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 Honesty Is Such A Lonely Word [ Alexander ]

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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Honesty Is Such A Lonely Word [ Alexander ]   Jeu 5 Aoû - 14:10



J'étais toujours plongée dans ce rêve atroce : Le petit garçon était encore assis sur cette couverture pleine de sang mais à présent, il me tendait une petite voiture en plastique. Il voulait jouer avec moi mais j'étais incapable de bouger : J'étais pétrifiée d'horreur. Je me souvenais parfaitement de la tête qu'avait son père (avant qu'elle n'explose en plusieurs morceaux après que Nathaniel lui ait mis une balle entre les deux yeux) et cet enfant lui ressemblait tellement que j'en étais malade. Il avait les mêmes cheveux et les mêmes yeux, même si le regard de l'enfant n'avait rien du regard pervers qu'avait son père. Non, le regard de cet enfant était tendre, implorant. Je finis par céder et me mis à genoux sur la couverture. Je sentis tout de suite le sang humide et froid contre ma peau et je me retins de vomir. Je pris la voiture d'une main tremblante et le sourire que m'adressa le petit garçon m'arracha le coeur. Je ne pus retenir mes larmes : J'avais souhaité sa mort mais j'avais mal, très mal... J'avais commis un acte immonde en le laissant mourir et je m'en voulais. Je m'en voulais terriblement... J'aurais tant voulu être capable d'aimer cet enfant comme s'il avait été d'Alexander mais ça m'avait été impossible parce qu'il me rappelait à chaque instant ce que j'avais vécu. Certes, cet enfant n'y était pour rien et n'avait rien demandé mais... Mais... Je reposai la voiture sans même commencer à jouer avec lui et me contentai de l'observer. Au bout d'un moment, il finit par retourner son visage vers moi et je vis une moue boudeuse s'afficher sur ses traits.

-Pourquoi tu joues pas avec moi?

Il m'observa avec intérêt puis fronça ses petits sourcils noirs.

-Pourquoi tu pleures?

Et pour une fois, depuis longtemps, je dis la vérité.

-Parce que je t'ai laissé mourir... Pardon...

Je baissai le visage, honteuse. Imaginez ma surprise quand je sentis ses petits bras entourer mon cou et sa petite tête se coller contre la mienne.

-Moi je t'en veux pas... Maintenant tu vas pouvoir aller mieux maman...

Mes bras entourèrent l'enfant et je le serrai avec force contre moi. Mes sanglots redoublèrent et c'est alors que tout disparut. Je ne tins plus que de l'air et mes bras se refermèrent sur eux-mêmes : Le petit garçon, la couverture, les arbres, la prairie, tout avait disparu et j'étais à présent face à un banc. Il me fallut quelques instants pour reconnaître ce banc à travers mes larmes : C'était là qu'Alexander et moi avions passé notre première soirée ensemble à discuter. Je regardai autour de moi mais ne vit personne. Central Park était calme, désert, paisible, comme si ce que j'y avais vécu récemment n'y avait jamais pris place. Toujours à genoux, je m'avançai jusqu'au banc et après quelques instants d'hésitation, je posai mes mains dessus. Là, je fus assaillie par tout un tas d'images : Ma commande au bar qui ne venait pas, Alexander qui prit ma commande pour moi, la première fois que nous échangâmes un regard, la balade dans Central Park, notre premier baiser, notre première nuit d'amour, notre première séparation alors qu'il repartait pour la guerre, nos retrouvailles, d'autres sépérations, notre mariage, le début de la guerre, sa décision de renoncer à se battre pour rester à mes côtés, l'annonce de ma grossesse, les bombardements, la communauté, la naissance d'Emma, les moments merveilleux mais trop brefs passés avec notre fille puis le moment fatidique où je lui avais annoncé la vérité et où il m'avait consolée. En tout cas, il avait essayé... J'avais même occulté la façon dont il avait agi par la suite, la façon dont sans s'en rendre compte il m'avait regardée. Il ne restait plus que le bon... Que le bon...

Je rouvris doucement les yeux mais au lieu d'être à genoux devant notre banc de Central Park, j'étais allongée sur un lit et je reconnus rapidement cet endroit : C'était l'infirmerie. Je me sentais faible et encore à moitié endormie et je fus surprise de ne ressentir qu'une petite douleur dans ma cuisse et dans mon ventre : Mathilda avait sans doute dû me donner de quoi calmer la douleur sans pour autant la faire disparaître complètement. Ou peut-être qu'elle avait fait en sorte que la douleur disparaisse complètement mais que j'étais restée longtemps inconsciente et que les médicaments commençaient à ne plus faire effet. Ca n'avait pas d'importance... La seule chose qui importait c'était le fait qu'à côté de moi, il y avait l'être que j'aimais le plus au monde : Alexander. Il me tenait la main et avait un regard inquiet, anxieux et moi, j'étais tellement soulagée de le voir en vie et en bonne santé et que je ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire. Un sourire comme je lui en avait rarement donné depuis un moment. En cet instant, j'étais simplement heureuse de voir mon mari. J'étais simplement heureuse d'être à ses côtés. J'en oubliais même ce qui allait rapidement me faire perdre le sourire. J'en oubliais même ce que j'avais décidé de faire au moment où ce plafond s'était écroulé... Je souriais et j'étais heureuse pour quelques instants encore et je voulais en profiter car bientôt, tout allait changer...

-Je t'aime...

J'avais besoin de lui dire. Besoin qu'il le sache.

Je sentis mes yeux fatigués me piquer : Les larmes arrivaient bien vite...

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MessageSujet: Re: Honesty Is Such A Lonely Word [ Alexander ]   Ven 6 Aoû - 17:45

Ethan savait des choses. Des choses concernant Gabrielle qu'il refusait de lui dire, parce que cela n'était pas ses oignons comme il disait. il savait pourquoi Gabrielle, Aristide et Katarina s'étaient trouvés là. Pas sans raisons, ça c'était certain. ils savaient quelque chose qu'Alex ignorait et il avait l'impression de passer pour le dindon de la farce. malheureusement, avec l'inconscience de Gabrielle, il avait tout le temps de réfléchir à cela et de se torturer le cerveau, malheureusement. Mathilda avait réussi à la sortir d'affaires mais s'était refusé à le renseigner vraiment sur l'état de sa femme. Secret professionnel disait-elle. Des conneries selon lui. Il commençait à en avoir marre qu'on lui cache des choses. Il lui semblait pourtant être quelqu'un de compréhensif, de calme. Si encore il s'emportait à la moindre contrariété, il comprendrait ces mesures de prudence, mais c'était loin d'être le cas...

Alors quoi?

Ça le rendait fou de ne pas savoir.

Il s'était installé au chevet de Gabrielle, le regard dévoré d'angoisse et en s'emparant de sa main pâle, en priant Dieu, s'il existait vraiment, de la lui rendre, de les épargner, de cesser de s'acharner ainsi sur son ange. Pourquoi elle? Pourquoi semblait-elle attirer tous les malheurs du monde?

Brutalités, viol, traumatisme... Et voilà qu'elle frôlait la mort en se retrouvant au mauvais endroit au mauvais moment. Cela ne finirait donc jamais? Que pouvait-il arriver de plus maintenant?

Il se remémora malgré lui leur première rencontre. Ce bar bondé, cette silhouette à la chevelure dorée qui semblait attendre déséspérément. Il avait volé à son secours tel un preux chevalier et avait été foudroyé par son doux regard brun. Coup de foudre, il n'y avait pas d'autre mot. Chacun avait quitté ses amis et ils s'étaient retrouvés tous les deux, à apprendre à se connaître, à s'apprivoiser et à s'aimer. Le métier d'Alex les avait souvent séparé, mais cela n'avait pas entamé leur amour. Au contraire.

Et voilà que c'étaient ces salauds qui les leur arrachaient leur vie et s'insinuait dans ce bonheur sans nuages? Gabrielle s'agita dans son sommeil, gémissant doucement. Il resserra sa prise sur sa main, tentant de l'apaiser, mais il était lui-même trop anxieux pour y parvenir.

Finalement, elle ouvrit les paupières et il croisa son regard. Il tenta de sourire, mais l'angoisse assombrissait ses grands yeux sombres, de même que le doute. Elle lui murmura qu'elle l'aimait. Il parvint alors à sourire.

- "Je sais."


Il se leva et se pencha vers elle pour lui embrasser le front :

- "Tu vas finir par me tuer à me faire de telles frayeurs... J'ai cru te perdre mon ange..."

Petit moment de tendresse avant d'apprendre l'horrible vérité.

- "Et j'ai passé tout ce temps à m'imaginer la vie sans toi... je n'y suis pas parvenu."

Non, c'était inenvisageable. Gabrielle était son univers, son début et sa fin, son tout. Il l'adorait, réellement. Mais il y avait des questions qui attendaient des réponses... Aussi dévastatrices soient-elles.

- "Avant que tu poses la question, Emma va bien."

Et maintenant, la question fatidique. Les yeux de Gabrielle s'emplissaient de larmes.

- "Il n'y a que cette galerie qui s'est effondrée... Qu'y faisais-tu avec Katarina et... Aristide?"
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: Honesty Is Such A Lonely Word [ Alexander ]   Ven 6 Aoû - 19:17

Il savait que je l'aimais... Vraiment? Le savait-il vraiment? Son sourire était bien maigre et son visage restait fermé malgré ses mots. J'espérais, non, je priais pour qu'il sache vraiment à quel point je l'aimais parce que ce qui allait bientôt suivre allait, pour lui, remettre en cause l'amour que j'éprouvais à son égard. Comment aurait-il pu ne pas le remettre en cause? Je l'avais trompé... En général, quand on aime son époux, on ne le trompe pas. Seulement, l'amour n'avait rien eu avoir là-dedans, non... J'étais en train de repenser à ce qui m'avait amené à le tromper quand il se pencha vers moi pour déposer un baiser sur mon front. Je fermai les yeux et serrai un peu plus sa main dans la mienne. Les mots qu'il prononça ensuite ne firent qu'empirer l'état de culpabilité dans lequel je me trouvais déjà. Je lui avais fait une horrible frayeur en étant ainsi blessée, il avait eu peur de me perdre... Oh Seigneur... J'allais lui faire encore tant mal... Il disait ne pas réussir à imaginer sa vie sans moi... Mais allait-il garder ce discours après avoir appris la triste vérité sur ce que je lui avais fait? J'en doutais... Et moi non plus je ne pouvais pas imaginer ma vie sans lui et c'était d'ailleurs pour cela que je l'avais choisi.... Pourtant... Pourtant, j'avais l'horrible sensation que ces tendres moments allaient être nos derniers. J'allais le perdre et cette certitude me rongeait de l'intérieur, comme de l'acide. Ce regard tendre et amoureux qu'il avait sur moi en cet instant, il ne l'aurait plus jamais. J'avais trahi celui que j'aimais le plus au monde, et j'allais en payer le prix. Avant que je ne dise quoi que ce soit, il s'emprassa de m'annoncer qu'Emma allait bien. Je me contentai de hocher brièvement la tête : Ma fille était saine et sauve et j'en étais heureuse. Cependant, ce que j'étais sur le point de faire occultait même cette bonne nouvelle. Alexander marqua un silence et puis, il posa la question fatidique, celle qui allait entraîner des réponses qu'il n'allait pas du tout aimer : Qu'est-ce que je faisais dans cette galerie avec Katarina et Aristide? La petite pause qu'il marqua avant de prononcer le prénom de mon amant me retourna les entrailles... Avait-il déjà un doute? Ethan lui avait-il parlé? Non, s'il l'avait fait, mon époux n'aurait pas agi comme il venait de le faire avec moi.

Tout était à dire.

Les larmes coulèrent sur mes joues : Je n'allais pas réussir à les retenir et puis de toute façon, à quoi bon les retenir? J'avais mal parce que j'allais lui faire du mal. Je ne pouvais pas contrôler ces larmes. Lorsque ma voix s'éleva, elle fut tremblante.

-J'étais là-bas parce que j'étais descendue à la réserve pour remonter des fournitures... Kat, aurait dû devait être à l'infirmerie mais... Elle est venue me retrouver parce que... Elle avait besoin de me dire certaines choses...

A présent, c'était mon corps qui tremblait. Je retirai ma main de celle d'Alexander, estimant que je n'avais déjà plus le droit de le toucher et crispai mon poing sur mon ventre.

-Elle était très en colère contre moi parce qu'Ethan lui avait dit quelque chose sur moi... Quelque chose de...

Je fermai les yeux et pris une grande inspiration avant de les rouvrir et de plonger mon regard dans celui de mon mari : Je n'allais pas baisser les yeux. Je devais le regarder en face pour tout lui dire.

-J'ai fait quelque chose de mal et Ethan l'a su... Il a fini par le dire à Kat et elle a décidé de venir me dire ce qu'elle pensait de moi... Aristide est arrivé à ce moment-là et... Le plafond nous est tombé dessus...

Prononcer le prénom d'Aristide en regardant Alexander droit dans les yeux fut une véritable épreuve. Alexander me regardait avec anxiété, incompréhension et il ne disait rien : Je savais qu'il attendait la suite. Je savais qu'il redoutait la raison pour laquelle Ethan et Kat pouvaient m'en vouloir à ce point-là. Le moment était venu : La vérité. J'allais enfin le lui dire. Après presque un mois de mensonges, j'allais tout lui avouer. J'allais aussi faire voler notre couple en éclats, mais il était temps : Je ne pouvais plus lui mentir. C'était au-dessus des mes forces. Alors, pendant quelques secondes, je profirai des derniers instants où j'allais être la femme qu'il aimait tant, la femme de sa vie, son ange... Puis, je me transformai en démon.

-Ces dernières semaines, j'ai été avec un autre homme. Je n'ai pas couché avec lui mais j'ai été avec lui... Je suis désolée...

Je fermai les yeux et n'osai pas continuer...

J'attendais sa réaction. Soit il allait partir tout de suite, soit il allait rester et me dire ce qu'il pensait de moi, soit il allait rester, me dire ce qu'il pensait de moi et demander des explications... Au fond, je méritais qu'il m'abandonne ici et ne cherche pas à comprendre comment j'avais pu en arriver là. Je méritais de finir seule, de ne pas être pardonnée et une grande partie de moi le voulait. Une grande partie de moi souhaitait être punie. Cependant, une autre partie priait pour qu'il reste et qu'il essaye de me comprendre. Cette autre partie priait pour qu'il réussisse à me pardonner. Cette autre partie priait... Elle priait très fort... Plus fort qu'elle n'avait jamais prié... J'avais fermé les yeux parce que j'avais été incapable d'affronter son regard plus longtemps. J'avais réussi à le regarder en face au moment de cette confession, mais continuer à le regarder avait été impossible. Je m'attendais à l'entendre hurler ou à l'entendre se lever et quitter la pièce à tout moment. Mon coeur avait presque cessé de battre : Le temps était comme suspendu.

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MessageSujet: Re: Honesty Is Such A Lonely Word [ Alexander ]   Ven 6 Aoû - 20:53

Elle pleurait... Avant même qu'il ne l'interroge son bonheur avait disparu, voilé par des larmes dont il ne connaissait pas encore la signification, mais qu'il appréhendait de plus en plus. Elle avait été blessée, elle devait être épuisée et voilà qu'après lui avoir assuré son amour, il l'acculait, en posant la question fatidique : mais que faisait-elle là? Il n'en savait rien mais il avait peur de l'apprendre... Les sous entendus d'Ethan, sa façon de ne pas tout lui dire, parce que cela ne le regardait pas, laissait un gout amer dans la bouche de l'ancien marine. Il ne voulait pas savoir, il en avait assez de devoir assumer les malheurs des autres, de devoir être fort pour eux, de ne pas pouvoir penser à lui...

Et pourtant, il fallait qu'il apprenne la vérité, que les doutes cessent de le torturer. Jamais il ne s'était voilé la face, jamais... Il n'était pas un lâche, ne l'avait jamais été et ne le serait jamais. Dut-il crever de la vérité.

Elle pleurait plus fort. Et elle commença à parler. Elle était là bas pour récupérer des fournitures. Katarina avait menti à Ethan pour aller la trouver. Il comprenait mieux les allusions d'Ethan à ce sujet. Muet, il attendait la suite. Gabrielle tournait autour du pot. Elle expliquait que Katarina était venue pour lui dire sa façon de penser suite à son comportement. Ethan savait. Ethan avait laissé échapper des informations à Alexander plus tôt, sous le coup de la peur et de la colère.

Alex était suspendu aux lèvres de sa femme, retenant son souffle malgré lui, sachant pertinemment que la suite n'allait pas lui plaire, mais incapable de lui dire d'arrêter et de fermer les yeux à ce sujet.

Et là...

Il ressentit l'effet d'une bombe.

Une deuxième fin du monde, un deuxième bombardement. Mais cette fois, il n'avait plus Gabrielle pour s'en sortir et cela fut mille fois pire.

Après la détonation... Le vide. Terrible. Terrifiant. Son cœur semblait soudain de plomb alors qu'il comprenait la signification de ses paroles.

Elle avait été avec un autre homme.

Un autre homme.

Pas lui, mais un autre.

Il n'avait pas pu la toucher, mais un autre si?

Elle assurait ne pas avoir couché avec lui, mais il y avait tant de choses à faire avant d'en arriver là... Il ferma les yeux alors qu'une tristesse infinie l'envahissait. Mêlée à une colère rentrée. Glaciale.

Elle l'avait trahie.

Il avait été là pour elle, il l'avait acceptée avec son viol. Il n'avait ressenti nul dégout, juste de l'amour pour son ange bafoué. Et comment le remerciait-elle? En le trompant avec un autre? Mais comment avait-elle pu faire une chose pareille? Comment pouvait-elle lui assurer qu'elle l'aimait? Soudain les paroles d'Ethan devinrent limpides. Il comprenait sa rancœur. Elle avait trompé son grand frère finalement. Et il ne lui pardonnait pas. Comme Katarina.

Il était partagé entre l'envie de s'écrouler et de pleurer en demandant pourquoi, et l'envie de se lever, glacial, de la lâcher, de lui jeter un regard de mépris comme elle le méritait et de ne plus jamais lui accorder un regard. Puisqu'elle était si bien avec cet autre, qu'elle y reste! Son orgueil de mâle bafoué en prenait un coup et lui soufflait de faire une connerie, de s'arracher le coeur pour se draper dans sa dignité froissée.

Que faire? Comprendre, partir? Lui hurler dessus que ce n'était qu'une sale ingrate, une trainée? Pleurer en l'implorant d'expliquer? Sa fierté ne le supporterait pas. Il respira profondément. Ses lèvres étaient pincées. Il lança alors un regard froid à Gabrielle, mais elle le connaissait tellement bien qu'elle pouvait voir à quel point il était blessé.

- "Pourquoi?"

Cela suffisait-il? oui et non. Il chuchota de plus en plus furieusement :

- "Comment peux-tu me dire que tu m'aimes après ça? Qu'est-ce que j'ai fais pour que tu me préfères un autre? je te dis que je ne peux plus vivre sans toi... Je t'ai soutenu, j'ai été patient après ce qu'il s'est passé, je pensais que ta distance était normale, qu'il te fallait du temps, mais en fait, c'était pour t'envoyer en l'air avec un autre?"

Et en filigrane dans ses paroles, on pouvait déceler une pensée :

TRAITRESSE.
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: Honesty Is Such A Lonely Word [ Alexander ]   Ven 6 Aoû - 21:29

Ce silence me parût interminable mais quand il le brisa, ce fut mon coeur qui partit en mille morceaux. Oh oui, je l'avais cherché, mais ça ne faisait pas moins mal pour autant. Je rouvris instantanément les yeux, dès que les premiers mots sortirent de sa bouche et ce que je vis me fis horriblement mal : Ce regard froid que j'avais tant redouté quand je lui avais annoncé mon viol, il le portait enfin sur moi et cette fois-ci, j'en étais la responsable. Il demandait pourquoi et j'aurais voulu lui répondre tout de suite, m'expliquer, mais il ne m'en laissa pas le temps et continua à me dire des choses... Des choses que j'avais eu tellement peur d'entendre... A présent, ça se produisait réellement : Je le dégoûtais. Bien sûr, je savais qu'il n'allait pas me croire quand je disais l'aimer après lui avoir avoué une pareille trahison mais le voir et l'entendre me le dire fut un véritable choc. Je plaquai ma main contre ma bouche pour étouffer un sanglot tandis qu'il continuait à me dire ce qu'il avait sur le coeur et je ne pouvais que le laisser faire : Je n'avais aucunement le droit de l'empêcher de me dire ce qu'il pensait de moi. Je méritais tout ce qu'il disait : Absolument tout. Oui, il m'avait soutenue. Oui, il avait été patient. Oui, il avait accepté ma distance. Oui, j'avais profité de cette distance pour me rapprocher d'un autre homme. Oui, j'étais coupable. Mille fois coupable. Pourtant, les derniers mots d'Alexander me choquèrent et retirant ma main de ma bouche, je me défendis : Il était des choses dont il ignorait l'existence et je n'avais pas couché avec Aristide. Non, je ne l'avais pas fait...

-Je ne me suis pas envoyée en l'air avec lui! Jamais! Comment j'aurais pu alors que?... Non, je n'ai pas...

J'avais du mal à parler tellement j'étais sous le choc de ma propre confession et je gardai le silence quelques secondes afin de me reprendre. Puis, je continuai. Je devais lui dire : Il devait savoir qu'Aristide ne m'avait jamais touchée de cette façon, que notre relation était restée platonique. Enfin, d'une certaine façon...

-Il ne m'a jamais... Nous nous sommes embrassés et j'ai... Je suis restée simplement dans ses bras mais...

Je m'enfonçai, je le savais, mais je ne pouvais plus m'arrêter.

-Tu n'as rien fait! Ce n'était pas de ta faute! C'était moi... Moi! J'étais très mal et je... Je ne pouvais pas t'en parler parce que c'était trop...

Je levai les yeux au ciel comme pour implorer l'aide du Seigneur qui m'avait pourtant abandonnée depuis un long moment maintenant. Je finis par secouer la tête avant de reporter mon regard rempli de larmes sur l'homme que je venais d'achever.

-Tu m'as soutenue... Tu ne m'as pas rejetée mais dans tes yeux... Dans tes yeux je voyais celle que tu voyais et celle que tu voyais c'était la femme violée... Et j'avais de plus en plus de mal à le supporter. Alors quand... Quand...

Oui, quand... Je devais le dire. Je lui avais caché mais il devait le savoir. C'était ma seule et unique chance. La seule façon pour qu'il comprenne pourquoi j'avais terminé par m'éloigner complètement de lui. La seule façon pour qu'il comprenne pourquoi j'avais été vers un autre et par vers lui à ce moment-là. Je pris une nouvelle respiration, puis...

-Quand j'ai su que j'étais enceinte de mon violeur j'ai tout abandonné... J'ai abandonné... C'était plus que ce que j'étais capable de supporter et je ne pouvais pas... Je n'arrivais pas à m'imaginer te le dire tellement j'étais horrifiée, tellement j'étais dégoûtée, tellement j'étais... Désespérée. Alors oui, je suis allée chercher du réconfort dans les bras d'un autre parce qu'il ne savait rien de ce que j'avais vécu et parce qu'il voyait en moi celle que j'étais avant. Je me mentais à moi-même mais de cette façon, je n'avais plus à affronter ce qu'il marrivait. Tu crois que j'ai fait ça pour te faire du mal? Non! J'ai agi pour moi, j'ai été égoïste. J'ai voulu tout oublier et c'est ce que j'ai fait parce que si je n'avais pas oublié, j'aurais fini par en mourir... J'aurais fini...

Je fermai les yeux un instant. J'étais vidée. Je n'avais déjà pas beaucoup de forces mais alors là, je venais d'épuiser mes dernières réserves. Après quelques secondes, je rouvris les yeux et cette fois-ci, ma voix ne fut plus qu'un murmure.

-Je ne voulais pas te faire du mal... Je sais que tu ne me crois pas mais je t'aime... Je t'aime plus que tout... Et je te demande pardon... Je sais que je ne te mérite pas mais je t'en prie... Je ne veux pas te perdre...

C'était ma dernière demande, mon dernier souhait. J'avais fait beaucoup d'erreurs, j'avais eu beaucoup de doutes mais j'étais certaine de ça : Je ne pouvais pas vivre sans Alexander. Je l'aimais de tout mon coeur, de tout mon être, et j'avais choisi. Je l'avais choisi lui. J'avais des sentiments pour Aristide mais je n'avais même pas besoin de les comparer aux sentiments que j'éprouvais pour mon époux tant c'était limpide. Il était l'homme de ma vie. La seule chose que je pouvais faire, c'était espérer qu'il allait être capable de me pardonner et alors, j'allais devoir tout faire pour regagner sa confiance et lui prouver cet amour inconditionnel que je lui portais. La première étape était le pardon d'Alexander. Allais-je l'obtenir? Si seulement ç'avait été possible...

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MessageSujet: Re: Honesty Is Such A Lonely Word [ Alexander ]   Sam 7 Aoû - 15:56

Elle ne se défendit de rien d'autre que la coucherie. Elle accepta tous ses reproches, mais pas celui-là. Ce qui laissait penser à Alex, qu'effectivement, sur ce point, elle était sincère. Pourquoi aurait-elle menti là dessus? Pour sauver leur couple? Mais il était déjà trop tard pour cela... Vraiment? peut-être pouvait-il pardonner qu'elle ai été attirée par un autre, sans coucher avec lui. Oui, ça, à la rigueur, ça pourrait passer avec le temps. Peut-être était-ce ce détail qui allait les sauver et permettre à son mari de passer l'éponge.

Plus tard.

Pour le moment, cela ne faisait absolument aucune différence. Elle avait été voir ailleurs, point final. Pas besoin d'épiloguer, il se sentait trahi. Et plus elle essayait de s'expliquer, plus elle lui faisait mal. Ils s'étaient juste embrassés, il l'avait juste tenu dans ses bras... Se rendait-elle compte à quel point ces mots pouvaient être terribles à entendre pour son époux? Elle essayait de se défendre mais ne faisait que le faire souffrir un peu plus.

Il ne savait plus où il en était, ne savait plus ce qu'il avait fait pour mériter cela, pour qu'elle se détourne de lui. Il fallait qu'il comprenne. Il était déjà empli de doutes, mais là, il était carrément terrassé. Elle assura que ce n'était pas sa faute, mais qu'elle ne pouvait pas lui en parler. Il lui lança un regard assassin.

- "Tu ne pouvais pas m'en parler? Pitié, ne me dis pas que c'était pour me protéger... Tu me prends pour qui? Tu es ma femme, jamais aucun de tes soucis, de tes états d'âme ne me dérangera. Je veux savoir pour t'aider, n'ai-je pas juré lors de notre mariage de te protéger quoiqu'il arrive? De veiller sur toi?"

Sa voix n'était qu'un chuchotement furieux, mais une ombre passa sur son visage, atténuant la colère un instant, pour laisser une immense fragilité, si inhabituelle chez cet homme.

- "Tu m'en veux de ne pas avoir su te protéger? Si tu savais comme je rumine ce qui s'est passé, comme je n'arrive pas à me pardonner..."

S'il ne réussissait pas à déculpabiliser, pourquoi elle, lui pardonnerait-elle alors qu'elle était la victime? Las, ne faisant plus confiance à son mari pour la protéger, voilà qu'elle s'était tournée vers un autre.

- "Mais c'est n'importe quoi! Je n'ai jamais vu en toi une femme violée! J'ai juste vu un ange brisé."

Jamais, ô grand jamais il ne l'avait vu ainsi, elle s'était fait des idées, avait extrapolé totalement sur la réalité. Parce qu'elle se dégoutait, il fallait qu'il en soit de même pour lui. Tout cela était insensé. Alex se prit la tête entre les mains, abattu.

- "Si seulement, tu m'avais parlé au lieu de faire semblant d'aller mieux. Si seulement..."

Mais non, tout était gâché entre eux, un immense gâchis. Il releva brusquement la tête quand elle parla du bébé de son violeur. Elle avait redouté cette possibilité dés le premier jour. Il lui lança un regard interloqué, avant de sentir une nouvelle lame lui lacérer le cœur.

Une nouvelle trahison.

Elle ne lui avait rien dit.

Combien de secrets cachait-elle encore au fin fond de son âme? Jamais il ne lui avait menti, jamais. Ni dissimulé quoique ce soit. Pourquoi cette défiance à son égard? Et le pire dans toute cette horreur, c'était qu'il comprenait la logique de son épouse, sans l'approuver. Elle avait été une autre avec cet homme... Elle avait pu se leurrer... Il repensa au bébé.

- "Alors tu es enceinte?"

Sa voix était blanche. Enceinte de son violeur. Cet enfant innocent allait leur rappeler sans cesse ce qu'il s'était passé. Mais il était prêt à la soutenir si elle voulait le garder et à l'élever comme le sien. Elle implora pour qu'il pardonne, mais il était bien trop tôt. Il se contenta de demander :

- "Qui est-ce?"

L'amant. Le voleur de femme. Celui avec qui elle avait été si bien? Une intuition lui fit ajouter :

- "Aristide?"

Il savait que sa femme passait du temps avec le grec, pour des leçons de langue... A ce mauvais jeu de mots, son estomac sembla se soulever. Ça, pour les cours de langue...

- "Vous vous êtes bien foutus de ma gueule tous les deux... J'espère que tu as apprécié les charmes de la langue grecque."

Son regard était de nouveau polaire. Aristide avait de la chance d'être blessé, mais dés qu'il irait mieux, ce serait une autre histoire. Alexander allait lui parler d'homme à homme... Avant de le virer définitivement de cette communauté, qu'importe ce qu'en diraient les autres. Il avait trahi celui qui l'avait accueilli, il ne méritait aucune clémence.

Qu'il crève dans les rues ravagées de New-York.
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Gabrielle McCord
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MessageSujet: Re: Honesty Is Such A Lonely Word [ Alexander ]   Sam 7 Aoû - 18:23

J'avais envie de me lever et de quitter cette pièce : Cela était malheureusement impossible car je n'étais absolument pas en état de me lever et de marcher. Non seulement j'avais très mal, mais en plus, j'étais trop fatiguée pour ça. Chaque mot qu'Alexander prononça me fit horriblement mal et j'encaissai, sans broncher. Qu'est-ce que je pouvais lui dire? Il avait tort sur beaucoup de choses qu'il supposait, devinait, mais je le laissais parler, préférant qu'il déverse toute sa colère, tout son dégoût maintenant. Me prendre tout ça d'un seul coup était préférable que par petits bouts : Plus vite il dirait tout ça, plus vite se serait... Terminé... Oh mon Dieu... J'étais carrément pétrifiée à cette idée... En tout cas, il se fourvoyait sur beaucoup de choses. Non, je n'avais pas été silencieuse pour le protéger : J'avais juste été incapable d'assumer cette grossesse, un point c'est tout. Oui, il avait juré de me protéger et de veiller sur moi mais il n'était pas un super-héros et il ne pouvait pas me protéger de tout, et pas de ça... Je ne lui en voulais pas, il n'y était pour rien, mais c'était un fait. Comme pour faire écho à mes pensées il me demanda si je lui en voulais parce qu'il n'avait pas su me protéger. Non... Oh non, pas du tout... Savoir qu'il s'en voulait me rendait encore plus malade : C'était tellement injuste. Il n'était pas un mari parfait, car personne n'est parfait, mais il était profondément bon et aimant. Je ne voulais pas qu'il se sente coupable... Quand il finit par me dire qu'il n'avait pas vu en moi une femme violée je fermai les yeux : Il disait avoir vu un ange brisé mais il ne se rendait pas compte... Il ne se rendait pas compte de ce que j'avais vu en lui, de ce que mon viol avait provoqué dans son coeur, de ce dont j'avais été témoin depuis que je lui avais tout avoué. Non, il ne s'en rendait pas compte...

- "Alors tu es enceinte?"

Cette phrase me fit rouvrir les yeux et je le regardai choquée : Non, je n'étais plus enceinte mais il ne pouvait pas le savoir. Je devais lui dire, je ne pouvais pas laisser germer cette idée en lui parce que ça lui faisait encore plus de mal que ce que j'avais déjà fait. Cependant, la question qu'il me posa ensuite occulta pendant quelques instants la question de cette grossesse qui n'était à présent plus d'actualité. Il voulait savoir de qui il s'agissait. Franchement, si j'avais eu le choix, je ne lui aurais pas dit : Je voulais éviter des problèmes à Aristide, je voulais le protéger car il était une de mes victimes, pas un bourreau... Je n'eus pas le temps de répondre qu'il prononça le prénom de mon amant et je me figeai : De toute façon, j'allais lui dire, mais réaliser qu'il l'avait deviné, qu'il le savait déjà c'était... C'était comme si j'étais dans un train qui prenait de la vitesse et qui n'avait plus de freins... Bien sûr, il fit le rapprochement avec les cours de Grec qu'Aristide m'avait donnée et la façon dont il me parla me fit encore une fois très mal : J'avais l'impression qu'il s'adressait à une pute. C'était absolument terrifiant d'entendre mon mari me parler de cette façon et ce, même si je l'avais cherché. Son regard glacial me fit soudain peur : Je n'avais pas peur pour moi, mais j'avais peur pour Aristide. Alexander le considérait comme coupable et il n'aurait pas pu en être autrement et c'était donc à moi de faire en sorte de remettre les choses à leur place.

-Non...

Un murmure certes, mais un murmure ferme.

-Il n'y est pour rien, c'est moi... J'aurais pu le repousser et il n'aurait pas insisté... Je l'ai laissé se rapprocher de moi... J'ai fait beaucoup de dégâts et j'en suis la seule reponsable...

Oui, je devais assumer mes choix. Ce jour-là, quand il m'avait embrassée, je l'avais d'abord repoussé et puis c'était moi qui avait pris l'initiative d'un second baiser et je savais qu'il aurait respecté ma décision de le repousser. Donc, dans mon esprit, il n'était pas responsable de mon adultère. J'avais cherché du réconfort et j'avais cherché à oublier. Oublier... Repenser à ce que je devais oublier me rappela la question d'Alexander : "Alors tu es enceinte?". Je devais absolument lui dire que ce n'était plus le cas. Je devais lui dire mais mes mots restèrent coincés quelques instants dans ma gorge parce que je me rappelais ce que j'avais fait, je me rappelais mon cauchemar... Comment allait réagir Alexander en apprenant que j'avais laissé mourir un bébé? Est-ce qu'il serait soulagé de ne pas avoir à élever la progéniture de cet enfoiré? Est-ce qu'il serait encore plus dégoûté de la décision que j'avais prise? Il n'y avait pas trente-six moyens de le savoir : Je devais lui avouer que le bébé était mort.

-Alexander... Je ne suis plus enceinte... Je...

J'eus une envie quasi-irrésistible de prendre sa main et de la serrer, de façon à me donner la force de dire ce qui allait suivre mais je n'osai pas, trop effrayée d'être repoussée et je ne l'aurais pas supporté. Donc, il était préférable de ne pas chercher le contact. De nouvelles larmes coulèrent sur mes joues déjà humides.

-Quand le plafond s'est effondré je n'ai pas été blessée qu'à la cuisse... J'ai fait une fausse couche... Je m'en suis vite rendue compte mais je n'ai rien dit et... Quand Mathilda est venue pour s'occuper de moi et qu'elle a réalisé ce qu'il m'arrivait, j'ai... J'ai...

Bon sang, c'était encore plus difficile à dire que je ne l'avais cru.

-Je lui ai demandé de ne pas me soigner... Je lui ai demandé de ne pas l'empêcher...

Et là, j'éclatai carrément en sanglots. Il fallait que ça sorte, il fallait que toutes ces émotions sortent de mon corps pour que je puisse essayer d'aller mieux.

-Je ne voulais pas de cet enfant... Il nous aurait rappelé à chaque instant pour le restant de notre vie ce qu'il m'était arrivé alors... Mais il n'avait rien demandé, il n'y était pour rien... Ce n'était pas de sa faute s'il était là à cause de mon viol... Mais je ne pouvais pas... Alors je l'ai laissé mourir... Je l'ai tué...

Chose assez surprenante, je venais, pour la première fois de dire "mon viol". J'avais été incapable de prononcer ces deux mots et ce, même quand j'avais expliqué à Kat et Alexander ce qui m'était arrivée. J'avais dit que j'avais été violée mais je n'avais jamais dit "mon viol". A croire qu'à présent, j'étais capable d'en parler d'une manière plus détachée et d'accepter complètement ce qu'il s'était passé. Cela dit, même si cela avait été le point de départ de toutes ces horreurs, cela ne changeait rien à la situation : J'avais trahi Alexander et je n'obtiendrais probablement jamais son pardon. Je l'avais déjà supplié, je lui avais déjà demandé, et je n'avais plus la force de le faire. Je n'avais plus la force de le supplier parce que j'allais avoir trop mal quand il allait me dire qu'il ne me pardonnerait pas et que tout serait terminé entre nous. Soudain, à travers cette détresse qui m'envahissait, une phrase qu'il avait pronconcée me revint et j'eus envie, à défaut de pouvoir le rendre à nouveau heureux, de le soulager : Il se sentait coupable. Il fallait que cela cesse. Alors, dans un murmure...

-Je ne t'en veux pas... Tu ne pouvais pas me protéger de tout ça et tu n'es pas responsable... Tu es un homme bien et... Je ne te mérite plus...

Là, je fermai les yeux et plaquai mes mains contre mon visage : J'étais à présent secouée de sanglots silencieux et j'attendais... J'attendais qu'il prononce la phrase fatidique qui allait à jamais me séparer de lui.

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MessageSujet: Re: Honesty Is Such A Lonely Word [ Alexander ]   Mar 17 Aoû - 10:43

Alors qu'Alex parlait, Gabrielle écoutait, incapable de répondre. Elle laissait le flot de paroles l'envahir. Alex n'était pas quelqu'un de très bavard et expansif d'habitude. Il allait toujours droit à l'essentiel, ne montrait jamais de doutes et encore moins de faiblesses. Ses sentiments restaient sous clefs et il n'y avait que Gabrielle pour en profiter, dans l'intimité. En public, il lui arrivait de lui sourire tendrement, de la regarder avec amour, de l'embrasser rapidement et de lui caresser le dos, mais cela restait discret, même timide. Il n'était pas à l'aise avec cela, et jamais elle ne le lui avait reproché... Mais n'avait-il pas creusé une distance entre eux en continuant à avoir cette attitude quand elle allait si bien? Il avait voulu lui laisser du temps et de l'espace... Pensant naïvement que le contact avec les autres, même avec son mari, pouvait être pénible suite à ce qu'elle avait vécu. Avait-il eu tort et avait-elle pensé qu'il la délaissait?

Il buta sur le fait qu'elle était enceinte et vit qu'elle s'agitait à ce mot. Mais, incapable de se fixer longtemps sur quelque chose tant il était en colère, il chercha à savoir qui était l'amant, avant que son cerveau en rage ne fasse de lui-même un rapprochement évident. Et oui, il se montra blessant et mesquin ensuite, mais au vu de la douleur qu'elle lui avait infligé, cela n'était qu'une juste punition.

C'est seulement à ce moment qu'elle parla. Pour défendre son amant. Aleander en eut la nausée et détourna le regard, incapable de soutenir le sien alors qu'elle défendait cet autre homme. D'une voix tranchante, il répliqua sèchement :

- "Tais-toi. Tu étais vulnérable et il sait parfaitement que tu es une femme mariée et qui est ton mari. Vous êtes fautifs tous les deux, lui davantage encore, car il aurait du réfléchir à ta place aux conséquences."

Et au son de sa voix, les conséquences seraient lourdes.

- "Je vais lui laisser le temps de se remettre. Je ne suis pas assez furieux pour aller mettre mon point dans la gueule d'un type blessé et incapable de se défendre. Mais nous allons avoir une petite discussion lui et moi."

Le sujet était clos et Gabrielle n'avait pas intérêt à protester. Il le lui fit d'ailleurs comprendre :

- "Ne me parle plus de lui. Je ne veux plus l'entendre dans ta bouche. Ou je risque vraiment de devenir violent."

Il se contrôlait à grand peine et il suffisait d'un rien pour qu'il perde ce fragile contrôle et envoie tout balader. C'est alors qu'elle lui avoua ne plus être enceinte. Il fronça les sourcils, mais ne dit rien, attendant la suite. Il était soulagé, en vérité. C'était horrible à dire, mais cela lui enlevait un grand poids. Il se demandait, en revanche, quel sentiment elle éprouvait à ce sujet. Il ne tarda pas à le découvrir alors qu'elle faisait le récit de cette fausse couche et du fait qu'elle ai demandé à Mathilda de ne rien faire pour l'empêcher. Elle devait en éprouver de la culpabilité, mais du soulagement aussi. Difficile donc. Il dut se faire violence pour ne pas l'embrasser ou la serrer contre lui en la voyant pleurer à chaudes larmes, en voyant son chagrin. Sa rancœur surpassait son amour pour le moment et il se montrerait impitoyable avec la traîtresse. Pourtant, il pouvait quand même donner son avis là dessus :

- "Je n'étais pas à ta place, je ne comprendrais sans doute jamais ce que tu as éprouvé, ressenti, enduré, mais... Je pense que tu as pris la meilleure décision possible... Le destin a voulu qu'un évènement déclenche une fausse couche... Cet enfant t'aurait toujours rappelé ce qu'il s'était passé, même si nous l'avions aimé et élevé comme le notre... Même si je l'aurais reconnu comme le mien. C'est mieux ainsi. Tu n'as pas besoin de ce genre de souvenirs de ce qui s'est passé."

Alors, Gabrielle sembla revenir sur des paroles proférées plus tôt et assura que ce n'était pas de la faute de son mari s'il y avait eu tout ce gâchis.

- "Bien sûr que si. J'aurais du faire comme Ethan et te garder dans une cage de verre, ici, à l'intérieur. J'aurais du te prêter plus d'attention. J'aurais du me montrer plus prévenant alors que tu partais à la dérive. Je n'ai pas été celui qu'il te fallait pour traverser cette épreuve."

Il y avait une douleur certaine dans sa voix désormais et de l'amertume d'en arriver à ce constat : c'était un autre qu'il lui avait fallu.

- "Je comprends Gabrielle."

Oui, il comprenait ses explications, son attitude. Il comprenait avec sa tête...

- "Ma raison me dit que ce n'est pas ta faute, que tu as subi un choc traumatique important et que ce n'est pas un manque d'amour pour moi..."

Il se leva alors et se pencha vers elle, caressant doucement son front, repoussant ses cheveux, avant de murmurer :

- "Ma tête comprend, mais mon cœur est brisé. Tu as trahi ma confiance, tu as trahi nos vœux... Et pourtant je t'aime toujours. C'est ça le pire, ce serait tellement plus facile si je pouvais te haïr."


Il soupira et lui embrassa doucement le front... Et pourtant, ce baiser ressemblait davantage à un baiser d'adieu, bien qu'il soit chargé d'amour.

- "Je t'aime, mais je ne suis pas certain de pouvoir te pardonner un jour. Pour Emma, nous vivrons comme avant, elle n'a pas à souffrir à cause de nous. Mais jusqu'à ce que je sache quoi penser de tout cela, tu ne seras plus qu'une étrangère pour moi... D'ailleurs, tu l'es déjà. La Gabrielle que j'ai connu semble avoir disparu..."

Contrairement à ce qu'il avait dit quand elle avait avoué son viol, elle n'était pas restée un ange. Elle avait fait trop de mal. Oui, la Gabrielle qu'il avait connu et aimé était morte avec le viol... Et il aurait pleuré et hurlé de rage devant cette perte s'il en avait été capable. Mais non, il ne montrait que résignation et une douleur digne à celle qui partageait sa vie depuis 10 ans...

- "Soigne-toi bien, Emma a besoin de sa maman."

Et Alex de sa femme, mais ça, c'était une autre histoire.

Sur ces paroles et ce dernier baiser, il se détourna et quitta l'infirmerie, le cœur brisé, en miettes et l'âme complètement vide.

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MessageSujet: Re: Honesty Is Such A Lonely Word [ Alexander ]   Mer 18 Aoû - 21:22

Ce silence était une véritable torture. J'avais l'impression que le temps passait plus lentement afin de mieux me faire ressentir la douleur qui m'attendait lorsque ce silence allait être brisé, car c'était bel et bien de la douleur qui m'attendait, et rien d'autre. J'aurais dû m'y préparer, mais je ne l'avais pas fait. En réalité, lorsque j'avais passé ces moments avec Aristide, j'avais tout fait pour éviter de penser à Alexander et aux conséquences de mon comportement. Quand je m'étais retrouvée seule, j'avais pensé à ce qu'il allait se passer lorsqu'Alexander apprendrait ce que j'avais fait, mais je n'étais pas prête à le perdre, pas encore. Alors que je m'attendais à l'entendre m'annoncer qu'il me quittait, ses mots furent différents : Il se culpabilisait. Non, non... Je ne voulais pas qu'il s'en veuille. Oui, il aurait pû essayer de me protéger comme Ethan le faisait avec Kat mais je n'en voulais pas à mon mari pour ça : Je ne l'aurais pas aimé plus s'il s'était montré plus protecteur. Cependant, il n'eut pas tort sur un point : Quand j'avais été mal, il n'avait pas été plus présent alors que j'en avais eu besoin. Il avait toujours fait passer la communauté avant moi et je ne lui en avais jamais voulu car c'était nécessaire, et je le comprenais. J'avais eu cependant plus de mal à l'accepter quand j'avais été violée, c'est vrai. Cela dit, je ne lui répondis rien : Je ne voulais ni réfuter, ni affirmer. Je ne voulais pas réfuter car ç'aurait été un mensonge de plus, mais je ne voulais pas l'affirmer pour éviter de lui faire plus de mal : J'en avais assez fait. C'était, encore une fois, ma manière de le protéger de moi. Les mots qu'il prononça ensuite furent tellements surprenants que je retirai mes mains de mon visage et regardai Alexander, bouche bée : Il comprenait. Il venait de dire qu'il comprenait ce que j'avais fait. Dans sa tête parvenait à comprendre ce par quoi j'étais passée et il savait que je l'amais, que ça n'avait rien à voir avec l'amour que j'éprouvais pour lui. Il se pencha alors sur moi et mon coeur se mit à battre plus vite : Non, ce n'était pas possible. Etait-je en train de rêver? J'avais pourtant été sûre qu'il allait me dire tout le contraire.

Le contraire arriva bursquement, telle une bombe.

En fait, j'aurais préféré qu'il me dise ce qui suivit tout de suite car pendant quelques secondes, j'avais cru voir la lumière au bout du tunnel, j'avais cru que... Et j'avais eu tort. Son coeur était brisé : Voilà ses mots et en les entendant, mon coeur se brisa à son tour. Je l'avais trahi, j'avais trahi nos voeux et pourtant il m'aimait toujours. Il aurait même préféré me détester. Ca aussi, ça me fit très mal. Lorsqu'il déposa ses lèvres sur mon front, un frisson me parcourut le corps : Pas un frisson de peur ou de dégoût (j'étais à présent au-dessus de ça) mais un frisson d'horreur et de douleur car ce baiser, même s'il était très tendre, et plein d'amour, était un baiser d'adieu. J'en avais la certitude. Il n'était pas certain de pouvoir me pardonner et je ne pouvais pas lui en vouloir : Je ne méritais pas son pardon. Il aurait pû se contenter de dire ça, mais il décida de m'achever en m'annonçant qu'à partir de ce jour et jusqu'à ce qu'il sache quoi penser de toute cette histoire, je ne serais plus qu'une étrangère à ses yeux. Une simple étrangère. Rien. Plus rien. J'eus l'impression que mon corps était paralysé dans la douleur que mon coeur déchiré m'envoyait. Oui, j'étais déjà une étrangère car la Gabrielle qu'il avait connue avait disparu : Elle était morte dans Central Park cette Gabrielle... Mais l'entendre me dire que je n'étais plus rien à ses yeux... Je n'entendis presque pas la suite, tant j'étais choquée : Il parla d'Emma, que je devais aller mieux pour elle mais en cet instant, j'ai honte de le dire, ma fille ne comptait même plus. J'avais tout perdu. Tout. Oui, j'avais tout perdu car j'avais perdu l'amour de ma vie. Après avoir prononcé cette horrible sentence, Alexander quitta l'infirmerie en me laissant là, seule avec mon chagrin et ma culpabilité.

J'ignore au bout de combien je fus capable de trouver le sommeil mais il fut peuplé de cauchemars.

Ce n'était que le début d'une route longue et difficile...


[Over]

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