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 Forgive me {Alec}

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MessageSujet: Forgive me {Alec}   Mer 15 Juin - 16:47

Il me manquait...

Il me manquait tant que j'avais mal. Pourquoi étais-je partie? Parce qu'il avait peur de devenir père, il avait peur de devoir assumer cela avec moi, je l'avais senti et j'étais partie avant qu'il ne m'abandonne. Il ne pouvait pas m'abandonner, pas lui. Je le refusais. Mes parents m'avaient abandonné déjà, les familles d'accueil ne m'avaient jamais aimée, jamais comprise. Je n'étais qu'une gamine difficile, pas du tout affectueuse. Et alors que je me rapprochais d'Alec, j'avais prit peur et j'avais fui.

Pour accoucher, seule et enceinte au beau milieu de nulle part, avec une jeune danseuse étoile pour seul soutien. Bravo Emily, très intelligent. Si Anastasia n'avait pas été là... Je serais peut-être morte et Caitlin avec moi. Mon si beau bébé, ma fille... Et dire que j'avais songé à l'abandonner quand j'avais apprit être enceinte d'Alec... Comment avais-je pu seulement songé à cela? impossible d'abandonner ma fille. Mes parents m'avaient abandonné eux, comment avaient-ils pu faire cela? N'étais-je pas assez jolie? N'étais-je pas le bébé qu'ils voulaient? Apparemment pas...

L'hiver avait fait place au printemps. Les températures remontaient. J'étais restée tout ces longs mois avec Anastasia. Sans sortir, prenant soin de ma petite puce, la protégeant de l'hiver rigoureux, morte de peur à l'idée qu'elle tombe malade. Je n'avais pas retrouvé Alec. Voulait-il seulement encore de moi, la fuyarde? Celle qui ne faisait que le laisser... Est-ce que je lui manquais autant qu'il me manquait? Avait-il envie de connaître sa fille? Il ne savait même pas que c'était une fille...

Il faisait étonnamment doux aujourd'hui. Caitlin avait grandi, elle avait de grands yeux curieux. Elle était magnifique, ayant le regard de son père. Anastasia avait déniché de jolis vêtements pour fille. Il faisait beau, chaud, je décidais de sortir un peu Cait. Pas très loin, cela restait dangereux. Je m'assis sur l'herbe au sol, en tailleur, asseyant ma fille devant moi et la laissant découvrir la nature.

Une ombre se dessina alors et je pris soudain Caitlin contre moi, me levanat d'un bond face à l'intrus... Qui n'en était pas un. Oh mon dieu. Alec... j'ouvris les yeux, la bouche, incapable de proférer une parole. Il était là, devant moi, en chair et en os et le temps semblait avoir suspendu son vol.

- "Alec..."

J'avais envie de me jeter dans ses bras, de lui demander pardon... Je tenais contre moi sa fille, notre fille, la dissimulant à son regard, par pur instinct maternel, parce que j'étais trop choqué pour esquisser le moindre geste.
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MessageSujet: Re: Forgive me {Alec}   Ven 17 Juin - 14:57

Je n’avais pas connu un hiver aussi rude depuis…en fait je n’avais pas connu d’hiver aussi rude. Ou alors était-ce parce que nous manquions de tout et que la moindre variation de température pouvait prendre de très graves proportions. Et elles en avaient pris.

J’étais tombé malade alors que je me trouvais avec Ava, cette jeune femme qui avait failli faire une overdose et que j’avais sauvé in extremis d’une mort certaine, et que nous tentions de chercher Emily. Emily….j’avais l’impression que plus jamais je ne la reverrai. J’étais pourtant sûr qu’elle m’aimait. Mais je ne comprenais pas qu’elle rejette ainsi mon amour. Je l’aimais vraiment. Bien sûr savoir que j’allais être père m’avait fait très peur, mais j’étais tout de même heureux. Il me fallait seulement du temps.

J’avais essayé de la retrouver, mais à chaque fois cette pneumonie très mal soignée revenait me clouer des jours, des semaines entières dans un endroit miteux. Peut-être que si j’avais eu un véritable médecin pour s’occuper de cette maladie, j’aurais vite recouvert la santé. Mais je n’avais eu ni médecin, ni lit d’hôpital, ni d’environnement sain, ni médicament. Et pourtant, j’avais eu de la chance que le seigneur mette une ancienne aide-soignante sur mon chemin. Louisa, une mexicaine de 45 ans. Une très gentille femme. Je m’étais attachée à elle, tout comme elle s’était attachée à moi, s’occupant de moi comme si j’avais été son fils. Elle avait eu des gestes et des attentions maternelles, et ça m’avait aidé à surmonter les épreuves.

J’avais pourtant cru en plein milieu de l’hiver qui durait que j’allais finir par succomber, et puis le printemps était revenu, et Louisa avait déniché de nouveaux médicaments. Je savais qu’elle avait du prendre des risques. Je l’avais remercié de m’avoir soigné pendant de longs mois et j’avais eu des scrupules à la laisser seule mais elle m’avait dit que ma femme m’attendait.

Oui, Emily m’attendait…J’espérais vraiment qu’elle ne m’avait pas oublié. J’avais essayé de chasser de ma tête cet enfant. J’étais sûr qu’elle n’avait pas pu mener sa grossesse à terme. Il y avait peu de chances…et j’en souffrais. Je souffrais pour celle que j’aimais. Perdre un enfant serait une épreuve. Et elle était seule, elle n’avait personne. Je me promettais que je ne la laisserais plus m’éloigner d’elle. La distance, le temps, les difficultés avaient renforcé mon amour pour elle. J’avais besoin d’elle, et elle avait besoin de moi.

J’avais mis deux semaines à gagner Brooklyn par différents moyens. J’aurais pu m’y rendre dans une embarcation mais elles faisaient parties maintenant d’un véritable commerce. J’avais donc marché sur le pont, là où il n’avait pas encore cédé, et il fallait ruser pour gagner l’autre berge. Heureusement que la solidarité était encore de mise. Mais tout se monnayait, tout s’échangeait.

Et alors que je faisais mes premiers pas dans Brooklyn, j’étais passé par un parc, et en apercevant une chevelure rousse de dos, mon cœur avait bondi à l’intérieur de ma poitrine. Je savais que c’était elle. Mon Emily…après neuf mois, je la retrouvais. Elle était encore en vie. Elle était encore en vie et elle était là.

Lorsqu’elle leva la tête vers moi, je restai les bras le long du corps à prier encore le Ciel que ce ne soit pas un mirage. Puis m’avançant, je vis ses lèvres bouger. Elle m’appelait. Ce ne fut qu’arrivé à dix mètres d’elle que je vis qu’elle tenait quelque chose, ou plutôt quelqu’un entre ses bras. Et je me rappelais alors, très stupidement, que je l’avais laissée alors qu’elle attendait un enfant.

-C’est qu.. ?

Si tôt cette bribe de question sortie de ma bouche, je réalisai que cet enfant c’était le mien. Notre enfant. Elle l’avait mis au monde ! Il était là ce petit ange…Et il avait été privé d’un père pendant des mois. Bien sûr j’hésitais à m’avancer parce que plus je le ferais plus ma paternité deviendrait réelle. Et si j’avais prié pour revoir Emily, j’avais encore du mal à admettre qu’un enfant dépendrait de moi.

-Oh Seigneur. C’est ?

Je n’avais aucune idée de ce que c’était. Fille ou garçon ….Quel âge avait-il ? Ou elle ? Comment était-il ou elle ? Je ne savais rien de cet enfant. Et j’avais peur…Peur parce que je n’avais été là que pendant un mois durant la grossesse d’Emily. Trop peu de temps pour m’y faire . Et si j’avançais encore, je ne pourrais reculer. J’étais perdu.
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MessageSujet: Re: Forgive me {Alec}   Sam 18 Juin - 18:11

Quand il ouvrit la bouche, émettant un son sans proférer une phrase, je retrouvais l'usage de mes membres et je me levais subitement, serrant Caitlin contre moi. Il avait l'air... changé. Plus amaigri. Son visage était creusé, ses traits émaciés, il était affreusement pâle. Il n'avait pas l'air en pleine santé, alors qu'il était jeune et robuste. Que s'était-il passé pendant ces longs mois? je ne l'avais pas retrouvé, mais peut-être avait-il eu un problème de santé, un accident, une mauvaise rencontre... Je n'avais pas voulu songer qu'il pouvait lui arriver malheur mais en le voyant dépenaillé devant moi, je sentis mon cœur se serrer violemment. Il reprit la parole, indiquant notre fille du regard alors qu'il me demandant si c'était...

- "Notre enfant oui."

Je me décidais à bouger alors, m'avançant vers lui, calant Caitlin contre moi et me servant de ma main libre pour caresser la joue émaciée d'Alec.

- "Seigneur, qu'est-ce qu'il t'es arrivé? Tu as l'air si fatigué..."

J'avais fui, je l'avais abandonné. Et j'osais lui demander ce qui lui était arrivé? Je me mordillais la lèvre, me rendant compte qu'il ne savait pas qu'il avait une fille et qu'elle s'appelait Caitlin. Voulait-il seulement la voir, cette petite qu'il n'avait pas été prête à assumer? Je sentis mes yeux s'emplirent de larmes. J'avais envie de me jeter dans ses bras et de pleurer contre son torse. Je repris très vite :

- "Je suis désolée, je suis partie parce... tu ne voulais pas être père, tu avais peur, tu m'aurais rejeté toi aussi! Comme tous les autres! Tu m'aurais abandonné, tu nous aurais abandonné! Je ne peux pas revivre ça, tu comprends? Je ne pouvais pas te voir te détourner de moi, nous dédaigner... j'ai eu peur Alec..."

Une larme coula sur ma joue. Je mâchonnais ma lèvre avec application, avant de finalement ramener ma main libre sur le dos de Caitlin et la prendre dans mes bras pour la présenter à son père, presque craintive de sa réaction.

- "Je te présente ta fille. Caitlin."

Oui, c'était sa fille, même s'il ne l'assumerait sans doute pas, même si je devrais repartir sans lui pour veiller sur la prunelle de mes yeux...

- "Regarde comme elle est belle Alec... regarde ce que nous avons fait, toi et moi, quelle merveille elle est..."

Et de fait, nous avions une fille absolument ravissante. Et j'étais complètement objective. Elle ouvrit de grands yeux bleu vert pour regarder son père. Cette figure paternelle qui lui avait manqué pendant 5 mois et qui lui manquerait peut-être encore après. Je sentais mes jambes flageoler et je finis par me laisser tomber en tailleur par terre, de peur de m'écrouler, berçant doucement notre petite merveille.

- "Je ne supporterais pas que tu m'abandonnes..."

J'avais dit cela sans le regarder, fixée sur la jolie frimousse de notre fille.
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MessageSujet: Re: Forgive me {Alec}   Dim 19 Juin - 16:25

Je le savais pourtant. Au fond de moi je savais qu’elle allait confirmer ce à quoi je pensais. Mais une infime partie de moi se rebellait. Je n’étais pas prêt, je n’avais pas eu tous ces longs moi pour appréhender qu’un petit être humain dépendrait de moi. Je n’avais jusque là jamais pensé à devenir père. Jusqu'à il y a trois ans ma vie ne se résumait qu’à bien peu de choses : répétitions et représentations. Bien sûr j’avais eu quelques histoires. Certaines avaient compté plus que d’autres. J4avais aimé aussi. Mais la paternité ne s’était jamais imposée à moi. De toute façon je tombais souvent amoureux de mes partenaires à la scène. Et les histoires se finissaient en général au moment où nous cessions de jouer la pièce.

Avec Emily bien sûr c’était différent. Je l’avais aimé rapidement mais cet amour avait grandi. Et elle tenait dans les bras le fruit de cet amour. Oui c’était bien réel. Elle berçait notre enfant. Alors elle l’avait mis au monde. Elle avait réussi ce miracle de donner la vie avec si peu de moyens. Et le miracle était aussi que ce petit bout avait passé l’hiver.

Elle avançait vers moi et je ne pouvais bouger. Je ne pouvais pas. J’étais terrifié. Je n’étais pas prêt à être père. Tout allait trop vite. Bien trop vite. Je ne sursautais même pas quand elle caressa ma joue et s’inquiéta de la fatigue qui semblait se lire sur mon visage. Je ne la ressentais plus cette fatigue. Je me battais intérieurement pour ne pas tendre ma main vers ce petit être qui semblait si sage dans les bras de sa jeune maman.

J’avais peur de voir sa petite frimousse et de craquer. Oui, Emily avait raison j’avais peur d’être père. Horriblement peur. Je n’avais pas eu comme elle la possibilité de sentir cette vie qui grandissait. Je ne l’avais pas vue venir au monde, je ne l’avais pas vue grandir. Et je n’avais pas de réponse à ce qu’il m’était arrivé. Le combat intérieur que je menais était celui d’un homme qui n’arrive pas à l’idée de se savoir père. Je me rappelais ce rôle d’un jeune père de dix sept ans que j’avais joué il y a bien des années. Et je pouvais presque caler le texte à ce que je vivais. Et pourtant j’avais passé la barre des trente ans…

Les larmes d’Emily me touchèrent. Je les avais tant séchées. Ou pas assez. Je me rendais compte que peut-être je ferais mieux de me sauver en courant. Je n’avais pas voulu de cet enfant. Nous ne nous connaissions pas vraiment et finalement nous ne nous étions rapprochés que par l’adversité. Serais-je allé vers elle dans un monde normal ? Mon cœur aurait-il bondi dans ma poitrine pour elle comme il le faisait en cet instant ?

Oui ! Mille fois oui ! C’était une évidence. Je ne m’étais pas senti que flatté par le fait d’être un superman. J’aimais Emily. La preuve en était que je l’avais cherchée partout. Elle avait fui deux fois. La première fois je pouvais la comprendre. Mais la seconde…Oui j’avais peur d’être père, mais j’avais besoin de temps pour me faire à la situation. J’étais blessé qu’elle pense que je n’aurais pas assumé ma paternité. Je lui en voulais de penser que je ne l’aimais pas assez pour rester. Je lui avais pourtant dit que je l’aimais.

Mes yeux continuèrent d’aller d’elle à ce petit trésor qu’elle tenait contre elle. Et elle finit par tourner cet enfant vers moi. Je restais alors littéralement bouche bée. Caitlin. Elle l’avait appelée Caitlin.

J’avais une fille. La voir enfin rendait la chose réelle. Si je tendais la main vers ce petit minois je savais que j’étais fichu. Oui elle était belle. Très belle même. J’étais coi devant cette petite fille. J’étais sans voix devant ma fille. J’étais si ému que je n’arrivais pas à parler.
Comment aurais-je pu partir lorsque les grands yeux bleus de ma fille se posèrent sur moi ? Voilà…j’étais fichu.

Je savais qu’Emily attendait une réaction de ma part. Quelle qu’elle soit, elle attendait. Et notre avenir était entre nos mains. Tout dépendait de ma réaction.

Je pris alors le menton d’Emily entre mes doigts pour la regarder droit dans les yeux.

-Je suis là maintenant.

Je savais ce que cela signifiait. Si je lui disais ça c’était que je restais. Auprès d’elle. Auprès d’elle et notre fille. Je ne pouvais pas mentir, je ne ressentais pas que de la joie mais je ne pouvais pas laisser Emily. Et maintenant rester avec Emily signifiait assumer ma fille.

J’ignorais encore ce petit bout de femme qui elle, ne me lâchait pas du regard. Je ne pouvais supporter de croiser encore une fois son regard. C’était encore trop brutal. Si l’attachement avait du être instantané entre Emily et notre fille, moi il me fallait du temps.

Mais c’était sans compter sur la détermination de Caitlin à se faire aimer de son père. A la manière de sa mère elle tendit une main vers ma joue et j’eus un moment de recul. Je dus lui faire peur, parce qu’elle pleura instantanément et que j’eus peur qu’Emily ne me le reproche.

Et pourtant alors que j’avais peur de tomber amoureux de cette petite fille, je pris sur moi. Je ne pouvais plus reculer.

-Je peux la prendre ?
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MessageSujet: Re: Forgive me {Alec}   Sam 9 Juil - 9:22

Je n'aimais pas l'expression de son visage. Elle me rappelait trop pourquoi j'étais partie. J'imposais une vie de famille à Alec et il n'était pas prêt à l'assumer. Je faillis tourner les talons et m'enfuir en courant. Ce bébé, nous l'avions conçus tous les deux, parce que nous nous aimions, parce que nous nous étions trouvés. Si la terre n'avait pas été ravagée, j'aurais pris la pilule, il aurait mis une capote et nous aurions été tranquilles. Mais ce n'était pas le cas. Et tomber enceinte était un moindre mal que d'attraper le sida, une hépatite ou je ne sais quelle vacherie. On ne pensait bizarrement pas à ça dans ce monde post-apocalyptique. Comme si de ne plus avoir de technologie, de société, avait annihilé ces maladies. Peut-être étais-je malade sans le savoir? Alec aussi? Et notre fille? Non, pas mon bébé, elle ne pouvait pas être malade, elle avait résisté vaillamment à cet hiver. Elle était robuste, combative.

Alec semblait vraiment épuisé, pâle, émacié. Lui, il semblait malade, ou sortant d'une longue maladie et je ne pus m'empêcher de m'inquiéter pour lui. Mais il ne répondit pas, trop pétrifié, trop... terrorisé? Ne me fais pas ça Alec, j'ai besoin de toi... J'ai élevé seule notre fille jusqu'ici, mais j'ai besoin de son père sur qui me reposer... Moi aussi j'étais épuisée, les premiers mois d'un enfant n'étaient pas reposants, loin de là. Cela demandait énormément d'énergie. Heureusement que j'avais Anastasia, sa douceur, sa prévenance. Sans elle, j'aurais probablement déjà craqué.

Mais j'avais besoin de la force tranquille d'Alec maintenant. Il ne pouvait pas me la refuser. Je pleurais toujours, en silence, mon regard implorant et à la fois déterminé. Il s'approcha de moi, me caressa la joue, me promit qu'il était là maintenant. J'eus un petit soupir tremblant.

Alors tu restes Alec? Tu restes avec moi? Avec notre fille?

Caitlin ne voulait pas être ignorée. Elle voulait elle aussi, se faire une place dans le cœur de son père et elle tendit sa petite main vers lui, le faisant reculer brutalement. Elle sursauta et se mit alors à pleurer. Surprise... Vexée? Je la pris contre moi, lui tapotant doucement le dos.

- "Shhh, ma chérie, shh, c'est rien..."

Je chantonnai un vieil air irlandais, une vieille balade, qui avait toujours le don de la calmer. C'était étrange de voir ce grand dadais avoir peut d'un petit bout comme Caitlin. Et cela me blessait qu'il fuit son contact, qu'il ne la regarde même pas. REGARDE-LA ALEC! AIME LA COMME TU AIMES SA MÈRE.

S'il te plait, ne rejette pas ta fille, elle a besoin de toi, de ton rire, de ton imagination fertile, pour bercer ses rêves d'enfants pour prendre soin d'elle dans ce monde pourri. Alors, il me demanda s'il pouvait la prendre. Je retins un sourire de joie triomphale, me contentant de hocher doucement la tête, de la décoller de moi avec précaution, pour la donner à son père, l'aider à la prendre correctement dans ses bras.

- "Attention à sa tête Alec."

Je lâchais alors ma fille, attendrie de voir Alec si... gauche? On aurait dit qu'il avait peur de la briser, mais elle était solide. Elle avait cessé de pleurer, des larmes de crocodile inondant encore ses joues. Elle ouvrait ses grands yeux, hypnotisant son père.

Le conquérant, j'en étais certaine.

Et moi, je retenais mon souffle, scrutant le visage d'Alec.
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MessageSujet: Re: Forgive me {Alec}   Mer 20 Juil - 17:59

Je m’avançai alors d’un pas hésitant vers celle que j’aimais et notre fille. Elle s’était mise à pleurer et je paniquais totalement. Je n’avais pas l’habitude d’entendre un bébé pleurer. Surtout quand ce bébé était le mien. Ce n’était plus une image parfaite, elle existait réellement. Elle était là devant moi, et je n’arrivais pas à réaliser que c’était ma fille. J’aurais aimé pouvoir avoir tout de suite ce sentiment d’être père. J’aurais aimé être de ces hommes qui sont fous de joie au point de sauter partout, mais j’avais peur. Cela me faisait tellement peur. Mais malgré ma peur, je voulais voir de mes propres yeux ce que j’avais crée. Tout comme une pièce de théâtre, tout comme un jeu de scène, cette petite chose qui bougeait dans les bras d’Emily était mon enfant, ma création.

Je laissais Emily la rassurer, totalement fasciné par cette nouvelle image d’Emily qui s’imposait à moi. La maternité l’avait rendue plus sure d’elle, plus douce. Elle était moins sauvage. Dans ses prunelles bleues-vertes dansait maintenant un nouvel éclat : l’amour. C’était l’amour qui transparaissait dans chacun de ses gestes. Et je ne l’avais jamais vue comme cela. Je ne savais pas si elle avait conscience du changement qui s’était opéré en elle. Cela me sautait aux yeux, et j’aurais passé des heures à l’observer si elle n’avait pas relevé ses yeux sur moi. Oui, elle avait bien entendu. Je voulais prendre ma fille dans les bras. J’avais peur oui, j’avais le trac comme avant de monter sur les planches mais je voulais me jeter à l’eau.

Je plongeais alors dans l’inconnu lorsqu’elle déposa notre fille dans mes bras. Délicatement elle retira ses mains et me donna un conseil. Oui, la tête d’un bébé était très fragile. Quelque chose que j’ignorais jusque là. J’ignorai tout en fait. Mais je n’ignorais pas ma fille lorsque ses pleurs cessèrent et qu’elle plongea ses yeux dans les miens. J’aurai aimé pouvoir dire que la magie opéra à l’instant même où nos regards se croisèrent mais ce ne fut pas le cas. Il nous fallut un long moment pour nous apprivoiser. Je ne sais pas ce qu’elle pouvait se dire, mais elle était attentive.

-Elle est magnifique…

Je ne savais pas trop à qui je parlais, ou si je me parlais à moi-même. Mais c’est ce que je ressentais. Je n’avais pas encore ce sentiment de fierté en regardant ma fille. Elle n’était encore pour moi qu’une étrangère. Et je devais être un parfait étranger pour moi. Pourtant, au fond de moi, je ressentais cette fierté. Elle était seulement tapie tout au fond de moi.

Je libérais une main pour sécher ses larmes et elle sursauta pour finir par se détendre à nouveau. D’ne main je me mis à redessiner son visage, repoussant une mèche de cheveux qui lui barrait le front. Ils oscillaient entre le châtain et le roux, parfait mélange de sa mère et de son père. Et je me mis comme un idiot à chercher ce qu’elle avait bien pu prendre de moi. Et tout ce que je voyais c’était ce qu’elle avait pris de sa mère.

-Elle a ta bouche… et tes yeux…

Elle était si jolie et elle venait de me séduire. Elle semblait avoir la même capacité qu’Emily pour me faire oublier tout ce que je me promettais. Sauf que j’en oubliais de regarder Emily et je restai concentré sur ma…ma fille. Oui c’était ma fille. Petit miracle de ce monde apocalyptique. Je n’avais aucune idée de la façon dont elle était arrivée au monde, et pour le moment je ne m’en souciais pas. Elle était là. Et j’étais là.

-Petite Caitlin…Je suis ton papa. Tu ne me connais pas encore, mais on va arranger ça hein ?

Je m’en voulais de ne pas avoir été là. Elle avait plusieurs mois et elle voyait son père pour la première fois. Mais je promettais, quoiqu’il se passe entre Emily et moi, que je serais un père responsable. Nous ne l’avions pas voulue, mais elle était là. Et il fallait se montrer responsable.

J’ai détaché mon regard de ma petite fille pour oser affronter le regard d’Emily. J’ai posé la question la plus stupide qui soit. Je ne lui demandai même pas comment s’était passé son accouchement, comment elle avait réussi à tenir bon avec la petite, comment elles vivaient toutes les deux. Non, une question des plus stupides.

-Caitlin hein ? Pourquoi Caitlin ?
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MessageSujet: Re: Forgive me {Alec}   Jeu 4 Aoû - 18:53

Alec était tétanisé. Je ne savais pas s'il avait peur d'un bébé, s'il ne savait pas comment la prendre, s'il ne réalisait pas que c'était sa fille. Je lui avais arraché la possibilité d'être père dés qu'il la verrait en l'empêchant d'être là à l'accouchement, quand elle était sortie du cocon maternel pour affronter la dure réalité. S'il l'avait vu sortir de la matrice maternelle, s'il avait été là quand j'avais souffert le martyr, le lien se serait-il créé immédiatement? Ma fille, je l'avais aimée dés que je l'avais sentie bouger en moi, renonçant à l'idée de l'abandonner comme mes parents avaient fait avec moi. J'aimais déjà trop cette vie pour l'abandonner, pour lui faire vivre ce que j'avais vécu : le manque cruel d'amour, tout le temps, malgré les familles d'accueil. J'avais été une enfant secrète et incomprise, j'étais devenue une adulte craintive et qui ne savait pas s'attacher de peur de souffrir encore et toujours.

Ma fille pleurait et je tentais de la calmer, chantonnant rien que pour elle, le cœur au bord des lèvres alors qu'Alec restait bêtement les bras ballants et ne savais pas quoi faire, quoi dire. De quoi avait-il peur? C'était juste un bébé, son bébé, sa fille, elle n'allait pas le mordre! Il hésitait à la prendre dans ses bras, me demandant presque l'autorisation d'une petite voix timide. Ah quand même, il était temps qu'il se bouge un peu. Je lui laissais donc sa fille, la déposant délicatement dans ses bras, lui donnant un petit conseil au passage. Ce n'était pas évident la première fois, moi-même, je m'étais sentie très maladroite et je n'avais personne pour me dire comment faire, sinon Anastasia qui n'était pas beaucoup plus expérimentée que moi.

Mais cela était tellement naturel qu'il valait mieux ne pas se poser de questions et laisser l'instinct faire. Je retins mon souffle quand il la tint dans ses bras, remarquant qu'elle cessait de pleurer. Doucement, je me glissais aux côtés d'Alec, pour observer les grands yeux de notre fille qui ne le lâchaient pas. Dis bonjour à papa mon ange, apprivoise-le... Il va t'aimer, il ne peut que t'aimer, même s'il n'était pas prêt à devenir père, à avoir ces responsabilités.

- "Oui."

Oui, elle était magnifique. Sans doute n'étions-nous pas objectifs bien qu'Anastasia n'avais de cesse de me dire combien Caitlin était jolie. Je supposais que c'était vrai. De qui tenait-elle, en revanche, je ne le savais pas... Ses cheveux étaient un subtile mélange d'Alec et moi. Elle avait mes yeux clairs, mais le sourire de son père.

- "Mais elle a ton sourire facile."

C'était un bébé agréable, pas renfermé comme j'avais pu l'être. Elle avait du prendre le caractère facile de son père. Doucement, ma main vola vers la nuque d'Alec et je jouai avec ses boucles brunes, regardant ma fille avec adoration, et sentant la magie opérer entre le père et sa fille. Attendrie, je souris quand il s'adressa à elle pour dire qu'ils allaient arranger le fait de ne pas se connaître encore. Oui, j'espérais bien. J'avais tenu Alec éloigné de moi, de cette grossesse, de cet accouchement, des premiers mois de vie de notre fille de peur qu'il ne m'abandonne avant que je ne le fasse. Mais j'avais besoin de lui, je l'avais compris après tous ces mois à élever seule Caitlin. Il me demanda alors pourquoi ce nom. Ne l'aimait-il pas? Une étincelle de doute passa dans mon regard, alors que je glissais dans un murmure :

- "Cela signifie "Pure". Il m'est venu naturellement quand je l'ai prise dans mes bras la première fois, quand j'ai pu serrer ma petite fille contre moi après toutes ces épreuves... Elle est... le prolongement naturel de notre amour, non? C'est irlandais. Tu n'aimes pas?"

J'étais légèrement angoissée. Et si cela ne lui plaisait pas? S'il avait voulu un prénom écossais? j'avais prit la décision seule, mais j'avais tout géré seule, ou presque...
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MessageSujet: Re: Forgive me {Alec}   Ven 19 Aoû - 10:19

Si un jour on m’avait dit que je serais fascinée autant par une créature de la gente féminine d’a peine six mois, j’aurai certainement eu du mal à y croire. Oh bien sûr je savais que je voulais devenir père un jour. Mais j’étais bien trop accaparé par ma passion du théâtre et je savais la vie de famille difficilement conciliable avec une vie de famille. A moins de trouver l’âme sœur dans la troupe. Mais ça n’était pratiquement jamais arrivé. Les acteurs ont du mal à s’investir dans la vie réelle, les rôles qu’ils jouent les accaparant bien trop.

Et puis la guerre avait éclaté, et j’avais arrêté de songer à une vie normale. Je bataillais jour après jour pour survivre, et j’étais tombé sur ce petit lutin. Emily m’avait dérobé mon cœur, et bien vite elle m’avait fui. Nous n’avions jamais vraiment vécu ensemble. Et ce petit être que je tenais dans mes bras sans doute un peu maladroitement était le fruit de cet amour. Si je n’étais déjà pas follement amoureux d’Emily j’aurais sans doute pu dire sans rougir que j’étais en train de tomber amoureux de ce bébé si souriant. Je ne savais pas si elle avait mon sourire, je n’étais pas le meilleure juge sans doute, mais il lui suffisait de sourire pour faire votre conquête.

Je me noyais dans la contemplation de ma fille, et elle cherchait sans doute à savoir qui j’étais. J’avais peur qu’elle ne me repousse, et j’étais bien trop content qu’elle ne le fasse pas, me regardant sans se départir de ce déjà magnifique sourire.
Je n’en revenais pas que cette petite chose soit une partie de moi, je n’arrivais pas à m’y faire. Si une partie de moi, infime d’ailleurs, avait envie de dire que je ne pouvais pas être père, le reste me disait que c’était bien ma fille. Elle m’envoutait et semblait chercher une approbation de ma part. Si Emily n’avait eu de cesse que de repousser mon amour, notre fille s’accrochait pour que je l’aime. Je ne savais pas trop ce que je ressentais. Etait-ce déjà de l’amour ? Sans doute. J’étais attiré comme un aimant par cette petite fille qui me dévorait des yeux, et je ne pouvais détacher mon regard d’elle. Même quand Emily m’expliqua pourquoi elle l’avait appelé ainsi, je n’avais pas relevé les yeux vers celle que j’aimais.

Je cherchais en Caitlin sa maman, et ne l’y trouvait qu’a certains endroits. Ce qui pourtant m’interpellait c’était qu’Emily avait eu raison. On aurait pu symboliser la pureté avec l’image de ma petite fille. J’avais une fille, elle s’appelait Caitlin. Cette information se faisait lentement sa place dans ma tête. Nous n’avions jamais parlé de prénom avant avec Emily. Même le peu de temps que nous avions passé ensemble alors qu’elle était déjà enceinte, nous n’y avions pas pensé. Et ce n’était pas quelque chose que je m’étais demandé avant. Et j’aurais sans doute eu un mal fou à me décider. Mais ce prénom, même si je n’y avais pas donné mon accord, était absolument parfait.

-J’adore. Ca lui va si bien…

Il suffit que je dise à Emily que j’adorais son prénom pour que quelque chose se passe. Je ne vis pas venir ce moment qui me serra le cœur, et fit se former une boule au creux de mon ventre. Caitlin me sourit et elle vint poser sa petite tête contre mon épaule, posant une de ses menottes dans mon cou. Je ne sais pas comment j’en vins à la serrer contre moi, et à sentir que je la tenais correctement alors qu’a peine cinq minutes auparavant, j’avais l’impression de ne pas savoir comment faire.
Nous étions nous reconnus ? Qu’avait il pu se passer pour que quelque chose opère ainsi dans mon cœur.

Le plus naturellement du monde, comme si j’avais effectue ce geste des dizaines de fois depuis sa naissance, je posai une main dans ses cheveux et embrassai son crane. Et lorsque je m’en aperçus j’eus quelques secondes d’incompréhension.
Je coulai un regard vers Emily qui nous regardait en souriant largement. Et même si j’avais envie de lui sourire en retour, quelque chose d’autre occupait mon esprit.

-Plus jamais hein ?

Je désignai Caitlin pour qu’Emily comprenne. Maintenant, il nous fallait penser que nous avions quelqu’un qui dépendait de nous. Il fallait qu’Emily comprenne que je n’allais pas les abandonner. Je savais pourtant que cette peur était énorme chez elle. Mais j’étais là. J’avais mis du temps, mais je l’avais retrouvé. Et je ne voulais plus la quitter.
Dis-moi que plus jamais tu ne me briseras le cœur Emily. Je t’en supplie.

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MessageSujet: Re: Forgive me {Alec}   Mer 24 Aoû - 16:53

J'avais choisi le nom de Caitlin toute seule, sans demander l'avis d'Alec. C'était un malencontreux concours de circonstances... Je ne l'avais retrouvé qu'en étant enceinte de 6 mois, j'étais partie enceinte de 9. Nous n'avions pas parlé de prénoms, Alec ayant déjà bien du mal à se faire à l'idée qu'il allait être père. Il avait du être insouciant et passionnée avant la guerre, un acteur qui vivait de sa passion et ne se posait pas de questions sur le lendemain, sur une vie de famille. Et là, il se retrouvait avec une copine enceinte, une copine qu'il n'avait pas fréquenté très longtemps si on y réfléchissait bien, qui était une handicapée des sentiments et qui avait une peur maladive de l'engagement et donc de l'abandon. Je n'étais pas facile à vivre et le pauvre Alec aurait du avoir une médaille pour me supporter et m'aimer quand même.

Deux fois j'avais fui. Et deux fois, il ne m'avait pas retrouvé. La première, c'était moi qui lui étais tombée dessus, par hasard. Et aujourd'hui, c'était encore un hasard. Finalement, n'était-il pas heureux que je fuis et le débarrasse de questions gênantes, de responsabilités qu'il ne voulait pas endosser? Il ne m'avait pas cherché assidûment. J'avais bien du nommer notre fille, je ne pouvais pas la laisser sans identité.

Avec une pointe d'angoisse, je lui révélai ce que voulait dire Caitlin, ce que cela signifiait pour moi. Il semblai apprécier et même approuver et je soupirai de soulagement, discrètement. Je fondais littéralement devant le tableau que formaient Alec et sa fille, pour la première fois réunis. J'en venais à regretter ma peur viscérale que je ne parvenais pas à maîtriser. Qu'il n'ai pas été à mes côtés pendant ma grossesse, à me choyer, à m'aider, à caresser mon ventre arrondi, à parler à notre fille, comme n'importe quel père attentif. En exigeais-je trop de lui? Ou au contraire, l'avais-je privé de ce plaisir qui aurait pu les lier? Je fus assaillie par les remords en les voyant tous les deux, à tenter de s'apprivoiser, quand le lien avait été si naturel entre Caitlin et moi.

Je priais qu'Alec tombe amoureux de sa fille, qu'elle devienne le centre de son univers... Avec moi bien sûr. Car malgré mon caractère fuyant, je l'aimais, je l'aimais réellement, et son absence avait été éprouvante. Je m'étais punie toute seule. Et je l'avais puni en même temps. Il embrassa avec tendresse sa fille et je souris, les yeux pétillants de larmes contenues, dues à l'émotion, à l'amour débordant que j'éprouvais pour ces deux êtres, si importants dans ma vie. Alec me regarda alors et me demanda que plus jamais cela ne se reproduise. Une boule se forma dans ma gorge alors que les larmes dévalaient enfin mes joues.

- "Je suis désolée, Alec... je suis tellement désolée. Je ne voulais pas te faire du mal, t'empêcher d'approcher ta fille. C'est ma peur, mon idiote et irrationnelle peur que tu ne m'abandonnes toi aussi, comme tous les autres, que tu finisses par te lasser, par ne plus m'aimer..."

Je me mordis la lèvre, pitoyable dans mes excuses qui sonnaient de façon discordante à mes oreilles. C'était pathétique. Il avait toutes les raisons du monde de m'en vouloir. De me haïr. Mes jambes cédèrent et je me retrouvai assise sur l'herbe, essuyant mes larmes de façon brouillonne.

- "Je t'aime, je n'aurais jamais du m'enfuir... Pardon. Pardonne-moi..."

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MessageSujet: Re: Forgive me {Alec}   Dim 4 Sep - 12:37

J’avais rêvé de ces retrouvailles pendant des dizaines de nuits. Et à chaque fois c’était différent. Mais la plupart du temps, Emily me disait que c’était mieux comme ça et que je n’étais pas prêt à être père. En cela, elle avait raison, je n’étais pas prêt à devenir père. Mais je n’avais plus le choix. Ma fille était née, et elle semblait en bonne santé. Que je le veuille ou non, cette petite fille était la mienne. Et qu’Emily le veuille ou non, j’étais le père de sa fille. Je ne lui demandais pas seulement de me laisser voir ma fille, je lui demandais de me promettre de ne jamais me quitter. Parce que j’étais amoureux d’elle. Tellement amoureux que tel Romeo, j’avais brisé tous les obstacles pour aller la retrouver. Mais nul balcon dans notre histoire d’amour. Nulle querelle entre nos deux familles. Ce fossé entre nous était de notre fait. Nous étions les responsables de cette situation.

Je savais pourtant qu’Emily avait peur que je ne la quitte, et que je n’avais pas montré assez mon amour lorsqu’elle était enceinte et que je l’avais appris, mais maintenant que Caitlin était dans mes bras, je me rendais compte que nous avions été stupides. Parce que ce n’est qu’en craignant les choses qu’elles se produisent. Mais je comprenais Emily. Elle n’avait pas eu une vie de rêve jusque là. Et ceux qui n’auraient jamais du l’abandonner l’avaient fait. Il fallait juste que je lui prouve que je ne la quitterais pas. Cela prendrait du temps et de la volonté. Mais nous avions ce temps et j’avais cette volonté.

J’étais touché par sa déclaration d’amour. Elle signifiait énormément pour moi. Je savais pourtant qu’Emily m’aimait mais elle ne le disait pas souvent. Je le disais plus facilement qu’elle. Enfin, je citais plus souvent des déclarations d’amour de personnages que j’avais joué plutôt que de réelles déclarations d’amour qui venaient de mon cœur. C’était peut-être ça le problème. Je me voyais encore comme un acteur, un comédien. Je n’acceptais pas que cette vie était désormais loin de moi. Et n’ayant fait que cela, je devais apprendre à me réinventer. Et je ne savais que faire. Ma vie c’était l’inconnu. Ma vie désormais c’était une première représentation. Chaque jour je vivais une nouvelle première.

-On ne reviendra pas en arrière hélas.

Je soupirai avant de m’asseoir à côté d’Emily qui pleurait et embrassait son épaule. Je ne lui en voulais pas. Nous étions coupables tous les deux et ce n’était pas en continuant à se jeter la pierre que nous allions nous retrouver. Parce qu’il s’agissait de ça. Je voulais retrouver celle que j’aimais, et je voulais apprendre à connaître la mère qu’elle était devenue. Moi, j’étais père oui, mais je n’étais pas un papa. Un papa s’occupe de vous, vous connaît, rit avec vous de vos premières fois, vous enseigne tout ce qu’il sait. Et je n’étais pour l’instant qu’un inconnu pour Caitlin. Et elle était encore une totale inconnue pour moi. Même si elle semblait se trouver à son aise dans mes bras, nous n’étions encore que des étrangers l’un pour l’autre.

Et ce qui devait arriver arriva, elle se mit à pleurer. Et je me retrouvai tout bête parce que je n’avais aucune idée de la raison qui faisait pleurer Caitlin. La panique me gagnant, je crus qu’elle ne voulait plus de moi, qu’elle me rejetait. Son petit poing dans la bouche, elle ondulait comme une anguille dans mes bras et je me sentais parfaitement idiot.

-Je n’ai rien fait, je te jure que je n’ai rien fait Emily.
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MessageSujet: Re: Forgive me {Alec}   Dim 11 Sep - 21:09

Non, on ne reviendrait pas en arrière. Comme j'avais été stupide de m'enfuir deux fois, de me priver de lui deux fois, de le priver de cette grossesse, de cette naissance, de le mettre à chaque fois devant le fait accompli. La première fois, j'étais revenue enceinte de 6 mois. Et là, il me retrouvait maman d'un petit bout de chou de 5 mois... Comment pouvait-il seulement se préparer à tout cela quand je lui volais le temps de le faire? Tout était de ma faute, si j'avais su juguler mes peurs, jamais tout ceci ne serait arrivé. Je serais restée avec lui, il aurait eu 9 mois pour se faire à l'idée de devenir père, il aurait été là pour prendre soin de moi, pour assister à l'accouchement, pour s'occuper de sa fille pendant que je me reposais. Pour l'aimer. Il y avait tant de retard à rattraper.

- "Je suis une égoïste Alec, je t'ai volé le temps, un temps qui ne se rattrape pas..."

Je m'étais mise à pleurer, anéantie devant ce que j'avais fait, ce que je lui avais fait, ne lui laissant absolument aucune chance, me sauvant au lieu de lui demander carrément ce qu'il pensait de tout cela. J'avais eu peur des mensonges pour me rassurer faussement. Alec s'assit à côté de moi et ses lèvres baisèrent mon épaule avec tendresse. Il m'avait tant manqué... Déjà la dernière fois je m'étais fait cette réflexion. Et je l'avais pourtant quitté... Plus hantée par mes démons que certaine de son amour.

Les pleurs de Caitlin vinrent alors rompre ce petit moment de tendresse teinté de tristesse et la panique d'Alec me fit rire à travers mes larmes. Je les essuyais rapidement en souriant alors qu'il m'assurait qu'il n'avait rien fait. Je tendis les bras et la récupérais alors.

- "Je sais."

Je tirais alors sur mon T-shirt, dévoilant un sein alors que je calais Caitlin contre moi. Le lait maternel était encore l'aliment le plus sain à lui donner, même si bientôt, cela ne suffirait plus. Mais pour le moment, je profitais encore de ma fille et de ce moment de fusion quand je lui donnais le seins.

- "Elle a faim et tu es dépourvu de certains attributs pour la nourrir, il me semble."

Je souriais, avant de grimacer quand elle commença la succion. C'était une sensation assez étrange et désagréable par moment, mais je ne m'en serais privée pour rien au monde. Je regardais ma fille avec tendresse, lui caressant le crâne, passant mes doigts dans le fin duvet de ses cheveux.

- "C'est normal qu'elle pleure, tu sais? Ce n'est pas parce que c'est toi, c'est parce qu'elle a faim, qu'elle a besoin d'être changée, qu'elle est fatiguée... Ou qu'elle fait sa mauvaise tête... Je crains qu'elle n'ai hérité de moi, pour ça."
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MessageSujet: Re: Forgive me {Alec}   Jeu 22 Sep - 10:45

Même si je n’avais aucune expérience des pleurs d’enfants, je savais que je n’aimerais jamais assez. De toute façon je n’aimais pas que les gens pleurent de tristesse. Les larmes étaient quelque chose qui me tétanisaient. Pourtant, étant comédien, j’avais appris à pleurer sur commande. Mais à jouer depuis des années, je savais reconnaitre des pleurs sur commande et de vrais pleurs sincères. Et là les pleurs de Caitlin étaient sincères. Désespérés aussi. Et j’étais aussi désespéré qu’elle. J’étais un véritable idiot de me décomposer parce qu’elle pleurait. Un bébé pleure non ? Oui un bébé pleure. Mais moi je venais tout juste d’apprendre que j’avais une fille. J’aurais pu m’en douter mais j’avoue ne pas y avoir réellement pensé. Le peu de temps que j’avais passé avec Emily, elle était encire enceinte et Caitlin n’était encore qu’une entité abstraite. Maintenant elle était bien réelle. Et je n’avais pas eu le temps de m’y faire. Pourtant, je n’arrivais pas à en vouloir réellement à Emily. Je lui en voulais mais tant qu’elle me disait qu’elle ne me repousserait plus de sa vie de cette façon, je pouvais lui pardonner.

Bien sur qu’elle m’avait volé du temps et que je ne le rattraperai pas. Mais je pouvais profiter du temps que j’avais avec elles maintenant. Plus rien ne me ferait partir. Pas même les pleurs déchirants de Caitlin….J’avais encore du mal à me dire que c’était ma fille. Il me faudrait du temps…
Mais pour le moment j’étais focalisé sur tout autre chose. Emily venait de prendre Caitlin et elle s’installa pour la mettre en position de tétée. Je ne voulais pas paraitre voyeur, même s’il y avait un peu de ça, mais j’étais fasciné par la scène. Bien sur, je n’ignorais pas que cela se passe comme ça, mais c’était la première fois que je voyais la scène devant moi. J’avais déjà vu des bébés ; mais ils étaient tous nourris au biberon. Là, la tétée au sein avait un caractère plus intime.

Tellement intime que je me sentais totalement rejeté et oublié. Caitlin tétait et Emily lui caressait les cheveux avec un sourire que je ne lui avais jamais vu. J’avais toujours connu Emily un peu craintive et peu sûre d’elle, et là je découvrais une toute autre Emily. Elle était sûre d’elle, détendue et douce. Elle me parlait de Caitlin et j’étais totalement perdu dans mes pensées. Je repensais à ces phrases toutes faites sur la maternité et je me disais qu’elles n’étaient pas aussi fausses que je pensais. Je me suis tu pendant plus de cinq minutes, pensant à tout et n’importe quoi. Je n’avais aucune idée de ce que je pouvais lui dire. Je venais de perdre toute assurance face à la sienne. Et j’ai dit la première chose qui me soit passé par la tête.

-Elle a l’air en bonne santé…

C’était peut-être ridicule et ridiculement dit mais c’était la première chose qui me soit réellement passé par la tête. Caitlin avait l’air de manger à sa faim et j’étais quand même étonné qu’elle ait l’air de ne souffrir d’aucune privation. Même si un bébé n’a besoin que de lait (et c’était surement la seule chose que je savais à propos des bébés), elle n’avait pas l’air malade. Je trouvais ca surprenant. Non pas que je veuille qu’elle tombe malade non plus.

Je reculais et fit les cent pas sans savoir quoi dire d’autre, trop mal à l’aise. Je venais de retrouver la femme que j’aimais et elle me présentait notre fille, et je me sentais simplement mal à l’aise. Je ne savais pas quoi lui dire, par quoi commencer non plus. Parler de quoi ? Alors je finis par ma rassoir prés d’elles et posai avec un peu d’appréhension ma main sur la tête de Caitlin. Je me terrais dans un silence et je savais que ce n’était certainement pas ce à quoi Emily
s’attendait….Mais je n’arrivais pas à me décider à trouver un sujet de conversation. Je les trouvais tous ridicules…
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MessageSujet: Re: Forgive me {Alec}   Ven 30 Sep - 13:48

Le moment de la tétée était un moment privilégié que j'adorais, même s'il était parfois douloureux. Cela me permettait de retrouver cette osmose parfaite avec mon bébé, cette petite fille que j'avais porté pendant 9 mois et mise au monde. Quelque part, être enceinte me manquait, même si j'aurais largement préféré pouvoir avoir une grossesse normale, suivie par un gynécologue, alors que j'aurais vécu dans un appartement ou une jolie petite maison avec Alec. Il aurait été aux petits soins pour moi, il se serait intéressé à tout ce qui se passait dans mon corps, à cette petite vie qui grandissait. Dans un monde normal, nous nous serions rencontrés, nous aurions flirté, nous serions sortis ensemble. Nous aurions couché ensemble, sans avoir peur de faire un bébé, parce que j'aurais eu la pilule. Le bébé, nous aurions choisi de l'avoir, après nous être installés, après nous être mariés, quand il aurait réussi à vaincre mes doutes ridicules, mes peurs. Je lui aurais annoncé après un retard et un test que j'étais enceinte et il aurait sauté de joie, parce que c'était ce que nous voulions tous les deux. Il m'aurait accompagné à la première visite chez le gynécologue. Il aurait vu le bébé bouger, à l'échographie. Et la fois d'après, nous aurions appris tous les deux son sexe. A moins que nous n'aurions décidé de garder la surprise?

Ça, c'était dans un monde idéal.

Dans ce monde là, nous nous étions rencontrés, nous nous étions aimés, avec passion, sans nous soucier du lendemain, parce qu'il était beaucoup trop incertain. Nous n'avions pas pensé aux maladies que nous aurions pu véhiculer, nous n'avions pas pensé au fait que je pouvais tomber enceinte. J'étais partie avant de l'apprendre et après... Je n'avais pas eu la force de revenir et de l'encombrer avec ça. Alec était quelqu'un de joyeux, de fantasque, d'insouciant. Élever un enfant n'était surement pas dans ses priorités. J'avais choisi pour lui, égoïstement, persuadée aussi, qu'il ne voudrait pas s'encombrer d'une famille. Je ne voulais pas vivre un rejet de sa part. Je n'étais pas capable de le supporter.

Et maintenant? En ne lui laissant pas le temps de se faire à cette idée, en ne cessant de fuir, je l'avait dépossédé de la joie de la paternité et il se retrouvait à devoir assumer une femme et un enfant sans y avoir été préparé. Il n'avait pas pu me chouchouter pendant ma grossesse, alors que j'étais certaine que c'était le genre d'homme à être aux petits soins. Il n'avait pas pu me soutenir, être là quand je mettais notre fille au monde. Il ne savait pas la laver, il ne l'avait jamais prise dans ses bras, il n'avait pas vu ses premiers sourires, ses colères, ses éclats de rire. Tout cela, il l'avait manqué et c'étaient des moments qu'il ne récupérerait jamais.

Je le sentais en retrait, nous observant sans réussir à s'intégrer dans le tableau. Combien de temps pour que cela devienne instinctif? Je n'en avais pas la moindre idée. Il me lança au bout d'une éternité qu'elle avait l'air en bonne santé et je le regardai longuement, surprise par ces banalités.

- "Oui, je prends bien soin d'elle et c'est une battante."

Plus que moi. Plus que son père. Caitlin n'était qu'un bébé, mais avec une formidable envie de vivre. Alec se leva et je le regardai faire les cent pas, n'ajoutant plus rien, le cœur battant. Et si sa place, il ne la trouvait finalement pas? S'il décidait que tout cela était trop lourd et me lâchait, abandonnant Caitlin? M'abandonnant? Mes craintes revinrent au galop devant son silence. Il revint pourtant s'asseoir près de nous et posa sa main sur la tête de Caitlin, toujours silencieux.

- "Je donnerais cher pour savoir à quoi tu penses..."

Même si ses pensées n'étaient pas forcément réjouissantes pour moi. Il avait l'air si sombre, si démuni... J'avais le cœur au bord des lèvres.

- "Parle-moi..."
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MessageSujet: Re: Forgive me {Alec}   Mer 19 Oct - 23:12

Nous ne nous étions pas vus depuis des mois. Huit mois. C’est long huit mois. Surtout que tout au long de notre histoire nous n’avions même pas été ensembles trois mois réunis. Nous nous étions aimés très vite, et Emily était tombée enceinte rapidement. Et nous n’avions fait que nous perdre pour nous retrouver. Bien sûr nous avions appris à nous connaitre et je savais ce qu’elle avait vecu dans son enfance, comme elle savait ce qu’avait été ma vie avant les bombardements, mais maintenant qu’il y avait une enfant en jeu, les choses n’étaient plus les mêmes. Je voulais être l’homme de la situaiton, je voulais assurer mais j’en étais bien incapable. Je ne savais pas quoi lui dire, comment lui dire.

Elle avait l’air si proche de sa fille. Enfin…c’était ma fille aussi. Seulement j’avais encore du mal à m’y faire. J’étais son père oui mais je n’étais pas son papa. Emily elle, était sa maman. Et leur lien était adorable à voir. Seulement ce tableau devant moi, j’en étais simplement spectateur. Je me sentais vraiment étranger à cette petite famille. Je n’arrivais pas encore à réaliser que la petite chose qui était dans le ventre d’Emily quand je l’avais vue pour la dernière fois était désormais une petite fille de sept mois qui tétait le sein de sa maman. J’avais du mal parce que maintenant c’était concret. J’étais si mal à l’aise que j’ai sans doute du faire paniquer Emily.

J’entendais bien au son de sa voix qu’elle se demandait si je n’allais pas lui dire que j’allais partir. Elle voulait que je lui parle, et pendant cinq minutes j’en étais bien incapable. Je ne voulais pas qu’elle se méprenne sur ce que je ressentais et allait faire. Mais je ne voulais pas lui cacher ce que je ressentais. Je n’avais pas le droit de lui mentir. On lui avait tellement dit dans sa vie des choses qui étaient fausses, on lui avait fait tant de promesses qu’on n’avait pas tenues et je ne voulais pas être dans la même catégorie que ces gens. La main toujours sur la petite tête de Caitlin, je me demandais même ce que je ressentais.

-J’ai peur. Peur de ne pas être à la hauteur.

Autant lui dire la vérité. Autant être honnête. J’avais peur. Je n’étais pas prêt à être père. Je n’avais pas eu le temps de m’y préparer. Bien sur j’avais conscience qu’aucun père n’est prêt à accueillir son premier enfant, mais dans la mesure du possible il assiste à l’accouchement, il est là pour accueillir son enfant. Et moi…je voyais ma fille pour la première fois seulement aujourd’hui. A sept mois...J’avais peur de ne rien savoir faire et d’être un boulet pour Emily et un mauvais père pour Caitlin.

Quand je la voyais avec notre fille, j’avais l’impression que ses gestes étaient naturels. Moi, quand je ne faisais ne serait ce que poser la main sur son visage, je n’étais pas sûr de moi. Je ne savais pas si j’allais lui faire mal, si j’allais la faire pleurer. Et je savais qu’en restant, je m’engageais à épauler Emily.

-Tu sembles tellement épanouie. Cela semble tellement facile pour toi. Et pour moi j’ai l’impression que c’est comme si j’avais l’Himalaya devant moi et que tu me demandais de l’escalader sans aucune préparation. J’ai vraiment l’impression que c’est insurmontable. Je ne sais pas combien de temps cela va me prendre de me sentir prêt. Parce que je sais qu’elle va grandir et que je n’ai pas beaucoup de temps.

Je réalisais finalement que cela pouvait amener Emily à croire que je ne pouvais pas lui pardonner de m’avoir écarté de cette façon. Bien sûr que j’aurais aimé être là, mais je ne pouvais pas réellement lui en vouloir. Elle avait été abandonnée tant de fois qu’elle en gardait des séquelles. Il fallait que je lui montre que je resterais. Pas seulement parce que nous avions un enfant, et que je me sentais obligée de rester avec elle, mais parce que je voulais rester avec elle par amour. Je l’aimais de tout mon cœur. Et ce n’est pas ma peur qui changerait cela.

-Je ne veux pas te faire culpabiliser Emily. Surtout pas ! Je ne veux pas non plus que tu croies que je vais partir parce que c’est trop pour moi.

Je m’assis derrière elle et la prit dans mes bras. Je les entourai toutes les deux en réalisant que j’avais une famille à moi. Ces deux personnes étaient tout ce qui me restait. Que je le veuille ou non, j’avais des responsabilités.

-Bien sûr que c’est beaucoup, mais je ne te laisserai pas. Et je vais apprendre à aimer notre fille autant que je t’aime. J’ai juste besoin de temps…
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MessageSujet: Re: Forgive me {Alec}   Ven 28 Oct - 14:49

Il y avait des silences qui en disaient plus long que les mots... Et là, je ne savais comment interprété son absence de réaction. Était-il sans voix devant la beauté de notre fille? ou bien ne savait-il comment réagir et voulait-il simplement prendre ses jambes à son cou? il en avait le droit... Après ce que je lui avais fait subir, il pouvait décidé qu'il en avait marre de courir après une fille instable comme moi et de reprendre le cour de sa vie, sans une petite amie qui ne cessait de jouer les filles de l'air et une gosse qu'il ne connaissait même pas. Oui, c'était son droit et je n'aurais même pas pu lui en vouloir de penser ainsi. D'agir ainsi. j'avais peur pourtant, peur qu'il s'en aille, qu'il m'abandonne, me faisant subir ce que moi, égoïstement, je lui avais fait subir. Il pourrait décidé de se venger, de m'apprendre à vivre ce qu'il avait vécu...

Je le suppliais de me parler. Il devait absolument me parler. Je ne supportais plus son expression vide et son mutisme. Je ne savais absolument pas à quoi il songeait et dans mon esprit, s'élaboraient déjà toutes sortes de théories sur les décisions qu'il pouvait prendre, renforçant encore mon insécurité. J'avais besoin de lui pour me construire. J'étais comblée par Caitlin, mais j'avais besoin de lui pour mon équilibre. De sa force tranquille, de sa sérénité, de son petit grain de folie, de son insouciance... J'étais pétrie de complexes et de sentiments d'insécurité. Il parvenait parfois à les apaiser, mais c'était un combat de longue haleine, qu'il ne gagnerait sans doute jamais... Il méritait mieux qu'une fille comme moi.

Il finit par ouvrir la bouche pour me dire avoir peur de ne pas être à la hauteur. Je le regardai un instant sans comprendre. Peur de ne pas être un bon père? Etait-ce ma faute? parce que je l'avais privé de la grossesse? Oui, sans doute... Il n'avait pas eu le temps de se préparer, c'était différent de moi qui avais senti bouger Caitlin dans mon ventre, qui l'avais aimée dés que je l'avais sentie. J'avais voulu me débarrasser de ce bébé, songer à l'abandonner une fois née, mais quand je l'avais sentie bouger, je n'avais pas pu m'y résoudre. Comment mes parents avaient-ils pu m'abandonner? Ne pas ressentir cette bouffée d'amour pur pour moi, comme je l'avais fait pour Cait? Je n'en avais aucune idée et rien que d'y songer faisait naître des perles dans mes yeux.

Alec s'exprima davantage à ce sujet, me disant que cela avait l'air naturel pour moi, mais que lui, cela revenait à gravir l'Himalaya tant la tâche semblait insurmontable, difficile. Je me mordillai la lèvre inférieure, luttant contre mes larmes alors que je voyais un obstacle se dresser devant moi soudainement. Devant nous. Alec ne savait absolument pas quoi faire et cela me faisait une impression étrange, parce qu'il était de ceux qui savaient toujours quoi faire. Mais pas cette fois. Cependant, il du sentir ou pressentir mon émoi, parce qu'il tenta de me rassurer en disant qu'il ne partirait pas pour autant. Et que je ne devais pas culpabiliser.

- Pourtant, c'est ma faute. Si je t'avais laissé l'opportunité de t'investir durant ma grossesse, de te faire à l'idée de cette petite fille, cela aurait été plus facile pour toi...

Je réprimai mes larmes, soupirant de façon entrecoupée et détournant le regard :

- J'ai toujours tout fait foirer dans ma vie privée... Je n'ai jamais réussi à me faire aimer de mes parents, je n'ai jamais su faire confiance à un homme... Mais j'arrive à m'occuper de ma fille et à bien m'en occuper. Je crois... Sans mode d'emploi, juste en écoutant mon instinct et il en sera de même pour toi Alec.

Je marquai une pause, me laissant aller contre lui alors qu'il nous entourait toutes les deux de ses bras.

- On va apprendre ensemble Alec... Toi et moi. Parce que j'ai besoin de toi pour m'apporter l'équilibre... et l'amour. Je suis plus forte avec toi.

Je fermai les yeux avant de murmurer :

- Je te laisserais le temps qu'il faut... Je nous laisserais le temps qu'il faut.
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