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 Play with fire. [ Diane T. ; Alexander & Gabrielle M. ; Kaylhen & Lyzee L. ]

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Aristide Tetropoulos
Εἶς ἀνὴρ οὐδεὶς ἀνὴρ
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Date d'inscription : 27/06/2010
Age : 33
Localisation : Elizabeth Town

MessageSujet: Play with fire. [ Diane T. ; Alexander & Gabrielle M. ; Kaylhen & Lyzee L. ]    Sam 20 Nov - 20:43

Depuis combien de temps étais-je dehors ? Plus de deux mois, si mes souvenirs étaient exacts. Plus de deux mois passés dans la hantise, la honte, la solitude. J’avais voulu me laisser mourir, mais à chaque fois quelque chose m’en avait empêché. Pourtant, qui aurait pleuré ma mort ? Qui aurait déploré ma disparition ? Personne, j’en étais bien conscient. Je ne vais pas recommencer toute l’histoire en vous racontant l’accident dans les galeries, ni même le secret de ma liaison secrète avec Gabrielle levé. Je ne vais pas non plus vous remémorer le jour où elle me quitta, ni même celui où Alexander me jeta dehors. Non, ces épisodes là de ma vie, je voulais les anéantir. Je voulais les oublier à tout jamais pour ne plus avoir la sensation que cette histoire là était la mienne. Je voulais changer, j’avais changé. La dernière nuit avec Gabrielle n’y pouvait rien, mon amour pour elle devait faner. Il devait disparaître, comme notre idylle. C’était la seule solution permettant que l’un et l’autre retrouvent une vie normale, bien que cela soit impossible dans le fond. Nous nous aimions, mais ça n’avait aucune importance. Alexander était son mari, et moi… Moi je n’étais rien. Un tout petit rien pourtant gênant, indésirable, et qui allait encore faire parler de lui. Comment pourrais-je expliquer cette envie, ce besoin ? Ma seule échappatoire revenant à cracher sur mes erreurs, à les expier, il fallait que je cesse d’idolâtrer cette femme qui m’avait réduit à néant. Il fallait que je retienne mon cœur de battre pour elle, quitte à ne plus battre du tout. Contre toute attente, je pensais pouvoir y parvenir, tout simplement car à présent, je devais retourner auprès d’elle. Si ça parait paradoxal, c’est que vous oubliez un élément décisif dans ce choix : Diane. C’était pour elle qu’il me fallait oublier Gabrielle, pour elle qu’il me fallait retourner chez Alexander. Pour sa survie, beaucoup plus que la mienne. Jusqu’à la retrouver, il m’importait peu de savoir si j’allais mourir le lendemain ou la semaine d’après, qu’importe la date après tout cela n’aurait rien changé. Mais maintenant j’avais pleinement conscience de ma méprise. Je ne pouvais pas me laisser mourir, ne serait-ce que pour ne plus la laisser seule. Sauf que nous ne pourrions pas survivre bien longtemps dehors, et que la Communauté me semblait le seul endroit réellement fiable vers lequel se réfugier.

Alors nous avions cherché, longtemps, et ce fut laborieux. Tout d’abord parce nous en étions à la base très éloignés, notre fatigue nous ralentissait encore d’avantage. Diane n’allait pas bien, même si elle le laissait peu paraître je connaissais suffisamment bien ma sœur pour reconnaître chez elle les symptômes d’une grande détresse. Les mois passés chez les Hors la Loi l’avaient beaucoup plus abîmée que je n’aurais aimé le croire, autant psychologiquement que physiquement. Pourtant, ma sœur s’était toujours révélée d’une grande force de caractère. Je l’avais rarement vu craqué, de même que je l’avais rarement vu aussi fatiguée. Les temps avaient changés, à présent il me fallait être le pilier des deux, même si je ne m’en sentais pas d’avantage la force. Lorsque nous étions enfants c’était elle qui me consolait, elle qui me soignait, elle qui m’enseignait ce que je ne savais pas. Désormais, c’étaient dans mes bras qu’elle pleurait et cela me faisait enrager. Je ne parvenais toujours pas à croire, à réellement envisager, que quiconque ai pu lever la main sur elle. Diane était l’image même de la pureté, de l’innocente… De toute sa vie, je ne lui connaissais aucun faux pas, aucune bavure. Alors bien que je me le sois interdit, bien que j’ai décidé de ne plus jamais m’y laisser aller, je pleurais. La nuit, dès que j’étais certain de son sommeil, je fondais en larmes en imaginant tout ce qu’on avait pu lui faire. Il s’agissait d’une torture pour elle comme pour moi, froide, acide, qui ne vous abandonne jamais. Seulement je ne désirais pas raviver ses souvenirs en lui montrant qu’ils ne me quittaient plus, alors je tentais, tant bien que mal, de me faire discret. Je tentais de me montrer plein de courage et de force pour elle car sans cela elle n’aurait pu se reposer sur moi, et cette idée m’était inadmissible. Lorsque j’appercevais ses bleus, ses griffures, j’avais envie d’hurler. J’avais envie de tuer. Etait-ce juste ? Pourquoi elle, et non moi ? Après tout j’étais pute avant la guerre ; J’aurais très bien pu l’être après aussi.
La peur de la perdre à chaque instant de me quittait pas. La peur de la voir s’effondrer sous mes yeux sans que je ne puisse changer quoi que ce soit à son calvaire. La peur qu’un hors la loi débarque et ne me l’arrache de nouveau. J’aurais mieux préféré mourir qu’être séparer d’elle, de ma seule source de joie, mon seul amour. Comment l’expliquer ? Je ne l’avais jamais pu, c’était tout simplement inimaginable l’amour que je pouvais lui porter. Bien souvent il nous était arrivé de nous faire prendre pour un couple auprès de personnes qui ne nous connaissaient pas, tant notre complicité était parfaite. Tant nos regards étaient doux, tant nos doigts étaient serrés les uns aux autres. J’étais raide dingue d’elle, il n’y avait rien d’autre à dire. Raide dingue de ce bout de femme, dont le sang semblable au mien me rendait immensément fier. Personne ne pouvait rêver d’une sœur plus intelligente, plus belle, plus douce. La perfection, c’était Diane. Et croyez-moi, à mes yeux personne ne lui arrivait à la cheville. Même pas Gabrielle, et ce n’est pas peu dire.

Et puis nous avions trouvé Lyzee, presque par hasard. Malgré toute l’horreur de mon geste pour la sauver, je ne le regrettais pas un seul instant. Pour cela, il aurait fallu que la vie de l’autre ignoble m’ai semblé précieuse, sauf qu’elle ne l’était pas. Elle avait traumatisé une enfant, elle l’avait torturé, et elle aurait continué si je ne l’avais pas arrêté. En la tuant j’avais sauvé une autre vie, et c’était tout ce que je voulais bien entendre. De plus, Lyzee n’était pas n’importe quelle enfant. C’était la sœur de Kaylhen, et bien que cela me semblait totalement fou, il fallait que je me fasse une raison. Il s’agissait d’une coïncidence si improbable que n’importe qui à ma place aurait présenté le même scepticisme, et pourtant l’évidence était là. Bien que Kay ne m’en ai jamais parlé, tout ce que me disais sa petite sœur me prouvait qu’il s’agissait bien de la même personne, qu’il n’y avait aucun doute possible. Très sincèrement, j’en voulais à Kaylhen. Je lui en voulais énormément de m’avoir caché tant de choses, de ne pas m’avoir jugé digne de ses secrets alors que je n’en avais aucun pour elle. Si bien sûr, ma liaison avec Gabrielle, mais ce n’était pas pareil. J’avais toutes les raisons de me taire, alors qu’elle n’en avait aucune. Pour ma survie, il fallait que cela reste secret, même aux yeux d’une amie si proche. Alors que me parler de sa famille n’aurait rien changé pour elle. Ca pouvait paraître idiot, mais à mes yeux notre amitié s’en retrouvait nettement altérée. Je me rendais compte, à mon plus grand regret, que cette pseudo amitié n’avait en réalité aucune valeur, puisque Kay n’avait pas confiance en moi. A partir de là, tout est dit. Même si je traitais sa petite sœur comme une princesse, même si je faisais tout ce qui était en mon pouvoir pour qu’elle soit le plus à l’aise avec nous et qu’elle ne manque de rien, ce n’était pas pour Kay que je le faisais. Si je prenais Lyzee dans mes bras, cette pauvre Lyzee qui arrivait à peine à marcher, ce n’était pas pour la rendre intacte à sa sœur. C’était uniquement pour apaiser sa douleur, à elle aussi. Il n’était pas difficile que de constater les dommages opérés sur cette enfant, guère plus difficile d’en éprouve une tristesse profonde. Seulement, je ne pouvais rien faire. Mis appart m’occuper d’elle du mieux que je pouvais, je ne pouvais rien faire.

Ainsi nous étions à présent trois. Il était étrange que de passer d’un seul dont on ne se soucie pas, à trois. Après tout lorsque j’arpentais les rues ravagées de New York, rien ne m’importait. Je me souciais ni de mourir, ni de vivre. Tout cela avait bien changé. A présent j’étais sans cesse sur mes gardes, faisant attention au moindre danger potentiel pour ma sœur comme pour Lyzee. En plus de difficile, cela se révélait très fatiguant mais je ne faiblissais pas. Il ne le fallait pas. Aussi me montrais-je le plus attentif à tout ce qui pouvait se passer autour de nous, ne négligeant aucun détail. Il fut très vite conclu que nous ramènerions à nos côtés la petite sœur de Kay, seulement je n’avais pas réellement entrevu le nombre de difficultés que cela posait. Tout d’abord, il m’était moins aisé que de trouver de la nourriture pour trois, si bien qu’il y eut des jours durant lesquels je m’en passais pour laisser le plus possible à Diane et Lyzee. Bien que cela ne plaise guère à ma sœur, je me révélais implacable. Ensuite nous avions besoin d’un endroit à l’abri partout où nous allions, ce qui ne se montrait guère évident, et qui m’épuisait. Où que nous soyons, je passais le plus clair des nuits à veiller à ce que personne ne vienne troubler notre quasi sérénité, si bien que je dormais très peu. Autant physiquement que moralement, je perdais petit à petit les pédales. Bien sûr, que Lyzee soit là ou non n’aurait rien changé à ce problème, mais au fond de moi la peur qu’elle ne tente de s’enfuir persistait. Peut-être n’avait-elle pas totalement confiance, ce qui aurait pu se comprendre après tout. Seulement, je n’étais pas prêt à la laisser filer. Premièrement parce que j’aurais trop crains qu’il ne lui arrive quoi que ce soit, deuxièmement parce que Kay m’aurait arraché les yeux. Elle ne tenta cependant rien, à mon plus grand soulagement. Il fallait dire que Diane comme moi nous occupions le plus possible d’elle, bien que cela nous fatigue encore plus. Nous étions trois et nous prenions chacun soin de l’autre, c’était tout ce qu’il y avait à faire et tout ce que nous faisions. Après tout, aurions-nous pu en laisser un au bord de la route et continuer notre chemin ? Non, je ne l’envisageais pas. Même lorsqu’il me fallait demeurer éveillé des nuits entière, même lorsque mon ventre criait famine, même lorsque mes bras engourdis rêvaient de reposer l’enfant au sol et la laisser marcher, je ne voulais pas l’abandonner. Et puis je voyais bien qu’elle voulait tout sauf nous imposer sa présence, je remarquais ses efforts pour se faire la plus discrète possible. Plus que n’importe quel enfant, j’aimais beaucoup Lyzee. D’abord parce qu’elle se montrait adorable, ensuite parce qu’elle était la petite sœur de celle qui restait malgré tout ma meilleure amie, et rien que pour cela, je prenais soin d’elle comme s’il avait s’agit de mon propre enfant.

Nos jours étaient routiniers, tous semblables. Nous marchions, nous arrêtions le moins souvent possible afin d’avancer, cherchions de quoi manger, puis marchions encore. Jusqu’à ce soir. Ce soir nous étions au cœur de Manhattan et j’étais certain que la Communauté était toute proche. Je n’en connaissais qu’une entrée, celle qui se situait à l’intérieur d’un centre commercial. Et bien qu’il y en ai de très nombreux, nous avions fini par le dénicher, lui, le bon. Comment pouvais-je en être certain ? Je reconnaissais les lieux, c’était aussi simple que cela. Finalement nous n’avions pas cherché bien longtemps, il me suffisait d’entrer dans un centre commercial pour dire si il s’agissait du notre ou non, et de passer au suivant. Mais cette fois, oui, nous y étions. Je serrai alors un peu plus fort la main de ma sœur, posant sur elle un regard mis horrifié, mis soulagé. L’inquiétude monta en moi d’un seul coup, comme si jusque là je ne m’étais pas tout à fait rendu compte de ce que je m’apprêtais à faire. A présent que je me retrouvais totalement au pied du mur, je réalisais toujours à peine. Ce fut pourtant comme un automatisme, je pris la petite Lyzee dans mes bras, avant de reprendre la main de ma sœur. Je nécessitais son soutien, avais besoin de le sentir tout à fait. J’étais même incapable de parler tant la peur me nouait la gorge. Il ne subsistait plus que deux solutions : Soit Alexander se montrait clément, soit il nous foutait à la porte en me crachant dessus. Ou plutôt me foutait à la porte, car j’étais après tout le seul de nous trois à lui avoir fait du tort. Ses reproches ne pouvaient que m’être destinés, et la simple idée d’un nouveau face à face me pétrifiait. Non pas que j’ai peur de lui ou de ce qu’il aurait pu me faire, mais j’avais peur de son jugement. L’idée qu’il puisse m’envoyer au diable, et bien que ça se comprendrait, me pétrifiait totalement car j’aurais dû me séparer de ma sœur. En y réfléchissant, je doutais sérieusement d’un refus potentiel pour elle qui après tout n’avait rien à voir avec nos histoires. Alors s’il s’était avéré qu’elle puisse rentrer mais pas moi… Je l’aurais laissé. J’y aurais été obligé de toute manière, préférant de loin la savoir en sécurité loin de moi qu’en danger à mes côtés. C’étaient peut-être nos derniers instants réunis, et seul Alexander était en droit d’en décider. Au bout de quelques instants d’immobilité complète durant lesquelles je sentais les regards de mes compagnes sur moi, je finis par murmurer difficilement :

« L’entrée est au sous-sol… Nous devons aller au sous-sol. »

Aussitôt, je me remis à marcher, tellement vite que Diane devait presque trottiner pour ne pas lâcher ma main. Je n’étais pas pressé, loin de là, mais je ne pouvais ralentir. Pour ma sœur, pour Lyzee, je devais absolument les emmener à cette foutue entrée, le plus rapidement possible. Trouver quelque chose que l’on cherche depuis des semaines est à la fois excitant et effrayant, comme un soulagement de courte durée. Tandis que je marchais, je sentais les bras de Lyzee se serrer un peu plus autour de mon cou mais n’y prêtais pas attention, ne voyant plus rien d’autre que ces escaliers, là bas, qui je le savais nous mèneraient au sous-sol. Je les dévalais rapidement, entraînant ma sœur avec moi avant de me retrouver face à une lourde porte de métal. Malgré moi, j’eus un rictus mauvais. Il n’y avait plus aucun doute possible, nous étions bien au bon endroit. Après cela nous aurons à traverser un couloir, jusqu’aux gardes de la Communauté. Nous étions si proches, si proches de tout ceux que je détestais et dont je dépendais. Alexander, Gabrielle, et tout les autres. Nulle envie de les revoir ne me serrait le cœur, nul besoin de leur présence. Même Gabrielle, je ne voulais plus la revoir. Et encore moins au bras de son mari. Avaient-ils seulement idée de ce qui les attendait ? Cette très chère Gabrielle qui devait paisiblement dormir dans les bras de son valeureux Alexander se doutait-elle de ma présence, si près d’elle ? Sans doute s’en fichait-elle pas mal à l’heure qu’il était. Après tout moi-même je m’en fichais au fond. Tout ce que je voulais, à l’instant, c’était rendre une vie à peu près normale à ma sœur, et mettre Lyzee en sécurité auprès de sa sœur. Le reste m’importait peu. Je poussai alors la porte, doucement, comme si je m’apprêtai à pénétrer un endroit interdit et au final, c’était exactement cela. D’ailleurs, la tête que firent les mecs de l’entrée me laissa clairement comprendre que je n’étais absolument pas attendu ici. Sans déconner ? Comme si j’avais pas remarqué. Au fur et à mesure de mes pas, je reconnaissais Matthew dont le visage se décomposait peu à peu, ainsi qu’un autre type qui lui ne me disait pas grand-chose. Peut-être avais-je oublié. En tout cas, il y eut un très long moment de silence durant lequel nous nous dévisagions, ne sachant visiblement que dire. Matthew fini par froncer les sourcils et murmurer :

« Je vais chercher Alexander… »
« Va chercher Kaylhen aussi. La petite est sa soeur. »

Son visage se décomposa un peu plus avant d’entrer dans la communauté et nous laisser seul avec cet autre homme. Il paraissait quelque peu déstabilisé mais pas agressif. Sans doute l’attitude de son comparse l’avait-elle intriguée. Personnellement, elle ne m’étonnait pas. Qu’est ce qui était le plus étrange ? Que je sois revenu, ou que je sois revenu avec une femme et un enfant ? Dans les deux cas, il y avait de quoi être perturbé. Et puis il fallait bien avouer que mon apparence devait faire peur. J’étais pâle, mes yeux cernés, mes vêtements déchirés et tachés de sang par endroit. Une partie était le mien mais le reste, qui sait ? Personne ne m’avait jamais vu aussi proche de la mort ici, et personne ne devait s’attendre à me revoir. Encore moins Alexander, qui risquait fort d’être furieux. Si en plus je l’avais réveillé, il allait me descendre sur place. Pourtant, je me sentais étrangement serein. Comme un condamné sur la chaise électrique, je n’avais plus peur. Il n’y avait plus qu’à attendre l’heure. Juste attendre. Je ne pu m’empêcher de serrer doucement les doigts de Diane en lui adressant un sourire rassurant. J’aimais à croire que ce n’était qu’un mauvais moment à passer, pourtant je lisais très clairement de l’inquiétude sur son visage. Peut-être sentait-elle aussi la fin approcher. Peut-être se disait-elle aussi que nous allions être séparés. Je n’en savais rien, mais je n’osai lui dire quoi que ce soit, et le silence qui régnait n’avait rien d’apaisant. Je tenais toujours Lyzee dans mon autre bras, le plus serrer possible bien que je commençais à fatiguer. Dans quelques minutes, quelques secondes, elle serait de nouveau avec Kay. En avait-elle pleinement conscience ? Est-ce que chacun de nous trois réalisait la finalité proche de notre quête ? Je n’en savais rien, mais je n’eus pas vraiment le temps d’y réfléchir puisque la porte de r’ouvrit alors, laissant passer Matthew, Alexander et… Gabrielle. Mon cœur eut un raté mais je me retenais de montrer quoi que ce soit de la douleur fulgurante qui venait de me transpercer le cœur. J’avais fait une croix sur cette histoire, une croix sur mon amour, une croix sur elle. Il n’y avait plus de marche arrière possible, ne serait-ce que pour Diane il fallait que je sois fort et ne laisse rien transparaître de ma souffrance. Comment expliquer ce que je ressentais ? En fait, je ne ressentais rien d’autre que cette peine immense, rien d’autre que cette envie de faire demi tour. Maintenant que je me retrouvai là, face à eux, c’était comme si tout me revenait dans la figure et qu’il n’y avait aucun moyen de faire abstraction. Pourtant, mon regard ne fit qu’effleurer cette femme pour laquelle mon cœur s’était aussitôt mit à battre frénétiquement. Devant Alexander qui plus est, je ne devais rien laisser transparaître.

Je posai alors Lyzee au sol, plantant mon regard dans celui de ce mari dont la vie s’était trouvée chamboulée par ma faute. Que pouvais-je lui dire ? Que pouvais-je faire ? J’étais coupable de tout. J’avouais tout. Inutile de se leurrer, il me haïssait et cela se voyait très clairement, mon retour improvisé ne devait certainement pas lui plaire. Pas plus qu’il ne me plaisait, en y réfléchissant. Que pouvais-je dire ? Que pouvais-je faire ? Je n’en avais aucune idée, mais demeurer silencieux en espérant qu’il s’écarterait de la porte et me laisserait entrer révélait du pur fantasme. Alors je fis la seule chose à faire…

« Je viens te demander une seconde chance Alexander, et je viens te demander pardon pour toutes mes fautes, ma trahison, ma bêtise… Mais je ne le fais pas pour moi. Je te supplie de me pardonner non pas parce que je crève dehors, ni parce qu’il m’est insupportable de vivre avec ça sur la conscience, mais pour elles. Pour cette enfant, et pour Diane… Ma femme. »

Cette scène semblait tout droit sortie d’un livre à caractère fantastique tant elle se révélait énorme, mais je n’en avais cure. Et je savais très bien qu’il ne me pardonnerait pas, mais que vouliez vous que je dise ? J’étais déjà étonné qu’il ne m’en ai pas collé une dès qu’il m’avait vu, ce n’était pas pour faire traîner encore d’avantage les choses. J’étais allé droit au but, amorçant notre mensonge. Mes doigts serraient de plus en plus ceux de Diane. Oui, il était tout à fait possible que nous soyons mariés, même si cela pouvait paraître aberrant dit comme ça. Il suffisait qu’il nous pose la moindre question pour aussitôt voir que nous nous connaissions aussi bien qu’il pouvait connaître Gabrielle, pour voir que j’aimais autant Diane que lui pouvait aimer sa femme. Gabrielle, à laquelle je n’avais même pas songé en prononçant « ma femme ». Je n’avais même pas envisagé que cela puisse lui faire du mal, mais je savais qu’elle allait me haïr elle aussi. Mais après tout… Qui ne me haïssait pas ?

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MessageSujet: Re: Play with fire. [ Diane T. ; Alexander & Gabrielle M. ; Kaylhen & Lyzee L. ]    Mer 24 Nov - 23:03

Cela faisait des jours que nous marchions, Aristide, Diane et moi. Souvent, le jeune homme me portait, et je veillais à ne pas m’agiter lorsque je me trouvais dans ses bras, car je me doutais bien que ça l’épuisait. Mais au moins, il le faisait, parce qu’il se souciait de mon état de santé. Il ne disait rien, mais je sentais parfois qu’il préfèrerait me laisser marcher seule, sauf qu’à ce moment là, je ne faisais que nous ralentir. Je ne parlais pas beaucoup, ayant sans doute été habituée au silence à cause de Carrie. Avec elle, chacun de mes mots en était un de trop, hors mis quand je devais prier. Pour la première fois, j’avais passé plus de deux ou trois jours sans voir de meurtre, sans voir de sang. Et ça faisait du bien. C’était comme si mon esprit se remettait peu à peu de ces longues semaines tortueuses, même le chemin jusqu’à la guérison allait être long, très long. On ne ressort pas indemne de ce genre d’épisodes. Ces derniers nous marquent, que ce soit de façon mentale ou physique, et ne manquent jamais une occasion de refaire surface. Comme une clochette qui retentit au moindre petit choc, moindre petite pression. Un mot, une odeur, un cri, ou même simplement mes cauchemars, il m’en fallait très peu pour replonger entièrement là-dedans. Parfois, je me réveillais en pleine nuit, le visage inondé de larmes. Je ne criais pas, Aristide et Diane n’avaient jamais été alertés – je me contentais de pleurer en silence dans mon sommeil. Et un peu au réveil. Parce que je n’arrivais peut-être pas à réaliser que tout était fini. Je n’arrivais pas à me dire que Carrie était morte, qu’elle ne reviendrait plus. Je ne pouvais pas encore me faire à l’idée que j’allais revoir ma grande sœur. J’étais dans un état second, un peu déconnectée de la réalité. J’étais consciente, oui, mais je n’agissais pas vraiment toute seule. Je suivais simplement les pas de Diane et Aristide, Aristide qui me consolait quand les larmes jaillissaient parfois sans que je n’aie pu les retenir. Et des fois, c’est lui que j’entendais la nuit, quand je me réveillais justement. Je ne connaissais pas la source de sa tristesse, et plusieurs fois il m’était arrivé d’avoir envie de lui demander. Mais quelque chose m’en empêchait, et je ne saurais pas dire quoi. Mon incapacité à prononcer plus de deux phrases complètes d’affilé, ou la peur de paraitre désagréable envers lui. Ils s’occupaient tous les deux vraiment bien de moi – à côté du calvaire qu’avait été ma vie aux côtés de Carrie, il n’était pas dur de s’occuper assez bien de moi, en même temps. Mais c’était vraiment… agréable, soulageant. Je me sentais enfin en sécurité, j’avais l’impression d’être dans la peau d’une fillette de neuf ans, une enfant qu’on protège. J’avais besoin qu’on m’adresse de l’attention, j’avais besoin de piliers. Je n’avais plus aucun repère, j’étais complètement paumée, mais j’essayais de rester éveillée. On m’avait sauvé la vie, Aristide m’avait sauvée. Je lui devais tout. Mais je ne pouvais rien lui offrir, sinon mon silence et mon calme.

Et puis un soir, nous sommes arrivés. Je ne sais plus vraiment comment nous étions arrivés dans ce qui devait être les restes d’un centre commercial, je n’avais pas fait attention. Je m’étais contentée de les suivre. Je ressentis l’excitation des deux adultes, excitation que j’éprouvai à mon tour. Du moins, c’était ce que je sentais, mais peut-être que c’était plus de l’inquiétude qui les rongeait. J’avais été mise au courant de leur plan, enfin, dans les grandes lignes. Je savais ce que j’avais à savoir pour ne pas dire de bêtises, pour que nous ayons tous la même version des choses. Aristide et Diane étaient frère et sœur, ça, ils me l’avaient expliqué. Mais pour un certain nombre de raisons, ils devaient faire croire aux personnes qui nous allions voir qu’ils étaient mari et femme. Pourquoi mentaient-ils ? Pour se préserver, pour ne pas être séparés. Ari avait fait quelque chose de mal, et ils pouvaient lui refuser l’accès de ce qu’ils appelaient la Communauté. Là où vivait ma sœur. Kaylhen. Je n’arrivais toujours pas à y croire.

Il y avait une porte de métal, un peu comme celles que j’avais pu voir dans les jeux vidéos de mes frères, en bas des escaliers que nous venions d’emprunter. C’était visiblement bon signe. Les battements de mon cœur s’accélérèrent – c’était une sensation étrange que j’éprouvais en cet instant, jamais auparavant je n’avais vécu quelque chose de semblable. En l’espace de quelques secondes, l’espoir avait jailli comme une étincelle, me rendant complètement aveugle. Seuls les pas d’Ari et Diane me guidaient. Je voulais m’enlever des bras du jeune homme et me mettre à courir à mon tour. Je voulais accélérer le temps encore et encore, les secondes défilaient trop lentement, le couloir n’allait jamais se terminer… Mes yeux étaient écarquillés, mon cœur se déchainait contre ma poitrine, je crois même que je m’étais mise à avoir des frissons. Et puis d’un coup, je me figeai. Nous étions arrivés devant une paire de gardes, et je compris que je n’allais pas voir Kaylhen tout de suite, alors que je n’attendais que ça. C’était la chose que j’avais le plus espéré sans vraiment m’y attendre depuis des mois, en fait. Et c’était là, juste là, tout près, derrière ces murs, elle était juste là que je ne pouvais plus ne pas y croire.

Ce furent les minutes les plus longues de toute ma vie. Pourquoi dès qu’on cherche à accélérer le temps, celui-ci se met à faire complètement l’inverse ? Ce n’était pas juste. On ne pouvait pas profiter assez des bons moments, et vivre trop longtemps ceux qui nous paraissaient les plus désagréables. Je commençais tout juste à réaliser tout ça, et ça me faisait tout drôle. Lorsque l’un des hommes alla chercher Alexander et Kaylhen, j’eus envie de lui crier de se dépêcher, que si ma sœur n’était pas là dans les trente secondes qui suivaient, alors il serait trop tard. Mais c’était complètement absurde. Aristide m’avait assuré qu’elle était là, et il ne pouvait pas m’avoir menti. Techniquement, il le pouvait, mais je l’en savais incapable. On ne ment pas à quelqu’un sur quelque chose d’aussi important.

Des gens arrivèrent quelques instants plus tard, et je mon cœur se remit à battre, guettant l’arrivée de celle que j’attendais. Il y eu d’abord le gardien, puis un autre homme dont je déduis comme étant Alexander, et une femme. Une femme qui n’avait rien à voir avec Kay – déjà, elle était blonde, et puis ce n’était pas moi qu’elle regarda en premier. Où elle était, alors ? KAYLHEN ! avais-je envie, besoin de hurler. Kaylhen, arrive, dépêche-toi, ne me fais pas attendre encore plus. Kay, je t’en supplie, viens. Prends-moi dans tes bras, et dis-moi que tout ce qui s’est passé ces derniers mois n’était qu’un cauchemar. J’ai pleuré pendant mon sommeil. J’ai crié, aussi, beaucoup. J’ai vu des choses qui ne peuvent pas exister dans la réalité. Viens me réveiller.

Je réagis à peine lorsqu’Ari me déposa au sol, mais écoutai tout de même ce qu’il dit au leader de la Communauté. Intimidée, je m’étais décalée en arrière, légèrement derrière Ari, prête à me cacher complètement derrière lui en cas de problème. Il n’y aurait pas de problèmes, mais j’avais appris à me méfier de ce qui m’entourait. Et je parvins à relever les yeux vers lui, quittant du regard la porte, et réalisai ce qu’il avait fait, ce qu’il était sur le point de faire. Je ne savais absolument pas ce qui s’était passé dans ces couloirs au cours des derniers mois, mais si Aristide remettait les pieds ici, c’était avant tout pour Diane, et puis pour moi. Je l’admirais totalement, et pas seulement parce qu’il était charmant physiquement. Il m’avait sauvé la vie, et ce soir, il me rendait ma sœur. Oui, parce que Kaylhen venait d’arriver. Et je fondis en larmes.
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MessageSujet: Re: Play with fire. [ Diane T. ; Alexander & Gabrielle M. ; Kaylhen & Lyzee L. ]    Sam 27 Nov - 13:03

Combien ? Un mois ? Non, plus. Beaucoup plus. Trois peut-être. En fait, je n’en savais rien. Une durée supérieure à un mois, ça j’en étais certaine. Kaylhen, vient aider à préparer les petits déjeuners. Kaylhen, on a besoin de toi pour le service de midi. Kaylhen, il faut faire le service du soir. Voilà mes quelques repères temporels. Le reste, je le passais soit dans le délire soit à errer sans but dans cette communauté. J’étais en cuisine lors des repas et j’essayais d’aider en dehors de ceux-ci pour m’occuper l’esprit du mieux que je pouvais. Mais j’en avais vraiment marre. Rester enfermer dans cette communauté, 24 heures sur 24 sans voir la lumière du jour… Je pétais un câble sans vraiment le montrer, ou du moins en faisant le maximum pour. Heureusement qu’il y avait les autres personnes. Heureusement qu’il y avait Lilly. On discutait souvent toutes les deux. Lilly était adorable et sympa. Lilly avait toujours (ou du moins, souvent) les gosses dans ses pattes ce qui me limitait à rester avec elle. Lilly savait. Pour un secret, déjà quatre personnes ça en faisait quatre de trop. Elle savait, elle comprenait pourquoi lorsqu’elle arrivait dans notre chambre, elle retrouvait une Kaylhen dans un état second, ricanant par moment à la limite de pleurer à d’autre. Des réactions contradictoires si j’étais dans un état normal. Mais je ne l’étais pas, je ne l’étais jamais. Pourquoi m’apitoyais-je sur mon sort alors que j’aurais tout aussi bien pu m’en sortir ? Bonne question. Mais j’étais faible, voilà tout.

« Kaylhen, debout. Aristide est de retour. »

Ca m’évade tellement des restes de ce monde de rêver que mon meilleur ami est de retour. Les rêves sont magnifiques. J’aimerais vivre dans le rêve. Pas le rêve créé par la drogue, le rêve normal, créé par notre subconscient. Ou inconscient. Je rêvais de mes parents perdus, de mes potes disparus, de mes délires inventés et de toutes belles autres choses. Ou être narcoleptique, tiens. Marcher et s’écrouler subitement sans qu’on s’y attende, rêver et se réveiller. Le seul problème c’est que l’on pouvait s’écrouler en traversant une route par exemple : gros manque de chance. Quoique désormais, les voitures ne risquaient plus de nous écraser vu le maigre nombre dont ils en restaient. Bien évidemment on ne faisait pas que des rêves, mais aussi des cauchemars. Skynet, ça vous dit quelque chose ? Je vous jure quel enfoiré celui-là. Il sait tout, voit tout, entend tout. Même les murs sont ses alliés. Votre portable en est infecté. Du moins, nos anciens portables l’étaient. Il avait piraté les ordinateurs. Vos amis l’ont rencontré, il les a soudoyé et vous êtes trahit en l’espace de dix minutes. Mais il ne faisait pas que les soudoyer, il les kidnappait pour vous mettre une pression et obtenir ce qu'il voulait de vous. Il vous suit dans la rue au petit matin lorsque vous allez au lycée, au boulot ou je ne sais où. Skynet envahit vos vies et se cache même dans les plantes. Les carnivores par exemple, les Sarracenia-Purpurea : la plante parfaite. Fond rond, possibilité d’y mettre un micro, faire un petit trou et y mettre une mini caméra. Il se glisse aussi dans les alarmes incendies et les sonneries des lycées, dans les caméras des magasins qui se retrouvent piratés. Il vous fait passer pour fou. Il irait même jusqu’à soudoyer le sdf de la rue d’à côté pour arriver à ses fins et vous surveiller. En plus de cela, il se reproduit, il créait sa génération future pour s’assurer de la destruction de la planète. Ou peut considérer que c’est lui qui a pourri notre monde et lancé cette foutu guerre qui nous a tous exterminé. Skynet vous pourrit la vie jusqu’à vous détruire aussi bien mentalement que physiquement ; ce qu’on ne peut, nous malheureux humains, pratiquement pas faire même après avoir déchargé une dizaine de balles d’un flingue « banale » sur la face à Skynet. Avant 2010, je vous aurais dit : vous savez survivre désormais, regardez juste derrière vous pour surveiller vos arrières, ne faites confiance à personne. Mais il nous a tous eu. Tous foutus. Très con pour nous. Mon épaule fut secouée beaucoup plus brutalement.

Est-ce que je dors ? J’ai l’impression d’être à moitié éveillée, que les secousses font à la fois parti d’un rêve mais aussi de la réalité. C’est une sensation assez bizarre. Enfin, comme sensation bizarre j’en ai déjà vécu des beaucoup plus que celle-ci. Cette fois-ci j’émerge, certes pas totalement, mais dans un sursaut. J’essaie d’ouvrir les yeux alors que mon cerveau est encore embrumé. Je tourne la tête et découvre une Lilly avec une tête de détérée-zombie mal réveillée en premier plan. J’eus un lourd soupir et refermai les yeux. Juste cinq minutes. Cinq minutes de plus, et après je me lève si elle le veut. Cette fois-ci, elle me tape carrément avec un cahier et écrit que Matthew vient de me demander de me lever. J’entrouvre les yeux et attend la suite. Mais qu’il aille pioncer Matthew ! Ou qu’il me laisse dormir, je ne lui avais rien fait. Je voulais juste une nuit de sommeil, une seule nuit, rien de plus.

« Et ? »

Dit avec une voix cassée, ça rendait vachement bien… C’était urgent, qu’elle m’écrit. Je vois qu’elle commence à s’énerver, et en froncant les sourcils me fout le cahier sous le nez avec écrit en gros le prénom d’Aristide. Mes yeux qui s’étaient ouverts depuis que j’avais pris un semblant de parole continuèrent de la regarder. En fait, lorsqu’elle écrivit cela je ne bougeais pas directement et restais allongée dans mon lit comme un phoque. Ou une otarie. Mais une otarie rappelle plus Marineland ou un parc dans le même genre. Enfin, bref. Aucune réaction et cela pendant à peine deux secondes jusqu’à ce que je me lève d’un seul coup, sans que je ne m’en rende moi-même pas vraiment compte, à noter que je ne me suis jamais lever aussi vite de toute ma vie et si ma mère avait été présente elle aurait approuvé. Vite. Vite. Je me pris à moitié les pieds dans ce qu’il me semblait être une paire de chaussures en lançant des mots, qui n’avaient aucun rapport entre eux, à Lilly pour exprimer ma joie, ma surprise, mon hallucination… Mon grand mélange d’émotion, en gros. Me rattrapant à la poignée de la porte, j’attrapais une veste qui se trouvait sur le meuble d’à côté et ouvrit la porte d’un grand coup vif et sortit en courant en essayant de l’enfiler en route. Je n’avais pas pris la peine de fermer la porte, ni même de remercier Lilly, ni d’enfiler une paire de chaussure, ni même de changer mon pantalon de pyjama à carreaux et en toile fine qui montrait bel et bien que je ne le remplissais plus aussi bien qu’avant, ni mon débardeur blanc qui laissait voir les os de ma cage thoracique qui étaient un peu plus voyant. Ma tresse sur le côté et ses mèches rebelles, pas réveillée j’aurais facilement pu passer pour une déjantée à courir à m’en crever.

Mais Aristide ! ARI ! Mon meilleur ami à moi qui était revenu. Vous y croyez, vous ?! Tellement peu croyable, utopique je dirais même que je commençais à penser que c’était un canular. En même temps, avec la connerie qu’il avait faite les chances étaient tellement faibles pour qu’il réussisse à revenir... Le seul moyen était qu’il trouve un énorme canular à faire croire à tout le monde pour qu’il puisse rentrer. Ouais, je pense qu’il pourrait en trouver un. Il en avait trouvé un. Le revoir : une chose que je désirais depuis tellement de temps. Chaque jour, j’espérais qu’il frappe à la porte de ma chambre et que je le trouve là, me regardant avec ses grands yeux bleus ou que je le croise au détour d’un couloir et puisse entendre ce rire que j’aimais tellement. Mais voilà déjà quelque temps que je me contentais de souffrir en silence. J’arrêtais d’espérer. On dit que l’espoir fait vivre. J’avais plutôt l’impression qu’il m’avait détruite encore plus. J’imaginais le retrouver dans la communauté mais à chaque fois que quelque chose me renvoyait à la réalité, c’était difficile d’accepter la vérité. Malgré le fait qu’il ne m’ait pas dit au revoir ne changeait pas mes sentiments à son égard. Je l’aimais toujours autant, comme un grand frère. J’avais du surmonter son absence, seule. J’avais réussi. Comme une épreuve. Comme si on m’avait arraché la personne la plus chère qu’il me restait et qu’on me disait « Allé, survit maintenant. » pour me tester. Le cauchemar était fini.

J’avais glissé mon bras droit dans la manche de la veste en laine qui ne m’appartenait pas, en fait. Je courais. Je m’époumonais. Je courais. En apercevant la porte, un flot inimaginable de bien être laisse échapper un rire. J’allais enfin retrouver le sourire. Le vrai sourire. J’allais rire de nouveau à en pleurer. J’allais de nouveau être bien. Je cours toujours vers cette fameuse porte et dans l’élan, je l’ouvre et en me glissant vivement à l’intérieur, j’enfile mon autre bras dans la manche. Personne ne parle. Les avais-je interrompu ? Peu importe, je n’en avais rien à faire de toute manière. Je lève les yeux et c’est là que ça fait PAF ! Paf Aristide, paf mon cœur qui s’accélère, paf les émotions qui me nouent la gorge, paf les larmes aux yeux, paf tout les souvenirs. J’avais les yeux posés sur mon meilleur ami, je le couvais et ne pouvais plus détourner le regard. Regard qui avait croisé ses yeux que j’aimais tant. Parce que malgré l’état dans lequel il était ; le sang, la saleté, la pâleur j’étais soulagée de le savoir sain et sauf, soulagée de le revoir, de le savoir vivant. Je me mords machinalement les lèvres pour ne pas exploser en pleurs alors que ma main vint se poser sur ma joue, prête à essuyer les prochaines larmes. Et c’est à ce moment-là que je sens toute cette peur accumulée pendant des jours et des jours à son égard retomber subitement. Je me mis à pleurer, bêtement. Je baissais les yeux alors que je me les essuyais du revers de la manche. J’aperçus une petite chose, caché derrière Aristide. Une petite chose aux cheveux longs et blonds malgré la saleté. Une petite chose à la peau claire. Une petite chose que je connaissais mieux que quiconque.

Et c’est ainsi que je frôlais la crise cardiaque. C’était plus intense que le « paf Aristide ». C’était vraiment au-delà du paf, c’était… encore plus qu’inimaginable. Je m’étais immobilisée le temps de comprendre ce qu’il m’arrivait. Je la dévisageais avec des yeux écarquillés. Si ça c’était un rêve et que je devais me réveiller par la suite, j’irais me faire sauter la tête chez les Hors-La-Loi. Je me précipitais sur Lyzee en pleurant et la pris dans mes bras en reculant pour reprendre ma place. Dans mes bras, Lyzee. Celle dont j’avais encore plus voulu la présence. Je la serrais contre moi, enfouissant mon visage dans ses cheveux. Ma petite sœur, ma princesse, Ma Lyzee.

« Lyzee… »

Avais-je chuchoté. Moi qui la croyais morte. Comment avait-elle fait, comment avait-elle pu survivre. J’avais cherché, j’avais pleuré, j’avais espérer mais jamais, Ô grand jamais je n’avais pensé la revoir un jour. Je reculais mon visage pour la regarder, revoir Lyzee. Lyzee, là maintenant, tout de suite. Je repoussais ses quelques mèches, ses yeux étaient aussi baignés de larmes. Je passais ma main sur ses petites joues et l’embrassa sur le front, en pleurant encore plus.

« Si tu savais comme je suis désolée. »

Tellement de sentiments qui se mélangeaient. Ca faisait beaucoup d’un seul coup après un gros trou pendant plusieurs mois. Je la repris contre moi en fermant les yeux pour ralentir mes pleurs.
Lyzee que j’avais abandonnée dans cette foutu ville de New-York en ruines. Ca ‘m’avait rongé de l’intérieur. Moi qui avais cru que jamais, je ne la reverrais. Comme une résurrection. Mais il n’y avait pas que la sienne, la mienne également. J’étais venue me poser tranquillement les fesses ici alors qu’elle était restée dehors. Comment avais-je pu être aussi odieuse ? Comment avais-je pu tranquillement venir vivre ici alors qu’il lui était arrivé je ne sais trop quoi à l’extérieur ? Je n’aurais jamais du entre dans la communauté sans elle ? Je relevais la tête pour regarder Aristide. J’expirais un grand coup pour me calmer et eus un pas hésitant vers lui.

« Merci Aristide. »

Dis-je dans un sanglot. Je ne savais pas quoi dire, pas comment le formuler. Je lui devais tellement chose. Il m’avait sauvé la vie, en un sens ainsi que celle de Lyzee. Il nous avait sauvé toutes les deux, il avait sauvé le restant des Leighton. Je baissais les yeux sur le sol et embrassais son crâne. Une fois de plus, je regardais son petit visage d’ange : les mêmes yeux bleus que les miens, les même cheveux que Liam et ma mère. Je replaçais une nouvelle fois ses cheveux et la regardais avec attendrissement. Mes mains tremblaient sous l’émotion alors que je continuais à pleurer tout autant et posais ma joue sur la tête de ma sœur, en regardant Ari. Tout les deux, en même temps. Ensemble.


Dernière édition par Kaylhen Leighton le Mer 29 Déc - 23:07, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Play with fire. [ Diane T. ; Alexander & Gabrielle M. ; Kaylhen & Lyzee L. ]    Dim 28 Nov - 19:35

- "Alex... Aristide est à la Communauté..."

Une bombe ne m'aurait pas fait davantage d'effet. Je regardai Matthew, un instant totalement déboussolé. J'étais... Scié. Quoi? Aristide? Ici? Alors que j'avais clairement fait comprendre que je ne voulais plus jamais voir sa gueule ici au risque de la lui amocher définitivement? Gabrielle était là, avec moi. Je lui lançai un regard, presque instinctivement, comme pour voir sur son visage les signes que cela lui faisait plaisir. Je vivais dans la hantise de cet autre homme qu'elle avait aimé. Elle m'avait choisi moi, c'était vrai, mais elle l'avait aimé lui aussi, elle s'était donnée à lui et elle avait eu beaucoup de mal à le quitter. Avait-elle manigancé ce retour? Était-elle au courant? Était-elle revenue près de moi pour ensuite me convaincre de l'accepter lui aussi? J'étais soudainement très soupçonneux et en fait, totalement paranoïaque. Là, je devais égaler Ethan. Mais merde à la fin, je venais de retrouver ma femme, nous en étions encore à nous redécouvrir, à nous charmer, à nous réapprendre à nous faire confiance et voilà que celui qui avait failli faire voler notre couple en éclats se pointait, l'air de rien!

Je ne pouvais tolérer cela! Il avait bafoué mon honneur, il m'avait prit ma femme et voilà qu'il osait remettre un orteil chez moi? Parce que oui, la Communauté était mon œuvre, mon idéal, ma maison et j'avais le droit de décider qui y demeurait et qui partait. Et je ne voulais pas de lui! Je ne pouvais concevoir d'évoluer dans un périmètre si confiné avec lui. La tentation pour Gabrielle serait trop forte. Quoi? Je ne faisais pas confiance à mon épouse? Non, en effet, je ne lui faisais plus confiance, pas si elle se retrouvait avec son amant, si tôt après leur séparation.

Je ne sais pas ce qu'elle lu dans mes yeux quand je lui lançai ce regard presque inquisiteur. La peur de la perdre de nouveau, la douleur, la fureur... L'incertitude. Moi qui ne semblais jamais douter, cette fois, ce n'était pas le cas. Mais dans son regard à elle, je vis de l'amour pour moi, et un sourire rassurant. Même si cela la chamboulait elle aussi.

Je pensais ne plus jamais entendre parler d'Aristide. Mais il semblerait qu'il ne soit pas résolu à nous laisser en paix.

- "Qu'est-ce qu'on fait?"

- "Foutez le dehors, si c'est moi qui m'en charge, il risque de passer un sale quart d'heure..."

Tant pis si Gabrielle me trouvait cruel en cet instant. Je n'avais pas envie de faire semblant. Cela me déplaisait royalement. Je détestais Aristide. Matthew sembla pourtant hésiter.

- "Quoi?"

- "Il est pas seul. Il y a une femme et une gamine avec lui. La gamine, c'est la sœur de Kaylhen."

Là, je restais comme deux ronds de flan. il en avait encore beaucoup des comme ça? Non parce qu'en moins de 5 minutes, il avait battu le record de nouvelles capables de me surprendre réellement. Je me levai brutalement.

- "Va chercher Kay."

Bon, il semblerait que je sois obligé de me confronter de nouveau à Aristide. La dernière fois que nous nous étions vu, je lui avais mis mon poing dans la figure. Entre temps, il avait couché avec ma femme. Donc, cette fois, si je me laissais aller, je risquais fort de le tuer. Calme, respire... Je sentis la main de Gabrielle sur mon bras. Elle savait combien les émotions se déchainaient en moi en cet instant, alors que je n'opposais qu'un masque imperturbable à Matthew. Elle ne voulait sans doute pas que je lui démolisse le portrait, mais elle cherchait surtout à m'apaiser. J'eus un faible sourire, puis je me dirigeai résolument vers Aristide.

Et mon cœur bondit dans ma poitrine, avec une rage insoupçonnée quand je posai mon regard sur lui. Un regard brûlant de fureur et de haine. Mes mâchoires se contractèrent, de même que les jointures de mes mains mais je me forçai à rester calme. Mon regard se posa sur la frêle jeune femme qui l'accompagnait, ainsi que sur la petite fille. La sœur de Kaylhen... Si c'était vrai bien entendu.

Aristide la déposa au sol, avant de s'adresser à moi. Il me fit son mea culpa, qui ne me fit ni chaud ni froid. Qu'il crève dehors, ce n'était pas mon problème. Il aurait fallu y penser avant de commettre l'irréparable! Je le fusillai du regard, celui-ci se faisant de plus en plus dur. Pourtant, il toucha un point sensible en parlant de la petite fille. En effet, je ne pouvais pas laisser cette innocence payer pour ses erreurs. Je cillai pourtant quand il parla de sa... femme? Je la regardai comme si une deuxième tête lui était poussée. Il avait une femme? Il se foutait de moi?

J'allais répondre quand Kay débarqua. Sous le choc. Je la savais proche d'Aristide. Mais, le choc de revoir sa sœur fut plus grand encore. Allons, ça ne pouvait pas être un canular... Kay ne pouvait feindre si admirablement... La petite fille non plus. Il avait vraiment retrouvé sa sœur. Et elle le remerciait pour cela. Pourquoi avais-je soudainement l'impression qu'il venait d'habilement inverser les rôles et que si je l'envoyais au diable, je passerais pour le méchant? Mon regard se réduisit à deux fentes. Certes, les retrouvailles entre Kay et sa petite sœur étaient touchantes, mais Aristide demeurait mon gros problème.

- "Ta femme? Tu te fous de ma gueule?"

Je lançai un regard meurtrier à la femme en question.

- "Sérieusement, qu'est-ce qui te fait penser que je vais accepter que l'amant de ma femme revienne ici, la bouche enfarinée, plein d'excuses qu'il ne pense même pas? Tu as ramené la sœur de Kaylhen, certes, tu as une... femme, d'accord. Elles peuvent rester si elles le désirent, mais je ne veux plus te voir Aristide. Ne me donne pas une raison de me déchainer sur toi, tu n'aimerais pas ça."

Et tout le monde ici pouvait voir combien mon corps était tendu et combien j'avais envie d'en découdre avec lui. Mais j'étais assez sage pour réfréner ces instincts primaires, qui n'avaient rien d'honorables ni de glorieux.

Mais qu'est-ce que cela me soulagerait!
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MessageSujet: Re: Play with fire. [ Diane T. ; Alexander & Gabrielle M. ; Kaylhen & Lyzee L. ]    Dim 28 Nov - 23:52

La journée était sans fin. Comme j’avais hâte qu’elle finisse, pourtant ! Il me semblait qu’il y avait des années que j’étais éveillée, me semblait-il. On méritait tous de dormir un jour ou l’autre, non ? Plus que quelques petites minutes. Plus que quelques tourments. J’aurais un lit et un oreiller et je pourrais m’assoupir enfin. Épouser Morphée, voilà qui me semblait une si bonne idée ! Oh, le cajoler pour toujours, en faire mon amant éternel. Mais évidemment que je ne pouvais pas. Aristide et moi devions parcourir des kilomètres encore, trouver le bon endroit, nous cacher. Je n’arrivais pas à dormir, malgré tous les efforts de mon frère. La nuit, je fermais les yeux faiblement, comptant les secondes avant le lendemain. J’attendais que le souffle de mon frère se fasse plus régulier pour laisser les larmes couler. Je n’étais pas forte. Faible, si faible. Chaque souffle du vent affolait mon cœur, chaque mouvement que mon petit frère faisait avait le don de m’effrayer.

La petite n’avait rien arrangé. Au contraire, j’étais encore plus nerveuse, après cet évènement. Comment être paisible lorsque vous risquiez la vie d’une enfant si pure à chaque instant ? Chaque fois que mon regard s’éloignait de son corps si fragile, j’étais certaine qu’elle allait disparaitre. Il était évident qu’elle allait finir en sang, tuée, ravagée par cette vie idiote et sans but. Et comme j’allais avoir mal de le voir ! Elle n’avait jamais pu pêcher. Elle était un ange tombé du ciel. Lyzee était si belle ! Elle me rappelait à ma vie d’avant, lorsque tout était beau. Mais tout ça était perdu depuis longtemps.

J’essayais de jouer la comédie pour ces deux-là. Parce que si je flanchais, rien n’irait plus. Je savais qu’Ari bouillait de fureur chaque fois qu’il posait les yeux sur mes hématomes. Je n’arrivais pas à les faire disparaître, les coups avaient été si terribles qu’ils semblaient vouloir rester éternellement présent sur mon corps et dans mon esprit. J’avais dépassé le stade de la douleur. J’étais fatiguée et je ne pouvais rien faire. J’enviais la petite fille qui était portée par Aristide. En fait, j’avais simplement envie de la prendre et de la jeter par terre pour qu’il me prenne dans ses bras à la place. C’était si égoiste !

Alors je fus heureuse de voir les gardes, même si je savais que la plus grande partie de notre vie allait se jouer maintenant.

« Je viens te demander une seconde chance Alexander, et je viens te demander pardon pour toutes mes fautes, ma trahison, ma bêtise… Mais je ne le fais pas pour moi. Je te supplie de me pardonner non pas parce que je crève dehors, ni parce qu’il m’est insupportable de vivre avec ça sur la conscience, mais pour elles. Pour cette enfant, et pour Diane… Ma femme. »

Quel mensonge ! Comment pouvait-on y croire ? Comme si un homme comme Aristide allait épouser l’épave que j’étais présentement. Mais peut-être que la pitié nous sauverait. Peut-être que l’homme à l’air désespéré qu’était devenu Aristide saurait attendrir le chef au visage enragé qui venait de débarqué. Peut-être qu’on pourrait vraiment s’en sortir.

Les retrouvailles entre Lyzee et sa sœur me réchauffèrent le cœur. Je connaissais cette joie moi aussi, de revoir cette personne qui comptait le plus au monde pour nous. Et je savais qu’il n’y avait rien de plus plaisant au monde. Qui n’allait pas fondre devant cette scène magique ? Alexander, visiblement. Mon, je pleurais déjà.

- "Ta femme? Tu te fous de ma gueule?"

Comment osait-il ? Oui, sa femme. Sa sœur, une dame détruite. Peu importait au fond. Mais pourquoi Aristide n’aurait-il pas pu avoir de femme ? Malotru. Idiot. Mais je ne dis rien, restant dans l’ombre. Personne ne pouvait me voir, tapie comme je l’étais. Je gardais mon visage torturé en dernier recours. Pour le cas où il tuerait quand même mon frère.

- "Sérieusement, qu'est-ce qui te fait penser que je vais accepter que l'amant de ma femme revienne ici, la bouche enfarinée, plein d'excuses qu'il ne pense même pas? Tu as ramené la sœur de Kaylhen, certes, tu as une... femme, d'accord. Elles peuvent rester si elles le désirent, mais je ne veux plus te voir Aristide. Ne me donne pas une raison de me déchainer sur toi, tu n'aimerais pas ça."

C’était le signal que j’attendais. Je sortis pour me mettre à la vue de tous. Des bleues noircissaient mon visage, la maigreur extrême qui avait emprisonné mon corps montrait mes côtes. On pouvait facilement les compter, même sous le tissu. Cet homme était un dictateur si ça ne lui faisait pas d’effet. Peut-être les autres pourraient-ils intercéder en ma faveur. Je connaissais l’histoire de la femme avec laquelle Aristide avait couché. Elle, elle saurait. Elle m’aiderait.

- Il va rester.

Quelle audace, vraiment ! Qui étais-je pour me battre après tout ?

- Je suis médecin, et vous savez que vous avez besoin de moi dans les… conditions actuelles. Vous avez besoin de moi, elle a besoin de la petite, Aristide a besoin d’un abri décent et moi… moi j’ai besoin d’Ari.

Je faisais face à celui qui tenait le reste de ma vie entre ses mains.
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Aristide Tetropoulos
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MessageSujet: Re: Play with fire. [ Diane T. ; Alexander & Gabrielle M. ; Kaylhen & Lyzee L. ]    Lun 27 Déc - 12:57

Nous devons tous faire des choix. Le mien avait été le mauvais, or je n’étais pas certain de pouvoir rectifier le tir. Vous savez, parfois les événements ne semblent pas pouvoir s’arranger, ainsi la seule possibilité de bonheur vous apparait pur fantasme. C’était là mon sentiment exact, tandis que j’amorçai péniblement notre long et laborieux marchandage. Il ne s’agissait que de cela, un marchandage, or notre client du jour se révélait être le plus difficile à convaincre au monde. Je jouais ma vie sur un mensonge qui ne tenait même pas la route, avais-je cependant le choix ? Nous devons tous faire des choix, mais pas forcément de notre plein grès. Puisque nous parlons de choix, laissez-moi vous dire qu’en cet instant une seule personne était maitresse de la situation : Alexander. Il suffisait de le regarder pour deviner la violence qui le hantait, le dégout face à mes mots, mes piètres excuses qui de toute évidence ne possédaient aucune valeur. Il suffisait de le regarder pour deviner le plaisir qu’il aurait éprouvé s’il avait pu me démolir le portrait sans plus attendre, réduire mon visage d’ancien tombeur repentit à une vaste bouillie fumante. Cela aurait pu être beau, mais je n’éprouvais nullement l’envie de tenter la chose. Tout ce que je voulais était d’en terminer avec cette discussion qui ne mènerait nulle part, je savais très bien ce qu’on me reprochait sans pouvoir pour autant me racheter, me faire pardonner, obtenir ne serait-ce qu’une maigre possibilité de le faire. Mon regard s’obstinaient à fixer Alexander, sans jamais dévier vers sa femme afin de ne pas faire d’avantage saigner mon cœur au bord du suicide, de la crise, du malaise. Comme j’avais mal, comme j’étais las, usé, malade ! J’aurais voulu faire quelque chose d’utile, prononcer une parole réconfortante ou rassurante mais au final, j’étais le seul à nécessité du réconfort. Alexander n’avait pas besoin de moi, il avait tout ce que je n’avais pas. J’étais faible, j’étais pauvre, et j’étais à genoux. A sa merci. Quelle comédie, vraiment. Une comédie qui ne prit que d’avantage de sens encore lorsque Kaylhen entra, ou plutôt sorti de la communauté, nous rejoignant. Immédiatement, ses yeux se posèrent sur moi, me détaillèrent, s’emplissant peu à peu de larmes. Son soulagement était visible, tout comme son bonheur. Personnellement j’étais incapable de tels sentiments, incapable d’exploser de joie, incapable de lui sourire même. La voir dans cet état fut pour moi bien plus pénible que tenter de ne pas dévorer Gabrielle du regard. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle, elle m’avait réellement trahi. Elle m’avait menti et prit pour un con, tout le long. Je m’étais terriblement attaché à elle pour au final trouver quoi ? Un tas de secrets et de mensonges, gentiment dissimulés dans les recoins de notre amitié. Oh je l’aimais, oui, je l’adorais cette petite brune aux yeux bleus qui faisaient toujours battre mon cœur un peu plus vite, mais je n’éprouvai que l’envie de l’attraper et la secouer dans tous les sens. Que l’envie de lui hurler qu’elle m’avait horriblement déçu et que tout était terminé, que je ne jouais plus. Je ne bronchai cependant pas, la laissant pleurer comme une enfant tout en me regardant de ses grands yeux trop expressifs. Avait-elle prit de la drogue ? La nausée me serra la gorge. Heureusement, elle aperçu alors Lyzee et cessa de me couver du regard comme une amie qu’elle n’était pas. J’aurais voulu être touché, ne l’étant cependant pas. Je me contentai de serrer les doigts de Diane tout en les regardant, d’un œil vide et inexpressif. Cela ne changea pas lorsqu’elle me remercia. Qu’elle aille au Diable, elle, tous. Allez vous faire foutre, pour une fois.

Cette colère montait progressivement en moi comme la lave en fusion d’un vieux volcan que l’on croyait éteint depuis longtemps. Elle s’accentua d’avantage encore lorsqu’Alexander me demanda sur un ton des plus détestables si je me moquais de lui, avant de lancer un regard meurtrier à Diane. J’aurais pu lui sauter à la gorge rien que pour ce regard, rien que pour cette offense commise envers la plus pure des femmes sur terre. Je n’en fis cependant rien, jugeant rapidement que ce n’était pas dans notre intérêt. Il me fallait être le plus discret et le plus poli possible, sachant pertinemment que cela ne ferait pas la différence, il était du moins nécessaire de ne pas d’avantage attiser la haine d’Alexander. Je la savais déjà bien suffisamment titillée.

- "Sérieusement, qu'est-ce qui te fait penser que je vais accepter que l'amant de ma femme revienne ici, la bouche enfarinée, plein d'excuses qu'il ne pense même pas? Tu as ramené la sœur de Kaylhen, certes, tu as une... femme, d'accord. Elles peuvent rester si elles le désirent, mais je ne veux plus te voir Aristide. Ne me donne pas une raison de me déchainer sur toi, tu n'aimerais pas ça."

Oh si, j’aimerais beaucoup Alexander. J’aimerais que tu me démolisses une bonne fois pour toutes, afin de mettre un terme à tout cela. Je n’ai jamais voulu de mal à ce type, grand bien même je sois amoureux de sa femme, pourtant à l’instant ma colère était telle que j’aurais bondi sur quiconque, sauf que je savais qu’en l’occurrence je me serais fait laminé, et cela n’aurait que fait de la peine à ma sœur. Aucun intérêt. Cependant, il fallait avouer qu’il n’avait pas tort, je demeurais l’ex amant de Gabrielle et cela représentait la plus grosse difficulté. A sa place j’aurais fait exactement pareil : j’aurais foutu ce connard dehors. Je m’attendais d’ailleurs à cette réaction, elle était prévisible et évidente, mais me découragea quand même assez rapidement. Après la colère, la résignation. Je manquai de faire un pas en arrière lorsque je vis ma sœur au contraire s’avancer, se livrant aux yeux de tous. La maltraitance dont elle avait été victime ne faisait aucun doute : De nombreux bleus recouvraient un corps maigre et sale, des griffures, des hématomes. Par endroits il était possible de voir ses os et son visage avait perdu beaucoup de sa beauté à force de coups et injures. Mon cœur se serrait toujours à la vision de ce massacre, de ma sœur si durement touchée. N’importe quel frère dans mon cas aurait éprouvé la même rage meurtrière que moi, n’importe quel ami, n’importe quel amant. J’étais tout ça à la fois pour elle. J’étais son tout, comme elle était le mien. Aussi me retenais-je de ne pas l’attraper par le bras et la faire reculer, la cacher pour que personne ne puisse profiter une nouvelle fois d’elle. Je ne craignais pas Alexander, mais je répugnais l’idée que quiconque puisse ne serait-ce que la regarder. Personne n’en était à la hauteur. Cependant, ses mots semblèrent utiles. Ils servaient notre mensonge à merveille, amorçant un nouvel aspect de notre plaidoirie. Oui, il y avait une chose qu’Alexander haïssait plus que moi, je le savais, et cette haine nous la partagions. Il fallait que je l’exploite. Doucement, je récupérai la main de Diane et la rapprochai de moi, mes yeux frôlèrent alors Gabrielle qui avait posé une main implorante sur le bras de son mari. Son expression laissait clairement deviner sa peine, tout comme la mienne laissait deviner la colère. Je laissais tomber le masque une seconde, ce que je m’apprêtai à dire n’était-presque- pas mensonge.

« Lors des bombardements nous n’étions pas ensemble, nous ne nous sommes jamais retrouvé jusqu’à peu. J’ai eu plus de chance qu’elle en tombant ici… Elle fut prise en otage par les hors la loi, elle en porte encore les marques… Armando et ses hommes ont fait à ma femme bien plus de mal qu’il n’est possible d’en concevoir, ils l’ont détruite. Elle a besoin d’un abris, besoin de repos, après quoi elle pourra vous être utile. »

Je fis une pause pour réfléchir, ne sachant pas bien où ce monologue m’emmenait. Je secouai la tête avant de poser mon regard sur ma sœur et lui attraper doucement la taille pour la ramener un peu plus à moi. Ma tristesse n’était pas feinte.

« Il ne s’agit pas de moi, ni de ce que j’ai fait. Je sais que tu ne peux pas me pardonner, mais Diane n’y est pour rien et elle, a réussi. Elle m’a pardonné mon adultère. Nous avons tous souffert dans cette histoire mais à présent il nous faut retrouver la paix. Les autres communautaires bénéficieraient d’un nouveau médecin, ce n’est en effet pas du luxe en ce moment, et nous, nous serrions de nouveau ensemble sans faire de mal à personne. Tout le monde y gagne. »

Tout n’est qu’une question d’angle de vue : présenté sous celui-ci les choses paraissaient beaucoup plus acceptables me semblait-il. Je soupirai, ne sachant s’il était nécessaire que j’en rajoute ou non. Finalement, je n’eus pas le temps de décider puisque de nouveau la porte s’ouvrit sur une Mathilda en robe de chambre, et de très, très mauvais poil.

« J’aurais esperé que ce soit une mauvaise plaisanterie. - répondant au regard que je lui jetai - C’est Matthew qui est venu me chercher, apparemment il y aurait des blessés ? »

Elle me gratifia d’un splendide regard noir avant que je ne lui désigne d’un signe de tête Lyzee, vers laquelle elle se dirigea après un rapide coup d’œil vers Alexander. Elle écarta les bras de Kaylhen pour s’accroupir face à sa petite sœur et l’observer d’un œil aguerri. Personne ne sembla broncher. Au bout d’une minute elle se recula et annonça son diagnostique d’une voix neutre :

« Elle a de multiples coupures et écorchures sur tout le corps. Malnutrition évidente, signe de coups par endroits… Cette enfant a été battue. »

Son regard me désigna immédiatement, sans que je ne cille.

« En effet, mais pas par moi. Je l’ai retrouvé avec une malade qui la rouait de coups, je n’ai fais que l’y arracher. Demandez lui si vous n’y croyez pas. » répondis-je d’une voix faussement calme. Au fond ça me rendait fou, comme si j’étais capable d’un truc pareil !

Respire, Ari. Respire, tu vas en avoir besoin.

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MessageSujet: Re: Play with fire. [ Diane T. ; Alexander & Gabrielle M. ; Kaylhen & Lyzee L. ]    Mer 29 Déc - 19:24

Je me sentais minuscule. J’étais minuscule. J’étais entourée de toutes ces grandes personnes, réfugiée derrière Aristide jusqu’à ce que ma grande sœur arrive. Elle me disait qu’elle était désolée, mais je ne comprenais pas de quoi. C’était moi qui m’étais enfuie, moi qui lui avais désobéi, c’était moi qui m’étais perdue, moi qui l’avais perdue. Mais peut-être qu’elle était désolée parce qu’elle m’avait laissée toute seule trop longtemps… ça devait être ça. Je pleurais moi aussi, parce que j’étais trop contente de la revoir. Ça faisait bizarre à l’intérieur, à l’endroit du cœur, c’était quelque chose que je n’avais encore jamais ressenti. Je serrais ma seule famille dans mes bras, ma famille, ma sœur qui m’avait tellement manquée. Je l’avais toujours senti, ça, ce manque qui me tiraillait, qui me faisait pleurer la nuit lorsque j’étais certaine de Carrie dormait, lorsque celle-ci était furieuse après moi ; à chaque fois que je réalisais que j’étais toute seule, le nom et le visage de mes parents, de mes frères et puis de Kaylhen apparaissaient. J’avais toujours su en un sens que ma sœur était vivante. Mais jusqu’à maintenant, jusqu’à ce qu’elle me prenne dans ses bras, jusqu’à ce qu’on me prouve qu’elle était là et qu’on ne se quitterait plus jamais, je n’avais pas compris à quel point c’était fort. A quel point quelqu’un pouvait nous manquer autant. Ça faisait du bien de savoir que les miracles pouvaient exister, qu’il n’y avait pas que le pire dans ce qui restait de ce monde. C’était un peu comme respirer de nouveau après avoir passé trop de temps sous l’eau. Comme quand on se réveille après un cauchemar. Comme quand on réalise qu’on n’est plus seule.

Elle remercia Aristide. Aristide, qui la regarda de façon étrange, du moins, c’est ce que je crus percevoir du haut de ma petite taille. Je ne compris pas. Mais de toute façon, ça ne me regardait pas vraiment, et je n’eus pas le temps d’y réfléchir parce que celui qu’ils appelaient Alexander prit la parole sur un ton qui ne me mettait guère en confiance. Il faisait des reproches à Ari, il ne voulait plus le voir ici. Moi, je voulus protester, lui assurer qu’il avait sa place ici – je n’avais pas mon mot à dire, et puis qui allait m’écouter ? Mais je ne voulais pas être séparée de lui, pas déjà. Il m’avait sauvé la vie, j’en étais consciente, et c’était en partie pour cette raison que j’allais mal me sentir s’il me laissait là, et qu’il s’en allait. Je savais aussi que je ne pouvais rien dire, rien faire, et que s’il fallait s’opposer à la décision d’Alexander, Diane s’en chargerait. Je savais tout ça. Je me contentai donc d’observer les adultes chacun leur tour d’un œil inquiet, agrippée au bras de Kaylhen. Je ne compris pas toute la conversation, et de toute façon, je dus arrêter de la suivre puisqu’une femme nous rejoint ensuite.

Elle était en robe de chambre, et visiblement pas très contente de découvrir la scène. Instinctivement, je me plaçai en retrait derrière Kay, ne désirant pas vraiment qu’elle s’approche davantage de moi, mais elle bouscula de manière plutôt sèche ma sœur et s’accroupit en face de moi. J’avais peur, oui, et d’un air affolé, je tendis la main vers Kay, mais la femme m’en empêcha.. Mais je me rassurai en me disant que je ne risquais plus rien, on m’avais promis que je ne risquais plus rien. Et puis il y avait Aristide, et Kaylhen, surtout Kaylhen qui ne resterait jamais plus impuissante pour me protéger. Elle était là, et ça me suffit pour garder mon calme. Pendant quelques instants qui me parurent interminables, elle m’observa, regarda mes bras, me fit tourner la tête des deux côtés, passa ses mains sur certains hématomes, quelques égratignures, et puis elle se releva pour s’adresser aux autres.

« Cette enfant a été battue. »

Ces mots résonnèrent dans mon esprit, encore en encore. Je revis Carrie, j’entendis de nouveaux ses ordres, je revivais l’épisode qui marquait sa fin. Le cadavre, le sang, les hurlements et la force de Carrie, ses cris mêlés aux miens. Immédiatement, je fermai les yeux pour chasser tout ça. Je ne voulais plus y penser. Plus jamais. C’était un passage que je voulais rayer de ma vie pour toujours, quitte à m’arracher les yeux ou me taper la tête contre un mur jusqu’à tomber inconsciente. Je n’avais jamais voulu ça, et je devais absolument empêcher ces souvenirs de venir me hanter.

Je rouvris les yeux. J’entendis Aristide qui se défendait. Quoi ? Ils pensaient que c’était lui qui m’avait infligé tout ça ? Non ! Non, c’était complètement faux ! C’était Carrie ! Lui, il m’avait sauvée ! C’était grâce à lui si j’étais là…

Pourquoi ces mots n’arrivaient-ils pas à franchir la barrière de mes lèvres ?

J’aurais voulu leur raconter l’histoire, j’aurais voulu leur dire comment Aristide et Diane étaient arrivés au bon moment, juste à temps pour empêcher l’autre folle de m’achever, mais tout ce que je fus capable d’effectuer, c’était un pas en avant, tentant de capter le regard de n’importe qui. Il fallait qu’ils le croient.

« C’est vrai… » parvins-je à murmurer, comme par enchantement. « C’est… c’est vrai ce qu’il dit… Il m’a sauvée… C’est pas lui qui m’a fait mal… »

Les larmes me remontèrent aux yeux. C’était trop dur. Ça ne faisait pas seulement mal là où il y avait des hématomes et des égratignures, là où il restait quelques traces de sang, mais ça faisait surtout mal dedans. Je ne savais pas comment c’était encore possible. Ce n’était pas censé être douloureux, ici, j’étais en sécurité. J’étais saine et sauve, plus ou moins. Alors pourquoi j’avais envie de pleurer, pourquoi j’avais envie de hurler, pourquoi ? Lorsque je pris conscience de ça, j’eus un imperceptible mouvement de recul. Je me faisais peur. Pourvu que je ne sois pas devenue folle. Pourvu que Carrie n’ait laissé aucune séquelle autre que physique. Pourvu que j’aille bien.

J’étais complètement paumée. Pour me rassurer, j’allai de nouveau me réfugier dans les bras de Kaylhen. Ce n’était pas d’un médecin dont j’avais besoin, pensais-je en regardant celle qui venait de m’observer, mais de ma grande sœur. Il n’y avait qu’elle.
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MessageSujet: Re: Play with fire. [ Diane T. ; Alexander & Gabrielle M. ; Kaylhen & Lyzee L. ]    Ven 4 Fév - 14:33

Mon regard couleur d'acier se porta sur la frêle jeune femme qui accompagnait Aristide et semblait être... sa femme. Pourquoi cela me dérangeait-il? Parce qu'il n'avait jamais parlé d'une femme aimée et disparue pendant cette guerre? Parce qu'elle arrivait à son bras de façon un peu trop importune? Je ne savais pas, mais je n'arrivais pas à faire confiance à cet homme qui m'avait trahi en profitant de mes largesses et en s'octroyant le droit de baiser avec ma femme. Oui, le terme était vulgaire, mais j'étais de mauvaise humeur.

Et voilà que la demoiselle s'avançait, apparemment prête à en découdre ou du moins à soutenir son cher Aristide, me dévoilant alors des traces de sévices qui ne laissaient planer aucun doute. Je fronçai les sourcils. Je détestais qu'on tente de m'apitoyer ainsi. Je savais parfaitement ce que c'étaient que ces marques, ce que cela sous entendait. Elle était maigre, elle avait été battue, peut-être violée, mais dans ses yeux, brûlait le feu de la combativité. Elle défendrait bec et ongles son "mari". J'avais croisé les bras sur la poitrine, ne cessant de la regarder, d'abord en détaillant ses ecchymoses, puis en vrillant mon regard au sien alors qu'elle sortait de nulle part et imposait ses conditions. Elle avait raison, nous n'avions jamais trop de médecins mais sa façon de le déclamer comme un du et pas une faveur m'horripila. Pourtant, aussi haineux pouvais-je être envers Aristide, je ne m'étais jamais montré injuste et Lyzee, de même que cette femme sortie de nulle part, avaient besoin de sécurité, de nourriture, d'un toit, de vêtements.

Gabrielle posait sa main sur mon avant bras et je lui jetai un coup d'œil. Son expression implorante me toucha, même si j'étais offensé qu'on puisse me craindre à ce point. Je n'allais pas frapper cette femme. Le seul que je risquais de démolir c'était Aristide et il était assez grand pour se défendre. Même si l'audace de Diane m'insupportait, jamais je ne lui ferais le moindre mal. L'avait-elle perçu en me défiant ainsi, ou bien la peur que je rejette Aristide avait-elle été plus forte que les possibles représailles?

Ce dernier récupéra Diane en lui prenant la main et je le regardai de nouveau. La colère brillait dans mes yeux. La haine et le mépris également. Mais je restais stoïque, dominant mes émotions pour le laisser s'exprimer. Il expliqua qu'ils avaient été séparés. Qu'elle était tombée entre les mains des hors la loi qui lui en avaient fait voir plus qu'on ne pouvait l'imaginer... Gabrielle. Katarina. Diane. Toutes victimes d'Armando. N'avais-je pas décidé de servir mon pays pour protéger les faibles? J'étais pris à mon propre code d'honneur. De nouveau, il fit son plaidoyer et cette fois, j'intervins, la rage vibrant dans ma voix :

- "Ne me donne pas de leçons sur ce que je dois pardonner ou pas Aristide! Si ta femme t'a pardonné, grand bien lui fasse, mais je n'ai pas cette bonté de cœur! Tu la pensais peut-être morte, mais tu ne t'es pas gêné pour noyer ton chagrin entre les bras de certaines filles de cette Communauté. Ni pour coucher avec une femme mariée, dont le mari n'était, non seulement pas mort, mais en plus t'avait offert un toit et de la nourriture!"

Voilà, j'avais explosé et de me retrouver ainsi pris en porte à faux par ces deux là ne faisait que renforcer ma colère. Mais pour qui se prenaient-ils tous les deux à débarquer lui en sauveur et elle en martyre? Il n'était pas un sauveur, il n'était pas un type bien, il n'était qu'un cavaleur et un traître!

Mathilda arriva sur ces entrefaites, comme une furie, avant de parler des blessés. Elle regarda Aristide, avant de me jeter un coup d'œil. Je haussai les épaules, lui laissant le champ libre pour examiner les blessés, comme Matthew le lui avait dit. Il était efficace et n'oubliait pas les priorités. Mathilda regarda la petite sœur de Kaylhen et le silence s'installa. Sans doute avait-elle désamorcé un conflit. Quand sa voix s'éleva, je cillai. Malnutrition... Mauvais traitements... Elle regarda Aristide et je fis de même. Non, c'était un enfoiré, mais il n'aurait pas frappé une enfant, il les aimait trop, je l'avais observé quand il s'occupait d'eux. D'ailleurs, il réfuta le fait qu'il ai pu lui faire du mal. Je le haïssais, mais pas au point de lui coller tous les défauts de la terre. Et finalement, la petite fille confirma qu'il n'avait fait que la sauver. Et voilà, il redevenait le gentil...

Ces pensées étaient puériles et je finis par soupirer, fatigué de tout cela.

- "Mathilda, si la petite a besoin de soins, emmène là avec Kaylhen, c'est sa sœur."

Je voyais bien combien l'enfant cherchait le soutien de sa sœur. Et je le comprenais. Puis, je repris d'une voix dénuée d'émotions :

- "Aristide est revenu avec sa femme, elle aussi maltraitée. Elle est médecin, mais je pense que cela ne lui fera pas de mal de se faire examiner par une consœur."

Je pris la main de Gabrielle dans la mienne, la serrant inconsciemment plus fort, alors que je proférais des paroles qui m'écorchaient la langue :

- "Vous pouvez rester. Mais je te préviens Aristide, tu as intérêt à te faire tout petit, voire transparent. Je ne veux pas te voir, je ne veux pas entendre parler de toi."

Je faillis rajouter : je ne veux pas te voir approcher Gabrielle, mais je m'abstins, il me semblait que cela était assez clair. J'avais perdu. Aristide revenait, malgré moi. Parce qu'il y avait une femme et un enfant avec lui. Parce que je ne pouvais pas le foutre dehors sans les blesser. C'était un piège imparable... Qui s'était refermé sur moi. De mauvaise humeur, je tournais les talons, rageusement, avant de tous les planter là, même Gabrielle. J'allais me défouler loin de tout le monde, j'avais besoin de calmer mes nerfs.

[Terminé pour moi, je pense que l'essentiel a été dit Wink ]
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MessageSujet: Re: Play with fire. [ Diane T. ; Alexander & Gabrielle M. ; Kaylhen & Lyzee L. ]    

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