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 Am I able to take care of you now ? [PV Katarina]

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MessageSujet: Am I able to take care of you now ? [PV Katarina]   Mar 10 Mai - 10:09

Nous étions arrivés sains et saufs à Elizabethtown. Nous avions appris la répartition des habitations - Katarina, Ethan et Lena étaient seuls dans une petite maison, quant à moi, je m'étais retrouvé dans une immense villa où nous serions certainement nombreux, mais peu m'importait. Pendant deux semaines, j'avais eu la paix, c'était déjà bien. J'avais juré à ma fille qu'au moindre pas de travers, je parlerais de son évanouissement à Ethan, et au moins avait-elle été relativement sage une fois arrivée ici. Tant mieux, je n'avais pas envie d'affronter mon beau-fils. Je voulais juste me faire à ma nouvelle vie en attendant les autres personnes avec lesquelles je vivrais. Une perspective qui me mettait un peu sur les dents étant donné combien j'étais apprécié.

Inessa était arrivée deux semaines plus tard et m'avait superbement ignoré, aidant les deux gamines qui étaient avec elle à choisir une chambre puis en prenant une pour elle. Kaylhen et Lyzee. Je ne les connaissais ni d'Ève ni d'Adam et je m'en fichais éperdument. Je n'avais pas cherché à venir les voir, pas vraiment intéressé par des gosses de dix et seize ans, et elles m'avaient rendu la pareille, restant entre elle - la plus grande était visiblement parfaitement capable de s'occuper d'elle et de sa sœur toute seule. Une semaine plus tard, c'était Diane et son frère qui arrivaient.

Je ne savais pas qui avait fait la répartition des habitants dans les maisons, mais une chose était certaine, il avait de l'humour. Bon, certes, il ne pouvait pas savoir quelle haine cordiale et farouche m'opposait à Diane, ni le froid qui heurtait Inessa et moi, mais les animosités qui drainaient l'atmosphère de la maison étaient tellement compactes qu'on aurait cru qu'il pouvait y avoir du brouillard. Tous ceux que la Communauté repoussait s'étaient retrouvés ensemble, et non contents d'être à l'écart des autres, ils se faisaient un plaisir de se détester les uns les autres. Délectable. J'aurais adoré observer le phénomène si je n'avais pas été directement concerné.

Du coup, je passais de plus en plus de temps chez Katarina. Je ne savais où j'en étais avec Inessa, et de toute façon, voir son ventre s'arrondir de jour en jour me blessait plus sûrement qu'un quelconque dédain de sa part. De plus en plus, c'était moi et non plus elle qui l'évitait. Je ne supportais plus de la voir porter l'enfant d'Armando, et le plus dur était sans doute de savoir que tout le monde me regardait d'un air réprobateur pour quelque chose que je n'avais pas commis. Pour une fois... Je préférais encore la présence de ma fille, même si je prenais garde à aller chez elle lorsque Ethan était absent. Par chance, il avait, si j'avais cru comprendre, retrouvé une amie dans la ville, si bien qu'il ne se consacrait plus uniquement et entièrement à sa famille chérie. Ça me permettait au moins de voir Katarina un peu plus souvent. Je la voyais presque plus que dans les souterrains new-yorkais.

Je frappai à la porte et entrai après avoir entendu un « Oui » lointain. Je savais où elle était - je connaissais presque mieux sa maison que la mienne. Je la rejoignis dans la chambre de Lena, restant à la porte. Malgré tout ce qu'elle m'avait permis pendant le voyage, je ne préférais pas tenter d'outrepasser ce qu'Ethan m'autorisait maintenant que j'étais chez lui. J'espérais que Katarina saurait le convaincre. Pour l'instant, j'attendais - les miracles existent.

- Comment vas-tu, trésor ?

Ce n'était pas une simple question de politesse. Chaque fois que je venais la voir, je la sentais de plus en plus tendue, et cela m'effrayait. Elle était proche de son terme, elle ne devait pas être sur les nerfs...
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Am I able to take care of you now ? [PV Katarina]   Mar 10 Mai - 20:47

Depuis le pas de la porte, j'observais Lena jouer. Assise par terre sur un petit tapis vert amande, elle s'amusait à empiler de petits cubes en bois les uns sur les autres, et elle éclatait de rire à chaque fois que sa petite pile s'effondrait. Et puis elle recommençait, encore et encore. Autour d'elle il y avait tout un tas de jouets que je pensais ne jamais pouvoir lui offrir. Des jouets laissés par d'autres enfants qui avaient fait le bonheur de ma petite fille. Elle pouvait passer des heures entières à explorer sa nouvelle chambre, rechignant même parfois à faire la sieste pour préférer jouer. Et donc, il m'était déjà arrivé de la retrouver endormie au milieu de sa chambre, la tête sur une grosse peluche. Étrangement, la faire dormir dans une autre pièce que notre chambre n'avait pas été si difficile que cela, certainement parce qu'elle était trop curieuse de son nouvel environnement pour nous réclamer en permanence. Et puis, il suffisait qu'elle nous « appelle » pour que son père se précipite. Mais là, il découvrait simplement que sa peluche préférée était passée à travers les barreaux du lit et qu'elle voulait juste la récupérer, pas venir dormir avec nous. Ce qui laissait Ethan tout penaud, puisqu'il n'attendait que ça, un prétexte pour prendre sa fille avec lui. Mais force était de constater que Lena avait bien grandi et qu'elle n'avait pas si peur que ça de se retrouver sans nous. Mais je ne pouvais pas blâmer Ethan de tenter de garder sa fille près de lui par tous les moyens. Je devais bien avouer que cela me faisait un drôle d'effet, à moi aussi, de ne plus être constamment dans la même pièce qu'elle. Ce qui était normal représentait un grand changement pour nous et il était certain qu'un temps d'adaptation serait nécessaire. L'essentiel c'était qu'elle ne soit pas trop bouleversée. Mais pour le moment, elle avait l'air de s'en sortir très bien sans nous ! Quelque part, c'était tant mieux, je me voyais très mal avec deux bébés dans notre chambre en même temps. Ce ne serait pas gérable, malgré tout ce que pouvais en dire et en penser Ethan.

Lassée de ses petits cubes en bois, Lena a fait s'écrouler la pile avec un petit air très sérieux, puis elle s'en est détournée. Pour éviter qu'elle ne se blesse avec un coin, je suis allée les ranger dans leur petite mallette, que j'ai ensuite reposée sur une étagère. Pendant ce temps, Lena avait entrepris une conversation visiblement très importante et très sérieuse avec son ourson Paddington. Parfois j'avais l'impression qu'elle était à deux doigts de former un mot, tellement elle semble s'appliquer à prononcer les syllabes. Des fois c'est drôle, elle mélange les sons, les accents. Parce son père et presque tout le monde lui parle anglais, mais moi et son grand-père lui parlons russe. Je me demande ce qui sera le plus simple pour elle. J'aimerais tout de même qu'elle parle russe, au moins un petit peu. C'était idiot, mais je ne voulais pas qu'elle ne sache pas d'où elle venait exactement. Déjà qu'elle avait bien peu de chance de rencontrer des étrangers et de voyager un jour, je ne voulais pas qu'elle passe à côté du peu de culture que nous pouvions lui offrir. Je me demandais déjà si nous pourrions lui offrir une éducation décente avec les moyens que nous avions. Je ne doutais pas des capacités de Gabrielle à enseigner, simplement, que se passerait-il lorsque Lena ne serait plus en âge d'aller à l'école primaire ? Oh, de l'eau aurait certainement coulé sous les ponts à ce moment là, mais cela ne m'empêchait pas de me faire du souci pour elle. C'était certainement normal. Ethan ne s'en inquiétait pas encore pour le moment. Il disait aussi que j'anticipais trop, et il avait certainement raison. Elle ne parlait pas encore, pas plus qu'elle ne marchait. Chaque chose en son temps. Loin de moi l'idée de vouloir en faire un petit génie parfait. La seule chose que je voulais c'était son bonheur le plus complet. Au final, le reste importait peu, tant qu'elle trouvait son compte en parlant à une vieille peluche toute rapiécée.

Nous avions commencé à nous occuper de la chambre du bébé, et cela aussi me faisait une drôle d'impression. Cela donnait une autre dimension à l'arrivée de ce bébé. Une dimension vraiment réelle. Non pas que cela ne le soit pas, mais nous préparer matériellement à son arrivée, c'était quelque chose d'étrange. Nous ne nous étions jamais demandé si Lena aurait assez de ci, assez de ça, pour la simple et bonne raison que nous vivions avec presque rien, et qu'un berceau représentait déjà beaucoup. Là, j'étais préoccupée par des futilités. Comme la couleur des murs ou encore ce qui lui servirait de doudou. Mais cela me faisait tellement de bien de me sentir normale ! Comme si rien n'était jamais arrivé. Pas de guerre, pas de Hors La Loi, rien du tout. Juste un semblant de vie normale (mais c'était trop beau pour durer, je le sentais). Et je réalisais que, finalement, je n'avais jamais eu une vie normale. Enfant, j'avais suivi mon père partout, puis j'avais été propulsée dans la haute sphère russe (celle de la mafia, donc...), où je n'avais d'affinités avec personne. Les gens de mon âge n'avaient que deux préoccupations, le sexe et l'alcool. À l'époque je n'étais pas très alcool, et sexe n'en parlons pas... Je n'avais eu aucune vie de famille avant mes vingt-quatre ans, le seul proche que j'avais eu était Vitali. J'avais dû me battre pour qu'on accepte mes compétences de femme dans un milieu relativement sexiste, j'avais émigré aux USA pour étudier loin de mon père qui m'étouffait et au final j'avais affronté la Troisième Guerre Mondiale pour finir kidnappée. Ce n'était pas exactement ce que j'appelais une vie normale.

J'admets qu'il m'était quelque peu difficile de m'adapter à notre nouveau mode de vie. Je n'avais pas encore le réflexe de descendre préparer le petit déjeuner quand j'étais réveillée. Je restais collée à Ethan toute la nuit de peur de tomber par terre si je m'éloignais trop, peu habituée à notre lit. J'avais l'impression d'être perdue dans cette maison. Soudain j'avais plusieurs pièces pour vivre et c'était étrange. Tout était trop normal en réalité. J'avais l'impression de retourner deux ans en arrière d'un coup, mais avec la vie que j'avais pu me construire entre temps. Je n'avais plus osé rêver de cela. Comme quoi, tout vient au moment où l'on s'y attend le moins. Comme les enfants... A ce sujet, il faudrait qu'Ethan et moi ayons une petite conversation à ce sujet... Il ne serait certainement pas très emballé, je ne l'étais pas non plus, mais nous allions devoir commencer à faire attention à ce que nous faisions. Je doutais sérieusement de survivre à une autre grossesse, et je n'avais pas très envie de retenter l'expérience de si tôt. Deux enfants en bas âge ce serait déjà suffisamment à gérer, nous n'avions pas besoin d'un troisième dans l'immédiat. Je ne savais même pas si je voudrais un troisième enfant... Mais ça, je me gardais bien de le dire à Ethan pour le moment. Je ne voulais pas casser son rêve tout de suite. Mais je ne voulais pas devoir m'occuper d'une équipe de football.

Je passais le plus clair de mon temps à m'occuper de Lena et à rester à la maison (cette expression sonnait encore un peu bizarre), même si je fraudais un peu et allait retrouver Jackson à l'infirmerie de temps en temps, pour m'occuper la tête et les mains. Je ne peux pas le nier, je tournais un peu en rond. À la Communauté, j'avais toujours de quoi m'occuper et soudain c'était chacun pour soi. C'était étrange, et je me sentais un peu inutile. Je n'étais pas exactement la parfaite petite femme au foyer. Loin de là, même. Ce n'était pas mon job rêvé, c'était même mon pire cauchemar, n'en déplaise à mon entourage. J'étais médecin et j'avais bien l'intention de le rester !

J'eus un sursaut et je redescendis sur terre lorsque j'entendis quelqu'un frapper à la porte. Mon père, il ne fallait pas en douter. J'eus un petit soupir, mais je lui donnais l'autorisation d'entrer, comme toujours. C'était encore étonnant qu'Ethan et lui ne se soient pas encore tapé dessus. Certainement parce que la proximité était moindre et qu'ils ne s'étaient pas vus depuis un certain temps... Mais je leur faisait confiance, ils trouveraient vite un prétexte pour se jeter des insultes à la figure. Ils étaient tellement semblables qu'ils ne s'en rendaient même pas compte. Au lieu de parler et d'accepter les torts de l'autre, ils se battaient. De vrais hommes, stupides bien comme il fallait ! Levant les yeux au ciel, je suis allée m'asseoir par terre à côté de Lena, qui est rapidement venue se blottir contre mon ventre. J'avais l'impression d'être énorme. Deux fois plus énorme que pour Lena. J'allais mettre au monde une baleine, ou quoi ? Cette grossesse me pesait, j'avais hâte d'accoucher. J'en venais presque à croire que j'allais mettre au monde des jumeaux ! Oh non, ne parlons pas de malheur, ce serait une véritable catastrophe... J'entendais le pas de mon père tandis qu'il montait les escaliers. C'était de pire en pire, je ne savais même plus si j'étais contente de le voir. Quelque chose clochait, j'en étais certaine, mais je ne parvenais pas à mettre le doigt dessus. Je mis plusieurs secondes à lever les yeux vers lui lorsque je vis ses pieds entrer dans mon champ de vision. Je ne pus retenir un soupir. J'avais presque l'impression qu'il me demandait comment j'allais pour la forme. J'ai eu un haussement d'épaules, tandis que je lâchai Lena qui entreprit d'aller vers lui à quatre-pattes. Elle ne rampait plus, elle glissait plus vite qu'une luge sur la neige.

« Je vais comme va une femme enceinte de huit mois. Je ressemble à une baleine, j'ai l'impression que mon dos va se casser en deux, je pleure parce qu'il n'y a plus de farine, j'ai envie de fraises au ketchup à trois-heures du matin et pour couronner le tout, je pense que je ne vais pas tarder à mettre au monde le futur champion du monde de football. »

… Pauvre Ethan.

On ne pouvait pas dire qu'il était gâté, en ce moment. Mais le pire, c'était qu'il s'était débrouillé pour accéder à tous mes caprices, même quand je le réveillais parce que je voulais un câlin, ou UNE fraise. Et il ne s'en plaignait même pas. Ou alors, tous les jours il allait hurler dans un coin désert pour évacuer et éviter de faire une crise de nerfs. Oh, et il me tapotait l'épaule quand je pleurais. J'eus un profond soupir las, tandis que Lena entreprenait de se mettre debout en se tenant au pantalon de mon père. Cette fille serait acrobate plus tard. On se demandait de qui elle tenait ça...

« Est-ce qu'il y a une raison particulière à ta visite, ou tu voulais juste venir voir ta petite-fille ? »

Ta petite-fille. Pas ta fille. Peut-être que je tenais là la source du problème.

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MessageSujet: Re: Am I able to take care of you now ? [PV Katarina]   Mer 11 Mai - 11:38

A peine Katarina avait-elle posé Lena que ma petite-fille entreprit vaillamment de traverser l'espace qui nous séparait pour aller s'accrocher à moi. J'eus un tendre sourire plus ou moins involontaire ; cette gamine était craquante, et je devais avouer que j'étais plutôt heureux d'avoir ainsi réussi à capter son intérêt en deux jours de voyage. Bon, d'accord, je n'avais pas grand-mérite. Lena était un bébé conciliant et aimait à peu près tout le monde, du moins tous ceux qui prenaient soin d'elle - ce qui revenait donc à dire tout le monde, étant donné la façon dont elle savait utiliser son adorable bouille pour faire céder les adultes à tous ses désirs. Une princesse, hein ? Elle en avait toutes les caractéristiques. Jolie, gâtée, impérieuse, parfaite. Jamais surnom n'avait été plus approprié. Je m'efforçais de ne pas l'afficher, eu égard aux sentiments de Katarina pour Ethan et à l'avis de ce dernier sur la question des fréquentations de sa fille, mais j'étais terriblement satisfait qu'elle se soit prise d'affection pour moi. Katarina ne la retenait jamais quand elle venait vers moi. Merci princesse !

Mais autant Lena était épanouie et joyeuse - l'effet de la lumière naturelle et de tout ce nouvel espace à explorer avait dû être un sacré coup de fouet pour son esprit vif et curieux - autant les paroles de Katarina firent totalement tache dans l'ambiance qui régnait dans la pièce. Il y avait des jouets, partout, le soleil entrait à flot par les fenêtres, zébrant le sol de rayons lumineux, Lena gloussait et riait, et ma fille, au milieu de tout cela, n'arrivait pas à se sentir bien. Cela me désolait. Tout ce qu'elle me disait était consécutif de sa grossesse, on n'y pouvait malheureusement pas grand-chose, mais ça ne m'empêchait pas de vouloir l'aider. Je poussai un léger soupir et dis avec un infime sourire :

- Je sais bien qu'Ethan est là, mais ne m'oublie pas non plus, d'accord ? Si tu as besoin de quoi que ce soit, je me ferai un plaisir de t'aider.

Comme toujours. Un léger pincement de culpabilité me pinça le cœur alors que je songeais à Inessa. Elle était enceinte de deux mois de moins, et pourtant j'avais l'impression que son ventre était encore plus spectaculaire que celui de Katarina. La pauvre avait le dos complètement brisé, peinait à marcher, et souffrait de plus en plus sous les coups du bébé qui était remuant comme pas deux. [La joueuse fait une pause pour cause de crise de rire incontrôlable devant ce jeu de mot tout à fait involontaire.] Cependant, alors que j'aurais voulu être aux petits soins pour elle - après tout, c'était une occasion en or pour la convaincre de ma bonne foi - je ne parvenais définitivement plus à la regarder dans cet état, et à songer que c'était la faute d'Armando. En ce moment, je le haïssais presque plus pour ça que pour ce qu'il avait fait subir à Katarina. Je ne pouvais pas m'occuper d'Inessa, pas alors que tout, tout en elle me rappelait qu'elle avait couché avec mon meilleur ennemi. Je délitais ma culpabilité en songeant bien innocemment qu'après tout, Katarina était toute proche de l'accouchement, en occultant soigneusement le fait qu'Inessa ne pourrait jamais supporter encore trois mois dans cet état.

Je sentis quelque chose tirer mon pantalon et je baissai la tête, adressant un grand sourire à ma petite fille, qui leva ses éclatants yeux bleus sur moi et se pendit à ma jambe. Je m'agenouillai à sa hauteur et l'aidai à finir de se redresser. Elle poussa un hurlement de rire et retomba en arrière sur ses fesses tendant ses menottes vers moi et balbutiant un galimatias qui était visiblement un mélange de russe et d'anglais totalement incompréhensible. Je relevai les yeux sur Katarina et fit, d'un ton presque surpris - j'avais saisi le sous-entendu de sa question sans vraiment réussir à l'analyser :

- Je suis venu vous voir toutes les deux, juste pour prendre des nouvelles.

Je me mordis la lèvre et ajoutai :

- A ce propos... Est-ce qu'Ethan est au courant que je vois Lena comme ça ?
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Am I able to take care of you now ? [PV Katarina]   Dim 15 Mai - 21:29

Lena Eleanor Jones, ou l'art et la manière d'aimer absolument tout le monde, et presque sans condition. Et l'art de se faire aimer tout aussi rapidement. Il faut dire que Lena était presque parfaite. C'était impossible de résister à sa petite bouille de bébé, à ses bouclettes brunes et ses grands yeux bleus. Encore plus impossible de résister à ses petites mains tendues vers vous, et à son sourire charmant qui vous suppliait de la prendre dans vos bras. Elle était comme cela presque avec tout le monde, malgré son père qui voulait absolument l'empêcher de passer dans trop de bras. Mais le fait est que Lena aimait pratiquement tout le monde, même les personnes qui n'étaient pas à l'aise avec elle. La preuve étant, elle avait même réussi à amadouer Riley, qui pourtant n'était pas le meilleur des baby-sitters. Et donc, elle aimait particulièrement se rendre intéressante auprès de son grand-père, puisque ce dernier lui rendait toutes ses attentions et ne faisait que la cajoler. Elle devait particulièrement l'apprécier également, parce qu'en général elle se lassait vite. Elle avait ses préférences, et ces dernières allaient à Alexander, Cassandre, Emma, Mathilda et son grand-père. Évidemment, son père et moi étions dans le lot, mais ce n'était pas tout à fait la même chose. Il me semblait qu'elle avait bien aimé le petit air de Riley, alors qu'il tentait désespérément de la porter correctement. C'était très facile de se faire aimer de Lena. J'étais très contente qu'elle soit si adorable. Tout le monde conviendrait dans la Communauté que c'était un bébé très facile à vivre. Et ce n'était pas forcément évident, vu ce que nous avions dû traverser. C'était à croire qu'elle avait été tout à fait sur un autre monde pendant tout ce temps, ou qu'elle n'enregistrait que le instants de bonheur. Peu m'importait, cela me convenait, je ne voulais qu'une petite fille heureuse.

Je me suis contentée de sourire et d'acquiescer automatiquement lorsque mon père m'a dit que si j'avais besoin de lui il était là, qu'il n'y avait pas qu'Ethan. J'ignore pourquoi, j'ai soudain eu envie de lui dire que si, il n'y avait qu'Ethan et que cela me suffisait amplement, que je n'avais strictement pas besoin de mon père. Je ne sais pas d'où m'est venu ce soudain élan d'agressivité, alors que pour une fois j'aurais dû apprécier le geste de mon père. Mais je trouvais que cette proposition sonnait... faux ? Oui, elle avait l'air fausse, hypocrite. Cela clochait. Son « plaisir de m'aider » ne me faisait pas autant plaisir qu'il le devrait. Parce que, en vérité mon père ne cherchait à s'occuper de moi que lorsqu'il ne pouvait s'occuper de personne d'autre. C'était... Cela venait de me sauter aux yeux, comme si j'avais ouvert une de ces boites explosives d'où sortent des clowns effrayants. Pourquoi était-il venu ? Certainement pas par bonté d'âme, ou parce qu'il avait envie de passer du temps avec sa famille. S'il était venu, c'était parce que sa précieuse Inessa ne voulait plus de lui pour le moment. Quand elle était là, je me souvenais très clairement qu'il ne passait pas une seconde avec moi. À l'époque j'avais cru faire ma fausse couche, et il ne s'en était pas soucié. Il n'était pas venu nous voir. C'était moi qui était retournée vers lui, lorsque je m'étais rendus compte que je n'avais pas perdu le bébé. Lui s'était contenté de reprocher à Ethan d'avoir sombré dans la drogue, alors qu'il ne m'avait pas bien aidé plus que lui. Mon salut, je le devais exclusivement à Alexander, qui nous avait aidés tous les deux à nous en sortir. Mon père n'avait pas été là pour me soutenir. Lui, il m'avait hurlé dessus et m'avait accusée d'être responsable de la mort de ma mère. Alors que j'avais failli perdre mon bébé. J'avais cru que tout cela était loin derrière moi, mais force était de constater que je lui en voulais toujours pour ce qu'il m'avait dit. Ce n'était pas ma faute si ma mère était morte. Et ce n'était pas non plus ma faute s'il cherchait à tout pris à la retrouver dans cette femme qui lui ressemblait.

Avec un soupir, je me suis levée, avec quelques difficultés. J'avais l'impression de peser une tonne. Je le sentais, j'avais pris beaucoup plus de ventre pour cette grossesse. Et plus de ventre veut dire plus de poids. Je me sentais énorme. Peut-être que je n'avais pris que du ventre et de la poitrine, mais ce n'était pas rien. J'avais le dos et les reins réduits en compote. Je ne pouvais pas rester debout très longtemps, sous peine d'avoir l'impression qu'on m'enfonçait des milliers d'aiguilles dans le dos. Et parfois ma poitrine me faisait tellement souffrir qu'Ethan avait interdiction de la toucher, ne serait-ce que pour poser sa tête dessus. Et à tous les coups j'allais mettre au monde un petit cascadeur. Le bébé bougeait énormément, particulièrement la nuit. Et si Ethan pouvait s'extasier pendant des heures ce n'était pas mon cas, étant donné que je ne partageais pas son caractère insomniaque. J'avais doublement besoin de sommeil. Si je ne mangeais pas pour deux, il était clair que j'aurais volontiers dormi pour deux. Avec un profond soupir, je suis allée m'asseoir dans le rocking-chair installé dans un coin de la chambre. En général je m'y asseyais lorsqu'il était temps d'endormir Lena. Mademoiselle avait beau jouer les indépendances, elle réclamait toujours mes bras ou ceux de son père avant de s'endormir. Elle n'avait encore que neuf mois. Ce n'était qu'un bébé. Un bébé qui se relevait fièrement en s'accrochant à la jambe de son grand-père. J'ai eu un petit sourire lorsque ce dernier s'est agenouillé pour l'aider à se lever complètement, avant qu'elle ne se laisse retomber sur les fesses. J'ai légèrement secoué la tête, devant les facéties de ma fille adorée.

Je la regardai se retourner pour s'emparer d'une peluche, qu'elle se mit à examiner très attentivement, tout en la secouant devant le visage de mon père de temps à autre. J'ai glissé ma main sur mon ventre, par réflexe, tout en ne quittant pas Lena des yeux. Oh, je savais qu'elle n'allait certainement pas disparaître. Mais j'aimais voir ses petites mimiques, son petit visage. Elle était tellement adorable... Et si je la regardais en permanence, je n'oublierais pas sa présence une seule seconde, et je ne pourrais donc pas me mettre trop en colère après mon père. Je risquais de l'énerver si je me mettais en colère, et elle se mettrait à pleurer. Et comme je détestais la voir ou l'entendre pleurer, ce serait pour moi un bon moyen de garder mon calme quoiqu'il arrive. Et si jamais je me sentais prête d'exploser, eh bien je sortirais et ferais sortir mon père. Lena n'avait pas à faire partie des dommages collatéraux. Jamais je ne voulais la voir au milieu d'un conflit. Lorsqu'il m'arrivait de me disputer avec Ethan, c'était toujours lorsque Lena n'entendait pas ou n'était pas avec nous deux. J'ai eu un petit rire légèrement moqueur lorsque mon père m'a demandé si Ethan savait qu'il voyait Lena. J'ai levé les yeux au ciel.

« J'ai suffisamment manqué à Ethan pour qu'il tolère ta présence chez lui pour le moment. Il aimerait autant que tu ne vois pas Lena, mais tant qu'elle est contente de te voir il ne dit rien, parce qu'il ferait n'importe quoi pour lui plaire. »

J'eus un haussement d'épaules.

« Mais je serais toi j'en profiterais. Cela ne va pas durer très longtemps. En ce qui te concerne, la patience et la tolérance d'Ethan sont... limitées. »

Voire quasi-inexistantes. Il ne faisait aucun effort concernant mon père, et ce dernier lui rendait la politesse. Il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre. Je crois que l'on pouvait oublier les grandes réunions de famille. Ou les fêtes de fin d'année, les anniversaires... Seul celui de Lena avait des chances d'échapper à cette destruction massive de réunions. Et encore, rien n'était sûr. Mon cher père aurait certainement beaucoup à faire avec son nouvel enfant ! Et là, adieu la gentille Katarina, aux oubliettes. La gentille Katarina n'était bonne qu'à être un lot de consolation. Une roue de secours. Et j'en avais assez. Je ne disais rien pour le moment, j'encaissais, mais j'en avais assez. Je commençais à me demander pourquoi mon père était attaché à moi. Parce que j'avais l'impression d'exister à moitié seulement pour lui. J'avais l'impression qu'il ne me voyait pas à ma juste valeur. Il ne me voyait pas comme sa fille, il me voyait comme... Je ne savais pas comment il me voyait. Je n'étais pas certaine de vouloir le savoir. Pourtant je ne supportais plus la situation. Je n'en avais pas encore parlé à Ethan, de peur qu'il ne s'énerve rapidement après mon père. Je voulais attendre, quand bien même cela me pesait. Ethan et moi nous disions tout, lui cacher une telle souffrance me coutait beaucoup. Mais je ne voulais pas l'ennuyer pour rien. Peut-être que je me trompais totalement, peut-être que je me faisais des idées... J'en doutais, malheureusement.

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MessageSujet: Re: Am I able to take care of you now ? [PV Katarina]   Jeu 19 Mai - 14:07

Ses paroles me firent mal, principalement, en fait, ces deux mots porteurs de tant de signification. Chez lui. Nous n'étions plus une Communauté, plus vraiment, Nous n'avions plus chacun une chambre et le reste à partager, nous vivions désormais comme avant. Chacun avait sa maison, chacun la gérait comme il le voulait, et nulle règle ne régnait plus à ce sujet-là. Nous étions encore plus ou moins sous la férule d'Alexander pour l'organisation de la défense de la ville, pour réussir à avoir de la nourriture, de l'eau, enfin bref, l'organisation générale, mais sinon, c'était chacun chez soi. Je ne vivais plus avec Katarina, je n'étais plus le bienvenu dans sa vie, du moins, pas aussi facilement que dans les souterrains new-yorkais. C'était « chez Ethan ». S'il lui plaisait de me fermer sa porte, je ne verrais plus ni ma fille, ni ma petite-fille. Quand Katarina était à New York et moi à Moscou, je me plaisais à croire que ce n'était que temporaire, qu'elle vivait toujours chez moi et n'était ailleurs que pour ses études. Pourtant, elle ne revenait pas pendant les vacances, et je venais lui rendre visite bien plus souvent que l'inverse. Mais maintenant, je ne pouvais plus du tout me voiler la face. Ma petite fille était partie, le cordon était coupé, j'avais perdu mon trésor.

Lena était un bébé joyeux, heureux de vivre et très curieux. J'étais convaincu qu'elle devait aimer absolument tout le monde. Je ne l'avais presque jamais vue pleurer, en revanche, elle souriait et riait toujours quand elle découvrait une nouvelle tête. C'était une jeune demoiselle très conciliante, qui adorait très certainement rencontrer de nouvelles personnes. Elle était trop petite pour s'en offusquer maintenant, mais est-ce que cela ne la dérangerait pas que son père la bride ainsi ? J'étais convaincu que si, et je comprenais mal Ethan. Oh, je concevais la cage dorée qu'il érigeait autour de sa femme et de sa fille. Surtout par les temps qui couraient, c'était compréhensible. Mais enfin, s'il souhaitait plus que tout le bonheur de Lena, pourquoi ne la laissait-il pas assouvir ses envies ? Curieuse comme elle était, elle le ferait terriblement tourner en bourrique s'il voulait continuer à la cloîtrer lorsqu'elle serait plus grande. Je me mordis la lèvre, hésitant à le faire remarquer à Katarina. Et elle, est-ce qu'elle ne souffrait pas de cet étouffement ?

Mais je me tus finalement. Je ne voulais pas critiquer Ethan. Ma présence ici était suspendue à un fil et je ne voulais surtout pas le briser. Souligner les défauts d'Ethan, alors qu'elle me tenait ainsi la perche, était terriblement tentant, mais je savais qu'elle le prendrait mal, aussi parvins-je miraculeusement à tenir ma langue. Habiter dans une vraie ville, dans de vraies maisons, ne plus être confiné sous terre, aidait à se sentir mieux et à apaiser les conflits, je devais l'avouer. Ne plus être coincé sous terre avec Ethan m'aidait à repousser mes griefs contre lui, malgré les inconvénients que cela soulevait. Comme être séparé de ma fille. Je me demandai soudainement en regardant Lena si le bébé d'Inessa serait ainsi. L'enfant d'Inessa et Armando... Ma mâchoire se crispa. Je lui avais promis que je m'en occuperais, parce que j'avais été prêt à tout pour la récupérer. Je le regrettais maintenant,et je la délaissais au moment où elle aurait le plus eu besoin de mon soutien... Néanmoins, lorsque le bébé naîtrait, il faudrait bien que je sois plus présent. Je ne pourrais plus venir aussi souvent voir Katarina. Une grimace fugitive effleura mes lèvres alors que je répondais d'un ton amer :

- De toute façon, quand l'enfant d'Inessa sera là, je devrai plus rester avec elle... La patience d'Ethan ne sera plus mise à aussi rude épreuve.

L'enfant d'Inessa. Je n'avais pas dit que c'était celui d'Armando, je ne tenais pas à ce qu'on la regarde de travers. Qu'on le sache et elle s'attirerait toutes les inimités de la Communauté. Mais je ne le revendiquais pas non plus comme étant le mien, et jamais je ne le dirais.
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MessageSujet: Re: Am I able to take care of you now ? [PV Katarina]   Ven 20 Mai - 17:31

Ce n'était pas exactement comme cela aurait dû être. Pas du tout, même. L'ambiance aurait dû être légère et joyeuse, pas lourde et étouffante comme c'était le cas. J'aurais dû, mais je n'étais pas vraiment contente de voir mon père. Je n'avais pas non plus envie de l'envoyer voir ailleurs, mais qu'il soit là ou non, c'était la même chose. Cela m'était complètement égal, et ce n'était pas normal. J'aurais dû être sincèrement heureuse de le voir. Parce qu'il était mon père, que je l'aimais, et que nous avions été séparés pendant près de deux ans. Mais cela ne me faisait rien... J'y étais presque indifférente, et c'était bien là le problème. J'étais même presque gênée par sa présence. Quelque chose sonnait faux. Je n'avais pas l'impression qu'il était là pour le plaisir de nous voir. Pour le plaisir de ME voir. À chaque fois qu'il venait, c'était la même chose : il avait quelques mots pour moi, quelques politesses basiques, et toute son attention allait à Lena. Ce n'était pas que je trouve cela particulièrement choquant, c'était normal qu'il prête énormément d'attention à sa petite fille. Mais là encore, j'avais l'impression qu'il y avait un problème. Je n'étais pas jalouse de ma fille. Lena n'était qu'un bébé, elle faisait toujours ce qu'elle savait faire de mieux : être mignonne et jolie. Ce n'était pas étonnant qu'elle accapare toute l'attention. Ce n'était même pas sa faute. Mais j'avais l'impression de disparaître complètement, alors qu'étant enceinte de huit mois j'étais loin d'être transparente. Et puis je ne cherchais pas particulièrement à disparaître non plus. Non non, j'étais toujours là, mais je devenais l'un des meubles de la pièce. Je n'avais pourtant pas l'impression d'être la table de nuit idéale. Je ne faisais pas non plus une très bonne commode. Pourquoi ? Parce que j'étais un être humain, pas quatre blanches de bois assemblées ensemble !

Comme à chaque fois que j'étais frustrée ou énervée, je croisai mes bras sous ma poitrine. J'eus un soupir profond. J'étais totalement agacée, mais incapable de comprendre pour quelle raison exactement. Mon père n'avait strictement rien fait, pourquoi m'énerver ? Ce n'était pas comme si il se comportait comme un goujat. Non, dans les faits tout allait bien, rien n'allait mal. C'était le parfait petit tableau de famille, le vilain beau-fils en moins. Oh, je n'étais pas idiote, je sentais bien que mon père se retenait encore une fois d'incendier Ethan en ma présence. Il devait détester l'idée d'être chez lui. Nous ne vivions plus en communauté, c'était chacun chez soi. Ce qui voulait dire que mon père ne pouvait plus tenter de faire valoir son autorité. Sa présence ici ne dépendait que d'Ethan, que je trouvais déjà fort patient. Mais cela ne durerait pas, ces deux là ne cherchaient qu'un prétexte pour se taper dessus de nouveau. C'était fatiguant. Épuisant. Ils jouaient avec mes nerfs. J'en avais assez de leurs crises de jalousie. Assez de faire partie des dommages collatéraux. Ils ne faisaient même plus attention à moi. J'étais même certaine qu'ils en avaient oublié pourquoi ils se battaient. Maintenant c'était par orgueil, parce qu'ils ne voulaient pas céder en face de l'autre. Ce n'est pas grave, battez vous ! Ce n'est pas comme si j'en souffrais, après tout ! La gentille Katarina ne souffre pas, ou alors en silence, pour n'ennuyer personne !

« Tu te moques de moi ? »

J'avais relevé la tête vers lui brusquement. Je venais d'entendre quelque chose qui ne me plaisait absolument pas. Quelque chose qui ressemblait exactement à une excuse toute faite et parfaite.

« C'est un bébé qu'Inessa va mettre au monde, pas un boulet ! »

Oh, cet enfant n'était pas voulu, il ne fallait pas en douter ! Il n'en parlait même pas comme du sien. Je ne pouvais m'empêcher de me demander s'il avait pensé la même chose pour moi. Est-ce qu'il avait parlé de moi comme de « l'enfant de Sonja » ? Ma mère n'était pas tombée enceinte toute seule, et Inessa n'était pas tombée enceinte toute seule ! Comme à chaque fois, c'était la faute des autres, il était parfaitement innocent, il n'y était pour rien. Ce que c'était agaçant ! Il avait beau avoir cinquante ans, ayant la moitié de son âge j'avais pourtant l'impression d'assumer mille fois plus de choses que lui. Lui ne savait pas reconnaître ses erreurs, et encore moins les assumer. Combien de fois comptait-il mettre une femme enceinte sans le vouloir ? Il ne fallait tout de même pas sortir de l'université pour savoir qu'il y avait des moyens d'éviter ce genre de chose. Et quand bien même aujourd'hui c'était plus compliqué, il n'avait qu'à faire attention à ce qu'il faisait. Après tout c'était son problème si il voulait coucher avec n'importe qui. Mais dans ce cas, qu'il ne se plaigne pas de ce qui risquait de lui arriver. Et il s'étonnait qu'elle le repousse ? Qu'elle soit en colère après lui ? Il n'avait que ce qu'il avait mérité, après tout. Mais à tous les coups, il se ferait bientôt passer pour un pauvre malheureux qui n'a pas mérité ce qu'il lui arrive. Cependant, il semblait que c'était impossible de lui faire comprendre cela. Quelque part il était comme Ethan, il n'entendait que ce qu'il voulait bien entendre. Ils étaient sourds sur commande ! J'étais très patiente avec eux, plus que ne l'était la moyenne des gens. Mais intérieurement je commençais à bouillir, aussi bien après l'un que l'autre. Mais au moins, je ne servais pas de lot de consolation à Ethan.

Je me suis levée très brusquement, et je me suis dirigée à grands pas vers Lena. Je n'ai pas attendu qu'elle me remarque pour la soulever et la détacher de son grand-père. Elle a poussé un petit cru d'agacement, et elle lançait la tête en arrière pour tenter de m'échapper. Sans plus de cérémonie je l'ai mise dans son lit à barreaux. Elle a fait une drôle de tête, alors pour ne pas la frustrer j'ai plus ou moins balancé quelques petites peluches dedans pour l'occuper. Elle m'a clairement dévisagée, avant de s'occuper de ses peluches. Mon père devait très certainement se demander pourquoi je lui retirai Lena si brusquement alors qu'elle ne faisait rien de mal, rien qui puisse justifier que je l'éloigne si soudainement. La raison était très simple en réalité. J'allais très certainement me disputer avec mon père, et je ne voulais pas qu'elle soit témoin d'une dispute. Ce n'était pas sa place. Je pris une profonde inspiration, avant de me retourner vers mon père.

« Sors de sa chambre. »

Je n'attendis pas vraiment qu'il m'obéisse, je le poussai plus dehors que je ne le lui demandai. Je refermai la porte derrière moi, assez sèchement. J'aurais pu lui proposer de descendre dans le salon, mais non, je suis restée plantée dans le couloir. Je me fichais de paraître impolie. Je m'en fichais, parce que d'ici cinq minutes, l'endroit n'aurait plus la moindre importante. Secouant légèrement la tête, je me passai une main dans les cheveux. J'étais au bord de l'explosion et cela se voyait.

« Alors quoi ? Maintenant tu cherches des excuses pour ne plus me voir ? Ou c'est dans l'autre sens ? Quand personne d'autre ne s'intéresse au pauvre Alexeï, c'est vers sa fille qu'il va ? »

Contrôle toi Katarina, ne te mets pas à hurler. Pas maintenant du moins. Nous aurions tout le temps de nous hurler des insanités à la figure. Chaque chose en son temps. Pour le moment j'avais simplement besoin de lui dire tout ce que j'avais sur le cœur.

« Tu n'as jamais remarqué ? Tu n'as pas été là pour moi une seule seconde quand Inessa était encore avec toi, quand elle faisait encore attention à toi ! Tu as disparu aussi vite que tu étais arrivé lorsqu'elle est arrivée ! Et maintenant tu oses me dire que tu DEVRAS rester avec elle lorsqu'elle aura accouché ? Est-ce que tu me prends pour une idiote ? Ose me dire que cela ne t'arrangera pas de passer tout ton temps avec elle ! Là, voilà, tu l'as ton prétexte pour ne plus te soucier de ta fille ! »

Je ne supportais pas qu'il se serve de cette excuse. Qu'il le dise clairement, s'il n'avait plus envie de me voir, s'il n'avait plus envie d'affronter Ethan. Qu'il le dise, qu'il soit au moins honnête !

« Ne peux-tu pas me dire la vérité ?! Si tu ne veux plus venir, ne viens plus, mais cesse de jouer la victime ! Sois honnête au moins une fois dans ta vie ! »

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MessageSujet: Re: Am I able to take care of you now ? [PV Katarina]   Ven 27 Mai - 15:11

La tension qui régnait dans la pièce, venant de je ne sais où, d'un certain malaise que Katarina semblait ressentir sans que je sache pourquoi, explosa d'un seul coup. Et je vis instantanément rouge.

- Mais de quoi tu te mêles, Katarina ? C'est ton enfant, peut-être ? Que sais-tu de ce qui s'est passé entre Inessa et moi, hein ?

Non, ce n'était pas son enfant. Elle n'avait pas à juger de ce qu'il était vis-à-vis de moi. Ce n'était pas mon enfant non plus. C'était celui d'Armando ! Je supportais ça sans mot dire, j'avais accepté tacitement de m'en occuper en ramenant Inessa avec moi. Mais m'en occuper ne signifiait pas l'aimer ! Je n'aimerais jamais cet enfant. Est-il possible d'aimer un bébé que votre meilleur ami a fait à votre compagne ? J'aurais détesté Armando si nous étions aussi proches qu'avant. mais là, c'était encore pire, parce que je le haïssais. Je le haïssais, mais néanmoins, cette amitié flottait encore entre nous, et cette grossesse était un coup doublement porté au cœur. Il le savait parfaitement, j'en étais certain. Drôle de relation que nous avions là, trop proche pour ne pas être malsaine malgré notre haine, et je détestais cela. Que Katarina me le balance à la figure ainsi... Si, cet enfant était un boulet. Un boulet à ma cheville, à mon cœur. plus qu'elle ne le saurait jamais. Parce que malgré tout, j'aimais profondément Inessa, et je ne voulais surtout pas que l'on sache cela, je ne voulais pas détruire davantage sa réputation déjà bien amochée par ma faute. On détesterait ce gosse aussi si l'on savait la vérité. Mieux valait qu'il croie que son père ne l'aimait pas plutôt que sa véritable identité. Je n'en avais jamais parlé avec Inessa, j'ignorais quelles étaient ses intentions à ce sujet. Et je m'en fichais éperdument.

Sur le coup, l'accès de colère qui m'avait pris était si brusque que je ne remarquais même pas qu'elle m'arrachait Lena. Le bébé sembla perplexe vis-à-vis de la réaction de sa mère mais fit vite abstraction en retrouvant ses peluches. Un adulte aurait haussé les épaules avant de retourner à ses occupations en faisant mine de ne pas remarquer que j'allais me disputer avec ma fille. Comme toujours ! Toujours cela se finissait en dispute ! Et toujours je le regrettais, mais là je n'en avais pas envie. Rien ne m'excédait plus de l'entendre me critiquer à cause de l'enfant d'Armando, alors que quelque part, c'était presque une bonne action que je faisais là. Ç'aurait été une excellente raison pour laisser Inessa pourrir à New York, non ? Mais ça, je ne pouvais pas le dire. Cette impuissance me frustrait au possible. Katarina ne savait rien, rien du tout. Sur ce sujet, elle n'avait strictement rien à faire à part se taire !

Je la laissai tout dévider. Bras croisés, yeux de glace, comme jamais elle ne les avait vus. Non, Katarina n'avait jamais subi ce regard plus froid que la Sibérie d'habitude. Oh, elle le connaissait très certainement, mais c'était contre d'autres qu'il était dirigé. Seulement aujourd'hui, il n'y avait personne, rien qu'elle et moi, et je la fusillais de ce regard alors qu'elle s'en fichait éperdument, ses yeux bleus trop semblables aux miens le soutenant sans ciller. Nous nous ressemblions, en ce moment ; tous les deux à s'affronter, droits, froids - pour le moment - bras croisés et expression fermée et colérique sur nos traits... Détestable, absolument détestable. Le sang battait à mes tempes sous l'effet de la fureur qui m'envahissait à ses mots, mais je ne disais rien. Jusqu'à ce qu'un long silence suive sa dernière phrase.

- C'est bon, tu as fini ? demandai-je plaisamment.

Question de pure rhétorique. Avant qu'elle n'ait le temps d'ouvrir la bouche, je repris :

- Je vais t'apprendre un scoop, Katarina. Dans un lointain passé, un passé où Ethan Jones t'était inconnu, un passé où tu n'étais qu'une gamine idiote incapable de se débrouiller par elle-même, un passé où tu portais encore le même nom de famille que moi, il existait un lien entre nous. Je crois bien que ça s'appelle un père. Et figure-toi qu'à cette époque bien-aimée, les filles obéissaient à leur père. Elles ne se mêlaient pas de leurs relations avec leur mère ou tout autre femme, d'ailleurs. Elles étaient simplement reconnaissantes à leur père de leur avoir assuré une vie décente. Elles avaient conscience que leur père était beaucoup trop gentil et leur offrait tout ce qu'elles voulaient. Enfin tu vois, je parle des filles en général, mais là, je pense surtout à une personne en particulier, Katarina Alexeïevna !

J'étais en rage. J'étais en rage et malgré tout je restais calme, effroyablement calme. je ne savais même pas comment j'y parvenais.

- Maintenant, je vais mettre certaines choses au clair. Tu ne me parles plus jamais d'Inessa et de cet enfant. JAMAIS. Tu 'es pas au courant de la moitié de l'histoire, et ça ne te regarde absolument pas, donc non, je suis navré, mais tu n'auras pas droit à la vérité pour ça. Tu ne prétends plus jamais que je me fiche de toi. Pas après tout ce que je t'ai offert, pas alors que par ta faute, je me retrouve coincé dans un pays que j'exècre, pas alors que tu me jetterais aux oubliettes sans le moindre remords pour ton Ethan. Et surtout, SURTOUT, ne m'accuse plus jamais de malhonnêteté, principalement alors que tu n'es au courant de rien. Tu n'es pas dans ma tête ! Tu es ma fille, et je suis ton père. Alors je peux bien faire toutes les conneries que je veux, ce n'est pas et ce ne sera jamais à toi de me le reprocher !
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MessageSujet: Re: Am I able to take care of you now ? [PV Katarina]   Sam 28 Mai - 12:46

De quoi je me mêlais ? Ah, elle était bien bonne celle là ! Je me mêlais de ce qui me concernait, contrairement à lui. Ce bébé ferait partie de ma famille, que je le veuille ou non ce serait mon frère ou ma sœur (je ne me faisais toujours pas à l'idée d'être mère et sœur en même temps), et je ne voulais pas qu'avant même d'être né il soit considéré comme un moins que rien par son père avant même d'être né. Quelle vie cet enfant aurait-il ? Il partait déjà mal dans la vie, avec Alexeï Kuryenko comme père. Il n'aurait pas, comme moi, la chance de prouver qu'il était quelqu'un à part entière, bien différent de son père. J'avais eu de la chance, personne n'avait su qu'il était mon père, et moi même, n'ayant pas su qu'il était l'ancien associé d'Armando, j'avais pu m'en sortir. Mais maintenant, depuis que cela se savait, j'avais hérité d'une nouvelle étiquette, celle de « Fille d'Alexeï Kuryenko l'ancien mafieux qui fait du mal à tout le monde ». De temps à autre, j'avais l'impression qu'on oubliait ce que j'avais fait, on oubliait que j'avais été là pour tout le monde. Depuis qu'il était arrivé, on me tournait le dos. Certainement de peur de représailles de sa part. Ce que m'avait dit Aristide à ce sujet me revint brusquement en mémoire. Il avait peur de se rapprocher de moi, parce que mon père s'en prenait à Diane. Mais pourquoi s'en prenait-il à elle, à la fin ? Qu'avait-elle bien pu lui faire ? Certainement rien qui mérite un tel traitement. C'était là le vrai visage de mon père : un homme qui aime faire du mal aux autres, qui aime les terrifier. Il aurait dû avoir honte ! On ne pouvait pas traiter les gens comme cela ! Il était sur la corde raide, un pas de trop et il était mis dehors. Peut-être que des personnes tenaient à lui ici, mais si il continuait à se comporter d'une telle façon, il ne ferait pas long feu ici. Et c'était normal. Il n'avait pas à blesser les gens ainsi. Il se sentait peut-être surpuissant, mais il aurait mieux fait de se rappeler que sa présence était seulement tolérée ici. Il était sur le siège éjectable, il ne tenait qu'à nous d'appuyer sur le bouton pour nous débarrasser de lui. Ce ne serait certainement pas moi qui m'y opposerais.

« Je ne sais certainement pas ce qu'il s'est passé entre vous, et je ne veux pas le savoir, tes histoires de coucheries ne me regardent pas ! Tout ce que je sais, c'est que ce n'est pas la faute de ce bébé ! »

Il n'avait pas demandé à être là, et à mon humble avis, il se serait bien passé d'avoir un père pareil. Tout comme moi d'ailleurs ! Je préférais tellement le savoir mort à Moscou ! Au moins j'avais encore l'image d'un père ! Cette image, il l'avait pratiquement détruite au moment où il avait posé le pied dans la Communauté. Maintenant je n'avais plus que l'image d'un mythomane. Il croyait à ses propres mensonges, à force de les répéter. Moi, tout ce que je voyais, c'était que je n'avais jamais été qu'un poids pour lui. Lui même l'avait avoué. Et c'était de plus en plus évident. Je ne supportais plus son attitude, je ne supportais plus de n'être bonne qu'à remplacer quelqu'un d'autre. Je n'étais pas une roue de secours, nom de dieu ! Je voyais bien comment il me regardait. Il me regardait avec un air tellement froid et supérieur que j'avais envie de le gifler pour le remettre à sa place. Je n'étais pas une moins que rien, il n'avait pas à me regarder de cette façon ! Si quelqu'un ici devait avoir honte c'était lui, pas moi. Je n'avais rien à me reprocher, je n'avais jamais rien fait pour qu'il me traite de cette façon. Il ne pouvait pas faire comme si je n'étais qu'une roue de secours et en même temps me considérer comme sa propriété exclusive. Je ne lui appartenais pas ! Il n'avait aucun droit sur moi, qu'il se le tienne pour dit. Je n'étais plus cette poupée qu'il avait l'habitude de trainer partout !

J'eus envie de lui faire ravaler son petit air supérieur lorsqu'il me demanda si j'avais terminé. J'allais dire que non, je n'en avais certainement pas terminé avec lui, mais je n'ai pas eu le temps de le faire. Avant même que j'aie pu ouvrir la bouche, il s'est mis à déverser sa colère sur moi, comme si j'étais la seule responsable. Je serrai les points lorsqu'il me traita de gamine idiote et incapable. Je ne dis rien non plus lorsqu'il m'accusa d'être une fille indigne et ingrate. Je ne dis rien, mais intérieurement je bouillais. Mais pour qui se prenait-il ? Comment osait-il me dire des choses pareilles, dans ma propre maison ? Alors qu'il n'était qu'un invité dans notre maison ? Je manquai de perdre mon sang froid lorsqu'il me fit son petit discours sur l'honnêteté et compagnie. Ah, nous y voilà. Il se faisait enfin passer pour la victime. Comme à chaque fois. Non pas que cela m'étonne. Au contraire, c'était absolument ce à quoi je m'attendais. À chaque fois qu'on lui disait ses quatre vérités, il retournait sa veste et se transformait en parfaite petite victime. Mais c'était mal me connaître que de croire que je n'allais rien faire pour me défendre. J'étais peut-être adorable, mais je n'étais pas non plus du genre à me laisser faire. Si il ne m'avait jamais vue en colère, j'allais y remédier immédiatement. Ce n'était pas dans mes habitudes de hurler. D'ordinaire, je gardais toujours mon sang froid, même en étant folle de rage. Cette fois ci, je sentais que j'en serais incapable. J'avais bien fait de laisser Lena dans sa chambre. Elle n'avait rien à faire au milieu d'une dispute d'adultes. Eh oui, j'étais adulte, même si mon cher paternel se bornait à me voir comme une petite fille incapable. Cela avait assez duré.

« Je n'ai jamais eu besoin de toi ! Tu entends ? Jamais ! Je me suis toujours débrouillée toute seule, parce que la seule chose que tu savais faire c'était me trimballer d'un endroit à l'autre ! Je ne me suis JAMAIS mêlée de tes affaires, parce que tu me mentais en permanence ! Je ne disais rien sur toutes ces femmes qui passaient dans ton lit, parce que j'étais trop occupée à tenter d'avoir une vie normale pour une petite fille de mon âge ! »

A cause de ses déplacements, j'avais souvent changé d'école. À chaque fois cela m'avait fait un choc, et je me demandais comment j'avais bien pu faire pour m'assurer un bon niveau scolaire. J'avais toujours été douée à l'école, et ce bonne pour une seule raison : c'était la seule chose qu'il y avait dans ma vie. Je n'avais jamais eu d'activités de petite fille. Oh oui, j'avais des dizaines de poupées, de petits chevaux, de peluches, de livres de contes... Mais je n'avais jamais pu les partager.

« Je n'ai jamais eu d'amis ! Il n'y avait que Vitali ! Je me serais bien passée de ta vie "décente" comme tu l'appelles ! Les seuls enfants que je fréquentais n'étaient que des gosses de riches ! J'étais toujours toute seule ! »

J'avais passé des week-end toute seule à jouer avec mes poupées, à tourner en rond dans ma chambre. Je regardais des films et des dessins animés en rêvant d'avoir la même vie que ces personnages, parce que moi j'étais cloitrée entre quatre murs. J'avais pour seule compagnie mon chien et ma nourrice. Et quand mon père était là, c'était à peine s'il faisait attention à moi. Il était toujours plongé dans ses papiers, ou collé avec Armando. Ses conquêtes, il ne les ramenait pas à la maison. Ce qui ne m'empêchait pas de connaître la plupart d'entre elles. Les pires, c'étaient celles qui s'imaginaient devenir ma mère en une minute. J'en avais horreur.

« Qu'est-ce que tu croyais ? Que tous tes cadeaux remplaceraient ta présence ? »

Je n'avais pas besoin de tous ces jouets. J'avais simplement besoin d'un peu d'attention, et je n'en avais pas beaucoup eu. Ce qui me contentait dans mon idée. Je n'avais jamais eu besoin de lui. Peut-être que je n'avais pas gagné ma vie dès mon plus jeune âge, mais j'étais devenue indépendante tout de suite. J'avais appris à me débrouiller. Je n'avais pas eu le choix. Alors il n'avait pas à me dire que je lui devais tout. Non, je ne lui devais rien, rien du tout. Il ne pouvait pas dire que j'avais été capricieuse, je n'avais jamais rien réclamé. Bien sûr, comme tous les enfants il m'était arrivé de demander un jouet à la mode, mais rien de plus. De toute façon je préférais les livres, ils me permettaient de m'échapper un peu. Je n'avais pas été comme ces petites pestes qui voulaient tout et n'importe quoi sous prétexte que papa pouvait le leur payer. Ses reproches n'étaient même fondés. Il n'était même pas capable d'assumer ses erreurs. Il m'avait gâtée pour se donner bonne conscience, c'était tout. Et quand j'avais grandi, il m'avait étouffée, changeant radicalement de caractère. Pourquoi donc ? Parce que j'avais commencé à ressembler à me mère, peut-être.

« Ma faute ? MA FAUTE ? Mais tu n'étais pas obligé de venir ! Pourquoi est-ce que tu crois que je suis venue ici ? Je n'en pouvais plus ! Tu m'étouffais ! Tu m'empêchais de vivre ma vie ! Si cela n'avait tenu qu'à toi, je ne serais jamais devenue chirurgienne ! Non, tu aurais fait de moi une parfaite petite femme à marier ! Pour me contrôler toute ta vie ! »

Je hurlais presque, à présent. Mais je disais enfin ce que je rêvais de lui dire depuis des années. J'avais travaillé pour gagner de quoi payer mes études très vite, simplement pour pouvoir couper le lien avec lui, pour ne plus jamais dépendre de lui. J'avais payé mes études SEULE, quand bien même il me demandait sans arrêt de le laisser les payer. J'avais toujours refusé. J'avais voulu être indépendante le plus tôt possible. Pourquoi New-York ? Outre le fait que la ville me faisait rêvait et qu'elle possédait une des plus prestigieuses facultés de médecine, je savais aussi que mon père, en bon russe, détestait les USA et n'y mettrait pas souvent les pieds.

« Je suis venue ici pour te fuir ! Pour vivre MA vie ! Tu m'étouffais, parce que tu avais plus besoin de moi que je n'avais besoin de toi ! JE N'AI JAMAIS EU BESOIN DE TON PUTAIN DE FRIC ! »

Je n'étais pas souvent vulgaire, mais là je ne pouvais pas rester parfaitement correcte et polie. J'étais à bout. À bout de nerfs, à bout de forces, à bout de tout. Je n'étais plus la gentille Katarina qui encaissait tout. J'étais la Katarina qui en avait assez d'être traitée comme un objet. J'en avais assez.

« Je suis ta FILLE, pas ta POUPEE ! Je ne t'appartiens pas, je n'appartiens à personne ! Et tes conneries ont failli me tuer ! J'ai le droit de te le reprocher ! J'ai failli mourir à cause de toi et de ton passé ! Est-ce que tu te rends compte ? Est-ce que tu te rends compte ?! J'ai payé pour toi ! Alors tu la fermes, parce que tes conneries, j'ai le DROIT de te les balancer dans la gueule ! Parce que je me dis qu'un de ces jours, tu finiras par voir la vérité en face ! »

J'étais rouge de colère. Je ne pensais même plus à ma pauvre petite princesse qui devait être morte de peur dans son lit. Ni au bébé qui serait bien capable de vouloir naitre maintenant à cause de tout ce stress que je devais lui transmettre involontairement. J'étais tellement folle de rage, que sans même le prévoir j'ai lâché LA bombe. Je ne savais même pas que je le pensais.

« TU N'ES QU'UN PERE DE MERDE ! »

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MessageSujet: Re: Am I able to take care of you now ? [PV Katarina]   Mar 7 Juin - 19:23

Tais-toi, tais-toi, TAIS-TOI ! Évidemment que ce bébé n'y était pour rien ! Mais ce n'était pas le mien et je n'avais aucune raison de m'en occuper, si ce n'était par charité ! Même si son vrai père avait été au courant, il n'en aurait rien eu à faire - à moins évidemment d'avoir un éventuel deuxième héritier, mais je doutais que Katarina souhaitât pour n'importe quel enfant l'éducation qu'avait eu Vitali, surtout de nos jours. Si c'était une fille, alors là ce n'était même pas la peine, il aurait envoyé la mère et l'enfant par le fond tout comme il l'avait fait pour la génitrice de son premier fils. Que croyait-elle ? Je crevais d'envie de lui balancer tout ça à la figure, je crevais d'envie de lui dire la vérité, mais je ne le pouvais pas, pour Inessa. Retiens-toi, Alexeï, ne la brise pas simplement à cause de ta colère, elle l'a suffisamment été à cause de toi et de ta réputation...

- Ce bébé, je vais l'accueillir, en prendre soin, l'éduquer, et c'est déjà beaucoup. Tout le monde ne l'aurait pas fait, et si ça ne te plaît pas, mademoiselle l'impertinente, tu n'as qu'à trouver quelqu'un d'autre pour s'en occuper !

J'avais conscience de paraître cruel, mais je m'en moquais éperdument - au point où j'en étais... Je préférais passer pour un insensible plutôt qu'Inessa ne passe pour une catin. Et la façon dont ma fille en parlait alors qu'elle ne savait rien, rien du tout, me donnait envie de la gifler. C'était la première fois que je voulais frapper ma fille... Quand elle était enfant, si jamais un geste malheureux m'avait échappé, je me serais maudit jusqu'à la fin de mes jours. Je ne comprenais pas les parents qui levaient la main sur leurs enfants. Mo enfant, c'était mon trésor, mon précieux diamant, une créature unique au monde, pleine de perfection, et cependant aussi fragile qu'une aile de papillon. L'aile de papillon qui bat au Texas et provoque une tornade au Brésil...

Katarina avait battu des ailes, pris son envol. La tornade, elle, avait pris place dans mon cœur. En cet instant précis, je détestais ma fille, comme jamais je ne l'aurais osé dans mes pires cauchemars. Et je m'en moquais éperdument, je m'en moquais parce qu'elle me blessait, parce qu'elle me hurlait dessus en oubliant que j'étais son père, parce que j'en avais assez que les choses ne soient pas entre nous ce qu'elles étaient censées être. J'avais toujours été à genoux devant ma fille, et même si elle n'en avait pas profité, le fait était que ce n'était pas elle qui m'obéissait. Il suffisait qu'elle élève un peu la voix pour que je cède à tous ses désirs. Fais des études de médecin, Katarina, je t'en prie, vas-y, exile-toi dans un pays que j'exècre, aucun problème ! Ces derniers temps, j'avais beaucoup crié, nous n'avions cessé de nous disputer. Mais voyait-elle au moins que si je l'avais réellement désiré, j'aurais parfaitement pu voir Lena, la séparer d'Ethan, le plus facilement du monde ? Pour ne citer que les plus évidents de nos points de dissension, évidemment...

- Pourtant tu aurais pu, Katarina, tu aurais pu dire tellement de choses sur les idiotes avec qui j'ai pu être depuis la mort de ta mère ! Mais non, tu préfères t'attaquer à Inessa ? Tu préfères t'attaquer à la seule femme que j'aime sincèrement ? Bravo, très mature - si je ne te connaissais pas je dirais que tu es jalouse, mais non, évidemment, tu es trop parfaite pour ça...

Furieux, je frappai le mur de mon poing, faisant trembler les murs. Alors quoi, elle se plaignait d'avoir eu une vie que n'importe qui lui aurait enviée, maintenant ?

- Oh, pauvre petite chérie ! Cet enfant que je vais avoir, je ne ferai aucun effort pour le rendre heureux, ni pour lui trouver de jouets, je le laisserai vivre et affronter seul la misère dans laquelle nous devons nous débrouiller aujourd'hui, et tu verras s'il n'en voudra pas à sa sœur quand il saura dans quelle opulence elle a grandi ! Des gens tueraient pour avoir l'enfance que tu as connu, Katarina !

Et des gens étaient morts pour la lui assurer, songeai-je brutalement - mais cette pensée, je l'écartai bien rapidement. Je n'en avais jamais été directement responsable. Je n'avais jamais appuyé sur la gâchette, non, je n'étais pas assez stupide pour ça. Et je ne voulais pas bercer ma fille avec des mains tachées de sang, oubliant sciemment le meurtre de celui qui avait été responsable de la mort de Sonja, oubliant sciemment qu'à cause de moi, bien des gens mouraient, même si je n'en étais pas l'exécutant... Peu m'importait. Mais là, maintenant, je regrettais de ne pas l'avoir fait. Pourquoi ne pas lui donner une raison supplémentaire de m'engueuler, hein ? Puisqu'elle voulait faire la morale à son père, autant aller jusqu'au bout !

- Mais justement, ça n'a pas tenu qu'à toi ! criai-je. J'ai toujours accédé à tous tes désirs ! Oui, j'aurais aimé que tu ne te lances pas dans des études de médecine, et pourtant je t'ai laissée faire, toujours ! Comment oses-tu dire que je t'étouffais alors que tu as toujours eu toute liberté de faire ce que tu voulais ? Je ne t'ai JAMAIS contrôlée ! Tu avais mon avis, après, tu en faisais ce que tu voulais, et Dieu sait si j'ai hésité à t'empêcher de faire ce que tu désirais, justement !

Sa vulgarité ne me choqua même pas parce que c'était elle, Katarina, si polie, si retenue, qui prononçait ces mots, mais uniquement parce que c'était ma fille ! MA FILLE, NOM DE DIEU ! Elle me devait le respect, un foutu respect qu'elle ne m'avait jamais accordé ! J'en avais assez que les situations soient inversées ! Je n'étais pas son chien, je n'étais pas son esclave, j'avais le double de son âge et j'étais son PÈRE, comme elle le disait si bien !

- TU NE ME PARLES PAS COMME ÇA, KATARINA ! C'est ça que vivre avec un foutu junkie t'apprend ? C'est comme ça que tu me parles ? Devant ta fille ? Bravo, franchement bravo ! Mon putain de fric, il t'emmerde, Miss Parfaite, on se demande d'ailleurs comment tu as pu être aussi merveilleuse avec un géniteur comme moi ! Va savoir, peut-être que je t'ai menti sur tes origines aussi ! Ça expliquerait bien des choses...
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MessageSujet: Re: Am I able to take care of you now ? [PV Katarina]   Mer 8 Juin - 15:46

Jamais de toute ma vie je n’avais eu envie de blesser mon père. Jamais jusqu’à aujourd’hui. Là j’avais juste envie de lui cracher toutes ses erreurs au visage. Ce n’était pas agréable, il n’aimait pas cela et cela se voyait. Mais après tout il n’avait jamais aimé la vérité, n’est-ce pas ? Cela ne m’étonnait même pas qu’il retourne contre moi tout ce que je lui disais. Il était aussi menteur que manipulateur. Il n’était pas capable de supporter la vérité. On aurait dit qu’elle lui brulait le visage comme le soleil aurait brulé la peau d’un vampire. Il était pathétique dans son déni. Il n’était pas crédible une seule seconde en victime. On aurait dit un mauvais acteur de soap opéra. Même s’il connaissait son rôle sur le bout des doigts, il n’arrivait pas à donner l’impression d’être réel. C’était surjoué. Il manquait un brin de sincérité dans son interprétation. N’aurait-il pas pu simplement accepter ses erreurs et tenter d’aller de l’avant ? Il était aussi accroché au passé qu’une moule à son rocher. A ceci près qu’il était censé avoir un QI un peu plus développé que celui d’un coquillage invertébré. Je dis bien censé. Parce qu’actuellement, les deux semblaient se valoir. Ne savait-il donc pas se servir de son cerveau ? Ce n’était pourtant pas bien compliqué. Je ne lui demandais pas la lune, juste d’être un peu sincère. Personne n’est parfait, je le savais bien. Je n’avais jamais réclamé la perfection de quiconque, parce que je savais que ce n’était pas humainement possible. J’étais la première à en être éloignée, et j’en avais plus qu’assez de passer pour une incarnation de la perfection. Cela me faisait passer pour une petite idiote et rien de plus.

« Beaucoup ? Beaucoup ? Ce n’est rien quand il s’agit de son enfant ! Inessa n’est pas tombée enceinte toute seule, pas plus que moi d’ailleurs ! »

Avec qui croyait-il qu’elle avait fait l’enfant, avec un arbre peut-être ? Il devait se penser maudit. Oui, après tout, il n’avait voulu aucun de ses enfants. Dommage pour lui ! Je n’avais plus entendu parler de mon supposé demi-frère, d’ailleurs. Encore un qu’il n’avait pas hésité à abandonner. L’instinct paternel, ce n’était pas son truc, visiblement ! Je me demandais même s’il n’aurait pas mieux valu que cet enfant ait un autre père. Quand on voyait ce que valait celui là, on ne pouvait qu’avoir des doutes quant à sa capacité à élever des enfants. Il avait passé l’âge d’en avoir d’ailleurs ! Je ne parvenais pas à réaliser que j’allais devenir mère ET sœur dans le même laps de temps. Inessa ne devait pas être loin du terme elle non plus. Ce n’était pas sa faute, mais ce n’était pas agréable pour moi. L’enfant non plus n’y était pour rien, je n’avais aucun grief contre lui. Mais c’était une nouvelle excuse pour mon père, pour qu’il cesse de s’occuper de moi. On aurait dit qu’il cherchait à se construire une nouvelle famille, parce que l’ancienne ne lui convenait plus. On efface tout et on recommence, avec la "même" femme si possible. Je crois qu’il avait aussi du mal à encaisser qu’un junkie fasse partie de sa famille, en tant que gendre.

« Détrompe toi, je n’ai rien contre Inessa. Elle ne m’a rien fait, ELLE. Ce n’est pas sa faute si elle est tombée sur toi ! »

Qu’il dise encore que j’étais "parfaite" sur ce ton là et je ne répondais plus de rien. J’aimais de moins en moins son ton. Si j’étais en colère, lui était clairement sarcastique et moqueur. J’eus un sursaut lorsqu’il frappa le mur, et reculai d’un pas, blême. Pas besoin d’avoir 200 de QI pour deviner que ce coup de poing, j’aurais pu – et dû – me le prendre en pleine figure. Au mois se maitrisait-il toujours un minimum. Il faut dire que s’il m’avait touchée, alors que j’étais enceinte et presque à terme, son espérance de vie se serait raccourcie relativement vite. Ethan n’attendait qu’une bonne raison de le démolir, et je regrettais presque de ne pas pouvoir la lui donner. Il avait de la chance, je savais jusqu’où Ethan était capable d’aller et je voulais éviter qu’il finisse en miettes. Non pas que j’en ai réellement quelque chose à faire, au fond.

« Et moi j’aurais tué pour avoir un père présent ! Tu ne comprends pas que ce qui m’a manqué, c’est ton affection ? Tu n’étais pas le plus démonstratif des pères ! Quand j’étais petite j’étais persuadée que tu me détestais ! »

Il avait rarement un mot gentil. J’étais seule la plupart du temps, je n’avais pas d’amis. Jamais nous ne partagions de repas ensemble, sauf quand il y avait une femme à me présenter. Là je lui assurais bonne réputation et ses femmes se laissaient avoir par l’image du père célibataire et veuf. Et voilà qu’il se transformait en père martyrisé par sa fille qui n’en faisait qu’à sa tête. Oh oui c’était bien moi la méchante fille qui n’avait jamais écouté son père, qui était partie, l’abandonnant à son triste sort… J’en étais verte de colère.

« Non mais tu t’entends ? Tu détournes absolument tout à ton avantage ! C’est plus fort que toi, il faut que tu te victimises ! Si tu ne m’as jamais contrôlée, c’est parce que je t’en ai empêché ! Je ne serais JAMAIS devenue ta poupée ! »

C’était cela qui le mettait en colère. Ne jamais avoir été en mesure de contrôler sa propre fille. Cela avait de quoi. Un manipulateur qui n’est pas capable de gérer sa propre fille, ce devait être pitoyable dans son milieu. J’eus brusquement l’impression qu’il venait de m’asséner une claque magistrale. J’ai cessé de l’écouter tout à coup. Il venait encore une fois de cracher sur Ethan, il venait encore une fois de le traiter de junkie. La fois de trop. J’ai dû devenir encore plus rouge de colère que je ne l’étais déjà. Il n’aurait jamais dû dire ça. Je l’ai giflé, violemment, si fort que cela a raisonné. Et j’ai perdu les pédales pour de bon.

« NE PARLE PLUS JAMAIS D’ETHAN DE CETTE FACON ! Tu veux que je te respecte, hein ? Commence TOI par respecter mon mari et je songerai à te rendre la politesse ! Tu crois que j’en ai quelque chose à foutre de ce que tu penses d’Ethan ? Non monsieur, absolument pas ! Et tu sais pourquoi ? C’est MA vie, pas la tienne ! J’épouse qui je veux, et tu n’as pas à me donner ton consentement ! Le Moyen-âge c’est fini monsieur l’arriéré ! »

J’en avais mal à la gorge à force de hurler. D’un geste impérieux, je lui ai désigné la porte, au rez de chaussé.

« Maintenant sors de chez moi. SORS ! Je t’interdis de revenir, je t’interdis de toucher à ma fille ! Va-t-en, sors de ma vie, une bonne fois pour toutes comme tu aurais dû le faire depuis longtemps ! j’étais bien mieux quand je te pensais mort figure toi ! SORS ! »

_________________
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— J.R.R. Tolkien.
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MessageSujet: Re: Am I able to take care of you now ? [PV Katarina]   Dim 12 Juin - 15:21

[Navrée pour cette nuit, j'ai eu une brutale chape de fatigue, t'es pas la seule à avoir été déçue >.< *va se pendre*]

Ah ça non, Inessa n'était pas tombée enceinte toute seule ! Elle était tombée enceinte de celui qui avait été mon meilleur ami pendant vingt ans, mon associé, le seul en qui j'avais réellement confiance, et qui était désormais la personne que je haïssais le plus au monde, qui avait torturé ma fille - encore que cet argument avait du mal à se faire jour en moi alors que nous nous disputions ainsi - menacé ma famille. Un meilleur ennemi peut-être ? Non, il n'existe pas de meilleur ennemi. Je n'éprouvais aucune admiration, aucun respect pour lui. Je voulais juste en finir. J'enrageais en repensant à l'attaque et ma maudite faiblesse, mon impossible lâcheté ! Quand je revoyais la scène réciproquement, j'avais envie de hurler à mon double quoi faire. J'avais envie de le frapper pour ses hésitations. Qu'est-ce qui est le pire, que votre femme couche avec votre meilleur ami ou votre pire ennemi ? Inessa avait réussi l'exploit de faire les deux à la fois.

- Tu as raison, va. C'est moi qui ai manipulé Inessa, qui l'ai séduite sans vergogne. Ce n'est pas comme si elle avait été folle de moi pendant deux ans sans que je lui demande jamais rien !

Je fulminais alors qu'elle se plaignait du père que j'avais été. Elle se contredisait elle-même ! Je l'étouffais, je n'avais pas été assez présent. Je la gâtais trop, je ne la laissais pas faire ce qu'elle voulait. Apparemment, quels que soient mes actes, ils étaient forcément mauvais. De toute façon, pourquoi s’appesantissait-elle là-dessus ? Elle était heureuse maintenant ! Elle avait son parfait petit mari, à ses petits soins, obéissant à tous ses caprices. Elle était médecin, et plus d'une centaine de personnes comptaient sur ses compétences. Elle avait une jolie petite fille que tout le monde adorait et qui adorait tout le monde, elle était enceinte, prête d'accoucher et d'agrandir la belle famille Jones, dans leur belle maison, avec leurs beaux meubles, leur belle décoration... Il ne manquait plus que le chat et le chien au tableau. Forcément, le père mafieux, ça gâchait le tableau. Mais dans ce cas-là, elle n'avait qu'à m'oublier, me rayer de sa vie ! De toute façon, jamais elle ne voudrait m'intégrer à son tableau de famille idéal. Alors qu'elle cesse de toujours ramener sa vie passée sur la table !

J'ai proprement éclaté de rire lorsqu'elle me dit qu'elle m'avait empêché de faire de moi sa poupée. Tellement drôle ! Elle n'avait absolument pas compris ce que je voulais dire par là.

- Katarina, je vais te rappeler quelque chose que tu préférerais certainement oublier : j'étais dans la mafia russe, et j'avais un très bon poste. Je ne parle pas de faire de toi ma poupée ! Je ne parle pas de mariages arrangés, ou que sais-je d'autre ! Je parle de faire en sorte que ton admission en études de médecine soit refusée. Je parle d'une série de complications qui auraient pu t'empêcher de partir aux États-Unis. J'aurais pu accumuler les obstacles sur ta route pour t'empêcher de partir, pour te décourager, en un claquement de doigts. Et je ne l'ai pas fait, parce que je ne suis pas si égoïste que tu le crois, ni si possessif envers toi. Ce sont toujours TES désirs qui ont primés ! Jamais les miens !

Et puis, elle m'a giflé.

Tellement violemment que je ne doutais pas qu'elle eût eu plus mal que moi. Quant à moi, la douleur palpitant sur ma joue m'indifférait totalement, ne faisant qu'alimenter ma colère. Je n'entendis même pas ce qu'elle me disait. Et lorsqu'elle eut fini sa diatribe, je plantai mes yeux brûlants de fureur dans les siens, si semblables et si différents à la fois, et saisis avec une force brute son poignet désignant la porte.

- Katarina. Je te jure que si tu me frappes encore une SEULE fois, tu regretteras d'être venue au monde. Si ce n'est pas déjà le cas, avec le père absolument abominable que tu te traînes, évidemment.

Elle était enceinte. Ce fut sans doute la seule chose qui me fit la lâcher avant de commettre un acte que je regretterais. Pour le coup, je l'en remerciais. De toute ma vie, jamais je n'avais été autant en colère, et je ne regrettais rien de ce que je lui avais dit, cependant je savais que je ne voulais pas lui faire mal, jamais. Même si lui rendre sa gifle pour lui rappeler qui avait l'autorité sur elle, même si c'était désormais du passé étant donné son âge, me démangeait vraiment.

- Je parlerai d'Ethan de la façon dont je veux. Je le respecterai si j'en ai envie. Et puis si tu t'en fous comme tu dis si élégamment, qu'est-ce que tu en as à faire du respect que j'ai pour lui ?

Je reculai de deux pas, rageusement, me rapprochant de la sortie, avant de lui cracher ces derniers mots à la figure :

- Ton Ethan, il t'a déjà abandonnée pour la drogue, alors qu'il t'avait juré qu'il ne recommencerait pas. Tu crois que c'est fini ? Ce ne sera jamais fini. Jusqu'à ce qu'il en crève !

Je lui adressai un signe de tête moqueur, et finis enfin par m'en aller en claquant rageusement la porte derrière moi. Je ne me rendais même pas compte à quel point ses dernières paroles m'avaient heurté, et je n'étais pas près de le réaliser. Je n'étais pas près de vouloir être entièrement dévoué à ma fille désormais.
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