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 Hold your breath and count to ten...( Katarina)

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Ethan Jones
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MessageSujet: Hold your breath and count to ten...( Katarina)   Lun 15 Mar - 17:42

J’avais toujours une masse énorme de travail. D’autant plus depuis que j’avais averti Alexander et Aaron que je ne pouvais plus partir en mission extérieure pour le moment. Au moins tant que Katarina n’avait pas accouché. Bien sur cela ne leur avait pas vraiment plu, mais Alexander comprenait. Lui aussi était passé par là. Nous nous étions mis d’accord. Si je restais dans les souterrains, il faudrait que je fasse d’autres choses pour la communauté. Et il fallait que je trouve d’autres volontaires pour des expéditions hors de nos murs.

J’avais passé deux jours entiers à trouver trois personnes. J’avais passé au peigne fin tous les hommes de la communauté, en convoquant certains. Et miracle trois d’entre eux semblaient d’accord. Mais le plus gros du travail était encore à faire. Les former déjà. Et pour les former il était indispensable que je sorte. Une dernière fois.

Il fallait que je leur montre tous les endroits où on pouvait trouver des points susceptibles de nous fournir, ceux qui étaient déjà exploités, et ceux qui restaient à exploiter. Que je leur présente aussi mes contacts. Et surtout que je leur apprenne à se servir d’une arme. Parce que sur le lot, il n’y en avait qu’un qui maniait vraiment bien une arme. Et pour les deux autres y’avait vraiment du boulot. Mais avec de l’huile de coude, je devais y arriver. J’avais foi en mes capacités de formateur, c’était déjà ca non ?

Trois jours que mes rapports avec Katarina avaient évolués aussi. Nous nous étions rapprochés. Même si nous préférions ne pas encore nous remettre vraiment ensemble, nous avions échangé un baiser ou deux et nos regards parlaient pour nous. C’était comme si nous étions revenus prés d’un an auparavant. Sauf que nous allions être parents et que nous savions que nous partions sur des bases solides. Je ne comptais plus sur elle comme avant, je ne me reposais plus sur elle. J’apprenais a être l’homme qu’elle voulait que je sois, et j’apprenais a prendre mes responsabilités. Lena avait besoin que ses deux parents soient adultes. Et jusqu'à il y a peu, il n’y avait que Katarina qui était adulte.

Ma mission de formation était prévu pour le lendemain matin. J’avais passé et repassé la façon dont j’allais amener la chose à Katarina. Je refusais de partir sans la prévenir. Je voulais qu’elle sache que je partais et pour combien de temps. Je ne voulais plus faire les mêmes erreurs. J’espérais juste qu’elle comprenne. Et de toute façon ce serait la dernière avant un long moment. Et je ne partais pas de gaieté de cœur. Mais il fallait bien que je leur montre tout ca non ?

Et j’avais aussi envie de retourner sur les lieux ou j’avais grandi. J’espérais juste que des pillards n’étaient pas passés par là. Je voulais ramener deux ou trois choses de chez moi. Et j’avais prévu aussi de trouver des choses pour aménager un petit coin dans ma chambre ou dans celle de Katarina pour Lena. Je voulais un berceau, des jouets, des peluches. Et j’espérais bien aussi réussir à récupérer des affaires qui m’appartenaient : mon ours paddington qui une fois lavé serait parfait comme doudou pour Lena, le rocking chair de ma mère et les albums photos pour me souvenir de mes parents à jamais. J’avais besoin de les avoir prés de moi. Et je voulais que Lena sache à quoi ses grands parents ressemblaient, je voulais qu’elle me voie lorsque j’étais enfant.

Je ne pouvais plus reculer…je le savais… J’avais essayé de lui dire avant le repas, mais je n’avais pas réussi. Alexander m’avait lancé des regards plein de sous entendus. Il fallait que je lui dise. Le repas terminé, je lui ai demandé si je pouvais la retrouver au salon d’ici une heure dans le salon. Elle a accepté bien sur…

Je me suis tordu les mains en arrivant au salon. Il n’y avait encore personne. Quand je suis arrivé. Alors je suis allé m’asseoir sur le sofa. J’aurais du amener ma guitare. Ca m’aurait aidé à patienter. Je me suis levé d’un seul bond quand Katarina est entrée. Je lui ai souri. Elle était tellement belle.

La seule chose que j’espérais c’est qu’elle comprenne. Malgré son sourire, elle paraissait inquiète tout de même.

J’ai posé une main sur son ventre, espérant gagner un peu de temps.

-Elle a bougé beaucoup aujourd’hui ?

Depuis quelques jours, Lena s’était manifeste a nous en donnant des coups de pied à Katarina, et je voyais souvent Katarina grimacer et porter la main a son ventre de temps en temps.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Hold your breath and count to ten...( Katarina)   Lun 15 Mar - 18:39

Un... Deux... Trois... Quatre... Cinq... Cinq.
J'ai ouvert un œil et j'ai soupiré profondément. J'allais l'air maligne, assise sur mon lit en tailleur, à prendre de profondes inspirations pour me détendre. Selon Mathilda j'étais un peu trop nerveuse et un peu trop tendue. J'avais besoin de... de je ne savais trop quoi. Ou plutôt je savais très bien de quoi j'avais besoin pour me calmer parfaitement, mais je savais qu'il était encore trop tôt pour me replonger tête la première dans mon histoire avec Ethan. Trop tôt oui, mais pour qui ? Il avait l'air d'aller nettement mieux, mais il n'était toujours pas venu me dire qu'il était prêt. En définitive, je n'attendais que lui, qu'il fasse le premier pas. En attendant, je passais le temps comme je pouvais. Par exemple ce matin j'avais mis tous mes vêtements à moi dans un carton que j'avais rangé au fond de mon armoire. Je ne rentrais déjà plus dedans... Je bénissais Gabrielle pour m'avoir donné ses vêtements de grossesse. J'avais bien dû avouer qu'elle avait beaucoup plus de goût de moi... Bon, il faut dire qu'entre deux urgences chirurgicales, j'avais toujours eu du mal à aller faire du shopping. Il était arrivé à mon père, désespéré, de m'envoyer des colis de vêtements hors de prix depuis la Russie. Certains tellement chers que je n'avais jamais osé porter. J'en avais récupéré quelques uns, juste histoire de décorer mon placard... Est-ce que j'étais si désespérante que ça ?

A midi, j'avais encore regardé mon assiette avec un air profondément sceptique. J'en étais presque à retenir ma respiration pour ne rien sentir. Mais si je devenais toute bleue, cela se remarquerait. Discrètement, j'avais refilé le contenu de mon assiette à Lilly. Elle avait levé les yeux au ciel, mais n'avait pas protesté. En même temps, elle ne pouvait pas... Résultat ? Je suis allée me chercher un paquet de céréales et un bol, devant tout le monde. Oui, bon, les envies de femmes enceinte, ça ne se contrôle pas. Quand le repas s'est terminé, Ethan m'a doucement attrapé par le bras, avant de me demander s'il était possible que nous retrouvions dans le salon une heure plus tard. J'ai accepté, mais avec une légère point d'appréhension. J'avais un mauvais pressentiment. J'avais vu quelque chose dans ses yeux qui ne me plaisait pas vraiment. Je suis allée un moment à l'infirmerie, mon mauvais pressentiments ne me quittant pas. J'avais hâte que l'heure passe, pour savoir enfin ce qu'il avait à me dire. Parce que je n'étais pas dupe, il ne voulait pas que nous parlions de la pluie et du beau temps... j'ai fait sagement ce que me donnait à faire Mathilda, pour m'occuper l'esprit. Résultat, quand j'ai regardé l'heure à nouveau il était une heure... et quart. J'ai littéralement lâché tout ce que j'avais dans les bras avant de m'échapper de l'infirmerie rapidement.

Quand je suis arrivée, Ethan était déjà là. Il s'est levé d'un bond quand il m'a vu, et j'ai eu un pauvre sourire d'excuse. Je souriais, mais c'était un sourire de façade. Encore une fois, j'essayais de sauver les apparences. Sans grand succès j'imagine. Il a posé sa main sur mon ventre et il a posé une question qui m'a fait sourire. Est-ce que Lena avait beaucoup bougé aujourd'hui ?

« Non, pas trop. Elle préfère bouger la nuit. Tu sais, histoire de m'empêcher de fermer l'oeil. »

Maintenant que ma période insomniaque c'était à son tour... Décidément, nous n'étions pas encore très bien accordées. J'ai eu un petit sursaut. Ah, elle venait de bouger... J'ai pris la main d'Ethan et je l'ai déplacée légèrement sur la gauche. Elle était encore petite et je ne savais pas si lui, il pouvait la sentir bouger. Ça ne comptait rien d'essayer, non ?

« Tu sens ? Elle te dit bonjour. »

Mon sourire avait toujours quelque chose d'assez crispé. Je n'étais pas très à l'aise et cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Je me suis hissée sur la pointe des pieds, j'ai passé mes bras autour du cou d'Ethan et j'ai déposé un baiser presque timide sur sa joue. Puis je me suis laissée retomber avec un profond soupir. Je ne souriais plus du tout. Et j'avais vraiment l'air inquiète maintenant. J'ai eu une petite grimace.

« Toi, tu as quelque chose à me dire mais tu ne sais pas par où commencer... »

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MessageSujet: Re: Hold your breath and count to ten...( Katarina)   Lun 15 Mar - 19:23

Katarina portait une longue tunique que je ne lui connaissais pas. D’ordinaire, elle ne s’habillait pas comme ça. Je ne dis pas que je n’aimais pas. De toute façon un rien l’habillait. Mais j’étais tellement habitué à la voir simplement vêtue et cette tunique était un peu plus à la mode dirons nous. Sans doute les anciens vêtements de grossesse de Gabrielle. Katarina m’avait dit qu’elles avaient fait le tri ensemble. J’étais content que Gabrielle s’occupe ainsi de Katarina. Même si je ne doutais pas que la future maternité de Katarina renforçait encore les liens des deux meilleurs amis, j’étais heureux que Gabrielle prenne soin d’elle. Apres tout, qui d’autre pouvait mieux comprendre ce que ressentait Katarina que Gabrielle ? Personne. Personne n’était tombé enceinte alors que le chaos s’était abattu sur New York, personne non plus n’élevait un enfant dans des conditions pareilles. Alors oui j’étais bien content. J’essayais de la rassurer, mais j’avoue que parfois je ne savais pas trop comment faire.

Et plus la grossesse de Katarina avançait, plus je me doutais que cela serait de moins en moins aisé.

« Non, pas trop. Elle préfère bouger la nuit. Tu sais, histoire de m'empêcher de fermer l'œil. »

Décidément…Déjà que Katarina avait du mal à trouver à trouver le sommeil ces derniers temps, Lena n’arrangeait pas non plus ses affaires. Mais bon….on ne pouvait pas empêcher un fœtus de se manifester non ?

Katarina a pris ma main et l’a posée sur son ventre, sur le coté gauche.

« Tu sens ? Elle te dit bonjour. »

C’était triste à avouer, mais je ne sentais rien. Enfin rien qui me disait qu’effectivement elle bougeait. J’avais juste ressenti un petit quelque chose, mais je n’arrivais pas à me dire avec certitude que c’était Lena qui venait de bouger. J’étais un peu jaloux de Katarina subitement. Elle, elle le savait, elle le ressentait. J’aurais vraiment aimé savoir ce que cela faisait. Je venais de réaliser que sans doute quoi que je fasse, le lien entre Katarina et Lena serait plus fort que le lien que je pourrais avoir avec elle. Parce que Katarina l’avait porté et mis au monde tout simplement.

J’ai grimacé.

-Je ne sens pas grand-chose…

J’étais déçu et je n’ai pas su ne pas lui montrer. J’espérais tout de même que dans quelques temps je l’entendrais mieux. Parce que l’attente pour la tenir dans mes bras était déjà insoutenable….Déjà que je n’avais même pas la certitude que c’était bien une petite fille…Aaron s’était moqué de moi quand je lui avais dit que c’était une fille. Je m’étais un peu fâché en lui disant que j’en avais la certitude. Et je lui avais rétorqué que j’avais aussi la certitude qu’il était un grand idiot de ne pas avouer à Mathilda ce qu’il ressentait quand il avait ri a gorges déployées.

J’en avais presque oublié pourquoi nous étions là tous les deux, mais le sourire figé de Katarina m’a rapidement remis les pieds sur terre. J’étais là pour lui dire que je partais un jour ou deux à l’extérieur. Elle s’est pendue a mon cou en m’embrassant tendrement sur la joue. Je me suis empourpré très légèrement. Et j’ai eu un soupir quand elle a reposé les pieds bien a plat sur terre.

Elle était inquiète, je le voyais bien.

« Toi, tu as quelque chose à me dire mais tu ne sais pas par où commencer... »

Décidément je ne pouvais rien lui cacher. Elle lisait vraiment en moi comme dans un livre ouvert. Même si j’aimais ca, parfois je devais bien avouer que c’était gênant. Souvent j’aurais aimé lui épargner les choses, mais des qu’elle me regardait, elle savait quand je n’allais pas bien. Et maintenant je ne voulais plus lui mentir. Je ne voulais plus tout gâcher.

-Non…enfin oui… Oui j’ai quelque chose à te dire. Et non. Tu as raison je ne sais pas par où commencer.

Je ne savais pas comment amener la chose. Lui dire que je partais n’étais pas facile. Mais je n’avais pas le choix. Il fallait que je forme ces hommes. Si j’avais eu le choix, je serais resté là, prés d’elle. Mais je ne voulais plus lui cacher, je voulais être honnête envers elle. Et si je la préparais à mon absence et a tout ce que cela impliquait, peut être qu’elle ne m’en voudrait pas. Apres tout, c’était pour ca qu’elle m’en avait voulu surtout non ? Parce que j’étais parti sans lui dire ? Je ne voulais donc plus lui mentir.

Et puis je serais prudent. D’autant plus prudent que je ne voulais pas que Lena se retrouve orpheline alors qu’elle n’était même pas encore au monde. Et puis la mission serait rapide. Je comptais bien n’être absent que pour maximum 48 heures.

Je lui ai pris la main et l’ai entraine vers le sofa.

-Viens t’asseoir, on sera mieux pour parler, et je ne veux pas que tu te fatigues inutilement.

Et nous serions mieux assis pour parler calmement.

J’ai pris de longues inspirations, j’ai ouvert plusieurs fois la bouche mais aucun son n’n’en est sorti. J’ai fini par fermer les yeux un instant pour prendre un peu de courage et j’ai dit tout de go ce qui me « tracassait ».

-Demain… demain je dois partir en mission.

J’ai pris ses mains dans les miennes en plongeant mon regard bleu azur dans le sien.

-Je voulais te le dire moi-même. Et je voulais te le dire avant, pour que tu sois préparée.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Hold your breath and count to ten...( Katarina)   Lun 15 Mar - 20:41

Il ne sentait pas grand chose... C'est bien ce que je pensais. J'ai eu un petit soupir. Cela viendrait. Il est vrai qu'à quatre mois, j'étais encore la seule à pouvoir sentir le bébé bouger. Mais d'ici quelques semaines, il pourrait le sentir aussi. Quand mon ventre se transformerait en terrain de football pour le bébé, pas de doute il le sentirait aussi. Mais il avait l'air d'être déçu. Ce que je comprenais. Il était vraiment impatient d'avoir son enfant dans les bras. Moi je me sentais déjà mère parce que j'étais enceinte. Ethan n'était que spectateur de ma grossesse. En même temps, c'était lui l'homme... Là, on ne pouvait pas inverser les rôles. Et parfois, je me disais que c'était vraiment dommage. Mais j'imagine que les nausées et tout le reste faisaient partie des... joies de la grossesse. J'avais été tentée de rester pendue à son cou, sans penser à ce qu'il avait à me dire. Mais je n'ai pas réussi. Ce mauvais pressentiment tournait dans ma tête dans tous les sens. Jusque là, mes mauvais pressentiments s'étaient toujours avérés juste, à mon plus grand désespoir. J'avais peur de tout un tas de choses. Et à chaque seconde qui passait, j'étais un peu plus angoissée. Je n'aimais pas me sentir dans cet état là. C'était d'autant plus pire maintenant que j'étais enceinte. À mes angoisses légitimes s'ajoutaient des angoisses totalement stupides et irrationnelles, du genre... Vais-je rentrer ou non dans cette robe ?

J'avais visé juste. Ethan avait bien quelque chose à me dire, mais il ne savais pas comment me le dire... Cela ne me disait vraiment rien qui vaille. Quand on ose pas dire les choses clairement, c'est bien parce qu'il y a un problème, non ? Restait à savoir de quel problème il s'agissait... Il m'a pris par la main et il m'a entrainée vers le sofa. Je l'ai suivie, la gorge serrée. J'ai soupiré.

« Ce n'est pas parce que je reste debout que vais me fatiguer... »

Certes, il ne fallait pas que je reste debout toute la journée, mais ce n'étaient pas quelques minutes de plus ou de moins qui allait me tuer... A moins que ce qu'il avait à dire soit si important que cela ? Il craignait que je fasse un malaise ? Cette idée n'a fait qu'accentuer mon impression. Je me suis assise à côté de lui, et j'ai posé mes deux mains sur mes genoux, anxieuse. Et silencieuse. Je n'osais pas le regarder, ni même esquisser un geste. Plus il restait silencieux et plus je me demandais ce qu'il allait me dire. J'attendais impatiemment qu'il parle, même si au fond, je savais que je ne serais peut-être pas très contente, ou peut-être pas trop rassurée. Mais je préférais qu'il me dise ce qu'il avait sur le cœur. Plus vite il me le dirait, plus vite les choses seraient réglées. Cela paraissait logique. Il avait l'air tellement préoccupé que pendant une seconde je me suis demandée s'il n'allait pas me quitter, ou quelque chose dans le même genre.

Tout d'un coup je me suis sentie m'affaisser. J'ai tourné la tête vers lui, les yeux écarquillés par la surprise. Je me suis sentie pâlir, comme si tout mon sang avait quitté mon visage. Je venais de me prendre une claque monumentale. Ou une porte en pleine figure, au choix. J'ai secoué la tête, totalement incrédule. Non, il ne pouvait pas faire ça. Il ne pouvait pas. Finalement, heureusement que j'étais assise. Parce que le choc m'aurait certainement fait perdre l'équilibre. Je suis restée immobile quand il a pris mes mains dans les siennes. J'étais pétrifiée par la nouvelle. Il allait partir. Encore. S'il partait, je me retrouvais toute seule. Toute seule et enceinte. J'ai eu une drôle d'impression... une impression de déjà vu. Même si cette fois ci, j'étais prévenue... J'ai retiré mes mains des siennes assez brusquement. Je me suis détournée de lui et j'ai inspiré à fond. Je n'avais pas envie de m'effondrer, je n'avais pas envie de pleurer... Nouvelle inspiration.

« S'il te plait, ne pars pas. »

Je ne voulais pas. Je me fichais bien de la communauté. Je ne voulais pas qu'il parte, je ne voulais pas qu'il me laisse. Pas encore. J'étais très égoïste, oui... J'ai fermé les yeux une seconde. Juste le temps de sentir mes larmes ( traitresses ! ) rouler sur mes joues. Je me suis mordue la lèvre. Et je me suis tournée vers lui à nouveau. J'ai essayé de parler, mais je n'y arrivais pas... Je n'arrivais pas à construire des phrases censées et surtout, je n'arrivais pas à être raisonnable. Alors je me suis contentée de le supplier d'une toute petite voix. Je n'avais pas l'habitude de supplier... Mais je savais très bien le faire. J'ai joint mes mains ensemble pour ça. Et comme j'étais maligne ( ou vraiment perturbée ) j'ai laissé tomber son cher anglais et je suis revenu à ma langue maternelle. Ou j'ai mélangé les deux, peu importe...

« S'il te plait... Pajalouista... Ne pars pas. S'il te plait, ne me laisse pas encore une fois. Ethan... Pajalouista

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MessageSujet: Re: Hold your breath and count to ten...( Katarina)   Mar 16 Mar - 17:16

Katarina avait beau protester en me disant que ce n’est pas parce qu’elle restait debout qu’elle allait se fatiguer, mais je sentais qu’il valait mieux qu’elle soit assise. Je savais qu’elle n’allait pas du tout apprécier ce que j’allais lui dire.

Et je ne me suis pas trompé. Elle m’a regardé et son visage s’est figé. Je m’en voulais de la blesser ainsi, mais je n’avais pas le choix. Je savais qu’elle m’en voudrait davantage si je ne lui disais rien. Si je partais sans un mot, elle le prendrait certainement très mal. Je pouvais comprendre, je n’aurais pas aimé non plus qu’elle parte sans m’avertir. Cela ne changeait rien dans un sens. Mais au moins elle le savait à l’avance.

Partir alors que sa grossesse était de plus en plus avancée me fendait le cœur, mais je n’avais vraiment pas le choix. Et je préférais partir maintenant plutôt que dans deux mois où Katarina aurait vraiment besoin de moi. Non pas qu’elle n’avait pas besoin de moi en ce moment. Mais elle pouvait encore prendre sa douche seule, s’habiller seule etc. Dans deux mois, je savais qu’il commencerait a en être tout autrement.

Elle s’est dérobée en me lâchant les mains et elle s’est écartée de moi en me tournant un peu le dos. Que je le veuille ou non, je lui faisais du mal. Ca me faisait vraiment mal…. Mais je n’avais pas eu le choix. Il fallait que je lui en parle.

« S'il te plait, ne pars pas. »

Mais je ne m’attendais pas à ce que sa voix me fasse aussi mal. J’aurais tant aimé lui dire que je ne partais pas, que je restais avec elle, je ne pouvais pas faire ca. Je le savais…Déjà que j’avais réussi à convaincre Aaron et Alexander…si je me dérobais maintenant, j’allais en prendre plein la tête.

Et ca allait de pire en pire, j’ai eu l’impression qu’on me brisait le cœur quand j’ai vu les larmes rouler sur les joues de Katarina. J’étais en train de lui faire du mal, alors que je m’étais promis de ne plus jamais lui en faire. Décidément je rompais toutes mes promesses. Je ne savais pas quoi lui dire sur le moment pour la calmer.

« S'il te plait... Pajalouista... Ne pars pas. S'il te plait, ne me laisse pas encore une fois. Ethan... Pajalouista.»

Elle me suppliait en anglais, en russe. Et ca me crevait le cœur. J’ai essuyé ses larmes en passant mes doigts sur ses joues. J’ai tenté un sourire mais il sonnait faux. Alors je l’ai prise dans mes bras amoureusement.

-Il faut que je parte mon ange. Je n’ai pas envie mais il faut.

Je mourais d’envie de rester. Je mourais d’envie de lui dire aussi pourquoi je partais, avec qui je partais, pendant combien de temps je partais. Je finirais sans doute par lui dire. Peut être que si elle savait tout, elle s’inquiéterait moins…

J’ai senti ses yeux s’embuer à nouveau. Et j’ai préféré anticiper une nouvelle crise de larmes. J’avais vraiment peur de finir par lui dire que je restais, que je chercherais une nouvelle solution. Mais il n’y en avait pas d’autres.

-Ne pleure pas mon ange, ne pleure pas. C’est déjà un déchirement de savoir que je dois partir à l’extérieur mais je te jure que je suis obligé.

Et pour une des premières fois de ma vie. J’avais peur que la petite expédition tournait mal. J’espérais qu’ils se comportent bien, qu’ils tirent parfaitement si nous étions en danger. Maintenant que j’allais être père, j’avoue que j’avais peur. Si je mourais que deviendrait mon enfant ? Bien sur Katarina serait une bonne mère, et il serait entouré. Mais un enfant a besoin de son père.

-Je ne peux pas confier cette mission à quelqu’un d’autre. Mais je te promets que c’est la dernière avant sans doute un long moment. Je ne partirais plus en mission tant que tu n’auras pas accouché je te le promets Katarina.

Je me retenais de lui dire que j’allais m’arranger pour que ce soit la dernière même après l’accouchement. Bien sur je sortirais mais pour le moment je voulais rester ici. Prés d’elle et de notre fille.

Je sentais qu’elle avait besoin d’être rassurée. Alors je suis allé contre les directives d’Aaron. J’ai commencé à parler de la mission à Katarina.

-Je ne pars pas seul et je ne pars pas longtemps. Je te le promets Kat.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: Hold your breath and count to ten...( Katarina)   Mar 16 Mar - 18:19

Je ne suppliais jamais. Jamais. Cela ne me ressemblait pas. Je ne m'étais jamais autorisée à supplier qui que ce soit. Pourtant cette fois je ne m'en privais pas. C'était très certainement la première fois que je le suppliais de cette façon. Même s'il partait souvent avant, je n'avais jamais rien dit. J'avais pensé les choses mais je m'étais toujours tu. Je ne savais pas trop pourquoi je m'y étais autorisée cette fois ci. Peut-être parce qu'inconsciemment, je savais qu'il pouvait supporter ça maintenant. Maintenant qu'il était plus fort, je me laissais aller à mes faiblesses. Je devais afficher un air absolument désespéré. Je ne cherchais même pas à empêcher les larmes de couler. De toute façon je n'aurais rien pu faire pour les retenir. Alors à quoi bon essayer ? De toute façon, si je ne pleurais pas maintenant, je pleurerais plus tard. J'avoue quand même que j'espérais bien le faire changer d'avis avec mon petit air triste. Certes, ce n'était pas fairplay, mais je m'en fichais. Je ne voulais pas qu'il s'en aille. Ni maintenant, ni jamais. Pourquoi est-ce qu'il voulait partir cette fois, hein ? Quelles raisons avait-il bien pu trouver ? Je n'en voyais aucune, moi. Absolument aucune.

Je me suis laissée faire quand il m'a pris dans ses bras. Pour autant, je ne l'ai pas pris dans mes bras. Je suis restée complètement amorphe, les bras le long du corps. J'avais l'impression d'être une pauvre marionnette dont aurait coupé les fils subitement. J'ai secoué la tête quand il a dit qu'il devait partir.

« Tu n'es pas obligé de partir si tu n'en as pas envie... »

Ça avait l'air tellement simple, vu comme ça... Mais cela ne pouvait pas l'être. Cela aurait été trop facile. S'il avait eu le choix, il ne serait pas là en train de m'en parler. En fin de compte, savoir qu'il partait, ce n'était peut-être pas aussi soulageant que je l'aurais cru. Anticiper les choses ne les rendait pas plus simples, loin de là. J'avais juste l'impression que cela faisait venir la souffrance un peu plus dire. Je ne lui reprochais pas de m'avoir dit la vérité, loin de là, mais je ne me sentais pas soulagée parce qu'il l'avait fait. J'allais chercher à le retenir, désespérément. Peut-être même sans écouter ce qu'il avait à me dire. Je sentais une nouvelle vague de larmes arriver, et cela m'a fait paniquer. Moi que je me transformais en véritable fontaine... Cela m'arrivait de plus en plus souvent ces temps ci. Et cela ne me plaisait pas, j'avais la sensation de m'éloigner de la femme forte que j'étais censée être. Peut-être parce que je n'étais pas aussi forte que je le pensais... Je m'étais peut-être simplement bercée d'illusions pendant de nombreuses années. Ça n'a pas loupé, quand Ethan m'a demandé de ne pas pleurer, eh bien je me suis remise à pleurer, encore plus lamentablement que la première fois. Lamentable, c'était le mot. Au moins, je pouvais vraiment dire que les rôles étaient inversés...

« Obligé... Mais qu'est-ce qui t'y obliges ? Est-ce que c'est Alexander qui t'as demandé de partir, ou... ? »

Je me suis étouffée dans un sanglot. S'il s'agissait bien d'Alexander, peut-être que je pourrais me débrouiller pour le faire changer d'avis ? En écrasant une paire de larmes sur ma joue, j'ai repoussé cette idée loin de moi. Alexander refuserait de laisser notre histoire se mêler au bien être de la communauté. Ce que je comprenais, mais qui ne m'arrangeait guère. J'ai eu un petit soupir, terriblement défaitiste. Je sentais que peu importe ce que je dirais, Ethan allait partir. J'ai levé mes yeux larmoyants vers lui. Il me promettait que c'était la dernière fois qu'il partait avant que je n'accouche. Une idée noire m'est passé par la tête.

« Mais... Et si tu ne reviens pas, cette fois ? »

Et si, et si ? Ethan n'était pas plus chanceux qu'un autre, et j'avais encore en tête l'image de l'homme qui s'était fait tuer. Qu'est-ce qui me disait que cela n'arriverait pas à Ethan ? Et qu'est-ce que je ferais moi, sans lui ? Je ne m'en sortirais pas, je n'y survivrais certainement pas non plus. Dans un élan d'affection, j'ai passé mes bras autour de son cou et je me suis hissée sur ses genoux. J'ai glissé mes mains sous son pull et j'ai posé ma tête contre son épaule, toute tremblante.

« Ça veut dire quoi pour toi, pas longtemps ? Et avec qui ? Je déteste ces espèces de secrets entre vous trois quand une mission se prépare... »

J'ai inspiré à fond. Je ne pleurais plus, maintenant que j'étais serrée contre lui. Mais je tremblais toujours comme une feuille, ou comme un petit animal craintif. Je me suis redressée et j'ai pris son visage entre mes mains. Et j'ai commencé à l'embrasser, frénétiquement.

« Je t'en prie, dis moi qu'il y a une autre solution... Il y a toujours une autre solution... Ethan, s'il te plait, ne me laisse pas. »

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MessageSujet: Re: Hold your breath and count to ten...( Katarina)   Mer 17 Mar - 11:58

C’était comme si je tenais une poupée de chiffon entre mes bras. Je m’en voulais vraiment de la rendre malheureuse. Je m’en voulais tellement. J’aurais presque préféré qu’elle crie, qu’elle hurle, qu’elle tape du poing. La voir ainsi malheureuse me lacérait véritablement le cœur.

« Tu n'es pas obligé de partir si tu n'en as pas envie... »

Non bien sûr je n’étais pas vraiment obligé dans un sens. Mais dans l’autre je l’étais à 200%. Si je ne participais pas à cette expédition ou mission appelons ca comme on veut, comment pourrions-nous survivre. Comment ferions-nous si nous ne pouvions même plus manger. Bien sur j’aurais pu me contenter de leur faire un plan et de les laisser se débrouiller. Mais c’eut été trop facile. Il y avait tant de choses à leur montrer, tant de gens à leur demander d’éviter et j’en passe. Mais je voulais qu’ils s’en sortent vivant alors je mettais tout en œuvré pour qu’l ne leur arrive rien. Même si pour le moment je faisais passer le bien de la communauté avant le mien et celui de Katarina…Je savais que bientôt il n’y aurait plus qu’elle qui compterait. Alexander avait fini par comprendre…Aaron ce serait sans doute un peu plus long…

-Ce que j’ai envie passe après quand il s’agit de la communauté. Tu le sais mon ange non ?

Elle le savait…mais je pouvais comprendre qu’elle le vive mal. Apres tout les choses étaient dangereuses à l’extérieur. Mais elle savait…. Combien de fois j’avais du sortir même en pleine nuit pour faire des rondes autour de certaines issues parce que certains n’étaient pas capables de faire correctement leur travail. Bien sur c’était avant, avant qu’elle ne soit enceinte. Mais c’était ma dernière mission à l’extérieur avant un long moment. Nous avions tous deux des responsabilités. De lourdes responsabilités.

« Obligé... Mais qu'est-ce qui t'y obliges ? Est-ce que c'est Alexander qui t'as demandé de partir, ou... ? »

J’ai pris une profonde inspiration. Je ne pouvais pas lui dire tout de même. Aaron me tuerait…Mais je ne me sentais pas la force de partir sans rien lui dire. Je voulais qu’elle soit rassurée au maximum. Parce qu’elle communiquait forcement son stress à Lena, et je refusais que ma femme et ma fille se sentent mal.

-Ce n’est pas vraiment Alexander non. Disons que cela coule de source.

Katarina s’est remise à pleurer et je me suis mordue la lèvre inferieure. Quand elle a levé son visage larmoyant vers moi, je n’ai pas pu m’empêcher de l’attirer à moi à nouveau.

« Mais... Et si tu ne reviens pas, cette fois ? »

J’étais sur qu’elle pensait à ca, et qu’elle y penserait le temps de ma mission. Et j’avoue que j’étais bien incapable de la rassurer. Je comprenais qu’elle puisse avoir peur. Même si je prenais toutes les précautions nécessaires, les choses sont vite arrivées. Moi-même j’avais parfois peur, mais mon envie de rendre ce qu’on m’avait donné me transcendait. Je ne voulais pas y penser en fin de compte.

-Il ne m’arrivera rien Katarina. Je suis prudent. Tu le sais non ?

Je faisais toujours très attention, je mettais un gilet par balles, et je savais exactement me servir d’un flingue. Même si ca ne me plaisait guère… Je n’avais jamais pris aucuns risques. Bien sur le risque zéro n’existe pas. Mais je sentais que j’avais deux anges gardiens qui veillaient sur moi.

Katarina est venue s’asseoir sur mes genoux, passant ses bras autour de mon cou pendant un moment. Puis j’ai senti ses mains glisser sur mon torse, sa tête se poser sur mon épaule. Et je l’ai serrée très fort contre moi.

« Ça veut dire quoi pour toi, pas longtemps ? Et avec qui ? Je déteste ces espèces de secrets entre vous trois quand une mission se prépare... »

J’aurais préféré qu’elle ne pose pas toutes ces questions. Mais je comprenais qu’elle se fasse du souci. Ce n’était plus seulement l’homme qu’elle aimait qui prenait des risques, c’était aussi le père de son enfant. Et je savais maintenant qu’elle avait une peur terrible d’élever seule Lena. Alexander me le reprocherait sans doute, mais je voulais qu’elle sache, qu’elle soit rassurée.

-Je ne devrais pas te le dire…Mais je sais qu’il le faut. Je veux que tu comprennes que je dois y aller. Qu’il n’y a pas d’autres solutions. Je pars demain matin, et je reviendrais le lendemain dans l’après midi sans doute. Je pars avec Andrew, John et Liam. Je ne pars pas seul tu vois. Donc ne t’inquiète pas.

J’espérais que ce soit le fait que je lui donne des détails qui la calmait. Pourtant elle continuait de trembler. Je me sentais désemparé face à sa détresse, tellement désemparé…

Et ce fut pire quand elle emprisonna mon visage dans ses mains et qu’elle a commencé à m’embrasser comme si le monde allait s’écrouler dans deux minutes.

« Je t'en prie, dis moi qu'il y a une autre solution... Il y a toujours une autre solution... Ethan, s'il te plait, ne me laisse pas. »

Non il n’y avait pas d’autres solutions. J’aurais aimé pourtant. Mais il n’y en avait pas…

-Si je pouvais faire autrement je resterais Kat. Mais il n’y a que moi pour leur montrer tous les endroits où trouver des provisions, ceux que j’ai déjà d’exploité et ceux qu’il faut éviter.

J’espérais vraiment qu’en lui disant tout ça elle finirait par admettre que c’était mon devoir. Elle savait aussi que je ne me dérobais jamais a mon devoir.

Je l’ai embrassé de mon propre chef. Je ne pensais même pas au fait que j’avais promis de ne plus la supplier ni la toucher. J’avais besoin et envie de l’embrasser.

-Et je veux essayer d’aller dans l’appartement de mes parents. J’espère qu’il n’a pas été pillé et que je pourrais récupérer deux ou trois choses.
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MessageSujet: Re: Hold your breath and count to ten...( Katarina)   Mer 17 Mar - 15:35

La communauté ? La communauté ? Je m'en fichais de la communauté, moi ! Je ne voulais pas qu'il parte, ne serait-ce que pour une heure. Nous étions plus d'une centaine, pourquoi est-ce que lui devait sortir particulièrement ? Parce qu'il était un des leaders de cette communauté, et si lui ne mettait pas sa vie en danger, personne ne le ferait... Mais quelle idée avait eu Alexander en faisant de lui son bras droit ! Cela ne m'arrangeait pas. Pas du tout même. Mais qu'est-ce que je pouvais bien faire contre les décisions d'Alex ? Le leader par excellence, c'était lui. Et ma voix à moi ne serait jamais aussi forte que celle de toute la communauté. Pourtant j'étais certaine qu'il se serait comporté de la même façon, s'il avait été dans la même situation que moi. Mais personne n'obligeait Gabrielle à mettre sa vie en danger. Parfois, je trouvais que ce n'était pas juste que ce soient toujours les mêmes qui fassent le sale travail. Par exemple, Riley n'avait pas foutu un seul pied dehors depuis qu'il était arrivé. Peut-être parce qu'il risquait de tout faire échouer... il faut dire que dans le genre boulet, il remportait la palme d'or haut la main. Mais j'aurais préféré que ce soit lui qui mette sa vie en danger. Je ne voulais pas perdre Ethan. J'étais toujours terrifiée quand il partait. J'étais incapable de rester tranquille tandis que je le savais à l'extérieur. Aujourd'hui j'étais encore plus angoissée...

J'ai soupiré. Alexander ne l'obligeait pas à y aller... Mais il se sentait responsable, alors il allait le faire. Au moins, je ne pouvais pas dire qu'il ne s'était pas responsabilisé... Pourtant cette fois j'aurais préféré qu'il me dise qu'il allait trouver une solution, qu'il allait trouver un moyen d'éviter de sortir... J'aurais vraiment aimé qu'il me dise ces choses. Mais cette fois ci, il ne me les dirait pas. J'en étais certaine. Il allait agir en tant que leader, pas en tant que mon... Oui, mon quoi ? Nous n'étions plus fiancés, pas tout à fait ensemble non plus... Mais nous nous aimions toujours comme ce n'était pas permis. Alors oui, j'étais égoïste quand je le suppliais de ne pas y aller. Et j'utilisais des méthodes basses pour cela, je le savais. Je savais parfaitement que j'allais l'atteindre en le suppliant d'une toute petite voix et avec des yeux larmoyants. Avant, quand c'était lui qui le faisait cela marchait sur moi. J'avais beaucoup de mal à lui résister dans ces moments là. Je me suis remise à pleurer et il m'a attiré vers lui doucement. Je me suis laissée faire sans broncher. Après tout, je ne voulais rien d'autre... Sauf qu'il reste avec moi et qu'il ne parte pas, évidemment. Mais ce n'était pas possible...

« Tu es prudent, oui, mais les autres est-ce qu'ils le seront ? Et si vous avez un problème, ta prudence ne vous servira à rien... »

J'étais, certes, très pessimiste. Mais je voyais les choses en noir. Malgré toute sa bonne volonté, il ne parviendrait probablement pas à me rassurer. J'étais beaucoup trop stressée, même si je savais que ce n'était bon ni pour moi, ni pour le bébé. Mais là c'était bel et bien incontrôlable. Que je sois dans ses bras ou non, j'étais dans le même état... J'ai eu un soupir alors que je me calais contre lui aussi confortablement que possible. J'ai eu un petit gémissement désespéré quand il m'a dit qu'il partait le lendemain. Si tôt, si vite ? Je me suis mordue la lèvre. Je n'aurais pas vraiment le temps de m'y préparer... Quand je me réveillerais demain, il ne serait déjà plus là. Cette idée allait très certainement m'empêcher de fermer l'œil de toute la nuit. Comment est-ce que je pourrais dormir paisiblement en sachant qu'il allait peut-être lui arriver quelque chose de grave ? Je me suis redressée soudainement et j'ai posé mes mains à plat sur sa poitrine.

« Ne t'inquiète pas ? Mais ces trois là n'ont pas la moindre expérience... Andrew, il a à peine dix sept ans... et John est tellement... maladroit ! Et que tu partes deux jours ou deux mois, c'est la même chose... Je ne m'inquièterais pas moins. »

C'est là que je me suis mise à l'embrasser avec frénésie. Comme si je pouvais encore le convaincre... C'était mon dernier argument. Moi j'étais persuadée que malgré tout ce qu'il disait, d'autres pourraient se charger de cette mission aussi bien que lui... J'ai soupiré. J'ai eu un petit mouvement de recul quand il m'a embrassé à son tour. Je ne m'y attendais pas. Mais finalement je me suis serrée contre lui, mettant mon petit ventre entre nous. Je me suis écartée et j'ai pris son visage entre mes mains. J'ai déposé un baiser sur son front, sur sa joue, avant de me blottir contre lui de nouveau. Je ne tremblais pas moins. Je n'arrivais pas à contrôler mes tremblements. C'était comme si j'avais froid, mais l'air frais de la pièce n'y était pour rien. J'avoue que j'ai été un peu surprise quand il m'a dit qu'il voulait retourner chez lui. J'ai glissé mes bras autour de lui en soupirant.

« Est-ce que... c'est loin chez toi ? Je ne veux pas que tu ailles loin, Ethan... Je ne suis jamais retournée chez moi, moi... Pourtant ce n'est pas vraiment loin... Enfin si, techniquement, Moscou ce n'est pas la porte à côté. »

J'ai eu une espèce de petit rire nerveux. Très nerveux.

« Promets moi qu'il ne t'arrivera rien, Ethan. Que tu vas revenir vivant et entier, sans avoir eu le moindre problème. Promets le moi. »

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MessageSujet: Re: Hold your breath and count to ten...( Katarina)   Mer 17 Mar - 20:14

Katarina s’accrochait à moi, je sentais presque ses ongles me transpercer la peau. Mais je ne disais rien. Je comprenais sa peur. Moi aussi j’avais peur, mais j’essayais de ne pas y penser. Pour certains j’étais fou, insouciant… Mais je me disais que si personne ne sortait, comment arriverions nous a avoir des choses, des vivres. Il en fallait bien des fous… Et puis je n’avais jamais pris aucun risque. Je faisais toujours très attention. Finalement je tenais plus à la vie que ce que je croyais. Et là j’y tenais encore plus maintenant que j’allais être père.


« Tu es prudent, oui, mais les autres est-ce qu'ils le seront ? Et si vous avez un problème, ta prudence ne vous servira à rien... »
Ils le seraient parce que je les avais assez briefés, parce qu’ils avaient peur mais ils me faisaient confiance. S’ils m’écoutaient vraiment ils s’en sortiraient vivants. Bien sur certains n’était jamais revenus vivants, ou n’étaient même jamais revenus, mais je savais que ces hommes là avaient du faire des erreurs. Ils avaient sous estimé les Hors la loi. Moi je connaissais ce milieu, alors je ne me faisais pas avoir.

Mais Katarina avait peur pour moi et je la comprenais. Mais je ne pouvais pas céder. Et je ne voulais pas. J’avais des devoirs envers cette communauté. Et je ne voulais me dérober à aucune de mes responsabilités. Maintenant j’allais me comporter en adulte. J’allais faire face à tout, quoiqu’il m’en coute.


« Ne t'inquiète pas ? Mais ces trois là n'ont pas la moindre expérience... Andrew, il a à peine dix sept ans... et John est tellement... maladroit ! Et que tu partes deux jours ou deux mois, c'est la même chose... Je ne m'inquièterais pas moins. »

J’avoue qu’elle n’avait pas tort. Mais j’avais confiance en eux. Et j’avais confiance en la formation que je leur avais donnée. Ils s’en sortiraient indemnes. Elle ne lâchait pas l’affaire. Elle essayait de me faire céder. Mais je ne lâcherais pas. Je l’aimais mais il fallait que je pense à la communauté. Ils avaient besoin de manger eux aussi. C’était ca être leader aussi. Faire passer ses envies au second plan pour le bien des autres. C’est sans doute ce que j’avais appris auprès d’Alexander. Nuit et jour il était disponible pour eux. Même s’il était fatigué, même s’il passait du temps avec sa famille, il était disponible.

Elle s’est à nouveau pendue à mon cou et je me suis senti bien malgré le fait qu’elle n’essaye pas de me comprendre


« Est-ce que... c'est loin chez toi ? Je ne veux pas que tu ailles loin, Ethan... Je ne suis jamais retournée chez moi, moi... Pourtant ce n'est pas vraiment loin... Enfin si, techniquement, Moscou ce n'est pas la porte à côté. »

Je ne savais pas trop quoi lui dire. Mais je ne voulais pas lui mentir. Oui l’appartement de mes parents n’était pas si près que ca. Bien sur il était sur l’ile de Manhattan. Mais il était au sud de Central Park, à Soho exactement….Et nous nous trouvions au nord de Central Park….
Il fallait quand même que je lui dise, je ne voulais plus rien lui cacher, je ne voulais plus lui mentir. Je voulais que nous repartions sur de bonnes bases.


-Soho…Oui je sais Katarina ce n’est pas prés d’ici. Mais il faut que j’y aille.

J’essayais de montrer toute ma détermination. J’irais. Même si ca me crevait le cœur de lui faire de la peine. Même si je mourais d’envie de lui céder.

« Promets-moi qu'il ne t'arrivera rien, Ethan. Que tu vas revenir vivant et entier, sans avoir eu le moindre problème. Promets le moi. »

Elle ne me demandait plus de partir. C’était déjà ca. Alors je me suis engouffré dans la brèche.

-Il ne m’arrivera rien mon ange je te le promets. Il ne m’arrivera rien. Je serais rapidement rentré. Et je ne repartirais pas.

Et là aussi insensé que cela puisse paraitre, je me suis jeté sur ses lèvres. Et entre deux baisers, entre deux souffles je lui ai dit ce qui me brulait les lèvres.

-Katarina…je …je …je t’aime. Je sais que j’avais promis de ne plus te supplier, mais je voudrais que tu me redonnes une chance Katarina. J’ai réussi à convaincre Alexander de ne plus me laisser partir maintenant que tu as besoin de moi. Mais j’aimerais être sûr que je ne fais pas tout ça pour rien. J’aimerais savoir si nous avons une chance de nous retrouver Katarina.
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MessageSujet: Re: Hold your breath and count to ten...( Katarina)   Mer 17 Mar - 21:32

J'essayais de me raisonner. Par tous les moyens possibles. Déjà, je me disais qu'il était enfin prêt à assumer ses responsabilités, quelles qu'elles soient. Il était prêt à assumer son rôle de leader parfaitement. Et visiblement sans broncher... C'était une bonne chose... Les gens avaient besoin de gens forts sur qui compter. Et quelque part j'étais fière de savoir qu'il en faisait partie. Et puis je me disais qu'il était aussi prêt à assumer son propre passé... Et puis, surtout, il était prêt à assumer son rôle de futur père. C'était peut-être le plus important. Mais malgré tout cela, une seule chose me revenait en tête. Il allait sortir, se mettre en danger... Cette idée prévalait sur toutes les autres. Comment est-ce que j'allais faire sans lui, grande égoïste que j'étais ? Ce n'était que deux malheureux jours et pourtant j'avais l'impression qu'il partait pour les dix prochaines années. Je me serais vue que j'aurais ri très certainement. Mais de mon point de vue, ce n'était pas drôle du tout. Du sien non plus, j'imagine. Je me demandais ce que cela pouvait bien lui faire de se retrouver à ma place. Un drôle d'effet, très certainement. Mais il n'avait pas encore craqué... D'un côté, c'était bon signe. Enfin, pour lui surtout. Moi je n'attendais que ça. Qu'il craque, qu'il cède. Comme avant...

Je lui ai jeté un drôle de regard quand il m'a dit que chez lui, c'était carrément à l'autre bout de Central Park. Je suis restée à le regarder la bouche ouverte pendant quelques secondes. J'ai secoué la tête vivement, et j'ai frappé son épaule d'un petit ( tout petit ) coup de poing.

« Non, c'est trop loin ! Je ne veux pas que tu y ailles ! »

Je devais ressembler à une gamine capricieuse qui réclamait encore une fois un cadeau qu'elle n'avait pas eu. Mais Soho, ce n'était pas la porte à côté ! Pour moi, c'était inconscient de traverser Central Park, surtout à cette période de l'année. Avant, j'adorais l'hiver. Aujourd'hui, je le détestais complètement. Il rendait les choses tellement difficiles... Tellement dangereuses. Qui savait ce qui trainait dans le parc à cette période de l'année ? Imaginer simplement Ethan traverser cet endroit avec trois hommes inexpérimentés... Autant y aller tout seul. J'ai cligné des yeux plusieurs fois, avant d'essuyer mes larmes avec le tissu de ma tunique.

« Tu avais tout le temps d'y aller la dernière fois ! Pourquoi est-ce que tu ne l'a pas fait à ce moment ? »

D'accord, c'était petit de lui rappeler qu'il était parti pendant plus d'un mois, sans rien dire. Mais mon raisonnement n'était pas faux. D'autant plus que je ne savais toujours pas ce qu'il avait fait pendant ces maudites semaines. Il ne m'avait rien dit et je ne lui avais pas posé de questions. Je me suis laissée retomber contre lui comme une masse. J'étais à deux doigts de me recroqueviller sur moi même. J'avais soudain envie d'aller me réfugier dans mon lit, de me cacher sous les couvertures pour pleurer tranquillement, sans avoir honte de moi à chaque seconde. Parce que j'avais honte de me mettre dans des états pareils. Cela ne me ressemblait pas. Jamais je ne m'étais laissée aller comme ça avec lui. On aurait dit que c'était une technique pour le faire céder plus rapidement. A noter que c'était inefficace. J'avais épuisé toutes mes réserves. Qu'est-ce que je pouvais bien faire contre lui maintenant ? C'était comme frapper contre un mur en béton. Ce n'était pas mes petits poings qui allaient le faire céder. Un petit soupir a soulevé ma poitrine rapidement. Il me promettais de faire attention... De rentrer vite... Est-ce que cela me suffisait pour autant ? Ce n'était définitivement pas ce que je voulais entendre. J'aurais été très fière d'entendre ça de sa bouche, avant. Pas maintenant. La petite chose fragile que j'étais voulais tout autre chose... Qu'il m'embrasse par exemple. J'ai vraiment été très surprise qu'il m'embrasse à son tour. Avec autant de frénésie que je l'avais fait un peu avant. Je me suis laissée faire, assez peu apte à répondre à ses baisers.

J'ai écarquillé de grands yeux quand il m'a supplié à nouveau de le reprendre. Je n'ai pas compris. Un peu perdue, j'ai quitté ses bras et je me suis juste assise à côté de lui. J'ai posé mes deux mains sur mon ventre, comme pour me rassurer. Et subitement, j'ai dit quelque chose d'horrible.

« Je te jure que je te reprends avec moi maintenant si tu ne pars pas. »

C'était un terrible chantage que je lui faisais là. C'était inacceptable. Et pourtant je le faisais bel et bien. J'en aurais honte... J'en avais honte. Mais j'étais simplement effrayée. Terriblement effrayée. Le comprenait-il ? Certainement... Je me suis levée d'un coup et je suis allée vers la porte. Vous savez, cette porte qui ne s'ouvrait pas... J'ai dû m'en souvenir juste avant de tenter de l'ouvrir. Finalement, je n'ai même pas osé la toucher. Je me suis contentée de m'adosser à la porte. Et j'ai rendu les armes. Je lui ai adressé un sourire triste.

« Je veux... Que tu me ramène des photos. Et si tu réussissais à ramener quelques petites choses pour le bébé... Et je... je vais être à court de céréales. »

J'ai eu un petit rire. Toujours cette même envie stupide... Quoique cette envie stupide n'était rien comparée à toutes les stupidités que j'avais fait ce soir.

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MessageSujet: Re: Hold your breath and count to ten...( Katarina)   Jeu 18 Mar - 12:52

Katarina semblait paniqué quand je lui ai dit où se trouvait l’appartement de mes parents. C’est vrai qu’avant quand le métro était encore en marche, de chez moi à l’endroit où nous nous trouvions, le trajet ne durait encore que dix minutes. Maintenant il fallait presque trois heures et encore si tout allait bien…. Mais finalement c’était peut être ça la solution. Passer par le métro ! Au moins je ne risquais pas grand-chose là dedans. Il faudrait que j’en discute avec Alexander…

Katarina m’a mis un petit coup sur l’épaule.

« Non, c'est trop loin ! Je ne veux pas que tu y ailles ! »

Ce n’était pas prés oui. Mais c’était sans doute moins dangereux que d’aller dans le Bronx… Mais cela elle ne le savait pas…J’aurais aimé lui faire plaisir et ne pas la blesser. Mais je ne pouvais pas lui céder.

-Je dois y aller Katarina !

Mon ton était sans appel. Je ne céderais pas. J’irais ! Elle a du le comprendre puisqu’elle a essuyé ses larmes. Je n’aimais pas la voir pleurer, mais il fallait que j’apprenne à ne pas me laisser aller à vouloir trop la protéger. La dernière fois j’avais cru la protéger, et finalement je n’avais su que creuser encore plus un fossé entre nous. Maintenant, je voyais les choses différemment. Alexander m’avait mis au parfum.

« Tu avais tout le temps d'y aller la dernière fois ! Pourquoi est-ce que tu ne l'a pas fait à ce moment ? »

Oui la dernière fois j’étais parti plus d’un mois. Ma plus grande absence a ce jour. D’ordinaire les missions ne duraient que deux ou trois jours maximum. Mais ce qu’elle ignorait c’était le but de ma mission. Je n’étais pas parti pour aller chercher des vivres. J’étais parti hors de New York pour trouver un nouvel endroit apte à recevoir une petite partie de la communauté. Je l’avais trouvé mais Alexander pensait qu’il nous faudrait encore attendre quelques mois avant de songer à y mettre à l’abri certains. D’autant plus que nous ne savions pas encore ce qu’on déciderait pour cet endroit.

J’ai baissé les yeux, j’avais peur de supporter son regard.

-Je n’étais pas à New York la dernière fois Katarina. Et puis je voyais les choses différemment.

Oui très différemment…Maintenant il y avait Lena. Nous allions être parents. Alors j’ai embrassé Katarina. Et je l’ai supplié à nouveau. Elle s’est détachée de moi, et a entouré son ventre des ses mains avant de me regarder.

« Je te jure que je te reprends avec moi maintenant si tu ne pars pas. »

J’ai secoué la tête pour refuser. Elle me faisait du chantage… Jamais je ne l’aurais cru capable de ça. J’étais vraiment sous le choc. Je ne pouvais pas accepter. Je l’aimais et je voulais que nous nous remettions ensemble. Mais je devais penser à la communauté aussi. J’étais un de ses leaders alors je devais assumer.

-Je ne peux pas accepter Katarina. Je t’aime mais j’ai des devoirs. Et sortir c’est mon devoir.

Katarina s’est levée et est partie vers la porte. Je pensais qu’elle allait sortir et me laisser là mais elle s’est adossée a la porte en me regardant. Elle m’a souri un peu tristement.

« Je veux... Que tu me ramène des photos. Et si tu réussissais à ramener quelques petites choses pour le bébé... Et je... je vais être à court de céréales. »

Elle a ri nerveusement et j’ai essayé de lui sourire. J’avais l’impression d’être sur la même longueur d’onde. C’est exactement ce que je comptais faire. Aller chercher des souvenirs de mes parents, ramener des choses qui m’appartenaient pour Lena et trouver tout un tas de céréales pour Katarina, puisqu’elle ne mangeait plus que ca.

Je me suis levé et je me suis approché d’elle lentement.

-D’accord je te rapporterais tout ça Kat.

J’étais en face d’elle, je me suis mis à lui caresser la joue tendrement, puis la tristesse a fait son apparition. Je repensais à son chantage.

-Je suis déçu Katarina. Je ne pensais pas que tu me ferais du chantage tu sais. Je ne sors pas pour le plaisir. Je sors pour la communauté, je sors cette fois-ci pour faire les choses correctement et assurer un avenir à Lena. Je ne pensais pas que tu ferais ça un jour….
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MessageSujet: Re: Hold your breath and count to ten...( Katarina)   Jeu 18 Mar - 14:04

Comment ça, il n'était pas à New York la dernière fois qu'il était parti ? J'ai ouvert de grands yeux surpris. Je pensais qu'il était resté dans les environs, moi... Encore une fois, je tombais de haut. Je n'osais même pas lui demander de qu'il avait fait et où il était allé. Ce serait pour une prochaine fois... Mais en y repensant ce n'était pas si étonnant que cela. Qu'est-ce qu'il aurait bien pu faire pendant toutes ses semaines dans la ville ? J'avais presque oublié à quoi la ville ressemblait, d'ailleurs. Cela faisait plus de deux mois que je n'avais pas mis les pieds dehors. La dernière fois, c'était quand j'étais sortie pour aller à l'hôpital. Et vu que j'étais tombée sur Alan ( ou presque ) cela m'avait servi de leçon. D'ailleurs, Ethan ne savait toujours pas que j'étais tombée sur lui. Et Nathaniel ne lui avait rien dit. Je l'en remerciais, parce que je n'osais même pas imaginer la crise que me ferait Ethan s'il l'apprenait. Je n'avais pas très envie de passer le restant de mes jours enfermée... Et je ne voulais pas qu'il m'en veuille encore plus d'avoir mis ma vie et celle du bébé en danger. Les choses étaient assez compliquées entre nous, nul besoin d'en rajouter davantage.

Il m'a regardé avec un petit air halluciné avant de secouer la tête après ma demande un tantinet choquante. Je me suis mordue la lèvre. Je ne savais pas ce qui m'était passé par la tête. Mais je ne regrettais rien. J'étais prête à faire n'importe quoi pour l'empêcher de s'en aller. Quitte à le reprendre avec moi maintenant, même si nous n'étions pas prêts tous les deux. N'importe quoi pourvu qu'il change d'avis cette fois. Mais il tenait bon... Et voilà qu'il me balançait ses devoirs dans la figure. D'un côté, c'était ce que j'attendais de lui... Qu'il assume le moindre de ses devoirs.. si seulement j'avais su que cela me ferait si mal... J'étais presque là en train de lui en vouloir. Parce qu'il assumait les devoirs qu'il avait envers la communauté avant d'assumer ceux qu'il avait envers moi. C'était... déroutant. Et assez effrayant en ce moment même. Finalement, peut-être que je n'avais pas très envie de le partager avec toute la communauté. Je ne fonctionnais pas de la même façon que lui. Moi je m'étais rendue malade pour lui, j'avais presque délaissé mon rôle de médecin pour lui... Cela n'avait pas été la bonne chose à faire, je m'en rendais compte, mais je l'avais fait. Parce que j'avais été incapable de me focaliser sur autre chose que lui... Peut-être que j'avais un peu besoin de maturité de ce côté là, moi aussi.

J'ai préféré m'adosser à la porte, plutôt que d'essayer à tout prix de sortir. Je me serais certainement ridiculisée. Et en ce moment, je n'avais pas vraiment besoin de ça. Je me sentais terriblement pathétique. Je ne m'étais jamais sentie comme ça avant. Je ne sais pas si c'était dû à ma peur de le voir partir ou à ma fatigue mêlée à mes hormones de femme enceinte... Mais dans tous les cas, je rendais les armes, je sortais le drapeau blanc. Il ne voulais pas céder et visiblement je ne pouvais pas l'y forcer. Je n'allais pas me fatiguer inutilement. J'ai relevé les yeux vers lui quand il s'est levé, avant de s'approcher de moi doucement. Pendant une seconde, j'ai pensé à fuir, mais j'ai rapidement changé d'avis. Je me suis contentée de le regarder, presque timidement, mes mains rangées sagement derrière mon dos. J'ai eu un tout petit soupir quand il m'a dit qu'il me rapporterait tout ce que je lui avais demandé. Mais si possible, je voulais surtout que lui, il se rapporte tout seul. Entier et surtout vivant. Finalement, rien n'était plus important. J'ai souri quand il a caressé ma joue, mais mon sourire a rapidement disparu et je me suis empressée de baisser les yeux.

« Au moins tu sais ce que ça fait maintenant. »

J'avais été un peu agressive. Mais j'essayais de me défendre comme je pouvais. Oui, je lui avais fait du chantage. Simplement parce que c'était la dernière solution qui aurait pu marcher. J'avais au moins le mérite d'avoir essayé... Je me doutais bien, au fond, qu'il ne sortait pas pour le plaisir. J'ai osé relever les yeux vers lui au bout d'un moment. Je ne savais pas quoi faire, quoi dire... J'avais envie de partir, mais en même temps je me disais qu'il allait s'en aller et que peut-être...

« Je ne veux pas te perdre, Ethan. Quand il s'agit de toi, je me fiche de la communauté, je me fiche d'être égoïste. J'ai peur, c'est tout. Tu ne peux pas le comprendre, ça ? »

J'ai fait un pas vers lui. Nous n'étions plus guère très éloignés l'un de l'autre. Ce qui me convenait parfaitement. J'ai posé mes mains à plat sur son torse et je suis restée immobile et silencieuse pendant plusieurs secondes. J'ai fini par l'enlacer étroitement. J'ai posé ma tête contre lui en soupirant doucement. Bêtement, je voulais profiter de sa chaleur, de sa douceur... Quand j'ai parlé, c'était avec une toute petite voix.

« Et si jamais tu tombais encore sur Alan, hein ? Qu'est-ce que tu ferais ? Je ne veux pas qu'il te fasse du mal... »

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MessageSujet: Re: Hold your breath and count to ten...( Katarina)   Jeu 18 Mar - 17:14


Je n’en revenais toujours pas du chantage qu’elle me faisait. C’était un peu le monde à l’envers. Comme si nous avions inversé nos rôles. Il n’y a pas si longtemps, c’était moi qui lui faisais du chantage aux sentiments et elle qui cédait. Maintenant c’était elle qui me proposait de me reprendre si je restais. Pourtant dans ce cas là, je ne céderais pas. Même si j’avais envie que nous nous remettions ensemble, je ne céderais pas.

C’était peut être que ce n’était pas encore le bon moment. Malgré notre amour, nous avions sans doute encore besoin de réfléchir et de vivre seul.

« Au moins tu sais ce que ça fait maintenant. »

J’ai eu un sourire triste. Oui maintenant je savais ce que ça faisait. Mais je n’avais pas aimé qu’elle me dise ça et comme elle me l’avait dit. C’était comme si elle cherchait à me blesser. Pourtant je savais que je ne relèverais pas. Je ne voulais pas entamer une dispute. Pas pour si peu. Et puis je n’avais pas la force de hausser le ton ni de lui dire d’autres choses qui pourraient la blesser.

J’ai juste soupiré longuement.

« Je ne veux pas te perdre, Ethan. Quand il s'agit de toi, je me fiche de la communauté, je me fiche d'être égoïste. J'ai peur, c'est tout. Tu ne peux pas le comprendre, ça ? »

Elle s’est avancée vers moi et a posé ses mains à plat sur moi en me regardant sans rien dire. Je comprenais qu’elle puisse avoir peur, moi-même j’avais peur rien qu’a l’idée qu’elle puisse mettre un pied dehors. Mais j’avais foi en moi et en ma prudence. Il ne m’arriverait rien. Je prendrais toutes les précautions nécessaires. Mon cœur était ravi pourtant qu’elle me dise qu’elle était égoïste et que je passais avant la communauté. Mais je savais que ce n’était pas juste. Tellement de gens comptaient sur nous, moi parce que j’étais un des leaders et Katarina parce qu’elle était médecin dans cette communauté. Notre couple et notre famille passait avant tout, mais il fallait quand même penser aux autres. Apres tout, Alexander et Gabrielle prenait bien sur eux la plupart du temps, pour faire passer les autres avant eux et Emma. Alors si eux y arrivaient, pourquoi nous n’y arriverions pas nous ?

« Et si jamais tu tombais encore sur Alan, hein ? Qu'est-ce que tu ferais ? Je ne veux pas qu'il te fasse du mal... »

Alan… J’avoue que j’avais même presque oublié Alan. Et en y repensant maintenant je m’apercevais que je n’avais pas peur de lui. Je n’avais plus peur de lui. Je savais comment le contrer. Et je savais qu’il ne pourrait pas s’en prendre à Katarina puisqu’elle restait dans les murs de la communauté, protégée. Et puis vu la sécurité que nous avions mis en place, il ne pouvait pas venir lui faire de mal. Et s’il me menaçait encore plus, s’il s’en prenait à ma vie je le tuerais. Je n’avais pas très envie de tuer quelqu’un, mais je m’en savais capable si je n’avais pas le choix.

J’ai pris Katarina dans mes bras et j’ai approché mes lèvres de son oreille tout en lui caressant amoureusement le dos. Lena prenait de plus en place, si bien que je sentais maintenant le petit ventre rebondi de Katarina contre moi. Bientôt j’aurais du mal à la prendre dans mes bras comme ça. Bientôt, Lena serait là, et bientôt j’aurai une nouvelle responsabilité. La plus belle des responsabilités d’ailleurs : un enfant.

-Tu ne me perdras pas mon ange. Jamais ! Mais je peux comprendre que tu puisses avoir peur, mais je te le répète, je serais encore plus prudent que d’ordinaire.

Je savais que la mission m’aurait pris beaucoup moins de temps que ce que j’avais prévu. Mais je voulais qu’on prenne notre temps, je voulais leur apprendre à se protéger. J’avais foi en eux. J’étais sur qu’il ne nous arriverait rien. Et puis même si de prime abord les garçons n’avaient rien de grands, je savais qu’ils voulaient avoir un rôle plus important dans la communauté et je savais qu’ils m’obéiraient au doigt et à l’œil pour que je chante leurs louanges auprès d’Alexander et Aaron. Je connaissais l’ego des plus jeunes.

- Et puis pour Alan, si je le croise….hé bien je ne céderais pas. J’en ai fini avec ça Katarina. Je ne le crains plus. Et s’il nous menace, hé bien je sais ce que j’aurai à faire.
Et par là j’entendais le tuer. S’il le fallait je le ferais. Mais je savais comment ne pas en arriver là. Finalement je me rendais compte que j’avais vraiment mis un trait sur mon passé. J’avais réussi en un mois à l’accepter et a ne plus le laisser prendre le dessus sur moi. C’était mon passé, je n’en étais pas fier, mais il m’avait amené jusqu’ici, jusqu'à Katarina. Alors autant m’en servir positivement.

J’ai senti Katarina un peu fébrile alors je me suis un peu reculé et j’ai caressé sa joue et je lui ai parlé d’un ton protecteur et presque paternel

-Il faudrait que tu te reposes Katarina. Viens te reposer, je resterais prés de toi c’est promis.

Je savais que Lena adorait montrer qu’elle existait en pleine nuit, et que Katarina avait ainsi du mal à se reposer. Alors elle devait sans doute être épuisée, et au moins en pleine après midi, Lena ne viendrait pas troubler son sommeil en faisant des galipettes dans le ventre de sa mère.
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MessageSujet: Re: Hold your breath and count to ten...( Katarina)   Jeu 18 Mar - 18:28

J'ai eu un petit soupir. J'avais tellement eu peur de le perdre pendant tellement longtemps... Il faut croire que cette peur ne m'avait pas quittée, malgré ce que je croyais. Elle était toujours là, elle n'avait pas bougé en fin de compte. Elle s'était juste cachée, le temps d'avoir une bonne raison pour ressortir. Je savais d'ores et déjà que ces deux jours sans Ethan allaient être terribles pour moi. J'allais tourner en rond, je n'allais pas savoir quoi faire, j'allais sans cesse penser au pire. Je tenais tellement à lui que la simple idée qui puisse lui arriver quelque chose me secouait profondément. D'autant plus qu'il ne partait pas avec les hommes les plus expérimentés qui soient... J'aurais été nettement plus rassurée s'il était parti avec Alexander ou Aaron. Or ce n'était pas le cas. Je trouvais ça inconscient, personnellement. Mais ce n'était que mon avis tout à fait subjectif. Si seulement je n'avais pas été enceinte, j'aurais tout fait pour l'accompagner, même s'il m'aurait certainement remise à ma place. Mais j'aurais peut-être pu le convaincre. Chose évidemment impossible aujourd'hui. Il était hors de question de mettre la vie du bébé en danger, la vie de Lena.

J'ai levé les yeux vers lui quand il m'a dit à demis mots que s'il le fallait, il n'hésiterait pas à se débarrasser d'Alan pour de bon. J'avais beau me dire qu'il était capable de tuer, j'avais du mal à voir Ethan en tueur. Même moi, en tant que médecin, j'avais tué plus de gens que lui. Mais après tout, le savoir capable de se défendre était une bonne chose. Tant que lui restait vivant, le reste importait peu. Mais j'espérais qu'il n'ait pas à le faire. J'espérais que les choses se passeraient pour le mieux, pour une fois. D'après ce qu'il m'avait dit, l'expédition n'aurait rien de trop dangereux... Enfin, la partie où il montrait aux autres où trouver des vivres et compagnie. En ce qui concernait son retour chez lui... J'étais beaucoup moins rassurée. J'avais vraiment peur que ce soit là bas qu'il lui arrive quelque chose. Mais je savais qu'il était déterminé à y aller. Quoi que je dise, quoi que je fasse, il ne changerait pas d'avis. Il avait besoin d'y aller. Moi je n'avais jamais vraiment éprouvé le besoin de retourner chez moi. Il faut dire que quand j'étais partie, j'avais emmené avec moi ce qui comptait le plus. Je n'allais pas me trimballer avec mes dix kilos de bouquins de médecine, par exemple. J'avais pris des vêtements, des photos et le peu d'objets qui comptaient à mes yeux...

Mes doigts se sont crispés sur le tissu de son pull. Comme si je pouvais, par ce simple geste, le retenir... Je me faisais des illusions, je le savais. Je l'ai retenu quand il s'est écarté. Je refusais de le lâcher. J'ai eu un petit sourire triste quand il a caressé ma joue tendrement. Il me regardait avec un air plutôt rassurant. Pendant une seconde, je me suis détendue. Avant de me raidir complètement quand il m'a dit de me reposer. Quand il m'a dit qu'il resterait près de moi. Je suis restée un moment la bouche ouverte, à chercher quoi lui dire. Je ne trouvais pas mes mots. Ou alors ils me venaient directement en russe et mon traducteur interne avait quelques... difficultés.

« Je... Je ne veux pas que tu restes avec moi, Ethan. »

J'ai vu son visage changer de couleur. Je me suis empressée de me justifier. Je ne voulais pas qu'il croit que je le repoussais sciemment, pour me venger ou lui faire du mal.

« Je ne veux pas être là quand tu partiras, Ethan. Je sais que je vais pleurer et te supplier. Or je ne veux pas, parce que tu ne cèderas pas. »

Je ne voulais pas me ridiculiser devant lui et le reste de la communauté. Je préférais me réveiller en sachant qu'il était déjà parti. La machine serait ainsi lancée et je ne pourrais rien faire pour l'arrêter, je n'aurais qu'à attendre qu'il revienne... Je me suis hissée sur la pointe des pieds et je l'ai embrassé encore une fois, avant de l'enlacer avec la force du désespoir.

« Fais attention, Ethan. Fais attention. »

Je me suis laissée retomber et immédiatement j'ai ouvert la porte ( miraculeusement ! ). Je ne suis pas retournée à l'infirmerie. Je suis allée dans ma chambre et je n'en suis pas sortie jusqu'au lendemain matin. À ma plus grande surprise je n'ai pas pleuré. Je me suis contentée de mourir de peur. Au bout d'un moment, j'étais tellement fatiguée que je me suis endormie sans même m'en rendre compte. C'était peut-être mieux comme ça...

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