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 It’s the moment of truth and the moment to lie { GABRIELLE }

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Katarina K. Jones
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MessageSujet: It’s the moment of truth and the moment to lie { GABRIELLE }   Jeu 15 Avr - 10:33

Quand j'ai ouvert les yeux ce matin, j'ai tout de suite été assaillie par un mauvais pressentiment. Comme si je réalisais soudainement que quelque chose ne tournait pas rond. J'ai allumé la lumière et mon premier réflexe a été de regarder l'heure qu'il était. Dix heures. Évidemment. Je n'ai pas pu m'empêcher de pester contre Ethan, qui n'avait certainement pas voulu me réveiller. Sauf que j'étais censée retrouver Mathilda à l'infirmerie vers neuf heures. Je me suis donc dépêchée de m'habiller, je suis passée à la cuisine en vitesse avant de la rejoindre. Heureusement, personne n'était là. Pas de morts à déplorer ce matin. Merveilleux. Néanmoins, j'ai dû interrompre sa conversation avec Aaron. J'ai fait mine de ne pas y faire attention, mais Aaron s'est vite éclipsé. Finalement, j'aurais peut-être mieux fait de trainer un peu au lit... Je suis restée assise tout le reste de la matinée, à me demander ce qui n'allait pas. Je n'arrivais pas à me débarrasser de cet espèce de malaise. Ça n'avait rien à voir avec moi, ça j'en étais absolument certaine. J'allais bien, le bébé allait bien, Ethan allait bien... C'était certainement là, sous mon nez, mais je ne voyais rien. Et cela me mettait hors de moi.

A peine était-il midi que je me suis dépêchée d'aller dans ce qui nous servait de salle à manger, pour rejoindre Ethan. Je me suis efforcée de sourire et de faire comme si tout allait bien mais il n'était pas dupe. Il a vite réalisé que je n'étais pas dans mon état normal, mais j'étais incapable de lui dire ce qui n'allait pas. Parce que je n'en avais pas la moindre petite idée. C'est quand j'ai regardé autour de moi que j'ai eu comme une révélation. J'ai regardé tour à tour les occupants de la table. Alexander plaisantait avec Aaron... Lilly faisait des grimaces idiotes pour amuser les enfants... Nathaniel rêvassait... Gabrielle ne souriait pas. Emma était dans ses bras, jouant avec je ne sais quoi, mais Gabrielle ne souriait pas. J'ai eu une grimace. Depuis qu'elle était revenue blessée par accident il y a plusieurs jours de cela, Mathilda s'était occupée d'elle. Et comme une idiote, j'ai cru que tout irait bien... Perdue dans mes pensées, j'ai eu un sursaut quand Ethan s'est levé. Lui et les autres devaient retourner à leurs occupations. Je n'ai pas tardé à suivre, pour aller faire ma fameuse sieste.

Inutile de dire que je n'ai pas réussi à fermer l'œil. Cette histoire me tracassait au plus haut point. Seule dans la chambre et dans le lit, je me suis mise à penser à tout ça. Gabrielle disait qu'elle était tombée, que ses blessures résultaient de cette fameuse chute. Un nez cassé, des bleus, des côtes fêlées et cassées, des éraflures un peu partout... Je me suis redressée dans le lit assez brusquement. J'ai posé une main sur mon ventre, tandis qu'une certitude me venait. J'avais déjà vu ce genre de blessures. Aux urgences. Quand on accueillait des femmes battues... Gabrielle aurait-elle menti ? Pourtant Nathaniel confirmait sa version des faits... Je devais m'en assurer, en avoir le cœur net. Je me suis levée et je suis sortie de la chambre assez furieusement. J'ai manqué de heurter Isaac, qui semblait chercher quelque chose ou quelqu'un. Emma était dans ses bras. J'ai haussé un sourcil. Elle n'était pas avec sa mère, ou avec les autres enfants ?

« - Isaac, tu sais où est Gabrielle ?
- Dans le salon. Elle avait besoin de rester seule un petit moment, je crois. »

Parfait. J'ai déposé un baiser sur la joue d'Emma et je me suis dirigée vers le salon. Je ne savais pas ce que j'allais lui dire. Mais il fallait que nous parlions. Je voulais être sûre. Mais je priais aussi pour me faire des idées. Néanmoins, j'avais une certitude : Gabrielle n'allait pas bien. Et cela me rendait malade. Elle avait été là pour moi quand j'avais touché le fond, alors je devais lui rendre la pareille. J'ai poussé la porte du salon, sans trop savoir à quoi m'attendre. J'ai eu un soupir en constatant qu'elle n'était pas seule. Nathaniel était là aussi. Ça ne m'a pas arrêtée pour autant. Je suis allée m'asseoir en face d'eux, sur un fauteuil. J'ai posé mes deux mains sur mon ventre rebondi, et mes yeux ont fait l'aller retour entre elle et lui. J'ai pris une profonde inspiration.

« Tu n'es pas tombée, Gabrielle. Je ne sais pas ce qui t'es arrivé, mais tu n'es pas tombée. »

J'ai jeté un coup d'œil à Nate.

« Tous les deux, vous cachez quelque chose. Je ne sais pas de quoi il s'agit, mais c'est grave. »

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AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

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Dernière édition par Katarina Kuryenko le Mer 19 Mai - 16:47, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: It’s the moment of truth and the moment to lie { GABRIELLE }   Lun 17 Mai - 15:25

Les jours passaient, et ça ne s'arrangeait pas.

Quand je me regardais dans la glace je voyais que les blessures risquaient de se voir pendant un moment : Je ne me supportais plus et je ne supportais plus le regard des autres. Je ne pouvais malheureusement pas rester enfermée alors, j'essayais de faire bonne figure malgré mon apparence. Mon visage avait certes dégonflé mais il était encore couvert d'hématomes, surtout au niveau du nez qui avait été cassé. Si seulement ça avait pu être les seules blessures... J'avais eu des côtes cassées, des égratignures sur de nombreuses parties du corps et des hématomes extrêmement douloureux sur mes cuisses et mes genoux. Et puis... A chaque fois que je repensais au viol, j'en avais la nausée. C'était tellement perturbant de revoir sans cesse ces images... Il n'y avait cependant pas que cela qui me perturbait : L'un de mes deux agresseurs avait été tué par Nathaniel qui était arrivé à temps pour m'éviter la suite et la mort, mais j'avais moi-même tué de sang-froid le second, d'une balle entre les deux yeux. Ca, ça me rendait malade. Sur le moment, la haine et la soif de vengeance avaient pris le dessus sur le reste mais au final, je ne pouvais m'empêcher de penser que j'avais tout simplement commis un meurtre.

C'est de cela dont je voulais parler à Nathaniel.

Il m'avais raccompagnée à la Communauté le lendemain de mon agression et nous avions inventé une histoire pour expliquer mes blessures parce que je refusais de dire aux autres, et plus particulièrement à Alexander, ce qui m'était réellement arrivé. La seule personne à qui j'avais décidé de dire la vérité était Mathilda puisqu'elle m'avait soignée et qu'il était impératif qu'elle soit au courant de la réelle cause de mes blessures afin de me soigner au mieux : J'avais confiance en elle, et je savais qu'elle ne dirait rien. J'étais restée quelques jours à l'infirmerie et cela devait faire à peine deux jours que j'avais repris ce qu'on peut appeler une vie "normale" (même si je n'avais plus rien de la Gaby d'avant, même si j'étais incapable de sourire, de rire, de profiter des instants en compagnie de mon mari et ma fille) quand la culpabilité qui me tenaillait est devenue insupportable.

J'ai donc décidé de me confier à Nathaniel, qui était le seul sur qui je pouvais compter dans cette épreuve.

J'étais censé m'occuper des enfants cette après-midi là mais j'en étais incapable. J'ai donc confié Emma à Isaac et je lui ai demandé d'aller s'occuper des enfants, prétextant mon besoin de rester seule. Juste après, je suis allée trouver Nathaniel et il m'a accompagnée dans le salon. Nous nous sommes assis l'un à côté de l'autre sur le canapé : J'étais tout près de lui. Peut-être que cela aurait pu paraître bizarre et suspect de nous voir ainsi, mais il n'y avait aucune ambiguité venant de lui ou de moi : J'avais juste besoin de lui, et il le savait. Sa présence me rassurait. Oh, je sais : La présence de mon mari aurait du me rassurer mais je ne partageais pas un terrible secret avec mon mari, mais bien avec Nathaniel. Il n'a d'ailleurs rien dit et m'a laissée parler. J'ai mis un long moment, de longues minutes avant de me mettre à parler et à peine ai-je dis à Nathaniel que je me sentais coupable d'avoir tiré sur mon agresseur que la porte du salon s'est ouverte. J'ai aussitôt cessé de parler et j'ai porté mon attention sur la porte : C'était Kat. Elle est rapidement venue s'assoir sur un fauteuil en face de nous et s'est mise à nous fixer.

Puis...

« Tu n'es pas tombée, Gabrielle. Je ne sais pas ce qui t'es arrivé, mais tu n'es pas tombée. »

J'ai senti mon estomac se nouer et elle a jeté un bref coup d'oeil à Nathaniel avant de continuer.

« Tous les deux, vous cachez quelque chose. Je ne sais pas de quoi il s'agit, mais c'est grave. »

J'avais menti à Kat et je n'avais pas l'intention de lui dire la vérité. Alors, j'ai haussé les sourcils et fait mine de rien.

-On ne cache rien Kat.

J'ai même esquissé un maigre sourire, le premier depuis mon retour.

-Je suis tombée à travers un plancher usé et Nathaniel a fini par m'entendre crier et il est venu me récupérer. C'est tout.

Le coup de plancher usé, c'était une idée de Nathaniel et elle m'avait parue franchement bonne et plausible. J'avais réussi à mentir à mon retour et pendant plusieurs jours : Si je parvenais à ne pas lâcher maintenant, Kat finirait bien par nous croire et par arrêter de chercher d'autres explications. C'était en tout cas ce que j'espérais parce que si elle insistait trop, je n'étais pas certaine de pouvoir lui tenir tête très longtemps...

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MessageSujet: Re: It’s the moment of truth and the moment to lie { GABRIELLE }   Mar 18 Mai - 18:08

J'avais toujours été une fille discrète, qui ne se mêle pas de ce qui ne la regarde pas. Mais j'étais bien incapable d'appliquer cette simple règle quand je voyais que ceux que j'aimais n'allaient pas bien. Ça avait été une véritable torture pour moi de faire comme si la douleur d'Ethan ne me touchait pas, les temps ou nous étions séparés. Et en fin de compte, c'était à nos amis communs que j'avais demandé comment il allait. Je ne savais décidément pas être cruelle... J'avais été terriblement soulagée quand le mur qui s'était érigé entre nous s'était effondré. Mais quelle n'avait pas été ma surprise quand je m'étais retournée ! Il y avait un début de mur entre ma meilleure amie et moi. Et je savais pertinemment qu'elle ne fonctionnait pas comme Ethan. Elle était différente. Jusque là, c'était elle qui s'était battue avec moi pour que je lui avoue ce qui n'allait pas. Le problème, c'est que je savais qu'elle, si elle avait des problèmes elle ne dirait rien, pour ne pas m'ennuyer. Ou simplement parce qu'elle n'en avait pas envie une seule seconde de se confier à moi ? Je ne savais pas quoi penser. D'autant plus que je l'avais vue plus souvent en compagnie de Nathaniel ces derniers temps. Comme si c'était lui, son nouveau confident. J'appréciais Nate, beaucoup, mais cette nouvelle relation ne me disait rien qui vaille. J'avais vraiment un mouvais pressentiment.

Mes yeux on fait l'aller retour entre Gabrielle et Nathaniel. Ce dernier ne disait rien, mais je l'avais vu se crisper. Quant à Gabrielle... Il y avait quelque chose sur son visage qui ne lui correspondait pas. Comme si elle portait un masque. C'étaient ses traits, mais ce n'était pas elle. J'étais sûre et certaine que cet espèce de changement avait quelque chose à voir avec son... accident. J'ai eu un soupir. Je me suis tendue quand Gabrielle m'a affirmé qu'ils ne me cachaient rien. J'avais presque envie de la secouer pour qu'elle me dise la vérité. Mes doigts se sont crispés sur le tissu de mon pull. Toujours cette histoire de chute, avec Nathaniel comme sauveur... C'était un mensonge. Ce ne pouvait être que cela. Ou alors j'étais complètement paranoïaque. J'ai eu un sourire. Un sourire forcé, où transparaissait toute ma nervosité.

« Nate ? Tu veux bien nous laisser s'il te plait ? Il faut qu'on parle, entre filles... »

J'ai tenté un sourire aimable. Mais il était clair et net que je n'hésiterais pas à le mettre dehors à coups de pied au derrière s'il le fallait. Heureusement, Nate était quelqu'un de conciliant. Il s'est levé et a quitté la pièce, non sans jeter un petit regard à Gabrielle. Cela me confortait dans mon idée qu'il en savait plus que moi. Quand j'ai entendu la porte se refermer, je me suis détendue et je me suis laissée allée dans le fauteuil. J'ai caressé mon ventre rebondi. Je cherchais mes mots. Je n'avais pas envie d'être agressive avec Gabrielle. Je voulais juste... comprendre, être là pour elle.

« Un plancher usé ne casse pas un nez. Un plancher usé ne fait pas des bleus partout... sur les jambes, sur la poitrine. Gabrielle... »

Je me suis levée et je suis allée prendre la place de Nate à côté d'elle. J'ai caressé ses cheveux pendant de longues secondes, avant de soupirer doucement. J'ai ensuite pris ses mains dans les miennes. J'ai eu un sourire, que je voulais rassurant.

« Gaby... Je suis médecin, et je suis une femme. Et j'ai... J'ai parlé avec Mathilda. Enfin, j'ai essayé. Elle n'a rien dit, mais... Je sais que tu n'es pas tombée. Ce n'est pas possible. Je t'en prie Gabrielle. Dis moi ce qui ne va pas. Je suis terriblement inquiète pour toi. »

Et c'était un euphémisme. Elle semblait aller si mal que cela m'aurait presque rendue malade. L'inquiétude me rongeait. Gabrielle était ma meilleure amie, ma soeur. Savoir que quelque chose ou quelqu'un la faisait souffrir, c'était terrible.

« Je t'en prie. »

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MessageSujet: Re: It’s the moment of truth and the moment to lie { GABRIELLE }   Mar 18 Mai - 21:42

Kat a souri mais son sourire était étrange : Trop crispé pour être véritablement honnête. Je n'aimais pas ça du tout...

« Nate ? Tu veux bien nous laisser s'il te plait ? Il faut qu'on parle, entre filles... »

J'ai serré les poings et j'ai essayé de trouver une raison assez plausible pour protester mais je n'en ai pas eu le temps. Nate s'est levé et s'est dirigé vers la porte. Je l'ai suivi du regard et quand il m'a jeté un dernier regard près de la porte, je l'ai silencieusement supplié de revenir, de ne pas quitter la pièce. Malheureusement, il est sorti. Il m'a abandonnée là, face à Kat. J'ai doucement détourné le regard et baissé le visage : J'allais devoir me montrer forte.

« Un plancher usé ne casse pas un nez. Un plancher usé ne fait pas des bleus partout... sur les jambes, sur la poitrine. Gabrielle... »

J'ai continué à regarder ailleurs : Tout, sauf croiser son regard. Je l'ai entendu se lever et quand elle s'est assise à côté, j'ai détourné le visage de l'autre côté pour ne pas avoir à la regarder. J'étais venue là pour parler à Nate, pas pour raconter la vérité à Kat. Pourquoi fallait-il que ça se passe comme ça? Elle a doucement pris mes mains dans les siennes mais je ne lui ai pas rendu son étreinte. Je n'en avais pas du tout envie : Je me sentais prise au piège et ce n'était pas du tout agréable.

« Gaby... Je suis médecin, et je suis une femme. Et j'ai... J'ai parlé avec Mathilda. »

J'ai cessé de respirer. Non... Pas ça...

«Enfin, j'ai essayé. Elle n'a rien dit, mais... »

J'ai soupiré de soulagement. Mathilda n'avait pas trahi le secret médical. Pendant un instant, j'avais eu très, très peur.

«Je sais que tu n'es pas tombée. Ce n'est pas possible. Je t'en prie Gabrielle. Dis moi ce qui ne va pas. Je suis terriblement inquiète pour toi. Je t'en prie. »

J'ai fermé les yeux, j'ai pris une bonne respiration et j'ai doucement tourné mon visage vers elle. Alors, j'ai rouvert les yeux et plongé mon regard dans le sien. J'allais parler, mais il était hors de question de lui dire la vérité. Alors, j'allais devoir faire travailler mon imagination pour faire coller mes blessures à cette fameuse chute : Je n'avais pas le choix.

-Ecoutes... Je ne sais pas où tu es allée chercher des trucs pareils mais je t'assure que je suis tombée Kat.

Ma voix ne tremblait pas et rien dans mon ton ne pouvait laisser croire que je mentais. En tout cas, pour l'instant : Il n'y avait plus qu'à espérer que ça allait durer mais ce n'était absolument pas certain ça.

-Quand je suis rentrée dans ce vieil immeuble, je n'ai pas du tout fait attention. Je n'avais qu'une seule idée en tête : Retrouver l'adolescent. Je m'en voulais tellement de l'avoir laissé partir...

Ca, c'était vrai.

-Je suis montée et une fois au deuxième étage, le plancher s'est écroulé. Je suis tombée de plusieurs mètres Kat, et je suis tombée face au sol. C'est pour ça que mon nez s'est cassé et que j'ai eu autant d'hématomes à la poitrine et aux cuisses. Ca s'est passé tellement vite que je n'ai pas pensé à me protéger... J'ignore combien de temps je suis restée là à crier... Ca m'a parû très long...

Oh oui, ça m'avait parû très, très long.

-J'ai eu une chance incroyable que Nate soit passé par là pour rentrer... On a passé la nuit dans l'immeuble, il a veillé sur moi, et on est rentré au matin. Voilà...

Là, j'ai esquissé l'ombre d'un sourire. J'essayais de rassurer Kat, de lui retirer ces idées de la tête. Des idées plus que justifiées malheureusement.

-C'est comme ça que ça s'est passé alors... On en parle plus d'accord?... On revient pas là-dessus... D'accord?

Et là, je la suppliais carrément parce que je savais que si elle insistait, j'allais craquer et je ne voulais pas que ça arrive. Et pourtant, si je lui avais tout raconté, tout aurait été tellement plus facile... Mais non : Je ne devais pas.

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MessageSujet: Re: It’s the moment of truth and the moment to lie { GABRIELLE }   Mer 19 Mai - 17:46

Faire sortir Nathaniel, c'était la première étape. Je savais que Gabrielle ne dirait rien s'il y avait quelqu'un d'autre avec nous. Elle était plus têtue qu'une mule quand elle voulait. Et là, en l'occurrence, elle le voulait et je ne savais pas pourquoi. J'avais presque l'impression qu'elle ne me faisait plus confiance. Nous ne parlions plus toutes les deux. Et c'était terrible de voir que la situation s'était inversée. Je n'aurais jamais pensé que c'était si douloureux. Mais j'étais bien décidée à me battre pour que cela change. Je ne voulais pas que nous nous éloignions l'une de l'autre. J'avais besoin de ma meilleure amie. Et d'autres avaient besoin d'elle... Il fallait que je sache ce qui n'allait pas chez elle. J'avais peur pour elle, vraiment. C'était elle maintenant, qui faisait peur. Gabrielle qui ne souriait pas, c'était contre nature, enfin à mes yeux. Je l'avais toujours vue souriante, alors...

J'ai lâché ses mains et je me suis enfoncée dans le divan. Je la trouvais froide... Pas comme d'habitude. Cela ne me disait rien qui vaille. C'était comme si on avait remplacé ma meilleure amie par une autre. Je voulais la secouer, lui faire dire la vérité. Ça me rongeait de ne pas savoir. Et j'étais intimement persuadée que parler faciliterait aussi les choses pour elle. Parler faisait toujours du bien. Et je m'étais rendue compte de cela trop tard, hélas. J'avais pris la désagréable habitude de dissimuler mes sentiments. Encore que je n'y arrivais plus depuis que j'étais enceinte. J'étais beaucoup plus fragile, hyper sensible, les nerfs à fleur de peau. Mais je n'avais pas perdue cette faculté que j'avais de sentir quand les gens n'allaient pas bien. Ce don d'empathie ne me quittait jamais. Gabrielle s'était tournée vers moi, et j'ai attendu qu'elle prenne la parole. Évidemment, je ne m'attendais pas à ce qu'elle me dise tout tout de suite. C'eût été beaucoup trop facile...

J'ai eu un soupir. Bien sûr, elle maintenait qu'elle était tombée. Mais elle croyait vraiment que j'étais aveugle et que je n'avais rien vu ? Bon sang ! J'étais médecin. Et même si je ne l'avais pas soignée, j'avais vu certaines de ses blessures. Je suis restée muette pour le moment, je préférais attendre qu'elle me dise tout ce qu'elle avait à me dire d'un bloc. Elle était partie sur un coup de tête pour retrouver l'adolescent qui s'était enfui, terrorisé. Jusque là, ça se tenait. En revanche, l'histoire du plancher qui s'écroule et Nate qui vient la sauver miraculeusement, parce qu'il passait par là... J'avais un peu plus de mal. Remarquez, n'importe qui y aurait cru, en n'y faisant pas attention. Or moi j'y faisais attention. Parce que la santé de Gabrielle m'importait beaucoup. Et je ne voulais pas la voir malheureuse. Cela me rendrait malade... Je suis restée muette encore un moment. Je me suis passée une main dans les cheveux, pensive. J'ai ramené mes jambes sous moi, avant de secouer la tête. Non. Non, je ne voulais pas que la conversation s'arrête là.

« Non, je ne suis pas d'accord. Pour la simple et bonne raison que je... je ne te crois pas. »

Cela faisait mal à dire. Et à entendre. Je savais que j'allais la vexer. Mais c'était intentionnel. Je voulais la secouer, la faire réagir. De n'importe quelle façon... Sans rechercher à être cruelle pour autant. Parce que je ne voulais pas la blesser. Ce serait pire que tout.

« Si tu étais tombée de plusieurs mètres, tu te serais cassé autre chose que le nez. Tu aurais eu des égratignures de partout... Des hématomes partout, pas juste sur les cuisses et la poitrine... »

Je me suis retenue de lui dire que j'avais déjà vu des femmes battues avec des blessures similaires. J'étais sûre qu'il lui était arrivé quelque chose de grave, là dehors. Mais quoi ? Visiblement elle refusait de me faire confiance... Et j'avoue que cela me blessait...

«... Pourquoi est-ce que tu fais confiance à Nate et pas à moi, Gaby ? Tu te plaignais parce que je m'étais éloignée de toi et que tu trouvais cela insupportable... Parce que je ne te confiais plus rien... J'ai... J'ai l'impression que c'est le contraire maintenant. Tu ne veux pas me parler... Est-ce que tu ne me fais vraiment plus confiance ou... c'est quelque chose que je ne suis pas en mesure de comprendre ? »

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MessageSujet: Re: It’s the moment of truth and the moment to lie { GABRIELLE }   Jeu 20 Mai - 18:40

J'appréhendais sa réaction, sa réponse, et après un long moment de silence, elle me signifia qu'elle ne voulait pas s'arrêter là. Je fermai les yeux et soupirai : En cet instant, j'avais tout simplement l'impression qu'on s'acharnait sur moi. Pourquoi ne pouvait-on pas me laisser tranquille? Pourquoi devait-on remettre ce qui m'était arrivé sur le tapis encore et encore? Moi, je ne souhaitais qu'une seule chose : Qu'on me laisse tranquille. Ce n'était pas dans les plans de Kat malheureusement. Non, bien au contraire : Elle n'allait pas en démordre.

« Non, je ne suis pas d'accord. Pour la simple et bonne raison que je... je ne te crois pas. »

Je rouvris les yeux et regardai droit devant moi : Elle ne me croyait pas. Bon... Je fis un effort incroyable pour me contrôler et ne pas m'enfuir en courant. Si elle ne me croyait pas du tout, les choses allaient réellement se compliquer. Tant qu'elle croyait ou même qu'elle doutait un peu, c'était gérable mais là... Là, elle ne me croyait plus du tout. Elle savait que je mentais. Alors quoi? Devais-je inventer un autre mensonge. Tout cela se bousculait énormémént dans ma tête. J'aurais voulu avoir une brillante idée, trouver la solution miracle, mais rien ne me vint. Bon sang...

« Si tu étais tombée de plusieurs mètres, tu te serais cassé autre chose que le nez. Tu aurais eu des égratignures de partout... Des hématomes partout, pas juste sur les cuisses et la poitrine... »

Que pouvais-je répondre à ça? Elle avait raison et je le savais très bien. J'avais été bien idiote de penser qu'elle n'allait pas se poser de questions et mes blessures allaient véritablement concorder avec ce que j'allais prétendre et inventer. Peut-être avions-nous été trop rapides avec Nathaniel. Peut-être n'avions-nous pas assez réfléchi à ce que l'on pouvait trouver comme excuse. En même temps, la soirée et la nuit avaient été tellement horribles et épuisantes, pour moi comme pour lui... Cependant, en cet instant, je regrettais que nous n'ayons pas été plus prudents et plus vigilants. Mes regrets ne pouvaient pas m'aider : C'était bien dommage. Kat poursuivit : Elle était bel et bien décidée à me dire tout ce qu'elle avait sur le coeur.

«... Pourquoi est-ce que tu fais confiance à Nate et pas à moi, Gaby ?

Je me raidis et serrai les poings.

« Tu te plaignais parce que je m'étais éloignée de toi et que tu trouvais cela insupportable... Parce que je ne te confiais plus rien... J'ai... J'ai l'impression que c'est le contraire maintenant. Tu ne veux pas me parler... Est-ce que tu ne me fais vraiment plus confiance ou... c'est quelque chose que je ne suis pas en mesure de comprendre ? »

Je levai les yeux vers le plafond et pris une grand inspiration avant de me tourner vers Kat.

-Ca n'a rien à voir avec la confiance que je te porte ou avec le fait que tu ne pourrais pas comprendre ce qui m'est arrivé! Et si je fais confiance à Nate, c'est parce qu'il m'a sauvée!

Voilà ce qu'on appelle faire une erreur monumentale : Je venais de me trahir toute seule. Lorsque je le réalisai, je me tus, pétrifiée. Je sentis les larmes me monter aux yeux mais me retins de pleurer.

-Kat... Je.. .J'ai...

Je ne savais pas quoi dire, comment le dire ni quoi faire. J'avais l'esprit plus qu'embrouillé.

Je respirai un grand coup.

-Si je ne t'ai rien dis, c'est parce que je ne voulais pas t'inquiéter et aussi parce que... En parler...

Je posai doucement ma main sur celle de Kat.

-Je ne suis pas tombée mais...

Mais rien que ça, ces allusions, ça me rendait déjà fébrile et nauséeuse. Je me mis à trembler, comme ça m'arrivais souvent ces derniers temps.

-Si seulement j'avais été capable de mieux mentir... Tu ne te serais pas posée toutes ces questions et nous n'en serions pas là aujourd'hui... Je suis tellement désolée...

Je ne pouvais plus me retenir de pleurer à présent.

-Je ne sais pas mettre des mots sur ce qu'il s'est passé... Je n'y arrive pas... Ca me fait trop mal, trop peur... Je voudrais ne pas en parler... Ou plutôt... Je voudrais réussir à en parler, surtout à toi... Mais je ne peux pas Kat... J'aimerais pouvoir te rassurer mais je ne peux pas le dire... J'aimerais pouvoir te le faire comprendre sans le dire...

Je la regardai alors avec insistance, mon regard en disant long sur ce que je ressentais. A présent, je ne voulais plus lui mentir mais c'était encore trop dur de prononcer les mots. Beaucoup trop dur... Malgré les larmes, je pris sur moi pour rester calme et tenter de me faire comprendre. Là, d'un seul coup, je me souvins de la façon dont j'avais fait comprendre à Nate ce qui m'était arrivé. A ce moment-là, j'avais été incapable de parler, comme c'était le cas maintenant. Ma main serra plus fort celle de Kat et de ma main libre je touchai doucement ma poitrine, mon bas-ventre et la base de mes cuisses avec un regard éloquent. Je ne pouvais pas faire plus. Je haussai les épaules et secouais doucement la tête comme pour dire "C'est comme ça...". Et si quelques instants avant j'avais eu des regrets de ne pas avoir réussi à mieux mentir, à présent, je commençais à me sentir un tout petit plus légère. Une partie de mon secret était à présent dévoilée à ma meilleure amie et je mentirais si je disais que ça ne me faisait pas du bien... Cependant, il restait encore des choses cachées : Allais-je seulement pouvoir lui avouer jusqu'où tout cela avait été et ce que j'avais fait? Je n'en savais rien. J'étais trop secouée pour le savoir...

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MessageSujet: Re: It’s the moment of truth and the moment to lie { GABRIELLE }   Sam 22 Mai - 15:51

Allez Gaby, cesse de me mentir, je t'en prie... Ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Enfin, pour moi. Je voyais, je sentais qu'elle mentait. Elle avait été tellement sincère avec moi, tout le temps, que je n'avais aucun mal à sentir son mensonge. Et je me disais qu'elle avait tendance à oublier que j'étais l'une des personnes les plus empathiques de la communauté. Tellement que c'était une torture pour moi de voir une personne que j'aimais souffrir. Si j'avais été si proche d'Ethan dès le moment où il était arrivé, ce n'était pas pour rien. Sa détresse m'avait tellement touchée que j'avais été incapable de le laisser seul. Là, je ressentais un peu la même chose à l'égard de Gabrielle. J'étais incapable faire comme si tout allait bien. Incapable de dire « d'accord » et de passer mon chemin. Elle pensait peut-être que mon acharnement était cruel, mais ce n'était pas le cas. Tout ce que je voulais, c'était que nous parlions de ce qui n'allait pas. Je voulais simplement l'aider... je détestais me sentir impuissante face à la détresse de quelqu'un. J'étais décidée à ne pas quitter cette pièce tant que le problème ne serait pas réglé. Eh oui, j'étais aussi très têtue...

Gabrielle a levé les yeux vers le plafond avant de se tourner vers moi. J'ai ouvert de grands yeux hallucinés une fois qu'elle eût fini de parler. Gabrielle venait de confirmer mes craintes. Il lui était bien arrivé quelque chose, quelque chose de grave. Et Nate lui avait sauvé la vie, il ne s'était pas contenté de la sortir des décombres d'un immeuble. Alors que je m'étais raidie, j'ai vu le visage de ma meilleure amie changer de couleur. Elle était livide. Et je devais l'être aussi. J'ai eu un haut le cœur en voyant ses yeux devenir brillants de larmes. Je me suis redressée et j'ai tendu une main vers elle. J'ai posé ma main sur son épaule, alors qu'elle balbutiait, cherchait ses mots. Elle n'avait rien dit parce qu'elle ne voulait pas m'inquiétait, comme je le pensais. Elle a posé sa main sur la mienne. Elle était glacée. Ce n'était définitivement pas la même femme que j'avais en face de moi.

Elle s'est mise à trembler et je me suis inquiétée très vite. Elle n'allait vraiment pas bien. J'ai secoué la tête doucement. Oh non, mentir n'aurait servi à rien et je me serais sentie coupable de ne pas être présente pour elle. Je devais être là. Gabrielle était ma meilleure amie, ma sœur.

« Oh non, ne sois pas désolée, Gaby... Ce n'est pas ta faute si je me suis inquiétée... Tu sais comment je suis, je me fais un sang d'encre pour un rien... »

Il ne fallait surtout pas qu'elle culpabilise. Quoiqu'il lui soit arrivé, ce n'était pas sa faute. Gabrielle était certainement une victime, rien de plus... Et cela me crevait le cœur de la voir pleurer comme ça. Je ne l'avais jamais vue comme ça. D'ordinaire, c'était elle qui me rassurait, et moi qui pleurait. Je n'aimais pas cela du tout... Elle n'arrivait pas à me dire ce qui lui était arrivé. Je ne savais pas ce qu'il s'était passé, mais elle semblait choquée. Voire traumatisée. Toute cette histoire me plaisait de moins en moins. Elle voulait se confier à moi, mais elle n'y arrivait pas. Je lui ai jeté un regard désolé. Je ne savais plus quoi lui dire... Gabrielle s'est un peu écartée de moi, et de sa main libre, elle désigna sa poitrine, son ventre et ses cuisses. Je suis restée stupéfaite un instant, avant de comprendre de façon soudaine et brutale. J'ai plaqué une main sur ma bouche, choquée.

« Oh mon Dieu... »

Je me suis étranglée presque immédiatement. Gabrielle avait été violée. Elle n'était pas tombée, elle avait été violée. Je me suis mordue la lèvre si violemment que je me serais presque faite saigner. Ce n'était pas possible. Pas elle... Elle était la femme la plus douce et la plus gentille que je connaisse. Ça ne pouvait pas lui être arrivé, pas à elle... J'ai inspiré à fond. Non, je n'allais pas me mettre à pleurer, parce que cela ne l'aiderait pas. Je devais être forte. Sans vraiment réfléchir, j'ai pris Gabrielle dans mes bras.

« Je suis tellement désolée... Et même si cela ne changera rien, je suis désolée... »

Je passais ma main dans son dos doucement, pour l'apaiser, la calmer. Et surtout, je cherchais quoi lui dire. Mais que voulez vous que je lui dise ? Que ça allait passer, que ça allait s'arranger ? Non. Elle avait été violée. Je ne pouvais même pas lui dire qu'elle allait guérir. Elle serait marquée à vie. Je pourrais bien dire n'importe quoi, cela n'effacerait pas son traumatisme. Mon dieu, mais dans quel monde vivions nous ? Je l'ai serrée plus fort contre moi.

« C'est pour ça que tu restais si souvent avec Nathaniel ? Tu lui fais confiance, et tu lui es reconnaissante de t'avoir secourue... Excuse moi d'avoir douté de toi, je n'aurais pas dû... Pardonne moi, j'ai juste été idiote... »

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MessageSujet: Re: It’s the moment of truth and the moment to lie { GABRIELLE }   Ven 28 Mai - 13:27


Quand Kat comprit où je voulais en venir, je le sus tout de suite. Son expression changea brutalement et elle plaqua une main sur sa bouche.
Comment aurait-il pu en être autrement? Il était normal qu'elle soit choquée... Je l'observais en silence tandis que la vérité de ce qui m'était arrivée prenait toute son ampleur pour Katarina. Pendant un instant, je crus qu'elle allait se mettre à pleurer mais au lieu de ça, elle me prit dans ses bras et me serra contre elle. Je me laissai alors aller contre mon amie. Elle me caressa doucement le dos pour essayer de me calmer alors que mes sanglots redoublaient d'intensité. Elle resta un long moment sans rien dire puis elle reprit la parole. Elle parla de Nathaniel et du fait que je lui faisais confiance et j'acquiessai d'un petit hochement de la tête. Puis, elle me demanda pardon et quand elle ajouta qu'elle avait été idiote, je me reculai, essayant de contrôler mes larmes.

-Quoi? Non! Pourquoi tu dis ça?

Je ne pouvais pas supporter l'idée que Kat se sente coupable parce qu'elle avait douté de moi. Bon sang, mais c'était moi la fautive! J'étais la seule et unique responsable parce que j'avais pris cette décision.

-C'est normal que tu aies douté de moi. Je te mentais et tu me connais trop bien... J'aurais dû savoir que je pouvais pas te berner comme ça... Mais c'était mon choix. Alors... Je ne veux pas que tu te sentes coupable Kat...

Ce n'était pas la seule chose que je voulais.

-Et je ne veux pas que tu te rendes malade à cause de... Tout ça...

J'avais peur qu'elle s'inquiète trop. J'avais pour elle et pour son bébé et en y repensant, je me sentis coupable d'avoir craqué et d'avoir été incapable de mentir correctement. Kat devait prendre soin d'elle et du bébé, elle n'avait pas besoin que je vienne lui raconter ces horreurs... Je baissai la tête et posai mon front contre son épaule.

-J'aurais préféré tenir le coup et ne rien te dire...

Je soupirai et me reculai à nouveau tout en essuyant mes larmes. Je sentais la fatigue arriver à grands pas. Tout ça, c'était émotionnellement épuisant. Et il y avait encore tant de choses que je gardais au fond de moi, bien cachées. Je regardai Kat un instant avant de détourner le regard : Ces choses, je ne voyais pas comment les lui dire. Comment me confier à elle? Comment lui dire que j'avais tué un homme? Je ne l'avais dis à personne. Nathaniel était au courant parce qu'il était juste à côté de moi quand je l'avais fais mais sinon, je ne l'avais dis à personne. Je ne l'avais même pas dis à Mathilda et pourtant, je lui avais raconté mon agression. J'avais cependant évité de mentionner cette partie là. Alors le dire à Kat? Le dire à qui que ce soit? Je n'avais pas réussi à parler de mon viol avec des mots, alors parler de cet homicide...

-Je ne veux plus en parler.

Une manière comme une autre d'essayer d'éviter les questions. Qu'allait-il se passer quand Kat allait me demander comment ça s'était passé? Qu'aillait-il se passer quand elle allait me demander qui avait fait ça? Qu'allait-il se passer si elle en venait à me demander ce qu'ils étaient devenus? Je ne pouvais pas mettre le meurtre que j'avais commis sur le dos de Nathaniel. Oh, j'aurais pu puisqu'après tout, il en avait tué un. J'aurais pu dire qu'il avait tué les deux. Sauf que je n'étais pas comme ça. Je ne pouvais pas imposer la responsabilité d'un tel acte à quelqu'un d'autre. Je finis par m'enfoncer dans le canapé canapé et levai mon regard vers le plafond. Je ne dis rien. Tout repassait dans ma tête : L'agression, le viol, le meutre. Encore, et encore. Des images en boucle.

-Tu ne dois pas le dire à Alexander. Ni à Ethan. A personne Kat.

C'était sorti d'un coup, comme ça, tandis que mon regard était fixé au plafond. Malgré tous ces souvenirs qui me hantaient, j'arrivais à garder l'esprit clair : Ca n'allait peut-être pas durer longtemps. J'avais peur qu'il arrive un moment où j'allais péter les plombs et devenir complètement cinglée.

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MessageSujet: Re: It’s the moment of truth and the moment to lie { GABRIELLE }   Sam 29 Mai - 10:23

J'étais absolument horrifiée. Comment une chose pareille avait-elle pu lui arriver ? Ce n'était pas juste. Vraiment pas juste. C'était dans des moments semblables à celui ci que je me rendais compte à quel point le monde dans lequel nous vivions était cruel et bestial. Certes, des choses similaires étaient arrivées avant la guerre. Mais là, Gabrielle n'en aurait pas été la victime. Certes, j'étais égoïste de penser ainsi. Mais Gabrielle ne méritait pas ça. Et en y repensant, aucune femme ne méritait ça. Sauf qu'aujourd'hui il n'y avait plus aucune justice. Le type ( ou les types... ) qui avait fait ça était certainement en train de vivre sa petite vie tranquille à l'heure qu'il est. Et je trouvais ça révoltant. Parce que Gabrielle ne serait plus jamais tranquille, elle serait marquée à vie par cet événement. Je me sentais impuissante. J'aurais voulu être une fée pour pouvoir effacer tout ça d'un coup de baguette magique. Ou même pour remonter le temps. Mais ce n'était pas possible... Ce n'était pas possible. Tout ce que je pouvais faire, c'était être là pour elle. Je devais la soutenir du mieux que je pouvais, même si je ne changerais rien. Je devais être là pour elle, comme elle avait été là pour moi quand je n'allais pas bien. À ceci près que mes problèmes semblaient bien futiles par rapport à ce qu'il lui était arrivé. En ce qui me concernait, tout s'était arrangé. Pour elle, la reconstruction serait certainement beaucoup plus longue, et surtout beaucoup plus difficile.

« Ce n'est pas que je me sente coupable, c'est... C'est simplement que j'aurais aimé être là pour toi, tout de suite. Mais je comprends Gaby, je comprends... »

J'aurais certainement réagi de la même façon qu'elle. Mais j'aurais adoré pouvoir la soutenir immédiatement, plutôt que de la voir dépérir peu à peu, sans savoir quoi faire. J'avais bien vu que quelque chose n'allait pas. Mais j'étais loin de m'imaginer que... Ça n'aurait jamais dû arriver. Jamais. Mais ce genre de choses nous montrait aussi que nous n'étions en sécurité nulle part. Je n'osais même pas imaginer ce qui serait arrivé si Nathaniel n'avait pas été là. Elle ne serait probablement jamais revenue... Comme certains ne revenaient jamais. J'étais toujours angoissée quand je voyais quelqu'un que j'appréciais sortir. Et je n'étais pas la seule. Depuis qu'Ethan ne sortait plus, cette angoisse s'était un peu calmée, mais elle revenait en force quand c'était Alex ou Aaron qui sortait. Je ne savais pas comment je réagirais si je perdais quelqu'un qui m'était cher.

J'ai eu un soupir. Me rendre malade ? Trop tard, c'était déjà le cas. Je n'avais pas attendu aujourd'hui pour me faire du souci pour elle. Et je savais très bien que je n'allais pas m'arrêter tout de suite. Elle était ma meilleure amie, alors je ne pouvais pas me permettre de faire comme si tout allait bien. Ce serait terrible. D'autan plus que je me doutais qu'elle n'en avait parlé à personne d'autre que Mathilda et moi pour le moment. Encore que je doutais qu'elle se soit vraiment confiée à Mathilda. Alors je me devais d'être là, à son écoute. Pour essayer de lui rendre ce qu'elle m'avait donné.

« Non Gabrielle, il fallait en parler. Tu serais devenue folle sinon. Je me doute que ce n'est pas facile, mais c'est mieux. Ça enlève un poids de tes épaules... »

Par expérience, je savais qu'il valait mieux parler et dire les choses. Ethan et moi avions trop souffert de ce manque de communication entre nous. Alors nous nous étions promis de tout nous dire. J'aurais aimé qu'il en soit de même entre Gabrielle et moi. J'ai eu un soupir. Elle ne voulait plus en parler. Ce que je pouvais aisément comprendre.

« D'accord. Mais si tu ressens le besoin de parler avec moi, n'hésite pas à venir me chercher. Même à trois heures du matin, je serais là pour toi, Gaby. »

Je me suis laissée retomber dans le canapé, presque en même temps que Gabrielle. J'ai posé mes deux mains sur mon ventre, et je ne quittais pas Gabrielle des yeux. J'ai dû faire une drôle de tête quand elle m'a demandé de ne rien dire ni à Ethan, ni à Alexander.

« Je ne dirais rien à Ethan, je te le promets. Mais Alexander m'a posé des questions à ton sujet. Je n'ai rien dit, parce que je ne savais rien, mais... Tu devrais lui parler, il est terriblement inquiet, Gaby. Il se fait beaucoup de souci pour toi. Je sais que ce n'est pas à moi de te dire ce que tu dois faire ou non avec lui... Mais je pense que tu devrais... essayer. »

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