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 Back On The Crime Scene [Pv Katarina]

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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Back On The Crime Scene [Pv Katarina]   Sam 5 Fév - 16:27

La cigarette diminuait au rythme de mes aspirations : Douce délivrance dont je profitais dès que je pouvais m'éclipser suffisamment longtemps. C'était une très mauvaise habitude que j'avais prise et bien qu'ayant toujours été contre la cigarette, cela m'était à présent devenu nécessaire. Pourquoi? Tout simplement parce que j'avais besoin d'évacuer ma tension d'une manière ou d'une autre et que la cigarette était le seul moyen que j'avais à ma disposition pour cela. Mais peut-être devrais-je revenir un peu en arrière pour vous expliquer comment j'en suis arrivée là. J'étais rentrée à la communauté. J'avais retrouvé Alexander à Central Park alors que j'étais en train d'en finir avec mes démons intérieurs et tout avait été dit : Absolument tout. Je lui avais avoué avoir retrouvé Aristide lors de mon exil en dehors de la communauté et je lui avais avoué avoir couché avec Aristide lors de ces retrouvailles qui n'avaient pourtant duré qu'une seule nuit puisque je m'étais de nouveau séparé d'Aristide. Je l'aimais sincèrement mais j'aimais Alexander encore plus et je ne pouvais imaginer ma vie sans lui. Je dois bien avouer qu'au moment de la séparation, la vie sans Aristide m'avait également parue impossible et finalement, j'avais appris à vivre avec cette pensée, aussi douloureuse qu'elle puisse être : Plus jamais n'allais revoir Aristide et plus jamais je ne me lierais à lui, même si les sentiments ne disparaitraient pas. J'étais cependant heureuse qu'Alexander ait accepté de me donner une seconde et lors de mon retour à la communauté, j'avais fait en sorte de tout faire pour lui prouver que je méritais son amour. Je n'avais pas été collante, ni trop distante : J'avais simplement été moi-même. J'avais accepté qu'il s'approche de moi et qu'il s'éloigne quand il n'arrivait pas à être auprès de moi. Si j'avais appris de mes erreurs, lui en avait fait autant et il ne m'ignorait plus. Quand on a perdu la confiance, il est difficile de la retrouve et je devais redoubler d'efforts pour lui prouver qu'il avait bel et bien retrouvé sa femme. Petit à petit, ces efforts payèrent puisque nous recommençâmes à nous rapprocher et doucement, notre complicité recommença à souder notre couple. Ce n'était pas simple mais ça n'était pas impossible : J'avais retrouvé mon époux, ma fille, et même si j'étais toujours en froid avec mes amis en dehors de Liam et Mathilda, j'avais la foi : J'étais persuadée que nous étions sur la bonne voie et que tout allait aller en s'arrangeant et ce, malgré cette partie de moi, cette partie de mon cœur qui saignait toujours de l'absence d'Aristide.

Une absence qui ne dura plus très longtemps.

Quand un jour, l'un des gardes arriva à toute vitesse dans notre chambre pour annoncer qu'Aristide était de retour, je crus que mon cœur allait cesser de battre. Je lui avais demandé de revenir à la communauté non pas pour être avec lui mais pour qu'il soit en sécurité car j'avais peur pour lui mais il avait refusé net cette proposition. Il avait même refusé d'y réfléchir. Et à présent, il était de retour? Bien. Tant mieux. Au moins, il n'allait plus être en danger dans ces rues hostiles. J'étais rassurée, mais quand je vis le regard d'Alexander, je compris que lui ne l'était pas du tout et comment aurait-il pu l'être? En cet instant, il devait s'imaginer tout un tas de choses... Peut-être même pensait-il à cette nuit que j'avais passé en compagnie d'Aristide : Non. Je n'allais pas retourner dans les bras d'Aristide. Je n'allais pas tromper mon mari. Je n'allais pas une nouvelle fois m'éloigner de lui alors que je venais à peine de le retrouver. Je l'aimais de tout mon cœur et il ne fallait pas qu'il en doute à nouveau alors que nous commencions à nous reconstruire. Je lui adressai alors un sourire rassurant : « Je t'aime, il ne se passera rien entre Aristide et moi. » Voilà ce que mon regard lui hurlait. Sauf que mon regard ne fut sans doute pas cependant puisque lorsque le garde demanda à Alexander ce qu'il était censé faire, mon mari lui répondit qu'il n'avait qu'à mettre Aristide dehors. Mon cœur se serra, non pas à l'idée de ne pas revoir à Aristide mais à l'idée qu'il allait encore être en danger. J'avais beau aimer mon mari, je n'en avais pas moins des sentiments pour Aristide et oui : J'avais peur pour lui. Finalement, le garde annonça qu'Aristide n'était pas venu seul, qu'il était accompagné d'une femme et de la petite sœur de Kay. Alexander réfléchit et finit par accepter d'aller à leur rencontre. Je n'allais pas le laisser y aller seul et décidai donc de l'accompagner. Inutile de mentir : Revoir Aristide me fit énormément de mal même si j'étais rassurée de le savoir sain et sauf. Que dire de mon état lorsqu'il fut annoncé que la femme qui l'accompagnait était en réalité SA femme. A cet instant, j'eus l'impression d'avoir le cœur écrasé : Alors comme ça, il était marié et ne l'avait jamais dit. Oh, je sais, vous allez dire que j'étais mal placée pour me sentir trahie mais lui n'avais jamais ignoré que j'étais mariée et que j'aimais un autre homme. Pourtant, il m'avait caché être marié... J'avais refermé ma main sur celle d'Alexander et durant tout leur échange j'étais restée silencieuse. Pendant un instant, j'avais même eu envie de dire à Alexander de les remettre dehors tant que je me sentais trahie mais je n'étais pas comme ça... Je ne pouvais pas être rancunière et le détester ou lui souhaiter du mal. A lui, ou à sa femme d'ailleurs. Bref, j'avais supplié Alexander de se montrer clément et finalement, même si ça lui avait énormément coûté, il avait accepter qu'ils restent, non sans prévenir Aristide qu'il avait intérêt à se faire tout petit.

Dans les jours qui suivirent, Alexander se montra distant avec moi et cela me rappela de mauvais souvenirs : Il agissait de la même façon qu'il avait agi lorsqu'il avait appris ma liaison avec Aristide. J'avais tellement peur de le perdre à nouveau... En ce qui concernait Aristide, je ne cherchais même pas à le voir ou à lui parler : Il avait retrouvé sa femme, j'avais retrouvé mon mari et pour notre bien à tous, il était préférable qu'Aristide et moi restions éloignés l'un de l'autre. Je le savais sain et sauf, c'était tout ce qui comptait. Sauf que ça faisait beaucoup d'émotions à supporter et à gérer. D'où la cigarette. Oui, c'est à partir de cet instant-là que je pris cette mauvaise habitude. Alexander ne s'en formalisa pas : Je savais qu'au fond, il comprenait que la situation n'était pas simple pour moi non plus même si je n'avais aucunement l'intention de me jeter une nouvelle fois dans les bras d'Aristide. J'aimais mon mari et j'étais décidé à le garder près de moi. D'ailleurs, Alexander finit par se rapprocher de moi, surmontant ses sentiments à mon égard en raison de la présence d'Aristide. J'avais peur de devoir tout recommencer mais il me rassura et nous reprîmes là où nous étions arrêter. Je n'étais cependant pas complètement sereine : J'allais avoir besoin de temps pour m'habituer à cette situation. Voilà pourquoi, en cette fin de journée, j'étais une nouvelle fois dans un couloir désert à fumer une nouvelle cigarette. Désert, le couloir ne le resta cependant pas et lorsque j'entendis des pas, je me retournai et vis avec horreur que c'était Kat qui se trouvait à quelques pas de moi. Kat... J'étais au courant de ce qui lui était arrivé mais Ethan me maudissait toujours autant et je n'avais pas m'approcher d'elle et ce, même quand j'avais appris qu'elle avait fait une fausse couche. Pourtant, j'aurais voulu être là pour mon amie... Enfin, encore fallait-il qu'elle le soit toujours. Nous ne nous étions pas reparlé depuis notre dispute avant l'effondrement de la galerie. Nous restâmes quelques instants à nous regarder et elle esquissa finalement un geste de recul : Elle allait faire demi tour... Non! Il fallait que nous parlions. Ethan n'était pas là pour l'éloigner de moi et je n'aurais peut-être pas une autre occasion avant longtemps. Alors...

-Attends!

A mon soulagement, elle s'arrêta.

-Kat, s'il te plaît... Tu me manques...

Que pouvais-je dire d'autre? C'était la vérité. Ma meilleure amie... Non... Ma sœur me manquait... J'en arrivais même à en oublier ma cigarette qui à présent se consumait toute seule... J'en arrivais même à oublier que nous nous trouvions à l'angle du couloir qui avait chamboulé nos existences...

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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Back On The Crime Scene [Pv Katarina]   Dim 6 Fév - 13:36

Ethan était parti, Ethan me manquait. Je savais que nous n'avions pas le choix, je savais que c'était nécessaire, mais cela ne m'aidait pas à me sentir mieux pour autant. Je l'avais laissé partir avec Alexander et Riley, non sans une certaine appréhension. J'avais peur, j'étais terrifiée à l'idée de devoir rester totalement seule pendant plusieurs jours. Parce que oui, j'étais seule... Ethan m'avait dit de rester près de mon père, sachant que malgré tout, il ferait attention à moi et à Lena. Sauf que mon père n'était pas resté... Il était parti, sans prévenir, à la recherche de sa précieuse Inessa, sans même réaliser que du même coup il me laissait seule, enceinte, avec ma fille de six mois. J'étais terriblement en colère contre lui. Terriblement déçue aussi. Comment avait-il pu partir, en nous abandonnant complètement ? Si Ethan le savait, il deviendrait complètement fou. Ethan avait osé faire confiance à mon père, et voilà où nous en étions. J'avais peur, c'était aussi simple que cela. Parce qu'ici, il n'y avait plus personne pour veiller sur nous, plus personne que je connaissais assez sincèrement pour me sentir en confiance. Enfin, si, mais il n'y avait personne sur qui compter en cas de coup dur... Je ne pouvais pas m'empêcher de me dire que ce serait terrible si les Hors La Loi revenaient alors qu'ils étaient absents... Aaron était toujours dans un état critique, Mathilda et moi ne savions toujours pas s'il allait s'en sortir. Il tenait le coup, il s'accrochait, mais ses jours étaient toujours en danger. Je passais le voir régulièrement, pour laisser à Mathilda le temps de souffler, de respirer, de manger... Elle ne le quittait pas d'une semelle. Je la comprenais. Je la comprenais tellement. Je savais qu'elle avait des sentiments pour lui, même si elle le cachait, même à elle même. Mais je la trouvais particulièrement forte. J'aurais passé mes journées à pleurer si Ethan avait été dans un tel état. J'aurais été désespérée, incapable de m'occuper même de lui. J'avais toujours peur d'apprendre une mauvaise nouvelle, LA mauvaise nouvelle...

Je m'efforçais de ne penser à rien de tout cela, me concentrant sur mes propres activités, et sur ma fille. Je ne passais pas beaucoup de temps à l'infirmerie, Mathilda n'ayant pas besoin de moi, et Diane se précipitant au moindre besoin d'aide. Cela m'insupportait. De nous trois j'étais la plus jeune, et j'avais donc l'impression qu'on me reléguait au second plan, simplement parce que j'étais censée être celle qui en avait appris le moins. Peut-être, mais j'avais l'impression qu'on oubliait que j'avais fait médecine, plus particulièrement chirurgie, et que je pouvais être aussi douée que cette chère Diane, étant donné nos moyens. Mathilda, c'était différent, elle avait bien évidemment tout mon respect, étant donné qu'elle avait été et était toujours un brillant chirurgien. Je n'étais pas du genre à juger les gens, ni même à les détester, mais quelque chose me dérangeait chez cette Diane, je ne la sentais pas sincère, quelque chose clochait chez elle. Peut-être était-ce aussi parce qu'elle avait un lien relativement étroit avec Aristide ? Je ne savais pas trop. Toujours est-il que j'éprouvais une certaine rancœur à son égard. Oh, j'étais polie, respectueuse, tout ça, mais il ne fallait pas compter sur moi pour me comporter comme sa meilleure amie. Je n'étais si parfaite que cela ! Enfin, tout cela pour dire que je n'étais pas à l'infirmerie ce jour là. J'avais laissée Lena à Cassandre et Isaac, avec les autres enfants, pour faire ce que j'avais à faire. Je voulais m'occuper l'esprit et les mains, et j'avais beaucoup de mal à le faire ma fille entre les bras. Parce qu'elle cherchait son père, je le sentais. Je ne pouvais pas remplacer Ethan lorsque c'était lui qu'elle réclamait.

La première chose que j'étais allée faire, c'était notre lessive, tout bêtement. Cela m'occupa une ou deux heures. Puis j'entrepris d'aller à la réserve, pour faire du tri. Je savais que nous avions besoin de ranger certaines choses, et étant donné que je n'avais pas grand chose à faire, j'étais allée ranger. Personne n'avait dû mettre les pieds dans les réserves depuis un petit moment, puisque c'était un bazar sans nom. Je fus peinée de devoir jeter tout un tas de denrées alimentaires qui n'étaient malheureusement plus bonnes. Je les entassai dans un grand carton que je laissai à l'extérieur de la réserve. Je triai ensuite notre « stock » ( le mot était un peu exagéré ) de médicaments. Cela me concernait un peu plus, et je ne pus m'empêcher de constater que nous manquerions bientôt de certaines choses. Nous avions assez d'aspirine, de morphine, d'anti-douleur, mais il manquait les choses essentielles, les médicaments contre les petites maladies, comme la grippe, l'angine... Ces maladies si bénignes autrefois pouvait prendre des proportions énormes aujourd'hui. Cela m'inquiétait surtout par rapport aux enfants, qui n'avaient pas encore toutes leurs défenses immunitaires. Déjà que la plupart d'entre eux ne pourraient bénéficier d'aucun vaccin... La plupart d'entre eux étaient tellement petits. Trop petits... Lena, Emma, Lucy, Lucas... Il y en avait tellement d'autres. Encore que nous avions perdu des enfants dans l'affrontement contre les Hors La Loi. Trois. Trois enfants étaient morts... Trois couples de parents étaient détruits... Au moins nos enfants étaient en vie, eux. Lena allait bien. Elle avait eu peur mais elle allait bien... Et là, elle était probablement en train de jouer tranquillement avec Cassandre et les autres enfants...

Voyant que je commençais un peu à fatiguer, grossesse oblige, j'ai décidé de cesser mon petit manège pour remonter me reposer un peu. Je ne faisais pas de folies, Ethan m'avait demandé de faire attention à moi, au bébé... Enceinte de près de cinq mois, je devais faire attention à ne pas m'épuiser. Je n'avais guère envie de perdre ce bébé définitivement. D'autant plus que maintenant je le sentais très nettement bouger. C'était en soit une bonne nouvelle, mais cela ne faisait qu'aggraver mon stress. Je m'inquiétais quand je ne le sentais pas bouger pendant trop longtemps, ou au contraire quand il bougeait trop... J'étais devenue complètement paranoïaque suite à cette prétendue fausse couche. Je m'inquiétais pour tout, pour rien... Et sans Ethan c'était pire, je ne savais pas vers qui me tourner pour être rassurée. Personne ici ne pouvait me rassurer comme le faisait Ethan. Il me manquait terriblement. Ne pas être réveillée par ses baisers me manquait, ne pas sentir ses bras autour de moi me manquait... Je savais que c'était stupide, il m'avait promis d'être de retour dans quelques jours seulement, juste le temps qu'ils aillent vérifier que l'endroit qu'il avait trouvé était sûr pour nous. Il ne serait absent que quelques jours. Je devrais pouvoir y survivre.

Je remontais les escaliers, pensive, une main sur mon ventre. Je ne regardais pas vraiment où je mettais les pieds, je ne regardais pas non plus devant moi. Je ne me rendis compte qu'il y avait quelqu'un devant moi qu'au dernier moment. Reprenant mes esprits, je relevai les yeux vers la personne qui se trouvait en face de moi. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je m'aperçus enfin qu'il s'agissait de Gabrielle. Je clignai des yeux plusieurs fois, étonnée, avant de la détailler de la tête aux pieds, tout bêtement. J'avais l'impression de ne pas l'avoir vue depuis une éternité, ce qui n'était pas faux. Cela faisait des semaines, des mois que nous ne nous étions pas adressé la parole. Avec un soupir, j'allais pour m'éloigner et faire demi-tour, comme j'en avais pris l'habitude au cours des derniers mois. Cependant je me figeais quand elle m'interpella. Et je me retournai quand elle me dit de but en blanc que je lui manquais. Avec un soupir, je croisai les bras sur mon ventre, hésitante. Je ne savais pas quoi lui répondre. Je ne pus que secouer doucement la tête. Je ne savais pas quoi dire ! Qu'est-ce que j'étais censée répondre à cela ? Je ne savais même plus ce que je ressentais à son égard. C'était ma meilleure amie... Elle avait été ma meilleure amie, mais nous nous étions tellement éloignées l'une de l'autre que j'avais l'impression que nous n'avions plus rien en commun. Elle avait cessé de me parler, après Ethan et les autres s'en étaient mêlés, puis il y avait eu cette histoire avec Aristide, histoire que je ne connaissais que très vaguement... Depuis qu'elle était revenue nous n'avions pas échangé un mot. Du moins jusqu'à aujourd'hui.

« Je... Je dois aller chercher Lena, elle... »

J'avais la désagréable sensation de me chercher une excuse pour l'éviter, tout simplement. À croire que j'étais paniquée à l'idée de lui adresser la parole de nouveau. Mais je me sentais stupide. Avec un soupir, je me suis passée une main dans les cheveux et j'ai fait un pas vers elle.

« Je crois... Je crois qu'elle est en train de jouer avec Emma. Tu veux venir avec moi, peut-être ? Elles vont certainement avoir faim, il va être quatre heures, c'est l'heure de leur gouter, Lena déteste le manquer, et je crois qu'Emma aussi, elle n'aimait pas le rater quand je m'occupais d'elle, alors que peut-être on pourrait le leur donner ensemble, peut-être qu'on pourrait, oui, enfin si... Oh, mon dieu, Katarina, tais toi. »

Je me frappai le front en secouant la tête. Quand j'étais nerveuse, j'avais tendance à ne pas parler, ou à trop parler. Là, j'avais trop parlé, j'avais littéralement dit n'importe. J'ai glissé ma main derrière ma nuque en haussant les épaules comme pour m'excuser. Baissant les yeux, je ne pus m'empêcher de remarquer une cigarette entre les doigts de Gabrielle. Je ne pus m'empêcher d'écarquiller les yeux en affichant un air étonné, et un peu réprobateur.

« Mais depuis quand est-ce que tu fumes, Gaby ? »

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« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: Back On The Crime Scene [Pv Katarina]   Lun 14 Fév - 17:05

Il aurait peut-être mieux valu qu'elle ne s'arrête pas et qu'elle s'en aille, plutôt que de me faire face, hésitante, mal à l'aise, ne sachant pas vraiment de quelle façon me parler ou peut-être même ne sachant pas si elle avait envie ou non de me parler. Je savais qu'un fossé s'était creusé entre nous et j'en étais responsable mais même si j'avais toujours voulu pouvoir me rapprocher d'elle et lui expliquer, tout lui expliquer, je n'avais pas pu le faire pour tout un tas de raisons mais en réalité, j'avais toujours cru qu'Ethan était mon plus grand obstacle et que si la décision n'avait appartenu qu'à Katarina, elle serait revenue vers moi. Cependant, en la voyant ainsi, je réalisai soudain qu'en fait, c'était probablement elle qui ne voulait ni me voir, ni me parler. Puis, quand elle bredouilla qu'elle devait aller chercher Lena je baissai simplement les yeux, réprimant un rire froid : Bien sûr. Il lui fallait une excuse. Au moins, à présent, les choses étaient plus claires, en tout cas pour moi : Je savais qu'elle ne voulait plus rien avoir à faire avec moi. Une réalité qui, je dois l'avouer, me fit horriblement mal. J'avais repris cette mauvaise habitude d'avoir confiance, de reprendre espoir : C'était ça l'ancienne Gabrielle. J'aurais mieux fait de la laisser au placard pour une fois. J'étais incapable de relever le regard vers elle et l'observer s'éloigner alors j'attendis simplement d'entendre ses pas s'éloigner, ce qui n'arriva pas. Je risquai alors un regard vers elle et la vis faire un pas vers moi. Pendant une fraction de seconde, je crus qu'elle allait me dire des horreurs, terminer de me dire ce qu'elle avait commencé à me dire avant que le plafond ne s'écroule sur nous mais son visage n'avait pas cet air furieux de ce moment-là. Ses traits étaient hésitants, comme son attitude, mais elle n'était pas agressive, au contraire. Elle me proposa d'aller avec elle et de rejoindre nos filles qui devaient probablement jouer ensemble. Katarina ne fit aucune pause après qu'elle ait commencé à parler : L'heure de goûter, les filles qui n'aimaient pas rater le goûter, leur donner à manger ensemble... C'était comme si elle avait appuyé sur un bouton et qu'elle ne pouvait plus s'arrêter jusqu'à ce que, enfin, elle s'arrête. Je ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire : Elle parlait trop ou pas du tout quand elle était nerveuse mais je préférais la rendre nerveuse plutôt qu'en colère... C'était déjà un énorme pas en avant.

J'allais accepter -comment aurais-je pu refuser une pareille proposition?- quand Katarina remarqua la cigarette que je tenais entre mes doigts. Oh... Pour une fois, j'avais oublié cette petite amie qui me tenait beaucoup compagnie ces derniers temps. Comment Katarina aurait-elle pu le savoir? Maintenant qu'elle le savait, elle affichait cet air réprobateur que je lui connaissais si bien : Sincèrement, j'étais également en colère contre moi-même pour avoir pris cette mauvaise habitude mais il était absolument hors de question d'arrêter. Pourquoi? Une question qui rejoignait celle de Kat : Depuis quand avais-je commencé à fumer? Voyons... Depuis qu'Aristide était revenu, que tout me semblait de nouveau très compliqué, depuis qu'Alexander risquait sa vie dehors pour nous trouver un nouvel endroit pour vivre. Depuis tout ça... J'eus soudainement envie de tout balancer à Kat : Absolument tout. J'eus envie de lui dire que je fumais à défaut de pouvoir me défouler et me calmer autrement, que j'étais mal depuis le retour d'Aristide, que j'avais peur pour mon couple, peur pour mon mari, peur. Oui, j'étais morte de trouille en fait. Malheureusement, j'avais peur d'éloigner Kat si je me mettais à lui raconter tout ça : J'étais sur le point de peut-être la retrouver et je ne voulais pas tout gâcher. Alors, je me contentai de hausser les épaules avant de me baisser pour éteindre la cigarette dans un cendrier improvisé que j'avais tout le temps avec moi quand je fumais : Je n'allais pas laisser traîner des mégots partout... Bref. Je finis par me redresser et un lui adresser un petit sourire d'excuse.

-Ca fait quelques temps maintenant. Depuis...

Non, je ne devais pas parler d'Aristide.

-Disons que je suis un peu nerveuse et je n'ai trouvé que ça pour me calmer et me détendre... Mais je n'impose ça à personne. C'est pour ça que je viens ici...

Minable, mais je ne pouvais pas lui en dire plus. Bien sûr, elle était capable de faire toute seule le lien entre ma nervosité et le retour d'Aristide et si elle me posait la question je n'allais pas lui mentir. Seulement, si elle ne demandait pas, je n'entrerais pas dans les détails, voilà tout. Puisqu'elle avait fait un pas vers moi, avant de se rendre compte que je fumais, je fis à mon tour un pas vers elle pour me rapprocher. C'était étrange cette façon que nous avions de nous approcher sans trop le faire parce que nous n'osions pas le faire et que nous étions, finalement, autant mal à l'aise l'une que l'autre. Nous allions devoir aborder des sujets importants et difficiles si nous voulions briser ce mur et essayer de retrouver ce que nous avions à une époque. J'allais, moi, devoir faire beaucoup d'efforts... Je ne pensais même plus à sa proposition d'aller voir les filles et de s'occuper d'elles ensemble parce qu'en cet instant, rien n'était plus important que ce moment, seule à seule avec Kat, que ce moment qui allait soit tout empirer, soit tout arranger ou en tout cas, en partie. Alors que je m'approchais d'elle, je ne savais pas si nous devions rester ici, dans ce couloir sordide, ou plutôt trouver un endroit moins sombre pour discuter car, en y réfléchissant, cet endroit dégageait tant de mauvais souvenirs que ça ne pourrait sans doute pas aider pour arranger les choses. En tout cas, ce couloir n'incitait pas aux confidences, pour sûr. Je finis par me frotter nerveusement la nuque, sans y penser et m'arrêtai face à Kat. Je voyais dans ses yeux qu'elle était... Non pas méfiante mais peut-être indécise : Elle ne savait pas quel comportement adopter avec moi, je l'avais bien compris à présent et c'était à moi de faire les efforts nécessaires pour qu'elle se sente à l'aise en ma compagnie. Alors, pour commencer, je devais me faire confiance et écouter mon instinct et celui-ci me disait que la conversation qu'il nous fallait avoir devait avoir lieu ailleurs.

-On pourrait peut-être trouver un endroit un peu moins...

Glauque. Flippant. Rempli de mauvais souvenirs.

-... Sombre... Mais je ne veux pas aller voir les filles tout de suite...

M'empressai-je d'ajouter. C'était maintenant ou jamais.

-Je voudrais qu'on puisse discuter toutes les deux. Seule à seule. Je sais que tu ne dois pas avoir très envie de me parler, peut-être même pas du tout mais...

Je me mordis la lèvre inférieure, nerveuse. Je m'y prenais très mal. Finalement, je soupirai.

-Il y a tout un tas de choses que je n'ai jamais pu t'expliquer et je ne peux pas m'empêcher de penser que si je pouvais le faire, peut-être que les choses s'arrangeraient entre nous. Je ne dis pas que ça peut redevenir comme avant mais, ça n'a pas à être comme ça...

Et par « comme ça », elle savait très bien ce que j'entendais.

-Et puis... Il ne s'agit pas que de moi...

Je marquai un silence : J'allais peut-être la faire fuir en évoquant ce sujet-là mais je ne pouvais pas ne pas le faire car il ne s'agissait pas que de moi. Il s'agissait également de Kat, de ce qu'elle avait traversé depuis tout ce temps...

-Tu dois bien te douter qu'Alex m'a parlé Kat... Et je regrette de ne pas avoir été là pour toi. Je veux être là pour toi. Ca n'a pas à être comme ça...

Je me répétais mais c'était mon coeur qui parlait. Je voulais qu'on prenne le temps de s'assoir et de parler. Je voulais lui expliquer ce qui m'était réellement arrivé, comment j'étais tombée amoureuse d'Aristide, pourquoi j'avais décidé de fuir, pourquoi j'avais décidé de revenir... Je voulais qu'elle m'explique ce qu'elle avait traversé, je voulais la comprendre, je voulais être à ses côtés. En fait, je voulais retrouver ma meilleure amie et ne plus sentir ce vide en moi depuis que nous avions pris nos distances. Mais peut-être qu'elle ne ressentait pas ce vide, comme moi... Peut-être qu'elle ne voulait pas me retrouver et ce, même si je lui donnais des explications sur ce que j'avais fait. En clair, tout dépendait d'elle. En cet instant, notre amitié brisée que je souhaitais de tout mon coeur reconstruire dépendait de Kat : Si elle souhaitait me laisser une chance, nous laisser une chance, alors elle aurait les explications et peut-être aurais-je sa compréhension. Si elle ne souhaitait pas nous donner cette chance, alors tout serait terminé pour de bon. Nous resterions de simples connaissances dont les filles joueraient ensemble, nous resterions les simples fantômes des amies que nous étions auparavant.

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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Back On The Crime Scene [Pv Katarina]   Mar 15 Fév - 13:43

Cela me faisait un drôle d'effet de me retrouver en face de Gabrielle. Je ne savais pas trop ce que je ressentais. Je ne savais pas trop si j'étais contente, ennuyée, gênée, agacée... Je ne savais pas trop comment réagir non plus. Cela faisait des mois que nous ne nous étions pas parlées, des mois que nous nous évitions plus ou moins... Et en y repensant, je ne savais pas trop pourquoi je m'étais mise à l'éviter, moi aussi. J'avais certainement commencé par l'éviter à cause d'Ethan, qui ne la supportait plus, pour ne pas le frustrer davantage et pour éviter de nouvelles disputes. Mais ensuite, cela s'était tassé, il ne m'en avait plus parlé... Il ne m'avait même pas interdit formellement d'avoir des contacts avec elle. Bien sûr cela ne lui aurait pas plu, mais je le connaissais suffisamment pour savoir qu'il n'aurait rien dit, simplement pour me faire plaisir. Comme toujours. Mais moi, j'avais continué à éviter Gabrielle, sans vraiment y penser. Était-ce par réflexe ? Je n'en savais trop rie, je m'en rendais seulement compte. Rien ne m'aurait empêchée d'aller lui parler. Enfin, rien, mis à part toutes les épreuves que j'avais dû traverser... Est-ce que j'en avais oublié ma meilleure amie ? Visiblement oui... Je ne pus m'empêcher d'éprouver une honte soudaine. Oh, j'avais des excuses, de bonnes excuses, des excuses valables, j'en avais conscience. Mais cela ne m'empêchait pas de culpabiliser. J'imagine que la culpabilité était réciproque. Je m'en voulais de ne pas avoir été là quand peut-être elle aurait eu besoin de moi, et elle devait certainement s'en vouloir de ne pas avoir été là pour moi. Je n'étais pas idiote, elle avait dû apprendre par Alexander ce qui m'était arrivé. Elle était bien évidemment au courant, bien qu'elle n'ait pas été là quand c'était arrivé. J'avais appris, ironie du sort, que c'était mon enlèvement qui avait fait diversion et qui lui avait permis de partir ce jour là. Il s'en était passé des choses, ce jour là... Pendant que tout le monde me cherchait, personne n'avait fait attention à Gabrielle...

Je me contentai d'acquiescer bêtement quand elle me dit que la cigarette était la seule chose qu'elle avait trouvé pour se détendre. Je ne pus m'empêcher de me demander comment elle faisait pour trouver les paquets... Enfin, il suffisait d'avoir des relations, ou de dire un mot à ceux qui sortaient... Mais peu importait, ce n'était pas important. J'ai croisé les bras sous ma poitrine, comme je le faisais souvent quand j'étais nerveuse, ou gênée. Bêtement, je remarquai que j'avais – encore – pris de la poitrine. Merci la grossesse... Je regardai mes pieds ( autant en profiter, je ne le verrais plus encore très longtemps, re merci la grossesse ! ), ne sachant pas trop comment regarder Gabrielle. J'étais définitivement mal à l'aise. Je ne la regardais pas, parce que j'avais peur de la défigurer sans le vouloir, et je ne voulais surtout pas qu'elle le prenne mal. La situation était assez compliquée comme cela, je ne voulais pas en rajouter inutilement. C'était pourtant stupide. Je savais que Gabrielle ne prendrait pas mal mon attitude, parce qu'elle avait exactement la même que moi. Elle semblait elle aussi tout à fait incertaine. C'était bête... Nous étions tellement proches. Nous avions été tellement proches. Je ne savais pas si les choses pourraient redevenir en avant. Tout ce que je voulais, c'était une petite amélioration de la situation. J'avais besoin d'amis, j'avais besoin de ma meilleure amie... J'avais besoin de quelqu'un à qui me confier, une personne qui n'était pas Ethan. Oh, bien sûr, il était mon meilleur confident. Mais il disait amen à chacun de mes mots, alors c'était un peu compliqué de voir où étaient mes erreurs et où étaient celles des autres... Et puis, parler entre filles, c'était agréable. Bien sûr, je parlais avec Mathilda, mais elle n'était pas... Pas très bavarde en ce qui concernait les petites choses sans importances. Et puis en ce moment elle avait d'autres chats à fouetter. Écouter mes bavardages n'était pas son activité principale, et heureusement d'ailleurs.

Je fis vivement oui de la tête lorsque Gabrielle me proposa d'aller ailleurs. Oui, il vaudrait mieux. Cet endroit n'était pas propice à la conversation, et en plus de ça, il était rempli de mauvais souvenirs. Néanmoins, je la regardai d'un drôle d'air lorsqu'elle m'avoua qu'elle ne souhaitait pas que nous allions retrouver nos filles tout de suite. J'allais lui demander pourquoi, mais elle prit les devants en m'avouant qu'elle aimerait que nous parlions. Un peu surprise, je ne pensai pas à secouer la tête pour la contredire au sujet de mon envie, ou plutôt de mon absence d'envie, de lui parler. Non, ce n'était pas du tout ça, je voulais lui parler, c'était simplement que je ne savais pas par où commencer, je ne savais pas quoi dire. Et à propos de quoi ? Des mois s'étaient écoulés, et une fois que les choses sont terminées, c'est un peu compliqué de revenir sur le sujet... Surtout que ce n'étaient pas des sujets très faciles à aborder. Ce n'étaient que des choses extrêmement douloureuses, aussi bien pour elle que pour moi. C'étaient des choses qu'il aurait peut-être mieux fallu oublier... Pourtant nous avions vécu des choses similaires, et nous nous comprendrions certainement mieux l'une l'autre que les autres n'avaient pu le faire. Mais le problème, c'était que je n'avais pas forcément envie de faire remonter tout cela à la surface. À chaque fois que j'en reparlais, c'était pareil, je me remettais à pleurer, et j'étais mal pendant des jours entiers, signe que le traumatisme ne me quitterait certainement pas, ou plus. Mais je ne voulais pas vivre avec ça.

« Nous... Nous pourrions aller au salon, il n'y aura probablement personne à cette heure ci. »

Ce n'était pas le salon de thé idéal, mais c'était toujours mieux que ce couloir lugubre. Tandis que nous dirigions à pas maladroits vers ce même salon, Gabrielle me soulagea en m'expliquant qu'elle voulait m'expliquer sa situation à elle, et non pas la mienne, et se justifier quant à ses actes. Avec un petit sourire j'acquiesçai. Tant que nous parlions d'elle, cela ne me dérangeait pas. Et puis je devais bien avouer que j'avais bien besoin de ces explications. J'avais beau me creuser la tête, je ne parvenais toujours pas à la comprendre, et pourtant j'avais essayé. Du moins, j'avais essayé avant de me retrouver confrontée à mes propres ennuis. Mais non, je ne comprenais pas... Sans doute n'étais-je pas non plus au courant de toute l'affaire. Je n'avais que le point de vue d'Alexander. Alexander, qui n'avait pas mieux compris que moi ce qu'il arrivait à sa femme. J'avais été sa confidente durant l'absence de Gabrielle, et j'avais fait de mon mieux pour le soutenir, en l'écoutant et en m'occupant d'Emma, à qui sa maman manquait cruellement. J'étais contente qu'elles se soient retrouvées. Emma méritait d'avoir sa maman, et aucune maman ne méritait d'être séparée de sa fille. Lorsque j'avais été enlevée, Lena n'avait pas un mois, et j'avais bien cru que je ne la verrais jamais grandir, tout comme j'avais cru qu'elle ne se souviendrait jamais de moi... Ce souvenir me fit tressaillir, et je laissai ma main glisser sur mon ventre rebondi, comme pour me rassurer. Tout allait bien...

Je fis une grimace, et là je ne pus m'empêcher de dévisager proprement Gabrielle quand elle m'avoua un peu timidement que je n'étais pas la seule dans l'histoire. Évidemment, j'aurais dû m'en douter. Elle voulait rattraper le temps perdu, être là pour moi aujourd'hui. Le problème, c'était que maintenant je n'avais plus vraiment envie de parler de tout cela. Parce que je ne voulais pas me souvenir, parce qu'Ethan ne serait pas là pour me calmer si je faisais une crise... Et puis, parce que j'avais du mal à en parler. Il n'y avait qu'Ethan qui savait tout. Et encore, peut-être avais-je omis certainement détails, sciemment ou non... J'eus un profond soupir.

« Écoute... « Ça fait des mois, maintenant... Je m'en suis remise... Enfin, ça laisse des traces, mais je vais bien... J'ai surmonté ça... Je ne veux plus y penser, parce que je dois m'occuper de Lena, parce que je suis enceinte, et parce qu'Ethan n'a plus à supporter ça... »

Peut-être avais-je été un peu sèche, mais j'étais toujours sur la défensive lorsque quelqu'un abordait le sujet. Il m'arrivait même de me mettre en colère contre Ethan, quand il voulait seulement vérifier que j'allais bien en abordant ce sujet. Tout comme il réagissait brusquement quand je lui proposais des médicaments lorsqu'il était malade ou blessé... Il refusait tout. Nous adoptions le même comportement face aux mauvais souvenirs, au passé. C'était à se demander qui déteignait sur qui.

Je poussai doucement la porte du salon et glissai la tête à l'intérieur pour vérifier qu'il n'y avait personne. Il n'y avait personne, sinon un vieux chien adorable que je ne sais qui avait ramené. J'entrai, et refermai la porte derrière Gabrielle. Avec un soupir, je me laissai retomber mollement sur le canapé, les deux mains sur le ventre. Je basculai légèrement la tête en fermant les yeux et en prenant une profonde inspiration, avant de me redresser pour regarder Gabrielle.

« Je... Ce n'était pas la faute d'Ethan, tu sais. Si je ne suis pas revenue vers toi... C'était moi... Je ne savais pas quoi te dire, parce que je ne te comprenais pas... J'ai essayé pourtant... Je ne savais pas quelles questions poser, quelles questions ne pas poser... Mais ce n'était pas la faute d'Ethan. Je ne le défends pas, je sais qu'il a été excessif... »

J'avais cessé de défendre Ethan et ses excès depuis longtemps, ayant bien compris que la plupart des gens ne parvenaient pas à le comprendre malgré mes explications. Certains n'essayaient même pas. Mais ce n'était vraiment pas sa faute si je n'étais pas retournée vers Gabrielle à ce moment là. Je crois qu'il avait complètement oublié Gabrielle, et de ce fait rien ne m'aurait empêchée de reprendre contact avec elle. Seulement je ne l'avais pas fait... Et si elle ne l'avait pas fait, je ne l'aurais probablement pas fait de si tôt.

« Je ne te comprenais pas, et je ne te comprends toujours pas. Il va falloir que tu m'éclaires. Mettons tout cela au clair, une bonne fois pour toutes. »

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MessageSujet: Re: Back On The Crime Scene [Pv Katarina]   Mar 15 Fév - 17:19

Le salon. Excellente idée. Un endroit calme et neutre, exactement ce dont nous avions besoin pour parler librement. En marchant aux côtés de Katarina dans ce couloir, j'avais l'horrible sensation que je n'avais jamais été autant éloignée d'elle. Pourtant, nous allions discuter, j'allais pouvoir m'expliquer, mais... Mais il y avait un monde entre nous à présent et même si je le savais déjà, je m'en rendais encore plus compte à présent. Je ne pouvais qu'espérer, prier pour que cet immense mur se brise et que nous puissions nous rapprocher de nouveau. Mais quand elle me répondit, de manière assez sèche, qu'elle ne voulait pas parler de ce qui lui était arrivé, je sentis mon coeur se glacer : Auparavant, elle n'aurait pas hésité à se confier, même sur des évènements aussi graves mais cela dit, je pouvais la comprendre. Après tout, j'avais moi-même menti pendant un temps avant de finalement avouer mon viol et puis, je ne lui en avais plus du tout reparlé. A présent, je pouvais en parler plus librement parce que j'avais fait la paix avec moi-même et avec mes agresseurs. Il restait cependant un détail dont Kat n'était pas au courant et je compris que c'était sans doute par cela que j'allais devoir commencer lors de mes explications : Il fallait reprendre du début pour qu'elle puisse comprendre. Qu'elle puisse me comprendre... Cependant, j'avais des doutes quant au fait qu'elle soit remise de ce qui lui était arrivé même si, comme elle le disait elle-même, ça laissait des traces. J'avais peur qu'elle ne soit pas réellement remise et qu'elle prétende l'être pour être capable de s'occuper de sa famille. Si c'était le cas, à un moment ou à un autre, elle allait craquer, j'en étais certaine : J'étais passée par là. Je n'allais cependant pas la forcer ou la brusquer. La seule chose que j'allais faire, c'était être présente pour elle, dans la mesure du possible et surtout, si elle voulait de moi ce qui, comme je l'ai déjà dit, n'était pas gagné.

Nous arrivâmes finalement jusqu'au salon où, après une brève vérification de Kat, il n'y avait personne en dehors d'un vieux chien qui ne sembla même pas remarquer notre entrée dans la pièce. Une fois entrée, Kat referma la porte derrière moi et alla s'installer sur le canapé où elle poussa un soupir : La grossesse la fatiguait, cela se voyait. Je restai, moi, devant la porte, debout, incapable de m'approcher sur le moment. En fait, en cet instant, j'étais pétrifiée : J'allais replonger dans des souvenirs et je réalisai que ça n'allait pas être facile de reparler de tout ça, de parler d'Aristide, de mes sentiments pour lui toujours présents dans mon coeur... Kat redressa enfin le visage et posa son regard sur moi avant de m'expliquer que si elle n'était pas venu me voir, ce n'était pas la faute d'Ethan. Je l'écoutai attentivement, comprenant enfin sa distance, son silence : Elle n'avait pas réussi à me parler parce qu'elle ne comprenait pas. Comment aurait-elle pu me comprendre? Enfin, si, elle pouvait comprendre ce que j'avais traversé mais nos mauvaises expériences restaient malgré tout différentes en de nombreux points. Elle avait cependant raison : Ethan avait été excessif, mais il n'avait pas été le seul. Riley aussi avait tenu des propos très durs... Quant aux autres... Bref, chacun avait eu son propre avis, son propre jugement mais au final, tout le monde avait fini par m'ignorer et me banir de leur existence, tout simplement. Un autre souvenir douloureux : Oui, ces jours dans l'ignorance la plus totale avaient été absolument terribles et cela avait, entre autres, déclenché mon départ de la communauté. Je repensais à ces instants lorsque Kat m'avoua qu'elle ne me comprenait toujours pas à l'heure actuelle et que j'allais devoir l'éclairer, une bonne fois pour toutes. Mon coeur se mit à battre plus rapidement : La façon dont elle avait prononcé ces mots me faisait peur. En fait, j'allais plus ou moins jouer à quitte ou double : Soit elle allait mieux me comprendre, soit elle n'allait pas plus me comprendre et reprendre ses distances et nous en resterions là.

Cela ne dépendait pas de moi, mais bien d'elle.

J'acquiessai d'un petit signe de la tête avant de m'approcher et de venir m'assoir à côté d'elle. Peut-être aurait-elle préféré que je choisisse un fauteuil en face d'elle plutôt que d'être à ses côtés mais j'avais besoin d'être près d'elle pour pouvoir lui parler. J'avais besoin de cette proximité : Ca m'était nécessaire pour pouvoir dire tout ce que j'avais à lui dire.

-Il y a tellement de choses...

Je levai le regard vers le plafond et restai un long moment silencieuse. Tout me revenait en mémoire, absolument tout et j'en avais presque des vertiges. Je savais cependant par où je devais commencer. J'y avais pensé quelques instants auparavant : Ce détail que je n'avais avoué qu'à Alexander, cette chose que j'avais faite et qui m'avait, en plus du viol, profondément changée. Je pris une profonde inspiration, pris soin de contrôler ma respiration et glissai un regard qui, je le savais, était déjà brillant de larmes vers Kat : Une fois que j'allais avoir commencé, je n'allais plus m'arrêter et tout serait dit. Absolument tout.

-Tu te souviens le jour où on s'est parlé ici même, quand tu savais que je te cachais quelque chose et que tu étais persuadée que je n'étais pas tombée dans les escaliers et que je te mentais?

Un bref hochement de tête de sa part m'encouragea à continuer.

-Je t'ai avoué ce qu'il s'était passé mais ce jour-là, je ne t'ai pas tout dit. Il y a quelque chose que j'ai gardé pour moi et que je n'ai réussi à dire qu'à Alexander.

J'eus besoin de me taire quelques secondes : Le redire à haute voix, l'avouer à Kat après tout ce temps était en fait bien plus difficile que je ne le pensais.

-Tu sais que Nathaniel m'a sauvée. Il a tué un de mes agresseurs et il a juste blessé l'autre. Il voulait le tuer pour ce qu'il m'avait fait mais... Il ne l'a pas fait... C'est moi. J'ai tué ce type Kat...

Je décidai de ne pas m'arrêter, malgré son air pour le moins choqué. Si je m'arrêtais, je n'allais pas pouvoir aller au bout, je n'allais pas pouvoir tout lui avouer et il le fallait. Il fallait que ça sorte : J'avais gardé ça en moi beaucoup trop longtemps.

-J'étais pleine de haine, de colère, j'avais mal... Je pensais qu'il recommencerait si je le laissais en vie et j'avais peur que quelqu'un d'autre ne subisse le même sort, j'avais peur... Mais ça ne justifie pas mon geste et j'aurai toujours son sang sur les mains, quoi que je fasse. Je vivrai avec sa mort sur la conscience. Et ce meurtre, parce que c'en est un, a vraiment rendu les choses plus difficiles pour moi. Je n'étais plus celle que j'étais avant : J'avais changée.

Je détournai le regard, incapable de la regarder dans les yeux et de poursuivre en même temps.

-Je suis rentrée, j'ai fini par t'avouer la vérité, par l'avouer à Alexander et j'étais mal parce que, malgré ses efforts, malgré son amour, je ne me sentais plus... En fait, quand il me regardait, il y avait tant de haine dans son regard, et cette tristesse aussi... Il avait mal et j'avais cette horrible sentiment qu'il ne voyait plus que ce qu'il m'était arrivé et qu'il ne me voyait plus moi. Et puis il était beaucoup occupé mais... C'était son rôle, je ne lui en voulais pas. C'était juste que... J'avais peur... Parce que...

Oh bon sang...

-Parce que j'avais peur d'être tombée enceinte. J'avais cette peur au ventre, ça me bouffait les entrailles et, cette peur s'est transformée en terreur quand j'ai découvert, à peu près un mois après mon retour, que j'étais bel et bien enceinte...

Je serrai la mâchoire : Le souvenir était, comme tous les autres, encore très vif dans mon esprit.

-Je ne pouvais pas le dire à Alexander... Comment lui dire que je portais l'enfant du type qui m'avait violée, qui m'avait souillée, qui m'avait tout enlevé?... Je ne pouvais pas. C'était impossible. Je ne voulais pas que son regard ne change encore. Je...

Je soupirai.

-C'est ce jour-là, quand j'ai appris cette grossesse, que j'ai embrassé Aristide pour la première fois.

J'aurais pu sourire à l'évocation de ce tendre souvenir si toute cette histoire n'avait pas été autant dramatique. Je finis par reporter mon regard sur Kat qui encaissait, sans rien dire, ma confession.

-Je ne vais pas me donner l'excuse que j'étais choquée de la nouvelle, ça n'a rien à voir. Simplement, Aristide ne savait rien de ce qu'il m'était arrivé et il me regardait comme une femme normale. Il me regardait comme Alexander m'avait regardée auparavant et j'avais besoin de ce regard, j'avais besoin de me sentir normale. Quand j'étais avec Aristide, je n'étais plus cette femme violée, enceinte de son violeur : J'étais juste moi. C'était un énorme mensonge mais j'étais bien dedans...

Et rien qu'en y repensant, je ressentais cette légèreté que j'avais ressentie dans les bras d'Aristide à ce moment-là : La façon dont je me perdais dans ses yeux, la façon dont ses bras m'apaisaient... Je glissai mes mains sur mon visage et frottai quelques instants mes yeux avant de reporter mon regard sur Kat qui restait impassible. J'étais incapable de lire sa réaction, de savoir ce qu'elle pensait de tout ça et il ne valait mieux pas que je pense à cela si je voulais terminer mes explications.

-Les choses se sont compliquées... Il est tombé amoureux de moi et, je ne pouvais pas prévoir que j'allais, moi aussi, tomber amoureuse de lui.

Là, par contre, je pus voir l'étonnement, le choc dans le regard de Kat.

-Oui... Je sais... C'est dingue mais c'est la vérité. D'ailleurs, si je n'avais pas été amoureuse de lui, j'aurais pu le quitter facilement, mettre fin à cette histoire mais j'en étais incapable. Je l'aimais, et j'aimais Alex et je ne pouvais pas les perdre... Quelle garce j'ai été...

Oui, il n'y avait pas de meilleur mot. Même si on ne peut pas contrôler son coeur, j'avais été une belle garce avec ces deux hommes profondément bons.

-En tout cas, je m'enfonçais dans mes mensonges et puis, Ethan a tout découvert, et là, j'aurais du quitter Aristide mais j'en était toujours incapable. Et puis, tu es venue et la galerie s'est effondrée...

Souvenir douloureux pour nous deux.

-A ce moment-là, j'ai fait mon choix. Ca a été rapide, sans aucune hésitation : J'ai choisi Alex. Alors que je croyais mourir, c'était lui que je voulais voir, lui que je voulais près de moi. Et... J'ai cru Aristide mort et ça a été terrible parce que malgré mon choix, mes sentiments étaient les mêmes. Bref... Tout a changé ce jour-là, pour nous tous. Et j'ai perdu le bébé.

Lâchai-je finalement pour terminer. Je me relevai et fis quelques pas dans la pièce avant de finalement reporter mon attention sur Kat.

-La suite tu la connais. J'ai avoué la vérité à Alexander, j'ai quitté Aristide, tout le monde a décidé de faire comme si je n'existais plus, et j'ai fini par partir le jour où...

Je ne terminai pas ma phrase : Elle ne voulait pas en parler, alors...

-Mais si je suis partie, ce n'était pas qu'à cause de vous... J'avais l'impression de me perdre de plus en plus... Je n'avais même plus l'impression d'être une mère pour Emma alors oui : J'ai fui. Et j'ai eu raison de le faire parce que j'ai réussi à me retrouver et à leur pardonner... Et surtout, surtout, j'ai pu retrouver Alex et ça a été un tel soulagement de pouvoir à nouveau faire partie de sa vie...

Bien malgré moi, je me mis à pleurer tout en revenant m'installer sur le canapé.

-J'aurais du tout te dire dès le départ... Si je l'avais fait, tu m'aurais empêché de faire tant de mal autour de moi, tu aurais réussi à me raisonner... Mais j'étais trop lâche, trop bien dans mes mensonges pour t'affronter et affronter la réalité de ce que tu risquais de me dire... Alors, cette distance... C'est pas toi... Tout ça c'est ma faute...

Que dire de plus? Absolument rien. Elle savait tout. Peut-être aurais-je du m'y prendre autrement, peut-être aurais-je du prendre mon temps pour la laisser encaisser tout ça mais c'était tout ou rien. A présent, peut-être, à défaut de les approuver (comment le pourrait-elle?), comprendrait-elle mes choix?

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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Back On The Crime Scene [Pv Katarina]   Mer 16 Fév - 9:36

J'avais peur d'écouter l'histoire de Gabrielle, parce que quelque part, j'avais peur que cela ne me renvoie à ma propre histoire, dont je n'avais décidément pas envie de me souvenir aujourd'hui. Je ne voulais pas me replonger dans ces souvenirs infects. Tout ce que je voulais c'était vivre ma vie en laissant cet épisode de côté, sinon derrière moi. J'avais mis des semaines à me reprendre en main. J'avais mis des semaines à cesser de pleurer, de hurler, au moindre souvenir, au moindre cauchemar. Et j'avais mis des semaines à guérir, aussi bien physiquement que psychologiquement. Je comprenais que Gabrielle ait envie de parler de tout cela avec moi. Je comprenais, mais je ne pouvais pas m'empêcher d'activer une sorte de mécanisme de défense. J'avais peur que l'écouter ne soit trop dur. Avant d'être enlevée, battue et violée, j'aurais pu prendre une certaine distance critique qui risquait fort de me manquer aujourd'hui. Je ne pourrais pas m'empêcher de me retrouver en elle, en quelque sorte. J'étais réellement à deux doigts de lui dire de se taire. C'était terriblement égoïste de me part, j'en avais conscience. C'est d'ailleurs pour cette raison que je ne le fis pas, quand bien même ce n'était pas l'envie qui me manquait. Ce genre de réaction me rappelait combien j'avais été changée et fragilisée. Je n'étais plus la Katarina d'avant. Aujourd'hui j'éprouvais un besoin infernal d'être protégée, et ce besoin n'était que plus fort maintenant que j'étais de nouveau enceinte. Si j'avais demandé une certaine attention durant ma première grossesse, là c'était mille fois pire. Durant ma première grossesse je n'avais eu de cesse de repousser les gens, prétextant que je n'étais pas malade, ni super fragile, que j'étais simplement enceinte et que rester debout deux petites heures ne me tuerait pas. Ce n'était plus le cas. J'étais sans arrêt sur mes gardes, je faisais attention à tout, je demandais de l'aide... L'absence d'Ethan ne m'aidant pas à être tout à fait sereine.

Je me forçai à repousser tout cela dans un coin de ma tête, pour me concentrer sur ce que me disais Gabrielle, et visiblement j'avais sous-estimé ce qu'il lui était arrivé et ce qu'elle allait me dire. Évidemment que je me souvenais de notre conversation, durant laquelle je l'avais presque forcée à m'avouer ce qui clochait, ce qui n'allait pas. Ce jour là, elle ne m'avait pas tout dit, et je ne pus m'empêcher de la dévisager avec stupeur lorsqu'elle m'avoua que si Nathaniel avait tué son premier agresseur, elle s'était chargée de tuer le second. Deux ? Elle ne m'avait pas donné ce détail non plus, ou bien je ne m'en souvenais pas... Si j'affichais un air choqué, je ne la comprenais pourtant pas moins à ce moment là. Au contraire, même. Dans une situation si poussée, dans un tel état de nerfs et de colère, si j'avais eu une arme entre les mains, j'aurais sans doute fait de même. Si j'avais pu tuer Alan moi même, je l'aurais certainement fait, quitte à regretter mon geste. Mais c'était Ethan qui l'avait fait, certainement mieux que je n'aurais moi même pu le faire. Je comprenais Gabrielle, tout comme je comprenais qu'elle se sente coupable, maintenant. Je ne me serais pas sentie mieux à sa place. Mais cet homme avait détruit une partie de sa vie, alors je pouvais comprendre... Je ne l'aurais pas avoué tout de suite non plus, à sa place. Il y avait eu plein de choses que je n'avais pas pu avouer à Ethan tout de suite. Certaines choses nécessitaient du temps avant de pouvoir être exprimées. Les... détails... de mon viol en particulier. En comparaison, les coups n'étaient rien.

Je comprenais aussi qu'elle se soit sentie très mal, par rapport au regard d'Alexander. J'avais moi même eu honte du regard qu'Ethan posait sur moi pendant un certain temps. Un regard triste mais aussi rempli de colère... J'avais eu honte, aussi, parce que j'avais pensé pendant un temps qu'il m'en voulait – chose idiote – de ne pas avoir pu empêcher Alan de me toucher. Alors qu'il ne s'agissait pas du tout de cela. Il me regardait de cette façon parce qu'il culpabilisait terriblement. Mais j'avais mis du temps à le comprendre... Je fronçai les sourcils, remarquant que Gabrielle ne me regardait plus. Je ramenai mes jambes sous moi, attendant la suite de l'histoire avec une certaine appréhension. Et là, je ne pus m'empêcher de la regarder les yeux écarquillés par l'horreur. Oh mon dieu. Oh mon dieu, elle était tombée enceinte de son violeur... J'eus une grimace dégoutée. C'était la pire chose qui soit. Je n'aurais jamais pu supporter de tomber enceinte d'Alan. Comment le supporter ? Pire, comment l'avouer à son mari ? C'eût été insupportable pour tous les deux... Malgré mon tempérament maternel et mon amour des enfants, si cela était arrivé, je n'aurais pas pu le garder. C'était affreux de penser une chose pareille, mais je n'aurais pas pu. Il y avait des limites à ce que je pouvais supporter. Et de toute façon, personne n'aurait pu accepter cet enfant...

Je compris moins Gabrielle par la suite, notamment lorsqu'elle avoua avoir embrassé Aristide le jour où elle avait découvert qu'elle était enceinte. Je comprenais qu'elle ait eu besoin de se sentir normale, mais je ne comprenais pas qu'elle ait eu besoin d'aller voir un autre homme que son mari pour cela. Certainement parce que les choses avaient été bien différentes me concernant... Quand Ethan avait compris que je ne me sentais plus femme, plus rien du tout, il avait tout fait pour que je me sente moi-même de nouveau. Chercher du réconfort dans les bras d'un autre ne m'avait jamais effleuré l'esprit. C'était inconcevable, parce que je ne supportais que lui... Je fus encore plus choquée quand j'appris qu'elle était tombée amoureuse d'Aristide. Là, je tombais des nues. J'avais toujours pensé, visiblement à tort, que leur liaison n'était que physique, qu'il n'y avait pas d'amour entre eux. Comment aurais-je pu le deviner ? Gabrielle et Alexander était ensemble depuis plus de dix ans. Elle m'avait toujours dit qu'il était l'homme de sa vie... Apparemment elle n'en n'était pas si certaine que cela, et cela me faisait un drôle d'effet de le découvrir. Que ce serait-il passé si Ethan n'avait pas découvert leur liaison ? Peut-être qu'ils seraient encore ensemble à se cacher... J'étais amère, je ne le cache pas. Mais je n'avais pas promis de tout comprendre. J'eus un profond soupir quand elle évoqua l'effondrement de la galerie, son choix fait rapidement, sa fausse couche... Comme si mon esprit était resté bloqué sur : je suis tombée amoureuse d'Aristide.

Je secouai doucement la tête lorsqu'elle justifia son départ. Elle avait voulu se retrouver, pour mieux retrouver sa famille... Mais d'après les dires d'Alexander, elle avait aussi retrouvé Aristide, qu'Alexander avait fini par mettre dehors, ce qui était tout à fait légitime selon moi. Je tournai la tête vers elle, le regard dur, lorsqu'elle acheva son monologue en m'excusant de ne pas être retournée vers elle, en prétextant que tout était de sa faute. En partie, oui.

« Tout le monde ne s'est pas aussi bien retrouvé que toi pendant ton absence, Gabrielle. Tu n'étais pas là pour voir les effets provoqués par ton absence. Moi j'étais là, et je peux te dire que ce n'était pas tout rose. Emma pleurait tout le temps, au début. Alexander n'arrivait pas à la calmer, personne n'y arrivait. C'est finalement moi qui ait pris les choses en main, parce que je ne supportais plus de la voir dans un tel état de panique et d'angoisse. »

Je soupirai longuement.

« Elle a peut-être deux ans, mais c'est encore un bébé. Elle ne cessait de demander : où est maman ? Que voulais-tu que je lui réponde, à part : maman va bientôt revenir, maman n'est pas loin... Sauf que maman ne revenait pas ! Je passais des heures entières à la calmer... Parfois je finissais par la coucher avec Lena pour qu'elle se sente moins seule. Quelqu'un devait bien te remplacer, Gabrielle... Mais je n'étais pas sa mère. Quand elle me rejetait moi aussi, que crois-tu que je pouvais faire ? »

Je secouai la tête. J'avais pris soin d'Emma pour soulager Alexander et parce qu'elle avait besoin d'une présence féminine apaisante, mais malgré tout Emma avait continué à réclamer sa maman.

« Rien. Je ne pouvais rien faire. Et Alexander, il ne savait pas ce qui lui arrivait, il était complètement désespéré. Il est devenu à moitié fou. Est-ce qu'on t'a dit qu'il s'était mis à descendre tous les Hors-La-Loi qu'il croisait, par vengeance, et pour se défouler ? Riley a bien failli se faire tuer pour sauver sa peau. Il a pris une balle destinée à ton mari et a empêché je ne sais qui de l'abattre froidement dans le dos. »

Je me passai une main dans les cheveux en secouant doucement la tête.

« Même si je comprends certains de tes choix, même si je comprends ton envie d'éloignement, je ne peux pas m'empêcher de penser que tu as fait preuve d'un certain égoïsme. Je ne te jette pas la pierre, simplement j'aimerais que tu te rendes compte que... Que tu as fait du mal aux autres, Gabrielle. Pas seulement à Alex, où à Emma. Beaucoup de gens comptaient sur toi, beaucoup de gens... Les enfants te réclamaient, tu sais. Là encore, quelqu'un a dû te remplacer. Ça n'a été facile pour personne. J'ai aidé comme je le pouvais, mais je ne pouvais pas te remplacer. Et aujourd'hui, avec le retour d'Aristide, les choses ne sont pas prêtes de s'arranger... Alexander absent, en mission pour nous tous, tu crois qu'il est rassuré ? Tu crois qu'il ne s'imagine pas le pire ? C'est... Je ne sais Gabrielle, je ne sais pas. »

Je fermai les yeux en expirant doucement.

« Mes réactions ont été tellement différentes des tiennes... A l'opposé des tiennes, même... Voilà pourquoi je ne comprends pas... »

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MessageSujet: Re: Back On The Crime Scene [Pv Katarina]   Mer 16 Fév - 15:59

Quand Katarina tourna finalement son regard vers moi, j'eus l'impression de prendre une douche glacée : Son regard était dur, froid. Elle n'avait pas aimé ce que j'avais dit et je me doutais que je n'allais pas aimer ce qu'elle allait me dire. En fait, j'étais bien loin de la réalité car ce qu'elle allait dire allait tout changer. Absolument tout. Elle se mit à parler, à son tour, et j'encaissai, sans broncher, même si à l'intérieur, quelque chose venait d'être réveillé. Non, effectivement, je n'avais pas été pas là pour voir les effets provoqués par mon absence mais elle ne se gêna pas pour me dire que ça avait été terrible, en particulier pour Alexander et Emma. Je détournai le regard et serrai la mâchoire : Je devais absolument me taire. Je devais absolument tout encaisser sans me laisser submerger parce que sinon... Sinon nous risquions d'atteindre un point de non retour que je ne pouvais me résoudre à atteindre. Pas après tout ça. Cependant, elle continua, encore, et encore en me répétant à quel point Emma avait souffert de mon absence, en croyant m'apprendre qu'Alexander avait passé ses nerfs sur des Hors-La-Loi et que cela avait failli coûter la vie de Riley... Sans même m'en rendre compte, je bougeai un peu sur le canapé, pour m'éloigner d'elle. Elle me faisait mal. Elle me faisait très mal. Peut-être qu'elle avait besoin de dire tout ce qu'elle avait sur le coeur mais ça ne rendait pas la situation moins douloureuse pour autant. Lorsqu'enfin, elle parla de mon égoïsme (comme si je ne le savais pas ça non plus...), je mordis ma lèvre inférieure afin de m'inciter à me taire et ne rien répondre. Cela devint de plus en plus difficile, malheureusement. J'avais fait du mal aux autres, pas seulement à Alex et Emma parce que beaucoup de gens comptaient sur moi. Elle avait été obligée de me remplacer et ça avait été un véritable fardeau pour elle. Ca, elle me le fit bien comprendre.

Puis, ce fut la goutte d'eau. Oser me parler du retour d'Aristide de cette façon, du fait qu'Alexander soit absent et sous-entendre ce qu'elle sous-entendait... Non, là, c'était trop. Quand elle termina par dire qu'elle ne me comprenait parce qu'elle n'aurait pas agi comme moi, je fus incapable de me contenir plus longtemps et me redressai d'un coup. En cet instant, j'oubliais que les mots que j'allais prononcer risquaient de l'éloigner de moi pour de bon. J'oubliais même en fait, que j'avais eu envie de me rapprocher d'elle parce que, en cet instant précis, je ne voulais plus me rapprocher d'elle. Pas si c'était pour qu'elle me juge de cette façon. Non, une amie, ce n'était pas ça.

-Parce que tu crois que ça ne me touche pas?! Tu crois que j'ignore qu'Alexander est complètement pétrifié à l'idée de m'avoir laissée ici, en sachant qu'Aristide est revenu?! Je suis peut-être une garce, mais je ne suis pas stupide! Alex n'a plus confiance en moi et je ne peux pas lui en vouloir et c'est à moi de faire des efforts pour qu'il puisse me faire confiance à nouveau!

Voilà, c'était parti, et c'était trop tard.

-Tu dis que tu ne me comprends pas sous prétexte que toi, tu n'aurais pas agi de cette façon. Donc, parce que je ne suis pas comme toi, parce que je ne suis pas celle que tu es, celle que tu voudrais que je sois, tu ne me comprends pas?! Tu peux critiquer mon comportement Kat, mais ton comportement à toi n'est pas celui d'une amie. Je ne t'ai jamais jugée... Jamais! Et si tu avais fait des erreurs, même si j'avais eu du mal à les comprendre, j'aurais été près de toi, j'aurais fait en sorte de te soutenir parce que les amis sont là pour ça. Un véritable ami ne juge pas l'autre. Mais toi, tu l'as fait... Vous l'avez tous fait. Vous avez tous décidé de me condamner... Oui Kat, c'était une condamnation!

Ajoutai-je en voyant qu'elle était sur le point de protester.

-Quand vous avez découvert ma liaison, vous avez tous décidé de faire comme si j'étais morte et j'ai fini par l'être à l'intérieur Kat! C'est pour ça que je suis partie! Mais même si mon comportement vous a choqué, vous n'aviez pas à agir de cette façon. Les personnes que ça concernait c'était moi, Aristide et Alexander! Ca n'avait rien à voir avec vous! Ce n'était pas votre histoire, c'était la notre. Et vous avez choisi. Vous avez jugé et encore aujourd'hui... Regarde-toi! A me faire la morale sur ce que j'ai fait, sur celle que je suis!

Et là, sans que je puisse le contrôler, je fondis en larmes : J'avais mal et j'étais en colère. Deux sentiments qui ne faisaient pas vraiment bon ménage.

-Je ne te demande pas d'accepter ce que j'ai fait. Tout ce que je voulais c'était une amie sur laquelle je pouvais compter. Je pensais... Je pensais qu'en t'expliquant tu comprendrais que je n'avais pas eu l'intention de faire du mal à qui que ce soit. Je pensais...

J'eus un rire amer.

-J'en sais rien... Je pensais que tu pouvais encore être mon amie mais je crois... Tu avais raison : Il s'est passé trop de choses. J'ai fait beaucoup de dégâts, je le sais, mais que toi, tu me juges de cette façon sans même essayer d'être à mes côtés et me supporter. Ca c'est...

Je soupirai, essuyant d'un geste rageur mes larmes.

-Si toi, tu as été assez forte pour tout surmonter, pour reprendre ta vie en main, pour être celle sur qui tout le monde pouvait compter malgré ce qui t'était arrivé, tant mieux. Franchement, je te respecte pour ça. Mais je ne suis pas comme toi. J'ai pas supporté, j'ai pété les plombs et oui, j'ai pensé à moi. J'ai été égoïste. Ca aussi, je le sais.

Je finis par me laisser tomber dans un fauteuil avant de replier mes genoux contre ma poitrine et d'ajouter dans un murmure.

-Tu oses me reprocher le fait que tu te sois occupée d'Emma... Si j'avais du m'occuper de Lena, jamais... Jamais je t'aurais fait des reproches... Jamais... Ca c'est moi. Ca, c'est la Gabrielle que j'étais, que j'avais perdue, et que j'ai retrouvée. Pourtant, je ne serai plus jamais la même et si tu... Si tu n'es pas capable de m'aimer pour celle que je suis, de m'accepter avec mes défauts alors non... On n'a plus rien à se dire...

Tout était dit. J'avais littéralement explosé. Cette douleur, je l'avais en fait en moi depuis le jour où ils avaient tous décidé de me rayer de leur existence. Je pensais m'en être débarrassée, mais j'avais eu tort. J'avais toujours cette colère, cette incompréhension car oui, j'avais fait des erreurs, mais est-ce-que j'avais mérité un tel traitement pour autant? Non... Non, j'avais beau essayer de me dire que j'avais fait du mal et qu'il était normal que je paye... Non, eux, ils n'avaient pas le droit de faire ça... Et Kat encore moins parce que, comme je lui avais dit, les amis n'étaient pas la pour juger. Ils étaient là pour soutenir et peut-être aussi, remettre dans le droit chemin quand on s'en éloignait, mais juger de cette façon... Si elle n'arrivait pas comprendre mes choix, moi, de mon côté, je n'arrivais pas à comprendre son attitude. J'avais fait des erreurs mais personne n'est parfait ou peut-être que si, peut-être qu'elle était parfaite et que je n'étais tout simplement pas à sa hauteur mais... Non. Je n'allais plus m'excuser, je n'allais plus me mettre à genoux et demander pardon. Je l'avais fait, j'avais expliqué ce que j'avais traversé et tant pis si ça ne suffisait pas. Je ne voulais pas me battre, je n'en avais pas la force. Ma force, je devais la garder pour protéger mon couple, pour me protéger moi... J'aurais pourtant voulu que tout s'arrange entre elle et moi mais je savais que j'allais être incapable de supporter son jugement, que ça n'allait faire que raviver cette colère, cette rage, cette incompréhension dont il fallait que je me débarrasse. Je ne pouvais pas effacer ce que j'avais fait et au fond, je ne le voulais pas car, tout ce qui était arrivé avait construit un autre bout de ma vie et à présent, j'en construisais un nouveau avec Alexander. Je ne pouvais pas laisser les souvenirs et la rancoeur remonter, pas si je voulais être heureuse avec mon mari. Je risquai un regard vers Kat : Etais-je trop exigeante? Lui demandais-je la lune? Sincèrement, je n'avais pas cette impression. Qu'elle ne me comprenne pas était une chose, mais qu'elle ne me soutienne pas en était une autre et c'était ça, que j'avais voulu lui faire comprendre à travers mes mots. J'avais juste voulu lui faire comprendre que j'étais consciente de mes erreurs, que j'étais en train de me racheter mais que je n'avais pas à le faire auprès d'elle, ni auprès des autres, parce que c'était mon histoire, pas la leur... Certes, les gens avaient souffert de mon départ mais il n'y aurait pas eu de départ si... A quoi bon? Je tournais en rond. Si je n'avais pas été violée, je ne serais pas tombée enceinte. Si je n'étais pas tombée enceinte, je ne me serais pas rapprochée d'Aristide. Si je ne m'étais pas rapprochée de lui, je ne serais pas tombée amoureuse de lui. Si les gens de la communauté ne m'avaient pas ignorée je ne serais jamais partie, Kat n'aurait pas eu à s'occuper d'Emma, Alex n'aurait pas tué tous ces Hors-La-Loi, Riley n'aurait pas pris une balle... Si, si, si... Ca ne changeait rien! Tout ça était arrivé. J'avais été violée, j'avais aimé un autre homme, j'avais tout quitté et j'étais revenue. A présent, j'essayais juste d'être heureuse et si je pouvais avoir à mes côtés ma meilleure amie qui allait m'aimer sans me juger, alors ça allait être merveilleux. Sinon...

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MessageSujet: Re: Back On The Crime Scene [Pv Katarina]   Mer 16 Fév - 17:45

{ Euh... oops o__O }

Sincèrement, les choses n'auraient pas pu être pires, elles n'auraient pas pu tourner plus mal qu'elles ne tournaient. J'étais loin de me douter que cette conversation finirait en guerre ouverte entre nous. Loin de me douter que nous nous balancerions des reproches à la figure de cette façon, loin de me douter qu'au lieu de nous rapprocher, cette conversation nous éloignerait peut-être définitivement l'une de l'autre, et là, personne d'autre que nous deux ne serait à blâmer. Finalement, c'était peut-être pour cette raison que nous nous étions évitées pendant tout ce temps. Peut-être que finalement, ce que je craignais inconsciemment était en train d'arriver. Au final, peut-être qu'Ethan avait eu raison, même s'il n'avait rien dit. Nous n'avions peut-être plus rien à nous dire... Et comprendre cela, ou plutôt le deviner, faisait bien plus mal que je ne l'aurais pensé. Gabrielle avait été ma meilleure amie pendant deux ans, et là j'avais l'impression que tout était réduit à néant, comme si cela n'avait jamais existé. Comme si... Comme si nous découvrions seulement combien nous étions différentes l'une de l'autre. C'était comme se prendre une claque monumentale. Pourtant, que pouvais-je faire de plus ? Je ne pouvais pas mentir, je ne pouvais pas faire semblant de la comprendre, et je ne pouvais pas non plus me taire et garder ce que je pensais pour moi. Je ne pouvais pas faire semblant. Cependant, je ne pensais pas qu'elle prendrait si mal ce que je lui disais. Je ne pensais pas qu'elle exploserait parce que ce que je lui avais dit ne lui plaisait pas. Je pensais que nous allions simplement mettre les choses à plat, dire ce que nous pensions, sans se mentir... Si ce n'était pas le cas, alors je ne saisissais pas le sens que devait avoir notre conversation, et c'était bien dommage, parce que j'aurais aimé comprendre ce qu'il fallait faire, dire... Je ne voulais pas me disputer bêtement avec elle, histoire de mettre un point final à notre amitié. Cela n'avait pas à être comme ça, comme elle disait.

Mais visiblement, ce serait comme ça, et pas autrement.

J'ai encaissé. J'ai encaissé, sans rien dire. J'avais l'habitude qu'on me hurle dessus, j'avais l'habitude qu'on passe ses nerfs sur moi. Cela ne me touchait pas moins, mais j'avais l'habitude. Pourtant, j'eus envie de protester vivement lorsqu'elle me reprocha de ne pas me comporter en amie, parce que je la critiquais, parce que je lui faisais des reproches. Oh, c'était facile de s'en prendre à moi en affirmant qu'elle m'aurait épaulée si la situation avait été inversée. La belle affaire ! Elle ne pouvait pas le savoir. Moi même j'aurais certainement dit la même chose si les choses n'avaient pas été réelles. La vérité c'est qu'on ne peut jamais savoir comment on va réagir. Elle ne pouvait pas deviner, rien qu'en se basant sur ce qu'elle vivait en ce moment. Elle n'était pas plus médium que moi. Pourtant elle me rejetait la pierre, m'accusant de l'avoir jugée. Elle oubliait que j'étais un être humain, et qu'un être humain juge forcément, même s'il ne le veut pas ! Eh non, je n'étais pas la parfaite Katarina que tout le monde voulait que je sois ! Je faisais des erreurs, et en l'occurrence, mon erreur c'était de la juger, comme les autres l'avaient jugée avant moi. Sauf que j'étais – avais été – son amie, et je n'étais pas censée réagir de cette façon selon elle. Mais je ne pouvais pas m'en empêcher ! Je la jugeais parce que je ne comprenais pas, et n'importe quelle personne qui n'en comprend pas une autre la jugera forcément, quoi qu'on puisse en dire. Personne ne peut être indifférent ou totalement subjectif. Personne, pas même la parfaite petite Katarina ! De quoi devrais-je encore m'excuser ?

Je soupirai et levai les yeux au ciel. Nous y voilà, la terre entière était coupable d'avoir porté un jugement sur Gabrielle. Mais comment voulait-elle que les gens réagissent ? Nous étions une petite communauté, tout le monde connaissait tout le monde. Alors forcément, tout le monde jugeait ! Je ne parvenais pas à comprendre ce qu'elle pouvait bien attendre des gens. J'avais l'impression qu'elle en demandait trop, et qu'elle oubliait qu'elle avait été, bien malgré elle je le savais, la responsable de tous ces changements. J'eus un petit rire terriblement ironique lorsqu'elle fondit en larmes.

« Bien sûr que si tu me demandes d'accepter, Gabrielle. Tu penses que parce que je suis, étais ?, ton amie, je dois forcément accepter ce que tu as fait. Tu ne te demandes même pas pourquoi je ne peux pas accepter ! Tu ne vois que ta version à toi. »

Ce n'était même pas que je n'essayais pas d'être là pour l'aider à tout surmonter. J'aurais aimé être là. Mais là, tout de suite, c'était impossible, parce qu'il y avait trop de non dits. Trop de secrets, de mensonges... Trop de choses que nous ignorions l'une de l'autre. Pourtant cela me blessait que nous en soyons arrivées là, nous qui étions auparavant si proches... J'en avais assez de perdre les personnes auxquelles je tenais, j'en avais assez...

J'ai balayé mes remords et ma tristesse d'un coup. Me dire comme ça, de cette façon, que c'était tant mieux que j'aie pu surmonter mon drame à moi... Comment pouvait-elle dire ça ? Si je ne savais pas grand chose sur ce qui lui était arrivée à elle, elle ne savait rien, absolument rien de ce qu'il m'était arrivée à moi. Rien du tout. Pourquoi ? Parce qu'Alexander lui même ne savait pas grand chose, alors il n'avait rien pu lui dire. Je n'ai pas écouté ce qu'elle a dit en dernier. J'étais tout à coup furieuse, bouleversée, anéantie, par tout un tas de choses qui me revenaient brusquement en mémoire, comme si une boite de Pandore avait été ouverte soudainement. Je suis restée un instant figée, tandis que mon coeur se serrait et ma poitrine se contractait. Pendant plusieurs terribles secondes j'eus l'impression de suffoquer littéralement. Inconsciemment j'avais bloqué ma respiration, comme pour empêcher je ne sais quelle catastrophe d'arriver. Mais je finis par craquer à mon tour, reprenant une bouffée d'air tout à coup. Je n'avais même pas réalisé que je m'étais mise à pleurer. Brusquement je me suis levée, bondissant littéralement sur mes pieds.

« Mais qu'est-ce que tu crois ? Hein, qu'est-ce que tu crois ? Que je t'ai dit la vérité ? Que je vais bien, que je me suis remise de tout ça très facilement ? Oh oui ! La merveilleuse Katarina n'a pas du tout de sentiments humains ! Vous pouvez l'enlever, la battre, la violer, elle s'en remettra, ça va ! Et tant que vous y êtes, menacez d'écorcher vif son bébé, elle n'aura pas la plus grosse frayeur de toute sa vie ! Elle s'en remettra ! »

Au moins, ça, c'était dit. Non, je ne m'étais pas remise de tout ça. Non, je n'allais pas bien. Et non, je n'arrivais toujours pas à vivre avec comme elle semblait le croire.

« Tu veux savoir pourquoi je t'en veux ? Tu veux savoir pourquoi je ne te comprends pas ? Très bien, je vais te le dire ! Je ne te comprends pas, parce que je ne comprends pas qu'une mère puisse partir en laissant sa fille, comme ça ! Parce que moi, on m'a arrachée à mon bébé ! Et je n'ai jamais eu aussi mal de toute ma vie ! As-tu la moindre idée de ce que cela fait, de se dire que tu ne verras jamais grandir ta fille, que jamais elle ne se souviendra de toi ? Non ! Non, tu ne sais pas, et tu ne pourras jamais savoir, parce que toi, tu as pris la décision de t'éloigner d'elle ! MOI PAS ! »

Soudainement prise de nausée, je m'appuyai sur le divan d'une main.

« Pendant près d'une semaine, j'ai été battue, violée, torturée, menacée ! Je n'ai pas choisi de m'en aller, je n'ai pas choisi d'aller... d'aller... me ressourcer ailleurs ! Loin de tous ceux qui comptent pour moi ! La seule chose que j'avais le droit de choisir, c'était la façon dont je pouvais mourir ! Tu crois que ta situation était désespérée ? Oh mais j'aurais été ravie d'échanger, ravie ! »

Là, j'étais injuste. Je ne voulais pas minimiser ce qu'elle avait vécu, mais je refusais qu'elle me traite d'amie indigne parce que je ne la comprenais pas. J'avais mes raisons, même si je les exprimais certainement très mal, et que cela n'arrangerait pas la situation de lui hurler dessus. Mais maintenant que les vannes étaient ouvertes, je n'allais pas m'arrêter. De toute façon, je ne pouvais pas.

« Tu penses avoir été seule, pas vrai ? Tu penses avoir été mise à part, traitée comme une paria ? Tu crois que l'on m'a épargné ce traitement ? Si toi tu as eu le rôle de la garce, j'ai eu celui de la fille trop mal pour qu'on la regarde, qu'on lui parle ! Tu crois que ça vaut mieux ? Il n'y avait qu'Ethan ! Alors oui, c'est un junkie, oui, il est excessif, oui il a tous les défauts du monde ! Mais lui, il était là, lui ! À supporter mes hurlements et mes larmes toute la journée, sans rien dire ! »

Je pleurais tellement qu'elle ne devait plus comprendre la moitié de ce que je disais.

« Et après ça, j'ai failli perdre mon bébé... Navrée, je ne suis pas tombée enceinte de mon violeur, je ne suis donc pas à plaindre ! Mais j'ai failli perdre un bébé que je voulais de tout mon coeur... Sur ce coup là, j'ai eu de la chance, parce que ce n'était pas le cas. Mais tu crois que je me suis sentie mieux ? NON ! Non, alors... »

J'ai soupiré, tout à coup épuisée. J'ai essuyé mes larmes avec la manche de mon pull.

« Au jeu de la fille la plus malheureuse, si je ne gagne pas, je suis au moins ex æquo avec toi. Alors s'il te plait, ne me reproche pas de ne pas comprendre si toi, tu ne me comprends pas. Tu n'es pas la seule à avoir vécu des horreurs. Sauf que toi, tu as pu choisir d'être responsable de certaines choses. Moi pas, garde ça en tête. »

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MessageSujet: Re: Back On The Crime Scene [Pv Katarina]   Dim 20 Fév - 16:47

Point de non retour atteint. C'était fait et c'était irréversible. Avais-je des regrets? En toute honnêteté, non. Pourquoi? Mais parce qu'elle avait beau dire ce qu'elle voulait, elle avait beau justifier leur comportement à tous, cela ne l'excusait pas, en tout cas pas à mes yeux. Ou plutôt, ça ne l'excusait plus, parce qu'en fait, pendant longtemps j'avais accepté l'idée qu'ils avaient sans doute eu raison d'agir comme ils l'avaient fait mais non, rien ne pouvait justifier cela. Rien. Pas même mes erreurs... Alors que j'avais les genoux repliés contre moi-même, je fermai les yeux, essayant de me calmer, essayant d'oublier comme j'avais tant essayé d'oublier tout un tas d'autres choses mais ça n'avait malheureusement jamais fonctionné. Jamais. Ce ne fut que lorsque j'entendis des sanglots que je rouvris les yeux et m'aperçus alors que Kat s'était relevée et me faisait face, apparemment déchirée entre tristesse et colère. C'est à ce moment-là qu'elle explosa comme moi j'avais explosé à peine quelques secondes auparavant. Au fur et à mesure qu'elle se laissait emporter par sa colère, je fronçai les sourcils. Non... Elle n'avait pas compris ce que je lui avais dit. Elle était en train de lire entre les lignes, en train de se faire sa propre idée (une fausse idée) sur mes paroles. Bien sûr que j'avais eu un doute sur son état, sur le fait qu'elle se soit remise ou non de ce qu'il lui était arrivé mais je n'avais jamais prétendu qu'elle n'avait pas de sentiments humains et qu'elle pouvait se remettre de n'importe quoi! Pire que tout, je lui avais même dit que je la respectais pour avoir trouvé la force de tout surmonter, je ne lui avais pas jeté la pierre, en tout cas pas à ce sujet. Et pourtant, elle était bel et bien en train de me reprocher des choses que je n'avais pas dites. Je ne vais pas vous mentir : L'entendre me révéler ce qui lui était arrivé, ce qu'on lui avait fait subir, les menaces contre Lena et tout le reste, cela me noua l'estomac et me serra la gorge. Je savais, mais l'entendre de sa bouche de cette façon... J'avais beau être en train de me disputer avec elle, cela ne changeait rien à ce que je ressentais : J'aimerais toujours profondément Kat et ce, même si nous devions ne plus nous parler. Oui, malgré cela, je l'aimerais toujours et je ne lui souhaitais que du bonheur. Est-ce que cet amour que j'éprouvais pour elle allait suffir à me faire oublier le reste? Peut-être mais...

Quelque chose s'était brisé.

Et encore une fois, les reproches tombèrent, encore et encore. Je détournai le regard, incapable de dire quoi que ce soit sur le moment. Etrangement, au lieu de me faire plus de mal, ses mots glissaient sur moi : Oui, moi j'avais quitté ma fille, moi j'avais été égoiste, moi j'avais pris la décision de m'éloigner ma fille alors qu'elle, elle n'avait pas choisi. Donc, on en revenait toujours à la même chose : Parce que je n'avais pas agi comme elle, parce que je n'avais vécu les évènements de la même façon qu'elle, j'étais condamnable. On tournait en rond. Voilà ce qu'on faisait : On tournait indéniablement en rond parce qu'elle ne me comprenait pas mais moi non plus, je ne la comprenais pas ou en tout cas, je ne comprenais plus son comportement à mon égard. Soudain, je me retournai vers elle et la fusillai du regard à travers mes larmes quand elle me cracha à la figure qu'elle, elle n'avait pas choisi d'aller se ressourcer. Il ne s'était pas agi de me ressourcer mais plutôt de guérir de tout ce qui m'était arrivé. Qu'est-ce-qu'elle croyait? Que ce départ avait été une partie de plaisir? Non, bien sûr, mais parce que j'avais choisi de partir j'étais condamnable. Parce que j'avais choisi. Elle semblait cependant oublier un détail : Mon viol, moi non plus je ne l'avais pas choisi. Le pire fut quand elle osa me dire qu'elle aurait été ravie d'échanger sa situation contre la mienne. J'étais tellement choquée que ma bouche s'ouvrit sous la stupeur au moment où mon coeur se mit à battre plus vite. Aussi, ce qu'elle dit ensuite ne me parvint pas vraiment, le fait qu'elle aussi ait été traitée comme une paria parce que les gens avaient peur de s'approcher d'elle, qu'il n'y avait eu qu'Ethan pour la supporter. Les sanglots de Kat étaient sans doute pour quelque chose dans le fait que je ne comprenais pas tout ce qu'elle me disait mais j'en avais capté l'essentiel, malheureusement.

Je crispai la mâchoire parce qu'elle continuait encore et encore : « Navrée, je ne suis pas tombée enceinte de mon violeur, je ne suis donc pas à plaindre! » ou encore « Au jeu de la fille la plus malheureuse, si je ne gagne pas, je suis au moins ex æquo avec toi. ». Je serrai les poings, n'en revenant pas de ce qu'elle osait me dire. Quand elle termina, enfin, par me dire encore une fois que moi j'avais pu choisir d'être reponsable de certaines choses alors qu'elle, non, je levai la main, les doigts crispés et lui coupai presque la parole.

-Tu es vraiment...

Je me mordis la lèvre jusqu'au sang tant j'étais choquée, blessée et sur les nerfs. Mon regard se planta dans le sien : Je savais qu'à travers mes larmes elle pouvait voir que je la regardais avec froideur mais surtout, avec douleur.

-Comment tu oses me dire des choses pareilles? Je n'ai jamais dit que ce que j'avais vécu était pire que ce que toi tu avais vécu... Je n'ai jamais prétendu ni même pensé un truc pareil... Je n'ai jamais minimisé ce que tu avais vécu, tu as imaginé ça toute seule... Ce que je t'ai dit... Il ne s'agissait pas de ça, il ne s'agissait pas de savoir qui avait le plus souffert mais oui, moi, j'ai fait certains choix que toi tu n'aurais pas fait et on en revient encore une fois à la même chose...

Je soupirai avant de secouer doucement la tête.

-Parce que toi, tu n'as pas fait ces choix, tu ne me comprends pas. D'accord... Mais est-ce une raison suffisante pour me traiter comme une sous merde?

J'étais rarement vulgaire, mais là, c'était sorti tout seul.

-Je ne te demandais pas de dire « Amen » à ce que j'ai fait, parce que même moi, je n'ai pas encore réussi à me le pardonner. Ce que je voulais, c'était que tu arrêtes de me juger et plus particulièrement, que tu arrêtes de me juger parce que je ne te ressemble pas assez... Tu crois que moi j'ai compris certains de tes choix vis à vis d'Ethan Kat?

Là, j'étais dure, mais elle l'avait été aussi.

-Non. Je n'ai pas compris certaines choses mais tu l'aimais alors, j'ai été là... Pour toi... Pour lui... Oh, je te vois venir : Non, je n'ai pas fait ça parce que j'attendais quelque chose en retour. Ou peut-être si, un tout petit peu de compréhension et...

J'esquissai un sourire bien triste.

-J'ai toujours été celle qui ne jugeait personne et à mon premier dérapage, tout le monde m'a justement jugée et Kat, c'est ça qui m'a fait mal, pas...

Je m'arrêtai : Ca ne servait à rien de poursuivre. Je n'en avais même pas envie. A quoi bon continuer à me justifier puisque ça ne changerait de toute façon rien du tout?

-Tu as raison. C'est moi qui ai choisi de tromper mon mari, moi qui ai choisi de partir, d'abandonner ma fille et ceux que j'aimais. Moi. Alors que toi, tu as tout subi, et failli tout perdre et ce n'était pas de ta faute.

Je me redressai et essuyai mes joues sans cesser de la regarder.

-Tout ce que tu vois en moi maintenant, c'est ce que j'ai fait et que tu n'as pas fait, que tu n'aurais jamais fait. Désolée mais je ne suis que moi et je ne changerai pas et j'assume mes choix aujourd'hui parce que grâce à certains de ces choix, j'ai pu retrouver mon mari et ma fille que j'avais si lâchement abandonnés comme tu l'as dis, mais finalement, je suis à leurs côtés et c'est ce qui compte.

Je l'observai un moment avant de sentir mon coeur se serrer. Certes, elle m'avait fait beaucoup de mal mais... Bon sang, ça ne changeait rien à ce que je ressentais. Je m'approchai alors et me mis à genoux face à elle avant de poser mes mains sur ses joues et de lui adresser un sourire à travers mes larmes.

-Je t'aime Kat. Tu seras toujours comme ma soeur. Mais je ne peux pas changer ce que j'ai fait, quand bien même je le voudrais. Je ne peux pas non plus changer ce que tu as vécu même si, crois-moi, j'aimerais pouvoir en être capable... Mais maintenant...

Je pris une profonde inspiration avant de poursuivre ou plutôt, de terminer. J'étais épuisée. Ressentir autant d'émotions différentes en si peu de temps était vraiment fatiguant et j'imaginais que Kat devait probablement être dans le même état, même pire puisqu'elle était enceinte et déjà fatiguée. Il fallait aller droit au but, une bonne fois pour toutes.

-Je t'ai fait beaucoup de mal et aujourd'hui, toute la colère que je ressentais, je l'ai déversée sur toi alors qu'elle ne t'était pas uniquement destinée... Ca n'était pas que toi... Mais j'avais besoin que ça sorte et... Tu m'as tout dit toi aussi, et tu m'as fait mal. Très mal... Sans doute parce que tu comptes beaucoup pour moi sinon...

Je haussai les épaules.

-Je ne sais pas si on pourra surmonter ça, je n'en sais rien parce que quelque chose s'est brisé. Je le sais, et tu le sais... Mais brisé ne veut pas dire anéanti et... J'aimerais vraiment qu'on arrive à surmonter ça, mais je n'y arriverai pas si toi tu ne le veux pas... C'est à deux ou rien...

Parce que nous étions deux à avoir des difficultés à comprendre l'autre, ça n'allait pas que dans un sens et j'étais prête à faire des efforts si elle en faisait également.

En cet instant, je n'avais jamais été aussi près de perdre Kat définitivement. Pendant cette dispute, je m'étais finalement rendue compte que je pouvais laisser pleuvoir les reproches et passer outre parce que les choses avaient changé, et parce que j'avais changé. J'avais des choix que j'assumais et bien sûr, savoir qu'elle ne me comprenait pas parce que je n'étais pas assez comme elle me faisait du mal mais, de là à tirer un trait sur elle? Franchement, je n'en étais pas capable. Et puis, tandis que nous nous regardions dans les yeux, j'avais cette folle idée que nous arriverions à en parler sans nous énerver maintenant que le pire était dit, que nous arriverions, un jour, à accepter ce que l'une avait fait à l'autre. Mais peut-être n'était-ce qu'un rêve illusoire... Peut-être que Kat ne voudrait pas essayer après ce qu'il venait de se passer. Peut-être que, ces morceaux que je voulais recoller, Kat souhaitait les laisser séparés.

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MessageSujet: Re: Back On The Crime Scene [Pv Katarina]   Mar 22 Fév - 17:17

J'avais l'impression de parler à une femme qui n'était pas Gabrielle. De son côté elle devait avoir la même impression. Nous avions changé, toutes les deux. Nous avions été changées... Et ces changements étaient apparemment la cause de toutes les discordances entre Gabrielle et moi. Nous avions changé, oui, mais pas dans le même sens. Elle était partie à gauche et j'étais partie à droite. Je trouvais cela tellement triste... Pendant près de deux ans nous avions été les meilleures amies du monde, à tout se dire, à tout partager... Aujourd'hui j'avais l'impression que cela n'avait jamais existé. J'avais l'impression que tout avait été balayé, effacé... Vu l'animosité qui régnait en ce moment, ce n'était pas facile de repenser à cette période. Gabrielle était sortie de ma vie au moment où Lena y était entrée. Oh, certains diraient que j'avais gagné au change. Mais quand bien même Lena était la meilleure chose qui me soit arrivée, quand bien même j'étais folle de ma fille, j'avais tout de même l'impression d'avoir perdu quelque chose. Et ce n'était pas qu'une impression, c'était un fait : j'avais perdu ma meilleure amie. Et je me demandais si nous pourrions retrouver des relations « normales » un jour. J'aurais dû dire non... J'aurais dû dire que je n'avais vraiment pas le temps de lui parler, qu'il fallait vraiment que j'aille chercher Lena. Cela n'aurait rien arrangé, certes, mais au moins les choses n'auraient pas non plus empiré. Là, chacune crachait son venin au visage de l'autre, s'était tout simplement terrible. Je me mettais très rarement en colère, mais là Gabrielle avait su me mettre hors de moi, certainement malgré elle. Toujours est-il que j'avais purement et simplement craqué, ne pouvant supporter cela en plus de l'absence d'Ethan, de la fuite de mon père, de ma grossesse et du fait que je sois totalement seule à m'occuper de Lena. Enfin, presque. Heureusement que Cassandre était là pour me donner un coup de main et me soulager. J'avais de la chance que Lena l'adore et ne rechigne pas à aller avec elle de temps en temps. Cela me permettait d souffler un peu, et surtout de craquer quand j'en avais besoin, seule. Je ne voulais pas que Lena ou qui que ce soit d'autre ait à payer les pots cassés. Mais en ce moment, Gabrielle me servait d'exutoire, tout comme j'avais la sensation d'être le sien. C'était le jeu de celle qui blesserait le plus l'autre. Je détestais ce jeu là, et pire encore, je détestais le gagner.

Je ne pus que la regarder, les yeux écarquillés, lorsqu'elle retourna mes paroles contre moi en les transformant en accusations voilées, en reproches, en... Je fermai les yeux en secouant doucement la tête. Visiblement, le dialogue était rompu, nous ne nous comprenions pas, nous pensions toutes les deux des choses qui n'étaient pas vraies... Définitivement, quelque chose s'était brisé. Avant nous nous comprenions parfaitement bien, ce n'était visiblement plus le cas. Je me retins de hurler et partir en claquant la porte lorsqu'elle amena Ethan en plein milieu de la conversation. Évidemment ! Ethan était toujours le sujet que l'on choisissait quand on ne savait plus quoi dire. Ethan ci, Ethan ça... Voilà qu'il lui servait d'argument. Parce que je ne comprenais pas ses choix, elle me rappelait qu'elle n'avait pas forcément compris les miens par rapport à Ethan. Sauf que cela n'avait aucun rapport... Je soupirai doucement. Se renvoyer des piques, à quoi est-ce que cela pouvait bien servir ? Cela ne faisait que nous enfoncer, et cela ne faisait que renforcer ce mur entre nous... Je ne comprenais comment elle pouvait ne pas comprendre que tout le monde l'ait jugée. Mais c'était pourtant tellement logique... L'être humain est comme ça, il juge, point final. Elle aussi, elle jugeait forcément, même si elle ne s'en rendait pas compte, même si elle refusait de l'admettre. On porte toujours un jugement sur les autres, quand bien même on ne le voudrait pas.

« Mais enfin, à quoi est-ce que tu t'attendais, Gabrielle ? Nous vivons tous ensemble, dans un espace clos... Tout le monde sait tout, tout le monde connait tout le monde... Les gens ne peuvent pas s'empêcher de juger les autres, c'est... C'est une distraction comme une autre ! Et c'est dans la nature des gens de le faire ! Même toi, tu juges, Gabrielle. Sinon, tu ne serais pas là à m'incendier. »

C'était certainement risqué de lui faire remarquer, mais au point où nous en étions, ce n'était pas si grave que cela. Je secouai de nouveau la tête, ne pouvant m'empêcher de me dire qu'elle s'octroyait de nouveau le rôle de victime, en faisant mine d'admettre ses fautes. Voilà que je passais maintenant pour la méchante... Vraiment, j'étais à deux doigts de m'en aller, de mettre fin à cette conversation qui allait droit dans le mur. Pourtant, avec un soupir, je me laissai retomber sur le canapé. J'étais fatiguée, épuisée, je saturais. Je ne voyais plus quoi dire. Je me demandais si cela changerait quelque chose de toute façon. J'aurais voulu être capable de m'en aller, de m'enfuir. Oui, pour une fois j'aurais voulu fuir mes problèmes. Parce que je ne savais plus comment y faire face. Mais je n'ai pas bougé. Parce que si je partais, qui me prendrait dans ses bras pour me rassurer ? Personne... Ethan n'était pas là, mon père avait de nouveau disparu, même Alexander était parti... Alors à quoi bon fuir ? Cela ne m'aiderait pas à me sentir mieux, bien au contraire, cela ne ferait qu'empirer la situation. Et je n'avais vraiment pas besoin de quelque chose de pire en ce moment... Encore que j'avais l'impression que le pire était arrivé depuis déjà un bon bout de temps. Non, me brouiller définitivement avec ma meilleure amie ne me tuerait pas. Mais cela ne voulait pas dire que j'en avais nécessairement envie, ni même que cela ne me ferait rien. Au contraire, ma sensibilité était déjà tellement amochée que j'en étais à ressentir tellement fort des choses insignifiantes...

J'ai failli avoir un violent mouvement de recul quand j'ai senti les mains de Gabrielle se poser sur mes joues. Généralement, je n'aimais pas qu'on touche mon visage pour tenter de me rassurer. Seul Ethan pouvait se permettre ce genre de gestes, et encore c'était parce que c'était lui. Pourtant je me suis contenue, je n'ai pas repoussé Gabrielle. Je ne voulais pas prendre le risque. Je ne voulais pas qu'elle croie que je ne voulais plus avoir à faire à elle. Mais j'étais pourtant incapable de la regarder en face. Je gardais les yeux baissés, rivés au sol, et j'étais à moitié aveuglée par mes larmes. Oh je me doutais bien que toute sa colère ne m'était pas destinée. Je n'avais même pas été là quand les gens avaient commencé à la juger. Pas là non plus quand elle était partie et revenue... J'avais été absente, j'avais suivi tout cela de loin, mais cela ne m'avait pas empêchée de me former ma propre opinion. Quand bien même je le voudrais je ne pourrais pas changer d'opinion. C'était certainement mon traumatisme qui était en partie responsable de cette incapacité à tenter de comprendre. Ce n'était pas forcément une excuse, mais plutôt une explication. J'eus un soupir, en relevant les yeux.

« C'est une proposition ou un ultimatum ? »

A deux ou rien... Je n'avais pas envie que ce ne soit rien, mais à deux me semblait encore bien difficile pour le moment. Nous ne pourrions pas repartir comme ça, sur de nouvelles bases, après s'être crachées des horreurs à la figure. Ce n'était pas que je voulais pas. Mais je ne pouvais pas retourner ma veste, comme ça. J'en étais incapable. J'étais trop touchée pour y arriver. Oui, elle avait raison, quelque chose s'était brisé et recoller les morceaux promettait de ne pas être une mince affaire. Si nous y arrivions, cependant. Cela promettait de ne pas être une mince affaire. J'avais l'impression qu'elle oubliait que nous avions perdu six mois... Ce n'était pas rien, et ce temps perdu ne se rattraperait jamais, malheureusement. Avec un petit soupir, je me dégageai, avant de me lever et de me mettre à faire les cent pas dans la pièce.

« Écoute, je... Je ne veux pas te perdre, non, mais je ne sais pas si j'arriverais à... »

Je fus interrompue par la porte du salon qui s'ouvrait. Surprise, et presque soulagée je dois dire, j'entrevis Cassandre, avec Lena dans les bras. Elle tenait également Emma par la main. J'eus une grimace. Oh mais quelle idiote, j'avais oublié que je devais récupérer Lena... Vraiment, pas pour me servir d'excuse. Cassandre avait une vie, et bien qu'elle ne se plaigne jamais, je ne voulais pas l'ennuyer inutilement. Elle en faisait assez comme cela pour moi. Avec un sourire un peu forcé, j'allais récupérer Lena, tandis qu'Emma lui échappait pour se précipiter vers sa mère. Cassandre m'assura que Lena avait bien mangé, qu'elle l'avait changée et qu'elle avait fait sa sieste. Seigneur ! Je la lui avais laissée si longtemps ? Je m'excusai platement, malgré Cassandre qui disait que cela avait été un plaisir, que Lena avait été adorable comme d'habitude... Je faisais vraiment n'importe quoi en ce moment. Je refermai la porte sur Cassandre qui s'éloignait en soupirant. D'ordinaire, Lena se blottissait contre moi en souriant, mais là elle semblant vouloir autre chose. Elle tendait ses petites menottes devant elle, les agitant, poussant de petits cris et tapotant de temps à autre ma poitrine, comme pour essayer de me faire comprendre quelque chose. Me retournant, je compris ce qu'elle voulait. Jouer avec Emma, qui s'était assise par terre aux pieds de Gabrielle avec quelques jouets dans les mains. Évidemment, Lena voulait jouer aussi, d'autant plus qu'elle était à l'âge de ses premières découvertes. J'eus un moment de blanc total, moment que Lena n'apprécia pas puisqu'elle se mit à gigoter et à pleurnicher.

« Oh, mais oui Lena, tu vas aller jouer avec elle... »

Avec un petit sourire, j'allais l'asseoir en face d'Emma. Je calai un coussin derrière elle, puisqu'elle avait encore tendance à basculer en arrière de temps en temps. Toute contente, elle attrapa le jouet que lui tendait Emma et se mit à le regarder dans tous les sens, comme si elle cherchait à deviner ce que c'était. Absorbée par ma petite poupée, j'en oubliais complètement Gabrielle, du moins jusqu'à ce que je réalise qu'elle était la marraine de Lena, mais qu'elle n'était certainement pas au courant, avec tout ce qui s'était passé... Elle avait à peine vu Lena, aussi. Heureusement qu'Emma et Lena se moquaient de tous nos problèmes... C'était drôle, elle avait la même différence d'âge que Gabrielle et moi, physiquement elles étaient comme nous... Je ne pus m'empêcher d'avoir un petit rire.

« On dirait presque toi et moi... »

Je secouai doucement la tête, avant de me pencher pour caresser les cheveux de Lena, qui secoua elle aussi la tête. Elle commençait à avoir de jolies boucles noires et soyeuses.

« Ethan et moi t'avions choisie en tant que marraine pour Lena... Est-ce que tu le savais ? »

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AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

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MessageSujet: Re: Back On The Crime Scene [Pv Katarina]   Lun 28 Fév - 18:33

« C'est une proposition ou un ultimatum ? »

Je fronçai les sourcils et secouait brièvement et légèrement la tête en signe de négation. Cependant, elle ne pouvait pas savoir, puisque je ne disais rien, que si ce non concernait la mention d'un ultimatum. Non, ce n'était pas un ultimatum, mais bien une proposition. Qui plus est, c'était pour moi la seule façon d'être capable d'aborder la suite : Ensemble. Je ne voyais pas d'autre façon d'avancer et d'essayer de nous rapprocher. Je pouvais faire des efforts si elle en faisait également. En fait, c'était un compromis, comme on en fait souvent dans un couple. Nous étions amies, ou en tout cas nous l'avions été, et j'avais profondément envie que ne le soyons à nouveau mais je ne pouvais faire qu'une partie du chemin : L'autre partie, c'était à Katarina de la faire, je ne pouvais pas le faire à sa place. Même si la route était longue, ce n'était cependant pas impossible. Encore fallait-il le vouloir, et lorsque Katarina se dégagea de ma faible étreinte avant de se lever et de marcher en long, en large et en travers, je ne pus m'empêcher de baisser doucement le visage et de soupirer. Tout ça semblait vraiment mal parti, mais mon espoir aurait pu remonter en flèche lorsqu'elle m'annonça qu'elle ne voulait pas me perdre. Ce ne fut malheureusement pas le cas parce que ses mots furent bientôt suivis d'un « mais » qui n'augurait jamais rien de bon. Je n'eus cependant pas l'occasion de découvrir la fin de sa phrase puisque la porte s'ouvrit subitement. Je relevai de suite le visage et aperçus Cassandre qui tenait Lena dans ses bras et Emma par la main. En voyant ma fille, le reste s'envola pendant un instant. Mon visage se détendit et un sourire étira mes lèvres au moment où je tendis les bras vers Emma pour lui faire signe de venir jusqu'à moi. Elle fonça aussitôt dans mes bras et je l'accueillis avec tendresse, déposant des baisers sur ses joues, son front, dans ses cheveux tout en la serrant précieusement dans mes bras. Les paroles de Katarina étaient à présent encrées en moi et la culpabilité avec laquelle je me battais au quotidien me sembla plus féroce et plus présente que jamais. J'avais fait des choix difficiles que Katarina ne comprenait pas et bien sûr que laisser ma fille avait été horriblement douloureux. Je regrettai d'avoir fait du mal à mon petit ange mais j'étais, encore aujourd'hui, persuadée que j'avais agi au mieux pour elle et pour mon couple. J'avais malgré tout, même si c'était pour essayer de faire au mieux, laissé mon enfant derrière moi et je n'avais pas besoin de Katarina pour me sentir coupable : Je m'en occupais très bien toute seule...

Emme se dégagea de mes bras et s'installa par terre à mes côtés avant de me montrer quelques jouets. Alors que je lui caressai les cheveux, j'entendis Katarina parler à Lena et relevai mon regard vers elle : La petite puce semblait vouloir venir jouer avec Emma. Katarina s'approcha et installa Lena auprès d'Emma. Très vite, Lena attrapa le jouet qu'Emma lui tendait et commença à le regarder avec une attention toute particulière. Mon sourire se fit plus large : Je n'avais pas vu Lena depuis un moment et elle avait beaucoup grandi. Assise là, près de ma fille, en compagne de Katarina et de Lena, on aurait pu croire que rien de grave n'était arrivé, que nous n'avions jamais vécu des choses terribles et surtout, on aurait pu croire que nous étions toujours autant proches : Ce n'était cependant qu'une illusion. Malgré tout, puisque l'illusion était des plus agréables, je décidai de me plonger dedans et de profiter de ces quelques instants. Lorsque Katarina dit tout bas qu'en regardant les deux petites ensemble, on pouvait penser à elle et moi, j'eus un léger rire. Un léger rire de bonheur. Oui, il était vrai qu'en les regardant on pouvait penser à nous, en petites miniatures. Katarina et moi n'avions cependant jamais eu le plaisir de jouer ensemble lorsque nous étions enfants puisque nous ne nous connaissions pas à cette époque. Pourtant, même si notre amitié n'était pas aussi vieille que nous, elle n'en était pas moins forte. C'était sans doute parce qu'elle était si forte que notre dispute l'avait été et que la distance l'était également. Les sentiments puissants entraînent des réactions puissantes : Logique et impossible d'y échapper. Et puis, alors que j'essayais de ne plus penser à ce qu'il s'était passé, alors que j'essayais simplement de profiter du moment, la révélation tomba. Une chose à laquelle je ne m'attendais absolument pas. J'en fus tellement choquée que ma main s'arrêta dans leur course alors qu'elle caressai toujours les cheveux d'Emma. Si je savais qu'Ethan et Katarina m'avaient choisie pour être la marraine de Lena? Non... Je ne le savais pas. Et je dois bien avouer que l'emploi du passé dans cette phrase me fit énormément mal. J'aurais préféré qu'elle me dise : « Ethan et moi t'avons choisie en tant que marraine pour Lena » et pas « t'avions choisie ». T'avions choisie... Un passé plus qu'imparfait. Un passé plus que révolu. La réalité de ce qu'il s'était passé entre nous me frappa une fois encore en plein coeur. Ethan... Lui, il me détestait plus que tout. Si Katarina ne voulait pas me perdre mais n'était pas certaine de la suite, Ethan, lui, n'avait aucun doute à mon sujet : Ma trahison vis à vis d'Alexander m'avait valu la haine d'Ethan, à perpétuité, sans possibilité de liberté sur parole...

Je secouai négativement la tête, ravalant mes larmes. J'avais la voix tellement nouée que j'eus du mal à parler.

-Non... Non, je ne le savais pas... C'est gentil... Même...

Je soupirai.

-Même si ce n'est plus d'actualité...

Je croisai le regard de Katarina qui sembla interloquée parce que je venais de dire. Il n'y avait pas de quoi être étonnée? J'avais été désignée comme marraine avant que le papa de l'enfant ne me déteste et avant qu'on ne me désigne comme une personne loin d'être fiable et fréquentable. Donc, en toute logique, je n'allais pas être la marraine de Lena. C'était même plus que logique : Ethan ne me laisserait pas approcher sa fille. S'il nous voyait là, il n'apprécierait sans doute pas d'ailleurs...

-Mais merci d'avoir pensé à moi à ce moment-là... Ca me touche beaucoup...

Plus qu'elle ne pouvait l'imaginer. Je glissai brièvement mes doigts dans les jolies boucles brunes de Lena : Comme j'aurais voulu pouvoir être sa marraine, oui... Je pris une profonde inspiration, afin de ne pas me remettre à pleurer et esquissai un sourire franc bien que teinté de tristesse. Je n'allais plus tenir très longtemps. Je devais partir. Maintenant. Tout de suite.

-On va y aller... Viens ma puce...

Je me redressai et pris Emma par la main en laissant à Lena le jouet qu'elle avait dans les mains : Elle pouvait le garder, Emma était de toute façon toujours prête à partager. Jusque là, elle était toute souriante mais en comprenant que nous allions partir, son sourire disparut peu à peu. Je me baissai et déposai un baiser sur son front.

-Allons... Tu reverras Lena demain, d'accord? Mais maintenant, il est temps d'y aller...

Et afin d'éviter un caprice, même si Emma n'était pas du genre à en faire beaucoup, je la pris dans mes bras et la câlinai doucement afin de mieux faire passer la pillule comme on dit. Elle resta boudeuse mais ne protesta pas. Je glissai enfin mon regard vers Kat. Là, une gêne horrible s'installa, comme avant que nous... Parlions? Hurlions?... Oui, voilà, comme avant tout ça. Tant de choses avaient été dites et finalement, nous ne savions toujours pas où nous allions. J'avais mal d'avoir perdu sa confiance, d'avoir perdu son amitié, d'avoir perdu Lena dont j'aurais été honorée et heureuse d'être la marraine,d'avoir perdu tant de choses... Mais je n'avais pas le choix, je devais faire avec.

-On reparlera plus tard... Au calme...

Et par calme, elle savait très bien de quoi je voulais parler. Nous avions toutes les deux explosé et après cela, nous allions sans doute pouvoir discuter au calme de ce qui n'allait pas, de la meilleure façon de nous retrouver. Quand? Je n'en avais aucune idée. Nous étions toutes les deux marquées parce que l'autre avait dit et nous allions avoir besoin de temps pour nous remettre de cette dispute. Beaucoup de temps.

-Prends soin de toi surtout... Et de Lena...

Et sur ces derniers mots, je quittai la pièce sans rien ajouter. Emma, elle, fit de grands signes de la main à Kat et Lena avant que je ne referme la porte, sans même un regard en arrière. La route était encore très longue et en cet instant, j'ignorais si Kat et moi allions finir par entrevoir la lumière au bout du tunnel.


[OVER]

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