bras. Je savais seulement que son père lui avait laissé la vie sauve, mais je ne savais que ça. Et j’avais besoin de savoir. Je savais que cela ne me ferait haïr que plus mon beau-père mais je n’avais pas le choix.
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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Ven 21 Jan - 13:49

Je me retins de pousser un soupir de soulagement. Ouf, il aimait le prénom que je lui proposais. Heureusement d'ailleurs, parce que j'étais à court d'idées de prénoms, à court d'idées de prénoms que j'aimais également... J'étais soulagée. La question semblait donc être réglée. Et le choix était bien évidemment définitif. Nous n'étions pas du genre à changer d'avis encore et encore. Et je savais qu'Ethan n'aimait pas changer d'avis à ce sujet pour une simple et bonne raison. Il aimait se projeter, et il aimait pouvoir s'adresser au bébé par son prénom. Ce que je comprenais, en un sens... Moi je ne savais pas vraiment comment j'allais faire, étant donné que je n'étais absolument pas certaine de porter une fille. Absolument pas certaine. Mai cela ne m'empêchait pas de laisser Ethan le penser. Si cela lui faisait plaisir de le penser et si il voulait parler au bébé en le considérant comme une fille, eh bien d'accord. Je n'étais pas si ennuyeuse. Si cela pouvait lui faire plaisir, c'était bien l'essentiel. Rien ne me faisait plaisir que de le voir poser sa tête sur mon ventre pour parler au bébé. Il avait toujours l'air tellement heureux quand il faisait ça. C'était dans ces rares moments qu'il avait l'air pleinement heureux, et surtout serein. Dans ces moments là, je sentais que c'était tout ce qui lui importait c'était le bébé et moi. En somme, notre famille. J'aimais le voir parfaitement heureux, sans cet éternel air inquiet ou préoccupé qu'il affichait d'ordinaire. Sinon, il n'y avait que quand il dormait qu'il avait l'air serein. Et encore, je savais que son sommeil ne valait plus grand chose. Il ne dormait que d'un œil. Au moindre bruit il se réveillait. Au moindre de mes mouvements il se réveillait. Je le savais parce que du coup, j'avais adopté le même rythme de sommeil, à peu de choses près. À ceci près qu'au contraire d'Ethan, je me réveillais plus quand il n'était pas là, où quand il ne me serrait pas assez fort dans ses bras. C'était un peu étrange. J'aimais me sentir tout à fait enlacée pour m'endormir. J'aimais qu'il cale sa tête au creux de mon épaule, qu'il entoure mes jambes des siennes et qu'il referme ses bras autour de moi. J'adorais cela parce que cela me faisais me sentir en sécurité. Bêtement, j'aimais aussi quand je m'endormais avant lui, ma tête contre sa poitrine tandis qu'il caressait mes cheveux pour m'apaiser et m'aider à m'endormir. Je remarquai seulement que j'avais adopté la même attitude pour endormir Lena quand elle était un peu nerveuse. Je la calai toujours contre ma poitrine, pour qu'elle entende les battements de mon coeur. Et je caressai ses cheveux, son dos tout doucement... J'avais agi par mimétisme sans m'en rendre compte.

J'affichai une grimace un peu boudeuse quand il me fait savoir qu'il n'avait pas vraiment écouté ce que je lui avais dit à propos d'un prénom de garçon. Pas étonnant, puisqu'il ne pensait pas voir un garçon pointer le bout de son nez un de ces jours. J'eus un petit sourire. Au moins il voulait bien m'écouter et se mettre d'accord sur un prénom masculin « au cas où ». Avant, il n'aurait même pas voulu en parler. L'air de rien, il évoluait, et moi je percevais tous ces petits changements, attentive à tout. Je connaissais Ethan tellement bien que le moindre petit changement me sautait aux yeux de façon immédiate. J'imagine que ce devait être la même chose pour lui. Il connaissait chacune de mes expressions, chacun de mes gestes... Nous nous connaissions par coeur. C'était ce que je trouvais fantastique dans notre couple, cette parfaite entente entre nous. Nous n'avions pas toujours besoin de mots. Sauf là. Mais là, cela ne me dérangeait absolument pas d'en utiliser. Cela ne me dérangeait pas non plus de répéter. Au contraire, en un sens, cela me faisait plaisir qu'il accepte d'y prêter attention. J'eus un petit soupir en remontant un peu ma main sur sa poitrine.

« Sasha. Si c'était un petit garçon, j'aimerais qu'il s'appelle Sasha. En russe, c'est le diminutif d'Alexander. Mais cela pourrait faire un joli prénom, tu ne crois pas ? Tu comprends bien que je ne choisis pas ce prénom à la légère... Qu'est-ce que tu en penses ? Tu serais d'accord ? Si par un miracle non expliqué, incroyable et terriblement surprenant ma machine à faire les filles produisait un garçon, tu serais d'accord ? »

Je lui jetai un petit regard, mi-sérieux, mi-amusé. J'essayais désespérément de lui faire comprendre qu'il y avait une toute petite possibilité... Dernière tentative. Après, nous verrions à l'accouchement. J'étais sûre que nous aurions une surprise ce jour là. Même si nous avions encore un peu de temps... J'eus un petit soupir tandis que je perdais mon sourire. Voilà, il était maintenant tant de parler de cette journée éprouvante. Nous avions eu tous peur. Il avait eu peur, j'avais eu peur, nous avions tous eu peur... Et il s'était passé certaines choses dont il fallait que nous parlions. Me mordant la lèvre, j'ai laissé Ethan me serrer contre lui. Je tentais de le repousser doucement, parce que je ne voulais pas exercer une pression inutile sur ses côtes. Mais de toute évidence, ce n'était pas à l'ordre du jour, il voulait jouer son rôle de mari protecteur et je n'allais pas l'en empêcher aujourd'hui.

« J'étais... J'étais en train de raconter une jolie histoire à Lena, comme tous les après-midi avant qu'elle ne s'endorme... Et là, il y a commencé à avoir des coups de feu, de l'agitation... »

Je secouai doucement la tête. J'eus soudainement envie de me lever et d'aller chercher Lena. Mais je me retins de justesse, me raisonnant en me disant qu'elle était en sécurité. En sécurité, tout était terminé, terminé, terminé...

« J'ai... J'ai pris l'arme que tu gardes dans la table de nuit, en sachant parfaitement que je ne parviendrais pas à m'en servir... Mais j'étais seule, avec Lena...Je me suis dit qu'il valait mieux que je ne reste pas dans notre chambre... J'avais peur, sans toi. Je voulais te retrouver à tout prix. J'avais peur, parce que pour la première fois de ma vie j'ai compris ce que tu ressentais, quand tu essaies de nous protéger. Tu as peur, mais tu sais que tu n'as pas le choix... Je devais protéger Lena. »

Le problème, c'était que je m'étais rendue compte que ce n'était absolument pas dans mes cordes de protéger qui que ce soit, même pas ma fille. Seule avec elle, j'avais tout de suite cédé à la panique. Je ne savais même pas pourquoi j'avais eu le réflexe de prendre l'arme d'Ethan. Parce que la seule chose que je savais faire c'était armer, désarmer, et tirer sans même viser. Je n'étais pas faite pour ce genre de choses. En tant que médecin, je n'avais jamais appris à me défendre. Puisque justement, j'arrivais toujours après la bataille. Et puis mon truc c'était de soigner les gens, pas de les blesser, aussi agressifs puissent-ils être. Voilà pourquoi j'avais paniqué. Je savais pertinemment que je ne pourrais rien faire si la situation tournait au drame. Je n'avais pas pu faire grand chose. À part immobiliser Armando et le mettre un peu plus en colère. Je n'étais pas assez forte pour faire face à ce genre de choses. Je n'étais pas faite pour faire face à la panique. Parce que je ne savais pas comment réagir. Ce qui était assez paradoxal, quand on y pense. Parce qu'en tant que médecin, que chirurgien, j'avais eu à faire face à de nombreuses situations urgentes. Mais je trouvais cela différent. À cette époque, ce n'était ni ma vie, et encore moins celle de ma fille qui était en jeu. C'était moi qui avais la vie des gens entre les mains. Tout avait été différent cette fois ci. Je m'étais retrouvée avec ma vie entre les mains de quelqu'un d'autre. Et je n'avais pas du tout aimé la sensation que cela faisait. Parce que de toute évidence, Armando n'avait pas eu dans l'idée de me sauver la vie. Au contraire même. Je pensais qu'il aurait bien aimé me l'arracher.

« Et puis je me suis retrouvée face à Armando... Heureusement, mon père est arrivé juste après... Enfin, heureusement, façon de parler... Au lieu de s'en débarrasser immédiatement, il l'a laissé parler, encore et encore et encore... Moi j'avais peur, Lena pleurait... Tout ce que je voulais c'était te retrouver. Armando lui a proposé de le rejoindre, pour retrouver leur vie d'avant. J'ai craqué, j'ai menacé Armando avec l'arme. Mais je tremblais tellement... »

Je me suis mordue la lèvre. Je me sentais trembler tout doucement, je sentais ma gorge se serrer.

« Là, je n'ai rien fait, j'ai laissé mon père me reprendre l'arme... Mais Armando continuait à parler, et je... je repensais à ce qu'il m'avait fait... A ce qu'il pourrait me faire... Je devenais complètement hystérique au fur et à mesure... »

Je pris une profonde inspiration.

« Et ils parlaient, j'avais l'impression d'être invisible... Et puis tout est allé très vite tout à coup. Ils se sont battus, Armando s'est retrouvé sans arme à la merci de mon père... Mais il n'a rien fait... Il n'a rien fait ! Je ne pensais rien faire non plus, trop impatiente à l'idée de te retrouver. Mais Armando a eu un dernier geste violent. Alors je lui ai tiré dessus... Dans le genou seulement... Seulement... »

Seulement. Brusquement, je me suis sentie coupable. Pourquoi l'avais-je laissé en vie ? Pourquoi ? Qu'est-ce qui m'avait vraiment empêchée de le tuer ? Je ne savais pas. Je ne savais pas. Il n'y avait aucun argument en sa faveur. Absolument aucun. Soudainement honteuse, je repoussai les bras d'Ethan autour de moi et je me redressai, avant de m'asseoir sur le bord du lit. Je pris une profonde inspiration, secouant doucement la tête et me passant une main dans les cheveux.

« J'aurais dû le tuer... J'aurais dû le tuer, Ethan, j'aurais dû... Mais je n'ai pas... J'ai... »

J'ai plaqué ma main sur ma bouche pour étouffer un sanglot qui me venait. Je me trouvais lâche, oubliant que ce n'était pas moi qui aurait dû tuer Armando, que ce n'était pas ma faute. Mais je m'en voulais tellement de ne pas avoir eu cette force. Je reprochais à Ethan de tuer, et je me reprochais à moi même de ne pas en avoir été capable. Je ne raisonnais même plus correctement. C'était tellement bête. Je ne savais pas pourquoi je pensais de telles choses. J'étais perdue, oui. Complètement perdue. Je ne savais plus ce qui était bien, ce qui était mal... Je ne savais plus rien du tout. De toute façon, rien n'était bien. Rien du tout. Rien n'allait jamais bien... Même un petit moment tranquille avec Ethan tournait au drame. Ce n'était pas normal. Une bonne nouvelle ne restait pas une bonne nouvelle très longtemps. Nous pensions toujours aux problèmes qui pourraient accompagner cette bonne nouvelle. Je savais qu'Ethan, même s'il était heureux, se posait déjà mille questions quant à ce nouveau bébé. Même notre famille était source de problème. Ce. N'était. Pas. Normal. J'étais là, à pleurer, à regretter... Alors que tout ce que je voulais c'était un peu de répit, un peu de bonheur. Et on ne me laissait pas cette chance. Ce n'était pas normal, et ce n'était pas juste.

« Je suis désolée... désolée... »

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Mar 25 Jan - 17:05

Les futilités que nous avions échangées avant n’étaient rien comparées à la conversation que nous allions commencer à avoir. J’avais beau avoir souri en lui disant « Oui mon ange. Bien sûr. Si par miracle c’était un petit garçon il s’appellerait Sasha Aaron Jones. Mais il faudrait vraiment un miracle parce que ce ne sera pas un petit garçon je le sais. » Et j’avais beau l’avoir embrassé tendrement dans le cou, ce qu’elle venait de commencer à me dire était quelque chose qui dépassait tout. J’étais inquiet et je me demandais ce qui avait pu se passer avant que je ne la retrouve.je la collais contre moi parce que j’avais besoin de sentir son parfum, de respirer son odeur, de me dire qu’elle était là entre mes bras. J’avais besoin de sentir qu’elle était en vie. Comme elle avant, j’avais besoin d’entendre les battements de son cœur, son souffle chaud dans mon cou.
Je sentais bien qu’elle essayait de mettre une certaine distance entre nous. Sans doute avait-elle peur que j’aie mal, mais je ne voulais pas la lâcher. Je ne voulais pas parce que ça aurait signifié que je ne voulais pas prendre soin d’elle. Elle avait eu peur je le savais, et je voulais qu’elle sente que j’étais là, et qu’elle pouvait compter sur moi.

J’ai eu un petit sourire de contentement quand j’ai senti qu’elle abandonnait l’idée. J’aimais que nous n’ayons pas besoin de mots pour nous dire à quel point nous avions besoin l’un de l’autre. Pour moi c’était ça le véritable amour. Je caressais ses hanches pendant qu’elle me racontait tout ce qu’il s’était passé. J’étais suspendu à ses lèvres et j’écoutais religieusement ce qu’elle avait à me dire. Je savais que ça lui ferait du bien d’en parler et qu’elle réussirait ainsi à évacuer ce qu’elle avait enfoui. Elle ne voulait sans doute pas en parler aux autres, mais à moi elle pouvait tout dire. Elle ne pouvait pas me cacher qu’elle avait eu peur. Et puis je connaissais chaque intonation de sa voix, je savais décrypter chaque silence.

Elle avait Lena dans les bras quand les coups de feu avaient commencé à pleuvoir. Ca voulait dire que Lena avait ressenti la peur sa maman. Oh mon dieu…Mon pauvre bébé, ma princesse…Katarina ne me disait pas que Lena avait eu peur. Mais je le savais. Lena avait du ressentir la peur de sa maman, c’était une véritable éponge. Il lui arrivait de pleurer quand elle sentait qu’on était malheureux pour n’importe quelle raison. Elle était étonnante. J’espérais vraiment que quand elle serait plus grande, elle ne se rappellerait de cette après midi là. Je voulais faire de sa vie un véritable conte de fées. Et pour le moment c’était tout le contraire. Je savais que je n’étais pas coupable mais je ne pouvais jamais me raisonner et je me sentais toujours coupable. Ce sentiment m’accompagnait toujours. Mais pour le moment, j’écoutais Katarina me raconter tout en détail. Je ne pouvais rien faire d’autre que de la serrer contre moi et de lui montrer que j’étais là. J’étais vraiment désolé de ne pas avoir été là pour éviter tout ça.

Ce qui me fit sursauter c’est quand elle m’a avoué avoir pensé à prendre l’arme que je cachais dans la table de chevet et qu’elle s’en était servie. Elle avait pourtant toujours désapprouvé mon idée de garder une arme dans notre chambre et là elle avait l’air de bénir ce qu’elle avait qualifié à l’époque d’inconscience et de paranoïa de ma part. Et j’étais étonné qu’elle dise qu’elle comprenait enfin ce que je faisais. Bien sûr j’étais content qu’elle se rende compte de ce que j’éprouvais et qu’elle y adhère mais je n’aimais pas ça au fond. J’avais l’impression de leur avoir arraché leur innocence a toutes les deux. Katarina avait beau avoir bientôt 26 ans, pour moi elle était pure et innocente. C’était un ange…

Le plus dur c’était d’entendre la suite. L’arrivée d’Armando Venezzio, le père de Vitali, puis celle de son père. Et toute la scène qu’elle me racontait en détails. Je sentais non plus sa colère, mais sa peur, son impuissance, son sentiment d’injustice. C’était comme si j’y étais moi-même et ca me rendait complètement fou.
Je refermais un peu plus fort ses bras sur elle parce que je la sentais trembler et j’avais vraiment peur qu’elle ne fasse une crise de nerfs dans mes bras. J’étais tellement fier d’elle. Elle revivait à nouveau les événements qui auraient pu être tragiques si elle n’avait rien fait et pourtant elle avait ce courage de tout me raconter. Et elle ne m’épargnait rien. La colère s’emparait peu à peu de moi, et je devenais fou.

Alexeï n’avait rien fait. Il avait même parlé avec cet enfoiré. Ils avaient parlé bordel !!! Il l’avait laissé parler alors qu’il se devait, en tant que père et grand père, de les défendre et de venger leur honneur. J’en venais même à croire qu’il aurait tendu l’arme à son ancien associé pour tuer sa fille et sa petite fille si l’autre le lui avait demandé. L’opinion que j’avais de mon beau père ne faisait que se renforcer. C’était une ordure, juste une ordure. Il ne méritait pas de fréquenter mes petites femmes, il ne méritait même pas de vivre. Et j’avais vraiment envie d’aller le tuer de mes propres mains. Il n’avait rien fait !!!

Mon étreinte perdait peu à peu de sa vigueur au fur et à mesure où je laissais la colère et la haine m’envahir. Je ne sais pas si Katarina l’avait senti mais elle m’a repoussé et je l’ai laissé faire. Je l’ai simplement regardé alors que je la sentais de plus en plus prés du précipice. Ce qui me surprenait et me faisait peur c’était qu’elle ne pleurait pas. Aucune larme, ne coulait le long de ses joues. Elle était choquée. Choquée de ce qu’il s’était passé. Et maintenant qu’elle me disait qu’elle s’en voulait de ne pas l’avoir tué, je sentais que les choses allaient rapidement évoluer vers une véritable crise de nerfs. Crise que je devais vraiment à tout prix éviter. Mais je ne savais pas comment faire. Je n’étais décidément pas vraiment doué pour rassurer ma femme.

Je restais les bras ballants à la laisser pleurer pendant une minute ou deux. Elle s’en voulait, elle me faisait des excuses. Et je ne pouvais que me sentir désarmé. Jusqu'à ce que mon instinct de protection ne semble se réveiller. Je la ramenais vers moi et la berçait.

-Chut...Mon ange…chut…C’est fini, c’est fini. Je suis là, c’est fini !

Je laissais la crise passer pendant plus de cinq minutes en caressant son dos comme je l’aurais fait avec Lena. Je ne m’en rendais même pas compte parce que ca me semblait tout naturel. Et puis quand j’ai senti qu’elle ne pleurerait plus parce qu’elle avait peut être versé toutes les larmes de son corps, la réalité de son récit est réapparu. J’avais fait tiare pendant quelques minutes ma propre souffrance pour ne m’occuper que d’elle et de lui apporter le réconfort nécessaire. Mais maintenant il fallait qu’on reparle de certaines choses. Et ce qui m’importait sans doute le plus.

-Il t’a fait du mal ? Il a essayé de s’en prendre à toi ou à Lena ?

Il les avait déjà menacés par le passé, alors il avait sans doute essayé. J’essayais de ne pas laisser des images désagréables flotter devant mes yeux mais j’avais du mal. J’avais l’impression que Katarina était ailleurs et qu’elle ne m’écoutait plus. Elle semblait presque sans vie dans mes bras. Je sentais qu’elle était à bout de forces. J’étais prêt à m’occuper de tout si elle avait besoin de repos. J’irais chercher Lena et je m’occuperais d’elle, le temps que Katarina s’endorme et se repose. Elle en avait bien besoin selon moi ; Elle était enceinte de presque quatre mois et des choses comme ça n’auraient même pas du se produire. Elle pouvait à nouveau perdre le bébé. Leur santé à tous les deux était fragile je le savais. Et ca n’arrangerait rien. Je n’osais même pas coller ma tête contre son ventre, je ne savais de toute façon pas ce que j’en aurais tiré.

-Katarina ?

Elle ne réagissait pas alors je l’ai allongée, et j’ai remonté la couverture sur elle. Je l’ai bordée pendant une minute avant de déposer un baiser sur son front et de laisser ma main vagabonder sur sa joue. Je savais maintenant que nous avions tourné la page de quelque chose. La réaction de son père se passait de commentaires. Il ne l’avait pas protégée….il avait laissé filer même celui qui aurait pu les tuer.

-A partir de maintenant, Lena n’a plus de grands-parents. Et tu n’as plus de père. Il n’est plus rien…c’est terminé !

Je savais que c’était violent comme affirmation et qu’elle m’en voudrait surement, mais je ne voyais pas d’autres solutions. Il fallait admettre qu’on ne pouvait pas faire confiance à Alexeï Kuryenko. Il avait eu la possibilité de me faire changer d’avis, et il avait tout raté. Alors je décidais qu’a partir de maintenant, nous ne serions plus que tous les quatre. Et notre famille serait celle que nous nous étions construites ici. Je me doutais que Katarina ne supporterait pas de dire une telle chose à son père. Même si je ne comprenais pas vraiment pourquoi … alors je m’en occuperais moi-même. Et très rapidement, c’était clair dans mon esprit. Je ne lui laisserais pas le temps d’essayer de se racheter.

-…Et j’irais lui dire moi-même !
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Let me heal you { ETHAN }   Mer 26 Jan - 19:24

Tout allait recommencer. Les tensions allaient de nouveau s'accumuler, les disputes auraient lieu de plus en plus souvent, la nervosité allait monter en flèche. La peur nous rendrait dingues, nous ferait faire des erreurs. C'était épuisant, de vivre dans un tel climat. Surtout lorsque l'on n'est pas seul, surtout lorsque l'on a des personnes à surveiller, à protéger... Je n'étais jamais tranquille. Avant, je l'étais. Avant, je ne m'inquiétais pas autant. Parce qu'avant il n'y avait que moi et Ethan, pas de petite Lena à protéger. Je savais qu'Ethan était assez grand pour se débrouiller, et quant à moi je m'étais toujours sortie des situations délicates. Après la naissance de Lena, je m'étais de plus en plus inquiétée, à propos de tout et de rien. Aurions nous suffisamment de vêtements pour elle ? La température relativement basse dans les sous-sols n'était-elle pas dangereuse pour un nourrisson ? Est-ce qu'elle serait en sécurité ici ? J'avais commencé à me poser un tas de questions, en bonne mère inquiète que j'étais devenue. Et ne réponse s'imposait : non. Non, il ne faisait pas assez chaud ici pour un bébé, alors je me voyais obligée de l'habiller très chaudement en permanence. S'il m'arrivait de grelotter de temps en temps, hors de question que cela arrive à mon bébé. Encore que quand j'avais froid, Ethan trouvait toujours le moyen de me faire enfiler son pull, prétextant qu'il n'en avait pas besoin, qu'il avait assez chaud comme cela. Ce genre de petits "mensonges" étaient courant dans la Communauté. Chacun tentait de rassurer les autres en mentant, en cachant ses difficultés. Ce n'étaient même pas des mensonges conscients. Nous nous mentions pour tenir le coup. C'était presque devenu une habitude de dire « je vais bien », quand tout ce qu'on voudrait faire c'est hurler et pleurer. Personne ne se donnait le droit de se plaindre. Parce que nous étions en vie et c'était tout ce qui était censé compter aujourd'hui. Censé compter...

Non. Non, Lena n'était pas en sécurité ici. Malgré tout ce que nous avions pu croire, elle était peut-être plus en danger ici que nulle part ailleurs. Tout un tas de preuves prouvaient qu'elle n'était pas en sécurité. Premièrement, une galerie s'était effondrée, manquant de la priver de sa maman. Si elle n'était pas née un peu en avance, cet accident nous aurait tuées toutes les deux. Ensuite, sa maman avait été enlevée. Chaque jour, je me disais que j'avais eu de la chance. De la chance, parce qu'avant de descendre à la réserve, j'avais pensé à l'amener à Ethan, me disant qu'il voudrait certainement profiter un peu d'elle tout en faisant sa paperasse. Si elle avait été avec moi ce jour là... Je ne voulais même pas penser aux conséquences, elles auraient été trop désastreuses. Pour finir, elle s'était retrouvée dans mes bras, à deux pas d'Armando, qui avait juré de la tuer si jamais je ne lui donnais pas d'informations sur la Communauté. Ce que je n'avais pas fait, pensant ne jamais revoir ma fille. Je ne regrettais pas d'avoir tenu le coup, mais je me rendais maintenant compte de ce que cela pouvait impliquer. Encore une fois, nous avions eu de la chance. Simplement de la chance. Et cela commençait à faire beaucoup de chance, simplement pour deux personnes. Chance ou hasard, je me disais que la roue finirait bien par tourner, et que ce jour là, les choses risquaient d'être dramatiques. Je ne savais même pas comment je pourrais encore dormir la nuit. Peut-être que la seule chose qui me permettait de dormir, c'était Ethan. Un insomniaque c'est déjà trop dans un seul couple. Et puis enceinte, je ne pouvais pas me permettre de ne pas faire attention à ma santé. J'avais déjà failli perdre le bébé, je n'oubliais pas que cela pouvait arriver pour de bon. Et cela me faisait peur. Maintenant que j'avais passé le stade des trois mois, cela me faisait peur. Une fausse couche tardive serait la goutte d'eau qui ferait déborder le vase. Ce serait une épreuve qui me tuerait à coup sûr. Je ne voulais même pas y penser. Sauf que j'étais obligée d'y penser, justement pour l'éviter.

J'eus un petit sursaut quand je sentis les bras d'Ethan se refermer autour de moi. Je le laissai me bercer en me rassurant doucement. J'avais envie de lui dire qu'il avait tort. Non, tout n'était pas fini, rien n'était fini... Rien ne serait jamais complètement fini. J'ai dû pleurer pendant cinq bonnes minutes, le temps de tout évacuer. Encore une fois. J'aurais cru que hurler sur Ethan et m'effondrer sous la douche m'aurait suffi, mais apparemment non. Je n'aurais jamais cru qu'un être humain pouvait pleurer autant. En fac de médecine, on nous apprenait combien de litres de sang contenait le corps humain, mais pas combien de litres de larmes. Parce que les réserves semblaient être intarissables. J'ai bien entendu la question d'Ethan, mais j'ai été incapable d'y répondre. J'ai ouvert la bouche, mais je suis restée comme muette. Est-ce qu'Armando nous avait fait du mal ? Je ne savais pas quoi répondre. Je ne pouvais pas répondre oui, mais je ne pouvais pas répondre non non plus. Physiquement, nous allions bien, il ne nous avait pas touchées. Ni moi ni Lena ne souffrions d'aucune blessure physique. Mais psychologiquement, me concernant, c'était autre chose. J'avais vu défiler devant mes yeux les images de mon enlèvement, de façon très nette, trop nette. J'aurais aimé que mes souvenirs ne soient pas si clairs. Malheureusement, ils l'étaient. Je n'avais rien oublié du tout, contrairement à ce que je pensais. J'allais de nouveau devoir me battre contre ces souvenirs insupportables, en y ajoutant de nouveaux. J'allais recommencer à pleurer n'importe quand, j'allais recommencer à faire des cauchemars où je me réveillerais en hurlant. Cela me faisait peur. Je ne voulais pas revivre cela. Cela me faisait peur, parce que cela détruisait celle que j'étais. J'avais peur.

Littéralement tétanisée par ce que je venais d'apprendre, je n'opposai aucune résistance lorsque je sentais qu'Ethan me repoussait lentement sur le lit. J'eus un faible sourire lorsqu'il remonta la couverture sur moi. Il était toujours tellement attentionné. Je me demandais comment mon père pouvait avoir une telle mauvaise image de lui. Il ne l'avait jamais vu se comporter avec moi, de toute évidence. Et c'était regrettable. Si ça avait été le cas, il aurait peut-être pu comprendre pourquoi je l'aimais tant. Pour le moment, il devait simplement se dire que j'étais tombée amoureuse d'une brute sans coeur. Tout comme Ethan devait certainement se dire que j'avais été élevée par un lâche sans coeur... Ethan me regardait avec tendresse, aussi m'attendais-je à ce qu'il qu'il m'embrasse sur le front avant de me dire de me reposer, comme il le faisait généralement quand j'étais nerveuse ou épuisée. Voilà pourquoi je suis restée stupéfaite, bouche grande ouverte, quand il m'a annoncé furieusement qu'il rayait mon père de ma vie, de celle de Lena, de celle de notre famille. L'expression de son visage avait radicalement changé, il avait l'air complètement furieux. Désemparée, je l'ai repoussé, me redressant. J'ai passé mes bras autour de mes genoux, me demandant presque si je n'avais pas rêvé ce qu'il venait de me dire. Je lui ai lancé un regard à la fois désespéré et désemparé. Je ne savais même pas quoi lui répondre. Je ne savais pas s'il y avait quelque chose à répondre. J'ai soupiré, et j'ai littéralement dit ce qui me passait par la tête.

« J'ai l'impression que le cercle de personne autour de moi se réduit de plus en plus, j'ai l'impression de pouvoir voir de moins en moins de personnes, de moins en moins souvent... Mes visites sont triées, choisies, surveillées, comme celles d'une prisonnière. On choisit pour moi mes fréquentations... C'est insupportable. »

Il ne s'agissait pas que d'Ethan, qui voulait à tout prix éjecter mon père de notre famille. Il s'agissait d'absolument tout le monde. Tous mes proches, en cherchant à me protéger, m'étouffaient invariablement. Ethan le faisait, Alexander le faisait, Aaron le faisait, mon père le faisait... Etc. C'était à croire qu'ils me considéraient comme incapables de voir ce qui était bon pour moi ou non. Et le pire dans tout cela, c'est que je les écoutais. Pour ne vexer ou ne blesser personne , mis à part moi même, je les écoutais, les laissant me dicter ma conduite plus ou moins. Je ne comprenais même pas moi même pourquoi j'acceptais cela. Peut-être parce que j'aimais trop ces personnes... Là par exemple, je me voyais très mal dire « non » à Ethan. J'aurais pu, mais je ne l'envisageais même pas. Je ne voulais pas me disputer avec lui, encore. Car mon père faisait définitivement partie des sujets pour lesquels nous nous disputions. Je ne voulais vraiment pas me disputer avec lui. Et pourtant...

« Je vie dans une bulle qui diminue de jour en jour, et j'ai la sensation que bientôt je ne pourrais même plus y respirer. »

Je secouai légèrement la tête, avant de me passer une main dans les cheveux.

« Est-ce que tu es obligé de prendre une solution radicale si vite ? Est-ce qu'on ne pourrait pas parler de tout cela plus tard ? Je ne veux pas me disputer avec toi. Vraiment pas. Alors ne parlons pas de mon père. S'il te plait, Ethan. S'il te plait. Tu pourras le massacrer demain si tu veux, mais pas maintenant. S'il te plait. »

Je le connaissais assez bien pour savoir que si je ne lui disais rien, il allait continuer à déverser toute sa haine pour mon père et ce n'était définitivement pas une chose que j'avais envie d'entendre maintenant. Voyant son air décomposé, je me décalai légèrement vers lui. J'ai passé un bras autour de son épaule, pour l'attirer à moi de façon possessive.

« Je t'aime, tu le sais n'est-ce pas ? »

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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