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 "Hello" { ETHAN }

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Katarina K. Jones
In the shadow of your heart.
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MessageSujet: "Hello" { ETHAN }   Lun 28 Juin - 22:17

Cette dernière semaine avait été... Éprouvante. Ethan avait été très pris de son côté, ce qui le rendait passablement dingue. Entre Alexander Aaron qui le tiraient de tous les côtés, il n'avait guère beaucoup d'échappatoires. S'il ne disait rien, je voyais bien qu'il fulminait carrément. Le matin il trainait au lit avec moi, attendant presque qu'ils viennent le tirer du lit. Moi, je ne bougeais plus vraiment de notre chambre. J'étais vraiment fatiguée et avais énormément de mal à dormir. J'avais eu quelques contractions passagères, mais Ethan avait su me rassurer très vite, à force de douceur et de caresses. Mais ces fois là je n'avais pas eu très peur... Après huit mois, je savais très bien que je pouvais accoucher n'importe quand. Ça par contre, c'était un poil plus angoissant. Je me voyais très mal perdre les eaux en plein milieu du petit déjeuner, par exemple. Ça risquerait de couper l'appétit à pas mal de personnes... Je dormais donc un peu en journée, profitant du calme de la pièce. Ethan passait me voir très souvent, se plaignant de ne pouvoir rester avec moi. En ce qui me concerne, j'avoue que j'étais trop épuisée pour lui dire que j'avais envie qu'il reste avec moi. Les dernières semaines de ma grossesse promettaient d'être assez longues... Mais j'avais trop besoin de repos pour essayer de protester cette fois ci. Je dormais tranquillement, emmitouflée dans la couette dans un pull d'Ethan. J'étais au chaud, et je me sentais à l'abri et en sécurité. Parfois je me réveillais si tard en journée que je retrouvais Ethan allongé à côté de moi, endormi tout habillé.

Pour la première fois ce soir, j'avais refusé d'aller manger. Ethan avait insisté et j'avais refusé catégoriquement. Je n'avais pas envie bouger ce soir... J'étais trop bien au lit. Évidemment, dix minutes plus tard, Ethan revenait avec un plateau repas « au cas où ». Eh bien je n'ai rien mangé du tout, trop fatigué. Et je n'avais pas faim. J'étais un nauséeuse. Et pas de très bonne humeur. Mais Ethan commençait à avoir l'habitude, étant donné que ces dernières semaines j'avais presque été réduite à l'immobilité complète. C'était pour mon bien et celui du bébé oui, mais en attendant je trouvais ça absolument insupportable. Et il le savait, alors il faisait son possible pour me rendre la vie plus agréable. Il avait fini par me forcer à me lever. Il disait qu'une bonne douche me ferait du bien et je devais bien admettre qu'il avait raison. Cela me détendrait et me ferait du bien. Nous avons attendu que tout le monde ait fini pour aller dans la salle de bain, étant donné que je ne pouvais guère me débrouiller toute seule... J'ai cédé, en continuant de faire ma mauvaise tête.

Étant donné que j'étais un peu molle, je l'ai laissé tout faire. Je l'ai laissé me déshabiller, riant doucement parce qu'il s'amusait à m'embrasser et à me chatouiller en même temps. Je l'ai laissé m'entrainer dans la douche et finalement prendre soin de moi. Quand il a eu fini, il restait encore un peu d'eau chaude, si bien que j'en ai profité pour me blottir contre son torse, tandis qu'il passait ses bras autour de moi, caressant et embrassant doucement mes cheveux. Il a éteint le jet avant que l'eau chaude ne cesse de couler. Puis il m'a repris dans ses bras, avant de me pousser doucement en avant pour sortir de la douche. Il nous a enveloppés dans une grande serviette et il a séché ma peau avec délicatesse. Je me suis résignée à m'éloigner de lui pour me rhabiller. Là encore, c'était un de ses tee-shirt qui me servait de chemise de nuit, étant donné qu'aucun des miens n'était assez grand. De son côté il s'est rhabillé également. J'ai attrapé une petite serviette et j'ai séché mes cheveux, avant de lui tendre avec un petit sourire, étant donné que ses cheveux aussi avaient repoussé. J'ai rapidement noué mes cheveux en une longue tresse, avant de replier les serviettes rapidement. J'étais déjà plus sereine et plus détendue. Encore une fois il savait comment je fonctionnais.

Et puis, la catastrophe. Je m'apprêtais à sortir de la pièce quand j'ai fait le pas de trop. Une des douches fuyait. Et sans que je m'en rende compte, une petite flaque d'eau s'était formée à mes pieds. J'ai mis le pied en plein dedans.

J'ai glissé.

J'ai poussé un cri de surprise et j'ai tenté de me raccrocher à quelque chose. J'ai attrapé le bras d'Ethan, mais pas assez fermement. Néanmoins je l'ai senti vaciller une seconde, mais il vite repris pied et a tenté de me rattraper. Il a saisi mon bras. Trop tard. Je suis tombée sur les fesses et le choc fut terriblement violent, au point que j'en eu le souffle coupé net.

J'ai hurlé.

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AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: "Hello" { ETHAN }   Jeu 1 Juil - 14:14

J’allais devenir dingue ! Alexander et Aaron allait me tuer. Ils me tuaient à petits feux. Ils savaient pourtant que Katarina était presque arrivée à terme. Tout lui était de plus en plus difficile, et l’inactivité lui pesait je le savais. Elle n’avait même presque plus la force d’aller déjeuner le matin. Alors le matin je trainais au lit avec elle, je n’allais plus sous les douches au même moment que les autres. J’attendais que personne n’y soit pour prendre une douche, ou alors je me lavais dans notre chambre. Sommairement, mais j’essayais de passer le plus de temps possible avec ma femme. Je n’aimais pas être séparé d’elle a lors qu’elle pouvait accoucher d’un moment à l’autre. Mathilda m’avait dit que Katarina n’arriverait sans doute pas à terme. La petite semblait être placée déjà bien bas et puis avec tous les problèmes que Katarina avaient, il aurait été étonnant qu’elle aille au bout de sa grossesse.

Et la fatigue s’en mêlait. Je dormais à peine, j’étais sans cesse aux aguets la nuit. Au moindre mouvement de Katarina dans le lit, je me réveillais. J’étais devenu un vrai radar. Il lui arrivait encore d’avoir des contractions la nuit alors j’avais si peur. Pourtant je savais que Mathilda se tenait prête nuit et jour au cas où Lena déciderait d’arriver parmi nous. J’essayais de la calmer, et pour l’instant j’y arrivais bien. J’avais réussi a stopper ses contractions. Quand je sentais Katarina se crisper et porter la main à son ventre en gémissant je caressais son ventre d’une main pour les calmer toutes les deux, et les cheveux de Katarina pour qu’elle sente tout mon amour. Et jusque là ca avait marché.

Et je passais mes journées à me dépêcher de faire ce que j’avais a faire, en essayant de venir voir Katarina toutes les heures. Et quand je pensais avoir une heure de libre pour ma femme, Aaron ou Alexander revenaient avec un nouveau problème à gérer. Je m’étais fâché contre Aaron, mais j’avais bien vite compris que s’ils faisaient tout ça c’était dans un sens pour que tout soit réglé quand Lena naitrait. Un peu leur cadeau de naissance. Du temps pour profiter de ma famille. … Mais ca me mettait quand même hors de moi.

Le soir était enfin venu et normalement j’allais pouvoir passer une soirée tranquille. C’est tout ce que je demandais : du repas en compagnie de ma femme. Ma sublime femme. J’étais arrivé avec un petit sourire dans notre chambre, pour l’accompagner jusqu'à la salle à manger. Mais Katarina refusait de venir manger. Elle était installée dans notre lit, bien au chaud, lovée dans les couvertures et elle n’avait pas la force de rester assise pendant une heure. Alors je l’ai embrassé rapidement et je suis allé chercher un plateau pour elle. Quand Lilly m’a vu prendre deux ou trois choses, elle a compris que je ne serais pas la ce soir. Je savais qu’elle aurait aimé passé du temps avec moi, mais elle comprenait. Ma femme et ma fille étaient plus importantes que tout le reste.

Je suis arrivé avec mon plateau, mais Katarina refusait de manger. Alors je n’ai pas insisté. Elle semblait plus fatiguée que jamais, et je ne voulais pas l’énerver. Alors j’ai grignoté, assis sur le bord du lit alors qu’elle était en train de me caresser le bras. Je lui ai demandé ce qu’elle avait fait aujourd’hui et quand elle m’a répondu qu’elle était restée au lit, j’ai insisté pour qu’elle aille prendre une douche. Une douche lui ferait du bien, et puis la salle d’eau était juste en face de notre chambre. Elle n’aurait pas a marcher beaucoup. Nous avons attendus le couvre feu, et que tout le monde soit dans sa chambre pour aller dans la salle de bains. Je ne voulais rencontrer personne qui puisse fatiguer Katarina. Tout le monde s’inquiétait pour elle d’accord, mais elle n’avait pas besoin qu’on lui fasse la conversation. Je savais aussi qu’elle voulait sa tranquillité. Alors nous avons attendu 21 heures et nous sommes allés dans la salle de bains. J’avais pris tout ce qu’il fallait pour une douche. Serviettes, vêtements de rechange, savon, shampoing …

Katarina se cramponnait à moi, et sa démarche semblait lui couter. Je m’en voulais dans un sens d’avoir insisté mais je sais qu’au final elle était contente que je la force à sortir de notre chambre. J’ai refermé la porte derrière nous au cas où qu’un petit malin vienne. Et j’ai avancé la chaise à Katarina. Je l’ai déshabillé patiemment en m’amusant à l’embrasser partout. J’étais vraiment bien. Depuis une semaine, elle me laissait faire ce que j’aimais le plus : m’occuper d’elle. Alors je riais de bonheur. J’étais parfaitement heureux. Rien ne pouvait entacher ce bonheur, même les insinuations répétées de Riley ou les regards lancinants de Stella. Quand elle s’est retrouvée entièrement nue, je me suis déshabillé a mon tour et je l’ai entraine avec précaution sous la douche. J’avais fait en sorte qu’il y ait assez d’eau chaude pour dix minutes. Et j’ai lavé Katarina, la shampouinant délicatement et la rinçant du mieux que je pouvais. Je me suis lavé sommairement à mon tour et elle s’est blottie contre moi. Ce moment était tout simplement magique. Je l’ai pris à mon tour dans mes bras et je nous ai fait sortir de la douche. J’ai pris d’une main la serviette et nous en ait enveloppés. Je frictionnais Katarina pour la sécher et elle a fini par s’écarter et a commencé a se rhabiller. Enfin, elle portait presque tous mes vêtements. Elle a pris une des petites serviettes pour se sécher les cheveux, et j’ai fait de même. J’ai passé un caleçon et un tee shirt. De toute façon on allait aller se coucher. Katarina avait replié les serviettes et j’ai souri. Elle aimait que tout soit bien rangé et a sa place. Je lui tournais le dos, parce que j’étais en train de prendre les dernières affaires que nous avions laissé quand j’ai senti la main de Katarina sur mon bras. Je n’ai pas eu le temps de comprendre ce qui se passait que j’ai entendu ma femme crier. Elle venait de tomber, et je n’avais pas eu le temps de la retenir. Elle était enceinte et elle venait de….tomber….

Pendant deux secondes, je suis resté complètement immobile. Et puis les cris apeurés de Katarina m’ont ramené à la réalité. Et j’ai automatiquement pensé à ma fille. Je me suis alors agenouillé, balançant tout ce que j’avais dans les mains et me précipitant vers ma femme.

Elle se tenait le ventre en gémissant. Elle avait sans doute mal mais surtout je sentais qu’elle avait peur. Et j’étais effrayé moi aussi. Et je me sentais tellement coupable de n’avoir pas fait attention à elle.

-Mon amour !!! Katarina !!!

Je crois que la première chose que j’ai faite après ça, c’est de poser ma main sur son ventre, mais ma main tremblait. Je tremblais de partout.

-Mon amour, ça va ?

J’aurais aimé que ma voix soit calme, et apaisante mais elle était hystérique. Nous étions prés de la porte alors je l’ai ouverte. Et j’ai commencé à crier dans le couloir, dans l’espoir que quelqu’un nous entende. Je n’avais même pas attendu la réponse de Katarina.

-Au secours !!!
Et je me suis tourné vers ma femme en pleine panique.

-Ca va aller hein, ça va aller.

Pourtant je savais que ca n’allait pas aller. Elle était enceinte de plus de huit mois, et elle venait de tomber. Et moi je luttais contre l’évanouissement.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: "Hello" { ETHAN }   Jeu 1 Juil - 16:31

J'avais hurlé. J'avais terriblement mal, le choc avait été violent. Terriblement violent. J'étais tombée sur les fesses, et malgré tout ce que l'on pouvait croire, cela n'avait rien amorti du tout. Au contraire, le choc s'était répercuté dans tout le bas de mon dos. J'avais presque l'impression d'être une poupée de porcelaine qu'on venait de fracasser par terre. Sans compter que j'étais sous le choc, je ne parvenais pas à réaliser ce qui venait de se passer. Cela avait été tellement rapide. Tellement imprévu. Même Ethan n'avait pas eu le temps de me rattraper. J'étais là les yeux grands ouverts par la surprise, toujours accrochée au bras d'Ethan, complètement incrédule. Il n'avait suffi que d'une minuscule flaque d'eau et d'une toute petite seconde d'inattention pour que je me retrouve par terre. Cela aurait certainement pu être très drôle si je n'avais pas été enceinte de plus de huit mois. Là ça n'avait rien de drôle. Dans mon état, je savais parfaitement quelles pouvaient être les conséquences d'une chute. Plutôt que de me dire que ce n'était qu'une petite chute de rien du tout, j'ai commencé à paniquer, et pas qu'un peu. J'ai lâché le bras d'Ethan et j'ai enserré mon ventre étroitement. Je n'ai pas tardé à avoir mal dans le bas ventre, ce qui a déclenché mon hystérie. La douleur n'était pas insupportable, mais elle était effrayante. Très effrayante. Mes mains se sont crispés sur le tee-shirt que je portais. J'aurais pu le déchirer je n'avais pas tant tremblé. Mais j'étais si paniqué que je continuais de hurler comme une hystérique. Ce qui ne devait pas rassurer Ethan. Je l'ai vaguement entendu balancer tout ce qu'il avait dans les mains avant de se précipiter vers moi. Je n'ai même pas levé les yeux. Je fixais mon ventre, comme si cela pouvait avoir un quelconque effet. Mais j'aurais pu regarder Ethan, l'effet aurait certainement été le même.

Sa main est entrée dans mon champ de vision quand il a posé ma main sur mon ventre. Quand il m'a demandé si cela allait, tout ce que j'ai pu faire c'est hurler et fondre en larmes. Non, ça n'allait pas, pas du tout. J'étais littéralement terrifiée. J'avais peur de beaucoup de choses, mais accoucher tout de suite venait de se glisser à la place numéro une de mon top cinquante. Si je m'étais calmée, j'aurais pu réduire les chances de moitié. Mais je n'étais pas calme du tout. Je ne savais même pas ce qui me mettait dans cet état là. Peut-être la fatigue et le stress accumulé... Dans les cas j'étais vraiment dans un sale état et Ethan ne se portait pas bien mieux que moi, puisque son réflexe numéro un a été d'appeler à l'aide. Encore qu'à sa place j'aurais fait la même chose. Quand Ethan est revenu vers moi, j'étais en train de tenter de respirer calmement. Mais ce n'était pas très efficace. Au lieu de respirer calmement et normalement, je m'étouffais et peinais à reprendre mon souffle.

Brusquement je me suis légèrement redressée et j'ai attrapé l'épaule d'Ethan. Je l'ai regardé avec un air halluciné pendant une minute avant d'ouvrir grand la bouche. J'étais pétrifiée par ce que je venais de ressentir. Ce n'était pas le bébé qui venait de me donner un coup de pied trop fort. Non, c'était bien pire que cela. Je venais d'avoir une contraction, et pas des moindres. Sauf que cela n'avait rien à voir avec celles que j'avais ressenti en plein milieu de la nuit. Si Ethan avait su me calmer cette fois là, je savais que ce ne serait pas le cas cette fois ci. Je ne disais rien, mais la terreur se lisait dans mes yeux. Je me cramponnais à son épaule, à tel point que j'avais presque planté mes ongles dans sa peau. Je ne sais pas vraiment s'il a compris, mais il a passé un bras autour de ma taille et l'autre sous mes genoux et il s'est relevé immédiatement. Je ne devais pas être des plus légères, mais la peur devait lui donner des ailes. Nous sommes sortis de la salle de bain. Je continuais d'avoir des contractions et j'aurais juré qu'elles étaient de plus en plus rapprochées. À moins que ma peur ne me rende complètement paranoïaque ? Toujours est-il que, paniquée, je m'agitais, ne facilitant pas la tâche à Ethan. Brusquement il s'est figé, alors que nous venions tout juste de franchir le seuil de la porte de notre chambre. Sur le moment j'ai cru qu'il s'arrêtait pour me laisser l'occasion de me calmer. Ce n'était pas le cas. J'ai eu une drôle de sensation, comme si quelque chose de chaud coulait entre mes cuisses. J'ai comme eu l'illumination et j'ai porté une main à ma cuisse avec angoisse. Il y avait du sang, mêlé à un espèce de liquide rosâtre... Oh oh.

« Oh mon dieu... Oh mon dieu... Ethan, je viens de perdre les eaux ! Je viens de perdre les eaux ! »

Ce n'était plus de l'hystérie, c'était de la peur. Je me suis accrochée à Ethan plus fort encore, tandis qu'il me posait enfin sur le lit, repoussant les draps et les couvertures pour me faire de la place. Quelqu'un a passé la tête par la tête et j'ai mis un moment à comprendre que c'était Liam qui venait nous avertir de l'arrivée imminente de Mathilda. « Juste le temps qu'elle s'habille ». Je tremblais comme une feuille. J'avais perdu les eaux, ce qui signifiait une chose : j'allais accoucher maintenant, tout de suite. Sans aucune autre possibilité. Et je n'étais pas prête. Nous n'étions pas prêts. J'ai attrapé la main d'Ethan assez brusquement.

« Je suis désolée, c'est ma faute, je n'ai pas fait attention dans la salle de bain. Je suis désolée... Mais j'ai... Mais je... je suis complètement terrifiée. Et ça fait tellement mal... »

Je n'étais pas du genre douillette. Mais ces contractions étaient particulièrement longues et douloureuses. Du coup la douleur me faisait pleurer. Je me sentais pitoyable, surtout en face d'Ethan, qui pourtant me regardait avec angoisse et compassion.

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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: "Hello" { ETHAN }   Ven 2 Juil - 12:14

Dire que je paniquais relevait de l’euphémisme. J’étais horrifiée, flippé, effrayé, glacé. Ma femme venait de tomber et le choc avait été tel que j’avais cru que quelque chose s’effondrait. Elle n’aurait pas été enceinte, je pense que j’aurai pris les choses plus calmement. Mais là…. Elle était enceinte de plus de huit mois, elle avait passé un mois allongé la plupart du temps parce qu’il pouvait se passer quelque chose de grave. Et là il avait suffit que j’insiste pour qu’elle prenne une douche et que je sois inattentif pendant deux secondes pour que le pire arrive. Parce que pour moi c’était le pire. Ca ne pouvait pas se passer comme ca , ca ne devait pas !!!

J’ai eu mal au cœur quand Katarina m’a regardé avec des yeux de chat apeuré. Je ne savais pas quoi lui dire, quoi faire. J’ai caressé ses cheveux machinalement. Et je voyais ses yeux s’embuer, et la panique la gagner. Je reconnaissais ces signes chez ma femme. Même les yeux fermés j’arrivais à sentir si elle était heureuse ou pas. Et là ;…la façon qu’elle se cramponnait à mon épaule était tout simplement horrible a supporter. Elle souffrait. Elle se tenait le ventre comme pour apaiser Lena. Je n’imagine que très bien ce qu’avait du ressentir ma fille. Pauvre Lena…. J’ai eu un moment d’hésitation sur ce que je devais faire mais je me suis décidé rapidement.

Je ne pouvais pas laisser ma femme comme ça. Alors je me suis baissé, et j’ai passé un bras sous ses jambes pour la soulever dans mes bras. Je l’ai serré contre moi pour lui montrer que j’étais là, que je ne la lâcherai pas. Bien sur elle était plus lourde qu’avant sa grossesse. Mais bon onze kilos ça allait encore. Et puis même si cela avait été dur, il fallait que je la porte. Je n’ai pas hésité une seule seconde et je suis parti vers notre chambre. Heureusement qu’elle était très proche. J’entendais gémir et pleurer Katarina et je ne savais pas si c’était le fait que je la porte ou les contractions ou que sais-je encore. Mais ses pleurs m’arrachaient le cœur. Et puis au moment où j’ai ouvert la porte j’ai senti quelque chose de mouillé couler le long de mes bras. J’ai eu un instant de blanc total dans mon cerveau. J’ai regardé mon bras puis le sol, puis j’ai relevé mon regard vers Katarina. Le sang avait du disparaitre de mon visage, je devais être blanc comme un linge. Et Katarina était dans le même état que moi.

« Oh mon dieu... Oh mon dieu... Ethan, je viens de perdre les eaux ! Je viens de perdre les eaux ! »

Je suis resté à la regarder me crier dessus. Mais ce n’était pas méchant de sa part. Elle avait juste très peur. J’étais un homme mais je savais ce que ça signifiait. Elle allait accoucher !!!! Et je n’étais pas prêt à ca….

-N….N…N…Nooo…Nooon..

Je ne pouvais même plus la calmer comme je le faisais la nuit quand elle avait des contractions. La je ne pouvais plus rien faire. Et il était sans doute encore trop tôt pour qu’elle accouche. Il était trop tôt.

-Oh putain!!!

Je suis allé sans un mot supplémentaire la déposer sur le lit et elle a repoussé les couvertures pendant que je m’asseyais à ses côtés. J’avais l’impression de défaillir. Nous nous regardions sans vraiment nous regarder quand Liam est arrivé. Il a posé une main sur mon épaule et d’une voix rassurante m’a dit que Mathilda arrivait. Liam avait du m’entendre hurler depuis la salle de bains puisque sa chambre était en face de la salle de bains. Je n’ai pas eu le temps de lui dire merci, et je crois que même si j’avais essayé de parler rien ne serait sorti de ma bouche. J’étais tétanisé. Katarina a pris ma main et entre deux sanglots elle a essayé de me dire ce qu’elle ressentait

« Je suis désolée, c'est ma faute, je n'ai pas fait attention dans la salle de bain. Je suis désolée... Mais j'ai... Mais je... je suis complètement terrifiée. Et ça fait tellement mal... »

Elle se tenait le ventre et je voyais son visage se décomposer de temps en temps. Sans doute les contractions. J’avais eu le temps de comprendre comment ça fonctionnait au fil des dernières semaines. Elle sentait la contraction arriver. Et puis elle s’en voulait….alors qu’elle n’y était pour rien. Ce n’était pas a elle de faire attention, elle ne voyait plus ses pieds. J’aurais du être plus prudent. J’aurais du la porter, essuyer l’eau par terre. J4aurais du et je ne l’ai pas fait. Je n’y ai même pas pensé. Quel mari et quel père j’étais…. ?

-Ce n’est pas ta faute mon amour, c’est la mienne!

Je me sentais tellement coupable. S’il arrivait quelque chose tout serait de ma faute. Mais à nouveau elle a gémi. Une nouvelle contraction sans doute. Et je ne savais pas quoi lui dire vraiment.

-Je…je suis là….

Pas très réconfortant je dois l’admettre. Mais c’est c comme si le dire me rassurait. Oui j’étais là prés d’elle. Mais très franchement ca ne devait pas être très rassurant. Je n’avais pas de compétences dans le domaine médical. Et elle préférerait sans doute un médecin prés d’elle. J’ai porté ma main à son ventre comme pour…pour…je ne sais pas mais je l’ai fait. Et puis les larmes montaient aussi et j’ai pourtant réussi à lui dire ce qu’elle avait besoin d’entendre.

-Mathilda va arriver mon ange, elle va arriver….

Mathilda allait la prendre en charge. Elle allait l’accoucher….Elle allait venir. Il fallait qu’elle vienne. Katarina pleurait, se tenait le ventre, grimaçait de douleur. Et je souffrais avec elle. Je lui avais lâché la main tout à l’heure et je me suis dit que peut être ca lui ferait du bien de me tenir la main. Au moins elle saurait que j’étais là.

-Prends ma main, Kat. Prends ma main !

Et quand j’ai commencé à sentir la main de Katarina broyer la mienne. J’ai entendu des pas précipités. J’ai tourné la tête et j’ai vu Mathilda le visage livide débouler dans notre chambre. Mathilda était pourtant le genre de femmes toujours sure d’elle, toujours altière et là elle semblait effrayée elle aussi.

-Mathilda !!! Elle saigne !!

Elle ne m’a rien dit, elle n’a fait aucune remarque, aucun sarcasme. Mais elle m’a poussé, et je n’ai pas protesté. Elle avait sans doute besoin de la place. Je ne lui ai pas laissé le temps de dire ou faire quoi que ce soit que je me suis vue la secouer.

-Fais quelque chose ! Elle saigne !!!Et elle a mal ! C’est pas normal ! C’est pas normal, Mathilda !


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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: "Hello" { ETHAN }   Ven 2 Juil - 13:59

Ces derniers temps, j'avais appris que quand Ethan paniquait, il avait tendance à jurer assez grossièrement. Je le comprenais, en un sens. Il était complètement impuissant et ne pouvait pas faire grand chose. C'était moi la femme enceinte, moi qui venait de perdre les eaux, moi qui n'allait pas tarder à accoucher... Et j'ai compris que cela lui faisait aussi peur qu'à moi. De toute évidence Ethan ne s'était pas attendu à ce que cela arrive maintenant. Je crois qu'au fond il n'était pas du tout prêt à ce que j'accouche trois semaines avant le terme. Il n'était pas prêt à accueillir le bébé. Je crois qu'il s'était habitué à le sentir bouger dans mon ventre. Il s'était habitué à ce qu'il soit là, mais protégé, à l'abri... Je n'étais pas plus prête que lui à donner naissance à Lena. Moi aussi je m'y étais habituée. En presque neuf mois, on n'imagine pas que ce petit être puisse un jour demander à sortir. On veut le garder avec soi, le protéger... Il avait suffi d'une petite chute pour que tout cela soit effacé et que la vérité s'impose à moi : j'étais enceinte et j'allais accoucher dans les prochaines heures, sans aucun doute. Maintenant que j'avais perdu les eaux, il n'y avait aucune autre issue. La poche des eaux s'étant rompue, c'était soit ça, soit le bébé et moi... Je ne préférais même pas y penser. J'étais effrayée, terrifiée même, mais j'allais devoir être forte et faire ce que j'avais à faire. Parce que là, tout reposait sur moi. Ethan ne pourrait rien faire d'autre que me soutenir. Heureusement pour moi, d'ailleurs. Je n'osais même pas imaginer dans quel état je serais s'il n'était pas revenu...

A chaque contraction je serrais les dents et j'essayais de ne pas gémir, mais c'était dur, j'avais l'impression que chaque contraction était plus douloureuse que la précédente. D'autant plus qu'elles étaient de plus en plus rapprochées, de plus en longues... Ethan allait certainement devoir faire le deuil de sa main droite, parce que j'allais la lui broyer. J'ai dû faire une drôle de tête ( ou de grimace ) quand il m'a dit que c'était sa faute et pas la mienne. J'ai secoué la tête.

« Franchement... Ce n'est pas le moment de dire des bêtises... Tu ne pouvais pas savoir qu'en deux secondes j'allais... tomber. »

Faire une phrase complète et sans pause relevait presque de l'impossible. Ethan essayait de le rassurer comme il le pouvait, en m'assurant qu'il était là. L'espace d'une seconde, je me suis demandée s'il n'essayait pas plus de se rassurer lui. Je savais qu'il avait gardé un côté fragile, qu'il laissait encore ressurgir dans les moments où il paniquait. Mais là, ce n'était pas vraiment le moment. Si lui se mettait à paniquer, nous n'étions pas sortis de l'auberge. Je n'ai pas vraiment réagi quand il a dit que Mathilda arrivait. En même temps je me disais que c'était logique, je n'allais pas accoucher toute seule. J'avais besoin de l'aide de Mathilda, il n'y avait qu'elle qui pouvait m'aider, hélas. Elle devait me guider. Parce qu'il y avait une différence entre savoir accoucher des patientes et savoir comment se comporter avec soi même. Là, je ne savais pas du tout, je n'étais en proie qu'à ma peur et à ma douleur. Et je n'aurais droit ni à la péridurale, ni à des anti-douleurs... J'en aurais pourtant bien eu besoin. J'ai serré la main d'Ethan et j'ai fermé les yeux pour tenter de reprendre mon souffle, au moins un petit peu. J'ai eu un sursaut quand la porte s'est ouverte. Mathilda. Pour une fois, son visage n'était pas aussi sûr que d'habitude. Elle était inquiète. À peine avait-elle pu s'approcher de moi qu'Ethan commençait à lui hurler dessus, prit de panique. J'ai cru que j'allais hurler quand il a dit que je saignais. J'ai vu Mathilda le repousser sèchement alors qu'il la secouait.

« Elle saigne parce qu'elle vient de perdre les eaux et elle a mal parce qu'accoucher n'est pas la chose la plus agréable au monde ! Pour le moment c'est normal alors calme toi ! Si tu continues à hurler et à paniquer comme ça, tu sors d'ici c'est compris ? La dernière chose dont elle a besoin c'est de ça ! Alors sois un homme, ressaisis toi et joue ton rôle, bon sang ! »

Au moins, c'était clair... Mathilda s'est détournée de lui et sans beaucoup de ménagement elle a écarté mes jambes. D'un côté c'était angoissait, elle était chirurgien cardiaque et pas sage femme. Mais elle avait accouché Gabrielle et avait fait plusieurs accouchements urgents durant son internant. Elle savait ce qu'elle faisait. Elle m'a examiné et m'a souri. Ce devait être bon signe, non ?

« Bien, ça ne devrait pas trop tarder. Tes contractions sont de plus en plus proches, mais pas encore assez. Alors en attendant, tu respires calmement, compris ? »

J'ai hoché la tête, puisque je ne pouvais pas dire un mot. J'avais en plus du mal à réaliser que c'était maintenant que j'allais accoucher. Et d'ici quelques heures ce serait terminé et Ethan et moi serions parents... Mais pour le moment, ces heures promettaient d'être les plus douloureuses de toute mon existence. Je n'étais pas vraiment du genre à me plaindre au moindre bobo, mais il fallait bien avouer que j'avais mal. Terriblement mal, comme jamais. Je sentais le moindre de mes muscles se tendre et se détendre à chaque contraction, et les coups que pouvait me donner le bébé n'arrangeait rien. J'espérais que cela irait vite, et ce pour plusieurs choses. D'abord, cela serait moins traumatisant pour le bébé. Naitre n'était pas de tout repos. Et plus cela durerait, moins j'aurais de forces. Et je ne voulais pas échouer, je ne voulais pas la mettre en danger une seule seconde...

« Liam est toujours devant la porte. Dis lui de rapporter des couvertures et des serviettes propres. Et de se tenir prêt à nous apporter une bassine d'eau chaude. Allez ! »

Inutile de dire que ce n'était pas à moi qu'elle s'adressait, je n'étais pas en état de me lever. J'ai vu Mathilda rattraper Ethan par le bras tandis qu'il s'apprêtait à faire ce qu'elle lui demandait, un peu branlant et un peu perdu.

« Ensuite tu iras t'asseoir derrière et tu la soutiendras, la position assise sera mieux pour elle. Compris ? Et interdiction de tomber dans les pommes, ça c'est son droit à elle ! »

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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: "Hello" { ETHAN }   Ven 2 Juil - 18:21

Katarina serrait tellement si fort ma main que je ne la sentais plus, mais je ne me sentais ni le droit ni le courage de lui dire qu’elle me faisait mal. Elle n’y était pour rien. Et puis elle souffrait aussi sans doute. Enfin pas sans doute, elle souffrait !!! Elle a secoué la tête quand je lui ai dit que c’était moi qui m’excusais. Je n’aurais pas du lui donner la possibilité de glisser. Et même si elle me disait que je ne pouvais pas savoir qu’elle allait tomber, dans mon for intérieur je savais que c’était ma faute. J’aurais du y penser. C’était mon rôle de lui rendre la vie plus facile. Et maintenant elle allait accoucher…. Et elle avait saigné. J’allais devenir fou. J’aurais aimé partir en courant pourtant je suis resté là. Parce que c’était mon rôle. Je ne me défilerai pas. J’assumerai même si je sentais que j’allais devenir hystérique. Je n’aurai jamais pensé que je puisse avoir aussi peur quand viendrait le moment pour Katarina d’accoucher. Finalement on n’est jamais vraiment prêt.

Et puis Mathilda est arrivée et j’ai passé mon stress et ma peur sur elle. Je l’ai secouée pour qu’elle fasse quelque chose. Elle m’a repoussé d’un coup en me parlant assez durement. J’avais l’habitude mais là j’aurais aimé qu’elle soit plus compréhensive. Ma femme était tombée et elle avait perdu les eaux, et elle allait avoir notre bébé.

« Elle saigne parce qu'elle vient de perdre les eaux et elle a mal parce qu'accoucher n'est pas la chose la plus agréable au monde ! Pour le moment c'est normal alors calme toi ! Si tu continues à hurler et à paniquer comme ça, tu sors d'ici c'est compris ? La dernière chose dont elle a besoin c'est de ça ! Alors sois un homme, ressaisis toi et joue ton rôle, bon sang ! »

Quoi ???? C’était normal qu’elle saigne ? Mais non !!!! On ne saigne pas pour rien !! Enfin pas pour ça !!! Non, non, non !!! Ce n’était pas normal ! Je secouais la tête parce que les mots ne voulaient pas sortir. Mais non ce n’était pas normal. Et oui j’étais hystérique, qu’est ce qu’elle voulait comme réaction de ma part ? Oui j’étais hystérique parce que j’avais peur, j’étais effrayé. J’avais vu aussi la peur sur son visage alors qu’elle arrête de me rassurer. Mais pourtant quand elle m’a menacé de me faire quitter la chambre, ça a eu un effet fou sur moi. Je sanglotais mais j’ai acquiescé. Oui j’allais me calmer ! Il était de toute façon hors de question que je ne sois pas là pour aider ma femme a accoucher et la soutenir.

Je me calmais ; je me calmais ! J’ai failli protester quand Mathilda a écarté les jambes de Katarina avant de comprendre que…..si elle ne faisait pas ça Lena ne pourrait pas venir au monde. D’accord….. Elle a retiré la culotte de Katarina et j’ai détourné la tête. Je connaissais pourtant le corps de ma femme mieux que le mien. Mais je ne sais pas ça me gênait… Elle a commencé à lui parler assez calmement. Il fallait que Katarina respire calmement maintenant.
Moi je m’étais écarté pour laisser la place à Mathilda mais elle s’est retournée vers moi pour me donner ses directives.

« Liam est toujours devant la porte. Dis lui de rapporter des couvertures et des serviettes propres. Et de se tenir prêt à nous apporter une bassine d'eau chaude. Allez ! »

J’essayais de comprendre ce qu’elle m’avait dit. J’avais l’impression d’entendre sans comprendre ce qu’on me disait. J’étais vraiment sur une autre planète. Je n’étais pas prêt à être père, j’avais tellement peur de ne pas être à la hauteur. Déjà que je ne me sentais pas à la hauteur avec Katarina….qu’est ce que ce serait avec un bébé qui n’avait rien demande à personne.

-J’y …vais…..

Je suis allé au départ vers le petit coin que nous avions fait pour Lena avant de comprendre que Liam était dehors, dans le couloir. Alors j’ai fait oui de la tête et je suis allé vers la porte avant que Mathilda ne me rattrape.

« Ensuite tu iras t'asseoir derrière et tu la soutiendras, la position assise sera mieux pour elle. Compris ? Et interdiction de tomber dans les pommes, ça c'est son droit à elle ! »

J’ai hoché de la tête. Oui j’avais compris… Je serais fort. Pour elle…. Mais Dieu ce que j’avais peur. Elle est retournée vers Katarina et je suis parti vers la porte que j’ai eu du mal à ouvrir. Liam était adossé en face et attendait. Il s’est avancé vers moi et a compris mon état d’esprit en voyant mes yeux rougis et mon teint livide. Mais il a eu la décence de ne rien dire.

-Tu pourrais aller chercher des couvertures et des serviettes propres ?

Liam a hoché de la tête. Et j’ai pensé que la réserve était fermée à clefs. Je ne sais pas comment j’avais pense a ca alors que mes idées étaient sans dessus dessous.

-Tu veux la clé de la réserve ou tu l’as ?

Il a sorti un trousseau de clé de sa poche et m’a souri timidement. Il l’avait….

-Ok….

Il a commencé a tourner les talons et je l’a hélé. Je venais de me souvenir de ce que m’avait dit Mathilda. Elle aurait besoin d’eau. Chaude je crois…je ne savais plus très bien.

-Ha et de l’eau…chaude je crois…oui voilà de l’eau chaude et…..

Il a posé sa main sur mon bras et a hoché la tête. Oui il avait compris. Je suis resté immobile pendant qu’il allait chercher ce que je lui demandais. Alors quand j’ai entendu Katarina pousser un cri, je me suis précipité vers le lit et je me suis agenouillé.

-Je suis là mon cœur. Ca va aller mon ange.

J’avais complètement oublie ce que m’avait demande Mathilda et quand elle m’a montré Katarina qui luttait pour respirer correctement, j’ai fait ce qu’elle m’avait demandé tout à l’heure. J’ai retiré mes chaussures s et je suis allé m’asseoir sur les oreillers et je me suis fait une place derrière Katarina. Je l’ai prise dans mes bras en lui mettant les cheveux en arrière.

-Respire !

Ca ne semblait pas fonctionner et je l’entendais gémir et se cramponner si fort à mes poignets que j’en pleurais.

-Elle a mal Mathilda !! Elle a mal !! Fais quelque chose !! Je supporte pas qu’elle ait mal.
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MessageSujet: Re: "Hello" { ETHAN }   Ven 2 Juil - 20:30

Si j'étais un peu occupé, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer qu'Ethan était légèrement à côté de la plaque. Et encore c'était un euphémisme. Le pauvre était complètement paniqué et Mathilda semblait avoir du mal à le calmer. Il était encore plus paniqué que moi. Je pouvais le comprendre, en un sens. Il n'était vraiment pas prêt... Et il avait peur... J'ai brusquement eu envie de le rassurer, même si je n'étais pas vraiment état. J'avais envie de lui dire que tout se passerait bien, que ça allait aller... Et ce même si la douleur était atroce. Je n'avais jamais eu aussi mal de toute ma vie. Même si j'avais été sacrément amochée pendant les bombardements, cela n'avait pas été jusque là. Là ce n'était pas une douleur diffuse et toujours un peu présente. La douleur me prenait à des endroits en particuliers et durait à peu près deux minutes à chaque fois. Et ces deux minutes semblaient durer une éternité. J'avais presque l'impression que les contractions allaient déchirer mes muscles. J'avais tendance à oublier que mon corps était fait pour ça : donner la vie. Mais pour le moment, j'avais beaucoup de mal à me dire que c'était le plus beau jour de ma vie. Cela n'avait pas commencé et je voulais déjà que cela s'arrête. J'avais très peur, en plus de cela. Peur qu'il y ait un problème. Oh à la limite, je me fichais de ce qui pouvait m'arriver. Du moment que je mettais au monde un bébé en pleine forme et en bonne santé. Je ne demandais pas la lune, n'est-ce pas ?

J'ai eu l'impression qu'Ethan était resté loin de moi pendant des heures, alors qu'il est juste sorti trois minutes tout au plus. Ça m'a semblé être une éternité. J'avais besoin de lui comme jamais avant. Je sentais que je ne tiendrais pas très longtemps s'il n'était pas avec moi. J'avais de plus en plus de mal à me retenir de hurler. Disons que je pouvais me retenir les premières secondes, avant de céder et de hurler, comme si cela pouvait apaiser la douleur. Si cela n'avait aucun effet, cela m'aidait un peu. Je me retenais tout juste de fondre en larmes. Ethan est revenu s'agenouiller près de moi et j'ai tourné la tête vers lui, la douleur déformant mon visage. Je me suis mordue la lèvre et je me suis forcée à inspirer pleinement. Il fallait que je respire, c'était essentiel. Au bout d'un petit moment il s'est souvenu de ce que lui avait dit Mathilda, il s'est relevé et il m'a redressée précautionneusement avant de se glisser derrière moi. Je me suis sentie soulagée quelques secondes, juste le temps de me laisser retomber contre Ethan. Je me suis accrochée à ses bras tandis qu'il repoussait mes cheveux en arrière. J'étais déjà en sueur, et toute tremblante qui plus est. J'ai laissé ma tête retomber sur son épaule, tandis que Mathilda mettait les serviettes sous mes jambes. Bêtement, je me suis dît que les draps allaient être fichus, avec tout le sang et le liquide amniotique que j'avais perdu et que je continuais à perdre... Ethan n'était pas le spécialiste des mauvaises pensées au mauvais moment.

« Je sais qu'elle a mal Ethan, je sais. Mais je n'ai rien à lui donner et certainement pas de quoi lui faire une péridurale. Elle va devoir être forte, parce que ni toi, ni moi ne pouvons mettre au monde ce bébé. Alors cesse de me hurler dessus et de l'angoisser plus encore, tu entends ? »

Mathilda n'avait pas haussé le son de sa voix. Mais le message était clair, et aussi bien adressé à Ethan qu'à moi. Même si j'avais mal, j'allais devoir être forte pour mettre au monde Lena. J'ai serré les dents et je me suis accrochée aux mains d'Ethan. J'étais une femme forte, et j'allais continuer à l'être. J'avais la situation en mains. Ou plutôt, entre les cuisses... J'ai eu une violente contraction et par réflexe mes mains se sont crispées sur celles d'Ethan. Je me suis rendue compte que j'avais planté mes ongles dans sa peau.

« Oh pardon ! Oh pardon, je suis désolée, excuse moi, excuse moi... »

Certes, des deux j'étais certainement celle qui souffrait le plus, mais cela ne m'empêchait pas de m'en vouloir. Mathilda s'est installée en tailleur sur le lit, presque la tête entre mes jambes. Là, bizarrement cela ne me gênait pas du tout...

« Allez, Katarina, c'est le moment. À chaque contraction, tu pousses de toutes tes forces. Tu as compris ? Allez ! Pousse ! »

Il n'a pas fallu me le dire deux fois. J'ai poussé, de toutes mes forces, serrant les dents, gémissant et hurlant s'il le fallait. Ethan n'aurait plus ni mains, ni tympans. Entre chaque contraction je reprenais ma respiration, de plus en plus difficilement. J'avais tellement mal que j'ai fini par dire une bêtise.

« C'est le PREMIER... et le DERNIER enfant... que je te fais ! »

Merveilleux. Non, vraiment, comme s'il y pouvait quelque chose. Ce n'était pas de sa faute si j'avais mal. Si Ethan avait pu accoucher à ma place il l'aurait fait, je le savais. Mais c'était à moi que je revenait cette lourde tâche. J'ai continué à pousser, encore et encore. Une heure... Deux heures... Trois heures... Quatre heures...

J'ai fondu en larmes.

« Je ne peux pas... Je n'y arriverai pas... Je ne peux pas Ethan, je ne peux pas... Je ne suis pas assez forte... Je... »

Nouvelle contraction. J'ai poussé malgré tout. Malgré mes sanglots, mes cris et ma douleur.

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MessageSujet: Re: "Hello" { ETHAN }   Sam 3 Juil - 11:26

J’avais Katarina calée entre mes jambes, sa tête reposait sur mon épaule et ma main lui mettait les cheveux en arrière. De temps en temps j’essuyais la sueur qui perlait à sont front et je la laissais serrer mes poignets. Je ne pensais même pas au mal que ça faisait. Mathila a commencé à placer des serviettes propres sous les jambes de Katarina. Un mélange sanguinolent et étrange coulait toujours. D’où j’étais c’était assez impressionnant et je me retenais de pas me glacer d’effroi. Mais c’est bien ce que je ressentais. Je sentais la pression qu’exercait Katarina sur moi et c’est comme si sa souffrance était mienne. Et là je ne l’avais jamais vue comme ça. Ses traits étaient déformés par la douleur. Mon pauvre ange…..

Et Mathilda qui ne faisait rien….J’allais devenir fou. Elle pouvait faire quelque chose non ?

« Je sais qu'elle a mal Ethan, je sais. Mais je n'ai rien à lui donner et certainement pas de quoi lui faire une péridurale. Elle va devoir être forte, parce que ni toi, ni moi ne pouvons mettre au monde ce bébé. Alors cesse de me hurler dessus et de l'angoisser plus encore, tu entends ? »

Si ma voix était à la limite de l’hystérie, Mathilda, elle gardait son calme. Et ca me rendait encore plus dingue. Comment pouvait-elle l’être alors que Katarina allait accoucher. Elle était médecin ? C’était son job ? Ha oui peut être….Je l’ai fusillé du regard sans rien dire quand elle m’a dit que Katarina allait devoir être forte parce qu’elle n’avait rien à lui donner. Facile à dire ma chère hein…..Je l’aurais bien vu à la place de Katarina, elle aurait sûrement moins ri. Nous nous sommes affrontés du regard et j’ai baissé les yeux au final. Je ne sais pas si Katarina a vu, mais Mathilda me menaçait. Enfin je le ressentais comme ça. J’étais en train d’embrasser ma femme sur le sommet du crane pour l’encourager quand j’ai senti ses ongles s’enfoncer sur mes mains. J’ai senti son corps se raidir et j’ai eu si mal. Pas parce qu’elle me faisait mal, mais parce qu’elle avait mal tout court.

« Oh pardon ! Oh pardon, je suis désolée, excuse moi, excuse moi... »

Je caressais ses cheveux et j’essayais moi aussi de me calmer. Je respirais sur le même mode que Katarina. Comme pour lui insuffler du courage. Et puis je ne voulais pas qu’elle s’excuse. Elle souffrait, il aurait fallu etre idiot ou insensible pour ne pas le voir.

-Non mon cœur, ne t’excuse pas. Je t’aime ! Ca va aller, respire. Ne t’occupe que de ça.

Elle pouvait bien me lacérer les mains, les poignets ou les bras je m’en fichais. Je voulais qu’elle aille bien, que Lena aille bien. Et surtout je voulais que ça se termine vite. Je n’en pouvais plus de la voir souffrir. Heureusement que Mathilda était là. Elle nous permettait de ne pas céder à la panique. Même si je lui hurlais dessus depuis une demi-heure, nous savions tous les deux que c’est la peur qui parlait à ma place. Mathilda s’est installée sur le lit en face de moi. Et à nouveau elle a baissé sa tête pour regarder et examiner Katarina. Puis elle a relevé le visage en donnant de nouvelles instructions à Katarina.

« Allez, Katarina, c'est le moment. À chaque contraction, tu pousses de toutes tes forces. Tu as compris ? Allez ! Pousse ! »

Et c’est ce qu’a fait Katarina…. Toutes les deux minutes j’avais les ongles de ma femme plantées dans ma peau, et je l’encourageais. Mais rien n’y faisait. Elle hurlait ! Elle devait avoir réveillé tout le monde mais c’était vraiment le cadet de mes soucis. J’ai eu pourtant très mal et je me suis senti blessé quand elle a commencé à s’en prendre à moi.

« C'est le PREMIER... et le DERNIER enfant... que je te fais ! »

Pourtant je me suis contenté de lui dire oui en l’embrassant. Oui…je comprenais qu’elle souffre et que sa souffrance soit telle qu’elle s’en prenne à moi. Et oui parce que si tous les accouchements la faisaient souffrir, je préférais n’avoir que Lena. Mon bonheur passait en dernier. Les minutes passaient et Katarina avait beau pousser, il ne se passait rien. Je voyais les aiguilles avancer minute après minute, et Katarina se fatiguait. Quatre heures…..quatre longues heures !!!!

Entrecoupées des encouragements de Mathilda et des cris de douleurs de ma femme. Jusqu'à ce que la souffrance ait raison d’elle et qu’elle fonde en larmes dans mes bras. J’étais tellement impuissant face à tout ça que j’ai senti mon cœur se briser.

« Je ne peux pas... Je n'y arriverai pas... Je ne peux pas Ethan, je ne peux pas... Je ne suis pas assez forte... Je... »

Elle n’a pas fini sa phrase qu’elle a à nouveau planté ses ongles encore plus profondément et qu’elle a hurlé. Elle pensait qu’elle n’était pas asser forte et qu’elle n’y arriverait pas. Pourtant depuis plus de quatre heures, elle poussait sans relâche. N’importe qui aurait été dans le même état.

-Mais si tu peux mon amour, tu peux, je suis là.
Et puis, elle se trompait. Elle était forte. Plus que n’importe qui ! Elle avait été là pour moi nuit et jour. Elle m’avait aidé, elle m’avait bercé, elle m’avait encouragé, consolé. Alors que j’étais un homme, et que je l’avais meurtri. Elle m’avait soutenu pendant des mois. Elle était la seule à avoir foi en moi aussi fort. Et pour faire ce qu’elle avait fait, elle était forte. Alors…

-Tu m’as porté pendant des mois entiers, je sais que tu es forte.

Je me suis redressé et j’ai étiré mes pieds. J’avais l’impression de ne plus rien sentir. J’avais passé quatre heures dans la même position à soutenir ma femme, et ce n’était pas fini. Pas du tout au contraire. Lena refusait de venir au monde. Et Katarina souffrait comme jamais elle n’avait souffert jusque là. Et j’étais totalement impuissant. Sans parler de mon incompétence. J’ai vu Mathilda grimacer quand la dernière contraction de Katarina n’avait encore rien donné.

-Bon sang !!! Je vais t’examiner Katarina d’accord ? Mais je veux que tu respires comme je t’ai appris ok ? Ca va aller ma belle, ça va aller.

Mathilda s’est penché à nouveau et d’où j’étais je ne voyais pas bien ce qu’elle faisait. Elle avait la tête entre les cuisses de ma femme, et maintenant j’avais fini par m’y habituer. Elle faisait ce qu’elle avait à faire. Elle a examiné Katarina en silence pendant deux longues minutes. J’avais les yeux qui jouaient à suivre un match de tennis imaginaire. Tantôt Mathilda, tantôt l’horloge. Et au bout de ces deux interminables minutes, elle a relevé la tête vers nous. Enfin vers Katarina.

-Bon...tu n’es pas assez dilaté. Tu as perdu les eaux parce que tu es tombée, mais tu tu n’es pas assez dilatée. Et le bébé est placé trop haut. Tu sais ce que ça veut dire ?

Pas assez dilaté ? pas assez dilaté ? Non mais….ça voulait dire quoi ? Et puis elle souffrait depuis quatre heures. Je ne comprenais plus rien. Elle avait perdu les eaux non ? Ce qui signifiait qu’elle allait accoucher. Alors pourquoi elle n’accouchait toujours pas. Pourquoi ? J’ai entendu les sanglots de Katarina, et les larmes me sont montées. Elle avait mal. Les contractions étaient de plus en plus rapprochées, de plus en plus violentes aussi.

-Katarina, regarde-moi ma belle. Voilà, regarde-moi. Je vais venir appuyer sur ton ventre pour le faire descendre. Je te promets d’y aller doucement. Alors pour le moment ne pousse pas d’accord. Respire juste profondément.

Mes yeux se sont révulsés avant de devenir deux billes. Quoi ??? elle allait faire quoi ? Elle allait appuyer sur le ventre de Katarina. Mais….mais….Elle allait étouffer ma fille .Et qui sait ce qui pouvait arriver à Katarina aussi. Qu’est ce que ca signifiait a part de la barbarie. Alors je me suis mis à hurler. Si jusque là j’avais essayé de taire mon angoisse, là j’explosais littéralement.

-Putain, mais tu es folle Mathilda. Tu vas les tuer !!

Et j’ai commencé à être vulgaire et violent. Ma voix était tellement hystérique qu’elle s’est approchée, enfin c’est ce que j’ai ressenti, puisqu’elle était toujours à sa place. Mais la façon qu’elle avait de me regarder ….

-Ethan, tu te tais ! T’es gentil mais je sais ce que je fais. Je vais les tuer oui, mais si je ne fais rien. Ce que je fais est courant dans des accouchements comme ça. Alors maintenant tu te calmes. C’est moi le médecin ici ok ?

J’ai acquiescé d’un hochement de tête. Ok….je voulais bien me calmer, je voulais bien me calmer. Elle savait ce qu’elle faisait, ok….c’était normal…ok….elle faisait ce qu’elle avait à faire…ok…

Elle s’est assise sur Katarina et ses mains ont cherché je ne sais quoi et elle a commencé à appuyer. Au début je voyais bien que la pression qu’elle exerçait était légère. Elle ponctuait chaque pression d’un « respire » à Katarina. Pendant vingt minutes elle a appuyé de plus en plus fort sur le ventre de Katarina, qui pleurait de plus en plus et qui hurlait. Je n’en pouvais plus, alors je me suis mis à crier à nouveau. Ma voix couvrant les cris de douleurs de Katarina.

-Tu lui fais mal Mathilda ! Tu lui fais mal, arrête !!! Je ne supporte pas de l’entendre gémir de douleur arrête !!!

Je pleurais, je criais. Et Mathilda est rescendue de son « perchoir » et s’est levée du lit en me désignant la porte.

-Ethan, tu sors !!!!
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MessageSujet: Re: "Hello" { ETHAN }   Sam 3 Juil - 14:27

Ça ne donnait rien. Cela faisait maintenant quatre heures que je poussais, sans succès. J'avais l'impression que rien n'avait changé, j'avais l'impression que le bébé n'avait pas bougé, ou alors qu'il était à peine descendu. J'avais l'impression d'avoir donné tout ce que je pouvais. Cela faisait quatre heures, quatre longues heures, et j'avais maintenant l'impression que je ne pourrais plus rien faire. J'avais tout donné pendant ces quatre heures. Et il n'y avait pas vraiment d'évolution. J'étais à bout de forces. Je n'aurais jamais cru que ce serait si difficile. Je savais que ce serait long et douloureux, mais pas à ce point là... C'était de la torture. Pour le coup, je regrettais vraiment de ne pas pouvoir bénéficier d'un environnement médicalisé. J'avais peur. Les images de l'accouchement de Gabrielle me revenaient en tête. J'avais un peu assisté Mathilda ce jour là et je m'en souvenais de plus en plus clairement. Nous avions failli les perdre toutes les deux... Intérieurement, je commençais à paniquer. Cela devait se voir de l'extérieur, j'imagine. Je ne faisais plus que pleurer et je m'accrochais aux bras d'Ethan comme une désespérée. Une petite voix me disait que je n'y arriverais jamais. Et je commençais à la croire... Simplement, j'ai fini par me concentrer sur celle d'Ethan, qui me disait que je pouvais y arriver, que j'étais assez forte. Je n'ai rien répondu, me contentant de pleurer, encore et encore. Je n'avais jamais pleuré comme ça, même quand Ethan m'avait quitté la première fois. C'était pire que tout. J'ai eu un petit rire complètement hystérique entre deux sanglots. Oui, je l'avais porté pendant des mois. Oui, à ce moment là j'étais forte. J'ai essayé de faire le parallèle avec les mois durant lesquels j'avais porté le bébé. J'étais forte. Je devais l'être. Je n'avais pas abandonné pour Ethan, je n'allais pas abandonner pour Lena. Non, non, et non.

Je me suis laissée retomber contre Ethan une fois encore, complètement tremblante. J'avais l'impression de ne plus sentir aucun de mes muscles tellement j'avais mal. J'avais l'impression que je serais en pièces détachées quand ce serait terminé. Si cela se terminait un jour... J'avais l'impression que cela faisait plus que quatre heures que j'étais là. Parce que chaque contraction était plus douloureuse que la précédente et moins que la suivante, et parce que j'avais de moins en moins de force. J'ai fermé les yeux, tandis que Mathilda me disait qu'elle allait m'examiner. Il y avait un problème, j'en étais persuadée... Le bébé ne descendait pas malgré mes efforts incessants. J'avais du mal à respirer, j'avais l'impression que mes sanglots m'étouffaient. Je me suis mise à rire comme une hystérique tout à coup. Mon col n'était pas assez dilaté et maintenant le bébé était trop haut ? C'était une blague, ce n'était pas possible autrement. J'étais restée un mois et demi assise sans bouger. Et maintenant on me disait que le bébé était placé trop haut et qu'il ne voulait pas descendre ? C'était un véritable cauchemar, j'allais devenir complètement folle. Les contractions ne cessaient pas et elles me faisaient toujours aussi mal, si bien que je continuais de hurler. Mathilda m'a demandé de la regarder et j'ai mis un moment à le faire. J'avais bien du mal à rouvrir les yeux. Mais je l'ai fait malgré tout. Mes yeux me brulaient et j'avais le goût salé de mes larmes dans la bouche. J'ai ouvert de grands yeux hallucinés quand elle m'a dit qu'elle allait être obligée d'appuyer sur mon ventre pour faire descendre le bébé. Je me suis contentée de hocher la tête. J'étais tellement surprise que je n'ai trouvé que ça à faire. Par contre, Ethan a exprimé ce que je ressentais d'une façon un peu... violente. Mais au fond c'était ce que je pensais. C'était complètement fou, même si j'avais conscience que c'était certainement la dernière chose qu'il restait à faire. Mathilda lui a hurlé dessus à son tour, et mes sanglots ont redoublé. Je ne voulais pas qu'ils se disputent...

J'ai pris une profonde inspiration quand elle s'est rapprochée de moi. Elle a relevé le tee-shirt sur mon ventre et a posé ses deux mains sur ce dernier. J'ai eu un mouvement de recul, et ai brusquement rejeté la tête en arrière, si bien que si Ethan n'avait pas eu de très bons réflexes, je lui aurait certainement fait très mal.

« Calme toi, Katarina. Ça va aller. »

J'ai hoché la tête doucement, et j'ai pris une profonde inspiration comme elle me le demandait. Elle a commencé à appuyer et j'ai serré les dents, m'accrochant davantage aux bras d'Ethan. Au fur et à mesure, elle appuyait de plus en plus fort. Du coup, je ne pouvais plus me retenir de hurler. Entre ça et les contractions, j'avais l'impression que mon corps tout entier me faisait mal. Je mourais d'envie de me débattre, mais je n'en avais pas la force. J'avais l'impression d'être spectatrice plutôt qu'actrice. Mathilda avait ma vie et celle du bébé entre les mains. La dernière fois qu'elle a appuyé sur mon ventre, j'ai hurlé si fort que mon corps a eu un spasme violent, et si Ethan ne m'avait pas retenu j'aurais certainement fini par terre. J'ai fondu en larmes une fois encore. J'avais l'impression que j'allais m'évanouir d'une seconde à l'autre. Mais quand Mathilda a demandé à Ethan de sortir...

« Non, non ! Je ne veux pas ! Je veux qu'il reste, je veux qu'il reste ! Je ne veux pas, je ne veux pas je ne veux pas ! Non ! »

Hystérique et paniquée. Je m'accrochais si fort aux bras d'Ethan qu'il n'aurait pas pu bouger de toute façon. Mathilda m'a regardé une bonne minute, avant de jurer et de reprendre sa place entre mes jambes. Elle m'a examinée encore une fois, avant de me regarder et de regarder Ethan. Son regard lui disait clairement qu'il n'avait pas à broncher, sans quoi elle le mettait dehors de gré ou de force. Je me crispais chaque fois que je sentais la contraction arriver. Cela faisait presque cinq heures... Et je savais que c'était encore loin d'être fini. J'ai dû profiter d'encore une dizaine de minutes de répit, avant que Mathilda me dise de pousser à nouveau. Visiblement, le col était un peu plus dilaté, et mettre au monde le bébé devenait urgent. Elle craignait certainement une infection ou autre chose... Le problème c'est que j'avais de plus en plus de mal à pousser. J'avais presque l'impression de ne plus en être capable... Une heure encore a passé. Le bébé descendait, certes, mais doucement. Un peu trop à mon goût. Je n'en pouvais plus. J'avais l'impression d'être passée sous un rouleau compresseur. Au moins deux fois.

« - Je n'y arrive pas, je n'y arrive pas... C'est trop douloureux, c'est trop... Je ne peux plus...
- Bien sûr que si tu peux ! Allez, Katarina, je t'ai connu plus têtue que cela ! Tu vas mettre ce bébé au monde, et maintenant ! Si tu ne le fais pas, personne ne le fera ! Alors insulte qui tu veux, maudis Ethan pour avoir fait entrer ce que tu dois maintenant faire ressortir si ça te chante, mais pousse ! POUSSE ! »

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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: "Hello" { ETHAN }   Dim 4 Juil - 13:01

Elle voulait que je sorte ! Et vu son regard assassin elle ne plaisantait pas. Mais comment voulait elle que je reste stoïque ? Elle appuyait sur le ventre de ma femme qui gémissait, pleurait et hurlait à s’en rompre la voix. Et malgré tout elle continuait.
Pourtant avant que je ne refuse et lui dise qu’il était absolument hors de question que je quitte cette pièce et que je laisse ma femme accoucher seul (même si techniquement elle n’était pas seule….), Katarina a crié entre deux sanglots.

« Non, non ! Je ne veux pas ! Je veux qu'il reste, je veux qu'il reste ! Je ne veux pas, je ne veux pas je ne veux pas ! Non ! »

Elle s’accrochait à moi en secouant la tête. Je ne pouvais pas bouger même si je le voulais. Nous nous sommes défies du regard Mathilda et moi. Je ne céderais pas. Ma femme avait besoin de moi, elle voulait que je sois là prés d’elle ; alors il était hors de question que je ne fasse un seul pas en dehors de cette chambre tant que ma femme n’aurait pas mis notre fille au monde. Et puis j’ai fini par comprendre qu’elle céderait. Parce qu’elle voulait le mieux pour Katarina. Et le mieux c’était ma présence et mon soutien à ma femme. J’ai embrassé le sommet du crâne de ma femme en repoussant encore ses cheveux en arrière et en essuyant la sueur qui lui inondait le front.

-Je reste là mon ange, je reste là. Calme-toi, je reste là !

Et à nouveau nous nous sommes regardés avec Mathilda. J’avais compris le message « tu restes mais tu la boucles ». Je n’avais pas le choix. Alors j’ai répondu en fermant les yeux. Oui j’acceptais de la laisser faire et agir. Et puis Mathilda a de nouveau examiné Katarina avant de replacer une nouvelle serviette sous ses jambes. Elle l’a encouragé à pousser à chaque contraction pour que le col se dilate disait-elle. Le col ? Le col ? Mais quel col ? J’aurais bien volontiers posé la question si je ne serrais pas les dents de douleur, de peur et de souffrance. Je souffrais parce que je sentais de plus en plus les ongles de Katarina, et parce que je ne supportais pas de la voir souffrir. Pourtant, alors que je pensais qu’elle allait encore plus s’accrocher à moi j’ai senti les mains de Katarina se cramponner de moins en moins fort. Elle poussait comme on le lui demandait depuis plus de six heures maintenant.

-Pousse mon amour !! Respire !!

Après un nouvel examen, Mathilda a souri timidement en disant que Lena commençait à descendre. Pourtant, Katarina n’accouchait toujours pas.

« - Je n'y arrive pas, je n'y arrive pas... C'est trop douloureux, c'est trop... Je ne peux plus...

Katarina sanglotait, et je sentais ses larmes couler sur mon épaule.

- Bien sûr que si tu peux ! Allez, Katarina, je t'ai connu plus têtue que cela ! Tu vas mettre ce bébé au monde, et maintenant ! Si tu ne le fais pas, personne ne le fera ! Alors insulte qui tu veux, maudis Ethan pour avoir fait entrer ce que tu dois maintenant faire ressortir si ça te chante, mais pousse ! POUSSE ! »

J’avoue que même si le fait que ma femme m’insulte et m’en veuille me blesserait, je savais que tant que ça la soulageait un peu, j’étais prêt à ce qu’elle me maudisse. Je voulais juste que Lena vienne au monde, et que les souffrances de Katarina cessent. Et comme encouragée par les paroles de Mathilda, elle a poussé à nouveau. Je voyais son visage se crisper, je sentais ses mains me serrer pendant qu’elle poussait. Et lorsqu’elle relâchait elle gémissait.

-Bon elle est bien descendue. C’est bien Kat , continue comme ça ma belle ! Tu es bien dilatée, ça va aller. Allez maintenant dés que tu sens la contraction, tu pousses de toutes tes forces.

Je ne sais pas pourquoi mais ça me faisait du bien d’entendre ça. Après plus de six heures, Lena daignait enfin faire ce qu’elle avait à faire. Nul doute que ma fille serait aussi têtue et protectrice que moi. J’y voyais là des signes évidents de sa personnalité. Elle avait tellement peur de l’insécurité qui régnait en ce bas monde qu’elle avait refusé pendant des heures de venir au monde. Et je ne doutais pas que si Mathilda avait appuyé sur le ventre de Katarina, Lena serait restée bien au chaud. J’ai senti une vague de fierté sans doute mal placée. C’était ma fille, MA fille. Je commençais à me sentir père. Non pas que je ne le sente pas depuis le début, mais là il y avait quelque chose d’encore plus fort.

-Je vois sa tête ma belle. C’est bientôt fini…. Voilà respire et pousse !

Quoi ? Après tant de temps, tout allait si vite maintenant. Comme si elle était pressée qu’on la prenne dans nos bras, comme si maintenant qu’elle était décidée à venir au monde, elle voulait être en sécurité dans nos bras. J’ai commencé à pleurer pendant que je serrais Katarina dans mes bras. Nous pleurions tous les deux. Tout se mélangeait dans ces larmes.

-Je t’aime mon ange.

Et puis comme Katarina me l’avait proposé, je me suis souvenu qu’elle voulait que ce soit moi qui accueille Lena quand elle sortirait de son ventre. Ca devait être mes mains qui devaient la délivrer. Alors j’ai embrasse la tempe de ma femme, et je me suis dégagé de son étreinte le plus délicatement possible. Je cherchais les oreillers à tâtons pour offrir une assise confortable à Katarina quand Mathilda m’a stoppé net.

-Qu’est ce que tu fais Ethan ? Je t’ai dit de la soutenir !
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: "Hello" { ETHAN }   Dim 4 Juil - 14:28

J'avais eu terriblement mal quand Mathilda avait avait appuyé sur mon ventre, parce que c'était la dernière solution. Et malgré tout, cela avait porté ses fruits. Le bébé s'était décidé à descendre, au moins un tout petit peu. L'essentiel c'était qu'il soit descendu un peu pour le moment, je me chargerais du reste désormais. J'avais l'impression que cela faisait une véritable éternité que j'étais là. Que cela fasse une heure ou dix, cela ne m'aurait pas paru bien différent... Il faut dire que j'avais tellement mal... Et pourtant je ne lâchais pas l'affaire. Mathilda m'encourageait à pousser, Ethan m'encourageait à pousser... Et je leur obéissais, tout en me motivant moi même. Par contre, j'avais beaucoup plus de mal à respirer. J'avais l'impression que j'étais restée tout ce temps en apnée. Ma gorge me brulait et j'avais l'impression que mes poumons allaient exploser. Je ne sentais plus les muscles de mes bras non plus, et Ethan allait certainement avoir des bleus et la trace de mes ongles partout. Mais je savais qu'il n'avait pas pensé une seule fois à me dire que je lui faisais mal. Certainement parce qu'il savait que j'avais cent fois plus mal que lui. S'il n'avait pas été là, je n'aurais certainement pas eu la force d'aller jusque là. Accoucher seule avait été un de mes cauchemar, quand il était parti pendant tout un mois. Mais il était revenu et nous ne nous étions plus quittés. Je l'avais soutenu pendant très longtemps, et s'il cherchait à me rendre la pareille, cette nuit serait suffisante pour qu'il obtienne mon pardon. Même s'il avait déjà depuis très longtemps.

J'ai continué à pousser à chaque contraction, même si j'avais l'impression qu'on me tuait à chaque fois. Je n'avais plus la force de crier, alors je me contentais de gémir. Je n'avais pas cessé de pleurer, et je trempais l'épaule d'Ethan avec mes larmes. Je savais qu'il pleurait lui aussi. Il pleurait parce qu'il se sentait impuissant, il pleurait parce qu'il avait peur, il pleurait parce sa fille allait venir au monde et qu'une petite part de lui n'était pas prête à cela. J'ai poussé je ne sais trop combien de temps encore. Mais Mathilda a paru soulagée soudain. Enfin, le col était assez dilaté, enfin, les contractions allaient donner quelque chose, je ne pousserais plus sans raison. Pendant une heure encore, à chaque contraction, j'ai fait ce que j'avais à faire, avec l'espoir que tout serait bientôt terminé, pour chacun d'entre nous. Mathilda aussi devait être épuisée. Et pourtant elle ne lâcherait pas l'affaire. Cette femme était la plus têtue que je connaisse. Quand elle s'impliquait c'était à cent pour cent, elle ne laissait pas tomber. Jamais. Tandis que je continuais à pousser, je m'étais laissée retomber contre Ethan. Je n'avais plus la force de me tenir assise seule. Plus du tout. Ethan soutenait mon dos, caressait mon visage, m'encourageait. Il faisait tout ce que j'attendais de lui. Je n'ai pas pu m'empêcher de me dire qu'il était parfait dans un moment pareil. Simplement parfait.

J'ai ouvert de grands yeux ébahis quand Mathilda a soudain dit qu'elle voyait la tête. Déjà ? Enfin ? J'étais partagée, j'hésitais entre les deux. Si elle voyait la tête, c'est que le reste ne devrait pas tarder à suivre. J'ai eu soudain un élan de « motivation ». Je me suis redressée et j'ai poussé comme jamais auparavant. Je pleurais, et en même temps je riais, tant j'étais soulagée de la savoir si proche. Je me suis mordue la lèvre. J'ai entendu Ethan me dire qu'il m'aimait entre deux sanglots.

« Je... »

Je t'aime aussi. Je n'étais en état de le lui dire. Je n'y arrivais pas. Je n'arrivais pas à parler. Ma gorge était sèche. Et je n'arrivais pas à me concentrer assez pour lui répondre. Mais il savait que je l'aimais. Si je ne l'aimais pas tant je ne serais pas en train de mettre au monde son enfant. Même si je souffrais mille morts, je ne regrettais rien. Je sentais que c'était presque fini... Mathilda m'a signalé brièvement que les épaules n'allaient pas tarder à sortir. C'était le moment... Ethan a déposé un baiser sur ma tempe et je l'ai senti se dégager. Il m'a redressée légèrement, avant d'attraper les oreillers pour m'offrir une position aussi confortable que possible, avant de s'écarter. Je me suis laissée retomber sur les oreillers, m'appuyant sur les coudes pour être un minimum assise.

« - Non ! Laisse le Mathilda, laisse le... Je veux qu'il la prenne dans ses bras, je veux qu'il la prenne dans ses bras...
- Nom de dieu ! Vous allez me rendre dingue tous les trois ! »

Tous les trois. J'ai souri. J'ai poussé encore deux ou trois fois, et les épaules du bébé sont sorties, encore une fois et Ethan pourrait l'aider... J'ai poussé, et Mathilda lui a dit que c'était le moment.

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MessageSujet: Re: "Hello" { ETHAN }   Dim 4 Juil - 17:20

J’avais essayé de mettre correctement les oreillers pour que Kat soit installée confortablement et dans un sens je m’en voulais. Elle avait devoir fournir les derniers efforts et pousser encore plus et je n’étais même pas là pour lui éponger le front, lui caresser les cheveux, lui murmurer des encouragements, et elle ne pourrait pas se cramponner à mes bras. Mais nous étions d’accord. C’est dans mes bras que Lena devait venir au monde. Je ne sentais plus mon corps quand je me suis dégagé, j’étais ankylosé de partout, et sur mes mains on pouvait voir la trace d’ongles. Ceux que Katarina avaient plantés.

« - Non ! Laisse le Mathilda, laisse-le... Je veux qu'il la prenne dans ses bras, je veux qu'il la prenne dans ses bras...

La façon dont elle demandait ça était si amoureuse. Elle m’aimait tellement, elle avait tellement foi en moi., Alors Mathilda s’est écartée et m’a laissé prendre sa place.

- Nom de dieu ! Vous allez me rendre dingue tous les trois ! »

Oui nous étions trois….Nous allions former une famille. Lena serait enfin là ! Je ne pouvais détacher mon regard de ce ventre que j’avais tant aimé, tant caressé, tant embrassé, auquel j’avais parlé tant de fois. Bientôt il ne serait plus. Et bientôt ce serait ma fille que j’embrasserais, que je cajolerais, a qui je parlerais. Mon petit amour. J’avais le regard dans le vague jusqu'à ce que Mathilda me secoue et que je revienne à la réalité. Je voyais maintenant Katarina qui essayait de respirer. Alors je l’ai encouragé.

-Voilà, respire mon ange.

Et puis j’ai regardé entre les jambes de Katarina et j’ai vu quelque chose. C’était elle. Lena..... Je voyais sa petite tête, ses cheveux aussi, même si c’était tout sale. Ma fille avait des cheveux. Des cheveux bruns. Pleins…

-Je la vois ! Oui je la vois !

Et les larmes sont venues. Lentement mais elles sont venues. Ma fille allait enfin naitre. Et j’étais en train d’assister au plus beau miracle de la vie. C’est comme si j’oubliais tous ces mois d’angoisse, toutes ces heures où Katarina avait crié, pleuré, poussé. Il n’y avait plus que ce bonheur que tout soit bientôt fini, et la perspective de voir enfin mon enfant, notre enfant. J’étais relativement tétanisé. Si bien que Mathilda a du me secouer à nouveau.

-Alors quand tu commences à voir les bras, tu la tires Ethan. Toi, Katarina, à la prochaine contraction tu pousses. C’est bientôt fini ma belle. C’est bientôt fini.

Que je fasse quoi ? La tirer ? D’a…d’accord… Je voyais les petites épaules de ma fille passer et quand j’ai vu les bras, comme m’avait dit Mathilda je l’ai prise et je l’ai tiré. J’avais peur, terriblement peur, mais je l’ai tiré doucement pour ne pas blesser Katarina. Et tandis que j’avais ma fille dans les bras, j’ai crié et j’ai pleuré de joie.

-Je l’ai ! Je l’ai !

Elle était là dans mes bras. Je pouvais enfin la toucher, la voir. Et même si elle était pleine d’un liquide poisseux, je la trouvais déjà si belle. C’est là qu’elle aussi elle a crié. Et même si c’était un cri assourdissant, c’était le plus beau son que j’avais l’impression d’avoir jamais entendu de toute ma vie. Le cri de la vie, celle de ma fille. Mon enfant. Mon sang. Ma chaire.

Et j’avoue que j’ai vérifié stupidement et sous le cordon qui pendait, c’était bien ce à quoi nous nous étions attendus. C’était une fille. Nous n’avions pourtant aucun moyen de le savoir jusqu'à ce qu’elle naisse, mais c’est comme si nous l’avions ressenti au plus profond de nous même. Notre enfant était bien une petite fille. Une magnifique petite fille. Alors j’ai regardé Katarina et je me suis écrié à travers les larmes :

-Katarina c’est une fille !! C’est une fille !

J’étais euphorique. Je ne voulais plus lâcher ma petite princesse. Mais Mathilda en a décidé autrement.

-Donne là moi Ethan. Je dois m’occuper d’elle. Mais avant va chercher le clamp et les ciseaux dans ma trousse, ceux qui sont dans un torchon. C’est stérile ne t’inquiète pas.

Heureusement qu’elle me disait que c’était du matériel stérile….Sur le moment je ne comprenais pas, mais quand j’ai vu son regard de médecin j’ai compris que c’était normal. Alors je lui ai donné Lena doucement et je me suis précipité vers la commode ou elle avait posé sa sacoche. J’ai trouvé tout de suite ce qu’elle voulait et je lui ai apporté. Je ne sais pas trop ce qu’elle faisait, mais ses gestes étaient assurés quand elle a pincé avec je ne sais pas trop quel instrument le cordon en mesurant je ne sais quoi. Et puis elle m’a regardé assez bizarrement. Ou alors c’est moi qui me sentais bizarre. Je me sentais tout à coup étrange. C’est comme si tout un poids s’abattait sur moi.

-Voilà ! Maintenant tu coupes ici, et tu restes avec Katarina. Pour elle c’est pas encore fini. Elle va évacuer le placenta alors je veux que tu l’aides d’accord ?

J’allais couper le cordon. Voilà ce qu’elle voulait que je fasse. J’ai pris alors les ciseaux qu’elle me tendait, et j’ai commencé à trembler. J’avais tellement peur de faire une bêtise que j’ai gardé les ciseaux entre mes doigts pendant de longues secondes. J’avais la bouche grande ouverte, les yeux ouverts comme des soucoupes et une voix de débile profond.

-Ou..ou…oui.

Et j’ai coupé le cordon. A l’endroit que m’avait indiqué Katarina. Alors Mathilda s’est levée avec Lena dans ses bras et elle est partie vers ce qui nous servait de table à tout faire : bureau, plateaux repas…

-A nous ma belle. Je vais m’occuper de toi.

J’ai regardé un instant Mathilda partir avec ma fille dans les bras et j’ai eu un pincement au cœur, mais je savais qu’elle ne lui ferait pas de mal. Alors j’ai reporté mon attention sur ma femme. J’ai croisé son regard, et nous nous sommes regardés amoureusement pendant quelques minutes puis elle a fermé les yeux.

-Oh mon Dieu……

Je voyais sa poitrine se soulever et se baisser à un rythme effréné, mais elle ne répondait pas. J’ai commencé à la secouer, mais elle était comme une poupée de chiffon. J’ai alors fait ce que je faisais le mieux depuis des heures. J’ai appelé à l’aide.

-Mathilda !!!!

Ce n’était pas normal, ce n’était pas normal !!! Mathilda s’est alors tourné vers nous. J’avais Katarina dans les bras. Je pleurais, je suppliais, je devenais dingue. J’ai senti les mains de Mathilda sur mes épaules, et sa voix était relativement calme. Elle était calme alors que j’avais l’impression que Katarina mourrait. Elle mourait non ?

-Voilà, prends ta fille et laisse-moi faire.

Elle m’a alors tendu Lena. Elle était débarrassée de tout ce je ne sais pas quoi sale et répugnant et elle était emmaillotée dans un drap de bain, la tête recouverte.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: "Hello" { ETHAN }   Dim 4 Juil - 19:16

C'est bientôt fini ma belle. C'est bientôt fini.
J'ai eu l'impression que les paroles de Mathilda ont résonné plusieurs fois dans ma tête. Plus elle me disait que ce serait bientôt fini, et plus j'avais l'impression que cela durait. J'avais l'impression de mourir à chaque contraction. Je ne sentais plus mon corps. Comme si la partie qui n'était soumise aux contractions était détachée de mon esprit. J'étais séparée en deux. Un peu comme si cette partie de mon corps essayait de se préserver de la douleur. C'était un mécanisme d'auto-défense certainement. Parce que la douleur était telle que je me disais que je pouvais m'évanouir d'une minute à l'autre. Ma gorge était en feu. Mes poumons me brulaient. Je manquais d'air. Mes jambes tremblaient, je faisais un effort surhumain pour ne pas les laisser retomber. De même, je n'arrivais plus à maintenir ma tête en avant. Mes yeux refusaient de rester ouverts. J'étais aveuglée par mes larmes... J'arrivais à peine à me tenir sur mes coudes. Non... Je n'y arrivais plus. Je me suis laissée retomber sur le dos lourdement. Mes dernières forces étaient en train de s'évanouir. C'était terrible... Je me suis mordue la lèvre quand Ethan m'a dit qu'il la voyait. Elle n'était pas loin... Et moi j'avais l'impression que le chemin serait encore long. Je n'arrivais pas à me dire que ce serait bientôt fini. J'avais bien trop mal, et mon esprit était embrumé par la peur. Dans un ultime effort j'ai poussé, pendant presque deux minutes, retenant ma respiration. Comme si nos vies en dépendaient... Et c'était le cas. Elles en dépendaient. Celles de ma fille surtout. Si elle restait trop longtemps sans oxygène, elle allait faire une détresse respiratoire et...

Je l'ai ! Je l'ai !
De surprise, j'ai ouvert les yeux et j'ai relevé la tête. Il l'avait ? Ça y est, elle était née ? Il l'avait ? J'ai cligné des yeux plusieurs fois, complètement incrédule. J'ai eu un petit rire de soulagement. J'ai enfin repris mon souffle. Et tandis qu'enfin ma voix prenait congé, il a pleuré. Le bébé a pleuré. Crié plutôt. Et j'ai eu l'impression que c'était magnifique. C'était son premier cri, son premier bonjour au monde... Ce bébé représentait tellement de choses... C'était un espoir, une victoire dans ce monde dévasté... L'avenir... Elle était en vie... Après tout ce qui c'était abattu sur nous, il était là, enfin. J'aurais tellement voulu tendre les bras pour le prendre, mais je n'en ai pas eu la force. À travers le rideau de larmes qui couvrait mes yeux, je le voyais s'agiter dans les bras d'Ethan. Dans les bras de son père... L'espace d'une seconde, j'ai eu l'impression qu'on me l'avait arraché. Pendant plus de huit mois, je l'avais porté, nourri, protégé. Il n'avait fallu que quelques heures... Et en même temps j'étais si heureuse... J'allais pouvoir l'enlacer, l'embrasser, lui dire combien je l'aimais...

Katarina, c'est une fille ! C'est une fille !
Une fille. Je le savais déjà depuis longtemps. Je l'avais toujours su, au fond. Mais le savoir, maintenant qu'elle était née... Elle était née ! Lena était née. Après tout ce temps passé à l'entendre, elle était enfin là, avec nous, et pleine de vie... Elle avait déjà cessé de pleurer. Je la voyais simplement s'agiter et gémir de temps à autre. Je mourais d'envie de la voir... Tellement... Mais il fallait d'abord lui prodiguer tous les soins nécessaires. Je suivais tout, mais de loin, comme avec un espèce de décalage. Ethan l'a mise dans les bras de Mathilda, tandis qu'elle lui disait quelque chose que je n'ai pas compris. Je crois que mon cerveau c'était mis automatiquement en mode russe. Ou alors j'étais trop vaseuse et trop épuisée pour comprendre quoi que ce soit. Ethan est allé chercher quelque chose, et je n'ai pas eu la force de tourner la tête. Je n'ai compris qu'après qu'il avait coupé le cordon, la séparant définitivement de moi. Puis Mathilda s'est éloigné avec Lena dans les bras. J'ai eu envie de lui demander de me la montrer, mais je n'ai pas pu. Je n'ai pas pu...

J'ai mis un moment à comprendre qu'Ethan était revenu vers moi. Quand je me suis rendue compte qu'il était là, j'ai cherché à croiser son regard, et je lui ai souri. Avant de fermer les yeux tout à coup. Je ne pouvais pas les garder ouverts. Et pourtant, j'étais consciente. Consciente, mais à bout de force, à bout de nerfs aussi. Incapable de bouger le moindre muscle. Puis j'ai entendu Ethan hurler. Il m'a appelée, il m'a secouée, avant de me prendre dans ses bras, complètement paniqué. Je devais avoir l'air morte. Ou j'étais morte, je ne savais pas trop... Sa peur me parvenait, mais je ne pouvais rien faire pour le rassurer. Ça va aller, mon amour, ça va aller... Non, je n'y arrivais pas... Bientôt, ce sont les mains froides fraichement lavées de Mathilda qui se sont posées de part et d'autre de mon corps. Je n'en avais pas eu conscience, mais pendant que je m'évanouissais plus ou moins, mon corps avait expulsé naturellement le placenta. Après tous les efforts que j'avais fait c'était la moindre des choses qu'il pouvait faire... Mathilda a dû vérifier qu'il était entier, pour éviter tout risque d'hémorragie. J'ai vaguement entendu Ethan m'appeler et me supplier de rester avec lui. Là encore je suis restée muette. Comme paralysée par je ne sais quoi.

« Elle est évanouie, Ethan. Juste évanouie. Laisse lui le temps de se remettre. Je te promets que ça va aller. Elle est juste évanouie. Je vais rester le temps qu'elle se réveille. Ne t'inquiète pas. Ce n'est rien. Ce n'est rien. »

Ce n'est rien. Bien. Je me suis défiinitivement évanouie.

Je ne suis pas restée évanouie très longtemps. Une heure ou deux, le temps de reprendre un peu de force. Pendant ce laps de temps, Mathilda s'était chargée de nettoyer mes jambes, mon ventre... Elle avait rafraichi mon visage également, et avait changé mes vêtements. Il m'a fallu une bonne demie heure pour émerger. Je voulais ouvrir les yeux, mais je n'ai pas réussi tout de suite. Il fallait que je reprenne mon corps en main. La douleur était sourde, la majeure partie s'étant évanouie. J'ai ouvert les yeux si brusquement que je me suis étonnée moi même. J'ai pris une profonde inspiration et j'ai cherché à me redresser immédiatement.

« - Oh là, oh là, doucement Katarina, doucement... Doucement. Ça va... Ça va.
-... Où est... Où est... mon bébé... je veux...
- Là, là... Chut... Elle est là, elle est là... Juste là... Ethan ? »

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MessageSujet: Re: "Hello" { ETHAN }   Lun 5 Juil - 17:23

Katarina était inanimée. Je la tenais dans mes bras, et j’avais l’impression d’avoir une poupée de chiffon entre les mains. J’hurlais tout ce que je pouvais. J’avais tellement peur qu’elle me laisse, qu’elle m’abandonne, qu’elle nous laisse seuls au monde Lena et moi. Je ne voulais pas élever ma fille toute seule. Je sentais que je n’en aurais pas la force. J’étais devenu fort oui. Mais parce qu’elle était là, parce qu’elle croyait en moi, parce que quand je voyais son regard fier posé sur moi, je me sentais tellement important que j’en arrivais à déplacer des montagnes. Sans elle, seul je ne serais plus rien.

Mathilda a du poser Lena dans son berceau et m’a rejoint alors que j’hurlais toujours, Katarina dans mes bras, et je pleurais comme jamais je ne pleurerais jamais sans doute. Elle m’a poussé et m’a prise ma femme des bras en m’écartant. Et pourtant à travers mes larmes je l’ai vu reposer délicatement Katarina contre les oreillers et examiner quelque chose.

Je pleurais et à travers mers sanglots je suppliais Katarina de ne pas me laisser. J’avais l’impression de vivre un cauchemar. Deux minutes avant j’étais le plus heureux des hommes et j’avais l’impression que la vie me reprenait ce qu’elle m’avait donné. J’ai entendu Mathilda me parler d’une voix douce.

« Elle est évanouie, Ethan. Juste évanouie. Laisse-lui le temps de se remettre. Je te promets que ça va aller. Elle est juste évanouie. Je vais rester le temps qu'elle se réveille. Ne t'inquiète pas. Ce n'est rien. Ce n'est rien. »

Evanouie ? Evanouie ? J’ai du regarder Mathilda avec un air de débile profond. Elle s’était juste évanouie. J’ai commencé à sentir mon cœur battre à nouveau. Elle n’était pas morte. Pourtant j’avais eu si fort que je n’ai pas pu m’empêcher de demander confirmation à Mathilda.

- Promets-moi qu’elle est juste endormie.

Je la suppliais à travers mes larmes que je repoussais du plat de la main. Elle m’a adressé un petit sourire et a posé une main sur mon bras.

-Oui Ethan, je te le promets.

Ma femme n’était pas morte, elle était juste à bout de forces. Elle était juste évanouie. Elle n’était pas morte. Mais j’avais si peur que je ne voulais pas que Mathilda parte. Pas tant que Katarina n’aurait pas repris connaissance. J4avais tellement peur.

-Tu restes hein ? Tu restes.

J’avais besoin qu’elle me le dise. J’avais besoin qu’on me rassure. Je n’étais pas aussi fort que Katarina aurait aimé.

-Oui Ethan, je reste. Calme-toi, tu vas faire peur à ta fille.

Ma fille ? Un instant j’avais oublié son existence. Mon amour, ma princesse. J’ai laissé Mathilda prendre soin de Katarina et je suis allée chercher ma fille dans son berceau. Elle avait les yeux grands ouverts sur le monde. Elle me regardait avec de si beaux yeux que j’en ai été troublé. Elle avait de magnifiques yeux bleus. Et j’ai senti une vague de fierté et d’amour m’emporter. J’ai passé ma main sur sa joue et j’ai senti sa peau si fine, si douce sous mes doigts. Ce petit être si parfait c’était moi qui l’avait crée. Elle a commencé à grimacer et rapidement elle s’est mise à pleurer alors je l’ai prise dans mes bras et je l’ai tenu contre moi. Trente secondes plus tard, les pleurs ont cessé. Pour laisser place à un cœur qui battait contre moi. Elle devait s’être endormie. Alors j’ai commencé à faire les cent pas dans la chambre.

Mathilda m’a regardé avec un petit sourire satisfait et amusé.

-C’est toujours Lena hein ?

Katarina avait du lui dire que nous comptions l’appeler Lena. Et j’ai jeté un regard amoureux sur ma fille avant de regarder Mathilda avec un sourire niais.

-Oui ! Lena Jones Kuryenko !

J’étais tellement heureux, tellement fier aussi. J’étais père. Voilà maintenant je l’étais vraiment. Et je pouvais enfin toucher et voir ce petit bout de moi.

J’ai reporté mon regard vers Katarina. Elle respirait si doucement, elle était si pâle que j’ai fait un pas vers elle avant que Mathilda ne m’arrête.

-Fais connaissance avec ta fille et laisse-moi m’occuper de ta femme.

J’ai acquiescé d’un léger hochement de tête et je suis allé m’asseoir avec ma fille dans les bras dans le rocking chair à côté de son berceau. Ce même rocking chair où ma propre mère n’avait tant bercé. Et maintenant c’était moi qui y berçais mon enfant. Lena était vraiment un cadeau du ciel. Ma vie aurait plus sombré et elle était arrivée. Et elle était si belle, si parfaite. Ses petites mains que je caressais, ses petites oreilles, son petit nez…. Je n’arrivais pas à lui trouver un seul défaut. Si la beauté avait un visage ca aurait été celui de ma fille. Je venais de tomber amoureux de ce petit être. Raide dingue…. Je l’ai levée un peu et j’ai embrassé son crâne. Elle sentait tellement bon, et elle était si petite. C’était un bonheur tel que je sentais les yeux me piquer à nouveau.

-Bonjour ma princesse.

Comme j’avais trouvé un surnom à Katarina, j’en avais un pour mon enfant. Oui, Lena était une princesse, la princesse de notre royaume. J’aurais pu l’appeler mon cœur, mon trésor mais elle représentait plus que ça. Alors j’ai commencé à lui parler d’une petite voix pour ne pas l’effrayer.

-Maman s’est endormie, mais Papa est là d’accord ?

Elle avait passé plus de huit mois dans le ventre de sa mère et elle sentait surement que quelque chose lui manquait. Bien sur elle était sans doute bien dans mes bras. Mais je n’étais pas Katarina. Alors je savais qu’elle comprendrait si je lui disais pourquoi c’était dans mes bras qu’elle était et pas dans ceux de sa maman. J’ai à nouveau pris sa petite main potelée que j’ai caressé avant d’y déposer un baiser.

-Papa est là et il va prendre soin de toi. Tu sais qu’on t’a attendu…et maintenant tu es là, et je vais te garder avec moi tout le temps. Et tu te marieras avec Papa plus tard.

J’ai entendu Mathilda siffler entre ses lèvres et j’ai souri.

-N’importe quoi….

Oui c’était n’importe quoi, ca pouvait paraitre stupide mais devant ce petit être, devant elle j’étais complètement fou. J’ai senti son poing se serrer et elle a commencé à pleurer à nouveau. Alors je l’ai reprise plus étroitement, j’ai posé sa petite tête au dessus de mon épaule et je lui ai caressé le dos pour la calmer. Je ne savais pas trop ce qu’elle voulait alors j’essayais de faire de mon mieux.

-Ch..chu..chut…. Voilà…..

Elle se calmait peu à peu et je me sentais rassuré. Je ne supportais pas de l’entendre pleurer. Je n’avais pas envie de violence non, c’est que à l’instar des pleurs de Kat, je me sentais désemparé. Pourtant j’ai réussi à l’apaiser. Et j’ai commencé à lui chanter cette berceuse que j’avais entendue tellement de fois. Une berceuse anglaise très connue : Hush Little Baby.

Hush, little baby, don't say a word,
Daddy's gonna buy you a mockingbird.
And if that mockingbird won't sing,
Daddy's gonna buy you a diamond ring.
And if that diamond ring turns to brass,
Daddy's gonna buy you a looking glass.
And if that looking glass gets broke,
Daddy's gonna buy you a billy goat.
And if that billy goat won't pull,
Daddy's gonna buy you a cart and bull.
And if that cart and bull turn over,
Daddy's gonna buy you a dog named Rover.
And if that dog named Rover won't bark.
Daddy's gonna buy you a horse and cart.
And if that horse and cart fall down,
You'll still be the sweetest little baby in town.



J’ai du passer prés d’une heure à lui chanter cette berceuse, et j’étais sur le point de m’endormir quand j’ai entendu la voix de Mathilda. Tout ce temps je l’avais vu s’agiter et faire des allers et retours dans la chambre pour prendre soin de Katarina, la lavant et ramassant ce qui était sale.

« - Oh là, oh là, doucement Katarina, doucement... Doucement. Ça va... Ça va.

J’ai collé Lena à moi et je me suis redressé. Lena avait été réveillée aussi visiblement.

-... Où est... Où est... mon bébé... je veux...

Katarina réclamait sa fille. Elle était enfin réveillée. Et Lena a commencé à s’agiter dans mes bras. Comme si elle reconnaissait la voix de sa maman, comme pour me faire comprendre qu’elle voulait être dans les bras de sa maman. Mathilda a allongé Katarina à nouveau en lui caressant la joue. Elle paniquait sans doute.

- Là, là... Chut... Elle est là, elle est là... Juste là... Ethan ? »

Je me suis alors levé et je suis allé vers le lit en rassurant Katarina. Je souriais. Elle était réveillée. Tout irait bien maintenant. Notre famille était enfin réunie.

-Je suis là, je suis là.

Je suis allé m’asseoir prés de Katarina. Mathilda s’était levée et je l’ai vue reculer. Puis, plus rien. J’étais bien trop focalisée sur ma fille et ma femme. Mais j’ai entendu la porte se refermer. Mathilda venait de nous laisser seuls, par gentillesse et par délicatesse. Je la remercierais plus tard. Je me suis fait une place sur le lit et j’ai tendu notre fille à Katarina avec un large sourire satisfait.

-Dis bonjour à Maman, Lena.

Maman…..Katarina était enfin maman. Et dire ça de ma femme me ravissait. Nous n’étions plus seulement Ethan et Katarina Jones, nous étions parents. Parents de ce petit être si beau, si doux. J’ai glissé Lena dans ses bras et je l’ai embrassé sur le front avec la voix qui se brisait un peu. L’émotion me coupait la voix. C’était sans doute un des plus beaux moments de ma vie. Les premières heures de notre fille.

-Je suis fier de toi mon ange, terriblement fier.

Et ce n’était pas peu dire. C’était grâce a elle que ce petit miracle avait eu lieu. C’était elle qui l’avait porté pendant tous ces longs mois, elle qui l’avait mise au monde. Et je n’avais pas de mots pour lui dire combien je l’aimais de m’avoir fait ce merveilleux cadeau.

Et c’est ce moment là que Lena a choisi pour pleurer. Et j’ai compris ce qu’elle voulait. Depuis tout à l’heure quand elle pleurait, c’était pour une chose toute simple. Elle devait avoir faim. Alors d’une voix émue, j’en ai fait la constatation à Katarina. Elle allait devoir la nourrir….

-Je suis désolé de te dire ça mais…je crois qu’elle a faim.
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MessageSujet: Re: "Hello" { ETHAN }   Lun 5 Juil - 20:17

J'entrais dans une nouvelle phase de panique. J'avais la sensation, au plus profond de moi qu'il me manquait quelque chose. Quelque chose d'important, quelque chose de vital. Et ce quelque chose, c'était mon bébé, c'était Lena. On me l'avait arrachée si brutalement que j'avais l'impression que c'était comme un organe vital qu'on m'avait retiré violemment. Et en un sens, c'était le cas. On ne pouvait pas dire le contraire, mon accouchement avait été violent, et pour tout le monde. Je sentais que je n'allais pas m'en remettre de si tôt. Tout mon corps était douloureux, en particulier le ventre et le bas-ventre. J'avais l'impression qu'ils avaient été entaillés à coups de ciseaux. Je savais que la douleur passerait dans peu de temps, mais en attendant j'allais devoir souffrir un moment. Comme n'importe quelle femme après son accouchement, j'imagine... Mais je ne savais pas si cette sensation que j'avais appartenait à toute femme venant d'accoucher. Moi je n'avais pas vu mon bébé, je ne l'avais pas touché... J'avais vécu cela comme un véritable déchirement. Je n'avais rien pu dire, rien pu faire pour demander à la voir... Ils avaient fait ce qu'il fallait, ils avaient pris soin de Lena en premier lieu. Mais j'aurais tellement voulu la voir avant de m'évanouir... D'autant plus que là je ne la voyais pas, je ne l'entendais pas... J'ai eu soudain terriblement peur. Et si il lui était arrivé quelque chose ? Et si... et si je lui avais fait du mal ? Et si elle n'allait pas bien, en fin de compte ? Mon cœur s'est mis à accélérer très soudainement et si je n'avais pas entendu les voix rassurantes d'Ethan et Mathilda, je me serais très certainement mise à paniquer, et à hurler pour de bon.

Je me suis redressée, malgré Mathilda qui me disait de rester coucher. Non, hors de question. Malgré la douleur lancinante, je voulais me lever. Ou au moins, m'asseoir. Si j'avais pu j'aurais même bond sur mes jambes. Mais j'étais encore terriblement vaseuse... J'ai ouvert de grands yeux quand Ethan s'est assis à côté de moi. J'ai fixé son visage pendant quelques secondes, avant de baisser les yeux. Je suis restée pétrifiée. Incapable de détacher mes yeux de ce qu'il portait. Je n'ai même pas entendu Mathilda partir, ni la porte se fermer. J'étais totalement stupéfaite. J'ai mis un petit moment à comprendre que ce que me tendait Ethan, c'était notre fille. Elle était tellement... petite ! J'avais presque l'impression qu'elle était minuscule. Elle l'était. Ce n'était qu'un bébé. Mon bébé... Ses yeux étaient fermés et elle se frottait le visage, comme si elle venait de se réveiller. C'était peut-être le cas, je ne savais pas trop combien de temps j'étais restée évanouie. Certainement trop longtemps, que ce soit une minute ou une journée. Ses mains étaient minuscules... Il y avait de fins cheveux bruns partout sur sa tête. Elle était toute brune, comme Ethan et moi. Et même si c'était logique – qu'elle soit blonde aurait posé problème, je trouvais que c'était tout simplement merveilleux, fantastique. Elle était merveilleuse et fantastique. Absolument parfaite.

Ethan a déposé Lena dans mes bras, et j'avoue que je tremblais. Mais je me suis vite reprise et j'ai attrapé Lena. Je n'ai pas relevé les yeux sur Ethan, j'étais incapable de quitter Lena des yeux. Je n'arrivais pas à croire qu'elle était là, enfin. Ou déjà plutôt. Elle avait pointé le bout de son petit nez trois semaines avant le terme, et pourtant elle avait l'air d'aller parfaitement bien. Je la sentais dans mes bras, et même si elle était vraiment toute petite, je sentais qu'elle avait un poids « normal » pour un nouveau né. À vu de nez, un petit peu plus de trois kilos... Trois kilos de pure bonheur... Elle était vraiment très calme. Elle gigotait doucement, se demandant certainement pourquoi on la dérangeait encore. Quand elle a ouvert les yeux, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire bêtement, avant de rire doucement. Elle avait d'immenses yeux bleus, entourés de grands cils noirs. Elle me regardait si intensément que je me suis sentie fondre intérieurement. Ce regard là voulait dire tellement de choses... Je sais qui tu es... Bonjour maman... Je sentais les larmes perler au coin de mes yeux, et je les ai chassées de ma main libre, avant de cligner des yeux plusieurs fois. J'ai bien entendu Ethan me dire qu'il était fier de moi, mais je n'ai pas su lui répondre... J'étais beaucoup trop bouleversée. J'avais oublié toutes ces heures de souffrance, toute cette douleur... Le résultat de ces longues heures en valait la peine. J'aurais recommencé mille fois s'il l'avait fallu.

« Je crois... Je crois qu'elle a tes yeux. Oui, c'est ça ce sont tes yeux... »

Je ne le regardais pas vraiment en disant cela. J'ai caressé le visage de Lena du bout des doigts. Elle avait un grain de peau si doux, si fin... J'ai caressé sa joue, son petit nez, ses petites lèvres, ses paupières... Elle avait une toute petite grimace à chaque fois, ou un petit soupir. Alors que je caressé son front doucement elle a attrapé mon doigt et l'a serré fermement. Ma bouche a fait un « O » parfait. Un poisson rouge, voilà à quoi je ressemblais très exactement. J'ai soulevé Lena tout doucement et j'ai embrassé son front pendant de longues secondes. J'ai fermé les yeux quand sa petite a effleuré ma joue. Il n'y avait pas de mot pour décrire ce que je ressentais. C'était indescriptible tellement c'était bouleversant. Je tenais ma fille dans mes bras pour la toute première fois. Je la portais toujours finalement... D'une façon différente, voilà tout.

« Je n'arrive pas à y croire... C'est nous qui avons fait ça... Regarde la... Elle est tellement belle... Tellement parfaite.... Regarde ce que nous avons fait, Ethan... »

Lena a commencé à gémir tout doucement et à s'agiter un peu dans mes bras. Elle faisait de drôles de petites grimaces. Elle avait fermé les yeux et je la voyais qui commençait à s'étirer un peu nerveusement. Je suis restée là à la regarder un peu bêtement, jusqu'à ce qu'elle se mette à pleurer pour de bon. Oh, pauvre petite princesse... J'ai relevé les yeux vers Ethan. Elle avait faim ? Mais oui, bien sûr, elle avait faim ! Quelle idiote ! Je me suis redressée rapidement et je me suis décalée doucement, pour pouvoir m'adosser au mur. Je me suis assise en tailleur sous la couverture. J'ai tenté de refouler mes émotions, pour prendre les choses en main. Même si je tremblais comme une feuille...

« Il me faudrait un bavoir... Dans la commode, troisième tiroir, tout au fond... Et... Prépare lui un petit biberon d'eau... S'il te plait... »

Lena pleurait toujours comme une désespérée. Elle devait certainement mourir de faim la pauvre... Mathilda avait dû le voir venir... Quand elle m'avait rhabillée elle s'était contentée de me remettre ma chemise de nuit. J'ai changé Lena de bras et j'ai fait glisser la bretelle jusqu'à découvrir entièrement mon sein gauche, et j'ai rechangé Lena de bras. La pauvre devait se demander pourquoi personne ne la nourrissait... J'ai doucement approché sa tête de mon sein. Elle a cessé de pleurer presque immédiatement et a posé sa petite main sur mon sein. Et avant que j'ai eu le temps de dire ouf que déjà elle avait saisi ce qui lui servait de tétine entre ses petites lèvres charnues, et elle avait commencé à téter. Je suis restée ébahie devant ce petit miracle. Je n'osais pas y croire. Pas encore.

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MessageSujet: Re: "Hello" { ETHAN }   Mar 6 Juil - 14:58

Lena était enfin dans les bras de sa maman. Et à cet instant j’ai bien vu que ma femme avait changé. Ce n’était pas flagrant mais moi je le voyais. Même si nous avions eu des mois pour nous y préparer et que l’instinct maternel de Katarina était déjà là, maintenant elle était vraiment mère. Elle avait cet espèce d’aura et de dignité que j’avais vu chez ma mère. Tout son être irradiait. Lena aurait des parents comme les miens, des parents aimant prêts à tout pour leur enfant. Mon vœu serait exaucé. Je regardais ma fille et ma femme faire connaissance, et je souriais. Je n’avais rien vu d’aussi beau de toute ma vie. Je m’émerveillais en voyant Katarina toucher Lena comme s’il s’agissait d’un trésor sans prix. Et ca l’était. J’ai vu ses yeux lentement se remplir de larmes quand Lena a ouvert les yeux et l’a regardé. Ce regard là valait tout l’or du monde. D’une main libre, Katarina a séché ses larmes et j’ai souri. Elle n’avait pas à avoir honte, moi aussi j’étais ému. Et puis elle a continué à regarder Lena qui s’agitait.

« Je crois... Je crois qu'elle a tes yeux. Oui, c'est ça ce sont tes yeux... »

Mes yeux…oui…elle avait de grands yeux bleus si expressifs. Mais elle n’avait hérité que ça de moi. Ses joies, son nez, ses lèvres, tout le reste, tout ce que caressait Katarina c’était son portrait craché en miniature. Une mini Katarina, voilà ce qu’était Lena.

-Elle a peut être mes yeux, mais elle te ressemble.

Et c’est tout ce que j’avais espéré, c’est ce pourquoi j’avais tant prié. Et mes vœux avaient été exaucés. J’étais encore plus amoureux de mon enfant que je ne pouvais l’être de ma femme. Enfin l’amour n’était pas le même. Elles étaient si belles toutes les deux. Je me suis installée un peu plus confortablement sur le lit tandis que Katarina caressait encore le visage de Lena. Et celle-ci a fini par attraper au vol le doigt de sa maman pour le serrer. Comme pour lui dire de rester avec elle. Katarina était sans voix, et je voyais bien qu’elle se contenait pour ne pas fondre en larmes. Elle était heureuse et comblée. Je ne pourrais jamais tant la combler que comme le faisait Lena. Et puis Katarina a soulevé Lena et a posé sa bouche sur le front de notre fille Ses yeux se sont fermés et j’ai vu sa bouche trembloter. Comme lorsqu’elle était émue. Oui c’était décidément le plus beau spectacle au monde.

« Je n'arrive pas à y croire... C'est nous qui avons fait ça... Regarde-la... Elle est tellement belle... Tellement parfaite.... Regarde ce que nous avons fait, Ethan... »

Et cette fois-ci c’est moi qui me suis laissé à l’émotion….. J’ai essayé de parler à deux reprises, mais ma gorge était trop nouée. Oui nous avions fait un petit miracle….Lena s’agitait de plus en plus, et sa bouche se tordait, comme si elle cherchait quelque chose. Elle avait faim. Alors Katarina s’est redressée dans le lit et avec un peu de retard j’ai répondu à ce qu’elle m’avait dit.

-Elle est magnifique oui…

Et encore ce mot n’était pas assez fort pour décrire Lena……

-Tu sais mon amour…je crois qu’elle est encore plus belle que toi.

Et pourtant c’était difficile…..Je ne pensais vraiment pas à mal en disant cela. C’est juste que Lena….était belle comme un cœur. Et elle avait cette candeur et cette innocence qu’on tous les bébés. Katarina devait être aussi belle à la naissance. Les gémissements de Lena s’intensifiaient alors Katarina m’a demandé de l’aider.

« Il me faudrait un bavoir... Dans la commode, troisième tiroir, tout au fond... Et... Prépare-lui un petit biberon d'eau... S'il te plait... »

Nous avions du faire de la place dans notre commode, ce n’est pas que nous avions tant d’affaires que ça mais il en fallait de la place pour les affaires de cette petite princesse. Nous avions réussi à trouver certaines choses, et d’autres nous avaient été données par Gabrielle. Je me suis mis à chercher le dit biberon que j’ai fini par trouver dans l’armoire et je suis allé le remplir d’eau en vissant la tétine. Je suis reparti avec le biberon dans la main et la bavette dans l’autre. Katarina venait de laisser tomber un pan de sa chemise de nuit pour dénuder sa poitrine. Ce serait la première fois qu’elle donnerait le sein à Lena. J’avais pensé pendant longtemps ne jamais assister à ca. Katarina refusait d’en entendre parler au départ, et elle avait finalement accepté. J’ai placé le bavoir du mieux que je pouvais, et je me suis assis avec le biberon dans la main pour les regarder.

Lena avait placé sa petite main sur le sein de Kat et elle tétait. Katarina avait le regard rivé sur sa fille et lui caressait les cheveux. Et je crois que c’est à ce moment là que mon cœur a eu un raté. J’étais si émerveillé, si ému de voir ça.

-Regarde comment elle tête…..et sa petite main….

Ma voix était serrée par l’émotion. Je n’avais jamais pu rêver plus belle chose au monde. Alors comme Katarina tout à l’heure j’ai fini par pleurer. Assister à la première tétée, voir ce lien fusionnel s’installer aurait pu me blesser puisque j’en étais écarté. Mais au contraire….je l’avais désiré ce lien. Rien ne remplaçait une mère. Pourtant j’aimais ma fille de manière déjà si déraisonnable. Je sanglotais quand j’ai embrassé Katarina. Mes larmes au gout salé coulaient le long de mes joues et inondaient sans doute ma bouche. Puis j’ai posé mon front contre le sien en fermant les yeux.

-Merci mon amour, merci pour ce cadeau.

Le plus beau cadeau au monde : la vie. J’ai chassé les larmes du revers de la main et je me suis reculé. J’avais peur de priver ma fille d’espace ou d’oxygène. Et ma main est allée caresser ses petites jambes qui dépassaient du drap de bain dans lequel elle était emmitouflée depuis deux heures. Il faudrait quand même qu’on l’habille sinon elle allait prendre froid.

-Je suis désolé, j’ai eu si peur. Et en même temps je suis tellement heureux….

Tellement heureux en fait.

-J’arrive pas à réaliser qu’elle est enfin là. Qu’on soit enfin vraiment une famille.

Nous avions perdus nos parents, et maintenant nous étions parents à notre tour. Personne pour nous guider….mais je savais qu’avec l’amour que nous avions à offrir à Lena tout irait bien.
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: "Hello" { ETHAN }   Mar 6 Juil - 19:21

J'ai eu un élan de fierté quand Ethan m'a dit qu'elle me ressemblait. Peut-être, oui... Pour le moment j'étais trop occupée à la découvrir pour regarder ce qu'elle avait pris ou non de moi. Mais si Ethan le disait, c'est que ce devait être vrai. Mais j'étais contente qu'elle ait pris ses yeux. Ils étaient magnifiques. Et puis elle était déjà bien brune, comme nous l'étions tous les deux. Pas de doute, c'était bien notre fille. Notre petit ange, notre petite princesse, notre petit miracle. Elle était parfaite. Il n'y avait pas d'autre mot pour la décrire. J'aurais pu la contempler des heures entières. Je ne parvenais pas à détacher mes yeux d'elle. Et dire que c'était moi qui l'avais mise au monde... J'avais porté cette petite merveille. Si j'avais regretté un instant de ne plus la sentir en moi, ce n'était plus le cas. J'étais trop heureuse de la tenir dans mes bras, après tout ce temps à l'attendre. Et Ethan pouvait en profiter maintenant. J'avais eu du mal à lui dire ce que je ressentais quand elle bougeait. Maintenant il savait. Il pouvait maintenant sentir ses petites mains et ses petits pieds, les tenir entre ses doigts, les caresser... Et dire que nous avions créé ce petit être de toute pièce. Elle était véritablement le fruit de notre amour. Ce n'était pas une image. Elle avait été conçue quand Ethan et moi étions séparés. Et au final, c'était elle qui nous avait réunis. Si je n'étais pas tombée enceinte, les choses auraient vraiment pu tourner autrement...

« Oh oui, elle est bien plus belle que moi... Bien plus belle que n'importe qui... »

Je tenais certainement le même discours que n'importe quelle mère parlant de son enfant. Je ressentais tellement d'émotions à la fois que c'était indescriptible. J'avais l'impression que Lena était la chose la plus fragile au monde. Mais elle représentait tellement de choses... Et nous avions tellement d'amour à lui offrir... Mais cela ne serait jamais assez. Elle en méritait tant. Je la tenais dans mes bras depuis à peine cinq minutes et pourtant j'étais déjà prête à faire n'importe quoi pour elle. Peut importe ce qu'elle voulait, j'étais prête à lui donner... Et pour le moment, ce n'importe quoi ne représentait pas grand chose. Elle avait faim. Elle avait assez attendu. Je me suis donc calée contre le mur pour pouvoir rapidement lui donner le sein et ainsi la calmer. Il ne lui a pas fallu très longtemps pour se mettre à téter. Elle avait sa main posée sur mon sein, de façon un peu possessive. Cette attitude me rappelait celle de son père... J'étais sa mère et elle en avait conscience. Et tant que telle je devais la protéger. Faire tout ce qui était en mon pouvoir pour qu'il ne lui arrive jamais rien.

« Sa main est minuscule... Elle est minuscule, en réalité. Vraiment minuscule. »

Lena était un bébé, un humain miniature. Et Lena avait vraiment fin... J'étais vraiment étonné par ce réflexe de succion qu'avaient les bébés. Rien ne les faisait lâcher... Je n'ai pas vu tout de suite qu'Ethan s'était mis à pleurer. J'étais entièrement focalisée sur Lena. Je ne m'en suis rendue compte que quand Ethan m'a embrassée. Ses lèvres avaient le goût salé de ses larmes. J'ai passé un bras autour de lui quand il a posé son front contre le mien. J'ai eu un petit rire léger.

« Oh mais je ne l'ai pas faite toute seule... Tu as quand même aidé un petit peu, même si c'est moi qui l'ai portée... Si tu avais pu le faire tu l'aurais fait... Tu peux aussi être fier de toi, Ethan. »

Il a essuyé les larmes qui coulaient sur ses joues et j'ai souri devant sa volonté de rester fort dans un moment pareil. C'était vraiment touchant... Moi je n'essayais plus de les empêcher couler. Oui, je pleurais. J'étais simplement heureuse. Et soulagée que ce soit fini. Maintenant tout irait bien, nous n'avions plus qu'à prendre soin d'elle. Et aujourd'hui, ce n'était pas une mince affaire. J'ai tendu une main vers la joue d'Ethan, que j'ai caressé doucement.

« C'est fini Ethan, c'est fini. Je vais bien, et Lena aussi. Elle est en pleine forme. C'est fini, pour de bon. C'est promis mon amour, tout ira bien maintenant. »

Je l'ai attiré à moi pour l'enlacer tendrement. J'ai déposé un baiser sur son front, en souriant. Puis j'ai baissé les yeux sur Lena, elle venait de repousser mon sein après quelques tétées. J'ai attrapé le bavoir et j'ai essuyé la petite bouche de Lena ( et mon sein par la même occasion, même se ce détail n'a rien de très glamour ). Puis j'ai redressée Lena très légèrement et je lui ai donné un petit peu d'eau avant de mettre le bavoir sur mon épaule pour lui faire faire son rôt. Ça n'a pas été très difficile. Puis Lena s'est laissée aller contre mon épaule et j'ai caressé son dos pendant une bonne minute. Je ne voulais plus la lâcher. Je ne pouvais plus... Mais elle allait avoir froid comme ça. Elle était presque toute nue et étant donné que nous vivions en sous sol il faisait plus frais que dehors. Je l'ai serrée contre ma poitrine et j'ai déposé un baiser sur son front avant de la tendre à Ethan.

« Il faudrait que tu habilles ta fille... Un petit pyjama suffira, juste pour qu'elle n'ait pas froid. »

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: "Hello" { ETHAN }   Jeu 8 Juil - 15:24

Oh oui qu’elle était belle notre fille. Elle était toute petite, mais assez grande quand même, enfin je crois. Et puis tout en elle était beau. Il n’y avait rien de disgracieux, sa peau était toute douce et lisse et si rose. Et ses cheveux si noirs, partout, et ses petites oreilles et….j’aurai sans doute passé des heures à décrire mon enfant, et à m’extasier sur la perfection qu’elle incarnait. Oui c’était ce qu’elle était : absolument parfaite. Et j’aurais vraiment été prêt à me tuer si les choses s’étaient mal passées. Mais tout avait fini par s’arranger, et les deux êtres que je chérissais le plus étaient avec moi. Elles étaient vivantes. Tout irait bien….

Mais je ne pouvais pas m’empêcher de pleurer. Bien sur, Katarina était toujours aussi adorable avec moi, presque maternelle comme toujours. Elle voulait me rassurer, et me faire comprendre que j’étais aussi responsable de ce petit miracle. Mais a mes yeux j’avais l’impression d’avoir fait si peu. Je lui avais fait cet enfant oui, mais c’était elle qui l’avait porté, c’était elle qui l’avait mis au monde. Moi j’avais fait bien peu de choses finalement.

Mais j’étais tout de même fier oui ! Fier de mes deux amours. Tellement fier que je pleurais. Je pleurais de joie, et je pleurais aussi de soulagement. J’avais eu si peur cette nuit. Si peur de les perdre. Elles étaient essentielles à ma vie, elles étaient l’air que je respirais, le sang qui coulait dans mes veines. En perdant mes parents, j’avais pensé perdre ma famille, et voilà que maintenant à nouveau j’en avais une. Et égoïstement, j’avoue que j’aurais déjà aimé que cette famille s’agrandisse déjà. Katarina le savait, je voulais au moins trois enfants. Même si cela pouvait paraitre complètement dingue dans un monde comme le notre. Je voulais avoir ce que nous n’avions pas eu. Je ne voulais pas que Lena grandisse seule. Bien sur il y aurait des enfants, bien sur tout comme nous elle ne serait pas seule pour jouer ou s’épanouir, mais je voulais qu’elle ait des frères et sœurs, je voulais qu’elle connaisse ca. Je voulais lui offrir tout ce que nous n’avions pas eus. Même si moi j’avais vraiment eu une enfance heureuse, mes parents avaient fait leur maximum, mais le vide était là. Le vide qu’aurait du combler Lily…..Dieu sait ce qui lui était arrivé à ma petite sœur…..

Je ne sais pas pourquoi je pensais à ça aujourd’hui….alors j’ai chassé ça dans un coin de ma tête….Pour le moment il le fallait.

J’ai senti la main de Katarina sur ma joue et j’ai eu un petit sourire. J’avais tellement de chance de l’avoir, tellement de chance.

« C'est fini Ethan, c'est fini. Je vais bien, et Lena aussi. Elle est en pleine forme. C'est fini, pour de bon. C'est promis mon amour, tout ira bien maintenant. »

Ces simples petits mots me faisaient vraiment du bien. Ma femme savait toujours trouver les mots pour me calmer, elle avait toujours su. Finalement, elle avait été mère bien avant la naissance de Lena ou sa conception, c’est comme si elle m’avait donné vie une seconde fois. Elle était à la fois mon épouse, ma compagne, la mere de ma fille, mon âme sœur, ma meilleure amie et ma mère. Elle représentait tout. Et pourtant j’avais failli la perdre. Je réalisais vraiment chaque jour qui passait que ma vie sans elle, et maintenant sans elles ne seraient même pas supportable une seule seconde. Elles étaient mes poumons.

-Tant qu’on sera tous les trois tout ira bien oui…. Ne me quittes jamais mon trésor, ne me quittes plus jamais. Je t’aime.

Je ne voulais plus revivre ce cauchemar. Mais tout irait bien. Nous nous aimions et nous avions un enfant. Qui aurait cru cela possible il y a tout juste un an hein ? Qui aurait cru il y a un an que je serais en train d’observer avec fascination à ma femme qui donnait le sein à notre fille la première fois ? Parce que c’était ça… j’étais fasciné par ce spectacle. La petite main de Lena posée sur le sein de Katarina, Katarina qui couvait Lena du regard et ce petit bruit de succion tellement joli et agréable à l’oreille. Je n’avais rien vu d’aussi merveilleux de toute ma vie. Et pourtant je sentais que chaque jour je m’émerveillerais encore davantage que la veille. C’était ça avoir un enfant.

Au bout de longues minutes, Lena a du trouver qu’elle avait rempli son petit estomac alors elle a repoussé avec sa main le sein de Katarina et Katarina s’est empressée de lui essayer la bouche. Elle en a profité pour s’essuyer le sein aussi qui coulait de ce nectar de vie. Je ne pouvais que faire un O parfait avec ma bouche. J’étais au bord des larmes d’émotion cette fois. Et puis elle a donné à boire un peu d’eau à Lena, sans que je sache pourquoi elle faisait ça. Mais si elle le faisait c’est qu’il y avait une raison. Je n’irais pas chercher plus loin, ma femme savait ce qu’elle devait faire. J’avais confiance en elle.

Ce n’est que quand Katarina m’a tendu Lena que je suis revenu à la réalité.

« Il faudrait que tu habilles ta fille... Un petit pyjama suffira, juste pour qu'elle n'ait pas froid. »

Ha oui…c’est vrai qu’on ne l’avait pas habillée, nous l’avions juste emmitouflée dans une grande serviette rose. Katarina n’avait sans doute pas la force de se lever, et je pouvais le comprendre. Et puis, j’étais fier de m’occuper de ma fille. Fier que ma femme me fasse confiance.

-D’accord…

J’ai pris Lena et je suis descendu du lit non sans un dernier petit regard amoureux à ma femme. Et puis j’ai alors concentré toute mon attention sur Lena. Elle avait fait son rot et maintenant ses yeux allaient partout. Elle semblait vraiment curieuse de l’environnement qui l’entour ait. Petit trésor….

-Allez princesse, on va s’habiller. Papa va te mettre un joli pyjama. Tu n’as encore jamais mis de pyjama hein ? tu vas voir tu vas adorer ça.

Et pendant que j’allais vers la commode à la recherche d’un petit pyjama pour Lena, je caressais le dos de ma fille en souriant comme un bienheureux. J’étais déjà tellement fou d’elle. Je lui avais parlé tant de fois dans le ventre de sa mère que je sentais qu’elle connaissait ma voix. Elle savait que c’était son papa qui lui parlait, et elle avait l’air de se sentir en sécurité. Bien sur j’avais peur de la faire tomber ou d’avoir un geste trop brusque, mais que ma fille semble se sentir en sécurité dans mes bras me faisaient pousser des ailles. Elle aussi elle avait confiance en moi.

-Et après on va aller dormir mon amour…. Papa est fatigué tu sais. Il est resté debout toute la nuit.

D’une main, j’ai ouvert le long tiroir ou je savais que Katarina avait rangé les premières affaires de bébé, les autres étaient dans l’armoire. Alors je suis allé à la recherche d’un petit pyjama. Et j’ai pris le premier qui veniat tout en parlant à Lena

-Maman aussi est fatiguée je crois.

Elle n’avait dormi que deux heures à peine. Et même si elle avait donné le sein à Lena avec plaisir, je voyais bien qu’elle avait des cernes monstrueuses et qu’elle était encore bien pale. Lena s’agitait dans mes bras, et a commencé à faire la grimace quand je l’ai posé sur ce qui servait de table à langer. Une planche avec un petit matelas dessus. Les affaires avaient toutes servies à Emma avant. Bien sur, il était tout simplement inconcevable d’avoir des affaires neuves de nos jours. Et puis l’essentiel c’était le bonheur et la santé de Lena.

-Oui mon trésor.

J’ai commencé à lui mettre un pied, puis l’autre dans sa grenouillère et à lui enfiler. Ce devait être dans ce sens là puisqu’ y avait un dessin sur ce qui me semblait être le devant. Par contre il y avait tout un tas de pressions et j’ai fait de mon mieux J’ai finalement réalisé que je ne lui avais pas mis de culotte. Alors je suis allé à tâtons chercher une culotte en me baissant un peu, et je n’ai rien trouvé. Avant de comprendre au bout de deux minutes de recherche infructueuse, qu’un nouveau né porte des couches. Alors j’allais demander à Katarina ce qu’elle en pensait. Je lui ai posé la question par-dessus mon épaule. Je ne voulais pas quitter Lena du regard, même si elle était calme j’avais peur qu’il ne lui arrive quelque chose. Un accident étant si vite arrivé.

-Chérie ? Je dois lui mettre une couche ?

J’ai attendu une réponse qui n’est pas venue. Alors j’ai bloqué Lena et je me suis retourné une seconde. Et là j’ai souri automatiquement. Katarina dormait. Elle avait fermé les yeux et sa respiration était régulière. Elle était si belle. Alors avec un petit rire, je me suis retournée vers ma fille qui avait enfoncé son petit poing dans sa bouche.

-Oh….maman s’est endormie chaton…

Katarina devait être extenué. Je ne l’étais pas moins, mais…..c’était elle qui avait fait les efforts, pas moi….

-Bon alors heu…..

J’ai soulevé Lena dans mes bras, et une main sur ses fesses et une autre sur sa tete je suis parti à la recherche des couches. Je ne savais pas où elles étaient rangées, et surtout je n’avais jamais mis une couche de ma vie. J’hésitais à aller chercher Lilly, mais je me suis dit que je devais y arriver seul. Ca ne devait pas être bien compliqué non ?

-Voyons voir….

Et là je dois avouer que je me suis trompé….. C’était horrible…. Je ne savais pas comment ouvrir la couche, j’ai passé cinq minutes à la déplier.

-Oui je me dépêche princesse, je me dépêche.

Et cinq autres minutes à comprendre dans quel sens elle se mettait. Je bougeais sans arrêt Lena qui commençait à perdre patience. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle semblait ne pas aimer se retrouver nue. Alors j’ai fini par faire un peu comme je pensais et j’ai remis le pyjama.

-Bon bha on verra bien. Oui hein ? Oui ?

Je lui souriais en venant l’embrasser dans le cou. Elle sentait si bon. Et je l’ai reprise contre moi, contre mon cœur, ses petites mains posées sur ma poitrine possessivement.

-Allez ma princesse, on va aller dormir avec maman.

Et je me suis couché dans notre lit, j’ai pris soin de faire une place à Lena de manière à ce qu’elle soit protégée mais que nous ne l’écrasions pas. Je n’avais pas envie que pour sa première nuit, elle soit séparée de nous. J’avais sans doute fait là une bêtise pour la suite…
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