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 Sur la route

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Europe Cooper
Sweety dark angel
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Messages : 138
Date d'inscription : 08/11/2011

MessageSujet: Sur la route   Jeu 20 Déc - 14:39

Bien qu’emmitouflées dans son épais manteau sombre, accompagné d’une longue écharpe autour de son frêle cou et des gants à pompons rose et bleu offert par Eden une année auparavant, Europe ne pouvait s’empêcher de grelotter d’une froid tellement intense qu’elle avait l’impression d’avoir l’intérieur de son petit être complètement gelé. Pourtant, elle portait des vêtements et des chaussures d’excellentes factures car son père avait toujours veillé à ce qu’elle soit toujours joliment apprêtée… C’était important selon lui, qu’une demoiselle soit toujours élégante et propre sur elle en dépit de la situation qui était désormais celle du monde. C’était là un avis, que partageait aussi apparemment Eden et Vitali, ainsi que quelques hors-la-loi que la fillette aimait bien. Quelque fois, les uns et les autres lui donnait soit des vêtements trouvés dans une boutique en ruine, soit des petites breloques sans réelle valeur mais qui lui donnait le sentiment d’être ‘’comme une grande’’… Même si elle ne pouvait se l’avouer ouvertement, Europe trouvait que c’était plutôt agréable qu’il n’y ai pas d’autre enfant qu’elle à New York, ainsi elle n’avait pas à partager comme devaient le faire les adultes et elle avait toujours des jolis vêtements tous neuf… Ou peu s’en fallait.

Mais tout ça, c’était avant…

Se recroquevillant dans un frisson, aussi soudain que désagréable, sur la banquette arrière d’une voiture laissé à l’abandon ou elle avait trouvé refuge avant la tombée de la nuit, précoce en cette saison hivernale déjà bien avancée, la fillette fixait à travers le vitre de la porte l’étendue immaculée qui semblait se perdre à l’infini. Elle ne savait pas ou elle pouvait bien se trouver et, en vérité, elle ne comprenait même pas comment et pourquoi elle avait fini par atterrir dans cet endroit sans le moindre repère. Les choses lui avaient paru se dérouler tellement vite en l’espace de seulement quelques jours… Elle avait même l’impression que durant ce court laps de temps, il s’était passé bien plus de choses que depuis son arrivée à New York dont, finalement, elle ne se souvenait plus vraiment… Elle n’était alors âgée que de cinq ans à l’époque après tout, on ne pouvait que très difficilement lui en vouloir. Dans une tentative, sans doute vaine, d’oublier quelque peu l’impitoyable morsure du froid qui s’engouffrait à l’intérieur du véhicule à l’abandon, Europe ferma finalement les yeux afin de laisser son esprit se perdre dans le souvenir des derniers jours écoulés.

Dans les faits, tout avait débuté avec le disparition mystérieuse du père de Vitali, l’effrayant Armando. D’après ce qu’elle avait pu comprendre de la situation, personne ne paraissait savoir ce qu’il était advenu de lui. Etait-il mort ? Avait-il abandonné les hors-la-loi ? Avait-il été enlevé par ces mystérieuses personnes qui sévissaient depuis plusieurs mois maintenant ? Mystère et boule de gomme, comme disait souvent l’un des plus jeunes hors-la-loi qui se faisait appeler Jimmy la débrouille. Il était vrai que celui-ci était toujours capable de vous trouver quasiment tout ce dont vous pouviez avoir besoin et bien souvent Europe s’était demandé comment il pouvait bien faire. Elle le trouvait gentil, pas vraiment adulte… Elle espérait qu’il allait bien, malgré…

La disparition de Armando avait alors causé comme une sorte de vide dans le tissu social de l’étrange et hétéroclite petite communauté de brigands en tous genres. Par définition la nature n’aimant pas le vide, les choses se désorganisèrent alors afin de combler ce vide. Sans un leader fort pour les unifier, fut-ce par la force, les hors-la loi commencèrent à se déchirer. Certains profitèrent de l’occasion pour se libérer d’un joug trop longtemps supporter et quittèrent finalement New York, tandis que ceux qui avaient décidé de demeurer sur place s’étaient engagé dans une lutte sans pitié pour la possession d’un pouvoir désormais accessible à tout un chacun ayant un minimum de courage et, sans doute, de cruauté meurtrière. Mais pour Europe, les choses n’avaient pas vraiment changé. Bien entendu elle avait du revoir ses habitudes comme le fait de ne plus sortir dans les rues ou de grimper sur le toit, mais pour le reste son père faisait en sorte de la protéger comme il l’avait toujours fait. Il lui avait dit qu’elle n’avait rien à craindre, parce que, lui, était important pour tous les survivants. Mais cela elle le savait déjà, son père était un scientifique et les scientifiques étaient des gens importants parce que il n’y en avait plus beaucoup maintenant. Malgré tout, Europe ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter à chaque fois qu’elle étendait des coups de feu résonner dans les rues. Ces derniers augmentaient dramatiquement au fil des jours, allant même jusqu’à empiéter sur les nuits pourtant si tranquille autrefois.

Le premier véritable coup dur pour la fillette fut le départ de Vitali et Milo… Bien entendu, elle avait fait la brave, celle qui ne pleure pas… Elle avait serré très fort Vitali contre elle, puis elle avait pris Milo, son presque petit frère dans ses bras afin de lui faire un énorme câlin. Ce ne fut que le soir venu, dans le secret de ses draps, que Europe avait laissé transparaître les larmes de la petite fille qui se voulait pourtant grande. Mais pourtant, elle ne pouvait s’empêcher d’éprouver une certaine joie dans sa tristesse. Après tout, ils partaient pour retrouver Eden et ainsi reformer une vraie famille comme autrefois. Vitali avait demandé à son père de venir avec eux, mais celui-ci avait refusé. Europe n’en connaissait pas vraiment la raison, mais elle pensait que c’était parce il ne voulait pas abandonner tous les autres… Son père était comme ça, toujours à penser aux autres avant lui-même… Bien sur, la fillette ne pouvait pas laisser son père tout seul alors elle avait aussi affirmer sa décision de rester à New York. Mais en dépit de cela, cette séparation lui fut extrêmement cruelle en vérité. Bien qu’elle en gardait l’espoir, elle savait que peut-être elle ne reverrait jamais Vitali et Milo… Ce qui l’attristait encore un peu plus, c’était qu’elle n’avait même pas eu l’occasion de revoir une dernière fois Eden, sa ‘’petite maman à elle’’…

Quelques jours plus tard, ce fut le coup de grâce… Son père n’était plus revenu chez eux depuis deux jours maintenant, lorsqu’elle reçu la visite d’un hors-la-loi qui lui annonça la terrible nouvelle : son père avait été enlevé sur son lieu de travail. Le choc fut tel, que tout d’abord elle nia les faits. Puis, elle s’interrogea : Par qui ? Pourquoi ? Comment ? Ou ? Malheureusement pour elle, aucune réponse ne fut en mesure de lui être donné par le porteur de la sinistre information. En revanche, ce dernier lui expliqua tout autre chose qui allait radicalement changé sa petite vie tranquille. Il lui expliqua que à partir de maintenant, elle ne pouvait plus rester ici, qu’elle devait partir avant que quelqu’une ne lui fasse du mal… Que sans son père pour la protéger, elle finirait par être tué d’ici très peu de temps… Ce que Europe ignorait, c’était que ces mots terrible avaient été prononcé afin de lui épargner une vérité encore plus effrayante… Les hors-la-loi comptaient nombre de voleurs, d’escrocs, d’assassins… Mais aussi des sadiques, des violeurs, des pédophiles… Des prédateurs bien plus dangereux pour elle, que le monde dévasté lui-même. Maintenant que Armando avait disparu, que les plus ambitieux se disputaient son pouvoir et que, de surcroît son père lui-même avait aussi été enlevé, elle n’avait plus aucune valeur pour qui que ce soit dans le chaos ambiant qui régnait dans ce qui était autrefois nommé la grosse pomme : Europe était redescendu au plus bas de l’échelle dans cette société malfaisante, passant d’otage précieux à proie sans défense face aux monstres qui habitaient les rues de la ville dévasté.

Le hors-la-loi lui avait alors demandé de remplir un sac avec quelques affaires, sachant qu’elle ne reviendrait plus jamais chez elle. La mort dans l’âme, Europe s’était alors exécutée. Ella avait rempli le plus grand sac à dos qu’elle possédait avec le maximum de vêtements, mais elle emporta tout de même une chose : son précieux journal. Le reste, tous le reste, elle se devait d’accepter de l’abandonner pour toujours. Elle s’était ensuite habillé chaudement et, d’un pas traînant, elle avait suivi le hors-la-loi après avoir jeté un ultime regard à sa confortable petite vie dans ce qu’elle considérait ouvertement comme sa maison. Rapidement, rasant les murs afin de ne pas être vu, celui-ci amena tout d’abord Europe dans un endroit ou il la dissimula avant de repartir. Il la rassura, lui disant qu‘il allait bientôt revenir avec quelque chose pour elle. Effectivement, un peu plus d’une heure plus tard elle vit ce dernier revenir et lui glisser une sorte de petite gibecière, visiblement rempli, autour du cou afin que le poids ne porte pas entièrement sur ses seule épaule. Il lui expliqua que c’était de la nourriture et de l’eau, afin qu’elle puisse se nourrir durant un certain temps. Le hors-la-loi était désolé de ne pouvoir faire plus pour Europe, ce à quoi celle-ci lui répondit de sa petite voix qu’il ne devait pas s’en faire, que ce n’était pas grave… Que cela allait aller… L’homme resta tout d’abord sans voix devant cette courageuse résignation de la part d’une petite fille de huit ans puis, se frottant énergiquement les yeux comme pour faire disparaître des larmes naissantes, il sourit à Europe et lui dit que son père pouvait être vraiment très fière d’elle. Celle-ci lui répondit pas un sourire sincère et quelques secondes passèrent avant que le hors-la-loi ne se reprennent face à l’urgence de la situation. Adoptant à nouveau une attitude d’adulte plénière, il glissa alors la main dans sa poche et en déposa le contenu dans celle de la fillette qui écarquilla les yeux de surprise en découvrant… Un pistolet.

Pour une main adulte, c’était une toute petite arme, le genre d’arme discrète habituellement réservée aux femmes, ou bien à ceux qui désiraient dissimuler une arme afin de commettre discrètement un meurtre. Mais dans la main d’une petite fille de huit ans elle paraissait presque être adapté à ses dimensions réduites. Faisant fi de la surprise de Europe, l’homme lui en expliqua alors le fonctionnement : Comment tirer, comment remettre des balles dans le petit chargeur… Il n’était pas inquiet, il savait que la fillette était bien assez intelligente pour comprendre l’essentiel des la première explication. Il lui glissa une petite boite de munitions dans la poche droite de son sac à dos, puis il l’emmena hors de la ville en empruntant les anciens tunnels de métro et en se dirigeant vers les égouts menant à l’orée de New York. Après quelques heures passé à crapahuté dans une demie obscurité, ils finirent par ressortirent par une bouche d’égouts. La neige s’était remise à tombé à gros flocons et Europe pu voir pour la première fois la ville sous un nouvelle angle : celui de l’une de ses entrées. Le hors-la-loi regarda ensuite la fillette en silence durant une poignée de secondes, le regard visiblement empli de tristesse, puis il la serra très fortement contre lui comme s’il avait été un membre de sa famille. Après ces puissantes mais brèves effusions, il pressa Europe de partir, la poussant presque afin de contrer un éventuel refus de sa part. Un peu décontenancé, la fillette se mordilla légèrement la lèvres inférieure avant de finalement lui lancer un merci un peu triste et de tourner les talons afin de commencer son incertain périple sur les routes enneigés d’un monde qu’elle n’avait plus connu depuis trois longues années.

Europe marcha de son petit pas tranquille durant environs deux heures, lorsque le ciel commença s’assombrir dangereusement. La fillette savait qu’il fallait qu’elle trouve un endroit pour y passer la nuit, autrement elle risquait de devoir continuer à marcher toute la nuit et dans une froideur encore plus meurtrière encore que celle qui l’étreignait déjà. C’était déjà arrivé plusieurs fois à New York, certains n’avaient pas de vraie maison comme elle, alors ils dormaient un peu n’importe ou et, en hiver, il y en avait qui s’endormaient et qui ne se réveillait plus jamais. C’était son père qui lui avait expliqué ça, alors elle savait qu’il ne disait pas ça uniquement pour lui faire peur… Pas comme ces hors-la-loi, qui la pensait assez stupide pour croire qu’il pouvait y avoir des crocodiles dans les égouts… Comme si ça vivait dans les égouts, les crocodiles… Heureusement, elle tomba sur une voiture abandonnée et, visiblement, accidentée sur le côté de la route. Europe s’y installa du mieux qu’elle le pu, et tenta, tant bien que mal, d’y passer une bonne nuit.

Cette première nuit à l’extérieur de New York se déroula sans anicroche, exception faite qu’elle se réveilla quasiment toutes les heures à cause du trop grand froid. La encore, son père lui avait expliqué que c’était parce que son corps se sentait en danger, alors il faisait en sorte de la réveillé pour qu’elle ne meure pas… Elle ne s‘en était jamais vraiment rendu compte, mais le corps humain était très intelligent en fait… Après avoir grignoté trois ou quatre gâteaux secs qui se trouvaient dans sa gibecière, Europe quitta la voiture abandonnée et se remit en route tout en se frottant mollement les yeux. Europe avait encore sommeil, mais elle avait pris son courage à deux mains pour ne pas se laisser aller à rester dans l’épave afin de dormir encore un peu. Quelques heures s’écoulèrent encore. La fillette ne savait pas vraiment ou elle allait, mais son idée était très claire : Elle voulait aller à Elisabeth Town afin de rejoindre Eden, Vitali et Milo. Elle ne savait pas ou aller de toute façon, alors c’était le mieux qu’elle avait pu décider. Peut-être aussi qu’ils pourraient l’aider à retrouver son père, on ne savait jamais. Si ses deux meilleurs amis avaient choisi d’aller vivre là-bas, c’était sûrement parce que les gens étaient gentils. Pris dans la tourmente venteuse des flocons qui limitaient tout aussi sa vision que son ouïe, Europe n’entendit pas une voiture s’approcher d’elle. Ce ne fut que lorsqu’elle s’arrêta à moins de deux mètres de sa petite personne, qu’enfin elle prit conscience de sa présence. Intriguée plus qu’autre chose, elle resta immobile tandis qu’un homme en descendit afin de venir vers elle. Celui-ci commença à discuter avec elle, l’interrogeant sur la raison de sa présence sur la route et, de surcroît toute seule. N’ayant pas l’air spécialement dangereux, Europe lui répondit simplement qu’elle voulait aller à Elisabeth Town sans savoir si l’homme connaissait ou pas cet endroit. Celui lui répondit toutefois qu’il savait ou était la ville et proposa alors à Europe de l’emmener en voiture parce que l’endroit était encore très loin. Elle-même ne sachant pas ou se trouvait l’autre communauté de survivants, il lui était très difficile de dire si l’homme lui mentait ou pas. Mais Europe était malgré tout encore une petite fille et un voyage en voiture, plutôt qu’à pieds et dans le froid, était une chose à laquelle elle ne pouvait absolument pas résister.

Une fois installée à l’arrière, l’homme se présenta ainsi que son passager. Ils lui dirent s’appeler John et Michael et, en toute innocence, Europe leur donna son véritable prénom. Ils le trouvèrent joli, ce qui fit un grand plaisir à la fillette. Par une successions d’interrogations, d’apparence anodine, ils tirèrent de la fillette quelques informations la concernant : ou elle vivait, ou était ses parents, pourquoi elle se rendait à Elisabeth Town, si elle y connaissait quelqu’un… Bien que ne donnant que très peu de détails, Europe leur parla toutefois assez volontiers, persuadée d’avoir affaire à des gens bien. Ils finirent par lui proposer une chose dont Europe n’avait plus vraiment le souvenir : une brique de lait chocolaté. Depuis la fin de la guerre, sa principale boisson avait été l’eau ou, très rarement un jus de fruits. Là encore, la petite fille qu’elle était ne pu résister à cette chose si attirante et c’est avec un plaisir non dissimulé qu’elle l’accepta avant de la boire intégralement en en savourant chaque goutte. La suite est légèrement confuse… Elle se souvenait avoir ressenti soudain une intense fatigue, bien plus qu’elle ne l’était déjà, et puis… Plus rien, le néant total…

Lorsque Europe rouvrit les yeux, elle se trouvait toujours dans la voiture des deux hommes. Elle s’étira lascivement afin de parachever son réveil, puis ? elle constata que ces derniers n’étaient plus à bord. Alors, elle avait quitté le véhicule à son tour et c’est la, que les choses se compliquèrent quelque peu : Il y avait une seconde voiture et trois autres hommes qui étaient en train de discuter avec ceux qui avaient découvert Europe. Songeuse, la fillette demanda alors s’ils étaient arrivée à Elisabeth Town ce à quoi John lui répondit que ce n’était pas encore le cas mais qu’ils n’en était pas loin. Europe lui dit tout simplement merci, encore quelque peu dans le brouillard de son sommeil, puis elle se dirigea vers un coin isolée dissimulée derrière une station service en ruine. Voyant cela, un des inconnus se mit alors à hurler en lui demandant ou elle allait. Surprise, la fillette se retourna en adoptant instinctivement une posture défensive. Elle répondit d’ailleurs à son tour assez violemment qu’elle avait envie de faire pipi et qu’elle ne pouvait pas le faire avec eux à côté. Paraissant rassuré, l’homme s’excusa, tout penaud, avant de la laisser poursuivre son chemin. Non mais, qu’est-ce qu’il croyait celui-là.. ? Arrivée à destination, Europe fit ce qu’elle avait à faire et, en revenant auprès des hommes, elle vit un panneau indicateur à moitié enseveli sous la neige. Curieuse, elle le nettoya du pied afin de lire ce qui s’y trouvait et elle y lu un nom qui rendit la situation assez étrange… Un nom, qui ne correspondait absolument pas à la région de New York qu’elle connaissait grâce aux livres.

Dubitative, Europe revint auprès des hommes et, sans en avoir l’air, réitéra sa demande concernant la distance restante avant d’atteindre la communauté des survivants ou se trouvait Eden et Vitali. La réponse qu’elle reçu fut similaire à la première : Bientôt… Dans pas longtemps… Ne t’inquiètes pas… Ne t’inquiètes pas… Oui, c’est ça… C’est qu’ils la prenait vraiment pour une idiote, c’est sur. Faisant mine de les croire, la fillette su immédiatement ce qu’elle devait faire. Au bout d’une demie heure et voyant que les hommes étaient occupé à faire des choses et d’autres, Europe prétexta le fait qu’elle allait dormir encore un peu dans la voiture. Nul n’y vit à redire et la fillette fila donc à l’intérieur du véhicule qui l’avait accueilli. Une fois à bord elle attendit quelques minutes afin de voir si personne ne venait la surveiller, puis rapidement elle s’empara de son sac à dos et de sa gibecière et elle se faufila dehors par la portière qui était dissimulée au regard des hommes. Là, elle marcha le plus doucement possible durant quelques mètres, puis elle se mit à courir le plus vite possible afin que personne ne puisse la rattraper. Elle couru, couru… Et, tout à coup, elle glissa sur du verglas caché sous la neige et tomba au sol avant de dévaler une pente traîtreusement dissimulée. Europe se sentit rouler encore et encore, avant de se cogner brutalement la tête et de sombrer dans l’inconscience.

A son réveil, la fillette eu un mal de crâne effroyable mais heureusement elle ne saigna pas. Légèrement désorientée, elle se releva et commença à avancer en titubant quelque peu durant quelques instants. C’est alors que tout lui revint… Visiblement, soit ils n’avaient pas encore remarqué sa disparition, soit ils ne l’avait pas retrouvé. Sans doute, avaient-ils pensé qu’elle avait du continuer droit devant elle. En soi, c’était sans doute ce qu’elle aurait fait si elle n’était pas sottement tombé de la sorte. Europe marcha encore sur quelques mètres, puis elle fini par atterrir sur une nationale rempli de véhicules abandonnés par leurs propriétaires. La fillette poussa alors un profond soupir… Elle était toute seule, elle ne savait même plus ou elle était et en plus elle était presque certaine de ne plus être près de New York… Une violente bourrasque glacée la traversa de part en part et avec elle, un début de sentiment de démotivation…

Soupir… Europe rouvrit les yeux et le paysage derrière la vitre était toujours aussi vierge et désespérément blanc… Voilà comment elle avait fini par se retrouver dans cette voiture abandonnée, sur cette nationale inconnue. Le froid se faisant de plus en plus violent, La fillette commit alors une grave erreur. Afin de se réchauffer un peu elle alluma un feu grâce aux allumettes découvertes dans la boite à gants du véhicule. Elle fourra du papier trouvé dans une autre voiture dans une boite en fer qui contenait apparemment autrefois des gâteaux, qu’elle déposa sur la banquette arrière du véhicule ou elle avait trouvé refuge. Malheureusement, une flamme s’accrocha au tissu de la banquette et commença à s’étendre rapidement. Prise de panique, Europe tenta tout d’abord de l’éteindre en soufflant dessus, avant d’essayer de l’étouffer avec son sac à dos. Mais celui-ci cogna brutalement contre la boite en fer qui se retrouva alors au sol, ce qui eu pour résultat de la renverser et d’étaler le feu sur le tapis de sol. Tout alla alors très vite : Les flammes envahirent le véhicule sans espoir de se voir arrêter et Europe resta paralysé l’espace de quelques secondes avant d’enfin réagir et de s’emparer de ses deux sac avant de quitter la voiture par la plus proche portière à sa portée.

Une fois dehors, la fillette se mit à courir entre les nombreux véhicule et lorsqu’elle pensa être en sécurité, elle se retourna afin de constater le résultat de sa grande faute. En quelques minutes seulement, le véhicule s’embrasa tel un brasier incandescent devant le regard effrayé de Europe puis, sans qu’elle ne s’y attende, la voiture, qui devait sans doute contenir encore de l’essence, explosa en une gerbe aveuglante qui fit se réfugier la fillette au sol tant sa peur était grande. A genoux, la tête entre ses mains, elle se mit alors à pleurer comme elle ne l’avait plus fait depuis bien longtemps maintenant.
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