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 /!\ Dark Times, Dark Night, Dark Deed [Nathaniel]

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Gabrielle McCord
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MessageSujet: /! Dark Times, Dark Night, Dark Deed [Nathaniel]   Mar 23 Fév - 20:27

Quand j'ai vu que les arbres n'étaient plus qu'à une centaine de mètres de moi, je me suis stoppée net dans ma course.

Central Park.

Comment avais-je pu venir jusque là sans m'en rendre compte?

J'ai regardé autour de moi et c'est là que je me suis rendue compte de la douleur qui me frappait sur le côté gauche : J'avais couru sans m'arrêter, en respirant comme un pied et du coup, j'avais un point de côté assez difficile à supporter. Je me suis recroquevillée en deux et j'ai essayé de reprendre ma respiration : Pas si simple. J'étais pourtant plutôt du style sportive nom d'un chien! Oui... Enfin, pas depuis un petit moment. J'ai réalisé que depuis la création de la communauté, je n'avais plus vraiment fait de sport : Je le payais bien à présent. C'était vraiment douloureux.

J'ai regardé autour de moi et j'ai soupiré : Ma respiration commençait à redevenir plus régulière mais le point de côté semblait décidé à squatter. Tant pis. Un frisson m'a alors parcouru le dos quand je me suis rendue compte que le soleil allait bientôt se coucher. Je n'étais jamais sortie seule et encore moins à cette heure-ci : Alexander allait être furieux. Je suis quelqu'un de très prudent, d'ordinaire, mais là, je dois bien avouer que je n'ai absolument pas réfléchi quand je suis partie. Pourquoi?

Je vous explique.

Ce matin, Alexander a ramené un adolescent à la communauté. Il était inconscient et à première vue, il avait passé un sale quart d'heure. A vue d'oeil, on lui donnerait 15 ans à peine. Nous nous sommes occupés de lui et je suis restée à le veiller pour être là quand il reprendrait conscience. Kat a été un amour puisqu'elle m'a même apportée mon repas à l'infirmerie pour que je n'ai pas à laisser le garçon. D'ailleurs, elle a proposé de le veiller à ma place pour que j'aille me reposer mais j'ai tenu à rester. J'ai à peine eu le temps de commencer mon repas que l'adolescent s'est réveillé et, il était complètement paniqué. J'ai eu beau essayer de le raisonner, il m'a poussée violemment et a pris la fuite, pensant certainement qu'on voulait lui faire du mal. Et, au lieu d'aller le dire à Aaron ou Alexander, au lieu de prendre le temps de les prévenir de ce qu'il se passait, je suis partie à sa poursuite.

Oui, je sais : C'était impulsif et imprudent mais je ne pouvais pas perdre de temps.

Je me suis donc lancée à sa poursuite mais malgré ses blessures, il s'est montré plutôt rapide. Non, en fait, il s'est montré très rapide : A croire qu'il avait l'habitude de piquer des sprints... Et j'ai perdu sa trace. Cependant, têtue comme je suis, j'ai voulu continué à le chercher alors j'ai couru, et j'ai couru, et voilà comment je me suis retrouvée là, à l'entrée de Central Park, enfin, de ce qu'il en reste. A présent, ça ressemble plus à une forêt qu'un parc... En plus du frisson dans le dos, j'ai senti la tristesse serrer mon coeur : Cet endroit représentait tant pour Alexander et moi, et à présent, l'endroit qui était le nôtre n'existait plus. Oh, les arbres étaient toujours là, même plus nombreux qu'avant, mais la magie de l'endroit elle, avait définitivement disparu.

J'ai entendu un bruit et j'ai sursauté tout en me retournant.

Personne.

-Idiote... Tu te fais peur...

Une ombre.

-Toute...

Une silhouette.

-Seule...

Mon coeur s'est mis à battre frénétiquement : J'ai fait un pas en arrière. A présent, ce n'était plus une simple silhouette que je voyais, mais bel et bien un homme qui se tenait là, au coin de la rue. L'homme en question était grand, il avait l'air relativement fort mais ce à quoi j'ai fait le plus attention a été son visage et plus particulièrement son regard : Un regard horriblement cruel, sadique et pervers. Il s'est avancé, et j'ai reculé. C'est alors que j'ai cru que mon coeur allait s'arrêter : Un homme venait de le rejoindre. Apparemment, il ne devait pas être très loin derrière lui et, mon sang s'est glacé dans mes veines quand j'ai vu qu'il avait à peu près la même expression sur le visage.

-Oh, t'as vu ce qu'on a là?!

J'ai encore fait un pas en arrière, puis un autre, puis je me suis stoppée, fixant désespérément la rue qui se trouvait derrière les deux types : C'était ma seule issue. Il n'y avait que ce chemin là pour repartir vers la communauté mais je ne pouvais pas le prendre.
Impossible.

-Hey Blondie, tu t'es perdue, c'est ça?

-T'inquiètes, on va t'aider à retrouver ton chemin.

-Ouais, on va t'aider!

Ma mâchoire s'est crispée et quand les larmes ont commencé à couler sur mes joues, je me suis mise à trembler : De peur, sans aucun doute. Je savais que je n'avais plus qu'une seule issue : M'enfoncer dans Central Park et essayer de les semer car j'étais sûre d'une chose : La chasse allait bientôt commencer et c'était moi la proie. Les deux types s'avancèrent vers moi et je n'ai pas attendu une seule seconde de plus : Je me suis mise à courir, le plus vite possible parmi les arbres.

J'ai foncé.

Et eux, ils se sont lancés à ma poursuite. Je les entendais derrière moi : Ils criaient, riaient, m'appellaient. Malheureusement, et trop rapidement, mon point de côté s'est fait plus violent et difficilement supportable. J'ai pourtant continué à courir parce que je savais que si je m'arrêtais, c'était terminé. Je me suis enfoncée dans Central Park et ma panique n'a fait que s'accroîte quand j'ai remarqué que le ciel s'assombrissait : Le soleil s'était couché et la nuit n'allait probablement pas tarder à tomber.

C'est à ce moment-là que j'ai ressenti une vive douleur en plein milieu de mon visage : J'ai été stoppé dans ma course et je suis tombée en arrière en hurlant de douleur. J'ai plaqué ma main contre mon visage et j'ai senti le sang couler entre mes mains. La douleur était tellement aveuglante que j'avais l'impression que mon visage était en feu : J'avais le nez cassé, c'était une certitude.

-Bien joué James! Joli coup de poing!

-Merci! Mais c'est quoi qui a eu l'idée de se séparer : Pas con!

Malgré la douleur, j'étais capable de les entendre et de les comprendre. Voilà pourquoi le coup n'était pas venu de derrière : Ils s'étaient séparés pour mieux me coincer. Je me suis remise à hurler : A cause de la douleur et aussi, parce que j'espérais, je priais pour que quelqu'un m'entende et vienne me sortir de là. Cette fois-ci, c'est dans les côtes que j'ai ressenti une horrible douleur : Je venais de recevoir un violent coup de pied. J'ai senti les os craquer et j'en ai eu le souffle coupé : Impossible de continuer à hurler.

J'imagine que c'était le but...

Je me suis recroquevillée sur le côté, une façon comme une autre d'essayer d'arrêter la douleur.

-Bon, maintenant qu'elle est calme, on va pouvoir s'amuser un peu! A toi l'honneur James!

Des mains ont saisi mes épaules puis j'ai été remise sur le dos.

L'un des deux types m'a attrapé les bras et les a maintenus au sol, au dessus de ma tête pour m'empêcher d'essayer de me défendre. Puisqu'il avait dit "A toi l'honneur James!" j'ai compris que l'homme qui se trouvait à présent au dessus de moi avec des yeux brillants d'un désir malsain s'appelait James.

J'ai tenté le tout pour le tout.

-James... S'il vous plaît...

Ma voix était rauque, cassée, tremblante. Je ne la reconnaissais même plus. Le sourire de James s'est élargi pour devenir un rictus sadique et pervers.

-Vas-y Blondie... Dis mon nom, j'adore...

J'ai recommencé à pleurer.

-S'il vous plaît...

Il s'est penché vers moi et m'a léché la joue. J'ai senti mes entrailles se tordre de dégoût. Je ne pouvais pas abandonner : Je devais me défendre. J'ai épuisé mes dernières forces en hurlant et en essayant de lui donner des coups de genoux. Malheureusement, il était bien plus lourd et bien plus fort que moi. J'ai senti son poing se rabattre sur mon visage et après plusieurs coups, j'ai finalement cessé de hurler : Je n'en avais plus la force. La douleur était insupportable et j'étais désespérée.

Je ne pouvais rien faire.

Quand ses lèvres ont touché les miennes j'ai essayé de resister, de garder la bouche fermée mais je n'ai pas réussi à tenir bien longtemps. Il a fini par ouvrir ma bouche de force, et quand j'ai senti sa langue toucher la mienne, j'ai refermé la mâchoire. Si j'avais eu plus de forces, j'aurais probablement pu lui arracher la langue mais là, j'ai juste réussi à lui faire mal. Il a reculé son visage, a tiré sur mes cheveux et a cogné ma tête contre le sol : Une fois, deux fois...

Ma vue était brouillée par le sang, par les larmes, par la fatigue.
Et le pire était à venir, je le savais.
C'est horrible de savoir ce qui nous attend et de ne rien pouvoir faire. C'est pire que tout.

Je n'avais même plus la force de hurler et du coup, puisqu'il n'avait plus besoin de garder ma bouche fermée, il avait les deux mains libres. Il a déchiré mon chemisier, mon soutien-gorge et à commencer à me caresser les seins. Sur ma cuisse, j'ai senti son membre dur à travers son jean. Je sentais son souffle rauque sur ma peau et j'en avais la nausée. J'entendais celui qui me tenait les bras jubiler.

-Dépêches-toi! J'veux en profiter avant qu'elle soit complètement hors service!

Quand il prononça ces mots, je ne pus empêcher un sanglot étouffé s'échaper de mes lèvres.

-J'ai bientôt fini!

J'ai fermé les yeux.

Ses mains ont quitté mes seins et j'ai entendu le bruit de sa braguette. Puisque j'avais une jupe, tout allait être plus facile et plus rapide pour lui. Il a soulevé ma jupe, descendu ma culotte et est entré en moi. J'ai poussé un cri de douleur et d'horreur mais il a tout de suite replaqué sa main sur ma bouche. Il s'est reculé puis est à nouveau entré en moi avec plus de violence. J'avais mal, très mal. Il a continué encore, et encore.

J'étais seule.

Ils allaient me tuer après, j'en étais certaine et je n'avais plus qu'une seule envie : Que l'après soit maintenant, qu'on en finisse.

Que ça s'arrête...

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MessageSujet: Re: /!\ Dark Times, Dark Night, Dark Deed [Nathaniel]   Mer 24 Fév - 11:18

Nom d'un chien.

Il allait faire nuit d'ici à peine une heure et je n'étais toujours pas passé voir Nathan. Je lui avais promis de venir, ne serait-ce que pour lui ramener un peu de nourriture et voir comment il allait.
Je ne l'avais pas vu depuis la fois où il s'était fait recoudre le flanc. Et en attendant, il avait promis de rester dans l'immeuble que nous avions investi. Là, il était temps de lui apporter quelques vivres et quelques vêtements. C'était un brave gars, et je pouvais bien faire ça pour lui... enfin... s'il était toujours en vie. Et sincèrement, je l'espérais.
Le médecin avait été plutôt confiant, et j'avais donc bon espoir.

Je me trimballais avec un petit carton rempli de choses diverses : des pâtes, du riz, quelques conserves, un pull, une couverture bien chaude, des chaussettes... denrées rares depuis les bombardements. Nul doute qu'il serait ravi.

Pourtant, plus j'approchais des abords de Central Park, plus j'étais nerveux. Je n'aimais pas cet endroit, particulièrement en hiver. Enfin, cela ressemblait plus à une forêt chaotique désormais... Il y avait toujours des gens bizarres qui trainaient ici... drogués, hors-la-loi, parias divers... et certainement quelques connaissances de ce bon vieil Armando.

Bref, je n'avais pas le temps de m'y attarder. Juste le temps de passer devant l'une des entrées principales et de monter dans le petit escalier menant au nouvel "appartement" de Nathan. J'espérais qu'il n'avait pas eu de visite et qu'il avait pu guérir en paix.

Pour ne pas l'effrayer, je m'étais fait connaître dès mon entrée dans l'immeuble.

- Nathan ?!? C'est Nate ! Je t'apporte de quoi survivre !

Il ne me répondit pas, mais se trouvait bel et bien en haut des escaliers... et... il avait l'air assez en forme.
Je lui souris en le voyant. Il était debout. C'était génial.

Je lui tendis le carton, et il semblait ravi. Je ne pus alors m'empêcher de lui faire remarquer qu'il faisait particulièrement froid, et il m'avoua qu'il n'avait pas encore pu chercher de bois pour alimenter un feu. Il tenait certes debout, mais il n'était pas encore assez en forme pour aller jouer les bucherons dans le parc voisin. Et ça se comprenait.

Je restais alors de longues minutes à discuter avec lui, et à observer son petit chez lui provisoire. Au bout d'une demi-heure, je lui promis de lui ramener du bois, et le plus tôt serait le mieux. Encore quelques minutes et il ferait nuit... cela me laissait le temps d'aller chercher de quoi faire pour la nuit.

Et hop, ni une ni deux, j'étais dehors, devant l'une des entrée du parc, me demandant si je voulais réellement tenter le coup maintenant. Je ne savais pas pourquoi, mais je sentais que je n'allais pas aimer cette petite visite impromptue en plein milieu d'un territoire... sauvage.

Tant pis, il le fallait.

Je pénétrais dans le parc de quelques mètres, cherchant des branches à travers les herbes hautes et la neige. Pas facile.

Et là...

Là...

Un terrible hurlement parvint jusqu'à mes oreilles.

Un hurlement de peur, de douleur... un hurlement terrifiant, qui me glaça pratiquement sur place.

En temps normal, cela ne m'aurait pas inquiété plus que cela.
Mais là... c'était un hurlement de femme. Quelqu'un faisait du mal à une femme, et aussi assassin que j'étais, je ne pouvais pas le permettre.
Cela me rappelait trop cette foutue ambulance qui était venu chercher le corps de... ma mère.

Je lâchais alors les deux-trois branches trouvées jusque là... je me parlais à moi-même.

- Crie bon sang... crie !


Si elle hurlait à nouveau, je pourrais la localiser et savoir dans quelle direction courir.
Je fermais les yeux, me concentrant sur le moindre petit bruit...
Arme au poing, prêt à tirer, je bondis à travers les arbres dès le premier son perçu.

Je fonçais, sans réfléchir, et au fur et à mesure que je me rapprochais, la tension montait.

Et si il était trop tard quand j'arrivais ?
Et si... cette femme était déjà morte... ou bien grièvement blessée ?
Et si, je ne pouvais rien y faire, en arrivant après la bataille, comme lors de la mort de ma mère ?

Et si... bon sang Nate, ressaisis-toi ! Avec des si, on ne refait pas le monde ! Alors fonce, et tâche d'arriver à temps ! Un point c'est tout.

Je ne me laissais pas le choix, pour ne pas hésiter une seule seconde. Quand on avait une arme, il ne fallait jamais hésiter, où l'on était mort. Et peu importait qui lui faisait du mal, il allait payer.

Après une longue minute de course, j'entendais quelqu'un sangloter, et deux types parler. Je ralentis la cadence, approchant discrètement, me frayant une vision directe sur la scène entre les branchages.

Deux types, deux crétins du clan d'Armando, avaient l'air de se payer du bon temps, au détriment d'une pauvre fille complètement terrorisée. Une grande blonde...

...

Gabrielle.

C'était Gabrielle.

Sans même y penser, je sortis des buissons, tirant directement dans le crâne du type qui se trouvait au dessus d'elle.
Raide mort.

Un seul coup, cible atteinte. Comme d'habitude.

L'autre type cria et avant qu'il ne réalise complètement ce qui venait de se passer je lui tirais une balle dans la jambe.
Je ne voulais pas le tuer, je voulais des explications. Et le faire souffrir.

Je m'arrêtais un instant aux côtés de Gabrielle...

- Ca va aller. Ils vont payer.

Elle ne parût pas très surprise de me voir, encore sous le choc. Je lui tendis alors ma veste...

- Mets-ça, où tu vas choper une pneumonie.

Elle ne se fit pas prier pour l'enfiler.

Je m'approchais ensuite du blessé, pointant mon flingue sur son torse.

- Qu'est-ce que vous faites bande de malades ? Armando serait ravi d'apprendre ça !

Il ne répondit pas, se contentant de se recroqueviller sur lui même, tenant sa jambe.
Je relevais alors mon flingue, le pointant cette fois-ci entre ces deux yeux...

- T'as plutôt intérêt à me répondre Barry...

Ces types là, c'était des petites frappes. Des dealers. Armando les protégeait, et en échange, ils lui filaient 50% de leurs revenus. Je ne les connaissais pas très bien, mais je les avais déjà rencontré une ou deux fois. Et eux, ils savaient très bien qui j'étais. Un tueur hors pair.

Alors il ne fallait pas me faire chier. Pas maintenant.

- Gabrielle... un seul mot de ta part et ce type est mort.

Inutile de discuter avec cet abruti. C'était à la dame de décider.
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: /!\ Dark Times, Dark Night, Dark Deed [Nathaniel]   Mer 24 Fév - 13:14

Quand le coup de feu a retenti, j'ai brusquement ouvert les yeux : Juste à temps pour voir le sang gicler de la tête de l'homme qui me violait.Le choc fut tel qu'il tomba en arrière, mort et surtout, loin de moi et de mon corps. J'étais toujours pétrifiée mais j'avais les idées très claires. L'autre s'est mis à crier en me lâchant les bras et alors que je ramenais mes bras contre moi, toute tremblante, un autre coup de feu a retenti : J'ai sursauté et j'ai tourné la tête pour voir d'où cela venait, et qui était là.

Qui venait de mettre fin à cette horreur?
Qui venait de me sauver la vie?

Nathaniel.

J'étais tellement heureuse de le voir que malgré la peur, malgré le traumatisme, malgré les sanglots qui avaient repris de plus belle, j'ai souri. Il s'est arrêté près de moi : Il avait l'air furieux.

- Ca va aller. Ils vont payer.

J'étais encore sous le choc de ce qu'il venait de se passer et je n'ai même pas relevé ce qu'il venait de dire : Il avait l'intention de faire payer l'autre comme il avait fait payer James. Et alors? Ce n'était que justice. Oh, je n'étais pas du genre "oeil pour oeil, dent pour dent", j'avais même toujours été contre la peine de mort mais en cet instant, en cet instant précis, je n'avais pas envie de prendre la défense de cet homme et de lui accorder ce qu'on pourrait appeler un procès équitable.

Nathaniel me tendit sa veste.

- Mets-ça, où tu vas choper une pneumonie.

J'ai mis quelques secondes à me redresser, à m'assoir et à prendre la veste avant de l'enfiler : Je tremblais comme une feuille. Le froid sans aucun doute, mais le choc de ce qui venait de se passer également. Mon visage me faisait horriblement mal, j'avais l'impression que mon nez avait été chauffé au fer blanc, mes côtes étaient également douloureuses, tout comme mes cuisses et j'avais les parties intimes en feu. En fait, j'avais l'impression d'être cassée de partout.

-Merci...

J'ai à peine réussi à faire sortir ma voix. Là, je me suis rendue compte que Nathaniel n'était plus à côté de moi : Il était près de l'homme, pointant son arme sur le torse de ce dernier. Je me suis enroulée dans la veste et j'ai ramené mes jambes contre moi.

- Qu'est-ce que vous faites bande de malades ? Armando serait ravi d'apprendre ça !

Malgré ma douleur, malgré mon trouble, j'ai bien entendu le prénom que Nathaniel a prononcé : Armando. L'homme ne répondit pas et se recroquevilla sur lui-même : Sa jambe le faisait apparemment souffrir. Chacun son tour... J'ai baissé la tête et j'ai posé mon front contre mes genoux : Je n'en pouvais plus.

- T'as plutôt intérêt à me répondre Barry...

Barry?
Quoi?
Il n'avait pourtant pas dit son nom, alors comment?

Mon cerveau s'est mis à fonctionner de manière plus rapide et j'ai alors compris qu'il connaissait ces types. Comment était-ce possible? Comment Nathaniel pouvait connaître des ordures pareilles? J'ai relevé doucement la tête et toutes ces interrogations ont terminé aux oubliettes : Nathaniel était en train de pointer son arme entre les deux du type. Mon coeur s'est serré et s'est mis à battre plus vite. Il allait le tuer. Il allait vraiment le tuer...

- Gabrielle... un seul mot de ta part et ce type est mort.

Non.
Non...

C'était mal.
On ne pouvait pas exécuter ce type comme ça.
On ne pouvait pas le tuer de sang froid.
On ne pouvait être à la fois les juges et les bourreaux.
Je n'étais pas comme ça.
Ce n'était pas moi.

Oui, au départ, j'y avais pensé mais là, devant la réalité de ce qui était sur le point de produire, je ne pouvais pas l'accepter. J'ai puisé dans mes dernières forces et je me suis relevée : J'ai laissé échaper un râle de douleur. Me tenir debout était presque impossible et véritablement insupportable. Cependant, je devais les rejoindre. Doucement, j'ai avancé vers eux. Chaque pas était douloureux et difficile, mais j'ai continué. Je devais empêcher Nathaniel de commettre ce meurtre. Il avait tué James alors qu'il était en train de me faire du mal, comme si ça avait été de la légitime défense. Cependant, tuer ce type, Barry, c'était différent.

Oui c'était différent...
Différent...

Je me suis arrêté à côté de Nathaniel, j'ai regardé Barry et là j'ai réalisé...

Lui, il n'avait pas été différent.
Lui aussi il m'avait fait du mal.
Lui aussi il avait eu l'intention de me violer.
Lui aussi...

-"Dépêches-toi..."

Nathaniel m'a regardé, mais moi, je n'ai pas posé mon regard sur lui. Non, je fixais Barry, droit dans les yeux. Plus les secondes passaient et plus la rage m'envahissait.

-"Je veux en profiter avant qu'elle soit complètement hors service..." C'est ce que tu as dis...

Les larmes coulaient sur mes joues : J'étais pleine de haine et surtout, pleine d'envie de vengeance. J'ai regardé Nathaniel et j'ai posé ma main sur son arme. Non, je n'ai pas simplement posé ma main : J'ai clairement saisi le canon de l'arme sans pour autant l'abaisser. J'ignore comment, j'ignore pourquoi, mais je n'ai pas eu besoin de dire quoi que ce soit : Nathaniel a compris tout seul ce que j'avais en tête. Ma colère était sans doute palpable et mon regard devait en dire long. Il m'a donc donnée son arme et je l'ai maintenue de mes deux mains, la gardant bien entendu pointée entre les deux yeux de Barry.

Etrangement, je ne tremblais plus.

Barry, lui, était pétrifié.

-Arrêtes! J't'en prie! Je ferai ce que tu voudras... Ce que vous voudrez! Ne fais pas ça!

-TAIS-TOI!

J'avais trouvé la force de crier. A croire que la rage était un excellent stimulant.

-T'as pas le droit de parler. T'as le droit à rien. T'es une ordure et si je te laisse en vie, tu recommenceras. Tu t'en prendras à une autre fille...

L'arme était chargée et prête à être utilisée : Je n'avais plus qu'un seul geste à faire.
Un seul.

-J'te jure que non! J'te j...

J'ai tiré.

Le sang a giclé jusque sur mon visage mais je n'ai pas fermé les yeux. Barry est tombé en arrière et ce qu'il restait de l'arrière de son crâne a fait un bruit sourd en touchant le sol. Pendant quelques secondes, j'ai ressenti un immense soulagement : Tout était terminé. Et puis, l'arme toujours en main, je me suis remise à trembler, à pleurer et à hurler. Ce qu'il s'était passé : L'agression, ce que je venais de faire à l'instant, tout ça m'a explosé à la figure.

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MessageSujet: Re: /!\ Dark Times, Dark Night, Dark Deed [Nathaniel]   Mer 24 Fév - 19:56

Elle ne dit rien pendant de longues secondes, pesant certainement le pour et le contre d'une telle décision. Je braquais toujours mon flingue sur le type.

Gabrielle se releva enfin, titubant, et s'avança vers nous. Je ne savais pas ce qu'elle avait prévu... me dire d'arrêter là... ou le regarder en face une dernière fois avant qu'elle me prie de le tuer.
Connaissant la douce Gabrielle, elle aurait de la pitié. Même pour ce pauvre type.

Arrivée à ma hauteur, elle fixait Barry, et se mit à parler.

- "Dépêches-toi..."


Là, j'étais un peu surpris. Elle ne s'adressait pas du tout à moi. Je me contentais de la regarder.

- "Je veux en profiter avant qu'elle soit complètement hors service..." C'est ce que tu as dis...

Barry allait passer un sale quart d'heure, ça n'allait pas louper.
Gabrielle pleurait. Le regard plein de fureur et de haine.

Elle posa la main sur mon arme et s'en empara. Enfin, je la laissais faire, plutôt. C'était une histoire qu'elle devait sans doute régler elle-même. Alors, je la laissais faire. Je ne connaissais que trop bien ce sentiment de vengeance. Et rien n'aurait pu la soulager, à part le fait de le tuer elle-même.
Mais allait-elle en être capable ?

Elle pointa mon glock sur Barry. Elle se calma, et lui, était pétrifié...

- Arrêtes! J't'en prie ! Je ferai ce que tu voudras... Ce que vous voudrez ! Ne fais pas ça!

- TAIS-TOI !

Elle lui avait hurlé dessus. SI j'étais toi Barry, je me ferais tout, tout petit.

- T'as pas le droit de parler. T'as le droit à rien. T'es une ordure et si je te laisse en vie, tu recommenceras. Tu t'en prendras à une autre fille...

CA, c'était pas faux.

- J'te jure que non ! J'te j...

Et là, elle a tiré. Pile entre les deux yeux. J'aurais pas fait mieux.
Le sang l'éclaboussa, et le temps de réaliser ce qui venait de se passer, elle hurla.

Je prie l'arme entre ses doigts, et machinalement, comme après un crime, je l'essuyais de toute empreinte pour la remettre à ma ceinture. Comme si cela était utile maintenant...
Gabrielle était perdue, probablement tiraillée entre ce qu'elle venait de faire, et ce qu'elle avait subi un peu plus tôt. Je n'osais imaginer ce qui aurait pu se passer si je n'étais pas intervenu.

Je tentais alors de la calmer...

- Gabrielle... c'est fini... tout est terminé.

Elle prit sa tête entre ses mains, pleurant, encore et encore. Gémissant toujours plus fort.

Je m'approchais d'elle lentement, tentant de saisir ses bras, calmement. Une fois fait, je sortis un mouchoir de ma poche, et commençai à essuyer son visage. Une goutte après l'autre, j'effaçai la moindre trace de sang.

Un millier de choses me passaient à travers l'esprit en cet instant... que dire à Alexander, à la communauté... Gabrielle avait-elle compris que je connaissais ces types, et si oui, quoi lui raconter... ma couverture venait peut-être bel et bien de sauter.
Mais il ne fallait pas que je me concentre sur moi.
J'avais l'habitude de tuer des gens, et cela ne m'avait jamais rien fait.

Elle, c'était la fille la plus adorable que je connaissais, peut-être ex-æquo avec Katarina, et rien ne serait plus jamais pareil pour elle désormais. Car un contre-coup, il y allait en avoir un. Et un terrible...
Je ne savais pas si elle serait capable de supporter ça.
Elle était trop fragile... ça allait la rendre folle.

Ou la tuer.

A petits feux.

Il fallait que je l'aide du mieux que je le pouvais. Même si dans le fond, il n'y avait rien que je puisse faire. Elle était seule face à ses démons. Face à cette image : deux types morts, dont un qu'elle avait tué elle-même. Et surtout... face à son viol.

Bon sang Gabrielle, qu'est-ce que tu fichais là ?

Je la pris par l'épaule pour l'éloigner de la scène de quelques mètres. Il faisait nuit, nous ne pouvions rester là.
Les coups de feu avaient peut-être même déjà attiré du monde...

- Il faut qu'on s'éloigne d'ici. Et qu'on rentre...

Je n'arrivais même pas à lui demander ce qu'elle fabriquait ici. Comment elle était sortie, et pourquoi. Il fallait juste que je la mette en sécurité...

... enfin pour le moment.
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: /!\ Dark Times, Dark Night, Dark Deed [Nathaniel]   Mer 24 Fév - 22:01

Nathaniel a pris l'arme de mes mains et je l'ai laissé faire. J'avais l'impression d'avoir littéralement plongé dans l'horreur, d'avoir plongé dans les ténèbres. Ma voix pourtant cassée continuait à s'échaper de ma gorge : Je ne parvenais pas à me calmer. Plus les secondes passaient et plus je sentais que je devenais hystérique : J'étais en train de piquer une sacrée crise de nerfs. La voix de Nathaniel m'a parue bien lointaine quand il m'a parlé.

- Gabrielle... c'est fini... tout est terminé.

Oui, c'était terminé parce que je l'avais tué. J'avais tué cet homme de sang froid parce qu'il avait aidé son ami à me violer. Non... C'était impossible, impensable. Je devais être en pleine illusion, en plein cauchemar : J'avais dû tomber en poursuivant l'adolescent, j'avais perdu connaissance et j'étais donc en train de cauchemarder. La réalité n'était pas ce qu'elle avait l'air d'être : Mon vrai moi devait être inconscient dans la rue.

-C'est un cauchemar... Ce n'est pas réel...

J'ai pris ma tête entre mes mains et mes sanglots ont redoublé d'intensité. J'ai senti les mains de Nathaniel se poser sur mes bras : J'ai sursauté.

-Ce... N'est...

Oh si, tout ça était bien réel. J'avais bel et bien été violée, j'avais tué cet homme. Nathaniel a commencé à essuyer mon visage avec un mouchoir et je l'ai laissé faire. J'avais beaucoup de mal à me calmer, ma respiration était saccadée et la douleur était plus vive que jamais. Pendant qu'il prenait soin de m'essuyer complètement le visage, j'ai relevé mon regard vers lui. Il avait l'air ailleurs, songeur. Tout doucement, mes mains se sont accrochées à sa main libre : J'avais besoin de lui tenir la main, besoin de sentir qu'il était bien là, parce que dans ce chaos, dans cette horreur, sa présence m'était devenue vitale.

Il a terminé de me nettoyer le visage et m'a doucement pris par l'épaule afin de m'éloigner des corps : Je me suis laissée faire. En fait, j'avais à peine la force de tenir sur mes jambes et de marcher. J'avais l'impression que j'allais m'effondrer d'une seconde à l'autre. Je tremblais toujours comme une feuille et je ne parvenais pas à m'arrêter de pleurer mais mes sanglots commençaient à se calmer. J'étais tellement fatiguée.

Tellement, tellement fatiguée...

- Il faut qu'on s'éloigne d'ici. Et qu'on rentre...

Qu'on rentre?

Je me suis arrêtée et je me suis agrippée à la manche de Nathaniel.

-Non... Non! On ne peut pas renter! Je ne peux pas rentrer! Je ne peux pas... Alexander... Je ne peux pas...

J'ai posé mon front contre l'épaule de Nathaniel et je me suis collée contre lui : J'étais pétrifiée.

-Qu'est-ce que je vais lui dire? Je ne peux pas lui dire... Je ne peux pas...

J'ai relevé mon visage pour regarder Nathaniel droit dans les yeux : A présent je n'étais plus seulement pétrifiée mais aussi paniquée. J'ai un peu plus tiré sur sa manche.

-Il ne doit pas savoir! Tu entends? Il ne doit pas savoir! Personne! Il faut... Il faut trouver... Personne ne doit savoir! Oh mon Dieu...

Je crois que j'étais arrivée au bout de ce que je pouvais supporter, au bout de mes forces : C'est sans doute pour cela que mes jambes sont devenues aussi souples et molles que du côton et que je me suis sentie tomber : Nathaniel m'a rattrapée et je suis restée sans bouger. J'étais tellement épuisée et mon corps était tellement vidé de son énergie que j'ai même arrêté de trembler. Même mes larmes ont cessé de couler.

Je me sentais vide.
Oui, j'avais l'impression de n'être plus qu'une coquille vide.
Comme si j'étais morte à l'intérieur.
Morte...
J'avais failli l'être...

J'ai lutté pour garder les yeux ouverts et j'ai relevé mon regard vers Nathaniel.

-Je ne le mérite plus...

Ma voix n'avait été qu'un murmure, mais un murmure qui laissait transparaître tout le désespoir qui m'accablait à présent. Malgré cette impression de vide en moi, un sentiment subsistait et je venais de comprendre de quoi il s'agissait : Je me sentais souillée jusqu'au plus profond de mon corps, de mon coeur et de mon âme. Et parce que j'étais souillée, j'estimais ne plus mériter l'amour de mon mari. J'avais été tellement heureuse et fière de me préserver pour l'homme de ma vie... Je n'avais jamais connu qu'un seul amour et qu'un seul amant. A part Alexander, aucun homme ne m'avait jamais touchée.

Jamais.

Mais à présent...
A présent...

-Tu aurais mieux fait de les laisser me tuer...

C'est sorti tout seul parce qu'en cet instant, je désirais sincèrement être morte. Egoïstement, je ne pensais même plus à ma fille. Non, je ne pensais qu'à mon mari, qu'à la façon dont j'étais devenue une femme immonde et répugnante et je préférais mourir plutôt que de vivre avec ça. Peut-être qu'au fond, j'allais regretter ces mots, mais sur le moment, je les pensais sincèrement.

Et j'étais à deux doigts de m'évanouir.

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MessageSujet: Re: /!\ Dark Times, Dark Night, Dark Deed [Nathaniel]   Jeu 25 Fév - 11:15

La perspective de rentrer ne semblait pas lui plaire. Elle s'agrippa à ma manche...

- Non... Non! On ne peut pas renter! Je ne peux pas rentrer! Je ne peux pas... Alexander... Je ne peux pas...

Je ne voyais pourtant pas quoi faire d'autre... Elle se serra contre moi.

- Qu'est-ce que je vais lui dire ? Je ne peux pas lui dire... Je ne peux pas...


Elle me fixa ensuite dans les yeux, comme pour me convaincre qu'il ne fallait surtout rien dire à Alexander.

- Il ne doit pas savoir ! Tu entends ? Il ne doit pas savoir ! Personne ! Il faut... Il faut trouver... Personne ne doit savoir ! Oh mon Dieu...

Inutile de me convaincre. Je pensais la même chose.

- On lui dira ce que tu voudras Gabrielle... ce que tu voudras.

Ce qu'elle venait de vivre était terrible, et je comptais pas l'obliger à tout raconter, encore et encore. Et en plus, Alexander deviendrait fou en apprenant ça... voire incontrôlable. Et c'était bien la dernière chose dont j'avais envie.

Gabrielle commença à s'effondrer... je la rattrapai aussitôt, la tenant fermement. Le sol était glacé et enneigé, elle devait déjà avoir suffisamment froid comme ça.

Elle trouva la force de lever les yeux vers moi...

- Je ne le mérite plus...

Alexander, certainement.
Ouais enfin, c'est plutôt lui qui ne te mérite pas...

- Tu aurais mieux fait de les laisser me tuer...


Même avec la meilleure volonté du monde, j'aurais été incapable de faire ça.

- Ne dis pas de bêtises... je n'aurais jamais pu faire ça.

Elle devait être tellement épuisée que ses pensées s'embrouillaient.
Et je ne savais pas si nous arriverions à rentrer cette nuit... le chemin était long, on ne voyait pas grand chose, et Gabrielle était incapable de marcher toute seule.
La seule solution s'offrant à nous, était de passer la nuit dans un endroit proche. Heureusement, Nathan habitait à côté...

Je soulevais alors Gabrielle et commençais à marcher vers la sortie du parc.

- Gabrielle... on va aller se reposer chez un ami. On ne peut pas rentrer comme ça... on verra ce qu'on peut faire.

Inutile de préciser qu'Alexander allait devenir dingue. Il allait lâcher toute la communauté à la recherche de Gabrielle. Bon sang, il allait me tuer.

Gabrielle semblait à peine consciente, se laissant porter et s'accrochant à peine à mon cou. Je tentais de lui parler pour ne pas qu'elle s'endorme. Il fallait tenir jusqu'à ce que l'on soit au chaud.

- Reste éveillée s'il-te-plaît. Si tu ne le fais pas pour toi, fais le pour Alexander, et pour Emma... tu ne peux pas leur faire ça.

Je savais à quel point elle les aimait, et si il y avait bien une chose à laquelle se raccrocher en ce bas monde, c'était à sa famille.
Moi, je n'avais plus personne depuis bien longtemps...

- Et puis... si demain je ramène un cadavre à la communauté, ton mari va me tuer !

Et ce n'était pas une blague, je le pensais sincèrement.

Je continuais à marcher péniblement à travers les herbes hautes, jusqu'à arriver à la sortie du parc. Là, je déposais Gabrielle sur un banc, enfin, un reste de banc, pour reprendre mon souffle et mes esprits. Il ne fallait pas rester là trop longtemps, ou nous pourrions avoir d'autres ennuis...
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: /!\ Dark Times, Dark Night, Dark Deed [Nathaniel]   Jeu 25 Fév - 13:10

- Ne dis pas de bêtises... je n'aurais jamais pu faire ça.

Ca je m'en doutais.

Nathaniel était peut-être quelqu'un de réservé, quelqu'un de mystérieux, quelqu'un avec des secrets, mais c'était un homme bien. En tout cas, il se conduisait bien avec les femmes et je savais qu'il ne s'était pas attendu à me trouver moi aux mains de ces types. Il avait probablement entendu mes hurlements mais il n'aurait pas pu reconnaître ma voix, pas comme ça. Et pourtant, il avait foncé, il avait été prêt à risquer sa vie pour une inconnue en danger. Cela étant entendu, ça ne m'empêchais pas de croire que j'aurais été mieux morte.

Il m'a soulevée et m'a doucement installée dans ses bras. J'étais loin d'être petite et lègère, mais pourtant, il m'a portée, se rendant parfaitement compte que je n'avais plus la force de marcher. J'ai passé mes bras autour de son cou mais j'ai laissé mon corps devenir un poids mort : Je n'avais plus la force de contracter ne serait-ce qu'un petit muscle pour essayer de me faire plus légère.

- Gabrielle... on va aller se reposer chez un ami. On ne peut pas rentrer comme ça... on verra ce qu'on peut faire.

J'ai fermé les yeux et j'ai tout doucement acquiessé d'un petit hochement de tête. Au moins, je n'allais pas voir Alexander tout de suite et ça me rassurait : Je n'étais pas prête à l'affronter. Enfin, l'affronter... C'est un mot un peu étrange... Je n'allais pas affronter mon mari mais... Bref, je préférais que ça ne se passe pas tout de suite. C'était horriblement égoïste : Je savais qu'ils devaient déjà tous s'inquiéter, Alexander particulièrement. Je savais qu'Emma allait me réclamer.

Mon coeur s'est serré quand jai pensé à ma fille puis, j'ai senti le néant m'énvahir tout doucement. Je n'entendais presque plus rien, ne sentais presque plus rien. Je n'avais qu'une seule envie : M'endormir et ne plus souffrir, ne plus penser. Nathaniel a dû sentir que je perdais conscience puisque j'ai entendu sa voix s'élever doucement.

- Reste éveillée s'il-te-plaît. Si tu ne le fais pas pour toi, fais le pour Alexander, et pour Emma... tu ne peux pas leur faire ça.

J'ai doucement rouvert les yeux. Doucement, parce que j'étais incapable de faire le moindre mouvement brusque, ne serait-ce qu'avec mes paupières.

- Et puis... si demain je ramène un cadavre à la communauté, ton mari va me tuer !

-Ce ne... Serait pas de ta faute...

J'avais la gorge sèche et mes paupières étaient horriblement lourdes. Je devais lutter pour ne pas céder à la fatigue et à l'envie de ne plus avoir mal et c'était très difficile. J'étais partagée entre deux "Gabrielle" : Celle qui voulait fermer les yeux, ne plus souffrir et s'endormir même si elle devait en mourir, et celle qui voulait se battre, ne pas sombrer au risque de ne plus se réveiller pour ne pas abandonner Alexander et Emma. Nathaniel avait eu l'intelligence de prononcer les mots qu'il fallait pour me donner l'envie de combattre.

Finalement, nous sommes arrivés à la sortie du parc et il m'a déposée sur ce qui ressemblait à un banc. J'ai grimacé de douleur : Tout mon corps me faisait mal et être assise n'était pas agréable. J'ai essayé de détendre mes muscles pour moins souffrir, sans grand succès. Luttant toujours pour ne pas m'endormir, j'ai levé les yeux vers Nathaniel : Il avait l'air un peu fatigué. Normal : Me porter ne devait pas être facile. Et puis lui aussi avait vécu des émotions fortes à cause de moi...

-Ton ami... Il habite... Loin d'ici?...

J'ai recommencé à trembler : Le froid et la fatigue ne faisait pas un bon mélange. Cependant, la "Gabrielle" qui ne voulait pas abandonner semblait reprendre le dessus petit à petit. J'évitais de penser à ce qu'il s'était passé (le viol, le meurtre) parce que je savais que si je le faisais, j'allais perdre pieds. Nathaniel avait raison : Mon mari et ma fille avaient besoin de moi et pour eux, je devais me battre et ne pas flancher. En tout cas pas tout de suite : Nathaniel avait pris des risques pour me sauver et je lui devais la vie. Je n'avais pas le droit de foutre tout ça en l'air.

Alors, j'ai à nouveau puisé dans mes forces : Ne me demandez pas comment j'ai fait, parce que je n'en sais rien. J'ai soulevé mon bras pour prendre appui sur ce qu'il restait du dossier du banc et doucement, je me suis redressée. J'ai lâché le banc avec prudence pour voir si mes jambes me soutenaient encore : Elles avaient l'air décidé à ne pas me laisser tomber tout de suite. Certes, j'avais mal partout mais j'arrivais à tenir debout. Ce qui ne faisait aucun doute, c'est que quand j'allais m'arrêter et me reposer à nouveau, je ne pourrais plus du tout me relever.

-On devrait y aller avant... Que...

Que quoi?

Que je ne perde connaissance et ne tombe à terre pour ne plus me relever?
Qu'il ne soit trop tard?
Oui, c'était à peu près ça.

-Je vais... Marcher... Ca va aller...

Ou pas.

Je me suis juste approchée de lui et je l'ai pris par le bras.

-Comme ça... Ca ira pour moi...

Ou pas.

Cependant, je ne voulais pas lui en demander plus, je ne voulais pas lui demander de me porter à nouveau. Il avait déjà tant fait pour moi... Et puis de toute façon, la douleur ne pouvais pas être pire, alors...

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MessageSujet: Re: /!\ Dark Times, Dark Night, Dark Deed [Nathaniel]   Mer 3 Mar - 16:30

Je scrutais les environs du regard. Pour être certain que personne ne nous ait vu, tout d'abord, puis pour m'assurer que la voie était libre jusqu'à l'immeuble où se trouvait Nathan. J'en profitais également pour souffler un peu.

Gabrielle releva la tête vers moi.

- Ton ami... Il habite... Loin d'ici ?...

- Non... à une centaine de mètres...

On pouvait difficilement faire plus près. Moins d'une minute et nous serions à l'abri. Enfin, il fallait espérer que nous n'avions pas attiré l'attention d'un abruti qui aurait pris la décision de nous suivre.
Et puis zut, qu'il se pointe ce crétin, et je le descendrai, comme tous les autres. Ce n'était vraiment pas le moment de me chercher.

Gabrielle réussit à se lever sans que je ne lui demande. Difficilement, certes, mais c'était déjà ça. Il ne fallait pas se laisser aller.

- On devrait y aller avant... Que...

- Oui.

Je ne pouvais que confirmer, je n'allais pas lui mentir. Elle avait parfaitement conscience que nous ne devions pas rester là.

- Je vais... Marcher... Ca va aller...

Elle s'approcha de moi pour me prendre par le bras.

- Comme ça... Ca ira pour moi...

Je me contentais d'acquiescer d'un mouvement de tête, tout en la soutenant doucement. Nous nous miment à marcher d'un pas lent, mais droit vers l'entrée de l'immeuble qui nous importait.
Je ne pouvais m'empêcher de regarder régulièrement derrière nous si tout était normal. Et heureusement pour nous, tout semblait parfaitement normal.

De toute façon, mon glock était prêt au cas où. J'avais... enfin... nous avions... tiré deux coups. Il me restait donc 8 balles dans le chargeur. Et un chargeur de secours. Mieux valait être prudent. Au pire, Nathan ne devait pas être désarmé non plus. Tant mieux.

Plus qu'une soixantaine de mètres, et nous pourrions à nouveau souffler.

- Est-ce que tu as mal quelque part ? Je veux dire... ils t'ont frappé ? Ou quoique ce soit d'autre ?

Il fallait que j'évalue rapidement son état physique complet, afin de rassembler tous les éléments et de trouver quelque chose de crédible à raconter à la communauté plus tard. Il nous fallait un plan solide si Gabrielle ne voulait parler à personne de ce qui s'était passé. Et je ne pouvais pas lui en vouloir... nous ferions comme elle voudrait. Cela la regardait. J'allais donc l'aider à établir un alibi en béton armé.

Les idées fusaient dans ma tête. J'avais tellement l'habitude de mentir et de raconter n'importe quoi que mon cerveau trouvait tout seul les solutions adaptées aux circonstances.
Et si Alexander m'interrogeait, et il allait le faire, nul doute dessus, il fallait que je sois crédible et complètement raccord avec la version de Gabrielle. Il ne remettrait pas la parole de sa femme en doute, tout de même...

- Il va falloir qu'on en parle assez... précisément.


Je ne voulais pas savoir tous les détails de son attaque, mais cela rendrait les choses plus faciles.

- Est-ce que quelqu'un à la communauté sait que tu es sortie ? Et surtout pour quoi ?

A l'heure qu'il était, ils avaient peut-être déjà envoyé des gens à sa recherche... et si je ne rentrait pas non plus, cela paraîtrait plutôt louche.

Nous arrivâmes enfin dans le hall de l'immeuble. Nous nous miment aussitôt à l'abri des regards, dans une petite pièce adjacente. Gabrielle s'effondra au sol.

- Il va encore falloir monter les escaliers, mais on n'est plus aussi pressé...

Je lui souris, content que nous soyons dans un endroit plus ou moins sûr.
Enfin... tout était relatif.
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: /!\ Dark Times, Dark Night, Dark Deed [Nathaniel]   Mer 10 Mar - 20:45

- Non... à une centaine de mètres...

J'ai soupiré de soulagement : J'allais sans doute pouvoir tenir jusque là. Enfin, en tout cas, je l'espérais. J'ai réussi à me relever et lorsque j'ai dis qu'il valait mieux y aller, le ton que Nathaniel a employé pour me répondre m'a fait froid dans le dos. Ce ton, cette voix, ça laissait sous-entendre que nous n'étions pas tirés d'affaire : Les risques étaient encore présents et nous pouvions faire de mauvaises rencontres. Personnellement, j'avais eu ma dose pour...

Toute ma vie.

Je me suis avancée et j'ai pris le bras de Nathaniel, de façon à réussir à marcher. Il m'a soutenue et sans lui, je n'aurais pas pu faire un seul pas. Nous avons commencé à marcher très lentement et je mentirais si je disais que ça a été facile : Chaque pas a été une véritable torture. Mes os, mes articulations, tout craquait. J'avais l'impression d'être cassée de partout. D'ailleurs, c'était plus ou moins le cas : Je n'osais pas penser à mes blessures... Ou plutôt, je préférais ne pas y penser, mais c'était sans compter sur Nathaniel.

- Est-ce que tu as mal quelque part ? Je veux dire... ils t'ont frappé ? Ou quoique ce soit d'autre ?

Je me suis crispée, et ça m'a fait très mal.

- Il va falloir qu'on en parle assez... précisément.

Des sueurs froides ont fait leur apparition et j'ai recommencé à trembler. Je sentais que mon visage était enflé et mon nez cassé me faisait toujours très mal. Quant à mes jambes, mon ventre et mon bassin... Je n'avais pas envie d'en parler, de me souvenir, de me replonger dans cette horreur mais il avait besoin de savoir et pour cause : Je l'avais supplié de ne rien dire. Nous allions devoir inventer une histoire plausible. J'ai bien compris qu'il me demandait les détails pour ça : Enfin, j'imaginais que c'était pour ça. En même temps, pour quelle autre raison aurait-il voulu des détails?

- Est-ce que quelqu'un à la communauté sait que tu es sortie ? Et surtout pour quoi ?

J'ai réfléchi et j'ai doucement secoué négativement la tête.

-Je ne l'ai dis à personne... Mais... J'étais avec un adolescent qu'Alexander a ramené... Il s'est enfui et j'ai voulu le rattraper. J'ai pas réfléchi...

Et j'avais été bien stupide.

-Kat... Elle m'a vue... Elle m'a apportée à manger alors... C'est la dernière personne que j'ai vu là-bas...

Finalement, nous sommes enfin arrivés dans le hall d'un immeuble : La distance était courte, mais j'avais l'impression d'avoir marché des kilomètres. Nathaniel nous entraîna dans une petite pièce qui nous cachait de l'extérieur et mes jambes sont redevenues comme du coton : Je me suis écroulée au sol. Je n'en pouvais plus... Je suis restée au sol, j'ai regardé le plafond.

- Il va encore falloir monter les escaliers, mais on n'est plus aussi pressé...

J'ai doucement tourné mon visage vers lui : Il souriait. Et moi, j'ai à nouveau fondu en larmes. J'ai plaqué mes mains contre mon visage : J'étais à bout.

-Pardon... Pardon... Mais je... Je peux pas... Les escaliers... J'y arriverai pas...

J'en étais incapable et je me sentais horriblement coupable.
D'être un fardeau pour lui.
D'avoir été stupide et imprudente.
D'avoir laissé ces porcs me...

J'ai plaqué mes mains contre ma bouche et j'ai juste eu le temps de me mettre à genoux et de tourner la tête sur le côté avant de vomir. Ca a fini de m'achever... Au bout de quelques instants, j'ai arrêté de vomir et les nausées se sont arrêtées mais j'avais tellement honte... J'ai rampé jusqu'au mur le plus proche et je m'y suis collée. Je n'avais pas la force de replier mes genoux contre moi-même alors, pour me cacher le visage, j'ai simplement tourné la tête contre le mur.

J'étais dans un état lamentable.

-J'aurais dû... Les empêcher... Me défendre encore plus...

Et pourtant, j'avais fait tout ce qui était en mon pouvoir. Malheureusement, je ne parvenais pas à voir les choses de cette façon. Je me sentais responsable et coupable.

-Nathaniel...

Doucement, j'ai tourné mon visage gonflé et ensanglanté vers lui. J'ai levé une main tremblante vers mon visage pour le toucher, puis j'ai touché mes côtes -Certaines étaient brisées-, enfin, j'ai posé ma main sur ce qu'il restait de ma jupe. Je n'avais pas la force de prononcer les mots : J'avais à peine la force de faire ces gestes en fait...

Il avait voulu savoir : A présent, il savait.

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MessageSujet: Re: /!\ Dark Times, Dark Night, Dark Deed [Nathaniel]   Lun 15 Mar - 21:48

Sans que je ne comprenne vraiment ce qui se passait, Gabrielle fondit en larmes...

- Pardon... Pardon... Mais je... Je peux pas... Les escaliers... J'y arriverai pas...

Quel idiot, j'aurais dû le savoir.

- C'est pas grave.. ne t'excuse pas... on est pas pressé... je te l'ai dit...

Je me baissais pour être à son niveau, ne sachant trop quoi faire dans un moment pareil.
En moins de deux, elle vomit dans un coin... puis se colla au mur le plus proche.
Je détournais le regard pour éviter de vomir à mon tour...

- J'aurais dû... Les empêcher... Me défendre encore plus...

Et comment aurait-elle fait ?

- Gabrielle... ils étaient deux... et bien armés... costauds en plus... même avec la meilleure volonté du monde tu n'aurais rien pu faire... ce n'est pas de ta faute...

Je m'étais à nouveau approché d'elle tout en parlant...

- Nathaniel...


Doucement, avec des gestes lents, elle m'expliqua plus ou moins ce qu'elle avait subi. Sans un mot... mais je comprenais tout.

Un instant, j'ai regretté d'avoir tiré sur ces types.

J'aurais dû les faire souffrir encore plus pour ce qu'ils avaient fait. J'avais été trop gentil en les tuant tout de suite.
Je serrais les dents et les poings, tentant de garder mon calme.

Et pourtant, je ne connaissais Gabrielle que depuis quelques semaines... alors comment réagirait Alexander ?

- Bon on va... on va oublier les détails pour le moment... mais il faut trouver quoi raconter à la communauté, et en particulier à Alexander. Il te croira... mais moi, je te garantie que j'aurais droit à un interrogatoire musclé... et si j'oublie quoique ce soit...

Je ne terminais pas ma phrase. Gabrielle savait où je voulais en venir. Alexander avait l'habitude de mener des interrogatoires, et si nos versions divergeaient, il ferait tout pour connaître la vérité.
Je m'asseyais aux côtés de Gabrielle, réfléchissant à toute vitesse... et prenant garde aux mots que j'utilisais.

- Déjà, on ne va pas mentir... on va raconter que tu es partie pour poursuivre le jeune malade... et puis ensuite... soit tu as eu un... accident... soit... je ne sais pas... tu t'es perdue... mais ça n'expliquerait pas... les blessures.

Je la regardais, mais pourtant ma pensée était très loin... qu'aurais-je raconté, moi, si quelque chose du genre m'était arrivé ?
Difficile de se mettre à sa place, mais j'étais doué pour raconter n'importe quoi.

- Honnêtement, l'accident me paraît le plus... probable. Un plancher qui s'est écroulé ou je ne sais pas quoi... à toi de voir ce que tu préfères.

Enfin de toute façon, tout était toujours mieux que la vérité brute dans ce cas là.

- Puis ensuite je suis tombé sur toi par hasard, je t'ai aidé... mais comme il était tard... on a préféré passé la nuit à l'abri plutôt que de rentrer et de risquer de tomber des gens louches...


Avec une histoire pareille, Alexander ne me croirait jamais. Mais sa femme, elle, il l'écouterait peut-être.
Et puis, tout était à peu près vrai dans cette histoire. Il suffisait d'enjoliver l'attaque. Et un mensonge tenait toujours mieux lorsqu'il se basait sur des éléments réels, non ?

Gabrielle avait toujours les larmes aux yeux, alors cette fois, sans un mot, je sortais un mouchoir de mon sac pour le lui donner. Elle me remercia avec un sourire timide. Je sortis alors un pantalon de rechange et lui donnait également.

- Mets-ça... et jette cette jupe.


Elle ne discuta pas, contente de pouvoir se couvrir un peu. Cette jupe était une preuve de ce qui s'était passé, et mieux valait l'éliminer de toute manière.

La nuit allait être longue.... très longue...

... ce qui allait nous laisser le temps de tout mettre au point.
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: /!\ Dark Times, Dark Night, Dark Deed [Nathaniel]   Dim 28 Mar - 19:37

Il pouvait dire ce qu'il voulait, trouver les explications qu'il voulait, je ne m'en sentais pas moins coupable. Qu'ils aient été deux contre moi ne changeait rien à ma stupidité : Si seulement j'avais été chercher Alexander au lieu de vouloir retrouver cet adolescent moi-même. Si seulement j'avais été demander de l'aide au lieu de jouer les femmes solitaires et capables! Oh, j'étais capable oui, mais dans ce monde-ci, dans ce monde complètement changé et anéanti, dehors, je n'étais pas capable de prendre soin de moi et de me protéger seule : Non. Et cette erreur fatale n'allait pas voir des conséquences que pour moi, même si c'était moi qui avait subi tout ça.

Alexander, Emma et même Katarina. Ce que j'avais vécu allait tous les affecter. Ou pas... Non : J'allais mentir et bien mentir. Ils n'en sauraient jamais rien.

La voix de Nathaniel me sortit de mes pensées et je me rendis compte que j'avais les bras le long du corps, que je ne bougeais plus : Une vraie poupée mécanique tombée en panne.

- Bon on va... on va oublier les détails pour le moment... mais il faut trouver quoi raconter à la communauté, et en particulier à Alexander. Il te croira... mais moi, je te garantie que j'aurais droit à un interrogatoire musclé... et si j'oublie quoique ce soit...

J'ai relevé mon regard vers lui : Je connaissais mon mari, ce dont il était capable et il était clair que s'il avait un doute, il était capable de faire du mal à Nathaniel pour lui faire cracher le morceau. Nathaniel l'avait bien compris. Il s'est assis à côté de moi et resta quelques instants silencieux, pensif. Je ne pris pas la parole : J'attendais de voir quelle brillante idée il allait proposer car là, j'étais incapable de réfléchir pour trouver un mensonge. J'avais le corps et le cerveau en morceaux. J'ai laissé tomber ma joue contre l'épaule de Nathaniel : Ca le gênait peut-être mais moi, comme ça, je me sentais un tout petit mieux car cela ne me demandait plus aucune force afin de garder la tête droite.

- Déjà, on ne va pas mentir... on va raconter que tu es partie pour poursuivre le jeune malade... et puis ensuite... soit tu as eu un... accident... soit... je ne sais pas... tu t'es perdue... mais ça n'expliquerait pas... les blessures.

Non, c'est sûr : M'être perdue n'allait pas expliquer les blessures. Surtout ces blessures... Là...

- Honnêtement, l'accident me paraît le plus... probable. Un plancher qui s'est écroulé ou je ne sais pas quoi... à toi de voir ce que tu préfères.

Ce que je préférais? Je n'en avais aucune idée. En fait si : En cet instant, j'aurais préféré être morte, mais ça...

- Puis ensuite je suis tombé sur toi par hasard, je t'ai aidé... mais comme il était tard... on a préféré passé la nuit à l'abri plutôt que de rentrer et de risquer de tomber des gens louches...

Heureusement qu'il était là : J'aurais été incapable de trouver tout ça. J'ai soupiré et j'ai fermé les yeux un instant.

-Oui... Ca... C'est très bien... Un vieil immeuble, le plancher qui s'écroule... Tu me trouves et on passe la nuit à l'abri pour éviter les problèmes. D'accord...

J'ai alors rouvert brusquement les yeux et les larmes ont recommencé à troubler mon regard. Je venais de réaliser que j'allais devoir dire la vérité à l'une des personnes vivant à la communauté et ça me terrorisait à l'avance... Nathaniel m'a alors donné un mouchoir. J'ai doucement tourné mon visage vers lui et j'ai esquissé un semblant de sourire pour le remercier. J'ai essuyé mes larmes et grimacé de douleur : Rien que ce mouchoir contre ma peau gonflée me faisait mal. Les soins allaient être douloureux, très douloureux... Avec surprise, je l'ai regardé sortir un pantalon de rechande et me le donner.

- Mets-ça... et jette cette jupe.

J'ai serré la mâchoire et mon estomac s'est à nouveau noué. J'ai regardé la jupe, ou en tout cas ce qu'il en restait et, avec plus de force que je pensais encore avoir, j'ai fini de la déchirer et je l'ai jettée le plus loin possible de moi. J'ai également jeté ce qu'il restait de ma culotte déchirée et j'ai enfilé le jean avec difficulté et dans la douleur. Nathaniel a eu la présence d'esprit et le respect de regarder ailleurs au moment où je me suis habillée. J'ai fini par me rassoir et m'appuyer contre le mur.

-Je vais devoir dire la vérité à Mathilda...

Chaque mot prononcé me faisait très mal à la mâchoire : Je me demandais combien de temps j'allais devoir souffrir ainsi. Nathaniel m'a regardée surpris, choqué parce que je venais de dire. Je me suis empressée de continuer pour m'expliquer.

-Elle est médecin et quand elle va m'examiner, elle va se rendre compte que mes blessures sont...

J'ai marqué une pause : J'étais épuisée et j'avais du mal à trouver mes mots.

-Mes cuisses et aussi... Elle va savoir et il faut qu'elle sache parce qu'il faut qu'elle... Me soigne si...

Vu la violence avec laquelle il m'avait pénétrée et à quel point j'avais mal dans le bas-ventre, il était possible que j'ai quelque chose. J'ai senti les nausées revenir et j'ai fais un effort pour me contrôler et éviter de vomir.

-Je voudrais... Me laver...

J'ai relevé un regard suppliant vers Nathaniel.

-On peut monter chez ton ami maintenant?... S'il te plaît...

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MessageSujet: Re: /!\ Dark Times, Dark Night, Dark Deed [Nathaniel]   Mar 30 Mar - 15:11

Gabrielle s'est changée pendant que je regardais ailleurs. Cela devait lui faire du bien d'enlever cette jupe. Elle reprit ensuite la parole...

- Je vais devoir dire la vérité à Mathilda...

Cette fois, je la regardais droit dans les yeux. Je ne comprenais pas pourquoi elle voulait faire ça. Cela pouvait nous porter préjudice.

- Elle est médecin et quand elle va m'examiner, elle va se rendre compte que mes blessures sont... Mes cuisses et aussi... Elle va savoir et il faut qu'elle sache parce qu'il faut qu'elle... Me soigne si...

Bon. Ce n'était peut-être pas la meilleure idée du monde, mais je pouvais comprendre. Mathilda n'était pas stupide, et elle comprendrait en examinant Gabrielle.
Je me suis alors surpris à dire ce que je n'aurais jamais imaginé quelques secondes auparavant...

- Bon... comme tu veux. J'imagine que si tu lui expliques pourquoi elle ne doit rien dire, ça devrait aller. Si tu penses qu'on peut lui faire confiance, alors je te suis.

Que pouvais-je dire d'autre de toute façon ?
Gabrielle semblait ne pas se sentir très bien...

- Je voudrais... Me laver...

Elle leva ensuite son regard vers moi.

- On peut monter chez ton ami maintenant?... S'il te plaît...

Je me suis alors levé.

- Oui. On va monter.

Je lui ai tendu une main, qu'elle a saisi, et je l'ai aidée à se relever, passant un bras autour de sa taille.

- Ca ira ?

Elle me fit signe que oui. Tant que nous ne faisions pas 20km, ça devrait aller.
Alors péniblement, nous nous sommes dirigés vers les escaliers, et marche après marche, nous sommes arrivés près de chez Nathan.
Ce dernier d'ailleurs, était profondément endormi près... du feu. En attendant mon retour, il avait trouvé le moyen d'exploser un vieux meuble et de le faire brûler. Tant mieux.

Sans un bruit, ou presque, j'installais Gabrielle non loin du brasier pour qu'elle se réchauffe.
Je me suis ensuite baissé pour chuchoter près de son oreille...

- Je vais aller te chercher un sceau d'eau. Tu pourras te décrasser un minimum...

Nathan s'était plutôt bien organisé en quelques jours. Il avait trouvé un vieux robinet qui fonctionnait à peu près à l'autre bout de l'immeuble, et il utilisait un sceau pour récolter de l'eau. Alors j'ai fait de même.
Au bout de quelques minutes, j'étais de retour. Gabrielle était toujours à côté du feu, le regard plongé vers les flammes.

J'ai déposé le sceau à côté d'elle, et je lui ai tendu une serviette propre que j'avais dans mon sac à dos.

- Tiens... c'est pas grand chose, mais ça devrait suffire pour le moment.

Ce n'était effectivement pas le grand luxe. Loin de là. Mais c'était toujours mieux que rien.
Je me suis alors replongé dans mes pensées le temps que Gabrielle se débarbouillait à quelques mètres de là.
Nathan dormait comme un loir, bercé par les crépitements et la chaleur du feu.

Quelle nuit.
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: /!\ Dark Times, Dark Night, Dark Deed [Nathaniel]   Ven 9 Avr - 18:32

Nathaniel s'est levé et je l'ai suivi du regard.

- Oui. On va monter.

J'étais tellement soulagée à l'idée de monter là-haut, dans un endroit sûr, où on ne pourrait pas nous trouver, du moins je l'espérais. Il a tendu sa main et je n'ai pas attendu pour la saisir. Grâce à lui, j'ai pu me relever. Il a finalement passé un bras autour de ma taille : De cette façon, je pouvais me reposer sur lui pour monter les marches. Il s'est alors assuré que j'allais tenir le coup.

- Ca ira ?

Je me suis contentée d'acquiesser d'un petit hochement de la tête. J'appréhendais malgré tout : J'avais réellement peur de m'écrouler avant d'être arrivée là-haut. Doucement, péniblement, nous nous sommes dirigés vers les escaliers et quand j'ai vu ces marches, j'ai senti la fatigue se faire encore plus lourde et j'ai senti mes jambes trembler. Je me suis un peu plus accrochée à Nathaniel et nous avons alors commencé la longue montée qui allait nous amener chez son ami. Je ne peux pas trouver les mots pour vous dire à quel point monter ces marches a été une véritable épreuve. Finalement, après des escaliers qui m'avaient parus interminables, nous sommes arrivés chez son ami qui était endormi près du feu : Il semblait relativement paisible et je lui ai envié cette paix. Sur le moment, je me suis demandée si j'allais un jour pouvoir dormir à nouveau en paix, avec sérénité.

Au moment où j'ai remarqué qu'il avait fait un feu, Nathaniel m'a emmené près du brasier pour que je puisse me réchauffer. Sentir la châleur qui se dégageait de ce feu a été très agréable : J'étais au chaud, en sécurité. J'allais pouvoir souffler, me laisser aller et essayer de dormir. Nathaniel s'est approché de moi et a murmuré à mon oreille.

- Je vais aller te chercher un sceau d'eau. Tu pourras te décrasser un minimum...

J'ai levé un regard plus que reconnaissant vers lui : J'avais hâte de me laver. Nathaniel a quitté la pièce pour aller chercher le sceau d'eau et j'ai plongé mon regard vers les flammes. J'aurais voulu replié mes genoux contre moi pour me réchauffer un peu plus mais j'avais trop mal pour ça. En observant les flammes, je me suis mise à penser à Alexander : Il devait être tellement inquiet... Je priais pour qu'il n'ait pas pris la décision de sortir me chercher en pleine nuit : S'il devait lui arriver quelque chose à cause de moi, jamais je ne pourrais me le pardonner. J'avais déjà assez fait de dégâts...

J'ai presque sursauté quand Nathaniel est revenu, tellement j'étais perdue dans mes pensées. Il a posé le sceau d'eau à côté de moi et m'a tendu une serviette que j'ai docilement saisi.

- Tiens... c'est pas grand chose, mais ça devrait suffire pour le moment.

-Oui... Ca ira très bien...

Ai-je murmuré tout bas pour être sûre de ne pas réveiller son ami. J'ai doucement posé ma main encore ensanglantée sur celle de Nathaniel.

-Merci beaucoup...

Et ce petit merci ne suffisait pas... Pas après tout ce qu'il avait fait pour moi... C'était malheureusement tout ce que j'avais. Il s'est écarté à quelques mètres de moi pour me laisser toute l'intimité dont j'avais besoin pour me nettoyer. Après avoir vérifié une dernière fois que son ami dormait, j'ai entrepris de me déshabiller. Je n'avais pas peur du regard de Nathaniel car j'avais confiance en lui. Une fois nue, j'ai trempé mes mains dans l'eau et j'ai commencé par nettoyer mon visage. Croyez-moi : ce ne fut pas sans mal. J'avais le nez cassé, la joue enflée et je sentais ma peau durcie à plusieurs endroits à cause des hématomes. Quand j'ai rincé mes mains dans le sceau et que j'ai vu le sang se mélanger à l'eau, je me suis remise à trembler et je n'ai pas pu empêcher les larmes de couler à nouveau sur mes joues.

Une fois mon visage propre, j'ai attaqué les bras, puis le reste du corps : Ma poitrine, mon ventre, mes jambes et mes parties intimes. Plusieurs fois j'ai lavé, rincé mes mains, lavé encore, et rincé encore... J'ignore combien de fois, je n'ai pas compté, mais ça a duré un moment. Quand je me suis sentie à peu près propre, j'ai pris la serviette propre que Nathaniel m'avait donné et je me suis essuyée. Une fois complètement séchée, même si j'avais mal partout, même si je tremblais encore, même si j'étais traumatisée par ce qui m'était arrivée, j'ai eu l'impression de me sentir un tout petit peu mieux. J'ai enfilé le pantalon de Nathaniel, j'ai jeté le reste de mes affaires dans le feu (Je ne voulais plus jamais voir ces habits là) et je me suis redressée avant de m'approcher doucement de Nathaniel, mes bras croisés devant ma poitrine pour cacher mes seins. Avec une grimace de douleur, je me suis assise à coté de lui avant de murmurer.

-Est-ce que tu crois que je pourrais emprunter un t-shirt ou une chemise à ton ami pour la nuit?...

D'une, je risquais d'attraper froid, de deux, je ne pouvais pas m'endormir sans être couverte : Assez d'hommes avaient vu mon corps contre ma volonté. En réalité, encore une fois, ce n'était pas le regard de Nathaniel qui me dérangeait. Il n'y aurait eu que lui, je ne m'en serais pas formalisée : Il avait vu beaucoup plus et il me respectait, je le savais. Mais même s'il faisait assez confiance à son ami pour qu'on aille se réfugier chez lui, moi je ne le connaissais pas et il était hors de question qu'il puisse me voir ainsi. Il m'a souri et s'est levé. Quelques instants plus tard, il était de retour avec un large t-shirt que j'ai rapidement enfilé avant qu'il ne reprenne place à côté de moi. Et là, je me suis approchée de lui, j'ai passé mon bras autour du sien, j'ai pris sa main et j'ai posé ma tête sur son épaule. C'est à nouveau dans un murmure que je me suis adressée à lui.

-Je sais que j'abuse après tout ce que tu as déjà fait pour moi, mais si on pouvait rester comme ça...

J'ai fermé les yeux.

-Je crois que j'arriverai pas à dormir sinon...

Je sentais le sommeil m'envahir doucement et au moment où je commençais à m'endormir, les images de ce qu'il s'était passé me sont revenues soudainement et j'ai sursauté en ouvrant les yeux et en serrant très fort la main de Nathaniel au passage. Mon coeur battait à tout rompre : J'avais peur, mais il n'y avait plus aucune raison d'avoir peur puisqu'ils étaient morts. Alors pourquoi?

-Ca va... Durer longtemps tu crois?

En gros : J'allais être à moitié folle pendant combien de temps?

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