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 I wanna see another dawn [TERMINE]

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Ethan Jones
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Date d'inscription : 03/01/2010
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MessageSujet: I wanna see another dawn [TERMINE]   Ven 14 Jan - 13:04

Comme je l’avais prévu, Alexander n’avait pas tardé après les attaques des Hors-la-loi commandés par Armando Venezzio à venir me voir dans notre chambre pour me demander de le rejoindre dans son bureau. J’avais donc laissé Katarina avec Lena que j’étais allée rechercher pour la confier à sa maman. Et après une étreinte amoureuse, je l’avais laissée pendant des heures. Nous avions fait le débriefing seuls. Je lui avais raconté ce que nous avions vécu et comment Aaron avait été blessé, et je lui avais confié mon sentiment de culpabilité parce qu’il avait cherché à me protéger. Mais Alexander n’avait rien dit, se contentant de me tapoter l’épaule.

Et puis nous avions fait le bilan des pertes. Il y avait neuf blessés dont deux graves : Aaron et Nick. Mais le plus dur c’est que six personnes avaient été tuées. Une mère de famille, un enfant de six ans, deux gardes, un homme d’une cinquantaine d’années arrivées pendant que j’étais en quarantaine dans ma chambre et une amie de Cassandre, la petite-amie de Riley. C’était vraiment difficile à vivre, et à admettre. Notre système de sécurité, qui nous semblait au point, n’avait pas suffit. Alexander avait du se rendre à l’évidence : il y avait une taupe ici. Nous ne pouvions pas rester ici plus longtemps. C’est là qu’il m’avait reparlé de l’endroit que j’avais trouvé il y a de ça prés d’un an : un quartier résidentiel d’une trentaine de maisons encore debout. Il voulait qu’on aille voir ensemble les lieux. Bien sûr j’étais d’accord…

J’avoue que l’espace d’une minute je m’étais dit que je laissais ma femme enceinte et ma fille de même pas six mois, mais après j’avais réfléchi à l’après. Si je devais faire ce sacrifice pour les amener dans un endroit sûr et loin de ce New York des plus dangereux, je devais prendre le risque. Bien sûr j’aurais peur à chaque instant, mais je le ferais pour nous assurer un avenir et lui offrir la vie dont elle rêvait pour nous : une vie à l’air libre et avec plus d’intimité. Et puis, j’avais rapidement compris à la détermination d’Alexander que c’était la seule solution. Il m’avait demandé de lui reparler de ce quartier, et nous avions passé prés de trois heures à mettre en place une future nouvelle organisation sommaire et que nous avions fait le tour de ce qu’il nous faudrait pour partir, et des personnes qu’on chargerait de surveiller la communauté. Alexander semblait souhaiter que nous ne partions pas seuls. Et j’avoue que j’étais du même avis. Sauf qu’Aaron était hors course …Liam était toujours dans un état inqualifiable…et on voulait laisser les rennes à Matthew en qui nous avions confiance. Alexander a proposé Riley et j’ai refusé au départ de l’impliquer, mais quand Alexander m’a parlé de ses capacités, je me suis laissé convaincre. Riley serait de la partie. Restait maintenant à l’annoncer à nos épouses.

Je savais qu’Alexander avait peur qu’Aristide profite de cette absence pour se rapprocher de Gabrielle, mais nous n’avions pas le choix. Nous étions tous les deux nerveux de partir, mais nous savions que nous n’avions pas le choix. Nous avions fait appeler Riley pour lui exposer la situation et bizarrement il avait l’air impatient…j’avais vraiment l’impression d’avoir une autre personne en face de moi…mais je préférais ne rien dire.

Six heures après, nous avions mis en place tous les détails comme deux militaires qui partent en mission, et il nous fallait rassembler notre courage pour faire part de notre décision à Gabrielle, Katarina et Cassandre. Je ne sais pas comment Cassandre et Gabrielle ont pris la nouvelle parce qu’une fois dehors nous avons occulté ça afin d’avancer et d’être le plus professionnels et attentifs possibles, mais Katarina l’a très mal pris. Au début, elle s’est mise à crier avant que je ne plaque ma main sur sa bouche. Personne ne devait savoir. Je lui ai expliqué à voix basse qu’il y avait une taupe et que personne ne devait savoir que nous étions partis loin d’ici et pourquoi nous l’avions fait. Elle a pleuré et j’ai passé plus d’une heure à la calmer, et à lui faire comprendre que je devais le faire. J’ai eu du mal à ne pas céder à ses suppliques mais je suis resté fort et je n’ai pas cédé. Je n’ai pas dormi de la nuit, trop occupé à regarder Lena dormir, et à caresser doucement Katarina en me retenant de pleurer avec elle. Elle avait fini par accepter que c’était la meilleure solution, mais je pouvais comprendre sa peur. Et aussi étrange que cela pouvait paraitre, je savais que son père était là et qu’il la protégerait.

Au milieu de la nuit, Alexander frappa à ma porte. Il était convenu que nous partions avant que tout le monde ne se réveille. Nous nous sommes habillés, revêtant des gilets pare balle, et prenant tout ce dont nous avions besoin : un minimum de vivres et un maximum d’armes. Et puis après un dernier baiser à Katarina et Lena, je suis parti le cœur gros, ne sachant pas si j’allais les revoir…C’était certainement ça le plus dur.

Matthew a refermé la porte derrière nous et nous nous sommes faufilés dans l’aube new yorkaise pour gagner au plus vite le nord de la ville et rejoindre ce qui serait sans doute bientôt notre futur domicile : Elizabethtown. C’était là bas, à quarante kilomètres que nous allions. Je ne sais pas si les Dieux s’étaient penchés sur nous, mais le premier jour nous tombâmes sur une camionnette aux abords de Fort Tyron Park. Nous ne savions pas si nous réussirions à faire le trajet jusqu’à Elizabethtown, mais plus loin nous irions mieux ce serait. Et si ça pouvait être un moyen rapide d’atteindre notre destination, nous n’allions tout de même pas cracher dessus.
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MessageSujet: Re: I wanna see another dawn [TERMINE]   Ven 21 Jan - 17:58

Nous devions agir. Notre refuge n'en était plus un et qui pouvait savoir ce qui risquait de se produire à l'avenir? Nous avions gagné une bataille, mais pas la guerre et je n'étais pas prêt à m'entêter et à écouter ma fierté. Rester là, c'était montrer que nous n'avions pas peur, mais aussi s'exposer à une attaque plus violente. J'étais un soldat, je n'aimais pas déserter, mais là, je ne commandais pas des guerriers, mais des réfugiés. Je ne pouvais risquer leurs vies. Pas ainsi. Il y avait déjà eu trop de morts et de blessés, chacun pesant lourdement sur ma conscience. Je ne pouvais m'effondrer, et Gabrielle était la seule à accueillir mes doutes et mes tourments. Nos relations étaient de nouveau normales. Même si je continuais de craindre Aristide. J'avais eu peur de la perdre, peur de perdre ma fille, mes amis. Aaron était dans un état critique.

Alors j'avais décidé de parler avec Ethan. Je savais qu'il avait trouvé une ville, à plusieurs kilomètres. Je n'y avais pas prêté attention à l'époque. Il n'y avait pas de raisons de déménager. Mais c'était aujourd'hui une priorité. Et il fallait le faire dans les meilleurs délais. Le bilan des pertes était trop lourd, le danger trop présent. Nous ne vivrions bien qu'ailleurs. Loin de ce refuge qui n'était qu'un charnier désormais. J'avais réussi à convaincre Ethan de venir en mission de reconnaissance avec moi. Je le savais réticent à l'idée de laisser Katarina et Lena. Je lui laissai le temps de le leur annoncer.

Pour ma part, j'avais peur de laisser Gabrielle seule avec Aristide. Même s'ils ne se côtoyaient pas, même si Aristide était avec sa femme, j'avais cette peur irrationnelles qu'ils profitent d'une baisse de ma vigilance pour renouer. Non, je n'avais pas confiance en ma femme. Et je savais que j'aurais du mal à lui faire confiance à nouveau. Mais je devais partir moi-même en reconnaissance. Avec Ethan. Et Riley. Je faisais confiance au jeune homme et il m'avait prouvé qu'il en était digne. Nous avions réglé rapidement les détails avec Ethan. Nous étions désireux d'aller vite et avions les mêmes objectifs et idées.

Et nous sommes partis. Au beau milieu de la nuit. En secret. Seuls nous et nos moitiés étions au courant de cela Pour limiter les risques que cela soit découvert par nos ennemis. Il y avait un traître parmi nous. La question était de savoir comment nous allions faire pour le démasquer avant de partir ailleurs et éviter qu'on ne nous retrouve. Mais nous n'y étions encore pas.

Tous les trois, nous partîmes. Armés jusqu'aux dents. Peut-être ne reviendrions-nous pas, on ne pouvait pas en jurer. Mais je m'étais promis de tout faire pour les protéger. Ils devaient revenir, pour leurs moitiés, pour les enfants... Moi de même.

La chance fut avec nous et nous trouvâmes une camionnette, ce qui allait nous faire gagner du temps. Je laissais l'un des deux autres conduire, préférant me réserver le rôle de protecteur. J'étais le plus doué au tir et je serais le plus apte à détecter le danger et y parer. Ce n'était pas rassurant, certes, mais c'était la dure réalité. Nous étions silencieux, comme des ombres ou comme des hommes qui savent que leur vie ne tient qu'à un fil.
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MessageSujet: Re: I wanna see another dawn [TERMINE]   Sam 22 Jan - 11:32

Partir. Loin d'ici. Vite. Rapidement. C'était l'idée du jour, de la semaine, du mois, de l'année. Partir, quitter cet endroit pourri avant que les Hors La Loi ne viennent nous tirer comme des lapins terrés au fond de leur trou. Ce n'était pas étonnant que nous soyons à la recherche d'un nouvelle endroit où aller. Ce qui était étonnant, c'était que je sois impliqué dans cette recherche. J'avais été le premier surpris quand Alexander m'avait demandé des les accompagner, Ethan et lui, dans une espèce de mission de reconnaissance. Il fallait que nous allions vérifier si la ville d'à côté pouvait nous accueillir, comme Ethan semblait le penser. Au début, j'avais hésité. Non pas que je sois effrayé à l'idée de passer des jours entiers avec eux. Ce qui me faisait hésiter, c'était Cassandre. Après cet épisode elle était tout de même légèrement traumatisée ( et je pesais mes mots ), et j'avais l'impression que la dernière chose qu'elle voulait, c'était se retrouver toute seule. Bon, d'accord, elle ne serait pas tout à fait seule, il y avait Isaac... Mais Aaron était dans un état lamentable et je la savais inquiète à ce sujet. Ce n'était peut-être pas pour moi le moment de partir faire une promenade de santé. Mais qu'est-ce qui valait le mieux ? Que je reste ici à ne rien faire, comme je l'avais très ( trop ) souvent fait ou que je cherche comment nous tirer de là ? J'avais presque trente ans, il était tant que je prenne les choses en mains, et que je commence par prendre mes responsabilités. Seulement je me demandais bien quelles étaient mes priorités, du coup. Quand Cassandre me regardait de son regard triste, je ne me voyais pas lui dire que j'allais l'abandonner pendant plusieurs jours. Sans parler des risques. Si je disais un mot de trop, c'était fini, elle fondrait en larmes et me supplierait de ne pas partir. Et maintenant, je ne pouvais plus m'énerver ou jouer le mec fort, qui se fiche des larmes et des suppliques. J'étais devenu une petite chose sensible, et franchement je n'aimais pas ça. Du tout. Mais c'était la partie désagréable de la chose. Et cette partie désagréable ne valait rien par rapport à la partie agréable. Le jeu en valait nettement la chandelle.

J'ai mis plusieurs heures à me décider tellement j'étais partagé. Mais j'ai fini par me dire que je pouvais le faire, que je devais le faire. Après tout, c'était le même déchirement pour Ethan et Alexander. Ils laissaient là leurs femmes et leurs enfants. Et en plus, Katarina était enceinte, et Gabrielle libre de fricoter avec Aristide pendant l'absence de son mari... Je n'étais peut-être pas le plus à plaindre finalement. Mais ce n'est pas ce que je me suis dit quand j'ai annoncé à Cassandre mon départ. Effet immédiat : elle a fondu en larmes. J'étais tellement peu habitué à ça que pendant une minute je suis restée là à la regarder comme un abruti sans savoir quoi faire. J'ai fini par la prendre dans mes bras, mais cela ne m'a pas vraiment aidé au final. Elle s'est accrochée à moi en me suppliant de ne pas partir, parce qu'elle avait peur. Évidemment qu'elle avait peur. Moi non plus je n'étais pas très rassuré. Surtout parce que je savais que j'allais devoir la laisser ici, sans une bonne protection. Son protecteur attitré était à moitié dans le coma, et il y avait de nombreux blessés, des morts... Ce n'était pas rassurant, mais nous ne pouvions par partir plus tard. En partant juste après l'attaque, nous avions la garantie que les Hors La Loi ne frapperaient pas de si tôt, puisqu'ils avaient subi plus de pertes que nous. Enfin, je me disais surtout ça pour me rassurer moi. Si je me mettais à penser aux risques, je ne bougerais pas d'ici. La lâcher fut difficile, elle s'accrochait à moi en pleurant. Heureusement, je n'eus pas à l'abandonner directement après cette annonce. Il était prévu que nous partions dans la nuit, alors nous avons eu le temps de discuter, de s'embrasser, avant qu'Alexander et Ethan ne viennent me chercher. Je l'embrassai encore une fois avant de la quitter, la mort dans l'âme. Les têtes de mes deux nouveaux amis ne valaient pas mieux que la mienne.

Nous étions armés jusqu'aux dents et nous faisions de véritables tête d'enterrement quand nous sortîmes de la communauté. Plusieurs fois, j'eus envie de faire demi tour, mais je me retins. Il était clair qu'ils en avaient tous les deux envie également, mais ils se retenaient. Nous allions donc à Elizabethtown, une « petite » ville située à une quarantaine de kilomètres de New York. J'avais un mauvais pressentiment, mais je n'arrivais pas à mettre le doigt sur ce qui me dérangeait... Nous étions tous les trois silencieux tandis que nous marchions. Évidemment, il avait neigé, et nous étions gelés jusqu'à la moelle. Heureusement pour nous, nous avons trouvé une camionnette le premier jour. Et elle était en état de marche, ce qui était plus miraculeux. En revanche, nous ne savions pas vraiment jusqu'où elle pourrait nous conduire. Mais le plus loin ce serait, le mieux ce serait. J'avais remarqué Ethan grimacer plusieurs fois tandis que nous marchions. Il me semblait avoir entendu Alexander parler de côtes cassées ou de je ne sais quoi d'autre. Toujours est-il que c'était quelque chose qui devait faire un mal de chien. Je m'étais porté volontaire pour conduire, me voyant mal attendre bêtement les bras croisés au milieu d'Alexander qui jouait le sniper et Ethan qui, fidèle à lui même, n'affichait pas l'ombre d'un sourire. On aurait dit que nous nous rendions à notre propre enterrement. Je n'avais pas conduit depuis deux ans, mais c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas. Et puis cela m'occupait, puisque personne ne parlait. L'atmosphère commençait à devenir pesante, dans tous les sens du terme. Je contrôlais régulièrement le niveau d'essence, et apparemment nous en aurions assez pour arriver jusqu'à la ville. Pour le retour, cela risquait malheureusement d'être une autre histoire, sauf si nous trouvions de l'essence là bas. Sait-on jamais, un miracle était toujours possible... Au bout d'un moment, je finis par soupirer.

« Est-ce que l'un d'entre vous compte dire un moment avant que nous arrivions, ou je peux commencer à monologuer ? »

Je leur jetai un regard légèrement blasé, avant de lever les yeux au ciel. Génial. Quand j'étais seul avec l'un ou avec l'autre, j'avais le droit à des confessions et des révélations, et là, rien, que dalle ! Je voulais bien croire qu'ils étaient nerveux, mais rester muets comme des tombes n'aidait en rien à soulager notre stress, au contraire. Entre Ethan qui gardait les bras croisés et qui regardait droit devant lui et Alexander qui qui guettait le moindre mouvement avec une allure de tueur, l'ambiance était littéralement mortel. Je me sentais comme le joyeux luron de l'histoire, alors que j'étais loin d'être de meilleure humeur qu'eux. Simplement, j'essayais d'éviter de nous rendre encore plus malades et mort d'inquiétudes pour nos femmes laissées derrière nous. Oui, nous avions tous des raisons de nous inquiéter. Mais ruminer chacun dans notre coin ne nous aiderait certainement pas à avancer dans notre mission. Nous étions censés aller voir si cette ville pouvait nous accueillir. Mais je me posais tout un tas de questions. Est-ce qu'il y aurait assez de place pour tout le monde ? Est-ce que nous pourrions déménager en toute sécurité, avec les femmes et les enfants ? Est-ce que nous aurions de quoi survivre là bas ? Est-ce que, est-ce que, est-ce que... J'ai fini par craquer.

« Bon, écoutez, je sais que vous êtes inquiets tous les deux. Je sais que tu t'inquiète pour ta femme et ta fille, Ethan, parce qu'elles n'ont que ton débile de beau-père pour veiller sur elle. Et toi, Alex, je sais que tu es nerveux à l'idée que ta femme recroise l'autre salade grecque. Moi, je suis amoureux, et ça, ça craint, vraiment ! »

Je soupirai en secouant la tête.

« Mais franchement, si vous voulez que nous passions les prochains jours ensemble, autant se parler, non ? De toute façon, ce n'est pas en nous inquiétant pour elles que ça va changer quelque chose. Et je déteste les silences de mort, alors si vous ne voulez pas m'entendre parler comme un abruti pendant des heures, autant lancer une conversation avant que vous n'ayez envie de m'étrangler. »

Bon, au moins, ça c'était dit, libre à eux de me coller une paire de claques maintenant. Ce qui n'aurait certainement pas été une bonne idée étant donné que c'était moi qui conduisait. Je fus un peu étonné quand nous sortîmes enfin de la ville. Cela faisait un drôle d'effet. Tout semblait être redevenu sauvage, malgré les routes et les restes d'immeubles. Mais cela semblait moins apocalyptique au fur et à mesure que nous nous éloignions. Et bientôt, nous croisâmes un panneau indiquant Elizabethtown. Je crois que je n'avais jamais mis les pieds dans cette ville, alors je me demandais bien pourquoi elle me disait quelque chose.

« Qu'est-ce qui vous fait croire qu'on sera mieux là bas qu'à New York ? »
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: I wanna see another dawn [TERMINE]   Jeu 27 Jan - 18:44

Les rôles furent rapidement et silencieusement distribués. Riley conduirait la camionnette, je m’installerais au milieu et je le guiderais jusqu'à Elizabethtown, et Alexander surveillerait que personne ne vienne nous braquer ou ne nous tire dessus. J’angoissais de plus en plus au fur et à mesure que nous nous éloignions de New York. Je laissais là ma femme et ma fille. Dieu seul sait si je faisais bien de m’éloigner d’elle. Bien sûr je ne pouvais pas rester à ne rien faire alors qu’elle mourait de peur depuis que nous avions été attaqués mais j’appréhendais. Alexander m’avait assuré que tout irait bien puisqu’il avait confié les rênes à Matthew mais j’avais un mauvais pressentiment. Je sentais que je ne mettrais plus jamais les pieds dans les souterrains que nous habitions depuis deux ans. Et on savait tous ce que cela signifiait quand on pensait ça. Je guidais Riley sans un mot, en indiquant du doigt les directions.

J’avais beau essayer de faire défiler des images heureuse dans ma tête, j’angoissais trop pour qu’elles s’imposent à moi. Nous roulions depuis dix minutes et je pouvais sentir la tension émaner de mon frère de cœur. Alexander non plus ne disait rien, mais je savais que qu’il pensait. Il faisait son travail en surveillant nos arrières mais tout comme moi il avait peur pour sa famille. Surtout que pour lui le danger ne venait pas seulement de l’extérieur. En s’éloignant comme ça de sa femme, il risquait à nouveau qu’elle le trompe…Et j’en étais désolé pour lui. Mais nous n’avions pas le choix, c’était ce que nous avions conclu avant de prendre cette décision. Assis dans cette camionnette qui ne cessait de brinquebaler, je ne me rendais pas compte à quel point c’était vraiment dur de ne pas me mettre à hurler et dire à Riley d’aller se faire voir alors qu’il se plaignait. Parce qu’hurler c’est ce que j’avais envie de faire au fond de moi. Mais je savais qu’Alexander ne me laisserait pas faire et qu’il m’en voudrait de craquer comme ça. Je lui avais demandé de m’aider a enfin être un homme et me comporter comme un homme et je ne voulais pas le décevoir. Je voulais qu’il soit enfin fier de moi. Il comptait énormément a mes yeux et je voulais enfin grandir. Je ne pouvais plus revenir en arrière, j’avais promis. Katarina m’avait enfin parlé de son mal être et je ne pouvais plus redevenir cet Ethan là. Alors si je me taisais de cette façon c’était parce que je ne devais plus me comporter comme un enfant capricieux. M’effondre était surement la dernière chose à faire maintenant. Avancer, c’était ça mon leitmotiv. Tout comme cette camionnette, je devais avancer a travers les chaos de la vie pour arriver à Elizabethtown. C’était là bas ma nouvelle vie. J’avais l’impression que c’est cette ville qui me rendrait ma vie.

Je ne pouvais pourtant pas rester insensible à la détresse de Riley qui disait être amoureux. Je comprenais que lui aussi avait peur. Mais alors qu’il continuait à parler encore et encire, nous reprochant nos mines taciturnes, je n’ai pas pu m’empêcher de rétorquer.

-Faut encore qu’on te fasse un dessin Riley ?

Je savais que j’étais injuste. Riley essayait vraiment de nous détendre et de faire en sorte que ces quelques jours que nous devions passer ensemble se passent le mieux possible, mais j’étais ainsi. J’étais quelqu’un de nerveux, je n’arrivais pas à me calmer. J’avais tellement envie de faire machine arrière et d’aller chercher ma famille. Et je savais qu’Alexander non plus n’en menait pas bien large même si malgré les reproches de Riley, il regardait toujours autour de nous, le fusil prêt à tirer. C’était comme ça. Qu’on le veuille ou non, il fallait que nous allions au bout de ce qu’on avait décidé. Je me suis passé une main dans la nuque avant de m’enfoncer un peu plus dans mon siège et den pousser un soupir. J’avais mal, mais je ne voulais pas les inquiéter. J’ai fermé les yeux un moment et j’ai fait ce que j’avais à faire. Oui je devenais un nouvel Ethan. Ma conversation avec Katarina m’avait ouvert les yeux. Il fallait que je change. Parce que j’allais la perdre. Et ce serait de ma faute. Elle étouffait, je l’étouffais. J’espérais que cette séparation la fasse souffler un peu, même si nous avions peur d’une nouvelle attaque.

-Excuse-moi, je suis à cran. Je laisse Katarina enceinte avec notre fille et il n’y a personne selon moi pour veiller sur elle. Je veux juste qu’on se dépêche de faire une ronde de reconnaissance là-bas et qu’on revienne vite les chercher.

Je ne pouvais pas être plus concis. Je préférais pour le moment ne plus parler de nos femmes. C’était déjà bien trop dur pour chacun de nous. Et visiblement Riley avait changé et n’était plus cet idiot que j’avais cru. Il se taisait un moment avant de recommencer. Mais j’avoue que sa question était assez pertinente. Toujours les yeux rivés devant nous, Alexander et moi ne dimes rien pendant un moment. Alexander ne desserrait pas les dents et je me disais que Riley allait finir par couper le contact pour qu’on lui réponde vu la façon dont je pouvais l’entendre souffler et soupirer.

- On ne nous retrouvera pas là bas, c’est loin…Et puis c’est pas comme si on avait le choix non ?

Je ne savais pas du tout si nous serions mieux là bas, même si j’étais persuadé que si, mais au moins je savais qu’on ne nous retrouverait sans doute pas là. Qui irait nous chercher à prés de quarante kilomètres de New York. Bien sur techniquement ce n’était pas très loin mais maintenant ca l’était.

Riley dut certainement se contenter de cette réponse parce qu’il ne rajouta rien pendant l’heure qui suivit, et je pus alors le guider encore à travers les routes presque toutes défoncées. C’était même étonnant que la voiture n’ait pas encore crevée.

-Alexander, on est bientôt arrivés je crois.

Il ne dit rien. J’avoue que moi aussi maintenant je commençais à trouver ce silence pesant. Mais si Alexander observait ce silence, je me disais qu’il devait y avoir une raison, alors je me taisais aussi. Je devais avoir une très bonne mémoire même si je n’étais venu qu’une fois parce que je savais exactement où nous allions. Le panneau de la ville dépassé, je savais que nous étions prêts de notre destination.

-Riley, tu prends la première à gauche. Et tu t’arrêtes sur le bas côté quand tu vois une église.

Je préférais qu’on fasse le reste à pied. Et puis si ça pouvait nous économiser un litre ou deux d’essence, ce ne serait pas du luxe. Je ne sais pas si une étoile veillait sur nous, mais jusque là il ne nous était rien arrivés. Je me doutais que mes deux compagnons de route devaient se demander pourquoi on allait se garer prés d’une église. Eux aussi devaient se dire que nous avions enfin un peu de chance.

-Non, je vais pas prier, me regarde pas comme ça. C’est de ce côté-là que j’avais trouvé ce quartier qui avait l’air encore debout et moins épargné que le reste.
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MessageSujet: Re: I wanna see another dawn [TERMINE]   Ven 4 Fév - 13:46

L'ambiance entre nous était lourde et je ne faisais rien pour l'alléger, bien au contraire. Les mâchoires serrées, je regardais avec application le paysage ravagé, en proie à mes propres tourments, comme mes deux compagnons d'expédition, j'en étais certain. Cela ne me dérangeait pas de rester silencieux des heures, je n'étais pas un grand bavard de nature et je parlais rarement pour ne rien dire. Je ne connaissais que trop ce silence ampli de tensions, d'appréhension, le silence d'une veillée avant un grand assaut. Pourtant, nous n'étions pas censés être en danger durant cette expédition. Il y avait peu de chances que nous nous fassions attaquer, même si ce véhicule miraculeux nous indiquait comme des cibles toutes choisies. Mais il valait mieux risquer de se faire canarder et en finir rapidement, que de passer des heures et des heures à marcher. Des jours même, le temps de la reconnaissance et de rentrer. Au moins économisions nous nos forces en même temps que notre temps.

Je ne pouvais m'empêcher de songer à Gabrielle et Emma, que je laissais derrière moi. Je n'avais pas eu le droit aux larmes quand j'avais parlé de partir, Gabrielle ne comprenant que trop bien combien cela était nécessaire. Elle voyait cela comme un nouveau départ et je ne pouvais pas m'empêcher de penser qu'elle avait raison. Si seulement Aristide n'était pas du voyage, si lui aussi on pouvait le laisser derrière nous. Mais ce n'était pas en mon pouvoir, malheureusement. Néanmoins, j'avais vu l'inquiétude dans les grands yeux bruns de Gabrielle et j'avais ressenti un vif plaisir de la voir prendre peur pour ma sécurité. C'était normal, puisque j'étais son mari et qu'elle m'aimait, mais son adultère avait ébranlé fortement ces certitudes. Mais nous avions décidé de tout faire pour surmonter cette épreuve et effacer ces blessures. Je l'avais accepté en acceptant qu'elle revienne auprès de moi.

Mais qu'aurais-je pu faire d'autre? Je l'aimais et au delà de mon orgueil blessé je devais penser à Emma, Emma qui réclamait sa maman et n'avait pas compris son absence. Les retrouvailles entre Gabrielle et notre fille avaient été émouvantes. Terribles. Les choses pouvaient-elles rentrer si facilement en ordre? Je n'en avais aucune idée.

Finalement, Riley décida de rompre le silence. Il était le plus jeune, le moins expérimenté et il avait finalement, meilleur caractère qu'Ethan et moi... Un comble! Certains avaient besoin de parler pour évacuer la pression, ce n'était pas mon cas, ni celui d'Ethan. Je ne rabrouai pourtant pas Riley, l'écoutant sans le regarder. Il pouvait monologuer si cela lui chantait. Oui, cela nous inquiétait de quitter nos foyers et il avait raison, j'avais peur d'Aristide. Je n'écoutais pas vraiment ce qu'il disait, mais je tendis l'oreille quand il nous demanda pourquoi on pensait qu'on serait mieux là bas. Je lui lançai un regard étonné. C'était pourtant évident non? Et Ethan formula à voix haute ce que je pensais. Même s'il le fit avec moins d'aménité que je n'en aurais dit. Il s'en excusa d'ailleurs. Il expliqua que sa peur pour Katarina le laissait à cran. Il fallait espérer que les hors la loi ne lanceraient pas d'attaque contre la Communauté en notre absence. Le fait de se lancer dans cette mission de reconnaissance si vite avait pour but d'empêcher une nouvelle attaque de se produite justement. Ils devaient panser leurs propres plaies. Et nous, déguerpir rapidement.

De nouveau le silence, même si cela ne convenait pas à Riley qui soupirait ostensiblement. Ce qu'il pouvait être agaçant. Ethan reprit la parole pour expliquer les raisons de ce déménagement.

- "Nous ne sommes pas armés pour riposter à une nouvelle attaque. Si on ne peut se défendre, ni attaquer, il faut se replier ailleurs. Nous n'avons pas le choix."

Même si je détestais parler ainsi. Un repli... Ou une fuite, si on ne se voulait pas la face. Parce que oui, c'était une fuite. Nous avions des femmes et des enfants, et ce n'étaient pas des soldats. C'étaient des civiles et il fallait les protéger. Il fallait s'éloigner de nos ennemis et faire en sorte qu'ils ne nous retrouvent pas.

Nous nous tûmes de nouveau, Ethan se concentrant sur la route et guidant Riley. Avant de m'annoncer que nous étions presque arrivés. Je hochai simplement la tête, heureux qu'Ethan ai si bonne mémoire, nous gagnions ainsi du temps. Il nous indiqua une église, avant de se justifier, m'arrachant un sourire, le premier depuis notre périple.

- "Tu fais ce que tu veux Ethan."

Il y avait une trace de malice dans ma voix. Nous nous garâmes à l'endroit indiqué. Riley coupa le moteur et je pris une profonde inspiration, avant de descendre de la camionnette. Il fallait espérer que personne n'essaierait de la voler, c'était une denrée rare. Je n'étais pas tranquille et je tenais mon arme, prêt à agir si nous nous faisons agresser. Néanmoins, je n'étais pas nerveux pour autant, j'étais parfaitement calme, juste aux aguets, comme en mission.

- "Bon, pour le moment, tout se passe merveilleusement bien. Faisons en sorte que cela dure."

J'observais les lieux. Elizabethtown. Notre nouvelle vie. Si Dieu le voulait bien.
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MessageSujet: Re: I wanna see another dawn [TERMINE]   Sam 5 Fév - 14:02

Évidemment, je m'attendais à me faire jeter au début. Je me faisais toujours jeter au début, quand je tentais d'être agréable. À croire que les gens avaient tellement peu l'habitude qu'ils me rejetaient par réflexe. Et je ne pouvais pas leur lancer la pierre. Pendant longtemps j'avais été pareil. Tellement peu habitué à ce que l'on soit agréable avec moi que j'envoyais voir ailleurs les gens. Je me rendais bien compte que ce n'était pas agréable et qu'au fur et à mesure cela pouvait devenir blessant. Alors je ne prenais pas mal le fait qu'Ethan m'envoie balader en premier lieu. Et vu que j'avais été infernal avec lui pendant une bonne année, je ne pouvais pas lui reprocher d'avoir encore quelques mauvais réflexes. Notre... amitié ? était encore assez récente. Et étant donné qu'il était assez rancunier, je m'estimais heureux qu'il ne me réponde pas en m'envoyant son poing dans la figure. À sa place, c'est peut-être ce que j'aurais fait. J'eus un petit haussement d'épaules quand il s'excusa. Je pouvais comprendre qu'il soit nerveux. À sa place je l'aurais été aussi. Ce n'était pas forcément rassurant de sa laisser sa famille entre les mains d'une personne qu'on déteste profondément. Et puis Katarina étant enceinte, il devait être doublement stressé. J'avais cru comprendre qu'elle avait déjà failli faire une fausse couche. Il devait craindre que cela n'arrive de nouveau. Et il devait certainement penser à tout un tas de choses qui ne me traversaient même pas l'esprit. Quant à Alexander... Je pense que je le comprenais encore mieux qu'Ethan. Ethan ne craignait certainement pas que sa femme le trompe ( c'était certainement la seule chose qui ne l'inquiétait pas d'ailleurs ). En revanche, Alexander devait se posait mille et une questions. Moi, je ne m'étais posé aucune question, avant de trouver ma petite amie au lit avec mon père. Mais moi, je n'avais pas récupéré cette garce, je n'y avais même pas songé, trop blessé, trop en colère et dégoutée. Je ne savais pas pourquoi Alexander avait accepté de reprendre Gabrielle à ses côtés, je n'avais pas le fin mot de l'histoire. Il n'y avait qu'à espérer qu'Aristide se tiendrait correctement. Il avait sa femme, alors il n'y avait pas de raison. Du moins je l'espérais, à la fois pour nous tous et Alexander. Ce n'était vraiment pas le moment de songer à régler tous nos problèmes personnels. Vraiment pas le moment...

Je ne pus que soupirer à la réponse d'Ethan. Non, personne ne viendrait nous chercher à Elizabethtown. Enfin, selon toute logique, personne ne viendrait nous chercher... Je ne pouvais cependant pas m'empêcher de me dire que les Hors La Loi pourraient nous retrouver s'il le fallait. Ils avaient beaucoup plus de moyens que nous. Quoique, leurs rangs devaient être nettement diminués depuis leur dernière... visite. Mais Armando avait l'air tenace. Enfin, ils avaient raison, ce n'était pas comme si nous avions vraiment le choix malgré tout. Dans nos souterrains, nous étions piégés. Il faut dire que nous n'avions pas envisagé être attaqués un de ces jours... Qui aurait cru que même après la troisième guerre mondiale, il y en avait toujours pour faire la guerre aux autres... Ils avaient raison, nous devions bouger, pour mieux nous en sortir en cas d'attaque. Avant je m'en fichais pas mal de tout ça. Mais je m'étais rendue compte que je tenais à pas mal de personnes. Je tenais BEAUCOUP à Cassandre par exemple... Et je n'étais pas un héros, je n'étais pas doué pour protéger les gens. Je devrais apprendre. Certains diront que je n'étais pas si mauvais que ça dans ce domaine, j'avais réussi à protéger Lucy, Lucas et Cassandre lors de l'attaque. Mais j'avais eu l'aide d'Alexander. La seule personne que j'avais vraiment sauvé c'était Alexander... J'en gardais une jolie cicatrice d'ailleurs. Mais je ne pouvais pas m'empêcher de me dire que se jeter sous les balles pour protéger quelqu'un n'était pas quelque chose de particulièrement intelligent.

« Avec un peu de chance, Venezzio trouvera quelqu'un d'autre à martyriser quand nous serons partis... »

Je secouai doucement la tête, tout en prenant le chemin que m'indiquait Ethan. J'étais étonné que nous ayons pu arriver jusque là. Enfin, c'était tant mieux si nous gagnions du temps. Nous étions déjà tous les trois impatients de rentrer, même si nous ne le disions pas. Je lançai un regard interrogateur à Ethan quand il me fit me garer près d'une église. Non, mais... Mais quoi ? Il comptait vraiment prier, ou il y avait un truc que je ne voyais pas ? Je haussai les épaules en coupant le contact. Alexander fut le premier à descendre. Ethan lui suivit et je descendis de mon côté, avant de fourrer les clés dans la poche de mon jean et de fermer ma veste. Je frissonnai en me frictionnant les bras. Ce qu'il pouvait faire froid dans ce coin ! En plus je pataugeais dans une dizaine de centimètres de neige. Soupirant, je fis le tour de la camionnette, me rapprochant de mes deux compagnons. Les mains dans les poches, je jetai un coup d'œil aux alentours. Le coin n'avait pas l'air désagréable. Cela m'étonnait presque de voir un semblant de nature, après les buildings défoncés de New York. Ici, on avait presque l'impression que la guerre n'avait jamais eu lieu. C'était paisible, il n'y avait pas d'atmosphère lourde et pesante. L'air était frais et non pas étouffant comme dans les galeries. La neige était tellement claire que cela piquait presque les yeux. J'ai pris une profonde inspiration. L'air froid me brulait presque la gorge. Avec un petit sourire, je me tournai vers Ethan et Alexander. Alexander, raide comme un piquet, agrippé à son flingue comme à une bouée de sauvetage.

« Relax, je ne pense pas qu'un commando armée va sortir de cette église. Si Ethan nous as conduit ici, c'est certainement parce que nous sommes censés être en sécurité, non ? Détends toi, être sur les nerfs n'aidera à rien. »

Je haussai légèrement les épaules. Il fallait un peu se détendre. Ethan n'était pas stupide, je ne pense pas qu'il nous aurait indiqué un endroit dangereux. Il y était allé seul et il était revenu entier et vivant, alors c'est qu'il avait dû tomber sur des gens bien intentionnés. Loin des Hors La Loi. Enfin, je comprenais qu'il puisse être nerveux, mais il fallait se détendre un peu. Bon, d'accord, je n'étais moi même pas particulièrement détendu, mais je faisais tout pour essayer de l'être. Je jetai un regard à Ethan, qui faisait une drôle de tête. Je fronçai les sourcils, posant une main sur son épaule.

« Tu es sûr que ça va ? Tu es tout pâle. Enfin, un peu plus que d'habitude. Tu n'as pas l'air bien. »

Je le regardai de haut en bas, avec un air passablement inquiet. Alors là, non, interdiction de faire le moindre petit malaise ! Je ne me voyais pas rentrer et devoir annoncer à Katarina qu'Ethan avait eu un problème sur le chemin. La dernière chose que je voulais faire, c'était ça. J'ai eu un petit soupir, me tournant vers Alexander. Je ne savais pas ce qu'avais Ethan, je ne savais absolument pas si il avait eu un problème durant l'attaque. Je n'avais pas posé la question. Peut-être aurais-je dû. Dans tous les cas, Ethan n'avait pas l'air d'avoir particulièrement envie de répondre. Ce qu'il pouvait être têtu parfois ! Je soupirai en levant les yeux au ciel et en me promettant de garder un œil sur lui, au cas où il déciderait de nous faire une mauvaise blague sans prévenir.

« Alors, où est-ce qu'on va maintenant ? Puisque la prière ne semble pas être au goût du jour, j'imagine que nous avons un autre plan... ? »
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MessageSujet: Re: I wanna see another dawn [TERMINE]   Mer 9 Fév - 11:45

J’avais passé prés de trois jours à parcourir cette ville de long en large et j’avais finalement trouvé que ce quartier était sans doute celui qui me semblait le plus exploitable pour une communauté comme la nôtre. Une bonne quinzaine de maisons si ce n’est plus encore debout, et les pilleurs (s’il y en avait par ici) avaient épargnés ce quartier. Bien sûr nous aurions pu nous étaler sur la ville mais je me doutais qu’Alexander voudrait quelque chose d’assez grand pour tous, mais avec tout de même une espèce d’unité pour reproduire ce semblant de communauté qu’il avait crée. Et puis, il avait raison…il savait ce qu’il faisait. J’espérerais qu’il serait content de ce quartier que j’avais trouvé. Et qu’entre temps, il n’avait pas été vandalisé.

L’église était encore debout, et je ne pus m’empêcher de penser que j’aurais aimé y entrer pour prier. Même si Alexander se moquait de moi gentiment…Finalement ma foi devait être bien inébranlable, parce que je continuais à croire en un Dieu.

J’avoue qu’Alexander avait raison. Pour le moment, c’est comme si tout cela semblait irréel. Nous n’avions rencontré personne. On ne nous avait pas tiré dessus. Nous n’étions peut être plus habitués à tout ce que les choses se passent bien. Trop habitués aux catastrophes sans doute. Mais, Riley se moquait de nous. Oui nous avancions à pas feutrés, les armes au poing, prêts à tirer, et nous paraissons surement ridicules, mais c’était comme si nous nous doutions de quelque chose. Riley se moquait de nous mais même si je savais où je les conduisais, je comprenais Alexander qui ne voulait prendre aucun risque. Nous avions une famille nous. Je ne voulais pas dire que Riley n’avait pas des gens à qui ils tenaient au sein de la communauté, mais Alexander et moi avions des enfants…Il ne s’agissait pas seulement de nos femmes.

Plus nous avancions, plus je m’apercevais que des choses avaient changées ici. Comme si l’endroit état habité…Pourtant j’étais sur que quand j’étais venu, les choses n’étaient pas comme ça. J’avais le pressentiment que nous n’étions pas seuls. Subitement, je me sentais épié. Et alors que je fis un mouvement pour dire à Alexander de s’arrêter, je sentis quelque chose m’empêcher de respiration. Pendant prés de dix secondes je crus qu’on m’enfonçait un couteau. Je pensais que ce serait passé inaperçu, mais Riley s’inquiétait. Il était cependant hors de question que je leur fasse peur. Ce n’était certainement qu’un hasard. Et puis, il fallait que j’arrête de m’appesantir sur moi. Je survivrais de toute façon. Je préférais donc ignorer Riley et faire comme si je n’avais pas entendu ses sarcasmes et son ton inquiet. Oui j’allais bien…j’allais bien…

Je tournais un peu sur moi-même pour observer autour de moi, et finit par faire signe à Alexander. Il se doutait que j’étais inquiet. Je connaissais ce regard interrogateur. Et je ne sais pas si Riley l’a vu, mais nous avons communiqué par des regards. Tout était ok, il n’y avait pas de danger. Alors je pointais du doigt la route un peu défoncée.

-Suivez-moi…

C'était étrange qu’il n’y ait que cet endroit qui ait souffert des bombes et autres projectiles lancées depuis le ciel. Et pourquoi cet endroit là et pas un autre ? Surtout qu’il aurait été plus « normal » qu’on bombarde un quartier par exemple. Là, on avait l’impression qu’ils avaient bombardée à l’aveugle. En espérant faire le plus de victimes possible. Mais si j’en croyais mes connaissances des quartiers de ce genre, il s’agissait sans doute d’une ville dortoir. Les gens vivaient ici oui, mais si ils avaient bombardé en pleine journée, les gens étaient sans doute au travail. Mais j’avais autre chose à faire que de m’inquiéter de tout ça. Nous étions là pour un but bien précis. Alors je me sortis mes interrogations de la tête et j’avançais, mes deux compagnons sur les talons.

-Voilà, c’est ici…

Une grande rue s’étendait sous nos yeux. Relativement épargnée, on pouvait quand même voir qu’elle avait souffert. La végétation semblait avoir repris ses droits, mais les maisons semblaient ne pas avoir été pillées. Bien ^sur il faudrait s’en assurer, et s’assurer que personne ne vivait là, mais je trouvais à ce quartier un fort potentiel. Cependant, la décision ne m’appartenait pas.

-T’en penses quoi Alex ?

J’appelais rarement mon frère par son surnom, et je ne savais pas très bien ce qui m’avait pris. La douleur ne s’estompait pas mais j’essayais de ne pas les inquiéter avec ça. Je me disais que ça passerait. Sauf que j’avais maintenant du mal à parler. M’arrêtant en pleine phrase.

-On peut en faire quelque…chose ?

Je ne pus ni réfréner une grimace ni m’empêcher de me soutenir sur le bras de Riley.
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MessageSujet: Re: I wanna see another dawn [TERMINE]   Sam 26 Fév - 12:56

Je ne croyais plus à la chance, aussi ne rétorquais-je rien à Riley quand il espéra que Venezzio trouverait d'autres personnes sur qui passer ses nerfs. J'aurais aimé pouvoir me laisser aller à de tels vœux, mais je ne me les autorisais pas, pour ne jamais baisser ma vigilance. J'avais déjà été trop arrogant de penser que notre refuge nous protégerait. Tout ce qui était arrivé était ma faute, j'en avais une conscience aiguë, même si je ne passais pas mon temps à me lamenter. Cela pesait sur ma conscience, c'était bien suffisant, mais je n'avais pas le temps de me morfondre. Je l'avais suffisamment fait en attendant que Gabrielle revienne. Il avait fallu que je finisse par agir pour la retrouver. Peut-être était-ce là mon rôle sur cette terre : agir, guider, ne jamais baisser les bras. Se relever après être tombé. Encore et encore. J'étais persuadé que nous avions tous une mission lors de notre bref passage terrestre et j'avais trouvé la mienne.

Je me laissai aller à taquiner Ethan sur son goût pour les églises, sans pour autant avoir le cœur à plaisanter. Mais Riley faisait tellement d'effort que je ne pouvais pas l'ignorer. Nous finîmes par nous garer et je descendis de la camionnette, arme au poing, juste au cas où. Je n'avais pas envie de faire une mauvaise rencontre. Nous pataugions dans la neige, il faisait un froid de canard. Je n'avais qu'une envie : rentrer. Mais envies et devoirs ne font pas bon ménage, j'étais bien placé pour le savoir. Je lançai un regard dur à Riley qui me disait de me relaxer.

- "Je suis calme. Et je suis sur mes gardes."

Fin de la discussion. J'étais simplement concentré, en mission de reconnaissance dans un environnement inconnu, qui pouvait très bien être hostile. Comment savoir? La guerre changeait tellement les gens que le plus placide d'entre eux pouvait se découvrir fou de la gâchette. S'il y avait quelqu'un ici, nous étions sur son territoire. Certains tuaient pour moins que ça. Je levai les yeux vers l'église qui étendait son ombre sur nous. La maison du Seigneur avait été épargnée miraculeusement par les bombes.

Nous commençâmes à avancer et je ne cessais de scruter les alentours, conscient qu'il y avait trop de petits détails trahissant une présence humaine. Plusieurs même. Nous n'étions pas seuls dans ce lieu, j'en étais convaincu. J'avais trop de fois fait ce genre de mission en territoire ennemi pour ne pas reconnaître des signes de vie. Je me tendis quand Ethan s'immobilisa, soudain très pâle. Comme s'il souffrait. Riley fut plus rapide pour demander si cela allait, mais, à voir la tête d'Ethan, cela n'allait pas. Sauf qu'il ne me dirait pas. Je le regardais, inquiet, sans proférer un son. Riley demanda la suite des opérations et Ethan la lui indiqua.

Nous devions nous enfoncer davantage dans le quartier. Nous devions être certain que tout allait bien avant de rentrer. Nous allions amener ici nos femmes et nos enfants, nos amis. Nous ne pouvions pas prendre le moindre risque et bâcler le travail. Enfin, nous nous arrêtâmes. Je devais avouer que la vue n'était pas vilaine. Des maisons encore debout, assez proches. Vivre dans un quartier aurait du bon, mais il faudrait absolument sécuriser les abords de la ville. Surveiller les allers et venues. Il y avait énormément de travail à accomplir, mais rien d'insurmontable.

- "Je pense que c'est tout à fait exploitable. Pas facile à défendre, je vais devoir y réfléchir, mais tout le monde sera ravi d'avoir une maison à l'air libre et..."

Je m'interrompis brutalement en regardant Ethan s'appuyer sur Riley. Ça n'allait pas du tout.

- "Qu'est-ce qui ne va pas Ethan? Tu es tout pâle et tu as du mal à respirer... Tes côtes te font souffrir?"

Voilà, cette fois, j'étais vraiment inquiet. Nous étions seuls (quoique, cela n'était pas certain) et Ethan était en train de nous faire un malaise. Ou quelque chose de plus grave. Je n'étais pas médecin, mais j'avais vu bon nombre de camarades faire des complications suite à des blessures d'apparence anodine. Aussi ne prenais-je pas à la légère la douleur de mon ami. Je rengainai mon arme pour aider Riley à le soutenir, non sans jeter un regard au jeune homme : là, nous étions mal barrés. C'eut été trop beau que tout se passe sans accrocs.
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MessageSujet: Re: I wanna see another dawn [TERMINE]   Sam 5 Mar - 12:59

Il fallait avoir une bonne dose d'imagination pour se voir vivre ici. Moi par exemple, je n'avais jamais été très campagnard, j'avais vécu en ville toute ma vie. Avoir les pieds dans la boue, faire des balades en forêt, s'occuper des animaux... Ce n'était définitivement pas mon truc. Ça ne l'avait jamais été, et je me demandais si ça le serait un jour. Il faudrait bien, puisque nous viendrions vivre ici. Mais l'endroit n'était pas déplaisant, et avait un avantage non négligeable : c'était à l'air libre. Pas de tunnels, pas de pièces grises ressemblant à des cellules de prison. Rien que de jolies petites maisons de banlieues bien colorées, comme on en voyait dans les séries américaines. Simplement, cela paraissait trop figé, un peu mort. Il fallait l'imaginer avec des gens un peu partout... J'eus une moue bizarre, en essayant de compter les maisons. Oui, en se répartissant bien, nous pourrions tous rentrer. De toute façon, nous avions maintenant tellement l'habitude de vivre ensemble qu'être à plusieurs dans ces maisons ne nous poserait pas de problèmes. Encore que, certaines personnes pourraient éventuellement vouloir récupérer leur indépendance. Je pouvais le comprendre, mais jouer les égoïstes de ne nous aiderait pas vraiment. Et puis de toute façon, il n'y aurait pas de place pour tout le monde sinon. Et je doutais qu'Alex laisse tout le monde en faire à sa guise. Nous étions toujours une communauté, avec ses leaders, même si nous n'en donnions pas toujours l'impression. Nous avions besoin d'eux même si nous ne voulions pas l'avouer. Si nous avions recréé un semblant de hiérarchie ce n'était pas pour faire joli, mais parce que nous en avions véritablement besoin.

Je mis fin à ma contemplation pour poser un regard inquiet sur Ethan. J'avais sincèrement l'impression qu'il n'allait pas très bien, mais qu'il faisait de son mieux pour tenter de nous faire croire le contraire. Ce n'était pas très efficace, avouons le, et je commençais sincèrement à m'inquiéter pour lui. Je ne savais pas vraiment quelles étaient ses blessures, mais apparemment pas si bénignes que ça. Ce qui était en apparence anodin ne l'était pas forcément. Je n'étais pas médecin, mais je n'étais pas tout à fait idiot non plus. Il n'était pas rare que des gens en apparence en pleine santé meurent du jour au lendemain des suites de complications imprévues. Oh là, oh là ! Nous n'en étions pas là, pas de panique ! Ethan n'était pas encore à l'agonie, alors il n'y avait pas encore lieu de paniquer. Pas encore... Néanmoins aucun d'entre nous n'était médecin, et si jamais Ethan avait un réel problème, eh bien là... Non, mieux valait ne pas penser au pire. Mais comment faire autrement ? J'échangeais un regard inquiet avec Alexander lorsqu'Ethan s'appuya sur moi, s'arrêtant en plein milieu d'une phrase. Par réflexe je passais mon bras autour de lui, avant de le retirer lorsque je le vis grimacer de douleur. J'affichais un air surpris lorsqu'Alexander évoqua ses côtes. Voilà pourquoi il semblait avoir du mal à respirer. Je me souvins soudain de ce que j'avais entendu.

« Tu as des côtes cassées, n'est-ce pas ? »

Je ne savais pas trop s'il s'agissait d'une constatation ou d'une question idiote. Mais dans tous les cas, il était évident qu'il avait mal, et qu'il avait de plus en plus de mal à respirer correctement et à marcher. Vraiment, il ne nous manquait plus que ça.

« Est-ce qu'il y aurait un médecin dans cette merveilleuse petite banlieue ? »

J'étais sérieux, même si mon ton était quelque peu ironique. Passant mes bras sous les épaules d'Ethan, je l'incitais à s'asseoir, l'accompagnant doucement.

« Je pense que c'est le moment de voir si les gens du coin sont accueillants...L'un de nous devrait aller voir s'ils ont un médecin, non ? »

Mieux valait que ce soit le cas. Aucun de nous ne pouvait deviner ce qu'avait Ethan, nous n'avions pas la moindre connaissance médicale. Moi, je serais à peine capable de diagnostiquer un petit rhume ! Peut-être Alexander était un peu plus familier à ce genre de choses que moi, mais c'était définitivement d'un médecin dont Ethan avait besoin. Franchement, ce n'était pas le moment ! Et cette pauvre Katarina... Sincèrement, tout ce que je voulais, c'était qu'il n'ait rien de grave. Loin de moi les pensées que j'aurais pu avoir il y a quelques mois. Je n'avais aucunement envie qu'il lui arrive quoi que ce soit. Je ne le jalousais plus, j'avais compris depuis longtemps qu'il aimait sincèrement Katarina et qu'il la rendait heureuse. D'autant plus que maintenant, j'avais Cassandre. Et je tentais de faire d'Ethan un ami. On est censé aider ses amis, non ? Mais moi je ne pouvais rien faire pour lui, du moins pas pour le moment. Avec un petit soupir, je me suis laissé retomber à côté d'Ethan.

« Katarina risque de ne vraiment pas être contente... »

Oui, bon... Un peu d'humour n'a jamais tué personne, n'est-ce pas ?

{ Désolée pour ce post HAUTEMENT médiocre –' }
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MessageSujet: Re: I wanna see another dawn [TERMINE]   Jeu 10 Mar - 11:16

La douleur lancinante dans la poitrine, la gêne ressentie semblait ne pas être ce que j’avais pensé au départ. Ce n’était pas ce bandage serré qui m’entourait toute la poitrine qui me gênait comme j’avais pensé pendant le trajet. Pourtant j’avais cru que cet espèce de corset improvisé était ce qui me gênait quand assis dans le véhicule que nous avions trouvé, je me sentais cahoté de droite à gauche et que j’essayais de rester droit comme un i pour ne pas aggraver l’état de mes cotes. Je savais que j’en avais quelques unes de fêlées voire cassées, et j’avais été particulièrement mis au courant des dangers par Katarina et Mathilda.

J’avais beau essayer d’inspirer et d’expirer a fond, je n’y arrivais pas. Et j’avais même l’impression que c’était pire que tout. Plus j’inspirais à fond, plus j’avais l’impression qu’on m’écartelait la cage thoracique... Et alors que je demandais à Alexander s’il pensait que l’endroit était apte a recevoir toute la communauté, des étoiles venaient de danser devant mes yeux. Ce n’était pourtant pas dans mes habitudes de me plaindre ou de jouer les mauvais malades, mais cette fois-ci j’avais peur. Ne pas pouvoir respirer correctement vous fait voir les choses d’une toute autre manière. Je pouvais supporter des tas de choses, mais sentir que la respiration était difficile était quelque chose qui me faisait peur. Parce que respirer c’était vivre. Et je voulais vivre. J’avais une famille ! Je devais respirer il le fallait.

La main sur l’épaule de Riley je me pliais en deux, cherchant à trouver un souffle plus correct mais c’était pire. Alexander me disait que le quartier était exploitable avec beaucoup de travail et d’aménagements pour le rendre aussi habitable que sécuritaire. Mais je ne pouvais pas lui répondre. Plus que le souffle, c’était une sensation de mourir lentement et de me voir mourir. Je ne comprenais pas…Je n’étais pas asthmatique, j’avais seulement des côtes cassées…Mais pourtant je n’arrivais plus à respirer. J’avais tellement mal même… Plus j’entendais la voix inquiète d’Alexander, plus je m’inquiétais. J’étais pale alors ? Moi, j’avais froid, je me sentais partir. Et plus je me sentais partir, plus je m’accrochais à la vie. Je ne pensais qu’a Katarina et Lena, et le bébé aussi…Nina…Je ne la verrais peut être jamais cette princesse. Katarina m’en voudrait. J’avais promis de faire attention et de lui revenir. Et je n’étais même pas capable de tenir mes promesses.

Plié en deux, je ne pouvais répondre à aucune des questions qu’Alexander ou Riley me posait. Plus j’essayais plus j’échouais. Je ne savais pas comment faire pour trouver une position qui me fasse du bien. Et alors que j’essayais de me relever, un coup de poignard sembla me traverser la poitrine. Et je ne pouvais même pas crier ma douleur. Alors les larmes m’ont brulé les yeux et je les ai laissés s’installer et couler. Alexander allait me prendre pour un malade imbécile. Tout était censé aller bien. Katarina avait pris soin de moi, elle avait pansé mes blessures, elle m’avait bandé le torse. Et moi, je ne faisais que ralentir Alexander et l’empêcher de faire ce pourquoi nous étions là.

Je ne pus pas leur dire d’aller inspecter l’endroit sans moi pendant que je me reposais, pensant que c’était les chaos du trajet qui provoquaient cela, que Riley proposait de trouver u médecin. Je sentis quelqu’un me prendre et m’asseoir contre un mur. Mais j’avais fermé les yeux. Je savais pourtant que c’était la dernière chose à faire, mais j’avais si mal. Et je voulais arrêter de voir des étoiles. Je voulais respirer à nouveau.

Je tendis la main vers je ne sais lequel des deux et je parvins tout de même à rouvrir les yeux. C’était Alexander que je vi en premier. Je tentais de lui dire d’y aller sans moi, de me laisser reprendre contenance, mais je me cambrais soudainement alors qu’un énième coup de poignard me fit vaciller. Je portais alors les mains à ma gorge et tentait à nouveau à grands renforts d’inspirations et d’expirations erratiques de reprendre une respiration normale.

Mais alors que j’allais essayer de me rasseoir, je me sentis fermer les yeux et ne pas arriver à les rouvrir. J’entendais des voix autour de moi mais je ne pouvais pas répondre. Quand je les rouvris, j’étais assis dans un endroit que je ne connaissais pas, avec devant moi un homme que je ne connaissais pas. Il avait beau me dire que j’étais entre de bonnes mains et qu’il allait me soulager, j’avais un peu moins mal, je pouvais partir. Mais quand je tentai de me relever, je sentis une main puissante me prier de me rasseoir. Riley…
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MessageSujet: Re: I wanna see another dawn [TERMINE]   Jeu 10 Mar - 21:43

En me levant ce matin, jamais ne n'aurais pu penser me retrouver avec un inconnu à soigner... Rien n'aurait du ainsi dévier de la petite routine dans laquelle nous nous étions installés et cela faisait des mois que je tenais davantage du médecin de campagne que du chirurgien... Même si le terme chirurgien était un peu usurpé étant donné que je n'avais jamais terminé mes études. Quoiqu'il en soit, quelle n'avait pas été ma surprise lorsqu'on était venu me chercher en me disant qu'un groupe de trois étranger était présent à Elizabethtown et que l'un d'eux avait demandé de l'aide pour son ami blessé. Je m'étais dépêché d'accourir, avec le strict minimum : c'est à dire un stéthoscope. Ils étaient trois en effet, assez jeunes. Celui qui était venu chercher de l'aide semblait le plus âgé, assez massif, le visage sévère. Il résuma la situation avec concision, ne s'attardant pas sur les détails. Je lui posai quelques questions concernant son camarade et il m'apprit qu'il avait eu des côtes cassées et que subitement, il avait du mal à respirer... Je n'aimais pas cela... Pas du tout.

Un autre homme était resté avec le blessé, plus jeune. Quant au blessé en lui-même, il semblait évanoui. J'approchai et m'accroupis en disant que j'étais médecin, avant de demander l'aide du l'homme pour tenir le blessé et pouvoir l'ausculter. Je pris une profonde inspiration quand mes craintes se trouvèrent confirmées... Pneumothorax. Consécutif à la fracture de côtes. Mais qu'est-ce qu'il faisait là aussi avec ses côtes cassées? Il fallait du repos, pas gambader dans la campagne!

Je donnai mes ordres rapidement : transporter le blessé jusqu'à mon "cabinet" improvisé. Une pièce rassemblant tout le bric à brac que j'avais pu récupérer à droite et à gauche durant de longs mois. On installa le blessé... Ethan, sur une chaise. Il reprit alors conscience et je le regardai droit dans les yeux :

- "Je suis Jackson, je suis médecin, je vais vous soigner... Vous avez un pneumothorax. Une côte a lésé votre poumon et de l'air est entré dans la cavité pleural... Il faut se débarrasser de cet épanchement gazeux... Pour cela, je dois introduire un drain pour aspirer l'air. En espérant que je n'aurais pas besoin de vous opérer et que ça suffira. Il va falloir me faire confiance et vous détendre... Ethan."

Je déchirai sa chemise, avant de prendre tout ce dont j'avais besoin. Seigneur, cela faisait des mois que je n'avais pas eu de cas aussi grave... j'étais angoissé... Et incroyablement excité à l'idée de faire enfin ce pour quoi j'avais voulu être médecin.

- "Aidez-le à s'allonger sur la table. Voilà, comme ça. Et maintenant, tenez-le. Je vais anesthésier la zone, mais la nervosité pourrait le faire bouger... Vous avez compris Ethan, il va falloir vous montrer calme... Je suis désolé, nous ne pouvons pas faire autrement, il faut absolument évacuer l'air ou vous mourrez."

Ma voix ne tremblait pas, pas plus que mes mains. J'avais l'air complètement sur de moi.

Les conditions pour opérer étaient catastrophiques. Je n'avais pas de bloc opératoire, pas de matériel entièrement stérile, pas d'infirmières ou d'anesthésistes pour m'assister. Rien du tout. C'était de la médecine de cambrousse, mais quand on n'avait rien d'autre... Heureusement, j'avais récupéré une quantité non négligeable de matériel hospitalier. Tout et n'importe quoi. Et j'étais bien heureux de cette initiative quand je pris le drain d'aspiration. Je sortis la xylocaïne, badigeonnai le torse du blessé avec de la bétadine, avant d'enfoncer l'aiguille plusieurs fois dans sa peau pour endormir la zone et pouvoir travailler sans qu'il ne souffre. Les choses sérieuses commençaient ensuite.

Je n'avais pas d'assistante, je devais donc me débrouiller... Ce n'était pas comme cela que j'avais apprit à travailler, mais faute de mieux... J'incisai la peau, recommandant à... Riley et Alexander, de bien maintenir le patient, même s'il n'était pas censé avoir mal. Et d'obéir à tout ce que je disais, sans broncher, sans discuter. Que s'ils se sentaient mal, je préférais qu'ils sortent. Ils acceptèrent et les choses sérieuses commencèrent, alors que je faisais appel à ma mémoire pour agir, retrouvant mes vieux réflexes d'interne...
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MessageSujet: Re: I wanna see another dawn [TERMINE]   Ven 11 Mar - 14:59

Il ne fallait surtout pas céder à la panique. Bien que la situation soit de plus en plus inquiétante, il ne fallait pas céder à la panique. Néanmoins j'espérais sincèrement qu'Alexander saurait gérer la situation. Comme il l'avait géré quand je m'étais pris une balle à sa place. Sauf que cette fois là, nous savions très bien ce que j'avais, c'est à dire une balle dans l'épaule. Mais là, nous n'avions pas la moindre idée de ce que pouvais avoir Ethan. Il était plié en deux et semblait avoir de plus en plus de mal à respirer, pour une raison qui m'échappait totalement. J'aurais aimé pouvoir faire quelque chose pour l'aider, mais je ne savais pas quoi faire, à part tenter de le rassurer. Et ce n'était pas particulièrement facile de rassurer quelqu'un qui n'arrivait plus à respirer. Pour le coup, moi aussi j'ai eu du mal à respirer, à cause du stress. Je voyais le pire arriver et je n'aimais pas ça. La dernière chose que je voulais, c'était qu'il arrive quelque chose de grave à Ethan. Fini les rivalités, tout ce que je voulais c'était que les choses se passent bien. Nous étions venus pour trouver un endroit où vivre à la base, pas pour que l'un d'entre nous ne tombe malade ou ne fasse un malaise. Malheureusement, le destin en avait décidé autrement. Et il fallait que ça tombe maintenant, et sur Ethan, encore. Décidément, il les accumulait en ce moment. Pauvre Ethan... J'imagine qu'il devait voir toute sa vie défiler devant ses yeux. Et il devait penser à sa famille. Non, franchement, ce n'était pas le moment de passer l'arme à gauche ! Il avait une femme, une fille, et un bébé en préparation, alors non, ce n'était vraiment pas le moment, mais alors vraiment pas ! Nous avions promis de tous revenir, et cette promesse valait pour tous les trois. À croire que notre train de vie ne nous permettait pas de tenir nos promesses et nos engagements... Ah ! Ce que je pouvais détester ces Hors La Loi ! Depuis des semaines il nous menait la vie dure, et c'était encore à cause d'eux qu'Ethan était dans cet état. Il ne s'était pas cassé les côtes en glissant sur un savon, il s'était cassé les côtes en tentant par tous les moyens de défendre sa famille. Parce qu'une bande de connards n'étaient pas foutus de nous laisser tranquilles, ni même de comprendre que nous n'étions pas une menace. Nous ne faisions rien d'autre que tenter de survivre. Nous n'avions pas nos propres dealers!

Voyant Ethan vaciller de plus en plus, j'ai décidé de l'asseoir de force contre un mur, pour éviter qu'il ne tombe et ne se fasse encore plus mal. J'ai grimacé en le voyant fermer les yeux. Ce n'était certainement pas une bonne idée, mais je me voyais mal lui donner des claques pour qu'il reste conscient. Tout ce que je pouvais faire c'était tenter de le rassurer. Alexander était partie en trombe chercher un médecin, en espérant trouver quelqu'un de compétent, mais surtout quelqu'un qui accepterait de nous aider. L'entraide n'était pas si évidente que cela aujourd'hui. Mieux valait prier pour que le médecin du coin soit sympathique. Et compétent. Il ne manquerait plus que ça, tomber sur un incapable. Alors là, nous serions vraiment vernis ! Et Ethan, dans une sale posture...

Au bout de plusieurs minutes absolument interminables, j'ai vu Alexander revenir avec un homme, qui devait être à peu près aussi âgé qu'Ethan et moi. Et dieu merci, il allait nous aider, ou du moins essayer. Le tout était qu'il diagnostique rapidement ce qu'avait Ethan et qu'il sache ensuite quoi faire. Apparemment le problème était interne, résultant de ses fractures. Et c'est au moment où notre médecin s'approchait de nous qu'Ethan est véritablement tombé dans les pommes. Le voyant vaciller, je l'ai rattrapé, en faisant attention à ne pas heurter sa poitrine. J'ai lancé un regard paniqué à Alexander et à... à Jackson, c'était son nom, me demandant ce qu'il se passait. Si Ethan pouvait se réveiller, cela nous arrangerait bien ! Je n'avais nullement envie d'annoncer une mauvaise nouvelle à Katarina. Mais alors vraiment pas... Avec l'aide d'Alexander et les recommandations de Jackson, j'ai relevé Ethan, et nous l'avons transporté prudemment jusqu'au cabinet de fortune de Jackson qui, ironie du sort, était situé dans la seconde église de la ville. La respiration sifflante d'Ethan était inquiétante, nous en avions tous les trois conscience. Nous l'avons assis sur une chaise, histoire que le médecin puisse faire son diagnostic. Je le gardai assis de force en maintenant une pression sur ses épaules. Maintenant que je le connaissais un peu mieux, je savais qu'il voudrait repartir aussitôt qu'il se sentirait un peu mieux. Mais ça, mon pote, c'était absolument hors de question ! Surtout après le diagnostic que venait de nous faire Jackson. Il avait un pneumothorax. Je ne savais pas vraiment ce que cela signifiait, mais visiblement c'était très grave... J'ai automatiquement pâli quand il nous as annoncé que si on n'évacuait l'air, Ethan mourrait. Très mauvaise nouvelle.

Avec une mine grave et très sérieuse, j'aidai Ethan à s'allonger sur la table, pour que Jackson puisse faire ce qu'il avait à faire. Je priais intérieurement pour que tout se passe bien. Ce type avait l'air de savoir ce qu'il faisait, heureusement. Mais il était aussi très jeune pour être médecin, ou chirurgien, vraisemblablement. On aurait dit qu'il avait la même expérience médicale que Katarina. Qui, si elle était un très bon médecin, ne savait pas non plus tout ce qu'il y avait à savoir. Prenant une profonde inspiration, je me plaçai sur le côté d'Ethan, en faisant attention à ne pas gêner Jackson, et je maintins fermement ses bras plaqués contre la table, prenant ainsi le risque de me prendre son poing dans la gueule s'il avait des réflexes trop violents pendant l'opération. Ou après, pour se venger.

« Désolé, Ethan, mais j'aime autant qu'il te découpe au bon endroit et qu'il puisse le faire le plus vite possible. Tu me frapperas après, ok ? »

Alexander s'était placé en face et maintenait ses jambes. Ethan allait vraiment nous voir comme ses tortionnaires. J'imagine que cela devait être terriblement désagréable d'être obligé de subir une épreuve pareille. Mais c'était ça ou il ne subirait plus rien du tout... Je regardais, non sans une certaine appréhension, Jackson désinfecter l'endroit, avant d'injecter à Ethan l'anesthésiant. Il eut un violent mouvement à cause de l'aiguille, normal vu sa situation, mais je le plaquai fermement contre la table.

« Pas de panique, ce n'est rien d'autre qu'un anesthésiant ! Je doute que tu veuilles vraiment être opéré à vif, alors reste calme ! »

Bon, très bien, lui hurler dessus n'était certainement pas la meilleure chose à faire, mais quand je panique, j'ai tendance à perdre mes moyens. Et admettons le, j'étais légèrement angoissé à l'idée de voir une opération en direct. J'avais le cœur bien accroché et les nerfs solides, mais de là à supporter de voir la pose d'un drain en direct. Je pris une profonde inspiration lorsque Jackson entailla la peau d'Ethan. Ce dernier n'avait pas l'air de sentir grand chose, probablement trop concentré sur le fait qu'il ne pouvait pratiquement pas respirer. Mais avouons le, il n'était pas très coopératif !

« Franchement Ethan, si tu continue à te comporter de cette façon, je te jure que je dirais à Katarina que tu t'es comporté comme une vraie fillette ! Laisse le faire son boulot, enfin ! »

Je levai les yeux au ciel, tentant un vague brun d'humour.

« Et si c'est la cicatrice qui t'ennuie, ne t'en fais pas, je suis sûre qu'elle aimera beaucoup ! »

Ah ah ah. Très drôle, Riley.
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MessageSujet: Re: I wanna see another dawn [TERMINE]   Sam 12 Mar - 21:01

Devant moi un homme que je ne connaissais pas. Vêtu avec une blouse verte de...chirurgien ? Non j’étais en plein rêve, ce n’était pas possible autrement. Je n’avais absolument aucune raison d’être dans un hôpital puisque les hôpitaux n’existaient plus. Non, je n’avais aucune raison de penser que c’était la réalité. Sauf qu’en moins d’une seconde, j’ai du revoir mon jugement sur mes notions de rêve et de réalité puisqu’un coup de poignard semble s’enfoncer dans ma poitrine et à nouveau l’air vint a me manquer. Et à nouveau je pris peur, voyant presque ma vie défiler sous mes yeux à une allure folle sans pouvoir faire ou dire quoi que ce soit qu’avoir envie d’hurler. Hurler de douleur. Hurler de peur.

Je regardais autour de moi et je pris peur jusqu'à ce que je voie Alexander et Riley. Mais ma peur reprit lorsque je vis leurs visages blêmes et inquiets. Rapidement je me remis à suffoquer et j’eus envie de pleurer. L’homme se présenta brièvement avant de me dire ce qu’il m’arrivait. Pneumothorax…C’était dans ces moments là où je ne voulais qu’une seule personne. Je ne voulais que ma femme. Et pourtant, je ne pouvais pas refuser son aide. Si bien que je me tus et je pris sur moi. Il allait me faire tout un tas de choses, mais je n’avais pas retenu de quoi il en retournait. Je savais juste qu’il allait faire son possible pour me permettre de respirer correctement à nouveau. Et au fond c’est tout ce que je voulais. Parce que j’avais l’impression d’asphyxier à nouveau et j’avais terriblement envie de fermer les yeux. Je savais maintenant que je me battais pour vivre.

Et même si je devais me détendre je le savais, je ne pouvais pas. J’étais effrayé. Jamais je n’avais vu la peur se lire autant sur le visage d’Alexander. Et c’était peut-être ça le pire. J’essayais de prendre le plus d’air possible, même si j’avais l’impression que mes efforts ne servaient a rien. Et plus je respirais à fond plus j’avais mal. C’était un véritable cercle vicieux. J’ai fini par accepter de me laisser faire quand on a arraché ma chemise et qu’on m’a allongé sur une table. Je décidais alors de ne plus vraiment les écouter. Je préférais me concentrer sur ce que je ressentais. Je voulais revoir les plus beaux moments de ma vie et je me laissais totalement aller. Mais surtout j’essayais de ne pas fermer les yeux. Je ne pouvais pas mourir. Je ne pouvais pas laisser ma femme et mes enfants. Pourtant j’aurais eu des raisons de vouloir mourir. J’aurais retrouvé mes parents comme ça…Mais je ne pouvais pas laisser Katarina, je ne voulais pas partir sans elle. Mon ange…mon ange…Je lui avais promis de revenir. Je ne pouvais pas faillir à ma promesse.

Je sentais quelque chose s’enfoncer en moi, certainement une aiguille mais je serrais tellement les dents en retenant mes larmes que je m’en fichais. Je sentais quelqu’un peser sur moi et me forcer à me tenir tranquille comme si j’allais me rebeller. Mais pour l’instant je ne ressentais qu’une infime douleur. Le plus dur c’était de respirer. Oui…c’est ce que je croyais….
Jusqu'à ce que je sente quelque chose me transpercer la peau. J’eus envie de tout envoyer valser mas Riley veillait a ce que je me tienne tranquille, me proposant même de me laisser le frapper ensuite. Et il avait raison. J’allais le frapper. Enfin j’aurais eu envie. Mais je savais qu’il agissait pour moi. Il n’était pas contre moi, c’était juste que j’avais tellement mal et tellement peur.

Ils m’anesthésiaient. C’était ca alors ? C’était juste un anesthésiant…J’avais envie de leur crier que je voulais ma femme. Je voulais Katarina. Je voilais ma femme bon sang. J’avais peur sans elle. Terriblement peur. Comme un enfant…Non, j’étais loin d’être calme. Et comment aurais je pu l’être ? Je ne sentais rien mais j’entendais. Et c’était peut être pire…J’avais envie de pleurer qu’on arrête, qu’on me laisse mourir. Mais Riley veillait certainement à me tenir éveillé en faisant de l’humour. Et même s’il me menaçait de dire à Katarina que je m’étais comporte comme une fillette, j’avais envie de leur crier d’arrêter. Se rendaient-ils compte de ce que je vivais ?

Je préférais oublier qu’on était en train de m’opérer alors que j’étais conscient. Je ne sus réellement ce qu’ils faisaient. Je ne regardais pas vraiment. Les yeux fixés au plafond, j’essayais de me rappeler chaque détail du visage de Katarina, je parcourais son corps, ses formes… J’essayais de me souvenir de Lena. Ma petite princesse.

Jackson œuvrait sur moi en silence en donnant des ordres à Alexander et je ne disais rien. Mais je sentais maintenant les larmes couler sur mes joues. Et enfin…enfin… enfin….j’eus l’impression de renaitre. Je respirais…Encore un peu difficilement mais je respirais. Et je fondis alors en larmes. De véritables sanglots. Mais on me bloquait au lit de fortune où j’étais allongé.
Je tendis la main pour qu’Alexander ou Riley me la serre. J’avais besoin de sentir la main d’un ami. J’avais besoin de soutien.

On m’assit alors et je pus voir enfin ce qu’ils m’avaient fait. J’avais maintenant un tuyau qui sortait de mon thorax. Un long tuyau qui allait jusqu'à…une espèce de bocal…Ok…Je laissais alors Jackson m’expliquer de quoi il s’agissait. Et quand j’appris que j’allais devoir rester alité pendant prés de deux semaines, je crois que la vie n’aurait pas pu être pire. Selon lui, je n’étais pas hors de danger, mais il veillerait sur moi…Et tout ce que je pensais c’était : Katarina va m’en vouloir de ne pas avoir tenu ma promesse….
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MessageSujet: Re: I wanna see another dawn [TERMINE]   Mar 15 Mar - 19:55

La coopération du patient était un élément clé et il était dommage que ses amis doivent le maintenir allongé pour la durée de l'intervention. A sa décharge, il fallait admettre que se faire opérer d'urgence n'était déjà pas drôle dans un hôpital, avec du matériel de pointe et des professionnels compétents, alors se faire poser un drain dans la brousse par un médecin inconnu... Ça avait de quoi rendre nerveux. Surtout que je n'avais même pas terminé mon internat. Exercice illégal de la médecin, voilà mon crime. Ahaha, il y a quelques années j'aurais été en taule pour ça, mais aujourd'hui, j'étais vu comme un sauveur. Ironique non? Mais ici, tout le monde me faisait confiance et j'avais prouvé que je n'étais pas mauvais à plusieurs reprises déjà.

Un de ses amis, le plus jeune, tentait de faire de l'humour, mais je voyais bien qu'il n'en menait pas large. L'autre homme, celui qui était venu me chercher, restait silencieux et s'appliquait à la tâche, masquant ses inquiétudes pour tenter d'être le plus efficace possible, non sans pour autant dire parfois à Ethan que tout allait bien se passer, que c'était juste un mauvais moment à supporter et qu'il devait tenir le coup et se battre pour revoir Kat (sa femme je suppose), sa fille et le bébé en route. Et bien, il y en avaient qui ne chômaient pas... J'adorais Lizzie, mais nous n'avions encore rien fait : pas de mariage, pas de bébés. Il fallait admettre que si le mariage me taraudait, les bébés, en revanche... Non pas que je n'en veuille pas, mais étant donné la santé fragile de Lizzie, j'avais peur qu'une grossesse ne soit trop dangereuse et ne me l'enlève. Je ne pouvais pas prendre ce risque.

Je cessais de me laisser détourner de ma tâche par des pensées vagabondes et j'entrepris d'anesthésier la zone. Chose qu'Ethan n'apprécia pas, même si Riley lui expliqua que c'était juste pour l'endormir. Les hommes étaient parfois de sacrées chochottes... Bon, en même temps, il avait du mal à respirer et avoir l'impression d'étouffer était une sensation que je ne souhaitais à personne. Riley finit par lui dire que s'il faisait le bébé, il irait dire à Katarina qu'il était une fillette... Katarina. Ce nom évoquait des souvenirs chez moi... Cette jolie étudiante russe avec qui j'avais partagé quelques gardes. Plus jeune que moi, taquine, compétente. Morte, sans doute...

Je ne les écoutais plus, occupé à introduire le drain et à brancher l'aspiration pour enfin libérer Ethan et le laisser respirer. Étant donné la gravité de ce pneumothorax, j'avais opté pour une aspiration, afin de le soulager efficacement. Je cousu le drain à sa peau pour éviter qu'il ne bouge, avant de nettoyer le tout avec un antiseptique et de recouvrir d'une compresse et d'un collant. Il en avait pour un moment avant d'être guéri, mais il était en vie... En espérant qu'il n'y aurait nulle complication, nulle infection. On ne pouvait être certain de rien, mais quand il fut assis et qu'il eut repris quelques couleurs, je ne pus m'empêcher d'être fier de moi.

- "Je crois que vous êtes sorti d'affaire, mais on ne peut négliger les risques d'infection ou de complication. Ce drain va aspirer l'air, mais il va falloir du temps et du repos pour que tout rentre dans l'ordre. Et j'insiste sur le repos. Repos absolu. Vous allez devoir rester ici. Je veillerais sur vous. Vous en avez pour deux semaines si tout se passe bien... Vous avez eu de la chance qu'il y ai un médecin et du matériel sur place, vous seriez mort sans cela."

A voir sa tête, cela ne devait pas lui faire très plaisir de rester ici.

- "Ethan, voyez le bon côté des choses : vous êtes en vie. Et croyez-moi, c'est un petit miracle en soi. Si tout va bien, dans deux semaines, vous serez rétabli. Il va juste falloir de la patience."

Je soupirai, allant me laver les mains, tandis que ses deux amis le réconfortaient, ou le taquinaient, au choix, avant de finalement demander :

- "Que faisiez-vous à Elizabethtown?"

Ce fut le plus âgé qui décida de prendre la parole :

- "Nous venons de New York. Nous y avons fondé une communauté de Survivants, mais il se trouve que la mafia a envahi la ville et que nous n'y sommes plus en sécurité... Nous cherchions un endroit où nous établir. Ethan avait repéré cette ville, il y a quelques temps de cela et nous sommes venus voir si nous pouvions nous y installer... Nous ne nous attendions pas à trouver autant de monde."

J'acquiesçais, avant de lâcher :

- "Nous sommes une centaine ici..."

Je vis le regard d'Alexander changer, se faire songeur, alors qu'il répliquait à voix lente :

- "Nous sommes une centaine également... Cette ville peut-elle accueillir autant de monde?"

200 personnes... Si nous les acceptions, nous serions 200... Cela ferait un petit village... Ce n'était pas plus mal, mais il allait falloir caser tout le monde, sans parler de nourrir tout le monde. Je ne pouvais pas prendre cette décision. Pas seul.

- "Peut-être... Mais la décision ne m'appartient pas... Je vais en parler aux autres. En attendant, vous êtes les bienvenus ici."

- "Merci beaucoup Jackson. Pour ce que vous avez fait pour Ethan. Pour tout en fait."

- "De rien. J'espère juste que tout se passera bien, votre copain n'a pas l'air très obéissant."

Un sourire se dessina sur les lèvres d'Alexander.

- "C'est le moins qu'on puisse dire, mais on saura le contraindre à se tenir tranquille."

Je hochais la tête. Je devais parler aux autres. Je m'excusais alors, leur indiquant où me trouver si jamais Ethan avait un problème...
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