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 Isaiah O'Toole

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Isaiah O'Toole
Because God makes no mistakesavatar

Messages : 19
Date d'inscription : 03/04/2011
Age : 64
Localisation : E.T

MessageSujet: Isaiah O'Toole    Mer 6 Avr - 17:33


O'TOOLE ISAIAH

starring Morgan Freeman
NOM : O'Toole
PRENOM :Isaiah
AUTRE(s) PRENOM(s) :William
AGE : 59 ans
HABITE : E.T
Métier


    Auparavant j’étais pasteur dans la petite église d’ElizabethTown, et bien que je donne encore quelques messes j’ai aujourd’hui davantage endossé le rôle de guide pour certains habitants. A chaque fois que l’on a besoin de moi je n’hésite pas à offrir mon aide et c’est sans doute pourquoi nombre de personnes me font confiance et s’en remettent à mes conseils. Je fais tout ce que je peux pour maintenir un confort de vie aux derniers citoyens d’ElizabethTown.

Physique


    Je ne vous apprendrai certainement pas grand-chose en vous disant que je suis noir de peau et pourtant, c’est ce qu’on remarque en premier chez moi et qui me valurent bon nombre de remarques. Remarques qui avec le temps ne me dérangent plus vraiment, ayant appris à m’aimer tel que je suis mais surtout tel que Dieu m’a fait, j’accepte parfaitement mon apparence. On remarque également au premier coup d’œil mon physique imposant, mesurant près d’1mètre90, qui m’avantage grandement dans mes travaux manuels. En effet, malgré mon certain âge, je possède toujours une force non négligeable et ne me défile jamais lorsqu’il s’agit de donner un coup de main. Quant à mon visage, ma femme avait pour habitude de dire que j’avais des traits doux, que je portais ma gentillesse comme on dit. Il est vrai que mon regard demeure bienveillant et protecteur envers tout le monde dans n’importe quelle situation et qu’il n’est pas rare d’apercevoir sur mon visage un sourire franc et sincère. Mes cheveux autrefois noir comme du charbon sont aujourd’hui grisonnants, tout comme le bouc que je porte depuis de nombreuses années déjà et qui renforce la maturité de mes traits. Par contre, mes yeux ont quant à eux conservé leur couleur foncée en dépit des années qui ont passées. Sans m’en offusquer aucunement, j’ai vu depuis quelques temps déjà apparaître de petites tâches de vieillesse sur mon visage, qui se traduisent par des tâches plus sombres que la couleur originelle de ma peau. De même qu’à présent de profondes rides marquent mon visage, produits de mon âge, certes, mais également des nombreux soucis que je me fais depuis que je suis en charge de la survie d’autant de personnes, avec les problèmes qui en découlent. Non pas que je sois défaitiste ou usé, mais je n’ai plus 20 ans vous savez !
    Pour mon style vestimentaire, je possède toujours mon uniforme de pasteur, bien que je ne le revêtisse que le dimanche lors de la messe. Pour le reste de la semaine, je porte des vêtements très simples mais surtout fonctionnels qui me permettent de travailler dehors sans gêne.

Caractère


    La générosité fait partie de mes traits de caractère, et ce depuis toujours. Je n’ai jamais laissé personne dans le besoin sans tout faire pour l’aider, n’hésitant pas à donner de ma personne et de mon temps aussi longtemps que cela se révélait nécessaire. Il s’agit d’un besoin viscéral, sans doute influencé par mes principes religieux qui m’ont toujours enseigné le partage. D’autre part, je ne porte jamais aucun jugement et tente toujours de résonner les personnes qui sont selon moi dans l’erreur, acceptant toute fois leurs opinions et points de vue. En effet, je n’aime pas l’intolérance, pour en avoir longtemps été victime. Ainsi, j’accepte tout le monde sous mon aile, sans distinction aucune, même pas de religion. Mon amour en l’être humain est tel que je ne peux penser qu’un homme est perdu, qu’il ne vaut rien, ceci ne fait absolument pas partie de ma vision des choses et j’estime qu’on peut toujours faire quelque chose pour l’aider à se sortir de ses problèmes et envisager une vie meilleure. Après la guerre, j’ai énormément travaillé à rendre les habitants d’ElizabethTown de nouveau heureux et leur faire accepter notre nouveau monde grâce à cela. A chaque fois qu’un problème se pose, je lève sans hésiter la main pour aider et éventuellement apporter une solution, généralement je repère rapidement ceux qui sont dans le souci. Au cours des années j’ai cependant acquis une certaine sagesse qui me permet d’admettre mes erreurs et tenter de les rectifier tant que cela est possible : Je ne me borne pas à fermer les yeux et affronte mes fautes afin de les corriger sans honte aucune. Après tout, j’ai beau être âgé de 59 ans, cela ne signifie pas pour autant que j’ai toujours raison. Enfin, malgré ma gentillesse et mon ouverture d’esprit, je ne supporte aucunement le manque de respect, que ce soit envers moi ou envers quelqu’un d’autre, c’est pourquoi je conseille à quiconque de demeurer poli et calme en ma présence sans quoi il risque de goûter à une colère qui, malgré tout, peut s’emparer de moi. Je ne suis pas du genre à me laisser marcher sur les pieds, et sais m’imposer lorsque les circonstances l’exigent.


Liens

Citoyens d'ElizabethTown:J’ai quelques très bons amis ici, comme Amber que je connais depuis bien longtemps, ou Laurence qui m’est d’une aide très précieuse mais globalement, je m’entends de toute manière bien avec tout le monde. Ne désirant pas me mêler aux conflits mais plutôt les résoudre, je ne pense pas être l’ennemi de quiconque ni même en avoir, ainsi n’aurais-je rien de particulier à vous raconter au sujet des citoyens d’ElizabethTown. Mes relations sont amicales avec chacun, je viens en aide à chacun, en clair je m’efforce de demeurer quelqu’un vers qui on pourra facilement se tourner afin que personne ne se sente jamais totalement seul. En cas de besoin, moi, je serais toujours là et j’aimerais que tous le comprennent. Mais je sais également qu’en retour je peux me tourner vers beaucoup de personnes ici pour m’assister et m’aider à mon tour.


    ...

Histoire


    Quand j’étais petit, ma mère me prenait sur ses genoux pour la prière du soir, puis me déposait dans mon lit avant de m’embrasser. Ceci est mon tout premier souvenir, celui qui remonte au plus loin dans ma mémoire. Je suis né le premier d’une fratrie de cinq enfants dans un milieu modeste, en Louisiane. Nous habitions un petit appartement dans lequel nous nous entassions tous, partageant nos jeux, nos rires, nos soucis et nos espoirs ; J’ai donc toujours été très entouré. Mon père travaillait dans une petite usine qui l’emportait tôt le matin pour nous le rendre que tard le soir avec une misère en poche, nous vivions cependant correctement. Je n’ai pas le souvenir d’un seul jour sans pain, ni d’un anniversaire sans cadeaux, même si nous ne vivions pas dans le plus grand confort nous étions tous entourés d’amour et ce fut une des premières valeurs qui me fut inculquée. Ma mère quant à elle faisait parfois du ménage chez des personnes plus riches que nous afin de mettre un peu de beurre dans les épinards, comme elle le disait, un sourire chaleureux aux lèvres. J’ai grandis dans ce cocon familial soudé face à l’adversité, uni en dépit des difficultés que nous rencontrions parfois et dont je savais presque tout puisque j’étais l’aîné et que mes parents me parlaient beaucoup. Les plus jeunes, je les protégeais en leur affirmant que tout irait bien et qu’ils ne manqueraient jamais de rien. Malheureusement, nous ne rencontrions pas que des difficultés financières mais également d’intégration au sein de notre communauté, étant rejeté de part notre couleur de peau. Mes frères et sœurs, ainsi que moi-même, allions à l’école du quartier qui comptait beaucoup plus d’enfants blancs que noirs, et très vite notre minorité se vit-elle attaquée et humiliée. Enfant, j’étais doux, un peu timide, je me laissais faire en fermant les yeux et en priant pour que Dieu me transforme en oiseau. Oui, je priais pour qu’Il me donne des ailes et me permette de m’envoler loin lorsque l’on m’insultait ou me volait le maigre contenu de mes poches. Jamais il ne répondit à mes suppliques et pourtant, je croyais dur comme fer en lui. Cette croyance, je la tirais de ma mère qui allait régulièrement aux messes protestantes et priait chaque soir, bien qu’elle ne nous y contraigne pas en retour je pris rapidement cette habitude aussi. Peut-être parce que j’avais besoin de me dire que quelqu’un là-haut me protégeait, tout comme je protégeais mes frères et sœurs. Que quelqu’un me surveillait et ne me laisserait jamais tomber. Alors le soir, quand je devais traverser plusieurs rues afin de rentrer à l’appartement, lorsque des garçons plus vieux que moi mais surtout blancs me traitaient de « nègre », de « singe », ou « d’esclave », je continuais à marcher en regardant droit devant moi et pensant très fort qu’Il me regardait de là-haut et que tout allait bien se passer. Certains soirs, je l’ai même supplié de me rendre blanc moi aussi, me demandant pourquoi Il avait choisi de me faire si différent des autres. Puis je regardais ma mère, mon père, mes sœurs et mes frères. Je les regardais et les voyais tous aussi noirs que moi, tous aussi beaux, tous aussi rieurs et joyeux. Alors je me disais que finalement, je n’étais pas si différent que ça puisque eux au moins me ressemblaient.

    Je suivis un cursus scolaire normal, n’étant pas mauvais élève. Presque tous les soirs, j’aidais mes deux petits frères à faire leurs devoirs, ainsi que la plus grande de mes deux sœurs, en plus des miens. Cela me demandait un effort supplémentaire de concentration mais ne me gênait absolument pas, encore moins lorsque je les voyais revenir avec de jolis « A » placardés sur leurs feuilles de devoir. Ce fut également moi qui appris à lire à la petite dernière, mes parents fournissant de plus en plus d’efforts pour nous nourrir et n’étant quasiment jamais là le soir. Alors je préparais le dîner tout en surveillant que chacun accomplisse correctement ses tâches scolaires, avant d’envoyer tout ce beau monde au bain à tour de rôle puis mettre la table et servir le souper. Je devais être âgé de 11 ou 12 ans à peine, mais sens des responsabilités et générosité faisaient déjà parties intégrantes de mon être. J’aurais pu, comme beaucoup d’adolescents en difficultés, laisser tomber l’école, prendre un petit job souvent illégal et commencer à traîner dans la rue, abandonner mes frères et sœurs, mais je n’y pensais même pas. D’une part, j’adorais l’école, ensuite, j’aimais beaucoup trop ma famille et n’aurais pas voulu leur faire de la peine, enfin je savais que Dieu nous protégerait toujours, et qu’il ne pouvait rien nous arriver de très grave tant que nous croyions en lui. Mon adolescence n’a pas été particulièrement facile, j’ai dû beaucoup travailler pour rester actif à la maison et rapporter de bonnes notes, mais elle m’a au moins fait prendre conscience de mon amour puissant, profond pour la religion. Aujourd’hui encore, je reste intimement persuadé que Dieu a décidé de ne pas m’abandonner parce qu’il a entendu mes supplications d’adolescent, il a entendu mes pleurs et à eu pitié de moi. Quand mon père rentrait un peu plut tôt du travail et pouvait se reposer, quand un de mes frères s’était fait offert un fruit par l’épicier du coin, quand notre grand-mère venait nous rendre visite et nous chantait des chansons, je courrais remercier Dieu pour sa générosité. Tout ce qu’il m’arrivait, que ce soit bien ou non, venait de sa volonté et je devais l’en remercier. Le remercier de me rendre heureux, le remercier de me rendre malheureux pour mieux profiter de mon bonheur ensuite. Rien n’arrive par hasard, c’est Lui qui décide de tout.

    Cette situation dura quelques années, s’atténuant peu à peu. Mes frères, plus âgés, nécessitèrent moins mon aide, ce qui me soulagea un peu. Pourtant, ce fut toujours moi qui m’occupais de mes sœurs, préférant conserver ce poids sur mes épaules plutôt que le passer à mes frères. A présent, je savais que je voulais devenir un disciple de Dieu, et m’étais renseigné quant aux études à effectuer pour cela. Dès que je fus en âge de travailler, et bien que je sois encore au lycée, je pris un petit job et m’occupais d’une femme âgée qui ne parvenait pas à sortir faire ses courses toute seule. Après le lycée, j’allais directement chez l’épicier pour ses provisions, passais tout déposer chez elle puis effectuer quelques tâches ménagères avant de rentrer chez moi pour aider mes petites sœurs dans leurs devoirs scolaires. Ceci me rapporta un peu d’argent que je mis de côté dans l’espoir de pouvoir au moins payer ma première année de théologie seul, sans avoir à imposer ça à mes parents. Je conservais soigneusement mes billets dans une vieille boîte à chaussure que je gardais sous mon lit, donnant parfois un ou deux dollars à mes sœurs pour qu’elles s’offrent des bonbons. Lorsque j’eus enfin l’âge d’entrer en faculté, je pris sur moi le premier trimestre mais me rendit bien vite compte que mes maigres économies ne pourraient couvrir le second, et m’en remettais à mes parents faute d’autre solution. Ces derniers étaient heureux que je fasse des études, davantage ma mère encore qui était croyante et m’avait transmit cet amour de la religion. Ainsi, ils me donnèrent un gros coup de main, à la sueur de leurs fronts, travaillant toujours plus pour subvenir aux besoins de la famille et aux miens. Je ne comptais ceci dit pas les laisser trimer et pris un second job, dans un petit snack du quartier en tant que serveur. Après les cours je passais toujours voir la personne dont je m’occupais, rangeais ses courses, faisais son ménage, puis je rentrais aider à la maison et le soir retournais travailler. L’argent que je gagnais servait directement à nourrir la famille ou payer quelques factures, mes parents désapprouvèrent radicalement au début, abdiquant que ce n’était pas mon rôle que de payer les factures, avant d’admettre que sans ça ils ne parviendraient pas à joindre les deux bouts et me laisser faire. J’avais calculé qu’en prenant la plus petite chambre de bonne possible, et donc moins chère, j’aurais toujours beaucoup plus de frais que chez mes parents et considérais qu’il était incorrect que de mener ma petite vie de mon côté sans les aider alors qu’ils finançaient mes études, aussi restais-je chez mes parents jusqu’à la fin de mes années de théologie.

    Afin de parvenir à des résultats corrects à l’université, je travaillais dès que j’avais quelques minutes de libres, le matin dans le bus, entre midi et deux heures, durant une heure de libre dans la journée, tard la nuit. En dépit de cette organisation rocambolesque je parvins à me hisser dans les bons élèves de ma classe et maintenir un rythme dans mon travail personnel, qui n’en était pas réellement un à mes yeux puisque j’adorais ce que j’étudiais. Mon amour pour la religion n’avait sans doute jamais été aussi fort que lorsque je travaillais sur la Bible, apprenais les rituels propres aux messes protestantes, les racines profondes de cette branche du christianisme. Bien sûr, mes cours étaient complexes et allaient parfois bien au-delà de la Bible en elle-même, révélant de la pure science, mais je parvenais à m’accrocher contre vent et marée. J’étudiais également le Coran et la Torah, envisageant une conception autre de Dieu, de la religion et des pratiques religieuses. En effet, il ne s’agissait pas d’un bourrage de crâne protestant mais plutôt d’une ouverture à la Religion avec un grand R, ce qui m’inculqua une plus grande ouverture d’esprit et tolérance de l’autre. En dépit de mes croyances personnelles, je pouvais admettre que l’on croie en autre chose et suivre un autre chemin, car avant toute chose la religion (qu’importe laquelle) représente pour moi l’amour, la compréhension, la tolérance. Ainsi, pourquoi s’insurger contre la différence ? Cela n’aurait pas de sens. Je poursuivis cet apprentissage du cœur et de l’esprit six années avant de me décider à passer mon master en théologie protestante et d’écrire mon mémoire. Le sujet porta sur un traumatisme de mon enfance : La discrimination raciale. Je mis en parenthèse mes cours, mes jobs, ma famille, pour passer presque tout mon temps dans une école privée protestante, m’imiscant au sein de l’internat, de la cafétéria, des cours. J’ai étudié le comportement des adolescents qui malgré leurs croyances persistaient à rejeter ceux qui semblaient différents et les excluaient volontairement de l’amour de Dieu. Au fil des semaines, je parvins à opérer un réel changement sur leurs mentalités en leur parlant, mais les écoutant aussi, rassurant leurs peurs ou détrompant leurs préjugés. Ainsi, je commençais déjà mon enseignement de la Foi et c’est ce qui me poussa à envisager de devenir pasteur. Auparavant, je pensais terminer professeur ou poursuivre mes recherches quant à la Religion mais en moi je sentais cet amour, cette puissance aussi de pouvoir changer les choses en apportant mon aide, mon soutien, ma générosité. J’obtins mon diplôme peu après.

    Suite à cela, et bien que je fus âgé de 25 ans, je demeurais chez mes parents afin de leur offrir le davantage possible. Mon diplôme en poche, il ne me manquait plus qu’un stage de deux ans dans une paroisse pour enfin devenir pasteur, à raison d’une trentaine d’heures par semaine. Je pu donc reprendre mes multiples petits travaux, enchaînant avec un troisième de nuit, afin de rendre la vie de mes parents un peu plus confortable. Durant mon stage, j’assistais un pasteur confirmé qui m’enseigna beaucoup de son savoir et de son vécu, ce qui acheva de m’instruire. Bien que mes cours furent complets, intéressants, enrichissants, cela n’avait absolument rien avoir avec le « terrain » et le contact des fidèles, ainsi que des athées. En effet, j’ai également fait quelques passages dans certaines associations laïques du quartier afin d’enseigner aux jeunes générations l’amour de Dieu et certaines valeurs comme le partage, le pardon, l’acceptation des différences. Imaginer que je puisse rendre le monde un peu meilleur en transmettant la voix du Seigneur m’aidait à me lever chaque matin, partir travailler, courir à la paroisse, retourner chez les associations, puis au travail encore, rentrer chez moi et assister mes parents, travail, ainsi de suite… J’ai tout donné de moi au service des autres, avec générosité et plaisir. Jamais je n’ai compté ni les heures, ni remarqué la fatigue, ni hésité à me déplacer pour quiconque aurait besoin de moi. J’avais foi en Dieu, mais également en l’être humain, et je ne voulais laisser personne seul ou dans le besoin. Assez rapidement, je me suis débrouillé pour donner les restes de nourriture encore comestibles du restaurant où je travaillais à un orphelinat proche. Non seulement ça ne me coûtait rien mais en plus, des enfants avaient la possibilité de manger à leur faim et surtout des aliments de bonne qualité. Si jamais je croisais un SDF dans la rue et que j’avais quelques pièces dans mes poches, je les lui donnais sans hésiter et lui indiquais des associations qui pourraient l’héberger. Tout ce que j’ai pu faire, je l’ai fais. Ce don de soi était encré en moi depuis toujours.

    Quelques années plus tard on m’informa d’une place disponible dans les environs de New York, puisque là où j’habitais aucun post n’était disponible. La nouvelle ne fut pas très bien prise, je n’aimais pas l’idée de quitter mes parents et mes frères et sœurs alors que j’avais toujours été là pour eux, mais force était de constater qu’ils pouvaient s’en sortir sans moi à présent. Je partis donc, appréhendant quelque peu mais toute fois heureux de pouvoir enfin diriger une paroisse et enseigner la voix de Dieu. C’est d’ailleurs à l’église que je rencontrai Susan, veuve depuis quelques années déjà. Au début, nous parlâmes surtout de Dieu, puis nos conversations dévièrent vers des sujets plus personnels, plus intimes et très rapidement je l’invitai à dîner. En toute honnêteté, j’étais tombé sous le charme de sa douceur presque maternelle, son calme qui m’apaisait et savais que de son côté elle avait terminé son deuil alors, pourquoi ne pas tenter ma chance ? A ma plus grande surprise elle accepta, et ce fut le début de notre histoire d’amour qui prit très vite une importance capitale dans ma vie, à tel point que je la demandai au mariage un an plus tard. Nous étions réellement amoureux l’un de l’autre et je sentais, savais, que Susan représentait tout ce qu’il me fallait sur cette terre, que Dieu m’avait volontairement mis sur sa route. N’ayant pas eu d’enfants de son premier mariage, Susan insista longuement pour que nous en ayons un mais en dépit de nos tentatives désespérées, elle ne tomba jamais enceinte. Nous vivions à ElizabethTown, et projetions de faire le tour du monde dès notre retraite, effectuant déjà les trajets, les escales, mettant de l’argent de côté… Nous étions heureux. Nous avons également œuvré contre la famine dans le monde en partant en Afrique quelques mois, durant lesquels je laissai la paroisse à un remplacent provisoire. Susan était institutrice et faisait partie d’une association, quant à moi je la suivis en espérant pouvoir me rendre utile. Ce fut le cas, bien évidemment, il y avait tellement de choses à faire là-bas… Cette expérience fut à la fois extrêmement difficile et très enrichissante, nous continuâmes une fois rentrés aux Etats-Unis à envoyer régulièrement de l’argent et des fournitures scolaires. D’autre part, je reçu à plusieurs reprises les membres de ma famille à ElizabethTown, me réjouissant de la réussite sociale de mes frères et sœurs. Les deux premiers se dirigèrent vers des études politiques et économiques tandis qu’une de mes sœurs entra aux Beaux-Arts, la dernière vers la musique. Mes efforts avaient donc portés leurs fruits.

    Ma vie poursuivi son cours normal jusqu’en 2007. Je m’occupais toujours de la paroisse, prévoyais d’autres actions humanitaires avec Susan alors qu’on lui diagnostiqua un cancer du poumon déjà avancé. Ce fut comme si d’un coup, ma vie partait en fumée. Commencèrent alors les séances de chimiothérapie qui, très rapidement, métamorphosèrent ma femme. De souriante, douce, tendre, elle devint irascible et constamment épuisée, ce que je ne lui reprochais pas mais qui m’attristait profondément. Les médecins s’obstinaient à ne pas nous donner de réponses définitives quant à son état, nous encourageant simplement à suivre les cures et prendre les médicaments. De mon côté, je priais chaque jour pour que la santé de ma femme s’améliore, j’implorais Dieu de me la rendre pour que nous puissions être heureux comme il l’avait décidé des années plus tôt. Malheureusement, ma foi ne changea rien à l’évolution de sa maladie qui, malgré sa lenteur, ne s’arrêtait pas. Je ne savais plus quoi faire pour elle, mis appart lui tenir la main et m’obstiner à lui répéter que tout irait bien, que Dieu nous protégeait et qu’il n’oserait jamais l’enlever à moi. J’y croyais au début, mais plus les moins passaient, plus les chimiothérapies s’enchaînaient, plus Susan dépérissait, moins je parvenais à me convaincre de la véracité de mes propos. Pendant un temps, je laissais de côté l’église, ne voulant plus jamais y aller. Pourquoi prier un Dieu qui faisait mourir ma femme ? Pourquoi répandre sa voix tyrannique autour de moi ? Ma foi en prit un sacré coup. Je ne comprenais pas que l’on me fasse autant de mal, à moi, alors que j’avais toute ma vie fait tout ce que je pouvais pour rendre ce monde meilleur. Je ne comprenais pas que ce choix tombe sur Susan, qui était si aimante, si généreuse, et pas sur tous les autres. Oui, j’avais l’impression d’une terrible injustice qui me rendait amer.

    Les années passèrent sans changer quoi que ce soit à mon dégoût profond, bien au contraire. Officiellement je demeurais pasteur mais un remplacent était venu parer à mes absences répétées. Je ne quittais plus ma femme qui lutait chaque jour pour survivre, ne priant cependant plus au fil du temps. Je devenais complètement dingue, coupant les ponts avec ma famille, ne sortant plus de chez moi mis appart pour conduire Susan à l’hôpital, refusant de voir qui que ce soit. Lorsque les menaces de guerre pesèrent sur les Etats-Unis, je ne m’en préoccupais pas. D’une part car j’avais plus important à penser, d’autre part car je ne croyais qu’à une nouvelle Guerre Froide entre U.R.S.S et U.S.A, autrement dit une guerre presque inoffensive. Malheureusement les choses allèrent très vite, les bombardements éclatèrent plus rapidement que je ne l’aurais cru et j’espérais égoïstement qu’ElizabethTown échapperait aux bombes. Que tout irait bien, comme je le répétais inlassablement à Susan. Mais tout n’alla pas bien, au contraire. Ce fut comme la fin du monde, plus rien ne fonctionnait, les gens pleuraient et hurlaient dans les rues même si pour le moment, nous n’étions pas bombardés nous. Cependant, je devais aller chercher les médicaments de Susan, je devais aller les acheter sinon… Il n’y avait pas de sinon, mais je n’ai pas pu sortir d’ElizabethTown en raison de la panique générale. Je n’ai pas pu aller lui chercher ce qui la maintenait encore à la vie, ce qui retardait son cancer… Elle mourut peu avant le bombardement de New York, puis d’ElizabethTown mais pour ma part je m’en fichais… Je me fichais de mourir ou de vivre, je me fichais de tout puisqu’elle n’était plus là, qu’on me l’avait enlevée, que la guerre et le cancer me l’avaient enlevée… Lorsque ElizabethTown fut touchée, je me trouvais à l’église, préparant les papiers de mon départ. Je ne voulais plus être pasteur, ni faire quoi que ce soit pour les autres d’ailleurs, je ne voulais rien. Cette absence d’envie, de besoin, propre au terrible vide intérieur qui me rongeait depuis le départ de Susan. Pourtant, j’ai survécu. L’église n’a pas été touchée. Assez rapidement, je me rendis compte d’un signe de Dieu qui voulait que je me batte, que je n’abandonne pas comme j’étais prêt à le faire et c’est pourquoi il ne m’avait pas laissé mourir. Il m’avait protégé, comme il m’avait protégé étant enfant, afin que je poursuive mes efforts pour rendre le monde meilleur. Peut-être que Dieu avait besoin de moi, ou moi besoin de lui, mais ma foi retrouva de sa puissance et je pu admettre la mort de ma femme. Dieu ramenait ses enfants à ses côtés car il s’ennuyait d’eux, voilà ce que je devais me dire. Ma défunte épouse était si adorable, qu’il ne pouvait assurément s’en passer davantage. Il fallait que je m’en persuade et que j’aille de l’avant, en dépit de la douleur toujours bien présente.

    Je suis resté à l’abri, priant, des longs jours avant d’enfin sortir de l’église et observer les alentours. Certains endroits étaient totalement détruits mais ici, tout semblait encore debout… J’avais pourtant peur de ne plus trouver personne et me lançais rapidement dans une fouille complète du quartier, trouvant des gens pour la plupart choqués, perdus, terrifiés. Ces personnes, je les ramenais d’abord à l’église afin de leur donner de quoi se nourrir et un endroit sûr, trouvant du soutien parmi d’autres habitants. J’ai immédiatement tenté de reconstituer un semblant de vie normale autour de nous en apaisant certains traumatismes et calmant certaines peurs. Au début, les choses furent extrêmement compliquées et il nous fallut du temps pour parvenir à organiser notre survie mais finalement, nous y sommes arrivés. Aujourd’hui, je poursuis toujours mes efforts dans cette lutte et ne lâche rien. Quoi que l’on me demande, je suis toujours présent pour chacun, parce que je crois que les gens ont besoin d’un pilier solide. Et je peux être ce pilier solide. Je continue à enseigner la parole de ce Dieu que je comprends un peu mieux aujourd’hui, je continue à me montrer généreux, droit, présent afin de ne pas sombrer. Les problèmes les plus urgents et les plus graves ont déjà été réglés alors… Peut-être que notre survie pourra se poursuivre jusqu’à des décennies encore. Peut-être que nous reconstruirons un semblant de monde, solide et enfin basé sur l’amour et non la haine des hommes. Moi j’y crois. Je sais que quelqu’un nous protège là-haut.





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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: Isaiah O'Toole    Mer 6 Avr - 19:53

Je lirai la fiche demain à tête reposée. Mais bon...si Kat ou Alex passent par là....

De toute façon hein...
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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: Isaiah O'Toole    Jeu 7 Avr - 5:37

& C'est reparti...
De toute façon quoi ? C'est quoi le problème encore ?

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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Isaiah O'Toole    Jeu 7 Avr - 6:27

Eh ben put*** si j'avais su je validais hier soir avant de me coucher. Si vous pouviez toutes les deux - que ce soit l'une ou l'autre - vous "calmer" fissa, ce serait pas mal du tout --"
ENFIN BREF.

De toute façon, il n'y a aucun problème, tu as cerné le personnage parfaitement il me semble, tout est respecté, bon style, bla bla Razz
brefouille, validée ! Ballon

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: Isaiah O'Toole    Jeu 7 Avr - 7:22

Je savais bien que j'aurais du préciser....

Bon pour faire clair, je pensais seulement qu'on sait que tu écris trés bien et qu'on n'a pas de souci quelconque avec toi. Donc mon " de toute façon hein" était juste " on lira la fiche pour la forme mais tu seras validée".

Je suis sincérement désolée que tu aie pris ça comme ça. Et puis quand Kat m'a dit que tu prenais Isaiah, j'ai bien précisé qu'il n'y avait aucun souci de ma part et que j'étais même contente qu'il soit pris.
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Isaiah O'Toole
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MessageSujet: Re: Isaiah O'Toole    Jeu 7 Avr - 11:35

Ouais...
Merci Kat Love
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MessageSujet: Re: Isaiah O'Toole    

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Isaiah O'Toole
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