AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]

Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Mar 18 Mai - 17:29

Le soleil commence déjà à se coucher, et je ne suis pas encore rentré. Il faut dire qu’en claudiquant ce n’est évident. Le souci de la nuit, c’est qu’il n’y a plus de lumière, la plupart des lampadaires ayant été détruits. C’est généralement ce moment que choisissent les pillards pour agir, usant de l’obscurité pour ne pas se faire prendre de court. Vu que j’ai conclut un accord avec les Hors-la-loi, et que les Survivants ne me posent en général pas de soucis, je préfère agir de jour. Et tant mieux à vrai dire. Si je m’étais blessé de nuit, qui sait si je ne serais pas mort.

Tout à mes pensées, je regarde le soleil décliner au loin à travers les restes de building. Aussi ironique que cela puisse paraitre, c’est magnifique. Je m’arrête de marcher un moment pour admirer le spectacle. Je souris, repensant au nombre de fois où j’ai pu le regarder avec Emily… Emily… Ma mine s’assombrit immédiatement en repensant à elle. Je ne parviens pas à l’oublier. Je ne parviens pas à la haïr. Et je ne parviens pas à comprendre son départ. Pourquoi ? Qu’avais-je bien pu faire ? Ca, il faudrait que la retrouve pour le lui demander.

Profitant du peu de lumière qui reste, je regarde ma jambe, tâtant pour voir si son état n’a pas empiré. Mon jean est troué, non lacéré dans le sens de la longueur, tâché de sang et de poussière. Je me suis coupé en tombant avec le toit de ce foutu magasin. Ca m’apprendra à être plus prudent. En tout cas, je ne suis pas prêt de remonter sur un toit, ou du moins pas avant un sacré moment. La plaie me fait mal, mais au moins elle est à l’abri sous le morceau de T-shirt. Il faudra que je le vire vu la couleur. Entièrement rouge. Faudrait surtout recoudre, sauf que j’ai pas le nécessaire sur moi. Tout est à la planque. Au moins j’ai désinfecté, c’est déjà ça. Je vérifie mes nombreuses blessures, mais elles sont moins graves. Enfin, façon de parler. Je dois avoir une entorse ou une foulure au pied gauche, j’ai le genou droit écorché, mon dos me lance des éclairs, je dois avoir une ou deux côtes fêlées, ma tête me fait mal comme si on me frappait avec un marteau, sans parler des diverses douleurs musculaires. Je suis couvert de sang à plusieurs endroits, dont la jambe et la tête, j’ai les vêtements déchirés, aussi bien ma veste beige que mon chemise blanche et mon jean bleu sombre, de la poussière partout, notamment dans les cheveux.

Le soleil commence à se perdre derrière les gratte-ciels détruits. Grimaçant, je me remets en marche, boitant à travers les rues détruites. J’ai une planque pas loin, dans le cave d’un de ces immeubles. Seulement si je ne me dépêche pas, je finirais par ne plus le retrouver dans le noir. Mon sac à dos me semble peser une tonne, alors qu’il n’y a presque rien dedans, juste de quoi me soigner en cas d’urgence comme aujourd’hui. Heureusement que je suis prévoyant. Je marche, souffrant à chacun de mes pas, chacune de mes respirations. J’en viens à penser qu’il n’y a jamais rien eu d’autre qu’elle, qu’elle a toujours été là.

Soudain je trébuche et m’effondre par terre, grognant de douleur.

« Aaaaah… »

Le sang bat dans mes tempes, augmentant la puissance de mon mal de crâne. Avec un effort qui me parait surhumain, je pose un bras par terre, puis l’autre et tente de me redresser. J’ai trop mal, je vais pas y arriver. Je ferme les yeux, vaincu. Le sang bat fort dans ma tête, à tel point que je l’entends. C’est étrange, c’est comme des pas. Tac. Tac. Tac. Tac. On dirait que ça se rapproche. Comment ça peut se rapprocher si c’est dans ma tête que ça bat ? J’ouvre difficilement les yeux, ayant un vue du béton et des débris par terre. Le bruit continue d’approcher. Il y a quelqu’un pas loin. J’aimerais bien me redresser mais je ne m’en sens pas la force, encore moins de crier. J’ai l’impression que les pas se rapprochent de moi. On m’a vu ? Si c’est le cas, pourvu qu’on ne me prenne pas pour un cadavre par pitié !


Dernière édition par Alec Lewis le Jeu 20 Mai - 10:05, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Mar 18 Mai - 22:32

Plus les mois avançaient et plus je peinais à avancer. Ce ventre encombrant me gênait de plus en plus et je devais fréquemment me reposer quand il me hurlait qu'il n'en pouvait plus. Trop souvent, je sentais des barres douloureuses dans le bas ventre et quelques fois, j'avais même eu du sang dans ma culotte. Si le monde n'avait pas été ce qu'il était, j'aurais consulté un gynéco. Mais là, j'avais égaré l'adresse d'un gynécologue potable et je devais donc faire comme je pouvais. Allez survivre dans un monde détruit enceinte de 6 mois et seule vous! Oh, j'avais ma part de responsabilités là dedans... Je fuyais les gens et j'approchais rarement des être vivants, de peur de faire une mauvaise rencontre. Dans mon état, je ne pouvais pas courir vite et fuir, ni attaquer et me défendre.

Je ne pouvais que me faire discrète et éviter les mauvaises rencontres.

Comme les hors là loi par exemple. Violer une femme enceinte ne leur poserait sûrement pas de problèmes. Certains trafiquaient la drogue, d'autres les filles, d'autres des armes. Certains se foutaient de moi comme d'une guigne, d'autres auraient pu en profiter. Je n'étais pas spécialement jolie, je n'étais plus désirable avec mon ventre proéminent et mes membres alourdis, mais il y avait des tarés partout.

Je errais seule dans Brooklyn pour retrouver ma cachette avant que la nuit tombe. J'étais vêtue d'un pantalon de jogging trop grand, mais avec l'avantage de ne pas me serrer le ventre, un T shirt trois fois trop larges qui cachait ma bosse si on n'y regardait pas de trop près et une veste à capuche, elle aussi XXL. J'avais l'air d'un sac. Au moins, je ne ressemblais pas tout de suite à une fille, ça laissait le doute. Mes cheveux étaient attachés en une queue de cheval. Je n'avais plus aucune velléité de coquetterie depuis des mois.

Je marchais donc la tête baissée quand j'entendis un gémissement de douleur qui me fit m'arrêter brutalement. C'était quoi ça? Je scrutais les environs attentivement, avant de remarquer une silhouette par terre. Silhouette qui tenta de se relever avant de cesser de bouger. Oh merde, merde, merde, qu'est-ce que j'étais censée faire? Mon regard se porta avec angoisse sur le soleil couchant... puis sur la silhouette. Je ne pouvais pas laisser un type crever comme ça, sans rien faire. Il n'était pas dangereux pour moi... Je n'étais pas altruiste, mais je n'étais pas un monstre non plus.

Allez Emily, ma fille, fais une bonne action.

J'avançais prudemment de la silhouette étendue. C'était un homme il était face contre terre et il me semblait curieusement familier. Je m'accroupis près de lui, un peu gauche, avant de poser une main sur son épaule.

- "Hé... "

Je posais une main sur son cou, cherchant son pouls. il était vivant. Je soupirais de soulagement. J'entrepris alors de le retourner, avec difficultés, au vu de mon état, mais après quelques secondes et un grognement d'effort, je réussis à le mettre sur le dos... Et me figeai en reconnaissant ce visage, malgré le sang. Là, je me laissais choir pour m'asseoir, une main se portant à ma bouche ouverte en un oh silencieux de surprise. Un peu plus et j'allais m'évanouir.

- "Oh mon dieu Alec... Non..."

Je me penchais vers lui, le choc passé, alors que des larmes me montaient aux yeux alors que je le secouais.

- "Alec, réveille-toi, s'il te plait!!!"

Non non non, il ne pouvait pas mourir devant moi! Je l'avais quitté pour éviter de souffrir mais toute la puissance de mes sentiments pour lui me terrassa alors que je le voyais ainsi blessé. Il ne pouvait pas mourir, il ne devait pas mourir!

- "Alec, c'est moi, Emily! Ouvre les yeux!"

A ce moment précis, je n'avais qu'une idée en tête : le sauver et le voir en pleine forme. Oubliées les raisons de ma fuite... oublié le bébé qui grandissait en mon sein.

Notre bébé.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Mer 19 Mai - 10:13

Je sombre… Comme tout à l’heure, le néant m’appelle de sa voix enchanteresse, me promettant la paix et la fin de mes souffrances. Je ne vais pas mourir, je le sais, mais je me sens pourtant envahit d’une sérénité telle que j’ai l’impression que c’est le cas. Je me sens en paix avec moi-même, oubliant la douleur, la peine, la solitude… Pendant quelques heures je vais dormir d’un sommeil sans rêve, un sommeil réparateur. L’oubli… Je sombre vers l’oubli…

Le rythme des pas qui s’approchent me berce dans ma descente, m’accompagnant dans ma torpeur. Tant pis pour mon salut. Qui sait, peut-être qu’il va m’achever et m’offrir un repos éternel. Peut-être ne me réveillerais-je pas demain. Peut-être… Peut-être…

On me retourne, ce qui a pour conséquence de me sortir légèrement de ma torpeur. Légèrement, mais je n’en continue pas moins de sombrer dans le noir. Les Sirènes m’appellent. Leur chant est irrésistible, si bien que je n’ai plus conscience de mon corps tandis que les ténèbres m’engloutissent totalement…

Et voila que ma conscience se réveille en sursaut. Quelque part, au loin, on a murmuré mon nom. Comme tout à l’heure, prononcer mon prénom me fait revenir doucement à la conscience, à revenir vers la douleur. Quelqu’un me connait. Quelqu’un qui est venu m’aider. Serait-ce à nouveau Dick ?

Non, la voix est celle d’une femme, une voix familière. Où l’avais-je entendue ? Mon esprit est embrumé, tant par le sommeil auquel je viens d’échapper que par la douleur lancinante qui martèle ma tête. Je ne parviens pas à me rappeler, je ne parviens pas à mettre un visage sur cette voix. Qui est-ce ?

La voix jaillit à nouveau, m’appelant encore. Un autre prénom est prononcé. Un prénom qui me réveille totalement. Je suis parfaitement conscient mais mon corps refuse de bouger. Mobilisant tout ce qu’il me reste de volonté, j’ouvre avec peine les yeux. Le soleil a encore décliné, j’ai du mal à distinguer les formes et les couleurs. Doucement, je tourne la tête et aperçoit le ciel orangé. Je sens des mains sur mon corps. ELLE est toujours là. Baissant les yeux, je trouve du regard les mains avant de remonter vers le visage de leur propriétaire. Mon cœur martèle comme un fou dans ma poitrine, espérant ne pas se tromper. Dites-moi que j’avais bien entendu…

Je tombe sur son visage, et me fige. C’est elle. C’est bien elle…

« Emi…ly ? »

J’ai du mal à parler, tant sur le choc qu’à cause de la douleur. Ma vue se brouille, mes yeux se remplissant de larmes sans que je puisse les retenir. Ma main se lève doucement pour s’approcher de sa joue. Peu m’importe la douleur, je dois la toucher. Je dois m’assurer que je ne suis pas devenu fou.

« Dis-moi que ce n’est pas un rêve… »

Ma main bandée se pose finalement sur sa joue. Ce n’est pas un rêve, ni même une hallucination due à la fièvre. Emily se tient à mes cotés, vivante. Elle me semble légèrement différente, mais c’est bien elle.

« Tu m’es revenue… »

Si seulement je n’étais pas si faible, je l’aurais prise immédiatement dans mes bras pour la serrer et l’embrasser. La vie est mal faite…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Mer 19 Mai - 12:31

Je faillis sangloter de soulagement quand il finit par ouvrir les yeux et qu'il me chercha du regard avant de le braquer difficilement sur moi. Je pleurais en tous les cas, parce que des larmes s'échappaient de mes yeux pour dévaler mes joues. Dieu soit loué, Alec n'était pas mort! Amoché, mais vivant! Je n'avais aucune idée de la façon de le soigner, de l'étendue de ses plaies ni de comment le sortir d'ici, mais, sur l'instant, mon esprit pragmatique disparut derrière le soulagement. Alec n'avait guère changé, il était toujours aussi séduisant, même couvert de sang et grimaçant de douleur.

Il leva alors une main vers moi après avoir murmuré mon prénom et je pose la mienne sur la sienne quand il touche enfin ma joue, fermant les yeux et me délectant de ce contact. Pourquoi suis-je partie déjà? Ah oui, pour ne pas m'attacher à lui. Bravo, belle démonstration de mes idées, je fondais de nouveau devant lui et j'avais une envie folle de me glisser entre ses bras.

- "Non, si c'était un rêve, tu serais en pleine possession de tes moyens et moi, je serais plus jolie."

Parce que là, quand même, j'étais affreuse : habillée comme un sac, les cheveux peine coiffés, le visage blafard et pas maquillé, des cernes violettes sous les yeux et 5 bons kilos de plus depuis la dernière fois qu'on s'était vu. Mais ça, vu son état, il ne l'avait pas remarqué. Et je savais pas comment lui dire, ce n'était pas le moment.

- "Je suis revenue à temps pour te sauver on dirait. Tss, Alec, tu devrais prendre davantage soin de toi, c'est pas possible de se mettre dans des états pareils."

Je le prenais sur le ton de la plaisanterie, comme je l'avais légèrement repris. Je ne lui étais pas revenue, je refusais de lui revenir, mais je refusais aussi de le laisser comme ça.

- "Il va falloir te lever et marcher pour qu'on se mette à l'abri Alec, on ne peut pas rester ici, je ne suis pas de taille à nous défendre et toi, pas en état... Tu crois que tu peux marcher?"

Je n'avais pas le temps de lui demander ce qui lui était arrivé. D'abord se mettre en lieu sûr. Après on aurait tout le temps de parler pendant que je le soignerais.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Mer 19 Mai - 14:26

Six mois… Je l’ai cherchée durant six mois, et c’est lorsque je ne la cherche plus qu’elle me retrouve. Si Dieu ou le Diable existent, ils doivent bien se fendre la poire ! Emily est assise à coté de moi, pleurant à chaudes larmes. Je la distingue à peine, déversant moi aussi des torrents salés sur mes joues. Ca me fait un bien fou. Je porte ma main sur sa joue, et elle presse la sienne dessus tout en fermant les yeux. Un petit rire m’échappe, nerveux, heureux.

« Tu as toujours été la plus belle à mes yeux… Même éveillé... »

Je n’ose baisser les yeux sur ses vêtements, de peur que son visage ne s’évanouisse. Elle a beau n’être ni maquillée, ni peignée, fatiguée comme elle l’est, je la trouve plus belle encore que dans mes souvenirs. Mais si je lui dis, elle va me répondre que j’ai de la fièvre. Ce qui ne serait pas étonnant vu mon état.

« Pour qui devrais-je prendre soin de moi ? Personne ne m’attend… »

Personne ne m’attend plus aurais-je du dire. Mes larmes se sont taries, et un air peiné s’inscrit sur mon visage. Je n’aurais sans doute pas du dire ça, mais c’est trop tard maintenant. Je lui en veux encore de m’avoir abandonné, mais je ne lance pas le sujet. Ce n’est pas le moment, il faut partir d’ici.

« Que je puisse ou non, je n’ai pas le choix. »

Puisant dans les forces qui me restent, je me retourne et pose mes mains à plat sur le sol avant de me relever. Mes jambes flageolent, mais tiennent. Enfin pour l’instant.

« J’ai un endroit où l’on pourra se cacher, pas loin. Il va juste falloir marcher un peu. »

Je lui indique un immeuble non loin, à quelques mètres. J’y ai aménagée la cave, la transformant en dortoir. C’est pas le grand luxe, mais au moins on y sera à l’abri pour la nuit. C’est en me tournant vers Emily, afin de vérifier qu’elle a bien vu on nous allions, que je remarque son ventre. Rond. Il est rond comme un ballon. Mes yeux sont agrandis sous le choc. J’ignore combien de temps je reste ainsi à le fixer jusqu’à ce sorte de ma bouche un :

« Ah. »

Enceinte… Elle est… enceinte. Pourquoi je l’ai pas vu avant ? Je sens des sueurs froides me couler dans la nuque. Mille questions commencent à tourner dans mon esprit. Ma tête commence à me tourner, aussi je m’accroche à une grille en fer pour ne pas tomber. Je me redresse du mieux que je peux, et ose regarder mon ancienne compagne dans les yeux.

« Tu… Tu es… »

Je ne finis pas ma phrase, mes yeux allant tantôt de son ventre à son visage. Après un moment d’incertitude, j’ose enfin poser la question qui me torture depuis un moment.

« Qui… est le père ? »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Mer 19 Mai - 21:33

- "Je crois que tu t'es cogné la tête un peu trop fort, tu divagues."

Je n'étais pas jolie. Bien sûr, Alec n'avait cessé de me dire que j'étais magnifique, que j'étais merveilleuse, mais Alec était un comédien, Alec était quelqu'un d'enjoué et spontané, Alec était un rêveur. C'était cela que j'aimais chez lui, qui m'avait séduit... Mon coeur se serra et je perdis mon sourire attendri quand il me répliqua que personne ne l'attendait et que prendre soin de lui n'avait pas d'importance... Que répondre à cela? Je l'avais abandonné sans laisser un mot, sans explication et soudain je me rendis compte que j'allais devoir lui parler de ça, à moins de fuir à nouveau avant que ne viennent les reproches. Je ne répondis pas et préférai demander s'il se sentait assez bien pour se lever et qu'on file d'ici fissa.

- "Non, tu n'as pas le choix."

Je le regardai se lever et se mettre péniblement debout avant qu'il ne me parle d'un endroit où se cacher. J'esquissai un sourire.

- "Ce n'est pas moi le canard boiteux."

Enfin pas encore. J'avais quand même de plus en plus de difficultés à me mouvoir et ça n'irait pas en s'arrangeant. C'est alors qu'il me regarda avec des yeux ronds. je baissai le regard sur mon ventre qu'on devinait malgré le vêtements, avant de soutenir son regard, comme d'un air de défi. Il ne put lâcher qu'un Ah stupide. J'avais peur de sa réaction. je le vis vaciller et esquissai un geste vers lui pour le retenir alors qu'il balbutiait.

- "Enceinte oui. Je ne fais pas de l'aérophagie."

Et là, il posa une question stupide, une question qui me mit instantanément en colère. Je le giflai de rage, pas très fort, mais j'étais livide. Mais quel idiot, qu'est-ce qu'il croyait? Que je me tapais tous les mecs qui trainaient? Il avait été mon premier et il était le seul jusque maintenant.

- "Je suis enceinte de 6 mois, crétin! C'est toi le père Alec!"
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Jeu 20 Mai - 8:31

Je suis en état de choc. Emily est enceinte… Elle est enceinte… Seigneur ! Même dans mes rêves les plus fous je n’avais imaginé que je la retrouverais dans cet état. Je pensais bien que le hasard ferait que l’on se rencontrerait ç nouveau au moment où s’y attendait le moins, mais loin de moi l’idée que ce serait après une chute pour ma part et elle enceinte jusque derrière les oreilles.

Les questions se bousculent dans ma tête. J’ignore tout de sa vie après qu’elle m’ait quitté, aussi l’angoisse m’étreint. A combien de mois était-elle ? Savait-elle qui était le père ? Ce fut cette dernière question qui franchit mes lèvres. Pour toute réponse, j’obtiens une gifle, qui bien qu’elle ne soit pas forte, me fait tomber. Je me raccroche in extremis à la grille, évitant la chute. Je me redresse tandis que sa réponse furieuse me parvient aux oreilles. Une fois à nouveau campé sur mes pieds, je lui lance un regard plein de reproches.

« Et comment étais-je censé le savoir ? Je ne suis ni médium, ni médecin. J’ignore tout ce que tu as fait depuis que tu es partie, et je suis bien incapable de te dire à combien de mois tu es rien qu’en regardant ton ventre ! »

Je ne crie pas, mais la colère et la révolte transparaisse dans ma voix. Qu’est-ce qu’elle croyait ? J’ai imaginé mille scénarios possibles sur elle. Partir comme ça sans une explication m’a fait devenir fou et paranoïaque. Comment pouvais-je savoir si elle n’avait pas été violée, ou trouvé quelqu’un d’autre ? Pendant un moment de dépression je me suis même pris à croire qu’elle m’avait juste utilisée pour un temps avant de se trouver une autre bonne poire. Seulement j’ai très vite écarté cette idée. Je la connaissais trop bien pour savoir que c’était impossible. La déprime vous fait avoir les idées les plus noires et vous montre les autres sous un visage irréel et sombre.

Je passe ma main sur mon visage tandis que tout le sens de ses paroles résonne à mes oreilles. Je m’étais révolté par instinct, un réflexe acquis à force de fréquenter les Hors-la-loi. Mais maintenant, les derniers mots résonnent dans ma tête.

« C’est toi le père Alec ! »

L’angoisse m’étreint tandis que je demande :

« C’est pour cela que tu es partie ? Parce que tu es tombée enceinte ? »

J’ai peur. Je suis plus angoissé que si j’allais monter sur scène. Je vais être père. Je vais être père. Je vais…

BLANG

Instinctivement je tourne la tête vers la droite, vers l’origine du bruit. Il fait de plus en plus sombre, le moment rêvé pour surprendre les imprudents. Retenant une grimace, je sors mon flingue de son holster, et ôte la sécurité. Je n’aime pas ça…

« Allons-nous en… »

Boitant, je l’invite à me suivre jusqu’à ma planque. Je jette fréquemment des coups d’œil en arrière, attentif au moindre mouvement. Rien. Pourvu que ça reste comme ça jusqu’à ce que nous soyons en sécurité…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Jeu 20 Mai - 8:48

La claque était partie toute seule. A posteriori, j'étais montée sur mes grands chevaux un peu vite et je m'en voulais alors qu'il me jetait un regard de reproches. Le pauvre, je le malmenais et pourtant, il restait relativement calme au lieu de m'engueuler comme du poisson pourri après tout ce que je lui avais fait subir. Je sentis la honte et le culpabilité me perçer le coeur alors qu'il me reprenait vertement. Effectivement, il ne pouvait pas savoir ce que j'avais fais pendant 6 mois. 6 mois, c'était long et tellement court en même temps... J'aurais pu trouver quelqu'un d'autre, mais dans ce cas, est-ce que je serais seule et enceinte dans les rues ravagées? Non, je n'étais pas stupide à ce point... Est-ce que j'avais été violée? Ça aurait pu, mais le ciel en soit remercié, je n'avais pas vécu ce cauchemar.

- "Excuse-moi Alec, je suis un peu sur les nerfs et mon état me fait avoir des sautes d'humeur."

Un peu facile comme excuse, mais c'était en partie vrai. Mes hormones travaillaient et je fondais plus facilement en larmes, comme je me mettais plus facilement en colère. C'était déroutant, mais je n'avais pas eu beaucoup l'occasion de le constater, restant solitaire. Je posai un regard de compassion sur Alec qui me demanda soudain si j'avais pris la poudre d'escampette parce que j'étais enceinte. Ça aurait été tellement plus facile à expliquer ainsi. Mais je lui devais la vérité. Une partie du moins, puisque j'avais bien du mal à comprendre moi même ma fuite.

- "Non, je ne m'en suis rendue compte qu'après. J'ai songé à abandonner le bébé une fois né mais... Quand il a bougé la première fois, j'ai compris que je ne pourrais pas faire comme ma mère."

Je passai les mains sur mon ventre rebondi, sentant un petit coup de pied de la part de l'enfant. Malheureusement, impossible de savoir le sexe, c'était rageant. Je ne savais pas encore ce que je désirais le plus : fille ou garçon? Je crois que cela m'importait peu... J'avais peur d'être mère, je ne m'y attendais pas... Et avec la conjoncture actuelle, je n'avais aucune idée de comment j'allais m'en sortir avec le bébé. Sans compter qu'il me fallait trouver un médecin pour l'accouchement. J'avais une tonne de choses à prévoir et si peu de temps désormais. J'aurais du m'en soucier avant. Mais Alec était là. D'un côté, j'avais une envie folle de me reposer sur lui. De l'autre, j'avais peur de cette attache, peur de l'avenir avec lui, d'une vie avec lui et j'avais envie de fuir encore.

Je sursautai en entendant un bruit bizarre et je vis Alec tourner la tête vers son origine avant de sortir un flingue. C'était ça qu'il me fallait pour me défendre, mais je n'avais pas réussi à m'en trouver un. J'acquiesçai alors qu'Alec parlait de partir d'ici. Oui, nous n'avions que trop trainé. instinctivement et mue par l'angoisse, je m'emparai de sa main libre, savourant ce contact qui m'était si cher et qui m'avait tant manqué.

Avec lui, j'étais en sécurité et c'était un réel soulagement.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Jeu 20 Mai - 9:47

Au final ce ne sont pas les coups ou les blessures qui font le plus, mais les sentiments. Là où je l’ai le plus mal, ce n’est ni à ma jambe, ni à ma tête, mais bien à mon cœur. Me faire gifler et crié dessus parce que j’ai osé poser une question importante à mon sens… C’est plus le geste en lui-même que le coup qui me fait le plus mal. Je n’ai pas crié, mais j’ai bien fait sentir ma désapprobation. Je suis trop fatigué et trop faible pour pouvoir m’énerver réellement. Mais ce n’est pas pour autant que je me laisse faire. Toutefois ma réaction fait mouche, puisque Emily s’excuse. Je me radoucis, et soupire.

« Ce n’est rien va. On est tous les deux sur les nerfs et choqué. J’imagine qu’en te levant ce matin tu ne pensais pas me retrouver allongé par terre couvert de sang ? »

Si elle me répond oui, je ne sais pas comment je devrais le prendre. Je me détends un peu, mais seulement un peu. La pleine mesure de la nouvelle m’angoisse à vrai dire, et j’en viens à demander si c’est pour cette raison qu’elle est partie. Ce serait compréhensible, bien que stupide si le monde n’avait pas explosé. Elle ne l’a découvert qu’après coup, ce qui me laisse encore dans le vague quant à son départ. Par contre mon visage s’assombrit quand elle parle de sa mère. Elle avait accouchée sous X, abandonnant Emily qui avait vécu de foyer en foyer. Pas de vraie famille. Pas d’attache. Jusqu’à moi…

« Tu l’aimes déjà… »

Ce n’est pas une question, mais une affirmation. Elle n’allait pas reproduire le schéma de sa mère. Elle allait donner tout l’amour qu’elle n’a pas eu à cet enfant, qu’il soit garçon ou fille. Ce qui me fait penser qu’il va falloir trouver un médecin, un endroit stérilisé pour accoucher… Chaque chose en son temps, commence pas à paniquer Alec ! Chaque chose en son temps, pour le moment il faut…

Un bruit me mets immédiatement sur mes gardes, et je sors mon flingue, prêt à nous défendre tous les deux. Enfin tous les trois. Rien, mais il faut partir avant que quelqu’un ne débarque. Main dans la main, nous marchons au pied des immeubles, moi boitant comme le Dr House sans sa canne. Après près de deux minutes de marche, nous arrivons au bas d’un immeuble à moitié délabré. Je soupire en pensant à ce qui nous attend.

« Bonne nouvelle, nous sommes arrivés. Mauvaise nouvelle, on va devoir monter pour redescendre. »

Quelle idée brillante j’ai eu de m’installer ici moi ? Prenant mon courage à deux mains (façon de parler, mes deux mains étaient prises à l’heure actuelle), nous montons les marches du préau avant de descendre celles qui mènent à la cave. Ma jambe me lance à chacune d’elles, mais je souffre en silence. Vu son état, Emily doit souffrir aussi de cette descente.

« Rappelles-moi ne plus jamais m’installer dans ce genre d’endroit. »

Enfin nous arrivons en bas, où nous attends une porte fermée. Heureusement qu’il ne nous a pas fallut courir. Après avoir repris mon souffle, je déloge une brique dans le mur pour en sortir la clé de la porte et l’ouvre. Après avoir allumé la lumière, j’invite Emily à y entrer.

« Après toi. »

Une fois à l’intérieur, je referme la porte à clé, nous isolant ainsi du monde extérieur. Par chance, ce secteur de la ville était encore relié en électricité, mais pour combien de temps ? Au moins, on ne vivait pas à la chandelle. La cave était assez spacieuse et rectangulaire, servant à l’origine pour stocker la chaudière et le ballon d’eau chaude pour tout le bâtiment. Je l’avais aménagé avec un lit d’une place trouvé dans une des chambres, ainsi qu’une table avec deux chaises. C’était juste une planque pour dormir, et non une installation permanente. J’avais fait de même avec plusieurs autres endroits, partout en ville, même si certains avaient été découverts. Pour ça que je n’y garde rien d’essentiel. Au pied du lit, traine une panière avec des vêtements en vrac. Si je ne pouvais pas me laver, je pouvais au moins me changer. Sur la table, se trouvait une boite de premiers secours dans laquelle j’avais mis tout les médicaments que j’avais pu. Ca allait m’être utile ce soir.

« Bienvenue dans mon Home Sweet Home. Enfin, l’un d’entre eux. C’est pas le grand luxe, mais au moins on est à l’abri. »

Bon j’omettais dire qu’il n’y avait ni douche, ni chauffage. On ne peut pas tout avoir non plus…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Ven 21 Mai - 14:56

- "Je ne pensais pas te revoir tout court..."

Cela n'avait été qu'un murmure, mais bien audible pour lui. Ca, pour sûr, je n'avais pas songer le revoir... Je ne l'évitais pas particulièrement, la ville était assez grande pour que nous ne nous retrouvions pas face à face... Apparemment, je m'étais trompée. Le destin était étrange parfois. Si je ne l'avais pas trouvé, peut-être serait-il mort là, sans avoir assez de forces ou de motivation pour continuer ou abattu par je ne sais quel hors la loi...

Nous en revînmes au bébé et je lui avouais avoir pensé à l'abandonner avant d'être revenue sur cette idée en le sentant bouger la première fois. Son constat me fit sourire. Oui, je l'aimais déjà. Je n'avais eu aucune image maternelle et je ne savais pas si je serais une bonne mère, mais oui, je l'aimais déjà. c'était un si bel espoir dans ce monde de fous.

- "Je crois oui, qu'est-ce que ce sera quand il sera là. Ou elle..."

Mais un bruit suspect interrompt ces touchantes retrouvailles et je m'empresse de suivre Alec jusque chez lui. Lui en boitant, moi en me dandinant comme un canard. Et ça n'irait pas en s'arrangeant. Nous arrivâmes vite, fort heureusement, mais malheureusement, il fallait encore faire du sport. Je retins un soupir de déception et serrai les dents alors que je suivais cahin caha. Rude la montée. Moins difficile la descente. Essoufflée, je répondis à Alec :

- "Compte sur moi pour te coller une claque si tu as encore une idée aussi lumineuse de logement."

Je pris alors conscience que je parlais d'avenir avec lui et je m'arrêtai brutalement, choquée de le tromper ainsi quant à une vie à deux. Je ne savais plus ce que je voulais... Mon cœur voulait rester avec lui, mon esprit me disait de fuir. Il trifouilla alors dans le mur, prit la clé, ouvrit et me laissa entrer en première.

- "Merci."

J'en profitai pour regarder autour de moi. De la lumière, c'était déjà merveilleux. Un lit, une table, deux chaises. Je haussai un sourcil surpris.

- "Deux chaises? Tu as souvent des invités?"

Je souris avant d'aller m'asseoir sur le lit en soupirant d'aise et de passer une main sur mon ventre rebondi.

- "C'est parfait."

Je regardai de nouveau autour de moi.

- "Tu sais ce que je regrette? De ne pas pouvoir prendre de douches... J'en ai marre de me sentir sale, en plus d'être grosse."

Je sentis alors un nouveau coup de pieds et un sourire radieux éclaira mon visage. J'avais un peu mal au bas ventre, mais ça passerait. Je regardai alors de nouveau Alec.

- "Viens, je vais soigner tes blessures... Mais avant, si tu veux, tu peux... Tu peux le sentir bouger... Enfin, je sais pas si ça t'intéresse."
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Ven 21 Mai - 21:49

Entendre Emily me dire qu’elle ne pensait pas me revoir me fait un peu mal, je l’avoue. Un doute m’étreint, mais je n’ose formuler ma question de peur de la réponse. Je ne veux pas savoir. Pas tout de suite en tout cas. Nous parlons du bébé, et je souris en constatant qu’elle l’aime déjà.

« Tu aimerais que ça soit une fille ou un garçon ? »

Mais la conversation tourne court. Un bruit n’est jamais bon signe par ici, surtout lorsque la nuit tombe, aussi le mieux à faire est de décamper. Pistolet au clair et tenant la main d’Emily, nous partons en direction d’une de mes planques. Arrivés sur place, je me maudis d’avoir choisit un endroit avec autant de marches. Ni elle ni moi ne sommes en condition pour apprécier l’emplacement que j’ai choisit. La répartie d’Emily me fait rire. C’est étrange, mais à l’entendre c’est comme si nous ne nous étions jamais séparés.

« Tu oserais frapper un blessé ? »

Je réponds sur un ton enjoué, mais intérieurement une appréhension m’étreint. Comptait-elle rester avec moi ? Après tout, elle était partie pour une raison, et semblait ne pas penser me revoir. Peut-être ne le voulait-elle pas. Je réfléchirais à cela plus tard. Pour le moment, je sors la clé de sa cache et ouvre la cave. Je la laisse entrer la première, et lui allume la lumière.

« De rien. »

Je rentre derrière elle et ferme la porte à clé. Un réflexe vital de nos jours. Je me tourne vers la table et les chaises où sont entreposés les médicaments.

« Oh, euh non, jamais. Enfin jusqu’à aujourd’hui. Juste que… je ne sais pas. Je trouvais ça plus sympa avec deux chaises. »

J’ai jamais vraiment réfléchit à pourquoi j’en avais mis deux à vrai dire. Sans doute l’habitude d’avoir du penser pour deux pendant longtemps. Enfin presque. Le lit était pour une personne. C’était plus simple à descendre en bas. Si je m’étais installé en haut, est-ce que j’aurais pris un lit pour deux personnes ?

Je m’assois sur l’une des chaises et ouvre la boite de premier secours, sortant des gazes, des bandages, du désinfectant ainsi que de l’aspirine. Emily s’assoit sur le lit, désignant l’endroit comme parfait. Je souris, touché par le compliment. Dans quels endroits avait-elle bien pu vivre durant ces six derniers mois ?

« Si tu veux tu pourras tenter ta chance demain. Mais pour ça faudra monter un des apparts au rez-de-chaussée, ou au premier. Par contre, je garantis qu’il y ait de l’eau chaude. »

Ca, mieux valait ne pas trop y compter, mais qui sait, les miracles existent, j'en ai eu la preuve tout à l'heure, alors peut-être que…

« Et puis, tu n’es pas grosse Emily. »

Je cesse mon manège pour la regarder le plus sérieusement du monde. Tendrement je lui dis :

« Crois-moi, tu es loin d’être grosse. En vérité tu es énorme. »

Je lui souris à pleines dents, amusé, mais prêt à me défendre contre le coup qui risquait fort de venir. Par contre je redeviens sérieux lorsqu’elle me demande si je veux sentir l’enfant bouger. Encore un peu sous le choc, je regarde le ventre et déglutit.

« Ca m’intéresse oui. »

Grimaçant, je me mets à genoux (ce qui est loin d’être une bonne idée vu mon état, je vous l’accorde), remonte le T-shirt et pose une main sur le ventre. Dire qu’à l’intérieur se trouve mon enfant. Notre enfant. C’est si incroyable. Si fantastique. Si effrayant. Père… Je pensais bien qu’un jour je le serais, mais pas comme ça… Avoir un enfant avec Emily… Je n’y avais jamais songé. Parce que le monde actuel n’était pas propice à cela. Mais le destin en avait décidé autrement…

Je sens un coup de pied sous ma main. Il ou elle bouge. Ce mouvement me fait pleurer de joie.

« Je l’ai sentit… »

Je lève le visage vers Emily, radieux. Tous mes soucis, toutes mes préoccupations sont oubliés pour le moment. Grâce à ce coup de pied. Je vais être père, et cela ne m’effraie pas. Du moins à cet instant. Dans cinq minutes, je ne dis pas, mais là… J’ai l’impression d’être le plus heureux des hommes.

« Nous allons avoir un enfant… »

Ce n’est qu’un murmure qui sort de mes lèvres tandis que mes yeux se reportent sur le ventre, mais Emily doit l’entendre.

Nous.

Elle et moi.

Parents.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Mar 25 Mai - 9:20

Je ne répondis pas à la question d'Alec concernant le sexe de l'enfant. Un bruit suspect m'en empêcha et je préférai que l'on se mette rapidement à l'abri avant de continuer. Je n'avais pas spécialement envie de mourir maintenant ou de terminer violée parce que nous étions plus préoccupés par notre conversation que par notre survie. Ce qui ne m'empêcha pourtant pas de réfléchir à la question. Garçon ou fille? Je n'en avais strictement aucune idée. Les deux me plaisaient et je n'avais pas de réelle préférence au final. Ce que je savais, c'était qu'un être vivant et sans défenses allait devoir dépendre entièrement de moi et ça, c'était une source de terreur indicible.

Nous arrivâmes à sa planque, difficile d'accès pour lui, comme pour moi. Ces espèces de douleurs dans le bas ventre m'inquiétaient, je devais le reconnaître. Je supposai que je faisais trop d'efforts au vu de ma condition, mais je ne pouvais pas rester oisive non plus. J'essayais de récupérer le mieux possible, mais ce n'était, hélas, pas facile. D'ailleurs Alec me demanda de le rappeler à l'ordre la prochaine fois, ce à quoi je répondis que je n'y manquerais pas. Son rire me réchauffa de intérieur. Depuis combien de temps n'avais-je pas entendu quelqu'un rire? 6 mois... Et j'avais toujours adoré celui d'Alec, si spontané et lumineux. J'avais à chaque fois la sensation d'avoir des papillons dans le ventre.

- "Hum, je vais te remettre d'aplomb, comme ça, la question ne se posera plus."


Je pénétrai à l'intérieur et me laissai tomber sur le lit avec un soupir de soulagement audible, massant mon ventre douloureux. Je regardai Alec fermer la porte à clés. Heureusement que c'était lui et que je savais pouvoir avoir confiance... Je le taquinai alors sur ses deux chaises dont je ne voyais pas l'utilité s'il vivait seul. Tiens d'ailleurs, voilà que l'idée qu'il ai pu avoir trouvé quelqu'un d'autre m'effleure l'esprit. Et un sentiment de jalousie me pinça le cœur. Je n'avais pas le droit d'être jalouse, je l'avait quitté, je ne comptais quand même pas à ce qu'il m'attende toute sa vie. Quel soulagement quand il m'apprit en bafouillant que c'était purement décoratif.

- "Ah d'accord, tu te lances dans la déco d'intérieur, bonne reconversion professionnelle."

Je lui adressai un nouveau sourire taquin.

- "Peu importe la température de l'eau, j'en ai marre d'être crasseuse."

Alec déballait son petit nécessaire de survie. J'allais pouvoir prendre soin de lui et curieusement, cette idée m'emballait totalement. Il me répondit alors que je n'étais pas grosse comme je venais de m'en plaindre et j'ouvris la bouche pour protester quand il me devança et enfonça le clou. Je lui lançai un regard noir. Je savais qu'il plaisantait, mais cette fausse vexation faisait partie du jeu.

- "Humph."

Je croisai les bras sous ma poitrine et fis semblant de bouder, comme une enfant. C'est là que justement, mon enfant sa manifesta et j'en oubliai tout manège pour m'en émerveiller avant de proposer maladroitement à Alec de venir sentir son enfant également. Je le vis hésiter, avant d'accepter et de se glisser jusqu'à moi. Je grimaçai en constatant que ce mouvement lui était pénible, mais j'en oubliai de le lui dire quand il releva mon grand T-shirt et glissa sa main sur la peau pâle et tendue de mon ventre. De nouveau, je sentis ce mélange de sensations qui me donnaient envie de me pendre à son cou et l'embrasser, de me serrer contre lui... Je résistai, observant simplement sa grande main sur mon abdomen, avant de le regarder lui alors que je sentais le bébé bouger. Je vis son expression de joie incrédule, puis ses larmes d'émotion alors qu'il m'avouait l'avoir senti bouger. Je souris, posant ma main sur la sienne, avant de me figer alors qu'il disait que nous allions avoir un enfant. Tout à coup, je me rendis compte qu'effectivement, cela impliquait un avenir à deux, ce que j'avais fui quelques mois plus tôt... Pourtant, il était légitime qu'Alec profite de son enfant et passer ma vie avec lui était loin de me rebuter... Mais je ne voulais pas dépendre de lui, je ne voulais pas m'accrocher au risque de souffrir un jour de son départ. Parce que tôt ou tard, il m'abandonnerait, comme tant de familles quand j'étais enfant. on ne s'attachait pas à Emily, on ne voyait pas Emily...

Je le lâchai et me levai presque brutalement, allant chercher de quoi le soigner, avant de déclarer d'un ton sans répliques :

- "Allonge-toi sur le lit que j'inspecte un peu l'étendue des dégâts."
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Mar 25 Mai - 18:02

« C’est juste pour pouvoir me frapper que tu veux me soigner ? Cruelle que tu es ! »

Je rigole tout en descendant les marches, heureux d’avoir retrouvé Emily et de pouvoir à nouveau plaisanter avec elle. Comme ça m’avait manqué. Pouvoir avoir confiance en quelqu’un au point de ne pas marcher à reculons dans les escaliers, pouvoir rire avec cette personne, parler sans arrière-pensées… Pouvoir entendre sa voix à nouveau, entendre ses pas, admirer sa beauté, sentir son odeur (je n’ai pas honte de le dire, mais sa transpiration a toujours eu un effet aphrodisiaque sur moi, même si en ce moment c’était plutôt inefficace, j’avais d’autres choses auxquelles penser)…

Nous entrons à l’intérieur de la cave, un asile dans ce monde dangereux. La porte fermée, je me dirige vers la table tandis qu’Emily s’assoie sur le lit. Elle me fait remarquer qu’il y a deux chaises, chose à laquelle je n’avais pas fait gaffe jusqu’à présent.

« Comme tu dis. Je compte monter une entreprise afin d’offrir mes services de décorateur. Je suis sûr que ça peut rapporter gros ! »

Je souris tout en ouvrant la boite à pharmacie qui ne va pas tarder à m’être utile. Fallait changer mes bandages, ce n’était que du provisoire. Emily rêve de pouvoir se doucher, et je l’informe qu’elle pourra le faire demain, si toutefois elle ne craint pas l’eau froide.

« Je te comprends. Ca fait combien de temps que tu n’as pas pu te laver ? »

Je passe une main dans mes cheveux en bataille, et la retire pleine de poussière.

« Si ce n’était pas si dangereux, je serais bien partit en prendre une ce soir moi. Regardes-moi ça, j’ai de la poussière partout ! Je suis que j’en retrouve même dans mon caleçon ! »

Ah ça, pour sûr que j’en ai partout ! Mes cheveux bruns sont parsemés de blanc, mes vêtements sont plein de poussière de plâtre, mes blessures, n’en parlons pas, rouges et blanches… à dire vrai, je me demande quel est l’endroit où je suis propre. Sans doute nulle part.

Je taquine Emily lorsqu’elle dit se trouver grosse, lui répliquant qu’elle est énorme. En réponse à cela, elle me lance un regard noir avant de croiser les bras, et de tourner la tête pour bouder. Je rigole devant ce spectacle qui m’a tant manqué. Combien de fois elle m’avait le coup déjà ? Je ne me rappelle pas. A vrai dire, je n’ai jamais compté. Ce privilège féminin m’a toujours amusé, surtout lorsqu’il est feint comme maintenant.

Mon sourire s’efface lorsqu’Emily tourne la tête vers son ventre avant de me demander si je veux sentir l’enfant bouger. Après une descente à terre pénible et douloureuse, un mélange d’appréhension et de plaisir m’étreint tandis que je relève son T-shirt pour venir toucher son ventre dénudé. Dedans, à l’intérieur de la matrice maternelle d’Emily, se trouve notre enfant. Une vie grandit en elle, le fruit de notre amour à tous les deux. Cela me semblait un peu irréel, du moins jusqu’à ce que l’enfant donne un coup de pied dans ma main. Là c’était tellement tangible… tellement vrai… J’explosais de joie en pleurant comme un bienheureux, sans pouvoir me retenir. Emily posa sa main sur la mienne, et sans réfléchir, ma pensée s’échappe de mes lèvres. Nous allons avoir un enfant tous les deux. Nous restons ainsi un moment avant qu’elle ne se relève brusquement sans prévenir. Je reste un moment interdit, me demandant ce que j’ai bien pu dire de mal avant qu’elle ne me demande de m’allonger sur le lit pour inspecter mes blessures.

« A vos ordres chef ! »

Grimaçant je me relève et ôte ma chemise, ainsi que mon pantalon. Je n’ai plus que mon caleçon sur moi, ayant ôté mes chaussettes et mes chaussures de randonnée. Mes mains et ma jambe gauche sont bandées par des morceaux de T-shirt devenus rouges avec le sang. J’ai deux côtes fêlés au moins de ce que je sens, à moins que ce ne soit des déchirures musculaires. J’ai des blessures un peu partout, des bleus, des égratignures, des écorchures, et ce qui semble être une foulure au pied droit. Quant au dos, j’en sais rien du tout. J’aurais bien aimé avoir un miroir pour voir à quoi je peux bien ressembler. Quoique, je dois faire peur.

Je m’assois sur le lit, regardant Emily qui farfouille dans la boite de médocs.

« Tu trouves ton bonheur ? »

Je guète sa réaction, me demandant si je verrais dans son visage dans quel piteux état je suis.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Jeu 27 Mai - 20:28

- "Faut avouer qu'il y a du boulot, tu seras pas au chômage."

Ah ça... Se lancer dans la décoration d'intérieur avec tout ce bazar... Il allait falloir de l'imagination... Mais naturellement, cela n'était plus à l'ordre du jour. Alec était acteur et il adorait ça... Un métier qu'il n'était pas prêt d'exercer de nouveau, de même que le mien... Dessinatrice pour enfants... Donner du rêves aux petits bouts qui lisaient de belles histoires. Elles étaient loin les histoires de princesses et de princes charmants, de vilains dragons, de gentils génies. Mon métier ne servait à rien. Si j'avais été médecin, oui, mais ce n'était pas le cas. Sans emploi et âme errante... Déprimant.

Je grimace quand il me demande depuis combien de temps je ne me suis pas douchée... même lavée correctement d'ailleurs. Un peu d'eau souvent pour se débarbouiller... Une horreur.

- "Question qui fâche... Des semaines, ça c'est sûr. Un vrai putois."


J'émis un petit rire un peu gêné. Je n'étais pas spécialement coquette, mais je n'étais pas une crasseuse non plus. Mon rire se fit plus franc quand il parla de la poussière dans son caleçon. Une bouffée de chaleur me monta aux joues en songeant à ce qui se trouvait sous le caleçon et qui me faisait envie...

Nous partageâmes un tendre moment de complicité et d'amour renaissant... mais était-il seulement mort? Mais voilà que la peur de l'avenir me fit me fermer brutalement et penser à autre chose. Pauvre Alec, cela devait être difficile de me suivre... Moi-même je n'y parvenais pas toujours. Je me mis alors dans le rôle de l'infirmière, lui ordonnant de s'allonger, ce qu'il fit sans rechigner. Je compris alors mon erreur alors qu'il se retrouvait en caleçon devant moi... Il était toujours aussi beau et j'avais une envie folle de passer mes mains sur ses abdominaux fermement dessinés et ses pectoraux attirants. Oula Emily, arrête, tu divagues... Mes hormones devaient me jouer des tours.

- "Ouais, ouais, je devrais m'en sortir."

Je ronchonnai. Je vins m'asseoir près de lui et entrepris de retirer les bandages avec douceur, les laissant tomber à terre, tâchés de sang.

- "Mais qu'est-ce que tu as trafiqué?"

Un peu de désinfectant, des compresses... Beaucoup de compresses pour retirer la poussière, comme il le disait si bien. Je m'affairai calmement, le visage fermé, en fredonnant une chanson.

- "En tous les cas, tu as l'air d'avoir la forme malgré toutes ces blessures..."

Genre... Ouais, il était toujours aussi bien foutu...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Ven 28 Mai - 12:38

« C’est donc ça l’odeur que je sens depuis tout à l’heure ? »

Je lui fais une fausse mine dégoûtée, comme si son odeur m’incommode vraiment (ce qui n’est pas le cas). Je lui avoue avoir moi aussi besoin d’une douche pour ôter toute la crasse et la poussière, surtout celle qui se trouve dans mon caleçon. Cette réflexion lui arrache un véritable rire qui me réchauffe le cœur. Comme il m’avait manqué lui aussi. Je me demande depuis combien de temps elle n’a pas rit.

« Je ne me souvenais pas que le rose t’allait si bien… »

La voir avec les joues roses me ravi. Ca lui éclaire le visage.

Emily me propose de toucher son ventre pour sentir le bébé, et j’ose franchir le pas. Après un moment de frayeur et d’incrédulité, j’accepte l’évidence, j’accepte l’idée de devenir père. Je les protègerais tous les deux. Ce moment de communion, cette bulle de joie est vite percée par Emily. Quelque chose doit la gêner dans mes propos. Je ne dis rien, laissant courir. Pour le moment.

Je me déshabille, ne gardant que mon caleçon pour qu’Emily puisse jouer les infirmières. Je m’allonge sur le lit et attend. Pour une raison que j’ignore la voila qui se met à ronchonner, sans doute parce qu’elle ne trouve pas ce qu’elle veut. Elle ôte mes bandages, dévoilant une belle coupure à la jambe et des trous aux mains. Après Miss Ronchon, voila Miss Râleuse.

« Ho, trois fois rien. Le toit d’une superette s’est effondré sous moi et m’a entrainé dans sa chute. Je me suis détruit le dos, assommé, coupé, et enfoncé des bris de verre dans les mains en cassant une vitre. Rien de grave en sommes ! »

Tu parles rien de grave ! J’ai bien cru que j’allais y rester, mais bon valait mieux vaut dédramatiser la situation.

« Ca m’aura au moins appris un truc : Je ne remonterais plus jamais sur un toit ! Trop dangereux. »

A ça c’est fini, c’est clair ! J’aurais pu me retrouver empalé, me briser la nuque, me sectionner une artère sur un couteau… Et si j’arrêtais d’y penser ? Emily passe des compresses sur mon corps pour ôter la saleté et le sang, tout en fredonnant une chanson. Je souris et me retient de lui caresser le visage. Mieux vaut ne pas la gêner pendant qu’elle s’occupe de moi.

« Faut bien pour survivre. En parlant de mes blessures, tu crois que je vais garder quelques cicatrices ? »

Probablement sans matériel médical adapté. Bah, les filles adorent ça il parait. On n’a jamais parlé de ça avec Emily. Je me demande si elle me trouverait sexy avec des cicatrices en plus. Je ferme les yeux tandis qu’elle passe les compresses sur mon corps et tente de penser à autre chose. Je commence à avoir envie d’elle. Sentir ses doigts au travers m’excite. En même temps après six mois d’abstinence faut me comprendre, faut me comprendre. Et puis c’est elle ! Il suffit juste qu’elle me lance un regard un peu coquin pour que je m’enflamme.

J’ouvre les yeux d’un coup. Et merde ! Je commence à bander… Chiottes ! Pourquoi il a fallut que je repense à ça ? Portant mon regard sur Emily, je lui demande :

« Et toi ? Ca a pas du être évident ces derniers temps dans ton état… »

Je dois détourner son attention sinon je sens que ça va mal finir cette histoire. Même en me disant qu’elle est enceinte, ça ne suffit pas à me calmer. Je la trouve encore plus sexy qu’avant. Je vais me faire tuer, je le sens…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Ven 11 Juin - 13:14

- "Quoi? Mon nouveau parfum ne te plait pas?"

Il fallait mieux plaisanter. Ma condition me donnait parfois envie de pleurer. Ne pas pouvoir se laver quand on voulait, ne pas toujours manger à sa faim, mettre des vêtements sales et déchirés... Je n'en avais jamais eu conscience jusqu'ici, mais ce que je trouvais normal avant le cataclysme, me semblait être maintenant un luxe que je ne pouvais plus m'offrir. Et je le regrettais amèrement. Il me fit un nouveau compliment, ayant remarqué que je rougissais. Mince, je ne savais pas cacher mes émotions.

- "Comme si tu pouvais distinguer une variation de ma carnation sous la couche de terre et de poussière..."

Apparemment, oui. A moins que cela ne soit parce qu'il me connaissait très bien? C'était possible. Mais j'avais raison : j'étais sale et repoussante, la poussière incrustant ma peau, comme la terre et je rêvais d'une bonne douche, tout froide soit-elle.

Alec touche alors mon ventre et prend enfin conscience de ce que cela implique. Malheureusement, moi aussi, et je sens mes certitudes s'étioler. Je suis ébranlée. Alec était aussi le père, il avait le droit de voir grandir son enfant et je devais admettre que savoir qu'il était là à veiller sur nous me rassurait dans ce climat d'incertitudes. Sans compter que j'étais toujours amoureuse de lui, malgré les mois, malgré la distance. Je n'avais fais que reculer pour mieux sauter. Et j'étais effrayée par la violence de mes sentiments et de mon désir pour lui. Je me rendis compte que cela faisait 6 mois que je n'avais rien ressenti, sinon la peur. Tel un animal, j'avais tenté de survivre, de trouver de la nourriture, de me protéger. Je n'avais ressenti nul plaisir, nul désir, nul amour. Et je retrouvais cela avec violence face à Alec.

Je décidai donc de prendre mes distances, prenant un ton plus neutre alors que je décidais de le soigner. S'il fut surpris de ma brusque saute d'humeur, il n'en dit rien, ce dont je lui fus gré. Perturbée par la vue de son corps athlétique, je me mis à ronchonner et râler, mais encore une fois, il laissa passer, jouant la carte de l'humour.

- "Qu'est-ce que tu fichais sur un toit? Tu veux te tuer ou quoi?"

Inconscient. Il était totalement inconscient et c'était un miracle qu'il ne soit pas déjà mort. J'hésitai entre l'envie de me serrer contre lui et celle de l'étrangler pour son imprudence... Surtout quand il prenait ça avec tant de légèreté pour dédramatiser. Je me mis à fredonner une balade irlandaise tout en m'affairant quand il parla de cicatrices. Ce fut plus fort que moi, je me surpris à rétorquer avec un sourire équivoque :

- "C'est très sexy les cicatrices, un vrai piège à filles... Ça donne un air sauvage et mystérieux à la fois... Le fantasme Albator."

Je me mis à rire doucement. Notre complicité était finalement intacte et j'étais en train d'encourager bien involontairement une possible nouvelle idylle entre nous, après tout le mal que je lui avais fais... N'étais-je pas en train de lui en faire encore? Il ferma les yeux et j'eus tout loisir de l'observer, mon coeur se serrant devant ces promesses de bonheur auxquelles j'avais renoncé, par peur de l'abandon, par peur de souffrir. j'avais souffert pourtant... C'est là que mon regard descendit bien indécemment sous sa ceinture et que je remarquai une petite bosse bien suspecte, qui me faisait penser que derrière ses yeux clos, Alec pensait à des choses pas très catholiques... Même alors que j'étais sale et grosse, il avait envie de moi? Je sursautai à sa question, en remarquant qu'il me fixait. Je rougis de nouveau, prise en flagrant délit de matage éhonté.

- "Moi? Euh, je euh... Je me suis débrouillée, comme j'ai pu... C'est vrai que plus le temps passe, moins je suis endurante et agile... Je suis fatiguée Alec, fatiguée de me battre pour survivre, fatiguée de ne pas manger à ma faim, fatiguée de ces vertiges et malaises intempestifs parce que le bébé n'a pas tout ce qu'il lui faut..."

Je me mordis la lèvre, honteuse de confier ainsi ma faiblesse. Et pourtant, j'avais besoin de réconfort, d'une main secourable, d'aide.

- "Je ne sais pas de quoi demain sera fait et cela me fait peur."

Ma main alla se perdre sur le torse d'Alec, mes doigts caressant les courbes alléchantes de ses pectoraux et de ses abdos. Un peu rieuse et cherchant à effacer mes paroles et ma confession, je repris, mutine :

- "Je rêve ou tu as des idées mal placées, trahies par ton corps? Je suis surprise que tu bandes pour une fille aussi grosse que sale."
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Ven 11 Juin - 18:04

« Oh si, j’adore ! Tu me donneras son nom que je t’en offre un flacon pour noël. »

Je peux parler, mais moi non plus je sens pas la rose. Entre le sang, la poussière et la transpiration… Je sens le mâle sortit tout droit de la salle de sport, qui s’est castagné dans l’atelier d’un maçon ! La bonne odeur que je dégage. L’homme viril, le vrai ! Ouais ben, si pour être viril faut puer comme ça, je préfère être traité de fiotte ! Ca voudrait dire au moins je peux me laver comme je l’entends…

« J’avoues que ce n’est pas évident de voir la différence. Mais ce qui m’a mis sur la voie ce sont tes yeux. Ils changent d’éclat chaque fois que tu rougies. »

C’est en les voyant que je me suis rendu compte qu’elle avait légèrement rosie. Vu la crasse accumulée, c’était difficile de le remarquer, mais elle avait reprit quelques couleurs. Ou peut-être que je me l’imaginais. Peut-être que mon esprit me fait croire que je la vois rougir parce que j’ai interprété son regard. Si je commence comme ça, je vais me retrouver à être capable de voir ses grains de beauté malgré la couche de saleté. En tout cas, j’ai hâte de revoir son visage au naturel. Non parce que le choix du fond de teint laisse un peu à désirer quand même là.

Emily m’autorise à toucher son ventre rond, et la prise qui me prend me fait dire un mot malheureux qui écourte ce moment d’allégresse. Il faudra que nous en discutions, mais je repousse ce moment. Pas de suite. Plus tard. Demain peut-être. Oui demain. Pour le moment, Emily veut s’occuper de mes blessures, ce qui ne me dérange pas. Je suis incapable de le faire avec mes mains. Je me déshabille et m’allonge sur le lit en caleçon. Emily commence à nettoyer mes plaies et ôter la poussière avant de me demander ce qui m’est arrivé. Tout naturellement je lui raconte ce qui m’est arrivé comme si c’était naturel que de tomber d’un toit. Bien sûr, la voila qui s’énerve. Elle doit me prendre pour un inconscient.

« Si je voulais me tuer, j’aurais trouvé une méthode plus efficace et plus radicale que celle-là tu sais. C’était pas si haut, juste trois mètres. Et puis c’était le seul moyen de pénétrer dans le magasin. J’avais besoin de récupérer certaines choses pour négocier avec les Hors-la-loi. Tout ce que j’ai récolté ce sont des bleus et des bosses. »

Ca me fait penser qu’il va me falloir trouver un autre magasin pour trouver des piles moi. Un où je n’aurais pas à monter sur le toit de préférence, sinon Emily va me tuer. Je grimace un peu quand elle passe sa main sur certains endroits. Je me demande si elle ne fait pas exprès d’appuyer aussi fort pour me faire comprendre combien c’était stupide de ma part. Quand je pense que demain sera pire. Je vais être courbaturé de partout. J’espère que pourrais sortir du lit quand même.

Emily se met à chantonner, ce qui m’arrache un sourire. C’est si bon de l’entendre à nouveau chanter. Quand je lui parle de cicatrices, elle sourit et me répond en riant que les filles adorent ça. Je ne peux m’empêcher de rire à mon tour quand elle me parle du fantasme Albator.

« C’est vrai, j’oubliais ce fantasme ! J’espère en avoir quelques-unes alors. »

Mon sourire se fait d’un coup songeur tandis que je murmure :

« Si ça piège la seule femme dont j’ai envie… »

J’ignore si Emily m’a entendu ou non, aussi je lui jette un coup d’œil avant de fermer les yeux. J’ai un problème, un sérieux problème. Comment se fait-il que dans mon état je puise être excité ? Ses doigts me font frissonner, mais elle doit prendre ça pour de la douleur. Je tente d’oublier, de me concentrer sur la douleur. Ca ne marche pas des masses. Changement de plan. J’ouvre les yeux et lui demande comment s’est passé la vie pour elle. Elle m’avoue en avoir assez de cette vie, de son état, de devoir survivre chaque jour… Sa peine me fait mal, horriblement mal. Je pose ma main blessée sur sa joue tandis et avant que je puisse la réconforter voila qu’elle me parle de mon érection. Là c’est moi qui rougis.

« Hum, tu as remarqué ? »

Je baisse la tête, honteux. Ce qu’elle m’a raconté aura au moins eu le mérite de me faire débander, c’est déjà ça.

« C’est l’inverse plutôt. C’est mon corps qui a des idées mal placées. La caresse de tes doigts sur lui semble lui faire de l’effet, à mon grand dam. »

Je regrette sincèrement et cela s’entend dans ma voix. Je redresse le visage vers Emily pour m’excuser.

« Désolé. »

Je repense à ses paroles de tout à l’heure et soupire.

« Pour en revenir à ce que tu disais tout à l’heure… Est-ce que… »

Je peine à dire la suite, craignant sa réaction. Craignant qu’elle disparaisse à nouveau. Ma main toujours sur sa joue, je plonge mon regard dans le sien en disant :

« Est-ce que tu accepterais que je t’aide ? »

Juste de l’aide, voila ce que je lui propose. De l’aide pour survivre. Elle ne peut y arriver seule, mais j’espère que notre histoire commune ne lui fera pas dire non. Je ne supporterais pas de la voir à nouveau partir, surtout dans son état.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Ven 11 Juin - 18:44

Je me contentai de rire quand il me complimenta sur mon parfum qui sentait si bon le fennec et me promit de m'en offrir à Noël. Non merci, si pour Noël il pouvait m'offrir des douches régulières, là, je serais ravie. Il remarqua alors que je rougissais et je le chambrai là dessus, mais sa réponse me fit taire soudainement... Ah? Il voyait ça à mes yeux? Me connaissait-il donc si bien qu'il pouvait faire de telles déductions? Pour le coup, je devais rougir de plus belle.

Mais nous passâmes à autre chose, de moins agréable : ses blessures. Évidemment que je e fâchai en apprenant comment il s'était fait cela! J'étais inquiète pour lui, c'était un gamin inconscient, même s'il était plus âgé que moi. Il me répliqua le plus calmement du monde que s'il avait voulu mourir, il s'y serait prit autrement, et je frissonnai à la mention des Hors la loi.

- "Tu magouilles avec eux?"

C'était dangereux. Décidément, Alec ne cherchait pas une vie toute tranquille et sans dangers, c'était désespérant... Fricoter avec les Hors la loi... Non mais quelle idée franchement! Je le soignai alors, appuyant peut-être un peu plus fort sur certaines zones écorchées, par vengeance, très mesquine, je le reconnais. Mais Alec savait toujours comment me distraire et me faire rire, comment faire s'envoler ma colère. Nous plaisantâmes alors sur ses cicatrices et leur effet fou sur les filles mais son murmure coupa net mon hilarité. Il parlait de moi... Il m'aimait toujours et me voulait toujours. J'en étais flattée et heureuse mais aussi désolée qu'il n'ai pas tourné la page pour son bien, même si cela devait me faire mal.

Il n'avait pas besoin de me piéger avec des cicatrices, j'étais déjà à sa merci, mais il n'en avait pas conscience.

Je remarquai alors qu'il avait une petite érection, mais ne lui fit pas remarquer tout de suite puisqu'il me demanda ce qu'était ma vie depuis notre séparation. Je lui avouai mon ras le bol, ma fatigue, mon découragement, ma peur... Avant de changer de sujet et de tenter de le chambrer, de le mettre mal à l'aise. Réussi.

- "Évidemment, ça ne passe pas inaperçu en caleçon et tu n'es pas particulièrement mal pourvu."

Oui, c'était un compliment sur son anatomie. Pas sûre que cela l'aide à se sentir mieux, mais c'était amusant.

- "Ne sois pas désolé... Que tu puisses encore me trouver attirante est flatteur pour mon ego malmené."

Mais c'était retombé, douché par ma confession peu réjouissante et évidemment, Alec y revint. Je le figeai alors qu'il me demandait si j'acceptais son aide. Je le regardai longuement, avant de soupirer, un soupir entrecoupé de sanglots. Finalement, je craquai et me blottis contre lui en pleurant, incapable de faire la lumière sur mes sentiments, mes envies, la prudence. Tout se mélangeait.

- "J'ai peur Alec, peur de l'avenir, peur de devenir mère, peur de l'importance que tu pourrais prendre dans ma vie..."

Tout ceci était dit par saccades, à cause de mes pleurs incoercibles.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Ven 11 Juin - 20:37

« Magouiller n’est pas le terme. Avant que je ne te rencontre j’ai passé un deal avec eux. Je leur apporte quelques fournitures et ils me laissent aller où je veux sur leur territoire. C’était ça, ou bien vivre parmi ou mourir. J’ai marchandé ma liberté du mieux que j’ai pu. En plus ça me permet d’obtenir de la bouffe quand j’en trouve pas, comme quand on vivait ensemble. »

Pendant un moment j’avais hésité à leur demander de retrouver Emily, mais j’ai renoncé. Je n’avais pas confiance. Ils l’auraient probablement trouvée, mais l’aurait probablement violée avant de me prévenir. Je ne pouvais pas prendre ce risque. Certains de ces types ne sont que des chiens affamés sans scrupules qui se laissent aller à leurs plus bas instincts. Je ne négocie avec qu’eux que par nécessité. Pour ce qui est de la confiance, hormis un ou deux types, je n’en ai aucune envers eux.

Emily me malmène un peu, appuyant bien sur mes bleus pour me faire mal. Ca, elle n’est pas contente que je fricote avec les Hors-la-loi et que je joue les casse-cous sur un toit. Seulement nécessité fait loi, aussi je vis comme je peux, prenant peut-être des risques inconsidérés parfois. Je dois avouer que j’en prenais de plus en plus ces derniers temps. Si je me tuais, qui allait me regretter ?

En plaisantant je parle de la possibilité d’avoir des cicatrices, ce qui semble ravir Emily à cause du complexe Albator. Nous rions tous les deux avant que je ne déclare ne vouloir piéger qu’une seule femme. Son hilarité se stoppe nette. Elle m’a entendu et a compris de qui je parle. Je lui souris, mi-gêné mi-triste avant de tenter de me calmer quand je me rends compte que je bande. Je tente de changer de sujet, mais rien à faire, elle le remarque. Et elle enfonce le clou en me disant que je suis bien monté.

« Tu n’aurais pas vu un trou de souris par hasard ? J’ai une soudaine envie de me réfugier dedans… »

Je tente de plaisanter pour cacher ma gêne, mais je dois commencer à rougir sévère. Je m’excuse pour mon état, mais Emily me surprends en me disant être flattée. Je sais pas si c’est une bonne idée de me dire ça.

« Je trouve toujours attirante, c’est vrai, même si tu ne ressembles à rien. Désolé de te dire ça, mais tu fais vraiment petit fille négligée. »

C’est plus fort que moi, à chaque fois que je suis pris au piège faut que je plaisante. Un système d’autodéfense qui marche la plupart du temps. Ca marchait autrefois avec elle, je me demande si ça fonctionne toujours.

« Tu sais ce qui me fait le plus bizarre ? C’est que malgré mon état de loque humaine mon corps parvienne à être excité. Je suis blessé, j’ai mal partout, et j’arrive à avoir une érection. Je comprends pas mon corps. Je devrais lui expliquer qu’il y a d’autres priorités dans la vie. »

Même si ça touche Emily, j’aurait préféré qu’elle ne l’apprenne pas comme ça. Ca manque un peu de glamour tout ça. Bon notre état à tous les deux et nos retrouvailles aussi je l’avoues. La vie nous joue de drôles de tours parfois.

Mais j’oublie bien vite ces préoccupations, revenant à ce qu’elle a dit. Je me propose de l’aider, simplement de l’aider. Je ne veux pas la brusquer, seulement ma proposition la fait pleurer. Elle se blottit contre moi et je me mords la lèvre pour ne pas gémir de douleur. Je l’enserre dans mes bras tentant de faire abstraction à mon corps qui me lance. Elle m’avoue avoir peur, et durant tout son aveu je lui embrasse les cheveux. Peu m’importe qu’ils puent et ne soient pas lavés, c’est le cadet de mes soucis là. Je lui frotte le dos, la laissant pleurer tout son soul.

« Ca va aller, Emily. Chuuuut. Ca va aller. »

Même si j’ai de la peine pour elle, ses paroles me font un peu mal. Elle m’a avoué avoir peur de l’importance que je pourrais avoir dans sa vie. Qu’est-ce que je devais comprendre à cela ? Qu’elle ne voulait pas s’attacher à moi ? Etait-ce pour cela qu’elle était partie ? Je déglutis et l’enserre un peu plus dans mes bras.

« Je comprends ce que tu ressens. Moi aussi j’ai peur de l’avenir, c’est sans doute pour cela que je vis au jour le jour. Toutefois je sais qu’avec toi j’ai commencé à penser à l’avenir et à ne plus à en avoir peur. Parce que je n’étais pas seul. Parce que tu étais à mes cotés… »

Je me détache d’elle et lui essuie les larmes avec mes mains. Puis je prends son visage entre elles et lui embrasse le front.

« On a toujours peur quand on est seul. Mais à deux on est plus fort. On peut croire à l’avenir. On peut tout réussir. Je sais que tu as peur de moi. Peur de t’attacher à moi plutôt, et sans doute est-ce pour cela que tu es partie. Je ne peux pas dire que je comprends cette attitude, mais si ma présence te dérange, alors je m’abstiendrais d’être à tes cotés. A la place je t’emmènerais chez les Survivants si tu le souhaites. Ils ont de l’équipement médical, des fournitures, aussi tu ne manqueras de rien là-bas. »

Je souris, les larmes aux yeux. Je renonce à elle. Si elle a peur d’être avec moi, alors mieux vaut que je la mette en sécurité. Les Communautaires prendront soin d’elle, je le sais. Pris d’une impulsion je l’embrasse, redécouvrant avec délice la douceur de ses lèvres malgré leur état. Le baiser est court. Une sorte de baiser d’adieu pour moi.

« Peu m’importe que tu sois loin de moi, si au moins toi et notre enfant vivez et soyez en sécurité. C’est tout ce qui compte pour moi… »

Ce ne fut qu’un murmure, mais aussi un aveu sincère de mes sentiments. Je pleure sans pouvoir me retenir.

C’est fini…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Dim 13 Juin - 16:11

Je restai muette à la réponse d'Alec concernant ses magouilles avec les Hors la loi. Je comprenais son raisonnement et sa position et les avantages qu'il pouvait en tirer, même si je trouvais quand même cela risqué. Attirer leur attention, ce n'était jamais bon mais c'était peut-être préférable à arpenter leur territoire sans prévenir et se faire choper et assassiner sur les ordres d'un psychopathe en mal de pouvoir.

Cela dit, je lui signalai ma réprobation en ne le ménageant pas tandis que je jouais l'infirmière. Oh, je m'occupais bien de lui, mais pas forcément avec la douceur dont je pouvais être capable. Je passais mes nerfs sur lui de façon un peu mesquine, mais il ne bronchait pas. C'était un homme, il ne pouvait pas se montrer douillet.

Mais très vite, il sut me faire rire en parlant de cicatrices et je lui répondis avec malice. Mais de nouveau, il eut une parole malencontreuse qui me fit me refermer comme une huitre.

Cela dit, je n'aimais pas me montrer ainsi avec lui et je le charriai sur cette petite bosse dans son pantalon, le mettant mal à l'aise. Je ris quand il parla de se cacher dans un trou de souris. C'est vrai que c'était gênant, mais c'était drôle aussi. Je lui appris alors être flattée et il m'avoua me trouver attirante, même si je ressemblais à un épouvantail.

- "Navrée de ne pas être assez classe pour toi mon chou. Trouve moi une douche et des vêtements propres et adaptés, un peu de maquillage, une brosse, et ça ira mieux."


Le luxe quoi. Je ne pouvais rien porter de seyant avec mon gros ventre. C'était pour cela aussi que je ne ressemblais à rien.

- "Et je te signale que c'est ta faute si je ne peux rien mettre de mieux que de vieux t shirt d'hommes trop grands, tu connais beaucoup de boutiques de femmes enceintes dans le coin? Si c'est le cas, je veux bien l'adresse."


Il plaisantait pour se défendre, j'étais grinçante en réaction. Cela avait toujours été. Cela dit, il semblait surpris de bander à ma vue alors qu'il n'était en état de rien faire. Bizarre.

- "La joie de me revoir je suppose."

J'avais haussé les épaules, ne croyant pas moi-même en ce que je disais.

- "Que tu es romantique, je suis conquise."

Je lui adressai un sourire sardonique, un peu moqueur, prenant conscience, comme lui, que cette discussion était irréelle. Bizarre, comme nos retrouvailles.

Mais voilà qu'il réussit à fissurer ma carapace et que je me laisse aller dans ses bras, à pleurer, à sangloter, lui faisant mal sans en prendre conscience, trop absorbée par tout le chagrin que j'ai accumulé, la peur, la fatigue, l'angoisse de l'avenir. Mes paroles ne sont pas forcément très sympa pour lui, mais honnêtes et retranscrivant tout à fait mon état d'esprit. Je l'écoute alors... Me rassurer et m'apeurer également en me disant qu'il avait pensé à l'avenir avec moi, même s'il vivait au jour le jour maintenant qu'il était seul. J'attendais la suite et elle vint. Il m'écarte, essuie mes larmes qui doivent tracer des sillons plus clairs sur ma peau sale.

Et la suite des ses paroles me tord le cœur. Il me touche. Terriblement. Ses paroles me vont droit au cœur, comme un flèche acérée qui fissure davantage encore mon armure. A deux on est plus forts... Il était prêt à rester avec moi. Il ne comprenait pas ma peur, mais la devinait et il en faisait cas, me proposant de m'aider, avant de se retirer et de me laisser, comme je l'avais souhaité. Bizarrement, je pleurai de plus belle. Comme lui. Ces paroles lui coutaient, je le voyais bien, il ne voulait pas me laisser m'en aller, mais le ferait.

Pour moi.

Je pris son visage entre mes mains et posai mon front contre le sien.

- "Oh Alec, pourquoi ne sais-je que te faire souffrir? Je ne te mérite pas... J'ai peur de m'attacher à toi, parce que j'ai peur de remettre mon coeur entre tes mains et que tu anéantisses tous mes espoirs... J'ai tant espéré trouver une famille qui m'adopterait, qui m'aimerait, mais je n'étais jamais la petite fille qu'on choisit, je n'intéressais personne, il y avait toujours mieux que moi... Et tu finiras par trouver mieux que moi et je serais de nouveau seule..."

J'avais achevé ma confession dans un souffle entrecoupé de sanglots...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Dim 13 Juin - 17:38

« Ma faute ? Pourquoi c’est toujours la faute des mecs ? Je te rappelle qu’on est deux fautifs dans l’histoire ! J’ai une part de responsabilité, mais toi aussi. »

Je rapproche mon visage de celui d’Emily et lui murmure malicieusement dans le creux de l’oreille :

« Parce que si je me souviens bien, tu étais consentante. Et il t’arrivait même d’en redemander… »

Je m’éloigne en souriant sournoisement. Les souvenirs de nos ébats me reviennent, mais je les éloigne le plus vite possible avant qu’un accident ne survienne à nouveau. Non une fois c’est drôle, enfin pour elle, mais deux fois… Tout en me rallongeant je dis :

« Je tenterais de te trouver une robe si tu veux. Je peux toujours aller faire un tour à Macy’s, c’était la plus grande enseigne de vêtements avant. Je doute qu’il y ait eu une razzia au rayon maternité. »

M’est avis que c’est le dernier truc qui puisse être pillé. Ca doit bien être le seul rayon intact. Du moins je l’espère. Pourvu qu’ils aient pas tout foutu en l’air, ou que ça n’ait pas été détruit par les bombes. Macy’s est un bon coin pour se fringuer. Seul bémol, c’est à Manhattan, autrement dit sous territoire Communautaire. Faudra juste éviter de me faire gauler.

En parlant de gaule, je pose une question stupide, me demandant bien pourquoi malgré mes blessures j’arrive encore à avoir une érection. Emily suppose que c’est la joie de la revoir, et peut-être qu’il y a de ça. Toutefois ça dernière remarque me fait grimacer.

« Désolé. Je crois qu’on ferait mieux de changer de conversation, qu’en penses-tu ? »

Et là-dessus j’enchaîne sur ma proposition d’aide. J’ai envie qu’Emily revienne vivre avec moi, seulement je ne suis pas idiot. Je sais qu’elle ne veut pas, je le sens. La raison qui fait qu’elle est partie est toujours présente, mais ce n’est pas sa maternité à venir. Non c’est autre chose. Quelque chose qu’elle me révèle à moitié quand elle se met à pleurer dans mes bras. La fatigue, la peur, la solitude, tout cela la fait craquer. Elle a besoin de soutien, et c’est ce que je lui propose. Seulement la peur de s’attacher à moi la pousse à ne pas accepter mon aide.

Je tente par tous les moyens de la rassurer, lui avouant mes sentiments et mes peurs aussi. Je lui dis que j’ai sais les raisons qui l’ont poussés à me quitter, même si je ne les comprends pas. Je lui laisse le choix entre rester à mes cotés ou rejoindre les Survivants. En aucun cas je ne la laisserais pas seule dehors. Même si je ne peux l’avoir, je veux être sûr qu’elle va bien. Mon cœur mis à nu, je pleure tandis que je rends les armes.

Emily pose son front contre le mien tout en me prenant le visage entre ses mains. J’appose mes mains sur les siennes et l’écoute. Elle ne veut pas se lier à moi parce que… parce qu’elle a peur que je l’abandonne… comme toutes ses familles avant. Comme sa mère. Je redresse le visage pour la regarder dans les yeux tout en prenant ses mains dans les miennes.

« Comment peux-tu penser que je puisses t’abandonner un jour ? T’ai-je déjà fait défaut ? Donner une raison de croire cela de moi ? Me connais-tu donc si mal ? Crois-tu que je sois le genre d’homme à oublier la femme que j’aime ? »

Portant ses mains à mes lèvres je les embrasse passionnément.

« Je t’aime Emily. J’ai passé les six derniers mois à te chercher partout sans succès. Je ne m’en suis pas rendu compte avant, mais plus le temps passait, et plus je devenais imprudent et téméraire. Ce qui m’est arrivé sur ce toit, jamais je n’aurais osé faire un truc pareil avant. Malgré ton départ j’ai toujours été le même, mais peut-être… peut-être qu’inconsciemment je voulais mourir. Parce qu’une fois mort, au moins je ne souffrirais plus de ta perte. »

Les larmes coulent à nouveau sur mes joues mais je n’en ai cure. Je caresse le visage de ma bien-aimée comme si c’était la dernière fois. J’ai envie de l’embrasser, mais je me retiens de peur de la braquer à nouveau. Je porte mon regard sur son ventre et pose ma main dessus.

« Je ne suis pas ta mère, Emily. Je ne suis pas comme tous ceux qui t’ont abandonnés. Jamais je ne t’abandonnerais, je ne vous abandonnerais. Jamais. Personne ne compte plus à mes yeux que toi. Alors arrête de dire que je trouverais mieux, parce que c’est faux. A mes yeux il n’a pas plus parfaite que toi. »

J’ai du mal à parler, ma voix se faisant rauque au travers de mes pleurs. Je craque et l’embrasse avec passion, comme si c’était notre dernier baiser. Ca l’est peut-être d’ailleurs… Je ne veux pas la voir partir, mais pourtant j’ai peur que cela arrive, tellement peur. Que deviendrais-je si elle décide de me quitter à nouveau ? Arriverais-je seulement à survivre ? Je détache mes lèvres des siennes à regret, pour annoncer d’une voix brisée :

« Je t’aimerais toujours Emily. Toujours. »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Mer 16 Juin - 13:14

- "Parce que c'est comme ça, c'est tout."

Voilà, c'était toujours la faute des hommes qui ne savaient pas réfréner leurs ardeurs et mettaient leurs copines qui n'avaient pas de moyens de contraception, enceinte.

- "Je suis enceinte, on ne contrarie pas une femme enceinte."

Non mais. Il devait accepter que j'avais raison et qu'il avait tort, c'était ainsi. Cela dit, son petit murmure me fit frissonner de délice. D'accord, là, il avait raison, j'étais consentante, plus que cela même... Il avait été mon premier amant et le seul et il m'avait fait grimper aux rideaux un nombre incalculable de fois, malgré notre situation précaire... Qu'aurait été cette relation si la fin du monde n'avait pas eu lieu? Aurais-je été le voir jouer au théâtre? m'aurait-il regarder dessiner depuis le lit, me dévorant du regard alors que j'étais à ma table de dessin, à moitié nue, après de fous ébats? Chaque petit moment anodin, aurait été délicieux à vivre...

Et même encore maintenant, je savais que nous pouvons nous permettre ce genre de jolies petites scènes inoubliables. Si je donnais une chance à cette histoire.

- "Je veux bien oui."

j'avais curieusement envie de me faire belle. Pour lui, pour voir ma beauté dans son regard. Enfin, beauté, c'était relatif, je n'étais pas une beauté à tomber par terre, mais propre, habillée et coiffée, c'était déjà mieux.

- "Je pense que cela vaut mieux pour toi, tu vas finir par mourir de honte."

Exit le sujet de ses réactions corporelles incontrôlables donc. Cela le mettait trop mal à l'aise, je ne voulais pas être davantage cruelle.

Et pourtant... Alors que je m'effondrai dans ses bras, que j'étais cruelle avec lui, en lui révélant mes peurs, il faisait encore preuve d'abnégation, renonçant à moi, me laissant libre, une fois qu'il me saurait en sécurité. Sa détresse me toucha, perçant mes défenses, balayant mes peurs pour ne laisser qu'un vague terrifiante d'amour pur pour cet homme qui m'aimait à en souffrir. Je décidai alors d'exprimer mes peurs profondes, qu'il comprenne...

Ses questions me martelèrent la tête. J'avais une réponse à chacune d'entre elles, j'y croyais, mais j'avais peur de me leurrer.

- "Non, tu ne m'as jamais donné de raisons de me défier de toi."

Il porta mes mains à ses lèvres et les embrassa avec ardeur et sincérité. La suite de ses paroles me laissa muette d'émotion et d'horreur... Il m'avouait qu'il souhaitait presque mourir, tellement il souffrait de ma perte. J'avais voulu mettre de la distance entre nous, égoïstement, pensant naïvement qu'il s'en remettrait facilement et trouverait une autre fille, bien mieux pour lui.

- "Alec..."

Les mots se bloquèrent dans ma gorge. J'étais désolée, tellement désolée. Lui, si plein de vie, si joyeux, si optimiste... Qu'avais-je donc fais? Il posa sa main sur le fruit de notre brève aventure, et pourtant si merveilleuse. Sa déclaration me fit fondre... Malgré moi, je ris à travers mes larmes.

- "Parfaite, moi? Ton jugement est affecté, ta chute a laissé des séquelles."

Mais j'étais touchée. Il m'embrassa et je me laissais aller, alors qu'il reprenait d'une voix brisée qu'il m'aimait. Qu'il m'aimerait toujours.

- "Je suis tellement désolée de t'avoir tant fait souffrir. je t'aime Alec, comme je n'ai jamais aimé personne, comme je ne me suis jamais attachée à personne et cela m'a terrifiée... Tu as percé ma carapace d'indifférence et ma triste mélancolie, tu m'as prise au dépourvu. Je veux m'affranchir de mes peurs. Je reste."

Et adviendra que pourra. Je me décalai alors et m'allongeai à côté de lui, posant ma tête sur son épaule. Cette explosion d'émotions me laissait totalement vidée et j'étais tellement bien dans ses bras que je m'endormis, le sourire aux lèvres, en sachant qu'il serait là à mon réveil.

[On peut passer la nuit et enchainer sur le lendemain et ma fameuse douche xD]
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Ven 18 Juin - 10:41

Malgré la situation précaire dans laquelle nous sommes, j’ose imaginer à nouveau un avenir avec Emily. Je pense à aller lui chercher de quoi se vêtir, de quoi la rendre à nouveau féminine au lieu d’être vêtue d’une tenue plus que douteuse. Je sais qu’elle s’est enfuie une fois, et que si je ne comprends pas ce qui s’est passé la première fois, elle risque de me quitter une seconde fois. Pourtant je veux croire à un avenir avec elle. Je veux y croire…

Seulement voila, la compréhension vient. Emily trahit le fond de son cœur et ce qui la fait partir la première fois. J’entends ce qu’elle dit mais ne comprend pas son attitude. Et pourtant… pourtant je renonce à elle, je la laisse libre de sa vie. Mais avant je veux qu’elle sache, je veux qu’elle apprenne combien elle compte pour moi. Je vide mon cœur, je pleure, je me mets totalement à nu devant elle. Et voila que ma détresse la touche, que mon amour la transperce jusqu’à atteindre le coin de son cœur qui m’aime lui aussi. Au-delà de la peur, elle est prête à me croire, à me faire confiance. Elle est prête à nouveau à rester avec moi.

Emily s’allonge près de moi, sa tête contre mon épaule. Je lui caresse les cheveux et embrasse son front, écoutant sa respiration devenir régulière. Elle s’est endormie rapidement. Très rapidement. A quand remonte la dernière fois où elle a pu dormir sur ses deux oreilles ? Sans doute avant qu’elle ne quitte. Je ne tarde pas moi non plus à sombrer, m’enfonçant dans un sommeil réparateur…

***

Tandis que je m’éveille doucement, je sens avec un soulagement non feint qu’Emily est là. Je n’ai pas rêvé. Elle est belle et bien là. Endormie dans mes bras. D’ailleurs je me rends compte que nous avons bougé cette nuit. Nous sommes sur le coté, moi dans son dos, un bras callé dans le creux de son cou tandis que l’autre la ceint sous la poitrine. Son ventre a du la gêner cette nuit, et elle a due se déplacer pour être plus à l’aise. Finis les câlins d’autrefois où elle pouvait se blottir de tout son long sur moi. Si on voulait s’en faire se serait sur le coté. Et je parle de vrais câlins, pas de câlins coquins bande de lecteurs pervers !

J'ignore l'heure qu'il est, mais je sais avec certitude que nous sommes le lendemain. Mes muscles me font moins mal, et je me sens plus reposé que jamais. La présence d'Emily y est pour quelque chose, ça c'est indéniable. Par contre j'ai une de ces faims. Après tout, on a pas mangé la veille, mais nous avions autre chose à penser.

Emily remue un peu, signe qu’elle aussi est réveillée. Ou qu'elle s'éveille. Je l’embrasse dans le cou en murmurant à son oreille :

« Bonjour belle ange. »

Je souris en me demandant comment elle allait réfuter le fait qu’elle soit belle cette fois. Allait-elle me dire que j’étais encore en train de rêver ?

« Comment te sens-tu ? Tu as bien dormie ? »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Ven 25 Juin - 13:32

- "Hummm..."

Je suis trop bien pour ouvrir les yeux, trop bien pour me réveiller. Pour la première fois depuis des mois, j'ai dormi sur mes deux oreilles, dormi en sachant que quelqu'un veillait, que quelqu'un me protégeait, que je n'avais rien à craindre d'intrus. C'était un réel sommeil, réparateur. Et le petit bisou dans le cou, et les paroles amoureuses me mirent de bonne humeur, même si, encore une fois, je les trouvai exagérées. j'étais couchée sur le côté et je sentais la chaleur du corps d'Alec dans mon dos, sa main s'étant posée entre ma poitrine et mon ventre. Je sentis le bébé donner un petit coup de pied.

- "Cela fait 6 mois que je n'ai pas aussi bien dormi, alors oui, ça va."

Ma main se glissa sur celle d'Alec et mes doigts s'entrelacèrent avec les siens, tandis que je les portais à mes lèvres et les baisais. J'étais apaisée. Mes larmes avaient nettoyé tous mes doutes et j'étais étrangement sereine ce matin. Je fis alors demi tour, lui faisant face, mon ventre me gênant quelque peu pour cette manœuvre délicate et je souris.

- "Désolée, nous prenons beaucoup de place."

Cette fois, ce furent les lèvres d'Alec qui accueillirent mon baiser de bonjour. Un bruit caractéristique de mon estomac me fit sourire, gênée. J'avais faim et je ne pouvais pas le cacher.

- "J'hésite entre manger un bout ou me laver et enfin me débarrasser de toute cette crasse... Sauf que je n'ai pas le courage de quitter le lit. Qu'est-ce que je fais?"

Je repoussai une mèche brune du front d'Alec. Ses jolies boucles noires étaient en folie au réveil, combien de fois avais-je joué avec? Cela dit, mes longs cheveux roux ne devaient pas être plus disciplinés...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   Mar 29 Juin - 11:34

Cela faisait six mois qu’elle ne dormait pas bien, à force de déambuler dans les rues et de se trouver des cachettes minables pour dormir que d’un œil. Au début je vivais comme elle avant de commencer à aménager des petites planques un peu partout en ville. Vu que je me promène partout en ville, mieux vaut avoir des endroits pour dormir tranquillement sans avoir à traverser toute la ville. Certaines ont été découvertes et pillées, aussi j’ai du recommencer dans des endroits plus discrets. Mais même avec un lit et porte blindée je n’ai vraiment bien dormit que cette nuit. La présence d’Emily me manquait trop pour que je puisse dormir en toute quiétude.

« Il en va de même pour moi… »

Ma compagne prend mes mains pour les embrasser avant de se retourner dans le lit. Opération difficile avec son ventre. Surtout que le lit est pour une seule personne. Je sens le vide sous mon dos, mais ça peut encore aller. Bon si je recule un peu je vais tomber, aussi on va tenter de rester en bien en place.

« Ce n’est pas grave. La prochaine fois je prévoirais un lit deux places. »

Il faut juste que je trouve un endroit sûr où nous pourrions être en sécurité et où elle puisse bouger sans faire trop d’efforts. Non parce que si on a une urgence, je doute de pouvoir l’aider à monter les escaliers quatre à quatre.

Emily vient m’embrasser et je ferme les yeux, profitant de la douce caresse de ses lèvres. Un sourire béat se dessine sur mes lèvres avant de se muer en un petit rire amusé face au râle de mécontentement de l’estomac de ma compagne.

« Je te propose une chose alors : Petit déjeuner au lit. Et ensuite je t’aide pour aller te laver. Qu’en penses-tu ? »

Mais alors que je me retourne légèrement pour aller chercher à manger, je me retrouve allongé par terre.

« Aouch. »

Je me rappelle maintenant pourquoi je ne devais pas bouger. J’ai pas tant mal que ça, juste que mon corps me lance à cause des courbatures. Je savais bien que je souffrirais aussi aujourd’hui. Je me redresse sur les mains avant de me lever doucement. Je suis toujours en caleçon, n’ayant pu me rhabiller hier soir, et je ne pense pas le faire avant de monter nous laver. Je me baisse pour fouiller sous le lit et en ressort une petite caisse que j’ouvre, dévoilant divers sachets et conserves.

« Alors, que veux-tu manger ce matin ? Céréales ? Flocons d’avoine ? Chips ? Haricots ? »

Pas que des repas de petit déjeuner, mais vu qu’on loupé le repas d’hier soir elle a peut-être envie de quelque chose d’assez consistant, même si ce sera froid. Mon estomac se met lui aussi à gronder, m’arrachant un sourire.

« Je crois bien qu’il va me falloir manger un bout moi aussi. On dirait bien que nos ventres ne sont pas contents d’avoir loupé le repas d’hier soir. »
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Dis-moi que ce n'est pas un rêve... [Emily]
Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» (F) INOKE MAKANI → EMILY BROWNING
» Emily Haas, humaine et pourtant...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
This Is War :: Parias-
Sauter vers: