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 On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]

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MessageSujet: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Ven 12 Mar - 21:48

Pourquoi fallait-il que tout soit toujours compliqué ? Vraiment, il se demandait bien quel était le Diable qui avait investi son corps et l'avait forcé à mettre une violente beigne à Chloé. La triste réalité est qu'il est le seul véritable Diable de cet acte malencontreux. Deux années, voire un peu plus, un peu moins, venaient de s'envoler comme un tas de poussière sous le courroux d'un vent glacial. Jay devait se rendre à l'évidence... Il avait changé. Mais peut-être n'était-il pas trop tard pour changer l'élément qui avait conduit à leur perte ?

Ainsi, Jay se rendit à Central Park, là où la déchéance avait commencé. Tout était devenu bien sombre depuis quelques mois... NY était devenue effrayante et glauque. Central Park ne faisait aucune exception à la règle. Véritable centre de trafics en tout genre, particulièrement sexuels... Il est devenu un symbole de l'insécurité qui règne désormais dans le Nouveau Monde. Jay venait de quitter les rangs des Hors-La-Loi pour devenir un Parias. Comment allait-il survivre ? Qu'allait-il devenir ? Il aurait du y penser dès maintenant mais ses pensées étaient hantées par l'évènement qui avait eu lieu une quinzaine de jours auparavant. Il ne pensait qu'à sauver son âme à et se soulager de sa peine, rongé par mille et uns remords. Comment en était-il arrivé avec un pistolet dans les mains ? L'inimaginable s'était produit... Tout perdre et repartir de zéro est quelque chose d'effrayant. La seule bonne chose que la guerre avait apporté aux yeux de Jay était la disparition de tout les gouvernements...

Son 9mm était planqué sous sa chemise blanche, au bord de la taille de son pantalon noir, près de la ceinture. Dans sa main droite, Jay tenait une pelle qu'il serrait inconsciemment. Son pas se faisait lent et méfiant et il était la simple image de l'ombre qui avançait parmi d'autres infinies consœurs. La période hivernale n'arrangeait pas les choses. Jamais l'hiver ne fut aussi rude et difficile à vivre qu'en cette malencontreuse année. De quoi le faire regretter d'avoir quitté leur immeuble.

Que Dieu me protège... se murmura-t-il pour se donner du courage. C'était où, déjà ? Ah, oui... Là-bas.

Son pas s'accéléra soudainement sous l'impulsion de l'adrénaline. Proche de retrouver son Eldorado tant espéré, selon lui, il ne tenait guère faire une mauvaise rencontre. Finalement, il arriva sur les lieux du crime comme on le dirait si bien dans un roman policier. Sa première réaction fut un haut-le-cœur devant... ça. Évidemment, Jay avait oublié toute la partie biologique et naturelle de la chose et il ne reconnaissait absolument pas l'être qu'il avait descendu il y a quinze jours de cela. Les œufs de mouches, la décomposition avancée, l'odeur putride et nauséabonde qui se dégageait de sa victime... Par simple curiosité, Jay tâta à plusieurs reprises ses membres du bout de sa pelle. Il ne bougeait plus et c'était pourtant un constat bien évident. S'en devenait presque cruel et satirique. La victime n'avait-elle pas assez souffert comme ça ?

Est-ce le prix pour rincer la noirceur de mon âme que de se salir encore un peu plus les mains ?

Lentement mais sûrement, le Parias commença à creuser un trou à la pelle non loin du corps décomposé. Sous la neige et sa couche de glace, il allait falloir fracasser à plusieurs reprises le sol pour espérer obtenir le résultat attendu. Au bout d'une vingtaine de minutes, alors que la sueur coulait sur son front et tombait sur le sol sous l'apparence de fines gouttelettes depuis ses mèches de cheveux blondes, la tombe de la victime était terminée. Il jugea que la profondeur du trou était suffisante et poussa non sans un dégoût apparent le cadavre dans la fosse.

Mais qu'était-ce que cette fine et ravissante silhouette qui s'approchait au loin...?


Dernière édition par James Warner le Sam 13 Mar - 11:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Ven 12 Mar - 22:16

Bordel, Central Park n'avait jamais été aussi labyrinthesque ! Pourquoi la Guerre ne s'était-elle pas contentée uniquement de détruire plutôt que d'inciter à la reforestation d'un endroit bien trop imposant pour que l'homme garde la main-mise dessus ?

Mes pas crissaient sous les ronces que j'écrasais sans aucune pitié. Et vlan dans les dents de mes jolies bottes Prada .. Bon, certes, je vous le concède, une petite promenade champêtre en plein New-York ne se fait pas avec des chaussures hors de prix, mais manque de pot, c'était celles que j'avais pu sauver des débris de mon petit loft chéri ... Ah, comme il me manquait ce coin à moi où je pouvais tranquillement paresser sans qu'on vienne me rendre des comptes ...

Oui mais manque de pot, le cuir des bottines souffrait, et moi avec. Il s'en fallut de peu pour qu'une branche vienne affectueusement me caresser le visage et me rende borgne, mais par chance, ma main droite eut un réflexe inopiné et me sauva de l'agression végétale.

Putain, j'étais perdue dans Central Park. Pour une Américaine comme moi, c'était un affront lamentable.

Et aussi une frousse certaine. La lumière de mon portable affichait un gros 22h05 - et oui, quand on n'a pas de lampe torche, on éclaire son chemin avec es moyens du bord - sur la mousse humide du chemin où la nature avait repris ses droits. L'heure du crime, surtout si le violeur était en avance de deux petites poignées de 60 minutes. Oh, bordel, je n'étais pas une gamine, Pilar m'en avait appris assez pour faire fuir un quelconque taré qui se serait attaqué à ma poitrine trop moulée dans cette fichue veste en cuir ou intéressé par une partie un peu plus basse de mon corps ... Mais merde,un peu de sang-froid ! La prise sur mon téléphone se fit plus forte, et je continuais à avancer, en pestiférant contre les racines sur lesquelles mes pieds butaient de temps à autre.

Un bruit me fit relever le nez. Un ricochement. Métallique, pour le coup ?

Et si un tueur fou se baladait avec une hache sur l'épaule ? Ah, mais bon sang Ollie, concentre-toi. Détends-toi, après tout une petite promenade sur Central Park c'était une bonne idée, et tu vas bien finir par retrouver ta route ... Et puis tu es armée ...

« Merde ! »

ARMEE ! Elle avait oublié son flingue chez Logan ! Mais quelle conne, quelle imbécile, quelle blonde écervelée elle faisait ! Le juron que j'exprimai fut bien vite étouffé dans ma gorge, où naissait une boule d'angoisse. J'étais seule dans un bois hostile, il y avait quelqu'un - les bruits métalliques se rapprochaient, où alors c'était plutôt moi qui m'avançais inconsciemment vers ma mort ... Ha, mais je délire, moi. Et je n'avais même pas mon flingue. Quelle intelligence, vraiment, j'étais pire que ma mère. Et encore, même elle y aurait pensé ...

Une lueur naquit alors dans l'obscurité. Bien trop à proximité de là où je me trouvais, grande brune aux cheveux en bataille à moitié planqué derrière un tronc épais, tentant d'avoir l'air de la fille qui sait totalement ce qu'elle fout là. Tu parles. Inutile de la jouer enfant terrifiée et inoffensive, ce serait endormir l'ennemi et le conforter dans la certitude qu'on pouvait n'en faire qu'une bouchée de la petite Sasja-Olivia.

Autant faire flipper ce blondinet occupé à je ne sais quelle activité agricole - il plantait un truc ? ou mettait quelque chose de lourd dans un trou ... Un ... Oh my GOSH ! Un cadavre ?! non, respire, rien à voir avec ça -. Prenant donc une large inspiration, je sortis de ma cachette d'un pas assuré, refermant mon portable que je cachai dans l'intérieur de ma veste. Ce serait toujours ca de gagné pour appeler Logan à la rescousse ...

« C'est pas l'heure pour faire un potager, vous savez ? »

L'air dégagée, nonchalante à souhait ... Comme quoi j'arrivais au moins à dissimuler mon angoisse. Non sans mon cynisme habituel, je décochai une moue perplexe devant l'inconnu dont je distinguai enfin le visage : un blond, yeux clairs, et front entâché par la sueur. Il avait l'air de morfler, celui-là ...
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Sam 13 Mar - 11:35

Le cadavre tomba dans sa tombe tandis que la silhouette daigna montrer le bout de son nez. Très joli nez, d'ailleurs, il se devait de l'avouer et carrément de le reconnaître sans aucune contestation. C'était marrant à quel point cette guerre avait bouleversée ce Monde. Auparavant, on pouvait dire : après l'effort, le réconfort ! Là, Jay ne ressentait qu'un froid glacial qui lui traversait l'échine. Et voilà qu'il se remettait à neiger... Satanée neige ! Soit il pleuvait, soit il neigeait. Des fois, ça durait pendant de nombreux jours sans s'arrêter. Putain, que ça l'énervait cette situation. L'espace d'un instant, il imagina la pauvre Chloé déjà morte dans le froid. Toujours en colère contre elle... La suite ne fut pas très belle à voir. Il retint presque un sourire en l'imaginant se fracasser en béquilles la figure sur le sol suite à une chute sur une plaque de neige. Pour l'instant, elle le méritait bien. Va au Diable, en quelque sorte. Autrefois, on brulait les roux pour moins que ça. Ah non, Mademoiselle s'était toujours efforcée de lui rappeler son magnifique blond vénitien... Que cette époque insouciante lui manquait. Ils se disputaient seulement pour des broutilles et c'était ce qu'on appelait la courte période orageuse dans un couple. Une tension qui l'alimentait et le faisait repartir mieux que jamais. Il devait se faire à l'évidence... James Warner n'était plus que l'ombre de lui-même. Jamais il n'avait vraiment voulu lui la décrocher, cette beigne dans la gueule, et pourtant... C'était chose faite. Trêve de cynisme, c'était du passé. Chacun était parti de son côté et les chances pour se retrouver par hasard dans la ville de NY étaient... microscopiques.

Qui va là ?!

S'exclama-t-il de surprise tout en se retournant. Les gens n'avaient pas idée de la peur que pouvait engendrer une approche aussi subtile et sournoise que ça ou quoi ? Mais... Wouah. C'est qu'elle était presque pardonnée, celle-là... C'était totalement différent de Chloé mais totalement orgasmique. Une silhouette digne d'un putain de top model. Et le pauvre ignorait qu'il touchait la vérité, marrant hein ? Mais cette tenue en cuir... Jay eut immédiatement envie de penser qu'elle ne pouvait être un saint et même une sainte ni touche. Et si...? Le Parias ne pouvait prétendre à la survie sans une paranoïa très poussée et accrue. Et en plus, sa peau qui commençait à geler ne l'aidait pas plus que ça à réfléchir convenablement. De toute façon, seul l'instinct humain de survie comptait désormais... Ce même instinct qui l'avait poussé à faire feu quinze jours auparavant. Brrr. Il approcha discrètement sa main droite de son pantalon par réflexe puis se résigna... Qui était-elle, en fait ? Ce n'était peut-être pas une hors-la-loi venue le chercher par la peau du cul pour le ramener chez ses petits copains. Enfoirés... Si c'était cela, sa bande d'ex-copain ferait bien de n'avoir aucun rapport avec cette situation.

... Comme si on pouvait faire pousser des légumes en hiver... Vous me donnez le secret, vous qui êtes si perspicace ?

Jay avait la mauvaise habitude de répondre aux provocations par la provocation, au cynisme par le cynisme et aux moqueries par les mêmes moqueries. Quand il était encore étudiant, il ne risquait pas grand chose si ce n'était qu'une tape amicale d'un camarade sur l'épaule... Là, c'était sûrement différent. La jolie demoiselle aux cheveux de l'arbre d'ébène n'avait pas l'air de plaisanter longtemps.

Jay, des fois, ferme ta gueule, sérieux.
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Sam 13 Mar - 12:15

« Le grand méchant loup ! Ou ta mère, au choix. »

Il semblait sur la défensive et agressif, mais surtout ... Un peu paniqué. On dirait que je l'avais prise sur le fait. Mais sur le fait de quoi ? J'avais beau me dresser sur la pointe de mes chaussures à mille balles, la seule chose que je voyais dans ce trou, c'était le néant. Noir et obscur, comme tout bon trou qui se doit - et oui, quelle logique implacable -. Mais qu'est-ce qu'il pouvait être en train de faire ? C'était bien ma veine, j'aurais mieux fait d'attendre qu'il parte pour trouver le pourquoi de sa présence. C'est pas tous les jours qu'on tombe nez à nez avec un blondin fraîchement débarqué des îles hawaïennes au vu de son teint de peau - ca me faisait penser à cette pétasse australienne d'il y a quatre ans, une vieille "amie" - occupé à faire joujou dans la terre souillée de Central Park.

Un Central Park dénaturé. C'était maintenant que je le remarquais, mais ainsi plongés dans une nuit froide, les arbres avaient vraiment poussé, et tout branchage suspect reflétait une ombre flippante ... On était à la limite du décor cliché d'un mauvais film d'horreur. En temps normal, je m'en serais foutue, mais là, c'était 2012. Donc c'était différent.

Et voilà qu'il se remettait à neiger ... J'allais attraper une pneumonie, ou au pire, la crève. Une bonne grippe pour me flinguer le moral, tiens, y a que ça de vrai. Je soupirai, me frottant les avants-bras avant de m'avancer encore de deux pas, me rapprochant du trou que je guettai sans vraiment me cacher.

La réplique du marmot me fit sourire. Un pli de mes lèvres moqueur, mais en rien chaleureux. Plutôt même, une marque qui ne correspondait à rien d'autre qu'à du foutage de tronche. Il allait bien le prendre, je le sentais.

« C'est pas moi qui retourne Central Park comme un barge à 22 h passées. Mais sinon, t'as qu'à uriner sur tes carottes si y a du gel, y paraît que ca marche bien. »

Je lui adressai un regard à l'oblique, qui aurait pu être sous-titré d'un "Bon, sérieux, tu réponds ou j'te fous six pieds sous terre ?". Haha, six pieds sous terre, j'avais vraiment de l'humour à revendre moi. Et j'allais en faire profiter ce parfait inconnu que voilà.

« 'Paraît que le coin est devenu très mal fréquenté, surtout le soir. Vous saviez, vous ? »

L'air de ne pas y toucher, comme si les rumeurs, ca m'indifférait mais pas tant que ça ... Non en fait je m'en fous des "on dit". C'est la vérité que je voulais; et il allait me la filer.

Au pire je le menacerais avec mon orgueil.
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Sam 13 Mar - 12:56

Mince, je pensais pas cultiver des carottes. Je préfère la salade verte...

Dit-il dans un profond soupire. Cette femme, peu importe ce qu'elle pouvait être, ne devait pas le déconcentrer. Oui, pendant l'espace d'un court instant, Jay avait totalement perdu le fil. C'est vrai que comme ça, voir un type creuser un trou et y pousser... un cadavre qui ne ressemblait plus à rien, ça peut paraître bizarroïde. Mais bon, en même temps, elle avait rajouté le terme barge. Et Jay, il en était pas encore à ce stade-là.

Mais comment faisait-elle pour ne pas avoir aussi froid que lui ? C'était peut-être sa paire de miches... L'espace d'un instant, Jay fut très silencieux. Même si la moquerie fut tout à fait ridicule, elle eut un certain effet en évoquant la possibilité d'être sa mère. Si seulement... Pas parce qu'elle était canon, non non, mais bien parce que sa mère lui manquait et qu'il ne l'avait pas revue depuis sa plus tendre enfance. En fait... Est-ce que la guerre l'avait emportée comme elle l'avait faite avec son père ? Tout d'un coup, son semblant de lutte perdait tout son sens. Reconstruire une vie sur les décombres du passé mais pour faire quoi, au fond ? Il ne savait même pas lui même si ça valait la peine d'y croire ou non. Foutus communistes... Ce tragique évènement était peut-être un test de Dieu lancé à ses fidèles ? Mais quel était le message de cette atrocité ? Une missive signée par le sang... Tout ce dont il était certain, c'est que Dieu avait ramené auprès de lui plus de la moitié de la population mondiale. S'il était encore vivant, ça ne pouvait pas être pour une raison anodine. Il avait le temps d'y réfléchir... Pour l'instant, il devait survivre. Peut-être pour rien, mais c'est franchement tout ce qu'il voyait à faire.

J'ai flingué ce pauvre mec... Y'a deux semaines peut-être. Moins ou plus, quelle importance ? J'ai tué cet innocent... Le savoir calmera-t-il vos pulsions interrogatrices ?

Il l'avait tué parce qu'on le lui avait demandé. Mais ça, la jolie brunette n'avait pas besoin de le savoir. Surtout pas une telle inconnue. Au moins, avec l'absence de police et d'ordre juridique encore valide... Tout ce qu'il allait recevoir, c'était une leçon de morale. Ou pire encore ? Si cette femme était une putain de salvatrice, qu'est-ce qu'il allait faire ? Enfin non, ça sort que dans les films ça. Et puis Jay n'était pas un criminel. Il l'avait fait parce qu'on l'avait contraint. S'il n'avait pas tiré le premier, qu'est-ce qui se serait passé ? Il en aurait pris une bonne dans la gueule et Chloé l'aurait sûrement réconforté pour ne pas en être venu à une telle violence. Et surtout... Il serait encore avec elle, au chaud, dans ses bras, partageant des baisers humides et bienveillants. Mais non, Jay était coincé ici avec son passé et ses remords, en compagnie d'une parfaite et charmante inconnue à 22h30 dans Central Park en pleine hiver. Drôles de circonstances, n'est-ce pas ?

J'en sais fichtrement rien. Je suis venu ici qu'une fois depuis la fin de la guerre et c'était pas pour boire un café. Et là, je viens d'y revenir. Pour enterrer ce pauvre homme, vous voyez ?

Il faisait si froid... Ses bras ne frissonnaient plus mais commençaient à trembler. Il expulsait un souffle entre les lèvres qui lui donnait l'apparence de fumer comme un pompier. Encore un peu et sa vapeur expirée deviendrait aussi rigide qu'un glaçon. Il tourna les yeux vers la fosse et observa le cadavre d'un air presque intéressé. Il était presque tenté par lancé un avis d'auto-da-fé aux survivants. Vous savez, ce spectacle que donnaient les autorités ecclésiastiques et inquisitoriales à la population pour leur faire oublier ce qui venait de se passer. L'envie de calciner le cadavre lui tranchait l'échine mais bon, il faudrait supporter l'odeur nauséabonde qui en émanerait.

Vous saviez que bruler un homme calmerait les grondements de la terre ? On en aurait bien besoin en cette période, hein ?

Et oui, c'était une croyance populaire comme une autre et pourtant... l'application de l'auto-da-fé s'expliquait autrefois par cette dernière. Qu'est-ce qu'on nous faisait pas gober, avant...
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Sam 13 Mar - 14:16

J'étais tombée bien bas ... Parler potager avec un inconnu armé d'une pelle. A ce train là, d'ici quinze minutes, on se mutera en glaçons et on conversera par l'intermédiaire de nos claquements de dents ... Enfin au moins, la méfiance et l'angoisse me réchauffaient - ca donne chaud, la peur -. L'idée stupide de l'humain est qu'il pense qu'être accompagné, c'est mieux qu'être seul. En fait, c'était l'inverse : on ne courrait jamais autant de risques que lorsqu'on était dans un gigantesque terrain de jeux en ruines comme NY City, et qu'on n'était pas seul.

La révélation qu'il me balança me laissa comme deux ronds de flan. Ah oui, sur ce coup là, Mister Surfer, tu me fous sur le cul, tu me la coupes, bref, on aura compris : j'étais assez estomaquée de voir qu'il y avait des gens qui revendiquaient le crime aussi facilement. Et surtout, qui le décriaient à n'importe qui. Tiens, j'allais lui mettre un petit coup de pression en plus, histoire de voir si mon interlocuteur avait les nerfs solides.

« Je sais pas si c'est pour faire ton intéressant ou si c'est une nouvelle technique de drague à la mode dans cette époque de timbrés, mais tuer un mec et le dire à une nana qui pourrait être de la police et qui a probablement, comme chaque personne sensée dans ce bas monde, une arme pour t'abattre, c'est très con.

Parce que je pourrais te faire rejoindre ce pauvre gars, en fait ... »


Je ne sais pas comment j'ai fait pour sortir ca de ce petit ton flegmatique et déconcertant. En tout cas, ca a quand même du faire son petit effet, vu qu'il y a eu un silence planant après ma menace qui a réussi à faire passer l'atmosphère sous la barre des -20 degrés. Déjà qu'on se les gelait, mais alors là, j'arrivais même à le faire grelotter ...

Ou alors c'était la neige qui s'amoncelait. Bah, je commençais à ressentir la chaire de poule qui dressait tout mon épiderme ... Je passai une main diaphane dans ma poche droite de blouson, puis gauche ... Des vieux papiers de chewing-gum - un luxe, ils sentaient encore la menthe ! -, une vieille cartouche de flingue et, ah, joie et bonheur, un zippo, que je dégainai. Les clopes, elles, attendaient sagement à côté de mon arme. Logan allait encore se payer ma tronche.

J'allumai mon petit objet fétiche, la lueur faible éclairant autour de nous dans un halo minime. Je pouvais encore mieux distinguer la tête de ce jardinier meurtrier ... Ah, il avait vraiment une gueule d'innocent, vous savez, le stéréotypé du mec frais qui fait craquer les nanas. Comme quoi même les frimousses d'ange tournent mal, songeais-je avec indifférence.

« Bon, ben qu'est-ce que tu dirais d'honorer les légendes urbaines ? »

Ni une ni deux, j'attrapai une branche d'arbre que j'enflammai dans un cling sonore. Le bois prit automatiquement feu, et je balançai ma torche flamboyante dans le trou que l'inconnu mystérieux avait creusé.

« J'espère que t'as une écharpe, l'odeur de macchabée brûlé, c'est l'infection. »

La puanteur d'un corps cramé compensait bien une source de chaleur réconfortante face à ce froid de merde, après tout. Ainsi l'avais-je décidé, et alors mon acte était autant symbolique qu'idiot : je faisais un brasier de la seule preuve qui pouvait incriminer ce mec. En clair, je le rassurais sur une chose : moi, les types qu'il avait pu tuer, je m'en balançais.
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Sam 13 Mar - 16:27

Si c'était une plaisanterie, elle était de bien mauvais goût. Cette femme, une policière ? L'espace d'un instant... son corps tout entier se glaça. Rejoindre ce pauvre gars... En fait, avant la guerre, c'était tout ce qu'il aurait mérité. Mais nous sommes après la guerre et toutes les règles et les lois ont changé. Plus rien ne ressemble au passé et la Révolution de 1789 paraît bien ridicule à côté de ce triste présent. Sa main droite trembla à nouveau, comme lorsqu'elle était arrivée par surprise. Lui, et elle l'ignorait tout bonnement, pouvait dégainer et faire feu à tout moment. Ce ne serait pas une plaisanterie. Mais en avait-il l'état d'âme ? C'était tout à fait discutable.

Comme si la police et la justice avaient toujours un sens... Tu blagues, j'espère ?

Machinalement, elle s'était permise de le tutoyer. Alors il en serait de même pour lui. Le principe donneur donnant était de vigueur chez lui. Puis, c'était pas comme si c'était vraiment une poulette... Quelques temps plus tôt, il aurait certainement dégainé son 9mm et l'aurait pointé sur elle, juste pour rire. Enfin, oui et non. Un temps plus tôt, il n'aurait jamais eu un tel gadget entre les mains... Mais si tel avait été le cas, il aurait eu l'état d'esprit pour plaisanter de cette façon. Là, ce serait s'insulter lui-même et reconnaître qu'il avait creusé ce trou pour rien, ce qui était de toute façon le cas.

Il haussa un sourcil lorsque la jolie fille saisit son briquet et un bout de bois, qu'elle enflamma en plus de ça ! La folle, elle avait envie d'attirer les oiseaux de mauvais augure ? Dire qu'il avait énoncé cette théorie déjà reconnue comme invalide pour déconner... Eh bah, madame prenait tout au pied de la lettre. Mine de rien, ça pouvait être marrant comme fréquentation. A voir.

Non, j'ai pas d'écharpe comme tu l'avais déjà constaté. T'as juste envie de m'asphyxier, en fait ? Moi aussi, je pourrais être un flic...

Et cette fois, pour la forme et pour faire genre, il tira vraiment son pistolet de sous sa ceinture. Évidemment, il ne la pointa pas. Ce n'était pas un assassin et même pour rigoler... Qui sait ? Un idiot qui sort de derrière les buissons et par peur... PAN ! Une nouvelle mort à son compte. L'avoir fait une fois, c'était déjà de trop. En tout cas, il avait compris le message. Elle s'était contentée de déconner sur son pseudo statut de poulet et n'avait à aucun moment tenté de le réprimander. Elle s'en fou-tait clairement.

Je suis pas un assassin, hein. Avec ton feu, si jamais quelqu'un vient par ici avec de mauvaises intentions... Je préfère être prêt à nous défendre.

Prêt à les défendre ? Genre ! En cette dure période, c'était pas chacun pour sa peau ? Il commençait très mal pour un Parias, très mal... Et pourtant, la jolie brunette, il comptait bien la défendre, c'était peut-être ça le pire. Le pauvre, elle ne lui avait même pas promis une petite gâterie si ce cas de figure devait se réaliser. Son regard se tourna vers le feu. Cette fois-ci, il ne reconnaissait vraiment plus rien du corps. Pourtant, il l'avait vu vivant, en chair et en os, il n'y a pas si longtemps que ça...

Brrr... Cet enterrement n'avait pas eu l'effet escompté sur son esprit. Jay ne se sentait pas apaisé et pourtant, il était certain d'avoir fait une bonne action en permettant à sa victime de reposer sous le plancher des vaches. Comment oublier, alors ? Non, en fait... On ne revient jamais en arrière, jamais.

Et sinon... C'est quoi ton petit nom ? Moi, c'est Jay. Tu fais quoi dans la vie à part débusquer des types qui enterrent des cadavres à cette heure de la soirée ?

Malgré l'odeur nauséabonde qui s'évaporait dans l'air, cette méthode pouvait au moins recevoir la gratitude de les réchauffer tout les deux. Mais pour combien de temps ? Il était évident que la nature reprendrait bientôt ses droits sur les deux mortels.
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Sam 13 Mar - 22:18

« Si j'avais été une flic, j'l'aurais vachement mal pris. Ok, y a plus de papier pour nous dicter notre conduite, mais un flingue collé contre la tempe, ca ne t'aurait même pas rappelé le sens de la justice ? »

Je soupirai, n'écoutant même pas la réponse qu'il lui fournirait. Un si aurait été sincère et n'aurait rien apporté de plus à ma vie ; un non aurait montré à quel point ce type était un crétin qui se pensait tout puissant. On n'était jamais assez fort dans un moment pareil où chaque caïd surenchérissait dans le gore : pas plus tard qu'hier, j'avais entendu parler de pratiques assez étranges qui se popularisaient du côté Hors la Loi-bad guys : la torture. Voilà qui allais vachement me rassurer ; maintenant, je savais qu'en plus d'y passer sans avoir le temps de dire tschuss à mes anciens camarades survivants si j'étais découverte, j'allais servir de cobaye pour les expériences folles des décérébrés mentaux de cette petite communauté fort sympathique. Ca ne m'effrayait pas encore : ca me faisait plutôt chier d'en apprendre trop sur ma future mort.

Fallait pas se faire d'illusions : une infiltrée ne vit pas, elle survit.

Mon rire perça, totalement moqueur - une fois de plus, il allait apprécier, le jeunot -.

« Toi, un flic ? Arrête, bon sang. Un flic n'enterre pas sa victime. Un flic continue sa route, se repentit dans une église tout au plus, mais il est pas maso, il retournerait pas là où il a bavé. Et toi, tu m'as laissé cramé ta proie. La voilà, la nuance entre toi et l'ancienne justice de ce monde détruit. »

Je lui balançais mes réalités préconçues avec un calme presque irritant, comme une petite pétasse qui fait grincer sa fourchette sur la porcelaine en vous regardant avec un grand sourire hypocrite et blanc. Consciente de mon amabilité et de ma si coutumière tendance à me préoccuper du sort des autres. Haha.

Mais le flingue ne me rendait pas moins incisive. S'il comptait me buter, il crèverait aussi ... Et je veillerai personnellement à ce qu'on entende les hurlements du brulé vif dans tout Manhattan.

« Jay. Sasja, enchantée, ravie d'faire ta connaissance, moi aussi, j'insiste, non c'est moi, blabla ... Je suis une pute, j'ai perdu mon mac et je le cherche, tu l'as pas vu passer ? Nan, je déconne. Je suis une Hors la Loi. »

Je savais à quoi je m'exposais. Mais j'voulais jouer avec le feu, c'était plus fort que moi. Et mes paroles s'enchaînaient, dialogue incohérent et fluide, rapide, où chaque pique rebondissait, ricochet où je ne laissai place à aucun temps mort, aucun répit pour mon "adversaire". J'étais comme ça. Chiante et ininterrompable. Je m'aimais grave.

Le corps, lui, crépitait, joyeux barbecue humain.
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Sam 13 Mar - 23:18

Elle en avait de la gueule, la donzelle, fallait bien l'avouer. Tranchante à souhait et foutrement bien foutue... C'était le genre de fille en excès de confiance par apparence mais vachement réfléchie dans son esprit. Il avait du mal à apprécier son discours moralisateur mais c'était tout son charme. Elle osait dire que leur feu de camp à tout les deux avait été sa proie ? Cette image le dégoutait encore un peu plus de l'acte passé. C'était eux, les hors-la-loi, les coupables. Pourquoi avait-il fallu qu'ils viennent l'emmerder dans leur immeuble encore habitable, hein ? C'était pour ses enfoirés de hors-la-loi qu'il avait descendu cette personne. Vraiment, c'est quand même la chose la plus facile à se dire pour se pardonner, non ? Certes, ce n'était pas en rentrant dans le mensonge qu'il s'en sortirait... Mais, pendant un temps, ça pouvait bien marcher, non ?

J'avoue qu'un flingue sur la tempe, ça calme toujours, peu importe l'idée qu'on veut te faire passer. Mais bon, c'est pas encore arrivé... Alors je saurais pas te dire ce que ça fait. Tu crois pouvoir pardonner mon inexpérience de la chose ?

Le temps passait, déjà 23h30... Il faisait un peu moins froid mais froid quand même. La neige se faisait aussi chiante et meurtrière que d'habitude. Il chassa d'un revers de chaque main la couche de neige qui s'était installée sur ses deux épaules respectives. L'envie de rentrer chez lui tiraillait son esprit mais bon... Il n'avait plus de chez lui. Il n'avait rien dit à ses colocataires quant à son départ. Quelques lèches culs auraient été capable de le dénoncer aux hors-la-loi pour bien se faire voir. Enfoirés de lâches. Il fallait réfléchir à sa survie, maintenant... Elle était bien jolie, la brunette, mais c'était pas certain qu'elle joue le rôle de l'ange salvateur ce soir. Elle avait plutôt le genre de caractère pour jouer le rôle de la catin. D'ailleurs, elle plaisanta brièvement là-dessus avant de donner son nom ainsi que... son camp. Ses yeux se glacèrent à la simple énonciation de Je suis une Hors la Loi. Vraiment, il commençait à avoir les jetons et pourtant, elle avait probablement tué personne ces deux dernières semaines, elle. Et si elle était venue pour le chercher par la peau du cul ? Ou pire encore ? Le faire taire ? Non, c'était pas possible... Il n'avait rien dit pour son départ. Sauf à... Chloé ?! La garce ! Si elle avait osé lui faire ça... Qu'elle prie pour que Jay ou bien qu'elle change de Continent !

Une Hors-la-Loi... C'est drôle quand même. Je quitte mon immeuble en douce contrôlé par une de vos bandes et d'un coup... Sasja apparaît comme par magie ? On se croirait dans un film, hein ?

Il braqua littéralement son arme sur elle. Il était hors de question qu'elle porte le premier coup, peut-être le coup fatal. Pour survivre dans le Nouveau Monde, la méfiance extrême était une double mise à employer sans hésitation aucune. Qu'elle ne tente pas de faire un geste malencontreux, la Sasja... Peut-être le pousserait-elle dans le fossé enflammé mais à bout portant, appuyer sur la gâchette et faire mouche est si facile... Surtout après avoir fait son baptême il n'y a pas très longtemps auparavant.

Peux-tu me prouver que t'es pas venue me récupérer pour me ramener dans ce merdier d'immeuble ? C'est Chloé qui m'a balancé, hein ? Avoue !

Son regard était teinté d'une légère folie, certes, mais quoi de plus normal dans une telle situation ? Jay perdait vraiment les pédales et le temps ne l'arrangeait pas... Vite, pitié, une âme bienveillante.
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Dim 14 Mar - 9:58

Ouais ouais, je pardonne toujours, moi, je suis mère Thérésa. Je préfèrai me taire sur ce coup là : il est p'têt bien gentil, mais moi le pardon, je ne sais pas vraiment ce que ca veut dire.
Et puis j'ai arqué un sourcil, déroutée.

Un film ?

Pas le temps de réagir qu'il dégaina son petit pistolet tout choupinou pour le pointer sur ... Mais il est malade ? Ok, restons calme. Mon visage, si je l'avais vu, m'aurait fait peur à moi-même : j'étais imperturbable. Enfin non, j'étais juste aussi étonnée que s'il avait sorti des ballons de baudruche de sa manche droite. Mais pas "apeurée" ou tremblante comme une feuille. Enfin, à l'intérieur, j'étais mortifiée.

Bien vite, la colère reprit le dessus. J'allais le raisonner comme un gamin, parce que c'était ce qu'il était, là, tout de suite. Un gros bébé qui joue avec la détente d'une arme. Une arme, ca tue mec !, j'avais envie de lui dire.

« Hé mais t'es con ou tu le fais exprès ? T'es pas le centre du monde, j'te connais pas, j'me fous pas mal de toi et de ta "Chloé" .. C'est qui, ta petite copine ? »

Sourire goguenard, qui ne faisait que masquer mon appréhension totale. S'il tirait, j'étais bonne pour ramper et trouver de solides arguments pour éviter un coup fatal et second. Avec un peu de chance, si je le convainquais que j'en avais rien à branler de lui et surtout que je n'étais pas une simple Hors la Loi mais une putain d'infiltrée de merde - merci Ernest, vieux con -, alors peut-être qu'il se magnerait son petit cul bien ferme pour me soigner ... Oui mais franchement, j'avais pas envie d'expérimenter le coup de la balle qui me traverse un sein pour me titiller mon myocarde. Nan, nan, sans façon.

Je croisais les bras, me campais sur mes positions.

« Ok, ok, réfléchissons deux secondes avant de vouloir faire le mariole, Jay. C'est quoi ton problème ? Tu vas me tirer dessus ? Encore flinguer quelqu'un qui t'a rien fait ? Je sais qu'on y prend vite goût, mais alors par contre, si vraiment j'étais sensée venir te tuer, si on voit que j'ai disparu de la circulation ... T'es dans la merde, mon petit. »

Le problème quand on est je-m'en-foutiste, c'est qu'on a tendance à faire n'importe quoi. Excès de confiance ou bravoure débile, je saurais pas l'expliquer. Mais mes pieds se sont encore avancés tout seul, pour m'approcher du canon. Lentement, sans agressivité. Mais quand même, merde, s'il tirait ?!

« Et à noter que si j'avais voulu te buter, tu serais plus en état de me parler. Je serais restée cachée et je t'aurais visé juste là. »

Je posai ma main sur mon coeur. Sait-on jamais, s'il tirait, ma main bionique aurait fait ricocher la balle ? Erm.
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Dim 14 Mar - 10:32

Mais qu'est-ce qu'il branlait, là, le Jay ? Il se rendait à peine compte qu'il braquait une arme à feu sur une femme. Elle allait devoir se montrer vachement convaincante, la Sasja. Non, il ne tirerait probablement pas. Il en avait sûrement pas encore assez dans le futal pour appuyer sur la détente. Enfin, ça, il n'en avait pas conscience lui-même. C'était quoi cette scène ? Un mec qui braquait son arme, prêt à appuyer sur la détente au moindre geste brusque et descendre une femme. C'était là les données physiques qui pouvaient amplement inquiéter la menacée.

Chloé, c'est plus rien. Elle fait partie d'avant la guerre, c'est tout. Elle doit être morte à l'heure qu'il est. Mais je te vois venir, c'est pas moi !

L'avait-il seulement oubliée ? La raisonnement est simple. Peut-on oublier une histoire de trois années en seulement quelques heures ? Peut-être que si quelques uns en ont le pouvoir, la possibilité, ce n'est pas le cas de Jay. Quand même, sans son caractère bien trempé... Chloé était quand même exceptionnel. Si seulement elle n'avait pas menti sur sa maladie... Si seulement elle ne l'avait pas poussé encore un peu plus à bout ce soir... Si seulement... Rien, rien du tout. Il fallait le prendre comme du passé, désormais.

C'est que t'as un raisonnement tout à fait plausible...

En effet, tout ce qu'elle racontait se tenait. Un véritable meurtrier l'aurait déjà descendu depuis un buisson. Et puis... A moins d'avoir fait une carrière d'actrice, un passé dans le théâtre... Elle avait l'air sincère. Diantre, voilà qu'il baissait son arme. Et le pire dans tout ça, c'est que c'était peut-être l'erreur de sa vie. Dans cette position, il était clairement à sa merci. Comment faire confiance à quelqu'un dans une telle époque lorsque l'on est seul ?

C'est quoi mon problème ? J'en ai assez d'être contraint de bosser pour ces fils de chiens. Je suis parti de ce merdier en espérant que je m'en sortirais tout seul... Et me voilà coincé à... Il jeta un bref regard à sa montre. ... 23h45 dans Central Park avec toi. Je sais pas où aller et si Chloé m'a balancé à tes copains... Ils vont pas apprécier que quelque chose qui leur appartient se soit tiré de son plein gré, tu comprends ? Je crois qu'ils voulaient m'utiliser pour rétablir le courant dans quelques unes de leurs planques...

Oui, les méchants s'étaient renseignés sur le profil de chaque étudiants lorsqu'ils étaient venus les contraindre de bosser pour eux... Et lui, Ingénieur en Électricité... Jay serait devenu un bon gros billet de dollars pour le marché noir de ces chiens profiteurs. Et comme rien ne garantissait sa survie après ça, il avait préféré partir. C'était peut-être une bêtise, les méchants traitent bien leurs marchandises en général. Mais lorsque notre intérêt technologique et fonctionnel disparaît... On passe à la trappe chez eux, c'est la dure loi des criminels.

Je sais pas quoi faire, ni où aller. Ça te va comme réponse ? Et c'est sûrement pas une Hors-la-Loi qui saura me dire quoi faire, hein ? On fait quoi, maintenant ? On se tire chacun de notre côté comme si rien ne s'était jamais passé ?

De toute façon, il en avait déjà trop dit auparavant. Tout ce qu'il avait à faire, c'était sûrement de prier. Prier qu'elle ne soit pas avec eux mais appartienne vraiment à une autre bande. Parce que comme elle le disait si bien... Si elle était avec eux et qu'elle disparaissait... Il ferait bien de quitter le pays au plus vite. Chose impossible, n'est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Dim 14 Mar - 12:02

Chloé c'est plus rien ! Oui alors là, super preuve de l'inverse. Son agacement et sa diatribe venaient de me montrer, encore mieux qu'une démonstration mathématique à la con, que j'avais raison : Chloé, c'était son ex-petite copine. Et il avait du l'aimer, le salaud, pour être aussi agressif quand on en parlait. Mais apparemment, la dite Chloé était une petite chienne capable de balancer son ex pour s'en débarrasser. Et pas à n'importe qui, aux Hors la Loi ... Les mecs qui ont la gachette la plus facile au monde.

Mais peu importe. Je balance mes mèches brunes de droite à gache, agacée par sa lenteur et blasée par son manque de jugeote. Bah oui, réfléchis mon vieux, si j'avais voulu ta mort, je ne serais déjà plus ici, et toi, tu serais Là-Haut ...

« Bien joué ! Bon, maintenant, primo, tu décharges ton flingue et deuxio, tu ranges le tout dans deux poches différentes. Histoire qu'on évite les regrets de dernier moment. »

Il allait sûrement refuser, surtout que je ne lui avais pas dit que moi, j'avais rien du tout à part un zippo bon à brûler un mec en chien prêt à me grimper dessus. Me frottant les mains qui commençaient sérieusement à ressentir la morsure du froid sur mes pauvres phalanges, je ne lâchai pas du regard le beau blondinet.

Un petit génie en électricité qui se rebellait contre la toute nouvelle hiérarchie imposée par les méchants de ce monde ? C'est mignon. Sauf qu'il manquait de cynisme, ou alors qu'il n'avait pas encore compris que face aux dealers d'argent, de sexe et de drogue, on ne fait pas grand chose. Ou alors on appartient au camp adverse.

Lui, il avait fuit, lâchement, et maintenant il était paumé. Si mon coeur avait été aussi noble et pur que celui des gonzesses survivantes, je lui aurais pris l'épaule et lui aurais chuchoté gentiment que j'étais en mesure de lui offrir une paix, certes précaire, mais c'était déjà mieux que la vie actuelle qu'il menait.

Sauf que je m'en foutais, moi, et il pouvait pleurer, ca me ferait juste tourner les talons. Je savais rien de ce mec, et le ramener à Logan n'était pas une bonne idée. Il était déboussolé, peut-être plus jeune que d'un ou deux, mais l'âge était faussé depuis 2010. La guerre vous rend forcément trop mature. Sauf les gens de mon espèce, qui ont toujours été sauvés par leur égoïsme.

« Bon. Laisse-moi m'allumer une clope. »

Et voilà, la solution idéale à tout remède intellectuel : se pourrir les poumons ! Ah mais bien sur, je les avais oubliées ... je grognai, abandonnant toute tentative.

« Enfin, j'imagine que toi non plus t'en as pas.. Devenu hors de prix, ces machins ... Donc si j'ai bien compris, tu fuis les Hors la Loi ? Mais tu veux faire quoi, précisément ? »

Il ne pouvait pas vivre seul contre tous bien longtemps, c'était évident.
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Dim 14 Mar - 12:40

Comme si Jay allait sagement l'écouter ? Quelle blague, franchement. A l'entendre parler, on croirait entendre une maîtresse qui faisait un cours à un enfant de section de primaire. En fait, Sasja, c'était le type de personnes qui ne pensait qu'à son cul et celui des autres si ça pouvait l'aider. Mais alors, par quel miracle discutait-elle encore avec lui ? Bon, c'est vrai qu'il y a à peine cinq minutes... Il braquait son arme sur elle et qu'elle était pas en position de lui dire qu'elle s'en allait, mais quand même... Finalement, Jay rangea simplement son arme sous sa ceinture, là où il l'avait sortie quelques minutes plus tôt. Elle pouvait toujours parler et bien le faire, elle n'avait aucun semblant d'emprise sur lui, aucun... Tout ce que Jay respectait chez elle, c'était son sang froid hors norme et sa façon de dire franchement les choses. Il détestait par dessus tout les hypocrites et la Sasja, c'était tout le contraire d'une hypocrite. Alors bon, la discussion pouvait continuer, hein ?

Histoire qu'on évite les regrets au dernier moment, le chargeur et le flingue ne feront qu'un. On n'est jamais trop prudent, hein ?

C'est vrai, non ? N'importe qui pouvait leur tomber dessus à Central Park, n'importe qui. Que ce soit un salvateur ou un dangereux criminel... Aller dans la rue sans une arme chargée et prête d'utilisation... C'était un peu comme aller au lycée sans sac ni affaires de cours.

Une clope ? La belle était du genre à s'enlaidir les poumons ? C'était pas son cas et il hocha simplement négativement la tête en guise de réponse à sa question. C'était marrant, quand même. Elle avait sous entendu que c'était probablement un fumeur lui aussi. Elle soupçonnait le fait qu'il n'ait pas de clopes sur lui par le fait qu'elles étaient devenues hors de prix. Quand même, d'où venait ce préjugé ?

Ce que je veux faire ?

Pourquoi est-ce qu'elle s'y intéressait ? Mais c'était quoi cette Hors-la-Loi ? Il venait de lui dire qu'il trahissait son camp et elle s'en foutait ? C'était clairement la preuve qu'elle faisait pas partie de la bande qui s'en était pris à ses immeubles et ses anciens copains de classe.

Je veux survivre, c'est ça que je veux. Tu crois encore en l'avenir, toi ? Soyons honnêtes, on vivra plus très longtemps. J'ai entendu parler du camp des gentils, toi aussi ? On raconte qu'ils se terrent et organisent leur survie... Je ne sais pas si je veux les rejoindre... Méchant, gentil... On était tous Humains avant la guerre, non ? Et maintenant, et si tu me dis le contraire, je te croirais pas... On est tous prêts à faire ce qu'il veut pour sauver notre petit cul. C'est pour ça que j'ai viré Parias. Mais là, franchement... Je peux pas m'en sortir tout seul, tu vois ?

Il soupira de dépit. Peut-être qu'il aurait vraiment du rentrer sagement dans l'immeuble et continuer de servir ces putains d'enfoirés, tout simplement. Mais non, c'était pas dans le caractère de Jay. Il n'entendait pas servir qui que ce soit, surtout pas dans le Nouveau Monde... En s'y prenant bien, il était peut-être possible de reconstruire avec ce qui avait été détruit. Si la réussite se présentait, ce serait le constructeur qui raflerait le gros lot. Les ennuis aussi, évidemment, tout va de paires en paires.

Encore une heure ici et je meurs de froid, pas toi ? Tu n'as pas un chez toi, un endroit habitable ? Je veux pas mourir maintenant, il y a encore des choses à faire, tu crois pas ?

Et voilà que Jay demandait de l'aide à ce qu'il était en train de faire, une Hors-la-Loi. Cerise sur le gâteau, elle n'en était pas vraiment une, mais ça... C'est probablement pas maintenant qu'il allait l'apprendre, ou pas ?
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Dim 14 Mar - 13:28

Fais le malin. La prochaine fois que j'ai mon flingue, c'est moi qui te descendrai, et sans remords. Parce que si Jay n'avait pas ce qu'il lui fallait dans la tête pour appuyer et assumer le bruit de la détonation, moi, ca commençait à ne plus du tout m'effrayer. J'avais déjà vu Logan en abattre un ou deux, et ma vue et mon ouïe s'étaient habitués à la mort.

« Moi je m'en fous pas mal, tu sais. Juste que oui, là, pour le coup, c'est pas faux : seul, tu vas avoir une espérance de vie aussi impressionnante que celle de... Ce moustique qui vient de crever dans les flammes. »

Mon regard s'était déporté sur le pauvre insecte. Malheureux qui avait été attiré par la lumière et

« Je peux pas te ramener chez moi. Mon copain va gueuler. »

Eh ben oui, Logan n'aimait pas spécialement que je ramène n'importe qui dans notre petit cocon d'amouuuuur ! Enfin surtout, dans SON cocon. Le mien, il était chez les Survivants. Officieusement. Sinon je créchais chez Logan quand je pouvais, histoire de bien montrer que je n'étais pas qu'une menteuse.

Alors héberger ce petit bout n'aurait pas été une bonne solution. Après tout, je ne pouvais pas prétendre à la possession d'un vrai coin à moi ... Quoique, l'emmener dormir dans mon loft en ruine aurait été marrant. Les seules pièces encore debout et qui tenaient miraculeusement en place sans que le plafond des voisins ne se soit effondré étaient le salon et la chambre. La cuisine, elle, était inutile, et la salle de bains ainsi que le reste était devenu impraticable.

« Bon, remue-toi le train, je vais t'emmener chez une amie. Tu restes pour la nuit, mais demain, démerde-toi pour avoir une solution de rechange. »

Inutile de dire que c'était chez moi. Je ne devais pas laisser de preuve apparente qu'on allait dans mon ancien appart. Moi, gentille comme un coeur ? Oh, c'était possible. Après tout, je pourrai toujours tirer parti de mon amabilité et de ma générosité naturelle un autre jour ...

« Et tu restes à côté de moi, pas devant ni derrière, je veux être sure que ta main n'ira pas chercher ton joli petit joujou pour me tuer ; sinon, tu peux mourir de froid ici. Je suis pas si conne que ça. »
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Dim 14 Mar - 14:15

Elle pouvait bien essayer de le descendre la prochaine fois qu'elle aurait son flingue. En fait, c'était dur d'y croire. Le personnage prétendait pouvoir le descendre pour une petite moquerie alors qu'elle allait l'emmener chez une amie pour passer la nuit ? C'était le monde à l'envers... Son regard suivit celui de la belle brune. Amen le moustique. Quoi ? Elle avait un petit copain ? Mouais. C'était toujours les mêmes qui avaient de la chance. C'était difficile d'imaginer qu'on puisse encore vivre en couple à cette époque... En fait, quand on avait envie de se taper quelqu'un, il suffisait de se promener à Central Park. Bon, dans la plupart du temps, il fallait un bon portefeuille mais on raconte que quelques folles feraient ça juste pour le plaisir maintenant... Enfin, il était pas encore aussi désespéré que ça le Jay. Ça aurait été quand même vachement vexant pour Chloé, non ?

Bah, j'ai pas envie de t'attirer de problèmes avec ton copain. Mais t'es sûre que ton amie sera d'accord ?

Sasja semblait sûre et certaine. C'était pour elle déjà acquis. Ce devait être une amie vraiment très proche... Elle était vraiment trop étrange comme fille. Charmante et étrange... Un mélange excitant. Une copine comme elle, la vie devait pas être très facile tout les jours. Son copain devait avoir un caractère bien trempé lui aussi pour supporter son cynisme. Pourtant, le cynisme, c'était devenu un trait de caractère requis pour vivre de nos jours...

Ouais, ouais. Je repars demain, sans faute.

Il ne savait pas encore pour quoi, mais il avait un étrange pressentiment... Comme si l'appartement serait vide de toute personne à leur arrivée. Elle insistait vraiment pour que ça ne dure qu'une nuit. C'était une preuve de pitié ? Bon après, fallait voir la gueule de l'amie s'il la rencontrerait... Mais il avait quand même de gros doutes. Elle était peut-être occupée ailleurs et c'était peut-être pour ça qu'il aurait un toit au dessus de la tête pour la nuit. Puis, Sasja était une Hors-la-Loi. Son amie en était forcément une aussi, non ? Alors pourquoi aideraient-elles toutes les deux un Parias qui semblait plutôt pencher chez les gentils ? Trop étrange... Mais bon, c'était cela ou mourir de froid à Central Park. Sa lucidité l'avait déjà convaincue de suivre la brunette.

Mais quoi encore ?! Elle recommençait avec son putain de flingue. De derrière, il aurait au moins pu se consoler sur son joli petit cul quoi. Et s'il allait devant... Pourquoi ne serait-ce pas elle qui dégainerait son propre calibre ? Ce qu'elle cachait en dessous de sa veste en cuir, à part deux gros obus volumineux, il n'en avait pas la moindre idée.

Regarde ce que j'en fais de ton putain de pistolet !

Il le saisit immédiatement, retirant le chargeur et le plaça bien en évidence devant ses yeux. D'un sourire presque narquois, il lança le chargeur dans la fosse. Adios amigos. De toute façon, elle n'avait pas besoin de savoir qu'il possédait toujours un autre chargeur dans arrière poche gauche de son pantalon. Vidé de trois quart, certes, mais il restait quelques balles. Pour l'instant, il préférait ne pas le regarder à nouveau. C'était celui dont il s'était servi pour envoyer le cadavre désormais bien calciné en enfer. Machinalement, il le replaça sous la ceinture. Il avait conscience que c'était un geste totalement con mais si cette pétasse avait besoin d'avoir l'esprit tranquille... C'était mieux que rien, non ?

Je te suis, Sasja. Si tu craques pas, c'est moi qui craquera. Et ce serait con de se brouiller pour une histoire de flingue, hein ? Je te remercie d'avance, d'ailleurs. Merci, Sasja.

Il aurait parié qu'elle allait l'envoyer bouler d'une façon ou d'une autre. Sasja ne devait pas être la femme que l'on remerciait tout les jours. Peut-être son copain pour se la taper de temps en temps... Mais un autre cas de figure l'aurait franchement surpris.
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Dim 14 Mar - 14:45

« Elle est morte, on s'en fout. »

Il allait être calmé, lui ! J'étais morte de rire intérieurement, en train d'imaginer la gueule qu'il tirerait alors que je me vautrerais dans le lit de ma soi-disant "défunte copine". Putain, depuis combien de temps je ne me suis pas payée une tranche de rigolade ? 2012 avait été prévu comme le Chaos sur Terre, mais en fait c'était pire que ça : c'était le retour à l'année zéro. Et il allait falloir réapprendre à se marrer ... Détail qui me fit mal aux zygomatiques, aussi ravalai-je mon envie de rire avec force.

Mais ... Il est con, ma parole ?! Je le regardai balancer son chargeur, ses précieuses petites balles qui auraient peut-être sauvé nos putains de vies si un mongole se pointait pour nous descendre pour on ne sait quelle raison ... Mais qu'il est CON ! Alors là, je regrettais bien de pas avoir mon arme à moi pour sauver mes fesses ... Et j'avais l'envie monstre de lui en coller une. Mes doigts me chatouillaient. Mais allez, on se retient. Restons calmes et dégoutons le de son propre faux pas, gros niais.

« Eh bien, voilà, maintenant on est rassurés : si on croise un malfrat, on aura rien pour se défendre ; j'ai aucune arme sur moi. »

Dans ta gueule ! Ok, je l'ai pensé fortement. Mais je n'en étais même pas fière : notre conduite commune était stupide, moi avec mes oublis et lui avec sa tendance à jouer au survivor qui peut réussir à se sortir des pires merdiers à la Mc Gyver.

Je me suis mis en route, flemme de l'attendre ou de commencer à m'énerver et à défigurer sa petite face parfaite et juvénile. Par contre, je me suis permis de lui rire au nez quand il a voulu à nouveau m'épater en jetant une remarque du genre " Tu m'touches j'te bouffe ". Et le voilà qui se met à ramper à mes pieds dans le genre "Oh merci ô Déesse de l'Hébergement New Yorkais !". Mon grand, il va falloir que Tata Olivia t'apprenne quelques trucs, un de ces quatre ...
Enfin il était divertissant. Mine de rien je me foutais moins de son devenir que pendant les cinq premières minutes de notre rencontre.

Mes pas marquaient la neige qui continuait de s'amonceler, tachetant mes cheveux épars. Mes bottes trinquaient sévère. Mes doigts que je fourrai dans mes poches étaient engourdis. On avait quitté l'espace vital où la chaleur était agréable et puante, mais je le regrettais à moitié.

Prendre une torche aurait été idiot : on aurait été trop repérables. Je ressortis donc mon bon vieil ami téléphonique, éclairant nos pas tandis que je faisais demi-tour accompagné d'un Jay plus calme.

« Au fait, je suis preneuse, si tu sais exactement où aller pour ressortir. »

Passée cette demande un peu gênante - j'aimais pas m'avouer en faible posture, comme chacun le devinerait -, je pensai au feu brûlant que j'allumerai avec les poutres apparentes qui s'étaient pétées la tronche dans mon ancien loft. On aurait chaud, et avec un peu de chance, il resterait encore un peu de quoi se détruire le gosier.
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Dim 14 Mar - 15:15

Chapeau bas, mademoiselle Sasja. Son cynisme venait probablement de lui trouer le cul dans tout les sens du terme. Bah voyons ! Elle est morte, on s'en fout. C'était une plaisanterie, hein ? Pendant l'espace d'un instant, il eut envie de rigoler. Dans le genre, ouais c'est ça, fous-toi de ma gueule cinq minutes... Et sinon elle est où ton amie ? Mais non... Jay redoutait que c'était bien le caractère de Sasja de s'en foutre royalement. Il allait mettre ça sur le compte de 2012, hein ! Oui, c'était bel et bien une année zéro qui venait de recommencer... Un nouveau calendrier, une nouvelle vie. Autrefois, tout le monde ne se faisait-il pas la guerre ? Bon, d'accord... C'était pas avec des armes à feu d'une puissance destructrice et les camps étaient moins nombreux, mais quand même... Et si c'était définitivement dans la nature de l'Homme de se battre ? Surtout que là... Il n'y avait aucun réel gagnant. Enculés de Chinois... C'était la première pensée d'une pauvre victime Américaine. Comme si le communisme pouvait mener à quelque chose, merde !

En fait, Jay finit par rire un bon coup. Alors la jolie brune n'avait rien sur elle pour se défendre ? C'était bien beau d'essayer de lui faire la morale depuis le début et de se croire la plus forte et la plus rusée !

Tsss... C'est pas parce que j'ai peut-être un ou deux ans de moins que toi que je suis qu'un pauvre con, tu sais ? ...

Avec un sourire narquois et moqueur qu'il fut incapable de retenir dans la situation présente, il fouilla sa poche arrière droite et lui montra son second chargeur, presque vide, certes... Mais amplement suffisant pour envoyer encore cinq connards six pieds sous terre. Enfin, il fallait les couilles qui allaient avec... Mais bon, défendre une femme d'un danger de mort... C'était quand même la classe. Quoi que, à se demander... C'était pas pour cette raison qu'il n'était plus avec Chloé ?

Même quand je t'écoute et que je sépare le chargeur du flingue... Tu trouves le moyen de râler. Avec le Nouveau Monde, les femmes ne changent pas... Sur ce, on peut y aller ?

En effet, Sasja et Jay se mirent en route, guidés par la faible lumière du téléphone portable de la demoiselle. N'empêche, il aurait pu bien se marrer s'il avait été un peu plus sadique. Vous imaginez un peu ? Ça aurait été marrant de la forcer à avancer avec le flingue derrière la tête maintenant qu'il avait la quasi certitude qu'elle n'avait que des dents et des ongles pour se défendre... Mais bon, Sasja, c'était un peu beaucoup celle qui allait allonger sa vie d'au moins une nuit !

Je vois que Mademoiselle se perd rapidement, hein ? J'ai plutôt un bon sens de l'orientation... C'est par-là.

Central Park était munie de plusieurs sorties. C'était quand même Central Park quoi ! Pour sa part, Jay savait seulement comment entrer et sortir par le Sud. Mais à l'heure-là... Il craignait que la racaille soit de sortie. Non, il fallait un autre plan.

Rechigne pas. On va jouer la prudence.

Jay saisit Sasja par le bras gauche et accéléra nettement le pas. Ils quittèrent les sentiers principaux pour s'aventurer dans les buissons. Non, non et non. Ils allaient pas faire ce que faisaient autrefois les petits adolescents en plein été derrière un petit arbuste mais l'idée était juste de sortir de là, en entiers et vivants. Quelques instants après, ils atteignirent non pas la sortie mais la grille qui surplombait un petit muret. Et oui, l'idée était d'escalader comme des aventuriers pour quitter le labyrinthe naturel.

Je dois te faire la courte échelle ou tu peux grimper ça toute seule ? Avant de rentrer chez toi, on va passer aux abords du commissariat de police le plus proche... et le plus en ruine si possible. On va récupérer deux trois petits machins... électriques... Si tu vois ce que je veux dire. D'accord ?
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Dim 14 Mar - 19:16

« Non c'est vrai. Mais c'est parce que depuis qu'on s'est rencontrés et que tu fais que de la merde que t'es con. »

Ah lala. C'était tellement facile et amusant d'être désagréable avec tous les gens qui essayaient de vous parler ou pire encore de vous rabattre le caquet. Moi j'aimais bien ça. Ca faisait chier les gens, et c'était ça qui me bottait. Avec un sourire, je continuais ma marche, paisiblement, sans pour autant oublier que notre ami le froid était de plus en plus omniprésent. On était en hiver, mais déjà je regrettais les douces chaleurs de Charlotte l'été. Au moins, CA, c'était un temps pour glander, paresser lascivement ... Aaaah, le bon temps avant la guerre des bombardements ...

Ah non, il était quand même pas machiste, le p'tit gars ? Pas que ça me dérangeait, j'avais eu autrefois - et continuais à avoir - ce qu'on pouvait appeler une étiquette de femme-objet à cause de mon ancien métier. Le mannequinat vous donnait l'impression désagréable d'être parfois considéré comme un bout de viande sans âme. Vous faisiez ce que vous voulez, personne ne vous disait rien tant que vous étiez assez maigrichonne et maline pour la fermer en shooting. Après, le reste ... La drogue, vos partenaires de jeux nocturnes, votre attirance pour les lapins ou vos goûts douteux en matière de fringues le dimanche, c'était pas leurs oignons - sauf si ca leur foutait en l'air leur job -. Moi, ils n'ont jamais aimé mes seins, c'était pas pour autant que ... Bref, on s'en fout. Je n'étais pas féministe. C'était aussi con que le machisme, un autre extrême bidon. Mais l'égalité hommes-femmes ne voulait rien dire .. Fallait forcément que l'un prédomine et que ca change ... C'était toujours plus drôle.

Bref, je soupirai, goguenarde.

« Ouais, on peut y aller. Tu voudras que je te repasse tes fringues, que je te fasse à bouffer et que je lave les pièces où t'iras une fois arrivés ? »

C'était purement ironique : mais je le voyais venir, avec ses petites plaisanteries sur les femmes.

En tout cas, je ne dirai rien sur ce qui concernait mon talent d'orientation : j'étais une quiche pour me repérer dans l'espace. Donnez moi le nom d'une rue, je me trouverai à l'exact opposé où vous m'attendiez ! Et alors question ponctualité ... Enfin en même temps, on m'avait jamais demandé d'être à l'heure et bonne pour savoir faire des courses d'orientation. Ca, c'était pour les nanas au physique ingrat. Oui, je suis dégueulasse, mais je dis ce que vous pensez tout haut.

Quand il m'agrippa par le bras et m'entraîna vers les bosquets, j'haussai les sourcils mais me la fermai "docilement". Il avait un plan et une arme, je n'avais rien à dire sur ce coup là. Me soufflant son idée, j'acquiesçai brièvement, me saisissant d'un barreau et hissant mon premier talon sur le rebord de métal froid, non sans lui répondre avec scepticisme.

« En quoi un taser sera plus utile qu'une arme blanche où tu peux tirer à distance ? Enfin, comme tu veux. Mais alors tu me prêteras ton flingue, moi, ces machins là, j'ai jamais utilisé.

Et t'en fais pas, dans une vie antérieure, j'étais un petit singe. »


Et je me mis à la grimpette du mur.

Ca me rappelait les années highschool, avec cette foutue matière d'éducation physique sportive à la noix, où il fallait escalader comme des petits macaques les murs aux prises multicolores. Le seul sport où je valais quelque chose, d'ailleurs. Les sports collectifs, j'étais une quiche : c'était souvent moi qui me recevais les balles en pleine poire, du moins quand je daignais y aller au lieu de dégainer ma dispense salvatrice.

Arrivée à la hauteur où j'étais à califourchon sur le haut du mur, je jetai un coup d'oeil d'un côté et de l'autre. Vu de là, Central Park ... C'était vraiment plus ce que c'était.

« Tu t'en sors l'Hawaïen ? »
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Lun 15 Mar - 6:17

Mais non, il n'était pas machiste, Jay. Il y avait toujours eu des choses que les hommes faisaient mieux que les femmes et d'autres choses que les femmes faisaient plus facilement que les hommes. Que ce soit en termes de Droits de l'Homme, Politique, Sport... L'égalité n'est qu'une utopie. Enfin, qui sait ? Avec le Nouveau Monde, ça va peut-être changer ? C'était quand même la femme qui allait héberger l'homme ce soir. Mais elle avait mal pris sa remarque ou quoi ? Repassage des fringues, la bouffe, le nettoyage... Il avait envie de soupirer et d'ajouter une belle couche. D'ailleurs, pourquoi s'en priver ? On était en 2012, enfin !

Tu sais vraiment faire tout ça de tes deux mains ? C'est possible que tu le fasse pendant que je regarde un match de base ball ?

Il rit de bon cœur à sa propre réplique. Ce serait probablement pas le cas de Sasja mais ce n'était pas très grave. Ils se connaissaient depuis moins de deux heures... C'était pas maintenant qu'il allait lui déclencher des fous rires digne d'un orgasme dans un autre domaine. Puis, elle énonça l'utilité du taser. Enfin, elle doutait franchement de son utilité. Il retint cette fois une moquerie, elle avait après tout le droit d'être ignorante.

Tu ne connais pas le Taser X17 ? Lorsque l'on appuie sur la détente... Deux dards, des électrodes filent sur toi à une vitesse de cinquante mètres par seconde. Son inconvénient serait sa portée d'une dizaine de mètres... Mais tu sais, avec un flingue normal, je doute savoir tirer à plus de dix mètres pour l'instant. C'était mon premier et unique tir, la dernière fois. A bout portant...

Il l'imaginait bien, son passé de singe. Une bonne grosse vieille guenon toute laide à qui on faisait les puces toutes les cinq minutes. Idyllique n'est-ce pas ?

Tu veux pas que je te fasse les puces, quand même ?!

Et oui, le jeunot comme elle pensais si bien en avait aussi des réflexions connes, stupides et arrogantes dans le futal. Il grimpa à sa suite sans réelle difficulté. Il avait une nette préférence pour le base ball ou le beach volley mais bon... C'était pas non plus comme escalader le Kilimandjaro ou le Mont Everest. Si bien qu'il se laissa tomber de l'autre côté et ré-atterrit sur ses deux pieds lorsqu'elle pensait sûrement pouvoir se moquer de lui. L'Hawaïen ? C'était une blague qu'on lui faisait à la première section... Bravo Sasja !

Australien, Australien, s'il te plaît.

Il était vrai que de dehors, Central Park ne ressemblait plus du tout à ce qu'on voyait de dedans. Jay espérait que ce fut son dernier voyage dans la nouvelle forêt amazonienne.

On va aussi récupérer quelques gourdins de poulets. Il y en a des intéressants et aux dimensions... de tes petites mains.

Notez la petite touche de suspens totalement ironique que Jay laissa à la fin de sa réplique. Sasja s'était déjà montré comme la fille qui pouvait tout entendre, la fille à qui on pouvait tout dire. Ça aurait vachement tordant de la choquer un jour, quand même. Il réfléchirait vaillamment à cette idée si jamais leurs deux chemins différents devaient se rejoindre un jour.

Ensemble, la belle et la bê... le beau partirent en direction du commissariat de police le plus proche, firent leur office et rejoignirent le Manoir de Sasja.
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MessageSujet: Re: On ne revient jamais en arrière, jamais. [Olivia S. Hunkerfield]   Lun 15 Mar - 16:03

« Oui, évidemment, je serais aussi ravie de te faire boire ta bière. Ca évitera que tu doives utiliser tes mains toi-même ... Pauv'chou. »

Je le chicanais, mais ca m'amusait pas. Ca me faisait pas chier non plus, loin de là, mais bon. On se connaissait pas, et j'aidais un poussin abandonné dans les rues infâmes. Un poussin tâché de sang : ce type avait déjà tué un homme. Moi pas. La différence, qu'il ignorait et qu'il devait continuer à ne pas savoir, faisait de nous deux êtres distincts. Parce que moi, j'étais quand même une Hors la Loi officiellement, et lui un fuyard ... Et ca, c'était le pied. J'le dominais - pour le moment -, mais pour combien de temps ...

« Oh, mais mini Newton, je m'en tamponne l'utérus de ton histoire de tasers ... Juste qu'au moins avec une arme blanche on est certain de pas se louper. Enfin on y passera, pas d'problème. »

Je l'imaginais bien, son passé de petit geek boutonneux et puceau. Un bon gros bouc émissaire qui s'était transformé en surfeur musclé et doté du QI d'Einstein uniquement grâce à la chirurgie réparatrice. Bah quoi, j'pouvais bien rêver de méchancetés gratuites ...

« Me touche pas, ca sera parfait. »

Ben quoi ? Je suis une salope élitiste. Je ne fais ma petite chaudasse qu'avec ceux qui ont le mérite d'avoir de quoi intéresser mon côté vénal. Oh allez, je suis une femme, ca vous plait de vous dire que je confirme être une garce qui a le regard uniquement rivé sur votre CB. Tant qu'elle est pas dorée, vous pouvez vous la mettre où je pense.

« Bon sang, Jay, c'est quand la dernière fois que t'as touché une fille ? »

J'ai sorti ça avec dédain, en même temps que je descendais du mur avec douceur mais sûreté. A défaut de jouer au cascadeur et de me mandaler une fois sur deux, j'atterrissais avec classe et calme. Un saut aurait simplement aidé Jay à mieux y voir en dessous de cete veste trop moulante, et ca, il pouvait compter là dessus et boire de l'eau.

Et sur ces bonnes paroles, nous quittâmes Central Park sans aucun remord.


[Suite ici]
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