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 Hello, I am a zombie.

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Kaylhen Leighton

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Messages : 9
Date d'inscription : 24/05/2013
Age : 23

MessageSujet: Hello, I am a zombie.   Dim 28 Juil - 9:18

Marcher droit. Sans fléchir. Jamais. Plus jamais. J’apercevais les premiers pâtés de maisons. Plus aucune attache, plus jamais. C’était la dernière fois, la toute dernière fois que je me laissais atteindre par une perte. Mes pas me dirigeaient. Le réflexe, ou l’instinct peut-être, de rentrer à la maison pour reprendre ma « vie ». Faire juste semblant de reprendre le court de mon existence. Et pourtant, il ne me restait plus rien. J’avais définitivement tout perdu, à force de jouer avec le feu, avec les limites.
Pourtant je le savais, au fond de moi, que ça avait été dangereux de la laisser se promener. Comme si on avait pu être en sécurité juste parce qu’on avait des gardes, parce que j’appartenais à une communauté, à un groupe. La sécurité était juste une illusion qu’on s’était tous donné pour essayer de vivre en tranquillité. Et j’en avais payé le prix. Certaines familles en payaient le prix. Lyzee était plus que ma petite sœur, elle était ma fille, mon rayon de soleil, elle était le miroir de ce qui pouvait rester de bon en moi, mon oxygène. Ma vie, tout simplement. Elle représentait tout ce qui me restait, et désormais tout avait disparu.
Les deux gars qui surveillaient l’entrée d’ET commençaient à s’agiter, à me crier des choses audibles que je n’avais pas envie d’écouter, que je faisais semblant de ne pas entendre. Mes pas étaient déterminés, le regard au loin. L’un d’eux avait du mal à y croire, mais il me reconnaissait. C’est vrai que j’étais partie sans rien dire mais en même temps, j’avais été enterrée. Vivante. Peut-être que j’aurais du leur en vouloir, pour leur manque de professionnalisme tout particulièrement celui de Mathilda puisqu’elle m’avait considéré comme morte. Mais je m’en foutais, j’y étais complètement indifférente.

Je passai devant les gardes sans rien dire, sans un regard, sans la once d’un sourire ou d’un signe envers eux et j’ai marché jusqu’à l’infirmerie. Je ne me souvenais pas avoir croisé qui que ce soit, j’étais comme hypnotisée par l’instant, ça faisait trois jours que j’étais comme ça, depuis que j’avais trouvé Lyzee. Personne n’était à l’infirmerie. J’ai allongé Lyzee sur un lit, et ai retiré le drap de son visage. J’observais son tout petit visage, ses yeux définitivement clos autrefois si bleus, aussi bleus que les miens et que ceux de Maman et de Logan. C’était la marque du gène des Spencer, la famille de ma mère. Un frisson a parcouru tout mon corps, en partant du talon d’achille jusqu’au bas de ma nuque en passant par mon échine, mes jambes, mon estomac, mes épaules et mes bras. Un frisson d’horreur quant à ce qu’il était vraiment en train de se passer ; mais aussi de paix, de tranquillité, en me disant que ç’en était fini pour elle qui avait vécu un calvaire depuis la mort de mes parents et de mes deux frères dans des conditions abominables pour une enfant de cet âge-là, son expérience avec Carrie aussi pour être finalement sauvé par Aristide. Mais jamais elle ne s’était remise de ce que lui avait fait vivre ce monstre même si elle semblait aller mieux, je sais qu’une partie d’elle était à tout jamais hantée par cette malade mentale.

Je l’ai recouverte jusqu’au menton avant de sortir. Deux minutes plus tard, j’étais dans mon ancienne maison, le trajet depuis l’infirmerie n’avait été qu’un trou noir. La cuisine était vide, toute la maison semblait être vide, plusieurs meubles, comme le canapé du salon n’avait pas changé de place. Je suis montée dans les chambres à l’étage et le choc que j’eus en ouvrant une des portes n’est pas définissable par de simples mots. C’était la chambre d’Héphaïstos, cet enfant que j’avais si peu désiré que j’en avais presque oublié l’existence. Je ne suis pas restée sur le pas de la porte bien longtemps, j’ai ouvert la porte de ce qui avait été ma chambre et quelques souvenirs me revinrent vaguement à l’esprit. Douleur, souffrance, pleurs et cris. Un peu de sang aussi. Beaucoup même. Je revoyais le visage inquiet de Mathilda et celui tétanisé d’Aristide. Je fermais rapidement la porte en clignant des yeux, afin d’effacer les flashs qui me revenaient à l’esprit. Je redescendis au rez-de-chaussée et ouvris la porte d’entrée sans la refermer derrière moi. Toutes les personnes que je croisais me regardaient comme si j’étais une alien, mais je m’en carrais pas mal. Mes jambes m’emmenèrent à la bibliothèque. Un garçon d’environ 17 ans était assis sur les marches de la bibliothèque et je lui demandais si le bâtiment était fermé, il me répondit que oui et enchaîna sur autre chose que je n’entendais plus puisque j’avais déjà passé le pas de la porte.

J’avais du mal à y croire, tout était comme neuf. A croire que les mois à rénover le lieu n’avait été que éphémère, et pratiquement inexistant puisque je n’avais pas aidé à la terminer, j’étais en train de me mettre en danger en pensant sauver ma petite sœur à New-York. J’errais sans but entre les allées avant de m’arrêter face à un mur, de m’y adosser et de fermer les yeux. Voilà à quoi aller se résumer la fin de ma vie, en un mot : rien. Est-ce que je me voyais grandir ? Non. Vieillir encore moins. Juste mourir, avec une putain de bombe qui m’exploserait sur la gueule, là, maintenant, tout de suite, sur le rayon Histoire ancienne de la bibliothèque.

Je ne savais pas ce que je faisais ici et sans m’y attarder une seconde de plus, je me suis dirigée vers la sortie pour retourner à mon ancienne maison. Je savais que je n’avais pas le droit de me balader comme ça, encore moins armée, mais qu’est-ce que je pouvais bien avoir à faire de leurs conventions, de leurs règles et de tout ce qui allait avec. S’ils me considéraient comme un danger, qu’ils me tirent une balle dans la tête, je les aiderai même à ne pas me louper. Avant de sortir, j’aperçus l’ombre d’une silhouette sur ma gauche mais je ne pris pas la peine de m’arrêter.

Je me suis affalée sur le canapé. Pareil, des flashs, à nouveau. De Lyzee et moi. De Lyzee et Aristide. De Lyzee et Diane. De Lyzee et de ses copains d’école. De Lyzee et tout. Des heures à passer à lire tranquillement toutes les deux, sans un mot, juste deux sœurs côte à côté, des heures à parler, à la consoler, à la rassurer. Des heures à lui expliquer le sens de la vie et à répondre à toutes les questions existentielles que les enfants se posent à cet âge-là, des heures à chanter, jouer de la guitare, des heures à lui construire une culture musicale même si ce n’était plus très utile désormais. Lorsque je me suis assise sur le canapé quelque chose de dur me dérangeait pour m’installer correctement. En me retournant, j’aperçus un ancien appareil photo, les jetables pour être plus exacte, qui avait probablement appartenu à Lyzee. Je l’attrapais et remontais l’appareil, je le retournais vers moi et appuyai sur l’enclencheur avant de m’allonger et de fermer les yeux. Je commençais à sentir que mon corps était épuisé, que j’étais au bout. Mes jambes tremblaient, et j’avais la même sensation dans tout le reste de mon corps. Depuis combien de temps je ne m’étais pas assisse sur un canapé, ou un lit ? Depuis combien de temps je n’avais tout simplement pas dormi. Trois jours. Au moins. Le temps de marcher jusqu’à Elizabeth Town.


Dernière édition par Kaylhen Leighton le Sam 3 Aoû - 10:38, édité 5 fois
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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: Hello, I am a zombie.   Lun 29 Juil - 14:08

Une semaine, puis deux, puis un mois et ainsi de suite. Le temps passait inexorablement sur la petite ville d'Elizabeth Town, emportant avec lui les séquelles des évènements passés. L'explosion de l'église restait certes encrée dans toutes les mémoires, mais la vie semblait avoir reprit un cours presque normal dans notre petit village. Depuis que nous avions arrêté les personnes responsables des enlèvements et des meurtres, chacun s'était petit à petit remit à vivre normalement, les mesures de sécurité réduisant jour après jour. La bibliothèque avait fini par rouvrir, ainsi que l'école, et ainsi de suite. J'avais eu la chance de ne perdre aucun membre de ma famille, même si j'avais connu beaucoup des personnes qui avaient succombées à l'explosion. C'était ainsi.... La vie depuis la guerre n'avait plus rien de comparable avec celle que nous connaissions avant. Aujourd'hui, plus personne ne pouvait se targuer de n'avoir jamais enterré aucun membre de son entourage, et finalement, on s'habituaient peu à peu à la mort, à la destruction. L'explosion de l'église n'avait rien eu de très différent avec ce qu'il s'était passé durant la guerre : Des bombes, des cris, du sang. Encore et encore. Mais je n'étais, encore une fois, pas le plus à plaindre puisque ma famille était saine et sauve. Héphaïstos grandissait normalement, atteignant déjà ses huit mois, tandis que Gabrielle et Emma se portaient bien. Nous nous portions bien, n'était-ce pas l'essentiel ?

Peu après l'explosion, j'avais été ravagé d'apprendre que Samuel et Liam se trouvaient dans l'église et que mon meilleur ami allait garder à vie des séquelles. Certes était-il toujours en vie, mais pour quel genre de vie au juste ? Une vie en fauteuil, lui, Sam ? Le Sam que je connaissais, ce grand gaillard bourré de muscles, réduit à l'état d'infirme ? Je dois bien avouer que cela m'avait longtemps perturbé même si, bien évidemment, il n'en demeurait pas moins mon meilleur ami. J'avais essayé de lui rendre souvent visite, de lui apporter de la lecture afin de le divertir un peu durant sa convalescence mais au fond, j'avais immédiatement eu l'impression de l'avoir perdu. Il n'avait plus été le même, se comportant comme un véritable enfoiré avec tout le monde, y compris avec moi. Combien de fois m'avait-il viré de sa chambre alors que je voulais seulement savoir comment il allait ?  Et puis, finalement, nous nous étions vu beaucoup moins souvent, non pas parce que je ne le supportais plus, mais tout simplement parce qu'il était rentré chez lui et n'en sortais quasiment pas. En deux mois, il n'avait pas accepté mes visites chez lui plus de trois ou quatre fois. Alors quoi ? Avais-je réellement perdu mon meilleur ami ? Je n'en savais strictement rien, mais cela me faisait terriblement peur. Depuis la mort de Kay, Samuel restait la seule personne sur laquelle je pouvais compter, la seule qui me comprenait et la seule avec laquelle j'aimais passer du temps en dehors de Gabrielle et Olympe. Certes avais-je bien d'autres amis, mais ce n'était tout simplement pas la même chose : Kay et Sam restaient mes deux plus proches amis, ou du moins, l'avaient été, dans une autre vie...

" Tu plaisantes ? Sam n'aurait jamais fait ça. Il sait très bien comment je réagirais s'il choisissait Aaron comme parrain pour Ambre."

Cependant, au fond de moi je savais très bien que le Samuel auquel je pensais n'existait plus. La preuve en était : Il ne m'avait même pas invité à venir voir Ambre depuis que lui et Liam l'avait adoptée. Certes la chose ne remontait-elle pas à très loin, mais quand même. Je pensais que j'aurais été sur les premiers de la liste pour venir voir leur dernier petit bout de choux, et de toute évidence je m'étais trompé. Mais qu'il choisisse Aaron ? Aaron ? Non, ça, j'avais vraiment trop de mal à y croire. Gabrielle eut un regard compatissant avant de venir poser sa main sur mon épaule et me caresser en un geste réconfortant qui ne parvint cependant pas à atténuer ma peine. Il avait choisi Aaron comme parrain, et tout le monde en était certainement au courant. Tout le monde savait à présent que Samuel s'était rangé d'un autre côté que du mien... Car à mes yeux, choisir Aaron signifiait tout bonnement qu'il avait basculé du côté d'Alexander, surtout en sachant que la marraine était Mathilda. Deux personnes qui me haïssaient et avaient toujours montré leur loyauté envers Alexander, au point de me rendre la vie infernale pendant un long moment. C'était quelque chose que Samuel n'était pas sans savoir, et cela me faisait horriblement mal. Qu'il me trahisse de cette manière me faisait horriblement mal. Il n'aurait pas pu faire pire que choisir Aaron à ma place, à moins bien sûr d'avoir choisi Alexander, ou Ethan... Gabrielle tenta de me réconforter un long moment mais rien n'y fit : Je ne parvenais tout simplement pas à encaisser la nouvelle, broyant du noir tout en buvant bières sur bières, accoudé à la table de la cuisine comme un vulgaire alcoolique. Je n'avais plus d'amis. Samuel n'était plus mon ami.

Les jours qui suivirent cette nouvelle me parurent horriblement longs. Les rumeurs repartirent de plus belle dans la petite ville d'Elizabeth Town et les "pros Alexander" se réjouirent tous de savoir que Liam et Samuel s'étaient enfin rangés d'un côté : Ils avaient sans doute été les seuls à ne jamais l'avoir fait jusqu'à présent. Et si les choses avaient fini par se tasser au fil du temps, cette nouvelle relança grandement les conflits. On disait que Liam passait tout son temps au QG, travaillant auprès d'Alexander et d'Aaron à longueur de journée alors que, de mon côté, j'attendais désespérément une invitation de la part de Samuel, une invitation qui aurait pu signifier qu'il ne m'avait pas totalement oublié. Cependant, je finissais pas ne plus y croire : Même Olympe m'avait rapporté que Mathilda s'absentait chaque jour pour aller chez eux, et ramenait parfois avec elle Ambre qu'elle gardait à l'infirmerie. On racontait que la petite passait également du temps au QG, avec son parrain, et que personne n'avait jamais vu Aaron plus détendu que lorsqu'il était avec elle... Que Samuel allait beaucoup mieux depuis quelques temps... Qu'il sortait de chez lui, était agréable, souriant... Mais qu'il n'avait toujours pas posé ne serait-ce qu'un bout de sa saleté de chaise roulante chez moi ou à la bibliothèque. Bref, on disait très clairement que dorénavant je n'avais plus le moindre ami chez les survivants de New York, ce qui n'était en soit pas faux du tout. Mais qu'est ce que j'aurais pu faire, moi, mis appart accepter et passer mon chemin ? Je ne comptais pas débouler chez Sam à l'improviste et lui faire une scène de jalousie, alors... Eh bien, je passais le plus clair de mon temps chez moi ou à la bibliothèque, ignorant les autres, vivant dans mon monde comme c'était déjà le cas avant que je ne me rapproche de Sam. Cela ne me rendait pas totalement heureux, mais au moins avais-je Gabrielle pour me soutenir et me réconforter lorsque j'étais au plus mal. Elle était la seule à pouvoir encore m'arracher un sourire depuis que j'avais appris tout cela. Mon ange, ma déesse.

Une semaine était passée depuis que Samuel et Liam avaient choisi Aaron et Mathilda comme parrain et marraine pour Ambre et je n'avais toujours pas de nouvelles d'eux, en tout cas pas directement. On disait que Sam allait mieux, mais j'ignorais s'il comptait retravailler un jour à la bibliothèque. Depuis son accident, je travaillais donc avec Kari, une jolie brune qu'Isaiah m'avait envoyé afin de m'aider en attendant que Sam revienne. Etant donné que je suis un sexe en érection sur pates, je commencerais bien évidemment par dire que Kari était le genre de fille à vous faire tourner la tête en moins de deux. Fine, brune avec des yeux d'un bleu magnifique, elle était belle à en faire bander un type de 115 ans. En fait, elle me faisait énormément penser à Kay : Elle avait exactement le même genre de physique, à ceci près que Kay avait cette touche rebelle que Kari n'avait pas. Elle se donnait au contraire des genres de petite fille bien éduquée qui étaient bien loin de ceux qu'avaient autrefois ma meilleure amie, ma petite soeur. Ceci dit, ces yeux d'un bleu intense, ces cheveux noirs, bouclés et longs, ce corps fin et parfaitement dessiné... Oui, je ne pouvais m'empêcher de penser à Kay à chaque fois que je la voyais. Il y avait cependant quelque chose d'étrange chez cette Kari, une impression d'être dragué en permanence alors qu'elle me savait très bien casé. En réalité j'ignorais s'il ne s'agissait que de mon imagination débordante ou si elle cherchait réellement à m'allumer, mais tâchai de ne pas y prêter attention la plupart du temps : J'aimais Gabrielle, point final. Et même si je préférais les brunes, je ne risquais pas de tout foutre en l'air avec la femme de ma vie seulement pour pouvoir me taper la copie quasi conforme de Kay  : La dernière fois que j'avais agi de la sorte, je m'étais retrouvé avec un bébé sur les bras. Alors elle était bien mignonne, mais non merci.

" Kari, tu peux me descendre ça à la réserve s'il te plait ? "

J'eus à peine le temps de relever la tête de mes papiers que ses jolies boucles brunes disparaissaient déjà par la porte de la bibliothèque. Je soupirai avant de jeter un œil à la pendule accrochée au dessus de mon bureau : Là, elle ressemblait vraiment à Kay. C'était parfaitement son genre que de partir sans un mot deux heures avant la fin de son travail et surtout en ne prenant même pas la peine de me répondre alors que je lui parlais. J'eus un nouveau soupir avant de me résigner à porter cette pile de livres à la réserve moi-même, me disant qu'après tout, je n'avais jamais su dompter Kay non plus. Seulement voilà : Kari n'était pas Kay, et si je tolérais ce comportement venant de ma meilleure amie, je n'avais absolument aucune envie de le tolérer venant de Kari. Enfin, tolérer était un bien grand mot. Disons plutôt que Kay avait toujours eu un sale caractère et que personne n'avait jamais pu lui imposer quoi que ce soit, même pas moi. Mais Kari ? Non. Ce n'était définitivement pas Kay et je ne comptais pas me laisser marcher sur les pieds avec elle. Aussi, je laissai la pile de livres là où elle se trouvait et parti à sa poursuite, la retrouvant marchant déjà au loin. Je me mis à la suivre, bien décidé à lui remonter les bretelles comme il se doit, mais fronçai de nouveau les sourcils en la voyant pénétrer dans la maison que j'habitais avant d'emménager avec Gabrielle. Pourquoi allait-elle là-bas ? J'ignorais que cette maison était de nouveau habitée... Cela me parut étrange et pourtant je ne cessai pas de marcher, me disant qu'après tout je me moquais bien de l'endroit où elle vivait. Je voulais seulement qu'elle comprenne que travailler à la bibliothèque n'était pas une option ou quelque chose qu'elle pouvait faire quand elle en éprouvait l'envie : Elle devait tenir son service du début jusqu'à la fin, point final. Je pénétrai rapidement dans la maison et passai au salon, connaissant les lieux comme ma poche. Lorsque je vis Kari affalée sur le canapé, je ne pu m'empêcher de péter légèrement les plombs.

" Ca va, elle est belle la vie ? Pas trop dur de bosser à la bibliothèque ? Non parce que tu me le dis hein, je pourrais éventuellement t'accorder des pauses au lieu que tu de les octoies toi même ! Allez, bouge toi ! Je t'ai demandé d'aller mettre des putains de bouquins à la réserve alors tu lèves tes fesses de ce connard de canapé et tu y vas ! "

Je devais très certainement passer pour un dingue mais depuis que je savais pour Sam, j'étais légèrement sur les nerfs. Cependant, et ce bien malgré ma vulgarité et mes cris, aucune réponse ne vint. Je pensais qu'elle allait se dépêcher de faire ce que je lui demandais et partir en pleurant, mais non. Non. Elle se contenta de tourner la tête vers moi et me regarder d'un regard que je ne lui connaissais pas. Un regard qui, en réalité, ne lui appartenait pas... Et c'est uniquement lorsque je vis ces yeux, lorsque je reconnu ce bleu intense, ce bleu particulier qui n'était pas celui de Kari que toute ma colère retomba aussi vite qui soufflé mal cuit. Non, ce n'était pas Kari... Mais ce ne pouvait pas non plus être la personne à laquelle je pensais. Je restai figé de longues secondes, sentant mon visage se décomposer, avant de détacher mon regard de ce bleu unique et observer la personne qui me faisait face dans son intégralité. Une personne pale, sale, une personne portant des vêtements déchirés et dans un tel état d'épuisement qu'elle semblait tout simplement revenue d'entre les morts. D'entre les morts. Mon cœur loupa un battement avant que je ne fasse un bond d'au moins un bon mètre en arrière, n'en croyant pas mes yeux et surtout, ayant soudainement extrêmement peur. Kaylhen était morte, et pourtant c'était bien elle qui était assise sur ce canapé et me regardait. Enfin, c'était son...son...son fantôme.

"OH FUCK, FUCK, FUCK, FUCK "

A croire qu'il s'agissait là du seul mot de mon vocabulaire, mais je ne parvenais tout simplement pas à articuler quoi que ce soit d'autre tandis que je reculais, complètement terrorisé. Tellement terrorisé que lorsque je vis soudainement ce fantôme bouger pour se redresser sur le canapé, mon seul réflexe fut digne d'une petite fille de six ans : Je me mis soudainement à hurler comme une fillette et à pleurer, cachant mes yeux. Oui, j'avais peur des fantômes. Mais qui n'avait pas peur des fantômes ?

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