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 I'm lost [Kat]

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MessageSujet: I'm lost [Kat]   Ven 5 Aoû - 17:52

Des mesures avaient été prises depuis que Katarina avait été blessée. Il nous fallait agir vite et bien et les étrangers n'avaient plus droit d'entrée dans la ville sans montrer patte blanche. Il nous fallait surveiller les entrées de la ville, faire respecter le couvre feu, faire accepter le fait de devoir se promener toujours accompagné. Les enfants ne devaient jamais se retrouver seuls, c'était une question de bon sens. J'avais tendance à vouloir mener Elizabethtown comme un camp militaire, ce qui n'était évidemment pas du goût de tout le monde. Sauf que la discipline avait ses avantages. J'avais toujours été adepte de l'ordre. J'obéissais à mes supérieurs quand j'étais dans l'armée, j'attendais qu'on en fasse de même ici, même si je n'étais jamais contre un dialogue et que je savais me remettre en question et changer d'avis. Je ne pensais pas être obtus ou bouché.

Nous en avions longuement discuté avec Ethan.

Déjà, une nouvelle maison avait été attribuée à Katarina, qui ne supportait plus la leur. C'était compréhensible, elle y avait vécu un évènement qui avait failli être un drame, elle avait besoin de quitter ces lieux qui ravivaient ces mauvais souvenirs. Puis, nous avions pris nos mesures.

Et je me noyais dans le travail pour oublier mon propre désarroi personnel. Je n'habitais presque plus chez nous. Cassandra et Riley me renvoyaient en plein visage leur bonheur d'être amoureux, alors que j'avais quitté Gabrielle. Nous cohabitions. Sans doute que le jeune couple avait deviné que quelque chose n'allait pas à ma façon de jouer le fantôme, ne revenant que pour me laver et me changer, dormant le plus souvent au QG. Pourtant, je faisais des efforts pour m'octroyer su temps avec Emma qui n'avait pas à souffrir de la situation. Jamais. Je ne lui imposerais pas cela. Gabrielle et moi nous étions expliqués, comme deux adultes. Pas de cris, pas de scène, des larmes, oui, de tristesse, de dégout devant ce gâchis. Il n'y avait pas de haine, juste le souvenir d'une passion qui avait duré 10 belles années.

Pourtant, mon cœur saignait et je cachais ce mal être en faisant le bourreau de travail, en me renfermant sur moi même et en enfermant mon chagrin derrière une épaisse muraille de granit, impénétrable. Je l'avais déjà fait et j'avais bien failli devenir fou, c'était Riley qui m'avait tiré de ce mauvais pas. Cette fois, pas d'envie meurtrière-suicidaire, juste la sécurité des miens. Et envie de voir un visage amical également. Je n'avais pas rendu visite à Katarina depuis ce fameux jour et je l'avais laissé en mauvais état. Je prenais des nouvelles auprès d'Ethan bien sûr, mais ce n'était pas la même chose.

Sauf que j'évitais la jeune russe, parce que je la savais trop clairvoyante et je n'avais pas forcément envie que sa douceur perce mes défenses et m'écrouler devant elle comme un moins que rien. Ethan n'avait pas peur de montrer ses faiblesses, c'était loin d'être mon cas. Je n'avais pas été élevé ainsi. Comme je n'avais pas été élevé dans la crainte de quelque chose et dans la lâcheté. J'étais fidèle, sans doute trop, loyal à mes amis et Katarina était l'une des plus chères. Et c'est ainsi que je me retrouvais devant sa porte, frappant pour qu'elle vienne m'ouvrir. Je l'avais aperçu depuis, m'étonnant de sa nouvelle chevelure plus courte et rousse, mais je n'avais jamais fait aucun commentaire à ce sujet. La porte s'ouvrit sur la jeune femme et j'eus un petit sourire de façade.

- "Bonjour Kat. Je venais aux nouvelles."

A quoi bon tourner autour du pot? Elle savait pertinemment que je n'étais pas là par pur hasard et que je me faisais du soucis pour elle.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: I'm lost [Kat]   Ven 5 Aoû - 20:32

J'avais fait un cauchemar horrible. Horrible à tel point que je m'étais réveillée en hurlant, tremblante et en larmes. Ethan avait eu la peur de sa vie, et il avait dû reprendre ses esprits avant de songer à me calmer. Dans la panique et la précipitation je m'étais débattue, et il avait pris une ou deux claques. Sasha s'était mis à pleurer presque immédiatement, apeurée, et Lena n'avait pas tardé à imiter son frère. Ethan n'avait plus su où donner de la tête. Dans la précipitation, il avait d'abord décidé de calmer les enfants. Calmer Lena ne fut pas difficile, il lui suffit de lui rendre sa peluche, de l'embrasser et de la recoucher. Pour Sasha ce fut un peu plus compliqué. Il fallut le bercer pendant de longues minutes, calmement. Si je l'avais fait moi même, il se serait certainement calmé plus vite, mais je n'étais malheureusement pas en état de le faire. Quand Sasha fut enfin calmé, Ethan le remit dans son berceau et s'occupa de me calmer moi, ce qui n'était pas non plus une mince affaire. Je n'avais pas eu de cauchemar aussi violent depuis des mois. Mais d'un coup, j'avais eu comme un retour de flammes. En un rêve, j'avais tout revu, tout revécu. Je m'étais pris en plein visage les souvenirs de mon enlèvement, de ma torture, de mon viol... Pour couronner le tout, je m'étais revue très clairement abattre l'homme qui tentait de me prendre mon fils. C'était ce qui m'avait réveillée. J'étais en panique totale. Ethan eut la patience de me serrer dans ses bras et de me murmurer des paroles rassurantes jusqu'à ce que je me rendorme. Il attendit également que je sois réveillée pour s'en aller, pour s'assurer que j'allais bien. J'étais un peu secouée, mais au réveil je me sentais à peu près bien. Ce n'était pas le réveil le plus agréable que j'aie connu, mais je n'avais pas non plus envie de me remettre à hurler ou à pleurer. Ce n'était qu'un rêve, après un tout...

Le problème, c'était que ce rêve reflétaient de vrais souvenirs. Ce que j'avais rêvé m'était vraiment arrivé. Je n'avais pas vraiment envie de m'en souvenir. De m'en souvenir davantage. Il ne fallait pas croire que parce que je n'en parlais pas il ne m'arrivait pas d'y repenser. Comment aurait-il pu en être autrement ? Cela ne faisait pas tout à fait un an qu'Ethan m'avait ramenée en miettes. Ce n'était pas vraiment un anniversaire que j'avais envie de fêter. Personne n'aurait eu envie de fêter une chose pareille. Ce qui m'était arrivé, c'était... Indéfinissable. Presque insurmontable. Mais je l'avais surmonté, ou presque. Ce n'était pas comme si j'avais vraiment eu le choix de toute façon. Sans compter que je n'avais pas eu envie de me laisser abattre, et de laisser des pourritures ruiner ma vie. Ma vie et celles des membres de ma famille. Si je m'étais laissée abattre, j'aurais entrainé Ethan avec moi et c'était hors de question. Il avait suffisamment culpabilisé, c'était assez.

À peine avais-je posé le pied par terre qu'Ethan fila, arguant que j'avais besoin de repos. Et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il avait demandé à Jackson de me remplacer pour la journée. Trop bon, trop gentil, il avait accepté sur le champ. Me retrouvant chez moi pour la journée, j'avais décidé de mettre ce temps à profit pour m'occuper un peu de ma fille. Non pas que je ne m'en occupe pas, loin de là. Mais en journée elle était rarement avec moi. Même si elle n'avait qu'un an, elle passait tous les après midi à l'école avec les enfants. Du moins c'était le cas jusqu'à ce qu'il y ait d'autres agressions. Des mesures de sécurité avaient été prises, ce qui n'était pas particulièrement pour me rassurer. Ethan quittait de mois en moins la maison, préférant rester avec moi et les enfants. Je n'étais plus seule à l'infirmerie non plus. Ce qui était fait pour me rassurer me rendait finalement terriblement nerveuse. Ethan le savait, il me rassurait comme il le pouvait. Mais j'avais tellement pris l'habitude d'avoir peur que me rassurer était loin d'être facile... On avait tenté de m'enlever mon fils, de me tuer, alors savoir que je n'étais pas un cas isolé n'était pas pour me faire plaisir. Au contraire. Cela prouvait qu'il ne s'agissait pas simplement d'un fou, mais bien des agissements d'une bande organisée... Le fait que ce ne soit visiblement pas les hommes d'Armando était également très perturbant. Nous n'avions pas réellement besoin d'un second ennemi. Comme si nous n'avions pas eu assez de mal à nous mettre à l'abri du premier... Je me demandais bien sur quoi nous allions bien pouvoir tomber cette fois ci. Des violeurs, des voleurs d'enfants en bande ? C'était de pire en pire. De quoi faire chuter l'estime que j'avais de l'être humain. Heureusement que j'avais Ethan et de très bons amis, sans quoi j'aurais définitivement perdu foi en l'être humain. Je ne comprenais pas que l'on puisse s'en prendre indéfiniment aux autres, ou à des personnes sans défense. Comment Sasha aurait-il pu se défendre ?

Une fois que je me fus occupée de Sasha, je m'habillai histoire d'être tout de même présentable, puis j'allai m'occuper de Lena. Elle était déjà réveillée depuis un moment et son père s'était occupé de lui faire prendre son petit déjeuner. Il l'avait laissée à jouer dans sa chambre, sur son tapis. Elle était en grande discussion avec ses peluches quand je suis entrée. Elle est venue jusqu'à moi à quatre pattes, et je l'ai prise dans mes bras en souriant. Ethan avait beau dire qu'elle me ressemblait, à mes yeux c'était à lui qu'elle ressemblait de plus en plus. Elle avait ses yeux, ses grands yeux bleus qui auraient fait fondre le soleil même. Elle avait les mêmes expressions que lui, ce qui était assez drôle d'ailleurs. Ethan se faisait avoir par ses propres manies. Au moins, il comprenait mieux pourquoi je lui cédais toujours... Qu'est-ce que vous vouliez faire contre ce regard de chien battu ? Y résister aurait été inhumain ou aurait tenu du super pouvoir. Dommage, je n'avais pas de super pouvoir... Je passai la matinée à jouer avec ma fille, chose que je n'avais pas fait depuis trop longtemps à mon goût. Je dus une ou deux fois aller m'occuper de son petit frère, ce qui lui déplut fortement, puisqu'à chaque fois elle me suivit à quatre pattes jusqu'à notre chambre à Ethan et à moi. Je la laissai faire, ne voulant pas qu'elle soit jalouse. La matinée passa un peu trop rapidement, et plus rapidement que prévu il fut midi, l'heure de faire déjeuner tout le monde. Ethan rentra pour déjeuner, ce qui me soulagea, pour je ne sais quelle raison. Je lui aurais volontiers demandé de rester avec moi, avec nous, mais il avait je ne sais quelle affaire à régler avec Aaron. Il ne resta qu'une toute petite heure avec moi avant de repartir s'occuper de ses affaires.

Sasha dormait, et Lena faisait la sieste. Je n'eus soudain plus rien à faire. Songeant que je pouvais facilement profiter d'un moment de détente, je suis montée dans notre chambre et me suis installée sur le lit, à côté du berceau de Sasha, pour continuer mon roman. Mais j'eus à peine lu une page que quelqu'un frappa à notre porte. Je sortis de la chambre sur la pointe des pieds et descendis les escaliers pour aller ouvrir. Par réflexe je jetai un coup d'œil par la fenêtre. J'eus un sourire quand je vis qu'il s'agissait d'Alexander. Je déverrouillai la porte et lui ouvris, toujours souriante.

« Bonjour. Entre, je t'en prie. »

Je m'écartai pour le laisser entrer, et fermai la porte derrière lui, n'oubliant pas de la verrouiller derrière moi. J'eus un petit soupir, à peine retenu. Il voulait avoir de mes nouvelles, bien sûr. La dernière fois que nous nous étions vraiment vus, j'étais à moitié morte et pas vraiment en état de lui faire la conversation. Ensuite, nous ne nous étions qu'aperçus brièvement. Je lui désignai le canapé d'un geste, avant d'aller m'y assoir, les mains sur les genoux, un peu tendue.

« Je vais... Je vais plutôt bien pour quelqu'un qui a failli mourir. Qui est mort, si on réfléchit bien... Le plus dur, ce n'est pas de me remettre de mes blessures... Je ne suis plus vraiment à une cicatrice près, tu sais. »

Mieux valait en rire qu'en pleurer, n'est-ce pas ? De toute façon je n'avais pas de remède miracle pour effacer mes cicatrices. Autant les accepter et apprendre à les supporter. J'eus un soupir.

« J'ai juste un peu de mal à accepter ce que j'ai fait... »

Juste un peu de mal à accepter que j'avais tué quelqu'un. Par légitime défense et par nécessité, mais c'était dur tout de même. Je n'en parlais pas avec Ethan. Je savais qu'il pensait que j'avais simplement fait ce qu'il fallait. Je le pensais aussi, mais ce n'était pas pour autant qu'il m'était facile d'accepter que j'avais tué un homme. Moi, j'avais tué. C'était comme si Armando Venezzio était surpris à faire des crêpes au sucre.

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MessageSujet: Re: I'm lost [Kat]   Mar 16 Aoû - 23:35

Discrètement, je scrutais Katarina. Ses traits tirés, ses cernes qui assombrissaient son regard clair, sa peau trop pâle. Il semblerait qu'elle ai finalement renoncé à ses expériences capillaires, redevenant brune après sa période rousse. Un besoin de changer quelque chose pour avoir l'impression de contrôler sa vie peut-être... Katarina était traumatisée, ce qui était parfaitement normal, mais j'espérais qu'elle avait conscience de ce traumatisme et ne cherchait pas à le nier. C'était une grave erreur que de vouloir reléguer un drame au second plan, s'occuper pour ne jamais y penser, se convaincre que tout allait bien. C'était le meilleur moyen de s'écrouler subitement et de faire une dépression d'où il était difficile de sortir... Je connaissais des gars, des durs, pourtant, qui avaient été traumatisés par la guerre. J'avais vu les ravages et j'avais été heureux de ne pas être parmi eux.

J'avais été là quand on avait retrouvé Katarina, blessée, couverte de sang, quand son cœur avait cessé de battre, quand les médecins avaient tout fait pour la réanimer et que moi, j'étais resté près d'Ethan pour le soutenir, le booster, l'aider à réflechir quand je voyais que tout n'était plus que chaos. Ce n'était pas de l'insensibilité. Rien ce qui arrivait à mes amis ne me laissait insensible. Surtout Katarina et Ethan qui avaient déjà trop souffert. La vue de la jeune femme, presque morte, m'avais remué davantage que je ne pouvais le décrire, mais j'avais gardé la tête froide, parce qu'il le fallait, parce que quelqu'un, devait absolument canaliser les émotions anarchiques des autres.

J'allais m'asseoir dans le canapé qu'elle m'indiquait d'un geste de la main et l'observais, un peu raide, sans aucun doute tendue. Je n'étais pas du genre à m'encombrer de formalités. Je voulais savoir comment elle allait, je le lui demandais, le plus simplement du monde. J'étais quelqu'un de franc, peut-être un peu brutal dans mes paroles parfois. Je pensais qu'elle y était habituée. Elle m'avoua alors que ça pouvait aller, que ce n'était pas tant les cicatrices physiques qui étaient difficile à surmonter, mais bien ce qu'elle avait fait.

Je souris doucement et me rapprochai d'elle, posant une main sur son bras, avec une infinie tendresse pour ce petit bout de femme courageux.

- "Je suis sûr que tu as plus de cicatrices que moi, un vrai vétéran..."

Elle aurait pu mal le prendre. Une femme ne devait pas être ravie d'avoir de ces imperfections sur son corps. Mais c'était dit sur un ton affectueux et presque approbateur.

- "Et ce sont autant de marques de ton courage Kat. Beaucoup se seraient effondrés en n'ayant pas subi le quart de ce que tu as enduré. Je t'admire."

Sincèrement. Katarina était une jeune femme remarquable et Ethan avait beaucoup de chance d'être tombé sur elle. Elle me rappelait énormément Gabrielle... A l'époque où nous étions jeunes, follement amoureux et que la vie ne nous avait pas joué de sales tours et éloigné jusqu'à faire de nous des étrangers.

- "Ce n'est jamais facile de tuer un homme... Même quand c'est nécessaire, même quand c'est pour protéger ceux que l'on aime. Tu as eu la bonne attitude Katarina, celle d'une louve qui protège ses petits, qu'importe le prix et celui-ci est lourd à porter pour ta conscience. Tu es médecin, tu soignes les gens, tu ne les tues pas."

Je marquais une petite pause. Je mentais légèrement. Pour moi, tuer n'était pas difficile, ça ne l'était plus et je n'aurais eu aucun remord à buter l'homme qui aurait osé toucher à Emma. Mais ma vie, c'était la guerre, la mort. Pas celle de Katarina.

- "Le temps va adoucir ta culpabilité, Kat. Ce poids va s'alléger, je te le promet."
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: I'm lost [Kat]   Mer 17 Aoû - 16:30

« Tu veux qu'on compare ? »

J'eus un petit rire, un peu forcé. Mais il avait raison, à ce rythme là, j'aurais bientôt plus de cicatrices qu'un militaire de carrière. Je ne faisais pas vraiment attention à elles, j'entends par là que je n'y pensais pas plus que cela. Oh bien sûr, impossible de ne pas les remarquer de temps en temps, impossible de passer tout à fait à côté. J'avais beaucoup plus de cicatrices qu'une femme devrait en avoir. J'en avais beaucoup plus que la plupart des femmes, d'ailleurs. Il faut dire que j'avais eu mon lot d'ennuis ces derniers temps. En un an j'avais plus souffert qu'en vingt-cinq ans. Et à chaque fois, j'avais souffert pour le compte de quelqu'un d'autre. Presque toujours pour celui de mon père... C'était presque étonnant que je ne sois pas plus rancunière, que je ne sois pas un million de fois plus haineuse. Parce qu'il avait fait de ma vie un véritable enfer. Au moment où il avait posé les pieds dans la Communauté... Non, avant, même. Avant qu'il ne soit revenu j'avais déjà souffert par sa faute. J'avais été enlevée par Armando pour qu'il sorte de sa cachette. Sauf qu'il n'était jamais sorti de sa cachette, et que j'aurais été exécutée si Ethan n'était pas venu me chercher. Oh vous me direz, ce qu'il venait de m'arriver n'avait aucun rapport avec mon père. Mais il n'était pas plus présent pour moi. Il avait été là quand j'avais failli mourir, et après, il avait de nouveau disparu, préférant donner tout son amour et toute son attention à Inessa, et maintenant à leurs nouveaux enfants. J'étais toujours la dernière roue du carrosse, la pièce de rechange. Et c'était insupportable. Heureusement pour moi, mon père était loin d'être la personne essentielle à ma vie. Néanmoins, j'étais déçue qu'il n'ait pas plus de considération pour moi. J'étais sa fille, j'aurais dû représenter quelque chose d'important à ses yeux. Peut-être pas le centre de sa vie, mais... quelque chose de plus important.

J'eus un léger soupir, puis je secouai légèrement la tête. Je ne méritais pas d'être admirée pour ce que j'avais fait. Parce que je n'avais rien fait d'extraordinaire. Rien qui mérite l'admiration d'Alexander. J'avais simplement fait ce qu'il fallait... C'était ce que tout le monde me répétait.

« Je ne suis pas courageuse, Alex. Je ne mérite pas d'être admirée... Je n'ai fait que me battre pour... Par amour. Parce que je n'ai pas le droit de les abandonner... Si il devait m'arriver quelque chose, Ethan... Ethan n'y survivrait certainement pas et puis... Je n'ai pas vraiment envie de mourir non plus. »

J'avais peur de mourir, parce que la chose qui m'effrayait le plus c'était de perdre Ethan et les enfants, d'être condamnée à ne plus les voir. Je les aimais mille fois trop pour cela. Ces trois êtres étaient le centre de ma vie. Sans Ethan, je n'étais rien. Et mes enfants étaient la plus belle chose que j'aie jamais faite. Je me devais d'être là pour eux. Même si cela impliquait de commettre le pire... Je n'ai pas pu m'empêcher de lever les yeux au ciel. La bonne attitude ? Je me suis passé une main dans les cheveux, me laissant retomber lourdement contre le dossier.

« La bonne attitude, hein ? Tu parles... J'ai paniqué, j'ai simplement paniqué. Quand je l'ai vu avec Sasha dans les bras... Il pleurait tellement fort ! Il disait qu'il allait me le prendre, qu'il allait l'emmener... Qu'il allait emmener mon bébé... J'ai tiré parce qu'il a tiré, pour me... nous protéger. Une seule fois aurait suffi, mais... J'ai vidé le chargeur. C'était affreux. Le sang a tout éclaboussé, sa poitrine était... »

Je pris une profonde inspiration.

« Je suis médecin, j'en ai vu du sang dans ma vie. Mais là c'était particulièrement horrible... Je n'aurais pas pu continuer à vivre dans cette maison après ça. Merci de nous avoir donné l'autorisation de déménager... »

Je n'aurais pas pu réapprendre à vivre sans déménager. J'aurais revécu la scène, encore et encore et encore. Ce que je n'aurais pas supporté bien longtemps. Surmonter tout cela en ayant déménagé était déjà compliqué, alors je n'osais imaginer comment cela aurait été si j'avais dû faire face chaque jour aux escaliers tâchés de sang, à l'odeur... A tout. Je ne l'aurais pas supporté, pas plus que je n'aurais supporté de laisser Sasha dans cette pièce. Je me sentais mille fois plus à l'aise dans cette maison. Elle était beaucoup plus accueillante et chaleureuse. Et puis surtout, je n'avais pas d'affreux souvenirs à l'intérieur. C'était bien là l'essentiel... J'ai jeté un regard plein d'incompréhension à Alexander. Le temps adoucirait la culpabilité ? Si seulement... Mais je n'y croyais pas trop.

« Le temps n'a jamais fait de merveilles pour moi, Alex... Jusque là, il n'a fait qu'empirer les choses. Je sais que cet homme mérite ce qu'il lui est arrivé, mais... Je l'ai tué. Je l'ai tué, et je n'arrive pas à m'ôter de la tête que c'est mal... Je sais qu'il allait enlever Sasha, je sais qu'il allait me tuer, mais j'aurais voulu que les choses se passent autrement. J'aurais voulu ne pas être toute seule... »

Je me disais que si Ethan avait été là... Oh, je détestais qu'il ait à tuer. Mais si il avait été là, les choses se seraient déroulées différemment. Je n'aurais pas été celle qui avait dû tenir l'arme. Ni celle qui avait dû tirer et tuer. J'aurais été celle qui aurait juste rassuré Sasha pendant que papa sauvait le monde encore une fois... J'avais failli mourir là bas. Je n'étais pas passée loin de la mort, jamais je ne l'avais tant frôlée. Sans Jackson je serais morte. Ethan aurait été incapable de faire repartir mon cœur. Tout s'était joué à quelques secondes près... J'avais failli tout perdre. Cela avait de quoi rendre n'importe légèrement déprimé. Je ne leurrais pas grand monde. Malgré mes sourires, ceux qui me connaissaient savaient que ce n'était qu'une façade. Je n'allais pas bien, j'avais du mal à tout mener de front. Ethan trouvait que j'en faisais trop. Mais je ne pouvais pas rester là à tourner en rond. Je devais me changer les idées, à tout prix. Peut-être que j'avais repris le travail trop vite, oui... Mais qu'est-ce que je pouvais bien faire d'autre ? Rien. Je ne supporterais pas de rester assise à rien faire, à attendre que le temps passe. Ce n'était pas moi, cela ne me ressemblait pas. J'étais une battante.

Avec un petit soupir, je laissai ma tête retomber contre l'épaule d'Alexander. J'avais toujours trouvé qu'il y avait quelque chose de rassurant chez lui. C'était certainement dû à sa carrure imposante, mais qui ne lui donnait pas un air effrayant, bien au contraire... Je fronçai les sourcils. Je venais d'entendre des pleurs, ils me parvenaient de l'étage. Avec un soupir, je me redressai.

« Sasha. Excuse moi, je reviens. »

Je contournai le canapé et montai ensuite les escaliers jusqu'à l'étage. Je ne l'avais pourtant pas couché il y a très longtemps... Son sommeil était léger, beaucoup plus ces derniers temps. Ce n'était pas étonnant. J'entrai dans la chambre et rapidement j'allai vers le berceau. Je pris immédiatement Sasha dans les bras, pour le calmer le plus vite possible. Il était nerveux, je le sentais. Je passai une main dans son dos en soupirant. Il n'avait pas faim, puisqu'il avait mangé, il n'avait pas besoin d'être changé... Je n'aimais pas le voir ainsi. Je m'inquiétais pour lui. Il n'aurait pas dû en être ainsi. Soudain un peu plus morose, je sortis de la chambre et redescendis les escaliers pour rejoindre Alexander sur le canapé. Je ne pus m'empêcher de soupirer, encore, en calant Sasha contre ma poitrine, tout en continuant à caresser son dos doucement pour l'apaiser.

« Il est nerveux, depuis que... Tu sais. »

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MessageSujet: Re: I'm lost [Kat]   Mer 17 Aoû - 21:13

Je souris légèrement quand Katarina me demanda si elle voulait qu'on compare nos cicatrices.

- "Une autre fois peut-être. Tu en as qui sont situées à des endroits qu'Ethan ne voudrait pas que je vois."

Je savais la jalousie de mon ami, même envers moi. Envers tout le monde en fait. Et si jusqu'à maintenant, mon statut d'homme marié, père de famille et heureux avait pu le dissuader d'être complètement paranoïaque vis à vis de moi, je doutais qu'il soit aussi indulgent maintenant que je n'étais plus avec Gabrielle, donc célibataire et appréciant énormément Katarina. La douce et compréhensive Katarina, qui avait les mêmes qualités qui m'avaient séduites chez Gabrielle. Mais je la chérissais comme une amie, voire une petite sœur et je ne nourrissais absolument aucun sentiment amoureux pour elle. Ni pour aucune autre femme au demeurant. Cependant, au fil des années, j'avais apprit à connaître cette jeune russe exilée et je ne regrettais à aucun moment de ma vie, de l'avoir prit sous mon aile et de l'avoir ramenée à la Communauté, malgré sa nationalité, qui lui avait valu énormément de méfiance et sans doute de gros problèmes si elle n'avait été sous ma protection. Et pourtant, j'étais sincèrement révolté de voir que c'étaient toujours les plus innocents, les plus doux, qui avaient la vie la plus impitoyable. Katarina n'avait que trop souffert ces derniers mois, son corps avait été maltraité à de nombreuses reprises, son esprit fragilisé, mais elle se tenait toujours debout, surmontant les épreuves les unes après les autres. Était-elle plus forte à chaque fois? Sans doute pas... Comme si on érigeait à chaque fois un mur plus épais, mais sur des fondations plus fragiles. J'avais peur pour elle.

Je lui exprimai alors mon sentiment, mon admiration pour elle, qui relevait la tête au lieu de chercher à en finir avec cette vie qui lui avait déjà fait tant de mal. Naturellement, elle se défendit d'être courageuse, elle minimisa ses réactions, ne comprenant pas que c'était bien là le courage dont je parlais : penser à ses enfants, à son mari, tenir pour eux. Combien de parents se suicidaient, malgré leurs enfants? Combien de conjoints abandonnaient ainsi leur amour? Combien de femmes dans le cas de Katarina se seraient retrouvée prostrées, incapable de reprendre goût à la vie?

- "C'est ce que je dis Kat. Au lieu de penser égoïstement à tes malheurs, tu penses à ceux que tu aimes et qui comptent sur toi, qui ont besoin de toi."

C'était cela que j'admirais. Et quelque part, j'en voulais énormément à Gabrielle de ne pas avoir su trouver ces ressources dans sa famille. De ne pas avoir réagi comme Katarina. Elles avaient toutes les deux été violées. Katarina s'était réfugiée dans son amour pour Ethan. Gabrielle m'avait fui et avait trouvé le réconfort dans les bras d'un autre, faisant ainsi exploser notre famille et notre bonheur.

- "N'importe qui aurait paniqué Kat. Et au lieu de rester bêtement à ne rien faire, tu as agi. J'ai beau être habituée à ce genre de choses, si j'avais vu cet homme menaçant avec ma fille dans les bras, je n'aurais pas été complètement calme. Et tu sais, je ne suis même pas certain qu'Ethan aurait réagi aussi bien que toi... C'est difficile à dire. Chacun réagit à sa manière. Peut-être te juges-tu sévèrement, mais tu es la seule."

Elle respira un bon coup, avant de me remercier de leur avoir permis de démanger.

- "De rien, c'était naturel. Et la moindre des choses que je puisse faire. Tu sais, j'aurais aimé être là, tuer cet homme pour t'épargner ce calvaire."

Elle n'était pas convaincue que le temps ferait son œuvre. Elle disait cela maintenant, parce que c'était bien trop frais dans son esprit. Mais elle finirait par accepter qu'elle n'avait pas eu d'autre choix, qu'elle avait tué une ordure qui aurait fait la même chose sur bien des gens après elle, si elle n'avait pas mit un terme à sa vie. Bien sûr qu'elle aurait aimé ne pas être seule et sans doute qu'Ethan s'en voulait chaque jour de ne pas voir été là, mais on n'y pouvait malheureusement rien. Katarina se laissa aller contre moi et je souris doucement, heureux de lui offrir un refuge, je l'espérais. Un sentiment de sécurité.

Ce petit moment de calme ne dura pas quand Sasha se mit à pleurer à l'étage et en bonne mère qu'elle était, Katarina alla le chercher, je pouvant laisser son fils pleurer bien longtemps. Je les observais alors que Katarina revenait et elle se rassit près de moi, essayant d'apaiser son fils et m'expliquant qu'il était nerveux depuis les récents évènements.

- "Il oubliera. Peut-être que vous lui communiquez votre propre nervosité, Ethan et toi..."

Ce qui était tout à fait normal, au demeurant, mais je ne pensais pas qu'un enfant aussi jeune reste traumatisé de cet épisode. Non, il était sensible aux humeurs de ceux qui gravitaient autour de lui et si Katarina faisait semblant d'aller bien, cela ne fonctionnait pas sur son fils.

- "Je peux ?"

J'indiquais son fils du menton, demandant l'autorisation de le prendre dans mes bras.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: I'm lost [Kat]   Jeu 18 Aoû - 15:40

Les paroles d'Alexander ne me rassuraient pas. Pas vraiment... Cela ne m'aidait pas beaucoup de l'entendre me dire que j'avais fait ce qu'il fallait, que j'avais été courageuse, que n'importe qui aurait réagi comme moi... Le problème, c'est que cela n'était pas arrivé à n'importe qui, mais à moi. C'était moi qui avait dû tuer cet homme et c'était moi qui devait en assumer le lourd poids et les conséquence. Alexander savait certainement ce que je ressentais... Ou peut-être pas. Il avait beau dire que c'était toujours dur de tuer quelqu'un, je ne le croyais qu'à moitié. Il était beaucoup plus dur que moi, il agissait sans remords, parce qu'il savait parfaitement que ce qu'il faisait était juste. Je ne pensais pas pour autant qu'il lui était facile de tuer, loin de là... Mais il ne se retournait pas, il ne regardait pas en arrière comme j'avais tendance à le faire. Il me rappelait beaucoup Ethan. Lui non plus, ne se retournait pas. Il me l'avait dit plus d'une fois. Il tuait pour me protéger, pour nous protéger. Peut lui importait ce qu'il devait faire. Il le faisait parce qu'il n'avait pas le choix. Quand je lui avais demandé si il regrettait parfois, il avait dit que non, parce que c'était lui, moi, nous ou les autres. J'aurais aimé pouvoir penser ainsi, sincèrement. Mais je n'étais pas comme eux. J'étais beaucoup plus sensible à ce genre de choses. En tant que médecin, je trouvais la vie extrêmement précieuse. Évidemment, ce serait mentir et être hypocrite que de dire que je ne souhaitais pas voir quelques personnes mortes. Mais entre le souhaiter et devoir appuyer soi-même sur la détente... Il y a un monde. J'aurais aimé ne jamais avoir à mettre le pied dans ce monde là. J'y avais été catapultée un peu malgré moi, et maintenant que j'y étais il me serait dur de revenir dans mon monde à moi.

« J'aurais vécu un calvaire de toute façon... Le plus dur, c'est de me dire que j'ai failli perdre mon fils... Si ça avait été Lena... Elle n'aurait pas pleuré. Elle ne pleure jamais. Il l'aurait emmenée et je n'aurais peut-être jamais revu ma fille... »

Ce jour là j'avais véritablement béni la nervosité de Sasha et le fait qu'il ne supporte pas d'être porté par des inconnus. Lena elle, ne pleurait que très peu et rarement. Elle se serait certainement demandé qui était cet homme, mais elle n'aurait pas pleuré tout de suite. Elle aurait pleuré trop tard. Et là, le drame aurait été total... Comment est-ce que j'aurais pu expliquer à Ethan que sa fille avait été enlevée sans que je m'en sois rendue compte ? Je n'aurais pas pu. Je n'aurais pas pu l'expliquer, je n'aurais pas pu le supporter. J'aurais pu ne jamais revoir Lena, je ne me serais jamais pardonné son enlèvement. Dans mon malheur, j'avais eu de la chance... En quelque sorte. Je ne pouvais pas vraiment mon considérer comme chanceuse alors que quelqu'un avait tenté d'enlever mon fils et de m'assassiner en même temps. Disons simplement que le pire avait été évité. Plus ou moins.

Je ne pouvais que songer à ce que j'avais failli perdre, en serrant Sasha contre moi. Un petit trésor, une part de moi même. Ce que je ressentais était assez paradoxal. Je regrettais d'avoir tué cet homme, mais pas d'avoir protégé mon fils. Je m'étais comportée comme une lionne, une louve selon Alexander. Ce jour là j'avais compris le vrai sens du mot "n'importe quoi". N'importe quoi signifie alors ce qui est nécessaire, peu importe ce que cela implique. Ethan avait saisi la vraie définition de ce mot avant moi. Et Alexander aussi. Est-ce que le fait d'être un homme les rendait plus forts psychologiquement ? Je n'en avais pas la moindre idée. Ethan était un homme fragile en général, mais dès qu'il s'agissait de protéger sa famille il semblait tirer des forces de je ne sais où. Pour cela, je l'admirais grandement... Sasha avait enfoui sa tête dans mon cou, comme pour se cacher et se protéger. Il était toujours très calme quand il était contre moi. Comme si j'étais assez forte pour le protéger de n'importe qui et n'importe quoi. Il avait plus confiance en moi que moi-même. Certainement parce que j'étais sa mère, et que je l'avais protégé pendant neuf mois. Du moins, j'avais essayé du mieux que j'avais pu après avoir failli le perdre en début de grossesse. J'avais été tellement protectrice que c'était en partie ma faute si c'était un bébé aussi nerveux. Je le protégeais trop, j'en avais confiance. Mais après ce qu'il s'était passé, pouvait-on vraiment me le reprocher ? J'étais excessive, mais pour le moment mes excès étaient relativement justifiés. Il ne fallait pas attendre de moi que je sois tout à fait détendue après cela. Si j'avais été détendue, je serais passée pour folle. Mon comportement était tout à fait normal pour une mère ayant subi un tel traumatisme.

Je relevai les yeux vers Alexander, sortant de ma rêverie, lorsqu'il me demanda s'il pouvait... S'il pouvait quoi ? Il indiqua Sasha du menton. Oh oui, le prendre dans ses bras, bien sûr. J'eus un sourire et acquiesçai, tout en jetant un petit regard à Sasha. Il semblait calmé. Non pas que je ne veuille pas qu'il le prenne dans ses bras, mais Sasha avait tendance à ne pas aimer être dans les bras de personnes qu'il ne connaissait pas. Il connaissait Alexander, bien sûr, mais serait-ce suffisant ?

« Ne te vexe pas s'il pleure, surtout. Il a tendance à le faire quand il n'est pas dans les bras de ses parents... »

J'eus un petit rire.

« Il a déjà le caractère de son père. »

Je me décalai légèrement vers Alexander. Doucement, sans faire de gestes brusques, je mis Sasha dans ses bras. Ce dernier fit une drôle de tête, il fit la grimace, se demandant certainement pourquoi tout à coup je le mettais dans les bras de quelqu'un d'autre. Pour qu'il ne se mette pas à hurler immédiatement, je m'arrangeai pour qu'il puisse me voir. Il me suivit du regard un instant, avant de lever de grands yeux interrogateurs vers Alexander.

« Ah, tu l'intrigues... Tu ne ressembles pas à papa. »

Sasha mordillait ses poings en regardant Alexander d'un drôle d'air. Il faut dire qu'il n'y avait pas grand monde qui le prenait dans ses bras. Et il ne supportait pas grand monde à part Ethan et moi. Il aimait bien Jackson et Evan, encore que le dernier était un peu trop loufoque pour lui parfois. Il appréciait Elizabeth et Cassandre, mais à petite dose... Oui, définitivement, il avait le caractère de son père. Il ne se mettait pas à pleurer. Alexander pouvait considérer cela comme une petite victoire. Le fait que je sois juste à côté devait aider un peu, d'accord. Mais c'était aussi bien. Sasha pouvait se laisser apprivoiser. Tant que j'étais à côté il devait se sentir en confiance, et se dire que je le reprendrais avec moi si quelque chose ne lui plaisait pas. Bon, il ne se disait peut-être pas encore tout cela, mais il agissait comme si. J'eus un petit sourire, caressant sa joue veloutée du dos de la main. Il eut une autre petite grimace, puis se frotta le visage avec un petit air gêné. Avec un léger soupir, je laissai ma main retomber sur mes genoux et détachai mes yeux de lui.

« Ethan t'a dit pourquoi nous l'avions appelé Sasha ? »

Je me laissai retomber contre le dossier, Sasha se sentant visiblement en confiance.

« Sasha, c'est le diminutif d'Aleksandr, Alexander, en russe. L'appeler ainsi, c'était un peu notre façon de te remercier pour tout ce que tu as fait pour nous... »

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MessageSujet: Re: I'm lost [Kat]   Mar 30 Aoû - 20:56

- "Katarina, avec des si, on referait le monde... Ne pense pas à ce qui aurait pu arriver. Je ne peux pas t'empêcher de penser à ce qu'il s'est passé, alors de grâce, ne te torture pas avec des probabilités."

Et pourtant, je ne pouvais vraiment lui en vouloir, beaucoup auraient sans doute réfléchi comme elle. Je ne pouvais qu'imaginer la terreur qui pouvait vous étreindre quand vous trouviez un inconnu avec votre enfant dans les bras. Cela avait été Sasha, mais Emma aurait pu elle aussi, être à la place du bébé. Bien qu'Emma aurait sans doute hurlé avec cet inconnu. Mais la situation étant ce qu'elle était avec Gabrielle, la surveillance d'Emma n'était pas des plus aisés. Nous devions absolument faire attention et ne jamais la lâcher une seule minute du regard.

Katarina ne semblait pas encore prête à entendre ce que j'avais à lui dire à ce sujet. Elle m'écoutait, mais ne m'entendait pas, ne me comprenait pas. Elle était encore trop traumatisée par le choc, trop dans ses souvenirs, pas assez dans la rationalisation. Et puis, je ne pouvais guère comparer sa façon de réagir et la mienne. Il ne m'aurait fallu qu'une balle pour le tuer. Une seule balle, bien placée. Je n'aurais sans doute pas paniqué, je n'aurais pas versé une larme pour le ravisseur. Mais j'avais passé des années dans l'armée, j'avais eu plus que mon comptant de morts. Pas Katarina, la fragile Katarina, qui s'efforçait d'être forte, jusqu'au moment où elle s'effondrerait, où son esprit lâcherait...

Les pleurs de Sasha furent les bienvenus et la jeune femme se précipita à ce son, pour aller chercher son fils et le ramener près de nous, me broyant le cœur à la vue de ce tableau émouvant et qui me rappelait ce que j'avais perdu. Je ne pouvais être jaloux du bonheur des autres. Pourtant, j'avais passé tant de temps à tout sacrifier... Que l'amertume me rongeait, sans que je ne le désire, sans que je ne l'alimente, mais sans que je ne puisse l'empêcher non plus. Je lui demandai alors l'autorisation de prendre Sasha dans mes bras, ce petit bout d'homme qui avait failli être ravi à ses parents. Katarina jeta un regard à son fils, avant de sourire et de me le tendre, me prévenant qu'il risquait de pleurer. J'esquissai un mince sourire réconfortant. Je n'allais pas me vexer s'il se mettait à pleurer. Certains enfants se fichaient d'être dans les bras d'inconnus, d'autres non. Avec tout ce qu'il se tramait, c'était plutôt normal que Sasha soit nerveux, trop réceptif au climat dans lequel il vivait. C'était même étonnant que Lena ne soit pas plus farouche. Elle renchérit en m'apprenant qu'il avait le caractère de son père.

- "Ma pauvre, tu n'es pas sortie d'affaire alors."

Et je ne plaisantais qu'à moitié. Si Sasha était aussi excessif, paranoïaque et jaloux qu'Ethan... Je la plaignais sincèrement. espérions qu'il n'hérite que de ses qualités, qui étaient, heureusement, assez nombreuses, malgré de gros travers. J'accueillis doucement ce petit bout de chou, alors que Katarina le mettant dans mes bras dans un excès de précaution. J'observai Sasha, qui grimaça, plantant son regard dans celui de sa mère, avant de se décider à me regarder, s'attirant une remarque de Katarina. Je souris alors.

- "En effet..."

Je ne ressemblais pas à Ethan, que ce soit moralement ou physiquement. Ethan était très mince, plutôt fluet, avec de grands yeux bleus expressifs. J'étais bien plus massif, j'avais un visage plus dur, plus marqué et des yeux sombres. Doucement, j'approchai mon index de la joue veloutée de Sasha, qui me regardait, curieux et ne pleurait pas. Malgré ma stature imposante et mon visage dur, j'inspirais davantage le respect que la crainte. Je donnais l'impression de pouvoir protéger n'importe qui, de pouvoir tout résoudre. On me faisait confiance aveuglément. Sans doute à tort, surtout maintenant que je n'étais plus qu'un colosse aux pieds d'argile. Katarina lui caressa la joue à son tour et je relevai le visage vers elle quand elle me demanda si Ethan m'avait dit pourquoi on l'avait appelé Sasha. Je secoua négativement la tête. Je me surpris à avoir envie de connaître de nouveau ce bonheur d'être père. Ce n'était, malheureusement, plus à l'ordre du jour. J'aurais pourtant adoré. Katarina sembla se détendre et répondit alors à sa propre question.

Sasha était le diminutif d'Aleksandr en russe. Une sorte de remerciement pour ce que j'avais fait pour eux... J'étais déjà le parrain de Lena et voilà que leur fils portait mon nom, d'une certaine façon. Je sentis une boule naitre dans ma gorge. Pour cette gratitude excessive que je ne méritais pas. Pour tout ce qui se passait dans ma vie.

- "Je suis... flatté. Honoré même... Mais ce n'est pas justifié Kat. Je suis déjà le parrain de Lena, et voilà que votre fils porte mon nom. C'est trop, je n'ai rien fait d'exceptionnel. Vraiment rien..."

Ma voix s'éteignit quelque peu. J'avais fait passer les autres avant mon propre couple et voilà le résultat... J'étais séparé de la seule femme que j'ai jamais aimé et la mère de ma fille. J'étais entouré mais je me sentais seul.
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MessageSujet: Re: I'm lost [Kat]   Mer 31 Aoû - 19:06

HJ : Désolée c'est un peu court ><

J'étais presque choquée que Sasha ne pleure pas. Je n'avais pas envie qu'il se mette à pleurer, loin de là, mais ce n'était pas dans ses habitudes de ne pas pleurer dans les bras d'un inconnu. Alexander n'était pas tout à fait un inconnu, mais il ne l'avait pas vu des dizaines de fois non plus. Il le connaissait à peine, et je me demandais même si il se souvenait de lui. Certainement pas. Qu'il ne pleure pas était bon signe. Cela signifiait qu'il prenait confiance, qu'il s'apaisait. Et puis il fallait bien dire qu'Alexander dégageait quelque chose de rassurant malgré sa carrure imposante et son air grave. Il impressionnait, mais il ne faisait pas peur. Il avait cette image de colosse rassurant. De leader. Son image nous avait donné confiance et nous avait poussés à le suivre les yeux fermés. C'était drôle de voir que même les nouveau-nés avaient confiance en lui. Surtout un comme Sasha. Lui d'ordinaire si craintif semblait captivé par ce grand gaillard qui le regardait tendrement. Il devait se demander de qui il s'agissait, puisque ce n'était pas son père. Et ce n'était pas non plus Evan... En général, Sasha pleurait toujours au bout d'un moment avec Evan. Il faut dire que ce dernier était très vite exubérant, et pour un bébé ce n'était pas forcément ce qu'il y avait de mieux...

Je n'ai pas pu m'empêcher de dévisager Alexander, qui pensait ne pas mériter que notre fils porte son nom. J'ai légèrement secoué la tête, en levant les yeux au ciel. Et puis quoi encore... ?

« Alex. Tu ne te rends pas compte de ce que tu as fait pour nous... Avant toute chose, tu nous as sauvé la vie. À tous les deux. Sans toi, je serais morte seule dans les rues de Manhattan, et Ethan aurait sans doute fini par faire une overdose quelque part dans le Bronx. Nous ne nous en serions pas sortis sans ton aide. Avant toi, j'ai croisé plusieurs personnes... Pas une seule ne s'est arrêtée avant toi. »

C'était vrai. Ou alors, elles s'en allaient aussitôt qu'elles entendaient mon accent.

« Et puis, quand on y réfléchit, sans toi nous ne nous serions même pas rencontrés. »

Nous ne serions pas tombés amoureux l'un de l'autre, nous ne nous serions pas mariés, nous n'aurions pas eu deux merveilleux enfants... Enfin, en résumé, sans lui, rien du tout. Pas d'histoire d'amour. Après la guerre, j'aurais eu beaucoup de mal à rencontrer Ethan par mes propres moyens. Je n'aurais certainement pas mis un seul pied dans le Bronx, trop effrayée par ce que je pourrais risquer d'y trouver. Ethan serait certainement mort... Tout ce qui nous était arrivé, nous ne le devions qu'à un seul homme. Ou du moins, sans lui nous n'aurions pas pu aller jusque là où nous étions allés tous les deux. Nous avions parcouru un sacré chemin... J'étais juste désolée qu'il soit encore tant semé d'embuches. J'aurais aimé pouvoir avancer sur une longue route tranquille. Mais ce n'était pas prêt d'arriver. Avec les récents événements, je n'osais croire à une vie parfaitement tranquille. Nous ne vivions plus dans un monde idyllique. Je me réveillais le matin en pensant que c'était le cas, parce qu'Ethan me serrait dans ses bras. Mais je finissais par me souvenir que si Ethan me serrait si fort, c'était parce qu'il avait peur qu'il ne m'arrive encore quelque chose. Son étreinte était dure, nerveuse. Pas aussi douce qu'avant... Rien n'était plus doux comme avant.

« Tu es toujours là pour nous, Alex. Et pourtant Dieu sait que cela ne doit pas être simple... Je veux dire, ce n'est pas toujours facile d'être là pour Ethan. Et pourtant, tu l'as aidé et tu continues à le faire, même s'il te repousse. Beaucoup l'ont déjà abandonné, tu sais... Mais tu est là. Tu es toujours là pour ton petit-frère. Et sa femme. »

Je soupirai, caressant les cheveux de Sasha tout doucement.

« Je n'ai plus beaucoup d'amis, tu sais. Je ne veux pas dire que j'en avais des masses, mais, avec tout ce que j'ai traversé... Les gens se sont éloignés de moi. Oh, je ne peux pas leur en vouloir... Ce n'est pas facile d'être à l'aise avec le malheur des gens. Mais je ne vais pas mentir, je me sens parfois un peu seule. Je n'ai même plus une amie... »

Même plus de meilleure amie. J'avais perdu Gabrielle, moi aussi dans une certaine mesure. Mais par rapport à ce que lui vivait avec elle, je ne pouvais trop rien dire. C'eût été déplacé... J'eus un petit soupir, en laissant ma tête reposer contre l'épaule d'Alexander.

« Alors tu vois, c'est mérité. Et puis même... Sasha c'est un très joli prénom. Il lui va très bien, je trouve. »

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MessageSujet: Re: I'm lost [Kat]   Dim 11 Sep - 21:58

[Tu veux que je te frappe? xD]

Tenir Sasha, mon homonyme, dans mes bras, regarder ses petits poings, son visage poupin, sentir sa petite présence contre moi m'apaisait. Et me rendait nostalgique aussi, nostalgique de jours meilleurs. Je voyais me filer sous le nez la possibilité de connaître de nouveau cela avec celle que j'aimais. J'avais quitté Gabrielle, mais ce n'était surement pas à cause d'un manque d'amour de ma part. Non, elle tenait toujours sa place dans mon cœur. Peut-être comptais-je aussi pour elle, même si je ne me leurrais pas : elle ne tarderait pas à retourner près de son grec, puisqu'elle avait désormais le camp libre, qu'il l'aimait, qu'il la voulait près de lui. Je n'étais pas certain de pouvoir supporter cela... Mon point de rupture n'était pas très loin quand j'y réfléchissais bien. Il me semblait que dans un accès de rage, j'étais tout à fait capable de tuer Aristide, par jalousie, par haine... Par dépit, par tristesse.

Sasha se tenait tranquille alors que Katarina m'avait prévenu qu'il risquait de pleurer. j'avais toujours eu un effet lénifiant sur les gens, qu'ils soient adultes ou enfants. Emma avait souvent calmé ses colères dans mes bras. Ses cauchemars aussi. Où étaient les jours heureux? Comment préserver ma fille de ma séparation d'avec sa mère? Heureusement, Elizabethtown était une petite ville, et je voyais Emma tous les jours. J'aurais très mal supporter de devoir passer par le juge, de me battre pour sa garde. les choses s'étaient faites plus ou moins à l'amiable.

Pourtant, alors que Katarina chantait mes louanges, je me fis un devoir de remettre les choses au clair. Je n'avais rien fait d'extraordinaire, je n'étais pas un saint, pas un héros, j'avais de gros défauts, je les avais tous mis en danger en provoquant la colère d'Armando, je n'avais pas été capable de les protéger correctement. La preuve en était qu'elle avait failli mourir, encore une fois. J'étais incapable de prendre soin des gens que j'aimais, malgré toute ma bonne volonté.

Katarina ne semblait pourtant pas de cet avis. Elle s'entêta, me rappelant que je l'avais sauvée, que j'avais sauvé Ethan, que sans moi, tous deux seraient probablement morts, qu'elle ne connaitrait pas ce bonheur présent, que personne ne s'était arrêté pour sauver la petite russe, l'ennemie. Je haussais les épaules, mal à l'aise devant cette vérité. Pourtant, cela était tellement naturel de venir en aide aux plus faibles, aux démunis, à ceux qui en avaient besoin. Je n'étais pas le seul à savoir tendre la main.

- "Alors je ne suis que l'instrument du destin. Ethan et toi, c'est tellement une évidence, vous auriez fini par vous trouver."

Il y avait des hauts et des bas, bien sûr, mais leur amour sautait aux yeux et ne faisait aucun doute. Cela avait été mon cas avec Gabrielle, il y a 10 ans... Des couples s'aimaient et se quittaient pourtant. Ethan et Katarina souffriraient-ils de cela aussi, dans quelques années? Je ne leur souhaitais pas. Mais les choses étaient bien différentes. Arrête Katarina... Arrête de m'encenser... Elle continuait pourtant, disant que j'étais toujours là pour Ethan, même quand il me repoussait, même quand il n'était pas facile. Jamais je ne les avais laissé tomber. Si, une fois, quand Katarina avait été enlevée et que Gabrielle avait disparu, s'enfuyant loin de moi pour se retrouver, disait-elle. Je l'avais trop mal vécu. je m'étais montré égoïste. La seule fois et je le regrettais. Elle m'avoua se sentir seule, les gens l'évitant, alors qu'elle n'avait même plus une envie. Mon cœur se serra et je sentis une boule se former dans ma gorge. Katarina avait toujours eu cet effet là sur moi. De fissurer mon armure et d'extraire ma sensibilité, mes peines, tout ce qui me rongeait, m'étouffait. Je ne savais pas comment elle parvenait à installer ce climat de confiance et d'intimité, mais cela ne ratait jamais.

- "Je n'ai plus de femme..."

Je refusais de la regarder, me concentrant sur Sasha lors que je parlais d'une voix étouffée.

- "Je l'aime encore tu sais? Mais je n'arrive plus à faire semblant, à effacer ce qu'il s'est passé. Je ne parviens pas à lui pardonner... Pourquoi s'est-elle éloignée de moi Katarina? Pourquoi n'a-t-elle pas trouvé le réconfort dans mes bras? Suis-je un si mauvais mari? J'ai sacrifié ma vie privée pour la Communauté."

Je me rendis compte avec horreur que les larmes n'étaient pas loin. Je refusais de pleurer, même devant Katarina...
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MessageSujet: Re: I'm lost [Kat]   Mar 13 Sep - 17:28

Ethan et moi, une évidence... J'eus un sourire, tandis que je m'empourprai légèrement. Si tout le monde se mettait également à penser que nous nous serions trouvés un jour ou l'autre, c'était que cela devait être vrai. J'aimais à penser que ça l'était. Parfois je m'amusais à penser à ce qu'aurait pu être notre vie sans cette guerre. Je ne la voyais pas vraiment différente, si ce n'est bien sûr que j'en retirerai toutes les catastrophes et les éléments tragiques qui faisait de notre vie un cauchemar. Mais j'aurais gardé tout le reste, les enfants surtout. Même si ce n'était pas facile tous les jours, Lena et Sasha étaient les meilleures choses que j'avais faites. Ils étaient tous les deux absolument parfaits. Pour moi qui pensais ne jamais être mère ou ne jamais vouloir d'enfants, j'étais bien surprise de réaliser à quel point ils étaient parfaits et merveilleux. Ils étaient ce que j'avais de plus cher, de plus précieux. J'étais folle amoureuse d'eux, tout simplement. Ces derniers temps je ne transpirais pas la joie et le bonheur, mais Lena et Sasha savaient comment me redonner le sourire.

Mes considérations joyeuses s'envolèrent bien vite quand je vis la tête que faisait Alexander, juste avant qu'il ne me dise qu'il n'avait plus de femme. J'ai eu un petit soupir triste. Je n'avais appris la nouvelle de sa séparation avec Gabrielle qu'il y a quelques jours auparavant, et jusque là je n'avais pas trouvé le temps d'aller le voir pour lui parler, ou simplement le réconforter, même. Ce qui était drôle, façon de parler, c'est que je n'avais pas songé à faire de même pour Gabrielle. Je me doutais qu'elle avait certainement besoin de parler elle aussi, qu'elle devait aller mal aussi, mais je ne pensais pas à aller vers elle alors que j'avais tout de suite eu envie d'aller voir comment Alexander allait. Gabrielle avait pourtant été ma meilleure amie... Mais comme elle ne l'était plus, je ne m'étais même pas posé la question de savoir si je devais ou non aller la voir. Peut-être parce que je pensais qu'elle trouverait du réconfort ailleurs... Je ne pouvais m'empêcher de grimacer en songeant qu'elle retournerait peut-être vers Aristide. Je savais que même s'ils étaient maintenant séparés, Alexander ne le supporterait pas, et là je ne voulais même pas imaginer les conséquences de sa colère... Colère qui serait légitime, sans doute. Il avait déjà été bien bon d'accepter le retour d'Aristide. J'en connaissais beaucoup qui à sa place n'auraient pas hésité à le laisser mourir dehors, ou à l'achever. Et maintenant qu'il n'était plus avec Gabrielle, j'avais peur que les anciens amants voient cela comme une espèce de bénédiction, ou une porte ouverte vers leur nouvelle idylle. Ce serait là une véritable catastrophe. Personne n'avait très envie de voir Alexander se mettre vraiment en colère. Il était d'ordinaire d'un calme olympien, mais comme tout le monde il lui arrivait d'exploser. Cela pouvait paraître lâche, mais à ce moment là je préférais ne pas être dans les environs.

Évidemment, qu'il l'aimait encore. Comment aurait-il pu cesser de l'aimer aussi rapidement ? Se séparer n'effaçait pas tous les sentiments en une fraction de secondes. C'était certainement le plus dur à supporter pour lui. Continuer à l'aimer tout en sachant ce qu'elle lui avait fait. Après dix années de mariage, le choc avait dû être dur à encaisser. L'adultère était une chose difficilement pardonnable. Je ne savais pas ce que j'aurais fait si Ethan m'avait trompée. Sans doute l'aurais-je quitté, et ce malgré l'amour que j'avais pour lui. Je n'osais même pas imaginer quel calvaire Alexander avait dû endurer ces derniers mois. Il avait dû sans cesse imaginer sa femme dans les bras d'un autre... Un autre qu'il connaissait, qu'il voyait tous les jours... Pas étonnant qu'il ait fini par ne plus le supporter. Je ne savais même pas si il avait osé toucher Gabrielle depuis. Je ne poserais pas la question, cela ne me regardait pas. Et puis remuer le couteau dans la plaie ce n'était pas mon genre. J'écoutais toujours les gens se confier à moi sans poser aucune question qui puisse paraître trop personnel ou passe pour de la curiosité mal placée. Alexander souffrait suffisamment pour que je n'en remette pas une couche. Mais malheureusement, je doutais de pouvoir lui être d'un grand secours. Aux questions qu'il se posait et me posait, je n'avais pas de réponses. Gabrielle s'était éloignée de moi en même temps qu'elle s'était éloignée de lui. Ni lui ni moi ne savions pourquoi elle avait fait cela. Dans une moindre mesure, je comprenais son désarroi et sa colère.

« J'aimerais pouvoir apporter des réponses à tes questions... Mais j'ai perdu ma meilleure amie en même temps que tu as perdu ta femme. »

Et c'était déjà il y a longtemps. Cela ne datait malheureusement pas d'hier. Gabrielle avait mis fin à ces deux relations au même moment, sans que nous comprenions pourquoi. Elle s'était éloignée de son mari au moment où elle avait été violée, pas quand elle l'avait trompé, même si la tromperie était certainement ce qui blessait le plus Alexander, qui ne comprenait toujours pas pour quelle raison elle avait fait cela. Elle m'avait dit que c'était parce qu'il la regardait comme une femme violée et plus son épouse. Mais il était normal qu'il ait eu du mal à la regarder autrement pendant un certain temps. Mais il n'avait jamais eu honte d'elle. Il avait juste eu du mal à accepter ce qu'on lui avait fait. Ethan m'avait regardée de cette façon au début. Il n'y avait pas eu de dégout dans leurs yeux, juste une profonde tristesse. Mais peu à peu, le regard d'Ethan avait changé, il m'avait de nouveau regardée comme sa femme, me redonnant cette confiance que j'avais perdue. J'avais l'impression que Gabrielle n'avait pas laissé cette chance à Alexander. Je ne disais pas qu'elle avait choisi la solution de facilité en allant voir ailleurs, mais peut-être qu'elle aurait dû... Je ne sais pas, songer que ce n'était pas cela qui le ferait cesser de l'aimer après dix années de mariage ?

« Oh Alex, tu ne peux pas dire une chose pareille... Tu n'es pas un mauvais mari. Ce n'est pas de ta faute. Tu ne dois pas culpabiliser en te disant cela. Peut-être que tu as fait énormément pour la communauté, oui... Mais était-ce bien différent quand tu étais dans l'armée ? En mission, loin de ta famille ? C'est ce que tu es. Aider les gens, c'est ce que tu fais de mieux, parce que c'est ton métier. Tu ne peux pas te blâmer pour de fausses raisons... Pense à toutes ces personnes que tu as sauvées. Moi, Ethan... Les trois quarts des gens ici te doivent leur vie. Ce n'est pas de ta faute, alors cesse de te flageller pour des erreurs qui ne sont pas les tiennes. »

J'avais l'impression de diaboliser Gabrielle. Mais ce n'était pas de la faute d'Alexander et il fallait qu'il le sache. Croire que tout était de sa faute n'arrangerait rien.

« J'aimerais pouvoir te dire pourquoi elle t'a trompé. J'aimerais, mais je ne peux pas. Très sincèrement, j'ai essayé de la comprendre, mais la dernière fois que nous nous sommes parlées, ça a été une catastrophe... Mais mets toi bien dans la tête que tu n'y es pour rien. Ce n'est pas toi qui l'a poussé dans les bras d'Aristide. »

Parfois, je me demandais si cette liaison aurait éclaté au grand jour si Ethan ne les avait pas surpris. J'aimais à croire que Gabrielle ne lui aurait pas caché une chose pareille. J'aimais à le croire, oui... Depuis le début de cette conversation, Alexander avait cessé de me regarder, pour faire mine de regarder Sasha. Sasha qui tout à coup n'avait plus vraiment l'air de le trouver à son goût, puisqu'il semblait me chercher du regard. Le changement d'attitude d'Alexander devait le perturber. Doucement je l'ai repris dans mes bras, retirant en même temps à Alexander sa diversion.

« Tu as le droit de ne pas aller bien, Alex... »

Avec un soupir, j'ai déposé Sasha dans son transat. Cela ne lui plairait certainement pas très longtemps, mais cette fois ci il devrait patienter un petit peu. Me rapprochant d'Alexander, je pris son visage entre mes mains pour le forcer à me regarder. J'eus un petit sourire triste en constatant qu'il était à deux doigts de fondre en larmes.

« Tu as aussi le droit de pleurer. Tu n'as pas à être un roc en permanence. Tu as le droit de te laisser aller si tu en as envie. Je n'irai certainement pas de te juger parce que tu pleures. Tu viens de perdre ta femme. Tu as le droit de pleurer. »

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MessageSujet: Re: I'm lost [Kat]   Ven 30 Sep - 15:56

Longtemps, j'avais naïvement cru à ce concept utopique et rassurant d'âme sœur. Longtemps, j'avais pensé qu'on avait effectivement une personne et une seule sur terre, qui vous était destiné. Parfois, on passait sa vie à la chercher, sans la trouver. Et parfois, on avait la chance de la rencontrer. J'avais pensé que Gabrielle était cette âme sœur. Je m'étais senti si bien avec elle, si apaisé, si serein, complet... Comme Katarina avec Ethan. Je m'étais trompé. Soit elle était mon âme sœur et il y avait eu maldonne, je n'étais pas la sienne et je ne ferais que la regretter toute ma vie, soit je m'étais fourvoyé dés le départ et une autre femme m'attendait, quelque part. Je n'en savais rien et cette ignorance me torturait. Je ne pensais pas mériter ce qui m'arrivait. J'avais toujours fait de mon mieux, tout le monde louait ma bonté d'âme et ce que j'avais fait pour sauver tous ces gens et pourtant, j'étais plus malheureux que jamais. Pourquoi?

J'avais rendu sa liberté à Gabrielle. Un dernier geste d'amour pour celle qui avait été toute ma vie. Une dernière preuve. Que beaucoup ne comprendraient pas. Peu avaient déjà compris pourquoi j'avais accepté son retour à mes côtés après sa trahison, après son abandon. Parce que j'avais voulu donner une autre chance à notre mariage. J'avais eu tort de penser être capable de tout pardonner. Je ne pouvais pas pardonner qu'elle en aime un autre. Elle m'aimait, mais son cœur n'était plus entièrement à moi et le fidélité, la loyauté, étaient des valeurs trop fermement ancrées en moi, auxquelles j'attachais trop d'importance pour que je puisse passer outre si facilement. Ce n'était pas une vie que de considérer son épouse comme une étrangère, de ne pas être capable de la toucher, de caresser son corps, parce que mon imagination voyait l'autre faire les mêmes gestes.

Quelque chose s'était brisé. Et ne pouvait être réparé. Alors soit, je n'allais pas m'entêter, même si notre séparation me tuait lentement, même si j'avais perdu ce qui faisait ma force. Pour Emma, nous étions restés en bons termes, mais immanquablement viendrait un moment où nous nous déchirerions. Quand elle referait sa vie par exemple. Je ne doutais pas qu'elle tenterait sa chance avec Aristide. Je l'avais rejetée, lui, il l'accueillerait les bras ouverts et elle penserait qu'il l'aimait plus que moi. Une terrible erreur. Je ne savais toujours pas comment je réagirais si je les voyais ensemble. Allais-je me détourner, allais-je les ignorer ou bien allais-je me ruer sur lui et le tuer? Une chose était certaine, je n'admettrais pas qu'il approche Emma. Je ne l'aimais pas, je ne le respectais pas et il ne respectait pas les femmes. C'était un cavaleur. Il était peut-être amoureux de Gabrielle, mais il se consolait vite dans les bras des autres et je refusais qu'il approche ma fille. Je serais intraitable là dessus. Que Gabrielle ai les fréquentations qu'elle veule, je m'en soucias comme d'une guigne, mais ma fille serait élevée selon des principes qui faisaient défaut à sa mère.

Je préférais de beaucoup l'influence de Katarina. Elle était douce, posée, altruiste, dévouée aux siens, fidèle. Quand elle avait eu un problème, elle s'était tournée vers son mari, pas vers un inconnu. Je ne comprenais toujours pas la réaction de Gabrielle et sans doute ne la comprendrais-je jamais. Et Katarina? Pouvait-elle seulement m'apporter ses lumières? Son regard sur moi, sa douceur, son oreille attentives eurent raison de mes réserves. Je n'étais pas si fort que je le pensais et j'avais besoin de me confier, j'avais besoin d'un avis extérieur, d'un soutien, même si je me haïssais d'imposer cela à la jeune femme qui avait suffisamment de soucis comme ça.

Elle m'avoua qu'elle avait perdu sa meilleure amie en même temps que moi ma femme. Oui, j'avais bien remarqué leur éloignement, comme j'avais vu qu'Ethan ne pardonnait pas à Gabrielle sa trahison envers moi. Ethan était ce qu'il était, excessif, mais j'appréciais malgré moi, sa prise de position pour moi, comme le véritable ami qu'il était. Même s'il avait parfois eu des paroles dures envers celle que j'aimais encore et que je ne pouvais donc pas approuver. Katarina ne l'avait pas comprise non plus apparemment, pour que la rupture de leur amitié soit effective. je confiais à Katarina mes doutes, mes interrogations, me mettant à nu. Elle réagit aussitôt, trouvant ridicules que je me flagelle ainsi e pensant que c'était ma faute. Qu'aider les gens, c'était ce que je faisais de mieux, parce que c'était mon métier. C'était ce que j'aimais faire, ce que je me sentais un devoir de faire. Elle insista en disant ne pas la comprendre et que je ne l'avais pas précipitée dans les bras d'Aristide.

- "Vraiment?"

J'eus un sourire désabusé.

- "Elle n'a pas jugé bon de me confier son viol... Suis-je donc si effrayant? Est-ce que je donne l'impression de ne pas être capable d'accepter cela et de tout faire pour le lui faire oublier?"

J'eus un bref éclat de rire, semblable à un aboiement tant il était teinté d'amertume.

- "De toutes façons, cette fois, je l'ai jetée dans ses bras, plus rien ne la retient de le retrouver."

Et cela me rongeait. Franchement, à quoi m'attendais-je? Que souhaitais-je? Qu'elle se détourne de lui? Non, elle ne le ferait pas, elle se jetterait dans ses bras, enfin libérée de son devoir avec moi. Katarina me retira alors Sasha des bras et je lui jetai un regard surpris. Il n'avait pourtant rien dit... Elle me dit alors que j'avais le droit de ne pas aller bien. Elle alla déposer Sasha dans un transat et je le vis grimacer. Il ne tarderait pas à pleurer, préférant les bras. Mais Katarina n'y fit pas attention et revint vers moi, s'emparant de mon visage pour me dire que j'avais le droit de pleurer, que j'avais perdu ma femme.

- "Katarina, ne me dis pas ça..."

Je n'avais vraiment pas envie de pleurer. Je détestais pleurer. Et là, elle m'incitait à ouvrir les vannes. Je savais qu'elle ne me jugerait pas, mais le fait qu'un homme ne pleure pas était tellement ancré en moi qu'il était difficile de passer outre. Finalement, je poussai un soupir, avant de laisser mon front reposer sur son épaule, vaincu. Mes larmes, elle ne les verrait pas. Il n'y aurait aucun sanglot. Juste une douleur si terrible qu'elle en était muette. Comme les quelques larmes qui s'échappèrent de mes yeux. Je savais que cela ne suffirait pas, qu'en moi dormait une violence terrible qui se déchainerait tôt ou tard sous le coup d'une colère que je ne contrôlerais plus.

- "Si tu savais comme j'ai envie de le tuer, de le faire disparaître..."

Lui. Aristide. Celui qui m'avait volé ma femme, qui avait fait de ma vie un enfer par sa simple existence. Une envie malhonnête, exagérée...
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MessageSujet: Re: I'm lost [Kat]   Sam 1 Oct - 17:29

Oh, Alex... Comme j'étais navrée pour lui. Comme j'étais désolée. Ce n'était pas juste. Il ne méritait pas ce qui lui arrivait. Il ne méritait pas de se retrouver seul. C'était cruel. Après tout ce qu'il avait fait pour les autres, il ne méritait pas de se retrouver abandonné. Oui, c'était lui qui avait quitté Gabrielle... Mais pour une bonne raison. Elle l'avait trompé. C'était une blessure dure à soigner. Et même soignée, la cicatrice était toujours présente. Je n'osais imaginer ce qu'il avait dû ressentir à chaque fois qu'il voyait Gabrielle. La seule chose qu'il devait se dire, c'était que quelqu'un d'autre que lui l'avait touchée. Quelqu'un d'autre l'avait touchée, l'avait embrassée, lui avait fait l'amour, même... Je comprenais sa jalousie. Comment supporter cela ? Comment ne pas être jaloux ? Je n'aurais pas supporté qu'une autre que moi touche Ethan. Ethan était à moi. J'avais déjà eu du mal à accepter qu'il couche avec Lucy, qui était morte, alors que le pauvre ne s'en rendait même pas compte tellement il était drogué. Alors je n'osais même pas imaginer ce qu'Alexander avait pu ressentir. Sans compter que Gabrielle était également tombée amoureuse d'Aristide... Comme si le tromper n'avait pas suffi... Il était courageux. Il avait fait l'effort d'essayer de la retrouver, d'essayer de pardonner et d'oublier... Je ne savais pas si j'aurais été capable de le faire, à sa place. Comment pardonner la trahison de son âme sœur ? Peut-être qu'elle n'était pas son âme sœur... J'avais beau imaginer tous les scénarios possibles, je ne me voyais pas laisser un autre homme qu'Ethan me toucher un jour. Jamais. Pas plus que je n'imaginais Ethan avec une autre. Alexander n'y avait sans doute jamais pensé non plus... Et pourtant c'était arrivé, faisant voler en éclats ses certitudes.

« Tu n'es pas effrayant, Alex. Impressionnant, je l'avoue, mais pas effrayant. Et puis, c'était ta femme... Je t'assure, je ne sais pas pourquoi elle ne t'a rien dit. J'aimerais pouvoir t'éclairer, mais malheureusement je ne peux pas. Je ne parviens pas à comprendre. Après que j'aie été violée, j'avais tellement peur des hommes que j'aurais été bien incapable de laisser n'importe lequel me toucher. Je me suis naturellement tournée vers Ethan, parce que c'était mon mari, et que je savais qu'il ne me ferait rien...»

J'eus un soupir, envahie par une bouffée d'amour pour Ethan.

« Si tu savais ce qu'il a fait pour me sauver... »

Je ne savais pas s'il savait ce qu'Ethan avait fait. Je n'étais pas certaine qu'il sache qu'Ethan avait massacré Alan à coups de barre de fer et qu'il avait abattu une poignée d'hommes de sang froid pour me retrouver. Pas de regrets, pas de remords. Il fallait me sauver, il l'avait fait, un point c'était tout. J'imagine qu'à un certain moment, Alexander aurait volontiers fait de même pour Gabrielle. Maintenant, lèverait-il seulement le petit doigt pour elle ? Sans doute, parce que c'était quelqu'un de bien. Mais maintenant que Gabrielle allait certainement retourner vers Aristide ? Cette idée me fit grimacer. Ce serait vraiment horrible qu'elle fasse une chose pareille... Oserait-elle ? Je ne pouvais le dire. Mais une chose était certaine, c'était que cela ne m'étonnerait guère... C'était dur, pour Alexander, tellement dur. Sans doute aurait-il pu éviter ce spectacle si nous avions vécu dans un monde sans guerre. Il ou elle aurait déménagé, et ils ne se seraient plus vus que pour Emma... Pauvre petite puce. Elle n'avait vraiment pas de chance. Elle ne devait certainement pas comprendre pourquoi ses parents n'étaient plus ensemble, pourquoi ils ne s'aimaient plus... Que vouliez vous qu'elle comprenne, du haut de ses trois ans ? Elle devait penser que c'était de sa faute, la pauvre...

« Ce n'est pas parce qu'ils se remettent ensemble que tu dois en subir les conséquences. Toi ou Emma, d'ailleurs. Le savoir sera assez dur. Tu n'as pas à endurer cette vision là. Elle t'a brisé le cœur, cela suffit. Elle n'a pas à briser ta vie, et cela tu devras bien le lui faire comprendre. Ou je le ferai pour toi, parce que je refuse de te voir souffrir davantage. »

C'était ce que faisaient les amis, non ? Après tout ce qu'il avait fait pour moi, pour nous, c'était le moins que je puisse faire. Je me devais de l'aider de mon mieux. Il souffrait, je m'en rendais bien compte. Seulement, il refusait de se laisser aller à sa peine. Par expérience, je savais pourtant que cela lui ferait du bien, de pleurer un bon coup. Il avait perdu sa femme, comment ne pas pleurer, comment ne pas être en colère ? Je ne voulais pas le forcer à pleurer, mais je voulais qu'il sache que je ne le jugerais pas si il pleurait. Pleurer ne faisait pas de lui moins qu'un homme. Ethan pleurait quand quelque chose allait mal, et pourtant je ne le voyais pas comme un être faible. Pleurer faisait du bien, soulageait. Cela vidait et apaisait pendant un certain temps. Ce n'était pas une honte...

J'eus un petit sourire navré quand il posa sa tête sur mon épaule. Je l'entourai de mes bras et reposai ma tête contre la sienne en soupirant. Cela me faisait un drôle d'effet de le voir si abattu. Alexander était un peu notre roc, nous levions toujours les yeux vers lui quand nous nous sentions mal. Le voir malheureux, souffrir comme tout le monde, c'était presque anormal. Mais Alexander n'était qu'un être humain... Un être humain qui ne méritait pas ce qu'il lui arrivait. J'ai passé une main dans ses cheveux doucement, pour l'apaiser. Ce geste fonctionnait relativement bien avec Ethan, alors avec Alexander, qui sait ? Je me suis rendue compte qu'il s'était mis à pleurer, mais je n'ai rien dit, respectant le silence de sa peine. Il avait déjà honte de pleurer, alors je n'allais pas en rajouter... Je ne pus m'empêcher de grimacer soudainement. Ses propos étaient violents, mais je le comprenais. Il n'osait pas en vouloir à Gabrielle parce qu'il l'aimait encore, et même si elle avait sa part de responsabilités, il rejetait toute la faute sur Aristide, sur celui qui lui avait volé sa femme...

« Je sais, Alex, je sais. Mais tu ne le feras pas, parce que tu es quelqu'un de bien. Ce n'est peut-être pas le cas d'Aristide, ce n'est peut-être pas le cas de Gabrielle, mais toi, tu es quelqu'un de bien. N'importe qui à ta place voudrait également se venger, et à raison. Mais tu es bon, Alex... Et si tu as l'impression que tu ne pourras pas t'en empêcher... Pense à Emma, pense à ceux qui vont en souffrir. Il y aura des dommages collatéraux... Et je te connais suffisamment pour savoir que tu ne veux pas faire souffrir des personnes innocentes. J'ai raison, n'est-ce pas ? »

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MessageSujet: Re: I'm lost [Kat]   Mar 18 Oct - 16:17

Oui, toute réaction logique aurait été que Gabrielle se tourne vers moi après son viol, comme Katarina avec Ethan. Elle m'assurait que je n'étais pas effrayant, juste impressionnant. Mais Gabrielle n'aurait jamais du me voir ainsi n'est-ce pas? Elle avait été ma femme pendant 10 ans, elle connaissait tout de moi, elle connaissait toutes mes facettes. Jamais je n'avais été violent avec elle. Je ne me laissais jamais guidé par mes colères, je n'avais jamais levé la main sur elle. Quand je frappais quelqu'un, c'était parce qu'il l'avait mérité. Comme Aristide par exemple, qui était un grand garçon et pouvait très bien se défendre tout seul. Quand j'avais assassiné tous ces hors la loi, c'était par vengeance et parce que c'étaient des salauds sans foi ni loi qui avaient fait souffrir suffisamment de personnes comme ça. Katarina, Gabrielle, Diane, et bien d'autres encore. Je pensais être quelqu'un sur qui on pouvait compter, qui impressionnait, sans doute, mais qui inspirait aussi confiance. Pas suffisamment pour que ma femme se confie à moi apparemment. Pourquoi avait-elle tant changé? Cela avait-il été subit ou bien progressif et je n'avais rien vu? Il avait suffi d'une épreuve, pour que notre mariage ne vole en éclats. Une épreuve terrible, je le savais, je le comprenais, mais qui montrait que notre amour n'était pas si solide que cela. C'était difficile à avaler.

- J'aurais tout fait pour elle. Tout. Mais ils étaient morts avant que je n'apprenne ce qu'il s'était passé.

Je n'avais pas pas pu la venger. J'avais été privé de cette vengeance, et c'était une chose que j'avais également du mal à digérer. C'était aussi l'une des raisons de mes meurtres sauvages dans New-York. Oui, pour elle, j'aurais tout fait, j'aurais même tué Armando s'il l'avait fallu. Mais encore aurait-il fallu que je sois au courant et elle avait tardé à me le confier. C'était trop tard, beaucoup trop tard. Et maintenant, je n'avais plus de femme. Et Gabrielle allait pouvoir se jeter joyeusement dans les bras d'Aristide, rien ne l'en empêchait plus. Ce qui justifiait des envies de meurtre de ma part envers ce grec de malheur. Je le confiais à Katarina, sachant intuitivement qu'elle n'allait pas me juger ou me mépriser pour cette violence, pour cette faiblesse. Elle m'assura alors que je n'avais pas à supporter cette vision et j'eus un petit sourire amer.

- Dans une petite ville comme celle-là, je ne vois pas comment je pourrais passer à côté. Je doute qu'ils se cachent. Mais merci de l'attention.

J'étais touché que Katarina propose de mettre les points sur les i à Gabrielle, même si j'étais adulte et que je pouvais gérer mes problèmes tout seul, sans son aide. La présence de Katarina m'apaisait et tout naturellement, je finis par me laisser complètement aller contre elle. Comme une soeur, elle m'accueillit. Je n'étais pas à l'aise de me laisser ainsi aller contre elle. Je n'étais à l'aise de montrer mes faiblesses avec personne, mais je devais décharger un peu mon fardeau. Et Katarina était la personne idéale pour cela. Elle ne se servirait jamais de cette faiblesse, ne l'éventerait pas. Avec douceur, ses doigts se faufilèrent dans mes cheveux. Je me rendis compte avec tristesse que j'avais besoin de cette tendresse. Que tout fort que je fusse, j'avais besoin de la douceur et de l'attention d'une femme. Et que je n'en profiterais malheureusement plus.

Katarina comprenait que j'ai envie de tuer celui qui m'avait ravi ma femme et donc ma vie. Mais elle savait que je ne le ferais pas. Je me demandais qui elle essayait de convaincre soudain. Était-elle donc si certaine que cela que je ne serais pas capable de le tuer? Moi, je n'en étais pas sûr du tout. Mais elle avait raison, je devais penser à Emma. Je ne pouvais pas devenir un meurtrier sans craindre des conséquences et je ne pouvais pas me montrer aussi insouciant. Je soupirais, avant de m'arracher à sa tendresse, un peu apaisé, bien qu'il faudrait des mois avant que je retrouve la sérénité... Si je pouvais la retrouver un jour.

- C'est vrai, je ne peux pas faire ma vendetta comme ça. J'ai déjà attiré l'œil d'Armando sur nous en attaquant ses sbires inconsidérément... Je ne peux pas me permettre de tuer Aristide juste par vengeance... Mais c'est tentant...

Cependant, je me rembrunis encore, avant de décréter, d'une voix coupante :

- Mais hors de questions que ce... connard approche ma fille. Là, je ne répondrai plus de rien.
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MessageSujet: Re: I'm lost [Kat]   Mer 19 Oct - 19:43

Je comprenais parfaitement la douleur d'Alexander, même si elle n'était pas mienne. J'imaginais ce qu'il devait ressentir, et j'avais énormément de peine pour lui. Il ne méritait absolument pas ce qui lui arrivait. Je n'arrivais pas à concevoir comment un homme comme lui pouvait tout perdre alors qu'ils donnaient tout. C'était triste à dire, mais pour le coup je n'avais plus du tout envie de renouer avec Gabrielle. Et je regrettais presque d'avoir fait la paix avec Aristide. Si j'avais su que les choses iraient si loin, peut-être me serais-je abstenue... J'avais eu moi aussi la naïveté de penser que cela pourrait au contraire s'arranger entre eux. Sincèrement. Je m'étais dit que si mon couple, plus jeune que le leur, avait survécu à toutes ces épreuves terribles, ils pourraient y arriver aussi. Je m'étais trompée... Nous nous étions tous trompés. Je n'avais pas été la seule à sous-estimer l'amour de Gabrielle pour Aristide. Peut-être ma propre expérience de l'amour ne m'aidait-elle pas à comprendre, mais je ne comprenais pas comment on pouvait aimer deux hommes à la fois. Me concernant, il n'y avait de la place que pour une personne, et il ne pouvait y en avoir que pour deux personnes. Je ne concevais pas que l'on puisse aimer deux hommes à la fois. Ou plutôt, je comprenais que l'on puisse être attirée par deux hommes, mais je ne comprenais pas que l'on ne choisisse pas, que l'on décide de faire souffrir autrui en plus de soi... Et après dix années, comment tout pouvait voler en éclats si vite. On aurait pu comparer leur histoire à un château de cartes : on met un temps fou à le construire, et il suffit d'un rien pour qu'il s'écroule. Je ne disais pas que ce qui était arrivé à Gabrielle n'était rien. J'avais vécu la même chose et ce n'était pas rien. Mais il avait suffi d'une épreuve et... Je soupirai. À quoi bon de chercher les raisons de leur rupture ? Ce n'étaient pas des explications qui aideraient Alexander à relever la tête et à aller mieux.

J'ai grimacé, imaginant d'avance le calvaire que vivrait Alexander si il se retrouvait constamment en présence de Gabrielle et d'Aristide, ensemble. Ce serait comme voir Ethan avec une autre. Je crois que j'en deviendrais folle de rage et de douleur. Mais je n'étais pas une personne violente. Alexander pouvait le devenir... Je ne l'avais jamais réellement vu en colère, maintenant que j'y repensais. Je l'avais souvent vu tendu et agacé, mais fou de rage, jamais. Et je n'en avais pas envie. Je détestais voir les gens en colère. La colère était une chose qui me terrifiait réellement. Voir Ethan en colère, ou mon père, était l'une de mes plus grandes hantises. J'imaginais sans trop de mal à quel point les colère d'Alexander pouvaient être absolument terrifiantes. Il ne devait pas être le genre d'homme à hurler, comme le faisait Ethan... Je le voyais plus avoir une colère froide absolument glaçante. Rien que d'y penser je frissonnais. Non, je ne voulais vraiment pas être là au moment où il craquerait finalement et se mettrait en colère. Car à n'en pas douter, il craquerait bien à un moment où à un autre. Il était humain, et nous craquions tous quand les choses étaient vraiment trop dures à accepter. C'était en quelque sorte une façon de se soulager, de relâcher la tension accumulée.

« Impose toi, Alex. Tu as parfaitement le droit de ne pas vouloir voir ça. Ils veulent être ensemble ? Bien, c'est leur choix. Mais ce n'est pas le tien, alors tu n'as pas à en subir les conséquences. Tu ne dois pas t'effacer ! Tu vis ici aussi, et ton quotidien ne doit pas être un enfer permanent. »

Pour autant, je ne lui conseillais pas d'aller mettre une balle dans la tête d'Aristide. Ce n'était pas parce qu'il le tuerait qu'il retrouverait ce qu'il avait perdu, malheureusement. Au contraire, cela ne ferait qu'empirer les choses. Je comprenais son envie, sa pulsion. Je ne l'encourageais pas pour autant. Mais au moins était-il assez raisonnable pour se retenir de céder. Je savais très bien que si Ethan me voyait un jour avec un autre, il le tuerait sans même se poser de question. Comme Riley m'avait dit une fois en plaisantant, me toucher c'était un peu comme faire une tentative de suicide. Alexander était plus... modéré ? Au moins il réfléchissait avant d'agir. Cela, il y avait une limite à sa patience et à sa compréhension : Emma. Il ne m'était pas difficile de comprendre pourquoi. Sur ce point là, il m'était encore plus simple de me mettre à sa place. Je n'aurais pas supporté de voir quelqu'un qui aurait fait exploser ma famille, mon couple, avec mes enfants. Oh, ça non. Mais en y réfléchissant bien, je n'aurais pas supporté non plus de voir une autre avec Ethan. La jalousie marchait dans les deux sens, je ne pouvais pas le nier.

« Emma est ta fille, tu es son père, personne ne te remplacera jamais. Et ne t'inquiète pas, je pense qu'Aristide aura déjà fort à faire avec son propre enfant... Je sais que tu n'en as certainement pas envie, mais tu devras en parler avec Gabrielle, mettre les points sur les i. Vous êtes séparés, oui, mais cela ne lui donne pas tous les droits. Emma reste ta fille, Alex. La tienne est celle de personne d'autre. Tu es là, tu n'es pas absent, alors tu as tous les droites pour refuser qu'Aristide la touche. »

Je me suis tout juste retenue d'ajouter que Gabrielle n'aurait rien à dire étant donné ce qu'elle avait fait. Cela aurait été bien hypocrite de sa part, non ? À mon sens, il fallait qu'elle prenne en compte l'avis d'Alexander et ce malgré leur séparation. Je ne suggérais pas qu'elle ne le ferait pas, loin de là, mais elle devait le faire. Ce ne serait peut-être pas agréable, mais quand on a un enfant, on ne peut pas jouer les adolescents et ne plus se parler. Emma n'avait vraiment pas besoin de ça en plus. Elle avait besoin d'équilibre... Avec un énième soupir, je me suis relevée en douceur. J'ai passé une main compatissante sur l'épaule d'Alexander en tentant de sourire. Je me suis penchée au dessus de Sasha qui s'assoupissait dans son transat et j'ai déposé un baiser sur son front.

« Je vais te faire du thé. Tu verras, ça va te faire du bien. Ça fait toujours du bien. »

Pour un temps, au moins. C'était surtout un bon moyen de changer de sujet, car il me semblait qu'il en avait assez. Je savais que c'était dur pour lui de se confier, qu'il n'avait pas l'habitude. Et aussi parce que je ne savais plus quoi faire pour le réconforter. Je ne trouvais plus les mots. Mais il venait de tout perdre, alors quels mots auraient pu lui apporter un quelconque réconfort ?

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MessageSujet: Re: I'm lost [Kat]   Jeu 10 Nov - 15:18

Et pourtant, mon quotidien serait un enfer avec Aristide et Gabrielle fricotant joyeusement sous mon nez. Parce que je savais que toute amoureuse qu'ai pu être Gabrielle de moi, elle ne tarderait pas à se consoler dans les bras d'un autre. Un luxe que je ne pouvais pas même me permettre. Il n'y en avait pas d'autre et il n'y en aurait pas d'autre avant un moment, la blessure était trop profonde et douloureuse pour que je laisse quelqu'un l'ouvrir à nouveau. 10 ans de mariage ruinés... Comment croire encore à l'amour dans ces conditions? A un amour éternel. J'avais été naïf. J'étais un soldat, j'avais tué sans états d'âme, vu des horreurs qui me hantaient parfois la nuit, les bassesses de l'espèce humaine, mais j'avais pensé que mon foyer serait toujours un endroit accueillant, un havre de paix pour le repos du guerrier. Et ce foyer avait volé en éclats.

Et il me faudrait vivre avec l'image d'un couple heureux. De mon ennemi heureux avec mon épouse. Ex-épouse. Il ne manquerait plus qu'elle lui donne un enfant, et ce serait complet... Quelque chose que je ne supporterais sans doute pas d'ailleurs. Comme je ne supporterais pas que ce parvenu, ce gigolo approche ma fille. Il en était hors de question. Que Gabrielle lui offre son cul et son cœur, mais qu'elle ne s'avise pas de lui offrir Emma en plus ou je risquais de vraiment devenir mauvais et incontrôlable.

J'avouais mes envies de meurtre, que Katarina nuança, bien entendu. En me rappelant qu'Emma était ma fille, qu'elle n'aurait jamais d'autre père. Ah... Si seulement. elle était si jeune, il lui était si facile d'aimer. Elle me rappela qu'il avait son propre fils. Ah oui, né de sa relation avec la beaucoup trop jeune Kaylhen. Très rassurant. Il avait couché avec une mineure et l'avait mise en cloque. Et il se disait toujours éperdument amoureux de Gabrielle... Magnifique. Au moins, j'étais resté fidèle, même quand elle était partie, même alors qu'elle m'avait trompé. Même durant ces longs mois en mission à l'autre bout du monde... Mais si elle préférait ce genre d'hommes qui avait une bite à la place du cerveau et du cœur, grand bien lui fasse.

Je me rendis compte de toute la rancœur que j'avais accumulé durant l'année écoulée. beaucoup trop. J'en voulais à beaucoup de monde et surtout aux deux principaux intéressés. J'avais toujours refusé de me laisser aller à la bassesse, mais là... La coupe était pleine. J'avais toujours évité de voir Gabrielle comme celle qu'elle était réellement devenue. Je m'étais leurré. Mais c'était terminé.

- Oh ne t'inquiète pas, je ne vais pas me priver de ce droit. Gabrielle fait ce qu'elle veut de son corps, mais elle ne fera rien concernant Emma sans mon consentement.

Et là dessus, il n'y avait même pas à discuter. Elle m'annonça alors qu'elle allait faire du thé et j'en profitais pour lui attraper le poignet.

- Merci Katarina.

Le thé était délicieux, mais je n'abusais pas davantage de son hospitalité et me retirais en la remerciant une dernière fois pour son écoute, avant de retourner à ma solitude, mais bien décidé à être bien plus présent pour ma fille.

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