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 Approche douce [TERMINE]

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Europe Cooper
Sweety dark angel
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Date d'inscription : 08/11/2011

MessageSujet: Approche douce [TERMINE]   Mer 7 Déc - 17:54

Soupir….

Accoudée au rebord de la fenêtre du loft qu’elle habitait avec son père depuis son arrivée, Europe s’ennuyait en regardant évasivement les nuages passé dans le ciel. Le temps était plutôt clément, mais intérieurement la fillette était plutôt d’humeur morose à forte tendance nuageuse. Pourtant, depuis la venue au monde des deux petits Venezzio, la fillette avait retrouvé un moral parfois bien en berne. Même si ils ne seraient pas grand avant plusieurs années, désormais elle n’était plus la seule enfant parmi les survivants… Officiellement tout au moins, car dans les faits cela ne changeait pas vraiment grand chose à sa situation actuelle. Mais ils étaient là et bien là et d’ici un an ou deux ils seraient bien assez grand pour qu’elle puisse s’amuser avec eux. La fillette aimait beaucoup son rôle de grande sœur, elle qui n’avait jamais voulu que ses propres parents aient d’autres enfants qu’elle. Elle le prenait très au sérieux, s’occupant d’eux comme elle s’était occupée de Eden durant toute sa grossesse…

… Enfin… D’eux… Il serait plus juste de dire de Milo plutôt, car Armando avait très vite mis le holà aux ambitions familiales de la fillette en lui interdisant formellement d’approcher son propre rejeton. Europe en fut à la fois très triste, mais aussi très contrariée. Pour sur, monsieur Venezzio n’était pas aussi gentil que Vitali et il lui était parfois bien difficile de croire que le premier était réellement le père du second. Quelque fois, Europe avait pensé que Vitali avait été adopté, ce n’était pas possible autrement. Mais heureusement, Eden et lui n’avait rien contre le fait que la fillette s’occupe de Milo, bien au contraire. En dépit de cette demi déception, Europe était heureuse… Ce rôle de grande sœur lui plaisait bien et en plus, elle était assez fière de montrer à Eden qu’elle était capable de le faire et qu’elle pouvait, par conséquent, lui faire une entière confiance. La confiance de la jeune maman, Europe y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Depuis qu’elle l’avait rencontré, sa plus grande crainte était qu’elle ne lui offre plus l’affection que celle-ci lui témoignait. Avec son père qui n’était jamais là à cause de son travail, le jeune couple était ce qui se rapprochait le plus d’une famille pour la fillette. Alors, ne plus trouver grâce à leurs yeux… C’était la pire des choses qui pouvait lui arriver, assurément.

Puis, ce fut le drame… Eden avait été enlevé… Heureusement, Milo était sain et sauf mais la fillette avait été très cruellement meurtrie par ce kidnapping, qui fut suivi par la terrible nouvelle de sa mort. Europe ne pouvait le croire, Eden ne pouvait pas mourir… Elle ne pouvait pas, elle n’en avait pas le droit… Elle devait s’occuper de Milo qui était encore petit et qui avait besoin de sa maman… Et… Elle devait aussi s’occuper d’elle… Europe ne voulait pas perdre celle qu’elle considérait comme sa nouvelle maman… Cela fut sans doute très égoïste de sa part et Europe s’en voulu énormément, mais elle ne pensa pas vraiment à la peine de Vitali. Elle s’était morfondu dans sa propre peine, comme une enfant qu’elle était finalement. Mais aujourd’hui, elle avait décidé de réagir. Si elle ne le faisait pas, Eden ne serait pas très fière d’elle, assurément. De plus, Vitali était son ami, alors elle ne devait pas le laisser tomber, ça non.

Depuis la terrible nouvelle, celui-ci semblait être comme mort lui aussi. Il restait prostré des heures durant à fixer l’horizon de ses yeux vides, allant même jusqu’à délaissé son propre fils. Heureusement, Europe avait prit sur elle de s’en occuper. Elle le nourrissait, le cha,geait, lui donnait son bain… Elle faisait de son mieux pour remplacer Eden, même si ce n’était pas tous les jours facile… Et puis un jour, tout cessa. On lui renia le droit de prendre soin du bébé de Eden et Vitali, simplement parce que le père de ce dernier avait décidé de s’en occuper personnellement. Milo avait alors disparut à son tour derrière le rideau infranchissable qui entourait Armando et, tout comme avec son propre fils, on lui avait dorénavant interdit de l’approcher. Autant dire que Europe prit la chose extrêmement mal et c’était peu de le dire. De quel droit, il faisait ça tout d’abord.. ? Ce n’était pas son fils après tout… Et Europe ne compris pas pourquoi Vitali ne réagit pas après un tel acte. C’était un peu comme si il s’en moquait. Pourtant, la fillette savait que Eden n’aimait pas Armando, elle le lui avait plusieurs fois fait comprendre sans vraiment le dire, tout en lui laissant entendre qu’elle voulait protéger Milo de ce dernier. De fait, Europe ne comprenait pas pourquoi Vitali ne faisait rien pour récupérer son fils. C’était son fils après tout.. Son père à elle, lui il avait tout fait pour la retrouver après l’explosion de son école et même après, il avait tout fait pour la protéger, alors elle ne comprenait vraiment pas le comportement de Vitali. Europe comprenait sa peine pour Eden, car elle-même la partageait. Mais il restait Milo, il fallait s’en occuper maintenant et comme elle ne pouvait plus le faire à cause de Armando, il n’y avait plus que Vitali pour faire quelque chose. C’était le rôle des parents de prendre soin des enfants après tout…

Un soupir fusa à nouveau, s’envolant dans les airs avant de se dissoudre dans l’atmosphère silencieuse qui pesait sur la rue et Europe se redressa avant de refermer la fenêtre. C’était décidé, aujourd’hui elle allait le voir et lui parler, elle allait lui dire de réagir et de se comporter comme un papa se devait de se comporter… Pour Milo… Pour Eden… Et puis aussi pour elle, parce que Europe n’aimait pas voir Vitali comme ça. Si elle le devait, alors elle prendrait soin des deux, comme Eden l’aurait fait si elle avait été présente en ce jour. Après avoir quitté le premier groupe de survivant il y avait trois ans de cela, son père lui avait dit qu’il était une famille et que désormais ils ne devraient compter que sur eux-même et que, par définition, ils deveaient se soutenir l’un l’autre… Europe était entièrement d’accord avec ce précepte et c’est pourquoi elle avait prit cette importante décision… Car Eden, Milo et Vitali, c’était aussi sa famille désormais.

Quatre à quatre, la fillette dévala les escaliers de son immeuble afin de rejoindre la rue ou elle bifurqua très rapidement une fois sur le trottoir afin de se diriger en direction de l’immeuble voisin servant de quartier général aux hors-la-loi. Elle en grimpa tout aussi rapidement les quelques marches, mais une fois à l’intérieur elle retrouva une vitesse normale… Ici, il ne fallait surtout pas déranger les gens et, surtout, ce vilain kidnappeur de bébé qu’était Armando. Il ne manquerait plus que, en plus, celui-ci interdise à Europe de venir dans l’immeuble, ce serait vraiment le comble. Doucement, elle emprunta l’escalier menant au premier étage et là, elle frappa délicatement à la porte de l’appartement de Vitali ou elle entra aussitôt. Ce n’était certes pas de l’impolitesse, puisque Eden lui avait dit qu’elle pouvait entrer chez eux quand elle le voulait, qu’elle y était comme chez elle. Une parole, qui illumina littéralement le cœur de Europe…

Une fois à l’intérieur, elle referma doucement la porte, sans brusquerie, puis après avoir tendu l’oreille et constaté qu’aucun son ne parvenait à ses oreilles, elle appela tout simplement :

‘’Vitali.. ? C’est Europe… Tu es là.. ?’’
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   Jeu 8 Déc - 14:59

Sans elle, ma vie me semblait dénuée de sens. Depuis que l'on m'avait annoncé sa mort, j'errais comme une âme en peine, j'étais un corps sans cœur. On me l'avait arraché de la poitrine en l'enlevant à moi. Je n'avais pas eu assez d'amour de sa part, je n'avais pas assez profité d'elle. Et ici, j'étais seul, désespérément seul. Avant, avant, il y avait Eden, Eden qui partageait mon sentiment, Eden qui m'aidait à maintenir la tête hors de l'eau dans cet enfer, mais maintenant qu'elle n'était plus là, je n'étais plus qu'un pantin à la dérive. J'avais eu tellement mal quand ils étaient revenus, avec Milo. Simplement Milo. Eden avait été enlevée. Pourquoi elle ? Pourquoi était-elle sortie ? Des tarés se promenaient dans la ville, partout, et enlevaient les femmes et les enfants, tuant les hommes, on ne savait même pas qui ils étaient ou quelles étaient leur motivations. Et elle était sortie, se livrant à eux, vivant je ne sais quel enfer, avant de m'être arraché. Il ne me restait d'elle que mon fils... Qui allait grandir sans sa mère. Mais pas sans son grand père, malheureusement. J'aurais du me battre pour lui, pour l'arracher à son influence néfaste, mais je n'y parvenais pas. J'étais comme mort. Un mort vivant, voilà. J'exécutais mon travail, machinalement, je ne ressentais même plus d'horreur ou de pitié alors qu'il fallait punir un dealer qui s'était trop servi ou une des putes qui se gardait un peu d'argent de ses passes. Dépouillé de mon âme, je devenais le fils qu'Armando avait voulu que je sois. Je le détestais toujours autant pour ce qu'il avait fait à Katarina. Et à beaucoup d'autres.

Mais au final, je ne valais pas mieux que lui désormais. C'était presque plus facile de vivre sans ressentir. Après la douleur aigüe de la perdre, s'était installée une douleur latente, sourde, qui ne me quittait jamais et semblait être devenue ma nouvelle compagne. Je me sentais comme anesthésiée et j'évitais de souhaiter sortir de cet état, tant cela était douloureux de ressentir pleinement son manque. Nous avions vécu tant de belles années ensemble, malgré la guerre... Elle m'avait donné un fils magnifique. Elle avait donné un sens à ma vie et aidé à ne pas perdre de vue quel était le droit chemin. Désormais, je ne savais plus ce qui était bien, de ce qui ne l'était pas. J'allais sombrer et personne ne m'en empêcherait...

Il y eut pourtant une petite voix familière. Europe... Encore un ange perdu en enfer. Que faisait cette adorable petite fille dans ce milieu de pourris ? Pourquoi son père ne prenait-il pas le large, emmenant son bien le plus précieux avec lui ? Comment parvenait-elle à conserver son innocence et sa joie de vivre ? Je n'en savais rien, mais le fait était qu'Europe s'était attachée à Eden et moi et se comportait comme une grande sœur avec Milo. Sauf qu'elle n'avait plus le droit de le voir alors que mon fils grandissait avec mon... demi frère. Ça aussi c'était difficile à avaler. Que mon père ai fait un enfant presque en même temps que moi, que mon frère ai l'âge de mon fils, quand ma belle mère était plus jeune que moi... C'était ridicule. Complètement ridicule.

- Je suis là.

Je sortis de la pièce voisine pour me faire voir par la jeune fille. J'étais loin de ressembler au Vitali dont elle avait l'habitude. Les vêtements froissés, le visage creusé, des cernes violacées sous les yeux, une barbe mal rasée de quelques jours... Je ne faisais plus attention à moi, mangeant à peine. Un mort en sursis, voilà l'image que me renvoyait le miroir. D'une voix atone, je m'enquis alors :

- Qu'est-ce que tu fais là ?

Je n'étais ni contrarié, ni heureux de la voir. J'étais... indifférent. Rien ne perçait ma bulle de souffrance, pas même cette ravissante enfant qui semblait apporter le soleil quand elle souriait.
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Europe Cooper
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   Sam 10 Déc - 22:13

Europe ne répondit tout d’abord rien, lorsque Vitali lui demanda ce qu’elle faisait-là. Elle restait appuyée contre la porte de l’appartement, contemplant avec une certain effroi intérieur le lamentable spectacle que lui offrait celui qui était habituellement un si beau garçon. Oui, la fillette trouvait que son ami était habituellement un joli garçon, même s’il était vieux. Mais en cet instant, après tous ces jours passé sans le voir, le choc était rude. Le fringuant jeune homme avait laissé la place à une… Une chose, totalement à la dérive… Une barbe de plusieurs jours, des vêtements qui n’avaient pas du être changé depuis au moins deux jours et ce visage, cette mine effrayante que les lourdes cernes de ses yeux ne faisaient qu’augmenter… Ce n’était plus Vitali, plus celui que Europe avait connu tout au moins… C’était un parfait inconnu qu’elle ne failli d’ailleurs pas reconnaître en vérité. Le regard de la fillette demeura longuement sur la loque humaine qui avait remplacé Vitali. Son juvénile visage n’exprimait ni dégoût, ni consternation, juste… De la peine… Une tristesse désolée, qu’elle tentait de dissimulait derrière l’un de ses nombreux sourire auxquels elle avait habitué le jeune homme. Se reprenant finalement, elle fini par lui répondre :

‘’J’étais inquiète pour toi, alors je suis venu voir comment tu vas… Ça fait des jours que je ne t’ai pas vu, depuis…’’

Depuis que Armando s’était arrogé la garde exclusive de Milo en fait, mais ce n’était certes pas le moment de parler de ça, pas dans l’immédiat en tous cas. Dans un soupir, Europe se détacha de la porte d’entrée et fit quelques pas en avant. Bien… Vitali avait une sale tête, mais elle était venu ici pour l’aider, pas pour le regarder durant des heures et des heures, comme une curiosité malsaine. La question primordiale restait cependant de savoir comment faire. En dépit de toute sa bonne volonté, Europe n’était encore qu’une petite fille et elle savait qu’elle ne pourrait pas faire grand chose si le principal intéressé n’y mettait pas un peu du sien. Alors, son premier geste fut tout simplement de s’avancer en direction de Vitali et de coller contre lui avant de l’enserrer de ses petit bras rempli d’une infinie tendresse. Elle le serra encore et encore, se dandinant doucement de gauche à droite et de droite à gauche, en une berceuse apaisante.

‘’Tu as une sale tête tu sais… Je suis sur que tu manges pas beaucoup… Et puis tu sens mauvais, Eden ne serait pas contente si elle te voyait comme ça..’’

Lui dit-elle alors dans un murmure las, espérant que l’évocation de la jeune femme soit le début d’un déclic dans l’esprit de Vitali. Ce n’était peut-être pas le meilleur moyen, ce n’était peut-être pas l’approche la plus délicate qui soit, mais dans son esprit de petite fille de huit ans c’était un moyen comme un autre de sortir le jeune homme de sa léthargie et d’obtenir son aide afin de sortir Milo de griffes de son grand-père. Elle se cala encore un peu plus contre Vitali et ajouta dans un second murmure :

Je suis désolée de ne pas être venue plus tôt, c’est ma faute… J’aurais du prendre soin de toi après la disparition de Eden… Mais je suis là maintenant, tout va s’arranger…’’

Lui promit-elle pompeusement, croyant sans doute en ses paroles d’une manière indéfectible. Oui, le défi était de taille. Mais ce n’était rien, comparé à la honte que ressentirait la fillette envers Eden, si elle ne faisait rien pour sortir Vitali de son état de détresse profonde. Même si elle faisait tout pour ne rien en laisser paraître, Europe était triste de voir l’état dans lequel le jeune homme avait sombré. Lui qui était habituellement si gai, si amusant, si… Lumineux, dans un univers devenu bien sombre. Europe finit par se détacher de Vitali, et affichant toujours un petit sourire qu’elle voulait réconfortant elle ordonna littéralement à ce dernier d’aller s’attabler tandis qu’elle allait lui préparer quelque chose à manger. Sans attendre de réponse de sa part afin de le mettre devant le fait accompli, Europe fila aussitôt en direction de la cuisine ou elle s’activa en fonction de ce qu’il y avait dans les placards. Comme l’avait laissé suggéré l’état de délabrement de Vitali, il n’y avait presque rien dans cette cuisine. Toutefois, elle réussit à lui préparer un petit quelque chose de rapide, qu’elle s’attela à lui mitonner avec amour. Une fois cela fait, Europe amena l’assiette dans la salle à manger et la déposa sur la table en disant :

‘’Voilà, manges sinon tu va finir par tomber malade… Après tu iras prendre une douche, tu mettras des vêtements propres et puis on parlera tous les deux.’’

Lui dit-elle alors le plus sérieusement du monde du haut de ses huit ans, en affichant une mine bien décidé. Il fallait qu’elle soit comme Eden, intraitable sur le sujet du bien-être et de la santé de Vitali… D’autant plus que celui-ci allait avoir besoin de force et d’une bonne figure, pour aller récupérer Milo et le ramener chez lui ou était sa vraie place. Bien décidé à ne pas lâcher le morceau sans combattre, Europe s’installa elle-même à la table et déposa ses coudes sur celle-ci afin de déposer sa petite tête de tigresse entre ses mains et de surveiller que le jeune homme finissait bien son assiette. Eden reviendrait, elle n’en doutait pas un seul instant… Ceux qui avait dit qu’elle était morte s’étaient soit trompé, soit ils avaient menti, il ne pouvait en être autrement… Elle ne pouvait accepter qu’il en soit autrement… Alors, il fallait absolument que Vitali re devienne celui qu’il était autrefois… Physiquement tout au moins, car pour le reste le travail serait certainement bien plus compliqué que cela.
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   Ven 23 Déc - 14:54

Il était facile d'envoyer paître les adultes, mais je ne me sentais pas la force d'envoyer Europe sur les roses. Elle était seule elle aussi, enfant innocente lâchée dans la fosse aux lions. Je ne comprenais pas que son père n'ai pas cherché à se sauver avec elle, pour l'arracher à ce milieu pourri... Mais je me rendis compte de la stupidité de cette réflexion au moment même où elle me venait. J'avais un fils moi aussi, et il allait grandir ici, lui aussi. Et sans doute devenir une pourriture comme mon père si je ne mettais pas le hola, si je ne l'arrachais pas à la tutelle de mon père. Il avait son autre fils, sa petite merveille, son espoir. Qu'est-ce qu'il faisait avec Milo ? Je ne voulais pas que mon fils devienne un salopard de mafieux comme mon père, je voulais qu'il devienne quelqu'un de bien, comme Eden... Mon cœur se serra brutalement à la pensée de ma femme. J'avais toujours l'espoir que tout cela ne soit qu'un horrible cauchemar et qu'elle franchisse le seuil de l'appartement, en souriant et me disant que j'avais une tête épouvantable. Mais cela n'arriverait pas. Elle ne reviendrait pas.

Europe répondit alors qu'elle s'inquiétait pour moi, ne m'ayant guère vu depuis l'annonce de la mort d'Eden. Normal, depuis, je n'étais plus qu'une ombre, un zombie, je faisais tout machinalement, sans y prendre aucun plaisir, essayant de vivre dans une relative bulle pour ne pas trop ressentir, ne pas trop souffrir. En tous les cas, je devais offrir un spectacle bien pitoyable à Europe. J'étais loin du jeune homme tiré à 4 épingles et élégant de d'habitude. J'étais à la dérive et je ne trouvais absolument aucun intérêt à prendre soin de mon apparence. Pour plaire à qui ? Je ne voyais plus mon fils quasiment, je n'avais plus de femme, en fait, je n'avais absolument plus rien et je n'avais même pas le courage de me battre pour ce que j'aimais, pour ce à quoi je tenais. Mes ressources de courage étaient taries, disparues avec elle.

Europe s'approcha de moi et passa ses bras minces autour de mon cou, me serrant dans ses bras alors que je me figeais devant cette manifestation de tendresse totalement désintéressée et gratuite. Qui se souciait de moi en vérité ? personne. Je n'avais aucun ami ici, aucun allié. Que je dépérisse donc, cela en arrangerait beaucoup et même mon père s'en foutait complètement. Je ne lui étais plus utile. Mais Europe, avec son cœur d'enfant, aimait sans conditions et je me sentis flancher, resserrant mes bras autour de son corps, et enfouissant mon visage dans son cou. J'allais craquer face à cet amour désarmant et inconditionnel. Je refoulai une énorme envie de pleurer. Je n'allais pas m'effondrer devant une petite fille quand même. Elle me souffla alors que j'avais une sale tête, que je ne mangeais pas assez et que je sentais mauvais, quelque chose qu'Eden n'apprécierait pas. j'eus un rire étouffé, terriblement triste devant cette remarque innocente. Non, elle n'aimerait pas, mais elle n'était plus là pour me le dire. Elle se colla davantage à moi avant de s'excuser de ne pas être venue plus tôt, de ne pas avoir prit soin de moi... Mon dieu, mais pourquoi une enfant de 8 ans se pensait-elle obligée de s'occuper d'un adulte de 30 ? C'était le monde à l'envers et je m'en voulus qu'elle pense ainsi.

- Europe, ce n'est pas à toi de prendre soin de moi, ce n'est à personne...

Protestation un peu faible qui se perdit face à l'enthousiasme de l'enfant qu'il m'ordonna d'aller m'asseoir à table. Un peu abasourdi par cette petite tornade, je m'exécutai sans broncher, et elle revint avec de quoi manger, comme une femme le ferait à son époux. C'était presque dégradant pour moi en fait. Je devais vraiment me reprendre. Je mangeai donc, plus pour lui faire plaisir que par réelle envie en fait. Elle me donna ensuite de nouvelles instructions et un sourire las se dessina sur mon visage, avant que je ne me lève et réplique, avec une ombre d'humour :

- Bien chef.

J'allai alors dans la salle de bain, prenant une douche brûlante, alors que les larmes de douleurs s'y mêlaient. Je ne pouvais pas pleurer devant elle, mais là, dans l'intimité de la douche, je pouvais enfin laisser jaillir ces larmes que j'avais contenu quand elle m'avait prise dans ses bras. Mon fils me manquait. Ma femme me manquait. Je rejetai la tête en arrière en laissant couler l'eau brûlante, avant de finalement mettre fin à cela et sortir pour m'essuyer et enfiler un jean et un T-shirt propre. Je me rasai également, et, avec une meilleure allure à défaut d'une meilleure mine, je revins vers Europe, avant de lui indiquer le salon. Je me laissai tomber dans le canapé et repris la parole :

- Maintenant que je ne sens plus mauvais, on peut parler.

De quoi au juste ? D'Eden ? De Milo ? De la situation en général ? pourquoi parlerais-je de cela à une enfant de 8 ans? Parce qu'elle était la seule à comprendre...
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Europe Cooper
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   Sam 31 Déc - 18:31

Depuis qu’elle s’était accoudée à la table de la salle à manger et que son visage de petite tigresse avait trouvé refuge au creux de ses mains, le regard attentif de Europe n’avait pas quitté, l’espace d’une seconde, Vitali qui était en train d’avaler le repas que la fillette venait de lui préparer quelques instants auparavant. Pour sur, il allait manger… Et tous en plus… D’ailleurs il semblait avoir parfaitement compris que Europe ne souffrirait indéniablement pas un quelconque refus de sa part, car il acquiesça sans opposer la moindre réelle résistance digne de ce nom. Elle avait un devoir en l’absence de Eden, prendre soin de Vitali et Milo et elle entendait bien se tenir à son obligation envers celle qu’elle considérait comme une mère. Vitali paraissait manger sans entrain au début, donnant l’impression qu’il se forçait pour lui faire plaisir, mais Europe n’en avait cure. L’important était qu’il mange, peu importait que ce soit uniquement pour lui faire plaisir, car son estomac, lui, ne ferait pas de différence.

Peu à peu cependant, la fillette eu l’impression que Vitali prenait peu à peu un plaisir certain à avaler ce qu’elle avait mis tant de soin à lui préparer. Ce n’était pas grand chose en vérité et sans doute, n’était-ce pas aussi délicieux que ce que Eden devait habituellement lui préparer, Mais Europe avait l’habitude de se préparer à manger elle-même étant donné les horaires de son père, alors sa cuisine n’était pas si mauvaise que cela. Tout au moins, se l’imaginait-elle. Tout en regardant dans un silence de mort son ami manger, Europe songeait… Voilà, c’était déjà cela de fait… Et désormais, elle viendrait vérifier si il mangeait bien ses deux repas par jour et gare à lui si jamais il pensait pouvoir la duper. La cuisine n’était que le premier pas de son plan de remise en forme de son ami, mais il était aussi le plus important : si elle échouait, ce qui restait à venir ne pourrait jamais se mettre en place.

Une fois son assiette vidée de son délicieux contenu, Vitali continua de se plier au desiderata de la féline fillette en acceptant d’aller se refaire une petite beauté sans rechigner. Verbalement tout au moins, car la fillette ne pouvait bien évidemment pas pénétrer l’esprit de son ami mal en point. Profitant de ce temps libre, Europe débarrassa la table et fila dans la cuisine afin de laver l’assiette, le verre et les couverts utilisés par Vitali afin de se remplir raisonnablement l’estomac. Tout à son ouvrage, la fillette se mit à réfléchir à la situation. Jusqu’ici les choses avait été facile, mais à partir de maintenant elles allaient singulièrement se compliquer. Elle n’avait bien entendu pas le moindre doute sur le fait que Vitali veuille récupérer Milo, mais elle en avait quelque uns sur celui de Armando ne faisant pas la moindre complication pour rendre l’enfant à son père. Du haut de ses huit ans, Europe commençait à comprendre que quelque chose ne se passait pas tout à fait comme elle se l’imaginait dans cet endroit et que Armando n’était pas vraiment quelqu’un de gentil. Elle était encore loin de comprendre qu’elle vivait avec une bande de voleurs, de trafiquants et autres violeurs en tous genres et que son père travaillait de force pour le géniteur de son ami, mais toutefois les choses lui apparaissaient peu à peu de moins en moins aussi idyllique qu’elle l’avait tout d’abord pensé à son arrivée, trois ans auparavant. Sans doute, l’affection profonde et maternelle de Eden lui avait-elle fait ignorer certaines des choses se déroulant pratiquement sous ses yeux d’enfants innocente. Les enfants se protégeait de la triste réalité comme ils le pouvait après tout, devait-on leur tenir rigueur cette fuite éperdue en avant, aussi vaine que éphémère à l’échelle du temps.. ?

Après sa petite vaisselle. Europe décida de passer un bon coup de balai dans l’appartement en attendant le retour de Vitali, car celui-ci n’était guère en meilleur état que son propriétaire. Très rapidement, la fillette constata que ce n’était pas là un luxe inutile vu la quantité de poussière qu’elle réussi à amassés en quelques coups de balai aux bon endroits. Enfin, ce fut le retour de Vitali… Un Vitali tout propre, bien habillé… Et même, rasé de près, voilà qui arracha un large sourire à la fillette qui n’était pas peu fière du premier résultat de son intervention. A son invitation, la fillette se dirigea en direction du salon après en avoir fini avec son nettoyage. Elle laissa Vitali s’installer sur le canapé, tandis qu’elle préféra opter pour une chaise afin de conserver une certaine hauteur par rapport à son ami. De son point de vue, cela l’aiderait à rester ferme et à ne pas dévier de la voie qu’elle avait décider d’emprunter. Lorsque celui-ci lui dit qu’ils pouvait enfin parler, Europe demeura silencieuse encore quelques instants, n’ayant pas vraiment réfléchi à une manière d’aborder la chose… Les choses plutôt, car elle savait que tout ceci n’était pas aussi simple qu’elle le souhaiterait… Aller, courage… Eden comptait sur elle, voilà qui allait être sa profonde motivation pour se mêler de ce qui ne la regardait pas le moins du monde…

‘’Cela ne va pas Vitali… Cela ne va pas du tout tu sais…’’

Finit-elle par dire, son regard enfantin plongé dans celui de son ami, avec une féroce détermination. Elle croisa ses bras sur sa poitrine afin de se donner une certaine contenance, puis elle poursuivit :

‘’Il faut absolument que Milo revienne ici, en l’absence de Eden c’est à toi de s’occuper de lui, pas à ton père… En plus, je sais que Eden n’aimerait pas savoir que c’est lui qui s’en occupe.. Alors, il faut que tu aille le rechercher et que tu le ramènes ici. Ne t’en fais pas, je t’aiderais, je m’occuperais de Milo quand tu ne pourras pas… Eden m’a appris comment faire tu sais…’’

Comment est-ce que Europe savait que Eden n’apprécierait pas de savoir Milo entre les mains de son grand-père.. ? Ma foi, la jeune femme ne lui avait pas fait mystère de son antipathie envers Armando, même si elle avait soigneusement évité de lui en donner les raisons précises. Mais Eden était gentille, à contrario du grand manitou des lieux qui n’avait jamais cessé de faire peur à la fillette en dépit de ses bravades typiquement enfantines. Alors pour rendre Eden fière, elle surpasserait sa peur, ça oui… Et si elle le devait, elle irait elle-même réclamer à Armando de laisser Milo revenir chez son père, ne se doutant pas vraiment que une telle attitude risquait de lui coûter un peu plus qu’une simple porte claqué au nez.
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   Jeu 19 Jan - 23:38

Je mis plus de temps que d'ordinaire à me laver, parce que l'eau ne faisait pas que laver ma peau, elle lavait aussi mon esprit, chassant cette morne anesthésie dans laquelle je m'étais plongé pour ne pas trop souffrir, pour ne pas commettre l'irréparable. Parce que la vie sans Eden était réellement insupportable si jamais je m'y attardais, si je me penchais sur ce que je ressentais face à cette absence à laquelle je n'avais pas été préparé. Nous avions la vie devant nous, jamais elle n'aurait du disparaître, mourir avant moi. Nous avions beaucoup de choses à vivre encore, nous devions regarder grandir notre fils, nous émerveiller de cela, lui donner des frères et sœurs... Et tous ces rêves se brisaient en mille morceaux, sans que je ne puisse les recoller. Certes, le contexte était difficile, nous étions prisonniers ici, mais nous avions songé à partir, à quitter mon père et ses sbires, à vivre notre vie loin de ce danger permanent, de cette épée de Damoclès, même si la vie en dehors ne serait pas simple. Le confort serait plus que rudimentaire, pas forcément de médecin, à moins que je ne retrouve Katarina... Cela valait-il la peine de partir avec Milo, de lui offrir une autre vie ? Europe ne semblait pas si traumatisée que cela de vivre parmi des assassins et des violeurs... En avait-elle seulement conscience ? ou bien son père la protégeait-il suffisamment pour lui masquer les horreurs de ce lieu ?

Je finis par sortir de la douche, me raser, m'habiller, redevenant le Vitali que la jeune fille connaissait depuis toujours. Plus apprêté. On m'avait toujours qualifié de charmant, beau. Eden avait craqué sur mes airs de dandy, mon raffinement, mon regard bleu vert troublant. Je portais souvent le costume, de façon décontractée mais classe. Là, ce n'était pas le cas, mais je n'étais plus non plus un zombie. Je m'aperçus alors que la fillette, en plus de m'avoir fait à manger, avait tout débarrassé, fait la vaisselle, et même passer le balai. Assumant là un rôle qui ne devait pas être celui d'une enfant de son âge.

Alors je l'invitai à venir discuter dans le salon, de façon posée. Parce qu'elle se faisait du soucis pour moi, parce que je ne savais pas comment remonter la pente et que pourtant, je ne pouvais pas le montrer à cette petite fille, petite fille qui pourrait bien me donner l'impulsion nécessaire. Péremptoire, Europe annonça que cela n'allait pas du tout et je soupirai longuement.

- Je sais.

Je savais que cela n'allait pas, mais je ne parvenais pas à remonter la pente pour autant malheureusement. C'était trop difficile, Milo avait besoin de sa maman et force était de constater que son père avait besoin de son épouse en fait. J'avais abandonné mon fils, ne trouvant pas le courage de m'en occuper, de m'opposer à mon cher paternel qui profitait de cet abattement, je le savais. Europe continua sur sa lancée en me disant ce que je devais faire. Récupérer mon fils, m'en occuper, lui donner le père dont il avait besoin et je savais qu'elle avait raison, qu'Eden serait horrifiée que j'abandonne ainsi notre fils entre les griffes de son grand-père dont elle avait si peur. Elle serait simplement atterrée de me voir me laisser mourir lentement ainsi, sans m'accrocher à la vie, sans chercher à vivre pour notre fils, tout ce qui me restait d'elle. Cette prise de conscience me fit mal alors que je sentis une boule énorme me serrer la gorge, menaçant de me faire suffoquer.

- Ça a l'air si facile dit comme ça. Mais c'est loin de l'être.

Et comment récupérer mon fils hein ? En espérant que mon père serait trop occupé avec son cher Gabriel, son héritier donné par sa pute ? C'était de cela qu'il était fier ? Je ne portais pas Sarah dans mon cœur et c'était réciproque. En fait, ce n'était même pas de l'animosité, c'était de l'indifférence désormais. Elle savait des choses sur moi, j'en savais sur elle, nous gardions nos secrets et ne nous adressions pas la parole et c'était bien ainsi. Avoir un demi frère qui a l'âge de mon fils, était-ce normal, franchement ?

- Eden t'a apprit ?

Sans doute avait-elle autorisé Europe à le changer, à le laver, le vêtir... S'occuper d'un bébé quoi, jouer à la petite maman, mais ce n'était pas là son rôle.

- Ce n'est pas ton rôle, Europe, tu es une petite fille...
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   Mar 24 Jan - 19:42

‘’Je le sais que je suis une petite fille…’’

Se renfrogna légèrement la fillette en affichant un air quelque peu contrarié. Oui, Vitali avait raison, elle était encore une petite fille, malheureusement… Autrement, elle aurait été récupéré Milo sans demander son avis à Vitali et autant dire que, avec elle, cela n’aurait pas trainé aussi longtemps. Europe était aussi certaine de son fait, que de celui qui lui faisait encore croire à un bon et un mauvais côté des choses. Comme pour tous les enfants, il n’y avait dans son juvénile esprit aucune nuance de gris… Tout était noir ou blanc, Positif ou négatif… Jamais, ô grand jamais, elle ne pensait un jour trahir ses innocentes convictions en la matière… Mais ce qui était bien lorsque l’on était encore une enfant, c’était que les adultes le faisaient naturellement à nôtre place en laissant intact nos illusions naïves. Dans le cas de Europe, c’était son père qui se chargeait de ce rôle… Ainsi que Vitali, Eden… Et tous les autres hors-la-loi, même si les motivations de certains n’étaient pas forcément d’épargner le plus longtemps possible l’amère réalité de ce monde à la fillette.

Mais elle n’était pas une adulte, malheureusement et elle se devait donc de reporter ses ambitions héroïques sur un véritable adulte… Et plus précisément, le père de Milo, son ami Vitali. De plus, dans une logique d’esprit implacable, Europe songeait que puisque Vitali était lui-même le fils de Armando, alors cela marcherait. De toute façon, ils ne vivaient pas loin l’un de l’autre, alors quelle importance que Milo vive avec son père ou son grand-père ? De toute façon, un enfant devait vivre avec ses parents, c’était comme ça et pas autrement…. Et puis, c’est aussi ce que Eden voulait, la fillette n’en doutait pas un seul instant alors en son absence elle parlerait en son nom. Poussant un soupir las, Europe laissa ses bras tomber de sa poitrine afin d’atterrir sur ses cuisses tout en portant une nouvelle fois son regard sur l’adulte désœuvré, bien que très nettement de meilleure allure que ces derniers jours. Celui-ci lui répondait de façon assez laconique, un peu comme si il ne savait ou n’avait pas envie de dire quoique ce soit… La fillette le trouvait mou, extrêmement mou, elle allait devoir le faire réagir autrement elle n’arriverait jamais à le décider à récupérer son fils. D’un geste décidé, Europe sauta alors soudainement de sa chaise et vint se planter juste devant Vitali et lui dit en affichant une mine ferme et décidé :

‘’Ecoute… Eden en veut pas que Milo reste avec son grand-père et moi non plus… Je l’aime pas, il est pas gentil et en plus je suis sur qu’il aime pas les enfants vu comment il me regarde des fois, quand je le croise. Alors, je veux pas que Milo reste avec quelqu’un qui est méchant et qui va peut-être lui faire du mal… T’es son père et un père ça doit protéger ses enfants, comme mon père le fait avec moi’’

Voilà qui était dit… Restant planté là, Europe darda son regard inflexible sur Vitali, l’œil pétillant d’un insolent bon droit comme si ses paroles ne souffrait aucune contrariété. Elle avait raison après tout, un père se devait de toujours protéger ses enfants, c’était normal. Les choses avaient été difficile avant qu’ils ne se retrouvent en sécurité ici, mais pourtant jamais son père ne l’avait abandonné en cours de route. Pourtant, Europe n’était pas stupide, elle savait qu’elle avait été un poids pour son géniteur durant la période d’après la catastrophe. A l’époque, elle était trop petite pour faire quoi que ce soit qui puisse lui être utile, alors que maintenant elle était devenu grande, elle pouvait prendre soin de son père comme son père avait pris soin d’elle durant cette période… Elle entretenait leur appartement, faisait le ménage, rangeait… Elle lui faisait aussi à manger, pour les nombreuses fois ou il rentrait tard… Son père lui avait bien demander d’arrêté, mais la fillette avait refusé obstinément car elle savait que si elle ne faisait pas cela, son père ne faisait que grignoter ou bien pire encore, il ne mangeait pas. A nouveau, un soupir fusa de ses petites lèvres et Europe ajouta de façon toujours aussi déterminé :

‘’T’est un adulte, alors tu dois tenir tête à ton père, sinon il te respectera jamais… Tu dois lui montrer que tu ne renonceras pas à récupérer Milo, sinon il te verra jamais comme un homme…’’

Acheva la fillette, qui venait là de déclamer des paroles bien matures pour son jeune âge… Dans sa bouche, ces quelques mots avaient quelque chose d’assez étrange, entre vérité et propos surréalistes… Europe avait-elle donc acquis une telle pensée adulte, en l’espace de ces trois dernières années passés au sein des hors-la-loi.. ? Peut-être… Ou peut-être pas… N’ayant rien d’autre à faire de son temps, la fillette lisait énormément. Peut-être, avait-elle lu cette réplique dans un quelconque livre… Et peut-être, avait-elle jugée ce moment le plus adéquat pour le ressortir, comme si ce dernier était le fruit de sa propre réflexion… Quelle qu’en fut l’origine, le propos avait cependant été dit et bien dit, même si Europe ne réalisait pas vraiment qu’il pouvait paraître légèrement blessant pour l’orgueil de l’adulte qui lui faisait face.

‘’Et puis… Si tu ne veux pas le faire… C’est moi qui irais voir Armando pour lui demander de laisser Milo revenir chez lui…’’

Ajouta Europe, en tentant d’afficher une détermination solidement ancrée… Même si, pour une oreille attentive, ses paroles pouvaient être empreinte d’une légère, mais finalement légitime, hésitation. Armando lui faisait peur et elle l’évitait généralement si elle en avait l’occasion, mais pour Milo elle l’affronterait à la place de Vitali si cela était nécessaire… Elle ne pouvait agir autrement, vu la gentillesse que Eden lui avait toujours témoigné… Ne pas le faire, ce serait comme trahir la jeune femme et cela, Europe ne pouvait s’y résoudre. Jamais, elle ne supporterait le moindre regard de reproche de la part de Eden, même si elle n’était plus parmi eux.

Mais, secrètement, elle espérait bien que Vitali se décide à agir, car lui annoncer qu’elle irait voir Armando à sa place, c’était un peu son va-tout pour le pousser à agir .. Si elle pouvait l’éviter, Europe en serait très largement soulagée.
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   Dim 29 Jan - 15:40

    - Je ne voulais pas te vexer...

    Je vis bien que cela la dérangeait que j'appuie sur son jeune âge. Mais enfin, se confier à une enfant, se faire dorloter et remonter les bretelles par une petite fille, ça avait de quoi surprendre quand même. Pourtant, l'enfant n'était pas dénuée de caractère et de volonté et elle avait l'énergie suffisante pour obtenir ce qu'elle voulait, pour secouer les adultes plongés dans la torpeur. Et son charmant minois permettait de faire fondre n'importe qui. Dommage que cela ne suffise bien sûr pas, à amadouer un homme comme Armando ou ses sbires qui violaient des jeunes filles... Certains avaient même du aimer les petites filles. Je ressentis un frisson à cette idée. j'espérais qu'Europe était en sécurité, protégée, mais je n'en étais malheureusement pas certain. Elle n'avait aucune réelle protection sinon celle de son père et il n'avait pas l'autorité nécessaire pour faire peur aux caïds du coin.

    Europe sauta soudain de sa chaise et vint se planter devant moi. Je lus la détermination sur son petit visage adorable. Elle faisait presque plus âgée dans ce cas. Elle me lança alors qu'Eden ne voulait pas que Milo reste avec Armando, et Europe non plus. J'avais mal au cœur de l'entendre parler si facilement d'Eden. Entendre son nom enfonçait des aiguilles dans mon cœur, à chaque fois. Comme des coups de dagues qui me lacéraient. La petite fille continua en disant que mon père n'était pas gentil, qu'elle ne l'aimait pas. Sa façon, si naturelle, de dénigrer ainsi le terrible Armando Venezzio amena un pâle sourire sur mes lèvres. Avait-elle peur de lui ? Il semblerait qu'il ai des regards qui ne trompaient pas quand il la voyait, la fusillant du regard ou l'écrasant de son mépris de son regard glacial.

    - Armando est mon père tu sais ?

    A sa façon de parler, on aurait dit qu'elle l'oubliait. A moins qu'elle sache inconsciemment que père n'était pas le terme approprié. M'avait-il protégé durant mon enfance, comme le père d'Europe le faisait ? Oui et non... Il ne m'avait jamais aimé, je n'étais que son héritier, l'amour n'avait rien à voir là dedans. Je ne l'avais jamais vu aimer personne. Son entourage pouvait mourir qu'il n'en serait pas affecté. Même sa Sarah, il n'en avait rien à faire. Et Gabriel, mon demi-frère ? L'appréciait-il ? l'aimait-il ? C'était difficile à dire. Toute mon enfance, j'avais essayé de lui plaire, d'attirer son attention, de susciter son amour, alors que j'étais privé de mère, d'affection, que j'étais juste élevé par les meilleurs, afin de devenir le brillant fils de mon père et être digne de lui. Raté. Mais mon père ne m'avait jamais protégé. Et je ne serais pas comme lui, je n'étais pas comme lui, ne l'avais jamais été et ne le serais jamais. Je devais tenir de ma mère, que je n'avais jamais connu. Elle devait être une femme douce, qui avait été abusée par Armando. Pas une garce manipulatrice, une putain comme Sarah.

    Je restai sur les fesses de la phrase suivant d'Europe. Il y avait de terribles accents de vérité dans ses paroles, même si ce n'était pas aussi simple. Il ne suffisait pas de m'affirmer face à lui, de m'opposer à lui pour qu'il me respecte. C'était un peu plus compliqué que cela malheureusement. Il pouvait sans doute me descendre si je le contrariais, sans sourciller. C'était délicat.

    - J'aimerais que ce soit aussi simple Europe.

    Mais la fin me fit sourire, alors que je portais une main sur les cheveux de la fillette. Ah oui, elle s'en chargerait elle-même ?

    - Tu n'as pas peur de lui ?

    Bien sûr que si elle en avait peur, j'avais noté son ton moins assuré. C'était du bluff, pour me faire réagir, pour que moi, je le fasse. C'était maladroit, mais attendrissant.
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   Mer 1 Fév - 13:25

A l’évocation du fait que Armando était le père de Vitali, Europe se renfrogna encore un peu plus comme si elle n’appréciait pas vraiment le fait d’être prise pour une petite idiote sans cervelle et rétorqua dans un élan volontaire et farouchement déterminé :

‘’Un père, ça n’enlève pas les enfants de ses enfants.’’

Enlèvement, le mot avait été lâché… Le mot interdit sans doute, le mot honni que, peut-être, Vitali ne voulait pas entendre de peur de se voir mis au pied du mur de son abandon envers son propre enfant, un peu à l’image de sa relation avec son propre père. Europe ne savait rien de l’abandon affectif dont avait été victime son ami, mais elle voyait bien comment se comportait les deux hommes l’un envers l’autre et en faisant la comparaison avec sa propre expérience, la fillette comprenait très bien que la relation des deux hommes n’était pas celle d’un père et de son fils, loin de là même. D’ailleurs, si elle n’était pas au courant de leur lien familial, Europe pourrait même penser que Vitali n’était rien de plus qu’un des employés de Armando au même titre que n’importe qui d’autre à New York.

‘’Un père, ça ne rend pas ses enfants malheureux non plus…’’

Ajouta encore Europe en baissant légèrement le regard sur le côté, laissant sa phrase en suspend comme si elle ne désirait pas accabler plus encore son ami en pleine déprime. Il y avait certes la disparition de Eden qui n’était pas de son fait d’après ce qu’elle en savait, mais l’absence de Milo, ça, c’était indéniablement la faute de Armando, elle n’avait pas besoin d’être adulte pour le comprendre… Il lui suffisait d’observer, tout simplement… Et en la matière, Europe avait un talent aussi indéniable que redoutable, aiguisé par trois longues années à ne plus rien faire de ses journées ennuyeuses et sans fin. Lorsque Vitali tenta de faire comprendre à Europe que les choses se révèleraient plus compliqué dans la réalité que dans les mots, la fillette gonfla le torse et afficha un air déterminé, comme certaine d’être nantie du bon droit et de la justice divine et darda un regard tellement assuré sur Vitali, qu’il en eu été presque impressionnant si il ne lui avait pas manqué quelque têtes pour regarder son ami de haut.

‘’Si, c’est simple… Tu vas chercher Milo et si ton père n’est pas d’accord, alors…’’

La voix de Europe se fit hésitante… Non par peur, mais plutôt par le fait qu’elle comprenait que son propos les éloigneraient sans doute définitivement d’elle. Elle ne voulait pas être égoïste, mais si jamais cela devait arriver alors elle se retrouverait bien seule dans cet endroit. Pourtant, après une poignée de secondes elle ajouta :

‘’… Tu prends Milo et tu t’en vas… Tu pourrais aller chez les survivants par exemple…’’

Ignorant jusqu’à l’existence des rescapés de Elisabethtown, les survivants étaient pour Europe les seules autres personnes encore en vie. Pourquoi ceux-ci avaient-ils préféré vivre de leur côté, plutôt que de venir avec eux.. ? Ma foi, la fillette ignorait la réponse à cette question et en réalité elle n’y attachait pas plus d’importance que la seule curiosité inhérente à sa nature enfantine. Alors oui, elle ne reverrait plus jamais sans doute Vitali et Milo, mais si Armando refusait de rendre son fils à son ami alors il n’y aurait pas d’autre choix que de partir. Europe ne comprenait pas encore toute le malsain de son environnement, mais elle avait cependant remarqué une chose : On ne se fâchait pas avec Armando, sinon… les quelques courageux qui avaient osé le faire avaient tous disparu, un jour… Europe pensait qu’ils étaient parti, incapable de s’entendre avec Armando… Elle était encore bien loin d’imaginer que leur sort avait pu être nettement moins enviable. Mais si Vitali devaient partir avec Milo, alors elle l’accepterait, pour Eden qui préfèrerait sans doute cela au fait que son fils reste avec son grand-père. Bien entendu, Europe en serait très attristée. D’ailleurs elle partirait bien avec eux si cela devait se passer ainsi, mais malheureusement elle ne pouvait pas… Elle ne pouvait abandonner son père et ce dernier refuserait sans doute de quitter son travail et sa vie ici, qui avait l’air de bien lui plaire vu les heures passés à son travail… Tant pis, si Vitali et Milo pouvaient vivre ensemble et heureux, elle en serait contente… C’était le principal après tout.

Un soupir fusa des lèvres de Europe lorsque Vitali laissa sa main s’égarer dans son abondante chevelure de petite tigresse… Ca, c’était un signe qui ne trompait pas, il ne la prenait pas vraiment au sérieux cet idiot. Quand il lui demanda si elle n’avait pas peur de Armando, Europe laissa son regard devenir fuyant et prendre la direction de la gauche… Peur.. ? Elle.. ? Bien sur qu’elle avait peur de Armando, quelle question…

‘’Ton père fait peur à tous le monde…’’

Se contenta-t-elle alors de répondre sans vraiment l’avouer elle-même et sans laisser son regard revenir sur Vitali… C’était un peu comme un aveu difficilement consenti, presque arraché du bout des lèvres… Personne n’osait le dire, mais oui : Armando faisait peur à tous le monde, même si Europe était loin de réaliser les raisons des adultes conduisant à cette peur. Mais très rapidement elle se reprit et porta à nouveau un regard et une mine déterminé sur Vitali et lui cria presque dessus tant sa voix se voulait convaincante :

‘’s’il le faut, j’irais chercher Milo moi-même parce que lui il peut pas partir tout seul et que si tu ne le fais pas et puisque Eden n’est pas là, alors personne le fera à votre place !’’

Tout en parlant, ou en hurlant, c’était selon les avis, Europe avait serré ses deux petits poings comme pour tenter de donner plus de poids à sa déclaration d’intention. C’est vrai, elle avait peur de Armando… Mais elle avait promis à Eden de toujours prendre soin de Milo, alors elle irait et puis c’est tout, point final !
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   Lun 13 Fév - 16:10

    Je ne cherchais pas à vexer l'enfant, mais son discours avait des failles, la preuve en était mon père, qui avait été un géniteur et c'était à peu près tout. Il ne m'avait pas protégé, non, au contraire, il m'avait jeté dans la fosse aux lions, m'immergeant très tôt dans son monde glauque de meurtres et de trafics. Ce n'était pas protéger un enfant ça.

    - Non, en effet.

    Nous étions d'accord à ce sujet, mais n'empêche que le fait était que c'était bien ce qui était arrivé. Mon père voulait surtout asseoir son pouvoir, sa domination. Je n'avais pas été l'héritier qu'il voulait, je n'avais pas été à son image et il reportait ses ambitions sur la génération suivante. Il avait un fils après tout. Qu'il se contente donc de Gabriel, au vu de sa mère, je ne doutais pas qu'il ferait un fumier de première. Mais il était hors de question que Milo suive ses traces. Europe enfonça bien le clou en disant qu'un père ne rendait pas ses enfants malheureux. Armando était égoïste, seul comptait son plaisir et son bon vouloir. Je ne pouvais pas dire avoir été très choyé étant enfant et il était même étonnant que je m'en sois si bien sorti avec un tel désert affectif. C'était peut-être ce qui expliquait que je me sois tellement raccroché à Eden, lui donnant tout l'amour dont j'avais été privé. Et Europe avait raison, je ne pouvais pas laisser mon fils souffrir de la même chose. Même s'il n'avait plus sa mère, qui l'aurait aimé tendrement, choyé, il avait encore son père qui ferait de son mieux pour qu'il ne souffre pas trop du manque. Je ne voulais pas qu'il devienne un criminel. Pour la mémoire d'Eden, pour nos projets d'avenir, je ne pouvais pas laisser cela.

    Mais les choses n'étaient pas aussi simples qu'elles le semblaient. Europe pensait qu'il suffisait d'aller rechercher Milo pour que tout s'arrange, mais c'était sans compter mon père. Et je n'étais pas spécialement pressé de m'opposer à lui. Je pouvais avouer, sans honte, qu'il me faisait peur. Je n'avais aucun privilège à être son fils et il n'était pas forcément plus clément de ce fait. Si je lui déplaisais, je me doutais qu'il n'hésiterait pas à m'abattre. Europe n'en démordait cependant pas, répliquant avec une assurance enfantine qu'il suffisait que je reprenne Milo qu'importe que mon père soit d'accord. J'eus un petit rire un brin nerveux. Alors quoi ? Comme si j'étais en mesure de le menacer, de lui faire peur...

    Elle continua en disant que je pouvais partir avec mon fils, loin d'ici. Mon ricanement mourut instantanément. Fuir... C'étaient dans nos projets avec Eden. Partir d'ici, tous les trois. Mais il était trop tard, je ne l'emmènerais jamais dans une vie meilleure, pour élever notre fils en toute sérénité. Pouvais-je partir sans elle ? Faire seul ce que nous aurions fait tous les deux ?


    - Les Survivants... Ne sont plus à New-York.

    Leur ancienne cache était désormais à l'abandon. Ils étaient partis, suite à l'attaque dont ils avaient été victimes, par notre biais. Ils s'étaient bien défendus et mon père avait été furieux de constater ses pertes et son échec. Mais la Communauté avait décidé de prendre la poudre d'escampette. Je ne savais pas pour où exactement, Katarina ne m'ayant pas laissé d'informations qui risquaient d'être découvertes par d'autres. J'espérais que là où elle était, elle était heureuse. Europe était touchante, bien qu'idéaliste et ma main s'égara dans ses boucles noires, lui demandant si elle n'avait pas peur de mon père. Sa réponse fut évidente. Bien sûr que si, il faisait peur à tout le monde. Je hochai la tête, soufflant :

    - Même à moi.

    Mais cela n'arrêta pas l'enfant bravache. Je souris, attendri, touché par sa détermination, avant de déclarer, un peu las, mais plus résolu :

    - Je le ferai. Je récupérerai mon fils et l'élèverai comme nous l'aurions fait si Eden était encore là...

    Ma voix s'étrangla quelque peu à la fin, mais je ne cillais pas.

    - Tu es une enfant étonnante Europe. J'espère que mon fils te ressemblera plus tard, je serais fier de lui. Comme je suis fier de toi.

    J'attirai la fillette à moi, la prenant dans mes bras, la remerciant sincèrement de ce qu'elle faisait pour moi, de celle qu'elle était, tout simplement.
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   Jeu 16 Fév - 16:21

Les efforts de Europe semblaient finalement porter leurs fruits, car Vitali lui paraissait, doucement mais sûrement, de plus en plus enclin à vouloir récupérer Milo en l’extirpant des griffes malfaisantes de son grand-père qui se l’était auto-approprié. Cela était une bonne chose selon la petite fille, aussi bien pour Milo que, il lui fallait bien l’avouer, pour elle-même. En effet, malgré tout son courage, toute sa bonne volonté, toute sa hardiesse effrontément sans limite, elle ne voyait, pour le moment en tous cas, aucun moyen efficace pour elle de reprendre l’enfant à son effrayant grand-père : elle n’était pas très grande… Pas très forte… Et certes pas aussi effrayante que Armando, sans oublier que les gens qui travaillaient tous les jours auprès de lui n’avaient rien à envier à ce dernier en terme de frayeur… En plus, ils avaient des armes à feu et bien souvent Europe s’était demandé à quoi elles pouvaient bien leur servir puisqu’il n’étaient jamais attaqué. De toute façon, attaqué par qui.. ?

Sans être au courant de ce qu’il s’était précisément passé, la fillette avait toutefois bien pris conscience que beaucoup de gens sur la Terre avaient été tués à cause de la guerre et que désormais, il n’y avait plus beaucoup de gens sur lma surface de la planète. De fait, dans in esprit logique dénué de toute perversion comme seul un enfant peut en avoir, elle s’était dit que si il n’y avait plus que très peu de monde encore en vie, alors il y aurait de quoi subvenir au besoin de tous le monde. Ils n’étaient plus des milliards après tout, alors forcément ils devait y avoir des excès de nourriture et d’eau, suffisamment pour tous le monde… C’était en tous cas la vision qu’elle avait de la situation actuelle, d’autant plus qu’elle ne savait pas vraiment d’ou pouvait bien provenir l’eau et la nourriture qui lui était disponible pour ses propres repas. Pour ainsi dire, c’était presque une chose naturelle, comme autrefois. De fait, pourquoi avoir peur d’être attaqué dans ce cas.. ? Et puis les armes, hé bien cela ne servait à rien en fin de compte, c’était simplement, se l’imaginait-elle, pour être plus important que les autres. Mais les gens importants, Europe s’en moquait bien… Elle, ce qu’elle aimait c’était les gens gentils comme Eden, Vitali et quelques autres à New York.

Quelque part, Europe fut presque soulagée d’entendre Vitali avouer que, lui aussi, avait peur de son propre père. Elle trouvait un peu triste qu’une personne puisse avoir peur de son père, mais au moins cela la rendait-elle moins idiote dans sa peur finalement irraisonnée, puisque dans les faits Armando ne lui avait encore jamais véritablement fait le moindre mal…. Pas encore tout au moins… Et pas physiquement. La fillette faisant tout son possible pour l’éviter dans la mesure du possible, ceci expliquait peut-être aussi cela quelque part. Mais Vitali était un adulte, un homme, un vrai de vrai, comme lui avait parfois dit Eden d’un air malicieux sans que la fillette ne saisisse réellement le sens de cette affirmation qui lui apparaissait alors comme évidente. Un homme, cela n’avait pas peur d’affronter les difficultés et même, de se battre pour défendre les gens qu’ils aimaient, cela elle l’avait lu dans plusieurs de ses livres. Alors, elle encouragerait de son mieux Vitali lorsqu’il irait reprendre Milo à son père… Comme un homme, un vrai de vrai… Courageux, noble et tout et tout… Un véritable prince en fait, Eden avait eu de la chance se dit alors Europe dans un soupçon de mélancolie.

Mais lorsque le ‘’prince’’ lui apprit que les survivants étaient parti, la fillette marqua un étonnement certain à cette nouvelle… Parti.. ? Pourquoi ? Comment ? Ou ? Quand ? Et pourquoi on ne lui avait rien dit ?

‘’Ils sont parti ou, dis.. ?’’

Interrogea-t-elle alors Vitali dans une curiosité somme toute naturelle, avant d’ajouter :

‘’Et pourquoi ils sont pas resté à New York.. ? Ils étaient pas bien ? Ils préfèrent rester seul peut-être ?’’

Cette nouvelle laissa la petite fille légèrement abattu. Elle n’avait jamais su si il y avait des autres enfants chez les survivants, mais maintenant qu’ils étaient parti elle ne savait trop où, elle ne le saurait plus jamais. Si cela se trouve elle était peut-être la seule petite fille du monde entier. Il y avait bien entendu Milo et Gabriel, mais c’était encore des bébé et en plus, c’était tous les deux des garçons…. Haannn… Ce serait vraiment trop triste qu’il n’y ai plus d’enfants de son âge sur Terre… Mais cette éventualité sombra dans l’oubli très rapidement, lorsque Vitali se mit en devoir de lui confirmer qu’il allait officiellement aller chercher Milo et le ramener chez lui. Son ami ne lui mentait jamais, alors si il lui disait qu’il allait le faire, c’était qu’il allait le faire, pas de doute là-dessus.

‘’Bravo, je savais que tu ne le laisserais pas tout seul, tu es un bon papa, comme mon père.’’

Lui répondit-elle alors, affichant très ouvertement sa fierté vis-à-vis de son ami courageux et en ayant déjà oublié que, à la base, c’était tout de même lui qui avait laissé les choses s’envenimer de la sorte. Mais Europe n’était pas une petite fille à la rancune tenace et elle comprenait aussi que la disparition de Eden avait fait beaucoup de mal à Vitali. C’était le chagrin, lui avait alors expliqué son père lorsque Europe lui avait fait part de son étonnement devant le comportement d’abandon de toutes choses de son ami. Mais heureusement, elle avait réussi à le remettre sur pied même si, en toute honnête, elle se devait bien d’admettre qu’elle avait un peu douté du résultat de son action… Parce que c’était bien connu, les adultes ne prenaient jamais les enfants au sérieux lorsqu’ils essayaient de se comporter comme des grandes personnes. Lorsque Vitali la prit soudainement entre ses bras afin de la serrer bien fort contre sa personne en la remerciant et en la complimentant, Europe laissa ses propres bras venir enlacer Vitali et, le visage à moitié enfoncer contre la poitrine de son ami, elle lui répondit :

‘’C’est normal, on est amis et les amis c’est fait pour nous aider, pas vrai.. ? Pis je suis sur que avec toi, Milo deviendra quelqu’un de bien et Eden sera fière de vous deux, là ou elle se trouve.’’

Même si elle n’en fit pas un étalage grandiloquent, Europe était, elle aussi, très fière du compliment de Vitali… Cela signifiait qu’elle avait réussi à faire honneur à Eden et cette seule pensée lui embrasait le cœur d’une chaleureuse sensation de bien-être incommensurable… Même si elle serait terriblement triste, lorsque Vitali emmènerait Milo vivre ailleurs, loin d’elle, sans doute sans le moindre espoir de les revoir un jour où l’autre. Sans se l’avouer, elle n’imaginait pas que la situation puisse tourner d’une autre manière… Quand Armando voulait vraiment quelque chose, il l’obtenait… Et si il voulait vraiment très fort garder Milo pour lui, alors quitter le repaire des hors-la-loi serait la seule solution pour éviter cela.
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   Dim 26 Fév - 17:22

    Je secouais doucement la tête, l'air blasé alors qu'elle me demandait où étaient partis les Survivants. Si seulement je le savais... Je n'avais plus de nouvelles de Katarina et je le regrettais chaque jour. J'avais été trop heureux d'apprendre que mon amie d'enfance était bel et bien vivante, et heureuse, avec un mari et une fille. Elle était enceinte quand je l'avais vue la dernière fois et j'espérais que là où elle était, tout se passait bien pour elle.

    - Je n'en sais rien Europe. Ils ont déserté leurs tunnels, quelques semaines après l'attaque qu'ils ont subi de notre part. Je pense que ça a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Ils n'étaient plus en sécurité dés lors qu'Armando savait où ils étaient et surtout avait essuyé un échec en les attaquant. Ils ont du fuir loin de lui et de son influence... Tu sais, j'ai une amie qui vit parmi eux, je ne sais pas ce qu'elle est devenue et c'est peut être mieux ainsi. Au moins ne pourrais-je pas la trahir.

    Si mon père apprenait le rôle que j'avais pu jouer auprès des Survivants... Il me tuerait. Et pas de façon propre et professionnelle, non, ce serait long et douloureux et je ne doutais pas qu'il essayerait de m'extorquer des informations. Je ne savais pas du tout comment je pouvais réagir sous la torture et j'espérais ne jamais le découvrir, mais je ne me berçais pas trop d'illusions à ce sujet. Je pense que les survivants étaient très bien où ils étaient, mais nous les en avions délogé, impitoyablement. Qu'est-ce que je pouvais haïr mon père ! Le craindre autant que je le détestais, et ce n'était pas peu dire.

    Mais les efforts d'Europe ne resteraient pas vains, puisque je m'étais résolu à reprendre ma vie en main, à enfin m'occuper de mon fils comme il se devait. Je ne l'avais que trop négligé et elle avait raison, il était tout ce qu'il me restait d'Eden, je ne pouvais pas laisser mon père souiller son souvenir en dénaturant mon fils, en le modelant à son image. Je devais l'affronter, récupérer mon fils et... Et quoi ? Partir à l'aventure ? essayer de retrouver Katarina et les autres, alors que je ne savais absolument pas où ils étaient partis ? C'était de la folie pure. Je ne pouvais pas me lancer dans New York ravagée avec mon fils, seul. Ce serait le mettre en danger. Un bébé ne pouvait pas vivre cette vie de nomade. Comment le nourrirais-je ? j'avais toujours été habitué au luxe, je n'avais même jamais campé, comment espérer survivre seul, dans un milieu hostile ? Il fallait redescendre sur terre. Les félicitations d'Europe me firent sourire. Si seulement elle avait raison, si seulement j'étais aussi bon que son père, si Milo pouvait m'aimer et m'admirer comme elle admirait son père... Mon modèle avait été vicié dés le début et j'avais tout fait pour attirer l'attention de cet homme froid qui ne voyait en moi qu'une descendance.

    Je pris alors Europe dans mes bras, sentant son petit corps chaud contre le mien. j'avais besoin de son amour d'enfant, de sa naïveté, de son innocence, de sa simplicité. J'avais besoin d'amour tout simplement, j'en avais toujours eu besoin, trouvant de quoi combler cette soif avec Eden, mais maintenant qu'elle n'était plus là, c'était comme un trou béant. Un vide immense. Europe rétorqua que c'était normal et que Milo deviendrait ainsi quelqu'un de bien. Qu'Eden serait fière de nous, de là où elle était. Je relâchais doucement Europe, avant de lui demander, d'une voix douce mais avec de la tristesse au fond des yeux :


    - Et où est-elle ?

    Quelque part, j'avais peut-être besoin d'entendre son hypothèse d'enfant, de croire en ce qu'elle croyait. Peut-être que cela atténuerait ma peine, me permettrait de vivre avec, comme Europe en ce moment même. Les enfants avaient des trésors de ressource, nous devrions prendre plus souvent exemple sur eux.
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   Mar 28 Fév - 12:42

La réponse de Vitali à propos de la question du devenir des survivant laissa Europe quelque peu perplexe… Ils ne savait pas ou ils étaient parti ? Comment c’était possible ? normalement, moins il y avait de monde et plus on savait ou les gens se trouvait, c’était d’une logique implacable dans son esprit de petite fille. Jamais encore, on ne lui avait parlé de cet évènement. Sans doute était-elle encore trop jeune, encore bien incapable de comprendre la sinistre situation qui avait alors été celle des survivants. D’après ce que Vitali était en train de lui expliquer, c’était parce que son père les avaient attaqué, que les survivants étaient parti ailleurs… Mais pourquoi ? D’accord, Armando n’était pas très gentil, mais tout de même… Attaquer des gens qui n’avaient rien fait de mal…

C’était là, une des limites qui se posait à Europe en dépit de sa grande intelligence et de sa capacité assez étonnante, à être plutôt mature pour son âge. Elle n’avait que huit ans après tout et tout ceci s’était passé alors qu’elle ne devait avoir que six ans, au grand maximum. Même si au jour d’aujourd’hui elle commençait à percevoir la réalité derrière les explications enjolivées dont l’abreuvait son père et une majorité de hors la loi comme Vitali, à l’époque elle ne comprenait pas grand chose aux évènements dramatiques qui avaient présidé à la destruction de la civilisation. De même, en arrivant chez les hors la loi Europe ne comprenait rien à cette nouvelle sorte de communauté. Elle avait pensé qu’il s’agissait simplement de gens perdus qui s’étaient regroupé pour s’entraider afin de survivre et non pas d’une bande de malfrats, sans foi ni loi, qui faisait régner une certaine forme de terreur tyrannique envers les survivants de tous poils.

Personne ne lui disait précisément ce qu’il se passait… On lui disait simplement de ne pas s’inquiéter, que tout allait bien… Que les grandes personnes s’occupaient de tout… Et c’était vrai, il fallait bien l’avouer. Europe avait de quoi manger, de quoi boire, de quoi se distraire… Parfois même, certains hors la loi, homme ou femme, s’amusaient avec elle à ses jeux d’enfants… En fait, elle était heureuse alors même qu’elle se complaisait dans une ignorance que d’aucun ne serait raisonnablement en mesure de lui reprocher. Alors, elle avait su qu’il y avait des autres survivants ailleurs, mais cela s’arrêtait là. Elle n’avait su ni pour leur départ, ni pour l’attaque de Armando et des hors la loi à leur encontre et cela laissait Europe terriblement perplexe… Pourquoi son père restait-il avec eux, si ils faisaient des choses aussi méchantes.. ? Son père était gentil, il lui disait toujours que ce n’était pas bien de faire du mal aux autres… Alors pourquoi, oui… Pourquoi.. ?

Mais quelque chose attira plus particulièrement l’attention de la fillette, dans les paroles de son ami. Celui-ci lui disait avoir une ami chez les survivants et dans l’esprit encore bien simple de Europe, cela ne faisait que confirmer l’idée que Vitali devait vite partir d’ici en emmenant Milo, afin de rejoindre son amie et sa famille... Car de bien entendu, en digne future femme la fillette n’imaginait pas que une adulte ne soit pas une maman.. En l’occurrence, l’amie de Vitali devait donc avoir des enfants, CQFD ! En plus, Milo aurait d’autres enfants avec qui s’amuser, contrairement à elle, puisque l’amie de Vitali en avaient elle aussi. Quelque part, la fillette était un peu jalouse de cette idée. Elle était contente pour Milo, mais en même temps elle lui enviait cette chance… Et au plus profond d’elle-même, elle savait que ce n’était pas bien, pas bien du tout. Elle devait se réjouir pour lui, pas le jalouser. Mais comme dit précédemment, en dépit de son évidente maturité Europe demeurait toujours une petite fille de huit ans à peine révolu… Et même si elle pouvait parfois paraître étonnement adulte, elle n’en demeurait pas moins une enfant comme les autres.

Mais avant qu’elle ne puisse poser la question qui lui brûlait les lèvres, Vitali l’attrapa par les épaules et la colla tendrement contre son être en l’enlaçant avec une douceur rassurante. Dans un sourire, Europe se laissa docilement faire et elle-même déposa ses bras autour de la poitrine de Vitali dont elle ne pouvait toujours pas faire le tour. Mais qu’importe, toute sa tendresse innocente pour son ami tenait entre ses bras juvénile. La fillette conforta ensuite son visage contre la puissante présence de l’adulte et un sourire apparut sur ses lèvres tandis qu’elle fermait ses yeux… Elle était bien, elle était heureuse… Heureuse que son ami soit redevenu comme avant, mais aussi heureuse qu’il se soit décidé à faire revenir Milo chez lui, dans la maison de ses parents. Même si Europe avait été un peu déçue de son comportement lâche et fuyant après la disparition de Eden, désormais elle ne lui en tenait plus la moindre rigueur. La fillette n’était pas d’une nature très rancunière, c’était là l’une de ses qualités les plus remarquable en vérité.

Lorsque Vitali rebondit sur sa phrase à propos de Eden et de l’endroit ou elle se trouvait, Europe resta tout d’abord sans voix. Elle sembla réfléchir, calant encore un peu plus son visage contre le corps rassurant de son ami et l’enserrant encore un peu plus de ses bras délicats. Ou était Eden.. ? Ma foi, c’était là une très bonne question…Europe avait dit cela sans vraiment y réfléchir, tant cela lui paraissait une évidence. Elle était ailleurs, tout simplement… Pas morte, non… D’ailleurs et même si elle avait atteint l’âge de raison ou la notion de la mort devient un concept accessible à la conscience une année auparavant, Europe ne pensait pas que Eden était morte… Surtout que dans son esprit pétri de logique simpliste, elle ne pouvait pas l’être si il n’y avait pas de corps et les hors la loi qui avait dit cela, hé bien ils n’avait pas ramené celui de Eden.

‘’Elle est… Ailleurs…’’

Finit par répondre lascivement Europe dans un souffle, avant d’ajouter :

‘’Eden est une bonne maman tu sais, elle ne laissera jamais Milo tout seul… C’est un truc de maman ça… Alors, je ne sais pas ce qui lui est exactement arrivé, mais je suis certaine qu’elle est quelque part et que un jour elle reviendra… Et peut-être même…’’

Le ton de Europe se fit soudainement plus bas, presque murmurant… un peu comme si elle s’apprêtait à faire un aveu difficilement acceptable et terriblement douloureux. Dans un souffle pourtant, elle réussit à rajouter :

‘’Peut-être même qu’elle vous emmènera ailleurs pour toujours, Milo et toi…’’

Europe demeura ensuite profondément silencieuse tandis qu’elle resserra encore un peu plus son étreinte sur Vitali et, dans un sursaut un peu trop vif pour être tout à fait honnête, elle dit encore :

‘’C’est pour ça qu’il faut que tu aille vite chercher Milo pour le ramener chez vous, il faut que vous soyez prêt lorsque Eden reviendra pour vous chercher, tu comprends ? Même si c’est la dernière fois, je veux que Eden reparte d’ici en étant fière de moi’’

Ces quelques paroles faisaient énormément de peine à Europe, ô oui… Car une fois Eden reparti avec son mari et son fils, la fillette se retrouverait toute seule. Il y avait bien les autres hors la loi, mais même si certains étaient très gentils, ce n’était pas la même chose qu’avec Eden et Milo. Pourtant, Europe savait qu’elle ne devait pas être égoïste, que c’était leur bonheur qui comptait, pas le sien… Même si pour cela, elle devait se retrouver toute seule à New York. Changeant de sujet comme pour éviter de laisser Vitali deviner la sordide et honteuse dualité qui s’agitait en elle, Europe poussa un soupir profond et reprit :

‘’ Mais c’est bien si tu as une amie chez les survivants… Même si tu sais pas encore ou elle est, au moins vous ne serez pas perdu quand vous retrouverez les survivants… Mais pourquoi ton père il les a attaqué quand ils vivaient à New York ? Ils nous avaient fait quelque chose de mal ? Ils nous avait volé des choses peut-être ? Je sais qu’il n’est pas très gentil, mais attaquer des gens qui n’ont rien fait, c’est pas bien, pas bien du tout…’’

Affirma la fillette, aussi sur de son propos que la justice de son bon droit. Europe grandissait en voyant ses innocentes illusions enfantines s’effriter doucement mais sûrement et ce qu’elle découvrirait derrière celles-ci au fil du temps, ne serait vraiment pas très joli à voir, assurément…
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   Mar 6 Mar - 17:11

    J'avais besoin de la naïveté d'Europe. Les enfants prenaient la mort plus facilement que les adultes et je me demandait pourquoi, j'avais envie de connaître ce qu'elle pensait, de pouvoir le penser aussi, de me consoler d'une quelconque façon de cette insupportable absence. Si elle avait un truc, j'étais preneur. Croyait-elle aux anges ? pensait-elle qu'Eden veille sur nous et puisse nous voir ? Je n'avais jamais cru en cet sornettes faites pour amoindrir le chagrin des enfants et pourtant, c'était une pensée étrangement réconfortante. Même le fait qu'elle puisse être un esprit l'était, même si ce n'était surement pas un sort enviable que d'errer en ne pouvant être vue mais en veillant sur les siens. Un sort que, pourtant, Eden aurait aimé connaître, tellement elle débordait d'amour pour sa famille. Pour Milo et moi. Et si, vraiment, elle pouvait nous voir, elle devait se lamenter de me voir si pathétique, si incapable d'être un homme sans elle. Que ne me murmurait-elle pas ses encouragements dans mon sommeil ? Juste un signe qu'elle était encore là...

    La réponse d'Europe fut évasive. Elle était ailleurs. Au paradis ? C'était de cela qu'elle parlait ? Mais non, apparemment, Europe ne croyait même pas en sa mort. Alors voilà pourquoi elle était si optimiste... Elle avait encore l'espoir de revoir Eden vivante, un espoir qui m'avait déserté au fur et à mesure des semaines. Je n'y croyais plus. Eden était morte et je ne pourrais jamais me recueillir sur son corps tant aimé. Mais je n'eus pas le cœur de le dire à Europe. Que l'espoir l'aide donc à tenir, c'était bien mieux pour la fillette. Je me penchai vers elle quand sa voix baissa de quelques décibels pour me murmurer qu'Eden reviendrait peut-être pour nous emmener ailleurs, Milo et moi. J'eus un sourire douloureux. Si elle devait nous emmener, ce serait dans l'au delà. Je ne pouvais nier que c'était une solution tentante, mais pour Milo, je ne pouvais me laisser à penser une telle chose.


    - J'aimerais y croire.

    Europe se serra contre moi, avant de reprendre vivement que je devais aller chercher Milo et me tenir prêt pour quand Eden viendrait nous chercher. Je faisais bonne figure mais ses paroles étaient autant de poignards dans ma poitrine. Sa naïveté me faisait mal, remuait le couteau dans la plaie. Mais je la laissais y croire. Parce que je n'étais pas assez égoïste pour piétiner ses rêves et espoirs. Et je fus soudainement touché par ses paroles. Je sentais sa détresse d'être abandonnée. Que nous partions et la laissions là. Encore faudrait-il qu'Eden revienne, ce qui était hautement improbable. Mais je pouvais fuir avec Milo... Et emmener Europe et son père. Elle reprit très vite en parlant des Survivants. Je souris doucement, avant de lui confier :

    - On a grandi presque ensemble. Elle s'appelle Katarina, c'est la fille de l'ancien associé de mon père. C'est comme une sœur pour moi, je la pensais morte lors des bombardements et l'ai retrouvée par hasard... Mon père lui a fait énormément de mal.

    Je détournai le regard, en songeant à l'état dans lequel je l'avais trouvée, avec Ethan, son mari. Torturée, blessée, affaiblie... Armando avait voulu se venger d'Alexei par le biais de Katarina, sans savoir que son ex acolyte n'était même pas dans le coin à ce moment là. Et ma pauvre Katarina avait connu l'enfer. J'avais juré de tuer Armando pour la venger... Et je m'étais montré lâche, une fois de plus. Pourquoi mon père s'en était pris à eux ? j'eus un rictus.

    - Ceux qui désertent d'ici trouvaient refuge chez les Survivants tu sais ? Ils étaient une épine dans le pied de mon père, un insecte agaçant et il n'est pas du genre à se laisser emmerder bien longtemps sans réagir... Sauf qu'il ne s'attendait pas à trouver de la résistance. Ils ont du s'en aller, de peur de ne pas survivre à la prochaine attaque. Ils n'étaient plus en sécurité. Personne ne l'est avec lui...

    Je marquai une pause avant de regarder la petite fille et de glisser :

    - Si je pars avec Milo, vous pourriez venir avec nous ton père et toi... Ce monde n'est pas le votre.
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   Mer 7 Mar - 15:57

La proposition de Vitali arracha un sourire à Europe. Bien qu’elle y pensait sincèrement, elle n’y croyait pas vraiment. C’était un peu comme un rêve, un souhait que l’on faisait ou que l’on évoquait intérieurement, tout en sachant que jamais il ne se réaliserait. Mais bien vite, le sourire apparut laissa place à une mine légèrement déconfite qui fut très rapidement suivit d’un soupir qui vint s’étouffer de manière sourde contre la chemise de l’adulte à l’origine de cette proposition pourtant tellement alléchante. La fillette se détacha alors de son ami, puis elle se laissa mollement retomber sur la chaise précédemment occupée. Elle se laissa ensuite tomber en arrière afin de s’appuyer contre le dossier de ladite chaise et laissa ses jambes battre doucement le vide en baissant tristement la tête :

‘’C’est gentil, mais je crois que mon père ne voudra pas partir… Il aime bien vivre ici, il me l’a dit tu sais… Et pis en plus il aime son travail et il ne peut plus le faire ailleurs maintenant, parce que le monde est détruit. Mais c’est pas grave, moi aussi j’aime bien vivre ici, tous le monde est gentil avec moi… Enfin, presque tout le monde, mais ce n’est pas grave. Pis en plus je suis la seule petite fille, alors tous le monde m’aime bien et me fais des cadeaux. C’est vrai que des fois j’aimerais bien qu’il y ai d’autres enfants avec qui je pourrais jouer, mais c’est pas possible… Peut-être qu’il n’ y en a plus, peut-être que je suis la dernière petite fille de huit ans dans le monde entier…’’

A nouveau un soupir las fusa des lèvres closes de Europe, signifiant par-là même une sorte de résignation teinté de fatalité inévitable. Mais très rapidement, la fillette redressa la tête et laissa ses lèvres s’étirer en un sourire ou on pouvait sentir une pointe de fierté, tandis qu’elle ajouta :

''Mon père fait un travail très important tu sais… Il fabrique des médicaments parce que c’est un docteur mon père, il sait comment on fait pour faire des médicaments. Grâce à lui, personne ne reste jamais malade très longtemps, alors il faut qu’il reste ici pour continuer à aider les gens, parce que il peut les fabriquer qu’ici les médicaments, c’est comme ça… Alors, il faut qu’on reste ici, nous.’’

Acheva Europe, pleinement convaincue que la réalité de son propos. C’était ce que lui avait dit son père après tout… Et c’était aussi ce que tous le monde lui avait confirmé, lorsqu’elle avait, au début, évoqué le métier de son père avec tous le monde et avec une pointe de fierté typiquement enfantine dans la voix. Soudain, Europe réalisa… Et elle se sentit alors bien bête… Evidemment que Vitali le savait, C’était le fils de monsieur Venezzio après tout, alors il avait du le savoir des le début que son père fabriquait des médicaments. Pour tenter de dissimuler plus ou moins adroitement sa bêtise, la fillette interrogea alors Vitali sur la fin de sa phrase qui la laissait quelque peu perplexe :

‘’Mais pourquoi tu dis que ce n’est pas nôtre monde ? On en a qu’un seul tu sais, c’est la Terre toute entière nôtre monde, mais il est détruit partout malheureusement, alors on doit faire avec maintenant… C’est ce que dit toujours mon père en tout cas. Tu dis des drôles de choses des fois, tu dois arrêter sinon Eden reviendra pour chercher Milo et toi, elle te laissera ici tout seul avec moi.’’

Europe éclata alors d’une rire malicieux après cette petite plaisanterie bien innocente, tandis que ses jambes battirent à nouveau le vide mais, cette fois-ci, dans un amusement certain. Puis, après avoir bien ri dans toute sa candeur naïve, la fillette se redressa afin de se rapprocher de Vitali et elle fixa ce dernier dans les yeux en laissant peu à peu disparaître son sourire radieux. L’innocente petite fille avait soudainement disparu, une fois de plus, laissant à nouveau la place à une enfant plus mature et plus concernée par la réalité sinistres des adultes de ce monde dévasté. Elle ne dit pas un seul mot durant de longues et sans doute interminables secondes, avant de finalement se décider à dire sur un ton tristement dénué de tonalité purement enfantine :

‘’Pourquoi ?’’

Une poignées de secondes s’écoulèrent encore, laissant certainement son ami dans un certain état de doute et de perplexité quand à la nature de cette simple interrogation. Oui, pourquoi… Mais pourquoi quoi, précisément.. ? Les deux mains appuyés sur le bord de la chaise, Europe laissa encore une fois ses jambes battre le vide lascivement, sans même vraiment y réfléchir. C’était peut-être pour cette raison que le père de son ami ne l’aimait pas, peut-être qu’il ne supportait pas qu’elle soit toujours en perpétuelle demande de pourquoi et de comment… Les pourquoi et les comment, Armando n’aimait pas çà, c’est sur. Lui, ce qu’il aimait, Europe l’avait très vite compris : C’était les ‘'oui’’, ‘’comme vous voulez monsieur Venezzio’’, ‘’On fera comme vous en aurez envie patron’’

Mais Europe ne mangeait pas de ce pain là, ah çà non… C’était son père qui travaillait pour lui après tout, ce n’était pas elle, alors elle n’avait pas à faire semblant d’être toujours d’accord avec lui et de ne pas s’interroger sur les choses qui l’intriguait. En l’occurrence, ce qui l’intriguait c’était…

‘’Pourquoi ton père il est méchant avec les gens Vitali.. ? Alors que toi, tu es gentil, pas comme lui… Pourquoi il a attaqué les survivants, s’ils n’ont rien fait de mal.. ? Il y a eu beaucoup de personnes qui sont morte à cause de la guerre, alors pourquoi on ne peux pas tous vivre ensemble tranquillement maintenant.. ? Moi j’aimerais bien connaitre ton amie, elle doit être gentille aussi si tu l’aimes bien, non ?’’

En réalité, Europe n’avait jamais vraiment songé que les hors la loi pouvaient avoir des amis ailleurs qu’au sein de leur petite communauté hétéroclite. Elle, en tous cas, elle n’avait pas d’amis en dehors des hors la loi… Ou plutôt, elle n’en avait plus puisque tous ses camarades d’école étaient morts… C’était ce qu’on lui avait dit en tous cas. Alors maintenant, ses seuls amis c’était les gens qui vivaient ici, mais son meilleur ami c’était Vitali… Eden avait été sa meilleure copine au début, mais après elle était devenue comme sa seconde maman même si elle ne lui avait encore jamais dit… Elle n’osait pas, elle était trop timide et puis maintenant elle avait un bébé à elle toute seule, alors Europe pensait qu’elle ne pouvait plus être sa fille pour de vrai parce que maintenant, son enfant pour de vrai c’était seulement Milo…

Mais tant pis, l’idée seule lui suffirait et c’était déjà bien… Eden serait sa maman secrète imaginaire à elle toute seule.
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   Ven 16 Mar - 14:27

    Il était naturel de proposer à Europe de venir avec Milo et moi. Accompagnée de son père bien sûr. Après tout, ils étaient aussi déplacés que moi dans ce monde impitoyable. Je voulais tellement les sauver de cet univers violent. Et j'aimais tellement la petite fille que la laisser derrière moi me paraissait un sacrilège, et serait un réel déchirement. Pourtant, la petite fille me relâcha et se recula légèrement pour s'asseoir sur une chaise et me regarder, la mine déconfite. C'était non donc. Au vu de son air grave et contrarié, je ne pouvais pas en douter : ma proposition était rejetée mais je me demandais bien ce qui la retenait ici, alors qu'elle était seule. Je ne savais pas encore où j'irais, mais ce serait mieux qu'ici. Elle m'avoua alors que son père aimait son travail et qu'il n'avait pas l'intention de partir, parce qu'il pouvait travailler ici et n'en aurait pas le loisir ailleurs. Europe se résignait et je souris, douloureusement, mais réconfortant alors qu'elle se consolait comme elle pouvait :

    - Non, tu n'es pas la seule enfant de 8 ans dans le monde, j'en suis certain.

    Juste que les autres n'étaient pas dans un repère de loups, voilà tout. Ils devaient vivre avec leurs parents ou avoir été recueillis. Il y avait nombre de personnes qui avaient survécu et sans toutes se réunir, beaucoup vivaient seules et se débrouillaient seuls, subvenant à leurs besoins comme ils le pouvaient. C'était cela qui m'inquiétait : partir à l'aventure avec mon fils. Je ne pouvais pas partir sans établir un plan, sans bien prendre en compte tous les paramètres. Sans tout soigneusement planifier, nourriture, trajet, moyen de transport, but. Milo était trop petit pour subir les aléas d'un voyage non préparé.

    Europe soupira, avant de relever la tête et de sourire, son charmant minois s'illuminant totalement tandis qu'elle reprenait avec une pointe de fierté. Elle parlait du travail de son père, qui fabriquait des médicaments. Si c'était là son métier initial, travailler pour mon père avait dénaturé son rôle et il fabriquait de la drogue, de la saloperie qui rendait dépendant les plus faibles et tuait à petits feux. Mais hors de question de parler de cela à Europe bien sûr. Je souris de nouveau, avant de reprendre d'une voix douce :


    - Si vous veniez avec moi, on pourrait trouver des gens qui en auraient besoin également et qui seraient plus dignes d'être soignés que les malfrats qu'il y a ici. Je suis certain qu'il existe plusieurs communautés qui se sont aménagés ce qu'il faut. Il pourrait travailler pour eux.

    Il faudrait que j'en touche deux mots à son père, mais c'était prendre le risque de lui exposer mon projet de me voir trahir. J'avais tendance à devenir légèrement paranoïaque désormais. A raison il me semblait. Si Jim venait avec nous, il pourrait cesser de fabriquer de la drogue. Il ne le faisait surement pas par plaisir, mais parce qu'Europe était un formidable moyen de pression pour qu'il se tienne tranquille. Europe ne comprenait pas mes paroles et un rire m'échappa.

    - Ce que je veux dire, c'est qu'ici, il y a trop de méchantes personnes. Ton père et toi êtes des gens biens, comme Eden, Milo ou moi. Ils sont dangereux et peuvent nous faire du mal, c'est pour ça qu'il faudrait partir.

    Europe riait, avant de cesser et de me regarder gravement, se rapprochant de moi et me demandant pourquoi... Pourquoi quoi ? Je ne saisissais pas bien son soudain changement de sujet, avant qu'elle ne continue en me demandant pourquoi mon père était méchant. Pourquoi il avait fait tout cela. En voilà des questions délicates... Qu'est-ce que je pouvais répondre ?

    - Je ne sais pas... Pourquoi il est comme ça. Il aime le pouvoir, il aime qu'on lui obéisse, il aime tout contrôler et cela l'a rendu mauvais... Il a toujours été ainsi, du moins, depuis que je suis né... Il n'aime pas qu'on lui résiste, qu'on lui dise non, il aime l'argent... Alors il fait du mal aux autres pour satisfaire ses désirs.

    C'était un peu simpliste, mais comment expliquer toute la perversité de cet homme qui était mon géniteur ?

    - Oui, elle est très gentille. Si vous veniez avec moi, je pourrais te la présenter... Elle a une adorable petite fille, tu l'adorerais.
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   Sam 24 Mar - 16:44

Europe soupira longuement suite au propos de Vitali concernant les éventuels autres enfants de son âge dans le monde… C’est vrai que ce serait bien si il disait vrai… Si il y avait d’autres enfants de son âge sur Terre… Mais pas trop loin non plus, parce que maintenant on ne pouvait plus prendre l’avion, ni même le bateau, alors si jamais les autres enfants de son âge se trouvait dans un autre pays ou bien encore un autre continent, elle ne pourrait jamais les rencontrer…

‘’J’aimerais bien tu sais… C’est pas drôle d’être toujours toute seule avec des adultes, même si ils sont gentils… Enfin, certains…’’

Se contenta-t-elle finalement de lui répondre, dans un soupir légèrement poussif. Ha la la… Ce n’était pas tous les jours facile d’être la seule petite fille du quartier. Des fois, les grandes personnes lui parlait comme si elle était une adulte et elle ne comprenait pas toujours ce que on lui disait. Mais elle faisait semblant, c’était facile… Elle hochait la tête de haut en bas en posant ses yeux grand ouvert sur la personne et elle affichait une mine sérieuse… C’était très important la mine sérieuse, cela faisait adulte… Mais Europe n’y croyait pas vraiment, Elle pensait que Vitali lui avait dit cela pour lui faire plaisir tout en sachant que il n’y avait plus du tout le moindre enfant de son âge sur la planète. Mais ce n’était pas grave, c’était quand même gentil de sa part d’essayer de la rassurer. Milo avait de la chance, il avait un papa et une maman formidable. Son père à elle aussi était un bon papa, mais malheureusement elle n’avait plus de maman, elle. C’était aussi pour cela qu’elle était persuadée que Eden reviendrait, parce que Milo avait encore sa maman, lui, et une bonne maman n’abandonnait jamais son enfant, tous le monde le savait.

Après la longue diatribe de l’adulte sur son père, son travail qu’il pourrait peut-être faire ailleurs et pour des meilleures personnes que les hors-la-loi, la fillette demeura terriblement songeuse comme en témoignait ses jambes en train de se balancer lascivement dans le vide. Il avait raison, ce serait bien que son père et elle puisse partir avec lui et Milo. Ils pourraient retrouver Eden et après, vivre tous ensemble quelque part… Oui, ce serait bien… Mais… Un soupir triste s’échappa de ses lèvres closes, tandis que son regard se voilà brièvement derrière un battement de paupières las… Mais… C’est sur, son père ne voudra pas… Il ne voudrait pas parce que il était docteur et que un docteur, comme il le lui avait déjà expliqué, cela avait un devoir… Un devoir très important même. Europe releva alors la tête et darda son regard, teinté d’une pincé de résignation, dans celui de Vitali en lui disant :

‘’Mais si on s’en va, mon père ne pourra plus soigner les gens qui vivent ici et ils ne sont pas tous méchant… Et pis mon père dit que un docteur ça doit soigner tous le monde, sans faire de différence, même si ce sont des gens pas gentils… Pis en plus ton père nous a laissé rester ici alors que on avait nul part ou aller, alors ce ne serait pas bien de partir maintenant en laissant les hors-la-loi sans médicaments, non ?

L’enfance et son implacable logique, ou rien n’était jamais gris. Mais c’était pourtant ce que son père lui avait expliqué : Un docteur, un bon docteur digne de ce nom, devait soigner tous le monde sans faire la moindre distinction. Alors s’il partait ailleurs en laissant les hors-la-loi sans médicaments, il ne serait pas un bon docteur, CQFD ! En même temps, l’honnêteté et la conscience de la fillette la faisait inconsciemment s’emprisonner elle-même au sein des hors-la-loi. Une faiblesse propre aux gens profondément juste, qui faisait bien souvent le bonheur des ceux qui étaient très nettement moins bien vertueux que pouvait l’être Europe. Tant pis, elle vivrait ici toute sa vie si il le fallait, pour que son père reste un bon médecin et fier de l’être. Mais Vitali s’inquiétait pour elle et son père et la fillette en était contente malgré tout. Cependant, elle n’en laissa rien paraître et ajouta :

‘’Moi c’est pour toi et Milo que je m’inquiète, je veux que vous retrouviez vite Eden et que restiez ensemble pour toujours… Parce que c’est comme ça une famille et pas autrement… Le papa… La maman… Et les enfants… Pas vrai ? Et pis même si on se revoit plus jamais, moi je penserais très fort à vous tous les jours, promis !’’

Ce n’était pas parce que elle était une petite fille, que Europe était stupide. Elle ne voulait pas que Vitali se fasse trop de soucis pour elle, alors que c’était lui qui avait des tas d’ennuis… Milo, la disparition de Eden… Elle devait lui montrer que tout allait bien pour elle, même si ce n’était pas forcément l’entière vérité. Voilà pourquoi, elle poursuivit en lui disant dans un sourire qu’elle voulu retrouvé :

''Je ne comprends toujours pas pourquoi ton père est méchant, mais je sais ce qu’il faut faire pour ne pas le mettre en colère, ne t’en fais pas’’

Conclu-t-elle dans un clin d’œil qui se voulait complice, tout en affichant un sourire malicieux et un pouce à la fois dressé et tendu en avant. C’était vrai, elle savait ce qu’il fallait faire… Ou plutôt, elle savait ce qu’il ne fallait surtout pas faire pour ne pas s’attirer les foudres de Armando… Et force était d’avouer que cela lui avait plutôt bien réussi au cours de ces trois dernières années, assurément. Lorsque Vitali lui confirma ensuite que son amie était effectivement très gentille et que, de surcroît, elle avait aussi une petite fille, Europe afficha une mine ravie tout en se dandinant doucement sur sa chaise d’avant en arrière.

‘’Oui, j’en suis sur aussi… C’est gentille les petites filles, je le sais…’’

Dit-elle alors en laissant un petit bout de langue rose pointer légèrement entre ses lèvres, afin de souligner la coquinerie de son dernier propos. Puis, elle ajouta sur un ton redevenue un peu plus sérieux :

‘’Je ne crois pas que je pourrais les voir un jour, mais toi tu pourras leur parler de moi, n’est-ce pas ? Eden et toi vous pourrez leur dire que on est amis et que Milo, hé bien, c’est comme mon petit frère pour de vrai… Et que si j’avais pu connaître la fille de ton amie, alors elle aurait sûrement été comme ma petite sœur pour de vrai elle aussi… Comme ça, elles me connaîtrons même si elles ne me verrons peut-être jamais… On sera des amies, là…’’

Conclu pensivement Europe, en tapotant délicatement sa poitrine à l’endroit même ou palpitait son petit cœur de fillette résolument résignée à son sort et en faisant la preuve indéniable, quoi que un peu triste cependant, de son évidente maturité en dépit de son jeune âge.
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   Mer 11 Avr - 20:33

    J'imaginais qu'il y avait d'autres enfants, de l'âge d'Europe parce qu'il n'était pas concevable que l'innocence ai pu être si facilement éradiquée dans mon esprit. Il y avait bien des groupes de survivants, juste qu'ils se cachaient, que nous ne les connaissions pas. Et que New-York n'était certainement pas la seule ville à abriter des âmes encore vivantes. Et ici, même si Europe était optimiste et ne se plaignait jamais, ce n'était pas un endroit pour une petite fille et les adultes n'étaient pas gentils avec elle. Il n'y en avait qu'une poignée, des braves types qui étaient sous la coupe de mon père et n'avaient, malheureusement, pas le choix que de lui obéir. Comme le père d'Europe. Et j'en avais assez de ce panier de crabes où e n'avais jamais eu ma place. Mon père avait fait ce qu'il avait pu pourtant, mais non, j'étais quelqu'un de foncièrement gentil et inoffensif. Je pouvais bien essayer de jouer les gros durs, mais ce n'était que de la poudre aux yeux, un mensonge que je servais aux autres et à moi-même.

    Sans Eden, j'avais l'impression d'être mort, mais je devais sauver Milo, je devais vivre pour lui et lui offrir une vie meilleure. Et pour cela, je devais partir d'ici... Loin d'ici, de l'influence néfaste des proxénètes, des tueurs, des violeurs, des agresseurs... Dans un univers sain, même si je pouvais tout aussi bien errer avec mon fils en bas âge sans jamais trouvé âme qui vive... Ou tomber sur des tarés. Je savais me battre, je savais me servir d'une arme, cela me servirait, mais pour ce qui était de la survie, c'était zéro pointé.

    Et dans ce périple, je me voyais bien emmener Europe et son père. Ainsi que William peut-être ? Fuir tous ces cinglés, emmener avec moi les braves types. Et les enfants innocents. Mais Europe ne semblait pas décidée, faisant preuve d'une étonnante maturité pour une enfant de cet âge, une maturité qui ne cessait de me surprendre, alors même que ce n'était pas la première fois que je la constatais. Je soupirai devant son plaidoyer, opposé au mien.


    - Tu es si jeune Europe, bien des choses t'échappent. La plupart des gens ici sont mauvais et ton père ferait mieux de fuir, avec toi. Ce serait mieux pour une enfant comme toi. Vous méritez tellement mieux ma chérie...

    Et Milo également. Mais je ne pourrais pas la convaincre et je renonçai finalement devant son entêtement et ses arguments d'enfant. Retrouver Eden et être ensemble pour toujours... Je ne la retrouverais qu'à ma mort et il en allait de même pour Milo, mais il était hors de question que je ne tue mon fils, aussi grand soit mon désespoir, ou mon désarroi. Je n'étais pas un assassin, malgré tout ce que mon père avait tenté de faire de moi. Je pris alors la petite fille dans mes bras.

    - Je penserai à toi à chaque minute de ma vie, Europe, tu es l'ange dont j'avais besoin pour continuer à vivre sans Eden...

    Peut-être ne se rendait-elle pas compte de ce qu'elle avait fait, ou au contraire, en était-elle terriblement consciente, mais jamais je n'oublierais ce petit ange qui s'était mis sur ma route, m'avais prit par la main pour me relever.

    - Je leur dirais quelle magnifique et courageuse petite fille tu es. Mais Europe...

    Je la relâchai, pour la regarder droit dans les yeux, prenant son petit menton entre mes doigts.

    - Nous nous reverrons.

    Je souris, avant de me relever, prêt à reprendre ma vie en main. Il était grand temps de cesser de se lamenter et de se comporter en homme. Mon cœur saignait, mais il était empli d'amour pour notre fils, que je devais élever comme nous l'aurions fait avec Eden, en famille. Il lui manquerait sa maman, mais je ferais de mon mieux...

    - Je vais aller chercher Milo. Ne dis rien de cette conversation à ton papa, d'accord ? Je lui parlerais moi-même... Ce sera notre secret, personne ne doit le savoir... Mon père ne pardonnerait pas ce genre de choses.

    Doucement, je lui embrassai le front, avec un sourire de connivence.

    - Un secret juste entre toi et moi. Merci Europe.

    Je quittai alors l'appartement, résolu, marchant vers les quartiers de mon père, afin de récupérer mon fils et surtout sa garde.


RP TERMINE Wink
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MessageSujet: Re: Approche douce [TERMINE]   

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Approche douce [TERMINE]
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